Sur un aspect de « Laudato si »

Le site « alternatif » sur la COP 21 a publié un nouvel article sur l’encyclique Laudato si, qui jouera malheureusement un si grand rôle en décembre. Le voici :

Jusqu’ici, le pape a exposé les motivations derrière cette encyclique et expliqué en quoi la religion était un moyen de faire face au réchauffement climatique et aux enjeux écologiques. Le troisième chapitre se nomme « La racine humaine de la crise écologique », il permet au pape d’exprimer sa vision du progrès et de la modernité, d’expliquer les risques et les perspectives que la technologie renferme, et enfin de s’attaquer à ce qu’il appelle « l’anthropomorphisme moderne ».

En ce sens, l’homme est nu, exposé à son propre pouvoir toujours grandissant, sans avoir les éléments pour le contrôler. Il peut disposer de mécanismes superficiels, mais nous pouvons affirmer qu’il lui manque aujourd’hui une éthique solide, une culture et une spiritualité qui le limitent réellement et le contiennent dans une abnégation lucide. (par. 1.5)

L’anthropocentrisme moderne, paradoxalement, a fini par mettre la raison technique au-dessus de la réalité, parce que l’être humain « n’a plus le sentiment ni que la nature soit une norme valable, ni qu’elle lui offre un refuge vivant. (par. 115)

La position du pape se veut équilibrée: pas foncièrement contre le progrès technologique, mais il insiste sur les dérives qui y sont liées, (de son point de vue).

De la même manière qu’aux premier et deuxième chapitres, il y a le même discours de fond: la seule perspective est la religion. Le discours se veut équilibré mais en réalité, il ne l’est absolument pas. Pour le pape, l’humanité a perdu ses repères et se comporte comme un dieu sur Terre, les dérives de la technologie et de la finance en sont deux des principales manifestations.

Il ne sert à rien de décrire les symptômes de la crise écologique, si nous n’en reconnaissons pas la racine humaine. Il y a une manière de comprendre la vie et l’activité humaine qui a dévié et qui contredit la réalité jusqu’à lui nuire. Pourquoi ne pouvons-nous pas nous arrêter pour y penser? Dans cette réflexion, je propose que nous nous concentrions sur le paradigme technocratique dominant ainsi que sur la place de l’être humain et de son action dans le monde. (par. 101)

Les critiques visant le « paradigme technocratique » sont pour le moins très tranchées et s’accompagnent d’une certaine vision du monde.

Il n’est pas permis de penser qu’il est possible de défendre un autre paradigme culturel, et de se servir de la technique comme d’un pur instrument, parce qu’aujourd’hui le paradigme technocratique est devenu tellement dominant qu’il est très difficile de faire abstraction de ses ressources, et il est encore plus difficile de les utiliser sans être dominé par leur logique. (par. 108)

Le paradigme technocratique tend aussi à exercer son emprise sur l’économie et la politique.L’économie assume tout le développement technologique en fonction du profit, sans prêter attention à d’éventuelles conséquences négatives pour l’être humain. Les finances étouffent l’économie réelle.(par. 109)

L’idée au final et que la technique n’est pas un instrument neutre, elle modèle la société pour répondre à ses intérêts propres. Ce développement est la conséquence d’une perte de repères, de spiritualité. Il convient alors de réguler et contrôler la technique. Ceci va de pair avec le mouvement d’une humanité qui reprend conscience de sa place sur Terre.

Au chapitre précédent, le pape tenait à montrer que la religion apportait des réponses et des respectives. Cette idée revient tout logiquement ici:

La culture écologique ne peut pas se réduire à une série de réponses urgentes et partielles aux problèmes qui sont en train d’apparaître par rapport à la dégradation de l’environnement, à l’épuisement des réserves naturelles et à la pollution. Elle devrait être un regard différent, une pensée, une politique, un programme éducatif, un style de vie et une spiritualité qui constitueraient une résistance face à l’avancée du paradigme technocratique. (par. 111)

Pour le pape, tout cela a une cause : anthropocentrisme moderne, un anthropocentrisme « dévié ». Dévié, car pour le pape le rôle de l’humanité est de prendre soin de l’ensemble de la Création, de la ramener avec elle vers Dieu. Il critique donc le « bio-centrisme », car ce n’est pas pour lui la réponse correcte: c’est une autre forme de déviation.

Un anthropocentrisme dévié ne doit pas nécessairement faire place à un “bio-centrisme”, parce que cela impliquerait d’introduire un nouveau déséquilibre qui, non seulement ne résoudrait pas les problèmes mais en ajouterait d’autres. (par. 118)

Avant de terminer, il y a deux paragraphes sur lesquels nous aimerions nous arrêter. Le premier évoque les tests sur les animaux.

Dans la vision philosophique et théologique de la création que j’ai cherché à proposer, il reste clair que la personne humaine, avec la particularité de sa raison et de sa science, n’est pas un facteur extérieur qui doit être totalement exclu.

Cependant, même si l’être humain peut intervenir sur le monde végétal et animal et en faire usage quand c’est nécessaire pour sa vie, le Catéchisme enseigne que les expérimentations sur les animaux sont légitimes seulement « si elles restent dans des limites raisonnables et contribuent à soigner ou sauver des vies humaines».

Il rappelle avec fermeté que le pouvoir de l’homme a des limites et qu’« il est contraire à la dignité humaine de faire souffrir inutilement les animaux et de gaspiller leurs vies ». Toute utilisation ou expérimentation « exige un respect religieux de l’intégrité de la création ». (par. 130)

Après avoir exposé et vanté son « écologie intégrale », rappelé que l’écologie ne doit pas oublier les plus pauvres, critiqué très violemment ce qu’il appelle le « paradigme technocratique »…après avoir été en quelque sorte un défenseur des pauvres et de l’environnement contre toutes les dérives modernes qui, selon lui, ont amené l’humanité et la Terre à cette situation, le pape tient exactement le même discours que l’industrie autour des expérimentations animales.

Il nous semble atypique de se dire écologiste et d’aborder la question des expérimentations animales avec autant de légèreté: car au-delà de la forme, il n’y a rien. Quel laboratoire va se vanter de faire « souffrir inutilement » des animaux ?

De faire des tests « pour le plaisir » ? De faire des tests sans aucune raison ? Aucun. Au contraire, toute la chaîne des entreprises qui « fournissent » les laboratoires en animaux aux laboratoires eux-mêmes aura pour principal argument que cela permet de sauver des vies.

Encore une fois, le pape semble mettre de côté toute une partie de la « création » dans son écologie « intégrale ».

Le deuxième paragraphe concerne l’avortement. Nous trouvons important de nous y arrêter car nous trouvons la manière d’aborder le sujet dérangeante. Tout comme pour les tests sur les animaux, le pape traite ce sujet en quelques lignes après en avoir consacré des dizaines au « paradigme technologique » ou à « l’anthropocentrisme dévié ». Il s’agit pourtant d’un sujet sensible et complexe.

Puisque tout est lié, la défense de la nature n’est pas compatible non plus avec la justification de l’avortement.

Un chemin éducatif pour accueillir les personnes faibles de notre entourage, qui parfois dérangent et sont inopportunes, ne semble pas praticable si l’on ne protège pas l’embryon humain, même si sa venue cause de la gêne et des difficultés : « Si la sensibilité personnelle et sociale à l’accueil d’une nouvelle vie se perd, alors d’autres formes d’accueil utiles à la vie sociale se dessèchent ». (par. 120)

La position de l’Église sur le droit à l’avortement est bien connue et on pourra arguer que le pape n’a pas besoin de s’exprimer davantage sur le sujet dans une encyclique sur l’écologie. Toutefois, un tel sujet ne peut être discuté sans le prendre entièrement en considération : l’embryon et la femme qui le porte.

Un des mots d’ordre de l’écologie « intégrale » du pape est de n’oublier personne. Pourtant ce paragraphe parle d’embryons mais pas des femmes, soit la moitié de l’humanité et première concernée par la question de l’avortement.

Articles pouvant vous intéresser

xrepentancex : « Through Eyes Unclouded »

Voici les paroles de la chanson « Through Eyes Unclouded » de xrepentancex; la chanson est la première dans la vidéo, qui contient l’album sorti cette année par ce groupe anglais.

Through Eyes Unclouded
A travers des yeux sans voile

Death’s stranglehold of suffocation
As the calf is ripped from her side
Into the realm of dead and dying
Where compassions deadened by a lie
L’étau de la mort de la suffocation
Alors que le veau est déchiré à son flanc
Jeté dans le royaume des morts et des mourants
Où les compassions sont endormies par le mensonge

All pain and suffering ignored
For the price of commodity
The truth of mankind’s injustice
Hidden in shrouds of decay
Toute la peine et la souffrance ignorées
Pour le prix de la marchandise
La vérité de l’injustice humaine
Cachée sous le voile de la décadence

The blood stained hands of destruction
As millions are stripped of their lives
The screams of torment extinguished
By the kiss of a butchers knife
Les mains tachées par le sang de la destruction
Alors que des millions dépouillés de leur vie
Les cris de tourment éteints
Par le baiser du couteau du boucher

To see through eyes unclouded
The slaughter for selfish gain
The bloodlust of countless masses
The cries that will go on in vain
Voir à travers des yeux sans voile
L’abatage à des fins égoïstes
La soif de sang des masses innombrables
Les pleurs qui continueront en vain

To see through eyes unclouded
The slaughter selfish gain
The bloodlust of rabid masses
The eternal mechanics of pain
Voir à travers des yeux sans voile
L’abatage à des fins égoïstes
La soif de sang des masses enragés
L’éternelle mécanique de la douleur

DEMONS on the killing floor,
Extinguishing THE LIVES OF THE INNOCENT.
des DEMONS sur l’aire d’abattages
mettant fin à LA VIE DE L’INNOCENT.

Whispered lies of industry
Built on bones of lesser things.
Les mensonges chuchotés de l’industrie
Bâti sur les os de choses considérées comme moindres.

Blood stained lips salivate
Hiding sheaths of serpent’s teeth
Self induced cataplexy
As you rot from the inside.
Les lèvres tâchés de sang salivent
Cachant des fourreaux de dents de serpent
Cataplexie auto-induite
Tandis que vous pourrissez de l’intérieur.

François Hollande sur la COP21 à la « Semaine des Ambassadeurs »

Hier, François Hollande a tenu un discours très important aux ambassadeurs, avec la « Semaine des Ambassadeurs ». C’est ni plus ni moins que la position de la France qui a été exposée après avoir été bien soupesée. On a déjà la ligne qui sera celle lors de la COP21 : on peut déjà s’en faire plus qu’une idée.

Voici l’extrait du discours qui traite donc de la COP21 en tant que telle, et on accordera une attention particulière aux allusions au soutien aux religions, ainsi qu’à l’énergie nucléaire, considérée comme « propre ».

Il ne s’agit pas non plus, parce que nous sommes un pays qui fabrique des armements et les exporte, d’abandonner nos convictions et nos principes. Les droits de l’Homme, la démocratie, la lutte contre la corruption sont en toutes occasions rappelés dans mes déplacements, par moi-même, par le Premier ministre, par les membres du Gouvernement. C’est ce qui fait que nous sommes un pays respecté, en position centrale, capable de parler avec tous.

C’est sûrement ce statut qui nous a valu l’honneur d’organiser la Conférence sur le climat.

C’est donc un défi majeur que de réussir ce rendez-vous. Les signaux positifs sont là, nous avançons. Les Etats-Unis ont présenté un plan courageux, le Président OBAMA s’est engagé personnellement pour la transition énergétique, l’économie bas carbone. Le Premier ministre chinois a annoncé depuis Paris, dans cette salle même, une contribution sérieuse de son pays à la réduction des émissions de CO2.

L’Europe a pris des engagements qui correspondaient aux objectifs qui étaient les nôtres. La loi sur la transition énergétique a été regardée comme un texte exemplaire. Au moment où je m’exprime, 56 pays représentant plus de 60 % d’émissions de gaz à effet de serre ont soumis leur contribution. J’appelle tous les autres, il y en a encore beaucoup, à le faire.

Il y a également l’expression des consciences, et la voix du Pape a été particulièrement entendue à travers son encyclique. Qu’il puisse venir à l’assemblée générale des Nations Unies pour rééditer son appel est un appui important.

Il y a également la mobilisation de beaucoup d’acteurs, organisations non gouvernementales, nous n’avions pas de doutes à ce sujet.

De grandes associations, sociétés civiles, mais également les collectivités locales, nombreuses, ont pris l’initiative. Les entreprises sont conscientes maintenant que ce sera un enjeu pour leur compétitivité ou pour leur avenir.

Cette mobilisation a produit des résultats, mais ils ne sont pas suffisants. Il ne faut rien relâcher. Je sais les efforts de Laurent FABIUS pour aller partout où cela est nécessaire. Ségolène ROYAL est également allée en Afrique, les ministres sont pleinement engagés, et je sais qu’ici, notre réseau d’ambassadeurs a la volonté de convaincre et d’informer.

Je me rendrai moi-même à Pékin au début du mois de novembre, pour travailler avec le Président chinois à une nouvelle avancée.

J’irai également à Séoul. Séoul, où siège le Fonds Vert, car nous savons que la question des financements va être essentielle. En ce qui concerne la négociation elle-même, les coprésidents du groupe de travail chargés de présenter le projet d’accord ont soumis le 24 juillet un texte, mieux structuré, resserré, qui permettra d’avoir une discussion lors de la session qui va s’ouvrir à Bonn dans quelques jours. Voilà, nous avançons.

Je l’ai dit, le plus difficile reste à venir, c’est-à-dire l’accord lui-même. Nous devons donc accélérer. Lors de l’Assemblée générale des Nations Unies, nous voulons, avec le secrétaire général Ban KIMOON, qui sera avec nous aujourd’hui, organiser une réunion de chefs d’Etat et de Gouvernement permettant justement de créer la mobilisation et de donner l’impulsion nécessaire. L’objectif n’est pas de nous substituer à la négociation elle-même mais de fixer le niveau d’ambition globale et les moyens pour y parvenir.

A la Conférence de Paris, j’ai pensé que le mieux était d’inviter les chefs d’Etat et de Gouvernement au tout début de la Conférence, pas à la fin. A la fin, il est parfois trop tard et même leurs incantations ne suffisent plus à convaincre et à conclure.

Cela sera donc au début de la conférence, c’est l’expérience que nous avons tirée de Copenhague. Je connais néanmoins les obstacles qui sont encore devant nous. D’abord, de nombreux de pays en développement ou émergents s’inquiètent des effets de la lutte contre le changement climatique par rapport à leur propre croissance. Nous devons donc les rassurer et leur apporter tout de suite des solutions technologiques, notamment pour l’énergie.

Nous devons démontrer que les solutions existent pour concilier tous les objectifs. Avec l’Inde par exemple, nous avons mis en place un plan pour le solaire, parce que nous savons que ce grand pays veut faire du solaire sa priorité. Nous avons également, avec l’Afrique un grand plan sur les énergies renouvelables. Nous devons aussi écouter les pays vulnérables.

Il y a quelques mois, nous étions aux Philippines, avec Nicolas HULOT, dont je salue l’inlassable engagement. Nous avions justement voulu adresser un appel, l’appel de Manille, pour montrer que ces catastrophes peuvent d’abord toucher les pays les plus vulnérables, mais que tous les continents sont concernés.

Je suis également allé dans le Pacifique, dans les Caraïbes, pour porter le message des Etats insulaires pour lesquels la Conférence de Paris n’est pas une négociation comme les autres, parce que c’est de leur propre avenir, dans dix ans ou dans vingt ans, qu’il est question. Si nous voulons réussir Paris, il faudra des engagements politiques sans doute, un accord, il y faudra des financements. C’est là que nous devons mobiliser toutes les solutions et les énergies. Cent milliards de dollars pour 2020.

C’était déjà une promesse qui n’a pas été tenue, cela doit être maintenant une obligation. C’est absolument indispensable pour qu’il y ait un accord. Sans les cent milliards, il n’y aura pas d’accord à Paris. Parce que ces sommes-là sont absolument indispensables pour les efforts d’adaptation et pour les transferts de technologies.
Nous avons également eu le Sommet d’Addis-Abeba, qui a été, là aussi, un moment important pour le financement du développement. Là aussi, il y aura des effets pour la Conférence de Paris.

« 10 faits troublants sur la viande »

Voici un article très documenté du Journal du Montréal, prétexte à réflexion!

10 faits troublants sur la viande qui vous enlèveront l’envie d’en manger

LAURIE BERGERON ET JEAN-MAXIME BOURGOIN

Les enfants américains seront les premiers à vivre moins longtemps que leurs parents, selon ce qu’annoncent les chercheurs dans le documentaire Forks Over Knives.

Disponible sur Netflix, ce film a incité plusieurs personnes à diminuer, voire cesser de manger de la viande. En attendant de le visionner, voici 10 faits qui vous feront peut-être revoir votre alimentation.

1. La consommation de viande est intimement liée aux cancers et aux maladies cardio-vasculaires.

Le Dr T. Colin Campbell, l’un des plus grands scientifiques spécialisés en épidémiologie, a dirigé «l’étude la plus complète jamais entreprise sur la relation entre l’alimentation et le risque de développer une maladie», rapporte le New York Times. Ses observations faites en Chine pendant des années ont confirmé qu’un régime alimentaire carnivore accroît les risques de souffrir de maladies cardio-vasculaires, d’obésité, de diabète, de cancers et de maladies auto-immunes. (Cliquez ici pour lire toutes ses conclusions, publiées sous le titre The China Study.)

2. Les super-bactéries plus présentes que jamais dans la viande.

Une récente étude américaine publiée par la Food and Drug Administrationa constaté que 81% de la dinde hachée sur le marché était contaminée par des super-bactéries, soient celles résistantes aux antibiotiques. Ces bactéries ont été retrouvées dans 69% des côtelettes de porc, 55% du bœuf haché et 39% du poulet. Un germe appelé Enterococcus faecalis, se trouvant normalement dans les intestins des êtres humains et des animaux, a aussi été retrouvé dans une grande variété de viandes, signifiant qu’elle a déjà été en contact avec des matières fécales.

3. Certaines maladies pourraient être renversées en adoptant une alimentation végétalienne.

Une étude a démontré qu’une alimentation à base de plantes et pauvre en gras peut influencer positivement le rétablissement des personnes atteintes du cancer du sein, du côlon, de la prostate et de la peau. Certains individus ont en effet réussi à guérir leur maladie en éliminant la viande, le poisson, la volaille, les œufs, les produits laitiers et les huiles végétales de leur assiette.

L’American Cancer Society a publié ses recommandations quant au régime à suivre pour les gens touchés par une tumeur, en février dernier. Le rapport indique que les survivants devraient privilégier les repas à base de plantes, riches en fruits, en légumes et en céréales non raffinées, et se tenir loin des viandes, des aliments transformés, des céréales raffinées et du sucre. Ce tournant dans la réflexion sur l’importance de la nourriture est particulièrement intéressant, puisque les statistiques les plus récentes (2015) de la société américaine démontrent peu d’amélioration dans les taux de survie des patients qui luttent contre leur maladie avec la médecine traditionnelle au cours des 40 dernières années.

4. Les antibiotiques utilisés dans l’élevage des animaux.

En moyenne chaque année, 62 millions d’antibiotiques sont vendus pour la santé du bétail, contre 16 millions pour la consommation humaine, selon lePew Charitable Trusts. La vétérinaire et dirigeante de la campagne Pew, dédiée à la santé animale et l’agriculture industrielle, estime que l’utilisation d’antibiotiques chez les animaux est hors de contrôle. Elle déplore entre autre le fait que nous utilisons des antibiotiques sur les animaux alors qu’ils ne sont pas malades simplement pour les faire grossir et pour compenser les mauvaises conditions d’hygiène dans lesquelles ils vivent.

5. Le gouvernement américain est derrière plusieurs campagnes encourageant la consommation de viande et de produits laitiers.

Nos voisins du Sud sont bombardés de messages publicitaires valorisant une alimentation riche en viande, bien que les Américains mangent déjà plus que la quantité de protéines d’origine animale recommandée par personne selon l’âge. Ces publicités rapporteraient des milliards de dollars supplémentaires aux entreprises soutenues par le gouvernement.

L’État américain dépense 38 milliards $ par année pour subventionner l’industrie de la viande et des produits laitiers, et seulement 0,04% de ce montant (17 millions $) pour le commerce des fruits et des légumes.

6. Les produits nettoyants toxiques et l’eau chlorée.

Les conseils scolaires et les parents ont été mal informés pendant de nombreuses années concernant les produits nettoyants utilisés dans le lavage de la viande servis dans les cafétérias du monde entier. Ces machines, qui broient la viande et la transforme en pâte, séparent la graisse et la traitent à l’ammoniac ou à l’acide citrique pour éliminer les bactéries. La viande est ensuite finement broyée, pressée en blocs et surgelée pour son utilisation industrielle. D’autres emploient de l’eau chlorée dans le lavage et la transformation de la viande rouge, de la volaille et du poisson.

7. L’industrie de la viande est responsable des changements climatiques.

Le secteur de l’élevage dépasse maintenant l’industrie du transport et celle de la production d’électricité comme la plus grande source d’émission de gaz à effet de serre. Le 5e rapport du GIEC recommande une diminution importante de la consommation de viande, ce qui serait aussi efficace que de diviser par deux le parc automobile mondial.

L’élevage accentue également la déforestation. Greenpeace a mené une enquête pendant trois ans qui a prouvé que l’élevage bovin était responsable à 80 % de la destruction de la forêt amazonienne.

8. Les animaux d’élevage mangent mieux que plusieurs personnes dans le monde.

L’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture estimait en 2014 à 805 millions le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde. Pourtant, les deux tiers des terres agricoles mondiales sont consacrés à l’élevage et à la production d’aliments pour le bétail.

Ironiquement, près de 85% de la production mondiale de soja, une denrée très nutritive et riche en protéines, est destinée à nourrir les animaux qui seront abattus.

9. La présence excessive d’hormones dans la viande.

Au Canada, des hormones naturelles et synthétiques sont utilisées dans la production intensive de bœuf et de porc sous forme de stimulateurs de croissance et de régulateurs de la reproduction. Le bœuf américain serait également très lourd en hormones; si lourd que l’Union européenne a dit qu’elle n’en voulait pas. Selon la Commission européenne sur la santé et protection des consommateurs, les hormones animales augmentent de manière significative les risques de cancer du sein et du cancer de la prostate. Le taux de cancer au sein des pays qui n’en consomment pas serait plus bas que les pays s’alimentant de bœuf américain.

Plusieurs dirigeants de l’industrie dépeignent les bêtes comme des animaux de ferme heureux. La terreur, la douleur et la souffrance sont les mots qu’ils devraient plutôt utiliser. Il n’est pas rare que le bétail soit battu, ébouillanté ou encore démembré vivant dans les abattoirs.

Voilà des images qui ont convaincu plusieurs personnes à modifier le contenu de leur assiette (visionnez de 16:29 à 26:44, puis de 43:00 à 46:30).

A un peu moins de cent jours de la COP21

Nous sommes à un peu moins de cent jours de la COP21 qui se déroulera à Paris ; déjà commence l’escroquerie sur la question de la réduction des effets de serre, en procédant à un jeu sur l’année de référence (1990 ou 2005), comme le constate le site conference-paris-climat-2015.fr

Pour l’instant, il n’y a guère de mobilisation, à part du côté des institutions (pour le prestige) et des associations institutionnelles qui entendent marquer le coup (pour le prestige).

Ce qui est mis en place est vain et relève pratiquement du « charity business ». Il y a un mois, il y avait par exemple eu le « Sommet des Consciences », organisé par Nicolas Hulot le 21 juillet, avec 40 « personnalités », artistes, prix Nobel, figures religieuses, etc., tous ayant signé l’appel, avec des explications très souvent ultra-religieuses.

Sera-t-on étonné de trouver parmi les soutiens à cette initiative le groupe Bayard (éditant notamment La Croix) et l’ARC (alliance pour les religions et l’environnement)?

Dans son discours à cette occasion, François Hollande a souligné cette dimension mystique, conservatrice, avec un soutien ouvert aux religions:

« Nous avons besoin de tous pour parvenir à ces accords. Nous avons besoin des chefs d’Etat et de gouvernement qui représentent la légitimité, besoin des acteurs locaux qui s’engagent, besoin des entreprises ; mais nous avons aussi besoin des citoyens du monde. Nul ne peut prétendre les représenter. Ils sont eux-mêmes uniques et multiples : des milliards d’individus qui s’interrogent sur ce qu’est la destinée humaine.

D’une certaine façon, c’est vous qui les représentez. Ils se reconnaissent dans les convictions que vous portez, dans les cultes que vous pratiquez, dans les philosophies que vous partagez, dans les cultures que vous incarnez. (…)

Lorsque Nicolas HULOT m’a suggéré d’organiser un Sommet des consciences pour le climat, il m’avait dit qu’il s’agissait d’en faire un moment de pause, – nous y sommes – de réflexion, – je l’espère – en amont de la Conférence sur le climat de décembre prochain pour répondre à une crise de civilisation qui ne dit pas son nom.

Lui-même avait souhaité que les autorités morales et religieuses puissent venir aider les Etats, ce n’était pas une proposition simple dans un pays comme la France, laïque, et qui considère que c’est le temporel qui doit l’emporter sur le spirituel, mais c’est une conception qui n’est pas la bonne de la laïcité. La laïcité, c’est de permettre justement à toutes les convictions, à toutes les religions, à toutes les philosophies, aux croyants comme aux non croyants, de participer à la réflexion commune.

Je vous remercie d’avoir accepté cette invitation, pour nous aider à retracer un chemin dans un monde caractérisé par une profusion de science et, comme le disait Nicolas HULOT, un déficit de conscience.

C’est dans cet état d’esprit aussi que j’ai lu l’Encyclique du Pape François, qui propose à tous les êtres humains d’entrer en dialogue avec tous, en ce qui concerne notre maison commune. Ce texte cite les précieuses réflexions conduites par d’autres religions sur le thème de l’écologie, et il rend aussi hommage à votre contribution cher Patriarche Bartholomée, qui m’avez accompagné aux Philippines il y a peu.

Plus récemment, François Hollande a commencé son opération visant à montrer que lui est pour un accord, mais que celui-ci va être difficile, voire impossible, malgré la « bonne volonté » française. Il y a deux jours, voici ce qu’il a dit dans ses Propos conclusifs de la table ronde à l’Institut national de l’énergie solaire (INES) de Bourget-du-Lac :

« Un mot sur l’exportation, parce que c’est très important. Si nous avons un accord sur le climat – et nous devons le rechercher – , mais quoi qu’il arrive, même si nous n’en n’avions pas, ce qui serait une catastrophe, l’enjeu est d’être capable de proposer à beaucoup de pays, qui vont s’engager dans la transition énergétique, des solutions. S’il y a un accord sur le climat cela ne sera pas simplement un accord sur des règles, sur des mécanismes – ce sera déjà un acquis – ce sera aussi un accord sur les financements. »

Demain commence la « Semaine des ambassadeurs », où François Hollande posera définitivement la ligne « diplomatique » française à ce sujet…

A ce titre, lors d’une conférence de presse sur la loi de transition énergétique, la ministre de l’Ecologie, de l’Environnement et du Développement durable Ségolène Royal s’est montrée confiante… non pas tant pour les résultats de la COP21, que surtout pour son déroulement, en soulignant l’implication française

« J’ai confiance, je suis optimiste sur le bon déroulement de la préparation de la conférence sur le climat, de sa finalisation. (…) Contrairement à ce qu’il s’est passé lors des précédents sommets, vous voyez les chefs d’Etat et de gouvernement qui s’impliquent personnellement et c’est comme ça que ça peut marcher. »

En attendant, Ségolène Royal a surtout fait rire pour son communiqué sur twitter d’un vocabulaire franco-anglais plutôt douteux pour quelqu’un censé avoir des responsabilités de ce niveau:

« Congratulations to président OBAMA for his engagement before Paris #COP21. French parlement adopted transition energetique bill. »

Mais c’est anecdotique, tout comme l’annonce par le secrétaire du Parti Socialiste Jean-Christophe Cambadélis au sujet de l’université d’été socialiste se déroulant dans quelques jours :

« La star, ce sera la COP 21! (…) On va vivre une université d’été extrêmement écolo, l’heure de la social-écologie a sonné. »

Autre chose anecdotique, l’initiative occupy.paris d’EELV. Il s’agit d’une application qui ne sert strictement à rien, où l’on peut cliquer pour « occuper » symboliquement Paris. Si ce n’est pas de l’orchestration au service du gouvernement et pour « buzzer », c’est quoi? C’est aberrant d’avoir un contenu aussi vide.

Voici la présentation officielle:

EELV lance aujourd’hui un outil décisif : «occupy.paris», portail qui vous permet d’occuper symboliquement Paris où se tiendra la COP 21 et prouver à l’ensemble des chefs d’Etats que nous sommes les 99% seuls à même de sauver le climat, voire l’avenir de l’humanité.

Pour participer, rendez-vous sur le site ou tweeter votre message (un tweet générique vous est proposé) avec le hashtag #OccupyParis qui vous permettra d’apparaître sur la carte. Soyons le plus nombreux alors même que le 29 novembre prochain se tiendra à Paris la grande marche mondiale pour le climat rassemblant des millions de citoyens de tous les pays.

Occupez symboliquement Paris, pour sauver la planète et faire entendre votre voix !

Voici également l’appel pour cette « marche du 29 novembre », diffusé par le site Avaaz.

Participez à la Marche Mondiale pour le Climat

Un scientifique de renom vient de s’effondrer en pleurs pendant une interview sur la pollution due au carbone. Il décrivait un futur sombre où les océans mourraient. Que son cauchemar devienne ou non réalité ne dépend que de nous.

Le sommet sur le climat le plus important de la décennie aura lieu dans quatre mois exactement, et nos dirigeants pourraient décider d’y adopter un objectif révolutionnaire pour éradiquer les énergies fossiles. Cette solution pourrait nous épargner une catastrophe climatique et alerter les responsables politiques, les dirigeants d’entreprises et les marchés que l’ère des énergies fossiles est terminée. Nous ne gagnerons pas facilement, mais si nos dirigeants comprennent combien ce mouvement est puissant, nous pouvons l’emporter.

L’année dernière, notre mouvement a participé à la plus grande mobilisation pour le climat de l’histoire lors de la Marche Mondiale pour le Climat. Le 29 novembre prochain, quelques heures avant que les dirigeants n’arrivent à Paris pour le Sommet sur le climat, il nous faudra être encore plus nombreux!

Cliquez ci-contre pour dire: “Je participe” à la Marche Mondiale pour le Climat de cette année! Avaaz se mettra en contact avec vous par téléphone ou par email pour vous donner des informations au sujet de cet évènement.

Y aura-t-il dans cette manifestation un « bloc » en faveur de l’écologie radicale? Pour l’instant, on en est très loin. C’est surtout parti pour une manifestation folklorique d’associations institutionnelles, avec des « anticapitalistes » qui vont raconter que le capitalisme détruit la Nature, ce qui est vrai, mais sans qu’eux-mêmes ne se préoccupent sincèrement de la Nature….

Mais cela ne changera rien au fait que les mentalités vont changer en profondeur, et que la demi-mesure ne pourra pas empêcher une prise de conscience essentielle.

Une « tendance mode » ?!

Trouver une « apologie » du véganisme dans Grazia est un cauchemar absolu. C’est l’exemple même de récupération par les bobos, snobs, cathos in-assumés en quête de bonne conscience et autres. On se doute bien que rien n’en sortira de positif… Facile de comprendre le sens de notre travail en faveur d’un véganisme pour la libération de la Terre : c’est le concept même de véganisme qui est ici menacé par Grazia et tous les opportunistes vendant le véganisme!

Tendances mode
5 bonnes raisons d’adopter la mode vegan
La découverte de moutons maltraités en Patagonie, élevés pour leur production de laine, relance le débat sur une mode responsable et vegan. Ou comment avoir bonne conscience en cédant à cette nouvelle façon de consommer.

1. Parce que les matières vegan sont de plus en plus belles (même le faux cuir)

S’il y a quelques années, certains pour s’habiller vegan se voyaient restreints à recycler leur sac de pomme de terre en lin, les choses ont bien évolué. Exit les vestes ultra-brillantes à effet plastique qui imitaient le cuir, on trouve à présent des modèles synthétiques souvent bien mieux réussis que certains cuirs, notamment dans les premiers prix. Etiquetés « vegan » ou non, les fabricants de textiles réussissent le pari de rendre l’alternative attractive, jusqu’à parier qu’on ne parlera bientôt plus de « faux ».

Pour imiter la texture du cuir, les grandes marques (du luxe compris) utilisent des fibres synthétiques non tissées, en polyamide ou polyuréthane. Malgré leurs noms barbares, ces matériaux peuvent s’avérer de première qualité et ne sont pas toujours synonymes d’économie. On a en tête par exemple les perfectos en faux-cuir d’April 77 ou encore la maroquinerie signée Nat & Nine, tous deux très bon élèves des similis réussi.

2. Parce la mode vegan peut aussi être créative

Non, la mode « vegan » n’est pas ennuyante. Si manger un bol de graines germées au petit déjeuner peut l’être, se vêtir intelligemment ne devrait pas vous frustrer. Il n’y a qu’à s’attarder quelques minutes sur les collections de la créatrice anglaise Stella McCartney ou sur les défilés fous-fous de Vivienne Westwood pour s’en rendre compte.

On peut défendre la cause animale tout en restant extrêmement cool. Les nouvelles générations s’y mettent aussi, pour preuve la créatrice 100% vegan Leanne Maily Hilgart et son label « Vaute couture » qui séduit de plus en plus d’acheteurs, notamment avec son point de vente couru par tous les hipster de Brooklyn.

3. Parce qu’il est difficile de repérer le vrai du faux

A coup de plans com parfaitement rodés, les marques prennent un malin plaisir à perdre le consommateur. Il est de plus en plus difficile de connaitre avec précision le lieu de fabrication de nos vêtements, et encore plus compliqué de déterminer les conditions de travail qui vont avec. L’appellation « vegan » permet déjà de faire un sacré tri et rime souvent avec « mode responsable ». Ça vaut le coup d’encourager la démarche !

4. Parce que les grandes enseignes s’y mettent aussi

Même si on se laisse séduire par l’idée, on imagine facilement que cette mode responsable à un prix. Ce n’est pas forcément le cas. En effet, la grande distribution elle aussi développe le concept. H&M a lancé depuis quelques années déjà sa ligne H&M conscious. Pas vraiment vegan mais complètement « éco responsable », la gamme s’engage à utiliser des textiles biologiques, à ne pas produire de vêtements à partir de peaux animales ou encore à proposer aux clients de recycler leurs vêtements en magasin.

Très vite, le groupe Inditex propose lui aussi son propre coton biologique. Pour la vente en ligne, le géant Asos propose une large sélection de produits éthiques (il vous suffit de taper « the green room » dans le moteur de recherche du Eshop).

5. Parce que c’est plus facile d’entretien

On ne retient souvent que les aspects négatifs des matières synthétiques, et pourtant… Si ils sont considérés comme « moins nobles », les similis et autres polyesters ont un avantage certain : l’entretien.

Ces matières issues de la pétrochimie résistent souvent mieux au temps (pour peu que les fibres utilisées soient de bonne qualité, mais c’est la même question avec les naturelles), elles se révèlent beaucoup moins froissables et fragiles en règle générale (mites, frottements …). Elles retiennent bien mieux la chaleur en hiver que certaines matières naturelles, même les plus chaudes.

« Θ » comme symbole de l’écologie radicale

C’est un symbole qui vaudrait peut-être le coup d’être utilisé pour symboliser l’écologie radicale ; le problème est qu’il peut sembler un peu obscur, d’un autre côté il est déjà employé dans la scène vegan straight edge.

Voici par exemple une photographie montrant le groupe anglais actuel xrepentancex.

Pour en parler, plongeons nous dans l’histoire et regardons du côté de Ron Cobb, un Américain né en 1937. C’est un artiste ayant travaillé dans le dessin et dans le cinéma; il a travaillé pour Disney dans les années 1950 (La belle au bois dormant), dessiné la pochette d’un album des Jefferson Airplane, dessiné pour des films connus comme Star Wars, Alien, Retour vers le futur (1985), The Abyss, Total Recall, etc.

Rien de ce qui nous intéresse ici directement, sauf que durant ce parcours, Ron Cobb a fréquenté la « free press », la presse libre américaine, c’est-à-dire le milieu mélangeant hippies, contestataires, beatniks, révolutionnaires, etc. Il a notamment dessiné un drapeau en 1969 dans le plus connu des magazines de ce type, appelé The Los Angeles Free Press et ayant paru de 1964 à 1978.

Ce drapeau reprend le drapeau américain, mettant les bandes en vert, ainsi que le carré où il y a les étoiles, ces dernières étant remplacé par les lettres « o » et « e » formant un seul symbole.

Le « o » désigne le terme « organisme », le « e » l’environnement. C’est un peu le principe de Gaïa résumé par un symbole.

Voici une image faite par Ron Cobb et résumant bien l’ambiance ayant amené la naissance de ce symbole.

Le symbole a notamment été très connu car une revue à grand tirage « Look », avec environ 7 millions d’exemplaires tous les quinze jours, l’a montré dans son numéro du 21 avril 1970. Mais le journal étudiant « The cardinal » publiait un numéro spécial écologie le 22 avril de la même année, en utilisant le même symbole.

Des gens l’utilisaient alors déjà dans les manifestations.

Un groupe appelé environmental action se fondant en 1970 l’adopta, et l’utilise encore.

On remarquera que le symbole peut se confondre avec la lettre grecque Θ (Theta), devenant le symbole alors de « thanatos », la mort, la menace qui pèse sur la planète, etc.

En fait, c’est surtout que le symbole est plus facile à imprimer puisqu’on le retrouve alors dans l’alphabet grec comme symbole préexistant.

Le symbole a eu en tout cas alors un gigantesque succès aux Etats-Unis… avant de disparaître une fois la vague des années 1970 passée, à part comme symbole de l’environmental action.

Il réapparaît toutefois vraiment en 1990, lorsque le groupe vegan reich le reprend, dans son logo avec la Terre, montrant bien le sens profond de sa démarche : vegan straight edge pour la libération de la Terre!

De la même manière, le logo a été repris généralement par le mouvement hardline. Les disques qui sortent alors contiennent systématiquement le logo.

Avec le « X » entrecroisé des mitraillettes, c’est même en fait le principal symbole hardline.

Le symbole est alors popularisé dans la scène vegan straight edge et réapparaît de-ci de-là, en tant qu’expression de toute une vision du monde : la Terre est un tout, c’est notre mère à défendre sans compromis !

Capital remarque les marges de l’industrie du bio végétalien…

La revue Capital, consacrée aux entreprises et aux profits, a consacré quelques articles à la « folie des modes alimentaires » dans son numéro d’août 2015. Bien entendu, le végétalisme est abordé, sous l’angle des bénéfices et des marges.

Voici quelques informations intéressantes à ce sujet. On apprend ainsi les différences de prix entre un litre de lait de vache et un litre de lait de soja. La TVA est de 5,5 % dans les deux cas, la distribution coûte à peu près 19 %, les matières premières coûtent à peu près la même chose (0,40 centimes le litre), mais… la marge de l’industriel est de 3,4 % pour le lait de vache et de 7,7 % pour le lait e soja.

Comparant le « bifteack haché » et le « steak de soja », Capital constate une marge respective de 3,2 % et de 11,4 %…

Quand on sait que Sojasun tient 50 % des parts de marché en grande distribution sur les yaourts et les « steaks de soja », on imagine les bénéfices… D’autant plus que selon Capital, la croissance en 2014 a été de 15 % pour les boissons végétales, de 22 % pour les « steaks de soja »…

C’est très intéressant, déjà parce que cela montre, pour qui ne le savait pas, que les entreprises bios ne sont pas différentes des autres, malgré leur discours démagogique publié dans diverses revues gratuites diffusées massivement.

Ensuite, cela montre que si on voulait, le bio pourrait être bien moins cher. Cependant, on ne veut pas, pour des raisons économiques tenant à la course au profit. Le bio ne veut pas se démocratiser, il sait que pour que son profit puisse grandir, il doit viser les riches.

Et personne n’aura pu ne pas être témoin de ce fait : les magasins bios se tournent clairement vers les bobos. Ils visent les gens avec un fort pouvoir d’achat.

C’est d’ailleurs un marqueur social très fort. L’image d’Épinal du patron gros et de l’ouvrier maigre du 19e siècle s’est inversée. Acheter sain et manger sain c’est, pour une partie de la bourgeoisie, sous la forme des bobos, savoir se distinguer du « bas peuple ».

Force est de constater qu’il en va de même avec au moins une partie du véganisme parisien, snobisme oscillant entre élitisme et pessimisme, apportant le message « par en haut » au peuple qui serait arriéré et stupide, et qui de toutes façons ne comprendra jamais rien.

D’une certaine manière, ce véganisme de snob est le pendant du véganisme des squats du début des années 1990, où à Paris et à Lille notamment, des gens s’isolaient de la société au nom d’un antispécisme en tant qu’utopie communautaire.

Autant cet antispécisme était très limité et une composante de la mouvance squatter, autant il avait une certaine dignité, cherchant à construire une alternative, en mode semi-hippie. Le véganisme de snob à la parisienne où des grands bourgeois se présentent comme moralement au-dessus de tout est par contre clairement insupportable…

C’est vraiment à croire que dans notre pays, le catholicisme a trouvé une nouvelle forme d’expression. On a le même rejet de la Nature, le même refus de se confronter aux animaux dans les faits, la même vision abstraite de la souffrance dans la mesure où les questions sociales et économiques n’existent pas du tout, le même besoin de « témoigner », la même tentative de faire un « don de soi » en sachant porter sa croix…

Tout cela est très laid et sonne très « fin de siècle ». En tout cas, on se doute que ce n’est pas les entreprises bios ou le véganisme version snob qui va faire avancer les choses. Les gens ont besoin d’alternatives concrètes, sous la forme de valeurs positives, et en rupture avec l’idéologie dominante.

Le véganisme, c’est une manière de manger, mais c’est surtout un besoin de la conscience, un besoin moral, celui d’être fidèle à ses sens et d’accepter la Nature…

Sur les chiffres de la SPA sur la hausse des abandons d’animaux

C’est une information très problématique qui a été diffusée par l’AFP, qui est allé directement consulté la « SPA ». Cela a donné des titres comme « La SPA s’inquiète de la hausse des abandons d’animaux cet été », mais aussi des informations comme :

« CHIENS ET CHATS – Rien qu’en juillet, l’association de protection animale a recensé 2623 animaux abandonnés. Soit une hausse de 22% par rapport à 2014. »

Or, le problème est très facile à comprendre : il n’y a pas de SPA centralisée. La SPA dont on parle ici, c’est celle de Paris, qui regroupe de nombreuses structures, qui a été au coeur de multiples scandales ces dernières années en raison de sa gestion financière.

Mais donc ce n’est pas toute la SPA, ou plutôt les SPA, ni même les multiples associations locales.

Donc, quand la SPA parle et donne un chiffre d’abandon, cela concerne ses propres structures, ce n’est pas un aperçu général. La SPA joue très certainement sur l’ambiguïté ici, elle répondrait certainement qu’elle n’a fait parler que de ses structures à elles.

Cependant, l’AFP ne le sait pas et d’ailleurs s’en moque, sinon elle n’aborderait pas les choses ainsi. Le résultat est que les informations diffusées ne sont pas celles qu’il faudrait.

Cela rappelle la triste situation de la défense des animaux en France. Si nous ne sommes évidemment pas pour un rassemblement militant fourre-tout sans aucune base réelle (comme le voulait feu « Droit des animaux » avec une fédération animaliste) ou bien sur une base réformiste institutionnelle (comme le veut L214), la question des refuges est un autre aspect, qui par contre demande l’unité.

On dépasse ici très largement la question des vegans, malheureusement, car le refus de la souffrance animale ne va pas, ce qui est absurde pour nous, pour certains avec le soutien aux refuges ou l’amour de la Nature…

En tout cas, il est évident pour tout le monde qu’un petit refuge isolé gagnerait bien plus en visibilité et en soutien s’il existait une sorte de fédération, de diffusion centralisée des informations.

Il faut bien comprendre que les raisons pour lesquelles cela ne se produit pas sont très concrètes : trop de malversations, trop de trahisons, trop de compromissions, trop d’égos, trop d’égo-trips.

On peut toutefois penser qu’il est possible de contourner cela, au moins sur le plan des informations, et celui des discussions nécessaires. Le site Seconde chance centralise des adoptions, ce qui est incontournable. Pourquoi alors ne pas penser que les refuges pourraient se fédérer et discuter ?

Car la centralisation est inéluctable ; sans cela, on sait bien comment un refuge affronte la société toute entière et ne peut que perdre. Toujours plus d’abandons, toujours moins de moyens, le fonctionnement n’existant que par l’abnégation absolument complète d’une poignée d’individus…

Telle est la réalité. Mais les gens ne le savent pas, la plupart du temps ; ils pensent qu’il y a une seule SPA. Quand ils déposent un animal dans un refuge local, ils ne voient pas ce qu’il y a derrière, l’ampleur du travail fait.

C’est un problème énorme, qui demande, au-delà de la réflexion, un changement radical, sans quoi l’intervention en défense des animaux va se retrouver débordée à un moment. La situation digne du tiers-monde pour les animaux est, en France, clairement possible. L’effondrement est plus que possible, il est inéluctable à terme sans des moyens réellement plus grands.

Car on se doute qu’avec l’individualisme des nouvelles générations cuisinées par le capitalisme et ses valeurs, ce n’est pas l’engagement et l’altruisme qui priment. Il y a bien entendu des soutiens, ce qui rassure, mais ce n’est rien comparé à ce qui est nécessaire.

C’est une problématique terrible pour les prochaines années, et il faut que toutes les personnes véganes assument la bataille sur ce plan !

Le véganisme comme posture individuelle « glamour »

En France, ce n’est pas comme dans les autres pays : le véganisme est directement révolutionnaire. Il se heurte directement aux valeurs dominantes, pour des raisons historiques.

Quand on dit le véganisme, on devrait plutôt dire : la libération animale, l’amour des animaux. Car le « véganisme », en tant que mode catholique de refus de la souffrance  – sans en rien reconnaître la Nature ni aimer les animaux – ça, ça peut passer.

Cela ne peut pas être « hype », mais tout au moins « glamour »… Comme l’expose le quotidien Le Figaro dans un article publié hier, intitulé « Le véganisme, le mode de vie alternatif qui monte ».

Le terme est bien choisi : c’est là une réduction d’une bataille universelle à une posture individuelle.

Un cheval meurt en plein Barcelone…

C’est quelque chose qui aurait dû, dans une société sans coeur, n’être qu’un fait divers, une anecdote.  Pourtant, heureusement que ce drame a frappé les esprits.

Le journal L’indépendant résume les faits de la manière suivante :

Un cheval est mort, jeudi dans la soirée, à Barcelone en pleine rue. Le cheval qui tirait des touristes dans des calèches, aurait été victime d’épuisement après un coup de chaud. Selon une association de protection des animaux, le cheval est resté au sol pendant deux heures, sans aide, son propriétaire ne « voulant pas appeler le vétérinaire parce qu’il ne voulait pas payer ».

Finalement, après deux heures d’agonie, le cheval a été sacrifié.

L’émotion provoquée par la mort de ce cheval est grande à Barcelone où la Guardia Urbana (police municipale) a ouvert une enquête pour maltraitance d’animaux. Des policiers qui sont toutefois dans le collimateur pour avoir tardé à appeler le vétérinaire.

La mairie de Barcelone, elle, a informé que le département de Protection animale a également ouvert une procédure qu’elle transmettra à la Generalitat pour d’éventuelles sanctions administratives.

Quant à l’organisation de protection des animaux, elle veut mettre fin aux tractages de calèches dans les rues de Barcelone et a, pour cela, ouvert une pétition en ligne.


C’est vraiment terrible, pratiquement féodal… Il faut d’ailleurs comprendre l’arrière-plan, le contexte : en Espagne, il y a beaucoup de mobilisations de la gauche radicale. Or, le fait de s’opposer aux corridas, notamment, voire d’aller dans le sens de la cause animale, est un grand marqueur du mouvement républicain, face à l’idéologie de la monarchie et du franquisme.

C’est un contre-exemple de plus à la France où la question de la Nature, des animaux est inexistante dans la gauche radicale, d’où d’ailleurs sa faiblesse…

Le Journal du Dimanche vient de publier un article qui, malgré son titre lamentable, donne des informations détaillées sur la situation en Espagne. Le fait que ces quatre dernières années, le nombre d’arènes a chuté de 902 à 433 est une grande nouvelle, hautement significative.

Podemos veut porter l’estocade à la corrida

Après trois ans d’interdiction, les arènes d’Illumbe de Saint-Sébastien (Pays basque) offrent ce dimanche une de ces belles affiches taurines : le célèbre torero français Sébastien Castella et les toros du prestigieux éleveur Domecq. Une corrida de haut niveau au goût de miel pour les aficionados : il s’agit en effet d’une victoire remportée non seulement sur les indépendantistes basques, à l’origine de la fermeture des arènes, mais aussi sur les antitaurins de tout poil, lesquels ont actuellement le vent en poupe en Espagne.

L’arrivée au pouvoir, en mai, des listes citoyennes de gauche radicale dans une cinquantaine de municipalités constitue une menace supplémentaire contre cette tradition hispanique qui n’a, à leurs yeux, rien d’un « art », ni d’une « fête ». Les élus de ces nouvelles coalitions, émules autodéclarées des Indignés de Podemos aux noms évocateurs – Ahora Madrid (Madrid maintenant), Compromís (Engagement) ou Marea Atlántica (Marée atlantique) – envisagent de supprimer les aides financières, voire d’éradiquer tout bonnement les spectacles taurins. « Notre parti ne tolère pas les mauvais traitements et les tortures contre les animaux, il est hors de question de subventionner plus longtemps cette tradition barbare », résume Francisco José Muñoz, membre de l’équipe de Podemos Madrid.

Alors que les fêtes populaires avec des lâchers de taureaux dans les rues ou des minicorridas sur les places des villages battent leur plein tout au long de ce mois d’août, plusieurs municipalités ont déjà mis leurs menaces à exécution. La Corogne, en Galice, a annulé les spectacles taurins de sa traditionnelle feria estivale. Palma de Majorque s’est déclarée « ville antitaurine et amie des animaux », comme Madrid, la Mecque de la tauromachie.

Dans la capitale, les projets prohibitionnistes de la nouvelle maire, Manuela Carmena, provoquent l’inquiétude des amateurs et des instances de la tauromachie. Cette ancienne magistrate a prévenu qu’elle allait couper les subventions versées aux écoles taurines et que jamais, comme c’est de tradition, elle n’occuperait la tribune officielle des arènes de Las Ventas. Valence et Alicante, comme une douzaine de municipalités de l’est du pays, ont promis la tenue d’une consultation populaire d’ici à la fin de l’année sur le maintien ou non des corridas.

Cette fronde antitaurine n’est pas nouvelle. L’archipel des Canaries a été la première région à interdire les corridas en 1991. La Catalogne lui a emboîté le pas en 2010 en prohibant tous les spectacles taurins, sauf les fêtes populaires de la vallée de l’Èbre, un vivier électoral. « Ils s’attaquent à cette activité artistique au nom de deux idéologies conjuguées : un furieux « antiespagnolisme » et une prétendue défense du droit des animaux », fulmine Roberto García Yuste, président de l’association taurine de Madrid, qui appelle à une mobilisation massive du secteur.

Parmi les toreros et éleveurs décidés à stopper la vague antitaurine figure précisément le matador français Sébastien Castella. « Il faut sortir de l’ombre, ne plus avoir honte de notre noble profession, sinon nous allons disparaître », écrit-il dans un éditorial publié le 10 août dans le quotidien d’informations taurines en ligne Burladero. Et d’ajouter avec fougue : « Revendiquons notre art, notre liberté et osons dire haut et fort que nous aimons la corrida et que nous ne sommes pas des assassins. »

La mobilisation risque toutefois d’arriver trop tard dans un contexte de désaffection populaire manifeste. Ces quatre dernières années, le nombre d’arènes a chuté de 902 à 433. D’après l’institut Metroscopia, 27% d’Espagnols seulement manifestent « un peu ou beaucoup d’intérêt » pour la corrida, 60% n’adhèrent pas. « Cette indifférence, assure Antonio Lorca, chroniqueur du quotidien El País, voire ce désamour vis-à-vis de notre tradition, est sans doute le pire des obstacles qui se dressent devant nous, pire encore que la vogue animaliste. »

« Une alternative végétarienne obligatoire dans les cantines scolaires »

Yves Jégo est le député de la troisième circonscription de Seine-et-Marne, politiquement il est membre de l’UDI, c’est grosso modo un centriste de droite, dans la lignée de Borloo. A ce titre, il est dans une ligne de « vivre ensemble » très hypocrite, son « micro-parti » s’appelant d’ailleurs « Mieux Vivre Ensemble ».

C’est en ce sens qu’il faut comprendre son « appel » pour une alternative végétarienne dans les cantines scolaires. Il n’est bien entendu, et c’est fort logique, jamais parlé des animaux.

Cela n’empêche les 10 000 signataires de son appel sur le site change.org de donner comme motif justement les animaux, au nom du végétarisme voire du véganisme comme choix moral, ou bien la lutte contre les catastrophes écologiques induites par l’industrie de la viande.

C’est tout à fait contradictoire, car justement l’appel d’Yves Jégo est un appel relativiste : il ne veut pas universaliser les pratiques, il veut juste trouver un dénominateur commun pour les tolérer.
Yves Jégo ne dit pas : il faut être moral, il faut faire avec le véganisme, reconnaissons les animaux.

Il dit que de manière pratique il faut faire sans la « viande » de manière relative, dans l’espace public…
Ici, le relativisme et le négatif (le « sans » la « viande ») s’oppose à l’universalisme et au positif (avec les animaux)…

Adressée à Mesdames et Messieurs les Parlementaires
POUR UNE ALTERNATIVE VÉGÉTARIENNE OBLIGATOIRE DANS LES CANTINES SCOLAIRES

Le maire de Chalon-sur-Saône a pris la décision de supprimer dans les cantines de sa ville les menus de substitution destinés à satisfaire les enfants soucieux de ne pas manger de viande de porc, rompant ainsi avec une habitude communale de plusieurs décennies.

Cette mesure très polémique et pour le moins brutale a rouvert une querelle de plus de 10 ans sur la nature des menus scolaires, laissant bien des élus dans un grand désarroi face à un débat de société de plus en plus virulent.

Peut-on obliger un enfant catholique à manger de la viande un vendredi saint parce que rien d’autre ne lui est proposé, ou un enfant juif ou musulman à consommer du porc ?
Dans les cantines de la République, faut-il prendre en compte les prescriptions religieuses et si oui dans quelles limites ?

Doit-on obliger les enfants à jeûner, à défaut de vouloir transgresser les règles familiales ?

Ce débat est loin d’être simple je le reconnais, j’y suis confronté en tant que maire.

Le juste équilibre est souvent bien difficile à trouver tant les approches et les arrières pensées des uns et des autres viennent détourner la question.

A défaut d’une règle ou d’une autorité capable de la définir, ce sujet devient de fait l’otage de tous les extrémismes et la source d’un affrontement bien inutile visant en réalité dans la plupart des cas la communauté musulmane.

La République n’a, me semble-t-il, rien à gagner à laisser prospérer cette polémique qui remet en cause notre capacité à faire du « vivre ensemble » une réalité concrète.
Il existe pourtant sur ce sujet une solution relativement simple et totalement laïque qui permettrait de soulager les élus qui gèrent nos cantines et de répondre à toutes les attentes légitimes des familles.

Je déposerai donc une proposition de loi pour rendre obligatoire dans toutes les cantines un menu végétarien en alternative du menu quotidien afin de permettre à ceux qui ne veulent pas de viande ou de poisson, quelle qu’en soit la raison, de se nourrir de façon équilibrée.

Il existe en effet de très nombreuses possibilités culinaires pour que la dose de protéines nécessaire à chaque repas soit contenue dans des menus végétariens respectueux de la santé, du goût et des pratiques familiales.

A travers la mise en œuvre de cette obligation d’une alternative végétarienne dans nos cantines, il s’agit de sortir le débat du champ de l’affrontement religieux en donnant à chaque enfant un libre arbitre et en favorisant de surcroît un mode alimentaire de plus en plus recommandé pour ses vertus sanitaires et déjà pratiqué par plus de 1,5 millions de personnes.

Parce que la laïcité n’est pas l’unicité et n’oblige en rien à imposer un menu unique aux enfants, il est temps de clore ces guerres larvées.

Au nom de leurs dogmes ne laissons pas aux extrémistes de tous bords la possibilité de prendre en otage l’assiette de nos enfants et faisons au contraire rimer laïcité avec liberté.

« 25 000 pneus hors des mers »

Voici une vidéo très intéressante, qui vient d’être mise en ligne par l’agence des aires marines protégées.

Son titre dit tout (mais d’une manière trompeuse): « 25 000 pneus hors des mers », car c’est le nombre de pneus présents au fond de l’eau du site Natura 2000 de la baie et du cap d’Antibes et des îles Lérins dans les Alpes-Maritimes, au large de Vallauris Golfe-Juan.

2 570 pneus ont été enlevés seulement jusqu’ici, le titre est vraiment erroné. Car bien entendu ce n’est pas une priorité pour l’Etat. Cela a coûté à peu près 200 000 euros jusqu’ici, hors de question naturellement, vues les préoccupations dominantes, d’allonger le reste…

Une preuve qu’il faut absolument tout changer, car le désastre est d’ampleur : les pneus forment au large des côtes françaises des masses de pas moins de 90 000 m3!

Or si les experts ont considéré au début des années 1980 que les faunes et flores marines apprécieraient le « cadeau », ces pneus ont été bien sûr totalement évités, l’inverse n’étant pas vrai car les pneus se désolidarisant sont allés massacrer la flore, libérant d’ailleurs hydrocarbures et métaux lourds…

Les enlever est un devoir : la Terre d’abord!

Cela est vrai de manière universelle, puisqu’on retrouve le même problème, de même dimension, au large des côtes espagnoles, portugaises, italiennes, américaines, et surtout japonaises (le chiffre est de 20 millions de m3!).

Voici comment l’agence des aires marines protégées a présenté l’opération.

Les acteurs locaux ont constaté que les récifs artificiels en pneumatiques ne répondent plus à l’objectif de soutien à la pêche professionnelle fixé initialement, et qu’ils constituent une menace pour l’équilibre naturel de certains habitats marins (fonds vaso-sableux, rocheux et herbiers de posidonie).

Les travaux maritimes s’effectuent du 4 au 13 mai 2015, de manière à limiter les contraintes du plan d’eau et des usagers.

Une équipe de 6 à 8 plongeurs est mobilisée pour intervenir durant 5 jours sur des fonds marins compris entre 25 m et 35 m.

Chaque plongeur enfilera les pneumatiques dans un filin à l’image d’une perle, et constituera des « colliers » de 10 à 30 pneumatiques.

Chaque collier sera levé à l’aide d’un parachute, puis d’une grue afin d’être stocké dans des bennes à bord du navire. Les bennes seront déchargées une fois au cours des travaux maritimes puis à la fin.

Ils seront ensuite pris en charge pour leur traitement et valorisation à terre.


25 000 pneus hors des mers par Aires-marines-protegees

Vegan straight edge VS hippie célébrant le localisme pacifique et identitaire

Difficile de copier LTD, très difficile ! On peut être en désaccord sur plein de choses, vu le nombre de problématiques et le début d’un inévitable vaste mouvement écologiste qui va naître. Mais copier, plagier, tenter de faire semblant LTD, sans atteindre le coeur de la question – le biocentrisme – c’est très vain.

Vegan Pays Basque est une initiative d’une certaine manière plutôt sympathique qui se situe, comme son nom l’indique, au pays basque. Nous ne disons pas simplement cela parce que leur présentation consiste en l’interview que nous avons faite d’eux (mais « LTD » a été enlevé) ou qu’ils distribuent la brochure sur la Libération animale produite par des gens de LTD (bien entendu, Vegan Pays Basque se l’est « approprié »).

Non, nous trouvons très bien que Vegan Pays Basque prenne l’initiative, et ait repris ce que fait LTD comme mettre en avant les refuges. C’est bien qu’il y ait des initiatives véganes locales. Il faut aller de l’avant!

Par contre, le hold up culturel et intellectuel est honteux lorsqu’il s’agit en fait de massacrer les concepts, de les fausser, de les tronquer, de les inverser.

A LTD, nous avons été les premiers à assumer la libération animale et la libération de la Terre, à utiliser le concept d’écologie radicale en lui donnant un sens : celui du biocentrisme. Nous avons été les premiers et d’ailleurs les seuls à parler de l’ALF et de l’ELF, et nous notons que Vegan Pays Basque ne publie pas les communiqués de l’ALF : pourquoi ? Pourquoi n’y a-t-il que LTD qui le fasse ?

Aussi, nous prévenons nos très nombreux lecteurs et lectrices que la tentative de Vegan Pays Basque de mettre en avant « l’écocentrisme » est une escroquerie.

Ce concept n’est là, justement, que pour ne pas utiliser celui du biocentrisme. Au-delà de toutes polémiques et divergences, même si pour nous cela de l’importance, le fond du problème est que cela en fait un truc de fachos.

Dans la tradition progressiste, on considère qu’on appartient à la Nature et on veut une société moderne, utopique, universelle, qui l’assume en tant que telle. Finies les frontières, finies les « identités », finies les découpages : un seul mode de vie universel, positif, voilà ce dont on a besoin.

Pour Vegan Pays Baque, il faut non pas se considérer comme relevant de la Nature, mais « respecter » celle-ci et le modèle est dans le passé : il est dit qu’il faut « retrouver les bases d’une société respectueuse de la Nature ». Les pétainistes ne disent pas autre chose.

On a le même « différentialisme » culturel, le culte du « local », de la « décentralisation », des formes agricoles respectueuses des « milieux » c’est-à-dire des paysages. Vegan Pays Basque reprend tous les concepts classiques de l’extrême-droite, absolument tous :

« Il valorise la diversité d’un point de vue culturel, en promouvant l’autonomie locale, la décentralisation, des formes d’agricultures respectueuses de leurs milieux (permaculture, agro-foresterie…) ainsi que la restauration et la préservation de la nature sauvage. »

Ce n’est guère étonnant, dira-t-on, de gens qui célèbrent le « pays basque » et non l’universalisme. Inévitablement, même sans le savoir, on en revient alors à toutes les approches de l’extrême-droite des années 1930. C’est pareil pour les zadistes.

Là, à la différence des zadistes, il y a toutefois le véganisme qui est assumé. Sauf que le véganisme est universel et entre l’universalisme et les célébrations national-révolutionnaires, il faut choisir. Entre vegan straight edge et hippie célébrant le localisme pacifique et identitaire, il faut choisir.

Le véritable affrontement, finalement, c’est cela. Demain, ce sera la bataille rangée entre précisément ces deux camps, la jeunesse devant choisir : ou la révolution ou la réaction.

A l’ignominie de reprendre à LTD plein de choses sans l’assumer, succède désormais chez Vegan Pays Basque ce pétainisme si traditionnel en France, ce culte du terroir, d’une « nature » statique, où tout est stable, sans changement, sans évolution…

Bref, cette vision réactionnaire du monde, à une époque où l’universalisme doit enfin être assumé par l’humanité. La planète est un tout, un grand ensemble, et ceux qui prétendent dire cela pour en faire en célébrer les « parties » sont justement les fachos se faisant passer pour ce qu’ils ne sont pas. Savoir les reconnaître est précieux!

Voici l’article de Vegan Pays Basque au sujet du prétendu « écocentrisme ». Il se veut une « introduction », mais il n’y aura pas de suite, à moins que vraiment le programme facho-terroir ne soit ouvertement assumé…

Introduction à l’écocentrisme

Pour une écologie radicale

«Le droit de toute forme de vie à exister est universel et ne saurait être quantifié. Aucune espèce ne détient plus qu’une autre un droit spécial à exister»

L’écologie « classique » pose comme finalité la satisfaction des besoins humains, et attribue au reste du vivant le statut de simple ressource : tels sont l’anthropocentrisme et l’humanisme. Cette écologie superficielle, qu’elle soit institutionnelle ou associative, ne propose qu’une meilleure gestion du système existant (développement durable, capitalisme vert etc.).

Contrairement à cela, l’écologie radicale se propose, comme son adjectif l’indique, de s’attaquer aux racines de la crise écologique globale envisagée comme une crise systémique¹, et ainsi retrouver les bases d’une société respectueuse de la Nature.

L’écocentrisme, qui est une des formes de l’écologie radicale, inscrit les perspectives de l’Homo sapiens dans une vision totalisante de son écosystème. À ses yeux, l’enjeu n’est pas seulement de protéger l’espèce humaine, mais au contraire d’avoir une perspective globale incluant la planète, les humain-e-s et l’ensemble des espèces avec lesquelles elle-il coévolue depuis son apparition.

L’écocentrisme : une incitation à la réflexion sur les sociétés humaines

L’espèce humaine n’est pas membre seulement d’une communauté humaine mais d’une « communauté biotique » (son écosystème), son milieu d’existence.

Aujourd’hui les modèles de société et les systèmes économiques actuels sont destructeurs de la planète, il convient dès lors de changer de paradigme en sortant du capitalisme et des logiques industrielles et productivistes qui l’accompagnent.

L’écocentrisme propose donc d’opérer une extension de l’éthique aux formes de vies non humaines, c’est-à-dire à toutes les espèces animales, mais également aux plantes, aux eaux, aux terres… Il défend l’idée que toutes les formes de vie et plus globalement les écosystèmes eux mêmes, autant que les humain-e-s, ont le droit de continuer à exister.

Il valorise la diversité d’un point de vue culturel, en promouvant l’autonomie locale, la décentralisation, des formes d’agricultures respectueuses de leurs milieux (permaculture, agro-foresterie…) ainsi que la restauration et la préservation de la nature sauvage.

L’écocentrisme s’inscrit dans la lutte pour la libération de la terre et défend, contre la vision utilitaire dominante, l’idée d’une valeur intrinsèque² de la Nature.

¹ Crise systémique: crise liée directement à la nature même d’un système.
² Intrinsèque: c’est-à-dire inhérente, par elle-même et pour elle-même

« Overshoot day 2015 »

Le WWF, une association internationale on ne peut plus institutionnelle, a relayé les informations du « overshoot day » : depuis hier, l’humanité a dépassé l’utilisation des ressources annuelles de la planète.

C’est toujours intéressant, même si les limites sont patentes. Tout d’abord, le point de vue reste anthropocentriste, tout est posé en termes de gains/pertes pour l’humanité « isolée » de la Nature. A cela s’ajoute que la Nature est conçue de manière purement statique et uniquement en termes de ressources.

Enfin, et c’est le pire, sur le plan de la cohérence : il est expliqué qu’on va droit dans le mur, mais le ton reste tout à fait « raisonnable », ne voulant qu’une « inflexion », etc. Que dira-t-on dans 25 ans d’une démarche aussi ridicule?

Overshoot day 2015 : A partir d’aujourd’hui, nous vivons à crédit sur notre planète…

Aujourd’hui, jeudi 13 août, nous avons malheureusement atteint l’Overshoot Day ou « jour de dépassement ». Cela signifie qu’en moins de huit mois, l’humanité a consommé l’ensemble des ressources que la planète peut produire en un an.

Tous les ans, le Global Footprint Network évalue le jour à partir duquel l’empreinte écologique de l’humanité dépasse la capacité écologique de notre planète. Chaque année, cette date butoir avance inexorablement. Il y a 15 ans, en 2000, ce jour à partir duquel les hommes vivaient à crédit était en octobre…

Le coût de cette surconsommation est chaque jour plus évidente : pénuries en eau, désertification, érosion des sols, chute de la productivité agricole, surexploitation halieutique, déforestation, disparition des espèces, et enfin augmentation de la concentration de gaz carbonique dans l’atmosphère.

Or cette augmentation de la concentration en CO2 dans l’atmosphère amplifie chacun de ces autres constats. Nos sociétés doivent avancer vers de nouveaux modèles à plus faible empreinte, qui présentent d’ailleurs de nombreux co-bénéfices environnementaux, sociaux et économiques.

« A elle seule, l’empreinte carbone a plus que doublé de 1963 à 1970, période à laquelle nous sommes entrés dans une surexploitation des ressources de la planète. Elle demeure l’élément connaissant la plus grande progression dans le calcul de l’écart entre notre empreinte écologique et les capacités de notre planète », explique Mathis Wackernagel, président du Global Footprint Network et co-créateur de la méthode de calcul.

« Un accord global vers la sortie des énergies fossiles qui doit être trouvé au cours de la prochaine conférence pour le climat se tenant à Paris pourrait significativement contribuer à infléchir la courbe de notre empreinte écologique, et la réduire à terme. »

L’empreinte écologique prend en compte l’empreinte carbone, c’est-à-dire la surface de terres nécessaire pour capturer les émissions de CO2 issues des énergies fossiles. Le dépassement de la capacité de stockage des émissions de CO2 entraîne l’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère, principale cause du changement climatique.

Au rythme actuel, l’absorption de gaz à effet de serre nécessiterait à elle seule 85 % de la biocapacité de la planète. “Il nous faudrait deux fois la biocapacité globale des forêts pour absorber les émissions mondiales de carbone” ajoute Mathis Wackernagel.

Une dernière chance

« A quatre mois de la fin de la Conférence Paris Climat 2015, le WWF appelle les gouvernements à se mobiliser pour arrêter les modalités et les engagements d’un plan d’urgence pour la période 2015-2020.

C’est la seule voie possible s’il on veut contenir le réchauffement en dessous de 2°C et ainsi limiter les impacts du changement climatique sur la planète et l’humanité. » explique Diane Simiu, Directrice des programmes du WWF France.

Pour cela, le pic des émissions de gaz à effet de serre doit être atteint avant 2020 grâce à quatre leviers :
L’accélération du déploiement des énergies renouvelables avec un objectif de 25% de la consommation énergétique mondiale ;
Le renforcement des mesures d’efficacité énergétique avec un doublement du taux d’efficacité énergétique pour atteindre 2,4% par an ;
La protection des forêts et de l’usage des terres ;
Le financement de la lutte contre le changement climatique : une feuille de route claire vers les 100 milliards de dollars et un retrait des soutiens à l’industrie du charbon estimés à 73 milliards de dollars.

Business As Usual

Si nous ne changeons rien et continuons à puiser autant de ressources qu’à ce jour, nous aurons besoin de l’équivalent de 2 planètes en 2030 et notre jour de dépassement sera avancé à la fin du mois de juin…

Cette projection suppose que la biocapacité, la croissance démographique et les tendances de consommation restent sur leurs trajectoires. Il n’est cependant pas certain que le maintien d’un tel niveau de consommation de ressources soit possible sans significativement endommager la biocapacité à long terme avec des impacts conséquents sur la consommation et la croissance démographique.

« La condition animale, l’atout estival des politiques pour capitaliser en sympathie »

Le titre choisi par le journal Le Figaro pour son article est on ne peut plus parlant : « La condition animale, l’atout estival des politiques pour capitaliser en sympathie ».

Et l’article ne s’en cache même pas : c’est l’association L214 qui permet ce recyclage.

Car il s’agit de recyclage, de manipulation à grande échelle. Toutes ces personnalités politiques, ces figures institutionnelles sont farouchement contre le véganisme, la libération animale… Elles ont fait de longues études, elles s’y connaissent très bien en gestion des conflits, en manipulations…

Elles sont farouchement pour l’exploitation animale et cela ne leur coûte rien de faire semblant, et cela les aide à être davantage crédible, surtout en pleine crise politique, alors qu’au fond ils sont des notables que la population méprise.

L214, c’est vraiment ici la bourgeoisie et les intellectuels universitaires qui viennent à la rescousse de personnalités politiques complètement carbonisées…

C’est une aide à la modernisation de l’exploitation animale, une tentative d’empêcher le véganisme et la libération animale d’être assumés tels quels, notamment par la jeunesse!

La jeunesse a toutes ses raisons de mépriser les choix de cette société, avec ses valeurs aliénées, son règne de l’éphémère et du commercial, de la superficialité, son mépris pour la Nature.

Inévitablement elle va se saisir de la libération animale et de la libération de la Terre, et tout renverser.

Avec ce que fait L214, on est là dans la récupération, l’insulte au principe de moral, l’attaque contre les valeurs d’intégrité et de probité, et surtout dans le soutien massif à l’exploitation animale, en donnant l’illusion qu’il se passe quelque chose, qu’on peut changer les choses de l’intérieur, etc.

Au lieu d’amener le véganisme dans la population, en donnant sens à un grand mouvement culturel, notamment les jeunes, on a ici un pragmatisme sordide et entièrement contre-productif.

La condition animale, l’atout estival des politiques pour capitaliser en sympathie

LE SCAN POLITIQUE – Lutte contre l’abandon des animaux, mobilisation sur le statut juridique des bêtes et contre le broyage des poussins : l’été s’avère propice à l’engagement des élus sur ces thèmes chers au coeur des électeurs de tous bords.

Europe-écologie et le Front national l’ont compris de longue date, la défense de la cause animale est en train de devenir un sujet porteur pour fédérer l’opinion publique. Force est de constater que ces dernières années, les mobilisations virales pour la défense d’animaux maltraités ou contre des particuliers maltraitants prennent régulièrement la forme de «raz-de-marée» transpartisans sur les réseaux sociaux. Un phénomène qui n’a pas échappé aux diverses formations politiques: des élus de tous bords s’engagent désormais pour la défense de la cause animale et le font savoir.

Une manière efficace d’exister dans le débat public et d’augmenter son capital sympathie sur des thématiques qui sortent du champ habituel de l’actualité politique. Et rien de mieux que la pause estivale pour mettre en avant le sujet sensible de la souffrance animale.

Cet été, pas moins de trois initiatives parlementaires ont porté sur ce thème. Un des derniers exemples en date: la mobilisation de 36 parlementaires de droite et de gauche -dont un certain nombre de néophytes comme Patrick Balkany- contre le broyage des poussins mâles. Une initiative lancée par l’association L 214 et dont le succès a amené le gouvernement à réagir ce mardi.

«Il y a certainement une part d’opportunisme politique sur ce sujet, qui correspond à une véritable évolution sociétale ces dernières années», relève Sébastien Arsac, porte-parle de l’association L 2014.

«Il y a eu une série de livres à succès sur le rapport de nos sociétés à la viande qui ont soulevé le sujet. Il y a eu de nombreuses mobilisations citoyennes, d’abord contre la corrida puis contre les méfaits de l’élevage industriel, comme à la «ferme des 1000 vaches». Il y a certainement un effet lié au boum des vidéos sur Internet qui montrent la souffrance animale. Un grand écart se creuse entre la morale commune et la réalité de la production agro-alimentaire», relève-t-il.
Observatoire de l’engagement des élus pour la cause animale

«C’est étonnant que le calcul n’ait pas été fait plus tôt par la classe politique, mais ils y viennent maintenant que le public se montre très réactif. De fait tous les partis se dotent peu à peu de commissions animaux», note le responsable associatif. «Un fait ne trompe pas: nous avons créé un observatoire «Politique et animaux» qui recense et évalue l’engagement des élus et des partis pour la cause animale. Les politiques et leurs cabinets nous téléphonent désormais pour y figurer en bonne place, c’est devenu un véritable enjeu d’image» raconte Sébastien Arsac.

Un engouement qui pourrait donc à terme profiter aux conditions de vie des 50 millions de poussins broyés chaque année, si l’on en croit la dernière déclaration du ministère de l’Agriculture sur le sujet.

«Nous avons été frappés de voir des signataires de tous les bords, c’est vraiment un sujet transversal. Que l’on soit élu du Front de gauche ou des Républicains, la maltraitance animalière choque désormais tout le monde», indique Sébastien Arsac.

«Longtemps, seuls Europe-Écologie et le FN se faisaient entendre sur ces thématiques peu politisées jusqu’ici. Mais il y a eu une bascule avec l’adoption de la loi reconnaissant les animaux comme des «êtres vivants doués de sensibilité» en janvier dernier à l’Assemblée».

Alors que de nombreux parlementaires, notamment de droite, s’étaient opposés au texte pour défendre les intérêts des chasseurs et des éleveurs, la cause animale a trouvé un de ses plus fervents portes-paroles avec le député LR Frédéric Lefebvre.

Pour ce seul été 2015, en plus des poussins, l’élu a porté une proposition de loi pour «aggraver les sanctions pénales applicables pour l’abandon d’animal, l’exercice de sévices graves et d’actes de cruauté envers les animaux», ainsi qu’un plan de stérilisation des chats errants et domestiques pour endiguer le recours à leur euthanasie.

De bonne intentions mais encore peu de résultats

«Des milliers d’animaux sont lâchement abandonnés depuis le début du mois de juillet. Des vies brisées. Il faut dissuader. Punir. Et protéger pour le futur», explique d’un ton grave le député sur son blog. «On me dit parfois: n’y a-t-il pas plus urgent? Et les violences faites aux femmes? Et le chômage? (…) Si me voici aux côtés des animaux abandonnés, principalement durant les vacances, c’est que je pense qu’une société qui maltraite les animaux est une société qui n’a de respect ni pour les plus faibles, ni pour la vie tout simplement», détaille-t-il.

Une démarche qui se porte au-delà des clivages et qu’il voudrait voir étendue à d’autres sujets: «Je crois que la politique s’honore à traiter des problèmes concrets et à dépasser les oppositions stériles pour additionner les différences sur les sujets qui préoccupent nos compatriotes. Car je crois que voter selon ses convictions y compris quand le projet est proposé par une majorité à laquelle on n’appartient pas, est une preuve d’amour aux Français et à la France». Aimer la vie et la France, protéger les animaux et dépasser les chapelles: difficile en effet de faire plus consensuel.

«C’est facile de déposer des propositions de lois, reste à voir celles qui iront jusqu’au bout. Il reste encore beaucoup de parlementaires rétifs à ces sujets et sensibles au lobbying de la FNSEA ou des chasseurs», déplore la députée EELV Laurence Abeille, engagée de longue date pour la cause animale.

«Pour les autres, il faut admettre qu’il y a une vraie évolution de la société depuis deux ans environ, et que de pétitions en mobilisations réussies, elle gagne la classe politique. On peut y voir une forme d’opportunisme mais au final, l’essentiel est d’aboutir à l’interdiction des pratiques maltraitantes. J’attends de voir si à l’avenir le PS et les Républicains iront jusqu’à inclure ces thèmes dans l’ordre du jour de leurs initiatives parlementaires. Et au-delà du processus législatif, il faut des signes forts du gouvernement. Des lois existent, mais pas les moyens pour les faire appliquer», fait valoir l’élue du Val-de-Marne.

Marée noire de l’Animas: la catastrophe des mines désaffectées

C’est une catastrophe terrible que connaît l’Animas, un affluent du fleuve Colorado aux Etats-Unis : au moins 11 millions de litres d’eau polluée y ont été déversées depuis une mine désaffectée!

Pour comprendre pourquoi, il faut étudier l’histoire, ce que les médias n’ont bien sûr pas fait, pressés de ranger cela dans la case « fait divers »…

Car des mines fermées potentiellement dangereuses aux Etats-Unis, il y en a… 557650, disposées dans 32 Etats américains, avec environ 50 milliards de tonnes de résidus miniers toxiques!

Regardons ici en détail ce qui s’est passé. En fait, on a Cement Creek, petit affluent de l’Animas, qui fait 203 kilomètres et est le principal affluent du San Juan, qui fait 616 kilomètres et lui-même se jette dans le Colorado, qui lui parcourt 2330 kilomètres, en partant du parc national des Montagnes Rocheuses.

Le fleuve Colorado est au coeur d’une bataille pour l’eau terrible entre sept États américains, alors que 700 familles descendants de pionniers sont de grands propriétaires terriens qui pompent l’eau pour l’utiliser en plein désert pour une agriculture utilisant celle-ci de manière massive (la betterave à sucre ou la luzerne qui a pas moins de douze récoltes par an).

On est ici en effet en plein dans l’histoire, avec la conquête de l’ouest.

Tout part de là et il faut pour cela aller dans le Colorado, dans la toute petit ville de Silverton, fondée en 1874 et dont voici une photographie en 1901. A son apogée, en 1910, il y avait 2000 personnes y vivant, alors qu’il n’en y a plus que quelques centaines désormais.

Pour saisir la dimension culturelle, voici une chanson country de C.W. McCall, « Silverton », datant de 1975 et racontant le train de Silverton, passant non loin du canyon de l’Animas.

Si un train passait par là, c’est en raison de la « Gold King Mine » un secteur de mines d’or typique de la conquête de l’ouest. Elle a connu sa gloire, puis a été abandonnée, comme… 22 000 autres mines du Colorado. Parfois, une petite ville pouvait être abandonnée également, comme Howardsville se situant juste à côté.

Mais les résidus miniers et la pollution massive sont restés. Et dans une des mines, fermée en 1923, il y avait un bassin et une digue pour bloquer la fuite d’eau polluée continuant de se déverser, au rythme de 1900 litres par minute, principalement depuis les mines Red et Bonita.

Le problème est que les agents chargés de la protection de l’environnement, le 5 août 2015, ont raté leur réfection faite au moyen de machines puissantes, car il fallait également bloquer d’autres zones pour ne pas que l’eau se déverse par ailleurs.

Il espéraient tout d’abord pomper l’eau du bassin pour fermer la mine et condamner le passage de l’eau polluée, pour éviter ce qui, justement, arriva alors. Un rempart de la mine a cédé, la digue a lâché, donnant libre cours à un mélange d’arsenic, de cuivre, de zinc, de fer, de cadmium, d’aluminium, se déversant dans la Cement Creek, puis l’Animas, le San Juan et le Colorado…

La triste « blague » a été que le département de la santé et de l’environnement du Colorado a affirmé qu’il n’y a pas de risque pour la vie marine, car… il n’y en a pas. Tout est tellement pollué que c’est la mort qui règne, tant pour la végétation que les êtres vivants dans l’eau. L’Animas a été déclarée morte dès les années 1950 ! Pourtant, trente ans après, des truites sont réapparues, la vie triomphe toujours. Mais avec quelles difficultés…

Le Cement Creek, quant à lui, avait vu son eau déclarée être imbuvable en… 1876 ! Avant même que les mines se généralisent !

Dans les années 1990, des zones de l’Animas devaient passer en « superfund », c’est-à-dire officiellement en zones ultra-polluées de manière dangereuse et devant être nettoyées avec de grands moyens, mais il y a peu d’habitants dans la région, peu de moyens, donc ce ne fut pas prioritaire…

D’autant plus que nombre de gens craignaient que le passage en superfund n’empêche le tourisme, alors que la dernière mine du coin a fermé en 1991, amenant l’effondrement de la vie économique du comté.

L’entreprise Sunnyside Gold Corp. proposa également des millions de dollars pour qu’on ne passe pas en « superfund », avec l’idée d’une éventuelle réouverture des mines… pour finalement revendre la mine où a eu lieu la catastrophe à Gold King.

Tout s’est amélioré dans les mines fermées de Sunnyside Gold Corp., mais pas pour celle de Gold King qui a récupéré les eaux dont le passage était bloqué dans les autres mines fermées… Un accord fut alors effectué pour résorber le problème : le non-passage en « superfund » en l’échange de l’opération ayant justement échoué le 5 août…

Ici, on a une petite carte des zones « superfund » en 2008, montrant le degré d’urgence.

La pollution de Cement Creek et de l’Animas est une catastrophe aussi pour la population humaine utilisant cette eau, et n’ayant plus pu le faire, devant être ravitaillée en catastrophe. La ville de Durango, environ 16000 habitants, a notamment été durement touchée par la pollution.

Il ne faut pas croire que ce qui s’est passé restera isolé, malheureusement. Des problèmes à la « Gold King Mine », il y en a eu déjà dans les années 1970, avec en 1975 un bassin de retenue des eaux polluées qui a lâché, avec 50 000 tonnes de boues toxiques déversées dans l’eau, ainsi qu’un effondrement en raison des travaux de Sunnyside Gold Corp. proche du lac Emma, amenant l’inondation de la mine, avec un million de tonnes de boue dévalant pareillement dans l’eau.

Aucun hasard, donc, mais l’anthropocentrisme pur et simple, la négation de la planète comme abri de la vie. Et c’est avec une amertume certaine qu’on peut voir ce ballon posé sur l’Animas, les boues toxiques une fois passées, avec inscrit « get well soon », « remets toi vite ».

Car il faudra des années, des décennies pour que la vie reprenne ses droits… si l’humanité n’intervient pas une nouvelle fois encore dans le mauvais sens, par vue à court terme imposé par la course au profit et la négation de notre mère la Terre!

Massacre des poussins mâles et appel aux institutions

A force de jouer avec le feu, on se brûle. On voit mal en effet comment pourraient contribuer réellement à la cause animale des gens comme l’immensément opportuniste d’EELV Jean-Vincent Placé, le Corse actif à Marseille Jean-Noël Guérini au coeur de l’affaire du même nom, Olivier Dassault appartenant à la famille d’entrepreneurs de l’armement du même nom, Patrick Balkany dont les affaires judiciaires occupent l’actualité, ou encore la figure nationaliste « souverainiste » Nicolas Dupont-Aignan…

Pourtant, ce sont de telles figures politiques, parmi plusieurs autres, que l’association L214 est allée rechercher pour combattre le meurtre de 50 millions de poussins mâles chaque année, dans des conditions terrifiantes. Naturellement, les députés et sénateurs en question ne se prononcent contre uniquement dans la mesure où à leurs yeux c’est indigne de la modernité de la filiale « avicole »…

Quand on voit Patrick Balkany parler de « modèle agricole respectueux du bien-être animal », franchement, c’est sordide et pathétique.

Quand on a Jean-Vincent Placé qui rappelle que « le ministère de l’agriculture a précisé travailler sur une remise à plat des normes de mise à mort des animaux et traiter la question de la mise à mort des poussins dans les couvoirs », c’est glaçant.

Peut-on faire progresser la cause animale de cette manière? Il faut vraiment mépriser le peuple pour penser agir ainsi, en contournant les gens, en passant au-dessus de leur tête.

Et d’ailleurs – c’est un point essentiel – la non-mise à mort des poussins mâles passe par une intervention encore plus grande de l’industrie dans la vie des animaux exploités, renforçant encore plus le système.

Faire l’apologie de la méthode spectrométrique pour sauver les poussins mâles, c’est se tirer une balle dans le pied. On est ici clairement dans la modernisation au nom du « bien-être animal », il est impossible de prétendre le contraire, surtout vu les gens à qui on a affaire ici…

Voici par exemple ce que dit François Loncle, député Socialiste, républicain et citoyen de l’Eure :

M. François Loncle attire l’attention de M. le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du Gouvernement sur le sort funeste réservé à certains poussins dans les couvoirs de poules pondeuses. Dans l’élevage avicole, uniquement les femelles sont conservées pour la production d’œufs. Quant aux poussins mâles, ils sont éliminés dès leur naissance, car ils ne possèdent pas les mêmes caractéristiques que les poulets élevés pour leur chair : ils sont tués de manière particulièrement cruelle, en étant broyés, gazés ou étouffés. Tout en préservant la filière avicole française qui a réalisé depuis plusieurs années de gros efforts de modernisation, il lui demande qu’il lui explique comment rendre plus digne la mise à mort des animaux que l’Assemblée nationale a reconnu, en janvier 2015, comme des « êtres vivants doués de sensibilité ». Il souhaite savoir ce qu’il pense de la méthode spectrométrique allemande de détermination prénatale du sexe des poussins, ce qui permettra, à la fois, un tri précoce dans l’œuf et un abandon de la pratique abominable du broyage des poussins.

Voici ce que dit Nicolas Dupont-Aignan, et on remarquera qu’il cite et salue l’association L214, qui a mobilisé les députés et sénateurs en question. Ce qui signifie pour cette association avoir une véritable reconnaissance institutionnelle.

M. Nicolas Dupont-Aignan appelle l’attention de M. le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du Gouvernement sur la pratique du broyage à vif des poussins dans les couvoirs de poules pondeuses. Dans l’élevage avicole, seuls les nouveau-nés femelles sont conservés pour la production d’œufs et les poussins mâles sont détruits : en effet, n’ayant pas les mêmes caractéristiques que les poulets élevés pour leur chair, ils sont considérés comme inutiles par la filière avicole. En France ce sont environ 50 millions de poussins mâles qui sont ainsi éliminés de façon particulièrement cruelle au premier jour de leur vie : déchiquetés vivants à l’aide de broyeuses, gazés ou étouffés. Cette pratique de l’élimination en masse des poussins mâles a été révélée par un ancien employé de couvoir en Bretagne, dont le témoignage filmé a été rendu public par L214 en novembre 2014.

Les images montraient en effet des poussins jetés de façon routinière dans une broyeuse ou étouffés par centaines dans des sacs poubelle. Cette pratique constitue une dérive de l’industrie avicole incompatible avec les principes d’une société qui reconnaît le caractère sensible de l’animal. En novembre 2014, les services de votre ministère ont communiqué à la presse leur intention de remettre à plat les normes de mise à mort des animaux et de traiter la question de la mise à mort des poussins dans les couvoirs. En Allemagne le ministre de l’agriculture Christian Schmidt a annoncé que le procédé de prédétermination du sexe des poussins sera utilisé couramment dès 2016 et que la pratique du broyage devrait être abolie à partir de 2017. L’Université de Leipzig a en effet mis au point une méthode de détermination prénatale du sexe des poussins, permettant un tri précoce des poussins dans l’œuf. Grâce à cette méthode il sera possible de déterminer le sexe des poussins dès le 3ème jour de leur développement par une technique de spectrométrie. La France, ayant adopté la loi d’avenir agricole qui vise à développer un modèle agricole respectueux du bien-être animal, s’honorerait à prendre la même décision que l’Allemagne et ainsi mettre fin à la pratique du broyage des poussins. Aussi il souhaiterait savoir s’il envisage d’instaurer de façon obligatoire en France la méthode de prédétermination du sexe des poussins.

Voici la liste des députés et sénateurs concernés. En cliquant sur leurs noms, on a le texte de leur intervention au parlement ou au sénat.

Dire que maintenant tout ce « beau monde » va se donner une image positive, en faveur des animaux, alors qu’au fond leur base même est fondamentalement anti-végan…

Il va de soi également qu’un tel opportunisme va torpiller la cause animale chez beaucoup de monde. Parce qu’aller chercher les Balkany, Guérini, Placé, ou même les députés et sénateurs traditionnels, en pleine crise politique en France, c’est quelque chose de tellement institutionnel – voire de soumission complète aux « notables » – que cela dégoûte profondément…

Laurence Abeille (EELV, Val de Marne)
Brigitte Allain (EELV, Dordogne)
Laurence Arribagé (LR, Haute Garonne)
Danielle Auroi (EELV, Puy-de-Dôme)
Patrick Balkany (LR, Hauts-de-Seine)
Jean-Jacques Candelier (FG, Nord)
Dominique Chauvel (PS, Seine Maritime)
Olivier Dassault (LR, Oise)
Dominique Dord (LR, Savoie)
Nicolas Dupont-Aignan (DLR, Essonne)
Jean-Paul Dupré (PS, Aude)
Guénahël Huet (LR,Manche)
Jean Lassalle (Modem, Pyrénées-Atlantiques)
Thierry Lazaro (LR, Nord)
Frédéric Lefebvre (LR, Français établis hors de France)
François Loncle (PS, Eure)
Lionnel Luca (LR, Alpes-Maritimes)
Alain Marleix (LR, Cantal)
Philippe Noguès (PS, Morbihan)
Philippe Plisson (PS, Gironde)
Bérengère Poletti (LR, Ardennes)
Christophe Premat (PS, Français établis hors de France)
Gabriel Serville (D&R, Guyane)
Christophe Sirugue (PS, Saône-et-Loire)
Michel Sordi (LR, Haut-Rhin)
Michel Vergnier (PS, Creuse)

Jean-Marie Bockel (UDI, Haut-Rhin)
Roland Courteau (PS, Aude)
Jean-Noël Guérini (LF13, Bouches-du-Rhône)
Chantal Jouanno (UDI, Paris)
Jean-Pierre Masseret (PS, Moselle)
Cyril Pellevat (LR, Haute-savoie)
Marie-Françoise Perol-Dumont (PS, Haute-Vienne)
Jean-Vincent Placé (EELV, Essonne)
Nelly Tocqueville (PS, Seine-Maritime)
Alain Vasselle (LR, Oise)

Abnegation – Jihad

Dans la même lignée que Day of suffering dont nous parlions il y a peu, Abnegation est un groupe important de la culture vegan straight edge apparaissant au milieu des années 1990, ici en 1995.

La chanson suivante, « Jihad », appartient également à la culture hardline et on a encore une vision terriblement noire de la situation, un appel à l’engagement, le tout utilisant une imagerie religieuse pour exprimer à la fois l’angoisse et la dimension du problème.

I cut myself upon shards of stained glass
The blood drips on the sacred scriptures
I carve into my flesh the sign of the seventh son
Past of bloody rituals, future without redemption
Je me suis coupé sur des éclats de verre teinté
Les gouttes de sang sur les textes sacrés
Je sculpte dans ma chair le signe du septième fils
Passé de rituels sanglants, l’avenir sans la rédemption

Papyrus riddled with blasphemy
No longer will I bear your crown of thorns
Red skies soar above
Kneeling before an empty cross
Papyrus criblé de blasphème
Je ne porterais plus longtemps votre couronne d’épines
Les cieux rouges planent au-dessus
A genoux devant une croix vide

Seventh seal broken
Hopes for salvation lost
No god will save you now
Slit the throat of the lamb
You stuck the sword in its side, not me
Not me
Le septième sceau brisé
Les espoirs de salut perdu
Aucun dieu ne vous sauvera maintenant
Ayant égorgé l’agneau
Vous avez coincé l’épée dans son flanc, pas moi
pas moi

Les grandes avancées du véganisme en Allemagne et en Autriche

C’est un fait dont il faut avoir connaissance : le véganisme s’installe en profondeur en Allemagne et en Autriche.

Ce que représente le véganisme est désormais largement connu, et c’est une tendance valorisée dans la jeunesse. Une partie significative des restaurants propose désormais des plats végétaliens et dans tous les événements culturels un tant soit peu alternatifs, le végétalisme est la règle.

Dans certains quartiers de Berlin, le végétalisme est le dénominateur commun des restaurants; pratiquement aucun des nombreux glaciers de Vienne ne propose pas de variante végétalienne.

En pratique on peut dire que ce sont les deux capitales du véganisme, avec des supermarchés vegans, des magasins vegans, des cuisines populaires végétaliennes dans le mouvement alternatif, une reconnaissance sociale énorme et en plein développement. Sans doute peut-on dire que suivent Tel-Aviv et New York, mais l’ampleur populaire est difficilement comparable.

Car en Allemagne et en Autriche, on peut ne pas être vegan. Mais il est difficile de se dire contre et dans la jeunesse et les milieux alternatifs, c’est même absolument impossible. Le vent souffle très fort en faveur du véganisme.

Le terme qu’on doit en faut utiliser est celui de norme. On ne peut pas être dans son époque sans reconnaître le véganisme. C’est encore plus vrai chez les gens voulant ou prétendant changer le monde.

Pour comparer, c’est un peu comme si le Parti de Gauche, le Parti Communiste, les Verts, toute l’extrême-gauche, proposaient systématiquement des plats végétaliens lorsqu’ils organisent quelque chose.

C’est évidemment difficile à imaginer, tellement c’est indéniablement loin de la situation en France… En France le véganisme est combattu, pas seulement d’ailleurs par les réactionnaires célébrant le terroir, mais également par les partisans du « végéta*isme » qui refusent d’être clair et net, louvoient, prônent des réformes, etc.

Ces gens sont en pratique les agents du libéralisme, des saboteurs. Le succès du véganisme en Allemagne et en Autriche montre bien qu’il est possible de réussir – c’est même la seule voie – en assumant complètement la dimension morale.

Ce n’est que lorsque les frontières sont nettes qu’on peut se repérer. Il faut être capable de s’orienter par rapport à ce qui est juste, ce qui est injuste, afin de faire les choses bien – toutes les choses.

Car, on s’en doute même si c’est un peu caricaturer les Allemands et les Autrichiens, que cela ne plaisante pas. C’est tellement vrai qu’on n’en est plus là-bas à l’époque où il y avait éventuellement un plat avec de la « viande » et un plat végétarien : désormais le végétalisme est la règle, lorsqu’il y a un plat végétarien les gens s’excusent en pratique de le proposer.

C’est surtout cela qu’il faut retenir. Le végétarisme est une notion qui s’est effondrée. La population végétarienne représente une sorte de vaste sas de transition aux contours informes, qui est dévalorisée afin que les gens ne s’arrêtent pas à cela.

Le véganisme a une hégémonie complète : on ne peut pas être jeune, branché, et s’opposer au véganisme, c’est impossible. C’est une tendance sociale qui est une lame de fond. Le végétarisme n’existe tout simplement pas, c’est une absurdité, un reste du passé, quelque chose n’ayant pas de sens.

Cela ne veut pas dire que tout le monde soit vegan. Grosso modo, l’Allemagne et l’Autriche ont chacun à peu près 15% de leur population qui est végétarienne, et pratiquement 2% de vegan.

Mais le véganisme est reconnu comme une valeur certaine, il « faudrait » l’être si on ne l’est pas. Le végétarisme n’a plus de reconnaissance sociale, il n’est plus perçu comme ayant une valeur morale ou intellectuelle. Le véganisme apparaît comme une véritable option historique.

La pression est naturellement la plus forte dans les milieux alternatifs ou branchés. Des rebelles au t-shirt « acab » jetant des pierres sur la police aux jeunes écoutant de la techno dans des lieux tendances, depuis les réunions conspiratrices jusqu’aux conférences publiques contestataires, le véganisme est quelque chose d’incontournable culturellement.

Dans la société, le véganisme ne choque plus personne, même plus chez les nazis!

Il y a des raisons historiques à cela: le rapport à la Nature est bien différent dans ces pays de ce qu’on connaît en France. Au pays de Descartes, la pseudo rationalité mathématique nie la reconnaissance des sens. La compassion n’est pas « logique ».

A cela s’ajoute l’éloge du terroir, ce culte français de la petite propriété, qui empêche de voir les choses en grand et idéalise la ferme, au point qu’en 2015 les publicités des entreprises agro-industrielles jouent encore sur cette image d’Épinal de la petite ferme idéale où les animaux sont heureux.

Si le véganisme ne progresse pas comme en Allemagne et en Autriche, cela doit beaucoup à cette idéologie de la « vache-qui-rit ».

Cela rend l’avancée du véganisme bien plus compliquée dans notre pays et est bien vaine l’idée de contourner le problème par des appels aux réformes, le « végéta*isme », des publicités sur google ou dans le métro, l’utilisation d’intellectuels même pas végans.

On ne peut pas contourner la société et en France le véganisme est un véritable détonateur social. Il renverse la manière qu’a la France de se voir elle-même, avec cette fiction du « terroir », cette manière très esprit de clocher, très cocardier et chauvin, très libérale-libertaire et relativiste.

L’Allemagne et l’Autriche ne sont ici nullement des modèles, mais au moins de bons exemples : il faut dépasser l’idéologie dominante et s’appuyer sur les éléments culturels positifs. Sans cela, aucun résultat concret et durable n’est possible…

Dénouement heureux à un crime odieux à Carrières-sur-Seine

La conception vegan straight edge de la libération animale est absolument radicale, elle est révolutionnaire. C’est une conception complète et sans compromis. L’ídéologie dominante doit être renversée, une culture nouvelle en défense de la vie doit triompher.

Il faut donc dire franchement non aux gens prônant des réformes sur 10 000 ans ou bien résumant leurs actions à du symbolisme, que ce soit sur des blogs ou bien lors de rassemblements souvent sordides.

On a une preuve terrifiante de cela avec ce qui est arrivé à cette pauvre chienne à Carrières-sur-Seine, en banlieue parisienne. Un ennemi de la vie l’a enterrée vivante dans un terrain vague, ne laissant que la tête dépasser.

Le pauvre animal avait été attaché à un sac de gravats, puis recouvert de pierres. Voici l’explication et les photos absolument terribles issues de la page de la personne qui l’a trouvé et libéré.

Etant donné le dénouement heureux de cet acte ignoble, nous publions les images de ce sauvetage.

On remarquera l’attention que porte le second chien à celui qui est en détresse…

 « Hier lorsque que je promenais déesse avec une amie et alors que nous nous apprêtions a finir la promenade, nous décidames face au plaisir accentué que procurait à déesse la liberté, de continuer encore un peu…chose que je ne regrette pas étant donné que cela nous a permis d’être au bon endroit au bon moment pour sauver une vie, celle d’une chienne…qui malheureusement, a été cruellement enterrée vivante, seule sa tête était difficilement visible compte tenue de la quantité de terre qui la recouvrait. Je me passerai de commentaires et souhaite publier cela non pour valoriser mon acte mais pour sensibiliser les gens sur la cruauté envers les animaux considérés depuis peu de temps par la loi comme des êtres vivants dotés de sensibilité et prévoyant des peines allant jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 30 000 eur d’amende. Les images sont choquantes et la réalité bien plus encore… »







La chienne a été découverte il y a une semaine; l’affaire n’a été révélée qu’une fois une personne ayant été arrêtée : une jeune de 21 ans, « propriétaire » de la chienne de dix ans qui avait un tatouage à l’oreille. Il nie les faits, en prétendant que la chienne, un dogue de Bordeaux, se serait enfuie. Le point de vue des enquêteurs a été fourni par Le Parisien: « La chienne a plus de dix ans et souffre d’arthrose, on l’imagine mal prendre la fuite en courant. »

Le procès aura lieu en mars 2016, avec en théorie une peine possible de 30 000 euros d’amendes et deux années de prison. La pression est déjà énorme : l’information a été partagée 180 000 fois sur facebook, une pétition signée 320 000 fois.

Pour l’instant on ne connaît pas le nom du chien, c’est dommage cela dépersonnalise, et il faut savoir que pour l’instant il appartient toujours à son « propriétaire »…

Maintenant, regardons les faits avec un peu de distance. On sait que d’habitude on pense dans le mouvement de défense des animaux que les gens sont « méchants ». Pourtant, si on faisait un référendum, le peuple aurait un avis expéditif sur la question. Normal, tout le monde aime les animaux!

Le problème est que la société ne fournit que des situations mauvaises, où les gens ont un rapport le plus souvent anti-naturel aux animaux. Ce sont les enfants qui harcèlent les pigeons, la quasi totalité des gens mangeant de la « viande », l’expansion à grande vitesse de l’exploitation animale, l’écocide généralisé à l’échelle planétaire…

Cette personne a commis ce crime d’esprit typiquement nazi à Carrières-sur-Seine. Et cette personne n’est pas « folle », elle est le produit de la société, de ses valeurs, de l’idéologie dominante. Vouloir changer les choses sans s’attaquer aux racines du problème n’aurait pas de sens.

Le cannabis : pas « naturel » mais « développé et breveté »

L’un des grands arguments des partisans du cannabis est que ce serait une drogue « naturelle ». Mettons cela en doute, en regardant ce que dit Cannaweed, qui se présente ainsi :

« En plus de 10ans CannaWeed et son forum ont connu un grand succès et de très fortes affluences, au fil du temps la communauté a constitué une formidable base de données pour répondre à la plupart des questions que se pose un cultivateur en herbe, et l’aider à mener à terme sa culture. (…) Le site prône l’AUTOproduction ! »

Cela a le mérite d’être clair. Pour l’anecdote, c’est une personne ayant pris le nom de… « ptivegan » qui fournit la photo où le chat est présenté comme un ennemi potentiel de la production, tout comme une longue liste d’insectes. Vilaine Nature qui dérange les fumeurs…

Et donc si les fumeurs prétendent fumer quelque chose de « naturel », c’est faux : le cannabis a été modifié de manière énorme. Si Cannaweed étale ses connaissances des… 1488 variétés, ce n’est pas pour rien !

Constatons le lyrisme de Flyingdutchmen (le hollandais volant, allusion humoristique au fait de « planer » et au vaisseau fantôme du même nom, que Wagner a repris en opéra) :

« Graine de Dame Blanche Feminisee

Cette Dame brillante est le résultat de la dernière amélioration des lignées « blanches » de cannabis – une variété de graine cannabis massive qui est parfaite pour les débutants ou pour des cultivateurs plus expérimentés. Nous avons croisé notre White Widow avec notre hybride Skunk / Northern Lights pour obtenir la Dame Blanche – une variété à dominance Indica avec un milieu de Sativa varié.

Elle est touffue, sa production est vigoureuse et son branchage, solide. Les graines de cannabis peuvent être transplantés assez petits – avec seulement quelques paires de feuilles – et termineront normalement leur maturation autour d´un mètre de hauteur.

Le bourgeonnement est rapide en première moitié de floraison et déchaîné plus tard, quand le dessus des grappes soyeuses de fleurs se couvrent de long pistils. Leur masse augmente alors rapidement pour se rejoindre au sommet de la tige et des branches et former des têtes scintillantes stupéfiantes qui enchanteront tous les amoureux de ganja. »

Il y a donc des variétés « améliorées » – on devine les critères – aux noms variés comme Butterscotch Hawaiian, Afghani #1 (Sensi Seeds), Jean Guy (Qc), Mother of Mercy, Alaskan Matanuska Thunderfuck, Sour Bubble…

Sur wikipédia des partisans des drogues on put parfois prendre le pouvoir, voyons par exemple dans une liste cette remarque formulée comme « en passant »…

AK-47 ou Special-K (Serious Seeds) [Colombian × Mexican × Thai × Afghani] – seconde place à la Cannabis cup, 2003, catégorie indica cup

La page wikipédia de cette variante, qui n’existe qu’en français, est assez éloquente :

L’AK-47 est une variété hybride de cannabis à forte teneur en THC développée et brevetée par des Néerlandais[Qui ?]. Elle est assez populaire auprès des consommateurs de cannabis mais de production limitée du fait d’une faible densité et de la difficulté d’une production commerciale.

L’hybridation est à dominante sativa, les clones poussent en 5 à 10 jours en intérieur. La floraison dure de 53 à 63 jours et donne un rendement de 350 à 500 g·m-2[réf. nécessaire]. En culture d’extérieur, la récolte a lieu dans la deuxième moitié d’octobre.

C’est une variété réputée pour avoir remporté de nombreux prix dont la seconde place à la Cannabis cup 2003, catégorie indica cup.

Elle présente un très forte odeur et un goût à fumer très fort. Elle est de taille moyenne et possède une période de floraison plutôt courte pour l’espèce.

Elle est parfois appelée Special K bien que le nom soit déjà utilisé pour désigner la kétamine. Son nom serait une référence à la force de son effet et au fusil d’assaut éponyme. Une autre explication est que c’est l’abréviation de Afghani Kush et 47 pour la période de floraison.

« Développée et brevetée » : voilà qui montre l’absurdite de la prétention à fumer quelque chose de « naturel »…

« Cecil le lion, ou l’indignation de l’indifférent »

L’affaire du pauvre lion surnommé Cecil et assassiné continue de faire beaucoup de bruit. Nombreuses sont les personnes qui prennent conscience de la situation et saisissent l’ampleur du désastre, notamment ce qui touche aux pseudos chasses organisées.

Sur internet, surtout aux États-Unis mais également dans d’autres pays comme l’Autriche ou la Suisse, on retrouve des portraits de chasseurs partis en Afrique et tuant des animaux « commandés »: des rhinocéros, des girafes…

Naturellement, il s’agit toujours ici de gens appartenant aux catégories sociales les plus élevées, qui lorsqu’elles se défendent utilisent un argument simple: elles ont payées, il y a eu un contrat, elles n’ont donc rien à se reprocher…

On comprend bien ici qu’il y a une idéologie dominante à écraser. Tant que dominera ce prestige du « luxe » – la chasse en Afrique, le « cuir » des belles voitures, la « fourrure »… – la société ne progressera pas sur la voie du véganisme. C’est une question de style de vie.

Le « scandale » continue en tout cas, et c’est une bonne chose. De nombreuses compagnies d’aviation ont annoncé ne plus accepter de transporter des « trophées ». Des gens discutent de la situation, c’est une actualité.

Il est donc dans l’ordre des choses que certains soient contre, afin de s’opposer à l’émergence de la question animale.

Le Figaro a ainsi publié une tribune ignoble, où quelqu’un met en avant l’idéologie prétentieuse et vaine des ONG, affirmant même sur « le ton de la blague » qu’il devrait tuer le frère de Cecil pour y tatouer les noms des victimes humaines en Afrique…

Une manière classique d’opposer l’humanisme à la cause animale, alors que justement cette dernière est le prolongement logique de l’humanisme… Le pseudo humanisme n’étant en réalité que notre ennemi juré: l’anthropocentrisme.

On notera au passage que l’auteur de la « tribune » est un Belge habitué des prises de positions ultra-conservatrices. L’ONG à laquelle il appartient – et qu’il ne pourrait mettre en avant ici dans sa tribune sans accord au moins tacite – dispose d’un soutien vraiment très important d’entreprises et d’institutions. Son président a un long parcours dans le milieu des ONG, après avoir étudié le business à la prestigieuse université de Dauphine et avoir été journaliste à BFM Business.

Cecil le lion, ou l’indignation de l’indifférent

FIGAROVOX/HUMEUR – Joseph Junker, ex-volontaire de solidarité internationale, dénonce l’hypocrisie qui enveloppe l’indignation autour de la mort du Lion Cecil et l’indifférence des Occidentaux à l’égard du continent africain.


Joseph Junker est blogueur. Il a été bénévole pour l’ONG Solidarité internationale

Raiza n’avait pas plus de 14 ans quand je l’ai rencontrée. Comme toutes les jeunes filles philippines de son âge, elle était restée plus une enfant qu’une adolescente, combinait l’espièglerie de la jeunesse, l’indolence des pays tropicaux et ce culte de l’instant présent qui permet aux plus démunis de survivre avec le sourire à leur condition misérable. Abandonnée par sa mère et sans famille, elle avait été recueillie au milieu d’une douzaine d’autres jeunes filles par des frères catholiques, qui nous avaient demandé entre autres choses de nous occuper d’elles et de les envoyer à l’école. Prenant notre tâche à cœur, nous décidâmes le jour de ses 15 ans de lui offrir le minimum syndical que permettait notre temps limité de volontaire: un petit gâteau, une bougie, et quelques chocolats pour elle toute seule, de la part des frères. Lorsque les lumières s’éteignirent, qu’elle entendit «happy birthday to you» et nous vit arriver avec notre dérisoire petit présent, elle fondit en larmes et ne sut dire un mot pendant plusieurs minutes, avant de nous déclarer entre deux sanglots que personne n’avait jamais fait attention à elle, et que c’était le plus beau jour de sa vie. Elle avait 15 ans, et elle mourrait. Pas de cette mort violente de faim, de soif ou de coups. Elle mourrait de l’indifférence de ses semblables, de notre indifférence, de votre indifférence.

Un autre volontaire, parti lui en Guinée nous racontait la violence de la vie en Afrique, bien physique cette fois, et dont il avait été témoin. A l’hôpital St Gabriel de Conakry, on comptait certaines semaines une demi-douzaine de morts. Des adultes blessés par des rebelles? Des femmes violées par quelques milices? Des malades d’Ebola venu finir leurs misérables jours dans un minimum d’humanité? Même pas. Presque tous des enfants. A 6 ans leur corps décharné à peine plus gros que celui d’un nourrisson, morts de malnutrition. Seul voie de survie pour ce volontaire: se blinder et parvenir sans jamais s’y faire à continuer à soigner tous ces anonymes qui s’accrochent à la vie.

Ce soir, Mamadou va mourir, noyé avec les 14 érythréens qui l’accompagnaient, tous emportés par une lame sur le chemin de la Crète. Comme ils sont peu nombreux, la seule personne qui en entendra parler sera l’ouvrier communal chargé d’enterrer son corps.

Pourquoi je vous raconte tout ça? Parcequ’il y a statistiquement 1% de chances que vous sachiez situer Conakry sur la carte du monde, 0% de chances que vous ayiez entendu parler un jour de Raiza et il est une certitude que Mamadou ne sera rien de plus pour vous qu’une statistique que vous lirez dans quelques mois.… mais qu’à moins de revenir à l’instant de vacances ou d’être un citoyen raisonnablement déconnecté, vous avez 99% de chance d’avoir entendu parler du décès tragique de Cecil, le lion zimbabwéen (Simba quoi?) le plus célèbre du monde. Il est même problable que vous connaissiez le nom de son frère, dont vous avez appris en même temps l’existence et la survie avec un soulagement non-dissimulé. Peut-être même avez-vous comme 220.000 autres signé la pétition réclamant justice pour l’infortuné Cecil et son «assassin», ce riche amerloque, ce méchant presque trop laid pour être vrai qu’on imagine déjà membre du NRA, du GOP, roulant en SUV, homophobe, raciste, et tout les autres crimes de la terre – (je parle naturellement ici des crimes vraiment graves, naturellement) et dentiste par-dessus le marché!

Oh bien-sûr, il est regrettable que des individus s’amusent à tuer inutilement pour leur amusement personnel de grandes et belles bêtes, rares et menacées de surcroît. Mais comment ne pas s’attarder un instant sur ce que nous dit cette histoire de l’Afrique, ce continent de l’indifférence, où la mort d’un lion dépassera bientôt en impact celle de Nelson Mandela, faisant de cet animal l’africain le plus aimé et le plus regretté à travers le monde? Permettez-moi d’en tirer 2 enseignements:

Premièrement, nous n’avons pas grand-chose à cirer des enfants de Conakry. Ou plutôt si, nous préfèrerions qu’ils ne meurent pas, sommes éventuellement prêt à leur faire l’obole lorsque leur existence se fait un peu trop gênante pour la tranquilité de notre conscience et de notre petit système moral. A condition évidemment qu’ils restent en Guinée (où ça?), évitent d’y avoir eux-même trop d’enfants et surtout que nous n’ayons pas à y mettre les pieds un jour… sauf sur la plage bien entendu.

Deuxièmement, l’histoire de la mort de Cecil nous intéresse. Elle ne nous intéresse pas parceque nous regrettons de ne plus pouvoir l’admirer au cours du safari que vous projettez de faire à la noël au Simba… (euh… où ça déjà?), mais parcequ’elle correspond au mythe de la vision de l’homme qui prévaut dans notre société: La bêtise de l’homme détruisant la beauté de la vierge nature et la pureté des majestueux êtres qui la peuplent, comme c’est beau et tragique! L’homme blanc qui vient exploiter les ressources de l’Afrique, quelle horreur absolue dans notre référentiel idéologique! Mais surtout, ce qui est très pratique: le coupable est parfait! Il ne nous ressemble pas, vous et moi n’aurions jamais fait une chose pareille (vous n’en avez de toutes façons pas les moyens), il est loin de nous et nous évite franchement de nous remettre en question. Pas de petites sueurs froides au moment de le condamner, pas d’épine dans la conscience, le confort moral parfait pour pouvoir s’indigner tranquillement assis derrière son ordinateur. Ca tombe à pic d’ailleurs, en été il ne se passe jamais rien!

En fait, la morale la plus intéressante de cette histoire est que l’indignation du bobo requiers l’indiférence du nanti.

Alors si vous avez lu ceci et vous êtes reconnu dans ces lignes, il n’est pas trop tard pour changer et pour renier cette indifférence: commencez par entendre la question que votre fils vient de vous poser et que vous n’avez pas répondue, absorbé par votre écran. Puis regardez une fois dans les yeux le prochain sans-abri que vous croiserez (ne fût que pour vous rendre compte que c’est un être humain qui vous parle plutôt qu’une machine à demander des sous) et demandez-vous sincèrement par quel moyen pour pourriez aider les quatre Zimbabwéens sur cinq qui vivent dans la misère. Vous m’éviterez ainsi la tentation d’aller descendre le frangin de Cecil et de lui tatouer sur le corps les noms de Raiza, Mamadou et de tous les petits morts de Conakry. Peut-être qu’ainsi, au milieu de cette mondialisation de l’indifférence, vous feriez enfin un peu attention à eux.