« Philae a disparu »

Nous avions parlé de l’opération de communication existant au sujet du chien du président de la république, depuis plusieurs présidences. 

Le Figaro a décidé de reprendre ce thème du « chien du président » dans une série d’articles à visée humoristique. Cette série a commencé hier et le problème de fond est que le thème est la disparition du chien.

La série s’appelle « Philae a disparu » et le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est de très mauvais goût. La disparition d’un compagnon est quelque chose de terrible à vivre, c’est un profond moment d’angoisse, qui ne cesse pas tant qu’on l’a trouvé.

Ici, on a un vécu dramatique qui est banalisé, transformé en fait divers, juste pour se moquer de François Hollande (c’est le but de la série d’articles d’être une sorte de divertissement estival).

Au-delà de cette dimension qui n’est guère étonnante et n’est qu’un exemple parmi tant d’autres malheureusement, il est très intéressant de voir comment le premier article accorde une place bien spécifique au chien en question. Voici quelques extraits, qui montrent bien comment Philae est présenté comme un objet vivant, une machine divertissante, une sorte d’être sans consistance ni intelligence.

« Il chercha du regard Philae, son labrador, qui à cette heure aimait parcourir la vaste pelouse avec, dans la gueule, ce qui fut autrefois une balle de tennis. La chienne la martyrisait avec ses crocs tout en guettant son maître, qui souvent la rejoignait. C’était alors une interminable partie qui voyait Philae partir ventre à terre à la poursuite de la balle que lançait le plus loin possible son prestigieux compagnon de jeu. Mais Philae n’était pas là. »

 

« Mais le chef de l’État lui avait raccroché au nez, puis, du pied, avait shooté si fort dans la balle de Philae que celle-ci avait mis dix bonnes minutes pour la retrouver. »

 

 « Jean-Pierre Jouyet apparut. Le secrétaire général de l’Élysée était blême, comme si on lui avait annoncé que deux avions détournés par l’État islamique venaient de pulvériser la tour Eiffel.

«François, dit-il, il faut que tu saches

«Que se passe-t-il, Jean-Pierre?», s’enquit en souriant François Hollande, nullement impressionné par la tête d’enterrement du secrétaire général de l’Élysée. «Attends! Laisse-moi deviner! Il y a eu 65.000 chômeurs de plus en juillet? Le grand califat a gagné 23.000 kilomètres carrés en Syrie ou en Irak? Les chars russes foncent sur Kiev? Aubry publie un brûlot sur moi? Les frondeurs font sécession? Jérôme Cahuzac a mis fin à ses jours?

– Non, François, murmura Jean-Pierre Jouyet, qui tourna son regard vers le parc de l’Élysée.

– Eh bien, dis-moi!, lança le chef de l’État, gagné par l’impatience.

– François, voilà. Philae a disparu.» »

On remarquera que l’annonce de la disparition est présentée de manière typiquement cynique, l’intensité dramatique de la disparition étant moquée, relativisée, etc.

C’est lamentable, mais donc il faut voir que cela va aussi avec le statut de Philae, qui ne sert que de « figuration ». Et il ne s’agit pas que de la conception de « l’animal machine » dont il est question. C’est toute une idéologie où on a désormais le « chien du président ». Il y a là quelque chose de profondément réactionnaire, d’ultra-conservateur.

C’est pratiquement l’idéologie du notable de province qui est ici mis en avant, avec une sorte de patriarche dans l’esprit des chasseurs. C’est un simple détail, pourrait-on penser, mais dans le contexte actuel en France, c’est lourd de signification.

Les zadistes qui élèvent « leurs » poules, le président qui a « son » chien… Comment s’étonner que le véganisme a du mal à prendre en France quand on voit cette tendance « terroir » qui prédomine?

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31 arbres abattus pour le passage d’un convoi exceptionnel

Dans la vie de tous les jours, nous utilisons des vies végétales. C’est regrettable, et forcément temporaire. Car toute vie doit être défendue, et l’humanité devra élargir toujours plus la compassion.

Un arbre vit, et veut vivre. C’est suffisant. Le véganisme ne saurait être considéré comme la fin, mais bien comme le commencement. Aussi, il est juste de défendre les végétaux comme étant des êtres vivants c’est en raison de cela que cette information très triste ne peut que susciter l’indignation : en début de semaine, 31 platanes (des tilleuls) ont été massacrés afin de laisser passer un convoi exceptionnel. Ce drame s’est déroulé près de Luçon, en Vendée, le convoi transportait 2 coques de bateau, de 10 mètres de long, reliant Fontenay-le-Comte aux Sables-d’Olonne.

Au départ, le convoi devait passer cette portion de route à travers un champ (ce qui détruit aussi de la végétation!), mais de fortes précipitations ont rendues le champ impraticable. Il faut savoir que ce transport était prévu depuis un an ce qui laissait largement le temps de prévoir d’autres solutions, et la présence de ces arbres était donc connue, il était donc facile et simple de gérer correctement ce transport.

L’autorisation d’abattage valait pour 5 arbres, ce qui est déjà honteux et inacceptable, mais ce sont 31 arbres qui ont été massacrés de manière illégale, décision manifestement prise par le transporteur qui préférait détruire des vies plutôt que d’attendre une demi-journée que le champ sèche et prendre cette voie de transport proposée alternativement.

Le maire de Luçon, Pierre-Guy Perrier , indigné par cet acte d’inconscience, a demandé que « 31 arbres centenaires soit replantés au même endroit et que l’on fasse le nécessaire pour que les auteurs soient mis en situation de ne jamais pouvoir recommencer une telle chose.  »

Avec ou sans autorisation, de manière légale ou non, l’abattage de ces tilleuls est honteux, impossible de se dire qu’on est arrivé à cette situation à cause d’un manque d’organisation. Non, c’est bien le déni de la Nature qui a primé ici, la volonté de ne pas attendre, de ne pas vouloir réfléchir pour préserver un tant soit peu la Nature.

Les commentaires qui se lisent sur le net vont bon train, certains sont anti-Nature :

Oui, enfin « acte odieux », c’est quand même un peu exagéré. C’est bien dommage, mais ce n’est que 32 arbres, et on peut en replanter. Il faudra bien sur attendre qu’ils repoussent pour que le coin retrouve la même physionomie qu’avant, et ça va être long, mais il faut avouer que ce n’est pas l’endroit le plus charmant de France.
Ce qui doit être condamné, c’est l’atteinte au bien public sans autorisation. Le paysage s’en remettra.

Les platanes au bord des routes sont dangereuses, la prévention de la sécurité routière consiste à les couper, toutes les supprimer, mais cette mesure heurte à une certaine protestation. Les vies ou ces platanes, il va falloir choisir.

Mais la plupart s’indigne de ce genre de comportement :

C’est assez déplorable dans les faits autant que dans le principe. Tout ça pour une coquille de noix qu’on eu peut-être pu transporter sur l’eau. Et il s’en trouve pour dire que c’est la faute à pas de chance !

Non ! C’est la faute à celui qui n’a pas calculer son coup correctement. C’est la faute à celui qui a autorisé à couper 5 arbres. C’est la faute à ceux qui les ont coupés et qui en ont coupé 27 de plus dans la foulée, parce que 5 ou 27, c’est un peu pareil quand on est une buche. Enfin bref, c’est la faute à quelques personnes bien précises et qui ne peuvent pas se défausser.

Et quand je lis dans les commentaires qu’un platane est dangereux, je m’interroge. Comment, les platanes attaquent les passants, renversent les cyclistes ?

Soyons juste, ce n’est pas l’arbre qui est dangereux, c’est l’automobile. Mais les années 70 sont loin à présent et il serait temps de réduire l’usage et la vitesse de ses engins.

Une belle route ombragée parcourue à vitesse réduite et en toute sérénité, avec une voiture entretenue et uniquement lorsque c’est nécessaire, ça vous réconcilie avec les platanes et vous fait regretter la disparition de ces 32 là.

Et si c’étaient des maisons, poteaux télécoms ou EDF, clôtures… qui s’étaient trouvés là, le transporteur les auraient fait raser avec autant de célérité? Avant d’engager son convoi sur cette route, n’aurait il pas été judicieux pour le transporteur de vérifier que l’itinéraire était praticable?
Visiblement quelqu’un n’a pas fait son boulot. Pas grave diront certains, ce ne sont que des arbres. Lamentable et pas qu’un petit peu.

La mort monnayée et organisée du lion Cecil

Cecil était un lion, un beau lion âgé de 13 ans, qui vivait au Zimbabwe. Cecil était, en théorie, protégé, et aussi suivi grâce à un collier émetteur posé par des scientifiques et il était la « star » des touristes de la réserve Hwange au Zimbabwe.

Cecil a été massacré par un richissime dentiste américain, Walter Palmer, qui a d’abord blessé le lion avec une flèche, l’a ensuite traqué pendant 40 heures avant de l’achever, de le dépecer et de le décapiter. L’homme était manifestement déterminé à abattre Cecil !

Cet homme est un récidiviste car en 2008 déjà, il a tué un ours noir aux États-Unis, qui était à plusieurs dizaines de kilomètres hors de la zone de chasse pour laquelle il a un permis de chasse. L’histoire s’est dramatiquement répétée avec Cecil car l’assassin aurait déboursé 50 000 dollars pour tuer ce lion en l’attirant hors du parc où il était protégé. Mais il n’est pas le seul coupable dans cette affaire : l’organisateur de safari de grande chasse a été inculpé pour ne « pas avoir empêché une chasse illégale »et le propriétaire de la ferme où le corps inerte du lion a été retrouvé est également complice de ce meurtre entièrement prémédité.

Des peluches ont été déposées devant le cabinet de ce dentiste au passe-temps morbide, une pétition pour réclamer justice pour Cecil a récolté pour le moment 800 000 signatures, des appels aux dons pour financer les campagnes pour la protection animale et pour l’unité de recherche d’Oxford (les scientifiques de cette unité suivaient Cecil via son collier GPS) sont ouverts.

Sur internet la grogne monte, les réactions sont multiples et très nombreuses, ce qui est normal, heureusement qu’il existe ce qu’on appelle une opinion publique, qu’il y a des gens capables d’éprouver des émotions, de la colère face à l’injustice.

Cela a été tellement fort que le journal Le Monde a publié un article sur les réactions sur internet à la rubrique… faits divers. La question animale est habilement rejetée au second plan, afin de faire en sorte de présenter les gens comme des idiots réagissant de manière épidermique, avec une propension à la méchanceté, etc.

Il s’agit de présenter les gens comme des incapables, des êtres infantiles, afin de les priver de leur droit de ressentir et de décider.

Bien sûr, il est dommage que les émotions soient parfois sélectives; les informations se diffusent de manière très hasardeuse et les gens se prennent d’émotions pour quelque chose qui les frappe en particulier, alors que c’est peut-être horrible et pourtant banal en même temps, malheureusement.

Cela veut simplement dire qu’il faut systématiser la critique, et non pas dénoncer les gens…

Il y aussi le fameux argument selon lequel se préoccuper des animaux irait à l’encontre de se préoccuper des humains. C’est un argument particulièrement terroriste, et particulièrement classique. Voici deux exemples de commentaires, l’un pour l’autre contre cet argument.

 « Je trouve stupide que de comparer des faits à d’autres, plus graves ou qui n’ont rien à voir avec ce dont on parle. C’est une (mauvaise) façon d’excuser une action. Oh, il a tué un lion mais il y a 200 morts par noyades et personne ne s’en offusque ! Oh, j’ai tué un homme mais Hitler en a tué bien plus! C’est du même tabac.Je dis simplement que tuer un si bel animal pour le triste plaisir d’en faire un trophée, ça relève de la psychiatrie lourde. Tuer, c’est ce qui fait bander les chasseurs. »

« Je ne suis pas d’accord avec vous. Je trouve choquant d’avoir une telle avalanche de réactions pour un lion et rien, par exemple, pour les 200 morts par noyade dont vous parlez. Ce déséquilibre est inquiétant, car il montre qu’en même temps que nous devenons de plus en plus sensibles de la cause des animaux, nous sommes également de plus en plus indifférents à la mort d’hommes et de femmes »

Voici un commentaire venu en soutien à l’entreprise de dénonciation des amis et amies des animaux :

« + 1, Mat. C’est James qui mélange tout. Ce qui est sous-jacent à ces déferlements de réactions, c’est effectivement l’hyper-sensibilité des gens face aux drames animaliers (que l’on peut comprendre… mais dans certains limites…) et l’indifférence face à certains drames humains. Cela dit, je note qu’en donnant un nom aux animaux, on les humanise et provoque cette empathie. Rendons leurs noms aux Syriens, migrants, femmes et enfants victimes de violence, et on pleurera peut-être leur sort… »

Ce qui est aussi frappant, c’est que cette attitude typiquement anti-démocratique qui vise à dénoncer les gens, à les présenter comme des « idiots », peut tout à fait exister chez certaines personnes prétendant intervenir pour défendre les animaux :

 « on peut comparer la vie (et la mort) de ce lion, avec celles des milliards d’animaux qui vivent (et meurent) dans les plus grandes souffrances dans nos élevages industriels. pourquoi ne réagit on pas dans le deuxième cas ? »

Dire les choses ainsi est faux parce que justement la conscience de la réalité ne tombe pas du ciel, il faut savoir étudier et présenter les faits. Si personne ne le fait, alors on ne peut arriver à rien.

D’ailleurs, si ce n’était pas le cas, on pourrait accuser la quasi totalité de l’humanité d’être criminelle pour laisser l’exploitation animale se généraliser et de ne pas être à la hauteur face au changement climatique.

Or, elle l’est et en même temps elle ne l’est pas: c’est justement tout le sens de la bataille à mener pour la prise de conscience et l’intervention pour la libération animale, la libération de la Terre!

Et dans cette perspective, les « appels au calme » sont en décalage total avec la réalité, tout comme les tentatives de dire que des « réformes » seraient possibles… Sur combien de temps, 1000 ans que nous n’avons pas?

« H8000 crew »

Voici un extrait du mémoire universitaire sur le straight edge dont nous avons récemment parlé, au sujet d’une de la scène dite H8000 qui a existé à un moment en Belgique.

Le H8000 crew représente la région des Flandres Occidentales en Belgique. Cette partie est consacrée à une étude plus détaillée d’une scène que celle de Washington D.C. entrevue en introduction. Cette étude n’est pas un modèle de développement applicable à toutes les scènes, mais plutôt un exemple intéressant où une scène straight-edge s’est crée sur un substrat de scène punk et hardcore. Nous essayerons également de comprendre comment les principes du straight-edge ont pu se transmettre jusqu’à aujourd’hui.

En 1985, une petite scène hardcore et punk existe dans la région. Pour Ed.[56] ancien membre de Rise Above et Nations on Fire : « le straight-edge est apparu en 1985 dans la région, quand j’ai pour la première fois tracé des X sur mes mains au concert d’un groupe punk ».

Malgré de nombreuses résistances « la scène nous a d’abord détesté pour avoir importé le straight-edge dans le H8000 crew et la scène belge en général (…) le mouvement se répandit rapidement. (…) Nous étions un groupe d’amis dans chaque ville, nous avons commencé un groupe, Rise Above, alors nous avons joué partout et les gens ont commencé à s’intéresser à notre message ».

Certains groupes étrangers ont également contribués à faire connaître le straight-edge dans la région tel « Larm de Hollande qui ont pas mal joué ici ».

De nouveaux groupes se créent autour de l’année 1991 tels Blindfold, Spirit of Youth, Shortsight ou Nations on Fire qui remplace Rise Above. Ces quatre groupes éditent une première compilation 45 tours, Regress No Way sur Warehouse records. Il existe également « tout un tas d’autres groupes moins importants »[57].

Malgré des périodes de désaffection illustrées par Congress, dans leur morceau Lifting the ban[58] : « le phœnix (la scène H8000) renaît de ses cendres », le développement de la scène se poursuit dans les années quatre-vingt dix. Les groupes les plus importants étant Congress et Liar qui sortent plusieurs albums et font quelques tournées européennes.

Aujourd’hui, la scène se compose « d’une quarantaine de groupes et d’environ 2000 personnes qui viennent occasionnellement aux concerts, la moitié d’entre eux étant des straight-edgers ».[59] Même si pour Josh[60] « la scène n’est plus aussi grande et il ne reste que quelques groupes straight-edge ».

Les membres de Congress ont par exemple abandonné ce mode de vie. Il existe pour lui « une trentaine de groupes actifs et peut être dix plus importants qui sortent des disques (…) Les concerts avec plus de 200 spectateurs sont rares, simplement pour les sorties d’albums ou les groupes américains. »

Le chiffre de 1000 straight-edgers est en tout cas considérable pour l’Europe où la scène du H8000 crew est partout reconnue et le plus souvent en tant que scène straight-edge.

On peut donc s’interroger sur les principes de transmission du straight-edge : comment cette scène a-t-elle pu rester à ce point marquée par le mouvement straight-edge alors que plusieurs « générations » de spectateurs se sont succédés dans le public ? Les membres du H8000 crew sont en effet connus pour leur jeunesse[61].

Ed se reconnaît comme un élément ayant contribué à la transmission des principes du straight-edge[62] : « j’ai promu le straight-edge dans des interviews, des paroles. En sortant la musique de groupes straight-edge, en imprimant des T-shirts ou des autocollants ».

Pour Josh l’élément central reste les groupes : « aussi longtemps que les groupes straight-edge répandront leurs idées, il y aura un public straight-edge ».Il est également intéressant de noter le « rôle des stars de la scène, c’est à dire des gens qui dirigent d’importants labels, jouent dans des groupes et sont toujours actifs. Les plus jeunes se référent toujours aux vétérans de la scène ».[63] Cette définition s’appliquant parfaitement à Ed.

De leurs propos on peut donc déduire plusieurs éléments ayant fortement contribué à la transmission du straight-edge dans la scène du H8000 crew :

Tout d’abord, le rôle des groupes straight-edge qui vantent le mouvement dans leurs paroles. Notamment Liar, dans leur morceau Invictus :

« Libérez ceux qui sont esclaves, trouvez la voie pour purifier votre corps et votre esprit, Le straight-edge comme force de vie. Absorbez l’utile, rejetez l’inutile. »[64]

Il convient de noter à ce titre le rôle du festival du Vort’n Vis à Ypres qui fait jouer des groupes presque exclusivement straigth-edge, à la fois européens et américains.

Ensuite celui des labels qui sortent en priorité les disques de groupes straight-edge et accordent une large place aux groupes locaux. Le plus important est Goodlife Recordings, les labels Genet et Sober Mind sont également importants. Les deux derniers ont même sorti en 1998 une compilation CD consacrée aux principaux groupes du H8000 crew.[65] Les labels distribuent aussi par correspondance et lors des concerts, des T-shirts, fanzines et CD.

Les fanzines, petits magazines non déclarés, sont un autre élément important. Il existait même un nommé H8zine, ainsi que des dizaines d’autres, presque tous fait par des straight-edgers. Malgré une durée de vie souvent éphémère, quelques numéros avec une parution irrégulière, ils sont encore nombreux. Les fanzines se composent le plus souvent de chroniques CD, concerts, d’interviews et surtout de colonnes d’opinions largement dédiées à la promotion du straight-edge.

Le fait qu’une majorité de scenesters[66] soit straight-edge donne également peu d’opportunités de ne pas l’être aux nouveaux entrants dans la scène, notamment parce qu’il existe des réseaux de sociabilités propres aux scenesters et aux straight-edgers en particulier. Quelle alternative quand tous ses amis sont straight-edge?

Suivant l’exemple du H8000 crew, les principes du straight-edge se sont répandus à l’ensemble de la Belgique. Il faut également remarquer qu’encore une fois le développement du straight-edge et du hardcore sont liés.

[56] Entretien avec Ed, janvier 2001. [57] Entretien avec Josh, janvier 2001. [58] Congress, Blackened persistance, Goodlife records, 1996. [59] Entretien avec Ed, Op. Cit. [60] Entretien avec Josh, Op. Cit. [61] Impression renforcée lors d’un concert à Courtrai en 1997 ou plus de la moitié du public semblait avoir moins de 18 ans. [62] Entretien avec Ed, Op. Cit. [63] Entretien avec Josh, Op. Cit. [64] Liar, Invictus, Invictus, Genet, 1997. [65] H8000 crew the compilation. Genet et Sober Mind records,1998.

La SPA lance un appel urgent à l’adoption

La SPA (Société Protectrice des Animaux) vient de lancer un appel urgent à l’adoption, car depuis mi-juillet les refuges SPA ont atteint leur capacité d’accueil maximale. Ce qui signifie que les refuges sont saturés et croulent sous les abandons, et que les adoptions ne sont pas suffisantes.

Adopter un animal demande du temps, de l’argent, de l’organisation, de la stabilité. C’est un engagement qu’il faut pouvoir tenir sur plusieurs années. A défaut de pouvoir adopter, il est tout aussi important de donner un peu de son temps en faisant du bénévolat pour une association, en faisant un don (matériel ou financier), en devenant famille d’accueil. S’impliquer d’une manière ou d’une autre est très important pour tous les êtres vivants qui se retrouvent abandonnés et désemparés dans les refuges-prisons, ils n’ont pas choisi cette situation, mais nous, nous pouvons choisir de les aider autant que possible.

Voici donc l’appel de la SPA :

La capacité d’accueil maximale d’animaux est atteinte :

LA SPA LANCE UN APPEL URGENT A L’ADOPTION !

Contact Presse: Muriel Chrisostome – 01 43 80 97 10 / 06 73 23 63 16 – m.chrisostome@spa.asso.fr

Abandons en hausse, mais adoptions plus rares : mi-juillet 2015, les refuges de la SPA ont atteint leur capacité d’accueil maximale.

Cette situation préoccupante empêche aujourd’hui la SPA de poursuivre sa mission en recueillant des animaux en sortie de fourrière ou victimes de maltraitances. Les listes d’attente pour les abandons programmés en refuge s’allongent, faisant courir le risque aux animaux d’être laissés à la rue ou déposés sauvagement devant la porte des structures SPA.

La SPA a besoin dès aujourd’hui de la solidarité de tous ceux qui ont en projet d’accueillir un animal et lance un appel urgent à l’adoption.

«Adopter un compagnon maintenant, c’est lui offrir une nouvelle vie et c’est aussi permettre à la SPA de donner une chance à d’autres animaux d’être accueillis et de trouver eux aussi un foyer aimant», souligne Natacha Harry, Présidente de la SPA.

En été, toutes les conditions sont réunies pour accueillir sereinement un animal : la famille peut prendre le temps pour apprendre à vivre ensemble et poser les bases d’une bonne éducation. Il n’y a donc aucune raison objective de repousser un projet d’adoption : à cette heure, près de 9 000 chiens et chats attendent leur futur maître dans nos 60 refuges et Maisons SPA.

Stupeflip : « Je Fume Pu D’Shit »

Le groupe français « Stupeflip » a sorti un album éponyme en 2003 où l’on trouve deux chansons qui se répondent : « Je Fume Pu D’Shit » et « J’Refume Du Shit ».

Les voici avec leurs paroles, le clip de la première chanson étant assez étrange et valant le coup d’oeil.

Depuis que j’fume pu d’shit
Je m’ rappelle de mes rêves
J’ai pris conscience que le temps passe
Et que la vie est brève
Je suis bien dans la rue
Je suis bien dans ma tête
Et dans mes sweat-shirts et mes pulls
Je n’ai plus d’ trou d’ boulette
J’ fais du sport
Je m’ lève à huit heures
Finies les grasses mat’ interminables
Jusqu’à quatre heures
Ch’ uis plus vif
Et j’ me trouve plus beau
Finis les yeux rouges
Le teint pale et la parano

Depuis qu’ je fume p’us d’ shit
J’ai d’ la conversation
Je suis plus tout seul dans mon coin
A flipper comme un con
J’ peux aborder une femme
Sans m’ poser trop d’ questions
Depuis qu’ j’ai arrête les joints
J’me sens moins con
J’me sens léger
Comme un albatros
Finies les recherches a quat’ pattes
Pour un bout d’ matos
J’ai la pêche
Et ch’ uis plus sympa
Finie la drogue scotchée dans mon pyjama
Depuis qu’ je fume pu d’shit

Depuis qu’ je fume pu d’shit
J’ai p’us des yeux d’cobaye
Je vais plus à l’ANPE
J’ai trouve du travail
Ch’ uis vach’ment positif
J’fais du ukulélé
Depuis qu’ j’ai arrête les spliffs
J’regarde plus la télé
J’me sens tranquille
Vach’ment moins débile
Finie la tune foutue en l’air
Pour du Tchernobyl
Chui moins mou
J’ai pu peur de tout
Finies les heures
Omnubilé par un p’tit bout

La seconde chanson, antithèse de la première. La vidéo reprend l’image d’un homme courant dans une roue « pour hamster », afin de montrer l’aliénation, l’emprisonnement.

depuis que j’refume du shit
j’ai oublié mes rêves
j’ai plus conscience que le temps passe et que la vie est breve
je suis mal dans la rue
j’suis mal dans ma tête
et dans mes affaires j’ai plein de trous de boulettes
j’fais plus de sport j’me leve a plus d’heure
j’fais des grasses mat’ jusqu’ à quatre heure
j’suis moins vif et j’me trouve moins gros
boujour les yeux rouges ,la parano
depuis que j’refume du shit (bis)
depuis que j’refume du shit j’ai plus de conversation
et j’suis tout seul dans mon coin a flipper comme un con
j’peut plus aborder d’femme parce que j’me pose trop de question
depuis que j’ai repris les joins j’suis super con
j’me sent a l’ouest j’fume trop de tos
bonjour les recherches pour un bout de matos
j’ai pas la pêche et j’suis pas sympa
bonjour les drogues douces scotchées dans mon pyjama
depuis que j’refume du shit

« Une histoire du straight-edge »

Il existe en ligne un site appelé babexzine, où l’on trouve un mémoire universitaire sur le straight edge, datant de 2001. Le site est abandonné et des pages internes ne marchent plus, aussi voici en sauvetage quelques chapitres qu’il est toujours sympathique de lire.

Tout n’y est pas bon, loin de là! Il y a notamment toute une sorte d’explication par rapport à la religiosité et à l’ascétisme qui est… typiquement catholique, alors que l’auteur essaie de dissocier de la religion… justement comme un catholique. L’erreur est facile à comprendre et typique, elle consiste à dire:

Le catholicisme est évidemment la religion de loin la plus importante dans les pays les plus concernés par le straight-edge.

Ce n’est justement pas du tout le cas! Le straight edge s’est surtout développé dans des pays de culture protestante, notamment les Etats-Unis et la Suède pour parler des deux pays où il y a eu vrai mouvement de masse. Seulement comme en France, on ne connaît le plus souvent rien au protestantisme, quand on ne le considère pas comme une sorte de secte, évidemment cela n’aide pas à la compréhension…

A cela s’ajoute l’absence complète d’étude de la critique de la société. Le mouvement vegan straight edge en Suède était ouvertement social-révolutionnaire; aux Etats-Unis, la tendance était pareillement à une critique révolutionnaire de la société, dont le mouvement Hardline était une frange organisée et militante prônant le soulèvement.

De la même manière, le « krsnacore » n’était pas qu’un mouvement « religieux », il y avait à la base toute une critique approfondie de la manière de vivre dans nos sociétés…

Tout n’est pas qu’une question de musique et d’ascétisme, comme l’affirme le mémoire universitaire, dont le titre est justement « straight-edge : un mouvement musical à base ascétique »…

Voici la partie consacrée à l’histoire du straight edge.

A Washington D.C. au tout début des années quatre-vingt existent des groupes de jeunes qui écoutent de la musique punk mais ne boivent pas, ne fument pas et ne prennent pas de drogue, ils se proclament « straight » c‘est à dire droits. Ian Mackaye, bassiste des Teen Idles est l’un d’entre eux.

Pour pouvoir rentrer à des concerts dont l’accès leur est interdit à cause de la législation sur l’alcool, ils proposent aux tenanciers de leur apposer un X sur le dos de la main. Ces derniers acceptent, les jeunes peuvent ainsi accéder aux salles sans toutefois pouvoir boire d’alcool. Ce X deviendra le symbole de ce qui n’est pas encore appelé straight-edge.

Après la séparation de Teen Idles, Ian Mackaye crée Minor Threat, groupe pour lequel il écrit les morceaux « Straight-Edge » et « Out of Step » posant ainsi les principes du mouvement : « I don’t drink, I don’t smoke I don’t fuck »[11], que l’on peut traduire par « je ne bois pas, je ne fume pas, je n’ai pas de relations sexuelles occasionnellles’.

Popularisé par Minor Threat le mouvement se développe aux Etats-Unis dans les années 80, à la fois sur la côte est et en Californie. Des groupes tels SSD et DYS à Boston, No For An Answer en Californie, Bold, Gorilla Biscuits et Youth of Today autour de New-York sont les leaders de scènes[12] en pleine expansion. Des labels se créent pour promouvoir le genre : Positive force records ou Revelation records.

Le développement du straight-edge apparaît alors lié à celui du hardcore : les scènes sont composées de groupes qui ne sont pas tous straight-edge et certains groupes straight-edge sont mixtes, composés à la fois de straight-edgers et de non straight-edgers.

Pour Porcell, guitariste de Youth of Today[13] « Toute une scène se développait dans le pays (…) on faisait des concerts et des centaines de gars se pointaient (…) avec des X sur les mains.(…) nous vendions 30 ou 40 000 copies[14] de chacun de nos disques. »

L’année 1988 est considérée comme l’age d’or du straight-edge old school, littéralement « vieille école », qui correspond à une musique rapide et très influencée par le punk.

Le mouvement atteint l’Europe où les premiers groupes américains commencent à tourner. Le premier groupe de straight-edge hardcore à tourner en Europe est Youth of Today en 1989.

La même année Gorilla biscuits atteignent eux aussi le vieux continent. Civ leur chanteur se rappelle « au début on nous a balancés pas mal de bouteilles de bières dessus, mais la deuxième fois que nous sommes venus, il y avait tellement de straight-edgers. »[15]. En effet des scènes importantes apparaissent, surtout en Allemagne, aux Pays-Bas et en Belgique.[16]

A la même période, le straight-edge connaît pourtant un relatif désintérêt aux Etats-Unis : « après les choses ont commencé à aller mal, le straight-edge s’est lourdement effondré(…) à peu près 90 pour cent des gens qui étaient straight-edge à l’époque du youth crew [17]ont commencé à faire la fête »[18].

Pour des raisons peu claires, le hardcore comme le straight-edge ont en effet connu une période de relatif déclin, à la fin des années 80 et au début des années 90. Plusieurs explications ont été avancées : tout d’abord le hardcore old school tel qu’il se pratiquait à cette époque devenait de moins en moins intéressant à mesure que les groupes se ressemblaient de plus en plus musicalement.

De plus La violence était de plus en plus répandue à l’intérieur comme à l’extérieur des concerts. Enfin, Les individus qui avaient rejoint le straight-edge sans être totalement impliqués dans leur choix l’ont quitté.

Chacune de ces hypothèses forme sûrement une part de l’explication.

Straight-edge et hardcore vont pourtant renaître quelques années plus tard avec un nouveau style musical beaucoup plus influencé par la musique métal appelé « new school ».

Les années quatre-vingt dix témoigneront d’une remarquable extension du straight-edge : certains groupent signent sur de grands labels, les tournées deviennent de plus en plus régulières, les groupes commencent à tourner des clips vidéos.

Il sort également de son cadre musical, pour la première fois des individus n’étant pas impliqués dans la musique punk ou hardcore se revendiquent straight-edge. L’expansion du straight-edge est également d’ordre géographique, il se répand à l’ensemble de l’Europe et de l ‘Amérique et atteint l’Océanie et l’Asie.

[11] Minor threat, Out of step.

[12] Il existe deux conceptions du mot scène : une scène est entendu ici comme l’ensemble des acteurs, fanzines, groupes qui participent à la vie musicale sur un espace géographique plus ou moins délimité et dans un style musical plus ou moins large. Par exemple, la scène des Flandres occidentales aussi appelée H8000 crew. Tandis que la scène straight-edge ou hardcore concerne l’ensemble des individus impliqués dans ces mouvements.

[13] Beth Lahickey, ALL AGES reflections on straight-edge, Revelation Records ,1997.

[14] Chiffre énorme pour du hardcore, qui plus est dans les années 80.

[15] Civ in Beth Lahickey, op. cit.

[16] Voir aussi supra L’émergence du H8000 crew comme exemple d’apparition d’une scène straight-edge en Europe.

[17] Le « positive youth crew »,inspiré par le groupe Youth Of Today correspond aux années 1988-90.

[18] Porcell in Beth Lahickey ,op. cit.

Vaillant, la pigeonne blessée de Nantes

C’est une information qui circule depuis quelques jours sur le web : l’histoire d’un pigeon de Nantes qui survit avec une flèche plantée dans le cou. Il semblerait que l’oiseau a cette flèche depuis plusieurs mois dans le corps. Vu l’importance de la situation, ce n’est qu’un détail, mais il est à noter que « Vaillant » est une femelle, donc une pigeonne.

Les commentaires niais vont bon train : il s’agit d’un «pigeon touché mais pas coulé qui hante les quais de l’Erdre en plein centre-ville», un « pigeon au piercing », « le pigeon percé en passe de devenir une mascotte nantaise ».

La situation de ce pigeon est terrible et n’a absolument rien de cocasse ou d' »insolite » ! En effet, il risque à tout moment de se retrouver coincé entre des branches d’un arbre ou de se blesser si l’aiguille bouge ou encore de blesser un autre pigeon. Cette situation est tellement risquée pour lui qu’il ne faut pas essayer de l’attraper au risque de bouger la flèche et de le blesser mortellement.

L’état de ce pigeon n’a absolument rien de « mystérieux » comme on prétend le faire croire. En effet, si il s’est retrouvé dans cet état c’est bien parce qu’une personne a tenté de le tuer. Faire une sarbacane pour tuer un pigeon est malheureusement on ne peut plus facile, il existe des tas de vidéos pour fabriquer une sarbacane artisanalement. Le summum de la barbarie est atteint avec une vidéo sur la manière de procéder pour tuer spécifiquement les pigeons.

L’information s’est diffusée sur les réseaux sociaux, des personnes ont tentés de prévenir la LPO et leur réponse n’est pas étonnante car cette association est connue pour son désintérêt envers les pigeons. La LPO s’est tout simplement débarrassée du problème prétextant qu’ils étaient « débordés » et qu’ils ne bougeraient pas pour récupérer le pigeon.

Les personnes qui ne se rendent pas compte que ce pigeon est un oiseau en danger, l’ont baptisé Vaillant (prénommé ainsi en référence au film  d’animation Vaillant, pigeon de combat !) et sont en passe de le faire devenir la mascotte de Nantes. On pourrait se dire que c’est une belle chose, une belle preuve de la volonté de vivre, mais ce n’est pas du tout le cas, c’est juste que Vaillant a eu beaucoup de chance parce que la flèche n’a pas touché de points internes hautement sensibles.

La situation des pigeons des villes est dramatique à cause d’actes d’incivilité et de maltraitances qu’il est indispensable de rappeler : fils et cheveux lâchés dans la rue venant s’enrouler aux pattes et causant la perte des membres (ici et ), perte des lieux de nidification, nourriture restreinte, stress constant (enfants courant après), pigeons écrasés sur les routes, interdiction de les nourrir etc.

Il est donc primordial d’avoir en tête que ce qu’il arrive à Vaillant n’est pas le fruit du hasard, que cela n’a rien d’insolite, que les pigeons bisets vivent un enfer quotidien et que nous devons de changer les mentalités afin de donner aux pigeons une image aussi poétique que celle des lotus : à nous de les faire sortir du néant afin qu’ils puissent s’épanouir de toute leur beauté.

Ecologie : Jean Paul II a fourni la base au pape François

Le point de vue du pape François sur la planète, dont nous avons parlé au sujet de l’encyclique « Laudato si », puise notamment dans un document du pape Jean Paul II datant de 2001.

Quand on dit que c’est un texte de Jean Paul II, il vaut mieux dire du Vatican, les productions sont bien sûr établiées collectivement et selon un plan très précis.

Voici donc des extraits des propos… très radicaux, en apparence, de Jean Paul II dans le document « L’engagement pour éviter une catastrophe écologique majeure ».

On a exactement la même approche, déjà, que le pape François dans l’encyclique.

« Malheureusement, si le regard parcourt les régions de notre planète, il s’aperçoit immédiatement que l’humanité a déçu l’attente divine.

A notre époque, en particulier, l’homme a détruit sans hésitation des plaines et des vallées boisées, il a pollué les eaux, défiguré l’environnement de la planète, rendu l’air irrespirable, bouleversé les systèmes hydro-géologiques et atmosphériques,  désertifié  des  espaces verdoyants, accompli des formes d’industrialisation sauvage, en humiliant – pour utiliser une image de Dante Alighieri (Paradis XXII, 151) – ce « parterre » qui est la terre, notre demeure.

4. C’est pourquoi, il faut encourager et soutenir la « conversion écologique », qui au cours de ces dernières décennies a rendu l’humanité plus sen-sible à l’égard de la catastrophe vers laquelle elle s’acheminait. L’homme n’est plus le « ministre » du Créateur.

En despote autonome, il est en train de comprendre qu’il doit finalement s’arrêter devant le gouffre.

« Il faut saluer aussi positivement l’attention grandissante à la qualité de la vie, à l’écologie, que l’on rencontre surtout dans les sociétés au développement avancé, où les attentes des personnes sont à présent moins centrées sur les problèmes de la survie que sur la recherche d’une amélioration d’ensemble des conditions de vie » (Evangelium vitae, n. 27).

Ce qui est en jeu n’est donc pas seulement une écologie « physique », attentive à sauvegarder l’habitat des divers êtres vivants, mais également une écologie « humaine » qui rende plus digne l’existence des créatures, en protégeant le bien primordial de la vie dans toutes ses manifestations et en préparant aux futures générations un environnement qui se rapproche davantage du dessein du Créateur.

5. Dans cette harmonie retrouvée avec la nature et avec soi-même, les hommes et les femmes doivent recommencer à se promener dans le jardin de la création, en cherchant à faire en sorte que les biens de la terre soient disponibles pour tous et pas seulement pour certains privilégiés, précisément comme le suggérait le Jubilé biblique (cf. Lv 25, 8-13.23).

Parmi ces merveilles, nous découvrons la voix du Créateur, transmise du ciel et de la terre, du jour et de la nuit:  un langage qui n’est « nulle voix qu’on puisse entendre », capable de franchir toutes les frontières (cf. Ps 19 [18], 2-5).

Le Livre de la Sagesse, repris par Paul, célèbre cette présence de Dieu dans l’univers en rappelant que « la grandeur et la beauté des créatures font, par analogie, contempler leur Auteur » (Sg 13, 5; cf. Rm 1, 20).

C’est ce que chante la tradition juive des Chassidim:  « Où que j’aille, Toi! Où que je m’arrête, Toi…, où que je me tourne, quoi que j’admire, Toi seul, encore Toi, toujours Toi » (M. Buber, Les récits des Chassidim, Milan 1979, p. 256). »

La notion de « planète » dans l’encyclique « Laudato si »

L’encyclique « Laudato si » du pape François utilise à de très nombreuses reprises le terme de « planète ». Naturellement, il ne le fait pas du tout comme nous, nous le faisons : selon nous la planète Terre forme un seul ensemble, hébergeant la Nature, c’est-à-dire la vie en tant que processus général.

Pour le pape, la Terre est un lieu, rien de plus. Le terme qui est le plus relié à celui de planète est d’ailleurs celui de « pauvres » : la question écologiste est prétexte au discours social typique du catholicisme.

Voici quelques extraits de l’encyclique, où le terme planète est employé, toujours d’une manière extrêmement similaire.

« J’adresse une invitation urgente à un nouveau dialogue sur la façon dont nous construisons l’avenir de la planète. »

« Par exemple : l’intime relation entre les pauvres et la fragilité de la planète »

« L’accélération continuelle des changements de l’humanité et de la planète s’associe aujourd’hui à l’intensification des rythmes de vie et de travail, dans ce que certains appellent “rapidación”. »

« On observe une sensibilité croissante concernant aussi bien l’environnement que la protection de la nature, tout comme une sincère et douloureuse préoccupation grandit pour ce qui arrive à notre planète. »

« À plusieurs endroits de la planète, les personnes âgées ont la nostalgie des paysages d’autrefois, qui aujourd’hui se voient inondés d’ordures. »

« Aborder cette question serait une façon de contrecarrer la culture du déchet qui finit par affecter la planète entière, mais nous remarquons que les progrès dans ce sens sont encore très insuffisants. »

« À son tour, le réchauffement a des effets sur le cycle du carbone. Il crée un cercle vicieux qui aggrave encore plus la situation, affectera la disponibilité de ressources indispensables telles que l’eau potable, l’énergie ainsi que la production agricole des zones les plus chaudes, et provoquera l’extinction d’une partie de la biodiversité de la planète. »

« Déjà les limites maximales d’exploitation de la planète ont été dépassées, sans que nous ayons résolu le problème de la pauvreté. »

« Mentionnons, par exemple, ces poumons de la planète pleins de biodiversité que sont l’Amazonie et le bassin du fleuve Congo, ou bien les grandes surfaces aquifères et les glaciers. On n’ignore pas l’importance de ces lieux pour toute la planète et pour l’avenir de l’humanité. »

« Les océans non seulement constituent la majeure partie de l’eau de la planète, mais aussi la majeure partie de la grande variété des êtres vivants, dont beaucoup nous sont encore inconnus et sont menacés par diverses causes. »

« Les habitants de cette planète ne sont pas faits pour vivre en étant toujours plus envahis par le ciment, l’asphalte, le verre et les métaux, privés du contact physique avec la nature. »

« De fait, la détérioration de l’environnement et celle de la société affectent d’une manière spéciale les plus faibles de la planète. »

« Je voudrais faire remarquer que souvent on n’a pas une conscience claire des problèmes qui affectent particulièrement les exclus. Ils sont la majeure partie de la planète, des milliers de millions de personnes. »

« On prétend légitimer ainsi le modèle de distribution actuel où une minorité se croit le droit de consommer dans une proportion qu’il serait impossible de généraliser, parce que la planète ne pourrait même pas contenir les déchets d’une telle consommation. »

« Il faut spécialement tenir compte de l’utilisation de l’espace environnemental de toute la planète, quand il s’agit de stocker les déchets gazeux qui se sont accumulés durant deux siècles et ont généré une situation qui affecte actuellement tous les pays du monde. »

« Mais nous sommes appelés à être les instruments de Dieu le Père pour que notre planète soit ce qu’il a rêvé en la créant, et pour qu’elle réponde à son projet de paix, de beauté et de plénitude. »

Les produits vegan d’Attitude

ATTITUDE est une marque canadienne de produits ménagers d’entretien, de produits corporels pour adultes et bébés. Ces produits se vendent dans les supermarchés tels que Auchan et Simply market.

Le site Ecco verde propose à la vente seulement quelques produits et le site internet d’ATTITUDE ne commercialise ses produits que vers le Canada et les USA. Autant dire que cette marque est peu distribuée, ce qui est bien dommage car les produits ATTITUDE sont vegan, sans cruauté animale.

Par ailleurs, les produits de cette marque se veulent exempts de composés cancérigènes tels que le sodium lauryl ether sulfate, et c’est d’ailleurs leur marque de fabrique, car un imposant encart précise sur le devant de leurs produits qu’ils sont sans contaminants ou produits dangereux pour la santé.

Le design de leurs emballages est assez agréable, bien que parfois simpliste (la majorité des produits étant destinée aux enfants), mais c’est toujours plus sympathique d’acheter un produit vegan avec un dessin de fleurs ou une photographie d’une grenouille ou de tout autre être vivant :










Quelque chose  à savoir si on passe à Auchan ou Simply Market!

Le secteur de la transformation des produits de l’élevage

Voici une petite explication faite par un document institutionnel au sujet de l’industrie de l’exploitation animale. Cela aide à voir où cela en est sur le plan économique.

Les « éleveurs », comme on en parlait ces derniers jours, soutiennent qu’ils sont au coeur de l’alimentation. Mais à voir les chiffres, les travailleurs sont bien plus nombreux ensuite…

Le document est titré d’ailleurs « IAA 2012 : la transformation des produits de l’élevage tient une place importante dans le secteur ».

Il concerne donc le secteur de la « transformation », qui est justement critiqué ou plutôt dénoncé  en ce moment par les « éleveurs », mais on voit bien que sans cette « transformation » – on parle de cadavres transformés ici – ce type d’alimentation ne serait pas consommable.

Les « éleveurs » sont, bien évidemment, totalement dépendants de l’industrie de la « transformation », qui elle-même dépend d’ailleurs de la distribution: sans amener l’alimentation aux gens, rien ne serait vendu…

On devine ici d’ailleurs les interpénétrations entre les secteurs, la pression, et cette pression s’effectue, en dernier lieu, pas du tout sur les éleveurs comme ceux-ci le prétendent, mais sur les animaux enfermés et assassinés dans des conditions toujours plus terribles…

Ici, rien n’est organisé, rien n’est décidé démocratiquement: c’est le chaos des entreprises, la loi du plus fort économiquement.

On reconnaît facilement que cette industrie vise surtout à « fournir » vite et « bien » et à se faire des bénéfices de manière efficace par ce biais.

On voit aussi aisément que c’est une industrie très bien organisée, très centralisée, et avec un tel poids dans l’agroalimentaire qu’elle est incontournable.

Voilà donc quelque chose à abattre… Et cela va sans dire que c’est à faire le plus rapidement possible, et pratiquement d’un coup, car les réformes n’abattront jamais un tel monstre, à moins de consister en de vastes restructurations pour changer tout cela, ce qui passe par trouver un autre emploi aux gens, satisfaire les besoins alimentaires…

Pépins de melon pour les oiseaux

L’été est la saison idéale pour manger des melons, fruits de saison par excellence.

Seulement, il serait dommage de jeter les pépins de melon à la poubelle!

Ils font, en effet, le festin des oiseaux en hiver (comme les mésanges qui en raffolent, ou les poules, ou encore les pigeons) qui ont besoin d’une aide en cette saison particulièrement difficile où la nourriture se fait rare.

Voici donc ce que vous pouvez faire…

Pour récupérer les graines de melon pour les oiseaux, il suffit de retirer les pépins, de les mettre dans une passoire et de les passer sous l’eau, afin de retirer le côté collant de la chair du melon.

Il faut ensuite les mettre à sécher plusieurs heures du papier absorbant. Et attention à ce point : les graines doivent être parfaitement sèches! Sinon elles moisiront et seront inconsommables pour les oiseaux.

Voici les pépins séchés.

Une fois les graines donc sèches et débarrassées de tout reste de pulpe de melon, elles pourront être stockées dans une boite hermétique en attendant la saison froide.

Avec la diminution galopante de la perte des habitats naturels des oiseaux et la destruction croissante de toute forme de végétation et donc de Nature, les oiseaux souffrent du manque de nourriture en hiver, il est donc bienvenue et très facile de les aider !

Les « éleveurs » en colère: de mauvais perdants

Les éleveurs mènent de nombreuses actions de protestation ; voici ce que constatait Ouest France hier soir :

Le blocage des deux principales voies d’accès au Mont Saint-Michel, l’un des sites touristiques les plus visités de France, se poursuivait lundi vers 22 heures 30, selon la préfecture et les gendarmes, qui ont indiqué que les éleveurs devraient rester sur place au moins toute la nuit.

Une action « symbolique, pacifique, pour que les prix remontent » et faire comprendre au ministre de l’Agriculture que « la pression agricole ne va pas céder », a indiqué Jean-Baptiste Mainsard, un manifestant.

Maintenant, posons une question simple : lorsque que quelqu’un va régulièrement au casino y miser de l’argent pour perdre finalement quasiment tout, a-t-il le droit de réclamer à la société de l’aider ?

De l’aider à l’éduquer et à vivre dignement, oui, mais de maintenir son style de vie, non.

C’est la même chose avec les « éleveurs ». Qu’ils travaillent dur est un fait, qu’ils se fassent escroquer par la distribution une vérité bien connue.

Pour autant, leur mentalité n’est-elle pas de vivre aux dépens des animaux ? De pratiquer le chantage à l’alimentation pour exiger à la société de pouvoir mener leur carrière comme bon leur semble?

Ne sont-ils ainsi pas au bord du dépôt de bilan, pour presque 10 % d’entre eux en France, car ils ont cru pouvoir emprunter sans problèmes, avoir toujours l’aide de l’État ?

Tout cela est hypocrite.

Après, le désespoir a une base : par exemple pour le lait de vache, le vrai problème des « éleveurs » est que la société les a abandonnés, avec la fin des quotas laitiers de l’Union Européenne.

Sauf que voilà la période de reconstruction d’après 1945 est terminée, maintenant le capitalisme est lancé, il n’y a plus besoins de quotas et de privilèges.

Et justement que lisait-on sur LTD en février de cette année dans l’article L’importance de la fin des quotas laitiers :

« Les petits producteurs vont par conséquent s’effondrer, car la bataille des prix leur sera fatale. »

Il semble bien que les petits producteurs ne lisent pas LTD, ni le ministre de l’agriculture, ils auraient dû…

En même temps, ils ne peuvent pas admettre la réalité, étant obnubilés par l’exploitation animale.

Ils pensaient s’en sortir en pensant que les produits d’origine animale seraient toujours plus utilisés.

Ce qui est vrai. Dans le même article de février, nous disions :

« Ou ce modèle qu’est l’exploitation animale triomphe, pour s’effondrer de manière dramatique et destructrice, ou bien on le stoppe et on change tout. Les faits sont là : contrairement à ce que racontent la Fondation 30 millions d’amis ou L214, l’exploitation animale n’est pas en recul : elle est en expansion accélérée. »

C’est vrai, sauf qu’évidemment ce ne sont pas les petits producteurs qui vont renforcer l’exploitation animale, mais les grands groupes industriels issus des petits producteurs ayant « réussi »…

Rappelons ici, comme c’était dit dans l’article cité, que :

« entre 2001 et 2010, le nombre de « vaches laitières » par exploitation est passée de 34,6 à 49,5 millions… »

Alors venir demander de l’argent à l’État après avoir lancé un tel processus industriel, c’est franchement honteux et particulièrement hypocrite…

En vérité, l’exploitation animale se généralise pour mieux s’effondrer comme un château de cartes, parce qu’un tel monde est inacceptable.

Les « éleveurs » sont un préjugé du passé, au mieux, et un présent agro-industriel monstrueux à renverser.

Dans ce contexte, les « éleveurs » qui se plaignent sont de même nature qu’un joueur de casino ayant tout perdu et aigri devant celui qui a gagné ; mais la nature du perdant et du gagnant est bien la même.

Témoignage pour un raton laveur mort à Toronto

Nous avons comme tradition de ne pas publier de photographies d’animaux morts, par souci de dignité. Il est vrai qu’il faut informer des horreurs, cependant il faut éviter l’irrationnel et également l’absence de dignité, qui ramène les animaux au statut d’objet qu’on veut justement éviter.

Voici une exception avec ce qui s’est passé à Toronto, au Canada. La région de l’Ontario héberge beaucoup de ratons laveurs, qui n’hésitent pas à s’intégrer dans les villes. La mairie de Toronto a même installé à grands frais un nouveau système de poubelles pour bloquer les ratons laveurs, ces « chapardeurs » très habiles!

Il faut savoir ici que l’empoisonnement est interdit là-bas, et même la capture car il faut que les petits puissent manger, la loi est très stricte. Le conseil de la mairie c’est: se barricader, appeler des spécialistes (il y a toute une industrie dédiée à cela), mettre de la sauce piquante tabsco sur les fruits et légumes pensant bien à les laver avant de les manger soi-même…

On l’aura compris, on est ici au coeur de la question de l’architecture, du rapport entre les humains et les autres êtres vivants.

Il y a quelques jours, à Toronto, un raton laveur mort au bout d’une rouge a été pris en photo et cela a eu beaucoup d’impact sur les réseaux sociaux. Il n’a pas été « ramassé » par la mairie immédiatement et voici les photos montrant le phénomène qui a eu lieu.

Mi-sérieux, mi-blague, cela dépend des gens, mais en tout cas quand les « ramasseurs » sont arrivés, l’atmosphère était pesante et l’un d’eux a dit : « eh ce n’est qu’un raton laveur ». Le silence de la petite foule fut complet…

















« In memoriam
Conrad
? – 2015
Ami – Voisin – Raton laveur »

« Le foie gras a le vent en poupe »

« Le foie gras a le vent en poupe » : c’est le titre d’un nouvel article du Figaro. En voici un extrait, pour rappeler cette vérité de base, ou plutôt le fait que nous assumions cette triste vérité.

La conception selon laquelle il y a un recul de la production de « foie gras » est fausse. Elle se fonde sur l’idée erronée qu’on pourrait toucher une petite partie de consommateurs en s’appuyant sur un argumentaire réformiste au sujet de la souffrance animale.

L’enfer est pavé de bonnes intentions et cette démarche ne fait en réalité que s’insérer dans la généralisation absolue de l’exploitation à laquelle on est en train d’assister. Les faits sont là : il n’y a pas moins de production de « foie gras », bien au contraire…

Que les gens qui en prennent conscience sont plus nombreux ne veut pas dire que l’exploitation animale s’amoindrit, bien au contraire!

Après une année 2013 en repli, la production française de foie gras a progressé de 1,3% en 2014 avec des exportations en hausse vers l’Asie, où Hong-Kong, Vietnam et Corée ont rejoint le club des clients sérieux, selon le bilan statistique du ministère de l’Agriculture.

En 2014 la production française de foie gras d’oie et de canard a atteint 19.300 tonnes, majoritairement localisée dans le Grand Ouest du pays (97% du total), précise le bulletin Agreste).

La consommation moyenne nationale (276 grammes par personne par an) s’est légèrement contractée (-1% sur un an, en baisse de 9% sur quatre ans), mais les exportations qui marquaient le pas depuis 2011 ont recommencé à progresser de 5% sur l’année à près de 5.000 tonnes, « proches du niveau record » enregistré en 2010, note Agreste.

[Note de LTD : l’article est ici imprécis voire erroné. Voici ce que dit le rapport Agreste que nous sommes allés consulter:

En 2014, la production française de foie gras de canard et d’oie a augmenté de 1,3 % par rapport à 2013. La consommation française, mesurée par bilan, est en légère baisse. Toutefois, les achats effectués par les ménages, pour leur consommation à domicile, ont augmenté de 3 % en volume et de 4 % en valeur, sur la même période.

Incompréhensible, n’est-ce pas? En fait cela veut dire que les gens qui consomment du « foie gras » en consomment plus, mais qu’un peu moins de gens en France en général en consomment, davantage bien sûr en raison du prix, parce qu’ils ne peuvent pas, que parce qu’ils ne veulent pas. On notera également le passage suivant:

À partir de l’année 2009, l’interprofession (Cifog) a mis en place une politique commerciale cherchant à étendre la période de consommation en dehors des fêtes de fin d’année en incitant les distributeurs à une mise en rayon plus précoce des foies gras. Dans ce but, elle a multiplié les campagnes de communication autour de la fête de la
Saint-Martin qui marque traditionnellement le retour du foie gras sur les marchés vers le 11 novembre.

C’est encore un témoignage de la progression culturelle du « foie gras »…]

Si l’Union européenne reste largement en tête des acheteurs étrangers, notamment en foie cru dont les ventes ont bondi de 12% – l’Espagne est le premier client européen avec près de 1.500 t, devant la Belgique – le Japon est de loin le premier client hors UE avec 600 tonnes, en hausse de 3% sur un an, et Hong Kong se place en troisième position (après la Suisse) avec des achats qui ont bondi de 40% par rapport à 2013, pour atteindre 200 tonnes.

Singapour et la Thaïlande, clients relativement récents en foie gras français, ont stabilisé leurs importations (autour de 80 t) mais le Vietnam les a quadruplés depuis 2013 (24 tonnes), la Corée du Sud les a triplés (18 tonnes) et les ventes vers l’Océanie ont aussi progressé de 13% (28 tonnes).

Surtout, les quatre premiers mois de 2015 confirment la tendance avec des exportations en hausse de 3% sur la période et même de 11% hors UE, avec de nouveaux marchés comme Taiwan, qui s’est ouvert fin 2014 et représente 11 tonnes en quatre mois, et la reprise attendue du commerce vers la Californie, qui autorise de nouveau les restaurateurs à proposer du foie gras à leur menu. Très limitées depuis 2010, les ventes américaines atteignaient 1.000 tonnes en 2009.

La France continue de dominer la production mondiale, qui a atteint environ 26.600 tonnes en 2014, en progression de 600 tonnes sur un an, selon l’Institut de l’aviculture (Itavi), dont près de 25.500 tonnes pour l’Europe avec, outre la France, la Bulgarie (2.600 t) et la Hongrie (2.500 t).

« Les écologistes! » : le nouveau vrai faux parti

C’est une information qui, une fois de plus, en dit long sur Europe Ecologie les Verts. Elle provient du Canard enchaîné, n’en ayant parlé sinon que deux autres médias (le lab d’Europe 1 et l’Opinion).

C’est une information qui pourtant est d’importance, puisqu’il s’agit d’un beau coup de force anti-démocratique : faire croire qu’il y aura de l’écologie au gouvernement au moment de la conférence de l’ONU sur le climat à Paris en décembre…

Le colloque devant se tenir au Sénat, mais le vote sur « l’aide » à la Grèce a fait annuler l’événement. A la base, le prétexte de l’annonce était… un colloque au thème évocateur : «l’entreprenariat et l’écologie», en présence du ministre de l’Economie, le très libéral Emmanuel Macron…

Mettons de côté que tout cela soit une ode au capitalisme vert et regardons juste de manière démocratique. Que voit-on? Que tout passe par en haut… Que tout est magouillé.. Qu’il n’y a aucun débat d’idées… Que tout consiste en une lutte des places…

C’est là mépriser les gens et nier que l’écologie doit être diffusée dans la population et portée par elle. C’est réduire l’écologie à une orientation technocratique pour moderniser l’économie, ce qui revient encore et toujours à nier la Nature…

Au-delà de la question de l’engagement critique par rapport au capitalisme, c’est encore la question de l’anthropocentrisme qui revient : la manière de voir les choses est fausse. L’écologie ne peut pas consister en un raisonnement d’humains isolés d’autres humains et du reste de la réalité.

C’est de la Nature qu’il faut partir… pour revenir, pour avoir un point de vue écologiste authentique. Le reste n’est que de la gestion, de la gestion…du désastre!

Le régime « pegan »

Tout est fait pour contourner le véganisme, vraiment tout. Pour le coup, là, l’article de Top santé sur le régime « pegan » se plante véritablement complètement.

La catégorie de l’article se situe dans « minceur » mais l’article ne dit pas cela, parlant d’un régime idéal en général… Régime préconisé par « les experts de nutrition », est-il dit, puis ensuite il est parlé de Mark Hyman, expert en minceur et conseiller de Bill et Hillary Clinton, ce qui est bien différent!

Ce qui est proposé est d’ailleurs aberrant. Le grand concurrent du véganisme chez les bobos américains est le régime dit « paléolithique », qui consiste à manger soi-disant comme au paléolithique. Ce qui est proposé ici, c’est un régime végétalien… sans sucre raffiné, ce qui est meilleur pour la santé, et en se méfiant du soja, ce qui peut effectivement être meilleur… A quoi est ajouté  de la « viande ».

En gros le refus du véganisme est  maquillé en « avant-gardisme » paléolithique, puisque de toutes manières les protéines pourraient tout aussi bien être végétales…

Le régime Pegan, ou Paléo-Végan : lequel choisir ?

Le Peganisme est le nouveau régime conseillé par les experts de nutrition. Il combine les aspects du régime végan et du régime paléolithique.

Le véganisme et le régime paléolithique semblent être des régimes complétement opposés. Le premier, récemment reconnu comme un bon moyen de perdre du poids, évite tout produit issu des animaux, alors que l’autre – inspiré du régime de nos ancêtres « l’homme des cavernes » – conseille de manger beaucoup de protéines animales maigres.

Cependant, selon l’expert et spécialiste de la nutrition américain le Dr Mark Hyman, qui a inventé le nom « Pegan », en combinant des aspects des deux régimes, on pourrait arriver à un bon compromis, plus facile à suivre et plus bénéfique que les régimes plus extrêmes que sont chacun le végan et le paléolithique.

Sur son blog, le Dr Hyman explique « c’est le régime alimentaire le plus favorable pour notre santé et la santé de notre planète. Il est écologiquement durable et respecte la vie des animaux »

Il ajoute : « après avoir fait des recherches sur la nutrition pendant 30 ans et analysé des milliers d’études scientifiques et traité des dizaines de milliers de patients avec la nutrition, je vote en faveur du Peganisme ! »

Que peut-on manger selon le régime Pegan ?

– Le régime Pegan est basé sur les fruits et les légumes, groupe alimentaire que les deux régimes favorisent (en fait, dans le régime Pegan, les fruits et les légumes devraient constituer 75 % de votre alimentation quotidienne)

– La protéine animale est aussi permise, mais elle devrait être bio et ne devrait pas excéder 25 % de votre alimentation quotidienne. L’animal doit avoir été nourri à l’herbe.

– Les bonnes graisses : avocats, olives, noix sont tous une bonne source d’acides gras Oméga-3

– Céréales complètes : c’est-à-dire les céréales sans gluten, intégrales, tel que le quinoa et le riz complet

Que faut-il éviter ?

– Les produits laitiers : qui pourraient être mauvaise pour la digestion

– Le soja: même s’il fait partie du régime végan, le soja est exclu du régime Pegan car de nombreuses études ont montré qu’il perturbe les hormones et est souvent génétiquement modifié

– Le sucre : trop de sucre augmente le risque d’obésité, du diabète etc.

Les bénéfices potentiels attribués au Peganisme sont nombreux. Selon le Dr Hyman, il pourrait aider à perdre du poids, baisser le niveau de cholestérol, réduire le risque du diabète et des maladies cardiaques.

La question des organes de fœtus avortés en vente aux USA

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme et nos sociétés basculent de plus en plus dans l’ignominie. Autant l’avortement est un sujet compliqué, autant il faut bien voir qu’au-delà de la manière de voir les choses, les pratiques sont très révélatrices.

De notre point de vue, l’avortement relève du choix possible des femmes, mais devrait être évité, car nous partons de la considération qu’il faut défendre chaque vie. Considérer que le fœtus n’est pas vraiment développé et tout ce genre de choses n’a pas de sens réel : il est évident qu’un processus biologique est en cours, prétendre le contraire c’est se voiler la face.

Cela ne veut pas dire pour autant que la vie soit quelque chose de « mystérieux », comme le prétendent les religieux. Cependant, il est évident qu’ils ont un boulevard devant eux pour se prétendre les défenseurs de la vie tellement les partisans modernes de l’avortement ne sont bien souvent pas tant des défenseurs des droits des femmes que des gens rejetant la nature.

C’est cela qui explique le scandale concernant un planning familial à Chicago, résumé de la manière suivante par le Figaro.

« Tournées en caméra cachée, les images montrent une responsable du Planning Parenthood Federation of America (PPFA, équivalent américain de notre Planning Familial) parler des organes de fœtus avortés que l’association vendrait à des cliniques pour de la recherche médicale. (…)

Celle-ci, entre deux bouchées de salade et deux gorgées de vin rouge, parle du prix des organes («entre 30 et 100$» par «spécimen») et évoque le fait que souvent les fœtus ne sortent pas en un seul morceau mais démembrés.

«Nous sommes devenus très bon pour attraper les cœurs, les poumons, les foies, parce que nous savons, et nous essayons de ne pas écraser ces parties du corps.» détaille sordidement la praticienne. Et de relater par le menu la manière la plus efficace de retirer les organes d’un fœtus intacts lors d’un avortement.

«Beaucoup de gens veulent des cœurs. Hier, on m’a demandé des poumons. Certains d’entre eux veulent des extrémités. Ça, c’est facile. Je ne sais pas ce qu’ils en font, je suppose qu’ils veulent du muscle.» explique-t-elle.

Le code pénal américain indique que «le trafic commercial de parties du corps d’un bébé avorté est punissable de 10 ans de prison et d’une amende de 500.000$». Le PPFA a affirmé qu’il ne faisait aucun profit, mais qu’il se faisait rembourser des coûts induits par le transport et l’opération. Contrairement au Planning familial en France qui ne gère que la prévention et la communication, Planned Parenthood gère en partie des cliniques et des centres médicaux pratiquant l’avortement.

La vidéo fait aussi polémique car elle évoque l’usage d’ultrasons dans l’avortement, qui permettent de maintenir le fœtus intact, ce qui peut parfois, d’après les militants «pro-life», conduire à des avortements ex-utero postnataux, considérés par la loi comme des infanticides. »

Les avortements sont en effet organisés de telle manière à récupérer les morceaux pour les vendre, sans bénéfices, et parfois l’avortement fait en sorte que le fœtus n’ait pas la tête qui sorte en premier, pour récupérer de meilleure manière les morceaux.

La loi l’interdit, mais le médecin explique qu’il suffit de dire qu’on ne veut pas le faire, mais qu’au cours de l’avortement cela s’est produit de fait.

On est là dans une attitude sordide, profondément choquante, surtout que le médecin explique tout cela en mangeant en même temps, avec un grand détachement. Si on ajoute à cela la question d’avortement… provoqués une fois le foetus extrait, là on est également dans l’horreur du pragmatisme…

En fait, entre les gens pour qui la vie est un « mystère » et ceux pour qui c’est mécanique et qui considèrent qu’on peut faire ce qu’on veut… on est vraiment mal parti. Entre les ultra-conservateurs religieux et les libéraux-libertaires, on a deux faces d’une même horreur…

Le « four », supermarché des drogues

Puisque hier il était parlé des « fours » qui consistent en des petits supermarchés des drogues, voici une présentation de ce en quoi cela consiste. Il s’agit en l’occurrence d’une lettre ouverte, présentant le trafic de drogues et montrant que les cités… ne sont que le bout d’une longue chaîne, les vrais décideurs étant loin et intouchables…

Se focaliser sur les cités pour parler des drogues – que ce soit en bien ou en mal – c’est dans tous les cas nier l’existence de mafias aux grandes ramifications…

C’est « l’industrie des stupéfiants » que dénoncent justement les deux auteurs de cette lettre ouverte, publiée en 2009, sont la sociologue Marie-Hélène Bacqué et Lamence Madzou, la première ayant aidé le second à publier en 2008 l’ouvrage « J’étais un chef de gang ».

Les jeunes des banlieues sont les premières victimes du « bizness »

La question de la violence juvénile et des bandes de jeunes a de nouveau fait l’actualité, à la suite de quelques faits divers marquants. La ministre de l’intérieur a avancé les chiffres de 222 bandes sur le territoire français, 78 % en Ile-de-France, comportant 2 500 membres permanents et 2 500 occasionnels, soit un total de 5 000 jeunes.

La fabrication et la précision de ces données appellent bien des réserves quand l’on sait que la plupart de ces « bandes » sont des groupes peu structurés de copains désoeuvrés. Cela a déjà été dit, de même que l’inutilité et l’effet nocif des mesures répressives annoncées, qui permettraient de condamner à trois ans de prison un délit de mauvaise fréquentation. Effet d’annonce qui, une fois de plus, ne contribue qu’à réactiver peurs et fantasmes de l’insécurité et à installer ces quartiers dans une spirale de la répression et de la tension.

Nous voudrions revenir ici sur l’une des affirmations qui appuie ces annonces et alimente le fantasme d’une société attaquée de l’intérieur : ces « tribus » se battraient pour défendre leur bizness et contrôler leurs territoires au sein duquel elles imposeraient un système maffieux. L’incident récent qui s’est déroulé à La Courneuve, où des armes lourdes ont été utilisées contre des policiers démontrerait la conjonction de trafics de stupéfiants et de trafics d’armes.

Nos observations de terrain, qui restent à compléter, montrent que la réalité est plus compliquée, mais qu’elle n’en est pas moins inquiétante. Certes, il existe bien en France un marché des substances illicites, haschisch, héroïne, cocaïne et crack. Ce marché est important et en développement. Dans les quartiers populaires, une partie des jeunes consomme et vend. A l’échelon du quartier, cette économie souterraine reste cependant artisanale.

La majorité des petits vendeurs ont un ou plusieurs fournisseurs et écoulent en moyenne 100 à 200 grammes de haschisch en une semaine sous la forme de barrettes vendues de 10 à 20 euros. « Tout le monde trouve sa place ; il suffit d’avoir de la drogue, on vend. Celui qui a de la marchandise, c’est celui qui vend », raconte un jeune.

S’il peut exister des concurrences locales, les enjeux sont ailleurs et les gros trafiquants qui travaillent à l’échelle internationale ne sont, bien sûr, pas basés dans ces quartiers, qui ne représentent que l’un des lieux d’écoulement de la marchandise parmi d’autres. Ils ont besoin d’anonymat et d’invisibilité, difficiles à trouver dans ce type d’espace social.

Ces têtes de réseau font rentrer en France plusieurs tonnes de haschisch chaque année ; elles sont organisées, riches et puissantes. La drogue est stockée par ballots de 100 à 300 kg, le stock pouvant atteindre 600 kg, voire plus. Elle est ensuite distribuée à des souricières dans lesquelles viennent se fournir des intermédiaires, qui revendent à leur tour à de petits revendeurs, chacun relevant sa commission.

Au bout de la chaîne, ce marché est d’ailleurs de moins en moins rentable, car le prix du haschisch a doublé en quinze ans (un kg coûtait alors environ 800 euros et il fluctue aujourd’hui entre 1 500 et 3 000 euros) en raison du nombre des intermédiaires, de l’augmentation des prix à la source, de la diversification et de la sophistication des qualités de haschisch (gstarr, one, aya, marocain).

Contrairement aux idées reçues, les petits vendeurs ne roulent pas sur l’or. Ils ne gagnent souvent pas beaucoup plus qu’un smic mais, dans un contexte où l’accès à un emploi leur est fermé, ils ont ainsi accès à un marché du travail, certes informel, où ils ont l’impression « d’être à leur compte ». Ce revenu leur permet d’accéder à la société de consommation, voire parfois de partager l’achat d’une voiture.

Il en est de même du marché de la contrefaçon. On s’étonne bien souvent de voir des jeunes issus de familles précarisées habillés en Versace, Armani ou Dolce Gabbana, tous vêtements fabriqués en Thaïlande ou en Chine, vendus par un réseau de distribution parallèle à des prix très concurrentiels : « Des mecs reçoivent des cartons, c’est là qu’on se fournit. »

Tout cela constitue une économie parallèle bien réelle, qui s’autorégule. Mais ce n’est pas dans les quartiers populaires et encore moins auprès des « bandes » de jeunes qu’il faut chercher l’organisation de trafics mafieux. Ces jeunes ne sont que les derniers échelons d’un marché international et, comme ceux des quartiers bourgeois, ils en sont d’abord les victimes.

En revanche, on assiste à la marge à une restructuration locale du marché des stupéfiants. Dans quelques cas, encore très exceptionnels – cinq ou six villes en région parisienne -, un marché local commence à s’organiser et quelques individus vont se fournir en Espagne et au Maroc. Ils y achètent 100 à 300 kg de haschich à des prix très attractifs (400 à 600 euros le kg) qu’ils vendent ensuite au détail, se passant des intermédiaires.

Ils jouent la carte de la qualité en proposant de nouveaux produits comme des feuilles de « blunt » parfumées pour rouler le haschisch et en soignant la présentation de l’emballage. Ils créent alors des « fours » : ils prennent possession d’un escalier, en général dans un immeuble d’habitat social. L’escalier est bloqué par un jeune cagoulé avec barre de fer. Un ou deux autres s’y installent pour vendre.

A l’extérieur, des guetteurs surveillent avec des talkies-walkies. Les équipes se relaient : le four est ouvert jusqu’à 22 heures la semaine et minuit le week-end. La drogue est cachée à proximité du four, la préparation se fait dans les appartements. L’activité règne du matin au soir, de la livraison à la préparation puis à la vente. Elle est connue des habitants, réduits au silence par la menace et l’intimidation.

Ces fours rapportent entre 6 000 et 10 000 euros par jour. Les propriétaires des fours recrutent des dealers indépendants, pour un « salaire » quotidien de 50 euros environ. C’est d’abord par la qualité de leur marchandise qu’ils s’imposent sur le marché, recourant si nécessaire à la violence pour maintenir l’exclusivité. Dans tous les cas, ils ont besoin, eux aussi, pour leur activité de calme et d’anonymat, loin des embrouilles de quelques groupes de jeunes qui appellent l’attention médiatique.

Tout cela est, bien sûr, inquiétant, mais dessine une image beaucoup moins simpliste des rapports entre « jeunes des bandes » et « bizness » que celle que nous présente le discours officiel. A l’évidence, les enjeux sont ailleurs que dans ces quartiers populaires qui ne sont que l’un des points d’arrivée de trafics structurés. Il en est de même d’autres trafics organisés, comme ceux des voitures par exemple.

Il existe bien un danger de restructuration de trafics plus localisés mais contre lequel le fichage des jeunes et les mesures répressives sont pour le moins inefficaces. La société française n’est pas menacée par une horde de tribus ; elle met par contre en danger sa jeunesse et son avenir en restant impuissante face à l’industrie des stupéfiants, mais en tapant sur ceux qui en sont les premières victimes, sans pour autant leur offrir de perspectives sociales.

« En passant pécho »

Il y a quelques jours est sorti un nouvel épisode de la websérie au très grand succès : « En passant pécho« . Produite pour youtube et consistant en des épisodes de quelques minutes, cela se veut un portrait de dealers, des tranches de leur supposée vie étant montrées.

C’est très bien fait, les épisodes de quelques minutes sont très bien organisées, sauf que naturellement c’est ultra complaisant, avec une apologie des comportements orduriers, du sexisme allant jusqu’à l’apologie de la prostitution, les drogues étant représentées sous un jour absolument favorables.

En fait, les épisodes sont pratiquement des petits cours d’immersions dans le monde des drogues. On y découvre les codes, les termes employés, le style, etc.

Le tout est bien entendu saupoudré de hip hop version ganster. Bref on est là dans le déchéance complète, dans l’intelligence mis au service de la destruction… Et on ne sera guère étonné que l’un des deux producteurs soit le fils de François Hollande et Ségolène Royal: on a toujours des gens venant de la haute bourgeoisie pour aller faire l’apologie de la décadence dans les milieux artistiques populaires…

Voici l’épisode quatre, qui avec son succès de plus de deux millions de vues sur youtube est d’ailleurs tout à fait représentatif de l’esprit…

Voici le dernier épisode, rempli de références culturelles hip hop, mais présentant surtout sous un jour plus que favorable le principe des « fours », c’est-à-dire ces lieux dans les cités qui servent de « supermarché » des drogues…

Dans le troisième épisode, on a une présentation de la « carotte »: le fait que les consommateurs soient escroqués quant au « produit »…

Les autres épisodes sont à l’avenant, le plus souvent avec une apologie de la pornographie, voire du viol. Voici d’ailleurs la chanson qui sert en quelque sorte d’hymne à la série.

C’est très rythme, très bien construit, mais difficilement en même temps de faire plus barbare! C’est en quelque sorte un hymne au deal et à la prostitution, voire en pratique au viol. Le contraire exact de la culture vegan straight edge…

Autant d’énergie pour produire du négatif : c’est bien représentatif de notre époque !

« Il a indiqué avoir agi par compassion »

C’est une histoire qui a deux ans précisément, le procès s’étant déroulé à la toute fin juin 2013. C’est le journal Le progrès qui la relate, à sa manière bien sûr.

JUSTICE. Un défenseur des animaux condamné pour avoir incendié un abattoir

Il affirmait vouloir «libérer les cochons» et mettre l’abattoir «hors d’état de nuire»: un défenseur de la cause animale a été condamné vendredi à trois ans de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Besançon pour avoir incendié l’abattoir de Pontarlier (Doubs).

Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur Margaret Parietti. La condamnation est assortie d’une mise à l’épreuve de trois ans, ainsi que d’une obligation de soins et de l’interdiction de fréquenter les débits de boisson.

Le 26 mai dernier, cet ouvrier frontalier de 23 ans a commis d’importantes dégradations et a mis le feu à l’abattoir de Pontarlier (Doubs), rendant impropre à la consommation neuf tonnes de carcasses de porcs.

Blessé après avoir brisé une vitre, il a inscrit «ALF» sur un mur du bâtiment avec son propre sang en allusion au Front de libération des animaux (Animal Liberation Front, en anglais), mouvance de défense des animaux qui a selon lui inspiré son acte.

«Libérer les cochons ! »

Le jeune homme a également menacé un livreur de cochons avec un couteau, lui ordonnant de «libérer les cochons».

A la barre du tribunal, il a indiqué avoir agi par «compassion pour les animaux qui souffrent dans tous les abattoirs de France et du monde entier».

«Je ne peux pas supporter cette souffrance. Je voulais mettre hors d’état de nuire l’abattoir», a-t-il précisé. Il a néanmoins affirmé qu’il regrettait son geste.

«J’ai compris qu’il y avait d’autres moyens d’agir comme participer à des manifestations, signer des pétitions ou faire partie d’associations »«, a ajouté le jeune végétarien qui ne présente aucune anomalie mentale, d’après les experts.

Son avocat, Me Jérôme Pichoff, a promis qu’il ne recommencerait pas: «Il a réalisé que tout cela ne sert à rien et n’aide pas sa cause, voire peut la desservir».

La veille des faits, il avait passé la soirée en discothèque avec des amis, consommant de l’alcool. Les forces de l’ordre avaient constaté une légère alcoolémie à son interpellation.

Il y a bien sûr deux manières radicalement différentes d’interpréter cela, les deux interprétations étant d’ailleurs toutes les deux exactes… D’un côté, il est évident que la motivation à l’origine de cette action a une légitimité morale et une véritable valeur sur le plan des sens.

D’ailleurs, le verdict le reconnaît de manière évidente, même s’il n’est pas parlé de l’amende que la personne a dû forcément récolter en plus…

De l’autre côté, on a tout de même quelqu’un de saoul écrivant « ALF » avec son propre sang après s’être coupé. C’est-à-dire que le véritable protagoniste de son action, c’était surtout lui-même. On a là un exemple typiquement français catholique d’actions-témoignage…

Petit retour sur une soirée végétalienne hebdo à Paris

Les vegans sont vraiment des « drôles de personnes » : non seulement elles sont douées d’abnégation (pour les animaux), mais en plus elles sont capables d’un démarche systématique, même là où on ne s’y attend pas.

Ainsi nous parlions récemment des soirées hebdomadaires « vegan » dans un restaurant parisien ne l’étant pas (Dune). Dans la logique des choses, on ne peut pas « veganiser » un endroit qui ne l’est pas.

Or évidemment qu’a-t-on alors appris ? Que la véganisation partielle a bien lieu. Les vegans sont plein de ressources. La personne qui fait la soirée hebdomadaire végétalienne s’est organisée de manière pour le moins surprenante…

Déjà, et c’est vraiment étonnant, il y a un réfrigérateur spécifique pour les soirées végétaliennes… Hors de question d’avoir un mélange entre la nourriture végétalienne et la nourriture qui ne l’est pas.

Logique ! Mais ce n’est pas tout. Même chose pour les poêles et les casseroles… Là on se dit, c’est très fort et que la logique est poussée plutôt loin.

D’ailleurs, ce n’est pas tout, la personne responsable amène ses propres couteaux… Pas question de mélanger les couteaux ! Tout à fait normal et correct.

Et que dire : pareil pour les tupperwares et les plats pour les préparations… pareil pour le vitamix (un mixer/blender), pour la mandoline (une machine à râper)… Bref, c’est la totale.

Que dire? Cela montre que quand les végans veulent, ils peuvent (ou plutôt devrait-on dire, quand elles veulent elles peuvent, tellement le véganisme est porté par les femmes, d’ailleurs). Il y a des idées, des possibilités, et on se donne les moyens!

Là on a donc affaire à une occasion de proposer du végétalien dans un restaurant, dans des conditions qui sont bien dans l’esprit végan, même si le lieu ne l’est pas et qu’on peut – mais c’est un autre problème – critiquer un tel compromis. C’est cependant une question secondaire.

Car force est de constater que dans l’esprit on ne peut pas reprocher d’avoir abandonné les principes, et qu’en pratique une personne végane peut bien profiter de tels efforts effectués…