Les drogues comme « contre-culture »

Voici l’extrait d’une thèse universitaire, dont le titre est Intégration sociale et psychopathologie chez les usagers de drogues, faite à l’Université Lumière Lyon 2 en 1999.

On y retrouve exposée une thèse typiquement bobo : les drogues auraient été la composante d’une contre-culture, avant de se faire récupérer par le « mercantilisme » des années 1980.

La faute initiale en reviendrait à la criminalisation par les Etats, à la fin du 19e et au début du 20e siècles, qui aurait marginalisé ce qui représentait une possibilité de « rupture »…

C’est là une vision totalement idéalisée des consommateurs de drogues, qui loin d’être l’avant-garde d’une révolution, n’ont jamais été que le produit du pessimisme, de l’effondrement culturel…

La première apparition d’une sous-culture propre au milieu de la toxicomanie est la conséquence de la désignation sociale des conduites d’abus de drogues comme déviantes ou en d’autres termes, de l’identification d’un ensemble de comportements comme constituant un problème social.

Nous avons vu qu’historiquement, tout se passe comme si les sociétés occidentales à un moment donné (entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle) en étaient venues à créer activement une nouvelle catégorie de déviants en voulant à tout prix contrôler l’usage non médical des drogues.

La criminalisation de l’usage d’opiacés a non seulement créé la nouvelle catégorie sociale du toxicomane telle qu’on la connaît aujourd’hui, mais a également amené les personnes dépendantes à se regrouper afin d’échanger des informations propres à leur pratique.

Ils ont élaboré de cette façon une sorte de bulletin d’information informel et oral donnant par exemple des renseignements sur la qualité des drogues disponibles ou sur les techniques de consommation.

Il s’est créé ainsi une sous-culture leur permettant de nouer des contacts, d’assumer leur habitude proscrite à l’abri des instances répressives et d’apprendre comment échapper au contrôle qu’elles exercent. A ce titre elle possède donc avant tout une valeur adaptative.

Ainsi, la production d’un ensemble de représentations et de pratiques culturelles par la communauté informelle des toxicomanes a été initialement suscitée par le statut illégal de leur pratique.

Le deuxième temps de la genèse de la sous-culture drogue correspond à l’apparition du phénomène drogue chez les jeunes de la fin des années soixante.

Il s’est développé alors une contre-culture s’opposant aux valeurs matérialistes d’une société de plus en plus robotisée ressentie comme laissant peu de place à l’imaginaire et à la créativité.

La croyance dans les utopies hippies qui prônaient l’amour inconditionnel et le retour à la nature s’est toutefois estompé au fil des années.

A partir des années 80 le milieu de la toxicomanie s’est progressivement durci, les relations entre consommateurs se sont dégradées notamment sous l’influence d’une criminalité montante liée au trafic des stupéfiants.

Le milieu actuel de la drogue, et principalement de la drogue dure, se caractérise par un mercantilisme extrême qui reproduit certains aspects des sociétés capitalistes et par-là l’apparente plus à une forme de sous-culture, fruit d’une perte de cohésion au niveau de la culture globale, qu’à une véritable contre-culture.

La consommation de drogues a de la sorte progressivement perdu son statut d’acte politique orienté vers la contestation du système en place.

« Bien plus qu’une responsabilité individuelle »

« Addiction Suisse » vient de rendre public son rapport sur la situation en Suisse. Ce qui est très intéressant, c’est qu’on ne trouve pas que l’alcool et le tabac, ainsi que les drogues illégales mais également le jeu et l’usage d’internet.

Nous n’avons d’ailleurs jamais parlé des jeux d’argent, alors que cela fait longtemps que nous considérons que là aussi il y a une grande bataille à mener.

Voici donc la présentation de la situation faite par Addiction Suisse, avec un vrai effort de mise en perspective des responsabilités de la société.

Le discours sur la « responsabilité individuelle » est très bien démasqué dans ce qu’il représente, avec une vision tout à fait réaliste du rôle du marché et de son influence grandissante sur la société.

Au-delà de l’aperçu sur la Suisse, c’est un document dont il y a beaucoup à apprendre concernant son approche.

Addictions: bien plus qu’une responsabilité individuelle

En Suisse, une personne sur quatre fume, plus d’une personne sur cinq boit de l’alcool trop souvent ou en trop grande quantité et 3 % de la population a fumé du cannabis au cours du dernier mois.

Ces comportements de consommation au sein de la population générale n’ont guère évolué. La situation est différente chez les jeunes, chez qui l’on observe des tendances contrastées.

Avec son Panorama des Addictions 2016, Addiction Suisse publie pour la deuxième fois une analyse des développements dans le domaine de l’alcool, du tabac, des drogues illégales, des jeux de hasard et, c’est une nouveauté, de l’usage d’internet.

Chaque année, les problèmes liés aux addictions entraînent plus de 11 000 décès et des coûts de l’ordre de 10 milliards de francs, ce qui constitue un défi pour l’ensemble de notre société.

La responsabilité de ces problèmes n’incombe pas seulement aux individus, mais aussi à l’Etat et à l’économie – une perspective qui ne va pourtant pas de soi, comme on peut le constater en analysant l’évolution actuelle de la politique des addictions.

Des problèmes toujours conséquents

Tabac : pas de nouveau recul du taux de fumeurs

L’objectif de continuer à réduire le taux de fumeurs n’est toujours pas atteint. Le tribut payé au tabac a même légèrement augmenté, avec 9500 décès par an, ce qui traduit avec du retard la hausse du nombre de fumeuses au cours des dernières décennies. Si la part de fumeurs est restée stable, le marché, lui, a évolué : les consommateurs achètent moins de cigarettes traditionnelles et se tournent davantage vers les cigarettes roulées à la main, la pipe à eau et la cigarette électronique ; pour cette dernière, il s’agit pour l’instant surtout de consommations expérimentales.

Alcool : des dommages qui persistent avec une répartition inégale de la consommation

La consommation annuelle d’alcool a continué à baisser légèrement, ce qui est notamment dû au recul de la consommation quotidienne de vin, et se monte désormais à 8.1 litres d’alcool pur par habitant. La consommation totale reste toutefois très iné-galement répartie : la moitié de la quantité totale d’alcool bu est consommée par un peu plus de 11 % de la population adulte.

Cela se reflète dans les dommages liés à l’alcool qui sont toujours élevés : toutes les cinq à six heures, une personne meurt des suites de la consommation d’alcool. On estime que quelque 250 000 personnes sont dépendantes de l’alcool, qu’un autre demi-million souffre de l’alcoolisme d’un proche et que 100 000 enfants grandissent avec un père ou une mère alcoolique.

Drogues illégales : consommation de cannabis largement répandue et nouveaux modèles de régulation en débat

Le cannabis reste de loin la substance illégale la plus consommée, surtout chez les 15 à 34 ans : dans ce groupe d’âge, une personne sur quatorze fume du cannabis. Les bénéfices et les risques possibles d’une régulation du marché se trouvent ainsi au cœur du débat, d’autant plus que l’on dispose maintenant des premières expériences faites avec de nouvelles approches dans ce domaine dans quatre Etats américains et en Uruguay.

Jeux de hasard : une évolution incertaine avec l’élargissement prévu du marché

Un peu plus de 1 % de la population joue de façon problématique ou pathologique. Une part considérable des recettes engrangées par les opérateurs de jeux et par l’Etat vient du portemonnaie de ces joueurs excessifs. Or la nouvelle loi sur les jeux d’argent prévoit d’ouvrir ce commerce lucratif aux jeux en ligne. Sans mesures d’accompagnement appropriées pour assurer la protection des joueurs, on s’achemine vers une augmentation des problèmes liés aux jeux d’argent.

Des tendances opposées chez les jeunes

Baisse de la consommation d’alcool, de tabac et de cannabis jusqu’à 15 ans, hausse dans la classe d’âge suivante
Chez les jeunes, l’évolution de la consommation d’alcool et de tabac montre des développements importants : la dernière enquête auprès des écolières et écoliers montre que les adolescent-e-s de 15 ans boivent moins que par le passé, alors qu’à l’inverse, l’ivresse ponctuelle est en augmentation chez les 15 à 19 ans depuis 2011.

On constate un phénomène similaire pour le tabac : alors que la part de fumeurs est en baisse depuis 2002 dans le groupe des 11 à 15 ans, il semblerait que la consommation de tabac reparte à la hausse chez les 15 à 19 ans. Pour ce qui est du cannabis, on observe également un recul, quoique moins marqué, chez les jeunes de 15 ans, alors que dans le groupe des 15 à 19 ans, la tendance reste stable ou va en direction d’une légère hausse. Il est intéressant de noter que des tendances similaires se dessinent à l’étranger, notamment en France et aux Etats-Unis.

Des questions en suspens, une évolution incertaine

Les baisses de consommation chez les plus jeunes sont-elles liées à de nouveaux modèles éducatifs, à une sensibilisation croissante aux questions de santé, au succès de la prévention des addictions et de la protection de la jeunesse ou encore à un changement de comportement en matière de sorties? La question reste encore sans réponse.

Selon des études récentes, il existe certains signes que la jeune génération se montre plus « casanière », ce qui réduit ou retarde le contact avec des substances psychoactives. Le rôle des nouveaux médias dans cette évolution reste peu clair. Si les jeunes ont accès au monde virtuel toujours plus tôt – plus de la moitié des 6 à 13 ans possèdent leur propre smartphone et les jeunes de 15 ans indiquent passer plus de trois heures par jour durant leur temps libre devant l’ordinateur, la télévision, le téléphone portable ou la console de jeux –, des études récentes montrent que ces activités dans l’univers virtuel n’ont pas entraîné de recul des occupations et des amitiés « réelles ».

Les addictions, un défi pour la société tout entière

Se focaliser uniquement sur les jeunes, comme la politique a trop tendance à le faire, ne suffit pourtant pas. D’une part, les adolescents s’inspirent du monde des adultes et, d’autre part, les problèmes liés aux substances psychoactives sont principalement imputables aux modes de consommation des adultes. I

l faut par conséquent considérer la prévention et la politique des addictions comme une tâche qui concerne la société dans son ensemble et qui relève de la responsabilité de tous : les consommateurs, mais aussi l’Etat et l’économie.

La responsabilité individuelle est importante, mais tous ne partent pas avec les mêmes chances

L’initiative parlementaire « Coma éthylique. Aux personnes en cause de payer les frais des séjours hospitaliers et en cellule de dégrisement », que le Conseil national a heureusement classée l’an dernier, est révélatrice de l’esprit qui prévaut actuellement dans le domaine de la politique de santé.

Non seulement ce texte remettait en cause le principe de solidarité mais il pointait du doigt une fois de plus les jeunes, alors qu’ils ne constituent qu’une minorité (moins de 10 %) des personnes hospitalisées pour intoxications alcoolique.

Les partisans de l’initiative ont beaucoup parlé de responsabilité individuelle, un argument de plus en plus populaire non seulement dans les cercles proches de l’industrie, mais aussi dans les milieux de la politique de santé – et qui néglige la responsabilité de la société et des politiques face à un marché de plus en plus dérégulé.

En Suisse, environ 100 000 enfants grandissent avec un parent alcoolique. Ces enfants ont un risque jusqu’à six fois plus élevé de développer eux-mêmes une dépendance durant leur vie. Ils ne peuvent pas non plus choisir s’ils veulent ou non être confronté à un problème de dépendance.

C’est donc à la société de mettre en place les conditions nécessaires pour que les enfants aient la possibilité de se développer sainement et de devenir des citoyens responsables.

Pourtant, bien souvent, l’argument de la responsabilité individuelle est invoqué par les milieux politiques pour bloquer les investissements qui servent à promouvoir la santé. On ne peut pourtant décemment demander aux autres de se montrer responsables si on n’assume pas sa propre responsabilité vis-à-vis des mineurs et des groupes les plus vulnérables.

Ne pas confondre liberté personnelle et liberté du marché

Argumenter que les mesures de régulation portent atteinte à la responsabilité indivi-duelle et à la liberté personnelle est un raisonnement un peu court : il ne s’agit pas d’interdire la consommation de substances psychoactives ou de stigmatiser les consommateurs, mais de mettre en place un environnement qui favorise les compétences en matière de santé et non la consommation.

C’est normal avec des biens de consommation qui, parce qu’ils tuent chaque année plus de 10 000 personnes et entraînent des coûts de quelque 10 milliards de francs, ne sont à l’évidence pas des biens de consommation ordinaires.
Des enquêtes récentes montrent que la majorité de la population serait favorable à une interdiction de la publicité pour le tabac et à des mesures pour lutter contre l’alcool bon marché.

Ces mesures passeraient quasiment inaperçues pour la plupart des gens, tout en permettant de protéger les jeunes et les personnes qui ont une consommation problématique. N’est-ce pas contradictoire de vouloir convaincre les jeunes des risques du tabagisme alors que, dans le même temps, la publicité pour les produits du tabac dans les lieux qu’ils fréquentent le plus, comme les festivals et les médias sociaux, les incite à penser que fumer est cool et synonyme de liberté ?

La nouvelle loi sur les produits du tabac, qui sera examinée cette année, offre l’occasion d’éliminer ce genre de contradictions. Le Parlement aura également la possibilité, dans le cadre de la réglementation sur les jeux de hasard, de restaurer l’équilibre entre les intérêts de la politique de santé et ceux de l’économie, en réintégrant dans la loi le renforcement de la protection des joueurs initialement prévue.

Parallèlement aux débats en cours sur les révisions de lois dans le secteur des subs-tances légales, on réfléchit à de nouvelles approches vis-à-vis du cannabis, avant tout à l’échelon des cantons et des villes. Il est important de ne pas considérer isolément les développements dans le domaine des drogues légales et illégales : les expériences faites avec la dérégulation du marché de l’alcool et des produits du tabac nous enseignent que, pour le cannabis, un modèle axé essentiellement sur le profit, comme c’est le cas actuellement aux Etats-Unis, ne serait guère dans l’intérêt de la prévention des addictions.

Mais il faut aussi rappeler les incohérences de la politique des addictions où l’on peut promouvoir par le biais de la publicité un produit comme le tabac, qui tue une personne par heure, alors que la simple consommation de drogues illégales constitue elle un délit. On doit donc espérer que cette politique sorte des débats idéologiques pour s’appuyer sur des analyses factuelles des expériences faites à ce jour. Le présent Panorama des Addictions entend y contribuer.

Les milices républicaines irlandaises contre les dealers et les barons de la drogue

On appris hier que l’action menée lors d’une pesée de boxe à Dublin, en Irlande le 5 février 2016, avait été revendiquée à la BBC par l’Armée républicaine irlandaise (Continuité), la Continuity IRA.

Cette action fait partie de la lutte générale contre « les trafiquants de drogue et les criminels » et visait David Byrne, impliqué il y a quelques années dans l’assassinat d’Alan Ryan, une figure de l’IRA véritable.

Les républicains irlandais sont en effet aux premières loges contre les mafias et les importants trafiquants de drogues et c’est une guerre qui est menée aux barons de la drogue, ainsi qu’aux dealers.

Voici une vidéo, sous-titrée en français, au sujet d’Alan Ryan et de son combat, de la « Republican Action Against Drugs », qui a rejoint l’IRA qui s’est maintenue.

Il est impressionnant de voir un ancien trafiquant reconnaître qu’il a été juste qu’il ait été puni militairement et que grâce aux milices républicaines, les dealers ne pullulent pas partout.

Vu de France, tout cela a l’air extrême, encore que cela soit très discutable, car l’ambiance devient parfois tout à fait similaire à la situation terrible de l’Irlande ou encore des États-Unis.

Quand on voit le poids des drogues à Marseille par exemple, on ne peut pas dire qu’on soit dans un modèle tout à fait différent. Rien qu’hier quelqu’un a été tué à la Kalachnikov, avant-hier une autre personne s’est faite tirée dessus, le tout avec les trafics à l’arrière-plan.

Il n’est pas difficile de voir également que les mafias gagnent toujours plus du terrain, que les drogues gangrènent des territoires toujours plus grands. L’affrontement avec cela est inévitable et si cela a l’air radical pour les gens dans les centre-villes, c’est que le confort de leur vie quotidienne est totalement éloigné de cette situation…

Les straight edge européens ont toujours eu du mal avec le slogan « kill your local drug dealer » souvent utilisé aux Etats-Unis. Mais c’est que là-bas, les mafias occupent les rues et c’est pourquoi la chanson classique d’Earth Crisis, Firestorm, dénonce la collusion police-mafias et appelle à lutter pour reprendre rue par rue le terrain, face aux barons de la drogue.

La situation est différente ici, mais on peut tout à fait craindre qu’elle devienne la même ! Il est ironique d’ailleurs de voir les libéraux et les libertaires prétendre que lutter contre les mafias est quelque chose de « facho », alors que justement l’extrême-droite des groupes violents a historiquement toujours été liée aux trafics de drogues.

En Turquie, l’organisation d’extrême-gauche DHKC a d’ailleurs la même démarche que les milices républicaines irlandaises, montrant des vidéos de dealers de drogues se faire tabasser, tirant dans les genoux des importants vendeurs, voire s’affrontant militairement aux mafias.

On dira, à juste titre, qu’en France c’est différent : on peut aller à la police quand on a à faire face à la mafia et la justice pourchasse les dealers. Cela est vrai, au moins en partie, mais chacun sait que les situations sont parfois vite compliquées, que la corruption avance, que le goût du crime se propage et qu’il en faut peu pour que les mafias aient souvent le dessus!

L’église Sainte Rita, des « messes pour animaux » aux fachos

Nous avions déjà parlé des « messes pour animaux » organisées par l’église Sainte-Rita, à Paris. Cette église, qui dépendait de l’église gallicane (une sorte de catholicisme romain « francisé ») tout en appartenant à l’Église catholique, subissait un processus d’expulsion afin d’être détruite, provoquant  beaucoup de protestations.

Rappelons que ce type de messe est en contradiction formelle avec la religion catholique (comme toutes les religions monothéistes d’ailleurs), puisque les animaux n’ont pas d' »âme ». C’est là de la démagogie typiquement catholique.

L’absence de fond réel à cet engagement se voit désormais clairement. A partir de 2015, dans le cadre des protestations, l’église s’est vue mise dans les mains d’une « association paroissiale catholique » dirigée par Guillaume de Tanoüarn, un fervent traditionaliste… En clair, tout un bataillon d’extrême-droite s’est mis à la tête de la défense de l’église construite en 1900 et en ont pris le contrôle…

Le site Streetpress a accordé un article à ce sujet, dont voici quelques passages :

Cela fait 2 ans que l’église Sainte Rita est menacée de destruction. Mais depuis octobre, les paroissiens ont laissé place à la crème de l’extrême droite parisienne. L’église squattée accueille catho’ tradis, islamophobes et « dissidents ».

Paris 15e, rue François-Bonvin – Pour entrer dans l’église Sainte Rita, mitoyenne aux bureaux de l’Unesco, il faut passer par une porte de chantier gardée par 2 hommes. L’un d’eux, le visage caché par un masque de V pour Vendetta, tend une pétition contre la démolition de cet édifice religieux néo-gothique.

Bohrt Mignolet, le vigile improvisé à l’accent belge prononcé, fait partie des « irréductibles » du Mouvement du 14 juillet. Dans la nuit du 5 au 6 octobre, une poignée de militants de ce collectif débarque pour « libérer » l’église promise à la démolition. Ils glissent une échelle au-dessus de la palissade et se faufilent par la fenêtre du 1er.

Ils s’ajoutent à la longue liste des défenseurs de l’église, connue par le passé pour ses bénédictions d’animaux. Ainsi, ex-mégrétiste, fondateurs de Riposte laïque, animateurs de Radio Courtoisie, « soralien » ou cathos tradis, se mobilisent au gré des opportunités pour sauver l’édifice. 2 ans déjà que l’église doit être détruite pour laisser place (link is external) à un parking et des logements sociaux.

Dans le presbytère, une quinzaine de personnes se revendiquant du mouvement « putschiste » vaquent, un spliff à la main. « Ici, c’est plus ou moins une Zone à défendre (ZAD), une ZAD à mi-temps », explique David Pastor, santiags et cheveux longs. (…)

Pull couleur crème, regard perçant, Stoquer se définit d’abord comme un défenseur du patrimoine. Il n’en est pas à son premier combat : Engagé pour la défense de la nécropole des rois de France à Saint-Denis -93) mais aussi contre l’installation du Starbucks Café, place du Tertre à Montmartre, en 2013. Une action soutenue, à l’époque, par le Bloc identitaire.

Nicolas Stoquer n’est pas qu’un simple protecteur des vieilles pierres. C’est aussi un fervent catholique – il le revendique lui-même – proche des courants traditionalistes. Le 15 novembre, c’est sur son invitation que l’abbé Guillaume de Tanouärn, ancien de la fraternité tradi’ Saint-Pie-X de Mrg Lefebvre, donnait à Sainte Rita une messe en hommage aux victimes des attentats.

Le nouveau boss de la rue François Bonvin ne cache pas non plus ses engagements politiques à la droite de la droite. Stoquer est en effet secrétaire général du Rassemblement, un micro-parti souverainiste. Un lundi sur 4, il anime avec son pote Alain Bournazel une émission sur Radio Courtoisie. Au micro du « Libre journal de l’indépendance » défile la hype de la droite réactionnaire. Béatrice Bourges, du Printemps français, et l’ex-député homophobe Christian Vanneste y sont passés le mois dernier.

Mgr Dominique Philippe, l’archevêque de l’église catholique gallicane qui officiait à Sainte Rita depuis 1987, confirme le background politique de l’assos de défense de l’église.

Dans un café près de Nation, ce grand bonhomme, soupçonné par ses détracteurs d’avoir quitté les lieux en mars avec toute la déco intérieure de la paroisse – « ses biens à lui », jure-t-il, se souvient de l’entrée en piste de Stoquer et Bournazel lors des vœux aux paroissiens de janvier 2014. Ils auraient été invités par un paroissien, François Lusinchi, fidèle de l’église de la rue François-Bonvin depuis une vingtaine d’années. Ce dernier nie en bloc. Cet ancien militaire de carrière, président des « Arches de Sainte Rita », a pourtant lui aussi un passé politique chargé : ancien mégrétiste, il a été candidat aux législatives de 2007 (link is external) dans le 9e circo du Val-d’Oise à Gonesse pour le MNR, avant de passer chez Les Républicains pour les municipales à Fosses (95) en 2014.

The Byrds – Hungry Planet

Nous sommes en 1970 et le groupe « The Byrds » a déjà apporté une contribution importante à la musique, avec leur folk rock. Voici les paroles de leur chanson « Hungry Planet », qui témoigne d’une grande conscience écologiste… il y a déjà 45 ans…

I’m a hungry planet
I had a youthful face
They were in a hurry
To go to outer space
Je suis une planète qui a faim
J’avais un visage jeune
Ils étaient pressés
D’aller dans l’espace

They needed bombs and tungsten
Ore and iron too
So they climbed and they dug and they blew
Divided me right in two
Ils avaient besoin de bombes et de tungstène
De minerais et de fer aussi
Alors ils sont montés et ils ont creusé et ils m’ont fait sauter
M’ont divisé juste en deux

I’m a hungry planet
Orbiting in the sky
The things they did to hurt me
Pass on by and by
Je suis une planète qui a faim
En orbite dans le ciel
Les choses qu’ils ont fait pour me blesser
Passent au fur et à mesure

Now here I am all alone
They never ever learn
Well I had to shake and quake
And make their houses burn
Maintenant je suis ici toute seule
Ils n’apprendront jamais
Eh bien j’aurais à m’agiter et à trembler
Et faire en sorte que leurs maisons brûlent

I’m a hungry planet
I had the bluest seas
Oh, the people kept choppin’ down
All my finest trees
Je suis une planète qui a faim
J’avais les mers les plus bleues
Oh, les gens ont continué de tronçonner
Tous mes meilleurs arbres

Poisonin’ my oxygen
Diggin’ into my skin
Takin’ more out of my good earth
Than they’ll ever put back in
Empoisonnant mon oxygène
Creusant dans ma peau
Tirant toujours davantage de ma bonne terre
Qu’ils ne remettront jamais

I’m a hungry planet
Je suis une planète qui a faim

La couleur noire et les corps des animaux morts

La photographie suivante, publiée par Vosges Matin il y a quelques jours (« Les vegan se mobilisent à Paris »), est peut-être la plus traumatisante dans le genre. Le non respect des animaux décédés est à la base même inacceptable dans ce type de démarche, mais il y a ici en plus quelque chose de directement lugubre, de sombre, de malsain. C’est absolument ignoble.

N’y allons pas par quatre chemins : il faut être vraiment détraqué pour oser faire une exhibition morbide comme cela.

Et qu’on ne prétende pas que cela aide les animaux. La seule image fournie aux gens normaux est celle de gens glauques, incapables de présenter quelque chose de positif, célébrant un culte macabre afin de justifier leur pessimisme, leur absence de perspective.

C’est précisément à ce niveau qu’il existe une porosité très forte avec l’extrême-droite, avec la fascination pour le nazisme, les images fortes, etc.

Montrons au passage le niveau de l’humour de « Cause Animale Nord », encore tout récemment.

Plus sérieusement, on ne peut pas dire qu’on respecte les animaux et utiliser leurs corps de cette manière. C’est manquer de respect. Rien qu’il y a deux jours, des éleveurs ont d’ailleurs procédé de la même manière, en exhibant le cadavre d’une vache, comme le raconte Normandie Actu.

Celle-ci a été pendue par la Coordination rurale, à Avranches, à la permanence d’un député des Républicains). La vache était morte depuis déjà trois semaines…

N’est-ce pas d’un sordide innommable?  Le véganisme n’est-il pas justement l’inverse de cela, à savoir l’harmonie, le positif, la construction, l’amour des animaux, la joie?

Ou est-ce une révolte existentielle, désespérée, tournée vers la couleur noire, comme par exemple à Lyon, il y a quelques jours, pour une marche pour « l’abolition de la viande »?

« Nicolas Hulot n’entrera pas au gouvernement »

La rumeur, qui a commencé avant-hier, s’est propagée dans tous les médias… Pour se terminer hier par un message de Nicolas Hulot sur Twitter.

Nicolas Hulot a montré avec ce tweet qu’il ne servait à rien : étant institutionnel, il avait les moyens d’agir vraiment en leur sein, en tant que numéro deux du gouvernement, juste derrière Manuel Valls.

Il a refusé, préférant selon certains commentateurs une candidature à la prochaine présidentielle. D’ailleurs Jean-Paul Besset et Pascal Durand viennent de quitter EELV. Pascal Durand a dirigé EELV en 2012 et en 2013, il est aux côtés de Nicolas Hulot depuis de nombreuses années, dès 2007, étant même son directeur de campagne pour la primaire écologiste de 2012 (perdue face à Eva Joly).

Nicolas Hulot ne prend naturellement pas position ouvertement dessus, expliquant juste qu’il ne participerait pas à une primaire de gauche.

En fait, il fait tout pour ne pas cliver, pour être populaire en allant dans le « sens commun » qui n’est rien d’autre que le masque du conformisme qui s’imagine plus ou moins « rebelle ». C’est aussi pourquoi il avait écrit la préface de l’édition française de l’encyclique du pape au sujet de l’écologie, « Laudato Si ».

Sur France Inter, Nicolas Hulot a même réfuté l’existence de l’écologie comme système de pensée :

« Je me demande si « écologie politique » n’est pas une forme d’oxymore.

L’écologie, pour moi, est supra-politique. Si l’écologie est politique c’est parce que les grandes formations politiques ont déserté ce sujet. »

Nicolas Hulot se pose en fait comme homme providentiel et on ne peut pas comprendre sinon le lancinant populisme qu’il pratique de manière ininterrompue.

C’est le contraire qui est vrai : la « politique » n’est pas politique, la vraie question politique aujourd’hui c’est l’écologie.

C’est une question écologiste et donc politique que de dire : on laisse les riches rouler en 4×4, ou on les en empêche par la force. C’est une question écologiste et donc politique que de dire : on laisse les entreprises pratiquer la vivisection, ou on les en empêche par la force. C’est une question écologiste et donc politique que de dire : on laisse l’Amazonie subir la déforestation, ou on empêche cela par la force.

Nicolas Hulot n’est, évidemment, pas un révolutionnaire : selon lui l’écologie peut être diluée au sein du système, car c’est une question de survie pour le système lui-même. Sauf que le système en question est totalement irrationnel et se moque de toute pratique écologiste, y compris gestionnaire, car il s’imagine que demain il trouvera bien autre chose pour continuer à exister, que de toutes façons l’humanité ne pourra jamais exister différemment.

Tout cela suinte, au fond, la peur : la peur du soulèvement des consciences, la peur d’avoir à bouleverser les pratiques de la vie quotidienne, la peur d’avoir à cesser un mode de pensée anthropocentriste confortable.

Nicolas Hulot veut être au-dessus de la politique, parce qu’il veut neutraliser l’écologie dans ce qu’elle porte : le 21e siècle connaîtra pourtant inéluctablement une révolution écologiste, ou il ne sera que chaos, guerre, effondrement de la civilisation.

Il y a un proverbe qui dit qu’il faut boire le calice jusqu’à la lie : la société française, pétrie d’esprit conformiste faussement rebelle, doit donc supporter Nicolas Hulot (et L214, EELV, etc.) jusqu’au bout, jusqu’à ce que tout le monde comprenne les enjeux réels de notre époque…

C’est une guerre qui est menée contre la planète. Elle a besoin de nous. De notre abnégation complète, de notre engagement total.

« Hollande sauvé par la weed »?

Le nouveau numéro des Inrockuptibles est tellement grossier dans ses formulations qu’il est absolument impossible qu’il n’ait pas été téléguidé par l’Élysée. Rien que la couverture est magistrale!

La série d’articles, dont voici le sommaire, est un éloge du cannabis comme vecteur économique et marqueur idéologique de ce qui serait la gauche, qui est en réalité la gauche libérale-libertaire.

Comme il faut bien un prétexte, ce sont des propos d’un professeur qui sont utilisés, comme argument « scientifique » prétendument neutre, objectif, etc. Ce professeur, qui lutte contre le tabac, a même appelé à la radio François Hollande à légaliser « un marché des feuilles de cannabis, de la marijuana ».

Voici comment les « Inrockuptibles » présente la chose, avec « humour » (« François Hollande, dont le nom est à lui seul une bénédiction », allusion aux Pays-Bas, où le cannabis est légalisé).

Trois arguments peuvent être utilisés clairement pour affirmer que c’est téléguidé depuis l’Élysée. Tout d’abord, il est expliqué que Christiane Taubira n’est pas contre un débat.

Elle vient de démissionner et les médias la présentent comme la nouvelle égérie de la gauche de la gauche, alors que historiquement elle n’a jamais appartenu à la gauche.

Elle fait figure d’anti-Valls, et justement l’article – c’est le second argument – tacle sévèrement Valls. On a ici un argument : soutenons François Hollande comme vecteur libéral-libertaire face aux sociaux-réformistes conservateurs.

Troisième argument, et non des moindres : le nouveau ministre de l’intérieur, pourtant clairement conservateur, est présenté sous un jour favorable du point de vue des partisans de la légalisation du cannabis, avec des détails de connaisseurs. C’est là une manœuvre politique absolument claire qui dépasse clairement le seul cadre journalistique…

L’argument électoral n’est même pas caché par ailleurs dans les articles de la revue porte-parole des bobos.

On notera également qu’il y a un long article sur les retombées économiques « bénéfiques » du cannabis. Rappelons ici aussi que c’est un thème classique de la gauche bobo, depuis Le Monde, jusqu’aux éditoriaux notamment (par exemple ici), jusqu’à Libération (par exemple ), en passant par Europe Ecologie Les Verts (par exemple ici).

Rappelons que le cannabis est « développé et breveté« , on est là dans un capitalisme très développé. On ne s’étonnera donc pas que la revue bobo mentionne le « think tank » appelé « Terra Nova », regroupement « intellectuel » conseillant le Parti Socialiste et célèbre pour préconiser d’abandonner les ouvriers au profit d’une ligne libérale-libertaire jouant sur le communautarisme (ciblant les « jeunes », les « immigrés », les « femmes »).

Ces dernières lignes montrent l’appel du pied de François Hollande aux bobos. Entre ceux-ci et les fachos, la France est vraiment mal partie…

Raison de plus d’œuvrer à la véritable alternative : une société humaine unifiée travaillant à protéger la Nature, refusant les drogues et les faux-semblants, refusant l’exploitation animale et toute exploitation d’ailleurs, pour une planète bleue et verte!

La Folle journée de Nantes : la Nature

Aujourd’hui commence « La Folle journée de Nantes », un festival de musique classique qui existe depuis 1995. Cette année, plus de 300 concerts ont comme thème « la Nature » raison de plus de s’y intéresser.

Voici comment le thème est présenté :

« Pour sa 22ème édition, La Folle Journée explorera le thème universel de la Nature. Dès l’origine fascinés par l’alternance des saisons, la diversité des paysages ou le déchaînement des éléments, les hommes se sont de tous temps essayés à traduire en musique l’infinie palette de sensations que lui procurait le contact avec la Nature ; on peut ainsi dire que la musique est véritablement née de la nature, et que celle-ci n’a cessé d’inspirer les musiciens à travers les âges.

Dès l’époque de la Renaissance, et durant toute l’ère baroque, les compositeurs se plaisent à imiter les bruits de la nature, notamment le chant des oiseaux qui a toujours charmé les hommes – Clément Janequin, puis Jean-Philippe Rameau, François Couperin… – ; il s’agit alors d’une musique essentiellement descriptive.

Au début du XVIIIème siècle, le compositeur français Jean-Féry Rebel s’inscrit lui aussi dans cette veine avec une oeuvre originale : Les Éléments, qui offre une peinture musicale des quatre éléments. Mais au même moment, le regard sur la nature se fait déjà plus contemplatif, avec les Quatre Saisons de Vivaldi notamment.

C’est alors une longue tradition de musique pastorale qui se met en place, avec des compositeurs tels que Carl Stamitz (Le Jour variable) ou Justin Henri Knecht (Portrait musical de la nature), qui ouvrent la voie à la fameuse Symphonie Pastorale de Beethoven.

Propice au recueillement et à la méditation, la nature devient une confidente et joue un rôle essentiel chez les compositeurs romantiques, qui puisent l’inspiration dans leurs promenades solitaires : dans des forêts peuplées de chasseurs, d’oiseaux, d’auberges, les saisons, les éléments, la nuit et ses mystères inspirent à Schubert, Schumann, Liszt puis Brahms une multitude d’oeuvres.

Très présente également à l’orée du XXème siècle avec Gustav Mahler ou Richard Strauss, la nature inspire largement la création musicale des temps modernes : de Claude Debussy à Olivier Messiaen et Toru Takemitsu, en passant par Maurice Ravel ou Henri Dutilleux, elle continue de procurer aux compositeurs une infinité de thèmes et de générer à travers eux des émotions propres à toucher tous les auditeurs. »

Résumons ce qui est dit de manière plus parlante. La musique s’expliquerait de la meilleure manière avec le mythe d’Orphée, celui qui pleura Eurydice retenue aux enfers (car Orphée s’était retourné dans les escaliers au dernier moment en la cherchant là-bas), car il jouait de la lyre de manière magique, charmant même les animaux.

La Nature serait ainsi une base à reproduire, une source d’inspiration, une manière d’exprimer ses sens de la manière le plus poussée (le romantisme), un prétexte à l’expérimentation (la musique « moderne » ou « contemporaine »).

C’est une vision qui manque de dynamique, dans la mesure où l’on a l’impression que l’artiste est quelqu’un qui « traduit » la Nature. C’est la vision traditionnellement catholique, celle de la Renaissance, où la Nature apparaît comme une sorte de « miroir » de l’humanité indépendante.

C’est une vision très formelle, mais on ne peut guère s’attendre à mieux de la part de musiciens qui n’ont que très rarement une vision « idéologique » ou culturelle de leur approche, fonctionnant à la technique et à l’émotion.

Consciente de cette limite qui part du principe de faire un fourre-tout panorama de « musiques classiques » très diverses et n’ayant rien à voir, voire même franchement contradictoires, il y a heureusement des ouvertures à des musiques classiques du Japon ou de Perse.

Il y a également la tentative de procéder par thèmes : on a ainsi les saisons, les quatre éléments, la nuit, les pastorales, le bestiaire, les paysages, la Nature dans les textes sacrés, les Jardins.

Là aussi toutefois, il ne faut pas se leurrer, il s’agit de masquer que Vivaldi n’a rien à avoir avec Debussy, ni Sibelius avec Glass (même si ce dernier a réussi une œuvre pertinente avec le fameux Koyaanisqatsi, encore est-il que c’est une musique de film).

On notera également qu’il y a vendredi une conférence sur « La symphonie printanière des oiseaux chanteurs » et que la veille il y a des séances « Cinéma pour l’oreille » par un audio-naturaliste.

Bref, il n’y a aucune unité cohérente dans les musiques proposées, qui sont coupées de leur approche culturelle et historique, mais on peut trouver ça et là quelques œuvres très intéressantes.

Conseillons peut-être la journée de dimanche (Daquin : Le Coucou, Vivaldi : Les Quatre Saisons, Smetana : La moldau, Tchaïkovsky : Le Lac des Cygnes, ainsi que plus tôt Mozart : Sonate pour violon et piano en sol majeur K. 301, Schumann : L’oiseau prophète, extrait des Scènes de la forêt opus 82, Dvorák : Silence des bois Granados : La Jeune fille et le rossignol, extrait des Goyescas, Grieg : Petit oiseau, extrait des Pièces lyriques, Schumann/Auer : L’oiseau prophète, arrangement pour violon et piano, Casals : Le Chant des oiseaux, Rimski-Korsakov : Le Vol du bourdon, Perlman : a birdly sings, Rossini : ouverture de La Pie voleuse).

La mort dramatique de Griffin

C’est une histoire terrible qui a défrayé la chronique ces derniers jours et a connu hier son épilogue judiciaire. Voici les faits présentés par Nice matin :

Jeudi soir, peu après minuit, un différend familial éclate dans un immeuble du quartier de La Madeleine, à Nice. Un homme d’une trentaine d’années a manifestement des doutes quant à la fidélité de sa compagne.

Il veut inspecter son téléphone portable mais, vu l’heure tardive, celle-ci l’invite plutôt à aller se coucher. L’homme n’en démord pas: il veut le téléphone portable, sinon…

« Sinon, je brûle le chat ! »

Voilà la menace qu’il brandit. Menace suivie d’effet. L’homme aurait attrapé le pauvre animal avant de l’asperger d’alcool et d’y mettre le feu. Le chat en flammes aurait alors mordu son tortionnaire. Suffisamment fort pour que celui-ci le lâche.

L’animal de compagnie, terrorisé et toujours en feu, a alors filé sous le canapé pour se cacher. Evidemment, le canapé a commencé a prendre feu lui aussi.

Pour éviter que l’appartement ne parte en fumée, l’homme a alors saisi à nouveau le chat et l’a jeté par la fenêtre du septième étage.

Après tant de sévices, l’animal était toujours vivant. Le vétérinaire réquisitionné par la police a dû, à son arrivée sur les lieux, euthanasier l’animal pour mettre fin à ses souffrances. L’auteur présumé des faits a quant à lui été interpellé.

Le procès a eu lieu dans la foulée et voici comment Le Figaro en raconte le résultat :

Le sort de Griffin a provoqué une onde de choc chez les défenseurs des animaux.

Agé de 6 ans, le chat, transformé en torche vivante, a été jeté du 7e étage d’un immeuble du quartier de la Madeleine à Nice, jeudi soir. Encore vivant, l’animal au corps disloqué avait dû être euthanasié par un vétérinaire. (…)

Lundi, une cinquantaine de personnes au tribunal, majoritairement des femmes scandalisées par la cruauté du «bourreau», ont assisté au procès de cet homme de 30 ans, qui était jugé en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Nice.

A la barre, ce charpentier au chômage n’a pa su expliquer ses actes:

«C’est pas moi, je comprends pas comment j’ai fait ça», a-t-il marmonné. Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet, qui souhaitait une peine exemplaire.

L’homme a été condamné à deux ans de prison ferme et six mois avec sursis et mise à l’épreuve pour violences sur sa compagne et actes de cruauté sur animal. (…)

Jeudi soir, cet homme, «en état d’ivresse manifeste» a eu une vive altercation avec sa compagne qui refusait de lui donner accès à son téléphone portable.

L’un et l’autre se sont échangés des coups. Le couple entretenait une relation orageuse depuis près d’un an, et la femme souhaitait rompre. L’homme a commencé par jeter son propre portable par la fenêtre.

Puis, il a aspergé le chat avec de l’alcool à brûler. «Il a dit: “Donne moi ton téléphone, sinon je crame ton chat”», a relaté sa compagne lundi lors de l’audience.

«Le chat miaulait, se débattait. Je ne l’ai pas pris au sérieux. Il a allumé le briquet, le chat à pris feu. Il me regardait avec un sourire narquois», a-t-elle précisé. Le chat a mis le feu au canapé et aux rideaux, avant d’être défenestré.

«Je voulais pas le brûler, je voulais juste impressionner ma compagne», s’est défendu l’homme. «Elle m’a fait péter un câble, je suis quelqu’un de très gentil», avait-il juré aux enquêteurs.

Nul besoin d’en rajouter, encore est-il de comprendre que c’est un drame et non pas une tragédie. La mort de Griffin ne doit rien au destin, à une humanité qui serait « mauvaise » par nature, mais bien à une société dénaturée qui n’éduque pas le respect de la vie….

A une société qui cumule les problèmes sociaux, sans chercher à les résoudre, se cantonnant dans le relativisme et développant toujours plus de tendances nihilistes, comme on en a ici un dramatique exemple…

« Comment on fait pour compter les animaux? »

Sur le site suisse Migros magazine, on trouve cette question et cette réponse à l’intérêt immense.

Comment on fait pour compter les animaux?
Une question d’Abigaele, 8 ans.

La réponse Dr Séverine Altairac, biologiste et médiatrice scientifique au Musée cantonal de zoologie à Lausanne:

« En réalité, on ne sait pas combien d’animaux existent. Les scientifiques ont déjà identifié 1,5 million d’espèces d’êtres vivants, mais on considère qu’il en existe au moins neuf millions. Ce qui veut dire des milliards et des milliards d’individus, surtout si on pense aux insectes.

Ceux que l’on connaît le plus mal, ce sont les animaux du fond des mers et les insectes.

On estime qu’au rythme où travaillent les scientifiques à l’heure actuelle, il faudrait plusieurs centaines d’années pour les répertorier.

Ceux-ci décrivent quand même entre 15 000 et 18 000 nouvelles espèces par an,dont la bonne moitié sont des insectes.

Sur terre, ce sont les zones tropicales qui présentent la plus grande diversité d’espèces.

En Suisse, on découvre aussi de nouvelles espèces. Il s’agit souvent d’insectes.

Par exemple une guêpe, le poliste suisse, découvert en 2014 et qui vit dans la région de Zurich. Il y a également la petite cigale des montagnes, Cicadetta sibillae, que l’on trouve au Tessin, dans les Grisons et en Italie.

Toutefois, avec l’évolution et plus encore à cause des changements climatiques, certaines espèces ont de fortes chances de disparaître avant même que l’on ne sache qu’elles existent.

De nouvelles espèces apparaissent régulièrement, ce qui fait qu’il est impossible de répondre de manière exacte à la question d’Abigaele.»

Voilà quelque chose qui devrait être enseigné à tous les enfants. Un tel aperçu permet de voir les choses dans toute leur profondeur, de sortir d’une vision unilatéralement anthropocentriste. L’idéologie dominante prétend tout dominer, tout contrôler, tout connaître, maîtriser l’évolution de la planète.

Mais la moindre approche vraiment scientifique montre bien que ce n’est pas le cas, que la richesse de la vie est sous-estimée, quand elle n’est pas tout simplement niée. L’idéologie dominante a en effet une mentalité de comptable et est pragmatique, divisant les êtres vivants en utiles et nuisibles.

Il faut donc mettre en avant que la Nature est un processus d’une richesse sans bornes, que la vie s’est développée de manière formidablement riche et continue de le faire. A cela, il faut opposer la figure de l’être humain qui lui détruit au lieu de participer à la richesse, d’y contribuer. Au lieu de détruire la vie sur Terre, on ferait bien mieux de faire en sorte qu’elle puisse s’agrandir sur d’autres planètes, qu’elle puisse conquérir toujours plus de place.

Encore faut-il pour cela apprécier et aimer la vie, et il n’est guère étonnant que la société qui célèbre la destruction de la vie réfute également les valeurs straight edge, au nom de l’individualisme et du droit… à l’auto-destruction!

Le fast food Quick et ses « amis végétaliens »

C’est une information anecdotique si elle ne montrait pas qu’il y a encore un nombre saisissant d’illusions et un individualisme forcené chez bon nombre de personnes végétaliennes.

L’année dernière, il y a eu un « référendum » en ligne organisé par Quick et voici la proposition qui a terminé première.

C’est une proposition très étrange ou plutôt absurde que de demander à une entreprise phare de l’exploitation animale de laisser une petite place pour les personnes végétaliennes.

C’est vraiment défendre son « confort » personnel en oubliant toute la réalité et les animaux…

Quick – qui vient de se faire racheter par Burger King et qui auparavant appartenait même en partie à l’Etat français par l’intermédiaire de la Caisse des dépôts et consignations – a d’ailleurs rejeté cette proposition.

Le site Rue89 qui s’est intéressé à cette histoire a demandé à Quick quelle était la raison de cette impossibilité. Voici la réponse obtenue :

«  Proposer un burger végétarien consisterait, par exemple, à remplacer le steak haché de bœuf par un steak de protéine végétale comme le soja ou le tofu.

Or, pour garantir le caractère végétarien d’un produit et la traçabilité de chacun de ses composants, il n’est pas possible de cuire sur une même plaque de cuisson ou dans un même bain d’huile de friture des protéines animales et végétales. C’est pourquoi techniquement, inclure un burger végétarien n’est pas possible. »

C’est tout à fait cohérent et juste, on ne comprend pas pourquoi des personnes végétaliennes ont pu oublier cela. A moins que cela ne les dérange pas de cuisiner leurs plats avec de la viande, et d’ailleurs puisqu’ils l’ont demandé, de manger au milieu de gens mangeant des morceaux d’animaux morts…

On voit là tous les méfaits du libéralisme et de l’opportunisme.

Enfin, pour finir, voici quelques commentaires Facebook à l’annonce de Quick à ses « amis végétaliens »…

Vegan pour la libération de la Terre

L’humanité est à la croisée des chemins : ou bien elle trouve une autre manière d’exister au sein de la planète formant un grand tout, un ensemble où tout le vivant est inter-relié et qu’on peut appeler Gaïa, ou bien elle va à l’autodestruction de par les multiples déséquilibres dont elle est la source.

La Nature – les animaux, la végétation – a besoin de partisans au sein de l’humanité, afin de s’interposer et de se confronter à la destruction, afin de mobiliser et de renverser les puissants qui imposent une direction qui est celle de l’anéantissement du vivant.

Le 21e siècle doit être celui du dépassement de l’anthropocentrisme et la formation d’une humanité pacifiée et unifiée. Pour cela, nous devons révolutionner notre manière de vivre. Commencer par nous-mêmes. Adopter un style de vie qui soit respectueux de nous-mêmes et des autres.

Être vegan c’est refuser tout produit issu de l’exploitation animale, que ce soit dans l’alimentation, dans l’habillement ou encore les cosmétiques. C’est rejeter aussi les produits ayant subi des tests sur les animaux, les initiatives qui utilisent les animaux comme les cirques, les manèges avec des poneys, les delphinariums, etc.

Être straight edge, c’est refuser la consommation d’alcool, de drogues ainsi que les rapports sexuels non liés à une relation sentimentale durable.

Être vegan straight edge, c’est faire des choix dans sa vie en toute conscience, en assumant, en se forgeant dans le dépassement des erreurs et le refus des fautes morales. C’est concevoir sa vie comme une construction, comme une amélioration ininterrompue. C’est vivre sa vie de manière naturelle, en ne cherchant pas à fuir, à ralentir les situations à problème ou bien encore à les oublier.

Révolutionner sa propre vie n’est toutefois qu’un début. Être vegan straight edge n’est pas un objectif en soi, mais un moyen d’être soi-même et de participer à la grande bataille pour notre planète.

Ce qui compte, c’est de participer à un processus général qui amène un bouleversement à l’échelle du monde entier, pour faire en sorte que la planète redevienne bleue et verte. Il y a en assez des vies brisées, des espoirs abandonnés, de la vie considérée comme un simple moyen ou outil pour satisfaire une quête grotesque de profits.

Il est possible de vivre une vie heureuse et épanouie, en harmonie avec la Nature. Il est possible d’exister sans être une source de violence, d’oppression, d’exploitation. La société humaine à l’échelle mondiale a les moyens et le devoir de se réorganiser totalement, afin que son existence devienne positive et non pas résolument négative comme on peut le voir actuellement.

La quête de l’ego contamine tout un chacun ; les guerres s’accumulent ; la pauvreté s’accroît ; la Nature est attaquée de manière toujours plus immense.

Il n’est plus possible d’être timoré, de raisonner en termes de réformes, d’exceptions, d’excuses, de compromis. Il faut prendre sa vie en main, faire face à l’écocide, assumer le combat… pour la libération animale et la libération de la Terre !

La Terre d’abord est un média à ce service. « La Terre d’abord ! » est un slogan qui synthétise bien notre approche, notre mise au service de la Nature.

 

Interview de la revue 30 millions d’amis par la fondation éponyme

En s’attaquant à 30 millions d’amis et en annonçant la suppression de l’émission d’une manière on ne peut plus brutale, France 3 a commis une erreur plus que grossière.

Les gens aiment les animaux, même si leur vie quotidienne est décidée par l’exploitation animale dans leur rapport à la Nature. L’émission 30 millions d’amis est à ce titre très apprécié, au moins symboliquement. Cela fait partie du patrimoine historique du rapport aux animaux et de la tentative d’améliorer ce rapport.

Une telle attaque est donc considérée comme inacceptable, c’est considérée comme une agression, la négation de l’existence de toute une partie de la population, surtout féminine, car comme le note presseedition.fr :

Les acheteurs kiosques de 30 Millions d’amis : En priorité des femmes de plus de 50 ans. Puis, les femmes de 20-49 ans ayant des enfants. Enfin, les enfants de 7 à 13 ans.

La revue, qui tire à 70 000 exemplaires, a en fait surtout des abonnés. Voici justement comment la fondation 30 millions d’amis présente, au moyen d’une interview, la publication du prochain numéro de la revue éponyme.

Pourquoi une interview? Parce que la revue est indépendante de l’association : elle a appartenu notamment au groupe de presse Mondadori et est désormais dans les mains de l’entreprise « Télé-Animaux ».

C’est franchement aberrant qu’une association voit une revue avec son nom exister de manière autonome, sous la forme d’une marque vendue et achetée par des entreprises!

Cela en dit long sur les limites de la fondation 30 millions d’amis, qui ne s’oppose pas à l’exploitation animale, qui s’oppose par contre à la libération animale, qui pratique une sorte de réformisme mou totalement en décalage avec la réalité.

Katia Renard, rédactrice en chef du mensuel 30 Millions d’Amis, revient sur l’édition de février exceptionnellement consacrée à l’émission supprimée brutalement des grilles de France 3 à partir de juin prochain.

Fondation 30 Millions d’Amis : Pourquoi ce numéro spécial ?

Katia Renard : Ce n’était pas prévu au départ. Mais alors que nous étions en plein bouclage, on a dû bouleverser notre contenu suite à l’annonce abrupte par Dana Hastier (directrice exécutive de France 3, NDLR) de la suppression de l’émission 30 Millions d’Amis fin juin.

Cela a été un vrai choc pour nous qui avions prévu de célébrer les 40 ans de l’émission. Nous avons interrogé Reha Hutin, présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis et productrice de l’émission, afin qu’elle s’exprime sur le sujet. Nous avons aussi ouvert nos colonnes à la nouvelle « génération 30 Millions d’Amis » avec une interview de Delphine Wespiser, miss France 2012, qui a toujours mis en avant son amour des animaux.

Elle devait incarner l’émission à la rentrée dernière mais la direction de France 3 avait refusé le projet d’aménagement du programme proposé par la production. Nous avons aussi sélectionné des réactions émises sur les réseaux sociaux. Beaucoup de jeunes se sont exprimés sur Twitter notamment pour soutenir l’émission et protester contre sa suppression.

F30MA : Vous avez choisi de mettre Mabrouk en couverture ?

KR : D’abord, parce que le magazine 30 Millions d’Amis a toujours présenté un animal sur sa Une. Ensuite, parce qu’il fallait que ce numéro, dédié à la défense de l’émission, soit facilement identifiable. Or Mabrouk représente précisément l’émission dans l’inconscient collectif : il en est le symbole, presque l’icône.

Nous avons donc repris son portrait que l’on a placé sur un fond de verdure avec le logo où l’on voit normalement Mabrouka au générique de l’émission. Une façon de les réunir ! Ainsi, nous avons marqué le coup pour tous les enfants de Mabrouk que nous sommes !

F30MA : Parmi tous les témoignages de ceux qui se sont exprimés, sur les réseaux sociaux, sur le Net, par mails ou par courriers, ou encore dans les médias, qu’est-ce qui vous a marqué ?

KR : Ce qui ressort, c’est qu’en touchant à 30 Millions d’Amis, c’est un peu comme si on touchait à ce qui appartient à toute la famille ; c’est au patrimoine familial, qu’on transmet de génération en génération, que la décision de France 3 porte atteinte.

En plus, les émissions qui défendent le droit des animaux, qui permettent d’agir concrètement en leur faveur, il n’y en a qu’une et c’est 30 Millions d’Amis ! Dana Hastier se trompe en disant que 30 Millions d’Amis est une vieille émission. C’est une émission culte ! Ce n’est pas la même chose.

F30MA : Pour vous, quelles sont les valeurs de l’émission ? Vos souvenirs ?

KR : Cette émission a réussi à montrer que quel que soit son âge, son milieu social, sa couleur de peau ou le lieu où l’on vit, on se retrouve tous autour des animaux. Et que ces animaux nous aiment peu importe qui l’on est ! Quand j’étais plus jeune, je regardais Mabrouk. D’ailleurs, je regardais l’émission presque uniquement pour lui ! Je suivais ses aventures et je trouvais ça drôle de le voir vadrouiller partout.

Je n’avais pas de chien à l’époque, j’en avais même un peu peur, mais Mabrouk était l’exception. Ensuite, quand je suis arrivée au magazine 30 Millions d’Amis en 2006, j’ai eu l’honneur de rencontrer Reha Hutin. Cette rencontre m’a marquée car elle était l’incarnation de mes rêves d’enfance : elle avait été aux côtés de Mabrouk et de Jean-Pierre Hutin !

F30MA : Le magazine est lui aussi l’un des derniers moyens de défendre encore la cause animale, notamment auprès des jeunes. Une sacrée responsabilité, non ?

KR : Oui bien sûr, mais c’est notre rôle !

« Veggan », le nouveau et horrible concept

Il y a quelques jours, nous parlions du véganisme et des oeufs. Nous y disions, pour résumer, que les oeufs ne tombent pas du ciel mais dépendent d’une certaine production, qui elle-même est nécessairement liée à l’exploitation animale.

C’est cela avoir une vision universelle et ne pas se limiter à un point de vue individuel. Naturellement, les partisans de la petite production, du localisme, des zads, réfutent cela.

« Il n’y a pas de mal », voilà le refrain, tel que celui d’Ellen DeGeneres, présentatrice américaine qui se dit vegan mais qui « accepte » les oeufs de sa voisine qui « possède » une poule.

Il y a même désormais un terme pour cela, car ces dandys de la morale sont prêts à tout : « veggan » – ce qui donnerait une personne se disant « vegan » mais intégrant les oeufs dans son alimentation.

Voici une définition donnée par Metro Montreal :

Qu’est-ce que la diète «veggan»?

Non, ce n’est pas une faute de frappe. La diète «veggan», avec deux «g», veut dire qu’on mange végétalien, mais qu’on accepte aussi les oeufs dans son alimentation. On retrouve donc le mot «egg» dans «veggan». L’expression est anglophone, mais elle est utilisée par tous.

Si le mot «veggan» a été créé, c’est parce qu’en mangeant des oeufs, on ne peut pas se considérer comme végétalien. Pour être végétalien, il faut s’abstenir de consommer tous les produits issus d’animaux, dont les oeufs. Certains végétaliens se laissent cependant tenter par les oeufs, qui sont une excellente source de protéines.

La tendance est bien imprégnée sur les réseaux sociaux, alors que plusieurs partagent leur repas «veggan», incluant un oeuf ou deux.

Il va de soi qu’internet est justement ici le vecteur « chic » d’une telle démarche, surtout sur instagram, avec par exemple une « experte » journalistique en alimentation comme Vicky Anne Hadley.

On est ici dans la course à ce qui sera à la mode, nouveau, original, etc.  On est dans une démarche non seulement anthropocentriste, mais également individualiste.

Tellement d’ailleurs, que heureusement les réactions sont très nombreuses en Angleterre, où cette horreur « veggan » est née, afin de tenter d’organiser un contre-feu à ce qui apparaît comme une tentative hypocrite de plus visant à relativiser le véganisme.

Mais comme la presse est friande de choses « originales » pour remplir du papier, qu’il est toujours utile pour les libéraux de nier les principes formels et « dogmatiques » du véganisme, il y a un espace pour le « vegganisme ». Il est restreint, mais cela contribue à attaquer le véganisme.

On ne soulignera d’ailleurs jamais assez à quel point Paris joue ici un rôle d’avant-garde bobo « semi-vegan », à la mode New Yorkaise et « fashion », qui est à l’opposé de Berlin et Vienne. On a l’impression que des bobos, des grands bourgeois désireux de faire une carrière universitaire, des entrepreneurs notamment dans la restauration, ont fait main basse sur le véganisme.

Ce n’est pas qu’une impression d’ailleurs, et cela montre le côté friable du véganisme en France. C’est une sorte d’effet de mode, qui ne durera qu’un temps.  Aussi s’agit-il de souligner les valeurs d’origine et véritables!

Terrasses chauffées « rétablies » à Paris et loi sur la biodiversité écornée

Ce qui est vraiment frappant, c’est à quel point la société ne fait même pas semblant d’aller dans le sens de l’écologie. Il suffit de lire la presse pour voir à quel point les choses avancent… pour reculer.

Voici deux exemples pathétiques. Le premier concerne l’interdiction des terrasses chauffantes, le second la loi sur la biodiversité. Dans les deux cas, cela fut un pas en avant, deux pas en arrière.

Voici ce que Le Parisien constatait hier, dans son article La justice autorise les contre-terrasses chauffées :

Non, les contre-terrasses des bars et restaurants de la capitale ne sont pas interdites de chauffage ! C’est du moins ce qu’a jugé, vendredi dernier, le tribunal administratif de Paris, après l’examen du dossier présenté par la propriétaire de l’établissement les Patios, un établissement de la place de la Sorbonne (Ve).

La décision, qui vient contredire un arrêté municipal de mai 2011, interdisant de chauffer ces espaces — généralement situés en vis-à-vis des brasseries, un peu à l’écart de l’établissement dont ils dépendent — devrait, à l’évidence, faire jurisprudence.

Et concerner des centaines de cafés parisiens. « Cette décision, détaille Me Philippe Meilhac, l’avocat des Patios, s’applique à tous les titulaires de l’autorisation d’exploitation d’une contre-terrasse, qui peuvent désormais utiliser du chauffage, qu’elle que soit la période de l’année. »

La Ville de Paris, qui devrait faire appel de cette décision, plaide son côté, la dangerosité des dispositifs de chauffage pour la sécurité des consommateurs, et leur incompatibilité avec la préservation de l’environnement… Des arguments qui n’ont pas convaincu la justice.

« En l’absence de tout élément de nature à démontrer ce qui est avancé, l’article du règlement des étalages et terrasses prévoyant une interdiction totale de tout dispositif de chauffage sur les contre-terrasses, est entaché d’illégalité », tranche le tribunal administratif.

Précisant également que les Patios sont déchargés des 28 589 € qui étaient réclamés à l’établissement par la Ville de Paris, au titre de la taxe sur le chauffage… pourtant interdit par l’arrêté !

La triste blague dans cette histoire, c’est que les terrasses chauffantes n’ont de toutes manières jamais cessé d’exister à Paris…

Voici également ce que Le Monde constate dans son article « Biodiversité : le Sénat vote une loi écornée par le lobby des chasseurs » :

Des reculs importants sur la chasse ou les néonicotinoïdes

A côté de ces avancées, le texte issu des travaux du Sénat affiche aussi d’importants reculs.

« Il s’agit, au final, d’un texte très hétérogène, commente Ronan Dantec (Loire-Atlantique), chef de file du groupe écologiste. Nous avons obtenu de vraies victoires pour la protection de la biodiversité, mais le lobby des chasseurs, des agriculteurs et des industriels reste très organisé au Sénat. » De fait, le groupe d’études chasse et pêche de la chambre haute, qui transcende les courants politiques, compte 84 membres, sur 348 sénateurs, qui se sont montrés extrêmement actifs tout au long des débats.

C’est ainsi que l’interdiction de la chasse aux oiseaux à la glu ou à la colle, approuvée par les députés, a disparu. De même que l’interdiction de chasser les mammifères en période de reproduction. Ainsi encore que l’autorisation du chalutage en eaux profondes – une pratique dévastatrice pour la faune et les fonds marins –, qui avait été supprimée par la commission du développement durable du Sénat, et qui a été rétablie.

Une autre régression marquante concerne les néonicotinoïdes, ces pesticides reconnus nocifs pour les insectes pollinisateurs et, plus généralement, pour l’environnement et la santé. Les députés avaient voté leur interdiction à compter du 1er janvier 2016. Les sénateurs sont revenus sur cette mesure. Il est seulement prévu que le ministre de l’agriculture prenne, dans les trois mois suivant la promulgation de la loi, un arrêté déterminant « les conditions d’utilisation » de ces substances chimiques. Cela, en tenant compte des « conséquences sur la production agricole », ce qui augure mal d’un bannissement de ces produits.

En conclure que les lobbies ont imposé leur loi serait excessif. « Une frange de sénateurs, notamment pro-chasse, mène un combat de fond contre la loi, mais une partie de leurs amendements a été retoquée, note Christophe Aubel (Humanité et biodiversité).

Dans la plupart des groupes, les rapports de force sont différents de ceux d’il y a quelques années. Une part importante des sénateurs ont compris que l’avenir de la biodiversité est aussi celui des sociétés humaines, bien au-delà de simples histoires de fleurs et d’oiseaux. »

On remarque comment l’article tente tout à fait classiquement de relativiser le poids du « lobby » de la chasse. Alors que tout ce qui est raconté ici est tout à fait clair et devrait être totalement dénoncé. Rompre avec tout cela est une nécessité. On voit bien que par « respect » des valeurs dominantes et des institutions, le pas n’est ici pas franchi par Le Monde, ou encore Le Parisien…

Vegan Reich : « Rage of a prophet »

Voici les paroles de la chanson « Rage of a prophet » de Vegan Reich, de 1995, où l’on retrouve l’expression « Forward to Eden » qui deviendra l’un des mots d’ordre hardline.

On devine ici déjà comment la tendance « religieuse » l’emporte sur le projet révolutionnaire et plus la cause semble « impossible » plus il y a du mysticisme et de la misanthropie.

C’est la contradiction : il faut à la fois revenir en arrière à notre « état originel » et aller de l’avant vers l’Eden, ce qui s’oppose et rend les propos du « prophète » qui parle dans la chanson paradoxaux.

We came onto this scene revealing truths not told by those in search of fame and gold.
Made a plea for you to change your evil ways. A warning: we won’t tolerate the way you live in a fall from grace.

Nous sommes venus dans cette scène révélant des vérités non racontées par ceux à la recherche de la gloire et de l’or.

Ayant fait un plaidoyer pour que vous changiez vos voies maléfiques. Un avertissement : nous ne tolérerons pas la façon dont vous vivez dans une chute de la grâce.

Back to our original state, forward to Eden and the way it should be.
A demand that one law’s obeyed and all transgressions cease your choice deliverance from hell or riddance by the flame.

Retour à notre état d’origine, en avant vers l’Eden et la façon qui devrait être.

Une exigence selon laquelle une loi doit être obéie et toutes les transgressions cessent, votre choix la délivrance de l’enfer ou la mise de côté par la flamme.

You made the choice to turn your back again and then blame me for what I said would come:
A prophecy of rage which foretold of coming days where you are laid to waste by the storm your evil deeds did bring.

Vous avez fait le choix de tourner le dos à nouveau et de me blâmer pour ce que je disais qui viendrait :

Une prophétie de rage qui prédit des jours à venir où vous êtes mis au rebut par la tempête qu’a amené vos mauvaises actions.

How dare you shift the blame when it’s you who wrought this pain. It wasn’t us who turned away it wasn’t I who went astray.
Our sols are pure our hands are clean we live our lives in harmony.

Comment osez-vous porter le blâme quand c’est vous qui avez forgé cette douleur. Ce ne fut pas nous qui nous sommes détournés, ce n’est pas moi qui me suis égaré.

Nos sols sont purs nos mains sont propres nous vivons nos vies en harmonie.

The laws of nature we obey from its call we never flee to break the chains from life enslaved a pledge we’ll keep to our dying day.
With wise thoughts and thoughtful deeds a higher power guides our way.

Aux lois de la nature nous obéissons à son appel nous ne fuyons pas afin de briser les chaînes de la vie asservie un serment que nous allons garder jusqu’à notre dernier jour.

Avec des sages pensées et des actes réfléchis une puissance supérieure guide notre chemin.

While you who condemn such righteous ones point those fingers with bloodstained hands in shadows – committing sins bringing darkness across the land.
That wickedness you have sewn will surely cause your blood to run. Nobodies fault but your own, remember that when you hear… The executioner’s song!

Alors vous qui condamnez de tels justes pointez ces doigts de mains entachées de sang dans l’ombre – commettre des péchés apporte l’obscurité à travers le pays.

Cette méchanceté que vous avez cousu va certainement faire couler votre sang. La faute de personne, mais la vôtre, rappelez-vous cela lorsque vous entendez … Le chant du bourreau!

Le véganisme et les oeufs

C’est une question qui revient de temps en temps : pourquoi, après tout, disent des non véganes, refuser les œufs de poule ? Ceux-ci sont produits de manière naturelle par la poule et s’ils ne sont pas fécondés, alors ils ne servent à rien, donc autant les « récupérer ».

Voici une présentation scientifique du processus par Espace Sciences :

« A l’âge adulte, la poule possède quelques milliers d’ovules appelés ovocytes. Chaque jour, un d’eux se développe jusqu’à devenir, en une dizaine de jours, le jaune dit vitellus. Le vitellus mûr est libéré dans l’oviducte, sorte de tuyau de 65 cm dans lequel l’oeuf se forme.

En quelques heures, le blanc d’oeuf se forme autour du vitellus qui tourne sur lui-même pour maintenir le jaune au centre. Puis, les deux membranes coquillières sont élaborées à partir de carbonate de calcium que la poule stocke dans ses os et ses intestins. Les muscles internes de l’oviducte continuent d’agir pour faire tourner l’oeuf sur lui-même et uniformiser la coquille.

Il ne reste plus qu’à colorer l’oeuf par des pigments contenus dans les sécrétions biliaires et l’évacuer par le cloaque. Cloaque qui sert aussi à recueillir le sperme du coq pour féconder le vitellus. Dans ce cas, l’oeuf pondu éclora en un poussin vingt et un jours plus tard. »

Il arrive que des personnes véganes n’arrivent pas à savoir comment répondre à cette question : après tout, il s’agit de refuser tout produit d’origine animale, catégoriquement, pour des raisons morales.

Le problème ici est que les gens non véganes harcèlent de remarques : et si la poule est heureuse dans un grand enclos, si on ne la tue pas pour manger et on ne la mutile pas, etc. etc.

Or, en réalité, la réponse est très simple. Il suffit de renverser la problématique, en abandonnant enfin la question de la consommation, pour aborder celle de la production.

On sait que bon nombre de véganes raisonnent de manière individuelle, se focalisant sur « leur » consommation. C’est là que se situe la faille des gens faisant la promotion des œufs de poule comme objet de consommation qui serait « possible ».

Ce qu’il faut faire, de manière correcte, en réalité, c’est se focaliser sur la production. Car les œufs de poule ne tombent pas du ciel, il faut bien que la poule vienne de quelque part. Qu’elle soit née, que ses parents soient nés, etc.

Séparer la poule de la vie de ses parents, de la réalité de son espèce, de son rapport à la Nature, est totalement anthropocentriste. On ne peut pas séparer la poule du coq, des autres poules, de la Nature dont elle devrait faire partie.

Le fait de poser la question : « pourquoi ne pas manger des œufs de poule ? » est un piège amenant à raisonner en question de consommation, alors qu’il faut raisonner en termes de production, et donc se demander d’où vient la poule.

Et comme en tant que personnes véganes, nous refusons l’exploitation animale, nous ne pouvons pas accepter par conséquent une partie de ce qui relève de l’ensemble de l’exploitation animale.

C’est là ce qui doit distinguer la libération animale des tentatives de retourner dans le passé, comme le veut la ZAD, qui n’hésite pas à tuer des poulets, petite production oblige.

Qu’au Moyen-Âge, l’exploitation des poules avait un sens, comme celle des animaux en général, c’est historiquement un fait facile à comprendre, mais au 21e siècle alors que l’humanité peut disposer d’une production végane très facilement, et donc d’une consommation végane ?

Le sel Cérébos et la queue de l’oiseau

Quand on achète du sel, on tombe souvent sur la marqué Cérébos, à l’étrange logo : on y voit un jeune garçon tentant de verser du sel sur la queue d’un oiseau.

C’est toujours une image très désagréable à voir, on ne peut que repenser à comment les enfants, mal éduqués (ou aucunement éduqués dans leur rapport à la Nature), ne cessent d’importuner les oiseaux, sous le regard attendri des parents qui sont incapables de remarquer la dimension barbare, dénaturée de la chose.

Voici l’explication, quelque peu dythirambique, de la marque elle-même.

Au début des années 60, Cérébos abandonne son emblème historique, l’épi de blé, trop éloigné du produit « sel » et se cherche une identité plus forte. C’est l’avènement d’un garnement au foulard rouge, courant après un oiseau pour l’attraper en lui versant du sel sur la queue, selon l’expression populaire.

Un bel hommage au fils de l’inventeur, un signe de vitalité complice pour une marque où la tradition et l’authenticité le disputent au dynamisme. 2011 voit l’arrivée d’un nouveau logo qui rend contemporain quelque chose d’ancien et fait qu’une marque patrimoniale devienne intemporelle.

La pureté est signifiée par le saut graphique qualitatif et le contenu émotionnel du petit garçon, qui de garnement devient ce petit garçon émouvant courant après son oiseau-étoile.

Le traité du petit garçon, en ombre dans un halo de lumière, lui confère à la fois la valeur de légende et de pureté, donc d’éternité. Le fait d’avoir travaillé le personnage en silhouette permet à chaque consommateur de se projeter dans l’enfant qu’il a ou qu’il a été.

UN PARFUM D’ÉTERNITÉ

Le sel Cérébos est entré de fait au Panthéon des grandes marques historiques, de celles qui contiennent un bout de notre enfance, de nos souvenirs, et qui constituent notre patrimoine. De celles qui font tellement partie de notre quotidien qu’on en oublie leur âge et qu’on ne s’étonne pas de les voir innover.

Et si nous étions tous des enfants de Cérébos ?

A quelle expression populaire est-il ici fait allusion? On ne voit pas trop le rapport avec le texte accompagnant d’ailleurs le logo de Cérébos :

Il était une fois… un petit garçon malade qui refusait de prendre son remède, trop fade. Un oiseau, recueilli par l’enfant, alla chercher le sel le plus pur et le déposa dans le remède, permettant à l’enfant de guérir. Ainsi naquit une longue amitié entre l’enfant et l’oiseau.

La solution est la suivante, expliquée par le blog Rêves de jour :

Non ce n’est pas une tentative désespérée de Cérébos pour faire augmenter la vente de sel.
Cérébos n’a en effet que repris une idée déjà bien ancienne puisque la première allusion à cette curieuse technique de chasse date des contes de Mother Goose (soit environ 1916) .

A l’origine, ces contes sont des traductions [en anglais] des célèbres Contes de ma mère l’Oye de Charles Perrault, auquels ont été ajoutées quelques comptines dont l’une d’elle a pour héros un idiot nommé Simon.

Simple Simon met a pieman, (Simon le simplet rencontre un pâtissier)
Going to the fair; (Allant à la foire)
Says Simple Simon to the pieman, (Simon le simplet dit au pâtissier)
« Let me taste your ware. » ( » Laisse moi goûter ta marchandise »)

Says the pieman to Simple Simon, (Le patissier dit à Pierre le simplet)
« Show me first your penny, » (Montre moi d’abord ta pièce)
Says Simple Simon to the pieman, (Simon le simplet dit au pâtissier)
« Indeed, I have not any. » (En fait je n’en ai pas)

Simple Simon went a-fishing (Simon le simplet alla pêcher)
For to catch a whale; (pour attraper une baleine)
All the water he could find (mais la seule eau qu’il put trouver)
Was in his mother’s pail! (était dans le seau de sa mère !

Simple Simon went to look (Simon le simplet alla regarder)
If plums grew on a thistle; (Si les prunes poussaient sur les chardons)
He pricked his fingers very much, (Il se piqua le doigt très fort)
Which made poor Simon whistle. (ce qui fit crier le pauvre Simon )

He went to catch a dicky bird, (Il alla attraper un gros oiseau)
And thought he could not fail, (et pensait ne pas pouvoir échouer)
Because he had a little salt, (puisqu’il avait un peu de sel)
To put upon its tail. (à poser sur sa queue)

He went for water with a sieve, (Il alla chercher de l’eau avec une passoire)
But soon it ran all through; (mais vite elle s’échappa à travers)
And now poor Simple Simon (Et maintenant pauvre Simon le simplet)
Bids you all adieu. ( nous te disons adieu)

( la traduction est de moi donc bon elle vaut ce qu’elle vaut, mais au moins c’est compréhensible ^^ )

La morale s’il en faut une est que s’il on est assez prêt pour mettre du sel sur la queue d’un oiseau on l’est aussi pour l’attraper, d’où l’inutilité totale de cette technique.
Il semblerait qu’il s’agisse d’une expression anglaise plus ancienne encore pour désigner des complications inutiles.

Quel rapport avec le sel et pourquoi Cérébos a-t-il choisi ce logo, mystère. Il est vrai qu’il donne une impression de mouvement et qu’il a le mérite de tenter une liaison de l’humanité avec la Nature, mais on a là davantage un contre-exemple qu’autre chose!

Alcool, tabac et cannabis en 2014, durant les « années collège »

L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies a publié un nouveau rapport, sur l’usage d’alcool, de tabac et de cannabis parmi les collégiens.

On peut lire un bilan de six pages en pdf ici. Voici une synthèse de ce document par l’observatoire lui-même.

Les données de l’enquête HBSC 2014 permettent d’étudier les expérimentations et usages des trois produits psychoactifs les plus diffusés parmi les collégiens. L’enquête internationale HBSC (Health Behaviour in School-aged Children), menée dans une quarantaine de pays occidentaux sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), concerne les collégiens de 11, 13 et 15 ans. Elle permet de décrire l’ensemble de leurs comportements de santé.

En France, l’enquête HBSC est coordonnée par le service médical du rectorat de Toulouse, en lien avec l’Inserm 1027 et reçoit notamment le soutien de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES). L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) est pour sa part en charge de la thématique des drogues et de l’analyse des données de consommations de produits psychoactifs.

Le numéro de la publication Tendances 1 présenté aujourd’hui, concerne les résultats de l’enquête qui s’est déroulée entre avril et juin 2014 auprès de 10 434 élèves scolarisés sur le territoire métropolitain. L’enquête a été réalisée à la fois dans des établissements publics et privés. Ces résultats portent sur les expérimentations et les usages récents (c’est-à-dire ayant eu lieu au cours du mois) d’alcool et de cannabis, ainsi que sur les usages quotidiens de tabac durant les « années collège ». Les usages de chicha et de e-cigarette au cours de la vie ont également été mesurés.

Les évolutions par rapport à l’enquête précédente de 2010 et les différences selon le sexe sont en outre étudiées. Les grands enseignements de l’enquête sont détaillés ci-après. L’enquête HBSC confirme que les « années collège » constituent souvent un temps d’initiation des usages d’alcool, de tabac et de cannabis.

– Mise à part l’expérimentation de l’alcool, qui concerne un élève sur deux en classe de 6e (49 %), les autres comportements et usages au cours de la vie sont très rares au début du collège. Ainsi, un jeune sur 10 (10 %) a déjà fumé une cigarette et un sur vingt (5 %) déclare avoir été ivre en classe de 6e.

Pour le cannabis, ils ne sont que 1,5 % à indiquer en avoir déjà consommé lors de cette première classe du collège.

– En classe de 3e ces niveaux s’avèrent bien supérieurs : l’expérimentation de l’alcool est le fait de 8 collégiens sur 10 (80 %), celle du tabac de un sur deux (49 %), alors que près de 3 sur dix (28 %) ont déjà été ivres et que presque un quart (24 %) de ces élèves ont déjà fumé du cannabis. On notera que ces deux derniers niveaux d’expérimentation sont multipliés par 5 entre le début et la fin du collège.

L’enquête permet également de mesurer l’expérimentation de la chicha et celle de la cigarette électronique en classe de 3e qui concernent, respectivement, un peu moins et un peu plus de quatre élèves sur 10 (36 % et 45 %).

La répétition des usages de ces substances progresse fortement à la fin du collège.

– Concernant les usages plus fréquents (au moins une fois au cours des 30 derniers jours), les niveaux ont été mesurés en 4 e puis en 3e. Ils augmentent nettement entre les deux classes. La consommation d’alcool au moins une fois au cours des 30 derniers jours évolue de un élève sur cinq (23 %) en classe de 4e à plus d’un sur trois (37 %) en classe de 3e. Les ivresses au cours du dernier mois sont déclarées par 4 % des élèves de 4 e et plus du double (9 %) en 3e. Les consommations de cannabis au cours du mois écoulé doublent de 5 % à 11 %.

Concernant le tabac, pour lequel on mesure les usages quotidiens, ceux-ci sont multipliés par deux entre ces deux classes, passant de 6 % à 12%. Mais les niveaux mesurés par l’enquête de 2014 sont globalement inférieurs ou stables par rapport à ceux de 2010.

– Même si la prédominance de l’expérimentation d’alcool chez les élèves ne se dément pas, les consommations de boissons alcoolisées et les ivresses alcooliques sont en recul. Le niveau de l’expérimentation d’alcool est ainsi passé de 71 % à 64 % entre les deux enquêtes. La consommation au cours du mois d’alcool diminue pour sa part de 46 % à 30 % et l’ivresse récente de 11 % à 6 %.

Pour le tabac, l’expérimentation n’évolue pas significativement entre 2010 et 2014 (elle passe de 30 % à 28 %) tandis que l’usage quotidien de la cigarette recule de 12 % à 10 %. À propos du cannabis, les indicateurs sont stables. Son expérimentation par l’ensemble des collégiens se maintient à 10 % entre 2010 et 2014 et l’usage récent à 8 % entre les deux enquêtes.

– Ces changements semblent surtout à imputer aux comportements des jeunes filles. Leur niveau d’expérimentation de boissons alcoolisées est inférieur à celle des garçons en 6e et l’enquête HBSC 2014 montre que ce décalage se maintient tout au long du collège. Concernant le tabac, alors que les usages au cours de la vie des collégiennes étaient très proches de ceux des garçons en 2010, les filles sont désormais moins souvent expérimentatrices, même en classe de 3e. Il en va de même pour les expérimentations de cannabis en diminution pour les filles en 2014 par rapport à 2010, alors qu’elles progressent chez les garçons (d’où la stabilité de l’indicateur pour l’ensemble des collégiens).

Au total, les comportements décrits par l’enquête HBSC 2014 montrent qu’il n’y a pas une plus grande précocité des usages par rapport à 2010 bien que ceux-ci s’intensifient toujours fortement à la fin du collège.

La stabilité, voire le recul, de différents indicateurs pour l’alcool et le tabac s’inscrit dans un contexte de renforcement des mesures de protection des plus jeunes depuis dix ans (en particulier l’interdiction de ventes aux mineurs issue de la loi HPST). Il est cependant trop tôt pour déterminer si ce recul des expérimentations parmi cette nouvelle génération d’adolescents sera durable et aura une incidence sur les comportements d’usage à la fin de l’adolescence, qui demeure une période d’initiation encore importante.

Les résultats de l’enquête ESPAD auprès des lycéens qui seront présentés en 2016 fourniront de premiers éléments. Rappelons en effet que les données de l’étude ESCAPAD 2014 de l’OFDT 2 menée à 17 ans avaient pour leur part mis en lumière des hausses des usages d’alcool, de tabac et de cannabis.

Rapport du WWF sur la Méditerranée

Le WWF a publié un rapport au sujet de la mer Méditerranée, intitulé « Croissance bleue : La Méditerranée face au défi du bon état écologique », dont la longue synthèse est disponible au format PDF ici.

Ce qui est constaté est en quelque sorte résumé par le WWF de la manière suivante :

« Tous les secteurs traditionnels de l’économie maritime tels que le transport, le tourisme, l’aquaculture ou bien d’autres, se développent de manière exponentielle et devraient poursuivre leur croissance au cours des 20 prochaines années, à l’exception de la pêche professionnelle.

Cette évolution crée une compétition grandissante entre secteurs pour une superficie et des ressources marines limitées. Il en résulte de nouveaux impacts sur des écosystèmes déjà sous pression. Le bassin méditerranéen ne peut plus attendre ! Il est désormais urgent d’élaborer une planification intégrée de l’économie maritime sur le long terme. »

Voici par exemple quelques données concernant le gaz et le pétrole :

« Les contrats d’exploration couvrent ainsi actuellement pas moins de 23 % de la surface de la Méditerranée, pourcentage auquel s’ajoutent les zones ouvertes par les gouvernements à l’exploration et l’exploitation potentielles d’hydrocarbures (zones ouvertes) ou donnant lieu au lancement d’appels d’offres (blocs en cours d’adjudication), qui représentent 21 % de sa superficie).

La production pétrolière en mer pourrait progresser de 60 % entre 2010 et 2020 dans la région méditerranéenne, passant de 0,7 Mbj à 1,12 Mbj.

La production gazière en mer, elle, pourrait être multipliée par cinq entre 2010 et 2030, passant de 55 Mtep/an à 250 Mtep/an à l’échelle de la Méditerranée. »

L’exploitation animale est également en expansion. Rappelons que le WWF n’y est pas du tout opposé, appelant seulement à une exploitation animale « durable ». Voici ce qui est expliqué pour l’aquaculture, un phénomène grandissant à grande vitesse, qu’on sous-estime malheureusement alors que c’est quelque chose de très important à saisir et à combattre :

« Depuis la décennie 1970, le secteur aquacole se développe vigoureusement dans les pays bordant la Méditerranée, avec un taux de croissance de 70 % entre 1997 et 2007.

Sa croissance devrait se poursuivre, dans un contexte marqué par le déclin des stocks sauvages et la progression de la demande de produits de la mer pour la consommation humaine. Selon les prévisions, les pays méditerranéens dont l’aquaculture est encore peu développée vont exploiter leur potentiel de croissance dans les années qui viennent.

Dans les pays où l’activité est déjà bien implantée, comme les États membres de l’UE, son essor va s’appuyer sur des techniques de production respectueuses de l’environnement.

Résultat, l’aquaculture méditerranéenne pourrait plus que doubler de taille d’ici 2030 en termes de production et de valeur. Bien que ce mouvement soit appelé à créer de nouveaux emplois, il ne sera toutefois pas sans défis pour l’environnement. (…)

L’aquaculture pèse dorénavant pour plus de 50 % de la production halieutique en région méditerranéenne. Sur le total, les deux tiers de la production aquacole proviennent de la pisciculture (dont l’élevage du thon rouge), tandis que la conchyliculture (élevage de mollusques) en représente un tiers.

La production aquacole en eaux marines et saumâtres s’élève à 1,2 million de tonnes par an, soit 3 % de la production mondiale réalisée dans ces milieux, et près de 75 % de la production aquacole totale de la Méditerranée (qui inclut la production en eaux douces).

Si, traditionnellement, l’aquaculture méditerranéenne s’est spécialisée dans la conchyliculture, qui comptait pour 62 % de la production totale en 1992, la part de la pisciculture s’est nettement accrue depuis, passant de 37 % à cette date à 53 % en 2001.

La production aquacole de la région méditerranéenne est concentrée à 95 % dans six pays : Égypte, Grèce, Italie, Espagne, France et Turquie. (…)

Durant les 40 dernières années, le taux de croissance annuel du secteur aquacole a systématiquement dépassé 8 %, en faisant passer la production de 540 000 tonnes en 1990 à 1 400 000 tonnes à 2010. »

Voici ce que le WWF constate au sujet de la pêche :

« La mer Méditerranée se caractérise par la richesse de sa biodiversité et l’absence de grandes pêcheries abritant une seule et même espèce, le thon rouge étant une exception. Aujourd’hui, sur les 73 000 navires de pêche y exerçant leur activité, les petits navires artisanaux sont de loin majoritaires, puisqu’ils représentent 80 % de l’ensemble des navires. (…)

À la fin du siècle dernier, les pressions halieutiques se sont fortement accentuées dans la mer Méditerranée, conséquence du passage d’une activité essentiellement artisanale et côtière à une exploitation intensive.

Depuis les années 1990, la région enregistre un déclin des prises sous l’effet de la surexploitation des stocks, alors que la demande de produits de la mer évolue en sens inverse. »

Comme on le voit, l’aquaculture prend, en mer Méditerranée, la place de la pêche. La pêche artisanale relevant du pillage cède le pas à une industrie hyper développée digne des usines… Le petit capitalisme a abouti au grand et asservit l’océan.

Le même jour que la demande d’interdiction du gavage des oies : celle du soutien aux éleveurs

Nous avions parlé hier de la visite de Pamela Anderson à la conférence de presse de Laurence Abeille, une député EELV, à l’assemblée nationale, demandant une loi contre le gavage des oies.

Parlons maintenant de cet autre événement parlementaire qui s’est déroulé le même jour, soit avant-hier. En effet, nous sommes en France, pays de tout et son contraire.

En l’occurrence, le même jour donc, une député demandait que soient soutenus les éleveurs gavant les oies, en raison d’une influenza aviaire. Cette grippe aviaire a amené un gel de la « production » et fait qu’il y aura une chute d’un tiers de la production de « foie gras » dans le sud-ouest cette année.

Le Figaro présente la chose ainsi :

Si les pouvoirs publics décident de mettre en place un vide sanitaire de quatre semaines, «la perte de production sera de 9,5 millions de canards dans les 18 départements concernés», qui en comptent au total 28,5 millions, a détaillé M. Barrailh, président du Comité Interprofessionnel des Palmipèdes à Foie Gras (Cifog) et administrateur de la coopérative Euralis.

Ces 18 départements représentent 80% de la production de foie gras en France, où l’on recense au total 36 millions de canards, selon le Cifog.

«Les premières estimations font état d’un trou de production de 30 à 50% suivant les zones», a indiqué de son côté Dominique Duprat, directeur général adjoint de Delpeyrat, l’un des principaux producteurs de foie gras (13% du marché).

Or, cette député qui est allée soutenir les éleveurs est elle-même EELV! Il s’agit de Brigitte Allain, qui a été une importante dirigeante de la Confédération Paysanne !

Voici sa demande au gouvernement, effectuée le même jour que la demande d’une autre député EELV que le gavage soit aboli (mais non le « foie gras ») :

QAG Influenza aviaire 19012016 par BrigitteAllain

Question au Gouvernement – Brigitte Allain Le 19 janvier 2016

Ma question s’adresse au Ministre de l’agriculture.
Je m’interroge sur les dispositions prises pour enrayer la maladie dite Influenza aviaire.
Certes, elles permettront peut-être à la France de relancer ses exportations de volailles mais la voix des producteurs fermiers a-t-elle été entendue ?

J’ai reçu hier, à Bergerac, des éleveurs fermiers qui commercialisent en circuit court.
Certains d’entre eux pratiquent l’accueil à la ferme et fournissent les bonnes tables.
D’ores et déjà, ils savent que ces mesures représentent la perte d’une année de production pour les oies, six mois pour les canards.
Ces fermes emploient de nombreux salariés à temps plein, grâce à la transformation et à la vente directe.

Sur les conséquences économiques :
Les inquiétudes des éleveurs sont d’autant plus fondées que leurs trésoreries sont déjà très fragilisées par une filière longue imposant des prix de plus en plus bas.
De quoi vont-ils vivre ?
Les indemnités couvriront-elles la totalité du manque à gagner ?

Les éleveurs admettent la nécessité de plans de luttes efficaces :
Leur métier leur a appris que l’équilibre sanitaire dans les élevages est une affaire subtile.
Ils plaident pour des dispositifs raisonnables adaptés pour les élevages et des accouveurs fermiers.
Aussi, je vous demande : quels éléments scientifiques attestent qu’un tel vide sanitaire permettrait d’éradiquer durablement la maladie ?

Leur crainte, que je partage, est que ces mesures permettent de blanchir les filières industrielles, dont on sait que les multiples transports entre naisseurs, éleveurs, gaveurs et autres fournisseurs d’aliments, ne sont pas sans risque sanitaires.
Les paysans du Périgord et du Sud-ouest, qui ont le soucis du bien-être animal et de la qualité de leurs produits, créent des emplois, de la valeur ajoutée sur leur territoire rural, risquent d’être sacrifiés.

On nage en pleine schizophrénie, mais ce n’est guère étonnant. Il n’y a aucune culture de fond, tout est effectué de manière idéaliste. On a deux députés EELV qui, le même jour, disent plus ou moins le contraire, ce qui montre bien l’incohérence totale d’EELV.

Il n’y a aucune ligne de conduite, aucune réflexion sur rien, on a en même temps une député voulant interdire le gavage et une autre disant que les éleveurs concernés ont le « souci du bien-être animal »!

On notera, pour finir, la défense par François de Rugy de cette même ligne écolo-facho de défense du terroir. Là pour le coup cela saute aux yeux de manière assez claire.

Cet éloge du petit producteur est ignoble, c’est du pétainisme modernisé, c’est en contradiction avec ce dont on a besoin : d’une humanité entièrement unifiée, pratiquant le véganisme en défendant la Nature, sur une planète verte et bleue !