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    L'alimentation végétale pour la femme enceinte et le bébé

L’alimentation végétale pour la femme enceinte et le bébé

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L’alimentation végétale est quelque chose de répandu depuis quelques années, en partie parce que le capitalisme a su absorber le veganisme, créant des niches avec des gammes végétaliennes propres aux chaînes de grande distribution comme chez Carrefour ; les magasins bio ont aussi considérablement augmenté leur offre concernant ce genre de produits.

Il reste cependant des préjugés non rationnels, issus de présupposés « mystiques » de type « il va me manquer quelque chose », « je vais être carencé », soutenus par des enquêtes étatiques (cf. en Belgique par exemple) … Mais de quelles carences s’agirait-il exactement?

Une alimentation végétale documentée de manière sérieuse ne peut pas poser de problèmes, et internet ainsi que de nombreux livres regorgent de recettes en tous genres, des plus simples aux plus alambiquées d’ailleurs.

Force est de constater qu’il n’ y a plus ce problème d’accès aux informations scientifiques ou pratiques qu’il y a pu avoir il y a plusieurs décennies. Il faut vraiment être dans une logique nonchalante pour souffrir de carences sévères en se nourrissant de manière végétale aujourd’hui. Même les besoins en B12 sont clairement explicités, les compléments sont faciles d’accès !

Contre ces présupposés « mystiques », il faut être pratique, savoir s’organiser pour que tout le monde aille bien. Alors forcément, s’il y a un sujet inquiétant, c’est bien celui de l’alimentation de la femme enceinte, ou pire, celle du bébé. Il y a cette idée qu’on imposerait l’alimentation végétalienne à son enfant dans le cas de parents vegans, comme si l’on n’imposait pas l’alimentation omnivore à l’enfant dans l’autre cas. Dans tous les cas, végétal ou non, on est responsable, il s’agit donc de connaître les besoins réels et d’y répondre, c’est tout.

De nombreux cas dramatiques ont été médiatisés concernant des bébés végétaliens, ayant eu des problèmes de santé, allant même parfois jusqu’au décès. Lorsqu’on analyse ces situations, on se rend compte qu’il s’agit de parents n’ayant tout simplement pas pris en compte les besoins de l’enfant, ce sont malheureusement des cas de malnutrition sévère. Le problème n’est pas l’alimentation végétale, c’est le manque de discernement. Les parents végétaliens consciencieux sont beaucoup plus avisés concernant les apports nutritionnels de leurs enfants puisqu’ils font attention aux apports journaliers donnés à leurs chérubins.

Certes, l’allaitement reste ce qu’il y a de mieux pour le nourrisson, car le lait maternel est le meilleur aliment pour bébé. Ses bienfaits ne sont plus à démontrer (immunité contre les bactéries, virus, transmission des anticorps, les IgA). Les bébés nourris au sein ont dix fois moins de chances d’être hospitalisés pendant la première année que les bébés nourris au biberon, cinq fois moins de risques d’être touchés par des gastro-entérites à rotavirus, et ont trois fois moins d’affection diarrhéiques.

L’allaitement apporte aussi une protection contre les otites, rhino-pharyngites, angines et laryngites, bronchiolites. A plus long terme, il diminue les risques de cancer et de diabète infantiles. Pour toutes ces raisons, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise une durée d’allaitement de deux ans.

Pour information, la Leche League apporte un soutien aux mamans en demande de conseils pour l’allaitement: https://www.lllfrance.org/

Mais pour diverses raisons, s’il n’est pas possible d’allaiter, il faut alors faire un choix concernant l’alimentation de bébé et donc parmi les laits végétaux infantiles (à base d’hydrolysat de protéine végétale : riz, amande etc …) si on est vegan.

Ce document est une tentative d’apporter des informations utiles, et surtout quelques conseils pratiques afin d’aider les mamans, les futures mamans vegans ou toute personne intéressée par des informations nutritionnelles. Rien d’exhaustif, mais c’est un début.

Que disent les professionnels de la santé concernant l’alimentation végétale pour les nourrissons?

Les médecins non spécialisés en nutrition, au regard de leur cursus assez long, ne reçoivent que peu d’informations et de formation en ce qui concerne celle-ci. Ils n’ont donc pas forcément toutes les informations les plus pointues au sujet d’une alimentation végétale.

Il est possible de consulter les nombreuses informations issues du consensus scientifique sur l’alimentation végétale, comme la position officielle sur les régimes végétariens de l’Academy of Nutrition and Dietetics (anciennement ADA). Il s’agit de l’association professionnelle des nutritionnistes et diététiciens nord-américains, regroupant plus de 70 000 professionnels de santé.

https://vegetarisme.fr/wp-content/uploads/2017/02/Vegetarisme-Position-2016-AND-version-francaise-1.pdf

En France, il est possible d’entrer en contact avec l’Association des Professionnels de Santé pour une Alimentation Responsable.

L’APSARES est une association, née en 2008, d’une initiative de professionnels de santé compétents dans le domaine de la nutrition (médecins, diététiciens). Elle s’intéresse à l’alimentation et son impact/utilité dans certaines problématiques et/ou pathologies. Elle est ouverte à tous les professionnels de la santé amenés à donner des conseils nutritionnels: http://www.alimentation-responsable.com/

Jean Bernard Pellet de l’APSARES rappelle que : « Le problème est le lait non maternisé donné aux enfants de moins de 12 mois, qu’il soit végétal ou animal. Cette dépêche (dans une dépêche publiée en juin, l’Agence France Presse (AFP) diffusait la position de la filière laitière au sujet des boissons végétales) rédigée dans le seul intérêt des producteurs de lait, entretient la confusion et n’informe pas correctement du danger des laits non maternisés. Pour rappel, le lait maternel constitue la meilleure alimentation pour les nourrissons.
A défaut, les laits maternisés 1er et 2ème âges permettent de se rapprocher de la composition du lait maternel, sans l’imiter parfaitement.
En France, quatre bases différentes peuvent être utilisées pour composer ces laits maternisés : laits de vache, de chèvre, soja et riz. »

L’ANSES (Association Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation de l’Environnement et du Travail) quant à elle assure des missions de recherche et de référence sur la santé humaine, la santé et le bien-être animal ainsi que la santé végétale. L’Agence évalue ainsi l’ensemble des risques (chimiques, biologiques, physiques…) auxquels on peut être exposé à tous les âges et moments de sa vie, qu’il s’agisse d’expositions au travail, pendant ses transports, ses loisirs, ou via son alimentation.

L’ANSES reconnaît qu’en dehors de l’allaitement, les préparations pour nourrissons sont satisfaisantes, qu’elles soient formulées à base de protéines animales OU végétales (Prémiriz, Modilac Expert Riz ou Prémiamande).

Quelle est la différence avec un autre lait maternisé ?

Le lactose est remplacé par un autre sucre (maltodextrine ou sirop de glucose) et les protéines de lait de vache par des protéines végétales. Le reste est semblable : huiles, minéraux, vitamines. Il y a une variation infime entre le lait 1er âge et le lait 2eme âge dans tous les cas. Les experts de la nutrition infantile recommandent de passer du lait deuxième âge au lait de croissance vers l’âge de 10/12 mois, lorsque l’enfant a une alimentation diversifiée, et de poursuivre cet apport lacté jusqu’à 3 ans.

Concernant les quantités de lait maternisé, la diététicienne Christelle Piatti conseille : 500 ml/jour jusqu’à 18 mois et au moins 300 ml par jour jusque 3 ans.

Faut-il prendre des suppléments alimentaires et si oui, lesquels ?

Ce n’est pas vraiment la question d’une supplémentation parce que c’est un lait végétal, ou parce que la future maman enceinte est vegan, il s’agit de voir les besoins supplémentaires éventuels pour toute femme enceinte/ bébé et d’y palier.

  • La vitamine B12 :

Bien sur il y a la vitamine B12, mais pour cela, les choses sont assez claires chez les végans, pour rappel  LTD avait publié concernant la B12, en 2013 : https://laterredabord.fr/?p=14435. Il est nécessaire aujourd’hui d’actualiser les chiffres donnés dans l’article concernant la veg 1. Elle ne contient plus 10 mais 25 microgrammes de B12. Les autres formes n’ont plus autant d’importance : http://devenirvegan.com/essentiel-vitamine-b12/

  • Les omegas 3 EPA/DHA :

Les bébés, pendant la grossesse et après la naissance, ont un grand besoin d’oméga 3 à chaîne longue pour la formation de leurs yeux, de leur cerveau, de leur cœuret de leur système nerveux. Il existe différentes formes d’Oméga-3 spécifiques : la DHA et l’EPA. La consommation de DHA réduirait aussi le risque d’allergies et le risque de naissance prématurée. Un apport en EPA réduit le risque de dépression postnatale chez la maman.

Chez les enfants, un apport en oméga 3 à chaîne longue améliore aussi la concentration et les performances intellectuelles, comme l’a montré une étude menée sur des élèves de 7 à 9 ans ayant des difficultés à lire.

A noter: le DHA utilisé lors de cette étude était d’origine végétale (algues) et non tiré d’huile de poisson comme c’est souvent le cas dans les études.

Voici le lien : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3435388/

En général, un apport en omégas 3 protège le système cardiovasculaire, aide à prévenir la dégénérescence maculaire, le diabète, la dépression…

A noter: prendre un supplément d’EPA-DHA n’est pas bénéfique que pour les enfants mais pour tous !

Plus précisément concernant les omegas 3 et le lait maternisé ?

Il faut une supplémentation en OMEGA 3 longue chaîne si le lait ne l’est pas (donc il faut regarder l’étiquette, que le lait maternisé végétal ou non!).

Par exemple Prémiriz, Modilac expert ne sont pas enrichis, il faut donc ajouter, tout simplement !).

D’ailleurs pour les OMEGA 3, il est intéressant de donner ensuite chez l’enfant de 3 ans, tous les deux jours, 1 gélule d’OPTI 3 (vidée dans le lait).

En somme, résumons pour la supplémentation en omega 3:

– Pendant la grossesse : 2 gélules d’opti 3 par jour

– Dès 9 mois chez l’enfant : 1 gélule tous les 3 jours

– Dès 3 ans : 1 gélule tous les deux jours

Pour info concernant OPTI 3 :

2 capsules = 200mg d’EPA, 400mg de DHA et 200 IU en Vitamine D

En vitamine D, ce n’est pas assez l’hiver, car besoin de 1000 UI par 15kg

Quels sont les besoins exacts en oméga 3 par tranche d’âge ?

Apports recommandés (source: http://www.nuique.com/pages/faq.aspx)

Bébés (jusque 3 ans) : 125-150 mg par jour

Enfants (jusque 9 ans) : 200 mg par jour

Femmes enceintes : 450-500 mg par jour

Adolescents et adultes : 450-500 mg par jour

En France, l’Anses recommande l’apport en DHA suivant, (cela complétera les apports alimentaires):

Nourrissons : 70 mg/j

Enfants de 1à 3 ans : 70 mg/j

Enfants de 3 à 9 ans : 125 mg

Adolescents à partir de 10 ans : 250 mg/j

Adultes et seniors : 250 mg/j

  • Vitamine D

Si allaitement, pour la vitamine D : il est conseillé de le supplémenter: la teneur en vitamine D du lait maternel est souvent trop faible dans les pays tempérés et nordiques, du fait de l’exposition au soleil insuffisante. Cela dépend aussi de la peau, plus elle est mate, plus c’est difficile. La D3 du lichen n’est pas indispensable, car la vitamine D2 présente dans les champignons est suffisante à l’apport de la vitamine D.

Si la maman est enceinte ou allaitante :

Si la maman se supplémente déjà elle-même à hauteur de 4000 UI/jour, soit 10 fois plus que les AJR, le lait sera suffisamment riche en vitamine D

  • Quel lait maternisé végétal utiliser ?

Il existe RIZLAC, MODILAC EXPERT RIZ, PREMIAMANDE, PREMIRIZ, LA MANDORLE.

Procédons par élimination :

  • Le lait RIZLAC (de Modilac) n’est pas vegan : lactose en élément principal.
  • Le lait maternisé MODILAC EXPERT RIZ est végétalien en apparence mais pas en réalité ! Le problème est dans la vitamine D3 extraite de la lanoline (laine du mouton).

Dans PREMIRIZ la D3 est extraite du Lichen donc végétale. De plus, beaucoup de laits maternisés contiennent de l’huile de palme.

Prémiriz n’en contient pas. Il est fabriqué en France. Il revient à à peu près 25 euros les 900g sur internet, mais attention Prémiriz n’est pas enrichi en EPA/DHA donc voir le protocole que nous avons mis au-dessus. Le problème est que Prémiriz est très difficile à se procurer en comparaison de La Mandorle par exemple.

Modilac Expert riz n4est pas vegan non plus, et il contient de l’huile de palme…

Il reste donc PREMIAMANDE, PREMIRIZ et LA MANDORLE.

Des précisions concernant leur utilisation ?

Si il y a un problème de goût, passé plusieurs mois, parfumer avec 1cc de cacao ou 2cc de céréales vanille (céréales infantiles)

Si constipation : mettre un petit peu d’eau HEPAR. Environ 1/3 mais commencer par moins. Éviter l’eau EVIAN.

Pourquoi il ne faut pas avoir peur d’utiliser un lait maternisé végétal plutôt qu’un autre ?

Parce que tout simplement, il s’agit de voir EXACTEMENT ce qui pourrait manquer. Comparons donc un lait maternisé non végétal et un lait maternisé végétal et voyons s’il manque quelque chose.

Pour cela il est nécessaire de comparer les étiquettes de laits maternisés et de comparer les chiffres et les dosages. Les laits maternisés végétaux sont mieux et plus précisément dosés que les autres laits maternisés.

Comment passer à la diversification ?

Pour l’introduction des différents aliments, il existe un guide précis sur « L’association végétarienne de France ».

https://www.vegetarisme.fr/wp-content/uploads/2014/03/f11_bbvg.pdf

Dès que l’enfant manifeste l’envie de toucher et téter un aliment, il faut le lui proposer. Cependant, il faut faire attention à la taille des aliments pour éviter tout étranglement. Les carottes par exemple doivent être proposées coupées en quatre dans sa longueur et proposée en petits morceaux. L’enfant doit pouvoir le tenir dans sa main. Tous les aliments peuvent être proposés dès le plus jeune âge, au goût du jeune enfant.

Voici une liste de références scientifiques que l’on peut consulter pour davantage d’informations :

Liste de références scientifiques :

Operation Thunderball

Nous avons besoin d’une, dix, cent Operation Thunderball. Car à défi planétaire, réponse planétaire : seule une humanité unifiée est capable d’être elle-même, en se plaçant au service des animaux, de la Nature. Cela doit devenir son identité, sa fonction !

L’Operation Thunderball s’est tenue tout le long du mois de juin et elle a été rendue publique hier par Interpol. Il s’agit d’une opération contre le trafic d’animaux sauvages, mais aussi de plantes et de bois, menée dans 109 pays ! C’est la preuve d’une tendance irrépressible à la fusion de l’humanité dans son rapport à la planète.

Voici le tableau fournir par Interpol pour symboliser ses résultats. On notera qu’en plus des animaux, on a bien les plantes (2600) et le bois (ici l’équivalent de 74 camions).

Par contre, évidemment et malheureusement, il y a la comptabilité macabre d’éléments d’origine animale (ainsi 545 kilos d’ivoires, 10 000 éléments provenant de dauphins, de requins, de coraux…).

Operation Thunderball

Les chiffres sont terribles, mais il faut bien saisir qu’ils ne sont qu’une goutte d’eau dans une souffrance d’ampleur inimaginable. Le marché du trafic d’animaux est évalué à entre 5 et 23 milliards de dollars, en toute illégalité.

La passivité est de rigueur. Une étude de 2018 de l’association IFAW avait montré qu’en un an il était possible de trouver en France et en Allemagne 3 312 annonces sur internet proposant 8 244 animaux sauvages menacés ou en danger.

Seule une conception planétaire permet de saisir le problème et de poser les moyens de le résoudre. Interpol a d’ailleurs mené l’année dernière l’Operation Thunderstorm, dans 93 pays, et auparavant l’Operation Thunderbird.

Operation Thunderball

Voici des images de crimes dévoilées dans l’Operation Thunderstorm. Ici, dans un container, 4100 tortues de Horsfield (ou encore « russe », ou encore « des steppes ») sont amassées. Elles viennent du Kazakhstan, ces tortues vivant dans des zones de montagne ou bien les dunes de sable.

On notera que c’est une espèce protégée… mais qu’on peut en acheter en France comme « animal de compagnie » !

Operation Thunderball

Voici une image d’Inde, où l’on voit pareillement comment les animaux sont entassés dans des conditions terrifiantes. Ce sont des marchandises pour ceux qui les utilisent, rien de plus.

Operation Thunderball

Sur cette photographie, on voit une policière chilienne en train d’ausculter un conure à long bec, un oiseau vivant dans ce pays.

Operation Thunderball

Ce flamant nain est quant à lui en Inde, intercepté au Maharashtra. Il était en vente dans un magasin d’animaux « de compagnie ».

Operation Thunderball

Nous ne montrons normalement ce genre d’images, mais c’est sans doute nécessaire ici pour donner un exemple terrible. Il s’agit de peaux de crocodiles, trouvés en Grande-Bretagne. Il est important de ne pas attribuer au trafic une nature simplement « asiatique » ou quoi que ce soit de ce genre. Le trafic va et part aussi depuis les pays les plus riches, car c’est une question de goût décadent et de profit.

Operation Thunderball

D’ailleurs, ce bébé lion a été trouvé au Bengale, alors qu’il allait rejoindre la Grande-Bretagne. Face à une telle dimension internationale, il faut une réponse internationale, et implacable.

Operation Thunderball

Ce bébé Langur a également été trouvé dans la même zone.

Operation Thunderball

Autre exemple : le corail ici trouvé en Italie provenait de Grèce et avait comme destination la France. Les responsables ne sont pas qu’en Grèce : ils sont aussi en France, avec ceux qui importaient et ceux qui comptaient acheter !

Operation Thunderball

La photo suivante a été prise en Équateur dans le cadre de l’Operation Thunderball. On y voir un mazama rufina, un cerf vivant dans les Andes de ce pays.

Operation Thunderball

Ici, il s’agit de la Dalbergia melanoxylon, une plante à fleurs qu’on trouve dans de nombreux pays africains, ici au Kenya. Elle est pratiquement menacée.

Operation Thunderball

Sur la photo suivante, on voit comment en Chine le trafic utilise des caches. Ici, il s’agit de pangolins décédés, de pattes d’ours, d’os de léopards…

Operation Thunderball

Les biens suivants ont été interceptés en Espagne. Ils étaient en vente en ligne. Les peaux utilisés sont celles de jaguar (en haut sur la photo), de léopard (en bas), de lynx (derrière).

Operation Thunderball

Ces hippocampes décédés ont été trouvé à Singapour (au moyen de rayons X lors d’un contrôle). Ils provenaient d’Indonésie et devaient aller au Vietnam.

Operation Thunderball

Voici un dynaste Hercule, dont la corne des mâles est particulièrement grande. Cet insecte a été trouvé en Équateur, avec de très nombreux autres, une véritable « collection ».

Operation Thunderball

Ces pléco-zèbres, décédés ont été trouvés au Brésil, pays qui les a exportés en masse pour les aquariums, faisant qu’il est menacé. Beaucoup meurent évidemment lors du transport. La photographie du dessous montre par quel moyen celui-ci a lieu.

Operation Thunderball
Operation Thunderball

Voici une autre photographie montrant le transport d’oiseaux, ici en Équateur.

Operation Thunderball

En juin, Interpol avait également pour la première fois fait un grand appel de recherche pour trouver des criminels liés au trafic d’ivoire et de bois.

Operation Thunderball

Il ne peut ici y avoir que deux idées comme conclusion. Il faut que ces opérations se systématisent et qu’elles soient implacables. Seule une humanité unifiée, cessant sa guerre en son sein et posant un rapport positif à la planète, pourra amener la cessation de la guerre à la Nature (dont l’humanité est un simple élément) et le travail de protection que l’humanité doit assumer.

Il ne s’agit pas de « préserver » la vie, mais bien de la défendre, de permettre son expansion, d’en faire le sens de l’existence. L’humanité ne peut exister à l’avenir que comme vecteur de cette défense, c’est là sa nature même désormais.

Journée mondiale de la lutte contre l’abandon en mode Buena Media Plus

La question des animaux de compagnie a toujours été très complexe pour le véganisme. Il va de soi que lorsqu’on est vegan par amour des animaux, l’adoption est une norme et l’animal est considéré comme faisant partie de la famille. C’est un être cher avec qui on partage sa vie et qu’on ne veut pas perdre. Il y a un lien, réel, concret, sensible, bref c’est une famille.

Du côté de ceux pour qui les animaux ne sont qu’un prétexte à la misanthropie, le pessimisme, etc., les animaux de compagnie ne sont que des individus devant vivre leur vie. L’animal devient un objet à repousser, tel un reflet inversé de la consommation massive de ceux qu’on appelle les « animaux de compagnie ».

Pour autant, on ne peut pas voir autrement que de manière très critique l’appel à une Journée mondiale de la lutte contre l’abandon, ce 29 juin. C’est la première initiative du genre, lancée par solidarite-refuges.com et animaux-online.com.

Solidarite-refuges.com est un site utile de mise en contact des refuges avec les personnes désireuses de les soutenir, mais c’est une initiative qui a un arrière-plan commercial. Elle est portée par l’entreprise Buena Media Plus, « spécialisée dans l’édition plurimédia de contenus relatifs à l’animal de compagnie ».

Ce n’est pas le pire des capitalismes, dans la mesure où le thème est vital et où tout est utile, mais ce n’est donc pas une initiative démocratique, par en bas. Ce n’est pas une initiative des refuges ou des grandes associations. C’est une initiative portée par une entreprise.

Et donc forcément cela déforme les choses dans le sens du capitalisme. Car la question animale est en effet un marché, si on rejette le véganisme et qu’on fait des animaux des marchandises.

Nous-mêmes à LTD recevons très régulièrement de beaux graphiques d’explications utiles pour aider les animaux, produits par diverses entreprises, notamment d’assurances pour animaux. Très gentiment, il est proposé que ces graphiques soient publiés… Une manière de pénétrer indirectement le milieu, en se la jouant utile, mais avec des arrières-pensées pragmatiques.

Il va de soi que de telles méthodes sont inacceptables. Elles sont manipulatoires, dans le sens où c’est la négation de la démocratie. Et elles sont un obstacle tant à la mobilisation la plus large qu’au développement de la libération animale.

Regardons maintenant le second signataire de l’appel, Animaux-online.com, qui consiste en le site de la rédaction du magazine 30 millions d’amis. Là encore, business is business, car le site appartient… à Buena Media Plus. Le magazine appartient en effet lui-même à Buena Media Plus !

Mentionnons au passage d’autres sites possédés par l’entreprise : Photos-Animaux.com, Eleveurs-Online.com, Cynofeli.com, Annonces-Animalieres.com, Furty.com, Tribus-Animaux.com. On l’aura compris, l’entreprise se veut le média dominant dans la question animale.

Et pour maintenir sa domination, on a donc une composante de Buena Media Plus et une autre composante de Buena Media Plus qui organisent une Journée mondiale de la lutte contre l’abandon… C’est inacceptable. Comment des associations très importantes – pas la peine de les citer, il ne s’agit pas de les critiquer en soi – peuvent-elles accepter cela ?

Il y a, bien entendu, la question des moyens. Les vegans ne mettant pas les pieds dans les refuges, à part des petites exceptions près, quand ils ne cherchent pas à faire les leurs en mode « sanctuaire pour individuEs » (comme 269, ce qui implique le rejet des autres refuges), il ne reste que des gens engagés avec un grand courage, une abnégation incroyable. Et comme il n’y a aucun moyen, on prend ce qu’on a…

Si l’on ajoute à cela un puissant isolement social dans une société indifférente aux animaux et un taux d’apolitisme quasi maximum (lié clairement à la prédominance quasi totale de femmes sensibles et courageuses mais sans réflexion sur la Cité), forcément…

Pour bien saisir cet arrière-plan, voici les propositions faites par les deux sites de Buena Media Plus. Ce n’est pas absurde, il y a un véritable effort de synthèse des revendications des associations et des refuges. Avec évidemment, des limites patentes, comme la protection des éleveurs et de leurs droits légaux sur les animaux, pour la reproduction…

Mais outre, donc, que cela n’a rien à voir avec le véganisme, le problème de fond est surtout que ce n’est pas le fruit d’un travail à la base.

C’est une action menée par en haut. Cela renforce l’absence de réflexion à la base, cela donne l’impression qu’il y a une réflexion, cela empêche de faire progresser le vivier des gens aimant les animaux, de les amener à s’organiser de manière meilleure, à saisir la question de la libération animale.

13 propositions pour lutter contre l’abandon des animaux de compagnie

A l’occasion de la première Journée mondiale contre l’abandon des animaux de compagnie, Solidarite-refuges.com et animaux-online.com proposent 13 mesures pour lutter contre ce fléau qui, chaque année, envoie derrière des grilles de refuges ou à la mort des milliers de chats et de chiens.

  1. Que la lutte contre l’abandon des animaux de compagnie devienne une cause nationale
  2. Qu’un recensement national et centralisé soit réalisé auprès de tous les refuges, fourrières et associations qui recueillent des animaux perdus et/ou abandonnés
  3. Que l’animal de compagnie soit considéré dans le droit comme une personnalité juridique non humaine.
  4. Que les commerces et organismes de vente d’animaux de compagnie soient contraints d’informer leurs acheteurs des risques encourus en cas d’abandon ou de maltraitance de leur animal.
  5. Que les contrôles soient renforcés pour les sites d’annonces de ventes et de dons d’animaux de compagnie (réseaux sociaux compris)
  6. Que les programmes scolaires de primaire sensibilisent les enfants à l’animal et à l’empathie envers les animaux
  7. Que des contrôles d’identification soient assurés et le manquement à cette obligation sanctionné afin de lutter contre les trafics et les abandons sauvages.
  8. Qu’un vaste plan de stérilisation des chats errants soit engagé au niveau national
  9. Que la stérilisation des animaux non destinés à la reproduction soit obligatoire.
  10. Que les villes soient dans l’obligation de soutenir par des subventions les associations qui recueillent les animaux abandonnés issus des fourrières (qui elles, sont rémunérées).
  11. Que les villes répondent toutes à l’obligation de fourrière (article L. 211-24 du code rural et de la pêche maritime). Aujourd’hui 1 commune sur 4 n’y répond pas.
  12. Que les Ehpad et autres établissements chargés de l’accueil des personnes âgées et dépendantes favorisent le maintien du lien avec l’animal en acceptant le résident et son animal.
  13. Que les villes développent des structures d’accueil temporaire des animaux de compagnie des personnes fragilisées hospitalisées (haltes canine et féline), en lien direct avec les services d’urgence (pompiers, Samu, etc).

Tout cela n’a rien d’étonnant dans la situation présente, où toute aide est bonne à prendre. Mais se mettre à la remorque d’une entreprise pour une telle initiative, c’est vraiment capituler sur toute la ligne quant à la possibilité d’une perspective concrète. C’est offrir à Buena Media Plus toutes les clefs : les données, la direction à suivre, la manière de voir les choses, de les exprimer, etc.

Même en admettant qu’on a besoin d’aide, là c’est véritablement un suicide sur le plan de l’autonomie des idées et de la structuration, sans parler de la question démocratique.

Nouvelle offensive pro-légalisation du cannabis

Nous y sommes donc. La légalisation du cannabis – que nous annonçons comme une grande menace depuis quelques temps déjà – vient de passer une étape fondamentale, celle de son introduction théorique dans le cadre juridique. L’ennemi approche et se montre.

En fait, la campagne intense en faveur de la légalisation du cannabis ces dernières années avait fini par s’enliser, parce que la majorité des gens est finalement contre. Le pourcentage de gens sondés refusant cette légalisation s’amenuisait, mais restait au-dessus des 50 %. Cela est vrai y compris pour la jeunesse.

Cependant, l’esprit libéral du « moi je fais ce que je veux » est une constante traversant toute la société. C’est par là que la légalisation du cannabis compte justement passer, jouant sur la passivité générale des gens par rapport aux questions de morale universelle, de principes, de normes.
Car le cannabis est un problème de grande ampleur.

Et là il n’y a pas quarante chemins possibles. Il n’y en a que trois. Le premier chemin, c’est celui de la capitulation et donc la légalisation. Il est soutenu par une vaste industrie et par l’esprit libéral en général.

Le second chemin, c’est l’envoi de l’armée briser les « fours » diffusant cette drogue. Cette option n’aura jamais lieu. La police et les ministères sont trop libéraux, passifs ou bien simplement corrompus, ce dernier aspect étant important.

D’ailleurs, si l’on appliquait la loi sur l’interdiction de la promotion du cannabis, la police pourrait frapper un nombre très significatif de fois Or, elle ne le fait pas. Elle accepte, parce que l’État accepte, parce que tout le monde s’en moque et qu’il y a du business de possible.

Le troisième, c’est un vaste mouvement de la société faisant s’abattre un déluge de feu sur les dealers et liquidant de manière expéditive les grands barons de la drogue. En clair, cela veut dire bastonner les dealers, briser par la violence les points de vente, anéantir les réseaux et détruire leurs têtes.

Utopie ? Mais que croit-on qu’il se passera inéluctablement aux États-Unis, par exemple ? Il y a un moment où la vie quotidienne devient tellement impossible qu’il faut bien un grand nettoyage face à des criminels nés de la décadence de toute une société. Le cortège armé anti-drogues à Athènes, ou le très long communiqué d’un groupe d’extrême-gauche grec, ayant exécuté un mafieux, sont ici très utiles pour comprendre comment une situation peut aboutir à une rupture nécessaire avec le cannibalisme social.

Paradoxalement, c’est justement pour éviter d’arriver à cela que des gens disent qu’il faut légaliser, pour briser les mafias. C’est l’argument de « L’Obs », anciennement Le nouvel Observateur, l’hebdomadaire bobo, qui se revendique de gauche mais parle achat de logements et de montres de luxe.
Voici son « appel », qui vient de paraître.

L’appel de « l’Obs »

Il faut en finir avec le statu quo. La France doit légaliser le cannabis, qu’il soit utilisé à des fins thérapeutiques comme récréatives, pour les consommateurs de plus de 18 ans. Alors que ses voisins (Belgique, Allemagne, Espagne, Portugal, Pays-Bas…) ont tous assoupli leur législation, que le Canada, l’Uruguay et plusieurs Etats américains ont légalisé la substance, la France est à la traîne.

Elle s’arc-boute sur une loi répressive datant de 1970, totalement inefficace puisque nous sommes le pays de l’Union européenne où la consommation est la plus élevée. De 18 à 64 ans, un Français sur deux a déjà expérimenté le cannabis, et un adulte sur neuf est un usager régulier. A 17 ans, 48 % des jeunes en ont déjà pris. Au même âge, presque un sur dix en est un usager régulier et un sur douze est estimé dépendant ou souffrant d’un usage problématique (1).

D’un point de vue de santé publique, cette interdiction semble difficile à justifier. alors que le cannabis est moins dangereux, une fois le cerveau formé (2), que l’alcool, qui tue prématurément 41 000 personnes chaque année et le tabac, 73 000 (3). Nous savons que ce n’est pas un produit neutre, mais c’est précisément parce qu’il est nocif pour la santé, particulièrement celle des mineurs, qu’il faut en contrôler la production et la distribution.

La prohibition contribue à engorger inutilement l’activité des magistrats et des policiers : plus de 130 000 personnes sont interpellées chaque année pour en avoir consommé (4).

Aux Etats-Unis, la légalisation dans plusieurs Etats a fait chuter la criminalité le long de la frontière mexicaine (5). Quand la France acceptera-t-elle de regarder la réalité en face, de faire preuve de pragmatisme, face à cette impasse ? Les pouvoirs publics doivent agir. Et vite.

(1) Chiffres clés de l’Observatoire français des Drogues et des Toxicomanies 2017.
(2) Rapport de Bernard Roques, directeur de recherche à l’Inserm, sur la classification des psychotropes (1998).
(3) Christophe Bonaldi (Santé publique France), Catherine Hill (épidémiologie Gustave-Roussy).
(4) Office central pour la Répression du Trafic illicite des Stupéfiants.
(5) « Is Legal Pot Crippling Mexican Drug Trafficking Organisations ? The Effect of Medical Marijuana Laws on US Crime », « The Economic Journal ».

Les signataires

Patrick Aeberhard Cardiologue, ex-président de Médecins du Monde 
Kenza Afsahi sociologue économiste, Université de Bordeaux-Centre Emile Durkheim 
Ingela Alger Economiste, chercheuse à la TSE, directrice de recherche au CNRS 
Stefan Ambec Chercheur à la TSE, directeur de recherche à l’Inra 
Gil Avérous Maire de Châteauroux (LR) 
Jean-Paul Azam Chercheur à la TSE, professeur d’économie, université Toulouse-I Capitole 
Laurent Baron Maire du Pré-Saint-Gervais (PS) 
Jacques Bascou Président (PS) de la communauté d’agglomération de Narbonne
Julien Bayou Conseiller régional, porte-parole (EELV) 
Esther Benbassa Sénatrice de Paris (EELV) 
Christian Ben Lakhdar Professeur d’économie à l’université de Lille  Amine Benyamina Addictologue 
Ugo Bernalicis Député du Nord (LFI) 
Yann Bisiou Maître de conférences en droit privé à l’université Paul-Valéry Montpellier-III 
Jacques Boutault Maire du 2e arrondissement de Paris (EELV) 
Jean-Paul Bret Maire de Villeurbanne (PS) 
Frédéric Cherbonnier Economiste, chercheur à la TSE, professeur à l’Institut d’Etudes politiques de Toulouse 
Renaud Colson Juriste, maître de conférences à l’université de Nantes 
Alexis Corbière Député de Seine-Saint-Denis (LFI) 
David Cormand Député européen, secrétaire national d’EELV 
Magali Croset-Calisto Psycho-addictologue 
Gérard Cosme Président d’Est Ensemble 
Jean-Pierre Daulouède Psychiatre addictologue 
Marie Debrus Pharmacienne, Médecins du Monde 
Philippe De Donder Chercheur à la TSE 
William Delannoy Maire de Saint-Ouen (UDI) 
Karima Delli Députée européenne (EELV) 
Jacques Delpla Economiste, professeur associé à la TSE 
Tony Di Martino Maire de Bagnolet (PS) 
Caroline Fiat Députée de Meurthe-et-Moselle (LFI) 
Michel Fourcade Maire de Pierrefitte-sur-Seine (PS) 
Robert Gary-Bobo Professeur d’économie Crest-Ensae 
Stéphane Gatignon Ancien maire de Sevran 
Raphaël Glucksmann Député européen (PS-Place publique) 
Christian Gollier Directeur général de la TSE 
Benoît Hamon Ancien ministre de l’Education nationale 
Mathieu Hanotin Conseiller départemental de la Seine-Saint-Denis, ancien député de la Seine-Saint-Denis (PS) 
Olivia Hicks Médecin et première adjointe au maire du 2e arrondissement de Paris 
Touria Jaaidane Professeure d’économie à l’université de Lille 
Yannick Jadot Député européen (EELV) 
Pierre Jouvet Président de Porte de DrômArdèche, porte-parole du PS  Laurent Karila Psychiatre 
Michel Kazatchkine Ancien directeur exécutif du Fonds mondial de Lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme 
Bertrand Kern Maire de Pantin (PS) 
Olivier Klein Maire de Clichy-sous‑Bois (PS) 
Gaspard Koenig Président du think tank GenerationLibre 
Bernard Kouchner Ancien ministre de la Santé 
Annie Lahmer Conseillère régionale d’Ile-de-France (EELV) 
François-Michel Lambert Député des Bouches-du-Rhône (UDE, x-LREM)  Bertrand Lebeau Addictologue 
William Lowenstein Médecin, président de SOS Addictions 
Thierry Magnac Chercheur à la TSE, professeur d’économie à l’université Toulouse-I Capitole 
Patrick Mennucci Conseiller municipal de Marseille 
Alain Morel Psychiatre, addictologue, directeur général de l’association Oppelia 
Claire Nouvian Militante écologiste 
Danièle Obono Députée de Paris (LFI) 
Mathilde Panot Députée du Val-de‑Marne (LFI) 
Thierry Pech Directeur général du think Tank Terra Nova
Pierre Person Député de Paris (LREM) 
Emmanuelle Peyret Médecin addictologue, hôpital Robert-Debré 
Eric Piolle Maire de Grenoble (EELV) 
Collectif Police contre la Prohibition (PCP) 
Adrien Quatennens Député du Nord (LFI) 
Jérôme Renault Chercheur à la TSE, professeur en mathématiques appliquées à l’université Toulouse-I Capitole 
Régis Renault Professeur d’économie à l’université de Cergy-Pontoise  Sabine Rubin Députée de Seine-Saint-Denis (LFI) 
Hervé Saulignac Député de l’Ardèche (PS) 
Paul Seabright Chercheur à la TSE 
Guy Sebbah Médecin, membre du directoire du Groupe SOS Solidarités 
Béatrice Stambul Psychiatre 
Jennifer Stephenson Responsable de la communication de la Fondation JJ Laffont et de la TSE* 
SUD Intérieur Syndicat de policiers 
Aurélien Taché Député du Val-d’Oise (LREM) 
Bénédicte Taurine Députée de l’Ariège (LFI) 
Magalie Thibault Vice-présidente du département de Seine-Saint-Denis 
Sylvine Thomassin Maire de Bondy (PS) 
Khalid Tinasti Secrétaire exécutif de la Commission globale en matière de drogues 
Ludovic Toro Médecin et maire de Coubron (UDI), conseiller régional d’Ile-de-France, membre de la commission de coordination des politiques de santé auprès de l’ARS 
Marie Toussaint Députée européenne (EELV) 
Stéphane Troussel Président du département de la Seine-Saint-Denis (PS) 
Daniel Vaillant Ancien ministre de l’Intérieur (PS) 
Thierry Verdier Professeur d’Economie (ENPC-ParisTech et Ecole d’Economie de Paris) 
Michèle Victory Députée de l’Ardèche (PS)
*Toulouse School of Economics

Notons pour l’anecdote cette couverture du même hebdomadaire, en 2005, avant le virage totalement libéral sur le plan des moeurs…

Cet appel ouvertement bobo est également en collusion directe avec les économistes du Conseil d’analyse économique (CAE), qui dépend du premier ministre. Le rapport de ceux-ci au sujet du cannabis propose en effet également sa légalisation. Son rapport « Cannabis : comment reprendre le contrôle ? » reprend les thèmes classiques :

  • il y aurait une prohibition du cannabis qui ne marcherait pas. C’est faux : il suffit de se balader à Paris pour voir que les gens fument partout sans être inquiété. Internet regorge de promotion du cannabis, comme la série de Konbini interviewant des gens racontant comment ils mangent leur sandwich, sans même faire semblant qu’en fait ils parlent du cannabis ;
  • la légalisation aurait eu lieu dans d’autres pays, donc on pourrait et le devrait faire ;
  • le cannabis médical peut s’avérer très utile donc il faut le légaliser sans réfléchir, d’ailleurs plusieurs pays l’ont fait ;
  • cela créerait des emplois, mais en fait l’évaluation d’une filière française parle d’une fourchette de création d’emplois d’entre 27 000 et 80 000. C’est extrêmement faible. Le chômage en France, c’est pratiquement trois millions de personnes, et plus de six millions inscrits à Pôle emploi…
  • cela rapporterait de l’argent pour l’État :  2,8 milliards de dollars de recettes fiscales par an. Et donc bien plus pour les entreprises : voilà la réelle motivation !
  • la question « En finir avec les dealers: à quel prix ? » est prétexte à une explication des plus fumeuses, dont voici un exemple. C’est juste incroyable.

Et tout cela pour expliquer, à coups de chiffres hypothétiques et de calculs pseudos scientifiques, qu’en fait on en sait rien, car les exemples montrent que dans la pratique, malgré la légalisation, il reste 30 % du marché restant dans les mains des mafias opérant en toute illégalité !

L’argument de l’asséchement des mafias ne tient pas. Et d’ailleurs, vue leur ampleur, les mafias se reconvertiraient dans d’autres trafics, tout aussi dangereux.

Non, franchement, tout cela est ridicule. Les bobos veulent légaliser, car eux-mêmes fument et y voient une possibilité de business. Les libéraux, les anarchistes y voient une extension de la liberté. Les fachos s’en moquent, car ils sont eux-mêmes décadents.

Reste les gens normaux, qui ne veulent pas du cannabis. Cela va être à eux de faire le ménage.

“La contestation animaliste radicale”

Depuis six mois le véganisme a connu des changements très profonds et pour tirer un bilan, rien de tel que de se confronter à une étude un peu poussée. La Fondation pour l’innovation politique, un “think tank libéral, progressiste et européen” avait publié il y a quelques mois un document d’une cinquantaine de pages, “La contestation animaliste radicale”. Il est disponible au format pdf (en cliquant ici ou sur l’image).

Ce n’est pas très bon, très approximatif, mais ce qui est vraiment marquant, c’est qu’il est clairement compris qu’au-delà de L214 d’un côté et des “antispécistes” de l’autre, il y a le fantôme de l’ALF et de l’ARM qui pour le coup inquiète véritablement, de par la dimension réellement complète que cela implique.

Il y a matière à réflexion, alors que L214 et les antispécistes n’apportent aucun résultat dans la société, avec leur autosatisfaction et leurs jérémiades.

Straight edge : la discipline

Être straight edge, c’est une discipline. Celle du corps et de l’esprit, suivant l’adage mens sana in corpore sano, un esprit sain dans un corps sain. C’est une philosophie de la vie, au sens où ce que l’on fait est décidé ou non en fonction de règles bien précises, qu’on applique soigneusement.

Beaucoup de straight edge sont d’ailleurs des gens qui ont été déboussolés dans leur vie à un moment, qui n’avaient plus aucun repères, basculant dans une vie quotidienne de drogues, d’alcool, de promiscuité sexuelle. Ils ont considéré à un moment que cette survie au jour le jour était insupportable et ils se sont arrachés à cela.

Finies les drogues, fini l’alcool, finis les rapports sexuels hors du cadre bien normé du couple. Parce que sinon, on n’aboutit à rien à part à s’auto-humilier et à faire semblant de vivre alors qu’on ne fait qu’accumuler des choses sans intérêt où, en plus, on perd à chaque fois un peu de soi-même.

Et plus on est allé loin dans la destruction physique ou la déchéance morale, plus on a besoin d’une coupure franche. Et même, étant donné qu’on vit dans une société du libéralisme culturel, où rien ne se construit et tout se déconstruit, alors on ne peut pas faire les choses à moitié. Il faut couper court à toute décadence.

C’est en cela que la mentalité straight edge, résolument stricte, est un point d’appui fondamental. Grâce à la méthode straight edge, qui signifie zéro tolérance avec ses propres faiblesses, on surmonte une situation insupportable. On construit des choses dans sa vie et ce sur le long terme. D’ailleurs, tous les gens qui construisent quelque chose dans leur vie sont straight edge sans le savoir.

Tous les gens qui construisent quelque chose sur le long terme y parviennent, car ils sont loyaux. Sans loyauté à ce qui est réel, concret, sensible… on tombe du côté du choix et là on commence à faire n’importe quoi, en croyant « choisir » alors qu’on est porté par une frénésie de consommation et une orgie d’egotrip.

Dire qu’on est straight edge, c’est savoir qu’on est faillible, et donc se mettre des garde-fous, en sachant qu’il faudra se plier soi-même à ces règles. On sait évidemment que le fait d’accepter des normes est plus que mal vu dans une société libérale… Mais il n’y a pas le choix et d’ailleurs ces règles exprime la normalité.

Car il y a des choses qui sont normales et ces choses normales sont bonnes, elles sont déterminées par la Nature. Rien de plus affreux à affronter comme idée lorsqu’on est formaté par une société affirmant la toute-puissance du « choix personnel » !

En ce sens, être straight edge n’est pas un choix, c’est une obligation naturelle. Beaucoup de gens l’acceptent et s’en portent justement bien. Quand on ne boit pas, quand on ne prend pas de drogues, quand on s’établit dans un couple, on est straight edge. Rien de plus normal au final! Au sens strict, rien de plus naturel que ne pas basculer dans les paradis artificiels et ses fuites en avant.

Pourquoi le straight edge, alors ? C’est simplement malheureusement que la société où l’on vit empêche de pouvoir le faire de manière tranquille. Parce que la société veut que l’on consomme tout, y compris les rapports humains, y compris soi-même.

Avec le straight edge, on dit stop! Et on pare les coups à venir. Et c’est nécessaire. La moindre faiblesse est traquée, pourchassée, éliminée. On se force à triompher sur soi-même, pour pouvoir être soi-même. Être straight edge, c’est pouvoir être soi-même, en étant soi-même, un soi-même qui se protège d’un environnement néfaste malheureusement dans les conditions actuelles.

Le straight edge est donc bien une fin en soi. Ce n’est pas un moyen, un levier, un outil pour simplement sortir de quelque chose ou bien en fonction d’un objectif. Ce n’est pas un savant calcul où l’on dit qu’on ferait mieux d’être straight edge pour telle ou telle raison. La mentalité straight edge, ce n’est pas celle du médecin ou du pompier qui se dit qu’il a des responsabilités dans plusieurs heures et ne peut pas ne pas avoir l’esprit clair à ce moment-là.

La mentalité straight edge, c’est simplement être soi-même et le rester. C’est un état d’esprit où l’on est conscient de ce qu’on fait, des phénomènes qui nous entourent, et où on dit non à la dépendance. C’est un processus ininterrompu.

Le groupe Earth Crisis, dans sa chanson « Discipline » qui rappelle la définition du straight edge, a trouvé les mots justes, avec un certain sens de la formule :

« Straight edge – la discipline. La clef de la libération de soi est l’abstinence de l’évasion destructrice par l’intoxication. (…) Par mon refus de prendre part je me suis sauvé. L’abstinence a été le commencement. Ce qui est important est ce qui est fait avec la liberté, pas à pas je surmonte. Seul je grimpe les escaliers de l’édification. »

Le straight edge se rattache ainsi à de nombreuses philosophies du passé, comme l’épicurisme ou le stoïcisme, avec leur sens de la sobriété, de la préservation de l’intégrité psychologique, de l’abstinence de ce qui embarque dans des choses négatives.

Aller quelque part sans réfléchir à ce que cela signifie ? Consommer quelque chose sans savoir ce que cela signifie ? Ce n’est pas straight edge. C’est exactement la raison pour laquelle le straighr edge s’est très rapidement ouvert au végétarisme, puis au véganisme. C’était juste un regard strict porté sur quelque chose : le clip « No more » de Youth of Today le résume parfaitement.

Être straight edge, c’est se désengager, pour soi, et également pour les autres en témoignant de l’importance de la vie menée naturellement. C’est un état d’esprit concernant tous les actes du quotidien et certains diront que cela se passe sur le même plan que la religion, mais de manière athée. C’est tout à fait vrai et d’ailleurs Jeff Nelson, l’un des principaux membres du groupe Minor Threat (à l’origine des mots « straight edge ») a ainsi pu dire :

« Le straight edge est devenu une religion. C’est un sentiment très étrange d’être l’un des fondateurs involontaires de cette religion. »

Le straight edge, c’est une religion qui n’en est pas une, mais qui pose pareillement des exigences de normes, de valeur, mais pas pour l’au-delà : pour la vie réelle, sensible !

Bientôt la tempête

La société peut repousser les problèmes pendant tout un temps, mais à un moment il n’y a plus rien qui tient. Alors, tout s’exprimera frontalement, et plus on a repoussé les choses, plus cela va être profond, violent.

Et dans notre société glauque mais confortable, pas si intéressante mais où l’on peut arracher des choses satisfaisantes, on a droit à la fuite. Tout le monde fuit tout ce qui est responsabilité, engagement, loyauté. Le style de vie dominant, c’est “moi je”, “moi j’ai”, “moi d’abord”.

La réunion de l ‘IPBES sur la biodiversité n’a ainsi intéressé strictement personne. Cela aurait pu être quelque chose sur quoi s’appuyer, le vecteur d’une prise de conscience, d’un refus de continuer comme avant. Ce n’est pas le cas du tout. C’est une simple anecdote.

C’est un constat qu’on peut faire sans amertume, parce qu’il ne faut pas se leurrer : pour les gens, tout ce qui se passe est virtuel, ou du moins tout est un jeu. On ne peut pas appeler autrement quelque chose qui est considéré comme ne portant pas à conséquence.

Dans les années 1980 en Angleterre, les gens de l’ALF (et de l’ARM) savaient qu’ils risquaient quelque chose et relevaient d’un mouvement de masse. Ils disposaient d’une culture commune, d’une démarche bien déterminée. Ils étaient rationnels. On peut penser ce qu’on veut de leur approche, mais on n’était pas dans une démarche virtuelle ne prenant rien au sérieux.

D’ailleurs, tout le monde les prenait au sérieux. Les gens, l’État, la société toute entière. C’était une vraie proposition, à l’échelle la plus haute, la seule qui tienne. Cela a échoué, mais il y avait un véritable niveau de proposition, ancrée dans la société.

Prenons par exemple le résultat électoral d’Europe Écologie les Verts aux élections européennes. Il a été de 13,48%, ce qui est honorable. En pratique, ce sont surtout les jeunes adultes qui se sont mobilisés en leur faveur. Il y a eu beaucoup de commentaires comme quoi cela serait une prise de conscience, qu’il y aurait un état d’esprit qui s’affirmerait, etc.

Cependant, c’est très superficiel que de penser ainsi. Très concrètement, c’est une sorte d’engouement telle une mode. Et cela n’est même pas de grande ampleur. La preuve en est, EELV a fait un bien meilleur score lors des élections européennes de 2009, avec 16,28% des voix. On est ainsi en-deçà d’il y a dix ans… alors parler d’actualité écologiste, ce n’est pas vrai.

Qu’il soit parlé d’écologie, c’est normal, tout devient catastrophique. Mais c’est un accompagnement, pas une révolte. Et c’est tout à fait pareil pour la question de l ‘exploitation animale. Prenons le parti animaliste, qui a fait 2,2% des voix aux élections européennes. Son mode de fonctionnement est le racolage pur et simple, autour du thème apolitique des animaux, comme si la société n’existait pas.

C’est du niveau j’aime mon chien, je vote pour le parti animaliste. C’est une insulte à la pensée, à la culture, à la sensibilité, à tout ce qui est intelligent. C’est de la manipulation émotionnelle et une approche infantile du monde.

Dans le genre, on a aussi eu ces dernières semaines les antispécistes qui n’ont cessé de démontrer qu’ils n’ont conscience de rien et qu’ils n’agissent que mécaniquement, comme sous-produit de l’exploitation animale, eux aussi.

Ils ont cumulé les erreurs, fautes, coups d’éclat pour le coup d’éclat, etc. On a ici atteint un rare niveau de n’importe quoi et d’ailleurs la répression va s’abattre sur ces gens dans les prochains mois, tellement l’isolement social est complet. Quand on est un sous-produit d’un phénomène historique, on disparaît.

Il y a ainsi eu cette action à Paris. Cela s’est passé alors que l’IPBES se réunissait, ce qui montre encore plus le décalage de ces gens. Plus d’une dizaine de gens sont venus arroser de faux sang le stand d’un boucher bio au marché Saint-Quentin, dans le dixième arrondissement. Deux d’entre eux font l’erreur de revenir une demi-heure après voir ce qu’il en est : ils sont suivis par des bouchers, et arrêtés. On est là dans le symbolique, dans le bobo, dans l’idiot. La totale.

Tout aussi idiot, le soutien de L214 à Hénaff. L’entreprise va moderniser son exploitation animale, ce qui à l’échelle mondiale ne changera rien du tout pour les animaux ni pour l’exploitation animale. Et L214 trouve cela bien.

Il n’y a plus rien à faire pour ces gens là. Quand on dit qu’on veut le véganisme et qu’on en arrive à dire du bien d’une entreprise de l’exploitation animale, car elle va s’adapter elle au marché à l’horizon 2030, c’est qu’on s’est perdu en cours de route, totalement…

Voici le communiqué de L214.

HÉNAFF FAIT ÉVOLUER LE MODÈLE INTENSIF BRETON

MOINS DE 2 ANS APRÈS L’ENQUÊTE DE L214

Hénaff vient d’annoncer que les conditions d’élevage des cochons dans les exploitations fournissant la marque allaient être améliorées. D’ici 2030, les élevages devront fournir de la litière et garantir un accès extérieur aux truies reproductrices. Les stalles (cages de contention pour les truies) seront interdites. Plus de mutilations pour les porcelets (fin de la castration, de la coupe des queues et du meulage des dents). Paille et accès à l’extérieur pour les cochons à l’engraissement.

L214 salue cet engagement qui s’appliquera de façon progressive pour aboutir en 2030 à des conditions d’élevage au moins équivalentes à l’élevage bio. Si des réflexions avaient été initiées par la marque depuis quelques années, elles se sont accélérées suite à une enquête révélée en juin 2017 par L214. Les images de deux élevages fournissant la marque montraient des cochons enfermés sur un sol en béton, des truies immobilisées dans des cages exiguës, des cochons aux queues mutilées…

L’enquête, commentée par le chanteur Arthur H, était accompagnée d’une pétition adressée à Loïc Hénaff, président du directoire de l’entreprise, demandant à la marque l’arrêt de l’enfermement des cochons sans accès à l’extérieur, l’arrêt de l’utilisation de sol en béton nu, l’arrêt des cages individuelles pour les truies et des mutilations douloureuses aux porcelets. Elle avait rapidement obtenu plus de 70 000 signatures.

Pour Sébastien Arsac, cofondateur de L214 : « Aujourd’hui en France, 95 % des cochons sont élevés sans accès à l’extérieur. Ils vivent sur un sol bétonné dépourvu de paille et de tout autre matériau. Les truies reproductrices sont enfermées dans des cages et les porcelets sont mutilés. Avec cet engagement, Hénaff s’oriente vers une sortie du modèle intensif et montre la voie à la filière porcine bretonne. Tout un symbole ! L214 salue la réactivité et la bonne volonté d’Hénaff qui a su réagir concrètement et avec sérieux à une demande sociétale qui réclame aujourd’hui de meilleures conditions de vie pour les animaux dans les élevages. »

On notera au passage cette information largement diffusée sur le net ces derniers temps, comme quoi L214 a reçu plus de deux millions d’euros d’associations “philanthropiques” américaines. Cela se passe dans le rapport du commissaire aux comptes de 2017, aux pages 15 et 21.

Il s’agit de la Silicon Valley Community Foundation et de la Open Philanthropy Project, qui sont grosso modo des associations américaines financées par de très riches américains cherchant à pousser les choses dans un certain sens ou dans un autre. On devine que toute l’industrie de la “viande synthétique” y trouve ici son compte.

Mais cela ne dérangera pas les gens soutenant L214, qui ne sont pas dans la rationalité. Ils ne se demandent pas quelle est la nature du mouvement, ses bases théoriques, la source de ses moyens, etc. Ils consomment, passivement. Tout comme leur intérêt pour les animaux est une conséquence du triomphe total de l’exploitation animale.

Sûr évidemment que ces milliardaires et millionnaires ne vont pas donner de l’argent à l’ALF… qui le refuserait par ailleurs. Un mouvement révolutionnaire s’appuie sur lui-même, parce qu’il est ancré dans une perspective historique. Il n’a pas besoin de choses pragmatiques n’amenant qu’à vendre son âme.

Encore une fois cela n’intéresse pas notre époque, avec l’émergence toujours nouvelle d’associations, de structures, surgies de nulle part, à travers les réseaux sociaux, et se faisant connaître pour des actions spectaculaires sans effet. On a eu Extinction Rebellion pour l’écologie… on a ainsi Direct Action Everywhere qui s’est fondé en septembre 2018, pareillement en reprenant des principes, codes, démarches d’entités internationales, nées par en haut.

Cette structure enquête sur les élevages intensifs, ce que d’autres, par exemple L214, faisait déjà. Le député France Insoumise Bastien Lachaud a d’ailleurs participé à une enquête dans un élevage porcin des Côtes-d’Armor. Et justement, si cela ne donne rien, cela aide par contre l’ennemi dans sa propagande, sa répression, ses coups de pression, etc.. Ce mardi, le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume a promis la “sévérité” :

« Il y en a assez de ces intrusions d’individus, de citoyens, qui viennent embêter les professionnels de l’agriculture. Il y en a assez de ne pas respecter les règles, de venir attaquer les outils de travail. Aucune autre profession ne le supporterait. Ce n’est plus possible, et c’est encore moins possible quand ces actions-là sont faites et cautionnées par un élu de la République. (…)

La garde des Sceaux, Nicole Belloubet, a envoyé une instruction à tous les procureurs de la République pour leur demander d’avoir la plus grande fermeté vis-à-vis de ceux qui attaquent les boucheries, et de ceux qui ont des actes d’intrusion dans les exploitations agricoles »

Ceux qui vont prendre d’autant plus de coups, ce sont les douze activistes de Boucherie Abolition, interpellés ce 21 mai, pour “vol aggravé, entrave concertée à l’exercice de la liberté du travail, dégradations en réunion et violation de domicile”.

Ils seront jugés le 20 septembre pour des intrusions et libération d’animaux menés par le passé dans plusieurs fermes de l’Orne, de l’Eure et de l’Eure-et-Loir. Leur réaction est assez exemplaire du caractère totalement anti-social de la démarche :

En dicktature spéciste, libérer des esclaves conduit à 33h de garde à vue.

La déconnexion de ces gens avec la société française est totale. On a d’ailleurs “269 libération animale” qui continue ce genre d’actions qu’elle a elle-même initié, dans les pays voisins cette fois, pour parer à la répression ainsi. Avec pareillement un discours sectaire-poétique, dont voici un exemple.

Celleux qui rêvent d’un monde plus juste sans agir,
Cultivent le cauchemar de tou.te.s les opprimé.e.s qui luttent seul.e.s pour leur survie.

Finissons-en avec la logique du « parler pour » ou « au nom de », affublé.e.s de pancartes ridicules et de bons sentiments à mille lieues des opprimé.e.s !
Ouvrons-nous en urgence à la logique du « lutter avec » et même du « vivre et lutter avec ».

Soyons là où iels sont, devenons leurs complices et le pire cauchemar des industries spécistes !

N’y aurait-il donc aucune alternative entre d’un côté des réformistes prêts à se vendre à Hénaff et à l’industrie de la viande de synthèse prévoyant des centaines de millions d’euros de budget, de l’autre des isolationnismes faisant du “spécisme” un véritable mythe qui aurait pris possession des esprits?

Allons donc, bien sûr que si. Ces approches sont récentes, et ce n’est pas pour rien que tant les uns que les autres ne parlent jamais de l’ALF. Ils ne disent pas : l’ALF a échoué pour ceci ou cela, se trompe pour telle ou telle raison. Ils ont toujours nié son existence.

Car ils savent qu’au fond, tout est une question d’identité et de détermination. Non pas qu’on soit obligé de faire comme l’ALF. Mais on est obligé de partir, dans ce qu’on fait, d’une conscience aussi nette, pure, claire, déterminée que l’ALF. Et ce quoi qu’on fasse, même quelque chose de tout à fait légal.

Parce que c’est une question d’orientation, de base rationnelle, de clarté dans les principes. Tout est une question de valeurs, tout est une question de culture. Mais pour cela, il faut décrocher des valeurs dominantes. Il faut décrocher de la société de consommation, des drogues, de l’alcool, de l’individualisme.

Il faut se purifier, s’édifier, se façonner comme quelqu’un capable de choix, d’orientation, d’engagement, en faisant en sorte que tout tende à la confrontation, à la tempête inéluctable qui va s’affirmer.

Qui ne croit pas en cette tempête qui va tout balayer s’imagine simplement que ce monde ne changera jamais, que tout est stable. Or, ce monde est en perdition, il ne peut plus tenir tel qu’il est. Tout le monde le sait, au fond.

Aussi faut-il affirmer la rupture en termes de culture, de valeur, de projet de société, au plus haut niveau. Et non pas accepter le nivellement par le bas des manipulations émotionnelles. On a d’ailleurs eu plusieurs fois Marine Le Pen utilisant le thème des animaux ces dernières semaines, notamment pour la question du transport. Ce n’est pas étonnant: la démagogie apprécie beaucoup l’irrationalisme.

Alors il faut arrêter de faire n’importe quoi. Il faut se forger pour être vegan straight edge, et assumer. Il faut partir de là pour voir comment intervenir et développer les leviers adéquats pour faire élever les consciences. Avec, en tête, la tempête qui vient.

Chiffres et statistiques clés du rapport de l’IPBES

La dernière partie des “informations secondaires” de l’IPBES est en décalage total avec ce qui a été juste précédemment, dans la partie “scénarios”. Il s’agit en effet de données qui font froid dans le dos. A les voir, on comprend bien qu’il faille tout changer…

Quelques chiffres – Statistiques clés et faits provenant du rapport

Chiffres clés généraux

  • 75 % du milieu terrestre est « sévèrement altéré » à ce jour par les activités humaines (milieu marin 66 %)
  • 47%: pourcentage de réduction des indicateurs de l’étendue et de l’état des écosystèmes mondiaux par rapport à leur état naturel estimé, nombre d’entre eux continuant de diminuer d’au moins 4% par décennie
  • 28 % : pourcentage de la superficie mondiale des terres qui appartiennent ou sont gérées par les peuples autochtones, y compris plus de 40 % des zones officiellement protégées et 37 % de toutes les zones terrestres restantes ne subissant qu’une très faible intervention humaine
  • +/- 60 milliards : tonnes de ressources renouvelables et non renouvelables extraites dans le monde chaque année, en hausse de près de 100 % depuis 1980 (586-587)
  • 15 % : augmentation de la consommation mondiale par habitant de matériaux depuis 1980
  • 87%: pourcentage des zones humides présentes au 18e siècle qui ont été perdues en 2000 – la perte de zones humides est actuellement trois fois plus rapide, en termes de pourcentage, que la perte de forêts.

Espèces, populations et variétés de plantes et d’animaux

  • 8 millions : nombre total estimé d’espèces animales et végétales sur la Terre (y compris 5,5 millions d’espèces d’insectes)
  • Des dizaines et même des centaines de fois plus élevé: le taux actuel d’extinction des espèces dans le monde est supérieur à la moyenne des 10 derniers millions d’années, et ce taux s’accélère
  • Jusqu’à 1 million : nombre d’espèces menacées d’extinction, dont de nombreuses au cours des prochaines décennies
  • > 500 000 (+/- 9 %) : pourcentage estimé des espèces terrestres mondiales (5,9 millions en total) ayant un habitat insuffisant pour leur survie à long terme, si leur habitat n’est pas restauré
  • > 40 % : pourcentage des espèces d’amphibiens menacées d’extinction
  • Près de 33 % des récifs coralliens, des requins et des espèces proches, et plus de 33 % des mammifères marins sont menacés d’extinction
  • 25 % : pourcentage moyen des espèces menacées d’extinction chez les vertébrés terrestres, d’eau douce et  marins, les invertébrés et les plantes qui ont été étudiés de manière détaillée
  • Au moins 680 : espèces de vertébrés qui ont disparu à cause de l’action de l’homme depuis le 14ème siècle
  • +/- 10 % : estimation provisoire du pourcentage d’espèces d’insectes menacées d’extinction
  • > 20 % : pourcentage de diminution de l’abondance moyenne des espèces autochtones dans la plupart des grands biomes terrestres, principalement depuis 1900
    +/- 560 (+/- 10 %): races des mammifères domestiques ayant disparu en 2016, et 1000 de plus sont menacées d’extinction
  • 3,5 % : races domestiquées d’oiseaux ayant disparu en 2016
  • 70 % : augmentation depuis 1970 du nombre d’espèces exotiques envahissantes dans les 21 pays ayant des dossiers détaillés
  • 30 % : réduction de l’intégrité de l’habitat terrestre mondial, causée par la perte et la détérioration de l’habitat
  • 47 % des mammifères terrestres non volants et 23 % des oiseaux menacés ont probablement vu leur répartition affectée par l’impact du changement climatique
  • > 6 : espèces d’ongulés (mammifères à sabots) qui auraient probablement disparu ou survécu de nos jours uniquement en captivité si des mesures de conservation n’avaient pas été prises

Alimentation et agriculture

  • 300 % : augmentation de la production des cultures vivrières depuis 1970
  • 23 % : pourcentage des terres qui ont connu une réduction de leur productivité en raison de la dégradation des sols
  • > 75 % des types de cultures vivrières mondiales dépendent de la pollinisation par les animaux
  • 235 à 577 milliards de $ US: c’est le montant annuel de la production agricole mondiale en péril en raison de la disparition des pollinisateurs
  • 5.6 gigatonnes : quantité des émissions annuelles de CO2 retenues dans les écosystèmes marins et terrestres –  ce qui équivaut à 60 % des émissions mondiales dues aux combustibles fossiles
  • +/- 11 % de la population mondiale est sous-alimentée
  • 100 millions d’hectares d’expansion agricole dans les régions tropicales de 1980 à 2000, principalement due à l’élevage du bétail en Amérique latine (+/- 42 millions d’hectares), et aux plantations en Asie du Sud-Est (+/- 7,5 millions d’hectares, dont 80 % de palmiers à huile). La moitié de cette expansion s’est faite au détriment de forêts tropicales intactes
  • 3 % : pourcentage d’augmentation de la transformation des terres destinées à l’agriculture entre 1992 et 2015, principalement au détriment des forêts
  • > 33 % de la surface terrestre du monde (et +/- 75 % des ressources en eau douce) sont consacrées à la culture ou à l’élevage
  • 12 % des  terres émergées non couvertes par les glaces sont utilisées dans le monde pour la production agricole
  • 25 % des terres émergées non couvertes par les glaces sont utilisées pour le pâturage (dont +/- 70 % des terres arides)
  • +/- 25 % : émissions de gaz à effet de serre causées par le défrichement, la production agricole et la fertilisation ; la production de nourriture d’origine animale qui contribue à 75 % de ce chiffre
  • +/- 30 % de la production agricole mondiale et de l’offre alimentaire mondiale sont fournies par de petites exploitations (< 2 hectares), qui utilisent +/- 25 % des terres agricoles, et conservent généralement une agro biodiversité riche
  • 29 % des exploitations agricoles mettent en œuvre des pratiques de production agricole durable dans le monde entier (représentant 9 % de toutes les terres agricoles)
  • 68 % des capitaux étrangers allant aux secteurs du soja et de viande bovine (principale transformation de l’Amazonie) transitent par des paradis fiscaux
  • 100 milliards de dollars US : niveau estimé du soutien financier fourni par les pays de l’OCDE (2015) à un type d’agriculture potentiellement nocif pour l’environnement

Océans et pêche

  • 33 % des stocks de poissons marins en 2015 étaient exploités à un niveau biologiquement non durable ; 60 % étaient exploités au maximum et 7% étaient sous-exploités
  • > 55 % : zone océanique exploitée par la pêche industrielle
  • 3 à 10 % : diminution prévue de la production primaire nette des océans due au changement climatique d’ici la fin du siècle
  • 3 à 25 % : diminution prévue de la biomasse de poissons d’ici la fin du siècle dans les scénarios de réchauffement climatique bas et haut
  • > 90 % : pourcentage des pêcheurs professionnels mondiaux relevant de la pêche à petite échelle (plus de 30 millions de personnes) – qui représente près de 50 % des prises mondiales de poissons
  • Jusqu’à 33 % : pourcentage estimé en 2011 des prises de poissons dans le monde signalées comme étant illicites, non déclarées ou non réglementées
  • 70 % : pourcentage des bateaux impliqués dans la pêche illicite, non déclarée et non réglementée soutenue par des fonds qui transitent par des paradis fiscaux
  • > 10 % : diminution par décennie de l’étendue des herbiers marins de 1970 à 2000
  • +/- 50 % : couverture des récifs coralliens qui a disparu depuis les années 1870  
  • 100 à 300 millions : habitants de zones côtières à risque accru en raison de la disparition de la protection des habitats côtiers
  • 400 : écosystèmes côtiers à faible teneur en oxygène (hypoxiques), dits « zones mortes » causées par les engrais et occupant > 245.000 km2
  • 57 % : pourcentage des subventions pour le renforcement des capacités qui peuvent avoir un impact négatif sur la nature, sur un montant total de 35 milliards de dollars US consacrés à des mesures de soutien pour la pêche
  • 29 % : réduction moyenne du risque d’extinction pour les mammifères et les oiseaux dans 109 pays grâce aux investissements pour la conservation réalisés de 1996 à 2008 ; le risque d’extinction des oiseaux, des mammifères et les amphibiens aurait été d’au moins 20 % sans cette action de conservation au cours des dernières décennies
  • > 107 : espèces d’oiseaux, de mammifères et de reptiles très menacées qui ont bénéficié de l’éradication des espèces mammifères envahissantes dans les îles

Forêts

  • 45 % : augmentation de la production de bois brut depuis 1970 (4 milliards de mètres cubes en 2017)
  • +/- 13 millions : emplois dans l’industrie forestière
  • 50 % : expansion agricole qui a eu lieu au détriment des forêts
  • 50 % : diminution du taux net de perte de forêt depuis les années 1990 (excluant celles gérées pour fournir du bois ou pour extraction agricole)
  • 68 % : superficie forestière mondiale actuelle par rapport à celle estimée à l’époque préindustrielle
  • 7 % : réduction de la superficie des forêts intactes (> 500 km ² sans pression humaine.) de 2000 à 2013 dans les pays développés et en voie de développement. La réduction est particulièrement rapide dans les régions tropicales
  • > 75 % : réduction de l’étendue naturelle des forêts de mangrove
  • 290 millions d’hectares (+/- 6 %) : couverture forestière autochtone qui a disparu de 1990 à 2015 en raison du déboisement et de la coupe de bois
  • 110 millions d’hectares: augmentation de la superficie de forêts plantées de 1990 à 2015
  • 10 à 15 % : approvisionnement mondial en bois fourni  par l’exploitation forestière illégale (jusqu’à 50 % dans certaines régions)
  • > 2 milliards : nombre de personnes qui utilisent le bois comme combustible pour répondre à leurs besoins en énergie primaire

Mines et énergie

  • <1 % : superficie totale des terres utilisées pour l’exploitation minière, mais cette industrie a des effets négatifs importants sur la biodiversité, les émissions, la qualité de l’eau et la santé humaine
  • +/-17 000 : sites miniers de grandes dimensions (dans 171 pays), principalement gérés par 616 sociétés internationales
  • +/-6 500 : installations d’extraction de pétrole et de gaz en mer (dans 53 pays)
  • 345 milliards de dollars US : subventions mondiales pour les combustibles fossiles entraînant des coûts globaux de 5 000 milliards de dollars US, y compris les effets externes de détérioration de la nature ; le charbon représente 52 % des subventions après impôts, le pétrole +/-33 % et le gaz naturel +/-10 %

Urbanisation, développement et questions socio-économiques

  • >100 % : croissance des zones urbaines depuis 1992
  • 25 millions de km : longueur des nouvelles routes goudronnées prévue d’ici 2050, dont 90 % dans les pays les moins avancés et les pays en voie de développement à revenu faible et intermédiaire
  • +/-50 000 : nombre de grands barrages (>15 m de hauteur) ; +/-17 millions de réservoirs (>0,01 ha)
  • 105 % : augmentation de la population humaine mondiale (de 3,7 à 7,6 milliards) depuis 1970
  • 50 fois plus élevé : PIB par habitant dans les pays à revenu élevé par rapport aux pays à faible revenu
  • >2 500 : conflits pour les combustibles fossiles, l’eau, la nourriture et la terre actuellement en cours dans le monde
  • >1 000 : militants écologistes et journalistes tués entre 2002 et 2013

Santé

  • 70 % : proportion de médicaments anticancéreux naturels ou synthétiques inspirés par la nature
  • +/-4 milliards : personnes dépendant principalement des médecines naturelles
  • 17 % : pourcentage de maladies infectieuses propagées par des vecteurs animaux, causant plus de 700 000 décès par an
  • +/-821 millions : personnes confrontées à l’insécurité alimentaire en Asie et en Afrique
  • 40 % : population mondiale n’ayant pas accès à de l’eau potable propre et salubre
  • 80 % : eaux usées mondiales rejetées non traitées dans l’environnement
  • 300 à 400 millions de tonnes : métaux lourds, solvants, boues toxiques et autres déchets provenant d’installations industrielles déversés annuellement dans les eaux du monde
  • 2 fois : augmentation de l’exposition aux polluants atmosphériques subie par les citoyens des pays à faible revenu
  • 10 fois : augmentation de la pollution plastique depuis 1980

Changement climatique

  • 1 degré Celsius : différence moyenne des températures mondiales en 2017 par rapport aux niveaux préindustriels, en hausse de +/-0,2 (+/-0,1) degré Celsius par décennie
  • >3 mm : élévation annuelle moyenne du niveau de la mer dans le monde au cours des deux dernières décennies
  • Augmentation de 100 % des émissions de gaz à effet de serre depuis 1980, ce qui a fait augmenter la température moyenne de la planète d’au moins 0,7 degré 
  • 40 % : augmentation de l’empreinte carbone du tourisme (4,5 Gt de dioxyde de carbone) de 2009 à 2013
  • 8 % : émissions totales de gaz à effet de serre provenant des transports et de la consommation alimentaire liée au tourisme
  • 5% : pourcentage estimé des espèces en voie d’extinction si les températures augmentent de 2 ° C et 16% si le réchauffement climatique atteint  les 4,3 ° C
  • Même avec un réchauffement de la planète de 1,5 à 2 degrés, la majorité des aires de répartition des espèces terrestres devrait se contracter de manière importante.

Objectifs mondiaux

  • Le plus important : les objectifs d’Aichi en matière de biodiversité pour 2020 risquent de ne pas être atteints
  • 25 % : pourcentage des objectifs en voie d’être atteints dans le cadre de six accords mondiaux relatifs à la nature et à la protection des biens communs environnementaux mondiaux (CMS, CITES, WHC, IPPC, UNCCD, Ramsar)
  • 22 sur 44 : objectifs évalués au titre des objectifs de développement durable concernant la pauvreté, la faim, la santé, l’eau, les villes, le climat, l’océan et la terre compromis par des tendances négatives importantes pour la nature et ses contributions aux populations
  • 72 % : pourcentage des indicateurs locaux de nature développés et utilisés par les peuples autochtones et les communautés locales montrant des tendances négatives
  • 4 : nombre d’objectifs d’Aichi [Objectif 9 : identifier et prioriser les espèces exotiques envahissantes ; Objectif 11 : conservation de 10% des zones côtières et marines et 17% des zones terrestres et des eaux intérieures; Objectif 16 : entrée en vigueur du Protocole de Nagoya ;  Objectif 17 : élaboration d’une stratégie et de plans d’action nationaux pour la diversité biologique.] pour lesquels des progrès satisfaisants ont été réalisés sur certaines déclinaisons, avec des progrès modérés sur certaines déclinaisons pour 7 autres objectifs, de faibles progrès sur toutes les déclinaisons pour 6 objectifs et des informations insuffisantes pour évaluer les progrès sur certains ou tous les éléments des 3 autres objectifs
  • 22 sur 34 : indicateurs relatifs à la mise en œuvre des réponses politiques et des actions visant à préserver et à utiliser la nature de manière plus durable lorsque des progrès significatifs ont été réalisés
  • 9 des 13 indicateurs liés à la prise en compte des facteurs de perte de biodiversité pour lesquels des tendances à la détérioration significative sont apparentes
  • 10 % : pourcentage les zones côtières/marines (et 17 % des zones terrestres et des eaux intérieures) désormais conservées (Objectif Aichi 11)
  • +/-15 % : environnements terrestres et d’eau douce (et +/-7 % du domaine marin) protégés, bien que de nombreux sites importants pour la biodiversité ne soient que partiellement couverts et que les sites ne soient pas encore pleinement représentatifs du point de vue écologique ou ne soient pas gérés de manière efficace ou équitable

L’IPBES et ses scénarios

Continuons avec le document de l’IPBES, avec cette fois les “scénarios” et les “outils”. Il n’y a à vrai dire pas grand chose à en dire, mais il faut en prendre connaissance.

En effet, il est flagrant que pour l’IPBES, il existerait de bonnes pratiques dans le cadre du système existant. Il n’y aurait rien à changer, et encore moins à bouleverser. Il y aurait simplement à mieux paramétrer.

L’IPBES n’est aucunement catastrophique, elle demande une réorientation et elle dit que celle-ci est tout à fait faisable dans l’état actuel des choses.

C’est très important, car totalement illusoire. Il faut en prendre conscience pour agir correctement à l’avenir ! Dans l’état actuel des choses, l’écologie est au point mort : quand elle va apparaître cependant, de manière totalement révolutionnaire et conflictuelle bientôt, elle doit avoir les éléments en main.

Et bien comprendre les illusions diffusées avant son émergence.

Les objectifs mondiaux et les scénarios politiques

Les déclins rapides passés et actuels de la biodiversité, des fonctions des écosystèmes et de nombreuses contributions de la nature à la population signifient que la plupart des objectifs sociaux et environnementaux internationaux, tels que ceux énoncés dans les objectifs d’Aichi pour la biodiversité et le Programme de développement durable à l’horizon 2030, ne seront pas atteints sur la base des trajectoires actuelles.

Les auteurs du rapport ont examiné six scénarios stratégiques – correspondant à plusieurs « paniers » très différents entre eux regroupant diverses options politiques et approches, dont la « concurrence régionale », le « maintien du statu quo » et la « durabilité globale» –  et ont évalué les impacts probables de ces modèles sur la biodiversité et les contributions apportées par la nature aux populations d’ici à 2050.

Ils en sont arrivés à la conclusion que, en dehors des scénarios comprenant un changement transformateur, les tendances négatives pour la nature, les fonctions des écosystèmes, et de nombreuses contributions de la nature aux populations continueront jusqu’en 2050 et au-delà en raison des effets anticipés de l’augmentation du changement d’usage des terres et de la mer, de l’exploitation de certains organismes et du changement climatique.

Outils politiques, options et pratiques exemplaires

Les actions politiques et les initiatives de la société contribuent à sensibiliser la population sur les répercussions de la consommation sur la nature, la protection des environnements locaux, la promotion des économies locales durables et la restauration des zones dégradées.

Avec des initiatives menées à différents niveaux, elles ont contribué à élargir et renforcer le réseau actuel des aires protégées écologiquement représentatives et connectées,  ainsi que d’autres mesures de conservation efficaces basées sur la protection de surfaces particulières, la protection des bassins hydrologiques, la prise de mesures incitatives et de sanctions visant à réduire la pollution.

Le rapport présente une liste indicative d’actions possibles, et de trajectoires pour les atteindre qui, dans différents lieux, systèmes et à différentes échelles, seront les plus aptes à soutenir le développement durable. En adoptant une approche intégrée :

Pour l’agriculture, le rapport met l’accent, notamment sur : la promotion de bonnes pratiques agricoles et agroécologiques, la planification paysagère multifonctionnelle (qui assure à la fois la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance, le maintien des espèces et les fonctions écologiques) et la gestion intégrée intersectorielle.

Il pointe aussi l’importance d’un engagement plus fort de tous les acteurs du système alimentaire (y compris les producteurs, le secteur public, la société civile et les consommateurs) et une gestion plus intégrée des paysages et des bassins versants; la conservation de la diversité génétique, des variétés, des cultivars, des races, notamment locales et des espèces; ainsi que des approches qui responsabilisent les consommateurs et les producteurs grâce à la transparence des marchés, à l’amélioration de la distribution et de la localisation (qui revitalisent les économies locales), la réforme des chaînes d’approvisionnement et à la réduction du gaspillage alimentaire.

Pour les écosystèmes marins, le rapport souligne, parmi d’autres : des approches écosystémiques de la gestion des pêches; l’aménagement du territoire; des quotas efficaces ; des zones marines protégées ; la protection et la gestion des zones clés de la biodiversité marine; la réduction la pollution par ruissellement dans les océans et une étroite collaboration avec les producteurs et les consommateurs.

Pour les écosystèmes d’eau douce, les options politiques et les actions comprennent, entre autres : une gouvernance de l’eau plus inclusive pour une gestion collaborative et une plus grande équité ; une meilleure intégration de la gestion des ressources en eau et la planification du paysage à différentes échelles ; la promotion de pratiques visant à réduire l’érosion des sols, la sédimentation et le ruissellement de la pollution ; l’augmentation du stockage de l’eau ; la promotion des investissements dans des projets hydriques ayant des critères de durabilité clairs ; ainsi que la réponse à la fragmentation de nombreuses politiques en matière d’eau douce.

Pour les zones urbaines, le rapport souligne, parmi d’autres, les points suivants : la promotion de solutions basées sur la nature ; l’amélioration de l’accès aux services urbains et à un environnement sain pour les communautés à faible revenu ; l’amélioration de l’accès aux espaces verts ; la production et la consommation durable et les connectivités écologiques dans les espaces urbains, en favorisant notamment les espèces locales.

Dans tous les exemples, le rapport reconnaît l’importance d’inclure différents systèmes de valeurs, intérêts et visions du monde dans la formulation des politiques et des actions.

Cela inclut de veiller à ce que la participation des peuples autochtones et des communautés locales soit pleine et effective dans la gouvernance, la réforme et le développement des structures d’incitation et à ce que la prise en considération de la biodiversité soit prioritaire dans la planification de tous les secteurs clés.

« Nous avons déjà vu les premiers frémissements des actions et des initiatives pour le changement transformateur, comme par exemple les politiques innovantes menées par de nombreux pays, autorités locales et entreprises, mais surtout par les jeunes dans le monde entier », a déclaré Sir Robert Watson.

« Depuis les jeunes leaders d’opinion mondiaux du mouvement #VoiceforthePlanet jusqu’aux grèves des étudiants pour le climat, il y a une vague de fond qui montre que les jeunes comprennent qu’une action urgente est nécessaire si nous voulons assurer un semblant d’avenir durable.

Le rapport d’évaluation mondiale de l’IPBES offre les meilleures preuves disponibles venant d’experts pour aider à éclairer ces décisions, politiques et actions – et fournit la base scientifique pour le cadre de la biodiversité et les nouveaux objectifs décennaux pour la biodiversité qui seront décidés à la fin de 2020 en Chine, sous les auspices de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique ».

L’IPBES et “les peuples autochtones, les communautés locales”

La seconde « information complémentaire » de l’IPBES est quelque chose de très particulier, qui va faire particulièrement plaisir aux zadistes. On a en effet le même discours : avant, c’était mieux, la petite production résout tous les problèmes, les populations tribales ont un style de vie adéquat car durable. A cela s’ajoute un point très souligné : ce sont ces « autochtones », ces « communautés locales », qui vont être en première ligne pour affronter les conditions imposées par la modernité.

On pensait parler de biodiversité, eh bien non, on l’aura compris. Mais pourquoi l’IPBES parle-t-il de cela ? La raison en est simple. La pseudo « information complémentaire » précédente parlait du monde en termes de surface. Or, là, il est dit qu’il existe une surface fonctionnant selon des régulations datant du passé. Il ne faut donc pas y toucher !

En fait, c’est une tentative d’auto-limitation, d’auto-encadrement du système. C’est une sorte de miroir posé au système lui-même, avec une volonté d’imaginer que la seule alternative à lui-même, ce serait le passé. C’est un moyen de refuser l’avenir d’un point de vue utopique, vegan, avec une planète unifiée, une soumission aux intérêts de Gaïa.

Il n’y aurait que le système… et son prédécesseur primitif.

C’est un point important, car outre nos gilets jaunes et nos zadistes qui en France célèbrent le passé, l’écologie est largement utilisé comme vecteur par des « primitivistes » affirmant qu’il faut retourner à avant l’âge industriel, à un mode chasseur-cueilleur, etc.

Tous ces gens ne peuvent tout simplement pas concevoir autre chose… Ou, quand ils le conçoivent, ils en ont très peur. C’est l’angoisse, la terreur du consommateur face au devoir de négation de son ego pour reconnaître la planète comme un grand tout, et la seule chose qui compte vraiment…

Les peuples autochtones, les communautés locales et la nature

Au moins un quart de la superficie terrestre mondiale est détenu traditionnellement, géré, exploité et occupé par les peuples autochtones. Ces zones comprennent environ 35% des aires protégées, et environ 35% de ces terres n’ont jusqu’ici subi que très peu d’intervention humaine.

La nature gérée par les peuples autochtones et les communautés locales subit une pression croissante, mais se dégrade en général moins rapidement que dans les autres territoires (153-154) – toutefois 72 % des indicateurs locaux développés et utilisés par les peuples autochtones et les communautés locales font état de la détérioration de la nature et des contributions apportées par la nature aux populations qui sous-tendent les moyens de subsistances locaux.

Les régions du monde qui devraient subir des effets négatifs importants en matière de changement climatique, de perte biodiversité, des fonctions des écosystèmes et des contributions apportées par la nature aux populations sont également des zones dans lesquelles habitent de grandes concentrations de peuples autochtones et la plupart des communautés les plus pauvres du monde.

Des scénarios régionaux et mondiaux manquent actuellement et auraient beaucoup à gagner de la prise en compte explicite des points de vue, des perspectives et des droits des peuples autochtones et des communautés locales, ainsi que de leurs savoirs et compréhension de grandes régions et écosystèmes, ainsi que des moyens de développement futur qu’ils souhaitent. La reconnaissance des savoirs, des innovations et des pratiques, des institutions et des valeurs des peuples autochtones et des communautés locales et leur insertion et leur participation à la gouvernance environnementale améliorent souvent leur propre qualité de vie, ainsi que la conservation, la restauration  et l’utilisation durable de la nature.

Leur contributions positives au développement durable peuvent être facilitées par la reconnaissance publique des droits fonciers, des droits d’accès et des droits aux ressources conformément à la législation nationale; de l’application du principe de consentement libre, préalable et éclairé ; et par l’amélioration de la collaboration, du partage des avantages et par des accords de cogestion avec les communautés locales.

L’IPBES et l’ampleur de la destruction de la nature

Il existe cinq « informations complémentaires sur les sujets clés traités dans le rapport ». En voici la première, qui est courte, très ramassée. C’est une sorte de synthèse de l’évolution de ce qui se passe à la surface de la planète depuis cinquante ans, du point de vue de l’IPBES bien sûr.

De très nombreux aspects sont totalement oubliés, le principal étant, conceptuellement, ce qu’on peut appeler la vie sauvage (en plus du refus de reconnaître la Nature en général, la planète comme Gaïa). En effet, ce paragraphe de l’IPBES dit qu’il se déroule des phénomènes à la surface de la planète, et que cela a un impact sur l’environnement de des phénomènes.

Comme ces phénomènes ont pris une ampleur mondiale, l’environnement à l’échelle planétaire est modifié, bouleversé et là le déséquilibre aurait pris une telle proportion qu’il faudrait corriger le tir.

Chaque paragraphe raisonne pour cette raison en termes de surface, d’occupation de la surface. Quelques lignes entre crochets sont ajoutées pour cette raison ici à chaque paragraphe, pour bien montrer cet aspect de « l’information complémentaire » de l’IPBES.

Ampleur de la destruction de la nature

[L’ampleur est à considérer en termes de surface, de longitude, de latitude.]

Les gains obtenus grâce aux réponses sociétales et politiques, bien qu’importants, ne permettent pas d’enrayer les pertes massives.

[Ces pertes concernent la surface, les terrains planétaires.]

Depuis 1970, les tendances de la production agricole, de la pêche, de la production de bioénergie et de la récolte de matériaux ont augmenté en réponse à la croissance démographique, à la hausse de la demande et au développement technologique ; une augmentation qui s’est faite à un coût élevé, qui a été inégalement réparti à l’intérieur et entre les pays. Cependant, de nombreux autres indicateurs clés des contributions de la nature aux populations, tels que le carbone organique du sol et la diversité des pollinisateurs, ont diminué, ce qui indique que les gains en contributions matérielles ne sont souvent pas durables.

[Les activités humaines pour l’alimentation, l’énergie, les matières premières… occupent beaucoup plus de surface qu’auparavant. Certaines surfaces ont perdu en vigueur.]

Le rythme d’expansion de l’agriculture dans des écosystèmes intacts a varié d’un pays à l’autre. Les pertes d’écosystèmes intacts se sont produites principalement dans les tropiques, qui ont les plus hauts niveaux de biodiversité de la planète. Par exemple, 100 millions d’hectares de forêts tropicales ont été perdus entre 1980 et 2000, en raison principalement de l’augmentation de l’élevage du bétail en Amérique latine (environ 42 millions d’hectares) et des plantations en Asie du Sud-Est (environ 7,5 millions d’hectares, dont 80 % destinés à l’huile de palme, utilisée surtout dans l’alimentation, les cosmétiques, les produits de nettoyage et les carburants) entre autres.

[L’expansion territoriale a concerné de vastes surfaces planétaires.]

Depuis 1970, la population mondiale a plus que doublé (passant de 3,7 à 7,6 milliards), augmentant de manière inégale selon les pays et les régions. Par habitant, le produit intérieur brut est quatre fois plus élevé qu’alors, avec des consommateurs toujours plus éloignés transférant la pression exercée sur l’environnement par la production et la consommation dans toutes les régions.

[La population humaine prend plus de surface, exerçant une pression qui plus est sur son environnement.]

Depuis 1900, l’abondance moyenne des espèces locales dans la plupart des grands habitats terrestres a, en général, diminué d’au moins 20 %.

[Les espèces propres à une surface ont, en raison de la diminution de celle-ci, diminué.]

Le nombre d’espèces exotiques envahissantes par pays a augmenté d’environ 70 % depuis 1970, dans les 21 pays qui ont présenté des données détaillés.

[Les conquêtes en termes de surface ont amené le déplacement d’espèces d’une surface à une autre.]


La répartition de près de la moitié (47 %) des mammifères terrestres non volants et de près d’un quart des oiseaux menacés peut déjà avoir été affectée par le changement climatique.

[L’évolution globale des surface aboutit à une modification générale de la répartition des espèces.]

Critique de la première partie du communiqué de l’IPBES

La première partie du communiqué de l’IPBES se veut une présentation « maîtrisée » de la situation. D’un côté, il vise à présenter la gravité absolue de ce qui se passe, mais de l’autre, il doit prétendre que les événements peuvent encore être contrôlés. S’il y a ainsi accélération du taux d’extinction des espèces, et cela « sans précédent », la « réponse mondiale actuelle est insuffisante », ce qui signifie qu’elle peut être suffisante.

Cette opposition entre ce qui se passe et ce qu’il faut faire est le leitmotiv du discours de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques). Cela fonde sur la lecture entièrement anthropocentriste qu’elle a de la situation. Elle ne reconnaît pas la Nature, ni la valeur en soi de la vie.

Les premières lignes du communiqué sont exemplaires d’une telle approche :

« La nature décline globalement à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine – et le taux d’extinction des espèces s’accélère, provoquant dès à présent des effets graves sur les populations humaines du monde entier », alerte le nouveau et historique rapport de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), dont le résumé a été approuvé lors de la 7ème session plénière de l’IPBES, qui s’est réunie la semaine dernière (du 29 Avril au 4 mai) à Paris. »

L’histoire humaine, des effets graves sur les populations humaines… on l’a compris, au-delà même de son approche anthropocentriste, l’IPBES part du principe qu’au mieux les gouvernements ne s’occuperont que de leurs populations. Les lignes qui suivent immédiatement les premières appuient donc l’idée qu’un rapport « objectif » de la situation a été réalisé et que les économies vont être touchées. Et là, forcément, si on touche l’économie… A cela s’ajoute le risque d’instabilité puisque vont être touchées la sécurité alimentaire, la santé, la qualité de vie, etc.

« Les preuves accablantes contenues dans l’évaluation globale publiée par l’IPBES et obtenues à partir d’un large éventail de domaines de connaissance, présentent un panorama inquiétant », a déclaré le président de l’IPBES, Sir Robert Watson. « La santé des écosystèmes dont nous dépendons, ainsi que toutes les autres espèces, se dégrade plus vite que jamais. Nous sommes en train d’éroder les fondements mêmes de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans lemonde entier ».

On lit régulièrement des arguments de ce type ; en voici un autre exemple :

« La perte de biodiversité est donc non seulement un problème environnemental, mais aussi un enjeu lié au développement, à l’économie, la sécurité, la société et l’éthique. »

L’IPBES s’adresse uniquement aux gouvernements, aux institutions. Et uniquement à elles. C’est un point essentiel qui est frappant dès le début de sa déclaration. C’est un fait très grave, car la démocratie est littéralement expulsée de tout choix, de toute orientation. On est ici dans un programme de gestion qui va être mis en place, au-dessus des gens, et avec les mêmes systèmes, les mêmes gens qui sont responsables ou au moins ont accompagné la catastrophe en cours.

Les lignes qui suivent juste après les premières citées plus haut – on voit comment le document est savamment construit – soulignent donc qu’on peut gérer de manière correcte, qu’on peut rétablir la situation sans soucis, qu’il faut juste s’en donner les moyens. On a ici un vocabulaire technocratique, disant ouvertement que la « nature » est juste un paramètre de gestion. C’est moralement réducteur et totalement faux pour une analyse concrète de la réalité, qui relève totalement de la Nature.

« Le rapport nous dit aussi qu’il n’est pas trop tard pour agir, mais seulement si nous commençons à le faire maintenant à tous les niveaux, du local au mondial », a-t-il ajouté « Grâce au « changement transformateur », la nature peut encore être conservée, restaurée et utilisée de manière durable – ce qui est également essentiel pour répondre à la plupart des autres objectifs mondiaux. Par «changement transformateur », on entend un changement fondamental à l’échelle d’un système, qui prend en considération les facteurs technologiques, économiques et sociaux, y compris en termes de paradigmes, objectifs et valeurs.

A lire les lignes précédentes, on a tout de même l’impression qu’à l’IPBES on a trop lu ou regardé Harry Potter. Comment peut-on expliquer qu’il y a un phénomène d’extinction de masse d’un côté, qu’il faudra simplement y réponde par des mesures par en haut de l’autre ? Surtout que des chiffres sont donnés et ils montrent bien que la rupture est qualitative, pas quantitative. Mais ce n’est pas le point de vue de l’IPBES.

Le rapport constate pourtant lui-même de l’ampleur de ce qui se passe. Cela touche l’ensemble de la planète, dans des proportions énormes. Citons ici simplement quelques faits constatés par le rapport lui-même :

« Plus de 40 % des espèces d’amphibiens, près de 33 % des récifs coralliens et plus d’un tiers de tous les mammifères marins sont menacés. »

« Les trois quarts de l’environnement terrestre et environ 66 % du milieu marin ont été significativement modifiés par l’action humaine. »

« Plus d’un tiers de la surface terrestre du monde et près de 75 % des ressources en eau douce sont maintenant destinées à l’agriculture ou à l’élevage. »

« Les zones urbaines ont plus que doublé depuis 1992. »

« La pollution par les plastiques a été multipliée par dix depuis 1980. »

Pour qu’on ait atteint une telle dimension, c’est évidemment que le processus est profondément ancré, déjà développé, en croissance exponentielle. Lorsqu’on voit que 75 % des ressources en eau douce sont pour l’agriculture et l’élevage, alors c’est dans la matrice même de l’agriculture et de l’élevage. Ces deux formes ont été structurées pour aller à ce degré-là d’utilisation. La seule réponse peut être la modification fondamentale de l’agriculture et la suppression de l’élevage.

Si on raisonne en termes quantitatifs, on peut reculer les chiffres donnés de quelques pourcents, c’est cela l’idée du rapport de l’IPBES. Mais c’est une perspective vaine car pour qu’on ait atteint de tels chiffres, il faut déjà qu’à la base même il y a un système déjà formé et qui n’est pas ajustable. L’IPBES, elle, considère cependant que le point de rupture n’est pas atteint.

Cela est dit de manière formelle :

« Les contributions apportées par la biodiversité et la nature aux populations sont notre patrimoine commun et forment le plus important ’filet de sécurité’ pour la survie de l’humanité. Mais ce filet de sécurité a été étiré jusqu’à son point de rupture », a déclaré la professeure Sandra Díaz (Argentine), qui a co-présidé l’évaluation avec les professeurs Josef Settele (Allemagne) et Eduardo S. Brondízio (Brésil et États-Unis).

« La diversité au sein des espèces, entre les espèces et celles des écosystèmes, ainsi que de nombreuses contributions fondamentales qui proviennent de la nature se dégradent rapidement, même si nous avons encore les moyens d’assurer un avenir durable aux êtres humains et à la planète.»

Ce refus de reconnaître que le point de rupture est passé montre que l’IPBES est totalement lié au monde qui le porte. Il est aveuglé par les institutions existant dans les différents pays, par les traditions, par la croyance que finalement, rien ne peut vraiment arriver, car au pire on se donnera les moyens de changer les choses.

Si le problème n’était que quantitatif, l’idée d’une gestion par en haut pourrait il est vrai grosso modo tenir, au moins en théorie. On va dans un sens, on décide d’aller dans un autre sens. Mais une dimension qualitative que les choses se sont déjà emballés, que c’est une tendance de fond qui est apparu à la surface. Dans ces cas-là, on ne peut pas tergiverser, car tout s’accélère dans tous les cas, quoi qu’on fasse… A moins d’un renversement total de l’approche, sans quoi cela ne peut que continuer.

L’IPBES est donc obligé de s’effondrer, à moyen terme, et même à court terme d’ailleurs. L’ampleur de ce qui se passe va la mettre en déroute totale, et ce rapidement. Surtout qu’elle assume paradoxalement un discours à terme, par ailleurs totalement flou, qui va d’autant plus la condamner. Que dire en effet quand on lit quelque chose comme :

« Les objectifs pour 2030 et au-delà ne pourront être atteints que par un changement transformateur dans les domaines de l’économie, de la société, de la politique et de la technologie. »

Ce qu’on lit à la fin montre d’ailleurs comment, de toutes façons, l’IPBES remet la patate chaude aux « décideurs », en axant bien sur le « bien-être humain » comme seule préoccupation véritable. Cela montre bien comment l’IPBES n’est pas un apport extérieur, « objectif », aux gouvernements, mais en fait simplement leur expression.

« L’IPBES présente aux décideurs une base scientifique fiable, les connaissances et les options stratégiques pour qu’ils les analysent », a déclaré la Docteure Anne Larigauderie, secrétaire exécutive de l’IPBES. « Nous remercions les centaines d’experts, issus du monde entier, qui ont donné de leur temps et partagé leurs connaissances pour aider à combattre la disparition des espèces, des écosystèmes et de la diversité génétique – une menace véritablement mondiale et générationnelle contre le bien-être humain. »

Normalement, face à ce point de vue de l’IPBES, il en faudrait un autre, mis en place par toute une série d’organisations cherchant à établir de solides ancrages dans la population. On en est extrêmement loin et même, ce n’est pas du tout à l’horizon. Il y a encore trop de confiance en le monde tel qu’il existe. La plupart des gens savent que tout doit changer, que tout va changer, mais ils ne pensent en même temps pas que ce soit possible. Cela leur coupe toute volonté d’engagement.

Le rapport de l’IPBES le sait très bien et c’est pour cela il ne fait même pas semblant d’avoir une perspective démocratique. Il s’adresse aux décideurs, et rien qu’à eux. En ce sens, au-delà de la critique aux décideurs, il faut bien voir qu’il y a une faillite démocratique en soi à la base. Le réveil ne va en être que d’autant plus difficile.

La première partie du communiqué de l’IPBES

Voici la première partie, la principale, du communiqué de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques). Un commentaire, forcément, suivra.

Le dangereux déclin de la nature :
Un taux d’extinction des espèces « sans précédent » et qui s’accélère


La réponse mondiale actuelle est insuffisante ;

Des « changements transformateurs» sont nécessaires pour restaurer et protéger la nature
Les intérêts particuliers doivent être dépassés pour le bien de tous

C’est l’évaluation la plus exhaustive de ce type ;
1.000.000 espèces menacées d’extinction


« La nature décline globalement à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine – et le taux d’extinction des espèces s’accélère, provoquant dès à présent des effets graves sur les populations humaines du monde entier », alerte le nouveau et historique rapport de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), dont le résumé a été approuvé lors de la 7ème session plénière de l’IPBES, qui s’est réunie la semaine dernière (du 29 Avril au 4 mai) à Paris.

« Les preuves accablantes contenues dans l’évaluation globale publiée par l’IPBES et obtenues à partir d’un large éventail de domaines de connaissance, présentent un panorama inquiétant », a déclaré le président de l’IPBES, Sir Robert Watson. « La santé des écosystèmes dont nous dépendons, ainsi que toutes les autres espèces, se dégrade plus vite que jamais. Nous sommes en train d’éroder les fondements mêmes de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans le
monde entier ».

« Le rapport nous dit aussi qu’il n’est pas trop tard pour agir, mais seulement si nous commençons à le faire maintenant à tous les niveaux, du local au mondial », a-t-il ajouté « Grâce au « changement transformateur », la nature peut encore être conservée, restaurée et utilisée de manière durable – ce qui est également essentiel pour répondre à la plupart des autres objectifs mondiaux. Par «changement transformateur », on entend un changement fondamental à l’échelle d’un système, qui prend en considération les facteurs technologiques, économiques et sociaux, y compris en termes de paradigmes, objectifs et valeurs.

Les États membres de la plénière de l’IPBES ont reconnu que, par sa nature même, un changement transformateur peut susciter une opposition de la part de ceux qui ont des intérêts attachés au statu quo, mais également que cette opposition peut être surmontée pour le bien de tous.

Le rapport d’évaluation mondiale sur la biodiversité et les services écosystémiques est le document le plus exhaustif réalisé à ce jour. Il s’agit du premier rapport intergouvernemental de ce type. Il s’appuie sur l’évaluation historique des écosystèmes pour le millénaire (Millenium Ecosystem Assessment) de 2005 et introduit de nouveaux moyens pour d’évaluation des preuves.

Élaboré par 145 experts issus de 50 pays au cours des trois dernières années, avec des contributions additionnelles apportées par 310 autres experts, le rapport évalue les changements au cours des cinq dernières décennies et fournit un aperçu complet de la relation entre les trajectoires de développement économique et leurs impacts sur la nature. Le document propose également un éventail de scénarios possibles pour les décennies à venir.

Basé sur une revue systématique d’environ 15 000 références scientifiques et sources gouvernementales, le rapport s’appuie aussi (et pour la première fois à une telle échelle) sur les savoirs autochtones et locaux, et aborde en particulier les questions concernant les peuples autochtones et les communautés locales.

« Les contributions apportées par la biodiversité et la nature aux populations sont notre patrimoine commun et forment le plus important ’filet de sécurité’ pour la survie de l’humanité. Mais ce filet de sécurité a été étiré jusqu’à son point de rupture », a déclaré la professeure Sandra Díaz (Argentine), qui a co-présidé l’évaluation avec les professeurs Josef Settele (Allemagne) et Eduardo S. Brondízio (Brésil et États-Unis). « La diversité au sein des espèces, entre les espèces et celles des écosystèmes, ainsi que de nombreuses contributions fondamentales qui proviennent de la nature se dégradent rapidement, même si nous avons encore les moyens d’assurer un avenir durable aux êtres humains et à la planète.»

Le rapport estime qu’environ 1 million d’espèces animales et végétales sont aujourd’hui menacées d’extinction, notamment au cours des prochaines décennies, ce qui n’a jamais eu lieu auparavant dans l’histoire de l’humanité.

Depuis 1900, l’abondance moyenne des espèces locales dans la plupart des grands habitats terrestres a diminué d’au moins 20 % en moyenne. Plus de 40 % des espèces d’amphibiens, près de 33 % des récifs coralliens et plus d’un tiers de tous les mammifères marins sont menacés. La situation est moins claire pour les espèces d’insectes, mais les données disponibles conduisent à une estimation provisoire de 10 % d’espèces menacées. Au moins 680 espèces de vertébrés ont disparu depuis le 16ème siècle et plus de 9 % de toutes les races domestiquées de mammifères utilisées pour l’alimentation et l’agriculture avaient disparu en 2016, et 1 000 races de plus sont menacées.

« Les écosystèmes, les espèces, les populations sauvages, les variétés locales de plantes et les races locales d’animaux domestiques diminuent, se réduisent ou disparaissent. Le tissu vivant de la Terre, essentiel et interconnecté, se réduit et s’effiloche de plus en plus », a déclaré le professeur Settele. « Cette perte est la conséquence directe de l’activité humaine et constitue une menace directe pour le bien-être de l’humanité dans toutes les régions du monde. »

Pour accroître la pertinence politique du rapport, les auteurs de l’évaluation ont classé, pour la première fois à une telle échelle et sur la base d’une analyse approfondie des données disponibles, les cinq facteurs directs de changement qui affectent la nature et qui ont les
plus forts impacts à l’échelle mondiale. Les facteurs responsables sont, par ordre décroissant : (1) les changements d’usage des terres et de la mer ; (2) l’exploitation directe de certains organismes ; (3) le changement climatique ; (4) la pollution et (5) les espèces exotiques envahissantes.

Le rapport souligne que, depuis 1980, les émissions de gaz à effet de serre ont été multipliées par deux, provoquant une augmentation des températures moyennes mondiales d’au moins 0,7 degré Celsius. Le changement climatique a déjà un impact sur la nature, depuis le niveau des écosystèmes jusqu’à celui de la diversité génétique – impact qui devrait augmenter au cours des décennies à venir et, dans certains cas, surpasser l’impact dû au changement d’usage des terres et de la mer et des autres facteurs de pression.

En dépit des progrès réalisés pour conserver la nature et mettre en œuvre des politiques en faveur de celle-ci, le rapport met aussi en évidence que les trajectoires actuelles ne permettent pas d’atteindre les objectifs mondiaux visant à conserver et exploiter durablement la nature. Les objectifs pour 2030 et au-delà ne pourront être atteints que par un changement transformateur dans les domaines de l’économie, de la société, de la politique et de la technologie. Avec seulement quatre des vingt objectifs d’Aichi pour la biodiversité présentant des progrès réels dans leurs déclinaisons, il est probable que la plupart d’entre eux ne seront pas atteints d’ici l’échéance de 2020. Les tendances négatives actuelles concernant la biodiversité et les écosystèmes vont freiner les progrès en vue d’atteindre les objectifs de développement durable dans 80% (35 sur 44) des cas où les cibles ont été évaluées ; en particulier ceux liées à la pauvreté, la faim, la santé, l’eau, les villes, le climat, les océans et les sols (ODD 1, 2, 3, 6, 11, 13, 14 et 15). La perte de biodiversité est donc non seulement un problème environnemental, mais aussi un enjeu lié au développement, à l’économie, la sécurité, la société et l’éthique.

« Pour mieux comprendre et, plus important encore, pour s’attaquer aux principales causes des dommages causés à la biodiversité et aux contributions apportées par la nature aux populations, nous devons comprendre l’histoire et les interconnections mondiales qui existent entre les facteurs indirects complexes de changement démographiques et économiques, ainsi que les valeurs sociales qui les sous-tendent », a déclaré le professeur Brondízio. « Les principaux facteurs indirects comprennent l’augmentation de la population et de la consommation par habitant ; l’innovation technologique, dont les dommages causés à la nature ont diminué dans certains cas tandis qu’ils ont augmenté dans d’autres; et, de manière critique, les questions de gouvernance et de responsabilité. Une tendance qui émerge est celle dite de l’interconnectivité mondiale et du « telecoupling ». Dans ce cas, l’extraction des ressources et leur production ont lieu dans une partie du monde, mais servent souvent à satisfaire les besoins de consommateurs éloignés, qui vivent dans d’autres régions.»

D’autres résultats majeurs du rapport sont à prendre aussi en compte (Vous trouverez de plus amples informations sur un large éventail de résultats dans la section « Informations complémentaires » du présent communiqué) :

• Les trois quarts de l’environnement terrestre et environ 66 % du milieu marin ont été significativement modifiés par l’action humaine. En moyenne, ces tendances ont été moins graves ou évitées dans les zones qui appartiennent à ou sont gérées par des peuples autochtones et des communautés locales.

• Plus d’un tiers de la surface terrestre du monde et près de 75 % des ressources en eau douce sont maintenant destinées à l’agriculture ou à l’élevage. La valeur de la production agricole a augmenté d’environ 300 % depuis 1970, la récolte de bois brut a augmenté de 45 % et environ 60 milliards de tonnes de ressources renouvelables et non renouvelables sont maintenant extraites chaque année dans le monde – quantité qui a presque doublé depuis 1980.

• La dégradation des sols a réduit de 23 % la productivité de l’ensemble de la surface terrestre mondiale ; une partie de la production agricole annuelle mondiale, d’une valeur marchande pouvant atteindre 577 milliards de dollars US, est confrontée au risque de disparition des pollinisateurs et de 100 à 300 millions de personnes sont exposées à un risque accru d’inondations et d’ouragans en raison de la perte d’habitats côtiers et de leur protection.

• En 2015, 33 % des stocks de poissons marins ont été exploités à des niveaux non durable ; 60 % l’ont été au niveau maximum de pêche durable, et seulement 7 % à un niveau inférieur à celui estimé comme étant durable.

• Les zones urbaines ont plus que doublé depuis 1992.

• La pollution par les plastiques a été multipliée par dix depuis 1980 ; environ 300-400 millions de tonnes de métaux lourds, solvants, boues toxiques et autres déchets issus des sites industriels sont déversés chaque année dans les eaux du monde, et les engrais qui arrivent dans les écosystèmes côtiers ont produit plus de 400 « zones mortes» dans les océans, ce qui représente environ 245.000 km2, soit une superficie totale plus grande que le Royaume-Uni.

• Les tendances négatives de la nature continueront jusqu’en 2050 et au-delà, dans tous les scénarios politiques explorés dans le rapport, sauf dans ceux qui proposent un changement transformateur – cela en raison de l’impact qu’aura l’augmentation du changement d’usage des terres, l’exploitation de certains organismes et le changement climatique, toutefois avec des différences significatives selon les régions.

Le rapport présente également un large éventail d’exemples d’actions en faveur du développement durable et les trajectoires pour les réaliser dans des secteurs tels que l’agriculture, la foresterie, les écosystèmes marins, les écosystèmes d’eau douce, les zones urbaines, l’énergie, les finances et bien d’autres. Le document souligne combien il est important, entre autres, d’adopter une gestion intégrée et des approches intersectorielles qui prennent en compte les compromis entre la production alimentaire et celle de l’énergie, les infrastructures, la gestion de l’eau douce et des zones côtières, ainsi que la conservation de la biodiversité.

En vue de créer une économie mondiale durable, l’évolution des systèmes financiers et économiques mondiaux a également été identifiée comme un élément clé des politiques futures plus durables. Elle s’éloigne du paradigme actuel trop limité de la croissance économique.

« L’IPBES présente aux décideurs une base scientifique fiable, les connaissances et les options stratégiques pour qu’ils les analysent », a déclaré la Docteure Anne Larigauderie, secrétaire exécutive de l’IPBES. « Nous remercions les centaines d’experts, issus du monde entier, qui ont donné de leur temps et partagé leurs connaissances pour aider à combattre la disparition des espèces, des écosystèmes et de la diversité génétique – une menace véritablement mondiale et générationnelle contre le bien-être humain. »

Le rapport de l’IPBES : scénarisation et non-accès aux informations

Le fait que le rapport de l’IPBES sur la biodiversité n’ait pas été rendu public est très important. Il ne faut pas croire que l’idée est de faire un bilan de la biodiversité et d’en donner les résultats. L’objectif est de présenter ce bilan d’une certaine manière et de le fournir immédiatement avec la manière de l’interpréter. C’est une manière de contourner toute critique possible et d’immédiatement encadrer tout ce qui peut être dit.

Comment l’IPBES a-t-elle procédé ? Elle a fait en sorte d’ajouter quelque chose au petit communiqué sur l’accord au sujet d’un rapport commun faisant le bilan de la biodiversité. Cet ajout consiste en des « Informations complémentaires », formées des catégories suivantes :

  • Ampleur de la destruction de la nature
  • Peuples autochtones, communautés locales et nature
  • Objectifs mondiaux et scénarios politiques
  • Instruments politiques, options et bonnes pratiques
  • Quelques chiffres : statistiques clés et faits

Il faut voir chaque chose présentée plus en détail. Cependant, il est essentiel de comprendre ici que ces « informations » sont parfaitement structurées, dans un véritable petit scénario. Ce n’est pas comme si l’IPBES avait livré un rapport sur la situation, de manière « neutre », que chacun pourrait prendre en considération, puis proposer démocratiquement des solutions.

On pourrait d’ailleurs imaginer que, logiquement, le rapport est rendu public, traduit évidemment dans toutes les langues, disponibles en pdf et en version papier, le tout étant fourni gratuitement à tous les membres des appareils d’État du monde entier, ainsi qu’aux institutions économiques, éducatives, scientifiques, etc.

Ce n’est pas du tout le cas, malheureusement. Le fait de ne pas rendre public le rapport vise même à empêcher cela. Il n’y a même pas de date pour la rendue publique ! C’est dire tout de même à quel point l’IPBES maintient un contrôle total sur l’ensemble. Rien que ce procédé devrait interpeller.

Regardons maintenant quelle est la logique du scénario sous-jacent à ce qui a été rendu public le 6 mai 2019. La « Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques » a agi de la manière suivante :

a) l’IPBES annonce dans un petit communiqué qu’elle a réussi à établir un document commun aux différents pays pour établir une « base scientifique » sur les dégâts causés à la « biodiversité » ;

b) le petit ajout sur « l’ampleur de la destruction de la nature » ne parle paradoxalement pas vraiment de cela, mais raconte comment l’humanité s’est récemment agrandie numériquement et a renforcé ses industries, établi un mode de vie plus consommateur de ressources ;

c) le petit ajout sur les « Peuples autochtones, communautés locales et nature » présente un mode de vie censé être à l’inverse de ce qui est présenté au point précédent ;

d) le petit ajout sur les « Instruments politiques, options et bonnes pratiques » prend bien évidemment comme modèle ce qui est exposé au point précédent, appelant à une « bonne pratique » ;

e) le petit ajout « Quelques chiffres : statistiques clés et faits » consiste en une avalanche de chiffres pour bien souligner l’importance de ce qui est présenté.

Conclusion : on doit considérer que le point a) reflète un pas en avant, qui est impliqué par b), ce dernier point étant contrebalancé par le point c), qui sert alors de modèle de « bonne gouvernance » comme le veut le point d). Pour bien asseoir l’ensemble, on a le point e) qui montre de manière comptable ce qui est en train d’être perdu.

Il faut encore analyser en détail ce qui est établi et fourni comme conclusions. Mais au-delà de cela, au-delà même des considérations sur l’opposition entre le biocentrisme et l’anthropocentrisme au sein de ce rapport, il y a lieu de souligner le caractère anti-démocratique de la démarche.

Dans l’ordre des choses, l’ONU aurait dû dire : voilà quel est l’état du monde, je vous le montre tel quel. Chaque personne devrait, en son âme et conscience, être confrontée à cet état du monde, le prendre en considération et l’assumer dans un sens ou dans un autre. C’est la base d’une lecture rationnelle de la part des gens, pour un choix exposé et partagé ou non par la majorité, par l’ensemble.

Ici, le fait est qu’on n’ait pas accès à cet état du monde. On a droit à des résumés, à des informations distillées selon les choix des rédacteurs. L’information brute n’est pas disponible. On ne peut pas l’évaluer, on ne peut même pas évaluer la valeur de cette information brute, puisqu’on ne sait même pas en quoi elle consiste.

On nous demande de croire sur parole. C’est la soumission aux experts, la porte ouverte aux fantasmes complotistes climato-sceptique, qui auront beau jeu d’attaquer le procédé, comme ils le font pour les rapports du GIEC sur le réchauffement climatique.

Toutefois, il ne faut pas croire que cela soit tout. L’IPBES a également produit un « résumé pour les décideurs ». C’est un petit document à part, présentant les « clefs » du rapport, avec les éléments de langage, la manière de comprendre les choses, etc. C’est quelque chose de totalement orienté.

Le contenu reste à voir, mais encore une fois, au-delà de cela, il y a la question de la forme. On peut considérer qu’une initiative visant à établir un état d’esprit à l’échelle mondiale est une bonne chose. Sauf que là cela se déroule de manière non démocratique. Un organisme explique comment voir les choses aux « décideurs ». Déjà que ces derniers décident sans demander l’avis des gens, si en plus on leur explique certaines choses en passant au-dessus de tout le monde, même des décideurs… Qui décide de quoi ?

Et comment veut-on que les gens s’impliquent dans l’écologie, si les décisions leur sont étrangères ? Il y a ici un problème de fond dans la méthode, qui reflète il est vrai une panique générale. Car la seule conclusion est évidemment : on renverse tout le système et on adopte la morale vegan straight edge, soumettant l’humanité aux intérêts planétaires.

Cela présuppose un gouvernement mondial, et pas une ONU diffusant des points de vue de manière transnationale.

Le rapport de l’IPBES : anthropocentrisme contre biocentrisme

Le point de vue final de l’IPBES sur la situation de la biodiversité a été rendu public le lundi 6 mai 2019 et il y a lieu de porter un regard très approfondi sur ce qui est dit. Pour cette raison, il faut étudier cela aspect par aspect. Notons tout de suite cependant que le rapport complet n’est pas disponible. Les signataires se sont mis d’accord sur un texte de 1500 pages… mais ne le rendent pas public ! Cela le sera en cours d’année… En attendant, on a qu’un résumé, avec des thèses qu’on doit croire sur parole ! Nous y reviendrons, point par point.

Notons déjà que, malgré que la réunion ait eu lieu en France, à Paris, il n’y a eu aucun émotion ou mouvement tant du côté des gens que du côté des médias ou des partis politiques, ou bien encore des associations.

Personne n’a les moyens de mobiliser et les gens ne veulent pas se bouger. Les initiatives sont pathétiques. La « marche mondiale » organisée à Metz a rassemblé… 2000 personnes, mais c’était dans une sorte de fusion avec les gilets jaunes qui ont évidemment pris le dessus et relégué les écologistes en fin de cortège. Le quotidien Le Parisien a donné des conseils pour sauver la planète et on trouve des recettes faciles du type manger moins de viande, manger bio, etc., comme si tout n’était qu’une affaire à la fois individuelle et aisée à régler.

Le Figaro, à la rendue publique du document de l’IPBES, a bien mis un article en tête de gondole de son site (Un million d’espèces menacées d’extinction sur la planète), mais l’article est… payant et l’actualité live mise en avant est une naissance dans la famille royale britannique. Cela en dit long sur le sens des priorités

Mais portons déjà un regard sur l’approche de l’IPBES elle-même, avant de voir son rapport. Cette structure, mise en place dans le cadre de l’ONU, se définit comme la « Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques ». Le problème saute aux yeux pour qui raisonne en termes de planète comme système unifié, comme Gaïa. Déjà, il ne faudrait pas une plateforme intergouvernementale, mais un gouvernement mondial. La question est planétaire, la réponse est planétaire.

Tout autre point de vue appartient au passé.

Ensuite, les termes de « biodiversité et de « services écosystémiques » sont erronés. Ils s’appuient en effet sur la multiplicité, alors qu’il faudrait partir d’un point de vue biocentriste, c’est-à-dire centralisé, unifié. La bio-diversité est secondaire par rapport au caractère unifié de la vie planétaire ; on parle ici d’une biosphère. Il n’y a pas de « services » fournis par des « écosystèmes », mais des interrelations de la vie à l’échelle de la planète.

Il n’y a pas de « diversité » et d’éléments individuels, séparés, mais un tout composé de multiples éléments lui étant subordonnés dans leur substance même. Il n’y a pas l’humanité d’un côté, des êtres vivants naturels de l’autre, sur un rocher dans l’espace. Il y a Gaïa, et rien d’autre.

Certains diront que c’est du pinaillage ou de la mystique, mais c’est qu’ils ne voient pas ou refusent le point de vue biocentriste et la lecture de la planète comme système-Terre unifié. C’est d’ailleurs le cas de l’humanité encore aujourd’hui et la conséquence en est la continuation de la catastrophe. Tant que la planète ne sera pas considérée comme étant Gaïa, un système unifié, jamais il ne sera possible de se placer au niveau des questions posées par Gaïa dans son rapport à l’humanité, et inversement.

Tant que Gaïa sera niée, Gaïa sera incomprise et le processus de crise s’amplifiera… Et cela jusqu’au bout, jusqu’à la soumission à Gaïa. Les religieux veulent la soumission à Dieu, les individualistes celle à l’individu, tous ont tort. Il faut se soumettre à la Nature et nous sommes nous-mêmes naturels ; pour être soi-même, il faut se soumettre à sa propre nature, sa propre substance.

L’humanité n’est pas extérieure à la Nature, elle en est une composante, elle n’en est qu’une composante et rien d’autre. L’évolution à l’échelle planétaire n’est pas l’évolution de l’humanité isolée du reste, mais l’évolution de la planète comme système unifié, avec des évolutions en son sein, où tout est relié, connecté

L’IPBES n’est pas d’accord avec la thèse de la planète comme Gaïa. Pour cette structure, il n’y a pas de Nature, mais la « nature » comme rassemblement d’êtres vivants formant un phénomène se développant à côté de l’humanité. D’où les phrases formant les titres du rapport dans sa version sous forme de résumé :

« Le dangereux déclin de la nature :
Un taux d’extinction des espèces « sans précédent » et qui s’accélère  

La réponse mondiale actuelle est insuffisante ;
Des « changements transformateurs» sont nécessaires pour restaurer et protéger la nature

Les intérêts particuliers doivent être dépassés pour le bien de tous »

Tout ce qu’on lit ici est absurde. La Nature ne peut pas « décliner » et il ne s’agit pas de la « protéger ». La vie est invincible et le développement de la Nature ne peut pas être arrêté. L’idée selon laquelle l’humanité devrait « gérer » de manière meilleure son rapport à la « nature » comme phénomène relève résolument de l’anthropocentrisme, et c’est faux

Le biocentrisme reconnaît la vie comme un processus en développement, toujours plus complexe et se diffusant toujours plus. Rien ne peut arrêter la vie et sa diffusion

Il faut d’ailleurs être bien naïf pour croire que les intérêts particuliers pourraient être « dépassés » du moment qu’on les reconnaît. Les intérêts particuliers ne doivent pas être dépassés, ils doivent s’effacer devant ceux de la planète comme système unifié. C’est le principe du slogan : la Terre d’abord

Le rapport de l’IPBES se relève de fait intenable dans sa nature même, par définition collective, planétaire, totale. Que peuvent faire des individus dispersés par rapport à cela ? Ils ne peuvent que paniquer ou bien refuser les faits… Une telle approche doit être abolie. L’ère de l’anthropocentrisme se termine, celle de l’humanité au service de la vie sur la Terre commence. Et comme on est loin du compte, cela signifie qu’il va y avoir un bouleversement général, une révolution à l’échelle planétaire, l’affirmation de valeurs totalement nouvelles. La morale vegan straight edge va s’imposer

La question qui se pose ici est alors : comment interpréter l’extinction des espèces ? C’est, au-delà des apparences, une question d’une complexité gigantesque. Il ne s’agit pas de nier la destruction, mais il faut voir que la Nature s’appuie sur elle-même. Si des animaux en mangent d’autres, ou si des êtres vivants en mangent d’autres (comme certains animaux avec le végétaux), ce n’est pas parce que la Nature est cruelle.

Ce qui se passe, c’est qu’elle évolue, mais comment peut-elle évoluer, si ce n’est en se transformant elle-même ? La Nature est vie et dans ses fondements mêmes, il y a le fait de vouloir prolonger la vie. Chaque être veut persévérer dans son être, comme l’a dit Spinoza, c’est la base de la Nature même. La souffrance, la cruauté apparente que l’on voit dans la Nature, n’est qu’un support de l’évolution. Il faut ici avoir confiance en la Nature, en son évolution, qui ne peut qu’aboutir à la protection générale de la vie

A l’avenir, la vie se développera sans s’auto-mutiler. Qui a compris ce qu’est la Nature et le sens de son évolution, de son progrès, ne peut pas voir les choses autrement.

Il faut de plus être très prudent avec la notion d’espèces. Elle a été conçu par l’humanité pour procéder à des descriptions, des classifications des êtres vivants. Cela correspond-il à la Nature dans son contenu ? C’est là un champ d’analyse pour les cent prochaines années. Remarquons d’ailleurs que l’humanité affirme elle-même qu’elle ne sait pas précisément combien il y a d’espèces sur Terre. Sa propre définition de ce qu’est une espèce est très difficilement praticable.

Rappelons aussi que pendant des décennies, on a expliqué que les dinosaures ont disparu. L’écrasante majorité des gens le pensent encore. Mais on sait depuis les années 1990 qu’en réalité, une partie des dinosaures s’est transformée en les oiseaux. Il y a même davantage d’espèces d’oiseaux que de mammifères… Plutôt pas mal pour quelque chose qui est censé avoir disparu !

Prenons un autre exemple, avec Franck Courchamp, chercheur au CNRS et observateur du rapport de la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques. Le Monde a organisé un tchat avec lui et voici une de ses réponses, qui du point de vue biocentriste le résume à un simple charlatan



« Ma question est la suivante : – a t on besoin de toutes les espèces !?
-Mr green

Franck Courchamp : Non bien sûr. On n’a pas besoin de tout, il y a une certaine redondance, avec certaines espèces remplissant des rôles écologiques similaires à d’autres. »

Voilà une réponse de comptable, certainement pas de quelqu’un ayant étudié la vie et, connaissant sa complexité, sait bien que ce qui existe n’existe pas pour rien et a une fonction, dans un ensemble interconnecté. La lecture pragmatique, avec des entrées-sorties comme dans la comptabilité, est une aberration criminelle à l’époque de la crise planétaire. Cela en dit long sur l’IPBES… Francj Courchamp se prend ici pour le responsable du personnel de l’entreprise écosystèmes & Cie dirigée par l’humanité…

Citons une autre de ses réponses, où la carte d’électeur et la carte de crédit sont mis sur le même plan, en-dehors de toute question de conscience, de culture, de rapport à la Nature… On est ici dans la supercherie anthropocentriste.

« Chacun d’entre nous a deux cartes dans sa manche. D’abord, la carte d’électeur : les politiciens font ce que les électeurs veulent s’ils veulent être élus. Votez pour ceux qui mettent l’environnement en premier lieu. Ensuite, la carte de crédit : vos choix de consommation font une différence énorme (moins de viande, moins d’emballage, moins d’huile de palme, etc.). Il faut juste qu’on se rappelle que pour être heureux, il y a d’autres moyens que d’aller s’acheter une nouvelle paire de chaussures… »

Encore et toujours l’individu ! Mais cela ne tient plus. La crise par rapport à Gaïa est trop profonde.

On dira, de manière fort juste, que de toutes façons c’est la vie sauvage en général qui compte, pas les « espèces ». Et c’est là tout à fait comment il faut voir les choses, effectivement. C’est d’ailleurs le point d’achoppement de toute la lecture anthropocentriste, qui ne peut que s’effondrer. L’humanité appartient à la Nature et une humanité, aussi aliénée qu’elle soit, ne peut pas agir contre sa propre substance. Elle est imbriquée dans la Nature, elle ne peut pas agir contre elle.

Dans quelle mesure tout ce qu’elle a fait jusqu’à présent a-t-il été au service de la Nature ? On ne le sait pas encore. Peut-être l’humanité n’est-elle qu’un outil pour par exemple protéger la Gaïa d’éventuelles météorites risquant de lui rentrer dedans. Peut-être n’a-t-elle été qu’un moyen pour diffuser tous les éléments naturels à la surface de la planète. Peut-être était-ce son rôle que d’accélérer un réchauffement.

Dans tous les cas, il appartient à l’humanité de se mettre au service de Gaïa et d’arrêter d’agir de manière anthropocentriste. Il faut une nouvelle génération qui assume le biocentrisme, opérant une analyse de tous les aspects de la vie planétaire, de tous les aspects de la vie humaine, et qui réorganise toutes les valeurs, toute la production, tout le style de vie.

Les générations passées sont trop corrompues, cyniques, passives, individualistes… Elles sont incapables de quoi que ce soit, car elles ne savent pas ce qu’est la loyauté. Et Gaïa a justement besoin de cela : de combattants la protégeant avec la loyauté la plus totale… Pas de compromis en défense de notre mère la Terre !

Conférence internationale sur la biodiversité de l’IPBES à Paris

A Paris vient de commencer un travail de discussion sur la biodiversité mené par un groupe intergouvernemental issu de l’ONU. Cela durera jusqu’au 4 mai, avec un document final publié le 6 mai.

Il s’agit de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services, IPBES). Il s’agit d’une sorte de GIEC, mais pour la biodiversité, fondé en 2012.

La réunion parisienne doit en fait valider un document d’évaluation générale de la situation de 1800 pages, qui n’est malheureusement pas encore disponible, et ne le sera jamais. Il est réservé aux « experts », ce qui est une honte. Seule la version finale, qu’on devine relativisée en bien des aspects, sera accessible.

On voit encore comment les questions en rapport avec la Nature sont soigneusement contrôlées en amont par les États, afin d’éviter toute saisie démocratique, toute analyse réelle et conséquente.

Et même ce qui est simplement évalué pourrait suffire à transformer les consciences. Les informations diluées diffusées dans les médias parlent de jusqu’à un million d’espèces animales et végétales qui vont disparaître, souvent dans les prochaines décennies.

L’IPBES a pour cette raison même publié un communiqué de démenti ! Les médias s’appuient sur un document non validé par les 132 États membres, ils utilisent un document confidentiel réservé aux gouvernements et aux experts… et ce serait une bonne chose pour en conserver… la « transparence » ! L’IPBES n’a peur de rien !

L’organisation explique également que les médias auront droit à la version finale le 4, mais sans le droit d’en parler avant la publication publique le 6.

Il va de soi également que les discussions ne seront pas publiques… Le déni de la démocratie est total. Et la paralysie face à cela totale. On devine bien sûr que les États ne vont pas crier sur tous les toits qu’ils soutiennent un massacre planétaire… Mais, à cela s’ajoute le fait que, il faut bien le dire, les opinions publiques sont bien contentes de ne pas trop en savoir et de pouvoir déléguer toute responsabilité.

Quant aux gens conscients, ils ne sont pas engagés suffisamment à fond, pas prêts à la rupture totale, à partir en guerre. Il le faudra bien, pourtant.

Pour se faire une idée sur l’IPBES à Paris, voici une vidéo de plusieurs heures de vidéo en français de la conférence introductive (une « journée des parties prenantes), qui s’est tenue la veille de l’ouverture officielle.

Cette incapacité à affronter ne serait-ce que l’opinion publique quant au désastre concernant la biodiversité en dit donc très long. Mais le rapport final du 6 mai lui-même ne pourra-t-il pas présenter autre chose qu’une perspective d’effondrement ?

Il est impossible qu’il n’y ait pas une prise de conscience, ne serait-ce qu’a minima, à la suite de la publication du rapport. Nous entrons dans une période nouvelle où cela va être le tout pour le tout, où la bataille pour le soulèvement des consciences va être décisif.

Quelqu’un comme Bruno Retailleau, membre du Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers et président du groupe UMP puis Les Républicains au Sénat, l’a bien compris…

Les gilets verts d’Extinction Rébellion

Les réseaux sociaux sont désormais parfaitement maîtrisés par des experts en faisant un business lié à des « causes » : l’exemple de la jeune suédoise Greta Thunberg est un parfait modèle de ce type d’escroquerie. Elle vient d’ailleurs de rencontrer le pape, qui l’a naturellement salué chaleureusement, le Vatican s’empressant d’informer la chose suivante :

« De son côté, Greta Thunberg, qui avait demandé à rencontrer le pape, l’a remercié pour son grand engagement en faveur de la création. »

C’est littéralement honteux pour qui a étudié l’encyclique du pape sur l’écologie, qui est d’un vide abyssal (voir notamment ici, , encore , ainsi que ). Rappelons que c’est Nicolas Hulot qui avait écrit la préface de la traduction française.

Par la suite, Greta Thunberg a rejoint Londres, épicentre d’une « première semaine internationale de la rébellion », qui vient de se terminer. Elle était organisée par « Extinction Rébellion », une nouvelle structure née en octobre 2018 en Angleterre. Greta Thunberg y était bien entendu déjà présente…

« Extinction Rébellion » est appuyée par grosso modo toute la mouvance équivalent en France au quotidien Le Monde. C’est une sorte de Greenpeace version réchauffement climatique, avec donc un appui financier et médiatique important.

Lors de la semaine de désobéissance civile, des centaines de personnes ont occupé plusieurs places centrales de Londres, aboutissant par ailleurs à plus d’un millier d’arrestations. En France, le vendredi 19 avril, c’est à La Défense que pareillement deux mille personnes (avec plusieurs ONG se mobilisant) ont bloqué les sites du ministère de la Transition écologique, de la Société générale, d’EDF et de Total. Il y a également l’entrée du ministère de l’agriculture qui a été bloquée en « soutien au monde paysan », etc.

La question est évidemment : qui sont ces gens ? D’où viennent-ils ? Depuis quand la France dispose-t-elle de tellement d’activistes engagés dans un combat ouvert contre le réchauffement climatique et la destruction des espèces qui en découle ? Surtout que « Extinction Rébellion » revendique pour la France 900 membres en janvier 2019, 3 000 en avril.

En fait, on l’aura compris, c’est une mode passant par les réseaux sociaux. Il ne s’agit pas d’activistes menant un patient travail de fond, sur des bases solides, durables, avec des perspectives morales et culturelles fortes.

« Extinction Rébellion » profite de cet engouement passager et « radical » pour une cause indéniablement juste, mais qui est totalement desservie par des attitudes consommatrices consistant à « témoigner ». On s’inscrit par internet, on suit sur Facebook et Twitter (voire Instagram), on vient témoigner lors d’une action, et on s’imagine activiste ou militant. Des structures comme L214 ou 269 n’agissent pas différemment.

Voici le document de naissance de cette structure en France, rendu public lors de l’occupation le 24 mars 2019 d’une salle du Muséum d’histoire naturelle à Paris. L’étudier avec un regard approfondi apporte un éclairage significatif.

« À l’aube de la seconde guerre mondiale, le 1er ministre britannique Winston Churchill alerte les grandes puissances européennes qui ne réagissent pas à l’invasion de la Tchécoslovaquie par les forces nazies parce qu’elles espèrent, par leur inaction, maintenir la paix. Il leur dit : “Vous avez voulu éviter la guerre au prix de la honte. Vous avez choisi la honte mais vous aurez la guerre.”

Aujourd’hui, à l’aube d’un basculement sans précédent des équilibres écologiques de la planète, le mouvement international Extinction Rebellion alerte les citoyens et les gouvernements qui ne réagissent pas à l’emballement climatique et à l’effondrement de la biodiversité. Il alerte ceux qui espèrent, par leur inaction, maintenir la paix sociale.  ”Vous avez voulu sauver un système et son mode de vie au prix de la survie de vos propres enfants. Vous avez choisi la honte mais vous aurez la guerre” – car vous serez inévitablement contraint de vous adapter à des conditions impossibles – et chaque mois perdu à repousser les dures décisions qui s’imposent rendra cette transition plus titanesque encore. C’est d’un effort de guerre dont nous avons besoin aujourd’hui.

Les faits sont là. Le dernier rapport du GIEC, qui acte de l’état actuel de nos connaissances scientifiques sur le climat, élève une nouvelle fois la voix. Il nous exhorte à des changements sociétaux rapides, profonds et de grande envergure pour limiter l’impact d’une augmentation mondiale de la température, dont les conséquences frappent déjà les plus démuni.e.s : montée des eaux, inondations, sécheresses, phénomènes météo extrêmes, épidémies, famines, conflits et migrations.

Notre logique industrielle expansionniste détruit en ce moment même tout ce dont nous dépendons. L’eau, l’air et les sols sains se raréfient. Toutes nos ressources s’épuisent. La Vie s’effondre partout autour de nous. Ce n’est pas une crise passagère. C’est un changement irréversible. Toutes les espèces qui disparaissent ne réapparaîtront pas. Le charbon, le pétrole, le gaz partis en fumée ne se régénèreront pas. Pour nous, il n’y aura pas de retour en arrière.

Mais tout doit être tenté car on aperçoit déjà la conséquence de ce chemin, conséquence à la fois logique et inimaginable : allons-nous être les témoins de l’effondrement de notre population, et peut-être de notre propre disparition ? En ce jour de Déclaration de Rébellion, nous sommes ici, au Muséum National d’Histoire Naturelle, pour proclamer notre rébellion symbolique contre notre extinction et notre rébellion politique contre tout ce qui nous y mène à grands pas.

Nous sommes ici pour remettre notre espèce à sa juste place, au sein de cette fragile toile du Vivant sans laquelle rien n’est possible, cette toile qu’il faudrait honorer et qu’à la place nous détricotons consciencieusement. Ici, dans ce lieu de culture qui tente de rappeler la magie et la diversité du Vivant, où est l’humain ? Où est l’humain dans cette grande fresque de la Vie ? Sera-t-il lui aussi bientôt empaillé, prêt à rejoindre toutes les espèces qui disparaissent à cet instant, et qui disparaitront demain et après demain encore ?

Nous laissons à nos enfants l’enfer en héritage. Ce n’est pas une image. Nous les envoyons vers une mort prématurée si nous ne changeons pas les règles du jeu.

Nous commençons par adresser avec humilité nos excuses à la génération qui aujourd’hui fait ses premiers pas, et nous nous engageons, avec une créativité sans fin, à repeupler nos imaginaires, pour inventer un monde vivable et souhaitable.

Nous savons, qu’au fond de nous, c’est l’instinct de survie qui nous pousse enfin à faire face à notre déni, à nos peurs, à notre colère et à notre désespoir. Nous sommes reconnaissant.e.s envers cet instinct. Mais nous restons lucides.

Nous voyons autour de nous l’impératif de survie devenir une entreprise individuelle et prendre le dessus sur notre dimension collective. S’il se répand, ce réflexe de repli sur soi écrasera les enjeux de justice sociale, d’équité, de transformation de notre modèle économique. S’il se répand, il rendra impossible les choix de société qu’il est vital de faire.

Nous combattons ce repli, conscients que la survie individuelle est une chimère, que les dictatures vertes sont un vrai risque pour la démocratie, et que notre seule solution réaliste est de nous imposer collectivement de nouvelles règles. ​​​​​​​

Nous n’avons plus confiance en la capacité, ni en la volonté de ce gouvernement comme des prochains, de porter et d’encourager cette transformation profonde.  C’est pourquoi, nous, membres d’Extinction Rebellion, appelons tous les arrières-grands-parents, les grands-parents, les parents, les étudiants, et les plus concernés par le climat de demain – les jeunes et les enfants – à entreprendre des actions directes de désobéissance civile, ouvertes à tous, créatives, déterminées, et non-violentes.

Nous sommes pleins de rage contre un système qui organise la destruction du vivant. Nous sommes emplis d’amour pour cette planète.

Nous nous engageons à entrer en rébellion contre des adversaires qu’il est possible d’identifier. Car pendant que des citoyennes, des citoyens et des élu.e.s se battent sur leur territoire pour préserver forêts, montagnes et rivières, de « grands » projets industriels délirants soutenus par les finances publiques continuent de voir le jour. Car pendant que les accords climatiques se succèdent en vain, des banques, des assureurs, des entreprises, des gouvernements criminels continuent d’extraire les énergies fossiles qu’il faut pourtant bannir et garder sous terre pour espérer survivre. Nous viserons ces cibles sans fléchir.

Enfin, en refusant de reconnaître qu’une croissance infinie dans un monde aux ressources limitées est suicidaire, nos gouvernements sont complices. Quand l’État abandonne délibérément sa responsabilité de protéger ses citoyennes et citoyens, il rompt ses engagements. La révolte devient alors notre droit le plus sacré, et notre devoir le plus indispensable.

Parce que chaque dixième de degré compte, parce que chaque espèce disparue compte, parce que chaque minute compte, parce qu’agir nous ramène à la Vie, nous appelons à la désobéissance civile à grande échelle.

Nous avons tous la responsabilité et le devoir de passer à l’action, nous devons nous rébeller pour la vie. La désobéissance civile non violente est notre dernière chance, notre meilleure option, la voie plus efficace pour forcer un changement de système.

Nous sommes désormais prêtes et prêts à enfreindre la loi et à en subir les conséquences. Nous sommes prêtes et prêts à inonder les prisons pour que tout ce que l’on aime ne disparaisse pas sous les eaux. Quand l’espoir meurt, l’action commence.

L’action commence maintenant.

-XR France, 24 mars 2019 »

En réalité, ces gens ne sont prêts à enfreindre rien du tout. Ils sont un phénomène de mode. Dures paroles ? Nous avons dit la même chose au moment de la « grève » pour le climat dans les lycées français et force est de constater que nous avions alors vu juste. Tout cela est du cinéma et des pitreries conformistes, sans aucune analyse de fond des enjeux.

Pour qu’un mouvement dure, il faut des valeurs et une culture. Sinon, cela peut faire du bruit, mais c’est passager et cela n’apporte rien. Et il est difficile de produire des valeurs et une culture! Cela demande du temps, un engagement énorme. Qui est dans un esprit consommateur n’a aucune chance d’y parvenir.

Tout ce que dit d’ailleurs « Extinction Rébellion », c’est qu’on va à la catastrophe et que les gouvernement doivent impérativement cesser les énergies fossiles le plus rapidement possible. C’est là une expression de panique, pas un projet réel. Et il est marquant que cette désobéissance passe sous silence de manière radicale le véganisme.

Il est pourtant parlé de la destruction en cours de nombreuses espèces. Mais il n’en découle rien de positif, aucune reconnaissance positive des animaux, de la Nature dans son existence sauvage, de la planète comme système.

Tout comme les antispécistes font comme si le véganisme n’avait pas existé depuis les années 1990, « Extinction Rébellion » fait comme si l’écologie engagée de manière absolue n’existait pas pareillement depuis les années 1990, voire bien avant. C’est comme si les hippies ou Earth first !, l’ELF ou la scène vegan straight edge n’avaient jamais existé, comme si le biocentrisme était un concept jamais formulé.

Cela étant, ce n’est guère étonnant. Ce que dit « Extinction Rébellion » c’est qu’il faut préserver la possibilité de faire comme avant. Il y a une critique des grandes entreprises polluantes, d’un mode de vie trop consommateur en énergie polluantes ou productrices de Co2, mais aucune remise en cause du rapport à la Nature en général. Il faut juste stopper les pollueurs. Il faudrait un capitalisme « durable ».

« Extinction Rébellion » a pour cette raison pris comme logo un sablier placé au milieu d’un cercle représentant la planète, avec le vert pour l’écologie et le noir pour le deuil de la situation. C’est une expression de panique, sans ambition révolutionnaire ni volonté d’assumer une morale nouvelle et une identité non anthropocentriste. Pour tout dire, on peut les qualifier de gilets verts.

Ils expriment une panique, celle d’un monde changeant inévitablement de manière totale. Et ils ne veulent pas d’une Nouvelle Gaïa, ils veulent retourner en arrière.

Réflexion sur le délit d’obstruction à la chasse

La nouvelle loi sur l’obstruction à la chasse qui va être mis en place impose une grande réflexion. Le présent article est une contribution à cela et il ne prétend pas résoudre toutes les questions à ce sujet, loin de là, surtout que si l’on observe bien la forme et le contenu de la loi, on voit qu’il existe de nombreuses zones floues.

A cela s’ajoute également que tout est une question de rapport de force. Il est évident que si certains vont par exemple faire les malins dans la forêt en disant « on est végan on bloque la chasse à courre ! », ils vont se faire mettre en pièce par l’État. On ne caricature pas un mouvement populaire comme AVA impunément.

Il existe un État avec ses institutions, il existe une société, il existe un peuple. Croire qu’il existe un « spécisme », sorte de domination abstraite flottant au-dessus de tout, et qu’on peut la renverser en affirmant une idée fixe, ce n’est pas qu’être improductif, c’est aller au casse-pipe.

Cette parenthèse nécessaire étant faite, passons aux choses sérieuses avec la loi sur l’obstruction à la chasse comme tentative de casser tout caractère populaire à l’opposition à la chasse. Faisons immédiatement un rappel important quant au fonctionnement du droit en France. Aucun activiste pour les animaux, et cela que ce soit dans le cadre de légalité ou de l’illégalité (la frontière étant ici faussée qui plus est), ne peut échapper en effet à un aspect très particulier du droit de notre pays, à savoir la dimension interprétative très grande dont dispose le juge.

En effet, pour qu’il y ait une contravention, un délit ou un crime, il faut qu’il y ait à la fois un élément matériel et un élément moral, ainsi qu’une loi à ce sujet. Si l’on préfère, pour être condamné pour quelque chose en tant que tel, il faut une loi disant que c’est interdit, une preuve matérielle que la chose a été faite, et la preuve que « moralement » on a voulu le faire.

Cela ne signifie pas qu’on ne puisse pas être condamné pour quelque chose qu’on n’a pas fait exprès, ou bien parce qu’on ne savait pas que c’était interdit (nul n’est censé ignorer la loi !). Mais on est là dans un autre cas de figure, puisque la question est la suivante : la loi sur l’obstruction de la chasse impose-t-elle réellement une preuve de la volonté de nuire à la chasse pour qu’on tombe sous son joug ?

Ou, si l’on veut, suffit-il que quelqu’un dise qu’on a cherché à « empêcher, entraver ou gêner l’acte de chasse ou le déroulement d’une action de chasse en cours, individuelle ou collective, par quelque moyen ou agissement que ce soit », pour être condamné ?

Les termes d’empêcher, entraver, gêner sont en effet très vagues, surtout le terme de « gêner ». Gêner, c’est mettre dans une situation embarrassante, difficile, c’est donc extrêmement large.

En Droit pénal, on connaît par exemple le « fait d’entraver, d’une manière concertée et à l’aide de menaces, l’exercice de la liberté d’expression, du travail, d’association, de réunion ou de manifestation ou d’entraver le déroulement des débats d’une assemblée parlementaire ou d’un organe délibérant d’une collectivité territoriale ». Pour la chasse, si on fait une comparaison avec le droit du travail, entraver, c’est empêcher le fonctionnement régulier.

Cependant, une chasse n’a pas une régularité comme le fait de travailler. On travaille tous les jours et on travaille grosso modo comme on l’a fait hier et comme on le fera demain. La chasse est un processus plus aléatoire, par définition même.

De plus, la loi sur la chasse dirait « par quelque moyen ou agissement que ce soit ». Dans cette logique, en théorie, il suffit d’être dans une forêt et n’importe quel chasseur peut dire qu’on le gêne. La simple présence correspond bien à ce qu’on peut entendre par « par quelque moyen ».

Et autant pour « bloquer les véhicules des chasseur » ou bien « utiliser des produits ou substances destinés à empêcher l’action normale des chiens de chasse ou à les détourner de leur utilisation cynégétique », cela semble assez flagrant, ce sont des choses claires, autant gêner ne veut rien dire.

Mais la théorie n’est pas le droit, aussi faut-il regarder ce qu’il en est. Pourquoi justement « bloquer un véhicule » est-il un cas flagrant ? Car la situation matérielle est évidente et parce que l’intention va de paire aussi.

Il faut ici mentionner deux choses au niveau du droit. Tout d’abord l’article 121-3 du code pénal qui dit :

« Il n’y a point de crime ou de délit sans intention de le commettre. »

Ensuite, le fait que pour la Cour de cassation, il est considéré que :

« La seule constatation de la violation, en connaissance de cause, d’une prescription légale ou réglementaire implique, de la part de son auteur, l’intention coupable exigée par l’article 121-3, al. 1 du Code pénal » (Crim., 11 mai 1995, pourvoi n° 94-82.748 ; voir aussi, Crim., 12 mars 1970, pourvoi n° 69-90.644, Bull. crim. 1970, n° 103, D. 1970, p. 385, note M. Delmas).

Si on bloque une voiture, on a choisi de le faire, selon le droit. Mais qu’en est-il de quelqu’un sciant un mirador de chasse ? Comment le juge peut-il considérer que cela relève d’une entrave de la chasse, et non pas simplement d’une action gratuite ? Comment peut-il justifier l’élément moral dans son rapport à la chasse ?

C’est là techniquement le droit français est problématique.

Imaginons qu’une personne inconnue des personnes de police soit arrêtée pour avoir scié un mirador. Il y a des preuves certaines que c’est elle. Si elle dit qu’elle a fait cela par amusement, elle est juste coupable de dégradations.

Si par contre, il y a marqué ALF sur les restes du mirador, cela pose-t-il un souci, en toute logique ? Non, car il faudrait la preuve en flagrant délit que la même personne ait inscrite les lettres en question, ou bien qu’on retrouve chez elle la même peinture.

Sauf qu’il y a justement un cas de figure, propre à la France : celui où intervient alors le « faisceau » d’indices.

En clair, imaginons que cette même personne milite pour les droits des animaux. L’enquête le prouve. La question est de savoir dans quelle mesure le juge peut ou non alors affirmer que c’est une action anti-chasse.

Dans les pays anglo-saxons, où s’applique ce qu’on appelle la common law, il faut que le juge ait un certain niveau de conviction ; il lui faut des « preuves prépondérantes » dans un procès civil et dans un procès pénal qu’il soit convaincu « au-delà de tout doute raisonnable ».

La personne militant pour les animaux pourrait, dans un tel contexte, tout à fait dire qu’elle a détruit un mirador par amusement, que d’autres personnes sont passées inscrire quelque chose dessus. Le juge doit, normalement, prouver qu’il y a une intention organisée de mener une action dans un but concret.

D’où par exemple aux États-Unis l’autorisation qu’a le FBI d’utiliser des preuves lors de coups montés par elle-même, au moyen d’agents infiltrés, par exemple en enregistrant une discussion où une personne affirme vouloir saboter la chasse.

En France, c’est différent. La preuve de la liaison entre l’intention et l’action n’a pas besoin d’être aussi forte. Il suffit que le juge pense qu’il y ait un lien pour que cela soit considéré comme tel. L’article 427 du Code de procédure pénale affirme en effet que :

« Hors les cas où la loi en dispose autrement, les infractions peuvent être établies par tout mode de preuve et le juge décide d’après son intime conviction. »

Ce « tout mode de preuve » est la boîte de Pandore de la possibilité de condamner n’importe qui n’importe comment si la loi a des contours trop lâches. Ce qui est le cas avec gêner, et même avec empêcher et entraver.

Pourquoi ? Parce que le juge peut chercher des preuves de manière très vague, et même les rassembler pour former ce qu’on appelle un faisceau d’indices, qui sert alors de preuve. Ainsi, un juge peut dire : on a trouvé des badges en faveur de l’ALF chez vous lors d’une perquisition et on sait que vous avez scié un mirador. Donc, en plus du vandalisme, il y a obstruction à la chasse.

Regardons maintenant cependant quelque chose relevant de la simple légalité, par opposition à une action clandestine et illégale. Prenons la situation suivante : un tel a été à un rassemblement contre la chasse à courre, il a été un autre jour dans une forêt alors qu’une chasse à courre s’y déroulait. Le juge peut dire en France : c’est un faisceau d’indices indiquant une intention de la gêner.

Sur le plan de l’élément moral, c’est l’arbitraire. On peut accuser n’importe qui d’être au mauvais endroit au mauvais moment et de l’avoir fait en réalité sciemment. C’est cela qui a amené la possibilité d’interdire de gens de manifester, en raison de la « présomption » qu’ils auraient des intentions morales hostiles.

Cependant, comme nous ne vivons pas sous un régime fasciste, le juge ne peut pas non plus affirmer tout cela aussi simplement que cela, au sens où même s’il peut affirmer l’intention n’importe comment, il faut prouver matériellement les choses pour condamner matériellement.

Et là le terme gêner si négatif pour l’élément moral devient paradoxalement relativement favorable pour les défenseurs des animaux en ce qui concerne l’élément matériel. La suite directe de l’article 427 du Code de procédure pénale mentionnée plus haut dispose en effet que :

« Le juge ne peut fonder sa décision que sur des preuves qui lui sont apportées au cours des débats et contradictoirement discutées devant lui. »

Ce qui signifie que, tant qu’on est pas dans un régime fasciste (qui suivrait toujours ce que dit le juge), il faut que le juge se justifie en disant : telle preuve a été montrée. Or, comment justement prouver qu’il a eu entrave, empêchement, gêne ?

C’est d’autant plus flagrant que la loi fait passer l’obstruction à la chasse de la contravention au délit. Cela change tout. La contravention est prononcée par un juge de proximité ou un juge de police et il n’y a pas d’instruction judiciaire ou quasiment. C’est un peu le principe de : on a fait quelque chose de non-légal, on paie une amende, l’histoire s’arrête.

Mais un délit, cela exige le tribunal correctionnel. L’instruction judiciaire y est facultative, elle est gardée pour les affaires dites complexes. Mais quoi de plus complexe qu’une histoire d’empêchement ? Car en droit les faits doivent correspondre à la définition légale d’une infraction.

Les magistrats vont faire face à une situation où ils devront plonger dans une bataille de définition de dictionnaires pour savoir s’il y a eu ou bien entrave ou bien empêchement ou bien gêne.

Car ils doivent le dire, et le motiver ! Surtout qu’un tel procès implique un avocat, avec une plaidoirie. Les preuves d’un empêchement, ou d’une entrave, ou bien d’un gêne, devront être sacrément bétonnées, c’est du sérieux, il y a un schéma contradictoire au procès qu’il n’y a pas pour une contravention.

C’est donc en apparence plutôt positif pour les anti-chasse. A moins que l’État contourne le problème et fasse un saut qualitatif dans la question. Comment ? En faisant sorte qu’il y ait un procès et qu’une jurisprudence en sorte, disant que n’importe quel acte en rapport avec le déroulement d’une chasse dans ce qu’on attend qu’elle soit consiste justement en un empêchement, une entrave, un gêne.

Ce qui serait inattendu dans une chasse serait condamnable. Il ne serait pas logique, par exemple, de voir un regroupement de 30 personnes se retrouver subitement sur le parcours d’une chasse à cours.

Il y a toutefois deux soucis ici. Tout d’abord, le droit français ne raisonne pas en termes de ce qui est logique ou pas (contrairement au droit pénal latino-américain). Ensuite, il faudrait que le tribunal pose une interaction entre l’individu sur le parcours de la chasse à courre et le groupe, car le principe du groupe prouverait le délit. Sauf que le délit n’est pas posé comme étant en réunion dans la loi…

On aurait alors dans l’idée 30 personnes étant des promeneurs, mais un groupe de 30 promeneurs relevant du délit, sauf que le délit vise les personnes, pas le groupe. C’est là quelque chose compliqué.

Un autre souci se pose, dans la même idée, et de manière problématique pour les anti-chasse. Imaginons qu’on arrête X pour entrave à une chasse. Le juge va vouloir établir les preuves. Pour cela il va convoquer des gens, et même qui il veut, dans l’esprit de l’article 10, alinéa 1er du Code civil dit que :

« Chacun est tenu d’apporter son concours à la justice en vue de la manifestation de la vérité.

Celui qui, sans motif légitime, se soustrait à cette obligation lorsqu’il en a été légalement requis, peut être contraint d’y satisfaire, au besoin à peine d’astreinte ou d’amende civile, sans préjudice de dommages et intérêts. »

Dans le code pénal, cela donne avec l’article 109 :

« Toute personne citée pour être entendue comme témoin est tenue de comparaître » 

Seulement il va y avoir, pour exemple pour une situation en rapport à la chasse à courre, que deux types de gens : les chasseurs, les opposants. Or, il ne sera pas possible d’écouter les opposants, car l’article 105 du code de procédure pénale dit que :

« Les personnes à l’encontre desquelles il existe des indices graves et concordants d’avoir participé aux faits dont le juge d’instruction est saisi ne peuvent être entendues comme témoins. »

Cela impliquerait non seulement de ne pas écouter les opposants, mais même par définition de devoir tous les poursuivre… C’est là faire du droit une véritable machine de guerre. La magistrature suivra-t-elle dans une telle démarche la transformant en appendice répressif mécanique ?

Et on en revient à la question posée précédemment, car la loi parle de chasse individuelle ou collective, mais pas d’entrave en réunion. Faut-il alors faire un seul procès, ou plusieurs ? Et le procès ne pourra-t-il écouter que les chasseurs, sans perdre toute crédibilité ?

Pour un magistrat, il n’y a pas forcément l’envie de s’embarquer dans une histoire pareille. Et en même temps il y a ici un boulevard pour les avocats pour sabrer la répression, à condition bien entendu de s’appuyer sur une base populaire. Si l’on est dans le cas de plusieurs individus contre l’État, c’est plié d’office, car il n’y a plus d’arrière-plan lié à la société. Dans ces cas-là, l’État raisonne froidement et applique mécaniquement.

Évidemment, ce cas où les opposants seraient exclus comme témoin implique par contre qu’il faut une instruction judiciaire. Mais c’est clairement inévitable dans une telle situation, dont on devine la complexité rien que pour définir ce qu’est une « gêne » et trouver des preuves.

Sans cela, cela bascule donc comme déjà dit au niveau d’une contravention jugée à la va-vite car c’est flagrant et il va y avoir un gouffre entre le fait de prétendre juger un délit, avec un avocat et toute une procédure) et le fait de réduire le procès à un simple acte de contravention sauf que cela se déroule lors d’un procès au tribunal correctionnel…

C’est évidemment possible, mais cela impliquerait un chambardement du droit et un niveau de répression étatique extrêmement élevé. Les magistrats deviendraient des auxiliaires d’une répression de proximité.

Et s’il n’y a pas d’instruction ? Alors on accusera le tribunal de bafouer le droit à un procès équitable en s’appuyant uniquement sur une enquête préliminaire, et de vouloir pénaliser l’activisme anti-chasse en s’appuyant par exemple sur la multiplication des arrestations dans le cadre du flagrant délit. Et c’est le début d’un processus allant même jusqu’à Cour européenne des droits de l’Homme…

Le tout étant évidemment lié à la nécessité, encore une fois, d’une campagne populaire.

Ainsi, pour résumer cet aspect d’une question complexe, même si les juges peuvent forcer le passage pour l’élément moral, grâce à leur « intime conviction » qui peut les amener facilement à affirmer qu’il y a une liaison entre l’acte et l’identité du prévenu, il ne suffira pas de dire qu’une personne a cherché à « empêcher, entraver ou gêner », il faudra dire si elle a empêché, ou entraver, ou gêner, et le montrer. Et cela, c’est très compliqué, en tout cas, on le souhaite, encore plus à un tribunal correctionnel.

Il faut donc s’attendre à ce que les chasseurs réorientent leur stratégie, vraisemblablement vers une interdiction pour trouble de l’ordre public. Une série de procès pour obstruction à la chasse, même perdue par eux, pourrait être un argument utilisé par eux en ce sens.

A moins que, et c’est une hypothèse qui se tient largement, les chasseurs le savent déjà.

Qu’est-ce que cela donne dans ce cas de figure ? Le délit sera considéré non pas sur dépôt de plainte a posteriori par les chasseurs, mais par constatation directe de l’infraction par l’exécutif, la police ou la gendarmerie, voire même en présence du Préfet, de la presse et de tout le tintouin. S’en suivront des arrestations massives et des comparutions immédiates.

En fait, il faut craindre des arrestations sous forme de coups de filet. Beaucoup de personnes interpellées d’un coup, histoire de casser la dynamique populaire. On se souvient d’ailleurs que les gardes mobiles étaient mécontents de faire du maintien de l’ordre en forêt, arguant que ce n’est pas leur boulot. Mais les gendarmes, eux, relèvent d’une logique militaire et ils procéderont à des arrestations sans problème, c’est leur travail, leur identité.

Cela se tient car on voit que cette notion de délit d’obstruction à la chasse est très bancal, au point qu’on peut penser qu’il ne s’agit pas de faire du droit dans la durée, d’opposer une règle stable à une infraction qui travaille la société dans son tréfonds, comme le fait le droit normalement. Il s’agit bien plutôt de trouver une parade sensationnelle à une demande particulière, celle de l’économie de la chasse et de la gestion des forêts.

Le scénario serait alors quelque chose du genre :

1. 34 arrestations tel jour, telle heure, à tel point de la forêt ,alors que la chasse était organisée de notoriété publique et que le Préfet et les services de police avaient rappelé la loi.

2. On cherche sur les 34 personnes arrêtées des dispositifs de communication, de filmage, des équipements laissant penser qu’ils ne pouvaient se trouver là par hasard et pas pour une simple balade en forêt.

3. La chasse est considérée comme n’ayant pu avoir un déroulement normal du fait de l’activité des 34, par exemple avec le ralentissement des chiens à tel croisement, certains étant passé devant les chevaux à tel endroit, etc. Ceux qui ne sont pas coupables seront jugés comme complices de l’obstruction en général.

4. Le délit est donc constitué et l’affaire est dans le sac, les 34 sont considérés comme coupables.

Tout cela ne forme qu’une réflexion et il peut, il doit y en avoir d’autres. Il y a beaucoup d’aspects à prendre en compte. C’est une véritable partie d’échecs qui se joue ici. Qui veut se faire simplement plaisir ne peut que contribuer à l’effondrement général de la Cause, car en face cela ne plaisante pas.

Les chasseurs veulent écraser toute opposition, avant que la société – qui est contre la chasse – ne se saisisse de ce thème, ce qui aboutirait à une réaction en chaîne concernant la compréhension de toute une série d’aspects réactionnaires de la France d’aujourd’hui. Et le véganisme apparaîtrait comme une proposition utopique tout à fait concrète et cohérente.

C’est ce là qu’il faut partir pour comprendre la question.

« L’Office français de la biodiversité et de la chasse »

C’est une information très importante pour tous les amis des animaux, mais en particulier pour les personnes engagées dans la lutte contre la chasse. Il y a de très profondes modifications dans les institutions françaises, avec un pouvoir accru des chasseurs, une plus grande protection juridique pour leurs activités.

Il y a en effet la « création de l’Office français de la biodiversité et de la chasse, modifiant les missions des fédérations des chasseurs et renforçant la police de l’environnement ». Il y a eu en 2016 une « agence français de la biodiversité » qui a été mise en place : elle va fusionner en janvier 2020 avec l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

Cela devait s’appeler l’Office français de la biodiversité, cela s’appellera l’Office français de la biodiversité et de la chasse. Cette mise en place institutionnelle a déjà été votée par l’Assemblée nationale le 24 janvier 2019 et le Sénat a validé cela le 11 avril 2019, en première lecture, à l’unanimité.

Le Monde décrit ainsi ce à quoi on a assisté :

Au Sénat, le projet de loi a été profondément remanié, à l’avantage des chasseurs. On a entendu des élus défendre bec et ongles le monde cynégétique, se livrer à un vibrant plaidoyer en faveur d’une activité « populaire », ou encore se lever pour « la liberté de chasser ».

Pour donner le ton en effet, la chasse à la glu ou au lacet sont reconnus par les institutions, avec une formulation très terroir :

« Les modes de chasse consacrés par les usages traditionnels à caractère régional appartiennent au patrimoine cynégétique national. À ce titre, ils sont reconnus et préservés. »

C’est là une sacralisation de la barbarie. Avec un appui politique énorme. L’unanimité vient du fait qu’ont voté pour les 235 sénateurs présents. Les Républicains ont voté pour, ainsi La République En Marche (sauf deux), le Groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen (des centristes, sauf deux), le Groupe Union Centriste (sauf un), les autres se sont abstenus, sauf deux du PS ayant voté pour également.

Voyons en les points les plus importants, outre l’invention d’un « patrimoine cynégétique national », même si justement et très franchement on est très loin d’en avoir fini avec cet Office tellement il y a ici la boîte de Pandore favorisant les chasseurs et l’exploitation animale en général.

Déjà, pour bien souligner quelles sont les forces à l’arrière-plan, voyons déjà que les représentants des organisations professionnelles aquacoles sont intégrées à son conseil d’administration. C’est une reconnaissance officielle de l’aquaculture, ce cauchemar se généralisant en ce début de 21e siècle.

Voyons ensuite qu’il est créé un :

« délit d’obstruction à la chasse en punissant d’un an d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende le fait d’empêcher, entraver ou gêner, par des actes d’obstruction concertés, le déroulement d’un ou plusieurs actes de chasse »

On devine évidemment qu’ici c’est AVA qui est dans la ligne de mire : c’est la criminalisation qui est est visée et elle est assumée.

Un des amendements est justement présenté comme suit, parlant ouvertement de réprimer les anti-chasse à courre :

« À la sous-section 3 de la section 1 du chapitre VIII du titre II du livre IV du code de l’environnement, il est ajouté un article L. 428-3-… ainsi rédigé :

« Art. L. 428-3-…. – Est puni d’un an d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende le fait de s’opposer à un acte de chasse en commettant un ou plusieurs des faits suivants :

« – empêcher, entraver ou gêner l’acte de chasse ou le déroulement d’une action de chasse en cours, individuelle ou collective, par quelque moyen ou agissement que ce soit ;

« – utiliser des produits ou substances destinés à empêcher l’action normale des chiens de chasse ou à les détourner de leur utilisation cynégétique ;

« – bloquer les véhicules des chasseurs, leurs chiens ou leurs chevaux afin d’entraver une action de chasse à venir ou en cours. »

Objet

Depuis un décret du 4 juin 2010, codifié à l’article R 428-12-1 du code de l’Environnement, le fait d’empêcher, par des actes d’obstruction concertés, le déroulement d’un ou plusieurs actes de chasse tels que définis par l’article L 420-3 est puni d’une simple contravention de 5ème classe.

Validé par un arrêt du Conseil d’Etat du 11 juillet 2012 (n° 344938, ASPAS), rejetant un recours de l’ASPAS, ce texte a  trouvé à s’appliquer dans quelques cas à l’occasion de chasses à courre.

Aujourd’hui, il est évident que l’infraction n’est pas réprimée à la hauteur de sa fréquence récente et des actes de violence qu’elle représente.

L’extrême violence des attaques organisées par des groupuscules extrémistes s’est soldée non seulement par des maltraitances envers les chiens de chasse (vaporisations de citronnelle dans les yeux), les chevaux, mais aussi par des agressions de chasseurs ou de garde-chasse particulier ou même de suiveurs.

Aujourd’hui, des agressions physiques et des actes de vandalisme  ne sont plus uniquement dirigés contre les veneurs mais touchent également depuis ces derniers mois des chasseurs à tir. La situation ne se limite plus aux forêts domaniales de la région parisienne mais s’est aussi propagée à l’ensemble des régions de France telle que la Bretagne, la Nouvelle Aquitaine, en Occitanie ou l’Auvergne- Rhône-Alpes.

La fédération nationale des chasseurs a d’ailleurs attiré l’attention de la Présidence de la République et du Chef du Gouvernement sur l’urgence à intervenir pour éviter que ne surviennent de véritables drames.

Le reclassement en délit est devenu nécessaire pour permettre aux agents en charge de la police de la chasse ainsi qu’aux forces de l’ordre d’intervenir pour sanctionner les auteurs de ces obstructions violentes dont sont victimes les chasseurs.

La répression de l’acte d’obstruction à la chasse considéré comme un délit suppose d’adopter un texte législatif conformément à l’article 111-3 du Code pénal, et de supprimer par décret en Conseil d’Etat l’article R 428-21-1 du Code de l’environnement. Tel est l’objectif de cet amendement. »

L’argumentaire est sciemment démagogique, car comme le note AVA à ce sujet :

En deux ans de sorties en forêt avec AVA, pas une seule entrave à la chasse n’a été constatée par les forces de l’ordre. Il s’agit là donc de criminaliser à tout prix une opposition populaire pour freiner son inéluctable avancée. Le but de ce durcissement de la loi est tout simplement d’intimider les personnes opposées à la chasse à courre, de les dissuader de s’engager.

En outre, tout démocrate sincère ne peut qu’être révolté par la forme de cet amendement, dont l’objet mensonger a été sciemment tourné de manière à tromper les élus (texte complet ci-joint).

Voici donc une ligne de fracture pour les élus : renforcer aveuglément la toute-puissance d’un groupe d’intérêt ultra-minoritaire en votant une loi basée sur du mensonge, ou refuser de jouer ce jeu qui rabaisse leur fonction, affirmant ainsi leur indépendance et leur rigueur démocratique.

La population saura être attentive aux voix qui émergeront de ce débat. De son côté, AVA continuera son action en faveur des animaux et de la Nature, comme toujours de manière raisonnée et pacifique, aussi longtemps que les habitants nous porteront ! 

Il n’y a pas d’entraves à la chasse, mais comme il y en aurait il faudrait renforcer la loi, telle est donc la logique du gouvernement, appuyé par Emmanuel Macron…

On ne s’étonnera donc pas que pour le congrès de la fédération nationale de la chasse à Paris, qui s’est tenu fin mars à la salle de la Mutualité, il y avait comme intervenants :

  • le ministre de la Transition écologique François de Rugy,
  • le ministre de l’agriculture Didier Guillaume,
  • le ministre des Collectivités locales Sébastien Lecornu,
  • la secrétaire d’État à la Transition écologique Emmanuelle Wargon.

Willy Schraen, le président de la fédération des chasseurs y a notamment affirmé que :

« Le président de la République, Emmanuel Macron, a fait plus pour la chasse française qu’aucun de ses prédécesseurs. »

Ce qu’a voté le Sénat est également d’autant plus dangereux que « l’obstruction » est quelque chose de flou, qui risque d’être laissé à l’appréciation du juge. Il n’est pas parler simplement d’entrave, mais de « gêne » : gêner un chasseur devient passible du pénal !

En fait, même se balader à tel ou tel endroit ou tel moment pourrait, en forçant, être considérée comme une obstruction. Même éternuer serait une obstruction et pour la preuve il suffira au juge de dire qu’on a fait semblant d’éternuer !

C’est là quelque chose de très grave ; il sera nécessaire de bien étudier les contours de ce que cela peut donner. On est là dans une répression anti-démocratique de très grande envergure. Surtout qu’il y a ce point qui dit :

« mettre les professionnels des fédérations des chasseurs en capacité de rechercher et de constater toutes les infractions de chasse sur l’ensemble du territoire départemental pour lequel ils sont assermentés »

Cela vise normalement les chasseurs eux-mêmes, puisque c’est une infraction. Mais qu’en est-il dans le rapport au délit d’obstruction ? Il faudrait ici peu de choses pour que les chasseurs puissent eux-mêmes décider que telle ou telle personne fait de l’obstruction… Un professionnel nommé par la fédération pourrait ainsi se voir assermenté à ce niveau et accuser qui il veut comme il veut.

Les cadeaux faits aux chasseurs sont également innombrables, pour le reste. Il est ainsi parlé de :

« Encadrer la pratique de l’agrainage sans en interdire le principe »

Cela signifie que l’État reconnaît que les chasseurs nourrissent certains animaux sauvages pour après dire : il y en a trop, il faut qu’on intervienne ! Mais qu’en même temps l’État se contente de dire de son côté : n’en faites pas trop quand même. C’est là d’une hypocrisie sans nom.

Une autre triste blague est l’affirmation comme l’Office doit :

« Lutter contre l’engrillagement des espaces naturels et forestiers »

Cela signifie ni plus ni moins : portes ouvertes aux chasseurs, partout ! Et le premier à faire tomber les grilles sera l’État lui-même.

L’idée de faire des cadeaux est d’ailleurs même inscrit dans les principes mêmes de l’Office :

« prévoir l’appui de l’Office français de la biodiversité et de la chasse à l’ensemble des acteurs, publics et privés, dans leurs actions en faveur de la lutte contre les espèces invasives et la coordination des mesures mises en œuvre »

En clair, l’Office pourra littéralement faire des chasseurs des saints venant rétablir l’équilibre troublé par la prétendue folie de Dame Nature… Des saints qu’il faudra matériellement soutenir, évidemment.

A cela s’ajoute que la chasse des oiseaux migrateurs pourra se voir prolongée au-delà des périodes légales prévues, puisque le principe de la chasse « adaptative » est désormais de rigueur.

Tout cela est donc pour le début de l’année 2020. Il reste encore une étape juridique, puisqu’il doit y avoir une commission mixte paritaire de députés et de sénateurs pour accepter le tout, et sinon un retour à l’Assemblée nationale pour forcer le passage.

Autant dire qu’il va falloir redoubler d’intelligence et d’activisme ! Et être prêt à assumer la confrontation avec la répression, tout en veillant toujours à préserver les espaces populaires ouverts. Sans cela, cela sera un échec, une vanité, comme pour les antispécistes, qui gâchent les énergies et vont dans le mur, en étant qui plus est fiers d’être anti-sociaux et de mépriser la population…

Verdict du procès des antispécistes de Lille

Il fut un temps où le fait d’être vegan en France suscitait une incompréhension, surtout que le mot n’était même pas connu. L’incompréhension est une chose mauvaise bien entendu, mais il y a pire : c’est l’indifférence. Et c’est là où nous amène l’esprit consumériste bobo et « l’antispécisme ».

Car la France est un pays ultra-moderne, avec une économie extrêmement puissante. Elle a largement les moyens d’avoir une petite minorité désobéissante sur certains principes, et cela d’autant plus que, finalement, cela renforce le libéralisme et de nouvelles formes de consommation.

C’est pour cela que l’émergence du véganisme en France est un échec complet. Arrivé avec 20 ans de retard dans notre pays, le véganisme a été happé par les bobos et le sentimentalisme infantile. On ne peut plus ouvrir un magazine féminin sans y avoir l’éloge de tel ou tel produit vegan, alors que les commerces et les restaurants font du véganisme un argument de mode, de modernité.

Quant à l’antispécisme qui croit avoir découvert quelque chose, il se réduit de plus en plus à une sorte de néo-anarchisme, soit tolstoïen comme Aymeric Caron, soit propagandiste par le fait comme « 269 » ou, donc, les fameux antispécistes peinturlurant « stop spécisme », cassant des vitrines, voire mettant le feu.

Il faut bien parler ici de propagande par le fait, car les accusés du procès de Lille ont bien souligné qu’ils visaient à « visibiliser » la lutte. Ce qui n’a rien à voir avec, donc, une lutte qui vise à avoir un effet sur la société, au-delà du symbole.

L’ALF, par exemple, n’a jamais été une organisation utilisant le principe de la propagande par le fait. Cela a toujours relevé soit d’une libération directe d’animaux, soit d’une attaque à des intérêts économiques bien précis, dans un plan d’ensemble.

C’est important de le souligner, car le néo-anarchisme, cela fait du bruit mais tout le monde s’en moque. Et on le voit avec l’extrême mansuétude et le timing du procès des « antispécistes » de Lille, qui n’aura été que pour les médias qu’une petite anecdote pittoresque.

Le verdict est en effet tombé le lundi 8 avril 2019. Cela donne la chose suivante :

– C. : 18 mois de prison, dont 10 ferme, mise à l’épreuve de trois ans ;

– M. : 15 mois de prison, dont 6 ferme, mise à l’épreuve de trois ans ;

– E. : mise à l’épreuve de trois ans, mise à l’épreuve de trois ans ;

– J. : mise à l’épreuve de trois ans.

Il n’y a pas eu de mandat de dépôt, ce qui signifie que les deux condamnés à la prison ferme sont ressortis libres et qu’elles devront voir en mai 2019 comment leur peine va être mise en place. C’est très intelligent, car il va se poser la question de l’accessibilité à une alimentation végétalienne pour les personnes emprisonnée. Ici la question est repoussée, noyée dans les détails administratifs. L’État français a ici très bien joué la carte de la neutralisation de tout antagonisme.

Le tribunal a également demandé l’indemnisation des victimes pour les préjudices subis, à hauteur de plusieurs dizaines de milliers d’euros, cependant on ne saura qu’en décembre 2019 quelles sommes seront à verser aux parties civiles.

Là encore, c’est très bien tourné, puisque cela empêche une actualité de l’information à ce sujet. Bien que, de toutes façons, le procès de Lille a été pratiquement oublié par les médias, alors qu’au moment où les vitrines étaient brisées, cela faisait une grande actualité nationale. Mais c’est là le propre de la propagande par le fait d’agiter vainement, sans résultat au bout.

Les personnes condamnées ne savent pas encore si elles vont faire appel, ce qui est logique, car de par la situation actuelle, le rapport de forces, leurs aveux, ces peines sont les plus faibles qu’elles auraient pu obtenir.

Il y a naturellement l’épée de Damoclès de la somme à rembourser, mais on aura compris qu’il s’agit là d’un moyen pour l’État de faire pression sur ces personnes, afin qu’elles « rentrent dans le droit chemin » individuellement, et également de voir à quoi ressemble la situation dans six mois, pour savoir s’il faut cogner ou pas une éventuelle activité « antispéciste ».

Cela montre la toute-puissance de l’État, qui a balayé cette affaire « antispéciste » d’un revers de la main, comme un simple fait-divers bruyant, mais sans aucun impact sur la société, tout en organisant l’intégration de cette vague de violence au moyen d’un dispositif juridique bien rôdé.

Naturellement, si les « antispécistes » avaient assumé leurs actes, s’ils avaient levé le drapeau de l’ALF, là tout aurait été différent. On aurait eu un engagement inébranlable et décidé, avec un horizon bien déterminé, un état d’esprit facile à cerner, une démarche facile à comprendre.

Là, la situation se serait renversée et cela aurait été un véritable manifeste pour la libération animale. Cela aurait fait vaciller l’idéologie dominante, cela aurait galvanisé les activiste, cela aurait présenté un horizon très clair.

Figure de l’ALF, puis de l’ARM, Barry Horne est un exemple d’opiniâtreté et de politisation de ses procès.

Cependant, c’est là de la politique-fiction, dans la mesure où ce n’était pas d’actualité à Lille. Les « antispécistes » méprisent ce qu’il y a eu avant leur apparition récente, au point d’ailleurs que pour eux rien n’a existé avant eux.

Aymeric Caron a d’ailleurs répondu il y a peu de temps de cela à une critique d’un végétarien, Hugo Clément, qui vient de publier un ouvrage : « Bon, ben heureusement que t’es arrivé Hugo ». Sauf qu’Aymeric Caron a fait exactement la même chose, débarquant en prétendant tout découvrir, en niant par conséquent tout ce qu’il y avait avant lui, en profitant de son aura de beau gosse passant à la télévision…

C’est bien le problème : déconnecté de l’amour pour les animaux d’un côté, d’un engagement pour objectif très clair de l’autre (la libération animale!), les antispécistes vivotent en se racontant des histoires, en niant la société. Ils sont une expression immédiatiste et sans envergure, et ils n’assument pas, parce qu’ils ne peuvent pas assumer, parce qu’ils ne savent même ce qu’il y aurait à assumer !

Les « antispécistes » sont en fait les gilets jaunes du véganisme : ils ont le même rapport aux idées, à l’organisation, à l’histoire de la lutte, et c’est un rapport inexistant. Les « antispécistes » sont comme les gilets jaunes : ils pensent qu’il y a une sorte de déluge, et qu’ils arrivent dans un monde neuf, n’ayant jamais existé, qu’ils seraient les seuls à comprendre.

Pure illusion ! Car les antispécistes ne sont que le sous-produit sociologique du triomphe de l’exploitation animale, de sa généralisation. Ils n’ont aucun recul, aucune continuité, simplement du volontarisme véllétaire, aboutissant à des choses marquantes mais sans effet.

D’où un procès qui n’aura été qu’un fait-divers, sans dimension politique, sans envergure nationale. Une anecdote réglée administrativement par l’État qui siffle la fin de la récréation. Tout est neutralisé, aseptisé.

Naturellement, la Fédération des Bouchers – Charcutiers du Nord est par contre déçue de son côté. Elle espérait que cela aille plus loin. Car les partisans de l’exploitation animale savent que, par définition, les choses ne peuvent pas en rester là. Ils auraient donc bien aimé avoir comme ennemis des « antispécistes » sans envergure, anthropocentristes, socialement marginalisés, incapables d’assumer leur combat au tribunal.

Voici le communiqué de la la Fédération des Bouchers – Charcutiers du Nord.

Les partisans de l’exploitation animale auraient largement appréciés avoir une série de petits procès de ce type, non pas pour assécher le terrain au maximum, mais au contraire pour le remplir d’antispécistes, cet ennemi qui ne menace rien. Au grand désespoir des bouchers et charcutiers, éleveurs et chasseurs… ils vont s’effacer, bien trop vite !

Afin de laisser la place à une vraie démarche d’affrontement pour la libération animale, de manière ancrée dans la société, portant un projet écologiste d’ampleur par la reconnaissance de la Nature. Une lutte à la fois sans compromis, mais cherchant et trouvant des brèches pour mobiliser la population, pour renverser d’un côté, produire une nouvelle culture de l’autre !

« Les animaux n’ont personne à part nous, nous ne les abandonnerons pas. » (Barry Horne)

Compte-rendu des rassemblements anti-chasse à courre du 30 mars 2019

Il y a un an, AVA (Abolissons la vénerie aujourd’hui) réussissait à rassembler mille personnes à Compiègne pour marquer le refus de la chasse à courre (voir ici et ). La seconde édition s’est déroulée le samedi 30 mars 2019, avec un objectif évidemment très clair : ancrer l’initiative, prolonger ce qui a été lancé. Sur ce plan, c’est indéniablement un succès.

Avant de voir ce qu’ont donné concrètement les quatre rassemblements, voici la retranscription du discours tenu à la fin de celui de Pont-Sainte-Maxence. Il a été tenu là où un cerf avait été sauvé, l’année précédente.

« J’ai eu les chiffres officiels, on est officiellement 1100 aujourd’hui !

On n’est pas vraiment des activistes qui arriveraient de manière subjective avec des grandes valeurs, c’est vraiment un mouvement plus de résistance avec des habitants des villages forestiers qui se lèvent contre des invasions un peu barbares, qui viennent dans leur ville ici comme à Pont sainte Maxence il y a quelques semaines où un cerf s’est réfugié dans le quartier derrière, où des habitants sont sortis, le maire est venu, ils ont réussi à repousser les veneurs, on espère que ce sera comme ça maintenant dans tout le pays !

Ils ont répondu avec des mensonges dans la presse de manière systématique, des violences, des agressions, toutes les semaines on se prenait des coups de pied, des coups de poing, des coups de fouet, on nous a foncé dessus, au galop à cheval, et vraiment l’un d’entre nous, en Bretagne était dans le coma et il s’est réveillé il y a deux semaines.

Je tiens à féliciter le grand courage des gens qui sont sortis en forêt avec AVA, on a fait le compte, c’était plus 700 personnes qui se sont relayées en forêt.

Chaque coup que les veneurs essayent de nous porter, chaque sursaut qu’a eu cet espèce de zombie qu’est la vénerie pour rester en vie cette année se retourne contre eux, chaque coup a retourné la population un peu plus contre eux, les a condamnés un peu plus aux yeux des gens, aux yeux de l’histoire qui avance malgré eux, eux qui voudraient rester en 1450 etc… tenir toutes les campagnes françaises dans le formol.

On a réussi à exploser ça petit à petit et ça c’est une grande réussite morale, on a 19 groupes en France, 700 personnes en forêt, 1100 personnes et qui sait le nombre de gens dans les villages qui n’osent pas encore s’exprimer mais qui soutiennent ce mouvement, on sait qu’on est 84 % en France, disons que le mouvement ne pourra plus s’arrêter, maintenant aujourd’hui, on est là pour leur dire, et peut être pour six mois seulement avant qu’on revienne plus nombreux, plus forts, plus sûrs de nous encore ! »

Ajoutons une précision encore avant de voir ce qu’il est pour les rassemblements. Car le même samedi, il y a des faits notables qui se sont déroulés en parallèle. Ainsi, ce fut la première sortie d’AVA Poitou ! Et AVA Normandie et AVA Touraine étaient également dans la forêt.

Il y a quelque chose d’admirable là-dedans, il faut le souligner. Ces gens auraient pu rejoindre les autres rassemblements, même s’ils étaient loin. Cela aurait été plus convivial. Mais ils ont préféré assumer de protéger des animaux dans la forêt. N’est-ce pas là ce qu’on appelle répondre à l’appel d’un devoir moral ? C’est là exemplaire.

On notera aussi, le lendemain, un pique-nique avec une quinzaine de personnes organisé par AVA Normandie (avec le Collectif Animaliste de l’Orne).

Regardons maintenant chacun des rassemblements. Celui de Pont-Sainte-Maxence était le plus important, regroupant cinq cent personnes. Il était d’une grande signification, car cela se situe dans l’Oise, le berceau historique du mouvement. L’identité AVA allait-elle savoir se maintenir, se perpétuer ?

Ce fut bien le cas. L’ambiance bon enfant et populaire a prédominé ; c’était une initiative ancrée dans la réalité française : celle des couples, des enfants et des personnes âgées.

Une batucada était en action, le slogan majeur fut « chasse à courre : abolition », sur les pancartes on pouvait lire « cerf moi fort », « tant que la chasse a courre existera, les opposants seront là », « tuer n’est pas un loisir », « veneurs tueurs aucun honneur »…

Ce fut quelque chose de très printanier, comme les gens d’AVA le souhaitaient. Il y a quelques « personnalités » politiques qui furent présentes également. Il y a ainsi le maire de la commune, Arnaud Dumontier, qui a annoncé être contre la chasse à courre, ce qui a pu peut-être surprendre mais en tout cas plaire.

Le député de la Seine-Saint-Denis, Bastion Lachaud (LFI) a été présent ; la sénatrice (socialiste) Laurence Rossignol a malheureusement eu un empêchement de dernière minute et s’est excusée de ne pas pouvoir être là.

Comme anecdotes sympathiques ou pas du tout, il y a le Parti animaliste qui a cherché par tous les moyens à se faire remarquer, alors que des gens de « défendre la vénerie aujourd’hui » cherchaient à provoquer, prendre des photos, noter des noms, etc. mais se sont fait éjectés par les gendarmes.

On notera également qu’il y a eu des délégations de gilets jaunes d’un peu partout dans l’Oise, ce qui est un bon signe d’une réflexion qu’on peut considérer comme hautement nécessaire chez eux. Enfin, un conseiller municipal de chez Marine Le Pen s’est également débrouillé pour taper l’incruste, comme on dit, sans se faire remarquer, à part du Courrier Picard.

On notera d’ailleurs qu’afin de couper court à toute ambiguïté – on sait quelle est notre époque, malheureusement – il y a eu une petite prise de parole pour affirmer notamment : « jamais nous ne ferions partie d’un mouvement où ont lieu des actes antisémites!! ».

Il y eut également des stands par antennes (Chantilly, Retz, Compiègne, Saint-Gobain), de quoi manger et boire (avec malheureusement en raison d’un souci technique seulement une partie végétalienne), un stand de marchandises (sacs en tissu, t-shirts, des porte-clés artisanaux, etc.).

Tout cela se termina par un pique-nique d’une soixantaine de personnes, alors que cinq veneurs jouaient, par provocation, du cor non loin de là, avant de devoir déguerpir à la demande des gendarmes !

Pas de course en forêt, car le préfet avait pris les devants et fait en sorte que les chasses du jour soient reportées à la veille…

Le rassemblement de Rambouillet fut bien fourni également, puisque 350 personnes se sont déplacées. Là vue l’ambiance (toxique), il n’a pas été possible de faire une sortie en forêt, mais des prises de parole engagées, comme celle de Laurence Abeille (EELV, ancienne députée), alors qu’étaient également présents des figures d’EELV (ou du Parti animaliste).

Le rassemblement à Paimpont fut lui statique, sur ordre de la préfecture. L’avantage c’est qu’avec un grand parc, il y a aisément des stands thématiques. Il a rassemblé 150 personnes et il faut noter que le lendemain 25 personnes étaient là alors que se tenait la dernière chasse à courre traquant les sangliers (elle fut heureusement un échec!).

Le rassemblement à Castelnau-de-Montmiral fut également statique, mais là n’est pas l’aspect principal. Les activistes locaux étaient malheureusement sceptiques quant aux possibilité de réalisation d’une telle initiative, mais leur courage a payé, puisque une centaine de personnes était présente, et possiblement même davantage potentiellement.

Là aussi, le lendemain a été marqué par une présence en forêt d’une vingtaine de personnes, alors que se tenait la dernière chasse à courre du rallye Grésigne, visant les cerfs (là-bas aussi, heureusement, aucune victime).

Enfin comme remarquéil y a eu des initiatives de soutien à la chasse à courre, organisées dans un esprit d’unité de tous les affreux (bouchers, charcutiers, chasseurs, éleveurs, etc.). A Rambouillet, la mobilisation en ce sens a été relativement un succès, avec 400 personnes. On remarquera au passage la présence temporaire mais cordiale auprès du préfet des Yvelines, ainsi que du maire de la ville…

Cependant, cette mobilisation n’a pas osé la défense frontale de la chasse à courre, préférant comme mot d’ordre « les veneurs s’engagent pour la ruralité », « les veneurs mobilisés : halte à la dictature anti-chasse et anti-ruralité ». C’est tout un état d’esprit réactionnaire, ce que Le Parisien, comparant ce rassemblement et celui d’AVA, résume par la formule : « Tambours contre trompes. Jeans contre pantalons en velours. ».

Il en va de même pour Paimpont, où là la mobilisation fut autrement marquante, avec entre 1800 et 2000 personnes, avec beaucoup d’hommes d’un certain âge. Cependant, là aussi, la ruralité fut le grand thème et face à la presse, la chasse à courre a soigneusement été évitée comme sujet.

Concluons par le communique d’AVA à la suite de cette journée du 30 mars :

« Voici que s’achève la deuxième saison d’AVA (Abolissons la Vénerie Aujourd’hui), et ce sur une mobilisation nationale unique, pour la première fois : 1100 personnes sont sorties fêter avec nous la fin de saison de chasse à courre, et le retour du calme dans les forêts. 

Le parti pris par AVA s’avère donc payant : celui d’implanter le mouvement localement, partout où la barbarie a lieu, d’en donner les clés à la population vigilante et sûre de sa force, et non à une poignée d’activistes.

Nous étions donc plus nombreux que l’année passée, répartis sur quatre villes, malgré une pression très forte des veneurs. A deux endroits, ils avaient organisé des « contre-manifestations », même si celles ci étaient hypocritement tournées autour de la « ruralité » et des « traditions », car impossible pour eux de mobiliser franchement en défense d’une pratique telle que la vénerie, rejetée par tous !

Nos adversaires, qui tentent toujours désespérément de nous caricaturer en « antispécistes violents radicalisés etc…», s’enfoncent chaque jour un peu plus dans le mensonge pour sauver la face : ils ont bien face à eux une résistance populaire solide, basée sur des valeurs positives.

C’est le besoin de civilisation en général qui s’exprime à travers notre mouvement contre la barbarie et le féodalisme dans nos campagnes.

Nous avons, encore aujourd’hui, marqué un jalon dans notre avancée, sous forme d’une célébration de la Nature sauvage pour ce qu’elle est, du printemps et de la quiétude retrouvée en forêt, libérée de la chasse à courre pendant 6 mois !

Avant de revenir plus nombreux, plus forts, et plus sûrs de nous encore, le message est passé : Bye Bye la chasse à courre !

Merci à tous de votre abnégation et de votre engagement ! Merci aux associations amies ainsi qu’aux élus engagés autour de cette cause et présents aux rassemblements ! »

Voilà donc une très bonne nouvelle pour les animaux des forêts ! Car c’est là l’aspect qui compte le plus. Il y a de la joie dans tout cela et beaucoup d’enseignements à tirer pour l’avenir.

Espérons justement qu’il y aura tout de même dans notre pays le niveau suffisant sur le plan militant de la part des activistes pour saisir qu’il s’agit désormais de produire ses propres initiatives, en apprenant de l’expérience d’AVA… Pas de copier ou de se précipiter… On sait à quel point beaucoup de gens raisonnent malheureusement en termes de modes activistes, sans chercher à effectuer le travail dans la population qui est justement la clef du succès d’AVA…

Il ne s’agirait pas que les avancées soient démolies par des gens cherchant à bien faire, mais déconnectés d’une réelle mise en perspective. Et que des énergies soient gâchées, alors que les animaux en ont tant besoin !

AVA

Le « terroir » en guerre contre AVA

Les opposants à la chasse à courre rencontrent une opposition qui compte bien rassembler tous ceux qui sont selon nous vraiment affreux : les chasseurs, les bouchers, les éleveurs, les partisans acharnés du terroir, etc. Et ils sont acharnés, vraiment acharnés ; en voici quelques exemples concrets.

Rappelons l’importance du moment, puisque nous arrivons à la fin de la saison de chasse à courre. Celle-ci est devenue un vrai abcès de fixation, les chasseurs faisant tout ce qu’ils peuvent pour la protéger. L’année dernière, AVA avait conclu une année de lutte par une rassemblement de mille personnes à Compiègne, et cela est resté en travers de leur gorge.

Cette fois, la « grande fête pour célébrer le retour du printemps et la fin de la barbarie dans nos forêts » se déroule dans pas moins de quatre endroits :

➡ CASTELNAU-DE-MONTMIRAL (81)
https://www.facebook.com/events/630452914062142/

➡ PAIMPONT (35)
https://www.facebook.com/events/2058111597630303/

➡ PONT-SAINTE-MAXENCE (60)
https://www.facebook.com/events/399881824094636/

➡ RAMBOUILLET (78)
https://www.facebook.com/events/925073987883666/

AVA bye bye! la chasse à courre

Comprenant qu’il y a là une opposition démocratique qui porte en elle des valeurs les condamnant, les fanatiques du terroir et des valeurs anciennes, dépassées, reprennent la bonne vieille méthode éprouvée en 1871. Déjà, au moment de la Commune de Paris, la France profonde était poussée à la panique, avec la dénonciation des ultras qui depuis les villes comptent détruire tout ce qui compte vraiment… et surtout porter atteinte à la propriété privée.

Le parallèle n’est pas du tout erroné, malgré son côté ancien. Si l’on prend mai 68, c’est la même chose qui s’est passé. Après le mouvement étudiant et la grande grève à l’échelle du pays, cela a été un raz-de-marée électoral en faveur de la Droite. La France profonde, enchaîné à son style de vie individualiste, a fait face à une grande frayeur.

Ce tract dénonciateur caricaturant AVA montre que c’est vraiment le fond de la stratégie des chasseurs : faire peur au pays.

Fake news de la Société de Vénerie

Voici le texte de présentation d’une initiative en Bretagne. Elle vise à manifester le 30 mars également, directement contre AVA, en défense de la ruralité et des traditions. Les « néo-ruraux » y sont dénoncés, qui ne supporteraient pas le « carillon » d’une église ! Et le texte se conclut par un appel à boire une bière « du pays ».

C’est là un discours classiquement pétainiste : la terre ne ment pas, des étrangers à notre terre viennent démanteler nos valeurs, il faut donc d’autant plus se tourner vers notre terroir, etc.

C’est donc un vaste front qui tente de se mettre en place. Voici l’appel de Rambouillet, destiné aux veneurs, aux chasseurs à tir, aux agriculteurs, aux éleveurs, aux bouchers, charcutiers, etc.

« Rassemblement festif et solidaire des amis de la chasse et de la ruralité »

Qui est derrière cela ? Bien entendu, les notables, dans le sens de gens de gens aisés, d’une droite décomplexée, ayant un sens aristocratique de la vie, mais en même temps capable de mettre les mains dans le cambouis s’il le faut et surtout en mesure de diriger un mouvement s’il le faut.

Ce n’est pas la personne aisée dans son ghetto de Neuilly – Auteuil – Passy, mettant des gants dans le métro parisien. Il s’agit là, en arrière plan, de « la haute », de gens considérant que le pays leur revient, et qui comptent bien le faire comprendre à qui se met sur leur chemin.

Les soutiennent tous ceux qui se complaisent dans une telle vision du monde. Être « réac », c’est tout un style.

La dernière illustration mentionne la contre-campagne, et effectivement elle est intense. Elle vise à arracher systématiquement les affiches d’AVA, à aller discuter fermement avec les commerçants ayant mis une affiche dans leur boutique, etc.

Il ne s’agit pas seulement de développer un contre-discours : les chasseurs veulent étouffer le discours même d’AVA.

Il faut ici bien souligner un aspect important, qui explique pourquoi le cadre de cette campagne anti-AVA dépasse largement celui des partisans de la chasse à courre. Il s’agit en effet de faire oublier à l’opinion publique l’agression terrible commise à l’encontre d’un opposant à la chasse à courre. Il s’agit de faire oublier qu’il est tombé dans le coma.

Et quelle est la méthode employée ? Faire en sorte que tous les gens les plus conservateurs du pays se serrent les coudes. Pour qu’on ne parle plus de la chasse à courre, pour qu’on la protège en l’englobant dans une ruralité telle que définie par les notables.

Cela va avec un second aspect, qui est la question de la condition animale. En protégeant des animaux sauvages, AVA a fait quelque chose d’une très grande importance. Cela rejoint, d’une manière ou d’une autre, le principe de la protection animale, des refuges, du fait d’apprécier les animaux pour ce qu’ils sont.

Nous avons déjà souligné que même si ce n’est pas du véganisme, cela en participe et c’est une très bonne chose, une excellente dynamique. Car il n’y a pas de véganisme sans amour des animaux.

Cela dérange profondément les anti-animaux, qui eux étaient très contents de L214 et des « antispécistes » qui ne parlent que des animaux allant dans les abattoirs et véhiculent une démarche uniquement négative dans ses exigences, voire misanthrope.

Simple hypothèse ? Absolument pas, comme en témoigne ce document de l’Association pour la Défense de la Ruralité et de ses Traditions, qui va manifester en Bretagne contre AVA.

Ces gens ont très bien compris qu’il valait mieux des opposants rejetant la Nature que des opposants en proposant une vision différente. Ils se focalisent donc sur la ligne fanatiquement anti-nature des théoriciens « antispécistes », afin de dire aux gens : vous voyez bien que ces gens sont déconnectés.

Voici le document en question.

« François Palut, un homme debout, un maire et un citoyen engagé !

Pas un jour ne se passe sans qu’un nouveau soutien, qu’un nouveau groupement professionnel, qu’une nouvelle association ne vienne grossir les rangs de l’Association pour la Défense de la Ruralité et de ses Traditions et nous assure de leur présence le 30 mars prochain à Paimpont.

C’est un peu comme la grande marche du Cid :

” Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort,

Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port”

Beaucoup de témoignages de sympathie nous arrivent, beaucoup de lassitude aussi dans la voix de bon nombre d’agriculteurs, de chasseurs, d’éleveurs, de pêcheurs, de familles rurales qui nous appellent et nous rejoignent.

Comment peut-on encore tolérer que des groupuscules, des ultra-minorités voir même des marginaux puissent à ce point poursuivre en toute impunité leurs actions violentes, leurs actions de désinformation fondées sur leur haine du réel ? Comment accepter que l’on fasse si peu de cas de tous ces hommes et femmes qui tous les jours travaillent la terre nourricière, régulent les espèces sauvages, entretiennent nos forêts et vivent paisiblement dans nos campagnes !

C’est la question que nous avons posée à François Palut, personnage engagé, un battant, un homme aux multiples responsabilités qui ne cesse de clamer son amour pour la ruralité, défenseur de l’économie des territoires, passionné pour l’élevage avec un sens aiguë du service depuis son fauteuil de maire mais aussi comme Président de l’association pour le maintien de l’Élevage en Bretagne (AMEB) !

Voilà un homme bien informé, qui nous livre son analyse précise et documentée sur ces groupuscules antispécistes.

” Il ne faut pas se tromper, les attaques que subissent les agriculteurs, toute l’industrie agro-alimentaire, les chasseurs, les familles rurales, … ne sont pas des attaques ponctuelles, il s’agit d’attaques organisées, concertées financées et planifiées.

Tous les groupuscules antispécistes L214, AVA et autre manipulent le grand public et les journalistes : ils prétendent agir pour le bien-être des animaux, alors qu’en fait, ce sont de véritables gourous.

Ils ont pour projet de faire disparaitre la souffrance sur terre, et pour cela ils veulent supprimer tous les animaux carnivores sur terre et dans les océans… Pour leur bien !

Ils font croire au grand public qu’ils sont une association qui veut améliorer le bien-être des animaux d’élevage (conditions d’élevage, de transport et d’abattage) alors que derrière leur idéologie se cache un projet radical dont personne n’a conscience, pas même leurs adhérents, qui eux pensent défendre la cause animale !

Prenons par exemple l’association L214 qui fait tant pour détruire les élevages bretons ! Estiva Reus cadre fondatrice de l’association L214 (trésorière) est l’une des rédactrices des “Cahiers Antispécistes”. C’est l’association qui a poussé́ Brigitte Gouthière et Sébastien Arsac à créer L214 en 2008.

C’est clairement exprimé dans leur livre : L214, Une voix pour les animaux.

Le projet consiste à “éliminer les animaux sauvages pour leur bien”, projet décrit par Estiva Reus dans les Cahiers Antispécistes N°41, 40 et 39 (documents disponibles sur internet).

Ce projet s’appelle RWAS (Réduction de la souffrance des animaux sauvage)

Le projet RWAS prévoit 2 moyens pour faire disparaitre la douleur de la planète :

1. Éliminer tous les animaux carnivores sur terre et dans les océans.

2. Convertir tous les animaux carnivores au véganisme, grâce aux progrès des biotechnologie : génétique, nanotechnologie, pharmacologie, neurochirurgie

Alors que beaucoup de propriétaires d’animaux de compagnie font des dons à L214 en pensant soutenir une association welfariste, ils donnent en fait de l’argent à des abolitionnistes qui veulent faire disparaitre leur animal de compagnie au nom du refus de l’exploitation de l’animal par l’homme !

Donc toutes ces associations antispécistes ont une stratégie parfaitement huilée : derrière le marketing d’ONG très cool, personne, pas même un journaliste n’entrevoit le projet de ces militants radicalisés et très manipulateurs.

Ce sont des terroristes alimentaires qui veulent nous imposer leur façon de vivre et de s’alimenter… Chacun est libre de s’alimenter comme il le souhaite, qu’il soit végane, omnivore ou viandard. Par contre, aucun de nous n’a le droit d’imposer à l’autre sa façon de vivre et de s’alimenter…

C’est pour cela que le 30 mars prochain je serai à Paimpont pour manifester auprès de tous les acteurs du monde rural qui viendront joyeusement redire leur fierté d’être agriculteur, d’être chasseur, pêcheur ou tout simplement attaché au réel, loin des délires de ces fanatiques.”

Merci Monsieur pour ce beau témoignage.

Tous à Paimpont le 30 mars prochain, à transmettre, à faire suivre et à partager autour de vous.

Le réveil de la ruralité, c’est maintenant ! »

Nous avons déjà parlé de ce thème du RWAS effectivement valorisé par les Cahiers anti-spécistes. Le rejet de la Nature est de toutes façons une norme historique du courant antispéciste (d’où le rejet véhément de LTD par ses théoriciens). Un nouvel ouvrage est sorti par ailleurs tout récemment, « La révolution antispéciste », avec des écrits de Thomas Lepeltier, Yves Bonnardel et Pierre Sigler.

Rien que le sommaire donne déjà le ton : il n’y a pas de Nature, pas d’espèces, etc. Bref, comme expliqué et critiqué déjà il y a plus de dix ans dans « véganisme utopique et véganisme scientifique », il n’y aurait que des individus. Ce texte avait anticipé cette utilisation déviante du véganisme pour le transformer, d’une défense des animaux, en culte des individus.

Préface. Renan Larue
Introduction. Pourquoi la révolution antispéciste ? Yves Bonnardel, Thomas Lepeltier et Pierre Sigler
Chapitre 1. Qu’est-ce que le spécisme ? David Olivier
Chapitre 2. Qu’est-ce que la conscience ? Pierre Sigler
Chapitre 3. La vie mentale des animaux. Pierre Sigler
Chapitre 4. Quelques réflexions concernant les plantes. Yves Bonnardel
Chapitre 5. En finir avec l’idée de nature. Yves Bonnardel
Chapitre 6. L’idée de Nature contre la pensée animale. Yves Bonnardel
Chapitre 7. Vers un écologisme non naturaliste. David Olivier
Chapitre 8. Faut-il sauver la gazelle du lion ? Thomas Lepeltier
Chapitre 9. Utilitarisme et anti-utilitarisme dans l’éthique animale contemporaine. Estiva Reus
Chapitre 10. Les espèces non plus n’existent pas. David Olivier
Chapitre 11. Sur la supériorité. David Olivier
Chapitre 12. Les animaux à l’assaut du ciel. Yves Bonnardel

Les chasseurs ont bien compris les enjeux et ils apprécient les « antispécistes », comme cela ils peuvent se prétendre les seuls qui aient compris la Nature. Ils ont ainsi les arguments intellectuels et culturels pour justifier la « régulation » qu’ils font. Si en effet la Nature est chaos, il faut bien que l’humanité intervienne…

Mais la Nature n’est pas le chaos, elle porte la vie, l’évolution. L’humanité n’est qu’une composante de ce processus de la vie à l’échelle planétaire. C’est le sens du slogan « la Terre d’abord ! ». Le tout prime sur les parties et les parties n’ont aucun sens sans s’aligner sur les nécessités historiques du tout. L’humanité doit rejeter son anthropocentrisme. C’est cela le vrai enjeu du 21e siècle.

Le combat d’une zone humide contre un centre-commercial en Haute-Savoie

A l’occasion du printemps, deux actes destructeurs ont été commis en Haute-Savoie qu’on peut considérer comme en rapport avec l’arrivée de la saison de la vie… Le second était une réponse au premier, comme l’affirme ce communiqué :

« Dans la nuit du 20 au 21 mars, nous avons versé de la peinture sur les vitres du tractopelle qui commençait le chantier du centre commercial “Snow” à Sallanches.

Quelle honte que de débuter des travaux de destruction de la végétation de la zone humide le jour du printemps. Normalement à cette saison la nature ne meurt pas, elle revit. Cet acte est donc là pour gêner ce chantier qui détruit la nature alors qu’il faut la respecter ! »

Sallanches est une ville de 16 000 habitants dans une vallée peuplée et industrielle, entre Annecy et Chamonix. Le supermarché Carrefour en périphérie de la ville n’est pas jouxté par une galerie commerciale : un promoteur spécialisé dans ce domaine a considéré qu’il y avait pourtant là un potentiel économique. Il a malheureusement réussi à l’emporter malgré la lutte.

La prairie attenante au supermarché est restée vierge suite à un combat juridique de longue haleine permettant d’assurer sa reconnaissance en tant que zone humide, permettant de gagner de précieuses années pour en empêcher l’assèchement. Les opposants locaux se sont appuyés sur ces démarches et ont reconnu ce travail mené depuis les années 2000, surtout par la personne d’ Yvonne Vuillaume, décédée en 2016. De nombreux recours juridiques avaient empêché un premier projet en 2010.

zone humide

C’est là quelque chose d’essentiel. Défendre une zone humide, c’est défendre la Nature dans ce qu’elle a de plus concrète, de plus essentielle. Il ne s’agit pas de lieux ou d’espaces exceptionnels, spectaculaires, qui émeuvent à grande échelle. Ce sont des endroits d’apparence banale, tout à fait courants, bien que malheureusement de moins en moins présents.

Ce sont en effet de simples prairies marécageuses auxquelles presque personne ne prête attention. Il y a pourtant là quelque-chose d’essentiel, un moment de synthèse entre l’eau et la terre, qui conditionne l’ensemble de la vie sur Terre, et donc la vie de la Terre elle-même.

Défendre les zones-humides, s’opposer à leur asséchement, est donc quelque chose de fondamental, presque basique en matière d’écologie. Ou cela devrait l’être, et il y a eu en tout cas, donc, depuis un certain temps maintenant tout un mouvement à Sallanches en Haute-Savoie pour s’opposer à l’implantation d’un centre-commercial appelé « The Snow » sur une grande prairie, qui est une zone humide du bassin versant de l’Arve, aux pieds du Mont-Blanc.

Sallanches

Leur lutte a échoué, mais elle est une leçon, d’une grande importance même, car il y a eu la tentative de mobiliser directement la population, posant ainsi la lutte écologiste de manière démocratique, en ayant compris la nature du système économique qui produit forcément ces destructions.

C’est là quelque chose de fondamental : on a à la fois les gens et à la fois le contenu posé clairement. Ce n’est pas quelque chose d’abstrait poussé par en-haut. C’est quelque chose de difficile, mais incontournable. C’est une expérience précieuse.

Essayons de résumer, à grands traits, ce qui s’est passé, avec son arrière-plan. Les fonctions naturelles des zones humides étant facilement reconnaissables par la science, en tout cas pour leur nature la plus essentielle, il y a eu une prise en considération de cette question par les gouvernements à la fin du XXe siècle. Un ensemble législatif permettant de limiter les dégâts en organisant une certaine protection a été mis en place internationalement, puis dans la plupart des pays. Il s’agit en France notamment de la loi sur l’eau, qui est en général très connue des personnes s’intéressant à l’écologie – il en a été énormément question par exemple à Notre-Dame-des-Landes.

Seulement, cette loi est insuffisante, car elle ne protège pas de manière systématique les zones humides. Elle organise même les moyens de son propre contournement, ce qui fait que plus de la moitié d’entre elles ont disparues en France depuis les années 1960. Ce que ne peuvent pas les petites entreprises, les grandes le peuvent, en donnant l’impression de « compenser ».

« sanctuarisons la zone humide »

Ce qui a donc été possible à Sallanches pendant de nombreuses années pour défendre cette zone humide, l’a été parce que le rapport de force démocratique était favorable par rapport à des recours juridiques. Mais tout a changé lorsqu’un promoteur de grande envergure s’est intéressé à la chose, avec l’appui des autorités locales.

Ce qui s’est passé est tout à fait habituel, et expliqué dans le détail par les opposants dans leurs différentes documentations, via surtout le site contrethesnow.fr : la législation protégeant la zone humide n’a pas fait le poids face à des intérêts capitalistes puissants et très bien organisés.

Le groupe Les Arches Métropole, qui explique avoir livré 180 000 m² de surfaces commerciales à travers la France en dix ans et détenir 65 millions d’euros d’actifs foncier, a en effet très facilement fait sauter les protections juridiques afin de détruire la zone humide. Cela en toute légalité, du moins sans qu’il soit possible de s’y opposer suffisamment sur le plan juridique.

En l’occurrence, à partir du moment où le promoteur a défini lui-même ce qui relevait ou non de la zone humide et qu’il s’engage à « compenser » au moins le double de la surface qu’il a considérée comme étant une zone humide, il est impossible d’empêcher le projet sans un grand rapport de force populaire.

La « compensation » relève bien évidement de l’escroquerie, de la négation de la Nature elle-même, comme l’ont très bien expliqué les opposants tout au long de leur combat.

Il s’agit prétendument de recréer artificiellement les fonctions écologiques (biologiques et hydrologiques surtout) de la prairie humide, ailleurs. C’est une procédure tout à fait courante, à laquelle les bétonneurs sont habitués, avec tout un tas d’écologues et d’universitaires qui les aident dans leur démarche destructrice. Ces gens sont des criminels, des collaborateurs de la destruction de mère Nature.

the snow

Il faut bien voir ici que presque systématiquement, donc, lors de la création d’un lotissement ou d’une zone d’activité, d’un grand bâtiment, d’une route ou d’un échangeur, on a une petite zone humide qui est asséchée, et plus loin un trou qui est creusé avec de l’eau mis dedans, en guise de « compensation ».

La prairie attenante au Carrefour de Sallanches a donc été considéré comme étant simplement une ressource foncière, qui plus est « sur un site exceptionnel, à l’environnement arboré qui fait face aux monts des Aravis », et sa nature humide a été considérée comme secondaire.

L’erreur serait de croire que la question est ici d’ordre juridique, avec la nécessité d’une expertise pour reconnaître le niveau de « fonctionnalité » de la zone humide, pour prouver la nécessité de la préserver. La question se pose en fait bien plus profondément : il s’agit de savoir si l’on considère ou non la Terre comme un organisme vivant, organisée de manière complexe et minutieuse, avec sa propre valeurs à défendre en tant que tel. C’est une question de vision du monde.

Le problème est ensuite démocratique : il s’agit de convaincre la population que les gens qui nient la Nature ont tort, et s’exposent forcément à de grands dangers, alors qu’il faut au contraire reconnaître la Terre comme un être vivant, dont l’humanité est une composante.

zone humide

Le grand mérite du collectif local qui s’est lancé dans la dernière grande bataille a été de comprendre dans ses grandes lignes l’enjeu de ce qui se passait, et de poser dès le début le combat pour la zone humide comme un combat démocratique, par en bas. Ce qu’il fallait, c’était le soutien de la population, et précisément de la population ouvrière, qui, objectivement, n’a pas les mêmes intérêts que les entrepreneurs et leur besoin d’accumulation de richesse avec le projet de galerie commerciale « The Snow ».

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas des gens subjectivement conquis par la possibilité d’aller à un centre commercial, ou bien qui monnaient leur âme dans la perspective d’un emploi. Nous savons tous comment le mode de vie dominant lave le cerveau des gens et fait perdre tout sentiment naturel, ainsi que toute mise en perspective de l’avenir. Il faudrait consommer immédiatement, sans réfléchir au lendemain, et s’éloigner le plus possible d’une nature sans intérêt voire « hostile ».

Mais il s’agit de bien mener la bataille pour que les gens comprennent ce que sont les destructions et à qui elles profitent. Cela ne sert à rien parler d’écologie sans cela, à moins de faire comme les riches ONG et de se complaire dans le témoignage et la bonne conscience. Le fait que le directeur du WWF vienne de tout abandonner du jour au lendemain pour rejoindre la liste d’Emmanuel Macron pour les Européennes est encore un exemple de plus du manque de sens de valeurs parmi tous ces gens qui vivent trop dans le confort pour ne pas être corrompu.

zone humide

Dès le début a donc été mené à Sallanches une intense campagne d’information de la population, avec justement ce thème que l’on pourrait résumer en  : pour la nature, contre un projet destructeur des entrepreneurs.

Cela n’a pas été suffisant, avec au plus fort du combat seulement un noyau d’une grosse centaine de personne mobilisées, et quelques milliers soutenant la démarche. Il appartient aux personnes ayant mené ce combat d’en comprendre les raisons, les difficultés, les éventuelles erreurs, les limites historiques. Il n’en reste pas moins que ce fut une grande expérience, avec une démarche à développer, là-bas et ailleurs, pour inverser enfin la tendance contre la destruction de la Nature en général et des zones humides en particulier.

C’est en systématisant les luttes démocratiques, portées par la base, que les valeurs de défense de la Nature et de protection des animaux se généraliseront et qu’un espace sera ouvert pour un changement complet de la société française… A la condition de bien définir ces luttes en s’appuyant sur le principe de la défense de notre mère la Terre !

Procès des antispécistes de Lille : Candide face aux juges

Il y a un conte philosophique très connu de Voltaire, que beaucoup d’élèves ont eu à lire pour le bac français : Candide. Le personnage éponyme découvre que le monde est beaucoup plus compliqué qu’il ne le pensait et sa naïveté est ainsi remise en cause lors de son périple à travers le monde.

Mardi 19 mars 2019, lors du procès se tenant à Lille, on a eu droit à des Candide modernes. Il s’agissait en effet du procès de quatre activistes pour dégradations et violences aggravées, dans le cadre de la fameuse campagne « stop spécisme ».

Les personnes concernées sont trois femmes et un homme, âgé de 29, 39, 33 et 23 ans. Le procureur a demandé respectivement quinze mois de prison dont neuf avec sursis, deux fois six mois avec sursis, et dix-huit mois de prison dont huit avec sursis. Le tribunal donnera sa décision dans deux semaines.

Rappelons que cette campagne « stop spécisme », marquée surtout par des vitrines de boucheries ou de restaurants brisées, avait attiré l’attention de toute l’opinion publique. Qu’on le veuille ou non, toutes les personnes véganes se sont retrouvées « impliquées » d’une manière ou d’une autre et ont dû prendre position dans leur entourage par rapport à cela.

Ce premier procès concernant des gens mêlés à cette campagne était donc d’une importance capitale. L’impact sur la situation du véganisme en France allait être décisive.

Il y avait en effet plusieurs possibilités :

– les activistes assument leur action de manière collective et appellent à participer à une processus révolutionnaire, jusqu’à la victoire ;

– les activistes se dissocient de leurs actions, tout se réduisant à un épisode individuel, un accident dans un parcours personnel ;

– les activistes deviennent des renégats, se repentant pour leurs actes, faisant acte de contrition.

Mais même en raisonnant ainsi, on était déjà au-delà de ce que les « antispécistes » pouvaient représenter. Insultant plusieurs décennies d’engagement dans la libération animale, qu’ils ont toisé de leur mépris hautain et arrogant, ils se sont littéralement écrasés eux-mêmes face au tribunal en révélant qu’ils ne pouvaient rien assumer, rien porter, que tout cela était bien trop lourd pour eux.

Pourtant le tribunal avait été incroyablement sympathique, car il a fait venir un essayiste exposant ce qu’est l’antispécisme, et a même donné la parole à la militante « antispéciste » suisse Virginia Markus. C’était un incroyable cadeau dont il aurait été possible de profiter. Les « antispécistes » avaient un boulevard pour exposer leurs idées, revendiquer leur engagement, publier un manifeste antispéciste qui aurait été forcément largement diffusé, faire du tribunal une véritable tribune, etc.

Quand on est révolutionnaire, cela fait partie du b-a-BA de l’attitude lors des procès. Mais les « antispécistes » ne sont pas des révolutionnaires, ce sont des individus qui ont considéré que ce qui se passait dans leur environnement n’était pas correct. Cela ne va pas plus loin.

Prenons par exemple l’incendie du Burger King de Marcq en Baroeul. Eh bien l’une des personnes poursuivies a benoîtement expliquée : « L’idée vient de moi ». Comment peut-on être assez stupide pour casser la définition politique d’un acte et la résumer à un choix individuel, pour en plus s’auto-accuser ?

Une personne a fait également dix jours de grève de la faim en prison. Pourquoi ? Avec quelles revendications ? On ne le sait pas. Il n’y a aucune conscience politique, tout est dans l’immédiat et on ne sera pas étonné que la même personne, au procès, a affirmé :

« Je militerai autrement. J’exprime des remords. Je ne recommencerai pas. »

Toute la France regarde, et voilà ce qui est dit.

Très concrètement, notons également l’erreur fondamentale qui a joué pour leur arrestation. En utilisant de manière régulière deux voitures, elles ont été faciles à repérer. Même si on ne sait pas comment cela s’est déroulé dans l’enquête, on peut se douter que la police a pu procéder par recoupement. Il suffisait de regarder ce que disait la vidéosurveillance disponible et de voir quelles voitures étaient présentes à chaque fois.

Une autre erreur a été… d’éteindre en même temps les téléphones portables juste avant l’action ! On est là dans une très grande naïveté et effectivement, cette candeur est générale. Ces « antispécistes » sont en fait tout à fait conformes à l’image que nous avons de notre côté donné aux antispécistes : coupés de tout patrimoine historique du véganisme, velléitaires tout en s’imaginant faire quelque chose de formidable, sincères mais en même temps ne dépassant pas leur petit horizon individuel.

Les ennemis en ont tout à fait conscience. A l’extérieur du procès, Damien Legrand, avocat du Syndicat des bouchers du Nord (partie civile dans le procès), a cherché lui à faire monter la pression, tout comme Laurent Rigaud, le président du syndicat des bouchers du Nord. Eux ont bien conscience des enjeux et les propos de Laurent Rigaud appellent directement à élever le niveau de confrontation, avec une bonne dose de paranoïa et d’agressivité militarisée :

« Nous avons fait le choix, avec la fédération des bouchers, de nous mettre en première ligne, d’aller au contact. Nous ne voulons pas courber l’échine face à ces violences. Nous n’avons pas peur de ces militants mais nous craignons une réaction de nos collègues. Nous sommes pour la plupart des chasseurs, imaginez qu’un collègue sorte à la fenêtre avec son fusil car il voit son habitation être incendiée… »

On voit le problème : avec les « antispécistes », on n’a rien gagné, mais par contre l’ennemi a élevé son niveau de cohérence, de motivation, de compréhension des enjeux

Le tribunal n’a évidemment pas fait que des cadeaux non plus. On a ainsi eu des commerçants qui ont cherché à faire pleurer Madeleine lors du procès. Un tenant de restaurant s’était endetté pour tout rénover, il voulait même proposer un burger végétal… Un autre est déçu du fait qu’il a moins de clients, etc.

C’est donc un ratage complet, sur toute la ligne. Il aurait fallu politiser le procès de manière collective, même pour dire que la campagne « stop spécisme » était une erreur, mais une erreur inévitable historiquement (ce que nous ne pensons pas, c’était une erreur tout à fait évitable si la prétention des « antispécistes » avait été moins grande)

Il y aurait pu y avoir une remise de ce procès dans son « contexte » historique et une campagne d’amnistie en faveur des « utopistes » qui se sont trompés de chemin, mais dont l’exigence a un sens. Cela n’a pas été le cas.

Marche des lycéens et marche du « siècle » : la vanité de l’achat des indulgences

La grande actualité écologiste, cela a été les deux manifestations pour le climat : celle des lycéens le vendredi 15 mars 2019, celle appelée « marche du siècle » le lendemain. Il s’agit là de deux événements d’importance, parce que c’est la première fois que, au sens strict, la question de la « catastrophe » est posée par un mouvement d’en bas, du moins en apparence.

En théorie en effet, ce sont les lycéens eux-mêmes qui se sont lancés dans l’initiative, à l’appel de la jeune suédoise Greta Thunberg, et la manifestation du samedi a été portée par la « société civile ». En pratique, évidemment, les choses sont bien différentes, et c’est pour cela que le terme à employer pour parler de cela est aisément trouvé : c’est celui de vanité.

marche climat

Vanité, car Greta Thunberg est une construction médiatique lancée par des businessmen faisant de la protestation un commerce en ligne, vanité car la société civile n’a consisté qu’en les réseaux des ONG et des milieux bobos. Le terme de vanité est important, car il ne s’agit pas ici de critiquer la sincérité des gens présents. C’est justement bien le problème, que cette sincérité.

Pourquoi ? Parce que cette sincérité est totalement en décalage avec la réalité. C’est de la mise en scène conforme à la domination de Facebook, d’Instagram et de Snapshat, cela n’a aucune incidence sur rien et cela ne porte strictement rien. C’est l’achat de la bonne conscience à bas prix, c’est digne de l’achat d’indulgences auprès du pape à la fin du moyen-âge

Les gens présents ont comme mot d’ordre, pour résumer : nous avons péché, mais nous ne le ferons plus. Et une fois cela fait, ils continuent. Et ils n’échappent même pas à la vanité.

Prenons le terme de « marche du siècle ». C’est une expression qui a un sens et celui-ci est lourd ; elle veut dire par là que c’est sensé être la plus grande marche du siècle, avec le plus de gens, d’engagements, etc. On s’attend donc à quelque chose de fort, de grandiose, en tout cas de très parlant.

Las ! Elle n’a concerné à Paris, selon la police, que 45 000 personnes, et cela alors que 140 ONG y appelaient. Prenons simplement une calculatrice et faisons la division de 45 000 par 140 : cela fait un peu plus de 321. Cela veut dire que chaque association n’a été en mesure d’amener qu’un peu plus de 300 personnes pour une initiative se voulant totale…

marche climat

Même si on prend le chiffre des organisateurs, soit 105 000, cela fait 750 personnes. Cela reste infime si l’on part du principe que que les médias en ont parlé de manière récurrente. Il ne faut donc pas se voiler la face : on est ici dans un petit milieu, celui des associations, des ONG, du mode de vie bobo, des gens liés à EELV.

Il y a bien plus à attendre des efforts faits dans les 220 autres villes dans tout le pays, où selon les organisateurs 250 000 personnes étaient mobilisées. Mais cela sera sur le long terme, car dans le fond c’est le style parisien qui prédomine, et c’est totalement vain.

Critique facile, critique tout aussi vaniteuse ? L’avenir le dira, puisque si la marche du siècle a vraiment été ce qu’elle prétendait être, alors son impact va être énorme. Sinon, cela n’aura été qu’une anecdote de plus, tout comme les mobilisations au moment de la COP21. Et on pourra dire que le slogan « Macron t’es foutu, les pandas sont dans la rue » aura été d’une profonde ironie criminelle à une époque d’écocide généralisé.

Notons au passage d’autres vanités du même niveau de mauvais goût, d’inconscience et de décalage avec la réalité. La fin du cortège parisien parlait de tout sauf le climat (le logement, Emmanuel Macron, les étudiants étrangers, etc.). Il y avait un bus du mouvement GAF (give a fuck) avec de la musique pour une rave party pour le climat avec comme mot d’ordre « Parce que danser, c’est aussi militer ». Mais bien sûr !

marche climat

Et L214 était avec le parti animaliste, entonnant « Lâche ton couteau pour les animaux. Lâche ton steak, pour la planète. » Faut-il également mentionner la présence de Cécile Duflot, ex-ministre de l’écologie dont on ne rappellera jamais assez le coup de Copenhague, qui était ravie de la marche et parlait « d’énergie du désespoir » ?

Il y a évidemment plus d’espoir chez les jeunes, qui eux ont bien compris que les choses allaient mal tourner. Ils ne sont pas dupes et c’est pour cela qu’ils ont manifesté en masse. Il y a ainsi eu 40 000 personnes à Paris, 15 000 à Lyon, plusieurs milliers à Montpellier, Strasbourg, Rennes, Bordeaux, plusieurs centaines à Lille, Clermon-Ferrand, etc.

Le problème, c’est que si les jeunes savent, ils restent consommateurs. Tout le contenu leur a été fourni par des ONG internationales qui en profitent pour s’installer. Rappelons que cette marche des lycéens a eu lieu d’ailleurs dans 123 pays, avec l’appui ouvert des médias, voire des institutions elles-mêmes…

De plus, l’horizon ne va pas plus loin que le tri sélectif et la moindre utilisation de plastique, avec l’inévitable rhétorique sur le fait que l’humanité va vivre moins bien en raison du réchauffement climatique, et que les jeunes sont les premiers concernés.

Si l’on est bienveillant ou naïf, on dira : c’est élémentaire, mais un début. Si l’on est objectif ou circonspect, on dira : ces jeunes ne comprennent rien à rien et ont 10, 20 ou 30 ans de retard. Dans tous les cas, impossible de nier que toute l’approche reste fondamentalement anthropocentriste, malgré de beaux slogans pour la Nature ici ou là, ainsi que des mots d’ordre en faveur de la planète en général. Cela ne dépasse le plus souvent pas le cadre de la poésie ou de la sensibilité, ce qui n’est déjà pas si mal, mais cela n’apporte rien.

marche climat

Disons les choses franchement, ou plutôt posons la question. Même en admettant que toutes ces critiques soient erronées et que, donc, ces deux marches étaient de très bons signes, tout au moins des signes allant dans le bon sens… Comment va-t-on aller à un changement total de perspective d’ici 20 ans

Car le temps passe. Chaque jour qui passe, ce qui est à faire s’avère encore plus immense. La consommation de la viande est en train de doubler de volume, la déforestation de l’Amazonie c’est grosso modo un terrain de football en superficie toutes les secondes. A cela s’ajoute la pollution toujours plus grande, dans tous les domaines, le réchauffement climatique, l’écocide généralisé.

Tout cela doit être résolu dans les 20 ans, sans quoi il va y en avoir pour au minimum 30-40 ans de profonds tourments à l’échelle planétaire, et cela dans le meilleur des cas. Ainsi, même avec la meilleure volonté du monde, il faut oser le dire : tout cela est de la vanité, de l’achat de bonne conscience comme hier on achetait des indulgences.

Tout cela n’est pas à la hauteur de ce qu’exige la planète à notre époque !

marche climat

DOM TOM : paradis pour les touristes, enfers pour les animaux ?

Voici un appel de l’association Collectif Outre-mer de Protection Animale, qui vient rappeler la situation terrible de la condition animale outre-mer et demande à ce que les refuges des Dom-Tom soient soutenus. C’est bien entendu quelque chose à relayer!

Le Collectif Outre-mer de Protection Animale (COPA) – basé en Lorraine – lance en soutien aux associations ultramarines une campagne médiatique bilingue, intitulée «Respect des lois et stérilisation pour les animaux des DOM TOM».

Problématique de l’errance et politiques d’euthanasie massive

L’errance animale est une caractéristique des paysages de la France d’Outre-mer. Si les causes en sont diverses, la réponse apportée depuis des décennies par les collectivités locales est quasiment unilatérale : l’euthanasie de masse.

es initiatives en matière de stérilisation existent, mais les budgets consacrés demeurent nettement inférieurs à ceux alloués aux captures, mises à mort et ramassages d’animaux écrasés.

Manquements aux lois françaises

Absence d’identification, divagation, animaux jamais détachés, chiots de moins de 6 mois attachés, actes de cruauté non sanctionnés, refus d’enregistrements de plaintes, plaintes classées sans suite, business florissant de la reproduction à fin de ventes…

Tel est le quotidien auquel doivent faire face les associations locales. Pour mettre un coup de projecteur sur cette situation, le COPA diffuse une vidéo titrant “DOM TOM, zones de non-droit pour les animaux?”. Cette vidéo est associée à une pétition destinée, entre autres, au ministère de l’Outre-mer.

Leurs versions anglaises seront relayées aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande, Australie et au Canada anglophone. La Polynésie et la Nouvelle-Calédonie accueillant de nombreux touristes en provenance de ces pays, l’association va également s’adresser à eux.

Cette campagne s’inscrit dans le projet COPA, dont l’objectif premier est d’impulser une gestion humaine et effective de la population canine et féline, s’inscrivant dans la durée. L’identification et les actions de sensibilisation en sont également des composantes prioritaires.

A ce jour, le collectif a deux associations affiliées : COPA Guadeloupe et Protection Animale de Guyane.

La condition animale en Outre-mer, sclérosée, doit évoluer.

Séverine Fontan, présidente

Collectif Outre-mer de Protection Animale

> association-copa.fr
> facebook.com/CollectifOutremerPA

Le véganisme et le féminisme à la croisée des chemins

Le 8 mars est une date très importante ; elle est un anniversaire, celui de la cause des femmes. Le véganisme se confond avec cette cause, non pas simplement pour des raisons conceptuelles, théoriques ou quoi que ce soit de ce genre, même si cela a son importance, mais surtout parce que ce sont les femmes qui font que le véganisme existe.

Il ne faut pas se leurrer : les hommes sont pétris historiquement par les valeurs de la chasse et de la cueillette, de l’agriculture et de la domestication, et cela depuis des milliers d’années. En mettant les femmes de côté, les hommes ont mise de côté la Nature et il leur manque une capacité à assumer la sensibilité par rapport à celle-ci.

Les hommes peuvent devenir vegans, mais aimer les animaux, la Nature, ils ont du mal avec cela ; ils peuvent l’accepter, voire l’assumer, mais pas le trouver d’eux-mêmes. Ils doivent se mettre à l’école de femmes.

Malheureusement, il faut ici noircir le tableau. Et le véganisme et le féminisme ont à ce sujet un nombre important de points communs. Ils sont donc tous deux portés par les femmes ; ils ne doivent leur existence qu’à l’abnégation de femmes qui le portent très concrètement, de manière positive, en réalisant certaines choses.

Mais tous deux sont récupérés, détournés, lessivés, vidés de leur contenu. Les termes de véganisme et de féminisme, une fois qu’ils ont acquis une certaine valeur, ont été réemployés n’importe comment, pour profiter de leur prestige, pour les vider de leur contenu.

Désormais, le féminisme est une valeur des institutions françaises elles-mêmes, ainsi que des marques qui visent le marché féminin et utilisent le 8 mars, par exemple, comme prétexte pour des promotions.

Quant au véganisme, il a été saccagé par des universitaires, des épiciers et des excités en mal d’idéaux, transformé en un « antispécisme » d’autant plus ignoble qu’il tourne ouvertement le dos aux animaux sauvages et aux refuges.

Dans les deux cas, les femmes qui portaient tant l’un que l’autre ont laissé faire, parce qu’elles détestent à la fois le conflit, les querelles, la politique, les idéologies. Elles pensent qu’il y a de la place pour tout le monde, ou bien ne se posent pas la question de voir les choses en grand. Elles sont focalisées sur les choses concrètes.

C’est la force des femmes impliquées dans la protection des animaux que d’insister toujours sur le côté pratique et la dimension naturelle dans le rapport aux animaux. Mais c’est en même temps un souci sur le plan des valeurs, car face aux carriéristes, opportunistes, boutiquiers, profiteurs et autres aventuriers en quête d’egotrip, cela ne fait pas le poids !

Il faut dire ce qui est : avec les antispécistes d’un côté et les marchands de l’autre, l’antispécisme voire le véganisme est devenu un prêt à porter de hipsters, un élément de plus dans une pleurnicherie sans fins sur un monde « hiérarchisé » qu’il s’agirait de déconstruire.

Si l’on veut trouver des gens parlant du véganisme, on se retrouve face à des énergumènes jeunes et fascinés par une esthétique de « rupture », coupés de toute connaissance historique, utilisant un vocabulaire bigarré pour mettre « l’antispécisme » sur le même plan que la lutte contre « l’agisme », le « validisme », « l’islamophobie », avec inversement la mise en valeur de la non-monogamie, des concepts de bisexualité, pansexualité, polyamour, etc.

Ces gens sont odieux et détournent les gens normaux du véganisme, qu’ils voient comme une lubie d’habitants des centre-villes, de rebelles fils ou filles à papa cherchant quelque chose d’extrême pour se faire remarquer, se mettre en valeur, voire faire carrière!

L’antispécisme fait partie de la panoplie composée de l’anneau dans le nez ou de la barbe de hipster, des discours nombrilistes et des photos ininterrompus de soi-même, de l’utilisation massive de twitter, instagram et facebook, des complaintes lyriques et agressifs contre telle ou telle personne accusée d’être exemplaire des valeurs à déconstruire.

Les animaux ne sont rien d’autre qu’une surface de projection.

C’est une catastrophe et celle-ci ne peut être que temporaire, parce que les modes passent et que cet assemblage hétéroclite utilisant la question animale pour avoir l’air « libératrice » sur tous les plans ne tiendra pas sur le long terme.

Il s’agit donc de prévoir la suite et de maintenir le drapeau du véganisme… Un véganisme porté par les femmes, qui n’aiment pas les drapeaux, sauf quand elles ont compris que l’affrontement était inéluctable et qu’il fallait l’assumer. Elles sont alors en première ligne.