EELV lance une OPA sur la question animale

Avant de continuer de parler des mesures proposées par la commission d’enquête parlementaire « sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français » jetons un oeil sur un étrange manifeste qui vient d’être publié.

Son titre se voulant philosophique est « Le rapport à l’animal est notre rapport au monde », ses auteurs étant Yannick Jadot, Pascal Durand  et Laurence Abeille d’EELV, ainsi qu’Allain Bougrain Dubourg.

On notera que Laurence Abeille a fait partie de ladite commission, qui est d’ailleurs le prétexte à ce manifeste. Pour la première fois, EELV aborde la question animale : jamais cela n’a été le cas auparavant.

Voyant qu’il faut bien affronter le problème, EELV s’appuie sur la commission, tenant un discours plus ou moins à la zadiste, afin de se proposer comme aire d’accueil pour les personnes engagées dans la cause animale.

C’est une OPA pure et simple, un coup politique éhonté. C’est flagrant : jamais EELV n’avait abordé jusque-là la question, et là il est expliqué que « la question de notre rapport aux animaux n’est pas qu’un sujet politique parmi d’autres, elle est un projet de société en soi »…

C’est ignoble, tout simplement.

Le rapport à l’animal est notre rapport au monde

L’animal, sa sensibilité et ses souffrances ont fait une entrée fracassante dans le débat public avec la diffusion des vidéos de l’association de protection animale L214, mettant en lumière le sort réservé aux animaux dans les abattoirs en France.

Les réactions, nombreuses dans la société, ont conduit à une prise de conscience très forte et à un rejet grandissant des conséquences de certaines activités humaines sur le vivant dans son ensemble. Cette indignation, grâce la mobilisation de la société civile, nourrit la demande toujours plus pressante d’action politique en faveur du bien-être animal.

À ce titre, la création de la première commission d’enquête parlementaire sur les conditions d’abattage en France révèle un début de reconnaissance de la condition animale comme sujet politique à part entière.

Cette commission eut le mérite de mettre en lumière les dysfonctionnements graves qui existent dans des abattoirs, lieux totalement fermés et cachés; et d’interroger des aspects plus fondamentaux du lien que les sociétés humaines entretiennent avec le vivant.

Elle doit aussi être l’occasion de mettre en perspective et en débat l’étendue du sort que nos sociétés réservent aux animaux, des abattoirs aux conditions d’élevage, en passant par le transport, le trafic d’espèces sauvages, le commerce international, la pêche en eaux profondes, la chasse, la corrida ou les expérimentions animales.

L’affaire des abattoirs en France est en effet l’illustration d’un système global. Celui d’abord de quelques grands groupes industriels et agro-alimentaires, tenants d’une industrialisation sans limite, pour qui la nature et le vivant ne seront jamais que des ressources économiques, des produits à exploiter au service d’une rentabilité financière devenue insensée. Celui surtout de leur incapacité à penser l’animal comme un être vivant à part entière, sensible et souffrant.

Pourtant, lorsqu’on est doté d’une conscience, que vaut un chiffre d’affaire, un bénéfice, un profit en regard d’une douleur injustifiée, du mépris de la vie, du respect dû à tout le vivant?

Alors que nous vivons la 6ème extinction animale de masse, que les espèces présentes sur terre disparaissent 100 fois plus vite que par le passé, que l’exploitation animale détériore chaque jour notre planète et hypothèque la vie humaine, il est tout simplement vital, au sens premier du terme, de repenser notre rapport au vivant et de l’inscrire au cœur de notre action politique.

Depuis 2009, les Traités européens reconnaissent les animaux comme des êtres sensibles, mais c’est toujours à la faveur de mobilisations citoyennes que les victoires ont pu être arrachées.

C’est parce que les consommateurs, les associations et les ONG ont agi que nous réussirons à interdire le chalutage en eaux profondes et préserver une partie de la biodiversité marine, c’est grâce aux mobilisations citoyennes que nous pouvons à la fois remettre en cause les subventions accordées aux corridas, à faire passer l’animal avant notre divertissement et à ne plus considérer comme allant de soi les numéros de dressage dans les cirques ou l’exposition d’animaux dans les parcs zoologiques, que nous pouvons faire reculer l’univers concentrationnaire de l’élevage industriel, c’est parce que nous pouvons nous appuyer sur les milieux scientifiques qu’il est possible d’interdire des expérimentations animales à des fins mercantiles.

Dès lors, ce mouvement ne doit pas s’arrêter, il doit s’amplifier.

Pour nous, écologistes, la question de notre rapport aux animaux n’est pas qu’un sujet politique parmi d’autres, elle est un projet de société en soi, elle est le marqueur de notre rapport au monde et fondamentalement, de notre vision de l’humanité.

La commission d’enquête parlementaire et les associations

Maintenant que la commission d’enquête parlementaire « sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français » a rendu son rapport public, on peut enfin voir ses propositions.

Une lecture de celles-ci fait qu’on comprend vite pourquoi rien n’a été public et pourquoi ce sont les médias qui se sont chargés d’encadrer leur présentation.

Commençons par exemple par la partie sur les associations. Ce qu’on y lit est très clair et n’a pas besoin de commentaires : la commission d’enquête parlementaire, qui précise bien qu’elle est née directement des vidéos rendues publiques par l’association L214, concerne que les associations doivent participer à la régulation des abattoirs, à leur encadrement.

Les personnes aimant les animaux devraient donc non pas être d’une morale végane intransigeante, mais être une composante d’une exploitation animale « moderne »…

A. RENFORCER LE RÔLE DES ASSOCIATIONS DE PROTECTION ANIMALE

La commission d’enquête a été créée suite à la diffusion de vidéos réalisées par l’association de protection animale L214 éthique et animaux, qui a joué son rôle de lanceur d’alerte. Il est donc nécessaire de reconnaître la légitimité des associations de protection animale et la qualité de leur travail pour le respect du bien-être animal en abattoir, distinction nécessairement faite de la part militante de certaines associations contre l’abattage des animaux.

1. La légitimité des associations

Nombreux sont les professionnels de la filière qui ont souligné devant la commission d’enquête la qualité du travail des associations de protection animale et la légitimité de leur action en matière de bien-être animal.

En effet, certaines associations de protection animale coopèrent directement et depuis longtemps avec les éleveurs et les exploitants d’abattoirs afin d’améliorer leurs pratiques en matière de bien-être animal.

Mme Christiane Lambert, première vice-présidente de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), a confirmé ce travail commun : « […] Nous avons à cœur de dialoguer avec certaines autres [associations] pour expliquer quelle est la nouvelle attente et pourquoi elle se manifeste. Nous travaillons avec d’autres organisations comme CIWF, qui visite des élevages et contribue à écrire des cahiers des charges, et qui est intervenue devant la FNSEA. Nous travaillons également avec l’association Welfarm, qui visite aussi des exploitations et avec laquelle nous avons projeté plusieurs réunions de travail thématiques pour entrer dans le détail de ce que l’on peut faire ou pas dans l’intérêt des animaux. » (409)

M. Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, a confirmé que son organisation collaborait avec de telles associations : « Comme la FNSEA, la Confédération paysanne travaille avec des associations tel que CIWF : c’est le signe que certains militants du bien-être animal ont réellement la volonté d’être les interlocuteurs de l’ensemble des professionnels agricoles. C’est avec ces gens-là que l’on pourra travailler en toute objectivité pour trouver des pistes d’amélioration entre les éleveurs et les abattoirs ». (410)

Plusieurs intervenants qui se sont exprimés devant la commission d’enquête ont également souligné le rôle historique de l’association Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs (OABA).

M. Patrick Dehaumont, directeur général de l’alimentation (DGAL), a ainsi déclaré : « Pour ce qui est de nos relations avec les associations, elles me paraissent bonnes. Du reste, un certain nombre d’associations de protection animale, dont l’OABA, sont parties prenantes du Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale, au cours duquel sont abordées les questions de bien-être animal. Le travail avec les associations est donc constructif. […]

Cette mise au point ne remet nullement en cause l’action de l’OABA, qui réalise un travail extrêmement efficace dans les abattoirs depuis des décennies. D’ailleurs, lors du dernier CNOPSAV, nous avons rappelé, et le ministre l’a également souligné, que nous sommes très favorables à des conventionnements entre les professionnels de l’abattage et des associations comme l’OABA pour assurer plus de transparence, renforcer la vigilance et sensibiliser les différents acteurs. » (411)

M. Max Roustan, maire de la ville d’Alès, dont l’abattoir a fait l’objet d’une vidéo très médiatisée par l’association L214, a indiqué : « Par ailleurs, l’OABA, que vous avez reçue, a validé en 2011 et en 2016 les procédures mises en œuvre par l’abattoir d’Alès. » (412)

Il faut également préciser que l’OABA a rédigé des guides de recommandations sur les pratiques d’abattage, qu’elle a ensuite distribués dans de nombreux abattoirs français.

Ces associations qui travaillent en commun avec les professionnels du secteur de l’élevage et de l’abattage tirent leur légitimité de leur volonté et de leurs actions pour garantir le respect du bien-être des animaux d’élevage et améliorer les pratiques de ces professionnels.

Les professionnels du secteur rejettent en revanche les associations de protection animale qui ont un message promouvant l’abolition de la consommation de produits d’origine animale.

Mme Christiane Lambert, première vice-présidente de la FNSEA, a ainsi déclaré : « En clair, nous faisons un net distinguo entre les objectifs poursuivis par certaines associations et par d’autres. » (413)

2. Les moyens d’actions des associations

Afin de renforcer le rôle des associations de protection animale, il est avant tout nécessaire de renforcer leurs moyens d’action qui sont notamment leur constitution partie civile et les visites en abattoir.

a. La constitution de partie civile par les associations

Aujourd’hui, les associations de protection animale peuvent se constituer partie civile pour des infractions pénales de mauvais traitements sur animaux si ces infractions relèvent du code pénal.

En effet, l’article 2-13 du code de procédure pénale dispose : « Toute association régulièrement déclarée depuis au moins cinq ans à la date des faits et dont l’objet statutaire est la défense et la protection des animaux peut exercer les droits reconnus à la partie civile en ce qui concerne les infractions réprimant l’abandon, les sévices graves ou de nature sexuelle, les actes de cruauté et les mauvais traitements envers les animaux ainsi que les atteintes volontaires à la vie d’un animal prévus par le code pénal. »

Cette disposition ne permet cependant pas aux associations de protection animale de se constituer partie civile pour des infractions relevant du code rural et de la pêche maritime.

Par conséquent, en l’état actuel de la réglementation, les associations de protection animale ne peuvent se constituer partie civile pour des mauvais traitements commis sur des animaux en abattoir ou lors de leur transport.

Cette impossibilité s’avère d’autant plus être défavorable au vu des évolutions législatives étendant le délit de maltraitance animale aux exploitants d’abattoirs et d’entreprises de transport (voir supra).

M. Frédéric Freund, directeur en charge des missions de visites des abattoirs de l’association Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs (OABA) regrette une telle impossibilité : « Vous avez donc devant vous une association reconnue d’utilité publique spécialisée dans la protection animale, de l’élevage à l’abattage, qui ne peut légalement se constituer partie civile pour toutes les infractions relatives aux règles d’élevage, de transport et d’abattage contenues dans le code rural… » (414)

Il est important de rappeler que la constitution de partie civile peut être indépendante de la plainte et qu’elle a pour objet de permettre d’obtenir la réparation du préjudice subi par l’infraction en devenant partie au procès. Elle permet le déclenchement des poursuites à l’encontre de l’auteur des faits en cas d’inertie du parquet.

La constitution de partie civile implique le versement d’une consignation dont le montant est fixé par le juge d’instruction. Si la plainte ne s’avère pas justifiée, ce montant n’est pas restitué.

Proposition n° 58 : Modifier l’article 2-13 du code de procédure pénale relatif à la constitution de partie civile des associations afin d’y inclure les infractions pénales relevant des dispositions du code rural.

b. La visite des abattoirs par les associations

Une des missions principales de l’association Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs est de visiter ces établissements afin de s’assurer du respect de la réglementation relative au bien-être animal, comme l’a déclaré M. Jean-Pierre Kiefer, président de l’OABA devant la commission d’enquête : « L’OABA a mené depuis les années soixante-dix une mission de visites des abattoirs, mettant à profit la présence traditionnellement forte de vétérinaires parmi ses membres […]. Depuis quelques années, elle rencontre toutefois des difficultés pour la mener à bien. » (415)

En effet, suite à la diffusion en 2012 du reportage réalisé par
Mme Anne de Loisy sur les abattoirs, qui a bénéficié d’une forte audience, auquel l’OABA a apporté son aide et expertise, les portes de certains abattoirs se sont fermées.

M. Kiefer déplore ainsi les « répercussions directes pour l’OABA car certains directeurs d’abattoir ont considéré que notre association avait trahi leur confiance. C’est une attitude regrettable : les professionnels auraient mieux fait de considérer qu’il leur fallait balayer devant leur porte, car nous n’avions dénoncé que de très, très mauvais élèves, et empêcher que les dysfonctionnements dénoncés à travers des cas extrêmes ne se reproduisent. » (416)

Les visites de l’OABA ne se font pourtant pas de façon inopinée, comme l’explique M. Kieffer : « Ces visites se font toujours après avoir pris rendez-vous avec le directeur de l’abattoir concerné et les services vétérinaires en charge du contrôle de cet abattoir : il n’est pas possible pour une association de venir à l’improviste pour voir ce qu’il s’y passe. Précisons que nos audits portent sur la seule protection des animaux et non sur l’aspect sanitaire. Sur place, nous adressons des remarques au directeur et aux professionnels sur les problèmes que nous relevons. Nous faisons même corriger les mauvaises pratiques en montrant les bons gestes, puisque nos enquêteurs sont soit des vétérinaires soit des professionnels des animaux et d’utilisation du matériel. » (417)

Toutes les visites de l’OABA font également l’objet d’un rapport remis a minima à l’exploitant de l’abattoir et aux services vétérinaires préfectoraux.

Votre rapporteur souhaite souligner la légitimité de l’OABA et la qualité de son travail, et incite par conséquent les exploitants d’abattoirs à accueillir cette association au sein de leur établissement.

Les autres associations de protection animale travaillant sur ce sujet – comme exposé plus haut – sont également légitimes à participer aux visites des abattoirs.

Rapport de l’OMS sur la pollution de l’air

L’OMS (organisation mondiale de la santé), un organisme de l’ONU, a publié un rapport sur la pollution de l’air. La motivation de cela, ce n’est bien entendu nullement la défense de la Nature. D’ailleurs, tout est vu uniquement sur la base du prisme coûts et dépenses.

La presse qui en a fait l’écho est d’ailleurs totalement dans cet esprit. Sciences et Avenir résume cette approche de manière très synthétique :

Selon les calculs de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 3 millions de personnes meurent tous les ans des effets de la pollution de l’air. En 2015, près de 19 milliards d’euros ont été consacrés à des soins de santé lié à la qualité de l’air et 1,2 milliard de journées de travail ont été perdues.

En clair, la pollution commence à coûter cher et cela devient un problème. C’est comme pour le réchauffement climatique : il n’y aucun raisonnement qualitatif, uniquement quantitatif.

On est là chez les gestionnaires du désastre, qui accompagnent l’économie… Le rapport n’est, d’ailleurs, disponible qu’en anglais. Un exemple de plus, de la part de l’ONU, de la dimension non démocratique, empêchant l’accès de tous et toutes aux informations.

De manière plus intéressante, il existe un programme en ligne pour constater la pollution de l’air. Voici quelques exemples de à quoi cela ressemble, commençons par la légende.

Quand il y a des points, il y a des unités d’enregistrement de la pollution (en tout il y en a 3000, ce qui est très peu), sinon il s’agit d’estimation. La pollution est indiquée du vert au rouge, avec quelques intermédiaires.

Voici ce que cela donne pour la France. Cette uniformité n’est pas crédible, étant donné que certaines zones sont bien plus industrielles que d’autres… Une expression géographique est la « diagonale du vide », traversant le pays du nord au sud, avec un est industrialisé, un ouest qui l’est moins. Cela ne se lit pas du tout ici…

Que cela soit une catastrophe en Europe de l’Est, on le sait, mais la carte montre bien la situation dramatique de l’Italie. Ce pays est-il pourtant bien plus industrialisé que la France ? Le « triangle de fer » du nord de l’Italie pollue-t-il réellement bien plus que la partie est de la France?

De manière intéressante, et dramatique ici encore, la situation de l’Afrique surprendra certainement beaucoup de monde. Ce qui se passe en Inde et en Chine est par contre malheureusement connu.

Voici ce que cela donne à l’échelle du monde. La situation du Brésil montre que la catastrophe devient mondiale… On remarquera que, comme pour la France, la situation des Etats-Unis est tout de même très étrange. Autant il y a beaucoup de Nature, autant on ne peut pas faire croire qu’on est pratiquement partout dans le « vert ». La pollution semble s’arrêter à la frontière mexico-américaine, tel le nuage de Tchernobyl s’arrêtant à la frontière française à l’époque…

Voici, pour finir, quelques chiffres donnés par l’OMS, dont on remarquera la grande capacité d’autosatisfaction dans l’explication donnée.

Un nouveau modèle de qualité de l’air mis au point par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) confirme que 92% de la population mondiale vit dans des lieux où les niveaux de qualité de l’air ne respectent pas les limites fixées par l’OMS. (…)

Quelque 3 millions de décès par an sont liés à l’exposition à la pollution de l’air extérieur. La pollution de l’air intérieur peut s’avérer tout aussi mortelle. En 2012, selon les estimations, 6,5 millions de décès (soit 11,6% des décès dans le monde) étaient associés à la pollution de l’air extérieur et à la pollution de l’air intérieur.

Près de 90% des décès liés à la pollution de l’air surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, et près de 2 décès sur 3 surviennent dans les Régions OMS de l’Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental.

Les maladies non transmissibles sont à l’origine de 94% des décès, notamment les maladies cardiovasculaires, les accidents vasculaires cérébraux, la broncho-pneumopathie chronique obstructive et le cancer du poumon. La pollution de l’air augmente également le risque d’infection respiratoire aiguë.

«La pollution de l’air continue de peser lourdement sur la santé des populations les plus vulnérables, à savoir les femmes, les enfants et les personnes âgées», déclare le Dr Bustreo. «Pour être en bonne santé, il faut respirer un air pur, du premier au dernier souffle» ajoute-t-elle.

On compte parmi les principales sources de pollution de l’air, les modes de transport inefficaces, les combustibles ménagers, la combustion des déchets, les centrales électriques alimentées au charbon et les activités industrielles. Toutefois, l’activité humaine ne constitue pas la seule source de pollution de l’air. Par exemple, les tempêtes de sable, en particulier dans les régions situées à proximité d’un désert, peuvent avoir une influence sur la qualité de l’air.

Le modèle a soigneusement calibré les données provenant de stations au sol et de satellites en vue de maximiser la fiabilité. L’exposition à la pollution de l’air dans les pays a été analysée par rapport à la population et aux niveaux de pollution de l’air, à une résolution de grille d’environ 10 km sur 10 km.

«Ce nouveau modèle constitue une étape majeure en ce qui concerne la production d’estimations encore plus sûres sur la charge mondiale considérable de plus de 6 millions de décès – 1 décès sur 9 dans le monde – dus à l’exposition à la pollution de l’air intérieur et à la pollution de l’air extérieur», déclare le Dr Maria Neira, Directrice, Département Santé publique, déterminants sociaux et environnementaux de la santé, OMS. «De plus en plus de villes surveillent désormais la pollution de l’air, les données satellites sont plus complètes et des progrès sont accomplis dans la précision des estimations sanitaires correspondantes», ajoute le Dr Neira.

Les cartes interactives fournissent des informations sur l’exposition, par pondération en fonction de la population, aux matières particulaires d’un diamètre aérodynamique inférieur à 2,5 micromètres (PM2,5) pour tous les pays. La carte indique également les données émanant des stations de surveillance pour les mesures des PM10 et PM2,5 dans environ 3000 villes.

«Une action rapide pour faire face à la pollution atmosphérique est nécessaire d’urgence», ajoute le Dr Neira. «Il existe des solutions, notamment des systèmes de transports plus viables, la gestion des déchets solides, l’utilisation de poêles et de combustibles propres pour les ménages ainsi que les énergies renouvelables et la réduction des émissions industrielles», souligne-t-elle.

Appel à mobilisation contre la chasse aux tenderies des vanneaux et des pPluviers dorés dans les Ardennes

Nous relayons ici un appel de la LPO pour une protestation, dont la date limite est demain.

Appel à mobilisation : répondez vite à la consultation publique sur la chasse aux tenderies des vanneaux et des Pluviers dorés dans les Ardennes

Avant le 28 septembre, réagissez sur ce projet d’arrêté visant à chasser aux tenderies, 2 000 vanneaux et 50 Pluviers dorés jusqu’au 28 février 2017.

La tenderie consiste à attirer des oiseaux sur une petite bande gazonnée entourée d’une étendue d’eau et sur laquelle sont placés des appelants, reliés par une ficelle au chasseur à l’affût qui déclenche le cri des appelants en tirant sur la ficelle.

Le préfet des Ardennes consulte actuellement sur l’arrêté annuel qui permettra à une quinzaine de tendeurs ardennais, sous couvert de dérogation, de prélever 2 000 vanneaux et 50 Pluviers dorés du 15 octobre 2016 au 28 février 2017.

La LPO est contre cette dérogation notamment parce que le Vanneau huppé est une espèce en régression partout en Europe mais aussi parce qu’elle autorise 15 chasseurs à prélever 133,33 vanneaux chacun et que cette chasse se prolonge d’un mois en février alors que toute chasse aux limicoles est fermée ailleurs en France.

Aussi nous vous invitons à envoyer un email à la Direction Départementale des Territoires des Ardennes pour exprimer votre désaccord sur ce projet : ddt-chasse@ardennes.gouv.fr

Même si vous n’êtes pas localisé en Champagne-Ardenne et parce que le Vanneau décline, vous êtes concerné par la sauvegarde du Vanneau huppé…

Pour vous aider, vous pouvez utiliser tout ou partie du courriel suivant, mais surtout merci de personnaliser votre argumentaire et de ne pas faire de copier-coller.

« M le préfet,

J’ai pris connaissance du projet d’arrêté en consultation et fixant les dates d’ouverture et de fermeture de la tenderie aux vanneaux et aux Pluviers dorés pour la campagne 2016-2017 et nous souhaitons réagir.

Plusieurs points me semblent critiquables :

L’arrêt de la chasse aux limicoles est fixée, par arrêté ministériel du 19/01/2009, au 31 janvier partout en France. Il n’y a pas de raison scientifique justifiable pouvant expliquer que le Vanneau huppé et le Pluvier doré, deux limicoles, soient chassés un mois de plus dans le seul département des Ardennes ;

Les premiers couples nicheurs de Vanneau huppé de Champagne-Ardenne sont cantonnés et observés en parade dès la seconde quinzaine de février ;

Le vanneau huppé est inscrit sur la liste rouge des oiseaux d’Europe 2015 comme ayant le statut VULNERABLE car il connait un déclin important de ses populations européennes depuis au moins 1988.

Parmi les mesures préconisées au niveau européen pour sa conservation, on trouve la réduction de la pression de chasse et des campagnes de sensibilisation à l’égard des chasseurs sur le déclin de l’espèce…

Plus localement, cette espèce est aussi inscrite sur la liste rouge régionale (espèce en danger) ;

Pour une chasse dérogatoire « traditionnelle » bénéficiant à une quinzaine de tendeurs, le nombre d’oiseaux pouvant être prélevé (2 000 individus) est excessif /exagéré avec une moyenne de 133 oiseaux par tendeur pour une simple consommation familiale et traditionnelle !

Etant donné l’ensemble de ces points, je demande :

le retrait de ce projet d’arrêté dérogatoire

Ou à minima :

Que la fermeture de la tenderie aux Vanneaux huppés et aux Pluviers dorés soit calquée sur la fermeture de la chasse aux limicoles en France soit le 31 janvier ;

Que le quota de Vanneaux huppés à prélever par tenderies, eu égard au déclin de l’espèce, soit réduit d’au moins 50%.

Cordialement,
Prénom et nom »

Plus d’informations

En savoir plus sur la consultation

Lien avec une vidéo du CABS sur YouTube sur la tenderie aux vanneaux

Le « café des chats » à Paris sélectionne ses chats et en met à l’adoption

Voici des nouvelles du « café des chats » à Paris où le festival de l’hypocrisie continue. Ce qui se passe est dans le droit fil de la nature même d’un tel projet et ce que nous disions en juin 2013 se voit malheureusement toujours plus vrai (Pour que le premier « bar à chats » de France n’ouvre pas).

En mai 2016, la personne ayant monté le projet comptait passer à autre chose, les deux cafés étaient annoncés comme à vendre et on s’apercevait que les chats  étaient « propriétés » de l’entreprise (La vente des « cafés des chats » parisiens).

Désormais, elle garde un des cafés et afin de se débarrasser des chats, il est expliqué… qu’en fait, certains seraient mieux ailleurs que dans un café !

C’est doublement honteux. Déjà parce que le café des chats du Marais est fermé et que donc les chats attendent dans leur coin avant d’être « sélectionnés » selon leur capacité ou non à se plier aux exigences du second « café des chat ». C’est là la même démarche que de l’élevage, ni plus ni moins.

Ensuite parce qu’on retrouve l’hypocrisie classique de gens cherchant à se dédouaner de toute responsabilité : c’est mieux pour lui, il n’est pas bien là, etc.

On apprend également que certains chats n’ont à la base même pas supporté le café : voilà qui est révélateur. Ce projet était vicié à la base, reposant sur la subjectivité de quelqu’un montant une entreprise avec des êtres vivants comme objets spectaculaires.

Le discours de la personne responsable du café des chats continue d’ailleurs d’être odieux comme précédemment. L’explication officielle censée justifier la décision de faire adopter les chats consiste à affirmer que tout est une question de business, de rentabilité.

Les chats n’ont jamais été rien d’autre, dans ces cafés, que des marchandises, réduites au statut de meubles, servant un projet prenant en otage les bons sentiments en faveur des animaux.

Les gens qui ont soutenu ce projet n’ont fait que valoriser quelque chose desservant ces animaux et la cause animale en général.

La compilation « Stones To Mark A Fire »

Nous sommes en 1995 et Rod Coronado est en prison pour de multiples actions illégales dans le cadre de la lutte pour la libération animale.

D’origine amérindienne, il a été actif dans l’ALF et porte-parole de l’ELF, alors qu’à l’âge de 19 ans il avait rejoint, en 1985, le Sea Shepherd, causant en 1986 deux millions de dollars de dégâts à la flotte islandaise chassant les baleines.

En 1995, il est en prison pour avoir participé, dans le cadre de l’opération « Bite back » de l’ALF, à l’attaque des unités de recherche de l’université du Michigan, causant 125 000 dollars de destruction et anéantissant 32 années de données de recherches.

Dans le cadre de son soutien, on trouve bien entendu la scène vegan straight edge, au coeur de la mouvance pour la libération animale. Les deux petits labels alternatifs « Militant Records » et  ‎ »Vegan Earth Order » sortirent alors une compilation dont les bénéfices lui allaient : « Stones To Mark A Fire » (« des pierres pour démarrer un feu »).

Il est possible de le télécharger ici. On y retrouve les principaux groupes de musique de la scène vegan straight edge, d’orientation musicale très différente, mais tous dans une optique de conflit avec la vie quotidienne dominante.

Il y a ainsi Earth Crisis (avec The Order that shall be), Statement, Abnegation, Birthright, etc. (et bizarrement le groupe Hatebreed à ses débuts, leur chanson n’étant pas ici présente dans le téléchargement).

Le véganisme n’est pas né ces dernières années. Le véganisme est né dans le prolongement de l’émergence de l’ALF en Angleterre dans les années 1970 et 1980, de la scène vegan straight edge émergeant aux Etats-Unis dans les années 1990.

Le véganisme n’est pas une forme de « fuite », ce qui est appelé un « escapisme » en anglais, mais une approche de la vie quotidienne exigeant la rupture avec les valeurs dominantes.

Bien entendu, le système tente d’intégrer le véganisme, et il peut y parvenir en partie, en créant un petit secteur commercial en vivotant.

Mais il ne peut pas intégrer le besoin de se confronter de manière complète à l’exploitation animale, l’envie intelligente de combattre la destruction de la planète, la reconnaissance morale et culturelle que l’humanité n’est qu’une composante de la Nature !

Le Monde, Libération et Aymeric Caron

La double opération du Monde et de Libération a été saluée très largement dans le mouvement, au sens très large, en faveur des animaux.

Tous les discours radicaux s’effacent immédiatement devant la possibilité d’une reconnaissance institutionnelle…

Notons d’ailleurs que la question de la chronologie qu’on lit dans la réaction ci-dessus est profondément erronée.

L’idée des réformistes de la question animale est qu’il y aurait eu une avancée des cinq dernières années, que c’est donc unilatéralement une bonne chose.

Or, en réalité la grande apparition du véganisme date de la fin des années 1980 et du début des années 1990. Nous sommes donc fondamentalement en retard par rapport au moment où la question est posée et aurait dû se développer…

Si Le Monde ou Libération peuvent faire l’apologie du véganisme, c’est justement en raison de ce retard et des faiblesses énormes du véganisme « à la française »…

Voici également comment Aymeric Caron a réagi, avec également la fausse idée qu’il y aurait un progrès « dans les temps », et non un retard terrible par rapport à quand la question a commencé à être posée…

Aymeric Caron a d’ailleurs très mal pris l’appel publié dans Le monde. Voici sa réaction tout à fait juste, à ceci près que lui-même a correspondu, voire correspond encore, exactement à ce qu’il critique !

A savoir des gens ne parlant pas du véganisme, puis le faisant subitement, sans qu’on puisse lire réellement où cela en est au niveau de la pratique…

Voir Aymeric Caron regretter que le véganisme soit à la mode, alors qu’il a évité d’utiliser le terme pendant si longtemps, pratiquant un flou extrême à ce niveau, alors qu’il a pratiqué la médiatisation à outrance en tentant de formuler un « antispécisme » sans réel contenu dont il serait le représentant, tout de même…

Aymeric Caron a en tout cas compris qu’à côté de L214, il n’y aurait pas de place : il lui faudra soit participer à cette « marche dans les institutions », soit assumer la libération animale comme morale intransigeante. Mais l’exigence de cette morale ne pourrait que l’amener à rompre avec son fan club issu de sa médiatisation…

Commission d’enquête parlementaire : le soutien du quotidien Libération

La seconde escroquerie du 21 septembre 2016, en plus de celle du Monde, est celle de Libération. Les premières pages sont consacrées à la « viande végétale » et à la « viande in vitro ».

La viande végétale est considérée comme incroyable, car ayant la forme, la texture, le goût de la viande. La « viande in vitro » est présentée comme la grande solution de l’avenir. La couverture elle-même y a trait.

Cette approche en termes de « substitution » est ignoble. Apprécier le « goût » d’un être vivant mort est infâme. Valoriser la copie de ce « goût » est une aberration barbare.

Quant au reste, dès le début, on a bien entendu l’éloge de L214, avec des photos d’un rassemblement parisien lundi dernier où ses militants portaient, encore une fois, des animaux morts, ce que nous trouvons intolérable sur le plan de la dignité.

On y apprend que L214 met 17,2 sur 20 à Europe Ecologie Les Verts pour son action envers les animaux. C’est proprement hallucinant.

Libération avait fait l’éloge d’ailleurs de ce rassemblement, présenté de la manière suivante : « A Paris, L214 met en scène la souffrance animale« .

Nous regrettons énormément d’avoir à documenter cet article avec cette photo de présentation, que nous considérons être une insulte fondamentale à la dignité animale.

Voici ce qu’on lit, entre autre, dans cet article :

« Visages des participants graves et fermés, bustes immobiles : le tableau, si l’on peut dire, se veut solennel.

La tension est insupportable pour une jeune militante qui éclate en sanglots et doit confier son porcelet mort à un camarade. Des cris de cochons sortent de la sono, suivis d’une musique funèbre. (…)

Des passants s’arrêtent devant le happening et écoutent les explications de la militante de L214. Ainsi, Christine, 64 ans. Cette retraitée du secteur hospitalier de l’AP-HP qui se promenait dans le Quartier latin juge cette action «très bien. Il faut des trucs chocs pour faire prendre conscience aux gens de certaines réalités inconnues du plus grand nombre».

Elle qui mange de la viande, «mais de moins en moins», estime qu’«il faudra du temps pour faire changer les mentalités et prendre conscience de choses inacceptables en matière d’élevage animal». »

C’est un excellent exemple de comment cet appel à l’irrationnel n’apporte rien.

Sinon, tout comme le quotidien Le Monde le même jour, le Libération du 21 septembre 2016 a son éditorial abordant la question des abattoirs, avec ici aussi comme manière d’approcher la question le « choc » dans l’opinion provoqué par les vidéos de L214, avec là aussi l’éloge de la commission parlementaire.

Le voici, avec son humour plus que douteux (ou plutôt totalement sordide et indigne), sa négation de la possibilité d’une humanité végane, son éloge de l’industrie capitaliste modernisée pour améliorer les choses.

« A pas de loup, la cause des moutons avance. Et aussi celle des veaux, vaches, cochons, couvées… Deux technologies en sont la cause : le numérique et sa viralité, la biochimie. Les vidéos diffusées en ligne par l’association L214 ont provoqué un choc dans l’opinion.

Au plus carnivore des internautes, il apparaît maintenant clairement que les conditions d’abattage des animaux dans les usines à viande du pays ont quelque chose d’insupportable à la sensibilité contemporaine.

Du coup, l’Assemblée nationale s’est saisie du dossier. Une commission présidée par Olivier Falorni vient de rendre des conclusions pertinentes, dont la mise en œuvre devrait limiter les souffrances inutiles infligées aux animaux, victimes jusque-là négligées. Bien sûr, aux yeux des militants, elles apparaîtront comme un simple pis-aller.

C’est là que la biochimie entre en scène. Si on tue les animaux, souvent dans des conditions atroces, c’est qu’on les mange.

Comme il se passera des lustres avant que l’humanité devienne végétarienne, a fortiori végane, les techniciens du vivant ont exploré une voie nouvelle : le remplacement de la viande par des substituts alimentaires recomposés chimiquement. Utopie ?

Certainement pas. Nos enquêtes montrent qu’il est parfaitement possible de mettre des steaks ou des gigots dans notre assiette sans immoler préalablement une vache ou un mouton. Ainsi, par ce double canal, la technique, qui a souvent mauvaise réputation, vient soudain au secours de la nature.

A long terme, les conséquences de ce mouvement irrésistible sont vertigineuses : bouleversement des filières de production, reconversion des éleveurs, invention d’une nouvelle gastronomie, transformation de la condition animale. Sans doute les conservateurs de tous poils crieront-ils comme des cochons qu’on égorge. Chacun son tour… Cela s’appelle le progrès. »

Entre Le Monde et Libération, le véganisme a connu le 21 septembre 2016 une journée plus que rude.

Commission d’enquête parlementaire : le soutien du quotidien Le Monde

Cette histoire de commission d’enquête parlementaire sur les abattoirs, dont nous parlions hier, ne peut pas être comprise sans la double offensive bobo qui a eu lieu hier dans la presse. Tant les quotidiens Le Monde que Libération ont, en effet, fait l’éloge de L214 et d’une certaine forme de « véganisme ».

Quelle est la nature de cette forme ? Elle est très simple, elle a été résumée de manière impeccable par Jean-Luc Mélenchon dans une interview au Parisien :

« les véganes nous obligent à réfléchir sous un angle radical, ce qui est intéressant »

Les végans seraient là pour cautionner un système moralement condamnable, pour prétendre que les choses peuvent changer, etc. Du moment qu’ils n’assument pas l’universalisme et la morale comme devant être appliqués, du moment qu’ils ne parlent pas de la Nature, ils sont tout à fait acceptables, et même très utiles…

Voilà à quoi on a eu droit hier, dans une double opération de la presse parisienne « rive gauche ».

Commençons par Le Monde. Ce journal a publié un long article faisant l’éloge de la commission, qu’il a appuyé par pas moins qu’un éditorial intitulé « Comment nous tuons les bêtes ». Voici ce qu’on y lit, entre autres :

« Ce sont des images insoutenables qui ont jeté l’opprobre sur le milieu des abattoirs. (…) A quatre reprises en huit mois, l’association de protection animale L214 a révélé des cas de maltraitance dans des abattoirs français. Ces vidéos, tournées en caméra cachée, ont ébranlé l’opinion. A juste titre.

Il ne s’agit pas ici de débattre du bien-fondé de la consommation de viande, de son impact sur les animaux, l’environnement ou la santé – thèmes cruciaux déjà largement discutés. Il s’agit de faire respecter la loi. (…)

L’animal est un sujet que la loi doit considérer comme tel, nous a appris la grande philosophe Elisabeth de Fontenay dans son magistral « Le Silence des bêtes, la philosophie à l’épreuve de l’animalité » (Fayard, 1998).

Nous tuons des millions, de ces sujets tous les ans, en France. Le moins que l’on puisse exiger est que cela ne se fasse pas à l’abri des regards, mais de façon connue de tous et dans les conditions fixées par la loi. Ce serait faire preuve d’un minimum d’humanité à l’adresse de l’animalité. »

Les choses sont ici très claires : ce qui compte, c’est l’aménagement de l’exploitation animale. Il ne s’agit pas de remettre en cause quoi que ce soit, de parler morale, mais d’aménager. Et L214 est ouvertement soutenu comme ayant joué un rôle en ce sens.

Mais ce n’est pas tout, bien sûr : ce serait sous-estimer la capacité des CSP++ de « gauche » à se prétendre en mesure de changer le monde. On trouve donc dans Le Monde un autre texte faisant l’éloge de L214 : « La France doit évoluer vers le véganisme »,  signé par des universitaires, des artistes, des bobos.

Cet article n’est pas en ligne, étant réservé aux gens ayant acheté Le Monde. Cela en dit long. Tout comme en dit long le fait de retrouver la membre d’un groupe de musique au véganisme qui n’en est pas un (« Vegan et fière de l’être », mais en fait non), ou encore le fait, pire encore dans l’hypocrisie pratique, le fait que l’appel assume que certains des signataires mangent de la viande…

Cet appel est un véritable assassinat du véganisme, qu’il résume à un existentialisme individualiste à prétexte moralisant, niant la Nature et cherchant à un prétexte pour avoir une sorte de pseudo critique de la réalité.

Abattoirs : la position de la commission d’enquête parlementaire

C’était une initiative annoncée depuis quelques temps par le milieu de la protection animale et voici comment cela a été présenté hier par un communiqué AFP :

Une commission d’enquête parlementaire a rendu publiques mardi 65 propositions pour augmenter la transparence sur l’abattage des animaux de boucherie en France.

L’association L214, qui a participé à l’enquête de la commission parlementaire, a d’ailleurs rendu hier une nouvelle vidéo – la cinquième cette année déjà – filmée dans un abattoir, en l’occurrence de « maltraitance dans un abattoir de moutons », avec le soutien pour cela du quotidien Le Monde pour la médiatisation.

Sauf qu’en réalité, la commission d’enquête parlementaire n’a pas rendu publique les mesures qu’elle conseille. Elle le fera dans une semaine seulement.

Prôner la transparence dans les abattoirs en diffusant des communiqués sur un rapport, alors qu’on ne peut pas lire celui-ci, c’est une drôle de transparence !

Mais c’est qu’en arrière-plan, il y a tout un commerce. Un commerce universitaire, un commerce de magasins, un commerce associatif, avec un seul but : neutraliser la révolte morale complète qui devrait se produire en raison de la condition animale.

Au lieu de mobiliser pour la révolution, seul moyen de changer une réalité toujours plus ignoble, des voies de garage sont proposées. Comment comprendre autrement la proposition de la commission parlementaire de « création d’un comité national d’éthique des abattoirs » ?

Parler de morale dans les abattoirs,  c’est comme considérer que les camps de la mort nazis ont droit à une inspection de la Croix Rouge.

Nous parlerons la semaine prochaine, en détail, de chacune des mesures proposées par la commission parlementaire, lorsqu’elles seront rendues publiques. Voici déjà le communiqué officiel à ce sujet, qui mentionne dès le début l’association L214.

Adoption du rapport d’enquête

Mardi 20 septembre 2016 matin, la commission d’enquête a examiné puis adopté le rapport d’enquête.

Créée le 22 mars 2016 à la suite de la révélation par l’association L214 de nombreux cas de maltraitance animale dans des abattoirs, la commission d’enquête a entrepris « de faire la lumière sur les boîtes noires » que constituent les 941 abattoirs de boucherie et de volaille en France, « en étant le plus exhaustifs rigoureux et objectifs possible » a expliqué son Président, Oliver Falorni, député de Charente-Maritime.

Composé de 30 députés, la commission d’enquête a ainsi auditionné près d’une centaine de personnes dans l’objectif d’entendre l’ensemble des acteurs impliqués dans l’abattage des animaux. Elle s’est également déplacée à quatre reprises de façon inopinée dans les abattoirs afin de constater sur place les conditions de fonctionnement et d’abattage des animaux.

La campagne nationale d’inspection des 263 abattoirs de boucherie menée en avril à la demande du Gouvernement et les visites inopinée des membres de la commission « ont fait la lumière sur des dysfonctionnements souvent mineurs, parfois majeurs » auxquels la commission estime qu’il est indispensable de remédier.

Sur la base d’un état des lieux des abattoirs en France, le rapport, qui constitue le premier travail parlementaire sur le sujet, avance 65 propositions pour améliorer le bien-être animal mais aussi celui des salariés.

Ces propositions visent notamment à pallier « l’insuffisance des contrôles des abattoirs et de transparence ».

Les députés souhaitent que la prise en compte du bien-être animal dans la règlementation [sic] soit pensée d’une façon évolutive. Cette réflexion pourrait être initiée via la création d’un Comité national d’éthique des abattoirs qui réunirait les acteurs de la filière, des philosophes, des parlementaires, des représentants de l’administration et des représentants des cultes dans la mesure où les questions d’abattage rituel seraient abordées.

En ce qui concerne le contrôle, le rapport recommande de rendre obligatoire le contrôles vidéo dans les abattoirs. Celui-ci serait généralisé dans « toutes les zones des abattoirs dans lesquelles des animaux vivants seraient manipulés », y compris les postes d’abattage.

Le rapport recommande que ce contrôle soit « encadré par la loi afin d’en délimiter strictement les finalités et éviter qu’il devienne un outil de surveillance des salariés ». Les enregistrements seraient mis à disposition des services vétérinaires, de la direction et des représentants du personnel dans un objectif de contrôle du respect du bien-être animal et d’amélioration des pratiques et procédures.

Le rapport recommande également d’augmenter les effectifs des services vétérinaires et de mieux les former à la protection animale. Le rapport constate ainsi qu’actuellement le rôle des services est tourné vers l’inspection sanitaire au détriment du bien-être animal.

Ainsi, le rapport recommande la présence obligatoire d’un agent vétérinaire au poste d’étourdissement et d’abattage des abattoirs de plus de cinquante salariés. Il s’agirait « de mettre fin au sentiment de quasi-impunité de certains opérateurs ». Par ailleurs, les députés proposent de requalifier les actes de maltraitance en délit, en cas de récidive.

Le rapport estime que le contrôle doit également passer par la transparence via « une plus grande ouverture aux associations, un droit de visite des parlementaires et la mise en place de comité locaux de suivi de site rassemblant les parties ».

Les députés invitent également à investir dans la modernisation du matériel, et à renforcer la formation des salariés et à revaloriser leurs métiers.

Enfin, le rapport aborde la question de l’abattage rituel. Les règlementations [sic] européenne et française autorisent les abattoirs à déroger à l’obligation d’étourdir les animaux avant l’abattage au nom de la liberté des cultes.

Les députés proposent, dans le respect de la liberté de culte, d’introduire dans la règlementation [sic] à côté de la simple jugulation sans étourdissement deux nouvelles techniques : l’étourdissement réversible et l’étourdissement post-jugulation (qui consiste à rendre les animaux inconscients quelques instants après la saignée).

Le Président et le rapporteur de la commission souhaitent suivre l’application des 65 recommandations par le biais de la création d’un groupe d’étude informel.

Le rapport sera disponible en ligne à compter du 27 septembre 2016.

Le prix de laisser des animaux mourir de faim

Il est faux de se précipiter dans les événements sordides qui marquent le pays au sujet de la situation des animaux. Mais il faut avoir un aperçu dessus et bien regarder ce qui est exemplaire, ce qui reflète la tendance de fond.

Ces derniers mois, on sait à quel point il y a eu (et il y a encore) tout un discours affirmant que les animaux voient leurs droits être mis en place, qu’ils sont reconnus légalement comme être sensibles, etc.

Regardons les faits en face avec ce que raconte ici Ouest-France.

Couffé. Le chef d’entreprise laisse ses animaux mourir de faim

Le chef d’une entreprise de Couffé a expliqué ne pas avoir eu le temps de s’en occuper. Son employé a découvert lapins, poules, coq, chat, chiens, morts de faim.

Le procureur a requis six mois de prison avec sursis et une interdiction de détenir un animal pendant cinq ans.

L’employé d’une entreprise de Couffé soupçonnait son patron de ne pas être un tendre avec les animaux.

En janvier 2016, il est entré dans son hangar et a fait une découverte bien surprenante. Des lapins, poules, coq, chat, chiens, étaient morts de faim et de soif.

Leurs cadavres jonchaient le sol. Seuls deux chiens attachés ainsi que trois chiots affamés restaient en vie.

Parmi les rescapés, une chienne malinoise blessée a été rendue à son propriétaire. Le jeune homme l’avait volée cinq mois plus tôt à Ancenis.

En garde à vue, il a déclaré ne pas avoir eu le temps de s’en occuper.

À l’audience, où il ne s’est pas présenté ce lundi, le procureur a requis six mois de prison avec sursis et une interdiction de détenir un animal pendant cinq ans.

Et non à vie, « pour lui laisser la possibilité de s’amender », a-t-il précisé.

Notons que l’histoire ici mentionnée d’un vol de chien n’est pas explicitée.

Voici, en tout cas, le droit tel qu’il existe. Toutes les prétentions concernant l’avancée des droits pour les animaux, le progrès de la condition animale, tout cela est faux, car non conformes à la réalité.

Laisser les animaux mourir de faim, l’assumer, l’expliquer qu’on n’avait pas le temps, ne pas être présent au procès (ce qui est considéré comme une provocation), tout cela n’est pas réellement punissable selon le droit actuel.

Et il ne s’agit pas de rêver un droit différent avec des gens ayant changé de mentalité comme par magie, comme le fait « l’abolitionnisme », ou d’accuser des valeurs de domination, comme le fait « l’antispécisme ».

Ce qui détermine la valeur d’une chose, dans notre société, ce n’est pas sa valeur naturelle, mais son prix.

Les procureurs et les juges évaluent deux choses : le prix, le rapport à l’ordre public. Rien de plus et certainement pas la réalité naturelle des êtres vivants, car la Nature n’est pas reconnue.

Le droit positif s’oppose ici, de manière logique, au droit naturel. Et c’est ce droit pour lequel il faut lutter!

Rassemblement de Flamanville les 1 et 2 octobre 2016

Voici l’appel pour le rassemblement anti-nucléaire en Normandie, ce début octobre 2016.

Arrêt du nucléaire,
énergie de destruction massive !

À l’initiative du CRILAN et du Collectif  « Stop EPR ni à Penly ni ailleurs », les associations locales et organisations anti-nucléaires de Normandie, de Bretagne et des Pays de Loire se sont regroupées au sein du  « Collectif Anti-Nucléaire Ouest » (CAN-Ouest) depuis le 17 janvier 2015, soit actuellement plus d’une vingtaine d’associations et organisations représentées.

Ce collectif appelle à un grand rassemblement les 1er et 2 octobre 2016 à Flamanville afin de faire renoncer à la mise en service de l’EPR et au rafistolage (appelé officiellement « grand carénage ») des réacteurs arrivant à 30 ans d’âge que ce soit à Flamanville, Paluel, Penly et ailleurs.

En 2016, près de 3/4 des réacteurs nucléaires français auront dépassé leur limite d’âge.

Le risque de catastrophe est donc imminent. Comme à Tchernobyl et à Fukushima, ce seront des milliers de km2 inhabitables, des centaines de milliers de personnes déplacées, des centaines de milliards d’euros volatilisés…

Pour empêcher toute contestation, l’Etat criminalise les militants et bafoue la démocratie.

Utilisons les 60 milliards d’euros prévus pour le rafistolage des vieux réacteurs dans les économies d’énergie et les alternatives énergétiques (solaire, biomasse, éolien, hydrolien…).

Neuf ou vieux, un réacteur nucléaire est dangereux.

L’arrêté de création du réacteur EPR (European Pressurized Reactor) de Flamanville est caduc à compter du 11 avril 2017 : au-delà de cette date, le chantier devient illicite. Il constitue une réelle menace avec ses nombreuses malfaçons dont la plus grave est celle de la cuve.

Son prix initial a triplé pour dépasser les 10 milliards d’euros.

Tous à Flamanville les 1er et 2 octobre 2016
à l’appel du Collectif Anti-Nucléaire Ouest

L’association Giapa de Coulommiers a besoin de soutien

Encore une fois, c’est un exemple de la valeur de la presse locale par rapport à la presse nationale dans la quête de la vérité de terrain. Il s’agit ici de la présentation de l’association Giapa de Coulommiers par Le pays briard.

L’auteur de l’article – consistant en une sorte de reportage concret, « à l’ancienne », c’est-à-dire associant enquête de terrain et point de vue engagé – se présente ainsi : « Journaliste misanthrope aimant les chiens pour leur fidélité, les chats pour leur indépendance et les vaches pour leur lait ».

Coulommiers
[Animaux en danger] Giapa veut sauver davantagede chiens et chats

Fondée à Coulommiers il y a un an et demi, l’association Giapa doit faire face à une tâche gigantesque. Les chiens et les chats en danger de mort sont toujours aussi nombreux les sauver demande de l’argent et beaucoup de bonnes volontés…

Créé le 10 février 2015 à Coulommiers, le Giapa (pour Groupe Intervention Actif Protection Animale) est présidé depuis l’origine par le Columérien Philippe Toutenelle et il est particulièrement actif, en effet. Depuis la fondation, pas moins de 400 animaux ont été pris en charge par le Giapa dont 150 ont déjà pu être adoptés.

« Il s’agit de chiens et de chats qui ont été abandonnés, saisis parce que maltraités ou mal nourris ou mal logés ou tout simplement trouvés errants. Bref, ce sont des animaux qui étaient en détresse », explique le président fondateur.

100 chiens et chats en garde
Actuellement, l’association gère quelque 100 chiens et chats placés sous sa responsabilité.

« Rien que cet été, nous avons sauvé une cinquantaine de chiens et de chats en Seine-et-Marne, dans le Val-d’Oise et en Seine-Saint-Denis. Nous avons également recueillis des chiens dans un camp de roms où l’on pratiquait l’élevage sauvage pour fournir des chiens de rue à Paris. Nous aurions pu faire encore beaucoup plus, mais nous avons manqué de fonds, de bénévoles et, surtout, de familles d’accueil » ajoute Philippe Toutenelle.

« Ne pas revivre le traumatisme de l’abandon »

L’association dispose déjà d’une quarantaine de familles d’accueil pour les chiens et les chats qu’elle recueille, mais c’est très loin d’être suffisant.

Le président du Giapa nous dit pourquoi : « Les familles d’accueil ne peuvent prendre beaucoup d’animaux, parfois, elles ne peuvent en prendre qu’un en raison de son caractère ou de la place dont elle dispose. De plus, et c’est très bien, les familles d’accueil se transforment souvent en adoptants. C’est très bien pour le chien ou le chat ainsi sauvé qui n’a pas à vivre une nouvelle fois le traumatisme de l’abandon, mais cela limite nos possibilités d’accueil. Ces familles ne peuvent souvent plus, en effet, accueillir d’autres animaux »

Soutenir l’action du groupe de sauvetage

Les besoins dont donc criants et urgents. Le Giapa aimerait être davantage soutenu par tous ceux pour qui la souffrance animale est intolérable. Et chacun, selon ses moyens, peut faire quelque chose.

Si vous disposez de place, vous pouvez demander à devenir famille d’accueil et sinon, vous pouvez toujours faire un petits dons. Le Giapa intervient sur un large secteur et les déplacements ne sont pas gratuits… Il faut aussi subvenir aux besoins, alimentaires et vétérinaires, des animaux sauvés d’une détresse certaine voire d’une mort imminente.

Et l’action du Giapa porte ses fruits. C’est une grande satisfaction quand des petits être innocents sont rendus à une vie normale d’animaux de compagnie. Ainsi en est-il pour les 14 petits chihuahuas saisis le 14 mars dernier à Servons et confiés pour moitié aux associations Giapa et Lamart (cette dernière s’étant portée partie civile contre les responsables de l’élevage).

« Lors de l’audience au tribunal de Melun, lundi, l’affaire a été mise en délibéré au 14 novembre, mais le procureur a réclamé la saisie des chiens et la propriétaire a reconnu que « la qualité de vie des chiens n’était pas optimale »… », raconte encore Philippe Toutenelle qui espère bien pouvoir replace dans de bonnes familles les petits chiens qui vont maintenant bien mieux.

Pique-nique anti gaz de couche en Lorraine le 25 septembre 2016

Le gaz de couche, parfois appelé gaz de houille, voire gaz de charbon, consiste en ce qui est connu comme le grisou. C’est du gaz coincé dans le charbon, les mineurs, en extrayant le charbon, risquaient d’ouvrir une brèche libérant ce gaz.

Pour le récupérer il faut fracturer le charbon, utiliser des produits chimiques, avec bien entendu un impact environnemental… soit par pollution, soit par fuite de méthane (principal gaz de souche), soit par libération d’éléments toxiques, soit par pompage massif d’eau souterraine, soit par la destruction de nappes phréatiques, etc.

Voici l’appel à une initiative en Lorraine, alors que des entreprises partent, en toute discrétion, à la conquête de ce gaz de couche…

Il est regrettable que, par ailleurs, l’appel ne demande pas un pique-nique végétalien.

PIQUE-NIQUE le gaz de couche !

Mais que se passe-t-il en ce moment en Lorraine ?

  • automne 2015 : découverte du projet d’exploration de gaz de couche par les habitant-e-s désinformé-e-s alors qu’une pseudo-enquête publique se déroule incognito
  • été 2016. 20 puits déjà définis par FDE et plus de 220 puits prévus (150 puits sont également prévus dans le Nord-Pas-De-Calais)

C’est dans la discrétion la plus totale avec la complicité des décideurs politiques en place que la FDE Française De l’Energie a commencé ses travaux préparatoires au lendemain du camp de mobilisation à Volmerange-les-Boulay : clôturage, défrichage illégal, terrassement et bétonnage, installation de caméras et de vigiles 24h/24.

Les « gaz non conventionnels » sont des énergies fossiles dont l’exploitation extrêmement polluante a déjà montré ses ravages dans d’autres pays (Etats-Unis, Pologne, Australie,…) et ne se passe pas de la fracturation hydraulique, De nombreux candidats à la présidentielle 2017 promettent d’autoriser cette technique.

Nous ne voulons pas de ce énième projet inutile imposé ! pas de fossile, ni de nucléaire, ni en Lorraine ni ailleurs !
Pas de foreuses, puits ni béton dans nos fôrets et sur nos terres agricoles !

Nous vous appelons pour une balade puis un pique-nique convivial et actif (tiré du sac !) !

Rendez-vous Dimanche 25 septembre à 11 heures à Altviller, parking du CAT (serres à l’entrée du village)

Menace sur les chevaux sauvages américains

Aux Etats-Unis, la vie sauvage est quelque chose de très valorisée historiquement et les chevaux sont liés à la conquête d’un Ouest « libre » à coloniser, mais également fascinant de par leur dimension naturelle, sauvage. C’est le fameux concept de « wild ».

Un scandale a actuellement lieu à ce sujet. Voici une présentation par Le Monde, qui fournit également une vidéo.

Malgré les recommandations d’un rapport d’experts, le gouvernement américain a annoncé, mercredi 14 septembre, qu’il n’avait pas l’intention d’euthanasier [sic!] 45 000 chevaux sauvages dans l’ouest du pays. Le projet d’abattage massif de ces herbivores avait déclenché la colère des militants de la cause animale.

Pour limiter la croissance des équidés sauvages dans cette partie du territoire américain, les autorités en charge de la protection de la nature assurent se démener pour trouver des personnes susceptibles d’adopter ces animaux.

Ces images de chevaux sauvages en train de courir sont splendides, émouvantes. Regardons toutefois les faits tels qu’ils sont vraiment, car ici c’est incomplet, voire faux.

Aux Etats-Unis, surtout au Nevada et au Colorado, il y a des chevaux sauvages, environ 67 000. Officiellement, il existe un organisme d’Etat qui s’occupe de leur situation, le Bureau of Land Management, bureau administrant les terres appartenant à l’Etat américain.

Comme on ne plaisante pas avec la vie sauvage, il existe même une loi, la Wild and Free-Roaming Horses and Burros Act of 1971, protégeant les chevaux sauvages, ainsi que les ânes sauvages appelés burros, qui n’ont pas le droit d’être déplacés ni tués.

Seulement, capitalisme oblige, l’intérêt de pratiquer la contraception, voire la vaccination de ces chevaux, est considéré comme coûtant trop cher. Il faut 50 millions de dollars par an pour les gérer. A titre de comparaison, le nouveau bateau de guerre américain, qui vient d’être prêt, le USS Zumwalt, a coûté 7,5 milliards de dollars.

A cela s’ajoute que les pâturages pourraient servir pour le « bétail » d’entreprises, toujours prêtes à profiter des terres publiques…

Le Bureau of Land Management a donc expliqué qu’il allait tuer 45 000 chevaux. En fait, les termes sont plus précis que cela. Le terme absurde « euthanasier », employé de manière lamentable par Le Monde, n’est pas employé.

Il a été parlé de les vendre « sans limites » (« without limitation ») ou bien sinon de les « détruire de la manière la plus humaine possible » (« destroyed in the most humane manner possible »).

En clair, cela signifierait que des industriels canadiens ou mexicains seraient venus les chercher pour les amener aux abattoirs, ou bien que les particuliers pourraient en « adopter », en fait en acheter. Devant le scandale que cela a provoqué, c’est cette seconde option qui a été mise en place.

Il faut bien saisir ici aussi l’enjeu idéologique. Pour les défenseurs des animaux ayant connaissance de la situation, le discours sur la surpopulation de chevaux est un prétexte inventé pour satisfaire les industriels qui espèrent récupérer les terres publiques pour le bétail.

Ici, pas de « preuves » : il faut faire son choix, en s’appuyant sur sa vision du monde…

Il y a aussi la question naturelle. Les anti-Nature disent que la population équine ne s’équilibre pas, car elle n’a pas de prédateurs, il faut donc réguler la Nature incapable de le faire, etc.

Là aussi, il faut faire son choix…

Nicolas Sarkozy relance le climato-scepticisme

Au moment de la COP 21, il y a eu une vague de gloriole institutionnelle d’un côté, un grand scepticisme de l’autre. Or, il fallait critiquer cette mascarade de bout en bout.

Car qui n’avance pas recule et forcément, si le réchauffement climatique n’est pas combattu à l’échelle mondiale, on connaît un recul vers le nationalisme égoïste.

C’est Nicolas Sarkozy qui s’est chargé de lancer le processus en ce sens. Il a expliqué hier, lors d’une visite devant des chefs d’entreprises à l’Institut de l’entreprise, que le réchauffement climatique n’était pas réellement lié à l’activité humaine, et qu’il y avait une autre préoccupation plus importante.

Voici ses propos, officiels car confirmés, relatés par Le Figaro.

«On a fait une conférence sur le climat. On parle beaucoup de dérèglement climatique, c’est très intéressant mais ça fait 4,5 milliards d’années que le climat change. L’homme n’est pas le seul responsable de ce changement», a estimé Nicolas Sarkozy, selon des propos rapportés à l’AFP par son directeur de campagne, Gérald Darmanin.

L’ancien président a poursuivi: «Je préférerais qu’on parle d’un sujet plus important: le choc démographique. La France doit porter une conférence sur la démographie. Jamais la terre n’a connu un choc démographique tel qu’elle va le connaître, puisque nous serons onze milliards dans quelques années. Là, l’homme en est directement responsable. Et personne n’en parle», a-t-il encore regretté, sans pour autant formuler de mesure concrète sur le sujet.

C’est une approche classique. Il est tout à fait juste de dire que l’explosion démographique est un problème. La planète ne peut pas soutenir l’existence d’une humanité aussi nombreuse et aussi destructrice.

Cela ne veut pas dire que la vie ne doit pas se développer : au contraire, les fusées spatiales pourront élargir le terrain de la vie…
Mais ce n’est pas l’approche universaliste de Sarkozy, qui raisonne en termes au contraire totalement étroits, d’esprit nationaliste.
D’ailleurs, cela n’a rien de nouveau chez Sarkozy. Ce qui est grave, c’est l’impact de ces propos en pleine rentrée politique, alors qu’il est l’un des favoris pour la présidentielle.

Voici une très bonne compilation des propos délirants de Sarkozy et de ses amis, datant d’avril 2016. Cela vaut le coup et on en rirait si ce n’était pas, au-delà du pathétique, totalement terrifiant.


L’écologie selon Sarkozy – Le Petit Journal du… par CANALPLUS

Cette dynamique « climato-sceptique » lancée par Nicolas Sarkozy est extrêmement grave. L’impact est dévastateur, dans la mesure où cela va être la ligne de toute une droite « décomplexée ».

Elle a bien été aidée en cela par une « gauche » qui a fait de l’écologie un simple vecteur de modernisation et de boboisation.

Il ne faut pas laisser la « gauche » torpiller la nécessaire défense de la planète, il ne faut pas vouloir un retour en arrière à la zadiste, il faut combattre les projets fondés sur le profit qui défigurent la vie sur Terre.

L’enjeu essentiel, en ce début de 21e siècle, est la bataille pour que l’humanité reconnaisse qu’elle est une partie seulement de la Nature, une composante seulement et qui doit donc reconnaître le principe « la Terre d’abord ! », défendant toute forme de vie de manière toujours meilleure !

« Vegan et fière de l’être », mais en fait non

C’est un exemple anecdotique, mais qui révèle la tendance de fond : le véganisme disparaît au profit d’un « antispécisme » qui se veut une philosophie de la « déconstruction », et non pas une morale avec des valeurs bien précises.

C’est un glissement insidieux qui se fait, à partir des bobos et au moyen de leurs médias. En l’occurrence, il s’agit de ChEEk magazine (cheek signifiant la joue en anglais, avec un jeu de mot avec « chic »), qui titre son article :

Nili Hadida: la voix de Lilly Wood And The Prick est vegan et fière de l’être

Nili Hadida, la voix du duo Lilly Wood and the Prick, est marraine du festival vegan Smmmile, qui se déroulera à Paris du 16 au 18 septembre. On a parlé avec elle de son engagement.

Nous avons déjà parlé de ce festival parisien qui se tient la semaine prochaine et qui est un divertissement exotique pour bobos, le véganisme faisant office de nouveauté à la mode, pseudo-alternative, prétexte à un nouveau style, etc.

Voici donc ce qu’explique la chanteuse :

À quand remonte ton veganisme? Quel a été le déclic?

J’ai toujours eu une très grande sensibilité pour les animaux, mais surtout une compassion envers les plus faibles et les injustices en général. Je suis devenue végétarienne d’abord. Puis, en me renseignant sur la façon dont sont obtenus les produits dérivés des animaux, je me suis rendu compte que les raisons qui m’avaient poussée à arrêter la viande s’appliquaient d’autant plus à ces produits. Je me suis sentie hypocrite et j’ai horreur de ça. J’ai donc sauté le pas il y a un an et demi.

Et voilà que deux questions plus loin, cela donne ça :

Au niveau vestimentaire, appliques-tu aussi les préceptes vegan, notamment pour les chaussures?

Je n’achète quasiment plus de cuir. Il m’est arrivé de craquer et d’acheter une paire de chaussures en cuir l’année passée. J’espère ne pas re-craquer.

C’est très, très dur pour moi car j’ai un goût assez prononcé pour les objets de luxe ou la mode.

Mais je refuse de faire passer ces goûts avant la vie d’un animal. C’est super égoïste si on y pense.

Je porte encore les chaussures en cuir que je me suis offertes avant mon changement de vie.

Dire tout et son contraire : voilà qui est tellement middle class! Cette chanteuse refuse de « faire passer ces goûts avant la vie d’un animal », tout en expliquant qu’elle a acheté du cuir, qu’elle en porte encore…

Cela rejoint ce courant libéral – libertaire du « je suis vegan tout en ne l’étant pas », et c’est bien à cela que sert la généralisation du mot « antispéciste » : masquer l’incohérence.

C’est du tout bonnement n’importe quoi… à moins que ce soit la faute de la revue, puisque vegan en anglais signifie végétalien et vegan à la fois, ce qui pose un vrai souci. Sauf que la chanteuse est parisienne depuis bien longtemps.

Voici même comment la décrit Libération :

« Vegan et «antispéciste», elle est porte-parole de l’association L214 qui dénonce les mauvais traitements faits aux animaux dans les abattoirs. »

Tout se rejoint immanquablement, dans le cercle vicieux de la « tendance » qui n’est qu’une bulle. Cette vague « antispéciste » est simplement portée par des couches sociales liées à la petite-bourgeoisie des centre-villes et aux entrepreneurs avides de nouveaux marchés « hyper », ainsi que par des gens fuyant la réalité et trouvant un moyen idéal de le faire et de devenir à la fois misanthrope et valorisable.

Il y a fort à parier que leur véganisme soit souvent à la carte, car quand on professe le libéralisme ou l’égocentrisme aboutissant à l’égoïsme, on l’applique.

Et on peut légitimement penser que c’est un pur effet de mode. Jamais les gens ayant rejoint le véganisme sur une telle base ne le resteront. Soit ils le restent s’ils ciblent un secteur capitaliste de « niche », et là il faut en être… Soit cela tournera en flexitarien.

Le capitalisme cannibalise tout et cible le véganisme… Mais il ne réussira pas dans sa tentative de phagocytage!

Les légumineuses promues par l’ONU

On n’en entend malheureusement pas parler, mais l’ONU a fait de 2016 « l’année internationale des légumineuses ». On sait à quel point: soja, pois chiche, haricot, lentille sont essentiels, puisqu’il s’agit de la source de protéines que nous mettons en avant.

L’ONU, dont l’administration sait bien que la production mondiale de « viande » conduit à une catastrophe, s’est aperçue qu’il n’existait même pas de base scientifique mondiale au sujet des légumineuses…

Aussi a-t-elle pris l’initiative de la constituer :

Les petites graines regorgent de nutriments et constituent une source fantastique de protéines.

De nombreux articles scientifiques ainsi que les tables et les bases de données nationales de composition des aliments contiennent des données relatives à la composition des légumineuses.

Cependant, aucune ressource exhaustive sur leur composition alimentaire, avec des données harmonisées et évaluées selon une norme commune, n’existe actuellement à l’échelle mondiale.

Pour combler cette lacune, la FAO travaille à la mise au point d’une base de données mondiale FAO/INFOODS sur la composition alimentaire des légumineuses, qui constituera l’une des principales réalisations de l’Année internationale. (…)

Une base de données sur la composition alimentaire est un outil qui catalogue les teneurs en micronutriments, en macronutriments et en phytochimiques des aliments.

La base de données mondiale FAO/INFOODS sur la composition alimentaire des légumineuses comportera deux volets: le premier sera un référentiel de données analytiques tirées de plus de 22 000 articles scientifiques et d’autres sources telles que des rapports de laboratoire non publiés; le second sera une interface facile à utiliser et illustrant les profils nutritionnels complets – y compris 28 nutriments et acides aminés—des différents types de légumineuses.

En clair, cela signifie aussi qu’aucun discours pseudo-scientifique niant le végétalisme n’a de fondement, dans la mesure où les légumineuses n’ont jamais été réellement étudiées…

Voici d’intéressantes présentations proposées par la FAO, l’organisation de l’ONU pour l’alimentation, au sujet des légumineuses.

Elles sont formulées dans une problématique mondiale. Cela doit être exactement la nôtre. Au contraire des zadistes, des décroissants, des localistes, des partisans catholiques de la sobriété, des réformistes de la cause animale, il faut avoir immédiatement une perspective mondiale… Les quarante prochaines années sont décisives!

Lettre de Ronnie Lee de 1992 à sa libération

Après avoir fondé l’ALF en Angleterre en 1976, Ronnie Lee fut condamné en 1986 pour en être devenu son porte-parole. Voici sa lettre au mouvement au moment de sa sortie, en 1992.

Le 13 novembre, j’ai été libéré après avoir fait 6 ans, 8 mois d’une sentence d’emprisonnement de dix ans et j’écris cette lettre pour remercier tous les gens qui m’ont donné un merveilleux soutien durant mon temps en prison.

Pendant ma sentence, j’ai reçu plusieurs milliers de lettres d’amis et de sympathisants, ce qui m’a vraiment aidé pour mon moral à travers les années passées à l’intérieur.

En raison du volume de lettres, je n’ai malheureusement pas été en mesure de répondre à chaque personne m’ayant écrit, aussi j’espère que ceux qui n’ont rien eu de moi accepteront cette lettre de gratitude pour leur gentillesse.

De mon point de vue, il est totalement erroné que quiconque soit envoyé en prison pour des activités de libération animale et la longue sentence qui m’a été imposée a été particulièrement outrageuse, mais dès le départ j’étais déterminé à ne pas m’effondrer et à utiliser au mieux mon temps en prison.

J’avais aussi à l’esprit de faire tout mon possible pour ne pas devenir déprimé ou négatif dans mon attitude, étant donné que cela donnerait aux personnes abusant les animaux et leurs amis au pouvoir une autre victoire sur moi.

Tout d’abord, j’avais décidé d’être vraiment en forme et de le rester, ayant saisi que si ceux au pouvoir allaient me voler quelques années de ma vie au moyen de la sentence d’emprisonnement, j’avais à rattraper ces années en maintenant un niveau de forme qui renforcerait mes chances de vivre plus longtemps.

C’est pourquoi durant mon temps en prison, j’ai fait en sorte d’avoir un exercice rapide chaque jour, consistant notamment au badminton, tennis ou footing.

Pendant plusieurs années avant d’aller en prison, j’avais un intérêt pour les langues étrangères, mais il n’a jamais été possible que j’ai le temps d’en apprendre aucune. Cependant, avec le temps disponible pour moi en prison, j’ai été en mesure de le faire et à la fin de ma sentence, j’avais obtenu le niveau « A » en français, en allemand, en italien et en espagnol.

J’ai maintenant l’attention d’utiliser cette connaissance pour aider le mouvement pour les droits des animaux dans d’autres pays et j’ai établi beaucoup de contacts à l’étranger.

En prison, j’ai également été un des fondateurs de la revue pour la libération animale Arkangel.

Maintenant que je suis libéré, j’ai l’intention d’aider à l’expansion d’Arkangel dans une série de projets, pour fournir une aide au mouvement pour les droits des animaux et en particulier pour les groupes locaux des droits des animaux.

Adopter une attitude positive m’a certainement aidé au cours de ma sentence d’emprisonnement, mais je crois aussi qu’une telle attitude est vitale pour le mouvement de libération animale en tant que tel.

Il y a bien entendu encore un long chemin à parcourir, mais nous sommes graduellement en train de gagner la guerre contre la persécution des animaux et je suis convaincu que beaucoup d’autres victoires nous attendent.

Merci encore à tout ceux qui m’ont donné leur bienveillance et leur soutien. Si quelqu’un souhaite me contacter, il est possible de le faire par l’intermédiaire de l’adresse de la revue Arkangel.

Bien à vous, pour la libération animale

Ronnie

La Revue Arkangel

Les couvertures d’arkangel

La couverture d’Arkangel numéro 12

Le naturalisme d’Arkangel dénoncé à la française

 

Interdiction institutionnelle d’une campagne contre la castration des porcelets

C’est un exemple tout à fait représentatif de ce qui est vrai : les éleveurs sont des fanatiques de l’exploitation animale, parmi les plus agressifs des businessmen, les réformistes de la protection animale sont des faire-valoir d’un masque de démocratie, rien n’est possible sans un véganisme populaire mobilisant à la base en remettant fondamentalement en cause toutes les institutions.

Car là, ce qui s’est déroulé relève ni plus ni moins que du coup de force.

A la base, il y a l’ancienne PMAF (Protection Mondiale des Animaux de Ferme), une association outrageusement réformiste qui a pris d’ailleurs l’année dernière le nom de Welfarm. Cela fait plus « ONG international », c’est sûr.

Elle a lancé une campagne d’affichage contre la castration à vif de porcelets. Notons que cette affiche, de part son « slogan » « couic ! » est de très mauvais goût.

85% des porcs sont castrés sans anésthésie… Comparons cette situation actuelle à cette information de l’AFP, en 2012…

La fin de la castration des cochons, c’est pour demain en France
Les premières viandes de porcs non castrés doivent être mises sur le marché français à partir de mars 2013.

Les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

Et là qu’est-ce qui s’est passé, avec ces affiches ? Les agriculteurs ont menacé d’agir… Donc les institutions ont pris cela comme prétexte pour interdire la campagne d’affichage à Brest, à Langueux, à Saint-Brieuc.

La préfecture de la Sarthe a assumé la mesure à l’échelle du département… Sans d’ailleurs rien communiquer de public à ce sujet sur les médias sociaux… Résultat, au Mans les affiches ont été enlevées.

On voit bien ici que la situation est ce qu’elle est : l’exploitation animale est organisée, solide, capable de pressions efficaces. Les institutions se mettent à leur service, comme du capitalisme en général.

Les réformistes du « bien-être animal » ne sont que les aménageurs de l’exploitation animale, et encore ils n’y parviennent même pas réellement. Ils n’y parviennent que lorsque les grosses boîtes ont besoin de mesures pour couler les petites boîtes ne pouvant pas suivre.

Il est tout à fait clair qu’il n’est pas possible de passer « par en haut », par les institutions, au moyen de campagnes qui tentent de forcer une voie dans l’opinion publique.

Seul peut réussir un travail à la base, avec la population dans son existence quotidienne, modifiant son approche concernant la Nature, lui faisant comprendre la nature doublement odieuse de ce que représente les McDonald’s, les kébabs et les restaurants du terroir (socialement et par rapport aux animaux).

Il faut des personnes ancrées dans les réalités locales, expliquant le caractère des phénomènes qui s’y déroulent à la lumière de la nécessité de défendre la Nature, d’aimer les animaux et de promouvoir le véganisme.

Sans cela, la situation sera toujours la même : une petite pression des éleveurs, les institutions qui bougent un levier administratif… et toute possibilité d’avancer sera bloquée.

Véganisme, droits des animaux, abolitionnisme et antispécisme

Puisque nous avons parlé de droit hier, montrons ici par quelques raisonnements très simples pourquoi le but des gens aimant les animaux doit être le véganisme, et non pas les « droits des animaux », « l’abolition », « l’antispécisme ».

Prenons des exemples concrets et voyons comment évoluent les situations tant le véganisme comme système de valeurs, que de l’autre côté le droit favorable aux animaux.

Comme premier cas, imaginons qu’on ait une personne qui achète d’occasion un blouson de cuir. C’est une situation qui n’a aucune originalité, on voit facilement de quoi il en retourne.

Si l’on prend le véganisme, comme système de valeurs, alors cette personne fait quelque chose d’incorrect. En effet, le véganisme présuppose la non-utilisation de tout produit d’origine animale.

Or, il est aisé de voir que le droit des animaux ne peut rien lui reprocher en tant que tel, de manière directe. En effet, au sens strict, la personne n’a pas porté elle-même atteinte aux animaux. Elle n’a pas participé directement à l’exploitation animale.

Que le blouson de cuir soit jeté à la poubelle ou revendu, de manière directe cela ne concerne plus l’exploitation animale, du moins en apparence, et en tout cas juridiquement par rapport à cette personne.

Le véganisme peut lui reprocher quelque chose, en tant que philosophie. Mais ni le droit des animaux, ni l’abolitionnisme, ni l’antispécisme n’a de fondements pour le critiquer, puisque le droit concerne les actes de l’individu et qu’au sens strict, son action n’a pas relevé d’un soutien direct à une atteinte aux animaux.

Prenons un second exemple, avec une personne qui considère qu’elle peut acheter un produit contenant, dans une proportion faible, très faible, ou infime, des produits d’origine animale. Elle justifierait cela, par exemple, en disant que ce n’est rien du tout par rapport à l’ampleur du problème.

Ici, le véganisme aurait une critique très simple, mais qu’en est-il juridiquement ? Faut-il considérer que la personne se comporte plutôt bien, ou plutôt mal ? C’est le paradoxe du verre à moitié plein, à moitié vide.

Prenons un troisième exemple, avec une personne qui considère qu’elle va devenir vegan, lorsqu’une partie significative de la société le sera.

Le véganisme peut, en tant que philosophie, encore une fois critiquer une position qui n’est qu’une posture. Inversement, sur le plan juridique, l’intention est bonne et justement, l’intention est d’une grande importance juridiquement.

Prenons justement un quatrième exemple : une personne consomme, par inadvertance, quelque chose contenant des produits d’origine animale.

Le véganisme considère que c’est une faute. Bien sûr on peut y mettre de la compréhension, mais le blâme reste : c’est une question d’attention nécessaire.

Mais pour le « droit », s’il n’y avait pas intention, alors on ne peut pas blâmer cette personne. Elle n’a pas voulu le faire, et comme le droit se fonde sur les faits mais aussi les choix individuels, alors on a ici uniquement une erreur, nullement une faute.

Le débat sur ce point n’a d’ailleurs rien d’original ; il est une distinction essentielle entre le jaïnisme et le bouddhisme, le second excusant s’il n’y avait pas intention.

Quand on voit tout cela, on comprend tout à fait pourquoi le terme de véganisme est à la fois de plus en plus connu dans la société française, et en même temps abandonné en termes « militants », au profit des concepts de droits des animaux, d’abolitionnisme, d’antispécisme.

Le véganisme présuppose, par définition, une révolution individuelle sur le plan des comportements, ainsi qu’en termes de rapport sociaux, si l’on est conséquent. Cependant, les vegans ne sont nullement révolutionnaires en soi et, forts de vouloir une intégration sociale – surtout s’ils viennent de milieux aisés, favorisés – ils ont besoin d’inventer une forme adéquate pour leur propre compromission.

Le véganisme disparaît alors à l’arrière-plan, au profit d’un discours sur le droit. Mais tout discours sur le droit comporte, par définition, au-delà de l’implication institutionnelle (que nous refusons), des nuances, des différenciations, des évaluations.

Le véganisme, par contre, voit le monde en noir et blanc, il y a ce qui est bien et ce qui est mal. Le paradoxe du discours sur le droit, c’est qu’il nie cette notion de bien et de mal, au profit d’attitudes individuelles justes ou injustes, ces attitudes pouvant elles-mêmes, forcément, être nuancées à l’infini.

Ceci explique le glissement de plus en plus « réformiste » de ceux et celles qui parlent de droit : au lieu d’assumer une moralité stricte, il y a le glissement vers des « évaluations », à l’infini, des situations.

Le diplôme universitaire « Droit animalier » de Brive-la-Gaillarde

Le Monde en a parlé et si nous sommes toujours au moins sceptiques envers tout ce qui a un rapport avec les institutions, nous ne voyons pas de raison de changer d’avis devant une escroquerie de plus.

L’article du Monde s’intitule L’université de Brive lance un diplôme pour défendre les animaux et présente un diplôme d’université dont les cours se déroulent sur sur le Campus Universitaire de Brive de l’Université de Limoges, à Brive-la-Gaillarde.

Voici la présentation universitaire du cursus en question :

L’objectif du Diplôme d’Université en droit animalier est de permettre à des étudiants en droit ou à des juristes confirmés (avocats, magistrats, juristes au sein d’association de protection animale…) d’acquérir les connaissances dans le domaine du droit applicable à l’animal.

Ce Diplôme d’Université propose un enseignement de spécialité en droit animalier, sur une matière qui n’est jamais enseignée dans le cursus commun de la Licence et du Master en droit (quelle que soit la spécialisation).

Ce DU s’adresse également à des professionnels ou futurs professionnels de la protection animale (vétérinaires, inspecteurs vétérinaires, membres d’associations…), qui ont une connaissance générale des règles applicables à l’animal et souhaiteraient parfaire leur maîtrise de la technique juridique dans ce domaine.

Dans une approche intellectuelle riche, intégrant à la fois une dimension historique, philosophique, anthropologique et une approche tant nationale, qu’européenne et internationale du droit, le but est d’amener l’étudiant à comprendre la discipline à travers une présentation des règles applicables à l’animal et de l’interpeller sur l’enjeu du statut juridique de l’animal et les difficultés de son évolution.

Pourront s’inscrire des titulaires d’une licence 2è année de formation Droit, AES, Philosophie, etc, (étudiants, professionnels du droit), ainsi que des vétérinaires ou étudiants vétérianires.

Les personnes ne disposant pas d’un niveau Bac + 2 mais justifiant d’un intérêt particulier et de connaissances de bases en droit animalier lors de leur candidature (ex : membres d’association de protection animale) pourront toutefois être acceptées par décision du jury.

En apparence, tout cela a l’air plutôt pas mal. Sauf qu’en pratique, c’est du vent et rien d’autre, et encore c’est insulter le vent qui est lui une réalité naturelle tout ce qu’il y a de plus concret.

En effet, ce diplôme s’appuie sur une formation… de 54 heures, réparties sur 9 journées au cours des deux premières semaines du mois de septembre.

Autant dire que cela ne s’appuie sur rien du tout : c’est un diplôme gadget. C’est un simple passe-temps, qui n’apportera rien aux animaux. Déjà le droit en général n’est rien par rapport au rapport de force, mais là ce n’est même pas une formation juridique sérieuse…

Évidemment, son existence fera du plaisir à Jean-Pierre Marguénaud, professeur de droit privé, fondateur de la Revue semestrielle de droit animalier et cocréateur du diplôme, parce que cela fait avancer ses pions dans les institutions.

Mais qu’est-ce que cela changera à la situation des animaux, aux mentalités des humains, aux choix de société, à la réalité des entreprises ? Rien du tout et il suffit de citer l’article du Monde pour saisir la vanité du projet :

« Les débouchés ne sont pas assez importants pour créer un master à part entière, juge de son côté Lucille Boisseau-Sowinski [Maître de conférences en droit privé à l’Université de Limoges et l’autre co-créatrice du diplôme]

Les responsables juridiques d’associations ou les avocats qui prennent des dossiers de droit animal le font en général en parallèle d’autres activités.

C’est pourquoi notre diplôme, ouvert aux bac + 2, ne mène pas à un métier mais à des connaissances, une spécialisation complémentaire à un parcours. » (…)

Quand l’étudiante a annoncé qu’elle suivrait le cursus de Brive, elle s’est vu rétorquer : « Si cela vous fait plaisir, allez-y, mais pour votre carrière, cela ne servira à rien. »

Eh oui, cela ne sert à rien, à part flatter son ego, donner une caution morale à des institutions qui pourraient soit disant évoluer, trouver des places dans les institutions autour d’un thème « nouveau » qui ne sert qu’à une chose : gagner du temps, temporiser par rapport à l’inéluctable révolution qui va arriver dans les prochaines décennies, tellement la catastrophe est immense.

C’est une preuve de plus que le système, en tout cas, parvient à canaliser des énergies vers des voies de garage. Car il est bien beau de faire un cursus de deux semaines avec des exemplaires du code civil estampillés du logo de la Fondation 30 Millions d’amis, mais il n’y a aucun rapport avec la bataille pour faire triompher le véganisme à l’échelle de la planète…

On est ici dans une démarche totalement individuelle, d’esprit existentialiste. Voici un petit aperçu donné par Le Monde des gens faisant ce parcours :

Conséquence de ce choix [d’un cursus court] : une première promotion très hétérogène. Parmi les 29 admis – sur 83 candidatures reçues –, on compte 17 étudiants en formation initiale et 12 en formation continue, âgés de 21 ans à 61 ans et provenant de 17 départements.

Une magistrate, des avocats ou un professeur de philosophie côtoient ainsi des étudiants en sciences politiques, en droit, en éthologie, des attachés territoriaux ou encore un comportementaliste canin. Un seul trait commun rassemble une majorité des élèves : 24 sont des femmes, pour seulement 5 hommes. (…)

Plus qu’une ligne supplémentaire sur leur CV, c’est surtout la perspective d’une meilleure protection des animaux qui motive les étudiants. Tous sont des passionnés de la première heure, souvent militants. Comme Alice Rodriguez, une rousse de 23 ans, titulaire d’un master 1 en éthologie à Paris-13, qui vient de fonder un collectif avec des « amis du mouvement Nuit Debout » pour organiser des débats et, à terme, créer des sanctuaires pour animaux.

C’est vrai : à un tel panorama universitaire, institutionnel, faussement révolutionnaire, il ne manquait plus que l’esprit bobo « nuit debout » !

Caroline De Haas directrice de campagne de Cécile Duflot pour la primaire écologiste

Voici un tweet de Caroline De Haas. Comme elle ne parle jamais d’écologie (et encore moins des animaux), on se dit qu’elle s’y met un peu.

En fait, pas du tout. Elle savait déjà ce qu’elle allait annoncer aujourd’hui : elle devient directrice de campagne de Cécile Duflot pour la primaire écologiste.

Sans pour autant adhérer à EELV ! C’est-à-dire que si Cécile Duflot gagne la primaire, Caroline De Haas va se retrouver propulsée d’un coup à la direction d’EELV… C’est beau la bataille des idées.

Voici un autre tweet, où Caroline De Haas explique qu’elle est arrivée aux journées d’été d’EELV fin août.

Comme il faut tout de même faire un peu semblant, voici ce qu’on pouvait lire hier comme explication de Caroline De Haas.

« Je suis en pleine transition écologique dans ma tête et ma pratique quotidienne. Comme avec le féminisme il y a dix ans, j’ai basculé. »

C’est sûr que quand on n’a jamais parlé d’écologie, mais que subitement on devient une directrice de campagne pour prendre la tête d’EELV, il faut en effet au moins un peu de poésie politicienne.

Mais au-delà de cela, reconnaissons surtout un discours classique des gens de la « gauche américaine » qui veut « déconstruire ». Ce qu’on dit ne veut rien dire, mais on s’approprie un discours en apparence « révolutionnaire », tout cela pour s’arroger des places dans les institutions, à l’université ou dans l’Etat, à travers un questionnement « existentiel »…

Car le plan de carrière était plombé. Au niveau des idées, elle n’a rien à dire à part un féminisme justifié mais entièrement borné dans un esprit « paritaire », au point que même Aymeric Caron, de manière fort juste, se moque dans l’émission On n’est pas couché de son vide complet en termes de propositions.

C’est qu’en apparence, encore une fois, Caroline De Haas est une « contestataire ». Les médias ont en effet beaucoup parlé d’elle au moment du projet de loi travail, sa pétition en ligne ayant eu dans la foulée un immense succès.

Sauf que c’est du cinéma. A la base, Caroline De Haas, fille de parents médecins, est une cadre du PS : elle a appartenu au Mouvement des jeunes socialistes, ensuite logiquement au Parti socialiste, et elle est même devenue attachée de presse du porte-parole du parti (Benoît Hamon)…

Elle a également été conseillère chargée des relations avec les associations et de la lutte contre les violences faites aux femmes au sein du cabinet de Najat Vallaud-Belkacem…

Elle est entièrement liée historiquement au PS et à François Hollande… Si elle est partie, c’est non pas pour les idées, car elle assume ouvertement d’avoir uniquement un côté « pratique », mais par esprit de carrière.

Sauf que sa carrière était jusque-là mal partie. La liste « Féministes pour une Europe solidaire » dont elle avait la tête a obtenu 0,29 % aux élections européennes de 2014.

Caroline De Haas a donc changé une troisième fois de ligne, s’adaptant afin de faire carrière, son féminisme étant un levier afin de s’insérer dans un programme en prétendant apporter des revendications d’égalité…

On nous trouve dur ? Voici la déclaration de Caroline De Haas publiée sur Mediapart hier. Il suffit de lire : il n’y a strictement rien. Le mot « écologie » revient deux fois, juste en passant. On reconnaît tout à fait le hold up.

Demain nous appartient!

Pourquoi je rejoins aujourd’hui la campagne de Cécile Duflot pour l’élection présidentielle.

Il y a 2 ans, j’ai lu « De l’intérieur : Voyage au pays de la désillusion », le livre écrit par Cécile Duflot après son départ du gouvernement. A cette époque, je ne connaissais pas bien l’auteure. Il y a deux choses qui m’ont marquée dans ce livre.

La première, c’est quand Cécile Duflot raconte qu’elle a cru au début que les ministres écolo n’étaient pas invité.e.s aux réunions politiques du gouvernement. En fait, elle a pris conscience que ces réunions dans lesquelles on débat, on construit une orientation, on se convainc, on teste des idées, on travaille… n’existaient tout simplement pas. Le pilotage des politiques publiques, des décisions économiques, sociales ou écologiques reposait donc soit sur le bon vouloir du Président de la République, soit sur des notes réalisées par des techniciens, sans aucun doute très compétent.e.s, mais à aucun moment élu.e.s pour mettre en place un programme politique.

La deuxième chose dont je me rappelle, c’est qu’elle raconte dans ce livre le moment de sa rupture personnelle avec cette politique. Pour Cécile Duflot, c’est intervenu lorsque Manuel Valls a expliqué que les Roms n’avaient pas vraiment vocation à s’intégrer en France. Rupture accentuée par le fait que le Président n’a pas jugé utile de recadrer le ministre de l’intérieur pour ces propos qui ouvraient les vannes du racisme et de la discrimination (déjà bien ouvertes par le gouvernement précédent).

J’ai trouvé dans ce livre l’enthousiasme de se dire que lorsqu’on fait de la politique, on peut changer le monde, faire bouger les lignes, penser en permanence des alternatives pour faire reculer les inégalités. J’ai trouvé aussi de la révolte. Ce qui fait qu’on trouve l’énergie de se lever le matin pour essayer par tous les moyens à notre disposition de faire changer les choses, c’est parce que ce que nous voyons autour de nous n’est pas satisfaisant.

En fait, ce que nous voyons autour de nous n’est pas seulement insatisfaisant. C’est intolérable. Ca dépasse l’entendement.

Comment est-ce possible que notre monde soit aussi riche et que des personnes meurent (littéralement) de faim tous les jours ? Comment est-ce acceptable que chaque jour, en France, 230 femmes soient violées par des hommes qui, dans l’immense majorité des cas, ne seront jamais condamnés ? Comment est-ce tenable que des personnes travaillent plus de 40 ans et finissent avec à peine plus que le SMIC ? Comment est-ce rationnellement compréhensible qu’un premier ministre, tout seul, décide de continuer à balancer des déchets toxiques dans la mer Méditerranée ? Comment comprendre que plus de 5 millions de personnes soient inscrites à Pôle Emploi pendant que des millions de salarié.e.s soient en surchauffe ?

J’arrête, vous voyez le concept. ;-) Ce livre m’a plu. Je me suis dit à l’époque que j’étais d’accord avec ce qu’elle écrivait sur le travail, l’écologie, le racisme ou le féminisme.

Deux ans après avoir lu Cécile Duflot, je rejoins son équipe.

Il y a plusieurs choses qui m’ont décidée.

D’abord, Cécile Duflot est une responsable politique connectée avec le réel. Responsable politique, elle a chevillé au corps cette conviction que lorsque des personnes se rassemblent, réfléchissent, parlent, s’engagent, on peut déplacer des montagnes. La politique, c’est jamais parfait, mais c’est le meilleur outil que nous ayons pour changer le monde. « Connectée avec le réel » : je suis intimement convaincue qu’on ne peut diriger un groupe, une collectivité ou un pays si on ne comprend pas ce que vivent les personnes pour lesquelles nous devons prendre des décisions. Cécile Duflot connaît les galères de métro ou de mère célibataire. Etre connecté.e au réel ne suffit pas à faire une bonne politique. Mais ça aide à prendre les bonnes décisions.

Ensuite, Cécile Duflot tient bon. Je retrouve dans son engagement ce que j’aime dans l’engagement féministe. On sait que c’est pas tous les jours facile de changer le monde. Mais on est déterminées. Parce que notre horizon n’est pas négociable. On ne négocie pas l’égalité. On ne négocie pas l’écologie. On ne négocie pas la décence d’un salaire ou le bien-être au travail. On trouve le moyen, coute que coute, d’avancer.

Enfin, Cécile Duflot représente à mes yeux la meilleure chance de réaliser l’union de la gauche. Je suis convaincue que si nous voulons transformer le réel, nous devons construire une offre politique à vocation majoritaire dans ce pays. Cécile Duflot peut incarner ce rassemblement et ce dépassement.

J’ai envie de participer à une aventure qui permette de faire émerger d’autres thèmes dans la campagne. Une aventure qui permette que 2017 ne se fasse pas sur le burkini ou le coût du travail mais sur les 32 heures, la sortie du nucléaire ou la lutte contre les violences sexuelles. Une aventure qui permette de tester de nouvelles pratiques politiques. Une aventure qui mette les citoyen.ne.s au coeur des décisions et de l’action. Une aventure qui permette de rassembler toutes celles et ceux qui refusent l’ordre établi et veulent prendre le pouvoir pour changer la donne. La campagne de Cécile Duflot, c’est tout cela à la fois !

Bref, à vélo ! (« en marche » était déjà pris)

Caroline De Haas

De la mobilisation sans contenu, donc de l’escroquerie, voilà ce que c’est. D’ailleurs, finissons sur deux exemples culturels révélateurs.

Déjà, un tweet qu’aucune personne réellement progressiste n’aurait pu posté. On est là dans une démagogie, un populisme, voire une beauferie franche.

Et surtout, pour finir, un tweet ignoble, doublement ignoble, révélant le côté « gauche américaine » de Caroline De Haas.

Justifier une relation extra-conjugale, voilà un exemple fort d’esprit individualiste, ultra-libéral, décadent… Tromper son conjoint, ce serait ça la modernité ?

Mais voici ce dont elle se moque, car là on ne peut pas bien lire de quoi il s’agit.

Voilà de quoi se moque Caroline De Haas : du fait qu’il ne faille pas tromper la personne avec qui on vit, du fait qu’on a le droit de savoir qui sont ses parents, de qui on est enfant…

Référendum sur la légalisation du cannabis : 5 arguments pour dire non

Il n’y a pas encore de référendum sur la légalisation du cannabis, mais en ce début septembre 2016, nous pensons que le mouvement pour cela est lancé. La campagne pour la victoire du non à la légalisation du cannabis sera ardue dans un pays pétri d’individualisme et de perte du sens de toute responsabilité sociale.

Il faut donc réfléchir à comment bien formuler les arguments, comprendre les enjeux dans ce qui est une bataille culturelle pour des valeurs ! Voici ce qui pourrait être mis en avant…

1. Le cannabis anéantit le tonus, supprime la volonté, amollit l’esprit de manière profonde, provoque la paranoïa, d’autant plus chez les jeunes dont le cerveau est encore plastique. Le cannabis est un danger pour la santé, qui rend dépendant.

« Mais le lendemain ! le terrible lendemain ! tous les organes relâchés, fatigués, les nerfs détendus, les titillantes envies de pleurer, l’impossibilité de s’appliquer à un travail suivi, vous enseignent cruellement que vous avez joué un jeu défendu. La hideuse nature, dépouillée de son illumination de la veille, ressemble aux mélancoliques débris d’une fête. La volonté surtout est attaquée, de toutes les facultés la plus précieuse. » (Baudelaire, Les paradis artificiels)

2. Le relativisme général se fonde sur une société qui ne serait plus composée que d’individus totalement isolés les uns des autres. Chacun pourrait faire ce qu’il veut, « du moment que cela ne dérange personne ». Le cannabis relève de cet esprit de refus de toute responsabilité sociale.

« Ajouterai-je que le haschisch, comme toutes les joies solitaires, rend l’individu inutile aux hommes et la société superflue pour l’individu, le poussant à s’admirer sans cesse lui-même et le précipitant jour à jour vers le gouffre lumineux où il admire sa face de Narcisse ? » (Baudelaire, Les paradis artificiels)

3. La quête d’un « paradis artificiel » est une fuite hors du monde réel. Cela amène à penser que la réalité ne suffit pas, que pour être heureux il faut quitter ce qui est vrai au profit d’une « joie » illusoire. Le cannabis participe à cette idéologie de la fuite vers ce qui apparaît comme meilleur mais ne l’est pas.

« Cette espérance est un cercle vicieux : admettons un instant que le haschisch donne, ou du moins augmente le génie, ils oublient qu’il est de la nature du haschisch de diminuer la volonté, et qu’ainsi il accorde d’un côté ce qu’il retire de l’autre, c’est-à-dire l’imagination sans la faculté d’en profiter. » (Baudelaire, Les paradis artificiels)

4. La légalisation du cannabis participe à la marchandisation du monde. Aux yeux du capitalisme, tout relève de la marchandise, y compris les animaux, les corps humains, les émotions.

L’élargissement du capitalisme au cannabis est l’expression d’une tendance générale à la commercialisation, à la fabrication de marchandises toujours plus diverses servant toujours à aliéner les esprits.

Le renforcement de cette tendance, à laquelle participe la légalisation du cannabis, ne peut donc qu’être combattue, puisqu’elle se nourrit d’elle-même : la légalisation renforcerait encore plus le mouvement à la marchandisation.

5. L’idéologie du cannabis prétend que celui-ci est naturel, que sa consommation relève d’un choix personnel, qu’il serait moins nocif que le tabac ou l’alcool. En réalité, le cannabis est un fait de société, c’est un produit hautement industrialisé (modifié génétiquement, produit dans des entreprises avec des investissements conséquents, etc.). Quant à la nocivité, ce n’est pas parce qu’elle serait moins nocive que d’autres choses qu’il faudrait l’accepter.

Ainsi, dire non au cannabis, c’est contribuer au combat contre les drogues et l’alcool, c’est ne pas accepter le relativisme, pour au contraire relancer la lutte contre ce qui est nocif.

La lutte contre le cannabis a ainsi une identité historique : celle de refuser le « moindre mal » (la légalisation vaudrait mieux que les mafias), celle de refuser la fuite individualiste dans les paradis artificiels, celle de vouloir une vie naturelle, ce qui amène forcément à reconnaître la Nature !