• Comment les "anti" sabotent les chasses

Comment les “anti” sabotent les chasses

Le Nouvel Obs de début février a fait un petit dossier sur la chasse à courre, et il y a un petit passage sur les « anti ». Il est assez instructif, aussi le voici.

COMMENT LES “ANTI” SABOTENT LES CHASSES

Les images sont terribles : en octobre dernier, un cerf magnifique, réfugié dans le jardin d’un pavillon à La Croix-Saint-Ouen (Oise) et incapable de s’enfuir, est abattu de sang-froid. En janvier, un autre cerf est noyé à coups de rame par des veneurs en barque dans une rivière, sous les hurlements indignés des « anti ».

Ces images, qui ont suscité un buzz extraordinaire sur les réseaux sociaux et contribué à remettre l’abolition de la chasse à courre au centre des débats, ont été mises en ligne par Abolissons la Vénerie aujourd’hui (AVA).

Ce collectif, créé à la fin 2016 et regroupant quelques centaines de personnes, principalement à Compiègne (Oise), n’a pas seulement pour objectif de rendre visibles les chasses au cerf. 11 est là aussi pour les saboter, deux fois par semaine, dans les forêts de Compiègne, Villers-Cotterêts, Chantilly ou Ermenonville.

« Nous avons par exemple appris le langage des veneurs pour appeler leurs chiens, leur donner des croquettes et désorienter la chasse, explique Stéphane Mercier, membre d’AVA.

Nous restons toujours dans une position non violente et ne faisons pas obstruction aux chasseurs, donc nous sommes inattaquables sur le plan juridique. Mais nous recevons des menaces de mort par mail. »

Ce qui explique qu’on ne sache pas grand-chose sur lui : il ne veut pas trop en dire.

Pour Stéphane Mercier, l’argument des veneurs selon lequel la chasse à courre ne fait que reproduire un événement naturel ancestral, des meutes de loups traquant des proies, ne tient pas : « Les chiens sont dressés pour rester en meute. Les veneurs manipulent la nature pour assouvir leur plaisir de prédation. »

De même, l’absence de preuves scientifiques solides pour prouver la détresse des animaux chassés lui apparaît comme une foutaise : « Il n’est qu’à les observer: ils s’enfuient, terrifiés, paniqués Es ont simplement envie de vivre. C’est un jeu auquel ils n’ont pas demandé à participer. »

Ecologie République : “En solidarité avec Aymeric Caron”

Lancée par un artiste, l’association “Ecologie République” a publié un texte lyrique en soutien à l’initiative d’Aymeric Caron, le “Rassemblement des écologistes pour le vivant“.

On peut être en désaccord avec le principe comme avec les idées exprimées, mais force est de constater que cela reflète ici une exigence : celle de comprendre la dramatique situation du monde, le besoin d’intervenir pour la planète, maintenant !

En solidarité avec Aymeric Caron

Le nombre d’animaux de compagnie perdus, abandonnés ou volés est en constante augmentation.

Dans les refuges et les fourrières, sous couvert de familles souhaitant adopter, les laboratoires font leur marché. Il y a pénurie de bêtes à martyriser. Le trafic d’animaux est le troisième marché parallèle dans le monde, après ceux des armes et de la drogue.

Avant qu’il ne soit trop tard, les États s’adresseront-ils aux citoyens, notamment aux plus jeunes, pour leur expliquer que l’animal est doué d’intelligence, d’amour, qu’il n’est ni un jouet, ni un vêtement, ni un sujet d’expérimentation pour tout et n’importe quoi ?

Je dénonce l’indifférence du public et ce qui est la cause de l’indifférence : montrer à la télévision des espèces en voie d’extinction, des cadavres humains, des terres inondées, brûlées, à des hommes qui se noient dans un enchevêtrement d’actions stérilespermet seulement d’accoutumer ces hommes à leur défaite.

Les populations respectueuses de la vie ayant toutes été anéanties par les populations dites civilisées, seule une poignée d’hommes agissent aux quatre coins du monde pour sauver la Terre en détresse ; de rares individus intervenant parfois au péril de leur vie pour aider une planète dont aujourd’hui, en vérité, tout le monde se fout.

Ces hommes et ces femmes, souvent isolés les uns des autres, œuvrant seuls ou en association, représentent l’arche sur laquelle repose la survie du globe.

Ils sont l’unique bastion qui se pose en contrepoids de tous les océans d’égoïsme jetés en pâture sur la terre.

Tous les jours de notre vie, nous devrions cultiver un jardin pour qu’à l’école, à la maison, au travail, dans nos différentes activités, nous apprenions à respecter toutes les vies qui nous entourent, quelle que soit leur distance par rapport à nous, parce que nous sommes un.

L’idéal n’est-il pas de gueuletonner d’un foie gras de canard, sachant que les canards souffrent – tels des martyrs – du gavage, suivi d’un couple d’ortolans, tués si possible en plein vol pendant qu’ils allaient retrouver leurs oisillons qui crèveront de faim, tandis que nous assistons à l’agonie du taureau dans l’arène tout en écoutant bien fort le cri terrifiant du cochon qu’on égorge ?

Nous prenons notre pied, car l’humain se réjouit de la souffrance et s’en goinfre. Détruire la vie sur terre un peu plus tous les jours, nous en redemandons : cela détend, c’est jouissif ! n’est-ce pas là l’inconscient moteur de notre civilisation, notre baume au cœur, ce pourquoi nous nous levons le matin ? Le spectacle de la souffrance remplit nos assiettes, désennuie, rapproche, rapporte.

Et quoi d’autre comme meilleur exemple à donner : exterminé mais pas tout à fait, ayant subi les pires supplices pendant des siècles et des siècles, un peuple réunifié se dépêche à son tour d’aller exterminer un autre peuple.

Nous sommes passés du stade peu enviable de chair à canon, luttant et mourant pour gagner et défendre les territoires du petit monde qui nous menait par le bout du nez, à celui envié de chair à consommation, luttant et vivant pour gagner et défendre les parts de marché du petit monde qui nous mène par le bout du nez.

Nous sommes devenus plus rentables vivants, alors nous vivons, nous consommons, nous nous multiplions – cela au détriment de la Terre, qui sera, selon les prédictions, en totalité polluée dans dix ans : du fond des océans à la cime des montagnes, il sera trop tard.

Et comme la sauvegarde de la planète est soumise au bon vouloir du petit monde qui nous mène par le bout du nez et qui s’en fout, il va de soi que les milliards d’humains s’en foutent.

Petit monde qui nous dépose où il veut, nous fait consommer ce qu’il veut, nous fait penser ce qu’il veut, nous organise pour que nous soyons si faciles à manœuvrer, un jour nous t’éliminerons et, peu à peu, nous te reconstituerons… si nous ne suivons pas Aymeric Caron.

contact@ecologie-republique.fr

Emmanuel Macron se réaffirme comme en faveur de la chasse, y compris à cour

Les chasseurs sont fous de joie. Hier en effet, Emmanuel Macron a de nouveau reçu le président de la Fédération Nationale des chasseurs, pour encore une fois prendre ouvertement partie pour eux.

Voici les photographies de cette rencontre et on remarquera que les chasseurs font très certainement exprès qu’elles ne soient pas “pro”, ceci afin de satisfaire la prétention populiste de la chasse à représenter les gens “normaux”.

C’est une véritable mascarade.

Le communiqué du représentant des chasseurs, naturellement, pavoise.

15 février 2017 à Issy-les-Moulineaux

Le Président de la République a reçu ce matin, à l’Elysée, Willy SCHRAEN, président de la Fédération Nationale des chasseurs, en compagnie de Thierry COSTE, conseiller politique de la FNC et de François PATRIAT, sénateur de la Côte-d’Or.

Dans un échange extrêmement cordial et constructif, le Président de la République a donné son feu vert pour ouvrir le chantier de la réforme du permis de chasser à 200 euros.

L’autre chantier qui s’ouvrira également sera celui de la réforme de l’ONCFS et de l’avenir de la police de la nature. Le Président de la République a accepté également de lancer le chantier de la gestion adaptative des espèces, en commençant immédiatement par le cas de l’oie cendrée.

Le chef de l’Etat a pris l’engagement que la chasse de l’oie cendrée soit possible du 1er au 28 février 2019, dans le cadre d’une dérogation de régulation, telle que l’avait proposée la FNC.

Le Président de la République a clairement réaffirmé son soutien aux chasses traditionnelles et à l’ensemble des modes de chasse dont la vénerie fait partie.

De nombreux autres sujets ont fait l’objet d’échanges pour mieux impliquer la chasse au cœur des politiques « biodiversité et ruralité ».

Emmanuel Macron se réaffirme comme en faveur de la chasse, y compris à cour. Il compte aider les chasseurs à élargir leur base, il n’hésite pas à fournir une dérogation de régulation (ce qui n’est d’ailleurs normalement pas de son ressort, mais du premier ministre, voire du ministre concerné).

Les choses sont très claires et c’est bien qu’elles le soient. C’est une preuve qu’il faut une révolution des mentalités, et une révolution tout court, sans quoi la France profonde maintiendra son obscurantisme.

Le fantasme morbide et meurtrier de l’invasion de Paris par les rats

[Les photos de l’article montrent des rats à adopter ; il suffit de cliquer sur la photo pour avoir l’information à ce sujet.]

Comme on est loin de la belle combinaison Paris & rats du film Ratatouille ! La vidéo révélée par le Parisien il y a un peu plus de deux semaine a malheureusement eu un très grand écho sur internet.

Et elle est extrêmement problématique, car elle a un énorme problème de crédibilité. Impossible de ne pas considérer qu’il s’agit d’une mise en scène.

On voit en effet sur la vidéo que les rats essaient de sortir. Il se pose alors la question : comment sont-ils rentrés ? Et pourquoi seraient-ils tous rentrés d’un coup ? Et pourquoi la porte de la benne aurait été refermé derrière eux ?

Cela ne tient pas debout. Mais pas un journaliste se pose la question bien entendu. Parce que ce qui compte, c’est la peur, les préjugés, le rejet de la Nature.

Ce qui tient par contre debout, ce sont les propos sociaux-darwinistes exterminateurs de la personne sur la vidéo, tout fier d’annoncer que les rats ont été broyés vivants dans la benne. Nous sommes en 2018, mais la sensibilité au vivant ne s’impose toujours pas et la dynamique exterminatrice du nazisme est culturellement solidement ancrée…

On nous parlait d’une loi qui reconnaît que les animaux sont des êtres sensibles! La belle affaire!  On a ici la preuve que la mentalité génocidaire est toujours là, bien ancrée, que les associations avec leur droit, leur négation du rapport de force, du besoin de révolution, de libération animale intransigeante, vivent d’illusions et diffusent ces illusions.

Ce qui tient également debout, c’est l’énorme propagande développée depuis que Le Parisien a mis cette vidéo en ligne.

France info pose la question : « Les rats sont-ils en train de grignoter peu à peu Paris ? » « Le rat, “une machine de guerre” qui menace Paris ? » demande Euronews.
En Belgique, Le Soir affirme : « Sortis des égouts, les rats ont envahi Paris ».

Tout cela est pathétique et montre le degré de régression toujours plus grand qu’on connaît dans la société, dans les villes, dans la grande ville.

Les rats et les pigeons, de par leur visibilité, sont le lieu de projection de fantasmes aberrants de la part d’adultes ayant perdu toute faculté de compréhension rationnelle. Et qui réagissent d’une manière simple, méthodique : par la volonté de l’extermination.

Paris, une ville sale, où se côtoient toujours plus une population bourgeoise et branchée et un lumpenproletariat vivant sur le tas, s’imagine au-dessus de la réalité, au-delà de la Nature.

Tout est censé être lisse, sans accrocs, purement humain c’est-à-dire purement inhumain, car anti-naturel. Les mœurs sont censées être d’une grande clarté et il n’y a pas de place pour la « sauvagerie » naturelle.

Le vol de l’oiseau, le rat qui grignote un morceau de pain dans un parc, tout cela est traumatisant pour le parisien enfermé dans une bulle coupée de tout rapport avec les cinq sens, avec la sensibilité, avec le vivant.

Toute expression flagrante de la Nature est considérée comme une ennemie, à exterminer. Cela n’a rien voir avec une « phobie », c’est une idéologie : celle de l’anthropocentrisme. C’est le prolongement inévitable d’une insensibilité façonnée par un certain rapport à la Nature.

Rien que le mouvement du rat ou bien sa queue est un véritable traumatisme pour beaucoup de gens, tellement ils sont déconnectés de la vie, de la Nature, habitués à des formes géométriques « rassurantes ».

D’où la benne et le broyeur pour les rats, qui affirment la Nature, qui affirment la vie, l’impossibilité d’une vie humaine qui serait géométrique, « décidée », « choisie », « voulue ».

La folie exterminatrice sert ici de « preuve » non seulement à la supériorité, mais en plus à la force du « choix ». Par la destruction, je prouve que je « choisis ». Alors qu’en réalité, on est ici dans la décadence, dans la dégénérescence.

Dans l’incapacité à reconnaître la complexité de la vie. Les trous dans les jardins sont la preuve que la vie est plus complexe que Netflix, Emmanuel Macron, une robe de mariée, un pavillon, un voyage dans un pays exotique.

L’incapacité à faire face à la vie – c’est-à-dire à l’accepter, à la vivre – culmine dans une peur panique, exterminatrice. La mentalité nazie de l’extermination ressort directement de là : de la peur face à la vie.

Cette vidéo du Parisien révèle ce qu’il y a au fond de la société : non pas des rats, mais l’angoisse exterminatrice, l’incompréhension de la vie, le mépris pour la Nature et sa richesse.

“L’abolitionnisme comme théorie libérale de justification du cannabis”

Voici un article intéressant quant à l’approche juridique et philosophique à l’arrière-plan de l’affirmation de la “nécessité” de légaliser le cannabis. A la conception traditionnelle d’une justice universelle se substitue une analyse individualiste au cas par cas, avec une délégitimation de la société à avoir un mot à dire sur des choix individuels devenus sacro-saints.

L’article est tiré du site “A gauche“.

Depuis les années 1970 et à un rythme accru depuis les années 1990, la question de la légalité de l’usage des drogues travaille la gauche.

Le vieux débat sur la dépénalisation du cannabis prend un tour nouveau ces derniers jours avec l’annonce d’un prochain débat parlementaire portant sur des peines d’amende se substituant à la prison pour les consommateurs de drogues illégales.

En fait, loin de constituer un débat démocratique ouvert, cette question est influencée par un courant dominant : l’abolitionnisme. Il s’agit d’un mouvement universitaire à la base, animé par des juristes, des politologues, des sociologues, des gestionnaires, des psychologues, des philosophes, etc.

Ce courant de la pensée libérale est influant aux plus hauts niveaux de pouvoirs, ceux des Etats et au delà, dans des instances interétatiques, comme le Conseil de l’Europe.

L’abolitionnisme propose de substituer la justice civile, c’est-à-dire celle des contrats, à la justice pénale chargée des crimes et des délits, chaque fois que cela est jugé possible.

S’appuyant sur une critique soi-disant radicale de la société dans les pays industrialisés, l’abolitionnisme apparait avant tout comme une critique de la prison, mais va en réalité bien au delà.

En premier lieu, il s’agit de dénoncer la souffrance produite par le système pénal. Privé de liberté de mouvement, le délinquant condamné serait placé dans une situation de dépendance mêlée de domination. Déresponsabilisé, le détenu serait alors privé de dignité et de tout espoir de progrès.

La victime éventuelle serait quant à elle -en même temps que le coupable- dépossédée du conflit qui lui échappe puisque la procédure pénale relève d’un monopole de l’Etat.

Alors apparaît le coeur de la pensée abolitionniste qui réside dans le rejet de la toute puissance de l’Etat. L’Etat, comme concept erroné, masquerait la réalité de la société humaine vue comme un ensemble de relations interpersonnelles fondamentales. L’Etat serait une menace permanente d’étouffement des groupes intermédiaires, les communautés informelles d’individus se formant de manière spontanée en vue de la satisfaction des intérêts personnels.

Contre l’Etat soupçonné de dérives autoritaires incessantes de par sa nature même, l’abolitionnisme propose de soumettre le règlement des conflits apparaissant entre les personnes à des procédures jugées non-répressives (des arbitrages) et de substituer le dédommagement des préjudices individuels à la peine privation de liberté.

Au travers de ces considérations, c’est l’existence même d’infraction qui est remise en cause. Les notions de crimes et de délits sont regardées comme relevant de la morale et par là déconsidérées. On leur préfère la notion de “situation-problème”, dont l’occurrence sera évitée par des mesures de prévention et solutionnées au besoin en évitant l’instance répressive, par principe.

Chaque fois que l’occasion est donnée, en fonction des intérêts sociaux et politiques, la criminalité étant une construction sociale, l’abolitionnisme recommande aux gouvernements de faire basculer des pans entiers du droit pénal dans le droit civil.

Pour cela, Louk Hulsmann, qui doit être considéré comme le grand théoricien du courant, donne une grille de références.

Il affirme que le système pénal doit être écarté quand deux conditions sont remplies. D’une part, quand le comportement considéré n’est pas souhaitable, mais que l’Etat n’est pas compétent dans le domaine. D’autre part, quant les coûts de la criminalisation sont supérieurs aux profits de la mesure punitive sur la société.

Dans le débat technique qui concernent la consommation du cannabis, l’Etat recule ainsi.

Sans aller jusqu’à se déclarer incompétent, il renonce néanmoins à encadrer physiquement les toxicomanes. Le bilan comptable “coûts-profits” étant jugé défavorable au droit actuellement applicable, l’Etat s’apprête à renoncer à la prison et au lieu de cela, guidé par les libéraux, il s’apprête à prononcer des peines d’amende contre les drogués et ainsi à gagner de l’argent en sanctionnant les fumeurs de joints.

Sans considérer que la prison soit une solution, il n’en reste pas moins que le refus de toutes les drogues devrait être le b-a-BA des gens de gauche, à moins de considérer que le bonheur soit impossible ou résolument individuel, comme le pensent justement les libéraux, jusqu’à la fuite dans les paradis artificiels.

Tabac : le “filtergate”

Le Comité national contre le tabagisme a annoncé hier le dépôt d’une plainte, accusant l’industrie du tabac de fausser les tests sanitaires !

C’est un scandale de plus, qui témoigne du caractère offensif de l’industrie : les gens consomment ce qu’on leur impose, d’une manière ou d’une autre, à coups d’institutions et de traditions, de matraquage intellectuel et culturel. Avec à chaque fois une acceptation passive d’un Etat qui est en fait le complice de ces industries.

Le CNCT vient de déposer plainte en France contre les fabricants de tabac pour manipulation de leurs produits en vue de falsifier les tests requis par les autorités sanitaires relatifs aux goudrons, monoxyde de carbone et nicotine.

Cette tromperie délibérée des pouvoirs publics et des consommateurs avec mise en danger aggravée de ceux-ci signifie concrètement qu’un fumeur qui pense fumer un paquet par jour en fume, en fait, l’équivalent de 2 à 10. Tous les fabricants de tabac sont concernés.

Des procédures similaires ont été lancées ou sont en cours dans d’autres pays, pouvant impliquer des associations de malades. 

Paris, le 9 février 2018 – Les produits du tabac sont particulièrement toxiques. La seule consommation d’une cigarette en moyenne par jour induit des risques immédiats sur le plan cardiovasculaire et avec la durée des risques de cancers et de maladies respiratoires, particulièrement invalidantes ou fatales.

Ces produits du tabac entraînent une dépendance rapide et massive et les scientifiques considèrent que le tabac est l’une des drogues les plus difficiles, voire la plus difficile, à arrêter.

Les pouvoirs publics s’efforcent de réglementer ces produits pour en dissuader la consommation, inciter les fumeurs à l’arrêt et contrôler autant que possible leur composition.

Dans cette perspective, ils imposent aux industriels du tabac des limitations concernant différents composants particulièrement toxiques comme les goudrons ou le monoxyde de carbone ou qui sont associés à la dépendance : la nicotine.

De nombreuses investigations et procès, incluant la publication de millions de pages de documents internes, ont révélé au monde que l’industrie du tabac n’était en aucun cas une industrie comme les autres. Le scandale du filtergate vient encore le démontrer. 

Le filtergate représente la manipulation des filtres par les fabricants de tabac via la perforation de ces filtres et l’existence de minuscules trous destinés à falsifier les tests des caractéristiques des cigarettes.

Les fabricants de tabac ont ainsi modifié secrètement les propriétés techniques des cigarettes afin de tromper les laboratoires agréés en charge de mener les tests requis par le code de santé publique devant mesurer les taux de goudron, de nicotine, et de monoxyde de carbone contenus dans les émissions des cigarettes fumées. 

Il s’ensuit que la mise en place de ce dispositif de micro-orifices dans le filtre des cigarettes empêche les autorités en charge de l’application de la loi de savoir si les seuils de goudron, de nicotine, et de monoxyde de carbone qu’elles ont fixés sont dépassés.

Un tel système de ventilation invisible trompe les fumeurs puisqu’ils ignorent l’ampleur réelle du risque qu’ils prennent en croyant, à tort, qu’ils inhalent une certaine quantité de produits dangereux alors que les doses qu’ils absorbent sont supérieures à celles qui leurs sont indiquées.

Les quatre majors du tabac représentés en France sont concernés. La cigarette du buraliste lancée il y a peu ne fait pas exception.

Selon les sources (1-2) la teneur réelle en goudron et nicotine inhalée par les fumeurs serait entre 2 et 10 fois supérieure pour le goudron et 5 fois supérieure pour la nicotine. Ainsi, les fumeurs qui pensent fumer un paquet par jour en fument, en fait l’équivalent de deux à dix.

Or il est prouvé que la probabilité de contracter un cancer ou une maladie cardiovasculaire est positivement corrélée avec la quantité de monoxyde de carbone, de goudron et de nicotine absorbées, les fabricants de produits du tabac privent les fumeurs d’une information exacte sur la quantité de produits dangereux qu’ils absorbent, incitent les fumeurs à consommer plus de cigarettes qu’ils ne le feraient s’ils étaient correctement informés, mettent leurs vies en danger, sont responsables d’un nombre de maladies et de décès qui seraient évités si l’information sur la dangerosité des cigarettes respectait les exigences du code de santé publique.

Aussi le CNCT dépose plainte pour mise en danger d’autrui. Cette démarche de mise en cause de la responsabilité pénale des fabricants par cette manipulation des filtres ou « filtergate » est également initiée dans d’autres pays (Pays Bas, Suisse) avec le soutien d’associations de malades.

« Le filtergate constitue assurément un nouveau scandale aux conséquences sanitaires majeures qui légitime que l’on encadre et surveille bien davantage les pratiques des fabricants de tabac » a déclaré le Pr Yves Martinet Président du Comité National Contre le Tabagisme.

Sources :

1. Hammond D, Fong G T, Cummings K M. et al Cigarette yields and human exposure: a comparison of alternative smoking regimes. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev 2006151495–1501.

2. JS Wigand , Cigarette testing methods, product design, and labelling: time to clean up the “negative baggage”Tobacco Control 1998;7: 336-337.

* Citation de BAT
« Indépendamment des questions éthiques que cela soulève, nous devrions développer des dispositifs alternatifs (qui ne puissent être critiqués de manière évidente) afin de délivrer au fumeur ou à la fumeuse des doses majorées significative si il ou elle le désire. »

Le “Rassemblement des écologistes pour le vivant” d’Aymeric Caron

Mais quel pays ! Au lieu de se mettre à travailler à la base, dans la population, tout est pourri à grande vitesse par des intellectuels, des carriéristes, des entrepreneurs. Et là Aymeric Caron prétend avoir trouvé la recette pour sauver le monde, annonçant sa candidature aux élections européennes de 2019 !

Allons donc ! Nous qui existons depuis le 9 Octobre 2004, on ne nous la fait pas. Nous avons assez de continuité, de pratique et de réflexion pour savoir de quoi il en retourne.

Et de culture, aussi. Parce que nous sommes en France, le pays de Pétain. Et que l’écologie, en France, c’est aussi, voire surtout, voire uniquement, le prétexte au culte de la petite propriété, de la petite production.

C’est le moyen pour le petit propriétaire, le petit bourgeois, le petit entrepreneur, le petit esprit aussi bien sûr, de chercher à exister, coûte que coûte. C’est flagrant dans le véganisme actuel : les animaux, ici, sont pris en otage par des gens qui ne mettront jamais les pieds dans un refuge, qui se préoccupent de cosmétiques et d’alimentation, de lancer leur boîte, en ayant aucune considération pour la vie sauvage.

Et comme il y en a beaucoup des gens comme cela, il y a un nombre incalculable d’associations toutes plus prétentieuses les unes que les autres qui se sont fondées ces dernières années. Avec à chaque fois, la photo du « président » ou de la « présidente » bien visible.

A cette course à l’ego, il est vrai qu’Aymeric Caron est très largement en tête. Alors autant sauter le pas : c’est ce qu’il a fait, annonçant hier dans une tribune dans Le Monde (payante sur le site!), qu’il fondait un « Rassemblement des écologistes pour le vivant » pour se présenter aux prochaines élections européennes.

Il y a déjà un Parti Animaliste pour faire cela, mais on connaît le principe de tous ces gens : moi d’abord ! Le Parti Animaliste avait mis des photos d’animaux pour se faire apprécier lors des dernières élections, Aymeric Caron pourra quant à lui mettre la sienne…

Pour faire bonne figure, il est vrai que la tribune est signée par Malena Azzam, « ancienne porte-parole de l’association PEA (Pour l’Egalité Animale) », et Benjamin Joyeux, « juriste en droit de l’environnement ».

Vous ne connaissez pas PEA (Pour l’Egalité Animale) ? Normal, c’est une association suisse. Malena Azzam est une cinéaste suisse, co-fondatrice de la Crémerie Végane en Suisse. N’y a-t-il donc rien dans notre pays, ni personne, pour aller chercher quelqu’un en Suisse ?

Quant à Benjamin Joyeux, il se présente comme un « écologiste atterré, européen altermondialiste et indianiste gandhien convaincu, inquiet du monde tel qu’il est mais curieux de ce qu’il pourrait être ».

C’est beau d’idéalisme ! Enfin, s’il n’avait pas été attaché parlementaire au parlement européen en 2009-2010, chargé de projet à Europe Ecologie Les Verts de 2010 à 2013, puis conseiller communication de la délégation Europe Ecologie au Parlement européen jusque fin septembre 2016…

Bon, arrêtons la casse et regardons le contenu : après tout, c’est cela qui compte. Que dit la tribune publiée dans Le Monde ?

Mettons la en entier, par principe. Il faut que chacun puisse juger.

L’écologie politique est dans l’impasse en France. Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a perdu aujourd’hui la crédibilité nécessaire pour porter le projet d’une société réinventée autour du respect de la planète et de tous ses habitants, humains comme non humains. Les guerres d’ego et les calculs mercantiles n’expliquent pas à eux seuls ce fiasco.

Une des principales faiblesses d’EELV réside dans son mode de pensée dépassé : ce parti prône encore une écologie trop anthropocentrée, qui prétend que la nature est au service de l’homme. D’après cette conception, les animaux non humains, les mers et les forêts ne sont que des « ressources » qu’il faut prendre soin de ne pas épuiser trop vite.

De ce fait, EELV s’accommode du modèle économique néolibéral et se contente de lutter contre ses conséquences les plus néfastes pour la planète. On peut qualifier ce modèle d’« écologie molle ».

Résultat : la défense des droits des animaux n’avance pas d’un pouce, l’industrie continue de faire la loi sur notre agriculture, notre politique énergétique reste indéfectiblement liée au nucléaire, la destruction de la biodiversité s’accélère, en même temps que la pollution de l’eau, de l’air et des sols.

Il y a peu pourtant, plus de 15 000 scientifiques de 184 pays signaient un texte dans la revue BioScience , pour alerter sur la gravité de la situation actuelle. Entre 1990 et 2015, la surface des forêts mondiales a diminué de 129 millions d’hectares, ce qui équivaut à la surface de l’Afrique du Sud.

La disponibilité d’eau douce par habitant a diminué de moitié depuis le début des années 1960. Les trois dernières années ont été parmi les plus chaudes jamais enregistrées, et le réchauffement climatique risque d’atteindre 4 0C à la fin du siècle.

Nous avons déclenché la sixième extinction animale de masse sur Terre : au cours des quarante dernières années, les populations de vertébrés ont baissé de 60 % et les grands mammifères sauvages auront probablement tous disparu dans quelques décennies. La pollution engendre par ailleurs chaque année la mort de plus de 12 millions de personnes dans le monde, les pesticides en tuent 200 000 et l’antibiorésistance 700 000.

Face à l’indifférence des partis de gouvernement qui continuent de promouvoir les politiques responsables de la catastrophe, et pour répondre aux manquements des partis écologistes actuels, s’impose la nécessité d’une nouvelle formation qui défende les intérêts du vivant sous toutes ses formes, le bonheur individuel et collectif, la non-violence, la liberté de chacun à s’épanouir dans sa singularité et dans le respect d’autrui. Dans ce but, le Rassemblement des écologistes pour le vivant (REV) voit aujourd’hui le jour.

Le REV est porteur d’une écologie nouvelle, radicale, que nous nommons « essentielle ». Cette écologie s’interroge sur nos devoirs à l’égard de toutes les formes du vivant, auxquelles nous reconnaissons une valeur intrinsèque, indépendamment de l’utilité immédiate que nous pouvons en retirer. Toute parcelle de vie possède en effet a priori le même droit que chacun d’entre nous à persévérer dans son existence, et l’appartenance à l’espèce dominante ne nous autorise en rien à détruire une vie animale ou végétale sans nécessité absolue.

Cette écologie souhaite donc repenser la place de l’homme dans le cycle du vivant en l’appelant à l’humilité, et en lui demandant d’endosser le rôle de tuteur de toutes les formes de vie, puisque nous avons désormais sur elles le pouvoir de destruction ou de préservation.

Cette écologie essentielle est antispéciste : elle réclame des droits fondamentaux pour chacun des animaux non humains, à commencer par le droit de vivre et celui de ne pas être maltraité. Actuellement, nous élevons et tuons chaque année plus de 70 milliards d’animaux non humains terrestres, et nous pêchons 1 000 milliards d’animaux marins, dans le seul but de satisfaire nos estomacs et les intérêts de grands groupes agroalimentaires.

Est-il encore moralement acceptable de jouir ou de s’enrichir sur le calvaire de milliards d’êtres vivants sensibles ? Nous réclamons la suppression de la corrida, l’interdiction de la chasse, des zoos, des animaux dans les cirques, de la vivisection, et bien évidemment la fin programmée de la viande grâce au lancement d’une transition agricole vers un modèle entièrement végétal.

Nous demandons que soit accordée une identité juridique à toutes les expressions du vivant avec lesquelles nous interagissons. A ce titre, nous souhaitons la reconnaissance par le droit international du crime d’« écocide », c’est-à-dire de l’atteinte à un écosystème, afin de faire condamner les dirigeants d’entreprise et les politiciens complices qui polluent, cancérisent, exproprient ou détruisent des terres. Notre Constitution nationale doit par ailleurs intégrer le respect de la planète comme l’un de nos impératifs.

L’écologie essentielle est porteuse d’un projet global qui prône la fin de l’exploitation sous toutes ses formes : exploitation de la nature, des animaux, mais aussi des humains. Or les inégalités extrêmes explosent : selon l’ONG Oxfam, 82 % des richesses créées dans le monde l’an dernier ont profité aux 1 % les plus riches, tandis que la moitié de la population mondiale n’en a tiré aucun bénéfice.

Il convient de mettre en place une politique de l’empathie et de la coopération : réduction des inégalités, renforcement des mécanismes de solidarité, consolidation et amélioration des services publics de santé, d’éducation, de transport et de culture. Il nous faut laisser de côté la question « combien cela va rapporter, et à qui ? » et privilégier la seule qui vaille : « Cela va-t-il contribuer au bonheur réel ? »

A cette fin, le REV milite pour une réduction substantielle du temps de travail, la décroissance de notre consommation, le renouvellement des pratiques démocratiques, le partage équitable des richesses avec un revenu d’existence doublé d’un plafonnement des plus hauts revenus, l’instauration d’un gouvernement mondial ou encore la fin progressive des frontières qui séparent les hommes.

Nous, signataires de cette tribune et fondateurs du Rassemblement des écologistes pour le vivant, n’avons aucune ambition politique personnelle : les places ne nous intéressent pas. Nous souhaitons simplement favoriser l’expression d’un mouvement de pensée révolutionnaire pour les droits du vivant.

L’objectif du REV est d’être présent aux prochaines élections européennes, en 2019, et d’y incarner l’alternative écologiste en faisant émerger de nouveaux profils. Afin de n’être prisonnier de personne, le REV ne s’appuie sur aucune structure politique ou associative existante. Il se développera au gré des volontés individuelles, et de toutes ces énergies fatiguées d’être empêchées de rêver un avenir meilleur pour les hommes, les animaux non humains et la nature.

Bon, passons sur le fait qu’un ancien membre de l’élite d’Europe Ecologie-Les Verts tombe à bras raccourcis dessus, après tout on peut changer d’avis. Enfin bon, là c’est quand même changer d’avis une fois le plan de carrière bloqué.

Passons aussi sur cette histoire de « gouvernement mondial », qu’on voit mal volé à quelqu’un d’autre que nous qui en parlons régulièrement. Bref.

Essayons de chercher quelque chose de constructif. La tribune dit que le monde va mal… qu’il faut savoir partager… qu’il faut respecter tous les êtres vivants… qu’il faut aller voter. Somme toute, l’Église catholique dit la même chose, mais pour appeler à aller prier, pas à voter.

Parce qu’au fond, cette tribune n’a qu’une fonction : bien souligner qu’il ne s’agit pas d’un programme révolutionnaire, qu’il n’y a bien aucune remise en cause de la propriété, qu’il ne s’agit pas d’un appel à l’offensive pour la libération animale, pour la défense de la Nature.

Bourgeois, dormez tranquille ! Pollueurs, polluez tranquille ! Laboratoires de l’exploitation animale, massacrez tranquille ! Etc. etc. malheureusement.

On dira qu’il reste la défense de la « valeur intrinsèque » de tout être vivant. Comme nous le disons nous-mêmes depuis longtemps, nous avons un certain niveau sur ce plan et nous ne trouvons pas d’écho significatif à une telle philosophie dans la tribune.

Car quand on est biocentriste, un seul raisonnement se pose de lui-même : il y a une guerre contre Gaia, je me place dans le camp de Gaia en cherchant à être le plus utile. Avec en perspective de gagner la guerre.

Vu comme cela, au mieux Aymeric Caron n’est pas biocentriste, c’est un hippie déconnecté, soit un petit-bourgeois qui veut que tout ralentisse, que tout soit freiné, car tout va s’effondrer.

Dans les deux cas, c’est quelqu’un qui n’entre pas en rupture avec un monde affreux qu’il faut changer de fond en comble. Il faut une révolution contre le béton, contre les drogues, contre l’ennui, contre la superficialité, contre l’abrutissement, contre ce qui empêche l’épanouissement.

Aymeric Caron, lui, n’est pas fondamentalement insatisfait de ce monde. Il entend coopérer avec lui, le changer, le transformer. Mais c’est impossible. Il faut une révolution, tant dans les mentalités, que matériellement.

Il contourne le problème de fond : comment briser Mc Donald’s et Nutella ? Et la réponse ne peut exister que sur le terrain, pas à la télévision, pas sur Facebook, pas aux élections, mais avec les gens, dans les luttes concrètes, dans l’affrontement avec ce qui détruit la Nature.

La bataille pour la planète a besoin de combattants, pas de contorsionnistes cherchant à montrer leur tête partout dans les médias ! Les animaux n’ont pas besoin de témoignage, mais de libération !

Le “joint tendu” de Technikart à Emmanuel Macron

L’éditorial de Télérama en faveur de la légalisation du cannabis était un peu étonnant, d’ailleurs l’article d’hier à ce sujet a eu un impact relativement important.

Cet étonnement n’est bien entendu nullement de mise avec Technikart. Chez les bobos, c’est-à-dire tous ces bourgeois libéraux qui se croient de gauche ou vegan alors qu’ils ne sont que les vecteurs du turbo-capitalisme, le cannabis c’est sacré.

Par conséquent, tant la couverture de la revue que l’image sur Facebook est très claire : le cannabis est vraiment considéré comme un eldorado inévitable.

« La marche du monde étant ce qu’elle est, notre vieux pays finira bien par légaliser la weed.

En passant d’abord par les cases « contraventionnalisation » (un max de points au Scrabble) et « dépénalisation » (un peu moins), ou, comme le préconise notre dossier, en se rendant directement à la case « légalisation » (moins bon pour le Scrabble, nettement mieux pour faire entrer de l’argent dans les caisses de l’État). (…)

Ce que nous disent les experts interrogés est sans appel : non seulement la légalisation rapporterait près de 2 milliards à l’État, mais elle boosterait le « bien-être collectif » du pays (c’est l’économiste Pierre Kopp du Centre d’économie de la Sorbonne qui le dit). »

Le contenu des articles, c’est bien sûr un éloge du cannabis comme joie de vivre et comme opportunités pour le business, à coups de moult exemples d’entreprises dans ce secteur.

On notera l’avertissement au début du dossier avec ces articles là, qui est totalement ridicule et absurde, pratiquement dadaïste de par l’éloge du cannabis qui s’y trouve…

Les bobos font un dossier intitulé “la weed peut-elle sauver la France?” et prétendent ne pas vouloir banaliser cette drogue?

Alors qu’ils s’adressent même à Emmanuel Macron, dans une lettre ouverte présentée comme un “joint tendu”? Appelant la France à devenir le “leader mondial du chanvre”!

Disons le ici ouvertement : si les lois étaient appliquées, Technikart devrait être saisi. Mais les juges n’appliquent pas la loi, seulement la loi du plus fort. Et le plus fort – le profit et sa quête – a décidé que le cannabis était une marchandise comme une autre…

La France du futur, la France du cannabis? Ce serait la mort de toute expression de besoin d’utopie et d’affirmation de la Nature, et cela au nom du profit et des paradis artificiels.

Ce qui se joue ici, c’est pas moins que la question même de l’existence de valeurs universelles.

Télérama prend partie pour la légalisation du cannabis

Télérama est un hebdomadaire culturel qui est par définition même l’organe de presse des intellectuels en France. C’est-à-dire, en gros, des bourgeois « éclairés », des professions intellectuelles liées à la presse, l’édition, le monde de la culture en général, des fonctionnaires ayant un certain niveau de diplôme, etc.

Quand on cherche un poste comme conservateur de musée, ou bien comme dans le dernier numéro, dans l’excellentissime lycée parisien École Jeannine Manuel, le lycée de Phnom-Penh ou de Nairobi, c’est dans Télérama qu’on regarde.

Tout cela pour dire que cet hebdomadaire est d’une grande importance, surtout qu’il est diffusé à plus de 600 000 exemplaires. Ce qu’il dit est très clairement une ligne de conduite.

Or, ce qui nous intéresse ici, c’est que l’éditorial du dernier numéro (du 31 janvier 2018), s’intitule pas moins que « chanvre avec vue ».

Ecrit par Emmanuel Tellier, musicien et journaliste musical, il a ses premières lignes écrites en gras, où on lit :

« Enfin ! Enfin le sujet de la consommation du cannabis dans notre pays semble s’imposer au cœur du débat public de manière dépassionnée. »

On retrouve ici un argument traditionnel des partisans de la légalisation du cannabis. Ceux prétendent deux choses :

– il y aurait une prohibition ;

– il y aurait un non-dit sur le cannabis.

Or, en réalité, il est très facile de s’en procurer, tout comme il est extrêmement facile de le faire pousser chez soi en se procurant du matériel. Dans une grande ville on tombe aisément sur des gens qui en fument et de toutes manières les « fours » où l’on s’en procure sont connus de tous.

On peut pareillement acheter sans souci plein d’objets faisant l’éloge du cannabis, du t-shirt au mug, des chaussettes à la casquette. Et la plupart des médias abordent la question du cannabis.

Si vraiment il y avait prohibition, on interdirait comme avant les objets avec la fameuse feuille et on fermerait les fours. Ce n’est bien entendu pas au programme, car les drogues sont tout à fait conformes à l’esprit libéral et à son autodestruction égocentrique individualisée.

L’éditorial de Télérama, donc, après avoir souligné que le « président de l’Assemblée nationale, quatrième personnage de l’Etat », était lui-même pour la dépénalisation (il s’agit de François de Rugy), affirme qu’il est très bien que l’État décide que désormais le cannabis serait la cible de simples contraventions.

Pourquoi ? Car il faudrait « poser les enjeux de manière pragmatique ». Beaucoup de monde fument… il faudrait donc légaliser ! On lit ainsi, dans la seconde partie de l’éditorial :

« 11 % des Français consomment du cannabis de manière régulière, un record en Europe. Deux cent mille personnes font pousser de l’herbe chez elles.

Bien davantage se fournissent auprès de dealers subordonnés à l’un des sept cent réseaux opérant sur le territoire, lesquels « emploient » près de cent mille individus.

Il n’y aura sans doute pas, en France, de solution facile, de recette miracle, pour passer – comme au Colorado, Etat pionnier – d’une consommation sous le manteau, avec tous les trafics que cela engendre (et préserve), à un « mode de vie » collectivement assumé.

Mais dans un pays où un citoyen sur quatre consomme des psychotropes sur ordonnance, où le stress et les souffrances liés aux différentes formes de précarité empoisonnent le quotidien de millions de personnes, il est heureux que l’âge de l’hypocrisie et de la culpabilisation primaire s’efface devant une approche plus lucide de la réalité. »

Ce discours, quand on voit la base sociale du lectorat de Télérama, signifie que les gens « éclairés » de la société n’ont aucune utopie à proposer, qu’ils ne comptent pas proposer une révolution, qu’ils n’entendent d’ailleurs rien remettre fondamentalement en cause, qu’il ne faut pas compter sur eux pour une critique radicale de la société au nom de la Nature.

Par contre, on peut les avoir comme appui pour le repli individuel, la mise en valeur de l’individualisme à travers l’éloge des « choix individuels », tout comme l’acceptation des paradis artificiels comme ayant une signification.

On retrouve cette approche au sein de toute la gauche libérale, depuis L’Obs jusqu’aux Inrockuptibles, etc., Jean-Luc Mélenchon y compris.

Au lieu de dire que cette société est folle et que le cannabis est une plaie, il est appelé à « gérer », comme lorsque Jean-Luc Mélenchon dit qu’il est contre le cannabis, donc qu’il appelle à la légalisation.

C’est de la capitulation et en arrière-plan l’individualisme comme programme, le relativisme comme philosophie, la décadence comme mode de vie.

Télérama, en apportant son appui, contribue donc à cette tendance qui veut que le cannabis soit à moyen terme légalisé. C’est la conséquence inéluctable du libéralisme où chacun peut faire comme il veut, en-dehors de toute valeur universelle.

Et quant on voit l’approche juridique, il est à craindre qu’il n’y ait pas de référendum. Cela sera au programme d’Emmanuel Macron pour les prochaines élections, les autres partis iront plus ou moins dans le même sens pour suivre et l’affaire sera dans le sac dans tous les cas.

Comme quoi c’est aux gens conscients de mener toujours davantage le combat contre le cannabis !

Sven Van Hasselt, prisonnier vegan

Sven Van Hasselt est un vegan désormais emprisonné pour cinq années en Grande-Bretagne, pour ses activités en faveur de la libération animale. Il mérite donc une importante solidarité dans cette épreuve.

Néerlandais, il a participé à la campagne intitulée Stop Huntingdon Animal Cruelty (SHAC) et visant les laboratoires Huntingdon Life Sciences (HLS, désormais Envigo) testant sur les animaux.

Dans ce cadre, il est accusé d’avoir envoyé des lettres de menace de novembre 2001 à août 2011 à des entreprises et des gens liés à HLS.

Rappelons ici les méthodes de la campagne de SHAC, fort critiquable au sens où il s’agit non pas d’une violence, mais d’une violence mal employée. Pour résumer, le site de SHAC rendait public le lien de certaines entreprises ou personnes avec HLS.

Alors commençait une campagne de menaces, allant à des fausses alertes à la bombe, des accusations de pédophilie dans l’entourage, les menaces d’agression, l’envoi de messages de spams, des coups de téléphones anonymes, la dégradation des façades des logements, etc.

Rappelons que les personnes et entreprises ciblées pouvaient avoir des liens extrêmement indirects avec HLS : cela pouvait être une société de nettoyage s’occupant d’une entreprise liée à HLS, par exemple.

Cet harcèlement, qui visait un isolement total de HLS, se voyait mettre un terme si les liens étaient coupés.

Sven Van Hasselt a également été accusé d’avoir placé des engins incendiaires sous des véhicules, notamment des voitures de sport, d’employés d’entreprises liées à HLS.

Sa compagne Natasha Simpkins a quant à elle été condamné, lors du même procès, à deux années de prison avec sursis. Tous avaient été arrêtés aux Pays-Bas en 2012, accusés d’avoir participé à la libération de 5000 visons d’une ferme, puis extradés en Grande-Bretagne.

Voici l’adresse de Sven en prison. Rappelons que si vous écrivez :

– votre courrier sera lu par la police britannique ;

– vos coordonnées seront fournies à la police française ;

– la police française ira faire un tour sur les réseaux sociaux si vous les utilisez et profitera notamment de facebook pour connaître vos idées si vous les exprimez ouvertement, ainsi que votre entourage, amenant une éventuelle surveillance de votre entourage, etc. etc.

Sven van Hasselt A3021ED
HMP Winchester
Romsey Road
Winchester
SO22 5DF
Royaume-Uni

Il est né en 1986, son anniversaire est le 6 octobre.

Il existe un site de soutien, proposant notamment de faire des dons. Si vous écrivez, il est important d’en faire un, pour payer les timbres notamment. Un t-shirt de soutien est également disponible.

La reproduction des dauphins en captivité de nouveau légale

Voici un exemple de plus de comment sans révolution, aucun changement n’est possible pour les animaux. Le 4 mai 2017, il y avait un nouvel arrêté sur les delphinariums. Quelques jours après, un ajout était effectué torpillant les delphinariums, en interdisant notamment la reproduction des animaux captifs.

Entre cela et les agrandissements exigés, les delphinariums ne pouvaient que fermer à moyen terme, amenant des complaintes tout à fait pathétique comme celle, misérable, des soigneurs de Marineland.

Marineland, le Safari africain de Port-Saint-Père et Grévin et compagnie ont évidemment tenté un coup de force juridique et on sait comment cela se passe alors : tout est une question de rapport de force.

Les organismes qui se baladent là-haut – comme le conseil d’Etat en l’occurrence – peuvent indifféremment prendre position dans un sens ou dans un autre, inventant des raisons juridiques selon les rapports de force.

Ne pas voir cela, c’est soit être naïf, soit tellement profiter du système qu’on y croit parce que c’est dans son propre intérêt.

Et donc, vu le rapport de force, le conseil d’Etat a cassé l’arrêté, redonnant le droit aux delphinariums de pratiquer la reproduction. C’est un exemple de plus de la faillite morale la plus complète, tant des institutions, même pas capable de bouger un tout petit peu, voire même de faire semblant, que des gens prétendant qu’un changement est possible sans révolution.

Voici le communiqué du conseil d’Etat suite à sa prise de décision, avec le justificatif “juridique” qui ne fait que refléter le rapport de force.

Pour ceux qui n’y croient toujours pas, il suffit de lire : la décision de casser l’arrêté est motivé notamment par le fait que sinon les delphinariums vont fermer !

Conseil d’État, 29 janvier 2018, Société Marineland, Société Safari Africain de Port-Saint-Père
Nos 412210, 412256>

Le Conseil d’Etat statuant au contentieux (Section du contentieux, 6ème et 5ème chambres réunies), sur le rapport de la 6ème chambre de la Section du contentieux
Séance du 12 janvier 2018 – Lecture du 29 janvier 2018

Vu la procédure suivante :

1° Sous le n° 412210, par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés respectivement le 6 juillet 2017 et le 18 décembre 2017 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société Marineland demande au Conseil d’Etat :
1°) d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté de la ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat, du ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt et de la secrétaire d’Etat chargée de la biodiversité du 3 mai 2017 fixant les caractéristiques générales et les règles de fonctionnement des établissements présentant au public des spécimens vivants de cétacés ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 8 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

2° Sous le n° 412256, par une requête et deux mémoires en réplique enregistrés respectivement le 7 juillet 2017, le 4 et le 19 décembre 2017 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société Safari Africain de Port St Père et la société Grévin et compagnie demandent au Conseil d’Etat :
1°) d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté de la ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat, du ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt et de la secrétaire d’Etat chargée de la biodiversité du 3 mai 2017 fixant les caractéristiques générales et les règles de fonctionnement des établissements présentant au public des spécimens vivants de cétacés ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros chacune au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative

Vu les autres pièces des dossiers ;

Vu :
– la Constitution ;
– la directive 1999/22/CE du 29 mars 1999 ;
– le code de l’environnement ;
– le code de justice administrative ;

Après avoir entendu en séance publique :
– le rapport de Mme Laurence Franceschini, conseiller d’Etat,
– les conclusions de M. Louis Dutheillet de Lamothe, rapporteur public.

La parole ayant été donnée, avant et après les conclusions, à la SCP Piwnica, Molinié, avocat de la société Marineland, à la SCP Boré, Salve de Bruneton, Mégret, avocat de l’association pour la protection des animaux sauvages et autres, à la  SCP Baraduc, Duhamel, Rameix, avocat de l’association « Réseau-Cétacés », à la SCP Waquet, Farge, Hazan, avocat de l’association « One Voice ».

Vu la note en délibéré, enregistrée le 12 janvier 2018 sous les numéros 412210 et 412256, présentée par le ministre de la transition écologique et solidaire ;

Vu la note en délibéré, enregistrée le 18 janvier 2018 sous les numéros 412210 et 412256, présentée par la SCP Waquet, Farge, Hazan ;

1. Considérant que les requêtes de la société Marineland, d’une part, des sociétés Safari Africain de Port St Père et Grévin et compagnie, d’autre part, tendent à l’annulation pour excès de pouvoir du même arrêté du 3 mai 2017 de la ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, du ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt et de la secrétaire d’Etat chargée de la biodiversité fixant les caractéristiques générales et les règles de fonctionnement des établissements présentant au public des spécimens vivants de cétacés ; qu’il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule décision ;

2. Considérant qu’eu égard à la nature et à l’objet du présent litige, l’association « One Voice », l’association « Sea Sheperd », l’association pour la protection des animaux sauvages, l’association « C’est assez ! », la fondation droit animal, éthique et sciences, l’association « Réseau Cétacés », justifient d’un intérêt suffisant au maintien de l’arrêté attaqué ; que l’association « Alliance of Marine Mammal Parks » et l’association « European Association for Aquatic Mammals » justifient quant à elles d’un intérêt suffisant à l’annulation de l’arrêté attaqué ; qu’ainsi leurs interventions sont recevables ;

3. Considérant, en premier lieu, que conformément aux dispositions des articles R. 413-9 et L. 512-10 alors en vigueur du code de l’environnement, l’arrêté du 3 mai 2017 a été pris après les avis du conseil national de la protection de la nature et du conseil supérieur de la prévention des risques technologiques ; que l’organisme dont une disposition législative ou réglementaire prévoit la consultation avant l’intervention d’un texte doit être mis à même d’exprimer son avis sur l’ensemble des questions soulevées par ce texte ; que, par suite, dans le cas où, après avoir recueilli son avis, l’autorité compétente pour prendre le texte envisage d’apporter à son projet des modifications, elle ne doit procéder à une nouvelle consultation de cet organisme que si ces modifications posent des questions nouvelles ; qu’il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à cette consultation, outre le raccourcissement du délai pour réaliser les travaux de gros œuvre, passé de cinq à trois ans, ont été supprimées dans la version définitive de l’arrêté toutes les références à la possibilité de reproduction des cétacés de l’espèce Tursiops truncatus ; que cette modification a pour résultat d’interdire la reproduction des cétacés de cette espèce alors que dans la version de l’arrêté soumise à consultation cette interdiction ne s’appliquait qu’aux cétacés de l’espèce Orcinus orca ; qu’eu égard à la portée de cette disposition pour l’avenir des parcs aquatiques, elle constitue une question nouvelle sur laquelle le conseil national de la protection de la nature et le conseil supérieur de la prévention des risques technologiques n’ont pas été consultés ; que dès lors leurs avis sont intervenus à la suite d’une procédure irrégulière ; qu’il ressort des pièces du dossier que cette irrégularité a été susceptible d’exercer, en l’espèce, une influence sur le sens de la décision prise ; que ce motif, à lui seul, justifie l’annulation de l’arrêté contesté ;

4. Considérant, en deuxième lieu, qu’aux termes de l’article 7 de la Charte de l’environnement : « Toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement » ; que si les dispositions des articles L. 120-1 et L. 123-19-1 du code de l’environnement, qui précisent les conditions et limites dans lesquelles le principe de participation du public défini à l’article 7 de la Charte de l’environnement est applicable aux actes réglementaires de l’Etat ayant une incidence directe et significative sur l’environnement, impliquent que ces projets d’acte fassent l’objet d’une publication préalable permettant au public de formuler des observations, elles n’imposent de procéder à une nouvelle publication pour recueillir des observations du public sur les modifications qui sont ultérieurement apportées au projet de décision, au cours de son élaboration, que lorsque celles-ci ont pour effet de dénaturer le projet sur lequel ont été initialement recueillies les observations du public ;

5. Considérant qu’il ressort des pièces du dossier que, conformément à ces dispositions, le projet d’arrêté en cause, fixant les caractéristiques générales et les règles de fonctionnement des établissements détenant et présentant au public des spécimens vivants de cétacés, notamment des spécimens de l’espèce Tursiops truncatus couramment appelés « grands dauphins », a été soumis à la consultation du public du 7 février au 1er mars 2017 ; que ce projet d’arrêté, d’une part, autorisait ces établissements à détenir des grands dauphins nés ou à naître et élevés en captivité au sein d’établissements dûment autorisés situés sur le territoire de l’Union européenne et, d’autre part, imposait à ces établissements des exigences renforcées en termes de respect du bien être de ces animaux notamment par la réalisation, dans un délai de 5 ans à compter de sa publication, d’importants travaux d’agrandissement et de modernisation des bassins ; que l’arrêté publié, tout en maintenant les exigences en termes notamment de travaux à réaliser, dans un délai réduit à 3 ans à compter de sa publication, n’autorise en revanche plus que la seule détention des grands dauphins déjà régulièrement détenus par les établissements dûment autorisés sur le territoire national à la date de l’arrêté et ne permet plus, ainsi qu’il a été dit, leur reproduction, conduisant par suite à l’extinction à terme de leur présence au sein de ces établissements ; que cette modification, porte sur une disposition essentielle eu égard à l’importance des grands dauphins dans la fréquentation de ces établissements et, par suite, dans leur contribution à leur équilibre économique ; que l’arrêté contesté, par l’importance et l’ampleur des changement apportés au projet soumis à la consultation du public, qui menacent même la pérennité de ces établissements, retient un parti radicalement différent ; que les modifications ainsi apportés dénaturent le projet soumis à consultation publique ; que, par suite, faute qu’une nouvelle consultation du public ait été réalisée, les requérantes sont fondées à soutenir que l’arrêté attaqué a été pris au terme d’une procédure irrégulière ; que cette irrégularité a privé, en l’espèce, le public d’une garantie ; que ce motif, à lui seul, justifie également l’annulation de l’arrêté contesté ;

6. Considérant qu’il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de leurs requêtes, que la société Marineland et les sociétés Safari Africain de Port St Père et Grévin et compagnie sont fondées à demander l’annulation de l’arrêté attaqué ;

7. Considérant qu’il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 500 euros qui sera versée à la société Marineland, de 1 750  euros qui sera versée à la société Safari Africain de Port St Père et de 1750 euros qui sera versée à la société Grévin et compagnie, au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ;

D E C I D E :
Article 1er : Les interventions de l’association « One Voice », de l’association « Sea Sheperd », de l’association pour la protection des animaux sauvages, de l’association « C’est assez ! », de la fondation droit animal, éthique et sciences, de l’association « Réseau Cétacés », de l’association « Alliance of Marine Mammal Parks » et de l’association « European Association for Aquatic Mammals » sont admises.
Article 2 : L’arrêté du 3 mai 2017 fixant les caractéristiques générales et les règles de fonctionnement des établissements présentant au public des spécimens vivants de cétacés est annulé.
Article 3 : L’Etat versera à la société Marineland une somme de 3 500 euros, à la société Safari Africain de Port St Père et à la société Grevin et compagnie une somme de 1 750 euros chacune, au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à la Société Marineland, à la société Safari Africain de Port St Père, à la société Grévin, à l’association « One Voice », à l’association « Sea Sheperd  », à l’association pour la protection des animaux sauvages, à l’association « C’est assez ! », à la fondation droit animal, éthique et sciences, à l’association « Réseau Cétacés », à l’association « Alliance of Marine Mammal Parks » et à l’association « European Association for Aquatic Mammals » et compagnie, et au ministre d’Etat, ministre de la transition écologique et solidaire.
Copie en sera adressée au ministre de l’agriculture et de l’alimentation.

 

PETA et sa pochette “en façon poulain à imprimé léopard”

Le 11 octobre 2017, Gucci a expliqué arrêter l’utilisation de fourrures pour ses défilés. Victoire ! disaient de nombreuses associations comme PETA. Mais si l’on va sur le site de Gucci et qu’on tape fourrure, on trouve 147 réponses.

Dont par exemple des pantoufles, comme ici mises en avant par un joueur de football du club de Manchester United. On devine ici tout le degré d’inculture, de nullité intellectuelle, de libéralisme moral, bref de décadence… A l’indécence s’ajoute l’ignoble.

Et on en déduit aussi que l’annonce de Gucci ne concernait que les défilés… et que par conséquent, toutes les associations qui criaient victoire se moquent bien du monde. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter.

La marque The Kooples est ainsi à la mode dans les couches supérieures de la société, comme sorte de terrain d’entrée du haut de gamme. Un « pantalon en cuir d’agneau » coûte 700 euros, énorme pour nous, peu cher pour d’autres.

Rien d’étonnant donc à ce que cette marque ne fasse pas de fourrure, car celle-ci relève des marques justement un plus chères pour le coup. Et quoi de plus intéressant pour The Kooples de faire passer cela pour quelque chose de résolument engagé ?

C’est là évidemment qu’une association aussi insipide que PETA entre en jeu, avec un « collab » – le nec plus ultra des marques en ce moment – avec The Kooples, annoncé hier.

Conçue dans le style glamour et rock de la marque, la pochette est en imprimé léopard, fabriquée en similicuir façon poulain et dotée d’un lien en similicuir noir pour être à portée de main. Elle est certifiée du logo « PETA-Approved Vegan » de l’association – qui certifie que l’article ne contient aucune matière d’origine animale. Quoi de plus romantique que la compassion ?

Et ainsi :

« Nous sommes heureux de nous associer à The Kooples pour cette création sans matière animale », déclare Isabelle Goetz, porte-parole de PETA France. « Cette superbe pochette 100 % végane prouve que la compassion est en train de devenir LA tendance. »

Un produit… « similicuir façon poulain » pour prétendre combattre la fourrure ou le cuir, quelle absurdité. C’est comme lorsque l’ex-dirigeant de l’association Droit des animaux, ayant profité de son élan pour ouvrir uns magasin et faire 3,3 millions de chiffre d’affaires, expliquait récemment :

« Personnellement, j’aime le goût de la viande. Si elle poussait dans les arbres, j’en mangerais ! »

Le goût de la viande, l’aspect de la fourrure ou du cuir… quelle horreur. Quelle aberration.

Pour en revenir à la « collab » The Kooples X Peta, l’entreprise donne son avis sur son site, en présentant la pochette (qui coûte 45 euros, à titre indicatif).

L’AVIS DU CRÉATEUR

The Kooples affirme son engagement auprès de PETA en faveur de la cause animale et réconcilie mode et éthique. Cette pochette en cuir synthétique, dont les bénéfices seront entièrement reversés à l’association, est un accessoire au caractère unique. Réalisée en façon poulain à imprimé léopard pour ne rien perdre du style glamour et rock de notre Maison elle est dotée d’un lien en similicuir noir pour être à portée de main. Cette pochette alliant les signatures PETA et The Kooples dispose d’une étiquette « Vegan Approved », un label certifié, illustre la volonté de promouvoir des pratiques et produits plus respectueux pour une allure tendance ultra-féminine garantie sans culpabilité.

The Kooples, éthique ? The Kooples, en faveur de la cause animale ? Une pochette vegan « en façon poulain à imprimé léopard » ? On est ici dans l’ignominie la plus grande.

Surtout quand on voit le réel arrière-plan historique. Même si The Kooples a arrêté la fourrure à la grande joie de PETA, la production de fourrure est, bien évidemment, en croissance exponentielle. Si l’exploitation animale en général connaît une telle croissance, il n’y aucune raison que la fourrure ne connaisse pas la même chose.

Entre 2010 et 2015, le chiffre d’affaires du marché de la fourrure a été multipliée par trois, passant à plus de 40 milliards de dollars.

Cela va à l’encontre, bien entendu, des thèses de ceux et celles qui se cachent derrière des petits progrès particuliers pour prétendre que tout changerait, alors que tout empire. Ces gens sont, en pratique, les aides de l’exploitation animale, en masquant la gravité de la réalité.

Il est vrai aussi qu’il est important de suivre à la trace l’évolution de la production, qui change selon les périodes. Par exemple, en 1939 la Norvège était le principal producteur de fourrure, avec 20 000 fermes. Maintenant, elle va fermer ses dernières fermes d’ici 2025, car ses quelques pour cents du marché mondial ne tiennent plus la route face aux autres pays.

Ceux-ci, en Europe, sont la Finlande, le Danemark, les pays baltes, la Pologne. Avec une inévitable modernisation : si un renard argenté fait normalement 3,5 kilos, dans les fermes finlandaises il en fait 20. Une folie criminelle.

Et chaque année, il y a 10 % d’animaux en plus dans les fermes. La Chine, qui produit cette fourrure pour autour de 75 %, le fait dans des conditions atroces.

Il y a la France aussi, avec 13 fermes, où 100 000 visons sont tués chaque année. Il y a aussi les entreprises qui utilisent la fourrure. Si l’entreprise canadienne Canada Goose, connue pour ses doudounes, a un chiffre d’affaires d’à peu près 300 millions d’euros, l’entreprise française Moncler qui est dans le même créneau a dépassé le milliard d’euros de chiffre d’affaires.

Il est très chic de porter des éléments avec de la fourrure. De toutes façons, si chacun fait ce qu’il veut, alors personne ne peut juger. Récemment, le chanteur Keen’V, à l’occasion d’une vidéo en Laponie pour une de ses chansons de variété, se faisait critiquer pour son manteau de fourrure, et une des réponses disant que chacun fait ce qu’il veut (ou ce qu’il peut) en dit long.

On pourrait aimer les animaux et porter de la fourrure : tout est une question de choix !

Le chanteur a répondu de son côté :

J’espère que vu l’amour que je porte aux animaux tu sais que c’est une fausse :)

Mais dans la vidéo, on dirait une vraie et de toutes façons, avoir une fausse qui ressemble à une vraie, c’est promouvoir la vraie.

Cela montre l’irrationalisme de tout cela, la quête de l’ego qui prend comme prétexte une cause restreinte au lieu d’assumer réellement l’ensemble de la question. Entre infantilisme et ego, l’exploitation animale se renforce…

Le décalage entre l’humanité et l’époque qu’elle vit est immense. Il faut le combler!

L’utilisation de singes pour les tests diesel de Volkswagen

L’expérimentation animale a une fonction qui se veut scientifique, mais en pratique c’est surtout un moyen de se dédouaner de toute responsabilité, de regarder « en général » les risques, le tout avec des tests à l’infini, sans partage d’informations.

C’est un crime moralement inacceptable de toutes façons, même si cela servait à quelque chose : tel doit être le point de vue de quiconque est pour la libération animale.

Si ici nous parlons de l’escroquerie que cela représente, cela ne change rien au fait que même si cela n’en était pas une, ce serait inacceptable.

L’histoire est donc la suivante : un laboratoire américain d’Albuquerque, le Lovelace Respiratory Research Institute avec Jake McDonald comme responsable de l’expérience, a enfermé en 2014 des singes dans un endroit, afin de leur faire inhaler plusieurs heures le diesel d’une Volkswagen Beetle, ainsi que d’un pickup de Ford de 1999.

10 macaques crabiers ont été la victime de cette fraude scientifique.

En effet, c‘est la marque Volskwagen qui, évidemment, a payé cette expérience. Le but était de « montrer » dans les faits que la nouvelle Volkswagen ne polluait pratiquement pas, et pour ce faire la Beetle a été paramétrée également pour produire bien moins de diesel qu’en réalité sur une route en roulant.

Volkswagen a d’ailleurs généralisé cette démarche de trafiquer les programmes de gestion pour que lors des tests, les voitures polluent moins.

Cela a provoqué un « dieselgate » qui est un scandale énorme, les Etats-Unis ont fait un procès à Volkswagen et réclament une vingtaine de milliards de dollars. C’est dans le cadre de ce procès que l’information sur cette expérience sordide vient de ressortir.

L’institut ayant servi d’intermédiaire pour financer celle-ci, l’European Research Group on Environment and Health in the Transport Sector, s’est d’ailleurs évaporé juste après le fait que le “dieselgate ” ait été rendu public.

Cet institut menait tout un travail de fond. Il avait tenté en 2012 de s’opposer « scientifiquement » à l’Organisation Mondiale de la Santé qui entendait classer le diesel comme cancérigène. L’institut a également remis en cause le fait de chasser les diesels des villes, que le niveau de diesel dans la ville de Barcelone était trop haut, etc.

Daimler et BMW finançaient d’ailleurs également cet institut, dont on a compris le rôle : servir au lobbying pro-diesel.

Et les tests sont de même nature que ceux fabriqués par les producteurs de cigarettes, qui faisaient fumer des chiens pour “prouver” que la cigarette n’était pas nocive.

Ils sont de la propagande, sans aucun autre sens… à part, bien sûr, la souffrance et la mise au mort pour les singes utilisés.

Notre-Dame-des-Landes : le triptyque rustique – petite propriété – petite exploitation animale

Nous sommes quelques jours après la décision gouvernementale d’abandonner le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Déjà il faut se réjouir de la protection de la Nature là-bas.

L’aspect principal reste pour nous la vie sauvage, et le fait qu’une partie d’entre elle puisse être préservée est essentiel. Même s’il faut être prudent pour l’avenir, d’autant plus que selon les propres lois de l’Etat français, le projet lui-même aurait dû être impossible en raison de la protection des zones humides…

Mais il faut également voir ce qu’il ressort de cette lutte à Notre-Dame-des-Landes, qui a eu beaucoup d’aspects. Ici il s’agit également voir si nous avons raison de tout d’abord saluer grosso modo le mouvement zadiste, pour ensuite le dénoncer comme s’étant retourné en son contraire.

Nous avions en effet constaté que loin de l’initiative écologiste du début, la ZAD s’est vite retrouvée comme un bastion des partisans de l’individualisme forcené, de la petite propriété et de la petite exploitation animale.

Il y a eu quelques végans pour servir de caution à la ZAD, tant sur place qu’en général, mais c’est absurde car les zadistes se sont toujours positionnés radicalement comme non végan, et donc comme anti-vegan, puisque la petite exploitation animale est leur valeur absolue.

Ces gens sont des réactionnaires, ils veulent réagir contre le monde moderne, ils veulent le passé. Le prochain rassemblement sur la ZAD, le 10 février 2018, confirme même la validité de notre critique rien que par son titre : « enracinons l’avenir ».

C’est là du pétainisme et l’utilisation du terme « s’enraciner » est un exemple pathétique de plus. Un tel vocabulaire relève exclusivement de l’extrême-droite à la française, avec le fameux « la terre, elle, ne ment pas » de Pétain, la terre comme “recours” comme il le dit dans son fameux discours.

Le communiqué de l’association ACIPA au sujet du rassemblement de février développe d’ailleurs tout l’argumentaire mystique du triptyque rustique – petite propriété – petite exploitation animale :

« Depuis des décennies, les 1650 ha de la zad sont menacés par un projet d’aéroport climaticide, destructeur de terres nourricières, de zone humides et de liens sociaux.

En lieu et place de ce projet, des paysan.ne.s résistant.e.s ont continué de vivre  sur leurs terres et de nouveaux.elles habitant.e.s sont arrivé.e.s dans les 10 dernières années. Il s’invente sur la zad des formes de vie, d’habitats et d’agriculture fondées sur le partage, la rencontre, le soin du vivant et des biens communs. »

Le soin du vivant, c’est en effet la petite exploitation animale ; les biens communs servent ici de justification au maintien des biens qui ne le sont justement pas, communs ! Les paysans, sur « leurs » terres, voilà le rêve de certains en 2018, alors que nous avons besoin d’une humanité unifiée à l’échelle mondiale pour protéger la planète…

Certains ont d’ailleurs été surpris que le gouvernement n’ait pas décidé de déloger les zadistes. Mais pourquoi serait-il si pressé ? Cela ne dérange personne et cela fait genre la seule opposition consiste en des gens voulant vivre comme il y a cinquante ou cent ans.

Et rappelons que non loin à Nantes les anarchistes cassent régulièrement des choses au centre-ville lors de manifestations. Sans que cela ne change rien, à part permettre au gouvernement d’avoir l’air « démocratique ».

Les zadistes comptent par conséquent continuer tranquillement leur démarche, comme le dit le communiqué de « victoire » :

« Dans le futur, ce territoire doit pouvoir rester un espace d’expérimentation sociale, environnementale et agricole. »

On ne peut pas faire moins révolutionnaire : c’est vraiment l’éloge du repli sur un petit terrain, pour une « expérimentation ». Rien à voir avec l’urgence dont on a besoin !

Et comme le dit le texte commun de l’assemblée du mouvement du 18 janvier 2018, il y en a pour des années à négocier avec l’État, se mettre d’accord sur ce qui va être fait, etc.

Avec l’abandon de l’aéroport à Notre Dame de Landes nous vivons un moment important pour notre devenir commun.

Tandis que l’avenir de ce territoire fait l’objet de fantasmes médiatiques ici nous nous emparons de notre avenir et l’ensemble du mouvement avance concrètement sur sa construction.

Nous nous appuyons sur 10 ans de pratiques communes, assemblées, réunions, activités agricoles, vie quotidienne, organisation d’évènements etc… Nous avons construit une recherche du consensus qui est à la base de notre fonctionnement. Notre travail de réflexion et d’échange a abouti en 2015 à un accord en 6 points. Ils sont ce que nous défendons collectivement aujourd’hui.

Depuis plusieurs mois l’assemblée des usages nous permet de nous organiser sur différents thèmes :
Les hypothèses sur l’avenir qui explorent les formes juridiques possibles pour ce territoire.
Le foncier : ses usages, son partage, son statut
La gestion des conflits tant internes qu’avec l’extérieur (communes proches, organismes officiels etc…)
L’habitat, l’agriculture, la voirie, les communs que nous gérons

Il faudra de longs débats et un travail soutenu pour arriver à une formulation détaillée de notre projet, et nous aurons besoin de temps pour en trouver les formules de mise en place.

L’assemblée du mouvement du 18 janvier 2018

On pourrait se demander si, à la limite, tout cela n’est pas un grand gâchis. Sans doute que non. Tout comme le véganisme devait forcément connaître une décadence et un échec avec L214, l’écologie devait s’effondrer avec Europe Ecologie Les Verts et les zadistes.

Trop d’intellectuels liés aux universités, trop de gens de classes sociales supérieures, pas assez de contenu, pas d’engagement sur le long terme à part le plus souvent de carriéristes et d’opportunistes cherchant un moyen à s’intégrer dans les institutions d’une manière ou d’une autre…

Aujourd’hui, ni l’écologie ni le véganisme ne menacent l’équilibre des idées, la neutralité sociale la plus complète. Pourtant, il faut renverser l’exploitation animale et bloquer la destruction de la planète ; le décalage est énorme entre ce qu’il y a et ce qu’il faudrait.

Mais ce n’est qu’un début et les choses n’en resteront bien entendu pas là. La contradiction n’a été que repoussée… Pour s’exprimer d’autant plus violemment après.

Tribune pro-GPA et anti-Nature dans Le Monde

« On ne peut plus ignorer les enfants nés par GPA », tel est le titre d’une tribune publiée dans Le Monde et visant à exiger la reconnaissance des mères porteuses en prétextant le fait accompli.

C’est la même technique que pour le cannabis : on laisse le capitalisme conquérir une sphère de la société et on dit qu’on ne peut plus faire autrement, alors autant encadrer, réglementer, sinon ce serait pire.

Voilà comment un certain “progressisme” n’est en fait que le vecteur de l’ultra-libéralisme… “encadré”.

Et cela passe comme une lettre à la poste, puisque la société récuse la Nature. Le texte de la tribune le souligne de manière ouverte, ce qui en fait sa grande valeur:

« Rien dans le droit ne prescrit que la filiation doive imiter la nature. »

Un tel degré d’égocentrisme, d’anthropocentrisme est impressionnant… et montre à quel point on court à une véritable catastrophe. L’humanité décroche totalement de la Nature, elle s’imagine entièrement supérieur et à part… L’incompréhension de la question du réchauffement climatique en dit long à ce sujet d’ailleurs.

Voici le texte de la tribune, que nous avons été obligés de trouver… sur le forum jeux vidéos.com, pour la simple raison que comme très souvent, ce genre de tribunes est dédié à un public appartenant aux couches sociales très favorisées.

C’est un “débat interne”, qui ne vise pas à la discussion démocratique, mais au fait de décider entre gens riches, pour savoir à quel point la permissivité de tel ou tel acte est possible.

Le Monde précise que la tribune est signée par “110 signataires, dont Elisabeth Badinter, Pierre Rosanvallon et Irène Théry”, nous obtiendrons cette liste un de ces jours, afin d’avoir un aperçu social et intellectuel de ces gens.

Tribune. Nous, associations de lutte contre l’infertilité, citoyens engagés en faveur de l’égalité des droits, demandons que le débat qui va s’ouvrir à l’occasion de la révision des lois de bioéthique soit un véritable débat, et de ce fait, inclue la gestation pour autrui (GPA).

En effet, cette dernière fait partie des techniques d’assistance médicale à la procréation selon l’Organisation mondiale de la santé qui en a donné une définition précise.

1. Les enfants nés par le recours à la GPA sont là. Ils ont des parents, hétérosexuels ou homosexuels. Ils sont des milliers, de plus en plus visibles, on ne peut plus les ignorer comme des fantômes et faire comme s’ils n’existaient pas.

On ne peut pas continuer à bafouer leurs droits en ignorant les jugements de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui ne cesse de condamner la France. La Cour de cassation a proposé une voie discriminante à l’égard des femmes qui ne peuvent porter un enfant puisqu’elle les efface purement et simplement de l’acte de naissance transcrit (filiation paternelle exclusivement reconnue).

Pourquoi les adaptations juridiques tenant compte des condamnations de notre pays par la CEDH pour manquement aux droits de l’homme devraient-elles être apportées uniquement par les juges ?

C’est ici le rôle et la responsabilité du législateur, en relation avec la société, de faire évoluer le droit. Nous demandons la transcription intégrale à l’état civil français de la filiation de l’enfant établie légalement à l’étranger à l’égard de ses parents. Les Français y sont favorables dans leur écrasante majorité (71 % – sondage IFOP – juin 2017).

2. Il faut lutter efficacement et avec détermination contre les dérives de la GPA et les mafias qui en profitent, au-delà de la réforme urgente qu’appellent les droits fondamentaux des enfants à leur filiation.

Nombreux sont ceux, en France, qui s’alarment à juste titre de la marchandisation et de la réification dont peuvent être victimes des femmes pauvres dans certains pays, mais aussi des parents d’intention qui se font maltraiter et les enfants qui peuvent se retrouver dans des tourments dramatiques. Eh bien, combattons ces situations odieuses !

A l’image de la convention de La Haye encadrant l’adoption internationale et luttant contre les trafics d’enfants, nous prônons une convention internationale sur la GPA, condamnant de façon efficace toutes les atteintes aux droits fondamentaux des personnes, seul moyen de lutter contre les situations où la dignité des femmes et la sécurité des enfants ne sont pas respectées.

3. Enfin, il est temps d’ouvrir sur la GPA en général un débat serein, argumenté et informé. Il existe dans de grandes démocraties des protocoles de GPA pensés et aménagés de façon parfaitement éthique, et dont les pratiques sont étayées par des études validées.

Plusieurs pays voisins, comme le Royaume-Uni, les Pays-Bas, le Portugal, la Grèce, ont déjà débattu et même légalisé la GPA sur leur sol. Aujourd’hui, la réalité des nombreux témoignages vient contredire les fantasmes brandis par certains.

Les controverses sur la GPA transcendent les appartenances politiques ; mais nous savons aussi que ses adversaires les plus acharnés sont souvent ceux qui se sont opposés naguère à la contraception, à l’interruption volontaire de grossesse, à la procréation médicalement assistée (PMA).

Nombre d’entre eux n’acceptent toujours pas l’homoparentalité, alors que la loi de 2013 a tranché. Le Conseil constitutionnel l’a rappelé : rien dans le droit ne prescrit que la filiation doive imiter la nature.

Nous disposons des moyens de débattre de façon apaisée grâce aux témoignages des personnes concernées, des enfants ainsi nés, des études faites par les chercheurs et des associations spécialistes.

Aujourd’hui, nous demandons une réforme urgente sur la transcription de la filiation, une implication de la France dans une convention internationale contre les atteintes aux droits des personnes, et un vrai débat de fond sur la GPA, au nom des enfants qui en sont nés à l’étranger, au nom de leurs familles et amis, au nom des associations que nous représentons, au nom des experts et personnalités signataires de ce texte, au nom du principe de réalité, au nom de la dignité des personnes considérées.

L’opinion publique est prête. Les Français vont même plus loin que la demande exprimée dans cette tribune : ils sont 64 % à envisager une forme de légalisation de la GPA selon le dernier sondage IFOP pour La Croix et le Forum européen de bioéthique de janvier 2018, confirmant une tendance favorable depuis dix ans.

“Débats” sur la bioéthique : la PMA et la GPA comme vecteurs de l’individualisme

Dans quelques jours vont commencer les débats amenant la révision des lois de bioéthique.

C’est là un processus d’une importance capitale, d’une valeur historique. En effet, si auparavant le rejet de la Nature consistait en un contenu avec des formes très diverses, pour la première fois il y a une volonté d’ériger cela en système ouvert, reconnu.

Les thèmes du « débat » – en fait une vaste propagande pour faire passer la pilule libérale – vont consister en la procréation médicale assistée (PMA) pour toutes les femmes y compris célibataires, le stockage des données concernant la santé des personnes, la génétique, la fin de vie en général et l’euthanasie en particulier voire le suicide assisté, et inévitablement la gestation par autrui (GPA).

Cependant, il ne faut pas se leurrer et bien voir que ces thèmes sont à la fois des vecteurs et des verrous à faire sauter. Si ces digues tombent, tout tombe, peut-on même dire. Pourquoi ? Tout simplement, parce qu’il y a la conjonction :

– d’une science sans conscience qui applique simplement ce qu’elle peut techniquement appliquer ;

– d’un vaste panel d’entreprises lancées sur un tel marché ;

– d’un individualisme forcené faisant des « droits » individuels l’essence de la vie.

Le raisonnement est le suivant : s’il est possible de payer pour avoir une nouvelle dimension de la vie d’un individu, alors cela est juste, du moment qu’il n’y a pas de préjudice pour autrui. C’est la négation complète de l’universel au profit du particulier.

C’est la négation de l’être humain comme figure universelle, au profit d’un ultra-individualisme forcené. C’est le culte du choix individuel, qui ferait l’identité même de la personne. C’est une tendance de fond présente à tous les niveaux de la société : tout serait relatif, on n’aurait pas le droit de rien critiquer ni dénoncer.

L’ ouverture d’esprit a été dévoyé en libéralisme forcené et en réponse purement individuelle. La « tolérance » est le masque d’un turbo-capitalisme faisant du corps un champ de bataille pour le marché. La fuite dans les mutilations corporelles afin de « changer de sexe » – une pure aberration biologiquement parlant – est un excellent exemple de cette fuite identitaire faisant de la consommation de son propre corps un moyen « d’avancer dans la vie ».

Force est de constater que, comme pour le cannabis, les digues sont d’ailleurs déjà tombées culturellement. L’Église catholique a malheureusement pris jusque-là la tête de la critique de cette évolution au moyen du mysticisme religieux et des valeurs réactionnaires, comme avec « la manif pour tous ».

Las ! La base catholique ne suit pas du tout, car elle est elle-même pourrie par le libéralisme, l’idéologie du chacun-fait-ce qu’il-veut-cela-le-regarde. Une large majorité des gens est favorable à ce qu’une femme seule puisse « faire un bébé toute seule », même si cela n’est pas vrai au sens strict. L’utilisation scientifique « efface » la dimension naturelle, au profit d’un « droit »… Et qui n’est pas pour que l’on ait plus de droits ?

D’ailleurs, le « droit » à la PMA est malheureusement un thème très porteur comme revendication « progressiste » – les gens se disant très à gauche ne voyant pas à mal qu’ils disent exactement la même chose que ceux de La République En Marche !

En ce qui concerne la gestation par autrui – les mères porteuses – il se dessine toujours plus une majorité en sa faveur. C’est logique : toutes les digues tombent ensemble, ou aucune. Un libéralisme en appelle un autre. Si l’individu est roi, alors le raisonnement se généralise à tous les domaines.

Même le suicide assisté va s’imposer inévitablement comme thème ! C’est là un découplage total de l’individu et de la société, de l’individu et de la Nature !

Quant au stockage des données, il est essentiel également, car il est un pas nécessaire vers la généralisation systématique des modifications du corps humain, dans le sens d’une « amélioration » ou d’un dépassement. C’est là l’idéologie du transhumanisme, mais ce dernier n’est rien d’autre que l’idéologie de l’individu-roi qui prétend être en mesure de « s’améliorer ».

On est passé du fait de vouloir une vie plus facile, plus épanouie, à une révolte contre la vie elle-même. L’individu prétend dépasser la vie, être sorti entièrement de la Nature.

En raison de l’offensive catholique ouvertement réactionnaire, il va être difficile de faire entendre une autre voix dans les débats bioéthiques. Mais le catholicisme ne fait pas le poids et va toujours plus se discréditer ; il ne restera au final que deux camps.

Celui qui veut que l’individu se dépasse, que l’humanité se considère comme un empire indépendant – et celui qui considère que l’humanité n’est qu’une composante de la Terre comme système, comme Nature en évolution.

La turbah de l’Islam chiite

Tout comme le nouvel an lié au soleil – le Norouz – qui s’est maintenu malgré ou à travers l’Islam en Iran (le nevroz), le « turbah » révèle beaucoup de choses de la tradition du rapport à la Nature en Perse historiquement.

On connaît en effet le principe du tapis de prière des hommes dans l’Islam. Sauf qu’en fait, ce n’est vrai que chez les musulmans sunnites. Chez les chiites, dont la base est persane, on doit pour les hommes prier à même la terre, ou bien sur de la pierre, sur du sable ou de l’herbe.

On reconnaît aisément la nature de ces éléments, sorte de base primordiale de la matière, de parties les plus élémentaires… En particulier dans des zones du monde où le désert, l’aridité a une telle importance.

Le Coran explique lui-même également que Dieu aurait procédé à la création de l’être humain au moyen d’argile (« Nous avons certes créé l’homme d’un extrait d’argile »).

L’Islam chiite, en plus de ces éléments « primitifs », autorise le papier, car il provient d’un arbre. Mais on n’a pas le droit de se prosterner sur un tapis ou sur des vêtements, ni même sur des végétaux pouvant servir à fabriquer des vêtements.

Ce qui est visé, c’est la pureté du contact avec ces éléments « primordiaux ». Le rapport le plus direct à la Nature est ici évident et la religion a tenté de briser en partie ce rapport au moyen de la turbah, le mot voulant directement dire terre ou boue par ailleurs.

Il s’agit d’un petit objet, le plus souvent en forme de disque, fait de terre, sur laquelle les hommes posent leur front au moment de prosterner. Cependant, il y a des limites dans la récupération. Ainsi, la turbah ne doit pas être faite de terre cuite, c’est-à-dire qu’elle doit conserver sa dimension à proprement parler naturelle.

A cela s’ajoute que les éléments sur la turbah – un nom en arabe, la représentation d’un mausolée, les noms des douze imams à la suite de Mahomet – ont tellement de relief, que la forme vient s’imprimer littéralement sur le front. L’importance de ce phénomène est essentiel pour comprendre comment le rapport à la Nature a été dévoyé en religion.

Rappelons en effet que chez les musulmans chiites, les douze imams à la suite de Mahomet, tous morts en martyr sauf le dernier qui s’est « voilé » et revient à la fin des temps – servent d’intercesseurs entre le monde de l’au-delà et le monde matériel. La Nature se voit ici « chiper » la première place par ces entités magiques.

S’incruster ce qui est inscrit permet d’avoir un rapport direct avec les intercesseurs… Pour bien souligner cela, il faut que la terre dez la turbah soit celle autour d’un mausolée d’une figure sainte, idéalement celle de Hussein, le fils d’Ali, mort lors de la bataille de Kerbala, grand symbole de la martyrologie chiite.

La turbah devient alors pratiquement une amulette aux propriétés protectrices ou thérapeutiques, au point de connaître deux nouvelles formes : celle en tant que chapelets, celle directement absorbée diluée dans l’eau (à quoi s’ajoute même l’onction des mains et du front d’une personne décédée).

L’Islam chiite affirme conserver dans sa mémoire religieuse, dans cette perspective pratiquement panthéiste en version religieuse, la phrase suivante qu’aurait prononcé Mahomet :

“La terre m’a été donnée en tant que lieu de prosternation et de purificateur.”

Tout cela semblera naturellement à la fois pétri de superstition et de lien fantasmé avec la Nature. Cependant, il serait absurde de ne pas voir une quête évidente de dignité dans le rapport au monde.

On ne trouve pas historiquement en Perse de réel pas vers les animaux, mais la végétation est puissamment reconnue comme ayant une valeur en soi ; les éléments naturels comme la terre elle-même se voient accordés une valeur aussi. Sans doute faudrait-il, pour avoir la réponse, demander aux gens tenant le restaurant végétalien de Téhéran, qui s’appelle… Zamin, c’est-à-dire la terre.

Réfléchir à la question de la mort

Établir un rapport positif avec les animaux amène un grand risque : celui de la fragilité par rapport à la mort. C’est l’une des raisons pour lesquelles certaines personnes n’adoptent pas ou refusent de s’attacher (tout au moins l’imaginent-elles).

Avoir un être proche qui disparaît est toujours une grande souffrance et les animaux avec qui on peut avoir un lien – chien, chat, ou encore cochon d’Inde, rat, – ont un cycle de vie bien plus court que le nôtre.

Cette différence de cycle pose un énorme souci. D’autant plus que l’établissement de certains animaux comme « animaux de compagnie » est lié à ce cycle. Ainsi, les cochons d’Inde sont censés aller avec les enfants, parce qu’ils ne vivent que quelques années, le temps que l’enfance passe.

On connaît donc le terrible dédain qui les marque si l’enfant, s’imaginant avoir « grandi », considère qu’il est de son devoir de ne plus s’y attacher, de ne plus y porter attention, voyant cela comme « indigne » du nouvel être qu’il serait.

Il en va pareillement, en fait, des chiens également : l’adolescent considère qu’il est le centre de sa propre attention et délaisse un compagnon toujours fidèle, lui.

Le rapport à la mort est si difficile que, bien entendu, la personne qui sait que l’animal va mourir et qui n’a pas assez de maturité, va chercher à s’en éloigner. D’autres, plus sages, s’en rapprochent. L’effet inverse est alors de ne jamais s’en remettre, alors que la vie continue, mais cela est vrai aussi pour des rapports entre humains.

Cette question de la mort est si importante dans le rapport à la mort qu’elle peut virer à l’obsession, dans un sens morbide. On connaît la tendance qu’ont de nombreuses personnes véganes à privilégier la couleur noir, une tendance au sinistre ou au cynique, avec comme ignoble expression parfois les défilés avec des animaux morts dans les mains.

Cela n’a rien à voir avec le véganisme comme amour des animaux, car l’amour signifie également et surtout le bonheur, la joie, la vie. C’est à croire d’ailleurs que certains prennent les animaux en otage pour exprimer leur peur de la mort, de la fragilité de la vie. La situation des animaux dans les abattoirs fait alors de pendant à la souffrance du Christ sur sa croix.

Le caractère stérile d’une telle dénonciation de la vérité ne va pas sans dire. On est là dans une forme en décalage total avec la réalité animale.

Précisons cependant que le rejet du concept de « Nature » relève de la même démarche, généralisée cette fois à l’ensemble de la vie sur Terre.

On notera aussi, pour être exhaustif, que le romantisme nazi, notamment lié à black metal, fait inversement un fétiche de la mort au sein de la Nature, au moyen d’un néo-darwinisme cynique et malsain, refusant de voir l’ensemble de la vie, au profit d’une lecture individualiste et guerrière de l’existence.

Tout cela est très problématique et on sait comment l’hindouisme a résolu le problème, en le contournant, au moyen de la réincarnation.

Non seulement chaque être se réincarne, mais qui plus est l’univers connaît une série de cycles se répétant. Pourquoi alors s’inquiéter de la mort dans la vie, si la vie n’est qu’un épisode constitué d’une multitude d’épisodes ?

Il va de soi qu’aimer les animaux signifie ne pas pouvoir se satisfaire d’une telle évocation des sentiments dans un au-delà mystique. Aimer les animaux signifie donc, bien souvent, les voir mourir.

Ainsi, quand on adopte un animal, on sait qu’on le voir mourir. Si on en adopte beaucoup, alors on sait qu’on en verra beaucoup mourir. On n’aurait tort de sous-estimer l’impact dévastateur que cela peut avoir.

Cela travaille forcément et si c’est vrai pour un médecin, pourquoi ne le serait-il pas pour un vétérinaire, une personne dans un refuge, une personne adoptant régulièrement des animaux ?

Le rapport à la mort, comme on le sait avec les médecins ou les croque-morts, induit souvent un humour noir, un certain cynisme, des attitudes pouvant choquer. On se doute que c’est une soupape de sécurité ; cela n’en heurte pas moins.

De manière bien plus compréhensible, pour s’attarder sur le principe de la réaction face à la mort, il y a la culture vegan straight edge du type hardline qui se focaliser sur la rétribution, sur la justice comme forme de violence que doivent connaître ceux qui maltraitent les animaux.

A la mort répond la mort, comme justice totale, avec une dimension universelle, d’où souvent l’inspiration dans l’imagerie religieuse apocalyptique, notamment médiévale, romantique noir, etc.

Il y a inévitablement davantage de dignité dans une telle attitude, car au-delà de la justice elle-même, il y a l’expression d’un manque. Il ne s’agit pas que de dénoncer le martyr des animaux, encore faut-il souligner l’importance de leur manque et cela doit provoquer la rage.

Les gens qui s’habillent en noir et portent un animal mort lors d’un petit défilé ne parlent que d’eux-mêmes, de leur propre angoisse, de leur propre peur. S’ils voulaient défendre vraiment la dignité de l’animal, ils lui accorderaient un enterrement digne et raisonneraient ensuite sur comment la justice doit s’exercer.

Telle est d’ailleurs la réponse. La mort est naturelle, mais il faut l’accepter. Par contre, arracher la vie à elle-même avant son terme, supprimer une vie en développement, c’est attaquer la vie elle-même.

Se positionner pour les animaux signifie donc se positionner la vie, la vie en général, et dire que la justice doit être conforme avec cette défense universelle de la vie.

Les compilations pour PETA “Animal Liberation” (1987)

 

Wax Trax! Records est un label de Chicago qui a joué un grand rôle dans la genèse de la musique electro-industrielle.

Fondé en 1980, il s’est lancé grâce à Ministry et par la suite on peut retrouver dessus des productions de Minimal Compact, Front 242, KMFDM, etc.

Cette scène electro-indus – parmi les grands noms il faut citer également Front Line Assembly, SPK, Die Krupps, Cabaret Voltaire et Skinny Puppy – a toujours eu une orientation extrêmement critique sur la société et ses aliénations.

On ne sera donc pas étonné qu’un esprit d’engagement affleure, notamment sur des questions directement liées à une remise en cause du mode de vie dominant.

Wax Trax a ainsi, en avril 1987, sorti un album en soutien à l’association PETA qui, rappelons le, est à l’époque une sorte de mouvement légal parallèle à l’ALF et refusant formellement de s’en dissocier.

Et encore, quand on dit refus de s’en dissocier, la photo que l’on voit sur le vinyl de la compilation veut dire bien autre chose…

Parmi les figures les plus connues, on retrouve dessus les deux chanteuses de New Wave Nina Hagen et Lene Lovich, Chris & Cosey auparavant membres du groupe anglais de musique industrielle Throbbing Gristle, Captain Sensible du groupe punk anglais The Damned, ainsi que le belge Luc Van Acker, qui participa au projet Revolting Cocks avec Richard 23 de Front 242 et Al Jourgensen de Ministry. Ce dernier réalisa les extraits de nouvelles et les citations sur l’album.

On retrouve également Shriekback, un groupe de postpunk avec un membre de XTC et un autre des Gang of four ; la version anglaise de l’album connaît une version live de Meat is murder des Smiths, placée tout à la fin.

Al Jourgensen – “International Introduction” (1:36)
Nina Hagen / Lene Lovich – “Don’t Kill The Animals” (Rescue Version) (6:36)
Al Jourgensen – “Civil Disobedience Is Civil Defence” (0:58)
Attrition – “Monkey In A Bin” (2:26)
Chris & Cosey – “Silent Cry” (3:27)
Al Jourgensen – “Lab Dialogue” (0:24)
Lene Lovich – “Supernature” (5:40)
Al Jourgensen – “Life Community” (0:49)
Colour Field – “Cruel Circus” (3:58)
Luc Van Acker – “Hunter” (3:31)
Shriekback – “Hanging Fire” (3:00)
Captain Sensible – “Wot? No Meat!” (3:11)
Al Jourgensen – “Meat Farmer” (0:28)
Howard Jones – “Assault And Battery” (4:50)

Voici ce qu’on pouvait trouver comme affiche dans la pochette du vinyl.

A noter que la première chanson dispose d’une vidéo.

Un an après la sortie de l’album, un Animal Righs Festival fut organisé par PETA, à Wahsington. Gratuit, on y retrouvait notamment les B-52’s, ainsi que Nina Hagen et Lene Lovich, Exene Cervenka et Tony Gilkyson du groupe punk californien « X ».

En 1991 fut produite une autre compilation sur le label Rhino, Tame Yourself, qui connut également un maxi spécial avec des « Housebroken Dance Mixes ».

Voici la liste des chansons, si jamais quelqu’un retrouve quelque part la compilation. On remarquera avec attention la très grande majorité de femmes chantant sur cet album.

“Don’t Be Part of It” – Howard Jones
“Tame Yourself” – Raw Youth
“I’ll Give You My Skin” – Indigo Girls and Michael Stipe
“Damned Old Dog” – k.d. lang
“Quiche Lorraine” (Live) – The B-52’s
“Slaves” – Fetchin’ Bones
“Born for a Purpose” – The Pretenders
“Don’t Kill The Animals” (’91 Mix) – Nina Hagen and Lene Lovich
“Fur” – Jane Wiedlin
“Asleep Too Long” – The Goosebumps
“Rage” – Erasure and Lene Lovich
“Bless the Beasts and the Children” – Belinda Carlisle
“Across the Way” – Aleka’s Attic
“Do What I Have to Do” – Exene Cervenka

Herbert Marcuse et l’écologie

Totalement inconnu en France, Herbert Marcuse est un philosophe allemand réfugié aux Etats-Unis qui a eu une influence très importante sur le Mai 1968 en Allemagne de l’Ouest. C’est un “freudo-marxiste” qui rejette le monde industriel, source pour lui d’aliénation totale.

C’est en quelque sorte un ancêtre du primitivisme. Voici une interview de lui à l’occasion d’un dossier du Nouvel observateur en 1972, intitulé “Ecologie et révolution” (Cliquer l’image pour agrandir).

La personne qui prend la parole juste après lui est le social-démocrate néelandais Sicco Mansholt, un des fondateurs de la Communauté Européenne et l’un des principaux artisans de la Politique Agricole Commune (PAC), avant de prôner en même temps une forme de “décroissance”.

Le marché et la criminalité de la drogue en France en 2017

Voici la présentation du marché et de la criminalité de la drogue en France l’année passée, 2017, par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies. Un dossier plus approfondi est téléchargeable ici.

L’herbe de cannabis est la seule substance illicite dont on observe la production en France. Alors que la culture d’herbe était majoritairement le fait de petits cultivateurs autosuffisants, la situation a commencé à changer, à partir de 2011, avec l’apparition de cannabis factories tenues par le crime organisé et l’investissement de particuliers dans la culture commerciale.

La France, compte tenu de sa position géographique au cœur de l’Europe occidentale, est une zone de transit pour les principales substances illicites (cannabis, cocaïne, héroïne, drogues de synthèse) produites dans le monde.

Elle l’est aussi par ses départements d’outre-mer situés sur le continent américain (Guadeloupe, Martinique et Guyane) à proximité des grandes zones de production et de transit de la cocaïne (Colombie, Venezuela).

La résine de cannabis consommée en France provient du Maroc, le plus souvent via l’Espagne tandis que l’herbe de cannabis provient principalement d’Espagne, des Pays-Bas et de Belgique. De nouvelles routes de trafic émergent, par l’intermédiaire de la Libye pour la résine de cannabis et de l’Albanie pour l’herbe de cannabis.

La cocaïne consommée en France provient essentiellement de Colombie. Elle transite essentiellement au sud par l’Espagne et au nord par les Pays-Bas (Rotterdam) et la Belgique (Anvers).

Depuis quelques années la cocaïne, transitant par le Vénézuela, puis les Antillles françaises, pénètre sur le continent européen par le port du Havre. Depuis deux ans, le trafic de « mules » empruntant la voie aérienne entre la Guyane et la métropole est aussi en forte augmentation.

L’héroïne consommée en France provient majoritairement d’Afghanistan (héroïne brune) et transite via la route des Balkans (Turquie, Grèce, Albanie). Les Pays-Bas, devant la Belgique, sont la plate-forme principale où les trafiquants français s’approvisionnent.

Les drogues de synthèse (MDMA/ecstasy, amphétamines) consommées en France proviennent également principalement des Pays-Bas.

En 2016, le nombre total de personnes mises en cause pour usage de stupéfiants en France est d’environ 160 000.

En dehors de ces infractions pour usage (83 % de l’ensemble), les services de la police et de la gendarmerie ont mis en cause 16 487 personnes pour usage-revente et 13 515 pour trafic-revente sans usage de stupéfiants. En 2010, 90 % des interpellations concernaient l’usage simple de cannabis, 5 % celui d’héroïne et 3 % celui de cocaïne.

Le plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les conduites addictives 2013-2017 (MILDT 2013), et sa déclinaison dans le Plan d’actions 2016-2017 (MILDECA 2016), comprend un axe relatif à l’intensification de la lutte contre le trafic, avec les objectifs principaux suivants : Agir en amont des trafics : notamment en renforçant la coopération internationale et les capacités de contrôle, et en mutualisant les renseignements ; en renforçant la lutte contre le blanchiment des capitaux illicites et l’approche patrimoniale des enquêtes judiciaires ; en intensifiant la lutte contre la cannabiculture ; en accroissant la surveillance de l’utilisation du vecteur Internet et la lutte contre l’offre de produits illicites en ligne; en coupant les routes du trafic international de cannabis et de cocaïne en Méditerranée et dans la mer des Antilles.

L’usage des drogues en France en 2017

Voici la présentation de l’usages de substances illicites en populations générale et spécifiques en France pour l’année passée 2017 par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies. Un dossier plus approfondi est téléchargeable ici.

Usage des principales drogues illicites et polyconsommation

Selon les dernières données disponibles datant de 2016, le cannabis reste de très loin la substance illicite la plus consommée, aussi bien chez les adolescents qu’en population adulte, avec 17 millions de personnes à l’avoir déjà essayé (42 % des individus âgés de 18 à 64 ans). En 2014 (dernières données disponibles), la proportion d’usagers récents (dans le mois) atteint globalement 6,3 % et l’usage régulier (au moins 10 fois par mois) 3,1 %.

Parmi les usagers dans l’année de 18 à 64 ans, selon l’enquête Baromètre santé 2014 de Santé publique France, la proportion de ceux qui présentent un risque élevé d’usage problématique de cannabis (au sens du Cannabis Abuse Screening Test, CAST) est de 21 %, soit 2,2 % de la population française âgée de 18 à 64 ans.

C’est d’ailleurs le produit le plus souvent mentionné comme posant problème parmi les personnes reçues dans les centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA). Concernant les cannabinoïdes de synthèse, 1,7 % des 18-64 ans déclarent en avoir déjà consommé, un niveau d’usage similaire à celui de l’héroïne ou des amphétamines.

Le cannabis apparaît comme le produit illicite le plus consommé entre 11 et 16 ans et surtout parmi les garçons. En termes d’expérimentation, l’usage du cannabis est très rare à 11 ans, il concerne 5,6 % des 13 ans et 28,3 % des 15 ans (données de l’enquête HBSC 2014), des proportions stables par rapport à 2010.

D’après les données de la dernière enquête ESPAD, en 2015, 32 % des élèves âgés de 16 ans ont expérimenté le cannabis au moins une fois au cours de leur vie (29 % des filles et 24 % des garçons), un niveau en baisse par rapport à la précédente enquête ESPAD de 2011 (39 %).

Les usages de cannabis ont augmenté entre 2010 et 2014 et se sont depuis maintenus à un niveau élevé, quelle que soit la tranche d’âge et la fréquence d’usage : cette hausse s’inscrit dans un contexte de net accroissement de l’offre de cannabis en France et notamment de développement de la pratique de l’autoculture et de la production locale d’herbe, tandis que le marché de la résine reste pour sa part très dynamique (voir workbook Marché et criminalité).

La consommation de cocaïne, deuxième produit illicite le plus consommé, se situe bien en deçà et concerne environ dix fois moins de personnes, que ce soit en termes d’expérimentation ou d’usage dans l’année.

Toutefois, la part des 18-64 ans ayant expérimenté la cocaïne a été multipliée par quatre en deux décennies (de 1,2 % en 1995 à 5,6 % en 2014), tout comme la proportion d’usagers dans l’année entre 2000 (0,3 %) et 2014 (1,1 %), marquant la diffusion plus large d’un produit autrefois cantonné à des catégories aisées et touchant depuis quelques années l’ensemble des strates de la société. Les niveaux d’expérimentation pour les substances synthétiques telles que la MDMA/ecstasy et les amphétamines sont respectivement de 4,3 % et de 2,3 %.

La proportion d’usagers actuels de MDMA/ecstasy a augmenté de manière significative entre 2010 et 2014 (de 0,3 % à 0,9 %) et atteint ainsi son niveau maximal depuis une décennie. Chez les 18-25 ans l’usage de ce produit devance celui de la cocaïne.

Enfin, la prévalence de l’expérimentation de l’héroïne est de 1,5 % pour l’ensemble des 18-64 ans et l’usage actuel apparaît très rare (0,2 % des personnes interrogées).

La dernière enquête ENa-CAARUD menée fin 2015 dans les Centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques chez les usagers de drogues (CAARUDs) a permis de valider les observations qualitatives du dispositif TREND concernant l’évolution des consommations de cette population d’usagers problématiques, en l’occurrence un report des consommations des usagers les plus précaires vers les produits les moins chers, les médicaments et le crack lorsqu’il est disponible (Cadet-Taïrou et al. 2014; Lermenier-Jeannet et al. 2017).

Dans l’ensemble, la structure des consommations au cours des 30 derniers jours avant l’enquête n’a pas connu de modification importante. Néanmoins, certaines évolutions sont observables depuis 2008. Concernant les opiacés, conformément aux observations qualitatives, l’usage de buprénorphine haut dosage (BHD) diminue de façon régulière (depuis 2010) (40 % vs 35 %), au profit de la méthadone (24 % en 2008 vs 34 % en 2015), davantage prescrite, et du sulfate de morphine, le plus souvent détourné (15 % en 2010, 19 % en 2015).

Les consommations de substances codéinées s’élèvent très progressivement depuis 2010, date où elles ont été mesurées pour la première fois (5 % vs 10 %), alors que le niveau d’usage des autres médicaments opioïdes (fentanyl par exemple), interrogé pour la première fois s’élève à 8 %.

Concernant les stimulants, la part des usagers des CAARUD ayant consommé de la cocaïne basée (crack ou free base) poursuit sa progression continue (22 % en 2008, 32 % en 2015). Seuls 5 % des usagers ont consommé du méthylphénidate détourné, mais cette situation est très concentrée géographiquement. On n’observe pas d’évolution concernant les hallucinogènes consommés seulement par un sous-groupe de cette population (15 %).

Par contre, l’usage des benzodiazépines connaît une hausse brutale entre 2012 et 2015 (30,5 % vs 40 %).

Usage de drogues illicites, d’alcool, de tabac et de médicaments

Dans le Baromètre santé de Santé publique France (population adulte) comme dans l’enquête ESCAPAD de l’OFDT (jeunes de 17 ans), la polyconsommation est abordée par le biais de la consommation régulière (au moins 10 usages dans le mois, et tabac quotidien) d’au moins deux des trois produits parmi l’alcool, le tabac et le cannabis, sans qu’il soit possible d’établir s’il s’agit d’usages concomitants.

En 2014, une telle pratique demeure peu courante puisqu’elle ne concerne que 9,0 % de la population adulte. Elle atteint son niveau maximal parmi les 18-25 ans, qui sont une des tranches d’âges les plus consommatrices de tabac et de cannabis (13,2 %). La polyconsommation régulière des trois produits est rare, puisqu’elle concerne 1,8 % des hommes et 0,3 % des femmes âgés de 18-64 ans.

En 2014, la polyconsommation régulière d’alcool, de tabac ou de cannabis concerne 12,8 % des adolescents de 17 ans. Le cumul des usages réguliers de tabac et de cannabis est le plus répandu (5,0 %), devançant de peu celui des usages réguliers de tabac et d’alcool (4,5 %). Le cumul des usages réguliers des trois produits concerne pour sa part 3,0 % des jeunes de 17 ans.

Entre 2011 et 2014, la polyconsommation régulière a progressé de 3 points. Cette concentration des usages réguliers s’est nettement accentuée chez les jeunes filles, dont la polyconsommation a quasiment augmenté de moitié par rapport à 2011, en passant de 5,8 % à 8,4 %.

Concernant le public reçu dans les consultations jeunes consommateurs (CJC), les consultants venus au titre du cannabis sont aussi consommateurs de tabac (87 % de fumeurs quotidiens) et sujets à une alcoolisation fréquente, voire massive. Ainsi, un consultant sur cinq déclare souvent consommer de l’alcool en vue de parvenir à l’ivresse, surtout parmi les jeunes majeurs (19 % des mineurs, 26 % des 18-25 ans, 16 % des plus de 25 ans).

Environ 10 % de ces « consultants cannabis » sont des buveurs réguliers et près d’un quart (22 %) déclare au moins trois alcoolisations ponctuelles importantes (API) dans le dernier mois.

Les consommations d’alcool apparaissent également majoritaires : si 69 % des usagers des CAARUD rapportent avoir consommé de l’alcool au cours du dernier mois, 33 %, soit près de la moitié des usagers récents d’alcool, déclarent avoir consommé l’équivalent d’au moins 6 verres en une seule occasion, tous les jours ou presque au cours de la dernière année (Lermenier-Jeannet et al. 2017).

Prévision de la croissance de l’exploitation animale en 2018

L’exploitation animale connaît une croissance immense ; d’ici 2026, rien que la production de “viande” à l’échelle mondiale devrait augmenter de 13%. Bien entendu, l’écrasante majorité de cette croissance repose sur les pays du tiers-monde, qui adoptent le mode de consommation des pays riches.

Voici un petit aperçu pour 2018, avec des données fournies par la Rabobank, une très puissante institution financière internationale de bancassurance d’origine néerlandaise.

Commençons par regarder et mettre de côté la question du végétalisme. Il est vrai, et heureusement, qu’il existe une croissance puissante de la consommation végétalienne. Voici les tableaux montrant cette croissance.

Mais les chiffres sont en milliers de tonnes… Ce n’est strictement rien aux non pas millions, mais milliards de tonnes de l’exploitation animale… Des tonnes qui masquant un nombre gigantesque d’êtres vivants!

L’une des formes d’exploitation qui connaît ici la plus forte croissance est l’aquaculture. Celle-ci devrait connaître l’année prochaine une croissance d’entre 3 et 4%, notamment en raison de la généralisation de cette forme dans le monde, son extension à l’Afrique, l’Amérique latine, le Sud-Est asiatique.

La pêche ne connaît quant à elle pas de changement concernant son niveau.

Certains secteurs de production connaissent eux-mêmes une croissance significative. Ainsi, aux Etats-Unis, la consommation de produits d’origine bovine augmente, tout comme massivement leur exportation.

Au Brésil, la production continue sa croissance dans les secteurs des cochons et des poulets… On parle là encore une fois de millions de tonnes.

Il en va de même des boeufs au Brésil, ainsi qu’en Argentine où la croissance reprend sa marche après une chute en 2010.

Il ne faudrait pas croire que l’Union Européenne ne participe pas à cette tendance. Voici les chiffres pour les exportations tout d’abord, et ensuite la consommation des poulets, en pleine expansion.

En ce qui concerne les cochons et les boeufs, cela reste stable sur le plan de la consommation locale (parallèle à la croissance des exportations).

En Chine, la production concernant les cochons augmente après un pic suivi d’un recul, mais les importations continuent massivement.

Il en va de même pou les importations de boeufs, alors que pour les poulets, il y a une vaste modernisation en cours. Les marchés locaux ont été fermés pour des raisons d’hygiène, ce qui est un pas essentiel vers le passage à une consommation de type industrielle (avec abattoirs modernes, produits réfrigérés, une chaîne de distribution systématisée, etc.).

Les poulets sont, malgré le ralentissement chinois, les victimes de la croissance de la production des autres pays du sud-est asiatique.

Ce qu’on voit ici est très clair et signifie qu’il faut avoir en tant que personnes véganes un point de vue mondial concernant les animaux, et certainement pas uniquement national. Célébrer une avancée ici en France, en admettant qu’elle soit réelle, est totalement hypocrite par rapport à la croissance mondiale de l’exploitation animale…

C’est même une trahison de la Cause.

269Life contre l’ALF

Un spectre hante le mouvement pour les animaux : celui de l’ALF. Toute les associations institutionnelles se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre : mieux, pour en nier l’existence.

De notre côté, nous n’avons pas d’avis sur les gens faisant des actions de l’ALF. Par contre, nous avons un point de vue sur les animaux sauvés… Ou encore sur les actions elles-mêmes. Et ce point de vue est révolutionnaire.

Aussi, nous avons toujours eu comme principe de systématiquement publier les communiqués d’actions de l’ALF en France. Il en a toujours été ainsi et il en sera toujours ainsi. C’est un principe pour ainsi dire sacré : quoi qu’on en pense, toute dissociation est intolérable, inacceptable, une capitulation.

Aussi est-il très intéressant de regarder ce que vient d’expliquer Tiphaine Lagarde de « 269Life Libération Animale » au sujet de l’ALF, à l’occasion d’une très longue interview à une revue en ligne issue de Nuit debout (première partie, seconde partie).

Non pas que cette association nous semble intéressante, bien au contraire. Seulement, si L214 peut faire comme si l’ALF n’existait pas (car ses fondateurs ont historiquement toujours été catégoriquement contre), quand on se prétend radical comme 269, on ne peut pas agir ainsi et il fallait bien prendre position, à un moment ou un autre.

Et donc, Tiphaine Lagarde, au milieu de multiples références universitaires, s’est décidée à dire les choses, on va dire clairement… Enfin.

Car 269Life Libération Animale compte s’installer dans le paysage, comme une version « radicalisée » de L214. C’est une sorte de division du travail pour casser la vraie radicalité. A L214 les appels réformistes, à 269Life Libération Animale le cinéma de la « désobéissance civile ».

Et pour que cela se passe, il faut se soumettre. La soumission au système, même si on joue les rebelles, est obligatoire pour l’obtention d’une reconnaissance médiatique et dans l’idéologie dominante.

LTD parle de l’ALF ? LTD est boycotté et nié par les gens croyant au système. C’est la règle et nous assumons. Parce que nous savons qu’il faut changer le monde, non pas se « défendre », mais bien passer à l’offensive pour renverser ceux qui détruisent la planète, exploitent et assassinent les animaux.

Tiphaine Lagarde a quant à elle décidé d’expliquer que l’État est du côté des capitalistes, mais qu’en même temps il ne fallait pas de violence, même si la non-violence est quelque chose de mauvais. Cela n’a aucun sens, à part celui de chercher une place au soleil dans le système en se la jouant radical, sans jamais l’être réellement.

Voici ses propos : après, tout, ils parlent d’eux-mêmes.

« Au-delà de la définition commune que l’on donne au terme « violence », il s’agit de savoir qui, dans notre société, possède le pouvoir de définir ce qui est violent et ce qui ne l’est pas, qui maîtrise cette faculté de répartition de nos actes en deux catégories.

Bien sûr, la violence, définie de façon adéquate, est un mal. Dans l’idéal, elle devrait n’avoir aucune part dans la façon dont les individus interagissent.

Notre propos n’est pas de faire l’apologie de la violence mais de savoir si, de manière pragmatique, des stratégies présentées comme « violentes » peuvent conduire à davantage d’efficacité.

Un premier constat s’impose : si nous légitimons majoritairement son usage au sein de luttes humaines (de préférence « lointaines », géographiquement parlant, exotisation de la violence oblige), nous la condamnons systématiquement lorsqu’elle s’exerce au profit des individus non-humains.

Il suffit de voir comment sont décriés (et au sein même du milieu animaliste) les modes d’action du mouvement ALF…

Dès lors : la non-violence est-elle en soi une posture de privilégiés humains (ne subissant pas l’oppression spéciste) ? la non-violence est-elle spéciste ?

Il y aurait beaucoup à dire sur ce culte du pacifisme que l’intégralité du mouvement antispéciste prône comme un dogme stratégique et moral.

Cette analyse de la non-violence comme une pratique de « privilégiés » a été menée par le philosophe Peter Gelderloos dans deux ouvrages importants : Comment la non-violence protège l’État et L’Échec de la non-violence, paru en 2013.

En prenant l’exemple du mouvement pour les droits civiques aux États-Unis, il démontre comment la non-violence peut être analysée comme un mode d’action raciste prôné par la « race » blanche privilégiée.

(…)

Quand Malcolm X disait des Afro-Américains qu’ils devaient se battre pour la liberté « par tous les moyens nécessaires », il ne défendait pas la violence agressive ni les attaques offensives, mais soulignait plutôt le droit à la légitime défense dans des conditions où la police, le FBI et l’État sont des ennemis ayant l’intention de tuer.

Comme les humains, les animaux ont un droit à la légitime défense, mais ne peuvent, mis à part quelques rares exceptions, se défendre par eux-mêmes.

Les humains qui agissent au nom des animaux ont le devoir de les protéger par tous les moyens nécessaires des blessures qui peuvent leur être infligées.

Comprises dans leur contexte, ces mesures ne sont pas violentes : elles sont une contre-violence et relèvent de ce que Steven Best appelle une « légitime défense par extension »… C’est donc probablement pour des raisons pragmatiques, et non morales, qu’aucun activiste n’a encore sérieusement blessé ou tué un exploiteur d’animaux !

Ce type d’action serait certainement une catastrophe au niveau médiatique et entraînerait une répression telle qu’elle immobiliserait vraisemblablement les activistes…

Même si le mouvement ALF a obtenu des succès qu’on ne peut nier, il a été catastrophique sur un plan politique en ne parvenant pas à imposer l’antispécisme comme un débat de justice sociale. »

Malcolm X n’aurait été que pour la violence défensive? Quelle absurdité.

Nous invitons ici nos lecteurs et lectrices à réécouter la chanson “Destroy babylon” du groupe éponyme, qui a un texte exprimant parfaitement la nécessité de notre époque. Elle commence justement par un extrait de discours de Malcolm X  (“Vous n’avez pas de révolution qui n’implique pas l’effusion de sang. Et vous avez peur de saigner.”).

Mais surtout, quelle aberration que ces propos sur l’ALF! Heureusement que l’ALF a justement, dans sa définition même, paré à ce genre d’attaques lamentables. En effet, pour l’ALF, ce sont les animaux qui comptent.

L’ALF n’a jamais été un débat de justice sociale, ni même un débat.

L’ALF a voulu justement échapper aux abstractions intellectuelles et aux discours faisant des animaux des objets, et non pas des sujets d’une pratique concrète.

L’ALF, cela signifie : les animaux, maintenant !

Telle est la signification authentique et unique de l’ALF.

On peut considérer que ce n’est pas suffisant, que c’est en décalage avec la nécessité de révolution ou que c’est du réformisme militant, qu’il y a d’autres priorités, etc. Mais la question n’est pas là,  l’ALF ne se place pas sur ce terrain. L’ALF dit historiquement : tel animal est en danger, j’interviens, et tant qu’il y en a, j’interviens.

C’est là se placer sur le terrain d’une réalité indiscutable. Non pas simplement d’une réalité morale, mais bien d’une réalité physique.

Est-ce que cela signifie que l’ALF est une fin en soi, ou bien l’unique vecteur de la lutte ? Pas du tout, l’ALF est un front, se voulant un dénominateur commun inévitable, une sorte de minimum syndical. Ni plus, ni moins.

Tiphaine Lagarde le sait inévitablement, mais elle a besoin de dénoncer l’ALF. Parce qu’elle sait que l’ALF, cela signifie non pas la “désobéissance civile” et des interviews dans la presse où l’on tient des discours radicaux, mais inévitablement la révolution, l’affrontement, la violence. C’est d’une logique implacable.

Et comme on ne peut pas citer des auteurs universitaires et chercher une reconnaissance médiatique, tout en assumant la révolution, il fallait choisir et cela a donc été l’inévitable dissociation. C’est là tant une mise en conformité avec l’idéologie dominante sur le plan des idées, qu’une exigence fondamentale formulée par la pression sociale.

C’est là l’origine des dissociations et capitulations.

Ce qui bien entendu ne modifie en rien ce que sera le 21e siècle : un changement fondamental et à l’échelle mondial de l’organisation humaine et des modes de vie. La reconnaissance de la planète Terre comme système global, l’affirmation de la Nature comme totalité, la défense de toute vie !

Les exigences de survie de la planète et les bouleversements issus des erreurs humaines détermineront l’identité à adopter au 21e siècle : soyons en avance et assumons l’identité avec notre mère la Terre !

Actions de l’ALF dans la seconde moitié de 2017

L’ALF a hacké le site de la Fédération des Chasseurs de la Somme, ainsi que sa mailing-list. Les 6086 personnes inscrites ont reçu le message suivant, le lien étant une image du site hacké que nous reproduisons ci-dessous.

C’est une lutte que nous engageons, une opposition que nous affirmons, un refus de silence et d’inaction que nous vous signifions.

http://fdc80.com/images/bandodefil/A.L.F.html

Vous nous trouverez toujours sur votre chemin pour défendre farouchement tous les animaux non humains.

Some nice links :

ALF publishing website in spanish
#OpBiteBack ALF Direct Action list
ZINE: VEGANARCHY AntiSpecist Warfare and Direct Action
vegan XXX – French
CyberGuerrilla Anonymous Nexus
RiseUp radical server lists
Earth First! Journal
International anti-capitalist insurrection & social war news, counter-information & incitement

A noter également que d’autres actions ont été menées ces derniers mois.

“Dans la nuit du 22 Juillet; des activistes veganes ont libéré 25 poussins et poules d’un élevage de poules pondeuses. Une des poule, exploitée est dans un mauvais état; mais elle est en soins vétérinaires. V.A”

“Sud de la France

Dans la nuit du 30 juillet, des activistes véganes ont libéré des appelants (pies, choucas de tours) détenus par un chasseur. V.A”

En août, une action a eu lieu à Castres.

“Les animaux aquatiques sont hélas souvent oublier, peu d’empathie existe à leurs égards. Leur massacre est énorme, l’on entend pas leur cris mais la souffrance et l’agonie qu’ils endurent sont terrible.

Ils sont considérés comme de la marchandise, on parle d’eux en tonnes… sans tenir compte du fait que ce soit des individus.

C’est pour cela que dans la nuit du 8 au 9 août nous avons engluées 2 serrures d’une poissonerie et taguée “stop au massacre” sur la vitrine.

N’hésitez pas à leur téléphoner ou à leur rendre une petite visite pour que leur commerce de barbarie ferme. “La Marée de Neptune 23 rue Henri IV 81100 Castres téléphone: xx-xx-xx-xx-xx ”

Sachez que nous reviendrons, partout où les animaux sont tués, pour la vie, contre le spécisme. Sabotage, libération animale, en petits groupe ou même seul, rejoignez l’ALF dans l’action !

On peut tous agir !”

Des miradors ont été détruits en septembre dans l’ouest de la France, alors qu’un boucherie a eu ses serrures remplies de colle à Saint Pierre La Palud (Rhône).

Des miradors ont également été détruits le même mois à Santenay (Côte-d’Or).

En octobre, à l’occasion du sommet de l’élevage à Clermont-ferrand, les sites suivants ont été hackés.

http://www.chambilly.fr/
http://www.ccbe.fr/
http://www.lorca.andreguilloux.fr/
http://www.perigord-betail.fr/
http://www.agrinews.coopdefrance.coop/
http://www.celmar.fr/
http://www.glbv.fr/
http://www.terelevage.com/
http://www.boeufdecharolles.fr/
http://www.cal-elevage.fr/
http://www.alliances.coop/
http://www.sofrelim.com/
http://www.feder.coop/

Le même mois, un coq et un pigeon ont été libérés dans une forêt.

En novembre, c’est dans le Tarn que des miradors ont été détruits.

En décembre, ce fut le cas en Meurthe-et-Moselle.

Encore Emmanuel Macron avec les chasseurs!

Emmanuel Macron a passé un week-end au château de Chambord et à cette occasion, il a fait quelque chose de très marquant. Nous avions déjà souligné à quel point il était proche des chasseurs, à qui il a fait de larges promesses lors des présidentielles.

Eh bien à l’occasion de son passage au château, il a rencontré les présidents des fédérations départementales des chasseurs. Ceux-ci étaient présents, car ils faisaient une « battue aux sangliers » dans le domaine du château.

La Nouvelle République nous donne des détails à ce sujet…

Il y avait là Willy Schraen, le patron de la puissante Fédération nationale des chasseurs dont le vice-président, le Loir-et-Chérien Hubert-Louis Vuitton était également de la partie, tout comme Thierry Coste, lobbyiste chevronné des intérêts cynégétiques.

Leur présence ne devait rien au hasard, puisque la visite du président de la République leur avait été annoncée quelques jours auparavant.

Selon plusieurs témoignages, Emmanuel Macron a réussi son opération de séduction auprès de ce public particulier, tout en demandant qu’aucune photo de cet instant ne soit prise ou du moins ne circule.

Chaussé d’une paire de bottes, il a assisté au traditionnel tableau de la journée. Un moment impressionnant, pendant lequel le temps se suspend. Les plus gros sangliers tirés au cours des battues sont alignés sur un lit de branches de sapin, éclairés par des flambeaux, avec le château en toile de fond lumineuse, tandis que retentissent les trompes et que la garde républicaine, à cheval et sabre au clair, rend les honneurs au gibier.

« Il a fait le tour de tout le monde, témoigne Hubert-Louis Vuitton. Il a salué les chasseurs, les maîtres-chiens, les rabatteurs, les sonneurs, les gendarmes. Il a eu un petit mot pour chacun. Il est resté une bonne demi-heure avec nous.

C’était une très grande fierté pour nous tous. Depuis Valéry Giscard d’Estaing qui était lui-même chasseur, ce qui n’est pas le cas d’Emmanuel Macron, aucun président de la République n’avait assisté à un tableau à Chambord. Ce fut une rencontre très chaleureuse.

Pour lui la chasse s’inscrit dans notre patrimoine national, et il a confirmé qu’il allait bientôt recevoir les dirigeants de la FNC pour aborder des dossiers importants. »

La modernité combinée à la célébration du terroir, quelle horreur!

Empressons-nous de conclure par quelques photos issues d’une présence fort utile lors d’une chasse à courre toute récente, chasse à courre ayant échoué dans son entreprise meurtrière. Ces gens ont répondu à deux questions simples : si ce n’est pas moi, qui ? Si ce n’est pas maintenant, quand ?

L’expérimentation animale en France ne baisse pas, bien au contraire

Voici une tribune au sujet de la vivisection publiée dans Libération et, s’il ne s’agissait pas de crimes terrifiants devant nous révolter de la manière la plus complète, on rirait de tant de naïveté et d’hypocrisie.

Oser appeler à une transition vers la fin de l’expérimentation animale, tout en constatant qu’en réalité, il n’y a aucune base pour une telle transition, comment appeler cela? De la fausse candeur, du mensonge?

Il n’y a qu’une voie vers la libération animale et elle ne passe par la croyance en les institutions, en la diffusion d’illusions à ce sujet.

TRIBUNE
Expérimentation animale : comment accompagner la nécessaire transition ?
Par Muriel Obriet, membre de la Commission condition animale d’Europe Ecologie-les Verts, collaboratrice de l’Association Pro Anima EthicScience

Malgré la législation européenne, les tests sur animaux continuent de progresser en France, selon les derniers chiffres publiés par le ministère de la Recherche. Un enjeu sociétal et politique.

Si l’on en croit les déclarations des chercheurs qui pratiquent et soutiennent l’expérimentation animale, nous pouvons dormir sur nos deux oreilles.

Ils l’affirment avec conviction : «Il y a une réglementation très stricte qui part de l’Union européenne ainsi qu’une charte éthique, on ne peut pas faire n’importe quoi…»

Il y a bien effectivement une directive européenne «relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques» promulguée en 2010 (1) qui pose un certain nombre d’obligations aux Etats membres, propres à réduire le nombre d’animaux utilisés dans les procédures et les souffrances qui leur sont infligées, et qui formule même, au point 10 du préambule, l’objectif final : «Le remplacement total des procédures appliquées à des animaux vivants à des fins scientifiques et éducatives, dès que ce sera possible sur un plan scientifique.»

Nous serions donc légitimement en droit de nous dire que nous sommes actuellement dans une phase de transition qui prépare l’avènement à moyen terme d’une science du vivant capable de s’abstraire totalement du «modèle animal». Qui dit transition dit processus, étapes…

Mais les chiffres sont têtus et contredisent les discours qui se veulent rassurants. Les données statistiques, pour l’année 2015, viennent d’être publiées sur le site du ministère de la Recherche et de l’Innovation.

Elles nous apprennent que le nombre d’animaux utilisés en France a augmenté de 7,5 % entre 2014 et 2015 – soit un total de 1 901 752 animaux – dont une hausse de 187 % pour les primates non humains. Et encore ne sont pas comptabilisés les animaux élevés et tués pour le prélèvement de leurs organes et de leurs tissus (méthodes ex-vivo) dont le nombre augmente de manière considérable.

On s’étonne que pour 19 % des animaux – des souris aux primates en passant par les chiens, les chevaux ou les reptiles – la provenance géographique ne soit pas renseignée. Ils ne proviennent donc pas d’élevages agréés, condition pourtant clairement posée dans l’article 20 de la directive européenne. Le ministère de la Recherche et de l’Innovation évoque même le recours à des «fournisseurs occasionnels» sans préciser les espèces concernées. La provenance est particulièrement peu renseignée pour les reptiles (+ de 92 %) et les primates (42 %).

Si le public est généralement convaincu que l’expérimentation animale a pour objet l’étude des maladies, la recherche des traitements et l’évaluation de l’efficacité de «candidats médicaments» (molécules susceptibles d’avoir des effets thérapeutiques) – c’est-à-dire la recherche appliquée ou translationnelle – il doit savoir que celle-ci ne représentait, en 2015, que 23 % des animaux utilisés.

Alors qu’aucune finalité de recherche ne peut être invoquée, et que de nombreuses méthodes alternatives sont disponibles, 28 271 animaux ont été utilisés à des «fins éducatives» dans les universités et centres de formation, soit une hausse de 9 % entre 2014 et 2015.

Les chiffres nous disent aussi que les animaux ont été soumis à davantage de procédures de «classe modérée», + 40,6 % par rapport à 2014 (2) et «sévère», + 19,3 % (3) alors que, parallèlement, le nombre d’animaux utilisés dans des procédures dites «légères» diminuait de 16 %.

La part des animaux génétiquement modifiés (AGM), animaux «altérés» qui vont développer des formes humaines de maladies qu’ils ne développent pas naturellement, croît régulièrement.

Ils représentent 21,7 % du total des animaux utilisés en 2015, dont 4,7 % avec un phénotype dommageable (caractère qui altère gravement l’état général de l’animal). Ils ne représentaient que 19 % du nombre total en 2014.

Ces éléments doivent nous alerter. Nous sommes en train de faire marche arrière, l’objectif final – malgré des avancées majeures réalisées dans le domaine des méthodes alternatives ces vingt dernières années et une réglementation qui se voulait incitative – semble être un horizon repoussé toujours plus loin. Le constat est désolant mais réaliste : en France, rien n’est fait pour accompagner la transition vers une recherche sans animaux.

Les chiffres témoignent de cette absence de volonté politique.

L’enjeu est sociétal. Il est temps que nos gouvernants et nos élus prennent activement leur part car rien ne pourra se faire sans la mise en œuvre de mesures d’envergure.

Il conviendrait, tout d’abord, de se donner les moyens d’appliquer rigoureusement la législation européenne, notamment, en ce qui concerne l’évaluation des projets impliquant des animaux et le contrôle des éleveurs, fournisseurs et utilisateurs de ces animaux.

Mais le pouvoir politique doit aussi être capable de se montrer entreprenant : lancer des appels à projets portant sur le développement des approches alternatives et financer les plus innovants, accompagner la mise en place de formations universitaires diplômantes consacrées à ces approches dans les filières des sciences du vivant, créer une banque nationale de données (centre ressources), travailler au niveau européen à la révision du processus de validation des méthodes alternatives (pour que de nouvelles méthodes soient reconnues et utilisées dans des délais beaucoup plus courts).

Une délégation interministérielle pourrait assurer la mise en œuvre et la coordination de l’ensemble des mesures et en évaluer les effets.

Devront également être impliqués dans une réflexion commune tous les acteurs de la société civile ayant la volonté de contribuer à la réalisation de l’objectif «du remplacement total des procédures appliquées à des animaux vivants» : scientifiques mais aussi juristes, économistes, intellectuels, communicants, ONG.

(1) Transposée en droit français dans le décret 2013-118 du 1er février 2013.
(2) Essais de cancérogénicité dont le point limite n’est pas la mort (transplantation d’organes avec gestion du rejet et autres actes chirurgicaux sous anesthésie, irradiation ou chimiothérapie avec une dose non mortelle).
(3) Essais de toxicité aiguë provoquant la mort (essais exigés dans le cadre réglementaire), essai d’activité de vaccin avec maladie progressivement mortelle, création de modèles de tumeurs osseuses invasives ou avec propagation métastasiques, interventions chirurgicales susceptibles de provoquer une douleur ou une angoisse postopératoire intense.