Eleveurs : la « nuit de la détresse »

L’élevage a été un secteur porté à bout de bras par le capitalisme, qui maintenant compte bien le perfectionner au plus haut niveau industriel. Les petits « producteurs », forcément, voient leur nombre s’effondrer, et c’est à un nouveau coup de force auquel on a eu droit hier, dans le prolongement de la « nuit de la détresse » organisée par la FNSEA et des JA (Jeunes Agriculteurs).

A défaut de la détresse des animaux, on a celui des entrepreneurs, qui cachent leur quête de profit derrière le titre de « paysans »…

Leur but, donc, ici : faire pression sur les distributeurs et les transformateurs, leurs bénéfices étant tellement grands que les « producteurs » de lait et les « éleveurs » de porcs et de bovins sont étranglés financièrement, les prix ayant baissé de 13 à 20% en un an.

Les actions ont été typiques du genre : fumier et gravats déposés devant de très nombreuses laiteries ou usines de fromage, ainsi que des grandes surfaces, des abattoirs, des préfectures. Parfois des palettes ont été incendiées, des voitures de police renversées, un camion-citerne de lait vidé, etc.

Ce qui est très intéressant dans tout cela, c’est qu’en plus le syndicat agricole FNSEA qui a appelé tout cela a tout à fait compris le problème : elle sait que l’exploitation animale est condamnée. Elle le sait au point que pour attaquer les distributeurs et les transformateurs elle prend comme cible… les normes !

Pas idiot du tout : la FNSEA sait qu’attaquer les distributeurs et les transformateurs c’est scier la branche sur laquelle l’élevage existe. Donc, tout est de la faute… du bien-être animal, des « normes », comme l’explique le slogan (« bien être animal doit-on mettre nos vaches dans nos lits et nous sur la paille??? ») sur la photo ci-dessous et le communiqué de la FNSEA.

Paris, le 1er juillet 2015
COMMUNIQUE DE PRESSE
Plus de prix, moins de normes !

La FNSEA réunie aujourd’hui en Bureau exécutif fait le constat amer que les hausses de prix actées devant les pouvoirs Publics par les filières porcines et bovines, ne sont pas au rendez-vous.

Les actions syndicales de « mise sous surveillance » ont démontré le défaut d’engagement des opérateurs : Industriels et GMS se renvoient la balle et leurs responsabilités en permanence. Ça suffit.

Les paysans demandent des comptes, exigent les comptes. Le Ministre les a. A lui de faire immédiatement respecter les accords.

Demain une nouvelle mobilisation syndicale va maintenir la pression et exprimer notre détermination. Nous voulons de la transparence, nous voulons des résultats, nous voulons plus de prix, nous voulons moins de normes.

Au moins on peut dire qu’ils ne font même pas semblant…

Quant à la nature de leur situation, elle est simple à comprendre. Deux autres slogans témoignent qu’au fond les éleveurs le savent.

L’eau, on ne peut pas en produire davantage qu’on en a. Les animaux, on peut renforcer leur exploitation… C’est précisément cela que nous avons vu à LTD et que nous reprochons aux « réformistes » du bien-être animal, ce n’est pas tant de ne pas avoir vu que de nier cette réalité.

Ils raisonnent en termes d’oppression, de spécisme, alors que l’intégration des animaux dans la société humaine a des raisons historiques, qu’il s’agit justement de dépasser…

Alors que l’effondrement de l’élevage traditionnel est inéluctable, et que personne de progressiste ne peut accepter l’agro-industrie pratiquant l’écocide et la destruction des vies animales…

 

Articles pouvant vous intéresser

Les drones et le risque d’interférence avec la vie animale

Contrairement aux zadistes rejetant la technologie (comme d’ailleurs toutes les formes de pétainisme), il y a tout lieu d’assumer celle-ci en considérant que, bien utilisée, elle va nous servir dans notre œuvre de défense de Gaïa.

On arguera que la technologie peut servir aussi aux destructions, mais c’est déjà le cas justement. Plutôt que de rejeter la technologie, il faut appeler à s’en servir différemment…

L’un des thèmes nouveaux, très lourd de conséquence, est celui des drones. Leur utilisation massive peut provoquer de très lourds désagréments aux animaux. Il ne s’agit pas que des chasseurs qui bientôt les utiliseront et par là montreront que leur « philosophie » de la Nature n’est qu’une escroquerie masquant leur entreprise criminelle.

Voici un exemple d’une vidéo par drone de la fédération des chasseurs de la Gironde, montrant clairement les repérages possibles, ainsi qu’une autre vidéo proposée par une entreprise et ayant comme thème la « chasse aux canards ».

Cela s’appelle la guerre, ni plus ni moins. C’est encore pratiquement inexistant, mais vue notre société, cela ne peut que se généraliser.

Le problème est facile à comprendre : n’importe qui peut désormais se procurer un drone et aller interférer dans la vie des animaux… Ce qui est condamnable.

Voici une illustration pour montrer les dangers, avec un film pris depuis un drone par le photographe anglais Will Burrard-Lucas dans le parc national de Serengeti.

L’idée est d’un côté louable, mais y a-t-il une vraie réflexion sur ce qui est acceptable ou pas ? Sans doute pas.

Dans un même genre, une entreprise de l’Hérault a fait récemment un appel aux dons pour un projet, Wild Life’s Eye Project, visant à « former et équiper les rangers du parc Kruger en Afrique du sud, avec des drones et des ailes volantes pour lutter contre le braconnage des Rhinocéros ».

Voilà un point sans doute aussi positif, mais la question est encore ici : qui décide de ce qui est acceptable ou pas dans l’interférence avec la vie animale ?

On pourra bien sûr se dire que de toutes manières l’humanité interfère déjà avec la vie animale et végétale, procédant à des destructions massives sans s’en soucier. Pourquoi demander une réflexion sur les drones alors qu’un écocide a lieu ?

Pourtant justement, cet exemple des drones peut contribuer à faire prendre conscience à l’humanité de ses propres activités, et par là amener un changement. Si tout le monde peut avoir un drone, si les drones se retrouvent massivement utilisés, alors forcément les faits sont visibles, et l’humanité a une certaine maturité pour en saisir l’impact.

Il est en tout cas évident que les drones contribueront demain à renforcer la surveillance généralisée, et contrairement aux esprits anarchistes, il y a tout lieu de s’en réjouir… si cette surveillance permet de protéger les causes justes.

Les drones sont précisément ce qu’il faut pour attaquer le braconnage, encore faut-il bien sûr que cela aille avec d’autres moyens matériels et une société différente, sans la corruption de mèche avec les trafics.

Tout cela montre que c’est une question de choix, et l’humanité doit justement faire les choix de ses rapports avec Gaïa…

Cartes de l’exploitation animale dans le monde

Il serait tout à fait erroné de penser que le véganisme progresse de manière subjective, grâce à Aymeric Caron faisant la promotion télévisuelle du végétarisme ou bien Zahia posant nue pour l’association peta.

En réalité, le véganisme progresse de manière objective, non pas grâce à ces gens justement, mais bien malgré ces gens et malgré tous les réformistes possibles et imaginables. Le véganisme est porté par l’histoire, par la réalité, et ne pas l’assumer entièrement et sans compromis c’est se mettre en porte-à-faux avec les faits.

Voici ici de très intéressantes cartes (issus de livestock wiki) soulignant un fait dont il faut bien saisir la portée: l’exploitation animale n’est pas du tout un « spécisme », mais bien une économie. Les cartes montrent la localisation des « productions » et elles rappellent que l’exploitation animale a une base économique qui n’est nullement « diffuse » mais bien au contraire parfaitement concentrée.

La concentration ne cesse de continuer et les gens qui deviennent vegan sont le contre-produit de cela, et le restent… A moins de raisonner à l’échelle du système lui-même.

C’est un peu comme l’acteur Jim Carrey qui a traité hier de « fasciste à la solde des entreprises » le gouverneur californien ayant imposé la vaccination des enfants. Il s’imagine acteur, il n’est qu’une réaction à un fait généralisé…

Prenons par exemple une récente petite campagne menée contre le lait par une association. Si elle a pu exister, c’est uniquement parce qu’en même temps…. il y a la fin des quotas laitiers dans l’Union Européenne… Alors que dès l’automne prochain, les coopératives Agrial et Eurial fusionnent en France, pour donner le second groupe laitier coopératif, qui vise évidemment l’expansion, notamment par les exportations.

Ce groupe rassemblera 2,7 milliards de litres de lait collectés chez 6.450 producteurs, pour un chiffre d’affaires de 2,3 milliards d’euros… Une telle industrie peut tout à fait accepter quelques « râleurs » issus de son expansion.










Un « menu 100% Vegan » dans un restaurant même pas végétalien?!

« Ceviche d’huîtres sauvages, onglet maturé par Michel Brunon, purée au beurre Bordier ou encore crème de citron de Kalamata sontquelques uns de nos plats signature. »

Cette longue phrase est tirée du site du restaurant « Dune », qui se situe à Paris dans le quartier (très branché) de la Bastille. On le devine on a ici affaire à du hipster, du bobo, etc.

Le terme « onglet » ne disant rien à personne à part pour les bobos avides de « pièces nobles » (sic!), en voici la définition par wikipédia:

L’onglet est un morceau de viande de bœuf ou de veau situé sur le ventre, sous le faux-filet et le filet.

Or, comme il faut bien être à la mode, depuis quelques mois, il y a dans ce restaurant des… « mardis vegans »,  qui n’ont rien de vegan bien sûr: le terme est ici uniquement une arnaque « branchée » utilisée ici pour désigner des plats végétaliens et leur donner un côté plus « hype ».

Le restaurant utilise cela comme moyen de se faire une publicité branchée, présentant cela de la manière suivante :

« Tous les mardis soirs, retrouvez Maylis Parisot en cuisine avec un menu 100% Vegan »

Cela ne tient pas debout… C’est vraiment une escroquerie, car toute personne végane défend naturellement, et avec raison, le fait que le réfrigérateur ne doit pas contenir de produits de l’exploitation animale, et hors de question d’utiliser des couteaux, fourchettes ou poêles ayant servi à mutiler des cadavres…

Alors désigner un restaurant comme vegan alors que dans la chambre froide il y a des animaux assassinés…

On pourra peut-être arguer : après tout c’est mieux que rien, ne soyons pas trop idéalistes, au moins là c’est végétalien pour les plats. Mais en ce cas, comment interpréter l’information suivante, fournie par Télérama qui fait un éloge de cette alimentation végétalienne… temporaire :

« Si vous voulez goûter à l’aventure, sachez qu’en plus des mardis soir, le restaurant devient cet été totalement vegan, midi et soir du 20 au 30 juillet. Puis il ferme pour les vacances, avec une réouverture le 17 août. Et du 17 au 31 août, Dune sera encore totalement acquis à la cause vegan, non plus avec un menu unique mais avec des plats à la carte. Début septembre, le restaurant retrouvera son chef et sa cuisine habituelle. »

Là, c’est évidemment indéfendable, même pour qui est prêt au compromis!

Car le véganisme, ce n’est certainement pas un petit tour et puis s’en va. Le véganisme est une démarche totale. « Totalement acquis à la cause végane » en sachant que juste après, le végétalisme passe à la trappe? C’est une insulte absolue au véganisme.

Tout cela révèle la tendance erronée qui rapproche le véganisme du végétalisme, puis du végétarisme, tout cela pour liquider le sens des mots, et la pratique végane ensuite…

Quelle est la valeur d’un tel végétalisme « temporaire », seulement destiné à remplir le restaurant l’été?

Déjà, à nos yeux, un compromis local, sur le plan du lieu, est inacceptable. Mais si là en plus le végétalisme n’est qu’une sorte de parenthèse touristique, simplement temporaire, c’est encore pire…

Et tout cela est une tromperie qui contribue à la tromperie. Il est clairement honteux que le restaurant ose s’approprier le terme de vegan, alors qu’à côté de la nourriture végétalienne rien n’est végétalien, ni végan… Cela induit clairement en erreur, comme le montre le titre de l’article de Télérama qui est honteux:

« J’ai testé… le dîner vegan du restaurant Dune »

Végétalien, peut-être et encore, mais alors végan… Carrément pas ! C’est là, encore une fois, un hold up bobo, une tentative de briser le véganisme, qui est une morale.

Comme il serait hypocrite pour une personne végane de manger dans un tel restaurant en se disant : bientôt le végétalisme cédera la place à l’arrivée de cadavres célébré par des bobos appréciant la « viande maturée » et autres expérimentations sordides sur les cadavres de nos amis animaux…


Tout cela révèle vraiment quelque chose de terrible : il y a des gens qui sont végans pour leur bonne conscience. Les animaux ne les intéressent pas, la Nature ne les interpelle pas. Ils ont juste décidé d’éviter d’avoir à participer à ce qu’ils voient comme un crime.

Ils vont au mieux protester contre ce crime. Mais mener la bataille pour changer… pas moins que toute la société, hors de question pour ces gens-là. Ils nient l’universalisme du véganisme, ils n’assument pas le fait qu’être végan individuellement… n’a de sens que si demain tout le monde devient végan, sans quoi on n’aura juste été une « anomalie », une « exception »…

Ils sont donc, prêts à tout accepter, du moment qu’on leur donne une image « sainte ». Dans une telle optique chrétienne, dans une version « egotrip » propre à notre époque, se dire vegan a – temporairement – sa petite valeur, son petit prestige ; cela permet de faire semblant de ne pas être comme tout le monde…

Alors qu’au final on a la même vision du monde que les autres, le cynisme en moins. On devine qu’un tel véganisme « individuel » n’ira pas bien loin et disparaîtra par la suite au bout d’un temps, l’effet de mode étant passé…

Le sexe d’après-rupture sentimentale, une erreur terrible…

L’une des pires choses qu’on puisse faire dans sa vie est, après un revers sentimental, de basculer dans une relation sexuelle sans sentiments, pour espérer passer à autre chose, penser à autre chose… La claque est gigantesque, les sentiments revenant de manière encore plus frappante…

Voici comment le groupe « The Vaccines » décrit cela, à sa manière…

I can barely look at you
Don’t tell me who you lost it to
Didn’t we say we had a deal,
Didn’t I say how bad I’d feel?
Everyone needs a helping hand,
Who said I would not understand?
Someone up the social scale
For when you’re going off the rails
Je peux à peine te regarder
Ne me raconte pas pour qui tu l’as perdu
N’avions nous pas dit que nous avions un deal?
Est-ce que je ne t’ai pas dit comment je me sentirais mal ?
Tout le monde a besoin d’un coup de main
Qui a dit que je ne comprendrais pas?
Quelqu’un en haut de l’échelle sociale
Pour quand tu dérailles

Post break-up sex
That helps you forget your ex
What did you expect from post break-up sex?
Le sexe d’après rupture
Qui t’aide à oublier ton ex
Qu’est ce que tu attendais du sexe d’après rupture ?

Leave it ’til the guilt consumes
[Clean version:] I found you in the nearest room
[Explicit version:] Fucking in the nearest room
All our friends were unaware,
Most had just passed out downstairs
Laisse ça jusqu’à ce que la culpabilité se consume.
[version 1]Je t’ai trouvé dans la chambre la plus proche
[version 2] Baisant dans la chambre la plus proche
Aucun de nos amis n’était au courant.
La plupart ne faisait que passer en bas

To think I’d hoped you’d be OK,
No I can’t think of what to say
Maybe I misunderstood
But I can’t believe you’re feeling good from
Penser que j’aimerais que tu te sentes bien
Non je ne peux pas penser à quoi dire
Peut être que j’ai mal compris
Mais je ne peux pas croire que tu te sentes bien grâce au 

Post break-up sex
That helps you forget your ex
What did you expect from post break-up sex?
Le sexe d’après rupture
Qui t’aide à oublier ton ex
Qu’est ce que tu attendais du sexe d’après rupture ?

Post break-up sex
That helps you forget your ex
What did you expect from post break-up sex?
Le sexe d’après rupture
Qui t’aide à oublier ton ex
Qu’est ce que tu attendais du sexe d’après rupture ?

When you love somebody but you find someone
And it all unravels and it comes undone
Quand tu aimes une personne mais trouve quelqu’un
Et tout se dénoue et cela devient défait

Post break-up sex
That helps you forget your ex
What did you expect from post break-up sex?
Le sexe d’après rupture
Qui t’aide à oublier ton ex
Qu’est ce que tu attendais du sexe d’après rupture ?

Les « psychonautes »

Pourquoi être vegan devait forcément aller de soi avec être athée et straight edge ? La raison en est très simple. Si on est végan, on doit remettre en cause l’anthropocentrisme.

Si on remet en cause l’anthropocentrisme, alors on reconnaît la Nature comme un tout, l’humanité n’en étant qu’une composante.

Par conséquent, il n’y a pas de Dieu, qui aurait attribué une place spéciale à l’humanité. Donc on est athée.
De la même manière, s’il n’y a pas de Dieu, alors il n’y a pas de plan « supérieur », pas de dimension spirituelle. Il n’y a que la réalité… la Nature.

Pour cette raison, la consommation de drogues va toujours de pair avec un discours spiritualiste, où l’esprit se séparerait du corps, pour atteindre un plan « supérieur ».

Les religions disent la même chose, sauf que c’est moins « trippé »… Même si certains mystiques ont une approche très similaire, et que certaines religions ou pratiques religieuses utilisent des drogues ou des pratiques sectaires lavant les cerveaux.

Il existe un terme qui se diffuse dans le milieu organisé consommant des drogues « psychédéliques », celui de « psychonautes ». Car il faut savoir qu’il y a un milieu très organisé, diffusant ses points de vue sur principalement trois sites très connus (Psychonaut, Lucid State, Psychoactif) proposant informations et forums.

Voici comment l’un des toxicomanes présente son statut de « psychonaute » :

« Qu’est ce que le psychonautisme selon moi ? c’est plus ou moins cette activité personnelle ou collective qui te permet d’élargir ta carte mentale et physique dans des dimensions inexplorée jusqu’à présent et atteignable seulement par un mécanisme psychique volontaire. certains de ces mécanismes peuvent être débloqués en utilisant des psychotropes ou psychédéliques mais il ne faut pas oublier que la grande majorité ne nécesssite que votre propre volonté de prise de conscience. je suis moi même persuadé que des psychonautes level 10+++ avec artefacts psychiques suprêmes plein la besace sont capable d’atteindre des états de conscience modifiée similaires à ceux obtenus par prise de psychédélique au travers de la « simple » méditation. Aussi je m’efforce à chaque fois que j’ai un rapport avec une des ces molécules magique, j’essaye d’observer les portes qu’elle ouvre pour réussir à les ouvrir tout seul, merde c’est quand même mes portes qu’elle ouvre. »

On ne sera guère étonné de voir ces gens se poser des questions sur des thèmes comme « Qu’y a-t-il après la mort ? », « L’amour Libre », « Voyage astral », « L’Anarchisme », « Interprétez vos rêves », etc.

Rejetant la Nature, ils fantasment sur des esprits sortant de leur corps et se baladant, sur les rêves aux significations secrètes, sur les visions du futur, sur la télépathie, etc.

L’esprit disposerait de ressources insoupçonnées et les drogues permettraient de libérer ce que la société industrielle nous aurait fait perdre, etc. Une citation d’un forum est ici très représentative :

« ton anecdote me rappelle un ami qui a pratiqué l’ésotérisme pendant pas mal de temps, et qui me racontait que le soir, pour s’endormir sans problèmes, il entrait dans un état méditatif et visualisait son énergie corporelle (ou sa tension) parcourir son corps et se réfugier au creux de ses mains, placées jointes devant lui. Une fois toute son énergie accumulée dans une boule imaginaire entre ses doigts, il « relâchait » la boule dans l’espace et s’endormait presque aussitôt, comme une masse.

Il m’a aussi expliqué avoir tenté de relâcher cette énergie dans le corps d’une autre personne avec un résultat concluant, mais le reste des détails appartiennent du domaine du privé arf.

Ca rappelle ces récits de personnes sous l’influence de psychédéliques qui racontent avoir joué avec des « balles d’énergie/lumière ». »

Ou encore, en plus inquiétant encore :

« Le cannabis j’aime bien l’utiliser pour écouter mes voix parler. Une fois aussi ça m’a permit de sentir mon mobilier vivant (un peu comme sous champi comme tu le décris). Ca m’a fait comprendre la force de la symbolisation et de la projection mentale pour laquelle je me passionne depuis déjà un bon moment. »

Et le grand problème de tout cela est résumé par un protagoniste :

« En faite, le psychonautisme, c’est un peu le truc qui m’a fait passer de « bwaaa des junk » à « non mais en faite ça a l’air cool… et potentiellement constructif ». »

L’idéologie du « psychonaute » vise à masquer l’autodestruction, le rejet de la Nature, pour une aventure intérieure, un élargissement de l’esprit, un approfondissement de la connaissance de la réalité… C’est une menace irrationnelle pour les esprits, surtout pour les jeunes qui n’apprécient pas le monde où nous vivons, et qui au lieu de se tourner vers les choses positives, peuvent basculer dans « l’escapisme », dans la fuite…

Et il ne faut pas s’étonner si notre société fabrique en ce moment de plus en plus de gens se tournant vers les drogues, les religions. Quand on réfute la Nature, on pratique l’anthropocentrisme, et donc on laisse forcément des espaces aux religions, au « psychonautisme », à tous les délires égocentriques de gens séparant le corps et l’esprit…

Darwin sur les pigeons

Dans De l’origine des espèces, Darwin fournit un long passage au sujet des pigeons. On ne confondra par ailleurs pas ce que raconte Darwin avec le néo-darwinisme, qui a généralisé et systématisé de manière barbare le principe d’adaptation individuelle.

Voici un extrait de ce que raconte Darwin:

RACES DU PIGEON DOMESTIQUE, LEURS DIFFÉRENCES ET LEUR ORIGINE.

Persuadé qu’il vaut toujours mieux étudier un groupe spécial, je me suis décidé, après mûre réflexion, pour les pigeons domestiques. J’ai élevé toutes les races que j’ai pu me procurer par achat ou autrement ; on a bien voulu, en outre, m’envoyer des peaux provenant de presque toutes les parties du monde ; je suis principalement redevable de ces envois à l’honorable W. Elliot, qui m’a fait parvenir des spécimens de l’Inde, et à l’honorable C. Murray, qui m’a expédié des spécimens de la Perse.

On a publié, dans toutes les langues, des traités sur les pigeons ; quelques-uns de ces ouvrages sont fort importants, en ce sens qu’ils remontent à une haute antiquité. Je me suis associé à plusieurs éleveurs importants et je fais partie de deux Pigeons-clubs de Londres.

La diversité des races de pigeons est vraiment étonnante. Si l’on compare le Messager anglais avec le Culbutant courte-face, on est frappé de l’énorme différence de leur bec, entraînant des différences correspondantes dans le crâne. Le Messager, et plus particulièrement le mâle, présente un remarquable développement de la membrane caronculeuse de la tête, accompagné d’un grand allongement des paupières, de larges orifices nasaux et d’une grande ouverture du bec. Le bec du Culbutant courte-face ressemble à celui d’un passereau ; le Culbutant ordinaire hérite de la singulière habitude de s’élever à une grande hauteur en troupe serrée, puis de faire en l’air une culbute complète. (…)

Le développement des os de la face diffère énormément, tant par la longueur que par la largeur et la courbure, dans le squelette des différentes races. La forme ainsi que les dimensions de la mâchoire inférieure varient d’une manière très remarquable. Le nombre des vertèbres caudales et des vertèbres sacrées varie aussi, de même que le nombre des côtes et des apophyses, ainsi que leur largeur relative. La forme et la grandeur des ouvertures du sternum, le degré de divergence et les dimensions des branches de la fourchette, sont également très variables.

La largeur proportionnelle de l’ouverture du bec ; la longueur relative des paupières ; les dimensions de l’orifice des narines et celles de la langue, qui n’est pas toujours en corrélation absolument exacte avec la longueur du bec ; le développement du jabot et de la partie supérieure de l’œsophage ; le développement ou l’atrophie de la glande oléifère ; le nombre des plumes primaires de l’aile et de la queue ; la longueur relative des ailes et de la queue, soit entre elles, soit par rapport au corps ; la longueur relative des pattes et des pieds ; le nombre des écailles des doigts ; le développement de la membrane interdigitale, sont autant de parties essentiellement variables.

L’époque à laquelle les jeunes acquièrent leur plumage parfait, ainsi que la nature du duvet dont les pigeonneaux sont revêtus à leur éclosion, varient aussi ; il en est de même de la forme et de la grosseur des œufs. Le vol et, chez certaines races, la voix et les instincts, présentent des diversités remarquables. Enfin, chez certaines variétés, les mâles et les femelles en sont arrivés à différer quelque peu les uns des autres.

On pourrait aisément rassembler une vingtaine de pigeons tels que, si on les montrait à un ornithologiste, et qu’on les lui donnât pour des oiseaux sauvages, il les classerait certainement comme autant d’espèces bien distinctes. Je ne crois même pas qu’aucun ornithologiste consentît à placer dans un même genre le Messager anglais, le Culbutant courte-face, le Runt, le Barbe, le Grosse-gorge et le Paon ; il le ferait d’autant moins qu’on pourrait lui montrer, pour chacune de ces races, plusieurs sous-variétés de descendance pure, c’est-à-dire d’espèces, comme il les appellerait certainement.

Quelque considérable que soit la différence qu’on observe entre les diverses races de pigeons, je me range pleinement à l’opinion commune des naturalistes qui les font toutes descendre du Biset (Columba livia), en comprenant sous ce terme plusieurs races géographiques, ou sous-espèces, qui ne diffèrent les unes des autres que par des points insignifiants. (…)

Le document le plus ancien que l’on trouve dans l’histoire relativement aux pigeons remonte à la cinquième dynastie égyptienne, environ trois mille ans avant notre ère ; ce document m’a été indiqué par le professeur Lepsius ; d’autre part, M. Birch m’apprend que le pigeon est mentionné dans un menu de repas de la dynastie précédente.

Pline nous dit que les Romains payaient les pigeons un prix considérable : « On en est venu, dit le naturaliste latin, à tenir compte de leur généalogie et de leur race. » Dans l’Inde, vers l’an 1600, Akber-Khan faisait grand cas des pigeons ; la cour n’en emportait jamais avec elle moins de vingt mille. « Les monarques de l’Iran et du Touran lui envoyaient des oiseaux très rares ; » puis le chroniqueur royal ajoute : « Sa Majesté, en croisant les races, ce qui n’avait jamais été fait jusque-là, les améliora étonnamment. »

Vers cette même époque, les Hollandais se montrèrent aussi amateurs des pigeons qu’avaient pu l’être les anciens Romains. Quand nous traiterons de la sélection, on comprendra l’immense importance de ces considérations pour expliquer la somme énorme des variations que les pigeons ont subies. Nous verrons alors, aussi, comment il se fait que les différentes races offrent si souvent des caractères en quelque sorte monstrueux. Il faut enfin signaler une circonstance extrêmement favorable pour la production de races distinctes, c’est que les pigeons mâles et femelles s’apparient d’ordinaire pour la vie, et qu’on peut ainsi élever plusieurs races différentes dans une même volière. (…)

Je n’ai jamais rencontré un éleveur de pigeons, de volailles, de canards ou de lapins qui ne fût intimement convaincu que chaque race principale descend d’une espèce distincte. Van Mons, dans son traité sur les poires et sur les pommes, se refuse catégoriquement à croire que différentes sortes, un pippin Ribston et une pomme Codlin, par exemple, puissent descendre des graines d’un même arbre.

On pourrait citer une infinité d’autres exemples. L’explication de ce fait me paraît simple : fortement impressionnés, en raison de leurs longues études, par les différences qui existent entre les diverses races, et quoique sachant bien que chacune d’elles varie légèrement, puisqu’ils ne gagnent des prix dans les concours qu’en choisissant avec soin ces légères différences, les éleveurs ignorent cependant les principes généraux, et se refusent à évaluer les légères différences qui se sont accumulées pendant un grand nombre de générations successives.

Les naturalistes, qui en savent bien moins que les éleveurs sur les lois de l’hérédité, qui n’en savent pas plus sur les chaînons intermédiaires qui relient les unes aux autres de longues lignées généalogiques, et qui, cependant, admettent que la plupart de nos races domestiques descendent d’un même type, ne pourraient-ils pas devenir un peu plus prudents et cesser de tourner en dérision l’opinion qu’une espèce, à l’état de nature, puisse être la postérité directe d’autres espèces ?

« Physiologiquement, cela ne marche pas »

Cette interview d’un docteur par Le Point est une anomalie. Trouver, en effet, un médecin qui en 2015 dit du végétalisme que « physiologiquement, cela ne marche pas », cela n’existe plus, même en France!

C’est donc un témoignage intéressant, un reflet du passé… Car il y a quelques années c’était bien sûr le grand leitmotiv: le végétalisme serait impossible, trop de carences, etc.

Aujourd’hui cependant une telle approche est devenue une caricature, et même les anti-végétaliens attaquent sur d’autres fronts (la morale, la culture, etc.).

Le terme « vegan » est d’ailleurs de plus en plus connu. Cela ne va pas sans contradictions: assumer le véganisme demande des exigences morales et culturelles en conflit avec les valeurs dominantes.

Sans doute que le médecin, écrivant régulièrement dans cet organe très conservateur qu’est Le Point, a voulu directement couper court à la problématique, plutôt que d’avoir une bombe à retardement…

Il lui est facile de faire « à la française » en disant qu’il ne faut pas être extrémiste, qu’il faut savoir raison garder, que rester mesuré est la source de la vérité et autres hypocrisies!

Cela lui évite d’avoir à rentrer dans une logique qu’il faudra stopper net quand les conséquences en seront saisies. Car parler de véganisme dans un monde qui l’est de moins en moins, cela peut permettre à court terme de prétendre être pour le changement, mais à moyen terme la contradiction est telle que…

« On a eu le régime hyperprotéiné, maintenant on a le vegan »

Le Point – Publié le 25/06/2015 à 06:10 – Modifié le 25/06/2015 à 07:09
Le mode de vie « vegan » est très en vogue, chez les people notamment. Mais n’est-il pas dangereux pour la santé ? Réponse avec le Dr Laurent Chevallier.

Propos recueillis par Sixtine Lys

Le régime vegan, terme entré dans la dernière édition du Larousse, est la combinaison d’une alimentation proche de celle du végétalien, qui exclut tout produit issu des animaux – y compris le miel et les produits laitiers –, et de modes de consommation liés à des convictions. Rendu célèbre par des people qui s’en réclament, comme Beyoncé, ce régime, suivi pour différentes raisons (santé, écologie, spiritualité), est l’objet de plus en plus de critiques. Premier chef d’accusation : les risques de carence. Si de grandes marques s’emparent déjà de ce marché, telles que Ben & Jerry’s qui travaille sur la création d’une crème glacée sans lait, il convient de s’assurer qu’un tel régime n’entraîne pas de dangers pour la santé. Le Dr Laurent Chevallier*, nutritionniste intervenant dans Le Point, répond aux questions sur le régime vegan.

Le Point.fr : Est-il possible d’avoir une alimentation équilibrée tout en suivant le régime vegan ?

Dr Laurent Chevallier : Les régimes « à la mode » sont souvent excessifs. On a eu le régime hyperprotéiné, maintenant on a le vegan. Mais physiologiquement, cela ne marche pas. Ces régimes fonctionnent sur des déséquilibres nutritionnels. L’organisme a besoin d’une diversité alimentaire. En revanche, le fait de manger moins avec une tendance végétarienne, c’est une bonne chose.

Le régime végétarien est plus conseillé que le veganisme ?

Un régime végétarien peut être tout à fait viable si, par ailleurs, il y a les combinaisons alimentaires suffisantes. La vitamine B12, par exemple, est absolument indispensable pour la fabrication des globules rouges et très rare dans le milieu végétal. Quand on est végétarien, les œufs et les produits laitiers suffisent. Pour les végétaliens, c’est beaucoup plus difficile. On peut en trouver en toutes petites quantités dans les algues ou le quinoa. On voit aussi des déficits en vitamine D qu’on trouve dans les poissons gras, le beurre ou grâce à l’exposition au soleil. Ce n’est pas spécifique aux végétaliens, mais ce régime accentue cette carence, qui favorise des pathologies telles que les insuffisances cardiaques. Enfin, il y a le déficit d’apport en fer. Le fer d’origine animale est plutôt bien assimilé, contrairement au fer d’origine végétale. Avec un régime végétalien strict, il y a un risque de grosses carences et de troubles de la nutrition. Je comprends le fait de manger moins de produits carnés, mais il faut faire attention à ne pas pousser à l’extrême. Physiologiquement, l’homme a besoin de ces éléments qu’il ne sait pas synthétiser, comme la vitamine B12. Pour ma part, je préconise à mes patients, cardiaques notamment, d’avoir une « tendance » végétarienne qui est un mode de vie plutôt sain.

Les Français mangent-ils trop de viande ?

Oui. La consommation de viande est un malentendu. Historiquement, on n’en a jamais beaucoup mangé. L’homme est un chasseur-cueilleur, mais un piètre chasseur, en comparaison avec les bêtes carnivores. Ses sources de protéines étaient d’une part les légumes secs et d’autre part les insectes. La viande a ensuite été un marqueur social, car la chasse était réservée aux nobles. Avoir accès à la viande était une preuve de richesse. Aujourd’hui, la consommation de viande est tout à fait excessive. Selon moi, 400 grammes de viande par semaine et une alimentation équilibrée doivent largement suffire pour couvrir les besoins en vitamine B12 et en fer.

Comment faire pour éviter les carences du régime vegan ?

En termes d’apports en protéines, ce n’est pas un problème. Les végétariens font des combinaisons entre légumes secs et céréales. En ce qui concerne les glucides, on en consomme déjà trop. Pour mieux assimiler le fer végétal, on peut prendre des vitamines C. Pour la vitamine B12, en revanche, c’est plus compliqué. Il faudrait prendre des algues, mais aucune étude ne prouve que la consommation d’algues arrive à suppléer au déficit d’apport en vitamine B12. Il faut également prendre un supplément en vitamine D.

Le vegan est un régime alimentaire mais aussi une philosophie de vie…

Concernant le mode de vie, je trouve que c’est une très bonne idée. On utilise beaucoup de graisses animales, on doit rajouter des produits chimiques pour que ça ne rancisse pas, et ce n’est pas sain. S’orienter vers des cosmétiques d’origine uniquement végétale est une bonne initiative. Attention cependant aux matières synthétiques dans les vêtements. Certaines matières chimiques ne sont pas forcément recommandables, comme les perturbateurs endocriniens.

Doit-on consulter un nutritionniste avant de se lancer dans un tel régime ?

Il faut surtout voir son médecin traitant, qui va faire des analyses et un bilan pour voir si c’est raisonnable ou pas.

*Médecin nutritionniste auteur de Moins de médicaments, plus de plantes (Fayard).

Hulot signe la préface de l’encylique « Laudato Si »

L’Eglise catholique a bien évidemment fait imprimer la version française de l’encyclique « Laudato Si » du pape François. On y trouve deux préfaces : une est écrite par le cardinal Philippe Barbarin, qui est le « primat des gaules » c’est-à-dire grosso modo le chef de l’Eglise catholique en France, et une autre est écrite… par Nicolas Hulot! La voici.

Préface de Nicolas Hulot

En ce début du XXIème siècle, notre intelligence est mise en demeure de prendre en charge les manifestations de son propre succès. La crise climatique n’est pas une simple crise environnementale. Elle est le symptôme visible d’une profonde crise anthropologique.

Nier ou réduire sa dimension, c’est prendre le risque d’ajouter de la misère à la misère, de la souffrance à la souffrance. N’oublions jamais que le changement climatique frappe prioritairement les enfants, les femmes et les hommes les plus vulnérables. Rétablir les équilibres climatiques est la pierre angulaire de la dignité humaine, de la justice sociale et de la paix.

Nous focaliser sur les effets du changement climatique sans en comprendre les causes, sans sonder les racines du mal, ne nous épargnera que provisoirement. L’humanité a avec elle-même un rendez-vous critique qu’elle ne doit pas esquiver. L’âme du monde est malade et nous divaguons dans une profonde crise de sens.

L’homme n’est plus relié à rien, c’est son désarroi tragique. L’homme s’est désolidarisé du futur, du passé de la terre et du reste du vivant. Privé d’horizon, l’homme est mutilé.

Dans cette crise de civilisation, la politique, l’économie, la technologie, la science devront être totalement mobilisées.

Mais à cette dimension horizontale, il faut apporter une dimension verticale : replacer l’Homme dans l’univers, dans la Nature, redéfinir collectivement les fins et les moyens, redonner du sens au progrès, voilà le préalable à la solution durable.

Où est l’Homme universel, fraternel ? Où est sa dimension spirituelle, sa sagesse ? Où est l’unité entre l’homme et la Nature ? Où sont le respect et la paix ?

Autant de questions et de réponses qui ne jailliront pas spontanément dans la société d’aujourd’hui. Ses codes d’expression et son rythme sont incompatibles avec une telle introspection.

L’encyclique Laudato si’, comme la voix du pape François, peuvent largement y contribuer. Ce texte peut élever la réflexion et forcer l’esprit humain à partager une vision. Il peut être une boussole providentielle dans un monde désorienté pour retrouver du sens. Une passerelle inespérée pour renouer avec l’humilité, la modération et la solidarité.

L’humanité est à l’aube d’une métamorphose. L’avenir n’est désespérant que si on laisse le temps décider à notre place. La famille humaine doit écrire un nouveau chapitre de son odyssée. Cette encyclique doit être un substrat fécond pour inspirer notre imagination et orienter nos énergies.

Le pape François solennise et sacralise l’enjeu écologique. Il scelle un diagnostic en associant science et morale. En nous invitant au courage et à l’honnêteté, François propose une nouvelle feuille de route pour l’humanité, il ouvre un chemin de maturité jalonné de valeurs incontournables.

Voilà bien l’écologie en mode anthropocentriste, rejetant catégoriquement la Nature! Et voici également, avec un soutien moins ouvert mais en disant long tout de même, la position officielle du ministère des affaires étrangères sur l’encyclique, au moment de la publication de celle-ci:

Publication de l’encyclique « Laudato Si » sur la question écologique – Déclaration de Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international et président de la COP21 (18 juin 2015)

Je salue la publication de l’encyclique « Laudato Si » de Sa Sainteté le Pape François, première encyclique de l’histoire de l’Eglise catholique consacrée à la question écologique.

Son titre, tiré des écrits de Saint François d’Assise, et son statut – il s’agit du document de la valeur la plus élevée que puisse produire le souverain pontife -, témoignent de l’importance accordée à la protection de l’environnement par le Pape.

En cette année décisive pour la lutte contre le dérèglement climatique, ce geste sans précédent contribuera à renforcer la mobilisation de la communauté chrétienne et plus largement de l’ensemble des citoyens du monde qui sont sensibles aux messages du Pape. C’est donc une contribution importante pour le succès de la COP21.

Les masques tombent. L’écocide est de plus en plus grand, il faut choisir son camp, et les anthropocentristes sont obligés de montrer le caractère de leur « écologie »…

Mélenchon : « la mer est l’avenir de la France »

Voici une tribune, publiée dans le Figaro, qui représente encore une fois l’expression de ces tendances capitalistes qui comptent partir à l’assaut de l’océan!

Celles-ci se renforcent de plus en plus (voir par exemple La Marine nationale aimerait renforcer l’exploitation animale maritime ou encore L’océan, un « capital environnemental » ?!).

C’est ni plus ni moins qu’un appel à une nouvelle fuite en avant, toujours plus destructrice… Quel symbole d’ailleurs de voir Mélenchon, qui se veut tellement de gauche (selon lui), s’exprimer dans le journal « typique » du capitalisme français…

Jean-Luc Mélenchon : la mer est l’avenir de la France

FIGAROVOX/TRIBUNE – Jean-Luc Mélenchon et Younous Omarjee rappellent le rôle majeur que peut jouer la France dans l’économie maritime. Ils invitent à élaborer une véritable stratégie pour développer toutes les potentialités que recèlent ses mers et océans.
Publicité

Réunionnais, Younous Omarjee est député européen de l’Union pour les Outremer.

Ancien ministre délégué à l’Enseignement professionnel et député européen, Jean-Luc Mélenchon a été coprésident du Parti de Gauche jusqu’en août 2014.

Un monde touche a sa fin. Mais qui prépare le suivant? Les grands gouvernements du monde sont incapables de faire face. L’épuisement dangereux du modèle économique productiviste dominant et les violences de la géopolitique actuelle les submergent.

Ils mettent nos démocraties en panne à la remorque d’objectifs absurdes. Nous pouvons penser le futur tout autrement. Les solutions du passé ne suffisent plus. Nous devons tout réinterroger et réinvestir des champs nouveaux.

Chaque pays est singulier. La France pas moins que les autres. Elle peut beaucoup apporter à l’humanité tout entière. Pour cela, faut-il cependant pour le comprendre avec justesse, prendre conscience de ce que son pays est, et ne pas oublier ce qui fait sa force. La France est maritime. Et nous avons cessé depuis trop longtemps de nous comprendre comme un acteur maritime majeur.

Rougissons de voir la médiocrité de nos politiques, de nos ambitions et de la faiblesse consternante de nos investissements dans ce domaine. Ils sont dérisoires à côté de celui que notre pays consent sur l’autre frontière du futur qu’est l’aérospatial.

Pourtant la mer est le meilleur point d’appui dont nous disposons pour sortir des crises en cours. Avec 11 millions de km2 de surface maritime, la France est le deuxième géant maritime mondial, presque à égalité avec les États-Unis.

En additionnant ses territoires maritime et terrestre, la France est le 6e plus grand pays de la planète, devant la Chine et l’Inde, alors que sa superficie terrestre seule la ramène au 41ème rang mondial. Sa superficie maritime est aussi supérieure à la superficie terrestre de l’Europe entière. Nous avons de l’or bleu entre les mains. Le rêve français du futur est salé.

Et pourtant! Que connaissons-nous de ce vaste espace? 3%? 5%? Autant dire/ rien. Nous n’en maitrisons ni la géographie précise, ni la topographie, ni le vivant, ni les capacités. Qu’en tirons-nous?

Pas plus que ce que nous en savons. Le rôle passé et présent de la mer fait que la cartographie, la navigation et l’ingénierie navale sont aujourd’hui les sciences les plus abouties que nous maitrisons. Hélas nous ne connaissons que les fonds côtiers et la surface des mers. Le reste demeure inconnu. Si aujourd’hui certains poussent l’exploration, ce n’est qu’en vue d’y trouver des énergies fossiles, loin de la nécessaire transition énergétique.

Les mers et les océans sont les enjeux du 21ème siècle pour ouvrir une nouvelle page de l’histoire humaine. La géopolitique commande la politique. La mer n’échappe pas à la règle. Hier pour le contrôle du canal de Suez, demain pour l’accès aux nouvelles routes maritimes du Nord, l’accueil des maxi-cargos qu’elles laisseront passer, le contrôle des zones de pêches… L’indépendance de la France ne peut se penser hors de ce cadre.

Mais les mers et les océans ont aussi la capacité de servir un bien plus vaste idéal que les seules visées géopolitiques héritées des empires, et qui ont souvent fait fi de toute considération humaine et écologique. La préservation de la biosphère, et donc la survie de l’humanité, passe par les océans. On ne réduira pas massivement les émissions de gaz à effet de serre sans l’apport des énergies marines renouvelables.

Les dix milliards d’êtres humains de 2050 n’accèderont pas à l’alimentation sans les ressources de la mer et, au-delà, de l’aquaculture au sens large. Il en va de même pour l’accès à l’eau potable, pour la recherche médicale etc. Les financiers l’ont bien compris. Ils ont déjà commencé à exploiter les océans. Allons-nous leur abandonner ce bien public mondial et nos eaux territoriales? Ou bien allons-nous agir et utiliser cette action en mer pour repenser notre action dans un but écologique et social, y compris à terre? Voila le défi!

La France peut impulser ce changement. À partir de ses côtes métropolitaines, évidemment. Mais surtout, en redécouvrant sa place dans les océans et celle de ses îles, en prenant conscience de l’immensité que les îles confèrent à la France, et en nous replaçant, avec la force de tous nos Outre-mer, au centre d’une nouvelle révolution de la civilisation humaine. C’est une chance pour donner à notre pays un cap, à notre jeunesse un horizon d’engagement et d’enthousiasme créateur. C’est le moyen de peser sur l’avenir de la planète, et de faire vivre nos principes universels.

Le déplacement de Manuel Valls à la Réunion et à Mayotte est une nouvelle occasion manquée d’affirmer cette ambition pour la mer. L’égalité réelle pour les outres-mers ne sera qu’une promesse verbale de plus tant que les potentialités de la mer resteront oubliées: développement endogène, autonomie énergétique, progrès humain pour les populations.

Nous appelons à la construction d’une stratégie horizontale couvrant tous les aspects économiques, sociaux et environnementaux qui peuvent naître des mers et océans. Nous appelons à faire de cette grande ambition maritime une ambition de la France pour l’Europe, en s’inspirant de la vision et de l’intelligence qu’eut à son époque François Mitterrand en créant le programme Eureka.

La France se mutile en refusant sa vocation en mer. L’heure des îles, des côtes et des océans a pourtant sonné. Cessons de déprimer! Prenons confiance en nous-mêmes, tournons le dos aux psalmodiant du déclinisme! Le goût du futur est salé comme l’eau de mer.

Bad Religion : « Fuck Armageddon… This Is Hell! »

« Bad Religion » est un groupe de punk hardcore de Los Angeles, dont le premier album est un grand « classique » du genre (il a notamment profondément influencé Zack de la Rocha de Rage against the machine).

La critique sociale en général et de la religion en particulier est évidemment un grand thème de ce groupe qui a ensuite mené son chemin pendant plus de 30 ans (avec une orientation plus pop punk).

Voici l’extrait de la chanson phare du premier album ; les vidéos permettent d’écouter tant l’un que l’autre.

La chanson s’appelle « Fuck Armageddon… This Is Hell! », le groupe envoyant « se faire foutre » l’Armageddon, c’est-à-dire la fin (catholique) des temps ou encore la guerre nucléaire, le terme ayant été employé pour la désigner aussi.

L’album s’appelle « How Could Hell Be Any Worse? »: comment l’enfer pourrait-il être pire?

There’s people out there that say I’m no good,
‘Cause I don’t believe the things that I should,
And when the final conflict comes, I’ll be so sorry I did wrong,
And hope and pray that our lord god will think I’m good.
Il y a des gens là-bas qui disent que je ne suis pas bon,
Parce que je ne crois pas en les choses auxquelles je devrais,
Et lorsque le conflit final arrive, je serai tellement désolé d’avoir fait du mal,
Et espérons et prions que notre seigneur dieu va penser que je suis bon.

Countries manufacture bombs and guns
To kill your brother for something that he hasn’t even done.
Smog is ruining my lungs, but they aren’t sorry they’ve done wrong,
They hide behind their lies that they’re helping everyone.
Les pays fabriquent des bombes et des fusils
Pour tuer votre frère pour quelque chose qu’il n’a même pas fait.
Le smog est en train de ruiner mes poumons, mais ils ne sont pas désolé qu’ils ont fait du mal,
Ils se cachent derrière leurs mensonges qu’ils aident chacun

In the end the good will go to heaven up above,
The bad will perish in the depths of hell.
How can hell be any worse when life alone is such a curse?
A la fin le bon ira au ciel au-dessus,
Le mauvaise périra dans les profondeurs de l’enfer.
Comment l’enfer peut être pire d’une quelconque manière quand la vie en soi est une telle malédiction?

Fuck Armageddon, this is hell
Armageddon va te faire foutre, c’est déjà l’enfer

We’re living in the denoument of the battle’s gripping awe,
So what’s the use of being good to satisfy them all?
How could hell be any worse? Life alone is such a curse!
Nous vivons dans la crainte du dénouement de la bataille,
Alors, à quoi bon être bon à tous les satisfaire?
Comment l’enfer peut être pire d’une quelconque manière quand la vie en soi est une telle malédiction?

Nicolas Hulot dans les bras du « Saint-Père »

Nicolas Hulot, en tant qu’envoyé spécial du président de la République chargé de l’écologie, est un partisan acharné du Vatican, oeuvrant par tous les moyens pour que le pape soit à Paris à l’occasion de la conférence de l’ONU à la fin de l’année.

Lors de la publication de l’encyclique « Laudato Si' », il était présent à une conférence avec des évêques. A ses yeux, l’encyclique est une « magnifique feuille de route »… Comme il l’explique ici à Radio Vatican, en utilisant même l’expression « Saint-Père » pour parler du pape!

On a ici un éloge de l’anthropocentrisme, une volonté acharnée de refuser de reconnaître la Nature…

J’ai reçu ce texte avec beaucoup d’enthousiasme, avec un sentiment, pour une fois de satisfaction, c’est à dire que grâce à ce texte, on va enfin placer l’enjeu écologique, à un niveau, à une échelle supérieure majeure. On replace bien l’enjeu écologique comme étant un profond enjeu humaniste.

Donc, tous les doutes sont levés sur le fait que l’enjeu écologique et l’enjeu climatique placent bien l’Homme au cœur de nos préoccupations. C’est donc un texte qui confirme, conforte, éclaire et qui analyse.

Ce qui est aussi très important , c’est qu’il ne se contente pas simplement, même s’il le fait avec beaucoup de discernement, de faire un constat sur la situation à la fois écologique- mais quelque part- j’allais dire presque sur la situation culturelle de notre société mais c’est un texte qui nous invite à une forme d’introspection pour essayer de comprendre finement comment nous en sommes arrivés à ce point, qu’est-ce qui ne fonctionne pas dans notre paradigme et même temps c’est une magnifique feuille de route pour chaque individu, mais également pour les responsables politiques et économiques.

En proposant une écologie globale, cette encyclique va permettre de dépasser les couleurs politiques, de transcender le débat ?

Oui, vous savez l’écologie c’est justement par principe normalement, transcender les dogmes.

Et malheureusement, c’est l’effet inverse qui s’est produit, ici et ailleurs depuis des années. D’un enjeu qui est un enjeu universel, qui est un enjeu supra-politique, il a été perçu ou parfois même exprimé avec un substrat idéologique ou dogmatique, ce qui fait qu’on a réduit dans sa perception un enjeu universel à un enjeu partisan.

Là, l’intérêt notamment de ce texte, c’est qu’il place cet enjeu au-dessus de tout cela et qu’il confirme encore une fois, ce que la science nous a expliqué, c’est que nous sommes dans un point critique, un moment de rupture psychique et physique de notre planète et que nous sommes dans une profonde crise anthropologique, nous ne sommes pas simplement dans une crise environnementale, nous sommes dans une profonde crise systémique et je pense que c’est important que le diagnostic soit à la hauteur si l’on veut que les révisions de modes de vie, de comportement soient également à l’échelle.

Si le diagnostic n’est pas à la dimension de la situation, la réaction de la communauté internationale, ne sera pas également proportionnée au diagnostic.

Vous militez depuis de nombreuses années pour sensibiliser au changement climatique, aux enjeux environnementaux, il faut que l’Homme soit placé au centre de cette question, c’est pour cette raison que vous souhaitiez entendre la voix du Pape François, que vous attendiez cette encyclique ?

Pour un ensemble de raisons, d’abord oui on a besoin de sacraliser un enjeu que certains ont parfois tourné en dérision, qui peut parfois provoquer une forme d’aversion ou simplement parce que cet enjeu pouvait susciter une forme de malentendu, sur le fait que l’Homme n’était pas la priorité de nos préoccupations.

On avait besoin aussi, que cet enjeu ne soit pas simplement abordé sous un plan économique ou technologique mais également avec une dimension spirituelle parce que comme le rappelle cette encyclique nous traversons une profonde crise de sens, et comme nous y appelle l’encyclique nous avons besoin collectivement de partager une vision et de redéfinir le progrès, et de ce fait, je pense qu’ il y a des voix qui peuvent tout y indiquer, des voix qui seront écoutées, qui portent au-delà de la communauté des croyants, et la voix du Pape à travers cette encyclique fait partie de ces voix qui passent au-dessus du bruit de fond de nos sociétés qui nous empêchent parfois de discerner l’essentiel du superficiel et justement le Pape nous invite à ce discernement.

Le Pape nous invite à choisir ce qui participe vraiment au progrès de l’humanité.

Le Saint-Père a très clairement dénoncé les différents sommets sur l’environnement qui ont lieu jusqu’à présent, vous pensez que cette encyclique peut véritablement peser avant les discussions qui auront lieu à Paris lors de la Conférence sur les changements climatiques en décembre prochain ?

Vous savez quand je suis allé plusieurs fois au Vatican, justement j’ai mis en exergue le fait que c’était un peu la Conférence de la dernière chance, et que compte tenu des échecs précédents, il ne suffirait pas que la France fasse preuve de bonne volonté pour que cette Conférence devienne un succès.

Il fallait placer chacun, et notamment les responsables politiques devant leur responsabilité. Ils ont l’Histoire en main, voilà.

Alors, je ne surestime pas l’importance de cette encyclique, mais je ne la sous-estime surtout pas.

J’en vois déjà d’ailleurs les réactions, y compris du Président Obama, et quand je dis que la voix du Pape porte au-delà des croyants, je vois les réactions dans le monde entier, c’est une contribution excessivement positive, et compte tenu de la complexité de la négociation, compte tenu que les États ont du mal à se débarrasser du prisme de leurs intérêts nationaux, c’est l’appel également à l’universalité, à une vision universelle des enjeux et pour moi aussi contribution magnifique.

Si on peut se réjouir de l’attente qu’a suscitée cette encyclique, de l’accueil qu’elle a reçue, est-ce que dans le même temps ce n’est pas un constat d’échecs pour les dirigeants politiques de ce monde qui jusqu’à présent n’ont pas véritablement pris à bras le corps cette question écologique ?

Oui, il y a une critique ou un constat plus qu’une critique sur le fait que, jusqu’à présent la seule chose qui se soit développée, c’est le phénomène que nous somme sensés combattre, que la prise de conscience n’a pas été accompagnée des mutations, des révisions, des ambitions à la hauteur de cette situation et le Saint-Père nous exhorte à du courage et à de l’honnêteté.

Courage dans l’ambition, et honnêteté de ne pas fuir la réalité et d’écrire l’Histoire à Paris. Il nous exhorte quelque part à faire de Paris effectivement un moment de vérité et d’honnêteté.

Et donc, il a raison de dire que jusqu’à présent malheureusement ces conférences n’ont pas réussi, en même temps chacun peut comprendre que c’est très complexe car en même temps combiner le court terme et le long terme, que mettre 195 Etats sur une même dynamique c’est compliqué sachant que 195 Etats ont des situations, des responsabilités, des conditions très différentes.

Mais justement, il faut que pour réussir, nous abordions cet enjeu et c’est ce à quoi le Saint-Père nous invite, avec encore une fois une vision universelle pour comprendre que c’est la famille humaine qui est au pied du mur, qu’il y a une communauté de destins. Il faut aussi que chacun acte cette notion que nous rappelle l’encyclique, cette notion de « maison commune » et cette notion de «bien commun ».

Et puis il y a une chose aussi qui est très importante dans l’encyclique, à laquelle je suis très attachée. Je pense que cette encyclique n’est pas une encyclique qui soit là pour culpabiliser.

L’encyclique est là pour responsabiliser, ça veut dire reconnaitre aussi une forme de responsabilité et notamment quand l’encyclique parle de la dette écologique des pays du Nord vis-à-vis des pays du Sud moi, je me réjouis de cette vérité, de cette transparence parce que nous avons une responsabilité vis-à-vis de l’Histoire et une responsabilité effectivement vis à vis des pays du Sud qui subissent un phénomène qu’ils n’ont pas provoqué, qui est la conséquence d’un mode de développement qui ne leur a pas bénéficié, qui parfois s’est fait d’ailleurs à leur détriment et dont maintenant ils subissent les conséquences. Et je pense que c’est très important de replacer cet enjeu dans cette perspective.

Avec cette encyclique, c’est une révolution verte qui est en marche, qui a été entamée ?

Vous savez, Victor Hugo disait : « Le progrès c’est la révolution faite à l’amiable » et il faut faire cette révolution à l’amiable et nous pouvons le faire à l’amiable si nous sommes capables de transformer nos ambitions en intelligence collective et à l’inverse si nous ne le faisons pas maintenant, cette révolution se fera mais pas forcément dans des conditions pacifiques.

L’encyclique « Laudato Si' » contre le biocentrisme

Petit retour sur l’encyclique « Laudato Si' » du pape, avec cette fois les passages utilisant les mots « anthropocentrisme » et « anthropocentriste ».

Ces passages sont très peu nombreux, car l’Eglise joue avec le feu et elle le sait. D’un côté, il lui est facile, voire très facile, de dénoncer les anthropocentristes, existentialistes, etc. qui relativisent tout au nom de la toute puissance de l’individu. C’est au moyen de cette critique qu’elle va se la jouer « progressiste », alors qu’en réalité sa « révolte contre le monde moderne » implique un retour en arrière.

De l’autre, il y a le biocentrisme qui plane comme menace. A LTD, nous sommes biocentristes, et en tant que tel le seul média vegan biocentriste. Le terme a pu être employé par certains ici et là depuis quelques mois, mais c’est une escroquerie pour se passer comme « radical », principalement du côté des « antispécistes » désireux de masquer leur ultra-individualisme et leur négation de la Nature.

L’Eglise sait très bien que la critique de l’ultra-individualisme ne lui appartient pas et qu’à sa critique appelant à aller en arrière, il y a celle affirmant qu’il faut aller de l’avant: la Terre d’abord!

L’Eglise doit expliquer qu’il y a un ordre naturel… Qui n’est pas naturel, car en fait surtout divin. Les animaux seraient donc « soumis » par… nature et les utiliser serait… écologiste, du moment que ce serait « bien fait ». C’est la même logique que les décroissants.

Ce qui permet de comprendre qu’il y a en pratique trois grandes approches actuellement dans le monde: celle qui affirme l’ego, l’individu; celle qui exige le retour en arrière, aux valeurs conservatrices et passéistes; celle qui exige la collectivité organisée dans la soumission à l’ensemble du vivant existant sur la planète.

Un anthropocentrisme dévié ne doit pas nécessairement faire place à un “bio-centrisme”, parce que cela impliquerait d’introduire un nouveau déséquilibre qui, non seulement ne résoudrait pas les problèmes mais en ajouterait d’autres. On ne peut pas exiger de l’être humain un engagement respectueux envers le monde si on ne reconnaît pas et ne valorise pas en même temps ses capacités particulières de connaissance, de volonté, de liberté et de responsabilité.

119. La critique de l’anthropocentrisme dévié ne devrait pas non plus faire passer au second plan la valeur des relations entre les personnes. Si la crise écologique est l’éclosion ou une manifestation extérieure de la crise éthique, culturelle et spirituelle de la modernité, nous ne pouvons pas prétendre soigner notre relation à la nature et à l’environnement sans assainir toutes les relations fondamentales de l’être humain. Quand la pensée chrétienne revendique une valeur particulière pour l’être humain supérieure à celle des autres créatures, cela donne lieu à une valorisation de chaque personne humaine, et entraîne la reconnaissance de l’autre.

C’est pourquoi la législation biblique s’attarde à proposer à l’être humain diverses normes, non seulement en relation avec ses semblables, mais aussi en relation avec les autres êtres vivants : « Si tu vois tomber en chemin l’âne ou le bœuf de ton frère, tu ne te déroberas pas […] Si tu rencontres en chemin un nid avec des oisillons ou des œufs, sur un arbre ou par terre, et que la mère soit posée sur les oisillons ou les œufs, tu ne prendras pas la mère sur les petits » (Dt 22, 4.6). Dans cette perspective, le repos du septième jour n’est pas proposé seulement à l’être humain, mais aussi « afin que se reposent ton âne et ton bœuf » (Ex 23, 12). Nous nous apercevons ainsi que la Bible ne donne pas lieu à un anthropocentrisme despotique qui se désintéresserait des autres créatures.

Le Catéchisme remet en cause, de manière très directe et insistante, ce qui serait un anthropocentrisme déviant : « Chaque créature possède sa bonté et sa perfection propres […] Les différentes créatures, voulues en leur être propre, reflètent, chacune à sa façon, un rayon de la sagesse et de la bonté infinies de Dieu. C’est pour cela que l’homme doit respecter la bonté propre de chaque créature pour éviter un usage désordonné des choses »

Dans la modernité, il y a eu une grande démesure anthropocentrique qui, sous d’autres formes, continue aujourd’hui à nuire à toute référence commune et à toute tentative pour renforcer les liens sociaux

L’anthropocentrisme moderne, paradoxalement, a fini par mettre la raison technique au-dessus de la réalité, parce que l’être humain « n’a plus le sentiment ni que la nature soit une norme valable, ni qu’elle lui offre un refuge vivant. Il la voit sans suppositions préalables, objectivement, sous la forme d’un espace et d’une matière pour une œuvre où l’on jette tout, peu importe ce qui en résultera ».[92] De cette manière, la valeur que possède le monde en lui-même s’affaibli

Un anthropocentrisme dévié donne lieu à un style de vie dévié. Dans l’Exhortation apostolique Evangelii gaudium, j’ai fait référence au relativisme pratique qui caractérise notre époque, et qui est « encore plus dangereux que le relativisme doctrinal».[99] Quand l’être humain se met lui-même au centre, il finit par donner la priorité absolue à ses intérêts de circonstance, et tout le reste devient relatif. Par conséquent, il n’est pas étonnant que, avec l’omniprésence du paradigme technocratique et le culte du pouvoir humain sans limites, se développe chez les personnes ce relativisme dans lequel tout ce qui ne sert pas aux intérêts personnels immédiats est privé d’importance.

Action de l’ALF à Céret

L’ALF a revendiqué une action à Céret dans les Pyrénées-Orientales.

« La ville de Céret (France) organise des corridas : torture et meurtre d’animaux.

Nous avons mis le feu à la voiture de l’épouse du Maire de Céret pour que ce massacre cesse.

Le portail blanc en plastique et la lumière allumée dans la maison, cette nuit-là, ne nous ont pas empêché d’agir.

Nous voulons la justice pour les animaux et nous l’obtiendrons.

ALF »

Voici un communiqué de partisans de la corrida à la suite de cette action.

Communiqué :
 L’Observatoire National des Cultures Taurines condamne avec la plus grande fermeté le nouvel attentat commis (ndlr : nuit du 26 au 27 mai 2015)  par la mouvance animaliste radicale dont des éléments ont revendiqué l’incendie volontaire d’une voiture appartenant à l’épouse du maire de Céret, justifiant leur acte par le fait que cette ville organise des corridas. Cette radicalisation d’éléments extrémistes s’explique par les échecs répétés des manifestations organisées depuis un an et dont l’affluence a considérablement baissé.
Considérant que ces manifestations n’en constituent pas moins le bouillon de culture du terrorisme animaliste en France, nous demandons à Monsieur le Ministre de l’Intérieur de les interdire, dans la mesure où, toutes, dernièrement, ont donné lieu à des troubles à l’ordre public, des agressions contre les biens et les personnes, des vols, du vandalisme et de la mise en danger d’autrui, à Arles, Palavas et Nîmes notamment.
Nous assurons le maire et la Ville de Céret du soutien unanime du monde taurin français.

Les « désoiffeurs »

Les « désoiffeurs » : voilà encore une « invention » assez terrible. Et c’est une belle preuve que l’alcool est tout à fait banalisé et qu’il est tout à fait possible d’en faire la promotion. En l’occurrence, il s’agit de gens se baladant avec un sac à dos rempli de litres de boisson, qu’on peut donc acheter sans se déplacer, ou même (ou surtout) si on n’en avait pas envie à la base…




Cela s’appelle de l’incitation, mais l’entreprise en question est maligne: elle n’est que prestataire de service, et elle peut très bien arguer qu’à l’opposé du hellfest où en ce moment elle propose de la bière, cette dernière est proposée sans alcool au Parc des Princes…

Voici comment L’indépendant présente l’entreprise en question, en la saluant comme innovatrice etc. : en réalité il s’agit seulement de businessmen ayant copié ce qu’ils ont vu en Angleterre.

Et au Hell Fest, les « désoiffeurs » se présentent comme bénévoles; en gros ce qui a dû arriver, c’est que ces gens sont payés peu ou pas, en échange d’une présence au concert.

Bref, on a un exemple de l’esprit de la « libre-entreprise » : profiter des défauts de la société sur le plan de la vie quotidienne, payer mal ou pas, le tout en masquant cela derrière le « service » voire la « fête »!

Il n’y a pas à dire : devenir (ou rester) straight edge est un engagement tout à fait nécessaire…

Aux anges, les jeunes entrepreneurs gardent les pieds sur terre et continuent à conquérir le marché en s’attaquant aux grands festivals tels que Musilac (Aix (les-Bains), Hell Fest (Clisson) ou encore les Déferlantes (Argelès-sur-Mer). Sans oublier les opérations marketing pour de grandes marques de boissons. (…)

Toujours tournés vers l’avenir, les désoiffeurs ambitionnent déjà de récupérer d’autres festivals tels que Rock en scène ou Solydays. La petite start up narbonnaise a désormais tout d’une grande !

Comment ça marche ? ! « Il s’agit d’un sac à dos isotherme d’une contenance de 11 litres relié à un tuyau équipé d’un robinet », explique Jean-Baptiste. A l’intérieur, un réservoir à gobelets, un mini-fût de 10 litres, une bouteille de CO2 et le tour est joué ! Boissons fraîches ou chaudes, gazeuses ou non… sont donc proposés au public au même prix qu’à la buvette, sans avoir à se déplacer ou à faire la queue.

Astucieux, le sac peut revêtir un habillage aux couleurs d’une activité, marque ou produit, offrant également un support de communication mobile pour les organisateurs. Qui sont ces hordes de désoiffeurs qui arpentent les gradins ? »Nous travaillons en général avec les écoles de commerce (l’INSEEC et l’ESSEC) qui ont des antennes un peu partout, ce qui nous permet de faire travailler des étudiants. On peut avoir besoin de 75 à 80 personnes pour un seul événement à Paris ».

L’exploitation des insectes au bac professionnel

Hier se déroulait l’épreuve « Prévention Santé Environnement » du baccalauréat professionnel. L’épreuve fait l’apologie ouverte de l’exploitation animale, avec une entreprise utilisant des insectes pour l’alimentation… En voici le principal extrait…

PARTIE 1 : 12 POINTS
Première sous partie : 6 points

Situation A
Ils élèvent des insectes pour nos assiettes.

Oubliez veaux, vaches, cochons ! Désormais, la France élève par millions vers et grillons. D’ici un an, ils pourraient même débarquer dans nos supermarchés…

Un entrepôt de 700 m² sans fenêtres, quelque part dans la zone industrielle de Saint-Orensde-Gameville (Haute-Garonne). Dans un local humide et surchauffé, des millions de vers grouillent sur un lit de farine. Leurs cages de simples bacs en plastique s’empilent par dizaines le long des murs. Dans le hangar principal, plus frais, des milliers de grillons grésillent enfermés dans des boîtes alignées sur trois niveaux.

A ce jour Micronutris produit et vend 1 tonne d’insectes par mois en France et en Europe, mais demain, c’est en quantités bien plus importantes et dans la grande distribution que la firme espère vendre.

Les 2000 espèces d’insectes comestibles recensées à travers le monde sont particulièrement riches en protéines et pauvres en graisse : « Le taux de protéines peut atteindre les 75 % sur extrait sec, expose Cédric Auriol, pour seulement 2,2 % de matières grasses chez les grillons et les criquets ». Autre avantage nutritionnel : leur richesse en
vitamines, fer, zinc, oméga-3…

Les insectes offrent un taux inégalé de transformation de la nourriture en poids utile : avec 10 kg de nourriture, on produit 1 kg de bœuf et 3 de porc, contre 9 de grillon. Selon une étude de l’université Wageningen (Hollande), la production de 1 kg de grillons émet 0,09 g de CO² par jour contre 7 g pour le bœuf et 28 g pour le porc. Dernier argument : les insectes sont génétiquement très éloignés de l’homme.

Le risque qu’ils lui transmettent des virus comme H5N1 ou le SRAS est donc nul. Pour toutes ces raisons, la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) encourage la consommation d’insectes partout sur le globe. La population mondiale va passer de 7 à 9 milliards d’ici 2050. Les surfaces cultivées ne suffiront pas à produire la viande nécessaire pour nourrir autant d’êtres humains. Il faudra donc en passer
par les insectes !

Extrait de Ça m’intéresse n°390 d’août 2013

A partie de la situation A, répondre aux questions suivantes :
1-1 – Identifier le problème posé par la situation A.
1-2 – Identifier les éléments de la situation en répondant aux questions suivantes :
– QUOI ? (Quelle est la cause du problème ?)
– QUI ? (Qui est concerné par ce problème ?)
– QUAND ? (A quel moment ce problème se produira ?)
– POURQUOI ? (Pour quelle raison les personnes sont-elles confrontées à ce problème ?)
1-3 – Citer deux conséquences du manque de nourriture.
1-4 – A l’aide des annexes 1 et 2, calculer la quantité de protides que devrait consommer un individu adulte de sexe féminin (de 50 kg) ayant une activité normale pour avoir un apport nutritionnel correct en protides.
1-5 – Nommer deux structures chargées de contrôler la qualité sanitaire des aliments. (Tout sigle doit être défini).
1-6 – Indiquer le type de garantie apporté par les signes de qualité ci-dessous. Présenter la réponse sous la forme d’un tableau.

1-7 – Sachant qu’il faut 6 paquets de grillons pour couvrir l’ensemble des besoins quotidiens en protides, indiquer la somme nécessaire pour se payer une ration pour un jour de protides à base de grillons déshydratés.
1-8 – Un technicien gagne 1350€ net par mois. Justifier à partir du résultat de la question 1-7, s’il peut manger uniquement des grillons déshydratés comme source de protides.
1-9 – Nommer le type de budget que l’on obtiendrait dans ce cas et donner sa définition.
1-10 – Enoncer deux règles pour maitriser son budget.

Deuxième sous partie : 3 points

Situation B
Quatre techniciens équipés d’un masque, d’une charlotte et d’une blouse blanche vérifient la température de l’air et nourrissent les insectes tous les jours. Lors d’un épisode de canicule, un technicien qui allait déplacer le bac contenant des grillons, ne se sent pas bien et se plaint de maux de tête et vertiges. A ce moment, l’air ambiant du local était surchauffé et humide, du fait d’une mauvaise isolation des parois.

2-1 – Analyser la situation B en construisant un schéma du processus d’apparition du dommage (l’opérateur, le danger, la situation dangereuse, l’évènement dangereux, le dommage).
2-2 – Sachant que le technicien a souffert d’une hyperthermie, définir ce terme et citer une complication possible de l’hypertermie.
2-3 – Repérer la mesure de protection collective qui fait défaut dans la situation B.
2-4 – Proposer une protection individuelle contre l’ambiance chaude tout en respectant les conditions environnementales pour l’élevage des grillons

Le technicien perd connaissance et se retrouve allongé sur le ventre mais il respire. Un de ses collègues qui est Sauveteur Secouriste du Travail intervient immédiatement.

3-1 – Citer, par ordre chronologique, les quatre étapes de l’intervention du SST.
3-2 – Indiquer le geste que doit faire le SST afin de réaliser un examen correct. Justifier le geste.
3-3 – Nommer et justifier le geste de secours que doit pratiquer le SST.

PARTIE 2 : 8 POINTS
Situation C : description de l’activité de travail de Mathias

Mathias, 33 ans est technicien au sein de l’entreprise Micronutris. Il a démarré son activité en 2011 dans la région Midi-Pyrénées. Son travail consiste à vérifier la température de l’air (minimum 25 °C dans les bacs), remplir les réservoirs d’eau, nourrir les insectes afin qu’ils atteignent leur taille adulte au bout de 8 semaines pour les grillons et de 12 semaines pour les vers.

Avec Mathias, 4 techniciens s’occupent des 700 m² d’hangar ainsi que des centaines de bacs en plastique contenant les insectes. Ils doivent en particulier désinfecter chaque bac tous les deux jours. Ce travail s’effectue sous une atmosphère surchauffée et humide ce qui rend difficile le travail notamment lors des épisodes de canicule.

Pour réaliser ce travail, les techniciens doivent se courber au-dessus des bacs afin d’atteindre tous les coins lors de la désinfection, mais également s’étirer pour atteindre les bacs situés au-dessus. Toutes ces manipulations provoquent, chez Mathias, des douleurs au niveau des lombaires et de l’épaule droite depuis plusieurs semaines.

A partir de la situation C et du dossier ressource (Annexes 3,4, et 5), répondre aux questions suivantes :
1- Analyser la situation de Mathias en complétant le schéma de compréhension
(DOCUMENT RÉPONSE ) à partir de l’annexe 3.
2- Formuler une hypothèse relative au TMS de Mathias en suivant le modèle ci-dessous :
Il semble que…………………………………. conduisent Mathias …………………………… ce
qui entraîne ………………………………………………
3- Définir les troubles musculo-squelettiques.
4- Expliquer pourquoi la douleur lombaire de Mathias n’est pas reconnue comme maladie professionnelle à l’aide de l’annexe 4.
5- Citer les 5 familles de vertèbres en commençant par celles du cou puis en descendant le rachis.
6- Proposer deux mesures à mettre en œuvre dans l’entreprise Micronutris pour lutter contre la maladie professionnelle « tendinopathie chronique » ainsi que pour éviter les douleurs lombaires et indiquer pour chacune d’elles leur niveau de prévention.


Les animaux dans l’encyclique papale « Laudato Si’ »

Si jamais il pouvait apparaître comme pas forcément très clair le fait d’avoir une catégorie « athéisme » sur LTD, désormais avec l’encyclique papale, tout est limpide. Quand on ne reconnaît pas la Nature… on est obligé de tomber dans les bras de Dieu, et ce même quand on est un existentialiste ultra-moderne. Il faut bien en effet trouver une « origine » à l’anthropocentrisme…

L’encyclique « Laudato Si’ » publiée par le Vatican hier est très longue, avec plus de 240 points. Il y a beaucoup de choses à dire, éclairant notre conception de ce que nous avons appelé l’écologie radicale, s’opposant ainsi à ce que le pape appelle l’écologie intégrale.

Commençons par nos amis les animaux: comment l’encyclique en parle-t-elle? Elle aborde en fait très peu ce qui est une question fondamentale, ce qui est logique : il y a ici quelque chose d’explosif pour les religions. Voici les points mentionnant les termes « animal » et « animaux ». On y reconnaît un anthropocentrisme absolu…

« Par exemple, les changements du climat provoquent des migrations d’animaux et de végétaux qui ne peuvent pas toujours s’adapter, et cela affecte à leur tour les moyens de production des plus pauvres, qui se voient aussi obligés d’émigrer avec une grande incertitude pour leur avenir et pour l’avenir de leurs enfants. »

« Mais il ne suffit pas de penser aux différentes espèces seulement comme à d’éventuelles “ressources” exploitables, en oubliant qu’elles ont une valeur en elles-mêmes. Chaque année, disparaissent des milliers d’espèces végétales et animales que nous ne pourrons plus connaître, que nos enfants ne pourront pas voir, perdues pour toujours. »

« Par conséquent, il est vrai aussi que l’indifférence ou la cruauté envers les autres créatures de ce monde finissent toujours par s’étendre, d’une manière ou d’une autre, au traitement que nous réservons aux autres êtres humains. Le cœur est unique, et la même misère qui nous porte à maltraiter un animal ne tarde pas à se manifester dans la relation avec les autres personnes. »

« L’incohérence est évidente de la part de celui qui lutte contre le trafic d’animaux en voie d’extinction mais qui reste complètement indifférent face à la traite des personnes, se désintéresse des pauvres, ou s’emploie à détruire un autre être humain qui lui déplaît. Ceci met en péril le sens de la lutte pour l’environnement. »

« Cependant, même si l’être humain peut intervenir sur le monde végétal et animal et en faire usage quand c’est nécessaire pour sa vie, le Catéchisme enseigne que les expérimentations sur les animaux sont légitimes seulement « si elles restent dans des limites raisonnables et contribuent à soigner ou sauver des vies humaines ». Il rappelle avec fermeté que le pouvoir de l’homme a des limites et qu’« il est contraire à la dignité humaine de faire souffrir inutilement les animaux et de gaspiller leurs vies ». »

« La disparition d’une culture peut être aussi grave ou plus grave que la disparition d’une espèce animale ou végétale. »

« S’il n’existe pas de vérités objectives ni de principes solides hors de la réalisation de projets personnels et de la satisfaction de nécessités immédiates, quelles limites peuvent alors avoir la traite des êtres humains, la criminalité organisée, le narcotrafic, le commerce de diamants ensanglantés et de peaux d’animaux en voie d’extinction ? N’est-ce pas la même logique relativiste qui justifie l’achat d’organes des pauvres dans le but de les vendre ou de les utiliser pour l’expérimentation, ou le rejet d’enfants parce qu’ils ne répondent pas au désir de leurs parents ? »

« C’est dans ce cadre que devrait se situer toute réflexion autour de l’intervention humaine sur les végétaux et les animaux qui implique aujourd’hui des mutations génétiques générées par la biotechnologie, dans le but d’exploiter les possibilités présentes dans la réalité matérielle. »

« Quand on analyse l’impact environnemental d’une entreprise, on en considère ordinairement les effets sur le sol, sur l’eau et sur l’air, mais on n’inclut pas toujours une étude soignée de son impact sur la biodiversité, comme si la disparition de certaines espèces ou de groupes d’animaux ou de végétaux était quelque chose de peu d’importance. Les routes, les nouvelles cultures, les grillages, les barrages et d’autres constructions prennent progressivement possession des habitats, et parfois les fragmentent de telle manière que les populations d’animaux ne peuvent plus migrer ni se déplacer librement, si bien que certaines espèces sont menacées d’extinction. « 

« Il est difficile d’émettre un jugement général sur les développements de transgéniques (OMG), végétaux ou animaux, à des fins médicales ou agro-pastorales, puisqu’ils peuvent être très divers entre eux et nécessiter des considérations différentes. (…) Même celles provoquées par l’intervention humaine ne sont pas un phénomène moderne. La domestication des animaux, le croisement des espèces et autres pratiques anciennes et universellement acceptées peuvent entrer dans ces considérations. »

Articles pouvant vous intéresser

Ségolène Royal capitule devant Nutella

Face à l’adversité, on peut faire face. On peut également se voiler la face, et s’imaginer un monde sans contradictions, rêver par exemple d’un petit commerce à Manhattan comme dans les films passant à la télévision pour Noël…

Avec la crise, la mode en France a ainsi bien souvent comme contenu le régressif. Et parmi les démarches régressives, niant la réalité au profit de la posture individuelle, on a le Nutella. Tout le monde connaît cette pâte à tartiner, composé surtout de lait écrémé en poudre, de sucre et d’huile végétale, les deux derniers composants faisant pas moins de 72% du produit!

Sur le plan diététique, on comprend facilement la nature de ce produit, et quand on voit que 26 % de la production mondiale est achetée par les Français, on reconnaît que derrière le discours français sur la « malbouffe », il y a une traditionnelle hypocrisie et le culte de la fuite dans le sucre, la facilité et le régressif.

Nutella joue à fond là-dessus, évidemment.


Maintenant, en parlant d’hypocrisie, tournons nous vers la ministre de l’écologie, Ségolène Royal. Elle tente par tous les moyens de se la jouer écologiste, avec notamment la conférence de l’ONU à la fin de l’année: c’est la grande opération poudre aux yeux.

Invitée au « Petit Journal » de la chaîne Canal + lundi dernier, elle s’est dit qu’elle pouvait lancer une petite phrase facile, empruntée à ce que disent les gens ayant une conscience écologiste: l’huile de palme est une catastrophe, il faut dire stop.

Il faut boycotter l’huile de palme, c’est une évidence même. La déforestation en Malaisie et en Papouasie Nouvelle Guinée est terrifiante; le film Green témoigne de l’horreur de ce qui se passe.

Ségolène Royal, tentant de s’approprier l’apparence de la culture écologiste, a cru donc qu’elle pouvait lancer simplement la chose suivante:

« Il faut replanter massivement des arbres, parce qu’il y a eu une déforestation massive qui entraîne aussi du réchauffement climatique. Il faut arrêter de manger du Nutella, par exemple, parce que c’est de l’huile de palme. »

Aux remarques classiquement facho d’un présentateur – c’est bon, cela fait des emplois – elle a maintenu sa position. Elle a pensé que la critique du Nutelle était socialement et culturellement acceptable.

Que n’a-t-elle dit? Immédiatement, le groupe italien Ferrero a mis en avant la certification « durable » de son huile de palme. A l’Exposition universelle de Milan se tenant actuellement, et dont Ferrero est un sponsor important, l’épouse du chef du gouvernement Matteo Renzi a amené sa fille au stand Nutella pour manger des crêpes, sous les photographies.

Le ministre italien de l’Environnement, Gian Luca Galletti a publié sur twitter: « Que Ségolène Royal laisse les produits italiens tranquilles. Ce soir au menu : pain et Nutella ». La presse italienne, le personnel politique italien… la vague de soutien au Nutella a été massive, dans un grand élan de nationalisme et de mauvaise foi.

Mais, et c’est aussi la clef de l’histoire, il y a eu une vague « populaire » de soutien au Nutella. La régression a ses adeptes!

Ségolène Royal a alors… capitulé, aussi simplement que cela.

Elle a même expliqué aux médias:

« C’était des propos tenus dans une émission qui se veut un peu humoristique, mais je comprends que ça ait pu soulever un certain nombre de troubles, donc je veux éteindre la polémique. »

Bref, la tentative de Ségolène Royal de se donner une image écologiste a échoué. Pourquoi? Parce qu’être écologiste de manière authentique, c’est comme être vegan : on peut prétendre tergiverser ou être « constructif » avec les valeurs dominantes autant que l’on veut, à un moment on se heurte bien aux réalités et il faut aller au clash.

Paradoxalement, cela explique parfois pourquoi des gens très engagés pour les animaux ne deviennent pas végans: s’ils le deviennent ils savent qu’il sera alors nécessaire d’aller jusqu’au bout du raisonnement et de rentrer en conflit avec les valeurs dominantes, ce qu’ils préféreraient éviter, par confort…

Ségolène Royal s’est confrontée au réel, et cela annonce déjà non seulement la faillite de la conférence de l’ONU à la fin de l’année, mais également une écologie radicale qui demain, à l’inverse, assumera la rupture avec les valeurs dominantes consistant notamment en une alimentation non saine produite sur une base de monoculture produite dans le tiers-monde et s’élargissant aux dépens de la Nature…

Allo animal perdu – été 2015

Il y a quelques jours, nous parlions de l’application smartphone et du site « Filalapat » pour les animaux pucés perdus.

La SPA (de Paris) lance une opération similaire dans l’esprit, pour la période estivale qui est assez critique car ce ne sont pas moins de 40000 animaux qui sont abandonnés à ce moment de l’année…

Du 15 juin au 31 août, de 8h30 à 20h la SPA lance un numéro gratuit si un animal perdu (ou abandonné!) est trouvé. Ce numéro, en relation avec un professionnel de la SPA, sert à conseiller, rassurer les personnes si un animal vient d’être trouvé et l’I-CAD (Fichier National d’Identification des Carnivores Domestiques) sera avertie par la SPA dès qu’une disparition a lieu.

Voici un court spot de présentation  de cette très bonne initiative qui aurait dû voir le jour il y a bien longtemps et devrait être disponible tout au long de l’année.

Mais pour se faire, il faut des personnes prêtes à donner de leur temps et à s’engager pour les animaux, des personnes prêtes à se mobiliser, à informer contre l’abandon des animaux et pour la responsabilisation de chaque personne qui choisit d’adopter un être vivant.

C’est à nous tous et toutes d’aller dans ce sens, pour les animaux !

Voici le texte de l’appel par la SPA.

ALLO ANIMAL PERDU – 0 800 300 400 Contact Presse : Muriel Chrisostome – 01 43 80 97 10 / 06 73 23 63 16 – m.chrisostome@spa.asso.fr

Chaque année, 40 000 animaux sont perdus ou abandonnés pendant la période estivale. Brutalement séparés de leur famille et envoyés en fourrière, ils vivent alors un véritable traumatisme. C’est également un moment de confusion pour les propriétaires d’animaux, qui ne savent pas toujours vers qui se tourner, notamment lorsque l’animal a disparu sur leur lieu de vacances.

Eviter qu’une perte ne se transforme en abandon est au coeur des missions de la SPA. Aussi, du 15 juin au 31 août 2015, la SPA met en place Allo Animal Perdu, un numéro vert accessible du lundi au samedi, de 8h30 à 20h. L’objectif est d’aider maîtres et animaux perdus à se retrouver, rapidement et simplement.

« Notre service Allo Animal Perdu aide ceux qui ont perdu ou trouvé un animal en les mettant en relation
avec un professionnel de la SPA qui saura les conseiller et les rassurer dans ces moments d’angoisse et de
détresse », souligne Natacha Harry, Présidente de la SPA.

Qu’il s’agisse d’un maître à la recherche de son fidèle compagnon ou d’une personne ayant trouvé un animal
errant sur la voie publique, Allo Animal Perdu dispensera des conseils nécessaires sur les démarches à
accomplir, les contacts utiles, l’identification de l’animal…

Pour cela, la SPA a noué un partenariat avec I-CAD qui lance une application pour Smartphone,
Filalapat*. Dédiée notamment aux animaux perdus/trouvés, elle permet de déclarer une disparition et donne
accès aux informations de son animal pour les mettre à jour afin qu’il soit toujours identifiable. De son côté, la
SPA informera I-CAD dès qu’une disparition aura été signalée.

Eviter qu’une perte ne se transforme en abandon est au coeur des missions de la SPA.

Aussi, du 15 juin au 31 août 2015, la SPA met en place Allo Animal Perdu, un numéro vert accessible du lundi au
samedi, de 8h30 à 20h. L’objectif est d’aider maîtres et animaux perdus à se retrouver, rapidement et simplement.
Bon à savoir :
– les fourrières ne gardent les animaux égarés que 8 jours ouvrés avant de les transférer à un refuge ;
– l’abandon est un crime, puni de 2 ans de prison et de 30 000 € d’amende.

Vers l’encyclique « Laudato Sii »

Ce jeudi, le pape va rendre public son « encyclique », et les résultats vont être dévastateurs. C’est très facile à comprendre : l’écologie est une priorité historique. Or, la gauche est molle et institutionnalisée, tandis que les gens plus à gauche ont abandonné toute utopie, rejetant le concept de Nature au profit de l’individualisme anti « oppression ».

Par conséquent, il y a un boulevard pour l’anticapitalisme catholique qui compte bien s’affirmer comme la véritable démarche écologiste. C’est le pétainisme qui revient, et les « zadistes » n’en auront été que le signe avant-coureur.

Voici comment La vie (une composante du groupe Le Monde) présente l’approche catholique, qui va monter toujours plus en puissance.

Jamais un pape n’avait écrit une encyclique dédiée à l’écologie. Très attendue, l’encyclique du pape François Laudato Sii (Loué sois-tu) sera publiée le 18 juin. Quatre personnalités engagées pour une approche chrétienne de l’écologie ont confié leurs attentes à La Vie.

Patrice de Plunkett : « Une critique virulente du modèle économique »

Journaliste et essayiste, Patrice de Plunkett vient de publier Cathos, écolos, mêmes combats ? (Editions du Peuple libre, 2015) où il fait la promotion d’une écologie intégrale. Son blog : plunkett.hautetfort.com

« Je ne peux pas prédire ce qu’il y aura dedans, mais je pense qu’on va y retrouver une partie de l’exhortation apostolique La joie de l’Évangile, notamment les paragraphes 54 à 64 qui sont une critique violente et excellente du modèle économique actuel. Nous savons déjà quelle est la vision du monde du pape François, une vision extraordinairement lucide, incisive et constructive en même temps. Cette encyclique sera donc nécessairement dans la continuité, dans la perspective que le pape a ouverte depuis le début de son pontificat. On ne peut que l’attendre avec beaucoup d’espérance et de confiance.

Certains sont très frileux vis-à-vis du pape Francois, on l’a vu avec le texte du banquier Tedeschi, qui a écrit une lettre ouverte au pape pleine de méfiance. Les milieux ultralibéraux sont hostiles au pape pratiquement depuis le début du pontificat, en particulier les milieux conservateurs américains qui se sont déchainés contre lui l’année dernière. Cette cabale contre le pape consiste à lui prêter des intentions qui ne sont absolument pas les siennes sur le plan de la théologie morale. En réalité, ce qui les inquiète, ce sont les positions politiques, économiques et écologiques du pape. Ils n’ont pas apprécié La joie de l’Évangile et redoutent l’encyclique à venir sur l’écologie. »

Fabien Revol : « Des réponses pastorales et théologiques »

Jeune chercheur spécialiste de la théologie de la Création, Fabien Revol est titulaire de la chaire Jean Bastaire, qui vient d’être inaugurée au sein du Centre interdisciplinaire d’éthique de la Catho de Lyon.

« J’attends des réponses dans deux directions. D’abord, dans le domaine de la pastorale. Il y a un lien entre le fait que cette encyclique sorte maintenant, et le sommet pour le climat qui doit se tenir à Paris en décembre prochain, la COP21. Nicolas Hulot s’est rendu plusieurs fois au Vatican, pour demander au pape de quelles ressources il disposait pour mobiliser les catholiques autour des problèmes écologiques. L’encyclique peut être une réponse, même si le pape avait déjà l’idée de l’écrire avant. Cette encyclique, c’est la sensibilisation des catholiques aux enjeux de la COP 21.

Elle peut susciter des démarches d’engagement chez les chrétiens pour la sauvegarde de la Création. Il y a aussi des enjeux théologiques. Je ne sais pas encore ce qu’il y aura dans l’encyclique, j’attends de voir comment le pape François va se situer dans la continuité de ses prédécesseurs, qui ont été eux-mêmes innovants.

Un Jean Paul II s’est démarqué en introduisant des éléments de théologie en provenance de Saint Francois d’Assise, en mettant en valeur la théologie de la Création. Benoit XVI avait emboité le pas de Jean-Paul II. Je m’attends à ce que François soit dans une démarche d’approfondissement de ces questions. Rien qu’à voir le titre de l’encyclique, Laudato Sii, on se dit qu’il a puisé du coté de saint Francois. Est-ce qu’il y aura des idées nouvelles, qui vont étonner et surprendre les catholiques dans leurs habitudes de penser ? Je suis en attente de ces nouvelles idées, j’attends de voir comment cela va féconder, enrichir la pensée catholique sur la question du rapport chrétien à l’écologie. »
François Euvé : « La confirmation de l’engagement de l’Eglise sur l’écologie »

Jésuite, le P. François Euvé est le rédacteur en chef de la revue Etudes et enseigne la théologie au Centre Sèvres, à Paris. Théologien et physicien, il s’est intéressé très tôt à la théologie de la Création.

« J’attends de l’encyclique du pape François une confirmation de l’engagement de l’Eglise sur la nécessaire transition écologique. J’attends qu’il y ait de manière officielle, à haut niveau, la confirmation d’un propos qui n’est pas proprement nouveau. On trouve déjà des éléments sur l’écologie chez Jean Paul II et éventuellement chez Paul VI, dans Benoit XVI aussi. Mais jamais l’écologie n’a fait l’objet d’une encyclique… Symboliquement, même si le contenu n’est pas radicalement nouveau, c’est très important.

Sur le plan du contenu, je ne sais pas s’il est à attendre quelque chose de nouveau par rapport à ce qui a déjà été dit par les précédents papes. Le pape François aura son style propre, avec l’insistance sur le lien entre écologie et justice sociale. Y aura-t-il des avancées en matière de théologie ? Je ne sais pas. Le pape François n’est pas un théologien comme l’était Benoît XVI. C’est vrai que ce serait intéressant s’il y avait un argumentaire théologique plus développé là-dessus. De fait, cette encyclique sera très intéressante. »

Tugdual Derville : « Un supplément d’âme et de cohérence sur les questions écologiques »

Co-fondateur du Courant pour une écologie humaine, Tugdual Derville plaide pour approche globale de l’écologie, qui concilie le respect de la nature et celui de la vie humaine.

« J’attends d’être surpris, bousculé, éclairé par cette encyclique… Si le texte du pape François ne fait que me caresser dans le sens du poil, quel intérêt aura-t-il pour moi ? Là ou ça va être intéressant, c’est : où est-ce qu’il va me bousculer ? Où est-ce qu’il va me déranger, m’éclairer ? Est-ce qu’il va apporter un supplément d’âme et de cohérence sur les questions écologiques ?

Quand le pape parle du gaspillage comme d’un vol à la table des pauvres, alors là il fait un lien très fort entre la pauvreté et la Création. J’espère que cette cohérence sera écoutée sans faire trop de tri, qu’on ne se mette pas à tirer la couverture à nous en prenant une seule phrase et en oubliant les autres qui pourraient nous faire bouger.

Sur le plan théologique, je trouve qu’on assiste aux prémices de cette encyclique à un renouveau de la théologie de la création. Je trouve cela intéressant d’observer ce manichéisme qui traite l’homme comme une machine dotée de raison sans voir qu’il est partie de la nature, une partie magnifique. Je suis curieux de voir de quelle manière le pape François va aborder la théologie de la Création. Je pense qu’il n’y a pas de rupture à attendre, mais peut-être une mise en perspective éclairante. Et bien sur, j’attends de cette encyclique qu’elle soit accueillie avec des cœurs ouverts. »

Chili : Lettre de Tamara Sol

Voici une lettre de Tamara Sol Farís Vergara, qui a été condamnée à sept ans de prison pour avoir tiré sur un vigile d’une banque lors de l’attaque de celle-ci.

Elle est significative de cette « scène » dont nous avons déjà parlé: les insurrectionnalistes d’Amérique latine. De manière étrange et conformément à cette scène, Tamara Sol se revendique « nihiliste », alors qu’elle propose un projet très construit, combinant libération animale, libération de la Terre, et insurrection sociale généralisée immédiate, affirmée au nom de l’anarchisme (dans une forme plus qu’éloignée donc des anarchistes tels qu’on les connaît en France, tant sur le plan pratique que sur le plan des idées).

Ces mots sont mes premiers mots publics à travers l’internet suite à la sentence de 7 ans et 61 jours prononcée contre moi pour tentative d’homicide et vol simple.

De nombreuses personnes croient que Angry était mon partenaire, ou que j’ai eu une relation avec lui, chose que je démens totalement. C’était un compagnon précieux avec qui j’ai partagé un nombre infini d’idées et de ressentis. Il était anarchiste et nihiliste et je revendique la vengeance de son assassinat comme acte politique, car je croirai toujours que sa mort n’était pas un hasard. N’oublions pas que TVN a mis l’emphase sur cet acte comme « héroïque », et qu’il n’y aurait même pas eut d’assaut manqué.

Même si je n’ai pas tiré sur le même qui a appuyé sur la gâchette et rechargé son pistolet pour l’achever, l’acte est clair et le message aussi, gardiens : vous ne pouvez pas continuer à tuer nos sœurs et nos frères, ni à risquer vos vies pour un salaire de misère ni pour aucun montant! Demandez-vous ce que vous surveillez, qui sont vos patron.e.s, à qui appartient l’argent que vous protégez avec vos vies!

Je ne crois pas en la justice. Les prisons et tout le système juridique sont faites par les gens riches, puissants, et uniquement pour préserver leurs propriétés et leur ordre social de mort. Les policier.e.s, les juges, les procureur.e.s, les gendarmes se prêtent à cela et deviennent donc sans aucun doute mes ennemis.

En tant qu’individu.e, il y a des choses que l’on ne peut laisser passer quand il s’agit de l’État et du pouvoir qu’il exerce sur chacun.e. L’emprisonnement, l’assassinat, le vol de nos vies au profit du bien être de quelques un.e.s, c’est du terrorisme d’État.

Comme ce que vivent aujourd’hui Nataly Casanova, Guillermo Durán, Juan Flores et Enrique Guzmán, qui sans aucune preuve accréditant une quelconque participation dans les explosions à la bombe, sont mis.es en cause et incarcéré.e.s en tant que terroristes avec un spectacle médiatico-juridique, risquant des condamnations qui leurs couteront leurs vies ; tout comme l’assasinat du compagnon Angry, alors que le gardien-militaire-privé a été mis là le jour même de l’assaut pour tuer, il a été envoyé pour faire « ce travail » et il y a des gens derrière tout ça. Pourquoi la justice dégueulasse ne punit pas ce gardien?

Voilà ce qu’est la terreur d’État, lorsque la mort d’une personne est légitimée pour la protection de la propriété privée ; quand on emprisonne des pauvres pendant des dizaines d’années pour des actes qui sont incomparables à la dévastation de la terre depuis des siècles ; on ne peut comparer cela non plus à comment la dictature a implanté le néolibéralisme par la force en tuant, en torturant, en faisant disparaitre des gens. Ceux qui l’on fait ont des prénoms et des noms et vivent encore, travaillent encore, marchent dans les rues, comme le maudit Labbé, qui a été libéré sous caution de 500,000 misérables pesos. Je ne crois pas non plus qu’il devait aller en prison.

Mais alors…que se passe-t-il avec ces terroristes? Que se passe-t-il avec les Angelini et les Matte qui laissent tous les peuples du sud sans eau et sans forêt ? C’est Bachelet, ou le Pouvoir Exécutif qui les maintiennent à travers leurs décrets et leurs lois qui les protègent et contribuent à les rendre toujours plus riches. Et aux dépens de qui ? De communautés entières qui ne peuvent semer à cause des sècheresses, obligées de travailler pour eux jusqu’à mourir à la tâche. Ça c’est du terrorisme !

Que les médias de communication manipulent les évènements et l’information, qu’ils mettent des programmes machistes dégueulasses dans lesquels les femmes sont des objets et les hommes sont des patrons ; en plus de faire appel aux citoyen.ne.s à collaborer avec la police dans la capture de gens pauvres, de voleur.euse.s, ou en lançant des programmes grossiers comme « 133 », les fameux « cazanoticias », transformant les voisin.e.s en policier.e.s, en tortionnaires ou en espion.e.s, alors que les politiciens-voleurs, comme avec le cas Cascadas, le cas Penta ou jusqu’au propre fils de la présidente Bachelet, ni un seul œuf ne leur a été lancé ; tou.te.s sont libres, sain.e.s et sauf.ve.s. Tous prennent part à l’oligarchie chilienne, à l’État et au pouvoir.

On ne peut, en tant qu’individu.e avec une volonté propre, naturaliser l’omnipotence de la loi qui les préserve et encore moins protéger leurs propriétés et leur argent. Les conduites sociales sont régies par les personnes mêmes. L’État est une structure mentale soutenue par la force publique, par la police $hillienne, par la gendarmerie et par qui reconnait leur travail comme nécessaire.

Nous n’avons pas besoin d’État ni de Gouvernement. L’effondrement de l’esclavage moderne, de la reprise en main de nos vies par l’assaut et le renversement de leurs privilèges est entre nos mains. Ne travaillons plus pour eux, ne reconnaissons pas d’autorités, puisque nous savons que la démocratie fait partie d’un show médiatico-mental afin de maintenir intactes leurs si précieuses richesses, sans que personne n’y touche ou les dérange.

Leur paix sociale et leur ordre public traite de cela…de la peur qu’ils ont de tout perdre, parce que sans pauvre il n’y a pas de riche, sans État il n’y a pas de loi, sans patriarcat il n’y a pas d’autorité ni de domination. La liberté de vivre autonome est entre nos mains, sans maître ni patron, ni horaires. Nous valorisons notre volonté, nous sommes capables de nous éloigner du matérialisme, des marchandises, de la consommation ; redevenons sages, écoutons de nouveau les vieux et vieilles, les enfants. Laissons de côté les rôles binaires qui génèrent les dépendances et les hiérarchies dans les relations et soyons nous-mêmes sans préjugés.

Nous n’avons besoin ni d’un père, ni d’un homme, ni d’un État qui nous protège, la créativité et la connaissance sont des capacités innées qui conforment notre être, nous pouvons nous auto-suffire avec ce que nous donne la terre, nous n’avons pas besoin de plus. Recommençons à sentir, à observer notre intérieur, reconnectons-nous avec la vie, avec la nature, en apprenant de nos ancêtres. La technologie et la science ne sont pas en notre faveur, elles appartiennent aussi aux riches. Monsanto en est l’exemple évident : en utilisant la biotechnologie pour transformer des semences et des plantations agricoles, en les rendant résistantes à un pesticide unique (cancérigène) qui leur appartient aussi, en prenant le contrôle absolu des plantations de fruits et de légumes, c’est-à-dire la base de notre alimentation.

Cela se produit également avec la sylviculture et les plantations de pins et d’eucalyptus, qui sont des matières importantes pour l’exportation et donc l’une des principales sources de richesse, la monoculture de ces espèces requiert un pesticide spécifique pour affronter les maladies, ayant déjà été transformées biochimiquement pour être résistantes à celles-ci, ainsi qu’à tout types de températures, demandant de plus grandes quantités d’eau qu’une forêt vierge, contaminant et stérilisant la terre.

Ils expérimentent avec nos corps en inventant des maladies et en nous vendant les antidotes a travers la mafia pharmaceutique et leurs collusions flagrantes.

Sans cesse séduits à travers la publicité (tromperie) a consommer certains aliments pour « la bonne santé » comme le lait (viols répétés), la viande (cadavres) ou les œufs, encourageant la marchandisation en masse de la viande animale, en centre de torture et de maladie pour ces êtres (comme Agrosuper, Superpollo ou quelconque abattoir).

L’oligarchie soutenue par l’État est le terroriste.

Nous comprenons que l’idée de consommer et de posséder est vide, que cela n’a rien a voir avec la vie et la sagesse de comprendre que nous sommes une part de l’univers et que nous ne pouvons pas continuer à être des participants de l’immense dommage que les puissants font à la planète sur laquelle nous vivons, tout est pour leurs privilèges. Si nous sommes conscient.e.s de cela nous pouvons les arrêter et récupérer notre autonomie, notre volonté individuelle, notre sensibilité, la fertilité de la terre et de nos corps, la joie de vivre sans misère affective ni sexuelle, jouissant du chaos des flux de relations libres et de la nature sauvage.

Sans regret, savoir qu’il y a encore des cœurs inquiets, rebelles et autonomes et que d’autres continuent de naître me réjouit, des êtres qui ne se laissent pas séduire par la marchandise du néolibéralisme et de la démocratie. Je vous porte toujours dans mon esprit et dans mon cœur. D’ici je vous serre fortement dans mes bras, sachez que vos actes nous rendent plus fort.e.s et illuminent les journées.

La solidarité dans toutes ses formes nous maintient de pied ferme, pour cela je salue les jeunes de Villa Francia et les compagnon.ne.s toujours prêt.e.s à la confrontation à coups de poing et coups de pieds contre la police à chaque audience de ce procès judiciaire dégueulasse, dont plusieurs ont finis matraqué.e.s ou prisonnier.e.s. Sachez que vous êtes de valeureux.ses guerrier.e.s. Je remercie mes frères et sœurs qui n’ont jamais arrêté de venir me visiter et de me cuisiner des bons plats. Je vous aime beaucoup et vous me manquez.

Tout mon respect à l’équipe de défense juridique. L’outil que vous avez choisi d’utiliser sort les compagnon.ne.s de prison. Ce sont des actions concrètes dans la confrontation des forces…une arme. Salutations affectueuses et solidaires à Freddy, Marcelo, Juan, Carlos, Hans, Alfredo, Alejandro et Nicolas, séquestrés dans les cages de l’État Chilien. Affection complice à la Tato et à Javier, force à Natalia, Juan et Guillermo, alors qu’ils et elles en sont à 45 jours en grève de la faim liquide, force à Enrique Guzman; tout mon appui dans cette dure bataille.

Solidarité et respect aux gens de la terre dans le Wallamapu !
Solidarité avec les prisonniers à travers le monde !
Contre la société patriarcale techno-industrielle !
Contre l’État, l’oligarchie et toute forme de domination !
Pour la destruction de toutes les cages !
Coeur, volonté, mémoire, intuition et instinct! Confiance en soi !

Ana, Luisa, Manuel, Alen, je vous aime infiniment.
SOL MALEN
PRISONNIÈRE NIHILISTE
INCARCÉRÉE DANS LE MODULE 2 DE LA PRISON SAN MIGUEL

L’idéologie du haschisch

Le consommateur de haschisch est un résigné. Rien n’a plus de goût, la volonté s’efface, le temps devient une notion toujours plus floue, on est comme écrasé par la langueur.

L’idéologie du haschisch est aussi un mélange de résignation et de religion, car on retrouve la séparation du corps et de l’esprit : le consommateur de haschisch s’imagine pouvoir atteindre, par son esprit seul, un bonheur incommensurable, dépassant son corps.

Tout cela s’organise avec une précision d’horloger, un rythme de métronome. Comme l’a formulé Baudelaire :

« Les chercheurs de paradis font leur enfer, le préparent, le creusent avec un succès dont la précision les épouvanterait peut-être. »

Parfois, le consommateur de haschisch en a conscience, mais il est trop tard. C’en est au point où quand il transpire, une odeur sort du corps : celle de la drogue. C’est une impression étrange qui amène bien entendu une prise de conscience, mais il est alors bien tard…

Pareillement, il y a la transpiration abondante qui se produit la nuit lorsque le consommateur de haschisch est en manque…

Car tout n’est pas que psychologique : cela serait une absurde séparation du corps et de l’esprit.

Lorsque la dépendance est installée, l’absence de consommation pendant un, deux, trois jours, provoque une irrépressible envie de consommer, avec en attendant des tensions nerveuses, la paranoïa, l’impression d’être grippé, l’anxiété, des bouffées de chaleur, une sueur intense, une irritabilité importante, des étourdissements, une mémoire à court terme qui s’effondre, la somnolence, la sensation que tout est fade, une capacité d’attention réduite…

A ce panorama, il ne faut pas oublier d’ajouter la « dalle du fonse-dé », cette intense sensation de faim du consommateur de haschisch. On imagine à quel point le sevrage est difficile.

Cependant, tout cela varie énormément selon les gens. Et c’est encore plus vrai pour les jeunes. La plasticité de leurs cerveaux provoque une accentuation très prononcée de certaines pensées, provoquant de véritables spirales intellectuelles aboutissant à des crises pouvant aller très loin : jusqu’à l’hôpital psychiatrique.

Le plus terrible est que des générations de révoltés sont happées par le haschisch et voient leur révolte s’effondrer… sans le voir. Baudelaire l’avait déjà pourtant constaté il y a bien longtemps :

« En Égypte, le gouvernement défend la vente et le commerce du haschisch, à l’intérieur du pays du moins. Les malheureux qui ont cette passion viennent chez le pharmacien prendre, sous le prétexte d’acheter une autre drogue, leur petite dose préparée à l’avance.

Le gouvernement égyptien a bien raison. Jamais un État raisonnable ne pourrait subsister avec l’usage du haschisch. Cela ne fait ni des guerriers ni des citoyens.

En effet, il est défendu à l’homme, sous peine de déchéance et de mort intellectuelle, de déranger les conditions primordiales de son existence et de rompre l’équilibre de ses facultés avec les milieux.

S’il existait un gouvernement qui eût intérêt à corrompre ses gouvernés, il n’aurait qu’à encourager l’usage du haschisch. »

A défaut de l’encourager, l’État « tolère » la consommation du haschisch. Il pourrait écraser celle-ci, pratiquer une prohibition sévère : il n’en a aucun intérêt. Politiquement et socialement, un régime qui veut neutraliser au mieux les révoltes a tout intérêt à laisser passer le haschisch.

Le haschisch annihile la volonté, il est isolant : ce sont les termes employés par Baudelaire lui-même. Il n’hésite d’ailleurs pas à dire, tout à fait conscient que le haschisch s’appuie sur un style aristocratique, parasitaire :

« Enfin le vin est pour le peuple qui travaille et qui mérite d’en boire.

Le haschisch appartient à la classe des joies solitaires ; il est fait pour les misérables oisifs.

Le vin est utile, il produit des résultats fructifiants. Le haschisch est inutile et dangereux. »

Ce qu’il dit sur le vin, Baudelaire le justifie par l’activité qu’il permettrait. C’est vrai à court terme, mais certainement pas à long terme. Le haschisch en tout cas attaque directement ; rapidement, on en est prisonnier, il est au coeur des préoccupations.

Il arrache à la Nature ; il provoque l’illusion, une illusion égocentrique, typiquement anthropocentrique. L’idéologie du haschisch est celle de l’individu replié sur lui-même, s’imaginant être  le centre du monde…

Dites non au haschisch, non aux drogues. Encouragez le refus des drogues: devenez straight edge!

« Animaux de compagnie » : 4,2 milliards d’euros par an

Voici un extrait d’un article des « Echos », un journal orienté business:

Décryptage des tendances et opportunités du marché des animaux de compagnie.

Malgré la mauvaise conjoncture économique, les maîtres ne regardent pas à la dépense et celle-ci n’a cessé de croître d’année en année.

« Le marché des animaux de compagnie a été l’un des plus dynamiques en 2014 », confirme Chourouk Gorrab, analyste à Euromonitor International, un organisme spécialisé dans l’analyse et l’étude des marchés au niveau mondial.

Un marché qui, en France, pèserait déjà 4,2 milliards d’euros par an.

« Cet engouement est le fait d’une population surtout urbaine et de plus en plus jeune, qui ne voit plus l’animal comme faisant partie des meubles mais comme un membre à part entière de leur famille dont il faut prendre soin et lui offrir ce qu’il y a de meilleur », poursuit-il.

Dans ces dépenses, la nourriture arrive en tête avec 3 milliards d’euros. Les accessoires et la santé se positionnent juste derrière.

« Il faut savoir qu’un chien représente, en moyenne, une dépense annuelle de 800 euros et un chat 600 euros », souligne notre spécialiste.

Un secteur porteur et en pleine croissance, et qui a vu l’éclosion des offres et services qui correspondent à leurs besoins… et ceux de leurs propriétaires : le toilettage, les assurances santé et maladie, les consultations comportementales, les pompes funèbres, l’aide psychologique après leur décès…

Ce secteur recèle de nouvelles perspectives en terme de création d’entreprise.

Des exemples ? Le Café des chats à Paris ou le Café des félins à Besançon pour boire un verre ou manger un morceau en compagnie des félins, dans la lignée de la “ronron thérapie” censé calmer et redonner du tonus au moral des visiteurs.

Les réseaux sociaux s’y mettent également avec Pets-dating, le Meetic version animaux. Ou Yummypets, le Facebook des propriétaires d’animaux.

Sur le Net prolifèrent des services de garde en cas d’absence, se revendiquant comme une alternative aux pensions telles que les start-up Bibulu ou Gudog, sortes d’Airbnb canines, qui permettent de trouver des hôtes acceptant d’héberger votre chien contre rémunération.

Les chats bénéficient de la même attention avec ChaPacha, mais cette fois il faut se déplacer au domicile de leurs propriétaires, histoire de ne pas perturber leurs habitudes. Des hôtels comme Aristide leur sont également dédiés.

Le marché des animaux de compagnie en chiffres

Alimentation : 3 milliards d’euros par an (2,1 % des achats sont réalisés sur Internet)
Hygiène et soins : 580 millions d’euros (5,9 % des achats sont réalisés sur Internet)
Accessoires : 405 millions d’euros
En France, 4 % des animaux sont assurés
12 millions de chats
7,4 millions de chiens
35 millions de poissons

Au niveau mondial, le marché est actuellement évalué à 54 milliards d’euros (100 milliards dans les cinq ans à venir).

Ce qui est intéressant avec ce genre de point de vue, c’est que c’est franc puisque cela s’adresse aux entrepreneurs. Et que voit-on? Encore une fois, que l’exploitation animale est en expansion. Qu’en même temps, il existe un puissant besoin de Nature, mais que celui-ci est dévié, dévoyé, ramené vers le capitalisme afin de le servir.

On peut être frappé aussi par la faiblesse des achats par internet, alors que c’est bien moins cher et permet d’accéder à de la meilleure qualité. On devine facilement que cela s’explique par des achats effectués par les couches populaires, dans la « banalité » de la vie quotidienne, sans réflexion particulière à ce sujet.

C’est à la fois porteur d’espoir et particulièrement catastrophique.