• Piratage de l'Association Nationale des Chasseurs de Grand Gibier et communiqué du Haut-Valromey

Piratage de l’Association Nationale des Chasseurs de Grand Gibier et communiqué du Haut-Valromey

L’ALF a piraté le site de l’Association Nationale des Chasseurs de Grand Gibier, ainsi donc que la quasi centaine de sous-sites lui étant liée. A noter que l’ensemble des noms, prénoms et adresses mails des gens inscrits a également été en même temps intercepté.

Voici le communiqué concernant l’incendie de 2000 m² d’un abattoir à Haut-Valromey dans l’Ain. Nous avons pas mal hésité à le publier tellement nous est odieuse cette prose poétique existentialiste, mélange d’antispécisme et de primitivisme, faisant d’un acte non pas une contribution à la libération mais une sorte de raffinement autocentré libéral-libertaire.

Ce discours est un énième exemple de la tentative de récupération du véganisme par des petits-bourgeois enragés qui prennent en otages les animaux pour assouvir leur propre vision fantasmée de la réalité.

Cette nuit là, la lune est décroissante et dans son troisième quartier. Un groupe d’individus s’attaque à un abattoir en y allumant huit incendies, aussi bien sous des véhicules que dans le bâtiment lui-même en l’ayant préalablement forcé et saccagé. Les systèmes électriques ont été attaqués par le feu permettant peut-être de couper les systèmes frigorifique et de télésurveillance. Une fumée noire et âcre envahit le ciel étoilé et s’abat sur le village d’Hotonnes et ses environs.

Nous voudrions commencer par saluer les toujours plus nombreuses attaques de boucheries ayant eu lieu depuis le début de l’année. Ces actions nous ont touchées car elles ne nous ont pas placé dans un simple rôle de spectateures mais nous ont poussé à l’agir. Il nous paraît important de ne pas laisser la répression nous freiner et de diffuser l’attaque antispéciste sans médiation.

L’agir antispéciste se vit aussi dans le quotidien, dans notre rapport aux êtres vivants qui nous entourent. Ainsi il ne nous intéresse pas de critiquer le meurtre comme une valeur intrinsèquement mauvaise car la condamnation morale nous paraît détachée de toute réalité véritablement vécue. Il nous intéresserait plus d’étendre l’antispécisme à toutes les espèces vivantes et de refuser les fausses distinctions entre les êtres dits « sensibles » et les autres. La plantation en masse de sapins pour en faire des planches ou l’élevage intensif de poules pour produire des œufs nous fait un effet comparable. Une friche peut facilement nous évoquer un charnier. Nous ne voulons pas d’un capitalisme vegan ou respectueux des animaux alors qu’il continue d’exploiter d’autres espèces.

Soyons clair, nous ne cautionnons aucun élevage aussi bienveillant soit-il. Cela nous rappelle toujours la domestication et le fait d’envisager la nature autour de nous comme une ressource à exploiter, alors que nous en faisons partie et qu’elle fait partie de nous. Accepter d’en faire partie c’est accepter la multiplicité de ses rapports, que ce soit le regard croisé d’un renard, le bruit d’une hache qui s’enfonce dans du bois, l’arrachage de fruits sauvages au jour qui se lève, l’escalade dans un arbre, la chasse d’insectes qui s’en prennent à notre nourriture ou qui envahissent nos lieux de vie, le conflit verbal ou physique avec d’autres êtres humains.

Abattoirs, élevages, taules, sont autant de manières d’enfermer, de soumettre. En menant cette action, nous avons été accompagnées par nos complices humains et non-humains qui n’étaient pas présents parce qu’enfermées ou menacés de l’être. En exprimant notre colère nous vous portions dans nos cœurs.

Et nous haïssons ce monde qui nous force à choisir entre tuer des vaches par notre passivité ou à risquer de les tuer par nos actes de sabotage. En effet, lors de l’attaque de cet abattoir, nous avions conscience que des vaches y étaient enfermées, et bien que nous avons essayé de limiter les risques pour elles, nos actes ont pu les stresser ou les faire souffrir. Mais nous ne voulons pas oublier que si nos actes peuvent faire du mal, notre indifférence, elle, tue avec certitude.

Cette action s’inscrit dans la série d’attaque « stop spécisme » mais il nous paraît important de préciser que notre but ici est de replacer l’antispécisme dans une optique de conflictualité permanente avec toutes les autorités.

Ce monde tue les mauvaises vaches

Pour la propagation d’un chaos qui refuse de choisir entre l’amour et la violence.

Lune Blanche,
Meute Noire.

“Les végans n’ont pas le droit de faire régner la peur !”

Le titre de la tribune publiée par Le Figaro dit déjà tout, et la liste des signataires est à cette image : des sénateurs et des députés, alliés à des représentants agro-industriels.

Et leur grand argument philosophique est la liberté de choix de l’individu, reflet inversé de l’antispécisme qui existe également au nom des “individus”, mais cette fois animaux.

Les deux ont tort : la question n’est pas celle des individus, mais de la place de l’humanité dans le grand tout qu’est la Nature.

On estime à plus d’une centaine les actions violentes et illégales subies par les professionnels de la filière de l’industrie de la viande entre 2017 et 2018 en France. Ces actions «coup de poing», violentes (marquage au fer rouge, abattoirs envahis et représentés en feu, faux sang déversé par litres, vandalisme de boucheries, d’abattoirs, dessins suggestifs, menaces aux personnes), dont les auteurs revendiquent une confrontation ouverte et violente notamment avec l’industrie de la viande et les forces de police, doivent être punis sévèrement par l’Etat.

Nous, représentants des professions et filières agricoles, de l’artisanat et des territoires tenons à dénoncer avec la plus grande fermeté les actions et les modes de pensées de ces extrémistes.

Leur idéologie radicale est basée sur «l’antispécisme». Elle refuse toute hiérarchie entre les espèces et prône les mêmes droits pour les animaux et pour les hommes. Comme si dans le règne animal, aucune hiérarchie n’existait entre les espèces, entre les herbivores et les carnivores ou les omnivores!

Ces idéologues apparentent l’industrie de la viande à un «holocauste». Ils comparent la fin de l’exploitation animale à l’abolition de l’esclavage et prônent purement et simplement la disparition de l’industrie de la viande au mépris des conséquences sur les emplois, les filières, l’agriculture et nos territoires.

Les modes opératoires violents et radicaux qui prônent l’action directe et la désobéissance civile pour faire adopter ces idées sont inacceptables et intolérables. Ces méthodes se rapprochent d’un intégrisme sectaire et d’un communautarisme qui trouvent une audience grandissante et interpellent les pouvoirs publics (rapport d’activité Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, 2016).

Est-ce cela que nous allons offrir à nos enfants et à nous? Un droit de faire régner la peur, un droit à l’anarchie parce que nous mangeons une blanquette de veau, un cassoulet ou un hamburger?

C’est un enrôlement dangereux qui tente de convertir nos jeunes à des croyances alimentaires fausses au détriment de notre alimentation diversifiée. Allons-nous laisser faire ces dérives spectacles au nom de croyances dangereuses pour notre société? Une très faible minorité de la population française n’a pas le droit de faire régner la terreur au moyen de croisades alimentaires.

Nous refuserons toujours de nous laisser dicter nos choix alimentaires et nos choix de consommateurs.

Faut-il imaginer des suhisbars sans poisson, des steakhouses sans bœuf? Que seront nos repas familiaux dominicaux si nous nous sommes fait imposer ce que nous devons manger? Que deviendront nos traditions et celles de notre diversité, Noël sans la dinde, l’Aïd sans les moutons, Shabbat sans le bœuf, le mouton, le poisson ou la volaille?

Nous serons collectivement les garants de ces traditions culturelles et alimentaires.

Nous défendons notre liberté à consommer de la viande, des fruits, des légumes, du fromage, des produits laitiers.

Nous demandons solennellement que l’État républicain remettre de l’ordre et fasse respecter le libre arbitre alimentaire de chacun. Il doit protéger nos traditions, notre alimentation, nos emplois, nos filières.

La France est le pays de la gastronomie, des plats de terroir à base des productions agricoles de qualité, des grands chefs, des grands vins, des traditions et des restaurants étoilés. Elle irradie depuis des siècles à travers le monde son savoir-faire, son savoir-vivre à la française, son savoir-être, son agriculture, sa culture alimentaire et culinaire. Le repas gastronomique «à la française» est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco. La France est le seul pays à avoir obtenu cette reconnaissance.

Cette histoire, ce patrimoine, nous le devons notamment à des produits agricoles d’une grande qualité, élaborés par des paysans, des éleveurs qui vivent et façonnent nos territoires ; nous le devons à des artisans boulangers, bouchers, fromagers, charcutiers, traiteurs, restaurateurs, aux commerces de proximité… et aux cuisiniers avec de grands savoir-faire qui travaillent ces produits et élaborent nos recettes.

Nous, élus, représentants des professions et filières agricoles, de l’artisanat, des territoires, des administrés, n’avons de cesse de promouvoir les produits locaux, la qualité sanitaire, la diversité des productions, la richesse de nos terroirs. Quelle que soit la filière alimentaire concernée, ce sont des activités économiques, génératrices d’emplois où les concitoyens sont fiers de leurs métiers et cela fait vivre nos territoires, tant ruraux qu’urbains.

Nous nous soucions de l’impact environnemental, du bien-être animal mais aussi de la santé. Que ce soient les productions végétales ou animales, les agriculteurs produisent les matières premières nécessaires à notre alimentation. Les filières agro-alimentaires permettent de donner accès à la meilleure alimentation disponible en quantité et qualité. Certes, les modèles de consommation évoluent et nos modes de production également avec la recherche permanente de la qualité et de la sécurité alimentaire, là où par rapport à d’autres pays, nous avons une avance considérable.

C’est une chance pour nos territoires, nos filières, notre équilibre économique, nos emplois d’avoir ce niveau d’exigence pour notre alimentation.

À l’heure des Etats généraux de l’alimentation, ce choix de la société d’avoir des produits tracés locaux de qualité d’une grande diversité sont légitimes. Il en va de la qualité de vie et de la santé de nos citoyens, de leur famille, de nos enfants.

Mangeons librement! Consommons librement! Laissons à chacun ses choix et ne laissons personne nous dire ce que nous devons avoir dans nos assiettes!

Liste des cosignataires de la tribune:

COCHONNEAU Claude, Président de l’assemblée permanente des Chambre d’agriculture (APCA)

DE BELLAIGUE Charles-Hubert, Vice-Président, Fédération interdépartementale des chasseurs d’Ile-de-France

VARLET Daniel, Président de la Fédération des charcutiers traiteurs de l’Île de France

PINTEAUX Olivier, Secrétaire général, Fédération de la boucherie

THEMAUDIN Max, Vice-Président, Fédération de la boucherie

BUGUET Alain, Trésorier, Fédération de la boucherie

MONTINI Marie, Fromagère Saint Arnoult

ILLAND Jean-Charles, Fédération de la boucherie 95

BUGUET Alain, Trésorier, Fédération de la boucherie

RADET Damien, Secrétaire général, FDSEAIF

PETIT Bertrand, Président, FDSEA Eure-et-Loir

REY Dominique, Président SCIC Valor Viande Île-de-France (atelier de découpe Ile-de-France)

DEHAUDT Christophe, Eleveur

DRUMARE Sophie, Eleveur

DEGORGES Florian, Maraîcher

MESNIL Fabrice, Boucher

PECRESSE Valérie, Présidente de la Région Ile-De-France

GOUSSEAU Adeline, Ancien Sénatrice des Yvelines

ARNOULT Frédéric, Président JA Région IdF

DUBLANCHE Alexandra, Vice-Présidente Région Ile-de-France Développement économique, agriculture et ruralité

CABRIT Anne, Déléguée spéciale Agriculture & Ruralité Région Ile-de-France

CAFFIN Michel, Elu Region IDF

TETART Jean-Marie, Maire de HOUDAN

MANSAT Jean-Jacques, Président Communauté de Communes du Pays Houdanais et Maire de Tacoignières

PETIT Bertrand, Président, FDSEA d’Eure-et-Loir

GREFFIN Damien, Président FDSEA Ile-de-France

MILARD Cyril, Président FDSEA Seine-et-Marne

PRIMAS Sophie, Sénatrice des Yvelines, Présidente Commission Affaires Économiques

Jean-Noël CARDOUX, Sénateur du Loiret

Anne CHAIN-LARCHE, Sénatrice de Seine-et-Marne

Anne-Marie BERTARND, Sénateur des Bouches-du-Rhône

Marie-Christine CHAUVIN, Sénatrice du Jura

Jean-Marc BOYER, Sénateur du Puy-de-Dôme

Laurent DUPLOMB, Sénateur de la Haute-Loire

Alain SCHMITZ, Sénateur des Yvelines

Pierre CUYPERS, Sénateur de Seine-et-Marne

François CALVET, Sénateur des Pyrénées-Orientales

Jean Paul EMORINE, Sénateur de Saône-et-Loire

Anne-Catherine LOISIER, Sénatrice de la Côte-d’Or

Jackie PIERRE, Sénateur des Vosges

Aurore BERGE, Député des Yvelines

Bruno MILIENNE, Député des Yvelines

Jean-Baptiste MOREAU, Député de la Creuse – Rapporteur loi EGALim

Michel DANTIN, Député européen

Pierre BEDIER, Président Conseil Départemental des Yvelines

Pauline WINOCOUR-LEFEVRE, Vice-Présidente déléguée aux ruralités

Fabrice MOULARD, Président FDSEA de l’Eure

Dix années de La Terre d’abord !

La Terre d’abord ! est né le 5 octobre 2008, il y a dix ans. Il s’agissait alors du dépassement du blog Vegan Revolution, qui proposait des articles explicatifs et de débats sur le véganisme, avec évidemment déjà cette perspective de conflit avec les normes dominantes.

Mais l’apparition de LTD n’était pas un phénomène isolé. Il y a un petit espace de quelques années où le véganisme a conquis un nombre restreint de gens qui décidèrent de diffuser la « bonne parole ». Leurs différences de points de vue étaient très importantes, cependant ils avaient en commun de trouver au minimum comme très limité la manifestation annuelle de la « veggie pride » et son idéologie « végéta*ienne » portées par la mouvance des Cahiers Antispécistes apparus dans les années 1990.

Il était considéré que le véganisme devait être mis en avant, de manière formelle, comme véritable projet moral. Sur le fond, il y avait un certain consensus, bien que en termes de conception et de pratique, la dispersion était inévitable. En effet, personne à l’époque ne savait ce qu’était le véganisme en France. Il n’y avait strictement aucun terrain sur lequel travailler : tout était à faire. Restait à savoir quoi !

Tout fut alors une question d’interprétation des dynamiques possibles. Certains considérèrent par exemple que comme l’association PeTA avait réussi aux États-Unis à avoir une base réelle, un écho médiatique certain : il suffisait donc de former une branche française. C’était là oublier que PeTA était née parallèlement à une vague de l’ALF qu’elle soutenait elle-même et il n’y eut jamais de réel décollage, à part dans les médias féminins.

D’autres, plus courageux, se lancèrent dans le soutien en France aux campagnes anti-vivisection, avec des international campaigns qui profitaient d’une base réelle et très active aux États-Unis et en Angleterre. L’absence d’affirmation culturelle empêcha toutefois une réelle apparition auprès des gens, surtout dans un pays où l’influence de Descartes parvient à légitimer la vivisection dans l’opinion publique.

L’association Droit des animaux avait compris cela et fut à l’époque la structure numériquement la plus forte, au prix d’un large turn-over il est vrai. L’idée était de proposer un cadre militant, avec des tables de presse, des sit-in, des actions dans les supermarchés, la lutte contre la chasse à courre, des vidéos, des rassemblements sans formuler d’exigence en termes d’idées ou de démarche.

L’ensemble resta très parisien pourtant, avec comme conséquence la naissance d’une épicerie végane parisienne donc, et une disparition du jour au lendemain, malgré la tentative d’utiliser des concepts explicatifs (la « mentaphobie, etc.).

Un autre regroupement, exclusivement activiste également, consista en les Furieuses carottes, cherchant à allier anarchisme et défense des animaux, au prix d’une vraie surveillance policière. Il y eut un vrai écho, avec plusieurs groupes locaux, mais l’absence de perspective chez les gens normaux ferma la porte à toute perspective.

Toucher les gens normaux, par une démarche éducative, un véganisme abolitionniste formulé avec clarté, ce fut l’ambition de vegan.fr, qui diffusa les écrits du philosophe américain Gary Francione. Si l’on vivait dans un monde où les gens réfléchissaient posément, avec de vrais débats, cette association l’aurait emporté. Cependant ce n’est pas le cas et comment débattre efficacement, s’il n’y a pas de débat ?

A LTD, on était alors tout à fait conscient de cette absence de terrain pour le véganisme. De par notre patrimoine culturel lié au mouvement vegan straight edge issu du punk et du hardcore, nous savions bien que les immenses obstacles culturels étaient flagrants,que la société française était conservatrice et bornée.

LTD fonctionna donc non pas comme un groupe, mais comme un réseau, passant des idées, impulsant des dynamiques, agissant ici ou là, rappelant des points historiques essentiels, soulignant toujours le nécessaire côté populaire de la cause. C’était une position de désengagement, de repli, impliquant de ne jamais répondre aux très nombreuses demandes des journalistes ou d’universitaires, de ne pas utiliser facebook ou twitter, de mener un travail de fond sans reconnaissance ou visibilité, mais essentiel pour établir une démarche vraiment en rupture.

LTD se fondait sur une contradiction très simple. L’amour pour les animaux, le grand critère chez nous, apparaissait comme à la fois tout à fait partagé, très présent dans le peuple, et absolument pas réalisé par des gens prisonniers de leur vie quotidienne aliénée. Comment résoudre cette contradiction ? C’était là notre préoccupation.

La mise en avant des refuges par LTD était alors quelque chose nous distinguant véritablement des autres structures, à part vegan.fr qui avait également dans sa matrice le fait de se tourner, non pas seulement vers les animaux de ferme condamnés à la mort, mais vers les animaux en général.

Le milieu de la protection animale nous parlait bien plus que les vegans, car la protection animale était composée surtout de gens des milieux populaires, des zones péri-urbaines ou des campagnes, des femmes surtout par ailleurs, s’investissant sincèrement et aimant les animaux, bataillant ferme avec la réalité sordide de l’abandon et de la maltraitance.

Il apparaît d’ailleurs que c’était juste, les vegans que nous n’aimions pas devenant les antispécistes.

Quand Aymeric Caron dit dans son ouvrage Antispécisme – et il le dit au tout début, dès la première ligne  – qu’il n’aime pas les animaux (“Je n’aime pas les animaux”), selon nous tout est dit. Ces gens n’ont rien compris au véganisme qui n’est pas une chose négative, mais une chose positive : l’amour des animaux, de la Nature.

Au-delà d’un sens réel de la compassion, les antispécistes avec leur obsession des animaux de ferme sont des classes moyennes affaiblies par le capitalisme, qui sont en panique et qui reconnaissent leur propre sort dans celui des animaux victimes des grandes fermes-usines du capitalisme moderne. Ce sont des petits-bourgeois.

D’où l’hystérie et l’incapacité de tout débat, l’absence de continuité.

D’où le mépris total pour la vie sauvage et la focalisation obsessionnelle, morbide, sur les fermes-usines.

D’où leur sympathie pour la ZAD, le petit commerce, l’esprit d’entreprise.

D’où leur extériorité au monde de la protection animale, où les gens ne sont pas vegans mais se donnent vraiment pour les animaux.

D’où leur silence complet et absolu sur l’ALF, qui rappelons le à son pic d’activités en Angleterre menait 60 actions par jour environ !

Il ne serait d’ailleurs pas juste de parler des dix années de LTD sans mentionner la figure qui nous a véritablement marqué : Barry Horne. C’était un homme du peuple, qui a compris sur le tard la situation, qui a assumé la rupture, participant en première ligne à la libération animale, décédant finalement dans une grève de la faim à la suite d’une trahison du parti du Labour qui s’était à un moment prétendu contre la vivisection.

Barry Horne a formulé le principe d’une rupture morale entière avec un système criminel. Tout doit être fait pour saper la base de ce système, et non pas simplement pour déranger son fonctionnement. Il faut concevoir sa propre personne comme un élément, un outil du grand processus de bouleversement total qui va avoir lieu à l’échelle mondiale.

C’est inévitable. Soit il y a une révolution complète, soit c’est le grand effondrement et des destructions en série. Il faut assumer et se transformer, se reprendre si l’on s’est perdu en route, et participer en première ligne à la bataille pour la planète !

Purification : “Holy war”

Continuons pour les dix ans de LTD avec une autre chanson synthétisant l’esprit vegan straight edge de rupture, de  confrontation, d’engagement complet de son être, avec une vision morale stricte, inébranlable. “Les yeux fixés sur les profondeurs de l’enfer maintenant je sais / Ce qu’est ma place dans ce monde / Car la justice ne sera obtenue que /
Si je me jette dans la ligne de front”.

La chanson date de la seconde moitié des années 1990 ; le groupe, Purification, était basé à Rome.

Holy war, Fight the holy war
Overthrow the empire built on blood
Guerre sacrée, mène la guerre sacrée
Renverse l’empire fondé sur le sang

Countless lives perish day by day
While you stand still in front of this sickness
My life´s mission to bring them liberation
Un nombre infini de vies périt chaque jour qui passe
Alors que tu te tiens silencieusement devant cette folie
La mission de ma vie est de leur apporter la libération

Holy war, Fight the holy war
Overthrow the empire built on blood
Guerre sacrée, mène la guerre sacrée
Renverse leur empire fondé sur le sang

Countless lives perish day by day
While you stand still in front of this sickness
My life´s mission to bring them liberation
Un nombre infini de vies périt chaque jour qui passe
Alors que tu fais face à cette horreur
La mission de ma vie est de leur apporter la libération

Members of species that has collectively waged relentless war
against defenseless creatures and all of the natural world
The human destruction of its own kind and of the myriad forms of life
with whom we cohabit the Earth must be halted
Des membres d’une espèce qui mènent collectivement et implacablement une guerre contre des créatures sans défense et tout le monde naturel
La destruction humaine de sa propre espèce et de myriades de formes de vie avec qui nous cohabitons sur la Terre doit être stoppée

Fight fire with fire, that´s what we must do
To put an end to the slaughter of the innocent
Combattre le feu avec le feu, c’est ce que nous devons faire
Pour mettre un terme au massacre de l’innocent

Their blood flows red just like yours or mine
Their suffering is just as real as yours or mine
Yours or mine
Leur sang coule, rouge comme le mien ou le tien
Leur souffrance est aussi réelle que la tienne ou la mienne
La tienne ou la mienne

As a thousand tears have been shed
Brothers and sisters continue to cry and bleed
Alors qu’un millier de larmes ont coulé
Les frères et les soeurs continuent de pleurer et de crier

Staring into the depths of hell now i know
What my place in this world is
For justice will only be attained
If I throw myself in the frontline
Les yeux fixés sur les profondeurs de l’enfer maintenant je sais
Ce qu’est ma place dans ce monde
Car la justice ne sera obtenue que
Si je me jette dans la ligne de front

Conscience is the light guiding me out of this swamp
Now I know what has to be done
Talk is ineffective and tears won´t end the slaughter
Only action counts
La conscience est la lumière qui me guide hors de cette ornière
Maintenant je sais ce qui doit être fait
La parole est sans effets et les larmes n’arrêteront pas le massacre
Seule compte l’action

Hoy war, fight the holy war
Overthrow the empire built on blood
Guerre sacrée, mène la guerre sacrée
Renverse leur empire fondé sur le sang

Canon : “Declaration”

Continuons donc pour les dix ans de LTD à puiser de l’inspiration dans les débuts du mouvement vegan straight edge, avec la chanson Declaration du groupe Canon. Elle date de 1994 et le groupe provient de la ville américaine  de Philadelphie.

A call for action is here
Your words do nothing more than roll off their backs
Your words of rage pose to them as no threat
To destroy this evil we must start at the roots
Un appel à l’action est ici
Vos mots n’ont aucune espèce d’importance pour eux
Vos paroles de rage ne constituent pour eux aucune menace
Pour détruire ce mal, nous devons commencer par les racines

Their death will bring the liberation
A declaration of freedom for the innocent
Those enslaved and slaughtered must once again roam free
In harmony
A return to nature the way things must be
Leur mort apportera la libération
Une déclaration de liberté pour l’innocent
Ceux asservis et massacrés doivent de nouveau se mouvoir librement
En harmonie
Un retour à la nature la manière dont les choses doivent être

From the slaughterhouses to the labs all must burn
They’ve harvested lives too long
In this land where lives are taken in vain a movement has evolved
Des abattoirs aux laboratoires, tout doit brûler
Ils ont récolté des vies trop longtemps
Dans cette terre où des vies sont prises en vain, un mouvement a évolué

A fight for justice at any cost
Their death will bring the liberation
A declaration of freedom for the innocent
Un combat pour la justice à n’importe quel prix
Leur mort apportera la libération
Une déclaration de liberté pour l’innocent

Those enslaved and slaughtered must once again roam free
In harmony
A return to nature the way things must be
Ceux asservis et massacrés doivent de nouveau se mouvoir librement
En harmonie
Un retour à la nature la manière dont les choses doivent être

Destroy this evil, it’s killing the pure
Pierce through its skin, tear out its heart
Liberation begins with its death
Détruire ce mal, qui est en train de tuer le pur
Perce à travers sa peau, déchire son coeur
La libération commence par sa mort

Les dix ans de “By the knife” de xDestroy Babylonx

La Terre d’abord ! est apparu le 5 octobre 2008, comme prolongement du blog Vegan Revolution, qui avait lui ouvert en octobre 2004. Et c’est un grand honneur pour LTD qu’avoir émergé exactement au même moment de la sortie de l’album By the knife du groupe xDestroy Babylonx, sorti le premier octobre 2008.

LTD puise avec fidélité et loyauté son identité dans le mouvement vegan straight edge apparu dans les années 1990, en pleine acceptation de ses normes et principes.

L214? 269? La COP 21? Allons donc! Tout cela est un simple produit du système pour tenter d’aménager ce qui peut l’être, pour chercher à gagner du temps. C’est en réalité d’une guerre dont il s’agit et il ne peut y avoir qu’un choix : celui de se mettre personnellement en conformité avec le seul avenir possible pour la planète.

Ce qui signifie concrètement : adopter le mode de vie vegan straight edge et s’en aller sur le sentier de la guerre, comme l’explique la chanson “By the knife” dont voici les paroles.

De se forger pour être en adéquation avec les besoins des animaux et de la Nature en général, de transformer son individualité en arme pour la rupture entière avec les valeurs dominantes de ce monde, d’assumer sa personnalité en refusant la décadence et les fuites dans les paradis artificiels, et donc d’assumer la haine la plus complète pour l’ennemi.

Comme le formule la chanson éponyme de xDestroy Babylonx, il s’agit de faire allégeance à notre mère la Terre, et donc à la nécessité de la défendre par tous les moyens. Comme l’explique la chanson Declaration of war, une reprise d’une chanson de 1993 du groupe Green Rage, il s’agit d’être à l’avant-garde de ce qui est une guerre.

Le soulèvement en défense de notre mère la Terre est absolument inévitable. Plaçons nous en première ligne, au premier rang de cette gigantesque bataille qui n’est pas seulement à venir : elle est déjà là !

xDestroy Babylonx : Living by the knife

[Les paroles commencent par un extrait de discours, non identifié, disant qu’avant toute expression de lutte il faut se demander si les griefs sont fondés.]

We are living by the knife
Straight edge
Nous vivons par le couteau
Straight edge

Fuck all those who cheapen what I truly am in others eyes (taken by No Allegiance – Earth Crisis)
Fuck those who bent the straight edge with their fuckin’ lies
Que ceux qui dévalorisent ce que je suis vraiment devant les autres aillent se faire foutre [tiré de la chanson « no allegiance » d’Earth Crisis)
Que ceux qui font se plier le straight edge avec leurs sales mensonges aillent se faire foutre

My heart is free
My life is on the war path
Mon coeur est libre
Ma vie est sur le sentier de la guerre

My pain my struggle my hostility will see no end
till we are all set free.
I am for justice, no matter who it is for
One stone one gun one struggle,
assassination for all drug-lords
Ma douleur ma lutte mon hostilité ne connaîtra pas de fin
jusqu’à ce tous soient rendus libres
Je suis pour la justice, peu importe pour qui
Une pierre une arme une lutte
l’assassinat pour tous les barons de la drogue

Your world is under threat,
Your profit will be slaughtered by the hatred of your own slaves
From Colombia to teenage night fever,
I wage war on your glorified blindfolded whore
Ton monde est sous la menace,
Ton profit sera massacré par la haine de tes propres esclaves
De la Colombie à la fièvre adolescente de la nuit,
J’engage la guerre à ta prostituée glorifiée aux yeux bandés

May I see your blood crimes end
Liberation for all those who still fall prey
Death to all these zombies around me
Militant against the unashamed
Puis-je voir tes crimes de sang connaître une fin
Libération pour tous ceux qui tombent encore comme proie
Mort à tous ces zombies autour de moi
Militant contre ceux qui ne connaissent plus la honte

Burn-burn-burn
Brûle – brûle – brûle

We are living by the knife
Straight edge
Nous vivons par le couteau
Straight edge

Dégradations, incendie et « front commun » des éleveurs

La situation a encore gagné en intensité ces derniers jours. Pas du côté de la chasse à courre, car là il y a un vrai travail de masse et les partisans de la chasse à courre n’ont pas pu chercher à écraser violemment l’opposition. Ils savent que maintenant la lutte est solidement implantée en différents endroits, qu’elle va durer plusieurs années, que l’écho est grand et que donc il s’agit à tout prix d’éviter d’être poussé à la faute.

En un sens, la bataille est devenue à la fois politique et culturelle. Il en va différemment du côté des éleveurs, qui sont en panique et ont réalisé un document assez particulier, puisque rassemblant l’ensemble de leurs syndicats. Voir la Confédération paysanne ou le MODEF, qui se prétendent engagés à gauche, signer avec la FNSEA, qui représente pour eux le monstre agro-industriel, est quelque chose d’assez unique…

Le prétexte est la destruction, dans la nuit de jeudi 27 à vendredi 28 septembre 2018, par six départs de feu, de 2000 m2 des 4000 m2 d’un abattoir à Haut-Valromey dans l’Ain, mais on sent bien que le document était déjà prévu.

D’autres actions récentes ont également lieu:

– dans la nuit de lundi 17 à mardi 18 septembre 2018, une boucherie et une fromagerie ont également connu des dégradation à Saint-Arnoult-en-Yvelines ;

– dans la nuit du mercredi 26 au jeudi 27 septembre 218, une boucherie parisienne, dans le 13e arrondissement a été recouverte de peinture rouge, alors qu’au sol une affiche montrait un boucher avec écrit : « Je suis boucher, j’adore découper des cadavres d’innocents pour votre bon plaisir ».

Voici le communiqué du « front commun » des éleveurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Paris, le 28 septembre 2018

COMMUNIQUE DE PRESSE

Front commun pour le respect des éleveuses et des éleveurs

Les tentatives de culpabilisation des consommateurs et de stigmatisation des éleveurs s’intensifient et un pas supplémentaire a été franchi la nuit dernière.

Un abattoir de l’Ain a en effet été victime d’un incendie manifestement criminel, occasionnant des dégâts majeurs. Fort heureusement, aucun blessé n’est à déplorer et les animaux présents sur le site ont pu être évacués à temps.

Cet événement intervient dans un contexte de mobilisation très violent de certaines associations vegan contre les bouchers et les abattoirs, où les mots utilisés atteignent l’indécence et l’injure quand ils font référence au drame de l’holocauste.

Alors qu’ils font déjà face à une situation économique fragile, les éleveurs n’en peuvent plus de ces attaques répétées contre leur métier.

Nous rappelons que nous ne dénonçons pas le véganisme en tant que tel : chacun est libre de choisir le régime alimentaire qu’il souhaite pour lui-même. Mais le prosélytisme qui est orchestré autour n’est pas acceptable. La majorité des Français mangent de la viande, l’apprécient et entendent continuer à le faire. Les éleveurs travaillent au quotidien avec leurs animaux, et les respectent en appliquant scrupuleusement les normes européennes et françaises.

Des abus existent dans certains abattoirs et nous les dénonçons. Mais ces abus ne représentent pas l’ensemble des situations ni l’ensemble de la production. Les associations qui prônent l’arrêt complet de l’élevage se trompent de combat.

L’élevage participe au dynamisme économique et culturel des territoires, façonne nos paysages, ne l’oublions pas ! Son bilan environnemental est positif avec la valorisation des 13 millions d’hectares de prairies, joyaux de biodiversité et puits de carbones irremplaçables.

C’est la diversité de notre agriculture qui fait sa richesse et sa renommée et qui doit continuer à se retrouver dans nos assiettes. Les protéines animales ont toute leur place dans notre équilibre alimentaire d’omnivore, comme l’affirment de très nombreux médecins et nutritionnistes.

Pour toutes ces raisons, nous n’acceptons ni les insultes proférées en direction des éleveuses et des éleveurs, ni les agressions contre les acteurs de nos filières. D’autant qu’elles sont menées par une minorité de provocateurs qui recherchent et obtiennent un écho médiatique démesuré et causent un tort réel aux Hommes et aux filières.

Nous, syndicats agricoles, demandons ensemble le respect de nos métiers et demandons aux pouvoirs publics de faire cesser cette violence inacceptable.

L’appel à la répression de l’État ne sert à rien contre des gens agissant hors de la légalité de manière clandestine. Cependant, ce n’est pas vraiment cela qui est visé, car l’ALF qui a cette démarche existe en France depuis plusieurs décennies. Les éleveurs savent bien que dès qu’est posé un affrontement ouvert, opposant frontalement deux camps extérieurs l’un à l’autre, de toutes façons la question est réglée et c’est la bataille.

Non, il s’agit surtout en fait ici de viser les “antispécistes” qui mènent des actions ouvertes et veulent transformer cette société de l’intérieur. On est là dans une lutte au sein de la société elle-même, sur la base de cette société, surtout contre « 269 Libération Animale » qui appelle à l’action directe minoritaire, une chose absurde. Le préfet local a ainsi interdit 48 heures avant une « Nuit Debout devant les abattoirs » que l’association « 269 Libération Animale » comptait organiser dans les Yvelines. Pas besoin d’être devin pour comprendre que c’est le prélude à  un étouffement progressif.

On notera également que le mercredi 26 septembre avait eu lieu un rassemblement devant l’abattoir de Houdan, rassemblant des centaines d’agriculteurs, bouchers et charcutiers. Le tout dans une ambiance significative…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il va de soi que, dans un tel contexte, les personnes ayant davantage d’expérience, une solide conscience en faveur des animaux mais également un haut niveau de conscience sociale, doivent penser à la suite. Car l’antispécisme va se faire balayer, jamais il ne tiendra le choc.

Il est porté par des gens idéalistes, sans expérience, sans aucune connaissance historique, n’ayant par exemple même pas entendu parler de Barry Horne, reliés d’une manière ou d’une autre aux couches sociales petites-bourgeoises, vite hystériques dans un sens comme dans l’autre…

Il en va de la défense du véganisme – et de l’offensive contre l’exploitation animale, et de la formation d’une base populaire – alors que bientôt toute une étape va se clore.

Vandalisme “stop spécisme” : série d’arrestations

Des vitrines de la boucherie des Fils de René Comte ont été brisées à Saint-Julien-en-Genevois. Rien n’a été inscrit sur les murs, cependant évidemment cela fait écho aux actions récentes de vandalisme. Le maire de la commune s’est donc fendu d’un communiqué se voulant pacifiste mais prônant en réalité l’embrigadement :

« Les fascistes anti-spécistes qui veulent vous interdire de manger de la viande contre votre gré se sont attaqués à une boucherie du centre-ville cette nuit. Par solidarité avec les excellents bouchers saint-juliénois, je vous propose cette semaine de vous souvenir, en mangeant beaucoup de viande, que l’on peut débattre, échanger et dialoguer sans violence. »

Il y a justement plus d’une semaine, la police a mené un raid et procédé des arrestations à Lille. Il n’y a pas eu de communiqué à ce sujet de la part des personnes concernées, aussi est-il nécessaire de présenter les faits, pour autant qu’ils soient connus.

La police est intervenue chez six personnes, le lundi 10 septembre dans l’après-midi et le mardi 11 au matin. Six personnes sont concernées : cinq femmes et d’un homme âgés entre 22 et 54 ans. Elles ont gardé le silence face à la police.

Une seule personne est mise en examen, une femme de 21 ans accusée d’avoir participé à des « dégradations volontaires en réunion » contre trois commerces du centre-ville de Lille, une boucherie, une poissonnerie et une chaîne de restauration rapide. Son procès aura lieu le 14 décembre 2018.

Selon les informations diffusées, les preuves censées avoir été trouvées ont trois sources :

– un travail de téléphonie, c’est-à-dire des écoutes téléphoniques,

– des perquisitions,

– l’ADN,

– des arrestations lors d’inscriptions de slogans sur la faculté de Villeneuve d’Ascq.

Le fait que la personne soit accusée de dégradations volontaires en réunion signifie :

– que l’intention va être mise en avant,

– que l’organisation de cette intention va être soulignée.

Juridiquement, cela concerne les points suivants :

Section 1 : Des destructions, dégradations et détériorations ne présentant pas de danger pour les personnes

Article 322-1

La destruction, la dégradation ou la détérioration d’un bien appartenant à autrui est punie de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende, sauf s’il n’en est résulté qu’un dommage léger.

Le fait de tracer des inscriptions, des signes ou des dessins, sans autorisation préalable, sur les façades, les véhicules, les voies publiques ou le mobilier urbain est puni de 3 750 euros d’amende et d’une peine de travail d’intérêt général lorsqu’il n’en est résulté qu’un dommage léger.

Article 322-3

L’infraction définie au premier alinéa de l’article 322-1 est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende et celle définie au deuxième alinéa du même article de 15 000 euros d’amende et d’une peine de travail d’intérêt général :

1° Lorsqu’elle est commise par plusieurs personnes agissant en qualité d’auteur ou de complice ;

Le procès aura une tournure qui dépendra des rapports de force. Sans le contexte actuel, il y aurait eu une grosse amende, un sursis, des travaux d’intérêt général. Mais les choses étant ce qu’elles sont, comme le dit l’expression, il va y avoir une grosse pression pour faire un exemple.

Cela peut se faire discrètement : il suffit que le procureur réclame que la personne passant en procès balance ses « complices » pour qu’elle fasse preuve de sa « bonne foi ». Tout dépend donc du position initial lors du procès.

Il est difficile de savoir ce qu’il en sera : l’antispécisme apparu ces dernières années, ce n’est pas l’ALF ni l’ARM, sa démarche ne semble finalement que le pendant du réformisme de L214 et autres. Ce sont les deux faces de la même médaille.

Voici d’ailleurs, pour illustrer ce propos, deux communiqués. Le premier correspond à l’option réformiste, avec une dissociation complète et une tentative d’intégration de la rébellion : la « fédération végane » voit déjà la personne en procès et est prête à lui envoyer de la B12, trop sympa !

Le second est celui de 269 libération animale, qui tente d’intégrer les actions de vandalisme dans une sorte de perspective historique de « désobéissance civile » dont elle serait le cœur.

NE PAS CONFONDRE VÉGANISME ET ANTISPÉCISME (COMMUNIQUÉ DE PRESSE)

Lancer des pierres dans les vitrines des boucheries, poissonneries et crèmeries ou incendier les caisses d’un zoo n’a rien de végane. Les revendications accompagnant ces dégradations sont antispécistes. L’antispécisme est confondu avec le véganisme. Cette idéologie joue pourtant sur un tout autre registre que le véganisme. Ses méthodes et ses objectifs peuvent même être antagonistes. Dissipons la confusion.

Véganisme (1944)

Le véganisme est une consomm’action qui consiste à vivre sans exploiter les animaux. Court-circuiter les intermédiaires animaux permet de tuer moins d’animaux et d’organismes vivants tous règnes confondus et c’est la seule garantie de ne participer à aucune des souffrances pouvant résulter de l’exploitation animale.

Vivre ainsi est devenu possible grâce à la découverte de la vitamine B12 (fin 1947), seul nutriment dont les besoins ne peuvent pas être satisfaits par les aliments végétaux. Le véganisme est une technique d’expression de la compassion humaine, laquelle se développe par la transmission d’informations fiables, et non par des actions illégales.

Les informations de sécurité sur la vitamine B12 sont vitales pour les véganes, comme pour les personnes qui réduisent significativement leur consommation de produits animaux en variété, en quantité et en fréquence. La Fédération végane propose donc des documents grand public ou pour les professions de santé et organise un relai quotidien bénévole de prévention. C’est la condition d’un développement durable.

La longévité des véganes est normale, mais le niveau de garantie qu’exige l’obtention d’un consensus réclame plus d’études comparatives. La Fédération végane recommande donc de participer aux études nutritionnelles : chaque végane compte.

Les véganes ne représentent probablement que 0,1 % des populations en France, mais ce petit nombre fait exister et se développer la demande en restauration et en gammes de produits, qui, projetée jusqu’au remplacement total des ingrédients animaux profiterait par exemple à l’extension des habitats naturels des animaux sauvages : la moitié des terres cultivées en France pourraient être réensauvagées, comme les pâturages français (lesquels sont tous artificiels).

Antispécisme (1970)

Les dégradations matérielles s’accompagnent de revendications à l’encontre du « spécisme ». C’est écrit sur les murs, les vitrines ou dans les textes revendicatifs. Les rares reportages sur les responsables des dégradations le confirment.

Le spécisme est l’hypothèse selon laquelle l’humanité discrimine les autres animaux « parce qu’ils appartiennent à une espèce différente de la nôtre ».

L’idée d’un spécisme très ancien est contestable, car jusqu’à la découverte de la B12, l’humanité n’avait pas d’autre option que de consommer des produits d’origine animale pour survivre : la carence en B12 est hautement débilitante, voire mortelle pour les nourrissons.

Une revendication de spécisme aurait-elle été formulée par le passé, qu’elle n’aurait pas été authentique avant d’être dégagée de toute nécessité nutritionnelle vitale. Les personnes qui consomment encore des produits d’origine animale aujourd’hui ne font quant à elles que reproduire l’héritage des habitudes alimentaires ayant permis à l’humanité de survivre. Ce n’est pas du spécisme.

L’antispécisme consiste à remplacer l’hypothétique discrimination spéciste par une autre forme de discrimination : le sentientisme. Cette théorie postule que la capacité de sentience chez un être vivant devrait nous conduire à lui accorder des droits. Ce système de discrimination nous dégagerait de toute obligation à l’égard des bactéries, archées, champignons, algues et plantes. Contrairement aux idées reçues, la sentience est probablement peu répandue chez les animaux. Pour faire le tri entre les 5 à 15 millions d’espèces, autant d’expérimentations seraient nécessaires.

Les personnes qui soutiennent l’action directe infligent aux entreprises exploitant les animaux des préjudices justifiés à leurs yeux, car elles pensent avoir l’obligation de secourir les animaux sentients. Cette idéologie a conduit ses adeptes les plus fantaisistes à imaginer que l’espèce humaine pourrait avoir la charge d’abolir la prédation, d’éliminer la vie sauvage, voire d’annihiler toute vie sur Terre… Les pierres dans les vitrines paraissent presque modérées en comparaison.

La Fédération végane n’est pas antispéciste

Les personnes qui appliquent l’idéologie antispéciste de manière littérale et consciencieuse peuvent consommer les animaux chez qui la sentience ne peut être démontrée : insectes, moules, huîtres ou œufs de poules de réforme. C’est à l’opposé du véganisme.

La Fédération végane suggère logiquement à toute personne qui souhaite développer le véganisme de ne jamais promouvoir l’antispécisme.

Oui à l’éducation, non à l’action directe !

Le développement du véganisme est un processus qui paraît bien lent à l’échelle individuelle, compte tenu du milliard de naissances et de morts programmées annuellement pour les animaux terrestres en France (soit 2,8 millions d’abattages par jour). Les reportages qui exposent leurs pires souffrances rendent cette attente encore plus difficilement supportable et contribuent à radicaliser. Présentée comme une revendication politique, l’idéologie antispéciste peut alors donner l’impression de légitimer l’action directe, mais ses conséquences individuelles et collectives ne profitent pas aux activistes interpellés, polarisent le débat sans éduquer personne et ne mènent théoriquement pas à l’abolition de l’exploitation animale de toute façon.

Seule la transmission d’informations vérifiées aide réellement les personnes qui financent encore l’exploitation animale à faire des choix plus éclairés, même parmi celles qui travaillent dans les filières animales (comme nous le rappelions lorsque la Fédération française de boucherie implorait une protection policière).

Si les récentes interpellations des personnes ayant invoqué l’antispécisme pour dégrader des commerces menaient à des peines de prison ferme, La Fédération végane attendrait de la justice qu’elle montre l’exemple d’un traitement respectueux de la liberté de conscience, c’est-à-dire en ne forçant personne à consommer quelque produit d’origine animale que ce soit (si ce souhait était formulé). La Fédération végane propose de fournir la vitamine B12 à titre gracieux, si l’administration pénitentiaire n’est pas en mesure de le faire.

Le véganisme n’est contre personne. La compassion est pour tout le monde.

  • Véganisme : recherche et mise en œuvre des techniques permettant de vivre sans exploiter les animaux (espèce humaine comprise, lorsque le consentement éclairé ne peut pas être obtenu).
  • Spécisme : hypothèse selon laquelle l’humanité discrimine certains organismes vivants en fonction de leur appartenance à une espèce.
  • Antispécisme : substitution de l’hypothétique critère de discrimination spéciste par un critère de discrimination sentientiste.
  • Sentientisme : théorie de philosophie juridique selon laquelle seuls les organismes sentients possèdent des intérêts (intérêt à vivre, par exemple).
  • Sentience : terme philosophique désignant la partie réduite de la conscience qu’est la capacité à éprouver une expérience subjective de la vie.

Voici le second communiqué.

269 Libération Animale
16 septembre

EN DÉFENSE DES ACTIVISTES INCULPÉ.E.S POUR LES BLOCAGES D’ABATTOIRS ET LES CAILLASSAGES DE BOUCHERIES : UN MOUVEMENT DE JUSTICE SOCIALE N’EXISTE PAS SANS ENNEMIS DÉSIGNÉS ET CIBLÉS !

[En résumé : Ces actions directes ciblées redonnent de la puissance politique au mouvement antispéciste. Répéter constamment que nous luttons contre un “système” et non contre des individu.e.s est le meilleur moyen de rendre inoffensif et inefficace notre mouvement de justice sociale ! Privé de toute perspective de confrontation directe avec celles et ceux qui font l’Etat et l’économie spéciste, il semble condamné au registre purement symbolique dans un espace public sous contrôle. On peut s’interroger : pourquoi les mots « opposition », « ennemi », « pouvoir » sont-ils bannis de nos répertoires militants ? Pourquoi avons-nous si peur de nous positionner clairement « contre » ? Les institutions de domination que nous combattons s’incarnent dans des individus bien réels. Elles ne sont pas que de vagues entités inatteignables car non définissables. Nos ennemis ont un nom et un visage ; il faut les nommer, les viser par notre activisme. Face à la répression déployée par l’Etat, nous devons faire bloc derrière les activistes inculpé.e.s et pratiquer massivement l’action directe. Les “grandes” associations animalistes qui s’empressent de se désolidariser de ces actions par pur souci “marketing”, craignant de perdre leurs dons et adhésions, ne sont pas seulement inutiles mais néfastes au mouvement de libération animale.]

ACTUALITÉ • Nous avons assisté, cette semaine, à une inquiétante instrumentalisation de l’appareil répressif contre des activistes antispécistes, et ce dans le but clairement affiché de freiner la pratique de l’action directe. Ce double phénomène de criminalisation des opposant.e.s à un système d’oppression et de dépolitisation de leurs actes devant les tribunaux de droit commun doit être dénoncé avec force.

♦️ Lundi, ce sont des activistes de l’organisation 269 Libération Animale qui ont été condamnés à 3000 euros d’amende chacun pour avoir, avec 70 autres militant.e.s, occupé un abattoir et bloqué son activité durant plusieurs heures.

Une condamnation qui s’ajoute à une longue série de mesures répressives que subissent les deux fondateurs et activistes de cette organisation : www.politis.fr/…/tribune-halte-a-la-repression-de-la-cause…/

Mais pendant que le bâton de la justice vient sévèrement frapper ces activistes, rappelons que Monsieur Vincent Harang, directeur de l’abattoir du même nom, demeure impuni. Il a pourtant, au cours de cette action, plaqué violemment au sol un jeune photographe accompagnant les activistes, puis placé un couteau sur sa gorge et enfin prononcé des menaces de mort explicites à son encontre. Qu’attend la procureure de Versailles pour le mettre en examen ?

♦️Mardi, ce sont des activistes lillois.es suspecté.e.s d’avoir caillasser des boucheries qui ont été perquisitionné.e.s et placé.e.s en garde à vue dans des conditions absolument honteuses et en totale méconnaissance de leurs droits. Suite à ce coup d’éclat d’une police à la solde des lobbies spécistes, une activiste que nous connaissons et qui participe par ailleurs aux actions dites de “désobéissance civile” de notre association, se trouve placée sous contrôle judiciaire jusqu’à son procès. Nous lui témoignons aujourd’hui tout notre soutien.

La disproportion des moyens répressifs mis en oeuvre contre ces personnes montre une instrumentalisation inquiétante de l’appareil judiciaire. Mais le plus grave demeure sans aucun doute l’absence de soutien de l’ensemble du mouvement antispéciste, à commencer par les représentants des grandes associations.

POURQUOI SI PEU DE SOUTIEN ?

• Ces activistes, qu’ils agissent dans le cadre d’actions organisées par 269 Libération Animale ou de manière autonome, sont globalement peu soutenus dans un milieu animaliste si attaché au regard de la “sainte” opinion publique (instrument au service des dominants), incapable de sortir du dogme de la non-violence et de comprendre qu’on ne combat pas un système d’oppression en convertissant les gens. Aucun mouvement de justice sociale n’a jamais réussi à atteindre son objectif en utilisant, comme stratégie majoritaire, le prosélytisme consistant à changer le comportement des citoyens dans leur vie privée ! Jamais. Il faudrait peut-être que les militant.e.s se montrent plus curieux sur l’histoire des luttes et apprennent à réfléchir par eux-mêmes, au lieu d’attendre les directives données par des associations devenues de véritables entreprises de la “protection animale”. Oser faire les louanges a posteriori et de façon révisionniste de la non-violence est uniquement permise par une situation initiale de privilège et une volonté de mettre en scène les luttes.

« En 1906, l’opinion publique était largement favorable au droit de vote féminin mais en quoi cela servit il la cause ? Nous demandions au public beaucoup plus que de bons sentiments. Nous l’appelions à exiger du gouvernement de céder à l’opinion publique et de donner le droit de vote aux femmes. Nous déclarions la guerre non seulement à toutes les forces anti-vote mais aussi à toutes les forces neutres et inactives. Chaque homme ayant un vote serait considéré comme un ennemi du vote des femmes à moins qu’il ne s’engage activement pour notre cause. »
(Extrait de l’autobiographie d’Emmeline Pankhurst, « Suffragette. Genèse d’une militante », éd. Ampelos, 2016)

ISOLEMENT DES ACTIVISTES RADICAUX • La police, les médias et la justice construisent une “narration” mensongère de ces actions aujourd’hui incriminées : elles seraient l’expression de la violence propre à une petite minorité au sein du mouvement antispéciste, une minorité animée par des idées « gauchistes », « insurrectionnelles », etc. Cette vision réductrice de ce qui se passe empêche toute appréhension politique de cette séquence, le mouvement antispéciste ne semble pas percevoir l’importance de faire « bloc » derrière ces activistes inculpé.e.s alors même qu’ils sont parvenus à créer une brèche médiatique énorme.

Nous sommes nous-mêmes accusés par les autorités (et indirectement les médias) d’avoir encouragé ce type d’activisme en défendant ouvertement la pratique de l’action directe. Peut-être. Peut-être que le fait d’avoir (enfin !) oser parler d’échec de la cause animale, d’avoir montré que nous pouvons affronter des puissants sur les lieux même d’exploitation, d’avoir fait se rencontrer des activistes, d’avoir politisé le discours antispéciste et enseigné les modes de lutte ont inspiré en partie ce type d’actions mais pourquoi faudrait-il s’en offusquer ?

269 Libération animale n’a jamais été pensée comme une “association” classique, elle est un déclencheur. Elle a réussi à amorcer une réflexion stratégique dans le mouvement ; son objectif : “mettre le feu aux poudres” et montrer que nous pouvons être puissants et que nous devons engager une véritable lutte. Elle a toujours encouragé l’autonomie et une pratique populaire de l’action directe. Elle se réjouit aujourd’hui que des activistes puissent agir de manière autonome sans étiquette car c’est ainsi qu’adviendra une véritable révolution. Tant que la protestation ne s’exercera que par le biais des associations, rien n’adviendra de concret pour la libération animale.

Lancer des frappes contre des cibles symboliques participe d’une nécessaire propagande par le fait : d’une part, cela permet d’exprimer ouvertement une critique radicale envers certaines industries, et le système spéciste en général et, d’autre part, de ternir l’aura sacrée qui entoure les biens de consommation dans notre société (et mettre en lumière les liens existant ente les luttes antispéciste et anticapitaliste). Désigner nos ennemis, les viser, les cibler par des blocages, des occupations ou d’autres actions permet d’engendrer un rapport de force et par conséquent un mouvement social à même de gagner en puissance politique.

L’ÉTAT, NOTRE ENNEMI

• Face à cette répression, nous avons un ennemi commun : l’Etat, c’est lui qui occasionne ce “radicalisme”. Si les tracts et pétitions avaient suffit, si nous avions des résultats pour les opprimés avec un militantisme “gentillet”, ces actions directes n’existeraient peut-être même pas. Les luttes sociales sont des situations au cours desquelles l’ordre des discours dominants peut être rompu collectivement et par lesquelles on peut apprendre ensemble à penser les racines des oppressions.

L’Etat n’est pas un allié de notre combat ni celui auquel nous devons quémander des réformettes législatives. Passer à l’action directe (et potentiellement à la violence) est ainsi lié au constat que la revendication de l’égalité ne peut être adressée pacifiquement à l’Etat puisque ce dernier est le principal instigateur des inégalités, qu’il est vain de lui demander justice car il est précisément l’instance première qui institutionnalise l’injustice sociale, qu’il est donc illusoire de se mettre sous sa protection puisqu’il soutient les mêmes dispositifs qui vulnérabilisent, qu’il est même insensé de s’en remettre à lui pour défendre les animaux. Surtout, il maîtrise aujourd’hui la contestation et « quand l’Etat se pose comme détenteur d’un droit de regard sur la protestation, quand il refuse qu’elle trouble l’ordre public alors que c’est sa fonction, il dénaturalise ce droit. » (Geoffroy de Lagasnerie : https://blogs.mediapart.fr/…/sortir-de-notre-impuissance-po…)

Les activistes qui empruntent le chemin de l’action directe sont accusés de provoquer un « engrenage de la violence », mais pourquoi se focaliser sur les actions alors que le problème réside dans le fait qu’elles soient réprimées ? C’est bien contre cela qu’il faut lutter. Car la répression est fonction des lois en vigueur, autant que de l’identité assignée aux personnes qui en sont cibles. C’est un outil dont l’État se sert pour diviser et catégoriser des groupes afin de mieux régner. Les gouvernants décident à un moment T qui va être réprimé.e et pour quelles pratiques.

PRATIQUER L’ACTION DIRECTE POUR SORTIR DE L’IMPUISSANCE POLITIQUE

• Nous, les activistes de toutes les luttes confondues, avons aujourd’hui beaucoup de mal à orienter les choix de nos gouvernements. Bien sûr, il n’y a rien de nouveau à ce que les Etats soient animés par des logiques contre lesquelles nous nous battons. Mais ce qui est spécifique, c’est notre incapacité à influencer le cours des choses : lorsque nous intervenons, lorsque nous protestons, lorsque nous manifestons, cela débouche de moins en moins sur des transformations effectives : « Il faut regarder le présent avec lucidité. Il ne faut pas se raconter d’histoire comme nous avons parfois tendance à le faire pour ne pas tomber dans une forme de désespoir. Il faut partir de la vérité : depuis quelques années, lorsque nous nous situons dans le camp du progrès et de l’émancipation, nous perdons les combats. Nombreux sont ceux qui, aujourd’hui, vivent leur vie politique sur le mode du désarroi et de la tristesse. » (Geoffroy de Lagasnerie : https://blogs.mediapart.fr/…/sortir-de-notre-impuissance-po…).

Penser notre impuissance politique et tenter d’y remédier impose d’abord de réfléchir sur nos modes d’actions ! Nous tirons trop peu les conséquences du fait que l’espace de la contestation est peut être l’un des plus codifiés de la vie sociale : les protestations se déroulent selon des formes établies. Des institutions, solidement installées, structurent le temps et l’espace de la contestation démocratique : « Nous devons nous interroger sur ce que nous faisons lorsque nous utilisons les modes institués de la contestation démocratique. Est-ce que nous agissons? Ou est-ce que nous nous contentons de protester, d’exprimer notre désaccord – avant de rentrer chez nous ? Si nos protestations ne changent rien – ou, en tout cas, n’ont d’effets réels qu’exceptionnellement – cela ne signifie-t-il pas que les formes d’actions traditionnelles fonctionnent comme des pièges et des ruses de la raison étatique : lorsque nous y recourrons, nous avons le sentiment d’avoir agi quand, en réalité, nous n’avons rien fait de plus qu’exprimer notre mécontentement. D’autre part, ces formes ne se sont-elles pas routinisées avec le temps ?

N’ont-elles pas perdu leur efficacité ? Si nous voulons mettre en crise l’Etat, ne devons-nous pas inventer des modes de protestation qui surprendraient l’Etat et ne seraient plus prescrits par le système ? » (Geoffroy de Lagasnerie : https://blogs.mediapart.fr/…/sortir-de-notre-impuissance-po…). Justement, l’action directe change complètement le rapport du militantisme à l’Etat : fini le rapport de soumission, de négociation… C’est un rapport de force qui s’installe : « elle met hors service le Gouvernement et c’est là l’élément essentiel de toute révolte, peu importe comment on y parvient. » (Howard Zinn, « A flash of the possible », The Progressive, volume 64, n°1, janvier 2000)

POURQUOI NOUS OPPOSER OUVERTEMENT AUX ASSOCIATIONS ANIMALISTES TRADITIONNELLES ?

• Ces associations ont besoin, afin d’augmenter leur nombre d’adhérent.e.s, d’annoncer des succès alors très souvent leurs dirigeants surestiment la signification de réformes à vrai dire très mineures (voire purement symboliques) pour les animaux, sans voir ce qu’a d’inquiétant la situation globale. On finit par sous-estimer le rôle des entreprises et de l’État dans la défense d’une société basée sur l’exploitation animale et les grandes ONG animalistes finissent par s’intégrer au système, en collaborant de manière à peine déguisée avec l’industrie – une industrie assez avisée pour savoir que la contestation qu’elle affronte est susceptible d’être résorbée par le partenariat avec des associations et la promotion d’une viande et d’un abattage « éthiques ». Enfin, par ignorance et surtout par lâcheté, les associations collaborationnistes rejettent massivement l’usage de stratégies offensives et refusent toute discussion sur l’usage de la violence, qui ont pourtant fait leurs preuves dans tous les mouvements sociaux et sont absolument nécessaires pour politiser la question animale.

LA QUESTION DE LA VIOLENCE

• Inutile d’en user comme d’un épouvantail contre des militant.e.s qui décident de sortir de la passivité pour co-résister avec les opprimé.e.s ; la violence, elle est cachée là, derrière les portes des élevages et des abattoirs. Les activistes antispécistes obtiennent rarement plus qu’une citation de deux lignes ou de dix secondes dans les médias ; ainsi lorsque les dirigeants des “grandes” associations animalistes sont interrogés et critiquent fermement cet activisme plus offensif, ils gaspillent leur minute d’audience en se mettant sur la défensive et en faisant passer leur cause au second plan par rapport à la critique de l’action directe. Une nouvelle preuve que la non-violence conduit aussi à de mauvaises stratégies médiatiques… Ils critiquent les plus courageux qu’eux pour renforcer leur conformité idéologique et pour asseoir leur leadership sur le milieu militant. Ils s’en servent aussi comme d’une assurance, afin de pouvoir protéger leur organisation d’être diabolisée dans les médias. Ils ressortent alors le code de la non-violence comme preuve qu’eux ne sont pas responsables de la violence et se prosternent devant l’ordre régnant : « (…) La défense dogmatique de la non-violence est trop souvent une manière de se présenter comme politiquement et moralement supérieur aux yeux des autres, y compris des autorités politiques, de la police et des médias publics et privés. (…) Prôner la non-violence à tout prix, c’est adopter une approche autoritaire des luttes sociales et des mobilisations populaires. » (Peter Gelderloos, Comment la non-violence protège l’Etat ?, éd. Libre, 2018)

NOUS NE SOMMES PAS LÀ POUR JUGER LES ACTIVISTES INCULPÉ.E.S, MAIS POUR LES SOUTENIR !

#269LibérationAnimale

La rentrée 2018 des chasseurs

Hier s’ouvrait la chasse pour la moitié sud de la France, la moitié nord voyant le massacre recommencer le 16, la chasse à courre recommençant quant à elle le 15, une date ô combien importante !

C’est donc le moment d’avoir un aperçu approfondi sur la grande offensive des chasseurs de cette rentrée.

C’est quelque chose d’essentiel à comprendre pour qui a saisi que le véganisme ne peut pas avancer sous une forme abstraite et déconnectée de la réalité (« l’antispécisme »), mais seulement en étant adapté aux conditions concrètes de la France, avec ses mentalités, ses structures sociales, son histoire, etc.

En l’occurrence, la France profonde, « enracinée », c’est-à-dire profondément réactionnaire, pétrie des valeurs impulsés par les notables, la haute bourgeoisie, les mœurs rustiques ou néo-rustiques, est un obstacle fondamental. C’est cette France qui a étouffé la Commune en 1871 ou bien mai 1968, alors s’imaginer qu’aujourd’hui on pourrait vaincre une telle opposition simplement serait bien absurde.

Les chasseurs ne s’y trompent pas et ont développé des formes d’alliances à différents niveaux avec les éleveurs et les bouchers. C’est un front de la réaction qui a pris forme et qui montre que ces ont mieux compris que les « antispécistes » quelle était la réalité du pays.

Quelle forme a donc pris l’offensive des chasseurs en cette rentrée 2018 ? Il serait plus juste de parler de « formes » au pluriel, car les chasseurs ne forment un bloc unifié, centralisé, qu’à la direction. La base est composée de gens avec une démarche très élémentaire. Les Inconnus ont très bien dressé le portrait de cette attitude basique.

En cette rentrée, ce style a été parfois à l’avantage des chasseurs, parfois à leur désavantage. Cela dépend de leur capacité de mobilisation. Ainsi, le début du mois d’août a connu une victoire des chasseurs dans le Nord de la France.

La réserve nationale de la baie de Canche, née en 1987 et qui fait 505 hectares, héberge en effet une « plage des pauvres », par opposition au Touquet. La plage, qui elle fait 20 hectares, est normalement par conséquent protégée de la chasse… Mais les chasseurs ont pu faire admettre leur rapport de force et la chasse est tolérée : aucun chasseur n’a jamais reçu d’amendes !

Les chasseurs jouent ici sur leur force locale, car la plage est mitoyenne de 550 hectares formant une zone de chasse. C’est la France profonde qui expose ici sa face brutale et réactionnaire à l’écologie.

Au grand dam d’activistes, qui ont réussi à faire passer que, désormais, le terrain soit enfin balisé trente après, au moyen de cinq poteaux et de quatre bouées. Sauf que la réaction ne s’est pas faite attendre. Dès l’ouverture de la chasse au « gibier d’eau », cela a été apéro sur la plage et bien évidemment des tirs.

Les gendarmes n’ont évidemment pas verbalisé, se contentant de demander aux chasseurs de s’éloigner cette fois, mais ce n’est évidemment que partie remise, d’autant plus qu’ils ont le soutien ouvert du maire du Touquet Lilyane Lussignol, ainsi que du député du Touquet, Daniel Fasquelle.

D’ailleurs, Thierry Forestier, membre du Collectif « Liberté pour la baie », vice-président de l’association maritime des chasseurs de la baie de Canche, a été très clair dans ses propos :

«  Nous n’avons rien à faire du balisage de la baie de Canche. Nous continuerons à chasser sur la plage des Pauvres  ».

Cet habitant du Touquet, fan du club de football de l’AS Monaco, ne va quand même pas céder devant ces salauds de pauvres!

Et avec l’incontournable Willy Schraen, il a participé à la rédaction d’un point de vue également on ne peut plus clair et mobilisateur :

« Chers amis chasseurs,

La réserve nationale de la baie de Canche et sa plage des pauvres sont un problème récurrent depuis 30 ans.

En effet, un contentieux existe sur le découpage incohérent de cette réserve, qui comme beaucoup d’autres n’ont nullement tenu compte de l’histoire de ces milieux, mais surtout des utilisateurs séculaires de la nature, qui ont préservé, avec leur propre argent, ces joyaux de biodiversité.

Quelques coups de crayons par des technocrates ignorants, et on se retrouve avec des mares de hutte coupées en deux, ou des limites incompréhensibles, qui ne tiennent aucunement compte des chemins existants et des barrières naturelles.

Cela donne forcément un découpage farfelu qui s’aligne sur des clochers et des bouées en mer ; bref, un travail bâclé comme souvent quand on veut mettre sous cloche des territoires au nom d’une écologie dogmatique qui n’a rien à voir avec la défense de la biodiversité.

La plage des pauvres a toujours été le lieu privilégié des bottiers de l’association de chasse locale.

C’est aussi et surtout, comme son nom l’indique, un lieu libre pour tous les utilisateurs de la nature qui ne disposaient pas des moyens nécessaires pour vivre leur passion sur les plages très huppées du Touquet au début du siècle dernier.

Pêcheurs, chasseurs, ramasseurs de coquillages et autres promeneurs et baigneurs fréquentent donc ces lieux depuis des décennies.

Après de nombreux rebondissements politiques et juridiques, il semble que le dernier jugement du Tribunal Administratif interdit désormais l’accès à cette plage aux locaux. La présidente d’Eden 62, qui gère cet espace, nous a annoncé, il y a quelques jours, que les grillages de fermeture seraient posés courant mars.

De façon autoritaire, on retire encore un espace de liberté de plus aux utilisateurs de la nature, pour que quelques scientifiques ou écologistes de pacotille puissent profiter pleinement de leur nouvel espace d’exclusion de l’espèce humaine.

Avec mon ami, Thierry Forestier, président de l’AMCBDC, nous avons décidé de ne pas accepter cette décision et de nous battre pour que cette chasse populaire des bottiers ne disparaisse pas comme tant d’autres aujourd’hui.

Ce combat est celui du pot de terre contre le pot de fer, mais qu’importe, car ce combat est profondément juste. Il n’est pas pensable que nous laissions l’Etat verrouiller un morceau historique de notre chasse locale, de notre nature et de notre ruralité.

J’ai alerté l’Elysée et je mobilise en ce moment les élus que je rencontre et notamment Gérard Larcher, Président du Sénat, Xavier Bertrand  Président du Conseil Régional, Jean-Claude Leroy, Président du Conseil Départemental du Pas-de-Calais et le député de la circonscription, Daniel Fasquelle.

Par ailleurs, de nombreux maires et élus locaux se sont toujours battus pour que cette plage ne soit pas confisquée aux utilisateurs locaux, qui en sont les principaux défenseurs depuis des décennies.

Je verrai également le Prefet du Pas-de-Calais dans quelques jours pour appréhender les solutions qui s’offrent à nous.

Cette action sera de toute façon la dernière, si l’unité politique ne se fait pas autour de ce combat de bon sens. Quand je vois d’ailleurs ce qui s’est passé à Notre-Dame-des-Landes, qu’on ne me dise pas que tout ne peut pas être changé, même si la jurisprudence n’est pas de notre côté.

Avec Thierry Forestier, l’ensemble des élus de la fédération des chasseurs du Pas-de-Calais, ainsi que toutes les associations amies locales, nous voulons livrer ce combat, certes difficile mais très symbolique.

Il faut, qu’ici comme ailleurs, l’on arrête cette spirale infernale qui consiste à mettre sous cloche des territoires et à en exclure les femmes et les hommes qui en sont à la fois les utilisateurs et les défenseurs, souvent sur leurs propres deniers. »

Ici, le coup de force est effectif. La loi est bafouée, les décisions de l’État sont bafoués, le maire et le député participent à cette vaste mascarade qui se moque de l’État. L’État de droit est aux oubliettes ! Nous ne nous étonnerons pas, nous ne nous en formaliserons pas. C’est à la révolution de balayer tout cela.

Cependant, la capacité de la mobilisation des chasseurs peut également parfois être pris directement en défaut. Ici, les chasseurs agissaient dans le prolongement direct de leur propre activité. Difficile de dépasser cet emprisonnement local, lié à l’emprisonnement mental. Ces gens vont à l’encontre de l’histoire, ils sont donc d’une pesanteur extrême.

Ainsi, les chasseurs, bouchers et autres apparentés avaient exercé une pression terrible pour que la mairie de Calais supprime la location accordée de locaux pour un « festival vegan ». Cela a provoqué un réel émoi chez beaucoup de monde et il y avait évidemment tout un espace pour une mobilisation contre les chasseurs.

Les gens de ce festival agissant cependant dans une optique d’intégration personnelle à la société par un véganisme mercantile, ils ont prôné le pacifisme le plus complet et se sont précipités vers le tribunal administratif, avec l’aidé de L214. L’État, trop content de cette soumission, s’est empressé de leur accorder leur droit de tenir ce festival.

Citons ici l’organisatrice franco-britannique de Fareplace France qui a des propos de dissociation d’une très grand limpidité :

« On comprend qu’ils (les commerçants) soient en colère. Que des vitrines aient été cassées, ce n’est pas normal. On estime qu’il faut respecter les gens et leur travail, même si on n’est pas d’accord avec leurs idées. »

Les bouchers ont raison : quel scandale que ces vegans qui abîment des vitrines exposant des cadavres d’animaux ! Mais où va-t-on !

En tout cas, donc, les chasseurs ont tenté de mobiliser. Ils ont affirmé qu’ils feraient un rassemblement de 200 personnes devant le festival, puis de 600 personnes. Laurent Rigaud, président de la fédération des bouchers-charcutiers-traiteurs des Hauts-de-France, a finalement d’annuler, à cause de prétendus « débordements » qui pourraient avoir lieu.

Voici le communiqué à ce sujet, avec encore et toujours cette prose croustillante, diffusée ici par Jean-Michel Taccoen, conseiller régional (LR).

Laurent Rigaud, représentant des Bouchers-Charcutiers-Traiteurs des Haut de France, est également très fort dans l’esprit de criminalisation fantasmatique.

C’est également lui qui a tenu une conférence de presse avec encore et toujours Willy Schraen. Car en réalité, on s’en doute, la mobilisation n’était simplement pas possible. Les réactionnaires sont des velléitaires, et à moins d’organiser la plèbe en SA ou en chemises noires, on ne sort pas du cadre d’une démarche individuelle beauf.

Ce sont donc des représentants de la France profonde qui se sont collés au boulot ingrat de se présenter à une poignée devant les médias…

On notera l’inévitable soutien de Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France depuis 2016.

Ce qui nous amène à un élément-clef du dispositif des chasseurs dans leur rentrée 2018 : la fête de la chasse à Compiègne

Celle-ci s’est déroulée dans le parc du palais impérial, avec 150 exposants, plus de 37 000 personnes, le président (LR) du Sénat Gérard Larcher, le préfet de l’Oise Louis Le Franc…

Le fait de mettre des t-shirts « j’aime la chasse » aux enfants est peut-être le symbole le plus parlant du caractère terriblement réactionnaire de ces gens.

Il faut vraiment souligner à quel point cette zone géographique joue un rôle essentiel dans le dispositif mis en place par les chasseurs pour se présenter comme utiles et incontournables. Le document au format PDF Éléments d’information sur le travail des chasseurs sur l’opinion publique » devrait déjà avoir été lu par tous les activistes pour bien saisir la situation…

Les chasseurs ont néanmoins inversement connu un revers à Paris. S’ils entendent faire de la Picardie leur bastion de par les liens historiques avec les notables, la bourgeoisie parisienne ne compte certainement pas être mêlé à ce qui lui semble lointain. La RATP a donc ajouté un point d’interrogation aux affiches placées dans le métro, histoire de relativement neutraliser l’offensive des chasseurs.

De manière plus subtile, les chasseurs ont en amont diffusé, du 6 au 12 août, une campagne radio sur Autoroute FM, avec également à partir du 20 août une « minute nature »présentée comme “offerte” à 850 radios locales.

Si vous voulez vous impliquer dans la défense des animaux, vous ne pouvez pas faire l’économie d’écouter cela… Il faut connaître l’ennemi !

Une vidéo a été également mise en place pour les sites et les facebooks des chasseurs. C’était incontournable pour donner une charge offensive à tous les niveaux, pour se montrer opérationnel, efficace sur tous les plans.

Les chasseurs ont évidemment également salué l’arrivée du nouveau ministre de la transition écologique, après avoir joué un rôle central dans l’éviction de Nicolas Hulot.

A cela s’ajoute la mise en place, le 6 septembre, d’un comité de lutte contre les dégâts de gibier à l’initiative de Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, et de Sébastien Lecornu, secrétaire d’État auprès du ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire.

Les chasseurs se voient attribuer davantage de responsabilité dans les plans de chasse, et il s’agit également de temporiser les relations avec les agriculteurs qui n’apprécient guère pour leurs cultures les pratiques des chasseurs comme l’agrainage visant à nourrir des animaux pour qu’ils prolifèrent et justifier leur activité.

Les chasseurs visent l’institutionnalisation : leur offensive de la rentrée 2018 vise à contribuer à cela de manière décisive. L’objectif est de faire basculer le ministère de l’écologie du côté de l’agriculture, avec l’intégration ouverte de la chasse dans la gestion institutionnelle.

Il y a ici la tentative de cimenter un bloc ultra-réactionnaire pour étouffer toute opposition et jamais l’antispécisme – qui ne s’intéressent nullement aux animaux vivants, à la Nature – ne pourra y faire face. Le véganisme, par contre, est une des clefs historiques pour changer le pays et établir des valeurs moralement justes, en développant sa sensibilité, en l’affirmant.

Il s’agit d’être à l’avant-garde de cet inéluctable affrontement et il n’est qu’une seule position personnelle possible sur le plan psychologique : vegan straight edge en défense de notre mère la Terre ! Il faut savoir se former, se façonner, se forger pour correspondre aux interventions nécessaires !

Lire la suite La rentrée 2018 des chasseurs

Nouvelle série d’actions illégales cet été

Toute une série d’actions illégales se sont déroulées cet été, avec parfois des communiqués particulièrement denses.

Une boucherie a été vandalisée dans la nuit de vendredi à samedi à Epinay-sur-Orge dans l’Essonne. Des projectiles ont atteint des vitres et « stop spécisme » a été inscrit sur une vitre.

L’ALF avait agi début juillet à Vaugneray, dans le département du Rhône, en détruisant cinq miradors. Plusieurs autres ont été détruits aux Monts du Lyonnais dans la nuit du 18 au 19 août.

Auparavant, début août c’est le zoo/safari de Peaugres, en Ardèche, qui a vu ses quatres caisses d’entrée incendiées.

Peaugres (Ardèche) : Des cages que l’on appelle liberté.

Une pensée pour toutes les personnes, qu’ils et elles soient enfermées dans des cages ou non, qui voudraient les voir détruites, en ayant conscience que celles-ci ne sont pas que matérielles.

Dans nos pensées sont aussi tous les êtres vivants qui animent nos envies de détruire comme de vivre.

La semaine passée, nous avons attaqué le zoo/safari de Peaugres, en mettant le feu à ses quatres caisses d’entrée, des petites cabines en préfabriqué recouvertes de panneaux en bois.

Nous avons placé sur chacune d’elle deux dispositifs, le premier (une demi plaquette d’allume feu) sous une des fenêtres, en espérant que la chaleur ferait exploser la vitre et permettrait au feu de se répandre à l’intérieur, et le deuxième, (1,5 L d’un mélange d’essence et d’huile et le reste des allumes feu) au pied de la fenêtre, sous les panneaux en bois.

Notre idée était de multiplier les endroits de départ de feu, pour que celui-ci se propage plus efficacement. Par ailleurs nous avons aussi vérifié que l’incendie ne pourrait vraisemblablement pas se propager à la forêt proche (séparé de celle çi par de la terre ou du bitume, et absence de vent).

Toutes les cabines semblent avoir été détruites, mais nous n’avons pas de confirmation quant à l’efficacité des dispositifs sous les fenêtres.

Ci dessous, quelques-unes des raisons qui ont motivées cette attaque, et des réflexions qui nous sont venues pendant la préparation de cette dernière.

Les zoos sont des prisons présentés comme des lieux de divertissement, de découverte, d’éducation et même de sensibilisation et de conservation d’une faune prétenduement sauvage. Alors que bien souvent celle-ci est née en captivité, et qui à l’époque où elle a été découverte par les colons occidentaux a été décimée et mise en cage pour être ramenée ici, exhibée, utilisée comme cadeau et objet de divertissement, comme fond de commerce de cirque ou de zoo.

Ces lieux et la propagande qui les entoure sont l’incarnation de la mentalité spéciste qui détruit le monde dont ils seraient sencé être un échantillon. C’est à dire la supériorité qu’instaurent les êtres humains sur le reste du vivant et en vertu de laquelle ils et elles se donne la possibilité de disposer et d’enfermer des êtres non-humains pour leur bon plaisir, qu’il soit culinaire, affectif, culturel ou scientifique.

Les zoos ne sont pas sans nous rappeler que les colons ne se sont pas limités à massacrer et exiler des animaux non-humain, et que c’est sous couvert des mêmes arguments et ambitions – divertir et éduquer par l’exhibition – que se sont développés et popularisés des « zoos humains » tout au long d’un processus sanglant de colonisation. Une démonstration de racisme ostensible toujours présente, entre autre dans les mentalités et structures qui dénigrent et/ou exotisent une catégorie de personnes.

Et ce sont ces lieux (dans leur forme dite « safari »), résolument basés sur la domination spéciste que l’on voudrait faire passer pour des endroits où se « sensibiliser à l’environement », où « découvrir la nature », où les animaux serait « à l’état sauvage » et « en liberté ».

Mais, sans prétendre faire de définition exhautive, les animaux « à l’état sauvage » ça ne veut pas dire enfermé.es dans des parcs qui ne peuvent qu’être trop petits, traversés par des voitures toute la journée, nourri.es et soigné.es par des humain.es, les privant de toutes capacité à être autonome, et à se mouvoir.

Les murs et grillages électrifiés qui entourent ces parcs ne sont pas leur « environement naturel ». Celui-ci pourrait être, par exemple, les zones actuellement en train de se faire saccagées par les compagnies pétrolières qui fournissent l’essence qu’utilise la clientèle de ses safaris pour voir ces animaux, (et certes, celles de nos dispositifs).

Pas plus qu’elle n’existe pour les individus dans une société où l’on voudrait nous laisser penser qu’il n’y a pas d’autres barrières que celles visibles des prisons et des frontières, la liberté n’est pas laissée à ces animaux non humains. Un mot plus approprié existe pour décrire leur situation matérielle : la captivité.

Ce mensonge, l’état « naturel, libre et sauvage » en plus d’être un argument marketing, se retrouve dans le contenu pédagogique qui enseigne à son public que la « nature » et la faune qui la compose se limitent à des espaces cloisonnés et reconstitués par des humain.es.

Ce qu’il sous-tend, c’est qu’il est normal de voir ours et girafes en france, normal que des animaux soient dans des cages, normal que les autres espèces soient asservies à l’être humain, lequel se doit de les « protéger ».

Les zoos ne sont rien d’autre que des prisons, des business dont les participantes justifient hypocritement l’enfermement sous couvert de protéger des espèces décimées, alors que participant à normaliser, à banaliser et à exalter la domination de l’espèce humaine sur ce qui l’entoure.

Cette idée, selon laquelle il existe des êtres « à protéger » sert de manière plus générale de prétexte à la mise en place de divers types d’enfermement. On la retrouve dans les discours de l’état qui, sous couvert de protéger, surveille et contrôle les individus dont il prétend assurer la sécurité par la mise en place de dispositifs sécuritaires (des lois au caméras en passant par le fichage et l’encouragement à la délation). Elle est sous-jacente et participe aussi au maintien d’autres formes de domination structurelle comme le patriarcat et le racisme par exemple.

L’état, la figure du père ou quelque autre acteur cherchant à asseoir une position de pouvoir, s’assure d’ancrer la peur dans des individus et leur ôte tout moyen d’être autonomes dans l’organisation de leur propre défense ; créant par là non seulement une dépendance à une instance protectrice mais aussi la sensation de faiblesse et d’impuissance qui auto-alimente cette logique.

Pour illustrer brièvement ce propos, c’est le fait de dire à une personne catégorisée « femme » qu’elle est à la fois en danger, faible et inapte à user de la violence physique ou verbale.

C’est le principe de la prison dorée, où certes, les êtres enfermés ne sont pas libre, mais au moins « en sécurité ». Et pour les personnes qui refusent de se soumettre à cette logique protecteur.ice/protégé.e, et/ou jugées dangeureuses pour les autres, pour elle-même ou pour la paix sociale, des prisons beaucoup moins dorées sont prévues.

Pour la destruction de toutes les prisons, quelle que soit la forme de leurs barreaux.

A la toute fin du mois de juillet à Lille, c’est le monument dédié aux pigeons voyageurs de la première guerre mondiale qui a été tagué, avec “stop spécisme” inscrit dessus. Si l’on peut éventuellement regretter une action à l’encontre d’un monument honorant pour une fois des animaux et notamment les pigeons, il faut néanmoins constater aussi que le monument se situe à l’entrée du parc zoologique.

Il avait été mis en place en 1936 par la Fédération nationale des sociétés colombophiles, en l’honneur des “20 000 pigeons morts pour la patrie” et des “colombophiles fusillés par l’ennemi pour avoir détenu des pigeons voyageurs”.

Quelques jours plus tôt, 28 poules ont été libérées dans les Yvelines.

Dans la nuit du vendredi 20 juillet 2018, des résistant·e·s animalistes ont pénétré dans “La Ferme d’Olivet” située dans les Yvelines et ont libéré 28 poules-usines à œuf, parmi les 140 000 individues en détention.

Ces animaux, victimes de persécution légale, étaient soumis à une vie d’agonie en batterie : leurs corps-usines étaient mutilés, entassés, compressés, et exploités pour leurs œufs. Nées pour produire jusqu’à l’épuisement : une horreur perpétuelle, dissimulée derrière les murs de leurs hangars-prisons.

Ces poules (de moins d’un an et demi) ont passé toute leur courte vie piégées sur et derrière des grilles, sans jamais pouvoir voir la lumière du jour.

Ce sauvetage a eu lieu dans une “ferme familiale” équipée de cages de batterie dites « cages aménagées ». Aménagées pour l’horreur, aménagées pour la torture et la misère. Le propriétaire de ces camps, c’est Jean-Luc LECOQ, décrit comme « éleveur engagé pour le bien-être animal » auprès des marques « Œufs de nos régions » et « L’œuf de nos villages ». Seul son engagement dans la détention et l’assassinat de masse avec préméditation devrait être relevé.

Dans les camps de concentration de poules « élevées en plein air », elles sont, en plus d’être privées de leur liberté la grande majorité du temps, amputées d’une partie de leurs ailes, et reste utilisées comme de simples ressources pour le profit des humain·e·s, et sont également envoyées dans les camps de la mort à un âge très précoce.

La France est le premier « producteur d’œufs » de consommation dans l’Union Européenne. C’est presque 70% des poules-usines à œufs qui survivent dans ce type d’élevage en cage.
En 2016, sur les 48,6 millions de poules exploitées pour leurs ovules, il y en avait 33,6 millions détenues en cage, et ces chiffres sont en constante augmentation.

L’objectif de cette libération est d’une part de sauver des individues victimes de notre société spéciste, mais aussi de faire comprendre que nous devons cesser de voir les autres animaux avec lesquels nous partageons cette planète comme étant à notre disposition, comme des ressources dont nous pouvons tirer profit.

Ce sauvetage nous a laissé une sensation de désespoir et d’impuissance, lorsque nous avons refermé la porte de cet enfer et laissé derrière nous les dizaines de milliers d’autres oiseaux qui ne verront jamais le ciel, le soleil ni même l’herbe, seulement le contact dur et inconfortable du sol grillagé sous leur pattes, et qui finiront égorgées dans un camp de la mort : Innocentes incarcérées à perpétuité, coupables d’être différentes.

Rappelons que la fin des élevages en batterie pour les poules-usines à œuf à l’horizon 2022 était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron, un mensonge donc, puisque l’amendement reproposé dans ce sens lors du passage de la loi alimentation fin mai dernier a été tout simplement rejeté, malgré un soutien populaire à 90%.

Idem pour l’amendement concernant le broyage des poussins mâles, pratique barbare mais néanmoins inhérente à l’industrie des oeufs. Souvent oubliés, ils ne s’inscrivent même pas dans les statistiques officielles, pourtant, dans toute la filière, les poussins mâles sont systématiquement éliminés, broyés vivants ou gazés, juste parce qu’ils ne pondent pas.

Rappelons également que les grandes firmes de l’élevage soudoient l’organisme d’État qu’est l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA), en commanditant des études scientifiques biaisées qui affirment que les poules préfèrent les cages.

Nous voulons attirer l’attention sur une torture peu connue qui leur est faite, la torture génétique opérée pour booster la prolificité de leur production d’oeufs. Leur espèce subit une épuration spéciste pour répondre aux critères humains d’appropriation de leurs corps-ovules. Tous les animaux dits d’élevage sont des AGM : Animaux Génétiquement Mutantisés.

L’équipe de sauvetage a filmé ces images car il est essentiel que notre société soit informée de ce qui se passe à l’intérieur de ces camps de persécution. Ces images ne sont pas des cas isolés : derrière les murs de chaque élevage ou abattoir se déroulent chaque jour et chaque nuit des horreurs innommables.

Des vies sont prises, de la pire façon qui soit, et sans aucune justification valable. Il n’y a pas de « bonne façon » d’utiliser et d’exploiter des individu·e·s, que ce soit pour leur lait, leurs œufs, leurs poils, leurs plumes, ou leur chair.

Construire une société digne pour toustes, indépendamment de l’espèce à laquelle nous appartenons, commence par libérer nos semblables de ce perpétuel holocauste, cesser de les utiliser dans le but de servir les animaux humains, et stopper la marchandisation du crime.

L’aviculture c’est de la torture.
Abolissons l’élevage, père de tous les esclavages !”

Démission de Nicolas Hulot et triomphe des chasseurs à l’Elysée

La grande actualité, c’est bien entendu la démission « surprise » de Nicolas Hulot, qui a annoncé à la radio qu’il abandonnait sans prévenir son poste de ministre de la transition écologique et solidaire.

Cela est directement relié à la question des chasseurs sur laquelle nous avons mis l’accent ces derniers jours. La démission de Nicolas Hulot était en effet dans l’air du temps et c’est un coup de force des chasseurs qui l’a déclenché.

Ceux-ci avaient encore une fois leur représentant à l’Elysée, Willy Schraen (président de la fédération nationale de la chasse), et celui-ci avait emmené avec lui le lobbyiste Thierry Coste.

Étaient également présents le secrétaire d’État à la transition écologique Sébastien Lecornu, le conseiller énergie de l’Élysée Antoine Peillion, et un ami d’Emmanuel Macron, le chasseur et sénateur de Côte d’Or François Patriat.

A la fin de la réunion, Nicolas Hulot s’est accroché avec Thierry Coste, arguant qu’il n’avait rien à faire là en tant que lobbyiste. Il faut dire aussi que Thierry Coste n’a cessé de faire monter la sauce, racontant en riant en janvier au quotidien Le Monde :

« Quand Nicolas Hulot n’est pas content, j’adore lui rappeler qu’aujourd’hui, on est dans le même camp, celui d’Emmanuel Macron. C’est presque jouissif pour moi. »

Si l’on ajoute le fait qu’Emmanuel Macron avait expliqué à Nicolas Hulot qu’il n’aurait pas été au courant pour la présence de Thierry Coste, on a une situation qui ne rimait plus à rien, et précipitant la démission.

C’est une grande victoire pour les chasseurs, d’autant plus qu’ils ont obtenu l’officialisation de la réforme dont nous avons parlé, faisant passer le permis de chasse de 400 à 200 euros, à quoi s’ajoute la « gestion adaptative » de six espèces d’oiseaux :

  • l’oie cendrée,
  • la barge à queue noire,
  • le courlis cendré,
  • la tourterelle des bois,
  • le grand tétras,
  • le fuligule milouin.

Cela signifie que selon les « évaluations », les chasseurs pourront se mettre à chasser ces oiseaux… Rappelons ici qu’en France, la loi autorise la chasse de 64 types d’oiseaux – bien plus dans les faits – dont 20 son sur la liste rouge de l’Union internationale de la protection de la nature.

C’est également une victoire pour les chasseurs sur la question de la chasse à courre, dont Nicolas Hulot espérait saper les fondements. Las ! Avec un Emmanuel Macron pour qui la chasse n’est « ni un loisir ni un sport mais un mode de vie », à un moment donné cela devait inévitablement aboutir à un conflit insoluble.

Nicolas Hulot espérait aussi taper sur la chasse de la grive à la glu, les piégeages appelés « tenderie » et « matole » : c’est là aussi un échec.

Il y aura également dans le futur une « police de la nature et des territoires », qui va passer par la fusion de l’Agence française pour la biodiversité (AFB) et de l’Office nationale de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Cela participe à ce que remarque le document pdf dont nous avons parlé, à savoir la mainmise des chasseurs sur l’écologie et la « gestion » de la Nature.

C’est d’ailleurs évidemment la ligne officielle de la fédération nationale de la chasse quant à la démission de Nicolas Hulot, présentant les chasseurs comme les « écologistes de terrain » !

A cela s’ajoute l’interdiction de l’engrillagement des domaines chassables par certains propriétaires.

Bref, c’est une défaite sur toute la ligne et Nicolas Hulot allait se faire sévèrement critiquer une fois de plus. Il avait déjà très mal pris la critique faite par Brigitte Bardot dans Var matin, le qualifiant de « trouillard de première classe. Un indécis. Un type qui ne sert à rien », répondant lui-même de manière véhémente (« Il y a un moment ou un autre où il faut arrêter de céder à la simplicité, de donner des conseils à distance, tout ça avec vue sur la Méditerranée. C’est très sympathique, mais ça ne fait pas avancer la cause »).

Il a préféré fuir plutôt de passer pour quelqu’un s’étant fait littéralement broyé. Il n’en reste pas moins que les problèmes restent entier ! Et que la première chose à faire, c’est de soutenir l’opposition à la chasse à courre et d’affirmer son soutien à AVA confronté à une plainte de l’Office National des Forêts !

Le festival vegan de Calais annulé par l’Etat devant les menaces de violence des bouchers-charcutiers et chasseurs

Cela fait pratiquement deux semaines que nous n’avons rien publié, pour une raison très simple : nous tenions à ce que le maximum de gens apprennent la répression contre AVA avec le procès lancé par l’ONF, et il y a aussi la brochure présentant l’activité incessante des chasseurs pour gagner l’opinion publique qui gagne à être connu également.

Le fait de chercher à torpiller AVA en plein été, au coeur des vacances estivales, est une entourloupe à laquelle il fallait bien essayer de répondre un minimum de manière efficace, afin de contribuer au maintien du mouvement.

Car il est évident que, désormais, la rigolade est finie. Le fossé est là, l’envergure du véganisme a été compris par tout le monde. Pour preuve, les bouchers-charcutiers ont carrément fait une pression énorme pour faire annuler le festival vegan devant se tenir à Calais le 8 septembre 2018.

En assumant ouvertement, par l’intermédiaire de propos tenus à Libération :

Laurent Rigaud, le président du syndicat des bouchers-charcutiers traiteurs du Nord, assume la responsabilité de cette annulation :

 «Nous avions prévenu que nous irions au contact quand les végans manifesteraient.

Nous serions venus en nombre au festival à Calais. L’ensemble des acteurs autour de l’alimentation, commerçants, agriculteurs, pêcheurs, ont fait passer le message auprès des autorités.

Il était en effet plus sage d’annuler.»

On est là non pas dans l’intimidation, mais carrément dans la menace ouverte, avec l’Etat censé être de droit qui capitule ouvertement.

Et d’ailleurs qui avait annoncé le début de la campagne contre le festival, début juillet? Le chef des chasseurs, avec un discours ultra-agressif, appelant à l’interdiction du festival par la mairie qui avait fourni une salle…

C’est là encore une nouvelle très importante et comment faire qu’elle se diffuse, alors qu’on est encore en été, que les esprits ne sont pas encore assez ouverts, voire présents?

C’est là un véritable problème qui doit appeler à réflexion et de notre côté nous temporisons encore les publications, nombreuses par ailleurs car il s’est passé de nombreuses choses ces derniers temps.

Mais l’opinion publique végane et l’opinion publique en général sont tellements difficiles à toucher qu’il faut savoir souligner l’essentiel. Il n’y a pas de base démocratique organisée, seulement des gens profitant d’une aura médiatique au moyen de la personnalisation, avec des actions spectaculaires.

D’ailleurs, le festival vegan de Calais n’était pas une initiative démocratique non plus, mais une démarche commerciale cherchant à profiter des initiatives véganes. Voici la présentation de l’organisateur par lui-même :

Farplace France est une association de protection animale et environnementale. Notre équipe franco-anglaise, forte d’une solide expérience en Grande-Bretagne en matière de festivals vegan (+ 20 événements en 2018), est ravie d’organiser à présent des événements en France.

Notre premier salon français a eu lieu le 2 juin à Paris-Nanterre. (Vous pouvez voir quelques témoignages d’exposants et de visiteurs sur ce site.) Les bénéfices nous aideront à organiser d’autres salons, et aussi à faire des dons à des petites structures qui sauvent des animaux au quotidien.

On arguera que c’est déjà pas mal, sauf que cette fois la déconnexion avec la réalité française n’a pas pardonné. On ne plaque pas des choses sur une société, il faut connaître celle-ci et en trouver les failles. La chasse à courre est une de ces failles, voilà pourquoi il faut soutenir la lutte contre celle-ci.

Il faut aussi rendre les choses claires, lisibles. Voici par exemple le communiqué officiel de la mairie de Calais. Il est d’une hypocrisie folle : la mairie dit qu’elle n’annule pas le festival pour sa nature… mais qu’il l’annule quand même, au nom bien entendu d’un risque de troubles à l’ordre public qui est un concept formidablement élastique dans son interprétation.

Il devrait être facile de dénoncer la mairie pour son action anti-démocratique !

Communiqué: annulation Festival Vegan
(Vendredi 24 Août 2018)

Ce jeudi 23 août 2018, la Ville de Calais a pris la décision d’annuler la tenue du Festival Vegan, initialement prévu le 8 septembre, au Forum Gambetta.

Cette décision est consécutive à des informations annonçant une série d’opérations visant à semer le trouble et à perturber l’ordre public, en marge de l’organisation de ce Festival. La multiplication de ces informations parvenues ces derniers jours en mairie a fait peser des incertitudes sur les conditions dans lesquelles le Festival pourrait se tenir.

Afin de garantir la sécurité publique et de ne pas exposer les visiteurs, partenaires et organisateurs du salon à un risque de débordement, le choix a été fait d’annuler cet événement, sans que cette décision soit liée à la nature et au thème du Festival.

Tout cela montre bien que, comme nous l’avons constaté, tout a changé pour le véganisme ces derniers mois. Il y a une recomposition générale de la situation. Et on ne s’en sortira pas sans une implication de gens bien formés, éprouvés dans la lutte et par le temps, menant un travail de fond vers les gens “normaux”, synthétisant les expériences.

« Éléments d’information sur le travail des chasseurs sur l’opinion publique »

Le contexte est celui de la plainte posée par l’Office National des Forêts contre AVA, en plein creux de l’été : organisez la solidarité !

Et il faut bien comprendre le contexte.

« Éléments d'information sur le travail des chasseurs sur l'opinion publique »
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Ce document est d’une très grande importance pour qui s’intéresse à la chasse en général et à la chasse à courre en particulier. Il montre l’incessante activité des chasseurs pour apparaître comme incontournable, niant l’existence de la Nature et de ses équilibres, de son équilibre.

Nous ne pouvons que vouloir souligner de vraiment étudier ce document, de ne pas le prendre à la légère, d’en voir tout l’arrière-plan!

Aucune lutte contre la chasse, la chasse à courre, n’est possible sans comprendre la stratégie de l’ennemi !

Tentative de meurtre politique : l’État réclame 55 000 euros à AVA en plein été

Dans la tradition politique et juridique, on appelle cela quelque chose de « scélérat ». Il y a en effet une vieille tradition politique française visant à faire passer les lois juste avant l’été ou en profitant d’une heure avancée pour « forcer » la décision.

Et c’est donc une mesure politique scélérate à laquelle doit faire face AVA, une mesure immanquablement avalisée par le chef de l’État lui-même.

L’idée est la suivante : faire un exemple en torpillant financièrement les gens d’AVA en leur réclamant plus de 50 000 euros par l’intermédiaire de l’Office National des Forêts, afin de masquer la nature politique de l’opération.

Et afin que tout se déroule au mieux, lancer l’opération… le 27 juillet, juste avant la période la plus creuse de l’été, pour empêcher la diffusion de l’information, l’organisation d’une opposition…

Sans compter que la plainte étant devant le Tribunal de Grande Instance, il y a 15 jours pour trouver un avocat, sans quoi tous les arguments de la plainte sont considérés comme admis !

Heureusement, AVA a pu faire face à cette attaque et s’organiser juridiquement conséquemment.

Mais que dire !

C’est ni plus ni moins qu’une tentative de meurtre politique. C’est là une opération dont le seul mot qui peut la caractériser est « dégueulasse ». C’est une véritable crapulerie, une manière mesquine et sordide de poser les problèmes.

Bref, c’est totalement conforme à l’esprit des chasseurs, qui savent qu’ils sont dépassés historiquement et utilisent tous les leviers anti-démocratiques possibles.

Une véritable magouille, qui en dit long sur Emmanuel Macron. Il prétendait représenter une sorte de modernité politique : on est là pourtant dans un machiavélisme politique le plus traditionnel.

Surtout que les 18 page de l’assignation faite par l’Office National des Forêts devant le Tribunal de Grande Instance est une blague juridique d’un amateurisme pratiquement surprenant.

Le principe est le suivant : l’ONF dit qu’AVA empêche l’actualisation de contrats entre l’ONF et les chasses à courre, qui « louent » les forêts. Qui est AVA ? L’ONF choisit trois personnes, d’elle-même.

Qu’ont-elles fait : y a-t-il des arrestations, des condamnations, des faits juridiquement établis ? Comme il n’y a rien, l’ONF présente les faits à sa façon.

Tout le reste est à l’avenant et la plainte prend vraiment d’ailleurs le Tribunal de Grande Instance pour des idiots et des serviteurs zélés, car jamais il ne pourra pas s’appuyer sur de telles allégations sans preuves, sans faire sauter tant la séparation de pouvoirs que la valeur légale même d’une preuve, bref sans dynamiter tout l’édifice juridique.

L’ONF a posé sa plainte en s’imaginant qu’en France le régime juridique tourne comme sous Mussolini, Franco ou Hitler, qu’il suffirait qu’un organe d’État dise une chose pour que ce soit vrai !

Les rédacteurs de la plainte fournissent d’ailleurs eux-mêmes l’argument faisant tomber celle-ci, en présentant la chose comme suit :

« Au regard des actions menées par le collectif AVA, l’ONF est fondé à poursuivre les membres connus de cette organisations en sa qualité de bailleur, d’une part, pour le trouble de jouissance causé aux preneurs, et en sa qualité de gestionnaire des forêts domaniales, d’autre part, pour l’atteinte portée au droit de propriété de l’État dont l’ONF est le représentant légal en vertu du code forestier (art. D221-2CD). »

En reconnaissant s’occuper des intérêts de l’État, l’ONF montre qu’il agit en tant qu’État et que sa plainte au TGI est donc une plainte de l’État envers lui-même, ce qui ne tiendrait pas une seconde devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

L’ONF a fait deux stupidités éhontées : affirmer sans aucune preuve des choses sur AVA, qui par ailleurs pourraient amener des plaintes pour diffamation mais surtout amènerait le TGI à juger sur de simples affirmations… et s’adresser au TGI comme si l’État se parlait à lui-même, ce qui ferait de l’État à la fois juge et partie, ce qui est impossible à part, comme dit plus haut, sous Mussolini, Franco, Hitler, etc.

Juridiquement parlant, il aurait fallu que les « équipages » des chasses à courre portent plainte, que leurs plaintes aboutissent à des condamnations… Que sur la base de ces condamnations et seulement de celles-ci, l’ONF se retourne contre les personnes condamnées pour, en quelque sorte, des frais de dommages et intérêts…

Mais il est vrai qu’Emmanuel Macron veut faire vite et il espère qu’il parviendra à forcer autant que possible l’écrasement de la lutte contre la chasse à courre. On est là dans une situation résolument politique.

C’est l’expression de la valeur ô combien significative de la chasse à courre dans la société française, pour les plus riches, pour les plus réactionnaires. C’est une citadelle, un verrou…

En triompher passe par là pour la libération animale !

ASSIGNATION ONF AVA

Libération publie une ode pétainiste du « territoire »

Nous parlions il y a peu du relativisme terrible de la presse se voulant « contestataire », comme Le Monde ou Libération, publiant régulièrement des points de vue sur le véganisme qui sont parfois pour, parfois contre, le tout servant la confusion et le relativisme.

Ce qui ne peut que ressortir, c’est le discours pétainiste, notamment sous sa forme moderne zadiste, et là cela ne manque pas avec une ode au pétainisme publié dans Libération. Le texte est rempli de références idéologiques que l’auteur ne connaît peut-être même pas : quiconque a lu Maurras ou Heidegger, Giono ou Bernanos, en comprend immédiatement la nature.

On y trouve tout : de l’éloge du paysage au refus de l’humanité unifiée à l’échelle mondiale, de la défense des petits savoirs-faires « authentiques » au refus d’une morale universelle, de l’utilisation de concepts pseudo-philosophiques (« élevage-paysan ») au rejet du monde moderne.

Ce texte est un classique du genre, reflétant toute une tendance historique : les zadistes et apparentés n’ont fait que réactualiser la critique pétainiste du monde moderne, sur les mêmes bases, et son agressivité envers le véganisme est obligatoirement présente et inévitablement toujours plus offensive.

Repli individuel sur son lopin de terre avec la ZAD ou véganisme universel d’une humanité unifiée organisant la production à l’échelle mondiale, l’opposition ne peut être que totale !

Plaidoyer pour les territoires d’un paysan végano-sceptique

Par Pierre-Etienne Rault, Eleveur-tanneur dans le Morbihan —

Il ne devrait pas y avoir de tentation à devenir végan dès lors que l’on a bien compris l’élevage-paysan. Mais pour bien comprendre l’élevage-paysan, il faut avoir saisi l’esprit de territorialité auquel celui-ci est étroitement lié. La territorialité relève du sensible, de notre rapport au monde, et gagne celles et ceux dont une partie de la conscience est profondément reliée à un territoire. Si elle est en première évidence un cordon à travers lequel circule l’avitaillement des biens nourriciers et matériels, la territorialité n’en demeure pas moins le terreau des relations sociales ainsi qu’une source de diversité culturelle et spirituelle.

Un rapport fusionnel a longtemps lié l’homme et son territoire, l’être fait d’os et de chair à son environnement organique et minéral. Si quelque part, au pays, une grange était à bâtir, alors un instinct de territorialité guidait naturellement le paysan vers le plus proche filon d’argile pour l’entreprise de maçonnerie, vers l’arbre multicentenaire pour l’entreprise de charpente, vers les champs de seigle pour l’entreprise de couverture. L’ensemble constituait un ouvrage indigène bâti à coups d’ingéniosité. Les objets du quotidien, comme les outils de travail, étaient également faits de particules arrachées aux territoires. Chacun d’eux était façonné par l’habileté de mains savantes, à partir de matériaux débusqués dans le pli d’une roche, la lisière d’un bois, le lit d’une rivière, les entrailles d’une bête.

Os, cuirs, laines, plumes, crins, tendons, cornes, bois, graisses et suints sont autant de matériaux provenant du monde animal et dont l’Homme a su, un jour, trouver une utilité. Jusqu’à l’ère thermo-industrielle et l’avènement de la plastochimie, on recourait autant qu’il était possible de le faire à ces matériaux naturels, indigènes et renouvelables. On leur trouvait des propriétés dont les qualités multiples concordaient avec un grand nombre d’usages : vêtements, colles, harnais, bougies, brosses, lubrifiants, isolants, sacs, selles, chaussures… On trouvait dans le monde végétal ou minéral d’autres matériaux tout aussi utiles mais dont les propriétés ne pouvaient pas toujours rivaliser ou même simplement remplacer les matériaux d’origines animales. Il fallait donc compter sur les trois mondes, animal, végétal, et minéral pour que le territoire déploie l’ensemble de ses richesses et pourvoie ainsi aux besoins élémentaires des sociétés.

 

Progrès et déterritorialisation

Aujourd’hui, l’économie marchande mondialisée est dotée d’une redoutable logistique permettant de se nourrir, de se vêtir, de s’abriter et de se chauffer sous toutes les latitudes sans que l’approvisionnement des biens primaires provienne nécessairement des ressources du territoire habité. Le progrès technique dans de multiples domaines a fait de nous des êtres confortablement déterritorialisés. Ainsi, l’Homme moderne ne concentre plus ses efforts à la recherche d’une communion avec son environnement naturel. Repus de la vacuité des choses artificielles, déraciné, il s’est égaré en perdant la conscience de sa présence sur son territoire. Ce manquement fragilise dangereusement le sens qu’il donne à son existence. Il passe à côté de splendeurs sans être atteint par leurs beautés et trépasse de ses peurs sans goûter à l’intensité d’exister.

Un pareil constat devrait nous interroger sur le rapport que nous entretenons aux territoires mais aussi aux objets et à la matière. Tandis que laines et peaux sont aujourd’hui considérées par la loi française comme des déchets d’équarrissage soumis à des réglementations si strictes qu’elles contraignent considérablement les éleveurs et les artisans dans la mise en place de filières de valorisation, le marché textile en provenance de la Chine inonde littéralement l’Hexagone de vêtements, sacs et chaussures en fibre coton ou synthétique.

Au-delà des considérations éthiques liées aux conditions de travail dans les usines chinoises, que devons-nous penser de ce dispositif marchand, libéral, orchestré politiquement et consenti sociétalement qui consiste à déterritorialiser notre économie en même temps que nos consciences? Nos savoirs-faire disparaissent. Les artisans tanneurs, maroquiniers, lainiers, matelassiers ne peuvent résister devant l’implacable concurrence des forces productives dont le modèle néocolonial conduit à une uniformisation planétaire des biens de consommations. Selon l’anthropologue Arturo Escobar, la lutte contre cette nouvelle forme d’impérialisme ne peut que surgir que des tréfonds des territoires par des femmes et des hommes portant des revendications d’autres mondes. Les ZAD qui émergent ici et là pour s’opposer à la bétonisation et à l’aménagement standardisé par toutes les formes de rationalités productives seraient des lueurs de ces autres mondes.

Maintenant, pouvons-nous dire que le véganisme préfigure ou est en mesure d’inspirer des lueurs d’autres mondes ? C’est loin d’être évident. D’abord parce que le véganisme est à bien des égards la traduction idéologique même de l’«aterritorialité». Pour le paysan que je suis, un territoire sans élevage est un territoire en souffrance, auquel on prive la possibilité de déployer son panel de vie et de biodiversité. Car le ré-ensauvagement de la nature que certains appellent de leurs fantasmes n’est en rien un gage de sauvegarde de la biodiversité. La plupart des espèces dont on déplore tous aujourd’hui la disparition ont pu pendant des siècles bénéficier de territoires propices à leurs implantations. Ces territoires étaient constitués de prairies naturelles, maillées de haies et de talus, parsemés de bosquets et parcourus de cours d’eau dont on prenait le soin de curer les lits. Dans ces prairies on y trouvait des animaux au pâturage dont le rôle était essentiel à une valorisation efficiente des espaces et permettait de garantir une alimentation saine et abondante. C’est ce modèle de territorialité, empirique, écologique et résilient que certains aimeraient voir remplacé créant ainsi la stupeur du paysan. Car un paysan à qui on interdirait aujourd’hui d’élever des animaux serait aussi malheureux et désœuvré qu’un pianiste à qui on enlèverait la moitié des touches de son piano.

 

Idéologie hégémonique

Par ailleurs, outre le fait que la viabilité de l’idéologie végane repose dans bien des domaines (fertilisation des sols, synthèse des fibres synthétiques…) sur l’acceptation de l’extractivisme, lequel est en tout point contraire au commun des ontologies territoriales, le véganisme est enraciné sur les vieux dualismes nature/culture, humain/non humain, bien/mal, gentil/méchant. L’idéologie végane semble ainsi concourir au renforcement d’un «système monde» uniforme, aussi bien mono-culturel que mono-cultural.

Sans se laisser aller à la caricature qui consisterait à rapprocher outrancièrement le véganisme du transhumanisme, on peut toutefois établir un lien entre la promotion de l’utopie végane et une implication (volontaire ou non?) dans un processus d’acculturation par la prescription morale. En effet, de la même manière qu’il est difficilement concevable qu’une personne qui se pense «bonne» ne désire pas un tant soit peu participer à réformer une société déviante pour la rendre plus juste, les végans, convaincus d’être les avant-gardistes d’une cause juste et noble que l’Histoire retiendra, ne peuvent que conférer à leur idéologie une dimension hégémonique. Par conséquent, la vérité et le bien que les végans pensent incarner doivent être colportés pour que la culture végane, la «culture du bien» devienne la norme.

La morale végane a toute sa place dans un monde dualiste, héritier de la culture judéo-chrétienne qui envisage les relationnalités selon des considérations de «bien» et de «mal». Mais cette même morale n’est pas introductible dans le cadre des interrelations et des interdépendances qui engendre l’adaptabilité des êtres sur leurs territoires dont dépend leurs (sur)vies. Pour penser la question végane il faudrait donc arriver à substituer l’analyse morale – et son récit rationnel et dualiste auquel nous sommes biberonnés depuis toujours — à une nouvelle grille de lecture qui prenne en compte pleinement l’ontologie des territoires.

Pierre-Etienne Rault est l’auteur de Végano-sceptique, éditions du Dauphin, 2017.

« Les Produits Laitiers » : apprendre des partisans de l’exploitation animale

Ce que les associations comme L214 ne comprennent pas ou plutôt ne veulent pas comprendre, c’est qu’avec l’exploitation animale la contradiction est tellement grande qu’inévitablement cela ne peut qu’aboutir à un conflit total. C’est même là l’identité même de la question de la libération animale.

L’ennemi l’a très bien compris. Il monte la sauce dès qu’il le peut, car lui a compris les enjeux. Son existence même étant en jeu, il voit ce qu’il en ressortirait s’il perd. Voilà pourquoi il forme sa base de sympathisants, pourquoi il veut élargir cette base.

En voici un exemple tout à fait représentatif, qui ne doit rien au hasard. Il a été publié par le compte Twitter de  « Les Produits Laitiers », un site d’information du CNIEL (Centre National Interprofessionnel de l’Économie Laitière, « association loi 1901 représentative de l’ensemble des acteurs de la filière laitière française »).

L’occasion a été la bagarre générale à l’aéroport d’Orly des rappeurs Booba et Kaaris, dont le mode de vie ne correspond on s’en doute strictement en rien à la morale vegan straight edge, mais bien entendu totalement dans l’idéologie dominante du superficiel, du spectaculaire sans contenu, du beauf ne pensant qu’aux richesses matérielles inutiles, etc.

Les Produits Laitiers, TwitterL’image est subtile, parce que tout le monde sait très bien que L214 et PETA sont des associations purement pacifistes ne prônant nullement l’affrontement militant.

En fait, pour PETA c’est historiquement faux, car PETA ne s’est jamais historiquement dissociée de l’ALF et est en fait née aux États-Unis pratiquement comme « aire légale » de la « scène » de la libération animale. Mais c’est le passé bien sûr.

Le but de l’image n’est de toutes façons pas de criminaliser L214 ni PETA, mais de préparer au second tour, celui où ces associations débarrasseront heureusement le plancher, pour laisser la place à la nécessaire confrontation.

C’est d’ailleurs le sens du troisième protagoniste en plus de L214 et PETA, le végan, qui est là pour montrer que ces associations se feront dépasser par le véganisme en raison de la nature même des exigences morales qui vont avec.

Il s’agit donc de contribuer tout de suite à préparer l’isolement de la libération animale demain. On voit d’ailleurs que la société française est placée sur le côté, comme témoin passif de ce qui se passe.

Il s’agit de faire passer le message comme quoi la libération animale arrivera inéluctablement à un degré de confrontation tel qu’il en ira d’absolument tout. Il s’agit donc de préparer à séparer la libération animale de la société, afin de l’écraser aisément une fois que cela est réussi.

Il va de soi que pour l’instant c’est bien parti. Il est d’ailleurs intéressant de voir qu’une association comme 269 prétend viser la massification du mouvement, alors qu’elle ne fait que contribuer à son isolement par sa pseudo-radicalité s’appuyant sur un très important turn-over d’activistes.

Alors qu’un mouvement comme celui contre la chasse à courre, dont l’identité en soi n’est pas végane puisqu’il ne s’agit que d’une lutte sectorielle, amène à l’inverse beaucoup plus de passerelles entre le véganisme et les gens.

En ce sens cette image de propagande éduque les gens partisans de l’exploitation animale… À ceux et celles voulant la détruire d’en apprendre autant !

Le véganisme et la question de l’océan

Le plus grand problème historique du véganisme, si l’on veut voir les choses objectivement, c’est que la question de l’océan est absolument essentielle, et que malheureusement, cela n’apparaît pas comme visible.

La raison en est simple : il n’y a pas d’aperçu sur ce qui se passe dans l’océan quand on vit à terre. C’est le paradoxe : l’humanité se développe de manière exponentielle, mais la planète lui est étrangère, et encore plus sa dimension bleue.

Il y a ici un raté terrible, un véritable problème de fond et il est évident qu’une humanité végane va prendre en considération de manière fondamentalement différente l’océan. En attendant, la situation reste ce qu’elle est, en prenant des traits toujours plus terrifiants.

Entre 1970 et 2012, il est considéré (par le Marine Living Planet Index) que la population vivant dans l’océan a reculé de 49 %. C’est un écocide historique, qui ne cesse d’empirer à tous les niveaux.

Cela est par ailleurs bien connu. Une structure institutionnelle comme le WWF – qui veut réguler la pêche et non pas la supprimer – ne cesse d’informer de manière alarmante sur la « surpêche ». Mais son écho est vain, car elle demande à des structures économiques de se réguler, alors qu’il est dans leur nature de davantage accumuler, de faire du profit.

Dans le monde, nous pêchons près de 93,4 millions de tonnes de poissons. Près de 90% de nos stocks mondiaux sont pleinement exploités (58,1%) ou surexploités (31,4%). On parle de surpêche lorsque nous pêchons plus que ce que le stock peut nous fournir par renouvellement de la population.

(WWF)

De plus, les États qui obéissent à ces intérêts ne comptent certainement pas s’effacer devant un gouvernement mondial. Tout récemment, la France a d’ailleurs modifié sa constitution pour renforcer sa position en faveur de l’exploitation – c’est-à-dire la destruction de l’océan – au nom bien entendu de sa protection par la gestion.

La France, qui dispose d’un « empire » maritime, aurait comme devoir de le fructifier. C’est une mentalité qui est exactement contraire à ce qu’il faut ! C’est une vision étriquée en termes d’intérêts partiels, d’intérêts privés séparés des autres.

Avec les outre-mer, notre pays est présent dans l’océan pacifique, la mer des Caraïbes, l’Océan indien et dans les mers froides. Deuxième puissance maritime mondiale après les Etats-Unis notre pays a trop souvent négligé ce potentiel économique qu’est la mer 3/3

(Gilles Lurton, député LR)

Il n’est plus temps pour une telle approche ; il faut désormais une réelle vision planétaire, partir immédiatement du point de vue planétaire. Cela ne veut pas dire ne pas partir des réalités locales ou nationales : cependant, pour comprendre la véritable dimension des enjeux, il faut un point de vue à la hauteur de l’ensemble !

 

 

 

La scène punk (et straight edge) à Poitiers

Le 15 août 2018 aura lieu à Poitiers une “journée d’études” avec comme thème  “La scène punk à Poitiers (1976-2016)” . Nous ne sommes nullement favorables à ces interprétations universitaieres, hors mouvement.

Cependant, la présentation de cette journée parle de l’importance de la scène straight edge dans cette ville au début des années 1990 :

La scène punk/hardcore explose, comme partout ailleurs, au début des années 1990, avec un épisode straight- edge radical et des groupes punk/hardcore comme Seven Hate, Undolor, The Sense, noisy/pop comme Liquid Team et Mmoob, des labels, Weird Records, On A Faim !-Label, et une salle de concert, Le Confort Moderne.

Ouvert depuis 1985, le Confort Moderne fait passer entre 1993 et 1996 Biohazard, Suicidal Tendencies, Fugazi, No Means No, Cooper, Grotus, Neurosis, Satanic Surfers, Unsane ou Melt Banana. Sa cour accueille un disquaire indépendant (La Nuit Noire) et des locaux de répétition, autant de lieu d’échanges et de partages pour les musiciens de tous bords.

Si quelqu’un peut nous envoyer des informations ou des documents à ce sujet, il ne faut pas hésiter!

 

 

« L’animal n’est pas l’alter ego de l’homme »

C’est devenu une mode chez Le Monde et Libération : publier des articles contradictoires au sujet des animaux permet de relativiser la question, d’intégrer la réflexion au sein d’une sorte d’esprit polémique qui aurait un cadre bien délimité : celui des institutions.

On sait à quel point d’ailleurs on ne s’en sort pas. L214 veut participer à ces institutions, 269 forcer celles-ci à accepter le point de vue vegan, et seule une petite minorité, dont nous faisons évidemment partie, comprend qu’il faut une révolution et pulvériser ces institutions si on veut arriver à quelque chose.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faille rien faire de concret en attendant, bien au contraire : le sens réel des actions n’existe que dans la liaison avec l’objectif général qui est la libération animale. C’est ce qui fait qu’il ne peut pas y avoir de « débat » : soit on est une partie du problème, soit une partie de la solution.

C’est cette prise de conscience que cherche à tout prix à empêcher Libération. En publiant en même temps « Jean-Pierre Digard : “L’animal n’est pas l’alter ego de l’homme” » et « Assujettir les animaux est devenu un caprice », le but est de neutraliser la réflexion en opposant deux sortes de rationalités qui seraient aussi vraies l’une que l’autre, demandant donc un status quo.

C’est très Emmanuel Macron, mais aussi très français ! On est dans un pays fondamentalement libéral où l’exception confirme la règle, où l’entorse fait partie des devoirs pratiquement nationaux pour être un bon français ! Tout le reste serait, selon le refrain, « puritanisme anglo-saxon ».

Pour bien souligner la neutralité nécessaire, Libération a d’ailleurs choisi deux « personnalités » : Renan Larue, professeur de littérature à l’université de Californie, Santa Barbara, et Jean-Pierre Digard, anthropologue et directeur de recherches émérite au CNRS.

Ce dernier est assez intéressant au demeurant, car si d’un côté il souligne à juste titre que la domestication ne s’est pas réalisée dans une violence unilatérale, de l’autre il raconte n’importe quoi, et pas seulement parce qu’il parle des « véganiens ».

En voici un seul exemple :

« Il y a une forme d’anthropomorphisme à parler de “vie bonne”. De même, des scientifiques, trompés par ce prisme déformant, n’hésitent pas à parler de “bonheur” ou de “joie de vivre” des animauxLes choses sont plus complexes.

Prenez l’exemple de vaches en stabulation libre : vous ouvrez les portes, elles sortent, puis rentrent au bout d’une trentaine de minutes car leur litière est confortable et leur nourriture tombe régulièrement dans le râtelier, et quand elles ont mal au pis, le robot de traite est là pour les soulager… »

Selon donc ce grand chercheur, la vache aurait besoin du robot de traite généreusement fourni par l’humanité ! N’est-il pas admirable de voir une personne hautement diplômée, entièrement reconnue par les institutions, ne pas savoir que les vaches ne donnent du lait que pour leur veau, et qu’elles ne donnent donc pas du lait en permanence ? »

Quant à la question de la « joie de vivre » d’un animal, cette personne n’a dû jamais mettre les pieds dans un refuge de sa vie : qu’elle le fasse, sa vie en sera révolutionnée ! Car là, atteindre un tel niveau de faiblesse sur le plan émotionnel, sur le plan du sensible, ce n’est même pas lamentable : c’est avoir des siècles de retard sur Montaigne ou Lucrèce !

L’autre article, favorable au véganisme, commence quant à lui par un grand n’importe quoi comme prétexte. On apprend que :

« Une petite révolution est en train de se produire au sein de la fameuse école vétérinaire de Saint-Hyacinthe, au Québec. Pendant très longtemps, ceux qui en sortaient n’avaient pas la réputation – loin s’en faut – d’être du côté des animalistes. Il faut dire que ladite institution faisait de son mieux pour étouffer chez les étudiants tout scrupule d’humanité envers les bêtes, celles de boucherie particulièrement.

Mais tout part à vau-l’eau : près d’un tiers des élèves de l’école se déclarent désormais végétariens ou végans (1) ! Un bon nombre de ces jeunes rechignent à effectuer des stages de formation dans les abattoirs et ne prendront vraisemblablement pas la relève des inspecteurs qui y travaillent. »

Le (1) qui justifie cette information consiste en la note suivante :

« (1) Selon le président de l’association d’étudiants contacté par l’auteur. »

Ce n’est donc pas une information fiable, et de toutes façons elle est extravagante, pour toute une série de motifs qu’on peut largement deviner même si c’est au Canada :

  • les produits sont testés sur les animaux ;
  • il y a la vivisection au programme ;
  • les études vétérinaires sont choisies pour l’argent.

C’est tellement évident qu’on devine d’ailleurs naturellement que l’article a été mal traduit et que par « vegan » il faut comprendre « végétalien ». Ce qui rend encore plus absurde la thèse générale d’un changement chez les étudiants vétérinaires, qui s’ils voulaient vraiment changer les choses deviendraient vegans.

Il est d’ailleurs totalement fou de voir l’indifférence cruelle des vétérinaires français par rapport à la situation des animaux. Leur silence est vraiment criminel.

Et aussi grave que ce silence, il y a les tentatives de parler à tort et à travers du véganisme, pour le neutraliser.

Jacques-Charles Fombonne à la tête de la SPA de Paris

Ainsi, elle a réussi cette opération dont nous avons parlé il y a peu au moment de la démission de la responsable de la SPA (de Paris), la présentatrice Natacha Harry. C’est un haut responsable militaire, Jacques-Charles Fombonne, qui prend les commandes de cette importante structure de la protection animale, sans en avoir jamais fait partie.

C’est une solution purement pragmatique, sans aucun contenu, visant à « épurer » une structure entachée de très multiples scandales ces dernières années.

Sauf que cela ne marche nullement comme cela. Il ne suffit pas de nommer un soldat pour compenser les multiples problèmes internes à l’approche générale de la protection animale.

Il ne s’agit pas de « rétablir l’ordre » ou de surveiller administrativement les sphères pouvant céder à la corruption. Cela, c’est la réponse d’extrême-droite, la réponse du coup de force, la réponse qui vient a posteriori, sans établir la nature des problèmes.

Quelle est la nature de ces problèmes ? On peut en dresser la liste :

  • il y a une multitude de SPA (et les refuges en général), ce qui disperse les forces. C’est terriblement vrai pour les refuges, qui tiennent avec des bouts de ficelle, ce qui amène certaines personnes à être horrifié et à dénoncer… les refuges au lieu de mettre la main à la pâte !
  • l’État s’appuie systématiquement sur ces associations, sans n’apporter ni moyens ni reconnaissances. En clair, lorsqu’un animal est trouvé par la police, la gendarmerie ou les pompiers, une association locale est prévenue pour le prendre en charge. Il n’y a ni suivi ni soutiens financiers. Les associations doivent assumer ce que la société ne veut pas assumer elle-même, avec leurs propres moyens, un grand sens du sacrifice.
  • il n’y aucune démocratie dans les associations, et par contre un culte de l’ego pour la direction des associations, avec des individus se mettant sans cesse en avant, déformant la nature du projet. Cela ne concerne d’ailleurs pas que la protection animale, il n’y aucune différence d’approche dans la personnalisation entre la Fondation Brigitte Bardot ou 269. C’est la course à la photo, aux propos chocs, à la médiatisation, etc.
  • cette absence de démocratie va de paire avec la nullité du niveau de discussion, ce qui est amené par l’absence de perspective. La SPA, par exemple, n’a aucune ambition pour le futur, elle est une fin en soi, comme d’ailleurs la plupart des associations. Cela amène cette course à la participation aux procès pour toucher des fonds, ce qui irait si les associations n’étaient pas plusieurs à le faire en même temps, empêchant toute vue d’ensemble.
  • il y a beaucoup d’argent et sans morale la plus stricte, fondée sur le véganisme le plu intransigeant, les craquages par la corruption sont inévitables. Et encore, il ne faut pas seulement le véganisme, à notre sens, mais la culture vegan straighte edge, avec la morale de l’affrontement et la victoire totale comme objectif !

Finalement, d’ailleurs, c’est bien cela le problème. Ce qui manque, ce sont des activistes ayant la tête sur les épaules, ayant une bonne culture et une bonne capacité de problématiser, avec un objectif très clair en tête : la libération animale.

La libération animale a besoin de cadres. Ce qui perd la Cause, c’est d’un côté une fuite dans des actions épisodiques, un actionnisme qui épuise les gens (avec un turn-over immense, les gens ne restant pas et à chaque cycle tout recommence avec des gens s’imaginant découvrir quelque chose maintes fois déjà fait), et de l’autre une forme d’intellectualisme coupé de toute réalité.

Ce qui ramène au problème de fond, qui est que la base même de tout mouvement de libération animale doit être non pas l’obsession sur les animaux morts, mais la focalisation sur les animaux vivants. Et partant de là, tant que le véganisme n’aura pas comme fondement la participation concrète et générale aux refuges, il n’obtiendra pas de substance réelle.

« Il est navrant de constater que des universitaires dénigrent l’antispécisme de manière expéditive »

Une tribune a été publiée dans Le Monde, sous le sobre titre de « Il est navrant de constater que des universitaires dénigrent l’antispécisme de manière expéditive », et c‘est quelque chose qu’on attendait depuis longtemps.

Il est en effet d’une clarté totale sur le point de vue des Cahiers antispéciste, et donc également de L214. Il est dit de manière explicite :

  • que l’être humain ne serait pas un animal comme les autres (absurde ! qu’est-il alors?),
  • il n’en irait pas de l’amour des animaux et de la vie, mais d’une simple possibilité de ne pas faire du mal,
  • il ne faudrait pas considérer les espèces, mais seulement les individus,
  • il ne s’agirait pas de défendre la vie en général et d’ailleurs certains animaux n’éprouveraient aucune sensation !

Rien que ce dernier montre bien que ces gens sont des ennemis. Cela montre que nous avons parfaitement interprété la valeur de cette interprétation, il y a dix ans déjà… Et que heureusement il a été possible maintenir les principes essentiels de la libération animale face à cette vision individualiste anti-Nature !

Tribune. Le spécisme fait de plus en plus débat dans la société. Un spéciste peut estimer, par exemple, que le fait qu’un animal appartient à une espèce particulière peut justifier à lui seul qu’on puisse le tuer pour en consommer les chairs. En France, société spéciste, on mange ainsi du cochon, mais pas du chat et encore moins de l’humain.

Le mot « spécisme » a été inventé dans les années 1970 en analogie avec les termes racisme et sexisme. Un raciste ou un sexiste va en effet ne pas avoir la même considération morale envers des personnes en fonction de leur race (ou supposée race) ou de leur sexe. Ces trois idéologies participent donc de la même logique et fondent des rapports de domination, d’exclusion et de violence à l’encontre d’individus appartenant à des catégories dépréciées.

En revanche, pour l’antispécisme, l’espèce (à l’instar de la « race » et du sexe) ne peut constituer un critère pertinent de considération morale. Seul l’intérêt des individus est à prendre en compte, quelle que soit leur espèce.

Conséquemment, étant donné que l’on peut être en bonne santé sans consommer de produits d’origine animale et que les poissons, vaches, cochons ou poules ont un intérêt à la fois à ne pas souffrir et à ne pas se faire tuer, le mouvement antispéciste conteste la légitimité de l’élevage, de la pêche et des abattoirs.

Cette position bouscule bien sûr des traditions et des façons de penser millénaires. Elle remet aussi en cause le privilège que les humains s’arrogent de maltraiter les autres espèces selon leur bon plaisir. Qu’elle suscite des réactions de rejet n’est donc pas surprenant. Mais il est plus navrant de constater que des chercheurs la dénigrent de manière expéditive, comme en témoignent nombre d’interventions récentes en France.

Par exemple, dans un récent entretien, le philosophe Étienne Bimbenet récuse l’antispécisme parce que cette « idéologie » avancerait la « thèse […] contestable » selon laquelle « nous serions, [nous autres les] humains, des animaux comme les autres ». Ce qui conduit ce philosophe à parler des« outrances » de l’antispécisme et de son « aveuglement […] pernicieux [car] il se présente sous les traits d’un progressisme »tout en niant ce qui fait la spécificité humaine.

Or jamais l’antispécisme n’avance que les humains seraient des animaux comme les autres. Il soutient simplement que, d’un point de vue éthique, c’est la capacité, que possèdent les humains et beaucoup d’animaux, à ressentir des sensations et des émotions qui importe. Cela revient à reprendre le principe de justice selon lequel il faut traiter les cas similaires de manière similaire et donc à attribuer autant de considération à la souffrance d’une vache, d’un cochon ou d’une poule qu’à celle d’un humain.

Dans le même registre, l’anthropologue Jean-Pierre Digard a fraîchement écrit dans « Raisons et déraisons. Des revendications animalitaires. Essai de lecture anthropologique et politique », publié dans la revue Pouvoirs, que les antispécistes réclament « un traitement égal pour toutes les espèces ». À la suite de quoi, il peut ironiser que ce n’est pas « respecter tel ou tel animal que de le considérer et de le traiter pour ce qu’il n’est pas ».

Pourtant, toute personne qui prend la peine d’étudier un minimum l’antispécisme en se tournant vers le livre du philosophe australien Peter Singer, La Libération animale (Payot, 2012), qui a popularisé cette notion, peut lire que « l’égalité de considération morale » ne signifie pas « l’égalité ou l’identité de traitement ». Si le mouvement antispéciste estime en effet qu’il faut attribuer autant de considération à la souffrance des animaux sensibles qu’à celle des humains, il estime tout aussi important de les traiter différemment en fonction de leurs intérêts et capacités. La distinction est d’ailleurs explicitée dans toutes les présentations de l’antispécisme.

Enfin, dans sa récente tribune au Monde« L’argumentation biologique soutenant l’antispécisme est erronée », le biologiste Christophe Robaglia soutient que, selon l’antispécisme, « plus les organismes sont proches de l’homme, plus ils sont susceptibles d’éprouver une souffrance similaire à la sienne, qu’il faut éviter de leur infliger ». Il en déduit que l’antispécisme réintroduit, à l’encontre des enseignements de la biologie moderne, « une hiérarchie dans le monde vivant où les plus dignes d’attention sont évolutivement proches de l’homme, plaçant implicitement celui-ci au sommet de l’arbre du vivant ».

On ne peut pas plus se tromper sur l’antispécisme où il n’est jamais question de privilégier une proximité avec les humains. La souffrance d’un poisson, d’une poule ou d’un cochon compte autant que celle d’un chimpanzé. En outre, il est faux de dire que les organismes sont d’autant plus sensibles à la douleur qu’ils nous sont proches. Par exemple, les tuniciers sont plus proches phylogénétiquement des humains que les abeilles ; ils ne sont pourtant pas sensibles, tandis que les abeilles le sont.

On pourrait ainsi continuer longtemps à citer les erreurs des universitaires français sur l’antispécisme. S’il arrive à tout le monde de se tromper, il est plus problématique de constater à quel point ces chercheurs sont très mal informés sur cette philosophie qu’ils dénigrent. Ils ne lisent pas la littérature spécialisée sur le sujet, ne répondent pas aux critiques qui leur sont adressées et délaissent le dialogue avec les antispécistes.

C’est probablement parce que, pressentant que l’antispécisme conteste leurs privilèges d’humains, maîtres et possesseurs des autres animaux, ils sont pris de panique et réagissent avant même d’avoir mûrement réfléchi à la question. Hélas, cette attitude ne permet pas la mise en place d’un véritable débat sociétal, trop longtemps différé, sur le spécisme…

Les auteurs de cette tribune sont : Yves Bonnardel, cofondateur des « Cahiers antispécistes », Thomas Lepeltier, chercheur indépendant et membre associé au centre d’éthique animale d’Oxford, et Pierre Sigler,rédacteur aux « Cahiers antispécistes » et chargé de recherches documentaires pour l’association suisse « Pour l’égalité animale ». Ils ont publié « La Révolution antispéciste » (PUF, 360 pages, 17 euros).

Collectif

Le 11 juillet 2018

Le cynisme du lobby des alcooliers

Voici une tribune très importante, dénonçant le lobby de l’alcool. Elle a été publié dans Le Monde en mode payant ! Quelle honte et quelle soumission justement au lobby de l’alcool !

Quel dommage également que les signataires ne saisissent pas qu’il soit nécessaire de partir en guerre contre l’alcool en général pour pouvoir avancer.

 

Afin d’étouffer le scandale du conflit d’intérêts d’Audrey ­Bourolleau, la conseillère agriculture de l’Elysée, et ancienne lobbyiste en chef du monde viticole, conflit démontré rigoureusement par Mediapart le 27 juin, le lobby alcoolier prétend participer à la prévention en santé en publiant une « contribution ».

Avec pour seul objectif de créer un nuage de fumée, et d’empêcher toute politique de prévention efficace alors que le ­niveau de consommation d’alcool dans notre pays est un des plus élevés au monde avec 11,6 litres d’équivalent ­alcool pur par habitant en 2016 (davantage désormais que la Russie).

Plus qu’une contribution, c’est une ­offensive en règle que le lobby alcoolier a engagée.

Alors que les agences sanitaires (Santé publique France et l’Institut national du cancer) ont publié en mai 2017 leur expertise sur les mesures à prendre pour réduire les dommages liés à la consommation d’alcool, alors que les différents experts ou leaders d’opinion en santé publique et en addictologie ont fait publiquement des ­propositions pour mener enfin une ­politique énergique face à l’hécatombe (135 morts par jour dus à l’alcool), alors que toutes les autorités sanitaires internationales rappellent que l’alcool est, juste après le tabac, la deuxième cause de mortalité évitable, le lobby alcoolier met en scène sa désinvolture dans une « contribution » où il propose essentiellement de se charger de la politique de santé pourvu qu’il n’ait aucune ­contrainte, aucune obligation et aucun objectif de résultat.

Son discours est d’une simplicité angélique : « Laissez-nous faire ! Croyez-nous sur parole ! ­Dormez braves gens ! Faites confiance à notre sens des responsabilités ! »

LE LOBBY ALCOOLIER PASSE À UNE ÉTAPE ET À UNE VITESSE SUPÉRIEURES : DÉMONTRER L’INUTILITÉ DU MINISTÈRE DE LA SANTÉ EN DICTANT LUI-MÊME SA LOI

La conception de la responsabilité ­sociale de ce lobby est visible tous les jours dans la création de boissons ­alcooliques sucrées pour la jeunesse afin de les inciter à entrer le plus tôt possible dans la consommation d’alcool, dans le matraquage publicitaire autour des établissements scolaires, dans les opérations marketing à prix cassés, dans les manœuvres incessantes pour réintroduire la consommation d’alcool dans toutes les enceintes sportives.

Après avoir systématiquement rogné la grande loi de santé publique de 1991, promulguée pour protéger la jeunesse des méfaits de l’alcool et du tabac (loi Evin), le lobby alcoolier passe à une étape et à une vitesse supérieures : ­démontrer l’inutilité du ministère de la santé en dictant lui-même sa loi.

Il va jusqu’à faire des recommandations pour la pratique des professionnels de santé dans le repérage précoce.

On peut aussi écarquiller les yeux ­devant sa pingrerie. Il essaie de faire passer un financement hypothétique de la prévention de 5 millions d’euros pour un apport décisif alors que les chiffres d’affaires cumulés de la filière se comptent en milliards.

Il prétend bien entendu en garder le contrôle total pour éviter que les acteurs de santé publique s’en mêlent. Rappelons que le fonds ­tabac est de 100 millions d’euros, ce qui donne la mesure du minuscule effort que les alcooliers accepteraient de faire, et encore sous la condition qu’on passe sous leurs fourches caudines.

Ce cynisme envers les acteurs de santé ne serait qu’anecdote s’il ne révélait le mépris envers les malades et leurs souffrances, ainsi que la négation des travaux des experts du monde entier sur le risque de l’alcool et les moyens efficaces d’y porter remède.

Enfin, le lobby alcoolier affiche avec une arrogance rare son complet dédain de l’opinion publique, dont un récent sondage de la Ligue contre le cancer a ­révélé qu’elle n’était pas dupe (77 % des Français considèrent que les pouvoirs publics subissent la loi des ­alcooliers), et qu’elle demande une politique concrète et efficace (70 % souhaitent une interdiction totale de la publicité pour les ­alcools, et 80 % une information plus claire sur les risques).

Nous, professionnels de santé, ­experts, militants associatifs, citoyens demandons instamment que le ministère de la santé ne soit pas évincé de l’élaboration de la politique de prévention du risque alcool ; que la politique de prévention s’inscrive dans le cadre de l’avis des experts de Santé publique France et de l’Institut national du cancer ; que des mesures efficaces soient prises pour faire baisser le très haut ­niveau de consommation d’alcool dans notre pays, en interdisant le marketing à destination de la jeunesse, en régulant davantage la publicité, en appliquant strictement l’interdiction du sponsoring des événements sportifs par les ­alcooliers ; qu’un fonds « prévention ­alcool » digne de ce nom et à hauteur des enjeux soit créé, bénéficie de la même dotation que le fonds tabac (100 millions d’euros) et soit sous la responsabilité du ministère de la santé ; qu’il soit mis fin à la situation flagrante de conflit d’intérêts qui règne à l’Elysée.

Les acteurs de santé avaient unanimement salué la nomination d’Agnès Buzyn en raison de son engagement et de ses prises de position pendant la mandature précédente. Nous lui ­demandons de s’exprimer à nouveau fortement et fermement, et pas seulement sur la taille du pictogramme destiné aux femmes enceintes.

Face au cynisme d’un lobby qui ne cherche qu’à préserver ses propres intérêts, quelles qu’en soient les conséquences, il est temps que la rigueur scientifique, le courage politique et l’éthique ­reprennent la main.

Les signataires : Bernard Basset,médecin de santé ­publique, vice-président de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa) ; Amine Benyamina, professeur de psychiatrie et d’addictologie, université Paris-XI ; ­Gérard Dubois, professeur de santé ­publique, Académie de médecine ; Irène Frachon, pneumologue, Brest ; Serge Hercberg, professeur de nutrition, université Paris-XIII ; Catherine Hill, épidémiologiste ; Albert Hirsch, professeur de pneumologie, université Paris-VII, administrateur de la Ligue nationale contre le cancer (LNCC) ; Michel Reynaud, professeur de psychiatrie et d’addictologie, ­université Paris-XI, président du Fonds action addiction ; Nicolas Simon, professeur de médecine, Aix-Marseille université, président de l’Association ­nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa).

Collectif

Le 10 juillet 2018

“Cannabis thérapeutique : «Allons plus vite, madame la ministre !»”

Les partisans du cannabis savent que la société a décidé de calmer leurs ardeurs ; l’offensive est d’autant plus grande en faveur du cannabis thérapeutique, qui se voit attribuer des valeurs miraculeuses, comme ici dans cette tribune publiée dans Le Parisien.

L’opération serait presque crédible, s’il n’y avait pas cet argument massue de la filière économique prometteuse, qui montre qu’en arrière-plan il y a l’idée de légaliser le cannabis en tant que tel…

Eric CORREIA, président PS de l’agglomération du Grand Guéret, conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine ; Rachid TEMAL, sénateur PS du Val-d’Oise, vice-président du groupe socialiste et républicain ; Sonia KRIMI, députée LREM de la Manche ; Jean-Baptiste MOREAU, député LREM de la Creuse ; Roland RIES, maire PS de Strasbourg ; Eric PIOLLE, maire EELV de Grenoble ; Daniel VAILLANT, ancien ministre, conseiller municipal PS de Paris XVIIIe ; François VINCENT, professeur de pneumologie au CHU de Limoges, conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine ; Amine BENYAMINA, psychiatre, professeur des universités, chef de service addictologie hôpital Paul-Brousse Villejuif ; William LOWENSTEIN, spécialiste en médecine interne, addictologue ; Gaspard KOENIG, professeur de philosophie, écrivain, président de Génération libre ; Fabienne CABY, médecin, Inserm Institut Pierre-Louis d’épidémiologie et de santé publique, unité VIH, centre hospitalier Victor-Dupouy, Argenteuil ; Marlène AMILHAUD, médecin addictologue, hôpital de Guéret ; Stéphane DELPEYRAT-VINCENT, conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine, président du groupe Generation·s ; Alexandre FELTZ, médecin, adjoint au maire de Strasbourg ; Florent BOUDIE, député LREM de Gironde, conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine ; Isabelle BOUDINEAU, vice-présidente du conseil régional Nouvelle-Aquitaine ; Nathalie DELCOUDERC-JUILLARD, maire PS de Bort-les-Orgues, conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine ; Françoise JEANSON, médecin, conseillère régionale PS de Nouvelle-Aquitaine ; Jean-Louis PAGÈS, éditeur, conseiller régional EELV de Nouvelle-Aquitaine ; Benjamin DELRIEU, conseiller régional PS de Nouvelle-Aquitaine ; Pierre JOUVET, président PS de la communauté de communes Porte DrômArdèche ; Jacques BOUTAULT, maire EELV du IIe arrondissement de Paris ; Bruno BOUTLEUX, directeur général de l’Adami, président d’Alca Nouvelle-Aquitaine ; David ANGEVIN, écrivain ; Olivier Bertrand, médecin généraliste, addictologue ; Jean-Paul Besset, ancien député européen.

Produire du cannabis pour un usage thérapeutique en France n’est plus une option mais une nécessité. Comment ne pas déplorer le statu quo national sur cette question de santé publique ? Pourquoi maintenir le sceau de l’interdit et l’arsenal législatif et réglementaire qui l’accompagne à l’égard de plus de 300 000 patients français qui pourraient apaiser leur souffrance autrement ?

Trente-trois pays ont légalisé partiellement ou totalement le cannabis à usage thérapeutique. Parmi eux, quatorze Etats d’Amérique du Nord, Israël, le Portugal, l’Italie, la Roumanie, l’Espagne, la Pologne, le Royaume-Uni, l’Autriche, la Belgique, la Finlande, les Pays-Bas, l’Irlande, la Suisse, l’Allemagne, la Thaïlande et très prochainement le Canada ont entendu les souffrances de millions de malades qui sont désormais apaisés sereinement, en toute légalité.

Pourquoi une minorité de réfractaires persistent-ils à considérer l’usage du produit comme dangereux, en le réduisant à la catégorie des substances prohibées ? Puisent-ils leur opposition dans l’observation concrète d’une patientèle utilisatrice où subissent-ils les affres d’influences spéculatives ?

La question ainsi posée se heurte désormais au rapport très complet des effets du cannabis sur la santé que les académies américaines des sciences, d’ingénierie et de médecine ont publié en 2017.

Des certitudes et preuves substantielles y sont révélées. Elles confirment l’efficacité du produit dans la gestion de la douleur chronique, les troubles physiques provoqués par les chimiothérapies et les spasmes musculaires liés à la sclérose en plaques.

Sans pour autant s’opposer à la pharmacopée française usuelle qui repose sur différentes classes médicamenteuses dont les opiacées et ses dérivés tels que la morphine, le Tramadol, l’Efferalgan codéiné, l’Oxycontin, etc., utilisés pour le traitement de la douleur, il s’agit d’autoriser l’usage d’un produit alternatif, dont le mode d’action et le mode d’administration tel que la vaporisation n’entraînent quasiment aucun effet secondaire.

Combien de temps la France va-t-elle persister à cultiver son retard ? Le 24 mai 2018, Mme Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, a déclaré vouloir ouvrir le débat national sur le cannabis à usage thérapeutique qu’elle souhaite enrichi d’études approfondies, précisant le retard évident que la France avait pris sur cette opportunité.

« Il n’y a aucune raison d’exclure, sous prétexte que c’est du cannabis, une molécule qui peut être intéressante pour le traitement de certaines douleurs très invalidantes », a-t-elle ajouté… Il y a assurément matière à distinguer les molécules de la plante en faisant preuve de pédagogie auprès du public et des élus.

Certains d’entre eux se contentent encore d’observer le cannabis sous le prisme de ses effets récréatifs et de l’économie délictuelle qu’il génère. Selon la récente enquête de l’Ifop (pour Terra Nova – EchoCitoyen, publiée le 11 juin 2018)*, 82 % des sondés sont favorables à l’usage du cannabis sur prescription médicale, 73 % sont convaincus du devoir de l’Etat dans le financement de la recherche sur les usages thérapeutiques du cannabis, et 62 % considèrent que le cannabis médical doit être enfin accessible sous toutes ses formes voire même remboursable par la Sécurité sociale.

Cette enquête souligne le retard pris par la France et démontre l’urgence de mettre un terme à la culture du tabou sur le cannabis. L’efficacité thérapeutique d’une de ses molécules (le CBD) est désormais avérée et pleinement exploitée hors de nos frontières.

Par ailleurs, et d’un point de vue social et économique, les pays ayant légiféré et encadré la production de cannabis thérapeutique constatent la création d’emplois directs et induits, preuve de l’émergence d’une filière économique prometteuse.

Persister à entretenir le flou juridique sur le CBD contenu dans la plante, molécule médicinale et non psychotrope du cannabis, entretien une ambiguïté favorable à l’émergence de commerces opportuns qui jouent sur la crédulité d’un public en attente d’une réglementation claire, favorable à leur usage médical et médicinal.

Les producteurs de chanvre et/ou les agriculteurs qui souhaitent diversifier leur culture déplorent quant à eux ce déficit persistant de réglementation qui les exposerait comme de potentiels justiciables pour trafic de stupéfiants…

Dans l’intérêt général, la situation doit évoluer par des directives clarifiées. Allons plus vite, madame la ministre !

Avec le plan particulier de dynamisation du département de la Creuse décrété par le président , saisissez l’occasion d’instaurer la réglementation d’une filière économique florissante pour un territoire qui en a fort besoin.

Solidaires, nous soutenons la démarche des élus creusois qui revendiquent l’octroi des autorisations nécessaires à expérimenter la production et la transformation d’un cannabis cultivé, conditionné et commercialisé localement, exclusivement à des fins thérapeutiques. Tous les acteurs de la filière sont prêts et attendent du gouvernement un acte fort pour avancer et réguler cette nouvelle activité.

* Sondage réalisé sur un panel de 2 016 personnes âgées de 18 ans et plus, suivant la méthode des quotas

Action de l’ALF à Vaugneray en Auvergne-Rhône-Alpes

L’ALF a mené une action à Vaugneray, dans  le département du Rhône, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Cinq miradors ont été détruits, les morceaux de bois éparpillés, tandis qu’a été tagué la cabane de la société de chasse de Vaugneray, avec notamment “ALF” et “Chasseurs sadiques”.

Ce qui amène le média mlyon à se demander avec subtilité :

S’il est difficile d’attribuer avec certitude ces agissements, il se pourrait bien que le groupe d’activistes ALF en soit à l’origine.

On remarquera, dans Le progrès, cette remarque intéressante également :

« Le poste de tir, surélevé, permet que les balles soient fichantes, évitant ainsi les accidents », précise le secrétaire de la société Damien R. Plainte a été déposée auprès de la gendarmerie de Vaugneray.