« Ciel, ma fille vire végétarienne ! »

Le Monde se préoccupe d’un problème qui concerne son public, sa base étant « CSP+ » et de tradition catholique: comment affronter le véganisme?

Le véganisme remet en cause tellement de choses, il est une telle rupture… Mais en même temps un certain « véganisme » est contradictoire.

Le véritable véganisme est l’affirmation positive des animaux. Le faux est une affirmation négative exprimée par des individus humains.

Si Le Monde en parle, c’est parce que le véganisme peut en effet être autre chose qu’une morale: il peut être faussement une « rébellion », une manière de se démarquer, bref un moyen de satisfaire son ego, dans une démarche typiquement anthropocentriste.

Il peut également et surtout être un moyen (parmi d’autres) pour les gens appartenant à la bourgeoisie moyenne de tenter d’humaniser le capitalisme, de freiner son expansion. Un peu comme certaines franges du mouvement hippie dans les années 1960, par exemple avec la Silicon Valley.

C’est pour cela que l’article du monde résume le véganisme à :
– quelque chose d’individuel, sans dimension immédiatement collective,
– une question principalement alimentaire, gommant son aspect systématique,
– l’expression d’une conscience malheureuse passive, au lieu d’y voir un désengagement révolutionnaire.

Un tel article reflète bien un certain « véganisme » qui ne s’intéresse, au fond, pas tant aux animaux qu’à un isolement individuel anti-social de gens appartenant à des couches sociales favorisées…

Ciel, ma fille vire végétarienne !

LE MONDE | 05.05.2015 à 13h55 • Mis à jour le 06.05.2015 à 11h43 | Par Catherine Rollot et Pascale Krémer

Fini le sacro-saint rosbif du dimanche. Maintenant, la petite dernière ne jure que par le tofu. Une « conversion » de plus en plus courante qui sème parfois la zizanie au sein des familles.

Quand, le cœur affolé, Ophélie l’a annoncé à ses parents, ils ont, dit-elle, tenté de dissimuler leur désapprobation, puis se sont inquiétés, et même sentis un peu coupables — qu’avaient-ils raté dans son éducation ? Bien sûr, ils continueraient de l’aimer telle qu’elle était. Et cette lubie lui passerait, forcément… Ophélie Véron, 29 ans, raconte son « coming out » alimentaire comme un tremblement de terre familial.

A 22 ans, cette jolie brune à taches de rousseur, auteure d’une thèse en géographie politique, s’avoue végétarienne. A 25 ans, elle se revendique « végane » – excluant de son mode de vie tout produit provenant des animaux (alimentation, vêtements, cosmétiques, etc.), dont elle refuse l’exploitation. « Très, très dur » face à des parents qui incorporent leur amour dans les petits plats du terroir. « Pour eux, c’était incompréhensible. J’avais une maladie psychiatrique ! » « Ce n’était pas comme si elle s’enrôlait dans l’Etat islamique, tout de même, tempère sa maman, sexagénaire. Mais c’était très étrange, ça la coupait de la nourriture des autres, donc de nous. » Depuis, les légumes ont rétabli la paix familiale.

Faire une croix sur la viande, le poisson, et même parfois le lait et les œufs, voilà le choix, mesuré en 2012, d’environ 3 % de la population (sondage Terra eco-OpinionWay). Depuis, bien des indices prouvent une accélération de la tendance, notamment chez les jeunes, filles en tête. Les livres de cuisines végétarienne et végétalienne font le bonheur des éditeurs, des blogueuses en vogue (comme Ophélie, alias « Antigone XXI ») concoctent leurs petits plats véganes pour 20 000 lecteurs quotidiens. Les restaurants poussent comme des champignons. Même Carrefour lance ses produits végétariens de marque distributeur.
« Un levier d’action politique »

« Le phénomène monte clairement depuis quatre ou cinq ans, surtout chez les urbains diplômés, observe la jeune professeure de mathématiques qui préside l’Association végétarienne de France, Elodie Vieille-Blanchard. Nous avions 500 adhérents en 2007, nous en comptons 4 000 aujourd’hui, dont beaucoup de jeunes. Sur nos 70 000 fans Facebook, les trois quarts sont des femmes, près de la moitié, des 18-34 ans. » Sur les campus, quelque 10 % d’étudiants se revendiquent végétariens ou végétaliens, 3 % de plus qu’il y a trois ans (enquête Cnous – Centre national des œuvres universitaires et scolaires).

S’ils prennent double ration de courgettes au restaurant universitaire, c’est d’abord par sensibilité à la cause animale et environnementale. Ajoutez à cela une pincée de bonnes résolutions (manger sain) et une large rasade d’informations, aisément accessibles sur Internet, partagées à l’envi sur les réseaux sociaux. « Les jeunes ne croient plus en l’efficacité du politique, ajoute Cécile Van de Velde, sociologue à l’Ecole des hautes études en sciences sociales. A défaut de pouvoir agir sur la grande société, ils changent leur propre vie quotidienne à travers l’engagement de proximité et la consommation, qui devient un levier d’action politique. »

Dans les familles, la « conversion » au culte végétal ne se fait pas toujours dans l’harmonie. En témoigne ce souvenir, gravé dans chaque mémoire, du jour fatidique de l’annonce aux parents. « C’était l’anniversaire de mes 17 ans », « Le 5 avril 2014 », « Pendant les courses de Noël avec ma mère », « Ma résolution du Jour de l’an, en 2011 »… Au pays de la gastronomie, du sacro-saint repas commun, du gigot du dimanche, les réactions ne sont pas forcément enthousiastes.

« Qu’est-ce que vous allez manger ? Vous allez nous compliquer la vie ! », s’est affolée la mère de Camille et Cécile Revel, des jumelles devenues végétariennes à 18 ans qui, pour aider leurs jeunes congénères en transition alimentaire, ont ensuite créé le forum Internet Génération végane. « Tu es manipulé », ont soupçonné les parents d’Alexandre Rozenblum, 17 ans, avant ce coup de grâce : « Tu fais ta crise d’ado sur le tard ! » « On n’a rien compris… Dire qu’elle aimait le rosbif saignant », s’interroge encore Natacha Coquille-Chambel, mère de Marie, 16 ans.

Autant que le casse-tête aux fourneaux, ce sont les éventuelles carences qui inquiètent. Un seul moyen d’y couper court, savent les jeunes : promettre visite chez le nutritionniste et analyse de sang régulière. Dans leur for intérieur, les parents carnivores espèrent que tout cela n’est que passade. Ils tentent la stratégie du lardon dans la quiche aux légumes. Ou du poisson à toutes les sauces, avant d’intégrer l’impensable : lui aussi est banni.
« Tu manges un mort »

Comme l’éphémère dure, chaque repas vire à la guerre d’usure. Avec, pour armes, les sempiternelles réflexions : « Et le cri de la carotte qu’on arrache de terre, tu ne l’entends pas ? » (le père) ; « Ce n’est pas parce que tu ne manges plus de viande qu’on va arrêter de tuer des animaux » (le grand frère) ; « On voit que tu n’as jamais connu la faim » (le grand-père) ; « Et ton bébé, tu le nourriras comment ? » (la grand-mère) ; « A ton mariage, on va manger de l’herbe ? » (les oncles et tantes)…

Jusqu’au conflit ouvert, avec prises de bec. « Mes parents aiment la viande, ils ne voulaient pas lâcher, se souvient Margaux Simonet, 24 ans, salariée d’une régie publicitaire. J’enlevais les petits morceaux cachés dans la purée, et c’était des engueulades, surtout avec mon père. » Valérie Ventura, secrétaire stéphanoise, s’est retrouvée à jouer les casques bleus entre un fils « très remonté » et une fille « un peu dans la provoc » : « Elle lui disait devant son steak “tu manges un mort”, et cela partait en dispute… »

Quand les parents se sont fait une raison, arrachant qui une concession sur le poisson ou les œufs, qui une promesse d’autonomie (l’exalté fera lui-même ses courses et son frichti de tofu au sésame, quinoa et graines germées), reste à composer avec les amis. Fatigant de se justifier sans cesse. Ou d’apporter son drôle de gâteau au chocolat sans lait, ni œufs dans les soirées. Maëlle Dravet, 17 ans, se sent « comme un fardeau » dans les sorties entre copains : « Je n’habite pas dans une grande ville, il n’y a pas de restau végétarien, c’est toute une affaire de choisir où nous allons manger. »

Si les véganes de son genre sont souvent perçus comme extrémistes, les végétariens ne suscitent plus guère d’opprobre. La viande n’est plus en odeur de sainteté nutritionnelle. Arrêter d’en consommer, chez les jeunes, peut relever de l’imprégnation familiale quand père et mère pratiquent le « flexitarisme » sans le savoir (le végétarisme intermittent). Sophie, décoratrice d’intérieur, voit en sa fille Lucie, élève de terminale et végétarienne, « l’expression la plus poussée de ce que ressent la famille », qui a déjà quasiment renoncé à la viande rouge.

Après une crise d’adolescence au kebab, Nicolas Celnik, en terminale dans les Hauts-de-Seine, fils d’une mère végétarienne, d’un père pas loin de l’être, frère d’une jeune végane qui peint des vaches culpabilisantes devant les restaurants, a suivi le mouvement en 2014. Question d’éthique, une fois informé sur les conditions d’élevage. Et d’efficacité dans les soirées. « Etre veggie, rien de tel pour draguer les filles. »

Lexique

Le végétarien exclut de son alimentation toute chair animale (viande, poisson, fruits de mer).

Le végétalien rejette non seulement la chair des animaux (viande, poisson, fruits de mer…), mais aussi tout aliment issu du monde animal (produits laitiers, œufs, beurre ou encore miel…)

Le végane (terme anglo-saxon) est un végétalien qui, par ailleurs, supprime de son quotidien tout produit ou loisir reposant sur l’exploitation de l’animal (cuir, laine, produits cosmétiques contenant des graisses animales, équitation, visite de zoo…)

Le « flexitarien », végétarien occasionnel, reste un omnivore, qui limite sa consommation de viande à une ou deux fois par semaine.

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Faut-il nationaliser les vétérinaires?

C’est le Canard enchaîné qui parle brièvement de cette vérité générale: les personnes les plus pauvres accordent une très grande importance aux animaux partageant leur vie, tendant à reconnaître leur existence individuelle en tant que telle.

Citons, dans le même esprit, Jérôme Salord, le patron de SantéVet, société ayant 100 000 clients:

« Un certain nombre de nos clients ont des revenus modestes et pour eux l’animal de compagnie a autant d’importance qu’un enfant. Le coût des frais vétérinaires, comme une opération à 1 000 euros, peut affecter de manière terrible le budget d’une famille modeste ».

« Plutôt des femmes urbaines d’une quarantaine d’années avec enfant(s), issues de catégories socioprofessionnelles inférieures, possédant pour les trois-quarts un chien. »

On a donc, très clairement, des entrepreneurs visant directement les personnes les plus pauvres. Officiellement la mutuelle est là pour rendre service, mais croire en un capitalisme sympathique revient à croire au père Noël.

Pareillement, on se doute bien que les vétérinaires, sont comme les médecins: ils ont le monopole de leurs activités et peuvent donc exercer une pression corporatiste massive, avec l’aide des grandes entreprises qui en profitent largement.

Les enfants de bonnes familles ne s’y trompent pas: ils se précipitent pour faire vétérinaire. De la même manière que ceux qui échouent en France en médecine vont faire leurs études en Roumanie – à Cluj tout est organisé spécialement pour eux – ceux qui échouent à devenir vétérinaire ici vont en Belgique.

Voici ce que raconte entre autres 7sur7.be:

Les facultés de médecine vétérinaire en Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) tirent la sonnette d’alarme: le nombre d’étudiants qui ne cesse d’augmenter pose plusieurs problèmes. Elles demandent qu’un filtre à l’entrée soit instauré, notamment à l’égard des étudiants français.

Pour pallier le pic de diplômés rencontré dans les années 2000, un examen d’entrée avait été instauré en 2003-2004. Il avait ensuite été remplacé, dès 2006, par un système de régulation des étudiants non-résidents, toujours d’application aujourd’hui. Le nombre d’inscrits étrangers ne peut ainsi pas dépasser 30% des inscriptions globales.

Depuis, le nombre d’inscrits progresse d’environ 8% par an. 950 ont tenté leur chance pour l’année académique 2014-2015. Au même rythme, ils seront près de 1.500 en 2020. Pour l’ULg, l’ULB, l’UCL et l’UNamur, cette évolution pose problème. D’abord parce le nombre d’animaux disponibles pour permettre l’apprentissage des étudiants ne cesse de diminuer, que ce soit pour des consultations ou pour des autopsies.

« Lorsqu’on se retrouve à 20 autour d’un animal, il se sent cerné et il y a donc des choses qu’on ne peut plus faire », souligne Pascal Leroy, doyen de la faculté de médecine vétérinaire de l’ULg (la seule université à proposer un programme de master, ndlr). « De même, que faire quand on se retrouve dans une salle de 60 microscopes à 377 personnes, c’est-à-dire le nombre actuel d’inscrits en 1er master ? « 

Ce qui inquiète les vétérinaires belges est en fait surtout que l’Association Européenne des Etablissements d’Enseignement Vétérinaire fasse sauter la reconnaissance des facultés belges.

Tout cela montre en tout cas que les soins des animaux dépendent de plus en plus : des labos et des vétérinaires, ainsi que des mutuelles, dont la motivation fondamentale est l’argent.

En 2011, le Figaro constatait déjà que les dépenses vétérinaires avaient connu une hausse de 72% en dix ans: cela reflète tant un accroissement des soins que des bénéfices somptueux…

Voici d’ailleurs un « fait divers » assez parlant en soi:

Les faits se sont déroulés mardi ou mercredi. La clinique vétérinaire de la route de Strasbourg à Rillieux-la-Pape a été cambriolé par un ou plusieurs individus.
Les malfrats ont arraché les barreaux et brisé une vitre pour pénétrer dans l’enseigne. Et ils sont repartis avec des outils chirurgicaux et des produits anti-parasites destinés aux animaux. Le montant du préjudice reste à déterminer. Une enquête a été ouverte.

Il y a peu, il y a également eu une tentative de cambriolage dans un cabinet vétérinaire de Pont-de-Beauvoisin, dans l’Isère. En fait, les soins pour les animaux, c’est devenu un « business » comme un autre…

Et on se doute bien de ce que cela signifie : un non-accès aux soins pour les plus pauvres, une tendance à l’arnaque pure et simple de par la situation de monopole, une médecine à deux vitesses (voire bien pire)….

Sachant que plus de la moitié des ménages en France « ont » des « animaux de compagnie », la seule chose qui semble logique ici est de dire qu’il faut nationaliser les vétérinaires, organiser des hôpitaux publics pour les animaux, des centres de soins.

C’est d’ailleurs le seul moyen de passer d’une reconnaissance individuelle des animaux partageant notre vie à une reconnaissance générale, en tant que telle, par la société.

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Dépendance et breuvage à base d’ayahuasca

S’arracher aux drogues est quelque chose de difficile; on fait face à l’emprisonnement, l’enfermement, la tyrannie des drogues.

Se sevrer est une tâche très difficile; cela demande beaucoup de solidité psychologique, un entourage qui encourage (et mettre en avant le straight edge est une contribution culturelle qui doit jouer son rôle!), et parfois un soutien concret.

Il peut prendre de très nombreuses formes. Certaines personnes, pour faire face, s’enferment dans une pièce plusieurs jours (ce qu’on trouve notamment dans le film très glauque « Transpotting »). D’autres cherchent à changer radicalement d’environnement.

Voici comment Giovanna Valls présente son expérience, dans le magazine Elle, à l’occasion de la sortie demain de « Accrochée à la vie », qui retrace sa bataille.

Ce qu’elle met ici en avant est très discutable, puisqu’il s’agit de consommer de l’Ayahuasca, encore appelé yage. C’est une drogue en elle-même, aux propriétés hallucinogènes, fabriquée historiquement par les chamanes d’Amérique du sud et consistant en un breuvage à base de lianes.

Il existe, en effet, toute une « mode » touristique consistant à voyager en Amérique du sud pour des expériences mystiques très décriées, avec également quelques décès mentionnés. Ici il ne s’agit pas tant d’expériences que de sevrage, cependant la dimension « mystique » saute aux yeux tout de même.

C’est à prendre en compte, non pas tant pour une critique abstraite, mais pour comprendre la bataille pour le sevrage dans toute sa dimension, et sans jamais occulter le très grand courage individuel qu’il faut pour affronter l’accoutumance.

ELLE. Comment avez-vous replongé ?

Giovanna Valls Galfetti. J’étais, sans le savoir, avec un alcoolique. Un an d’insultes et de coups. Il n’était personne, ce mec, mais il a piétiné ma dignité, blessé mon intelligence. Quand je le regardais, j’avais envie de l’étouffer avec un oreiller, mais je me laissais tuer. J’ai sombré dans une profonde dépression. Et là, un jour, au coin de la rue, quelqu’un m’a dit : « Tu veux de la cocaïne ? » Je l’ai suivi jusqu’à un supermarché de la drogue. J’ai vu les junkies comme des fantômes, l’ambiance sordide, mais j’ai tendu le bras et je me suis laissé faire un shoot. C’était de l’héroïne et de la cocaïne, j’ai eu une overdose, je me suis réveillée dans une ambulance. Cette vie a duré cinq ans.

ELLE. Vous n’aviez pas peur de mourir ?

Giovanna Valls Galfetti. Non. J’ai chopé le sida et une hépatite C en une semaine, mais je me disais : si je dois mourir, je mourrai. Et, en même temps, une flamme tenait bon en moi. J’ai essayé de trouver la manière la plus digne de survivre avec la drogue. Je ne me suis jamais prostituée. Je suis devenue une petite délinquante. Je me levais, j’allais voler, dans les magasins, des articles de luxe masculins que je vendais pour acheter ma drogue. C’étaient des journées de seize heures, je faisais des kilomètres à pied.

ELLE. Comment avez-vous survécu ?

Giovanna Valls Galfetti. J’ai survécu parce que je ne vivais pas dans la rue, peut-être. Même quand j’étais une loque, j’ai toujours gardé la tête sur les épaules, essayé de rester propre, digne. En prison, c’est apocalyptique, ils te jettent à l’infirmerie, et l’abstinence, ils s’en fichent.

ELLE. Vos parents savaient-ils que vous étiez en prison ?

Giovanna Valls Galfetti. Non, je ne voulais pas les appeler, mais, la troisième fois, j’étais dans un état si pitoyable que le service médical de la prison les a contactés. Là, je leur ai demandé de l’aide : je suis à vos pieds, je me mets à genoux, je suis prête à tout. Ce sont eux qui m’ont permis de m’en sortir. Mon père est venu me voir, il avait 80 ans, il m’a dit qu’il m’aimait, qu’il me trouvait belle. Manuel est venu aussi, cet été de 2004, avec sa femme et ses enfants. Ma mère a toujours cru en moi. Tous me disaient : on est là, on t’aime.

ELLE. Pourquoi êtes-vous partie vous soigner au brésil, au fin fond de la jungle amazonienne ?

Giovanna Valls Galfetti. Après sept mois et vingt-trois jours de cure à Barcelone, un ami m’a parlé d’un traitement au Brésil, à base d’ayahuasca. Mes parents avaient besoin que je parte loin, il fallait qu’ils soufflent. Alors, hop, je suis partie !

ELLE. Quel est ce traitement qui, pour nous européens, peut sembler étonnant ?

Giovanna Valls Galfetti. C’est un breuvage à base de lianes de la forêt amazonienne, mélangées à d’autres plantes. Depuis la nuit des temps, les indigènes l’utilisent pour ses vertus curatives. Mais c’est un produit très fort, qui n’est pas adapté à tout le monde. Il peut être dangereux si son usage n’est pas encadré par un médecin. Le psychiatre Josep María Fàbregas avait découvert que ce breuvage était efficace pour soigner les addictions. C’est grâce à lui que je me suis soignée.

ELLE. Concrètement, qu’est-ce que le recours à l’ayahuasca vous a apporté ?

Giovanna Valls Galfetti. Il m’a permis de me retrouver face à moi-même, de revivre mes sensations de manque, de regarder la mort en face. Et surtout de me demander pardon et de me faire pardonner par les miens pour m’être maltraitée si longtemps. C’est comme une thérapie alternative, on vomit, on pleure, on lèche ses plaies. Et on en sort vidée, mais nettoyée. Il faut imaginer cela par 40 °C avec 99 % d’humidité, au milieu des moustiques. C’est une thérapie aussi, les moustiques !

ELLE. Vous n’aviez pas envie de prendre vos jambes à votre cou ?

Giovanna Valls Galfetti. La première nuit, quand j’ai eu envie de faire pipi et qu’il a fallu que je sorte de ma cabane seule dans la nuit noire, oui. D’autant que la jungle ne se tait jamais. Au début, on ne sait pas que ce bruit, ce sont juste les crapauds en chaleur. Au bout d’un mois de tarentules, de bouffe pourrie – car elle arrive après huit heures de pirogue en plein soleil –, j’ai dit : c’est merveilleux ici, mais je rentre chez moi !

ELLE. Qu’est-ce qui vous a fait rester ?

Giovanna Valls Galfetti. Un ami m’a convaincue. Puis je me suis habituée aux tarentules, aux fourmis, au climat. J’éprouvais une sensation de liberté et, en même temps, j’avais le sentiment d’être protégée. L’usage de l’ayahuasca a été très bénéfique pour moi, mais je répète qu’il faut être prudent. L’acheter sur Internet ou à un chaman, c’est très dangereux. Ça peut rendre dingue, je me souviens de quelqu’un qui voyait Ramsès II! Ça booste l’ego aussi, ça peut jouer des mauvais tours.

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Festival 2015 du film animalier à Albert

Du 16 au 24 mai aura lieu le festival du film animalier à Albert, dans la Somme. On peut consulter ici le site de cette initiative qui se déroule depuis 1991 et consiste en la remise de différents prix, avec en arrière-plan une sorte de petite mobilisation culturelle locale.

Là où évidemment il y a un problème, c’est que quand on parle de mobilisation culturelle locale, dans une situation où les chasseurs et les pêcheurs sont puissants, cela veut dire qu’ils seront partie prenant…


Faire la promotion de « La chasse pour les nuls » dans le cadre d’un festival animalier, c’est tout de même très tordu, ou plus exactement c’est avoir une conception des animaux qui est celle des chasseurs. Les animaux sont là pour le divertissement ou le défi, l’environnement pour se divertir ou se ressourcer, etc.

De manière plus sérieuse, c’est l’Australie qui est cette année mise en avant.


Il y a également des expositions, en plus des nombreux films: si 7 euros le film c’est cher, 25 euros la totale est plutôt sympa, à condition d’éviter la mise en avant de la chasse et de la pêche bien entendu, quoiqu’il soit toujours malheureusement utile de se confronter à cela.

D’autant plus que c’est l’occasion de rencontrer des réalisateurs, professionnels comme amateurs, et donc d’avoir des échanges possiblement fructueux, ou en tout cas riches de leçons.

On se doute évidemment également de l’importance locale de ce festival. La salle de cinéma fait 600 places, la thématique des animaux devient un thème central. Seulement voilà, y a-t-il des gens pour faire le travail de fond, culturel, à ce niveau?

Ce n’est que comme cela, avec un travail à long terme, que la libération animale et de la Terre aura un sens réel pour les gens. Les initiatives ne visant qu’à « témoigner » passent à côté de la culture, de la vie quotidienne; elles ne permettent que la mise en avant de « consciences malheureuses », elles évitent le long et patient travail de fond.

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EELV : un premier mai sans Nature

Europe Ecologie Les Verts (EELV) n’a rien d’écologiste. Quand on va sur leur site, il n’est pratiquement jamais parlé d’écologie, au sens très large d’ailleurs. On ne trouvera jamais, absolument jamais, la défense des animaux, quels qu’ils soient, et pareillement la défense de la Nature n’existe tout simplement pas.

Cela reflète la position d’EELV en général. Voici une belle illustration avec le tract d’EELV pour le premier mai.

Ce qu’on peut lire est très clair. L’écologie n’existe tout simplement pas, elle n’est qu’un « vecteur » pour faire passer les idées qui sont celles de ce qui a été appelé la « seconde gauche » dans les années 1970. Il s’agit de la gauche autogestionnaire, altermondialiste, décroissante, etc.

L’écologie, comme on le voit dans le tract, permet une critique de ce type; le tract affirme ainsi que le capitalisme ne peut pas avoir une croissance infinie, le productivisme amène le chômage.

S’ensuit un catalogue de revendications réformistes anthropocentristes, le tout se concluant par le principe de « l’économie sociale et solidaire », sorte de capitalisme vertueux.

On ne trouve donc aucune revendication écologiste, il n’est pas parlé de la Nature, la défense des animaux n’est pas mentionnée, évidemment.

On arguera certainement du côté d’EELV qu’un tract du premier mai concerne le monde du travail. C’est ici insultant: en quoi le monde du travail ne serait-il pas concerné par la défense de la planète?

C’est là raisonner comme la CGT qui a mené une opération brutale d’intimidation anti-écologiste récemment à Saint-Nazaire.

En réalité, si l’on dit que le premier mai c’est le jour de la défense de l’utopie, de la révolution, alors au contraire on devrait mettre en avant de grands objectifs, qui ont une portée morale immense, une signification concrète d’importance mondiale.

Se dire écologiste et revendiquer la diminution du temps de travail alors que jamais les riches n’ont été aussi riches et que les zones sauvages sont anéanties sur toute la planète, c’est totalement décalé…

Et cela montre bien que l’écologie d’EELV, comme de beaucoup dans la « seconde gauche », est au mieux un prétexte pour demander un capitalisme moins brutal. C’est un outil intellectuel, sans valeur en soi.

C’est comme depuis récemment on a des gens qui allient leur anarchisme à de l’écologie « radicale » ou à de l’anti-spécisme, mais sans jamais parler de la Nature ou des animaux. C’est juste un moyen pour justifier son propre discours.

Or, les animaux ont une valeur en soi, la Nature a une valeur en soi. La vie a une valeur en soi: c’est le principe du biocentrisme. Et il est vrai que ce sont les humains qui doivent changer, mais ils doivent changer en se soumettant à la réalité, en cessant leur individualisme et leur anthropocentrisme.

Cette fausse écologie est, en pratique, un crime par rapport aux exigences de la Nature, aux devoirs de l’humanité face à ses propres crimes.

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« La libération animale, quarante ans plus tard » à l’université Rennes 2 cette fin mai 2015

Nous en parlons régulièrement : les chiffres sont formels, l’exploitation animale est en pleine expansion à l’échelle mondiale. La Nature se fait attaquer sans commune mesure, les destructions sont innombrables.

Pourtant, certains feraient bien de cette réalité leur arrière-plan. Nous ne parlons pas ici de ceux qui profitent directement de l’exploitation animale, mais des intellectuels en soif de reconnaissance, qui sont ravis de pouvoir critiquer le monde mais en l’acceptant, de l’intérieur.

Quand une conférence sur la « libération animale » est soutenue par les institutions, comme ce le sera fin mai 2015, peut-on penser pourtant autre chose que cela ne vise qu’à intégrer cette cause dans l’ordre dominant, de faire en sorte de jeter de la poudre aux yeux afin de faire croire que les choses « peuvent » changer, voire qu’elles changent?

Ces intellectuels, méprisant le peuple, sont bien utiles pour parler d’oppression là où en réalité tout est issu de l’exploitation animale, permettant de dévier la lutte vers des culs-de-sac à coups d’actions « témoignages » ne touchant pas aux fondements du problème…

Le programme de cette escroquerie morale (et intellectuelle), où l’on trouvera Peter Singer ou encore Yves Bonnardel, se trouve ici. Le site qui lui est consacré est . Voici une présentation générale du « programme » (et rappelons qu’à Rennes se déroule une initiative « L’homme et l’animal » sur la même base).

L’équipe d’accueil Anglophonie : Communautés et Écritures (Université Rennes 2), le Centre de Recherche en Éthique (centre interuniversitaire québécois) et le laboratoire Conflits, représentations et dialogues dans l’univers anglosaxon (Université de Rouen) organisent les 28 et 29 mai 2015 à l’Université Rennes 2 un colloque intitulé « La libération animale, quarante ans plus tard ». Peter Singer, Ira W. Decamp Professor of Bioethics in the University Center for Human Values, Princeton University, ainsi que Jean-Yves Goffi, professeur émérite de l’Université de Grenoble II, France, y participeront à titre de conférenciers invités.

Dans son ouvrage intitulé La libération animale, le philosophe utilitariste Peter Singer développe trois grandes idées : le principe d’égale considération des intérêts, présenté comme le véritable fondement de l’égalité au sein de l’espèce humaine et pour tous les êtres sensibles ; le rejet du spécisme (la discrimination fondée sur l’espèce); et la conséquence pratique de ces deux idées, à savoir la nécessité de mettre un terme à certains types d’exploitation des animaux, notamment ceux qui ont trait à la recherche et l’élevage industriel. Cette œuvre phare a connu un retentissement immense.

À tel point que la publication de La libération animale, en 1975, a été présentée comme le moment clef dans l’émergence du mouvement éponyme. Cependant, le mouvement de libération animale ne saurait se réduire à la seule pensée singerienne.

D’une part, il est extrêmement protéiforme et fait l’objet de débats intenses à l’interne, entre les défenseurs des animaux eux-mêmes qui privilégient des approches diverses et dont les conclusions respectives s’avèrent parfois incompatibles, comme à l’externe, entre ceux qui cherchent à améliorer le sort des animaux et ceux qui défendent le statu quo ou contestent les arguments animalistes. D’autre part, il est sensiblement façonné par les cultures au sein desquelles il se développe.

L’objet de ce colloque sera de revenir sur le lien entre le mouvement de libération animale et les théories de Peter Singer qui, à tort ou à raison, en est perçu comme le père fondateur. Comment l’éthique animale de Peter Singer a-t-elle été accueillie depuis la publication de La libération animale ?

Quels échos a-t-elle trouvés dans les mouvements animalistes ? Quelles ont été les évolutions conceptuelles et pratiques de la libération animale contemporaine ? Quelle place la doctrine utilitariste, et son principe fondateur conséquentialiste, occupent-ils dans le travail de Singer et dans les débats qu’il a engendrés ? Quels sont les types d’approches en éthique animale auxquelles a mené la publication de Singer ?

Dans la perspective de cette rencontre, nous encourageons la confrontation de points de vue interdisciplinaires (études sur les aires anglophones, philosophie, sociologie, droit, histoire etc.).

Nous souhaitons par ailleurs que s’engage un dialogue entre les différentes approches théoriques : libération animale, droits des animaux, welfarisme, études critiques, statut politique des animaux, approche continentale etc.

On pourra notamment se pencher sur les thématiques suivantes (non exhaustives) :

L’antispécisme
Le principe d’égale considération des intérêts
Les analogies entre le spécisme et autres formes de discrimination
L’argument des cas marginaux
Le statut moral et juridique de « personne »
le débat qui oppose le fait de tuer et celui de faire souffrir
Les choix alimentaires : végétalisme, végétarisme, flexitarisme, régime omnivore (consciencieux ou non)
La question du remplacement des êtres tués
Les liens qu’entretient l’éthique animale avec les autres domaines de l’éthique appliquée : éthique de l’environnement, bioéthique, éthique médicale, etc.
L’utilitarisme vs. le déontologisme, l’éthique des vertus
La justice animale vue sous l’angle du libéralisme, du néo-conservatisme, du marxisme, de l’anarchisme, etc.

Les intervenants pourront s’exprimer en français ou en anglais.

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« Se nourrir, marcher, courir vegan » de Matt Frazier

Matt Frazier est une personnalité connue dans le milieu des sportifs vegans au Etats-Unis, notamment en étant l’auteur du blog à succès No Meat Athlete.

Son livre du même nom est également un classique de la littérature sportive vegan et justment il a été traduit et publié en français cette année sous le titre de « Se nourrir, marcher, courir vegan ».


C’est un livre intéressant qui reprend et explique de manière simple et accessible la plupart des connaissances actuelles sur la nutrition, en insistant sur l’importance d’un régime basé sur les végétaux, avec des aliments complets et non transformés (ou le moins possible).

En plus de cela, sont proposées 58 recettes végétaliennes, souvent avec des ingrédients faciles à se procurer, ainsi qu’un petit programme d’entraînement pour débuter ou se perfectionner en course à pied.

On a là quelque-chose de très pratique, un outil qui pourra être bienvenue pour les personnes vegan en France ayant besoins de connaissances accessibles sur l’alimentation, et particulièrement sur l’alimentation sportive. C’est vraiment une avancée, une excellente contribution!

Il faut en plus noter, et c’est très important ou plutôt fondamental, qu’en plus de l’aspect « santé », « bien être », Matt Frazier explique que la compassion envers les animaux est un aspect important de sa démarche vegan. Il reverse 10 % de ses droits d’auteur à des refuges pour animaux, dont Farm Sanctuary.

Cela ne sort pas de nulle part bien sûr et il faut bien voir qu’il y a aux États-Unis, contrairement à la France, tout une culture portant le véganisme de manière positive. Il y a des organismes massifs avec un discours « grand public » constructif et non pas glauque, de nombreux blogs ou sites internets, des sportifs ou des acteurs célèbres, des chanteurs ou groupes de musiques reconnus, etc.

On comprend cela par exemple avec les remerciements émis à la fin du livre par le co-auteur Matthew Ruscigno, diplômé en nutrition et en santé publique, vegan et sportif de haut niveau, qui a contribué à certaines parties du livre . On lit de sa part:

« Je suis également très reconnaissant aux organismes qui m’ont sensibilisé tôt à un mode de vie empreint de compassion : Animal Defense League, Earth First !, Vegan Outreach et Earth Crisis, pour ne nommer qu’eux. »

Pour autant, il y a quelque chose qui est vraiment dérangeant dans ce livre de Matt Frazier, un peu dans l’esprit libéral américain : c’est qu’il n’a de cesse de « botter en touche », de ne pas vouloir « en faire trop », de ne surtout pas donner l’impression « d’imposer » le véganisme.

Bien sûr il explique qu’il est possible et souhaitable d’être vegan, toutes ses recettes sont vegans, etc. Mais il préfère parler de « régime végé » et ce qu’il propose est d’une certaine manière une sorte de régime « flexitarien », pour ne pas froisser.

On lit alors des choses:

« Il peut s’agir d’un régime végétalien, sans produits animaux, pas même de miel. Pour d’autre, il peut s’agir d’un régime majoritairement à base de plantes. Vous pouvez alors manger du fromage de temps à autre et même un hamburger à l’occasion. »

Il explique alors qu’il faudrait y aller petit à petit, sans se brusquer. Bien qu’il « admire » les personnes qui arrivent à cesser la viande du jour au lendemain, il pousse son raisonnement jusqu’à ce « conseil » étrange : « n’essayez pas de ne plus manger de viande ».

On peut comparer ici la démarche de Matt Frazier à celle de Brendan Brazier, très différente. Brendan Brazier, qui par ailleurs préface ce livre de Matt Frazier, est certainement la figure la plus importante du sport vegan.

Son premier livre « Thrive, the vegan nutrition guide», non disponible en français, est un best-seller et il a également développé plusieurs sites internets (dont thriveforward.com) et une gamme de produit pour le sport (vega sport), il fait des apparitions dans de grands médias nord-américains, etc.

Brendan Brazier ne parle pas des animaux, sa démarche est d’abord initiée par le sport et la recherche de performance (il a été un triathlète professionnel). Mais il a une démarche « totale », mettant en avant un régime strictement basé sur les végétaux, avec une véritable détestation pour les produits de mauvaise qualité imposés par l’industrie, y compris forcément les produits issus de l’exploitation des animaux.

Sa démarche est beaucoup plus pointue, il a creusé de manière profonde la question de la nutrition, il conseille des aliments parfois relativement difficiles à se procurer, mais toujours d’un grand intérêt nutritif.

Ses recettes ne sont pas des transpositions « végétaliennes » de recettes classiques, il transforme de manière importante les habitudes alimentaires.

La conséquence de cette démarche « totale » est qu’il contribue à une véritable révolution culturelle dans le domaine de l’alimentation, portant ainsi, indirectement, de grands coups à l’industrie et à l’idéologie de l’exploitation animale.

Le Livre de Matt Frazier n’a quant à lui pas cette capacité. On se demandera même si, d’une certaine manière, malgré ses aspects positifs, ce livre n’aiderait pas à ce que « rien ne change », tellement la démarche est confuse.

A force de vouloir ne pas brusquer, on en vient à perdre de vue qu’il y a là, tout de même, une remise en cause des traditions erronées, de l’anthropocentrisme, bref on révolutionne les comportements.

Et c’est pour les animaux, donc il n’y aucune raison de tergiverser!

 

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Attention au muguet qui est une plante toxique

Avec le 1er mai et sa tradition du muguet qui approche à grands pas, voici une information qu’il est indispensable de connaître.

Le muguet est une plante toxique, il est hautement vital de garder toujours à l’esprit ce point que peu de personne connaisse, lorsque l’on vit avec un animal, et plus particulièrement avec un chat.

Car en effet, les chats ont besoin de se purger régulièrement en mangeant de l’herbe, et si ils n’ont pas d’herbe à disposition , ils peuvent se tourner par défaut sur n’importe quel autre végétal afin de satisfaire ce besoin vital de purge.

Sauf que beaucoup de plantes sont toxiques pour les chats, et c’est le cas du muguet!

Il faut donc s’occuper de l’herbe à chat, qui s’achète toute prête en jardinerie, ou il est possible de faire simplement pousser des grains d’orge ou de blé, ce qui est plus économique.

Que ce soit avec n’importe quel animal et avec n’importe quelle plante, il faut absolument mettre tout végétal dont la dangeroisité n’est pas vérifiée hors de portée de nos amis et amies « de compagnie » pour leur sécurité.

Voici d’ailleurs une liste de plantes toxiques pour les chiens et les chats, fourmi par Wamiz comme l’article ci-dessous qui est une bonne initiative et quelque chose à faire partager.

On notera au passage, c’est facile à voir, que la vente de muguet relève d’un esprit commercial effréné, dans une tradition installée véritablement par Pétain et auparavant par certains commerces plus ou moins chics. Le muguet s’est imposé en fait pour contrer l’églantine rouge, traditionnellement utilisé dans le mouvement ouvrier à l’initial.

Le muguet, une plante aussi jolie que dangereuse pour vos animaux

Le 1er mai approche et avec lui la jolie tradition du brin de muguet que l’on offre à ses proches. Mais les propriétaires de chats et de chiens doivent rester très prudents.

Car si l’on dit qu’elle porte bonheur, cette plante, de sa tige à ses fleurs en passant par ses feuilles, est très dangereuse pour les animaux. Le muguet est si toxique que même l’eau dans laquelle il repose peut empoisonner un animal.

Vos brins de muguet devront donc rester hors de la portée de vos compagnons à 4 pattes, tout comme des jeunes enfants d’ailleurs. Car cette liliacée est aussi toxique pour les humains.

Quels sont les symptômes d’une intoxication ?

Cette ravissante plante printanière contient des substances irritantes et cardiotoxiques qui peuvent ralentir le rythme cardiaque, augmenter la pression artérielle et engendrer des diarrhées et des vomissements associées à une salivation excessive.

L’animal peut dans les pires cas être pris de tremblements et convulsions.

Ces troubles peuvent se manifester entre 15 minutes et 6h après l’ingestion, les signes cardiaques étant les derniers à apparaître précise le centre antipoison animal, qui reçoit chaque année aux alentours du 1er mai de nombreux appels concernant cette intoxication.

Mon animal a ingéré du muguet, que dois-je faire ?

Si elle n’est pas traitée au plus vite, une intoxication au muguet peut être mortelle. Vous devez donc conduire de toute urgence votre animal chez le vétérinaire qui le fera vomir si la quantité ingérée est faible, ou l’hospitalisera et le placera sous monitoring cardiaque si l’intoxication est plus grave.

Marges des grandes et moyennes surfaces

Il est très difficile d’avoir un aperçu cohérent de l’économie de l’exploitation animale. C’est un système très opaque, comme par ailleurs toute l’économie des entreprises en général, sauf que là évidemment c’est d’autant plus masqué de par les opérations menées.

« Heureusement », si l’on ose dire, on a des organismes de l’Etat donnant un petit aperçu, ceux-ci étant au service des entreprises et fournissant des informations « utiles », des petits topos, des dossiers, etc.

A ce titre voici quelques informations intéressantes concernant les « grandes et moyennes surfaces » (« gms »).

Voici des marchandises relevant de l’exploitation animale, avec le panorama des marges qui sont celles des « gms ».

On comprendra aisément ici que ces marges en question sont énormes: l’exploitation animale ne concerne pas que la production, elle est quelque chose de très important pour la distribution également…

Les prix augmentent, car la bataille pour les marges fait évidemment qu’il y a tout intérêt à frapper les consommateurs au portefeuille. Surtout si l’on a savamment rendu les consommateurs dépendants de tel ou tel produit.

Là où cela devient difficile à saisir, c’est avec les informations en provenance des rayons de grandes et moyennes surfaces. Apparemment, la « théorie » veut que le rayon « boucherie » soit déficitaire, à l’opposé du rayon « charcuterie », le tout formant au final un ensemble incontournable, amenant des bénéfices.

Voici deux exemples.

En quoi consiste les « autres charges » ici, on n’en saura pas plus… Cela peut très bien être fourni à des filiales, succursales, etc. permettant aux marges gagnées et apparemment perdues de revenir.

On voit mal les « gms » accepter d’avoir des rayons déficitaires, surtout quand on a vu les marges dans les schémas plus haut!

Voici d’ailleurs des chiffres plus récents, concernant le « foie gras ». On constate encore l’expansion, contrairement aux prétentions de certaines associations…

On notera pour le dernier schéma que les -2,9% ne représentent qu’une baisse d’un chiffre – désignant en réalité des êtres vivants – restreint en comparaison avec l’autre en augmentation.

Tout est ici question de volume, marge, bénéfice, le tout rentrant dans un système global unissant production et distribution. Si l’on veut – et on doit le faire – abolir l’exploitation animale, il est impossible de nier cette réalité.

On peut la nier et prétendre arriver un jour à changer les choses, mais alors c’est vain. On peut raisonner en terme de « spécisme », mais alors on est dans la morale abstraite qui perd de vue qu’il s’agit de la forme économique régissant la vie quotidienne des humains.

On peut par contre voir les animaux réels, dans le cadre d’une économie réelle. Cela demande à la fois la reconnaissance des sens et l’utilisation de la raison.

Pas touche au refuge de la Mare Auzou!

Voici un appel lancé par la Fondation Brigitte Bardot pour signer une pétition visant à empêcher la fermeture de son principal refuge. On peut signer la pétition sur cette page; nous vous déconseillons de mettre des commentaires militants, par sécurité, bien entendu.

Il va de soi que le soutien à la lutte contre la fermeture du refuge est une nécessité absolue. On peut et on doit critiquer la Fondation Brigitte Bardot, pour son personnalisme, ses t-shirts « FBB Vegan » fait par des gens non végans, ses liens avec une agence de publicité d’extrême-droite.

Cela ne change rien au fait, bien sûr, qu’il y a un aspect positif consistant en le développement d’énergie en faveur des animaux. On notera ici le paradoxe: Brigitte Bardot est très connue et appréciée par l’opinion publique, et pourtant il y a le risque d’une fermeture…

On peut imaginer les risques qui existeront alors dans quelques années, après le décès de Brigitte Bardot. C’est tout le problème de la lutte pour une base démocratique forte, et là Brigitte Bardot a raté un virage essentiel, au profit d’une posture protestataire.

Il faut soutenir les refuges, tous les refuges, et ne pas attendre que les problèmes se posent de manière grave: il faut prendre les devants dans le soutien absolument nécessaire, impérativement nécessaire, formant une cause morale absolue!

Adressée à PREFECTURE DE L EURE
NON A UNE FERMETURE ADMINISTRATIVE DU REFUGE DE LA MARE AUZOU (Fondation Brigitte Bardot)

Le 2 décembre 1992, grâce à la générosité de ses donateurs, la Fondation fait l’acquisition, dans l’Eure (27), d’un grand domaine entouré de forêts, composé d’une maison, d’une ancienne écurie, d’un pigeonnier, de deux bâtiments à l’abandon, le tout sur 8 hectares de terrain : « la Mare Auzou ».

La Fondation Brigitte Bardot trouve alors le lieu idéal pour créer son premier refuge et offrir à ses futurs pensionnaires un cadre de vie convenable.

Aujourd’hui, transformé, aménagé, agrandi, le domaine accueille près de 1 000 animaux : chiens, chats, chevaux, ânes, moutons, vaches…

Les chiens (près de 200) sont répartis, selon leur caractère et leur état de santé, dans 60 parcs aménagés. Une cinquantaine de privilégiés, plutôt âgés et sociables, sont en totale liberté.

Grâce aux soins quotidiens que nous, employés, soigneurs, vétérinaires, leur prodiguons, ces animaux ont l’opportunité de se reconstruire, de réapprendre à vivre dans un environnement sain, et certains ont la chance de trouver une famille aimante qui leur donne enfin l’amour qu’ils méritaient.

Ici ils réapprennent à vivre dans un environnement serein, sécurisant, où nous pouvons leur donner l’amour qu’ils n’avaient probablement jamais eu, en attendant leur prochaine famille…….

Mais NOTRE havre de paix est aujourd’hui menacé et va peut-être prochainement disparaître !

Depuis plusieurs années, nous sommes assaillis de plaintes et de menaces infondées de la part d’un petit nombre de personnes (des riverains) qui souhaitent que nous fermions nos portes. Les chiens soi-disant aboient (???) alors que nous avons tout mis en oeuvre pour qu’il n’y ait plus d’aboiements : les chiens sont dans leurs chalets de 18h à 8h30 le matin.

Toute une organisation pour essayer d’apaiser tout le monde. Malgré ça, nous recevons toujours des menaces téléphoniques, des insultes et même des diffamations de la part d’une riveraine (hautaine dans son comportement !) et ne rêvant que d’une chose la fermeture du refuge ou du moins le silence complet de nos 200 chiens jour et nuit (afin d’ouvrir son gîte se trouvant prés du refuge?).

Nous, famille de cœur, dévoués à la cause animale, ne comprenons pas cet acharnement. Que vont devenir nos protégés si le refuge ferme ses portes ?

Qu’adviendra-t-il de nos emplois, et des emplois qu’offre le refuge aux entreprises externes et à tous les sous-traitants qui vivent grâce à au refuge ?

Montrons à tous que nous n’avons pas peur et que nous sommes plus que jamais motivés et déterminés à protéger nos animaux et à préserver nos emplois, car la société dans laquelle nous vivons a besoin, malheureusement, de refuges animaliers.

Luttons ensemble, aidez-nous à sauver le Refuge de la Mare Auzou en signant cette pétition !

Earth Crisis : « Behind The Wire » et « Biomachines ».

Voici les paroles, terribles et combatives comme il se doit, de deux chansons d’Earth Crisis: « Behind The Wire » et « Biomachines ».

Imprisoned behind the wire, the doomed await their end.
Tangled corpses fill the pits, starved, shot, or poisoned.
To the horrors the world turns away from the suffering in apathy.
A blind eye to the victim’s pain that they choose not to see.
Emprisonnés derrière les barbelés, les condamnés attendent leur fin.
Des cadavres inclinés remplissent les puits, affamés, tirés dessus, ou empoisonnés.
Face à ces horreurs, le monde se détourne de la souffrance dans l’apathie.
Un œil fermé sur la douleur de la victime qu’ils choisissent de ne pas voir.

Unless there’s money to be made, unless territory is gained.
Sauf s’il y a de l’argent à faire, à moins qu’il n’y ait un territoire à acquérir.

Imprisoned behind the wire, the doomed await.
Imprisoned behind the wire, the doomed await their end.
Tangled corpses fill the pits, starved, shot, or poisoned.
Emprisonnés derrière les barbelés, les condamnés attendent.
Emprisonnés derrière les barbelés, les condamnés attendent leur fin.
Des cadavres inclinés remplissent les puits, affamés, tirés dessus, ou empoisonnés.

To the horrors the world turns away from the suffering in apathy.
A blind eye to the victim’s pain that they choose not to see.
Face à ces horreurs le monde se détourne de la souffrance dans l’apathie.
Un œil fermé sur la douleur de la victime qu’ils choisissent de ne pas voir.

Unless there’s money to be made, unless territory is gained.
Sauf s’il y a de l’argent à faire, à moins qu’il n’y ait un territoire à acquérir.

Annihilation reigns.
Annihilation reigns, unless there’s money to be made, unless territory is gained.
Unless there’s money to be made, unless territory is gained.
L’anéantissement règne.
L’anéantissement règne, sauf s’il y a de l’argent à faire, à moins qu’il n’y ait un territoire à acquérir.
Sauf s’il y a de l’argent à faire, à moins qu’il n’y ait un territoire à acquérir.

Dawn of the biomachines.
Experiments to spawn the new breed of half living creatures to butcher for organs.
Transplants extend another’s life span, re-created, twisted in neo-god’s hands.
Animals physiologically altered to increase their output for human usage.
Aube des biomachines.
Des expériences pour frayer la nouvelle race de créatures à moitié vivantes pour massacrer leurs organes.
Des greffes étendent la durée d’une autre vie, re-créée, tordue dans les mains des néos-dieux.
Les animaux physiologiquement modifiés pour augmenter leur production pour l’utilisation humaine.

Left immobile as designed, trapped in a tortuous unexistence.
Monstrosities brought into being.
Behind the walls of laboratories, crimes go unseen.
Dawn of the biomachines.
Abandonnés immobiles comme prévu, pris au piège dans une non-existence tortueuse.
Des monstruosités à qui on donne naissance.
Derrière les murs des laboratoires, les crimes se déroulent, invisibles.
Aube des biomachines.

Horrific cruelty inflicted, demons in white coats leer down on their prey.
Trapped in a hell on earth that’s unknown – not heard not seen: until death they’ll stay.
Helpless beings brutalized by madmen, trained to deny that they’re even alive.
The basic motive financial gain, profit estimates drown the cries of pain.
Une horrible cruauté infligée, des démons en blouse blanche lorgnent sur leur proie.
Pris au piège dans un enfer sur terre qui est inconnu – pas entendu pas vu : jusqu’à la mort ils vont rester.
Des êtres sans défense brutalisés par des fous, formés à nier qu’ils sont ne serait-ce qu’en vie.
Le motif d’origine est le gain financier, les estimations de bénéfices noient les cris de douleur.

Monstrosities brought into being.
Behind the walls of laboratories, crimes go unseen.
Des monstruosités à qui on donne naissance.
Derrière les murs des laboratoires, les crimes se déroulent, invisibles.

Medical Research, subjects aren’t even seen as alive.
Behold the dawn, behold the dawn
Behold the dawn, behold the dawn
Behold the dawn, behold the dawn
Behold the dawn of the biomachines.
La recherche médicale, les sujets ne sont même pas considérés comme vivants.
Voici l’aube, voici l’aube
Voici l’aube, voici l’aube
Voici l’aube, voici l’aube
Voici l’aube des biomachines.

Monstrosities brought into being.
Behind the walls of laboratories, crimes go unseen.
Des monstruosités à qui on donne naissance.
Derrière les murs des laboratoires, les crimes se déroulent, invisibles.

Au nom du surf : les requins chassés en pleine réserve naturelle

Une honte, un crime. On peut lire dans le Figaro que :

« Le gouvernement a donné vendredi son feu vert à la pêche de requins tigres et bouledogues jusque dans la réserve naturelle marine de La Réunion. »

Et on parle de réserve naturelle ? En réalité, il n’y a pas de réserve naturelle qui tienne pour les folies égoïstes d’une humanité combattant la Nature coûte que coûte, tout cela au nom d’un mode de vie destructeur, fondé sur la consommation et l’ego.

En l’occurrence, les meurtres d’êtres vivants sont faits au nom du surf, et c’est sans doute ici une preuve pour sa condamnation historique. Dans 200 ans, on considérera le surf et le golfe comme des crimes contre la Nature, dont l’idéologie va totalement de pair avec les egos surdimensionnés propres au capitalisme et à son anthropocentrisme.

Bien sûr, la mort de quelqu’un est toujours quelque chose de triste. Toutefois, cela ne doit pas être prétexte à masquer que l’individualisme et l’anthropocentrisme sont radicalement meurtriers. On va voir que la Fédération Française de Surf utilise directement la mort de ce jeune d’une manière ignoble moralement.

Alors, utilisons la logique, rien que la logique et les faits, pour y voir clair. Dans l’article du Figaro du 13 avril 2015, on lit l’information suivante :

C’était un jeune espoir du surf. Elio, un adolescent de 13 ans, est mort dimanche matin à la Réunion après avoir été happé par un requin. Peu après 9 heures, un requin lui a arraché les membres et une partie de l’abdomen. L’adolescent se trouvait dans une zone interdite aux activités nautiques aux Aigrettes, sur la côte ouest de l’île.

Il y surfait avec six autres membres du pôle espoir de la Ligue de surf de la Réunion. Les pompiers n’ont pu que constater son décès malgré leur arrivée quasi immédiate et l’intervention des occupants d’un bateau qui avait ramené le jeune homme très vite sur le rivage.

On lit bien, dans l’article parlant d’un décès forcément déplorable, que cela s’est déroulé dans « une zone interdite aux activités nautiques ».

On lit par ailleurs dans le même article :

« C’est la seizième attaque depuis 2011, la septième mortelle. La dernière remontait au 14 février. Une baigneuse de 22 ans avait été attrapée par un requin à 5 mètres du rivage à Pont Mulla, Étang-Salé, là encore dans une zone interdite en raison de sa dangerosité. »

Là encore, il est parlé de « zone interdite »…

Seulement, la raison pour laquelle ces interdictions ne sont pas suivies, le même article l’explique ainsi :

« Mi-février, juste avant la précédente attaque mortelle, le préfet Sorain avait reconduit jusqu’au 15 février 2016 l’arrêté interdisant la baignade et toutes les activités nautiques en dehors du lagon et des zones surveillées.

Cette décision «d’interdire la mer», selon une expression souvent utilisée avec agacement par bon nombre de Réunionnais, avait été prise par la préfecture en juillet 2013 après la mort d’une jeune fille de 15 ans tuée par un requin à cinq mètres du rivage à Saint-Paul. »

En clair : c’est interdit, mais l’individualisme veut qu’on rejette cette interdiction, au nom du principe que la mer appartient aux humains.

Et l’État abandonne ses propres lois afin de satisfaire l’ego et le business. La palme ici de l’expression de cette horreur tient à la Fédération Française de Surf, qui n’hésite pas à justifier la présence de l’enfant en disant que « Un enfant de 13 ans, quand on lui interdit quelque chose, il a plutôt tendance à essayer de le faire en cachette », alors qu’il était avec d’autres jeunes et qu’on peut parfaitement penser qu’ils avaient l’accord des adultes, dont la responsabilité est ici patente, mais évidemment occultée…

Communiqué de la Fédération Française de Surf

Suite à l’attaque de requin du 12 avril 2015, dont a été victime le jeune Elio Canestri, 13 ans, membre du Pôle espoirs de surf de La Réunion, et après la visite dans le département de Jean-Luc Arassus, président de la Fédération Française de Surf, le président et le bureau directeur de la Fédération Française de Surf communiquent.

En préambule, la FFS espère que l’intelligence collective humaine pourra trouver une solution à ce problème. À la condition sine qua non qu’il n’y ait pas de transgression et d’analyse perverse de la situation.

Les requins à La Réunion

50% des attaques mortelles de requins en 2015 sont concentrées sur… 30 km de plage à La Réunion.

Il s’agit de la 16e attaque de requins à La Réunion depuis 2011. La 7e mortelle (5 surfeurs et 2 baigneurs) pour trois ayant causé de graves mutilations. C’est la deuxième attaque mortelle cette année. Il y a deux mois, le 14 février, une jeune femme de 20 ans avait été mortellement attaquée par un requin tigre alors qu’elle se baignait à quelques mètres du rivage à l’Etang-Salé. La dernière attaque sur un surfeur avant celle d’Elio remontait au 22 juillet 2014, sur le spot de Saint-Leu. Un surfeur de 51 ans avait été mordu au mollet et au poignet droit.

Toutes ces attaques sont concentrées sur une bande de 30 km sur la Côte Ouest de La Réunion, pourtant épargnée jusqu’à 2011. Cinq sont à imputer au requin bouledogue, deux au tigre.

Les deux espèces impliquées dans ces attaques sont le requin bouledogue et le requin tigre. Deux espèces qui ne sont pas menacées et ne sont pas protégées.

En quatre ans, les attaques de requins ont eu de lourdes répercussions sur la pratique du surf à La Réunion. Le nombre de licenciés est passé de 1600 en 2011, date de l’augmentation brutale des attaques, à 400 aujourd’hui.

L’attaque du 12 avril 2015

Le jeune Elio Canestri (13 ans) a été attaqué alors qu’il surfait avec six amis sur le spot des Aigrettes situé à 50 mètres du bord, à 500 mètres de la plage la plus populaire de La Réunion, Boucan Canot.

Il a été attaqué une heure et demi après le début de la session.

Il a été attaqué après avoir pris une vague, dans une situation où il était seul et isolé du groupe. Une procédure d’attaque classique du requin.

La FFS trouve inacceptable le fait que l’on puisse considérer Elio responsable de cet accident. La situation d’interdiction ne génère pas de la sécurité, bien au contraire.

Un enfant de 13 ans, quand on lui interdit quelque chose, il a plutôt tendance à essayer de le faire en cachette.

Seule la pédagogie et la connaissance du milieu permettront une prévention efficace.

La présence anormalement élevée de requins dans les eaux réunionnaises

Selon une étude des scientifiques de La Réunion remise le 13 mai 2013 au Préfet de La Réunion, il y a « un déséquilibre, une densité anormale de requins, une agressivité, une côte ouest infestée, des spécimens de taille importante »; Cette étude faisait déjà été d’un « déséquilibre de l’écosystème marin au large de la Côte Ouest ».

Quand on parle requin à La Réunion, on parle ici d’un prédateur hors norme, furtif. On sait de manière empirique que, depuis une dizaine d’années, le nombre de requins bouledogues s’est intensifié. On ne peut pas dire qu’il n’y a pas un nombre en augmentation peut-être exponentielle.

La vente de requin bouledogue et de requin tigre est interdite au prétexte que leur chair contiendrait une toxine (Ciguatera). Depuis 1999 et cette interdiction, aucun cas d’intoxication n’a été relevé à La Réunion alors que la population locale continue d’en consommer.

La recherche scientifique à La Réunion

La FFS continue à être favorable au programme de recherche sur les requins mené par l’Institut de recherche pour le développement (IRD), tout en lui demandant de procéder à un effort dans la gestion du gain de temps.

La gestion du facteur temps et de l’efficience des procédés de collecte d’informations (fiabilité des balises, fiabilité des marquages) doivent être améliorés.

La FFS et les surfeurs réunionnais, participent à ces améliorations.

La FFS demande également à ce que tous les procédés innovants (électromagnétiques, etc…) soient réellement testés.

L’interdiction des activités nautiques et de baignades à La Réunion

La FFS rappelle que la Réunion est la seule île au monde où la baignade et le surf sont interdits en raison de « la présence anormalement élevée de requins particulièrement agressifs », selon les spécialistes de ces poissons.

Aujourd’hui, l’interdiction de baignade est justifiée parce que les moyens de sécurisation commencent à intervenir. Cela met du temps à se mettre en place. La FFS a demandé à ce que ce temps soit réduit.

Les surfeurs sont citoyens et respectent une certaine interdiction. Ils sont très prudents. Il y a un problème de territoire, cela passe par des barrières, par la pêche.

La FFS demande aux pratiquants de respecter l’interdiction de surfer.

La pêche d’un requin tigre le 19 avril

Le président de la Fédération Française de Surf est allé à la pêche avec un compétiteur de pêche au gros, samedi dernier à l’Ile de La Réunion. Ancien élu de la Ligue réunionnaise de surf et père d’un surfeur, champion de France et membre des équipes de France. Comme le font des centaines de milliers de professionnels et de touristes tous les jours de par le monde.

Le président de la Fédération Française de Surf a participé à la capture d’un requin tigre de 400 kilos. Cette espèce n’est pas menacée, ni protégée.

Cette pêche sportive est autorisée.

Rappelons que la pêche traditionnelle existe depuis 40.000 ans et n’a jamais menacé la survie d’une espèce de poisson. Contrairement à la pêche industrielle de requins que la FFS condamne.

Cette pêche artisanale est inscrite dans le patrimoine culturel réunionnais.

Témoignage du président de la FFS : « Ce n’était pas une expédition punitive. Ce serait mal connaître la redoutable capacité de prédateur d’un requin que de prétendre, à l’avance, d’aller le pêcher à la demande. Nous avons sorti un prédateur de 4 mètres et 400 kilos de l’eau. L’émotion provoquée par cette pêche ne risquait pas de m’émouvoir au regard de la semaine vécue. »

Suite à la pêche de ce poisson, dont rappelons-le l’espèce n’est pas protégée, le président Jean-Luc Arassus a reçu des menaces physiques.

La FFS indique que suite à cette pêche du 19 avril, l’Etat a procédé à la pêche de 6 requins tigres de 2m50 à +4 mètres dans le cadre du dispositif Cap Requins. Deux autres requins tigres avaient été pêchés par l’Etat peu avant.

La pêche régulière et ciblée reste une condition incontournable à la reconquête du territoire abandonné aux requins durant les 15 dernières années.

L’impact économique de la crise requins à La Réunion

La FFS rappelle qu’avant la série d’attaques qui a débuté en février 2011, La Réunion comptait 17 écoles de surf. Il n’en existe plus qu’une seule qui donne des cours de Stand Up Paddle dans le lagon de l’Hermitage.

La situation est catastrophique pour l’ensemble des activités économiques de La Réunion, sérieusement impactée par la crise requin : tourisme, restauration, hôtellerie, activités nautiques, plongée, etc…

25.000 touristes en moins en 2012.

30.000 touristes en moins en 2013. Pas encore de chiffres pour 2014 mais des estimations portant entre -10 et -18% par rapport à 2013.

Les critiques envers la FFS

La FFS n’a pas attendu ces évènements pour être solidaire de la protection de toutes les espèces menacées.

La FFS proposera aux autres nations comme l’Afrique du Sud, qui pêche 600 requins par an sur 40 km de filets maillants, de collaborer à l’amélioration de tous les procédés.

En France, où l’on pêche 25 tonnes de requins par jour, ces polémiques retardent la mise en place des mesures ciblées, visant la réinstallation des activités sur les 30 km de la Côte ouest de La Réunion.

La FFS rappelle qu’elle défend le monde marin et les sites naturels. On ne peut pas l’accuser de vouloir nuire à la nature.

La FFS rappelle que les surfeurs de La Réunion ont participé à la rédaction d’un arrêté préfectoral visant à protéger le requin de récif, dont le rôle environnemental est réel comparé aux bouledogues et aux tigres. Quant certains s’activent sur les réseaux sociaux, les surfeurs de la Réunion réalisent de vraies actions environnementales.

La FFS tient à souligner qu’elle ne cautionnera jamais le massacre de requins. Elle regrette qu’un amalgame soit délibérément fait par des personnages mal intentionnés entre la pêche industrielle qui prélève à des fins commerciales plus de 20.000 tonnes de requins chaque année en France et la prise de quelques spécimens par des pêcheurs traditionnels réunionnais.

La FFS fait savoir qu’une reprise normale de la pêche artisanale de requins à La Réunion représenterait 1/1.000.000 de la pêche artisanale dans le monde.

La FFS est solidaire des surfeurs et des associations d’usagers de la mer, qui luttent pour un retour à la normale à La Réunion. Au prétexte de la sauvegarde de certaines espèces de requins, qui ne sont pas rappelons-le protégées, La Réunion ne peut devenir un sanctuaire de requins bouledogues, lesquels ont ruiné l’écosystème originel. Il en va de la vie de ses habitants, de ses enfants.

La FFS ne peut plus tolérer que la sauvegarde des usagers de la mer soit bafouée par des propos déplacés.

La FFS ne peut plus tolérer que la mémoire des surfeurs morts et des surfeurs mutilés soit bafouée par des propos injurieux.

La gestion requins chez les voisins de La Réunion

Après deux attaques mortelles en 2011, le gouvernement des Seychelles a obligé les petits pêcheurs à reprendre la pêche côtière aux requins et à relancer la consommation. Depuis 2011, les Seychelles ont instauré une filière de pêche aux squales artisanale et durable, soumise à quotas, réajustés chaque année selon que les prises augmentent ou diminuent.

La consommation de requins bouledogue et tigre n’est pas interdite à l’île Maurice, distante de 200 km, ni à Mayotte, département français, situé à 300 km de Madagascar où sévirait la toxine Ciguatera.

L’Afrique du Sud pêche 600 requins par an et dispose de 40 km de filets maillants sur ces côtes, installés au large des plages publiques. Ce dispositif a été installé voici plus de 60 ans.

La gestion requin et le surf international

La FFS rappelle que le mercredi 5 mars 2014, un grand requin blanc de 3m50 a été capturé puis tué car il rodait autour de Snapper Rocks (Gold Coast, Australie), site du Quiksilver Pro et du Roxy Pro. Selon l’Australien Jeff Krause, en charge du programme de contrôle des requins : « Le fait d’avoir tué l’animal était nécessaire car il se trouvait à une trop faible distance du site de la compétition. »

L’avenir du surf à La Réunion

La FFS assure qu’elle se battra pour que le Pôle Espoir continue à fonctionner à La Réunion. La Réunion représente 50% des effectifs des équipes de France de surf.

Le surf a de l’avenir à la Réunion. Il est inconcevable d’arrêter l’activité. C’est un atout économique pour l’île, il faut trouver des solutions à cette crise requins.

A son retour de La Réunion, le président de la FFS a rencontré des représentants de l’Etat à Paris ce lundi 20 février. Il existe une forte probabilité d’une aide substantielle pour permettre des stages en métropole, ou à l’étranger, pour les surfeurs du Pôle Espoir de La Réunion.

Les menaces de l’ONG Sea Sheperd

Cette ONG a été fondée et présidée par l’animaliste Paul Watson. Lequel a été renvoyé de Greenpeace pour ses agissements contre productifs. Il est actuellement recherché par plusieurs Etats et réside en France où il a reçu l’asile politique.

C’est donc depuis la France que l’ONG est désormais active et qu’elle a fait de la crise requins de La Réunion son nouvel axe de propagande.

Cette ONG est omniprésente sur la scène médiatique.

Sur son site, elle assure protéger la biodiversité marine partout dans le monde. Installée au début de la crise requins à La Réunion, où la vie marine est un enjeu, elle ne s’est jamais senti concernée par la surpêche industrielle, la pêche illégale, le trafic d’espèces, les prises accessoires de cétacés, de requins, de tortues, la pollution, la quasi disparition des requins de récifs, les grands travaux d’aménagement, etc…

La seule position de cette ONG est d’assurer sa promotion, vendre une image, mener une vendetta contre ceux qu’ils ont désigné « connards de surfeurs ».

Depuis quelques jours, les membres actifs de cette ONG mènent une campagne de dénigration envers la FFS sur les réseaux sociaux, les boites mails, les partenaires de la FFS.

Des insultes ont été proférées par des gens qui placent la vie d’un poisson avant celle d’un humain.

Cette ONG n’a aucun comité scientifique ou technique composé de gens de mer permettant d’assurer la diffusion d’informations vérifiées.

Cette ONG est également en guerre contre : Europe Ecologie Les Verts, la Fédération française d’études et de Sports Sous-Marins (FFESM), le Comité Régional d’Etudes et de Sports Sous-Marins de la Réunion (CRESSM).

Ils ont quitté cette ONG :

Elizabeth May, chef du Parti vert du Canada

Hubert Reeves, astrophysicien, communicateur scientifique et écologiste franco-canadien

Steven Guilbeault, écologiste canadien

Murray Bookchin, philosophe américain de l’écologie sociale

François-Xavier Pelletier, Ethno-cétologue, réalisateur, photographe et écrivain français

Florentine Leloup, ancienne présidente de Shark Angels France et maintenant de Shark Citizen, dénonce les agissements néfastes de cette ONG.

Plusieurs demandes ont été faites auprès du gouvernement français pour qu’il reconsidère l’asile politique offerte au leader de l’ONG.

Les demandes qui ont été faites par la Fédération à l’Etat

La FFS a demandé à l’Etat un effort de pêche ciblée par les experts.

La FFS a demandé la reprise du dispositif des vigies requins renforcées au plus vite.

La FFS a demandé l’installation le plus rapidement possible de barrières physiques sur les plages.

La FFS se félicite des mesures qui ont été prise par les différentes communes de l’ouest, notamment la commune de Saint-Paul où la dernière attaque mortelle a eu lieu. Des filets doivent être installés d’ici septembre sur les plages de la commune. Ces filets, dits de « nouvelle génération », longs de 700 mètres, installés du fond à la surface de l’eau, et qui contrairement aux filets maillant australiens, n’ont pas de prise et ne capturent pas toutes sortes de poissons.

La FFS a demandé que le filet proposé par monsieur Patrick Florès, élu de la Ville de St Paul, vienne en avion de Bretagne pour être assemblé à La Réunion et gagner deux mois de délais.

Verbatim

Philippe Mespoulhé, docteur en biologie marine et installé à La Réunion : « Certains spécimens identifiés et sédentarisés de plus de 3 mètres, qui représentent une menace évidente pour les usagers, devraient être prélevés. Au nom de la survie des océans, il faut certes accepter la présence des requins – qui ne sont ni cruels ni sanguinaires – pour conserver l’équilibre général du milieu. Mais une réflexion s’impose : la régulation d’une population d’animaux qui pose problème doit rester envisageable. »

Bernard Séret, chercheur à l’IRD : «  La réserve n’est pas la cause des attaques. On ne peut pas avoir un parc d’attractions aquatiques et une réserve au même endroit. Il faudra faire un choix. »

Bertrand Baillif, pêcheur professionnel à La Réunion : « On a tellement protéger le requin qu’aujourd’hui, il y a une surpopulation de requins. On sait qu’il y a une surpêche au large qui rabat les requins sur nos côtes. En pêche de nuit, on perd 30% de notre pêche à cause du requin. »

Jérémy Florès, n.1 français et originaire de La Réunion : « De génération en génération, il y avait toujours des pêcheurs. Puis des écologistes venus d’ailleurs sont arrivés et ils ont arrêté la pêche dans un rayon de 10 kilomètres où toutes les attaques de requin surviennent actuellement. »

On a ici une machine de guerre contre la Nature, malgré la prétention de la Fédération française de surf qui dit qu’on ne peut « l’accuser de vouloir nuire à la nature ». Nous, on ne va pas se gêner de l’accuser. Entre les requins et les surfeurs, il faut choisir les requins… la Terre d’abord ! L’océan n’appartient pas à des humains en mal de promotion de leur ego sur la base culturelle des entreprises et de leur anthropocentrisme !

Il y avait d’ailleurs 14 écoles de surf à la Réunion, il n’y en a plus qu’une ; les licenciés sont passés de 1600 à 400. La fin est inévitable.

Dans un article de Bfmtv business, on lit cela :

Nous ne voulons pas que tout s’arrête », martèle Anne-Gaëlle Hoarau, plusieurs fois championne de France et d’Europe, avant de montrer l’océan: « On ne peut pas l’admettre lorsqu’on a ça devant soi ».

Eh bien si, justement, en voyant « ça » devant soi, on cesse son égoïsme, son individualisme, aussi simplement que cela.

« Ne ramassons pas les oisillons »?!

Voici un article publié par Ouest-France qui est extrêmement discutable, pour ne pas dire même franchement faux, au moins dans la présentation qui est faite.

Le thème est d’une très grande importance, il y a lieu de s’y attarder avec discernement.

Animaux. Ne ramassons pas les oisillons

Quoi de plus attendrissant qu’un petit oiseau tombé du nid, tout seul, qui piaille. Difficile de l’abandonner. Et pourtant…

« Souvent, mieux vaut le laisser sur place, prévient Anne-Laure Dugué, de la ligue de Protection des oiseaux (LPO). Ils sont rarement orphelins. Les parents ne sont pas très loin. »

Souvent, ils sont aux alentours, en train de chercher de la nourriture. « Pour en être sûr, mieux vaut s’éloigner et regarder. Si vous restez à côté, les parents ne viendront pas. » Pourtant, ils sont les plus à même d’élever leur couvée.

« Dans les centres de sauvegarde, ces oisillons tombés du nid constituent 40 % des effectifs. Et cela mobilise énormément de bénévoles. »

Une mésange doit recevoir la becquée toutes les deux heures.

Si un danger menace l’oisillon, comme un chat errant, une route fréquentée, mieux vaut le placer en hauteur sur une branche, un muret, le replacer dans son nid ou le cacher sous un buisson.

Ses parents ne seront pas gênés par votre odeur.

Si l’oiseau est blessé, il faut contacter la LPO ou un centre de sauvegarde.

Le fait de dire que les parents ne seront pas gênés par l’odeur humaine est tout à fait discutable. Il n’y a pas de point de vue scientifique clair à ce sujet.

Et quand nous parlons de scientifique, nous ne parlons pas ici des gens pratiquant la vivisection, mais des gens s’y connaissant dans la solidarité avec les oiseaux.

Ce qui est par contre indiscutable, c’est que prétendre qu’il ne faut pas ramasser les oisillons est criminel. Exception faite pour les bébés chouettes qui quittent leur nid en étant incapables de voler et en ayant encore du duvet. L’article sous-tend d’ailleurs clairement que les oisillons sont une grande charge pour l’association… C’est particulièrement glauque.

C’est carrément un appel, dans un esprit cynique, au dédain pour les oisillons. Le coup de cacher l’oisillon sous un buisson non seulement est d’une stupidité sans bornes, mais c’est même pratiquement de la bonne conscience catholique à l’extrême…

Ne sont pas rares les témoignages de personnes ayant trouvés des oisillons au sol, qui expliquent que la LPO conseille de les laisser sur place, malgré le danger des « prédateurs » et la survie impossible de l’oisillon tombé au sol. Le tout sous prétexte que ce serait « la nature »…

On peut même constater que derrière tout cela, il y a une approche masquée : celle du néo-darwinisme qui dit que seuls les plus aptes doivent survivre car telle serait le mouvement de l’évolution, etc. Ce n’est ni plus ni moins que du capitalisme appliqué à la Nature.

Là où c’est également honteux, c’est que la Ligue de Protection des Oiseaux nie les pigeons. A ses yeux, ils n’existent pas. Or, il est évident que les oisillons qu’on trouve le plus, ce sont justement des petits pigeons…

Dans les villes, il est impossible de ne pas tomber parfois (u régulièrement) sur un pigeon blessé, voire sur un oisillon tombé du nid.

Sans compter les gens faisant des travaux et se débarrassant des pigeons en les mettant dans un carton à côté d’une poubelle, au mieux !

Dans les campagnes, un incident peut arriver et l’oisillon peut tomber, et on devrait l’abandonner ?! On ne devrait pas s’attendrir, éprouver de la compassion, et l’aider ?!

On a là une idéologie terrible. Que des gens osent écrire et dire cela, c’est révoltant. Sacrée époque que la nôtre où le chacun pour soi l’emporte, où le repli nationaliste se développe, où on massacre sous prétexte de religion.

L’humanité est gorgée d’anthropocentrisme, d’égoïsme, d’individualisme, d’esprit du type « malheur aux vaincus », « seuls les forts survivent », etc.

On enseigne aux jeunes le scepticisme, le relativisme, le cynisme. C’est intolérable.

Le « Produit Marin Brut annuel »?!

Le WWF a publié un dossier intitulé « Raviver l’économie des océans » (le pdf est ici), qui témoigne d’une logique qui est précisément celle qu’il faut réfuter.

L’idée du WWF est que pour sauver les océans, il faut les valoriser symboliquement, en mettant en avant des critères sur le plan économique. C’est le coup traditionnel visant à promouvoir l’écologie en expliquant que l’environnement est utile, que la Nature est là pour fournir des ressources, qu’il serait absurde de détruire ce qui peut être utile, etc.

Comme si justement et inversement l’anthropocentrisme ne portait pas, par définition, en lui la destruction de la Nature faisant face à sa prétendue omnipotence et omniscience.

Voici un extrait de la position du WWF, qui fait un acte horrible: quantifier en termes monétaires des êtres vivants, en les présentant comme des stocks à gérer… En parlant d’un « océan bénéficiant aux individus, aux entreprises et à la nature », le WWF montre qu’il n’a rien compris: l’océan relève directement de la Nature, les entreprises il faut renverser leur démarche visant le profit, quant aux « individus » ils forment une seule humanité…

Si leur richesse place les océans au 7e rang des économies mondiales, le rapport publié aujourd’hui par le WWF n’en met pas moins en évidence leurs érosions rapides. Intitulée Raviver l’économie des océans : plaidoyer pour l’action 2015, l’étude analyse le rôle crucial joué par les océans au plan économique et expose les menaces qui les rapprochent à présent du seuil de rupture.

Conscient du fait que la science n’est pas une incitation à agir suffisante à elle seule, le WWF a décidé d’associer les preuves de la gravité de la dégradation de l’écosystème à un exposé économique en faveur d’une action urgente.

Produit conjointement avec le Global Change Institute de l’Université du Queensland et le Boston Consulting Group (BCG), le rapport est le premier du genre à se pencher aussi précisément sur la question du patrimoine océanique. Il souligne l’ampleur colossale des richesses marines, évalue les biens et des services procurés par les environnements marins et côtiers mais décrit également les agressions incessantes subies par des ressources océaniques, exposées à la surexploitation, aux mauvaises pratiques et au changement climatique.

Calculé de la même manière que le PIB national, le Produit Marin Brut annuel placerait les océans au septième rang des économies mondiales grâce à une production annuelle de biens et de services évaluée à 2 500 milliards d’US dollars. La valeur globale du patrimoine océanique est quant à elle estimée à 24 000 milliards d’US dollars, une valeur sans commune mesure avec celles des plus grands fonds souverains.

« Dans ce contexte global, la mer Méditerranée s’impose comme un patrimoine crucial pour les pays côtiers » précise Giuseppe Di Carlo, Directeur de l’Inititative Méditerranée Marine du WWF. « Le tourisme maritime et côtier représente à lui seul, plus d’un tiers de l’économie maritime en Méditerranée, génère une valeur d’environ 100 milliards d’euros et emploie 1,7 million de personnes. »

« Certes, la richesse de l’océan n’a rien à envier à celle des pays les plus riches du globe, mais nous sommes en train de la laisser sombrer et de précipiter du même coup la chute de cette économie », prévient Marco Lambertini, Directeur général du WWF International. « Aucun acteur responsable ne peut raisonnablement continuer à prélever les précieux actifs océaniques sans investir dans l’avenir. »

D’après le rapport, la valeur de la production économique annuelle des océans dépend à plus des deux tiers de la santé du patrimoine océanique. Or l’effondrement des stocks de poissons, la déforestation des mangroves, la disparition des coraux et des herbiers mettent en péril le moteur économique marin dont sont tributaires la vie et les revenus de nombreux humains sur Terre.

« C’est en quantifiant la valeur annuelle produite par les océans du globe et celle du patrimoine correspondant que nous pouvons pointer du doigt les vrais enjeux aux plans économique et environnemental. Ce que nous espérons, c’est que cela amène les dirigeants d’entreprise et les décideurs politiques à prendre des décisions plus raisonnables et plus avisées pour façonner l’avenir de notre économie océanique commune », déclare Douglas Beal, Associé au Boston Consulting Group.

La croissance démographique humaine et notre dépendance à l’égard de la mer font de la restauration de l’économie maritime et des actifs océaniques une urgence planétaire.

Les océans évoluent à un rythme inédit depuis des millions d’années.

« L’océan encourt davantage de risques aujourd’hui qu’à n’importe quel autre moment de notre histoire. Nous prélevons trop de poissons, rejetons trop de polluants, réchauffons et acidifions l’océan au point que les systèmes naturels essentiels vont tout simplement s’arrêter de fonctionner », annonce Ove Hoegh-Guldberg, auteur principal du rapport et Directeur du Global Change Institute de l’Université du Queensland (Australie).

Le changement climatique fait partie des premières causes du déclin de la santé océanique. Les études incluses dans le rapport montrent qu’au rythme de réchauffement actuel, les récifs coralliens, qui procurent alimentation et emplois à plusieurs centaines de millions de personnes et en assurent aussi la protection contre les tempêtes, auront complètement disparu en 2050. Au-delà du réchauffement des eaux, le changement climatique induit une acidification océanique dont la résorption s’étalera sur des centaines de générations humaines.

Autre cause majeure de détérioration des océans : la surexploitation, puisque 90 % des stocks mondiaux de poissons sont surexploités ou pleinement exploités. A titre d’exemple, la population de thons rouges s’est effondrée de 96 % depuis que l’espèce est pêchée.

Il n’est toutefois pas trop tard pour inverser les tendances inquiétantes à l’œuvre et garantir la bonne santé d’un océan bénéficiant aux individus, aux entreprises et à la nature.

Le rapport Raviver l’économie des océans présente pour cela un plan d’action en huit points permettant de restaurer pleinement le potentiel des ressources océaniques.

Parmi les solutions les plus urgentes présentées dans le rapport : l’incorporation de la reconstitution des actifs océaniques aux Objectifs de développement durable de l’ONU, la lutte contre le changement climatique au niveau mondial et la définition d’engagements ambitieux en faveur de la protection des zones côtières et marines.

« L’océan nous nourrit, nous donne du travail et contribue à notre santé et à notre bien-être, et pourtant, nous le laissons se dégrader sous nos yeux. Si l’actualité prouve chaque jour le délabrement de sa santé, elle ne suffit pas à faire réfléchir nos dirigeants. Peut-être une analyse économique poussée y parviendra-t-elle. Une tâche ardue nous attend pour protéger les océans, à commencer par la définition de réels engagements internationaux en faveur du climat et du développement durable », ajoute Marco Lambertini.

Baptisée Sustain Our Seas (Préservons nos océans), la campagne mondiale lancée par le WWF pour les océans s’appuie sur plusieurs décennies de travaux menés par l’organisation et ses partenaires sur le thème de la conservation marine. Le WWF collabore avec les gouvernements, les entreprises et les communautés pour encourager les dirigeants à prendre des mesures urgentes permettant de redresser l’économie des océans et de protéger la vie et les moyens d’existence de milliards d’êtres humains sur la planète.

Action de l’ELF à Athènes

C’est un document important qui est publié ici, puisqu’il s’agit du communiqué d’une action de l’ELF à Athènes. Traditionnellement la scène « insurrectionaliste » grecque n’aborde, en effet, pas le thème de la libération animale et de la libération de la Terre, contrairement à son équivalent latino-américain.

La nuit du dimanche de Pâques (12 au 13 avril), nous avons attaqués à l’aide de 3 engins incendiaires à retardement, pour la destruction de l’entrée et de 3 véhicules (1 camionnette et 2 fourgonnettes) d’une entreprise avicole dans la rue Aghiou Pavlou, dans le quartier athénien de Peristeri, comme geste de solidarité avec les prisonniers en grève de la faim dans les prisons grecques.

Force à ceux qui sont encore en grève de la faim, aux membres prisonnier-e-s de la Conspiration des Cellules de Feu, et à celles et ceux qui sont en train de récupérer après s’être levé-e-s avec dignité et cohérence contre l’État durant toute cette période, et dans la conjoncture actuelle également contre les administrateurs et les représentants gauchistes du Pouvoir, qui dès le premier jour qu’ils se sont agrippés aux postes gouvernementaux ont clairement fait voir leurs intentions (au moins pour ceux voient les choses telles qu’elles sont), culminant jusqu’au moment de la gestion tactique de la grève de la faim et l’expulsion de l’occupation solidaire du Rectorat des Propylées le 17 avril.

Satisfaction IMMEDIATE des revendications des grévistes de la faim :

– L’abolition des articles 187 y 187A
– L’abolition de la loi de la cagoule
– L’abolition des prisons de type C
– Libération immédiate de Savvas Xiros, qui souffre de plusieurs lésions graves
– Délimitation de l’usage de l’ADN

Nous avons choisi cet objectif parce que nous considérons qu’il ne peut être exclu l’opposition de fait à l’industrie de commercialisation des animaux non-humains dans la bataille contre l’État, le Capital et chaque structure du Pouvoir.

Il n’y a qu’une pratique de l’enfermement, et elle doit être repoussée sous toutes ses formes, que ce soient les prisons humains – « institutions correctionnelles » – ou les camps de concentration pour migrants, ou l’infrastructure de l’industrie de la viande et produits dérivés.

La date de notre attaque n’a en rien été accidentelle. Nous avons choisi le moment lors duquel la masse humaine était encore plongée dans l’inactivité après avoir accompli son devoir envers l’église et les fantômes saints qui rôdent et définissent leur existence même les jours antérieurs.

Chaque temple de la société, matériel ou mental, chaque moule, chaque stéréotype, chaque coutume qui reproduit, alimente, ou reflète simplement les nombreux visages du Pouvoir ne mérite rien d’autre que d’être démoli.

L’une de ces coutumes est la consommation de viande, qui s’est établie exactement de la même manière que l’on établit comme « normale » la pratique du pillage de la nature, comme nous voyons que c’est le cas avec les mines d’or dans le bois de Skouries en Chalcidique, dans le nord de la Grèce, ou avec le TAV en Italie et dans chaque recoin de la planète.

Cette action est une réponse à l’appel des compagnon-ne-s au Chili, dont les actions nous ont fait sourire tant de fois. Force à Nataly Casanova, Juan Flores et Guillermo Duran, en grève de la faim depuis le 14 avril.

Nous envoyons en même temps notre signe de solidarité et de complicité avec tou-te-s celles et ceux qui sont mis-es en cause, incarcéré-e-s et poursuivi-e-s pour avoir milité dans la ligne d’attaque du Front de Libération de la Terre et du Front de Libération Animale.

Nous faisons un appel à chaque individualité insurgée, à chaque groupe d’affinité, à chaque noyau d’action directe pour aiguiser les attaques sur tous les fronts, par la manière que chacun-e pensera être la meilleure, par tous les moyens disponibles.

Synapsis d’Ignition pour la Lutte Multiforme Anarchiste – Front de Libération de la Terre (ELF)

Le « rapport des Français à la nature »

Du 20 au 24 mai a lieu la « fête de la nature », organisée depuis 2006 par le Comité français de l’union internationale de conservation de la nature (UICN) et le magazine Terre Sauvage.

Dans ce cadre a été rendu public un sondage sur le « rapport des Français à la nature », sans majuscule à ce mot. Le choix des réponses est forcément dépendant des choix proposés. Voici un graphique exposant les réponses principales.

On peut également lire le sondage intégral ici. Ce qui est frappant, c’est qu’en fait rien ne rime à rien dans les réponses.

Par exemple, à la question de savoir si la nature est « une ressource à exploiter au profit de l’être humain », 18 % ne sont pas du tout d’accord, 30 % pas d’accord.

Ce qui fait quand même 35 % plutôt d’accord, 16 % tout à fait d’accord…

Mais à la question de savoir la nature est un lieu de loisirs, 32 % sont tout à fait d’accord, 57 % plutôt d’accord !

Seulement 9 % ne sont plutôt pas d’accord, 1 % pas du tout d’accord…

Or, il est évident que si la nature est un lieu de loisirs, alors c’est une ressource exploitable, même si cela ne relève pas de la destruction comme matières premières.

La Nature en soi, avec une majuscule, n’est pas reconnue. C’est quelque chose à côté, quelque chose où l’on passe, quelque chose dont on profite, quelque chose dont on a peur aussi. Mais on ne pense pas en faire partie,  et ensuite on ne la reconnaît pas, on prend le mot fourre-tout, mêlant faune, flore, promenades, etc.

C’est toute une vision du monde qui s’expose ici, de par les choix mêmes des sondeurs également. Au mieux, il s’agit ici de préserver l’environnement. Mais l’environnement, ce n’est pas la Nature, les deux mots représentant une dimension bien différente…

L’environnement entoure un individu, la Nature est un système global, celui de la vie sur la Terre!

Le cannabis chez les adolescents en 2014

L’enquête ESCAPAD (Enquête sur la santé et les consommations lors de l’appel de préparation à la Défense) 2014 de l’Observatoire Français des Drogues et de la toxicomanie a été rendu public.

On y apprend notamment que :

Entre 2011 et 2014, on observe une recrudescence importante de l’expérimentation (de plus de 6 points), qui concerne à la fois les filles et les garçons, dans des proportions comparables (44,0 % vs 49,8 % pour les garçons et 38,9 % vs 45,8 % parmi les filles).

En 2014, l’expérimentation reste en deçà de celle de 2003 (47,8 % vs 50,3 %).

Si le niveau d’usage dans la vie des garçons retrouve un niveau comparable à celui de 2000 (50,1 %), celui des filles, en revanche, est clairement supérieur (40,9 % en 2000), traduisant une convergence des comportements.

En 2014, près de 7 adolescents de 17 ans sur dix ont déjà fumé une cigarette (68,4 %) et près de 9 sur 10 déclarent avoir déjà bu de l’alcool (89,3 %).

Si l’expérimentation du tabac est plus fréquente parmi les filles (70,1 % vs 66,8 %), l’initiation à l’alcool demeure davantage le fait des garçons : 90,2 % contre 88,3 % des filles.

Toutefois, en dépit de cette inflexion de la diffusion de tabac et d’alcool à 17 ans, les usages plus fréquents augmentent sensiblement entre 2011 et 2014.

On peut lire le rapport ici. François Beck, directeur de l’OFDT, a fourni également un questions-réponses; voici celle dressant un panorama de la situation.

Quelle est l’évolution de la consommation de cannabis entre 2010 et 2014 ?

En 2014, on estime à 4,6 millions le nombre de personnes ayant consommé du cannabis dans l’année, dont 1,4 million d’usagers réguliers (au moins 10 usages au cours des 30 derniers jours). Les niveaux estimés à partir des enquêtes précédentes de 2010 et 2011 étaient respectivement de 3,8 millions et 1,2 million de personnes.

Quatre adultes sur 10 déclarent avoir déjà consommé du cannabis au cours de leur vie. L’usage au cours de l’année (usage actuel) concerne en 2014 une personne sur dix (11 %), contre 8 % en 2010.

Il atteint son niveau maximum chez les 18-25 ans en se situant à 28 %.

L’usage régulier est, pour sa part, passé de 2 % à 3 % entre 2010 et 2014. Après une décennie de relative stabilité, ces indicateurs issus du Baromètre santé de l’Inpes sont orientés à la hausse.

Dans l’enquête ESCAPAD centrée sur les adolescents de 17 ans on observe une hausse de l’expérimentation qui concerne 48 % des jeunes contre 42% en 2011.

Les usages au cours de l’année concernent 38 % des jeunes de 17 ans et près d’un sur dix (9%) consomme au moins 10 fois par mois.

Il s’agit d’augmentations très nettes par rapport à l’enquête de 2011. Ces niveaux restent toutefois encore en deçà du pic atteint en 2003.

Comme parmi les adultes et pour les autres drogues illicites, les hommes sont davantage concernés par ces consommations. Les deux enquêtes montrent toutefois que, entre 2010/2011 et 2014, les usages ont eu tendance à beaucoup augmenter parmi les femmes de 18 à 40 ans comme parmi les jeunes filles de 17 ans.

Par ailleurs, en 2014, toutes les tranches d’âge sont concernées par les hausses d’usage.

Le cannabis est un produit dont on savait déjà qu’il touchait des milieux sociaux très variés et était consommé sur l’ensemble du territoire.

Ce caractère transversal se double aujourd’hui d’une diffusion transgénérationnelle.

En clair, le cannabis se banalise. Il est présent dans toute la société. On voit déjà les marchands de mort et d’aliénation se précipiter pour revendiquer alors la légalisation de ce qui est déjà ancré culturellement dans les moeurs.

Comme quoi la bataille contre les drogues est vraiment à mener sur le plan culturel. C’est une question de mentalité, de vision du monde. Et le cannabis se renforcera d’autant plus que l’idéologie dominante sera de proposer comme modèle de vivre de manière opportuniste, en étant sceptique, en relativisant tout, en niant la Nature…

Drogues dans les campagnes : un soutien dans l’Oise

La drogue est un fléau qui n’épargne pas les « campagnes » et les zones péri-urbaines. Ce ne sont pas forcément les mêmes drogues qu’en ville qu’on retrouve, mais elles sont présentes, et parfois de manière massive.

Pourtant, il n’y a aucune prévention effectuée dans cette direction – seule compte la tranquillité des beaux quartiers des villes. Les personnes des campagnes sont mises de côté, car socialement elles sont précaires.

Elles n’existent tout simplement pas pour un Etat qui se préoccupe du maintien de l’ordre, et pour qui la santé publique n’a aucune importance en soi si elle n’est pas là pour aider des entreprises à faire des bénéfices.

Sur le site lasantepublique.fr, on peut lire cette présentation assez édifiante de la situation:

« Si la drogue a longtemps été considérée comme un problème propre aux villes, une étude du service d’aide aux toxicomanes de l’Oise (Sato) sur les addictions en milieux ruraux prouve le contraire. Selon cette étude, les « consommations à risques chez des personnes vivant dans les villages et les hameaux » ne sont pas des cas isolés. En ville, en zone périurbaine ou à la campagne, les drogues n’ont aucune frontière en France.

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette diffusion des drogues en zones rurales, à commencer par l’organisation de plus en plus fréquente de fêtes alternatives sur la scène rurale.

Free et rave parties donnent en effet un contexte favorable à l’expérimentation de drogues, principalement psychostimulantes et hallucinogènes, dont l’usager finit par être dépendant.

La pénibilité du travail en milieu rural ou littoral est également à prendre en compte. Le colonel Pierre Tabel rappelait déjà en 2011 que dans certains secteurs comme « la pêche, métier très dur, la consommation de cocaïne est assez importante ».

Si la consommation de drogues à la campagne est la même qu’en ville, ses conséquences peuvent être bien plus graves. Contrairement aux milieux citadins, les zones rurales ne bénéficient pas du même approvisionnement et les personnes dépendantes, en manque, peuvent vite se retrouver à faire leurs propres mélanges, détournant des médicaments de leurs usages premiers et associant des produits dangereux. Selon l’étude du Sato, parmi les habitués de l’absorption nasale, 40 % déclarent avoir déjà partagé leurs matériels. »

Comme on le sait, on manque de médecins dans les campagnes, et ceux qui y sont présents ne connaissent pas nécessairement de manière approfondie les addictions. On ne peut que saluer l’initiative du Sato dont parle ici Le Courrier Picard :

Le SATO-Picardie (Service d’aide aux toxicomanies de l’Oise), association médico-sociale intervenant dans le champ des addictions depuis plus de 30 ans, a ouvert, il y a une quinzaine de jours, une antenne à la maison des associations de Crèvecœur-le-Grand. Dans ce bâtiment, situé à proximité de l’hôpital local, deux éducateurs spécialisés et un médecin en addictologie accueillent les personnes chaque lundi et vendredi.

« Cela répondait à une demande des usagers. On a des centres de soins dans les grandes agglomérations de l’Oise – à Beauvais, Creil et Compiègne – mais nous n’étions pas encore présents dans les campagnes. Or, là-bas aussi, les habitants ont des problèmes d’addictologie », souligne Xavier Fournival, chef de service dans deux centres de soin du SATO. (…)

L’équipe du SATO accueille toutes personnes majeures ou mineures dans une relation problématique ou de dépendance avec un produit licite comme illicite : drogue, alcool, jeux vidéo, jeux d’argent…

« On les reçoit de manière anonyme et gratuite. Cela concerne aussi bien la personne concernée par le produit que son entourage qui s’interroge sur la consommation d’un des proches. Ces addictions ont aussi des répercussions sur le cercle familial », rappelle Hervé Lepicier, l’un des deux éducateurs spécialisés, avec Delphine Duflot. (…)

Le docteur Jean-Jacques Pic, qui a longtemps travaillé au sein du centre d’accueil et de soins aux conduites addictives (CASA) à l’hôpital de Clermont, sera le médecin référent de ce projet : « La drogue est souvent associée à la ville, au quartier et à la précarité. À la campagne aussi, le problème existe mais il est moins visible car il y a moins de réseau d’alerte. Tout est souterrain. »

Ce professionnel de santé a des indicateurs qui laissent penser que les problèmes d’addiction sont tout aussi présents à la campagne : « Un pharmacien, installé en Picardie verte, m’a confié dernièrement qu’ils avaient une trentaine de clients qui venait lui demander des produits de substitution. Une association comme le SATO peut aider ces personnes, en les accompagnant. »

Maison des associations, place de l’Hôtel-de-Ville. Permanence le lundi, de 10 heures à 12 h 30 et de 13 à 17 heures. Le mercredi, de 14 à 18 heures.

Il est difficile de décrocher des drogues. Les gens qui aident à décrocher ont une activité honorable, que la société devrait valoriser, tout comme elle devrait encourager matériellement et culturellement les gens qui tentent de s’arracher à la tyrannie de l’addiction.

Alors que des footballeurs gagnent des millions pour divertir, les héros du quotidien sont bien ailleurs!

La religion comme opium du peuple

Nous vivons une époque vraiment plus que mauvaise sur le plan des religions. Celles-ci gagnent de plus en plus du terrain en France, et il y a une chose qui est particulièrement visible: les gens qui basculent dans la religion sont comme droguées.

Elles n’ont plus aucun sens critique; celui-ci est tellement anesthésie que les arguments rationnels ne marchent plus. La mauvaise foi triomphe, comme chez les personnes dépendantes aux drogues ou à l’alcool.

En fait, c’est comme un refuge, une manière de s’évader de la réalité, tout en critiquant la réalité comme quoi elle devrait être différente. Difficile de faire mieux que Karl Marx avec sa fameuse expression selon laquelle la religion est un « opium ».

Comment empêcher les gens de tomber dans cette drogue? C’est très difficile, bien sûr, mais il y a une chose qui doit être ici frappante: les gens qui parlent de Dieu parlent toujours en fait des êtres humains…

C’est encore un anthropocentrisme – c’est-à-dire une négation de la Nature -, masqué derrière un discours sur Dieu, qui ne parle en fait pas tant de Dieu (comme la théologie le fait) que des humains parlant de Dieu…

Pour l’Allemagne, la critique de la religion est finie en substance. Or, la critique de la religion est la condition première de toute critique.

L’existence profane de l’erreur est compromise, dès que sa céleste oratio pro aris et focis [« discours pour les autels et les foyers », c’est-à-dire pour Dieu et la patrie] a été réfutée.

L’homme qui, dans la réalité fantastique du ciel où il cherchait un surhomme, n’a trouvé que son propre reflet, ne sera plus tenté de ne trouver que sa propre apparence, le non-homme, là où il cherche et est forcé de chercher sa réalité véritable.

Le fondement de la critique irréligieuse est celui-ci : l’homme fait la religion, ce n’est pas la religion qui fait l’homme. La religion est en réalité la conscience et le sentiment propre de l’homme qui, ou bien ne s’est pas encore trouvé, ou bien s’est déjà reperdu. Mais l’homme n’est pas un être abstrait, extérieur au monde réel.

L’homme, c’est le monde de l’homme, l’État, la société. Cet État, cette société produisent la religion, une conscience erronée du monde, parce qu’ils constituent eux-mêmes un monde faux.

La religion est la théorie générale de ce monde, son compendium encyclopédique, sa logique sous une forme populaire, son point d’honneur spiritualiste, son enthousiasme, sa sanction morale, son complément solennel, sa raison générale de consolation et de justification.

C’est la réalisation fantastique de l’essence humaine, parce que l’essence humaine n’a pas de réalité véritable. La lutte contre la religion est donc par ricochet la lutte contre ce monde, dont la religion est l’arôme spirituel.

La misère religieuse est, d’une part, l’expression de la misère réelle, et, d’autre part, la protestation contre la misère réelle.

La religion est le soupir de la créature accablée par le malheur, l’âme d’un monde sans cœur, de même qu’elle est l’esprit d’une époque sans esprit. C’est l’opium du peuple.

Le véritable bonheur du peuple exige que la religion soit supprimée en tant que bonheur illusoire du peuple. Exiger qu’il soit renoncé aux illusions concernant notre propre situation, c’est exiger qu’il soit renoncé à une situation qui a besoin d’illusions. La critique de la religion est donc, en germe, la critique de cette vallée de larmes, dont la religion est l’auréole.

La critique a effeuillé les fleurs imaginaires qui couvraient la chaîne, non pas pour que l’homme porte la chaîne prosaïque et désolante, mais pour qu’il secoue la chaîne et cueille la fleur vivante.

La critique de la religion désillusionne l’homme, pour qu’il pense, agisse, forme sa réalité comme un homme désillusionné, devenu raisonnable, pour qu’il se meuve autour de lui et par suite autour de son véritable soleil. La religion n’est que le soleil illusoire qui se meut autour de l’homme, tant qu’il ne se meut pas autour de lui-même.

L’histoire a donc la mission, une fois que la vie future de la vérité s’est évanouie, d’établir la vérité de la vie présente.

Et la première tâche de la philosophie, qui est au service de l’histoire, consiste, une fois démasquée l’image sainte qui représentait la renonciation de l’homme à lui-même, à démasquer cette renonciation sous ses formes profanes.

La critique du ciel se transforme ainsi en critique de la terre, la critique de la religion en critique du droit, la critique de la théologie en critique de la politique.

« Ce puritanisme anglo-saxon »…

Le Monde a publié un article intitulé « Le filon de l’hygiène intime de l’homme ». C’est un journal appartenant à la presse catholique, et voici comment, en passant, on retrouve un thème très connu des personnes vegan straight edge…

Mais pourquoi chercher à effacer toute animalité du corps ? « On sait que le désir sexuel est intimement lié à l’odorat et que les anosmiques ont de gros problèmes de libido, rappelle Denyse Beaulieu, auteure de Parfums – Une histoire intime (Presses de la Cité, 2013). 

Or, depuis les années 1980, on éradique progressivement dans les parfums toutes les notes animales pour les remplacer par des odeurs de propreté. Ce puritanisme anglo-saxon questionne notre aptitude à accepter un corps adulte qui sécrète. »

Le coup du puritanisme anglo-saxon est quelque chose de vraiment typique à la France. En apparence d’ailleurs, c’est un discours plutôt de gauche, moderne, ouvert d’esprit, appréciant la vie, etc. mais en réalité c’est totalement catholique.

Il n’y en effet pas de tel puritanisme. Rappelons simplement que les hippies sont nés aux Etats-Unis… Que l’Angleterre est le berceau de la cause animale, donc de la reconnaissance des animaux… Que l’Autriche a toujours connu un fort courant naturiste… Et que dire du Danemark, qui a tellement été ouvert d’esprit sur la nature que cela a été utilisé par l’ultra-libéralisme pour lancer la pornographie ?

L’argument de l’article est ici d’autant plus ridicule que la France, pays de Descartes et de Malebranche, rejette ouvertement tout ce qui est animal, sans même parler de la Nature, qui est tellement niée que même les antispécistes, qui se prétendent les grands « rebelles », nient tout autant la Nature…

Est-il bien nécessaire de rappeler ici que la base de tout cours de philosophie de terminale au lycée, c’est l’affirmation de la séparation totale de la Nature et de la culture ? Seule une chose produite par les humains pourrait être belle, etc. etc.

Le premier parc national a été ouvert historiquement aux Etats-Unis, certainement pas en France où la Nature est combattue à coups de « régulations » systématiques. Quant au catholicisme n’en parlons pas : faut-il souligner encore et toujours que les prêtres ne peuvent pas se marier, contrairement aux pasteurs des pays « puritains » anglo-saxons ?

En vérité, le terme de « puritanisme » sert uniquement à faire peur, à promouvoir le libéralisme, y compris sous sa forme classiquement hypocrite catholique (je fais des « péchés » puis je me confesse donc je peux).
C’est un masque pour dénoncer la morale, au nom de l’éloge de l’individu, de l’individualisme, de l’ego s’affirmant sans aucune mesure…

Action de l’ALF en Alsace

Le site Bite back a rendu public deux actions de libération animale en France. Voici le premier qui a un communiqué (et des photos visibles ici):

« Deux élevages de faisans détruits, dont leurs transformateurs car les clôtures étaient électrifiées, tous les faisans ont été libérés, une quarantaine en tout + destruction d’un piège à corneilles. Fait dans une forêt en Alsace. Pardon pour les photos pas très explicatives et de mauvaise qualité. »

Un message en anglais informe également de la libération de trois lapins et de deux poules d’un élevage « lugubre » à Metz tenu par un « homme étrange ».

Voici également à titre informatif le communiqué d’une action en Italie:

Savona, Italie – L’ALF vandalise L’Institut Zooprophylactique Expérimental

Dans la nuit du 5 au 6 avril, nous avons rendu visite au siège du laboratoire IZS (Institut Zooprophylactique Expérimental) à Savona.

Après avoir bloqué le portail d’entrée pour empêcher les gardiens d’y accéder en auto, nous avons complètement abîmé la peinture de l’auto de service du laboratoire garée à l’arrière, recouvert les vitres et les phares de peinture, et laissé des tags IZS = MORT et ALF.

Toutes les fenêtres du premier étage ont été recouvertes de peinture, tout comme la serrure d’entrée et le portail. D’autres tags ont été laissés su le bâtiment : liberté pour les animaux, stop vivisection, assassins.

A l’intérieur du laboratoire de l’IZS meurent chaque année dans l’agonie des milliers d’animaux, uniquement pour pouvoir en torturer et en tuer des millions d’autres dans les élevages intensifs voués à la production de viande, d’œufs et de produits laitiers.

Il existe des centres IZS dans presque toutes les provinces italiennes, dont de nombreux sont facilement attaquables, et des actions comme celle-ci sont facilement reproduisibles.
Eteinds ton ordinateur, sors de chez toi et agis pour la libération animale cette nuit.
La résignation est complicité.

ALF

Voici aussi un communiqué du Chili, dans l’esprit « insurrectionnaliste » de la « libération totale ».

Chili : Attaque incendiaire contre une entreprise d’exploitation animale

Jour après jour, minute après minute, le pouvoir se maintient et se reproduit dans les relations sociales de tous ceux qui acceptent cet ordre basé sur l’exercice de l’autorité, de la domination et de l’exploitation ainsi qu’en chacune des institutions, entreprises et machineries qui permettent leur développent normal, sans oublier jamais l’action volontaire des dignitaires du pouvoir et de leurs complices : patrons, politiciens, policiers et citoyens défenseurs du pouvoir et de la soumission, qui s’efforcent de faire en sorte que l’ordre établi se maintienne et fonctionne.

Lorsque l’on décide de se confronter à l’autorité sous toutes ses formes et expressions, la lutte pour la libération totale acquiert tout son sens car elle englobe les différentes scénarios à travers lesquels le pouvoir exécute sa domination. Notre lutte ne parcelle pas, elle intègre, ce qui fait que lutter pour la liberté totale implique de lutter également contre l’État, le capital, le spécisme, les hiérarchies, la spécialisation et les diverses expressions de l’autoritarisme.

Et malgré les efforts de le l’État chilien pour éliminer les idées et les pratiques de révolte, l’attaque directe des groupes d’action anarchiste continue.

Le matin du 7 avril, nous avons attaqué les bureaux administratifs de l’entreprise carnassière Ganadera Rio Bueno S.A., qui se dédie à l’enfermement et à la tuerie d’animaux dans leurs prisons fangeuses pour leur postérieure commercialisation en tant que marchandise pour la consommation humaine massive. Nous l’avons fait à l’aide d’un engin incendiaire pourvu d’un mécanisme de retardement qui a fonctionné sans problèmes, endommageant une partie de la façade du bâtiment.

Les raisons sont claires et il y en a plus qu’il n’en faut. Quand nous avons décidé de lutter pour la libération, nous avons assumé la lutte de façon intégrale et totale, sans hiérarchiser les espèces. Voilà pourquoi nous ne pouvons rester passif/ves face à la machine spéciste et assassine que représente cette entreprise, nous ne pouvons pas rester passif/ves face à l’enfermement, l’isolement et la mort de centaines d’animaux.

Notre lutte est antispéciste parce qu’elle est avant tout anti-autoritaire, elle est pour notre libération, celle de la terre et celle des animaux.

Les symboles et les structures du pouvoir se trouvent partout, la question est d’oser et de faire le pas vers l’offensive, en mettant en pratique nos idées et valeurs de libération, nos connaissances et notre ingéniosité en guerre.

Et si nous comprenons la lutte comme un acte multiforme et que nous ne hiérarchisons pas les moyens et les instruments que nous employons, nous faisons un appel à la multiplication des actions d’attaque directe. Nous le faisons humblement, mais aussi avec la certitude que la proposition anarchiste de l’attaque autonomes à travers des groupes d’affinités d’individus organisé-e-s de manière horizontale est possible, réelle et toujours en vigueur et nécessaire

Nous revendiquons également cette action comme partie de la proposition organisationnelle pour l’action de la Fédération Anarchiste Informelle – Front Révolutionnaire International (FAI-FRI), car nous partageons les objectifs qu’elle se donne : ATTAQUE ANARCHISTE AUTONOME, toujours en offensive et libre de hiérarchies et de spécialisations ; INTERNATIONALISME, puisque la praxis anti-autoritaire ne reconnaît pas de barrières, d’États ni de nations, en nous connectant avec d’autres volontés insurgées autour du monde ; et SOLIDARITE, parce que nous n’oublions pas nos compagnon-ne-s enfermé-e-s dans les prisons du pouvoir.

Nous inscrivons également cette action dans le Projet Phoenix, pour donner de nouvelles impulsions à l’action violente anti-autoritaire sur ce territoire dominé par l’État du Chili, comme forme d’affronter la répression et de démontrer que l’attaque anarchiste est toujours vivante et ne se rendra pas.

Actuellement, le pouvoir global tente d’assurer sa domination en faisant évoluer son mode d’opération de répression à travers une façon d’agir toujours plus totalitaire. Avec ses opérations répressives, le pouvoir s’en prend à des compagnon-ne-s anarchiques et révolutionnaires pour tout mettre sous la large et répandue idée de « terrorisme ». Ainsi, les entourages solidaires sont frappés pour punir le soutien aux prisonnier—es et isoler encore plus celles et ceux qui sont entre les grilles. Les dernières opérations répressives en Espagne, l’incarcération de parents de compagnon-ne-s de la Conspiration des Cellules de Feu en Grèce en sont un exemple, tout comme l’est la récente arrestation de Enrique Guzmán, ami solidaire du compagnon Juan Flores, que le pouvoir tente d’impliquer dans l’attentat contre une caserne de police. La cruauté médiatique se pose aussi comme une autre expression de la répression étatique, comme cela s’est vu dans le cas de Juan Pino et Natalia Collao, accusé-e-s d’avoir incendié un bus des transports publics, et qui ont aujourd’hui besoin de notre solidarité.

Force et solidarité avec les compagnon-ne-s de la Conspiration des Cellules de Feu en Grèce et à tou-te-s les prisonnier-e-s en lutte sur ce territoire.
Une étreinte à Nicola Gai, Alfredo Cospito et tou-te-s les anarchistes prisonnier-e-s en Italie.
Saluts complices à Mario et Carlos López, compagnons du Mexique aujourd’hui en clandestinité.
Solidarité avec Mónica Caballero, Francisco Solar et les anarchistes détenu-e-s en Espagne.
Santé éternelle au prisonnier Mumia Abu-Jamal, qui résiste en lutte aux USA.

Amour et solidarité en guerre avec Nataly Casanueva, Juan Flores, Guillermo Durán, Juan Aliste, Freddy Fuentevilla, Marcelo Villarroel, Carlos Gutierrez, Hans Niemeyer et Sol Vergara. Que l’appel à l’agitation du 10 au 20 avril soir fructifère en action multiforme !

LE JOUR EST VENU DE PASSER A L’OFFENSIVE
POUR EN FINIR AVEC LA PEUR ET LA COMODITE
MULTIPLIONS LES ATTAQUES CONTRE LE POUVOIR

Cellule Anarchiste d’Attaque Incendiaire « Feu et Conscience ».
Fédération Anarchiste Informelle – Front Révolutionnaire International – Chili.

Au services des amphibiens: les 20 ans de la Route des Salamandres

Lorsque l’on voyage en voiture, le nombre de petits animaux écrasés sur les routes est catastrophique.

A défaut d’avoir les moyens économiques pour installer des barrages et des tunnels sur toutes les routes, l’information à son entourage et la responsabilisation des automobilistes sont les bases élémentaires pour commencer un processus de sauvegarde et de protection de la Nature et de ses habitants et habitantes.

Les amphibiens (grenouilles, crapauds, tritons et salamandres) vivent dans les lieux boisés avec des points d’eau, au printemps ils migrent vers les étangs, les marais, leurs lieux de reproduction.

Seulement, pour rejoindre cet endroit, les amphibiens doivent traverser les routes, et bon nombre d’entre eux succombent sous les roues des automobilistes bien peu attentifs à la Nature qui l’entoure.

Depuis 20 ans, en Champagne-Ardennes, un dispositif est mis en place, tous les ans, au sortir de l’hiver afin d’aider les grenouilles à rejoindre leur lieu de reproduction, et à les empêcher de se faire écraser sur la route.

Cette démarche est à l’initiative du Parc naturel régional de la forêt d’Orient, un court reportage est visionnable ici.

Ceci est bien évidemment une démarche utile qui bénéficie aux amphibiens, il faudrait développer ces corridors écologiques sur toutes les routes, toute l’année et que tous les animaux soient concernés par cette protection.

De nombreux départements et associations sont sensibilisés à ce problème que rencontrent les amphibiens chaque année, il n’est jamais trop tard pour sensibiliser à cette cause ni pour aider à installer ces barrages temporaires.

Les 20 ans de la Route des Salamandres,
Installation du dispositif

Comme chaque année, les grenouilles, crapauds, salamandres et tritons entament leur course aux amours dès les premiers redoux. Pour cela, ils convergent pour regagner les mares et autres dépressions humides situées près du Lac d’Orient.

Hélas, pour accomplir cette marche nuptiale, ils devront franchir un obstacle au péril de leur vie : une route départementale.

Afin d’éviter que des centaines d’amphibiens terminent leur vie sous les roues des automobilistes un dispositif de protection de la migration des amphibiens, baptisé « Route des Salamandres » est installé chaque année depuis 20 ans.

Ce dispositif est situé sur la route départementale au lieu-dit de la Fontaine Colette (queue du Lac d’Orient) entre Mesnil-Saint-Père et la Maison du Parc.

Le 27 janvier 2015 et le 29 janvier 2015, les équipes du Parc naturel régional de la Forêt d’Orient et de la Ligue de l’Enseignement ont mis en place ce projet avec l’aide d’une classe de terminale S de la Sarthe, une classe de seconde et une de terminale du lycée agricole de Sainte Maure.

Après quelques heures avec les pioches, les pelles et divers outils, la Route des Salamandres a été mise en place. Elle est composée d’une longue bâche noire de 30 cm de haut et a été installée sur 450 mètres de chaque côté de la route.

Ainsi, les nombreux amphibiens souhaitant traverser la route, sont bloqués par ce rempart et ils tombent dans les seaux enterrés le long de la bâche pour les recueillir.

Chaque matin, de février à mai, les bénévoles se relaient pour identifier chaque individu (espèce, sexe, âge), les comptabiliser et relâcher de l’autre côté de la route chaque animal ainsi collecté.

En 2014, le nombre d’individus a été de 35 000.

Cette collaboration entre étudiants et les deux structures lors de la mise en place de ce projet est un moment d’échanges apprécié par chacun.

Les lycéens apprécient de participer à un projet d’envergure sur un site migratoire d’importance nationale et européenne. Et sont ainsi sensibilisés à la protection de la nature.

Les entreprises à l’assaut des forêts françaises

Hier, la Fédération nationale du bois a annoncé la naissance d’une nouvelle marque : « Bois français ». Voici comment c’est présenté :

« Après avoir lancé en juin dernier le slogan « Préférez le bois français », la filière bois se fédère à nouveau pour annoncer la création de la marque « Bois Français ». (…)

La marque garantit que le bois d’un produit, ou contenu dans un produit, est d’origine française, qu’il est issu de forêts gérées durablement, et que la transformation et l’assemblage du bois ont été réalisés sur le sol national. »

Un site a été créé à cette occasion : www.bois-francais.fr. Et le moment ne doit rien au hasard. Il y a une semaine en effet, la Cour des comptes a rendu public un document de novembre 2014, intitulé « Les soutiens à la filière bois », dans le cadre d’une « enquête demandée par la commission des finances du Sénat ».

Ce qui y est dit est simple : seulement la moitié des 85 millions de mètres cubes de bois produit chaque année sont récoltés, il faut faire bien « mieux », surtout qu’il y a eu 910 millions d’euros d’aides accordées entre 2006 et 2013… chaque année !

Ce qu’il faut avoir en tête ici, c’est qu’il n’y a plus de forêt sauvage en France. Tout est géré. Donc, dans une optique de profit, tout doit être géré de mieux en mieux. Voici un aperçu de la situation que fait justement la Cour des comptes :

« La forêt couvre 31 % du territoire français métropolitain, ce qui fait de la France le 4 ème pays le plus boisé d’Europe. Elle est composée à 75 % de forêts privées, détenues par 3,3 millions de propriétaires forestiers.

Les forêts publiques, appartenant à l’État et aux collectivités territoriales, sont gérées et exploitées par l’Office national des forêts. Les peuplements feuillus, au sein desquels les chênes sont prédominants, occupent les deux tiers de la forêt française. »

La première mesure qu’on devrait faire si la libération de la Terre et la libération animale prévalaient, ce serait de sanctuariser une large part de la Nature. Malheureusement, l’humanité sera encore obligée pendant longtemps d’utiliser du bois, donc de tuer des arbres, mais à terme il y aura bien des solutions de rechange.

Alors, l’exploitation de la Nature sera réellement du passé et on protégera enfin toute vie. A ce titre la libération animale n’est pas la fin d’un processus individuel, mais le début de ce qui doit être un programme collectif.

Sinon, la planète Terre aura vite fait de calmer les prétentions humaines à la toute puissance, à l’omnipotence. L’anthropocentrisme doit connaître sa fin !

Ce que propose la Cour des comptes, c’est justement le contraire. Elle demande la chose suivante :

« En conséquence, la Cour émet les recommandations suivantes :

pour l’État :

1. créer une instance interministérielle unique de réflexion et de pilotage stratégique de la politique de soutien à la filière forêt-bois ;
2. organiser une gouvernance unifiée et élaborer une stratégie pour la filière. Dans un premier temps, éviter les contradictions entre le contrat de filière issu du comité stratégique de filière « industries du bois » et le « programme national de la forêt et du bois » issu du conseil supérieur de la forêt et du bois ;
3. confier aux comités régionaux de la forêt et du bois la responsabilité de l’animation et du financement de la filière au niveau local ;
4. confier intégralement au centre national de la propriété forestière la mission de développement forestier pour les forêts privées, et en décharger les chambres d’agriculture ;

pour les professionnels de la filière :

9. fusionner France Bois Forêt, France Bois Industries Entreprises et le CODIFAB dans un organisme interprofessionnel unique, doté d’un contrat d’objectifs avec l’État et dont l’action territoriale s’articule avec celle des interprofessions régionales. »

C’est là qu’on arrive à l’initiative « bois français ». Tout a été mis en place entre novembre et avril. D’abord la Cour des comptes rend « légitime » quelque chose, puis dans les deux semaines, comme par magie, cela se réalise…

Le but, évidemment est de renforcer l’industrie du secteur. Quel est-il ? Voici ce que dit, encore une fois, la Cour des comptes :

« La filière industrielle du bois est composée d’environ 60 000 entreprises des première et deuxième transformations du bois. Ces entreprises ont un chiffre d’affaires estimé entre 35 et 40 Md€ et emploient directement près de 220 000 personnes, dont près de 71 000 salariés 9 dans le sciage et le travail du bois (charpentes, menuiserie, placages,
panneaux et emballage), segment d’activité le plus important, avant l’industrie du papier et carton. »

On comprend que la Cour des comptes propose de

« supprimer par étapes successives l’exonération applicable à la forêt privée pour le calcul
de l’impôt de solidarité sur la fortune et des droits de mutation à titre gratuit »

Il faut que les propriétaires abandonnent leurs forêts aux mains des industriels… L’État est ici directement là pour aider le capitalisme à partir à l’assaut des forêts :

« Malgré ses faiblesses, la filière forêt-bois représente une production de richesse et des emplois qu’il convient de préserver voire de développer. Elle reste un secteur économique d’avenir, pour lequel la France dispose d’un atout majeur : sa ressource forestière abondante, qui doit être davantage renouvelée et économiquement valorisée.

Cette ressource pourrait ainsi être mieux mobilisée pour relever le défi environnemental et climatique et in fine pour
répondre à une demande en bois tirée par des marchés industriels porteurs, comme celui de la construction, tout en satisfaisant les besoins en bois-énergie induits par les objectifs de la politique de développement des énergies renouvelables.

Rationaliser et organiser les soutiens publics, en visant quelques objectifs prioritaires pour la gestion et l’exploitation des forêts et pour les usages du bois, et en mettant fin au saupoudrage et aux effets d’aubaine, est désormais nécessaire.

Les modalités du soutien public à l’amont forestier devraient être profondément revues, pour encourager l’investissement forestier avant tout et mieux servir ainsi l’objectif de valorisation économique de la forêt.

Les aides à l’investissement pour le secteur-clef des scieries devraient être plus concentrées et conçues dans l’optique de restructurer le secteur et d’améliorer sa compétitivité. Les soutiens accordés aux autres industries de bois devraient venir en appui de stratégies industrielles préalablement définies, créatrices de valeur ajoutée. Le bois-construction, secteur permettant de valoriser notamment la ressource feuillue française, mérite à ce titre un appui continu.

Enfin, les soutiens au bois-énergie, pour nécessaires qu’ils soient au titre du développement des énergies renouvelables, devraient mieux prendre en compte la ressource forestière disponible afin de prévenir les conflits d’usage dommageables à la filière.

Cet effort de hiérarchisation et de définition d’une stratégie claire et partagée suppose l’instauration d’une gouvernance unifiée de la filière, associant l’ensemble des parties prenantes de l’amont à l’aval. L’État et les régions sont appelés à y jouer un rôle central, en tant que pilotes et financeurs. »

L’Etat doit aider les entreprises à partir à l’assaut des forêts françaises… Un bien triste programme, à quoi il faut s’opposer!