Cambriolage chez l’animalerie Liopé, institution nantaise

Voici un article qui aborde une question malheureusement extrêmement importante. En effet, avec la crise économique et la quête de profit, il n’y a pas que les trafics de drogues, d’armes, ou encore la prostitution, qui se développent. Il y a aussi les trafics d’animaux.

Ceux-ci deviennent de plus en plus professionnels, et bien entendu, comme c’est le principe avec les mafias, les frontières de la violence sont toujours plus repoussées.

L’article, qui provient de NALO, concerne la ville de Nantes, et plus particulièrement une animalerie qui est très connue là-bas: cela montre l’importance d’un média local, qui présente les faits, les analyse, permet d’avoir une vision générale de la situation.

Sans cela, de tels faits sont accumulés, par exemple sur Facebook, mais sans qu’il en ressorte quelque chose à part des protestations symboliques contre la situation, alors qu’il y a besoin d’une dynamique de fond, d’avancées culturelles, d’initiatives indiquant le chemin à prendre.

Cambriolage chez Liopé : les animaux ne doivent plus être des marchandises

L’animalerie LIOPÉ, cette « fameuse » institution nantaise depuis 1940 a été victime d’un cambriolage dans la nuit de vendredi à samedi. En tout ce serait 7 chiots, 1 chaton et 4 perroquets à avoir été « dérobés ».

La rubrique « faits divers » de la presse régionale s’intéresse surtout aux perroquets car ceux-ci ont une grande valeur marchande : plus de 1700€ chacun selon Ouest-France. Mais il faut aussi penser à ces malheureux chiens et ce chaton pour qui le traumatisme doit être énorme.

Le business des animaux est un commerce qui fonctionne bien. Preuve en est d’ailleurs le récent déménagement (octobre 2014) de LIOPÉ à Saint-Sébastien-sur-Loire pour s’agrandir.

Avec la crise, on constate que ce business prend une tournure de plus en plus brutale, de plus en plus mafieuse, avec des trafics dégouttant dont les animaux sont les victimes innocentes.

Déjà que les conditions de vie sont très mauvaises dans les animaleries (chiots ultra-stressés, tortues maltraitées, rongeurs assassinés, etc.), alors on peut s’attendre au pire quand on pense aux trafiquants qui n’ont à subir aucun contrôle, aucune pression de la part du public.

Les trafics d’animaux sont répugnants et devraient être combattus et réprimés sévèrement. Mais ce combat ne peut être cohérent que s’il remet en cause en même le commerce légal, officiel, des animaux : il ne s’agit que des deux faces d’une même pièce.

Il est évident que les uns ne fonctionnent pas sans les autres. Comme dans le business de l’armement ou bien des médicaments pour la drogue, les marchandises ne proviennent jamais de nul part, les acheteurs non plus, l’économie parallèle fait partie intégrante de l’économie.

Le grand malheur des animaux dans notre société, ce n’est pas véritablement d’être considérés juridiquement comme des « meubles » comme le disent souvent les associations de protection animale.

Le vrai problème, le fond du problème surtout, c’est que dans notre société les animaux sont considérés comme des marchandises. En fait, ils sont des marchandises, malheureusement.

Ils sont des marchandises qui ont une valeur commerciale, mais pas seulement. Beaucoup de gens se servent des animaux, par exemple des chiens, pour se donner une bonne image d’eux-mêmes : cela « fait bien » d’avoir un labrador dans le jardin de son pavillon, cela est «tendance» de promener son petit Jack Russel pour se faire voir dans son quartier bobo de centre-ville, etc.

De la même manière, les gens qui sont prêts à dépenser plus de 1700€ pour garder prisonnier dans leur salon un perroquet ne sont pas des gens qui aiment les oiseaux. Ce sont des riches qui ont besoin de se donner une image de riche tout en « plaçant » » leur argent.

Pour eux c’est la même chose quand ils achètent un tableau « d’art » moderne sans vraie valeur artistique, ou quand ils s’offrent des bijoux de pierre précieuse avec une très grande valeur monétaire, mais une très faible valeur sentimentale.

Non les animaux ne doivent plus être des marchandises ! Il faut que la société change, qu’elle considère autrement les être avec qui elle vit. Les animaux de compagnie devraient avoir un véritable statut au sein de la famille, ils devraient être considérés comme des membres de la famille.

Il est horrible d’imaginer acheter un membre de sa famille dans un super-marché, il est horrible d’imaginer abandonner un membre de sa famille sur le bord de l’autoroute. Alors il est horrible de faire subir cela à nos amis les animaux.

Les animaleries comme LIOPÉ et les cambrioleurs de ce weekend sont des trafiquants d’être vivants. Les uns de manière légale et encadrée (encore que), les autres de manière brutale, souterraine, sans contrôle.

La première des choses à faire pour rejeter cela est bien sûr d’encourager tout le monde à refuser de participer à ce business. C’est aussi s’investir dans les refuges animaliers, en faire la promotion toujours, convaincre systématiquement les gens d’adopter plutôt que d’acheter auprès des trafiquants.

Les animaux ont besoin de ton aide !

> Cliquez-ici pour voir les associations et refuges de la région <

« Canard enchaîné » : « l’année du boeuf »

Tout comme Charlie Hebdo et dans la même tradition sur le plan du contenu, le « Canard enchaîné » publie dans chacun de ses numéros un petit texte concernant la question animale. Celui de cette semaine est très intéressant, car il montre une contradiction traditionnelle en France: les gens qui critiquent la grande industrie, bien souvent, basculent dans l’apologie de la petite production, au lieu de vouloir tout changer.

Ici, au nom de la critique des « manips » de la grande industrie de la viande, on a une apologie des charcutiers-bouchers, dont tout le monde sait bien que c’est une corporation à l’esprit profondément réactionnaire et aux pratiques commerciales qui valent bien celles de la grande industrie. Il y a juste la démagogie qui change.

Et ici le « canard enchaîné » se fait le grand partisan de l’idéologie du terroir contre le grand capitalisme… Tout cela, pourquoi? Par incapacité à aller au véganisme, à assumer la défense inconditionnelle des animaux.

Un calendrier pour adopter des rongeurs issus de laboratoires

[Article publié hier, mais à l’année 2014! Le voici donc à la bonne date!]

Que l’on soit vegan ou non, l’adoption des animaux est un acte responsable et indispensable. Que ce soit des rongeurs, des chiens, des chats, des milliers d’animaux attendent en refuges qu’une famille bienveillante leur ouvre la porte de leur foyer.

Il n’est pas rare de trouver des annonces d’adoptions pour des animaux qui ont été sortis de laboratoires de vivisection.

Une fois que l’animal a été obligé de « servir » soi-disant la science et qu’il est jugé n’être plus « utile », il est euthanasié. Mais des personnes altruistes et dévouées sortent ces animaux des laboratoires de torture dans l’espoir de leur trouver une future famille, qu’elle soit définitive ou temporaire avec une famille d’accueil.

Il y a quelques mois, des rongeurs ont ainsi été sauvés d’un laboratoire par l’association italienne La Collina dei Conigli (la colline des lapins), dont voici le site  et le facebook.

A l’occasion des 10 ans de l’association, ces rongeurs se sont fait photographier par une bénévole, afin de participer à l’élaboration du calendrier annuel de l’association, le tout présenté dans une ambiance considéré par certains comme magique tel Alice aux pays des merveilles.

Pour obtenir un exemplaire du dernier calendrier, ou d’un ancien exemplaire (comme le montre la toute dernière image ici montrée, représentant la couverture de 2013), il suffit d’envoyer un message aux emails notés sur cette page.

Les profits engendrés par la vente des calendriers iront aux soins des animaux sauvés des laboratoires.

C’est une initiative très sympathique, qui met en valeur des animaux qui n’ont jamais connu un moment de plaisir, ni un moment de repos, ni un moment de quiétude : des êtres exploités et torturés qui n’ont jamais été heureux en somme!

Et qui n’attendent que vous…

Le Mezzaluna à Arras, restaurant végétalien dans le Nord

Comme on a coutume sur LTD d’être plus que critique sur les bobos parisiens et leurs restos « branchés » trafiquant avec le végétalisme, on ne peut que trouver sympa l’ouverture d’un restaurant végétalien à Arras. Là au moins c’est quelque chose qui a de la signification, c’est déjà un signe fort.

Voici un article de La voix du nord au sujet de ce restaurant appelé Mezzaluna, et l’émission de France 3 Nord Pas-de-Calais à son sujet (ici au 20 janvier à 14:40) vaut le détour de par sa présentation tout à fait positive. Comme quoi, le végétalisme, quand on veut, on peut!

Le Mezzaluna à Arras, premier restaurant végétalien de la région

Depuis une semaine, Arras, pays de l’andouillette, héberge le premier restaurant végétalien de la région. Situé près de la gare, à la place de l’ex-Côté Sud, le Mezzaluna propose des plats qui excluent tous produits d’origine animale. Magali Azema nous explique son concept unique.

Un burger maison aux sept légumes, des lasagnes à la fondue de poireaux, un gâteau de riz aux aubergines grillées et aux pignons (maqluba). Chez Mezzaluna, tout ce qui provient de l’animal est prohibé. Nous sommes dans un restaurant végétalien. Le premier de la région et même le seul dans un triangle Londres-Bruxelles-Paris, selon Magali Azema, la patronne originaire du Tarn et formée au lycée hôtelier de Beuvry.

Ouvert depuis une semaine et situé à l’emplacement de l’ancien Côté Sud, le Mezzaluna attire déjà les curieux. « Pendant huit ans, j’ai tenu le Bella Ciao, rue des Dominicains à Arras, explique Magali Azema. Au fil des années, la majorité de mes plats étaient végétariens.

Mais depuis trois ans, je suis devenue végétalienne. J’ai donc décidé d’ouvrir un restaurant végétalien pour me lancer un nouveau défi et être en cohérence avec mes convictions. Il y a une vraie demande. Les habitudes alimentaires changent. La consommation de viande est en baisse.

Il y a des préoccupations écologiques, ça interpelle les consommateurs. En France, la cuisine végétalienne n’est pas encore très développée contrairement à l’Angleterre ou l’Italie. Mais en 2015, ouvrir un restaurant végétarien, ça n’a pas de sens, il faut se tourner tout de suite vers le végétalien. »

Et Magalie Azema de rassurer les sceptiques. « Ici, on ne mange pas d’algues. Il y a de plus en plus de plats élaborés et puis il y a notre carte de pâtes qui est très fournie. Dans notre restaurant, c’est une cuisine méditerranéenne car elle se prête à merveille au végétalisme. Il y a des influences libanaises, grecques, tunisiennes. On respecte la saisonnalité.

On propose une assiette de mezze-antipasti, c’est un plat de partage comme l’est la cuisine végétalienne. Ici, que l’on soit musulman, juif, on peut tous manger ensemble. Même la carte des vins est adaptée même si c’est très difficile de trouver des vins végétaliens car 95 % de la production contient des traces de gélatine. »

Mezzaluna, 10, rue Gambetta à Arras. Tél. : 03 21 22 89 63. www.mezzalunaarras.com
Lexique

Végétarisme

Ce mode d’alimentation exclut les viandes, les volailles, les poissons et les fruits de mer. Bien équilibré, ce mode d’alimentation fournit tous les apports nécessaires, y compris en termes de protéines.

Végétalisme

Plus strict que le végétarisme, le végétalisme exclut tout produit d’origine animale : non seulement la chair des animaux, mais aussi les aliments qui en sont issus, comme les produits laitiers, les œufs ou le miel…

Les végétaliens consomment uniquement des fruits et légumes, des légumineuses (pois, fèves, flageolets, haricots rouges, soja…), des céréales (riz, millet, maïs, blé…), des oléagineux (noix, noisettes…), les graines et les produits qui en sont issus (laits et huiles végétales notamment).

Leurs motivations peuvent être d’ordres différents : s’alimenter plus sainement, contribuer au respect de l’environnement, respecter les droits des animaux, promouvoir une consommation équitable ou encore respecter des préceptes religieux.

Le régime végétalien exige beaucoup d’imagination pour être équilibré et s’avère difficile à appliquer en société.
On a testé et… on a aimé!

Vous avez dit végétalien ? Téméraires que nous sommes à la rédaction, nous avons testé le Mezzaluna.

En entrée, nous nous sommes partagé une assiette de mezze. Poivrons grillés, feuilles de vignes, caviar d’aubergine et un hummus vraiment succulent. Le tout servi avec du pain chaud… Chacun picore en fonction de ses goûts. Convivialité garantie.

La gente masculine a ensuite porté son choix sur le burger aux sept légumes ou les spaghettis façon bolognaise… Histoire de se donner l’illusion de manger de la viande ? En tout cas, ces messieurs ont paru plutôt agréablement surpris : « Le burger était très parfumé et relevé. »

Les filles ont misé sur des pâtes aux légumes. Alice, une amie végétarienne, optant pour des spaghettis aux boulettes champignon-aïl. « Quand je fais des pâtes, c’est sans viande. Les boulettes, c’est une bonne idée. J’essayerai ! »

Sur nos pâtes, nous avons failli prendre le semblant de fromage à base de pomme de terre, sel et levure de bière, pour du parmesan. Bluffant ! Quant aux desserts, précisions prises, c’est par exemple à partir de lait de soja et de riz qu’est cuisiné le tiramisu.

Hormis cette amande servie avec notre café, dont on doute qu’elle était bien au chocolat au lait… végétal, ce repas végétalien nous a rassasiés et séduits. À recommander ! A. G.

« La question du changement climatique sera bel et bien au cœur de l’année 2015 »

Voici le dernier éditorial du média alternatif consacré à la conférence de l’ONU sur le climat qui se tiendra à Paris à la fin de l’année,  et qui appelle aux contributions pour informer, analyser et critiquer.

La question du changement climatique sera bel et bien au cœur de l’année 2015.

Les propos de François Hollande à l’occasion de ses vœux du 31 décembre où lors de son passage dans la matinale de France Inter démontre sa volonté à faire de la Conférence Paris Climat 2015 une pièce maîtresse de son quinquennat.

Cependant, à écouter ses propos hésitants sur la question, à lire sa détermination à concrétiser le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, à voir ce qui a été fait jusque là en matière d’écologie en France, avec cette notion d’ « écologie non-punitive » qui revient sans cesse, difficile de ne pas voir dans ses propos contradictions et opportunisme.

Mais le président de la république Français n’est pas le seul à vouloir utiliser le changement climatique et la Conférence sur le Climat pour engranger des points.

Le Pape François s’empare également de la question dans sa grande campagne pour la « modernisation » de l’Église Catholique, largement relayé en France avec notamment la Conférence des évêques de France et en août les Assises Chrétiennes de l’Écologie.

Évidemment la tendance est à l’anthropocentrisme, passant sous silence la nature, les animaux, pourtant souvent premières victimes des effets du changement climatique.

Face à ces tentatives d’endormir, de détourner, d’accaparer le débat il est plus important que jamais, alors que 2014 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée, de faire de la lutte contre le réchauffement climatique une cause largement populaire et démocratique. Cela ne doit pas être une affaire d’experts et de décideurs.

Une libération animale en Argentine

Voici un communiqué concernant une action de libération animale en Argentine

Le progrès et la science se déclarent ennemis de la nature et de la liberté, et sont dirigés par ceux qui possèdent le pouvoir et veulent le conserver de leur côté quoi qu’il en coûte. Une part fondamentale de leur développement réside dans la séparation humaine du reste de la nature, et l’une des pratiques qui génèrent ce développement est l’incarcération et l’usage d’animaux.

Nous avons décidé de lancer une féroce campagne contre l’expérimentation animale, et en particulier contre l’université de La Plata, où l’on expérimente sur des chats, cobayes et autres animaux.

Pour cela, nous avons déterminé comme nécessaire et tactique l’usage du feu et de la violence, qui ne représente cependant rien face à celle qu’eux exercent contre les animaux non-humains, qu’ils séquestrent et sur lesquels ils expérimentent.

Nous ne nous arrêterons pas avant que le feu, l’intimidation ou que n’importe quel autre moyen nécessaire soit la raison pour laquelle il ne soit plus sûr et viable d’expérimenter sur les animaux.

Pour donner un peu de consistance à cela, nous revendiquons la libération de l’intégralité des chats, des cobayes et des souris de l’un des laboratoires biologiques de l’université de La Plata, et le postérieur incendie général du même endroit, lors des premiers jours de janvier.

Cet acte ne sera pas isolé, nous continuerons jusqu’à ce qu’ils se rendent compte que toute action entraîne des conséquences, et nous ne nous arrêterons pas avant que ne cesse l’exploitation.

Nous appelons à les harceler, les effrayer et les détruire, eux et tous les exploiteurs d’animaux.

Bonne année aux exploiteurs !

Sarenne, l’Alpe d’Huez: un édifiant constat

Voici une présentation qui intéressera toutes les personnes aimant la Nature. C’est un point de vue clair, présentant les choses en détail, avec une colère juste, formulé par le site Le bruit du vent, qui se définit comme un « Blog militant et pacifiste de défense des Alpes et de la Nature ! ».

Comme beaucoup d’habitants de la ville ayant lancé une spécieuse opération marketing contre le matraquage publicitaire, chaque lundi, dans ma fichue boîte aux lettres, je trouve un numéro de l’hebdomadaire grenoblois GreNews… Je n’en veux pas de leur canard à zéro balle, mais rien à faire, j’ai beau collé des autocollants « pas de pubs » : ils me le mettent de force dans la boîte.

Ce midi, avant de balancer le numéro, j’ai jeté un œil à ce canard à zéro balle, histoire de voir comment on tente d’abrutir les grenoblois ; et je n’ai pas été déçu (comme d’hab’) en tombant sur la page 12 : « Bienvenue à Sarenne ! »

Sarenne, c’est une magnifique montagne salie par une grande station de ski : l’Alpe d’Huez. J’ai lancé deux pétitions pour préserver Sarenne, mais rien à faire, malgré quelques milliers de signatures, le fric gagne toujours.

GreNews nous explique qu’une nouvelle piste, la Sarenne, a été inaugurée la semaine dernière à l’Alpe d’Huez. La « journaliste » ne donne la parole qu’à Christian Reverbel, directeur des pistes, qui a le bonheur de nous apprendre que « l’itinéraire sauvage » d’autrefois est désormais transformer en « piste officielle de 16 km ». À l’occasion de ce « moment émouvant », il se félicite de cette « idée un peu folle, mais ô combien magnifique », de ce « pari audacieux », de l’« univers magique » de sa station.

À côté de l’entretien et des photos, dans un article très approfondi de 4 phrases, le journal reprend en cœur le refrain officiel : « la piste de Sarenne est le résultat d’une folie ». C’est « une piste mythique […], vitrine majeure d’une station, d’un massif et d’un département. »

Sur cette même page, on trouve une grande et belle publicité de… l’Alpe d’Huez !

Et… rien d’autre : pas un mot sur les conséquences écologiques de l’énorme chantier de l’été dernier (sur l’extraction de 180 000 mètres cube de roche), pas un mot sur les conséquences écologiques des tonnes de neige artificielle, pas une phrase d’un chercheur spécialisé en environnement, pas un mot les centaines de milliers de litres de carburant brûlés par la station chaque hiver…

GreNews, canard caniche, c’est le degré zéro du journalisme : pas d’information, seulement de la pub sans le moindre esprit critique. Il est regrettable d’abattre des arbres pour un chiffon pareil.

GreNews prétend être Charlie (p°15, 12/01), chacun jugera…

Voici l’édifiant article « Des canons à neige pour sauver les glaciers », réalisé par Le bruit du vent, très bien documenté, et littéralement glaçant.

Le domaine skiable de l’Alpe d’Huez vient de s’enrichir du plus haut « lac artificiel » d’Europe. Située à 2770 mètres d’altitude, la retenue de l’Herpie est un ouvrage de prestige qui vient enrichir l’espace sauvage de Sarenne. Alpes Ingé et la Société d’Aménagement Touristique de l’Alpe d’Huez (SATA) sont fières d’avoir réussi à creuser une retenue deux fois plus volumineuse que la moyenne, à une aussi haute altitude.

Selon Christian Reverbel de la SATA, cet ouvrage a un intérêt majeur pour « les amoureux de la nature ». En effet, comme le rapportent France 3 et France Inter, « ce lac s’intègre parfaitement au paysage », et permettra de profiter d’un « d’un plan d’eau dans lequel [nous pourrons contempler] le reflet des montagnes environnantes » !

Et surtout, grâce à cet immense bassin, de nombreux canons à neige vont être construits, et « l’eau fondue, retransformée en neige artificielle, permettr[a] de protéger le glacier » de Sarenne. Pour lutter contre le recul du glacier, Christian Reverbel explique s’être rapproché de l’Institut de recherche en sciences et technologies pour l’environnement (CEMAGREF). Si bien que des millions d’euros ont été investis dans ce chantier qui permettra de lutter contre les effets du réchauffement climatique.

Préalablement aux travaux, le commissaire enquêteur donnait raison à Christian Reverbel, et expliquait que l’enneigement artificiel du glacier pourrait retarder sa disparition.

Le commissaire écrivait également dans son rapport que ce bassin pourrait être « un plus pour la faune et la flore », et ne comprenait pas pourquoi la fédération de pêche de l’Isère s’opposait au projet. Par la même occasion, le commissaire survolait les données hydrologiques, et omettait de signaler que le chantier devait se dérouler dans une Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique, située en amont d’une zone humide protégée par un arrêté préfectoral de protection de biotope.

Cet été, période durant laquelle les animaux de haute montagne constituent leur réserve pour l’hiver, l’extraction de 180 000 m3 de roche n’aurait nullement perturbé la faune.

Les allers et retours des camions sur les pistes de terre auraient été très encadrés. L’acheminement de 61 rouleaux de 200 mètres d’une toile industrielle se serait fait par hélicoptère dans la plus grande quiétude. Christian Reverbel explique que, pour remplir le « lac », « de l’eau [sera pulvérisée] dès la prochaine saison pendant 10 heures chaque nuit », mais l’opération restera très discrète (le travail sera probablement effectué par des marmottes bénévoles transportant 165 millions d’arrosoirs d’un litre).

Le bassin, une fois rempli, fera stagner d’importants volumes d’eau, des bactéries proliféreront, mais cela ne devrait pas poser de problème, ni pour la faune, ni pour la flore, ni pour les villages en aval. Sur le plan hydrologique, l’écoulement des ruisseaux sera perturbé, mais, de l’avis général, l’importance de la microbiologie dans l’équilibre des écosystèmes serait surfaite. La neige artificielle a une densité cinq à dix fois plus importante que la vraie neige, ce qui accélère l’érosion, mais géologiquement parlant, cela reste moins impactant que la chute d’une météorite.

Après les travaux, le site de Sarenne, qui s’étage de 3300 mètres à 1500 mètres, sera nettement plus fréquenté en hiver, notamment par les pratiquants du ski avec ramassage en hélicoptère ; ce qui nuira aux chamois, bouquetins, tétras lyre, lagopèdes, etc, mais, d’un autre côté, ces ventes de forfait à la chaîne sont le seul moyen de faire en sorte que la SATA rentabilise les millions d’euros versés par… les contribuables ?

D’ailleurs, après maintes recherches, impossible de savoir qui finance le programme d’enneigement de 22 millions d’euros de la piste La Sarenne (le prix d’un stade high-tech de 20 000 places) ; mais Christian Reverbel offre des indices en précisant que « l’Etat a été naturellement associé à la démarche ». Autrement dit, les contribuables paient naturellement leurs impôts pour aider les stations de ski à recouvrir les montagnes.

Ajoutés aux 900 autres canons de la station, les nouveaux canons à neige alimentés par le bassin devraient parfaitement s’intégrer au paysage (c’est du moins ce qu’affirme France Inter). Cet argument esthétique contrebalance sans doute l’impact des dépenses énergétiques corrélées au projet (les canons à neige consomment, en France, plus du quart de la production d’un réacteur nucléaire).

Un chercheur spécialisé dans le domaine pointe que de la neige est prise sur le glacier de Sarenne pour pallier les zones sans neige, ce qui est « grave, car cela accélère le recul du glacier » (alors que la SATA prétend lutter contre ce recul !) De plus, « le glacier de Sarenne est un glacier de référence pour les Alpes depuis 1950, et si le glacier est modifié, il ne peut donc plus servir de référence internationale ».

Le scientifique interrogé ne comprend pas « comment les chercheurs du CEMAGREF peuvent être favorables à ce projet », car « ce sont ces mêmes chercheurs qui déplorent, dans leurs publications, la destruction des zones humides induite par la construction des retenues collinaires ». De sérieux doutes subsistent donc quant à la pertinence de cette référence au CEMAGREF.

De plus, « plusieurs études montrent que l’enneigement artificiel et toute infrastructure comme les téléphériques sur les glaciers augmentent le recul des glaciers. On suppose même que les glaciers reculeraient deux fois plus vite à cause de la fonte accélérée autour des infrastructures. » Lorsque des études déplaisent aux industriels du ski, des présidents d’université demandent aux chercheurs de se taire, voire de démissionner, mais ces affaires intéressent apparemment moins les médias que les brochures publicitaires.

Christian Reverbel serait, selon l’Essor, le directeur des pistes de l’Alpe d’Huez depuis 1970. Il aurait donc été un acteur central, notamment durant les sulfureuses années Cupillard, du développement d’une station qui consommerait plus d’un million de litres de gasoil par an. Mais cela n’empêche pas France 3 d’affirmer que « l’environnement est une priorité » pour Reverbel. Selon le Dauphiné Libéré, le directeur des pistes de l’Alpe est même « au chevet » du glacier, et serait sur le point de le sauver en y greffant sa station de ski. À n’en pas douter, ce nouveau « lac » de 7 millions d’euros, avec fond en plastique, s’adresse aux chercheurs et aux « amoureux de la nature » ; et Reverbel sera bientôt ministre de l’Ecologie.

Une pétition

En savoir plus : L’extension de l’Alpe d’Huez par Sarenne commence. Le côté obscur de l’or blanc. MS

Kropotkine et la sociabilité dans la Nature

Il y a trois manières de voir la Nature: soit en la niant par anthropocentrisme en faisant de l’être humain l’aboutissement unique de l’évolution, soit en considérant que la Nature est tout et que son évolution continue vers l’harmonie, soit en considérant que la Nature est un vaste combat de gladiateurs.

C’est contre ce dernier point de vue que Kropotkine s’élève, dans L’Entraide, un facteur de l’évolution, attaquant en 1902 la position social-darwiniste de Spencer, qui dans le darwinisme social mettait en avant une vision du monde où seul le plus fort survit, ce qui est la logique d’Hitler, Conan le barbare, etc. etc.

Kropotkine voit bien que la position de Spencer est erronée, mais en même temps il n’arrive pas à comprendre que tous les êtres vivants sur la planète sont des composantes d’une sorte de gigantesque organisme général, que l’on peut appeler Gaïa poétiquement, Biosphère scientifiquement.

Kropotkine coupe la poire en deux, selon lui « La sociabilité est aussi bien une loi de la nature que la lutte entre semblables ».

La théorie de Darwin eut le sort de toutes les théories qui traitent des rapports humains. Au lieu de l’élargir selon ses propres indications, ses continuateurs la restreignirent encore.

Et tandis que Herbert Spencer, partant d’observations indépendantes mais très analogues, essayait d’élargir le débat en posant cette grande question : « Quels sont les plus aptes ? » (particulièrement dans l’appendice de la troisième édition des Data of Ethics), les innombrables continuateurs de Darwin réduisaient la notion de la lutte pour l’existence à son sens le plus restreint.

Ils en vinrent à concevoir le monde animal comme un monde de lutte perpétuelle entre des individus affamés, altérés de sang.

Ils firent retentir la littérature moderne du cri de guerre Malheur aux vaincus, comme si c’était là le dernier mot de la biologie moderne. Ils élevèrent la « lutte sans pitié » pour des avantages personnels à la hauteur d’un principe biologique, auquel l’homme doit se soumettre aussi, sous peine de succomber dans un monde fondé sur l’extermination mutuelle.

Laissant de côté les économistes, qui ne savent des sciences naturelles que quelques mots empruntés à des vulgarisateurs de seconde main, il nous faut reconnaître que même les plus autorisés des interprètes de Darwin firent de leur mieux pour maintenir ces idées fausses.

En effet, si nous prenons Huxley, qui est considéré comme l’un des meilleurs interprètes de la théorie de l’évolution, ne nous apprend-il pas, dans son article, « Struggie for Existence and its Bearing upon Man », que :

« jugé au point de vue moral, le monde animal est à peu près au niveau d’un combat de gladiateurs. Les créatures sont assez bien traitées et envoyées au combat ; sur quoi les plus forts, les plus vifs et les plus rusés survivent pour combattre un autre jour. Le spectateur n’a même pas à baisser le pouce, car il n’est point fait de quartier. »

Et, plus loin, dans le même article, ne nous dit-il pas que, de même que parmi les animaux, parmi les hommes primitifs aussi,

« les plus faibles et les plus stupides étaient écrasés, tandis que survivaient les plus résistants et les plus malins, ceux qui étaient les plus aptes à triompher des circonstances, mais non les meilleurs sous d’autres rapports. La vie était, une perpétuelle lutte ouverte, et à part les liens de famille limités et temporaires, la guerre dont parle Hobbes de chacun contre tous était l’état normal de l’existence. »

Le lecteur verra, par les données qui lui seront soumises dans la suite de cet ouvrage, à quel point cette vue de la nature est peu confirmée par les faits, en ce qui a trait au monde animal et en ce qui a trait à l’homme primitif.

Mais nous pouvons remarquer dès maintenant que la manière de voir de Huxley avait aussi peu de droits à être considérée comme une conclusion scientifique que la théorie contraire de Rousseau qui ne voyait dans la nature qu’amour, paix et harmonie, détruits par l’avènement de l’homme.

Il suffit, en effet, d’une promenade en forêt, d’un regard jeté sur n’importe quelle société animale, ou même de la lecture de n’importe quel ouvrage sérieux traitant de la vie animale (d’Orbigny, Audubon, Le Vaillant, n’importe lequel), pour amener le naturaliste à tenir compte de la place qu’occupe la sociabilité dans la vie des animaux, pour l’empêcher, soit de ne voir dans la nature qu’un champ de carnage, soit de n’y découvrir que paix et harmonie.

Si Rousseau a commis l’erreur de supprimer de sa conception la lutte « à bec et ongles », Huxley a commis l’erreur opposée ; mais ni l’optimisme de Rousseau, ni le pessimisme de Huxley ne peuvent être acceptés comme une interprétation impartiale de la nature.

Lorsque nous étudions les animaux – non dans les laboratoires et les muséums seulement, mais dans la forêt et la prairie, dans les steppes et dans la montagne – nous nous apercevons tout de suite que, bien qu’il y ait dans la nature une somme énorme de guerre entre les différentes espèces, et surtout entre les différentes classes d’animaux, il y a tout autant, ou peut-être même plus, de soutien mutuel, d’aide mutuelle et de défense mutuelle entre les animaux appartenant à la même espèce ou, au moins, à la même société. La sociabilité est aussi bien une loi de la nature que la lutte entre semblables.

Il serait sans doute très difficile d’évaluer, même approximativement, l’importance numérique relative de ces deux séries de faits. Mais si nous en appelons à un témoignage indirect, et demandons à la nature : « Quels sont les mieux adaptés : ceux qui sont continuellement en guerre les uns avec les autres, ou ceux qui se soutiennent les uns les autres ? », nous voyons que les mieux adaptés sont incontestablement les animaux qui ont acquis des habitudes d’entr’aide.

« Une année de kairos pour l’avenir de la planète et de l’humanité »

En prévision de la future conférence de l’ONU sur le climat, la Conférence des évêques de France a publié un document de travail, alors que l’Eglise catholique organise en août des Assises Chrétiennes de l’Ecologie, à Saint-Etienne. De leur côté les protestants ont publié un ouvrage appelé « Les changements climatiques« .

Voici des extraits du document des évêques de France, qui montre comment l’Eglise va utiliser la conférence pour promouvoir ses fins. Le grand risque pour elle est une vague d’athéisme provoqué par la reconnaissance de Gaïa comme lieu de vie où tout est inter-relié.

Afin de préserver l’anthropocentrisme, l’Eglise met donc en avant le « bon moment », le « moment opportun », c’est-à-dire la capacité qu’aurait l’être humain à intervenir en toute intelligence, de par la puissance du libre-arbitre, etc.

A cela est ajouté une pincée de doctrine sociale de l’Eglise, un soupçon de millénarisme, une larme de tiers-mondisme, un brin de critique de la « société de consommation »… Le tout afin de nier la Nature et de ne surtout pas parler des animaux.

Entre ça et la ZAD, on assiste à une affreuse montée en puissance de la critique « spirituelle » de la société de consommation, en mode « avant c’était différent », typiquement dans l’esprit des années 1930.

Le tragique qui ouvre un nouveau possible

Le défi auquel est aujourd’hui confrontée la communauté internationale peut être mis en résonance avec une figure majeure de la tradition chrétienne : le kairos.

Cette notion grecque renvoie à une expérience particulière du temps, celle du « moment opportun ». Il s’agit d’un instant de grâce où tout peut basculer, mais cette ouverture au radicalement nouveau est toujours précédée d’un événement tragique.

Le kairos dit cette conjonction paradoxale entre la mort et la vie, entre la perte et le nouveau possible. Les récits bibliques qui parlent du kairos illustrent bien ce paradoxe. Les évangiles utilisent ce mot au moment où Jésus sort de l’anonymat et commence sa vie publique. Un événement tragique est associé à ce début : la décapitation de Jean-Baptiste.

Plus tard ce seront les disciples de Jésus qui partiront proclamer l’Evangile dans le monde entier, et encore une fois c’est la mort en croix de Jésus et l’expérience qu’ils font de sa résurrection qui en constitue l’évènement déclencheur. Au moment où la réalité sombre dans le désespoir, le kairos désigne l’émergence d’un radicalement nouveau. Le dérèglement climatique pourrait être un kairos pour nos sociétés contemporaines.

Nous vivons en effet, la fin d’une époque et d’un modèle : le changement climatique en est le signe. Le modèle sur lequel les sociétés se sont développées est celui de la croissance économique et de la prospérité partagée. L’imaginai
re de vie bonne de ce modèle de développement est fondé sur l’idée d’une production et d’une consommation en augmentation permanente.

Or, ce modèle qui a permis une amélioration sans commune mesure des conditions de vie, notamment dans les pays dits développés, se révèle aujourd’hui inviable à cause de l’épuisement et de la dégradation des ressources naturelles qu’il a provoqués.

Les risques de mort associés au réchauffement climatique en sont la preuve. Serons-nous capables d’inventer une autre forme de développemen t et de dresser un autre imaginaire de la vie bonne ? Saurons-nous « choisir la vie » entre vie et mort, entre bénédiction et malédiction, comme nous y invite le livre du Deutéronome (Dt, 30, 15-20)?

Un signe d’espoir

Un signe des temps encourage à répondre positivement à cette question : cette même année 2015 où aura lieu la COP21, arrivent à échéance les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), définis de commun accord en l’an 2000 par tous les pays des Nations Unies. Certains de ces objectifs ont été atteints, notamment celui de réduire de moitié la pauvreté extrême (les personnes qui vivent avec moins de 1,25 dollars par jour) au niveau mondial.

Ce résultat constitue un signe d’espoir : la pauvreté n’est pas une fatalité et son éradication est possible. Mais cette pauvreté reste pourtant très concentrée dans certaines régions du monde (notamment le continent africain) : la pauvreté mondiale s’est réduite mais l’inégalité entre les pays et à l’intérieur même de chaque pays s’est accentuée. Ces résultats porteurs à la fois d’espoir et de déception sont à la base des négociations internationales actuellement en cours, visant à définir de nouveaux objectifs en faveur du développement pour les 15 ans à venir.

Or, cette convergence dans la même année de la conférence sur le climat et de la reformulation des OMD pour les années à venir, constitue une opportunité pour articuler d’une manière nouvelle la question écologique avec la que
stion économique et sociale. Cette coïncidence au niveau du calendrier renforce les conditions pour faire de l’année 2015 une année de kairos pour l’avenir de la planète et de l’humanité.

D’au tant plus que les OMD vont très probablement être re-baptisés « Objectifs du développement durable » et qu’ils auront un caractère universel, c’est-à-dire qu’ils ne concerneront pas seulement les pays les moins avancés, mais la totalité des pays, qu’ils soient riches ou pauvres. Une chance historique pour redéfinir le développement comme un modèle porteur de vie pour la famille humaine universelle.

La contribution de la foi chrétienne

L’Eglise veut participer et contribuer à ce changement d’époque avec ses ressources propres. Les défis auxquels la planète et l’humanité sont au jourd’hui confrontées touchent les fondements même de la foi chrétienne : l’espérance
face à l’avenir, l’universalité du bien commun, et la solidarité comme socle du vivre ensemble.

Nous reprenons chacun de ces trois fondements en précisant à chaque fois les termes du kairos, c’est-à-dire le tragique constaté et le nouveau possible qui commence à se dessiner, par rapport à chacun des trois domaines concernés : la représentation de l’avenir, du bien commun et du vivre ensemble.

L’espérance face à l’avenir

La crise – écologique, économique et sociale – trouble notre regard sur l’avenir qui apparaît aujourd’hui bouché et menaçant. Le développement n’est pas seulement compromis au Sud, il l’est également au Nord. Un monde est en train d
e s’écrouler : celui qui pensait le développement comme croissance infinie.

L’humanité fait face à l’expérience angoissante de sa finitude. Sommes-nous capables aujourd’hui de faire entendre à nos contemporains une nouvelle promesse d’avenir ? Comment parler d’infini dans un monde fini ?

L’espérance chrétienne est fondée sur une idée de promesse qui n’est pas celle d’un but prédéfini à atteindre, mais celle d’un appel qui met en marche vers un meilleur possible. L’image de la « terre promise » qui va mettre en marche le peuple de Dieu premièrement derrière Abraham, et ensuite derrière Moïse, illustre bien cette idée d’une promesse qui met debout et en chemin vers un avenir meilleur mais dont on ne connaît pas la forme concrète qu’il pourra avoir.

Aujourd’hui c’est le moment opportun pour dessiner à nouveau cet imaginaire de la « terre promise » et d’un développement qui pourrait être porteur de vie « pour tout l’homme et pour tous les hommes ». Un nouveau style de vie qui mobilise une autre manière de consommer et de produire, de se déplacer et d’habiter l’espace est déjà en
construction.

Une autre expérience du temps qui valorise la lenteur et le long terme plutôt que l’immédiateté et le court-termisme est envisageable. Une nouvelle représentation de « la vie bonne » est aujourd’hui à construire : une vie qui assure à chacun la possibilité d’être reconnu comme co-créateur et pas seulement comme consommateur.

Omar Khayyam dans l’ombre bleue du jardin

Les Rubaïyat d’Omar Khayyam (1048-1131) sont des poèmes très connus, en Iran bien sûr mais également en Europe au 19ème siècle avec le courant important qu’a été l’orientalisme (les illustrations plus bas sont de cette époque).

Dans ses rubaïyat, c’est-à-dire ses quatrains, Omar Khayyam célèbre les jardins, la vie et les femmes, jamais vulgairement, le tout formant en effet une allégorie pour mettre en avant une vie harmonieuse, heureuse, qu’il considère cependant comme éphémère et fragile, son époque étant effectivement difficile, surtout quand on a compris la vanité de la religion…

On a ici une exigence très parlante, et évidemment, on ne saurait comprendre les approches de Baudelaire (avec ses « paradis artificiels ») et de Rimbaud (ses « illuminations » et la lettre dite du « voyant ») sans voir l’influence d’Omar Khayyam. Et il saute aux yeux que l’incapacité de Rimbaud à continuer la poésie, ou de Baudelaire à ne pas sombrer dans le glauque, vient de l’incapacité à se relier à la vie dans ce qu’elle a de perpétuellement nouveau.

Voici quelques quatrains, tirés de la Rubaïyat.

I
Tout le monde sait que je n’ai jamais murmuré la moindre prière. Tout le monde sait aussi que je n’ai jamais essayé de dissimuler mes défauts. J’ignore s’il existe une Justice et une Miséricorde… Cependant, j’ai confiance, car j’ai toujours été sincère.
II
Que vaut-il mieux ? S’asseoir dans une taverne, puis faire son examen de conscience, ou se prosterner dans une mosquée, l’âme close ? Je ne me préoccupe pas de savoir si nous avons un Maître et ce qu’il fera de moi, le cas échéant.
III
Considère avec indulgence les hommes qui s’enivrent. Dis-toi que tu as d’autres défauts. Si tu veux connaître la paix, la sérénité, penche-toi sur les déshérités de la vie, sur les humbles qui gémissent dans l’infortune, et tu te trouveras heureux.
IV
Fais en sorte que ton prochain n’ait pas à souffrir de ta sagesse. Domine-toi toujours. Ne t’abandonne jamais à la colère. Si tu veux t’acheminer vers la paix définitive, souris au Destin qui te frappe, et ne frappe personne.
V
Puisque tu ignores ce que te réserve demain, efforce-toi d’être heureux aujourd’hui. Prends une urne de vin, va t’asseoir au clair de lune, et bois, en te disant que la lune te cherchera peut-être vainement, demain.
VI
Le Koran, ce Livre suprême, les hommes le lisent quelquefois, mais, qui s’en délecte chaque jour ? Sur le bord de toutes les coupes pleines de vin est ciselée une secrète maxime de sagesse que nous sommes bien obligés de savourer.
XVII
La brise du printemps rafraîchit le visage des roses. Dans l’ombre bleue du jardin, elle caresse aussi le visage de ma bien aimée. Malgré le bonheur que nous avons eu, j’oublie notre passé. La douceur d’Aujourd’hui est si impérieuse !
XVIII
Longtemps encore, chercherai-je à combler de pierres l’Océan ? Je n’ai que mépris pour les libertins et les dévots. Khayyâm, qui peut affirmer que tu iras au Ciel ou dans l’Enfer ? D’abord, qu’entendons-nous par ces mots ? Connais-tu un voyageur qui ait visité ces contrées singulières ?
XLIII
Bois du vin ! Tu recevras de la vie éternelle. Le vin est le seul philtre qui puisse te rendre ta jeunesse. Divine saison des roses, du vin et des amis sincères ! Jouis de cet instant fugitif qu’est la vie.
LII
Si tu as greffé sur ton cœur la rose de l’Amour, ta vie n’a pas été inutile, ou bien si tu as cherché à entendre la voix d’Allah, ou bien encore si tu as brandi ta coupe en souriant au plaisir.
LXXV
Du vin ! Mon cœur malade veut ce remède ! Du vin, au parfum musqué ! Du vin, couleur de rose ! Du vin pour éteindre l’incendie de ma tristesse ! Du vin, et ton luth aux cordes de soie, ma bien aimée !
LXXXII
On me dit: « Ne bois plus, Khayyâm ! » Je réponds: « Quand j’ai bu, j’entends ce que disent les roses, les tulipes et les jasmins. J’entends, même, ce que ne peut me dire ma bien-aimée. »
LXXXIV
L’aurore a comblé de roses la coupe du ciel. Dans l’air de cristal s’égoutte le chant du dernier rossignol. L’odeur du vin est plus légère. Dire qu’en ce moment des insensés rêvent de gloire, d’honneurs ! Que ta chevelure est soyeuse, ma bien-aimée !



Les animaux dans le Charlie Hebdo n°1178

Pour se faire une opinion, voici les deux articles en tant que tel consacrés aux animaux dans le dernier Charlie Hebdo, le premier à suivre le massacre subi. Ce numéro 1178 se veut dans le prolongement de ce qui a été fait auparavant.

On pourra y voir des bonnes choses… Et surtout des manques, des manquements honteux. On remarquera donc que, en plus bien sûr de l’absence de tout ce qui pourrait se rapprocher du véganisme, la remarque lamentable consistant à appeler à un rassemblement organisé par… « OEDA (Oui à l’Etourdissement Dans les Abattoirs ».

C’est d’un manque d’intelligence par rapport à la situation actuelle, de cohérence par rapport aux animaux….

Un contenu qu’il faut développer !

Les multiples salutations à Charlie Hebdo comme étant un journal à la fois écologiste et défenseur des animaux posent un souci et montrent surtout qu’il y a un véritable problème en France concernant le principe même des définitions.

Ce qui est vraiment frappant, c’est qu’être écologiste se résumerait à être contre le nucléaire, contre la société de consommation, avec une grande sympathie pour le « terroir » et une inclination certaine pour l’irrationnel c’est-à-dire de multiples recettes et produits miracles.

C’est précisément ce qu’on trouve expliqué dans les magazines gratuits dans les magasins bios, qui disséminés à des dizaines et des dizaines de milliers d’exemplaires ont eu une influence très grande comme « style de vie » prétendument « sain » et « naturel ».

Il faut dire que ce « style de vie » est relié à toute une économie, allant des chamans guérisseurs aux magasins bios en passant par divers produits miracles mis en avant pour leur dimension purificatrice, etc.
Attention, cela ne veut nullement dire qu’effectivement la Nature ne propose pas plein de choses très intéressantes, ici il n’est parlé que des choses relevant de l’escroquerie, avec des vendeurs de poudre à perlimpinpin à la fois « bio » et « dynamique », en phase avec les « ondes » etc.

En tout cas l’écologie est ici quelque chose de très limitée, et cela se lit par ailleurs quand on regarde Europe Ecologie les Verts, dont la substance est vide, à part la transition climatique productrice d’emplois.

Pareillement, lorsqu’on voit que les journalistes de Charlie Hebdo sont qualifiés ici et là de grands défenseurs des animaux alors qu’ils n’étaient même pas végans, on ne peut qu’être choqué, surtout que Charlie Hebdo se pose par définition contre tout dogme, alors que le véganisme, par définition, est un dogme puisqu’il accorde aux animaux une valeur en soi indiscutable.

Or, on retrouve ici ce vieux problème français du grand libéralisme dans les idées, avec une incapacité d’assumer la rupture au nom du débat d’idées digne du café du commerce. Tout cela empêche d’affirmer clairement ses idées, et cela a pour conséquence qu’une minorité débarque de nulle part en s’affirmant plus radicale que radicale, pour disparaître au bout de quelques temps.

Alors, quel est le garde-fou ? Le garde-fou, c’est bien sûr la Nature, le rapport avec elle, sa reconnaissance. Être écologiste, c’est reconnaître la Nature, donc non pas un paysage, non pas l’environnement, mais la Nature comme grand ensemble où tous les êtres vivants sont reliés, non pas spirituellement, mais très concrètement.

La preuve de la Nature, c’est paradoxalement l’humanité, qui provoque des troubles significatifs sur toute la planète, des perturbations de grande ampleur, détruisant une partie de plus en plus importante de la vie sur Terre, c’est-à-dire de la Nature.

C’est le paradoxe : l’humanité nie la Nature, mais en même temps elle sait qu’elle la détruit, sans voir qu’en détruisant la Nature, c’est elle même qu’elle est inexorablement conduite à détruire. L’humanité ne peut pas vivre contre la Nature, elle est une partie de la Nature, et là réside le problème de fond : l’anthropocentrisme nie la reconnaissance de la Nature, parce que ce serait remettre en cause le statut fondamental de l’humanité placée comme « au-dessus » de tout.

Il y a ici une profonde révolution des mentalités qui doit s’opérer, et qui est inévitable. On ne peut pas faire dans la demi-mesure, car se concentrer sur les problèmes uniquement humains, c’est rater qu’aucun problème n’est uniquement humain, les humains étant une composante de la Nature et donc chaque problème concernant tout le monde.

Il y a ici toute une relecture de l’histoire qui est à faire, dans la mesure où il manque des chapitres sur les livres d’histoire, traitant de la situation sur la planète. On étudie la mondialisation, mais pas les effets sur la planète par exemple, tels les transports d’animaux sur de nouveaux continents, avec des impacts évidemment importants tant pour les animaux que pour les vies végétales et animales sur le continent d’accueil.

Tout reste à faire ! La remise en cause de l’anthropocentrisme est une étape complètement nouvelle et inévitable : c’est cela qu’il faut affirmer, c’est ce contenu qu’il faut développer !

Charlie Hebdo et l’écologie

Hier, nous parlions de la considération tout à fait erronée de voir en Charlie Hebdo un journal défendant les animaux, parlons maintenant un peu d’écologie, ou plus précisément ici d’écologie dans sa version française des années 1970.

Car si Charlie Hebdo est un journal humoristique laïc, sur le plan des idées, on est tout à fait dans le profil catho de gauche – CFDT des années 1970 – Parti Socialiste Unifié des années 1970 : un peu de pacifisme, d’irrévérence face au pouvoir mais sans conséquences politique, pas de dogmatisme c’est-à-dire de prises de positions tranchées, autogestion, localisme, etc.

Voici ici un article très intéressant montrant tout cela, écrit par Olivier Nouaillas, qui travaille à l’hebdomadaire catholique La vie, qui fait partie du même groupe que Le Monde, Télérama, etc. bref toute la presse catho de gauche.

Dans le même esprit, on peut lire l’article de Reporterre, qui fait pareillement de Charlie Hebdo le premier journal écologiste. Cette vision de l’écologie est tout à fait similaire à l’approche de Grothendieck et de son groupe « Survivre et vivre », ou d’autres, c’est l’écologie non pas comme reconnaissance de la Nature, mais comme romantisme de la petite production, tout cela aboutissant à l’idéologie de la ZAD apparue il y a quelques temps.

Ce que je dois à Charlie hebdo, la Gueule Ouverte, Cabu et tous les autres…

Aussi loin que je me souvienne, l’un des premiers journaux que j’ai lu régulièrement fut « Pilote ». Nous étions à la fin des années 60 et il y avait déjà tous les héros de bandes dessinées (Astérix, Achille Talon, Lucky Luke …) et tous ceux qui allaient devenir des grands caricaturistes de l’actualité : Fred, Reiser, Gébé et surtout Cabu. Avec le grand Duduche – son personnage principal – je devais être moi aussi un peu amoureux de la fille du proviseur…

Et puis, petit à petit, moi qui n’avait pas spécialement de conscience politique, j’ai suivi, en même temps que je passais du collège au lycée, les migrations de ces dessinateurs à Charlie Hebdo.

Et j’ai découvert à travers leurs dessins, un curieux mot que je ne connaissais pas : l’écologie. Il faut dire que c’ était la grande époque des mobilisations antinucléaires, à Bugey, Creys Malville, Le Carnet …

Et chaque semaine, à travers les chroniques de Cavanna, les dessins de Cabu mais aussi les articles de Pierre Fournier (texte et dessins), j’y découvrais, en dehors d’une dénonciation des dangers du nucléaire, une critique argumentée du productivisme et des ravages destructeurs de la société de consommation.

Avec trois événements successifs qui allaient, à jamais, structurer ma propre sensibilité : la création de la Gueule Ouverte (en 1972), la sortie du film l’an 01 (en 1973) et la candidature de René Dumont (en 1974), premier candidat écologique à une élection présidentielle.

Si ce troisième événement est le plus connu, je préfère aujourd’hui m’attarder sur les deux premiers, un peu oubliés et pourtant tous les deux sortis de la matrice « Charlie Hebdo ».

En effet, c’est Charlie Hebdo qui donna naissance au premier mensuel d’écologie politique : la « Gueule Ouverte ». Son sous-titre était «Le mensuel qui annonce la fin du monde » (sic) et j’en ai conservé de précieux exemplaires dans mon grenier en Creuse. Son animateur était Pierre Fournier, pas vraiment un prophète du malheur, mais plutôt un homme révolté, un utopiste pacifiste, un adepte de la non-violence.

Et déjà on y trouvait les petits dessins de Reiser qui le premier parla de l’énergie solaire et des éoliennes et aussi les reportages de Cabu dans les communautés hippies, alternatives, antimilitaristes . Toute une époque… D’ailleurs, à la mort subite de Pierre Fournier en 1973, c’est Isabelle Monin, alors la compagne de Cabu, qui pris sa succession à la tête de la Gueule Ouverte

Et puis, aussi l’an 01. C’est dans Charlie Hebdo, que Gébé inventa et dessina les planches de ce film sous titré : « on arrête tout, on réfléchit, et c’est pas triste ». Il s’agissait alors de jeter les clefs, d’abolir la propriété, de rouler à vélo, de cultiver son jardin …

Tout cela, certes, paraît loin aujourd’hui, dans un monde de plus en financiarisé et violent. Mais cela donna naissance à de belles idées qui perdurent aujourd’hui, même si elles paraissent plus fragmentés et morcelées. Quelque part, on peut dire, sans trop se tromper, que « la sobriété heureuse » de Pierre Rabhi, cher à la fois ce blog et à de nombreux lecteurs de La Vie, en est de ses multiples fruits.

Depuis 2010, c’est Fabrice Nicolino – un ancien journaliste de La Croix, Terre Sauvage , des Cahiers de saint Lambert et de Politis – qui avait repris le flambeau de l’écologie dans Charlie Hebdo. Il fait d’ailleurs partie des quatre blessés graves mais, heureusement, rescapés de la tuerie du 7 janvier.

Plume redoutée de ce secteur – il a écrit des livres remarquables d’investigation sur les pesticides, l’industrie de la viande ou encore les produits chimiques – il entretenait cette flamme écologique.

Certes, il y eu des choses excessives dans « Charlie Hebdo ». Certes la fin du monde annoncé par « la Gueule Ouverte » n’a pas eu lieu (ouf !!! ). Certes les idéaux de l’ an 01 paraissent bien naïfs face aux délires meurtriers de l’Etat islamique. On pouvait même être choqué par tel ou tel dessin de Charlie – cela m’est arrivé – ou trouver tel ou tel chronique outrancière.

Mais tout de même quel souffle ! Quelle inventivité ! Quel humour ! Ce qui est sûr c’est que Charlie dérangeait les pollueurs de la planète. Et qu’à ce titre aussi, il doit continuer à exister.

Charlie Hebdo et les animaux

Sur le net on peut trouver une mise en avant de Charlie Hebdo comme étant proche de la cause animale. C’est tout à fait erroné, les gens de Charlie passé et présent ne sont pas vegans, ni partisans de la libération animale. Il y a juste de la sympathie exprimée de la part de certaines personnes, avec une petite rubrique hebdomadaire comme on en trouve une dans le « Canard enchaîné ».

Cependant, cela n’engage à rien, c’est juste un prétexte à la caricature et cela ne va jamais très loin. Voici quelques images histoire de se faire une opinion.




















La Coordination Antinucléaire du Sud-Est a besoin de soutien face à AREVA

AREVA porte plainte contre la Coordination Antinucléaire du Sud-Est… La solidarité s’impose!

LIBERTE D’EXPRESSION MENACEE

AREVA porte plainte contre la Coordination Antinucléaire du Sud-Est ! Nous ne nous laisserons pas bâillonner !

Le site internet de la Coordination Antinucléaire du Sud-Est vient d’être informé ce mardi 6 janvier 2015 d’une plainte en diffamation d’Areva pour un reportage* mettant en cause la pénétration du lobby nucléaire auprès des élus alors que le crime nucléaire sanitaire se poursuit à Fukushima et en vallée du Rhône.

Par cette attaque en justice, le géant du nucléaire veut faire taire la contestation au moment même où le groupe Areva est en décrépitude financière (-52% de sa valeur en Bourse) et industrielle (échec de l’EPR en Finlande, investissements hasardeux, réduction de ses ventes de Mox notamment au Japon, mis en cause dans des financements de budget étranger,…), où les incidents se multiplient dans ses installations en France et alors que se meurent à petit feu des milliers d’enfants et d’adultes (recensés ou pas encore) à Fukushima et ailleurs, comme au Niger.

La Coordination Antinucléaire du Sud-Est qui regroupe, en dehors de tout parti politique, des citoyens qui agissent pour l’arrêt immédiat et inconditionnel du crime nucléaire pour des raisons sanitaires et de santé publique, dénonce

. la guerre idéologique fanatique que les tenants de la destruction atomique mènent contre une pensée libre et contre le peuple, l’arrogance et l’impérialisme du lobby nucléaire et de sa caste dirigeante,

. les atteintes à la santé et à la vie des populations et la contamination des territoires par les rejets radioactifs dans l’air et dans l’eau de chacune des 125 installations nucléaires civiles auxquelles s’ajoutent les Installations Nucléaires de Base secrètes militaires disséminées sur le territoire français.

Atteintes voulues, répétées et quotidiennes, telle la fabrication par Areva de l’uranium « appauvri » radioactif, sans doute utilisé dans les armes de guerre.

. l’exploitation colonialiste des travailleurs et ressources du Niger ainsi que la contamination radioactive des territoires de vie et de culture des populations touareg et autres de ce pays,

. le noyautage des institutions, de l’État, et des assemblées élues par un groupe d’intérêts privés et leurs relais idéologiques pour imposer un ordre dominant et un état de terreur nucléaire sur le pays et la planète,

La Coordination antinucléaire du Sud-est rappelle qu’il n’y a pas de dose de radioactivité artificielle inoffensive.

La Coordination antinucléaire du Sud-est appelle à la Solidarité
. toutes les personnes éprises de liberté et attachées au droit d’expression et de critique,
. tous les collectifs, et groupes, et organisations

. à s’opposer à cette atteinte à la liberté d’expression,

. à adresser à la Coordination des messages de soutien : sudest.antinucleaire@free.fr

. à soutenir la défense en justice de la Coordination antinucléaire du Sud-est : j’apporte mon aide

. à manifester directement son indignation auprès des pouvoirs et de Areva par les voies que chacun-e déterminera

( Monsieur Philippe Varin Président du Conseil d’Administration d’Areva 1, place Jean-Millier 92084 Paris-La Défense cedex Tél : 01.34.96.00.0001.34.96.00.00 Fax : 01.34.96.00.01  – 1er Ministre Manuel Vals : 57 Rue de Varenne, 75007 Paris http://www.gouvernement.fr/contact/ecrire-au-premier-ministre – Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes 14, avenue Duquesne 75350 PARIS 07 SP Tel : 01 40 56 60 00 )

. à faire connaître partout cet autre versant des atteintes à la liberté d’expression en France

. à signer la pétition en ligne avec cyber@cteurs : (lien prochainement disponible)

. soutien financier (remboursé en cas de retrait de plainte par Areva et non procès) : à adresser à CAN 180 chemin de la Parisienne
84740 Velleron – France ou clic sur ce bouton :

Rabbins et chamanes

La religion n’est pas qu’une source de folie et d’oppression, c’est aussi une manière étrange de tenter de comprendre la Nature. C’est ce genre de choses que Charlie Hebdo n’a jamais compris, ne voyant qu’un aspect de la question.

Chaque religion est, d’une manière déformée, un dialogue avec la Nature, une tentative de comprendre comment vivre harmonieusement. En fait la religion c’est aussi une psychologie, un état d’esprit.

Voici un exemple improbable avec un compte-rendu (tiré d’Actualités juives) d’une rencontre (organisée par l’association Coeur de forêt) qu’on peut penser assez originale, mais dont le fond est tout à fait logique, le judaïsme regorgeant de référence à la Nature (comme par ailleurs toutes les religions) : « le Juste fleurit comme le palmier (…) comme le cèdre du Liban il est élancé », « Un homme est comme un arbre des champs », « Comme les jours des arbres seront les jours de mon peuple », « Il sera tel un arbre planté au bord de l’eau », etc.

Grands chefs indiens et Grands rabbins, l’incroyable rencontre

Tournure exceptionnelle pour le dialogue interconfessionnel le mercredi 3 décembre, puisque trois chefs indiens de la forêt amazonienne ont rencontré des grands rabbins. Au programme : échanges sur les spiritualités, les conceptions de la nature et les récits de la création.

Etait-ce une première fois ? Quoi qu’il en soit, trois chefs des spiritualités natives du « Nouveau monde » se sont trouvés au sein d’une synagogue. Hôte de cette rencontre à l’initiative de Jérémie Déravin-Rubinstein, fondateur de l’associations « Cœur de forêt », l’ancien Grand rabbin de France Joseph Haïm Sitruk était entouré du rabbin Michaël Azoulay, qui représentait l’actuel Grand rabbin de France Haïm Korsia, du Rav Lemmel, et du Rav Abergel.

Ces membres éminents du judaïsme français ont eu la joie d’accueillir Benki Piyako Ashaninka du Pérou, Puwë Puyanawa du Brésil, et Walter Lopez Shipibo du Pérou, tous trois chefs spirituels de leurs tribus respectives et chamans-guérisseurs.

Proximité avec le hassidisme?

S’il s’avère périlleux de rendre compte d’un dialogue de près d’une heure trente sur les points communs et les différences entre la spiritualité juive et la spiritualité des peuples de la forêt, précisons que sa teneur fut amicale d’un bout à l’autre.

La cosmologie amérindienne demeure complexe pour la métaphysique occidentale, mais elle entretient des correspondances surprenantes avec la mystique juive et sa conception de la nature et de la création.

De même, les phrases de Walter Lopez Shipibo, prononcées sur un étrange rythme, sembleront familières à qui possède une approche du hassidisme : « Tout parle, tout reçoit : la terre gémit, les arbres se balancent, les plantes portent la sagesse ; nous apprenons par le silence ».

Puis, s’attardant sur les nombreux livres dans la synagogue, il a eu cette sentence lumineuse : « Les peuples de la forêt apprennent le monde grâce à la Nature. La Nature des juifs se tient dans leurs livres. »

Toute religion considère, d’une certaine manière, que Dieu c’est la Nature, sauf qu’évidemment au contraire de Spinoza elles considèrent que Dieu a une « personnalité » à part et que c’est lui qui a donné l’existence à la Nature.

Les religions manient ici une savante ambiguïté, afin d’apparaître comme liées à la Nature, ou plutôt comme conforme à la Nature. Dans le cadre du judaïsme ou de l’Islam, manger cacher et halal respectivement est considéré par les adeptes de ces religions comme une sorte de véganisme authentique, d’alimentation bio authentique, c’est-à-dire étant moralement correct, bon pour la santé.

On sait également qu’avec la conférence de l’ONU à Paris en décembre, le pape va carrément sortir une encyclique, histoire de repeindre en vert l’Église.

Tout cela va exiger des débats et des discussions, et un sacré niveau parce qu’on ne peut pas réfuter les religions en disant simplement « bouh c’est le mal » comme le feront inévitablement les quelques antispés en mal de radicalité verbale. La question de fond, c’est la Nature, le rapport avec elle, c’est un enjeu de civilisation, cela demande du sérieux !

Etats-Unis: libération d’Eric McDavid

Eric McDavid a été libéré de prison au bout de neuf années. Il avait été piégé aux États-Unis par un agent provocateur du nom d’Anna qui avait infiltré à partir de 2004 le mouvement pour la libération de la Terre.

Pendant deux années, elle a fourni des manuels sur les explosifs ainsi que l’argent pour se procurer le matériel, aboutissant en 2006 à l’arrestation d’Eric McDavid, accusé d’avoir voulu attaquer un barrage et des installations de modification génétique des élevages de poisson.

Eric McDavid, qui est végan, a alors été condamné à 235 mois de prison et 36 mois de liberté surveillée, devenant la première personne condamnée officiellement aux États-Unis pour appartenance au Front de Libération de la Terre. Grâce à la mobilisation notamment du comité de soutien, il a été libéré au bout de neuf années.

Voici un communiqué au sujet de sa libération, d’un groupe local soutenant les prisonniers, la traduction a été produite par Contra-Info.

Chers ami-e-s et compagnon-ne-s

C’est le cœur chaud que nous écrivons pour vous faire parvenir des nouvelles incroyables. Le 8 janvier, la libération de prison d’Eric a été ordonnée. Cela fait presque exactement 9 ans qu’il avait été arrêté à Auburn, en Californie, le 13 janvier 2006.

La libération d’Eric a eu lieu du fait de la demande d’habeas que lui et son équipe de soutien légal ont remise en mai 2012.

Puisque le gouvernement a retenu d’importants documents pour la défense lors de son procès, le jugement original d’Eric a été invalidé, et il a plaidé coupable pour des charges mineures pouvant faire encourir des sentences de cinq ans au maximum.

Cela signifie qu’Eric a déjà passé en prison quatre ans de plus que ce qui aurait pu être requis pour la charge à laquelle il a plaidé coupable. Il a reçu des compensations pour le temps qu’il a fait en trop, et a été libéré.

La date de libérabilité d’Eric était – avant aujourd’hui – février 2023.

Nous tremblons d’excitation de savoir qu’Eric sera bientôt de retour parmi nous, là où est sa place. Mais rien ne change au fait qu’Eric et ses êtres chers se sont vu voler 9 ans par l’État. A l’époque, ce combat semblait presque impossible. Eric a enduré des grèves de la faim, l’isolement et la froideur des murs et des câbles de la prison.

Toutes ces choses étaient sensées le briser – mais l’État a totalement échoué dans cette tentative. Eric est resté ferme et fort. Eric a fait face aux charges qui pesaient contre lui il y a 9 ans parce qu’il savait que c’était la bonne chose à faire. Il a maintenu son intégrité toutes ces années, en restant vrai avec lui-même et avec les choses en lesquelles il croit.

Mais il n’a pas fait ça dans le vide. Merci à tous ceux et toutes celles qui lui ont démontré leur amour et leur soutien ces neuf dernières années. Cela a fait toute la différence.

A tous ceux et toutes celles qui ont écrit une lettre, envoyé des dessins de dragons ou des images de fées, ou joint des images de choses aussi simples qu’un peu d’herbe… vous avez donné à la vie d’Eric de la couleur, du feu et des connections ces 9 dernières années. Vous avez prouvé que la solidarité est notre meilleure arme.

Nous trépignons de fêter ça ! Mais nous devons aussi nous souvenir que le cas d’Eric n’est qu’un cas parmi de nombreux autres, et il n’est en aucun cas le plus conséquent.

Depuis le 11 Septembre, l’État a engagé des persécutions politiques contre des centaines de personnes dans ce pays – dont une majorité appartient aux communautés musulmanes – pour leurs affiliations politiques et religieuses. Et nos compagnon-ne-s continuent d’être pris-es pour cible et arrêtées pour oser rêver. Nous débordons de joie de savoir qu’Eric revient parmi nous. Mais nous savons également que nous ne devons pas nous arrêter avons que tous et toutes ne soient libres.

Eric a été libéré de la prison de Sacramento, mais sa lutte est loin d’être terminée. Il fait face à deux ans de liberté surveillée et sera sous leur surveillance tout ce temps. Sortir de prison est un voyage compliqué et difficile, mais c’est un voyage qui nous excite et que nous sommes prêt-e-s à commencer.

De nouveau, merci à vous tous et à vous toutes, et un grand cri pour les avocats d’Eric, Mark Vermeulen et Ben Rosenfeld, qui ont travaillé passionnément et sans repos sur son affaire pendant des années, pro bono.

Nous en redirons quelque chose dans les semaines à venir. D’ici là, fêtez ça !
Et comme dirait Eric… trouvez VOTRE joie !

Enormément d’amour à vous tou-te-s.

Jusqu’à ce que tou-te-s soient libres !

Sacramento prisoner support

« Le paysan ou la paysanne qui est en nous dort d’un sommeil profond »

Lorsqu’à un moment nous avons rejeté la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, on aurait pu penser que c’était sectaire, et que finalement pour une fois qu’il se passe quelque chose, autant participer et éventuellement changer les choses de l’intérieur.

Cela aurait été une profonde trahison de la libération animale et de celle de la Terre, puisque la ZAD a été le véritable détonateur pour tout un culte de la petite production, qui par définition même est en contradiction totale avec nos valeurs.

Impossible de vivre vegan en se fondant sur une production locale: il faut des produits qui viennent d’un peu partout; de la même manière pour défendre la planète, il faut une humanité unie sans quoi on ne voit pas la planète, mais que des nations, des peuples différents, etc.

Le nouveau site qu’est reperes paysans est, dans ce cadre, une horreur de plus. Il propose de remettre en avant le petit paysan, cette figure passée qui a heureusement disparu ou presque, avec son vin, son identité limitée au terroir, ses moeurs de rustres et ses valeurs de réac, bref ce coeur de la France profonde qui a joué un rôle si néfaste lors de la Commune de Paris ou bien de mai 1968.

Voici, proposé par le site, un extrait du PDF intitulé « Pourquoi devenir paysan ou paysanne? » fournissant toute une vision du monde incroyablement romantique d’un style de vie heureusement révolu.

Le paysan ou la paysanne qui est en nous dort d’un sommeil profond…

Plus d’un siècle d’industrialisation a fini par endormir la quasi-totalité de la paysannerie en France et dans la plupart des pays dit « riches ». Les sociétés paysannes, basées sur un ensemble très diversifié de savoir-faire « autonomisants », ne peuvent coexister longtemps avec un système industriel qui a pour but d’organiser et de standardiser autant les manières de produire que de vivre.

Après plus d’un siècle d’industrialisation, la quasi-totalité des sociétés paysannes ont perdu leurs outils, leurs langues, leurs semences, leurs terres, leurs eaux, leurs communautés.

La plupart d’entre nous diront que c’est tant mieux, car c’est grâce à cette mutation que nous avons énormément augmenté notre niveau de confort à tous points de vue. Mais alors pourquoi existe-t-il encore chez nous de nombreuses revendications dites « paysannes »?

Et pourquoi sommes-nous nombreux à vouloir rejeter le système industriel, notamment en ce qui concerne la fabrication de notre nourriture ? Pourquoi un syndicat d’agriculteurs tel que la Confédération paysanne défend-elle précisément l’agriculture paysanne, tout comme les fameuses AMAP?

Lorsque nous prenons conscience des graves dégâts que provoque le système industriel, nous cherchons des alternatives. Le mode de vie paysan étant un mode de vie préindustriel, il est donc par essence une source de propositions alternatives.

Ces « propositions paysannes » concernent par exemple la manière de produire une nourriture plus saine, locale, sans détruire notre environnement : agriculture vivrière, biologique, paysanne…

Ou des manières d’habiter accessibles à tous : auto construction, habitat collectif, petit habitat léger… Ou encore des propositions d’ordre politique, économique et sociale avec la création de diverses formes de « démocratie locale » : l’autogestion, les système d’échange locaux, la vie communautaire…

Ces propositions sont très proches de savoir-faire et savoir-vivre paysans. Il est important de le comprendre pour s’autoriser à mieux explorer les modes de vie paysans, immenses réservoirs d’organisations possibles à échelle humaine.

Réveiller le paysan qui dort en nous est une manière de résister à la société industrielle. Nous sommes donc nombreux à ressentir le besoin de sortir de la léthargie dans laquelle nous plonge le mode de vie de la société industrielle, et
à expérimenter des pistes paysannes. (…) Il existe une paysannerie qui précède l’industrialisation et qui a bien du mal à lui résister.

Mais il existe aussi une paysannerie qui se développe précisément pour échapper au monde industriel. Cette paysannerie est difficile à réveiller, mais une fois debout elle est très difficile à anesthésier.

Il n’y a pas à dire, quand on lit de telles lignes, on se dit que le pétainisme n’a jamais été déraciné de la France! Au lieu de chercher les grandes idées et d’avoir de l’ambition dans l’utopie, on a là un esprit étriqué qui rejette les problèmes au lieu de les assumer, et pour cela idéalise le passé.

Mais que ce soit faux n’est pas ce qui est le plus grave, ce qui est affreux c’est que cela désoriente des gens véritablement désireux de reconnaître la Nature. Ils cherchent alors dans le passé ce qui est dans le futur; au lieu de devenir aujourd’hui vegan, ils fantasment à être éleveur demain, en s’imaginant vivre conformément à un passé totalement idéalisé a alors qu’il était absolument odieux…

Irréligieux : article de l’Encyclopédie

Dans l’Encyclopédie de Diderot, on trouve un article très intéressant au mot « irreligieux ». Il est vraiment très bien et très utile pour se forger une opinion après les assassinats hier de nombreux dessinateurs et caricaturistes de Charlie Hebdo.

Diderot, qui était athée (mais feint d’être déiste dans l’article), souligne que ce qui compte c’est la vertu, c’est-à-dire le fait de bien se comporter, de se comporter moralement, la morale n’ayant pas de lien forcé avec la religion, loin de là !

Mais de la même manière il est habilement dit qu’on n’est irréligieux que dans la société dont on est membre, et qu’attaquer l’Islam en France, cela n’a aucun sens alors que c’est le catholicisme qui prédomine. Rejeter toutes les religions a donc un sens, mais il faut savoir mettre l’accent sur ce qui compte…

IRRELIGIEUX, adj. (Gram.) qui n’a point de religion, qui manque de respect pour les choses saintes, & qui n’admettant point de Dieu, regarde la piété & les autres vertus qui tiennent à leur existence & à leur culte, comme des mots vuides [vides] de sens.

On n’est irréligieux que dans la société dont on est membre ; il est certain qu’on ne fera à Paris aucun crime à un mahométan de son mépris pour la loi de Mahomet, ni à Constantinople aucun crime à un chrétien de l’oubli de son culte.

Il n’en est pas ainsi des principes moraux ; ils sont les mêmes partout. L’inobservance en est & en sera repréhensible dans tous lieux & dans tous les tems. Les peuples sont partagés en différens cultes, religieux ou irréligieux, selon l’endroit de la surface de la terre où ils se transportent ou qu’ils habitent ; la morale est la même partout. C’est la loi universelle que le doigt de dieu a gravée dans tous les coeurs.

C’est le précepte éternel de la sensibilité & des besoins communs.
Il ne faut donc pas confondre l’immoralité & l’irréligion. La moralité peut être sans la religion ; & la religion peut être, & est même souvent avec l’immoralité.

Sans étendre ses vûes au-delà de cette vie, il y a une foule de raisons qui peuvent démontrer à un homme, que pour être heureux dans ce monde, tout bien pesé, il n’y a rien de mieux à faire que d’être vertueux.

Il ne faut que du sens & de l’expérience, pour sentir qu’il n’y a aucun vice qui n’entraîne avec lui quelque portion de malheur, & aucune vertu qui ne soit accompagnée de quelque portion de bonheur ; qu’il est impossible que le méchant soit tout-à-fait heureux, & l’homme de bien tout-à-fait malheureux ; & que malgré l’intérêt & l’attrait du moment, il n’a pourtant qu’une conduite à tenir.

D’irréligion, on a fait le mot irréligieux, qui n’est pas encore fort usité dans son acception générale.

« Des Animaux de Compagnie aux Espèces Compagnes »

LTD a attiré 450 000 visiteurs uniques l’année dernière, mais a une ligne de conduite extrêmement claire : la cause avant tout. Il n’y aura pas de publicité sur LTD, ni de personnes se mettant en avant afin de profiter d’une quelconque aura permettant une éventuelle corruption, etc. Il s’agit d’être strict et inébranlable, et d’affirmer : pas de compromis dans la défense de notre mère la Terre !

Parmi les deux écueils qui menacent, il y a bien sûr les multiples délires « ultras » de gens se moquant des animaux mais les prenant en otage afin de former une idéologie soi-disant ultra radicale et libératrice, etc. Ce qui intéresse ces gens ce n’est surtout pas le contenu, mais seulement la forme.

Mais il y a aussi les universitaires qui ont un plan de carrière bien défini et tentent de transformer la question animale en discours incompréhensible et parfaitement imbriqué dans les institutions. On a ici des gens, le plus souvent non végans évidemment, qui prétendent arriver avec un discours sérieux et construit, alors qu’ils aident l’exploitation animale à se moderniser.

On a ainsi quelqu’un comme Enrique Utria qui prône un véganisme institutionnel (historiquement c’est l’option de l’association Droit des Animaux après avoir donc siphonné et gaspillé plein d’énergies militantes). On a aussi les sociologues Sébastien Mouret et Jérôme Michalon, qui organisent à partir du 12 janvier à Paris des séminaires pour aider à ce que la question animale soit uniquement analysée par les « élites » au moyen de discours incompréhensibles (et sans fondements), afin bien entendu de torpiller la libération animale.
Voici le programme du séminaire, qui vise surtout à ce qu’il y ait en France une section des « animal studies » dans l’esprit des « gender studies » aux Etats-Unis, afin de permettre à des bobos pseudos-progressistes de faire carrière en proposant des perspectives « radicales » totalement fictives.

Séminaire « Des Animaux de Compagnie aux Espèces Compagnes »

1. Responsables scientifiques

–   Sébastien Mouret (Sociologue, INRA, UMR Innovation, Montpellier SupAgro)
– Jérôme Michalon (Sociologue, Environnement, Ville, Sociétés (UMR 5600)/Centre Max Weber (UMR 5283)) Contacts : mouret_s@hotmail.com ; jerome.michalon@gmail.com
Entités organisatrices : Association « Imaginaires et Pratiques des Relations » AnthropoZoologiques » IPRAZ et le groupe de recherche Animal’s Lab. Partenaires : Fondation Adrienne & Pierre Sommer et l’Observatoire CNIEL des Habitudes Alimentaires.

2. Enjeux et objectifs du séminaire

Comment vivre ensemble entre humains et animaux ? La question de savoir comment changer nos rapports aux animaux de manière à ce que ceux-ci ne soient plus  seulement considérés comme de simples moyens mais aussi comme des fins, suscite un intérêt croissant tant de la part de la communauté scientifique, que du grand public.

Les réponses à cette question éthique et politique peuvent se formuler au travers d’un travail empirique d’exploration et de compréhension des relations que les humains entretiennent avec des animaux, afin de rendre compte de leur histoire, leur diversité et leur complexité. Si celles-ci sont marquées par la violence, l’indifférence, le mépris et l’abandon, elles sont aussi faites de plaisir, d’épanouissement, d’amour, de confiance, de respect et d’intelligence pour les humains comme pour les animaux. En ce sens, elles représentent donc une ressource pour penser les modalités d’un monde commun entre humains et animaux, et clarifier les conditions qui rendent possible ou empêchent son existence.

Longtemps appréciée pour son « exotisme », l’étude des relations entre humains et animaux fait aujourd’hui place à un intérêt sérieux et fécond de la part de sociologues. Leurs travaux se sont appuyés, entre autres, sur le renouvellement de la division ontologique classique personnes/objets par celle d’humains/non humains, initié par la sociologie pragmatiste. Ces recherches contribuent au développement, en France, d’un champ de recherches en sciences humaines et sociales encore balbutiant, à la différence de ce que les Anglo-saxons nomment Animal Studies, dont les recherches sont structurées sous la forme d’une communauté pluridisciplinaire où le souci éthique vis-à-vis de l’animal occupe une place centrale.

Il nous semble aujourd’hui nécessaire et important, d’une part, d’éclairer le peu d’intérêt porté par la sociologie à la présence d’animaux dans la vie sociale des humains et, d’autre part, de proposer de nouvelles distinctions théoriques et nouveaux outils conceptuels et méthodologiques permettant de saisir le sens et l’importance de la socialité entre humains et animaux. Sur ces deux points, la notion « d’animaux de compagnie » appelle une attention particulière.

Le séminaire aura un double objectif : (1) dresser un état des lieux des recherches sociologiques et historiques autour de l’animal de compagnie, mais également autour de la notion même d’animal de compagnie ; (2) déplier les perspectives que nous offrent différents travaux sur les relations entre humains et animaux pour mieux penser le terme de « compagnie », voire le redéfinir.
2.1  Qu’est ce qu’un « animal de compagnie » ?

Une partie de ce séminaire sera consacrée à la recension et à l’analyse des travaux ayant traité de « l’animal de compagnie » en sociologie et en anthropologie. Il s’agira de voir quels propos ont été tenus sur la relation de compagnie entre les humains et les animaux, mais aussi et surtout de préciser les contours qui ont été retenus par les chercheurs pour définir cette relation « de compagnie ». Quelles espèces animales ont été désignées sous le vocable « de compagnie » ? A quels groupes sociaux a-t-on associé la relation de compagnie ? La notion « animal de compagnie » en elle-même fera l’objet d’une généalogie : à partir de quelle période ce terme est-il utilisé ?

Par qui ? Dans quels espaces linguistiques ? Est-ce que les sens qu’il revêt dans différentes langues sont équivalents ? Il faudra donc prendre en compte l’instabilité de la notion au niveau diachronique et au niveau synchronique : par exemple, pourquoi l’ « animal de compagnie » est-il préféré à l’ « animal familier » ? Outre ce travail sur les catégories, il sera question d’évoquer les postures de recherche qui ont été mobilisés pour appréhender l’objet « animal de compagnie ». Si, de prime abord, les approches critiques et/ou normatives semblent avoir dominé le champ, notamment dans le monde francophone, nous nous attacherons à identifier d’autres perspectives, peut être plus compréhensives. D’autre part, les méthodologies mises en œuvre pour appréhender la relation de compagnie seront examinées.

Dans ce premier axe, on cherchera ainsi à examiner de manière rétrospective la relation de compagnie : qu’est-ce qui a fait que cette relation a été identifiée, délimitée et souvent désignée comme un problème, le symptôme d’une certaine décadence du monde occidental ? Mais l’approche sera également prospective dans la mesure où on tentera de proposer d’autres terminologies, permettant de rendre mieux compte de certains enjeux de la relation de compagnie, occultées par les perspectives critiques.

2.2 Au-delà de la compagnie : vers les « espèces compagnes » ?

Le second axe de ce séminaire part de la proposition formulée par Donna Haraway dans son Manifeste des espèces de compagnie quant à la manière d’appréhender les relations anthropozoologiques dans nos sociétés contemporaines, et de répondre aux enjeux ontologiques, éthiques et politiques qui les traversent : comprendre la genèse, la transformation, la complexité et la richesse de ces relations sous la figure – et la catégorie – d’« espèce de compagnie ».

Ce traité de biosocialité et de biopouvoir nous invite à voir et penser les relations entre humains et animaux, comme une longue histoire biosociale de relations de compagnonnage. Pour Haraway, il est possible de déceler du « compagnonnage », plus que de la « compagnie », dans presque toutes les relations à l’animal, à condition d’y prêter attention.

Toutefois, il ne s’agit pas dans ce séminaire, et par les communications qui y seront présentées, de proclamer l’adoption ipso facto de cette proposition issue de la philosophie, et d’envisager de suite, sans examen et discussion préalables, la mobilisation dans une réflexion sociologique. Au contraire, ce séminaire a pour visée principale d’apprécier la valeur heuristique de la figure « d’espèces compagnes », dans une réflexion prenant à la fois comme unité d’analyse les relations, ainsi que les êtres qui en sont les principaux objets, à savoir les animaux et les humains. Autrement dit, il s’agit ici de mettre en évidence la fécondité et la portée de cette proposition sur le plan de l’analyse sociologique, tout en soulignant les difficultés que soulèvent sa traduction et sa déclinaison dans ce champ disciplinaire, et les impasses auxquelles son usage peut conduire.

Pour démarrer cette discussion, et définir les principales orientations de ce séminaire, il nous semble que la notion « d’espèces compagnes » opère bien plus qu’un redécoupage, voire une refonte des catégories courantes qui sont mobilisées pour classifier les espèces animales présentes dans la vie sociale des humains : les animaux « sauvages », « d’élevage », « de compagnie », « d’expérimentation » etc. Les « espèces de compagnie » peuvent être vues comme des formes particulières « naturecultures », autrement dit d’intrication et d’entrelacs de la « nature » et de la « culture ».

Fondée sur un refus du partage entre les catégories de « nature » et de «  culture », « l’espèce de compagnie » désigne et regroupe à la fois de multiples modalités d’association entre humains et animaux, qu’il convient de clarifier à travers différentes dimensions d’analyse : la coévolution, la cohabitation et la socialité interspécifique. Ces trois dimensions appellent selon nous à une attention particulière, car elles permettent d’interroger la pensée sociologique sur ses rapports avec la biologie et l’éthologie ; sa réflexion sur la morale ; et ses façons de définir et de reconnaître un lien social véritable. En ce sens, elle permet de clarifier comment la sociologie peut saisir la présence d’espèces animales dans la vie sociale des humains, et donc s’ouvrir plus largement à la « question animale » et pour peser dans ce débat.
3. Programmation du séminaire 2015

Le séminaire se déroulera sous la forme de séances mensuelles au cours de l’année universitaire 2015. Au cours de chaque séance, les communications des intervenants seront mises en discussion. Le séminaire suit une approche pluridisciplinaire. La plupart des intervenants choisis développent des approches scientifiques des relations entre humains et animaux qui se situent à la frontière entre sciences sociales (sociologie, anthropologie, philosophie) et sciences de la vie (biologie, éthologie).

Programme
– 12 Janvier 2015 : Introduction à la catégorie « animal de compagnie »
Intervenants : J.P. Digard (Anthropologue / CNRS) et J. Porcher (Sociologue / INRA)
14 h – 17 h Lieu : Salle Chopin/Debussy – CNIEL – 42 rue de Châteaudun 75314 Paris.

– 27 Février 2015 : Accompagner les humains : un travail de soin des animaux
Intervenants : J. Michalon (Sociologue / Centre Max Weber) et C. Mondémé (Linguiste / GEMASS)
14 h – 17 h Lieu : AgroParisTech, 16 rue Claude Bernard – Paris

– 13 Mars 2015 : L’animal de travail : un animal de compagnie ?
Intervenants : E. Baratay (Historien / Université de Lyon) et N. Lainé (Anthropologue / LESC)
14 h – 17 h Lieu : Salle Chopin/Debussy – CNIEL – 42 rue de Châteaudun 75314 Paris.

– 10 Avril 2015 : L’animal de compagnie : entre nature et culture
Intervenants : D. Guillo (Sociologue / CNRS) et M. Kreutzer (Éthologue / Université Paris 10)
14 h – 17 h Paris. Le lieu sera précisé ultérieurement

– 22 Mai 2015 : Soins vétérinaires et « pathologies » de la compagnie
Intervenants : P. Fritsch (Sociologue) et T. Bedossa (Vétérinaire)
14 h – 17 h Paris. Le lieu sera précisé ultérieurement.

– 19 Juin 2015 : L’agression et compagnie : une antinomie ?
Intervenants : S. Mouret (Sociologue / INRA) et Christophe Blanchard (Sociologue/Université Paris XIII) 14 h – 17 h.
Paris. Le lieu sera précisé ultérieurement.

François Hollande : « je dis il y a urgence »

Voici de nouveau un article du site ayant ouvert pour informer de manière (critique) sur la conférence sur le climat de Paris en décembre 2015, parce qu’il serait dommage de ne pas informer sur la continuité de la projection de poudre aux yeux qui est en train d’être faite (avec la complicité de Duflot et d’EELV comme on l’a vu hier).

François Hollande a déclaré ce matin, sur France Inter, vouloir instaurer d’ici 2017 une taxe sur les transactions financières européennes qui « devrait être mise au service du climat, de la lutte contre le réchauffement climatique » afin notamment de financer le « fond vert » qui a été fixé à 100 milliards de dollars pour 2020 lors de la dernière Conférence sur le climat, à Lima.

Une telle déclaration est d’autant plus étonnante qu’en décembre dernier s’est tenue une réunion des ministres des finances des 11 pays qui devaient s’entendre sur les bases d’une telle taxe (appelée taxe Tobin). Or, c’est le ministre français Michel Sapin qui a bloqué le processus en ne proposant qu’un accord a minima.

Il ne fait pas de doute que la Conférence Paris Climat 2015 en fin d’année est une date clef pour François Hollande qui décide donc de prendre un virage « écologique ». Notons que cela ne l’empêche d’ailleurs pas, dans la même matinée, de confirmer qu’une fois tous les recours en justice épuisés, le chantier de l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes sera bel et bien lancé.

Voici la totalité des déclarations de François Hollande, au micro de France Inter, à propos du climat et de la Conférence Paris Climat 2015.

« Qu’est ce qu’on va faire de cette taxe [sur les transactions financières européennes, NDLR] ? C’est pas simplement pour récolter de l’argent. Moi je pense que cette taxe devrait être mise au service du climat, de la lutte contre le réchauffement climatique.

Vous savez que beaucoup de pays émergents ne sont prêt à signer un accord sur le climat parce qu’ils disent « nous on a pas les moyens d’investir pour notre transitions énergétique ». Il faut trouver 100 milliards de dollars sur un fond vert. Et bien une partie de la taxe, peut être même la totalité de la taxe sur les transactions financières devrait être mise au service de ce fond vert.

Selon quels critères la conférence sur le Climat de Paris 2015 sera un succès ?

Trois critères :
1- Est-ce qu’il y aura un accord général, contraignant, pays par pays, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ? Contraignant c’est à dire avec surveillance et évaluation, et notamment pour les plus grands pays émetteurs (Chine, États-Unis, mais aussi pour d’autres).

2- Est-ce qu’on peut dégager ces 100 milliards de dollars pour le fond vert pour soutenir les investissements, les reconversions, les innovations, dans les pays émergents ?

3- Est-ce qu’on est capable de dégager des financements innovants ? Tout à l’heure on parlait de la taxe sur les transactions financières, est-ce qu’on est capable d’imaginer de nouvelles contributions, et notamment le prix du carbone qui pourrait justement permettre à tous les acteurs économiques de savoir que les ressources fossiles sont un prélèvement sur la planète.

Si ces trois critères sont réunis je pourrais dire « nous avons réussi ».

Et je pense que pour la France, ce n’est pas seulement un enjeu franco-français « est-ce que l’on va réussir ». C’est : est-ce que les devoirs de l’humanité, les devoirs qui sont les nôtres, vont pouvoir être fixés dans un texte contraignant pour les années qui viennent ?

On dit « est-ce que François n’est pas devenu écologiste comme ça, par circonstance ? ». Moi, depuis que je suis responsable, toutes les informations qui me sont données, toutes, tous les experts, c’est alarmant. Nous avons vécu les trois années les plus chaudes de notre siècle. À Paris il a gelé deux nuits en 2014, généralement c’était 25. Le niveau de la mer ne cesse de monter, des îles vont disparaître, la calotte polaire est en train de fondre.

Je ne suis pas là pour faire du catastrophisme, je dis il y a urgence.

La conférence sur le climat c’est à Paris et c’est une responsabilité énorme pour la France et on va réussir. Et pour la France c’est aussi un bel enjeu, être capable de montrer que c’est à Paris, une fois encore, que les droits humains vont être prononcés. »

La « lettre ouverte » de Cécile Duflot

Cécile Duflot, c’est l’écologie en mode carriérisme bobo – difficile d’avoir un plus grand symbole que lors de la conférence de Copenhague sur le changement climatique: elle y était parti en train devant les médias, pour revenir en avion dès le lendemain en France pour passer à la télé.

Rien d’étonnant par conséquent à ce que son petit « manifeste » publié dans le Journal du Dimanche hier soit d’une nature très opportuniste. Tous les commentateurs politiques savent très bien qu’elle est très proche de François Hollande.

La stratégie en cours c’est de faire en sorte que Duflot et EELV aient l’air d’une opposition radicale, afin de siphonner à gauche, pour prôner comme par hasard le rassemblement dès le premier tour aux présidentielles de 2017, au nom de l’absence de proportionnelles aux élections parlementaires obligeant EELV à s’allier au Parti Socialiste…

De la magouille, de la tambouille, pour rien d’écologiste. Rien sur la Nature, rien sur les animaux, juste de la « transition écologiste »…

Le Parti Socialiste, par l’intermédiaire de la porte-parole Juliette Méadel, a bien sûr répondu, car tout est dans le savoir-faire politique de la construction d’une fausse opposition… qui s’empressera, devant « l’urgence », d’être « constructive » comme il se doit…

Chère Cécile Duflot,

Je vous adresse mes meilleurs vœux pour 2015, individuellement et collectivement, mais aussi et surtout pour Europe Écologie Les Verts, le mouvement auquel vous appartenez.

Ce qu’il peut vous arriver de meilleur ? Mettre EELV au service de la France c’est-à-dire faire de la COP 21 le plus grand succès pour accélérer la transition énergétique en Europe et dans le monde. Ensemble avec EELV, unis, nous serons plus forts pour faire réussir la France.

Vous proposez de « mettre en échec la loi Macron », « de refuser ce qu’elle propose », je vous dis : agissez, construisez. Vous avez été associée à l’essentiel de l’action menée par François Hollande et sur un sujet qui est au cœur des préoccupations des Français : le logement. Le transport par car permettra justement à ceux qui vivent loin de leurs lieux de travail, faute de logements adaptés à leurs besoins, de s’y rendre plus facilement. Ce n’est pas l’idéal, mais c’est une mesure transitoire qui aidera bien des familles.

Ce projet de loi, qui n’est pas encore une loi, a pour ambition de déverrouiller l’activité économique et de libérer les énergies sans rien enlever à personne, à l’exception des notaires. C’est même une loi qui donne plus de droits à ceux qui travaillent le dimanche : ils seront mieux rémunérés qu’ils ne le sont actuellement.

Le projet de loi n’a pas été examiné au parlement, votre énergie et vos idées sont les bienvenues pour le faire progresser. A quoi cela vous servira de « mettre en échec et de refuser » ? Contribuez plutôt avec le groupe socialiste, à améliorer le texte, en l’amendant, en débattant sur le fond, en proposant plutôt qu’en détruisant… Cela sera plus constructif.
Bonne année 2015.

Tout cela est d’une profonde laideur. C’est un jeu politique sans aucun contenu, c’est du pur placement opportuniste en vue de la conférence sur le climat de décembre, où Hollande se posera en « réaliste » et Duflot en « aiguillon ». Tout cela aux dépens de la planète qui attend des changements complets, qui ne tolère plus l’anthropocentrisme, la destruction de la vie sauvage, la mise en esclavage de la vie animale !

Vers la conférence sur le climat de Paris…

Un site a ouvert pour informer au sujet de la conférence sur le climat à Paris en décembre 2015.

En voici l’éditorial et le bilan proposé de la dernière conférence de l’ONU, articles donnant le ton du site.

Édito du 1er janvier 2015

Encore une année de passée. Une année où le réchauffement climatique a non seulement pu être observé scientifiquement avec notamment le 5ème rapport du GIEC mais aussi avec les mesures d’une température annuelle moyenne planétaire record depuis le début des relevés de température en 1880.

Mais les conséquences du réchauffement on aussi pu être directement observées, évidemment dans la zone Arctique, qui est en première ligne, mais aussi plus proche de nous avec les graves intempéries qui ont touché le sud est de la France, directement liées aux hautes températures de l’année.

Le reste du monde n’a pas été épargné, comme l’est de l’Asie qui a été touché par de très nombreux et violents typhons jusque tard dans l’année.

Les effets du réchauffement climatique se font chaque année de plus en plus virulents, soulignant l’état d’urgence de la situation planétaire, pour les humains, pour les animaux, pour l’environnement.

Malheureusement 2014 n’aura toujours pas été l’année d’un vaste accord coopératif international pour prendre, enfin, les choses en main. La Conférence de Lima a même été un échec.

Difficile donc d’être optimiste en vue de la conférence Paris Climat 2015 qui aura lieu en décembre prochain. Pourtant il n’est plus possible de passer encore une année dans l’inaction, à repousser les échéances, à trouver l’accord minimum qui n’engage à rien. Il faut que les choses changent, pas demain, pas en 2020, mais maintenant !

Voici le bilan de la dernière conférence de l’ONU:

Bilan de la Conférence de Lima / COP20

L’objectif annoncé de la Conférence de Lima (COP20) qui s’est tenue en décembre dernier était de préparer la conférence de Paris 2015 censée elle déboucher sur un accord international visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre afin de ne pas dépasser un réchauffement planétaire de plus de 2°C d’ici 2100.

Il fallait ainsi absolument aboutir à un texte commun. Ce fut chose faite, comme souvent en jouant les prolongations (la conférence s’est conclu le 14 décembre au lieu du 12 initialement prévue), avec un accord a minima.

Beaucoup d’officiels se sont félicités de ce résultat.
Il est pourtant difficile de se réjouir d’un texte qui n’est là que pour sauver les apparences et repousser l’échéance à l’année prochaine.

La situation du changement climatique, de la planète, est bien trop urgente pour se réjouir d’un accord minimum.
Car tout ce qui en est ressorti est un engagement de tous les pays à transmettre courant 2015 (à une date qui a été repoussée à plusieurs reprises) leurs contributions (c’est à dire leurs intentions pour agir pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre) au secrétariat de la Convention.

On est loin des prétentions que beaucoup affichaient à l’ouverture de la conférence, début décembre.

Une avancée importante est censée être le « fond vert » qui doit passer à 100 milliards de dollars par an à partir de 2020. Sauf que comme pour le reste aucune précision n’a été donnée. D’où viendra cet argent ? Les canaux de financement reste un mystère.

De la même manière alors qu’à la base un « papier technique » devait analyser les différentes contributions afin de donner un avis sur leurs effets combinés, ce papier a été remplacé par un « rapport de synthèse » qui ne donnera pas de recommandations.

Et quand bien même on pourrait espérer qu’il en sera tenu compte, il sera rendu le 1 novembre 2015, une date bien tardif pour tirer les conséquences et améliorer conjointement les propositions.

Cela est assez révélateur de l’état d’esprit, bien loin d’un grand élan mondial pour lutter contre le réchauffement. Le minimum est fait, pour faire illusion, tant que c’est encore plus ou moins possible.

Puisque la conférence de Lima devait préparer la conférence de Paris il y a donc toute les raisons d’être pessimiste. Si la direction prise reste la même l’accord qui verra le jour sera un accord où chaque pays fera comme il le souhaite, sans réelle concertation ni coopération avec les autres et sans contrainte de tenir les objectifs fixés.

L’environnement et les animaux continuent, malgré les sonnettes d’alarmes tirées aussi bien par de nombreux scientifiques que par la planète elle-même, à passer après les intérêts des grands groupes économiques nationaux bloquant (ou au mieux limitant) toute coopération et action concrète et tangible au niveau mondial.

Il est plus que temps que cela change.

Hulot, Hollande, le pape et la conférence de Paris de 2015

La conférence sur le changement climatique qui aura lieu à Paris en décembre promet d’être un fiasco complet. Pour autant, François Hollande a donné une consigne interne très claire : il faut faire en sorte que la France en sorte avec une bonne image, celle du pays modéré qui veut aller de l’avant (c’est d’ailleurs un style diplomatique français traditionnel, comme c’est le cas avec la Palestine, la guerre en Irak, l’Afghanistan, etc.).

Adepte par conséquent de la fuite en avant, on a pu voir une entrée en la matière en deux temps. Tout d’abord, lors de ses vœux, François Hollande a souligné l’importance de la conférence (histoire qu’on ne lui reproche rien a posteriori sur ce plan) :

« 2015, mes chers compatriotes, ce sera une année essentielle aussi et j’allais dire avant tout pour la planète.

La France va accueillir la conférence sur le climat en décembre prochain. Elle rassemblera tous les chefs d’Etat et de gouvernement du monde entier.

C’est une magnifique opportunité pour nous rassembler d’abord nous-mêmes au-delà de nos différences, pour mettre en commun ce que nous avons de meilleur, pour redonner du sens au progrès. La France, elle doit être exemplaire – elle l’est – avec la loi sur la transition énergétique qui a déjà été votée par l’Assemblée nationale, avec la loi sur la biodiversité.

La France, elle a été capable il y a maintenant 70 ans, de réunir une grande conférence pour les droits universels de l’homme. Maintenant, nous devons entraîner le monde pour qu’il puisse adopter à son tour une déclaration pour les droits de l’humanité pour préserver la planète.

Et je ferai tout pour qu’à Paris, en 2015, la conférence soit un succès, parce que je veux que lorsque nos enfants nous interrogeront ou nos petits-enfants, sur ce que nous avons été capables de faire en 2015, nous puissions être fiers et leur dire que nous avons contribué à préserver la planète toute entière. »

La seconde étape fut hier « l’entretien avec Nicolas Hulot, envoyé spécial pour la protection de la planète », dont on n’a rien appris d’officiel à part deux photos.

Même le facebook officiel de Nicolas Hulot (« géré par son équipe ») ne dit rien. Les articles de ce facebook ont été arrêtés juste avant Noël, comme d’ailleurs son Tumblr officiel, où par contre il y a les photos de lui au Vatican, puisqu’il est allé négocier l’intervention du pape à Paris.

Comme cela tout le monde serait content : le pape continuerait d’avoir sa bonne image de brave gars qui veut changer les choses (mais les gens sont méchants seul Dieu est bon etc.), François Hollande aurait une conférence « réussie », etc.

Voici ce que dit là-dessus Nicolas Hulot sur son tumblr :

Entretien avec le Cardinal Parolin, Secrétaire d’État du Vatican

C’est avec le Cardinal Parolin qu’a été évoquée la question du déplacement du Pape en France, et la nécessité, s’il vient en 2015, que le Saint Père s’exprime fortement sur la question du Climat.

Très au fait de l’avancée des négociations climatiques, le Cardinal a formulé le souhait que les Chefs d’État et de Gouvernement parviennent à un accord ambitieux et rappelé que la publication de l’Encyclique sur l’Écologie sera un moment important de l’année 2015.

«Nous sommes convaincus de l’importance du sujet et nous partageons votre préoccupation. Au fond, c’est une question spirituelle et éthique que nous avons tenté d’écarter mais elle revient » a-t-il conclu.

Ce n’est pas tout ! Il y a une « encyclique » sur l’écologie qui est prévue et qui ne devrait pas tarder à sortir. Il va de soi que nous étudierons cela en détail. On l’aura compris en tout cas , c’est une offensive tout azimut afin de renouveler l’Église catholique et de la rendre plus « dans son temps ».

Voici un exemple de ce à quoi il faut s’attendre, avec cette information officielle du Vatican, datant d’il y a un mois :

Cité du Vatican, 11 décembre 2014 (VIS).

Le Saint-Père a adressé un message au Ministre péruvien de l’environnement, qui préside à Lima la XX Conférence des Nations-Unies sur le climat (1 – 12 décembre), dans lequel il encourage les participants dans leurs débats sur un sujet « qui a une incidence sur l’humanité entière, et tout particulièrement sur les pauvres et les jeunes.

Il s’agit d’une grande responsabilité, également morale… Les changements climatiques font sentir leurs effets dans de nombreux pays, surtout côtiers et insulaires du Pacifique. Ceux-ci soulignent l’incurie et l’inaction alors que les délais se réduisent pour trouver des solutions. Or ces solutions ne peuvent se trouver qu’ensemble et dans la concorde…

Une lutte efficace contre le réchauffement ne peut être conduite que collectivement, après avoir surmonté les intérêts particuliers et écarté le poids des pressions politiques et économiques…

Il faut donc en passer par une culture de la solidarité et du dialogue, qui soit en mesure de prouver l’absolue nécessité de protéger la planète et l’humanité ». Les travaux de cette conférence doivent « se fonder sur la justice, l’équité et le respect ».

Un simple tweet (officiel, du pape) résume peut-être tout aussi bien:

Nicolas Hulot, dans une rapide interview donnée dans la rue à côté de l’Elysée, expliquait dans le même ordre d’idées qu’il en allait de la survie de l’humanité. Avec un tel anthropocentrisme, cette conférence a déjà une très mauvaise base…