« Le Nord et l’écologie »

Rien n’est possible sans continuité et sans ancrage local. On peut tenter de contourner cela comme on veut, mais en définitive on n’y coupe pas: pour pouvoir s’adresser aux gens, il faut… les connaître, et disposer d’une crédibilité certaine.

Cela prend du temps, cela demande du travail; cela signifie ouvrir des perspectives, se remettre en cause, étudier la réalité concrète et être capable d’en déceler les possibilités.

Voici un nouvel exemple de cette question d’ancrage locale avec un article de l’amicale progressiste, de Lille.

Il y a quelques jours sortait le classement 2014 des départements selon plusieurs critères écologiques. Le classement est établi par le magazine La Vie et, sans prendre tout ce qui y est affirmé pour argent comptant, il est intéressant de voir ce qui y est dit.

Tout d’abord, l’étude montre que l’année dernière, avec sensiblement les mêmes critères, le Nord se trouvait à la 38e place (sur 94 départements) alors qu’il a, cette année, régressé à la 47e place. Voyons comment cela se traduit au niveau des différents critères pris en compte.

Commençons par la qualité de l’air (avec 11 indicateurs) et la qualité de l’eau (l’eau de consommation mais aussi les eaux de baignade et des milieux naturels). L’année dernière, le Nord se trouvait à la 92e place pour la qualité de l’eau, tout comme cette année.

Pour ce qui est de la qualité de l’air, notre département se trouvait à la 86e position en 2013 tandis qu’en 2014, il descend à la 92e position. Avec les seules données disponibles, il est difficile de dire si ce résultat est dû à une dégradation de la qualité de l’air ou si d’autres départements ont amélioré la leur, entraînant, de fait, la baisse de la note du Nord.

Cependant, on ne peut pas discuter le fait que les résultats du Nord soient désastreux dans ce domaine. Cela montre évidemment l’héritage de la forte industrialisation du département. Mais cela résulte aussi probablement de l’agriculture intensive, car bien qu’on y pense pas tout de suite, le Nord est une région d’agricole.

On peut également évoquer le tissu urbain dense mais aussi l’étalement urbain et, par conséquent, une pollution importante par les gaz d’échappement. De plus, le Nord étant à l’intersection de la Belgique, de l’Angleterre et de Paris, il constitue un axe de transport très fréquenté.

Parallèlement à cela, il y a une mesure de la production d’énergie renouvelable. Alors que notre département était en 4e position l’année dernière, il chute à la 21e cette année. Que signifie cette dégringolade ? Tout d’abord, on peut remarquer qu’il y a eu un changement des critères d’évaluation.

Mais ces critères concernent tous les départements. Peut-être d’autres départements ont fortement développé leurs dispositifs de production d’énergie renouvelable. Ou peut-être y a-t-il eu un véritable renoncement de ce côté. Pour en savoir plus, il faudrait étudier plus précisément l’état des lieux dans notre département.

Pour revenir à l’héritage de l’industrialisation du Nord, un autre critère donne des indications : la gestion des déchets. Dans ce classement, la gestion des déchets est mesurée par la collecte et la valorisation des déchets ainsi que par la gestion des sites pollués. Cette année, tout comme l’année dernière, le Nord est en 88e place.

Ce mauvais résultat peut donc être imputé à une mauvaise gestion des sites pollués (comme les anciens sites industriels) mais pose aussi la question de la collecte des déchets. Ce dernier point demande une étude sérieuse du business juteux des déchets et de la propreté.

Par contre, un autre critère tend à montrer que la pollution liée à l’agriculture pourrait baisser à l’avenir. Alors que, l’année dernière, notre département était classé en 81e place pour le développement de l’agriculture biologique, il atteint maintenant la 60e place.

De tous les critères, c’est celui pour lequel le Nord progresse le plus. Toutefois, il faudrait étudier quels sont les critères pour être certifié biologique. Mais ce résultat reste intéressant car il montre que, puisque l’agriculture biologique se développe, c’est que de plus en de gens consomment des produits biologiques.

Ce point est d’ailleurs renforcé par le critère de consommation durable. Il évalue le nombre d’AMAP (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) et la part de consommation de produits locaux. Alors que notre département était à la 6e place l’année dernière, il est à la 5e place cette année. Malgré la faible progression, le Nord reste en tête dans ce domaine.

Là encore, cela traduit l’engouement des nordistes pour l’agriculture biologique mais aussi pour les produits locaux. Finalement, cela montre que l’agriculture intensive – comme le sucre Beghin-Say par exemple produit à partir de betteraves à Escaudœuvres – a permis de favoriser les circuits courts.

En plus de tous ces critères, la protection de la biodiversité est évaluée. Ce critère est composé de nombreux indices : pourcentage d’espaces protégés, abondance des oiseaux communs, abondance moyenne de papillons par jardin, taux de participation aux observatoires naturalistes et grand public et pourcentage de sols artificialisés.

Pour ce critère, le Nord est passé de 2e l’année dernière à 6e cette année. Malgré une perte de 4 places, le Nord reste plutôt en bonne position.

Les nombreux éléments pris en compte font qu’il est difficile de voir ce qui est en progression ou en régression. Cependant, le fait de mesurer le taux de participation aux observatoires est intéressant dans la mesure où un taux important traduirait un intérêt certain pour le sort des animaux. Ce qui serait une dimension très positive. Mais il est impossible de tirer de telles conclusions uniquement avec les données de cette étude.

Enfin reste le critère est dit « Agenda 21 ». Ce critère évalue les politiques locales de développement durable. Tandis qu’en 2013, le Nord se trouvait en 4e position, cette année, il est en 7e position. Concernant ce critère, on peut se demander à quel point il est significatif vu les scores très bas obtenus pour la qualité de l’eau et de l’air et la gestion des déchets ainsi que les scores en forte baisse de la production d’énergie renouvelable. Là encore, cela demande un exmane plus attentif.

En conclusion, l’étude ne dépeint pas un tableau favorable à l’écologie dans le Nord. C’est d’autant plus regrettable que le Nord est le premier département, avec le Pas-de-Calais, à avoir eu une présidente du conseil régional, Marie-Christine Blandin, qui faisait partie d »un parti écologiste, Les Verts.

L’étude montre donc les points faibles et les défis que le Nord doit encore relever. Mais elle montre aussi des aspects positifs, des pistes sur lesquelles le Nord peut s’appuyer pour développer encore plus l’écologie.

Décès de Serge Moscovici

Il y a une semaine est mort Serge Moscovici. Né en 1925, c’est un chercheur en psychologie sociale, que les médias ont présenté comme l’un des principaux théoriciens de l’écologie politique. Décidément, avec Grothendieck, en ce moment on trouve partout de tels théoriciens tombés du ciel!

En réalité, on l’aura facilement deviné, Moscovici n’était qu’un décroissant. Ses ouvrages, illisibles bien entendu, sont typiques des universitaires faisant des allers-retours aux Etats-Unis et racontant n’importe quoi n’importe comment.

Pour commencer à mieux cerner ce personnage, un de plus dans la mystification anti-Nature en France, voici quelques extraits de réponses qu’il a faites, en 1978, à Jean-Paul Ribes qui était un journaliste de la revue Actuel.

On y voit le coeur de la démarche de Moscovici: une réflexion (sans aucun sens) sur le principe de la domestication (dans une veine proche et éloignée en même temps des « primitivistes », et donc très proche du principe des « ZAD »).

JPR : S’il est solitaire, l’homme de la ville au moins est libre ; idéaliser l’esprit de village, n’est-ce pas oublier tous les réseaux de surveillance, les on-dit, les réputations, toutes ces choses si contraignantes ?

SM : Encore une fois nous ne sommes pas des antiquaires, nous ne cherchons nullement à reconstituer l’ancien, à refaire ce qui a déjà été fait. Le passé ne s’imite pas ; tout au plus peut-il inspirer des créations nouvelles, qui viennent en leur temps et sont de leur temps. Soit, tu as raison, le village français n’est pas un modèle de liberté.

Mais la grande ville ? Cet homme que personne ne surveille, qui se croit parfaitement libre… il est sous surveillance constante, il est mis en carte, chacun de ses déplacements est organisé, conditionné.

Il ne peut s’éloigner de chez lui sans ses papiers, il doit à chaque pas qu’il fait se conformer aux règlements, ne pas marcher là, ne pas s’arrêter ici, respecter les décisions du directeur de la RATP ; bref il est excessivement policé ! (…)

JPR : On présente volontiers les écologistes – « les verts » – comme des défenseurs de la campagne contre la ville. Qu’en est-il réellement ?

SM : S’ils l’étaient vraiment, ce ne serait déjà pas si mal. Cela vaut mieux que de défendre la « technétronique », ce gadget du marxisme pour riches qui permettra de vivre dans la mégalopole ouatée des ordinateurs et donnera à l’Occident une avance définitive sur le reste du monde.

Ou de défendre les camps électronucléaires (le mot de centrale ne suffit pas), les Seveso, les Ekofisk du futur, la prolifération incontrôlable des bombes atomiques qui les accompagne. Cela vaut mieux aussi qu’un marxisme pour pauvres qui vous met le marché en main : ou le Concorde ou le chômage, ou le nucléaire ou l’austérité. Oui, il vaut mieux être un défenseur de la campagne.

Au moins on rappelle ainsi que, dans notre société comme dans toute autre, si l’économie a la parole, la nature a le dernier mot. Ne portons pas d’œillères, ne censurons pas notre envie de terre, d’herbes folles, d’animaux, de silence, par peur de déplaire à Montparnasse, de désespérer Billancourt, d’être mal vu à la Défense !

Cela dit, s’il est vrai que chez les écologistes existe un certain amour de la nature végétale et animale, c’est un peu facile de les réduire a des contemplateurs de la campagne. L’intérêt pour la campagne, comme l’intérêt pour l’anthropologie, pour l’étude des sociétés différentes, prend place dans la recherche d’une vie pleine, d’une vie complète, face aux creux, aux évictions provoquées par la vie urbaine. Nous sommes en effet devenus incapables de répondre à toute une série de problèmes élémentaires, et nous devons recréer des conditions de vie et des relations propres à réintroduire les comportements élémentaires.

Prenons des exemples : si je ne sais plus faire ma cuisine, laver mon linge, réparer mes vêtements, si je ne sais plus, à la limite, en quelle saison nous sommes et ce qui pousse en cette saison, si je ne sais plus prévoir le temps, si je ne sais plus me soigner, c’est que je dépends pour tout cela d’un ensemble, d’une information sociale, au détriment de mon autonomie.

Retrouver des savoir-faire, c’est retrouver l’autonomie. Mais c’est aussi retrouver la tolérance pour le quotidien, pour la conversation, pour la trivialité. Notre société, par une sorte de souci de contrôle et de rationalisation, fuit le bavardage, la perte de temps, etc. Pourtant, les savoir-faire traditionnels circulent malgré tout et ils ont leur utilité, mais les gens en ont honte ; ils ne veulent que du rationnel, de l’organisé, du mécanisé. (…)

JPR : En somme, un grand retour à Rousseau ?

SM : Et même plus loin. C’est trop facile, dès qu’on prononce le mot de nature, ou nature humaine, de lui associer Rousseau. En réalité, tout le mouvement naturaliste, depuis qu’il existe, a affirmé que la liberté est chevillée à quelque chose de naturel, qu’elle est de l’ordre de la nature humaine.

Alors, comme nous réintroduisons effectivement le langage de la nature dans la critique de la société, il est facile de nous traiter de rousseauistes, avec une petite nuance de passéisme, de régression.

Finalement, la liberté de pensée reste l’alpha et l’oméga de toutes [126] les libertés. Disons-le de manière provocatrice parce qu’on n’ose pas, on n’ose plus le dire : la liberté de pensée, c’est le droit à la diversité consciente et voulue, le droit de refuser toute pression uniformisante. Là où elle existe, les autres libertés ne sont pas trop loin.

Elle s’exprime d’ailleurs aussi de façon matérielle, concrète : elle fait agir et, si on la respecte, elle devient une force. C’est pourquoi il ne faut jamais la sacrifier à quoi que ce soit. Elle est pour moi intimement liée à l’idée de nature.

La donnée principale de la nature, sa substance même, c’est l’extraordinaire diversité des individus et des groupes. Toute société qui se construit contre la nature tend à se militariser et à faire bon marché des libertés ; la société pour et avec la nature n’oublie jamais l’homme, n’oublie jamais sa nature, qui est d’être libre !

On a toutes les thèses de la « décroissance » qui sont ici exposées: chaque individu est unique, il faut vivre de manière plus ou moins austère afin de ne pas rentrer en conflit avec la Nature, sans pour autant reconnaître celle-ci, ni considérer qu’on en fait partie, il faut être totalement autonome, être capable de se débrouiller, etc.

Bref, c’est une vision romantique qui veut retourner en arrière sans le dire, et qui bien sûr ne parle jamais des animaux, et pour cause: le mode de vie végane n’est généralisable qu’avec une humanité unifiée échangeant des biens au niveau mondial. Sans cela, on retombe forcément dans la petite production… et l’exploitation animale.

Conférence internationale sur l’impact humanitaire des armes nucléaires

La France est un pays qui valorise  non seulement l’énergie atomique, mais également la bombe atomique. A ce titre, voici un appel lancé par l’ICAN – la Campagne internationale pour l’abolition de l’arme nucléaire.

Cet appel consiste en une pétition appelant la France à ne pas continuer de boycotter la Conférence internationale sur l’impact humanitaire des armes nucléaires, qui a lieu cette année encore en Autriche (pays où le nucléaire est banni constitutionnellement – voir Potentiel hydroélectrique français et Autriche dénucléarisée).

Nous ne croyons pas au principe des pétitions, cependant ici ce qui compte surtout c’est l’esprit de mobilisation. L’arme nucléaire est monstrueuse, elle doit être interdite!

Monsieur le Président,

Notre pays, la France, comme l’ensemble des États de la Planète, est invité par le gouvernement autrichien à participer à la troisième conférence internationale sur l’impact humanitaire des armes nucléaires à Vienne les 8 et 9 décembre 2014.

Ce sujet préoccupe un nombre croissant d’États, comme en témoignent le succès des précédentes conférences d’Oslo et de Nayarit sur ce sujet majeur, ainsi que l’implication de 155 pays en soutien à la déclaration de la Nouvelle Zélande lors de la première commission de l’Assemblée générale de l’ONU en octobre 2014.

Qu’elles émanent d’experts, de la société civile, d’institutions ou d’États, toutes les études en cours concernant les conséquences de l’utilisation volontaire ou accidentelle d’une arme atomique arrivent à la même conclusion : seule l’élimination des armes nucléaires est de nature à nous prémunir de leurs effets.

S’engager dans un processus d’élimination contrôlée de ces armes est donc aujourd’hui la seule option sérieuse vers laquelle tous les États doivent converger. Seul un Traité international d’interdiction et d’élimination des armes atomiques peut y parvenir.

Il semble que notre pays n’ait pas encore répondu positivement à l’invitation du gouvernement autrichien.

Après le boycott par la France des deux premières conférences, vous comprendrez, Monsieur le Président, que l’absence de notre pays à cette conférence n’est pas envisageable. Si tel était le cas, nous enverrions au monde un très mauvais signal, notamment aux gouvernements des 184 pays non dotés de l’arme atomique qui s’inquiètent de la menace que les seules neuf puissances nucléaires font peser quotidiennement sur leur population.

La France ne peut rester sourde à ces appels. Vous ne pouvez pas non plus rester sourd aux inquiétudes de l’opinion publique française.

Nous attendons un engagement ferme de la France sur ce dossier et nous vous demandons de confirmer sans tarder la participation de notre pays à la Conférence de Vienne.

Dans cet espoir, veuillez agréer, Monsieur le président, l’expression de nos meilleurs sentiments.

[signature]

Pour les personnes désireuses de se mobiliser autour de cette conférence contre le nucléaire, voici quelques informations.

La campagne a fait d’énormes progrès au cours des deux dernières années mais, afin d’obtenir l’ouverture des négociations sur l’interdiction des armes nucléaires, nous savons que nous devons faire quelque chose de grand à Vienne. Je suis donc très heureuse de vous inviter à notre Forum de la société civile, qui aura lieu les 6 et 7 décembre à Vienne, juste avant la conférence des gouvernements.

Lors du Forum, des militants, des experts, des personnalités publiques et des survivants de la bombe vont se réunir pour débattre et partager des connaissances, dynamiser et  agir pour exiger la fin de l’ère des armes nucléaires.

La société civile et la mobilisation du public peuvent changer le monde. Cela s’est déjà produit lors des mouvements qui ont aboli l’esclavage, donné aux femmes le droit de vote, mis fin aux régimes d’apartheid et interdit les armes de guerre qui ne  comme les armes biologiques et chimiques, les mines terrestres et les bombes à sous munitions.

Les armes nucléaires peuvent être interdites et éliminées, nous avons juste besoin d’assez de personnes pour avoir le courage de croire que cela peut se produire maintenant.

Venez à Vienne et prenez part au mouvement historique pour interdire l’arme la plus inhumaine jamais créée!

Tous les renseignements sur le site du Forum de la Société Civile, sur le programme, les intervenants, les informations pratiques et les inscriptions sur goodbyenuk.es .

Beatrice Fihn
Directrice Exécutive
Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires

The Specials: « Alcohol », « Man At C&A », « Ghost town »

Voici quelques chansons du groupe anglais des années 1980 appelé « The Specials ». Il s’agissait d’un groupe très pointu musicalement, tout en étant très engagé, ce qui donne un mélange des genres largement influencé par le jazz, la soul ou encore les musiques jamaïcaines, ici en l’occurrence surtout le ska.

Voici la chanson intitulé « Alcohol ».

An icy wind blows through the door
You feel like you’ve been here before
You tremble and you start to sweat
The symptoms of withdrawal
Un vent glacial souffle à travers la porte
Tu as l’impression que tu as déjà été ici avant
Tu trembles et tu commences à transpirer
Les symptômes du sevrage

Alcohol
Why do you do it?
Why do you keep beating me?
You give some people a real good time
But you cause some untold misery
Alcool
Pourquoi fais-tu cela?
Pourquoi continues-tu à me battre?
Tu donnes aux gens un vrai bon moment
Mais tu provoques d’indicibles souffrances

Heroin
Why do you do it?
I don’t like what I’ve seen
You promise someone a real good time
And then you take them from their family
You tremble and you start to sweat
You don’t want to withdraw
And when your flesh begins to crawl
You’d rather not be here at all
Héroïne
Pourquoi fais-tu cela?
Je n’aime pas ce que je vois
Tu promets à quelqu’un un vrai bon moment
Et puis, tu les prends à leur famille
Tu trembles et tu commences à transpirer
Tu ne veux pas du sevrage
Et quand ta chair commence à ramper
Tu préférais ne pas être du tout ici

Voici un grand classique: « Man At C & A », « L’homme au (magasin) C & A », qui découvre que la guerre atomique a été lancé. L’ambiance est très bien montrée musicalement, en faisant un classique anti-nucléaire du même niveau que « Dancing with tears in my eyes » du groupe Ultravox.

Warning, warning, nuclear attack
Atomic sounds designed to blow your mind
World War Three.
Nuclear attack
Rocking atomically
This Third World War, atomic sounds.
Attention, avertissement, une attaque nucléaire
Des sons atomiques conçus pour souffler votre esprit
Troisième Guerre mondiale.
Attaque nucléaire
Un rock atomique
Cette troisième guerre mondiale, des sons atomiques.

The man in black he told me the latest Moscow news
About the storm across the red sea they drove their ball point views
I’m the man in grey, I’m just the man at C & A
And I don’t have a say in the war games that they play.
L’homme en noir, il m’a dit les dernières nouvelles de Moscou
À propos de la tempête sur la mer rouge, ils ont pris des décisions avec leurs stylos
Je suis l’homme en gris, je suis juste l’homme à C & A
Et je n’ai pas un mot à dire dans les jeux de guerre qu’ils jouent.

Warning, warning, nuclear attack
Shark attack to hit you on your back.
World War Three.
Attention, avertissement, une attaque nucléaire
Une attaque de requin [sic] frappant sur le dos.
Troisième Guerre mondiale.

The Mickey Mouse badge told, Ayatollah at his feet
You drink your oil you schmuck, we’ll eat our heads of wheat
But I’m the man in grey, I’m just the man at C & A
And I don’t have a say in the war games that they play.
Le badge Mickey Mouse a dit, l’ayatollah à ses pieds
Tu bois ton pétrole espèce de crétin, nous mangerons nos épis de blé
Je suis l’homme en gris, je suis juste l’homme à C & A
Et je n’ai pas un mot à dire dans les jeux de guerre qu’ils jouent.

Boom shakalaka boom
Nuclear nuclear, nuclear war.
Warning, warning, nuclear attack
The boom never ban

Boom shakalaka boom
Guerre nucléaire, guerre nucléaire
Attention, attention, guerre nucléaire
Le boum jamais interdit

Pour finir, voici la chanson « Ghost town », où le groupe explique que la ville devient une ville-fantôme en raison de la violence, qui anéantit toute vie sociale.

Sur la nature de la « domestication » en Amérique

Le cobaye ou cochon d’Inde est le plus typiquement et le plus anciennement domestiqué des Rongeurs.

Depuis maintenant 4 500 ans, cet attachant petit caviidé est élevé en liberté dans les habitations rurales des Andes, où il constitue à la fois un éboueur peu encombrant et une réserve permanente de viande, bien souvent la seule (Gade 1967 ; Huss 1982).

Importé en Europe, il est devenu, pour la facilité de sa manipulation et de son entretien, un animal de compagnie apprécié des enfants et le premier animal de laboratoire — c’est d’ailleurs de son nom en tupi, sabûja, via le portugais çabuja et le latin cobaya des naturalistes du XVIIIe siècle, que vient le mot français « cobaye », sujet d’expérience (Bloch & von Wartburg 1964 : 138).

Les conditions de sa première domestication sont mal connues : il aurait d’abord été chassé — probablement piégé — (à partir de — 10 000) avant de devenir un aliment de prédilection, d’être apprivoisé et peut-être parqué (entre —7700 et —6300) et enfin pleinement et massivement domestiqué (par endroits à partir de — 5000, définitivement vers -2500) (Lavallée 1990 : 28-29).

Leurs incisives et leur régime alimentaire, qui leur permettent de s’attaquer à des nourritures extrêmement diversifiées, ainsi que leur rythme de reproduction très élevé font des Rongeurs de redoutables voleurs de réserves alimentaires, auxquels les hommes ont toujours livré une guerre acharnée ; on peut donc imaginer qu’à force de traquer les ancêtres du cobaye, les anciens habitants des Andes ont fini par comprendre le parti qu’ils pouvaient en tirer. (…)

Résumons-nous. Le continent américain se signale par une association ori­ginale de trois types d’actions domesticatoires :

1) à l’époque précolombienne : « premières domestications » d’espèces indigènes peu nombreuses (alpaca, lama, cobaye, dindon et canard à caroncule), selon un processus néolithique bien connu de « chasse sélective » (surtout, ici, pour les camélidés) ;

2) à toutes les époques : apprivoisements nombreux, presque systématiques dans certaines sociétés amérindiennes, d’animaux sauvages isolés, apprivoise­ments qui ont pu tantôt favoriser (chien) tantôt empêcher (bison, caribou) les domestications « vraies » ;

3) à partir du XVIe siècle : re-domestication d’animaux qui, après avoir été introduits par les Européens (pintade, bœuf, cheval), étaient retournés en maints endroits, parfois massivement, à la vie sauvage (animaux marrons) à la faveur des désordres qui accompagnèrent la Conquête.

Ces faits posent, me semble-t-il, deux grandes questions aux américanistes. Première question : existe-t-il un lien nécessaire — et de quelle nature ? — entre ces processus domesticatoires et des strates socio-culturelles qui corres­pondraient, en gros :

1) à des sociétés agro-pastorales andines plus ou moins intégrées dans un cadre étatique (un peu à la manière des nomades montagnards de l’Ancien Monde) ;

2) à des sociétés de chasseurs-cueilleurs vivant en marge des formations étatiques ;

3) à des systèmes, sans équivalent ailleurs (sauf peut-être en Sibérie ?), qui associent, à des degrés divers, la chasse et l’élevage (Gua-jiro, Indiens des Plaines) — sociétés et systèmes auxquels s’ajoute évidemment

4) le système hispano-américain fondé sur l’élevage bovin extensif et la grande propriété.

Deuxième question : ces processus domesticatoires, ainsi que les ensembles socio-culturels auxquels ils sont éventuellement liés, forment-ils des systèmes domesticatoires indépendants les uns des autres ? ou bien sont-ils interdépendants, leur association constituant la base d’un seul et même système domesticatoire américain intégré et original ? On permettra au non-américaniste que je suis d’ajouter que je penche fortement pour cette dernière hypothèse.
(Un Aspect méconnu de l’histoire de l’Amérique : la domestication des animaux)

Quelques actions illégales en France en novembre 2014

Voici les dernières informations en provenance de Bite back à propos des actions illégales ayant la libération animale comme motivation.

Une information datant du 17 novembre 2014:

« Dans la nuit du 16 novembre les serrures de l’une des agences DHL parisiennes ont été collées et la vitrine taguée. DHL est le principal client de ABX Air, filiale de ATSG, seule compagnie de cargo connue pour le transport des singes depuis l’Asie vers les laboratoires de vivisection des États-Unis. DHL doit faire pression sur ABX pour arrêter ces voyages vers l’enfer. Nous ferons tout pour qu’elle le fasse. »

Le 15 novembre, Bite back a expliqué en anglais que onze véhicules de l’entreprise Valette (qui produit du « foie gras ») à Gourdon ont été incendiés. Des photographies reprises de la presse française ont été publiées.



Enfin, le 7 novembre Bite back a publié un communiqué en anglais, expliquant que dans le sud de la France douze lapins ont été libérés le 1er novembre 2014 par des « activistes végans ».

Jean-Marie Pelt ou les animaux prétextes à l’esprit chrétien

Pour continuer autour de Grothendieck et de tout cet microcosme plus ou moins « réac », voici un exemple très représentatif avec une interview donnée par Jean-Marie Pelt à La dépêche, à l’occasion d’un article sur les « animaux de compagnie ».

Jean-Marie Pelt est une figure connue des médias, qui le présentent comme un écologiste engagé; il a écrit de très nombreux ouvrages, soit autour des plantes (sa spécialité scientifique) qu’autour de « l’écologie » en version non biocentriste. Comme Jacques Ellul ou encore Jean Bastaire, c’est d’ailleurs également et logiquement un fervent chrétien, car si on ne reconnaît pas la Nature, alors il ne reste que Dieu.

Pour cette raison, dans son interview il faut vraiment voir comment le christianisme suinte de ses réponses. Il est très important de repérer cela,  car c’est précisément l’esprit de Notre-Dame-des-Landes, du principe « la terre elle ne ment pas », etc.

Jean-Marie Pelt parle ainsi d’amour en général dans une sorte d’esprit mystique, où les animaux sont prétextes à saluer un esprit communautaire. Il célèbre une vision utilitariste des « animaux de compagnie », appelle « consommer plus de poissons,  il faut se tourner également plus vers la volaille ou le lapin », etc.

Bref, on est comme chez Grothendieck dans une célébration de la communauté idéalisée autour de l’exploitation animale « mesurée », « humaine », etc.

«L’animal apporte une paisible compagnie»

Botaniste-étologue, professeur de biologie, écrivain, et président de l’Institut Européen d’Ecologie, Jean-Marie Pelt est surtout un observateur attentif des grandes mutations de nos sociétés.

En pharmacien et spécialiste des espèces vivantes, il puise dans les leçons que nous donne la nature en permanence des règles pour mieux vivre, mieux se nourrir et mieux protéger les ressources essentielles de la planète. Une manière de faire le lien entre la nature et le monde moderne avec philosophie.

Comment expliquez-vous l’engouement des Français pour les animaux de compagnie ?

Je pense que c’est partiellement lié au fait que la modernité technologique n’améliore pas forcément la qualité des relations humaines qui sont souvent aujourd’hui très dégradées. On communique énormément, mais on communique peu avec l’esprit et le cœur. L’animal de compagnie apporte une paisible compagnie, il est toujours présent pour l’être vivant, il est proche du quotidien.

On évoque plus de 63 millions d’animaux de compagnie en France, est-ce un chiffre que l’on peut mettre en lien avec l’augmentation de la solitude ?

Oui, c’est certain, beaucoup de gens sont seuls et dans ce cas, l’animal constitue une présence vivante. On peut reporter sur lui de l’affection.

N’y a-t-il pas un paradoxe entre la liste des espèces menacées qui s’allonge et ce chiffre de 63 millions ?

Non, je crois que ce n’est pas une contradiction. Les animaux de compagnie sont, c’est sur, très nombreux mais ils sont en général tout à fait bien soignés. Ce sont des animaux, eux, qui sont très protégés.

Retrouve-t-on le concept d’animal de compagnie dans l’histoire ?

Non, on ne l’a pas toujours eu dans l’histoire. Je pense à la Bible, il y a peu d’animaux de compagnie. En revanche, il y a une grande peur des grosses bêtes sauvages comme les rhinocéros ou les crocodiles. Les Hébreux considéraient qu’ils étaient épouvantablement méchants. Il n’y avait pas, à l’époque, d’animaux de compagnie. Le seul, c’est le chien de Tobie, mais c’est tout. Jésus dit qu’il ne faut pas donner le pain des hommes aux petits chiens. Je ne sais pas s’il aimait les petits chiens, mais il en a parlé.

C’est plus un concept du monde moderne ?

Il me semble bien que oui. Mais j’attire beaucoup l’attention sur le fait que les relations humaines dans le monde moderne sont maintenant très «technologisées», et l’animal de compagnie ne l’est pas.

L’animal de compagnie c’est une nature apprivoisée, très proche de nous, avec laquelle on peut échanger. Je me suis d’ailleurs réjoui qu’à l’Assemblée nationale, on ait défini très récemment les animaux comme des êtres sensibles et non plus comme des meubles. Cela dit bien que notre proximité à leur égard s’est beaucoup améliorée, ils sont mieux traités qu’ils ne l’étaient autrefois.

Il y a quelques années vous aviez écrit un livre sur la solidarité des animaux, on a encore à apprendre d’eux ?

Oui, surtout quand on a un animal de compagnie. On a à apprendre quels sont ses modes de comportement, pour répondre positivement à ses sollicitations. Les animaux nous apprennent beaucoup de choses. Chaque espèce a ses comportements-types, instinctuels. Chaque animal a son caractère, tout ça en fait des êtres qui sont finalement très proches de nous.

Et puis on a peut-être aussi à apprendre certains comportements de solidarité comme ceux observés dans une meute, puisqu’on parle énormément du loup. Le loup «alpha» règle sa marche sur la capacité des plus petits à suivre la meute. Il y a des solidarités très fortes dans une meute de loups.

Dans votre livre «Le monde a-t-il un sens», vous parlez d’associativité plutôt que de compétitivité, ça fait penser à la vie en troupeaux des animaux sauvages. On peut en tirer des lignes de conduite pour les humains ?

Oui, par exemple dans un monde qui est dominé par la compétition et l’agressivité, celui dans lequel nous vivons, on ne met pas en scène, dans les films animaliers les solidarités qu’il y a entre les animaux, dans un troupeau. On montre plutôt le méchant lion qui mange la vieille gazelle. On ne montre pas toutes ces relations «amicales», pour reprendre un terme qui était celui du fondateur de l’écologie, Ernst Haeckel en 1866.

En fait, il y a beaucoup de relations entre les animaux, qui sont pour une immense majorité d’entre eux des êtres vivants qui vivent en association. Il y a bien des animaux solitaires comme les tigres en particulier, mais ce sont des cas très rares. L’animal vit en compagnie de ses frères.

Est que vous avez ou avez eu des animaux ?

Oui, j’avais une petite chienne, un Griffon, qui est morte il y a un an dont je suis très privée. Et pas plus tard qu’hier soir nous avons évoqué la succession de la petite Sarah. Mais la petite Sarah était si parfaite à tous égards que nous nous demandons si nous en trouverons une qui sera aussi gentille qu’elle.

Plus globalement, vous êtres très attentif aux ressources de la planète, on est dans le grand débat viande — légumes ?

Les Chinois sont passés, en l’espace d’une génération, de 20 grammes de viande par jour à 50 grammes. C’est considérable pour une population d’1 milliard 300 millions de personnes, ça fait monter en flèche la consommation mondiale de viande. Pour nous, les Français, nous avons un peu baissé, nous tournons à environ 100 kg par an, on était un peu plus haut, il y a une tendance à la baisse ou à la légère stabilisation.

Ceci dit on mange trop de viande, et en particulier trop de viande rouge et on a délaissé, ce qui est assez incroyable, les légumes secs qui contiennent beaucoup de protéines : les fayots et lentilles qu’on mangeait dans les lycées et les casernes apportaient des lots de protéines. cette consommation s’est quasiment effondrée. Donc on a été dans la mauvaise direction. Il faut consommer plus de poissons, il faut se tourner également plus vers la volaille ou le lapin. Nous ne sommes pas sur la bonne longueur d’ondes, nous ne faisons pas ce qu’il faudrait faire.

La « fête des animaux » en 1970, 1971 et 1972

La mort d’Alexandre Grothendieck a été prétexte de remarques toutes favorables dans la presse, ce qui est logique puisqu’un hurluberlu racontant n’importe quoi correspond parfaitement à ce qu’attend cette presse de la part d’un « écologiste ». Pas de radicalité, un esprit « scientifique », une existence anti-sociale, les animaux oubliés, et surtout pas de Gaïa : Alexandre Grothendieck est ainsi parfait.

Libération en a ainsi fait le « fondateur de l’écologie radicale », ce qui est totalement ridicule. Alexandre Grothendieck ce sont des critiques du nucléaire et de la pollution, de la technique, dans quelques numéros d’une revue qui furent ronéotypés (l’ancêtre de la photocopie), mais cela s’arrête là (voir Grothendieck et le groupe « Survivre et vivre »).

Alexandre Grothendieck parle-t-il des animaux ? Non. Parle-t-il de la Nature ? Même pas. C’est juste un de ces typiques partisans français de la décroissance, de la petite production en mode rustique.

Libération a été bien plus inspiré de dire :

« Il aurait été à l’aise à Sivens avec les zadistes qui ont repris son combat. »

Car, c’est vrai, c’est le même esprit. José Bové y est allé d’ailleurs dans le même topo, toujours dans Libération :

Peut-on faire un lien avec les zadistes ?

Il faut. Que voit-on émerger ? Un lien entre la question des modes de vie et celle de l’engagement écologique. On mène des combats et on change sa vie au quotidien. Il y a une remontée très forte face à l’urgence de la crise écologique que nous connaissons aujourd’hui. C’est ce que portait le slogan Ici et maintenant. La radicalité est la même, on peut dire que les zadistes à Sivens ou à Notre-Dame-des-Landes sont les enfants de Grothendieck.

Aucun contenu, juste un « style » : c’est vrai c’est pareil.

De manière bien plus intéressante, loin de cette logique du « la terre, elle, ne ment pas », voici un extrait de ce qu’on peut trouver dans un bulletin de l’association de Grothendieck. Il s’agit d’une information concernant une « fête annuelle des animaux ».

L’information dans le bulletin consistait en fait à faire appel à des gens de l’association pour passer là-bas, pour tenir un stand, etc.

Or, ce qu’on y lit est terriblement frappant : on est au début des années 1970 (en 1972 exactement) et on peut lire des choses qui correspondent, pratiquement mot pour mot, à l’argumentaire qu’on peut lire aujourd’hui.

C’est inquiétant : on n’a pas avancé en 40 ans, ou bien le discours actuel est franchement dépassé par la libération animale, il y a beaucoup à réfléchir. En tout cas si vous avez des informations au sujet de cette fête des animaux qui s’est tenu le 1er octobre (1970, 1971 et 1972 au moins), n’hésitez pas à nous en faire part !

[Cliquer sur l’image pour l’avoir en (un peu) plus grand.]

Grothendieck et le groupe « Survivre et vivre »

Hier est mort le mathématicien Alexandre Grothendieck, à l’âge de 86 ans, qui était considéré comme une grande figure scientifique du 20ème siècle pour différents travaux. Il a frappé les esprits par son engagement, lié à l’écologie, mais très brouillon.

Alexandre Grothendieck était une sorte de hippie génial en mathématiques. Apatride en raison de la seconde guerre mondiale (son père meurt à Auschwitz), il refuse de l’armée pour devenir français, devient alors professeur dans différents pays avant de l’être en France dans un institut privé, Institut des hautes études scientifiques, qu’il quittera quand il saura que le ministère de la défense le finance en partie.

Lauréat de la médaille Field, l’équivalent du Nobel en mathématiques, en 1966, il refuse d’aller la chercher dans l’URSS sous Brejnev. Par la suite, il refusera de nombreux prix et finira sa vie, seul, en Ariège à Lasserre. Il a écrit de très nombreux articles au sujet de son engagement, de ses réflexions et de sa vie, remplissant des milliers de pages, de manière énigmatique voire franchement obscure ou incompréhensible, comme par exemple « Récoltes et semailles – Réflexions et témoignage sur un passé de mathématicien« .

Au cours de ce parcours, dans les années 1970, Grothendieck avait fondé le groupe « Survivre et vivre » avec d’autres mathématiciens de haut niveau, dont Pierre Samuel et Claude Chevalley.

Ce groupe a été fondé à Montréal en 1970, et se veut un « mouvement international pour la survie de l’espèce humaine », puis un « mouvement international et interprofessionnel pour notre survie ». Son but est présenté comme suit :

« Lutte pour la survie de l’espèce humaine et de la vie en général menacée par le déséquilibre écologique créé par la société industrielle contemporaine (pollutions et dévastations de l’environnement et des ressources naturelles), par les conflits militaires et les dangers de conflits militaires. »

Pour résumer, le groupe « Survivre et vivre » entend survivre en s’opposant aux conséquences du « monde industriel », et vivre en abolissant la contradiction entre les scientifiques et la population.

Pour cette raison, les scientifiques doivent se tourner vers la population, et catégoriquement tout lien, même passif avec les militaires.

Plus concrètement, le groupe essayait de développer une sorte de contre-culture, au moyen d’une sorte de fanzine, allant jusqu’à  tirer 12500 exemplaires. Le milieu était celui de Charlie Hebdo et de La gueule ouverte, ces journaux satiriques engagés dans ce qui était déjà l’esprit de la « décroissance », la CNT, les pacifistes, etc.

On est dans un ton très satirique – cynique, comme en témoigne cet exemple de dessin qu’on pouvait trouver.

Pour le ton, on ne sera guère étonné de voir cette idéologie localiste – décroissant – individualiste qui va du Larzac à Notre-Dame-des-Landes, avec toujours cette mystique de la petite production, de la communauté autogérée, etc.

Entre des appels anti-militaristes et des critiques du nucléaire, on peut par exemple trouver un article très révélateur sur… la recette du lait caillé, afin d’éviter d’avoir à acheter des yaourts industriels, dont l’emballage pollue.

On peut trouver les publications de ce groupe sur cette page ; voici un extrait plutôt intéressant (par rapport au reste!) et pouvant aider à comprendre le sens de cette approche.

Le groupe « Survivre et vivre » n’a jamais ainsi voulu assumer de gérer un quelconque changement : ainsi l’écologie était à la fois saluée, à la fois rejetée comme voulant ralentir la croissance et la gérer à long terme, et donc assumer de diriger l’Etat, ce à quoi le groupe, dans un esprit anarchiste, rejette.

Au final, cela a contribué plus qu’autre chose à renforcer le mouvement dit « désirant » des années 1970 (vivre selon ses désirs, etc. etc.), dans ce fameux esprit libéral-libertaire qui a suivi 1968, avec cet esprit de petites communautés hippies critiques de la « société technicienne », une idéologie qu’on retrouvera par la suite ces quinze dernières années dans ces fameuses revues gratuites distribuées dans les magasins bios.

« Mais ce geste devient de plus en plus fréquent »

Voici un article, de nouveau tiré de la presse non nationale (La Nouvelle République), qui retrace un parcours individuel face à l’alcool. C’est quelque chose de très concret, de trop concret sans doute justement pour que les journaux nationaux en parlent. Et c’est justement ce qu’inversement des médias locaux progressistes devaient traiter, car l’actualité des gens, c’est aussi le combat face à l’alcool.

Face à la dépendance, face aux non-dits, face à l’isolement. Le regard d’autrui vis-à-vis des gens dépendants est rarement solidaire, même si cela s’explique aussi par les effets de la dépendance sur les rapports sociaux (agressivité, violence, etc.).

Il y a lieu en tout cas de toujours saluer le courage des gens qui ont réussi à combattre leur dépendance, à en triompher. C’est une lutte difficile, et toujours sur le long terme. Voilà pourquoi on ne soulignera jamais assez l’importance de la culture, et il faut donc rappeler ici : quand on est straight edge, on ne l’est pas que pour soi, on donne également un signal aux autres, et cela peut aider !

Cela donne un signal, cela montre qu’on a conscience des enjeux. En apparence, l’alcool relève du choix individuel, mais ce n’est pas vrai: il y a les producteurs d’alcool, il y a les bars, il y a le fait que l’alcool est un moyen de « fuir » les problèmes. L’alcool, c’est tout un système, et c’est une illusion de penser qu’il s’agit « juste d’un petit coup », d’un acte individuel sans origine sociale, sans rapports avec la société, sans liens avec l’idéologie dominante.

On en est au point que pour beaucoup, se saouler est devenu une  habitude festive, et même le seul moyen de faire la fête. L’alcool, en fait, est devenu une consolation pratiquement du même type que la religion, avec ses illusions, ses rituels, sa négation du réel.

Loir-et-Cher – Santé
Elle se sort de l’alcool après des dégâts sur sa santé

Son naufrage dans l’alcool lui a causé de nombreux problèmes de santé. Aujourd’hui, Ghislaine est complètement sortie de cette addiction. Elle témoigne.

Il y a quelques années, Ghislaine (*), la quarantaine, a connu une véritable descente aux enfers. Suite à un problème d’emploi, elle s’est retrouvée seule face à elle-même. « J’ai très mal supporté cette situation. Ne plus rien faire du jour au lendemain alors que je travaillais sans interruption depuis l’adolescence a provoqué en moi un électrochoc », confie la Solognote.

Pour tenter de se détendre, elle commence par prendre un apéritif le midi, puis le soir, seule chez elle. Mais ce geste devient de plus en plus fréquent.

« L’appel du verre en amène un autre, poursuit-elle. Je considérais l’alcool comme mon ami. Je suis arrivée à en absorber une quantité excessive quotidiennement. » En état alcoolique, Ghislaine se sent forte et invincible.

« Mais quand l’alcool ne fait plus effet, on s’aperçoit que les problèmes sont toujours là et on reprend un verre. C’est un cercle vicieux. »
Au fil des mois, son état de santé se dégrade. « Il ne faut pas croire que l’alcool atteint seulement le foie. Le mien va très bien. En revanche, la première année, j’ai fait une névrose optique. J’avais un œil qui ne distinguait plus trop les couleurs. J’ai été hospitalisée pour ça. » Lors de son passage à l’hôpital, elle fait la connaissance d’Anne-Marie Brieude et Manuela Laurent, addictologues et appartenant au Rézo addictions 41.

« Je savais que j’avais un problème avec l’alcool, mais je n’étais pas prête à suivre une cure. Je pensais que je pouvais m’en sortir seule. » Mais après chaque hospitalisation, Ghislaine retombe dans les travers de l’alcool. « J’ai eu par la suite des problèmes au niveau des artères et des nerfs sur les membres inférieurs. »

Vient pour elle le moment de solliciter une cure : elle y part pour cinq semaines. A son retour, elle reste abstinente pendant sept mois. Mais un jour, comme pour se tester, elle reprend un verre, celui qui va l’entraîner dans une nouvelle alcoolisation.

Surviennent alors des pancréatites aiguës. « Après une crise violente qui m’a conduite à l’hôpital, j’ai arrêté l’alcool. Mais c’était trop tard, le pancréas était atteint. Mes pancréatites ont continué pendant un an et demi. »

«  Une nouvelle vie démarre  »

Devenue totalement abstinente, Ghislaine s’en remet au professeur Salamé, spécialisé dans les transplantations hépatiques, qui l’opère à l’hôpital Trousseau, à Tours. « L’intervention a consisté à couper la tête du pancréas, à retirer quatre organes et à reconstruire des veines et des artères. Malgré les risques encourus, j’ai accepté l’opération, qui s’est bien passée. »

Aujourd’hui encore, elle est en convalescence chez elle. « On m’a donné une seconde chance, une nouvelle vie démarre. » Dans cette lutte contre l’alcool, elle a pu compter sur le soutien de Christian et Josette de l’association Vie libre de Romorantin dont elle fait désormais partie. « Il ne faut pas avoir peur de demander de l’aide. »

Vie libre Romorantin : M. et Mme Menneray, tél. 02.54.98.63.27.
(*) Il s’agit d’un prénom d’emprunt pour préserver l’anonymat de la personne.

Unilever contre « Just mayo »

De nombreux médias ont parlé de cette histoire, qui n’est que la pointe de l’iceberg. En effet, on sait que nombre de producteurs de nourriture végétalienne utilisent les mêmes termes que ceux de l’exploitation animale, et même le goût si l’on peut dire, pour certains de leurs produits.

On appelle cela les « simili-carnés » et nous sommes de notre côté radicalement contre : le véganisme est une révolution culturelle, nous n’avons pas à apprécier le goût ou la forme d’un être vivant assassiné.

Ce qui s’est donc passé, c’est que le grand groupe UNILEVER – plus de 46 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an et qui possède notamment ici Maille et Amora – a attaqué aux États-Unis une mayonnaise végétalienne, « Just mayo« .

« Just mayo » est accusée de tromper les consommateurs, qui pourraient penser que c’est de la mayonnaise alors que cela n’en est pas. Naturellement, UNILEVER défend ainsi Hellmann’s, sa propre mayonnaise.

Car « Just mayo » est déjà disponible dans 20 000 supermarchés aux États-Unis, et prend donc des parts de marché à Hellmann’s. Quand on pense d’ailleurs aux États-Unis, on peut penser au ketchup, mais en fait là-bas sont consommés trois plus de mayonnaise que de ketchup !

On voit l’enjeu, et d’ailleurs « Just mayo » est présentée comme une mayonnaise moins chère et meilleure pour la santé ; l’argument végétalien n’est pratiquement pas mis en avant.

La logique derrière est effectivement simplement commerciale. « Just mayo » est produite par une petite entreprise californienne appelée Hampton Creek, qui date de 2011 et fonctionne sur le principe de la start-up, tout en venant grosso modo de « lever » une vingtaine de millions de dollars.

Interrogé à ce sujet, le fondateur et directeur de cette société, Josh Tetrick, explique :

« Nous ne mettons pas notre produit sur le marché pour des progressistes prenant des arbres dans leur bras [traduction littérale de « tree-hugging liberals »] à San Francisco, même si là maintenant je suis au milieu de neuf d’entre eux.

Nous avons monté cette entreprise pour essayer de vraiment pénétrer les endroits où la nourriture qui-est-meilleure-pour-vous n’est jamais allée auparavant, et cela signifie droit dans le rayon condiment de [la chaîne de supermarché] Walmart. »

« Just mayo » était son premier produit, et désormais sont également produits des cookies. Il a fallu deux ans d’étude pour produire cette mayonnaise, à base d’une plante herbacée canadienne appelée gesse aphaca.

Seulement voilà, UNILEVER s’appuie sur le fait que selon les responsables institutionnels de l’administration américaine, la Food & Drug Administration, une mayonnaise doit contenir des œufs.

On notera en France que c’est pareil, et même en Europe. Voici ce que dit le « code des bonnes pratiques » au sujet de la moutarde, de la « Fédération des Industries des Sauces Condimentaires, de la Moutarde et des Fruits et Légumes préparés à l’Huile et au Vinaigre de l’Union Européenne Mayonnaise » :

MAYONNAISE
1. DESCRIPTION
La mayonnaise est une sauce condimentaire obtenue en émulsionnant une ou plusieurs huiles végétales alimentaires dans une phase aqueuse constituée par du vinaigre, l’émulsion huile-dans-eau étant produite en utilisant du jaune d’œuf. La mayonnaise peut contenir des ingrédients facultatifs conformément à la section 2.3.

On a ici une contradiction patente et l’entreprise produisant « Just mayo » se la joue David contre Goliath, comme en témoigne cette image, rapidement enlevée d’ailleurs, sans doute pour ne pas trop en faire par rapport au procès à venir (d’autant plus que dans la start-up ou dans son financement on trouve des gens de Microsoft, Google, Yahoo…).

Malheureusement, tout cela est pourtant très logique. On ne peut pas refaire un monde non vegan en vegan, simplement en « végétalisant » l’exploitation animale. Il y a là une contradiction complète. Le véganisme a besoin de nouveaux goûts, d’une reconnaissance de la Nature, pas de gens s’extasiant devant des simili-carnés reproduisant très précisément la forme de « cadavres ».

C’est une question de cohérence, de respect, et de culture !

La lutte aux Chambarans

Voici une présentation de la lutte aux Chambarans, en Isère, qu’on peut retrouver diffusée sur le net.

CENTER PARCS : Géographie pour zadiste amateur

Il nous paraît d’une importance stratégique claire que si nous voulons enrailler la machine destructrice de Pierre & vacances il nous faut connaître le terrain du COMBAT, d’autant plus que les travaux avance très vite :
Petit descriptif de la topographie des lieux impactés par le projet de Pierre & Vacances :

Les Chambarans (qui veut dire champs bon a rien) se caractérise par une zone de plateau recouvert par une végétation assez dense. _ Plusieurs obstacles de tailles sont a pendre en compte. Notamment des zones de marais, des clôtures barbelées et une végétation arbustive parfois très denses.

Une bonne connaissance de l’orientation est importante, voir indispensable (la forêt est un vrai labirynthe !) surtout si on doit aller vite. Pensez a pendre des bottes de pluie ou des bonnes chaussures de marche, un pentalon épais, des chaussettes de rechanges et des vêtements chauds. L’eau est omniprésente de partout.

Concernant la police et les vigiles :
Ils sont présent principalement au nord de la zone où le travail de défrichement a commencé. Notamment au nord du point d’altitude 600 (voir carte topo CP).

A l’est de ce point, 250 mètres, été présent au 10 Novembre, 4 machines de déforestations et deux voitures de vigiles (pas toujours occupées par les vigiles, ce qui veut dire qu’ils tournes à pied dans la zone)
La police à été vue au croisement situé au nord des deux lacs du bois des Avenières (voir carte topo). Ils faisaient des contrôles d’identités appartement sans fouille de véhicule. Les keufs ont été vu de manière temporaire sur la route principale qui traverse la forêt (la D20f en pointillé orange sur la carte topo).

Les zones les plus détruites se situeront au niveau du bois des Avenières et au nord du point 600 (voir Plan de masse CP). Ce seront les bâtiments principaux du center parc et les parkings.
POINT RAPIDE ANTI-REP :

La prudence est de mise pour l’instant, nous sommes en sous nombre par rapport à l’ennemi. Vêtement sombre, boussole, petit groupe et discrétion de mise.
Les téléphones et les mails sont des mouchards pour la police, éviter de communiquer et d’en être dépendant (le tel ne passe pas dans la zone de toute façon)
Ne parler de vos actions qu’avec des gens de confiance, votre groupe affinitaires ou vos ami-es proches…et surtout ne vous vantez pas !

Il n’y a pas de champignon sur la zone, c’est rodé !!!
Si vous vous faites arrêté, vous êtes en obligation de donner votre identité (après c’est a vous de voir quelle identité !!!). Vous n’êtes pas obligé d’avoir votre carte sur vous, cependant il peuvent vous retenir au poste 4h pour contrôle d’identité.

Vous êtes sur une propriété privé, ne l’oubliez pas. Ce qui ne constitue pas un délit en soi mais faites attention.
Les fouilles de véhicule par la police est interdite sauf si ils vous montre un arrêté préfectoral.
Pour plus d’info allez voir sur le site infokiosque.net, rubrique « guide pratique ».

LES CARTES :

Carte topo au 25/1000 de la zone sur laquelle est marquée les contours de la zone de center parc en rose ; la zone de déforestation actuelle en vert foncée ; la présence la plus probable des flics avec un carré rouge.

Pour précision de l’échelle, le terrain de foot qui se situe au sud-ouest de Roybon fait environ 200 mètres.
Pour l’orientation, les noms sont toujours marqué perpendiculaire au Nord. Le chemin qui coupe le bois des Avenières (avec un trait continu et un autre en pointillé sur la carte) est un bon repère. Vous pouvez aussi utiliser les chemins forestiers (en trait double trait pointillé). Nous avons l’avantage que les flics ne peuvent pas nous suivre en bagnole sur ces chemins.

Carte du plan de masse et la carte satellite (datant d’avant les travaux) vous donnent un bon aperçu de la densité de la forêt, des différents champs et des futurs constructions.

Pour se rendre sur le terrain.

Depuis grenoble et Valence, l’idéal est de passer par St Marcellin (D1092) et remonter vers le nord, st Apolinard (suivez la D20 jusqu’à Roybon). Une fois à Roybon, prendre à gauche au niveau du garage auto, traverser le centre et tourné à gauche sur la D20f. Suivez la route sur environ 3Km. A partir de là, plusieurs choix s’offre à vous pour rentrer sur le site. Mais préférer ne pas garer les véhicules trop proche des zones en vert foncé.

Et si vous n’êtes pas amateur des zones humides vous pouvez aussi aller voir du côté de Paris :
Groupe Pierre & Vacances-Center Parcs L’Artois, Espace Pont de Flandre 11, rue de Cambrai 75947 Paris Cedex 19 – France Tél. : +33 (0)1 58 21 58 21

Ne vous y méprenez pas, ce petit guide est fait pour AGIR non pour rebuter. Avoir une connaissance des données du terrain peut nous donner l’avantage face à la police et aux aménageurs de nos espaces. Même en cas d’échec, les expériences acquissent sur le terrain nous serons utilent pour tous les combats à venir.
Les Lutin-es noir-es en colère (qui on vu le film Forest Warrior avec Chuck Norris)
AU TESTET COMME AUX CHAMBARANS, ZAD PARTOUT !

Voici, pour l’anecdote, la scène « mythique » du film Forest Warrior, où l’esprit de la forêt réincarné en humain arrête d’une main une tronçonneuse. De manière étrange, il s’agit ici de Chuck Norris, dans un rôle très progressiste puisqu’il protège une forêt des promoteurs, lui qui d’habitude a des rôles reflétant son point de vue ultra-conservateur…

« Réinventer autre chose, sur les ruines de la forêt »

Sur le site Jef Klak on trouve un « Entretien fleuve avec des opposant⋅e⋅s au barrage de Sivens » dont voici quelques extraits présentant de manière claire le projet de barrage de Sivens et enfin la situation actuelle. Le reste de l’entretien, très long, traite notamment de tout le processus de lutte.

C’est un document important, car il témoigne du même processus qu’a eu lieu à Notre-Dame-des-Landes: on passe d’une lutte sur une base plus ou moins écologiste à « autre chose ».

Cette « autre chose » est définie dans l’interview par l’expression « réinventer autre chose, sur les ruines de la forêt », et consiste, on l’aura compris, entre une défense pacifiste et localiste de la petite production, dans une perspective à la fois anarchiste et – on doit bien le dire – pétainiste (la logique du « La terre, elle, ne ment pas; Elle demeure votre recours » etc.).

D’ailleurs, ces « pirates » des temps modernes dénoncent désormais le caractère « mafieux » du projet de barrage, en raison des liens entre les élus et les entreprises concernées. Sauf qu’il n’y a rien de « mafieux »: telle est la simple logique du capitalisme et de l’anthropocentrisme, de la destruction de la Nature…

Mais il semble bien que cette question ait été « jetée » aux oubliettes.

Est-il possible de nous faire un très bref historique du projet de barrage du Sivens ?

Dans le Tarn, entre Gaillac et Montauban, un ruisseau nommé Tescou traverse la forêt de Sivens et la zone humide du Testet. Une vallée tranquille où l’on venait se balader ou se ressourcer, chasser ou cueillir des champignons – des usages vernaculaires, non marchands et, dans un certain sens, vecteurs d’autonomie.

Bref, le profil type d’un bout de territoire « qui ne sert à rien » pour les élus et les technocrates ; dans leur tête, l’idée trotte depuis soixante ans de « valoriser » cette terre pour en faire quelque chose qui serve au développement économique. Les rapports se sont succédé au bal des projets inutiles : plan d’eau, centre de loisirs, déchetterie… Le type de chantiers qui demandent de ravager un territoire jusqu’ici préservé, le mettre au service d’autres portions de territoire déjà saccagées, que ce soit par l’agriculture intensive, l’urbanisation ou le tourisme…

En 2001, une enquête d’utilité publique est lancée sur le « confortement de la ressource en eau du Tescou », jetant les prémices d’un projet de barrage dans la vallée du Tescou. En 2009, une seconde enquête est censée remettre à jour les résultats de 2001, mais les données n’ont pratiquement pas été modifiées, alors qu’en neuf ans le débit du Tescou s’est transformé, les besoins en irrigation et en dilution des pollutions ont évolué, de même que le nombre d’agriculteurs ayant besoin d’irriguer.

Ensuite, le projet a reçu plusieurs avis défavorables de la part d’instances chargées du patrimoine et de l’environnement : le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN) en 2012, le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) en avril et en septembre 2013.

À quoi correspond l’appellation « zone humide » ?

À une stratégie environnementaliste de « zonage du territoire » (assez comparable à celle des gestionnaires) pour essayer de préserver des niches écologiques face à la bétonisation généralisée.

Mais elle s’est montrée incapable d’enrayer un système qui détruit la nature. « Zone humide » renvoie à des endroits marécageux accueillant une faune et une flore particulièrement riches, mais cette catégorie ne vient pas du parler paysan lié aux usages vernaculaires du territoire : ici, on parle de « bouilles » et il s’agit de terre sans grande valeur économique (d’où le nom du collectif d’occupation « Tant qu’il y aura des bouilles »).

Les bouilles, c’est les mauvaises terres où pousse la « mauvaise herbe »… Le terme « zone humide » renvoie au contraire à l’idée de « conservatoire » chère à certains écologistes. Depuis que la forêt a été ravagée, certains voudraient en ce sens forcer l’État à replanter et restaurer la zone dans son état d’avant la déforestation – un état qu’ils s’imaginent sauvage ou vierge.

Quand on traverse la région, beaucoup de forêts et de bois semblent épargnés, et la retenue d’eau concerne une petite superficie… Pourquoi ce projet a-t-il été décidé ici ? Y a-t-il d’autres enjeux qui font que c’est spécifiquement cette portion de territoire qui est visée depuis 30 ans ?

C’est vrai que de là où nous parlons, dans la région de causses et de forêts un peu plus au nord de Sivens, on a l’impression d’être dans une région préservée. Mais autour de la forêt de Sivens, c’est les plaines du Tarn et du Tarn-et-Garonne, avec leur agriculture et leur arboriculture intensives, des tournesols et des champs de maïs à perte de vue…

Sivens est le début de cette zone de forêts et de collines qui remonte au Nord vers la Grésigne, puis s’étend vers l’Aveyron jusqu’au centre de la France. En terme géographique, géopolitique même, la signification pratique de ce barrage est que la « Beauce » du Tarn et du Tarn-et-Garonne étend son emprise sur un territoire qu’elle n’avait pas encore défiguré.

Il y a aussi cette histoire d’industrie laitière : l’un des arguments en faveur du barrage consistait à dire que l’eau du Tescou n’était pas utilisable par les agriculteurs parce qu’une industrie laitière Sodiaal y déverse ses déchets toxiques. Contrairement au discours ambiant qui s’émeut des catastrophes écologiques en cours, on préfère donc diluer les pollutions plutôt que les stopper…

L’agriculture industrielle est au cœur de cette lutte. Le conseil général martèle que la « retenue » servira à 70% pour l’irrigation et à 30% pour « soutenir l’étiage » du Tescou.

C’est-à-dire qu’on aurait besoin du barrage pour la maïsiculture (très forte consommatrice d’eau), mais aussi, cerise sur le gâteau, pour diluer les pollutions d’une coopérative laitière industrielle (Sodiaal, c’est tout de même la cinquième coopérative de lait mondiale) et d’une station d’épuration.

En effet, « soutenir l’étiage » du Tescou signifie faire en sorte qu’il y ait en été un niveau d’eau suffisant dans le Tescou, ruisseau qui a tendance à s’assécher, ce qui concentre les pollutions.

Qui est à l’origine de ce projet de barrage ?

L’initiative vient d’une compagnie d’économie mixte (public-privé), la CACG (Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne), et de l’Agence de l’Eau Adour-Garonne – c’est-à-dire les deux sociétés qui gèrent le potentiel hydraulique de tout le bassin de la Garonne autour de Toulouse, en aval et en amont. La CACG a construit beaucoup de barrages et de retenues, à des fins différentes : certaines ont été faites pour la centrale nucléaire de Golfech et d’autres pour l’agriculture.

Cette compagnie a 17 autres barrages dans les tiroirs pour les années à venir. Dans son conseil d’administration siègent beaucoup d’acteurs publics : André Cabot (vice-président du conseil général du Tarn et membre du conseil d’administration de l’Agence de l’eau Adour-Garonne), Christian Astruc (conseiller général du Tarn-et-Garonne), Jean-Louis Guilhaumon (vice-président de la région Midi-Pyrénées), Henri-Bernard Cartier (président de la Chambre régionale d’Agriculture de Midi-Pyrénées), Yannick Villeneuve (directeur du Centre d’affaires Gascogne Bigorre de la Caisse d’Épargne Midi-Pyrénées), Bernard Lalane (Caisse Régionale du Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées), etc.

Le projet est porté par les conseils généraux du Tarn et du Tarn-et-Garonne, avec l’appui de l’Union européenne. Un des détails que mettent en avant une partie des opposant⋅e⋅s, c’est que la CACG a mené à la fois l’étude d’utilité publique en 2001, et le chantier. C’est donc la même compagnie qui justifie le projet et qui le réalise, en plein conflit d’intérêts… (…)

Pour la suite de la lutte, justement, un rassemblement national est organisé le 25 octobre. N’est-ce pas trop tard, étant donné que la déforestation a déjà eu lieu et que la zone est déjà ravagée ?

Les travaux sont prévus jusqu’en juin 2015. La lutte prend de l’ampleur, les autorités paniquent et les surcoûts s’accumulent. Il y a aussi des échéances liées aux subventions de l’Union européenne. Si le département veut toucher le pactole de l’Europe, ils doivent achever les travaux avant le 21 juin 2015.

Or, selon les propres aveux du conseil régional, il est à présent devenu impossible de tenir ces délais – et les opposant⋅e⋅s sont déterminé⋅e⋅s à tout faire pour que cela devienne impossible, en inscrivant la lutte dans la durée

Dans une logique écologiste axée uniquement sur la préservation des zones humides, de la forêt et des espèces, la lutte n’a plus de raison d’être ou presque.

La forêt est rasée, la zone humide dévastée, avec des tractopelles et des bulldozers qui achèvent d’éliminer toutes les espèces qui n’ont pas été déportées par les naturalistes, dans des endroits où elles vont crever parce que ce n’est pas leur milieu naturel.

Bref, si le but de la lutte était de faire un conservatoire environnemental, nous avons perdu.

Le collectif Testet maintient malgré tout la lutte. Car il y a d’autres bonnes raisons de s’opposer au barrage, plus politiques : le rêve qu’il y ait toujours et partout des « bouilles », des espaces inexploités où aller rêver et expérimenter, la volonté de résister aux arrogantes élites locales, de s’opposer ici aussi aux politiques nationales d’aménagement du territoire, de bétonisation, d’industrialisation.

Mais maintenant, il va falloir réinventer autre chose, sur les ruines de la forêt. Par ailleurs, il faut bien se rappeler qu’il y a une ribambelle d’autres barrages en projet dans les années à venir : plus ce barrage-là sera cher, plus les autres seront durs à faire passer.

Un « éternel Treblinka » s’est exprimé à Nantes

Ce qui s’est passé à Nantes avec les ragondins (Massacre de ragondins devant la préfecture de NantesDe nouveau sur les barbares de Nantes) mérite vraiment qu’on s’y attarde. C’est un phénomène, en effet, très particulier que de voir un tel événement. Ce n’est pas rien, on ne peut pas se dire simplement : ces gens sont des idiots.

Car ce fut assurément extrêmement bien organisé et les gens y participant ont été très contents. Ils étaient totalement motivés, prenant des photos et riant, criant, n’hésitant pas à frapper les ragondins, etc.

Un tel événement relève d’une culture : essayons de voir laquelle. Déjà, on doit s’attarder sur la dimension publique de cet acte. Les ragondins étaient amenés comme des prisonniers, alors regardons ce que dit le droit international à ce sujet.

Convention (III) de Genève relative au traitement des prisonniers de guerre, 12 août 1949.
Traitement humain des prisonniers

ARTICLE 13. – Les prisonniers de guerre doivent être traités en tout temps avec humanité. Tout acte ou omission illicite de la part de la Puissance détentrice entraînant la mort ou mettant gravement en danger la santé d’un prisonnier de guerre en son pouvoir est interdit et sera considéré comme une grave infraction à la présente Convention. En particulier, aucun prisonnier de guerre ne pourra être soumis à une mutilation physique ou à une expérience médicale ou scientifique de quelque nature qu’elle soit qui ne serait pas justifiée par le traitement médical du prisonnier intéressé et qui ne serait pas dans son intérêt.

Les prisonniers de guerre doivent de même être protégés en tout temps, notamment contre tout acte de violence ou d’intimidation, contre les insultes et la curiosité publique.
Les mesures de représailles à leur égard sont interdites.

Un contre-exemple connu de présentation au public, datant d’avant la convention d’ailleurs, fut la marche de plus de 50 000 prisonniers de guerre allemand à Moscou, en juillet 1944. Mais cette « marche des vaincus » se fit dans le silence.

Non, pour retrouver une telle furie, avec une plèbe entourant des êtres vivants pour les vilipender, les frapper, il faut aller chercher chez les nazis, comme lorsqu’à Vienne en 1938 après l’invasion allemande des personnes juives furent forcées par la « populace » à nettoyer les rues à la brosse à dents.


Toutes proportions gardées, on retrouve les mêmes postures dans les bizutages ou tout autre acte sadique fait en collectif. Et on retrouve toujours des hommes, pratiquement aucune femme. On est là dans une démarche foncièrement primitive, où la raison disparaît, où ne règne plus que des sortes de pulsions malsaines.

Et ces pulsions sont-elles naturelles ? Bien sûr que non. Il n’y a rien de naturel à enfermer des ragondins dans des caddies, pour les exposer sur la place publique afin de les maltraiter. On est là dans le raffinement destructeur, dans l’idéologie de l’oppression. Tout cela est terriblement malsain.

Et il ne pouvait y avoir qu’une époque malsaine comme en ce moment pour que ces gens osent étaler au grand jour leur volonté ignoble de faire mal, d’humilier, de détruire.

En pensée, Herman fit l’oraison funèbre de la souris qui avait partagé une partie de sa vie et qui, à cause de lui, avait quitté cette terre.

« Tous ces érudits, tous ces philosophes, les dirigeants de la planète, que savent-ils de quelqu’un comme toi ? Ils se sont persuadés que l’homme, espèce pécheresse entre toutes, domine la création. Toutes les autres créatures n’auraient été créées que pour lui procurer de la nourriture, des fourrures, pour être martyrisées, exterminées.

Pour ces créatures, tous les humains sont des nazis ; pour les animaux, c’est un éternel Treblinka. » (Isaac Bashevis Singer, The Letter Writer)

De nouveau sur les barbares de Nantes

Ecoeurement, révolte : ce qu’ont fait les agriculteurs à Nantes en montrant au grand jour la dimension arriérée de leur démarche et de leur culture. Les réactions sont nombreuses et virulentes, au point que Xavier Beulin, le président de la FNSEA, qui récemment dénonçait encore les « djihadistes verts », s’est vu obligé de dire que :

« Je considère que c’est une connerie et je ne cautionne pas ce genre de dérapage. »

Hypocrisie bien sûr: c’est un simple choix tactique pour paraître « responsable ». Mais c’est trop tard. Car à force de se comporter en fascistes et de célébrer leur corporatisme au moyen de coups de force divers et variés (comme avec les « bonnets rouges » incendiant ici et là), tous ces gens n’ont pas fait seulement exercer une « pression » : ils révèlent leur visage.

On a pu voir des hommes – et uniquement des hommes – vociférant, frappant des animaux sans défense, après les avoir transporté dans des caddies servant de cage, dans un rassemblement de masse dont le niveau culturel a été le même qu’il y a 2500 ou 3000 ans chez les barbares.

Sauf que cette barbarie, ici, a été « intellectualisée », elle se veut « justifiée » et prétend même représenter l’avenir ! Voici ce qu’a expliqué notamment Alain Bernier, président de la FNSEA 44, sans honte aucune :

«C’est scandaleux que tout le monde se focalise sur cette histoire alors que cette manifestation à risques a été gérée de main de maître, sans la moindre casse. Il y a visiblement un décalage profond entre les citadins et le monde rural.

Il faudrait que les citadins sortent un peu de chez eux, mettent des bottes, pour voir notre réalité. Les ragondins sont des animaux nuisibles! Ils détruisent les ruisseaux, les berges, les récoltes, véhiculent des maladies pour le bétail.

Ils peuvent aussi être dangereux et agressifs pour l’homme. C’est un fléau pour notre profession et nos campagnes. Ce n’est pas pour rien qu’ils sont piégés.»

Ce discours est typique ; il relève de l’esprit génocidaire fondé sur l’anthropocentrisme, esprit qui se veut « justifié » par la défense de l’humanité et de ses acquis. Comme si cette action représentait donc la défense de la civilisation, pas moins !

Et cette mentalité barbare, on la retrouve même chez des « défenseurs » des animaux. Par exemple, Ariane Ambrosini, qui est responsable du service juridique de l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) a expliqué dans des médias que « Personne ne remet en question ce statut d’animal nuisible. La destruction peut se faire ».

La Ligue ROC dit pareillement que « La destruction du ragondin est possible mais coûteuse. Elle ne se justifie que lorsque les fortes densités de population provoquent localement des dégâts importants. »

De tels propos sont odieux, criminels. Car d’où vient le ragondin ? D’Amérique du Nord. Et comment est-on arrivé à ce qu’il soit présent désormais dans 70 départements français ? En raison de l’exploitation animale, en l’occurrence les « élevages » pour la « fourrure ».

Et donc l’humanité, après avoir exploité cette espèce, se donnerait le droit de l’exterminer comme bon lui semble ? Voilà une mentalité de « gestionnaire » totalement illusoire. La prétention de l’humanité à gérer la vie est criminelle et totalement vaine. La vie est un ensemble et il est absurde de penser que l’espèce humaine en serait la reine.

Le 21e siècle ne peut consister qu’en une remise en cause de toute cette prétention. Depuis le réchauffement climatique jusqu’à la barbarie à Nantes à l’encontre des ragondins, il y a la même logique destructrice.

Au nom du profit et de l’égoïsme, au nom de l’exploitation animale et de la barbarie, tout serait donc permis ? Impossible, la planète abrite la vie de manière trop complexe pour que l’humanité puisse aussi simplement que cela, en quelques centaines d’années, anéantir des millions d’années d’évolution.

L’humanité a accumulé des connaissances et des moyens, mais sans une reconnaissance de la Nature, elle se place elle-même hors de la réalité, elle se condamne, à la barbarie et à la destruction.







Massacre de ragondins devant la préfecture de Nantes

C’est un acte criminel qui reflète tellement de choses, et qui en dit long sur la mentalité des agriculteurs. Un comportement ordurier, une mentalité d’assassin, avec toute le plaisir pervers du meurtrier.

Ces gens appartiennent au passé, il faut les condamner, culturellement et historiquement. Il faut faire place à l’avenir; les attitudes génocidaires et leur atrocité doivent disparaître. Il faut sauver la Nature de la barbarie anthropocentriste!

Voici comment NALO (Nantes-Loire Vegan Straight Edge) raconte ces terribles événements.

Défouloir moyenâgeux contre des ragondins devant la préfecture

L’attitude des agriculteurs « déversant » des ragondins devant la préfecture de Nantes hier est absolument immonde.

Comme à son habitude, la fédération départementale de la FNSEA a organisé un happening répugnant pour manifester, avec épandage de divers déchets et de purins avec des tracteurs. Il y avait même un cadavre de sanglier.

Mais cela ne suffisait pas, les agriculteurs excités ont alors organisé des lâchers de ragondin, au moins une grosse dizaine d’animaux semble-t-il. Les images sont difficilement supportables : une sorte de défouloir moyenâgeux, avec des hommes braillant et donnant des coups de pieds violents aux malheureux ragondins totalement désorientés.

Ces gens ne méritent que notre mépris et notre dégoût. Ils devraient même être punis pour leurs actes de cruauté.

Malheureusement cet horrible happening reflète bien l’état d’esprit qui prédomine dans le monde agricole de l’ouest de la France aujourd’hui. Il s’agit bien souvent d’hommes qui se la joue « dures », qui méprisent totalement les gens des villes parce qu’ils les considèrent comme des idiots incapables, coincés, alors qu’eux sont « fiers » d’avoir de la terre sous les ongles.

Bien sur ces « paysans » se croient au-dessus de tout et pense que la nature leur appartient. Ils s’imaginent qu’ils devraient pouvoir y faire ce qu’ils souhaitent, selon leur propre intérêt. Tel était justement l’objet de leur manifestation hier, d’ailleurs.

Le gros point de fixation dans l’ouest, ce sont les directives nitrates. Après avoir souillé les sols et les eaux pendants des dizaines d’années, perturbant largement les écosystèmes, ces agriculteurs estiment qu’ils en ont fait assez et qu’ils ne faudrait pas aller plus loin dans la réglementation contre la pollution aux nitrates.

Messieurs les agriculteurs veulent pouvoir polluer en paix. On avait alors droit à des panneaux aussi subtils que « Ségolène, tu nous emmerdes » ou encore ce commentaire au micro de TéléNantes « Pourquoi les ragondins ? Parce que les ragondins, c’est comme Ségolène, c’est des nuisibles ».

Quand on est sensible à l’écologie, on sait très bien que Ségolène Royale n’a rien d’une écologiste, elle qui leur a fait cadeau de l’écotaxe. Mais pour eux, c’est déjà trop, les règles qui limitent l’épandage trop prêt des habitations ou alors les minces tentatives de limiter les pollutions, cela les « emmerde ».

Les agriculteurs français aiment bien se donner l’image de paysans, attachés à « la terre », aux « traditions », nourrissant le monde depuis des générations. Mais cela est faux, ce sont des entrepreneurs capitalistes qui utilisent des techniques et des outils bien modernes, même parfois plus que dans certaines industries « en ville » d’ailleurs.

La plupart des familles ouvrières à Nantes viennent des campagnes, du sud de la Bretagne, de la Vendée ou encore du Maine. Elles savent très bien que les campagnes qu’elles ont quitté tout au long du XXe siècle ne ressemblaient pas à ce qu’elles sont aujourd’hui.

Il n’y avait pas ces immenses élevages et abattoirs de cochons, ces grandes exploitations laitières. Il y avait beaucoup plus de haies et de cours d’eau, il y avait une bien plus grande diversité agricole. Le remembrement et l’intensification des exploitations ont changé tout cela.

On a aujourd’hui dans l’agriculture principalement des gens sales, qui ne respectent rien, et surtout pas la nature. Et ces gens sont tellement imbus d’eux même qu’ils n’ont même pas pensé que leur action immonde envers les ragondins hier pouvait choquer la population. Le rassemblement avait pourtant pour but officiel de convaincre les gens d’acheter français. « Mangez et buvez français ainsi soit-il » disait un panneau.

Pour celles et ceux qui voudraient voir ces images terribles, voici 2 vidéos, ici et .

Voici un second article suivant le premier.

« trop de biodiversité devient nuisible »

Lors du rassemblement de la FNSEA les agriculteurs se sont tristement illustrés en maltraitant des ragondins. Il y avait aussi plusieurs slogans impressionnants contre l’écologie. Mais alors celui-ci sur cette remorque, « trop de biodiversité devient nuisible », dépasse l’entendement, c’est presque sur-réaliste.

Comment peut-on penser et écrire une chose pareille ? Il faut vraiment en être rendu très loin dans le mépris de la nature, il faut vraiment assumer totalement et ouvertement de vouloir souiller la planète Terre. C’est dégouttant.

À notre époque il apparaît de plus en plus évident pour qui ouvre les yeux que l’industrie agro-alimentaire est un sale business, qui maltraite les animaux pour la viande, pour le lait, pour les œufs, et qui met dans nos assiettes des aliments de mauvaises qualité, parfois toxiques.

Alors quand on s’imagine que ce sont des gens avec ce genre d’état d’esprit irresponsable qui produisent ce que nous mangeons, il y a vraiment de quoi avoir froid dans le dos…

Il est grand temps que la société évolue, que la population se prenne en main et arrête de subir comme cela tout ce que veulent nous imposer ces gens, depuis les agriculteurs-éleveurs jusqu’aux supermarchés, en passant par les usines agro-alimentaires.

Pour l’écologie ou « contre les violences policières »?

C’est à la fois un hold up et une démonstration d’hypocrisie. La mort de Rémi Fraisse n’a pas été le produit du hasard : il est évident que les forces de police et de gendarmerie mènent depuis des semaines une répression d’une très grande brutalité au Testet.

Mais cette mort relève d’une lutte, avec un contenu. Ce contenu est passé à la trappe, à un point tel que désormais il n’est plus parlé de Rémi Fraisse que pour parler de répression policière.

On met sa mort sur la même plan que celle des gens tués par la police lors d’arrestations ou de contrôles. C’est totalement déplacé, car il existe une grande différence entre un individu ayant fait le choix d’une lutte et celui qui est victime de l’arbitraire pur et simple. Il ne s’agit pas de la même réalité sociale.

Sauf qu’évidemment, l’écologie ne semble même pas exister pour la plupart des gens. Par conséquent, on fait disparaître la lutte écologique et on la remplace ici par une dénonciation de la brutalité policière, de la même manière qu’hier à Notre-Dame-des-Landes la défense de la nature a été troquée contre le projet de communauté d’individus menant une petite production tels des « pionniers » colonisant l’Amérique.

C’est allé tellement loin dans la liquidation de la dimension écologique qu’hier une vingtaine de lycées parisiens ont été bloqués, avec également une manifestation par la suite. Sauf que les lycéens l’avouent eux-mêmes : ils n’en ont rien à faire du contenu de la mort de Rémi Fraisse.

Ils plaquent leurs propres exigences, et surtout leurs envies de sécher les cours. Ce qu’on peut comprendre, les occasions ne sont pas forcément nombreuses surtout vu le contexte si sinistre. Pour autant, on ne peut pas cautionner que la jeunesse assume son hypocrisie, tout en se moquant de l’écologie.

Il y a là quelque chose de glauque. Car entendons-nous bien : il ne s’agit pas ici d’une assimilation à une même cause de la lutte contre les violences policières et de l’écologie. Si c’était cela, ce serait peut-être critiquable, mais compréhensible.

On pourrait se demander quel est l’aspect principal, mais bon au moins il y a du contenu. Mais ce n’est pas cela : il s’agit ici d’une totale liquidation de la question écologiste. Au point qu’il n’est même pas tenté de faire semblant d’être un peu écologiste, non, rien… D’ailleurs, le mouvement inter lycées indépendant à l’origine du blocus ne s’en cache pas ; il a son propre agenda politique.


Voici un texte rendant-compte de ce vide complet sur le plan de l’écologie :

La décision des deux assemblées générales qui se sont tenues est de bloquer de nouveau les lycées demain et d’élargir cet appel à l’ensemble des lycées qui peuvent bloquer.

Ces blocus ont toujours pour but de mettre la pression à l’Etat pour que les violences policières s’arrêtent dans nos quartiers et dans nos luttes. Mais nous tenons à vous faire part de l’expulsion d’ici quelques jours d’un lycéen sans-papiers, ce qui fait donc une raison de plus. La répression institué par l’Etat et les forces de l’ordre contre les élèves sans-papiers rentre dans le cadre de la violence policière en général, car ce sont toujours les personnes les plus démunies qui sont touchées en premier.

Une manifestation aura lieu demain. Le rendez-vous est toujours à Nation pour 11h. Un autre rassemblement va avoir lieu pour 11h30 à Bastille pour soutenir l’élève sans-papiers. Il y aura, sans doute, une convergence qui va se faire. N’oubliez pas qu’un blocus sert à se mobiliser massivement pour manifester.

Un compte rendu de l’AG lycéenne qui n’est pas terminé sortira d’ici peu. Faîtes tourner par tous les moyens à votre disposition.

Donc voilà, c’est très simple, encore une fois l’écologie n’existe pas. Et il n’est même pas fait semblant.

Et la blague dans tout cela, c’est que ces blocus relèvent de l’idéologie de la consommation ; entre deux McDos et des posts sur facebook, on étale sa propre révolte.

Si encore, il y avait un appel à la révolution, mais même pas ! Voici comment se présente le mouvement inter lycées indépendant, qui ne veut même pas assumer d’être d’extrême-gauche.

Et on est censé dire bravo à ce zéro contenu ? On est censé applaudir n’importe quoi ? Non, ce qu’on est censé faire, c’est vouloir une jeunesse des grands idéaux, des grandes valeurs, une jeunesse qui lève le drapeau du changement complet, bref de la révolution.

Une jeunesse éperdue d’idéal, qui discute de la meilleure pratique du véganisme, qui donne un coup de main aux refuges, qui assume la libération animale comme un idéal concret.

Voilà ce en quoi on est en droit d’attendre, alors que la Nature se fait assassiner chaque jour davantage et que tout le monde le sait. Et cela devra se produire : d’ici quelques années, la fumisterie d’une telle fausse révolte sautera tellement aux yeux qu’elle fera honte.

Non au hérisson d’Afrique comme animal de compagnie

Voici un article de Centre presse qui relaie un appel de l’association Vienne nature (attention le site a été hacké et n’a pas encore été « réparé »).

C’est un appel qui doit bien entendu interpeller toutes les personnes liées de près ou de loin aux refuges, puisqu’il s’agit d’une nouvelle possible situation très difficile qui est en vue.

Non au hérisson d’Afrique comme animal de compagnie

Il y a des piqûres de rappel nécessaires. Un animal « exotique » n’est pas un jouet et (pour certaines espèces) encore moins un animal de compagnie. Si le sujet n’est pas encore brûlant, il est déjà piquant pour Vienne Nature. Par la voix d’un de ses administrateurs, Alban Pratt, l’association tient à mettre en garde contre l’envie de posséder un ou plusieurs hérissons… d’Afrique occidentale.

Cousin de « notre » petit mammifère des villes et des champs, l’animal fait fureur outre-Rhin et outre-Atlantique et même si en France « cette nouvelle mode » n’a pas encore rencontré « son » public, les protecteurs de la nature sont déjà inquiets.

« Il est important de décourager les démarches visant à créer des élevages »

« Notre association a été alertée par la gérante du centre de soins de la faune sauvage poitevine [NDLR: lire encadré ci-dessous] qui a reçu une demande de stage pour l’obtention d’un certificat de capacité afin d’obtenir le droit d’élever des hérissons d’Afrique.

Après une demande de conseils, de sa part et ensuite de la nôtre, auprès de la DDPP [NDLR: Direction départementale de la protection des populations], nous avons reçu une note du ministère précisant qu’il était important de décourager de telles démarches. »

Rappelons que les espèces « exotiques » n’ont nullement leur place dans nos contrées à l’instar de la tortue de Floride, des écrevisses de Louisiane, des frelons asiatiques ou de l’écureuil asiatique qui se sont propagés pour les premiers en France, pour le second en Angleterre.

Par conséquent la détention – à l’exception du transport d’un animal malade dans un centre de soin -, est soumise à des autorisations. Sans celles-ci, il est interdit de les capturer, les acheter, les vendre et évidemment de les détenir « sous peine de sanctions administratives et pénales fortes pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 15.000€ d’amende, précise Alban Pratt.

Même s’il n’y a pas encore de réglementation précise pour les hérissons d’Afrique, s’ils sont relâchés dans la nature, ils peuvent être agressifs et vont concurrencer nos hérissons protégés. »

Pour qu’une espèce devienne invasive, l’animateur de Vienne nature explique la règle des 10 !: « S’il y a 1.000 éléments, que 100 survivent et que 10 se reproduisent, l’espèce devient envahissante. »

Certes, ce n’est pas encore le cas pour le hérisson d’Afrique mais comme le précise Alban Pratt: « Dans tous les cas, ces petits animaux souffrent déjà de la circulation, des pesticides avec les anti-limaces, des débroussailleuses dans les endroits où ils hibernent et des maladies; nous avons déjà fort à faire pour l’aider. » Et le laisser vivre en paix…

Pour exercer une activité en contact direct avec les animaux, il est obligatoire de posséder « un certificat de capacité attestant de ses connaissances relatives aux besoins biologiques, physiologiques, comportementaux et à l’entretien des animaux de compagnie ». Ce certificat est délivré par la préfecture après avoir été soumis à la DDPP.

> Si vous trouvez un hérisson malade ou blessé dans votre jardin, la première chose est de le protéger avant de l’emmener au centre de soins le plus proche. Et surtout ne jamais lui donner de lait. C’est un poison dont il ne se remettrait pas même s’ils en sont friands. Éventuellement quelques croquettes pour animaux.

repères

« Un hérisson, ça sent mauvais! »

« Un hérisson est un animal qui sent mauvais! » Lydia Bourdeau met tout de suite le futur détenteur au parfum. « En plus, ça râle, ça mange beaucoup et ça produit de grosses crottes. » Le tableau est brossé.

« Tous les ans, j’ai plus d’une centaine de hérissons en soin. Certains ne ressemblent pas à nos hérissons d’Europe. Ils sont plus espiègles et très blancs. Ce qui veut dire que certains ont déjà été relâchés dans la nature, à cause des nuisances, après avoir été achetés à l’étranger. C’est d’ailleurs de la folie au Canada. »

Par ailleurs, le hérisson exige un régime alimentaire à base d’insectes et doit posséder un domaine vital de plusieurs km pour trouver à la fois sa nourriture et pour pouvoir se reposer.

Constater la maltraitance animale dans des vidéos et images sur internet…

C’est un problème récurrent que l’on connaît quand on va sur le net. Il est très facile de trouver des vidéos ou des images de maltraitance animale. Cela va de la brutalité organisée à la stupidité adolescente, toujours dans un esprit barbare, anthropocentriste.

Et là, on se demande forcément : que faire ? Ou plutôt, un sentiment de révolte nous gagne, et l’on veut agir. On cherche alors plus d’informations sur les auteurs et on en trouve parfois.

Et pourtant, on ne peut rien ou pratiquement rien. En effet, à moins d’avoir une preuve concrète – comme une vidéo sur youtube, une image postée sur un forum ou sur facebook, quelque chose de ce genre – on reste dans un grand flou juridique.

Pour dire les choses plus concrètement, la police ne fera rien à moins que vraiment il y ait une pression populaire ou un risque de « trouble à l’ordre public ». Ensuite, il faut dans tous les cas un avocat, ce qui signifie passer par une association, qui va alors décider ou non de porter plainte.

Il ne faut pas sous-estimer ici qu’au-delà de l’engagement réel, c’est une méthode légaliste et financière, certaines associations visant stratégiquement surtout les dommages et intérêts lors d’une plainte.
Bref, ce n’est pas gagné, voire pratiquement impossible. Il ne faut pas se voiler la face : la dimension individualiste prédomine, avec la « protection » de l’expression individuelle, de sa liberté, etc.

Pourtant, la colère reste, et elle est juste. Alors que faire ?

Déjà, il faut être conscient du rapport de force en termes culturels. Les insultes et moqueries, les photos de maltraitance animale peuvent passer pour les gens en France, mais pas dans d’autres pays (comme l’Allemagne, l’Autriche, etc.) et également pas pour les grands sites comme Facebook, Youtube, etc. qui sont soucieux de leur image « lisse ».

Si donc on rencontre quelque chose de méprisable et de barbare sur ces sites, il faut s’adresser à eux et on peut être certain qu’eux répondront, car c’est une question d’image, et derrière de profit. Bien entendu, leurs valeurs ne sont pas favorables aux animaux. Mais ces entreprises détestent les publicités négatives.

Ensuite, il faut souligner l’importance de la continuité. Si l’on veut protester, il faut se donner les moyens de la protestation. Bien entendu, on peut diluer au maximum ses principes et établir un programme de réformes sur 1000 ans, ce qui est grosso modo la position d’une association comme L214.

Mais de manière plus sérieuse, il faut disposer d’un média, d’une association, d’un groupe de lutte ancré dans la réalité. Lorsqu’une maltraitance se produit, elle existe dans lieu très concret. Si dans ce lieu, il existe un média pour la libération animale ayant une continuité, une tradition, une présence effective, alors il pourra y avoir un impact.

Sans cela, on arrive de l’extérieur et on ne peut pas avoir d’influence. C’est pour cela que nous apprécions des initiatives comme NALO à Nantes, VEAN dans le Nord ou encore l’amicale progressiste à Lille. Il y a eu d’autres initiatives qui ont échoué, incapables d’assumer une continuité, et il y en aura d’autres qui réussiront.

Dans tous les cas, sans s’ancrer localement, avec un média capable de continuité, d’exposer des faits concrets, de faire des propositions intéressantes, on reste dans le vague. Or la question animale est tout sauf vague, elle intéresse des millions de gens. Mais il faut convaincre ceux-ci de sa sincérité, de son sérieux, de sa continuité.

C’est pour cette raison que nous publions depuis le départ un article quotidien sur LTD. On peut reprocher que parfois certains articles manquent d’inspiration, ou que les reprises d’articles informatifs soient parfois trop présents. Peut-être vaut-il mieux moins d’articles, mais plus denses (comme le font justement les sites mentionnés plus haut).

Cependant, il s’agit de montrer qu’une continuité culturelle et intellectuelle est possible, que des gens sont capables de conserver leur idéal révolutionnaire, pour la libération animale et la libération de la Terre. L’engagement est possible et souhaitable.

Cela ne va pas sans erreurs, cela ne va pas sans faiblesses, mais c’est inévitable quand on veut changer le monde, et pas moins que cela !

« Des gens marrants aux Chambaran »

Voici un compte-rendu d’une promenade aux Chambaran, un autre lieu de vie naturelle menacé…

Des gens marrants aux Chambaran

Pour sur que nous nous sommes bien amusés ce matin là. Nous ne fumes qu’une trentaine à affronter la froideur saisissante de Roybon au petit matin. Nous étions là réuniEs contre le center parc qui espère toujours s’implanter sur cette belle forêt des Aveniéres, captant les sources des villages alentours, chassant bestiaux, insectes et végétaux. Ruinant la nature pour faire du fric.

Et parce que désormais plus aucun espace ne peut s’offrir le luxe de ne rien faire rapporter au capital, ce n’est pas un barrage ou un aéroport qui drainera les deniers mais un tourisme des plus aliéné. Un peu moins de 100H à ravager pour construire un bulle de verre (sic) au climat maîtrisé et aux animations folkloriques afin de détendre tout son beau monde une fois l’heure des vacances bien méritées.

Quoi de mieux qu’un petit cottage au milieu d’un monde artificiel pour fuir la bêtise humaine et les désastres qu’elle charrie ?

Parce que nous considérons ce projet néfaste, nous sommes allés nous promener dans la forêt que nous aimions arpenter avant qu’elle ne soit privatisée par « Pierre et vacances », animéEs par l’idée de freiner le départ de ce chantier colossal. Des piquets de repérage bornent le site pour le lancement des travaux. Hop hop y en a plus… Quelques traces de peinture marquent les arbres (apparemment ceux qui devrait être épargnés).

Hop hop y en a plein… Nous nous serions crus dans pocahontas, des piquets soulevés par le vent, et des biches et des sangliers qui taguent ; un spectacle merveilleux.

Au fil de notre ballade, nous croisons une vigile et sa gazeuse familiale, une chic personne que notre indifférence laissa pan-toi. Egalement des géomètres qui sortent des fourrés la mine rageuse comme si les buissons les avaient molestés .

Plus loin une troupe d’ouvriers que les mille couleurs de l’air du vent n’atteignent plus sont amassés autour de deux monstres machines assimilables à des : « vas-y-que-je-te-mange-la-forêt-pour-faire-des-routes ».

Des ratons laveurs passent et nettoient les quelques détritus que l’entreprise ’’VIEUX-MELCHIOR’’, un chef d’entreprise de « broyage et sylviculture » bien bonhomme que les contradictions ne torturent pas trop, avait disposé afin de savamment tout ravager.

Pour les personnes qui désirent lui poser quelques questions sur son travail, n’hésitez pas à lui téléphoner ou à écrire à sons siège d’entreprise (de nos jours on trouve ça facilement).

Pour l’heure quelques morceaux choisis : « – Suffit de saccager tout notre travail ! -bin oui mais toi tu saccages la forêt… -Non mais vous avez qu’à venir avec nous dans votre forêt de merde, vous allez voir ! Des moustiques et des sangsues, des ronces et du houx. -Nous même pour de l’argent on voudrait pas faire ce que tu fais… Oué c’est ça bin continuez de profiter du chomage ! Murf murf…. »

Tout était dit. Le salaire suffit à ne pas se poser de question quant aux causes et au conséquences du travail que l’on effectue. Une logique sans faille que, si questionnée, ne ferait que plonger dans la plus profonde torpeur.

Plus tard nous entendrons que les sabotages de ce jour-ci auront causé un retard d’un mois et demi sur les chantiers . On peut s’en féliciter même s’il semble que ce chiffre soit un peu « olé olé ».

Plus loin sur le chemin nos croisons les gens d’armes ( deux voitures), ils nous invitent à rebrousser chemin car nous serions en violation de propriété privée. L’ambiance est tranquille. Il semble s’inquiéter de savoir si nous avons croisé d’autres groupes. Le temps pour nous est venu de regagner nos véhicules à l’orée de la forêt et de partir. Ils nous suivent et sur le parking, deux autres véhicules arrivent. Ils faut donner son identité… certainEs acceptent, d’autres non, d’autres avec d’autres noms… bref.

Nous quittons les lieux, contents mais pas satisfait. La lutte ne fait que commencer.
N’hésitez pas à venir aider les quelques animaux résistants de la forêt. Ces petites balades peuvent se faire en footing, en couple, ou entre amis ( de deux à 10000).

Ce n’est qu’un début, la lutte s’organise

Rémi nous pensons à toi.

La concentration de Co2 a augmenté jusqu’à un niveau sans précédent depuis 800 000 ans

L’écologie, ce n’est pas défendre les petits paysans. L’écologie, authentique, radicale c’est-à-dire prenant la réalité à sa racine, c’est défendre la planète en tant qu’ensemble du vivant. On peut l’appeler Gaïa de manière poétique, comme on peut l’appeler biosphère dans les cours universitaires de géographie, mais ici ce qui compte c’est sa défense et la fin de l’anthropocentrisme.

Il est temps de comprendre l’enjeu, qui n’est pas moins que les conditions idéales pour l’existence de la vie et son développement sur et au sein de la planète.

Voici les principaux extraits du dernier communiqué du GIEC concernant l’évaluation actuel du réchauffement climatique. Les médias en ont d’ailleurs parlé, avec d’innombrables commentaires « climato-sceptiques » qui ne peuvent exister justement que parce qu’en France on ne prend pas l’écologie au sérieux.

Le GIEC dit en substance: attention si on ne baisse pas la production de Co2 cela va coûter cher, et si on ne baisse pas le plus vite possible, cela coûtera plus cher plus tard. Mais en réalité, dans un monde anthropocentrique tourné vers le profit, comment peut-on dire stop?

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU GIEC
Le 2 novembre 2014
COPENHAGUE

L’influence de l’homme sur le système climatique est claire et en augmentation, avec des incidences observées sur tous les continents. Si on ne les maîtrise pas, les changements climatiques vont accroître le risque de conséquences graves, généralisées et irréversibles pour l’être humain et les écosystèmes.

Nous disposons toutefois d’options pour nous adapter à ces changements et des activités rigoureuses d’atténuation peuvent limiter les conséquences de l’évolution du climat à une gamme gérable, d’où un avenir meilleur et plus viable.
Il s’agit là des principales conclusions du Rapport de synthèse publié dimanche par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Ce rapport condense et intègre les conclusions du cinquième Rapport d’évaluation du GIEC, produit par plus de 800 scientifiques et publié au cours des 13 derniers mois, qui constitue l’évaluation la plus complète des changements
climatiques jamais entreprise.

Selon M.R.K. Pachauri, président du GIEC, « Nous avons les moyens de limiter les changements climatiques. Il existe de nombreuses solutions qui permettent un développement économique et humain continu. Nous n’avons besoin que de la volonté
d’évoluer, qui, nous l’espérons, sera motivée par la connaissance et par la compréhension de la science des changements climatiques.»

Le Rapport de synthèse confirme que de tels changements sont observés dans le monde entier et que le réchauffement du système climatique est sans équivoque. Nombre des changements constatés depuis les années 50 sont sans précédent depuis des dizaines d’années, voire des millénaires. D’après M.Thomas Stocker, coprésident du Groupe de travail I du GIEC, « Selon notre évaluation, l’atmosphère et les océans se sont réchauffés, la quantité de neige et de glace a diminué, le niveau de la mer s’est élevé et la concentration de dioxyde de carbone a augmenté jusqu’à un niveau sans précédent depuis 800 000 ans.»

Le Rapport affirme avec une certitude plus grande que les évaluations précédentes que les émissions de gaz à effet de serre et d’autres facteurs anthropiques ont été la cause prédominante du réchauffement observé depuis le milieu du XXe siècle.

Les incidences des changements climatiques se sont faites sentir sur l’ensemble des continents et des océans au cours des dernières décennies. Plus les activités humaines perturbent le climat, plus les risques sont élevés. Selon le
Rapport, des émissions constantes de gaz à effet de serre vont provoquer un réchauffement supplémentaire et des altérations de longue durée de tous les éléments du système climatique, augmentant ainsi le risque de conséquences vastes et profondes qui toucheront toutes les strates de la société et le milieu naturel.

Le Rapport de synthèse indique clairement que de nombreux risques représentent des problèmes particuliers pour les pays les moins développés et les collectivités vulnérables, vu leur capacité limitée d’y faire face. Les personnes marginalisées sur le plan social, économique, culturel, politique, institutionnel ou autre sont particulièrement vulnérables aux changements climatiques.

La limitation des effets des changements climatiques pose des problèmes d’équité et de justice, mais elle est nécessaire pour aboutir à un développement durable et à l’élimination de la pauvreté. Selon M.Pachauri, « Nombre des personnes les plus vulnérables aux changements climatiques ont contribué et contribuent le moins aux émissions de gaz à effet de serre. Il ne sera pas possible de faire face à ces changements si des organismes particuliers mettent en avant leurs propres intérêts de façon indépendante. On ne pourra lutter contre les changements climatiques que grâce à des
réponses coopératives et notamment à une coopération internationale. »

D’après M. Vicente Barros, coprésident du Groupe de travail II du GIEC, «L’adaptation est très importante du fait qu’elle peut être intégrée à la poursuite du développement et qu’elle peut contribuer à nous préparer aux risques, ce à quoi nous nous sommes déjà engagés du point de vue des émissions passées et de l’infrastructure actuelle.»

Toutefois, l’adaptation ne suffit pas en elle-même. Des réductions importantes et soutenues des émissions des gaz à effet de serre sont primordiales pour limiter les risques dus aux changements climatiques. Et comme l’atténuation réduit le rythme et l’ampleur du réchauffement, elle accroît, possiblement de plusieurs dizaines d’années, le temps dont nous disposons pour nous adapter à un niveau donné d’évolution du climat.

Il existe de nombreux moyens d’atténuation permettant d’aboutir, au cours des décennies à venir, aux réductions importantes des émissions nécessaires pour limiter, avec une probabilité de plus de 66%, le réchauffement à 2°C, objectif fixé par les gouvernements. Cependant, selon le Rapport, si l’on retarde une nouvelle atténuation à 2030, cela accroîtra sensiblement les problèmes techniques, économiques, sociaux et institutionnels que pose la limitation du réchauffement à moins de 2°C au-dessus des niveaux préindustriels d’ici la fin du XXIe siècle.

D’après M.Youba Sokona, coprésident du Groupe de travail III du GIEC, «Il est possible, sur le plan technique, de passer à une économie à faible teneur en carbone. Mais ce qui manque, ce sont des politiques et des institutions appropriées. Plus nous attendrons pour prendre des dispositions, plus l’adaptation aux changements climatiques et l’atténuation de ceux-ci coûteront cher.»

Selon le Rapport de synthèse, les évaluations quant au prix de l’atténuation varient, mais la croissance économique mondiale n’en serait pas affectée outre mesure. Dans les scénarios prévoyant une situation inchangée, la consommation –indicateur indirect de la croissance économique– continuera d’augmenter de 1,6 à 3% par an au cours du XXIe siècle.

Une atténuation ambitieuse permettrait de réduire ce taux de 0,06 point de pourcentage. D’après M. Sokona, « Par comparaison avec le risque imminent d’une évolution irréversible due aux changements climatiques, les risques
de l’atténuation sont gérables.»

Ces évaluations économiques du prix de l’atténuation ne tiennent compte ni des avantages d’une réduction des changements climatiques, ni des nombreux bénéfices secondaires en matière de santé, de conditions de vie et de développement. Selon M. Pachauri, «La justification scientifique de la priorité à accorder aux mesures de lutte contre l’évolution du climat est plus claire que jamais.

Nous disposons de peu de temps avant que la conjoncture permettant de limiter le réchauffement à 2°C ne prenne fin. Pour que nous ayons une bonne chance de rester au-dessous de 2°C à un prix gérable, nos émissions, sur le plan mondial, devraient diminuer de 40 à 70% entre 2010 et 2050, et tomber à zéro ou moins d’ici 2100. Nous avons cette possibilité, et le choix nous incombe.»

« Affrontements stupides et stériles entres anarchistes et policiers à Nantes »

La manifestation contre les violences policières hier à Nantes est le grand thème de tous les médias, trop heureux de pouvoir ne plus parler de la mort de Rémi Fraisse et de faire disparaître la cause écologiste. Voici une évaluation de cela, faite par NALO à Nantes, qui nous semble tout à fait pertinente dans son approche.

Car encore une fois, où est passée l’écologie? C’est à croire qu’en France dès que la cause écologiste apparaît, elle est condamnée à disparaître, de par le mépris et l’indifférence qui prédominent… C’est inacceptable!

Affrontements stupides et stériles entres anarchistes et policiers à Nantes

Ce samedi après-midi a été marqué par des affrontements en ville entre des centaines d’individus et la police.

Tout cela a été bien mis en scène depuis le début de la semaine, avec la presse et les chaînes d’information en continue faisant monter la sauce en parlant de « guérilla ».

Le prétexte à cela est la mort du jeune écologiste Rémi Fraisse lors de l’opposition au barrage de Sivens. Il faut bien sûr parler de prétexte car ces gens qui manifestent se moquent bien de la défense de la nature. Aucun de leurs communiqués d’appel au défilé d’aujourd’hui à Nantes ne parlait d’écologie.

C’est à juste titre qu’aucune organisation ou association de défense de la nature ne s’est jointe à ce rassemblement qui n’est rien d’autre qu’une tentative de récupération.

Par ailleurs, on ne pourra pas s’empêcher de penser que la préfecture a délibérément laissé ces quelques centaines d’individus brûler des poubelles et lancer des cailloux dans le centre. Qui peut croire que l’État français n’est pas capable d’empêcher cela ?

Nous ne somme pas crédule, d’autant plus que la manifestation était officiellement « interdite ».

Afin d’être certain que ce mouvement sera impopulaire, la TAN a pour sa part décidé d’interrompre le trafic des trams et des bus dans le secteur. Les autorités aimeraient bien voir la population se mettre à dos les écologistes et les associations de défense de la nature.

L’enjeu est important, il s’agit d’empêcher toute pression populaire et démocratique contre les grands projets de destruction de l’environnement. On peut être certains que des entreprises comme Vinci ou des personnalités politiques comme Jean-Marc Ayrault ont du mal à supporter qu’on les empêche de bétonner en paix.

Les mises en scène d’affrontement d’aujourd’hui sont une véritable aubaine pour eux, afin de critiquer leurs opposants, de les ridiculiser.

Il ne s’agit pas pour notre part d’être absolument « pacifiste » ou « contre la violence ». Cela ne voudrait rien dire car la violence n’est pas une sorte de choix stratégique ou politique. C’est une réalité, brutale, dont la mort de Rémi Fraisse est une sinistre illustration.

Mais la violence, c’est aussi et surtout celle de cette société qui agresse et malmène continuellement la nature et les animaux.

Là est le cœur de la question, la grande actualité de notre époque. Défense sans compromis de la nature, défense ferme et déterminée des zones humides, si indispensables à la vie sur Terre : tels doivent être les mots d’ordre de la mobilisation !

Ce combat, nous le souhaitons populaire et massif, plein d’engagement et d’abnégation. Mais cela n’a rien à voir avec ces affrontements stupides et stériles entres anarchistes et policiers cette après-midi en ville.

Voici un petit exemple qui reflète bien l’approche des gens qui manifestaient aujourd’hui :

Cette fresque a été réalisé récemment par des graffiteurs sur des quais de Loire sur l’Île de Nantes. On y voit le prénom de Malik (certainement Malik Oussekine, assassiné par des policiers à moto en 1986), les prénoms de Zyed et Bouna (deux jeunes électrocutés à cause de la police en 2005), et donc le prénom de Rémi, mort fin octobre sur le chantier du barrage de Sivens, à cause d’une grenade des Gardes Mobiles.

L’image du policier en cochon et du « méchant financier » en rat est absolument odieuse. Pourquoi insulter ainsi les cochons et les rats ? Qu’on-t-ils à voir avec les policiers ou bien « la finance » ? Les cochons ne sont pas responsables des crimes de la police.

Malheureusement, c’est un grand classique, d’ailleurs une partie des gens au rassemblement de lundi dernier à la mémoire de Rémi Fraisse scandaient ce slogan stupide : « flics : porcs, assassins »

De la même manière, l’inscription en bas à droite de la fresque, « Pourquoi On Resterait Calmes ? » est en fait une référence à un titre du groupe de rap La Rumeur qui prend pour titre cet acronyme, « P.O.R.C. » (en réponse au Ministère de l’Intérieur et aux syndicats de police).

Ce mépris pour les animaux n’est pas une simple anecdote mais reflète une vision du monde bien particulière, qui n’a rien d’alternative. Finalement c’est la même vision du monde qu’ont les bétonneurs, les « capitalistes », ou les promoteurs de l’agro-business : le mépris de la nature et des animaux.

Par ailleurs, il faut savoir que cette fresque est revendiquée par des groupes « antifa », c’est à dire des gens qui mettent en l’avant l’antifascisme. Pourtant, c’est le b.a.-ba de savoir que c’est un classique de l’extrême-droite de représenter ses ennemis par des animaux. C’est par exemple une « tradition » pour les nazis de représenter les juifs par des pieuvres, des vers, des vautours, ou bien encore… des rats.

Des drones non identifiés au-dessus de plusieurs centrales

Les médias ont parlé de drones non identifiés qui ont survolé une centrale nucléaire. C’est bien entendu très choquant! Mais c’est plutôt courant, comme en témoigne le document suivant de Sortir du nucléaire à ce sujet !

Il y a même eu des survols simultanés de centrales pourtant très éloignées l’une de l’autre…

Survols de centrales par des drones – Point sur la situation

Depuis le 5 octobre 2014, des survols par des drones non identifiés se multiplient sur les sites nucléaires français. Alors que le mystère reste entier sur l’origine de ces drones et le but de ces opérations, le Réseau « Sortir du nucléaire » tire la sonnette d’alarme et alerte sur la vulnérabilité des installations. Ces survols à répétition sont un problème sérieux et posent de nombreuses questions. Retour sur la chronologie des événements et analyse de la situation.

Chronologie des événements

– 5 octobre 2014

Les équipes de surveillance du site nucléaire de Creys-Malville, qui comprend le réacteur en démantèlement Superphénix, ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur la zone d’interdiction aérienne de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Morestel, le 8 octobre 2014. [1]

– 13 octobre 2014 :

Les équipes de surveillance de la centrale du Blayais ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Blaye, le 16 octobre 2014. [2]

Les équipes de surveillance de la centrale de Nogent-sur-Seine ont détecté la présence illégale d’un aéronef, assimilable à un drone, sur le périmètre aérien de la centrale. [3]

– 14 octobre 2014

Les équipes de surveillance de la centrale de Cattenom ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Hettange-Grande, le 17 octobre 2014. [4]

– 19 octobre 2014

Les équipes de surveillance de la centrale de Gravelines ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès du commissariat de Gravelines, le 21 octobre 2014. [5]

Une seconde fois, les équipes de surveillance de la centrale de Nogent-sur-Seine ont détecté la présence illégale d’un aéronef, assimilable à un drone, sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la gendarmerie de Nogent-sur-Seine, le 21 octobre 2014. [6]

Les équipes de surveillance de la centrale du Bugey ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. [7]

Les équipes de surveillance de la centrale de Chooz ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. [8]

– 20 octobre 2014

Une seconde fois, les équipes de surveillance de la centrale du Bugey ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a déposé plainte auprès de la brigade territoriale de Lagnieu, le 20 octobre 2014. [9]

– 24 octobre 2014

Les équipes EDF du service Protection de site de la centrale du Bugey ont, une troisième fois, détecté la présence d’un drone. Une nouvelle plainte a été déposée. [10]

– 30 octobre 2014

Les équipes de surveillance de la centrale de Golfech ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a annoncé qu’elle allait porter plainte.

Les équipes de surveillance de la centrale de Penly ont détecté la présence illégale d’un aéronef assimilable à un drone sur le périmètre aérien de la centrale. La direction de la centrale a annoncé qu’elle allait porter plainte.

– Plusieurs sites nucléaire du CEA, dont celui de Saclay, seraient également concernés et le CEA a porté plainte.

– D’autres sites nucléaires sont semble-t-il également concernés par ces survols illégaux et notamment ceux d’Areva. Mais la direction de l’entreprise dément, pour l’heure, « tout survol significatif » de ses sites… Reste à savoir ce que signifie, pour Areva, le terme « significatif » !

En résumé, 9 centrales nucléaires ont été survolées par des drones entre le 5 et le 30 octobre 2014 : Creys-Malville, Blayais, Nogent (2 fois), Cattenom, Gravelines, Bugey (3 fois), Chooz, Golfech et Penly. Plusieurs sites nucléaires du CEA sont également concernés, et peut-être également des sites d’Areva.

Nous compléterons ces informations au fur et à mesure si ces survols continuaient à se multiplier.
Quelles questions cette affaire soulève-t-elle ?

– Des survols à répétition : le problème est sérieux !

Depuis le 5 octobre, ce sont donc plusieurs sites nucléaires qui ont été survolés par des drones, certains plusieurs fois et d’autres, pourtant séparés par des centaines de kilomètres, le même jour. Depuis la sortie publique de l’affaire, deux sites ont à nouveau été survolés. Les événements ne sont donc pas le fruit du hasard et sont on ne peut plus coordonnés.

Bien qu’EDF et les pouvoirs publics démentent la gravité de ces incidents, les plaintes que l’exploitant a déposées indiquent qu’il semble démuni face à cette situation inédite et sérieuse.

Que dire également du délai entre les faits et le dépôt de plainte ? Et du fait que les survols aient pu se reproduire sur plusieurs sites ? EDF ne s’est-il rendu compte qu’après coup que pendant 16 jours, des aéronefs télécommandés avaient pu ainsi aller et venir au-dessus de sites nucléaires ?

– Origine de ces survols : le mystère reste entier

Une enquête a été ouverte pour déterminer l’origine de ces survols, mais pour le moment le mystère reste entier.

Toutes les associations antinucléaires contactées ont démenti être impliquées. Opération de com, canular, coup politique, campagne de mesures de radioactivité, espionnage industriel ou pire, repérage de personnes mal intentionnées, pour le moment toutes les hypothèses restent ouvertes, mais les faits sont inquiétants.

– L’espace aérien autour des sites : une zone sensible

Le droit français interdit de survoler un site nucléaire à moins de 1000 mètres d’altitude dans un périmètre de cinq kilomètres. Et pourtant les drones ont pu pénétrer dans l’espace aérien des centrales sans être repérés.

Alors que l’utilisation de ces engins se multiplie, le fait qu’ils ne soient pas repérés par des radars pose question. Quand on sait que ni l’EPR (voir le document confidentiel défense révélés par le Réseau en 2006), ni les piscines de combustible usé [11] ne résisteraient à un crache d’avion, quels seraient les impacts en cas de largage de charges explosives par un drone ? Les piscines de combustibles étant de simples hangars, les dégâts causés pourraient rapidement se transformer en catastrophe nucléaire.

– Les installations nucléaires sont vulnérables

Ces survols simultanés de plusieurs sites démontrent, par ailleurs, que les 19 centrales nucléaires et les nombreuses usines de combustible réparties dans tout l’Hexagone constituent autant de points de vulnérabilité. Présentée comme un atout pour la France, l’industrie nucléaire constitue en réalité son tendon d’Achille.

Ce risque d’agression externe ne fait d’ailleurs que s’ajouter aux nombreux faits qui justifient une sortie en urgence du nucléaire : vieillissement des installations (la majorité des réacteurs ayant dépassé les 30 ans de fonctionnement), production de déchets ingérables, rejets toxiques…
Notes

[1] http://energie.edf.com/nucleaire/deconstruction/carte-des-centrales-en-deconstruction/centrale-de-creys-malville/evenements-48290.html#

[2] http://energie.edf.com/nucleaire/carte-des-centrales-nucleaires/evenements-45862.html

[3] http://energie.edf.com/nucleaire/carte-des-centrales-nucleaires/evenements-45961.html

[4] http://energie.edf.com/nucleaire/carte-des-centrales-nucleaires/evenements-45876.html

[5] http://energie.edf.com/nucleaire/carte-des-centrales-nucleaires/evenements-45959.html

[6] http://energie.edf.com/nucleaire/carte-des-centrales-nucleaires/evenements-45961.html

[7] http://energie.edf.com/nucleaire/carte-des-centrales-nucleaires/evenements-45869.html

[8] http://energie.edf.com/nucleaire/carte-des-centrales-nucleaires/evenements-45926.html

[9] http://energie.edf.com/nucleaire/carte-des-centrales-nucleaires/evenements-45869.html

[10] http://energie.edf.com/nucleaire/carte-des-centrales-nucleaires/evenements-45869.html

[11] www.largeassociates.com/LA reports & papers/3205 French NPP Vulnerability/vulnérabilité_avions_Large_résumé.pdf

« J’ai vu deux patators, des frondes et des lance pierres »

Voici un autre témoignage de quelqu’un présent sur place dans la nuit où Rémi Fraisse a été tué. Il décrit le niveau de violence qui a eu lieu, et tente de formuler un point de vue global à ce sujet.

Je lis ça et là que les manifestants auraient utilisé des coktails molotov contre les forces de l’ordre dans la nuit de samedi à dimanche. Je n’en ai vu aucun.

Il est vrai que je n’ai pas vu la mort de Rémy mais il y avait charge des GM, volées de lacrymos et d’assourdissantes et j’étais tout occupé à relancer ou éteindre les lacrymos proches où à guetter les trajectoires pour me boucher les oreilles avant l’explosion (sinon ça fait mal!).Je n’ai rien jeté d’autre que ce qu’on m’a envoyé.

J’ai vu deux patators, des frondes et des lance pierres. J’ai vu voler des cailloux et des mottes de terre (assez dures, faut le dire, ce n’est pas un doux humus qu’ils ont laissés!), des fusées d’artifices (certaines ont mis le feu dans la zone défrichée des pentes où il y avait des GM déployés, une seule est allé dans le carré vide défendu par les flics), des fusées de détresses (deux tirées en direction de l’hélicoptère de la gendarmerie, pour le faire reculer, ce qui a marché) et même un feux d’artifice complet.

J’ai vu voler des bûches enflammées et des bouts de bois. Rien qui ne soit qu’assez inoffensif, approximatif ou imprécis, rien qui ne soit propulsé par autre chose que la simple force humaine ou qui ne soit que quelques milligrammes de poudre et d’oxydes colorants sans projectile d’impact.

Ayant passé la nuit de Dimanche à lundi avec ceux qui gardaient le « Dance Floor », dont certains ont participé activement à la bagarre, j’ai aussi demandé s’il y avait eu coktails. Niet.Ceux là étaient sur zone depuis Septembre et en ont pris plein le gueule depuis plus d’un mois, seuls ou presque devant les GM et les engins de chantier. Ce ne sont pas des black-blocs extérieur.

Ils ont tout fait, action non violente, clown, médiation, barricades et caillassage. Toutes leurs stratégies se sont heurtées à une machine inexorable quelque soit la forme de l’opposition. Ils en ont gros sur la patate et c’est pas moi qui va le leur reprocher, comptez plus sur moi pour ce genre de débat stérile inutile et épuisant.

Face à la coercition et au cynisme de notre état, aucune stratégie ne peut prétendre s’imposer comme étant la seule valide. La non violence a prouvé mille fois sa non efficacité si elle est utilisée seule. Il y a des contextes où cela marche, d’autres pas du tout. Regardez l’histoire autrement qu’avec des grilles de lecture toutes faites, des grands récits et des fantasmes (Gandhi!).

Pour la violence c’est pareil et d’ailleurs les zadistes savent bien jusqu’où y aller. Ils sont nombreux à venir de NDDL, la procédure de la flicaille ils connaissent…Utiliser des armes létales entraîne une réplique proportionnée et on va au massacre que nul ne veut dans ce camp. On a des doutes vis à vis de l’autre, de plus en plus justifiés et il faut en tirer les conséquences (..dégage!).

J’ai croisé à Albi un gars qui m’avait tenu la veille tous les propos non violents du monde. Il avait un pavé à la main. La rage monte devant tant de provocations. Il en faut autant pour s’interposer, bras levés entre les flics et les violents que pour lancer des pavés.

Ce n’est pas exactement le même genre de courage cependant, l’un vient plus facilement aux jeunes taillés comme des baraques, mais chacun fait avec celui qu’il a ou pas, on a le droit d’avoir peur et il y a mille choses à faire ailleurs que sur le front.

Mais il faut aussi y être en nombre sinon les engins passent, les arbres tombent et sont rasés, la terre est chamboulée et « Carcénac » nous dit: « au point ou on en est pourquoi s’arrêter… ».

Autre chose, la parité…il n’y a plus les petites nanas à l’infirmerie et les gros pépères costauds valeureux au front. Il y a de tout partout et sans quota! La grille de lecture traditionnelle sur le machisme de la lutte en est un peu chamboulée, intégrez cela camarade-e-s.

Moi j’ai l’impression qu’ils sont de moins en moins nombreux à craindre leurs stupides lacrymos et leurs gros pétards et que tous, « violents » et « pacifistes » montent à l’assaut du « vieux monde » dont , à ce stade, ils n’ont plus peur et qu’ils sont juste déterminés à ne plus accepter.