« Vous avez détruit la beauté du monde! »

Aujourd’hui la chanteuse québecoise Diane Dufresne a 70 ans. Elle est bien connue en France, c’est une artiste « à l’ancienne » : entière, inspirée, pas toujours dans la réussite, mais avec l’exigence de contribuer à l’art. Même si c’est parfois idéaliste, cela parle… Comme sa très célèbre et belle chanson intitulée « L’hymne à la beauté du monde ».

Voici les paroles:

Ne tuons pas la beauté du monde
Ne tuons pas la beauté du monde

Ne tuons pas la beauté du monde
Chaque fleur, chaque arbre que l´on tue
Revient nous tuer à son tour

Ne tuons pas la beauté du monde
Ne tuons pas le chant des oiseaux
Ne tuons pas le bleu du jour

Ne tuons pas la beauté du monde
Ne tuons pas la beauté du monde

Ne tuons pas la beauté du monde
La dernière chance de la terre
C´est maintenant qu´elle se joue

Ne tuons pas la beauté du monde
Faisons de la terre un grand jardin
Pour ceux qui viendront après nous
Après nous

Ne tuons pas la beauté du monde
La dernière chance de la terre
C´est maintenant qu´elle se joue

Ne tuons pas la beauté du monde
Faisons de la terre un grand jardin
Pour ceux qui viendront après nous
Après nous

En fait cette chanson a une dimension terrible. Elle n’est qu’une partie d’une chanson plus longue composée par Luc Plamondon, à l’origine notamment du fameux « Starmania », et qui s’appelle « Le monde est fou ».

Elle a été chantée par Renée Claude, et la voici, avec les paroles aussi. Mais l’inspiration pour cette chanson a un arrière-plan historique ô combien parlant, et encore plus tellement d’années après où les choses ont empiré.

Le 4 juin 1972, la poétesse Huguette Gaulin s’asseoit à Montréal, sur la place Jacques Cartier, juste en face de la mairie. Elle s’arrose d’essence et s’immole, ses dernières paroles étant une accusation terrible: « Vous avez détruit la beauté du monde! »

Le monde est fou
On s’en va où?
On s’en va où?
On s’en va où?

J’ai mal aux pieds
Dans mes souliers
J’ai trop marché
Sur le ciment

Déshabill’-moi, libère-moi, emmène-moi
Déshabill’-moi, libère-moi, emmène-moi
Courir nue dans les champs

J’ai mal aux yeux
Je n’vois plus rien
L’soleil est loin
Donn’-moi la main

Emmène-moi au fond des bois ou n’importe où
J’ai l’impression d’être arrivée au bout de tout

Le monde est fou
On s’en va où?
On s’en va où?
On s’en va où?

J’ai mal au coeur
J’ai l’mal de terre
J’ai besoin d’eau
J’ai besoin d’air

Déshabill’-moi, libère-moi, emmène-moi
Déshabill’-moi, libère-moi, emmène-moi
Au milieu de la mer

J’ai mal à moi, j’ai mal à toi, j’ai mal à vous
J’ai mal à moi, j’ai mal à toi, j’ai mal à vous

Arrêtons-nous, arrêtons-nous!
Arrêtons-nous, arrêtons-nous!

Ne tuons pas la beauté du monde
Ne tuons pas la beauté du monde

Ne tuons pas la beauté du monde
Chaque fleur, chaque arbre que l’on tue
Revient nous tuer à son tour

Ne tuons pas la beauté du monde
Ne tuons pas le chant des oiseaux
Ne tuons pas le bleu du jour

Ne tuons pas la beauté du monde
Ne tuons pas la beauté du monde

Ne tuons pas la beauté du monde
La dernière chance de la terre
C’est maintenant qu’elle se joue

Ne tuons pas la beauté du monde
Faisons de la terre un grand jardin
Pour ceux qui viendront après nous
Après nous…

Comment se promener dans les bois sans se faire tirer dessus?

Avec quelque 25 millions d’oiseaux et 5 millions de mammifères tués chaque année en France, sans compter un braconnage très actif, la pression de chasse est beaucoup trop forte sur nos terroirs.

Euh, pardon? Comment peut-on conjuguer critique de la chasse et défense du « terroir »? Voici pourtant comment le naturaliste et chroniqueur Marc Giraud présente son nouvel ouvrage, intitulé Comment se promener dans les bois sans se faire tirer dessus ?.

Le point de vue de Marc Giraud reflète un point de vue très partagé dans les régions où les chasseurs exercent une hégémonie complète, comme par exemple la Picardie. La chasse est en effet tellement présente qu’on ne peut même pas se promener: même si on ne risque pas forcément grand chose directement, se promener en présence de types se promenant en bandes avec des fusils n’est guère attrayant…

Alors forcément, pour cette raison, même sans position anti-chasse, nombre de gens trouvent cela insupportable. Comment toucher ces gens? Voilà une question significative! Et pourquoi Marc Giraud, qui a une vision vraiment intéressante dans ses oeuvres, ne va-t-il pas au bout de son raisonnement, pourquoi accepte-t-il tout de même la chasse?

A titre d’illustration, voici l’interview qu’il a accordé au Courrier Picard. On remarquera la subtile prudence des questions, qui d’un côté donnent des gages aux chasseurs, de l’autre tentent de donner la parole à une critique de la chasse…

La chasse est-elle vraiment dangereuse pour les utilisateurs de la nature ?

Quand on se promène un jour d’ouverture de chasse, c’est toujours très inquiétant. On ne risque pas forcément sa vie mais il règne un certain climat d’insécurité. Quand un chasseur tire à 200 mètres de vous, c’est très impressionnant et, malheureusement, les accidents arrivent. On compte en moyenne 150 à 200 blessés par an et une vingtaine de morts. Et encore, tous les accidents ne sont pas recensés. J’évoque par exemple, dans mon livre, le cas de cet enfant de six ans, tué par son frère de 23 ans dans les environs d’Amiens lors d’une partie de chasse, il y a tout juste un an (NDLR : le 29 septembre 2013). Ce sont à chaque fois des vies brisées, des drames humains épouvantables. Je comprends la passion pour la chasse, mais je trouve qu’il y a tellement d’autres choses passionnantes à faire dans la nature.

Selon vous, tout est fait pour que le permis de chasse soit facile à obtenir. Ce problème d’insécurité vient-il en partie de cela ?

Oui. L’examen théorique ne comporte que dix questions, dont une seule est éliminatoire. N’importe qui connaît un peu la nature est susceptible de l’avoir, et ce, pour la vie. C’est une aberration, on devrait instaurer, comme pour les automobilistes, un permis à points. Comme sur la route, il existe évidemment des chasseurs prudents, mais il y a aussi des chauffards qu’il convient de calmer.

Vous laissez entendre également que l’alcool est un facteur aggravant. N’est-ce pas un peu cliché ?

Les chasseurs se veulent bon vivant, soit. Je le suis aussi, mais il ne me viendrait pas à l’idée de prendre le volant quand je suis bourré. Je ne veux pas tomber dans les clichés, mais il m’arrive, dans ma campagne, de voir des chasseurs titubants se rendre à la chasse. Mais le plus effarant, c’est qu’aucun contrôle d’alcoolémie préventif n’est prévu dans les textes. Il n’existe pas non plus de seuil d’alcoolémie au-delà duquel il est interdit de chasser. Et l’état alcoolique n’est pas considéré comme une circonstance aggravante en cas d’homicide à la chasse.

À quoi selon vous est liée cette prétendue indulgence à l’égard des chasseurs ?

C’est un lobby très bien organisé qui dispose de soutiens politiques de taille. À l’Assemblée nationale, le groupe chasse compte 120 députés, soit deux fois plus par exemple que le groupe consacré à la précarité. La base fait pression sur le sommet, et ça marche. Cela pose un vrai problème de démocratie puisque, dans ce pays, un million de chasseurs a davantage de poids que les 2 millions de cavaliers, 15 millions de randonneurs ou encore 20 millions de cyclistes.

La chasse, c’est un pouvoir politique, mais aussi un pouvoir économique basé là encore sur un système antidémocratique. La cotisation à une fédération de chasse, par exemple, est obligatoire lors de la validation du permis de chasser départemental. C’est contraire au principe démocratique des associations.

Les chasseurs jouent pourtant un rôle important de régulateur, sans eux les villes seraient envahies de bêtes sauvages et les terres agricoles détruites. Votre vision n’est-elle pas caricaturale ?

Les chasseurs s’auto-persuadent qu’ils jouent ce rôle, mais c’est absolument faux. Dans le canton de Genève, par exemple, la chasse est interdite depuis quarante ans et tout se passe bien. Prenons l’exemple du sanglier, considéré comme une espèce nuisible. S’il y a autant de sangliers, c’est tout simplement parce que ce sont les chasseurs qui favorisent sa prolifération, mais c’est vrai pour d’autres espèces, au travers de la pratique de l’agrainage. Et puis dans le contexte d’une chasse privée, il faut qu’un animal rapporte, donc qu il soit présent en masse.

À la fin de votre ouvrage, vous émettez une série de propositions pour une chasse « plus démocratique », et vous proposez notamment la « trêve de la chasse le dimanche ». N’est-ce pas une forme de provocation ?

Le dimanche est le jour de sortie en famille, mais c’est aussi le jour où se produisent le plus d’accidents de chasse. Je ne vois pas où est la provocation ? Nous demandons simplement un partage du temps et de l’espace. Dans l’Europe entière, il existe partout un jour de non-chasse. En France, on chasse tous les jours, tout au long de l’année, si l’on tient compte des battues. Et encore une fois, c’est une minorité qui impose sa loi.

Un exemple parlant d’incompréhension sur les zones sauvages

C’est un exemple typique de l’incompréhension en France de ce qu’est le biocentrisme. Voici un article du Monde, reprenant des informations américaines de manière totalement tronquée, preuve d’une vision totalement anti-Nature bornant intellectuellement sans commune mesure.

Bientôt un permis de photographier dans les forêts fédérales américaines ?

Révolte dans les sous-bois. L’Office américain des forêts est en train de finaliser un règlement interdisant aux visiteurs de prendre des photos dans les parcs naturels nationaux sans avoir payé au préalable un permis de quelque 1 500 dollars, soit 1 182 euros. Une autorisation requise également pour les photos prises avec smartphone.

Selon le journal The Oregonian, les contrevenant devraient alors payer une amende de 1 000 dollars, soit 788 euros. Et même après avoir obtenu le fameux agrément, les photographes devraient faire approuver leurs clichés par l’Office des forêts, avec notamment la nécessité d’être pédagogiques vis-à-vis de la nature ainsi photographiée. Toute photographie à but publicitaire serait évidemment refusée.

Contrôle du gouvernement fédéral

Si le règlement n’a pas encore été adopté, la révolte gronde déjà dans les rangs des photographes, avocats et politiques.

Le sénateur de l’Oregon Ron Wyden a ainsi déclaré à l’Oregonian :

« L’office des forêts doit revoir toute politique qui soumet les photographies non commerciales et les enregistrements à un système de permis pénible, pour quelque chose d’aussi simple que de prendre une photo avec un téléphone.

En particulier pour les journalistes et les blogueurs, cette politique soulève de troublantes questions sur les limites inappropriées que se fixe le gouvernement quant aux activités clairement réglées par le premier amendement [notamment la liberté d'expression et de presse]. »

Dans le Washington Post, Greg Walden, autre sénateur de l’Oregon, craint que cet accès restreint ne soit « basé sur des calculs politiciens » et note qu’avec cette nouvelle règle la majorité de l’Oregon sera ainsi sous le contrôle du gouvernement fédéral.

C’est ici une démonstration de méconnaissance, d’esprit anti-Nature, et d’une sorte anti-capitalisme anti-américain totalement délirant. En réalité, il ne s’agit déjà pas des parcs nationaux, mais des zones protégées et désignées comme « sauvages » par les États-Unis.

L’idée était de faire en sorte qu’il y ait des demandes nécessaires pour aller prendre des images dans ces zones ; tourner des images commerciales aurait ainsi un tarif, associé à une autorisation.

Si ces images commerciales sont en accord avec la défense de la nature sauvage du lieu, l’accord serait donné, sinon la réponse serait négative… Ce qui est une bonne chose !

Bien entendu, par la suite il fut confirmé que la presse aurait accès aux lieux en cas d’événements importants du type feu de forêt ou des sauvetages.

Il ne s’agit nullement d’interdire des photos dans un parcours balisé dans un parc national… mais d’empêcher n’importe qui de faire n’importe quoi dans des zones sauvages !

Mais comme en France le sauvage se résume, au mieux, à un parc national entretenu et géré, alors forcément le journaliste n’a rien compris, voyant ce qu’il a voulu voir…

Les commentaires suite à l’article du Monde reflètent d’ailleurs cet état d’esprit bien français de se croire plus malin, tout en ne comprenant rien à rien :

« Est-ce qu’on doit aussi payer en fonction de l’oxygène que l’on consomme lorsque l’on se promène dans ces forêts ? »
« Mais ils ont droit de tirer du gun en forêt ….. »
« On est jamais surpris avec ce pays : le fric est partout ! »
« Faut-il payer pour faire pipi dans les forêts ? »

De manière parlant, il y a ce commentaire suivant également :

« Article publié un 1er avril ?
Après deux voyages dans ces endroits extraordinaires où je me suis fait plaisir en tant que photographe naturaliste… là, à ce tarif, ils ne m’y reverront jamais.
J’imagine qu’ils n’ont pas besoin de touristes. »

Voilà bien la mentalité française : nature sauvage = lieu pour le tourisme. Non seulement on ne comprend pas qu’une zone sauvage doit être sanctuarisée, mais l’existence même d’une zone réellement sauvage est inconcevable…

Le nouveau plan anti-tabac

Le tabac est une drogue, mais légale. Cependant, elle coûte trop cher à l’État, en raison des problèmes de santé. L’État décide donc, de manière administrative, de faire cesser le tabac.

Le problème est que c’est une question de culture, et de société. On voit mal les gens cesser de fumer dans une société imposant de plus en plus de stress… Et on ne résout pas le problème à coups de décrets, aussi intéressant que leur contenu puisse être.

Voici les mesures prises :

Axe 1 – Pour protéger les jeunes et éviter l’entrée dans le tabagisme

1. Adopter les paquets de cigarettes neutres pour les rendre moins attractifs
2. Interdire de fumer en voiture en présence d’enfants de moins de 12 ans
3. Rendre non fumeurs les espaces publics de jeux pour enfants
4. Encadrer la publicité pour les cigarettes électroniques et interdire le vapotage dans certains lieux publics

Axe 2 – Pour aider les fumeurs à arrêter de fumer

5. Diffuser massivement une campagne d’information choc
6. Impliquer davantage les médecins traitants dans la lutte contre le tabagisme
7. Améliorer le remboursement du sevrage tabagique

Axe 3 – Pour agir sur l’économie du tabac

8. Créer un fonds dédié aux actions de lutte contre le tabagisme (prévention, sevrage, information)
9. Renforcer la transparence sur les activités de lobbying de l’industrie du tabac
10. Renforcer la lutte contre le commerce illicite de tabac

Et voici comment Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales, de la Santé, et des droits des femmes, présente la situation :

Le tabac tue un fumeur sur deux. En France, 73000 personnes en meurent chaque année. C’est l’équivalent d’un crash d’avion de ligne, chaque jour, avec 200 passagers à bord!

Il s’agit d’une véritable hécatombe, insidieuse, silencieuse, sournoise. Elle ne fait pas les gros titres de journaux ; sans doute n’est-elle pas assez spectaculaire. Mais elle tue 20 fois plus de Français que les accidents de la route !

La France compte plus de 13 millions de fumeurs adultes et cette situation ne cesse de s’aggraver.

Depuis 2005, le nombre de fumeurs a recommencé à augmenter , à rebours de nos voisins européens.

Cette augmentation touche principalement les femmes, les personnes en situation de précarité et les jeunes. Aujourd’hui, 30% des Français sont des fumeurs réguliers.

Cela nous place parmi les plus gros consommateurs de tabac en Europe, à l’heure où la Grande-Bretagne a réussi, en 5 ans, à descendre sous la barre des 20% de fumeurs.

Le tabagisme n’est pas une fatalité, nous pouvons changer les choses !
Toute la société est concernée par ce fléau. C’est un enjeu de civilisation autant qu’un problème de santé publique.
Je veux le dire très clairement : non, le tabac n’est pas seulement le problème de ceux qui fument. Non, le tabagisme ne relève pas seulement de la responsabilité individuelle.

Où est la responsabilité d’un enfant [de] 12 ans qui entre dans la spirale de l’addiction?

Qui peut dire que seule la responsabilité individuelle est engagée quand le coût social du tabac est estimé à 47 milliards d’euros par an, dont 18 milliards pour la seule sécurité sociale ?

Nous y voilà, au cœur du problème. Le tabac n’est pas considéré comme un ennemi en tant que drogue, mais en tant que « coût ».

Et c’est précisément la mauvaise manière de voir les choses, c’est justement l’approche à ne pas prendre pour arriver à faire cesser la consommation de tabac.

Il faut voir les choses en terme de Nature, d’envie de vivre de manière heureuse, de choix personnel dans un grand ensemble collectif. On ne peut pas décréter l’intelligence d’une personne décidant de ne pas fumer en présence d’enfants dans la voiture. C’est une bataille culturelle !

« Notre nouvelle économie sera à la fois écologique et très fortement productive »

C’est un document d’importance que vient de publier Les Echos. Il est signé Jean Peyrelevade.

Ce dernier est passé l’École Polytechnique,  Sciences Po et il a été ingénieur en chef de l’aviation civile, avant d’être conseiller du premier ministre Mauroy en 1981. Il a ensuite été président de sociétés liées à l’Etat: Suez (de 1983 à 1986), la Banque Stern (de 1986 à 1988), l’UAP (de 1988 à 1993),  le Crédit lyonnais (de 1993 à 2003). A cela s’ajoute qu’il est administrateur de plusieurs sociétés, dont Bouygues, BG Bonnard & Gardel Holding SA, Saur, etc.

Son avis est ici est très simple: si écologie il doit y avoir, il faut les moyens pour cela. Et comme lui il accepte le capitalisme, alors forcément cela passe par le capitalisme.

On est bien entendu libre de ne pas être du tout de ce point de vue. Mais en tout cas il faut être au même niveau de questionnement. Il ne peut pas y avoir de réformes vagues et diffuses au jour le jour, il faut de grands changements, mais cela est impossible sans stratégie, sans moyens…

L’écologie exige une immense dimension! Et ce qui est ici au sujet d’EELV est vrai: EELV ne vit qu’au jour le jour, sans dimension et ne compte basculer ni dans ce pseudo capitalisme vert, ni dans l’écologie radicale pour le changement total…

La vacuité du jargon écologiste

Pascal Canfin, ancien ministre du Développement dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, oppose dans son dernier livre (1) le social-libéralisme à la social-écologie. Le premier relèverait du passé quand celle-ci annoncerait un avenir meilleur.

Ainsi ces deux termes abscons synthétiseraient-ils le combat qui, à gauche, voit s’affronter les Verts d’un côté, Manuel Valls et sa politique de l’autre. Pascal Canfin étant un homme intelligent, on ne peut croire que ce jargon lui tienne lieu de pensée. Il faut donc essayer de le décrypter.

Social-libéralisme, l’expression n’est pas la plus obscure des deux et l’on ne comprend guère, au premier abord, d’où provient son contenu accusatoire.

Elle implique, pour ceux qui s’en prévaudraient, la reconnaissance de l’économie de marché comme cadre normal de l’activité productive (le libéralisme) et la volonté d’une politique de protection des faibles, de redistribution et de promotion de l’égalité des chances (le social). Il n’y a donc rien de scandaleux à s’affirmer, faute de mieux, « social-libéral ».

L’économique et le social, que demander de plus ? Sauf que le concept, concentré à l’excès sur ces deux seules dimensions, conduit à la caricature et porte en creux une critique trop systématique pour être réellement fondée : le social-libéralisme déboucherait sur l’effacement de l’Etat et l’atrophie de l’action publique.

Les sociaux-libéraux, honte à eux, ignoreraient que l’Etat est l’acteur central de toute politique macroéconomique, bafoueraient la nécessité de la régulation, seraient perméables au lobbying des intérêts privés et, à ce titre, incapables de prendre en compte les nécessités d’un développement durable.

Tout cela, bien entendu, n’a aucun sens : on peut être à la fois un partisan résolu de l’économie de marché et penser que le rôle de l’Etat, régulateur et éclaireur de l’avenir, est incontournable. Tel est mon cas.

L’autre terme, la social-écologie, est dans son immense confusion encore plus révélateur de la pensée de ceux qui en font la promotion.

On aimerait bien que les Verts nous en donnent une définition, pour nous aider à sortir de la perplexité dans laquelle sa lecture nous plonge.

On comprend le souci affirmé de préserver la planète, comme celui de cohésion sociale. Mais que sont devenues l’économie de marché et l’entreprise ?

Disparues corps et biens ? En termes plus précis, qui produit quoi dans ce nouvel univers ? Beaucoup d’écologie et beaucoup de social sans production, cela serait-il possible ?

La réponse est parfaitement régressive. Le nouveau progressisme de Pascal Canfin le conduit à constater que la croissance est derrière nous, donc qu’ « il faut augmenter l’intensité en emplois de l’économie en remplaçant l’énergie et le capital par du travail humain » !

Energie et capital sont ainsi deux valeurs négatives, la première parce que son usage intensif provoque l’accélération du réchauffement climatique.

Certes ! Mais le second ? Le vieux rêve idéologique de disparition des grands moyens privés de production, seul moyen de mettre fin à l’exploitation des salariés, pointe ici son nez où il n’a rien à faire. Au nom d’une préoccupation écologique, mais laquelle ?

Ou au nom de la lutte contre l’accumulation de capital inhérente à toute économie développée ? Vive donc la lampe à huile et la marine à voile ! L’« antiproductivisme » des Verts est fait d’un curieux mélange de considérations écologiques et de rémanences marxisantes.

Là est l’incohérence du propos de Pascal Canfin et de ses amis. Oui, l’effet de serre constitue pour l’espèce humaine une menace mortelle. Oui, il faut protéger les ressources de la planète.

Oui, il faut modifier profondément nos modes de vie et nos modèles de consommation. Mais pour y parvenir, nous avons besoin non pas de moins mais de plus de technologie.

On ne changera pas tous nos processus industriels, notre habitat, nos modes de transport, nos façons de consommer, on ne trouvera pas le moyen d’économiser l’énergie et de stocker l’électricité (ce qui serait une innovation majeure) avec moins mais au contraire avec plus d’investissement.

Davantage de technologie, davantage d’ingénieurs, davantage d’entrepreneurs innovants, davantage d’investissements (de l’ordre de 2 points de PIB de plus, 40 milliards d’euros chaque année) et donc des structures financières visant à orienter une épargne accrue vers ces nouveaux projets ?

Une véritable transition énergétique ne peut s’envisager qu’au sein d’une économie non pas moins mais plus capitalistique, non pas moins mais plus développée dans ses financements.

Et c’est sans doute le meilleur moyen que nous ayons de retrouver la croissance, avec du vrai développement, et durable.

Moins d’énergie, oui, mais plus de capital : là est la clef de notre prospérité future. Notre nouvelle économie sera à la fois écologique et très fortement productive.

Jean Peyrelevade, est économiste et banquier-conseil.

(1) « Imaginons », de Pascal Canfin, Editions Les Petits Matins, 238 pages, 10 euros.

Une bien étrange grève à Paris-Saint-Lazare…

Le travail rime souvent avec ennui, et qui dit ennui dit temps qui passe lentement. L’une des fausses solutions la plus courante est d’utiliser l’alcool. En apparence, il rendrait chaleureux, on sentirait mieux et le temps passerait plus vite.

Le problème, c’est que lorsque cela se passe dans dans un poste d’aiguillage, comme celui de la gare Paris-Saint-Lazare, c’est évidemment quelque chose de dangereux non seulement pour soi, mais encore plus pour les autres.

L’affaire avait été rendue publique par le journal Le Point en juin dernier, par l’intermédiaire d’une vidéo de février où des gens buvaient un cocktail alcoolisé. La scène avait été filmée par un de leur collègue, paniqué devant les proportions que prend la consommation d’alcool et le risque d’accident.

En l’occurrence donc dans la gare de Paris-Saint-Lazare, on a ces gens qui boivent, et comme c’est un vieux poste, il n’y a pas encore d’informatisation, il s’agit d’être vigilant… Ce qui n’est pas le cas dans la vidéo une grosse erreur manque d’être commise… alors que le poste doit gérer une centaine d’itinéraires jusqu’à Rouen…

Voici la vidéo mais attention : déjà ce n’est pas l’original une musique a été ajoutée, de plus même dans la vidéo originale à la fin cela se termine sur une sorte d’effet censé exprimer l’effet de l’alcool…. A la base même, cette vidéo est un montage étrange…

Devant le bruit de l’affaire, il y a eu hier des conseils de discipline pour ces agents, et en même temps… une grève lancée par les syndicats SUD-Rail, CGT et Unsa de la gare Paris-Saint-Lazare.

Une grève lancée pour la forme car rien ne peut être prouvé dans cette histoire, sauf si les gens « avouent » ; voici ce que disent les syndicats :

« Cette mobilisation a pour but d’infléchir, voire d’abroger, les sanctions à l’encontre de huit collègues en lien avec l’affaire dite du « PRS de PSL » (une vidéo montrant des cheminots boire un petit rhum). Nos collègues, pour certains, risquent un jour de mise à pieds, d’autres quatre jours… Deux sont convoqués en conseil de discipline demain.

Dans tous les cas, s’ils étaient sanctionnés, les prud’hommes devraient abroger ces décisions, pour au moins trois raisons :

Il est interdit de filmer dans les emprises de la SNCF sans autorisation de la direction.

L’entreprise devait porter plainte contre le cinéaste.

Il n’y a aucun contrôle de l’alcoolémie, du coup aucune valeur juridique.

Le film date de mars 2013 et a été diffusé en plein conflit de juin 2014. »

Là il n’y a qu’une chose à dire : on est bien loin de la révolution… Quant aux syndicats, leur position est intenable….

Car quiconque connaît le monde du travail de l’univers cheminot sait que, malheureusement, l’alcool est terriblement présent. Pour les plus âgés, le vin accompagne la gamelle, avec évidemment l’inévitable petite part de prolo-PMU ayant été happé par l’alcoolisme. Chez les plus jeunes, c’est l’alcool festif qui joue : McDo le jour, whisky coca la nuit.

Plus un service est ennuyeux, éloigné, isolé… plus on trouve l’alcool. Et évidemment les postes d’aiguillage étant des lieux de fatigue nerveuse, d’ennui…

La CGT sait tout cela. Alors pourquoi son tract de Saint-Lazare parle-t-il de « répression patronale » ? Pourquoi lit-on : « Comme en 14-18 il fallait fusiller pour l’exemple » ?

Est-il difficile de comprendre que l’opinion publique soit inquiète de tels comportements ? N’est-il pas dans l’ordre des choses que les syndicats le comprennent, et combattent d’ailleurs l’alcoolisme dans les rangs des travailleurs ?

L’alcool est un poison, ceux et celles se préoccupant de la santé des gens doivent l’assumer! Il est totalement absurde que l’alcool soit absent de la question de la vie quotidienne, alors que c’est un fléau de plus en plus grand, et d’autant plus terrible qu’il est socialisé et qu’il happe tout le monde.

Cela montre d’autant plus la responsabilité de ceux et celles qui ont compris cet enjeu: devenir straight edge, c’est un devoir pour soi-même et pour les autres!

Les « amoureux du cirque traditionnel animalier et familial »

Le cirque fondé sur l’utilisation des animaux est dans une très mauvaise situation, étant donné qu’il est lié à toute une culture qui, heureusement, est en train de disparaître : celle de l’exotisme de pacotille, de l’homme fort dominant les animaux puissants, de la femme svelte exerçant sa souplesse en s’appuyant sur des animaux fougueux, etc.

Bien entendu, le cirque fondé sur les animaux tente de se défendre, et on a un exemple très parlant avec « l’association des amoureux du cirque traditionnel animalier et familial », apparu sur facebook il y a quelques mois.

Cependant, quand on voit une image comme cela, on ne peut qu’être terrifié et exiger directement la fermeture de ces insultes à la Nature… C’est absolument terrible.

On sait que les animateurs des cirques avec animaux défendent avec « vigueur » leurs activités et malheur aux personnes tentant de diffuser des critiques dans les environs de leur cirque… Mais pourtant, quand on voit le « style », ne peut-on pas penser que ringardiser tout ce vieux fatras est loin d’être difficile ?

On a ici une sorte de philosophie de la vie digne des vieux James Bond, avec l’homme viril et la jolie fille au milieu des « bêtes sauvages », on a une sorte d’aventure qui pouvait impressionner il y a 60 ans, mais aujourd’hui ?

Tout cela est totalement dépassé ! S’il y a un défaut que les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas, c’est bien une naïveté devant de telles démonstrations de « force » et d’aventures à la Indiana Jones…

Si l’on regarde le facebook de la personne à la source de cette association, cela en dit long quand on voit ce qu’elle apprécie : outre le cirque, on a Cauet, TF1, Gendarmerie nationale, Hollande Dégage, Patrick Sébastien, Nicolas Canteloup, Durex France…

Tout cela est, sur le plan culturel, totalement arriéré, d’une autre époque!  C’est du virilisme à la Belmondo, de l’individualisme macho sans culture, de la brutalité célébrée par tous les moyens au moyen de la petite entreprise…

Ces gens en ont conscience et tentent de moderniser les apparences. A de très nombreuses reprises, tant sur ce facebook que celui de l’association, il y a des images d’animaux sauvages, des appels contre la maltraitance animale, et même… ce logo traditionnel de la libération animale !

Peur de rien dans la mauvaise foi : le rapport humain-animal passe ici par le cirque ! Cela ressemble comme deux gouttes d’eau à ce que prétendent les zoos… Il est prétendu « aimer » les animaux, les « défendre » !

Naturellement, on ne recule devant rien dans la mauvaise foi pour montrer que cette approche « vit », a une perspective… Sur la photo suivante, l’association est censée montrer la magie et la reconnaissance du cirque. Sauf que justement la photo est en Autriche, pays où l’utilisation d’animaux sauvages par les cirques est interdite. Le cirque montré, Roncalli, défend par ailleurs cette interdiction (il utilise par contre des chiens et des chevaux).

Tout cela montre bien que pour liquider les cirques avec animaux, pour les abolir, pour en finir une bonne fois pour toutes, il y ne faut jamais se retrouver en conflit direct avec ces gens arc-boutés sur leur entreprise, mais au contraire passer indirectement, en célébrant les cirques culturels et réellement artistiques, ne jouant pas sur le côté « impressionnant » d’un exotisme macho de pacotille…

« Unique au monde », « Pour la première fois dans votre ville »… C’est totalement dépassé!

Les zoos: du béton contre le béton?!

Suite à la polémique sur les conditions d’existence des animaux au zoo de Fréjus, le « Chef soigneur » de ce dernier s’est fendu d’une réponse dans le Nouvel Observateur, défendant bien entendu sa position.

Rien de nouveau sous le soleil. Par contre, ce qui est intéressant, c’est la démarche soi-disant progressiste qui est mise en avant…

Voici notamment ce qu’on lit, avec une argumentation effarante : les zoos seraient des lieux d’opposition fondamentale au capitalisme, et le produit d’une abnégation sans faille… en faveur de la Nature.

C’est écoeurant, historiquement totalement faux, et c’est un anti-capitalisme digne de l’extrême-droite de par son côté totalement vide et faux :

« Bon nombre de personnes qui signent cette pétition sont des anti-zoos, et ils ne s’en cachent pas d’ailleurs, des personnes qui aiment mieux voir les animaux en liberté et nous respectons cela, nous les entendons et nous les écoutons mais nous ne pouvons pas pour autant accepter d’être traînés dans la boue pour cette cause, aussi noble qu’elle puisse être.

Quoi que l’on fasse, quoi que l’on dise, on ne les en convaincra jamais, mais les parcs zoologiques ont leur utilité et leur raison d’être dans le cadre de la conservation des espèces animales, de l’éducation, et sont maintenant des pôles scientifiques.

Je voudrais, pour finir, faire un rapide retour sur l’historique du parc, ouvert depuis 1971. Il occupait, partiellement des terrains municipaux que nous louions. En 1990, la municipalité a voulu récupérer les terrains pour faire une zone d’activité et donc bétonner 20 hectares d’espace quasi naturel. Nous nous sommes battus seuls, pendant plus de 15 ans.

Et nous avons réussi à protéger 16 hectares de nature, pour nos animaux. Il a fallu alors transférer, reconstruire. La mairie n’ayant pas d’argent pour acheter les terrains, elle a procédé à des échanges.
Nous avons travaillé dur, à nos frais, sans aucune aide ni subvention. Tout ne se fait pas en un jour sur un claquement de doigts.

Nous avons encore beaucoup de projets à réaliser notamment pour nos éléphants, nous demandons juste que l’on respecte notre travail et que l’on nous laisse le temps de le faire sereinement pour le bien de nos animaux.

Avoir un parc zoologique ne permet pas de s’enrichir, mieux vaut pour cela être dans l’immobilier et bétonner la nature ! »

On en aurait la larme à l’oeil… Tant d’hypocrisie, c’est terrible !
Ne perdons pas du temps avec ce passage sur l’immobilier et le bétonnage de la Nature : c’est totalement risible de la part de quelqu’un qui travaille dans un zoo, dont la substance même est de donner un petit environnement en béton aux animaux.

Non, allons plus loin et regardons d’où vient le zoo de Fréjus. Son fondateur n’est pas n’importe qui… C’est Hubert Masquefa, directeur du zoo du Bois d’Attilly à Ozoir-la-Ferrière, associé à Michel Klein.
Et là on comprend tout.

Car si Michel Klein est dans le coup, alors le zoo de Fréjus n’est certainement pas un lieu créé avec des bouts de ficelle : c’est quelque chose qui fait partie d’une démarche très organisée, très profonde, relevant totalement de l’idéologie dominante.

Michel Klein, qui est très connu, a un parcours « efficace » dans le genre : après avoir eu notamment une clinique vétérinaire à Paris, Michel Klein a été appelé pour intervenir au zoo d’Ermnenonville et il soignait les animaux emprisonnés au cirque de Jean Richard, et est alors devenu un vétérinaire « de pointe » pour les zoos et les cirques parisiens (Zoo de Vincennes, Jardin des Plantes, Cirque d’Hiver, Cirque Médran…).

Devenu une « figure » de la question animale… à la française, c’est lui qui a proposé en 1970 le tatouage des chiens ; il a aussi participé à la création du Parc animalier de Thoiry.

Au début des années 1970, il a participé à l’émission télévisée « Les animaux du monde », aux « Mercredis de la jeunesse », puis avec Dorothée à « Terre, attention, danger » de 1991-1996.

Cette dernière émission, Michel Klein l’a conçue, écrite et réalisée lui-même ; avec Dorothée il présentait à chaque fois un animal différent, dans une optique scientifique et de protection en théorie, en pratique tout cela ne faisait que refléter l’esprit anthropocentrique de pseudo compréhension, d’esprit de collection et de « défense » visant typiquement à masquer l’esprit d’exploitation et de domination.

Dans cette entreprise, Michel Klein a ainsi été vice-président de la SPA, il est encore Président d’Honneur de l’École de Chiens guides pour Aveugles et Malvoyants de Paris…

D’un côté, il a porté des exigences de modernité dans les actions des vétérinaires, mais de l’autre il n’a été que le vecteur de la modernisation de l’exploitation animale.

Avec un discours bien rôdé, que résume bien le titre d’une de ses œuvres : « Ces bêtes qui m’ont fait homme ». Il faut apprendre des animaux qui ont tant souffert, il ne faut pas tout détruire car on se détruirait soi-même en tant qu’humanité, ou comme il le résume :

« Nous ne nous sauverons pas sans sauver avec nous la nature et les animaux qu’elle a engendrés pendant des millions d’années. Nous vivrons avec l’animal ou périrons avec lui. »

Michel Klein, c’est la position d’une ouverture aux animaux totalement dévoyée. Il a été certainement totalement sincère, cependant le fait qu’il n’ait pas été jusqu’à la libération animale en a fait le vétérinaire et l’aide-soignant des zoos et des cirques.

Et c’est pour cela qu’en 2014, les gens du zoo de Fréjus peuvent prétendre être progressistes, reprenant les positions de Michel Klein afin d’apparaître comme « protecteurs », amis des animaux, etc.
Michel Klein n’avait rien à faire dans les cirques et les zoos, en pensant aider, il a aidé non pas tant les animaux, qu’un système général qui, en 2014, est train d’assassiner notre planète !

Les propos du chef soigneur du zoo de Fréjus est faux : les zoos font totalement partie de la logique de l’exploitation animale ! Les recherches ne visent pas à aider les animaux, mais à « gérer » la Nature, dans une logique anthropocentrique !

L’augmentation du CO2 continue

Le « Global Carbon Project » est un panel d’experts tout ce qu’il y a de plus institutionnel étudiant le CO2 et publiant à la fois un atlas et un rapport. Le rapport pour l’année 2013 vient de sortir et les chiffres sont, évidemment, très mauvais.

Le CO2 issu des activités humaines a encore augmenté de 2,3 % par rapport à 2012. L’étude prend en compte l’utilisation du pétrole, du gaz, du charbon, des cimenteries, et cela donne 36 milliards de tonnes de CO2. A cela s’ajoute 3,3 autres milliards provoqués par la déforestation.

La progression de 2013 à 2014 sera sans doute de 2,5 %. Voici un graphique terrifiant, qui permet de vraiment comprendre que, depuis 1990, nous sommes rentrés dans une nouvelle époque, exigeant des changements complets et radicaux…

Cet autre graphique montre également que cette évolution se situe dans les prévisions effectuées… les plus hautes, par rapport à l’horizon 2100.

On dit souvent qu’on ne peut rien faire, que la France est un petit pays, que c’est la faute « aux Chinois », etc. etc. Tout cela est du grand n’importe quoi, et on peut regarder ce simple fait.

58 % des émissions de CO2 et 80 % de leur croissance ont comme origine quelques pays : la Chine, les États-Unis, l’Union Européenne et l’Inde. Si en France, on prenait une direction totalement différente, non seulement cela aurait un certain impact, même si très faible mais c’est déjà cela… Et surtout l’influence culturelle serait immense. Cela donnerait un signe d’une importance extrême.

On est loin du compte, c’est vrai. Hier a eu lieu des rassemblements dans quelques villes mondiales pour « sauver le climat ». En France on n’en a pas entendu parler avant et seulement quelques milliers de personnes ont défilé à Paris… contre 310 000 à New York.

La blague est d’ailleurs qu’à New York, il y avait dans cette marche Laurent Fabius et Ségolène Royal, ou encore Yann Arthus-bertrand ! C’est évidemment plus chic que de se retrouver à Paris avec Duflot et Hulot, ou encore Mélenchon.

C’est très symptomatique d’une époque où l’écologie ne sert que de faire-valoir. Aucun sens de l’urgence, pas un mot sur les animaux : on est en plein décalage.

En fait, c’est simple, il faudrait baisser de 5 % par an la production de CO2, alors qu’on est en train de l’augmenter…

Les données sont formelles. Pour bloquer à 2°C le réchauffement d’ici 2100, il ne faudra plus « ajouter » que 1.200 milliards de tonnes de CO2 à l’avenir…. Au rythme où l’on va, dans 30 ans on a dépassé le seuil.

Donc soit on ne fait rien, on laisse la machine s’emballer et on va droit dans le mur, soit on remet tout à plat. Mais on ne peut pas tergiverser et prétendre qu’il faut des « réformes », qu’il faut des initiatives « citoyennes », etc. : ce n’est pas cela dont la Terre – qui subit une guerre – a besoin.

Maurice de Guérin et le centaure

Aujourd’hui a lieu un pique-nique pour marquer le coup suite à l’opération de destruction du Testet…

En hommage à ce patrimoine culturel et naturel qu’était la zone humide du Testet et toutes les espèces qu’elle abritait, nous invitons tous les participants au désormais traditionnel pique-nique du dimanche à apporter des croix avec comme inscription « Patrimoine tarnais 2014″ et/ou des linceuls (draps blancs). Pour venir, voir le plan ici.

Et comme la journée s’y prête, rappellons les mots de Maurice de Guérin (poète des forêts autour de son Cayla natal, tout proche de Sivens) :

« J’habite avec les éléments intérieurs des choses, je remonte les rayons des étoiles et le courant des fleuves jusqu’au sein des mystères de leur génération. Je suis admis par la Nature au plus retiré de ces divines demeures, au point de départ de la vie universelle; là je surprends la cause du mouvement et j’entends le
premier chant des êtres dans toute sa fraîcheur » (décembre 1834)

Détruire la zone humide du Testet, détruire la nature de Maurice de Guérin est un symbole fort. C’est faire insulte au Patrimoine culturel Tarnais et ne pas être digne de le représenter devant l’histoire.

Il est vraiment intéressant de relier Nature et culture: en France, c’est rompre avec toute l’idéologie dominante. Et c’est redécouvrir une culture totalement différente de celle qui est imposée, car au service des valeurs dominantes…

Voici un extrait d’un poème de Maurice de Guérin, intitulé Le centaure. Le poète y célèbre la vie à travers un centaure philosophant sur la Nature, et passant lui-même de la jeunesse à la vieillesse.

Je me délassais souvent de mes journées dans le lit des fleuves. Une moitié de moi-même, cachée dans les eaux, s’agitait pour les surmonter, tandis que l’autre s’élevait tranquille et que je portais mes bras oisifs bien au-dessus des flots.

Je m’oubliais ainsi au milieu des ondes, cédant aux entraînements de leur cours qui m’emmenait au loin et conduisait leur hôte sauvage à tous les charmes des rivages. Combien de fois, surpris par la nuit, j’ai suivi les courants sous les ombres qui se répandaient, déposant jusque dans le fond des vallées l’influence nocturne des dieux !

Ma vie fougueuse se tempérait alors au point de ne laisser plus qu’un léger sentiment, de mon existence répandu par tout mon être avec une égale mesure, comme, dans les eaux où je nageais, les lueurs de la déesse qui parcourt les nuits.

Mélampe, ma vieillesse regrette les fleuves ; paisibles la plupart et monotones, ils suivent leur destinée avec plus de calme que les centaures, et une sagesse plus bienfaisante que celle des hommes. Quand je sortais de leur sein, j’étais suivi de leurs dons qui m’accompagnaient des jours entiers et ne se retiraient qu’avec lenteur, à la manière des parfums.

Une inconstance sauvage et aveugle disposait de mes pas. Au milieu des courses les plus violentes, il m’arrivait de rompre subitement mon galop, comme si un abîme se fût rencontré à mes pieds, ou bien un dieu debout devant moi.

Ces immobilités soudaines me laissaient ressentir ma vie tout émue par les emportements où j’étais. Autrefois j’ai coupé dans les forêts des rameaux qu’en courant j’élevais par-dessus ma tête ; la vitesse de la course suspendait la mobilité du feuillage qui ne rendait plus qu’un frémissement léger ; mais au moindre repos le vent et l’agitation rentraient dans le rameau, qui reprenait le cours de ses murmures.

Ainsi ma vie, à l’interruption subite des carrières impétueuses que je fournissais à travers ces vallées, frémissait dans tout mon sein. Je l’entendais courir en bouillonnant et rouler le feu qu’elle avait pris dans l’espace ardemment franchi. (…)

Mes regards couraient librement et gagnaient les points les plus éloignés. Comme des rivages toujours humides, le cours des montagnes du couchant demeurait empreint de lueurs mal essuyées par les ombres. Là survivaient, dans les clartés pâles, des sommets nus et purs. Là je voyais descendre tantôt le dieu Pan, toujours solitaire, tantôt le chœur des divinités secrètes, ou passer quelque nymphe des montagnes enivrée par la nuit.

Quelquefois les aigles du mont Olympe traversaient le haut du ciel et s’évanouissaient dans les constellations reculées ou sous les bois inspirés. L’esprit des dieux, venant à s’agiter, troublait soudainement le calme des vieux chênes. (…)

Pour moi, ô Mélampe ! je décline dans la vieillesse, calme comme le coucher des constellations. Je garde encore assez de hardiesse pour gagner le haut des rochers où je m’attarde, soit à considérer les nuages sauvages et inquiets, soit à voir venir de l’horizon les hyades pluvieuses, les pléiades ou le grand Orion ; mais je reconnais que je me réduis et me perds rapidement comme une neige flottant sur les eaux, et que prochainement j’irai me mêler aux fleuves qui coulent dans le vaste sein de la terre.

Les chimpanzés et les humains tuent-ils par « cruauté »?

C’est un thème extrêmement classique, et l’un des principaux reproches, si ce n’est le grand reproche, fait à LTD : les humains seraient « mauvais », la Nature – si jamais elle existe – « cruelle ».

Nous, nous disons : les gens qui disent cela ne font que refléter la vision du monde de la société actuelle. Vivant dans une société de concurrence, ces gens prétendent que tout est conforme à cela.

Le journal Le Monde vient justement de publier un article typique du genre. Intitulé « Les chimpanzés s’entretuent-ils sous l’influence de l’homme ? », il dit qu’évidemment les humains ne sont pour rien dans les « tueries ».

Le « meurtre » serait normal, ferait partie de la nature humaine, de la nature des chimpanzés ; la nature n’est qu’un affrontement ininterrompu… c’est précisément la vision du monde d’Adolf Hitler et de tous les fachos.

Voici la conclusion de l’article, qui vise ainsi à banaliser la violence, le meurtre, le viol, sous des couverts pseudos scientifiques :

« La conclusion de cette étude a de quoi surprendre, qui nous dit, pour schématiser, que les chimpanzés tuent à peu près pour les mêmes raisons que l’homme. Comme si – sans vouloir faire de la philosophie à la petite semaine – le meurtre faisait partie de leur nature comme il fait, hélas, partie de la nôtre.

Je me rappelle ce que m’avait dit Jane Goodall lorsque, début 2006, j’étais allé la rencontrer chez elle afin de faire son portrait pour Le Monde.

Elle me dépeignait la guerre à laquelle elle avait assisté chez les chimpanzés, à ces mâles patrouillant entre les arbres et massacrant leurs voisins avec une brutalité inouïe. « Tristement, m’avait-elle dit, cela les rendait encore plus humains. »

Les auteurs ont sans doute conscience que leur travail peut choquer à plusieurs titres : pour ce qu’il dit du comportement meurtrier, envisagé comme un résultat naturel de l’évolution, et parce qu’il modifie encore un peu plus la façon dont nous voyons nos plus proches cousins.

Dans l’article d’éclairage qu’elle écrit dans le même numéro de Nature, l’anthropologue américaine Joan Silk (université de l’Arizona) résume parfaitement cela : « La manière dont on perçoit le comportement des primates non-humains, et particulièrement des chimpanzés, est souvent déformée par l’idéologie et l’anthropomorphisme, qui prédisposent à croire que des éléments moralement désirables, comme l’empathie et l’altruisme, sont profondément enracinés dans l’évolution, tandis que les éléments indésirables, tels que la violence en réunion ou les rapports sexuels contraints, ne le sont pas.

Cela reflète une forme naïve de déterminisme biologique. (…) Les données nous disent que, pour les chimpanzés, il y a des circonstances écologiques et démographiques dans lesquelles les bénéfices d’une agression mortelle surpassent les coûts, rien de plus. » »

Tout cela est absolument traditionnel de l’idéologie d’extrême-droite, où la vie n’est qu’une lutte perpétuelle pour la survie, où le plus fort, l’individu le plus adapté survit, aux dépens des autres.

C’est totalement n’importe quoi, et prenons un argument simple pour cela. Les crimes existent dans la société actuelle, mais dans tous les cas il y a une motivation, soit financière, soit la vengeance, etc.

Or, cela signifie que le meurtre n’est pas « naturel » mais le fruit d’une élaboration théorique. D’ailleurs, peu de gens tuent, le meurtre est rare, les gens n’aiment pas tuer et s’il y a des morts, c’est le plus souvent le fruit d’un mauvais coup, un accident.
Les seuls qui tuent de manière banale sont les « tueurs en série », mais il est évident que ces gens ont subi une vie très difficile les ayant perturbé au point qu’il y a des meurtres…

Il n’y a strictement aucune situation où, comme dans le film totalement sordide Orange mécanique, des gens vont pour tuer et violer, juste pour le « fun », juste comme cela… cela n’existe tout simplement pas. Tout est lié à une situation sociale.

Les meurtres entre animaux répondent pareillement à des situations. Et celles-ci évoluent ; il n’y a que des humains anthropocentriques pour s’imaginer que la Nature est statique. D’ailleurs, les humains perturbent la Nature justement et provoquent des troubles aboutissant à des batailles, non pas individuelles, mais collectives.

L’article du Monde parle d’ailleurs de grands singes allant tuer leurs voisins : c’est bien la preuve qu’il ne s’agit pas d’un affrontement individuel, mais d’une logique de groupe. Une logique qui dépasse l’individu.

Mais le fond de la question est là : soit on croit en des « individus » disposant d’une âme, d’un libre-arbitre, de pulsions, etc., soit on sait que les individus sont des animaux répondant à des détermines généraux : ceux de la Nature.

Pour les religions, les humains sont mauvais, portant en eux quelque chose de diabolique, la violence, le mal. Il y a le « choix », et on pourrait faire le choix du « mal » !

Tout cela est absurde : les humains ne sont qu’un aspect de la vie, et la vie appelle la vie, la vie n’est jamais auto-destruction, sinon il n’y aurait eu aucune évolution, aucune progression dans la complexité.

La vision du monde où règne la guerre de chacun contre chacun est contradictoire avec le caractère non statique du monde, avec la complexité toujours plus grande de la Nature, de la vie, des êtres vivants.

Testet: la violence des pros-barrage

La zone humide du Testet n’a évidemment pas été considérée comme devant être protégée par les tribunaux administratifs. La destruction continue, et il y a aujourd’hui à Albi un rassemblement de soutien.

Voici également un compte-rendu d’un événement s’étant déroulé il  y a plusieurs jours, et qui est littéralement édifiant. Les forces sociales les plus arriérées, du type chasseurs et éleveurs, sont les alliés direct dans la répression. Finies les années 1980-2000, là cela tabasse dans l’esprit des années 1960 et 1970.

Un éleveur de faisans est notamment dans le coup…

[Nuit du 12 au 13 septembre] Témoignage sur une chasse à l’homme subie par des zadistes
Publié le septembre 15, 2014

Vers 22h30 des militants anti-barrage reçoivent un appel à l’aide, provenant d’un campement sur la zone à défendre du TESTET. Ceux-ci seraient attaqués par des pros-barrage, ils décident donc de partir les soutenir. Un camion les prennent et ils partent en direction de la maison de la forêt de SIVENS.

Arrivés prés de la zone, ils tombent sur une cinquantaine de pro barrage qui se mettent à charger, obligeant le camion à faire une longue marche arrière, qui finira dans un fossé.

Le camion est alors pris d’assaut à coup de barre de fer, de pierre et de cocktail Molotov, obligeant les camarades à sortir précipitamment du véhicule. Ils essaient de se défendre tant bien que mal, mais acculés par le nombre de pros-barrage qui augmentent, ils reculent en passant par une maison qui leur refuse l’aide demandée.

Ils partent donc en direction des bois sous les tirs d’arme de chasse. Les pros-barrage organisent alors des rondes, équipés de quad, de camions avec projecteur, et de chiens de chasse.

Pendant la poursuite un camarade se retrouve isolé. Il part se cacher dans le bois opposé à celui de ses amis. Il reste plus d’une heure caché dedans, sous la pression de la chasse à l’homme qui vient de se lancer. Il finit par se faire débusquer par des hommes avec des lampes.

Ceux-ci le tabassent, vident une bombe lacrymogène entière sur lui, et finissent par le menotter et lui pointer un flash-ball dessus.

C’est seulement là qu’il comprend qu’il s’est fait interpeler par le PSIG (peloton de sécurité et d’intervention de la gendarmerie).

Il est ensuite emmené sur la route, sous les insultes des gendarmes, en direction des fourgons de la gendarmerie.

Le groupe avec l’interpellé croisent des pros-barrage armés de fusil , ratissant les champs, en communication avec les gendarmes qui laissent ces derniers agir sans problème. Arriver au camion qui doit emmener le camarade interpellé, celui-ci reçoit, alors qu’il est menotté, un coup de matraque derrière la tête, puis est clairement exhibé devant les pros-barrage qui lui profèrent des menaces.

Il passera 17h en garde à vue, accusé de violence en réunion, avec usage ou menace d’une arme. C’est l’agressé qui devient l’agresseur…

Pour les camarades restés ensemble, une longue nuit les attend dans le bois, sous la pression de la chasse à l’homme qu’ils subissent. Au petit matin, ils ressortent du bois et échappant à la traque, ils partent se mettre en sécurité.

Après avoir vue la haine de cette masse de gens déchaînée et rendu fou, au point de tirer à l’arme de chasse et traqué pendant une nuit entière avec des moyens démesurés, le tout avec la complicité des forces de l’ordre, toutes les personnes ayant subis cet évènement partagent le même sentiment d’avoir échapper à une mort probable.

CONTRE LE FASCISME, ON NE LÂCHE RIEN !!!

Les travailleurs illettrés de GAD

C’est un scandale qui n’en est absolument pas un, et justement le fait de présenter cela comme un scandale vise à cacher une réalité significative : les gens travaillant dans les abattoirs sont prisonniers.

Ils sont prisonniers physiquement, moralement, psychologiquement, culturellement. Le travail est physiquement terrible, moralement insoutenable. Personne de civilisé ne voudrait faire ce travail, à moins de ne pas avoir le choix, de vivre dans les marges cachées du monde moderne.

Si on donnait aux gens le choix, personne ne travaillerait dans les abattoirs, et ceux-ci fermeraient d’eux-mêmes…

Alors, évidemment, l’approche du nouveau ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, est celle d’un financier, qui regarde par en haut. Reste qu’il a formulé de manière abrupte une vérité toute simple, évidente, et bien connue. Voici ce qu’il a affirmé précisément :

« Dans les sociétés qui me sont données, sur les dossiers que j’ai, il y a la société Gad.

Vous savez ? Cet abattoir.

Il y a dans cette société une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées.

Pour beaucoup on leur explique : « vous n’avez plus d’avenir à Gad ou aux alentours. Allez travailler à 50 ou 60 kilomètres ».

Ces gens-là n’ont pas le permis de conduire. On va leur dire quoi ? Il faut payer 1 500 euros et il faut attendre un an ? Voilà, ça ce sont des réformes du quotidien et ça ce sont des réformes qui créent de la mobilité et de l’activité. »

Macron, un ancien financier, a été accusé d’arrogance, mais ceux qui l’ont fait, surtout les syndicalistes en fait, sont des hypocrites. Car il y a eu des enquêtes depuis longtemps dans les abattoirs GAD, et l’illettrisme touche 20 % des gens là-bas.

Rappelons ici qu’en France, l’illettrisme touche officiellement 7% des adultes de 18 à 65 ans, soit 2,5 millions de personnes.

A GAD, la moyenne d’âge est de 42 ans. Et l’illetrisme y est plus présent, comme justement dans tous les abattoirs, parce qu’arrivent là-bas les gens les moins formés, les gens qui ont moins le choix.

Le niveau de diplôme chez GAD est à peine celui du CAP pour la plupart. Cela en dit long sur la nature des abattoirs, sur leur démarche meurtrière pour les animaux, mais également assassine pour les humains sur les plans mentaux, physiques, moraux.

Les abattoirs ne peuvent pas exister sans prisonniers; Walter Bond, en prison pour avoir soutenu les animaux, raconte son expérience précédente dans un abattoir en soulignant cette dimension de prison mentale, de prison physique.

Toutefois, on aurait tort ici d’accuser uniquement la société. Car les ouvriers, loin d’être aux premiers rangs pour changer le monde, sont non seulement pauvres, mais en plus pourris par le capitalisme.
Ils acceptent et participent à la culture beauf, n’hésitent pas à soutenir Le Pen, ils ne sont pas combatifs, ils ne sont pas progressistes, alors qu’ils devraient être les premiers à l’être.

Dire cela ce n’est pas insulter les pauvres, mais au contraire dire les choses telles qu’elles sont et telles qu’elles ne devraient pas être.
Il est inacceptable que la pêche et la chasse fassent partie de la tradition populaire, alors que cela a été imposé par en haut, comme le football ou bien d’autres choses.

Il est intolérable déjà que les abattoirs existent, mais alors que dire de ces employés de GAD qui virent par la force des bloqueurs d’une autre usine GAD, sans esprit de solidarité, dans une démarche  de servilité complète, avec notamment un immonde « Moi j’ai besoin de manger » qui témoigne du degré zéro de dignité.

Le végétarisme, à la fin du 19ème siècle, est un thème de débat chez les ouvriers de toute l’Europe, et le véganisme devrait être une question chez tous les ouvriers du 21ème siècle. Au lieu de cela, la culture McDo triomphe de manière hallucinante.

Un ouvrier qui mange un kebap ou un hamburger est totalement aliéné : la démarche intensive derrière ces « repas » est précisément la même que celle qui l’agresse, l’exploite, le licencie. C’est exactement comme les gens au chômage passant aux caisses automatiques pour gagner du temps.

Pourtant, et c’est le paradoxe, le véganisme ne choque pas du tout les ouvriers, sauf ceux justement qui ont intégré les valeurs dominantes. Ils pensent que moralement – car eux ne font pas varier leur morale selon le libéralisme et l’opportunisme du moment – c’est juste.

Mais ils ne sont pas prêts eux-mêmes à franchir le pas, ils ne savent pas par où commencer, et puis il y a les religions qui concurrencent le terrain de la morale. Leur rapport aux animaux est parasité par la brutalité sociale.

A cela s’ajoute que le véganisme est usurpé par les bobos parisiens, et que les ouvriers voient cela d’un mauvais œil, retombant alors dans des horreurs comme la fête du cochon organisée par un maire FN il y a peu.

Voilà où est le problème. Il faut oser le dire : oui, des millions de personnes, en France en 2014, n’attendent que de devenir vegan straight edge. Elles ne savent pas comment, elles hésitent, toutefois elles savent que c’est juste.

Seulement, elles sont prisonnières de traditions imposées par en haut, de situations sociales imposées par en haut, de la course de la vie quotidienne. Trouver la clef pour ouvrir les portes de cette prison est difficile, mais inévitable, et cela arrivera tôt ou tard.

Après la tentative de pratiquer la fuite en avant, vient inévitablement le besoin d’assumer les plus grandes choses, les plus belles causes, et quelle plus belle cause y a-t-il que de reconnaître la beauté, la profondeur, la merveille de la vie sur la planète ? De respecter, d’apprécier, de chérir les êtres vivants ?

La planète redeviendra bleue et verte !

L’ignominie à la Maison de la Culture d’Amiens

A Amiens, il existe une « Maison de la culture« .  En apparence, on a un endroit moderne, une sorte de temple moderne dédié à l’art, aux belles choses. Mais ce n’est qu’une apparence.

En pratique, en effet, cet endroit est pour de nombreux oiseaux un mouroir, ou une sorte de cercueil, sans doute faut-il plutôt parler d’un lieu de meurtre.

Car sur le côté de ce bâtiment, des corps de pigeons morts se trouvent derrière une sorte de faux plafond. Parfois, plusieurs corps de pigeons sans vie s’y trouvent, parfois il n’y a qu’un seul corps, parfois il n’y en a pas.

Parfois ces corps restent à se décomposer pendant plusieurs mois, parfois ils disparaissent « comme par magie ».

Ce qui est d’autant plus étonnant ici, c’est que dans cette sorte de faux plafonds, l’on entend tout le temps des pigeonneaux piailler et l’on peut voir des pigeons marcher au dessus de notre tête.

Il y a de la vie dans cet endroit, les pigeons ne semblent pas bloqués à l’intérieur, la présence de bébés à différents mois prouve bien que les pigeons peuvent logiquement rentrer et sortir.

Alors comment expliquer que des corps de pigeons morts se trouvent tout le temps à cet endroit ? Les pigeons sont-ils empoisonnés ? Comment font-ils pour rentrer et sortir car aucune issue n’est visible de l’extérieur?

Une autre chose étonnante est que… la situation dure depuis au moins 2 ans, il est très étonnant que personne n’ait jamais bougé le petit doigt pour prendre en charge la situation de ces pigeons.

Car la Maison de la Culture d’Amiens est, comme son nom l’indique, un lieu culturel, et donc fréquenté.

Lorsque l’on passe devant cet endroit, il est impossible de ne pas voir le mur maculé de fientes ni les plumes qui se trouvent au sol. Les pigeons s’entendent aussi lorsque l’on passe à côté, si ils roucoulent ou si les bébés crient cela s’entend et se remarque obligatoirement…

D’ailleurs, la mairie a été avertie de ce phénomène il y a quelques temps.

L’ancien gérant du café qui jouxte cet endroit s’était également déjà plaint de ces pigeons morts qui « pendouillent » du plafond.

Le personnel de la MACU est au courant de ces pigeons qui meurent sans explication.

Mais rien n’a évolué, si ce n’est de nouveaux pigeons morts…

Évidemment, la situation est extrêmement délicate, car nous vivons dans une société barbare par rapport à la Nature, et si la mairie décide de fermer ce lieu de vie des pigeons, l’énorme risque qu’ils encourent est qu’ils soient enfermés vivants et meurent donc d’une lente et terrible agonie.

Les mairies en général témoignent ici d’une cruauté sans bornes.

Il y a toutefois quelque chose de glaçant dans ces morts se décomposant dans une sorte d’indifférence… « culturelle ». Comment oser parler de culture quand l’ignominie est nettement visible à quelques mètres de la porte d’entrée?

Quelle est donc cette vision du monde où la culture ose se prétendre en rupture et même avec guerre avec la Nature?

Le réchauffement climatique, une invention du « mondialisme »?!

Puisque nous parlions hier du maire de Hayange et de sa « fête du cochon », regardons donc ce qui est dit sur l’écologie et les animaux dans le grand classique de l’extrême-droite de ces dernières années : « Comprendre l’empire – Demain la gouvernance globale ou la révolte des nations ? »

C’est le grand best-seller du genre ; sorti en 2011, il s’est vendu à 80 000 exemplaires déjà. Pour un livre exprimant directement une idéologie, c’est énorme en ce moment. Il y a d’ailleurs tout un « hype » autour de son auteur, que la Fnac présente de cette manière :

« Alain Soral [en fait Alain Bonnet de Soral] est apprécié d’un public jeune, révolté et anticonformiste qui se retrouve dans sa critique sans concession de cette société qui se délite dans une pensée molle et abêtissante. »

Révolté… mais pas tant que cela, car on retrouve ici alors la même contradiction que chez le maire de Hayange. Ce dernier aimerait bien, certainement, pouvoir aider les animaux… Mais comme c’est un facho, il célèbre le terroir. Alors, évidemment, cela ne marche pas.

Forcément, on ne peut pas affirmer d’un côté l’universalisme et de l’autre faire l’apologie du passé, de ce qui existe à petite échelle, de « sa » nation, « sa » couleur de peau, etc. Si on dit qu’il faut défendre les animaux, alors tout le monde doit le faire : c’est déjà en contradiction avec le particularisme.

Bien entendu, il y aura toujours des gens pour mixer tout sans aucune cohérence, juste pour apparaître « radical ». Voici par exemple une image pathétique du genre de celles qui pullulent sur les blogs nazis.

Une jeune femme avec un t-shirt nazi embrasse un chat, et il est marqué qu’il ne faut pas aimer les antifas. L’image est tirée d’un blog russe qui se définit comme « greenline front ecofascism vegan russia », alors que le contenu n’a rien d’écologiste ou de vegan, à part ce genre d’images au milieu de photos nazis.

Par exemple aussi, sur ce genre de blogs, on trouve de nombreuses photos de soldats nazis de la seconde guerre mondiale, avec des chats. C’est vraiment très très faible ! En tout cas, plus communément, chez les fachos, cela ressemble à ça :

Et Alain Soral, de la même manière, ne fait même pas semblant. Il a compris qu’étant donné qu’il est contre le principe d’un gouvernement mondial, par nationalisme, alors forcément il est obligé de rejeter l’écologie.

Pourquoi ? Parce qu’être écologiste, c’est forcément parler de Gaïa d’un côté, de l’humanité de l’autre. On ne va donc pas se préoccuper de pseudos différences qui ne font que ralentir la nécessaire prise de conscience de l’humanité, dans son intégralité, de sa situation sur la planète et de ses devoirs.

Entre « France d’abord » et « la Terre d’abord ! » il y a un monde (n’oublions pas le slogan de Mélenchon, pas terrible du tout non plus : « L’humain d’abord ! »).

Seulement, cela pose problème devant la gravité des faits, devant la pollution, le réchauffement climatique, ce dernier phénomène étant une véritable claque historique, un rappel à l’ordre fait par la planète à l’humanité.

Alors, Alain Soral est obligé de retourner le problème : le réchauffement climatique n’existe pas…

« Ainsi, avec le documentaire « Une vérité qui dérange », présenté par Al Gore, ex-candidat malheureux (pour ne pas dire spolié) à la présidence étatsuninienne, l’oligarchie mondialiste va faire de l’écologie – ancienne idéologie conservatrice des années 1920-1930 passée par une phase de récupération gauchiste à partir des années 1970 [ce qui est totalement faux – LTD] – le fer de lance climatique du mondialisme.

Une écologie appuyée sur les travaux du GIEC – émanation climatologique de l’ONU, créé en 1988 et déjà utilisé par le gouvernement de Margaret Thatcher pour justifier la désindustrialisation de l’Angleterre – au service du nouveau marché de l’écologie promu par les ex-internationalistes de gauche passés au mondialisme de droite comme Daniel Cohn-Bendit (décidément dans tous les mauvais coups!) pour faire gober aux peuples d’Occident la thèse du « réchauffement climatique ».

Un bricolage mensonger, établissant un lien causal entre un supposé dangereux réchauffement planétaire, l’émission de Co² et la production industrielle, censé permettre au futur gouvernement mondial d’imposer la non moins fumeuse « taxe carbone ».

Une taxe présentée aux masses par les médias comme « anti-pollution », alors qu’elle n’est en réalité qu’un énième racket financier sorti des cerveaux malades de Goldmann Sachs : faire payer, via un marché carbone – le droit d’émettre du Co² ; soit l’ultime impôt sur l’air respiré !

Un vaste montage médiatico-financier fondé sur une escroquerie scientifique, heureusement dénoncé par les plus grands climatologues indépendants, et que vont bientôt refuser les puissances émergentes, telles l’Inde et la Chine, qui voient clairement dans ce nouveau marché spéculatif où l’on achète le droit de polluer, une tentative américaine de freiner leur développement industriel et leur future suprématie économique mondiale… (…)

Mais la nature de la gauche sociétale ayant horreur du vide, il faut bien remplacer l’immigré – son rôle de jaune dans le dumping social et de métisseur involontaire – par une autre cause tout autant sans frontières et propice au Marché. Fi donc de l’islamiste, l’Arabe laisse la place à l’arbre dans le cœur versatile du bobo, désormais son combat sera l’écologie… »

Les animaux ? Connaît pas. Le réchauffement climatique ? N’existe pas, c’est un simple complot. Comme on le voit, c’est d’un simplisme limpide. Mais c’est inévitable pour qui ne veut pas assumer la formidable dimension du défi du 21ème siècle : la reconnaissance de la planète par l’humanité, l’acceptation de celle-ci, et en définitive : sa soumission.

Le maire végétarien de Hayange organise la « fête du cochon »

C’est encore une histoire de fou qui ne peut arriver qu’en France, pays où le libéralisme sur les principes va jusqu’à tolérer toutes les schizophrénies. Ici, c’est tellement fort que c’est pratiquement un cas d’école.

Pour comprendre de quoi il en retourne, il fallait aller hier à à Hayange, en Moselle. Le maire, Fabien Engelmann, est connu médiatiquement, car il fait partie de la nouvelle génération du Front National « style » Marine Le Pen.

En l’occurrence, il se veut proche du peuple, au service des gens, profitant dans sa démarche de son expérience de syndicaliste ayant milité dans les rangs trotskystes (Lutte Ouvrière, puis le NPA).

Dans cette perspective, Fabien Engelmann s’est vu dans l’obligation, pour être proche du peuple, d’agir en faveur des animaux. Il a ainsi fait en sorte qu’à Hayange soit ouvert un pigeonnier, ainsi qu’un chenil. Il a également soutenu une campagne de stérilisation de chats errants.

Vu comme cela, on pourrait se dire que c’est déjà pas mal, et que même si le type est un facho, au moins il a bon cœur par rapport aux animaux, ce qui est rare.  Si on ajoute que le maire  se présente désormais également comme végétarien, cela semble encore plus cohérent.

Seulement justement, comme le végétarisme ne veut plus rien dire à notre époque – seul le véganisme a un sens – les problèmes commencent.

Ainsi, dans un élan totalement populiste, il y a également eu une rue nommée « Brigitte Bardot ». Sachant qu’elle est encore vivante, on est ici dans la démagogie et l’irrationnel.

Et fort logiquement, il s’est lancé dans une défense dythirambique du terroir. Il a ainsi organisé hier une… « fête du cochon ».

Il faut vraiment s’accrocher : le type est « végétarien » et fait un discours de plusieurs longues minutes faisant l’apologie du meurtre des cochons. Et on n’a échappé à aucun « classique » :

« Le cochon fait partie intégrante de notre patrimoine gastronomique »

ou bien encore :

« Dans le cochon tout est bon »

Et le maire de célébrer le meurtre des cochons comme prétexte à la gastronomie, à la convivialité, au partage !

Et de parler des côtelettes, des jambons, que les femmes séparées des hommes et réunies dans des cuisines préparent, faisant bouillir les morceaux !

Et de rajouter que tout peut être récupéré de l’animal, et d’en rajouter une couche sur l’insuline permettant de sauver les diabétiques par la mort des cochons !

Et là, à la fin, subitement, après des propos sidérants tellement cela va loin dans l’exploitation animale, le maire dit :

« Chacun est libre de manger de la viande ou non »

« Je suis un fervent défenseur de la cause animale »

Que dire ? C’est totalement délirant. On ne peut pas dire qu’on aime les cochons d’un côté, et organiser une fête où l’on dit que les cochons ont été, sont et seront toujours mangés !

Voici la vidéo du discours (merci de nous préciser si jamais elle était enlevé, bien sûr une sauvegarde est faite).

Et voici l’invitation parue sur le site de la ville de Hayange, appelant à cette « fête du cochon » :

« Notre ami sera décliné sous toutes ses formes », lit-on entre autres. Voilà à quels propos sordides aboutit une mentalité étriquée rejetant l’universalisme et capitulant devant l’exploitation animale.

« Augmenter l’offre de débits de boissons, secteur intensif en termes d’emploi »

C’est une nouvelle terrible aux conséquences immenses, et qui reflète le niveau toujours pire qu’on est en train d’atteindre. On parle en effet de supprimer la Licence IV…

Cela signifie que les portes seraient grandes ouvertes aux débits de boissons alcoolisées. N’importe qui, n’importe quand, pourrait ouvrir un bar, servant des boissons fortes comme il l’entend. Les bars pulluleraient, l’alcool serait encore plus incontournable.

Car à la base, pour exister en tant que tel, un tel débit (bar, café, discothèques, etc.) doit posséder une licence IV. Le chiffre quatre désigne les quatre « groupes » d’alcools existant selon la loi, et la licence IV les autorise tous, c’est-à-dire tous ceux jusqu’à 43 degrés.

Or, le nombre de licences est limitée, au chiffre théorique d’une licence pour 450 personnes habitantes dans la zone géographique. Suivant cette dernière, les reventes vont de plusieurs milliers d’euros jusqu’à 60 000 euros, pour les zones touristiques, des centre-villes, etc.

C’est là qu’intervient le projet actuel, révélé par le journal les Echos. Un document de pré-projet de loi parle de libéraliser la vente de médicaments, etc. et aussi d’alcool. Puisque des zones à fort « potentiel » pourraient disposer de bars, pourquoi être bloqué par les licences, qui sont prétexte à un marché contrôlé ?

Et cela en plus alors que la grande distribution vend de l’alcool, et formerait donc une concurrence pour les débits d’alcool…

En gros, la vente d’alcools dans les grandes surface peut continuer, mais les petits commerçants doivent avoir le champ libre également, et tout le monde sera content, l’économie sera relancé ! Le pré-projet de loi parle de manière explicite « d’augmenter l’offre de débits de boissons, secteur intensif en termes d’emploi » !

Voici le document en question, qui raisonne en termes purement pragmatiques : profits + libéralisme = bien, le reste ne compte pas !

Une telle démarche est un suicide culturel et sanitaire. Même une personne qui n’est pas straight edge comprend tout de suite les enjeux – et c’est une raison de plus de le devenir, straight edge !

Il y a un point à noter également. Normalement, il y a des restrictions concernant le transfert de licence. L’Etat peut bloquer, sans se justifier, tout transfert. Cela permet un contrôle « relatif » des préfets par rapport aux mafias notamment.

Voici ce que dit la loi :

« En cas de changement de commune du débit de boissons à consommer sur place, l’exploitant doit demander l’autorisation de transfert au préfet. En principe, le transfert a lieu dans le même département, sauf dérogation prévue pour les établissements touristiques situés hors département. L’absence de réponse de l’administration pendant 2 mois vaut refus du transfert (recours possible). »

Or, si cela saute, l’Etat perdra tout aperçu de la situation. On passerait alors d’un Etat gérant les problèmes de manière vague et sans convictions, voire avec mauvaise foi, au champ libre pour les mafias et pour les violences urbaines générées par les alcools forts facilement accessibles.

Mais il est vrai que cela arrangerait beaucoup de monde, et que de tels débits nouveaux n’ouvriraient pas dans les quartiers chics : ils contribueraient encore plus à déchirer les tissus sociaux populaires…

Des photos pétillantes de chiens dans Underwater Dogs

Lorsque l’on veut faire un cadeau éthique, il est souvent difficile de trouver un cadeau vegan et original. Offrir un roman, un livre d’arts, un livre sur la faune et/ou la flore peut être une très bonne idée, surtout que le choix est large !

En 2007, un homme passionné par les chiens, Seth Casteel (sa page Facebook) faisait de la photographie bénévole afin d’aider les chiens des refuges à trouver un foyer.

Il pense, à juste titre, que la beauté des animaux des refuges n’est pas mise en avant, ce qui ne pousse pas aux adoptions.

Suite aux clichés talentueux de cet homme engagé, le nombre d’adoptions a augmenté et Seth Casteel a commencé une carrière de photographe animalier.

Mais ce ne fût qu’en 2010 que commença cette découverte pour les photos sous l’eau, et ce fût aussi grâce au chien nommé Buster qui devait initialement se faire photographier sur le sol, mais Buster s’obstinait à aller chercher sa balle dans la piscine, ce qui donna l’idée à Seth Casteel de prendre des portraits sous-marins.

C’est ainsi qu’il travaille en collaboration avec des dizaines d’éditeurs et présente ses œuvres dans des galeries du monde entier, qu’il publie dans les revues et journaux célèbres telles le National Geographic, le New York Times et aussi dans des centaines d’autres magazines, de journaux et de calendriers.

C’est en 2012 qu’est sorti son fameux livre « Underwater Dogs » (des chiens sous l’eau), s’en est suivi un calendrier. Un nouvel exemplaire du livre sortira dans quelques jours : « Underwater puppies » (des chiots sous l’eau). Le calendrier avec les chiots est prévu pour début octobre. Ces articles sont trouvables en ligne sur Amazon par exemple.

Pour réaliser ce travail, Seth Casteel a dû travailler pour que les chiens se sentent en sécurité, et afin qu’ils ne jouent plus seulement à la surface de l’eau mais qu’ils aillent aussi sous l’eau, et plus de 1500 chiots à mettre en confiance et leur apprendre à nager était une tâche longue et ardue demandant une grande patience et respect pour les chiens.

Et le résultat est très étonnant, offrant ainsi une palette de portraits amusants, déconcertants, surprenants. Entre le mouvement de l’eau, les bulles, la vitesse des mouvements, les visages paraissent étrangers, totalement inconnus. C’est une démarche intéressante et surtout très originale pour mettre en avant les chiens sous un jour totalement méconnu !

En parallèle de son métier de photographe, Seth Casteel organise des ateliers pédagogiques dans les refuges et collabore avec d’autres organisations afin de donner une image positive aux animaux des refuges qui attendent de trouver un foyer. C’est ainsi qu’avec sa campagne One Picture Saves a Life il tente d’informer, de responsabiliser et d’améliorer l’image des animaux de sauvetage qui ont été blessés par la trahison.

L’engagement de cet homme est une démarche à suivre, prendre part pour les animaux est facile, devenir leur voix est à la portée de tout le monde. Chacun et chacune peut s’engager selon ses compétences et ses possibilités.

Ces livres de chiens dans une piscine sont aussi une excellente occasion de rappeler que les piscines peuvent être mortelles. Ne jamais laisser un enfant, une personne âgée, un animal sans surveillance autour d’une piscine. Installer aussi, par exemple, une rampe de sécurité, (bâcher la piscine lorsqu’elle n’est pas utilisée) est indispensable si un animal sauvage (un hérisson par exemple) tombe dans l’eau et que les lieux ne sont pas sous surveillance.

Il ne faut jamais perdre de vue que l’humanité n’est pas la seule forme de vie sur la planète. C’est le principe que signifie « la Terre d’abord! ».

Des nouvelles du Testet

Voici deux nouveaux documents concernant le Testet, suite à la répression du 9 septembre. On notera qu’un journaliste à l’hebdomadaire Le Tarn Libre raconte ce qu’il s’est passé et fourni un petit diaporama.

Le premier document présente la situation hier, le second est à la fois un témoignage et un appel à la mobilisation, abordant la question de l’écocide.

[Mercredi 10 septembre] Bilan de la journée

Encore des machines sur le site aujourd’hui. Encore des comportements dangereux des conducteurs d’engins: un arbre avec un grimpeur dessus a été saisi par la pince d’un engin d’arrachage qui s’est ensuite dégagé : on a évité le drame ! (NB : ils ont aussi emporté une ligne électrique en manoeuvrant).

Tirs de flashball à qques mètres et tirs tendus de lacrymos à GaZad (campement au niveau du gué bétonné sur le Tescou, près du pont du GR). Certaines machines dorment désormais sur le site sous protection policière. Les flics sont un peu nerveux la nuit, on les comprend ! Il nous faut des ninjas-zadistes.

Les experts de Royal débarquent demain : le collectif Testet, France Nature Environnement et la Conf’ Paysanne ont demandé à ce que les travaux cessent durant leurs 2 journées de visite dans le Tarn. On verra demain ce qu’il advient. On ne sait pas encore s’ils viendront sur le terrain.

Pas mal d’activités sur le plan juridique en ce moment, au lieu de dire des bêtises, on attend que le site du collectif Testet s’en fasse l’écho.

Les copains qui ont exporté la ZAD devant le Conseil Général à Albi vont bien : la solidarité locale s’organise et les contacts avec la population sont bons. N’hésitez pas à passer du temps avec eux voire à dormir là-bas !

Il y aura vraisemblablement un nouveau rassemblement sur le site dimanche prochain…

Témoignage appel a mobilisation

Nous sommes dans un Etat Totalitaire qui a déclaré la guerre aux opposants de ce régime…

ZAD du Testet:
Depuis 1 an une occupation a lieu dans la forêt de Sivens (10kms de Gaillac) pour s’opposer a la construction d’un barrage (officiellement pour l’agriculture intensive qui bénéficiera a 26 agriculteurs du coin) mais qui fait aussi partie d’un plan + vaste de plusieurs dizaines de barrages pour le refroidissement des centrales nucléaires (notamment Golfech prés de Toulouse)…

Cette occupation s’oppose également a la destruction d’une des dernières zone humide du Tarn et a la disparition des espèces protégées qui l’habitent. Nous luttons pour sauvegarder la biodiversite, la vie tout simplement…

Cet hiver nous avions déjà tenté d’empêcher les captures des espèces protégées de la zone et nous avions réussi a « gagner » 5 mois sur le deboisement puisqu’ils n’avaient pas pu faire leur ecocide avant le 31 mars. Mais nous savions que le 1er septembre le sale boulot pouvait recommencer…
Et ils n’ont pas attendus car ils sont venus en force des le 1er septembre pour massacrer la forêt, tuer les animaux qui l’occupent et tabasser les humains qui la défendent…

Les bûcherons sont arrives avec les gardes mobiles (environ 150) le lundi matin pour commencer leur crime contre le vivant.
Durant toute la semaine nous avons été tabasses, gazés, traques dans les bois…
La parcelle du chapiteau non expulsable a été encerclée, gazée et envahie par les flics qui ont tout saccagés et volés des sacs perso.
La maison du contre-temps en procédure judiciaire a été également gazée et saccagée le 1er jour de leur attaque et tout simplement réduite en copeaux le 2eme jour, comme les arbres autour, alors que la justice ne s’était pas encore prononcé sur son sort…
Quand l’exécutif passe avant la justice on a du soucis a se faire!! Je crois même que ça porte un nom « état totalitaire! »

Sans repos, épuisés physiquement et malmenés par leur guerre d’usure psychologique nous continuons malgré tout a défendre la vie mais nous n’y arriverons pas seuls et encore moins isolés.
Nous avons besoin de monde sur place mais également que la mobilisation prenne de l’ampleur sur le territoire, que des actions décentralisées voient le jour un peu partout dans l’Hexagone, nous devons faire bouger les politiques grâce a l’opinion publique car des recours en justice sont en cours pour dire si ce barrage est « légal » ou pas!

Appelez la préfecture du Tarn 0563456161 pour demander l’arrêt des travaux et un débat public
Appelez le Conseil Général du Tarn 0563456464 pour la même chose!
Appelez la SEBSO (entreprise de déboisement 0561947600) pour leur rappeler l’illégalité de leur action du fait des recours en justice.
Adoptez un sous traitant, appelez le le matin pour lui souhaitez « bon courage », le midi pour savoir si son boulot de merde ne lui coupe pas trop l’appétit, souhaitez lui une bonne nuit tant qu’il peut encore dormir…
Vous pouvez le faire de chez vous mais aussi dans les embouteillages, au feu rouge, aux toilettes… Vous n’êtes même pas obligés de leur parler, passez leur de la musique (hard trash electro tant qu’a faire!) Le but étant de saturer son standard, qu’il ne reçoive + d’appel de clients, qu’il perde de l’argent et si vous êtes bon il perdra l’appétit et le sommeil (ça fera un équilibre avec les occupants qui se trouvent dans le même état)
Toutes les coordonnées des criminels contre la vie se trouvent sur le site tantquilyauradesbouilles.wordpress.com rubrique « barrage ».
Ne leur laissons pas de répit ils doivent arrêter ce crime immonde qui tôt ou tard aura des répercussions sur nos vies.

Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal mais par ceux qui regarde sans rien faire…

Nous pouvons agir! Nous avons ce pouvoir! Et ensemble nous allons gagner!

Enfin une vidéo abordant ironiquement cette question, avec un regard acerbe sur l’idéal destructeur de notre société anti-Nature… « Vive les grands projets utiles au grand capital !!! »

La situation dans la zone humide du Testet

La situation dans la zone humide du Testet commence à être connue, notamment médiatiquement, avec la Ministre de l’Ecologie Ségolène Royal qui tente de temporiser. Mais sur place, la répression continue, brutale… Voici un petit compte-rendu, avec un petit rappel du site à visiter pour toutes les infos: tantquilyauradesbouilles.wordpress.com.

On notera également le site du Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet.

La journée aurait pu être belle…

Les gendarmes mobiles déboulent de bonne heure et en masse côté pont sur le Tescou et chargent direct : face à eux des bagnoles de civils puis un tripode puis 2 boeufs avec de belles cornes puis un tracteur et enfin une barricade humaine avec 5 copains et copines enterrés jusqu’à hauteur des seins.

Ils la contournent pour entrer sur le site du chantier et c’est alors escarmouches et lacrymos. Puis cela se calme un peu, on les repousse et le point de fixation se fait au niveau des enterrés. Les médias passent, les pompiers passent et le temps aussi et le temps, c’est des arbres sauvés… Les machines sont alentours mais ralenties de toute part par des blocages mobiles.

En début d’aprèm, certains enterrés doivent sortir de terre pour raison médicale mais on arrive à remplacer ceux qui sortent !

Puis vers 16h, alors que l’orage gronde sur nos têtes depuis près de 2 heures, et que l’on pense les machines rentrées au bercail, les derniers journalistes s’en vont et c’est le déchaînement de violence : les GMs chargent en passant SUR les copains enterrés, plusieurs blessé-e-s. Puis nous sommes repoussés le long du Tescou et, horreur !, les machines rappliquent pour bosser qques heures.

Il faut tenir bon alors que cela négocie en haut lieu. Demain, soyons aussi nombreux, inventifs et combatifs qu’aujourd’hui. Pour ceux qui ne savent pas encore quoi faire, passez à Barrat tôt (5h30, 6h) on vous placera ! Et pour les autres téléphonez aux déboiseurs et aux décideurs (Cf. articles précédents).

Résistance et sabotage !

Voici également un appel collectif, publié sur Bastamag, présentant la situation générale:

Défendre la zone humide du Testet : « Une lutte légitime contre un projet inutile »

Dans le Tarn, non loin de Gaillac, une zone riche en biodiversité risque d’être inondée par un projet de barrage. Les opposants dénoncent un investissement public au service d’une poignée de producteurs de maïs, une culture très gourmande en eau. Alors que les recours juridiques sont toujours en cours d’examen, le déboisement a commencé le 1er septembre en présence d’environ 200 CRS et gendarmes. Dans cette tribune, des représentants d’associations et de syndicats dénoncent les comportements violents des forces de l’ordre. Et demandent à la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal de surseoir immédiatement aux opérations de déboisement.

Depuis 2011, le Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet agit pour la protection de cette zone menacée de destruction par le projet de barrage de Sivens sur la rivière Tescou, dans le département du Tarn. Le projet sacrifierait la dernière zone humide importante du bassin du Tescou, qui abrite au moins 94 espèces animales protégées et 353 espèces de plantes vasculaires.

Bétonnage et goudronnage ne sont pas les seules raisons de l’artificialisation des terres agricoles qui fait disparaître l’équivalent d’un département tous les dix. Paradoxalement, les besoins démesurés d’irrigation pour des cultures comme le maïs et la nécessité de diminuer le taux de pollution de l’eau en été du fait de l’utilisation intensive des pesticides y participent également.

C’est exactement la finalité agricole du projet de barrage de Sivens. Elle est symptomatique des dérives d’une agriculture qui vise à adapter le milieu sans changer ses pratiques. La logique s’applique au détriment de la biodiversité et de la collectivité qui en assume les coûts. L’investissement public au service de ce modèle agricole et d’une poignée de bénéficiaires est incompréhensible.

La manière dont les autorités locales, préfecture et Conseil général, gèrent ce projet rappelle les méthodes utilisées dans d’autres projets inutiles comme celui de l’aéroport de Notre Dame des landes : aucune concertation avec les associations de protection de l’environnent et des milieux aquatiques ; avis défavorables cachés durant l’enquête publique ; refus du Conseil général et de la préfecture du Tarn de débattre publiquement ; refus du conseil général de suivre l’avis de la Commission d’enquêtes publiques, de la Fédération de pêche et des milieux aquatiques, des services de l’État chargés de l’eau (ONEMA) ; refus du Conseil général de suivre les avis des scientifiques du Conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN) et des experts nationaux du Conseil national de protection de la nature (CNPN) nommés par l’État qui considèrent tous les deux les mesures compensatoires insuffisantes.

Le système de compensation ne sert qu’à faire passer des projets. Aucune compensation ne remplacera la biodiversité détruite et ce sont des terres agricoles qui disparaissent au final !

Plusieurs recours juridiques, déposés par le Collectif et ses partenaires, sont en cours d’examen :
– Un recours au fond contre l’arrêté dit « Loi sur l’eau » du 3 octobre 2013
– Un recours au fond contre la déclaration d’utilité publique (DUP) du 2 octobre 2013
– Un recours au fond et en référé suspension contre l’arrêté de dérogation à l’interdiction de destruction d’espèces protégées du 16 octobre 2013.
Le tribunal administratif devrait examiner les recours le 26 septembre.

Pourtant, rien n’y fait, le président du conseil général du Tarn refuse tout dialogue prétextant que toutes les démarches d’investigations ont été régulières et ont montré la validité du projet. C’est faux.

Devant l’imminence des travaux et face à l’intransigeance des autorités locales, trois opposants ont décidé d’entamer une grève de la faim le 27 août. Ils sont aujourd’hui cinq et débutent leur troisième semaine de grève de la faim.

Lundi 1er septembre 2014, le Conseil général du Tarn a décidé de passer en force avec le soutien du Préfet. Le déboisement de bois en limite de la zone humide a commencé sous la protection d’environ 200 CRS et gendarmes. Leur comportement est inqualifiable, violent avec des tirs tendus de lacrymos, de flashball sans sommation, portant des propos orduriers et sexistes, avec des arrestations sans fondements.

Jusqu’à présent, le Conseil général avec l’appui de la préfecture refuse de prendre en compte les actions juridiques en cours et affirme même devant la presse que tous les recours des opposant-es avaient été épuisés. C’est faire peu de cas de la situation des personnes en grève de la faim !

Le 28 février 2014, Jean-Marc Ayrault, alors Premier ministre, avait déclaré aux médias « que les recours déposés contre le projet de transfert d’aéroport de Nantes vers Notre-Dame-des-Landes devaient être examinés par la justice avant que les travaux ne puissent commencer » arguant du fait que « nous sommes dans un État de droit ». A la suite de sa nomination en tant que Ministre de l’Écologie, Madame Ségolène Royal a confirmé l’engagement du précédent gouvernement.

Le collectif et ses partenaires demandent que cet engagement soit également respecté sur la zone humide du Testet. Ils demandent donc :
– un moratoire sur les travaux jusqu’à l’examen de tous les recours en justice
– le retrait des forces de l’ordre
– l’organisation d’un véritable débat démocratique impliquant la communication de tous les éléments du dossier, dont les avis des scientifiques.

Face au refus réitéré du Conseil général et de la préfecture d’entendre les demandes légitimes des opposant-es et compte tenu de l’urgence de la situation locale, les signataires de cette tribune demandent depuis le 5 septembre une rencontre au plus vite avec la ministre de l’écologie afin d’examiner rapidement les solutions qui permettront de résoudre la crise actuelle en commençant par sursoir aux opérations de déboisement qui ont débuté le 1er septembre.

Didier Aubé (Union syndicale Solidaires), Geneviève Azam (ATTAC France), Amélie Canonne (AITEC), Laurent Pinatel (Confédération Paysanne), Thierry Uso (CRAUE)

« La planète a des ressources rares, il faut la consommer plus éthiquement »

Le problème du mot « viande » est bien entendu qu’on oublie les poissons. L’un des phénomènes connus liés à cela est que des gens se disent végétariens, tout en mangeant des poissons (voire même des poulets d’ailleurs).

En voici un exemple assez sidérant, avec un restaurant de luxe qui « surfe » justement sur toute cette ambiguité, le cuisinier prétendant faire un acte éthique en remplaçant la « viande » par des êtres vivants arrachés à l’océan !

C’est un extrait d’un article du Parisien, où on peut lire également que « le client est accueilli par un jus d’herbes-vodka versé sur un glaçon taillé en diamant servi dans un verre en cristal. »

Réouverture du palace Plaza Athénée: Ducasse retire la viande du menu

Alors que le palace parisien Plaza Athénée rouvre lundi, Alain Ducasse a décidé de supprimer la viande de la carte de son restaurant, trois étoiles jusqu’à sa fermeture, pour mettre à l’honneur un menu « naturalité » autour d’une trilogie poissons, légumes, céréales.

« La planète a des ressources rares, il faut la consommer plus éthiquement, plus équitablement », explique Alain Ducasse à l’AFP.

Le chef surmédiatisé, qui prône la diminution des protéines animales depuis longtemps, ne parle plus que de « naturalité », un mot qu’il a découvert récemment et qui reflète le virage radical pris par le nouveau Plaza: finie la viande, bienvenue pêche de ligne durable, céréales « bio, autant que faire se peut », légumes « du jardin de la Reine » cultivés au Château de Versailles.

Le chef jongle avec les tendances végétariennes, locavores et environnementales dans son menu « jardin-marin ».

Riz noir cuit au four avec coquillages, calamars et poulpes, baudroie (lotte) de Méditerranée et boulghour en tajine, quinoa cultivé en Anjou racines et coquillages : le chef mise sur la rusticité des graines et des céréales alliées aux saveurs marines. Mais le menu conserve son prix palace: 380 euros hors boisson.

Pour celui qui se dit « l’interprète de l’air du temps », « plus le produit est modeste, plus il faut lui donner de l’attention ». Pour une sardine débarrassée de ses chairs, arête et tête frites, croustillantes, il décrit un travail « au scalpel » pour faire du poisson « un portefeuille ouvert » : « c’est moins facile que de trancher le turbot (un poisson plus coûteux, ndlr). Là, il y a 15% de sardine, et 85% de travail ».

Authenticité et communion avec la nature, le restaurant a relégué les nappes au placard: chêne et cuir sur et sous les tables. Finis les couteaux à poisson remplacés par des couteaux à viande qui n’écrasent pas la chair du bar ou du turbot.

Côté vins, le sommelier Laurent Roucayrol prévient : « Il ne faut pas avoir peur du vin rouge avec le poisson » pour accompagner le terre-mer « lentilles vertes du Puy, caviar doré, gelée d’anguille ».

C’est vraiment hypocrite et très moche, autant de mensonges distillés en morale est ici une sorte de professionnalisme sordide. Mais à vrai dire, peut-on reprocher à ce grand « chef » de profiter ici d’une voie ouverte par des gens se prétendant amis des animaux et ayant obscurci, noirci, gommé la différence nette entre le véganisme et le non-véganisme ?

Comment échapper alors à des gens mélangeant consommation durable, éthique, végétarisme, végétalisme, etc? La planète a besoin de morale, d’un point de vue strict, sans négociations aucune… Pas de compromis dans la défense de notre mère la Terre!

Les Bishnois

Nous avions déjà parlé un peu des Bishnoïs, et ces communautés rurales indiennes sont relativement connus chez les personnes aimant les animaux, de par leur sens de la compassion. Leur religion est en effet éloignée en théorie du jaïnisme et du bouddhisme, mais proches en pratique.

Une image d’Epinal, pour ainsi dire, est la femme bishnoï allaitant un faon ayant perdu sa mère. Une autre est le sacrifice historique de bishnoïs afin de protéger des arbres.

Bien entendu, tout cela n’est pas sans rapport avec les conditions géographiques du nord ouest de l’Inde, qui sont désertiques. Pour autant cela reste très intéressant, même si c’est bien sûr à prendre dans un sens historique.

Si auparavant, il était très difficile d’apprendre des choses sur les Bishnoïs, désormais il existe une association organisant des voyages guidés, et leur site présente également leur histoire.

Cela vaut le coup d’oeil et il s’agit de quelque chose que certainement beaucoup de monde attendait depuis longtemps.

Bien entendu, il ne faut pas s’attendre ici à du véganisme, plus à une fascination mêlant religiosité pacifiste et regard ethnique-foklorique. Reste qu’il y a des appels à l’engagement pour la protection de la nature et des animaux, et que c’est très appréciable !

Voici un article au sujet des Bishnoïs que nous avions publié en 2007, alors sur le site Vegan Revolution, ancêtre de LTD:

Il existe en Inde, dans l’Etat du Rajasthan, une communauté pratiquant végétarisme et respect strict envers les végétaux et les animaux. Les membres de cette communauté, qui fût créée par Jambeshwar Bhagavan au 15ème siècle, se nomment les Bishnoïs.

Tout comme les Jaïns, également présents au Rajasthan principalement, les Bishnoïs préservent toute forme de vie et ont une conscience écologique avancée.

Outre le végétarisme de la communauté, les femmes Bishnoïs sont connues pour allaiter au sein de jeunes antilopes – très présentes dans la région – et luttent activement contre le massacre de leurs arbres.

En effet, les corps de leurs semblables sont enterrés afin de ne pas couper d’arbres pour la crémation (les Bishnoïs étant Hindous, la coutume veut qu’un cadavre soit incinéré) et les Bishnoïs s’entourent aux arbres afin d’empêcher leur abattage, sacrifiant ainsi leur vie pour tentrer de contrer la déforestation (au 18ème siècle, le maharaja Ajit Singh ordonna la découpe d’arbres dans les villages alentours.
Amrita Devi, entre autres, s’interposa et plus de 360 personnes périrent pour avoir voulu sauver la vie de ces arbres).

Voici les 29 règles observées par les Bishnois :

1° Observer une mise à l’écart de la mère et du nouveau-né pendant trente jours après l’accouchement (pour éviter des infections et à cause de l’éventuelle fatigue de la mère).
2° Ecarter la femme de toute activité pendant 5 jours lors du début de ses règles (pour ne pas la fatiguer et respecter une certaine hygiène).
3° Tôt, chaque matin, prendre un bain.
4° Maintenir la propreté externe du corps et interne de l’esprit (par un comportement et des sentiments humbles, sans animosité, etc.)
5° Méditer deux fois par jour, en matinée et en soirée, lorsque la nuit est encore séparée du jour.
6° Chanter la gloire du seigneur et exposer ses vertus chaque soirée.
7° Offrir l’oblation quotidienne au feu saint avec un coeur rempli de sentiments de bien-être pour tout être vivant, d’amour pour la nature et le monde entier et de dévotion au seigneur.
8° Employer l’eau filtrée, le lait et le bois de chauffage soigneusement nettoyé (pour éviter que des insectes soient tués ou brûlés).
9° Etre attentif et conscient de ses paroles.
10° Pardonner naturellement.
11° Être compatissant.
12° Ne pas voler.
13° Ne pas dénigrer, déprécier derrière le dos, quelqu’un.
14° Ne pas mentir.
15° Ne pas se livrer à l’opprobre.
16° Rapidement observer et méditer la nuit sur la nouvelle lune.
17° Réciter le nom de saint de Vishnou.
18° Être compatissant envers tous les êtres vivants.
19° Ne pas détruire les arbres verts (c’est-à-dire non morts).
20° Tuer les passions de convoitises, d’irritation, d’envie, d’avarice et d’attachement.
21° Se permettre de cuisiner soi-même, ou par un fidèle d’une autre religion, en étant pur de par le coeur et le travail.
22° Fournir un abri commun (Thhat) pour les chèvres et les moutons afin de leur éviter l’abattoir.
23° Ne pas castrer le taureau.
24° Ne pas consommer ou cultiver de l’opium.
25° Ne pas consommer ou cultiver du tabac et ses dérivés.
26° Ne pas consommer ou cultiver du cannabis.
27° Ne pas boire de boisson alcoolisée.
28° Ne pas manger de plats de viande ou non-végétariens (afin de protéger les animaux).
29° Ne pas utiliser de vêtements teints en bleu (en Inde antique, cette couleur était obtenue grâce à un arbre sauvage, l’indigo, et c’est aussi la couleur de la mort).

Parallèlement aux Bishnoïs, le mouvement Chipko, qui débuta vers 1973 en Uttaranchal, s’est également sérieusement opposé à l’exploitation de leur forêt.

Majoritairement menés par des femmes les membres du mouvement Chipko s’agrippent fermement, pareillement aux Bishnoïs, aux arbres qu’ils veulent protéger.