Au services des amphibiens: les 20 ans de la Route des Salamandres

Lorsque l’on voyage en voiture, le nombre de petits animaux écrasés sur les routes est catastrophique.

A défaut d’avoir les moyens économiques pour installer des barrages et des tunnels sur toutes les routes, l’information à son entourage et la responsabilisation des automobilistes sont les bases élémentaires pour commencer un processus de sauvegarde et de protection de la Nature et de ses habitants et habitantes.

Les amphibiens (grenouilles, crapauds, tritons et salamandres) vivent dans les lieux boisés avec des points d’eau, au printemps ils migrent vers les étangs, les marais, leurs lieux de reproduction.

Seulement, pour rejoindre cet endroit, les amphibiens doivent traverser les routes, et bon nombre d’entre eux succombent sous les roues des automobilistes bien peu attentifs à la Nature qui l’entoure.

Depuis 20 ans, en Champagne-Ardennes, un dispositif est mis en place, tous les ans, au sortir de l’hiver afin d’aider les grenouilles à rejoindre leur lieu de reproduction, et à les empêcher de se faire écraser sur la route.

Cette démarche est à l’initiative du Parc naturel régional de la forêt d’Orient, un court reportage est visionnable ici.

Ceci est bien évidemment une démarche utile qui bénéficie aux amphibiens, il faudrait développer ces corridors écologiques sur toutes les routes, toute l’année et que tous les animaux soient concernés par cette protection.

De nombreux départements et associations sont sensibilisés à ce problème que rencontrent les amphibiens chaque année, il n’est jamais trop tard pour sensibiliser à cette cause ni pour aider à installer ces barrages temporaires.

Les 20 ans de la Route des Salamandres,
Installation du dispositif

Comme chaque année, les grenouilles, crapauds, salamandres et tritons entament leur course aux amours dès les premiers redoux. Pour cela, ils convergent pour regagner les mares et autres dépressions humides situées près du Lac d’Orient.

Hélas, pour accomplir cette marche nuptiale, ils devront franchir un obstacle au péril de leur vie : une route départementale.

Afin d’éviter que des centaines d’amphibiens terminent leur vie sous les roues des automobilistes un dispositif de protection de la migration des amphibiens, baptisé « Route des Salamandres » est installé chaque année depuis 20 ans.

Ce dispositif est situé sur la route départementale au lieu-dit de la Fontaine Colette (queue du Lac d’Orient) entre Mesnil-Saint-Père et la Maison du Parc.

Le 27 janvier 2015 et le 29 janvier 2015, les équipes du Parc naturel régional de la Forêt d’Orient et de la Ligue de l’Enseignement ont mis en place ce projet avec l’aide d’une classe de terminale S de la Sarthe, une classe de seconde et une de terminale du lycée agricole de Sainte Maure.

Après quelques heures avec les pioches, les pelles et divers outils, la Route des Salamandres a été mise en place. Elle est composée d’une longue bâche noire de 30 cm de haut et a été installée sur 450 mètres de chaque côté de la route.

Ainsi, les nombreux amphibiens souhaitant traverser la route, sont bloqués par ce rempart et ils tombent dans les seaux enterrés le long de la bâche pour les recueillir.

Chaque matin, de février à mai, les bénévoles se relaient pour identifier chaque individu (espèce, sexe, âge), les comptabiliser et relâcher de l’autre côté de la route chaque animal ainsi collecté.

En 2014, le nombre d’individus a été de 35 000.

Cette collaboration entre étudiants et les deux structures lors de la mise en place de ce projet est un moment d’échanges apprécié par chacun.

Les lycéens apprécient de participer à un projet d’envergure sur un site migratoire d’importance nationale et européenne. Et sont ainsi sensibilisés à la protection de la nature.

Les entreprises à l’assaut des forêts françaises

Hier, la Fédération nationale du bois a annoncé la naissance d’une nouvelle marque : « Bois français ». Voici comment c’est présenté :

« Après avoir lancé en juin dernier le slogan « Préférez le bois français », la filière bois se fédère à nouveau pour annoncer la création de la marque « Bois Français ». (…)

La marque garantit que le bois d’un produit, ou contenu dans un produit, est d’origine française, qu’il est issu de forêts gérées durablement, et que la transformation et l’assemblage du bois ont été réalisés sur le sol national. »

Un site a été créé à cette occasion : www.bois-francais.fr. Et le moment ne doit rien au hasard. Il y a une semaine en effet, la Cour des comptes a rendu public un document de novembre 2014, intitulé « Les soutiens à la filière bois », dans le cadre d’une « enquête demandée par la commission des finances du Sénat ».

Ce qui y est dit est simple : seulement la moitié des 85 millions de mètres cubes de bois produit chaque année sont récoltés, il faut faire bien « mieux », surtout qu’il y a eu 910 millions d’euros d’aides accordées entre 2006 et 2013… chaque année !

Ce qu’il faut avoir en tête ici, c’est qu’il n’y a plus de forêt sauvage en France. Tout est géré. Donc, dans une optique de profit, tout doit être géré de mieux en mieux. Voici un aperçu de la situation que fait justement la Cour des comptes :

« La forêt couvre 31 % du territoire français métropolitain, ce qui fait de la France le 4 ème pays le plus boisé d’Europe. Elle est composée à 75 % de forêts privées, détenues par 3,3 millions de propriétaires forestiers.

Les forêts publiques, appartenant à l’État et aux collectivités territoriales, sont gérées et exploitées par l’Office national des forêts. Les peuplements feuillus, au sein desquels les chênes sont prédominants, occupent les deux tiers de la forêt française. »

La première mesure qu’on devrait faire si la libération de la Terre et la libération animale prévalaient, ce serait de sanctuariser une large part de la Nature. Malheureusement, l’humanité sera encore obligée pendant longtemps d’utiliser du bois, donc de tuer des arbres, mais à terme il y aura bien des solutions de rechange.

Alors, l’exploitation de la Nature sera réellement du passé et on protégera enfin toute vie. A ce titre la libération animale n’est pas la fin d’un processus individuel, mais le début de ce qui doit être un programme collectif.

Sinon, la planète Terre aura vite fait de calmer les prétentions humaines à la toute puissance, à l’omnipotence. L’anthropocentrisme doit connaître sa fin !

Ce que propose la Cour des comptes, c’est justement le contraire. Elle demande la chose suivante :

« En conséquence, la Cour émet les recommandations suivantes :

pour l’État :

1. créer une instance interministérielle unique de réflexion et de pilotage stratégique de la politique de soutien à la filière forêt-bois ;
2. organiser une gouvernance unifiée et élaborer une stratégie pour la filière. Dans un premier temps, éviter les contradictions entre le contrat de filière issu du comité stratégique de filière « industries du bois » et le « programme national de la forêt et du bois » issu du conseil supérieur de la forêt et du bois ;
3. confier aux comités régionaux de la forêt et du bois la responsabilité de l’animation et du financement de la filière au niveau local ;
4. confier intégralement au centre national de la propriété forestière la mission de développement forestier pour les forêts privées, et en décharger les chambres d’agriculture ;

pour les professionnels de la filière :

9. fusionner France Bois Forêt, France Bois Industries Entreprises et le CODIFAB dans un organisme interprofessionnel unique, doté d’un contrat d’objectifs avec l’État et dont l’action territoriale s’articule avec celle des interprofessions régionales. »

C’est là qu’on arrive à l’initiative « bois français ». Tout a été mis en place entre novembre et avril. D’abord la Cour des comptes rend « légitime » quelque chose, puis dans les deux semaines, comme par magie, cela se réalise…

Le but, évidemment est de renforcer l’industrie du secteur. Quel est-il ? Voici ce que dit, encore une fois, la Cour des comptes :

« La filière industrielle du bois est composée d’environ 60 000 entreprises des première et deuxième transformations du bois. Ces entreprises ont un chiffre d’affaires estimé entre 35 et 40 Md€ et emploient directement près de 220 000 personnes, dont près de 71 000 salariés 9 dans le sciage et le travail du bois (charpentes, menuiserie, placages,
panneaux et emballage), segment d’activité le plus important, avant l’industrie du papier et carton. »

On comprend que la Cour des comptes propose de

« supprimer par étapes successives l’exonération applicable à la forêt privée pour le calcul
de l’impôt de solidarité sur la fortune et des droits de mutation à titre gratuit »

Il faut que les propriétaires abandonnent leurs forêts aux mains des industriels… L’État est ici directement là pour aider le capitalisme à partir à l’assaut des forêts :

« Malgré ses faiblesses, la filière forêt-bois représente une production de richesse et des emplois qu’il convient de préserver voire de développer. Elle reste un secteur économique d’avenir, pour lequel la France dispose d’un atout majeur : sa ressource forestière abondante, qui doit être davantage renouvelée et économiquement valorisée.

Cette ressource pourrait ainsi être mieux mobilisée pour relever le défi environnemental et climatique et in fine pour
répondre à une demande en bois tirée par des marchés industriels porteurs, comme celui de la construction, tout en satisfaisant les besoins en bois-énergie induits par les objectifs de la politique de développement des énergies renouvelables.

Rationaliser et organiser les soutiens publics, en visant quelques objectifs prioritaires pour la gestion et l’exploitation des forêts et pour les usages du bois, et en mettant fin au saupoudrage et aux effets d’aubaine, est désormais nécessaire.

Les modalités du soutien public à l’amont forestier devraient être profondément revues, pour encourager l’investissement forestier avant tout et mieux servir ainsi l’objectif de valorisation économique de la forêt.

Les aides à l’investissement pour le secteur-clef des scieries devraient être plus concentrées et conçues dans l’optique de restructurer le secteur et d’améliorer sa compétitivité. Les soutiens accordés aux autres industries de bois devraient venir en appui de stratégies industrielles préalablement définies, créatrices de valeur ajoutée. Le bois-construction, secteur permettant de valoriser notamment la ressource feuillue française, mérite à ce titre un appui continu.

Enfin, les soutiens au bois-énergie, pour nécessaires qu’ils soient au titre du développement des énergies renouvelables, devraient mieux prendre en compte la ressource forestière disponible afin de prévenir les conflits d’usage dommageables à la filière.

Cet effort de hiérarchisation et de définition d’une stratégie claire et partagée suppose l’instauration d’une gouvernance unifiée de la filière, associant l’ensemble des parties prenantes de l’amont à l’aval. L’État et les régions sont appelés à y jouer un rôle central, en tant que pilotes et financeurs. »

L’Etat doit aider les entreprises à partir à l’assaut des forêts françaises… Un bien triste programme, à quoi il faut s’opposer!

Anomalie concernant le couvercle et le fond de la cuve du réacteur de l’EPR de Flamanville

« Je ne présage en aucune manière de la décision qui sera prise, compte tenu de l’importance de l’anomalie, que je qualifie de sérieuse, voire très sérieuse » : tels ont été les propos de Pierre-Franck Chevet, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire, devant l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques.

L’anomalie en question concerne le couvercle et le fond de la cuve du réacteur de l’EPR de Flamanville actuellement en construction… Cela concerne ainsi un réacteur nucléaire de « troisième génération », construit par EDF et Areva.

Les médias ont largement parlé de cette affaire ces dernières jours; il est vrai que l’Autorité de sûreté nucléaire a vraiment tapé du poing sur la table devant les réticences des industriels à admettre la vérité… Pour que cela soit dit ouvertement, on peut s’imaginer de la profondeur du problème!

Voici en termes relativement clair la nature du problème de la cuve, fournis par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Normandie:

Concrètement, la teneur en carbone de l’acier utilisé sur une calotte étalon de la cuve testée pour son caractère ‘comparable’ avec celle de Flamanville était ‘supérieure à celle attendue’.

Par ailleurs la résilience de certaines zones du couvercle – c’est-à-dire la capacité du matériau à absorber un choc – était en moyenne ‘inférieure à la limite réglementaire’.

Or, comme le rappelle l’ASN, la cuve, qui pèse 425 tonnes et mesure 11 mètres, est un équipement ‘important’, car il contient le coeur du réacteur et sert de deuxième barrière de confinement aux éléments radioactifs.

Evidemment pour les industriels, c’est un coup dur… La raison est simple à comprendre, comme le constate Le Monde au sujet des intérêts économiques:

La cuve du réacteur de Flamanville, qui mesure 13 mètres de hauteur avec son couvercle pour un peu plus de 5 mètres de diamètre, a été posée en janvier 2014.

Elle a été positionnée dans le « puits de cuve » situé au centre du bâtiment réacteur, et elle est déjà raccordée et soudée aux tuyauteries du circuit primaire de refroidissement.

Son éventuel remplacement entraînerait donc de nouveaux retards et surcoûts, alors que le calendrier a déjà dérivé de plus de cinq ans – la mise en service, initialement prévue en 2012, a été repoussée à 2017 –, tandis que la facture grimpait de 3,3 à 8,5 milliards d’euros.

Voici le communiqué de Sortir du nucléaire :

Alors que l’EPR était présenté comme le nec plus ultra de la sûreté, le couvercle et le fond de la cuve du réacteur en construction à Flamanville présentent d’inquiétantes anomalies [1].

En cas de choc thermique lié à l’injection d’eau de refroidissement, des fissures se propageraient plus rapidement, laissant craindre la rupture de la cuve.

Ce problème grave ne fait que s’ajouter aux innombrables malfaçons qui affectent déjà l’EPR : vannes montées à l’envers, béton mal coulé, dôme endommagé, utilisation d’aciers de mauvaise qualité…

Ces défauts sont sans doute plus nombreux encore, l’Autorité de sûreté nucléaire elle-même reconnaissant qu’elle ne disposait pas du temps suffisant pour mener efficacement le travail de certification.

Et que dire des autres fragilités qui pourraient découler des conditions de travail inhumaines sur le chantier, avec le recours à la sous-traitance en cascade et aux centaines de travailleurs étrangers sous-payés et non déclarés ?

D’autre part, ces problèmes ne sont-ils pas susceptibles de se retrouver sur les trois autres réacteurs EPR en construction dans le monde ?

Face à des malfaçons aussi graves, le rôle des autorités ne devrait pas être de demander des modifications et de nouveaux essais.

Il est criminel de s’entêter à vouloir mettre en service un réacteur aussi dangereux qu’inconstructible, sans parler du gaspillage financier entraîné par de nouveaux retards et surcoûts.

Pour protéger la population d’un futur accident, le Réseau « Sortir du nucléaire » demande à l’Autorité de sûreté nucléaire et au gouvernement l’arrêt immédiat du chantier EPR et l’abandon de tout nouveau projet de réacteurs.

Pour en savoir plus sur le flop du réacteur EPR :
http://www.sortirdunucleaire.org/EPR-le-flop-monumental-du-reacteur-nucleaire-324

[1] Voir le communiqué de presse de l’ASN du 07/04/15 :
http://www.asn.fr/Informer/Actualites/EPR-de-Flamanville-anomalies-de-fabrication-de-la-cuve

« Le risque d’une forme d’autisme social »

Le quotidien La Croix a donné la parole à deux personnes au sujet du thème « Est-ce qu’on en fait trop pour nos animaux ? ». La Présidente de la Fondation 30 millions d’amis y exprime le point de vue que ce n’est pas très grave si c’est le cas de la part des « maîtres », dans un point de vue sans grand intérêt.

Celui de Jean-Pierre Digard l’est bien plus. Il s’agit d’un spécialiste de la « domestication » des animaux, avec un CV extrêmement fourni : directeur de recherche émérite au CNRS, auteur de 19 ouvrages, plus de 330 articles et de 450 comptes rendus critiques, Il est lauréat de la Fondation de la Vocation (1967), de l’Académie française (1990) et de l’Académie vétérinaire (1994), chevalier dans l’Ordre du Mérite agricole (2005) et membre de l’Académie d’Agriculture (2013) etc.

Et pourtant ce qu’il dit, à part quelques vérités, est d’une banalité, d’une simplification outrancière….

Jean-Pierre Digard : «Le risque d’une forme d’autisme social» 
 
JEAN-PIERRE DIGARD
Anthropologue, directeur de recherche émérite au CNRS

«On en fait trop pour les animaux de compagnie, parfois jusqu’au ridicule. L’animal de compagnie a selon moi une fonction rédemptrice : les aimer avec une telle ostentation et dépenser tellement d’argent pour eux est une manière de se déculpabiliser du sort que l’on fait subir aux autres animaux. C’est selon moi le ressort de cet investissement affectif excessif. On en fait des membres de la famille. On les anthropomorphise jusqu’à les maltraiter. 

Faire de son chien ou de son chat un substitut d’enfant, de conjoint ou de tout autre humain est une forme de maltraitance car c’est prendre un animal pour ce qu’il n’est pas. D’où la multiplication des troubles du comportement chez ces animaux, qui a abouti à l’apparition depuis une vingtaine d’années de vétérinaires comportementalistes.

Tout ceci n’est pas sans conséquence. “Plus je connais les hommes, plus j’aime les animaux”, ai-je entendu des milliers de fois dans mes enquêtes. J’y vois pour ma part le développement d’une forme d’autisme social. Les relations avec un animal de compagnie sont forcément très simples et gratifiantes : un chien vous fera toujours la fête quand vous rentrez chez vous…

À force de glorifier ce type de relation, on risque de développer une forme d’incompétence dans les rapports avec ses semblables.

Il y a plus grave que de dépenser une fortune pour opérer un chien d’une arthrose de la hanche. Chacun fait ce qu’il veut de son argent. Mais tous les animaux finissent par être vus au travers du prisme de l’animal domestique. C’est ainsi que le statut des animaux a fini par entrer dans le code civil. Nous sommes partis pour des années de bataille devant les tribunaux. 

Loin d’être purement symbolique, cette mesure va avoir des conséquences néfastes sur les filières agricoles et sur l’alimentation.

La défense des animaux ne peut pas être placée au-dessus de toute autre considération, y compris celle d’une alimentation équilibrée. Plus largement, tout ceci va finir par remettre en cause la place de l’homme dans l’univers telle que nous l’avaient léguée les Lumières.»

Disons le tout de suite car c’est un argument essentiel : ce que dit Jean-Pierre Digard au sujet des Lumières est faux. Les Lumières ne sont pas du tout anthropocentristes. Elles placent les humains au sein de la Nature et accordent même souvent une valorisation certaine aux animaux.

La « place de l’homme dans l’univers » dont il parle, c’est bien sûr le point de vue des religieux (ou des auteurs « existentialistes » comme Sartre et Camus). Il y a bien entendu des auteurs des Lumières largement influencées par la religion, mais prétendre que les Lumières font de l’être humain la clef de voûte de leur argumentation est absolument faux.
Jean-Pierre Digard a toutefois besoin de détourner la vérité afin de justifier sa conception de « l’autisme social », terme ne voulant rien dire puisque comme on le sait malheureusement, l’autisme est un trouble du développement qui relève de la santé et qui débouche notamment sur des problèmes d’interaction sociale.

Jean-Pierre Digard est en fait dans la dénonciation, au nom de l’anthropocentrisme, qu’il maquille en « Lumières » et en « humanisme », comme lorsqu’il a pu dire, dans une de ses très nombreuses interventions du genre car il est coutumier du fait :

« Je suis positiviste. Or, les faits montrent que l’homme est supérieur aux autres espèces vivantes. Le tout fait de moi un spéciste, si vous voulez. Moi je dis, un humaniste. »

N’importe quel humaniste et n’importe quel auteur des Lumières reprocherait pourtant facilement à Jean-Pierre Digard d’avoir un raisonnement tout à fait faux, puisqu’il rend l’être humain à la fois juge et partie dans sa démonstration : ce sont selon des critères humains que l’humain décide s’il est supérieur…

Mais c’est là son but, d’ailleurs Jean-Pierre Digard est d’ailleurs moins prudent dans son approche… lorsqu’il est en bonne compagnie, comme lors d’un « séminaire des personnels de direction de l’enseignement technique agricole public français », où il exprime ouvertement sa conception.

« Nous ne devons aucun droit aux animaux en tant qu’individus, sensibles ou non. »

La seule chose qui compterait selon lui, c’est l’importance éventuelle des espèces animales pour nos descendants humains, le reste n’a aucun intérêt.

Il ne peut pas dire cela, bien sûr, alors il dit que les gens en font trop. Mais son but est d’isoler l’humanité du reste de la vie. Or, justement, de notre point de vue, il faut au contraire partir de la planète en tant qu’ensemble, certainement pas de l’humanité prise isolément. C’est le principe de « la Terre d’abord ! ».

Jean-Pierre Digard combat tout ce qui s’en rapproche et il vise donc à disqualifier comme une « régression » tout ce qui n’est pas anthropocentriste. C’est là son leitmotiv, qu’il a résumé ailleurs par exemple avec la formule :

« En fait, je ressens plus d’indignation à voir traiter les chiens ou les chevaux comme des bébés qu’à assister à une corrida. »

En apparence, il en appelle la raison, en réalité il fait son Descartes qui veut nier les sens au nom de la « conscience » calculatrice.

Jean-Pierre Digard ne vise pas à critiquer les gens qui déborderaient d’affection mal placée, il vise à caricaturer en parlant d’anthropomorphisme, pour renforcer la muraille de Chine qui existe dans les têtes et les coeurs entre les humains et les animaux.

C’est le coup classique de la sordide dénonciation de la « vieille folle aux chats« , des gens défendant les oiseaux et notamment les pigeons… On a ici la moquerie au service de la barbarie, puisqu’il s’agit ni plus ni moins de nier la sensibilité, la compassion, l’aide pratique aux animaux, la reconnaissance de leur existence, de la sensibilité en général…

Les Lumières ont justement fait le contraire de Jean-Pierre Digard… Pour qui de toutes manières c’est sans importance: il sait que dans La Croix il a un public qui lui est acquis d’avance, son rôle étant ici d’aider les religieux à peaufiner leur discours face à la reconnaissance de la Nature, qui est précisément le vrai athéisme !

Fermeture du zoo du Bouy et sauvetage

Le zoo du Bouy, dans le Puy-de-Dôme, a fermé ses portes. Voici un petit aperçu de ce qui s’est passé, avec d’abord la raison de la fermeture, donnée par La Montagne:

Le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand a tranché ce vendredi, lors d’une audience à huis clos: le zoo du Bouy, situé à Champetières, près d’Ambert, est placé en liquidation judiciaire. Cette décision signifie la disparition de la structure, qui accuse un déficit d’environ 200.000 euros et était en redressement depuis mars 2014.

La liquidation du parc animalier, créé en 1975, intervient quelques jours seulement après la mise en examen du propriétaire belge des lieux. Alain Albrecht est notamment poursuivi pour trafic international d’espèces protégées en bande organisée et actes de cruauté sur les animaux. Il est en détention provisoire depuis vendredi dernier.

Sciences et avenir donne ici quelques précisions:

Souffrant d’un déficit de quelque 200.000 euros, le zoo niché dans les Monts du Forez a en effet été placé en liquidation judiciaire le 3 avril 2015 par le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand. Originaire de Belgique, son propriétaire, Alain Albrecht, a été mis en examen et écroué le 27 mars, puis condamné en 2012 pour maltraitance animale à 6 mois avec sursis assortie d’une interdiction d’exercer toute activité en contact avec les animaux pendant un an. Il est également soupçonné d’avoir participé à un trafic international d’animaux protégés, en bande organisée.

La question de la condamnation de 2012, peu claire, est davantage compréhensible avec ce que dit FR3 Auvergne:

Tigres, ocelots, panthères des Neiges, jaguars, lémuriens, macaques, aras, lions, lynx, servals, amazones, kangourous, wallabies, zèbres, gnous, bisons, loups. Les 150 animaux du zoo de Bouy, situé à Champetières dans le département du Puy-de-Dôme sont évacués de l’établissement jeudi 9 avril au matin. (…)

Pour mémoire :
La Fondation 30 Millions d’Amis était déjà intervenue sur place en 2012 pour saisir des animaux, à la demande des autorités. Quatre lémuriens, 2 mangoustes et 1 pygargue, ainsi que 2 loups de Mackenzie, qui vivaient dans des conditions déplorables, avaient été confiés à la Fondation.

Le propriétaire du zoo avait alors été condamné à 6 mois d’emprisonnement avec sursis, à 1800 euros d’amende et à une interdiction d’exercer toute activité en lien avec les animaux pour une durée de 1 an avec exécution provisoire. La saisie définitive des animaux avait alors été prononcée.

Comme on le voit, la situation actuelle est le prolongement terrible d’une situation à laquelle il aurait été tout à fait possible de mettre fin plus tôt.

On notera d’ailleurs que dans cette folie administrative, le tribunal de commerce avait ordonné la poursuite de l’activité du parc pendant un mois avant la liquidation, afin de vendre ou placer les animaux…

Résultat, cela a été un sauvetage fait dans l’urgence, et on notera les réactions aberrantes d’une soigneuse, racontée par La Montagne:

L’arrivée de plusieurs dizaines de véhicules sur le parking du zoo a été vécue comme un crève-cœur par les deux soigneurs du site, réquisitionnés depuis la mise en examen et l’incarcération de leur propriétaire, le 28 mars dernier. « On ne nous avait avertis de rien, se désole Cindy Roi, employée du zoo depuis quelques mois seulement. On ne pensait pas que les animaux dont on s’occupait allait partir aussi vite. Beaucoup sont nés ici, n’ont connu que leur enclos, j’ai peur que le transport ne leur fasse du mal. D’assister à tout ça, c’est pour nous un déchirement ».

L’évacuation, décidée en urgence suite à la liquidation du zoo, s’est soldée par plusieurs décès. De sources concordantes, trois émeus et une jeune antilope n’ont pas survécu.

« C’est la preuve que tout a été fait de façon trop brutale, s’insurge Cindy Roy, la soigneuse du Bouy, très remontée. On nous a parlé d’opération de sauvegarde des animaux, mais pour moi, c’est de la spoliation organisée. À vouloir tout faire vite, dans la précipitation, ils ont fait beaucoup de dégâts et de mal. Les bêtes qui restent sont tellement stressées qu’elles ne s’alimentent plus ».

La Fondation 30 millions d’Amis, elle, refuse d’endosser la responsabilité de ces quatre décès subits. « Ces animaux, nous n’avons même pas pu les approcher, certifie Arnaud Lhomme. Malheureusement, ils sont morts parce qu’ils étaient trop faibles. Nous avons aussi récupéré des moutons extrêmement maigres, qui n’avaient pas été tondus depuis des années. Tout cela prouve que notre intervention était indispensable ».

Enfin, la Fondation 30 millions d’amis, choisie par le tribunal pour s’occuper des animaux, note la chose suivante:

Selon les premières constatations sur place du Dr Laetitia Barlerin, vétérinaire de la Fondation 30 Millions d’Amis, de nombreux animaux vivaient dans des installations précaires. Certains étaient infestés de parasites et ne bénéficiaient pas d’un accès suffisant à l’eau. Par ailleurs, de nombreuses espèces dont la législation impose une identification par puce électronique en étaient totalement dépourvues.

Voici, enfin, la vidéo que l’association propose du sauvetage:

Le « polyamoureux »

Dans une société libérale, il n’y a par définition pas de loyauté. On vole des sentiments comme on vole des biens, on vole de l’argent comme on vole des idées. C’est le grand self service des individus, qui s’imaginent tout permis.

C’est, bien sûr, un style de vie, désormais tout à fait assumé, que ce soit par le bobo, le libéral, l’anarchiste, etc. et qu’on peut retrouver dans toute la société, à différents niveaux, et dont la figure des « queers » est la plus extrême de par le refus de toutes définitions, de toutes attaches, etc.

A l’occasion d’un film promouvant cette approche, un parmi tant d’autres d’ailleurs, voici comment Madame Figaro fait l’interview d’un « polyamoureux ». On pourrait tomber amoureux de plusieurs personnes, aimer vraiment plusieurs personnes en même temps, ce serait moderne, romantique, etc.

C’est ni plus ni moins que l’éloge de l’ultra-libéralisme, de l’esprit de consommation, de l’incapacité à assumer ses émotions, ses sentiments.

Lefigaro.fr/madame. – Vous êtes ce qu’on appelle un « polyamoureux ». Pourquoi avez vous choisi de vivre l’amour autrement ?

Sylvain. – J’ai été amoureux pendant dix ans de mon amour d’enfance, puis j’ai rencontré un autre type de grand amour, l’amour romanesque, l’étrangère croisée sur un quai de la Seine.

Comment savoir si l’un est plus intense que l’autre ? Je me suis d’abord questionné, gêné de m’épanouir dans quelque chose de condamnable.

J’ai ensuite essayé de comprendre le polyamour au lieu de le combattre. La façon classique de vivre en couple est juste un héritage. Mais remettre en cause ce modèle demande beaucoup de réflexion. Faire ce choix assumé et l’expliquer aux personnes qu’on aime demande beaucoup de sincérité. Le polyamour est une hygiène sentimentale.

Pensez-vous faire souffrir les personnes avec qui vous partagez votre vie en leur imposant votre polyamour ?

J’ai blessé beaucoup de femmes. Elles m’ont blessé aussi. Quand on est polyamoureux, on est très prévenant, très honnête, même quand on a peur de ne pas être compris par la personne qu’on aime.

Être sincère, expliquer notre vision de l’amour, c’est donner la possibilité à la personne en face de penser que notre histoire n’est finalement pas sérieuse. On prend le risque de devenir un passe-temps pour elle. Comme elle part du principe que ce n’est pas solide, c’est elle qui finit par construire quelque chose de malhonnête.

Accepteriez-vous la situation inverse?

Ma compagne acceptait mon polyamour sans avoir cette même conception de la relation amoureuse que moi. Aujourd’hui, elle a un autre homme dans sa vie. Elle comprend enfin ce sentiment que je lui explique depuis dix ans. Je ne souffre pas de cette situation car elle est restée sincère.

Certaines opinions sont tranchées sur le sujet : aimer deux personnes en même temps est impossible, du moins pas avec la même intensité. Êtes-vous amoureux et impliqué de la même façon dans chacune de vos histoires ?

Je n’aime pas l’une plus que l’autre. Et je ne les aime pas de la même façon. L’amour qu’on porte à une personne est aussi particulier que la personne elle-même.

Mais comme polyamoureux, je suis très impliqué dans toutes mes histoires. Je cherche à partager mon temps, à trouver un équilibre.

Ce n’est pas parce qu’on aime une nouvelle personne qu’on aime moins la première. Quand un nouveau petit frère arrive dans une famille, les parents n’aimeront pas moins son aîné par exemple. Ce type de relations amoureuses demande une vraie implication émotionnelle. Je vois cela comme un défi à relever pour combler toutes les femmes que j’aime.

Juridiquement, votre façon de vivre vos amours est illégale aujourd’hui en France. Comprenez-vous pourquoi ?

Je comprends que la polygamie soit illégale en France par rapport au respect de la tradition. D’un point de vue intellectuel, c’est regrettable. Cela nous interdit la liberté de penser autrement l’amour.

Le polyamour est-il selon vous l’avenir du couple ?

Je pense que les polyamoureux ont un temps d’avance. Ce type de relations va se répandre. Il ne faut pas que le polyamour soit un simple effet de mode.

Ni un prétexte pour les professionnels de l’adultère. C’est facile de faire croire qu’on aime plusieurs personnes pour pouvoir avoir plusieurs aventures. Contrairement aux coureurs de jupons, le polyamoureux est bienveillant et agit de façon désinteressée. Il est romantique. Amoureux de l’amour.

Master Ethique et sociétés spécialisation « Animal : science, droit et éthique »

Encore et toujours dans cette idée d’institutionnaliser la cause animale, voici une initiative du Centre européen d’enseignement et de recherche en éthique (Ceere) de l’université de Strasbourg : proposer un master Ethique et sociétés spécialisation « Animal : science, droit et éthique ».

La directrice du Ceere est Marie-Jo Thiel, qui est docteur et… une théologienne catholique. Les autres responsables sont des professeurs de droit orientés vers la cause animale.

Voici la présentation officielle de ce master :

NOUVEAUTÉ à Strasbourg : spécialisation « Animal : Science, Droit et Éthique »

Les animaux ont-ils des droits ? Les humains ont-ils des devoirs envers les animaux? Comment améliorer l’exploitation et le bien-être des animaux servant à produire de la nourriture ou à contribuer à la recherche scientifique ?

A partir de septembre 2015, il sera proposé deux unités d’enseignement (UE) spécifiques – « Droit de l’animal » et « Éthique animale » – dans trois des parcours du Master « Ethique et sociétés », offrant ainsi la possibilité d’obtenir un Master Ethique et société, Parcours « Ethique médicale et bioéthique » ou « Ethique et droits de l’homme » ou « Ethique, économie et sociétés » avec à chaque fois une spécialisation sur la question animale. À noter que ces deux UE peuvent aussi être suivies en Formation continue (non diplômante).

Public concerné : Étudiants intéressés par l’éthique animale et le droit de l’animal de par leur formation initiale ou professionnels (avocats, membres de comité d’éthique, membres des bureaux d’expérimentation animale, personnel de la direction départementale de la protection des populations, personnel des institutions ou associations de bien-être et de protection animale, personnel des commissions spécialisées du parlement européen et du conseil européen, des secteurs RH ou R&D des industries agroalimentaires ou pharmaceutiques, vétérinaires).

Comme on le voit, ce master s’adresse à la fois aux gens menant la vivisection et aux gens de la protection animale. On trouve en même temps la question des devoirs et celle du bien-être… dans le cadre de la « contribution » à la recherche scientifique.

Du point de vue institutionnel, c’est inévitable. Il ne peut pas y avoir, dans notre société, d’études en faveur des animaux. C’est tout simplement impossible. Alors, on devine ici que les professeurs favorables à la cause animale ont cherché à louvoyer, à trouver une forme intermédiaire afin que cela passe.

Mais est-ce que cela un sens que de se faire côtoyer, car c’est le principe, des gens défendant les animaux avec des techniciens de la vivisection, des représentants des labos, de l’industrie de l’exploitation animale? C’est littéralement absurde.

Ou plus précisément, le sens qu’il y a en faisant cela, c’est qu’on contribue à moderniser les institutions. C’est une question de cadre.

Et que voit-on? Dans le cadre juridique et institutionnel actuel, il ne peut pas y avoir de libération animale. L’aider à se moderniser, à s’adapter ne peut qu’être contre-productif.

Selon les derniers chiffres, la consommation mondiale de « viande » a augmenté de 3 % entre 2013 et 2014.
En Inde, la consommation de viande en 2014… est de deux fois supérieure à celle de 2009. Rien que ce dernier chiffre témoigne de la situation, tellement il est frappant.

On comprend facilement que dans les pays occidentaux, l’exploitation animale cherche à se stabiliser, alors qu’elle est inversement en pleine offensive dans le tiers-monde.

Logiquement, on devrait donc être très offensif, particulièrement vindicatif, puisque l’exploitation animale se montre à bout de souffle.

Si l’on prend McDonald’s par exemple, ses revenus ont baissé en 2013-2014, de 2,4 %, ce qui fait que le chiffre est tout de même de 27,44 milliards de dollars… mais le revenu net est de 4,76 milliards de dollars, ce qui marque une chute de 15 %.

Le modèle de toujours plus d’accumulation sur le dos des animaux (et des employés) touche à ses limites, d’où l’exportation générale du modèle comme solution pour avoir toujours plus de profits.

On devine ce que cela signifie si le modèle se généralise et il est en train de se généraliser.

A ce rythme, dans 25 ans, l’exploitation animale aura connu une expansion généralisée… mais on aura des cours sur les droits des animaux, droits des animaux assumés fièrement par 5 % de la population fréquentant ses lieux à elle sans pour autant avoir une quelconque influence sur le cours de l’histoire, sur la situation des animaux.

Un tel scénario catastrophe – qui est ce qui se présage dans les conditions actuelles – est bien entendu à éviter à tout prix…

Chamrousse, la montagne menacée

Voici un article du site Le bruit du vent, comme toujours très bien documenté et présentant les choses sans fards aucun, avec une attention très grande portée aux mensonges des promoteurs et entrepreneurs, qui prétendent « recréer » la Nature sauvage comme ils le voudraient, selon leurs besoins…

Ah autrefois, Chamrousse devait être une belle montagne sauvage, entourée de nombreux lacs naturels, offrant un grand ciel pur, et un panorama à 360° sur des massifs immaculés. Mais depuis quelques décennies, des investisseurs ont quadrillé ce bel espace pour en faire une station de ski à la disgrâce olympique.

Difficile de trouver du charme à ce gros caillou surfréquenté, rasé par les bulldozers, recouvert de pylônes et de câbles, et surplombant la pollution légendaire de la cuvette grenobloise. Poussant le mauvais goût à son paroxysme, les financiers du ski ont étendu leur domaine jusqu’au cœur des sublimes lacs Robert.

À l’instar de nombreux « amoureux de la Nature », je peste depuis toujours contre la remontée mécanique reliant ces Lacs Robert à Chamrousse, et j’espérais naïvement qu’un de ces jours, le « bon sens » conduirait les élus à démonter cet ouvrage afin de mieux protéger ce lieu, qui est classé « zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique » de grade élevé, et qui est qualifié, par le Ministère de l’Ecologie, de « site naturel majeur » à la « flore rare et diversifiée » et au « paysage unique ».

Le biotope des lacs est déjà si lourdement impacté par la station qu’il n’était même pas imaginable qu’un élu puisse oser envisager d’étendre le saccage au Grand Van, en entourant les lacs Robert d’autres pistes et d’autres remontées… C’était sans compter sur le nouveau maire de Chamrousse, Philippe Cordon, qui aurait la ferme intention de détrôner les bouquetins de leur sommet fétiche, le Grand Van, pour les remplacer par des dameuses et de bons gros pylônes (1).

(1) Déclaration du maire lors de l’Assemblée Générale de l’Association de Défense des Habitants et de l’Environnement de Chamrousse. Information qui m’a été transmise par une source proche du dossier.

Quant aux lacs Robert, ils pourraient être utilisés pour alimenter les futurs canons à neige des futures pistes du Grand Van ; qui sait ? Et tant pis si ces canons recrachent de temps à autre un bel Omble chevalier.

Pour réaliser ce projet (qui, compte tenu du contexte climatique, n’a rien de pérenne), la station serait épaulée par la Caisse des dépôts, « groupe public au service de l’intérêt général ». Après les abattages massifs du Bargy, il n’y a donc désormais plus vraiment de doute : lutter contre les bouquetins, qui squattent des espaces sauvages, est dans « l’intérêt général ».

Le territoire de Capra ibex ne peut plus rester vierge, et doit être utilisé à des fins économiques tels que l’élevage ou le marché du ski. Myrtille sur la montagne : la zone des Lacs Robert abrite des tétras lyre, coqs sauvages menacés de disparition, qui passent l’hiver à lutter contre le froid dans des igloos, et dont le simple dérangement par un skieur peut conduire à un épuisement mortel. Outre la dégradation paysagère et l’impact de la neige artificielle, l’extension de la station augmenterait fortement la fréquentation du site, et nuirait donc à la faune.

Le comble est que cette extension serait en partie « justifiée » par le futur accès du massif de Belledonne au statut de Parc Naturel Régional, afin de faire de Chamrousse « l’entrée principale et l’emblème du futur parc naturel ».

Autrefois, à l’époque de la création du Yellowstone, les parcs naturels étaient destinés à préserver la Nature, mais les temps changent, et à l’instar d’Eurodisney, ces parcs se transforment en vitrine publicitaire, si bien que les zones les mieux préservées sont désormais souvent en dehors des parcs !

Rassurons-nous, car des mesures compensatoires seraient entreprises. En dégradant le secteur du Grand Van, partiellement (hélas !) classé Natura 2000, la station de Chamrousse pourrait être contrainte de restaurer la biodiversité d’un autre site.

Ce qui tombe à pic puisque dans le même temps et dans le même massif, le vallon de la Combe Madame est justement placé sur le marché des mesures compensatoires ! En clair, la station de Chamrousse pourrait légalement dégrader le Grand Van en finançant, en guise de compensation, la réhabilitation de la faune et de la flore d’un vallon situé quelques kilomètres plus loin.

Sauf qu’en pratique, Combe Madame est l’un des sites les plus sauvages de France, et que, dans un monde si riche en territoires ravagés, prétendre vouloir réhabiliter la biodiversité d’un vallon aussi bien préservé a tout de la farce burlesque. Peu importe : des techniciens (humoristes ?) sont déjà sur le coup, et se creusent la tête pour essayer de rendre ce vallon sauvage encore plus sauvage : ils envisagent, par exemple, d’en interdire partiellement l’accès aux randonneurs ou de créer une minuscule mare.

La perversion va encore plus loin. Le vallon de la Combe Madame appartient iniquement à EDF qui souhaitait initialement l’utiliser pour produire de l’hydro-électricité, mais l’entreprise a abandonné le projet « au profit » de la construction de l’immense et très impactant barrage de Grand-Maison sur l’autre versant de Belledonne.

Pour rentabiliser cette Combe Madame qui jusqu’ici ne lui a jamais rien rapporté, EDF a donc décidé de placer ces 1300 hectares sur le « marché des mesures compensatoires de biodiversité », et ce avec la bénédiction du Ministère de l’Ecologie (… et de l’Energie).

En clair, amis investisseurs de l’or blanc, si vous saccagez une montagne, pensez à donner un peu d’argent à EDF qui se chargera de donner un coup de peigne à deux brins d’herbe ailleurs ! Ce marché « du droit à polluer » est ridicule et abject, mais l’important, n’est-il pas qu’il soit rentable ?

Faisant son petit marketing, EDF prétend travailler avec les acteurs de la protection de l’environnement, mais pour un membre de la FRAPNA (association de défense de la Nature reconnue d’intérêt public), les compensations envisagées sur le site de la Combe Madame ne « garantissent pas de gain écologique », et EDF ferait mieux de réhabiliter une « rivière polluée » ou des « champs de nitrate ».

De son côté, la reine de l’uranium estime sans doute qu’il est plus facile de reverdir son image en dressant des procès verbaux à trois marcheurs plutôt qu’en fermant des centrales nucléaires arrivées à expiration.

Entre l’extension de l’Alpe d’Huez, les pistes de goudron de Corrençon, le projet de téléphérique de Grenoble au Vercors, et les futures remontées du Grand Van, les montagnes iséroises sont inéluctablement rongées par des stations de ski adeptes du greenwashing.

Grâce à la célèbre recette « investissement et déficit publics pour bénéfices privés », le monde sauvage disparaît à une vitesse inquiétante, et n’est déjà plus qu’un lointain souvenir dans certains massifs alpins… Seules des mesures compensatoires réelles et pertinentes pourraient contribuer à freiner la dangereuse mégalomanie de certains élus.

Face à la saturation des cimes, toute nouvelle installation de remontée mécanique ne devrait-elle pas s’accompagner du démontage d’une ancienne remontée à proximité ? Dans ces conditions, le maire de Chamrousse serait-il toujours partant pour s’attaquer aux bouquetins du Grand Van ?

Urgent appel à l’aide pour les animaux de la SPA du Béarn

D’ici moins de 3 mois (le 30 juin), les 110 chiens et 7 chats de la SPA du Béarn devront quitter le refuge car celui ci est en état de délabrement et doit subir une rénovation totale.

D’ici là, et pendant le temps des travaux, les animaux doivent trouver un lieu de vie, qui serait idéalement un prêt de bâtiment ou de local; la SPA du Béarn (liée à la SPA dite de Lyon et non de Paris) se veut éthique et refuse toute euthanasie.

Afin de faciliter cette future rénovation, la SPA du Béarn lance aussi évidemment un appel à l’adoption, afin que des animaux trouvent avant le déménagement une famille et qu’ainsi ils ne subissent pas encore un stress supplémentaire avec un changement de locaux.

On notera que sur internet, on trouve beaucoup d’accusations au sujet des pouvoirs publics, et notamment de François Bayrou, le maire de Pau, qui sont présentés comme des partisans des solutions expéditives et meurtrières en ce qui concerne les animaux du refuge.

Voici le groupe Facebook en soutien à la SPA du Béarn et le communiqué de la SPA :

Quelques animaux du refuge en attente d’une famille :

Doutchka, 12 ans.

Dorha, 12 ans.

Mirza, 8 ans.

Chetan, 7 ans.

Bingo, 4 ans.

Il va de soi qu’il faut relayer cet appel, qui témoigne encore une fois des besoins pratiques des refuges. Il faut parvenir à mobiliser l’opinion publique en faveur des refuges, refuges qui rappelons le n’existent que par une grande abnégation, une volonté sans faille des bénévoles.

Il y a donc lieu de faire en sorte de soutenir les refuges, de permettre aux dons d’aider matériellement les animaux. C’est une bataille culturelle de fond, dont l’importance vitale saute aux yeux. Renseignez-vous sur les refuges dans votre département, soutenez les, faites en sorte qu’un soutien se développe !

Georges Pompidou en défense des arbres au bord des routes

Hier au Sénat, un rapport a été dévoilé au sujet de la « filière bois », et il critique le fait que la production soit trop faible: il faut profiter plus des forêts, par ailleurs toutes supervisées.

Car, comme on le sait bien, en France, la Nature, libre, sauvage, est méprisée: il faut que soit géré. D’ailleurs ces derniers jours les chasseurs s’opposent à l’Office National des Forêts en raison des demandes de celles-ci d’abattre d’avantage d’animaux…

Querelles d’assassins. Dans un registre différent mais avec un fond similaire, la prévention routière fait qu’il y a une tendance s’affirmant en ce moment à… couper les arbres sur les bords des routes.

Plutôt que de brider les voitures et d’éduquer les automobilistes, on préfère célébrer l’ego des automobilistes.

Voici un témoignage intéressant, celui de Georges Pompidou lorsqu’il était président, avec une lettre fameuse à l’époque en défense de ces arbres. « Les arbres, eux, n’ont, semble-t-il, d’autres défenseurs que moi-même »…

Lettre de Georges Pompidou,
Président de la République Française
à Jacques Chaban Delmas,
Premier Ministre, en date du 17 juillet 1970

Mon cher Premier Ministre,

J’ai eu, par le plus grand des hasards, communication d’une circulaire du Ministre de l’Equipement -Direction des routes et de la circulation routière- dont je vous fais parvenir photocopie.

Cette circulaire, présentée comme un projet, a en fait déjà été communiquée à de nombreux fonctionnaires chargés de son application, puisque c’est par l’un d’eux que j’en ai appris l’existence.

Elle appelle de ma part deux réflexions :

La première, c’est qu’alors que le Conseil des Ministres est parfois saisi de questions mineures telles que l’augmentation d’une indemnité versée à quelques fonctionnaires, des décisions importantes sont prises par les services centraux d’un ministère en dehors de tout contrôle gouvernemental ;

la seconde, c’est que, bien que j’ai plusieurs fois exprimé en Conseil des Ministres ma volonté de sauvegarder « partout » les arbres, cette circulaire témoigne de la plus profonde indifférence à l’égard des souhaits du Président de la République.

Il en ressort, en effet, que l’abattage des arbres le long des routes deviendra systématique sous prétexte de sécurité.

Il est à noter par contre que l’on n’envisage qu’avec beaucoup de prudence et à titre de simple étude, le déplacement des poteaux électriques ou télégraphiques.

C’est que là, il y a des administrations pour se défendre.

Les arbres, eux, n’ont, semble-t-il, d’autres défenseurs que moi-même et il apparaît que cela ne compte pas.

La France n’est pas faite uniquement pour permettre aux Français de circuler en voiture, et, quelle que soit l’importance des problèmes de sécurité routière, cela ne doit pas aboutir à défigurer son paysage.

D’ailleurs, une diminution durable des accidents de la circulation ne pourra résulter que de l’éducation des conducteurs, de l’instauration des règles simples et adaptées à la configuration de la route, alors que complication est recherchée comme à plaisir dans la signalisation sous toutes ses formes.

Elle résultera également des règles moins lâches en matière d’alcoolémie, et je regrette à cet égard que le gouvernement se soit écarté de la position initialement retenue.

La sauvegarde des arbres plantés au bord des routes -et je pense en particulier aux magnifiques routes du Midi bordées de platanes- est essentielle pour la beauté de notre pays, pour la protection de la nature, pour la sauvegarde d’un milieu humain.

Je vous demande donc de faire rapporter la circulaire des Ponts et Chaussées et de donner des instructions précises au Ministre de l’Equipement pour que, sous divers prétextes (vieillissement des arbres, demandes de municipalités circonvenues et fermées à tout souci d’esthétique, problèmes financiers que posent l’entretien des arbres et l’abattage des branches mortes), on ne poursuive pas dans la pratique ce qui n’aurait été abandonné que dans le principe et pour me donner satisfaction d’apparence.

La vie moderne dans son cadre de béton, de bitume et de néon créera de plus en plus chez tous un besoin d’évasion, de nature et de beauté.

L’autoroute sera utilisée pour les transports qui n’ont d’autre objet que la rapidité.

La route, elle, doit redevenir pour l’automobiliste de la fin du vingtième siècle ce qu’était le chemin pour le piéton ou le cavalier : un itinéraire que l’on emprunte sans se hâter, en en profitant pour voir la France.

Que l’on se garde donc de détruire systématiquement ce qui en fait la beauté !

Georges Pompidou

Violence pro-corrida et policière à Arles

Voici une information diffusée par PlanèteAnimaux.com, qui se présente comme un « média animalier ». Il s’agit d’un blog d’infos sur la condition animale, lancé par une ancienne membre de la SPA (de Paris) et contenant de la publicité.

L’un de ses « journalistes » a été tabassé par des partisans de la corrida, voici leur communiqué. Nous mettons « journaliste » entre guillemets parce que pour être journaliste, il faut une carte de presse, ce qui n’est manifestement pas le cas, ce qui est tout à fait secondaire il est vrai, pour autant quel intérêt de parler de « journalisme » au moyen d’une définition « neutre » qui n’existe de toutes manières pas?

Rien n’est « neutre » dans cette société, il faut voir les choses en face, sans quoi inévitablement on affronte la déception ou la répression.

Hier, dimanche 5 avril 2015, le média animalier PlanèteAnimaux.com réalisait un reportage à Arles sur le déroulé des manifestations anti-corrida qui avaient lieu pendant la féria.

En marge de celles-ci, une action militante pacifique a été organisée : 7 manifestants se sont couchés sur la route, le 5 avril vers 14 heures, afin de bloquer la route des deux camions qui emmenaient les taureaux vers les arènes. Simon MICHEL, journaliste pour Planète Animaux, était là et réalisait des photographies du sitting. Soudain, la situation a dégénéré.

«Je couvrais cette action non violente sur la voie publique à titre professionnel. Je suis resté en arrière. J’ai vu les camions du manadier sortir du corralles escortés par une voiture de police. Les militants sont sortis d’un champ et se sont allongés entre la voiture de police et les camions, sur la chaussée.

La police a commencé à asperger les manifestants de gaz lacrymogènes. Un policier est venu vers moi et m’a aspergé aussi, je lui ai indiqué que j’étais journaliste et que je prenais des photos pour un média. Il est reparti. A ce moment là, les manadiers et membres du personnel du corralles ont commencé à frapper les manifestants, qui ne ripostaient pas.

Ils recevaient des coups de poings et de pieds. L’un avait le visage en sang, un autre avait une marque de chaussure sur le visage. Les aficionados ont traîné l’un deux par les deux pieds sur le sol sur plusieurs mètres avant de le jeter dans un petit cours d’eau en contrebas de la route ! Un membre du corralles s’est approché de moi et m’a dit qu’il allait me tuer si je continuais à prendre des photographies. Il a insisté pour savoir de quel média je faisais partie.

Puis il est revenu en courant avec un autre homme, les deux m’ont sauté dessus. Ils ont arraché mon manteau et m’ont asséné plusieurs coups de poings dans les côtes et au visage. Je leur ai rappelé que j’étais journaliste, ils ont continué à me frapper. Ils m’ont violemment baissé la tête de force pour me voler mon appareil photo que je portais avec un tour de cou.

Celui qui avait mon matériel photo s’est enfui avec, et 3 policiers sont venus m’immobiliser, pendant que l’individu fracassait mon appareil photo à plusieurs reprises contre le chaussée, avant de le jeter dans un arbre !», témoigne Simon, dénonçant là une justice protégeant les agresseurs plutôt que les agressés.

15 minutes plus tard, les camions ont pu repartir, leurs occupants n’étant nullement inquiétés par les forces de l’ordre, alors qu’ils venaient de tabasser 8 personnes sous leurs yeux. Les 8 victimes en revanche, ont été conduites au poste de police, soit disant pour « pouvoir porter plainte ». Mais une fois arrivés au commissariat, tous ont été placés en garde à vue, y compris notre journaliste !

Tous les 8 étaient blessés. Leur détention durera finalement 20 heures, au cours desquelles aucune nourriture ne leur sera fournie !

Des accusations mensongères

Les 8 personnes ont été notifiées qu’elles étaient gardées à vues pour « entrave à la circulation » ; « violation de propriété privée » ; « vol aggravé » et « mise en danger de la vie d’autrui ». Notre journaliste qui a pu observer le déroulement des opérations, réfute ces accusations qu’il qualifie de « mensongères ».

L’un des manifestants blessés à sa sortie de garde à vue

« J’ai suivi ce groupe de militants depuis 10 heures du matin. Aucun d’entre eux n’a pénétré dans le corral, et aucun d’eux ne s’est approché des camions, à part lors du sitting, mais jamais vers les portes des véhicules. Les manadiers ont porté plainte contre eux et moi, affirmant que les militants ont volé les clavettes de sécurité des camions.

Cela est totalement insensé ! Jamais ils n’auraient fait une chose pareille, car cela aurait mis la vie des taureaux en danger car ceux-ci auraient alors pu tomber des camions en marche. Ces personnes étaient là pour défendre les animaux, pas pour risquer de les blesser ! Aucun militant n’avait d’outils sur lui, ou de fumigènes. Il n’y avait que mon appareil photo. La seule chose prévue était, je le répète, une action totalement pacifique », affirme Simon.

Une enquête est en cours. Planète Animaux portera plainte dans cette affaire, et espère être soutenu dans cette démarche par des associations de protection animale. Nous sommes scandalisés par ces événements, et par la justice à deux vitesses qui sévit en terres taurines… Simon le journaliste avait réalisé des photographies très explicites des violences survenues, mais la carte mémoire de son appareil photo a été saisie par les forces de l’ordre. Nous ne savons pas encore si nous pourrons récupérer ces images.

Voilà un fait divers qui prouve une nouvelle fois la violence des amateurs de corrida qui, non contents de torturer et de tuer des bêtes, s’en prennent également aux hommes. De plus, la liberté de la presse à été totalement bafouée ce 5 avril, autant par les aficionados, que par les fonctionnaires de police. Cela doit être dénoncé.

L’importance du troisième « X » straight edge

Être straight edge, c’est avoir un comportement au quotidien correspondant à trois choses précises, symbolisées par des « X ».

Le premier X consiste en le fait de ne pas boire d’alcool ; le « X » est d’ailleurs une allusion à une croix qu’on marquait sur la main des mineurs dans les bars.

Le second « X » tient au fait de ne pas prendre de drogues, qu’elles soient légales ou illégales, « douces » ou « dures ».

Le chanteur du groupe Metallica, qui est devenu straight edge, dit qu’il est un « reborn » straight edge, quelqu’un qui a fait une renaissance, car à ses yeux les gens straight edge n’ont jamais consommé de drogues ou d’alcool.

C’est très exagéré, car bien souvent les gens straight edge sont des gens qui sont « revenus » des drogues justement, ou de l’alcool.

Enfin, il y a le troisième « X », qui est tout aussi important que les autres. On peut le résumer au principe de ne pas avoir de rapports sexuels avec une personne sans s’engager avec celle-ci dans une relation durable.

C’est un peu expliqué de manière alambiquée et on pourrait dire « pas de sexe sans sentiments ».

Mais nous sommes en France, pays du libéralisme et du libéralisme libertaire, et l’on peut ainsi trouver des gens qui non seulement « oublient » le dernier « X », ou bien le modifient en disant qu’on peut coucher avec n’importe qui du moment qu’on éprouve du « respect ».

Défendre le troisième « X » est donc quelque chose d’absolument essentiel, surtout à l’heure actuelle. On peut, en effet, voir que les jeunes ont un rapport totalement confus avec la sexualité.

Il n’y a plus de pudeur, plus de limites, plus d’intimité. La jeunesse a sombré dans une célébration de son ego passant par des actes sexuels complètement banalisés. Coucher avec quelqu’un devient ici un acte sans conséquences, sans signification.

Les jeunes sont tout à fait conscients de la distinction entre « baiser » et « faire l’amour », mais l’amour est considéré comme une utopie plus ou moins inaccessible et de toutes manières, et c’est le plus important, les jeunes n’arrivent plus à délimiter leur intimité.

C’est un point très grave, car on ne peut établir sa personnalité et s’épanouir si on ne préserve pas son intimité.

Pourtant, comment disposer de celle-ci alors que les réseaux sociaux sont un prétexte à l’étalage de son ego, où son propre corps devient un objet à montrer, telle une marchandise qu’on vend au marché ?

Le problème qui va avec est celui de la non-reconnaissance de la sexualité des jeunes. Le résultat en est une méconnaissance des moyens contraceptifs, une fuite en avant dans des pratiques dégradantes afin de « paraître » comme quelqu’un « au point », le recours aux solutions de secours particulièrement brutales comme l’avortement.

De manière logique, on peut constater ici que les parents n’éprouvent que du dédain pour cela. Ils sont dans une posture très consommatrice et par conséquent ils ne veulent pas savoir ce qui ne correspond pas à leur vision idéalisée du fait d’avoir des enfants !

Dans certains cas, c’est pratiquement de la non-assistance à l’enfance en danger. Comment ne pas comprendre en général que la pornographie a un impact destructeur sur la dignité humaine, la vie sentimentale, le rapport au corps ?

La société nie quant à elle le problème, au nom du libéralisme : chacun doit pouvoir faire ce qu’il veut, on n’a pas à interdire, etc.

Résultat, on est sorti de l’obscurantisme conservateur d’avant mai 1968 pour passer dans la décadence franche et revendiquée. On est coincé entre le quotidien Libération et la « manif pour tous », c’est une réalité bien triste…

Et c’est la preuve que la jeunesse devrait se précipiter dans la culture straight edge, discuter de ses valeurs, voir son utilité.

La fuite hors de la réalité ne mène à rien, il faut assumer celle-ci en ouvrant des espaces pour s’épanouir, et cela passe par le respect de soi-même. Pour y arriver, par contre, il faut quelque chose qui a du poids, et c’est là que la culture straight edge doit jouer un rôle.

Être straight edge, ce n’est pas simplement refuser des choses, c’est surtout dire oui à la vie. Les sentiments font partie de la vie et il est totalement faux de penser qu’il faut que la vie soit une course, où l’on ne s’attache à rien, où les drogues donnent accès à des paradis artificiels, où se saouler est un moyen d’échapper aux problèmes et aux responsabilités.

La Fondation Prince-Laurent

Voici l’extrait d’une interview qui paraîtra étrange de prime abord, puisqu’elle est tirée du « royal blog » de Paris Match! La personne interrogée est en effet Laurent Benoît Baudouin Marie, appelé officiellement « Prince Laurent de Belgique », troisième fils du frère de l’actuel roi.

Ce Laurent en question est relativement connu en Belgique pour être une sorte d’électron libre, provoquant un mélange de fascination et de répulsion. Il se rase la tête suite à une rupture, tout en ayant la réputation d’être un fana de belles voitures; il s’engage pour l’écologie mais en même temps on accuse ses activités d’être un paravent pour vivre dans le confort.

En tout cas, s’il a une réputation d’ « original » et a été au centre de multiples polémiques sur son train de vie, il revendique un soutien à la cause animale et a donné naissance à une « Fondation Prince-Laurent ». C’est à ce sujet qu’il a été interviewé; voici un extrait représentatif:

Quelle est votre plus belle victoire dans le cadre de votre fondation ?

Je suis fier d’animer une équipe de valeur avec Jean-Jacques Van de Berg, administrateur délégué, et John Smets, vétérinaire en charge des dispensaires, qui, depuis quatre ans, ont pu installer des abris pendant l’hiver pour les SDF avec chien à Bruxelles, ouvrir à Gand un cinquième dispensaire, nouer des accords de collaboration avec les universités de Gand et de Liège qui complètent la formation des vétérinaires en dernière année, réduire les couts et payer des soins de haute qualité aux plus de 13 000 animaux soignés gratuitement chaque année dans nos dispensaires, sans subsides, grâce à la générosité de donateurs privés.

Quelle est votre réaction en voyant le bonheur de ces gens qui viennent chez vous et qui n’ont pour joie que leur animal de compagnie ? Qu’y décelez-vous comme leçon de vie ?

Quel bel encouragement ! Quel respect de la vie, de tous les êtres vivants ! Chacun devrait s’obliger à consacrer une partie de son temps à s’occuper des autres. Le monde serait meilleur.

Gandhi a dit : «On peut juger de la grandeur d’une nation par la façon dont les animaux y sont traités». Vous partagez cette vision ?

Certainement, mais je remplacerais «animaux» par «tous les êtres vivants».

Quel est votre rêve pour votre fondation ?

Je souhaite et je m’emploie à obtenir plus de ressources pour aider plus de personnes et étendre nos actions. Je souhaiterais internationaliser nos activités.

Et votre rêve en général dans la vie ?

On découvre tous les jours l’importance que les animaux jouent dans notre écosystème. Quels progrès l’homme ne pourrait-il pas réaliser s’il pouvait communiquer avec eux ? C’est pourquoi je rêve de pouvoir parler avec tous les animaux de la Terre.

C’est sympathique et un tel aristocrate ne mérite pas d’aller à la lanterne, même si cela ne doit pas pour autant amener à soutenir un despotisme éclairé, bien sûr! D’ailleurs on peut se douter que si la monarchie le soutient, c’est parce que cela donne une bonne image à celle-ci.

En tout il y a quelque chose de très positif là-dedans et le « prince » a osé s’engager, et il est franc dans son esprit d’ouverture aux animaux, il n’a pas peur d’exprimer son opinion. Oser dire qu’on rêverait de pouvoir parler avec les animaux, c’est enfantin et naïf, et pourtant tellement porteur de dignité!

C’est d’ailleurs très bien vu d’aider les SDF ainsi que leurs animaux, thème dont nous avons déjà parlé. La Fondation organise également à Bruxelles, en hiver, des abris chantier chauffés avec lits et des sanitaires pour une trentaine de SDF et les chiens vivant avec eux.

On notera également qu’en plus des dispensaires du quartier des Marolles à Bruxelles, ainsi qu’à Seraing, à Anvers, Boussu (et bientôt Gand), la Fondation prône les méthodes alternatives à l’expérimentation animale.

Bref, c’est plutôt sympa, même si évidemment les limites sont évidentes: ce sont des mesures qui viennent par en haut, portées par une logique aristocratique, mais il est évident qu’il y a ici une aide concrète, que toute personne en Belgique doit connaître de par son utilité!

Les drogues illicites en France en 2014

L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies a rendu public son « baromètre » pour 2014 concernant l’usage des drogues illégales. Voici un extrait de leur résumé.

Il y a deux constats quantitatifs qu’on peut faire: le cannabis s’installe y compris comme petite production (140 000 pieds de cannabis saisis en 2013 contre 55 000 en 2010), et à l’inverse de cette drogue faussement « tranquille », les drogues « stimulantes » augmentent également leur ancrage social.

Un ancrage social qui passe très clairement par les hommes, surtout jeunes. Le « baromètre » constate ainsi cette simple vérité bien connue:

« Pour tous les produits, les hommes se révèlent plus expérimentateurs que les femmes. L’expérimentation de substances illicites est la plus importante parmi les plus jeunes puis diminue globalement à l’approche de la quarantaine, soulignant ainsi des différences entre générations. »

Il y a là un facteur idéologique et culturel évident. Les hommes, surtout jeunes, se précipitent dans la fuite en avant, niant très clairement la Nature comme pouvant apporter quelque chose… Alors que les femmes sont plus enclines à se tourner vers les animaux, les végétaux…

Il y a là deux positions qui s’opposent dans les faits. Ce sont des hommes qui poussent à la « fumette » et à l’alcool… Ce sont des femmes qui portent l’ouverture aux animaux. Le paradoxe ici est que les jeunes hommes assument tout à fait le flambeau de leurs aînés, alors que les jeunes femmes, les jeunes en général, se tiennent éloignés du soutien pratique aux refuges, pour prendre l’exemple le plus parlant…

Une consommation de cannabis élevée, surtout chez les jeunes adultes

Le cannabis demeure, de très loin, le produit illicite le plus consommé en France, expérimenté par 4 personnes sur 10 (42 %) chez les 18 – 64 ans. L’usage au cours de l’année (usage actuel) est en 2014 le fait d’une personne sur dix (11%) contre 8 % en 2010.

L’usage régulier (au moins 10 usages au cours des 30 derniers jours) est pour sa part passé de 2% à 3 % entre 2010 et 2014. L’enquête montre qu’entre 2010 et 2014 l’usage actuel a augmenté pour toutes les tranches d’âge : la hausse touche en particulier les femmes de 18 à 40 ans et les hommes de 18 à 55 ans.

Les jeunes générations demeurent toutefois les plus concernées par ces comportements puisque l’usage au cours de l’année atteint ainsi son niveau maximum chez les 18-25 ans: il est alors le fait de 34 % des jeunes hommes et 23% des jeunes femmes contre, respectivement, 29% et 17 % en 2010.

Cette hausse des consommations fait suite à une relative stabilité observée entre 2005 et 2010 et s’inscrit dans un contexte d’évolution de l’offre.

« On constate ces dernières années un développement de l’offre tant pour l’herbe – sous l’effet notamment de l’autoculture – que pour la résine, dont la forte augmentation du taux de THC est à souligner » analyse François Beck, directeur de l’OFDT et l’un des auteurs de cette étude.

S’agissant des cannabinoïdes de synthèse, essentiellement vendus sur Internet et sur lesquels l’enquête se penche pour la première fois, 1,7% des 18-64 ans interrogés en ont déjà consommé au cours de leur vie. Il s’agit majoritairement de personnes ayant déjà expérimenté une drogue illicite autre que le cannabis et, pour l’essentiel, d’hommes et de personnes âgées de moins de 35 ans.

Des usages de substances stimulantes orientés à la hausse

« Depuis le début des années 1990, la disponibilité et la demande de substances stimulantes sont globalement orientées à la hausse » rappelle François Beck.

Ce constat vaut particulièrement pour la MDMA/ecstasy. Que ce soit sous la forme de poudre et de cristal (MDMA) ou de comprimés (ecstasy), l’expérimentation de la substance concerne 4,3% des 18-64 ans. L’usage dans l’année est passé de 0,3% en 2010 à 0,9 % en 2014.

Atteignant son niveau maximum entre 18 et 25 ans (3,8 %), il est trois fois moindre entre 26 et 34 ans (1,3 %) et devient quasi nul après 35 ans.

Les progressions des prévalences interviennent alors qu’on observe qu’un renforcement de la diffusion des différentes formes du produit (poudre, cristal ou comprimés) ainsi que de leurs teneurs en principe actif.

Concernant la cocaïne, la part des 18-64 ans qui l’ont expérimentée est de 5,6 % en 2014.

Cet usage au cours de la vie se situait à 1,2 % en 1995. Il a donc quadruplé en deux décennies, la disponibilité de la substance n’ayant en parallèle cessé de s’accroître au cours de la même période.

L’usage de cocaïne au cours de l’année se situe pour sa part à 1,1 % des 18-64 ans contre 0,9% en 2010.

En 2014, l’usage actuel est déclaré par 3,1 % des 18-25 ans et 2,2% des 26-34 ans, et régresse ensuite nettement. Les hommes sont 2 à 3 fois plus consommateurs.

Il est également précisé, c’est important:

Cette hausse est à rapprocher des observations de terrain effectuées dans le cadre du dispositif TREND (Tendances récentes et nouvelles drogues) de l’OFDT qui concluent à une diffusion notable de la MDMA/ecstasy, que ce soit sous sa forme poudre ou en comprimés, ces derniers étant par ailleurs plus gros et plus dosés qu’au début des années 2000.

De fait, la diffusion de ce produit a été plus erratique et a pu être marquée par une pénurie de l’offre par le passé. Depuis le début des années 1990, la disponibilité des substances stimulantes, qu’il s’agisse de la cocaïne ou des drogues de synthèse (ecstasy, amphétamines), s’est développée en France.

Même si sa consommation reste très rare et localisée, c’est également au cours des années 1990 que l’on a assisté à l’émergence de la forme base de la cocaïne, qu’elle soit directement vendue sous cette forme (crack), principalement à Paris et aux Antilles, ou préparée par les usagers eux-mêmes (free base), plutôt dans les milieux festifs alternatifs (Cadet-Taïrou et al., 2014).

Nicolas Dhuicq au sujet d’une « société sans tabac et pourquoi pas sans alcool »

Hier à l’assemblée nationale, le député UMP Nicolas Dhuicq s’est lancé dans la traditionnelle offensive à la française contre le « puritanisme ».

Ce sont des propos très francs qui ont été exprimés par ce psychiatre, dont nous faisons ici la retranscription…

Moi je reste quand même très dubitatif et très inquiet de cette vision d’une société qui serait une vision d’une société sans tabac et pourquoi pas sans alcool euh parce que, oui, parce que la vie est quand même un risque.

C’est vrai que nous avons tous connu des patients qui sont morts dans des souffrances atroces de pathologies diverses provoquées par l’abus de substances.

Néanmoins, il n’y a pas de société humaine sans utilisation de toxiques, cela n’existe pas.

Et que ce monde que vous souhaitez, qui soit un monde pur, blanc sans aucune accroches, c’est terrible, parce que je vous le dis c’est sans provocation honnêtement, ce dont vous rêvez c’est un monde qui fait fuir la jeunesse de ce pays et qui les entraînera vers des épopées violentes, comme nous les connaissons aujourd’hui.

Parce que les épopées violentes au Proche-Orient et Moyen-Orient que nous connaissons, à mon avis elles sont aussi cela a été écrit par d’autres que moi provoquées par un monde qui devient totalement puritain.

La société française est en échec, les gouvernements successifs sont en échec, parce que vous n’êtes pas capables de proposer à la jeunesse de ce pays un espérance, une vision, un avenir pour le pays.

Pire, vous ne parlez que de la mort en permanence. Il y a quelques semaines c’était l’euthanasie, ce sera les salles de shoot, et dans le même temps vous voulez un monde absolument pur, c’est un puritanisme politique insupportable

Rejoignez les shakers [sic] et les quakers il y a quelques siècles, c’est cela votre monde. Moi je ne veux pas de ce monde là, je veux un monde de responsable et de libertés.

Nous, nous voulons ce monde; c’est notre idéal. Et c’est bien une cause qui rejette les comportements « déviants », à l’opposé du libéralisme qui les sanctifie au nom du fameux « chacun fait ce qu’il veut ». Le scepticisme et le relativisme sont des ennemis fondamentaux du progrès.

Il est d’ailleurs ironique de voir que catholiques et « queers » sont au moins d’accord là-dessus : à bas ce qui nie la toute puissance du libre-arbitre, à bas le puritanisme, vive le libéralisme, etc.

Il n’y a d’ailleurs qu’en France qu’on trouve autant de gens prônant un véganisme « flexible », qu’il y a des gens s’imaginant straight edge alors qu’ils rejettent catégoriquement le troisième « X », en expliquant que la sexualité doit être « libre », du moment qu’il y aurait du respect ce serait valable, etc.

Pour en revenir plus précisément au député UMP dont il est question ici, voici un éloge du libéralisme face à l’alcool – une expérience relevant de l’individu, à ses yeux – qu’il a faite il y a quelques jours à l’assemblée:

Madame la ministre, j’ai commencé mes études à un moment où l’on nous apprenait qu’il n’y avait au monde qu’en France que l’on souffrait de cirrhose. Ici, le sujet est bien celui de l’alcoolisation aiguë et massive des adolescents qui recherchent une ivresse et un paradis artificiel immédiat, un véritable assommoir.

Ce comportement signe la défaite des adultes et l’incapacité de notre société à projeter la jeunesse de France dans l’avenir et à lui offrir une espérance. L’objet de cet amendement est de vous alerter sur plusieurs points, notamment sur celui des publicités que vous voulez limiter. La question des publicités à l’abord des écoles nous inquiète particulièrement.

Cependant, je voudrais également parler un peu du principe de plaisir. Vos amendements sont extrêmement puritains, mes chers collègues. Celui qui s’alcoolise de manière massive cherche l’assommoir, la destruction, il joue avec la mort et n’est pas dans le principe de plaisir.

Mais, madame la ministre, n’oubliez pas que, dans cette société qui est extrêmement dure, douloureuse et difficile pour nos adolescents, il est important de leur offrir une espérance, une ouverture vers l’avenir et vers le monde, un travail. Il faut donc aussi préserver la possibilité d’un avenir, en particulier à ces jeunes qui vont s’engager dans les métiers agro-viticoles. C’est pour cela que je tiens à défendre également ce principe de plaisir qui fait partie de la vie.
(…)
Votre but, madame la ministre, est tout à fait louable : il est de maintenir la liberté et de lutter contre l’esclavage que représente la dépendance à un produit. Je voudrais cependant rappeler que nous sommes les uns et les autres tout à fait inégaux face au risque de dépendance. Certains d’entre nous ont des vulnérabilités plus grandes que d’autres – génétiques ou épigénétiques –, et la dépendance se déclare lorsque se rencontrent un produit, une personnalité et une culture. Ce triptyque est un invariant, et, à force de vouloir, par puritanisme hygiéniste, renforcer les interdits dans certains domaines et supprimer tout principe de plaisir dans notre société, vous parviendrez à l’inverse des effets recherchés.

Je l’ai redit il y a quelques heures, et c’est tout à fait sérieux : les campagnes de prévention chez les adolescents ont parfois des effets totalement inverses de ceux recherchés. Il arrive que l’on constate une recrudescence de la consommation de toxiques à la suite d’interventions d’adultes auprès de ces adolescents qui sont à la recherche d’un cadre et de repères, ces adolescents qui se construisent.

Celles des dispositions du projet de loi que vous défendez qui concernent le paquet de cigarette ne serviront en rien votre lutte contre le tabagisme, madame la ministre, et c’est pour cela que je vous mets en garde, encore une fois, à propos de cette volonté de toujours laver plus blanc que blanc qui est la vôtre. Cette pureté absolue n’existe pas.

Il faut que nos compatriotes, en particulier nos adolescents, aient la possibilité de se construire, qu’ils aient la possibilité de prendre des risques mesurés quand il le faut et que des interdits s’imposent lorsque c’est absolument nécessaire pour leur avenir.

Pour résumer, « boire un petit verre c’est agréable » et « chacun sa croix ». C’est une interprétation libérale qui sied, encore, malheureusement, à la plupart des gens, s’imaginant que la morale est quelque chose qui ne saurait être universelle, systématique, porteuse d’un projet de culture.

EELV : les thèmes de la prostitution et du cannabis

Parmi les multiples maux qui tracassent la société française, il y a le fait que les fachos soient de vrais fachos alors que les gens se disant de gauche ne sont le plus souvent que des ultra-libéraux. Faire n’importe quoi n’importe comment serait une « libération » de l’individu, qu’on ne pourrait de toutes manières pas juger, au nom de l’idéal ultra-libéral libertaire.

Une telle approche s’oppose formellement aux valeurs morales straight edge, comme le montrent ici deux documents d’EELV, parti politique représentant par excellence la ligne des bobos des villes (ceux des campagnes restant en mode « zadiste » et se contentant de variantes d’anarchisme).

Le premier document consiste en l’extrait de l’intervention de la sénatrice Esther Benbassa, au nom d’EELV, le 30 mars 2015. On y trouve la défense classique de l’idéal libéral – libertaire, du droit de l’individu à ne pas être « jugé » moralement ni a fortiori condamner légalement.

Le second document est une présentation au sénat de la proposition faite hier par EELV de légaliser le cannabis, autre grand thème de bataille libéral – libertaire.

Cet éloge de l’individu faisant « ce qu’il veut » est l’expression ultime de l’anthropocentrisme. C’est l’anti-thèse exacte d’une humanité collective se soumettant à la Nature.

Celles qui continuent à se prostituer seraient toutes des femmes violentées, agressées sexuellement dans leur enfance, victimes d’inceste. Aux yeux des abolitionnistes, une femme « normale » ne pourrait librement consentir une relation sexuelle contre rémunération. Toute personne prostituée ne pourrait qu’être soumise à la domination masculine. A nous de lui faire recouvrer sa dignité.

Virgine Despentes, dans son essai King Kong Théorie (2006), écrit ceci : « La sexualité masculine en elle-même ne constitue pas une violence sur les femmes, si elles sont consentantes et bien rémunérées. C’est le contrôle exercé sur nous qui est violent, cette faculté de décider à notre place ce qui est digne et ce qui ne l’est pas. »

Quant au psychanalyste Henri Castel, il précise : « Au nom de la sauvegarde de leur dignité, on va priver d’un coup beaucoup de gens de la liberté d’arbitrer entre divers maux dans une situation d’inégalités sociales subies de facto (…) On peut préférer se prostituer pour abriter son enfant du besoin (…) Mépriser les gens qui font des choix si graves ne convaincrait d’ailleurs vraiment que si, au lieu de dénoncer la prostitution seule, on dénonçait les inégalités en bloc. »

Ne transformons pas le Code pénal à la seule fin d’un affichage idéologique. Sachons écouter les premières intéressées, ne les traitons pas en mineures privées de parole. Ayons d’autres soucis que celui – fort politicien – des « bonnes mœurs ».

Chacun peut-il oui ou non librement disposer de son corps? Les féministes avaient fait de cette exigence leur devise pour la légalisation de la contraception et de l’IVG. On ne pourrait donc pas l’invoquer pour l’acte prostitutionnel? Oui, il y a des prostitué(e) par choix.

Dans leur pétition du 23 août 2012, de nombreux intellectuels – hommes et femmes – écrivaient : « Décréter illégal ce qu’on trouve immoral n’est pas un grand pas vers le Bien, c’est une dérive despotique. Le pouvoir politique n’a pas à intervenir dans les pratiques sexuelles des adultes consentants. »

Le vote du groupe écologiste dépendra de nos débats. Et sa grille d’analyse sera simple : protéger, oui, stigmatiser et précariser davantage, non !

Voici la proposition d’EELV de libérer le commerce du cannabis:

En France, la loi du 31 décembre 1970 dit loi « Mazeaud » punit d’un an d’emprisonnement et 3 750 euros d’amende la consommation de cannabis, considéré comme un produit stupéfiant. La loi considère l’usager de stupéfiants comme un individu malade et délinquant et sanctionne également le fait d’acheter, de consommer, de détenir, de donner, de revendre, de cultiver, de transporter ou de conduire après consommation. Les peines pour trafic de cannabis peuvent aller jusqu’à dix ans de prison et 7,5 millions d’euros d’amende.

Depuis la loi Mazeaud, plusieurs textes sont venus renforcer les sanctions à l’encontre des usagers de cannabis :

la loi du 3 février 2003 relative à la conduite sous l’influence de substances ou plantes classées comme stupéfiants ;
la loi du 10 août 2007 renforçant la lutte contre la récidive des majeurs et des mineurs, qui instaure des peines planchers pour les récidivistes.
Pour les sénateurs écologistes, auteurs de la présente proposition de loi, la législation française qui est « une des législations européennes les plus répressives », est un échec, dans la mesure où elle n’a pas réussi à réfréner ni la consommation, ni le trafic de cannabis.

Ils souhaitent une réglementation de l’usage du cannabis qui permette de faire baisser la consommation, tout en endiguant les risques engendrés.

Ils proposent d’autoriser, de manière encadrée, la vente au détail aux personnes majeures et l’usage de plantes de cannabis et de produits dérivés issus de cultures et de pratiques culturales contrôlées. Les caractéristiques de ces produits, ainsi que leur teneur en principe psychoactif (tétrahydrocannabinol ou THC) seraient réglementées.

Le texte prévoit plus précisément :

de compléter le Code de la santé publique (article 1er) :
en autorisant l’usage non thérapeutique de plantes de cannabis et de produits contenant du cannabis répondant à des caractéristiques définies par décret et dont la teneur en tétrahydrocannabinol est fixée par arrêté du ministre chargé de la santé ;
en encadrant la culture domestique des plantes de cannabis en la soumettant à une autorisation et à un contrôle visant à assurer la qualité des récoltes ;
en soumettant à une autorisation et à un contrôle la fabrication des produits contenant du cannabis ;
en encadrant la vente au détail et l’usage du cannabis.
de porter à trois (contre une actuellement) le nombre de séances annuelles consacrées à une information sur les conséquences de la consommation de drogues sur la santé dans les collèges et les lycées (article 2) ;
un gage financier (article 3) en soulignant que l’application du dispositif pourrait créer de nouvelles ressources fiscales.

Pour et contre les modifications de la loi Evin…

Voici deux documents contradictoires ayant rapport aux modifications de la loi Evin par l’assemblée nationale. Le premier est une lettre ouverte réalisée par des associations consacrées à l’alcoologie et l’addiction à l’alcool, qui protestent contre ce qui se passe. Le second est une tribune de parlementaires, publiée dans La Tribune, en faveur justement de l’industrie de la viticulture.

Lettre ouverte au Président de la République sur le projet de loi de santé

Monsieur le Président de la République,

Si nous prenons aujourd’hui la liberté de nous adresser directement à vous, c’est parce que nous représentons l’ensemble des associations et sociétés savantes sur le champ de la prévention des risques et de la réduction des dommages sanitaires et sociaux liés à l’alcool.

Grâce à la loi du 10 janvier 1991, dite loi Evin, la France dispose d’un cadre équilibré qui permet à la fois l’information sur les boissons alcooliques et un encadrement de la publicité, notamment pour préserver la santé des jeunes et des publics vulnérables.

A l’occasion de l’examen de la loi relative à la modernisation du système de santé, présentée par Madame Marisol Touraine au Parlement, quelques députés ont fait adopter en commission des Affaires sociales de l’Assemblée, contre l’avis du gouvernement et du rapporteur, un amendement qui modifie la définition de la publicité de manière restrictive afin de remettre en cause le dispositif législatif antérieur.

Contrairement à ce que prétendent les défenseurs de l’amendement, la protection de la santé ne s’oppose pas à la viticulture, mais si cette disposition était votée, c’est l’ensemble de la population, et notamment les jeunes, qui serait exposé à une promotion sans limite en faveur de la consommation d’alcool.

Cette définition restrictive de la publicité, qui est par ailleurs contraire à la directive européenne 84/450/CEE du 10/09/1984 en la matière, aurait aussi pour effet collatéral de desserrer les conditions de la publicité pour le tabac et d’affaiblir le Plan national de réduction du tabagisme.

Il serait paradoxal et dommageable qu’une loi ayant pour objectif d’améliorer la prévention ait pour conséquence une plus grande facilité de promouvoir l’alcool qui est directement responsable de 49 000 morts par an, sans compter le symbole désastreux d’une défaite de la santé publique à l’aube du 25ème anniversaire de la loi Evin.

C’est pourquoi nous nous adressons solennellement à vous, Monsieur le Président, qui avez mis votre mandat sous le signe de la jeunesse, afin que ne soit pas remise en cause une loi exemplaire de protection de la santé.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République, à l’expression de notre très haute considération,

Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie
Fédération Française d’Alcoologie
Société Française d’Alcoologie
Société Française de Santé Publique
ANPAA : www.anpaa.asso.fr
FFA : www.addictologie.org
SFA : www.sfalcoologie.asso.fr
SFSP : www.sfsp.fr

Loi Evin : clarifier pour mieux protéger !

L’interprétation par les juges de la loi Evin sur la publicité concernant l’alcool conduit à un détournement de l’esprit initial du législateur. A preuve, les condamnations de journalistes, d’acteurs régionaux, qui n’ont fait qu’évoquer la culture de la vigne et le succès des entreprises viticoles. Par 32 parlementaires, de tous bords

24 ans après la mise en place de la loi Evin, nous, députés et sénateurs, affirmons qu’il faut faire vivre la loi, et l’ancrer dans son temps en tenant compte de la réalité.

La question de la publicité en faveur de l’alcool est une question de santé publique majeure. Réglementer la publicité est indispensable pour protéger les populations vulnérables, en particulier les jeunes, et pour lutter contre les excès de consommation d’alcool. Cette protection contre les addictions, notamment celle liée à l’alcool, c’est l’esprit même de la loi Evin.

L’interprétation des juges s’éloigne de l’esprit de la loi

Pour autant, force est de constater que dans la pratique, l’interprétation faite par les juges de la loi Evin s’éloigne de plus en plus de son esprit initial. Aujourd’hui, des journaux comme les Echos, le Parisien ont été sanctionnés par les tribunaux, le juge ayant condamné des articles de presse en les assimilant à de la publicité, alors que la loi Évin n’interdit aucunement de mettre en valeur le patrimoine français ; elle protège les plus faibles – nos jeunes- des addictions.

Un reportage sur la culture de la vigne, sur l’œnotourisme, sur le succès des entreprises viticoles françaises – destiné à un public majeur, surtout éduqué et averti – sur cette vigne qui fait vivre de nombreux territoires et participe de la culture française et au rayonnement de notre pays, serait donc condamnable !

Certains diront qu’il ne s’agit que de quelques procès en 24 ans… mais autant de condamnations font désormais jurisprudence et redéfinissent , à la place du législateur et contrairement à l’esprit de la loi, la règle du jeu en mettant les journalistes mais aussi les acteurs régionaux (conseil régionaux et généraux, intercommunalité et communes, office de tourisme) dans une insécurité juridique préjudiciable tant pour l’image de notre filière viticole que pour la cohérence de notre politique de santé publique en matière d’alcool.

Différencier publicité et information

Nous soutiendrons, dans les jours à venir, lors des débats à l’Assemblée nationale la nécessité de différencier ce qui relève de la publicité et ce qui relève d’un article de presse, du journalisme. Ce débat devra avoir lieu dans le cadre de l’élaboration de la loi de Santé, texte qui suscite toujours de vives discussions, et l’actuel projet peut être encore plus qu’à l’accoutumé. Nous entendons déjà ceux qui nous accuserons de vouloir « défaire» la loi Evin, parfois par posture, le plus souvent par confusion sur l’objectif visé.

Il est essentiel aujourd’hui de définir, à droit constant, ce qu’est précisément la publicité pour protéger tant les journalistes que leurs reportages, l’oeno-tourisme que le patrimoine de nos territoires, tout cela sans remettre en cause les objectifs intangibles de santé publique auxquels nous sommes très attachés.
Une clarification pour éviter d’interdire toute communication

Cette nécessaire clarification de la loi Evin ne donnera pas plus de droits aux producteurs de vins. Elle ne leur donnera pas non plus l’opportunité de faire plus de publicité. Surtout, elle ne réduira pas le niveau de contraintes qu’exige notre politique de santé publique. Elle ne remettra en cause aucune des lignes garantes de l’encadrement de la publicité.

Cette clarification n’a qu’un seul objectif et qu’une seule vertu, ceux de permettre aux journalistes, à nos régions, à nos départements de pouvoir parler du vin, de notre patrimoine culturel dans un cadre légal clairement défini qui respecte l’esprit initial de loi Evin : encadrer la publicité mais pas ‘interdire toute forme de communication.
Notre mission, en tant que parlementaires est de faire vivre la loi, de lui redonner tout son sens : clarifier pour mieux protéger !

Elie ABOUD, Benoist APPARU, Florent BOUDIE, Gérard CESAR, Gérard CHARASSE, Dino CINERI, Roland COURTEAU, Marie-Christine DALLOZ, Fanny DOMBRE COSTE, Sandrine DOUCET, William DUMAS, Marie-Hélène FABRE, Yves FOULON, Paul GIACCOBI, Antoine HERT, Patrick HETZEL, Jacques KRABAL, Gilles LURTON, Philippe MARTIN, Patrice MARTIN LALANDE, Dominique ORLIAC, François PATRIAT, Bernard PERRUT, Michel PIRON, Didier QUENTIN, Frédéric REISS, Arnaud ROBINET, Gilles SAVARY, Eric STRAUMANN, Alain SUGUENOT, Catherine VAUTRIN, Eric WOERTH

La notion de publicité dans la loi Evin

Dans le cadre de leur bataille contre la loi Evin, les entreprises produisant du vin ont lancé un mot d’ordre « Je suis vigneron, j’ai besoin de vous ! », avec un site internet où on peut envoyer un message automatisé au député, sur le site… filierevin.fr.

Hier nous parlions du possible changement du fameux avertissement sur l’alcool. Voici maintenant un autre aspect: celui de la publicité. Les entreprises de la viticulture n’ont cessé de batailler pour obtenir une définition de la publicité qui lui soit favorable.

Les juges n’ont parfois pas été dupes et ont en effet condamné des articles de presse pour être de la publicité masquée: une évidence! A cela s’ajoute la presse spécialisée dans le vin et l’œnotourisme, que les entreprises aimeraient renforcer, en faire une machine de propagande tournant à plein régime, au nom du terroir…

Un amendement, du député PS Denys Robiliard, vient donc « sauver » ce secteur du capitalisme, définissant comme suit le cadre de la publicité pour l’alcool:

L’article L. 3323‑3 du code de la santé publique est ainsi modifié :

1° Avant le premier alinéa, sont insérés trois alinéas ainsi rédigés :

« On entend par propagande ou publicité, au sens du présent livre III, un acte de promotion effectué en faveur d’un produit ou service, relevant de l’activité d’une personne ayant un intérêt à la promotion dudit produit ou service et susceptible d’être perçu comme un acte de promotion par un consommateur d’attention moyenne.

« Toute propagande ou publicité en faveur d’une boisson alcoolique ne doit pas inciter à un excès de consommation, en particulier chez les jeunes. »

« La publicité ou la propagande est directe lorsqu’elle est effectuée en faveur d’une boisson alcoolique » ;

2° Le premier alinéa est ainsi rédigé :

« Est considérée comme propagande ou publicité indirecte la propagande ou publicité effectuée en faveur d’un organisme, d’un service, d’une activité, d’un produit ou d’un article autre qu’une boisson alcoolique qui, par son graphisme, sa présentation, l’utilisation d’une dénomination, d’une marque, d’un emblème publicitaire ou d’un autre signe distinctif, rappelle effectivement ou a pour but de rappeler une boisson alcoolique » ;

3° Il est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« Seuls les éléments de la publicité consacrée à un organisme, un service, une activité, un article autre qu’une boisson alcoolique qui rappellent effectivement ou ont pour but de rappeler une boisson alcoolique doivent être conformes aux dispositions de l’article L. 3323‑4. ».

L’association Vin et société, qui regroupe les entreprises de la viticulture, peut donc crier victoire, sur un mode « Je suis Charlie » :

Rappelons que des journaux tels que Paris Match (mars 2013), Le Parisien (décembre 2007) et Les Echos (juin 2007) ont en effet été condamnés à la suite d’articles de presse évoquant le vin, requalifiés en publicité.

Au-delà des professionnels du secteur viticole, ce son t aussi 30 000 journalistes, des milliers d’artistes et d’écrivains, des agences de publicité et de communication, des avocats et 31 millions de consommateurs responsables qui sont concernés par les conditions d’application de la Loi Evin.

« Cet amendement n’ouvre aucune nouvelle possibilité de publicité pour le vin mais permet de sécuriser
le travail des journalistes et la liberté d’information » déclare Joël Forgeau.

Joël Forgeau est le président de « l’association », qui se cite par conséquent lui-même dans son propre communiqué de presse, dans le cadre d’une association qui n’en est pas une puisqu’il s’agit de promouvoir un secteur économique, des intérêts particuliers, un mode de vie allant avec, etc.: c’est ce qu’on appelle un lobby.

Pour en revenir à la question du droit à l’information, il faut savoir que l’explication de l’amendement cité plus haut dit lui-même:

Cette jurisprudence a créé une insécurité juridique qui met en cause la liberté d’expression des journalistes et développe une forme d’autocensure de la part de médias et d’opérateurs.

Une autocensure qui aurait existé au sujet de l’alcool: on aura tout vu. Le droit d’informer utilisé pour promouvoir la promotion de l’alcool… Le libéralisme n’a honte de rien.

Les producteurs de vin à l’assaut de la loi Evin

C’est un véritable imbroglio auquel on a eu droit, comme d’habitude lorsqu’il s’agit de la question de l’alcool dans notre société. Rien n’est décidé démocratiquement, tout est embrouillé afin de masquer les intérêts économiques en jeu.

En l’occurrence, c’est la loi Evin sur la publicité concernant l’alcool qui a été prise d’assaut par les entreprises relevant de la viticulture, à l’occasion des débats parlementaires dans le cadre de la Loi Santé.

Deux aspects sont concernés, voyons aujourd’hui ce qu’il en est du premier, concernant la fameuse inscription « l’abus d’alcool est dangereux pour la santé ». Elle est d’ordre général, aussi le ministère de la Santé avait-il exigé que la formulation puisse changer selon ses exigences.

Les producteurs d’alcool en général ont compris le problème, surtout les viticulteurs: eux prétendent que leur vin n’est pas mauvais pour la santé, que seul un « abus » est mauvais. Critiquer l’alcool en général, c’est critiquer leur production de biens qui sont mauvais pour la santé, mais que eux prétendent bons. Donc, ils s’y sont opposés.

Voici l’amendement de protestation fait par Gilles Lurton, député apparenté UMP en Ile-et-Vilaine.

L’article L. 3323‑4 du Code de la Santé Publique précise dans son 4ème alinéa que « Toute publicité en faveur de boissons alcooliques, … , doit être assortie d’un message de caractère sanitaire précisant que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé. »

L’objectif de ce message fixé par le législateur dans le cadre de la loi Evin vise à lutter contre la consommation excessive d’alcool.

A la suite d’un amendement déposé par le rapporteur en Commission des Affaires Sociales, ce message a été supprimé et remplacé à l’avenir par un arrêté du Ministère de la Santé fixant le contenu des messages sanitaires destinés à figurer sur les publicités des boissons alcooliques. La volonté du rapporteur est de permettre d’adapter le message en fonction des supports et des modalités techniques de sa diffusion, du public visé et des boissons concernées.

Cette suppression remet en cause un message qui fait autorité depuis 1991, qui a le mérite de la clarté et de la simplicité, ce qui le rend efficace.

Ce message avait par ailleurs pour avantage de cibler l’excès de consommation reconnu comme préjudiciable à la santé de chacun et non pas une consommation raisonnable de produits de qualité issus de savoirs-faire locaux de renommé parfois international qui met en valeur les terroirs de notre pays.

Voici ce que raconte à ce sujet Michel Piron, député UDI de Maine et Loire, dans la Revue du Vin de France. Il y associe vin et culture; on remarquera la blague sur la fermentation, tout à la fin…

La Revue du Vin de France : Quel est l’esprit des amendements que vous proposez ?

Michel Piron : Mes amendements visent à défendre le vin, c’est-à-dire ce qui découle d’une production culturelle, d’un savoir et de savoir-faire qui représentent notre pays à l’échelle internationale. Il faut cesser avec cette anti-culture qui confond prévention et interdiction, usage et abus.

Sous prétexte qu’il y a des abus on devrait interdire l’usage, c’est de la folie. On frise l’obscurantisme.

La RVF : En quoi le transfert des compétences du ministère de l’Agriculture à celui de la Santé menace la filière viticole ?

Michel Piron : Le Ministère de la Santé n’a absolument pas la compétence pour parler du vin. Il a la compétence pour parler des abus.

Or, pareille décision viendrait à réduire le vin à de l’alcool et à en faire un produit dangereux. C’est une vision extrêmement réduite et caricaturale. C’est aussi faire preuve, au mieux d’une grande inculture, au pire de dévoiement.

La RVF : Quel regard portez-vous sur la Loi Évin ?

Michel Piron : En matière de santé toutes les normes ont été posées. Il n’y a rien à ajouter à la loi Évin. Si on prend les exemples des pays autour de nous, nous sommes les plus rigides.

Bon, on pourra toujours me parler de la Suède… Grand pays producteur ça, la Suède… Le vin est un produit qui s’apprend, et il vaudrait mieux prendre exemple sur l’Italie dans le domaine.

La RVF : Que se passerait-il si vos amendements n’étaient pas adoptés ?

Michel Piron : Je ne vois pas pourquoi ils ne le seraient pas, nous sommes prêts et surveillerons le dossier attentivement, comme on surveille une fermentation.

C’est un refrain traditionnel: face aux vilains pays protestants / anglo-saxons qui posent des exigences morales, adoptons la prétendue joie de vivre catholique / latine. Que chacun fasse ce qu’il veut, du moment qu’il n’emmerde pas les autres, etc.

Réduit à sa dimension individuelle, l’alcool ne pose alors, forcément plus de problèmes sociaux, puisque la société n’est plus prise en compte…

« Round-Up non merci ! »

De  nombreuses initiatives se sont montées contre le pesticide Round Up. Voici des informations à ce sujet!

Le samedi 21 mars à 15h, les « cafés paysans » de Grenoble et le collectif « Roundup non merci ! » ont organisé une action « Round-Up non merci ! » dans le magasin Castorama de Saint-Martin d’Hères.

Cette action se déroulait dans le cadre de la Semaine pour des alternatives aux pesticides, et en réaction à l’étude de l’agence du cancer de l’Organisation Mondiale de la Santé classant le Roundup comme un ’’cancérigène probable’’.

Seize jardiniers, paysan-ne-s et habitant-e-s de l’agglomération grenobloise ont interpellé la direction de Castorama en remplissant des caddies de Roundup marqués « Roundup non merci » à l’entrée du magasin. 500 tracts détaillant les méfaits du Roundup ont été distribués aux client-e-s et salarié-e-s du magasin.

Quelques minutes après le déclenchement de l’action, le directeur du magasin, des vigiles et une dizaine de salarié-e-s de Castorama ont entouré les manifestant-e-s. La tension était forte. Les affiches ont été arrachées et les caddies déplacés. La direction semblait quelque peu dépassée par la situation. Les menaces d’expulsion étaient viriles. Les membres du collectif « Roundup non merci ! » ont fait face et ont argumenté calmement.

Peu à peu, la tension est retombée, puis la discussion s’est engagée. « Je n’y peux rien s’il y a du Roundup à Castorama ! Ça ne dépend pas de moi ! Je ne suis qu’un salarié parmi quatorze mille ! Il faut contacter la direction nationale ! » a répété plusieurs fois le directeur du magasin. « On sait bien que ce produit pose problème. Mais tant que c’est légal et que ça se vend, on le vend » a ajouté un adjoint.

Suite à cette discussion, les manifestant-e-s ont diffusé calmement les 500 tracts à l’entrée du magasin. De nombreux clients et clientes ont exprimé leur solidarité avec notre action. Plusieurs salarié-e-s de Castorama nous ont dit : « À titre personnel je soutiens votre action, mais à titre professionnel vous nous avez foutu un sacré bordel ! On n’avait jamais vu ça ! ». Le Roundup ne semble pas avoir le vent en poupe…

En point final de l’action, le collectif a formé un ROUNDUP NON MERCI avec des lettres géantes.

Cette action s’inscrit dans la campagne nationale Round’Up non merci !

PÉTITION – Roundup : interdisons ce pesticide maintenant !

Nous relayons la pétition de l’association Agir pour l’environnement. Il est plus que temps d’interdire le Roundup et le glyphosate!
L’Organisation Mondiale de la Santé vient de classer cinq pesticides, dont le célèbre « glyphosate », substance active du Roundup, comme « cancérigène probable pour l’Homme ».

Commercialisé par la multinationale Monsanto, le Roundup est un herbicide total. Plus de 80% des organismes génétiquement modifiés sont des plantes résistantes au glyphosate. Glyphosate et OGM sont donc les deux faces d’une même pièce.

La décision de l’OMS n’est pourtant pas une surprise :

  • En effet, les études menées par le professeur Gilles-Eric Séralini ont démontré, dès 2012, les effets génotoxiques du Roundup sur des rats exposés.
  • En 1985, l’Agence de protection de l’environnement des Etats-Unis avait déjà classé le glyphosate comme « cancérigène possible » avant de se dédire, vraisemblablement sous l’effet d’un lobbying intense des géants de l’agrochimie…

Ne doutant de rien, Monsanto commit, en 1998, une publicité présentant le Roundup comme un produit « biodégradable » et « bon pour la Terre » ; avant d’être condamné pour publicité mensongère.

  • De fait, le glyphosate est présent dans plus de 750 produits utilisés en agriculture et vendus massivement en jardinerie.
  • Chaque année, la France épand plus de 8000 tonnes de glyphosate, contaminant les eaux de surface et nappes phréatiques.

Jardiniers amateurs et agriculteurs sont les plus exposés et présentent un risque de développer des cancers du sang (lymphome non hodgkinien). Le désherbant phare de Monsanto semble également induire sur des animaux des dommages chromosomiques, des cancers de la peau ou encore des cancers du tube rénal.

Face à ces signaux d’alerte répétés, les ministres de la Santé, de l’Agriculture et de l’Ecologie doivent agir avec rapidité pour limiter l’exposition des agriculteurs, des jardiniers amateurs et des populations riveraines des espaces traités.

Sans attendre d’hypothétiques nouvelles études, le gouvernement doit interdire la commercialisation et l’épandage des pesticides incriminés par l’Organisation Mondiale de la Santé.

Signez la pétition pour envoyer un message aux ministres de la santé, de l’agriculture et de l’environnement !
http://stop-roundup.agirpourlenvironnement.org/

Un point bleu pâle, visible depuis l’ISS 24 heures sur 24

La Station spatiale internationale est une structure de 110 m de longueur, 74 m de largeur et 30 m de hauteur qui se balade au-dessus de nous à des fins scientifiques.

Or, ce qui est formidable, c’est qu’il y a désormais des caméras haute définition qui sont placées dessus, et la NASA diffuse la vue de la Terre 24 heures sur 24, même s’il y a parfois de légers décrochages techniques…

Broadcast live streaming video on Ustream

Idéalement il faut cliquer à droite pour mettre la résolution à 720p.

C’est absolument formidable, et citons ici des paroles très connues de l’astronome Carl Sagan, au sujet d’un point bleu pâle. Il s’agit en l’occurrence d’une photographie de la planète bleue prise par Voyager, en 1990, à 6,4 milliards de kilomètres…

Regardez encore ce petit point. C’est ici. C’est notre foyer. C’est nous.

Sur lui se trouvent tous ceux que vous aimez, tous ceux que vous connaissez, tous ceux dont vous avez entendu parler, tous les êtres humains qui aient jamais vécu.

Toute la somme de nos joies et de nos souffrances, des milliers de religions aux convictions assurées, d’idéologies et de doctrines économiques, tous les chasseurs et cueilleurs, tous les héros et tous les lâches, tous les créateurs et destructeurs de civilisations, tous les rois et tous les paysans, tous les jeunes couples d’amoureux, tous les pères et mères, tous les enfants plein d’espoir, les inventeurs et les explorateurs, tous les professeurs de morale, tous les politiciens corrompus, toutes les “superstars”, tous les “guides suprêmes”, tous les saints et pécheurs de l’histoire de notre espèce ont vécu ici, sur ce grain de poussière suspendu dans un rayon de soleil.

La Terre est une toute petite scène dans une vaste arène cosmique.

Songez aux fleuves de sang déversés par tous ces généraux et ces empereurs afin que nimbés de triomphe et de gloire, ils puissent devenir les maîtres temporaires d’une fraction d’un point. Songez aux cruautés sans fin imposées par les habitants d’un recoin de ce pixel sur d’indistincts habitants d’un autre recoin. Comme ils peinent à s’entendre, comme ils sont prompts à s’entretuer, comme leurs haines sont ferventes.

Nos postures, notre propre importance imaginée, l’illusion que nous avons quelque position privilégiée dans l’univers, sont mis en question par ce point de lumière pâle.

Notre planète est une infime tache solitaire enveloppée par la grande nuit cosmique. Dans notre obscurité – dans toute cette immensité – il n’y a aucun signe qu’une aide viendra d’ailleurs nous sauver de nous-mêmes.

La Terre est jusqu’à présent le seul monde connu à abriter la vie.

Il n’y a nulle part ailleurs, au moins dans un futur proche, vers où notre espèce pourrait migrer. Visiter, oui. S’installer, pas encore. Que vous le vouliez ou non, pour le moment c’est sur Terre que nous prenons position.

On a dit que l’astronomie incite à l’humilité et fortifie le caractère.

Il n’y a peut être pas de meilleure démonstration de la folie des idées humaines que cette lointaine image de notre monde minuscule. Pour moi, cela souligne notre responsabilité de cohabiter plus fraternellement les uns avec les autres, et de préserver et chérir le point bleu pâle, la seule maison que nous ayons jamais connue.

« Trafic international d’espèces protégées en bande organisée »

Voici une nouvelle terrible, publiée dans La montagne.

Exclusif : le propriétaire du zoo du Bouy soupçonné de trafic international d’animaux

Le propriétaire du zoo du Bouy, implanté à Champétières, près d’Ambert, a été mis en examen et placé en détention provisoire ce vendredi à Clermont-Ferrand. Alain Albrecht est notamment poursuivi pour « trafic international d’espèces protégées en bande organisée ».

Pour ce seul délit, il risque jusqu’à sept ans de prison et 150.000 euros d’amende.

Ce Belge, aux commandes du site depuis fin 2011, est soupçonné d’avoir acheté puis revendu plusieurs animaux, avec une plus-value à la clé. Selon nos informations, une transaction a par exemple été conclue récemment autour de deux panthères des neiges.

Les fauves, arrivés l’an dernier au zoo du Bouy en provenance d’Allemagne, venaient d’être cédés à des Russes. Montant de la vente : 50.000 euros. Les panthères devaient être « acheminées » jusqu’à leurs nouveaux propriétaires dans les prochaines semaines.

Lors de sa garde à vue, Alain Albrecht a rejeté ces accusations en bloc. « Il réfute tout enrichissement personnel et explique avoir été berné par des vendeurs étrangers, qui lui ont donné un soi-disant certificat de commercialisation de ces animaux », explique son avocat, Me Jean-Hubert Portejoie.

Maltraitance, non-respect des règles de sécurité, etc

La liste des charges qui pèsent sur Alain Albrecht ne s’arrête pas là. Il est aussi soupçonné pêle-mêle d’avoir laissé mourir des animaux de faim ; d’en avoir achevé d’autres à coups de fusil, d’avoir sciemment découpé des bêtes mortes pour en nourrir d’autres.

Des cadavres – celui d’un puma entre autres – ont par ailleurs été découverts dans la chambre froide du zoo, jeudi, par les gendarmes et les agents de la direction départementale de la protection des populations (DDPP), associée de près au dossier.

Le propriétaire du site n’est pas un inconnu de la justice: en novembre 2012 déjà, il avait été condamné par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand pour maltraitance d’animaux. Il avait alors écopé de six mois de prison avec sursis, assortis d’une interdiction d’exercer pendant un an.

Me Portejoie indique ce soir qu’il va faire appel du placement en détention de son client.

On est là dans l’ignominie et, comme on le voit, elle a continuité. Ce qui ne doit pas étonner, puisqu’il y a ici un moyen de réaliser des bénéfices très rapidement, et très facilement. Dans le contexte d’exploitation animale généralisée, quoi de plus logique que certains se précipitent sur ce « marché »?

Surtout que les risques sont très limités, en comparaison avec les gains financiers possibles. Ce qui amène une seule conclusion possible: il faut une répression très grande, d’une vigueur pratiquement brutale, car l’éducation et l’ouverture à la sensibilité ne suffisent pas.

Ce n’est que dans une société écrasant la violence faite aux animaux que les solutions générales sont possibles. La moindre tolérance est une faille morale et ne peut qu’aboutir à la faillite culturelle.

C’est une utopie? Exactement, et c’est cela qui en fait la force. C’est un vrai projet, systématique. Ce n’est pas un vœu pieux, une demande quémandée à des institutions qui n’ont rien à faire des animaux, puisqu’elles sont là pour que tout reste comme c’est.

La situation animale exige que l’humanité cesse son anthropocentrisme. La Nature en général l’exige. Et cela de manière impérative, car les destructions s’aggravent, les conditions animale et végétale empirent, la planète subit des assauts toujours plus brutaux.

Il ne faut pas regarder le monde à court terme, mais sur le long terme, avec les yeux enragés qui regarderont le monde dans le futur si nous échouons à ce que la planète redevienne bleue et verte !