Nouvelles substances psychoactives et hausse de la production de cannabis en Europe

L’Organe international de contrôle des stupéfiants, créé en 1968, est un organisme chargé de l’application des conventions internationales des Nations Unies relatives au contrôle des drogues.

En mars, il tient sa nouvelle conférence, et voici deux extraits de son rapport annuel 2014. Le premier concerne l’augmentation de nouvelles substances, le second la hausse de la production de cannabis en Europe. L’effondrement social et culturel fait que les mafias s’engouffrent dans ce marché, celui de l’ennui, de la souffrance et de la mort.

NOUVELLES SUBSTANCES PSYCHOACTIVES

Le nombre de nouvelles substances psychoactives signalées par les gouvernements ne cesse d’augmenter, puisque 388 substances distinctes ont été repérées en 2014, contre 348 l’année précédente.

Ces substances dont il est fait abus sont pour la plupart des cannabinoïdes et cathinones de synthèse qui reproduisent les effets de drogues soumises à contrôle, comme le cannabis et l’amphétamine.

En 2014, la Commission des stupéfiants a appelé les gouvernements et les organisations internationales à lutter plus énergiquement contre l’abus de ces nouvelles substances, tandis qu’en 2015, elle doit examiner les recommandations formulées par l’OMS concernant l’éventuel placement sous contrôle international de 26 substances non encore inscrites
aux Tableaux des conventions.

Au niveau des pays, des mesures visant à contrer la hausse du nombre de nouvelles substances psychoactives ont notamment été prises par la Chine, souvent citée comme producteur et source d’approvisionnement.

La Chine a fait le nécessaire pour soumettre à contrôle plusieurs de ces substances, dont 12 ont été placées sous contrôle national en 2014, et elle soutient activement les efforts entrepris au niveau multilatéral pour enquêter sur les auteurs de vastes opérations de fabrication et de distribution, pour les identifier et pour les poursuivre.

Les pays consommateurs ont aussi pris des dispositions consistant à la fois à placer ces substances sous contrôle national et à soutenir les efforts déployés à l’échelle internationale pour en faire cesser le trafic.

Ainsi, en 2014, la Drug Enforcement Administration des États-Unis a saisi plusieurs centaines de milliers de boîtes contenant des nouvelles substances psychoactives destinées à la vente au détail et prêtes à être écoulées ainsi que des biens illicites représentant plusieurs millions de dollars au cours des opérations spéciales qu’elle a menées dans le cadre de son Projet “Synergy” en coopération avec de nombreux services de détection et de répression du monde entier.

Au niveau multilatéral, le Projet “Ion” est un nouvel outil de coordination et d’échange d’informations sur les nouvelles substances psychoactives par lequel l’OICS appuie les efforts multilatéraux menés par les gouvernements pour freiner l’afflux et l’abus de ces substances. Il prévoit des opérations, dirigées par l’Équipe spéciale chargée des nouvelles substances psychoactives, à l’occasion desquelles des informations et renseignements sur les envois suspects, le trafic et la production de nouvelles substances psychoactives sont recueillis et échangés par l’intermédiaire
d’un réseau de points de contacts représentant plus d’une centaine de gouvernements et d’organismes internationaux.

Hausse de la production illicite du cannabis: La culture illicite du cannabis, destiné principalement à la consommation intérieure, continue de s’étendre en Europe occidentale et centrale, certains pays signalant une professionnalisation croissante de l’activité et des cultures à plus grande échelle, tandis que d’autres notent une préférence pour les sites de production de taille réduite, à domicile par exemple.

En plus d’être produit localement, le cannabis continue d’être introduit clandestinement en Europe occidentale et centrale, y compris par voies maritime ou aérienne pour la résine, en provenance principalement du Maroc, tandis que l’herbe provient surtout d’Albanie.

La production et la consommation illicites de cannabis, surtout d’une forme particulièrement puissante de cette substance, restent les principaux problèmes liés aux drogues illicites que connaisse l’Europe du Sud-Est.

Picardie Nature a besoin de bénévoles

Voici un article comme la presse devrait en publier régulièrement; il est tiré du Courrier Picard et informe des besoins en bénévoles de Picardie Nature.

L’association a également besoin de bénévoles en particulier pour la surveillance estivale des phoques en baie de Somme.

Le centre de sauvegarde de la faune sauvage a besoin de bénévoles. Le but ? Recueillir, soigner et remettre en liberté des animaux en détresse. Souvent des oiseaux.

Que faire lorsque l’on trouve un oiseau avec une aile cassée dans son jardin ? Un hérisson blessé sur une route de campagne ? Ou qu’on remarque une grenouille mal au point sur le bord d’un chemin ? Il y a la première solution qui est de contacter le centre de sauvegarde de la faune sauvage de Picardie.

Un de ses membres va alors faire un bilan de l’animal par téléphone, afin de s’assurer de sa viabilité et de sa capacité à retrouver le monde sauvage en cas de soins. On peut s’arrêter là et attendre qu’un membre de l’association vienne le prendre en main. Ou choisir la deuxième solution : s’impliquer et devenir soi-même écovolontaire.

Le centre de sauvegarde, fort de 17 salariés et d’une soixantaine de bénévoles, est justement à la recherche de nouveaux aidants. Ainsi, hier, à Amiens, il organisait un atelier pour de jeunes recrues. Roger Coly, 26 ans, est adhérent de Picardie Nature depuis moins d’un an et souhaite s’investir d’avantage.

« Je suis venu du Sénégal pour suivre mes études en écologie et biodiversité et j’espère y retourner pour travailler dans une organisation non-gouvernementale, ONG, internationale, notamment pour m’impliquer dans la protection de la mangrove. En faisant cela, j’espère acquérir de nouvelles compétences et connaissances en matière d’ornithologie. »

Et ça tombe bien puisque justement, 90 % des animaux pris en charge par l’association sont des oiseaux (dont 50 % de rapaces). Pour les 10 % restants, ce sont essentiellement de petits mammifères comme des hérissons, écureuils, chauves-souris…

« Dans la région, le plus gros mammifère concerné est le phoque, sourit Stéphane Soyez, responsable du centre de sauvegarde de la faune sauvage de Picardie Nature. Plus rarement, il arrive qu’on nous amène des grenouilles ou des serpents. »

Le plus souvent, ces animaux en détresse sont confiés à ces soigneurs dans trois cas de figure : « ramassage de jeunes individus, après un choc avec une auto et en cas de tirs volontaires de destruction », détaille Stéphane Soyez.

L’objectif de l’association est donc de recruter, dans un premier temps. Et ensuite de former. Car il ne suffit pas de ramasser un animal blessé pour lui venir en aide. « Il faut savoir comment l’attraper, le conditionner, le transporter… Le tout en lui occasionnant le moins de stress possible », détaille M. Soyez.

Et puis il existe bien d’autres moyens de venir en aide au centre de sauvegarde. Par exemple en donnant de son temps pour assurer le convoyage d’un animal, de l’endroit où il a été trouvé jusqu’au centre de soins (dont l’un d’eux se situe à Hirson, dans l’Aisne. En cas de besoin, des alertes sont lancées sur internet ou par SMS afin de mobiliser les personnes nécessaires. Ou même tout simplement en donnant du matériel.

En plus de ces formations, le centre essaye d’organiser régulièrement des opérations de sensibilisation auprès du public, lorsqu’un animal est relâché.

« Qu’il y ait une personne ou 100, l’animal aura le même stress alors c’est l’occasion de montrer aux gens nos actions, souligne M. Soyez. Qu’ils comprennent que ce que nous faisons n’est pas réservé à une sorte d’élite mais que ça ne se fait pas non plus dans n’importe quelles conditions, pour le bien de l’animal. »

Le centre vient en aide à quelque 300 animaux par an. Cela va de la simple surveillance auprès d’un animal souffrant d’un traumatisme jusqu’à la chirurgie, assurée par des vétérinaires bénévoles.

Signaler un animal blessé :

03 62 72 22 59. Aider : 03 62 72 22 50

ou www.picardie-nature.org.

Maitre Gims, Swagg Man et Dan Bilzerian

Tout est une question de culture, et dans la bataille, il faut que les lignes de démarcation soient très claires.

Prenons par exemple Maître Gims, qui est membre du groupe de rap Sexion d’Assaut. Comme bon nombre de gens dans le rap et le hip hop, il fait un fétiche de l’attitude viriliste et consommatrice, provocatrice et profondément réactionnaire.

Cela participe à un plan commercial de publicité, mais cela reflète aussi ni plus ni moins la culture beauf, même si évidemment à ses propres yeux, il ne fait que « profiter » du système, selon le principe « thug life ».

Il y a dix jours, dans un acte gratuit participant à sa démarche, Maître Gims a donc lancé une vidéo provocation intitulée « Message à tous les végétariens, je veux comprendre expliquez moi! »

Il n’y a bien sûr pas à discuter : de part l’idéologie qu’il véhicule, il n’y a qu’à interdire de paroles. Et c’est assez exemplaire que Peta ait fait une « réponse ». Même si bien entendu Peta prétextera qu’elle ne s’adresse pas à lui mais aux gens intéressés par la polémique, mais cela reste totalement stérile et absurde, c’est vraiment courir derrière l’impossible, comme d’autres le font derrière les parlementaires.

Lettre adressée par Peta France à Maître Gims
Cher Maitre Gims,
Vous vous demandez haut et fort pourquoi de plus en plus de gens deviennent végétariens. Vous avez eu raison de poser la question, nous sommes ravis d’y répondre !
Tout d’abord parce que les animaux sont des êtres sensibles, tout comme nous, qui ressentent la joie, la peur, la douleur et ne demandent qu’à vivre. L’alimentation des végétaliens ne nécessite pas que l’on parque des millions d’animaux dans les hangars des élevages industriels, qu’on les mutile, qu’on les prive de vie sociale ou d’accès l’extérieur puis qu’on les conduise à l’abattoir et qu’on les égorge alors qu’ils sont souvent encore conscients.
Cela tombe bien, puisque la cuisine végétale est délicieuse, diversifiée, colorée et goûteuse. Moins grasse, plus riche en vitamines et en fibres, l’alimentation végétale permet de vivre plus longtemps, en moyenne 9,5 ans en plus pour les hommes. Elle est aussi meilleure pour la santé car elle réduit les risques de maladies cardiaques de 32 % et permet de se sentir mieux dans son corps. La consommation de viande est d’ailleurs associée aux plus grandes maladies de civilisation qui touchent l’Occident de plein fouet : les maladies cardio-vasculaires, le diabète de type 2, l’obésité et certains types de cancers.
Si vous ajoutez à cela le fait que selon un rapport de l’ONU paru en 2010, un changement mondial vers un régime végétalien est vital pour prévenir les pires effets du changement climatique  , l’agriculture animale étant un facteur majeur des émissions de gaz à effet de serre – et sauver le monde de la famine et de la pénurie de carburant, je crois que vous comprendrez facilement pourquoi des millions de gens, y compris Russell Simmons, Jay Z et Beyonce et Jennifer Lopez sont devenus végétaliens.
Il y a beaucoup de raisons de devenir végan, et aucune de ne pas le devenir ! Alors que diriez-vous d’essayer, vous aussi, de devenir végan pendant un mois ?
Je compte sur votre réponse.
Bien à vous,
Cyril Ernst
PETA France

Une telle lettre est une insulte à la morale et à la culture. C’est vraiment baisser les bras devant les attitudes provocatrices prônant la barbarie, le cynisme, la « vie facile » fondée sur les pires principes du capitalisme.

Internet pullule d’ailleurs en ce moment de gens comme Maître Gims. En France, il y a Swagg Man, qui a des tatouages sur le visage et se prend en photographie avec énormément d’argent, des objets de luxe, comme des centaines de lunettes de soleil de luxe vintage, etc.



Là on a la position à l’opposé de Maître Gims, puisque Swagg Man a tenu le premier mars des propos « sympathiques » si l’on ose dire envers les animaux. Y a-t-il pour autant lieu de se réjouir ? Faut-il y voir un quelconque intérêt ? Si l’on a aucun mode de vie à proposer peut-être, mais quand on a compris le sens de la bataille morale, on ne tolère pas la décadence de ce genre!

Ni l’un ni l’autre ne participent à la solution, ils relèvent tous les deux du problème : celle d’une société dénaturée, qui met en valeur la superficialité, la fuite en avant pour se sentir vivre.

Impossible d’ailleurs de ne pas citer le « modèle » en quelque sorte du genre qu’est Dan Bilzerian. Là on est dans la posture du jeune millionnaire posant avec des armes, des femmes dénudées, beaucoup d’argent, avec pas moins de 6,7 millions d’utilisateurs sur Instagram.



Dan Bilzerian présente lui aussi « ses » animaux de manière répétée, comme « trophées », et pour se donner une image un peu « affectueuse »…


Et il précise bien que le phoque qui a été une fois amené dans sa piscine a été transporté par des spécialistes, aucun mal ne lui a été fait…


Tout cela est pathétique et criminel, cela doit cesser, impérativement. Ce style de vie est à proscrire, il est à bannir.

C’est cela, le sens de la morale vegan straight edge.

Les « battues du château de Chambord »

Voici un article qui soulève le voile sur ce qui est normalement habilement caché. Nous avons déjà parlé de ces chasses qui sont un lieu de prestige, où se rencontrent les gens de la « haute », le gratin de la haute bourgeoisie. Voici comment le journal Le Monde, dans son magazine, présente ces chasses officielles de l’Etat, en tentant de gommer l’aspect totalement élitiste propre aux riches en parlant de « survivance monarchique ».

En réalité, on est là dans le reflet le plus simple du capitalisme. Et si jamais le mot révolution doit avoir véritablement un sens autre que symbolique, cela veut dire faire de ce lieu un sanctuaire, et se débarrasser de tous ces gens de la haute, pour que ceux d’en bas puissent donner leur avis! Et on est tout à fait en droit de penser que si on laisse parler les gens, il ne seront pas d’accord pour l’exploitation animale et la destruction de la planète au service du profit…

Chambord, les chasses bien gardées de la République

Politiques, grands patrons et hauts fonctionnaires continuent de se presser aux battues du château de Chambord. Une survivance monarchique encore largement financée par l’Etat.

Un jour de juin, fêtant son demi-siècle à la mairie de Villermain, à 20 kilomètres au nord de Chambord, Gérard Plessis a contemplé ses cadeaux. Une veste de chasse, la médaille d’or du Sénat et celle du conseil général. Devant le préfet et la sénatrice du Loir-et-Cher, l’ancien maire s’est lancé, un peu tremblant : « Maintenant, peut-être pourrai-je être invité à la chasse du château ? »

La question s’est perdue dans le cliquetis des verres de crémant de Loire. Ne pénètre pas qui veut dans l’ancien fief de François Ier, placé sous la haute protection du chef de l’Etat. Les chasses de Chambord ont survécu à deux révolutions et cinq Républiques. On y a connu des rois descendant de Paris avec leurs courtisans, et des présidents, Pompidou ou Giscard, accueillant les têtes couronnées.

Les privilèges féodaux ont été abolis en 1789 et les chasses présidentielles définitivement supprimées par Nicolas Sarkozy, en 2010. François Hollande s’est longtemps gardé d’y mettre le pied. En décembre, lors d’une visite surprise, il a insisté sur la vocation touristique du château. Sans un mot pour les chasseurs, qui n’ont guère changé leurs habitudes depuis des années. Un cinquième du domaine a été ouvert au public, mais seules quelques gâchettes choisies sont conviées à des rassemblements qui n’ont pas grand-chose à envier aux parties de chasse staliniennes de la bande dessinée d’Enki Bilal.

Certains vendredis (et quelques mardis) entre septembre et février, les routes traversant le domaine sont, au petit matin, coupées par la gendarmerie. « C’est comme ça qu’on apprend qu’il y a une chasse au château », explique agacé un propriétaire voisin alors contraint à faire de grands détours. « Ce n’est jamais annoncé à l’avance, même pas dans la presse locale. »

Pour pénétrer dans la « mecque de la chasse », «  il faut faire partie de la cour, ou avoir des amis haut placés ».

Devant les tours embrumées du château, trente hommes, parfois une femme ou deux, en bottes et Barbour, enfilent les gilets fluo réglementaires et grimpent dans l’une des cinq Land Rover du domaine. Les fox aboient, la chasse commence, à cor, à cris et sans témoins. Pour pénétrer dans la « mecque de la chasse », magnifique forêt de chênes et de bouleaux de 5 440 hectares clos de murs, « il faut faire partie de la cour, ou avoir des amis haut placés, explique un élu voisin du château. Il n’y a que ça qui marche. »

On essaie donc de se faire inviter, en toute candeur journalistique. Pas pour tenir un fusil (on n’a pas le permis), juste pour assister au spectacle de cette « tradition républicaine » racontée aux touristes de Chambord et financée en partie par les deniers publics. N’a-t-on pas vu Christine Boutin trotter derrière son mari chasseur ? Ou Bernadette Chirac en rabatteuse, chapeau à plume et bottes de cuir, au grand dam de son mari et de sa fille, tous deux antichasse ? « C’est vrai, j’étais là », confirme Claude Bartolone.

Le président PS de l’Assemblée nationale est aussi président de l’Association des amis de Chambord, instance stratégique pour les parties de chasse. Ce passionné, qui traque le sanglier depuis son enfance, ne rate pas une saison depuis les années 1980. Mais il ne détient pas les clés du domaine. Pas plus que Maurice Leroy, président UDI du conseil général, qui assure, « vraiment désolé », n’avoir pas la main sur les « fusils de Chambord », comme s’appellent les chasseurs entre eux.

Pierre Charon, président du domaine national de Chambord sous Sarkozy, vient d’être nommé par lui délégué national de l’UMP à la chasse. « J’ai été François Ier, sourit le sénateur de Paris. Les patrons du CAC 40 venaient me voir humblement, casquette à la main. » Gérard Larcher, président UMP du Sénat, lui a succédé en 2011, avant de démissionner après sa réélection au Sénat. Sous ses clochetons Renaissance, Chambord est une forteresse.

Des chaises grincent dans le huis clos chambourdin et on espère un instant : depuis le 1er janvier, c’est un non-chasseur qui préside Chambord. Ça ne s’était pas vu depuis vingt ans, sous Chirac. Guillaume Garot, député PS de la Mayenne proche de Ségolène Royal, découvre la puissance de feu électorale des chasseurs.

Ils ont le soutien de groupes parlementaires à l’Assemblée et au Sénat, de patrons de grandes entreprises, publiques ou non. C’est un lobby puissant fasciné par Chambord. Guil­laume Garot s’en amuse : « Je n’ai jamais eu autant d’amis, ni reçu autant de cartes de vœux ! »

Les petits chamboulements du nouveau président

Nommé par François Hollande, il n’était pas candidat à ce poste convoité par plus de 200 fines gâchettes. Plutôt intéressé par l’intérêt écologique et culturel de ce « château mythique », le nouveau président du domaine national de Chambord annonce, « sinon une révolution, une évolution ». Il « découvre » cet univers, mais ne détient pas encore le sésame des chasses à Chambord.

Il n’est d’ailleurs guère pressé d’entrer dans le bal des cartons d’invitation : « Je vais d’abord aller voir comment se déroule une chasse, puis je me pencherai sur la question des invités.

» Il ne s’interdit pas de « bousculer le protocole », ni de faire payer les chas­ses. Pour une battue dans les domaines privés de Sologne, dont aucun n’égale la perfection de Chambord, les tarifs atteignent plusieurs centaines d’euros par jour.

C’est un parlementaire chasseur qui donne la bonne piste. Jean d’Haussonville, directeur général de l’établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) créé en 2005 pour gérer le domaine national de Chambord, est le grand chambellan du château. « C’est lui qui fait le casting. »

Pantalon en velours et veste de tweed, cet énarque diplomate, en poste depuis l’ère Sarkozy, reçoit à Chambord avec beaucoup d’égards, bien que visiblement lassé d’être interrogé sur « ce perpétuel sujet de fantasme journalistique ».

Il rappelle que, à Chambord comme à Rambouillet, « les chasses présidentielles ont été supprimées il y a cinq ans » et assure : « La normalisation est en cours. » On peut donc y assister ? Réponse : un « niet » peu diplomatique. « Ça ne se fait pas, les personnes qui y participent ne tiennent pas à apparaître. C’est du domaine privé. »

Et de comparer : « Quand le chef de l’Etat donne un dîner, on ne divulgue pas la liste des invités. »

Jean d’Haussonville est directeur du domaine et chargé du « casting » des invités aux chasses présidentielles. « C’est comme une première de l’Opéra de Paris  », dit-il.

Faute de chasse, on se rabat sur le musée du château. Les dernières photos de chasse à Chambord, datées des années Giscard, jaunissent dans les vitrines. Comme si le temps s’était arrêté à l’époque révolue où la République invitait des dirigeants plus ou moins recommandables.

« On ne pratique plus l’invitation de dictateurs », précise Jean d’Haussonville. Fini aussi « les cartons écrits à la plume d’oie » et « les sacs de jute cousus à la main pour emballer la viande ».

Chambord s’est démocratisé, ses battues accueillent désormais des « méritants », chasseurs ayant obtenu les meilleures notes au permis et « tous les parlementaires qui en font la demande », soit quelques centaines de personnes par an tout au plus. « C’est comme une première de l’Opéra de Paris », dit le directeur.

Délaissant son assiette de sanglier de Chambord sauce grand veneur, Jean d’Haussonville détaille son plan d’équilibre financier : « En 2016, la chasse ne coûtera plus un centime au contribuable », évoquant de mystérieux mécènes, chefs d’en­treprise ou personnalités fortunées, français et étrangers, remerciés de leurs dons défiscalisés par d’inoubliables parties de chasse au gros.
A bas les étiquettes !

A Chambord, se croisent hauts fonctionnaires français et européens, per­sonnalités étrangères dont l’anonymat est protégé : « Si un officier de l’OTAN, un parlementaire européen ou le ministre d’un pays ami vient chez nous, on ne ­le dira pas. »

La liste des parlementaires français habitués du « club » très masculin de Chambord, « des élus du peuple », rappelle Jean d’Haussonville, est tout aussi secrète : « Ce sont des personnages publics qui n’ont pas envie de publicité. »

Pourtant, quelques-uns ne font pas mystère de leur passion pour le brame du cerf en septembre : les sénateurs UMP Ladislas Poniatowski, François Baroin, Serge Dassault et Gérard Larcher, le socialiste François Patriat, les députés de droite Eric Ciotti, Christian Jacob, David Douillet…

« Même pendant la guerre Fillon-Copé, on chassait ensemble à Chambord, se souvient un parlementaire de droite. On se disait qu’il y avait une suite à tout ça, on n’allait pas se tirer dessus. »

Droite ou gauche, les étiquettes tombent. Sur les chemins empierrés du domaine, c’est la paix des braves : « Au déjeuner, on parle politique. Mais avec la complicité liée à la chasse, des liens se créent, c’est une autre tonalité. On refait le monde, même si aucune affaire ne s’est jamais conclue là-bas », raconte Claude Bartolone.

« On côtoie des industriels, des lobbyistes, des hauts fonctionnaires, c’est “the place to be” », explique Jérôme Peyrat, conseiller de Nathalie Kosciusko-Morizet à Paris et membre, avec quelques parlementaires chasseurs, du très stratégique Conseil d’orientation de Chambord, en charge de l’avenir culturel et cynégétique du domaine, où se ­distribuent bon nombre de « fusils ».

La chasse, dit-il, est un excellent poste d’observation politique : « L’occasion d’apprécier le caractère de chacun : ceux qui sont fair-play et les autres. »

Le seul permis requis est celui de chasser. La rosette et la notice au Who’s Who sont bien vus, mais facultatifs. « On vient avec nos fusils, des armes dangereuses à ne pas mettre entre toutes les mains », explique Claude Bartolone. Pierre Lellouche a laissé un souvenir cuisant : « Il a failli dégommer Frédéric Péchenard, le directeur de la police nationale. La balle n’est pas passée loin », se souvient un sénateur témoin de la scène. Le député UMP de Paris n’a jamais été réinvité.

Dans sa petite mairie en face du château, un homme fulmine. « La chasse est un mal nécessaire, mais que ce soit toujours les mêmes, je ne suis pas d’accord. C’est un domaine public, pas seulement ouvert aux amis des amis. »

Pull de chasse décoré d’un cerf, écarlate de colère, André Joly est né à La Guillonnière, ferme familiale transformée en relais de chasse dans la forêt de Chambord. Ce chasseur, qui a sa propre partie à l’automne sur le domaine, est en guerre contre l’EPIC et son directeur, qui veut régenter la commune et lui donner le lustre d’un site classé par l’Unesco.

Fini les boutiques de souvenirs à deux sous, les toilettes municipales en préfabriqué et l’hôtel Saint-Michel, un 2-étoiles. Ses invités chasseurs ont beau adorer cette relique de la IVe République, où l’on peut encore dormir dans le lit de Georges Pompidou, Jean d’Haussonville veut faire table rase du passé.

L’hôtel, relooké par l’architecte Jean-Michel Wilmotte, passera bientôt à 4-étoiles et la place du village sera libérée de ses sanisettes. N’en déplaise à André Joly qui fait de son combat celui de la « République contre la monarchie, qui est revenue à Chambord », en pétard contre « ces messieurs qui font la loi ».

Cette saison, il a compté 17 chasses. Et « certains sont venus six fois ».

Il s’agit, officiellement, de « battues de régulation » : un demi-millier de sangliers et quelques dizaines de cervidés, chassés en tir sélectif, doivent être éliminés chaque année pour éviter la surpopulation dans cette forêt grande comme Paris intra-muros.

Car depuis cinq siècles, le périmètre du domaine royal n’a pas changé. Les cerfs continuent de bramer en septembre et les sangliers de labourer la route de la Reine, entretenue par l’Office national des forêts.

« Les battues sont nécessaires », justifie un parlementaire. « Si ce n’est nous, ce sont les gardes-chasse de l’ONC [Office national de la chasse, NDLR] qui le feront. Cela aurait moins de panache. »

Bien dire « battues de régulation », donc. Même si, effet de l’habitude et de la tradition, on continue de se précipiter selon son grade et ses relations à « la chasse des ambassadeurs », « la chasse franco-belge », celles « du préfet », « du maire », « du conseil général », « des présidents de fédération de chasse » Et à celles « du château », courtisées et huppées, orchestrées par le directeur.

Le rituel est immuable. On se retrouve à déjeuner, à la Thibaudière, le relais construit par Georges Pompidou, hérissé de cors et de défenses impressionnants. A la tombée de la nuit, devant le château, les honneurs sont rendus aux quarante sangliers abattus, en présence de la garde républicaine. Les chasseurs se débarrassent des gilets fluo et dévoilent leurs plus belles tenues.

Le tableau de chasse est vendu à des marchands de gibier. Certains achètent leurs trophées en souvenir, comme Claude Bartolone ses défenses de sanglier, ou Pierre Charon, fier de l’écusson – on dit aussi « massacre » – qui trône dans son salon : « Un cerf magnifique, 14 cors, je l’ai tiré à 160 mètres… Le Graal pour un chasseur. »

Qu’est-ce qui a changé depuis Georges Pompidou, immortalisé dans la vitrine du musée de Chambord ? « Rien, tranche un employé du domaine proche de la retraite. Ce ne sont plus les mêmes gens, c’est tout. »

La Nature nous rappelle à l’ordre

C’est un grand classique de la vie quotidienne : on vaque à une occupation comme la lecture, et comme on n’est pas assez attentif à notre environnement immédiat… on est rappelé à l’ordre. Avec plus ou moins de rentre-dedans, plus ou moins d’esprit grognon, mais toujours avec l’affection comme exigence.

Ce qui est vraiment universel avec internet, c’est de voir que ces moments peuvent être partagés en images, et qu’ils sont repris parce que des gens trouvent que cela reflète leur propre vécu.

On aurait tort de sous-estimer l’importance de cela pour la prise de conscience planétaire qui va se dérouler dans les prochaines années. Qu’on le veuille grâce à la reconnaissance subjective de Gaïa, ou qu’on ne le veuille pas avec les catastrophes très objectives que l’humanité provoque.

Tout cela passe par la reconnaissance de son entourage bien entendu. Heureusement qu’il y a, par conséquent, les chiens, les chats, tous les animaux, pour nous rappeler à l’ordre !

On comprend pourquoi les gens qui assument totalement l’ordre dominant chassent les animaux de leur environnement direct, que ce soit leurs appartements, leurs quartiers, etc. Ou bien ils les utilisent comme faire-valoir, comme objets.

Ce qui dérange ces gens, ce n’est pas tant la saleté comme ils le prétendent, que leur spontanéité, ou plus précisément leur dimension naturelle. On ne peut pas être un chef d’entreprise « sérieux » et avoir un chat qui saute sur ses documents, on ne peut pas être une femme ayant intégré toutes les règles du formalisme et de la bienséance avec un chien qui décide subitement de vouloir gambader.

Les animaux de notre entourage sont un rappel à l’ordre. Quand on voit les gens marcher dans les rues, sans se préoccuper en rien des pigeons, d’ailleurs sans même les remarquer, cela en dit vraiment long !

C’est vraiment une attitude qu’on doit remarquer : la présence des animaux est considérée comme une invasion. Il ne s’agit pas de phobie, il s’agit de culture, de culture conçue comme antagonique à la Nature.

C’est pour cela que les photos qu’on trouve sur internet « opposent », pour ainsi dire, les activités culturelles de la vie quotidienne à ces animaux, dont c’est la dignité qui doit nous frapper, et non le côté « amusant ».

La plus grande erreur qu’on pourrait faire ici est de réduire ces photos à un phénomène insolite, ou bien amusant, surprenant, relevant de l’anecdote de la vie quotidienne. En réalité, il s’agit de la réalité elle-même qui nous rattrape.

Le problème bien entendu est qu’il y a des gens pour considérer qu’il y a mieux que la réalité, qu’il y a plus important, et que les animaux ne doivent pas se voir reconnus une trop grande importance, une trop grande reconnaissance. Tout est dans le « self control ».

Heureusement que la vie est plus forte que tout cela !

« Ces usines ne sont vouées qu’à une chose : le profit »

Les bouchers sont vraiment très forts dans leur genre ; la justification de leur métier, par définition odieux, exige de telles contorsions, que cela en est un mélange de risible et d’hypocrisie criminelle.

On est là dans le déni le plus simple. Ainsi, voici le communiqué de la Confédération Française de la Boucherie, Boucherie-Charcuterie, Traiteurs, consistant en la protestation faite au sujet d’un propos de Manuel Valls.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE : LE BOUCHER DE MANUEL VALLS

Pour réagir au voyage de quatre parlementaires français venus en Syrie rencontrer le chef de l’Etat, dictateur notoire, Manuel Valls n’a eu que ce commentaire « c’est un boucher ! ».

Encore une fois le manque de respect d’un homme politique est confondant d’ignorance. Il y a tant de synonymes dans les dictionnaires que c’est au mieux une facilité au pire une malveillance que de continuer à utiliser le mot boucher.

Monsieur le Premier ministre, pouvez-vous cesser pour désigner quelqu’un que vous tenez pour un criminel d’employer ce mot sacré pour les 80 000 personnes – artisans, conjoints, salariés et apprentis – qui travaillent dans ce métier.

Par avance, les artisans Bouchers vous en remercient.

Ces gens ne pensent-ils pas que ce n’est pas pour rien si le terme a été assimilé au meurtre, à l’immoralité ? Qu’au 13ème siècle en France boucher est synonyme de « bourreau », que Thomas More dans son Utopie rejette cette activité comme déformant la conscience ?

On est là dans la fiction du « bon » assassin, du « bon » meurtrier. Par définition, cela n’existe pas. Les bouchers ne sont pas de grands révolutionnaires combattant les armes à la main pour la bonne cause, même s’ils aiment se faire passer pour ceux qui font ce qui est « nécessaire ».

Ils sont des assassins d’animaux, même quand ils s’assimilent aux « amis des animaux », comme dans cette critique des « usines » au nom des petits élevages, dans un grand élan d’apologie du petit capitalisme qui vaut celui des « ZAD » :

Paris, le 16 février 2015
COMMUNIQUE DE PRESSE
Objet : Elevages ou usines?

Nous connaissons la tristement célèbre «ferme des 1000 vaches» dans la Somme.
A cette ferme, mais il convient mieux de dire à cette « usine » tant le noble mot de ferme est inadapté pour décrire ces hangars gigantesques où l’on entasse avec bestialité les animaux, il faut rajouter celle des 1500 bêtes en Touraine.

1500 et peut être bientôt 2200 à en croire l’ambition de ces « grandes exploitations », euphémisme derrière lequel se cachent ces usines.

Rajoutons encore celles qui projettent«l’élevage» de 250 000 poules dans la Somme, de 4000 porcs ou encore de 1000 veaux en Auvergne… entre autres.

Non contents de défigurer nos belles campagnes, de mettre au chômage leurs éleveurs (les vrais) et de mettre un pays et sa culture gastronomique à la découpe, les éleveurs (les faux) en redemandent.

Et il ne s’agit pas cette fois-ci d’«éleveurs» étrangers mais bien d’«éleveurs» français qui veulent nous faire croire qu’ils approvisionnent les boucheries artisanales de leurs produits «locaux» qui se retrouvent néanmoins, via d’autres circuits de distribution, dans l’assiette du consommateur.

Les bouchers français et les consommateurs ne sont pas dupes.

Ces usines ne sont vouées qu’à une chose : le profit.

La Confédération Française de la Boucherie, Boucherie – Charcuterie, Traiteurs constate, s’inquiète et dénonce ce type d’exploitations qui, au-delà de négliger la santé du consommateur et celle des animaux, participe également à la détérioration de l’environnement.

La CFBCT apporte son soutien le plus total aux éleveurs, collectifs de citoyens, amis des animaux, et ils sont nombreux, qui dénoncent ces pratiques d’«élevage» honteuses.

Nous bouchers sommes fiers d’offrir au consommateur une viande de qualité en favorisant au préalable des animaux élevés de manière remarquable par nos amis éleveurs (les vrais).

A quelques jours du Salon International de l’Agriculture, la CFBCT rappelleson engagement pour une agriculture et un élevage raisonnés, dans l’application d’une véritable éthique de l’alimentation.

Nos valeurs, les valeurs de la boucherie (la vraie) reposent sur le respect des animaux. Des animaux élevés à l’herbe et en plein air.

Nous appelons les pouvoirs publics à réagir pour limiter la prolifération de ces usines qui causent bien des maux à notre pays.

Christian Le Lann
Président de la Confédération Française de la Boucherie, Boucherie-Charcuterie, Traiteurs

« Ces usines ne sont vouées qu’à une chose : le profit » : tout à fait, et le petit capitalisme a la même nature que le grand, même sans en avoir la portée… pour l’instant. Il n’y a pas de différence dans la démarche.

D’ailleurs, on sait à quel point les bouchers présentent selon eux une « tradition », une forme de commerce proche des clients, dans le sens d’une « qualité » des « produits », etc. Or, que voit-on ? Que ce petit commerce de proximité, où le client est « personnalisé » dans son accueil, lance… boucherietv.

Un prestataire de service fournit des écrans pour les boucheries, afin que soient projetées des vidéos, générales et adaptées localement.

On connaît le principe déjà appliqué dans des boulangeries, des pharmacies, voire des supermarchés. Le voilà, dans le petit commerce qui se prétend tellement « humain »…

 

Toute cette poudre aux yeux sur la « tradition » et le « terroir » ne doit plus parvenir à masquer la sombre réalité de l’exploitation animale, son caractère assassin. Tout le système est à démasquer, et ne pas le faire dans son intégralité dès le départ, dans une critique synthétique, pleine, entière, c’est s’en faire complice!

L’appel de Manille

Le show de François Hollande ne fait que commencer que déjà sa vanité éclate au grand jour. Voici le document intitulé l’appel de Manille, lue par… l’actrice Marion Cotillard. On peut voir la vidéo ici, voici le document lui-même, suivi du contenu d’une déclaration de François Hollande juste après.

Comme il se doit, et c’est terriblement révélateur, on ne trouve pas les mots « animal », « animaux », ni « Nature », dans ce dernier cas on n’aura juste… « catastrophes naturelles ». Tout est vu par le prisme de l’anthropocentrisme.

Appel de Manille à l’action pour le climat

1. Nous, chefs d’État de la République des Philippines et de la République française, et personnalités de différents pays déterminés à agir pour le climat, réunis à Manille aujourd’hui, désirons rappeler à la communauté internationale, à l’ensemble des acteurs et à l’opinion publique mondiale qu’il est urgent de lutter contre le changement climatique de manière sérieuse, efficace et équitable.

2. À moins d’un an de la 21ème Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 21) qui se tiendra à Paris en décembre 2015 et dont les résultats concerneront la vie de milliards de personnes, nous appelons la communauté internationale à conclure un accord ambitieux, équitable et universel sur le climat, qui soit conforme aux recommandations scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, afin de préserver notre planète pour permettre aux générations futures d’y vivre. À Manille aujourd’hui, nous espérons que nous écrirons ensemble l’Histoire à Paris en décembre et que nous ne nous contenterons pas de la regarder se dérouler en simples spectateurs.

3. Nous appelons à agir pour le climat.

4. En nous réunissant aux Philippines où la population a subi une série sans précédent d’événements climatiques extrêmes ces dernières années, nous prenons conscience que les pays en développement, qui ont le moins contribué au changement climatique, sont ceux qui souffrent le plus de ses effets. Certes, nous sommes confrontés à des menaces analogues et nous partageons les mêmes faiblesses, mais nous disposons aussi d’atouts et de moyens différents pour relever ces défis. Cependant, nous croyons qu’il est possible de réduire nos vulnérabilités et notre exposition aux aléas du climat. La population philippine a fait preuve d’une extraordinaire résilience à cet égard.

5. Nous appelons à la solidarité et à la justice face au changement climatique.

6. Nous avons besoin d’un accord négocié et accepté par tous et pour tous, qui tienne compte de toutes les différences de situation et fasse converger diverses perspectives pour accélérer l’action collective. Nous avons besoin d’un accord pour réduire les émissions, créer des opportunités économiques et nous doter des moyens de gérer les risques associés qui sont déjà prévisibles dans un avenir proche.

7. Nous appelons à coopérer face au changement climatique.

8. La croissance économique, le développement durable et la lutte contre la pauvreté sont des objectifs qui doivent et peuvent être atteints ensemble. Mais assurer un accès équitable au développement durable pour tous nécessitera de disposer de moyens de mise en oeuvre accrus.

9. Nous appelons à la solidarité financière et technologique.

10. Considérant que nous atteignons le point de non-retour en matière de changement climatique et que nous devons passer des intentions à l’action, nous appelons solennellement :

A) tous les États à travailler concrètement et rapidement pour lutter contre le changement climatique, en particulier contre ses impacts, et nous les invitons à présenter leurs contributions prévues déterminées au niveau national, en fonction de leurs situations et capacités nationales respectives ;

B) les pays développés et les pays en développement capables et désireux de le faire, à fournir aux pays les plus pauvres et les plus vulnérables des moyens de mise en œuvre adéquats pour les aider à se transformer en territoires résilients et en économies sobres en carbone ;

C) tous les acteurs, les États, les collectivités territoriales, les entreprises, le secteur privé, la société civile, les organisations non gouvernementales, les universités et les citoyens à jouer pleinement leur rôle dans la lutte contre le changement climatique et en particulier contre ses effets, et la réduction des risques de catastrophes naturelles liées au climat, par des efforts individuels ou des initiatives en coopération; et,

D) chacun à diffuser cet appel et à faire prendre conscience de la nécessité d’agir rapidement et partout, et de parvenir à un accord mondial sur le climat en décembre à Paris.

Déclaration à la suite de l’appel de Manille

LE PRESIDENT : L’appel a été lancé et je remercie la sénatrice et Marion COTILLARD de l’avoir prononcé. Nous sommes en effet réunis ici, tous ensemble, responsables politiques, dirigeants de grandes organisations internationales, personnalités économiques, culturelles, universitaires, pour convaincre le monde, pour mobiliser les opinions publiques.

Je remercie Nicolas HULOT d’avoir pris cette initiative parce que si nous voulons réussir en décembre prochain, il faudra que les diplomates soient au meilleur ; ils le sont. Il faudra que les instances de l’ONU puissent accompagner ce processus ; elles y sont prêtes. Il faudra que nous puissions avoir avec les dirigeants de la planète les explications nécessaires, de manière à ce que les engagements soient pris. Mais il faudra aussi et surtout la mobilisation de l’opinion publique. C’est le sens de cet appel.

C’est un appel qui se fait ici, à Manille. Manille qui est, aux yeux du monde, un symbole de souffrance et d’espoir. La souffrance, c’est celle qu’ont vécue hélas les victimes des typhons, des tsunamis, des catastrophes, des tremblements de terre. Ce sont des centaines de milliers de Philippins qui ont été déplacés. La souffrance, c’est celle aussi que beaucoup imaginent avec la montée des eaux, la disparition des îles, l’augmentation et l’intensité même des tempêtes. Mais il y a l’espoir qui est aussi ici, à Manille. Espoir d’un peuple qui résiste, qui lui aussi face à l’épreuve, se soulève, se redresse et s’organise. C’est pourquoi nous voulions que ce soit à Manille que l’appel puisse être lancé.

Quel est le sens de cet appel ? C’est de pouvoir conclure à Paris, lors de cette conférence sur le climat, un accord général et contraignant, pays par pays, pour assurer que le monde ne connaîtra pas un réchauffement qui l’exposerait à des catastrophes encore bien plus considérables que celles que nous avons connues.

Il y fallait une voix, la vôtre, Monsieur le Président AQUINO, votre voix telle que je l’ai entendue lors des sommets internationaux, à l’ONU, où vous avez dit que nous pouvions tous faire quelque chose, prendre notre part, jouer notre rôle. Il fallait aussi des voix multiples, celles qui sont entendues ici. Il y fallait la voix française parce que la France, et c’est son honneur, c’est aussi son devoir, sait prendre lorsque c’est nécessaire ses responsabilités. Nous l’avons montré dans d’autres circonstances, face à d’autres épreuves.

Quel est maintenant le sens de cet appel ? C’est un appel à la justice. L’appel de Manille, c’est pour que le monde soit plus juste, entre les pays développés et les pays fragiles, entre les pays riches et les pays pauvres, entre les générations aussi, celles qui ont eu tout le temps, tout le loisir pour prélever des ressources sur la planète mais qui maintenant ont le devoir d’agir pour que leurs enfants, leurs petits-enfants puissent vivre, vivre tout simplement sur cette planète.

La justice, c’est aussi de permettre que tous les progrès de la science, de la technologie, de l’imagination humaine, de l’économie soient au service de la construction, de la préservation, de la réparation, de la prévention et non pas de la destruction. C’est la raison pour laquelle une alliance doit être conclue entre toutes les forces. Les forces des Etats, les forces économiques, les forces associatives, les forces culturelles pour que nous puissions faire vivre l’appel de Manille.

L’appel de Manille, c’est aussi l’imagination. C’est notamment à travers le Fonds vert, les financements innovants, tout ce qui peut permettre de capter, de mobiliser des ressources pour les mettre au service du développement. L’appel de Manille, c’est un appel à l’invention parce que la lutte contre le changement climatique, qui est à la fois une obligation, c’est aussi une opportunité, puisque ça va nous permettre d’inventer une croissance nouvelle, une croissance verte.

Nous allons être meilleurs. Meilleurs parce que nous sommes contraints de l’être ; meilleurs pour les énergies renouvelables ; meilleurs pour stocker de l’énergie ; meilleurs pour organiser nos villes, pour assurer nos déplacements ; meilleurs pour inventer des technologies zéro carbone ; meilleurs pour organiser notre fiscalité ; meilleurs pour même établir une concurrence entre les entreprises avec un prix carbone. C’est l’agenda des solutions qui sera finalement l’expression de notre invention.

Enfin, l’appel de Manille c’est un appel à la promotion d’un monde nouveau parce que ce qui est en cause, c’est un nouveau mode de développement plus juste, plus respectueux. C’est un monde où nous puissions nous dire que ce que nous faisons est utile, un monde où chaque pays prendra ses responsabilités en fonction de ses propres capacités, un monde où une solidarité nouvelle pourra voir le jour entre pays riches et pays émergents. Beaucoup ont, à un moment dans leur démarche politique, imaginé un monde nouveau. Ils n’ont pas toujours construit un monde meilleur mais celui que nous avons à l’esprit, c’est un monde vivable, c’est un monde humain et c’est ce qui nous permet de nous rassembler.

C’est LEVI-STRAUSS qui disait que « l’arc-en-ciel des cultures humaines aura fini de s’abîmer dans le vide creusé par notre fureur ». Il faut mettre un terme à la fureur et il faut mettre, dans le ciel, l’arc-en-ciel des cultures humaines. Ce monde, si nous le voulons, il sera dessiné à Paris dans trois cents jours. J’appelle donc les chefs d’Etat et de gouvernement à tout mettre en œuvre pour conclure un accord en décembre. J’appelle les forces de la jeunesse, les citoyens mais aussi les acteurs économiques, les artistes, les universitaires, à s’engager, à s’organiser pour nous élever, pour porter une cause qui peut tous nous rassembler.

Face à l’Histoire, il y a ceux qui la regardent, qui la contemplent, et il y a ceux qui la font. Aujourd’hui, il nous faut l’écrire. Ce sera à Paris dans trois cents jours.

L’ampleur démesurée de la déforestation illégale

L’État brésilien vient d’informer de l’arrestation de Ezequiel Antonio Castanha, dans l’état du Para, au nord du pays. Il est accusé de la déforestation de 20 % de l’Amazonie ces dernières années. Son activité consistait en la déforestation de terrains, qu’il revendait ensuite aux éleveurs.

C’est une activité très lucrative, de par les besoins mondiaux en huile de palme, en soja et en « viande » (en sachant que le soja est destiné au « bétail » notamment). Les exportations liées à la déforestation illégale sont estimées à une valeur de… 61 milliards de dollars !

49 % de la déforestation est par ailleurs illégal… avec des proportions terribles pour certains pays : 79 % au Brésil, 47 % en Malaisie, 80 % en Indonésie, 90 % en Bolivie, 42 % au Paraguay… En Papouasie-Nouvelle-Guinée, le chiffre est de 90 %, mais de manière « légalisée » par la corruption…

Pour reprendre la tristement célèbre comparaison avec un terrain de football pour la déforestation dans les zones tropicales, ce sont l’équivalent, en surface, de 5 terrains de football qui disparaissent chaque minute.
Mais, bien sûr, tout cela doit servir à quelque chose. Tout comme pour l’exploitation animale, l’objectif est économique. Et là où c’est encore plus terrible, c’est quand la déforestation illégale… se transforme en exportation légale.

C’est le miracle du capitalisme, en quelque sorte. 30 % de la déforestation illégale aboutit à des exportations internationales au Brésil, 86 % en Malaisie, 75 % en Indonésie, 66 % en Bolivie, 80 % au Paraguay, 100 % en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Au Vietnam, la déforestation illégale se situe entre 40 et 80 %, le taux d’exportation certainement de 90 %. Et la situation est la même au Ghana, en Tanzanie, en Côte d’Ivoire…

La logique est toujours la même : des grands propriétaires s’en mettent plein les poches localement, arrosant les responsables locaux, le tout en prétendant donner des emplois et développer le pays, et en s’insérant ainsi sur le marché international et en acquérant la légitimité qui va avec.

La corruption y étant ce qu’elle est, la déforestation illégale se développe allégrement, surtout qu’elle arrange les businessmen qui voient ici une tendance « inéluctable » se développer localement.

C’est un concept gagnant-gagnant, aux dépens de la Nature, mais aussi des gens vivant là-bas car on se doute bien de quel « développement » il peut s’agir quand un pays oriente toute son énergie dans l’exportation de soja et d’huile de palme…

Pour souligner la dimension planétaire de la déforestation illégale, notons également que sa production de CO2, est estimée à 1,47 gigatonnes annuellement, soit l’équivalent du 1/4 du Co2 émis par l’Union Européenne.

Tout cela, soulignons le encore, pour produire de l’huile de palme qu’on trouve partout dans les supermarchés, pour produire le soja pour le « bétail » : tout se rejoint, c’est un grand tout du massacre. Et tout cela exige une réponse simple: pas de compromis en défense de notre mère la Terre!

Action de l’ALF en Gironde

Une action de l’ALF a été menée en Gironde, consistant en la destruction de palombières, petites cabanes camouflées servant à la capture des palombes (qu’on appelle également pigeons ramiers).

Voici le compte-rendu pathétique de mauvaise foi réalisé par Sud Ouest, ainsi que de France 3 Aquitaine dans la même lignée. Tradition bafouée dit-on, « incompréhension » prétend-on, etc.

Actes de militants de la cause animale ou de vandales qui ont trouvé leur signature sur le Web ?

La question n’est pas encore tranchée, mais l’affaire est prise au sérieux. Tant par la compagnie de gendarmerie de Langon, qui a ouvert une enquête et où l’on reconnaît n’avoir jamais vu cela, que par la Fédération des chasseurs de Gironde, la plus importante de France avec 43 000 adhérents.

Les faits sont les suivants : mardi, deux palombières situées à Auros, village du Sud-Gironde, sont découvertes saccagées.

Ce qui intrigue tout le monde, voire inquiète, c’est que le ou les auteurs ont laissé derrière eux une signature : « Hunt Sab ». Ces mots, qui renvoient à un mouvement international anti-chasse et de défense de la cause animale, les « Hunt saboteurs », né en Angleterre au début des années 1960 avant d’essaimer en Europe, aux États-Unis, et qui ont fait du sabotage de la chasse à courre l’une de leurs spécialités, ont été tagués à la peinture un peu partout.

Dans les palombières, mais aussi devant le cimetière, d’où part un chemin qui conduit jusqu’aux deux installations de chasse perdues au milieu des bois. Un message accompagne le paraphe : « Chasseur = meurtre ».

« Lundi, tout était normal. On pense qu’ils ont agi mardi matin. Je suis écœuré », confie, dépité, Christophe Belloc, un employé agricole qui est l’un des chasseurs visés. Sa palombière, la fierté de la famille, construite par son père voilà quarante ans, est en lambeaux. Les couloirs ont été lacérés au cutter ; les fougères arrachées. Même traitement pour les grillages, cages, la porte du pigeonnier ou encore les mécanismes sur lesquels sont attachés les appeaux.

Dans la cabane, les tags recouvrent les murs et le mobilier. « ça m’a coupé le souffle. ça fait mal. Mon petit-fils en a pleuré », témoigne Olive, le patriarche. Chez les Belloc comme chez les Malandit, les deuxièmes victimes, rien n’a été volé. « Tout casser, tel était leur unique but. Ça me donne la haine. Ce sont des actes gratuits minables ! » réagit Jean-Luc Malandit, qui va, lui aussi, porter plainte aujourd’hui.

« Comment les régimes alimentaires vont changer »

Voici un intéressant document de l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture. Il montre comment, pour des raisons culturelles, l’exploitation animale homogénéise la consommation de par le monde. C’est tout à fait logique: le modèle qui prime est celui des couches sociales les plus favorisées des pays les plus riches. C’est la conséquence inévitable d’un système où le but est… simplement d’être riche.

La question de la culture dominante saute ici aux yeux. Et celle de la dimension de la lutte: est-il sérieux de prétendre changer les choses, sans assumer le combat complet face à cette machine de destruction? Les revendications partielles de luttes partielles apparaissent ici comme totalement découplées de la lutte réelle pour un changement total, changement total sans quoi… rien n’est possible.

Les animaux, la Nature… subissent une offensive comme il n’y en a jamais eu encore dans l’histoire. Telle est la réalité.

Comment les régimes alimentaires vont changer

Tout comme la ration énergétique moyenne a augmenté, les régimes alimentaires des gens ont aussi changé. Les tendances de consommation alimentaire viennent à se ressembler dans le monde entier, en incorporant des aliments de meilleure qualité et plus chers, tels que la viande et les produits laitiers.

Cette tendance est due en partie simple-ment aux préférences des consommateurs. Mais elle est due aussi, en partie, à l’expansion du commerce international des produits alimentaires, à la diffusion mondiale des chaînes de restauration rapide, et à l’exposition aux habitudes alimentaires américaines et européennes.

La commodité, comme par exemple la portabilité et la facilité de préparation du pain ou des pizzas toutes prêtes par rapport aux racines alimentaires, joue aussi un rôle.

Les changements des régimes alimentaires suivent étroitement les augmentations de revenus et se produisent presque indépendamment de la géographie, de l’histoire, de la culture ou de la religion.

Toutefois, les facteurs culturels et religieux expliquent les différences entre les pays où les revenus sont similaires. Par exemple, les hindous s’abstiennent de boeuf ou de viande en général, les musulmans et les juifs de porc.

Malgré des revenus semblables, les Japonais consomment beaucoup moins de calories provenant d’aliments non féculents que les Américains, tout comme les Thaïlandais par rapport aux Brésiliens.

La convergence des régimes alimentaires est assez forte parmi les pays à revenus élevés de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), où les tendances de consommation alimentaire indiquent un chevauchement de 75 pour cent avec celles des Etats-Unis, ce qui veut dire que 75 pour cent des produits alimentaires transformés ont pour base les mêmes matières premières.

Même le Japon s’est rapproché des autres pays de l’OCDE, le chevauchement étant passé de 45 pour cent en 1961 à environ 70 pour cent en 1999.

Une convergence vers les modèles alimentaires américains se manifeste également dans d’autres groupes de pays en développement, bien qu’elle reste lente dans certains cas, notamment dans les pays enclavés ou isolés politiquement, où les influences internationales pénètrent moins facilement.

Cependant, les facteurs culturels semblent faire plafonner la convergence à environ 80 pour cent, du moins pour l’instant.

Ces changements de régimes alimentaires ont eu, et vont continuer d’avoir, un impact sur la demande mondiale de produits agricoles. La consommation de viande dans les pays en développement, par exemple, a augmenté de 10 kg seulement par personne et par an en 1964-66 à 26 kg en 1997-99.

Il est prévu qu’elle va encore augmenter, pour atteindre 37 kg par personne et par an en 2030.

Le lait et les produits laitiers ont également connu une croissance rapide: de 28 kg par personne et par an en 1964-66 à 45 kg aujourd’hui, et ce chiffre pourrait grimper à 66 kg d’ici 2030.

On s’attend à ce que l’apport énergétique provenant du sucre et des huiles végétales augmente. Cependant, on prévoit que la consommation humaine moyenne de céréales, de légumineuses, de racines et de tubercules va plafonner.

La fuite au lieu de l’universalisme

Ce sont des gens qui sont à la fois extrêmement proches et extrêmement loin du véganisme. Adeptes des religions juive ou musulmane, ou bien partisan des « zad », ils critiquent le « monde moderne ». Ils prônent des rapports différents avec les animaux et la Nature.

Mais au lieu d’aller de l’avant, vers l’universalisme, ils idéalisent le passé. Ils s’imaginent que dans le passé, il y avait justement des rapports corrects avec les animaux et la Nature, et qu’il suffit de recréer cela pour agir correctement.

Car on n’est pas dans la créativité, dans l’éloge de ce qui est nouveau : tant les uns que les autres assument ouvertement de se tourner vers le passé et de « revenir » aux méthodes qui y prédominaient.

Le « monde moderne » n’est pas critiqué, il est simplement nié. C’est l’éloge de la fuite : pour les religieux juifs et musulmans, c’est l’alyah et la hijra, le départ dans des zones où l’on peut vivre de manière « conforme », départ qui connaît plusieurs degrés : le communautarisme (urbain et plus rarement dans des villages), le départ dans d’autres pays.

Pour les autres, il y a les ZAD, ou l’installation dans des zones rurales : il ne faut pas ici penser qu’aux ZAD, il y a tout le mouvement de « l’insurrection qui vient » qui a concerné plusieurs milliers de personnes.

Tous ces gens ne sont nullement choqués par le véganisme, ni par l’affirmation comme quoi il faut changer son rapport avec les animaux et la Nature. Mais au lieu de reconnaître l’existence du monde moderne et de dire qu’il faut le changer, ces gens choisissent une porte de sortie individuelle.

C’est exactement comme l’ont fait (et le font) les hindouistes européens du type « Hare Krishna », qui ont dès les années 1970 appelé au départ pour une vie plus « saine », en dehors du monde moderne. Aux Etats-Unis, cela a également une grande importance avec une partie du mouvement hippie.

Voici un extraitd’un très intéressant article du Monde, intitulé L’antipolitique, péché originel de la Silicon Valley.

Dans les années 1960, les hippies convergeaient vers San Francisco pour y vivre en marge de la société. Aujourd’hui, cette ville attire des geeks prêts à monétiser la moindre ligne de code. Comment s’est opérée cette transformation ?

Une filiation directe existe entre ces deux groupes. Le mouvement néo-communaliste, comme je l’appelle en référence à ses idéaux de vie en commune, a en effet profondément inspiré le monde de l’informatique. Leur ambition était de changer le monde, mais très marqués par la guerre du Vietnam, ils se méfiaient de l’Etat, qu’ils assimilaient au complexe militaro-industriel. Il n’y avait pas chez eux d’ambition politique, comme c’était le cas dans l’autre courant de la contre-culture américaine, plus proche de Mai 68.

La commune devait permettre de cultiver et partager un même état d’esprit, libéré des injonctions de la bureaucratie. Et ainsi, par cercles concentriques, petit à petit, cette communauté de valeurs pourrait s’étendre et changer le monde. Cette idée était au cœur de la contre-culture qui était florissante à San Francisco dès 1967.

La réalisation personnelle constituait le second pilier de cette utopie. L’individu était incité à s’affirmer et se construire au sein de cette commune, notamment par la création d’une petite entreprise, investie dans l’économie durable, ou par la prise de LSD pour arriver à une forme d’éveil spirituel.

Les néo-communalistes nourrissaient enfin un fort intérêt pour la technologie, notamment les systèmes stéréo, que chacun pouvait apprendre à transformer et à adapter en fonction de ses désirs.

Cependant, au début des années 1980, ce rêve s’était évanoui. Les communes des années 1960 s’étaient effondrées. La guerre du Vietnam ne s’était pas terminée avant 1972, et l’Etat était toujours aussi puissant. Pour un personnage comme Stewart Brand, créateur en 1968 de l’emblématique Whole Earth Catalog, qui visait à donner « accès aux outils » pour une vie plus respectueuse de l’environnement et en parfaite autonomie, l’échec était cuisant.

L’informatique est pourtant un outil qui émerge rapidement à partir de la fin des années 1970.

Oui, Stewart Brand a trouvé dans l’informatique le moyen de se réinventer. La lecture du livre du journaliste Steven Levy, The Hackers, fut une grande source d’inspiration pour lui. Paru en 1984, cet ouvrage est le premier à décrire la culture hacker. Stewart Brand va s’inscrire dans ce mouvement dans l’espoir de réaliser la communauté de consciences dont rêvait la contre-culture. L’informatique en serait le véhicule. Stewart Brand organise la première conférence de hackers en 1984 à San Francisco. L’événement ne réunit pas que des mordus d’informatique, mais aussi des hommes d’affaires, ainsi que d’anciens membres de la contre-culture.

Sous prétexte de communauté « correcte », on bascule dans le particularisme, qui soit idéalise un passé comme le font les religions ou les « décroissants », ou bien dans l’esprit d’entreprise utilisant des idées nouvelles pour les transformer en vecteurs de business.

A Tarnac l’appel à la révolution de la vie quotidienne a culminé en ouverture d’une épicerie, la ZAD de Notre-Dame-des-Landes s’est transformée en apologie de la petite production paysanne, etc.

C’est le principe de la fuite : au lieu de partir de la critique de la réalité pour aller à l’universel, on se précipite dans l’individualisme, pour mieux vivre sa vie pense-t-on, et en tout cas en abandonnant la cause tout à fait nouvelle, moderne, impérativement nécessaire, de la défense de la planète !

« La production mondiale de viande devrait s’intensifier »

Paris Match est allé au Salon de l’agriculture rencontrer les gens faisant le traditionnel petit rassemblement protestataire en faveur de la « cause animale ».

Y participait par exemple le « Collectif Oui à l’Étourdissement Dans les Abattoirs ». Rien que le nom montre l’ignominie de gens qui, prétendant défendre les animaux, jouent le rôle de supplétif moral de l’exploitation animale.

Tous ces discours sur l’exploitation « humaine » sont hypocrites et ignobles, et il faut bien saisir qu’on va en avoir de plus en plus. Nous montrions la situation avec le lait il y a quelques jours : l’intensification de l’exploitation est un fait inévitable dans la société actuelle.

Or, cela rentre en contradiction avec la prétention de certains d’aller graduellement au véganisme. La conséquence en est une sorte de « replacement » stratégique dans… justement on ne sait pas trop quoi.

Voici les points de vue d’abord de Christophe Marie, porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot, et ensuite de Brigitte Gothière, porte-parole de L214, tels que Paris Match les a retranscrit.

« Le Salon de l’agriculture est une vitrine trompeuse. Derrière l’image bucolique, il y a l’univers carcéral, les maltraitances liées à l’élevage et l’abattage.

Alors que le statut de l’animal a été modifié dans le code civil, reconnaissant son caractère d’être sensible -ce qui n’est pas une révolution mais une simple harmonisation des textes-, jamais il n’y a eu en France autant de projets de fermes usines intensives.

L’impact est désastreux en termes économique, environnemental et de bien-être animal.

Stéphane Le Foll s’est d’abord posé en victime du projet de la « ferme » des 1 000 vaches, devenu aujourd’hui réalité, en prétendant que ce type d’élevage ne répond pas à la politique qu’il souhaite défendre. Pourtant, depuis son arrivée au ministère de l’Agriculture, tout a été fait pour simplifier les procédures d’extension des élevages intensifs.

Le 17 février, Stéphane Le Foll a annoncé de nouvelles mesures visant à encourager l’extension des élevages de volailles qui pourront passer de 30 000 à 40 000 animaux sans procédure administrative, après un simple enregistrement.

Le ministre précise même qu’« en dessous de 30 000, aucune démarche ne sera à effectuer. » C’est une politique suicidaire, irresponsable ! »

« De nombreuses enquêtes filmées dans les élevages français rendent compte de conditions de détention des bêtes incompatibles avec la satisfaction de leurs besoins et souvent non conformes à la législation en vigueur.

Notre volonté est aussi d’expliquer aux visiteurs qu’une vie sans consommation de viande est un bénéfice pour le bien être animal, notre santé et l’environnement ».

Et voici comment Paris-Match conclut juste après son article :

Malgré l’alerte, les estimations annoncent que la production mondiale de viande devrait s’intensifier, passant de 229 millions de tonnes en 1999/2001 à 465 millions de tonnes en 2050. Les industriels n’ont pas fini de s’engraisser…

Qui a raison sur l’évolution actuelle ? La Fondation Brigitte Bardot et L214 ? Ou Paris Match ?

Evidemment Paris Match, qui donne de simples chiffres. Par contre, la Fondation Brigitte Bardot et L214 servent à masquer le drame actuel, à camoufler l’ampleur du désastre, à nier les faits.

La situation empire, chaque jour qui passe l’exploitation animale gagne du terrain, la Nature recule. A ce rythme est-il nécessaire d’expliquer à quoi va ressembler le monde dans 40 ans ?

Il ne s’agit là même pas de différence de stratégie, il s’agit simplement de regarder les faits en face.

Rien que l’évolution du lait en France dans les dix prochaines années est terrifiant. Et malgré cela, il y en a pour expliquer qu’on va vers une meilleure situation pour les animaux ?

Ce n’est même plus une erreur ou une illusion : même Paris Match constate que c’est totalement déconnecté.

« Vous n’êtes pas une réserve, comme certains le craignent souvent »

Voici un discours de François Hollande dont chaque phrase est une infamie. Il ne faut pas blâmer ici Hollande en particulier, cela serait une erreur qui est malheureusement récurrente en France, dont le régime politique est semi-présidentiel, avec beaucoup de personnalisation.

Non, ce qu’il dit correspond à l’idéologie dominante, tout simplement. Mais, le moins que l’on puisse dire, c’est que les phrases sont bien tournées. C’est même passionnant que de lire cela pour se rassurer de savoir que l’on pense précisément le contraire!

En gros, pour expliciter la chose, François Hollande dit qu’avant on faisait des parcs régionaux pour… le divertissement, et désormais on le fait pour… l’innovation qui en découle, sur le plan technique, pour les « produits du terroir! » D’ailleurs, ce qui serait très bien selon lui, c’est que la formation des parcs régionaux…  attirent des habitants.

Car, heureusement selon le président de la République:

« Aujourd’hui, vous avez une ambition créative, c’est-à-dire que vous n’êtes pas une réserve, comme certains le craignent souvent, avec l’idée que si l’on est une commune dans le parc, on perd sa liberté. »

Un parc avec des êtres humains dedans, une industrie qui s’y développe, qui n’est pas considérée comme intouchable… Voilà la définition actuelle d’un « parc naturel régional »…

Officiellement d’ailleurs, la définition est la suivante:

un territoire à dominante rurale dont les paysages, les milieux naturels et le patrimoine culturel sont de grande qualité, mais dont l’équilibre est fragile.

Bref, c’est juste une zone humaine dans la Nature, cette dernière n’étant pas reconnue à part comme lieu particulier, demandant par conséquent des aménagements particuliers. Strictement rien de naturel!

Discours aux présidents des parcs naturels régionaux de France

Elysée – Mardi 17 février 2015

Monsieur le Président, cher Jean-Louis ;

Mesdames, Messieurs les Présidents des parcs régionaux ;

Mesdames, Messieurs ;

Cette manifestation avait été prévue pour accueillir le 50ème parc régional. Il a été annoncé l’année dernière, avec le Marais poitevin et le Golfe du Morbihan. Mais vous avez été encore plus vite que le protocole, puisque vous êtes maintenant 51 parcs régionaux. On en annonce, me dit-on, 20 autres. Il était donc temps que nous nous réunissions ici, à l’Elysée, parce que, bientôt, cette salle des Fêtes aurait été trop étroite.

Je veux saluer le dynamisme que vous représentez. Vous en faites la preuve sur tous les territoires en vous saisissant de l’enjeu écologique pour en faire un facteur de progrès, de cohésion et d’attractivité. Jean-Louis JOSEPH me rappelait que les parcs régionaux couvrent 15 % du territoire et rassemblent 4 millions d’habitants.

Ce dynamisme a été rendu possible par une forme de cogestion entre les régions et l’État pour prendre d’abord l’initiative d’inscrire un parc, et ensuite le labelliser. Cette coresponsabilité permet de porter, avec vous, l’excellence environnementale. C’est l’évolution des textes qui l’a rendu possible.

La loi de 1993 – Ségolène ROYAL n’est pas là, elle en parlerait mieux que moi – a permis de promouvoir encore davantage les parcs naturels régionaux, comme un chantier de mise en valeur de nos espaces.

Les parcs poursuivent trois objectifs et vous les atteignez le plus souvent.

Le premier, c’est de valoriser avec respect et intelligence le patrimoine naturel humain, paysager, culturel de notre pays.

Le deuxième objectif, c’est de développer l’activité sur les espaces dont vous avez la responsabilité, et de faire apparaitre et émerger de nouveaux acteurs économiques. Les parcs naturels régionaux sont d’ailleurs de formidables laboratoires qui transforment des exigences de conservation, qui peuvent être les ambitions de départ, en opportunités d’innovations technologiques et de diffusion à de nombreux secteurs.

Le troisième objectif, c’est d’être exemplaire par rapport aux enjeux climatiques, énergétiques et environnementaux. Justement dans l’année qui va être pour la France une année pleine de responsabilités avec l’accueil de la Conférence sur le climat.

Les parcs naturels sont aujourd’hui des modèles que l’on peut offrir à bien des pays qui cherchent comment gérer leur patrimoine, comment animer leur espace naturel et comment faire émerger des innovations. Je sais que vous avez des coopérations avec des pays du Maghreb, avec des pays d’Amérique latine et avec de nombreux pays européens.

Si l’on revient à votre création en 1967, on pouvait dire, qu’à ce moment-là, la vocation des parcs naturels régionaux était plutôt une vocation récréative : donner aux citadins l’occasion de découvrir ce qu’était l’espace rural qui commençait à perdre sa population avec le développement économique et la croissance.

Aujourd’hui, vous avez une ambition créative, c’est-à-dire que vous n’êtes pas une réserve, comme certains le craignent souvent, avec l’idée que si l’on est une commune dans le parc, on perd sa liberté.

Combien de fois a-t-on entendu un certain nombre de nos concitoyens ou d’acteurs du territoire craindre un tel classement ? Je crains qu’il y en ait encore qui soient dans cette appréhension.

Non, c’est tout le contraire qui se produit. Grâce aux parcs, il y a de nouveaux habitants qui viennent, il y a de nouvelles activités qui peuvent être conçues et il y a des besoins, qui, au départ, n’avaient pas été identifiés et qui sont satisfaits.

Vous avez également, grâce aux parcs, utilisé des ressources qui jusqu’à présent n’étaient pas nécessairement exploitées, dans le respect de la biodiversité et de l’environnement.

Enfin, il y a eu des savoir-faire qui ont été à l’œuvre dans ces parcs, avec un personnel tout à fait remarquable. Là aussi, nous avons pu, vous avez pu créer une relation économique, sociale, culturelle avec les Français, dans des sites exceptionnels et avec des paysages remarquables. C’est cette ambition-là que je voulais saluer et encourager.

Vous avez aussi le souhait que des communes qui, jusqu’à présent, n’étaient pas adhérentes au parc puissent y venir et puissent porter leur candidature. Je sais que la loi biodiversité va prévoir ce type d’inscription.

À la veille du Salon de l’agriculture, je voudrais également saluer le rôle des parcs pour promouvoir des modes de production agricole plus respectueux des milieux et pour valoriser des produits du terroir.

Je sais que vous avez même des concours que vous avez organisés à l’occasion des salons précédents et qui ont été repris par le ministre de l’Agriculture pour en faire un label national.

Les parcs sont des territoires qui permettent l’expérimentation. Lors de votre congrès d’octobre 2013, vous avez fixé l’objectif d’atteindre l’autonomie énergétique des parcs à l’horizon 2030. La ministre de l’Ecologie a lancé un appel à projets pour des « territoires à énergie positive », et 38 projets portés par des parcs ont été retenus.

Vous participez à la croissance verte qui se nourrit de nouveaux modes de production, de mobilité différente et de consommation plus sobre. Pour la Conférence sur le climat, je souhaite que les parcs soient une vitrine pour la France, une vitrine de l’excellence écologique, économique. Je souhaite également que vous représentiez une forme d’espérance : celle de pouvoir diffuser les potentiels des territoires, et d’allier une volonté de développement avec une harmonie des paysages.

Chaque parc présentera au cours de l’année 2015, dans le cadre de cette mobilisation pour l’Agenda des solutions, une initiative en faveur du climat. Je sais que vous aurez à cœur d’associer les jeunes et notamment ceux des établissements scolaires de vos territoires, en les impliquant dans la préparation de la Conférence sur le climat.

J’évoquais le projet de loi biodiversité parce qu’il va être l’occasion d’améliorer le fonctionnement des parcs, d’affirmer des exigences de qualité. Il y a aussi les contrats de plan État/régions, puisque c’est par ces contrats de plan que vous pouvez trouver les financements pour un certain nombre de vos projets, et pour les initiatives que vous lancez. Je ne doute pas que les régions et l’État feront les efforts nécessaires pour porter vos ambitions pour les prochaines années.

Ce que vous avez à relever, c’est un défi pour les territoires, celui de les hisser à un haut niveau d’excellence. C’est une chance pour la France que de vous avoir parce que vous permettez d’organiser notre territoire, de le développer, d’attirer aussi de nombreux touristes.

Dans l’attente du 100ème parc, je vous dis toutes mes félicitations pour l’action qui est la vôtre. Merci.

Alcool et maltraitance lors des nocturnes du Salon de l’agriculture

Le salon annuel de l’agriculture – cette insulte à la Nature et à la culture – ne fait plus de nocturne. La raison officielle, formulée autrement mais cela revient à cela : les beaufs bourrés se comportent comme des barbares, sexistes et maltraitant les animaux.

Plus de nocturne jusqu’à 23h, cela sera maximum 20h cette fois. Et de manière tout à fait officielle, il y aura davantage d’agents de surveillance afin de faire en sorte qu’on n’ennuie pas les animaux. C’est dire, tout de même !
Ce qui n’empêchera pas qu’au salon… 15 700 vins seront en compétition !

Voici d’abord une information venant de BFMtv :

Raison principale invoquée? Les débordements liés à l’alcool. Jean-Luc Poulain, président du Ceneca, l’organisme propriétaire du Salon, est à l’origine de cette décision. Joint par BFMTV.com, il s’en explique.

« Des visiteurs un peu trop avinés »

« L’an dernier, le soir de la nocturne, la moitié des commerçants ont préféré fermer leur stand et partir, à cause des risques de débordements liés à l’alcool. Par exemple, en Picardie, ma région d’origine, tous les stands avaient fermé boutique.

Il n’y a pas de grande délinquance au Salon de l’agriculture, entendons-nous bien, mais simplement quelques visiteurs trop joyeux et avinés qui ennuient les vendeuses sur les stands, voire embêtent les animaux. La soirée était difficile à supporter pour certains exposants ».

Le propriétaire du Salon s’est alors posé la question de la pertinence de conserver la nocturne. « Quand on a fait ce constat, nous avons mené une enquête l’an dernier parmi les exposants, et deux tiers nous ont dit préférer supprimer cette soirée, y compris pour mieux préserver le bien-être des animaux, qui fatiguaient beaucoup ce soir-là », explique-t-il.

Mais Le Figaro nous en dit plus ! Et les personnes interviewées se feront taper sur les doigts d’avoir vendu la mèche :
«On devait redoubler de vigilance ce soir-là», indique Jean-Michel Meunier, en charge de gérer la zone des exposants de la filière porcine au Salon.

«Certains ne respectaient pas les consignes de sécurité. Ils fumaient près de l’enclos des animaux avec des risques accrus d’incendies à cause de la paille. Il y a eu des bagarres à cause des excès d’alcool et les visiteurs tardaient après la fermeture des portes à 23 heures», ajoute-t-il.

Sans oublier le stress provoqué chez les animaux. «On était obligé de rester près de nos vaches toute la nuit, tellement elles étaient énervées», souligne Maurice, éleveur de Prim’ Holstein.

Voilà la vérité ! Ici et là on trouve d’ailleurs l’expression « viande saoule », employée par les agriculteurs pour désigner la réunion de gens se saoulant à cette occasion.

Et Le Figaro précise :

Des initiatives avaient pourtant été prises par les agriculteurs pour accueillir les urbains, comme de grands banquets autour de leurs réserves, l’endroit où ils prennent leurs repas.

Des institutionnels organisaient aussi des soirées à thème comme la Fnsea avec une nuit antillaise, et des dégustations avaient lieu dans les stands de produits régionaux comme le vin, le rhum sans oublier la bière. Des mélanges que certains ne supportaient visiblement pas. «On les retrouvait dans un état pitoyable en fin de soirée», se souvient un des responsables du Salon.

Tant la promotion de l’alcool que la maltraitance envers les animaux, c’est interdit, sur le papier. En pratique, on peut toujours rêver pour qu’il y ait une enquête et une amende. Tout cela, pour la société, c’est du folklore.
Et encore une fois, quand est-ce que la maltraitance envers les animaux a été stoppée ? Comme déjà dit, quand cela a débordé en troubles à l’ordre public…

Tant que cela fait partie du paysage, ce n’est pas un problème pour un Etat qui défend l’exploitation animale comme principe même.

« La cruauté envers les animaux reste rare »

C’est un excellent exemple d’hypocrisie et de comment la modification cosmétique du code pénal sur les animaux comme étant des êtres doués de « sensibilité » ne change rien du tout à la situation.

Il s’agit d’un extrait du Journal du centre, l’article ayant comme titre : « Contre la maltraitance, les animaux sont désormais protégés par le Code civil ».

Actuellement, quatre plaintes sur cinq pour maltraitance sont classées sans suite en France.

Dans la Nièvre, la donne est quasi identique. Selon Amélia Tarzy, présidente du refuge de Thiernay, association reconnue d’utilité publique : « Chaque année, nous avons à traiter entre 130 et 150 signalements.

Très peu d’affaires aboutissent ». Marie-Christine Thelliez, directrice du refuge précise : « Nous essayons toujours de trouver des solutions. Cela représente beaucoup de rencontres, d’échanges. Quand on se retrouve au tribunal, on demande l’euro symbolique de dommages et surtout l’interdiction pour le maître d’avoir des animaux. En dix-huit ans d’exercice, je n’ai vu que deux fois des condamnations avec de la prison ferme. Mais, il s’agissait plus d’actes de cruauté ». (…)
La protection animale, une mission régulière gérée par la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations de la Nièvre (DDCSPP).

Celle-ci a des obligations de contrôles que ce soit pour les animaux de compagnie ou ceux dits de rente (élevage). En plus de ces contrôles, il arrive que des plaintes (écrites) arrivent. Elles viennent d’associations, de riverains, de promeneurs. 

« En moyenne, chaque année, nous traitons environ 70 plaintes. Pour le dernier semestre 2014, nous avons eu 35 affaires. 41 % concernant les équidés, 41 % les chiens et 17 % des petits ruminants. Il s’agit, dans la plupart des cas, de maltraitance, suite à des négligences. La cruauté envers les animaux reste rare », constate Wilfrid Pelissier, directeur départemental.

Selon lui, si le nombre de plaintes tend à diminuer d’année en année, la médiatisation, elle, augmente. « Il y a une plus grande sensibilité de la société vis-à-vis de la misère animale », analyse-t-il.

Ces dossiers de maltraitance seraient « très chronophages » pour les services de la DDCSPP. Ils demandent beaucoup de temps, d’énergie, d’accompagnement, humain et aussi administratif. « On essaie toujours de trouver la meilleure solution pour les animaux et leurs propriétaires. »
Dans la plupart des cas, les affaires restent au stade de la police administrative. Très peu (de l’ordre de moins de 5 %) finissent au tribunal.

La DDCSPP dispose de plusieurs outils pour intervenir : après le relevé d’infractions, mises en demeure et injonctions peuvent être faites. La DDCSPP ne travaille pas seule, elle est en contact avec des associations (refuges), la DDT, la MSA, la Chambre d’Agriculture, entre autres. 

La cruauté envers les animaux reste rare? On ne doit pas vivre sur la même planète. En réalité, la cruauté augmente, l’indifférence augmente, et avec cela également la compréhension que les institutions ne font strictement rien pour les animaux.

Face à la maltraitance, à la cruauté, on reste impuissant dans le cadre des institutions, qui ne veulent certainement pas mettre en place des enquêtes qui leur prennent du temps et qui de toutes manières les dérangent.

En réalité, de la même manière que si une inspection sanitaire appliquait la loi dans les restaurants ceux-ci fermeraient en masse, les vendeurs d’animaux devraient également fermer pratiquement tous, rien qu’avec les lois en place.

Sauf que celles-ci ne peuvent pas être appliquées, de par leur forme même. On le voit bien : le directeur départemental de la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations de la Nièvre dit qu’il y a moins de cruauté, alors que n’importe qui s’occupant de la solidarité avec les animaux voit le contraire. C’est on ne peut plus parlant.

Les seules fois où la cruauté envers les animaux amènent au tribunal, c’est en cas de troubles de l’ordre public. C’est le cas de deux personnes jugées à Châteauroux pour des vols, où des animaux ont été tués sans motifs apparents.

La substitut du procureur a d’ailleurs expliqué que « Les habitants de Villedieu et les gendarmes de Buzançais doivent être un peu plus tranquilles aujourd’hui ». C’est dans la logique de l’État, qui veut de l’ordre pour le maintien des institutions, et qui n’a rien faire de la morale végane ni des animaux.

Ce qui est tout à fait cohérent, et intolérable, et la preuve que pour une société avec d’autres valeurs, il va falloir changer beaucoup de choses !

L’ALF saccage le siège des chasseurs de l’Oise

L’ALF a agi en Picardie, bastion des chasseurs s’il en est. Voici comment France 3 Picardie présente les faits:

La Fédération des chasseurs de l’Oise a été attaquée dans la nuit de dimanche 15 à lundi 16 février. A leur arrivée au siège d’Agnetz, les salariés ont découvert des locaux totalement saccagés. 14 bureaux ont été visités et vandalisés, pour un préjudice estimé par la fédération à 60.000 euros.

Tous les ordinateurs ont été cassés, les armoires éventrées à coups de pied ou de masse, les meubles de bureau défoncés, les murs et sols taggés, y compris à l’extérieur où apparaît une menace : « Mort aux chasseurs ! »

Une partie des 25 salariés se sont affairés lundi pour remettre les locaux en ordre et « rouvrir demain (mardi) pour les 18.400 chasseurs de l’Oise », annonce Guy Harlé d’Ophove, le président de la fédération. Mais la page ne sera pas tournée. La fédération prend la menace au sérieux et va déposer plainte. La gendarmerie de Clermont a déjà ouvert une enquête.



Voici une présentation par France Télévisions, avec le responsable de la Fédération des chasseurs qui assimile le « mort aux chasseurs » aux « morts aux Juifs », voyant un risque de génocide des chasseurs! Le tout dit en veste autrichienne! Le type n’a peur de rien !

Voici, dans le même genre, de la très grande prose, bien réactionnaire. D’abord, le communiqué de la Fédération Nationale des Chasseurs :

Voilà quelques années que le mouvement ALF ( Animal Liberation Front) ne s’était pas manifesté en France, or dans la nuit du dimanche au lundi 16 Février ils ont entièrement saccagé les locaux de la Fédération Départementale des Chasseurs de l’Oise à Agnetz.

Ordinateurs détruits, bureaux renversés et cassés, murs saccagés et tagués » Chasseurs assassins, ALF reviendra ».

Ce mouvement est aux USA considéré comme la principale menace terroriste sur le territoire national, il est présent dans la plupart des pays Européens et a pour cible les abattoirs, les laboratoires pharmaceutiques, les élevages, les magasins de meubles en cuir, en bref tous les utilisateurs des animaux.

Plus discrets ces derniers temps en France, il s’attaque donc cette fois ci à nouveau aux chasseurs de la façon la plus odieuse qui soit. Le monde de la chasse, choqué par cette manifestation d’intolérance est plus déterminé que jamais à défendre une activité légale et pacifique, et ne se laissera nullement intimider par la barbarie des extrêmistes de la protection animale.

La Fédération Nationale des Chasseurs, après ces actes odieux et ces menaces de mort scandaleuses, apporte son soutien indéfectible à la Fédération de l’Oise et condamne avec la plus grande fermeté de tels actes qui ont pour seul et unique effet de discréditer totalement ceux qui les commettent.

Voici le communiqué du syndicat agricole FDSEA :

«Il est en effet intolérable dans notre Etat de droit que puissent encore valoir ces pratiques : le vandalisme des bureaux de la fédération des chasseurs ce week-end par un groupuscule d’opposants mérite la sanction la plus stricte.

Voltaire disait « je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez le dire ». [NB : cette citation est attribuée à Voltaire, mais provient en réalité d’une biographie américaine tentant de résumer son opinion – LTD]

Quel est donc cet esprit, cette attitude qui vise à détruire le travail des autres, porter atteinte au bien d’autrui ? Quelle vision totalitaire de la société cache ce refus de toute organisation qui ne serait pas dans une idéologie déterminée ?

Nous souffrons depuis quelques années dans nos métiers, dans nos espaces ruraux, de nouvelles formes d’extrémismes, de contestations. D’aucuns voudraient nous imposer telle ou telle vue, telle ou telle manière de vivre, telle ou telle pratiques ou loisirs.

Ces « opposants à tous crins » se positionnent contre, s’opposent, contestent. Qu’ils s’expriment sur leur projet, sur leur vision de la société et nous verrons ce qu’il y a derrière et qui soutien ces idées.

Notre pays a besoin de projets pour avancer et la confiance ne peut se construire que par le dialogue, l’échange. Là où s’installent l’extrémisme, la démagogie, le jusqu’au-boutisme, on l’a déjà vu très récemment, tout se bloque.La chasse est une pratique utile pour la biodiversité, utile pour la protection de nos cultures agricoles. Nous soutenons aujourd’hui la Fédération des Chasseurs.»

Des « répliques » en peluche

Aux Etats-Unis, Cuddlestone est une petite entreprise qui propose de faire des répliques d’un « animal de compagnie » sous la forme d’une peluche. On envoie un maximum de photos et en quatre mois l’entreprise fabrique la peluche, pour 130 ou 200 dollars, selon la taille.

Elle propose également de faire des t-shirts, des mugs, des plaques pour les tombes, des figurines…

Certaines peluches sont plutôt ratées, d’autres assez réussies.

Le problème étant bien sûr de savoir s’il est moral de les faire faire. On connaît par exemple la position de l’Islam qui dit qu’on ne doit pas faire des dessins d’êtres vivants, car on ne peut pas leur donner une âme et que cela revient à se prendre pour Dieu.

C’est là une position religieuse, et franchement fausse qui plus est car justement un grand artiste donne une âme à un portrait : ce dernier est vivant, il correspond à quelque chose, il exprime un contenu.

Par contre le problème de la peluche, c’est qu’on peut très bien la prendre – ce qui est absurde – comme « remplacement » d’un être vivant. On arguera, que c’est vrai de toutes manières pour toute peluche représentant un être vivant.

Sur le ton de la blague, l’entreprise donne par exemple raison de pouvoir prendre dans les bras la peluche en remplacement d’un animal décédé ou bien perdu en raison d’un divorce. Il peut servir de compagnie à quelqu’un devant aller à l’université loin ou à l’armée, ou bien si on veut avoir « son » animal dans des endroits où il n’a pas le droit d’aller : au boulot, dans un magasin, etc.

De manière humoristique, il est également dit que la peluche est un bon remplacement si on voulait cloner « son » animal mais qu’on n’a pas les 50 000 dollars pour cela !

C’est au minimum un peu douteux et il y a sacrément lieu de se méfier du principe. Il y a également le terme « clone » qui est employé, et qui est pour le coup inacceptable.

Rien ne peut remplacer un être vivant avec qui on a partagé quelque chose. Il peut y avoir autre chose, la vie continue, et d’une certaine manière la vie c’est la vie, elle avance toujours, aussi il n’y a pas de raison de faire du fétichisme.

Après, le principe de garder une trace d’un ami, c’est quelque chose de tout à fait compréhensible. C’est ici quelque chose de très compliqué. En tout cas l’entreprise en question se situe plutôt du bon côté dans la mesure où une partie des ventes finance des projets d’aides aux animaux abandonnés, comme par exemple une association resocialisant des chiens abandonnés pour qu’ils puissent être adoptés.

On est ici dans une optique très américaine d’entreprise se voulant au service de la « communauté » ; cependant, il ne faut pas se leurrer c’est fabriqué en Chine, sinon cela serait bien plus cher.

Au final, est-ce que le principe est bien ou pas? Inévitablement, en tout cas, il y a quelque chose qui parle. Cela demande réflexion, une nouvelle fois par rapport à la Nature, il faut combiner la raison et les sens, formant une seule et même chose.

« Impact à grande échelle des pesticides sur les papillons et bourdons des jardins privés de France »

Le document commence de manière très intéressante:

« Des chercheurs du Centre des sciences de la conservation (Muséum national d’Histoire naturelle/CNRS/UPMC) et de l’Observatoire Départemental de la Biodiversité Urbaine de Seine-Saint-Denis démontrent pour la première fois les effets de l’emploi de pesticides par les particuliers en France. »

Problème: l’article est en anglais et… payant (36 dollars). C’est un choix, et ce n’est pas le bon : l’écologie concerne toute l’humanité, rien n’est pire que de limiter l’information à des spécialistes, qui décident alors ce qui serait bon, selon leurs critères, de manière totalement non démocratique, sans possibilité de critique…

Voici la seule chose à quoi on a doit: le communiqué de presse du CNRS.

Paris, 17 février 2015
Impact à grande échelle des pesticides sur les papillons et bourdons des jardins privés de France

Des chercheurs du Centre des sciences de la conservation (Muséum national d’Histoire naturelle/CNRS/UPMC) et de l’Observatoire Départemental de la Biodiversité Urbaine de Seine-Saint-Denis démontrent pour la première fois les effets de l’emploi de pesticides par les particuliers en France.

Les scientifiques se sont basés sur des données de sciences participatives et montrent, à l’échelle d’un pays, l’impact de l’utilisation des pesticides par les jardiniers amateurs sur les insectes floricoles (Insectes qui se nourrissent sur les fleurs). Ces effets varient selon l’environnement, peuvent être indirects et toucher des organismes non visés initialement. Ces résultats sont publiés dans la revue Biological Conservation.

En milieu urbain, les jardins privés représentent une ressource importante en termes de nourriture et
d’abri pour les espèces animales. Pourtant, l’impact des pratiques de jardinage sur ces espèces, en
particulier l’utilisation de pesticides, est très difficile à évaluer à grande échelle du fait, d’une part
de l’absence de mesures standardisées et d’autre part de la difficulté d’accès à des propriétés privées.

En milieu agricole, les modes de culture ou d’utilisation de produits phytosanitaires ont des impacts avérés sur
la biodiversité : il est donc probable que de tels effets existent également dans les jardins privés.

Les auteurs de cette publication ont évalué les effets à grande échelle des pratiques de jardinage sur
deux groupes importants d’insectes floricoles, les papillons de jour et les bourdons, à partir des données collectées dans le cadre de l’Observatoire de la Biodiversité des Jardins.

Leurs analyses montrent que papillons et bourdons sont moins abondants dans les jardins traités avec des insecticides, ce qui était attendu, mais aussi dans ceux traités par des herbicides.

A l’inverse, ces insectes sont plus abondants lorsque les jardiniers utilisent de la bouillie bordelaise (Fongicide
de couleur bleue à base de sulfate de cuivre et de chaux autorisé en agriculture biologique), des fongicides et des granulés anti-limaces.

Si l’impact des insecticides sur les insectes est direct, celui des herbicides serait indirect, en limitant les ressources disponibles pour les papillons et les bourdons. Les autres pesticides étudiés auraient, eux, un impact positif indirect, favorisant des plantes plus vigoureuses qui offrent alors davantage de ressources aux insectes.

Par ailleurs, l’impact des pesticides varie selon le type de paysage : les effets négatifs des insecticides sont plus importants en milieu urbain. Cela serait dû à la difficulté de recolonisation des jardins traités dans une matrice urbaine hostile aux insectes floricoles.

Ces résultats, de dimension nationale, montrent pour la première fois que les comportements individuels, dans un cadre privé, ont un impact sur la biodiversité, même dans un paysage urbain très anthropisé. Ils prouvent également que les conséquences des traitements phytosanitaires sont complexes et ont des effets indirects sur des organismes qui ne sont pas visés directement.

En conséquence, si cette étude démontre que les papillons et les bourdons sont plus abondants dans les jardins où des fongicides ou des anti-limaces sont utilisés, cela ne signifie évidemment pas que ces pesticides sont bénéfiques pour
l’ensemble de la biodiversité.

Et notamment, l’effet sur la faune du sol ne doit pas être sous-estimé. D’autres études ont par exemple montré que les lombrics sont moins abondants dans les parcelles agricoles traitées par des herbicides, des insecticides ou des fongicides qui ne les visaient pourtant pas directement.

L’Observatoire de la Biodiversité des Jardins, qui a fourni les données utilisées dans cette étude, est un
observatoire national co-fondé par le Muséum national d’Histoire naturelle, et respectivement Noé Conservation pour le volet papillons et le Groupe Associatif Estuaire pour le volet bourdons. Il fait partie du programme de sciences participatives du Muséum, Vigie-Nature.

L’importance de la fin des quotas laitiers

Le 31 mars 2015 sera une date très importante pour l’exploitation animale. En effet, depuis 1984, il existe des quotas laitiers dans l’Union Européenne. A partir d’avril, ils disparaissent.

Or, dans l’Union Européenne on produit déjà le tiers du lait dans le monde, soit 149 millions de tonnes chaque année. L’exploitation animale compte donc mettre le paquet : les Pas-Bas pensent que leur production de lait va augmenter de 20 %, pareil pour l’Allemagne, celle de l’Irlande quant à elle de 50% , quant à la France la croissance de la production sera de 12 %.

Cela va être la bataille générale, avec des prix qui ne sont plus contrôlés et une concurrence toujours plus rude, naturellement aux dépens des animaux.

Par ailleurs, et c’est d’autant plus grave : c’est le modèle de l’exploitation animale qui est exporté. D’ici 2022 la consommation de lait devrait augmenter de 50 % en Chine, pays où traditionnellement le lait n’a pas été consommé.

L’exploitation animale s’attend ainsi à une augmentation de la consommation de lait de 15 milliards de litre par an entre 2010 et 2020.

Alors qu’il y a peu la Fondation 30 millions d’amis se réjouissait d’un changement cosmétique sur la définition des animaux dans le droit, en pratique la Bourse Euronext s’organise pour des contrats à terme, c’est-à-dire la possibilité d’acheter à l’avance, à prix fixe, la poudre de lait et le beurre, comme c’est le cas pour le blé, l’or, etc.

Les petits producteurs vont par conséquent s’effondrer, car la bataille des prix leur sera fatale. Le secteur va devenir de plus en plus industriel – c’est cela qui explique le projet de ferme « aux mille vaches ». Le prix des terrains va également exploser.

Les prix à la consommation baisseront également : il y a déjà du lait dans un très grand nombre d’aliments, cela sera encore plus le cas. L’augmentation de la consommation amènera celle de la production, puis logiquement les prix tomberont encore, etc.

Peut-on penser que cela ne se fera pas aux dépens des animaux ? Non, bien sûr. Car la concurrence va être terrible au sein d’un Etat selon les régions, entre les Etats eux-mêmes. Et tout le monde devra s’aligner sur les prix les moins chers.

A un moment donné, la seule donnée sur laquelle on peut travailler pour abaisser les prix, ce sont les animaux. Leur exploitation s’intensifiera, et si cette intensification finit par coûter trop cher, on utilisera davantage d’animaux.

Déjà dans l’Union Européenne, de 2012 à 2013, le « cheptel » a augmenté de 1,2 %, soit 282 000 vaches en plus, pour un total de 23,5 millions.

Rien qu’en France, entre 2001 et 2010, le nombre de « vaches laitières » par exploitation est passée de 34,6 à 49,5 millions…

Toujours en France, l’intervalle de vêlage moyen des vaches Holstein est passé en dix ans de 390,2 jours à 404,6 jours…. La pression est toujours plus grande, plus longue, il faut toujours plus de lactation…

Rappelons ici qu’en France, on s’est surtout basé sur le principe de l’extensif : le « rendement » est de 4000 litres par hectare, le chiffre étant de 8800 litres au Danemark et de 11500 litres aux Pays-Bas.

Des chiffres qui montrent l’intensification possible… Un rêve pour les entreprises dans le « top 20 » mondial : Lactalis, Danone, Sodiaal, Bongrain, Bel.

Elles savent d’ailleurs que la bataille va être difficile, les places étant chères il y aura peu d’élu sur le marché. Pour prendre deux exemples avec les pays mentionnés, 80 % de la production de lait est livré à Friesland Campina aux Pays Bas et 90 % à Arla Foods au Danemark.

Sur le plan de l’écologie, cela sera la catastrophe aussi. En effet, les industriels auront intérêt à ce que la production soit regroupée, pour faciliter les transports, ou bien parce que la production est moins chère dans une région précise. Cela va accentuer la pression sur l’environnement, tout comme avec les cochons en Bretagne.

Bien entendu, tout cela dépend également de la concurrence. Cela signifie qu’il y aura surproduction : le lait en trop sera détruit. Il y aura sous-production, et les vaches seront assassinées, renforçant l’industrie de la « viande »…

L’agriculture elle-même sera encore plus liée à l’exploitation animale, puisque cette dernière consomme ici des pâturages, du maïs, du colza, du foin, du blé, etc.

Ainsi, ce qui se passe, c’est le tout pour le tout. Ou ce modèle qu’est l’exploitation animale triomphe, pour s’effondrer de manière dramatique et destructrice, ou bien on le stoppe et on change tout. Les faits sont là : contrairement à ce que racontent la Fondation 30 millions d’amis ou L214, l’exploitation animale n’est pas en recul : elle est en expansion accélérée.

Ne pas le dire, c’est se voiler la face et aider l’exploitation animale. Ce dont on a besoin, c’est d’une affirmation ouverte, franche, décidée et décisive du véganisme, de la libération animale, et non pas dans une optique individualiste, mais avec des valeurs, des projets, une utopie très concrète.

Des bains-douches publics pour les pigeons

Parmi les remarques les plus anthropocentriques qu’on puisse trouver au sujet des animaux, il y a celles au sujet de la propreté. Le pigeon serait, par exemple, « sale », et pareillement de fait tous les animaux, à différents degrés.

C’est une vision extrêmement simpliste, qui correspond aux barrières formelles et illusoires que l’être humain a formé culturellement par rapport à la Nature. Si l’on veut pourtant un véritable exemple de saleté, il faut bien plus se pencher sur les poignées de porte ou les barres d’un métro d’une grande ville.

Voici une publicité de Baccide, un produit anti-bactéries assez connu. On remarquera comment les bras et les mains sales sont présentés… comme relevant de l’animalité.

La semaine dernière, les médias ont d’ailleurs parlé d’une recherche scientifique faite dans le métro à New York, et il ne faudrait pas s’inquiéter d’avoir des bactéries issues de « saucisses » ou de « fromage » entre autres bactéries et virus.

Le chercheur ayant fait cette étude pousse le relativisme jusqu’à dire qu’on peut lécher la barre du métro sans souci, et il dit au sujet des bébés :

« Il faut qu’ils y soient exposés très jeunes pour que leurs défenses immunitaires se renforcent, affirme-t-il. Le mieux que vous ayez à faire, c’est de rouler les bébés comme des sushis sur le sol du métro. »

On s’en passera! Mais justement, si les pigeons sont sales dans les grandes villes, ce n’est pas parce qu’ils sont sales naturellement : c’est parce qu’ils vivent dans un environnement sale… à cause des humains.

Donc, de la même manière qu’on doit enfin laver les poignets de porte (ou les barres du métro!), nos amis les pigeons, pour prendre un exemple, doivent avoir leurs bains publics.

Ils habitent les villes, tout comme nous, ils ont leurs droits en tant qu’habitants, tout naturellement. Ils se débrouillent pour se laver, mais ce n’est pas évident, les endroits avec une petite quantité d’eau ne sont pas évident à trouver.

Donc on les voit souvent dans les caniveaux quand un peu d’eau est accumulée, ce qui est bien sûr dangereux pour eux, avec les voitures qui passent ou tout simplement les piétons, surtout s’il y a des enfants : on connaît la propension affreuse, parfois ignoble, des enfants agressant les pigeons sous l’œil attendri de parents totalement immoraux.

Voici quelques photos captant l’heure de la baignade. C’est un spectacle que l’on peut voir dans toutes les villes, tout comme quand il fait beau on peut voir les pigeons prendre le soleil, en étirant leurs ailes.





Chaque ville devrait installer par conséquent, dans des endroits protégés afin que les pigeons ne soient pas dérangés, des bains-douches publics pour eux.

Bien sûr c’est là quelque chose de totalement utopique dans une société qui fait la guerre à la Nature et pratique un anthropocentrisme meurtrier. Cependant c’est précisément ce genre d’utopie qui montre que ce qui est positif dans la vie, on le trouve dans le véganisme, dans la libération animale, dans le rapport non aliéné à la Nature.

Être vivant, c’est vouloir le bonheur dans la vie, alors pourquoi ne pas vouloir faire le bonheur des pigeons avec qui l’on vit ?

C’est là un spectacle qui nous plaît, et surtout quelque chose que les pigeons vivraient très bien. De plus, cela a l’utilité d’aider à la propreté. Bref, voilà quelque chose de très bien, qui n’est pas réfutable… A moins qu’on soit aliéné par l’anthropocentrisme au point de célébrer la ville comme une chose merveilleuse car bétonnée et uniquement fonctionnelle pour des activités humaines relevant du capitalisme !

Un pipeline à bière de 5 kilomètres

Il est trop fort le Alain Tourret, député PRG (centre-gauche) du Calvados ! Hier à l’occasion d’un débat sur des mesures juridiques, il a demandé que soit autorisé de boire de l’alcool lors des matchs de football. Ce n’est pour l’instant pas le cas, en raison de l’opposition du ministère de la santé.

Alain Tourret espère convaincre ce ministère, avec un argument à ses yeux imparable, et pour le moins surprenant…

« Il faut faire très attention.

La grande bourgeoisie a des places réservées dans la plupart des stades de football et consomme allègrement whisky et autres alcools très importants.

Et ce serait le bas peuple auquel on interdirait, à partir de ce moment-là, de simplement prendre une bière.

Ça me semble être totalement contraire à l’éthique sportive. »

Passons sur l’argument totalement délirant selon lequel le droit de boire une bière relèverait de l’éthique sportive : on est là dans du populisme le plus outrancier. C’est tellement n’importe quoi que ce n’est même pas la peine de s’y attarder.

Non, ce qui compte, c’est le coup de : puisque les grands bourgeois, alors les prolos aussi. C’est une idée que l’on trouve exactement sous la même forme dans la défense de la chasse. L’idée est que la révolution française a aboli les privilèges et permis au peuple de chasser, et qu’il s’agit donc d’un « acquis » à défendre.

Le problème de fond, et qui est vraiment frappant en France tellement ça revient, c’est qu’on a ici l’attitude selon laquelle aider le peuple c’est lui permettre de faire la même chose que les plus riches. C’est un peu comme quand on regarde les discours de Mélenchon ou d’Arlette Laguiller : ils ne proposent pas de produire différemment, mais de nationaliser.

Seulement, nationaliser le nucléaire ou les abattoirs, cela n’a franchement rien de bien… Généraliser des valeurs horribles, cela n’a rien de révolutionnaire…

Pour en revenir à Alain Tourret, demandons-nous donc franchement: en quoi cela serait-il intéressant d’avoir un bas peuple qui boit de la bière, alors que dans une tribune des grands bourgeois boivent du whisky ? Ne faudrait-il pas justement rompre avec les valeurs imposées par en haut ?

La chasse et la fourrure, par exemple, sont des valeurs très importantes de la grande bourgeoisie, nous en avions déjà parlé : les gens de la haute vénèrent cela, littéralement. Et pourtant il y en a qui pensent pouvoir convaincre la société de les abolir, sans jamais oser parler de l’origine de leur mise en valeur.

C’est absurde et déconnecté de la réalité: dans la société, les valeurs dominantes viennent bien de quelque part, et si cela vient d’en haut, on peut se douter qu’on ne peut pas changer les choses si on n’a pas les moyens d’arrêter cela…

Mais il est encore pire et de faire comme Alain Tourret et de vouloir contribuer à généraliser la « démocratisation » de ce qui est mauvais. A quand le slogan « du bon vin » pour tout le monde, ou bien, comme le font les bobos et les partisans du terroir, des appels à la démocratisation de la « bonne viande »? Le « foie gras » est un triste exemple d’une telle « démocratisation »…

En ce qui concerne l’alcool, voici un exemple assez terrifiant, avec la Veltins Arena. Ultra-moderne et pouvant accueillir 61 673 personnes, c’est un stade lié au club de football de Schalke 04. Il se situe dans la ville allemande de Gelsenkirchen, une ville ouvrière qui est une sorte d’équivalent de Lens ou Saint-Etienne (avec le même type de tradition familiale de soutien au club local, d’ardeur dans la célébration, etc.)

Or, Veltins est une marque de bière. Cela veut dire que les quinze restaurants et trente-cinq cafés du stade sont reliés à… un pipeline de 5 kilomètres.

Le pipeline est relié à 52 cuves de 1000 litres chacune, avec 4 grands blocs de refroidissement (pour une bière entre 6 et 7°C), le tout aboutissant à 126 tireuses à bière. Il y a 7000 points de mesure, permettant un contrôle électronique complet…

A chaque match, le stade étant toujours plein, les spectateurs boivent en moyenne 30 000 litres de bière, mangeant également 2500 kilos de « saucisses » et 1000 m² de pizza.



Franchement, tant de technologie pour cela, est-ce bien? C’est cela, le programme d’Alain Tourret ? Un « bas peuple » qui se précipite dans l’alcool et le soutien tribal au club local ?

« Le lait est-il bon pour la santé ? »: une tentative critique

Le secteur laitier de l’exploitation animale a décidé de mettre en avant un nouveau logo, « Lait collecté et conditionné en France ». C’est une initiative lancée par Syndilait (réunissant les producteurs de lait sous forme liquide), avec le soutien du ministère de l’Agriculture et de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait).

De nombreux médias ont relayé cette information, soulignant les « dangers » pour cette « filière » – 67 000 élevages avec en moyenne 53 vaches -, alors que la production a reculé de près de 3%, que les importations augmentent, etc.

L’un des articles les plus étranges, peut-être le plus marquant historiquement, est celui du quotidien Le Monde.

Pour la première fois, en effet, on a une tentative ouverte, et institutionnelle, d’ouvrir la porte à une critique de lait. C’est quelque chose de tout à fait nouveau, et dans 25 ans, on considérera qu’il y a eu ici un déclic, un changement culturel, le début de quelque chose.

Les limites de l’exercice sont bien sûrs patents, avec surtout la fameuse sortie à la française: restons mesurés, on évitera les soucis, etc. Mais quand on connaît le poids de l’industrie du lait en France, cet article est quelque chose exprimant une véritable lame de fond de critique du lait, cela tranche avec l’hégémonie complète et absolue de ce secteur de l’exploitation animale jusqu’ici.

Le lait est-il bon pour la santé ?

Les ventes de lait en France ont baissé de presque 3 % en 2014 en volume, selon Syndilait, syndicat des fabricants de lait. En dix ans, elles ont reculé de 10 %.

La faute en est à la désaffection des Français pour le petit déjeuner et pour la cuisine à base de lait, mais aussi aux « courants antilait », selon le président du syndicat, Giampaolo Schiratti. Alors que le ministère de la santé recommande de consommer trois produits laitiers par jour, le breuvage blanc est parfois accusé de causer des troubles de la digestion, voire des pathologies. Le lait de vache, le plus couramment consommé en France, est-il bénéfique pour la santé ?

La France et le lait, une longue histoire d’amour (et d’argent)

En 1954, Pierre Mendès France instaurait la distribution de lait dans les écoles pour enrayer la dénutrition chez les élèves. Elle permet de contrer les carences alimentaires constatées sur les enfants dans la France de l’après-guerre. La « galactothérapie » (le soin par le lait) s’appuie sur de solides arguments : le lait est une source de protéines et de vitamines (notamment B1, B2 et A si les vaches consomment suffisamment de fourrage vert).

Il est aussi riche en calcium, qui contribue à la solidité des os et des dents, la transmission des messages nerveux et la régulation des battements du cœur.

« Le calcium et les nutriments du lait sont nécessaires à la croissance de l’enfant et au bon équilibre alimentaire de l’adulte », affirme Giampaolo Schiratti, qui est aussi directeur général de Candia. Pourtant, les vertus du lait sont régulièrement remises en question. En 2007, Thierry Souccar a fait grand bruit avec son livre Lait, mensonges et propagande. Le journaliste scientifique et éditeur remet en question les bienfaits des produits laitiers pour nos os.

« J’ai été ostracisé par les nutritionnistes qui travaillent avec l’industrie laitière », estime-t-il. Le sujet est délicat pour ces industriels, dont le chiffre d’affaires annuel avoisine les 27 milliards d’euros. Les géants de l’agroalimentaire comme Danone n’ont aucun intérêt à voir les vertus des laitages remises en question.

« On a dit que j’étais antilait, poursuit Thierry Souccar, c’est une caricature. En réalité, je questionne la recommandation de « 3 laitages par jour » préconisés par le ministère de la santé. »

Boire du lait est indispensable pour nos os
FAUX

L’adage veut que boire du lait renforce nos os, car il contient du calcium. En cas de carence alimentaire, nous puisons ce minéral dans nos réserves osseuses. Il est donc très important d’en absorber suffisamment pendant les vingt premières années de notre vie, afin de constituer un solide capital osseux. Ensuite, un apport suffisant en calcium permet de ralentir le vieillissement de nos os.

1 litre de lait = 1 200 mg de calcium
1 litre d’eau minérale = 100 à 600 mg de calcium

1 yaourt nature (125 g) = 130 mg de calcium
100 g de brocoli = 50 mg de calcium

L’autre adage veut que le lait protège contre l’ostéoporose, cette maladie « des os poreux » qui peut entraîner des fractures, principalement chez les femmes. Pour être épargnées, elles doivent non seulement consommer du calcium, mais aussi assurer leurs apports en vitamines D et K et faire suffisamment d’exercice physique. Cette maladie osseuse est également liée à des facteurs génétiques et hormonaux.

Le manque de laitages n’est donc pas la cause de l’ostéoporose. D’ailleurs, outre les laitages, il existe d’autres aliments riches en calcium, comme le chou ou les fruits secs. Si le Programme national nutrition santé préconise la consommation de produits laitiers pour ingérer au moins 700 à 800 mg de calcium par jour, c’est parce que la majorité des apports en calcium des Européens est issue du lait.

Reste que « la quantité adéquate de calcium qui doit composer notre régime alimentaire n’a pas encore été déterminée », selon le département nutrition de l’école de santé publique de l’université Harvard. En Inde, au Japon ou au Pérou, la prise de calcium journalière moyenne est de 300 mg par jour seulement.

Pourtant, les fractures y sont moins courantes qu’en Europe. Pas de quoi tirer des conclusions hâtives : des facteurs autres que le calcium peuvent expliquer cette résistance aux fractures, comme l’activité physique ou l’exposition au soleil (qui permet de synthétiser de la vitamine D).

En 2014, une étude a toutefois montré qu’une forte consommation de lait pendant l’adolescence ne se traduisait pas par une baisse du nombre de fracture de la hanche. Elle pourrait même… causer des fractures, selon des chercheurs suédois, qui appellent malgré tout à traiter leurs résultats avec prudence.

« Il est possible d’avoir une alimentation équilibrée sans laitages », concède Marie-Claude Bertière, directrice du département santé du Centre national des professionnels du lait (Cniel), « si on est professeur de nutrition ! Parce que c’est assez compliqué. Et à condition d’avoir les moyens financiers de remplacer les apports nutritionnels du lait par d’autres produits. »

Boire du lait contribue au développement de cancers
ÇA DÉPEND

« Un cancer sur deux est lié à de mauvaises habitudes alimentaires », selon Henri Joyeux, cancérologue et professeur de chirurgie digestive à la faculté de médecine de Montpellier. En ce qui concerne le lait, l’une des sources d’inquiétude est la présence de « facteurs de croissance ».

Par définition, le lait de vache est destiné aux petits veaux, qui gagnent une centaine de kilos en quelques mois. Il contient des molécules produites par la vache, qui favorisent la multiplication cellulaire – les « facteurs de croissance ». Ces molécules pourraient avoir un impact délétère sur les adultes.

L’avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire sur le sujet ne permet pas de trancher, car il ne se penche pas sur toutes les substances contenues dans le lait. Certaines d’entre elles pourraient avoir un effet bénéfique sur les cellules cancéreuses (par exemple les bactéries, sur la tumeur du colon), d’autres, comme les facteurs de croissance, pourraient être nocives (notamment pour le cancer colorectal, de la prostate ou du sein).

L’addition entre effet négatif et effet positif des laitages reste incertaine. L’Organisation mondiale de la santé pointe par exemple du doigt les études selon lesquelles le lait pourrait protéger contre le cancer du colon et le cancer de la vessie.

Des études supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si une forte consommation de lait et de calcium peut augmenter le risque de développer un cancer des ovaires pour les femmes, et de la prostate pour les hommes, selon l’école de santé publique de Harvard. Le panel du rapport de l’Institut américain de la recherche sur le cancer estime quant à lui que les régimes riches en calcium sont l’une des causes probables du cancer de la prostate.

Pour Henri Joyeux, il est évident que les laitages peuvent causer des cancers, même si « tout dépend de la localisation cancéreuse et de la susceptibilité génétique de chacun, à laquelle il faut associer le tabac, les hormones et perturbateurs endocriniens, la pollution et le stress ».

Il met en cause notamment « le surpoids dû à la consommation excessive de produits laitiers (beurre, yaourts, fromages, crèmes, lait) » responsable de la formation de tissu gras, qui est cancérigène lorsqu’il est en excès.

Les laitages favorisent le diabète
ÇA DÉPEND

Le diabète de type 1 est dû à la destruction de cellules du pancréas spécialisées dans la production d’insuline, qui permet de diminuer la concentration de glucose dans le sang. Un dysfonctionnement du système immunitaire, lié à des facteurs génétiques et environnementaux, est en cause. Parmi eux, plusieurs sont à l’étude : les virus, la modification de la flore intestinale ou le régime alimentaire, y compris la consommation de produits laitiers.

La Finlande est l’un des pays européens où l’on consomme le plus de lait (126 litres de lait par an et par personne en 2011). C’est aussi le pays où les cas d’enfants diabétiques de type 1 sont les plus nombreux. De quoi alerter les scientifiques. Mais rien ne prouve que la prévalence du diabète dans ce pays est liée au lait. D’ailleurs, d’autres hypothèses vont bon train, comme l’excès d’hygiène, qui affaiblirait le système immunitaire des Finlandais.

Au contraire, pour Jean-Michel Lecerf, directeur du service nutrition de l’Institut Pasteur de Lille, « la consommation de lait diminue fortement les risques de diabète », même s’il concède que « le mécanisme d’action n’a pas été établi ». Le professeur Lecerf est également membre du comité scientifique de l’observatoire des habitudes alimentaires créé par les professionnels de l’industrie laitière. Il affirme n’avoir « aucun intérêt personnel » dans l’industrie du lait et exercer pour eux bénévolement.

La consommation de lait peut causer des maladies cardiovasculaires
ÇA DÉPEND

Pour prévenir les maladies cardiovasculaires, l’Agence nationale de sécurité sanitaire recommande de limiter les acides gras saturés à 10 % de nos apports énergétiques. Une consommation excessive de ces graisses pourrait favoriser l’excès de cholestérol et les maladies cardiovasculaires. Or près de 70 % des graisses contenues dans le lait sont saturées. Dans 100 ml de lait demi-écrémé par exemple, on trouve 1,5 g de matières grasses, dont environ 0,9 g d’acides gras saturés.

Pourtant, selon Jean-Michel Lecerf, « les études montrent une diminution du risque de développer une maladie cardio-vasculaire pour les consommateurs de laitages. De manière générale, ils ont un effet bénéfique sur le poids. » « Je peux moi aussi vous donner des études qui disent l’exact contraire », rétorque l’auteur de Lait, mensonges et propagande Thierry Souccar, pour qui « il est peu probable que les produits laitiers protègent contre le syndrome métabolique » (embonpoint, hypertension, forte glycémie, fort taux de « mauvais » cholestérol).

« Certains acides gras spécifiques du lait peuvent avoir des effets bénéfiques sur la santé, d’autres pourraient avoir des effets négatifs », explique Yves Chilliard, directeur de recherche en nutrition animale à l’Institut national des recherches agronomiques. L

es chercheurs de l’institut ont montré que l’alimentation du bétail avait une influence sur le profil des acides gras du lait. En modifiant le régime des vaches, on pourrait par exemple obtenir un lait riche en oméga-3. « Faut-il changer l’équilibre des matières grasses du lait ? », s’interroge Yves Chilliard. « Pas sûr que ce soit souhaitable. De toute façon, l’important n’est pas là : il faut limiter nos apports en calories et en matières grasses, quelles qu’elles soient. »

Dans cette logique, certains laitages sont exclus de la catégorie des produits laitiers – à consommer trois fois par jour – du Programme national de nutrition. C’est le cas du beurre, classé parmi les matières grasses, ou des desserts à base de lait, comme le flan.

Le lait cause douleurs, diarrhées et ballonnements
SEULEMENT CHEZ LES INTOLÉRANTS AU LACTOSE

Nous ne sommes pas tous capables de digérer le lait. Certaines ethnies, notamment en Europe du Nord, sont plus tolérantes au lactose, ce sucre présent dans le lait. Au contraire, environ 90 % des Asiatiques sont intolérants.

La capacité à digérer ce sucre résulte d’une mutation intervenue récemment dans l’histoire de l’humanité, avec la naissance de l’agriculture. Notre tolérance au lactose est à son maximum au début de la vie, puis décroît avec l’âge. Deux à cinq Français sur dix ont des difficultés à digérer le lait.

Résultat : ils souffrent de diarrhées, ballonnements ou maux de ventre. Selon un avis de l’Autorité européenne des sécurité des aliments, ils peuvent malgré tout tolérer une prise de 12 g de lactose (soit 250 ml de lait) sans montrer de symptômes, et des quantités supérieures si la consommation de produits laitiers est répartie dans la journée.

Les intolérants qui ne veulent pas renoncer aux laitages peuvent s’essayer au lait délactosé, aux yaourts et à certains types de fromages, dont le lactose est déjà en partie « digéré ».

Boire du lait, mais pas trop

Les produits laitiers ne sont pas essentiels à un régime alimentaire équilibré. S’ils sont une importante source de calcium, ils ne sont pas la seule. Il existe aussi des aliments riches en protéines (viande, œufs, poisson, légumineuses) ou en vitamines contenues dans les laitages.

Une consommation de lait trop élevée est soupçonnée de favoriser certaines pathologies. L’Autorité européenne de sécurité alimentaire recommande de se limiter à 2,5 g de calcium par jour (l’équivalent d’un peu plus de 2 litres de lait), que ce soit par le biais de l’alimentation, des boissons ou de compléments alimentaires. Pour ce qui est des laitages en particulier, le professeur Walter Willett, responsable du département de nutrition de l’école de santé publique à Harvard, conseille d’en consommer un à deux par jour au maximum, pour ceux qui le souhaitent.

Pour simplifier, Yves Chilliard rappelle un conseil de grand-mère : « Il faut manger un peu de tout. Et ne pas se resservir. »

« Au cauchemar du vegan » à Saint-Pétersbourg

Le 23 janvier à Saint-Pétersbourg en Russie, trois personnes ont été arrêtées pour avoir attaqué la façade d’une boucherie appelée pas moins que… « Au cauchemar du vegan » (ou littéralement « le rêve horrible du vegan »).
Voici à quoi cela ressemble, avec une photo où le propriétaire se met en scène…


Les trois activistes sont accusés d’avoir agi le 5 janvier 2015, en jetant de la peinture, écrit des slogans et en brisant la vitrine, une chose qui n’arrive pas pour la première fois. Les dégâts sont de 4000 euros environ.
On peut voir ici une vidéo présentant les protagonistes.

Les activistes risquent jusqu’à deux années de prison, et ont besoin de solidarité !

Notamment sur le plan financier, pour payer les frais d’avocats, avec ici des comptes où on peut leur envoyer de l’argent :

Western Union: Sokolova Anastasya Andreevna, Russie, Saint-Petersbourg
Qiwi: +79650832342
Yandex money: 410012645006999
Sberbank: 4276 5500 2824 7826

Voici également deux comptes de réseaux sociaux :
https://www.facebook.com/spb.three
https://vk.com/club85632126

Il est évident qu’il y a lieu d’exprimer tout son soutien, parce qu’il y a là une dimension symbolique plus qu’importante. L’existence même de ce « magasin gastronomique » qui s’appelle « Au cauchemar du vegan » est une provocation et une insulte.

Bien entendu, il ne s’agit pas de perdre de vue ici qu’il s’agit de la défense des animaux qui compte, pas d’une quelconque posture anthropocentrique (du type antispéciste). Il y a ici une affirmation en faveur du meurtre, d’un style de vie destructeur, qui est une attaque fondamentale contre les animaux.

La bataille pour la libération animale a une dimension culturelle, l’exploitation animale joue énormément là-dessus pour faire levier sur les gens et banaliser son existence. Ne pas accepter les règles du jeu que l’exploitation animale impose est donc essentiel ; voilà pourquoi la mise en avant des produits simili-carnés est purement suicidaire culturellement (mais pas économiquement à court terme pour les commerçants les vendant, bien sûr!).

On peut se douter également que la situation en Russie est loin d’être facile, et on voit mal Brigitte Bardot téléphoner à son ami Poutine pour soutenir les activistes. C’est donc encore l’occasion de souligner la dimension universaliste de la libération animale.

Cette cause concerne toute l’humanité, dépassant toute distinction de couleur de peau ou de sexe, d’origine ou de nationalité. Elle rappelle qu’il n’y a qu’une humanité, qui a des responsabilités en tant que tel, les gens ne devant pas se voiler la face derrière des revendications « individuelles », « communautaires », nationales, etc. etc.

Si chaque pays apporte quelque chose à la culture, il n’y en a pas moins une seule humanité, qui doit reconnaître Gaïa, admettre que ses prétentions anthropocentriques sont absurdes. La libération animale est une cause universelle et universaliste ; voilà ce que cette boucherie russe tente de dénoncer de par son existence provocatrice.