Editorial du Monde: « Cannabis : pour la légalisation »

Il n’y a pas que les fachos à l’assaut : les bobos aussi. On l’a vu tout récemment avec l’appel à défendre la « GPA » il y a quelques jours, voici maintenant pas moins que l’éditorial du quotidien Le Monde qui hier appelait à la légalisation du cannabis.

Les raisons ? Pour résumer : la répression ne marche pas alors que la vente du cannabis comme marchandise peut rapporter beaucoup d’argent. Des raisons pragmatiques, qui puisent dans l’ultra-libéralisme.

Au lieu de démystifier le cannabis, d’en exposer la nature comme paradis artificiel, d’en montrer les effets négatifs, les bobos tentent ici de contribuer au relativisme ambiant où la vie naturelle est dévalorisée, où tout devient possiblement une marchandise…

Cannabis : pour la légalisation
LE MONDE |

Editorial du Monde. Faut-il dépénaliser la consommation de cannabis, voire la légaliser ? Deux rapports très solides viennent de reposer la question : celui du Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques, consacré à la lutte contre l’usage de substances illicites, déposé à l’Assemblée nationale le 20 novembre, et une étude réalisée par le think tank Terra Nova, dont nous publions aujourd’hui les conclusions.

Ce débat a le don de tétaniser les responsables politiques : quiconque s’avise de remarquer que la prohibition en vigueur n’a pas empêché la banalisation de la consommation de cannabis en France est immédiatement voué aux gémonies et accusé de grave irresponsabilité, notamment à l’égard de la jeunesse. Le dernier à en avoir fait l’expérience, à ses dépens, est l’ancien ministre de l’éducation nationale, Vincent Peillon, en 2012.

La question est pourtant tout sauf anecdotique. La France est, en effet, l’un des pays développés qui disposent de la législation la plus sévère contre le trafic et l’usage de stupéfiants. Depuis la loi de 1970, la consommation de cannabis est un délit pénal, passible d’une peine d’un an d’emprisonnement et de 3 750 euros d’amende.

Cette politique répressive est justifiée par des impératifs de santé publique : la consommation précoce et, plus encore, régulière de cannabis est dangereuse, tout particulièrement pour les jeunes ; selon toutes les études scientifiques récentes, elle provoque un ralentissement du développement intellectuel et accentue les risques de troubles psychiques.

Une politique inefficace

Pourtant, malgré son arsenal législatif, la France est (avec le Danemark) le pays européen où l’usage du cannabis est le plus répandu. Un Français sur trois en a fait l’expérience – un collégien sur dix et deux lycéens sur cinq –, tandis que 550 000 personnes en consomment quotidiennement. Bref, la politique répressive en vigueur est inefficace.

En outre, elle est coûteuse, car elle mobilise une part significative de l’activité de la police (interpellations et gardes à vue) et de la justice, pour une dépense publique évaluée à 500 millions d’euros par an. Enfin, la prohibition a favorisé le développement d’un marché clandestin de type mafieux.

Comment sortir de l’impasse ? Plusieurs pays qui, comme la France, avaient déclaré la « guerre à la drogue » ont assoupli leur législation, ou y réfléchissent. Soit en dépénalisant la consommation et la détention de petites quantités de cannabis (Pays-Bas, Espagne, Portugal, République tchèque, une vingtaine d’Etats des Etats-Unis), soit même en organisant, et en contrôlant, de véritables filières de production et de distribution de cannabis (dans l’Etat de Washington ou au Colorado, par exemple). La Commission mondiale sur les drogues de l’ONU elle-même travaille sur le sujet et a souligné l’intérêt d’une légalisation contrôlée.

De fait, si la dépénalisation permet une répression mieux calibrée et plus applicable, elle présente le risque d’encourager la consommation et n’élimine pas le marché noir. En revanche, à l’instar de ce qui existe pour le tabac, une légalisation contrôlée par la puissance publique pourrait permettre de contrôler les prix – donc une bonne part de la consommation –, de mettre en place une vraie politique de prévention, d’assécher l’essentiel du marché clandestin, enfin, par effet ricochet, de générer des recettes fiscales.

Au-delà des postures mécaniques et des anathèmes moralisateurs, le sujet mérite un débat public : la légalisation du cannabis doit désormais être envisagée en France.

Voici le tableau servant de « justificatif », suivant les indications du « think tank », libéral et lié au Parti Socialiste, appelé « Terra Nova »:

« Sinceridade… Honestidade… CONVICÇÃO!!! »

Voici les paroles de 2 chansons du groupe « Children of Gaia » (« Enfants de Gaïa »), un groupe de musique brésilien des années 2000.

Vidas Inocentes Entregues à servidão
Manipuladas por almas sanguinárias
Fazem da vida o ciclo da morte
Nuvens negras dspejam ódio sobre a terra
Des vies innocentes livrées à la servitude
Manipulées par des âmes sanguinaires
Faisant de la vie le cycle de la mort
Des nuages noirs versent la haine sur la terre

Flores derramam pétalas ressecadas
O sangue brota, oceanos definham
Des fleurs déversent des pétales desséchées
Le sang coule, les océans déclinent

De olhos abertos
O egocentrismo perpetua entre nós
Foi quebrada
Les yeux ouverts
L’égocentrisme perpétué entre nous
A été brisé

Segue agora o caminho da destruição
Foi quebrada a corrente da vida
O Império do mal lança suas garras contra nós
Criação contra o criador
Maintenant le chemin de la destruction
A été brisé par le courant de la vie
L’empire du mal lance ses griffes contre nous
Création contre le créateur

Surge o momento da revanche
A esperança une nossas mãos
Pérfidos plocramarão piedade a Gaia
Gaia
Traída por seus próprios filhos
Vient le moment de la vengeance
Une espérance rejoint nos mains
Les perfides implorent pitié à Gaïa
Gaïa
Trahi par ses propres fils

Convicção – Conviction

Rejeitando seus venenos
Caminho de cabeça erguida
Sem propagar esta idéia
de autodestruição.
Rejetant leurs poisons
Chemin de la tête haute
Sans propager cette idée
de l’auto-destruction.

Sóbrio torno-me mais consciente
Consciente, torno-me mais forte
Para poder lutar contra
corporações que manipulam o vício de forma lucrativa.
Sobre je suis plus conscient
Conscient je deviens plus fort
Pour pouvoir lutter contre
les grandes entreprises qui manipulent le vice de manière lucrative

Sinceridade… Honestidade… CONVICÇÃO!!!
STRAIGHT EDGE
STRAIGHT EDGE
Sincérité… Honnêteté… CONVICTION !!!
STRAIGHT EDGE
STRAIGHT EDGE

Minha convicção nasce como chave de esperança
Sem medo nem comoções
Rejeite a idéia imposta de conformismo
Aqui nos revelamos guerreiros em um inferno social
Onde a alienação acaba roubando sua liberdade
Ma conviction est née comme clef de l’espoir
Sans peur ou troubles
Rejeter l’idée de conformité imposée
Ici, nous nous révélons guerriers dans un enfer social
Lorsque l’aliénation vient de voler sa liberté

170 personnalités oeuvrent à la reconnaissance de la GPA

Révoltant: il n’y a pas d’autres mots. Voici que 170 personnalités prennent partie en faveur de la reconnaissance de la « filiation » des enfants issus de la Grossesse par autrui, la « GPA », c’est-à-dire de « mères porteuses ».

Elles sont, bien entendu, issues du milieu « bourgeois de gauche » ou franchement bobo, qui célèbrent le décadentisme et le libéralisme « cultivé ». C’est une sainte alliance de gens du milieu du théâtre et de la télévision, de députés et de sénateurs, d’universitaires, assumant une idéologie ayant l’air de gauche mais qui n’est rien d’autre que l’apologie de l’ultra-libéralisme au nom de l’égalité des individus dans la négation de toute morale!

Au nom de la modernité libérale, ces gens participent à la négation de la Nature, et ils aident les fachos qui peuvent après se poser en défenseurs de la morale!

La France doit appliquer sans tarder les décisions de la Cour européenne des droits de l’homme. Nous vivons dans un Etat de droit où l’on ne marchande pas les décisions de justice ni les droits fondamentaux.

Qu’elles soient opposées à toute légalisation de la gestation pour autrui (GPA), comme Roselyne Bachelot, ou favorables à une GPA éthique, comme Elisabeth Badinter, 17O personnalités appellent à dépasser le climat de haine et de passions qui sévit depuis deux ans sur ce sujet. Le Conseil d’Etat vient de reconnaître le droit des enfants nés de GPA à la nationalité française, mais la question de la reconnaissance de leur filiation reste entière. Rassemblés pour la première fois par-delà leurs divergences, les signataires appellent à respecter l’essentiel : l’intérêt supérieur de l’enfant.

Le 26 juin, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné la France pour avoir porté atteinte à l’identité de trois enfants, en refusant de reconnaître dans notre droit leur état civil valablement établi à l’étranger. Les trois filles concernées par ces deux décisions font partie des milliers d’enfants qui naissent chaque année par GPA (gestation pour autrui) dans le monde, dont environ 200 de familles françaises. Dans leur pays de naissance, les Etats-Unis, elles disposent d’un acte de naissance où figure le nom de leurs deux parents français, conformément à la loi locale. Mais en France, toute reconnaissance de leur filiation a été refusée, au motif de l’interdiction de la GPA sur le territoire national. Ce refus pose d’immenses problèmes dans toutes les démarches administratives (carte d’identité, école, prestations sociales) et si rien n’est fait, cette situation risque d’empirer, par exemple si leurs parents se séparent ou s’ils décèdent.

Pour ces raisons, les deux familles se sont battues pendant plus de dix ans en justice pour leurs enfants jusqu’à obtenir ces décisions de la plus haute juridiction garante des droits fondamentaux, décisions qui, il faut le souligner, ne remettent pas en cause la souveraineté de chaque Etat à interdire ou non la GPA.

Deux mois après l’entrée en vigueur des décisions de la CEDH et cinq mois après leur publication, la violation des droits fondamentaux des enfants persiste et s’amplifie : ces derniers n’arrivent toujours pas à obtenir la transcription de leur acte de naissance, ni le droit de figurer sur le livret de famille de leurs parents. Selon les associations, 2 000 enfants seraient dans le même cas en France.

Cette situation est insupportable, elle doit cesser. Les décisions de la Cour européenne des droits de l’homme s’imposent dans les 47 pays membres du Conseil de l’Europe et signataires de la convention européenne des droits de l’homme. L’application du droit n’est pas à géométrie variable. Le respect de l’intérêt supérieur de l’enfant ne doit pas être subordonné aux postures politiciennes ou idéologiques.

La responsabilité républicaine est d’appliquer les décisions de la Cour européenne parce que nous vivons dans un Etat de droit où l’on ne marchande pas les décisions de justice ni les droits fondamentaux. La peur irraisonnée d’une vague de naissances par GPA qui résulterait du respect des droits de ces enfants est infondée : les pays qui ont suivi les premiers cette voie, comme l’Autriche ou la Hollande, n’ont pas vu une explosion des cas.

Voulons-nous continuer à faire de ces enfants des «sous-enfants» sans droits ? Voulons-nous accorder aux enfants des droits qui varient selon leur mode de conception ? Voulons-nous les rendre coupables en les distinguant à vie des autres enfants parce qu’ils sont simplement nés autrement ? Cette situation nous replonge immanquablement dans une autre époque : celle des enfants naturels ou des enfants de divorcés. Ces discriminations d’un autre temps doivent cesser et nous demandons au président de la République et au gouvernement de s’engager à faire respecter le droit en ce moment symbolique du 25e anniversaire de la convention de New York relative aux droits de l’enfant.

Quelles que soient nos opinions envers la GPA, que nous soyons favorables à sa légalisation ou non, nous voulons que ces enfants obtiennent enfin la transcription de leur acte de naissance sur les registres de l’état civil en France et cessent ainsi d’être discriminés et traités en petits fantômes de la République.

Nous demandons instamment que toutes les mesures nécessaires soient prises pour que les droits de ces enfants soient enfin respectés et que les décisions de la CEDH soient appliquées.
Signataires :

Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre ; Roselyne Bachelot, ancienne ministre ; Anne Hidalgo, maire de Paris ; Jean-Paul Huchon, président du conseil régional d’Ile-de-France ; Geneviève Fraisse, philosophe, ancienne déléguée interministérielle aux droits des femmes ; Dominique Versini, ancienne défenseure des enfants ; Michèle André, sénatrice du Puy-de-Dôme ; Esther Benbassa, sénatrice du Val-de-Marne ; Luc Carvounas, sénateur du Val-de-Marne ; Alain Milon, sénateur du Vaucluse; Christian Assaf, député de l’Hérault ; Erwann Binet, député de l’Isère ; Patrick Bloche, député de Paris ; Colette Capdevielle, députée des Pyrénées-Atlantiques ; Marie-Anne Chapdelaine, députée d’Ille-et-Vilaine ; Sergio Coronado, député des Français établis hors de France ; Pascale Crozon, députée du Rhône ; Olivier Dussopt, député de l’Ardèche ; Elisabeth Pochon, députée de Seine-Saint-Denis ; Christine Revault d’Allonnes, députée européenne ; Serge Blisko, député honoraire ; Jean-Yves de Chaisemartin, maire de Paimpol ; Rémi Féraud, maire de Paris Xe ; Christophe Girard, maire de Paris IVe ; Bruno Julliard, premier adjoint à la maire de Paris ; Caroline Mécary, avocate et conseillère de Paris ; Christine Frey, conseillère régionale d’Ile-de-France ; Jean-Luc Romero, conseiller régional d’Ile-de-France ; Marc Mancel, secrétaire national du PS à la santé, la famille et la petite enfance ; conseiller régional d’Ile-de-France ; Marie-Pierre de la Gontrie, secrétaire nationale du PS à la Justice et aux libertés ;

Elisabeth Badinter, philosophe et historienne ; Philippe Besson, écrivain ; Geneviève Brisac, écrivain ; Pascal Bruckner, écrivain ; Annie Ernaux, écrivain ; Ladislas Chollat, metteur en scène ; Olivier Ciappa, photographe ; Stéphane Facco, metteur en scène ; Clément Hervieu-Léger, pensionnaire de la Comédie française ; Nathalie Kuperman, écrivaine ; Brigitte Lefèvre, ancienne directrice de la danse de l’Opéra de Paris ; Dominique Noguez, écrivain ; Véronique Olmi, romancière ; Daniel San Pedro, metteur en scène ; Marianne Théry, éditrice ; Daniel Auteuil, comédien ; Aurore Auteuil, comédienne ; Djamel Bensalah, cinéaste ; Shirley Bousquet, comédienne ; Yannick Debain, comédien ; Thierry Frémont, comédien ; Hélène de Fougerolles, comédienne ; Isabelle Gélinas, comédienne ; Sara Giraudeau, comédienne ; Rebecca Hampton, comédienne ; Christophe Honoré, cinéaste ; Sam Karmann, comédien et réalisateur ; Axelle Laffont, comédienne ; Jalil Lespert, comédien et réalisateur ; Elodie Navarre, comédienne ; Natacha Régnier, comédienne ; Sonia Rolland, comédienne et réalisatrice ; Bruno Solo, comédien ; Alice Taglioni, comédienne ; Marc Lavoine, chanteur et comédien ;

Fabienne Servan-Schreiber, productrice ; Melissa Theuriau, journaliste et productrice ; Michèle Fitoussi, journaliste et romancière ; Nicolas Martin, journaliste et réalisateur, Estelle Denis, journaliste et animatrice TV ; Juliette Arnaud, comédienne et animatrice TV ; Valérie Damidot, animatrice TV ; Laurent Petitguillaume, animateur TV ; Karine Lemarchand, animatrice TV ; Christophe Michalak, chef pâtissier et animateur TV ; Nagui, animateur radio/TV et producteur ; Stéphane Plaza, animateur TV ; Julia Vignali, animatrice TV ;

Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste ; Corinne Ehrenberg, psychanalyste ; Caroline Eliacheff, pédopsychiatre ; Serge Héfez, psychanalyste ; Elisabeth Roudinesco, psychanalyste ; Serge Tisseron, psychanalyste ; Véronique Fournier, directrice du Centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin ; Daniel Guerrier, endocrinologue ; Claire Fekete, gynécologue obstétricienne ; Juliette Guibert, gynécologue ; Bernard Hédon, président du Collège national des gynécologues obstétriciens de France ; Brigitte Letombe, présidente d’honneur de la Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale ; Israël Nisand, gynécologue obstétricien ; François Olivennes, gynécologue obstétricien ;

Laurent Barry, anthropologue ; Simone Bateman, sociologue ; Marianne Blidon, sociologue ; Michel Bozon, sociologue et démographe ; Fabienne Brugère, philosophe ; Anne Cadoret, anthropologue ; Jérôme Courduriès, anthropologue ; Alain Ehrenberg, sociologue ; Arlette Farge, historienne ; Agnès Fine, anthropologue ; Marie Gaille, philosophe ; Maurice Godelier, anthropologue ; Isabelle Grellier, philosophe et théologienne ; Martine Gross, sociologue ; Danièle Hervieu-Léger, sociologue ; Laurent Jaffro, philosophe ; Laurence Hérault, anthropologue ; Sandra Laugier, philosophe ; Didier Le Gall, sociologue ; Agnès Martial, anthropologue ; Dominique Mehl, sociologue ; Jennifer Merchant, politologue ; Jeanine Mossuz-Lavau, politologue ; Valérie Nicolet-Anderson, philosophe et théologienne ; Ruwen Ogien, philosophe ; Mona Ozouf, historienne ; Michelle Perrot, historienne ; Enric Porqueres i Gené, anthropologue ; Alain Prochiantz, neurobiologiste, professeur au Collège de France ; Pierre Rosanvallon, historien, professeur au Collège de France ; Bertrand Pulman, anthropologue ; Violaine Sebillotte, historienne ; Alfred Spira, épidémiologiste ; Sylvie Steinberg, historienne ; Irène Théry, sociologue ; Laurent Toulemon, démographe ; Georges Vigarello, historien ;

Pénelope Agallopoulo, juriste ; Sophie-Marie Barbut, juriste ; Régine Barthélémy, avocate ; Alain Blanc, magistrat honoraire ; Florian Borg, président du Syndicat des Avocats de France ; Hubert Bosse-Platière, juriste ; Laurence Brunet, juriste ; Aurore Chaigneau, juriste; Géraud de la Pradelle, juriste ; Pierre Emaille, avocat ; Stéphanie Hennette-Vauchez, juriste ; Aurélie Lebel-Cliqueteux, avocate ; Anne-Marie Leroyer, juriste ; Françoise Martres, présidente du Syndicat de la Magistrature ; Eric Millard, juriste ; Marc Nicod, juriste ; Serge Portelli, magistrat ; Laurence Roques, avocate ; Valérie Sebag, juriste ; Françoise Thouin-Palat, avocate ; Michel Troper, juriste ; Alain Vogelweith, magistrat ;

Yeshaya Dalsace, rabbin ; Rivon Krigier, rabbin ; Philippe Lachkeur, président du Beit Haverim ; Corinne Lanoir, théologienne ; Stéphane Lavignotte, pasteur, président du Mouvement du christianisme social ; Marc Pernot, pasteur ; Marina Zuccon, présidente du Carrefour des Chrétiens Inclusifs ; Salima Naït-Ahmed, Musulmans Inclusifs de France ; Ludovic-Mohamed Zahed, imam, fondateur de Musulman-es progressistes de France ; Jean-Pierre Mignard, avocat et codirecteur de Témoignage chrétien ; Daniel Keller, grand maître du Grand Orient de France ;

Nathalie Allain-Djerrah, présidente des Enfants d’Arc-en Ciel ; Jérôme Beaugé, président de l’inter-LGBT ; Frédérick Getton, président de Centr’égaux ; Nicolas Gougain, ancien porte-parole de l’inter-LGBT ; Sylvie et Dominique Mennesson, coprésidents de l’association CLARA ; Catherine Michaud, présidente de Gaylib ; Laëtitia Poisson-Deléglise, présidente de l’association MAIA ; Denis Quinqueton, président de Homosexualité et Socialisme ; Yohann Roszéwitch, président de SOS Homophobie; Alexandre Urwicz, président de l’Association des Familles Homoparentales ; Vincent Violain, président du collectif Tous unis pour l’égalité.

Earth Crisis : Stand by / Wither

Voici les textes de deux chansons d’Earth Crisis, avec une consacrée au véganisme, l’autre au straight edge. La première consiste en l’affirmation de la libération animale, sans compromis, tandis que la seconde cherche à décrire l’impact de la prise d’héroïne et le combat (difficile) contre sa tyrannie.


La chanson est à 5:40.

Stand By (Se tenir là)

There will be no compromise, no more negotiating.
If you refuse to change, then you’re guilty and must be destroyed.
Thoughts of superiority, your supremist crimes must end.
You’re a demon with blood on your hands, your death will bring their freedom.
Il n’y aura pas de compromis.
Si tu refuses de changer, alors tu es coupable et dois être détruit.
Les pensées de supériorité, tes crimes suprémacistes, tout cela doit prendre fin.
Tu es un démon avec du sang sur les mains, ta mort apportera leur liberté.

I can’t stand by and let the innocent die.
By opressing innocent life you’ve lost your rights so now your end is justified.
There will be no compromise, no more negotiating.
If you refuse to change, then you’re guilty and must be destroyed.
Je ne peux pas rester là et laisser l’innocent mourir.
En opprimant la vie innocente tu as perdu tes droits et ainsi désormais ta fin est justifiée.
Il n’y aura pas de compromis, plus de négociations.
Si tu refuses de changer, alors tu es coupable et dois être détruit.

Thoughts of superiority, your supremist crimes must end.
You’re a demon with blood on your hands, your death will bring their freedom.
I can’t stand by and let the innocent die.
By opressing innocent life you’ve lost your rights so now your end is justified.
Les pensées de supériorité, tes crimes suprémacistes, tout cela doit prendre fin.
Tu es un démon avec du sang sur les mains, ta mort apportera leur liberté.
Je ne peux pas rester là et laisser l’innocent mourir.
En opprimant la vie innocente tu as perdu tes droits et ainsi désormais ta fin est justifiée.

Don’t think that you’ve been given a choice.
Your actions serve as your voice.
Your selfishness destroys the earth, so you’ve left us with no other choice.
For the fetus, for the cat, for the cow, for the rat.
For innocent victims we will attack, we will attack, we will attack.
Ne pense pas qu’un choix t’a été donné.
Tes actions servent en tant que ta voix.
Ton égoïsme détruit la planète, alors tu ne nous laisses pas d’autres choix.
Pour le fœtus, pour le chat, pour la vache, pour le rat.
Pour les victimes innocentes, nous attaquerons, nous attaquerons, nous attaquerons.


La chanson est à 9:59.

Wither (Se flétrir)

Near lifeless skin stretched over a prone skeleton.
An image branded for all time within my memory.
Pursuit began seeking pleasure delivered with a price,
through an illusion of instant bliss enticed.
Une peau pratiquement sans vie tendue sur un squelette prostré.
Une image marquée pour toujours dans ma mémoire.
La quête a commencé dans la recherche du plaisir délivré avec un prix,
séduite par une illusion de bonheur instantané.

Toyed with what immediately only overpowered.
Chased the dragon
thinking that it would not turn to devour.
Steel driven into skin. Contamination forced in.
Jaws of death close together. The haze that surges must not win.
Joué de ce qui a immédiatement pris le dessus.
Ayant chassé le dragon [inhaler les vapeurs d’héroïne]
en pensant que cela n’aboutirait pas à être dévoré.
L’acier enfoncé dans la peau. La contamination forcée dans la peau.
Les mâchoires de la mort se serrant. La brume qui surgit ne doit pas gagner.

Wither. Body given to the vortex, awake in a synthetic dream.
Time and meaning fades, life drains far faster than it seems.
Drawn to the brink by thoughts of invincibility
to give into what beckons constantly.
Pulled back across the threshold.
Se flétrir. Le corps abandonné à un tourbillon, éveillé dans un rêve synthétique.
Le temps et la signification s’estompent, la vie s’épuise bien plus vite qu’il ne semble.
Porté au bord du précipice par les pensées d’invincibilité
Amené dans ce qui fait constamment signe.
Tiré vers l’arrière à travers le seuil.

Loved by the ones who helped bring salvation.
The future is in the hands of a once self-made victim.
Steel driven into skin. Contamination forced in.
Jaws of death close together. The haze that surges must not win.
Wither.
Aimé par ceux qui ont aidé à apporter le salut.
L’avenir est dans les mains de celui qui s’est amené lui-même à être une victime.
L’acier enfoncé dans la peau. La contamination forcée dans la peau.
Les mâchoires de la mort se serrant. La brume qui surgit ne doit pas gagner.
Se flétrir.

EELV sur l’échec de la conférence de Lima

L’année prochaine, François Hollande compte mettre le paquet sur la promotion de la conférence sur le climat à Paris en décembre. C’est très important à ses yeux, car il y voit (si l’économie repart) la possibilité de fédérer des gens autour de lui pour un nouveau mandat.

Il est également ici en bons termes avec Cécile Duflot, et on devine ce qui va se passer: d’un côté il y aura une position pragmatique, mais accolée à une pseudo critique réalisée par Europe Écologie Les Verts (EELV). Par la suite, Duflot se présente comme candidate à la présidentielle, etc. etc.

Il faut espérer que les choses ne seront pas aussi simples, mais pour cela il faut une véritable bataille pour l’opinion publique. L’hypocrisie d’EELV, qui ne parle jamais que de « sociétal » et méprise totalement la Nature, doit être démasquée…

Le présent communiqué d’EELV est donc intéressant. EELV reconnaît le fiasco de la conférence de Lima, et souligne d’autant plus l’importance de la conférence de Paris. Mais EELV ne s’avance pas trop, sachant que c’est très mal parti pour que ce soit un succès…

Et pourtant, EELV y participera complètement, parce que refusant la Nature et acceptant les institutions, elle n’a pas le choix. D’une certaine manière, EELV va à contre-coeur à ce qui ne pourra être que son suicide en tant que force prétendument écologiste…

Climat : après une conférence de Lima en demi-teinte, cap sur Paris 2015

Publié le 15 décembre 2014

La 20ème conférence de l’ONU sur le climat à Lima n’a pas dérogé aux règles de ces grands rendez-vous : négociations chaotiques, lentes et difficiles, accord de dernière minute, défiance entre pays développés et en développement, manque de précisions flagrantes sur les moyens d’atteindre les objectifs climatiques.

Il est encore trop tôt pour tirer toutes les leçons de cette COP 20 – semi-succès ou semi-échec. Tout dépendra dans les mois à venir des dépôts des contributions nationales au cours du premier semestre 2015 et de la synthèse de celles-ci le 01 novembre.

EELV tient néanmoins à saluer un accord a minima qui a le mérite de poser les bases des discussions pour l’année à venir et de réaffirmer la nécessité d’un accord mondial en 2015. La capitalisation du fonds vert à hauteur de 10,14 milliards qui doit permettre aux pays les plus vulnérables de s’adapter aux effets du changement climatique est une autre bonne nouvelle.

Une conclusion s’impose pourtant : après cette conférence en demi-teinte, tout se jouera à Paris en décembre 2015. Comme prévu, ce rendez-vous sera décisif.

Dans cette optique, la France porte une responsabilité historique. La COP 21 a en réalité déjà débuté, et la France, pays hôte, doit désormais être à la manœuvre pour engager des négociations en vue d’un accord ambitieux.

“Si elle veut être légitime pour convaincre, la France doit être exemplaire en matière de réduction de ses émissions et engager la transition énergétique sur l’ensemble de son territoire“ explique Julien Bayou, porte-parole d’EELV.

L’ampleur du chemin qui reste à parcourir est en effet considérable. A ce stade, toutes les options restent ouvertes en vue d’un accord à Paris, de la plus ambitieuse à la plus minimaliste. “Les écologistes appellent les citoyens et l’opinion publique à se mobiliser massivement pour peser sur les négociations tout au long de l’année afin de mettre une pression sans précédent sur les décideurs“ déclare Sandrine Rousseau.

L’urgence climatique presse l’action. 2014 risque d’être l’année la plus chaude jamais enregistrée sur Terre, les phénomènes naturels se multiplient, le nombre de réfugiés environnementaux explose. Rien ne justifierait un nouveau rendez-vous manqué à Paris en 2015 et romprait définitivement la confiance que placent les citoyens dans l’action des Etats pour régler la question climatique.

Le temps est compté. Il reste un an pour préparer ce premier accord international, ambitieux et contraignant de réduction de gaz à effet de serre, qui permettra de limiter la hausse des températures à 2 degrés par rapport à l’ère pré-industrielle, dont nous avons tant besoin.

Les écologistes appellent à faire cause commune face à ce défi de civilisation.

Julien Bayou, Sandrine Rousseau, porte-parole nationaux

La conférence sur le climat de Lima ne débouche sur rien

Il y a donc eu tout de même un accord à la conférence sur le climat de Lima. Nous pensions avoir le temps de constater les points faibles, avant de parler de cet accord. Mais finalement il a été réalisé samedi, alors que le désaccord était complet.

Et sa base, c’est de dire que… l’année prochaine, il faudra se mettre d’accord. A la place de François Hollande, qui compte sur le prestige de la conférence à Paris l’année prochaine, on commencerait à paniquer.

Et surtout, pour les personnes entendant défendre la Nature, il y a lieu de comprendre le drame que va être cette conférence. Car bien entendu, Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, peut se vanter de la réussite prochaine de la conférence à Paris, et affirmer que « Le fantôme de Copenhague s’éloigne et l’espoir d’un succès à Paris se rapproche. » EELV fait la même chose.

En pratique, ce qu’on va voir à Paris l’année prochaine, c’est que l’humanité est incapable de procéder à des décisions relevant d’un gouvernement mondial. Les intérêts particuliers priment ; ce qui se passe au niveau social avec les individus se répète avec les États.

L’objectif de décisions acceptées par tous les pays, avec des contraintes sur le plan légal, est définitivement abandonné. L’ONU est coulée, incapable d’unifier pour contrer la catastrophe en cours.

Et il va de soi ici que les grandes entreprises donnent le ton. L’écrasante majorité des fonds qui vont être rendus disponibles iront aux entreprises proposant des « alternatives » vertes, pratiquement rien n’ira aux pays du tiers-monde pour affronter la nouvelle situation.

Ce qui n’empêchera d’ailleurs pas de polluer à côté de cela : en 2012, 775 milliards de dollars de subventions sont allées dans les poches des entreprises pour les énergies fossiles, alors que le chiffre pour les énergies renouvelables, en 2013, était de 101 milliards.

En comparaison, la « Green fund » dont parle la COP20, est de… 10 milliards, et encore est-ce seulement de vagues promesses !

Quant à la Nature en elle-même, elle est totalement absente de la problématique. La seule chose que la COP20 à Lima a fait, c’est de reconnaître que le réchauffement climatique existait, et que si on ne fait rien l’élévation de la température va continuer et qu’on ne parviendra pas en l’état actuel à bloquer cela à une augmentation de 1,5°-2°.

En attendant, la COP20 a organisé le parcours balisé suivant : discussions à Genève en Suisse en févier, puis avant la fin mars, annonce des mesures pour limiter leurs émissions de gaz à effet de serre par… les pays qui souhaitent annoncer leurs mesures.

Avant fin mai un texte de base pour discuter à Paris est censé sortir, puis en juin à Bonn en Allemagne il y a une réunion, puis de nouveau un peu plus tard, on ne sait ni quand ni où !

La patate chaude arrive alors début novembre, lorsque le secrétariat de la Convention de l’Onu sur le climat doit résumer tout cela, avant donc la catastrophe à prévoir que va être la conférence à Paris, du 30 novembre au 11 décembre 2015…

Pour conclure, citons ici un philosophe des Lumières, Emmanuel Kant. La ministre de l’écologie, Ségolène Royal, a dit la chose suivante le 12 décembre, en séance plénière de la Conférence Climat de Lima :

« Enfin, sur la démocratie et les droits humains, le climat sera Grande cause nationale en France en 2015, et surtout, je souhaite que la France joue un rôle, pour imaginer l’émancipation et préparer démocratiquement les esprits au changement, comme l’ont fait au XVIIIe siècle les philosophes des Lumières pour faire advenir une nouvelle représentation du monde et des droits humains. »

Sauf que, justement, les philosophes des Lumières reconnaissait la Nature, et ils étaient dans un esprit universaliste. C’est Kant qui a souligné, ainsi, la nécessité d’une gouvernance mondiale de la raison :

« La nature a donc aussi utilisé l’incapacité à se supporter [que manifestent] les hommes, et même les grandes sociétés et les grands corps politiques composés d’individus de ce genre, comme un moyen de découvrir, au sein-même de l’inévitable antagonisme, un état de repos et de sécurité.

C’est-à-dire que, par les guerres, par ses préparatifs extravagants et jamais relâchés, par la souffrance qui s’ensuit et qui doit finalement être ressentie par chaque État même en pleine paix intérieure, la nature pousse [les États] à des tentatives d’abord imparfaites, mais finalement, après beaucoup de dévastations, de renversements, et même après un épuisement intérieur général de leurs forces, [les pousse] à faire ce que la raison aurait pu aussi leur dire sans une si triste expérience; à savoir sortir de l’état sans lois des sauvages pour entrer dans une société des nations, dans laquelle chaque État, même le plus petit, pourra attendre sa sécurité et ses droits non de sa force propre ou de son appréciation juridique personnelle, mais seulement de cette grande société des nations (Foedus Amphictyonum), de l’union des forces en une seule force et de la décision, soumise à des lois, de l’union des volontés en une seule volonté.

Aussi enthousiaste que puisse aussi paraître cette idée, et bien qu’une telle idée ait prêté à rire chez un abbé de Saint-Pierre ou chez un Rousseau (peut-être parce qu’ils croyaient la réalisation d’une telle idée trop proche), c’est pourtant le résultat inévitable de la souffrance où les hommes se placent mutuellement, qui doit contraindre les États (aussi difficile qu’il soit pour eux de l’admettre) à adopter cette résolution même que l’homme sauvage avait été contraint de prendre d’aussi mauvais gré, à savoir : renoncer à sa liberté brutale et chercher dans une constitution réglée par la loi le repos et la sécurité. »

Cela a été écrit en 1784. Plus de deux cent après, on attend encore cette société des nations réalisant la paix mondiale. Elle ne pourra se réaliser que lorsque l’humanité sera unifiée, ayant brisé son anthropocentrisme, ayant compris la réalité de la Nature !

La conférence sur le climat de Lima ne parvient pas à un accord

Comme d’habitude, la conférence sur le climat se prolonge. C’est une sorte de « tradition », le journal Le Monde définissant cela poétiquement si l’on peut dire comme « l’épais brouillard qui est devenu sa marque de fabrique à quelques heures de la clôture officielle des négociations ».

Sauf que cette fois cela coince encore plus, car la conférence de Paris de l’année prochaine est censée aboutir à l’équivalent du protocole de Kyoto : une sorte de programme valable pour 15-20 ans.

Vu les complications posées par le réchauffement climatique qui sont de plus en plus nombreuses, on comprend que ce soit un peu la panique. Surtout que l’objectif est censé être le suivant pour maintenir à 2°C l’augmentation de la température d’ici 2100 : réduire les gaz à effet de serre de 40 à 70% d’ici 2050 !

On imagine le bouleversement que cela induit. On voit mal des sociétés tournées vers le profit, dirigées par en haut, mener une révolution en ce domaine…

Voici l’évolution du réchauffement climatique jusqu’à cette année, pour bien qu’on comprenne la tendance.

Et voici celle du Co2.

Les gens ont compris que cela allait mal tourner, ce qui fait que les dominants jouent de plus en plus gros : ils savent qu’ils doivent préserver les apparences. En l’occurrence, il s’agit de faire bonne figure lors de la conférence de 2015. Mais justement, ici, il apparaît que les négociations de la conférence sur le climat à Lima montrent que personne ne veut s’engager vraiment.

Pas de chiffres donnés, et surtout pas de promesses d’argent ! Telle est la ligne générale.

Par exemple, à partir de 2020, 100 milliards de dollars d’aide annuelle sont censés être distribués aux pays particulièrement victimes du réchauffement climatique. Qui paiera ? Rien n’est arrêté.

Il faut dire ici qu’on a une sorte de gigantesque « blague » jouée par le capitalisme. Par exemple, l’Arabie saoudite est un pays très riche de par ses ventes de pétrole. Pourtant, ce pays réclame des « aides » dans le futur, alors que son mode de vie, comme on le sait, est dépendant d’une toute petite clique de gens vivant de manière délirante, typique des petits États pétroliers.

En 1965, la production de Co2 par habitant était de 0,9 tonne dans ce pays, elle est désormais de 17… Tout cela pour quoi ? Certainement pas pour un vie naturelle et agréable !

De la même manière, la Chine est très critiquée comme étant le premier émetteur de gaz à effet de serre. Mais pour qui produit la Chine, si ce n’est notamment pour l’Union Européenne qui est la première à critiquer ?

En gros les pays riches utilisent d’autres pays pour certaines productions, et de manière hypocrite arrivent avec une critique derrière. Cela amène un gros chaos d’où rien ne sort, car chacun cherche à tirer son épingle du jeu dans la concurrence internationale.

Il y a 195 pays de représentés à Lima, avec des grosses équipes (parfois 200 diplomates!), mais leurs intérêts sont trop différents à leurs yeux.

Pourtant, il n’y a qu’une seule planète, un seul ensemble abritant la vie, une seule humanité qui doit cesser sa guerre à la Nature.

Voici trois exemples parlant, autour du thème de la déforestation, qui n’a nulle autre cause que l’incapacité de l’humanité à sortir de l’anthropocentrisme, à vivre de manière harmonieuse.

La région brésilienne de Rondônia est passée de 500 000 à 1,5 million d’habitants en 30 ans, et au sein de l’Amazone, le résultat est que c’est là où le taux de déforestation est au plus haut au Brésil. Plus de déforestation pour faire de la place pour davantage de gens, qui eux-mêmes travaillent dans des entreprises… de déforestation.

Ici on voit l’évolution de la forêt de Baban Rafi entre 1976 et 2007, au Niger. La forêt se situe au point le plus au sud du Sahel; elle disparaît devant l’agriculture, la population humaine de cette zone géographique ayant quadruplé en 40 ans. La forêt actuelle est elle-même exploitée en continu comme source d’approvisionnement.

La forêt atlantique en Amérique latine est l’une des grandes victimes de la déforestation. A la base, sa superficie faisait 1 290 700 km², pour 95 000 km² aujourd’hui (soit un petit peu plus que 7%). Les deux images illustrent l’évolution au Paraguay, où la déforestation est la plus active: la partie orientale de ce pays a vu sa forêt passer de 8,8 millions d’hectares à 1,7 million, notamment pour la production de soja pour les élevages.

Car ce n’est pas la surpopulation le problème : celle-ci est elle-même le produit des déséquilibres dans l’humanité qui ont leur source dans le mode de vie destructeur, anthropocentriste, fondé sur l’individualisme le plus complet.

La France reconnaît la « gestation par autrui » effectuée à l’étranger

C’est une catastrophe et le mot n’est pas trop faible. En pratique, on peut dire que la « gestation par autrui » a été légalisée. Désormais, toute famille disposant de moyens financiers conséquents peut revendiquer son rejet de la Nature en payant une femme dans le besoin pour porter un enfant.

C’est la conséquence de tout un processus, non pas technologique, mais moral. A partir du moment où l’on enferme des êtres vivants, où on les sélectionne, où on les mutile, où on les torture, alors forcément la perception de la vie devient mécanique, horrible.

Évidemment, il existe une critique – celle des religions – qui dit que cela va trop loin. Cependant, cette critique ne touche pas le fond du problème. Le catholicisme romain, par exemple, critique d’un côté qu’un fœtus avorté soit simplement jeté à la poubelle, mais de l’autre côté ne trouve rien à redire à ce que les poussins mâles soient exterminés.

En apparence, cela n’a rien à voir, mais pourtant c’est un seul phénomène, qui s’appelle la vie. Soit on accepte la vie dans son ensemble, soit on la rejette. Mais séparer l’humanité du reste des êtres vivants, au nom de l’âme, c’est trahir la réalité de la vie.

Et on a beau parler d’âme, de Dieu, etc., en attendant il y a les faits, et ces faits ce sont une industrie, une science, des moyens technologiques, une production bien déterminée.

D’ailleurs, à quoi répond le principe de « gestation par autrui », si ce n’est à la loi du marché ? Et on ne peut pas dire, comme le fait le Vatican, qu’une partie de la vie peut être commercialisée, et pas une autre. C’est une contradiction complète, et si on dit que tuer est un acte mauvais, alors pourquoi tuer une poule ne serait pas mauvais ?

On ne peut pas pratiquer le relativisme dès qu’il s’agit d’une question non humaine ! On peut justement voir que les manifs pour tous n’ont en rien empêché cette vague de fond de la commercialisation de la vie.

Il y a en effet des entreprises qui mènent campagne en faveur des « mères porteuses », visant évidemment un public CSP++. Le problème de ces entreprises étaient qu’officiellement l’Etat français ne reconnaissait pas ces naissances et n’accordait pas la nationalité française aux enfants concernés.

En pratique, c’était faux : cinq années de résidence en France pour l’enfant concerné et le tour était joué. Mais le caractère non immédiat posait tout de même un souci commercial. Heureusement pour ces entreprises, le libéralisme triomphant est intervenu en juin 2014, lorsque la Cour européenne des droits de l’homme rendait un arrêt disant que la France ne pouvait pas refuser de transcrire les actes de filiation réalisés aux États-Unis à la suite de naissance issue de la « gestation par autrui ».

Des députés UMP ont alors cette dernière semaine tenté de faire passer une loi pour condamner de six mois de prisons et 7500 euros d’amende le simple acte « d’effectuer des démarches auprès d’agences ou d’organismes, français ou étrangers, permettant ou facilitant, contre un paiement, la pratique de la gestation pour le compte d’autrui ».

A cela s’ajoute le renforcement de la loi concernant le « délit de provocation à l’abandon d’enfant », dont la peine passerait à une année de prison et 15 000 euros d’amende.

Bien entendu, au pays du libéralisme, cet interventionnisme d’esprit catholique n’est pas passé. Et surtout, hier, le Conseil d’État a approuvé la circulaire incitant à délivrer des certificats de nationalité aux enfants nés de la « gestation pour autrui ».
Désormais, les différentes juridictions – parquet, parquet général et greffiers des tribunaux d’instance de France et d’outre-mer – reconnaîtront la demande de nationalité pour les enfants issus de la « gestation pour autrui » et dont un parent « officiel » au moins est de nationalité française.

Cela signifie que si la « gestation pour autrui » est interdite en France, la France la reconnaît désormais si elle est effectuée à l’étranger. C’est d’une hypocrisie complète. Tout cela est effectué… au nom des droits de l’enfant.

C’est-à-dire qu’on fait de l’enfant un être juridique séparé du reste du monde, existant « en soi » et partant de là monnayable selon les circonstances – en France catholique on préfère éviter, donc on laisse faire cela dans les pays étrangers.

C’est la même chose pour la procréation médicalement assistée à l’étranger, validée le 23 septembre par la Cour de cassation.
Bien évidemment, lorsque cette pratique sera « banalisée », elle sera sans doute légalisée en France. Un enfant deviendra alors, officiellement, ouvertement, non plus un être naturel issu d’une relation naturelle, fondée sur les sentiments, mais une marchandise relevant d’un choix individuel.

N’importe quel individu, homme ou femme, pourra à n’importe quel moment prétendre dominer la Nature, en « acquérant » la vie.
On est dans l’antrhopocentrisme le plus total, dans l’égocentrisme le plus complet. C’est le capitalisme absolu, avec l’individu comme entreprise et l’enfant comme capital. C’est tout simplement l’horreur, et c’est le fruit inévitable du rejet de la Nature.

De la COP20 de Lima à la COP21 de Paris

Aujourd’hui se conclut la Conférence sur le climat de Lima (au Pérou), qui fait partie de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Commencée le 1er décembre et vingtième du genre, elle est censée apporter la base de « grandes » décisions qui seront prises l’année prochaine lors de la conférence suivante.

Un texte va sortir, comme toujours, au dernier moment. Mais que dira-t-il ? Car le problème est gigantesque. Le réchauffement climatique n’a pas été freiné. Les chiffres sont toujours plus alarmants.

Et pourtant, il ne se passe rien. La crise économique, la bataille pour le profit, la logique anthropocentriste… forment une dynamique de l’anéantissement des mondes végétaux et animaux.

La machine s’est emballée et la concurrence est telle que le nouveau protocole qui doit être décidé l’année prochaine risque bien d’être le dernier. Aussi y verra-t-on compromis sur compromis, afin de ne risquer de froisser personne tout en maintenant, face à l’opinion publique mondiale, l’illusion d’une gestion de la question.

Et nous serons en France aux premières loges, puisque la « COP 21 » accueillera au Bourget, en banlieue parisienne, des milliers de délégués internationaux.

Cela signifie bien entendu que tout doit être parfaitement encadré, et les ennemis de l’écologie sont bien organisés. Par exemple, à Lima, la ministre de l’écologie Ségolène Royal n’a trouvé rien de mieux à dire que « la mesure principale est de lutter contre les gaspillages, tout le monde peut le faire », c’est-à-dire la même chose que le collectif « écologiste » du Front National fondé hier.

Il y a également, à coté de cela, « Solutions COP21 ». C’est une structure fondée en juillet, avec comme but d’influer massivement sur la COP21.

Elle se présente ainsi :

« Initié par le Comité français pour le développement durable, le Comité 21, avec le Club France Développement durable (regroupement de plus de 70 réseaux français), cette initiative a vocation à présenter les solutions et initiatives des entreprises, institutions, centres de recherche, collectivités et associations impliqués dans la lutte contre le dérèglement climatique.

L’objectif: montrer à un large public les multiples produits, services, process et innovations existants et en projet à travers le monde pour lutter contre le dérèglement climatique et ses impacts. »

Le Comité 21 est un regroupement de 500 structures telles que des entreprises, des fédérations professionnelles, des collectivités territoriales, des associations, etc.

Le Club France développement durable représente également une liste énorme de structures, telles que la Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises, l’Association des Maires de France, la Fondation Nicolas Hulot, la Conférence des présidents d’universités, la CFDT, etc.

N’oublions pas de citer « Entreprises pour l’Environnement » où l’on trouve , AXA, La Poste, Saint Gobain, Renault, Société Générale, Thalès, Vinci, Total, etc.

En pratique cela veut dire que c’est la sainte-alliance des grandes entreprises et des institutions, mélangeant Veolia et Carrefour, GDF Suez et le CRNS, Schneider Electric et Generali, Rexel et Sofiprotéol, la ville de Paris et Suez environnement, etc.

C’est un projet alliant institutions et capitalisme pour gérer au mieux la COP 21… Et le Grand Palais à Paris sera leur base pendant une semaine en décembre, sur 4000 m², pour des « espaces pédagogiques », des « expositions » et des « conférences », bref toute la propagande possible.

Y aura-t-il un contre-projet ? Y aura-t-il une bataille pour l’opinion publique menée depuis le camp des personnes voulant défendre la Nature ? Ou bien en décembre 2015 y aura-t-il une vague unilatérale en faveur de cette pseudo écologie comme simple gestion par en haut du « gaspillage » ?

Tout cela va dépendre de nous !

Le « Collectif Nouvelle écologie patriote »

Hier a eu lieu le « lancement » d’une nouvelle structure se revendiquant écologiste, du nom de « Collectif Nouvelle écologie patriote » lors d’une conférence de presse en présence de Marine Le Pen. Il s’agit, on l’aura deviné, d’une de ces nouvelles structures de type « front » assemblées au sein du « Rassemblement Bleu Marine ».

C’est une sorte de tournant pour le Front National, mais pas comme on le pense.

Aux yeux de Jean-Marie Le Pen en effet, ce qu’il appelait « l’écologisme » ne consistait qu’en une « nouvelle religion des populations urbaines aisées, ‘bobos gogos’ de l’Occident ». Mais en même temps, en 1981 lorsqu’il faisait campagne, son programme avait cinq points, dont un appelé « Ecologie ».

La différence ne tient donc pas à la « découverte » d’une forme d’écologie, car le FN a toujours utilisé plus ou moins l’écologie, de manière démagogique, par exemple avec Bardot.

Non, elle tient à son utilisation non pas simplement comme gadget, mais comme vecteur de la transformation économique de la France, dans un sens précis. Car le « Collectif Nouvelle écologie patriote » n’est ainsi pas une structure là pour faire joli.

Son dirigeant est un économiste âgé de 46 ans, appelé Philippe Murer. Il est le co-auteur avec Jacques Sapir d’une brochure de la fondation Res Publica de Jean-Pierre Chevènement sur «Les scénarii de la dissolution de l’euro ».

Le Front National le présente officiellement ainsi :

« En tant que conseiller économique de Marine Le Pen, il sera chargé de travailler sur le projet économique du Front National ainsi que sur les problématiques liées à l’écologie et au développement durable. A la demande de Marine Le Pen, ses premiers travaux seront d’ailleurs orientés vers les moyens de relancer la croissance en France, tout en réalisant la transition énergétique nécessaire au pays. »

En avril, il avait justement publié chez Fayard un ouvrage intitulé « La transition énergétique – Une énergie moins chère, un million d’emplois créés ». Et s’il rejoint le FN, c’est justement :

« Parce qu’il est le seul capable de réussir cette transition énergétique. Nous devons avoir la main sur la banque centrale et sur notre monnaie pour y parvenir tout en pratiquant un protectionnisme économique. »

C’est le sens de « l’écologie patriote » : on quitte l’euro et l’Union Européenne afin de pouvoir faire du protectionnisme et financer l’innovation permettant des économies. La Banque de France devra ainsi fournir 1500 milliards d’euros aux entreprises pour la « transition énergétique. »

Et la meilleure économie selon lui, c’est dans le domaine de l’écologie que l’on peut le faire, un thème permettant pareillement de justifier au mieux le protectionnisme : au nom de la lutte contre la pollution, on prône le nationalisme. Naturellement, on ajoute une touche d’ethno-différentialisme afin de se la jouer protection de la « diversité » (des peuples, des ethnies, etc., c’est un vieux thème de la « nouvelle droite »).

Parler d’écologie c’est donc tout bon pour le FN, qui combine alors programme économique (les économies!) et le programme politique (le nationalisme).

Bien entendu, on garde le nucléaire parce que c’est tout bon pour les entreprises. On l’aura compris, il n’y aura pas de contenu à part « l’écologie » qui est utilisée comme prétexte au protectionnisme et donc au nationalisme et donc au fascisme, dans une savante construction.

Voici une vidéo où lors d’une conférence à Lyon, on voit l’approche du collectif.

Il est vrai que jusqu’à présent, cette vidéo a fait 70 vues en une semaine. Mais c’était avant la fondation officielle du « collectif » en question, et surtout il faut voir ce que dit Philippe Murer. Mais elle vaut le coup d’oeil par ce qu’elle révèle: l’écologie ici n’est qu’une « chasse au gaspi », rien de plus.

Voici une vidéo de 1979, avec le fameux personnage « gaspi » de la grande campagne lancée alors en France. C’est un condensé de « l’écologie » telle que le FN la conçoit.

Le FN pourrait même reprendre directement le slogan de l’époque: « en France on n’a pas de pétrole mais des idées », sachant que ces idées ce sont justement le nucléaire, la chasse au gaspi, la direction du pays par des technocrates, etc.

Earth Crisis – The order that shall be

Nous vivons une époque de terrible destruction, et les cinquante prochaines années vont être marquées par une guerre complète, finale, contre les couleurs bleue et verte de notre planète… A moins que l’on refuse cela.

L’humanité prend le chemin allant de la soumission de la Nature par la destruction à la destruction générale de celle-ci, emportée dans son élan anthropocentriste. Saurons-nous y faire face ?

Voici les paroles de la chanson « The order that shall be » (L’ordre qui sera) du groupe Earth Crisis.

Fuck this hell that man has made, it’s time for it to end.
Nature must endure, until death I will defend.
This fight relentless, an apostle of the order that shall be.
Nature will be left in peace, the animals set free.
Envoyons se faire foutre cet enfer que l’homme a fait, il est temps que ça finisse.
La nature doit endurer, jusqu’à la mort je vais la défendre.
Cette lutte acharnée, un apôtre de l’ordre qui doit être.
La nature sera laissée en paix, les animaux libérés.

The final end of wildlifes’ habitat destruction.
A future for species once pushed towards extinction.
Animal murderers, violators of the innocent must die for their crimes.
Driven by avarice, this world is a fucking nightmare.
Blackened skies, deforestation, poisoned seas.
La fin finale de la destruction de l’habitat de la vie sauvage.
Un avenir pour les espèces une fois poussées vers l’extinction.
Les meurtriers des animaux, les violeurs des innocents doivent mourir pour leurs crimes.
Guidé par l’avarice, ce monde est un putain de cauchemar.
Ciels noircis, la déforestation, les mers empoisonnées.

This civilisation’s price isn’t worth the fee.
Perpetrators of this madness, your right to live is gone.
Your burning bodies shall light the path to a glorious new dawn.
Le prix de cette civilisation ne vaut pas le prix.
Perpétrateurs de cette folie, votre droit de vivre a disparu.
Vos corps brûlant doivent éclairer le chemin à une nouvelle aube glorieuse.

If warnings go unheeded and pleas for mercy are ignored,
our alternative to militant resistance is a half life in a dead world.
Peace cannot exist without justice, they are one in the same.
Perpetrators of this madness, your right to live is gone.
Your burning bodies shall light the path to a glorious new dawn.
Si les avertissements restent lettre morte et les supplications ignorées,
notre alternative à la résistance militante est une demi-vie dans un monde mort.
La paix ne peut exister sans la justice, ils sont une seule et même chose.
Ceux qui perpétuent cette folie, votre droit de vivre a disparu.
Vos corps brûlant doivent éclairer le chemin à une nouvelle aube glorieuse.

La défense de la zone humide de Hainburg en Autriche

Il y a 30 ans commençait en Autriche quelque chose qui ressemble à ce qui s’est passé à Notre-Dame-des-Landes, sauf que cela s’est développé totalement différemment, donnant un élan formidable à l’écologie. Voici un petit aperçu de ce petit épisode historique lourd de sens.

Tout s’est déroulé à un peu plus de 40 kilomètres à l’est de la capitale viennoise, à côté de la toute petite ville de Hainburg. On y trouvait en effet un coin de nature appelé Hainburger Au, la zone humide de Hainburg.

Or, le gouvernement autrichien entendait y construire une centrale électrique (en Autriche le nucléaire est interdit constitutionnellement). Cela signifiait la destruction de l’endroit. La décision fut prise en décembre 1983.

La résistance commença à se développer, notamment avec le WWF. Une « conférence de presse des animaux » se tint en mai 1984, dans le club de la presse de Vienne, avec des politiciens de tous les horizons s’étant déguisés en animaux : en cerf, en cigogne noire, en héron pourpré, en sonneur à ventre de feu, en cormoran et en coléoptère !


Est alors lancé un appel à un référendum. Deux semaines plus tard, 3000 personnes se réunissent à Hainburg, prêtant « serment » :

«Nous promettons que nous ne laisserons pas tomber jusqu’à ce que les zones humides de Hainburg soient sauvées. Nous nous engageons: dans ce pays il doit enfin y avoir d’instaurés des parcs nationaux, dans les zones humides du Danube, du March, de la Thaya et partout où il s’agit de préserver la beauté de la nature. »

Voici une photographie montrant le grand peintre Hundertwasser présent lors de la lutte à Hainburg. Sur l’affiche on lit: « la nature libre est notre liberté ».


En novembre, le nombre de signatures de soutien est de 60 000, alors que le 8 décembre 8 000 personnes manifestent à Hainburg, plusieurs centaines campant dans la zone humide. Les travaux sont alors bloqués plusieurs jours, la répression s’enclenche, au bout de plusieurs jours il y a 5 000 personnes dans la zone humide.

Le 19 décembre, l’État annonce que la zone devient interdite et envoie à 6h00 du matin 1 000 policiers et gendarmes dégager les opposants au moyen de matraques et à l’aide de chiens, dans ce qui va être appelé le « jour de la honte », faisant des dizaines de blessés. Le soir même, 40 000 personnes défilent à Vienne en protestation.



Le lendemain, les opposants présent sur la zone humide sont 7 000. Il faut avoir en tête que passer la nuit dans la zone humide signifie affronter une température de -17°C…

L’État recule alors et proclame une pause. En mars 1985, la pétition des opposants a déjà 353 000 signatures. En 1986, l’État abandonne le projet, en 1996 la zone devient une réserve naturelle.

Quant au mouvement de Hainburg, il amena la fusion des écologistes en 1986, dans « l’alternative verte » qui récolte 4.82% des voix la même année, et devint l’un des principaux partis politiques, sur une base ultra-alternative (aujourd’hui sa principale figure historique dirige la SPA autrichienne et son mari tient un restaurant vegan).

Une belle réussite, très loin dans ses principes, son contenu, sa dimension populaire, de ce qu’on voit dans les « ZAD » françaises, qui ont utilisé l’écologie pour la mise en avant d’un mode de vie « autogestionnaire » en « autonomie locale ».

L’exploitation animale à la ZAD du Testet

Ah, les bonnes vieilles années 1930, avec ses paysans qui prenaient « soin » de leurs animaux en étant « proches » de la terre, « qui elle ne ment pas » ! Faut-il qu’on soit dans une ambiance terriblement sordide pour faire face à une telle idéologie !

C’est donc incroyable : même en 2014, on ne se refait pas, on en revient aux « fondamentaux » du pire de ce qu’a produit la France. Le culte du petit lopin de terre travaillé par une figure « authentique », en rapport « métaphysique » avec « ses bêtes », vivant en « autonomie » par rapport au monde moderne…

Non sérieusement, est-ce si difficile de comprendre que c’est un trip facho, classiquement facho, authentiquement facho ? Prôner la « traction animale », en 2014, cela peut être quoi d’autre que du pétainisme ?

Voici un petit compte-rendu ô combien révélateur fourni par les gens de la Zad du Testet (voir également à ce sujet De Femina à la ZAD du Testet, un même rapport aux animaux), racontant comment il est « festoyé » autour d’une omelette…

 » Sème ta ZAD: au jardin, la résistance prend racine

Toute la semaine, nous avons œuvré de manière conviviale – en esquivant les gouttes de pluie – pour ramener la beauté et la vie sur la ZAD. Chaque jour, une quinzaine de sympathisants, paysans, jardiniers amateurs, curieux, étudiants etc. ont échangé et expérimenté autour des pratiques biologiques au jardin potager, au verger, autour d’une parcelle de blés anciens en agroforesterie et au poulailler.

Nous avons travaillé sans pétrole au potager et semé des fèves, des pois, de l’ail, des oignons et même tenté… de planter des bulbes de safran déjà germés. Une butte de permaculture a été créée, ainsi qu’une mini-serre.

Pour la Sainte-Catherine au verger, « tout bois a pris racine » et nous avons planté des pruniers à cochon, pommiers, pêchers, pêchers de vigne, noisetiers, sureaux, figuiers, cerisiers locaux etc. Les arbres ont été donnés par des sympathisants de la lutte ou troqués via le Système d’Echange Local Libertaire de la forêt de Grésigne.
Le poulailler a été agrandi et amélioré pour accueillir dix nouvelles pensionnaires, depuis le coq parade de plus belle et nous avons festoyé autour de la première omelette.

Dans une démarche d’autonomie, nous avons voulu semer du blé pour alimenter le four à pain de la ZAD. Des paysans du coin ont fait don de semences de variétés « paysannes » et après un travail du sol au tracteur, nous avons semé le blé à la volée, de manière traditionnelle, avant qu’il soit enfoui en traction animale par deux jeunes vaches gasconnes.

Nous avons aussi semé au jardin des blés issus de la collection de l’association Pétanielle qui travaille à la conservation de blés anciens. Plus que jamais, nous avons mis en pratique nos convictions en vue de nous réapproprier les savoir-faire paysans dans une démarche d’autonomie et de tissage de liens à l’échelle du territoire. Et cela ne fait que commencer!

Bientôt sera lancée une coopérative d’entraide paysanne…
ZAD partout!!! « 

Familles d’accueil recherchées à Niort

C’est une info de France 3 région, concernant Niort: on a besoin de familles d’accueil!

Niort : des animaux en famille d’accueil

Etre famille d’accueil (FA) pour animaux, c’est un peu comme être famille d’accueil pour les enfants. On recueille un animal (un chien, un chat, un rongeur) qui a eu une vie difficile, qui a été abandonné, et qui cherche un nouveau foyer.

Pour devenir famille d’accueil, il faut se rapprocher d’une association de protection des animaux. Les refuges également préfèrent confier certains des animaux recueillis en famille d’accueil : les plus âgés ou malades, par exemple, qui ne supporteront pas de vivre en refuge.

Quelles responsabilités pour la famille d’accueil ?

Etre famille d’accueil pour animaux est un acte purement bénévole, il faut donner de son temps… et parfois de son argent. Si la plupart des associations s’engagent à couvrir les frais de vétérinaire et de nourriture, il arrive parfois que la famille d’accueil paye la nourriture du chien.

Dans l’exemple de Niort, la ville s’engage à fournir l’alimentation nécessaire, à prendre en charge les frais de vétérinaire.

Pour se porter candidat, il suffit de contacter la conseillère municipale déléguée à l’animal dans la ville et au refuge pour animaux.

Le braconnage des animaux par des émirs du Golfe dans le Sahara algérien

L’Algérie est un pays où les choses sont compliquées: depuis l’indépendance l’armée chapeaute la société brutalement, une grande partie de la population a moins de 20 ans et connaît le chômage, et on sait que le président, très âgé, est maintenu au pouvoir afin de garantir une certaine « stabilité »…

Pourtant, de plus en plus, on entend parler de la question écologiste, et cela est quelque chose de très positif, qui peut changer tellement de choses!

Voici par exemple un extrait d’un article de TSA-Tout sur l’Algérie, sur le braconnage qui existe depuis longtemps dans le Sahara Algérien et qui affronte désormais une contestation.

Les personnes parlant l’arabe peuvent aller voir le facebook de NatureAlgérie, qui documente d’ailleurs cela avec de nombreuses photos.

C’est une preuve de plus – s’il en fallait – que l’humanité doit prendre conscience de manière universelle de son rapport avec la Nature – et la destruction doit cesser – maintenant!

Des photos et des vidéos montrant des émirs du Golfe en train de pratiquer le braconnage dans le Sahara algérien, suscitent la colère et l’indignation sur les réseaux sociaux. Les internautes demandent aux autorités concernées de mettre fin à ce « massacre ».

Des pétitions pour dire « stop au braconnage »

Une pétition nommée « STOP au braconnage pratiqué par les émirs du Golfe dans le Sahara » a été signée, jusque-là, par 5 940 personnes.

La pétition est adressée au président de la République. « Monsieur le président, nous citoyens algériens et citoyens du monde, aimerions vous informer du massacre d’espèces animales (gazelles, outardes, fennecs…) protégées par les lois algériennes et internationales », lit-on sur la pétition.

Les signataires demandent au président « d’agir comme il se doit pour mettre fin à ces crimes commis par des individus qui bénéficient du support et de la complaisance des pouvoirs publics pour accomplir leurs forfaits !! ».

Une autre pétition « Arrêtez le braconnage des émirs dans le Sud algérien » , signée par 6 364 personnes rappelle que « la loi algérienne protège en tout 73 espèces, dont l’outarde et la gazelle. L’outarde est protégée par des conventions internationales et en Algérie par un décret d’août 1983 renforcé par un arrêté de janvier 1995 ».

« Des pratiques inhumaines »

Les internautes sont choqués et horrifiés de voir les images diffusées sur les réseaux sociaux montrant les émirs exhibant fièrement leurs proies. Certaines photos et vidéos sont difficiles à authentifier.

« C’est trop triste, comment pouvons-nous laisser ces brutes massacrer de si belles bêtes », écrit Mouna sur Facebook. « C’est horrible. Comment peuvent-ils faire ça à de pauvres bêtes ? », S’indigne Akram, sur le même réseau social.

« Vous devriez savoir que chez eux, tuer même accidentellement ou maltraiter un animal de la sorte est passible de prison suivi d’une sévère amende (ne s’applique qu’aux étrangers) », note Saïda. Inès considère que c’est « inhumain ».

« Meurtriers », lance Belkacem sur Facebook. Adel Lebza, écrit, sur le même réseau social : « Ils nous interdisent de rentrer chez eux et se permettent de venir exterminer nos animaux ! »

L’État algérien pointé du doigt !

Plusieurs internautes pointent du doigt le laxisme des autorités algériennes. « Il faut savoir que ce sont nos responsables qui leur donnent la bénédiction ! », clame Ayoub, sur Facebook. Souad, juge que l’État est « complice ».

« Ces images sont affreuses, notre patrimoine est devenu le jouet des émirs du Golfe avec la complicité de l’État », dénonce-t-elle. « Où sont les ministères de l’Environnement, de la Justice, de l’Agriculture, du Tourisme… », note sur sa page Facebook, l’Association de protection des consommateurs (Apoce) qui demande l’ouverture d’une enquête.

Morality dictates / Situation Degenerates (Earth crisis)

Voici les paroles de deux chansons se suivant sur l’album d’Earth Crisis intitulé « Gomorrah’s Season Ends », sorti en 1996. On ne peut qu’être, comme toujours, profondément marqué par leur exigence, leur authenticité, leur caractère juste.

Être vegan straight edge, c’est un point de départ essentiel dans sa vie, pour la vie!

Morality dictates (La moralité dicte)

Crowded against one another, or penned into an artifical environment.
Unbearable loneliness, separated from their fellow creatures contact.
Entassé les uns contre les autres, ou parqués dans un environnement artificiel.
Solitude insupportable, séparés du contact des créatures qui sont leurs congénères.

Individual innocent beings, each cow, sheep, pig, goat or chicken.
Viewed as a product to processed. Raised only to be slaughtered and consumed.
Des êtres innocents individuels, chaque vache, mouton, porc, chèvre ou poulet.
Considéré comme un produit à traiter. Élevé seulement pour être abattu et consommé.

Murdered victims enshrouded with false names that deny their suffering.
Beef, mutton, pork and poultry.
Victimes assassinées enveloppées avec de faux noms qui nient leur souffrance.
Boeuf, mouton, porc et volaille.

Creatures torn and butchered only for the pettiness of the flavour of their decaying flesh.
The carnage of the slaughterhouse is all completely unnecessary for sustenance of techonologically advanced mankind.
Des créatures déchirées et massacrées uniquement pour la mesquinerie de la saveur de leur chair en décomposition.
Le carnage de l’abattoir est tout à fait inutile pour la subsistance de l’humanité technologiquement avancée.

Constantly brainwashed from the beginning to believe the opposite of this truth.
The brutality is inacceptable. I strive to end the exploitation.
Dès le départ subissant constamment le lavage de cerveau pour croire le contraire de cette vérité.
La brutalité est inacceptable. Je m’efforce de mettre fin à l’exploitation.

Morality dictates. Morality dictates. Morality dictates. Morality dictates that I live vegan.
La morale dicte. La morale dicte. La morale dicte. La morale dicte que je vive vegan.


(La chanson est à 22:24)

Situation Degenerates (La situation dégénère)

The situation degenerates. Again alcohol hits the bloodstream.
Overwhelmed by the desire to feed the
desire. Inebriation numbs the brain. Nothing changes, nothing improves.
La situation dégénère. Encore une fois l’alcool frappe le cours du sang.
Accablé par le désir de nourrir le désir.
L’ivresse engourdit le cerveau. Rien ne change, rien ne s’améliore.

Empty bottles and empty days.
The captive is pulled deeper into an aimless maze.
Wasted time passes as the walls of the vice close in.
Des bouteilles vides et des jours vides.
Le captif est tiré plus profondément dans un labyrinthe sans but.
Le temps perdu passe alors que les murs du vice se rapprochent.

Dying internal organs no longer fuction.
Judgement impaired, direction lost.
Trapped in a repeating process.
Wasted time passes as the walls of the vice close in.
Des organes internes mourant ne fonctionnent plus.
Le jugement altéré, la direction perdue.
Piégé dans un processus répétitif.
Le temps perdu passe alors que les murs du vice se rapprochent.

Dying internal organs no longer fuction.
Judgement impaired, direction lost.
Trapped in a repeating process.
The painkiller takes a life. The painkiller takes a life.
The painkiller takes a life. The painkiller takes a life.
Des organes internes mourant ne fonctionnent plus.
Le jugement altéré, la direction perdue.
Piégé dans un processus répétitif.
L’analgésique prend une vie. L’analgésique prend une vie.
L’analgésique prend une vie. L’analgésique prend une vie.

Des animaux et des pharaons: expo au Louvre-Lens

« Des animaux et des pharaons. Le règne animal dans l’Egypte ancienne« : tel est le nom d’une exposition (temporaire) qui se tient à partir d’aujourd’hui et jusqu’à début mars 2015, au musée du Louvre-Lens. 430 oeuvres y sont présentées, et si évidemment on peut deviner que la présentation sera très éloignée de la démarche de la libération animale, elle n’en sera certainement pas moins fascinante, et utile pour comprendre notre rapport avec les animaux, tout au moins avec certains animaux en particulier.

Ainsi, le chat est devenu un animal très proche de la société humaine; on sait qu’il y a eu une sorte de partenariat entre les êtres humains voulant protéger leur récolte et le chat qui est devenu un allié objectif pour cela.

« En Égypte, la faune paraît omniprésente à celui qui découvre la civilisation pharaonique. Mais ce ne sont pas tant les défilés d’animaux visibles dans les mastabas et destinés à devenir nourriture pour le défunt qui ont pu surprendre, que les millions de momies animales occupant des nécropoles réparties dans tout le pays ou les figurations hybrides, mi-hommes, mi- bêtes des divinités du panthéon égyptien.

Ce phénomène était déjà, dès l’Antiquité, un motif d’étude. Après Hérodote, qui, le premier, décrivit son étonnement, Diodore de Sicile put écrire : « À propos des animaux sacrés en Égypte, ce qui a lieu paraît à beaucoup à juste titre extraordinaire et mériter une enquête. En effet, les Égyptiens vénèrent extrêmement quelques animaux, non pas seulement quand ils vivent mais quand ils sont morts aussi, tels les chats, les ichneumons, et les chiens, et encore les faucons et les animaux appelés chez eux ibis, et aussi les loups, les crocodiles et bien d’autres encore du même genre… » (Livre 1, 83, 1). (Alain Charron, Les animaux et le sacré dans l’Egypte tardive, fonctions et signification)

« Après un court chapitre sur la médecine locale, exclusivement attachée à des recettes traditionnelles dont il est interdit de s’écarter, notre auteur consacre plusieurs chapitres à un trait frappant des mœurs égyptiennes, le respect des animaux sacrés, dont Hérodote avait lui aussi parlé longuement.

C’est l’occasion pour Diodore de rapporter un incident dont il fut témoin pendant son séjour dans le pays : un Romain qui avait involontairement tué un chat fut lynché par la populace sans que ni l’autorité du roi lagide, ni la crainte des armes romaines aient pu le sauver. Les renseignements que l’historien nous donne sur la zoolâtrie, objectifs et bien classés, sont d’un vif intérêt pour l’étude de la religion égyptienne, et les réflexions auxquelles il se livre sur l’origine de ces cultes et sur leur diversité à travers les provinces témoignent d’un esprit curieux et avisé. » (L’Égypte d’après Diodore de Sicile)

« Dans l’ancienne Egypte, le chat se nommait maaou ; et ta-maaou, la chatte, était un nom fréquemment porté par les femmes. Les Égyptiens habitant l’Italie voulurent sans doute conserver cet usage et traduisirent en latin la dénomination égyptienne.

Bien qu’aucun texte n’en fasse mention, nous pouvons, je crois, affirmer que la déesse Bast avait aussi un sanctuaire à Pompei, et le plus ancien, vraisemblablement, de tous ceux qu’on lui connaît en Europe. D’après un critique allemand, l’Isium primitif de Pompei remonterait au deuxième siècle avant notre ère; détruit en 63 par un tremblement de terre, les Égyptiens le reconstruisirent; mais, étant fort traditionalistes, ils ne changèrent rien à la forme extérieure du culte, et tout fut rétabli comme par le passé.

Or une peinture du Musée de Naples, provenant de l’Isium de Pompei, nous fait assister à une cérémonie religieuse en l’honneur de Bast. Cette composition, moins importante que celles d’Herculanum décrites plus haut, se réduit à un personnage unique, mais elle offre un élément d’un intérêt exceptionnel, qu’on chercherait vainement ailleurs.

La tête rasée et accotée de deux plumes, un prêtre égyptien, vêtu d’une blanche tunique de lin à franges, chante un hymne écrit sur un rouleau de papyrus à moitié déroulé. Il est debout, face au spectateur, devant un haut piédestal en forme de stèle avec trois marches à sa base, et sur lequel se trouve un chat passant à droite (fig. 2).

Non une statue à tête de chat, mais bien un chat à quatre pattes.

Dans cette image, la tête est surmontée de Yatew, ornement symbolique, placé d’habitude sur le chef des divinités égyptiennes, pour en marquer le caractère sacré. Nous ajouterons qu’ici cet atew est figuré par une interprétation défectueuse du signe meh, emblème de la basse Egypte. Notre quadrupède, qui alors serait une chatte, représente donc, à n’en pouvoir douter, la déesse Bast dans sa forme primitive. » (Le culte de la déesse Bast dans l’Italie méridionale et particulièrement à Pompéi)

« Dieu, cet asile de l’ignorance »

« Les hommes supposent communément que toutes les choses de la nature agissent, comme eux-mêmes, en vue d’une fin.

Si, par exemple, une pierre est tombée d’un toit sur la tête de quelqu’un et l’a tué, ils démontreront de la manière suivante que la pierre est tombée pour tuer cet homme.

Si elle n’est pas tombée à cette fin par la volonté de Dieu, comment tant de circonstances (et en effet il y en a souvent un grand concours) ont-elles pu se trouver par chance réunies ? Peut-être direz-vous cela est arrivé parce que le vent soufflait et que l’homme passait par là.

Mais, insisteront-ils, pourquoi le vent soufflait-il à ce moment ? pourquoi l’homme passait-il par là à ce même instant ?

Si vous répondez alors : le vent s’est levé parce que la mer, le jour avant, par un temps encore calme, avait commencé à s’agiter ; l’homme avait été invité par un ami ; ils insisteront de nouveau, car ils n’en finissent pas de poser des questions : pourquoi la mer était-elle agitée ? pourquoi l’homme a-t-il été invité pour tel moment ? et ils continueront ainsi de vous interroger sans relâche sur les causes des événements, jusqu’à de que vous vous soyez réfugié dans la volonté de Dieu, cet asile de l’ignorance.

De même, quand ils voient la structure du corps humain, ils sont frappés d’un étonnement imbécile et, de ce qu’ils ignorent les causes d’un si bel arrangement, concluent qu’il n’est point formé mécaniquement, mais par un art divin ou surnaturel, et en telle façon qu’aucune partie ne nuise à l’autre.

Et ainsi arrive-t-il que quiconque cherche les vraies causes des prodiges et s’applique à connaître en savant les choses de la nature, au lieu de s’en émerveiller comme un sot, est souvent tenu pour hérétique et impie et proclamé tel par ceux que le vulgaire adore comme des interprètes de la Nature et des Dieux.

Ils savent bien que détruire l’ignorance, c’est détruire l’étonnement imbécile, c’est-à-dire leur unique moyen de raisonner et de sauvegarder leur autorité. » (Spinoza, L’éthique)

Pour mieux connaître le gui dans la région Nord-Pas-de-Calais

Voici un nouvel exemple de quelque chose d’utile et de local, qui est précisément ce qu’il faut faire pour transformer l’opinion publique.

On a besoin d’un journalisme local, avec des billets et articles parlant de la Nature, faisant apprendre des choses, développant la sensibilité, permettant de ne pas se comporter comme un sorte de « colon » occupant un territoire face à la Nature.

Pour mieux connaître le gui dans la région

Après un été qui paraissait sans  fin, l’automne s’installe depuis quelques semaines. Les températures sont encore assez hautes pour la saison, mais il y a des signes qui ne trompent pas : les champignons se montrent, les oiseaux sédentaires cherchent un abri et, bien sur, les feuilles rousses tombent des arbres. Ce phénomène naturel qui touche les arbres à feuilles caduques fait apparaître le gui.

Le gui est une plante que l’on trouve de manière exceptionnelle sur le chêne, l’aubépine et le hêtre, mais principalement dans les vieux pommiers et les peupliers. Le gui est une plante qui ne s’enracine pas dans le sol.

Une fois la graine germée, la jeune pousse s’accroche à la branche de l’arbre hôte grâce à un organe spécial. Au fur et à mesure que son hôte grandit, le pied du gui pénètre plus profondément dans l’arbre, grâce auquel elle s’épanouit.

Comme tous les être vivants, le gui est dépendant de son milieu. La particularité du gui est que sa vie dépend de la présence d’arbres susceptibles de l’accueillir et sur lequel il pourra prélever de l’eau et des sels minéraux.

Mais ce n’est pas tout, car pour que l’espèce se répande, le gui a besoin d’animaux. Il est indispensable que des fauvettes à tête noire ou des grives mangent ses fruits. Ces oiseaux ne digèrent pas complètement le fruit, laissant intacte la graine qui une fois rejetée par l’animal peut germer sur son hôte, parfois loin du gui qui a donné le fruit…

Le gui est fréquent dans l’Avesnois et le Boulonnais. Faute de données précises, les scientifiques ignorent pourquoi le gui est quasiment absent des autres secteurs du Nord-Pas de Calais.

Afin de réaliser un recensement précis, la Région et le Conservatoire Botanique National de Bailleul lancent le programme intitulé «Gui est là».

Observer le gui pour mieux le connaître, c’est aussi évaluer les populations d’arbres et d’oiseaux indispensables à sa vie. C’est une tâche très importante pour la défense de la Nature dans la région, dans sa beauté et sa complexité.
Toutes les informations ici

Chambaran (38): naissance d’une nouvelle zone à défendre

Une nouvelle ZAD est ouverte, aux Chambarans, en voici les documents pour en cerner l’identité, qui se profile comme à mi-chemin entre celle de Notre-Dame-des-Landes et celle du Testet.

On trouvera les infos d’actualité de la ZAD des Chambarans sur le site zadroybon.wordpress.com.

Après des semaines de mobilisations de plus en plus massives et d’actions régulières sur le chantier, une nouvelle ZAD (zone à défendre) est née dimanche 30 novembre dans les Chambarans face au projet de Center Parcs. Cette occupation a été révélée à l’issue d’une balade sur la zone forte avec plus d’un millier de personnes.

Il est possible de rejoindre cette ZAD ou de se préparer à réagir et mobiliser immédiatement si la Préfecture décidait de passer en force et d’expulser la maison nouvellement occupée sans s’embarrasser de procédures. (Pierre et vacances, promoteurs du Center parc, possèdent dans toute la France et en Europe de nombreuses structures de loisirs et chaînes d’hôtel comme Adaggio Appart Hotel.)

Samedi prochain une marche au flambeau sur site est prévue.

Ci-dessous, un communiqué sur la journée du 30 nov. 2014 :

Communiqué « La forêt de Chambaran est à tou-te-s »

Dimanche 30 novembre, nous nous sommes retrouvé-e-s à plus d’un millier de personnes à Roybon (Isère) pour nous opposer au projet de Center Parcs et nous réapproprier la forêt des Chambaran, volée par Pierre & Vacances (30 ct / m2). En traversant le site du chantier, nous avons montré que cette forêt est à tou-te-s, et nous avons constaté qu’elle est aujourd’hui détruite à toute vitesse pour un projet qui, en plus d’être inutile, se réalise sur argent public dans un déni démocratique ahurissant (cf. résultats de l’enquête publique).

Notre promenade s’est achevée à la maison forestière de « la Marquise », propriété abandonnée de l’ONF, que nous occupons massivement à partir d’aujourd’hui et jusqu’à l’abandon définitif du projet de Center Parcs.

Cette maison nous servira de base arrière pour organiser notre lutte pour une forêt sans Center Parcs. Cette lutte est la sœur d’autres mobilisations et l’occasion de montrer que d’autres mondes sont possibles et existent déjà.

Nous appelons toutes celles et ceux qui le souhaitent à nous rejoindre : pour une nuit ou pour la vie, une lutte sur place ou à emporter, chacun selon ses moyens.

Ce n’est que le début.

ZAD partout !

Pierre, les vacances sont finies !

Un manifeste d’opposant-e-s publié il y a déjà quelques années et toujours d’actualité:

Nous nous opposons au projet de Center Parcs dans les Chambarans

Parce que nous refusons non seulement la destruction d’une zone humide, le ravage de l’environnement et de sa biodiversité, la mise en danger d’une nappe phréatique et le gaspillage d’eau et d’énergie, mais aussi …

Parce que nous refusons de voir les territoires continuellement transformés et détruits par cette fuite en avant imposée par les besoins de la société marchande. Parce que nous refusons d’être condamnés à déambuler de clôtures en barbelés.

Parce que nous refusons l’idée même de ces parcs à nature aseptisée où se joue une représentation caricaturale et folklorisée de vie que le touriste est venu consommer.

Parce que les forêts n’ont pas à être livrées au tourisme de masse ou même à l’écotourisme, dans le seul intérêt de faire tourner la société industrielle.

Parce que la liberté, la gratuité, la flânerie sont des valeurs que nous considérons comme fondamentales.

Parce que nous refusons les loisirs marchands imposés par une légion de communicants.

Parce que les forêts ont aussi été des espaces de vie, de subsistance, de retraite ou des refuges pour les en-dehors et les «indésirables».

La destruction méthodique de ces espaces en dit long sur l’esprit et les perspectives totalitaires de nos décideurs.

Parce que nous refusons que la notion d’espace sauvage ne soit plus qu’un vague souvenir dont seuls des écrits préservés dans nos bibliothèques permettraient de garder la mémoire.

Parce que tout lieu de vie non encore détruit et pollué par l’industrie et le commerce doit être défendu avec détermination.

Parce que le tourisme présenté comme un remplaçant écologique des usines délocalisées, induit autant de nuisances et de misère que ces dernières. Parce qu’aucune promesse d’emploi ne pourra jamais justifier la privatisation, l’aliénation et les destructions irréversibles de nos territoires.

Parce que le «sauvetage» des villages par la création d’emplois et de richesses est un leurre et un mensonge. Pierre & Vacances et ses amis politiques alliés et serviteurs s’unissent dans ce consensus du partenariat public-privé qui ne profite qu’à eux et à cette idéologie de la croissance capitaliste ravageuse qu’ils défendent ensemble.

Pour toutes ces raisons, nous continuons à lutter contre ce projet et nous vous invitons à le combattre et à prendre en main votre territoire et votre avenir.

Les Chambarans doivent rester ce qu’ils ont été durant toute leur histoire: une simple forêt !

« Je me rends compte à quel point les drogues m’ont démonté »

Voici un très intéressant article (des Inrocks) sur Pete Doherty, avec de nombreuses citations de lui au sujet des drogues, tiré d’une longue explication qu’il a faite dans un article (en anglais) pour The Independent.

C’est un article d’importance, parce que Pete Doherty, chanteur des Libertines et des Babyshambles, a été présenté pendant de nombreuses années comme le dandy type, accro aux drogues, artiste tourmenté mais créatif grâce aux paradis artificiels.

Il a désormais un regard critique et lucide sur cela, alors qu’il lutte pour décrocher (et l’on sait à quel point c’est difficile). S’il y parvient, il compte aider d’autres à faire de même.

Le titre de son article est justement : « A quiconque luttant contre son addiction, tiens bon – pour plus de dix ans j’ai été impuissant, mais il y a une porte de sortie ».

Pete Doherty raconte son passé de drogué

Ce n’est un secret pour personne: Pete Doherty consomme de l’héroïne depuis des années. Alors qu’il suit actuellement une rehab’ en Thaïlande, le chanteur des Libertines et des Babyshambles a accepté de retracer son passé de drogué au journal britannique The Independent.

Tout commence à l’âge de seize ans lorsqu’on lui offre un joint. “C’était du cannabis et ça m’a rendu un peu malade. A 17 ou 18 ans, j’ai déménagé à Londres. J’étais comme un lévrier hors de sa niche, projeté dans ce merveilleux et mystérieux monde des drogues”. Très vite, Doherty commence à fantasmer sur l’opium.

“A mes yeux, ce n’était pas une drogue sale de la rue, c’était une potion magique au sujet de laquelle on avait écrit. C’était Kubla Khan, Thomas DeQuincy [LTD: auteur des Confessions d’un mangeur d’opium], Oscar Wilde. C’était un aspect de leur monde qui m’attirait, le monde imaginaire des opiacés.”

Il en prend pour la première fois à l’âge de 22 ans. Mais il s’agit en réalité d’héroïne. “Je l’ai mise dans un joint et je l’ai fumée. Je me suis couché en espérant avoir tous ces rêves incroyables”. Si, au départ, l’Anglais est plus penché sur l’alcool que sur la drogue, la signature des Libertines sur un label va changer la donner:

“On a soudain eu des tonnes d’argent. Je me suis dit “ok, dorénavant je vais faire tout ce que j’ai toujours voulu faire”. Donc je me suis acheté un scooter et un appart. C’était la première fois que je ne créchais pas par terre chez des gens.

Je me souviens qu’après avoir signé pour notre premier album, on m’a offert une ligne de coke. J’ai rapidement commencé à me défoncer en fumant du crack. Carl [Barât, ndlr] n’aimait pas ça. Il ne supportait pas le crack ou l’héroïne, et il n’aimait pas les gens avec qui je traînais. Donc on s’est séparés.”

Très vite, la drogue lui fait vivre des “heures sombres“:

“Je prenais ma guitare et j’écrivais un morceau et je me disais que ouais, ça résolvait mes problèmes, personne ne pouvait rien me dire. Mais ça a cessé de fonctionner. Donner des concerts est devenu un cauchemar, et tous mes morceaux étaient si sombres, comment étais-je supposé les jouer si je n’étais pas défoncé? C’est là que j’ai su que j’avais besoin d’aide. Je suis allé aussi loin que je le pouvais.

La prochaine étape, si je ne me faisais pas aider, c’était de me suicider. J’en étais arrivé là. Quand tous les gens qui t’entourent, comme ta famille et une grande partie du monde, te disent que c’est de ta faute, te disent de te reprendre, de te faire couper les cheveux, etc… C’est plutôt dur d’envisager l’addiction comme une drogue”.

Quand il se penche aujourd’hui sur ces années d’addiction, Doherty explique saisir, enfin, à quel point il était “accro physiquement et mentalement“.

“Mais j’avais toujours cette impression ridicule que mon usage était “innocent”. Oui, j’étais allé en prison mais je n’étais pas arrêté tous les jours dans la rue en possession de drogues, donc je pensais que ça allait” confie-t-il, “Aujourd’hui, plus de dix ans plus tard, je me rends compte à quel point les drogues m’ont démonté.”

Doherty est donc actuellement en cure de désintoxication en Thaïlande, la première dit-il qu’il a décidée de suivre de lui-même et non contraint par son entourage. Il assure:

“Je crois que ma créativité va s’épanouir lorsque je serai clean. Il y a tellement de chansons que j’ai commencées et que je n’ai jamais finies et j’ai perdu tellement de temps avec les drogues.”

Son objectif principal une fois sorti du centre Hope où il passe ses journées: donner des concerts afin de récolter de l’argent pour aider des personnes droguées à se payer de bons traitements.

« Halte à la surpopulation – Oui à la préservation durable des ressources naturelles »

En Suisse, ce week-end, il y a eu un référendum organisé à la suite d’une campagne d’Écologie et population (Ecopop).

De quoi s’agit-il ? C’est ici assez particulier. En fait, au nom de l’écologie, Ecopop a mené campagne en faveur de ce qu’on appelle le malthusianisme, une idéologie qui considère que la source des problèmes est la surpopulation.

Ecopop demandait ainsi que la Suisse limite le solde migratoire annuel du pays à 0,2 % de la population : cela signifie que chaque année, 16 000 personnes au maximum auraient le droit de s’installer en Suisse.

A cela s’ajoute que la Suisse devrait, selon Ecopop, consacrer 10 % de ses fonds d’aides au développement au contrôle des naissance dans le tiers-monde.

Voici les arguments d’Ecopop:

La population mondiale connaît la plus forte croissance de son histoire: une menace pour la planète

De 1,6 milliard en 1900, la population mondiale a augmenté à 7 milliards aujourd’hui: elle a donc quadruplé. La capacité écologique de la planète est mise à rude épreuve, les ressources naturelles se font rares.

Les pays les plus pauvres sont le plus durement touchés

Dans les 50 pays les plus pauvres du monde, les femmes ont en moyenne 5 à 6 enfants, souvent dès l’âge de 15 ans. Un fait qui compromet la santé des mères et freine l’évolution économique et sociale de ces pays. Nombreuses sont les femmes qui aimeraient pratiquer la contraception, mais n’y ont pas accès. La pauvreté et le chômage poussent les habitants à émigrer en Europe ou aux Etats-Unis, la Suisse faisant partie des destinations les plus attrayantes.

Forte augmentation de la population en Suisse

Depuis que les dispositions régissant l’immigration de citoyens européens ont été levées en mai 2007, la croissance annuelle de la population est de 1,1% à 1,4% en Suisse. Il est possible d’en imputer près de 80% à l’immigration. Cela signifie que le nombre d’habitants augmente cinq fois plus vite environ que celui de l’Europe, un taux de croissance qui atteint des valeurs comparables à celle de nouveaux pays industrialisés comme l’Inde.

Le bétonnage de la Suisse fait surgir une nouvelle ville de la taille de Saint-Gall tous les ans. Dans 20 ans, nous nous retrouverons ainsi avec une vingtaine de Saint-Gall supplémentaires, c’est-à-dire une tous les 15 kilomètres entre Saint-Gall et Genève. Si on y ajoute l’habitat déjà existant, nous obtiendrons un couloir urbain continu dans le Mittelland. Densifier la construction peut, dans une certaine mesure, remédier à cette situation: cependant, c’est une façon de lutter contre les symptômes qui engendre de nouveaux problèmes.

Dégradation de la nature et de l’infrastructure en Suisse

Bouchons sur les routes, trains bondés, loyers en hausse, terres agricoles construites, disparition des espèces: la pression démographique réduit la qualité de vie et évince la nature.

Les limites d’immigration exigées sont compatibles avec celles de l’UE

En moyenne, le solde migratoire de l’UE entre 1997 et 2007 se situait à 0,26%; si on ne tient pas compte de l’Espagne, de l’Italie et de la Grande-Bretagne, il était même inférieur à 0,2%. La limite exigée de 0,2% est donc compatible avec celle de l’UE, l’immigration nette resterait plus élevée en Suisse que dans la plupart des pays européens.

Économiquement tolérable, assez de personnel qualifié

En moyenne, 1,1% de la population quitte la Suisse tous les ans. Avec une limite de 0,2% d’immigration nette, la population suisse pourrait se renouveler à raison de 1,3%. Ainsi, une proportion plus importante de personnel qualifié pourrait immigrer en Suisse que dans la plupart des pays européens.

Préparons notre avenir – consolidons les bases de notre existence!

Le planning familial volontaire dans les pays en voie de développement facilite leur évolution sanitaire, économique et sociale et ménage la nature. Limiter l’immigration en Suisse permet de conserver des terres agricoles et de laisser davantage de place à la nature et à l’homme.

Le référendum – les demandes d’Ecopop ayant été résumé sous la formule « Halte à la surpopulation – Oui à la préservation durable des ressources naturelles » – a abouti à un échec : 74 % ont voté non. 1,9 million on voté non, 671 000 oui, la participation a été d’un peu moins de 50 %.

Pourquoi ? Tout simplement, parce que les gens ont bien compris que l’idée derrière tout cela, ce n’est pas la défense de la Nature, mais simplement le souhait de faire de la Suisse une sorte de gros bunker.

La société humaine mondiale connaît de profonds déséquilibres, et ces gens voudraient que la Suisse se maintienne à l’écart… Sauf que ce n’est pas possible, ni souhaitable, et les gens n’ont pas été dupes de la manip d’Ecopop.

Les médias ont d’ailleurs largement et facilement critiqué Ecopop et ses souhaits de couper la Suisse du reste de l’Europe. Tout cela est juste une question de stratégie pour garder ses gros sous: la Suisse aura-t-elle de bons coffre-forts bien remplis en fermant ses frontières un peu, moyennement, beaucoup, pas du tout?

SI l’on regarde les choses sérieusement, cela ne signifie pas bien sûr que la question de la population humaine et de son habitat n’est pas cruciale.

Si la planète doit redevenir bleue et verte, alors cela veut dire généraliser les sanctuaires et donc priver l’humanité d’interférence avec d’importantes zones. L’Amazonie, par exemple, doit devenir un sanctuaire.

Il est évident également que le bétonnage des pays, que ce soit la France ou la Suisse, doit être stoppé, et que cela va forcément avec une organisation différente des habitations.

La conception libérale où quelqu’un achète et construit où il veut car il peut appartient au siècle précèdent. Désormais, tout doit être organisé pour être en harmonie avec la planète.

Mais il serait faux de penser que c’est la croissance démographique le problème, alors que celle-ci est une conséquence de l’organisation sociale, économique, qui présuppose un certain rapport à la Nature.

Ainsi, si la Suisse est bétonnée, ce n’est pas en raison de l’immigration, mais de l’économie qui place des gens comme bon lui semble, en fonction des profits.

Pareillement, si des gens viennent par exemple de villages du Bangladesh pour vendre des fruits dans le métro parisien, ce n’est pas en raison de la croissance démographique, mais d’une situation sociale n’obéissant qu’aux lois du profit et de la destruction de la Nature.

La base de l’émigration, de l’immigration, c’est l’urbanisation massive aux dépens de la planète, et en fonction des besoins économiques des pays riches. Les bouleversements que cela implique jettent les gens dans un mouvement de migrations planétaires.

C’est pareil pour l’organisation des routes, qui dépend des besoins des entreprises : il faut être bien naïf, ou faussement naïf, pour penser comme Ecopop que l’immigration est la cause des bouchons sur les routes et des trains bondés !

C’est une question générale de mode de vie, de rapport à la Nature, d’une attitude profondément non harmonieuse de la part de l’humanité, comme le film Koyaanisqatsi le souligne si bien.

Le rapport aux chiens en Iran

Voici un extrait d’un article de RFI, intitulé Iran : l’homme et l’animal punis au nom de la pureté. Toutes les religions sont anthropocentristes, donc ce n’est pas vraiment l’Islam qui est vraiment intéressant ici.

Ce qui marque vraiment ici, c’est comment le mode de vie urbain balaie l’ancien rapport qu’il y avait avec les animaux. Les valeurs propres à une société se modifient, car les conditions de vie ont changé.

C’est évidemment un aspect à prendre en considération si on veut en arriver à la libération animale. Chaque pays a son évolution, et même certaines régions ont leur particularité, comme avec les combats organisés de coqs dans le Nord, ou la corrida dans le sud.

Il y a cependant également un autre aspect qui compte beaucoup. Les obscurantistes ont dans leur viseur ceux qui ont ouvertement modifié leur rapport aux animaux. C’est très important.

Car en France, on a beaucoup de gens timorés se plaignant d’être ostracisé en raison de leur végétalisme ou de leur végétarisme. Ces gens n’ont rien compris, car ce n’est pas eux la question, mais les animaux.

Ainsi, une personne défendant les pigeons sera tout autant dénoncée, voire plus, par les éléments les plus arriérés de la société. Pourquoi? Parce qu’ils remettent en cause le rapport aux animaux.

Voilà le coeur du « problème ». Il n’y a nullement une « végéphobie »: il y a en réalité une guerre à la Nature. Dans la mesure où le végétalisme, voire le végétarisme, apparaissent comme s’y opposant, ils présentent une menace.

Mais s’il se réduisent à un choix « individuel », à un simple régime alimentaire (ce qu’est le végétarisme par définition), alors cela devient de l’anecdote.

Trente-deux députés de l’Assemblée islamique ont demandé dans une proposition de loi que soient désormais punis tous ceux qui gardent chez eux des chiens ou les promènent en public.

Qu’en est-il de cette punition ? Rien de moins que 74 coups de fouets ou une amende allant de 300 à 3 000 euros assortie de la confiscation de l’animal, qui serait par la suite abandonné dans la nature.

Si dans leur proposition, les députés ont pris soin de ne réserver la flagellation qu’aux possesseurs de chiens, c’est pour ne pas reconnaître à l’animal en question un quelconque statut autre qu’un objet inapte à répondre de ses actes.

Cependant, les législateurs iraniens maîtrisent suffisamment le b.a.-ba du droit pour éviter de tels égarements.

Ils savent que si l’on peut sacrifier ou tuer un animal pour se venger ou le manger, on ne peut néanmoins pas lui imposer par exemple… la lapidation pour adultère, selon les lois en vigueur, ou la mutilation pour le vol de la nourriture, supplices cependant appliqués aux Iraniens qu’aucun mot ne peut qualifier et qu’aucun humain ne saurait tolérer de voir infliger à un animal.

Mais pourquoi le fait d’avoir un chien mérite-t-il aux yeux des législateurs iraniens de tels traitements ?

A cela la réponse des députés iraniens est sans ambages : faisant partie des animaux impurs d’après les préceptes islamiques, le chien ne peut pas coexister, non pas avec les hommes, mais parmi les musulmans qui incarnent selon la charia la communauté des purs par excellence, à la différence pratiquement de toutes les autres communautés ou de tous croyants considérés comme impurs et réduits en définitive au rang de non-humains.

C’est le cas de ceux qui, à l’instar des bahaïs ou des convertis ou encore des athées, n’ont aucun droit et dont les biens et le corps peuvent bien être confisqués et traités selon le simple désir et le libre arbitre des autorités.

Mais, une telle proposition ne fait que révéler l’inquiétude des dirigeants iraniens quant à l’évolution des mœurs d’une société urbaine, c’est-à-dire plus de 70% de la population iranienne, qui fait comprendre quotidiennement par ses manières d’être et de vivre-ensemble, y compris dans son rapport avec l’animal, qu’elle s’est bien écartée depuis belles lurettes des préceptes imaginés ou infligés par les autorités et que cet écart serait la possibilité même d’une ouverture qui dessinerait tôt ou tard la forme d’une nouvelle société.

Cette proposition de loi a provoqué la colère des amoureux des chiens qui ont réagi sur les réseaux sociaux en postant des photos avec leurs toutous préférés.

Des milliers de chamois et de mouflons abattus sans raison [Pétition]

Voici un appel lancé par le site Le bruit du vent,  qui lance des appels pour les chamois et mouflons du massif du Bargy en Haute-Savoie (lire ici une petite présentation et là une longue).

Au droit de chasser, il faut opposer le droit de vivre !

Alors que des projecteurs commencent à être pointés sur l’abattage de quelques bouquetins du massif du Bargy, chaque année, une dizaine de milliers de chamois et plusieurs milliers de mouflons sont tués par des chasseurs, dans la plus grande indifférence.

Décimer les grands herbivores des montagnes n’a aucun intérêt sanitaire, scientifique ou écologique, mais permet simplement de préserver une activité de loisirs qui fait tourner les business de l’armement, des 4×4, « des trophées de chasse », et collatéralement des pompes funèbres.

Pour s’expliquer, des chasseurs prétendent que tuer des animaux sauvages est indispensable au maintien des paysages de montagne. Sans chasse, les chamois et les mouflons proliféreraient, nous envahiraient, et dévoreraient toutes les forêts de France, à la manière de millions d’éléphants.

Curieusement, d’un autre côté, les éleveurs prétendent que faire venir des animaux domestiques sur les alpages est également indispensable au maintien des paysages de montagne, car sans moutons et sans vaches, les alpages seraient rapidement recouverts d’arbres. En résumé, sans la divine intervention humaine, la surface de la Terre serait, pour les uns, complètement désertique, pour les autres, une jungle chaotique. Quoi qu’il en soit, les deux parties semblent s’accorder sur le fait que la Nature doit son équilibre à l’Homme.

Pourtant, depuis le début de l’Anthropocène, la biodiversité ne fait que s’effondrer. Alors qu’il y a seulement 12 000 ans, aucun animal ne dépendait de l’humain, un vertébré sur deux serait aujourd’hui domestique.

Pour qu’un milieu sauvage subsiste, l’humain ne doit pas y intervenir, mais au contraire, s’y soustraire. Prétendre que les activités humaines seraient nécessaires au maintien de l’équilibre des écosystèmes n’est qu’un argument de mauvaise foi. L’arrivée des grands troupeaux domestiques et des quotas de chasse a modifié les équilibres des écosystèmes en faveur d’intérêts économiques, et à l’encontre de la biodiversité.

Dans une France qui fait vivre dix-neuf millions de bovins domestiques et soixante-cinq millions d’humains, il est insensé de nous faire croire qu’une centaine de milliers de chamois et que quelques milliers de mouflons doivent impérativement être régulés par nos soins ; et que sans la chasse, ces animaux auraient un impact catastrophique sur l’environnement.

Nous enfermons des vaches par centaines dans des usines, remplaçons les forêts par du béton, les poissons par du plastique, produisons des milliards de voitures, faisons sauter par mégarde des réacteurs nucléaires ; et ce seraient quelques frêles mangeurs d’herbe, six cent cinquante fois moins nombreux que nous, qui menaceraient nos écosystèmes ?

Il est délirant de croire que sans les chasseurs, nous devrions faire face à une invasion terrestre de chamois et de mouflons, animaux au biotope très spécifique. Chez de nombreuses espèces d’ongulés, la fécondité des femelles est dépendante de la densité de la harde ; les vagues de froid et de chaleur, les sécheresses, les avalanches, les parasites et les virus, les rapaces, les loups, les renards et autres prédateurs condamnent de nombreux herbivores.

Depuis toujours la Nature s’autorégule sans l’aide de l’Homme, mais nos civilisations s’obstinent à vouloir maîtriser la Nature dans sa globalité, et sont condamnées à échouer, car la brutalité humaine ne pourra jamais s’accorder à la subtilité des écosystèmes.

Composé, au bas mot, de milliards et de milliards et de milliards de particules interagissant entre elles, un écosystème sera toujours trop complexe pour être mis en équation. N’en déplaise à notre orgueil, la biologie et ses composantes épidémiologiques ne font que balbutier. Ainsi, dans le petit massif du Bargy, en 2013, l’Etat estimait, suite à une expertise minutieuse, le nombre de bouquetins à 300 ; l’année d’après, suite à une « opération de vide sanitaire », ces 300 individus étaient abattus, et dans le même temps, 400 bouquetins supplémentaires apparaissaient subitement, venus de nulle part, comme par magie.

Les bouquetins étant peu farouches et nettement plus faciles à observer que les autres ongulés, toutes les estimations de population d’animaux sauvages ne seraient-elles donc pas dénuées de pertinence ? Et avec elles tous les quotas de chasse, qui ne reposent que sur des spéculations d’apprentis sorciers ? La comptabilité et les raisonnements cynégétiques ne seraient-ils pas qu’une vaste faribole ? Autonome depuis des milliards d’années, la Nature n’a pas besoin de l’Homme comme gestionnaire.

Toutefois, afin de prévenir de rares et éventuelles épizooties (souvent importées des élevages domestiques intensifs : piétin, brucellose, kératoconjonctivite…), il est raisonnable d’organiser un minimum de surveillance sanitaire de la faune sauvage, mais cette vigilance ne nécessiterait-elle pas les compétences reconnues de biologistes et de vétérinaires, plutôt que les compétences aléatoires de chasseurs et les considérations intéressées de leurs fédérations ?

En France, les herbivores sauvages ne nous menacent pas, ne menacent pas nos forêts, ne menacent pas nos terres agricoles, ne représentent pas une part déterminante de notre alimentation. En dehors de contextes sanitaires particuliers, nous n’avons donc pas de véritables raisons de les abattre.

Les herbivores sauvages ne s’attaquent à aucune autre espèce animale ; l’agressivité leur est étrangère ; ils sont pacifiques, au moins autant que Gandhi, et ne méritent pas que nous leur réservions des actes de cruauté qu’ils sont incapables de commettre.

L’humain est aujourd’hui en position de force, et abuse de la faiblesse des autres formes de vie. Il est de notre devoir d’écouter nos cœurs, et de donner aux animaux que nous maltraitons gratuitement, des droits.

Les chamois et les mouflons pourraient vivre dans une relative quiétude. Les chasseurs leur imposent un quotidien fait de craintes, tirent même en plein hiver, dans la neige, lorsque les conditions de survie sont les plus difficiles, et tuent prioritairement les animaux les plus jeunes.

Ce n’est parce qu’un acte est couramment accepté qu’il est juste. L’habitude aveugle, et fait oublier la cruauté, autrefois parfois nécessaire, de certaines de nos coutumes. Au cours de son histoire, l’humain a su remettre en cause, et parfois même abolir, certaines injustices admises par l’opinion.

Aucun argument recevable ne justifie la chasse des grands herbivores emblématiques des Alpes. Afin d’élargir le champ d’application de l’éthique humaine, la loi doit donc, à l’instar du Bouquetin, protéger le Chamois et le Mouflon.

Contre la chasse aux chamois et aux mouflons, vous pouvez signer cette pétition.