Quelques questions à Robyn Arouty et à son hommage à Dukey

Voici une interview de la photographe qui a réalisé une série de cliché sur Dukey, le chien malade du cancer, pour son dernier jour. Nous avons parlé de ces photographies il y a peu de temps.

Bien entendu, il n’est pas question d’être obligé d’apprécier sa vision des choses ou d’être d’accord avec tout, cependant c’est un thème important et c’est bien de connaître les différentes approches, les différents points de vue, qu’ils soient bons ou mauvais!

1. Vous photographiez depuis cinq ans les gens et leurs « animaux de compagnie ». Comment arriver à cela, et quelles sont les impressions qui en découlent?

J’étais psychothérapeute dans mon ancienne vie. Il y a environ 7 ans, je suis allée en congé sabbatique afin de poursuivre une carrière avec plus de créativité. Je suis une photographe et une graphiste autodidacte.

Peu de temps après, j’ai commencé le bénévolat au refuge local de contrôle des animaux de Houston, j’ai amené mon appareil photo un week-end pour prendre des photos des bénévoles et des chiens qu’ils promenaient. J’ai posté quelques photos sur facebook cette nuit-là. Les demandes pour photographier les gens avec leurs animaux de compagnie ont commencé à affluer. Six semaines plus tard, j’avais une carrière à temps plein que je n’avais jamais planifié. Je suis très chanceuse. Je n’ai jamais regardé en arrière.

2. Qu’est-ce qui rend si marquant les moments spéciaux entre les humains et les animaux,  selon vous?

Chaque moment avec nos animaux de compagnie est spécial. Je crois qu’ils viennent ici pour nous enseigner des leçons. Chacun a une mission, tous conçus pour nous servir en quelque sorte. Lorsque leur mission est terminée, il est temps pour eux de s’en aller. La mission de Dukey a impliqué d’enseigner à des millions de personnes sur l’amour et la compassion et la dignité envers les animaux. Pour les débutants de toute façon … LOL.

3. Vous avez recueilli des fonds pour la communauté de sauvetage de chiens de Houston. Comment pensez-vous que les artistes devraient aider au sauvetage des animaux? Connaissez-vous le projet « Act of dog »?

L’art nous touche avec précaution sur le plan émotionnel. C’est l’espace brut que nous pouvons éduquer et informer. J’ai toujours vu mon entreprise de photographie en tant que plate-forme pour les causes pour lesquelles je me préoccupe profondément.

« Act of dog » de Mark Barone est incroyable et j’ai apprécié de voir dans quelle mesure il est allé loin dans le projet.

Honnêtement, je pense que non seulement les artistes, mais tout le monde devrait aider jusqu’à ce que nous n’ayons plus ces problèmes.

4. Les photographies pour « Je suis mort aujourd’hui » ont produit de nombreuses réactions. C’était comme si la compassion avait été ouvertement montrée. Qu’en pensez-vous?

Nous n’avions pas réalisé à ce moment-là, bien sûr, mais l’histoire de Dukey a créé cette belle tribune pour les gens afin de partager des histoires sur leurs animaux de compagnie adorés qui ont péri.

Nous avons lu beaucoup de commentaires dès les premières 48 heures après que l’histoire ait été publiée, mais avec tous les partages et toutes les histoires proches, cela a été au-delà de tout ce que nous pouvions imaginer.

Photographier et documenter Dukey ce jour-là a vraiment donné le pouvoir à des gens pour trouver un moyen de faire face et soulager la douleur de laisser partir un animal de compagnie en les célébrant pendant qu’ils sont encore là.

La plupart des gens sont tellement accablés de tristesse lorsque leur animaux tombent malades, ils ne pensent pas à la célébration, et encore moins à le photographier.

5. Pour nous, le véganisme va automatiquement avec le soutien aux refuges, et nous pensons aussi que les humains actifs dans les refuges devraient logiquement devenir végans. Quel est votre point de vue ici?

Je suis d’accord.

« Dancing with tears in my eyes »

Puisqu’il a été parlé de « Vamos a la playa », cela vaut le coup d’oeil de regarder la vidéo d’un autre « tube » de la même époque, Dancing With Tears In My Eyes (« Dansant avec des larmes dans les yeux »), datant de 1984.

Le thème y est pareillement le risque d’une explosion nucléaire ; si en l’occurrence, c’est d’une centrale qu’il s’agit dans la vidéo (de manière évidemment très simplifiée), il faut se souvenir de la menace d’une guerre nucléaire entre les USA et l’URSS.

Voici le texte de la chanson.

Dancing with tears in my eyes
Weeping for the memory of a life gone by
Dancing with tears in my eyes
Living out a memory of a love that died
Dansant avec des larmes dans les yeux
Pleurer le souvenir d’une vie passée
Dansant avec des larmes dans les yeux
Laisser de côté la mémoire d’un amour mort

It’s five and I’m driving home again
It’s hard to believe that it’s my last time
The man on the wireless cries again
It’s over, it’s over
Il est cinq heures et je rentre à la maison de nouveau
C’est difficile de croire que c’est ma dernière fois
L’homme à la radio pleure encore
C’est fini, c’est fini

It’s late and I’m with my love alone
We drink to forget the coming storm
We love to the sound of our favourite song
Over and over
Il est tard et je suis seul avec mon amour
Nous buvons pour oublier la tempête qui arrive
Nous nous aimons sur l’air de notre chanson préférée
Encore et encore

It’s time and we’re in each others arms
It’s time but I don’t think we really care
C’est l’heure et nous sommes dans les bras l’un de l’autre
C’est l’heure mais je ne pense pas vraiment que cela nous préoccupe

L’aspas sur Nicolas Vanier

Voici deux citations de documents de l’Association pour la Protection des Animaux Sauvages. Elles sont intéressantes, parce que leurs limites sont flagrantes. Nicolas Vanier n’a jamais pu avoir l’air sympathique pour des personnes s’intéressant à la Nature.

La question n’est pas simplement qu’il soutient les chasseurs ou qu’il en est, dans ses documentaires il présente clairement la chasse comme faisant partie du cycle naturel de la vie, avec toute la mystique du rapport à l’animal tué, etc.

Le principe même de l’explorateur qui est colonial, conquérant ! Un explorateur, historiquement, ce n’est pas un scientifique visant à renforcer les connaissances humaines et à protéger Gaïa… Cela devrait être le cas, mais en attendant historiquement on en est très loin !

Quant à la seconde citation plus précisément, elle n’est pas claire voire franchement incompréhensible, les élevages sont soutenus afin de soutenir les animaux encore sauvages ce qui n’est pas cohérent, et le fait que deux chiens aient été tués directement, froidement, et que cela ne soit même pas commenté dans le communiqué, donne un ton encore plus étrange au tout.

Mais tout cela tient au fait de se focaliser sur Nicolas Vanier et d’y chercher des choses qu’il n’a par définition jamais pu représenter…

« Pour 65 % des adhérents de l’ASPAS [en 2012], Nicolas Vanier se sert de l’image sympathique de l’explorateur pour suivre une carrière médiatique et opportuniste. Car derrière cette image se cache un fou de chasse, prenant des positions anti-écologistes révoltantes.

Soutien au lobby des chasseurs de phoques, affirmations anti-scientifiques, comme dans son film « Le dernier trappeur » (« il n’y aurait pas tant d’animaux s’il n’y avait pas de chasseurs »…), conditions de tournage déplorables pour les bêtes sauvages et domestiques exploitées dans son film « Loup », construction d’un camp touristique sur une zone protégée du Vercors, attaques de ses chiens de traîneau sur des animaux…

Ces deux personnages si opposés, le héros et l’imposteur, recevront leur trophée avec les compliments de l’Association pour la Protection des Animaux Sauvages. »

Conte de Noël sanglant chez Nicolas Vanier

Vassieux-en-Vercors, vendredi 13 décembre [2013].

Une fois de plus, les chiens du célèbre cinéaste s’échappent, font des ravages dans un troupeau de brebis et reviennent ensanglantés. Pour l’ASPAS, qui a déjà épinglé les opinions anti-loup et anti-écologistes de Vanier, cette récidive est un peu forte.

En juin 2012, dans cette même bergerie du Vercors (Drôme), six brebis et cinq agneaux avaient déjà été tués par les chiens de traîneau de Nicolas Vanier. L’éleveur, Serge Gémard, découvrant le carnage, avait abattu les deux chiens fugitifs dans la bergerie même.

Et des promesses avaient été faites. Mais cela n’a visiblement pas suffi, une enquête est en cours pour préciser les faits. C’est une responsable du domaine de Nicolas Vanier qui a donné l’alerte en voyant ses chiens revenir d’une fugue maculés de sang.

Déjà, la construction du camp touristique du cinéaste sur une zone protégée du Vercors avait interpellé l’ASPAS sur les agissements du personnage.

De plus, ses positions en faveur de la chasse au phoque ou des tirs au loup, entre autres, lui ont valu de recevoir de l’association le « Trophée de Plomb 2012 », suite à un vote impressionnant de 65 % des adhérents.

Pour les membres de l’ASPAS, Vanier est un opportuniste qui se sert de l’image sympathique des explorateurs pour asseoir sa carrière, mais sans respect réel pour la nature qu’il exploite dans ses productions.

À l’heure où les éleveurs se plaignent des dégâts du loup, où les protecteurs de la nature se font menacer physiquement par les responsables syndicaux de la filière ovine, il y a de quoi se poser des questions.

Il est temps de rappeler que les chiens divagants font bien plus de dégâts que les loups, et que 500 000 brebis de réforme sont abattues et brûlées chaque année, chiffre sans commune mesure avec les dégâts des loups.

Enfin, l’ASPAS rappelle que les troupeaux victimes d’attaques ne sont généralement pas suffisamment protégés comme la loi l’exige, et qu’ils sont aujourd’hui descendus dans les vallées. Le loup n’est plus d’actualité, il n’y a que les chiens de Nicolas Vanier pour oser entrer dans la bergerie…

John Zerzan répond à la revue VICE

Nous avions déjà posé quelques questions à John Zerzan, le principal théoricien du primitivisme (voir Quelques questions à John Zerzan).

Il a accordé une interview à la revue en ligne Vice, revue se voulant par ailleurs au top de la branchitude et de l’information version hipster. Voici quelques unes des questions et réponses reflétant la pensée de Zerzan, toujours plus « magique ».

VICE : Vous défendez l’idée selon laquelle il faudrait abandonner toute technologie et retourner à un mode de vie inspiré des chasseurs-cueilleurs. Ça vous fait quoi, de discuter avec moi sur Skype ?

John Zerzan : J’étais invité sur un plateau de télévision il y a quelques années, et le présentateur n’arrêtait pas de me dire que pour vivre en cohérence avec ma philosophie, il fallait que j’aille vivre dans une grotte. Je lui avais répondu : « Oui, c’est vrai. Mais dans ce cas nous n’aurions jamais eu cette conversation. » J’essaie de maintenir une connexion avec les autres. Il faut communiquer avec eux, avec la société – le contraire ne me semble pas sérieux.

VICE : C’est la seule chose qui vous retient d’aller vivre dans la nature ?

John Zerzan : J’imagine, même si je dois admettre que comme beaucoup de gens, je suis aujourd’hui domestiqué. J’aime être dans la nature, mais je n’ai pas les ressources pour pouvoir y vivre.

VICE :  Vous avez déjà essayé d’y vivre ?

John Zerzan : Pas vraiment, même si je suis allé plusieurs fois passer quelques jours en montagne.

VICE :  Et quand vous y étiez, vous aviez l’impression de trouver ce qui vous manquait dans la vie d’aujourd’hui ?

John Zerzan : Oui, c’est certain. On se déconnecte pour vivre en osmose avec la nature. C’est une chose de l’écrire, mais il faut également le vivre. Nous ne pourrons jamais procéder à une transition vers un mode de vie de chasseurs-cueilleurs si nous n’apprenons pas progressivement à vivre sans technologie – et à terme, sans civilisation. Ce sont des détails pratiques, mais il faut en tenir compte.

(…)

VICE : Comment convaincre les gens d’abandonner la technologie ?

John Zerzan :  Ça n’arrivera que si les gens finissent par se lasser du nombre toujours croissant de médiations. Tant qu’ils se satisfont d’être des zombies devant leur écran, rien ne se passera. Mais j’espère que les gens finiront par voir ce mode de vie tel qu’il est : triste.

VICE : Quand avez-vous commencé à penser de cette façon ?

John Zerzan : C’est venu progressivement – à partir du moment où j’ai réalisé que la technologie n’était jamais neutre, mais toujours intentionnelle. La Révolution industrielle ne fut pas simplement dicté par des enjeux économiques. Comme l’écrit Foucault, il s’agissait surtout d’imposer une discipline aux autres. J’ai alors commencé à m’interroger, et à me dire que la technologie avait peut-être toujours fonctionné ainsi. Les gens n’y réfléchissent pas encore trop – mais Hollywood si. Regardez Her, regardez Transcendance. Des films commencent à poser ce genre de questions.

VICE : Vous n’avez pas le moindre espoir que le progrès technologique puisse être positif ?

John Zerzan : Non. Je n’y crois pas. Le transhumanisme prétend que plus de technologie, c’est l’assurance du progrès, l’assurance que tout ira bien. Tous les problèmes seront résolus par la technologie, on finira par vivre éternellement. Mais il suffit de regarder où en sont les choses. Nous sommes au cœur d’une crise environnementale et sociétale sans précédent. Ils prétendent que nous sommes tous connectés, mais je crois que dans l’Histoire, nous n’avons jamais été aussi déconnectés les uns des autres.

VICE : Vous voulez que les gens soient connectés, et les trans-humanistes aussi. Serait-il possible que vous rêviez en réalité d’un même monde, que vos utopies convergent ?

John Zerzan :  Peut-être, mais ces gens-là assimilent le cerveau à un ordinateur. Ce n’en est pas un. Ça n’a rien à voir, ce n’est pas une machine, et nous non plus. Ils n’ont aucune idée de ce qu’est la conscience ; personne n’en a d’ailleurs la moindre idée.

VICE : Il me semble que ce qu’ils entendent par là, c’est que le cerveau est une entité purement physique, comme l’ordinateur. Vous, vous pensez qu’il existe un élément spirituel, impossible à répliquer par la technologie ?

John Zerzan : Ils n’ont rien fait de mieux que de concevoir une machine capable de battre un être humain aux échecs. Mais il s’agit juste de calculer plus vite. En quoi est-ce de l’intelligence, l’expression d’une conscience ? Je me souviens d’un voyage en Turquie – j’ai discuté avec une jeune femme qui m’a dit qu’elle pensait que l’anarchisme vert était avant tout un « mouvement spirituel ».

(…)

VICE : Si la civilisation s’effondre, comment se déroulera le processus de retour à la nature ?

John Zerzan : C’est la principale question. Comment allons-nous vivre ? Nous avons perdu la totalité de nos compétences, comment les acquérir à nouveau ? Il faudra réapprendre à fabriquer des outils en pierre, réapprendre à distinguer les plantes comestibles. Il faudra commencer par réacquérir ces savoirs, sinon nous n’oserons jamais sauter le pas.

Et en dehors de l’apprentissage de compétences oubliées, sera-t-on capable d’apprendre à oublier, justement ? Pourra-t-on oublier ce que sont les étoiles ? Avant, les gens regardaient le ciel et ne savaient pas ce que c’était – le mystère était partout.

Après tout oui, pourquoi les gens auraient besoin de savoir ce genre de choses ? À quoi cela leur sert-il ? Je ne pense pas que ce soit de l’ignorance. C’est tout le contraire. Les chasseurs-cueilleurs savaient décrypter d’autres choses, comme un brin d’herbe. C’était déjà une forme de science.

La Casa, à La Chapelle Glain, a besoin de soutien!

La Casa est un refuge qui a besoin de soutien! Il se situe en Bretagne.

Nous lançons aujourd’hui un appel aux dons solidaires pour aider La Casa à nourrir, entretenir et soigner les animaux du refuge, car bien que l’association La Casa ne souhaite plus accueillir de nouveaux pensionnaires, nous avons encore 250 animaux en charge au refuge plus ceux qui se trouvent en FA ( Hydra, Buk, Rigolo, Argentine, Marquise, Petit Géranium, Charmeur et Gandhi )

Nous ne recevons quasiment plus de dons du fait que nous ne prenons plus d’animaux en charge et ne faisons donc plus de sauvetage, il faut avouer que c’est quasiment uniquement dans ce genre de cas que les dons affluent et que nous nous faisons connaître .

Nous avons également moins de parrainage, depuis le début d’année, plusieurs parrains, marraines ont arrêté leur parrainage, ou ont diminué le montant mensuel qu’ils reversaient ce qui fait moins d’entrée d’argent pour l’association, alors que les dépenses sont quasiment identiques, nous avons eu seulement quelques chats (8) et chiens (2) adoptés depuis le début de l’année.

Nous manquons de croquettes pour chats, de litières, de boites pour chiens et chats, nous avons besoin de vermifuges et anti-parasitaires pour chiens et chats.

La Casa abrite actuellement 34 chiens, 69 chats (10 chats positifs, 34 chats en chatterie principale, 25 chats sauvages ), 7 cochons, 7 moutons, 16 chèvres et boucs, 30 poules, 60 pigeons, un âne et un cheval.

Et tout ce petit monde à besoin de manger, d’être soigné, d’être déparasité, certains enclos doivent être refaits ou améliorés, nous devons acheter du brise-vue pour limiter le stress dans la nouvelle chatterie extérieure par rapport aux chiens … etc.

Aussi c’est un appel aux dons général que nous lançons aujourd’hui pour nous aider à faire face à nos besoins au quotidien, je vous demanderais de partager cet évènement le plus possible et d’y participer suivant vos possibilités.

Paypal : refuge.casa@hotmail.fr
Chèque : à l’ordre de La Casa
Virement possible sur demande par mail refuge.casa@hotmail.fr

Association La Casa
La Delaunière
44670 La Chapelle Glain

A noter qu’à l’adoption, il reste Achille, Jules, Grindsel, Tarzan, Taamin, Black Jack et Lucky!

Des drones pour documenter sur les fermes-usines

C’est une sacrée initiative qu’a pris Will Potter, un activiste américain, à l’origine notamment du blog Green is the new red (le vert est le nouveau rouge), qui traite de la répression énorme dans son pays contre la libération animale et la libération de la Terre.

Il a décidé d’affronter indirectement la nouvelle loi, notamment prise dans les États de l’Iowa, de l’Utah, de l’Idaho du Missouri (mais la liste va s’agrandir), interdisant de filmer les lieux de l’exploitation animale. Le but de l’Etat est d’empêcher les enquêtes qui alertent l’opinion publique.

Pour cette raison, il a fait appel pour survoler les zones des fermes-usines au moyen… de drones. Il a déjà tellement de dons que deux seront opérationnels, avec même les éleveurs annonçant déjà qu’ils tireraient dessus.

Bien entendu, et malheureusement, les drones ne pourront pas tout voir, mais il existe une caractéristique importante aux Etats-Unis, avec les « feedlots », les parcs d’engraissement. Ces fermes-usines sont tellement massives qu’elles façonnent l’environnement de manière terrible.

En voici quelques exemples, avec des photos impressionnantes montrant des zones de déchets dans ces « feedlots ».




Précisons tout de suite que la situation est différente en France. Tout d’abord, les drones sont considérés légalement comme des « aéronefs qui circulent sans personne à bord » et il y a toute une législation à ce sujet, et encore plus en cas de prises de vue, il faut faire des demandes et de nombreuses déclarations (comme celle-là notamment), bref ce n’est pas trop possible concrètement….

Car, surtout, l’exploitation animale est bien cachée en France. Quiconque a roulé en voiture dans des zones industrielles ou sur des « routes de campagne » sait que ces grands hangars ne révèlent pas grand chose à leur apparence.

Ainsi, même si on regarde les photos satellites de google pour étudier les zones où se trouvent des élevages, des abattoirs, etc., il n’y a rien de frappant, rien de marquant, ce sont des endroits « neutres ». Sans nul doute il y a ici une étude, une réflexion à faire, sur cette architecture discrète de l’exploitation animale.

Dukey, un ami

Quand on partage sa vie avec quelqu’un, on peut parfois faire face à sa disparition suite à une maladie. C’est un moment très difficile, bien entendu, et on essaie de faire au mieux.

La photographe américaine Robyn Arouty était allée rendre visite à une amie travaillant également dans un refuge et elle a assisté à un moment de ce type, un moment très particulier.

Elle a publié ces photos, en ajoutant une légende, indiquant en quelque sorte ce que Dukey pouvait penser. Dukey était atteint d’un cancer des os, un ostéosarcome, qui avait déjà abouti à l’amputation d’une patte. La maladie avait un stade vraiment trop avancé et cependant, le départ de Dukey a été organisé de telle manière à l’honorer et lui faire plaisir.

On peut retrouver les photos de Robyn Arouty sur son site, ici il y a son facebook. Elles ont été publié il y a quelques jours et elles ont frappé les esprits et les coeurs.


Et j’ai mangé plein de hamburgers. On a fait la fête.


Et j’ai ri.


Et j’ai pensé à quel point cet endroit allait me manquer.


On a fait des blagues.


On a gardé notre sérieux parfois.


Mes voisins sont venus me voir. Ils sont jumeaux. Quand on leur a offert un de mes hamburgers, l’un d’eux a répondu: «Non merci. Je ne veux rien prendre à Dukey.»


Kristen est venue me voir. Elle n’arrête jamais de rire. Elle est ma toiletteuse. Et mon amie.


Alors qu’on attendait le vétérinaire, Kristen a dit qu’on allait se promener. Puis quelqu’un a dit: «Et si on allait jouer au parc à eau en bas de la rue?» Et on y est allés!


«Tu sais que tu vas me manquer?»


«Et toi aussi, hein?»


«Prends soin de ma famille.»


« Tu m’entends? C’est tout ce que je veux! »


On était bien mouillés.


On a ri.


Ça nous a fait un bien fou.


On a brisé les règles.


J’écoutais les enfants jouer à l’horizon. Et pensé à mes deux bébés à la maison. J’adorais les protéger.


Je me suis relaxé.


Je n’ai pas eu mal. Même si la tumeur avait beaucoup grossi.


Je me suis senti aimé.


J’ai dit au revoir à mon amie Kira.


Je n’ai pas dit adieu. J’ai dit à la prochaine.


J’ai eu de la chance. Tu adores que je te regarde. Je n’arrêterais jamais.


À tout jamais, Dukey.

Que pouvait-on attendre de Nicolas Vanier?

Nicolas Vanier en prend littéralement plein la gueule en ce moment. Les chiens récupérés de son « camp » étant dans une situation de santé très mauvaise, les critiques fusent, et même les médias traditionnels y vont « cash ».

Même Le point y va carrément d’un :

L’odieux business canin de Nicolas Vanier

Le camp qui porte le nom du célèbre explorateur a fermé pour des raisons d’hygiène et de sécurité, laissant orphelins 61 chiens en mauvaise santé.

Mais comment être étonné ? Et en quoi d’ailleurs Nicolas Vanier est-il un « explorateur »? Est-il un scientifique? Non, justement, c’est un aventurier, un explorateur qu’on s’imagine qu’il y a en eu de par le passé. En fait, le fond du problème est qu’ici certains ont oublié trop vite l’idéologie typique du 19e siècle de l’explorateur – aventurier, dont « Indiana Jones » et « Lawrence d’Arabie » sont des exemples connus.

Nicolas Vanier ne doit même pas comprendre ce qu’on lui reproche. Car ce qui compte derrière, ce qui est essentiel, c’est la question de la Nature. Or, Nicolas Vanier en a une vision tout ce qu’il y a de plus traditionnel, avec en gros la conception selon laquelle la Nature est impitoyable, marquée par la loi du plus fort, etc. C’est d’ailleurs le point de vue typique du 19e siècle, de ces aventuriers et explorateurs…

Nicolas Vanier s’est toujours présenté ainsi comme un baroudeur, un aventurier, un « mec » qui va à l’extrême. Il a la même conception que tous les aventuriers, tous les gens qui font des sports extrêmes, etc. : il veut l’adrénaline, les « grands espaces », etc. Normalement il voudrait des « découvertes », mais désolé c’est trop scientifique tout de même, donc c’est mis de côté…

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si dans les pays nordiques on peut trouver des Français louant des chiens de traîneaux ! C’est ici l’aventure individuelle, associée à l’exotisme, marqué par un goût du pittoresque…

La Nature, d’ailleurs, pour tous ces gens, n’est intéressante que de manière pittoresque, le reste ne compte tout simplement pas.

C’est cela qui explique que Nicolas Vanier est un cynique, et qu’il ne comprend tout simplement rien. Il accuse par exemple les associations de « buzzer » pour se faire de l’argent. C’est pathétique quand on sait le temps et l’énergie qu’exigent de travailler dans un refuge, et cela montre qu’il assimile les refuges à une sorte de casino pour ses membres humains. Mais il est certainement sincère, c’est ça le pire !

Voici ce qu’il dit dans un message sur facebook :

« Ces fausses informations, immédiatement reprises et commentées sur les réseaux sociaux et dans les médias, ont atteint le seul but que s’était fixé cette association : faire parler d’elle et récupérer de l’argent en touchant la sensibilité des gens et en activant des réseaux d’associations et des médias qui auraient dû effectuer les vérifications nécessaires. »

Toute la vision social-darwiniste du monde se reflète ici. Comme chez Nietzsche, les « faibles » tentent d’escroquer les « forts »…

On a la même chose dans son texte « Le Camp Nicolas Vanier ferme ses portes » où il annonce la fermeture du camp.

A une vision « mystique » autour de ses aventures, il ajoute une vision du monde totalement libéral, totalement capitaliste. La Nature ? Il n’en parle même pas… Voici le texte en entier, parce qu’il est totalement représentatif de l’esprit qu’on peut résumer par la formule « aventure + business ».

« La fin d’une aventure …
Le Camp qui porte mon nom va fermer ses portes. Cette décision douloureuse était inévitable.

Je n’ai jamais dirigé cette structure auquel j’ai apporté mon âme, celle de mes voyages, à qui j’ai donné une vision avec le rêve d’en faire un lieu d’échanges, où je voulais que nous transmettions notre amour des chiens et de la nature.

Ceux qui se sont succédé à la direction de ce Camp étaient, comme moi, des passionnés, de chiens, de chevaux, de nature mais pas des gestionnaires.
Pendant cinq ans, le Camp n’a fait que perdre de l’argent, tout en offrant à ceux qui nous faisait l’amitié de venir nous voir du rêve, ce qui était une sorte de contrepartie au temps, à l’énergie, à tout l’argent que nous avons mis dans cette structure pour tenter de la faire vivre et durer.

Par ailleurs, nous étions loin d’imaginer nous retrouver victimes et dépendants de la rigidité des banques qui sont intraitables, ainsi que de l’administration française qui assomme les entreprises de taxes, d’impôts, de prélèvements tout en exigeant de se conformer à une réglementation coûteuse et insupportable pour les petites structures comme la nôtre.

Le gérant, en accord avec les associés dont je fais partie, a donc pris, la mort dans l’âme, la seule décision qui s’imposait : fermer et déposer le bilan.

Pour ma part, je poursuis mes aventures avec mes chiens qui ne sont pas impactés par cette décision sinon qu’ils seront entraînés ailleurs.
Les chiens du Camp, appartenant pour certains aux amis avec lequel nous avons monté ce Camp, seront replacés chez eux et pour quelques-uns dans des structures identiques à la nôtre ou chez des particuliers capables de bien s’en occuper.
Par ailleurs, le Camp indemnisera les clients qui ont déposé des acomptes. En dernier recours, je le ferai moi-même en leur disant combien je suis désolé pour ceux qui avaient prévu de venir nous voir prochainement.

Nous sommes très tristes de devoir abandonner ce rêve pour lequel, croyez-nous, nous avons tant, tant donné.

Je souhaite que dans cette affaire douloureuse, les esprits malveillants se taisent et nous laissent faire le deuil de cette aventure.
Et surtout un grand merci à tous ceux qui nous ont déjà exprimé leur sympathie et nous ont proposé leur aide. »

Rêve, aventure, argent, réglementation… Voilà à quoi le texte se résume. Quant à la Nature, elle est juste ici au mieux un lieu pittoresque où en profiter.

Et cela, il y en a plein des gens qui ont cette vision du monde. On peut même dire que la majorité des gens aisés ont exactement cette manière de voir les choses et de déconsidérer la Nature.

La chasse, le golf, la pêche, le polo, les traîneaux tirés par les chiens… Voilà ce qui intéresse ces gens ; la Nature c’est le lieu de cela, pour « ressentir » des sentiments forts.

Voilà pourquoi Nicolas Vanier peut prétendre aimer la Nature et dire que se préoccuper des phoques massacrés au Canada relève de la « sensiblerie ». C’est l’idéologie du trappeur. Nicolas Vanier témoigne du fait que les grands bourgeois et les décroissants ont, finalement, la même conception passéiste de la Nature…

« A placer: Les chiens de Nicolas Vanier… »

La SPA de Besançon publie cet article absolument édifiant au sujet du sort que le très médiatique Nicolas Vanier a réservé aux chiens qu’il a utilisé…

Un article absolument terrible!

Lors de leur arrivée à l’association Eden Valley, dans la Drôme…

Ils sont 60, ils sont célèbres, ils ont bossé dur toute leur vie, ont été adulés, filmés et photographiés… Et pourtant, aujourd’hui on s’en débarasse, ils sont à placer, comme tellement d’autres, et dans un état qui nous rappelle les chiens de SDF qui arrivent au refuge!

 Cachétiques, mal entretenus, bourrés de vers et fourrure plus que négligée, groenlandais, sibérian huskys, et autres croisement de laïkas étaient au « Camp Vanier » dans le Vercors ; attractions pour touristes, après avoir tiré le traineau chargé du fameux explorateur sur des milliers de kilomètres.

Succès, notoriété, argent, ces chiens nordiques ont pourtant donné beaucoup!

Mais sous le vernis et la poudre aux yeux, la réalité était faite de chenils « passoires » (qui valurent plusieurs attaques sur troupeaux, dont une se soldat par le tir des chiens fugueurs par l’éleveur ovin), surpopulation, mauvaises conditions d’entretien des animaux, etc.

Après plusieurs demandes de mise en conformité, la DDPP et la Préfecture ont donc décidé de la fermeture du camp. 

C’est la deuxième fois qu’un camp Nicolas Vanier ferme ses portes (le premier au Canada)

Et les chiens?

« Pour ma part, je poursuis mes aventures avec mes chiens qui ne sont pas impactés par cette décision, sinon qu’ils seront entraînés ailleurs », avait écrit le célèbre aventurier.

Mais finalement, loin d’assumer le désastre pour ces 61 chiens ou la faillite du camp (voir article plus haut), ce seront des associations spécialisées en chiens nordiques, comme l’Eden, qui accueilleront, soigneront et placeront ces animaux.

Prêter son nom, vendre du rêve et de jolies images, films, livres, sponsoring, publicités, objets dérivés en tous genres, accueillir des touristes… très lucratif.

Ces chiens, parfois âgés, ceux sans qui tout cela n’aurait été possible, n’ont que faire de cet argent et notoriété. Ils ne veulent comme reconnaissance, qu’un endroit agréable pour vivre et un lien d’attachement avec ceux qui se disent leurs maitres.

 Ceci, ce sera donc des associations de bénévoles, des particuliers, qui se chargeront de l’assurer pour ces chiens qu’ils ne connaissent qu’au travers des récits du célèbre aventurier. Juste par compassion, juste par amour et respect des animaux, et a fortiori de chiens de travail, d’athlètes à qui on a demandé le maximum, et qui l’ont donné sans compter, tout comme leur confiance.

 Liens:

-Une récompense singulière pour Nicolas Vanier.

- Fermeture du camp Nicolas Vanier : déception ou soulagement ?

-Le camp de l’explorateur Nicolas Vanier visé par une fermeture administrative

Quelques chiffres sur l’exploitation animale en France

Voici, pour conclure quelques chiffres concernant l’exploitation animale en France, encore une fois tiré du document produit par l’État et présentant les objectifs pour 2025.

Mais quel est le nombre d’animaux concernés ? Le document parle de « cheptel ». Les chiffres donnés sont les suivants, avec également les expressions employés par le document en question :

* 4,13 millions de brebis allaitantes (y compris les agnelles saillies)
* 1,58 millions de brebis laitières
* 880 000 chèvres
* 1,3 millions de colonies [d'abeilles] (hors cheptel de renouvellement)
* 13,8 millions de têtes [pour les cochons]
* 143 millions de poulets
* 26 millions de canards
* 23,2 millions de dindes
* 10,2 millions de pintades
* 47 millions de poules pondeuses
* 4,1 million de vaches allaitantes
* 3,690 millions de vaches laitières [« produisant » 24 milliards de litres de lait]

Ce sont des chiffres très importants, mais il faut également voir ce qu’il faut comprendre par « cheptel ». En effet, un site de « professionnels » comme leporcenbretagne.com parle lui de plus de 25 millions de cochons « produits » à l’année, ce qui ne correspond pas au « cheptel » de 13,8 millions « de têtes ».

Il y a toute une réflexion à faire ici, qui touche à la crédibilité du véganisme. Comment fermer ces entreprises, quel emploi proposé aux travailleurs de ce secteur, quelles productions faudra-t-il lancer pour fournir l’alimentation aux gens ?

Voilà des questions, pas évidentes, mais forcément incontournables, sans quoi on reste dans l’abstraction.

Inversement, ceux qui défendent, par intérêt, l’exploitation animale, savent bien l’importance de tout cela. A titre de comparaison justement, voici le classement de la France, dans l’Union Européenne, pour cette affreuse production. On peut voir que la France est toujours parmi les premières places, encore une fois ce sont les expressions du document qui sont ici utilisées.

* Ovins viande : 3ème derrière le Royaume Uni et l’Espagne
* Ovins lait : 5ème producteur laitier
* Caprins lait : 1er producteur laitier devant l’Espagne et les Pays-Bas
* Apiculture : 2ème derrière Espagne
* Porcs : 3ème derrière l’Allemagne et l’Espagne
* Poulet : 3ème derrière le Royaume Uni et l’Allemagne
* Dinde : 1er devant l’Allemagne et le Royaume-Uni
* Oeufs : 1er devant Allemagne et l’Espagne
* Bovins viande : 1er devant l’Allemagne
* Bovins lait : 2ème producteur laitier derrière l’Allemagne

On a affaire en France à une exploitation animale très agressive, parce que le secteur marche fort. C’est toute une économie ; si en plus on ajoute un « style de vie » avec les pêcheurs, chasseurs, forains utilisant des animaux, ou encore avec les corridas, on comprend qu’on fait face à un ennemi puissant et organisé, un ennemi très décidé !

Finissons justement avec le nombre d’éleveurs auxquels on a ici affaire. C’est important pour conclure ce bien triste panorama. Les termes employés sont ceux du document, encore une fois.

Et bien entendu, il y a ici de moins en moins d’entreprises de petite taille et toujours plus de grandes entreprises. Dans quelques années, les chiffres auront considérablement changés…

* Ovins viande : 50 451
* Ovins lait : 5 039 exploitations détenant plus de 25 brebis laitières en 2010
* Caprins lait : 5 300 producteurs en 2012
* Apiculture : 75 000 apiculteurs environ dont 1 600 apiculteurs professionnels (possédant plus de 150 ruches) et 2 000 apiculteurs pluriactifs (30 à 150 ruches)
* Porcs : 22 300
* Volailles de chair : 20 000 dont 12 300 supérieurs à 1 000 poulets ou dindes
* Oeufs : 2 069 supérieurs à 250 poules pondeuses
* Bovins viande : 100 000
* Bovins lait : 69 300 producteurs

Savoir où se trouvent ces exploitations est important, parce que pour promouvoir le véganisme quelque part, il faut connaître la situation concrète, et ne pas parler en général.

On ne peut pas agir en Bretagne sans voir la très grande importance économique qu’a là-bas l’exploitation animale, et de la même manière certaines régions ont des spécificités, comme les corridas, ou encore les élevages de sélection, dont parle justement VEAN, qui fait un trop gros effort pour dresser le panorama de la situation locale.

Tout est une question de crédibilité sur le long terme, de changement culturel à moyen terme, et de démonstration morale immédiate !

Exploitation animale : la « filière volaille de chair » en 2025

Continuons de regarder le document analysant l’horizon 2025 de l’exploitation animale, et portons notre attention sur la « filière volaille de chair ». Ici, le document souligne tout de suite l’importance de la filière, car celle-ci a une particularité : elle est en croissance à l’échelle mondiale.

« La viande de volaille est produite et consommée partout dans le monde. Les échanges internationaux sont en croissance régulière, et se sont développés au rythme d’environ + 5 % / an sur les dix dernières années. Ils sont dominés par trois acteurs : le Brésil, les États-Unis et l’Union européenne.

Le marché mondial de la viande de volailles devrait rester dynamique dans les prochaines années tiré par une demande en expansion dans les trois principales régions d’importations, l’Asie, le Proche et le Moyen-Orient et l’Afrique Centrale. »

Pour avoir un ordre d’idée, cette filière de l’exploitation animale concerne chaque année pas moins de 143 millions de poulets, 26 millions de canards, 23,2 millions de dindes, 10,2 millions de pintades… Autant d’animaux dont la vie consiste à souffrir et mourir dans des conditions atroces.

Mais cela ne suffit pas à l’exploitation animale, dont le problème n’est pas moral mais économique : c’est la concurrence, allemande et hollandaise en Europe, et du Brésil à l’international. Qu’à cela ne tienne, voici ce qui est prévu.

« Pour le secteur de la volaille de chair, les enjeux concernent principalement la reconquête du marché intérieur en particulier du poulet standard, la mutation de la filière d’exportations vers les pays tiers et la durabilité de la filière. »

« Aider les entreprises à investir : moderniser les sites industriels pour les rendre plus compétitif et saturer les outils d’abattage découpe viables et réduire les surcapacités
2014 :Plan abattoirs (cIA/OnA/Aides FAM)
Plans de reconquête industrielle pour la France (abattoir du futur) »

Mais attention, il ne s’agit pas seulement de mener la « reconquête du marché poulet standard ou du poulet
industriel ». Il s’agit également de faire en sorte que la société participe à cet effort… Et donc d’anéantir tous les résultats des campagnes en faveur des animaux.

« Il faut promouvoir une filière durable, attractive pour les éleveurs et les entreprises, reconnue par la société en travaillant sur l’image et l’acceptabilité environnementale et sociale de la production »

Plus loin dans le document, cela sera résumé en :

« Renforcer le dialogue entre la société civile et la filière et répondre aux attentes sociétales »

Ce qu’on voit ici est crucial. Il serait en effet tout à fait faux de penser que la société est passive sur le plan culturel et qu’il s’agirait, pour ainsi dire mécaniquement, de faire passer le message pour que des progrès aient lieu.

Si c’était vrai, le réformisme aurait raison et toute autre attitude serait de l’impatience. Malheureusement, ce n’est pas le cas, rien n’est statique. Ce qui est gagné un jour peut être perdu le lendemain, et inversement. Une campagne peut avoir un grand succès, puis parce qu’elle était mal ciblée, s’essouffler et n’aboutir à rien. Il faut voir sur le long terme et tracer des bilans, mais cela n’est pas fait. Ce qui fait que souvent les mêmes erreurs sont faites, avec les mêmes échecs.

En l’occurrence, on ne peut pas lutter pour les animaux et ne pas prendre en compte les initiatives de l’exploitation animale. Déjà parce qu’on est censé vouloir son abolition lorsqu’on est logique et moralement conséquent. Mais également parce celle-ci organise de nombreuses initiatives, tel le centre d’information des viandes, pour faire passer son propre message et maintenir ses positions.

Là, cela va encore plus loin toutefois, puisqu’il est parlé de dialogue entre la société civile et la filière. Il est dit que ce dialogue doit être « renforcé » : c’est un langage de bureaucrate qui ne trompera personne ; il n’y a actuellement aucun dialogue de ce genre, à part des critiques soit de l’élevage en général soit plus couramment de l’élevage industriel.

Mais on doit donc s’attendre à ce qu’un dialogue s’instaure. Comment ? Cela il faut y réfléchir, cela il faut l’analyser, le repérer, afin de pouvoir faire des contre-mesures… Sans quoi la bataille pour l’opinion publique sera nécessairement perdue.

Sans doute faut-il également s’attendre ici, mais l’avenir le dira, à ce que le réformisme tourne le dos à son prétendu objectif de réforme globale. Plus le temps passe et plus l’horizon de la libération animale apparaît pour ce qu’il est : un doux rêve de gens marginalisés et pacifistes, ou bien un objectif révolutionnaire violemment antagonique au système en place.

Par conséquent, le réformisme assumera tous les compromis au nom de la protection animale, se faisant l’outil dans l’opinion publique de l’exploitation animale « modernisée ». Après tout, historiquement c’est ce qui s’est passé avec les syndicats, et à une bien autre échelle. On voit mal les choses se dérouler de la même manière ici !

Exploitation animale : les « filière ovine et porcine » en 2025

Voici la suite de la présentation du document présentant à quoi devrait ressembler, selon l’État, la situation de l’exploitation animale. On continue dans l’horreur, avec ici la présentation de la situation dans la « filière ovine »…

La froideur du discours est absolument terrible. La manière de parler d’êtres vivants est plus qu’odieuse, elle est d’une barbarie…

« Les performances techniques moyennes sont insuffisantes et les coûts de production élevés, ce qui entraîne une faible rentabilité économique de l’élevage ovin.

La question du maintien de la troupe ovine se pose souvent dans les régions de polyculture-élevage et lors des transmissions des exploitations, alors que la structure démographique de la population d’éleveurs est préoccupante avec plus de la moitié des éleveurs qui ont plus de 50 ans.

Le manque d’organisation de la filière et le déficit de compétitivité des outils industriels limite la valorisation de la production. Enfin, la raréfaction du produit sur les étals avec la baisse de la production française et
européenne tire la consommation française à la baisse en faisant de la viande ovine, un produit de consommation festive. »

Voici un passage un peu plus loin, tout à fait significatif, et montrant la grande capacité d’organisation de l’exploitation animale. Car ici, en l’occurrence, l’État sait pertinemment que la « production ovine » est en réalité surtout forte en Australie ainsi qu’en Nouvelle-Zélande.

Mais non ! Il est dit qu’on en consomme moins en France… Parce qu’on en trouve moins sur les étals ! Il s’agit donc d’en remettre sur les étals, et tout serait réglé !

« Pour accroître la productivité des élevages et augmenter le nombre de kilos d’agneaux produits et commercialisés pour la filière et augmenter le revenu des éleveurs, il faut améliorer la maîtrise technique, sanitaire et économique des troupeaux.

Le manque de compétitivité de la filière liée à l’atomisation de la production, de la commercialisation et de l’abattage, et l’existence d’une multitude de signes de qualité impose un renforcement de sa structuration, la consolidation de relations contractuelles entre les éleveurs et les abatteurs et une meilleure gestion de l’offre.

Il est aussi essentiel de faire de l’élevage ovin, une production attractive pour les éleveurs leur assurant un revenu correct avec de bonnes conditions de travail et de vie, et une production reconnue par la société. »

On voit aisément ici que cette « production » est portée à bout de bras, que son existence relève d’un choix. On a ici un aspect essentiel, dont il a déjà été parlé : les gens consomment finalement ce qu’on leur propose. Et les prix sont un aspect essentiel.

Voilà pourquoi l’État dit ici : augmentons la productivité des élevages, « produisons » davantage d’agneaux, il y en aura plus et moins cher, donc les gens achèteront !

C’est du capitalisme dans toute sa caricature ! Et voici justement l’exemple inverse. Lorsqu’il est parlé de la filière dite porcine, il est dit qu’il y a trop de production, et que cela provoque une crise…

On apprend ainsi que la filière peine à se moderniser, en particulier les abattoirs…

« Depuis 2010 la production recule, ce qui place la filière française et en particulier le maillon abattage dans une situation difficile.

En effet, faute de volume suffisants les abattoirs français mobilisent moins bien les économies d’échelles que leurs concurrents, leurs faibles marges les privent des moyens d’investir pour moderniser des installations d’abattage et de découpe, leurs performances et leurs parts de marchés reculent et pèsent sur la production.

Dans le même temps, en retard d’investissements, la filière a perdu une partie de ses atouts antérieurs au niveau de la production (en ce qui concerne par exemple la taille et l’efficacité des élevages ou la maîtrise des coûts de production…). »

Et la solution, bien évidemment, n’est pas d’arrêter le massacre. Non, bien sûr, c’est de le moderniser. L’État propose notamment cela :

Moderniser les outils pertinents (automatisation, développement de la découpe, valorisation du 5e quartier, économie et production d’énergie…)
Plan abattoirs (cIA/OnA/Aides FAM), en place depuis 2013
2014 : plans de reconquête industrielle pour la France (abattoir du futur)

C’est la modernisation du massacre. « cIA » désigne les « Commissions interrégionales des abattoirs », qui sont plus ou moins pilotées par ce qui existe depuis 2012 et est appelé « OnA », observatoire national des abattoirs. Enfin, « FAM » désigné l’Établissement national des produits de l’agriculture et de la mer, communément appelé France AgriMer, qui s’occupe des aides de l’Union Européenne.

Ainsi, dans le cas de la « filière ovine », la production est faible et la consommation faible, donc il faut lancer selon l’Etat une production à bas coûts pour lancer la consommation… Quant à la « filière porcine », on produit trop, donc il faut restructurer et financer à coups d’aides des modernisations pour maintenir le tout opérationnel…

Exploitation animale : la « filière bovine » en 2025

Voici ce que dit le document traitant de l’horizon 2025 au sujet de la « filière viande bovine ». Ici on est dans une configuration relativement à part. Le document constate que le marché n’évoluera pas vraiment (à part dans les pays dits émergents) et que, par conséquent, la priorité est à la restructuration.

On a là une logique capitaliste tout à fait actuelle : on resserre les coûts, on augmente la productivité, etc. Mais voici déjà ce que constate le document, qui parle d’êtres vivants de manière particulièrement infâme, puisqu’ils sont réduits à l’état de simples choses.

« La France possède le premier cheptel bovin de l’Union
européenne et présente la particularité d’avoir un troupeau de
femelles allaitantes supérieur à celui de femelles laitières.

Avec un taux d’auto-approvisionnement de 93 % en 2013, la France est déficitaire en viande bovine finie depuis plusieurs années et son bilan est déséquilibré en termes de nature des viandes produites et consommées (la production de vaches et génisses est déficitaire au regard de la consommation et celle de jeunes bovins excédentaire). »

Voici maintenant ce qui est préconisé. C’est absolument terrifiant. Ceci dit ici, cela reflète absolument la logique d’entreprise.

« La France est le premier pays producteur et le premier pays
consommateur de viande bovine en Europe. Dans un marché
mondial en augmentation sous l’effet du développement de la
consommation de produits carnés dans les pays émergents, la
stratégie de la filière se place dans une perspective dynamique
et offensive.

La filière doit saisir toutes les opportunités de marché au plan national, européen et international et relever 2 défis celui d’améliorer sa compétitivité en assurant la double performance économique et environnementale et celui de maintenir voire développer son potentiel de production.

Pour concrétiser ces orientations la filière a défini 4 objectifs :

• développer les débouchés rémunérateurs avec la recherche
d’une meilleure adéquation offre/demande pour mieux
répondre à la demande sur le marché intérieur, le
renforcement du marketing des viandes pour soutenir la
consommation et le développement des exportations qui
concourt à l’équilibre du secteur en diversifiant les
débouchés traditionnels.

• accroitre la compétitivité des différents maillons de la filière
tant au niveau des exploitations que des abattoirs et des
entreprises de transformation en recherchant la création de
valeur en France.

• renforcer la structuration de la filière grâce à la consolidation
de relations contractuelles entre les éleveurs et les
abatteurs, une meilleure gestion de l’offre et la poursuite des
efforts de transparence sur les prix et les marges

• assurer le maintien d’une production attractive pour les
éleveurs et reconnue par la société, en soutenant l’élevage
allaitant et l’engraissement, en assurant le renouvellement
des générations d’éleveurs et des professionnels de la
viande, en renforçant l’attractivité de la filière et sa
reconnaissance par la société. »

Et voici quelques mesures préconisées, piochées parmi les plus significatives…

- Développer l’offre d’animaux pour mieux répondre
- Objectif de moyen terme aux besoins du marché intérieur
- Reconquérir le consommateur : développer le marketing des viandes et renforcer les garanties d’origine
- Restructurer, moderniser les outils d’abattage/découpe et améliorer leur fonctionnement
- Soutenir l’élevage allaitant et l’engraissement.
- Assurer le renouvellement des générations
- Être présent dans le débat public – Développer l’attractivité de la filière et promouvoir les métiers et les produits

Il n’y a évidemment rien à ajouter ici. Tout ce qui est ici concerne par définition les gens aimant les animaux. On ne peut pas les défendre sans comprendre et combattre ce qu’on voit ici ! Le réformisme n’a aucun sens, par définition!

« Le Scénario 3 : le développement durable anime la filière »

Lorsqu’il a été parlé hier des œufs bios et de Monoprix, il y avait une ambiguïté, une erreur, dans ce qui a été dit, car on pouvait comprendre que Monoprix ne fait plus que des œufs bios. En fait, Monoprix vend des œufs de toutes sortes, mais elle a sa propre marque et celle-ci ne vend plus des œufs dits de batterie.

C’est bien entendu différent. Autant revenir brièvement sur cette question, à l’arrière-plan compliqué. Par exemple, voici un aperçu de la grande distribution en parts de marché. On a ainsi Carrefour, qui a 21 % des parts de marché, Leclerc qui en a 17 %, Intermarché qui fait 14 %, Casino qui fait 10 %, Système U 9 %, Auchan 8 %, Lidl 6 % et Aldi 3 %.

Comme on le sait, ces distributeurs se font une guerre totale. On ne voit pas trop comment l’un d’entre eux pourrait supprimer un produit de ses rayons, alors qu’un autre continuerait à le vendre.

Et où est Monoprix dans cette histoire ? Eh bien Monoprix est une marque du groupe Casino, tout comme Casino, Franprix et Leader price. Donc même une campagne sur Monoprix ne représente qu’un aspect d’un distributeur, qui de toutes manières peut se rattraper ailleurs…

Qui plus est Monoprix est une marque ici assez « haut de gamme ». Les bobos et les riches vont à Monoprix, pas à Leader price, bien sûr. Ils peuvent assumer un choix « éthique » pour leur marque, car ils ne sont pas à un euro près lorsqu’ils achètent des œufs…

C’est peut-être pour cela que l’association L214 vise désormais Système U. Mais dans tous les cas donc, comme dit hier, il n’existe pas de distributeur refusant les œufs de batterie, et on voit mal comment dans un contexte de concurrence, qui plus est exacerbée, cela pourrait être le cas.

De manière plus intéressante par contre, voici ce que dit un document de 2011, tiré des « Journées de Recherche avicole ». C’est un peu vieux et donc moins actuel que le document dont il était parlé hier, néanmoins le principe était déjà le même : à quoi ressemblerait la production en 2025 ? Et là où c’est intéressant, c’est qu’il y a des scénarios.

Le document d’hier consistait en effet en des directives, des choix, ici on est dans des hypothèses de travail, et justement, le scénario 3 correspond à ce qu’espère le réformisme du bien-être animal. Il faut bien faire attention : ce n’est pas ce scénario que l’Etat a choisi pour la filière, ni d’ailleurs donc ce qu’a voulu la filière car c’est elle qui décide en réalité.

Mais cela permet de voir : que se passerait-il, si….

« Le Scénario 3 : le développement durable anime la filière

En 2025, l’Europe mise sur ses atouts en matière de développement durable pour faire face à la concurrence internationale et développer une production agricole de qualité sur son territoire.

La sortie de la crise économique et la progression du pouvoir d’achat des consommateurs ont permis l’expression d’un niveau d’exigence élevé en matière de préservation de l’environnement et de qualité des produits.

La baisse de la consommation de viandes profite largement à la consommation d’œufs qui augmente fortement. Les consommateurs privilégient des produits frais, de proximité, à faible impact environnemental et respectant le bien-être des animaux. La part des ovoproduits recule à 30 %. Les attentes de santé, respect de l’environnement et du bien-être animal, sont relayées par la grande distribution, qui n’offre plus à la vente que des œufs alternatifs.

Différents systèmes d’élevage coexistent pour des débouchés spécifiques : 20 % de la production sont produits par des poules élevées en cages et sont destinés quasi exclusivement à l’industrie de transformation. 30 % sont produits par des poules élevées en volières en claustration et sont destinés au hard discount et aux gammes premier prix de la GMS [les grandes et moyennes surfaces - ltd].

Enfin, 50 % de la production sont issus d’élevages alternatifs bénéficiant d’un accès à un parcours (plein air ou bio) ; ils alimentent à la fois les circuits courts, la GMS mais aussi l’industrie de transformation qui absorbe 30 % d’oeufs produits dans des systèmes alternatifs.

Des fermes de ponte importantes coexistent avec des élevages familiaux alternatifs dont la taille moyene varie de 5 000 à 30 000 poules. Le maillage territorial est assez dense et les élevages assez bien répartis sur la territoire. »

Des politiques facilitant les démarches de création et d’installation des élevages sont mises en place.

Donc, acceptons que ce scénario soit vrai. Que voit-on ? Tout d’abord, qu’il y a une production à deux vitesses, et que comme dit hier, il y a forcément le maintien d’une production à bas coûts, parce que c’est un impératif.

Mais ce n’est pas tout. De quelle manière est-il parlé des œufs des élevages alternatifs ? Eh bien comme de produits de qualité, comme des marchandises de qualité, avec un petit capitalisme devenu extrêmement fort.

Et qui paiera le prix de cela ? Pas seulement les poules devant « produire » donc les 50 % des œufs ne valant que très peu de choses financièrement. Mais inévitablement d’autres animaux, dans un autre secteur de l’exploitation animale…

Exploitation animale qui, les faits sont là, sortirait renforcée des « réformes » préconisées par les partisans du « bien-être animal », par un maillage encore meilleur sur le territoire, par des petites productions intégrant encore plus de gens, par une « excuse » renforcée de l’exploitation animale, devenue subitement « humaine », acceptable…

Exploitation animale: les oeufs en 2025

Revenons au document sur la stratégie des filières agricoles, avec l’État prévoyant les choses pour 2025. Et parlons de la production des œufs : cet aspect de l’exploitation animale est souvent mis en avant par le réformisme de la protection animale, avec des associations comme L214 qui mettent l’accent sur la consommation d’oeufs bios.

Le document présente la situation de la manière suivante :

« Il existe à la fois des possibilités de développer le marché intérieur pour l’œuf, produit bon marché et à forte valeur alimentaire, et des menaces sur sa consommation, les associations de défense du bien être animal mettant en cause les modes d’élevage conventionnels.

Il faut donc conforter les débouchés sur le marché intérieur et développer de nouveaux flux d’exportation pour les œufs en coquilles, en particulier vers le Moyen-Orient et l’Asie du Sud-Est pour un meilleur équilibre du marché. »

Ce que cela veut dire, c’est que l’Etat considère comme une « nuisance » les campagnes contre les œufs, mais que comme ce produit est bon marché, il est facile à vendre et donc par principe intouchable pour le capitalisme. Par conséquent, le marché intérieur va être préservé et également les exportations renforcés afin d’accroître les profits.

L’Etat prévoit ici deux mesures à mettre en place, concernant ces deux aspects.

- Développer la consommation en partenariat avec la distribution
- Mettre en place une cellule export au sein de l’interprofession dédiée à la connaissance et à l’exploration collective des marchés

Le premier point concerne le marché intérieur. En fait, ce que cela signifie, c’est que les distributeurs vont mettre en avant les œufs dans les magasins, mais également qu’ils vont devoir accepter de rogner leurs marges afin de maintenir le prix des œufs à un bas niveau.

Nous avions déjà parlé de ce phénomène : la consommation des produits d’origine animale est liée au prix ; plus le prix est cher, plus la consommation tombe, et inversement. Ici, l’État dit que c’est une consommation populaire, et que donc cela doit le rester et il faut utiliser des leviers pour cela.

Qu’est-ce que cela signifie dans les faits ? C’est simple : prenons les campagnes de L214, car c’est surtout de cette association qu’il s’agit ici, et à laquelle il est fait allusion dans le document avec l’expression « les associations de défense du bien être animal mettant en cause les modes d’élevage conventionnels ».

Ces campagnes visent à ce que les gens se tournent vers des œufs bios. Selon L214, c’est une sorte de transition vers le véganisme (ce qui pour nous est faux et qui plus est, même si c’était vrai, amènerait une évolution sur un temps tellement long, des centaines d’années, que cela en devient absurde).

Or, le prix est un levier fondamental dans une société où les gens achètent des marchandises. Si le prix des œufs baisse, cela fera un appel d’air inévitable. La dynamique subjective prônée par L214, même si elle existait réellement, se casserait sur la dynamique objective dans les supermarchés.

C’est facile à comprendre : selon nous, le véganisme est le point de départ du raisonnement nécessaire, sinon la base n’est pas assez solide pour « tenir ». L214 dit qu’un petit pas est suffisant en soi, car se situant dans un mouvement général de petits pas.

Mais ce « petit pas » en question a une base faible, puisque reposant sur un choix volontaire, alors qu’en fait il y a toute la machine de la consommation, du jeu sur les prix… Ce qu’on gagne d’un côté, on le perd de l’autre.

D’ailleurs, l’État dans son document précise un point important. Il est constaté en effet la chose suivante.

L’évolution de la production française d’œufs au cours des dernières années a été marquée par l’émergence de nouvelles dynamiques régionales et le développement de la production alternative.

Représentant les 2/3 de la production nationale il y a une quinzaine d’années, la Bretagne représente désormais 42 % des effectifs de poules pondeuses.

Cette modification de la répartition géographique de la production s’est faite en lien avec le développement de filières régionales :

• développement de « fermes de ponte » et de gros producteurs indépendants disposant de centres de conditionnement d’œufs dans le Bassin Parisien et en Rhône-Alpes

• développement de poulaillers spécialisés dans une production intensive d’œufs à bas coûts destinés aux casseries dans les Pays-de-la-Loire
(…)

Parallèlement à ces dynamiques régionales, la production d’œufs « alternatifs » (bio, plein air, sol) a fortement augmenté.

Ainsi, il y a d’un côté un accroissement de l’intensité de la production d’oeufs, et de l’autre également une augmentation du bio. Cela veut dire que même si L214 a réussi à convaincre Monoprix sur la nécessité des œufs bios, les personnes n’allant pas à Monoprix mais dans les supermarchés standards auront quant à eux les autres œufs.

En fait, la consommation « bobo » n’annule pas la consommation « prolo » ; les deux peuvent coexister. Il peut y avoir davantage de bio, et davantage de non bio…

Exploitation animale : le miel et le lait en 2025

L’État a commandé un rapport afin de savoir à quoi ressemblerait l’agriculture en 2025. Le titre du rapport ne nous étonnera d’ailleurs pas : « Pour une agriculture compétitive au service des hommes » : on devine aisément que c’est le « business » qui dirige tout.

C’est l’organisme FranceAgriMer qui l’a fait et il vient justement de sortir. Cela nous intéresse directement bien sûr, parce que parmi les 20 filières agricoles et alimentaires présentées, il y a celles fondées sur l’exploitation animale…

Aussi, voilà en plusieurs parties une présentation de la stratégie prônée par l’Etat pour soutenir l’exploitation animale.

Car des documents tel ce rapport sont évidemment l’occasion de vérifier si notre thèse selon laquelle la situation empire est juste, ou pas. Il en va du réalisme dans la lutte. Mais c’est surtout essentiel justement à connaître pour pouvoir lutter correctement pour la libération animale.

Il serait absurde de borner le véganisme à une question individuelle : il en va de toute la société. L’exploitation animale n’est jamais passive, elle s’adapte, elle se développe, elle évolue.

On peut par exemple déjà constater que les abeilles sont considérées comme une grande cible nouvelle. Le document explique en effet que :

« Il faut faire de la France, un grand pays apicole de l’Union européenne en développant la production des produits de la ruche, en modernisant les exploitations apicoles, en garantissant la qualité aux consommateurs, en dotant la filière d’une capacité de réflexion prospective via la constitution d’une interprofession, en construisant une filière d’élevage de reines et d’essaims et en organisant la production notamment par la création de groupements de producteurs et de coopératives. »

On ne peut pas être plus clair dans l’affirmation d’une nouvelle filière de l’exploitation animale. Un exemple inverse est la question du lait. Cette production est une véritable bastion économique de l’exploitation animale, et le document le dit évidemment clairement, en en soulignant l’importance :

« Depuis plusieurs années, le marché mondial du lait de vache est dans une bonne dynamique, tiré par une demande en nette hausse, notamment en Asie et dans l’ensemble des pays émergents, ce qui a pour effet de dynamiser la production des pays exportateurs.

L’Union Européenne bénéficie de cette situation qui semble installée durablement. La France a pu jusqu’à présent tirer parti de cette dynamique ; elle est en effet le deuxième producteur européen après l’Allemagne, avec un bon potentiel de production, des entreprises qui se situent parmi les leaders mondiaux du secteur, et une qualité reconnue.

Le marché de l’Union européenne est quant à lui arrivé à maturité, et ses évolutions ont été limitées ces dernières années.

Environ 80 000 exploitations laitières françaises (70 000 en lait de vache, 5 500 en lait de chèvre et 4 500 en lait de brebis) produisent près de 25 milliards de litre de lait par an. Il faut relever que près d’un tiers des installations en agriculture se fait en production laitière.

Le lait produit est transformé par plus de 500 établissements industriels.

La France produit une très large gamme de produits de grande consommation (51 AOC, des produits biologiques, fermiers, des marques de notoriété régionale, nationale et mondiale), mais aussi industriels (fractionnement et assemblages destinés aux industries agroalimentaires).

La filière représente environ 200 000 emplois directs, pour un chiffre d’affaire de 25 milliards d’euros et un excédent commercial très important, de près de 4 milliards d’euros. »

Ce que le document préconise, c’est de faire en sorte que les exploitations conservent leur continuité, et pour cela il y a de mise en œuvre des aides au renouvellement générationnel. L’État compte également faciliter les assurances, contribuer à accorder de bonnes marges, faciliter les exportations, financer la recherche et le développement de produits à exporter, faire intervenir l’Union Européenne pour aider financièrement en cas de soucis sur les marchés, etc.

Rien que ces deux exemples du miel, appelé à devenir une grande production nouvelle, et du lait, rappelle que l’exploitation animale est portée à bout de bras, et qu’il faut être d’une grande naïveté ou d’une très grande mauvaise foi pour imaginer que des appels aux réformes changeront quoi que ce soit dans la nature de ce système.

L’exploitation animale est d’un immense enjeu économique et culturel ; refuser de s’y confronter, c’est refuser de la combattre !

Menace sur le monument de la place du 2 juillet 1966 de Papeete

Papeete se situe à Tahiti, en Polynésie française, et on y trouve un petit monument, appelé monument de la place du 2 juillet 1966, ce qui fait référence à la date de la première bombe atomique française testée à Moruroa.

La zone a en effet été un « Centre d’Expérimentation nucléaire du Pacifique », avec 46 essais aériens à à Moruroa et Fangataufa de 1966 à 1974, puis par la suite, jusqu’en 1996, avec 147 essais souterrains dans les sous-sols et sous les lagons des atolls de Mururoa et Fangataufa.

Cela reflète toute une mentalité d’aller déposer des bombes atomiques dans les lagons de Tahiti!

Inauguré le 2 juillet 2006, le monument est composé notamment de pierres venant symboliquement de Nahasaki et d’Hiroshima, ainsi que de lieux de tests nucléaires.

Et là il est menacé de destruction par Gaston Flosse, président de la Polynésie française! Petit rappel historique de ces essais, avec des informations de la Coordination Nucléaire du Sud Est.

Nombreux sont les témoignages des anciens travailleurs de Polynésie française qui ont du se plier aux ordres des militaires et « scientifiques » sur les sites d’expérimentations nucléaires français dans le Pacifique.

Edwin Haoa a travaillé à Moruroa et à Fangataufa. Il se trouvait à Moruroa au moment de la première explosion atomique et il partit vers 1972. Il dirigeait une équipe d’environ 6 personnes qui devaient analyser le degré de contamination après l’explosion :

 » Parfois, l’explosion ne pouvait avoir lieu à cause du mauvais temps, des vents contraires ou pour d’autres raisons techniques. Par exemple, pour le premier essai de 1966, l’explosion n’eut lieu qu’à la troisième tentative. Avant le début de l’essai, chaque passager devait quitter le pont.

On nous donnait tous une paire de lunettes de soleil et cinq ou six minutes après l’explosion, on nous autorisait à regarder la boule de feu. Quinze minutes plus tard on nous autorisait à remonter sur le pont pour regarder le champignon nuageux.

Après une heure environ, des avions décollaient pour traverser le champignon et tiraient des roquettes spéciales pour faire pleuvoir. Il était strictement interdit de prendre des photos,… Une fois, quelque chose s’est mal passé. Au lieu de s’éloigner, le nuage s’étendit au-dessus des bateaux. Il commença à pleuvoir et tout le monde dut évacuer le pont.

Cependant, un groupe de Polynésiens jouait de la guitare sur le pont. Ils étaient un peu ivres, suite aux boissons gratuites offertes après chaque essai « couronné de succès » et ils ne comprirent pas ce qui se passait. Ils restèrent sur le pont… Lorsque la pluie cessa,… c’était trop tard. »

Les sacrifiés et la chaire à canon des scientifiques militaro-maniaques

 » Nous étions les premiers à remettre pied sur la terre ferme après les explosions. Parfois une demi-journée, parfois jusqu’à trois jours plus tard, nous portions des combinaisons de protection et des masques à oxygène et nous étions équipés de compteurs Geiger pour mesurer la radioactivité. Nous commencions par les quartiers d’habitation et nous poursuivions le contrôle du reste de l’atoll.

Quand nous sommes arrivés pour la première fois sur l’atoll après une explosion, tout était détruit. Il ne restait plus de végétation… il était interdit de manger des fruits et des légumes. Lorsque les compteurs Geiger sonnaient dans un secteur, nous étions chargés de l’enclore avec du fil de fer barbelé portant des panneaux indiquant la radioactivité.

Après cela, nous devions être décontaminés. Nous nous lavions avec des savons spéciaux, puis on nous douchait et on nous faisait passer dans une grande machine spéciale appelée le « spectro », qui contrôlait, à mon avis, le degré de contamination.

On nous mettait sur des civières et on nous poussait dans la machine où nous restions jusqu’à une heure, voire davantage. Deux semaines plus tard, on nous envoyait à Tahiti par avion pour des examens de sang et d’autres examens.

Comme la contamination diminuait avec le temps, avec mon équipe, je devais contrôler l’île chaque mois pour voir si les radiations dans les zones interdites avaient atteint la norme autorisée. Si tel était le cas, on y envoyait des gens pour y travailler, mais sans combinaisons protectrices ni masques à oxygène.

Lorsqu’une surface de béton était contaminée, on la récurait et on la recouvrait d’une peinture blanche très épaisse appelée « kukime ». Ceci ne pouvait se faire que sur du béton, et tout le reste devait être laissé en l’état jusqu’à la baisse naturelle de la radioactivité, c’est-à-dire jusqu’à des normes jugées « sûres ».

En tant que responsable de l’une des équipes qui devaient contrôler le degré de contamination, je savais que chaque nouvel essai en atmosphère aggravait progressivement la contamination globale. Dès 1969, nous avons su qu’il était dangereux de vivre à Moruroa. »

50 ans d’omerta officielle et de mensonges

Le voile sur l’un des grands secrets de l’armée française et de l’Etat n’a commencé à être levé qu’au terme d’une lutte inégale entre les victimes et le lobby d’état nucléariste. Des « retombées massives de plutonium » (le plus dangereux pour la santé) sont enfin dévoilées et « la zone radioactive » est « bien plus importante qu’annoncée ».

Tous les Polynésiens entre 1966 et 1974 ont été contaminés et Tahiti, la plus peuplée, a non seulement été « douchée » au plutonium en 1974 mais a reçu le maximum soit 39 retombées radioactives durant ces 8 années d’essais aériens.

Aujourd’hui, l’Etat français peine toujours a reconnaître ses crimes. Les valets du lobby nucléaire ont infiltré à tel point depuis des décennies les rouages de l’appareil d’Etat, les administrations, les postes électifs qu’une parole indépendante, humaniste et scientifique ne peut s’exprimer. La loi du silence, l’omerta plane sur le pays.

En Polynésie, Terre et peuple sacrifiés, il en est de même. Pourtant la Résistance aux coups bas du Président du gouvernement de la Polynésie s’organise. Des actions regroupent des centaines de personnes (ici) depuis près de 13 ans.

Une pétition qui sera transmise aux autorités de la République française et au Secrétaire général des Nations unies est lancée. Elle exige que Gaston Flosse renonce à sa décision de détruire le monument de la Place du 2 juillet 1966 à Papeete – dédié à la mémoire de toutes les victimes des essais nucléaires -  et qu’il décide la pérennité de ce monument.

« Mais il la bouscula, sans desserrer les lèvres, et, en passant, en gagnant de lui-même son lit, il leva le poing sur elle »

Voici de nouveau des extraits de L’assommoir.  Nous avons vu qu’près que l’ouvrier ait commencé à toucher à l’alcool en raison de son accident et de sa situation sociale, il a été pris dans l’engrenage… Lui qui refusait de boire à son travail, il est poussé par les événements.

Et il commence ainsi à mentir, et on commence à ne plus le prendre trop au sérieux…

« Le zingueur se retint à l’établi pour ne pas tomber. C’était la première fois qu’il prenait une pareille cuite. Jusque-là, il était rentré pompette, rien de plus.

Mais, cette fois, il avait un gnon sur l’œil, une claque amicale égarée dans une bousculade. Ses cheveux frisés, où des fils blancs se montraient déjà, devaient avoir épousseté une encoignure de quelque salle louche de marchand de vin, car une toile d’araignée pendait à une mèche, sur la nuque.

Il restait rigolo d’ailleurs, les traits un peu tirés et vieillis, la mâchoire inférieure saillant davantage, mais toujours bon enfant, disait-il, et la peau encore assez tendre pour faire envie à une duchesse.

« Je vais t’expliquer, reprit-il en s’adressant à Gervaise. C’est Pied-de-Céleri, tu le connais bien, celui qui a une quille de bois… Alors, il part pour son pays, il a voulu nous régaler… Oh ! nous étions d’aplomb, sans ce gueux de soleil… Dans la rue, le monde est malade. Vrai ! Le monde festonne… »

Et comme la grande Clémence s’égayait de ce qu’il avait vu la rue soûle, il fut pris lui-même d’une joie énorme dont il faillit étrangler. Il criait : « Hein ! les sacrés pochards ! Ils sont d’un farce !… Mais ce n’est pas leur faute, c’est le soleil… »

Toute la boutique riait, même Mme Putois, qui n’aimait pas les
ivrognes. Ce louchon d’Augustine avait un chant de poule, la bouche ouverte, suffoquant. Cependant, Gervaise soupçonnait Coupeau de n’être pas rentré tout droit, d’avoir passé une heure chez les Lorilleux, où il recevait de mauvais conseils.

Quand il lui eut juré que non, elle rit à son tour, pleine d’indulgence, ne lui reprochant même pas d’avoir encore perdu une journée de travail. »

On laisse passer au début, mais vite on va le regretter, car l’alcool est un poison qui prend vite le contrôle des gens… On s’en aperçoit trop tard… Voici comment la situation apparaît subitement au grand jour, agressant directement l’intimité.

« Coupeau traversait justement la rue. Il faillit enfoncer un carreau d’un coup d’épaule, en manquant la porte. Il avait une ivresse blanche, les dents serrées, le nez pincé.

Et Gervaise reconnut tout de suite le vitriol de l’Assommoir, dans le sang empoisonné qui lui blêmissait la peau.

Elle voulut rire, le coucher comme elle faisait les jours où il
avait le vin bon enfant.

Mais il la bouscula, sans desserrer les lèvres,
et, en passant, en gagnant de lui-même son lit, il leva le poing sur elle. Il ressemblait à l’autre, au soûlard qui ronflait là-haut, las d’avoir tapé. Alors, elle resta toute froide ; elle pensait aux hommes, à son mari, à Goujet, à Lantier, le cœur coupé, désespérant d’être jamais heureuse. »

Zola souligne également un aspect très important : cet effet boule de neige. L’alcool rend en apparence gai, il ouvre l’esprit, et ce divertissement s’avère en fait un terrible piège, avec la déchéance qui arrive sans même qu’on s’en aperçoive…

« Aussi, depuis l’entrée du chapelier dans le ménage, le zingueur, qui fainéantait déjà pas mal, en était arrivé à ne plus toucher un outil.

Quand il se laissait encore embaucher, las de traîner ses savates, le camarade le relançait au chantier, le blaguait à mort en le trouvant pendu au bout de sa corde à nœuds comme un jambon fumé, et il lui criait de descendre prendre un canon.

C’était réglé, le zingueur lâchait l’ouvrage, commençait une bordée qui durait des journées et des semaines.

Oh ! par exemple, des bordées fameuses, une revue générale de tous les mastroquets du quartier, la soûlerie du matin cuvée à midi et repincée le soir, les tournées de casse-poitrine se succédant, se perdant dans la nuit, pareilles aux lampions d’une fête, jusqu’à ce que la dernière chandelle s’éteignit avec le dernier verre !

Cet animal de chapelier n’allait jamais jusqu’au bout. Il laissait l’autre s’allumer, le lâchait, rentrait en souriant de son air aimable. Lui, se piquait le nez proprement, sans qu’on s’en aperçût. Quand on le connaissait bien, ça se voyait seulement à ses yeux plus minces et à ses manières plus entreprenantes auprès des femmes. Le zingueur, au contraire, devenait dégoûtant, ne pouvait plus boire sans se mettre dans un état ignoble. »

600 animaux sauvés d’une « ferme pédagogique »

C’est ici une nouvelle terrible – heureusement que les animaux ont été sauvés! Mais ce qui est frappant, quand on lit cet article de France TV (il n’y a pas de communiqué de l’association s’étant occupé du sauvetage pour l’instant), ce sont les conditions juridiques.

Il a fallu en effet une procédure d’expulsion pour que les animaux aient pu être récupérés. Il a fallu que la propriété soit remise en cause – par un non paiement du loyer – pour que les animaux aient une existence, et là bien entendu c’est aux associations d’agir, l’État n’intervenant pas, à part pour défendre la propriété…

Et cela alors que l’année dernière, 700 autres animaux avaient déjà dû être sauvées là-bas, que c’est la quatrième saisie en deux ans!

Six cents animaux vivant « dans des conditions d’hygiène déplorables » saisis près de Marseille

Des ratons laveurs, des écureuils volants, des grues ou des tortues ont été récupérés dans une ferme pédagogique dont la locataire a été expulsée

« Au terme d’une longue procédure, les propriétaires des lieux ont enfin obtenu l’expulsion de leur locataire et de ses centaines d’animaux qui ont été pris en charge par Assistance aux animaux, des parcs zoologiques nationaux et internationaux », indique la Fondation assistance aux animaux (FAA) dans un communiqué.

La maison servait de volière

Selon la même source, plusieurs de ces animaux étaient parqués « dans des conditions d’hygiène déplorables, certains étant déshydratés ou dénutris » dans la partie logement de la ferme pédagogique le Nouveau monde.

La partie « ferme » avait, elle, déjà fait l’objet d’une procédure d’expulsion en juin 2013. Sept cent animaux, dont des volailles, des moutons, des chèvres, des équidés, des bovins et des marsupiaux…, avaient été récupérés à cette occasion.

Selon les associations, certains des animaux « baignaient dans leurs déjections, d’autres, blessés, étaient laissés sans soins à l’image de ce taureau, la joue rongée par les vers ».

« Une vingtaine de tortues de Sulcata [une espèce protégée] ont été retrouvées dans le salon de l’habitation, recouvertes de fientes puisque la maison servait de volière pour plusieurs oiseaux », souligne la porte-parole de la FAA, précisant que des animaux étaient dans « un état préoccupant » n’ayant ni à boire ni à manger.

Quatrième saisie en deux ans

C’est la quatrième fois que des animaux sont saisis dans cet établissement, présenté sur son site internet comme une association « qui a pour objectif de développer la connaissance et le respect de la vie animale ».

Sur décision de justice, environ 180 primates avaient été saisis début 2013, notamment pour « mauvais traitement » et « défaut de certificat de capacité ».

Pour cette nouvelle expulsion, les associations de protection des animaux ont mis la main sur des ratons laveurs, des écureuils volant ou des grues.

Selon une source proche du dossier, plusieurs animaux auraient été déménagés avant cette dernière expulsion : des plumes d’ara bleu, une espèce de perroquet protégée, ont été en effet retrouvées sur place.

Sur son site, la gérante a lancé un appel aux dons et affirme avoir « été victime d’un véritable vol en bandes organisées par des Fondations bien connues du grand public ».

Tout cela en dit long sur la situation. C’est en fait tout à fait représentatif: les gens peuvent se procurer des animaux comme ils veulent, y compris de manière détournée. Si on met le prix, on peut pratiquement obtenir tout ce qu’on veut grâce aux trafics internationaux.

Quand la situation est ingérable pour le particulier humain et la propriété, l’État intervient, mais sinon la condition animale ne l’intéresse pas et ne peut par définition par l’intéresser. L’anthropocentrisme, la négation de la Nature, la quête de profit et le fait que tout est une marchandise possible, tout cela bloque par définition la libération animale!