En Floride…

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« La guerre du « modèle » animal »

Les responsables de l’association Antidote Europe ont publié une tribune dans Le Monde, un journal particulièrement agressif dans sa mise en valeur de la vivisection.

C’est problématique, car cela donne une image démocratique au Monde, et qui plus est les arguments utilisés, s’ils sont raisonnables, masquent la dimension idéologique et culturelle de la vivisection. Une « science » au service d’une industrie qui fait des bénéfices, de fait, ne sera jamais remise en cause dans une société au service de ces entreprises…

La guerre du « modèle » animal n’aura pas lieu !*

*Dans le titre de cet article, il y a plus qu’une allusion au titre de la pièce de Gireaudoux (La guerre de Troie n’aura pas lieu) qui cherche à déchiffrer les motivations fratricides de la future seconde guerre mondiale. L’auteur y met en relief le cynisme des politiciens (ici : scientifiques dévoués au « modèle » animal) ainsi que leur manipulation des symboles (ici : modèles animaux).

Pourquoi la guerre du « modèle » animal n’aura-t-elle pas lieu ? Simplement faute de combattants, car il n’existe pas d’espèce animale « modèle » pour une autre. Un enfant de 10 ans sait que son chien ne peut pas se croiser avec un chat. Quand il quittera le collège quelques années plus tard, il saura qu’une espèce donnée est entourée de barrières, qui se manifestent notamment par son isolement reproductif. Il saura aussi que la reproduction exige la fusion de gamètes mâles et femelles pour produire les chromosomes du descendant.

L’isolement reproductif indique que cette fusion ne peut se faire qu’entre partenaires de la même espèce et qu’elle est interdite entre partenaires d’espèces différentes. Conséquence : le patrimoine génétique d’une espèce est unique, c’est une loi fondamentale du vivant sur notre planète. Une espèce mobilise son patrimoine génétique pour réagir à un stimulus donné, tel que stress, agression physique ou chimique, maladie… Deux espèces différentes, soumises au même stimulus, vont réagir chacune avec son patrimoine génétique propre, réactions qui vont aller, selon les cas, de semblables à opposées.

On ne le saura qu’après exposition des deux espèces au même stimulus dans des conditions de laboratoire identiques. Le recours au « modèle » ne nous apprend rien quant à la réaction de l’espèce supposée « modélisée », il est donc inutile. Conclusion, aussi logique et rigoureuse que 2+2 = 4, mais encore largement ignorée de ceux pour qui logique et rigueur devraient être des impératifs : aucune espèce animale n’est un modèle biologique fiable pour une autre.

Comme dans tout débat scientifique, ceux qui sont d’un avis contraire doivent prouver le bien-fondé de leurs assertions et affirmations, autrement qu’en s’abritant derrières leurs titres et leur compassion pour les animaux, petit doigt bien mince alors qu’ils mettent en danger la santé et la vie de leurs congénères. Dans la réalité, l’expérimentateur aura en effet tôt fait de croire que la réaction de son « modèle » vaut pour l’homme, une croyance source des catastrophes sanitaires, comme le montre deux exemples simples.

La prévention d’abord, qui est confiée (dans le réglement européen REACH sur les substances chimiques notamment) aux « modèles » rongeurs, à qui on peut faire dire n’importe quoi ou son exact contraire. La souris, par exemple, « prouve » qu’un hydrocarbure testé sur la lignée C3H est fortement cancérigène, mais ne l’est que très faiblement pour la lignée C57BL/6, mais les mâles de cette dernière « prouvent » qu’une substance est fortement oestrogénique, mais qu’elle ne l’est pratiquement pas pour les mâles de la lignée CD-1. Conséquence : nous baignons dans 200 000 substances chimiques de synthèse dont nous ne savons rien quant à leurs dangers pour notre santé.

Les augures, lus dans les boyaux des « modèles » (bien choisis) par nos devins du XXIe siècle, sont favorables, mais la réalité de terrain est toute autre : en France, entre 2000 et 2009, le nombre de diabétiques de type 2 a plus que doublé, le nombre de cancers du sein et de la prostate ont été multipliés par deux et trois respectivement, les cas d’Alzheimer ont augmenté de 70 %, et le nombre de naissances d’enfants autistes est passé de 1 800 à 650 000 (données InVS, HAS, OPEPS, associations de patients).

La prévention sur « modèles » laisse à désirer… L’extrapolation de ces données sur les décennies à venir, si personne n’écarte ces devins, montre que, quand nos enfants nés depuis 2000 seront dans la force de l’âge, 1 sur 3 serait diabétique, 1 sur 4 souffrirait d’Alzheimer, tous les hommes seraient concernés par le cancer de la prostate et 1 femme sur 3 par le cancer du sein, 1 naissance sur 3 serait autiste et l’infertilité masculine serait totale. Le Meilleur des mondes…

Où sont les progrès de la recherche biomédicale effectuée sur « modèles » ? Aucune thérapie pour guérir, même simplement stabiliser, les maladies ou désordres ci-dessus. Depuis un siècle, les dizaines de milliers de travaux sur « modèles » (de la souris au singe en passant par les lémuriens) n’ont donné aucun résultat, pas de guérison du Sida, bien que des milliers de chimpanzés, infectés par le VIH lors d’essais, donc contagieux, croupissent dans des « sanctuaires » à la charge du contribuable. Ces fausses pistes ont accaparé crédits et temps de chercheurs au détriment de la vraie biomédecine humaine.

On n’échappera à cette course à l’abîme du Titanic sanitaire qu’en renonçant aux « modèles ». Notre seul vrai modèle, c’est l’homme. On dispose aujourd’hui de cultures de cellules humaines, en particulier des cellules pluripotentes induites (iPS), prélevées sur des personnes d’âge, de sexe, d’ethnie donnés, sur des organes malades, etc. On peut exposer ces cellules à des candidats médicaments ou à des substances chimiques à tester, et observer dans le détail les dérégulations intervenues dans l’expression des gènes de ces cellules.

Les méthodes de « génomique » (pharmacogénomique, toxicogénomique), « protéomique », « métabolomique »… sont déjà très largement utilisées à l’étranger à cette fin. On commence à tester des substances sur des « mini-organes » (cerveau, foie…) issus d’iPS.

On dispose aussi de méthodes d’édition et d’ingénierie génomiques précises (CRISPR/Cas9), capables d’activer ou d’éditer (suppléer, modifier, remplacer ou supprimer) à volonté n’importe quel gène, notamment des gènes défaillants sources de maladies. Selon Edmund Beecher Wilson (1856-1939), toute maladie démarre au niveau des cellules, c’est à ce niveau que l’on doit commencer l’étude biomédicale, avant de l’étendre aux tissus et organes, jusqu’aux aux essais cliniques pour les médicaments. Le prix Nobel Sidney Brenner préconise judicieusement l’étude de maladies « de la paillasse au lit du patient », donc sans passer par l’animalerie.

Les chercheurs de nos établissements publics de recherche ont certainement les moyens intellectuels pour mettre en œuvre cette biologie du XXIe siècle et pour participer à l’exploration des immenses champs d’investigation qu’elle a ouverts. Mais les faibles moyens donnés à la recherche biologique en général et à la biomédecine en particulier sont très largement insuffisants à cette fin, d’autant qu’ils sont majoritairement consacrés aux « modèles animaux », qu’il serait temps de ranger sur les étagères des musées des sciences…

Claude Reiss, ex-DR CNRS et président d’Antidote Europe

André Ménache, vétérinaire etDirecteur d’Antidote Europe

Shell reconnaît le réchauffement climatique

C’est une information assez particulière. Les assemblées générales, tant de Shell que de BP, ont décidé que ces entreprises devaient assumer le réchauffement climatique. A la fin du mois, la question sera posée pareillement par les assemblées générales de Chevron et d’Exxon.

Un journal anglais, le Guardian, a révélé que dans un document interne de Shell, son PDG Ben van Beurden expliquait même ouvertement que :

« Tous les scénarios que l’on a étudié ne permettent pas aujourd’hui de limiter la hausse de température à 2 degrés – avec un calcul de 450 particules par million (ppm) de CO2 (gaz carbonique). Nous ne voyons pas les gouvernements prendre les mesures nécessaires dans ce sens pour le moment. »

Cela n’empêche pas la société en question de jouer de tout son poids pour empêcher que soit prise toute décision contraignante. Voici ce que dit à ce sujet le Guardian, repris par Courrier International :

« Les objectifs énergétiques adoptés par l’Union européenne (UE) en octobre 2014 vous ont paru manquer d’ambition ?

C’est normal. Ils ont été dictés par l’une des majors du secteur pétrolier : Shell.

Ses lobbyistes ont murmuré à l’oreille du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, pour exclure tout autre objectif contraignant en dehors des 27 % d’énergies renouvelables (ENR) à l’horizon 2030.

L’Europe vise donc désormais 40 % de réduction de ses émissions pour 2030 par rapport aux niveaux de 1990, sans avoir fixé les moyens d’y parvenir et sans objectifs par État, un point particulièrement contesté par le Royaume-Uni lors des discussions, rappelle le quotidien britannique.

[Celui-ci] s’est procuré plusieurs documents qui démontrent que certains points clés de l’accord figuraient dans des propositions des lobbyistes de Shell dès octobre 2011. Ces derniers auraient convaincu Barroso d’abandonner la formule préexistante, qui liait les objectifs à des lois contraignantes sur l’énergie.

Le principal argument des lobbyistes ? Une transition énergétique vers le gaz naturel (moins émetteur que le charbon ou le pétrole) permettrait à l’Europe des économies de 500 milliards d’euros par rapport à un tournant vers les énergies renouvelables. »

Dans la perspective mentionnée dans ces dernières lignes, Shell compte acheter BG Group, qui s’occupe d’explorer la recherche de gaz naturel et de la production de celui-ci.

Le président américain Barack Obama vient également d’autoriser les forages dans l’Arctique…Alors qu’en même temps, le Bureau américain de gestion de l’énergie provenant des océans, qui a donné son feu vert, reconnaît qu’il y avait 75 % de « chance » pour que se déroule une marée noire dans les 77 prochaines années !

Les forages exploratoires commenceront dès cet été dans les eaux proches de l’Alaska, les réserves étant estimées à 30 milliards de barils de brut… Et la banquise, mesurée à la fin de l’été, a déjà diminué de 45% depuis 1979, permettant l’accès à sans doute 30% des réserves mondiales de gaz et à 13% de celles de pétrole.

Non loin, au Canada, on a d’ailleurs l’Alberta, avec ses « fameux » sables bitumineux de l’Athabasca, dont les réserves sont de 1 800 milliards de barils, autant que le pétrole mondial actuel, mais avec pour l’instant seulement 10 % de potentiellement récupérables, 100 000 personnes s’affairant pour produire pas moins de 1,9 million de barils par jour en moyenne !

Beaucoup de Co2 est produit, parce qu’il faut chauffer les dépôts de sable afin de provoquer l’écoulement du bitume. Afin d’éviter cela, la société japonaise Toshiba travaille pour que soient installés là-bas, d’ici quelques années, des… mini réacteurs nucléaires pour aider à la production.

Cela n’empêchera pas toutefois la contamination de l’air et des sols, la production de boues toxiques… Tout va de mal en pis ! Pas pour les entreprises en tout cas : Shell, par exemple, c’est un chiffre d’affaire de pas moins de 459,6 milliards de dollars par an…

Concluons sur les derniers chiffres du réchauffement climatique. Voici la tendance pour ces dernières années, le point rouge indiquant la position en avril 2015.

Voici un autre graphique, se basant sur les prises dans les glaces et montrant l’évolution sur des milliers d’années, le point 0 étant l’année 1950.


Les faits sont les faits: l’anthropocentrisme a fait faillite. Seule la reconnaissance de la planète Terre comme ensemble primordial est cohérente, juste, morale, scientifique.

Programme des Assises chrétiennes de l’écologie,

Voici le programme des Assises chrétiennes de l’écologie, qui se dérouleront du 28 au 30 août à Saint-Étienne. Nous en avons parlé et nous en reparlerons: il est vraiment significatif que ce soit les catholiques qui aient ici mis l’initiative.

Ils ont en effet compris que le grand risque était l’affirmation de la Nature, qui saperait le principe de « Dieu ». Et ils ont compris que les gens qui ne les soutenaient pas étaient dominés culturellement par des gens anthropocentristes rejetant la Nature, tout en préservant un compromis « laïc » avec l’Église.

Il y a donc un boulevard pour faire passer le catholicisme pour « écologiste », avec comme bouquet final la venue du pape à Paris pour la conférence de l’ONU sur le climat, en décembre…

La dimension « anticapitaliste » n’est également forcément pas oubliée: il y a ainsi la publication par La Vie d’une interview de Naomi Klein, figure « altermondialiste », présentée ainsi:

Pour Naomie Klein, «ne pas se résigner à la crise climatique est une question morale». Pour l’altermondialiste candienne, la lutte contre le changement climatique doit remettre en cause la domination du capitalisme.

Tout cela est, malheureusement, vraiment très bien ficelé, et foncièrement logique. Raison de plus d’assumer « la Terre d’abord! » à la fois face aux individualistes anti-Nature et aux religieux pro-mysticisme.

Agir sur mon empreinte écologique. Pourquoi ? Comment ?

Si tous les humains consommaient autant que les ­Français, il faudrait trois fois notre planète pour y pourvoir. Aliments, mobilité, habitat, loisirs, culture, etc. : nous simulerons la façon dont chacun peut diminuer ses principaux postes de consommation pour réduire son empreinte écologique, qui mesure l’impact de notre mode de vie sur la planète. Avec Arnaud du Crest, membre du Forum pour d’autres indicateurs de richesse et du groupe Paroles de chrétiens sur l’écologie, auteur de Pour un engagement écologique : simplicité et justice.
> Forum 2 Ven 18 h-19 h 15, sam 12 h 30-13 h 45.
Devenir une famille à énergie positive

Les consommations d’énergie et d’eau à la maison représentent une source de dépense importante. Elles sont aussi coûteuses pour l’environnement. Des milliers de « familles à énergie positive » montrent qu’il est possible d’agir ensemble de façon concrète, efficace et ludique pour trouver les solutions. ­Frédéric Delhommeau est l’un de ces pionniers, qui a lancé cette opération en France en 2008. Responsable de l’antenne parisienne de l’association ­Prioriterre (www.prioriterre.org), il présentera cette démarche de sobriété ­heureuse.
> Forum 57 Ven 18 h-19 h 15, sam 12 h 30-13 h 45.
Prier avec la Création, en prenant son temps…

Se mettre à l’écoute de la parole de Dieu. Contempler la Création que le Seigneur nous donne à aimer. Expérimenter le silence, l’écoute de Sa parole, de ma parole, de la parole des autres, en prenant du temps. Faire l’expérience avec d’autres d’une prière guidée, ou pas… Isabelle Ezanno, membre des Chemins ignatiens dans la Loire, nous introduira dans ce chemin de beauté.
> Forum 6 Ven 18 h-19 h 15, sam 14 h 15 à 15 h 30.
Jeûner pour le climat ? Quand spiritualité et écologie s’embrassent

Jeûner le premier jour de chaque mois pour soutenir spirituellement les négociations de l’Onu sur le réchauffement climatique, lors de la conférence Paris Climat 2015. Tel est l’objectif de l’initiative Jeûne pour le ­climat, qui relie 10 000 personnes dans le monde depuis une année. Martin Kopp, chargé de plaidoyer pour la justice climatique au niveau de la Fédération luthérienne mondiale, présentera cette démarche et l’avancée des négociations climatiques.
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« Christianisme et objection de croissance »

Quelles limites se donner individuellement et collectivement ? Avec Chrétiens et pic de pétrole, un groupe basé à Lyon, et Olivier Rey, philosophe, auteur d’Une question de taille (Stock, 2014) nous explorerons les pistes individuelles et collectives pour construire un autre modèle de société fondé sur la convivialité, l’autonomie des individus et la notion de limites.
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Banque et climat : comment mettre notre argent au service d’une transition vers des sociétés soutenables

Quel rôle jouent les banques françaises dans le dérèglement climatique ? ­Comment reprendre le contrôle de son argent ? Lucie Pinson, chargée de la campagne « Finance privée » pour l’association environnementale les Amis de la Terre, proposera des pistes concrètes d’action pour des placements éthiques et écologiquement ­compatibles.
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L’Église, actrice de la transition énergétique : pourquoi et comment ?

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Vivre en harmonie avec tous les vivants, humains et non-humains, est-ce possible ?

En vérité, quel a été au long des siècles notre comportement de chrétiens vis-à-vis de l’ensemble des vivants ? Et que devrait-il être ? Nous y réfléchirons avec Jean-Pierre Raffin, ancien enseignant-chercheur à l’université Paris VII-Denis Diderot, membre actif de l’antenne ­Environnement et Modes de vie au sein de la Conférence des évêques.
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Qu’en est-il en réalité de saint François d’Assise ? Que nous enseignent les sources dont on dispose ? Et aujourd’hui, comment pouvons-nous nous inspirer de lui ? Patrice Kervyn, religieux franciscain, nous aidera à mieux situer l’immense envergure de ce saint universel que Jean Paul II a fait patron de l’écologie.
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Résister en animant un éco-hameau chrétien

Est-on condamné à mener une vie « sur les rails » ? Alexandre Sokolovitch, animateur coordinateur de l’éco-hameau Goshen, où vivent quatre familles, nous fera part des expériences alternatives autour d’une ferme en agroécologie qui sont menées dans ce lieu expérimental, principalement auprès des jeunes. Alexandre se réfère à une démarche chrétienne inspirée par les courants de pensée de l’éducation populaire, de la non-violence et des valeurs de l’altermondialisme. Avant de se fixer à Goshen, il a vécu avec sa femme Marie et leur ­premier enfant pendant trois ans en nomade dans un bus à la rencontre de la marginalité en France.
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Danser pour honorer la terre

Une invitation douce à habiter son corps et à ouvrir tous ses sens avec Béatrice Pupier, qui anime des ateliers de danses sacrées depuis une dizaine d’années.
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Effets du réchauffement climatique sur la biodiversité

Animaux et plantes sont loin d’être insensibles au réchauffement climatique. Il est fréquent de constater qu’ils montent en altitude pour retrouver des températures plus froides… Avec ­Raymond Faure, président de la Frapna (Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature) Loire. La Frapna mène des actions pour la protection de la faune et de la flore, des milieux naturels et de l’environnement.
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Soigner l’esprit, guérir la Terre. Atelier pratique de découverte du « travail qui relie »

Comment se transformer soi-même et convertir son regard sur la nature, pour se sentir bien plus proche d’elle ? Michel Maxime Egger, sociologue, responsable d’ONG, chrétien orthodoxe, auteur de la Terre comme soi-même et de Soigner l’esprit, guérir la Terre (Labor et Fides, 2012 et 2015), nous présentera une méthode de transformation personnelle sous la forme d’une spirale en quatre temps : s’enraciner dans la gratitude, honorer sa peine pour le monde, changer de perception, aller de l’avant. La méthode sera mise en pratique à travers quelques exercices.
> Forum 61 Sam 14 h 15-15 h 30.
Lutter contre le changement climatique : du global au local

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Choisir une alimentation saine, écologique, éthique et réduire ses déchets

Un atelier réunira parents et enfants avec Laure Haag Cassaigne. Chaque mois, cette jeune mère de famille organise des ateliers pour aider chacun à adapter son style de vie, afin de le rendre plus ­respectueux de l’environnement et des hommes. Elle s’appuie sur des exemples concrets, donnant lieu à un plan d’action précis. Par exemple : choisir son alimentation et réduire ses déchets, c’est possible, mais comment faire ? Laure nous aidera à adopter les bons réflexes.
> Forum J Programme jeunesse, sam 9 h 30 à 11 h 30.
La terre nourricière, un trésor à préserver

Découvrir la richesse de vie des sols et de la terre. Prendre conscience qu’il faut la préserver pour nourrir les hommes aujourd’hui et demain. Avec Agnès Gosselin, ancienne conseillère agricole et animatrice du mouvement Chrétiens en monde rural (CMR)
> Forum 50 Ven 16 h 30-17 h 45, sam 14 h 15 à 15 h 30.

Aimer les pigeons au marchais nantais de Talensac…

C’est une information par le site nantais NALO.

Pigeons à Talensac : «C’est plus fort que moi ! J’aime les animaux, tous les animaux»

Heidi est un vendeur de fruit sur le marché de Talensac à Nantes, il est à quelques mois de la retraite. Ce week-end la presse révélait une petite « affaire » le concernant : il a reçu de la police municipale un avis d’expulsion du marché pendant 15 jours (sachant que c’est un marché ouvert du mardi au dimanche).

La raison de cela ? Ce monsieur a nourrit à plusieurs reprise des pigeons autour de son étal, malgré les mises en garde de la police.

La plupart des gens l’ignore certainement, mais il est interdit de nourrir les pigeons dans les grandes villes. Ces malheureux animaux sont considérés par les humains comme des indésirables, des « nuisibles ».

Le commerçant de Talensac n’est pas un provocateur gratuit qui s’est amusé de la police, il reconnaît ses « tords » vis-à-vis de la réglementation :

« La police municipale a raison, elle fait son travail. Moi, c’est vrai, j’ai désobéi et j’ai déjà été averti plusieurs fois. »

Au contraire d’un provocateur, il fait preuve d’une grande dignité, d’un grand sens moral en expliquant par contre :

« Mais c’est plus fort que moi ! J’aime les animaux, tous les animaux. »

Voilà des paroles d’une grande valeurs qu’on aimerai lire ou entendre plus souvent !

Les gens sont « dérangés » par les fientes de ces malheureux oiseaux qui ne font que se nourrir ? Certes. Mais il est complètement erroné de penser que les pigeons sont « coupables » et devraient être rejetés, éjectés.

Les fientes des oiseaux sont un phénomène naturel qui participe au fonctionnement général de la vie sur Terre. Cela ne pose pas de « problèmes » au milieu de la végétation, de la terre et de l’humidité quotidienne.

Le problème ce n’est pas les fientes des pigeons, le problème c’est le bitume et le béton.

Du point de vue des végétaux, les fientes sont essentiellement une source d’azote et d’autres nutriments minéraux. Dans la nature, les « déchets », les choses « sales » n’existent pas en tant que tel, puisque tout a une utilité, tout a une une place dans ce qui est un immense système favorisant perpétuellement le renouvellement et l’évolution de la vie dans son ensemble.

Rejeter les oiseaux comme le fait la réglementation interdisant de nourrir les pigeons est une attitude profondément erroné. Non seulement cela est totalement égoïste, surtout sur un marché de fruits et de légumes (que seraient nos fruits et légumes sans les animaux et les insectes participants aux processus naturels ?), mais en plus c’est totalement « suicidaire » pour l’humanité.

A moins bien sûr de vouloir manger des « fruits » et des « légumes » sans saveurs et sans nutriments, à moins de penser que les végétaux dans nos villes ne doivent exister que comme décors, à moins de s’imaginer que l’ont pourrait véritablement se développer de manière harmonieuse et heureuse entouré de béton et de bitume, sans oiseaux, sans animaux.

Les pigeons sont autant que nous des habitants des villes, pas plus que nous ils ont « choisi » ou non d’y habiter, d’y subir la pollution, d’y manger de la nourriture souvent mauvaise pour leur santé.

Alors autant que nous ils ont le droit d’y vivre de manière heureuse. Les personnes qui les aident à se nourrir font preuve d’un grand sens moral, d’une grande solidarité pour nos voisins et amis les pigeons !

Au contraire, les parents qui trouvent amusant de voir leurs gamins courir après les pigeons comme ont le voit trop souvent sur les places des grandes villes ont une attitude stupide et dénaturé. C’est exactement le genre d’attitude qui conduit l’humanité droit dans le mur.

Les fientes des pigeons à Talensac ne sont qu’un problème secondaire, qui ne coûterait pas grande chose à nettoyer si l’on décidait de s’organiser correctement et d’arrêter de mépriser les pigeons.

Que l’on compare cela, au hasard par exemple, avec le coût de la pollution et des problèmes engendrés par les gros 4×4 SUV tellement à la mode dans nos rues… N’est-ce pas là une problème plus sérieux que ce sympathique marchant de fruits dont le tord n’est que d’aimer les animaux, « tous les animaux » ?

Ouest France publie une photo de ce marchant, nous la reproduisons ci-dessous, en espérant que cela aidera les gens à le reconnaître pour venir acheter leurs fruits chez lui quand il sera de retour à Talensac !

« Tous les oiseaux ont le droit fondamental de voler dans le ciel »

C’est une information présentée comme une anecdote par un blog du Monde.

Suite à une demande effectuée par l’association indienne People for animals, le juge Manmohan Singh de la Haute Cour de Delhi a exigé d’un éleveur qu’il libère les oiseaux en sa possession, précisant la chose suivante:

« Tous les oiseaux ont le droit fondamental de voler dans le ciel et aucun être humain n’a le droit de les garder dans des petites cages en vue de leur commerce ou quoi que ce soit d’autre. »

C’est une information toute relative, car évidemment l’Inde est un pays économiquement très arriéré et le juge n’a aucun moyen d’appliquer quoi que ce soit à ce sujet: c’est de la rhétorique, mais qui est somme toute belle et juste.

Aussi, voici une sélection de « commentaires » à l’article du Monde, reflétant bien l’approche français concernant la Nature et les animaux: cynisme, relativisme, individualisme, mauvais esprit, etc.!

Oui tous les oiseaux ont le droit de voler dans le ciel : je me demande d’ailleurs pourquoi les autruches et autres pingouins ne portent pas plainte à ce sujet auprès de la commission européenne !

Quand les cages seront ouvertes, je me demande combien d’oiseaux anciennement de compagnie vont mourir par manque d’expérience du monde extérieur.

D’ailleurs, je me demande ce que les kiwis, les autruches et autres oiseaux cloués au sol « pensent » de ce droit.

Il va falloir interdire les éoliennes. [allusion sordide aux oiseaux happés par les éoliennes]

Je suis pour le droit des animaux quand il s’agit de maltraitance , mais là il faut admettre que la partie : »Tous les oiseaux ont le droit fondamental de voler dans le ciel » est un peu simpliste.

C’est fondamentalement humain de vouloir adopter des animaux, les élever et en faire des compagnons. Quant à savoir si les intéressés vivent mal la chose, c’est fondamentalement irrationnel. La vie des animaux sauvages peut être tout aussi rude et cruelle.

Ceci étant, je suis d’accord pour dire que mettre des oiseaux dans des petites cages relève de la maltraitance.

Je suis pour le droit des petits oiseaux a voler librement. Ouvrez les braguettes, svp!

les petits bras du fn
les petits bras de l’ump
les petits bras du ps
les petits bras du medef
les petits bras islamistes
les petits bras
les petits
les

En revanche violer des femmes ne constitue pas « une violation de leurs droits ».
C’est beau comme pays l’Inde.

Jean-Marie Le Pen avait quelque chose à rajouter mais sa fifille le lui a interdit.

Il n’y a pas qu’en Inde où les juges sont à côté de la plaque. En France aussi.. [s’ensuit de nombreux commentaires sur l’éducation et la justice en France etc.]

a coup le juge est un Jaïn de la même obédience que celle de gandhi… ils font généralement de belle carrière, un peu comme les mormons aux US, droiture et interdiction « absolue de tuer ».. les réguliers peuvent se promener tout nu (sadhu vetu de vent) en passant un plumeau devant leur pas afin de n’écraser aucun être vivant… certain vont juste a se laisser mourir de faim afin de ne pas tuer d’être vivant… bref de grande moralité… pas étonnant donc que celui-ci ait donner droit aux oiseaux avant ceux de leur propriétaire… les Jaïns sont toutefois des exception en inde même si ils « marquent » par leur droiture d’esprit et leur haute position sociale…
reste qu’ici semble-t-il le juge a fait appel aux droit de l’animal pour les sortir d’un tenardier du genre animal… cela me fait penser a ce que pouvait dire pythagore(ou thalès) en voyant un homme battre un chien dans la rue… celui-ci s’approcha de l’autre et lui dit reconnaitre la réincarnation son oncle mort il y a quelques années et que de ce fait il devait cesser de le battre… (pov tonton) sans quoi il le dénoncerait aux gardes de la cité…

Tout cela n’est pas sans intérêt: il est enfin nécessaire de comprendre la typologie des réactions anti-animaux existant dans notre pays. Il s’agit également de bien comprendre que les anti-animaux, pour certains, ne changeront pas. Ne pas voir qu’il faudra leur imposer le véganisme est illusoire.

S’il s’agit de convaincre la majorité, il y aura bien des gens préférant faire « ce qu’ils veulent », célébrant des valeurs dépassées: ces gens ne disparaîtront pas d’un coup de baguette magique. Et en attendant, leur capacité de nuisance est immense…. Isoler ces gens et dépasser les bâtons qu’ils mettent dans les roues est une tache qui demande de la réflexion!

François Moutou et la question des épidémies sur la Terre

L’humanité joue à l’apprenti sorcier, s’imaginant être en dehors de la Nature et donc pouvoir l’analyser « objectivement ». Une vaine prétention niant les inter-relations existant, la Nature étant un tout et l’être humain qu’une partie, partie devant se discipliner, se soumettre au tout: c’est cela que signifie « la Terre d’abord! ».

François Moutou vient de sortir un livre participant à la tentative actuelle de prétendre pouvoir « gérer » le futur proche – une chose impossible tant que l’humanité pensera être le tout et analysera le monde tel des fragments séparés, alors qu’il faut partir du tout puis en comprendre les composantes.

Le livre s’intitule « Des épidémies, des animaux et des hommes » et son auteur est vétérinaire, épidémiologiste et ancien directeur adjoint du laboratoire de santé animale de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

Citons ici ce qu’a pu dire François Moutou de par le passé, pour comprendre son point de vue:

« La question n’est pas de discourir sur une stratégie nationale pour la biodiversité mais de décider ensemble si on garde ou non, le grand hamster (Cricetus cricetus) en Alsace, le vison européen (Mustela lutreola) en Aquitaine, l’ours brun (Ursus arctos) dans les Pyrénées – et tous les autres – et ensuite de s’y tenir.

On sait techniquement comment faire et pour les conserver et pour les éliminer. On le dit, on le fait et on l’assume. »

Faut-il voir quelque chose de positif ou non? S’agit-il d’une simple mentalité de « gestionnaire », bien française? C’est bien le cas. Dans une interview au Journal de l’environnement (produit par le grand groupe Infopro digital), François Moutou pointe une menace: celle de la commercialisation des animaux sauvages capturés.

Mais c’est le risque qui l’intéresse, ainsi que la biodiversité. Pas les animaux sauvages en soi. Pas les animaux tout court non plus puisqu’il pense que les élevages sont une bonne solution…

JDLE – Vous consacrez un chapitre aux nouveaux animaux de compagnie, dont le commerce est en partie régulé, mais fait aussi l’objet de ventes illégales sur internet. Est-ce selon vous un risque important de maladies émergentes?

François Moutou – Début mars, trois cas d’encéphalite mortelle ont été observés en Allemagne chez des éleveurs d’écureuils originaires d’Amérique centrale, du fait d’un bornavirus.

Et en 2003, des cas de variole du singe, la «monkeypox», sont survenus aux Etats-Unis chez des propriétaires de chiens de prairie, animal originaire d’Amérique du Nord. Or ces animaux avaient été en contact, dans les animaleries, avec environ 800 rongeurs d’origine africaine, eux-mêmes porteurs du virus. Pourtant, il n’y avait dans ce commerce rien d’illégal, rien de frauduleux.

En créant de tels contacts entre des animaux ne se côtoyant pas dans la nature, en l’occurrence des rongeurs nord-américains et africains, on crée toutes les circonstances d’échange de pathogènes.

Personne ne peut anticiper le résultat de telles rencontres.

Je ne comprends pas que l’on continue à accepter la commercialisation d’animaux exotiques capturés dans la nature, alors que l’on pourrait recourir à des élevages en ferme, avec une plus grande surveillance sanitaire, une possibilité de remonter la filière en cas d’accident. Ce n’est bon ni pour la biodiversité, ni pour la santé publique.

Pour le monkeypox, les conséquences pour les personnes ont heureusement été assez limitées. Mais il est certain qu’en entretenant un tel commerce, on joue avec le feu. Et à force de jouer au loto, un jour on finit par gagner.

La question-réponse suivante reflète également bien cette approche, qui se veut rationnelle, mais ne dépasse par la mentalité du chef d’entreprise s’occupant des comptes de la société en étant surtout tourné vers la question des profits.

JDLE – Quelle est la part, dans la survenue de maladies émergentes, des caractéristiques propres aux pathogènes, tels que bactéries et virus, et des facteurs humains?

François Moutou – Il est très difficile de séparer les deux phénomènes. Le temps de génération d’une bactérie est de l’ordre de quelques heures, ce qui lui laisse le temps de muter un nombre incommensurable de fois au cours de la vie d’un être humain. D’autre part, nous sommes actuellement 7 milliards de personnes sur Terre, la population ne cesse de croître. Or en épidémiologie, il y a des effets de seuil au-delà d’un certain effectif. Nous serons probablement 9 milliards d’individus en 2050, il est fort probable que de nouveaux phénomènes se produisent d’ici là.

Du fait de cette croissance démographique, l’homme a besoin de toujours plus de place, il continue à envahir des espaces jusqu’alors très peu habités. Par exemple, la forêt disparaît, ce qui crée de nouveaux contacts avec la faune sauvage, soit de manière directe avec l’homme, soit avec les élevages.

Les virus ne tombent pas du ciel, ils étaient déjà là où on les croise. Par exemple, il suffit de raser des forêts, d’y établir des élevages de porcs et d’y planter des arbres à lychees, comme cela se fait souvent.

Délogées de la forêt, les chauves-souris vont s’installer au-dessus des cochons, se nourrissant des fruits: l’homme crée ainsi des proximités entre diverses espèces qui ne se côtoyaient pas jusqu’alors, ce qui favorise les transmissions de microbes. L’homme n’est donc pas seulement une victime des maladies émergentes, il en est aussi acteur.

Tout ce que dit François Moutou est d’un niveau terriblement faible. Cela peut aider quelqu’un ne reconnaissant pas la vie sur la planète Terre comme une globalité, comme un système, mais c’est tout sauf scientifique. On comprend très bien que seule la reconnaissance théorique (et pratique) de la Terre comme système global – ce que nous appelons symboliquement Gaïa – permet d’avoir un aperçu global cohérent.

Si on en est encore à constater que les interventions humaines ont un impact sur le reste de la Nature, on est mal parti, très mal parti!

Et c’est bien le cas, car comme le montre François Moutou, les humains pensent qu’ils ont un impact sur la Nature (et « malheureusement » réciproquement), c’est-à-dire qu’ils partent du principe qu’ils sont sortis de la Nature, qu’ils n’ont plus rien à voir avec elle.

Le citadin méprisant le pigeon a le même fond culturel que le scientifique « étonné » de voir que l’humanité a une interaction avec tout le reste du domaine de la vie…

C’était un étonnement peut-être compréhensible et acceptable il y a 300 ans. Mais en 2015, c’est un étonnement criminel, qu’il faut écraser, extirper des mentalités humaines. Sans quoi le déséquilibre sera tel que l’humanité sera alors, pour le coup, vraiment mis en-dehors de Gaïa, ce qui l’amènera à disparaître, alors que si elle est apparue au sein de la Terre comme système, c’est bien qu’elle a un rôle à jouer: protéger la Terre et sa vie.

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Eotopia: la petite maison dans la prairie

Et un projet facho de plus: celui-ci consiste cette fois en « eotopia » qui est un projet de village végétalien fondé sur le troc – le terme employé est celui de « don », cela fait plus « alternatif ».

Naturellement, les gens cherchant le terrain pour ce village aimeraient qu’il soit plutôt dans le sud de la France: et pourquoi pas en Picardie ou en Normandie? C’est que les personnes concernées voyageant dans plein de pays différents comme ils s’en vantent savent bien, au fond, que leur projet est une simple fuite.

Une fuite en mode hippie individualiste: chacun sa maison, pas besoin de médicaments ni d’échanges avec l’extérieur, chacun ayant « son » électricité, « son » eau récupérée, « ses » fruits et légumes, etc.

Bref, c’est la petite maison dans la prairie, l’idéal du petit propriétaire vivant en parfaite autonomie, échangeant de manière parfaitement « équitable » son travail. Proudhon en rêvait, Pétain aussi, la « conquête de l’Ouest » en a été une expression proche, et voilà que les mêmes idées refont surface.

L’originalité du projet tient par contre en son « régime végétalien », expliqué comme suit:

Régime végétalien

Les raisons principales sont le respect de l’environnement, la préférence pour les produits locaux, saisonniers et au coût énergétique faible, la création d’une atmosphère de paix dénuée d’agressivité et de haine et une alimentation saine basée sur l’étude biologique de notre système digestif.

Nous souhaitons conserver ce régime au sein de cet éco-village pour notre bien-être personnel, la cohérence de nos idéaux et pour sensibiliser le public au sujet de l’importance de notre régime dans la recherche d’un style de vie plus écologique.

Les habitants de l’éco-village n’auront en aucun cas l’obligation de devenir végétaliens, nous demandons juste qu’aucun produit animal ne soit apporté ou consommé dans son enceinte. Nous ne voulons pas d’animaux encerclés ou prisonniers.

Le véganisme est utilisé ici comme justificatif moral pour fuir un monde moderne « mauvais ». Les animaux ne sont pas considérés pour qui ils sont: ils sont de simples prétextes à une logique du type « puisque… alors ». Puisque le monde est mauvais, alors je n’y participe pas.

Pour bien comprendre cette démission, cette capitulation par rapport à l’universalisme, citons ici le FAQ. On y voit que s’il est parlé de mère Nature et du respect des animaux, c’est pour non pas protéger celle-ci de manière active et universelle, mais de manière passive et particulière.

C’est un projet individualiste, prétextant les valeurs universelles et collectives pour mieux démissionner.

Pourquoi végétalien ?

Nous voulons suivre un régime qui soit respectueux de tous les êtres vivants en ayant un impact écologique le plus minime possible. Nous pensons que les êtres humains sont égaux aux autres espèces et que nous pouvons vivre en harmonie avec l’équilibre naturel.

D’après nos recherches, nous avons découvert qu’une diète végétalienne était adaptée et conseillée pour l’humain au regard de son système digestif et ses besoins.

Aurez vous des chiens et des animaux de compagnie ?

Nous ne voulons pas avoir d’animaux tenus en laisse ou esclaves… Cela dit, si des chiens par exemple accompagnent des habitants en toute liberté, nous considérerons la question.

Au lieu de vouloir l’harmonie sur toute la planète, on célèbre son ego sur le plan local, en prétendant être « en harmonie » générale avec la vie. C’est nier la réalité, ni plus ni moins. On peut citer deux autres points éclairant ici cette démarche:

Et au sujet des drogues ?

Nous ne pouvons interdire à personne de consommer des drogues. Nous préférerions un lieu libre de drogues en tout genre (y compris sucre blanc, médicaments, aspirines, alcool, cigarettes, marijuana, etc.) mais chacun des habitants devra être son propre responsable. Les lieux d’habitat communs devront être respectés. ​

Comment allez-vous assurer votre sécurité si vous êtes ouverts à tous ?

La confiance et l’amour seront nos meilleures armes.

N’importe qui comprend que c’est impossible dans la société actuelle et avec des gens influencés par elle. Inévitablement il faudra prendre des décisions et imposer des choses, et alors on en revient à la question de notre monde dans son ensemble, et non pas simplement localement: il faut tout changer!

Voici une autre question-réponse du FAQ montrant bien les problèmes d’autorité qui se produiront:

N’avez-vous pas peur d’attirer tous les fainéants d’Europe ?​

Nous serons ouverts à tous mais le village sera aussi un lieu d’activités diverses et ceux qui ne participeront pas aux efforts communs seront amenés à s’expliquer devant les assemblées générales tenues chaque semaine.

Et après les explications, que se passera-t-il? Ces gens évitent d’en parler, parce que leur objectif est seulement la fuite. Et on vit du parasitage, qu’on qualifie de générosité:

« nous visiterons régulièrement les déchetteries et les entreprises de la région pour qu’ils nous mettent de côté les chutes. »
« pour le transport du matériel, nous espérons pouvoir compter sur la générosité des conducteurs. »
« Il y a souvent une pelle ou un râteau en double dans une maison. Nous comptons sur la générosité des gens pour se séparer des objets qu’ils n’utilisent plus ou que très rarement. »
« pour se connecter au monde et organiser nos évènements et ateliers, nous essayerons d’obtenir Internet gratuitement en demandant aux voisins (si nous en avons) ou d’établir un partenariat direct avec un fournisseur d’accès Internet. »
« notre régime alimentaire sera notre meilleure médecine mais pour les urgences nous aurons recours à la médecine traditionnelle ou nous irons tout simplement chez le docteur ou à l’hôpital. Vu que nous travaillerons pour le bien de la communauté, nous espérons trouver des pratiquants qui acceptent de nous soutenir professionnellement. »

En gros: les autres travailleront pour nous, nous permettant d’accumuler des choses, puis on prétendra à l’autonomie autant qu’on pourra… Tout cela afin de satisfaire l’individualisme, en mode facho retour à la terre « authentique ».

Notons d’ailleurs que la théorie selon laquelle la Nature donne « gratuitement », théorie censée être le coeur du projet, est totalement fausse: la Nature n’est pas extérieure à nous.

Il y a des interrelations entre tous les êtres vivants: l’eau n’est pas donnée « gratuitement », ce « don » relève en réalité d’un cycle très élaboré sur la planète, et des exemples de ce type sont innombrables.

Mais cela revient à parler de la Terre comme système – ce qu’on peut appeler symboliquement Gaïa, et la soumission au système est contradictoire avec l’idée même d’un projet localiste et individualiste…

On a donc ici pratiquement un projet de société vegan straight edge, mais en niant sa portée universaliste. C’est une capitulation: au lieu de protéger les animaux, on se cache en affirmant qu’au moins, on y est pour rien. C’est la fuite de l’individu devant ses responsabilités collectives: l’ego rendu suprême au nom de sa « supériorité » vis-à-vis du monde réel.

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L’alcool : une cause toujours plus grande de décès et d’invalidité

L’OCDE – organisme international rassemblant les pays « développés » – a publié son rapport sur l’alcool et les politiques de santé. On y a apprend entre autres cette information effarante: l’alcool gagne des places dans les causes de décès et d’invalidité…

Au total, les hommes ayant un faible niveau d’éducation sont plus exposés au risque de forte alcoolisation alors que c’est l’inverse qui s’observe chez les femmes, parmi lesquelles les femmes ayant un niveau d’éducation élevé ont une plus forte probabilité d’avoir une consommation importante d’alcool.

L’abus d’alcool est l’une des premières causes de décès et d’invalidité, tuant un plus grand nombre d’individus de par le monde que le virus du SIDA, la violence et la tuberculose réunis. Entre 1990 et 2010, l’usage nocif de l’alcool est passé du huitième au cinquième rang des principales causes de décès et d’invalidité dans le monde.

Voici également le classement de la consommation d’alcool par individu de plus de 15 ans. La France est 3e…

Voici une autre information, qui explique tellement de choses qu’on pouvait se demander…

Pourquoi en effet a-t-on l’impression que les gens boivent plus d’alcool alors qu’en général la consommation d’alcool recule?

C’est parce qu’une petite partie de la population – une partie pas du tout si petite en fait quand on y pense – consomme près de la moitié de l’alcool… C’est elle qu’on voit, qui se marginalise…

Voici le topo sur le « binge drinking »:

Le plus alarmant, cependant, est le fait que beaucoup de pays ont connu une hausse significative de certaines conduites d’alcoolisation à risque (alcoolisation paroxystique, ou binge drinking), en particulier chez les jeunes et les femmes. Le nombre d’enfants ayant consommé de l’alcool et connu l’ivresse a considérablement augmenté ces dernières années.

Plus de deux enfants sur trois ont consommé de l’alcool avant l’âge de 15 ans dans les pays de l’OCDE, et deux sur cinq ont été en état d’ivresse au moins une fois. Les filles ont rattrapé les garçons au cours des dix dernières
années.

Ces évolutions sont particulièrement inquiétantes, parce que les méfaits généralement associés à la consommation excessive d’alcool chez les jeunes n’ont pas seulement des effets néfastes sur les buveurs eux-mêmes, mais touchent souvent d’autres personnes que les buveurs eux-mêmes, par exemple en cas d’accidents de la circulation ou actes de violences.

Cela contribue en grande partie au fléau des maladies liées à l’alcool. En outre, les personnes qui consomment de l’alcool à un jeune âge ont un risque plus élevé de souffrir de maladies aiguës et chroniques.

Ces personnes sont souvent confrontées à un problème de consommation excessive plus tard dans leur vie, et celles qui pourraient réussir sur le marché du travail risquent de voir leurs perspectives de carrière à long terme menacées.

Les personnes plus éduquées et ayant un statut socio-économique plus élevé ont davantage tendance à consommer de l’alcool, mais la consommation excessive est polarisée aux deux extrémités de l’échelle sociale.

Les hommes moins éduqués et ayant un statut socio-économique moins élevé, ainsi que les femmes plus éduquées et ayant un statut socio-économique plus élevé, ont davantage tendance à s’adonner à une consommation à risque. La consommation excessive affecte l’emploi, la productivité et les salaires.

Les pertes de productivité associées à la consommation nocive d’alcool sont estimées à environ 1% du PIB dans la plupart des pays.

Ce que cela montre, c’est que l’alcool est socialement ancré et est toujours plus ravageur…

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« Viens voir tes amis animaux en prison »

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Trois enfants nés par GPA à l’étranger reconnus par l’Etat

En France, on n’a pas le droit de commenter une décision de justice. Bon nombre ne s’en sont pas privés hier, et malheureusement les critiques proviennent surtout de la droite catholique…

Pourtant, ce sont bien les gens qui se veulent progressistes qui devraient dénoncer la gestation par autrui, c’est-à-dire les « mères porteuses ». Mais comme les progressistes sont gangrenés par les anarchistes – queers – antispécistes et autres ultra-libéraux, ils sont paralysés…

Regardons ce qui s’est passé, avec cette information donnée par Le Monde :

Les familles de trois enfants nés par gestation pour autrui (GPA) à l’étranger ont obtenu gain de cause.

Le tribunal de grande instance (TGI) de Nantes a enjoint, mercredi 13 mai, au procureur de la République de la ville la transcription sur les registres d’état civil de leurs actes de naissance. La justice a, par ailleurs, condamné le parquet à verser 1 000 euros au titre des remboursements de frais d’avocats à chacun des requérants.

En l’occurrence, il s’agit de trois enfants nés en Ukraine, aux Etats-Unis et en Inde d’une « mère porteuse », qui se voient donc reconnus officiellement comme étant des enfants des parents les ayant « commandés » telles des marchandises.

La décision du TGI suit les les arrêts rendus en juin 2014 par la Cour européenne des droits de l’homme, posant que l’État français n’a pas le droit de rejeter la transcription dans l’état-civil français des actes de naissance faits à l’étranger.

Manuel Valls avait alors par la suite expliqué que l’État français ne céderait pas ; dans le journal catholique La Croix, en octobre 2014, il expliquait ainsi :

« Le gouvernement exclut totalement d’autoriser la transcription automatique des actes étrangers, car cela équivaudrait à accepter et normaliser la GPA. »

Seulement voilà cette promesse était impossible à tenir, à moins de refuser ouvertement certains rapports avec l’Union Européenne. Il faut du cran, et la gauche « molle » ou « sociétale » ne l’a certainement pas, surtout qu’elle est proche des thèses ultra-libérales universitaires queer et autres.

La gauche « sociale » est atomisée, et ne reste plus que la droite conservatrice qui a ici un boulevard, et qui peut se prétendre contre le capitalisme, ce qui est un comble.

Il faut bien dire que la société d’aujourd’hui sombre littéralement. Les femmes managers escroquent la loi en utilisant des stimulations ovariennes pour planifier leur grossesse en fonction de leur carrière, tout comme d’autres escroquent pareillement, pour des fortunes, la sécurité sociale en pratiquant des chirurgies esthétiques remboursées grâce à des médecins complaisants maquillant cela en « chirurgie réparatrice ».

Les jeunes ne comprennent pas le fait de sanctuariser leurs corps : les photos de leurs corps nus sont envoyés aussi simplement que cela à de vagues connaissances ou des inconnus sur des plate-formes pour mobiles comme « Tinder ».

Il y a quinze jours, c’était la série « Plus belle la vie » qui à une heure de grande écoute montrait le début d’un « plan à trois » avec les personnes prenant du poppers, un vasodilateur. En quelque sorte, on peut dire pour se moquer que les « antispécistes » qui avaient réalisé un film porno « militant » n’étaient que des précurseurs de « Plus belle la vie »…

Bref, tout se casse la gueule, ce qui est normal puisque dans une société libérale, chacun fait ce qu’il veut. L’anarchisme n’est qu’une variante rebelle de l’ultra-libéralisme et sur la plupart des thèmes il ne déroge pas au « chacun fait ce qu’il veut ».

Tout à fait logique par conséquent que les « mères porteuses » soient considérées comme un phénomène dans l’ordre des choses…. Tout est une marchandise possible, il n’y a plus de valeur « en soi ».

Face à cela, il n’y a que deux systèmes possibles : ou Dieu, ou la Nature.

Soit on est un libéral croyant en la toute puissance de l’existence individuelle, soit on croit en Dieu et on se soumet à certaines valeurs intemporelles, soit on considère qu’il y a la Nature qui définit la réalité des êtres vivants désirant persévérer dans leur être.

Dans la première variante, tout est possible, dans la seconde uniquement ce que Dieu a commandé, dans la troisième uniquement ce qui est naturel.

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A-t-on besoin d’une usine à pâtes?

On s’amuse bien dans la mouvance zadiste, squatter, teufer et intellectuels rebelles : on trouve quelque chose à faire pour ne pas avoir à assumer le véganisme. Le localisme contre l’universel: voilà leur mot d’ordre.

Voici un exemple d’une nouvelle lubie: l’usine à pâtes! Cela se passe à Rouen et en voici la présentation.

En route vers l’autonomie alimentaire.

Notre projet en quelques mots : fabriquer nos propres pâtes avec le blé que nous avons cultivé et transformé en semoule de blé dur, entre amis et pour nos amis, la famille, les amis d’amis, ceux qui se bougent et tous ceux qui seront intéressés.

Nous allons lancer un atelier de production locale et artisanale de pâtes sèches, que nous appelons ici « L’usine à pâtes ». Notre objectif n’est pas de faire des bénéfices mais d’alimenter un certain nombre d’amis, de lieux, de restaurants associatifs et autres cantines de luttes.

Avec des amis paysans, nous avons déjà planté deux hectares de blé dur.

Ils possèdent aussi un moulin et une bluterie pour transformer le blé en semoule de blé. Nous attendons deux tonnes en septembre et nous participerons tous aux moissons en juillet.

D’autres, versés dans l’art de la sérigraphie, prendront en charge le conditionnement et la décoration des paquets de pâtes.

Notre objectif est de produire deux tonnes de pâtes sèches la première année. A l’inverse des pâtes fraîches ou des légumes frais, leur durée de conservation est théoriquement infinie.

Il s’agit tout autant de déserter l’agro-industrie et de favoriser la production locale que de continuer à prendre en main nos existences et de rester attaché à l’ idée que nous nous faisons d’une vie bonne.

Laquelle réside bien plus dans la joie qu’éprouvent ceux qui cheminent ensemble que dans le triste avenir que nous promet l’économie marchande.

Tant d’abnégation pour un projet individualiste, c’est assez effarant. On ne peut pas dire non plus que ces gens ne savent pas ce que veut dire le mot révolution: le projet est lié à la Conjuration des fourneaux, qui organise régulièrement des repas, ainsi que des conférences où justement le thème de la révolte révolutionnaire revient souvent.

Cependant, et évidemment, organiser le soulèvement violent est plus fatiguant et universaliste que proposer des plats… Mieux vaut tenter un retour en arrière, version Pétain, que d’aller vers un futur où on devrait se remettre en cause…

Cette « conjuration des fourneaux », par exemple, ne connaît pas le véganisme. Elle propose des plats, le plus souvent en burger, avec en plus une variante végétarienne de proposée. Mais c’est pour la forme, car la logique générale est clairement liée à l’exploitation animale.

Faut-il être beauf pour, en effet, proposer une « semaine gastronomique consacrée aux abats », avec les plats suivants: « rognons de boeuf sautés », « langue de boeuf aux cornichons », « foies de génisse au beurre persillé et aillée », « Ris de veau comme en Normandie », « foies de volaille au bleu d’Auvergne »…

Cela ne les interpelle tellement pas, qu’il y a des alternatives comme un « steak de céleri accompagnés d’une purée de topinambour et de haricots verts »: en plus du mot « steak » (et de sa forme, peut-être du goût!) on a donc le « plaisir » de manger à côté, en face, de gens mangeant des « abats »… Quel bonheur « révolutionnaire »!

Mais ce qui compte surtout ici, c’est que ces gens ne veulent pas de la grande production, ils ont des rêves localistes, qui vont forcément de pair avec l’exploitation animale. Seuls des échanges à l’échelle de la planète permettent un mode de vie vegan pour tout un chacun.

S’il y a exploitation animale de la part de l’humanité jusqu’à présent, c’est pour des raisons pratiques: les besoins alimentaires devaient être trouvés dans l’entourage immédiat. Il s’agit d’abolir cela, pas d’y revenir!

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« Végans extrémistes »

« Végans extrémistes : Alex, cadre bancaire, marqué comme une bête » : c’est le titre d’un article pathétique publié par Le Point, où l’on peut voir en vidéo ce cadre bancaire satisfait de se faire marquer au fer rouge, au nom de la « cause »…

Entre le réformisme de L214 dont les objectifs sont impossibles à part en 10 000 ans de réforme – alors qu’en plus l’exploitation animale grandit donc c’est le contraire qui se passe – et les postures morbides de 269 avec le fer rouge, on est pas gâté et rappelons que le véganisme obtient avec cela une très mauvaise réputation, les vegans donnant une image irrationnelle et glauque…

L’article du Point n’est évidemment pas dupe du caractère vain de ce symbolisme à la fois chrétien et décadent, et vise par conséquent ce qui apparaît comme la seule menace réelle, quand on est logique, à l’idéologie dominante de l’exploitation animale: la culture vegan straight edge…

Là par contre, on est dans la diffamation et la caricature: il s’agit de nuire au maximum, non pas d’expliquer, car là, la rupture est claire et nette, elle est moralement et culturellement indiscutable, et on ne peut pas « discuter » ou « négocier » ou « intégrer » ou corrompre à coups de poste d’universitaires, d’intellectuels, etc…

Quand le véganisme fait l’apologie de la violence

Mais toutes les associations de libération des animaux ne sont pas aussi pacifiques que Respectons. L’Animal Front Liberation se définit comme un mouvement écoterroriste. Saccages, incendies, destructions, tags…

Pour ce mouvement né en 1970 en Angleterre, mais très peu développé en France, la violence est le seul moyen pour faire reculer l’exploitation animale. Sur leur site internet, habillés comme des terroristes, ils vont jusqu’à appeler à la lutte armée contre les hommes pour défendre les animaux.

Les Straight Edge, une communauté qui se meurt

Mais pour ceux qui ne sont pas prêts à frapper pour défendre un lapin, il existe une autre option : le Straight Edge, ce mouvement américain qui prône un mode de vie « sans sexe, sans drogue, sans alcool ». Le Straight Edge est né pour contrer le punk hardcore, dans les années 1980. Ses adeptes prônent un retour à la vie saine, qui implique le véganisme pour certains d’entre eux.

Les actions des Straight Edge sont très peu nombreuses et se limitent à quelques manifestations pour la fermeture des abattoirs. La communauté perd beaucoup de membres mais « tente de survivre en se réunissant autour de stands pour sensibiliser au végétalisme », admet Benoît Mateu.

C’est tout simplement lamentable: même wikipedia est mieux informée.

Nous ne savons pas non plus si la personne citée ici à la fin a vraiment dit des choses aussi lamentables, mais dans tous les cas, rappelons que les journalistes déforment les propos comme ils le veulent, car ils ne servent pas l’information, mais des idéologies liées aux intérêts de leur groupe de presse.

Dans tous les cas par conséquent, nous conseillons de faire comme nous: refuser systématiquement les demandes des journalistes. Le vrai chemin démocratique ne passe pas par des gens ne visant pas l’information mais le sensationnel, la diffusion de points de vue conforme à leur vision du monde obéissant à l’idéologie dominante…

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Action de l’ALF en Seine-et-Marne

Le site Bite bacl! a diffusé l’information, et voici la version du Parisien.

Le siège de la fédération départementale des chasseurs de Seine-et-Marne (FDC 77) a été la cible d’un groupe d’activistes de la cause animale baptisé Alf, dans la nuit de samedi [11 avril] à dimanche, à Bréau. Ses locaux ont été tagués.

« Ils ont aussi tenté de s’introduire dans le bâtiment principal, indique Gilles Billault, responsable du service communication de la FDC 77.

Mais les alarmes ont très bien fonctionné et ils se sont enfuis. On a eu cette chance, parce que sinon, ils faisaient la même chose que dans l’Oise. »

Au mois de février, le siège de la FDC de l’Oise a été saccagé par ce groupe. Une plainte a été déposée auprès de la gendarmerie. La brigade de Mormant est chargée de l’enquête.

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Les bons repères

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Déni du risque : le cas de l’usage de cannabis

La consommation de cannabis ramollit les esprits, mais le déni est puissant, s’appuyant notamment sur la séparation arbitraire entre drogues dites douces et dures. Voici un très intéressant extrait au sujet d’un tel déni, tiré d’un article sur les conduites à risque des jeunes, publié en 2002 dans un dossier sur la jeunesse.

Déni du risque : le cas de l’usage de cannabis

Lorsque l’on interroge des usagers de cannabis, des arguments très similaires aux précédents sont avancés.

En effet, pour ces usagers, le déni du risque passe souvent par une différenciation marquée entre cannabis et héroïne : les usagers de la première substance refusent l’étiquette de «drogués » et les risques sanitaires et sociaux qui y sont associés, en désignant comme tels les héroïnomanes.

Ils stigmatisent ainsi un «groupe à risque » auquel ils n’appartiennent pas, pour souligner par contraste l’innocuité relative de leur propre consommation.

Ainsi, les jeunes consommateurs de cannabis affirment que celui-ci ne provoque pas de dépendance et précisent qu’ils l’utilisent dans un cadre récréatif et collectif, par opposition à l’héroïne qui asservit, isole et détruit ceux qui en prennent (Duprez et Kokoreff, 2000).

Pour neutraliser le discours conventionnel condamnant les drogues illicites, ils le nient donc pour le cannabis mais l’acceptent pour l’héroïne. Des travaux anglais observent le même déni du risque, en suggérant qu’il est valable pour le cannabis mais également pour les nouvelles drogues de synthèse (Parker et al., 1998).

Ces travaux pointent aussi la responsabilité des médias et des autorités politiques qui, au cours des années quatre-vingt, ont popularisé le stéréotype de l’héroïnomane compulsif, marginalisé et dangereux, prêt à tout pour s’injecter une dose : la génération qui a grandi avec cette image du «drogué » ne se sentirait pas concernée par les messages préventifs relatifs aux drogues illicites, puisqu’elle ne se reconnaît pas dans ce stéréotype.

Le stéréotype de l’héroïnomane dépendant permet donc aux usagers de cannabis de nier le risque pour eux-mêmes, de sorte que plus ils consomment, plus ils ont tendance à souligner les dangers de l’héroïne ou des autres drogues dites «dures » , et par contraste à affirmer l’innocuité de «leur » produit.

C’est ce qu’illustrent les données du volet français de l’enquête européenne ESPAD (European school survey on alcohol and other drugs).

À mesure que le niveau de consommation de cannabis augmente, les proportions d’adolescents jugeant que l’essai, l’usage occasionnel ou l’usage régulier de cette substance font courir un grand risque chutent de façon spectaculaire.

En revanche, les proportions d’enquêtés déclarant que l’essai de l’héroïne, de la cocaïne ou du crack comporte un grand risque augmentent avec le niveau de consommation de cannabis : plus celui-ci est consommé, plus les dangers des produits réputés «plus durs » sont stigmatisés. (…)

Par ailleurs, les commentaires libres des adolescents interrogés par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) lors de la Journée d’appel de préparation à la défense13 mettent en évidence d’autres mécanismes de déni du risque.

Certains jeunes affirment leur capacité à maîtriser leur consommation, à «garder le contrôle » ; tandis que d’autres soulignent le fait que l’alcool et le tabac, produits licites, sont plus dangereux, puisqu’ils font plus de victimes.

Une fille de 18 ans et un garçon de 17 ans, qui ont consommé tous les deux du cannabis à au moins vingt reprises au cours des 30 derniers jours, déclarent respectivement : «P. S. : essayez, s »il vous plaît de prendre conscience que fumer du cannabis ne nuit que très peu à la santé (mort/ an à cause du cannabis = même pas 1 ; mort/ an à cause du tabac = 60 000 » ; «Quand on consomme du cannabis, je ne pense pas que l »on soit un vrai drogué … pas plus que le fumeur de tabac qui se fume au moins 3 paquets par jour… ».

Évidemment, la question n’est pas ici de savoir si ces adolescents ont tort ou raison : il faut plutôt prendre conscience du fait qu’ils se sentent bien informés (et le sont probablement), et disposent d’arguments solides à opposer aux campagnes de prévention, surtout si celles-ci partent du principe qu’elles s’adressent à des ignorants auxquels il suffit d’apporter la «bonne parole » .

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EELV : « Je hais le tofu, mais je sauve le climat »

Europe Ecologie Les Verts touche encore le fond… On a beau se dire que c’est toujours plus lamentable et inintéressant, il faut malheureusement bien documenter cela…

Voici donc la pseudo mobilisation générale revendiquée par EELV, 200 jours avant la conférence de l’ONU sur le climat à Paris…

Les écologistes décrètent la mobilisation générale pour la Cop21

J-200 ! A quelques mois du grand rendez-vous de la conférence de l’ONU sur le climat qui se tiendra à Paris-Le-Bourget, EÉLV lance sa campagne de mobilisation avec le #JeSauveLeClimat.

Samedi 9 mai après-midi, les écologistes ont donné le coup d’envoi d’une grande mobilisation citoyenne. Objectif : montrer l’urgence d’agir et la nécessité d’engager un mouvement social pour le climat qui se poursuivra bien après décembre prochain.

Le message est clair : si le sommet international de l’ONU réunira 195 chefs d’Etats et au moins autant de diplomates autour des tables de négociations pour remédier au défi climatique, chacune et chacun d’entre nous, citoyennes et citoyens, pouvons prendre notre destin en main pour gagner cette bataille de civilisation.

Toutes et tous, vous pouvez participer à l’opération en utilisant le générateur de tract et composer votre propre slogan. Soyez originaux et créatifs, et n’oubliez pas de le partager sur les réseaux sociaux avec le #JeSauveLeClimat.

Le climat nous appartient : nous en sommes toutes et tous ses meilleurs ambassadeurs du quotidien. Alors mobilisons-nous, ensemble, car il est plus que jamais décisif de faire entendre notre voix.

On l’aura donc compris, la seule chose qu’il y a comme contenu, c’est donc ce générateur de « tract »… On écrit son texte et dans la foulée on a une image avec le texte et en-dessous inscrit « je sauve le climat ».

Voici deux exemples d’une niaiserie assez exemplaire… Dans le genre on veut ridiculiser les écologistes, c’est parfait!

A la grande réunion d’EELV pour l’occasion – rappelons qu’EELV est au bord de craquer en deux structures différentes, en fonction du degré d’opportunisme pour avoir un ministère au gouvernement, surtout au moment de la conférence de l’ONU – on pouvait donc voir tous les gens d’EELV avec des panneaux de ce type.

Maintenant, regardons celui d’Emmanuelle Cosse, la responsable d’EELV…

Avec un autre angle, cela sera plus lisible…

« Je hais le tofu, mais je sauve le climat »… On aura vraiment tout vu avec EELV. A la limite encore, dire qu’on aime pas le tofu, pour dire qu’on peut faire sans tofu, mais « je hais le tofu » c’est attaquer directement le végétalisme…

Sur Facebook quelqu’un a posé une question à ce sujet, ce qui donne :

EELV prétend donc, officiellement sur son facebook:

Vous n’avez pas besoin d’aimer le tofu pour lutter contre le changement climatique. Vous pouvez très bien être végétarien sans manger de tofu.

Quel rapport? Aucun, il s’agit simplement de se dédouaner. EELV, ce sont des « beaufs », des « beaufs » qui sont des bobos, qui veulent un cadre de vie agréable à leurs yeux, qui veulent un capitalisme pas trop brutal (pour eux et leur mode de vie).

Mais la Nature, les animaux… et leur défense, c’est une autre planète…

La personne demande d’ailleurs à EELV,  les prenant à leur propre piège en poussant jusqu’au bout leur raisonnement individualiste:

« Donc je peux brandir une affiche avec sérieux comme vous, avec écrit dessus « je hais les transports en commun mais je sauve le climat »?

Et EELV de répondre:

« Oui, si vous vous déplacez à pieds ou à vélo. »

Difficile de faire de plus bobo comme style et comme contenu!

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Le teknival « Teknivibration » de Cambrai et ses déchets

Nous avons déjà parlé des free parties (voir par exemple 13 ans après la free party à la piscine Molitor, les drogues ont tout emporté ou encore L’affaire de la free party sur la réserve naturelle de Crau).

C’est tout à fait logique: le mouvement des free parties a été vraiment populaire et porteur d’espoir d’utopie comme cela n’a pas été vu depuis très longtemps en France. Malheureusement, les drogues ont balayé l’utopie et l’envie de changer le monde… Les teufers n’étaient nullement loin des revendications écologistes – sauf qu’il aurait fallu s’ouvrir aux animaux, se discipliner par rapport aux drogues (ce qui devait aboutir à leur refus!)…

Ils ont préféré le choix de l’individualisme… collectif. Comme preuve, voici une petite piqure de rappel du site lillois l’amicale progressiste. Le teknival « teknivibration », à Cambrai, s’est déroulé en hostilité ouverte avec la Nature, comme déjà bien souvent.

Quant à l’esprit initial des teufers – on range tout, on ne laisse absolument rien traîner – l’échec est complet. Chaque année pour ce teknival semi-officiel, il y a grosso modo plus de 200 tonnes de déchets. Et là cela va être nettoyé par… Suez environnement, ainsi que l’association d’insertion Aril +…

Ce week-end a eu lieu un grand Teknival à Epinoy, entre Douai et Cambrai. Il a regroupé entre 20000 et 30000 personnes. La musique techno a une assez grande importance culturelle dans notre région.

Beaucoup de jeunes vont en effet danser depuis les années 1990 dans les boîtes de nuit ou les méga-dancing de l’autre côté de la frontière belge. A côté de cela il y a eu aussi un important mouvement de « free-parties » du début des années 1990 jusqu’à leur interdiction formelle en 2002. Les Teknivals sont leur prolongement sous une forme légale et encadrée par la préfecture.

Les free-parties consistaient non seulement en des soirées dansantes, mais surtout en un mouvement contre-culturel, une sorte de mouvement hippie radical moderne mobilisant un grand nombre de jeunes des couches populaires des villes et villages ouvriers de la région (de quelques centaines à quelques milliers selon les soirées).

Les valeurs qui y étaient au centre étaient la gratuité, la solidarité, l’investissement collectif de chacun, le respect de la nature et un certain esprit de responsabilité collective.

Le choix des lieux dans lesquels se déroulaient ces soirées était en général réfléchi et les participants comme les organisateurs nettoyaient les lieux au mieux à la fin des soirées pour laisser le moins possible de traces et d’impact de leur passage. Tout cela étant vécu dans un esprit de conflictualité avec la société capitaliste et de mise en avant d’une vie « alternative ».

Évidemment, tout cela a volé en éclat avec le processus d’interdiction/légalisation consécutif à la loi 2002. Les autorités se sont appuyés sur certains collectifs souhaitant se « professionnaliser » (en gros en faire un business) pour organiser ces Teknivals légaux et gigantesques.

La drogue dure, qui étaient déjà de plus en plus présente dans les free-parties, est devenu l’alpha et l’oméga des soirée. L’esprit de responsabilité et de solidarité a totalement disparu au profit d’une attitude consommatrice. Tout cela n’a donc plus rien d’alternatif, et il n’est donc pas étonnant que le choix du lieux et de la date du Teknival d’Épinoy ce week-end se soit fait aux dépens de la nature et des animaux sauvages comme l’explique ce communiqué du GON.

« Mauvaise date, mauvais endroit pour le Teknival à Epinoy.

Si les riverains se sont vu offrir des bouchons d’oreilles, il n’en est pas de même pour la faune sauvage qui va elle aussi être fortement perturbée dans cet habitat remarquable qu’est devenue l’ancienne base aérienne.

Le site, essentiellement constitué de grandes surfaces herbacées est très propice à accueillir des espèces inféodées à ces grands espaces comme on en rencontre de moins en moins dans notre région. De nombreuses espèces dont certaines sont protégées et patrimoniales (Hibou des marais, Busard St Martin et cendrés…) y côtoient une faune plus banale mais qui trouve là des conditions favorables alors qu’ailleurs la culture intensive détériore petit à petit ses conditions de vie.

Nous déplorons qu’un tel festival soit autorisé au moment où de nombreuses espèces animales sont en train de se reproduire dans ce site remarquable. Même si la totalité du site n’est pas occupée, il est évident que la pollution sonore tant par les fréquences que par l’intensité des sons diffusés pendant plusieurs jours nuira aux habitants des villages proches et à la faune qui fréquente le site.

Si la tenue de tels festivals se conçoit, il est anormal qu’ils aient lieu dans des milieux naturels et surtout en saison nuptiale. Pour le moins, il aurait été sage de les programmer en automne ! »

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Les ruses des trafiquants…

L’association Robin des toits a publié un dossier compilant de nombreux trafics d’animaux ces derniers mois. En voici quelques extraits.

Les ruses des trafiquants en ce début d’année:
Cornes de rhinocéros coupées en morceaux et enfilées dans des têtes de homards congelés.
Cornes de rhinocéros à l’intérieur de statuettes de Bouddha en bois.
Pointes de défenses d’éléphant transformées en cornes de buffle.
Tortues d’eau douce passées avec des crabes de mangroves.
Ivoires et pangolins déclarés comme matériel téléphonique à réparer.
Carapaces de tortues marines déclarées comme « sculptures ovales et marbrées ».
Grenouilles et pythons pygmées dans des livres pour enfants et des paquets de cigarettes.
Déclarer que les ivoires de contrebande sont des nouilles instantanées.
Objets en ivoire dans des boîtes de lait en poudre.
Tronçons de défenses d’éléphant rangés au milieu de bouteilles de vin.
Faux certificats CITES accompagnant des geckos et des papillons.
Hippocampes et écailles de pangolin dans des sacs neufs de plâtre médical.
0,5 t d’ivoire dans 1 t de karité.
Peindre une peau de léopard en peau de tigre.
Peindre une peau de chèvre en peau de tigre.
Caravane de 5 passeurs dans le même avion pour convoyer 500 tortues.
Enseigner la philosophie dans une université et avoir une deuxième vie de trafiquant d’ivoire et de cornes de rhinocéros.

Saisie de 11 singes, de peaux de singe (Primates spp., Annexe I ou II), de 214 kg d’os de python (Pythonidae spp., Annexe I ou II) et de 2 kg de peau d’ours (Ursidae spp. Annexe I) et arrestation
Province de Nghe An, Vietnam
12 février 2015

Sur la nationale 48, Hoang Thi Nguyet roulait en compagnie de 40 kg de singe mort qu’elle allait livrer à un restaurant du coin. La conductrice a dû s’arrêter à un contrôle routier. A son domicile, la police a trouvé 2 singes encore vivants dont un amputé des 2 pattes avant et 3 singes morts, un séché, 2 congelés.

Ils ont aussi saisi 214 kg d’os de python, 2 kg de fourrures d’ours et diverses pièces de peaux de singe. La femme cruelle se fournit chez les chasseurs locaux. En aval, elle fournit les restaurants et autres artisans. Avec les vertèbres de serpent, ils font des colliers.

Saisie d’un tigre (Panthera tigris, Annexe I), d’un lion (Panthera leo, Annexe II) et d’un ours noir américain (Ursus americanus, Annexe II)
Ocotlán, Etat du Jalisco, Mexique
Mars 2015

Ils étaient tous les 3 dans une cage d’un rayon de 9 m et de 7 m de haut. Les parois transparentes permettaient de les contempler. Le lion est castré et n’a plus de crinière. Des traces de blessures sont visibles sur sa tête. La tigresse a des problèmes d’arthrose, elle a du mal à marcher. Le jeune ours a perdu son œil gauche.

Ils sont tous transférés dans une unité de gestion pour la conservation de la vie sauvage (UMA) pour quarantaine et observation. Quand ils auront suffisamment récupéré, la tigresse rejoindra la cage des félins ou l’attendent déjà un tigre et 2 autres tigresses. Le lion et l’ours rejoindront des cages individuelles.

Saisie de 157 trophées et dépouilles d’animaux et arrestation de 2 braconniers
Parc National de la Pendjari, Département de la Donga, Bénin
13 mars 2015

Le parc de la Pendjari n’est plus surveillé depuis le début de l’année. Les guides et les touristes y croisent des braconniers armés et découvrent des carcasses d’animaux abattus. Dans la macabre série de trophées saisie grâce à la collaboration des forces de l’ordre, des forestiers et des ONG, il y a des peaux et os d’éléphant, des carcasses de crocodiles (Crocodylidae spp., Annexe I ou II), de pythons (Python spp., Annexe II), de patas (Erythrocebus patas, Annexe II), de plusieurs espèces d’antilopes, de carnivores et de caméléons.

Saisie de 22 écharpes en laine d’antilope du Tibet (Pantholops hodgsonii, Annexe I)
Coire, Canton des Grisons, Suisse
Février 2015

44 à 110 antilopes ont été sacrifiées pour ce lot à raison de 2 à 5 individus par écharpe. Chacune vaut entre 5000 et 20.000 CHF (5261 à 21.045 US$). L’importance de cette prise démontre selon les autorités qu’il existe un marché de luxe pour les shahtoosh dans le pays.

Braconnage d’une antilope cervicapre (Antilope cervicapra, Annexe III)  et de 2 gazelles de l’Inde (Gazella bennettii, Annexe III) : l’acteur Salman Khan reste condamné
Inde
14 janvier 2015

Le 10 avril 2006, la star de Bollywood a été condamnée à 5 ans de prison ferme pour avoir braconné en 1998 en marge d’un tournage près de Jodhpur et en compagnie de quelques acteurs et actrices.
Braconnage de nuit, poursuite en 4×4, plein phares. Eblouissement et percussion des animaux. Port d’arme prohibé. Après 3 jours de prison, Salman Khan est libéré sous caution. En 2013, la Haute Cour du Rajasthan suspend la condamnation. Khan doit se rendre en Grande-Bretagne pour tourner un film. Les visas d’immigration sont refusés pour les condamnés à au moins 5 ans de prison. La Haute Cour du Rajasthan a voulu permettre à Khan d’exercer pleinement ses activités professionnelles. Le gouvernement du Rajasthan interjette appel mais la Cour suprême de l’Inde rétablit la condamnation à 5 ans de prison.

Elle estime que la condamnation infligée à Khan n’a pas entraîné de conséquences irréversibles pour sa vie professionnelle et que depuis novembre 2013 et la suspension de sa condamnation, les activités professionnelles de Khan ne l’ont pas conduit en Grande-Bretagne. Le gouvernement du Rajasthan fait preuve de détermination vis-à-vis de l’acteur de cinéma tandis que le braconnage des gazelles indiennes, des paons et des outardes à tête noire fait rage dans l’Etat et reste généralement impuni. 8 gazelles ont été braconnées en 8 jours courant février. Tous les suspects ont été libérés sous caution. Les gardes forestiers se plaignent d‘être menacés par les villageois et même par les policiers quand ils font preuve de trop de zèle pour intercepter les braconniers.

«  Quand des tueurs d’outardes dans le Parc national du Désert atterrissent au commissariat de Khudi, ils sont relâchés sous caution en deux temps trois mouvements  » constate avec amertume un porte-parole de la Wildlife Society of India. D’une main, le Rajasthan veut sauver de l’extinction les espèces menacées, de l’autre il cède aux intimidations et libère les braconniers.
[Salman Khan vient également d’être condamné en Inde à cinq années de prison pour avoir tué un SDF avec sa voiture alors qu’il rentrait saoul en voiture. En ce qui concerne les deux antilopes tuées et abandonnées sur place par Salman Khan, c’est la population bishnoï locale qui s’est mobilisée en leur faveur et a toujours maintenu la pression pour un procès, encore ajourné à ce jour.]

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Vers l’encyclique sur l’écologie

Il est fort probable, voire carrément certain que le pape sera à Paris lors de la conférence de l’ONU sur le climat à la fin de l’année. Ce sera le point d’orgue de la campagne catholique pour happer l’écologie, ce qui ne sera guère difficile en France puisque dans notre pays on ne reconnaît pas la Nature.

Le résultat sera simple: qui ne reconnaît pas la Nature devra reconnaître Dieu…

Voici un exemple de ce qui s’orchestre, avec un article tiré de La vie, qui fait partie du groupe Le Monde – Télérama – Courier International etc. (Le Monde Diplomatique y est en partie lié).

Que peut-on attendre de l’encyclique sur l’écologie ?

Lors d’un colloque organisé par l’Académie pontificale des sciences au Vatican qui s’est ouvert mardi 28 avril sur le thème « Protéger la planète, rendre digne l’humanité », Ban Ki-moon a déclaré attendre l’encyclique sur l’écologie avec impatience et a ajouté que le Pape François lui avait confié qu’elle était déjà écrite et serait publiée en juin. Que peut-on attendre de ce texte ? Plusieurs interventions du pape sur le sujet permettent d’envisager quelques pistes.

1. Dénonciation de la culture du déchet

Depuis le début de son pontificat, le Pape ne cesse de dénoncer la mentalité commune de la « culture du rebut » ou du « déchet » qui commence par le gaspillage des choses et finit par concerner les êtres humains, pris dans la même logique. Cette culture du déchet est pour lui l’héritage direct de la société de consommation qui, en stimulant la pulsion d’achat, renforce l’individualisme du consommateur en le déresponsabilisant.

Trois mois après son élection, il déclarait dans une Audience générale : « Jadis, nos grands-parents faisaient très attention à ne rien jeter de la nourriture qui restait. Le consumérisme nous a poussés à nous habituer au superflu et au gaspillage quotidien de nourriture, à laquelle parfois nous ne sommes plus capables de donner la juste valeur, qui va bien au-delà des simples paramètres économiques », expliquait-il.

Ainsi, un monde qui raisonne en terme d’utile/inutile en vient à nier la dignité humaine en méprisant la fragilité : « La vie humaine, la personne, ne sont plus considérées comme une valeur primaire à respecter et à garder, en particulier si elle est pauvre ou handicapée, si elle ne sert pas encore — comme l’enfant à naître — ou si elle ne sert plus — comme la personne âgée. Cette culture du rebut nous a rendus insensibles également aux gaspillages et aux déchets alimentaires, qui sont encore plus répréhensibles lorsque dans chaque partie du monde malheureusement, de nombreuses personnes et familles souffrent de la faim et de la malnutrition. »

2. Rompre avec une conception du droit égoïste

Comment expliquer cette « globalisation de l’indifférence » qui se traduit par une certaine aphasie face à la culture du déchet ? Devant le Conseil de l’Europe, François l’affirme : le problème c’est le passage d’une conception du « droit humain » guidée par la recherche du « bien commun », créatrice d’une liberté responsable à une conception du « droit individualiste » autocentrée où la liberté confine à l’égoïsme : les racines d’une société, affirme le Pape, s’aliment de « la vérité », qui constitue « la nourriture, la sève vitale de n’importe quelle société qui désire être vraiment libre, humaine et solidaire ».

En outre, « la vérité fait appel à la conscience, qui est irréductible aux conditionnements, et pour cela est capable de connaître sa propre dignité et de s’ouvrir à l’absolu, en devenant source des choix fondamentaux guidés par la recherche du bien pour les autres et pour soi et lieu d’une liberté responsable ». Sans cette recherche de vérité, poursuit le pape, « chacun devient la mesure de soi-même et de son propre agir, ouvrant la voie à l’affirmation subjective des droits, de sorte qu’à la conception de droit humain, qui a en soi une portée universelle, se substitue l’idée de droit individualiste.

Cela conduit à être foncièrement insouciant des autres et à favoriser la globalisation de l’indifférence qui naît de l’égoïsme, fruit d’une conception de l’homme incapable d’accueillir la vérité et de vivre une authentique dimension sociale. » Or, conclut-il, un tel individualisme rend « humainement pauvre et culturellement stérile » : « De l’individualisme indifférent naît le culte de l’opulence, auquel correspond la culture de déchet dans laquelle nous sommes immergés. Nous avons, de fait, trop de choses, qui souvent ne servent pas, mais nous ne sommes plus en mesure de construire d’authentiques relations humaines, empreintes de vérité et de respect mutuel. »

Retrouver une conscience collective, voilà l’idée : « Rappelons-nous bien, cependant, que lorsque l’on jette de la nourriture, c’est comme si l’on volait la nourriture à la table du pauvre, à celui qui a faim ! », déclarait-il dès 2013.

3. La vocation particulière des chrétiens sur la question écologique

« Lorsque nous parlons d’environnement, de la création, ma pensée va aux premières pages de la Bible, au Livre de la Genèse, où l’on affirme que Dieu établit l’homme et la femme sur terre afin qu’ils la cultivent et qu’ils la gardent (cf. 2, 15). Cela suscite en moi les questions suivantes : Que signifie cultiver et garder la terre ? Cultivons-nous et gardons-nous vraiment la création ? Ou bien est-ce que nous l’exploitons et nous la négligeons ? », interrogeait François lors d’une audience générale en juin 2013.

Ainsi, les chrétiens ont une responsabilité plus grande en ce que cette question touche au plan de Dieu à travers la Création, comme il l’expliquait à des scouts italiens en novembre 2014 : « En tant que disciples du Christ, nous avons une raison de plus pour nous unir avec tous les hommes de bonne volonté pour la protection et la défense de la nature et de l’environnement. La création, en effet, est un don qui nous a été confié des mains du Créateur. Toute la nature qui nous entoure est une création comme nous, une création avec nous, et dans le destin commun elle tend à trouver en Dieu lui-même l’accomplissement et la finalité ultime — la Bible dit « des cieux nouveaux et une terre nouvelle » (cf. Is 65, 17 ; 2 P 3, 13 ; Ap 21, 1).

Cette doctrine de notre foi est pour nous une incitation encore plus forte à avoir une relation responsable et respectueuse avec la création : dans la nature inanimée, dans les plantes et dans les animaux, nous reconnaissons l’empreinte du Créateur, et dans nos semblables, son image elle-même. »

Plus que d’une responsabilité, pour les chrétiens il s’agit même d’un devoir, affirmait-il, se référant à Benoît XVI : « Nous sommes en train de perdre l’attitude de l’émerveillement, de la contemplation, de l’écoute de la création; et ainsi, nous ne sommes plus capables d’y lire ce que Benoît XVI appelle « le rythme de l’histoire d’amour de Dieu avec l’homme ». Pourquoi est-ce le cas ? Parce que nous pensons et vivons de façon horizontale, nous nous sommes éloignés de Dieu, nous ne lisons pas ses signes. »

4. L’écologie de l’environnement indissociable de l’écologie humaine

Sur ce point, l’audience générale du 5 juin 2013 fournit des indications fortes : « « Cultiver et garder », affirme François, ne comprend pas seulement le rapport entre nous et l’environnement, entre l’homme et la création, cela concerne également les relations humaines. Les Papes ont parlé d’écologie humaine, en étroite relation à l’écologie de l’environnement ». Ainsi, pour lutter contre la « culture du déchet », explique François, il est indispensable de considérer le système dans son ensemble et prendre le problème à la « racine » : défendre la vie dans ce qu’elle a de plus fragile, de « l’enfant à naître » à « la personne âgée ».

À ce sujet, il avait eu des mots très forts devant le Parlement européen, fustigeant les « styles de vie un peu égoïstes, caractérisés par une opulence désormais insoutenable et souvent indifférente au monde environnant, surtout aux plus pauvres » et regrettant « une prévalence des questions techniques et économiques au centre du débat politique, au détriment d’une authentique orientation anthropologique » : « L’être humain risque d’être réduit à un simple engrenage d’un mécanisme qui le traite à la manière d’un bien de consommation à utiliser, de sorte que – nous le remarquons malheureusement souvent – lorsque la vie n’est pas utile au fonctionnement de ce mécanisme elle est éliminée sans trop de scrupule, comme dans le cas des malades, des malades en phase terminale, des personnes âgées abandonnées et sans soin, ou des enfants tués avant de naître. »

Alors que la voix du Pape semble porter de plus en plus loin sur la scène internationale, la réflexion systémique proposée par cette encyclique qui sera publiée six mois environ avant la conférence pour le climat Cop 21 ne devrait pas passer inaperçue.

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Aider les pigeons à Nice

Il y a des gens qui aident nos amis les pigeons à Nice! Il s’agit du collectif animalier du 06 (le site & le facebook).

Une initiative tout à fait juste qu’il y a tout à fait lieu de soutenir!

Rappelez-vous: si vous voyez des ficelles par terre, comme celles au bout des sacs poubelles (et visant à les fermer), il faut systématiquement les ramasser et les jeter!

Les fils aux pattes des pigeons s’emmêlent toujours plus et cela aboutit à d’intenses douleurs, la perte des membres!

Nous rappelons également qu’il ne faut pas amener les pigeons blessés à la Ligue de Protection des Oiseaux: ceux-ci ne s’en occupent pas, et ce même s’ils acceptent en apparence.


Nous arpentons toujours le centre ville de Nice, à la recherche des pigeons entravés. Ça n’est malheureusement pas ce qui manque, nous ne savons plus où donner de la tête…

Dans le meilleur des cas, nous les désentravons sur place et les libérons de suite.

Pour d’autres, avec des blessures plus importantes, nous les récupérons chez nous pour les soigner (antibiotiques pour les infections des pattes, anti-inflammatoire pendant quelques jours pour atténuer les douleurs, pommade et pansement).

Certains ont les doigts cassés, du fait de leurs entraves et certains doigts sont irrécupérables. Pour ceux-là nous faisons procéder à l’amputation chez le vétérinaire de un ou parfois plusieurs doigts, pour les soulager.

Nous en sommes à plus de 700 en 2 ans ! Qui aurait cru que la tâche serait aussi immense ? Même pas nous…

Mais chaque pigeon libéré est un pigeon qui ne souffre plus.

Imaginons-nous, avoir les jambes et les pieds liés avec des cordes qui nous scient les membres. S’ensuivent les infections et les douleurs qui vont avec, jusqu’à ce que la corde finisse par nous faire tomber les jambes.

Et malgré toutes ces douleurs, il faut marcher et marcher, avec des membres devenus une torture, à la recherche de nourriture.

Voila ce que subissent ces pauvres animaux, en plus d’être détestés de tous. Et tout ça à cause de la saleté des villes, saleté provoquée par l’humain qui prend de plus en plus les trottoirs pour des poubelles.

Voici une photo de notre dernier, capturé aujourd’hui. Quelques jours de soins devront faire dégonfler ses 2 pattes et le soulager.

Une photo aussi de Grim, récupéré il y a 10 jours. Sa patte est cassée, complètement disloquée et part à 90°. Impossible de le laisser galérer dehors en ville.

Il était affamé à mes pieds. La volière est donc d’autant plus d’actualité pour lui qui ne pourra plus être relâché.

Nous allons presque une fois par semaine chez le vétérinaire pour des amputations. Il nous prend 20 euros par pigeon et nous payons de notre poche.

Si vous voulez nous aider, tout don, même minime est le bienvenu. Vous pouvez faire un chèque à l’ordre du Dr Boube et les adresser à Yolande Olivain 73 chemin de Terron Bat. 3 06200 Nice

Merci pour eux

« Ciel, ma fille vire végétarienne ! »

Le Monde se préoccupe d’un problème qui concerne son public, sa base étant « CSP+ » et de tradition catholique: comment affronter le véganisme?

Le véganisme remet en cause tellement de choses, il est une telle rupture… Mais en même temps un certain « véganisme » est contradictoire.

Le véritable véganisme est l’affirmation positive des animaux. Le faux est une affirmation négative exprimée par des individus humains.

Si Le Monde en parle, c’est parce que le véganisme peut en effet être autre chose qu’une morale: il peut être faussement une « rébellion », une manière de se démarquer, bref un moyen de satisfaire son ego, dans une démarche typiquement anthropocentriste.

Il peut également et surtout être un moyen (parmi d’autres) pour les gens appartenant à la bourgeoisie moyenne de tenter d’humaniser le capitalisme, de freiner son expansion. Un peu comme certaines franges du mouvement hippie dans les années 1960, par exemple avec la Silicon Valley.

C’est pour cela que l’article du monde résume le véganisme à :
– quelque chose d’individuel, sans dimension immédiatement collective,
– une question principalement alimentaire, gommant son aspect systématique,
– l’expression d’une conscience malheureuse passive, au lieu d’y voir un désengagement révolutionnaire.

Un tel article reflète bien un certain « véganisme » qui ne s’intéresse, au fond, pas tant aux animaux qu’à un isolement individuel anti-social de gens appartenant à des couches sociales favorisées…

Ciel, ma fille vire végétarienne !

LE MONDE | 05.05.2015 à 13h55 • Mis à jour le 06.05.2015 à 11h43 | Par Catherine Rollot et Pascale Krémer

Fini le sacro-saint rosbif du dimanche. Maintenant, la petite dernière ne jure que par le tofu. Une « conversion » de plus en plus courante qui sème parfois la zizanie au sein des familles.

Quand, le cœur affolé, Ophélie l’a annoncé à ses parents, ils ont, dit-elle, tenté de dissimuler leur désapprobation, puis se sont inquiétés, et même sentis un peu coupables — qu’avaient-ils raté dans son éducation ? Bien sûr, ils continueraient de l’aimer telle qu’elle était. Et cette lubie lui passerait, forcément… Ophélie Véron, 29 ans, raconte son « coming out » alimentaire comme un tremblement de terre familial.

A 22 ans, cette jolie brune à taches de rousseur, auteure d’une thèse en géographie politique, s’avoue végétarienne. A 25 ans, elle se revendique « végane » – excluant de son mode de vie tout produit provenant des animaux (alimentation, vêtements, cosmétiques, etc.), dont elle refuse l’exploitation. « Très, très dur » face à des parents qui incorporent leur amour dans les petits plats du terroir. « Pour eux, c’était incompréhensible. J’avais une maladie psychiatrique ! » « Ce n’était pas comme si elle s’enrôlait dans l’Etat islamique, tout de même, tempère sa maman, sexagénaire. Mais c’était très étrange, ça la coupait de la nourriture des autres, donc de nous. » Depuis, les légumes ont rétabli la paix familiale.

Faire une croix sur la viande, le poisson, et même parfois le lait et les œufs, voilà le choix, mesuré en 2012, d’environ 3 % de la population (sondage Terra eco-OpinionWay). Depuis, bien des indices prouvent une accélération de la tendance, notamment chez les jeunes, filles en tête. Les livres de cuisines végétarienne et végétalienne font le bonheur des éditeurs, des blogueuses en vogue (comme Ophélie, alias « Antigone XXI ») concoctent leurs petits plats véganes pour 20 000 lecteurs quotidiens. Les restaurants poussent comme des champignons. Même Carrefour lance ses produits végétariens de marque distributeur.
« Un levier d’action politique »

« Le phénomène monte clairement depuis quatre ou cinq ans, surtout chez les urbains diplômés, observe la jeune professeure de mathématiques qui préside l’Association végétarienne de France, Elodie Vieille-Blanchard. Nous avions 500 adhérents en 2007, nous en comptons 4 000 aujourd’hui, dont beaucoup de jeunes. Sur nos 70 000 fans Facebook, les trois quarts sont des femmes, près de la moitié, des 18-34 ans. » Sur les campus, quelque 10 % d’étudiants se revendiquent végétariens ou végétaliens, 3 % de plus qu’il y a trois ans (enquête Cnous – Centre national des œuvres universitaires et scolaires).

S’ils prennent double ration de courgettes au restaurant universitaire, c’est d’abord par sensibilité à la cause animale et environnementale. Ajoutez à cela une pincée de bonnes résolutions (manger sain) et une large rasade d’informations, aisément accessibles sur Internet, partagées à l’envi sur les réseaux sociaux. « Les jeunes ne croient plus en l’efficacité du politique, ajoute Cécile Van de Velde, sociologue à l’Ecole des hautes études en sciences sociales. A défaut de pouvoir agir sur la grande société, ils changent leur propre vie quotidienne à travers l’engagement de proximité et la consommation, qui devient un levier d’action politique. »

Dans les familles, la « conversion » au culte végétal ne se fait pas toujours dans l’harmonie. En témoigne ce souvenir, gravé dans chaque mémoire, du jour fatidique de l’annonce aux parents. « C’était l’anniversaire de mes 17 ans », « Le 5 avril 2014 », « Pendant les courses de Noël avec ma mère », « Ma résolution du Jour de l’an, en 2011 »… Au pays de la gastronomie, du sacro-saint repas commun, du gigot du dimanche, les réactions ne sont pas forcément enthousiastes.

« Qu’est-ce que vous allez manger ? Vous allez nous compliquer la vie ! », s’est affolée la mère de Camille et Cécile Revel, des jumelles devenues végétariennes à 18 ans qui, pour aider leurs jeunes congénères en transition alimentaire, ont ensuite créé le forum Internet Génération végane. « Tu es manipulé », ont soupçonné les parents d’Alexandre Rozenblum, 17 ans, avant ce coup de grâce : « Tu fais ta crise d’ado sur le tard ! » « On n’a rien compris… Dire qu’elle aimait le rosbif saignant », s’interroge encore Natacha Coquille-Chambel, mère de Marie, 16 ans.

Autant que le casse-tête aux fourneaux, ce sont les éventuelles carences qui inquiètent. Un seul moyen d’y couper court, savent les jeunes : promettre visite chez le nutritionniste et analyse de sang régulière. Dans leur for intérieur, les parents carnivores espèrent que tout cela n’est que passade. Ils tentent la stratégie du lardon dans la quiche aux légumes. Ou du poisson à toutes les sauces, avant d’intégrer l’impensable : lui aussi est banni.
« Tu manges un mort »

Comme l’éphémère dure, chaque repas vire à la guerre d’usure. Avec, pour armes, les sempiternelles réflexions : « Et le cri de la carotte qu’on arrache de terre, tu ne l’entends pas ? » (le père) ; « Ce n’est pas parce que tu ne manges plus de viande qu’on va arrêter de tuer des animaux » (le grand frère) ; « On voit que tu n’as jamais connu la faim » (le grand-père) ; « Et ton bébé, tu le nourriras comment ? » (la grand-mère) ; « A ton mariage, on va manger de l’herbe ? » (les oncles et tantes)…

Jusqu’au conflit ouvert, avec prises de bec. « Mes parents aiment la viande, ils ne voulaient pas lâcher, se souvient Margaux Simonet, 24 ans, salariée d’une régie publicitaire. J’enlevais les petits morceaux cachés dans la purée, et c’était des engueulades, surtout avec mon père. » Valérie Ventura, secrétaire stéphanoise, s’est retrouvée à jouer les casques bleus entre un fils « très remonté » et une fille « un peu dans la provoc » : « Elle lui disait devant son steak “tu manges un mort”, et cela partait en dispute… »

Quand les parents se sont fait une raison, arrachant qui une concession sur le poisson ou les œufs, qui une promesse d’autonomie (l’exalté fera lui-même ses courses et son frichti de tofu au sésame, quinoa et graines germées), reste à composer avec les amis. Fatigant de se justifier sans cesse. Ou d’apporter son drôle de gâteau au chocolat sans lait, ni œufs dans les soirées. Maëlle Dravet, 17 ans, se sent « comme un fardeau » dans les sorties entre copains : « Je n’habite pas dans une grande ville, il n’y a pas de restau végétarien, c’est toute une affaire de choisir où nous allons manger. »

Si les véganes de son genre sont souvent perçus comme extrémistes, les végétariens ne suscitent plus guère d’opprobre. La viande n’est plus en odeur de sainteté nutritionnelle. Arrêter d’en consommer, chez les jeunes, peut relever de l’imprégnation familiale quand père et mère pratiquent le « flexitarisme » sans le savoir (le végétarisme intermittent). Sophie, décoratrice d’intérieur, voit en sa fille Lucie, élève de terminale et végétarienne, « l’expression la plus poussée de ce que ressent la famille », qui a déjà quasiment renoncé à la viande rouge.

Après une crise d’adolescence au kebab, Nicolas Celnik, en terminale dans les Hauts-de-Seine, fils d’une mère végétarienne, d’un père pas loin de l’être, frère d’une jeune végane qui peint des vaches culpabilisantes devant les restaurants, a suivi le mouvement en 2014. Question d’éthique, une fois informé sur les conditions d’élevage. Et d’efficacité dans les soirées. « Etre veggie, rien de tel pour draguer les filles. »

Lexique

Le végétarien exclut de son alimentation toute chair animale (viande, poisson, fruits de mer).

Le végétalien rejette non seulement la chair des animaux (viande, poisson, fruits de mer…), mais aussi tout aliment issu du monde animal (produits laitiers, œufs, beurre ou encore miel…)

Le végane (terme anglo-saxon) est un végétalien qui, par ailleurs, supprime de son quotidien tout produit ou loisir reposant sur l’exploitation de l’animal (cuir, laine, produits cosmétiques contenant des graisses animales, équitation, visite de zoo…)

Le « flexitarien », végétarien occasionnel, reste un omnivore, qui limite sa consommation de viande à une ou deux fois par semaine.

Faut-il nationaliser les vétérinaires?

C’est le Canard enchaîné qui parle brièvement de cette vérité générale: les personnes les plus pauvres accordent une très grande importance aux animaux partageant leur vie, tendant à reconnaître leur existence individuelle en tant que telle.

Citons, dans le même esprit, Jérôme Salord, le patron de SantéVet, société ayant 100 000 clients:

« Un certain nombre de nos clients ont des revenus modestes et pour eux l’animal de compagnie a autant d’importance qu’un enfant. Le coût des frais vétérinaires, comme une opération à 1 000 euros, peut affecter de manière terrible le budget d’une famille modeste ».

« Plutôt des femmes urbaines d’une quarantaine d’années avec enfant(s), issues de catégories socioprofessionnelles inférieures, possédant pour les trois-quarts un chien. »

On a donc, très clairement, des entrepreneurs visant directement les personnes les plus pauvres. Officiellement la mutuelle est là pour rendre service, mais croire en un capitalisme sympathique revient à croire au père Noël.

Pareillement, on se doute bien que les vétérinaires, sont comme les médecins: ils ont le monopole de leurs activités et peuvent donc exercer une pression corporatiste massive, avec l’aide des grandes entreprises qui en profitent largement.

Les enfants de bonnes familles ne s’y trompent pas: ils se précipitent pour faire vétérinaire. De la même manière que ceux qui échouent en France en médecine vont faire leurs études en Roumanie – à Cluj tout est organisé spécialement pour eux – ceux qui échouent à devenir vétérinaire ici vont en Belgique.

Voici ce que raconte entre autres 7sur7.be:

Les facultés de médecine vétérinaire en Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) tirent la sonnette d’alarme: le nombre d’étudiants qui ne cesse d’augmenter pose plusieurs problèmes. Elles demandent qu’un filtre à l’entrée soit instauré, notamment à l’égard des étudiants français.

Pour pallier le pic de diplômés rencontré dans les années 2000, un examen d’entrée avait été instauré en 2003-2004. Il avait ensuite été remplacé, dès 2006, par un système de régulation des étudiants non-résidents, toujours d’application aujourd’hui. Le nombre d’inscrits étrangers ne peut ainsi pas dépasser 30% des inscriptions globales.

Depuis, le nombre d’inscrits progresse d’environ 8% par an. 950 ont tenté leur chance pour l’année académique 2014-2015. Au même rythme, ils seront près de 1.500 en 2020. Pour l’ULg, l’ULB, l’UCL et l’UNamur, cette évolution pose problème. D’abord parce le nombre d’animaux disponibles pour permettre l’apprentissage des étudiants ne cesse de diminuer, que ce soit pour des consultations ou pour des autopsies.

« Lorsqu’on se retrouve à 20 autour d’un animal, il se sent cerné et il y a donc des choses qu’on ne peut plus faire », souligne Pascal Leroy, doyen de la faculté de médecine vétérinaire de l’ULg (la seule université à proposer un programme de master, ndlr). « De même, que faire quand on se retrouve dans une salle de 60 microscopes à 377 personnes, c’est-à-dire le nombre actuel d’inscrits en 1er master ? « 

Ce qui inquiète les vétérinaires belges est en fait surtout que l’Association Européenne des Etablissements d’Enseignement Vétérinaire fasse sauter la reconnaissance des facultés belges.

Tout cela montre en tout cas que les soins des animaux dépendent de plus en plus : des labos et des vétérinaires, ainsi que des mutuelles, dont la motivation fondamentale est l’argent.

En 2011, le Figaro constatait déjà que les dépenses vétérinaires avaient connu une hausse de 72% en dix ans: cela reflète tant un accroissement des soins que des bénéfices somptueux…

Voici d’ailleurs un « fait divers » assez parlant en soi:

Les faits se sont déroulés mardi ou mercredi. La clinique vétérinaire de la route de Strasbourg à Rillieux-la-Pape a été cambriolé par un ou plusieurs individus.
Les malfrats ont arraché les barreaux et brisé une vitre pour pénétrer dans l’enseigne. Et ils sont repartis avec des outils chirurgicaux et des produits anti-parasites destinés aux animaux. Le montant du préjudice reste à déterminer. Une enquête a été ouverte.

Il y a peu, il y a également eu une tentative de cambriolage dans un cabinet vétérinaire de Pont-de-Beauvoisin, dans l’Isère. En fait, les soins pour les animaux, c’est devenu un « business » comme un autre…

Et on se doute bien de ce que cela signifie : un non-accès aux soins pour les plus pauvres, une tendance à l’arnaque pure et simple de par la situation de monopole, une médecine à deux vitesses (voire bien pire)….

Sachant que plus de la moitié des ménages en France « ont » des « animaux de compagnie », la seule chose qui semble logique ici est de dire qu’il faut nationaliser les vétérinaires, organiser des hôpitaux publics pour les animaux, des centres de soins.

C’est d’ailleurs le seul moyen de passer d’une reconnaissance individuelle des animaux partageant notre vie à une reconnaissance générale, en tant que telle, par la société.

Dépendance et breuvage à base d’ayahuasca

S’arracher aux drogues est quelque chose de difficile; on fait face à l’emprisonnement, l’enfermement, la tyrannie des drogues.

Se sevrer est une tâche très difficile; cela demande beaucoup de solidité psychologique, un entourage qui encourage (et mettre en avant le straight edge est une contribution culturelle qui doit jouer son rôle!), et parfois un soutien concret.

Il peut prendre de très nombreuses formes. Certaines personnes, pour faire face, s’enferment dans une pièce plusieurs jours (ce qu’on trouve notamment dans le film très glauque « Transpotting »). D’autres cherchent à changer radicalement d’environnement.

Voici comment Giovanna Valls présente son expérience, dans le magazine Elle, à l’occasion de la sortie demain de « Accrochée à la vie », qui retrace sa bataille.

Ce qu’elle met ici en avant est très discutable, puisqu’il s’agit de consommer de l’Ayahuasca, encore appelé yage. C’est une drogue en elle-même, aux propriétés hallucinogènes, fabriquée historiquement par les chamanes d’Amérique du sud et consistant en un breuvage à base de lianes.

Il existe, en effet, toute une « mode » touristique consistant à voyager en Amérique du sud pour des expériences mystiques très décriées, avec également quelques décès mentionnés. Ici il ne s’agit pas tant d’expériences que de sevrage, cependant la dimension « mystique » saute aux yeux tout de même.

C’est à prendre en compte, non pas tant pour une critique abstraite, mais pour comprendre la bataille pour le sevrage dans toute sa dimension, et sans jamais occulter le très grand courage individuel qu’il faut pour affronter l’accoutumance.

ELLE. Comment avez-vous replongé ?

Giovanna Valls Galfetti. J’étais, sans le savoir, avec un alcoolique. Un an d’insultes et de coups. Il n’était personne, ce mec, mais il a piétiné ma dignité, blessé mon intelligence. Quand je le regardais, j’avais envie de l’étouffer avec un oreiller, mais je me laissais tuer. J’ai sombré dans une profonde dépression. Et là, un jour, au coin de la rue, quelqu’un m’a dit : « Tu veux de la cocaïne ? » Je l’ai suivi jusqu’à un supermarché de la drogue. J’ai vu les junkies comme des fantômes, l’ambiance sordide, mais j’ai tendu le bras et je me suis laissé faire un shoot. C’était de l’héroïne et de la cocaïne, j’ai eu une overdose, je me suis réveillée dans une ambulance. Cette vie a duré cinq ans.

ELLE. Vous n’aviez pas peur de mourir ?

Giovanna Valls Galfetti. Non. J’ai chopé le sida et une hépatite C en une semaine, mais je me disais : si je dois mourir, je mourrai. Et, en même temps, une flamme tenait bon en moi. J’ai essayé de trouver la manière la plus digne de survivre avec la drogue. Je ne me suis jamais prostituée. Je suis devenue une petite délinquante. Je me levais, j’allais voler, dans les magasins, des articles de luxe masculins que je vendais pour acheter ma drogue. C’étaient des journées de seize heures, je faisais des kilomètres à pied.

ELLE. Comment avez-vous survécu ?

Giovanna Valls Galfetti. J’ai survécu parce que je ne vivais pas dans la rue, peut-être. Même quand j’étais une loque, j’ai toujours gardé la tête sur les épaules, essayé de rester propre, digne. En prison, c’est apocalyptique, ils te jettent à l’infirmerie, et l’abstinence, ils s’en fichent.

ELLE. Vos parents savaient-ils que vous étiez en prison ?

Giovanna Valls Galfetti. Non, je ne voulais pas les appeler, mais, la troisième fois, j’étais dans un état si pitoyable que le service médical de la prison les a contactés. Là, je leur ai demandé de l’aide : je suis à vos pieds, je me mets à genoux, je suis prête à tout. Ce sont eux qui m’ont permis de m’en sortir. Mon père est venu me voir, il avait 80 ans, il m’a dit qu’il m’aimait, qu’il me trouvait belle. Manuel est venu aussi, cet été de 2004, avec sa femme et ses enfants. Ma mère a toujours cru en moi. Tous me disaient : on est là, on t’aime.

ELLE. Pourquoi êtes-vous partie vous soigner au brésil, au fin fond de la jungle amazonienne ?

Giovanna Valls Galfetti. Après sept mois et vingt-trois jours de cure à Barcelone, un ami m’a parlé d’un traitement au Brésil, à base d’ayahuasca. Mes parents avaient besoin que je parte loin, il fallait qu’ils soufflent. Alors, hop, je suis partie !

ELLE. Quel est ce traitement qui, pour nous européens, peut sembler étonnant ?

Giovanna Valls Galfetti. C’est un breuvage à base de lianes de la forêt amazonienne, mélangées à d’autres plantes. Depuis la nuit des temps, les indigènes l’utilisent pour ses vertus curatives. Mais c’est un produit très fort, qui n’est pas adapté à tout le monde. Il peut être dangereux si son usage n’est pas encadré par un médecin. Le psychiatre Josep María Fàbregas avait découvert que ce breuvage était efficace pour soigner les addictions. C’est grâce à lui que je me suis soignée.

ELLE. Concrètement, qu’est-ce que le recours à l’ayahuasca vous a apporté ?

Giovanna Valls Galfetti. Il m’a permis de me retrouver face à moi-même, de revivre mes sensations de manque, de regarder la mort en face. Et surtout de me demander pardon et de me faire pardonner par les miens pour m’être maltraitée si longtemps. C’est comme une thérapie alternative, on vomit, on pleure, on lèche ses plaies. Et on en sort vidée, mais nettoyée. Il faut imaginer cela par 40 °C avec 99 % d’humidité, au milieu des moustiques. C’est une thérapie aussi, les moustiques !

ELLE. Vous n’aviez pas envie de prendre vos jambes à votre cou ?

Giovanna Valls Galfetti. La première nuit, quand j’ai eu envie de faire pipi et qu’il a fallu que je sorte de ma cabane seule dans la nuit noire, oui. D’autant que la jungle ne se tait jamais. Au début, on ne sait pas que ce bruit, ce sont juste les crapauds en chaleur. Au bout d’un mois de tarentules, de bouffe pourrie – car elle arrive après huit heures de pirogue en plein soleil –, j’ai dit : c’est merveilleux ici, mais je rentre chez moi !

ELLE. Qu’est-ce qui vous a fait rester ?

Giovanna Valls Galfetti. Un ami m’a convaincue. Puis je me suis habituée aux tarentules, aux fourmis, au climat. J’éprouvais une sensation de liberté et, en même temps, j’avais le sentiment d’être protégée. L’usage de l’ayahuasca a été très bénéfique pour moi, mais je répète qu’il faut être prudent. L’acheter sur Internet ou à un chaman, c’est très dangereux. Ça peut rendre dingue, je me souviens de quelqu’un qui voyait Ramsès II! Ça booste l’ego aussi, ça peut jouer des mauvais tours.

Festival 2015 du film animalier à Albert

Du 16 au 24 mai aura lieu le festival du film animalier à Albert, dans la Somme. On peut consulter ici le site de cette initiative qui se déroule depuis 1991 et consiste en la remise de différents prix, avec en arrière-plan une sorte de petite mobilisation culturelle locale.

Là où évidemment il y a un problème, c’est que quand on parle de mobilisation culturelle locale, dans une situation où les chasseurs et les pêcheurs sont puissants, cela veut dire qu’ils seront partie prenant…


Faire la promotion de « La chasse pour les nuls » dans le cadre d’un festival animalier, c’est tout de même très tordu, ou plus exactement c’est avoir une conception des animaux qui est celle des chasseurs. Les animaux sont là pour le divertissement ou le défi, l’environnement pour se divertir ou se ressourcer, etc.

De manière plus sérieuse, c’est l’Australie qui est cette année mise en avant.


Il y a également des expositions, en plus des nombreux films: si 7 euros le film c’est cher, 25 euros la totale est plutôt sympa, à condition d’éviter la mise en avant de la chasse et de la pêche bien entendu, quoiqu’il soit toujours malheureusement utile de se confronter à cela.

D’autant plus que c’est l’occasion de rencontrer des réalisateurs, professionnels comme amateurs, et donc d’avoir des échanges possiblement fructueux, ou en tout cas riches de leçons.

On se doute évidemment également de l’importance locale de ce festival. La salle de cinéma fait 600 places, la thématique des animaux devient un thème central. Seulement voilà, y a-t-il des gens pour faire le travail de fond, culturel, à ce niveau?

Ce n’est que comme cela, avec un travail à long terme, que la libération animale et de la Terre aura un sens réel pour les gens. Les initiatives ne visant qu’à « témoigner » passent à côté de la culture, de la vie quotidienne; elles ne permettent que la mise en avant de « consciences malheureuses », elles évitent le long et patient travail de fond.