Le véganisme en Israel

Voici un article (venant de l’AFP) de présentation détaillée quant à l’importance du véganisme en Israël. L’influence de la culture européenne se fait ici profondément sentir de par les gens ayant dû fuir, et il y a bien entendu la question de la Shoah, qui aboutit à un esprit universaliste de refus des génocides. Tout cela ne va pas sans contradictions, évidemment.

Israël, terre promise des végétaliens

En Israël, pays aux innombrables croyances, le nouveau culte du végétalisme, version radicale du végétarisme, draine de plus en plus de fidèles au point d’être reconnu par l’armée.

Les végétaliens (ou vegans en anglais), non seulement ne mangent pas de viande, mais, à la différence des végétariens, rejettent le lait, les oeufs, le miel et tous les aliments provenant du règne animal. Beaucoup d’entre eux en font autant un mode d’alimentation qu’un mode de vie et refusent de se vêtir de cuir et d’utiliser des cosmétiques testés sur des animaux.

Or «4% des Israéliens se déclarent vegans, c’est le pays le plus végétalien au monde», affirme Omri Paz, organisateur du festival Vegan Fest.

Cette grand-messe végétalienne a attiré 15 000 personnes le 13 octobre à Tel-Aviv parmi les stands de hot-dogs à base de petit pois, de chawarmas de tofu, et de goulashs de seitan, un substitut de viande à base de protéine de blé.

Le stand le plus visité est celui de Domino’s Pizza. Le géant américain de la pizza à domicile a lancé en 2013 en Israël sa première version mondiale de pizza gratinée au fromage de soja et dit en avoir vendu 300 000 depuis.

Big Brother végétalien

C’est à Tel-Aviv l’avant-gardiste que le végétalisme suscite le plus de vocations. L’un de ses plus célèbres restaurants, le Nanushka, un bistrot bobo connu pour ses grillades arrosées à la vodka dans une ambiance festive a soudainement annoncé sa conversion en février et a complètement remanié sa carte.

Au même moment, la militante végétalienne Tal Gilboa, candidate à la très populaire version israélienne de l’émission de téléréalité Big Brother, transformait l’émission en tribune quotidienne pour la défense des droits des animaux. Le public l’a déclarée vainqueur.

Même l’armée, miroir de la société israélienne devant lequel passe toute la jeunesse masculine et féminine du pays, propose désormais à ses soldats des bottes sans cuir et leur offre un petit pécule pour acheter des aliments de substitution.

Facebook regorge de groupes dédiés à la communauté vegan israélienne. Celle-ci se décline en sous-groupes, comme les «Vegays» pour les homosexuels végétaliens, les «adolescents végétaliens», qui militent pour des menus adaptés à la cantine.

Israël semblait prédisposé au succès du végétalisme. Fruits et légumes prennent une place importante dans les assiettes. Certains des produits les plus caractéristiques pouvaient passer pour végétaliens avant l’heure, comme le houmous ou le falafel. Le code alimentaire juif de la cacheroute incite à cuisiner avec des produits de substitution.

«Shoah des animaux»

Et puis la société est réceptive aux phénomènes communautaires.

C’est sur Facebook que se sont rencontrées Adi, Ofir, Tamar et Ofek, quatre souriantes adolescentes qui se sont donné rendez-vous sur la pelouse du Vegan Fest, arborant sur leurs T-shirts des slogans comme «viande = meurtre» ou «le tofu lui ne crie pas de douleur».

«Mes parents ont mis trois ans à comprendre que ce n’était pas une lubie et à finir par accepter que je ne vienne plus par principe aux traditionnels barbecues familiaux», raconte Tamar, 16 ans, qui explique avoir été ralliée à la cause en voyant une vidéo du gourou végétalien, Gary Yourofsky, qui compare la consommation de viande à l’Holocauste.

«En tant qu’Israélienne, je ne peux pas fermer les yeux, je ne veux pas faire comme tous ceux qui disaient pendant la Shoah qu’ils ne savaient pas», lance l’adolescente.

En Israël, la référence à une «Shoah des animaux» touche une corde très sensible, mais «c’est justement dans cette provocation que réside son pouvoir de conviction si important chez nous», analyse Rafi Grosglik, sociologue de l’alimentation à l’université de Tel-Aviv.

Au fer rouge pour la cause

«Il est aussi intéressant de remarquer qu’en Israël, les vegans sont souvent en rupture avec la culture végétalienne hippie ou hindouiste et se réfèrent plutôt à une rhétorique de la force qui privilégie l’activisme violent», ajoute le chercheur.

En 2012, un groupuscule d’activistes végétaliens radicaux baptisé «Life269» – le numéro tatoué dans l’oreille d’un veau qu’ils avaient sauvé de l’abattoir dans une ferme d’Israël – sortait de l’ombre avec fracas.

Sur la place Rabin de Tel-Aviv, à demi nus, ils avaient organisé sous le regard horrifié des passants une séance de tatouage au chalumeau et au fer rouge de ce numéro à même leur peau.

Depuis, ils ont multiplié les actions coup de poing, allant jusqu’à placer au petit matin des têtes de moutons sanguinolentes dans une fontaine publique de la ville ou libérer en pleine nuit des troupeaux de vaches de fermes industrielles.

Les vidéos de ces actions commandos ont été un succès sur internet. Leurs auteurs ont fait plusieurs jours de garde à vue. Ils ont aussi fait des émules. Aujourd’hui, le mouvement Life269 existe dans une quarantaine de pays.

Green Rage – Sea of blood

Voici de nouveau une traduction d’une chanson de Green Rage, intitulée Sea of blood – Mer de sang. Rappelons le encore une fois : cela date du début des années 1990…

On a d’ailleurs ici peut-être de résumé le plus clairement la philosophie hardline : puisque la violence contre les animaux est complète, alors il faut soulever une tempête de contre-violence, pour faire face et libérer les animaux et la Terre.

Utopique ? Peut-être, mais moralement juste. Et de toutes manières, vue l’offensive tout azimut contre la planète, c’est la seule alternative crédible, à défaut d’être peut-être réalisable en tant que tel. Encore que : comment prétendre que l’humanité pourrait triompher de Gaïa ? C’est impossible.

death cast upon them. their death, your commodity. tortured and enslaved in a world of inhumanity. condemned to a world of darkness.
la mort leur est imposée. leur mort, votre marchandise, torturé et esclavagisé dans un monde d’inhumanité. condamné à un monde de ténèbres.

a realm of cruelty and pain. incessant murder of victims. murderers, you wont go unblamed. a sea of blood arises. death becomes their reality. unkowingly bestowed upon them.
un royaume de cruauté et de douleur. assassinat incessant des victimes. meurtriers, vous ne resterez pas sans punitions. une mer de sang se lève. la mort devient leur réalité. les frappant anonymement.

a demonic destiny. slaves on a factory farm. deprived of their instinct. driven insane. slaughtered in the temple of death. disillusion of pain.
un destin démoniaque. esclaves dans une ferme-usine. privés de leur instinct. rendus fou. abattus dans le temple de la mort. la désillusion de la douleur.

a sea of blood arises. death becomes their reality. unknowingly bestowed upon them.
une mer de sang se lève. la mort devient leur réalité. les frappant par surprise.

a demonic destiny. condemned to a world of darkness. a realm of cruelty and pain. as the temple doors close. too terrified to take the last breath. the final end to their suffering.
un destin démoniaque. condamné à un monde de ténèbres. un royaume de cruauté et de douleur. alors que les portes du temple se ferment. trop terrifiés pour prendre le dernier souffle. le point final à leur souffrance.

their death. our insurrection is being established.
leur mort. notre insurrection est en train d’être établie.

a battle for the animals that are scorned. no longer can we let this conquered flesh be torn. to inflict this pain. you have no right.
une bataille pour les animaux qui sont méprisés. nous ne pouvons plus laisser cette chair conquise être déchirée. infliger cette douleur. vous n’avez aucun droit.

in defense of the sentiment. it’s a war that we will fight. we will win this war.
en défense du sentiment. c’est une guerre que nous ferons. nous gagnerons cette guerre.

« Vegan routes » à Paris

C’est une initiative bobo de plus, une sorte d’amusement avec une dimension morale: un bus anglais faisant office de restaurant. Dénommé « Vegan routes » , il est à Paris cette semaine, sous l’ultra-chic pont Alexandre III, à l’occasion d’une foire d’art contemporain

Voici le commentaire de l’organe bobo local, A nous Paris.

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Tout cela peut être très sympathique et très amusant. Mais c’est du divertissement pour les « happy few », et aucunement une contradiction à un véganisme populaire…

La prostitution des mineurs, notamment dans les collèges

Le troisième « x » de la culture straight edge, qui concerne la sexualité, n’a pas moins d’importance. La logique de l’égoïsme et de la consommation assassine l’amour. Et la société découvre, toujours plus traumatisée, l’ampleur des dégâts.

Ainsi, la brigade des mineurs utilise désormais un nouveau concept, appelé « miol » et désignant un « viol difficile à caractériser entre des enfants jeunes qui n’ont pas conscience de leurs actes ».

L’association Agir contre la prostitution des enfants lance en ce moment une campagne au sujet de la prostitution des mineurs, notamment dans les écoles. Un site est dédié aux enseignants à ce sujet.

Voici un article du Figaro qui présente cette terrible situation et qui rappelle la responsabilité de chacun: il faut savoir dire « non », il faut aider les gens à oser dire « non »!

Car les « adultes » ont capitulé: ils sont dépassés, ils ne comprennent plus rien, ils confient des smartphones ayant une importante valeur marchande sans que les jeunes en comprennent la valeur, et sans avoir la maturité pour s’en servir non plus…

«Un baiser contre un DVD, un attouchement des seins contre un vêtement, une fellation contre un cadeau… La prostitution, ça commence quand?» L’association Agir contre la prostitution des enfants (ACPE) s’apprête à lancer le premier outil pédagogique pour aider les enseignants à aborder ce sujet délicat avec les jeunes.

«Notre propos n’est pas de faire peur aux familles! assure Armelle Le Bigot Macaux, sa présidente. Mais il faut ouvrir les yeux: la banalisation de la sexualité, la facilité d’accès au porno, la réduction du corps humain à un objet, ce sont, pour nos adolescents, des facteurs de risque de basculement dans la prostitution. En tout cas, ces pratiques vont polluer leurs relations psychoaffectives.»

Selon l’ACPE, entre 5000 et 8000 mineurs se prostitueraient en France. Une prostitution, qui, note Armelle Le Bigot Macaux, peut débuter «comme un jeu, avec une fellation dans les toilettes». Vianney Dyevre, responsable de la brigade de protection des mineurs de Paris, invité jeudi dernier au colloque de l’association, estime qu’«il y a un chiffre noir très important de choses qu’on ne sait pas».

D’après un sondage OpinionWay pour l’ACPE, 25 % des adultes ont déjà entendu parler de prostitution dans les toilettes des établissements scolaires. Un tiers des enfants ont connaissance «de cas d’enfants qui auraient fait des choses anormales avec leur corps contre des cadeaux».

«Et que fait-on? Rien!» s’insurge la présidente de l’association. Quand on leur demande «qui devrait informer les enfants sur ce danger de la prostitution en priorité?» les sondés répondent à 66 % les parents et à 48 % les enseignants. «Le problème, c’est que les parents ne savent pas comment faire, indique Armelle Le Bigot Macaux.

Les enseignants, eux, ont l’éducation à la sexualité au programme. Avec notre kit pédagogique, nous leur donnons une sorte de mode d’emploi, de la maternelle au collège, pour aborder les abus et les violences sexuelles. D’après les retours de nos tests, notre kit passe très bien en maternelle, où l’on discute autour du thème “mon corps m’appartient” et est également très apprécié au collège, où l’on est plus explicite, avec des livres et des vidéos pédagogiques.» Interrogé vendredi dernier sur le sujet, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, «sait que ce phénomène existe. Il n’est pas tabou».

Selon une étude de l’Association française de promotion de la santé dans l’environnement scolaire et universitaire, un tiers des visiteurs de sites pornographiques sont des ados, dont 75 % ont moins de 12 ans.«Les enfants en danger sont les 12-15 ans, explique le Dr Gisèle George, pédopsychiatre. C’était l’âge des premiers baisers, c’est devenu celui des premières fellations. Les jeunes pensent que cette pratique est un signe d’amour.

Ils s’envoient des “sextos”, des images de leur corps nu. Les filles trouvent normal de faire des fellations dans les toilettes ou d’être “prêtée” à des copains.» Pas si simple quand «les copines l’ont fait», de savoir dire non.

«Elles le font pour ne pas être au ban du groupe, poursuit le Dr George. C’est une période de changement pubertaire où les enfants ont une perte d’estime d’eux-mêmes et horreur de leur corps. Ils n’ont donc de cesse que de l’agresser. Et pourquoi pas rentabiliser cela en demandant 30 euros? C’est ainsi que l’engrenage de la prostitution se met en place.»

La philosophe Inès Pelissié du Rausas vient de publier S’il te plaît, maman, parle-moi de l’amour*. «On lutte contre la malbouffe alimentaire. Et la malbouffe sexuelle? interroge-t-elle. Le sexe est devenu le “junk sex”, un produit de consommation rapide. Aussi la fille hypersexualisée devient-elle un produit de consommation, jetable après usage. C’est l’image qu’elle intériorise, surtout par le biais des clips vidéo. Est symptomatique le fait que le mot “bitch” (salope) puisse être perçu comme un compliment par des jeunes filles.»

Auteur de Enfants perdus, Claire Berest raconte l’un des dossiers dont elle a eu connaissance lors de son enquête à la brigade de protection des mineurs: «Des gamins de 12 ans des beaux quartiers qui jouent à “Action ou Vérité”, rapporte-t-elle. Les filles ont accepté des fellations et des sodomies. Elles étaient consentantes, mais ont porté plainte car elles avaient été filmées.»

Le pire, renchérit Armelle Le Bigot Macaux, «c’est la phrase qu’on entend tout le temps: “c’est pas grave de faire ça!”… Il y a même des filles qui préc isent que “les vrais bisous, on les garde pour les copains”». Lorsque le jeune se rend compte de la gravité de ses actes, poursuit le Dr George, «les conséquences sont la honte, le repli sur soi, et parfois les actes auto-agressifs, comme les scarifications ou les tentatives de suicide…».

Comment prévenir ce danger? «Il faut que les parents aussi osent parler de sexualité, insiste le Dr George. Pas en copain-copain, mais en étant dans la transmission. Aborder la sensualité, pas la mécanique. En somme, montrer à cet enfant qui devient autonome le Code de la route de la vie. Car chacun sait que lorsqu’on voit un feu rouge et qu’on est tout seul, on est tenté de le brûler…»

« Donnez-m’en un litre. Ce s’ra combien ? »

Pour revenir sur la question de l’alcool dans l’armée française pendant la guerre de 14-18, voici un extrait de « Le Feu, journal d’une escouade », où l’auteur, Henri Barbusse, a un regard très critique sur l’alcool, même s’il présente en fait des scènes de la vie quotidienne en mode photographique.

On voit ici comment des soldats tentent de se procurer de l’alcool, cette « quête » devenant d’une importance capitale pour s’occuper, pour passer le temps, pour se procurer un « réconfortant » qui, même si illusoire, détourne justement l’attention.

« — On boirait bien un p’tit coup, fit Lamuse. Vous vendez du vin ?
— Non, dit la bonne femme.

Elle ajouta avec un tremblotement de colère :

— Vous comprenez, l’autorité militaire force ceux qui tiennent du vin à le vendre quinze sous. Quinze sous ! Quelle misère que c’te maudite guerre ! On y perd, à quinze sous, monsieur. Alors, j’n’en vends pas d’vin. J’ai bien du vin pour nous. J’dis pas que quéqu’fois, pour obliger, j’en cède pas à des gens qu’on connaît, des gens qui comprennent les choses, mais vous pensez bien, messieurs, pas pour quinze sous.
Lamuse fait partie de ces gens qui comprennent les choses. Il empoigne son bidon qui pend par habitude à son flanc.
— Donnez-m’en un litre. Ce s’ra combien ?
— Ce s’ra vingt-deux sous, l’prix qu’i’ m’coûte. Mais vous savez, c’est pour vous obliger parce que vous êtes des militaires.

Barque, à bout de patience, grommelle quelque chose à l’écart. La femme lui jette de côté un regard hargneux et elle fait le geste de rendre le bidon à Lamuse.
Mais Lamuse, lancé dans l’espoir de boire enfin du vin, et dont la joue rougit, comme si le liquide y déteignait déjà doucement, s’empresse d’intervenir :

— N’ayez pas peur, c’est entre nous, la mère, on vous trahira pas.
Elle déblatère, immobile et aigre, contre le tarifage du vin. Et, vaincu par la concupiscence, Lamuse pousse l’abaissement et la capitulation de conscience jusqu’à lui dire :
— Que voulez-vous, madame, c’est militaire ! Faut pas essayer de comprendre.
Elle nous conduit dans le cellier. Trois gros tonneaux remplissent ce réduit de leurs rotondités imposantes.
— C’est là vot’ petite provision personnelle ?
— Elle sait y faire, la vieille, ronchonne Barque.

La mégère se retourne, agressive.
— Vous ne voudrez pas qu’on se ruine à cette misère de guerre ! C’est assez de tout l’argent qu’on perd à ci et à ça.
— À quoi ? insiste Barque.
— On voit que vous n’risquez pas vot’ argent, vous.
— Non, nous ne risquons que not’ peau.
On s’interpose, inquiets du tour dangereux pour nos intérêts immédiats que prend ce colloque. Cependant la porte du cellier est secouée et une voix d’homme la traverse :
— Eh, Palmyre ! clame la voix.

La bonne femme s’en va clopin-clopant, en laissant prudemment la porte ouverte.
— Y a du bon ! C’est j’té ! nous fait Lamuse.
— Quels salauds que ces gens-là ! murmure Barque, qui ne digérait pas cette réception.
— C’est t’honteux et dégueulasse, dit Marthereau.
— On dirait qu’tu vois ça pour la première fois !
— Et toi, Dumoulard, gourmande Barque, qui y dit d’un p’tit air pour sa volerie d’vin : « Que voulez-vous, c’est militaire ! » Ben, mon vieux, t’as pas les foies !
— Quoi faire d’autre, quoi dire ? Alors, il aurait fallu nous mettre la ceinture, pour la table et pour l’aramon ? Elle nous ferait payer son vin quarante sous qu’on y prendrait tout de même, n’est-ce pas ? Alors, faut s’estimer bien heureux. J’avoue, je n’étais pas rassuré, et j’drelinguais qu’a veule pas.
— J’sais bien que c’est partout et toujours la même histoire, mais c’est égal…
— I’s’ démerde l’habitant, ah ! oui ! I’ faut bien qu’i’ y en ait qui fassent fortune. Tout le monde ne peut pas s’faîre tuer.
— Ah ! les braves populations de l’Est !
— Ben, et les braves populations du Nord !
— … Qui nous accueillent les bras ouverts !…
— La main ouverte, oui…
— J’te dis, répète Marthereau, que c’est un’ honte et une dégueulasserie.
— La ferme ! Rev’là c’te vache. »

« Déclaration de guerre »

Aujourd’hui, on sait à quel point la planète est attaquée. C’est une évidence, personne ne peut le nier. On ne peut qu’être frappé par conséquence de la justesse de la radicalité des gens qui, au début des années 1990, ont affirmé qu’il fallait assumer la bataille pour la planète.

Leur démarche était visionnaire, tout simplement. Bien entendu, il y avait une certaine naïveté, inévitablement quand des jeunes de 15-20 ans découvrent un nouvel horizon. Il n’en est pas moins vrai que leur démarche était authentique.

Voici un exemple avec le texte de la chanson « Declaration » de « Green Rage » (Rage verte), un groupe de musique américain parallèle aux « classiques » que furent Earth Crisis et Vegan Reich.

Ce texte date de 1993 et c’est justement marquant : plus de vingt ans après, il est d’autant plus évident que les enjeux réels étaient vus, qu’il avait été compris que tout devait changer, totalement, et qu’il fallait le dire, l’affirmer…

Notre mère la Terre a besoin de notre abnégation, pour la confrontation!

Here it is. our confrontation. to eradicate the evil.
Voilà. notre confrontation. pour éradiquer le mal.

a declaration. animals claimed to vivisection everyday. used and abused then euthanized. the earth stripped clean for its prized possesions.
une déclaration. des animaux exigés chaque jour par la vivisection. utilisés et maltraités puis euthanasiés. la terre dépouillée jusqu’au bout de ses possessions prisées.

for a brutal society filled with greed and deception.
pour une société brutale remplie de cupidité et de déception.

by any means necessary. we will attack. we will fight for them because they cant fight back. these are the truths that we hold dear.
par tous les moyens nécessaires. nous allons attaquer. nous allons nous battre pour eux, car ils ne peuvent pas répondre. ce sont les vérités qui nous sont chères.

lives may bew lost if you interfere. your change is crucial for our salvation. our future depends on your edification. join the side of justice. and you will be spared.
des vies peuvent êtres perdues si vous interférez. votre changement est crucial pour notre salut. notre avenir dépend de votre édification. rejoignez le camp de la justice. et vous serez épargnés.

to the demons of society. you will no longer be compared. declaration of war. injustice fuels the hate. your evil makes you weak. your evil is my strength.
aux démons de la société. vous ne pourrez plus comparer [au procès]. déclaration de guerre. l’injustice alimente la haine. votre mal vous rend faible. votre mal est ma force.

by devouring the death of the innocent to slavery you consent. straying from the natural law. you have no choice but to repent. all the sins that are destroying the earth and sentencing its creatures to die.
en dévorant la mort de l’innocent vous consentez à l’esclavage. vous écartant de la loi naturelle. vous n’avez pas d’autre choix que de vous repentir. De tous les péchés qui détruisent la terre et condamnent ses créatures à mourir.

for the senseless sadistic diet on which you rely. restricted by the ignorance of those all around. who encase their minds in toxins and drag us all to the ground. dealing out their poisons. making us blind to see.
du régime absurde et sadique sur lesquels vous vous fondez. limités par l’ignorance de tous ceux qui vous entourent. qui enferment les esprits dans les toxines et nous amènent tous à nous effondrer. vendant leurs poisons. nous rendant incapable de voir.

we are fighting as one team. a militant unity. this is my decree to make it well aware. against the worlds evil. it’s war that I declare
nous nous battons comme une seule équipe. une unité militante. c’est mon décret pour le rendre bien conscient. contre le mal du monde. c’est la guerre que je déclare.

On notera que par la suite, le groupe xDestroy Babylonx a repris cette chanson, en partie (à partir de 19:48 dans la vidéo).

L’alcool dans l’armée française en 1914-1918

La guerre de 1914-1918 aurait-elle pu se produire sans l’alcool? Évidemment. Toutefois il est évident que la mobilisation d’hommes s’imaginant triompher rapidement, parce que ce sont « des hommes des vrais », ne pouvait qu’aller de pair avec l’alcool.

On imagine facilement ensuite comment, avec les horreurs de la guerre, la monotonie sanglante des tranchées, le froid, la mélancolie… l’alcool pouvait être un refuge. Après l’alcool de la « victoire facile » cet alcool de l’horreur allait forcément de pair avec des débordements peu appréciés par les généraux… qui pour autant avaient absolument besoin de l’alcool pour contrôler les troupes partant à l’assaut…

Voici un aperçu détaillé fourni par Stéphane Le Bras (Historien ITEM/Université de Pau et des Pays de l’Adour) dans un article paru dans Le Monde et intitulé « Boire et déboires pendant la Grande Guerre ».

En route pour Narbonne avant de rejoindre le front, le tonnelier audois Louis Barthas raconte son passage par la gare de Perpignan en octobre 1914. Il s’y dit surpris par la ferveur de la foule, mais ce qui retient plus particulièrement son attention est une pancarte sur laquelle est inscrit « Ici on donne du vin à l’œil ». La générosité des vignerons locaux, à l’initiative ici, n’est pas exceptionnelle, et nombre de témoignages évoquent de larges quantités de vin gratuit, offertes pour les soldats se rendant au front. Elle n’est pas anecdotique non plus, car elle symbolise, dès le début de la guerre, le lien consubstantiel qui se forme entre la boisson nationale et les soldats partant défendre la patrie.

Avec les premiers mois du conflit, le vin – popularisé en « pinard » dans l’argot des tranchées – devient un marqueur du quotidien et de l’univers des poilus. Fourni en masse dès l’automne 1914, il participe, avec la « gniole » (l’eau-de-vie), à la constitution et au renforcement des logiques de sociabilité et de solidarité au sein des troupes françaises. A l’inverse, la consommation excessive est souvent synonyme de dérives et de comportements fragilisant l’ordre militaire, impliquant la réaction, parfois contradictoire et ambiguë, des autorités militaires face à ces pratiques.

Le quotidien des poilus est incontestablement construit entre 1914 et 1918 sur des valeurs et des pratiques communes, constitutives d’une identité largement diffusée au sein de l’armée française autour du partage, de la solidarité, de la fraternisation. Si cette identité, articulée autour de la notion d’esprit de corps, est en partie instrumentalisée par le discours officiel, il n’en reste pas moins qu’elle s’inscrit dans des pratiques attestées au front ou à l’arrière. Celles-ci conditionnent, structurent et codifient l’adhésion au groupe à partir d’un certain nombre d’activités collectives dont la consommation d’alcool (vin ou spiritueux) fait manifestement partie. Et, en l’espèce, les occasions de boire ne manquent pas.

Tout d’abord, le vin agrémente la ration régulière et quotidienne de l’ensemble des soldats mobilisés dans la zone des armées depuis une décision du ministre de la guerre, Alexandre Millerand, en octobre 1914, complétant une instruction du service des militaires d’avril de la même année. En vertu de ces dispositions, chaque soldat reçoit une ration gratuite de 25 centilitres à laquelle est adjointe une ration payée sur les fonds des compagnies, de 25 centilitres également. En 1916, la ration gratuite passe à 50 centilitres et en 1918, la ration statutaire (comprenant la ration gratuite, celle payée par la compagnie et une dernière ration, remboursable à prix modique) atteint 1 litre.

Près de 3 millions de soldats reçoivent alors quotidiennement entre 50 centilitres et 1 litre par jour, selon les possibilités du ravitaillement, auxquels s’ajoutent 6,25 centilitres d’eau-de-vie, également distribuée quotidiennement. Cet ordinaire est amélioré par des rations exceptionnelles, fournies par le commandement dans certains cas très précis : montée en première ligne ; travaux pénibles ; célébration ; fête nationale par exemple.

Surtout, les soldats peuvent s’approvisionner, sur leurs fonds propres, auprès des débits de boissons qui se multiplient dans la zone des armées et qui, parfois, y pullulent. Un rapport émanant de la seconde division de l’armée britannique indique ainsi en 1915 que, dans certains villages du Nord-Pas-de-Calais, près d’une maison sur cinq a été transformée en estaminet. Enfin, les soldats peuvent aussi se fournir auprès des structures mises en œuvre par l’armée française au front : camions-bazars à partir de 1915, puis coopératives militaires, dont la généralisation est mise en œuvre par l’état-major à partir de l’automne 1916.

Si les sources d’approvisionnement sont multiples, les occasions de boire sont également nombreuses, bien que procédant de motivations et de mécanismes fort différents. Ici encore, les témoignages regorgent de références aux libations dans lesquelles se lancent les soldats. Dans Le Feu, d’Henri Barbusse (1916) ou Les Croix de bois, de Roland Dorgelès (1919) par exemple, les épisodes relatant des situations impliquant le vin, l’alcool ou l’ivresse se comptent par dizaines.

On boit entre amis pour fêter la promotion d’un camarade, le retour de permission ou une bonne nouvelle en provenance de l’arrière ou du front. On boit aussi le soir, devant une partie de cartes ou de quilles. Il s’agit là de pratiques rituelles et intégratrices, importées de l’arrière où l’alcool est un lien social fort lors des moments de convivialité et de festivités.

Mais on boit aussi avant d’aller en première ligne et, surtout, quand on en redescend, grâce au pécule amassé pendant ces quelques jours. Dans ce cas, l’alcoolisation est un « bouclier artificiel » (Frédéric Rousseau), permettant de supporter la pression des combats, la douleur des pertes, le temps qui s’étire dans le chagrin et l’ennui.

Cette dimension « cathartique » (Emmanuel Saint-Fuscien) permet de décompresser et de dépasser l’environnement pesant du stationnement dans les cantonnements ou l’anxiété du départ, comme en témoigne un sergent drômois, Maurice Berruyer, en mai 1915 : « Quelques autres hommes se trouvaient aussi dans le même état, histoire sans doute de se donner du courage et de chasser l’ennui qu’ils éprouvaient à partir. » Inévitablement, ces consommations massives sont facteur de dérives.

Si l’alcoolisation entre frères d’armes participe à la construction d’une solidarité festive produisant – de pair avec la solidarité sous le feu – une identité commune, elle est également un élément déstabilisateur et disruptif, favorisant les mauvaises conduites et la dislocation de l’esprit de corps.

Dès la mobilisation, des épisodes d’ivresse collective sont relevés à certains endroits, notamment dans les gares où les appelés, nous l’avons vu, reçoivent de la population des quantités plus ou moins importantes de vin. Dans ses Mémoires, Ephraïm Grenadou rapporte le cas de ces soldats qui boivent plus que de raison, chantent ou se battent dans les trains. En conséquence, de nombreux témoignages s’émeuvent dès 1914 de l’état d’ébriété de soldats, dans les garnisons à l’arrière, mais surtout dans la zone des armées.

Les archives militaires abondent dans ce sens et mettent en exergue les dérives dues à des consommations parfois massives. Si les minutiers ou les registres de jugements ne permettent de saisir qu’une part infime des conséquences de la consommation d’alcool dans les cas jugés par les conseils de guerre, l’étude approfondie des dossiers permet, au contraire, de mieux appréhender la réalité d’une implication massive (jusqu’à 50 % dans certaines juridictions militaires).

Si, au front, les cas de vols à des particuliers dans des maisons sont récurrents, ce sont surtout les actes d’incivilités, d’outrages envers un supérieur ou les bagarres qui peuplent les rapports de la justice militaire entre 1914 et 1918. Les camarades, le caporal ou le sergent, l’état-major au-delà, sont les principales cibles des soldats ivres qui n’hésitent pas à insulter ou à se battre, tel ce soldat du 91e RI condamné à trois mois de prison en 1916 pour avoir frappé ses camarades et menacé un sergent de son régiment après que ces derniers voulurent l’empêcher d’uriner dans le local occupé par la troupe. Parfois, ce sont les civils qui sont la cible de soldats ivres, seuls ou en groupe, comme ces trois soldats saouls qui, à Lunel en 1914, défoncent la porte d’un café qui venait de fermer et agressent le patron qui refusait de les servir.

Si la justice militaire est plutôt clémente envers l’« ivresse publique et manifeste » (généralement condamnée de quelques semaines de prison seulement), ces conduites sont cependant plus inquiétantes et sévèrement réprimées lorsqu’elles s’accompagnent de violences, verbales ou physiques. Tout d’abord car elles rompent l’idéal d’esprit de corps et de camaraderie, facteur fondamental de cohésion dans la quête d’une issue victorieuse à la guerre. Ensuite car elles donnent une image dégradée de l’armée, notamment auprès des populations civiles qui sont confrontées aux bagarres ou aux insultes dans la zone des armées ou dans les villes de garnison.

Enfin car ces dérives sont des facteurs de remise en question et de fragilisation de l’ordre militaire, notamment lors des cas d’insubordination individuelle, mais aussi lors des mutineries collectives où l’alcool joue le rôle de « facilitateur de libération de la parole » (André Loez). A cet égard, dans une dynamique collective nationale mue par l’Union sacrée dès les premières semaines de guerre, ces comportements sont, dans l’espace public et l’espace combattant, des menaces à la cohésion nécessaire à la victoire, sans compter les risques qu’elles font parfois peser sur toute une unité, à proximité des lignes ennemies.

Pour remédier à ces situations fâcheuses tant sur plan de la discipline militaire que dans une dimension de contrôle de son image, l’armée encadre sévèrement la consommation des boissons alcoolisées. Si l’absinthe est interdite à la vente dès août 1914, ce sont les apéritifs et les spiritueux qui sont ensuite bannis des estaminets et autres cafés en 1915, tandis que la consommation de vin est réglementée à partir de 1916.

Dans la zone des armées, les débits de boissons pourront être fermés si des excès y sont constatés et, surtout, les horaires de consommation de vin y sont très strictement réglementés (11 heures-13 heures ; 17 heures-20 heures), tout comme la limite en termes de quantité pouvant y être achetée par soldat. Enfin, à partir de 1917, les négociants en vins à proximité des cantonnements sont surveillés, leurs surstocks confisqués, et des dispositifs de prévention sont mis en œuvre pour lutter contre l’alcoolisme dans les troupes.

Les résultats de ces tentatives de contrôle de la consommation sont inégaux, en partie car les soldats trouvent de nombreux moyens de les contourner et car l’interdiction absolue de circulation des alcools forts et apéritifs a vraisemblablement renforcé un alcoolisme vinique déjà omniprésent et ultra-majoritaire dans les sources. Paradoxalement surtout, ces mesures sont prises dans un contexte d’augmentation des rations journalières, signe tangible que les autorités militaires sont contraintes d’accepter un compromis entre des mesures prophylactiques générales et des applications sur le terrain plus circonstanciées, nuancées et pragmatiques.

Le « jus de viande » « viandox »

Lorsque la viande est devenue une production industrielle, au fur et à mesure du 19ème siècle, il est apparu des entreprises proposant des « extraits » de viande. L’une d’elle, très connue, est la « Liebig’s Extract of Meat Company », fondée en 1865 en Angleterre.

Le Liebig en question est Justus Liebig, un chimiste allemand qui participe de plain-pied à l’agriculture nouvelle qui s’élance. Voici quelques publicités typiques du genre pour les « extraits de viande »…



Ces images sont frappantes d’irrationnel… Et c’est tout un arrière-plan.

Prenons par exemple le « bovril ». C’est un « extrait de boeuf » produit par Unilever, et l’origine du nom est tout un symbole. Si « bov » fait penser au bœuf, le terme « vril » fait référence à un roman de science-fiction où une race humanoïde supérieure utilise une énergie magique, appelé justement « vril ».

Le succès du roman d’Edward Bulwer-Lytton, « Vril, le pouvoir de la race à venir », fut énorme dans les milieux mystiques d’extrême-droite, et ceux jusqu’à aujourd’hui… On est dans la logique de la « viande » comme moyen de se dépasser physiquement…

On notera qu’Unilever possède, en plus de Bovril, également la « Marmite » (prononcer « marmaïte »), cette pâte à tartiner végétalienne très connue en Angleterre, et par ailleurs également inventée par Liebig, à partir de levures de bière.

Et Unilever possède aussi, par l’intermédiaire de Knorr, le fameux « Viandox ».

Il s’agit d’une sauce salée avec notamment des exhausteurs de goût (glutamate monosodique etc.) et justement de « l’extrait de viande ».

Voici les conseils « officiels » d’utilisation :

« Pour la cuisson des pâtes, du riz, des pommes de terre et des légumes : versez 2 cuillères à soupe d’assaisonnement Viandox dans l’eau de cuisson.
Pour vos soupes et vos plats de viande ou poisson, versez quelques gouttes d’assaisonnement Viandox pendant la cuisson ou directement dans l’assiette.
Pour une boisson chaude réconfortante : versez 2 cuillères à café d’assaisonnement Viandox dans 20 cl d’eau bouillante. »

Car le viandox, c’est un ancien « classique » du bistro, au point d’avoir été immortalisé dans une chanson de Renaud décrivant cette ambiance « blouson de cuir » :

« Un p’tit Rocky barjo
Le genre qui s’est gouré d’trottoir
Est v’nu jouer les Marlon Brando
Dans mon saloon
J’ai dit à Bob qu’avait fait tilt
Arrête j’ai peur c’est un blouson noir
J’veux pas d’histoires
Avec ce clown

Derrière ses pauv’ Raybane
J’vois pas ses yeux
Et ça m’énerve
Si ça s’trouve i’m regarde
Faut qu’il arrête sinon j’le crève
Non mais qu’est ce que c’est qu’ce mec
Qui vient user mon comptoir
L’a qu’à r’tourner chez les Grecs
Se faire voir

Avant qu’il ait bu son viandox
J’l’ai chopé contre l’juke-box
Et j’lui ai dit
Toi tu m’fous les glandes
Pis t’as rien à foutre dans mon monde
Arrache toi d’là t’es pas d’ma bande
Casse toi tu pues
Et marche à l’ombre »

Voici des images typiques de l’esprit « viandox », encore une fois assez terrible…






Tout cela relève de la logique du « pour avoir du muscle il faut manger du muscle » propre à l’idéologie de la viande. Et on peut être bien heureux que le viandox se soit totalement ringardisé, et même c’est un bon exemple à utiliser pour se moquer de tout cela !

Le 25 octobre, débarrassons-nous des barrages!

Le samedi 25, c’est bientôt! Toute les infos sont sur le site Tant qu’il y aura des bouilles!

Voici un nouvel appel pour cette initiative. Il est intéressant de voir le double aspect du contenu de cet appel: d’un côté radical, concret, emballé, franc, net. Oui il est juste de dire que « nous n’avons pas la même perception de la vie » que les dominants!

De l’autre, par contre, toujours pas de définition du contenu, avec au « Force doit rester à la loi », il est proposé un
« Force doit rester à la foi ». Et là il y a une pente irrationnelle qui a précisément coulé la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, avec son esprit post-hippie décadent adepte de la petite propriété privée indépendante frisant ouvertement le pétainisme et son « la terre, elle, ne ment pas ».

Appel 25 octobre par collectif pour un grand débara(pas sage).

Le 25 octobre, débarrassons-nous des barrages!

Depuis quelques semaines, nous entendons régulièrement parler d’une petite vallée du Tarn, qui serait le théâtre, d’une scène vraisemblablement très peu ordinaire.

Les caméras et les appareils photos peuvent vous tromper, mais il n’y a pas de figurant, les décors ne sont pas démontables à souhait et l’issue de cette histoire n’est pas prédéterminée.

« Force doit rester à la loi », écrivait monsieur Thierry Carcennac, président du conseil général du Tarn, et effectivement nous avons vu la loi passer en force.

L’humiliation, la torture et l’intimidation, sont des gestes qui sont ici devenus un outil entre les mains des forces de l’ordre.
Nous n’avons définitivement pas la même sensibilité que ces « gardiens de la paix », en treillis, qui ont délibérément lancé une grenade offensive dans une caravane occupée.

Ils ont beau nous appeler casseurs, éco terroristes ou anarcho-truc, la mutilation gratuite de gens désarmés et le tabassage en règles à cinq contre un, ne feront jamais partie de nos pratiques. Si les flics n’ont pas le monopole de la violence ils ont celui des certitudes, à savoir que de toute manière ils seront couverts pour leurs gestes, que le droit fonctionne pour eux et qu’ils auront toujours un lit pour dormir le soir venu… nous devons pouvoir les faire douter.

Il n’y a pas de degrés de détermination, qui va du non violent au groupe armé, mais des situations et des réponses spontanées. Attention au chien qui n’a jamais mordu…

La vengeance, est un plat qui se mange d’une infinité de façons différentes, le 25 octobre il ne sera pas question d’indignation, mais bien pour tout un chacun l’occasion de retrouver sa dignité.

Au fond, cette histoire de barrage, qui n’est qu’une petite retenue d’eau d’à peine 40 hectares, démontre bien que ce n’est pas qu’une affaire de grands projets inutiles, mais que c’est, et que cela sera toujours, un problème de fond: nous n’avons pas la même perception de la vie.

Les forteresses qu’ils imposent dans nos vallées, dans nos villages et dans nos villes ne sont pas insurmontables, les vrais barrages sont dans les têtes.

Quand l’Etat reste dans l’imaginaire du soldat romain harnaché et casqué dans son camp fortifié, notre réponse n’est pas celle de la horde barbare, ils ne sont pas les seuls à s’organiser et notre imagination est insondable.

Le 25 octobre et les jours qui suivront, seront un de ces assauts où nous submergerons leurs barrières, leurs barrages et tous leurs camps retranchés.

Venez seuls ou accompagnés, organisés ou de façon spontanée, avec des catapultes, des chamalows, ou sans rien, à l’avance ou en retard, avec vos idées, avec obélix, avec vos envies, vos rancoeur, votre joie de vivre, et votre façon de faire.

La diversité de nos pratiques est notre plus grande force, la surprise est notre meilleure tactique, nous ne savons pas où nous allons, le champs des possibles est ouvert et c’est peut être la plus jolie chose dans cette histoire.

Force doit rester à la foi.

collectif pour un grand débara(pas sage).

Des tablettes de chocolat au sang

De tout temps, le sang et la viande ont été considérés comme des matières premières pour le traitement d’affections multiples.

La Bible dit « le Sang est la vie ». Maurice Bouvet, dans « Histoire de la pharmacie en France » montre le rôle fondamental qu’ont joué les médicaments d’origine animale ou humaine en médecine, avec un engouement particulier au début du XVIIe siècle : le sang humain, la momie, le sang de bouc, le sang de lièvre, font partie des produits énumérés par Jean de Renou.

L’intérêt pour ces produits s’atténue au XVIIIe siècle et le nombre des produits cités dans les formulaires et les pharmacopées, nous dit Maurice Bouvet, s’amenuise peu à peu. En réalité, certains produits issus du sang ou de la viande vont rester très populaire, ou le redevenir à la fin du XIXe siècle et au début du XXe.

C’est ainsi que les publicités pharmaceutiques vantent en 1905 les mérites de la « poudre de viande crue de Catillon », de « l’hémoglobine Deschiens », de « la poudre de bifteck Adrian » ou encore de « la poudre de viande de Trouette-Perret ».

En 1986, il existait encore, dans le Vidal, 228 spécialités d’origine bovine dont 128 ont disparu du Vidal 1996. Pratiquement toutes ont disparu aujourd’hui. (…)

Les spécialités pharmaceutiques à base de sang et de viande à la fin du XIXe siècle et au XXe siècle

Le boeuf (Bos taurus) fait partie très tôt des produits pharmaceutiques : chair, os, moelle et bile (ou fiel) figurent au Codex de 1837.

La fin du XIXe siècle voit s’affronter, dans une concurrence parfois ouverte et agressive, différentes formes de médication issues de la viande ou du sang ; ce sont trois formes surtout qui retiennent l’attention (et qui vont persister au-delà de 1945) : les sucs et jus de viande, voire les extraits ; les peptones, qui résultent de l’action de la pepsine sur la viande ; l’hémoglobine et diverses compositions associées. (…)

En 1875, Duroy propose à son tour une spécialité à base « d’extrait minéral et organique de sang de boeuf » sous forme de pilules. Ce nouveau médicament remplace, selon lui, avec supériorité « les ferrugineux, les phosphates, le quinquina, la pepsine, l’huile de foie de morue, la viande crue, l’extrait de viande, etc. ».

Duroy développe toute une argumentation sur le boeuf, « le plus robuste et le plus sain » des animaux utilisés pour l’alimentation et dont le sang « est identique en tout point au sang humain ». (…)

La troisième approche pour utiliser le sang et ses dérivés va se concentrer autour de l’hémoglobine, découverte en 1864. Crinon développe une spécialité (cachets ou chocolats) dès 1876 à base d’hémoglobine, « qui remplace avantageusement les ferrugineux et la viande crue ».

Pour son auteur, c’est la préparation la plus ancienne de toutes celles qui sont présentées sous le nom d’hémoglobine et « elle a rencontré, depuis, de nombreux imitateurs ». Le produit est présenté sous forme de cachets et de tablettes de chocolat. Byla date également à 1876 l’utilisation de l’hémoglobine par Lebon qui présente à la Société de thérapeutique une préparation liquide contenant de l’hémoglobine en solution sucrée. (…)

Cette brève revue des médicaments à base de sang et de viande montre que le XIXe siècle et le début du XXe siècle ont été riches en utilisations médicales de ces matières premières d’origine animale. Le plasma musculaire sera à l’origine de la zomothérapie.

Les peptones et l’hémoglobine, découverte en 1864, seront également très utilisés. L’une des principales indications sera bien sûr l’anémie, mais aussi la tuberculose. Ce n’est qu’après la Deuxième Guerre mondiale que cet usage va peu à peu disparaître au profit des antibiotiques. La plupart des médicaments dérivés du sang aujourd’hui sont fabriqués à partir du sang ou de plasma humain. »

(Revue d’histoire de la pharmacie: Quand le sang et la viande étaient des médicaments)

Pour un véganisme clair comme du cristal, autant que possible!

Les Français tiennent à leur individualisme, ils le défendent coûte que coûte, et après ils s’étonnent d’être totalement dépassés par la réalité. Voici un exemple avec la dernière publication mise en avant par « infokiosques » : ni plus ni moins qu’un texte anti-végan de… 1993.

Il faut farfouiller les vieux tiroirs pour tenter d’empêcher ce qui semble chaque jour davantage inéluctable : l’émergence d’une morale stricte.

On peut lire ainsi ces lignes, d’un ultra-libéralisme digne de l’UMP, dans un article intitulé « Au sujet de la « pureté » publié dans une revue « antispéciste » :

« Je ne suis pas végétalienne strictement ; ce serait certainement mieux dans l’absolu que je change de marque de margarine pour en trouver une sans petit-lait (« lactosérum ») ; que je refuse systématiquement le chocolat au lait ; que je fasse plus d’efforts pour me passer des médicaments que je prends quand je suis malade et qui sont tous testés sur animaux (et contiennent de la gélatine et d’autres excipients animaux) ; que je revende mes pulls en laine ; etc.

Je n’ai pas les mains propres ; mais je pense aussi que tous les animaux qui meurent chaque jour dans les abattoirs se fichent bien de savoir si j’ai les mains propres. »

Voilà un refus « rationnel » de la morale qui est typique du libéralisme français. Ne pas en faire trop… Ne pas choquer… Ne pas être strict, dogmatique… Tout un discours relativiste littéralement insoutenable, visant à justifier toutes les trahisons.

La pratique est repoussée…. À plus tard, car on ne peut pas faire autrement. On lit ainsi également :

« Il n’existe pas de produits « sans cruauté ». Il existe seulement des produits avec plus ou moins de cruauté (et il n’y a pas que la cruauté envers les animaux, il y a aussi les produits provenant de l’exploitation d’humains). Je ne pense cependant pas non plus que notre but doit être de n’utiliser que des produits « avec le moins de cruauté possible ».

Si nous voulions être « le plus pur possible », nous n’utiliserions pas de photos, en raison de la gélatine dans les films. Nous ne pourrions faire des affiches, en raison des films d’imprimerie, et peut-être aussi de l’encre. Militer deviendrait beaucoup plus difficile. Même les timbres sont suspects (la colle au dos n’est-elle pas animale ?). Mais il faut ainsi arriver à faire des choix, en prenant aussi d’autres critères en compte, et ce n’est pas toujours facile. »

Tout cela est pathétique et reflète l’esprit de la capitulation et de la trahison. Et cela n’a rien de nouveau. Ce qui est intéressant par contre, c’est l’approche employée. Le texte prend comme prétexte, pour critiquer une morale stricte, le fait que des gens choisissent le « repli ».

Pour synthétiser, au lieu d’avoir une critique progressiste des gens se repliant sur « leur » véganisme, l’auteure en déduit qu’il faut lâcher du lest pour faire de la politique. C’est une critique en apparence constructive, et en réalité poussant à la capitulation.

Voici sa critique des gens se repliant sur eux-mêmes :

« Dans les magazines végétaliens anglais beaucoup d’encre a coulé autour de l’expression « sans cruauté » ; pour les puristes, « sans cruauté, c’est sans cruauté ». Par exemple, non seulement un vegan (végétalien) pour être authentique ne doit pas porter de laine, mais il ne doit pas manger non plus de corn-flakes de la marque Kellog’s parce qu’on y trouve, en additif, de la vitamine D produite à partir de lanoline (corps gras extrait de la laine). Certes, il n’y en a que 0,000 003 % ; « mais ce n’est pas le problème » ; car « soutenir une société qui comme Kellog’s insiste pour utiliser une source animale paraît une chose très étrange à faire pour un vegan » (lettre d’un lecteur à Vegan Views n°54, p. 11).

Ailleurs, nous avons lu qu’il fallait proscrire le sucre blanc, blanchi avec du charbon animal ; et le vin, qui contient du sang et des extraits de poisson. Dans un autre numéro de Vegan Views il est mentionné (avec ironie, tout de même !) que même les miroirs contiennent des sous-produits animaux et qu’un vrai vegan évite donc de laisser son image s’y refléter.

Les critères mis en avant frappent par leur formalisme. Le miel est proscrit parce que c’est un produit animal ; mais le sucre est accepté (en dehors du problème mentionné ci-dessus) malgré les insectes tués lors de la culture et de la récolte de la canne. On refusera tel dessert au soja coloré à la cochenille (extrait d’insectes broyés) ; mais on n’hésitera pas pour se procurer une autre marque plus vegan à faire des kilomètres supplémentaires en voiture.
Les insectes écrasés en chemin ne comptent pas, parce qu’on ne les ingère pas – on ne pollue pas son corps (son estomac, il suffit de recracher au cas où ce serait arrivé !).

On semble accorder plus d’importance aux microgrammes de vitamine à la lanoline dans les corn-flakes Kellog’s qu’aux tonnes de viande que mangent, comme tout le monde, les travailleurs de chez le même Kellog’s – pourtant, c’est aussi avec notre argent qu’ils les mangent. »

Cette problématique n’a rien de nouveau. Elle est déjà une question soulevée lors des débats religieux entre les jaïns et les bouddhistes. Voici ce qu’en dit Heinrich Zimmer dans le grand classique qu’est « Les philosophies de l’Inde » :

« Si, par exemple, un moine jaina avale un morceau de viande par inadvertance en mangeant la nourriture qu’il a recueillie dans son bol durant son tour d’aumônes quotidien (aux portes de toute ville, de tout village qu’il lui arrive de traverser dans le cours de son pèlerinage sans but ni foyer), le cristal de sa monade se souille automatiquement d’un influx sombre, conséquence mécanique de ce qu’il a goûté à la chair d’une bête tuée.
Partout où l’ascète jaina marche, il doit faire place nette devant ses pieds avec un petit balai en sorte que ses talons n’écrasent pas quelque minuscule être vivant.

Au contraire, le moine bouddhiste marche sans balai. On lui enseigne à être vigilant, non pas tant sur l’endroit où il met ses pieds que sur ses sentiments et ses intentions. Il doit être « pleinement conscient et plein de contrôle de soi-même », l’esprit en éveil, attentif, le sens de ses responsabilités constamment en alerte.

En ce qui concerne la viande, il n’est fautif que s’il la désire ou si l’animal a été tué exprès pour lui et qu’il le sache. Mais s’il lui arrive simplement d’en recevoir quelques bribes avec le riz qu’on lui offre, il peut les avaler avec le reste du plat sans être souillé ».

Ainsi, l’article « antispéciste » reproche aux puristes d’être des jaina et utilise la même argumentation que les bouddhistes. Mais on peut très bien – et on doit le faire par ailleurs – considérer que ces deux expressions morales d’il y a des centaines d’années sont dépassées.

On peut très bien voir que le bouddhisme aboutit ici au relativisme, et que, non, de la viande mangée par inadvertance n’est pas morale, même 1 % de produit animal c’est de la trahison !

Et on peut très bien argumenter contre le jainisme que le but n’est pas une pureté mystique mais bien une philosophie de la vie quotidienne éminemment concrète.

Il est tout à fait juste d’être strict dans le véganisme, c’est la base de toute morale que d’être complète. Mais c’est une perspective universelle et non pas « spirituelle » : cela touche la vie sur la planète, et donc cela va de pair avec l’engagement, pas avec le repli personnel sur la « pureté », même si celle-ci est nécessaire.

Quant aux esprits tièdes, eux esprits timorés, aux gens incapables d’assumer, qu’ils avancent! Mais qu’ils n’aillent pas tenter de corrompre, à coups de constructions intellectuelles justifiant le libéralisme!

L’abandon de l’écotaxe

L’abandon de l’écotaxe est la dernière preuve, s’il en fallait une, qu’en France l’écologie ne « passe » pas. Elle est organisée de manière administrative et forcément, dès que des efforts sont à faire, il n’y a plus personne. C’est non pas la faute aux « lobbys », mais simplement une réalité économique: quand le profit décide, forcément, l’écologie…

En l’occurrence ceci devait consister en une taxe pour les poids lourds. L’abandon de la taxe n’est pas le seul cadeau aux transporteurs, qui ont également obtenu d’être exonéré de la hausse de la taxe sur le gazole. Un autre gagnant est le « consortium Ecomouv' » qui devait gérer l’obtention de la taxe (avec les portiques, etc.), à qui l’Etat va devoir redonner entre 850 et 950 millions d’euros…

Pour tenter de ne pas perdre la face, la ministre de l’écologie Ségolène Royal a affirmé que les autoroutes seraient taxées. Depuis qu’elles ont été privatisées, elles sont en effet la source de bénéfices faramineux…

Seulement, ce ne sera pas possible. En effet, les cahiers des charges annexés aux contrats de concession disposent d’un article 32 où on peut lire:

« En cas de création d’impôts, de taxes ou de redevances spécifiques aux sociétés concessionnaires d’autoroute, susceptibles de compromettre gravement l’équilibre de la concession, l’État et la société concessionnaire arrêteront d’un commun accord (…) les compensations qui devront être envisagées. »

La conséquence d’une taxe sur les bénéfices des entreprises serait soit l’allongement du temps de la concession, ou bien une hausse des tarifs des péages… Ségolène Royal le sait, et en appelle à la philanthropie de ces entreprises:

« C’est la raison pour laquelle il faut les mettre autour de la table et leur dire : maintenant, il y a un intérêt national qui est en jeu. »

C’est ridicule. Quant à l’intérêt planétaire, il a été totalement oublié…

Europe Ecologie les Verts ne s’en préoccupe pas plus: pour eux, l’écotaxe devait être le symbole de l’écologie comme redistribuant les richesses afin de moderniser le pays. L’écotaxe devait financer le renouvellement des infrastructures. C’était un appel d’air pour un « capitalisme vert », qui ne peut être qu’un oxymore, car entre quelque chose qui ne vit que dans le court terme et l’individualisme, et quelque chose qui ne peut se concevoir que sur le long terme et du collectif, il y a un monde…

Voici quelle a été la position d’EELV:

Suspension de l’écotaxe : qui paiera les pots cassés ?

ELV dénonce la décision prise par la ministre de l’écologie Ségolène Royal de repousser une nouvelle fois la mise en application de l’écotaxe prévue pour le début de l’année 2015.

Cette décision est d’autant plus surprenante qu’une phase d’expérimentation était en cours depuis le 01 octobre, afin de prendre le temps d’évaluer l’impact d’une telle mesure. Cette précipitation, qui donne raison aux pressions et aux menaces des lobbies routiers contre l’intérêt général, est particulièrement choquante pour les écologistes.

Cet énième report en forme d’enterrement est un signal terrible au moment où la transition énergétique française est en passe d’être engagée, permettant à notre notre pays de se tourner vers les solutions d’avenir et un modèle de développement plus propre, plus sain et durable.

Ce dispositif, qui existe dans de nombreux autres pays en Europe (Allemagne, Autriche, République Tchèque, Slovaquie, Pologne…), a déjà démontré des succès probants, en privilégiant les circuits courts et une utilisation plus effective du transport routier. En Allemagne, où nos décideurs publics ont tendance à prendre exemple en matière économique, elle génère plus de 4 milliards d’euros.

De nombreuses mesures compensatoires avaient été prises à l’origine, dès 2009, pour favoriser le transport routier (diminution de la taxe à l’essieu, exonérations fiscales diverses, comme la TICPE1) en prévision de la mise en place de l’écotaxe.

Rien ne justifiait donc cette victoire des lobbies.

En France, ce dispositif, déjà fortement raboté au demeurant (4300km au lieu de 15000km prévu initialement, engendrant moitié moins de recettes) aurait permis de financer et de développer d’autres modes de transports, moins polluants, comme le frêt ferroviaire et fluvial. De nombreux projets sont désormais gravement menacés. S’ils parviennent à voir le jour, ce sera au prix d’efforts supplémentaires de la part des contribuables, qui paieront pour les pollueurs.

Cette décision pose la question de la réelle volonté de la France de se moderniser et de se tourner vers une voie écologique.

Les questions locales de pollutions sonores, de pollutions de l’air, de rénovation des routes, rencontrées par nos concitoyens, ou les questions internationales d’émissions de Gaz à effet de serre et de réchauffement climatique ne sont malheureusement pas, elles, reportées «sine die».

Qui paiera les pots cassés? EELV dit que c’est les ménages, et c’est vrai. Mais de notre point de vue, c’est surtout la planète!

La fin de SHAC

C’est une nouvelle qui date de la mi-août, mais il n’y aurait pas eu de sens d’en parler alors que beaucoup de monde ne l’aurait pas su. La fin de la campagne SHAC – on trouvera ici une présentation – est pourtant un événement de grande importance dans la lutte pour la libération animale.

Quel intérêt ainsi d’annoncer cela exactement au pire moment pour la diffusion des informations? Mais cela fait partie des contradictions des gens ayant lancé ce mouvement, qui ont fait des erreurs de très grande importance. Certaines actions illégales ont par exemple été inacceptables (s’attaquer à des tombes), d’autres n’avaient aucun sens mobilisateur (comme des rassemblements en pleine semaine en pleine journée dans une banlieue parisienne devant un siège social).

En réalité, SHAC a perdu. C’est une très lourde défaite, qui connaît un arrière-plan de grande importance: l’ELF a été battue, l’ALF se maintient mais a été clairement stratégiquement battue. Notons d’ailleurs que c’est dans ce contexte qu’a pu arriver quelque chose d’aussi ridicule que « ALF-le film », avec ses prétentions de « radicalité » dont le seul résultat a été que précisément depuis il n’y a plus eu d’actions de l’ALF en France…

Nous avons fait l’histoire … L’avenir nous appartient.

SHAC (Stop Huntingdon Animal Cruelty) a été la campagne à la base qui a été la plus grande et la plus efficace des droits des animaux que le monde ait jamais connu. Depuis que nous avons commencé, des milliers de personnes du monde entier ont assumé la lutte pour la fermeture du plus grand laboratoire de tests sur les animaux d’Europe : HLS (Huntingdon Life Science).

De nombreuses enquêtes d’infiltrations ont révélé les horreurs qui se déroulent dans ce laboratoire – des animaux empoisonnés, des primates vivisectionnés sans anesthésie, des chiots frappés au visage. HLS est devenu synonyme de cruauté et de meurtre.

Au cours de la dernière décennie, des personnes pleines de compassions et sans peur ont rejoint SHAC et ont consacré leur vie à sauver ces animaux. Nous avons tous joué notre rôle dans cette campagne révolutionnaire.

Grâce à la détermination, à la colère et à de nouvelles tactiques qui ont eu du succès à la base, nous avons décimé les finances de HLS, une entreprise multinationale massive. Avec intelligence et un travail difficile, nous avons avec efficacité trouvé les entreprises qui travaillaient avec HLS ou le finançaient, et nous en avons fait nos cibles. Le résultat fut des centaines d’entreprises arrêtant de travailler avec le laboratoire, y compris certaines des plus grandes et plus puissantes institutions financières mondiales.

HLS est devenu le laboratoire de vivisection contre lequel il y a eu le plus de protestations dans l’histoire. Des milliers d’actions ont été menées contre eux – en une seule année seulement, près de 800 manifestations ont eu lieu.

A côté des manifestations légales menées par les activistes de SHAC, il y a eu des actions continuelles et frappant de manière forte de la part de l’ALF contre les fournisseurs, les clients et les consultants financiers de HLS.

Les courageux combattants de la liberté ont pris le risque d’enfreindre la loi pour pratiquer des actions directes au nom des animaux. Pour prendre un exemple, 129 lapins ont été libérés du fournisseur de HLS Highgate Rabbit Farm.

A d’autres occasions, 14 chiens beagles ont été libéré d’un site de HLS aux Etats-Unis et un bateau appartenant à un responsable de la Bank of America (qui fournissait des services financiers à HLS) a été coulé avec le message « L’argent ne signifie rien, la vie signifie tout ». Ce sont juste quelques exemples de centaines d’actions qui ont eu lieu. Sans le courage et la créativité de ces activistes, tous ces lapins et ces chiens auraient été assassinés dans des expériences inutiles et la Bank of America aurait continué à soutenir HLS.

C’est grâce à cette combinaison innovante de manifestations légales précises de SHAC et de tactiques de l’ALF non conventionnelles mais extrêmement efficaces que la campagne contre HLS a tellement été un succès.

A l’heure actuelle, HLS en est à plus de 100 millions de dollars de dettes, a du mal à gagner ou à conserver des clients, a régulièrement vu chuter ses bilans de fin d’année et court de sérieux risques de faillite. La seule raison pour laquelle ils ont survécu si longtemps a été par l’aide du gouvernement britannique.

A cause de ses intérêts dans la vivisection et dans l’industrie pharmaceutique, et voyant les effets des activistes des campagnes pour les droits des animaux sur HLS, le gouvernement britannique est intervenu et a sauvé le laboratoire de la fermeture, avec un prêt de plusieurs millions de livres, des facilités bancaires et d’assurances.

Les autorités ont également de plus en plus ciblé les activistes des campagnes de SHAC, par des harcèlements, des arrestations, des raids et des emprisonnements. Depuis 2007, des dizaines d’activistes ont été arrêtés, certains recevant de longues peines de prison – dans certains cas jusqu’à 11 ans. Les activistes des campagnes ont également été condamnés à des restrictions de liberté et des libertés surveillées, afin de les réduire au silence et de les empêcher de s’exprimer contre l’expérimentation animale et de les isoler du mouvement pour les droits des animaux.

SHAC n’était plus seulement un combat contre HLS : nous nous sommes battus contre le gouvernement – un ennemi bien plus grand et plus puissant.

Malgré cela, SHAC a continué à résister à la répression et à faire campagne contre HLS, pour faire élever le niveau de conscience quant aux 70 000 animaux enfermés derrière des barbelés.

Mais après plus de 10 ans d’organisation de la campagne SHAC et après avoir envoyé des ondes de choc dans toute l’industrie de la vivisection, notre opposition a évolué. La maltraitance animale mondiale et le paysage juridique ont changé, il est donc temps pour nous également de changer nos tactiques.

Avec l’impact de la répression gouvernementale contre les activistes des droits des animaux en Grande-Bretagne, il est temps de réévaluer nos méthodes, les obstacles et les faiblesses de l’adversaire, de construire notre réseau de solidarité envers les activistes qui en ont besoin et de commencer à guérir des effets de la répression.

Bien que nous annoncions la clôture de la campagne SHAC, cela sera toujours une part importante de notre histoire et un rappel de l’ingéniosité et de la puissance du mouvement des droits des animaux. SHAC continuera à inspirer des militants du monde entier pour rejoindre le combat contre la vivisection et à attaquer ceux qui profitent de la maltraitance et de l’exploitation.

C’est notre connaissance et notre capacité à développer et à concentrer notre tactique de la manière la plus efficace qui continueront à faire de nous une menace pour les industries de l’exploitation animale.

Avec les feux de la libération et de la justice brûlant dans nos cœurs, nous regardons vers le futur.

Maintenant la question que chacun devrait se poser est …

Qu’allons nous faire ensuite ?

S.H.A.C
Stop Huntingdon Animal Cruelty

La situation mondiale des drogues

« À l’échelle mondiale, on estime qu’en 2012, entre 162 millions et 324 millions de personnes, soit entre 3,5 % et 7,0 % de la population âgée de 15 à 64 ans, avaient consommé une drogue illicite – généralement une substance de type cannabis, opioïde, cocaïne ou stimulant de type amphétamine – au moins une fois au cours de l’année écoulée.

L’usage problématique de drogues – qui est le fait des consommateurs réguliers et des personnes souffrant de troubles liés à l’usage de drogues ou de dépendance – reste stable et continue de concerner entre 16 millions et 39 millions de personnes. Toutefois, des disparités subsistent en matière d’assistance car, chacune de ces dernières années, seul un usager problématique sur six a eu accès à des services de traitement de la toxicomanie.

Bien que le grand public puisse percevoir le cannabis comme la moins dangereuse des drogues illicites, le nombre de personnes cherchant à se faire traiter pour des troubles liés à l’usage de cette substance a augmenté ces 10 dernières années, particulièrement dans les Amériques, en Océanie et en Europe (…).

Les opiacés et opioïdes sont les drogues problématiques qui causent les plus forts taux de morbidité et de mortalité liée aux drogues dans le monde. Pour la troisième année consécutive, l’Afghanistan, qui est le plus grand cultivateur de pavot à opium au monde, a constaté une augmentation des superficies cultivées (passées de 154 000 hectares en 2012 à 209 000 hectares en 2013).

Le même phénomène est constaté au Myanmar, dans une moindre mesure. En 2013, la production mondiale estimée d’héroïne a retrouvé les niveaux observés en 2008 et 2011. À l’échelle mondiale, la superficie consacrée à la culture illicite d’opium en 2013 était de 296 720 hectares, soit le chiffre le plus élevé depuis 1998, année des premières estimations (…).

La “route du Sud” est en pleine expansion: l’héroïne est passée en contrebande par la zone au sud de l’Afghanistan et acheminée en Europe via le Proche et le Moyen-Orient et l’Afrique, mais aussi directement depuis le Pakistan.

Aux États-Unis d’Amérique, une nouvelle tendance se dessine chez les usagers de drogues dépendants aux opioïdes, qui remplacent les opioïdes de synthèse par de l’héroïne, substance qui est de plus en plus disponible dans certaines parties du pays et qui permet aux usagers réguliers d’entretenir leur dépendance à moindre coût (…).

La culture et la production d’herbe de cannabis (“marijuana”) reste très répandue, tandis que la production de résine de cannabis (“haschisch”) demeure limitée à quelques pays d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient et d’Asie du Sud-Ouest (…).

En Europe, le marché a évolué ces 10 dernières années: l’herbe de cannabis, de production locale ou régionale, gagne du terrain sur la résine, qui provient en grande partie du Maroc et qui était auparavant la principale substance de type cannabis disponible en Europe, comme le montrent les données relatives aux saisies (…).

S’il est difficile de quantifier la fabrication mondiale de stimulants de type amphétamine, on constate que le nombre de laboratoires démantelés qui fabriquaient ces stimulants, principalement de la méthamphétamine, a continué d’augmenter.

La fabrication de méthamphétamine en Amérique du Nord a connu une nouvelle hausse, comme en témoigne la forte augmentation du nombre de laboratoires de méthamphétamine dont on a signalé le démantèlement aux États-Unis et au Mexique. »

(Rapport mondial sur les drogues 2014, Résumé analytique, UNODC – Office des Nations Unies contre la drogue et le crime)

« Nature is speaking »

« Nature is speaking »: la Nature en train de parler, voici le projet vidéo de l’association « Conservation international« . Basé aux États-Unis, c’est un poids lourd employant 900 personnes, avec une très lourde reconnaissance et donc de nombreuses accusations d’institutionnalisation et de compromissions.

Cependant, il est intéressant de voir que même une association de défense de la biodiversité « classique » a une démarche d’une radicalité bien plus forte que tous les écolos français. La reconnaissance de la Nature est en effet au coeur des vidéos.

La Terre n’a pas besoin des humains, et la réciproque n’est pas vraie; la Terre a une histoire bien plus longue que les humains, et la vie ne se résume pas aux humains. Rien que dire cela, c’est se confronter à l’anthropocentrisme…

Un anthropocentrisme qu’en France les gens ne veulent lâcher à aucun prix, au nom de l’individualisme!

Dans les vidéos suivantes, les voix sont portées par des figures connues du cinéma. Pénélope Cruz parle pour l’eau, Julia Roberts pour mère nature, Harrison Ford pour l’océan, Kevin Spacey pour la forêt tropicale, Edward Norton pour la terre, Robert Redford pour un séquoia.

Les anthropocentristes y verront un anthropomorphisme, une « divination » de la planète… Nous y voyons l’inéluctable triomphe du biocentrisme. Pas de compromis dans la défense de notre mère la Terre!

« De la douceur, de la sérénité et la déconcertante maîtrise »

Pour continuer de parler de l’hypocrisie des religions monothéistes par rapport aux animaux – quelles que soient ces religions, toutes se valant – voici un nouvel exemple.

C’est un cas typique de mauvaise foi où la « prière » est censée avoir un effet « relaxant » sur un animal à qui on tranche la gorge. Il s’agir de vidéos faites par un éleveur américain, que nous ne mettons bien entendu pas en lien.

2 octobre 2014 | Mots-clés : abattage rituel > Aïd al-Adha > bien-être animal > Sam Kouka | 8 commentaires
Miséricorde de l’abattage islamique

La vidéo que vous allez voir est extraordinaire. Dès les premières secondes, le principal protagoniste le dit lui-même : c’est une vidéo « amazing », surprenante.

Vous ne devriez pas vous en remettre. Ou à tout le moins, ce que vous allez voir devrait quelque peu vous retourner. Rien de trash. Pas de sang, pas de souffrance, rien de tout cela. Bien au contraire.

De la douceur, de la sérénité et la déconcertante maîtrise par le verbe d’un éleveur d’animaux de ferme. Mais pas par n’importe quel verbe. Le verbe qui s’adresse à Dieu, qui évoque Dieu et qui, par Sa Grâce, pénètre la réalité pour l’emplir.

Le verbe qui permet à celui qui L’invoque d’appréhender de façon tangible la pleine remise en Dieu. Le mot et la chose, le langage et le réel, l’invocation et la vie.

Dans la vidéo suivante, vous verrez un homme, musulman, porter une chèvre, un mouton, un bélier. Avec douceur. Il s’en empare, les couche tout en invoquant Allah amenant la bête vers un état de quiétude déconcertant.

L’animal n’a pas peur, l’animal n’est pas stressé. Cet homme rappelle l’obligation canonique du musulman de respecter l’animal jusque dans ses derniers instants.

Les hadiths – faits et propos rapportés du Prophète (paix et bénédiction sur lui) – intimant aux musulmans de prendre le plus grand soin des bêtes, tout au long de leur vie comme au moment de la mise à mort, sont nombreux. Si, du reste, le musulman dit « bismi-Llah » (au nom d’Allah) quand il met à mort l’animal, c’est parce que prendre la vie d’une bête est un acte dérogatoire. Celui qui abat ne doit pas l’oublier.

Cette vidéo vous retourne. Elle retourne et elle rappelle la nécessité de repenser tout le halal, qui n’est ni une marchandise, ni une technique de mise à mort, mais une éthique. Accaparé par l’industrie agro-alimentaire, le halal a à certains égards perdu son âme.

Espérons que cette vidéo sera vue par le plus grand nombre et qu’elle réussira suffisamment à toucher – et bouleverser – cette infime minorité qui agira alors en conséquence et cherchera à rendre à l’animal ses droits, celui d’une vie agréable et d’une mort sereine.

[article publié initialement [sur al-Kanz] le 3 juin 2011, rediffusé le 2 octobre 2014, à la veille de l’aïd al-adha]

Le Halal n’est pas une « marchandise » ? C’est évidemment totalement romantique comme vision des choses. En réalité, c’est bien sûr une composante de l’économie de l’exploitation animale.

Mais afin de nier celle-ci, il est prétendu que le « véritable » halal relève d’un autre « esprit »… Et, dans le prolongement de cette idéalisation, il y a cette conclusion affirmée par toutes les religions d’ailleurs :

Espérons que cette vidéo sera vue par le plus grand nombre et qu’elle réussira suffisamment à toucher – et bouleverser – cette infime minorité qui agira alors en conséquence et cherchera à rendre à l’animal ses droits, celui d’une vie agréable et d’une mort sereine.

Pour comprendre le sens de ce faux véganisme ici mis en avant, il faut savoir que selon la religion islamique, à la fin des temps la majorité musulmane va « trahir » le vrai Islam, seule une minorité le défendra.

Cet appel au « bien-être » animal participe donc à une campagne de religiosité, sur le dos des animaux ; il s’agit de galvaniser les gens, en prenant comme prétexte la condition animale afin de renforcer la ferveur religieuse.

C’est un exemple de plus de démagogie sur le dos des animaux et de la Nature… Aucune religion ne peut prétendre être « juste » et ne pas avoir un large dispositif démagogique de ce côté…

« Souccot, un juste rapport à la nature »

Étant donné que le rapport à la Nature est la grande question du 21ème siècle, on peut constater que les religions s’adaptent, se transforment selon les besoins de sa démagogie.

La religion juive se veut ainsi une religion très intellectualisée, et dont le coeur est la loi et la morale. On connaît le slogan de l’ALF « Si ce n’est pas maintenant, quand ? Si ce n’est pas toi, qui ? » : c’est en fait repris d’un aphorisme d’un rabbin du premier siècle avant notre ère (« Si je ne suis pas pour moi, qui le sera? Et si je ne suis que pour moi, que suis-je ? Et si pas maintenant, quand ? »).

Cette dimension moraliste pouvait avoir un sens il y a très longtemps, mais ce n’est plus le cas bien entendu et avec la question de la Nature, cela se voit de plus en plus. Ainsi la fameuse fête de Kippour, le « grand pardon », voit renaître une tradition disparue de plusieurs générations : celle du bouc-émissaire.

Ainsi, la cérémonie de Kapparot ayant disparu depuis bien longtemps dans la communauté juive revient : il faut faire tourner un poulet au-dessus de sa tête afin qu’il récupère les péchés, puis on lui coupe la tête. On est très loin de la dimension moraliste qui peut faire l’intérêt de cette fête historiquement…

Cependant, on doit bien voir qu’il s’agit ici d’un rapport à la Nature totalement déformé, et pas seulement d’obscurantisme médiéval. La consigne orthodoxe dit ainsi :

« Il est de la plus grande importance de traiter les poulets avec humanité et de ne pas – à D.ieu ne plaise – leur causer une quelconque douleur ou inconfort. La loi juive interdit formellement de causer une quelconque douleur inutile aux créatures de D.ieu. La répugnance qu’inspire un acte aussi cruel se doit d’être redoublée en ce jour, à la veille du jour où nous demandons à D.ieu une bienveillance et une miséricorde que nous ne méritons peut-être pas. Le Code de Loi Juive suggère même de placer les entrailles et le foie des poulets abattus dans un endroit où les oiseaux peuvent venir s’en nourrir. »

Dans la même logique, il y a la fête de Tou Bichevat, le « Nouvel An des Arbres », où il est dit notamment que « l’homme est un arbre des champs » (Deutéronome 20, 19), ou encore la « fête des cabanes », Souccot.
Voici un article d’Actualité Juive présentant cette fête dont c’est la période, et qui révèle que la religion tente de s’approprier la question du rapport positif à la Nature :

Souccot, un juste rapport à la nature

Souccot, parmi d’autres noms, porte celui de «  fête de l’engrangement ». « Quand vous aurez rentré la récolte de la terre, vous fêterez la fête du Seigneur…» (Lév 23, 39)

Souccot, comme Pessah, comme Chavouot, célèbre un événement agricole : l’engrangement des récoltes. Observons tout d’abord que cette célébration s’inscrit dans un temps où  la fécondité créatrice de la nature est particulièrement visible, et qui est habituellement dévolu à la fête des vendanges, une fête marquée dans les sociétés antiques par le culte de Dionysos ou Bacchus, les divinités du vin et de l’ivresse.

Or les deux rites qui caractérisent Souccot sont d’une part la soucca où l’on réside durant huit jours, d’autre part le loulav, cet assemblage de quatre plantes – myrthe, saule, feuilles de palmier et cédrat – que l’on réunit et que l’on agite dans les six directions de l’espace. Raisin ou vigne sont absents de cet ensemble, alors qu’ils constituent la récolte principale de l’automne.

Des garde-fous

La Torah nous met ainsi en garde contre toutes  les ivresses, pourtant universellement glorifiées, qui aliènent l’homme en le privant de sa lucidité  et de sa liberté. En d’autres termes, elle nous invite à prendre des distances à l’égard de la nature : le juste rapport que nous devons entretenir avec elle n’est ni un rapport de soumission, ni un rapport de domination conforté par l’orgueil de la possession et du pouvoir au moment où la terre donne ses fruits : car  «tu pourrais dire dans ton cœur : c’est ma propre force, c’est le pouvoir de mon bras qui m’a valu cette richesse » (Deut 8, 17) . La soucca et le loulav sont des garde-fous pour nous préserver de ces deux errements.

Ainsi ce que la religion dit ici, dans ce cas de figure, c’est d’un côté qu’il ne faut pas l’orgueil : cela pourrait amener à rejeter l’anthropocentrisme. Mais de l’autre côté il ne faut pas se soumettre à la Nature… mais uniquement à Dieu, c’est-à-dire en fait à l’Homme puisque Dieu n’est qu’une création de l’Homme. On retombe alors dans l’anthropocentrisme, mais la religion feint de prétendre le contraire.

L’usine et le hérisson

Voici une petite histoire qui s’est déroulée il y a peu en France, dans une usine fabriquant des pièces en tôle. C’est une histoire vraie, racontée ici telle qu’elle a été vécue très concrètement.

Dans cette usine, il y a de l’activité, forcément, et donc des allers-retours ininterrompus, et d’immenses étagères bien alignées et bien remplies. Au milieu de tout ce passage est arrivé alors un hérisson.

Ayant pris peur, il s’est réfugié sous des palettes, au milieu des cartons, bref il s’est retrouvé coincé et apeuré. Des gens l’ont vu mais, reflet du retard des hommes par rapport à la compréhension de la Nature, ils n’ont rien fait, ni rien dit.

La rumeur se diffusant toutefois, dans l’après-midi des ouvrières ont appris la situation du hérisson. Et là se déroula ce qui devait, normalement et en toute logique se produire : le travail est stoppé, la mobilisation est organisée pour aider le hérisson.

Pas question que ce dernier meurt de faim ou écrasé ! Et donc que l’on se met à quatre pattes pour le chercher. Cinq, dix minutes passent, puis un quart d’heure… Puis le hérisson est trouvé.

Comme toujours quand il y a plein de monde, il y a toujours quelqu’un qui a creusé une piste de manière plus approfondie et ici donc il y avait quelqu’un qui avait l’habitude des hérissons. Elle le prend alors, puis le ramène dehors.

Mais pas question de le poser au bord de la route, par conséquent le chef a donné l’autorisation d’aller le poser plus loin…

Bien entendu, chez les hommes, certains ont relativisé cela et se sont moqués… mais pas publiquement. Car quand il y a une telle mobilisation, l’esprit collectif s’impose, et malheur à qui n’est pas moral…

C’est bien entendu, une simple anecdote. Mais ce genre d’anecdotes témoigne de quelque chose d’historique. Il y a bien quelque chose, au fond, là, il y a une véritable compassion qui peut se soulever.

Normalement, dans l’usine, les gens ont peur de perdre leur emploi. Il y a une terreur avec les chefs, qui profitent de la situation. L’abnégation ne triomphe pas. Alors ce sauvetage du hérisson montre inversement que tout est possible. Un simple acte collectif témoigne ici d’un chemin qui peut être pris.

Oui, un engagement massif est possible, si la cause est juste, si la cause est claire, si elle est présentée de manière nette, franche, si elle est authentique, sans être traversée par les opportunismes et les compromis.

Pourquoi des gens s’engageraient dans une cause défendue par des gens n’y croyant pas véritablement, dont l’identité n’est pas complètement façonnée par la cause ?

Alors imaginons que demain, une centaine de gens décident de s’organiser pour, avec la même détermination, promouvoir la libération animale, sans compromis. Imaginons une presse radicale, dédiée à l’actualité des animaux, leur existence. Imaginons un mouvement se confrontant réellement à la réalité de l’exploitation animale.

Imaginons que la guerre contre la planète ait enfin deux aspects !

« A la SPA, tout le monde peut adopter »

Aujourd’hui et hier avaient lieu les journées portes ouvertes aux 56 refuges de la SPA. Nous espérons bien évidemment que plusieurs animaux ont trouvé une famille sérieuse et responsable qui saura choyer et assumer cet être vivant, et ce jusqu’au bout !

La campagne publicitaire de la SPA pour cette occasion vantait que « A la SPA, tout le monde peut adopter ». Ce principe, basé sur le refus de la non discrimination (l’on voit un couple d’hommes sur une de leurs affiches) pourrait être correct si l’on ne cherchait pas à caser les animaux à tout prix. Car disons le clairement, non, tout le monde ne peut pas adopter un animal.

Prenons par exemple l’affiche avec un homme âgé dessus. Pour commencer, cet homme n’est rien de moins qu’un éleveur, une personne qui participe à l’exploitation des animaux. Quand on se prend pour une association qui veut le bien des animaux, mettre en avant un éleveur comme une personne potentiellement digne d’adopter un chien, c’est loin d’être correct. Pourquoi ne pas en avant un chasseur pendant qu’on y est ?! Le respect du monde animal dans son intégralité est bien loin…

Pour en revenir au sujet, non tout le monde ne peut pas adopter, car un animal demande de l’attention, de l’énergie, de la disponibilité. Si il y a bien quelque chose de pas sérieux, c’est bien les personnes âgées et les animaux « domestiques ». Qui n’a jamais vu dans la rue une personne âgée marchant tant bien que mal avec sa canne et un petit chien ? Qui n’a jamais vu dans la rue une personne âgée complètement voûtée se faire traîner par son petit chien en laisse ?

Cette situation n’est pas correcte.  Alors l’on pourrait nous dire que ces animaux « domestiques » sont une compagnie pour ces personnes seules et souvent délaissées. Que ces animaux sont un bon prétexte pour que la personne garde un minimum d’autonomie et de vitalité en sortant son chien tous les jours.

Sauf que les animaux ne sont pas des distractions affectives et physiques. Les animaux des refuges sont parfois difficiles « à gérer » et une personne âgée ne peut pas être en mesure de faire cela, et ce n’est pas à elle de le faire.

Par exemple, en promenade dans la rue le petit chien de la personne âgée se retrouve confronté à un gros chien, le petit chien prend peur et s’enfuit, une personne âgée sera-t-elle capable de courir après son chien, de lui éviter de se faire écraser par une voiture ?

Si la personne âgée tombe, elle, gravement malade, que va devenir le petit chien ? A-t-elle de la famille qui souhaite s’occuper et prendre en charge cet être vivant qui n’a rien demandé à personne ?

Si le petit chien tombe gravement malade, la personne âgée sera-t-elle en mesure de faire des allers-retours chez le vétérinaire ? De faire des soins parfois difficiles avec un animal qui peut souffrir et devenir agressif ? La personne âgée sera-t-elle capable d’emmener son petit chien en urgence en consultation vétérinaire de nuit ?

Non, nous en doutons !

Et ce n’est pas aux animaux de compenser les manquements des humains. Les animaux ne sont pas des esclaves, des êtres vivants à exploiter pour faire ce que les humains doivent faire. La situation des personnes âgées est un scandale, un drame. On n’a pas y ajouter l’ignominie.

Ne plus adopter d’animaux à partir d’un certain est juste une question de bon sens. Il faut savoir être sérieux et penser à l’avenir court qui s’offre aux personnes âgées qui ont souvent déjà, bien dû mal à s’occuper correctement d’elles mêmes.

L’on pourrait encore nous dire que nous en faisons trop, que tout est exagéré, et que le principal est que les animaux sortent des refuges et qu’ils ne soient pas euthanasiés dans ces refuges-mouroirs.

Un tel principe relève du pragmatisme catastrophiste, qui en plus d’être moralement faux, est totalement inopérant dans les faits. Plus on réduit le statut des animaux, plus on fait empirer leur situation à moyen terme.

La réalité ne peut pas être « bradée », même au profit de « bons sentiments ». Les faits sont les faits et tout est une question de systématisation d’un rapport nouveau avec les animaux.

Est-ce sérieux de se dire Société Protectrice des Animaux est de véhiculer cette image où l’on veut vider les refuges à tout prix ? Est-ce sérieux de sous-entendre cette idée que les critères d’adoption ne sont ni très poussés ni très regardants envers les futurs adoptants et futures adoptantes ? De jouer sur les stéréotypes, d’ailleurs, lors du choix de l’animal à adopter?

Probablement que l’unique but de ces affiches était d’attirer la foule lors des portes ouvertes… mais c’est vraiment dommage, car ces affiches auraient pu être convaincantes et positives pour tous ces animaux qui attendent dans les refuges.

Mais non, dire que « tout le monde peut adopter » n’est pas réaliste, ni sérieux, on ne se débarrasse pas d’un être vivant à n’importe quel prix, on ne solde pas un être vivant, on ne fait pas adopter un être vivant au premier venu.

Ces animaux ont droit au respect et ils ont le devoir de vivre dans une famille sérieuse et responsable qui sera triée sur le volet. Si bien entendu les faits sont très complexes, il n’y a pas lieu, comme le fait la SPA (de Paris) ici, de les réduire à une « possibilité », de présenter l’accès à l’adoption comme d’une simple formalité, etc.

Si c’est très difficile dans les faits d’appliquer cela, en raison de la terrible situation des refuges, il ne faut pas pour autant capituler culturellement, sinon c’est la catastrophe à moyen terme!

« On peut le remonter vivant et le saigner »

« On peut le remonter vivant et le saigner » : voici ce qu’on peut lire en 2014 sur la page « style » du journal Le Monde (lié à M le magazine du Monde), dans l’article « Du beau, du bon, de la BONITE » :

« Pour les marins marseillais, la différence est majeure : « Le bonitou, c’est pas terrible. Nous les pêcheurs, on ne le mange pas, confie Christian Guarino, qui pêche la bonite depuis plus de trente ans, au vallon des Auffes, à Marseille. Ce poisson-là est surtout bon à faire des pâtés. »

En revanche, le pêcheur raffole de pélamide, ou « palamide », comme on dit chez lui. « C’est un poisson moins sanguinolent, la chair est rose clair, moelleuse et ferme à la fois, il survit plus longtemps dans les filets, donc on peut le remonter vivant et le saigner. Son goût est incomparable », affirme celui qui vend ses prises sur le Vieux-Port et fournit des grands chefs comme Gérald Passédat (Le Petit Nice).

Le chef étoilé comme son pêcheur la préfèrent crue, tant sa texture est fine, fondante, soyeuse. L’un la prépare avec des zestes de bergamote et des légumes en julienne, l’autre avec un trait de jus de citron, un peu d’échalote ou un fruit exotique. »

Voilà une barbarie exemplaire de modernité. Car il ne s’agit nullement de nourriture, d’alimentation, mais bien de style, masqué derrière le « goût ». Et ce goût, ici, c’est celui du meurtre.

Voilà pourquoi justement les produits simili-carnés sont une honte : ils ont le goût du meurtre, même s’ils ne sont pas fondés sur le meurtre. C’est toute une culture qui est à refaire, et faire un fétiche d’un goût lié au meurtre, c’est inévitablement, un jour, y retourner.

Même si tout le monde mangeait des produits simili-carnés, un jour forcément un retour à « l’authentique » verrait le jour, et là fini le pseudo véganisme, tout cela rien qu’avec la question culturelle du goût.

Soit le véganisme est un nouveau goût, un saut de civilisation, soit il n’existe pas.

Pour en revenir à la question du goût, voici également ce que dit l’article du monde consacré au « style », et c’est très intéressant de par cet ignoble mélange d’ultra-modernité et de terroir, de « style » et d’irrationel magique :

« En Turquie, le lakerda est un mezze de bonite en saumure dont la recette remonte aux premières heures de l’Empire ottoman. Sur les marchés d’Istanbul, à la belle saison, les bonites (palamut, en turc) sont les trésors des étals. En direct du Bosphore, elles sont présentées avec les ouïes retournées, dont le rouge vif témoigne de leur fraîcheur.

Tandis qu’en Océanie, dans les îles Salomon, certaines populations vouent un véritable culte au beau poisson moiré. Ainsi, pour le peuple Owa d’Aorigi, la bonite est porteuse du mana sacré, une énergie vitale symbolisée par la brillance et l’iridescence. « La bonite a un statut très particulier dans l’archipel, explique l’anthropologue Sandra Revolon. Quand elle est en vie, sa peau est irisée ; une fois morte, c’est sa chair qui se pare de reflets arc-en-ciel. C’est un phénomène puissant à leurs yeux. »

Chez les Owa, une cérémonie d’initiation voit les jeunes garçons, futurs grands pêcheurs, se frotter avec les bonites, pour s’enduire de leurs cellules iridophores. « La bonite, ce n’est pas seulement une nourriture, conclut le chef Christian Qui. Elle ajoute du merveilleux, du magique dans l’assiette. » »

Magique et ancestral: voici ce que ces gens sont obligés d’inventer pour légitimer le crime. Tout cela relève de principes, de valeurs, de traditions. Peut-on aider les animaux si on ne connaît pas ces pfincipes, si on n’est pas capable de les vaincre ?
En 2014, ne doit-on pas être prêt à tout renverser pour en finir avec des propos aussi infâmes que : « on peut le remonter vivant et le saigner » ?

Un pigeon sur le logo de la SPA

Voici un étrange paradoxe, et pas des plus glorieux, malheureusement ; en l’occurrence, nous prenons encore la défense des pigeons.

Le logo de la SPA de Paris présente en effet un pigeon. On se dit « tant mieux ». Seulement le souci, c’est que la SPA ne s’occupe pas des pigeons…

La SPA n’accueille pas les pigeons, elle ne fait rien pour eux. A part les animaux de compagnie – surtout les chats et les chiens – la SPA a toujours été incapable d’élargir son combat aux animaux en général. D’où le refus d’ailleurs du véganisme, et cela est vrai de la protection animale en général.

Il y a toujours des « frontières » culturelles, ou bien intellectuelles, le plus souvent irrationnelles également. Pourquoi les uns, et pas les autres ? Il n’y a pas de raison, mais « c’est comme ça ».

Pour en revenir à la SPA (de Paris), voici ce qui est dit sur les pigeons :

Considéré comme indésirable par de nombreuses municipalités, le pigeon est au centre de certaines polémiques. La Société Protectrice des Animaux souhaite qu’une place soit laissée à cet animal au cœur des villes.
Tout comme pour les chats libres, la SPA refuse le massacre de cette population ailée, réponse inefficace, cruelle  et facile à une situation qui mérite d’autres solutions !
La cohabitation entre citadins et pigeons peut et doit continuer, elle est souhaitable ; elle passe par une maîtrise de la reproduction et l’édification de pigeonniers. Retirer les nids non contrôlés, une partie des oeufs pondus dans les pigeonniers permettrait de contrôler la population des pigeons, d’en surveiller l’état sanitaire, d’avoir des pigeons mieux nourris.

Il est scandaleux de les capturer au petit matin de façon cruelle en vue d’être euthanasiés. Il est scandaleux de verbaliser les nourrisseurs sans avoir organisé auparavant la présence des pigeons !

Il faut que les associations, que des techniciens municipaux spécialisés soient affectés à la tâche d’entretenir les pigeonniers municipaux : ne chassons pas les pigeons hors des villes, ne les exterminons pas, la majorité silencieuse les aime, ils sont la première manifestation du vivant pour les enfants des villes.

Permettons aux citadins de les nourrir sous certaines conditions, ne pénalisons plus par de lourdes amendes les gestes de compassion envers les oiseaux des villes !
La SPA considère que le nourrissage anarchique peut nuire aux pigeons eux-mêmes. Les municipalités doivent par contre organiser des lieux propices au nourrissage. Vous pouvez aider !

– Contactez votre maire et interrogez le sur sa politique concernant les pigeons.
– Alertez votre député pour  qu’il demande l’abrogation de l’article 120 du règlement sanitaire
– Soutenez la SPA, seule grande association française à s’investir dans ce combat !
– Participez à la Manifestation du 14 décembre, à 14h devant le Ministère de l’Agriculture pour la protection des pigeons.

C’est plutôt pas mal, mais les deux derniers slogans se contredisent totalement… Car cette manifestation en faveur des pigeons… s’est déroulée en 2007. Le texte est donc plutôt vieux, pas moins de sept ans ! Alors parler de « combat » que la SPA mènerait, pour le coup, c’est pour le moins gonflé…

Rappelons ici au passage que la Ligue de Protection des Oiseaux ne s’occupe pas des pigeons non plus. Tout reste à faire encore, pour que partout en France, un pigeon, un oiseau, un autre animal… que l’on trouve blessé, puisse être pris en charge.

Tout est à changer, absolument tout !