Vaillant, l’ami ailé trouvé lors du premier confinement

L’article précédent de LTD date de mars 2020 (Coronavirus Covid-19: la vengeance de Gaïa), afin de marquer le coup, d’une idée-force : l’humanité se voit remettre en cause.

Jamais il n’y a eu autant de réflexions sur cette question, primordiale, et même si elle est passée à la trappe devant son envergure (la peur du changement !), elle va revenir en force, car l’humanité doit entièrement changer son existence. La perspective ouverte est immense et exige qu’on pose de bonnes bases pour être à la hauteur du défi!

Alors que commence un second confinement, voici un témoignage du premier confinement, qui dit finalement tout ce qu’il y a à dire quant au rapport nécessaire aux êtres vivants, à la Nature. Tout est là, tout est digne, tout est bienveillant : c’est l’avenir qui se présente ici.

En avant vers l’Eden !

Aussi loin que je puisse me souvenir, j’ai toujours vécu et grandi avec des animaux. Au long de mon enfance et adolescence, à la maison, nous avons eu 3 chats, 2 chiens (dont un, Westie, toujours à la maison de mes parents), et je ne sais plus combien de Mandarins. L’époque de l’adolescence est plutôt lointaine pour moi : j’aurai 40 ans d’ici quelques mois, bien qu’il faille retirer pas mal d’années d’âge mental dans certains cas.

Bref. J’ai toujours eu des animaux. J’ai énormément d’affection et d’empathie pour nos amis à plumes et à poils. Leur faire le moindre mal est pour moi rigoureusement impossible.

Les derniers mois écoulés ont été marqués par ce « confinement » dû à ce que l’on sait. Je déteste rester coincé entre 4 murs par obligation et, ayant la chance de disposer d’une petite terrasse en continuité de l’appartement que j’occupe, ce petit bol d’air fut salutaire.

Salutaire, mais également instructif, car cela m’a permis de constater que beaucoup de pigeons occupaient les corniches, toits, et autres gouttières jouxtant la terrasse.

Ils étaient déjà là avant que je n’occupe l’appartement, très probablement, pour certains. Connaissant la rude vie qu’ont ces oiseaux dans nos villes, je me décidai à leur mettre à disposition eau fraîche et alimentation quantitative et qualitative, bien en évidence, sur la table de la terrasse.

Cela me permit de les observer, très discrètement. D’ailleurs, ils n’ont de cesse de m’observer depuis leurs perchoirs. Ces oiseaux, au demeurant magnifiques et gracieux, sont très attendrissants (pour moi, en tout cas). On a littéralement l’impression qu’ils lisent en nous comme dans un livre ouvert et nous connaissent bien mieux qu’on ne les connaît. Personnellement, je suis devenu un amoureux des pigeons.

Ma terrasse est donc devenue, en peu de temps, une sorte de buffet à volonté pour ces pigeons, doublée d’une aire de repos. Un buffet qu’on a rapidement nommé « The Balcony » (« Le Balcon »). Bien qu’ils s’enfuient souvent en me voyant (ne cherchant aucunement à les apprivoiser), certains reviennent quand ils voient que je remets de quoi manger, quoique restant distants (à 1m). Ce sont des habitués, à présent. :)

Parmi ces habitués, il y a de tous âges … Des “jeunes”, des adultes, et des âgés. Et cette histoire concerne (hélas ?) un pigeon âgé, affectueusement nommé “Vaillant”, que vous pourrez voir sur la photo ci-jointe.

J’avais vu ce pigeon un certain nombre de fois et, ces derniers temps, il me semblait plus calme, moins vif.

Il existe une sorte de “rituel” à chaque matin : j’ouvre les rideaux de la porte-fenêtre menant à la terrasse et déverrouille cette même porte-fenêtre, afin de remettre des graines dans la (grande) mangeoire et changer l’eau des gamelles.

Jeudi (le 1er Octobre), lors de ce même rituel, je constatai qu’un de ces habitués ne s’était pas envolé comme les autres à mon apparition. Il a bien essayé, mais n’a pas réussi, atterrissant 1m plus loin et cherchant à s’isoler dans un recoin, à l’abri. J’ai compris qu’il avait un souci, et j’appelai immédiatement un centre dédié au soin des oiseaux à côté de chez moi (littéralement, à 10 min de marche dans une réserve naturelle) pour connaître la marche à suivre.

Ne pouvant se déplacer (crise sanitaire, effectifs réduits), ils m’ont conseillé sur ce que je pouvais faire pour pouvoir leur apporter ce pigeon.

Le fait est, ce pigeon n’avait du tout l’air en forme. Un pigeon qui cherche à s’isoler dans un recoin à l’abri n’est jamais bon signe (j’avais déjà lu votre article il y a quelques temps). Blessé, malade, ou … trop âgé et vivant ses derniers moments. Celui-ci n’était intéressé ni par les graines que je disposai à côté de lui, ni par de l’eau fraîche. Ce n’était vraiment pas bon signe, il semblait vraiment « sur la fin ».

Suivant les conseils du centre de soins, je tentai de l’attraper délicatement. Bon, j’avoue lui avoir parlé pour tenter de le rassurer pendant … 20 bonnes minutes, avant. Il m’a regardé, alerte, pendant toute cette durée et, bien que visiblement affaibli à cause de son âge, son regard en disait long et il m’implorait de l’aider.

L’attraper ne fut pas spécialement facile, uniquement parce que ça me fendait le cœur de devoir faire ça. Néanmoins, au bout du second essai et toujours en lui parlant, je réussis à le prendre, très délicatement, le corps enroulé dans une serviette bien au chaud, et à le déposer doucement dans une boîte cartonnée suffisamment grande dont le fond avait été couvert par une seconde serviette, avant de créer une obscurité pour le rassurer.

A aucun moment il ne s’est débattu, un peu comme s’il m’avait choisi *moi* pour lui venir en aide. C’est de là que lui vient ce nom, j’imagine, ayant décidé de faire confiance à un Humain pour son bien.

Je filais ensuite, aussi vite que possible et bravant la pluie, au centre afin de confier Vaillant aux soigneurs, remplissant une fiche avec mes coordonnées afin d’avoir des nouvelles quant à l’évolution de sa santé. D’après les soigneurs, Vaillant n’avait aucun signe de blessure ou autres. Si tout allait bien, il serait relâché dès qu’il serait remis/reposé.

Je décidai donc de laisser passer un peu de temps et, le 3 Octobre (hier), je retournai au centre pour avoir des nouvelles et peut-être le revoir. J’y allai, mais avec un nœud colossal au cœur, sans savoir pourquoi.

Malheureusement, le couperet tomba : la vie avait quitté Vaillant dans la nuit de Jeudi à Vendredi. Les soigneurs m’ont expliqué que son état général, lié à son âge, s’était dégradé rapidement et qu’il refusait toute nourriture. Il cherchait donc un coin pour partir en paix, et ma terrasse était idéale pour lui … C’était un lieu familier, isolé, qu’il appréciait.

Bien que les soigneurs m’assurent que j’ai fait ce qu’il fallait (à savoir : leur apporter Vaillant pour qu’ils puissent l’aider mieux que je n’aurais pu), je garde un certain sentiment d’échec de cette expérience. Un certain échec et une douleur conséquente.

Bien sûr, il reste tous les autres habitués (Rony le bagarreur, Louis … Certains ont des petits noms). Et j’ai beaucoup d’affection pour chacun d’entre eux. Mais je n’aurais pas pu/su aider Vaillant comme j’aurais voulu, il y avait un lien spécial, et c’est très très dur à encaisser. Je verse d’ailleurs toujours des larmes à la rédaction de ce message.

Bien que cette histoire soit triste /in fine/, je me dis qu’il a au moins vécu ses derniers moments « en douceur » … avec un humain qui a tenté son possible, et au chaud avec d’autres congénères oiseaux et des humains qui ont fait leur maximum pour le remettre sur pied.

Croyez bien que si j’avais pu moi-même l’accompagner jusqu’à la fin (si j’avais eu une grande cage aménagée …) avec douceur/confort/amour, chez moi, c’est sans hésitation aucune que je l’aurais fait.

Coronavirus Covid-19: la vengeance de Gaïa

Il n’y a que deux camps et l’humanité a été prévenue de puis longtemps. L’humanité n’a pas voulu écouter et les choses n’ont fait qu’empirer. Le coronavirus Covid-19 est ainsi la vengeance de Gaïa.

Il ne s’agit pas de croire que la Terre penserait et choisirait la vengeance contre l’humanité. Il s’agit simplement de voir que c’est objectivement une vengeance, un rappel, un avertissement.

Le passage d’un virus d’une espèce à une autre, puis encore d’une espèce à une autre, la nôtre en l’occurrence, n’a rien de normal et cela correspond à une situation anormale. Soit on accepte cette situation anormale comme normale : on dit que cela relève du hasard, que tout est une question de probabilité.

Soit on ne le fait pas, on pense que c’est logique et on part dans le sens d’une purification morale et matérielle de l’humanité. On devient vegan straight edge, on agit pour défendre notre mère la Terre, on reconnaît qu’on est juste une infime partie d’elle, on définit sa personnalité par sa soumission à elle.

Cela implique déjà de redonner un sens au mot normal. L’humanité est, pour le moment du moins, tellement prétentieuse, qu’elle prétend que rien n’est normal en soi, que c’est elle qui décide de tout. La PMA pour toutes, la GPA, la négation de l’homme et de la femme au profit des « genres »… tout cela relève par exemple de la grande révolte de l’humanité contre la biologie.

La crise sanitaire actuelle rappelle justement qu’on n’échappe pas à la biologie. L’humanité détruit la planète en s’imaginant au-dessus de la Nature. Ce n’est pas possible et elle en paie le prix. Plus exactement, elle commence à en payer le prix.

Le coronavirus Covid-19 est tout simplement une sanction qui tombe en raison du comportement déréglé, anti-naturel de l’humanité. Gaïa se défend, tout simplement.

Ce nom est symbolique et on peut en choisir un autre. On peut appeler la planète Gaïa, Système-Terre, Terre-mère, Biosphère, Nature, système monde… même Création divine si on est croyant. Il y a également le symbole Θ qui est important, cette lettre grecque ayant été repris dans les années 1960 par des écologistes américains pour mêler le E d’environnement et le O d’organisme.

Cela ne change rien à la question de fond : l’humanité n’échappera pas à la soumission au grand ensemble planétaire, au fait que tout est inter-relié, que tout inter-agit.

Le terme de Gaïa est cependant sans doute symboliquement, culturellement le mieux, car il souligne l’aspect de la Terre comme femme, comme mère. Ce n’est pas pour rien justement que la modernité humaine nie le fait qu’il y ait des mères (et des pères), arguant qu’il y aurait seulement des individus qui auraient choisi d’être des « parents ».

On choisit, on consomme, on ne doit rien à personne, personne n’a le droit de rien nous dire, on fait ce qu’on veut, personne n’est comme nous et donc personne ne peut nous juger : voilà la philosophie d’une humanité perdue.

C’est la faillite de toute cette vision du monde à laquelle on est en train d’assister. Tout le monde peut le comprendre désormais : soit l’humanité poursuit sa course destructrice et alors cette pandémie n’est qu’un exemple des catastrophes à venir.

Ou bien l’humanité recule, se soumet à Gaïa et redevient naturelle. Une humanité naturelle profitant de sa haute organisation sociale, se plaçant au service de la planète devant redevenir bleue et verte.

Un exemple d’enquête sur l’activisme vegan

La mise en place de la « cellule Déméter » du côté de la gendarmerie ne doit pas masquer le fait qu’il s’agit, en réalité, d’un processus général. Voici un exemple avec un petit compte-rendu, avec quelqu’un de convoqué et ayant subi un coup de pression.

Naturellement, nous appelons à ne procéder à aucune recherche pour savoir qui est concerné, quand et où cela s’est déroulé, de quelle action il s’agit, etc. Ce serait une erreur contribuant à encore plus faire diffuser des informations qui n’ont pas lieu de l’être.

Comme on le voit en effet, l’État fait son travail et on sait bien qu’il n’a pas comme orientation le véganisme, la défense des animaux. Il veut simplement que les choses restent telles qu’elles sont et surtout pas qu’il y ait du remue-ménage. Il procède donc à des surveillances et, bien évidemment, profite des réseaux sociaux.

Il effectue des enquêtes, des coups de pressions et tente de retourner des gens. On peut se douter également qu’il est procédé à des infiltrations.

Maintenant, sans être paranoïaque, la question est forcément la suivante : combien de coups de pression de ce type ont déjà eu lieu ? Dans quelle mesure cela a-t-il réussi ?

Il y a lieu de s’inquiéter. Il n’est pas évident de résister à la pression d’une convocation ou à la répression. Il faut pour cela un état d’esprit fort, une détermination intellectualisée. Cela ne s’improvise pas. Les idées ne suffisent pas, ni même la bonne volonté : il faut être formé, pas tant pour oser faire opposition que maintenir cette opposition.

Être vegan et vouloir la défense des animaux, c’est bien. Rester vegan et continuer à vouloir la défense des animaux, c’est mieux… et c’est autre chose.

Ce qui aboutit même à une seconde inquiétude. Les gens ne restant pas, le mouvement de défense des animaux ne se structurant pas, il n’y a pas de capacité à recenser les faits de ce type, à les évaluer, à les analyser, à transmettre tout un bagage. Il faudrait un mouvement qui parte d’en bas, qui soit démocratique, avec une agrégation des structures par affinité.

On n’a pas cela, seulement des groupes le plus souvent éphémères faisant des réseaux sociaux l’alpha et l’oméga de leur existence.

Il y à ce titre triplement lieu de s’inquiéter. Il ne s’agit en réalité pas de savoir si le sabotage de miradors de chasse et de piège à corbeaux, sont des actions justes ou pas, ou bien si c’est juste mais qu’il y a mieux à faire, etc. Il s’agit déjà tout simplement de savoir si la défense des animaux, au sens le plus large, doit être influencée, orientée, dirigée par l’État, ou pas.

Veut-on un mouvement pour la défense des animaux avec des gens au milieu aux mains de la police, poussant les choses dans un sens plutôt que dans un autre, en toute opacité ?

Il y a comme on le voit 10 000 questions sur la table et pas de perspective pour y répondre encore. Alors, que faire ? Savoir que ce compte-rendu existe. Ne pas chercher à savoir d’où il vient, ni s’il est vrai. Simplement le prendre en compte, en l’évaluant selon sa propre expérience, au sein de son réseau fermé.

Et ne pas céder à la tentation des réseaux sociaux, pour se tourner vers les gens concrets et, au-delà, avant tout, vers les animaux réels, qui ont besoin d’aide, maintenant !

Mother Sarah et Mother Earth

[Republication d’un article de Vegan Revolution, qui a précédé La Terre d’abord!, au début des années 2000.]

Mother Sarah est un manga, paru en français chez Delcourt en 11 épisodes entre 1996 et 2004, dont le scénario est d’un intérêt certain pour nous qui sommes pour la libération de la Terre. Il faut d’ailleurs noter au passage que ce scénario a été élaboré par Katsuhiro Otomo, qui est également à l’origine du très grand classique manga qu’est Akira.

On retrouve d’ailleurs la même dimension apocalyptique, et on devine aisément à quel point les explosions nucléaires de Nagazaki et Hiroshima ont traumatisé les gens au Japon, et amené l’affirmation du besoin d’un monde sans destruction.

Mother Sarah est l’histoire d’une mère à la recherche de ses enfants qu’elle a perdu. Cette quête se déroule sur la planète Terre, qui a été martyrisé par un conflit nucléaire. Les humains ont été pour cette raison obligé de se réfugier dans des bâtiments spatiaux et au début du manga, les terriens ne sont installés que depuis assez récemment.

Là où le scénario prend une première tournure incroyable, c’est avec les deux factions se faisant la guerre sur Terre, une guerre déjà commencée dans les bases spatiales.

En effet, un scientifique avait, au bout de sept ans dans l’espace, proposé de jeter une nouvelle bombe nucléaire sur la Terre, dans le but de modifier l’axe terrestre. L’hémisphère nord, qui est irradié, serait alors pris dans les glaces, tandis que les déserts de l’hémisphère sud deviendraient habitables.

Deux factions se font alors la guerre: “Epoque” et “Mother Earth”. Les partisans d’Epoque ont pris ce nom car ils sont favorables à la bombe, et espèrent ainsi rentrer dans une nouvelle ère.

A l’opposé, les partisans de la Terre-Mère (Mother Earth) refusent catégoriquement cette nouvelle attaque contre la Terre.

Au bout de trois ans de conflit marqué par l’envoi de la bombe nucléaire, la grande majorité des terriens des bases spatiales revient sur Terre, où la guerre reprend entre les factions.

Le scénario se concentre alors sur une présentation des hommes comme barbares et guerriers, alors que les femmes sont elles orientées vers le pacifisme, tout en étant continuellement victimes des hommes. Les soldats sont présentés comme brutaux et systématiquement violeurs, tentant d’assassiner des innocents dès qu’ils le peuvent.

Mother Sarah est la seule femme combattante, et malheureusement la très grande majorité du manga consiste en des scènes de bataille où Sarah affronte des ennemis, retrouvant par moments ses enfants. Elle se voit ainsi confrontée surtout aux partisans d’Epoque, mais aussi parfois à ceux de Mother Earth, cette faction ayant décadé et s’étant transformée en une armée équivalente à l’autre sur le plan moral. Les deux armées finissent d’ailleurs par projeter de s’allier.

Le scénario fait alors intervenir une nouvelle faction, venue de l’espace à partir des bases spatiales restantes. Cette faction consiste en la Mother Earth originelle.

On a ainsi un parallèle entre la quête de Sarah en tant que mère avec la quête pour notre mère la Terre. Tout le scénario se fonde sur cette double quête.

Les terriens venus de l’espace interviennent car ils ont réussi à recréer une semence devant permettre à l’humanité de survivre de nouveau. Ils ont mis toute leur énergie non pas dans la guerre, mais dans la science et la culture, dans la célébration des végétaux.

Ils sont d’ailleurs dirigés par des sortes de “sages”, qui tentent de guider les derniers habitants des bases vers un horizon nouveau, ce qui n’est pas sans erreurs non démocratiques qui sont clairement montrées: encore une fois les hommes pêchent par orgueil et autorité.

Les semences ayant besoin de beaucoup d’apport nutritionnel, les terriens des bases spatiales ont décidé de se les implanter, se sacrifiant pour que les semences puissent réussir à être fertilisé sur la Terre.

La quête de la Terre-Mère signifie donc un sacrifice, une identité totalement tournée vers elle, sur la base d’un altruisme absolu.

L’oeuvre finit sur la destruction du vaisseau de la Mother Earth originelle par des soldats d’Epoque, la Mother Earth militaire étant elle plus ou moins paralysée par le poids de la valeur morale de la Mother Earth originelle.

Mais la fertilisation a réussi, et l’une des dernières images consiste en une famille unie , et on notera qu’il s’agit d’une famille musulmane, l’oeuvre assumant souvent d’ailleurs une orientation humaniste et universaliste.

Mother Sarah n’est pas forcément un excellent manga sur le plan de l’action, qui est uniquement tournée vers Sarah et très décalée par rapport à l’énorme questionnement qui se profile derrière.

Et absolument jamais la question des animaux n’est abordée; il n’y a sur Terre que des êtres humains, voire que des hommes d’ailleurs, tellement les femmes sont présentées comme passives ou seulement capables d’initiatives pacifistes de type religieuse – mystique.

On ne voit pas non plus très bien si le manga est une dénonciation pessimiste d’une catastrophe inévitable, ou bien un appel à saisir le rapport essentiel à la Terre-mère.

C’est donc à nous de faire notre choix, de prendre nos responsabilités!

La déesse-mère, féminine et universelle

Voici une représentation de la déesse Kali, qui dans la culture hindouiste représente la destruction. Mais elle était auparavant une déesse-mère et il y a beaucoup de choses à comprendre du rapport entre les femmes et le véganisme, entre le féminisme et la défense des animaux.

Le mouvement pour la défense des animaux est féminin dans sa très grande majorité. Il est composé surtout de femmes, il est porté par des femmes, il a été porté par des femmes à l’origine. Bien entendu, il y a des hommes. Mais en ce qui concerne la question des animaux, ce sont toujours les femmes qui donnent le ton.

C’est l’image inversée des chasseurs. Il y a des femmes qui participent au mouvement de la chasse dans son ensemble, mais ce sont les hommes qui donnent le ton. Ce sont eux qui façonnent la tradition, la culture, les valeurs.

Partant de là, il faut choisir entre les deux… et on voit bien que c’est le féminisme qui ressort de cette confrontation. Car même si les femmes sont pacifiques (ce qui ne veut pas dire qu’elles ne sont pas capables de violence), face aux hommes et leur brutalité, leur style guerrier, chasseur…. Il n’y a pas le choix, il y a conflit.

Du point de vue concret, au-delà de ce conflit, il y a dans la défense des animaux une dimension féminine du refus de l’affirmation viriliste au profit du travail concret, pacifique.

Les hommes qui participent au mouvement doivent s’y plier, ou partir… ou plus exactement, ils ne sont même pas attirés, parce que le travail concret ne laisse pas d’espace pour faire le malin, pour se mettre en avant, etc.

Il y a toute une soumission qui est demandée à la cause quand on travaille pour les animaux… Cette soumission est insupportable pour les machos croyant tout savoir ou même les femmes égocentriques privilégiant leur petite affirmation individuelle.

Cela n’est vrai bien entendu que pour le mouvement pour la défense des animaux plaçant ces derniers au cœur de leur vision du monde. La scène « antispéciste » ne fonctionne pas du tout pareillement, même si les femmes y sont un moteur. Le côté « anti » permet tout et n’importe quoi, empêche la formation d’une réelle culture et donc toutes les dérives… Toutes les dérives.

D’ailleurs, les « antispécistes » ne sont pas intéressés par l’écologie, alors que pour les femmes du mouvement pour la défense des animaux, c’est un thème considéré comme évidemment parallèle.

Le meilleur symbole du rapport entre la défense des animaux et le féminin, ou le féminisme d’ailleurs, c’est sans aucun doute la déesse-mère. Les petites statuettes datant du Paléolithique représentent la femme comme la déesse du monde : la femme est associée à la Terre, à la vie, au sens de la vie elle-même. La statuette la plus connue est celle de Willendorf, en Autriche, datant de plus de 22 000 ans.

La statuette de Galgenberg, encore en Autriche, a plus de 32 000 ans.

Il y en a beaucoup d’autres exemples et on trouve également les traces de ces déesses-mères dans les premières religions, où elles sont intégrées de manière subalterne. Ce sont les Astarté, Ishtar, Aphrodite, Déméter Parvati, Kali… et bien sûr, Gaïa.

Voici encore un exemple avec la statuette qu’on appelé La Dame aux léopards, qui a été trouvée en Anatolie et date de huit mille ans avant notre ère.

Ces déesses-mères ont été renversé par le Dieu patriarcal, mécontent et massacreur. Ce renversement se déroule parallèlement au triomphe de l’agriculture et de l’élevage, autrement dit de l’activité humaine contre la Nature.

Or, le seul projet valable pour l’humanité, c’est de cesser cette guerre contre la Nature, de trouver sa place dans la Terre-mère… Ou bien de retourner en arrière, ce que veulent les primitivistes.

Ce n’est qu’en considérant la Terre comme une mère que l’humanité acceptera de se soumettre, de comprendre réellement le sens de la vie. Les femmes, mises de côté pendant des milliers d’années par des hommes prenant le dessus dans le prolongement de leurs activités de chasseurs et de cueilleurs, doivent contribuer à la transformation totale de l’humanité. Elles le comprennent par définition, même si c’est de manière totalement aliénée par des siècles de déformation patriarcale ou, désormais, de consommation capitaliste effrénée.

La seule orientation possible pour l’humanité, c’est un abandon de l’élevage, une adaptation de l’agriculture à la planète (et son recul maximum par rapport à la vie sauvage), une soumission aux intérêts de la planète afin qu’elle redevienne bleue et verte.

Les femmes doivent être première ligne dans cette bataille pour les animaux et la Nature, afin de contribuer au premier plan à aller dans la bonne direction.

Introduction aux fascinants cafards

Les cafards comptent parmi les animaux interagissant avec les êtres humains qui sont les plus méprisés par ces derniers. Il existe une incompréhension largement partagée pour ces insectes censés représenter la saleté, quelque chose de visqueux, etc.

En réalité, ils se nourrissent d’un peu n’importe quoi qui traîne à leur échelle, et forcément si l’occasion se présente…

Voici une petite contribution pour aller dans le bon sens et comprendre ces animaux dénommés blattes du côté scientifique. Comme tous les animaux, les blattes méritent notre fascination et notre respect le plus grand.

Il en existe 4 400 variantes connues et leur apparence est impressionnante, car très différente naturellement de la nôtre.

Moins de 1 % interagissent avec les humains, notamment la blatte germanique (ici en a et sur la photo ci-dessus), la blatte américaine (b), la blatte australienne (c) et la blatte orientale (c et d), à quoi il faut ajouter la blatte à bande brune.

Comme on le voit les différences de tailles sont assez marquées. Cela se voit aussi avec les oeufs.

Ceux-ci sont déposés par dizaines dans des poches dénommés oothèques. En voici des exemples, avec gauche à droite, puis de haut en bas, celles des blattes orientales, des blattes germaniques, des blattes américaines, des blattes à bandes brunes.

Voici un exemple.

Cela se devine sur les photos précédentes, mais en voici une autre où c’est plus marquant : les antennes ne sont pas sur la tête, mais au niveau du nez. Car les antennes servent justement de capteurs d’odeurs. Les blattes les nettoient donc régulièrement.

Les plus vieux fossiles de blattes ont 320 millions d’années. Mais on sait en fait peu de choses sur cet animal socialement extrêmement bien organisé, qui est le cousin des termites. En tout cas, les blattes vivent en groupes intergénérationnels et une blatte toute seule dépérit.

Ce qui est bien connu, en tout cas, c’est leur démarche. Voici une vidéo montrant ce que cela donne de près, puisque d’habitude on les voit de loin et de nuit, et souvent de manière brève.

Leur vitesse est étonnante : 1,3 mètre par seconde ! Leur temps de réaction est d’entre 20 à 50 millisecondes, alors que celui des humains est de 200 millisecondes. Une fois qu’on l’a vue, la blatte est déjà loin, très loin…

Voici un exemple de course, à partir de la 40e seconde. La vidéo n’est pas de bonne qualité, mais hors de question de valider des vidéos de laboratoires.

Les blattes peuvent parfois également voler. Seulement certaines le font, d’autres planent en fait surtout et encore rarement. De leurs deux paires d’ailes, une seule est employée, l’autre servant de protection.

Leur capacité d’adaptation étonne souvent. Les entreprises cherchant à les détruire – ce qui est condamnable – constatent souvent des résistances au poison d’une génération à une autre.

C’est cela qui amène la théorie qu’en cas de catastrophe nucléaire, les blattes survivraient. En fait, les blattes résistent aux radiations atomiques de 6 à 15 fois plus que les humains, mais moins que d’autres insectes.

Le généticien Hiram Bentley Glass parlait d’ailleurs des insectes en général pour parler d’une ère post-guerre atomique, dans les années 1950, mais prenant l’exemple de la blatte, c’est cette référence qui est restée.

On aura compris que la clef, c’est leur squelette. Au fur et à mesure qu’elle grandit, la blatte se débarrasse de l’ancien squelette, un nouveau s’étant formé en-dessous et se durcissant progressivement en prenant la place de l’ancien.

Cela ne veut pas dire pour autant que ce squelette bloque l’activité de la blatte… Bien au contraire ! En pratique, la blatte a un corps mou d’un côté et dispose d’un squelette externe de l’autre. Et cet exosquelette dispose d’articulations pour permettre le mouvement et s’adapte.

Le corps d’une blatte peut en effet être compressé de 40-60 % sans dommages, la résistance étant de 900 fois son propre poids. Au maximum, une blatte qui a 12 mm de hauteur peut se faufiler dans un espace de 4 mm de haut. Autant dire qu’elle passe partout.

Et dans un espace confiné, une blatte se meut de manière particulière en rampant, avec un équivalent de 20 fois sa longueur par seconde !

Cette capacité incroyable des blattes a été l’un des prétextes au dessin animé Oggy et les cafards. Les chats sont censés être des repoussoirs pour les blattes et on a ici un affrontement entre Oggy, un chat assez ahuri, et des cafards plus que malins, sans jamais de gagnant, avec un humour assez délirant, très travaillé.

Certaines espèces de blattes peuvent endurer jusqu’à une température de -122° et on trouve effectivement des blattes jusqu’en arctique. Il y a des espèces pouvant tenir un mois sans manger (on se demande malheureusement comment on sait cela). Elles peuvent tenir une quarantaine de minutes sans respirer.

Une blatte décapitée peut encore s’enfuir et éviter les obstacles, continuer à vivre une semaine, alors que sa tête continue à vivre indépendamment pendant quelques temps. La blatte meurt en fait tout simplement car elle ne peut plus s’alimenter.

Il y a en fait énormément de choses à dire sur les blattes, de choses positives bien entendu. Elles sont une composante de la planète, tout comme les humains. Et celles qui les côtoient le font comme conséquence des activités humaines, tout simplement.

Le coronavirus parti de Chine, une problématique vegan par excellence

Pourquoi y a-t-il une attention mondiale extrême au coronavirus parti de Chine, alors que sa dangerosité est relativement faible ? Pour une simple raison : il provient d’une déchirure complète du « mur » censé exister entre l’espèce humaine et la Nature.

Il y a donc des risques énormes de développement incontrôlable. L’humanité qui joue les apprentis sorciers se retrouve avec ce qui peut être une bombe à retardement. Voilà la raison fondamentale de la mobilisation générale en cours.

C’est là la véritable problématique de fond, à laquelle il est tout le temps fait référence à l’arrière-plan, mais ce n’est jamais dit ouvertement, et pour cause ! Car il faudrait pour cela reconnaître que l’humanité dynamite les frontières naturelles, qu’elle provoque avec ses interférences des dérèglements profonds, incontrôlables.

Que donc l’humanité doit reculer, trouver une place dans Gaïa qui soit la sienne, et la sienne seulement.

Le Figaro résume de la manière suivante l’origine du coronavirus :

« Les tout premiers cas de Covid-19 – nom attribué à la maladie provoquée par ce nouveau coronavirus – concernent majoritairement des personnes qui se sont rendues ou qui travaillaient sur un marché de Wuhan, où étaient vendus des fruits de mer et des animaux vivants. L’hypothèse d’une zoonose, c’est-à-dire une maladie transmise par les animaux, est donc hautement privilégiée, comme ce fut le cas pour le SRAS (transmis à l’homme par la civette) et le MERS (transmis par le dromadaire). »

Cela, tout le monde l’a compris. On prend beaucoup d’humains… On les rassemble… On rassemble ensuite beaucoup d’animaux morts, surtout issus de l’industrie… Puis on rassemble beaucoup d’animaux vivants, surtout issus de la vie sauvage… On a alors un gigantesque shaker, à ceci près que les choses ne se déroulent pas de manière quantitative, mais qualitative. Des choses inattendues se produisent, car la vie est quelque chose qui bouge.

Ce qui se résume scientifiquement, encore par Le Figaro :

« Des analyses génétiques ont effectivement montré que le nouveau coronavirus est très proche d’un virus présent chez une espèce de chauve-souris. Des investigations sont toujours en cours pour tenter d’identifier l’animal qui aurait joué le rôle d’hôte intermédiaire entre la chauve-souris et l’homme.

Il pourrait s’agir du pangolin, un animal largement braconné et très convoité pour ses écailles, auxquelles la médecine traditionnelle chinoise prête des vertus thérapeutiques. Pour l’heure, on ne sait pas comment le virus est parvenu à passer de l’animal à l’homme.

Ce saut d’espèce est sans aucun doute la résultante de mutations génétiques et d’une augmentation de la fréquence des contacts entre l’animal infecté et l’homme. »

Les choses sont claires et la Chine l’assume d’ailleurs en interdisant le commerce et la consommation d’animaux vivants issus de la vie sauvage. D’où l’information diffusée par l’AFP à travers plusieurs médias :

« Coronavirus. La faune sauvage, bénéficiaire indirecte de l’épidémie »

Cela signifie concrètement que la Chine a, du jour au lendemain, mis un terme à une consommation ayant une tradition de plusieurs centaines d’années, voire de mille, deux mille ans, trois mille ans. Du jour au lendemain et contre son gré.

N’est-ce pas la preuve que l’humanité peut tout à fait, du jour au lendemain, passer au véganisme ? Il suffit d’ailleurs de mettre cela en parallèle avec l’entreprise finlandaise Solar Foods, qui a produit une protéine issue de bactéries, de minéraux et de l’air.

Une humanité sans conflit avec Gaïa laissera, évidemment, même les végétaux en paix. Le chemin est inévitable. Et la crise mondiale du coronavirus Covid-19 montre que c’est inévitable. Une humanité en guerre contre Gaïa n’a aucune chance de tenir. La planète est un gigantesque système vivant et un élément de ce système ne peut pas se comporter comme il l’entend.

Quoique d’ailleurs l’humanité n’entend rien du tout, se contentant de vivre sans se poser de questions, sans réflexion sur ses comportements, sur ses mœurs, ses mentalités, ses pratiques, ses conceptions.

Les problématiques mondiales sont un rappel à l’ordre. Le dérèglement climatique en est un. Le coronavirus Covid-19 en est un également.

EELV et la proposition de loi anti-vegan pour un « élevage éthique »

Il existe en ce moment une très intense mobilisation en faveur de réformes en faveur du « bien-être animal ». Les forces agissant dans cette direction consistent notamment en Europe Écologie Les Verts, mais pas seulement, il y a également des figures médiatiques, appuyées par telle ou telle personne influente, très influente, extrêmement influente.

Ce que nous sous-entendons par là, c’est que certains ont compris que la question animale avait été très largement saisie par les gens, mais que l’option vegan n’arrive à rien ou pas grand-chose. Il y a donc les moyens de récupérer tout cela par le biais du « bien-être animal ».

La question est ici très complexe, car il y a une partie des gens qui est ici sincère. Pour d’autres, c’est par contre simplement un boulevard à prendre pour s’imposer sur le terrain politique. Inversement, des gens sincères peuvent être corrompus. Ainsi le Parti animaliste a une ligne qui est désormais ouvertement celle du « bien-être animal », en se liant notamment à Europe Écologie les Verts.

EELV propose justement au Sénat une loi « pour un élevage éthique, socialement juste et soucieux du bien-être animal » et cet appel est relayé par exemple sans commentaire par Aymeric Caron, qui se définit pourtant comme « abolitionniste ».

Il est vrai qu’Aymeric Caron revendique fièrement son amitié avec Esther Benbassa, qui est justement la sénatrice EELV proposant cette loi. C’est encore un exemple de corruption : si la proposition avait été faite par quelqu’un d’autre, Aymeric Caron l’aurait descendu en flammes.

Que dit cette proposition de loi, pour laquelle EELV a mis en place une pétition ? Qu’il faut un « abattage éthique et transparent », une « régulation du transport animal », un « encadrement de l’abattage et de l’élevage porcin », un « encadrement de l’élevage et de l’abattage des volailles », un « encadrement de l’élevage cunicole », un « accès au plein air des animaux », un « moratoire sur l’élevage intensif ».

Il y a beaucoup d’arrières-pensées et voici comment il faut en réalité comprendre cela.

Il s’agit tout d’abord de l’interdiction de la « viande » halal et cacher, en exigeant la perte de conscience de l’animal mis à mort. C’est clairement du populisme visant à se donner une image aux dépens d’une partie de l’exploitation animale liée à des religions non majoritaires.

Il s’agit ensuite de faire intégrer les associations du « bien-être animal » dans l’exploitation animale, au moyen d’un « conseil du bien-être animal » pour chaque établissement d’abattage, conseil bien entendu justement composé « d’associations de consommateurs et d’associations de protection animal ».

Cela implique une compensation financière, naturellement, ce qui n’est pas mentionné mais va de soi puisque le conseil peut proposer des « audits en matière de bien-être animal dans l’établissement », des « aménagements », ainsi qu’un « plan de mesures correctrices ».

Il y a ensuite l’interdiction du transport d’animaux au-delà d’un certain nombre d’heures. C’est ici une convergence directe avec les producteurs français, qui torpillent ainsi la concurrence lointaine au moyen d’une loi de « bien-être animal ».

Il y a ensuite l’interdiction de la castration à vif et de la caudectomie des porcelets, ainsi que du broyage des poussins mâles et des canetons femelles vivants. C’est là une « humanisation » de l’exploitation animale qui va avec l’exigence, à partir de 2025, d’un accès au plein air pour les animaux de tout élevage.

Ce dernier point est inapplicable et il n’a qu’un sens : favoriser à fond l’exploitation animale en mode « bio ».

EELV se place en fait comme porte-parole de l’exploitation animale en mode « bio », ce qui est tout bénéfice pour elle au niveau des réseaux. C’est un moyen également, très important évidemment, de prétendre avoir un discours au sujet des animaux.

Voici comment EELV présente, plus directement, son approche.

Quel est le problème ?

Chaque année, en France, plus d’un milliard d’animaux sont abattus. 80% proviennent d’élevages industriels. Ce système agro-alimentaire ne respecte ni les animaux ni les agriculteurs/trices.

Alors que près de 80% des Français·e·s sont opposé·e·s à l’élevage intensif, les lobbies continuent à résister et à défendre un modèle agricole destructeur.
Il est temps de changer de modèle et de passer à une agriculture paysanne, soucieuse du bien-être de l’animal, qui favorise les circuits courts et qui respecte les consommateurs/trices.

C’est pourquoi, la sénatrice écologiste de Paris, Esther Benbassa, a déposé une proposition de loi pour la mise en place d’un élevage éthique, socialement juste et soucieux du bien-être animal.

Demandons son inscription à l’ordre du jour du Sénat !

C’est de la récupération, ni plus ni moins. Les animaux sont pris en otage pour une valorisation opportuniste.

Esther Benbassa, sur son Facebook, essaie même de racoler chez les vegans, c’est dire à quel point c’est de l’opportunisme :

« Tout le monde étant encore très loin d’être vegan, il convient d’œuvrer sans tarder en vue d’un élevage plus éthique et d’accompagner les paysans dans la transition à effectuer pour sortir de l’élevage industriel »

Ce point est très important, car il montre bien que l’initiative est anti-vegan, au sens où elle implique que les vegans se mettent derrière le réformisme du « bien-être animal », comme cinquième roue du carrosse, comme faire-valoir.

Il va de soi que le plan est tellement grossier que cela n’a aucune chance de réussir. Rien qu’en utilisant « élevage éthique », on a une telle monstruosité que n’importe quel vegan un tant soit peu conséquent hallucine littéralement. Cela ne veut bien entendu pas dire que les gens se mettent à former des structures de l’ALF. Mais il y a des limites qui font que, au-delà d’elles, le véganisme n’a plus aucun sens, même en apparence.

C’est ici encore un épisode de plus d’intégration-désintégration. Mais il faut bien avoir en tête que ce n’est là qu’un épisode de ce qui forme un tout nouveau cycle de plusieurs mois s’ouvrant désormais, visant à proposer des réformes, parfois d’ampleur, sans pour autant assumer le véganisme. Voir dans quelle mesure cela est productif ou contre-productif va être ardu.

L’Office français de la biodiversité, en réalité l’Office français du paysage

Le premier janvier 2020, il y a eu la fusion de l’Agence française pour la biodiversité et de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, pour former l’Office français de la biodiversité. Emmanuel Macron a tenu le 13 février 2020 un discours d’une heure pour en présenter les contours, comme aboutissement d’un « Conseil de défense écologique » s’étant réuni trois fois depuis mai 2019.

Le logo de l’Office français de la biodiversité,
aux couleurs écologistes classiques, mais un peu étrange car logiquement le bleu de l’eau – et non du ciel – est placé sous le vert de la terre

Emmanuel Macron n’a toutefois pas tenu qu’un seul discours le 13 février 2020. Il en a fait un autre « sur la biodiversité et la protection du Mont Blanc », qui a duré une petite demi-heure.

Regardons d’abord ce qu’a dit Emmanuel Macron « à l’occasion du lancement de l’Office français de la biodiversité ». Ou regardons plutôt ce qu’il n’y a pas. Il y a en effet quelque chose de tout à fait significatif. Le mot animal, au singulier ou au pluriel, ne revient qu’une seule fois, alors que le mot « espèce » revient 12 fois.

On dira, c’est logique puisqu’on parle de « biodiversité » et pas des animaux ; Emmanuel Macron n’est pas en faveur du véganisme et de l’amour des animaux. Il veut préserver les espèces comme on protège un coffre-fort. C’est vrai.

Toutefois, on trouve le réchauffement climatique tout autant mentionné que les espèces. C’est même son axe central. Toute l’orientation de son discours va dans le sens du « soutenable ». Et lorsqu’il parle réellement, au sens strict, de la question de la biodiversité en soi, c’est pour parler d’un :

« objectif de protection de 30 % de la surface de la planète et donc d’avoir des aires protégées – qui sont des aires de liberté, si je puis dire, du vivant »

Il faut voir que cela implique que 70 % de la planète ne sera pas protégée ! Emmanuel Macron raconte d’ailleurs que la fibre c’est super pour…

« recréer de l’activité économique, industrielle, du travail au plus près de l’endroit où on habite »

L’écologie, c’est somme toute souhaitable, mais dans la mesure du possible, et simplement pour un développement soutenable. Emmanuel Macron a d’ailleurs parlé du prix du « porc », des éleveurs qui sont merveilleux car ils travaillent H24 en présence des animaux et pour le bien de ces derniers, du manque d’organisation de la « filière bovine », etc.

Quel rapport avec la biodiversité, mystère ! À moins de saisir que par biodiversité, il entend la diversité des ressources naturelles. Et c’est très précisément le cas. Il reprend d’ailleurs la théorie du 70 %-30 % pour l’appliquer à la France. Cela donne la chose suivante :

« A horizon 2022, 4 nouveaux parcs naturels régionaux — Mont Ventoux, Doux Horloger, Baie de Somme- Picardie maritime et Corbières Fenouillèdes — seront mis en place et 20 réserves naturelles nationales.

La Polynésie a créé une aire marine gérée de 5 millions de kilomètres carrés, Tainui Atea, qui pourrait à terme, si la Polynésie le souhaite et ça fait partie des échanges que j’aurai en avril prochain sur place, devenir elle aussi une aire protégée.

Tout cela, c’est le chemin que nous allons parcourir dans les deux années à venir pour tenir l’objectif que nous nous sommes donnés à nous-mêmes : protéger 30 % du territoire national, terrestre et maritime, dont un tiers à un niveau élevé de protection d’ici la fin du quinquennat. »

Tout cela sonne très bien. Encore faut-il s’entendre sur ce qu’on entend par parc naturel. Car, dit comme cela, on s’imagine un lieu où la Nature existe en-dehors de l’humanité. Sauf que ce n’est pas le cas du tout ! Ainsi, la commune de Saint-Quentin-en-Tourmont est certainement très sympathique. Mais elle fait partie du parc naturel de la Baie de Somme- Picardie maritime, comme 133 autres ! Le parc naturel du Mont Ventoux concerne pareillement 39 communes, etc.

Et, s’adressant aux responsables de l’Office français de la biodiversité, Emmanuel Macron a dit la chose suivante :

« Vous êtes une police rurale de la nature, de la chasse, de la pêche, une police de tous les usages de la nature. (…)

Nous devons tout remettre à plat. A terme, vous aurez ces fameux 30 % du territoire à protéger, 10 % sous protection forte. C’est dire l’importance de votre rôle à cet égard, non seulement pour préserver la biodiversité, mais pour préserver les paysages de France, cette qualité de vie qui fait le rayonnement de notre pays. (…)

Vive la nature, vive la République et vive la France ! »

On a ici la clef pour tout comprendre, avec le mot « paysage ». Les Français rejetant la Nature, ils ne peuvent concevoir « l’environnement » que par l’intermédiaire du concept de « paysage ». C’est ici la prédominance de la conception cartésienne, de la prétention au « libre-arbitre » au-delà de la Nature, bref c’est l’anthropocentrisme sur toute la ligne.

Pas la Nature, mais « l’environnement » par l’intermédiaire du concept de « paysage »

Dans le second discours, moins destiné à des « professionnels » et ayant comme prétexte le Mont Blanc, Emmanuel Macron dit d’ailleurs que :

« Le constat est évidemment celui d’un fort déclin de la biodiversité, mais rattrapable si un sursaut immédiat et une action dans la durée sont conduites. »

Tout est dit. Car bien sûr que c’est « rattrapable », mais par la Nature elle-même, pas en forçant par en haut, en s’imaginant tout contrôler. Il faut que l’humanité anéantisse ses prétentions et même littéralement son ego, pour céder la place à Gaïa comme système.

Il en est bien entendu hors de question pour la quasi totalité des gens… Alors qu’en même temps, cette nécessité est perçue comme la seule réelle option à l’arrière-plan. Les gens nient la Nature, mais ne peuvent pas ne pas savoir que le retrait de l’humanité par rapport à elle est inévitable.

Rien qu’avec le Mont Blanc, d’ailleurs, on le voit bien. Emmanuel Macron peut-il stopper le réchauffement climatique ? Non. L’autre grand thème local, dont il a été obligé de parler en passant, est celui de la Vallée de l’Arve, un bastion mondial de la pollution. Peut-il la supprimer ? Non. Il peut simplement faire en sorte de mettre à l’écart les camions les plus polluants.

Mais cela ne changera rien, car c’est à l’échelle mondiale que cela se joue, et avec tout ou rien. L’humanité doit cesser entièrement son anthropocentrisme, elle doit cesser de croire qu’elle est comme « maître et possesseur » de la Nature alors qu’elle n’est qu’une composante… Qui doit être à son service.

Le seul avenir de l’humanité, c’est dans sa soumission à Gaïa et son identification à son utilité pour elle.

Pas de compromis dans la défense de notre mère la Terre !

Intégration désintégration : un danger

Voici deux exemples totalement différents, mais convergents absolument dans l’idée d’intégration-désintégration. Ils ne sont d’ailleurs différents qu’en apparence, parce qu’au fond ils visent le même public, celui qui consomme, qui est passif, qui est dans le symbole.

En l’occurrence, il s’agit de la cérémonie des oscars 2020 et de l’occupation des locaux parisiens de l’entreprise BlackRock par Youth for Climate Paris. Tous deux ont, à peu de choses près, exactement la même posture.

La cérémonie des oscars 2020 est une fête superficielle hollywoodienne bien connue, et exerçant une puissante fascination. On a Joaquin Phoenix qui a gagné l’oscar du meilleur acteur. Il est vegan et engagé sur ce plan ; c’est lui qui fait notamment la narration sur Earthlings, un célèbre documentaire au service de la cause des animaux.

Lors de la remise de son prix, il a tenu un discours qu’on peut en apparence prendre pour engagé. Après avoir rapidement parlé de l’amour du cinéma partagé par les personnes présentes, il a très vite enchaîné sur la thématique suivante:

« Mais je pense que le plus grand cadeau qui m’a été donné, et à beaucoup de gens [de cette industrie du cinéma], c’est l’opportunité d’utiliser notre voix pour les sans voix.

J’ai pensé à propos de problématiques préoccupantes auxquels nous avons fait face. Je pense que, par moments, nous nous sentons ou sommes amenés à nous sentir les champions de différentes causes.

Mais pour moi, je vois une base commune. Je pense, que nous parlions d’inégalité entre les genres ou de racisme ou de droits des personnes LGBT, des personnes indigènes ou des animaux, nous parlons de la lutte contre l’injustice.

Nous parlons ici de la lutte contre la croyance qu’une nation, un peuple, une race, un genre, une espèce, a la droit de dominer, d’utiliser et de contrôler en toute impunité.

Je pense que nous sommes devenus très déconnectés du monde naturel. Beaucoup d’entre nous sont coupables d’une vision égocentrique du monde, et nous croyons que nous sommes le centre de l’univers. Nous allons dans le monde naturel et nous le pillons pour ses ressources.

Nous nous sentons le droit d’inséminer artificiellement une vache, et quand elle donne naissance, nous lui volons son bébé, alors même que ses cris d’angoisse sont sans équivoque. Ensuite nous prenons le lait qui est censé être pour son veau et nous le mettons dans notre café et nos céréales.

Nous avons peur de l’idée de changement personnel, parce que nous pensons que nous aurions à sacrifier quelque chose. »

Puis ensuite, Joaquin Phoenix s’autoflagelle disant qu’il a lui-même mal agi de par le passé, etc., pour prôner ensuite la rédemption. C’est très religieux, très charity business, totalement hypocrite…. L’Amérique dans ce qu’on fait de pire.

Cela suffira bien sûr pour les gens ne croyant en rien, ne faisant pas d’effort intellectuel ou culturel. Ces gens se précipiteront sur les réseaux sociaux pour dire du bien de cet acteur. Mais c’était justement là le piège.

Pourquoi ? Parce qu’on est là au cœur du système, au cœur de Babylone. On ne peut pas changer les mentalités avec Hollywood… On ne peut les changer que contre Hollywood.

C’est cela que PeTA ne comprend pas par exemple, en utilisant des femmes nues pour ses campagnes. Comme si on pouvait changer les mentalités en s’appuyant sur des mentalités mauvaises.

Un exemple suffit ici pour les Oscars. Les médias ont largement diffusé l’information qu’aux Oscars 2020, il y aurait « un menu à 70% vegan pour la cérémonie ». Ce n’est évidemment pas possible. Le menu est vegan ou il ne l’est pas.

La question n’est pas prise ainsi du côté du charituy business, de l’image promotionnelle. Cela fait bien de mettre un peu de vegan, de connaître des vegans. C’est du veganwashing : on utilise le véganisme comme force d’appui pour se donner une bonne image.

On prétend faire un effort, aller dans le bon sens. On se veut ouvert. Mais cela a ses limites parce que bon, « faut pas déconner ». Le chef Wolfgang Puck s’occupant régulièrement du menu des oscars n’allait tout de même pas supprimer le caviar, le boeuf wagyu, les « statuettes » au saumon fumé !

On remarquera d’ailleurs que Joaquin Phoenix n’a pas parlé du véganisme au sens strict. Il a parlé des animaux parmi d’autres choses, appelant à la fin à se changer individuellement, à ne juger personne. Joaquin Phoenix a joué la carte du « il faut aussi être vegan ».

On dirait que cela ne change rien, mais cela change tout. Car on supprime le véganisme pour faire de l’antispécisme comme produit des catalogues des “anti”.

C’est exactement la même chose que Greta Thunberg. Le véganisme fait partie d’une panoplie de causes diverses et variées, toutes au profit des droits individuels, du respect d’autrui, etc. C’est Jésus au pays du capitalisme.

Le chef Wolfgang Puck a d’ailleurs justifié l’absence de végétalisme complet pour la raison suivante :

« Nous travaillons tous les produits car même si beaucoup de gens aiment le ‘vegan’, la grande majorité mange encore de la viande, du poisson et tout. »

Effectivement, il faut savoir être tolérant, ouvert aux autres malgré les différences, même célébrer les différences, etc.

Et Joaquin Phoenix peut donc raconter ce qu’il veut pour les animaux, il a tout de même gagné un Oscar au moyen d’un rôle, celui du Joker, faisant de la violence folle quelque chose de fascinant. Ce n’est tout simplement pas crédible que de dire qu’on est contre la violence au moment où l’on a gagné un prix en jouant une icône de la violence furieuse.

Et la source des problèmes, c’est la corruption. Ainsi, Natalie Portman était aux oscars. Il est bien connu qu’elle est vegan. Elle a également joué le jeu de « l’engagement », en ayant sur sa cape des nom se réalisatrices non nominées, pour faire « féministe ». Cette cape… est de Dior haute couture. La chanteuse Billie Eilish, qui se revendique vegan également, était quant à elle en tailleur Chanel.

L’engagement, oui… mais confortable. L’intégration désintégration.

C’est pareil pour Youth for Climate Paris. À l’origine, c’est une structure issue directement de l’appel de Greta Thunberg (enfin, de l’équipe autour de Greta Thunberg). Lundi 10 février, ce groupe parisien a occupé les locaux de BlackRock, un gestionnaire d’actifs.

C’est un excellent exemple d’intégration-désintégration, car le communiqué montre parfaitement que l’écologie n’est qu’un prétexte. Ces gens veulent critiquer le capitalisme, soit! Mais ils ne veulent pas rompre avec ses valeurs. Sinon, ils parleraient justement des animaux, de la Nature, du véganisme.

Il faut bien voir que quand il est dit :

« mettre hors service ce qui exploite les humains et le vivant »

C’est là une expression pour avoir l’air de relever du véganisme, de son universalisme, mais sans l’assumer. L’exploitation du vivant, c’est d’ailleurs aussi l’exploitation des arbres. Ces gens sont-ils alors pour dire La Terre d’abord !, pour adopter le biocentrisme ?

Pas du tout, évidemment. C’est donc de l’intégration-désintégration.

En voici le communiqué :

« Mettons Hors Service BlackRock

BlackRock est une multinationale, la plus puissante en gestionnaire d’actions, c’est-à-dire qu’elle gère les capitaux afin de les optimiser un maximum (bien investir pour gagner plus d’argent).

Deux points nous intéressent donc ici:

1. La réforme des retraites

Cette nouvelle réforme pose encore une question primordiale : va-t-on passer d’un système de retraite par répartition (basé sur des cotisations solidaires) à un système de retraite par capitalisation (basé sur l’épargne individuelle) ?

Il semblerait que la nouvelle réforme sur les retraites va grandement profiter à BlackRock puisque cette dernière a tout intérêt à ce que l’on passe à un système par capitalisation.

Avec la retraite par points, le gouvernement aura la possibilité de baisser la valeur du point au fur et à mesure du temps. Afin de s’assurer une bonne retraite, nous serons forcés de nous tourner vers des multinationales comme BlackRock qui investiront notre argent dans des sociétés, des projets, etc… Cet argent nous sera ensuite retourné, valorisé pour nos retraites. C’est le principe du système par capitalisation.

Problème ? Les investissements de BlackRock sont loin d’être en faveur de l’environnement.

2. Les investissements écocides de BlackRock

BlackRock investit dans nombres de sociétés menant des projets écocides comme:

– Vinci (deuxième entreprise mondiale dans le secteur de la construction, elle possède aussi un pôle énergie)

– Total (entreprise pétrolière et gazière, cinquième des six plus grosses entreprises su secteur à l’échelle mondiale)

– BNP Paribas (première banque française dans l’investissement du charbon)

– Société générale (première banque au monde dans le financement des infrastructures d’exportation de gaz de schiste). On a trouvé des documents confidentiels au sein des bureaux de BlackRock montrant leur collaboration, alors qu’on sait que Société générale investit dans des projets comme le Rio Grande LNG Project. http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/20180712rapportsocietegenerale.pdf

Bref, BlackRock est loin d’être un modèle de sainteté dans la protection de l’environnement.

Tout cela est fait dans un seul but: s’enrichir toujours plus, et surtout le haut de la chaîne, et les actionnaires. Nous observons ainsi une augmentation des inégalités et une accumulation des richesses entre les mains d’une très petite minorité (Rapport Oxfam 2020), alors que les plus pauvres sont aussi les premières victimes des problèmes environnementaux.

Cette course au profit se fait grâce à une exploitation du vivant, et des humains.

Nous n’avons pas peur de le dire : tout cela est symptomatique du capitalisme qui est le mécanisme profond à l’origine de ces problèmes. En nous attaquant à blackrock, nous nous attaquons au capitalisme.

Certains diront que nous sommes des vandales, mais ce sont ceux qui volent notre avenir qui le sont.

Ceci n’est que la première action d’une série pour mettre hors service ce qui exploite les humains et le vivant.

Nous ne demandons donc plus rien, nous voulons mettre le système hors service.

Youth for Climate Paris-IDF

Avec le soutien de Youth for Climate France, Désobéissance Écolo Paris, RadiAction, Mr Mondialisation, Cerveaux Non Disponibles, Gilets jaunes Place des Fêtes, La France en Colère – Carte des Rassemblements, Peuple Révolté, Peuple Uni, Comité de Libération et d’Autonomie Queer, Art en Grève. »

C’est une construction qui repose sur du sable. Cela rappelle Laurence Pieau. Elle a été directrice de la rédaction du magazine Closer qu’elle a contribué à fonder, ainsi que directrice de la rédaction de Télé Star et Télé Poche. Elle est devenue vegane et il y a peu, elle a créé le média Alternative vegan.

Elle prétend donc apporter quelque chose, alors que son parcours a été une contribution à de véritables machines à décerveler. Aux pires machines mêmes, parce que Closer, Télé Star, Télé Poche… C’est là la base de la France beauf, pour qui il faut être passif et consommer, ne surtout pas penser, ne pas entrer en rupture en rien.

C’est tout de même un comble que de la voir se poser comme grande contributrice à une cause qu’elle a peut-être comprise, mais qu’elle a de fait combattu pendant des années.

C’est comme la récupération du concept d’écocide ces derniers temps par des gens découvrant l’écologie et cherchant un mot fort pour avoir une image engagée… Ou encore le concept de « climaticide » forgé de manière totalement absurde sur celui d’écocide.

Intégration-désintégration, usurpation… Qu’on ne sous-estime pas les détournements de la Cause vers des voies de garage !

Surtout que les critiques seront dénoncées comme non constructives. Mais sans bataille pour la définition des valeurs, sans lutte pour protéger le contenu… L’intégration-désintégration est assurée dans un monde corrompu!

« No Spiritual Surrender »

Nous sommes en 1990 et le groupe Inside Out, qui existe depuis deux ans, sort un mini-album, tiré à 5000 exemplaires, à l’époque en vinyl (4000 en noir comme c’est l’usage, 1000 en bleu). Ce sera la seule réalisation du groupe.

« No spiritual surrender » contient quatre titres et le chanteur a vingt ans : c’est Zack de La Rocha. Deux ans plus tard sortira le premier album de Rage against the machine, son nouveau groupe, dont le nom vient d’une chanson d’Inside out.

Le guitariste, Vic DiCara, âgé de vingt ans lui aussi, a en fait quitté le groupe, pour devenir moine vaishnavite de la mouvance surnommée « Hare Krishna ». Il rejoint le groupe Shelter pour son album Quest of certainty en 1992, pour former ensuite le groupe 108, qui produit immédiatement deux albums célébrant Krishna, Holyname et Songs of separation, en 1994 et 1995.

Le bassiste d’Inside out vient quant à lui de Gorilla Biscuits, le batteur de Chain of Strength, deux groupes connus de hardcore, de philosophie straight edge.

Le mini-album s’intitule « No spirituel surrender » et c’est le titre de la chanson la plus réussie, en qui on a tout l’esprit tant de Rage against the machine que de 108. Il y a cette idée de refuser ce qu’on qualifiera ici Babylone, par facilité et pour l’image d’une société où tout est corrompue, viciée, mais également corrupteur et vicieux.

Voici la chanson, ainsi qu’une version live interprétée par 108, avec des images soulignant le choix des membres de ce groupe de puiser en Krishna l’inspiration pour s’opposer à cette société.

En voici les paroles, l’ensemble étant repris une seconde fois.

Try to make me bow down to you
Try to take my identity
Try to make me just another pebble on the beach

Essaie de me faire plier devant toi
Essaie de prendre mon identité
Essaie de faire de moi juste un autre galet sur la plage

A green mind twists the plan
A cold hand trying to silence me
You try to grasp me, but I’m out of reach

Un esprit immature dresse de manière tordue ce plan
Une main froide en train d’essayer de me rendre silencieux
Tu essaies de m’attraper, mais je suis hors d’atteinte

No Spiritual Surrender
No Spiritual Surrender

Pas de reddition spirituelle
Pas de reddition spirituelle

Cette chanson est une grande source d’inspiration, qu’on apprécie ou pas, de par l’énergie et la perspective tracée. C’est une piqûre de rappel pour toujours avoir à l’esprit qu’aucune paix spirituelle – ou mentale, intellectuelle, sensible, comme on voudra – n’est possible avec la société telle qu’elle existe.

On ne peut pas ne pas chercher à s’opposer. Et cela exige une profonde attention pour rester hors d’atteinte. C’est là tout le noyau de la philosophie vegan straight edge, qui est un désengagement pour vivre, au quotidien, sur la base de valeurs inversement fondamentalement positifs. À la destruction systématique qu’implique la société telle qu’elle existe, l’opposition répond par le refus et l’affirmation de valeurs positives : la célébration de la vie telle qu’elle est en elle-même.

Voici le mini-album en entier.

Pas de véganisme dans la «convergence de luttes»

Depuis plusieurs années, il y a des gens qui disent que la convergences des luttes est la clef pour que le véganisme se développe. Il est vrai que ces gens-là ont en fait pratiquement disparu et justement ce n’est pas pour rien, alors il faut bien le constater.

Au sens strict, le moment où cette tendance a commencé à exister, c’est avec la formation du Nouveau Parti Anticapitaliste, en 2009. Pendant toute l’année 2008 il y a eu des comités pour débattre des idées de la future organisation. Comme le véganisme avait commencé à s’élancer en France depuis quelques années, il y a eu des gens disant qu’il y avait un espace pour diffuser des idées, que forcément des gens voulant fonder un « NPA » allait s’y intéresser.

Cela n’a pas du tout marché, mais l’idée est restée et à partir de ce moment-là, il y a eu des gens pour chercher une convergence des luttes. Cela se déclinait de manière très différente, cela allait d’un drapeau en manifestation à des tentatives plus structurées de faire passer le message. Le pic fut d’abord Nuit Debout à Paris, puis la fondation du mouvement de La France Insoumise, Jean-Luc Mélechon jouant même le jeu symboliquement pour ratisser le plus largement possible.

Puis la tendance a décliné, se résumant à un slogan écrit sur un mur pendant une manifestation, ou bien le port d’un drapeau. Enfin, malgré l’opposition prolongée à la réforme des retraites, ou à cause de celle-ci, il n’y a plus rien eu.

La photographie suivante, heureusement assez obscure pour ne pas avoir à la flouter, est représentative de la fin de cette idée. Car celui qui a mis en ligne cette image, avec ce commentaire horrible, c’est Laurent Brun, secrétaire Général de la Fédération CGT des Cheminots.

C’est quelqu’un qui prône la lutte, jusqu’au bout. Il est engagé depuis deux mois lorsqu’il poste cette image et ce commentaire. Il n’est pas isolé, il n’est pas à l’écart de la lutte des idées. Il exprime sa culture de manière tout à fait consciente.

L’erreur de fond, dans cette idée de « convergence des luttes » favorable au véganisme qui a de toute façon échouée, c’est de penser deux choses. La première, c’est qu’il y aurait un spécisme équivalent du racisme, du sexisme, de plein d’oppressions « systémiques ». Il y aurait des dominations flottant au-dessus de nos têtes à déconstruire. Quelqu’un qui se « déconstruit » basculerait alors logiquement dans l’antispécisme, dans la panoplie « anti ».

Sur le papier, c’est cohérent, sauf que la société humaine s’est construite sur le tas et pas par en haut avec des gens se disent : tiens, si on y opprimait les animaux ? Comme si les conquistadors s’étaient posés la question de massacrer les gens dans le continent « découvert ».

La seconde erreur est liée à la première. C’est qu’être vegan, c’est déjà une rupture. Mais le rester, c’est encore plus une rupture. Tout cela exige une certaine discipline personnelle. Or, le principe de la convergence des luttes, tout comme d’ailleurs de l’anarchisme, c’est que personne n’est responsable de rien. C’est on se lance, on discute, on agit, on discute, bref on s’engage et puis on voit.

Qu’une lutte fasse qu’on ait une conscience sociale plus élevée, soit. Mais le véganisme n’est pas une idée, c’est une éthique. Quelqu’un qui devient vegan sans aimer les animaux ne le restera pas. Ce qui fait qu’on devient vegan, qu’on le reste, c’est qu’on relève de toute une culture. Une orientation purement intellectuelle vers le véganisme est fictive, elle ne tient pas, au premier vrai choc, elle s’effondre.

C’est ce terrain friable qui fait que les gens qui ont essayé la « convergence des luttes » n’ont abouti à rien, aucun bilan n’en est ressorti, rien n’en a été tiré. Il doit bien y avoir des rencontres entre les luttes justes. Mais ce ne sont pas que des idées… ce sont des choses portées par des gens, très concrètement. C’est ainsi par la culture que tout se transmet.

Combattre les jeux d’argent, cette machine à dépendance

Dans cette société, il est très difficile d’être hors d’atteinte des agressions psychologiques. La raison est toute trouvée : les gens relativisent tout, se disent que si c’est leur goût après tout ils peuvent bien faire ce dont ils ont envie… et quand on est pris dans l’engrenage, c’est trop tard, car il y a tellement d’ego que le recul est impossible. Et encore moins la capacité de s’en sortir.

Raison de plus de se protéger et d’avoir une position ferme quant aux jeux d’argent. Ceux-ci sont l’un des pièges les plus importants de ces derniers temps, car il y a une véritable vague. Il faut dire ici qu’il y a regain en général du coup du « hold up », de l’appropriation imméritée, en jouant sur sa « chance », sa beauté, son cynisme, etc.

Il faut dire aussi que la vie dans cette société est tellement aliénante que qui ne chercherait pas à s’en sortir, d’autant plus pour quelques euros, comme les jeux d’argent le prétendent ?

Culturellement, les jeux d’argent sont très concrètement incontournables. Ils s’immiscent dans la vie privée, dans les discussions sociales, voire dans les styles de vie. Il y a internet, bien sûr, mais il y aussi une systématisation des domaines où l’on peut parier. On peut parier sur un match en cours dans de multiples sports, il y a de très nombreux jeux différents, allant des cartes au casino.

Dans ce panorama, il y a aussi la privatisation de la majorité des actions de la Française des jeux qui a eu lieu à la fin de l’année 2019. Et même si l’on décide de se faire interdire soi-même des casinos et des jeux d’argent en ligne (la procédure existe), cela n’empêche nullement le PMU et l’hippodrome, les multiples jeux de grattages achetés dans un commerce, ainsi que le loto ou encore les sites illégaux de jeux d’argent.

Il n’y a ainsi aucun contrôle réel permettant d’éventuellement empêcher quelqu’un de basculer dans les jeux d’argent, la situation étant la même que pour l’alcool. La société se lave les mains et confie à l’individu la prise de responsabilité.

Or, les jeux d’argent sont agressifs sur la psychologie. Ils en appellent à l’ego – on est censé montrer qu’on est plus vif, plus courageux, plus chanceux que les autres. Ils en appellent à l’argent facile – l’argent est disponible, il est présent, il n’y a qu’à le prendre, pourquoi attendre ?

Surtout quand on s’ennuie dans une vie morne, il y a l’idée de tout changer… mais sans changer le monde. Juste changer ce qu’il y a autour de soi.

Le PMU, Winamax, Bwin, Zebet, Betclic, Genybet, France Pari proposent qui plus est un remboursement sur le premier pari. Cela devrait être interdit, car c’est évidemment comme les dealers proposant des drogues dures à bas prix au départ. La dépendance une fois installée, les trafiquants sortent gagnants à moyen terme.

L’État se lave les mains ici en disant : nous n’autorisons en ligne que les entreprises mentionnées plus haut, et uniquement pour le poker, les paris hippiques, les paris sportifs. De plus, dit l’État, les jeux de grattage et de tirage sont sous le monopole de la Française des jeux.

Sauf que la Française des jeux est privatisée et que le monopole ne tiendra pas. De plus, la Française des jeux sort tout le temps de nouveaux jeux. Qui plus est, des jeux de grattage sont même disponibles en ligne…

En tirage, on a Amigo, EuroMillions, Joker +, Keno Gagnant à vie, le loto.

En grattage (y compris en ligne), on a Astro Illiko, Banco Illiko, Black Jack Illiko, Maxi Goal, Morpion, 10 ans gagnant Illiko, Cash, Goal, Défoulo, Millionnaire, Jackpot, La Ruche d’Or, 1000 Carats, Olé Sombreros !, Arbre au Trésor, Bingo, Solitaire, Diamond River, Eldorado, Fruitos, Les Kumulos, Astro, Numéro Fétiche, Mots croisés, Pharaon, Yam’s, Precius Aurus, etc.

Les paris sportifs sont le problème principal peut-être en ce moment, car ils gangrènent les jeunes hommes. Dans les collèges et les lycées c’est un massacre, surtout que le taux de retour de jeux est plus élevé que pour les jeux de grattage et de tirage. Il est à 85 %, ce qui signifie qu’on a une chance de gagner significative, suffisamment pour happer les gens.

Les sites aimeraient malgré cela encore augmenter ce pourcentage, pour être au niveau de sites illégaux, mais l’État s’y refuse pour l’instant (France Pari Sportif s’est fait exclure pour ne pas avoir suivi cette règle).

Encore est-il que ce taux est encore plus haut au poker, où il est de 95 %! Exactement ce qu’il faut pour faire tomber les gens, qui se croient plus malins et qui tombent dans l’engrenage. Les sites ne manquent pas : Betclic, Bwin, Party Poker, PMU, Pokerstars, Unibet, Winamax !

Notons ici que l’argent circule surtout entre les joueurs, une simple taxe étant prise par les entreprises et L’État. Mais peu importe, puisque c’est la même chose au final : on joue, on devient dépendant, on sombre.

Que dire d’ailleurs du casino, où la redistribution est encore plus haute (98,5 % au baccara par exemple) ? Dans tous les cas, l’histoire n’est pas une question de pourcentage, mais de capacité à utiliser l’ego des gens pour leur faire croire qu’ils sont plus habiles, plus malins, plus à même de gagner. Une fois qu’on s’imagine supérieur, on a perdu.

Cela, couplé avec l’attrait de l’argent facile propre à une mentalité beauf, c’est fatal.

La question de fond est d’ailleurs comme celle de l’alcool. Il ne s’agit pas que de quelques pourcentages de gens sombrant totalement, même si bien sûr ces gens comptent et doivent être aidés ! Il s’agit du fait que la mentalité des jeux d’argent est également un puissant vecteur culturel de ce qu’il ne faut pas.

Les jeux d’argent ont tout à voir avec l’individualisme, la négation des autres, du monde même. Car si argent il y a, il ne tombe pas de nulle part, et seuls des cyniques peuvent l’accepter ! Si l’on ajoute à cela, en plus, le fait d’être passif et de ne pas vouloir s’impliquer pour que des choses se passent, alors les jeux d’argent sont une catastrophe sur toute la ligne.

Si l’on y réfléchit bien, on peut se dire la même pour les jeux de hasard. Cependant, il y a une différence, au-delà du fond commun, c’est que l’implication n’est pas la même. De plus, les paris sportifs ne se veulent pas des jeux de hasard, mais des jeux fondés sur une certaine habileté s’appuyant sur certaines connaissances. Ceci dit, il est vrai que les jeux de hasard énervent justement les mauvais perdants, qui y voient une injustice effectivement vraiment là.

Tout cela, c’est de la maltraitance psychologique, et cela ne devrait pas exister.

REV, Parti animaliste, 269 Libération animale… la fin des illusions

L’ambiance est morne et parfois elle est même humainement très glauque. La foi du converti, les illusions de succès rapide, l’engouement important mais souvent passager, l’occupation du terrain médiatique… tout cela a tourné la tête de beaucoup de monde agissant sur le terrain de la cause animale, et les lendemains sont affreux.

Affreux, car on s’aperçoit que rien n’a été construit, qu’aucune culture n’a été développée, que somme toute les gens s’en foutent autant qu’avant. Ok, il y a des vegans. Cela s’arrête là. La mode est passée et l’intégration des protestataires a été impeccable au moyen de produits dans les supermarchés et de restaurants.

Pour les plus revendicatifs, il y a éventuellement quelques happenings-témoignages dans une ambiance « noir c’est noir » ou bien, pour les plus agités, quelques sabotages à mener. Cela en reste là. Sans lendemain.

C’est la fin de toute une vague qui a prétendu être ce qu’elle n’a jamais été : une révolution. C’était une prise de conscience, avec retard : le véganisme date des années 1990, tout de même ! Mais les gens le découvrant en France dans les années 2010 ont imaginé tout savoir, tout comprendre, tout mieux faire. C’est très français, finalement.

Ils ont vendu du rêve, aspirant de nombreuses forces captées par le rêve de réussir rapidement et sans trop d’effort. Las, c’est la fin des illusions. Aux prétentions de victoire succède la triste déchéance : les rêves sont vendus à la découpe.

269 Libération animale a par exemple utilisé énormément de ressources humaines, en arguant que la « désobéissance civile » serait la voie royale pour faire tomber le « spécisme ». Stratégie suicidaire pour qui connaît l’histoire de la libération animale… Mais de très nombreuses personnes sont tombées dans le panneau.

Il y a donc eu des premières actions, profitant des réseaux sociaux et des médias pour asseoir un certain prestige. Nombre d’activistes se sont précipités pour cette lutte clef en main, avec également une pression psychologique allant jusqu’au fanatisme. On parle tout de même ici de 350 personnes qui, en 2017, se font marquer au fer rouge le nombre 269 sur leur peau…

269 Libération animale a donc bloqué de nombreux abattoirs en France, sauvant même des animaux. Sauf qu’à un moment, évidemment, cela ne marche plus : quand on agit légalement, à ciel ouvert et même en prenant des précautions, à un moment l’État siffle la fin de la récréation.

269 Libération animale a donc pris les noms des participants aux blocages, afin de parer à des procès des seuls responsables de l’association… Puis, comme cela ne marchait plus, a élargi le périmètre, profitant de son aura. Il y a eu les mêmes actions en Espagne, en Italie, en Suisse, en Belgique.

Puis, bien entendu, la fenêtre de tir s’est fermée. La petite opinion publique activiste consommatrice s’est lassée de l’absence de proposition concrète et s’est détournée, laissant 269 Libération animale passer de la désobéissance civile à la gestion d’un sanctuaire d’ « individus » animaux sauvés, tout en cherchant à parer aux coûts et surtout aux dettes des multiples procès leur tombant dessus pour les actions.

Finies, les grandes ambitions de renverser pas moins que l’industrie spéciste. Des énergies énormes ont été siphonnées pour ça.

Il en va de même pour le Parti animaliste. Officiellement, les ambitions restent importantes.

Et le Parti animaliste maintient, en apparence, sa ligne initiale de « ni droite ni gauche ».

Ce n’est qu’apparence, car en réalité, le Parti animaliste s’est alliée à Europe Ecologie Les Verts à Paris, Grenoble et Montpellier (dans cette dernière ville EELV vient tout juste de finalement ôter son soutien à la liste unitaire de la tête de liste). C’est donc plutôt un « et gauche et droite » en version centriste et cela va toujours plus se renforcer comme tendance, de par la nature du Parti animaliste.

Sa démarche est en effet purement une fin en soi et à proprement parler ignoble. Sur son Facebook, le Parti animaliste racole à fond sur le malheur des animaux, pour faire pleurer Madeleine. C’est systématique et cela s’appuie sur n’importe quel fait divers horrible dont parlent les médias. Puis dit : voter pour nous on va améliorer les choses. Et comment ? En accompagnant on ne sait trop quoi.

Tout en ayant une prétention énorme. Hélène Thouy, co-fondatrice et co-présidente du Parti animaliste, ose dire la chose suivante dans une interview à Libération :

« Notre objectif initial était de sortir la cause animale du flou dans lequel elle était et du désintérêt dont elle faisait l’objet. De ce point de vue-là, c’est plutôt une avancée. »

L’approche est typique du Parti animaliste, qui vise à phagocyter ou à s’approprier ce qui existe. C’est systématique. Le Facebook parle par exemple parfois de la chasse à courre, mais omet bien entendu de parler de l’association d’AVA, pourtant plaque tournante de l’opposition à cette pratique odieuse, alors qu’en plus il y a des gens du Parti animaliste qui y participent.

C’est que le Parti animaliste s’imagine la Cause elle-même. Comme le montre cette image infâme où on fait un cadeau aux animaux… en donnant de l’argent au Parti animaliste. Ben voyons.

Entendons-nous bien : il ne s’agit pas d’une critique gratuite. Il s’agit de dénoncer le mensonge. Le Parti animaliste vend du rêve, alors que ses fondements sont un vague réformisme, d’où la soumission à Europe Ecologie Les Verts, dont il va servir d’appendice « animaliste ».

Prenons l’expérimentation animale. Le Parti animaliste ne l’attaque pas, mais prône l’accompagnement vers sa disparition :

« Le Parti animaliste souhaite que les moyens matériels et humains soient mis en place au plus vite pour que la recherche expérimentale sur animaux évolue vers des méthodes modernes. »

Prenons également ce qui est dit dans « La honte de la mise à mort par claquage des porcelets chétifs », une tribune dans Libération de Yaël Angel, docteur en droit, documentation technique du Parti animaliste (donc, pas n’importe qui au Parti animaliste).

Cela date de fin décembre 2019. On y lit :

« L’alternative réside dans de meilleures conditions d’élevage, répondant aux impératifs biologiques des animaux. Les truies de l’élevage intensif sont issues de croisements destinés à faire naître plus de porcelets à chaque portée. La succession des portées et les conditions d’élevage misérables épuisent les truies, ce qui aboutit à une forte proportion de porcelets chétifs. Les éleveurs doivent offrir aux truies une vie saine : moins d’inséminations, un espace en plein air où elles pourront fouiner le sol, faire un nid pour leurs petits, et ainsi donner naissance à des porcelets d’un poids «normal». »

C’est dit noir sur blanc : il faut « de meilleures conditions d’élevage ». Voilà l’accompagnement proposé par le Parti animaliste. Et la mise à la disposition d’EELV fait que cela ira toujours plus dans cette direction.

Le vrai but, conscient ou inconscient, des dirigeants du Parti animaliste, ce sont des strapontins ministériels d’un gouvernement centriste.

Il faut bien comprendre que la question n’est pas de discuter de la sincérité, mais de l’impact d’une action. Beaucoup de gens veulent bien faire pour les animaux… Cela tourne parfois en catastrophe, parce qu’il n’y aucune analyse de fond et une précipitation telle que cela tombe dans la corruption sans même le remarquer.

C’est vraiment flagrant pour Aymeric Caron, dont nul ne peut remettre en cause la sincérité. Seulement voilà, lui aussi s’est imaginé que rien n’existait avant son propre véganisme. Il a été médiatiquement mis en avant, puis est passé à la trappe.

Il a vendu du rêve… puis plus rien. Le parti qu’il a fondé, le REV – Révolution Écologique pour le Vivant, s’est ainsi également mis sur orbite, non pas d’EELV comme le Parti animaliste, mais de La France insoumise, pour la liste « Décidons Paris ».

Terrible capitulation pour un mouvement prétendant tout révolutionner, mais qui n’a pas été en mesure de se présenter aux européennes de mai 2019, le Parti animaliste y faisant par contre 2,2 %. Il a donc fallu, pour exister au moins quelque part électoralement – car là on parle d’élections – se fondre dans le moule.

Logiquement, la tête de liste de « Décidons Paris » dans le 14e arrondissement sera la vice-présidente de REV – Révolution Écologique pour le Vivant, Lamya Essemlali (également présidente de Sea Shepherd France et de Rewild, qui lutte contre le trafic d’animaux).

Tout ça pour ça ? C’est une plaisanterie. La cause animale comme appendice électorale de partis n’ayant rien à faire des animaux ? C’est une mauvaise blague. Surtout que derrière, Marine Le Pen s’empressera de faire de la démagogie au sujet des animaux, et que donc rien ne servira à rien, car cela sera simplement de la poudre aux yeux pour que les gens voulant y croire y trouvent leur compte.

Mais que faire, alors ? Quelle est la solution ?

La solution est très simple. Défendre les animaux exige qu’on sache les aimer. Il faut donc mettre en valeur la Nature, la vie animale. Il faut l’étudier (sans déranger!), en parler, la célébrer. Et le premier pas, inévitable, celui qui décide de tout, c’est de soutenir les refuges. Mobiliser pour les refuges est la condition obligatoire de tout travail vegan.

Non pas pour s’en vanter – au contraire, il ne faut pas tout mélanger, cela doit rester un travail à mener à côté, un soutien concret, mais anonyme. C’est un devoir moral, un devoir affectif envers ceux qu’on aime et qui méritent notre dévotion, et aussi une éducation.

De cette dévotion et de cette éducation, on tire une culture, et là on trouve les voies pour agir, mobiliser, coordonner, lutter, diffuser l’utopie nécessaire.

Il y a trois critères pour déterminer si cela va dans le bon sens : le naturalisme, les refuges, la dévotion. S’il n’y a pas cela… alors les animaux sont un thème récupéré à des fins misanthropes, nihilistes, électoralistes, ou autre.

Réseaux sociaux : une abstinence nécessaire

S’abstenir est une chose très importante dans un monde qui nous force à faire des choses et, qui plus est, à trouver bien qu’on le fasse. L’écrasante majorité des gens, pour ne pas dire tout le monde, s’imagine choisir ce qu’il fait, alors qu’en réalité tout est impulsé par un environnement social, économique, culturel.

On entend souvent l’argument selon lequel le véganisme peut réussir à s’imposer, car le consommateur est roi. C’est là croire en les mensonges de la société de consommation. En réalité, le roi, c’est celui qui produit et qui parvient à vendre ses produits dans la concurrence d’autres produits.

Si la « viande » est consommée en France, ce n’est pas par choix. C’est parce que tous les supermarchés proposent cette nourriture traditionnelle à bas prix. Nul spécisme là-dedans, simplement le prolongement d’une situation passée s’étant modernisée et étant passée à un niveau industriel. Pour contre cela, il faut une utopie, quelque chose de positif.

Pour avoir une utopie, il faut néanmoins disposer du temps pour réfléchir. Or, la course propre aux réseaux sociaux ne le permet pas. Qui veut réellement rompre avec la course à la superficialité ne peut que proposer l’abstinence à ce niveau.

La raison est évidente : avec les réseaux sociaux, il n’y a pas de juste milieu. Ils sont façonnés par des entreprises pour obéir au principe de l’accumulation de messages, afin de permettre le financement par la publicité. Tout est donc fait, au moyen de coûteuses étude de marché, d’élaborations techniques… pour que les réseaux sociaux soient le lieu de la promotion de l’ego.

Les réseaux sociaux pourraient être très utiles, pour peu qu’ils soient maîtrisés avec parcimonie. C’est cependant impraticable.

Il suffit de voir par exemple les facebook dédiés à la cause animale, axés sur des questions très particulières, tels que les adoptions, les appels à soutien. Normalement, les gens y ont un certain niveau de conscience, puisque le moteur de la présence sur ces réseaux, c’est une aide très concrète.

On peut pourtant voir que les réseaux sociaux poussent à poster des messages courts, émotionnels, de protestation ou d’outrage, le tout étant purement gratuit au sens où cela n’a aucun intérêt, aucun impact, que ce sont comme des mots prononcés tout seul dans son coin.

Et le souci est que les réseaux sociaux c’est surtout cela multiplié des milliards et des milliards de fois. Facebook a 2,4 milliards d’utilisateurs mensuels, Instagram en a un milliard. A l’échelle planétaire, la moitié des gens sont sur des réseaux sociaux.

Pour la France les chiffres sont de 46,9 millions de visiteurs uniques par mois pour Facebook et de 28 millions de visites uniques par mois pour Instagram. Est-ce que cela a changé les choses en France, par exemple pour les animaux ? Absolument pas, les réseaux sociaux ne font qu’accompagner l’individualisme.

Normalement, avec les réseaux sociaux et le degré de connectivité, un animal blessé devrait trouver un soutien concret de manière aisée et rapide. La même indifférence qu’auparavant prédomine pourtant, voire pire car les réseaux sociaux engloutissent le temps et l’attention des gens.

Impossible de ne pas remarquer ici d’ailleurs la marginalisation des refuges. Les refuges en France n’ont bien souvent pas de site internet, ou bien une page catastrophique bricolée sur un blog, voire un forum. Le plus souvent, cela passe par Facebook, et là on retombe dans le côté consommateur des gens.

Il y a inversement des gens qui n’existent que par les réseaux sociaux, à travers des images chocs. L214 ou 269 life n’auraient jamais pu émerger sans l’esprit consommateur propre aux réseaux sociaux. Avec les réseaux sociaux, il est facile de s’acheter une bonne conscience, de s’imaginer protester et donc d’être reconnu comme « contestataire », chacun faisant semblant individuellement et donc valorisant les autres, etc.

Les réseaux sociaux sont ainsi un mensonge permanent de chacun envers chacun. Les réseaux sociaux n’ont même pas à agir véritablement : la forme proposée suffit à réduire tout un chacun à son ego.

On peut ainsi dire que tout comme la société de consommation refuse que les gens s’effacent devant ce qui est plus grand qu’eux – la société, les animaux, la Nature -, elle met en place des points d’appuis à sa manière de concevoir les choses.

Les réseaux sociaux sont en fait une bulle. Ils sont pratiquement l’expression culturelle de la promotion de l’ego de la société de consommation. Qui ne veut pas voir sa personnalité déformée, son esprit happé par un rythme empêchant tout approfondissement… Qui ne veut pas être remplacé par son ego, n’a tout simplement pas le choix. L’abstinence est inévitable.

La réduction au strict minimum des réseaux sociaux est le minimum à faire ! Car le problème n’est pas technologie, c’est la psychologie. Qui perd son esprit dans une course superficielle doit remettre de l’ordre pour se retrouver… et se préserver !

De la fin d’un cycle au véganisme des années 2020

La seule voie menant au véganisme est le rejet de son ego et le fait d’assumer sa culpabilité individuelle dans son parcours jusque-là. Il faut une vie pour rattraper ce qu’on a fait – si c’est possible.

Le véganisme implique une soumission générationnelle, une acceptation de s’effacer, pour laisser place à une humanité nouvelle, avec un rapport totalement différent à la Nature. C’est une voie qui est celle de l’auto-critique et non de la complaisance, c’est une voie qui implique la correction ininterrompue de sa propre vie et non pas son auto-valorisation permanente.

Soit le véganisme des années 2020 est une véritable philosophie de vie, avec des valeurs bien déterminées dans les attitudes, les comportements, un effacement des egos, une correction de ses pensées.

Soit il ne sera qu’une posture individuelle, c’est-à-dire une imposture.

L’histoire du véganisme en France le montre parfaitement. Si on la regarde, on en arrive à constater quatre générations. La première génération date du début des années 1990, la seconde du début des années 2000, la troisième du début des années 2010, la quatrième s’est imposée dans la seconde partie des années 2010.

On a, au fur et à mesure :

– une génération alternative, en partie liée aux squats, à la culture punk hardcore, marginalisée par la société et ainsi sectaire, mais assumant le véganisme comme une morale complète ;

– un passage de flambeau partiel à une génération plus socialisée cherchant à développer le mouvement de manière plus constructive en cherchant à formuler des fondamentaux ;

– une vague de gens rejoignant la cause mais sans la vision du monde éthique et philosophique, car focalisée sur une sorte de protestation témoignage en mode noir c’est noir ;

– une récupération hipster et bobo et une intégration commerciale, parallèlement à un mouvement anarcho-symbolique (l’antispécisme).

Si l’on regarde les choses objectivement, on se dit alors que le véganisme a connu la même évolution que ce qu’on appelle en anglais les « subcultures », comme la musique disco, les hippies, les punks, les mods, les batcaves, etc.

Le déclic amenant au mauvais tournant est toujours le même : la première génération est dans le repli pour se préserver et a un rejet profond de la société. La seconde génération est portée par le message du premier et propose d’élargir le mouvement en construisant une vraie vision du monde capable de passer du refus de la société à sa conquête, sans rien dénaturer aux principes.

Le processus est encore en cours lorsque l’irruption de gens incapables de s’en tenir à des principes vient tout saccager. S’ensuit une récupération commerciale massive, avec une petite minorité s’imaginant encore dans le coup, alors qu’elle n’est qu’une pâle copie du mouvement, le simple témoignage historique de sa désintégration.

C’est là où on en est aujourd’hui. C’est donc de là qu’il faut partir.

Faut-il donc faire comme L214 et considérer que la cause ne peut triompher que sur des centaines d’années ? C’est absurde et moralement insoutenable.

Faut-il considérer qu’il existerait un « spécisme » flottant au-dessus de la société et manipulant les esprits ? C’est ridicule.

Faut-il vendre le véganisme à une pseudo critique du capitalisme qui montre sa fausseté en affirmant que tout changera… après la révolution seulement ? C’est mensonger. Croit-on vraiment que l’esprit gilets jaunes pourrait avoir un quelconque lien avec le véganisme ? Que la manière avec laquelle les syndicats gèrent la grève contre la réforme des retraites aboutirait à une progression du véganisme ?

Le véganisme exige la remise en cause de soi-même – cela implique une rupture avec la superficialité, un certain confort peut-être, des habitudes en tout cas. Avec des mœurs, avec des normes, avec des raisonnements. Et c’est un travail qui ne s’arrête jamais. C’est une révolution dans la vie quotidienne, avec des étapes, mais ne cessant pas.

C’est ce qui compte, car étant le plus important, c’est le concret, et l’irruption dans le concret provient toujours d’une détermination s’appuyant sur une correction devenue claire. C’est faire œuvre de purification morale dans un monde corrompu.

Pas de viande, pas de lait, pas d’œufs, pas d’alcool, pas de drogues, pas de rapports sexuels en-dehors d’un couple construit, pas de mensonges, pas de jeux d’argent, pas de fuite dans un au-delà imaginaire, pas de consumérisme, pas d’ego, pas d’égoïsme, pas de mise en avant de soi-même, pas de dépendance à la télévision ou aux séries, pas d’oubli des animaux.

Se constituer en opposition.

La chanson “Supernature”

Nous sommes en 1977 et Marc Cerrone, un Français est expatrié aux États-Unis, seul pays à avoir initialement reconnu ses apports musicaux. Il produit alors la chanson Supernature, un grand classique de la disco.

L’atmosphère est ici inquiétante, l’ambiance est froide et dansante, hypnotique, avec un véritable fond critique puisque les paroles sont un incroyable mélange de libération animale et de libération de la Terre.

Le texte raconte en effet la vengeance rétributive des animaux à l’encontre des humains, du Earth Crisis en mode disco, une quinzaine d’années avant, en quelque sorte.

La musique est de Cerrone, la chanteuse est Kay Garner. Les paroles sont de Cerrone et Alain Wisniak, mais une personne bizarrement non créditée est forcément à la base de tout cela : Lene Lovich.

On connaît cette figure new wave notamment de par la compilation Animal Liberation faite par Peta en soutien à la ligne de l’ALF en 1987.

Once upon a time science opened up the door
We would feed the hungry fields till they couldn’t eat no more
But the potions that we made touched the creatures down below, oh
And they grew up in the way that we’d never seen before

Il arriva une époque à laquelle la science ouvrit la porte
Nous pourrions alors nourrir les champs affamés jusqu’à ce qu’ils n’en puissent plus
Mais les potions que nous fîmes ont touché les créatures en-dessous, oh
Et elles ont grandi d’une manière jamais vue auparavant

Supernature, supernature
Supernature, supernature
Supernature, supernature
Supernature, supernature

They were angry with the man ’cause he changed their way of life
And they take their sweet revenge, as they trample through the night
For a hundred miles or more you can hear the people cry
But there’s nothin’ you can do even God is on their side

Elles étaient en colère avec l’homme car il a changé leur mode de vie
Et elles prirent leur vengeance sucrée en piétinant à travers la nuit
Sur des centaines de kilomètres ou plus vous pouvez entendre les gens crier
Mais il n’y a rien qu’on puisse faire car même Dieu est de leur côté

Supernature, supernature
Supernature, supernature
Supernature, supernature
Supernature, supernature

How can I explain, things are different today
Darkness all around and nobody makes a sound
Such a sad affair, no one seems to care

Comment puis-je expliquer, les choses sont différentes aujourd’hui
L’obscurité partout autour et personne ne fait un bruit
Une affaire si triste, personne ne semble s’en préoccuper

Supernature, better watch out
Look at you now, better watch out
Look at you now, supernature
Better watch out, there’s no way to stop it now

Supernature, vous feriez bien de faire attention
Regardez-vous maintenant, vous feriez bien de faire attention
Regardez-vous maintenant, Supernature
Vous feriez bien de faire attention, il n’y aucun moyen de stopper cela désormais

You can’t escape, it’s too late
Look what you’ve done, there’s no place that you can run
The monster’s made, we must pay
Supernature, you better watch out

Vous ne pouvez pas vous échapper c’est trop tard
Regardez ce que vous avez fait, il n’y a pas d’endroit où fuir
Les monstres créés, nous devons payer
Supernature, vous feriez bien de faire attention

Supernature, look at you now
Supernature, you better watch out
Supernature, look at you now
Better watch out, there’s no way to stop it now
You can’t escape, it’s too late

Supernature, regardez-vous maintenant
Supernature, vous feriez bien de faire attention
Supernature, regardez-vous maintenant
Vous feriez bien de faire attention, il n’y aucun moyen de stopper cela désormais
Vous ne pouvez pas vous échapper, c’est trop tard

(Supernature)

Look what you’ve done, there’s no place that you can run
The monster’s made, we must pay

Regardez ce que vous avez fait, il n’y aucun endroit où fuir
Les monstres créés, nous devons payer

Maybe nature has a plan to control the ways of man
He must start from scratch again many battles he must win
Till he earns his place on earth like the other creatures do
Will there be a happy end, now that all depends on you

Peut-être que la nature a un plan pour contrôler les voies de l’homme
Il doit recommencer à zéro, beaucoup de batailles il doit gagner
Jusqu’à ce qu’il mérite sa place sur la terre comme le font les autres créatures
Y aura-t-il un happy end, cela dépend de toi

Supernature, supernature
Supernature, supernature
Supernature

Voici également la vidéo originale de l’époque, avec une version raccourcie de la chanson (par rapport à la version des clubs, qui est l’original).

Les implications de la « cellule Demeter »

Déméter est la déesse grecque de l’agriculture et des moissons ; c’est le nom choisi par l’État pour sa « cellule nationale de suivi des atteintes au monde agricole ». Elle vient d’être annoncée par le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner (le 13 décembre) et dépend de la gendarmerie qui l’a mise en place le 3 octobre.

Les vegans sont les premiers concernés, non pas car ils volent des tracteurs pour les collectionner comme le raconte Valeurs Actuelles il y a peu, mais de par la signification de ce dispositif. Il s’agit en effet :

a) de bloquer l’activisme visant à filmer les élevages, d’en parler, etc. ;

b) de bloquer l’activisme visant à bloquer les élevages, en mode « désobéissance civile » ;

c) de criminaliser les activistes opérant depuis la clandestinité, en premier lieu l’ALF.

Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, présente lui-même la chose de manière on ne peut plus parlante :

« Depuis quelques années, un phénomène grandit, inacceptable. De plus en plus, nos agriculteurs sont visés par des intimidations, des dégradations, des insultes. Des individus s’introduisent dans leurs exploitations agricoles et les bloquent. Ils font des films aux commentaires orduriers, avant de jeter les exploitants en pâture sur les réseaux sociaux. Parfois même, les intrus dégradent, cassent et volent.

En se multipliant, certains actes confinent à l’absurde. Je pense à ces militants animalistes responsables de la mort de plus de 1 400 animaux dans l’Eure pour leur avoir fait peur en s’introduisant dans un élevage de dindes.

Ces phénomènes, nous devons les prendre très au sérieux : ils gâchent la vie des agriculteurs, inquiets chaque jour de savoir ce qui peut leur arriver. Ils nourrissent l’agribashing, la défiance et l’hostilité. »

Mais il faut donc ajouter un autre point essentiel à ceux mentionnés plus haut :

d) de fusionner éleveurs et agriculteurs (cultivant la terre) – deux activités séparées – en un seul bloc promouvant le « terroir ».

L’opération a ici une immense portée culturelle. Il faut d’ailleurs ajouter les chasseurs, puisqu’il s’agit vraiment de former un bloc éleveurs – agriculteurs (cultivant la terre) – chasseurs. En pratique, cela ne peut être contré que lorsque les vegans diront, de manière fort logique, que les agriculteurs cultivant la terre ont tout à gagner à un pays végétalien. Il y a ici une réflexion à mener.

Il y a surtout une conséquence très importante, qu’il faut bien saisir. Voici ce que dit le ministre de l’Intérieur :

Créée au sein de la Gendarmerie nationale, la cellule Demeter va permettre :

– d’améliorer notre coopération avec le monde agricole et de recueillir des renseignements ;

– de mieux connaître les groupes extrémistes à l’origine des atteintes et de pouvoir anticiper et prévenir leurs actions ; 

– de pouvoir gagner en efficacité par des actions et des enquêtes mieux coordonnées. 

Cela implique des enquêtes approfondies sur le mouvement végan, des infiltrations, le recueillement de renseignements complets à tous les niveaux, etc. Si nous n’avons jamais utilisé Facebook, c’est justement pour éviter une telle situation. Avec Facebook, nous aurions démultiplié notre écho, mais nous aurions grillé tous les sympathisants de la libération animale. Ce qu’ont fait et ce que font ceux pour qui Facebook est le moyen absolu de communiquer pour agir.

Il faut bien ici comprendre que de par l’amplitude des tâches dévolues à la cellule Demeter, il y aura désormais l’enregistrement officiel de tous les messages postés sur les réseaux sociaux concernant la question animale au sens le plus large.

Avant, cela était bien entendu fait également, mais là ce sera fait légalement, avec tous les moyens publics officiels. Avec le terme « anticiper » et ceux de « mieux connaître », tout est permis, tout le monde va être surveillé de près, autant bien entendu que c’est techniquement possible.

Concrètement, si tel ou tel message donne prétexte à suspicion, il pourra y avoir écoute téléphonique, accès aux mails, filatures, à quoi s’ajoutent des tentatives d’infiltration, etc.

Voici d’ailleurs la présentation en mode blabla incompréhensible expliquant que les informations seront partagées à tous les niveaux étatiques :

La « Cellule nationale de suivi des atteintes au monde agricole » (cellule DEMETER) est destinée à apporter une réponse globale et coordonnée à l’ensemble des problématiques qui touchent le monde agricole en menant  collégialement les actions dans les 4 domaines :

– de la prévention et de l’accompagnement des professionnels du milieu agricole par des actions de sensibilisation et de conseils destinées à prévenir la commission d’actes délictueux, en lien avec les organismes de représentation du monde agricole (SDSPSR) ;

– de la recherche et de l’analyse du renseignement en vue de réaliser une cartographie évolutive de la menace et détecter l’émergence de nouveaux phénomènes et/ou groupuscules (SDAO en coordination avec SDPJ) ;

– du traitement judiciaire des atteintes visant le monde agricole par une exploitation centralisée du renseignement judiciaire, un partage ciblé de l’information et une coordination des investigations le nécessitant (SDPJ) ;

– de  la  communication,  en valorisant  opportunément  toutes  les  actions  menées  dans  ces  différents domaines par la gendarmerie au nom de la cellule DEMETER et par des actions ciblées destinées à rassurer le monde agricole par la prise en compte de ses problématiques par les forces de l’ordre (SIRPA).

Il est ici parlé par exemple de la SDAO. La SDAO, c’est la sous-direction de l’anticipation opérationnelle, c’est-à-dire les « services secrets » de la gendarmerie. La SDAO travaille évidemment de manière étroite avec le « Service Central du Renseignement Territorial », au sein de la « Direction Centrale de la Sécurité Publique » de la « Direction Générale de la Police Nationale ».

Pour dire les choses plus directement, il s’agit ici de structures dévolues à l’antiterrorisme notamment et disposant de moyens illimités. Si par exemple quelqu’un fait une action illégale, prend une photo et l’envoie, cette photographie sera décortiquée afin de voir son « empreinte » graphique et il sera recherché en ligne d’autres photos avec la même empreinte, ou bien un infiltré fera en sorte de se faire envoyer des photographies par une personne suspectée, histoire de vérifier.

Naturellement, les vols seront une thématique de la cellule Déméter… et même dans les faits sa principale activité. Mais la lutte contre la cause animale est ouvertement mise sur le même plan, ce qui est présenté comme suit :

« Le périmètre de compétence de la Cellule DEMETER englobe la prévention et le suivi :

– des actes crapuleux, qu’il s’agisse d’une délinquance de proximité et d’opportunité (ex : vol isolé de gasoil ou d’outillage,etc.) ou d’une criminalité organisée voire internationale (ex : filière de vol de GPS agricole, etc.) ;

– des actions de nature idéologique, qu’il s’agisse de simples actions symboliques de dénigrement du milieu agricole ou d’actions dures ayant des répercussions matérielles ou physiques. »

Il y a d’ailleurs une petite liste d’exemples d’actions et cela de la destruction de miradors aux free parties. On notera par contre, chose terrible, que la libération d’animaux est placée comme « action symbolique ». Les antispécistes sont ici les responsables de cela, en défigurant la lutte historique avec leur manie sans perspective du « témoignage ».

– les violations de domiciles ou intrusions visant des exploitations agricoles ou des professionnels de l’agro-alimentaire  aux  fins  d’y  mener  des  actions  symboliques  (libération d’animaux, tournage de vidéos clandestines,etc.) ;

– les  occupations  illégales  de  terrains  agricoles  aux  fins  d’installation  temporaire  par  des  groupes constitués de gens du voyage ou d’organisation d’événements festifs non autorisés (free-parties) ;

– les dégradations commises à l’encontre de certains professionnels liés aux milieu agricole ou agro-alimentaire (boucheries, abattoirs, activités de transport d’animaux d’élevage, etc.) ;

– les actions anti-fourrure liées à des élevages spécifiques ;

– les actions menées par certains groupes antispécistes vis-à-vis du monde de la chasse, intimement lié au monde agricole (impact de la régulation cynégétique sur la protection des cultures, identité rurale, etc.) peuvent être intégrées à la cellule DEMETER en fonction des circonstances.

Ce qui est d’autant plus grave, dans toute cette histoire, c’est que la gendarmerie nationale assume ouvertement d’avoir fait une convention de partenariat avec la FNSEA/JA. L’État assume de faire un partenariat avec un syndicat professionnel, tout en se prétendant neutre… voilà qui en dit long. Et c’est un argument qui sera à utiliser en cas d’accusation. L’État a choisi son camp et ne peut pas prétendre le contraire, comme le montre cette « convention ».

La présentation de la cellule Déméter contient également un exemple d’une telle opération « approfondie ».

A cela s’ajoute que la structure est étatique mais para-légale :

La Cellule DEMETER est une structure :

– fonctionnelle, n’imposant pas de mise à disposition co-localisée des personnels des entités impliquées  ;

– permanente afin d’assurer néanmoins un suivi constant de la problématique.

Elle est un réseau de référents (titulaire/suppléant) spécifiquement chargés, au sein de leurs sous-directions ou services, de la centralisation et de l’analyse des informations.

Ce n’est donc pas un service spécifique, qu’on pourrait évaluer. C’est une structure para-légale : elle est mise en place, mais au sein du reste, de manière non officielle, invisible. Cette structure est pourtant « permanente » et cependant, en même temps… elle n’existe pas. On ne peut donc pas lui rendre des comptes, en parler comme institution, car ce serait simplement quelque chose de transversal, etc.

C’est le degré zéro de la démocratie, ce qui n’est guère étonnant, puisque la gendarmerie, c’est une organisation de type militaire. Cela veut dire qu’une surveillance non seulement accrue, mais professionnelle et aux moyens militaires, attend désormais les végans. Et que personne ne pourra légalement avoir un regard déçu. Seule la gendarmerie et le sommet de l’État le pourra.

Cela ne dérangera nullement ceux pour qui être vegan c’est rester dans son coin à broyer du noir en se disant qu’on ne peut rien faire ou bien à signer des pétitions de L214 en s’imaginant faire quelque chose.

En apparence du moins, car dans les faits, la pression va commencer à devenir réellement intense.

Cela va être le début du reflux.

La tension qui va s’imposer va littéralement aplanir le mouvement pour les animaux. Car on ne contourne pas l’Histoire comme cela. Le véganisme date des années 1980-1990, voilà la vérité. Nier cela et s’imaginer que le véganisme était « nouveau », que la victoire allait être à court terme et facile, par les pétitions et la désobéissance civile, tout cela était prétentieux, vain, trompeur, mensonger.

C’est maintenant que la bataille va commencer. Et il n’y aura pas de compromis dans la défense de notre mère la Terre !

La COP 25, un échec dans le silence

L’avantage d’étudier les COP depuis plusieurs années, c’est qu’on voit la vanité des choses, puisque tout se répète, sans résultats pour autant.

On est dans une situation toujours plus tendue, entre une humanité qui sait, mais qui n’agit pas, et quand elle veut agir, se contente de symbolisme et d’engouement pour une adolescente médiatisée. On est au niveau zéro.

Les Français sont sans doute les pires ici. L’année dernière la COP 24 s’était tenue alors que les gilets jaunes connaissaient leur succès médiatique en France. Le résultat, tout est passé à la trappe.

Cette année, la COP25 s’est tenue alors que la France connaît un mouvement social contre la réforme prévue des retraites. Résultat, tout est passé à la trappe.

Mais on aurait tort de penser qu’une contre-actualité vient entièrement parasiter l’information. S’il y avait des réseaux structurés, des gens s’impliquant réellement, la COP25 aurait été une actualité pour tout le pays.

Ce n’est pas le cas toutefois, en réalité, de par un dédain fondamental pour l’écologie, pour un engagement approfondi, prolongé, développé, complexe en ce domaine.

Cela se voit très bien tant chez les gilets jaunes que dans le mouvement social actuel. Ce qui compte, c’est son petit horizon personnel, son goût pour la propriété, la promotion de son ego.

Les gens ne sont pas capables de dire qu’une chose est bien, ils refusent de se considérer comme plus petits que des choses plus grandes. Leur empathie est faible, leur compassion tout autant.

Le monde pourrait s’effondrer, ils ne le remarqueraient pas, ils ont d’autres préoccupations! D’ailleurs, il s’effondre…. A la base, la COP25 devait être au Brésil. Mais avec l’élection comme président de Jair Bolsonaro, un ultra anti-écologiste, cela a été annulé un an auparavant.

Hors de question pour le Brésil de soutenir une telle initiative. C’est alors le Chili qui a dû prendre le relais.

Seulement comme il y a une révolte populaire immense là-bas, avec une répression d’ailleurs au moyen de tortures, de viols et de meurtres en masse, c’est finalement en catastrophe que l’Espagne a récupéré la COP25 un mois avant. C’est dire l’ambiance tout de même !

La COP 25 a donc été présidée par le Chili… A Madrid. Rien qu’avec ça, on s’aperçoit qu’on marche sur la tête. Ce sont les apparences qui comptent, et elles seules.

Du côté français, cela a d’ailleurs été le service minimum, tout comme l’année dernière à la COP24. Voire pire en fait, car les figures importantes sont restées encore moins longtemps que l’année dernière, où c’était déjà risible. Mais comme tout le monde s’en moque…

Le premier ministre, Édouard Philippe s’est simplement chargé de passer pour un discours à l’ouverture, alors qu’Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, est restée… une journée, et Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, quelques heures seulement.

Emmanuel Macron, qui n’était pas allé à la COP24, avait prévu officiellement de venir à la COP25, les 1 et 2 décembre. En plus, cela se tenait donc à Madrid, dans un pays frontalier. Mais il n’y est pas allé. Avec la réforme des retraites, il y avait autre chose à faire ! Par contre, les 3 et 4 il était à Londres, autre pays voisin. Pour le sommet de l’OTAN.

C’est qu’il ne faut pas se leurrer, chaque pays se bat pour ses intérêts seulement. Derrière l’unité de façade, il y a des intérêts divergents et aucune opinion publique pour une humanité unifiée. Partant de là…

Plusieurs pays ont carrément été des freins assumés : le Brésil en tête, mais également bien entendu les États-Unis, l’Australie, l’Arabie Saoudite.

Voici comment Étienne Leblanc, envoyé spécial de Radio-Canada à la COP25, résume leur comportement :

« Ils sont arrivés samedi, ces pays-là, comme s’il n’y avait pas eu deux semaines de discussions. C’est comme s’ils avaient fait table rase de toutes leurs demandes et on est presque repartis de zéro. »

Il y a aussi le groupe BASIC, avec justement le Brésil, mais aussi la Chine, l’Inde et l’Afrique du Sud. Ils disent : on est en développement, on a fait des efforts, à vous de payer si vous voulez qu’on fasse quelque chose.

Le fond du problème est effectivement là : à problème mondial, solution mondiale. Seulement il n’y a pas de gouvernement mondial… donc chaque pays fait comme ça l’arrange. Rien ne l’oblige à agir. Il peut négocier autant qu’il veut.

L’établissement d’un « marché du carbone » à l’échelle mondiale, « oublié » des accords de Paris, attend donc éternellement sa mise en place.

Qui n’aura évidemment jamais lieu, à moins d’un changement radical à l’échelle mondiale. Qu’on ne voit pas venir, car l’humanité ne veut pas reconnaître Gaïa : aveuglée par son auto-célébration, elle est déconnectée du réel.

D’où le fantasme anthropocentriste d’une hypothétique volonté à venir. Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, a ainsi appelé à faire mieux.. la prochaine fois.

« La communauté internationale a perdu une occasion importante de faire preuve d’une ambition plus grande en matière d’atténuation, d’adaptation et de financement face à la crise climatique. Nous ne devons pas abandonner. »

Greta Thunberg s’est contenté du message suivant, dans le même esprit :

« Il semble que la COP25 soit en train de tomber en morceaux. La science est claire, mais la science est ignorée. Quoi qu’il arrive, nous n’abandonnerons pas. Nous ne faisons que commencer. »

La COP25 a même officiellement de son côté appeler à faire mieux… à la COP26. Il faut que chaque pays rehausse ses ambitions, etc.

Tout est ainsi fait, le silence du dédain comme le bruit des COP, pour nier le seul choix possible : la soumission à Gaïa.

Greta Thunberg «personnalité de l’année» du Time

Les événements tout récents permettent de vérifier si était juste le fait de dénoncer Greta Thunberg comme étant anti-vegan dans sa démarche. Ainsi, l’hebdomadaire américain Time vient de la nommer personnalité de l’année. On ne peut pas évaluer ici un jugement de valeur, car du point de vue du Time, la personnalité est simplement considérée comme ayant joué un grand rôle, que ce soit positif ou négatif.

Cela étant, il faut relativiser cette « neutralité », car les photos de Greta Thunberg, toutes récentes avec notamment plusieurs mise en scène au bord de la mer au Portugal, montrent que le Time magazine a accompagné celle-ci depuis au moins début décembre pour une opération « séduction ».

Mais allons au compte-rendu de son activité, avec la très longue présentation de Greta Thunberg dans le Time. Le mot vegan revient une seule fois, au moment où un militant de Greenpeace lui amène à manger un pad thaï vegan, plat qu’elle découvre pour la première fois. Super !

Le mot animal n’est pas présent dans le texte. Celui de Nature non plus. Seul le mot naturel est présent pour parler de l’océan qui mugit et fait comme un écho du monde naturel à la « petite voix » de Greta Thunberg. Poétique. Mais sans intérêt.

Le mot écocide n’est pas dans le texte. Les mots écologistes et écologie ne sont pas là, celui d’écologique est présent… une fois, lorsque il y a une citation de Greta Thunberg disant que la crise sociale serait aussi une « crise écologique ».

Le terme réducteur d’environnementaliste revient sept fois, celui d’environnement une seule fois. Même pour faire semblant, il semble que cela soit trop difficile.

Regardons aussi dans l’article expliquant le « choix » du Time. Il est écrit par son rédacteur en chef. Ici, aucun terme n’est trouvable.

Cela veut clairement tout dire. Il n’y a même plus de contenu, c’est juste une sorte de protestation illuminée contre la fin du monde. C’est une nouvelle religion. L’oubli des animaux est vraiment incroyablement révélateur : les animaux sont les premiers concernés sur la planète, mais ils n’existent pas !

Et ne parlons pas de ce refus de reconnaître la Nature, de dénoncer l’anthropocentrisme, etc.

Mais regardons deux autres choses très récentes et consistant cette fois en les propos de Greta Thunberg directement.

Elle était ainsi à la COP25 se tenant à Madrid (au lieu d’au Chili) et elle a tenu un petit discours le 11 décembre.

Dans ce discours du 11 décembre 2019, Greta Thunberg ne parle ni du véganisme, ni des animaux, ni de l’écocide, ni de la Nature. Elle n’emploie pas le terme environnement non plus, ni même ceux d’écologie, d’écologique, d’écologiste.

Là on peut dire que les choses sont franchement sans ambiguïté.

Elle a également accordé une interview exclusive à l’important quotidien suédois Dagens Nyheter, d’orientation libérale. Là c’est comme le Time, c’est un choix marketing très précis. Accorder une interview quand on ne le fait jamais, surtout dans son pays alors qu’on est connu mondialement, cela ne relève pas du hasard.

Pareillement, on n’y trouve rien du tout des termes mentionnés plus haut. C’est un discours sur le réchauffement climatique, les gouvernements qui ne font rien car ils sont méchants, qu’ils réfutent la science, etc.

C’est un point de vue régressif, qui va très bien avec le côté c’est la fin du monde, les gouvernements nous ont trahi, etc. Zéro remise en cause des mentalités, zéro transformation de soi, zéro morale, rien !

Concluons sur une anecdote révélatrice. L’association américaine PeTA vient tout juste de nommer Greta Thunberg comme modèle pour la jeunesse 2019 à l’occasion d’une remise annuelle de prix. Tout cela parce qu’elle contribuerait au véganisme et qu’elle parlerait « passionnément » de son « amour pour les animaux ». Incroyable, PeTA n’a peur de rien. C’est de la récupération pure et dure, de manière ultra-forcée.

Mais voilà ce qu’est Greta Thunberg. Une adolescente idéaliste, sans contenu, utilisée par n’importe qui pour projeter n’importe quoi. C’est un faire-valoir généralisé, une gigantesque bulle relevant des médias et des réseaux sociaux. Encore une fois, comment va-t-elle s’en sortir sur le plan personnel après avoir été le jouet de tout cela ?

Le véganisme invisible et trompeur de Greta Thunberg

Pippi Långstrump (« Pippi longues chaussettes ») est une figure de roman très connu en Scandinavie et dans les pays germaniques. On la connaît en français sous le nom de Fifi Brindacier. A la base il s’agit de romans écrit par la Suédoise Astrid Lindgren, mais il y a une série télévisée et un dessin animé.

L’idée derrière Fifi Brindacier est très simple : le personnage a une mentalité à part et remet les adultes en cause.

Quand on connaît Fifi Brindacier, on comprend Greta Thunberg comme figure suédoise d’exportation. Et c’est assumé, puisque de temps en temps, on retrouve un petit drapeau suédois, comme lors de sa traversée de l’Atlantique.

Voici par exemple Greta Thunberg fière d’être la femme de l’année pour l’Expressen… qui est, avec l’Aftonbladet, un de ces horribles tabloïds comme on sait en faire dans le Nord de l’Europe. Un cauchemar beauf typique d’une société aseptisée pratiquant un nationalisme « light ».

Tout cela a son importance pour aborder une question fondamentale : le véganisme de Greta Thunberg. Imaginons en effet que vous pourriez vous adresser à des millions de personnes, des dizaines, des centaines de millions de personnes. Mettriez-vous en avant le véganisme ?

Il va de soi que si on considère le véganisme comme universel, alors évidemment la réponse est oui. D’ailleurs, même si on ne l’est pas, la question se pose inéluctablement, obligatoirement. Qui nie l’actualité du véganisme sort du 21e siècle.

Et pourtant, Greta Thunberg ne parle jamais du véganisme. Elle aurait pourtant l’occasion de le faire. Elle ne le fait cependant jamais. Elle ne parle pas non plus des animaux, jamais. Pourtant, on sait qu’elle est vegan, alors comment expliquer cela ?

En fait, l’enfer est dans les détails et on saisit tout à ce moment-là. Si l’on prend les images mises en avant sur les comptes Facebook, Instagram, Twitter de Greta Thunberg, on a surtout deux types de choses : soit Greta Thunberg elle-même, soit une foule rassemblée.

En de très rares occasions, pratiquement des anecdotes, il y a des allusions au véganisme. Attention, ces allusions ne sont visibles que par les vegans. Jamais Greta Thunberg ne parle d’elle-même du véganisme, ni d’ailleurs n’en parle tout court. Si on lui demande si elle est vegan elle dit oui, pour des raisons éthiques, écologiques, etc. Mais elle ne précise jamais ce que cela veut dire, ne parle jamais du contenu de son véganisme et elle ne parle jamais des animaux.

Prenons ainsi Greta Thunberg dans un train avec son lunch. Elle ne dit pas que son lunch est vegan. Elle ne le précise pas – l’équipe filtrant ses messages fait exprès de ne pas le préciser. Pourquoi ? Parce que cela serait « diviseur ».

Mais il y a une allusion. L’œil curieux du vegan – surtout nordique, on est au début de sa carrière – verra forcément le « vegansk salat » à gauche au premier plan.

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Sur cette photographie, Greta Thunberg refait une pancarte. En hashtag on a #rescuedog. Il ne sera vu que par les vegans, qui apprécieront… alors que cela ne veut rien dire en soi. Mais c’est un « signe ».

En cherchant bien on peut trouver une référence – une seule – à quelque chose d’ouvertement lié au véganisme. Greta Thunberg visite ainsi un sanctuaire aux États-Unis, le Happily Ever Esther Farm Sanctuary. On a des hashtags engageant, une expression de contentement… mais strictement aucune référence au véganisme dans le texte. Là encore, on se contente de « signes »… destinés à ceux qui les verront.

Ici, Greta Thunberg visite le Centre d’Interprétation des Mammifères Marins, où l’on peut admirer les baleines du Saint-Laurent. Il y a un remerciement, mais sinon strictement rien, aucun engagement. Il n’y a même pas un semblant d’appel à protéger les animaux, l’océan, etc.

On l’aura compris, le véganisme mis en avant par Greta Thunberg est réduit à quelque chose d’individuel. Faut-il y voir quelque chose de mal ? Oui, car c’est une stratégie marketing, comme le montre l’image suivante.

Le coup du t-shirt « Sea Shepherd » discrètement mis en avant, mais juste suffisamment pour être reconnu des seuls connaisseurs, est flagrant. C’est bien une démarche calculée.

Ce que cela signifie, c’est que la manière qu’a Greta Thunberg – comme figure médiatique, produit marketing d’une équipe organisée, etc. – de mettre en avant la lutte pour la planète, implique le rejet du véganisme à une sorte d’arrière-plan individuel plus que secondaire.

Maintenant on peut faire comme « Extinction Rébellion » et considérer que c’est juste. Greta Thunberg a comme figure écologique donné un grand coup de pouce aux débuts de ce mouvement.

Si toutefois on considère le véganisme comme incontournable, alors c’est très mauvais. Car non seulement Greta Thunberg ne parle pas du véganisme, mais surtout elle prétend qu’on peut changer les choses sans le devenir.

On se retrouve ici dans la même situation qu’avec Sea Shepherd, puisqu’on trouvera beaucoup de sympathisants à cette association, la soutenant totalement… mais ne voyant même pas le rapport direct avec le véganisme. Pour eux ce sont deux choses séparées.

Qu’on ne puisse pas reprocher directement aux gens ayant défilé à l’occasion de la grève du 5 décembre 2019 de ne pas être vegan… soit, le rapport direct n’est pas évident pour qui n’a pas réfléchi à quel point tout est lié.

Mais qu’on parle de la planète et qu’on mette à l’écart le véganisme… tout en sachant ce que c’est, voire en l’étant, comme Greta Thunberg… ce n’est pas une erreur, c’est une faute, et même une attaque contre le véganisme.

Si on ajoute à cela les allusions au véganisme, savamment dosées dans un esprit marketing, là on est carrément dans l’inacceptable.

Il n’est pas difficile de deviner ici qu’on a un esprit, très « suédois », de refus de diviser, de heurter, un côté très prix Nobel. Ce n’est pas avec cela qu’on change le monde.

Encore moins quand on pense que la scène vegan straight edge suédoise du début des années 1990 était massive et que toute la jeunesse suédoise savait de quoi il en retournait.

Tous ces gens qui découvrent le véganisme et la défense de la planète en s’imaginant qu’il n’y avait rien avant eux desservent la cause. Ils s’imaginent en phase, être les premiers alors qu’ils sont en retard – tout comme l’écrasante majorité de l’humanité.

Valeurs Actuelles et «la terreur vegan»

L’hebdomadaire Valeurs Actuelles a publié avec une couverture anxiogène comme elle sait le faire. « La terreur vegan » est présentée avec des « révélations sur un nouveau totalitarisme ».

Le premier article, « Les fous des animaux », présente le véganisme comme « porteur d’un projet politique révolutionnaire visant à abolir les liens de dépendance entre les animaux et les hommes ». Il constate que le véganisme trouble l’idéologie dominante avec ses revendications. C’est le point de vue traditionnel du conservateur outré de l’appel à un changement de mode de vie.

Le second article est le plus intéressant, car le plus délirant et le plus politique. « Les agriculteurs dans le viseur de l’ultra-gauche » vise en effet à assimiler les agriculteurs et les éleveurs. Il prétend que les végans dénoncent autant les uns que les autres, ce qui est évidemment absurde.

L’idée de Valeurs Actuelles, c’est de dire que la crise économique des agriculteurs est également lié au véganisme. Pour argumenter cela, l’article parle des vegans puis commence à parler du vol de 600 véhicules dont 285 tracteurs, de 500 GPS agricoles, etc. Tout le monde sait que ce sont des réseaux mafieux qui en sont à l’origine.

Mais la chose est présentée comme si les vegans collectionnaient les tracteurs ou pillaient les vignes afin de faire s’effondrer l’agriculture ! C’est fascinant de mauvaise foi.

Fascinant de mauvaise foi, mais très intelligent, car le but est de créer un front entre éleveurs et agriculteurs, de dire aux agriculteurs qu’ils ne peuvent s’en sortir que si rien ne change, ou même mieux si on retourne en arrière aux valeurs du terroir, qu’il faut combattre de manière conjointe « l’agribashing », etc.

Le troisième article s’intitule « La folie antispéciste à la barre » et parle du collectif Boucherie Abolition. Cette structure est connu pour assimiler la condition animale à l’holocauste commis par les nazis et ainsi parler de « zoolocauste », avec tout un vocabulaire allant avec particulièrement incompréhensible.

Ce collectif n’a donc pas remarqué que les Juifs étaient réduits en cendres, alors que les animaux deviennent des marchandises. Le rapprochement historique a donc des limites flagrantes. Néanmoins, il faut tirer ici le chapeau à ce collectif, car Valeurs Actuelles les dénonce pour avoir tenu tête aux accusations lors d’un procès, revendiquant leur identité de vegan, justifiant leur action en présentant l’universalité des droits des animaux, tenu une ligne très offensive, etc.

Être dénoncé par Valeurs Actuelles pour avoir assumé son identité et son action en faveur des animaux lors d’un procès, ce n’est pas donné à tout le monde. On est loin ici des excuses et des reculades de pas mal de monde.

Le quatrième article parle de « L’antispécisme, nouvel antihumanisme ». C’est un article philosophique et tout se comprend par sa conclusion :

« Retirez Dieu aux hommes, disait le curé d’Ars, et « ils adoreront les bêtes » : nous y voilà ».

Cette référence sera inconnue pour la plupart des gens, mais dans les milieux conservateurs, c’est quelque chose de haut niveau. Ce curé d’Ars du début du XIXe siècle est en effet une grande figure mystique, du genre à se fouetter, à réaliser de prétendus miracles, à batailler avec le diable, à faire face à des apparitions célestes, etc.

Il a été nommé en 1929 patron de tous les curés de l’Univers. En l’opposant au véganisme, on se retrouve sur une ligne catholique traditionnelle rejetant les animaux comme soumis par définition aux humains.

Le cinquième article est une citation « Leur but est de détruire l’élevage ». Il s’agit d’une interview de Jocelyne Porcher, ancienne éleveuse et directrice de recherches à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA). C’est une fervente accusatrice du véganisme sous toutes ses formes, au nom d’un combat contre la modernisation, les grandes entreprises, la technologie, etc.

Pour elle, le véganisme est le cheval de Troie d’un avenir qu’elle ne veut pas, étant une défenseure du terroir (avec le « droit » de tuer les animaux dans les fermes, etc.).

Cela s’arrête là et il n’y a naturellement pas un mot sur l’ALF, ni l’ARM. On connaît l’accord tacite entre l’État et les partisans du bien-être animal, ainsi que les antispécistes. Autant de bruit que vous voulez, autant de désobéissance civile que vous voulez, on vous met au pire juste des amendes, mais attention : on ne veut pas entendre parler de l’ALF, ni de l’ARM. On ne veut pas de mouvement de masse, on veut tout en surface et sans dimension populaire.

Ainsi, ni L214, ni les Cahiers antispécistes, ni 269 libération animale, ni les antispécistes en général (même quand ils font des actions illégales) ne parlent de l’ALF. C’est comme si l’ALF n’existait pas et n’avait jamais existé. Telle est l’ultime frontière.

Renaud : «On Va Pas S’laisser Pourrir»

L’album de Renaud Les mômes et les enfants d’abord témoigne de la prise de conscience des dégâts causés par les drogues et l’alcool et du rejet nécessaire. C’est une excellente contribution contre le « romantisme » que la société laisse se développer aux sujets de ces sources de destruction, qui seraient un témoignage de « rébellion », un moyen de pousser sa « créativité », de développer sa « personnalité », etc.

Par sa démarche, Renaud rappelle ici la nécessité sociale du moralisme, de la protection de l’enfance. Il nous donne de plus une leçon à tous de par sa lutte personnelle contre l’alcool et sa capacité franche à se remettre en cause.

Voici les paroles :

Y a un mec à la récré
Un grand, un lycéen
Carrément m’a proposé
De fumer un joint

Un chichon comme les grands
Eh ouais, un tarpé
J’lui ai dit merci vraiment
Pis j’ai décampé

Je veux pas tomber là-dedans
Et surtout à mon âge
Le cannabis c’est p’t’être marrant
Mais ça fait des ravages

Comme l’a encore insisté
Pour fumer son herbe
J’lui ai dit tu peux t’la garder
C’est que d’la merde

On va pas s’laisser pourrir
Par ces saloperies
Qui nous font que des délires
On est bien trop p’tits

Marijuana, cannabis
C’est que du poison
J’vais p’t’être prévenir la police
Qu’y z’y donnent une leçon

Y a un mec de CM2
Qui m’a proposé
De fumer un clope ou deux
Histoire de frimer
Moi je veux me distinguer
En tirant pas de clopes
En restant en bonne santé
J’ai trop d’amour propre

Dans dix ans ou dans cent jours
Et pour toute la vie
Sera à deux paquets par jour
Ça sera pas joli

C’est compter sans ce putain
De cancer à la con
Qu’a emporté mes copains
Et ils sont légion

On va pas s’laisser pourrir
Par cette nicotine
C’te drogue dure qui fait mourir
Pire que l’héroïne

Ça vous fait chlinguer à mort
Les vêtements, les cheveux
Vous croyez, oui mais à tort
Qu’ça séduit un peu les meufs

Y a un mec qu’est au collège
Qu’est venu me voir hier
Y devait être un petit peu Belge
M’a proposé une bière

Y a un bistrot juste en face
D’ailleurs que c’est interdit
J’me suis dit c’est une farce
Parce qu’on sert pas les petits

J’ai bu une grenadine
Pendant qu’mon pote poivrot
S’enfilait ses cinq bibines
J’dirais qu’c’est un peu trop
Mais il avait l’air content
Pas d’l’alcool mais d’l’ivresse
L’a titubé un moment
J’lui ai dit “faut que j’te laisse”

On va pas s’laisser pourrir
Par cet alcool à la con
On va pas s’laisser mourir
S’bousiller le foie, l’colon

Pochetronner ça vous allume
Même une bière de temps en temps
T’a l’cerveau comme une enclume
Dans la tête rien que du vent

J’connais un pote chanteur
Qu’a paumé dix ans d’sa vie
Dix ans d’errance, de malheur
Dépression, hypocondrie
Tout ça à cause du pastis
Le seul poison de Marseille
À cause d’une vie bien trop triste
À cause d’une vie sans soleil

On va pas s’laisser pourrir
Par cet alcool à la con
Qui nous empêche d’écrire
Pour les p’tits sauvageons

Écluser ben c’est mourir
Lentement, à petit feu
Moi j’ai voulu en finir
L’alcool j’lui ai dit adieu
J’lui dis adieu…

Gaz à effets de serre: une augmentation continue

37 scientifiques avaient lancé une campagne intitulée EAT-Lancet Commission on Food, Planet, Health, liée à la revue scientifique médicale britannique The Lancet, pour que soit mangé moins de viande dans une optique de développement durable. Le critère était le suivant : au maximum 14 grammes de « viande rouge » par jour, au maximum 29 grammes de poulet par jour, au maximum 13 grammes d’oeufs par jour.

Le financement était réalisé par la fondation Wellcome Trust qui dispose de milliards et investit ses bénéfices dans différents projets ; la campagne passait par Twitter.

Une contre-campagne a immédiatement lancé, sous le nom de #yes2meat et touchant 26 millions de personnes contre 25 millions pour la campagne d’Eat-Lancet Commission. Voici le tableau comparant l’impact de chaque campagne sur Twitter.

Saisir cette opposition est très importante pour aborder le rapport sur les gaz à effets de serre de l’Organisation météorologique mondiale. Car il est beaucoup parlé dans les médias de Greta Thunberg, d’Extinction Rébellion, etc., c’est-à-dire de gens découvrant en 2019 le réchauffement climatique et en appelant à la « science ».

Mais ce n’est pas la « science » qui décide – pas dans cette société. C’est le profit qui décide et l’écologie n’est rien d’autre qu’un thème prétexte à la concurrence. Il y a d’un côté l’industrie de la viande qui veut faire comme avant. Il y a de l’autre des gros industriels se disant qu’il y a une opportunité pour prendre la place en surfant sur l’écologie, ou même le véganisme.

Tout l’irrationalisme de la mise en valeur de Greta Thunberg, présentée comme une autiste géniale seule capable de rompre avec les adultes passéistes, etc., tient à cela. L’humanité ne fait pas encore de choix rationnels, malgré l’urgence. Elle est ballottée entre deux tendances du business.

Le caractère erroné de tout cela apparaît avec les chiffres donnés par l’Organisation météorologique mondiale. Lors des différentes COP, nous avions dit : tout cela ne changera rien. Voici un tableau du dernier rapport, du 25 novembre 2019, indiquant les modifications entre l’année 2017 et l’année 2018.

On a la présence de dioxyde de carbone (C02), de méthane (CH4), de protoxyde d’azote (N2O), le pourcentage de comparaison avec l’année 1750, la croissance absolue entre 2017 et 2018 puis la croissance relative en pourcentage, puis l’augmentation annuelle moyenne de ces dix dernières années.

Dans ce dernier cas, on s’aperçoit qu’on est au-dessus de la moyenne de 2017 à 2018.

Voici les tableaux présentant l’évolution de chacun des gaz à effet de serre.

Le Finlandais Petteri Taalas, secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale, a résumé la situation par les termes suivants :

« Il n’y a aucun signe de ralentissement, et encore moins de diminution, de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère malgré tous les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris sur le changement climatique. »

La croissance est en effet très clairement visible. Et aucune réduction n’est possible à moins de renverser la tendance, de la renverser donc dans ses fondements mêmes. Selon l’ONU, il faudrait pourtant la chose suivante :

« une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 2,7% par an entre 2020 et 2030 pour l’objectif de 2 °C et de 7,6% par an pour l’objectif de 1,5 °C »

Ce n’est bien sûr pas du tout possible quand on voit les tableaux. La croissance que l’on voit reflète une tendance de fond, une tendance mondiale. Toute l’économie mondiale est imbriquée, fonctionne selon le principe de la société de consommation pour maximiser les profits.

Quand quelqu’un comme Greta Thunberg dit qu’elle change le monde en n’utilisant pas l’avion elle ment (d’ailleurs également car ses transports comme aux Etats-Unis sont surconsommateurs). Il ne s’agit pas d’un souci de consommation. C’est la production qui est un souci, non pas qu’il faille faire comme les zadistes et retourner à l’âge de pierre, mais il faut tout révolutionner. Sans cela, c’est la catastrophe.

Le pré-rapport de 2019 parle déjà d’une « décennie de perdue – aucun changement substantiel dans la tendance mondiale aux émissions [de gaz à effets de serre] ». En fait, l’humanité n’a même jamais autant produit de gaz à effets de serre qu’en ce moment.

Nous invitons ici à relire en ce sens ce que nous disions sur la COP21, en 2016, nous l’avons même analysé jour par jour. Nous y annoncions qu’à l’avenir il y aurait « la condamnation des générations qui n’ont rien fait, qui ont trahi la vie sur la planète ! ». C’est inévitable. Et cela doit commencer – maintenant !

Beaucoup de gens ont voté EELV et on a parlé de prise de conscience écologique. Mais que disait EELV à la suite de la COP 21 ? La chose suivante :

« Cet accord de Paris permet donc de trouver un socle commun de discussion et de dynamique vers une économie décarbonée pour l’avenir. »

Où est la discussion ? Où est la dynamique ? Les gens comme EELV, Greta Thunberg, L214… sont des marchands d’illusions. Leurs variantes réformistes radicales comme Extinction Rébellion, 269… n’ont pas une nature différente.

Ils sont des obstacles à la prise de conscience complète de la situation. Ce qu’il faut, comme dit en 2016, c’est affirmer les points suivants :

– la division de l’humanité en nations est un obstacle ;

– un gouvernement mondial est inévitable ;

– il faut centraliser les initiatives et les imposer ;

– il faut des chiffres, des bilans, le tout de manière publiée, disponible, avec des discussions à ce sujet dans toute la population mondiale ;

– tout cela passe par une remise en cause de l’anthropocentrisme et la reconnaissance de la Nature.

Tout le reste est une illusion.

L214 et l’abolitionnisme, tout un mensonge

Après l’ignominie, le mensonge, mais c’est une bonne chose que les masques tombent. En ayant ramassé ses millions, en ayant une reconnaissance médiatique totale, L214 baisse la garde. Et révèle ainsi sa véritable nature : amener la conscience morale dans un cul-de-sac, combattre l’ALF, faire croire que tout change alors que rien ne change. Tout en mentant.

Ainsi, on a un appel à lire une tribune d’un éleveur ayant écrit pas moins que « Végano-sceptique — regard d’un paysan sur l’utopie végane ». Un monde vegan ne serait pas possible, seulement un retour en arrière serait souhaitable, etc.

Sa tribune dans Reporterre, un média sur la même ligne, appelle à une sainte alliance des animalistes et des partisans de la petite-production dans le domaine de l’exploitation animale. Ben voyons !

https://reporterre.net/Paysans-et-defenseurs-des-animaux-doivent-s-unir-contre-l-industrialisation-du-vivant

Que dit l’éleveur ? Qu’il faudrait être pragmatique, raisonnable… C’est la rengaine de ceux qui demandent d’arrêter la lutte en disant qu’il faut savoir grandir…

« Nous pensons qu’il ne faut pas s’interdire des rapprochements avec des militants de la cause animale. Non pour espérer bâtir, à coup de vaines compromissions, une alliance sur la base d’un consensus idéologique qui n’illusionnera personne mais pour tenter, au nom d’un pragmatisme et au gré d’une conciliation, de récolter des victoires sur le terrain de la désindustrialisation. »

Et puis quoi encore ? Que la petite production ne soit pas la cible principale, bien entendu. Mais s’imaginer qu’il faille imaginer une utopie avec des petits assassins qui, par effet de boule de neige obligatoire dans le capitalisme, deviendront demain des grands assassins…

Tout retour en arrière est réactionnaire. Le monde peut être vegan, il doit donc le devenir. C’est l’injonction de la morale et elle doit triompher, elle prime sur tout le reste. L214 n’y croit pas et son pessimisme s’est mué en capitulation. C’est la déroute.

Mais ce n’est toutefois pas tout, car voici ce que dit L214 sur son Facebook. Il s’agit d’une réaction à des critiques faites justement à ce soutien à l’éleveur. Rappelons que les auteurs sur les médias de L214 sont des gens dont c’est l’emploi ; c’est leur travail, ils sont rémunérés, ils sont formés pour cela, etc.

C’est important de s’en souvenir, car on a ici un mensonge éhonté quant à ce qu’est l’abolitionnisme dans le véganisme.

Ce que dit L214 est là totalement mensonger. Les mots ont un sens et il est très important de s’y attarder. L’un des articles les plus lus de LTD est d’ailleurs « Welfarisme, abolitionnisme, anti-spécisme, libération animale », un article de 2011 expliquant les différences de sensibilité, d’analyse.

On ne peut pas dire qu’on est abolitionniste, mais… Car l’abolitionnisme dit que, tout comme pour l’esclavage, la seule option possible, moralement parlant, est l’abolition. Aucun « aménagement » n’est possible, car ce n’est pas acceptable moralement.

Quand on veut des réformes sur le long terme (ou plutôt le très long terme), on est dans le cadre du welfarisme, du « bien-être animal ».

Tels sont les deux concepts intellectuels apparus au cours de l’histoire du véganisme, aux côtés de celui de « libération animale », qui est selon nous le seul juste.

L214 jongle ici entre les deux notions d’abolitionnisme et de welfarisme, car d’un côté ses activistes sont des sympathisants vegans désireux de bien faire, mais de l’autre sa vraie base c’est une sorte de grand ventre mou loin d’être forcément végétarien.

L214 tronque donc les définitions pour prétendre avoir un sens dans sa démarche, alors qu’elle n’en a aucun et ce depuis le début. Tout cela pour faire l’éloge de quelqu’un comme l’Américain Henry Spira, qui négociait avec McDonald’s pour leur demander d’être moins cruel…

Ainsi que de Peter Singer, qui défend l’utilitarisme et rejette le principe de morale universelle (ainsi l’expérimentation animale pourrait se légitimer si elle est plus utile que non, un infanticide serait moins à condamner que le meurtre d’un adulte conscient, etc.).

Il n’est pas surprenant que dans le cadre de cette approche, L214 vienne de sortir une vidéo « choc » d’un élevage de cochons dans le Finistère, avec Yann-Arthus Bertrand demandant… aux candidats aux élections municipales à ce que la « viande » des élevages intensifs ne soit plus servie dans les cantines scolaires, à ce que les cantines proposent plus de protéines végétales… Ou bien trouve très bien qu’une ville comme Paris arrête d’accepter les cirques avec animaux.

C’est là de la manipulation émotionnelle : sous prétexte de valoriser des progrès, on en fait une idéologie pour prétendre qu’il n’y aurait pas besoin de tout changer de fond en comble dans la société. Alors qu’il est évident qu’il le faut !

Espérons que beaucoup de monde comprenne le caractère vain de L214 et la nature irrationnelle de l’antispécisme, et se lance dans une bataille pour changer les mentalités, la culture ! Dans une France où les heurts sociaux sont une vraie toile de fond, il faut des initiatives solides servant de phares à la morale vegan… Et la bataille pour la libération des animaux !

Crise industrielle: des centaines de millions de cochons malades tués

C’est la plus grande catastrophe industrielle de l’histoire de l’exploitation animale. Il s’agit donc d’un phénomène que tous les amis des animaux doivent étudier, pour connaître le sort des animaux et pour mener bataille.

Car on est là dans une ampleur encore jamais vue. Au moins le quart des cochons issus de la “production” industrielle sont tombés malades et sont morts. Le chiffre tourne autour de 200 millions et la crise est encore en cours.

L’impact de celle-ci est tellement immense que pour la première fois, la production globale de “viande” a chuté. C’est un coup d’arrêt à une croissance ininterrompue ces vingt dernières années et devant connaître encore une gigantesque croissance d’ici à 2050, avec la généralisation du mode de vie des pays développés.

Rappelons en effet les faits. Contrairement aux mensonges de ceux qui prétendent qu’il y a des améliorations, la production de “viande” à l’échelle mondiale ne cesse de croître. En termes de valeur, cette production est de 945,7 milliards de dollars en 2018. En 2023, ce chiffre sera de 1 142,9 milliards de dollars.

La grande crise industrielle actuelle est même un des contre-coup de cette croissance faramineuse, qui fait que le véganisme n’est pour l’instant qu’un simple sous-produit de celle-ci. La preuve en est que ce véganisme est accompagné tranquillement par l’industrie. La valeur en 2018 du marché des produits végétaux de “substitution” à la viande était de 10,1 milliards de dollars en 2018. En 2023, ce chiffre de 20,4 milliards de dollars. Il suffit de comparer avec les chiffres de l’exploitation animale…

Et, donc, la croissance de la production industrielle de “viande” est si énorme qu’elle connaît des “catastrophes industrielles”. Voici les chiffres de la production de “viande” mondiale, avec 2018 et 2019 étant comparés, fournis par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO. Rappelons que les chiffres sont en “millier de tonne équivalent-carcasse”.

Par rapport à 2018, la production industrielle de “viande” a connu un coup d’arrêt. La raison en est la peste porcine. Les articles économiques expliquent que le “cheptel porcin” a chuté d’autour 50%. Sans donner de chiffres. C’est vrai qu’il y a des imprécisions, mais dans tous les cas ils ne veulent pas marquer noir sur blanc qu’environ 200 millions de cochons sont morts, soit en raison de la peste, soit parce qu’on les abattus.

Il est vrai qu’officiellement, un million de cochons seulement sont morts. Mais c’est un mensonge de la part du gouvernement chinois, comme le montre l’explosion des prix, puisque cet animal est très largement mangé dans ce pays, qui dispose d’ailleurs de la moitié du “cheptel porcin” mondial.

Les prix de la “viande” de cochon a augmenté de 69,3 % au mois de septembre 2019, de 101,3 % en une année. Voici l’évolution au 13 novembre 2019 et depuis 2016, fourni par Reuters. Il faut savoir qu’il y a une grande peur du régime chinois d’une inflation aboutissant à des répercussions contestataires…

L’Etat chinois dit que d’ici la fin de l’année, le problème sera réglé. En réalité, il semble clairement qu’autour de la moitié des 440 millions de cochons sont morts et les analystes prévoient qu’il faudra jusqu’à huit ans pour que la “production” puisse reprendre. Il faut en effet plusieurs années pour décontaminer les sites.

Le pays compense en attendant déjà avec des importations et la relance d’autres productions (agneaux, chiens, lapins). L’épidémie, qui a commencé en août 2018, est telle qu

D’autres pays sont touchés. le Vietnam a abattu environ 1,7 million de cochons, la Corée du Sud 150 000 et a placé une noria de snipers aux frontières pour empêcher des cochons sauvages de passer la frontière depuis la Corée du Nord, par peur d’une épidémie.

Voici ce que donne le panorama pour la “production” de cochons en comparant 2018 et 2019, qu’on trouve dans la presse de la FAO.

 

Il y a là quelque chose de terrible, de monstrueux. Mais de tout à fait logique, puisque c’est l’exploitation animale qui décide. Les millions de cochons ont-ils tué pour des raisons spécistes? Pas du tout, pour les industriels, ce sont simplement des marchandises à gérer, des stocks dont il faut s’occuper. Le capitalisme n’a pas d’état d’âme.

Et la machine à profits tourne à fond. Voici l’évolution pour la production de “viande bovine”, fournie par la FAO.

Voici celle des produits laitiers. La croissance depuis 2015 est énorme.

Voici celle de la “viande de poulet”.

Voici celle de la “viande” des ovins.

Il n’y a pas de chiffres encore clairs pour les poissons, mais tant la pêche que l’aquaculture sont en expansion.

Il n’y a donc qu’une seule solution, un seul choix viable. Faire la révolution dans son pays, en faire un modèle sur le plan de la transformation générale vers le véganisme, pour indiquer un chemin concret valable à l’échelle mondiale.

Tout le reste, de par le panorama très clair, est vain.

L’ASPAS mise en échec pour sa réserve dans le Vercors

Ce qui vient de se passer avec l’ASPAS et sa tentative d’acheter un terrain pour en faire une réserve sauvage est tout sauf limpide. En fait, si à l’arrière-plan il y a plein d’inspiration à trouver, quand on voit ce qui s’est passé, on a tout ce qu’il ne faut pas faire.

A la base, l’idée est simple, l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) se procure des terrains pour en faire des sanctuaires. Il y en a déjà plusieurs. Le mot d’ordre est “vos dons agrandissent la nature” et il y a même un copyright, il faut parler de La Réserve de Vie Sauvage ®.

L’idée est bien entendu excellente et il y a plein d’inspiration à avoir ; la mise en place de sanctuaire est un objectif fondamental, et il faut le faire évidemment à grande échelle. Il faut par contre remarquer ici que cette réserve telle que conçue par l’ASPAS n’est pas un sanctuaire, puisqu’on peut s’y balader.

L’APAS a demandé de l’aide pour financer l’achat d’une réserve dans le Vercors et il y a peu le journaliste Hugo Clément a lancé un appel aux dons. Voici le texte de son appel sur son facebook, qui est tout à fait racoleur.

‼️MOBILISATION GENERALE‼️

J’ai besoin de vous pour acheter un terrain de chasse et le transformer en réserve sauvage !

Il reste un mois pour agir et sauver des milliers d’animaux.

Avec seulement 5 euros, vous pouvez agir concrètement (don déductible de vos impôts). Mettons-nous tous ensemble !

Pour participer, c’est par ici : https://www.gofundme.com/f/reservevercors

Partagez un max svp ! 🤞 #surlefront

Alors que les refuges n’ont pas un centime et que tout le monde s’en moque, l’intervention sentimentale et médiatique a fonctionné. 150 000 euros ont été trouvés en moins de 30 heures. L’ASPAS a donc crié victoire.

Puis le 12 novembre a annoncé que tout tombait à l’eau : l’Etat se procurait le terrain pour en faire une réserve. Voici le communiqué de l’ASPAS, qui est littéralement incompréhensible, à tous les niveaux. On y comprend strictement rien ou alors ce qu’on devine laisse totalement perplexe.

800 000 € d’argent public gaspillés par idéologie ?

12/11/2019

Un beau projet de réserve naturelle, jusqu’à présent soutenu par les élus locaux et entièrement financé par l’ASPAS, est sur le point d’être empêché, mais repris autrement… avec l’argent des contribuables. Comment expliquer une telle décision? Quel genre de pression peut expliquer un tel revirement ? Dubitative, l’association citoyenne interpelle les élus.

L’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) était engagée depuis plusieurs mois avec le propriétaire de la montagne de Miélandre à Vesc (26), en vue de son rachat. Le projet était d’en faire une Réserve de Vie Sauvage® ouverte au public, comme le sont les 5 autres réserves que gère déjà l’association. Ce projet avait reçu le soutien des élus locaux, après qu’ils ont obtenu la confirmation que seraient maintenus le pastoralisme et l’accès aux chemins de randonnée, et qu’aucune terre agricole n’était comprise dans la vente.

Le 11 avril dernier, le Maire de Vesc, le Président de la Communauté de communes Dieulefit Bourdeaux et la Conseillère départementale et l’ASPAS terminaient leur communiqué commun par un encouragement des élus à la réussite du projet de l’association :

« Le Conseil communautaire, considérant que les intérêts économiques, sociaux et environnementaux du territoire sont préservés a rapporté la délibération du 21 mars abandonnant ainsi son projet d’acquisition. Cette nouvelle, donne la possibilité au vendeur et à l’ASPAS de déployer un projet dont la dimension environnementale méritera d’être intégrée au projet territorial. Une Réserve de Vie Sauvage® (RVS) devrait ainsi prochainement voir le jour à Miélandre, ce qui permettra de protéger et mettre en valeur sur le long terme cette montagne emblématique de la Drôme. »

Hélas, en parallèle, la SAFER a multiplié les courriers, y compris par le biais d’avocats, pour empêcher la vente. Après un mois de discussions le propriétaire a finalement cédé à la pression et vient de signer une promesse de vente avec la SAFER. Il nous est rapporté que l’acheteur final serait à terme l’une des collectivités locales, avec un financement du prix par des subventions de la Région, du Département, de l’intercommunalité, de la Commune de Vesc et du Parc des Baronnies.

Engager près de 800 000 € de fonds publics pour préserver un espace naturel alors qu’il existait une alternative privée offrant toutes les garanties validées par les élus locaux, ne nous semble pas relever d’une bonne gestion des deniers publics !

L’ASPAS a écrit à chacun des élus amené à se positionner sur cet achat subventionné afin qu’ils disposent des informations utiles pour un vote éclairé. Une pétition citoyenne vient également d’être lancée et les habitants du secteur sont appelés à faire connaître leur avis auprès des élus.

La SAFER, c’est la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural. Elle s’occupe d’aider les agriculteurs à s’installer, à gérer leurs terres, mais également comme tâche théorique de protéger les ressources naturelles.

Mais si c’est le cas, pourquoi l’ASPAS dénonce-t-il cela? Il faudrait plutôt dire tant mieux, généralisons cela, expliquons cela au grand public. Or, ce qu’on a ici, c’est une complainte autour de l’échec d’une Réserve de Vie Sauvage® avec une accusation d’argent gâchée.

Les animaux sont censés être le thème de tout cela et on a des récriminations quant aux derniers publics. Incompréhensible.

Ou tout à fait clair : on a encore ici un exemple de fuite. Au lieu de vouloir convaincre la population et de tout changer, il y a la tentative de faire des choses dans son coin, de manière pragmatique, à petite échelle. C’est là passer à côté de la dimension mobilisatrice chez les gens de l’existence de sanctuaires.

L’ASPAS ne croit pas visiblement en cela. Sauf que là l’Etat qui a torpillé son initiative vient lui rappeler la réalité. Il y a les gens, il y a l’Etat. Il faut choisir son camp et qui prétend que ni l’un ni l’autre n’existe ne peut qu’échouer de toutes façons.