• Etude sur le potentiel planétaire de l’aquaculture

Etude sur le potentiel planétaire de l’aquaculture

Nature Ecology & Evolution est une nouvelle revue scientifique, existant en ligne depuis le début de l’année. C’est une revue indépendante sur le plan du contenu, mais lié à l’une des principales revues scientifiques mondiales, Nature.

De manière dramatique, cette nouvelle revue a publié un article marquant l’ouverture d’une nouvelle époque, celle de la crise écologique finale, avec l’organisation de l’exploitation animale à l’échelle de l’océan.

Un nouvel article, Mapping the global potential for marine aquaculture, vient en effet de proposer une cartographie du potentiel de l’aquaculture océanique. C’est un pas ouvert vers la destruction finale de la planète, dans la mesure où toute la vie se voit asservie pour une consommation immorale et destructrice.

L’article se veut ouvertement au service du projet général d’aquaculture océanique et la première phrase de l’article est explicite :

« L’aquaculture océanique présente une opportunité pour augmenter la production de nourriture marine, face à la demande croissante de protéines marines et la perspective limitée d’expansion des pêches de poissons sauvages. »

Le cynisme d’une telle phrase est impressionnant et typique de scientifiques sans conscience. Traduit dans un langage normal, cela donne : nous avons tellement anéanti la vie sauvage de l’océan qu’il faut désormais asservir l’océan lui-même.

L’article présente donc l’océan comme une « ressource agricole » et, pour la première fois de manière formelle, s’intéresse non pas à des zones spécifiques ou des espèces particulières, mais à l’aquaculture à l’échelle planétaire.

L’article est ainsi le résultat d’une double analyse, avec l’utilisation de toutes les données scientifiques disponibles : tout d’abord ont été étudiées les caractéristiques de 120 poissons et de 60 bivalves, c’est-à-dire certains mollusques comme les huîtres et les moules.

Les scientifiques partent du principe que les poissons devront faire en moyenne 35cm (la « taille d’une assiette ») et les bivalves 4cm de long : comme on le voit, rien n’est laissé au hasard pour satisfaire les exigences de l’exploitation animale et de la commercialisation des « produits ».

Ont été prises en compte la question de la profondeur, de l’alimentation, des conditions environnementales, des températures minimale et maximale supportées.

Ensuite, l’océan a été cartographié en entier et divisées en petites zones, pour voir les possibilités de production. Puis, ensuite, les chercheurs ont enlevé les zones non adéquates, en partant tout d’abord du fait que les zones à plus de 200 mètres de profondeur n’ont pas été prises en compte en raison de la difficulté qu’il y a à « ancrer les fermes » à cette profondeur.

Les chercheurs – plutôt les criminels – ont ensuite enlevé les zones inadéquates, comme celles où l’oxygène se dissout trop lentement ou où il y a trop peu de phytoplanctons. Les zones où il y a trop de bateaux ont été enlevés, comme les zones protégées, celles aussi où passent de nombreux bateaux.

Des zones à moins de 200 mètres, il a fallu ainsi enlever 25.3% du total en raison du trafic maritime, 3,9 % à cause de la dissolution problématique de l’oxygène, 2,5 % à cause des plate-formes pétrolières, seulement 0,1 % à cause des zones protégées.

Le résultat est terrifiant, puisque les chercheurs proposent pas moins de 11,4 millions de km² disponibles pour l’exploitation des poissons, 1,5 million de km² pour celle des bivalves.

L’article annonce la possible « production » de 15 milliards de « tonnes de poissons » (sic) chaque année.

Comme bien entendu, les chercheurs auteurs de l’article comptent faire carrière, ils mentionnent certains points encore à étudier. Ils parlent ainsi de la question de l’accès aux marchés et aux ports, de la nature des infrastructures portuaires, de la disponibilité du capital « intellectuel » et du capital « business », des « interactions sociales » avec les entreprises de pêche existantes, etc.

Les zones considérées comme les plus propices à l’aquaculture, celles au meilleur potentiel sont en rouge.

C’est à cela qu’on voit bien que sans révolution, l’exploitation animale se maintiendra et se renforcera, disposant de moyens économiques, d’appuis politiques, de soutiens scientifiques.

On a déjà passé le cap des 50 % pour la part de l’aquaculture dans la « production » de poissons par l’exploitation animale et ici on a un exemple de comment un grand saut dans un monde où la vie serait entièrement subordonnée, à l’échelle planétaire, à un mode de vie destructeur.

La France a ici un potentiel énorme, malheureusement ; c’est d’ailleurs l’un de grands leitmotivs de Jean-Luc Mélenchon, pour qui l’aquaculture représente l’avenir. La France dispose en effet de la zone économique exclusive pratiquement la plus grande du monde, avec 10 263 100 km², seuls les États-Unis ayant autant.

Bizarrement, les auteurs de l’article ne semblent pas au courant ; il faut dire que leur démarche visent surtout les côtes directes des pays. A ce titre, ils affirment qu’il est possible de faire « mieux » que la Norvège, la Chili et la Chine, pays où l’aquaculture est déjà intensive. Ils soulignent que l’Inde et le Kenya ont un gros potentiel, alors que leurs populations augmentent…

Les chercheurs se réjouissent même du Gulf of Mexico Fishery Management Plan for Offshore Aquaculture, qui depuis 2016 permettent l’établissement de 20 fermes dans le golfe du Mexique, ce que la NOAA américaine présente comme étant « aux bénéfices de la nation ».

Nul doute, par ailleurs, que leur appel soit entendu. Au Maroc, un appel d’offres va être lancé dans deux jours par l’Agence Nationale pour le Développement de l’Aquaculture, pour une exploitation de 470 hectares.

Au Sénégal, un expert soulignait cette semaine l’importance de l’aquaculture dans les projets de « développement » :

« Le coordonnateur scientifique du projet Isra/Crodt, Moustapha Dème, a insisté sur « la place importante » de l’aquaculture dans la politique de développement économique et social du Sénégal, soulignant que le Plan Sénégal émergent (Pse) la positionne parmi les six secteurs prioritaires à haut potentiel de création d’emplois et de richesses. (…)

Ce projet est coordonné par l’Isra/Crodt (institut sénégalais de recherches agricoles/centre de recherche océanographiques Dakar-Thiaroye) et exécuté sur le terrain avec la collaboration de l’Anida (agence nationale d’insertion et de développement agricole), de l’Ana (agence nationale d’aquaculture) et de l’Iupa/Ucad (institut universitaire de pêche et d’aquaculture). Selon lui, ce projet a des objectifs de production de 30.000 tonnes de produits aquacoles en 2018 et de 50 000 tonnes avant 2023. »

Le Vietnam, un pays en pointe dans l’aquaculture, organise également fin octobre un exposition internationale, «Vietnam Aquacuture 2017», au Centre des expositions internationales de Cân Tho, dans le delta du Mékong. L’endroit est choisi symboliquement, puisque le delta du Mékong est la source de 67% des « produits aquacoles » vietnamiens.

Toutes les forces de l’économie actuelle tendent à trouver de nouvelles voies pour renforcer l’exploitation animale, afin de former de nouveaux débouchés, de trouver d’autres ressources à piller.

Le phénomène est planétaire et est d’une ampleur telle que, comme nous l’avons souligné, tout va se jouer dans les 20-30 prochaines année. L’océan, cette dernière grande frontière, est en train de tomber !

Le véganisme est-il un droit de l’Homme?

lionC’est une question qui n’est pas encore vraiment apparue, mais qui inévitablement va faire surface. L’émergence du véganisme en France va en effet amener des conflits inévitables avec la vie quotidienne institutionnalisée.

Il faut entendre par là l’école, l’hôpital, ou encore la prison, des lieux où c’est principalement l’alimentation qui risque de poser un problème fondamental. La question des cantines dans les écoles revient déjà de manière récurrente, celle de l’alimentation dans les hôpitaux l’est moins et pourtant il y a déjà forcément beaucoup d’expériences faites dans ce domaine.

A cela s’ajoute nombre d’autres domaines : les repas de famille, ceux organisés par l’entreprise, ou ceux qu’on est en droit d’attendre dans un hôtel en tant que client.

Mais on peut élargir la question, car il ne s’agit pas que d’alimentation : policiers et soldats doivent porter, de manière obligatoire, des objets en cuir, certaines études exigent l’utilisation de produits d’origine animale ou testés sur eux, voire d’animaux eux-mêmes.

En fait, on peut trouver de tels exemples pratiquement à l’infini, puisque l’exploitation animale est présente à tous les niveaux. La question est de savoir alors comment il faut justement voir les choses.

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Si on raisonne à sa propre échelle, on ne peut que constater une expérience individuelle désagréable ou inacceptable. Si on veut continuer à participer à la vie quotidienne institutionnalisée, alors on considère qu’on subit une discrimination, ce qui demande bien sûr à être corrigé.

Disons tout de suite pourquoi ce point de vue, largement partagé et diffusé par des associations comme L214, est erroné. Le grand défaut de cette approche est son anti-universalisme, sa réduction du véganisme à une démarche individuelle.

Les animaux sont perdus de vue, la libération animale n’apparaît plus que comme une lointaine utopie et ce qui compte alors c’est simplement l’intégration de sa propre démarche végane dans la vie quotidienne anti-végane.

Le véganisme se ramène ici, ce qui est vraiment absurde, aux pratiques religieuses. Tout comme les Juifs, les catholiques, les musulmans ont leurs exigences, les végans auraient les leurs. Tout se vaudrait et il faudrait accepter tout le monde  comme ils sont.

manchot

Si cette perspective améliorerait grandement la vie quotidienne des gens végans, elle anéantirait totalement leur perspective universaliste. Ce qui ne dérangerait par ailleurs pas beaucoup d’entre eux, étant donné qu’ils sont végans pour leur bonne conscience ou bien par mode, mais pas par amour des animaux.

Il y a ici un écueil très grand, qui risque de briser ce que transporte le véganisme en exigence universelle de changement de la vie quotidienne. Les animaux de la forêt se moquent de la vie quotidienne des véganes des villes s’ils sont toujours confrontés aux chasseurs. Les animaux toujours plus nombreux dans les fermes-usines dans le monde se moquent du fait qu’il y ait des glaces véganes…

Il faut ici toutefois approfondir la réflexion au niveau de l’universalisme, car les religions sont parfois censées l’être.

Le catholicisme est en effet universaliste. Historiquement hégémonique en France, il peut donc prétendre être ouvert, tout en gagnant du temps pour se renforcer et ramener la grande majorité dans la voie juste.

Cela ne peut pas être un modèle, car le véganisme n’a pas à ramener les gens à sa démarche, mais à les y ramener, ce qui est bien plus difficile.

Le judaïsme part du principe qu’il sera toujours une religion minoritaire et qu’il faut s’adapter, accepter des compromis même importants. Il en va de même du protestantisme traditionnel.

corail et poissons

Le véganisme ne peut pas accepter cela, à moins de considérer qu’il restera minoritaire et qu’il faut capituler devant l’exploitation animale au moins pour trois cent ans. Au-delà d’une capitulation morale, vue la situation de la planète c’est intenable.

L’Islam ne parvient pas, quant à lui, à trouver une voie en raison de son exigence hégémonique et soit passe dans l’isolement salafiste, bien plus rarement la rupture pro-terroriste, plus couramment l’adaptation plus ou moins hypocrite car en contradiction avec ses propres valeurs. Cette dernière option est la grande ligne des « frères musulmans », qui ont théorisé tout un agenda d’exigences et de points culturels à gagner pour avancer.

Le véganisme ne peut pas suivre une telle démarche, pour toute une série de raisons. Tout d’abord, parce que ce qui est l’objectif, c’est la libération concrète des animaux et pas le fait de pouvoir manger un gâteau végan au restaurant comme d’autres vont prier dans un édifice religieux.

Ensuite, parce que les compromis sont inacceptables pour le véganisme. Un musulman peut accepter une alimentation non halal s’il n’a pas le choix , mais une personne végane ne peut pas accepter une nourriture non végétalienne dans une même situation…

Enfin, c’est là d’ailleurs la clef de toute la question, le véganisme ne saurait raisonner en termes de communauté séparée. Le fait même de parler des « végans » comme un ensemble est sans doute faux.

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On le voit bien de par les grandes différences qui les marquent. Mais, surtout, les végans ne sont pas des individus ayant fait un « choix », mais l’expression d’une tendance universelle au véganisme.

Formulé différemment, cela donne la chose suivante : soit d’ici cinquante ans l’humanité a adopté le mode de vie végane, soit sa civilisation aura connu l’effondrement. L’humanité ne peut pas nier la réalité, elle ne peut pas nier la sensibilité animale, elle ne pas dénier la réalité d’une planète formant un tout complexe formant un équilibre permettant la vie de se développer.

Une humanité s’imaginant trouver un sens en elle-même, en-dehors de la Nature, contre la Nature, est une illusion.

Les personnes véganes doivent prendre conscience de cela, du timing plus que serré qui existe pour, osons le dire, sauver la planète. L’horizon se limite, très concrètement, aux trente prochaines années, où tout va être décisif.

Avec cette mise en perspective, on voit bien l’absurdité de faire du véganisme un « droit de l’homme ». Il faut conquérir des droits, comme celui de pouvoir manger végétalien dans les cantines par exemple, mais il ne faut pas en faire un « droit de l’homme » qui impliquerait le « droit de l’homme »… de ne pas manger végétalien.

renardLe système ne reculera d’ailleurs pas. Il se contentera de mesures pour intégrer les personnes véganes, pour qu’elles se contentent d’être une minorité à prétention moraliste mais entièrement coupée de toute influence sociale.

La théorie de « droits de l’homme » lui convient alors très bien, puisque relativisant toute démarche et niant l’universalisme.

A l’inverse, le véganisme ne doit pas s’orienter par rapport aux droits de l’Homme, masque de l’individualisme, mais par rapport à la libération animale comme devoir moral absolu.

Peut-on avoir deux mères?

Qu’est-ce qu’une mère? La définition obéit-elle à la Nature, ou faut-il dépasser celle-ci, en rejeter les fondements et parvenir à une définition « culturelle » – en partant alors du principe que Nature et culture s’opposent?

mere1Pour aborder la question, prenons un exemple pratique, avec le coupe d’Europe de football des équipes féminines qui s’est achevée dimanche dernier. Il s’agit d’athlètes de haut niveau, que rien ne distingue des hommes dans ce sport, à part un niveau technique encore faible en comparaison, mais elles courent autant, font autant de duels, l’agressivité sur le terrain y est peut-être même plus marquée, etc.

Or, qui dit sport de haut niveau amène la question de savoir comment combiner cela avec le fait d’être enceinte, d’avoir des enfants. Il y a le risque potentiel de perdre le fil ou d’interrompre une carrière à succès, de se « disperser », ce qui est bien sûr impardonnable aux yeux d’une société fondée sur la compétition. C’est la même problématique que dans les entreprises.

La joueuse de tennis belge Kim Clijsters est ainsi connue pour avoir été numéro un, fait une pause « bébé » en 2009, pour revenir avec succès ensuite. La joueuse de beach volley Kerri Walsh a trois médailles d’or et trois titres de championnes du monde, elle en aurait eu bien davantage sans trois « pauses bébé ».

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Le regrettent-elles? Sans doute pas, sinon elles ne l’auraient pas fait. Elles connaissaient forcément la pression existant à ce niveau. La question revient toujours sur la table, car la pression de l’esprit de compétition, de concurrence, d’accumulation de prestige et de gains, tout cela a ses exigences.

Parmi les femmes qui jouent la coupe d’Europe de football, très peu sont les femmes qui ont eu une maternité suivie d’une reprise : les islandaises Málfridur Sigurdadottir (trois enfants), Harpa Thorsteindottir (qui a eu son second enfant en février), Sif Atladottir (un enfant), l’Autrichienne Jasmin Pfeiler.

Le porte-parole officiel des 368 femmes membres des 16 équipes de la coupe d’Europe de football n’était même pas au courant. Il s’est vu poser la question de savoir s’il y avait des mères parmi les joueuses et sa réponse fut simple et même répétée deux fois, alors que pourtant elle est donc fausse : « No mothers. No mothers. »

mère 4Mais les corrections qui lui ont été faites dépassent ce à quoi on pouvait s’attendre, et c’est là que la question de la définition de ce qu’est une mère intervient.

L’équipe anglaise a en effet tout de suite remis en cause ces propos, la joueuse Casey Stoney étant « mère de deux enfants ». Mais le terme est-il le bon? Car c’est sa compagne Megan Harris qui a mis au monde les deux enfants en question.

Est-elle la mère, ou la compagne d’une mère?

L’équipe suédoise précisa également qu’il y avait de son côté deux « mères », sans plus de précisions. Mais là encore, le terme est une association d’idées seulement, puisque que si on regarde de quoi il en retourne, c’est Sabine, la compagne maritale de Hedvig Linthal, qui a eu un enfant, tout comme la compagne de Lisa Dahlqvist, Jessica Danielsson.

Le statut de mère est ici réduit à une formulation juridique simplement : femme ayant la responsabilité d’un enfant.

Il semble bien que cette définition tende à l’emporter. Ainsi, l’équipe hollandaise a félicité une de ses joueuses de la manière suivante en avril :

« Nous avons une mère dans notre équipe. La petite amie de Sherida Spitse a donné naissance à un bébé cette année. »

Il y a naturellement un souci ici, car il y a bien un père. Quels sont ses droits et devoirs, et dans quelle mesure l’enfant a-t-il accès à ses informations?

Mais il y a aussi cette question qu’il faut poser ici : qu’est-ce qu’une mère? D’un point de vue naturel, il s’agit d’une femme ayant porté un enfant qui est le sien. Il y a un lien affectif naturel, de par le fait que la vie donne la vie, qu’on porte un être vivant qui est le sien.

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Les partisans des mères porteuses disent ici qu’on peut faire en sorte qu’un femme porte
un enfant qui, sur le plan de l’ADN, n’est pas le sien. Que par conséquent on peut être mère sans porter l’enfant.

Mais dira-t-on alors que le footballeur Cristiano Ronaldo a été la mère de ses enfants, portée par mères porteuses? Car celles-ci, contre un gros chèque, ont disparu. Et qui est d’ailleurs la mère de ces enfants?

Est-il possible, comme lui, d’être simplement « père »? C’est bien sûr possible, puisqu’il le fait, mais ne faut-il pas considérer cela comme totalement fou?

Un père, mais aucune mère, comme si celle-ci n’avait jamais existé?

Mais donc, qu’est-ce qu’une mère? Certains diront : c’est celle qui s’occupe d’un enfant, qui en a la responsabilité. Mais pour autant, une femme adoptant un enfant en est-elle la mère? Une femme s’occupant d’un jeune enfant qui n’est pas le sien, par exemple lors d’un remariage, est-elle la mère?

Peut-on remplacer une mère, la changer par une autre, aussi simplement que cela? Une personne n’ayant jamais connu sa mère n’aurait-il aucun rapport avec elle?

mère 7Les exemples sont infinis et pour faire bref et ne pas se perdre dans le propos, voyons simplement qu’il n’y a que deux possibilités.

Soit on dit que la définition de père et de mère n’existe pas en soi, ne consistant qu’en une seule réalité : la responsabilité juridique d’un mineur. Père, mère sont alors des termes recouvrant simplement un statut juridique, celui au sens de « parent » comme tuteur légal.

Soit on dit que la définition de père et de mère correspond à la réalité naturelle de la procréation. Dans la Nature, il faut un homme et une femme pour avoir deux enfants, c’est la seule réalité et tout le reste n’est que contournement technique de cette réalité.

Dans le premier cas, il peut y avoir une mère comme deux mères, ce qui compte étant la responsabilité juridique et non pas le lien naturel (physiologique, affectif, etc.). Il ne peut y avoir aussi qu’une mère toute seule, qu’un père tout seul, deux pères, deux mères.

Dans l’autre cas, ce n’est pas possible. Même dans le cas de deux femmes vivant ensemble, il n’est pas possible de les appeler toutes les deux mères, car la réalité du rapport à l’enfant n’est pas le même. Ni du rapport tout court menant à cet enfant, puisqu’il faut forcément un père pour aboutir à la procréation.

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Encore faut-il pour cela reconnaître la Nature et ne pas considérer que ce qui compte, c’est le choix individuel d’une conscience abstraite vivant hors de la Nature.

On voit aisément comment une telle problématique est porteuse de choix historiques pour l’Humanité. Les religieux l’ont très bien compris et mènent des campagnes tambour battant, cherchant à détourner le respect de la Nature en quête mystique.

Les partisans de l’ultra-libéralisme l’ont très bien saisi aussi, expliquant que leur démarche de refus de la Nature permet de gagner de nouveaux droits… Comme celui du « droit à l’enfant ». Un droit qui peut passer par le droit de ne pas porter cet enfant, comme avec les mères porteuses.

Un tel panorama est terrible, car il amène forcément les partisans de la Nature à être pris entre le marteau des religieux et l’enclume des « modernes ». Les véritables athées, qui ne reconnaissent que la Nature, doivent affronter les religieux comme les existentialistes qui trouvent un sens à leur vie uniquement dans l’individualisme.

mère 6Tant les religieux et les existentialistes seront par conséquent forcément anti-écologistes, car le seul moyen d’être écologiste, c’est de reconnaître la Terre comme mère, comme lieu abritant la vie et la protégeant de par sa nature d’ensemble où tout est lié.

Les uns parleront par contre de Dieu, les autres de leur petit moi et de leurs « choix ». Jamais ils ne se sentiront liés à la défense d’un animal à l’autre bout de la planète, ou même d’une plante en bas de chez eux!

Les uns voient la mère comme celle qui est soumise au père, les autres abandonnent la notion de mère et de père. Dans tous les cas, la réalité naturelle leur échappera, car ils refuseront toujours de reconnaître les faits – au profit d’un « Dieu », au profit d’un « choix personnel ».

Angleterre : pourquoi je continue à saboter les chasses au renard dix ans après leur interdiction

La loi est faite pour être contournée par les puissants, surtout lorsqu’on touche aux traditions de ceux-ci ! Lee Moon, le porte-parole de la Hunt Saboteurs Association en Angleterre, raconte ce qu’il en est en Angleterre, avec la chasse au renard, une grande tradition de l’élite.

En prétextant qu’il s’agit d’un entraînement pour un oiseau de proie, les chasseurs continuent leur crime, bafouant la loi, avec l’accord tacite bien sûr du gouvernement, des juges et de la police…

En tant que saboteur de la chasse, je passe chaque samedi de la saison de chasse à intervenir pour sauver la vie sauvage.

En août et septembre, lorsque les chasseurs entraînent leurs jeunes chiens à tuer les renardeaux, cela veut dire se lever à trois heures du matin pour être en position quand ils commencent leur vil « sport », à l’aube.

Certaines personnes de demanderont ce qui motive une personne ordinaire comme moi à consacrer une partie si importante de son temps libre à ça. Eh bien, il est erroné de prendre la vie d’un autre être pour le plaisir.

C’est pire encore d’appeler ça un sport. Et c’est pire encore d’utiliser de telles ressources pour rendre si inégal les chances – le renard n’a quasiment aucune chance de s’en sortir sans l’intervention des saboteurs.

J’ai commencé à saboter des chasses quand j’avais 19 ans, la chasse à courre était encore légale à cette époque. Je ne m’étais jamais considéré comme une ami des animaux, mais l’idée de chiens déchiquetant un animal au nom du sport m’a frappé comme relevant de l’injustice.

Je savais que je devais essayer à arrêter cela. Alors que j’étais impliqué dans un groupe environnemental, j’ai entendu parler des sabotages de chasses et j’ai donc assisté à ma première réunion dans l’arrière-salle d’un sombre bar.

C’était un tout nouveau monde et je n’ai pas compris grand chose de ce qui était duiscuté, mais j’étais déterminé à m’impliquer.

Mon premier sabotage de chasse fut une journée à la fois mémorable et horrible. J’étais pétrifié lorsque nous nous sommes mis en route le matin, et je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre.
Par chance, les autres membres du groupe étaient rassurants et accueillants. Durant la journée, malgré nos efforts, les chasseurs ont tué un renard.

Nous avons réussi à récupérer le corps et nous avons découvert qu’ils avaient tué une renarde enceinte ; deux de ses petits sortis de son corps déchiqueté étaient encore vivants.
Nous n’avons rien pu faire et les deux petits moururent rapidement.

J’étais écœuré, mon estomac se retourne encore quand je pense à cette magnifique créature et sa mort vicieuse. Les chasseurs présents avaient l’air de trouver ça parfaitement acceptable.

Quelques semaines plus tard, notre groupe intervint et sauva un renard.

Nous l’avons vu s’échapper à travers champ et pouvions entendre les meutes de chiens crier. L’un des saboteurs expérimentés utilisa sa corne de chasse pour distraire les chiens, donnant au renard assez de temps pour s’enfuir.

J’ai su alors que je devais apprendre ces techniques. Ces deux incidents m’ont fait réaliser à quel point nous pouvions efficace, et c’est la raison pour laquelle je continue à saboter les chasses presque 20 ans plus tard.

En 2005, lorsque le Hunting Act de 2004 est entré en vigueur, nous pensions que nous pouvions ranger nos bottes de sabotage et continuer nos vies.

Malheureusement ce ne fut pas le cas. Les chasseurs, tout en essayant de se dresser un portrait respectable, décidèrent d’enfreindre la loi.

A plusieurs reprises, chaque semaine.

Pas un « accident » occasionnel, mais un défi complet.

Furieux de voir leur « sport » limité par le gouvernement, les chasseurs ont tout simplement continué à chasser et à tuer des cerfs, des renards, des lièvres et des visons.

La chasse a été autorisée à continuer, largement sans être touchée par le Hunting Act, en raison d’un manque de compréhension et d’intérêt de la part de la police et des services judiciaires royaux.

Les saboteurs utilisent l’action directe non-violente pour perturber les chasses.

Nous nous soucions de tous les animaux, pas seulement des renards (ou des autres animaux chassés), et donc nous ne ferions jamais quoi que ce soit qui pourrait faire du mal aux chiens de meutes, aux chevaux ou même aux humains qui soutiennent la chasse.

Les chasseurs croient fréquemment et ont propagé toutes sortes d’histoires folles à notre sujet, pendant des années, affirmant que nous sommes financés par le KGB, que nous vaporisons de l’acide sur les visages des chiens, que nous mettons en place des cordes de piano à hauteur de la tête pour tuer les chasseurs, ou même que nous poignardons les chevaux.

Pourquoi est-ce qu’un mouvement composé de vegans attaquerait des animaux ? La simple réponse est que nous ne le faisons pas et que nous ne le ferions jamais.

Rien que la semaine dernière, un juge, lors d’un procès contre quatre saboteurs, a déclaré : « Vous contribuez chacun immensément à la société, non seulement dans vos vies professionnelles, mais aussi durant votre temps libre. Vous méritez des éloges pour ce que vous accomplissez ainsi que pour votre comportement ».

En revanche, les chasseurs réagissent souvent par la violence et l’agression lorsque les saboteurs perturbent avec succès une mise à mort. J’ai été frappé à coups de poings, de pieds, craché dessus et battu à coups de bâtons alors que je sabotais des chasses et d’autres saboteurs ont reçu bien pire.

Mike Hill et Tom Worby ont été tués alors qu’ils perturbaient des chasses (bien que personne n’ait jamais été mis en procès pour ça) ; Steve Christmas a passé plusieurs mois à l’hôpital après s’être fait couru dessus par des chevaux.

Pour ajouter l’insulte aux blessures, la police a des préjugés à notre égard. Ils préfèrent travailler comme sécurité privé des chasseurs plutôt que d’appliquer la loi. Même quand ils sont confrontés aux « hommes du terrier », dont la simple présence veut déjà dire être dans l’illégalité, la police refuse d’agir.

[Les « hommes du terrier », terriermen, ont comme fonction de bloquer les terriers pour empêcher le renard de pouvoir se replier. Le cas échéant, ils l’en font sortir. Muni de tout un matériel, ils suivent la chasse à pied, en quad, voire en 4×4, déniant tout rapport avec la chasse ou bien se présentant comme ayant la fonction de fermer de réparer les clôtures, etc.]

[Le premier ministre britannique] David Cameron a promis à plusieurs reprises d’abroger l’interdiction de la chasse. Cela a simplement mis en avant le fait que la chasse continue. La majorité de l’opinion publique pense que ce « sport » a disparu il y a dix ans, et est choquée de s’apercevoir qu’il existe encore.

Cependant, nous avons de l’espoir. Le nombre de saboteurs a augmenté de manière significative ces trois dernières années, en partie à cause des impopulaires abattages de blaireaux.

Ainsi, la situation de la chasse au renard dix ans après son interdiction est quasiment identique à la situation dix ans auparavant. Partout dans le pays, les chasseurs continuent de chasser et de déchiqueter des animaux, bien que ce soit illégal maintenant, et les saboteurs ont du succès pour les stopper.

Une chose est sûre en tout cas – tant que des personnes tueront pour sport, il y aura des saboteurs.

La vénerie vue en 1900

Nous sommes en 1900, il y a bien plus de cent ans, et Lucien Boppe (1834-1907), qui fut Directeur de l’École nationale des eaux et forêts (École forestière),à Nancy, publie un ouvrage sur la chasse et la pêche en France.

Voici la présentation qu’il fait de la chasse à courre. Aussi absurde que cela soit, il faut comprendre la nature de ce phénomène barbare, car il existe encore dans notre pays… Quelle folie!

On notera que Lucien Boppe cherche à avoir un point de vue « neutre », ce qui rend le document justement très intéressant, car il est en quelque sorte conforme à l’objectivité de l’idéologie dominante.

Il reflète une approche froide, très 19ème siècle, à la fois scientifique mais en même temps réductrice.

Pour l’anecdote qui a son importance, Lucien Boppe a également écrit sur la sylviculture et il s’est largement engagé pour la protection de la futaie des Clos, dans la forêt de Bercé, dans la Sarthe.

La question arriva en 1907 à la Chambre des Députés et le ministre de l’agriculture annonça son accord pour la protection, un chêne étant nommé par la suite du nom de Lucien Boppe. Touché par la foudre, la souche y est encore symboliquement préservé.

La vénerie

En première ligne se place la chasse à courre, à cor et à cris. C’est la chasse française par excellente, qui fut instituée jadis à l’égal d’une profession d’État, avec tout le luxe et le pompeux attirail que comportaient les plaisirs royaux : la vénerie en un mot.

On compte encore en France des veneurs émérites et des équipages de premier ordre. Le courre du cerf est resté le type de ce sport somptueux.

Il exige un nombreux personnel et se pratique à grand renfort d’auxiliaires : chevaux et chiens.

Chaque chasse prend l’éclat d’une fête où rien ne manque à la mise en scène : maîtres, invités, valets portant la livrée et le bouton de l’équipage.

On se propose pour objectif de ne chasser, pour le prendre, qu’un animal dont l’espèce et l’individu sont déterminés à l’avance. Le succès dépend de la quête du limier, puisque c’est lui qui sert à détourner le cerf dans le buisson, où il est rembuché.

Le limier doit avoir le nez fin et suivre juste. Il marque chaque foulée sans bruit et sans abois; an piqueur à débrouiller si telle est la vraie voie du gibier qu’il cherche. Sa besogne faite et à l’heure dite, le piqueur se trouve au rendez-vous, où il fait son rapport détaillé.

Si le mettre de l’équipage juge qu’on tient une bonne piste, il prend de suite ses mesures pour l’attaque et proportionne les moyens d’action à la résistance probable et à la difficulté du terrain.

Tout d’abord, on foule l’enceinte avec quelques chiens, les plus vieux et les plus lents, pour faire le rapprocher et le lancer; en même temps, on poste du monde sur la refaite probable pour chercher à voir l’animal par corps et être bien sûr que le piqueur a dit vrai.

Alors seulement on découple la meute. La voie est chaude et les premiers coups de gueule des chiens excités par la fanfare éclatent sous les grands bois et se répercutent dans les lointains comme les échos d’une puissante symphonie.

A partir de cet instant, la chasse est poussée à fond ; c’est une lutte de vitesse dont le grand train est entretenu par des relais plusieurs fois renouvelés. L’art est de ne permettre aucun défaut, aucun change, aucun ralentissement dans la poursuite.

Après deux ou trois heures, plus ou moins suivant les cas, le cerf haletant baisse la tête et tire la langue.

Souvent, il cherche un étang ou une mare pour se rafraîchir et c’est là qu’il s’arrête pour tenir les abois et vendre chèrement ce qui lui reste de vie.

Le cor sonne l’hallali.

En forme d’épilogue, le maître de l’équipage ou l’invité à qui on fait les honneurs de la chasse sert la bête sur ses fins d’un coup de dague ou de carabine ; beaucoup moins d’ailleurs pour terminer son martyre que pour épargner la vie des chiens, contre lesquels il se défend des andouillers et des pieds de devant avec le courage du désespoir.

On compte les minutes et l’équipage tient à honneur la rapidité avec laquelle la victoire a été enlevée.

Quand le laisser-courre est bien mené, tout cela se sera passé si rapidement, si naturellement que le spectateur, qui suit en voiture ou à cheval sans autre préoccupation que celle de ne pas se perdre, croit que cela devait arriver.

Bien peu se doutent de ce qu’il a fallu déployer de savoir, d’expérience, de coup d’oeil et d’énergie avant et pendant l’action, pour éviter les mille incidents de nature à compromettre le résultat final.

La représentation se termine par la curée, qui tient lieu d’apothéose surtout lorsqu’elle se fait aux flambeaux.

Mais ce sont les beaux jours, car chasser n’est pas toujours prendre et il faut compter avec les buissons creux, les incidents et les accidents.

On ne doit jamais tirer le cerf devant les chiens ; cela est au contraire admis pour le daim, le sanglier et le loup chassés dans les mêmes conditions. Le courre du loup est autrement difficile et tourmenté. C’est accomplir un raid des plus durs que suivre un animal qui, d’une traite, vous emporte à 60 et 80 kilomètres du lancer.

La vénerie emploie aussi des chiens de force qui, à proprement parler, ne sont plus des chiens courants.

On les substitue à la meute, en face d’un animal : cerf, loup ou sanglier qui tient les abois et fait tête, afin d’éviter aux chiens d’ordre de trop graves blessures.

Les matins coiffent l’animal, l’étranglent ou le rendent inoffensif jusqu’à l’arrivée du chasseur qui le servira de la pique ou de la dague.

Mais les mâtins et les dogues surtout sont de véritables bêtes féroces qu’il faut toujours tenir en laisse et surveiller de près ; car, à l’occasion, ils attaquent l’homme et peuvent causer les plus grands malheurs.

Il ne sera pas question de la chasse au lévrier, puisque l’usage en est formellement interdit par la loi.

Le titre de veneur ne se gagne pas sans chevrons. Il demande, en même temps qu’une grande résistance physique, de l’adresse et les connaissances les plus variées concernant le maniement des armes, le choix et le dressage des chevaux et des chiens, les mœurs et les allures du gibier, etc…

Mais, par-dessus tout, un don inné qui ne s’acquiert pas. Tout veneur doit aussi savoir jarreter le gibier pour en faciliter le transport, le vider, le dépouiller et le découper.

Chacun de ces menus détails est réglé par une tradition dont il aura la coquetterie de ne pas s’écarter.

Encore fût-il muni de toute cette science, ce n’est pas sans un long apprentissage à l’école des bons maîtres qu’il deviendra un veneur capable, à l’aide des preuves dont le gibier marque son passage et à ses allures, d’en reconnaître, sans se méjuger, l’espèce, l’âge et le sexe.

Car, si, en temps de neige, quand le livre des ânes est ouvert, il est facile à tout le monde de suivre un animal à une piste, en été, surtout par un temps sec, il faut faire état du moindre brin d’herbe foulé ou froissé.

C’est donc par sa pratique des choses du revoir qu’un veneur donne sa mesure.

[Suivent des dessins explicatifs sur les empreintes des animaux.]

Le langage de la chasse a été créé uniquement à l’usage de la vénerie. Les autres chasses se sont donné le genre de se l’approprier.

On trouvera ci-après la liste des termes techniques les plus usités.

Abattures……. Voir Foulées

Affût……. Lieu où l’on se cache pour tirer le gibier.

Aller d’assurance……. Se dit d’un animal qui marche sans crainte.

Allures……. Façon de marcher des animaux; se dit aussi de la distance qui sépare l’empreinte du pied de devant de celle du pied de derrière.

Aze……. Voir Hase.

Bauge……. Gîte des bêtes noires et des bêtes mordantes.

Billebauder……. Fouler une enceinte sans y voir préalablement remis le gibier ; chasser à la billebaude, c’est chasser au hasard.

Bête……. Tout animal de chasse à courre.

Bouquin……. Mâle du lièvre.

Bourre……. Mâle du canard sauvage.

Boutoir……. Bout du nez des bêtes noires.

Bréhaigne……. Biche,daine ou chevrette devenues stériles.

Broche……. Premier bois du cerf et des bêtes fauves; comme Dague.

Brisées……. Branche rompue pour marquer le passage d’un gibier; on met le gros bout du côte où la tête est tournée.

Brout……. Bourgeons et écorces dont les bêlez fauves s’enivrent au printemps; de là leur nom de Bêtes de brout.

Carnage……. Tripailles et chair morte que l’on traîne par la campagne pour attirer loups et renards dans les pièges.

Cattiche……. Retraite des loutres au bord des étangs et rivières.

Cerf……. Biche; faon jusqu’à 6 mois, hère de 6 mois à 1 an, daguet, 2e à 5e têtes, dix cors jeunement, dix cors bellement à 7 ans, puis gros ou vieux cerf.

Cervaison……. Époque où la chair du cerf est grasse et de bonne qualité.

Change (faire un)……. Se dit lorsqu’une bête se substitue à celle que l’on chasse.

Chevreuil……. Chevrette ; faon, daguet, brocard à 3 ans.

Clapier……. Ensemble des trous creusés et habités par les lapins.

Coulées……. Faux chemins que les animaux tracent sous les couverts.

Cris des animaux……. Le loup hurle; le renard glapit; le cerf brème (brâmement); le chevreuil rait ou rée (le réement, le raire); l’ours et le sanglier grognent; la marmotte et la loutre sifflent; le lapin et le lièvre crient.

Cris du chasseur pour avertir qu’il voit le gibier par corps……. Souilleau, pour sanglier; tayau, pour bêtes fauves ; vla-au ou vloo, pour lièvre, loup, renard ou blaireau ; tire-haut, pour gibier à plumes.

Curée……. Repas que l’on fait faire aux chiens lorsqu’ils ont pris le gibier; la curée est chaude quand on donne sur le terrain quelque partie de la bête morte ; la curée froide est celle que l’on donne au logis.

Dague……. Premier bois des bêtes fauves.

Daim……. Daine et, pour les mâles, comme le cerf.

Débucher……. Se dit de la bête qui sort du bois.

Déchaussure……. Égratignures que le loup fait sur le sol après avoir jeté ses laissées.

Défenses ou limes……. Longues dents canines qui sortent de la mâchoire inférieure des sangliers.

Détourner……. C’est tourner tout autour d’une enceinte pour s’assurer, soit à l’aide de limiers, soit par le revoir, si la bête que l’on cherche y est encore remise. On compte les passages par des brisées.

Écoutes……. Oreilles des sangliers.

Fort……. Canton de bois épais et fourré où les grands animaux se reposent pendant le jour.

Fouger……. Action du sanglier qui arrache les racines avec son boutoir.

Foulées ou foulures……. Traces laissées par les pieds d’un animal sur l’herbe et sur le terre; se dit trace pour le sanglier, voie pour les bêtes fauves et les lièvres, passée pour l’écureuil, piste pour les bêtes mordantes et puantes.

Frayer (leur tête)……. Action des bêtes de brout lorsqu’elles frottent aux perches leurs bois en velour pour les brunir.

Frayoir, ou frévoir……. Parties des perches écorchées par les bêtes fauves qui y frottent leurs bois.

Gagnage……. Terres oh les bêtes fauves vont en pâture.

Gardes……. Ergots des traces de sanglier.

Goupil……. Ancien nom donné au renard.

Graies ou grès……. Canines en crochet qui sortent de la mâchoire supérieure des sangliers et semblent aiguiser les défenses.

Haire ou hère……. Jeune cerf qui, ayant perdu la livrée, n’a pas encore sa première tète.

Halots……. Comme Rabouillères.

Hase……. Femelle du lièvre.

Hallali……. Cris de victoire quand la bête est prise sur pied ou à terre.

Harde……. De horde, troupe de bêtes fauves.

Hourvari (faire un)……. Se dit d’un animal qui double ses voies.

Houzures……. Traces boueuses laissées par les sangliers sur les arbres autour des souilles.

Limier……. Chien dressé à marquer une piste sans crier.

Livrée……. Marques et bandes de couleur pâle qui éclairent la fourrure des faons et des marcassins jusqu’à 8 mois.

Massacre……. Tète de bête fauve séparée du corps.

Mangeure……. Cantons où les sangliers trouvent leur nourriture.

Pays……. Terrain boisé (grand ou petit pays).

Piste……. Trace ou sentiment que tout animal laisse de son passage.

Portées……. Branche froissée par la tète du cerf dans sa coulée.

Quêter ……. Chercher à détourner une bête.

Rabouillères……. Trous où les hases de lapins font leurs petits.

Raire (le)……. Brâmement du cerf pendant le rut (raire, réer).

Randonnée……. Circuit que fait la bête de chasse dans un même canton.

Recoquetage……. Seconde couvée des faisans ou perdrix.

Regalis……. Place grattée par le pied du chevreuil et où il a fait sa nuit.

Rembuchement……. Rentrée de la bête dans le fort où elle se remise.

Reposées……. Lieux où les bêtes fauves se reposent pendant le jour.

Revenir de tête……. Se dit des mâles des bêtes fauves quand ils ont refait leur ramure.

Sanglier……. Laie; marcassin jusqu’à 6 mois, bêtes rousses de 6 mois à 1 an, bête de compagnie de 1 an à 2 ans, ragot mâle de 2 à 3 ans, puis tiersan, quartan, passé 4 ans solitaire ou vieux sanglier.

Saunières……. Pain d’argile pétri de sel à l’usage des bêtes fauves.

Souille……. Endroit boueux où le sanglier se vautre.

Taison, tesson……. Blaireau.

Terrier……. Retraite souterraine des renards, des blaireaux et des lapins.

Toucher (au bois)……. Voir Frayer (leur tête).

Trait……. Corde que l’on attache au collier du limier pour le maintenir.

Trôler……. Quêter au hasard, sans remettre, à la billebaude.

Vautrait……. Équipage de chiens à courre le sanglier.

Viander……. Se dit des bêtes fauves qui vont en nature.

Viandis……. Pâture des bêtes fauves.

Vriller ou vermiller……. Action du sanglier qui fouille la terre pour y chercher des insectes et des racines.

Voie……. Voir Foulée.

Volcelet……. Cris pour annoncer que l’on revoit du cerf par corps.

Vol-ce-l’est……. Empreintes que les pieds des bêtes fauves laissent sur le sol.

Vol-ci-aller……. Empreintes du pied des animaux sans ra-mure : sangliers, loups, renards, etc.

Honnêteté – trop d’entre nous sont emplis d’avidité

Ce qui saute aux yeux dans la société, c’est l’indifférence, le cynisme, l’individualisme, le fait de ne croire qu’en l’argent, comme seul horizon, seule certitude. Il y a un manque d’honnêteté généralisé, car comment pourrait-il y avoir de la franchise, alors que la seule chose qui compte, c’est soi-même ?

Ce raisonnement est d’ailleurs absurde, car si l’on veut réellement défendre ses intérêts, alors on doit se considérer non pas simplement soi-même, mais tout ce qui va avec : ses valeurs, ses amis, sa famille, sa culture, son passé, son présent, son futur.

Ainsi, le manque d’honnêteté va surtout de pair avec un ego hypertrophié, avec un culte de la toute-puissance de sa volonté, de ses propres choix. Il n’y a alors plus aucune honnêteté, ni avec les autres, ni avec soi-même, car on est obligé de se mentir à soi-même, pour avoir une mentalité de conquérant.

Les réseaux sociaux sont ici un puissant vecteur de cet égocentrisme, avec les rapports sociaux orchestrés de manière mensongère, dans une pure apparence où ce qui compte, ce sont les fausses images qu’on donne de soi-même.

Aussi, ce qui compte c’est d’être une franchise complète, de toujours dire la vérité, de ne jamais cautionner de masquer ou de cacher des choses, en prétextant que ce serait mieux ainsi. Quand on fait cela d’ailleurs, on se voile soi-même la face, car on adhère à une démarche unilatérale et on perd le fil avec la réalité.

Il faut toujours donner, et pas seulement prendre, pour ne pas perdre la connexion avec la réalité, avec ce qu’elle véhicule comme richesse.

Le groupe Youth of today a fait une intéressante chanson à ce sujet, en 1986, alors qu’il portait la culture straight edge, revendiquant le désengagement avec des valeurs dominantes corrompues.

1 2 3 4
You steal
and take from everyone else
do you feel good about yourself ?
1 2 3 4
tu voles
et prends de tout le monde
te sens-tu bien par rapport à toi-même ?

instead of taking,
try to give
and then you’ll feel
good about the way you live
au lieu de prendre
essaie de donner
et alors tu te sentiras
bien par rapport à la manière dont tu vis

honesty
too many of us filled with greed
overlooking those who need
honnêteté
trop d’entre nous emplis d’avidité
négligeant ceux qui sont dans le besoin

open your eyes and changes your ways
open your heart
and break away !
Ouvre tes yeux et change tes manières
ouvre ton coeur
et fais romps avec ça !

Il est évident que la perte de la capacité à être honnête conduit à la perte de sa propre intégrité. Ne pas être honnête, c’est perdre le respect de soi-même. Mentir, c’est forcément rompre avec ce qui est vrai, ce qui est authentique, nier la différence entre le vrai et le faux également en soi-même.

Est-ce qu’il faut pourtant être impitoyable dans l’affirmation de la vérité ? Est-ce qu’il ne faut pas relativiser, savoir mesurer les choses parfois à leur « juste valeur » ?

Ce n’est justement pas possible. Le mensonge est un engrenage. Une fois qu’on a commencé à mentir, on est coincé, on peut que continuer, en allant toujours plus loin… Sans même peut-être le remarquer, parce que justement on ne sait plus où on en est, où se situe la vérité.

Pour être dans le vrai, il faut toujours rester dans le vrai. Ce que dit la culture straight edge, justement, avec son mot d’ordre « stay true », « rester vrai », c’est qu’il ne faut pas rentrer dans le jeu dominant où le mensonge est acceptable.

La culture straight edge désavoue les valeurs dominantes de facilité : la consommation d’alcool, le fait de coucher avec n’importe qui au lieu de construire une relation, les drogues dont la cigarette, de par la dépendance qu’elles produisent, ce qui empêche forcément l’authenticité.

Le refus de la consommation de « viande » était une conséquence logique, dans la mesure où là aussi c’est une facilité mensongère qui est proposée par la société, dans la mesure où est masquée la terrible souffrance des animaux.

Le démontage ne pouvait qu’être prolongé par la culture straight edge, avec donc le passage au véganisme, car le lait n’est-il pas lui aussi le produit de la souffrance ?

Il s’agit bien d’un démontage et non pas d’une « déconstruction ». Il ne s’agit pas d’une déconstruction, parce qu’il ne s’agit pas de changer son état d’esprit seulement, en faisant une liste sous la forme de catalogue.

Il s’agit d’être actif, dans une rupture continue avec les valeurs dominantes. Car être authentique aujourd’hui ne veut pas dire qu’on le sera demain. Il faut toujours lutter contre les fausses facilités et le pseudo confort fourni par la société.

Il serait donc absurde de dire qu’on sera toujours honnête avec les animaux, qu’on restera toujours vegan : il faut dire qu’on va se battre pour rester toujours honnête avec les animaux, qu’on va se battre pour rester toujour vegan.

Toute sous-estimation de cette bataille intérieure ne peut qu’aboutir à une mystification sur notre rapport à la réalité. Ce serait une lecture égocentrique, où on s’imagine plus fort que tout.

Voilà pourquoi la culture straight edge a toujours mis en avant l’adolescence, le principe de rester « mineur » dans son style de vie, car cela correspond à la capacité de la jeunesse d’oser rompre avec les valeur dominantes.

Il est évidemment plus facile de rompre avec le style de vie dominant quand on est jeune, car on n’a pas de responsabilités sociales réelles. Mais cet état d’esprit doit savoir être maintenu, ce que ne comprennent justement pas les gens qui s’imaginent par exemple qu’ils vont rester vegans alors qu’ils ont un style de vie hipster, avec des moyens financiers importants, la capacité à être propriétaire, de dépenser beaucoup, etc.

Ces gens ne voient pas qu’être honnête, ce n’est pas simplement un état d’esprit, mais une attitude qui va de paire avec une rupture affirmée avec des valeurs dominantes ignobles, s’appuyant sur l’hypocrisie, le refus de voir la vérité en face.

Comment penser que rester honnête est facile dans une société où ce qui est valorisé, ce sont les écoles de commerce où l’on apprend à mentir pour vendre, où la publicité flatte l’ego pour que soit acheté des marchandises valorisant une image mensongère ?

On comprend pourquoi les gens les plus sincères dans le mouvement vegan du début des années 1990 aient pu chercher une inspiration dans les religions, comme le culte de Krishna ou bien l’Islam. Ils y voyaient une source d’inspiration morale et exotique, impliquant un style de vue en rupture avec ce qu’ils interprétaient comme une « société de consommation ».

D’autres ont cherché, bien entendu, un autre folklore : celui des squats, avec une culture anarcho-punk revendiquant un isolement général.

Tout cela a bien entendu échoué, parce que, qu’on le veuille ou non, il n’y a pas d’échappatoire. Pour rester honnête, il faut combattre une société qui valorise la tromperie, le mensonge, et la modifier de fond en comble.

Comment s’imaginer que des gens resteront honnêtes dans leur véganisme, dans une société où il peut y avoir des publicités pour des réseaux sociaux où tromper son ou sa partenaire ? Ce n’est qu’un exemple, car le fait de mentir, de s’arranger avec la vérité comme cela est communément dit, est général.

Voilà pourquoi il faut valoriser la culture vegan straight edge, qui célèbre le respect, l’intégrité… l’honnêteté !

L’escargot et sa coquille

Les escargots sont des animaux qui sont familiers à tout le monde en France, dans une expression d’ailleurs très contradictoire liée à leur nature de gastéropode.

Si leur coquille torsadée présente sur leur dos fascine, de l’autre côté leur côté « baveux » provoque un étonnement qui, par préjugé, amène un certain dégoût.

Dans tous les cas on peut les observer souvent, car ils sont lents. Lents à nos yeux seulement, puisqu’ils ont un rapport bien déterminé à la Nature, ne nécessitant en réalité pas d’aller plus vite…

Jetons aussi un petit aperçu naturaliste, afin d’éveiller l’intérêt, la compréhension et le respect pour cet animal à la si merveilleuse complexité.

Voici déjà un dessin représentant une coupe des organes des escargots ; cela permettra d’ailleurs de comprendre pourquoi il fauy absolument éviter d’abîmer la coquille.

S’il y a marqué Gastropoda – ventre pied, c’est que le terme de gastéropode signifie justement cela, son étymologie venant du grec avec gastêr signifiant « ventre », « estomac », podos étant le pied.

Comme on peut le voir également ici, les escargots ont à la fois un pénis et un vagin, en tout cas le plus souvent. Ils sont en effet hermaphrodites : se déplaçant lentement, les rencontres peuvent être rares, aussi la Nature a-t-elle façonné l’espèce de cette manière.

Une centaine d’oeufs est alors pondue et enterrée à quelques centimètres de profondeur.

Pour mieux distinguer les organes des escargots, voici une autre coupe, montrant d’un côté les organes reproducteurs, de l’autre les organes internes qui ont été résumés de manière abstraite en un ventre et un pied,

Comme on le voit donc, la coquille, dont le point culminant s’appelle l’apex, protège des parties du corps vitales aux escargots. Abîmer la coquille, c’est mutiler l’escargot, car la coquille n’est pas un élément séparé de lui, mais un élément du corps servant de protection comme peut l’être le crâne ou les côtes pour nous.

L’escargot peut reconstituer les rebords seulement de la coquille, comme nous les os en quelque sorte, mais pas la coquille en elle-même : ce n’est pas une « maison » séparée de son corps.

Voici une image avec les différents types de coquille, montrant leur variété, mais au sens strict cette image est erronée, car elle montre les coquilles sans le reste du corps de l’escargot, ce qui est absurde sur le plan naturel, c’est une vision abstraite de ce qu’est une coquille.

Comment cette coquille est-elle fabriquée? Il faut pour cela comprendre comment vit l’escargot et se tourner vers sa langue, appelée radula, qui possède des milliers de petites dents, souvent plus de 100 000. Voici à quoi elles ressemblent.

Le terme de radula vient du latin rado, signifiant racler. On se doute que ce raclage use les dents et justement, la langue des escargots est une bande, une sorte de tapis roulant.

Lorsqu’une série de dents est usée, une autre vient la remplacer.

Et comme les escargots ont une alimentation variée selon les espèces, pouvant être ainsi phytophages, détritivores, nécrophages, voire prédateurs, les dents de la radula sont très différents selon leur utilisation.

Il est considéré que la radula est l’une des caractéristique des mollusques à l’origine ; les gastéropodes sont justement une sous-partie des mollusques. Les moules et les huîtres auraient ainsi perdu leur radula, dans le cadre de leur évolution.

Voici les traces du passage d’un escargot ayant en quelque sorte brouté des algues. Voilà ce que donne la radula.

Les dents sont lubrifiés par le mucus, aspect très important pour comprendre les escargots. Le mucus, c’est cette fameuse « bave » qui provoque un certain dégoût absurde.

Si les escargots se montrent quand il pleut, c’est qu’ils ont justement besoin d’humidité. Sans hydratation correcte, ils ne peuvent pas produire, au moyen de glandes, du mucus, qui leur permet de glisser sur le sol, grâce au muscle qui leur sert de pied.

Ce mucus sert également, donc, à produire la coquille.

Quand ils naissent, les escargots ont déjà une coquille, qui va devenir justement l’apex. Les escargots ajoutent des éléments, augmentant donc la surface de la coquille, en tirant des substrats minéraux calcaires de ce dont ils se nourrissent.

La coquille hélicoïdale, composée donc de calcium, est ainsi particulièrement fragile lors de la croissance. Elle est également moins solide dans le cadre d’escargots habitués aux zones humides.

Ce qui signifie donc que, sans hydratation suffisante, les escargots ne peuvent pas vivre, puisqu’ils ne peuvent pas se déplacer et manger.

C’est pour cela qu’on peut voir parfois les escargots comme « collés » à une surface lisse, comme un mur. Car en cas de manque d’humidité, ils rentrent dans la coquille et la ferment au moyen de mucus.

Ils sont ainsi isolés au moyen de ce qui est appelé un épiphragme. Dans certains cas, ils ajoutent du calcium pour renforcer cette fermeture.

C’est naturellement une importante protection lorsqu’il y a une hibernation de plusieurs mois, il n’y a pas de perte de la précieuse hydratation stockée.

Malheureusement pour eux, les escargots sont une cible très importante de l’exploitation animale à l’échelle mondiale, pour l’alimentation principalement, mais également pour les cosmétiques.

En France, il y a toute une tradition à ce niveau, avec des objets particuliers pour faciliter la consommation, comme des cuillères à escargot.

Mais le terme de cuillère est lui-même en rapport avec les escargots. Son origine étymologique est latine, cochlear désignant une cuillère, terme venant de cochlea désignant à la fois l’escargot et sa coquille.

La cuillère avait alors, chez les Romains, une pointe à l’extrémité, afin de tuer l’escargot, pour ensuite donc le séparer de la coquille, et non, donc, de le « sortir » de la coquille.

Le rapport entre l’escargot et sa coquille est un bon exemple d’incompréhension d’un ensemble, d’une séparation arbitraire entre le tout et ses parties, l’animal étant dégradé à sa simple fonction utilitaire que représente sa partie « comestible », la coquille étant considérée comme quelque chose « de plus ».

L’exploitation animale : prévisions d’ici 2026

L’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture a publié un nouveau rapport, au sujet des perspectives agricoles pour la période 2017-2026. C’est l’occasion de porter un regard approfondi sur l’évolution de l’exploitation animale.

Cette évolution ne peut être comprise qu’à l’échelle mondiale. Il n’est pas possible, si on fait les choses sérieusement, de se limiter à ce qui se passe dans son propre pays, même si c’est bien sûr important.

En effet, de la même manière qu’il existe un effondrement complet de la population animale vertébrée ces cinquante dernières années, il y a un accroissement de la population animale utilisée dans l’exploitation animale.

Le rapport nous fait la projection suivante au sujet de la « viande » :

« En 2026, la production de viande devrait avoir augmenté de 13 % par rapport à la période de référence (2014-16).

La hausse a été de près de 20 % au cours de la décennie écoulée. Les pays en développement devraient représenter la majeure partie de l’augmentation totale, moyennant une utilisation plus intensive d’aliments pour animaux dans le processus de production. »

Pour les produits laitiers, il y a également un accroissement :

« Sous l’effet de l’accroissement des revenus et de la population, mais aussi de l’uniformisation des habitudes alimentaires dans le monde, les pays en développement devraient consommer davantage de produits laitiers.

La consommation par habitant devrait passer de 20.2 kg (extrait sec du lait) en 2014-16 à 21.4 kg en 2026 dans les pays développés, et de 10.9 kg à 13.2 kg dans les pays en développement. (…)

La croissance de la production mondiale de lait devrait être ramenée de 1.94 % à 1.87 % par an au cours de la décennie à venir. La production devrait toutefois avoir augmenté de 22 % à l’horizon 2026 par rapport à la période de référence (2014-2016). »

Pour les animaux marins, voici ce qui est prévu :

« La production totale de poisson à l’échelle mondiale devrait gagner tout juste plus de 1 % par an sur la période visée, soit bien moins que lors de la décennie précédente (2.4 %).

En termes absolus, la production totale devrait atteindre 193.9 Mt d’ici 2026, signant une hausse de 15.2 % (25.6 Mt) par rapport à la période de référence, en partie sous l’effet d’un épisode El Niño anticipé en 2026. (…)

La décélération observée dans l’aquaculture devrait se poursuivre puisque la croissance annuelle devrait passer de 5.3 % sur la période 2007-16 à 2.3 % sur la période 2017-26.

La production aquacole devrait supplanter les captures (y compris celles destinées à des usages non alimentaires) en 2021, année au cours de laquelle ces dernières devraient s’inscrire en baisse du fait d’un épisode El Niño ; elle devrait ensuite continuer sa progression en termes absolus jusqu’à la fin de la période de projection.

La production aquacole mondiale devrait passer la barre des 100 Mt pour la première fois en 2025 et atteindre 102 Mt en 2026. »

Ces constats, faits par un organisme on ne peut plus sérieux, montrent bien qu’à l’échelle mondiale, l’exploitation animale connaît une croissance.

Une croissance économique, une croissance en termes d’animaux martyrisés, mais également une croissance culturelle, dans la mesure où la consommation « occidentale » se généralise.

Cela signifie, si l’on regarde les choses objectivement, que d’ici 9-10 ans, l’exploitation animale sera plus forte économiquement et plus ancrée dans les mœurs.

Le « moteur » est ici le développement anarchique des pays du tiers-monde, avec une urbanisation débridée et un style de vie chaotique, calquée sur les pays occidentaux jusqu’à la caricature.

La FAO dresse un tableau assez apocalyptique malgré le ton tout à fait mesuré : le déséquilibre mondial sur le plan de la consommation de produits d’origine animale se résout, mais d’une telle manière que cela implique une pression gigantesque sur les animaux.

« La consommation mondiale de viande par habitant devrait se stabiliser à 34.6 kg en poids au détail d’ici à 2026, soit une progression de moins de 500 g par rapport à la période de référence.

Toutefois, compte tenu du fort accroissement démographique dans une grande partie du monde en développement, la consommation totale devrait augmenter de près de 1.5 % par an.

La consommation supplémentaire par habitant se composera principalement de viande de volaille, tandis que la consommation par habitant de viande porcine sera en recul à l’échelle mondiale.

En valeur absolue, l’augmentation de la consommation totale des pays développés représentera au cours de la période de projection environ un cinquième de celle du monde en développement, où elle est alimentée principalement par une croissance démographique et une urbanisation rapides.

Ces facteurs jouent un rôle particulièrement important en Afrique subsaharienne, où la consommation totale au cours de la période croît plus rapidement que dans toute autre région. »

Quelle réponse apporter ? C’est très simple : il est absurde de penser qu’une lente évolution des mœurs, apportant l’existence d’un minuscule secteur végan dans la société, va réellement apporter quelque chose.

Les scientifiques du dernier rapport sur l’extinction en cours disent que nous avons 20-30 ans ; on peut penser la même chose.

Ou bien un pays décroche du système de l’exploitation animale, par une révolution, indiquant au monde un chemin totalement différent, mobilisant à l’échelle mondiale en sa faveur, provoquant d’autres révolutions…

Ou bien cela sera trop tard et les secteurs vegans existant dans les pays occidentaux ne seront que le pendant à la mondialisation de l’exploitation animale.

Regardons ce que dit la FAO sur la production de lait de vache aux Etats-Unis, d’ici 2026 :

« La production laitière des États-Unis devrait augmenter de 1.1 % par an au cours de la décennie à venir ; cette hausse tiendra essentiellement à celle des rendements (1 % par an). »

Que signifie ce terme de « rendement » ? Davantage de pression sur les travailleurs bien entendu, mais surtout une pression encore plus grande sur les animaux. 1 % par an est un chiffre gigantesque si l’on considère cela à l’échelle d’une décennie !

D’ailleurs, la croissance de l’exploitation animale va de paire avec un ciblage bien précis sur certains animaux, parallèlement à l’extinction d’espèces sauvages, d’ailleurs :

« La production de certaines espèces d’eau douce, comme les silures, les pangas, les tilapias et les carpes, devrait afficher les plus forts taux de croissance au cours des dix prochaines années, tous supérieurs à 35 %, contre environ 27 % pour le saumon/la truite, et 28 % pour les crevettes, et environ 24 % pour les mollusques. »

Ces chiffres sont terribles et prouvent bien que l’exploitation animale s’étend, se modernise, augmente sa puissance destructrice.

Prenons un autre exemple, avec ce que dit la FAO sur la production de viande au Brésil :

« La croissance de la production brésilienne tirera parti de l’abondance des ressources naturelles, des aliments du bétail et des pâturages, ainsi que des gains de productivité et, dans une certaine mesure, de la dévaluation du réal. »

Traduit en langage normal, cela signifie ni plus ni moins que la continuation de l’anéantissement de l’Amazonie.

Mais cela est vrai pour d’autres pays, car la production de « viande » se concentre souvent, comme toujours dans la division du travail de type capitaliste, fondée sur la compétition et la spécialisation :

« En 2026, la production de viande bovine dans les pays en développement aura augmenté de 16 % par rapport à la période de référence, et représentera 80 % de la hausse de la production de ce type de viande.

Pas moins de 75 % de cette production supplémentaire est attribuée à l’Argentine, à la Chine, au Brésil, à l’Inde, au Mexique et au Pakistan. »

Cela veut dire également que dans ces pays, l’exploitation animale formera un secteur d’une importance capitale, façonnant les mœurs, imprimant ses valeurs, mobilisant l’État en sa faveur, bref faisant de ces pays de nouveaux bastions.

Cela signifie aussi que des structures comme la FAO seront encore davantage mobilisées en faveur de l’exploitation animale, puisque celle-ci sera encore plus incontournable dans l’alimentation humaine.

La FAO s’inquiète d’ailleurs des « politiques commerciales » et des « problèmes sanitaires et de sécurité des aliments liés aux épizooties » qui pourraient perturber la marche en avant de la production de « viande ».

Enfin, l’un des points essentiels d’ici 2026 est que l’aquaculture va devenir majoritaire dans l’exploitation animale des poissons. La FAO constate « sobrement » :

« La croissance future de la production de poisson devrait tenir essentiellement à l’aquaculture.

Le secteur aquacole devrait continuer de croître grâce à l’intensification, la diversification des espèces, l’expansion dans de nouveaux milieux, y compris les eaux extracôtières, et l’introduction de technologies d’élevage innovantes et plus économes en ressources. »

Mais ce que cela signifie, c’est que l’océan, ce dernier bastion de la vie sauvage malgré bien entendu la pêche, va désormais devenir directement intégré à l’économie de l’exploitation animale, dans son ensemble.

En effet, les conséquences d’une industrialisation de l’exploitation animale des poissons vont être d’une importance terrifiantes pour l’équilibre de l’océan.

Nous avons 20, 30 ans… Pas plus.

Les vertébrés et l’anéantissement biologique par la sixième extinction de masse

Les médias se sont fait largement l’écho ces derniers jours d’une étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America (PNAS), c’est-à-dire les Comptes-rendus de l’Académie nationale des sciences des États-Unis d’Amérique.

Le titre de cette étude scientifique a d’ailleurs le mérite de la clarté :

« L’anéantissement biologique par la sixième extinction de masse signalée par les pertes et les déclins de la population de vertébrés »

Pour ce faire, les trois scientifiques à l’origine de l’article ont utilisé les données concernant 27600 vertébrés terrestres, en particulier 177 mammifères.

Cependant, les médias n’ont pas compris, naturellement, le réel message que les auteurs de l’article ont voulu faire passer. En fait, l’article va dans le sens d’une reconnaissance de la planète comme un ensemble organisé, et non pas comme un lieu où des espèces coexistent de différentes manières.

Les auteurs ont, en effet, modifié l’axe traditionnel d’étude. Au lieu de raisonner en termes d’espèces disparaissant, ce qui correspond au principe de la « sélection naturelle » censée prédominer dans la Nature, les auteurs ont tenté d’avoir une vue d’ensemble.

Et là, forcément, ils s’aperçoivent que l’effondrement est général. Il n’est donc pas juste de se focaliser sur certaines espèces comme si on s’intéressait à des individus séparés, il faut bien regarder la planète comme un système, où tout est lié.

A la vision de « l’individu », ils ont opposé un raisonnement en termes d’ensemble, de système.

Ils expliquent ainsi, tout à fait dans la logique qui fait que nous parlons de « Gaïa » pour bien symboliser que la Terre est un seul organisme général :

« En somme, en perdant des populations (et des espèces) de vertébrés, nous perdons des réseaux écologiques complexes impliquant les animaux, les plantes et les microorganismes.

Nous perdons également des réservoirs d’informations génétiques qui peuvent se montrer vitaux pour les ajustements et la survie évolutionnaire des espèces, dans un environnement général changeant rapidement.

Cela suggère que, même s’il n’y avait pas d’ample signe que la crise s’étend bien au-delà de ce groupe d’animaux, la défaunation planétaire actuelle des vertébrés va elle-même amener des effets catastrophiques en cascade sur les écosystèmes, aggravant l’anéantissement de la nature.

Ainsi, alors que la biosphère subit une extinction en masse d’espèces, elle est également ravagée par une vague bien plus sérieuse et rapide de déclins et d’extinction de population.

De par leur combinaison, ces assauts causent une vaste réduction de la faune et de la flore de notre planète.

L’anéantissement biologique qui en résulte aura évidemment de sérieuses conséquences écologiques, économiques et sociales. L’humanité paiera un prix très haut pour avoir décimé l’unique assemblage de vie que nous connaissons dans l’univers. »

On ne trouve rien de cela dans les médias, bien sûr. Comme d’habitude, malheureusement, l’écho d’une étude sérieuse est déformé, mal compris, donnant un mélange de sensationnalisme et de relativisme. Prenons un simple exemple ici, pour montrer l’ampleur du problème.

Dans Le Monde, un quotidien on ne peut plus sérieux, un article est consacré à cette étude (encore par Audrey Garric!) et on y lit :

« l’opinion publique peine à mesurer la gravité du phénomène à l’œuvre (deux espèces disparaissent chaque année, ce qui paraît faible, surtout quand ces dernières sont peu connues ou peu répandues) »

Or, il ne s’agit pas de deux espèces en général disparaissant par an, mais de deux espèces de vertébrés. Pourquoi cette précision est-elle importante ? Parce qu’il existe environ 45000 espèces de vertébrés, mais pas moins de 990 000 espèces d’invertébrés…

Qui sont, de par leur taille, leur mode d’existence, évidemment peu connues.  L’article scientifique du PNAS ne les oublie pas et ajoute à ce sujet des précisions, donnant comme estimation une menace d’extinction pour 42 % de 3623 espèces invertébrés terrestres et 25 % de 1306 espèces invertébrés marines.

De manière également très importante à nos yeux, on ne retrouve pas dans l’article du Monde le terme d’anthropocène, pourtant employé dans l’article scientifique. C’est un vrai souci, révélant un choix : celui de masquer le fait que c’est bien l’humanité qui est au cœur de la question de l’extinction.

Dernière remarque à ce sujet, on lit dans l’article du Monde :

« Les populations d’orangs-outans de Bornéo ont chuté de 25 % ces dix dernières années, pour atteindre 80 000 individus »

Ce qu’on lit ici est incompréhensible. Le document scientifique nous dit, en effet, qu’il y a désormais « moins de 5000 orang-outans de Bornéo et de Sumatra » !

L’article du Monde mentionne des chiffres d’il y a plus de dix ans, alors que les orang-outans disparaîtront de Bornéo dans les trois ans si rien n’est fait ! Une telle erreur est extrêmement grave.

Malheureusement, elle reflète un dédain véritable pour tout ce qui touche un engagement sincère, profond, authentique, entièrement au service des animaux.

Le ton général des articles publiés dans les médias est simpliste, s’appuyant sur un amer mélange de sensationnalisme, d’information, de pessimisme et de faux espoir.

Ce qu’on lit dans l’étude, pourtant, devrait amener à un engagement net, franc, pour la libération de la Terre, la défense de toute vie.

Les gens qui ont compris le véganisme ne devraient à ce titre pas raisonner en tant qu’individu, mais bien s’identifier à la planète…

Tout comme ils ne devraient pas se contenter de refuser de consommer personnellement ce qui relève de l’exploitation animale, mais bien partir en guerre pour sauver les animaux à l’échelle planétaire…

Car le constat des auteurs, que l’on devine bien, est formel :

« Nos données indiquent qu’au-delà des extinctions générales d’espèces, la Terre fait face à un épisode massif de déclins et d’extirpations de population, qui auront des conséquences négatives en cascade sur l’écosystème fonctionnant et rendant des services vitaux à la civilisation durable.

Nous décrivons cela comme un « anéantissement biologique », afin de souligner la magnitude actuelle de l’événement qu’est la sixième extinction majeure qui se déroule sur Terre ».

En clair, tout est lié et tout va en cascade. Il ne s’agit pas seulement de quelques espèces en particulier disparaissant, mais d’un effondrement général. On marche à l’anéantissement, comme en témoigne l’effondrement des populations de vertébrés à l’échelle mondiale.

Et quelles sont les raisons de cet anéantissement ? Il ne s’agit nullement uniquement du changement climatique. Ce sont les activités humaines, désordonnées et destructrices, expansionnistes et polluantes, qui provoquent la catastrophe.

L’étude dresse ce terrible panorama sur le déséquilibre planétaire :

« Dans les dernières décennies, la perte d’habitat, la surexploitation, les organismes invasifs, la pollution, la toxification, et plus récemment la perturbation climatique, tout comme l’interaction parmi ces facteurs, ont conduit à des déclins catastrophiques à la fois en nombre et en taille de populations à la fois des espèces vertébrés communes et rares. »

C’est un point important, au centre de l’étude sans doute, et c’est le point largement mentionné par les médias.

Ce qui a en effet frappé les auteurs de l’étude, c’est que les espèces de vertébrés non considérées comme « en danger » voient également leur population en déclin. Voici un tableau donnant la part, pour les espèces en déclin, de celles considérées comme en danger (en rouge) et celles non considérées comme en danger (en vert).

On remarquera que la situation est particulièrement sous-estimée pour les oiseaux.

Avant d’aborder d’autres points soulignés, regardons un aspect de la méthode. Les auteurs de l’article ont découpé le monde en 22 000 carrés de 10 000 km² : les graphiques suivent ce découpage.

Le graphique suivant montre par exemple le pourcentage du déclin de la population de 177 espèces de mammifères dans le monde. Il s’agit ainsi de l’extinction des populations des espèces, pas des espèces en tant que tel.

Voici un graphique plus général, présentant, pour la période 1900-2015, le pourcentage du déclin de la population des vertébrés, pour chaque continent. On constate un effondrement général.

Le graphique ci-dessous demande une explication un peu précise. Il s’agit à chaque fois d’un triptyque.

Tout à gauche est présentée la richesse des espèces en termes de diversité, le chiffre changeant selon les 22 000 carrés de 10 000 km² employés pour l’étude. Le chiffre indiqué indique le nombre d’espèces, la ligne horizontale représente une coordonnée planétaire : la latitude.

Au centre, on retrouve ce même tableau, mais uniquement avec les espèces concernées par un déclin de la population.

A droite, on a le pourcentage d’espèces en déclin par rapport au total.

On notera que le déclin de la population des mammifères et des oiseaux est similaire dans les régions riches en espèces différentes, comme dans les régions pauvres en espèces différentes.

Le graphique ci-dessous présente la distribution des espèces terrestres de vertébrés sur la planète.

Tout à gauche, on retrouve la richesse des espèces, leur diversité.

Au centre, le nombre d’espèces connaissant un déclin selon leur localisation.

A droite, le pourcentage d’espèces connaissant un déclin, par rapport à la diversité locale d’espèces.

Ce dernier aspect est frappant : l’Amazone, l’Afrique centrale, le sud et le sud-est asiatique, des régions du monde connaissant une très grande diversité d’espèces de vertébrés, sont frappées par un important déclin de la population.

En clair, auparavant on pensait que, grosso modo, sur les quarante dernières années, la population de vertébrés avait chuté de 58%. Il apparaît qu’en réalité, le chiffre soit bien plus grand.

L’Afrique, notamment, a vu sa population de vertébrés chuter de 80%, l’Asie de 75%.

L’étude parle ainsi d’une « épidémie mondiale de déclin [de la population] des espèces » et considère que tout va se jouer dans les 20-30 ans.

Cela est tout à fait juste et c’est là que nous affirmons que la planète a besoin d’une avant-garde pour ouvrir le chemin de l’opposition à l’anéantissement, pour lutter sans compromis dans la défense de notre mère la Terre!

Génération vegan 2.0, entre négation des « précurseurs » et action directe réformiste

S’il y a quinze ans le véganisme était une démarche inconnue de l’opinion publique, ce n’est plus le cas et depuis quelques semaines on attend l’apogée médiatique de la découverte du véganisme.

Il n’y a pas un média d’importance significative qui n’y est pas allé de sa présentation du véganisme, avec une analyse plus ou moins favorable du « phénomène ».

C’est que, désormais, le véganisme est un phénomène de masse, contrairement à il y a quinze ans, ou même à il y a quelques années. Il y a un afflux de gens s’engageant dans cette démarche.

Et force est de constater que, dans l’état actuel des choses, tous les courants qui existaient il y a quinze ans dans le véganisme ont tort, au moins en apparence. En effet, les gens qui deviennent vegans réagissent à une impulsion particulièrement floue, sans définition…

Les courants existant dans le véganisme, il y a encore quelques années, bataillaient au sujet des définitions, considérant que sans ces définitions, aucun développement ne serait possible.

Or, les gens qui deviennent vegans ne s’intéressent pas du tout à ces questions, émergeant même en-dehors de telle problématique. C’est en cela que c’est une « mode » et forcément il y a lieu de se demander si cela peut tenir.

Faut-il un contenu conscient au préalable, ou bien l’engouement pour une cause morale suffit-elle en soi, sans qu’il soit nécessaire de la définir de manière détaillée ou complète ?

C’est un thème essentiel et particulièrement récurrent chez nous, tout comme c’est un thème en arrière-plan dans les articles d’Audrey Garric, qui dans Le Monde s’évertue depuis longtemps à nos yeux à participer à une dénaturation profonde du véganisme.

Dans Le Monde, on peut ainsi lire un article intitulé « Changement de régime chez les végans », où il est expliqué avec une grande joie que :

« Les nouveaux convertis au véganisme défendent une image « cool, sympa et accessible », bien loin de l’approche « parfois culpabilisante » des précurseurs des années 1980. »

Le mot n’est pas choisi par hasard. Les vegan straight edge, les vegan abolitionnistes partisans de Gary Francione, les anarcho-punks, les antispécistes utilitaristes des « Cahiers antispécistes », les antispécistes anarchistes, les multiples activistes de l’ALF, tous n’auraient été, somme toute, que des « précurseurs ».

Couverture du neuvième numéro de la revue Arkangel, en 1993

Le véganisme commencerait seulement maintenant et les années 1980-1990 n’auraient été, au mieux, qu’une lointaine histoire sans réelle signification…

Ce n’est pas un secret que nous sommes profondément contre une telle interprétation et que nous avons publié pour cette raison de nombreux documents du passé, des années 1990, des années 1980.

Et si nous passons désormais d’une publication quotidienne à des sortes de mini-dossiers, c’est aussi pour cela : il y a un esprit consommateur dans le véganisme actuel, un esprit tourné vers l’ego, vers une démarche témoignage, utilisant tout à tort et à travers.

C’est précisément ce que ne voulaient pas, justement, tous les courants mentionnés plus haut, même si certains s’y sont retrouvés. Il y avait une exigence de rationalité générale, au moins relative.

Mais tous ces courants, au-delà des divergences, nous y compris, avons été marginalisés par la vague « végane 2.0 », dont une expression est la mouvance de L214, structure en droite ligne des Cahiers antispécistes, avec leur ligne « végéta*ienne » développée par la veggie pride, une hostilité absolue envers l’ALF, un esprit d’ouverture générale aux institutions.

A quoi a-t-on affaire avec cette vague « 2.0 » ? A un refus de tout contenu concret sur le plan des idées, au profit d’un pragmatisme qui est censé « marcher ». La preuve, les médias en parlent et l’économie suit : voilà les critères qui sont, pour le moins, d’une étroitesse d’esprit plus que prononcé.

Car sans contenu, comment ne pas être broyé ? Dans l’article du Monde mentionné plus haut, cet apolitisme appelant à « témoigner » et à collaborer avec les institutions connaît un éloge sans bornes :

« Au cœur de cette dynamique en France, L214. En une année, l’association a réussi ce tour de force auquel aucune autre n’était jamais parvenue : rendre le discours végan audible et légitime dans le débat public.

Transformer ce qui était jusque-là perçu comme un choix de vie individuel, marginal et souvent clandestin, en une question politique qui interroge l’ensemble de la société et propose un nouveau modèle. Comment ? En maniant la carotte et le bâton, la dénonciation (les vidéos) et les solutions (comme le site VegOresto, qui recense les restaurants proposant des menus végans).

Avec 28 000 adhérents et 650 000 fans sur Facebook, l’ONG, incarnée par Brigitte Gothière et Sébastien Arsac, joue aujourd’hui le rôle de pivot du mouvement.

Tous les mois, des événements coordonnés sont imaginés par le bureau parisien de l’association, qui envoie consignes et matériel. A charge pour les comités locaux de les mettre en pratique, voire d’aller plus loin.

A Lyon, par exemple, les volontaires, recrutés à l’issue d’un entretien individuel et après avoir rempli un questionnaire, doivent s’engager à accomplir cinq actions en quatre mois. (…)

Mais pour les Pâques véganes, point d’échauffement, faute de temps. « C’est une action soft, ça passe », juge Camille Ots. Les bleus comme les vétérans prennent à peine connaissance des tracts et sont envoyés au front. De toute façon, ils ne veulent pas « convaincre », mais « informer » et, si possible, « semer une petite graine dans l’esprit des gens ». »

Tout est dit là, effectivement, il ne s’agit pas de convaincre, mais d’informer, de semer une idée.

Or, est-ce ce qu’il faut faire ? A court terme, les résultats sont bien plus efficaces que si l’on veut convaincre, évidemment. Mais à moyen terme, qu’en restera-t-il ? Et à long terme ?

L’utilisation d’animaux morts dans des mises en scène macabres est sans doute la chose la plus odieuse et inacceptable des « témoignages » censés être militants

Et regardons les critères concrets. Les refuges sont toujours en crise, pendant que les vegans n’ont qu’une seule préoccupation : la nourriture.

Si l’on fait un article sur l’avenir du véganisme, en tant qu’objectif concret à l’échelle mondiale, on aura rien comme lecteurs et lectrices en comparaison à un article sur une recette de cuisine. Et il ne faut pas avoir peur de le dire : c’est vraiment un problème.

Car, non seulement le niveau intellectuel est faible ou nul, mais en plus il y a derrière des intellectuels universitaires qui prennent les commandes, de manière non démocratique… Avec comme objectif de s’installer, de prendre des places, bref afin de faire carrière.

Citons de nouveau l’article du Monde mentionné plus haut :

« C’est ce que tente de faire la philosophe Corine Pelluchon, qui assume vouloir « convaincre les non-végans, en écrivant, en argumentant ».

Si elle réfute toute volonté d’endoctrinement, la professeure de philosophie à l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée le confesse : elle œuvre « en coulisses », depuis la sortie, en janvier, de son Manifeste animaliste (Alma Editeur, 112 p., 10 euros), pour faire passer des idées aux décideurs politiques et aux chefs d’entreprise qu’elle rencontre, afin qu’« ils les répercutent ».

Elle dit aussi « mouiller sa chemise » dès qu’elle le peut, par exemple en participant à des conférences – « de manière bénévole », précise-t-elle. »

En fait, ce qui se passe, c’est une opération de liquidation de toute le patrimoine activiste végane en Fance. Déjà que ce patrimoine est difficile à défendre : où trouver des documents sur les squatts lillois et parisiens vegans du début des années 1990 ?

Et pourtant, ces expériences sont d’une grande signification, car aujourd’hui vient d’hier et on ne peut pas sans voir cela comprendre comment avoir un meilleur lendemain.

Mais il y a des gens qui ont des intérêts, matériels ou personnels (en termes d’ego), à ce que rien ne déborde, à ce que les vegans restent à un profond niveau d’infantilisme.

C’est une opération de liquidation par ailleurs assumée, citons encore l’article du Monde, décidément bien riche :

« Surtout, c’est grâce au Web qu’est apparue une nouvelle génération de végans qui veut dépoussiérer l’image du mouvement et « sortir de l’entre-soi ».

Tous les deuxièmes mardis du mois, depuis décembre, ils sont une cinquantaine d’entrepreneurs à se retrouver au Tago Mago, un resto branché du 10e arrondissement de Paris. La formule est simple : présenter de nouveaux projets, évidemment garantis sans produits animaux, et réseauter.

« On veut convertir en douceur, par la découverte », exposent Sylvain Tardy et Nicolas Dhers, deux des organisateurs de ce rendez-vous. Eux qui revendiquent leur « ouverture » comme seconde peau veulent surtout se dégager de « l’image de sectaires » qui colle aux végans.

Rupture assumée avec les aînés

Les compères ont créé leur petite communauté en lançant le Smmmile, un festival « vegan pop » qui met au régime végétalien le public et les artistes – « même si on ne demande pas de certificat de véganisme ».

L’événement tiendra sa deuxième édition en septembre à La Villette, à Paris, avec le même souci de « faire découvrir le mode de vie végan à un maximum de gens » et, répètent-ils tel un mantra, « donner une image positive du véganisme ». Montrer, en bref, qu’on peut manger du tofu et être heureux.

Attablée autour de bières et de burgers – aux pousses d’épinard, artichauts et faux cheddar –, la bande de jeunes fait le point sur ses projets, se conseille et s’entraide.

« On a voulu créer notre entreprise pour proposer une offre cool, sympa et accessible à tous, montrer aux gens qu’on peut être végan sans se priver. C’est comme ça qu’on peut faire tomber les freins au véganisme », affirment Cheyma Bourguiba et Raphaël Francisco.

A moins de 50 ans à eux deux, ils sont sur le point de lancer un « concept store végan et stylé », Aujourd’hui Demain, qui proposera à la fois alimentation, vêtements, cosmétiques et livres.

Ils ne se reconnaissent pas dans l’approche « très militante » et l’image « un peu vieillotte, parfois culpabilisante », des premiers acteurs du véganisme.

« Nous, on est jeunes, on sort, on s’amuse, lancent-ils. On veut continuer à vivre comme avant. »

« Et garder notre style », ajoute, dans l’hilarité générale, Anne-Cécile Canon, la doyenne du groupe (33 ans), qui organise des événements végans – marchés de Noël, marché de Pâques, barbecues – auxquels se pressent plusieurs milliers de personnes.

En « rupture » assumée avec leurs aînés, ils ne lisent pas les classiques de la pensée antispéciste, ne descendent pas dans la rue pour militer et n’adhèrent même pas aux associations de protection animale. »

Cela est parfaitement claire et on a compris que l’objectif était ici de faire un véganisme minoritaire, branché, tourné vers soi-même, niant la bataille pour les animaux.

C’est pour cela que nous avons dénoncer le festival Smmmile, ce qui n’empêche pas leur attaché de presse de nous envoyer des mails pour en faire la promotion. Nous avons d’ailleurs une attitude historique très stricte là-dessus et chaque jour on comprend mieux pourquoi !

Nul sectarisme là-dedans, mais la défense des principes.

Ceux qui n’ont pas assumé cela en paient le prix… De manière intéressante à ce sujet, l’article du Monde parle d’Yves Bonnardel, qui désormais a un regard critique. Alors qu’il a participé de plain-pied à cette tendance à un végan consumériste et individualiste, apolitique et béat…

L’occupation d’un McDonald’s à la fin de la veggie pride de 2008

En quoi consistait par exemple la veggie pride, que nous avons toujours critiqué ? En l’union sans principe des « végéta*iens », en le refus de toute prise de position, sociale, culturelle ou politique.

En 2010, le véganisme y était ouvertement présenté comme secondaire comme nous le constations…  Et faut-il se rappeler quel « scandale » cela a été lorsque des militants ont forcé l’entrée d’un KFC et d’un McDonald’s lors d’une veggie pride, en 2008.

Et désormais, les tenants d’une ligne « veggie pride » sont débordés par les tenants d’une ligne commerciale pure et dure, comme le raconte Le Monde…

« Peu amène envers les jeunes générations, Yves Bonnardel juge que les nouveaux végans, tournés vers les modes de vie, « portent préjudice au mouvement ». « Nous devons le repenser par l’action collective et le rapport de force, pour troubler la tranquillité de l’exploitation animale. »

Ce qui passe, à ses yeux, par la distribution de tracts, les marches pour la fermeture des abattoirs ou les Estivales de la condition animale, grand rendez-vous annuel de la mouvance.

Une divergence de pensée et de stratégie qui a failli tourner au pugilat, l’an dernier, quand le VeggieWorld a choisi la même date que la Veggie Pride. Le premier, tout récent en France, qui s’est tenu en avril, se veut un « salon de 140 exposants nationaux et internationaux et de plus de 1 000 produits végans ».

La seconde, créée en 2001, se présente comme « la manifestation des végétariens et végétaliens contre l’exploitation animale ». La querelle des anciens et des modernes à la sauce végane.

S’ils ont rangé les couteaux à viande, ils ne sont souvent pas loin de se rentrer dans le lard. Ce sont ces accrochages, ainsi que les demandes pressantes de la communauté LGBT, qui poussent la Veggie Pride à changer de nom pour devenir « le carnaval antispéciste », annonce Camille Brunel, qui fait partie de son organisation. Le jeune homme milite par ailleurs pour franciser le terme anglais vegan en « végane ».« Cela désamorce le côté frime. » »

Quelle va être la conséquence de cela ? Disons-le tout de suite : cela sera la fuite en avant.

Il y aura toujours plus de fuite dans le symbolique dure : il y a eu L214, puis 269 life France comme débordement radical prônant « l’action directe », puis 269 Libération animale comme débordement encore plus radical, et cela continuera.

Jusqu’à quoi ? Jusqu’au réformisme violent, avec des occupations d’abattoirs, de supermarchés, comme cela a été tenté dernièrement, avec toujours plus d’actions symboliques « chocs » pour marquer les esprits…

Dans une logique anti-populaire de mépris de la lutte pour convaincre les gens, au nom du fait que L214 le fait et que ce serait forcément une trahison…

Voici ce que dit la co-présidente de l’association 269Life Libération Animale lors d’une interview.

Il s’agit ni plus ni moins que de réformisme agressif, illégaliste : il n’y a pas d’idée de révolution, simplement l’idée de faire tellement de chaos qu’il faudra que… le système, présenté comme ne pouvant pas se réformer, se réforme quand même.

– Les moyens utilisés par 269Life Libération Animale provoquent souvent des réactions de rejet très brutales. Cela ne décrédibilise-t-il pas la cause que vous défendez ?

Je pense que ça révèle une incompréhension de ce qu’est l’antispécisme.

Parce qu’à partir du moment où on pense qu’il faut donner une bonne image pour donner envie aux gens d’être véganes, c’est qu’on n’a rien compris à l’antispécisme.

L’antispécisme ce n’est pas du marketing, c’est une question de justice. Peu importe qui en parle. J’espère qu’on n’a pas besoin d’être tout sourire et calibré en taille 38 pour apporter une bonne parole dans la rue.

Personnellement, si je vois quelqu’un qui se met en danger, qui a un bon discours, qui fait un acte qui a du sens, j’aurais plutôt tendance à l’admirer.

Bien plus que la personne qui distribue des tracts sans avoir l’air convaincue.

Il y a une confusion qui se fait entre le véganisme et l’antispécisme, or pour moi ce n’est pas du tout la même chose. On n’a pas à donner envie.

Pendant une guerre, les résistants ne donnent pas envie de lutter contre l’oppression, on ne regarde pas la manière dont ils parlent.

Il faut comprendre que la désobéissance civile ce n’est pas une occupation pour des gens qui manquent d’adrénaline dans leur vie, c’est une démarche politique, et une démarche qui comporte beaucoup de sacrifices personnels. Et il faut arrêter de se prétendre militant quand on va à un salon végane. (…)

« Convertir » tout le monde au véganisme, c’est complètement idéaliste, ça prendrait des milliers d’années et ça ne marchera jamais.

Vous trouverez toujours des gens qui continueront à manger de la viande tant que ce n’est pas interdit, même si on leur démontre par A plus B que c’est mauvais pour eux, pour l’environnement, pour les animaux.

Certains disent que ce n’est « pas le moment » de faire appel à des actes aussi choc, qu’il faut attendre le soutien du public. L’action directe, c’est ce qui commence le travail, pas ce qui le finit.

Et pour moi ça n’a pas encore commencé, il n’y a pas de baisse dans la production ou la consommation de viande.

Ce n’est pas parce qu’on parle de véganisme que ça freine les abattoirs, loin de là, on voit bien qu’il n’y a aucune corrélation entre les deux. Pour commencer un vrai combat, pour montrer que ça a son importance, il faut des gestes forts.

C’est ce que disait Martin Luther King : il faut créer un état de crise, qui forcera les politiques à venir vers nous et à trouver des solutions. »

C’est là du L214 inversé, sans aucune prise en compte ni de l’histoire des révolutions, ni de l’histoire de la gauche et de ses idées, ni même des tentatives historiques de l’ALF…

Couverture de la revue Arkangel: la libération animale y est bien présentée comme un mouvement populaire

Cette histoire de dire que la résistance ne vise pas à convaincre,  à soulever tout le monde, ce n’est pas vrai, c’est du mépris pour le peuple, au nom d’un activisme comme les anarchistes à la fin du 19ème siècle.

Cet activisme débridé ne fera pas boule de neige, il est auto-centré, il nie l’existence de la politique. Ses actions ne changeront rien avec comme seul résultat la répression qui s’abattra implacablement, parce que l’État français est très sérieux, très éduqué, très organisé, disposant de fonctionnaires de police infiltrés et d’une surveillance efficace.

Et la conséquence de ce réformisme sera ni plus ni moins que la capitulation, l’esprit de défaite, l’abandon, etc., que véhicule déjà par définition L214 en se soumettant aux institutions.

Comme quoi, rien n’est possible sans voir la dimension révolutionnaire du véganisme, mais pour cela encore faut-il se rattacher à une tradition authentique, tournée vers le peuple…

Culture : Memento mori (Hunters will be hunted)

Le groupe « Culture »

La Floride a connu une importante vague musicale de metalcore dans les années 1990, en particulier la ville de Miami, où la scène a été relativement importante, dans un climat de violence propre à la brutalité des grandes métropoles, en particulier aux États-Unis.

La culture vegan straight edge y a été significative, avec notamment le groupe ayant justement pris le nom de « Culture ». Il a eu une certaine influence, certains musiciens faisant une carrière musicale.

Le single « Deforestation »

Le groupe a sorti plusieurs albums, mais la chanson « memento mori » présente sur le single « Deforestation » sorti en 1996 a marqué les esprits. Nous la présentons ici, avec la musique et les paroles, ainsi que la reprise qui vient d’en être faite par le groupe xElegyx, également de Floride.

« Memento mori » signifie en latin «  souviens-toi que tu vas mourir ». Cette expression désigne tout un genre de peintures et de poèmes qui appellent à reconnaître la « vanité » de la vie.

Seule compterait la vie éternelle et donc il faut se tourner vers la religion, en abandonnant ses préoccupations « terrestres ».

La chanson renverse la perspective, puisqu’on retrouve le thème très classique dans la culture vegan straight edge des années 1990, celui de la rétribution. La violence des chasseurs doit être rétribué : « œil pour œil, dent pour dent » ; pour instaurer la justice, il faut écraser les oppresseurs en renversant la violence qu’ils assument contre les animaux.

Voici les paroles de « Memento mori », avec la musique de Culture, puis du groupe xElegyx. Suit la chanson « Hunters will be hunted », qui reprend les paroles clefs de la chanson, par le groupe Heaven Shall Burn.

Ce groupe, qui a eu un succès important, est constitué de vegans, tout en ayant certains musiciens invités uniquement végétariens, pratiquement tous sont également straight edge. Cependant, il ne s’est pas défini stricto sensu comme un groupe relevant de la démarche « vegan straight edge », comme par exemple Culture ou xElegyx.

Hunters will be hunted
Blood spilled for blood
In my mind
Your end is justified
Les chasseurs vont être chassés
Le sang répandu pour le sang
Dans mon esprit
Votre fin est justifiée

No exceptions
No acceptance
No forgiveness
Your merciless sport
Pas d’exceptions
Pas d’acceptation
Pas de pardon
Ton sport sans pitié

Blood spilled for blood
Your blood for their blood
Blood spilled for blood
In the name of recreation
Le sang répandu pour le sang
Ton sang pour leur sang
Le sang répandu pour le sang
Au nom du loisir

I deny
I deny it
Je refuse
Je le refuse

I’ve heard it said
That life is a series
Of trade-offs
J’ai entendu dire
Que la vie est une série
De compensation

Your life for theirs
Seems only fair
Your life for theirs
Seems only fair
Ta vie pour la leur
Cela semble tout à fait juste
Le sang répandu pour le sang

Blood spilled for blood
Le sang répandu pour le sang

Voici l’excellente reprise par xElegyx ; il s’agit de la seconde chanson dans le lecteur.

Voici la chanson du groupe Heaven Shall Burn « Hunters will be hunted », dont les paroles du début disent donc :

This is the end of all endurance
No mercy for assassins
Violence against violence
And hunters will be hunted
Until the slaughter ceased to be
C’est la fin du fait d’endurer
Pas de pitié pour les assassins
La violence contre la violence
Et les chasseurs seront chassés
Jusqu’à ce que le massacre ait cessé

Les trois magasins Naturalia vegans à Paris

Il y a quelques temps, dans un reportage à la télévision, on pouvait voir un membre d’une association végétarienne négocier avec le groupe Monoprix, cherchant à monétiser ses compétences dans le domaine du nouveau « marché » que représente la consommation de l’alimentation végétalienne.

Voici donc que le groupe Monoprix a choisi, plutôt que de former des rayons végétaliens, de tenter le coup avec des magasins bios vegans.

Cette initiative de Monoprix par l’intermédiaire de Naturalia va à rebours de ce que constatait la chaîne allemande Veganz, qui elle ferme ses magasins pour se lancer dans des produits qui ont comme objectif de remplir les supermarchés traditionnels.

C’est d’ailleurs la tendance constatée par Le Figaro :

« Un phénomène très marginal au sein de la population française, mais qui commence à avoir l’oreille des distributeurs et fabricants alimentaires, qui ont commencé à introduire depuis 18 mois dans leurs gammes des produits vegan. Même le roi du jambon Herta s’y est mis!

Le phénomène restait jusque-là limité à une partie des rayons des grandes surfaces ou des références des acteurs de l’agroalimentaire. »

Naturalia a cependant une stratégie différente, pour une raison bien particulière, se révélant dans la localisation des magains.

Ceux-ci ont ouvert à Paris dans des quartiers parisiens à la fois chic et branchés (les Batignolles dans le 17ème arrondissement et Père-Lachaise dans le 11ème arrondissement), ainsi qu’à Vincennes où la population est du même type.

C’est important : il ne s’agit pas de bobos, mais de bourgeois chic et branchés, la différence a beaucoup de signification. On a ici affaire à des gens très aisées, mais rétifs au folklore : ils veulent du chic, mais toujours moderne et recherché, branché.

Le magazine 20 minutes n’est pas du tout dupe, mentionnant tout de suite la « gentifrication » des quartiers, c’est-à-dire la transformation d’un quartier populaire par l’arrivée massive de bourgeois chics et branchés attirés par les lieux et les faibles prix, transformant entièrement le visage du quartier en quelques années…

Et Naturalia se défend de tout cela, bien entendu, au moyen justement d’une association végétarienne, chargée de justifier l’opération, de lui laisser son masque « humaniste », « en faveur des animaux », etc.

Mais qui peut croire à une fable pareille, à part ceux et celles choisissant de le faire ?

« Bio c’ Bon a récemment ouvert dans le 18e arrondissement. De son côté, Biocoop ouvre prochainement un nouveau magasin aux abords du canal Saint-Martin. Mais comment choisissent-ils ces emplacements ?

Réelle demande, effet de mode, gentrification… Comment décident-ils de prendre leur quartier dans tel ou tel coin de la capitale ? 20 Minutes a tenté de comprendre et a posé la question aux responsables de ces entreprises.

>> A lire aussi : La gentrification des quartiers populaires parisiens, ça change quoi?

« Des remontées d’associations », annonce Naturalia. « Nous répondons à une demande très précise de clients.

Quand on est végan par exemple, c’est très compliqué de faire ses courses au quotidien, car on doit vérifier les étiquettes de chaque produit, explique Sidonie Tagliante, responsable marketing de la marque.

Nous avons donc eu des demandes et avons décidé de se lancer. Au sujet des emplacements, nous nous sommes fait accompagner par l’Association végétarienne et vegan de France sur les règles et les besoins.

Ils nous ont confirmés, via les remontés de leurs adhérents, que ces trois quartiers [11e, 17e, Vincennes] étaient en demande.

On voit aussi sur les réseaux sociaux, des gens regrettent de ne pas en avoir à côté de chez eux.

L’enseigne a 43 ans et nous ne suivons pas une tendance bobo ou la volonté d’accompagner une mode. La preuve, nous n’avons pas installé ces magasins dans le veggietown que sont les 9e et 10e arrondissements »

Tout cela est totalement démagogique. Il est parfaitement clair qu’ici est visée une consommation « haut du panier », une mode du même type que le « sans gluten », l’image positive en plus.

S’il y avait vraiment une demande « naturelle », il n’y aurait pas la publicité en couverture d’un magazine quotidien gratuit parisien, ni les inscriptions à la peinture sur le sol, conformément aux règles du marketing branché…

D’ailleurs, les supermarchés végan en Allemagne et en Autriche n’étaient pas bio, alors que là il s’agit bien d’une combinaison du vegan et du bio. Tant mieux, évidemment, sauf que là cela correspond à la formation d’un « marché de niche » très précis, doublement captif.

C’est le même esprit que les gens ouvrant des magasins halal ou casher : vendre cher des produits à des gens n’ayant pas le choix.

Le magazine Challenges l’a tout à fait compris, définissant de la manière suivante la motivation de Monoprix :

« Franck Poncet n’est pas vegan. A titre personnel, le directeur général France de Naturalia (groupe Monoprix) ne suit pas ce mode de vie qui exclut la consommation de tous les produits issus des animaux, de leur exploitation ou testés sur eux.

Mais en bon commerçant, celui qui a fait ses classes chez Lustucru et Bongrain, avant de rejoindre le groupe Monoprix en 2002, a su tendre l’oreille pour écouter le consommateur.

« Nos clients réclamaient de plus en plus une offre végétale et végane », explique le dirigeant. « Cela fait deux-trois ans que nous constatons que ce n’est plus un marché de niche ». (…)

L’enseigne du groupe Monoprix avance ses pions, et prend un temps d’avance sur ses concurrents de la grande distribution. »

Le directeur général de Naturalia n’a pas voulu dire que ce n’était plus un marché de niche, mais que cela n’en est pas seulement un.

Le véganisme est en France une sensibilité, mais malheureusement beaucoup une mode, qui donne une image chic et branchée.

Nous nous en plaignons assez : nous voulons une génération de personnes affrontant ouvertement le système et rompant avec les valeurs dominantes, libérant concrètement les animaux et assaillant l’exploitation animale, et nous faisons face à une mode ouvertement vantée par les magazines féminins et la bourgeoisie branchée.

Naturalia surfe sur la vague, et donc le groupe Monoprix à qui appartient Naturalia, et donc le groupe Casino à qui appartient Monoprix…

C’est là que cela donne mal au coeur. Bien sûr, l’existence de ces magasins est très pratique. Il y a 2000 références et c’est agréable de ne pas avoir à regarder si un produit est vegan ou pas (même si inévitablement on le fait parfois quand même, par réflexe!).

Pourtant, ces Naturalia vegans appartiennent à l’exploitation animale. Ce ne sont pas des éléments d’un dispositif de combat positif, mais un moyen de faire du profit. Naturalia a d’ailleurs toujours surfé sur le relativisme, cette « liberté de choix » qu’on aurait en général.

Ici, il ne faut pas se leurrer et bien voir que l’amour pour les animaux est dévoyé, en particulier chez les femmes.

Celles-ci sont happées dans quelque chose qui a l’air positif, mais qui est un style bourgeois chic, faussement rebelle, ultra-esthétisant, centré sur soi-même et la consommation…

C’est une rébellion lisse, propre, bon enfant, sans enjeu, dans une démarche particulièrement régressive par rapport aux vrais enjeux.

Du côté du profit, par contre, c’est tout bénéfice. Le projet de magasin vegan de Naturalia rentre d’ailleurs dans le cadre général de la stratégie commercial du groupe Casino. Il y avait en effet 38 Naturalia en 2008, il y en a 150 désormais, 20 ont ouvert l’année dernière, 20 ouvrent cette année.

Les magasins Naturalia végans servent ici de test ; on ne sait pas en effet s’ils vont durer encore. Mais ils rentrent, dans tous les cas, entièrement dans le cadre d’un projet économique d’une entreprise qui est un pilier de l’exploitation animale.

Qui peut, au 21ème siècle, faire confiance aux grands distributeurs pour sauver le monde, franchement?

C’est donc une question de détermination : soit on croit en la capacité de l’exploitation animale à se réformer, on écoute les bourgeois chics et branchés, on en reste à un « ni droite ni gauche » totalement crétin…

Ou on comprend que le monde doit entièrement changer de base, qu’il faut défendre la Terre-mère… Maintenant!

L’architecture vue par les pigeons, par Basile Plumagile

Basile Plumagile est un pigeon qui voyage et décrit des constructions humaines marquantes.

Il raconte ainsi le Taj Mahal, la tour Eiffel, le Colisée à Rome, la Maison sur la cascade de Frank Lloyd Wright, Beaubourg à Paris, des bâtiments publics de Brasilia, l’opéra de Sydney, la Sagrada Familia de Barcelone, la muraille de Chine…

L’auteur réel, l’américaine Stella Gurney, est allé jusqu’au bout de son raisonnement : c’est justement Basile Plumagile qui est l’auteur officiel de cet ouvrage destiné aux enfants autour de sept ans.

L’oiseau se présente même comme envoyé officiellement par la maison d’éditions Phaidon pour son enquête et réaliser l’ouvrage (qui coûte 19,95 euros).

Tout l’esprit de l’oeuvre rejoint cette excellente mise en perspective, Basile expliquant de manière fort sympathique que les pigeons sont des « animaux intelligents et doux » et qu’il va justement le montrer en donnant aux hommes un petit cours d’architecture.

L’approche est ouvertement engagée et dans sa présentation, Basile Plumagile raconte même :

« J’espère te transmettre, au fil de notre périple, ma passion pour les monuments, et que tu saches qu’il y a plus à découvrir sur les pigeons que tu n’aurais pu l’imaginer, beaucoup plus… »

Voilà une démarche excellente et on a donc Basile qui survole au fur et à mesure des bâtiments, les présentant de manière détailléeà chaque fois, le tout avec des dessins bien amenés de la japonaise Natsko Seki.

Voici un exemple, avec le « Patchwork aux merveilles », nom que Basile donne à la cathédrale de Canterbury.

« Ce matin, je me suis envolé, ailes déployées, pour la côte sud-est de l’Angleterre.

Malgré ma tristesse de quitter ma chère Elsa et mes amis, j’avais hâte d’entamer mon voyage. Et quoi de plus beau pour commencer que la cathédrale de Canterbury ?

Tout l’intérêt d’une cathédrale, vois-tu, est de faire en sorte que les visiteurs soient émerveillés par la gloire des cieux, et effrayés par les horreurs de l’enfer.

Une cathédrale est en fait une immense machine médiévale à effets spéciaux, un peu comme lorsque la scène la plus incroyable d’un film en 3D te cloue à ton fauteuil, sauf qu’il s’agit ici de pierre et de vitraux.

J’ai aperçu de loin les hautes flèches ornementées de l’imposante cathédrale. En m’approchant au-dessus de la ville, profitant d’une brise aux senteurs marines, alors que le soleil se réfléchissait sur les immenses vitraux, un frisson d’impatience m’a traversé.

Commencée en 597, la cathédrale a été de nombreuses fois reconstruite et agrandie au fil des siècles et dans de nombreux styles différents.

L’archevêque de la cathédrale est le chef de l’Église d’Angleterre. Pendant des centaines d’années, ce statut a représenté un pouvoir équivalent à celui du roi.

Chaque nouvel archevêque a voulu ainsi laisser sa propre empreinte sur l’édifice pour marquer son territoire, un peu comme les chiens font leurs besoins sur les lampadaires, mais de façon bien plus élégante.

Des centaines de touristes se pressent toujours dans la cathédrale. En sautillant, j’ai réussi à franchir les anciennes portes en bois de l’entrée avant de me cacher sous un banc.

Ouah ! Impressionnant ! Je peux te dire que les effets spéciaux fonctionnent ! Il y a tant de belles choses à voir que je ne savais plus où regarder…

Dans la crypte, je me suis retrouvé face à un monstre hideux. Heureusement, ce n’était qu’une statue très réaliste, façonnée par des tailleurs de pierre du Moyen Âge pour que les croyants aient peur de l’enfer.

Quand j’ai vu un énorme lutrin (un pupitre pour poser les livres) de bronze en forme d’aigle prêt à s’envoler, mon sang n’a fait qu’un tour.

Épuisé par tant d’émotions, je suis sorti, chancelant, pour me reposer sur la tombe d’une certaine Mme Spurgeon. Cette cathédrale est d’une beauté à couper le souffle, et de combien d’édifices peut-on dire cela ? »

Comme on le voit, Basile donne son avis et il n’hésite pas à constater que de prime abord, il a trouvé Beaubourg et ses tuyauteries bien affreux…

Mais il apprécie l’endroit, pour une raison pratique montrant la subtilité pro-pigeons de l’auteur :

« Sur la place, les passants et les pigeons peuvent s’asseoir ou se promener alors que le reste du quartier est très construit. »

Dans l’image suivante, qui montre la Sagrada Familia de Barcelone, on voit les oiseaux qui sont posés sur le bâtiment de manière symbolique, en train de discuter avec Basile : une belle manière de défendre les pigeons et leur droit à vivre en ville.

Lorsque Basile est au Colisée, il n’oublie pas de mentionner les animaux massacrés :

« Fascinant !

Mais je suis partagé.

D’un côté j’admire la taille colossale du Colisée et sa beauté. (….)

Mais de l’autre, je n’arrive pas à croire ce qui s’y passait !

Rou !

Pendant cinq siècles, des spectateurs se sont réjouis en regardant des gens s’entre-tuer et des hommes mettre en pièces des lions, des tigres et des éléphants. »

On notera que d’une certaine manière, l’ouvrage est une allusion à la belle fable des deux pigeons, car après avoir voyagé il s’empresse de retourner chez sa compagne Elsa, tout comme le pigeon de la fable retourne chez sa compagne après s’être imaginé qu’il avait besoin de davantage de choses à voir…

La conclusion est, par ailleurs, admirable. La voici, elle est très belle et rien qu’elle mérite la large promotion de l’ouvrage.

« Si tu ne devais retenir qu’une chose, sache que l’architecture est faite pour toi, que les édifices sont faits pour que tu les utilises et les admires, et que ce que tu en penses est important.

Bien sûr, ce que tu penses des pigeons est tout aussi important. J’espère que ton opinion aura changé depuis notre première rencontre.

La prochaine fois que tu vois un pigeon, fais-lui un petit clin d’oeil : il te répondra sûrement d’un petit hochement de tête.

Je ne porte pas toujours mon chapeau, tu sais… »

C’est donc un très bel ouvrage, indéniablement à conseiller, à acheter, à offrir!




Norouz, le nouvel an persan

Le 21 juin, c’est l’arrivée du printemps et dans l’aire culturelle persane, cela est fêté de manière grandiose.

C’est une fête très ancienne (autour de trois mille ans), qui date bien entendu d’avant le triomphe du monothéisme.

L’origine du mot employé, Norouz, vient d’ailleurs d’une très vieille langue, l’avestique, les racines étant modifiées pour donner « no », « nouveau », et « rouz », le jour.

L’UNESCO a placé en 2006 cette fête sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. En voici la présentation, qui souligne la célébration de la Nature, du renouveau de la vie.

Le Novruz, ou Nowrouz, Nooruz, Navruz, Nauroz, Nevruz, marque le nouvel an et le début du printemps dans une zone géographique très étendue, comprenant, entre autres, l’Azerbaïdjan, l’Inde, l’Iran, le Kirghizistan, le Pakistan, la Turquie et l’Ouzbékistan.

Il est fêté chaque 21 mars, date calculée et fixée à l’origine en fonction des études astronomiques.

Le Novruz est associé à des traditions locales diverses, par exemple l’évocation de Jamshid, roi mythologique d’Iran, à des nombreux récits et légendes.

Les rites qui l’accompagnent dépendent des lieux, depuis les sauts par-dessus les feux et les ruisseaux en Iran jusqu’aux marches sur la corde raide, le dépôt de bougies allumées à la porte de la maison, en passant par des jeux traditionnels, tels que des courses de chevaux ou la lutte traditionnelle pratiqués au Kirghizistan.

Chants et danses sont presque partout la règle, ainsi que des repas semi-sacrés familiaux ou publics.

Les enfants sont les premiers bénéficiaires des festivités et participent à nombre d’activités comme la décoration d’œufs durs.

Les femmes jouent un rôle central dans l’organisation et le déroulement du Novruz, ainsi que dans la transmission des traditions.

Le Novruz promeut des valeurs de paix, de solidarité entre les générations et au sein des familles, de réconciliation et de bon voisinage, contribuant à la diversité culturelle et à l’amitié entre les peuples et les différentes communautés

Ce dernier point est très important, car le Novruz est une fête concernant tout son entourage, comme l’UNESCO le souligne. Il y a une portée universelle, dans un rapport avec la Nature qui est assumé.

Une importante tradition propre à cette période veut que les individus se rassemblent autour d’une table, décorée d’objets qui symbolisent la pureté, la clarté, la vie et la richesse, pour partager un repas avec leurs proches.

Les participants portent à cette occasion de nouveaux vêtements et rendent visite à leurs parents, notamment à ceux qui sont âgés, et à leurs voisins.

Des cadeaux, surtout destinés aux enfants, sont échangés ; il s’agit généralement d’objets fabriqués par des artisans.

Le nawrouz inclut également des spectacles de musique et de danse donnés dans la rue, des rituels publics faisant intervenir l’eau et le feu, des sports traditionnels et la fabrication d’objets artisanaux.

La fête dure douze jours et la tradition veut que le 13ème, on aille pique-niquer ; c’est le sizdah, « passer le treizième jour à l’extérieur ». Les jeunes filles célibataires font même des noeuds dans le gazon, pour espérer être marié dans l’année.

On l’a compris, le printemps c’est le retour de la vie, de la fertilité. Aller pique-niquer collectivement, c’est un retour à la Nature, la végétation étant particulièrement valorisée dans la culture persane, historiquement pas du tout tourné vers les animaux par contre.

Voici la liste des éléments utilisés désormais pour cette fête en Iran, présentée par la revue de Téhéran, et qui tournent justement autour de la fertilité. Même la religion a dû céder devant la force de cette fête célébrant la vie…

La tradition principale de Norouz est la disposition des haft sin. Il s’agit de sept éléments dont le nom commence par la lettre « s » ou sin de l’alphabet persan.

On les dispose sur une nappe sur la table et ils y restent jusqu’au 13e jour après le nouvel an.

Le plus souvent, on décore la table avec d’autres objets tels que des œufs colorés (symbole de fertilité), des bougies (bonheur), des poissons rouges (vie), ainsi qu’avec le Coran, le Divân de Hâfez ou le Shâhnâmeh et un miroir.

Voici quelques objets avec lesquels les Iraniens décorent leur table de haft sin :

sabzeh – germe de blé ou lentille poussant dans un plat (symbole de la renaissance)

sir – ail (symbole de la médecine)

samanou – crème très sucrée faite avec des germes de blé (symbole de l’abondance)

senjed – fruit séché du jujubier (symbole de l’amour)

somâq – baies de sumac (symbole de la couleur du lever du soleil et santé)

sib – pomme (symbole de la beauté et bonne santé)

serkeh – vinaigre (symbole de l’âge et la patience)

sonbol – jacinthe (symbole de l’arrivée du printemps)

sekkeh – pièces de monnaie (symbole de la prospérité et de la fortune)

Voici une représentation idéalisée sur un mode conservateur de cette fête, dans une lecture moins festive. On peut y voir toutefois les éléments décrits pour le haft sin.

Voici une petite présentation en vidéo résumant le principe du norouz.

On notera également que la veille du dernier mercredi avant la fête de Norouz, il y a une fête appelée « Chaharshanbe suri », où les gens sautent au-dessus de feux improvisés.

Voici la présentation par le site Persiennes, afin de saisir le principe :

L’Iran connait les derniers jours de l’an 1394 du calendrier perse, et ce soir, le dernier mardi soir précédant Norooz (le nouvel an perse) c’est « Chaharshanbe suri  » ou, la Fête du Feu.

Un soir où l’Iran brille, dans la joie. Des feux sont allumés sur les places des villes, des feux d’artifice éclatent ça et là.

Le feu symbolisant l’espérance, un bonheur qui irradie la nouvelle année.

Un feu qu’on défie, en sautant au dessus de brasiers et en récitant la phrase traditionnelle : « Zardie man az to, Sorkhie to az man » signifiant « je te donne ma couleur jaune, tu me donnes ta couleur rouge ».

Confier ainsi sa pâleur, sa fatigue et prendre toute la bonne énergie du feu qui crépite, pour une nouvelle année pleine de force.

C’est une fête populaire avec des pétards, des feux d’artifice, des sucreries qui sont données : l’Adjilé Moshkel Gosha (un mélange de noisettes, de noix de cajou, de noix, de pistaches, de raisins secs et de mûres blanches séchées). Il y a de grandes variations selon les régions, avec d’autres traditions s’y ajoutant.

Concluons justement avec une histoire, pas du tout végane malheureusement malgré son culte de la vie, qui est une version kurde d’une légende persane, racontée notamment dans le fameux Livre des Rois de Ferdowsi.

Ici Zahak devient Dehak et Kaveh devient Kawa, mais la particularité surtout est que cette histoire est précisément ce qui est célébrée dans l’équivalent kurde du Norouz, le Newroz.

Il y a bien longtemps, entre les deux grands fleuves du Tigre et de l’Euphrate, était une terre appelée Mésopotamie.

Au-dessus d’une petite ville dans la montagnes de Zagros, était un énorme château de pierre avec des grandes tourelles et de hauts murs foncés.

A l’intérieur de ce château, vivait un roi cruel nommé Dehak. Ses armées terrorisaient toutes les personnes vivant sur ses terres.

Tous les rois précédents avaient été bons et avaient encouragé le peuple à irriguer la terre et à maintenir leurs champs fertiles.

C’est pendant le règne du roi appelé Djamshid que les choses ont commencé à changer. De part ses actions, il a perdu la faveur de son peuple. Un esprit du mal appelé Ahriman, saisi cette chance, choisi Dehak pour succéder au trône et tue Djamshid.

Le mauvais esprit, déguisé en cuisinier, alimentait Dehak avec le sang et la chair des animaux. Un jour Dehak l’a complimenté sur ses plats de viande . Il l’a remercié et a demandé de lui embrasser ses épaules. Ce que Dehak accepta.

A ce moment là, deux serpents noirs géants sont apparus sur ses épaules. Dehak fut terrifié et a tout essayé pour s’en débarrasser. Lorsqu’il les coupaient, ils réapparaissaient aussitôt.

Ahriman (le mal) déguisé en tant que médecin et a indiqué à Dehak qu’il ne pourrait jamais se débarrasser des serpents ; et que, quand ils auront faim, ils devraient être nourris de cerveaux de jeunes garçons et filles.

Depuis ce jour noir, tous les jours, deux enfants étaient choisis parmi les villes et les villages autour du château. Leurs cerveaux ont été placés aux portes de château et placés dans un grand seau en bois et donnés au serpents.

Depuis ce jour, le soleil a refusé de briller. Les récoltes, les arbres et les fleurs se sont défraîchis. Les pastèques géantes qui s’étaient développées là pendant des siècles se sont décomposées. Les paons et les perdrix qui avaient l’habitude de se pavaner autour des arbres géants de grenades étaient partis.

Près de ce château, vivait un forgeron. Son nom était Kawa. Dehak avait déjà pris 16 de leurs 17 enfants.

Un jour l’ordre est venu du château que la dernière fille de Kawa devait être tuée et son cerveau apporté à la porte de château dès le jour suivant.

Kawa a réfléchi toute la nuit comment sauver sa dernière fille des serpents de Dehak.

Il a eu une idée… Le matin suivant il est monté sur son cheval, tirant lentement le chariot avec les deux seaux en métal pour les emmener jusqu’au château.

La porte du château s’ouvrit, et deux gardes ont pris les seaux et les ont ramenés dans le château. Les cerveaux ont été donnés aux deux serpents affamés.

Quand Kawa est revenu à la maison il a trouvé son épouse se mettre à genoux devant un feu de bois et pleurait. Il s’est mis également à genoux et a doucement soulevé son grand manteau de velours. Sous ce manteau, y avait leur fille.

Au lieu de sacrifier sa propre fille, Kawa avait sacrifié un mouton et avait mis le cerveau du mouton dans le seau en bois. Et personne n’avait rien remarqué.

Bientôt, tous les citadins ont entendu parler de ce stratagème.

Ainsi, à chaque fois que Dehak exigeait un sacrifice d’enfant, ils ont tous fait la même chose. Ainsi, des centaines d’enfants ont été sauvés.

Ils se sont tous réfugiés dans la montagne de Zagros, là où personne ne pourrait les retrouver. Ils ont appris comment survivre avec leurs propres moyens. Ils ont appris comment monter les chevaux sauvages, comment chasser, pêcher, chanter et danser.

Kawa leur a également appris à se battre pour un jour en finir avec ce roi tyran. Le temps s’est écoulé, et l’armée de Kawa était prête à commencer leur marche vers le château. Ils ont rapidement maîtrisé les hommes de Dehak et kawa a coupé la tête de ce méchant roi.

Il est alors monté tout en haut de la montagne, a allumé un grand feu pour dire aux habitants de la Mésopotamie qu’ils étaient libres.

Sur ce, des centaines de feux ont été allumées pour faire circuler le message. Les flammes se sont élevées haut dans le ciel. L’obscurité avait disparue.

Les fleurs ont lentement commencé à s’ouvrir. Les pastèques ont se sont développées, comme elles l’avaient fait pendant des siècles auparavant. Les aigles sont revenus et ont volé parmi les crêtes de la montagne.

Les feux ont brûlé de plus en plus haut. Le peuple a chanté et dansé au son des tambours en cercle autour des ces feux. Maintenant ils étaient libres.

Interview de xREIGNx à l’occasion de leur demo

A l’occasion de la sortie de leur demo, voici une interview du groupe américain xREIGNx de San Diego, qui pratique une musique résolument dans l’esprit de la scène vegan straight edge des années 1990.

Accompagnant cette interview, nous présentons les paroles des chansons de la demo, avec leurs traductions.

1.Peux-tu présenter le groupe, comment il s’est fondé comme projet et quel est son identité ?

Matt A est au chant, Matt L joue de la basse, Justin est le batteur et Rex est le guitariste. Chacun d’entre nous voulait depuis longtemps être dans un groupe de musique vegan straight edge militant ; en fait, c’était le seul projet dans lequel nous étions tous prêt à nous investir.

Nous sommes tous xVx depuis des années. Certains d’entre nous se sont rapprochés de l’idée d’un groupe pendant plusieurs années, mais n’ont jamais mis l’énergie pour réaliser cela.

Maintenant que c’est réel, cela m’a personnellement ouvert les yeux sur la nouvelle génération vegan straight edge, qui est mondiale. C’est rafraîchissant à voir.

J’espère que cela continuera jusqu’à constituer un élan. Peut-être que des jeunes écoutant du hardcore standard peuvent être introduits au véganisme et au straight edge, puis espérons-le aller plus loin et commencer à remettre en cause les institutions.

Si cela ne se produit pas, nous espérons au moins avoir fait une contribution positive à la lignée hardcore vegan straight edge.

2. Votre choix musical est vraiment portée sur le punk hardcore, avec l’objectif clair d’exprimer une certaine attitude rebelle à contre-courant. Quelles sont vos sources d’inspiration, pour la musique et les paroles ?

Nous sommes massivement influencés par la scène locale en Californie du sud. L’époque du label New Eden Records : Tears of Gaia, Purified in Blood, 7 Generations (demo) était très bien ; Excessive Force, Adamantium.

Nous avons grandi en allant au Che Cafe à San Diego [un lieu alternatif de réunions et de concerts, sans alcool], pour voir des groupes comme Find him and kill him, Over my dead body et Tamora. Nueva Etica est un de nos favoris, ils détruisent tout et représente bien l’Amérique du Sud. Purification, Undying, Day of suffering… Tous les grands groupes xVx.

3. Parle nous du symbole Θ que vous avez choisi, comme beaucoup de gens vegan straight edge. Comment le comprenez-vous ?

C’est le symbole de l’écologie. Il a été dessiné dans les années 1960 et a été utilisé par de nombreuses organisations environnementalistes (y compris des groupes hardcore vegan).

Évidemment, l’un des arguments pour le véganisme est son impact environnemental bien moins grand que celui des fermes-usines conventionnelles.

Le symbole de l’écologie a été utilisé pour représenter l’Ordre Naturel / la Loi Naturelle.

La philosophie de l’écologie profonde reconnaît la valeur intrinsèque à toute vie et souligne la coexistence vis-à-vis de l’exploitation.

La libération de la Terre, la libération animale, la libération humaine, tout cela doit commencer avec ce principe comme noyau.

4. Comment voyez-vous la situation actuelle dans le monde pour le mouvement vegan straight edge ?

Nous ne sommes pas certains de pouvoir évaluer cela de manière adéquate, mais à mon avis il y a l’espoir que la communauté xVx à travers le monde grandira et ne se limitera pas à des thèmes politiques précis.

Il s’agit de s’étendre et de coopérer avec d’autres mouvements et communautés. Et vu comment le véganisme commercial largement s’est largement répandu ces quinze dernières années, espérons que les gens resteront dans la course et auront moins d’excuses pour capituler.

5. En France, beaucoup de gens ont été choqués par la décision de Donald Trump de rejeter les accords de Paris sur le climat. Quelle est la situation des gens conscients aux États-Unis ?

Les surprises de Trump ne viennent pas comme des surprises, c’est tout son mode opératoire en fait. Les Etats-Unis ont connu une grande polarisation de par son élection.

C’est une honte que les blancs de la classe ouvrière ont été – de nouveau – trompés, en croyant que les hommes blancs riches se préoccupent tout, en présentent des boucs-émissaires.

Il semble qu’une série d’événements similaires se soient déroulés au Royaume-Uni, juste en ce moment. Personnellement je ne m’occupe pas vraiment de la politique en général ou de la politique du pays en-dehors d’un cycle électoral. Les élections au niveau de l’État et les municipales semblent plus concrètes, le changement, s’il y en a, a plus de chances d’être vu ou ressenti.

Voici les paroles des chansons de la demo, dans leur ordre sur celle-ci.

Voici les paroles de la chanson « Upper Echelon« , « Échelon supérieur ».

Life reduced to resource
Bled dry for capital
La vie réduite à une ressource
Saignée pour le capital

Week after week. check to check.
never gaining ground. we create.
They dictate,
and we’re extorted for their fucking privilege
Semaine après semaine. Echec apès échec.
Ne gagnant jamais de terrain. Nous créons.
Ils dictent,
et nous sommes extorqué pour leur saleté de privilège

Socialize the burden while concentrating wealth
Power won’t be granted
Power must be seized
Socialiser le fardeau pendant que se concentre la richesse
Le pouvoir ne sera pas accordé
Le pouvoir doit être saisi

The enemy won’t capitulate to ever meet our needs
Speaking truth to power never changed a thing
Les ennemis ne se résoudront jamais à répondre à nos besoins
Dire la vérité au pouvoir n’a jamais rien changé

For those who dare to organize
They’ll “make the economy scream”
Power won’t be granted
Power must be seized
Pour ceux qui osent s’organiser
Ils vont faire « hurler l’économie »
[« make the economy scream » est le titre d’un documentaire sur le rôle de Nixon et de la CIA dans le coup d’Etat de Pinochet au Chili]
Le pouvoir ne sera pas accordé
Le pouvoir doit être saisi

Speaking truth to the enemy won’t change a thing
They take relentlessly until there’s nothing left
Pummel unrepentant abusers into the ground
Dire la vérité à l’ennemi n’a jamais rien changé
Ils accaparent implacablement jusqu’à ce qu’il ne reste rien
Frapper les agresseurs impénitent à terre.

Voici les paroles de la chanson « Complicit« , « Complice ».

When the excuse of ignorance has run its course
You can comfort yourself with the affirmation:
“that’s just the way the world is”
if not by your hands then by those of another.
So why waste the effort?
Lorsque l’excuse de l’ignorance a fait son temps
Vous pouvez vous réconfortez en vous disant :
« C’est comme ça que le monde marche »
Si ce n’est de vos mains alors de celles d’un autre
Alors pourquoi faire des efforts inutiles ?

Complacent means complicit
La complaisance signifie la complicité

Idle hands still assist in the wringing of necks
Unmoving feet still weigh heavy on the backs of the oppressed
Your own passive acceptance reinforces the notion that this cruelty is
An unfortunate necessity
Les mains paresseuses prêtent secours au tordage de cous
Les pieds immobiles pèsent lourd sur le dos des opprimés
Votre propre acceptation passive renforce l’idée que cette cruauté est
Une malheureuse nécessité

And so bloodshed continues
Factories remain rooted
Torture and slaughter, unchallenged
Et ainsi l’effusion de sang se poursuit
Les usines continuent à être soutenu
La torture et le massacre, incontestés

Complacent means complicit
La complaisance signifie la complicité

Spectator. Consumer. Killer
Spectateur. Consommateur. Tueur.

Voici les paroles de la chanson « No absolution« , « Pas de pardon ».

You’re no keeper of peace, but a protector of cutthroat suppression
Belligerant arm of the law
An enemy lurking in plain sight
You’re no savior, but a terrorist with a lust for control and domination
Tu n’es pas un gardien de la paix, mais un protecteur d’assassinats
Le bras belligérant de la loi
Un ennemi qui se cache à vue
Tu n’est pas un sauveur, mais un terroriste avec un désir pour le contrôle et la domination

Predicated on a falsehood of protection
Cultivating subservience through violence and fear
Fuck you, motherfucker
Fondé sur un mensonge de protection
Cultivant l’asservissement par la violence et la peur
Je t’emmerde, ordure

Power-hungry, gun-wielding fascist
Obedient servant one directive away from brutality
Fasciste brandissant une arme, assoiffé de pouvoir
Serviteur docile toujours prêt à la brutalité

Demanding of respect and admiration
You’ve earned nothing but contempt
I reject your lie. i reject your power
Recherchant le respect et l’admiration
Tu ne mérite rien d’autre que le mépris
Je rejette ton mensonge. Je rejette ton pouvoir.

I long for the day your dominion crumbles
A day of retribution for those you’ve made to suffer
J’attends impatiemment le jour où ta domination s’écroulera
Un jour de réctribution pour ceux que tu as fait souffrir

No sympathy
No understanding
No absolution for a single one of you
Pas de sympathie
Pas de compréhension
Pas de pardon pour un seul d’entre vous

Voici les paroles de la chanson « Proclamation » .

I refuse to surrender to comfort and docile conformity
Je refuse de me soumettre au confort et à la conformité docile

Social engineering. normalized violence.
profits prioritized over personal and collective well-being.
L’ingénierie sociale. La violence normalisée.
Les profits prioritaires sur le bien-être personnel et collectif.

It’s more than a personal choice
or some pious notion of purity
This is my uncompromising stance
An adamant opposition to your tradition of enslavement
C’est davantage qu’un choix personnel
ou qu’une notion pieuse de pureté
C’est mon point de vue intransigeant
Une opposition inflexible à votre tradition d’asservissement

I deny you validation.
I deny you my life
Je vous dénie toute validité.
Je vous dénie ma vie.

I don’t want escape.
i don’t want pacification.
i want to burn your whole fucking world down.
burn it down
Je ne veux pas m’échapper.
Je ne veux pas de pacification.
Je veux brûler jusqu’aux fondations votre horrible monde.
Le brûler jusqu’aux fondations.

Straight edge
Straight edge

To you it’s a joke.
you wait for the day i fall
and give in to the misery and consumption
that suffocates life
Pour toi c’est une plaisanterie
tu attends le jour où je tombe
Et où je plonge dans la détresse et la consommation
qui fait suffoquer la vie

But i could never sell out
that which means so much to me
I will never break
Mais je ne pourrai jamais trahir
ce qui signifie tellement pour moi
Je ne capitulerai jamais

I will never break
We will never break
Je ne capitulerai jamais
Nous ne capitulerons jamais

LTD modifie son rythme de parution pour davantage d’efficacité

Lorsque nous avons ouvert «la Terre d’abord !» en octobre 2008, c’était dans le prolongement de «Vegan Revolution», en octobre 2004. Le véganisme, alors totalement marginal, est depuis devenu quelque chose de désormais connu en France.

Aussi, après la publication pendant de longues années d’un billet quotidien, afin de se forger et de maintenir le cap, il est temps de modifier notre approche et de synthétiser la perspective ouverte.

Désormais, la Terre d’abord ne publiera plus sur une base quotidienne, afin de promouvoir des articles plus longs, plus denses, davantage « ramassés ».

Il s’agit d’oeuvrer à avoir des outils directement utiles pour les discussions, les actions, conformément aux exigences des prochaines années.

C’est un pas en avant. Le combat ne fait que commencer et l’instransigeance ne doit céder en rien.

A l’esprit de complaisance avec l’exploitation animale ou au rêve idéalisant les possibilités de changement dans cette société, nous opposerons, dans la continuité de notre projet, l’esprit de la rupture morale, l’engagement complet, la défense de notre mère la Terre !

PAS DE COMPROMIS DANS LA DÉFENSE DES INNOCENTS, PORTONS LA TEMPÊTE METTANT UN TERME À LA SOUFFRANCE, PROTÉGEONS GAÏA !

La Cour de justice de l’Union européenne interdit aux produits végétaux les termes de « lait », « fromage », etc.

C’est une question très importante que celle des simili-carnés et en général des produits végétaux cherchant à reproduire un goût particulier. Car ce goût relève de la mort, de la mise à mort, de la chair.

Ainsi, culturellement, il n’est pas possible de prolonger ce goût, il faut y mettre un terme. La mesure que vient de prendre la Cour de justice de l’Union européenne le confirme.

Non pas que celle-ci soit en accord avec nous, mais justement : elle confirme qu’il y a bien deux fronts. L’exploitation animale a vu de plus en plus d’un mauvais œil, en effet, que des produits végétaux revendiquent pour eux les termes de « lait » et de « fromage », ou encore « beurre », « crème », « yoghourt », etc.

Elle sait que la question du goût est importante et qu’il lui protéger son pré carré. Aussi a-t-elle fait grandement pression sur les institutions dans toute l’Europe pour que les termes en question soient protégés juridiquement.

Il ne manquait plus qu’un procès pour que cela fasse jurisprudence et c’est ce qui vient de se dérouler en Allemagne, avec l’entreprise TofuTown qui a perdu face à une association luttant contre la concurrence déloyale.

En voici le texte, qui est très long mais qui est un document très important, dans la mesure où il s’agit d’une décision aux conséquences culturelles immenses.

Elle témoigne de deux choses. Tout d’abord, du fait que les entreprises produisant des aliments végétaux se sont orientés non pas vraiment vers quelque chose de nouveau, mais en direction d’ersatz. C’est la vision réductrice d’un véganisme où la « viande » est remplacée par un équivalent « moral ».

Cela montre bien que le capitalisme tourne en boucle et n’est pas capable de comprendre le besoin de nouveauté qui s’exprime dans le choix d’une vie sans meurtre.

Et cela a eu un grand succès parmi les gens végétaliens, car nombre de gens issus des couches sociales supérieures y ont vu des opportunités de business.

Cela montre aussi que la « marche dans les institutions » est impossible. Forcer le passage du véganisme en reprenant des formes anciennes n’est pas possible.

C’est moralement erroné, et par conséquent c’est faux en pratique : l’exploitation animale sait se défendre face à ce qui ne rompt pas réellement avec elle. Elle sait intégrer les oppositions quand il le faut.

L’énorme reconnaissance médiatique de L214 en est une preuve : peut-on sincèrement penser que les médias parleraient tellement en bien de cette association si elle portait vraiment une rupture avec l’exploitation animale ?

Il ne faudrait, effectivement, pas penser que l’exploitation animale n’est pas en mesure de laisser des phénomènes marginaux se développer. L214 n’est pas une menace, ni les végans, et encore moins si ceux-ci achètent des produits simili-carnés produits par des entreprises relevant de l’exploitation animale.

Des compromis sont toujours possibles, selon les pays, sur le choix des termes. Voici ceux autorisés en France, la liste des termes changeant selon les pays, en fonction de leur « tradition ». Sont acceptés les utilisations des termes suivants :

Lait d’amande

Lait de coco

«Crème …»

utilisée dans la dénomination d’un potage ne contenant pas de lait ou d’autres produits laitiers ni de produits d’imitation du lait et des produits laitiers (par exemple, crème de volailles, crème de légumes, crème de tomates, crème d’asperges, crème de bolets, etc.)

«Crème …»

utilisée dans la dénomination d’une boisson spiritueuse ne contenant pas de lait ou d’autres produits laitiers ni de produits d’imitation du lait et des produits laitiers (par exemple, crème de cassis, crème de framboise, crème de banane, crème de cacao, crème de menthe, etc.)

«Crème …»

utilisée dans la dénomination d’un produit de charcuterie (par exemple, crème de foie de volaille, pâté crème, etc.)

Crème de maïs

Crème de riz

Crème d’avoine

Crème d’anchois

Crème d’écrevisses

Crème de pruneaux, crème de marron (crème d’autres fruits à coque)

Crème confiseur

Beurre de cacao

Beurre de cacahouète

Fromage de tête

Haricot beurre

Beurré Hardy

De la même manière, sont acceptés dans différents pays les Arašidové maslo (beurre de cacahouète en slovaque), Kaakaovoi (beurre de cacao en finnois), Leberkäse (fromage de foie en allemand), Shea butter (beurre de karité en anglais).

Tout est administrativement très bien délimité. La Cour de justice de l’Union européenne vient de le rappeler, avec sa décision ; elle met un terme à toute une tendance qui a fait que certains se sont imaginés que finalement les simili-carnés triompheraient et remplaceraient invariablement, au fur et à mesure, les produits d’origine animale.

C’est un moment-clef qui doit servir d’exemple dans la compréhension de la bataille pour le véganisme.

ARRÊT DE LA COUR (septième chambre)

14 juin 2017 (Langue de procédure : l’allemand.)

« Renvoi préjudiciel – Organisation commune des marchés des produits agricoles – Règlement (UE) no 1308/2013 – Article 78 et annexe VII, partie III – Décision 2010/791/UE – Définitions, dénominations et dénominations de vente – “Lait” et “produits laitiers” – Dénominations utilisées pour la promotion et la commercialisation d’aliments purement végétaux »

Dans l’affaire C‑422/16,

ayant pour objet une demande de décision préjudicielle au titre de l’article 267 TFUE, introduite par le Landgericht Trier (tribunal régional de Trèves, Allemagne), par décision du 28 juillet 2016, parvenue à la Cour le 1er août 2016, dans la procédure

Verband Sozialer Wettbewerb eV

contre

TofuTown.com GmbH,

LA COUR (septième chambre),

composée de Mme A. Prechal, président de chambre, MM. A. Rosas et E. Jarašiūnas (rapporteur), juges,

avocat général : M. M. Campos Sánchez-Bordona,

greffier : M. A. Calot Escobar,

vu la procédure écrite,

considérant les observations présentées :

–        pour TofuTown.com GmbH, par Me M. Beuger, Rechtsanwalt,

–        pour le gouvernement allemand, par Mme K. Stranz et M. T. Henze, en qualité d’agents,

–        pour le gouvernement grec, par M. G. Kanellopoulos et Mme O. Tsirkinidou, en qualité d’agents,

–        pour le gouvernement italien, par Mme G. Palmieri, en qualité d’agent, assistée de M. P. Gentili, avvocato dello Stato,

–        pour la Commission européenne, par MM. A. X. P. Lewis et D. Triantafyllou, en qualité d’agents,

vu la décision prise, l’avocat général entendu, de juger l’affaire sans conclusions,

rend le présent

Arrêt

1        La demande de décision préjudicielle porte sur l’interprétation de l’article 78, paragraphe 2, et de l’annexe VII, partie III, points 1 et 2, du règlement (UE) no 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 17 décembre 2013, portant organisation commune des marchés des produits agricoles et abrogeant les règlements (CEE) no 922/72, (CEE) no 234/79, (CE) no 1037/2001 et (CE) no 1234/2007 du Conseil (JO 2013, L 347, p. 671).

2        Cette demande a été présentée dans le cadre d’un litige opposant le Verband Sozialer Wettbewerb eV (ci-après le « VSW ») à TofuTown.com GmbH (ci-après « TofuTown ») au sujet d’une action en cessation introduite par le VSW.

Le cadre juridique

Le droit de l’Union

Le règlement no 1308/2013

3        Les considérants 64 et 76 du règlement no 1308/2013 énoncent :

« (64) L’application de normes de commercialisation aux produits agricoles peut contribuer à améliorer les conditions économiques de production et de commercialisation ainsi que la qualité des produits. La mise en œuvre de telles normes est donc dans l’intérêt des producteurs, des commerçants et des consommateurs.

[…]

(76)      Pour certains secteurs et produits, les définitions, dénominations et dénominations de vente constituent des éléments importants pour la détermination des conditions de la concurrence. En conséquence, il convient d’établir des définitions, dénominations et dénominations de vente pour ces secteurs et/ou produits, qui ne peuvent être utilisées dans l’Union que pour la commercialisation des produits satisfaisant aux exigences correspondantes. »

4        Ledit règlement contient, dans sa partie II consacrée au marché intérieur, un titre II qui porte sur les règles relatives à la commercialisation et aux organisations de producteurs. La sous-section 2 de la section 1 du chapitre I de ce titre est intitulée « Normes de commercialisation par secteur ou par produit » et comporte les articles 74 à 83 du même règlement.

5        L’article 78 du règlement no 1308/2013, intitulé « Définitions, dénominations et dénominations de vente pour certains secteurs et produits », prévoit :

« 1.      Outre les normes de commercialisation applicables le cas échéant, les définitions, dénominations et dénominations de vente prévues à l’annexe VII s’appliquent aux secteurs ou aux produits suivants :

[…]

c)      lait et produits laitiers destinés à la consommation humaine ;

[…]

2.      Les définitions, dénominations ou dénominations de vente prévues à l’annexe VII ne peuvent être utilisées dans l’Union que pour la commercialisation d’un produit conforme aux exigences correspondantes définies à ladite annexe.

3.      La Commission est habilitée à adopter des actes délégués […] en ce qui concerne les modifications, les dérogations ou les exemptions relatives aux définitions et dénominations de vente prévues à l’annexe [VII]. Ces actes délégués sont strictement limités aux besoins avérés résultant d’une évolution de la demande des consommateurs, des progrès techniques ou du besoin en matière d’innovation.

[…]

5.      Afin de répondre aux attentes des consommateurs et de tenir compte de l’évolution du marché des produits laitiers, la Commission est habilitée à adopter des actes délégués […] afin de préciser les produits laitiers pour lesquels sont indiquées les espèces animales dont provient le lait, s’il ne s’agit pas de l’espèce bovine, et afin d’énoncer les règles nécessaires en la matière. »

6        La sous-section 5 de la partie II, titre II, chapitre I, section 1, du règlement no 1308/2013 est intitulée « Dispositions communes ». L’article 91 de ce règlement, qui figure dans cette sous-section 5, précise :

« La Commission peut adopter des actes d’exécution :

a)      établissant la liste du lait et des produits laitiers visés à l’annexe VII, partie III, point 5, deuxième alinéa, […] sur la base de listes indicatives de produits que les États membres considèrent comme correspondant sur leurs territoires respectifs à ce[tte] dispositio[n] et que les États membres notifient à la Commission ;

[…] »

7        L’annexe VII dudit règlement est intitulée « Définitions, dénominations et dénominations de vente des produits visés à l’article 78 ». Dans son alinéa introductif, cette annexe précise que, aux fins de la présente annexe, les termes « dénomination de vente » visent notamment « le nom de la denrée alimentaire, au sens de l’article 17 du règlement (UE) no 1169/2011 [du Parlement européen et du Conseil, du 25 octobre 2011, concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires, modifiant les règlements (CE) nos 1924/2006 et 1925/2006 du Parlement européen et du Conseil et abrogeant la directive 87/250/CEE de la Commission, la directive 90/496/CEE du Conseil, la directive 1999/10/CE de la Commission, la directive 2000/13/CE du Parlement européen et du Conseil, les directives 2002/67/CE et 2008/5/CE de la Commission et le règlement (CE) no 608/2004 de la Commission (JO 2011, L 304, p. 18)] ».

8        La partie III de cette annexe VII est intitulée « Lait et produits laitiers ». Elle dispose :

« 1.      La dénomination “lait” est réservée exclusivement au produit de la sécrétion mammaire normale, obtenu par une ou plusieurs traites, sans aucune addition ni soustraction.

Toutefois, la dénomination “lait” peut être utilisée :

a)      pour le lait ayant subi un traitement n’entraînant aucune modification de sa composition ou pour le lait dont on a standardisé la teneur en matière grasse […] ;

b)      conjointement avec un ou plusieurs termes pour désigner le type, la classe qualitative, l’origine et/ou l’utilisation envisagée du lait, ou pour décrire le traitement physique auquel il a été soumis ou les modifications qu’il a subies dans sa composition, à condition que ces modifications soient limitées à l’addition et/ou à la soustraction de ses constituants naturels.

2.      Aux fins de la présente annexe, on entend par “produits laitiers”, les produits dérivés exclusivement du lait, étant entendu que des substances nécessaires pour leur fabrication peuvent être ajoutées, pourvu que ces substances ne soient pas utilisées en vue de remplacer, en tout ou partie, l’un quelconque des constituants du lait.

Sont réservées uniquement aux produits laitiers :

a)      les dénominations suivantes utilisées à tous les stades de la commercialisation :

i)      lactosérum,

ii)      crème,

iii)      beurre,

iv)      babeurre,

[…]

viii) fromage,

ix)      yoghourt,

[…]

b)      les dénominations au sens de […] l’article 17 du [règlement no 1169/2011] effectivement utilisées pour les produits laitiers.

3.      La dénomination “lait” et les dénominations utilisées pour désigner les produits laitiers peuvent également être employées conjointement avec un ou plusieurs termes pour désigner des produits composés dont aucun élément ne remplace ou [n’]est destiné à remplacer un constituant quelconque du lait et dont le lait ou un produit laitier est une partie essentielle, soit par sa quantité, soit par son effet caractérisant le produit.

4.      En ce qui concerne le lait, les espèces animales dont le lait provient sont spécifiées, s’il ne s’agit pas de l’espèce bovine.

5.      Les dénominations visées aux points 1, 2 et 3 ne peuvent être utilisées pour aucun produit autre que les produits qui y sont visés.

Toutefois, cette disposition n’est pas applicable à la dénomination des produits dont la nature exacte est connue en raison de l’usage traditionnel et/ou lorsque les dénominations sont clairement utilisées pour décrire une qualité caractéristique du produit.

6.      En ce qui concerne un produit autre que les produits visés aux points 1, 2, et 3, aucune étiquette, aucun document commercial, aucun matériel publicitaire, aucune forme de publicité, […] ni aucune forme de présentation indiquant, impliquant ou suggérant que le produit concerné est un produit laitier, ne peut être utilisé.

[…] »

9        Les dispositions de l’annexe VII, partie III, du règlement no 1308/2013 reprennent, sans modification de substance, les dispositions qui figuraient auparavant à l’annexe XII du règlement (CE) no 1234/2007 du Conseil, du 22 octobre 2007, portant organisation commune des marchés dans le secteur agricole et dispositions spécifiques en ce qui concerne certains produits de ce secteur (règlement « OCM unique ») (JO 2007, L 299, p. 1), laquelle avait repris, sans modification de substance, les dispositions du règlement (CEE) no 1898/87 du Conseil, du 2 juillet 1987, concernant la protection de la dénomination du lait et des produits laitiers lors de leur commercialisation (JO 1987, L 182, p. 36).

La décision 2010/791/UE

10      Aux termes de son article 1er, la décision 2010/791/UE de la Commission, du 20 décembre 2010, établissant la liste des produits visés à l’annexe XII, point III 1, deuxième alinéa, du règlement no 1234/2007 du Conseil (JO 2010, L 336, p. 55), énumère, à son annexe I, les produits correspondant sur le territoire de l’Union aux produits visés à cette disposition.

11      Le considérant 3 de cette décision précise :

« Les États membres doivent communiquer à la Commission la liste indicative des produits qu’ils considèrent comme répondant, sur leur territoire, aux critères de l’exception […] Sur cette liste, il y a lieu d’énumérer les dénominations des produits en cause selon leur usage traditionnel dans les différentes langues de l’Union, dans le but de rendre ces dénominations utilisables dans tous les États membres, […] »

12      Conformément à l’article 230, paragraphe 1, premier alinéa, et paragraphe 2, du règlement no 1308/2013, le règlement no 1234/2007 a été abrogé par ce premier règlement et les références au règlement no 1234/2007 s’entendent comme faites au règlement no 1308/2013. La décision 2010/791 énumère donc désormais la liste des produits visés à l’annexe VII, partie III, point 5, second alinéa, de ce dernier règlement.

Le règlement no 1169/2011

13      L’article 17 du règlement no 1169/2011, intitulé « Dénomination de la denrée alimentaire », dispose, à son paragraphe 1 :

« La dénomination de la denrée alimentaire est sa dénomination légale. En l’absence d’une telle dénomination, la dénomination de la denrée est son nom usuel. À défaut d’un tel nom ou si celui-ci n’est pas utilisé, un nom descriptif est à indiquer. »

Le droit allemand

14      Le Gesetz gegen den unlauteren Wettbewerb (loi contre la concurrence déloyale), dans sa version applicable au litige au principal, dispose, à son article 3a :

« Quiconque enfreint une disposition légale destinée, notamment, à réglementer le comportement sur le marché dans l’intérêt des acteurs de celui-ci, commet un acte de concurrence déloyale dès lors que la violation est de nature à affecter sensiblement les intérêts de consommateurs, d’autres acteurs du marché ou de concurrents. »

Le litige au principal et les questions préjudicielles

15      Le VSW est une association allemande qui a notamment pour mission de lutter contre la concurrence déloyale. TofuTown est une société active dans la fabrication et la distribution d’aliments végétariens/végétaliens. Elle promeut et distribue en particulier des produits purement végétaux sous les dénominations « Soyatoo beurre de tofu », « fromage végétal », « Veggie-Cheese », « Cream », et d’autres dénominations similaires.

16      Le VSW, estimant que la promotion par TofuTown de ces produits purement végétaux enfreint les règles de concurrence, a introduit une action en cessation à l’encontre de cette société devant le Landgericht Trier (tribunal régional de Trèves, Allemagne), invoquant une violation de l’article 3a de la loi contre la concurrence déloyale, lu en combinaison avec l’annexe VII, partie III, points 1 et 2, et l’article 78 du règlement no 1308/2013.

17      TofuTown soutient, en revanche, que sa publicité pour les produits végétaux portant les dénominations en cause ne porte pas atteinte à ces dispositions du droit de l’Union, dès lors que, d’une part, la façon dont le consommateur comprend ces dénominations s’est considérablement modifiée ces dernières années et, d’autre part, elle n’utilise pas les dénominations telles que « beurre » ou « cream » de façon isolée, mais toujours en association avec des termes renvoyant à l’origine végétale des produits en cause, comme par exemple « beurre de tofu » ou « rice spray cream ».

18      La juridiction de renvoi se réfère à l’arrêt du 16 décembre 1999, UDL (C‑101/98, EU:C:1999:615), dans lequel la Cour a, en substance, jugé, que le règlement no 1898/87 s’opposait à l’utilisation de la dénomination « fromage » pour un produit laitier dans lequel la matière grasse du lait a été remplacée par de la matière grasse d’origine végétale, même si cette dénomination est complétée par des mentions descriptives. Néanmoins, elle s’interroge encore sur l’interprétation qu’il convient de donner à l’article 78 du règlement no 1308/2013, lu en combinaison avec l’annexe VII, partie III, points 1 et 2, de celui-ci, aux fins de trancher le litige dont elle est saisie.

19      Dans ces conditions, le Landgericht Trier (tribunal régional de Trèves) a décidé de surseoir à statuer et de poser à la Cour les questions préjudicielles suivantes :

« 1)      Peut-on interpréter l’article 78, paragraphe 2, du règlement no 1308/2013 en ce sens que les définitions, dénominations et dénominations de vente prévues à l’annexe VII ne doivent pas satisfaire aux exigences correspondantes définies à ladite annexe si ces définitions, dénominations et dénominations de vente sont complétées par des mentions explicatives ou descriptives (comme par exemple “beurre de tofu” pour un produit purement végétal) ?

2)      Convient-il de comprendre l’annexe VII, partie III, point 1, du règlement no 1308/2013 en ce sens que la dénomination “lait” est réservée exclusivement au produit de la sécrétion mammaire normale, obtenu par une ou plusieurs traites, sans aucune addition ni soustraction ou cette dénomination peut-elle être aussi utilisée pour la commercialisation de produits végétaux (végétaliens), le cas échéant par l’ajout de termes explicatifs tels que “lait de soja” ?

3)      Convient-il d’interpréter l’annexe VII, partie III, point 2, relative à l’article 78 du règlement no 1308/2013 en ce sens que les dénominations énumérées en détail au point 2, sous a), notamment le “lactosérum”, la “crème” [“Rahm” en langue allemande], le “beurre”, le “babeurre”, le “fromage”, le “yoghourt” ou le terme “chantilly” [“Sahne” en langue allemande] etc., sont réservées uniquement aux produits laitiers ou bien des produits purement végétaux/végétaliens, qui ont été fabriqués sans lait (animal), peuvent-ils également relever du champ d’application de l’annexe VII, partie III, point 2, du règlement no 1308/2013 ? »

Sur les questions préjudicielles

20      Par ses trois questions, qu’il convient d’examiner ensemble, la juridiction de renvoi demande, en substance, si l’article 78, paragraphe 2, et l’annexe VII, partie III, du règlement no 1308/2013 doivent être interprétés en ce sens qu’ils s’opposent à ce que la dénomination « lait » et les dénominations que ce règlement réserve uniquement aux produits laitiers soient utilisées pour désigner, lors de la commercialisation ou dans la publicité, un produit purement végétal, et ce même si ces dénominations sont complétées par des mentions explicatives ou descriptives indiquant l’origine végétale du produit en cause.

21      Aux termes de l’article 78, paragraphe 2, dudit règlement, les définitions, dénominations ou dénominations de vente prévues à l’annexe VII du même règlement ne peuvent être utilisées dans l’Union que pour la commercialisation d’un produit conforme aux exigences correspondantes définies à ladite annexe.

22      La partie III de cette annexe VII est relative au lait et aux produits laitiers. S’agissant du lait, cette partie III prévoit, à son point 1, premier alinéa, que la dénomination « lait » est « réservée exclusivement au produit de la sécrétion mammaire normale, obtenu par une ou plusieurs traites, sans aucune addition ni soustraction ». Le second alinéa de ce point précise toutefois, sous a), que la dénomination « lait » peut être utilisée pour « le lait ayant subi un traitement n’entraînant aucune modification de sa composition ou pour le lait dont […] la teneur en matière grasse [a été standardisée] » et, sous b), que cette dénomination peut être utilisée « conjointement avec un ou plusieurs termes pour désigner le type, la classe qualitative, l’origine et/ou l’utilisation envisagée du lait, ou pour décrire le traitement physique auquel il a été soumis ou les modifications qu’il a subies dans sa composition, à condition que ces modifications soient limitées à l’addition et/ou à la soustraction de ses constituants naturels ».

23      Il ressort ainsi clairement du libellé de ce point 1 que la dénomination « lait » ne saurait, en principe, être légalement utilisée pour désigner un produit purement végétal, le lait étant, au sens de cette disposition, un produit d’origine animale, ce qui ressort également de l’annexe VII, partie III, point 4, du règlement no 1308/2013, qui prévoit que, en ce qui concerne le lait, les espèces animales dont le lait provient sont spécifiées, s’il ne s’agit pas de l’espèce bovine, ainsi que de l’article 78, paragraphe 5, de ce règlement, qui habilite la Commission à adopter des actes délégués afin de préciser les produits laitiers pour lesquels sont indiquées les espèces animales dont provient le lait, s’il ne s’agit pas de l’espèce bovine.

24      Il ressort, en outre, de ce libellé que des mentions explicatives ou descriptives visant à indiquer l’origine végétale du produit concerné, telles que « de soja » ou « de tofu », en cause au principal, ne relèvent pas des termes pouvant être utilisés conjointement avec la dénomination « lait » en vertu dudit point 1, second alinéa, sous b), dès lors que les modifications de la composition du lait que des termes complémentaires peuvent désigner, en vertu de cette disposition, sont celles qui sont limitées à l’addition et/ou à la soustraction de ses constituants naturels, ce qui n’inclut pas un remplacement complet du lait par un produit purement végétal.

25      S’agissant des produits laitiers, l’annexe VII, partie III, point 2, du règlement no 1308/2013 énonce, à son premier alinéa, que les « produits laitiers » sont « les produits dérivés exclusivement du lait, étant entendu que des substances nécessaires pour leur fabrication peuvent être ajoutées, pourvu que ces substances ne soient pas utilisées en vue de remplacer, en tout ou partie, l’un quelconque des constituants du lait ». Le second alinéa de ce point précise, en outre, que sont réservées « uniquement aux produits laitiers », d’une part, les dénominations utilisées à tous les stades de la commercialisation et qui sont énumérées à cette disposition, sous a), ladite énumération incluant les dénominations « lactosérum », « crème », « beurre », « babeurre », « fromage » et « yoghourt », et, d’autre part, notamment, les dénominations au sens de l’article 17 du règlement no 1169/2011 « effectivement utilisées pour les produits laitiers ».

26      Il ressort ainsi du libellé de ce point 2 qu’un « produit laitier », étant dérivé exclusivement du lait, doit en contenir les constituants. À cet égard, la Cour a déjà jugé qu’un produit laitier dans lequel un constituant quelconque du lait a été remplacé, ne fût-ce que partiellement, ne peut pas être désigné par l’une des dénominations visées à l’annexe VII, partie III, point 2, second alinéa, sous a), du règlement no 1308/2013 (voir, en ce sens, arrêt du 16 décembre 1999, UDL, C‑101/98, EU:C:1999:615, points 20 à 22). Il en va a fortiori de même, en principe, pour un produit purement végétal, dès lors qu’un tel produit ne contient, par définition, aucun constituant du lait.

27      Par conséquent, les dénominations énumérées à l’annexe VII, partie III, point 2, second alinéa, sous a), dudit règlement, telles que « lactosérum », « crème », « beurre », « fromage » et « yoghourt », mentionnées par la juridiction de renvoi, ne peuvent, en principe, être légalement utilisées pour désigner un produit purement végétal.

28      Une interdiction identique s’impose, en vertu de l’annexe VII, partie III, point 2, second alinéa, sous b), du même règlement, pour les dénominations au sens de l’article 17 du règlement no 1169/2011 effectivement utilisées pour les produits laitiers. À cet égard, il convient de rappeler que, selon cet article 17, paragraphe 1, la dénomination de la denrée alimentaire est sa dénomination légale ou, en l’absence d’une telle dénomination, son nom usuel ou encore, à défaut d’un tel nom ou si celui-ci n’est pas utilisé, un nom descriptif.

29      Or, si le terme « Sahne », en langue allemande – que la juridiction de renvoi, dans sa demande de décision préjudicielle, a distingué du terme « Rahm », lequel figure à l’annexe VII, partie III, point 2, second alinéa, sous a), ii), du règlement no 1308/2013 –, à l’instar du terme « chantilly », en langue française, ne figure pas parmi les dénominations de produits laitiers énumérées à l’annexe VII, partie III, point 2, second alinéa, sous a), du règlement no 1308/2013, il demeure que ce terme désigne de la crème, qui peut être fouettée ou battue.

30      Il s’agit donc d’une dénomination au sens de l’article 17 du règlement no 1169/2011, effectivement utilisée pour un produit laitier. Par suite, ledit terme ne saurait, en principe, pas davantage être légalement utilisé pour désigner un produit purement végétal.

31      Quant à la pertinence éventuelle, aux fins d’apprécier la légalité de l’utilisation de la dénomination « lait » ou des dénominations réservées uniquement aux produits laitiers par le règlement no 1308/2013 pour désigner un produit purement végétal, de l’ajout de mentions explicatives ou descriptives indiquant l’origine végétale du produit en cause, telles que « de soja » ou « de tofu », mentionnées par la juridiction de renvoi, il convient de relever que l’annexe VII, partie III, point 3, de ce règlement prévoit que « [l]a dénomination “lait” et les dénominations utilisées pour désigner les produits laitiers peuvent également être employées conjointement avec un ou plusieurs termes pour désigner des produits composés dont aucun élément ne remplace ou [n’]est destiné à remplacer un constituant quelconque du lait et dont le lait ou un produit laitier est une partie essentielle, soit par sa quantité, soit par son effet caractérisant le produit ».

32      Ces conditions ne sont cependant pas remplies par des produits purement végétaux, de tels produits ne contenant ni lait ni produit laitier. Ledit point 3 ne saurait donc servir de fondement à une utilisation légale, pour désigner un produit purement végétal, de la dénomination « lait » ou des dénominations réservées uniquement aux produits laitiers de manière conjointe avec une ou plusieurs mentions explicatives ou descriptives indiquant l’origine végétale du produit en cause.

33      Par ailleurs, si, selon l’annexe VII, partie III, point 5, premier alinéa, du règlement no 1308/2013, les dénominations visées aux points 1, 2 et 3 de cette partie III ne peuvent être utilisées pour aucun autre produit que les produits qui y sont visés, le second alinéa de ce point 5 prévoit néanmoins que ce premier alinéa « n’est pas applicable à la dénomination des produits dont la nature exacte est connue en raison de l’usage traditionnel et/ou lorsque les dénominations sont clairement utilisées pour décrire une qualité caractéristique du produit ».

34      Or, la liste des produits visés par cette dernière disposition a, en application de l’article 121, sous b), i), du règlement no 1234/2007, devenu, en substance, l’article 91, premier alinéa, sous a), du règlement no 1308/2013, été arrêtée à l’annexe I de la décision 2010/791. Partant, seuls les produits énumérés dans cette annexe relèvent de l’exception prévue à ce second alinéa.

35      En l’occurrence, il convient de relever que cette liste ne contient pas de référence au soja ou au tofu.

36      De plus, si ladite liste mentionne, en langue française, le produit dénommé « crème de riz », elle ne mentionne pas, en langue anglaise, le produit dénommé « rice spray cream », indiqué par la juridiction de renvoi comme étant un des produits en cause au principal, ni même le produit dénommé « rice cream ». À cet égard, il importe de souligner qu’il ressort, en substance, du considérant 3 de la décision 2010/791 que, sur la liste que cette décision établit, figurent les produits qui ont été identifiés par les États membres comme répondant, sur leurs territoires respectifs, aux critères prévus par l’annexe VII, partie III, point 5, second alinéa, du règlement no 1308/2013 et que les dénominations des produits en cause sont énumérées selon leur usage traditionnel dans les différentes langues de l’Union. Partant, le fait que la dénomination « crème de riz », en langue française, a été reconnue comme répondant auxdits critères n’implique pas que la dénomination « rice cream » y réponde également.

37      Il y a lieu, en outre, de relever que, s’il ressort de ladite liste que l’utilisation, dans la dénomination d’un produit, du terme « cream » avec un terme complémentaire est permise dans certaines conditions, notamment pour désigner des boissons spiritueuses ou des potages, aucune de ces conditions ne paraît satisfaite par une dénomination telle que « rice spray cream », en cause au principal. De même, si l’utilisation du terme « creamed » avec la dénomination d’un produit végétal est permise, ce n’est que lorsque « le terme “creamed” désigne la texture caractéristique du produit ».

38      Il apparaît ainsi qu’aucun des produits mentionnés à titre d’exemple par la juridiction de renvoi ne figure sur ladite liste et que, par conséquent, aucune des dénominations que cette juridiction cite ne bénéficie de l’exception prévue à l’annexe VII, partie III, point 5, second alinéa, du règlement no 1308/2013, ce qu’il lui appartient néanmoins de vérifier s’agissant de chacun des produits en cause au principal.

39      Par ailleurs, l’article 78, paragraphe 3, du règlement no 1308/2013 prévoit que, pour répondre aux besoins avérés résultant d’une évolution de la demande des consommateurs, des progrès techniques ou du besoin en matière d’innovation, la Commission est habilitée à adopter des actes délégués en ce qui concerne les modifications, les dérogations ou les exemptions relatives aux définitions et dénominations de vente prévues à l’annexe VII de ce règlement. Un tel acte n’a cependant, à ce jour, pas été adopté par la Commission s’agissant des définitions et des dénominations de vente du lait et des produits laitiers.

40      Il découle de l’ensemble de ce qui précède que la dénomination « lait » et les dénominations réservées uniquement aux produits laitiers ne peuvent être légalement utilisées pour désigner un produit purement végétal, à moins que ce produit ne figure sur la liste établie à l’annexe I de la décision 2010/791, l’ajout de mentions descriptives ou explicatives indiquant l’origine végétale du produit en cause, telles que celles en cause au principal, étant sans influence sur une telle interdiction (voir, en ce sens, arrêt du 16 décembre 1999, UDL, C‑101/98, EU:C:1999:615, points 25 à 28).

41      Il ressort, en outre, d’une lecture combinée de l’article 78, paragraphe 2, et de l’annexe VII, partie III, point 6, premier alinéa, du règlement no 1308/2013 que cette interdiction vaut tant pour la commercialisation que pour la publicité.

42      Contrairement à ce que soutient TofuTown, l’interprétation exposée aux points 40 et 41 du présent arrêt est confortée par les objectifs dudit règlement et ne heurte ni le principe de proportionnalité ni le principe d’égalité de traitement.

43      Ainsi qu’il ressort des considérants 64 et 76 du même règlement, les objectifs poursuivis par les dispositions en cause consistent, en particulier, à améliorer les conditions économiques de production et de commercialisation ainsi que la qualité des produits dans l’intérêt des producteurs, des commerçants et des consommateurs, à protéger les consommateurs et à préserver les conditions de la concurrence. Or, ces dispositions, en ce qu’elles prévoient que seuls les produits conformes aux exigences qu’elles posent peuvent être désignés par la dénomination « lait » et les dénominations réservées uniquement aux produits laitiers, et cela même si ces dénominations sont complétées par des mentions explicatives ou descriptives telles que celles en cause au principal, contribuent à la réalisation de ces objectifs.

44      En effet, en l’absence d’une telle limitation, ces dénominations ne permettraient notamment plus d’identifier de manière certaine les produits présentant les caractéristiques particulières liées à la composition naturelle du lait animal, ce qui irait à l’encontre de la protection des consommateurs, du fait du risque de confusion qui serait créé. Cela irait également à l’encontre de l’objectif d’amélioration des conditions économiques de production et de commercialisation ainsi que de la qualité du « lait » et des « produits laitiers ».

45      S’agissant du principe de proportionnalité, il exige que les actes des institutions de l’Union soient aptes à réaliser les objectifs légitimes poursuivis par la réglementation en cause et ne dépassent pas les limites de ce qui est nécessaire à la réalisation de ces objectifs, étant entendu que, lorsqu’un choix s’offre entre plusieurs mesures appropriées, il convient de recourir à la moins contraignante et que les inconvénients causés ne doivent pas être démesurés par rapport aux buts visés (voir, en ce sens, arrêts du 16 décembre 1999, UDL, C‑101/98, EU:C:1999:615, point 30, ainsi que du 17 mars 2011, AJD Tuna, C‑221/09, EU:C:2011:153, point 79 et jurisprudence citée).

46      Le législateur de l’Union disposant, en matière de politique agricole commune, d’un large pouvoir d’appréciation, qui correspond aux responsabilités politiques que les articles 40 TFUE à 43 TFUE lui attribuent, seul le caractère manifestement inapproprié d’une mesure arrêtée dans ce domaine par rapport à l’objectif que l’institution compétente entend poursuivre peut affecter la légalité d’une telle mesure (voir, en ce sens, arrêts du 16 décembre 1999, UDL, C‑101/98, EU:C:1999:615, point 31, ainsi que du 17 octobre 2013, Schaible, C‑101/12, EU:C:2013:661, point 48).

47      En l’occurrence, ainsi que cela a déjà été relevé au point 43 du présent arrêt, les dispositions dont l’interprétation est demandée par la juridiction de renvoi visent à améliorer les conditions économiques de production et de commercialisation des produits concernés et leur qualité, à protéger les consommateurs ainsi qu’à préserver les conditions de la concurrence.

48      Or, le fait que la possibilité d’utiliser, lors de la commercialisation ou dans la publicité, la dénomination « lait » et les dénominations réservées uniquement aux produits laitiers ne soit offerte qu’aux seuls produits qui sont conformes aux exigences posées par l’annexe VII, partie III, du règlement no 1308/2013 garantit, notamment, aux producteurs desdits produits, des conditions de concurrence non faussées et, aux consommateurs de ceux-ci, que les produits désignés par lesdites dénominations répondent tous aux mêmes normes de qualité, tout en les protégeant contre toute confusion quant à la composition des produits qu’ils entendent acquérir. Les dispositions en cause sont donc aptes à réaliser ces objectifs. En outre, elles ne vont pas au-delà de ce qui est nécessaire pour les atteindre, l’ajout de mentions descriptives ou explicatives auxdites dénominations, pour désigner des produits ne répondant pas auxdites exigences, n’étant, ainsi que la Cour l’a déjà jugé, pas susceptible d’empêcher avec certitude tout risque de confusion dans l’esprit du consommateur. Par conséquent, les dispositions en cause ne méconnaissent pas le principe de proportionnalité (voir, en ce sens, arrêt du 16 décembre 1999, UDL, C‑101/98, EU:C:1999:615, points 32 à 34).

49      Quant au principe d’égalité de traitement, il exige que des situations comparables ne soient pas traitées de manière différente et que des situations différentes ne soient pas traitées de manière égale, à moins qu’un tel traitement ne soit objectivement justifié (arrêt du 6 décembre 2005, ABNA e.a., C‑453/03, C‑11/04, C‑12/04 et C‑194/04, EU:C:2005:741, point 63, ainsi que, en ce sens, arrêt du 30 juin 2016, Lidl, C‑134/15, EU:C:2016:498, point 46).

50      En l’occurrence, le fait que les producteurs de substituts végétariens ou végétaliens de la viande ou du poisson ne soient, selon TofuTown, pas soumis, en ce qui concerne l’utilisation de dénominations de vente, à des restrictions comparables à celles auxquelles les producteurs de substituts végétariens ou végétaliens du lait ou des produits laitiers sont soumis en vertu de l’annexe VII, partie III, du règlement no 1308/2013 ne saurait être considéré comme étant contraire au principe d’égalité de traitement.

51      En effet, chaque secteur de l’organisation commune des marchés pour les produits agricoles établie par ledit règlement comporte des spécificités qui lui sont propres. Par conséquent, la comparaison des mécanismes techniques utilisés pour la réglementation de différents secteurs de marché ne saurait constituer une base valable pour établir un grief d’inégalité de traitement entre des produits dissemblables soumis à des règles différentes (voir, en ce sens, arrêts du 28 octobre 1982, Lion e.a., 292/81 et 293/81, EU:C:1982:375, point 24, ainsi que du 30 juin 2016, Lidl, C‑134/15, EU:C:2016:498, point 49). Or, le lait et les produits laitiers relèvent d’un secteur différent de ceux des différents types de viandes ainsi que du secteur des produits de la pêche, lesquels relèvent même d’une autre organisation commune des marchés.

52      Eu égard à l’ensemble des considérations qui précèdent, il convient de répondre aux questions posées que l’article 78, paragraphe 2, et l’annexe VII, partie III, du règlement no 1308/2013 doivent être interprétés en ce sens qu’ils s’opposent à ce que la dénomination « lait » et les dénominations que ce règlement réserve uniquement aux produits laitiers soient utilisées pour désigner, lors de la commercialisation ou dans la publicité, un produit purement végétal, et ce même si ces dénominations sont complétées par des mentions explicatives ou descriptives indiquant l’origine végétale du produit en cause, sauf si ce produit est énuméré à l’annexe I de la décision 2010/791.

Sur les dépens

53      La procédure revêtant, à l’égard des parties au principal, le caractère d’un incident soulevé devant la juridiction de renvoi, il appartient à celle-ci de statuer sur les dépens. Les frais exposés pour soumettre des observations à la Cour, autres que ceux desdites parties, ne peuvent faire l’objet d’un remboursement.

Par ces motifs, la Cour (septième chambre) dit pour droit :

L’article 78, paragraphe 2, et l’annexe VII, partie III, du règlement (UE) no 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 17 décembre 2013, portant organisation commune des marchés des produits agricoles et abrogeant les règlements (CEE) no 922/72, (CEE) no 234/79, (CE) no 1037/2001 et (CE) no 1234/2007 du Conseil, doivent être interprétés en ce sens qu’ils s’opposent à ce que la dénomination « lait » et les dénominations que ce règlement réserve uniquement aux produits laitiers soient utilisées pour désigner, lors de la commercialisation ou dans la publicité, un produit purement végétal, et ce même si ces dénominations sont complétées par des mentions explicatives ou descriptives indiquant l’origine végétale du produit en cause, sauf si ce produit est énuméré à l’annexe I de la décision 2010/791/UE de la Commission, du 20 décembre 2010, établissant la liste des produits visés à l’annexe XII, point III 1, deuxième alinéa, du règlement no 1234/2007 du Conseil.

Signatures

Bilan de l’ICAD sur les animaux perdus en 2016

L’ICAD – pour « Identification des carnivores domestiques », un organisme ministériel – a publié deux infographies qui sont très intéressants à connaître.

Il s’agit en effet du bilan annuel, pour l’année 2016, des animaux perdus trouvés en France. Il faut relativiser ce bilan, ou plus exactement en voir les limites : ne sont concernés que les animaux identifiés, à savoir les chats, les chiens, les furets.

Ce qui signifie que ce bilan rate au moins la moitié des animaux perdus dans sa comptabilisation…

Mais il est à vraiment à connaître pour qui s’intéresse à la cause animale.

Le PDF de l’infographie est disponible ici, tandis que là on trouvera en plus un panorama par départements.

Cela est ici très utile bien entendu pour le travail local.

Bure : lettre ouverte d’associations à Nicolas Hulot

Avec son succès électoral, Emmanuel Macron va avoir une très large majorité parlementaire. Que faut-il alors attendre de Nicolas Hulot, qui est son ministre ?

De notre avis, rien du tout, mais ce n’est pas l’avis de bon nombre d’associations, qui ont publié une lettre ouverte pour le faire « vaciller » du bon côté au sujet du projet d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure…

Monsieur le ministre, vous avez déclaré le 12 novembre 2011, à la suite de la catastrophe de Fukushima, que « le propre d’un accident nucléaire, c’est d’être inestimable dans le temps et dans l’espace. Et là s’arrête le risque acceptable dès lors que l’on ne maîtrise ni ne mesure plus ses conséquences ». Nous partageons totalement votre constat.

Vous êtes ministre à présent. Des spécialistes vous assureront que les déchets [1] produits par l’industrie nucléaire seront bien gérés.

Si, comme vos prédécesseurs, vous n’écoutez qu’une seule voix, celle des acteurs du nucléaire, la seule ayant accès à votre cabinet, qui affirme que le stockage nucléaire en grande profondeur est une solution, alors vous vous tromperez gravement.

Vous pourriez apposer un blanc-seing sur un projet comportant lui aussi, comme l’accident nucléaire de Fukushima, des « risques non acceptables, parce que personne ne maîtrise ni ne mesure les conséquences » de l’énorme complexe Cigéo, projet d’enfouissement des déchets nucléaires, qui sacrifie non seulement un territoire, mais menace durablement le pays tout entier et les centaines de générations à venir.

Contrairement à ce que vous affirmera l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), elle ne sera jamais prête, bien qu’affichant des certitudes de façade.

Donner prochainement le feu vert à Cigéo, c’est engager le pays de façon irréversible dans un chantier titanesque dont nul ne pourra prétendre maîtriser les risques.

Des experts indépendants l’ont prouvé de manière irréfutable. Confiner une telle masse de déchets radioactifs à moins 500 mètres sous terre peut mener à des explosions souterraines liées à la nature de certains déchets. Un incendie en grande profondeur serait ingérable.

La contamination de nappes phréatiques serait inévitable, car la radioactivité s’échappera un jour des colis de confinement. Dans tous les cas, des rejets aériens massifs de gaz radioactifs sont assurés, sans parler de la multiplication de transports nucléaires à haut risque pendant plus d’un siècle.

La pièce maîtresse d’un énorme mensonge

Contrairement à ce que vous affirmeront certains parlementaires, l’opinion publique n’accepte pas Cigéo, malgré les mesures déployées : efforts financiers considérables, promesses de développement local, impasse systématique sur les dangers réels ou encore processus de concertation truqué. Tout est plaqué, brutalement, sans aucun choix possible.

Depuis 30 ans, sur plus de 25 sites explorés en France, des milliers de gens ont refusé de servir de caution, de cobayes ou de fusibles. Presque partout, ils ont mené à l’échec toutes les tentatives d’implantation. L’ampleur inédite de cette opposition doit peser dans la balance des décisions.

N’avez-vous pas déclaré aussi, sur i-Télé, en 2016 : « Ces déchets, il faut bien en faire quelque chose, mais, en tout cas, on ne peut pas imposer comme ça [ce projet] à des populations locales, sous prétexte qu’[elles] sont dans des endroits un peu éloignés (…), sans concertation, sans transparence. »

Le seul « laboratoire de recherche géologique » finalement installé à Bure est la pièce maîtresse d’un énorme mensonge : la filière électronucléaire serait propre, gérable et peu coûteuse, alors qu’elle est au bord du gouffre.

Les pouvoirs publics savent que le stockage géologique est un mythe dangereux qui ne résout rien. Argument de vente pour de nouveaux réacteurs nucléaires, il tente de masquer une impasse phénoménale.

En 2018, le gouvernement pourrait être amené à signer une « phase industrielle pilote » : cette fausse phase de « test grandeur nature » masque un feu vert irréversible au chantier qui engloutirait les 5 milliards d’euros provisionnés à ce jour.

Trouver les 30 à 40 milliards suivants, nécessaires au fonctionnement du stockage, resterait à la charge de nos enfants et arrière-petits-enfants. N’avez-vous pas dit ce 12 novembre 2011 : « Dans la même veine, ignorer la durée de vie et la dangerosité à très long terme des déchets est incompatible avec la notion première du développement durable, puisque c’est une délégation de risque aux générations futures. »

Votre conscience d’homme public soucieux de la préservation de la planète vous engage à agir : il faut mettre fin à cette politique énergétique irresponsable, mettre au centre de la table les erreurs passées, assumer ce passif et ne pas alourdir la dette.

Une situation conflictuelle alarmante

Des centaines d’habitant.e.s refusent d’être condamnés à vivre, à respirer et à survivre sur la plus grande « poubelle atomique » d’Europe. Ne soyez pas sourd comme tant d’autres à la multitude de signaux d’alerte obstinément envoyés aux décideurs — dont vous faites à présent partie — par des personnes de tous âges, en lutte pied à pied dans le bois Lejuc depuis juin 2016, où l’Andra a tenté de commencer les travaux préparatoires de Cigéo en toute illégalité.

Ces militants, qu’on appelle « les hiboux de Bure », ont choisi d’y résider, parfois dans les arbres pour mieux les protéger, faisant preuve d’un incroyable courage qui en dit long sur leur détermination. L’opposition ne cesse de s’amplifier localement et nationalement.

Des pays voisins s’inquiètent. En Meuse et en Haute-Marne, le climat de répression s’intensifie, cherchant à détruire toute cohésion sociale. Cautionnerez-vous une situation conflictuelle alarmante en prenant le risque de la voir s’aggraver ?

La cession du bois Lejuc à l’Andra est au centre d’une controverse largement médiatisée depuis un an. Est-il moralement acceptable de faire porter un tel fardeau aux onze conseillers municipaux de Mandres-en-Barrois, sommés d’abandonner leur forêt communale ?

Savent-ils qu’ils engagent la destruction inévitable de tout un territoire de vie en ouvrant la porte à un inconnu menaçant l’humanité ?

Et que penser des soupçons de conflits d’intérêts affectant un certain nombre de conseillers municipaux du fait de leurs liens avec l’Andra, comme le met en exergue un nouveau recours juridique déposé le 22 mai 2017 par pas moins de 35 habitant-es ?

Face à cette situation d’urgence et réaffirmant une opposition totale au principe de l’enfouissement des déchets nucléaires, nous demandons instamment :

  • que le gouvernement ne tente aucune évacuation du bois Lejuc à Mandres-en-Barrois, occupé par les opposants depuis presque un an, sous peine de voir la situation de tension actuelle s’aggraver ;

  • que le gouvernement reçoive les scientifiques et associations qui depuis plus 20 ans ont recueilli les éléments d’approfondissement du dossier Cigéo révélant les risques et qui veulent, au nom de l’intérêt général, apporter leur éclairage (vous avez déclaré récemment, au JDD : « Je connais ce dossier, mais je veux l’étudier davantage. ») ;

  • que le gouvernement stoppe tout projet d’enfouissement profond des déchets radioactifs ;

  • que le gouvernement engage en urgence la remise à plat de l’ensemble de la politique énergétique du pays. La sortie du nucléaire est impérative et ne doit pas être repoussée aux décennies à venir, il en va de la survie de l’humanité. Le passage aux énergies renouvelables et économies d’énergie, à des techniques créatrices d’emploi et autrement plus soutenables et novatrices, fait partie des demandes qui doivent aboutir au plus vite.

Les auteurs de la lettre sont : les opposant-es d’ici et d’ailleurs, des habitant-es de Mandres-en-Barrois, les associations Burestop 55, Bure zone libre, Asodedra, Cedra 52, Eodra, les habitants Vigilants de Gondrecourt le Château, les habitants Vigilants de Void-Vacon, Meuse nature environnement, Mirabel Lorraine environnement.

Les soutiens sont les suivants : Attac France, Agir pour l’environnement, Réseau « Sortir du nucléaire », Confédération paysanne, Novissen (1000 vaches), FNE Grand-Est, Sortir du nucléaire Moselle, SDN 89, Collectif Sortir du nucléaire 79, STOP EPR ni à Penly ni ailleurs, Collectif Halte au nucléaire du Gard, Action des citoyens pour le désarmement nucléaire (ACDN), Auxilia conseil en transition, Association pour la restauration et la Protection de l’environnement naturel du Tonnerrois, Adeny-Association de défense de l’environnement et de la nature de l’Yonne, MAN Nancy, Confédération paysanne des Vosges, Confédération paysanne de Meuse, Association A.P.P.E.L.S (55), Attac 55, Association Vie Environnement Respect Nature (Avern), Cade (Collectif des Associations de défense de l’environnement Pays basque et Sud des Landes), Collectif les Dindons de la farce, Droit au soleil, Effet de serre toi-même, Collectif Non au gaz de schiste du canton de Fayence, Association Artisance, Association Gecnal de Sarreguemines (57), Union syndicale solidaires, Syndicats des travailleurs du rail SUD-Rail, Cyber@cteurs, collectif Stop gaz de schiste Anduze, Collectif citoyen de Pézenas, Castelnau et Guers, Collectif du Céressou, Collectif de Campagnan-Saint-Pargoire (contre le Linky), Eco’lectif de Gignac.

xReignx : Proclamation

Voici les paroles d’un groupe américain de San Diego, xReignx. La chanson s’intitule « Proclamation » et formule le refus de capituler, de maintenir le cap de la morale vegan straight edge.

Il s’agit ici de la quatrième chanson.

I refuse to surrender to comfort and docile conformity
Je refuse de me soumettre au confort et à la conformité docile

Social engineering. normalized violence.
profits prioritized over personal and collective well-being.
L’ingénierie sociale. La violence normalisée.
Les profits prioritaires sur le bien-être personnel et collectif.

It’s more than a personal choice
or some pious notion of purity
This is my uncompromising stance
An adamant opposition to your tradition of enslavement
C’est davantage qu’un choix personnel
ou qu’une notion pieuse de pureté

C’est mon point de vue intransigeant
Une opposition inflexible à votre tradition d’asservissement

I deny you validation.
I deny you my life
Je vous dénie toute validité.
Je vous dénie ma vie.

I don’t want escape.
i don’t want pacification.
i want to burn your whole fucking world down.
burn it down
Je ne veux pas m’échapper.
Je ne veux pas de pacification.
Je veux brûler jusqu’aux fondations votre horrible monde.
Le brûler jusqu’aux fondations.

Straight edge
Straight edge

To you it’s a joke.
you wait for the day i fall
and give in to the misery and consumption
that suffocates life
Pour toi c’est une plaisanterie
tu attends le jour où je tombe
Et où je plonge dans la détresse et la consommation
qui fait suffoquer la vie

But i could never sell out
that which means so much to me
I will never break
Mais je ne pourrai jamais trahir
ce qui signifie tellement pour moi
Je ne capitulerai jamais

I will never break
We will never break
Je ne capitulerai jamais
Nous ne capitulerons jamais

Des élections législatives sans lisibilité du côté écologiste

Les élections législatives se sont déroulées hier et il est arrivé une chose assez étrange : nous avons reçu de très nombreux mails à ce sujet.

Des gens, des journalistes, des institutions mêmes, nous ont pris pour tel ou tel parti politique se revendiquant de l’écologie.

Tel électeur dit avoir voté mais attend plus, telle électrice demande pourquoi il n’y avait pas de bulletin dans l’enveloppe qu’elle a reçu, telle autre s’étonne de l’absence de candidat.

Tel journaliste d’une grande chaîne de télévision demande une photo de tel candidat, telle chambre de commerce et d’industrie propose d’envoyer une plaquette à tous les candidats, tel quotidien régional de grande importance demande les coordonnées de tel candidat (il y a plusieurs cas).

Il y a même eu une société s’occupant, selon ce qu’elle dit, de la mise sous enveloppe des circulaires et bulletins de vote pour les élections législatives….

Le fait de recevoir des mails étranges n’est pas nouveau : LTD est très lu et de ce fait, il y a aussi beaucoup de gens lisant de travers. Cela est même allé jusqu’à quelqu’un proposant de rejoindre un collectif « écologiste » du Front National : en fait, il y a un article qui critiquait ce collectif, et la personne a mal lu… ne l’a pas vraiment lu… C’est difficile à dire.

Mais apparemment il en va de même pour les journalistes. En fait, c’est aussi un problème de lisibilité, beaucoup de gens ne percevant pas trop ce qu’est LTD. Un courant d’idées, un groupe, des gens en réseaux, un média donnant un point de vue quotidien, un activisme culturel, un centre de références pour des gens « vénérant » la Nature ?

C’est sans nul doute un peu de tout cela et cela pose problème à des gens habitués à une perspective très utilitaire, que ce soit avec des associations (où les dirigeants aiment particulièrement à se mettre en avant, même si c’est une coquille vide parfois) ou des petits partis politiques.

Si d’ailleurs ceux-ci se présentent, c’est pour une raison simple : s’il y a des candidats ayant obtenu chacun au moins 1% des suffrages exprimés dans au moins 50 circonscriptions, cela donne alors 1,42 euros par voix obtenue chaque année d’ici les prochaines élections.

Francetvinfo cite ici un spécialiste de la question soulignant ce qui en découle :

« Pour René Dosière, spécialiste du financement des partis, ces détournements sont « faciles ». « Dans ma circonscription – 70 000 électeurs et 40% d’abstention en général – 1% ça fait 420 voix. Si vous avez un nom correct, que vous mettez en avant la nature, la protection des animaux, etc, 400 voix ce n’est pas compliqué à obtenir », estime-t-il sur franceinfo, dénonçant une porte ouverte à « la tricherie et à l’escroquerie vis à vis des fonds publics ». »

Or, c’est évidemment impossible à prouver. N’importe qui peut se cacher derrière une sincérité apparente…

Après, on est libre de trouver certaines approches ridicules et peu sérieuses. Quand une candidate, comme le raconte la Montagne, investit 13 euros dans sa campagne électorale, c’est vraiment qu’elle sert de faire-valoir et ne compte avoir aucune influence…

Cette candidate creusoise de 48 ans ne fait pas partie  des « notables ».  Et pour cause : la candidate de l’Alliance écologique indépendante est actuellement demandeuse d’emploi : « J’ai dû cesser mon activité de commerçante en produits bio. J’étais en auto-entreprise et j’ai fini avec un bilan négatif. Je me retrouve avec des dettes et au RSA », explique  cette habitante de Saint-Saint-Sébastien.

Cécile Pinault  espère se reconvertir et  va suivre des formations, mais sa situation  matériellement précaire ne lui fait pas renoncer à la défense de ses idées. Installée en Creuse depuis 2010, elle a connu à Nice  Jean-Marc Governatori,  qui a su la convaincre. Ce chef d’entreprise niçois  a lancé plusieurs micro-partis et alliances, principalement d’inspiration écologique, depuis 1997 :  les résultats électoraux de ces formations sont restés confidentiels lors des différentes échéances électorales nationales ( sauf lors des dernières élections régionales en PACA).  Cela dit, l’ Alliance écologique indépendante se maintient sur la durée.

Cécile Pinault était déjà suppléante pour ce parti en Creuse en 2012 : avec le titulaire, Felix Crespo, ils avaient glané 363 voix ( 0,6%).

Avec un certain fatalisme teinté  d’humour , la candidate annonce qu’elle a investi davantage cette année dans la campagne  : « En 2012, j’avais collé mes affiches sur les panneaux électoraux avec un rouleau d’adhésif, cette fois-ci, j’ai acheté un pinceau et de la colle » Ses frais de campagne ne sont pas trop durs à chiffrer : « 8 euros pour la colle, 5 euros pour le pinceau ».

Cette candidate super sobre et qui applique en quelque sorte les principes de la  « décroissance »  à la politique ne va pas se ruiner non plus en carburant : « L’alliance écologique indépendante ne m’a envoyé qu’une quinzaine d’affiches. Je les ai collées sur ma commune, Saint-Sébastien, à la Souterraine, Dun-le-Palestel et Guéret ».

Ou bien, lorsque le « parti animaliste » utilise un chat sur son affiche, on voit bien qu’il s’agit de jouer sur les émotions, de manière éminemment grossière… Le minou est sympa, allez on vote pour lui: telle est la réaction attendue.

C’est le problème avec l’écologie et la défense des animaux. Il y a eaucoup d’émotion, aucune perspective sociale, énormément de sincérité, mais des éléments hyper-carriéristes…

Et comme la situation est dramatique, il y a beaucoup de tension, de nervosité, et il est facile pour les hyper-carriéristes de s’imposer en présentant apporter des solutions, une perspective, etc.

De plus, tout le monde aime la Nature et les animaux : c’est l’avantage et le désavantage, et pour l’instant c’est ce dernier aspect qui l’emporte, car cela bloque la bataille du contenu.

Et cela dessert la cause, car sans changement de fond en comble, les animaux resteront forcément victimes de l’exploitation animale, la Nature sera forcément victime de la course au profit…

Ce qu’il faut, c’est une morale stricte, une culture entièrement tournée vers la Nature, un engagement à toutes épreuves.

Encore une tribune pro-cannabis dans Libération

La pression en faveur du cannabis ne cesse pas. C’est logique : la pression ultra-individualiste est toujours plus forte, appelant chaque personne à se concevoir comme une sorte d’entité entièrement dépendante de tout, vivant à l’écart, étant auto-suffisante.

Le cannabis profite de cet engouement pour le « choix » individuel, le culte du « libre-arbitre », c’est-à-dire le refus d’une vie naturelle, hors de tout culte de son ego.

Le titre de la tribune publiée dans Libération, « Oser la régulation du cannabis », révèle bien sûr le fond de la démarche : ce serait pour « gérer » le cannabis qu’il faudrait le légaliser.

Les auteurs, Pierre-Yves Geoffard qui est professeur à l’Ecole d’économie de Paris et directeur d’études à l’EHESS, Jean-Pierre Couteron, président de la Fédération Addiction, développent l’argumentaire classique et hypocrite de ceux qui veulent capituler devant le cannabis.

On ne pourrait pas bloquer la consommation du cannabis, ni la faire reculer ; on gagnerait des moyens financiers à le légaliser.

C’est le masque de l’ultra-individualisme, du refus de la Nature, de la capitulation devant la fuite dans les paradis artificiels, par incapacité à apprécier la vie naturelle.

Les drogues ne sont pas des produits ordinaires : modifiant l’état de conscience, pouvant entraîner des situations de dépendance chez certains usagers, leur consommation comme leur production sont le plus souvent strictement encadrées par la loi.

Mais les modalités de l’encadrement varient beaucoup d’un pays à l’autre, et s’adaptent aussi aux différentes drogues et à des modes de consommation qui évoluent eux-mêmes rapidement.

A l’heure où le nouveau président de la République a évoqué son désir de restaurer dans notre pays un esprit de conquête, où il oppose «les conservateurs passéistes qui proposent au Français de revenir à un ordre ancien et les progressistes réformateurs qui croient que le destin français est d’embrasser la modernité», il est temps de faire évoluer radicalement la politique française des addictions.

Ne pas voir que la production, le commerce, l’offre et les fonctions ont profondément changé nous condamnerait à poursuivre l’échec d’une politique de prohibition ouverte dans les années 70.

Cet échec est chiffré et documenté : l’augmentation des usages, la diversification des substances, la multiplication des personnes qui en consomment, une politique pénale inégalitaire et qui cible des populations plus que d’autres, un coût budgétaire énorme.

Echec et fausses évidences

Cet échec a aussi impacté les pratiques professionnelles, les enfermant dans le piège d’addictions pensées exclusivement comme un délit où une maladie.

La prévention a été réduite à agiter la peur, celle de la sanction ou celle de la maladie, oubliant l’éducation et la réduction des risques.

Enfin, la prohibition a aussi enfermé l’opinion publique dans de fausses évidences: aujourd’hui encore, la crainte de trop de nos concitoyens est que la non pénalisation de l’usage soit un retrait de l’Etat aggravant le vide et l’absence de repères.

La grande banalisation de l’offre d’alcool, encore plus depuis le récent nouvel assouplissement de la loi Evin, renforce dangereusement l’écart de perception entre les drogues illicites, dont le cannabis, et l’alcool, dont les risques d’abus sont encore trop sous-estimés.

Le ministre de l’Intérieur a annoncé la mise en œuvre d’ici trois mois d’une réponse par la contravention aux faits d’usage de cannabis.

Présentée comme une volonté d’alléger le travail des forces de police, on ignore encore quasiment tout des aspects pratiques de cette mesure : quelles seront les mesures d’accompagnement des consommateurs les plus en difficultés et les plus vulnérables ?

Comment ne pas accentuer la pression judiciaire sur des personnes dont l’usage ne nuit pourtant pas fondamentalement à l’ordre public ?

Avec cette mesure, le statut pénal de la sanction serait certes changé, mais les problèmes sociaux posés par la circulation du cannabis resteront entiers tant que la production et la distribution resteront clandestines, soumises au règne de réseaux criminels qui détruisent tant de quartiers.

Pour une approche économique du problème

Il ne s’agit donc pas de toiletter et simplifier les pratiques policières, mais de réformer une politique qui a échoué.

Un soutien aux familles en déployant enfin les différents programmes de développement des compétences psychosociales dont l’utilité a été largement prouvée, une diversification de l’accompagnement des personnes qui consomment, par l’approche d’intervention précoce qui a commencé à remporter de vrais succès dans les Consultation jeunes consommateurs, en instaurant un accès au cannabis thérapeutique et une politique de réduction des risques validée.

Tout cela est prêt, tout cela peut être accentué. Mais pour que la mutation soit complète, il faut instaurer une vraie politique de régulation du cannabis.

Ce qui se prépare dans d’autres pays, à l’instar du Canada, de la Californie et qui prévaut déjà dans de nombreux Etats américains comme le Colorado, doit être possible en France.

Définir les conditions de circulation de ces produits, leurs modalités de vente et d’achat, et donner à l’Etat les moyens d’une intervention plus équilibrée sur l’ensemble des opérations permettraient une approche économique des problèmes.

La production de cannabis pourrait tout à fait être réalisée sur le territoire français, métropolitain ou ultramarin, créant ainsi des dizaines de milliers d’emplois.

La distribution pourrait être encadrée, ce qui permettrait de restreindre l’accès aux mineurs plus efficacement qu’aujourd’hui, et de mieux détecter les usagers problématiques pour les aiguiller vers une prise en charge sanitaire adaptée.

La légalisation encadrée permettrait également de mettre en place des droits d’accise spécifiques, à l’instar du tabac et de l’alcool.

Au vu du volume actuel de la demande, ce sont plusieurs milliards d’euros qui alimenteraient les caisses de Sécurité sociale, au lieu de nourrir des réseaux criminels.

Vague de codéine dans la jeunesse française

Plus le temps passe, plus la nécessité d’une vague straight edge est totalement nécessaire. La vague de codéine dans la jeunesse française actuellement est une de ces preuves.

Les médias, hier, ont publié toute une série de différents articles sur la codéine. Cela doit aussi beaucoup à une initiative de Christelle Cebo, qui a malheureusement perdu sa fille en raison d’une overdose ; elle est morte au bout de dix jours de coma.

Cette mère courage a réalisé une pétition expliquant la situation, la manière dont la jeunesse détourne les médicaments pour les transformer en drogues.

Il faut noter, même si ici c’est secondaire, que cette personne participe à l’exploitation animale, en tant que docteure en biologie à l’INRA; elle est spécialisée dans le lait de vache.

Nous vous engageons à diffuser l’information, à soutenir l’initiative : il faut empêcher la codéine de tomber aussi simplement dans les mains de la jeunesse!

Médicaments avec codéine : interdisons la vente libre de la nouvelle drogue des ados

Chers parents,

Savez-vous qu’en pharmacie, votre ado peut acheter en toute légalité et à un petit prix une DROGUE qui peut le tuer en une seule prise d’un arrêt cardio-respiratoire ?

Et si votre ado ne sait pas comment faire, pas de problème ! Il trouvera toutes les informations sur Internet !

D’abord, sans aucune ordonnance médicale, il ira acheter plusieurs boîtes de médicaments anti-douleur à base de codéine (codoliprane, Klipal Codéiné, Algicalm…) si possible dans plusieurs pharmacies pour ne pas risquer d’éveiller les soupçons éventuels de pharmaciens consciencieux.

Ensuite, il écrasera bien les comprimés et les mélangera à de l’eau froide.

Enfin, il filtrera le mélange avec un simple filtre à café, et il récupérera l’extrait pur de codéine concentré.

Votre ado est prêt pour le grand saut !

Sur le net, on vous conseille quand même de mélanger la codéine pure à du Sprite pour que cela soit moins amer, à un antihistaminique pour éviter démangeaisons et vomissements dus à la codéine, et à un colorant violet, pour que ce soit plus « fun » (« Purple Drank », « Syzzurp »  ou « Lean ») ….

Notre fille, Pauline, 16 ans, est décédée le 2 mai 2017 après 10 jours de coma, conséquence d’une overdose aux opiacés après ingestion de comprimés anti-douleur à base de codéine.

Dix jours de coma, dix jours à voir le corps de notre fille pris de tremblements, de soubresauts, de hoquets incontrôlés de tout son fragile petit corps- des myoclonies, terme médical et certitude que son cerveau avait été irrémédiablement détruit par l’absence d’apport d’oxygène suite à la dépression respiratoire provoquée par la codéine…

Dix jours de bruits insupportables de machines, de bip en tous genres, à vous faire siffler les oreilles quand d’aventure vous rentriez chez vous prendre une douche et dormir quelques heures …dix jours d’espoir, pour finalement entendre: « Madame, la décision médicale a été prise, le cerveau de Pauline est irrémédiablement détruit, dites-nous QUAND arrêter l’assistance respiratoire de votre fille »…

Comment accepter que Pauline, une jolie jeune fille de 16 ans, brillante (elle était en 1ère S et voulait faire médecine..), pleine d’esprit, et éprise de sports extrêmes puisse MOURIR aussi stupidement après avoir acheté LIBREMENT en pharmacie des médicaments à base d’opiacés et avoir suivi les « conseils » de quelques internautes irresponsables…

Pauline laisse derrière elle des parents, des petites sœurs aimées, des amis effondrés de douleur …

La codéine (ou méthylmorphine) est un opiacé, une molécule de la même famille que la MORPHINE ou l’HEROINE.

Elle est utilisée à visée antalgique (CODOLIPRANE,  KLIPAL CODEINE, DAFALGAN CODEINE, LINDILANE, et comme antitussif (NEO-CODION, EUPHON, THIOPECTOL…), mais c’est aussi un médicament détourné de son usage bien connu par les utilisateurs de DROGUES pour ses propriétés opiacés en auto-substitution de l’héroïne, mais aussi désormais en usage récréatif pour les adolescents en quête de sensations.

Contrairement à la morphine, la codéine N’EST PAS classée comme stupéfiant.

Certains pays comme l’ALLEMAGNE, les ETATS-UNIS, le JAPON, et l’AUSTRALIE viennent de promulguer une nouvelle loi d’interdiction la vente de codéine sans ordonnance afin de prévenir les dérives d’utilisation de ce médicament antidouleur en particulier par des adolescents en quête de sensations fortes lors de soirées alcoolisées (1444 décès en Australie dus à des overdoses de codéine entre 2000 et 2013).

EN FRANCE, LA CODÉINE EST EN VENTE LIBRE EN PHARMACIE, sans ordonnance médicale, et pour moins de 2 euros.

Des trafics de médicaments à base de codéine et des initiations à leur utilisation se répandent dans les établissements scolaires, en particulier dans les lycées.

-STOP à l’HYPOCRISIE DES LABORATOIRES PHARMACEUTIQUES qui pour des raisons financières, ferment les yeux sur les dérives liées à ces médicaments,

– STOP à l’HYPOCRISIE DES POUVOIRS PUBLICS qui sont trop heureux de trouver là une solution aux « salles de shoot », polémiques et coûteuses,

– STOP à l’INCONSCIENCE DE CERTAINS PHARMACIENS qui sont davantage des commerçants que des professionnels de santé…

PROTÉGEONS NOS ENFANTS.

INTERDISONS EN FRANCE LA VENTE DE CODÉINE SANS ORDONNANCE.

SIGNEZ LA PÉTITION !!!

Progression des réseaux zoophiles

Les gens qui s’imaginent qu’il y a un progrès de la cause animale se trompent. Au contraire, toutes les valeurs s’effondrant en général, la tendance est à toujours plus de catastrophe.

Ce n’est d’ailleurs pas parce qu’une infime minorité commence à prendre conscience de quelque chose que cela provoquera un mouvement général.

Nous vivons une époque toujours plus décadente et nombre de vegans le sont uniquement à la carte, esprit libéral oblige. L’époque est au « je fais ce que je veux » général.

Le Canard enchaîné de cette semaine « balance » d’ailleurs une information concernant la progression des réseaux pédophiles. Cet hebdomadaire a une sorte de fonction de « sas » pour les grands fonctionnaires : c’est en ce sens qu’il faut comprendre l’article, se terminant justement par une « indication » à prendre en compte le phénomène.

Le phénomène décrit est indéniablement un signe de profonde décadence et il est terrifiant ; il doit faire prendre conscience de ce qui se passe, de la tendance toujours plus horrible qui se développe.

Des animaux appâts de pêche achetés pour être libérés

C’est une information assez particulière, qui ne peut que déclencher une certaine sympathie, même si en fait il y a à l’arrière-plan une sous-estimation des capacités de l’exploitation animale.

En Dordogne, des gens achètent des appâts pour la pêche et les libèrent. Voici comment Sud Ouest, qui a enquêté à ce sujet, raconte ce qui se passe :

« Ils ont acheté tous les vers de terre et petits poissons. Cela fait 700 poissons et une cinquantaine de boîtes de vers de terre », confirme le responsable du rayon pêche du magasin [Décathlon à Boulazac].

Chaque boîte coûte 2 euros. Ils ont pris les 50 qui se trouvaient en stocks. Quant aux poissons, ils en ont embarqué 700, à 40 centimes pièce.

Après un rapide calcul, ce sont donc près de 400 euros que ce groupe, sans revendication apparente, a dépensés ce jour-là pour relâcher ensuite les petites bêtes dans la nature.

Les vendeurs de Décathlon, comme de Jaumouillé, le magasin Périgord Chasse Pêche, installé à Boulazac et Marsac-sur-l’Isle, sont formels.

Une fois le passage à la caisse terminé, leurs étranges clients se dirigent vers les bords de l’Isle à côté du magasin pour relâcher les vers et poissons dans leurs milieux naturels.
À Périgord Chasse Pêche, on a pris l’habitude de les voir de temps à autre.

Si aucune revendication n’est brandie, les responsables avancent l’hypothèse qu’il s’agit de personnes adeptes de la non-violence, « proches du courant bouddhiste ». Même hypothèse à Décathlon.

Le Progrès constate également :

Un mystérieux groupe qui rachète tous les êtres vivants des magasins de pêche pour les relâcher dans la nature sévit ces temps-ci à Périgueux. A plusieurs reprises depuis un an, la scène s’est répétée.

Une dizaine de personnes pénètre dans un magasin, notamment le Décathlon, au rayon pêche, et achète tous les appâts de pêche vivants, vers et petits poissons.

Une somme de plusieurs centaines d’euros à chaque fois.

Selon plusieurs témoignages, ils auraient aussi acheté des insectes vendus comme nourriture pour reptiles, dans une animalerie, et des poissons élevés dans une ferme.

Sud Ouest a prolongé son enquête et confirme la thèse bouddhiste :

Contacté, le centre bouddhiste Dhagpo de Saint-Léon-sur-Vézère confirme l’existence de cette pratique, « connue » chez les bouddhistes qui accordent « une grande importance à l’existence de tous les êtres vivants ». Un fait courant en Inde et destiné « à sauver des vies ».

Des pratiques de ce type ont lieu plusieurs fois par an à Dhagpo pour sauver différents animaux (chevaux, lapins, poules…). Les personnes les accueillent chez eux ou font des dons pour que des refuges spécialisés en prennent soin.

Bien entendu, il y a ici un souci  : l’exploitation animale est tout à fait en mesure de compenser sa production en l’agrandissant.

Nous ne sommes plus à l’époque de Bouddha où effectivement cela pouvait avoir un réel sens que d’agir ainsi…

Il n’y a donc pas de naïveté à avoir à ce sujet.

Cependant, l’esprit de cette action part d’un très bon sentiment, qui parlera à toute personne aimant les animaux.

Et cela rappelle ce sentiment horrible qu’on peut avoir quand on voit des animaux vendus dans les animaleries : on a envie de les aider, de leur offrir une vie digne…

Mais si on les achète, on soutient inévitablement l’exploitation animale qui renforce d’autant plus sa monstrueuse machinerie.

Ce qui rappelle à quel point il faut tout changer de fond en comble pour aider les animaux!

Augmentation des overdoses en Europe et aux États-Unis

On a coup sur coup les statistiques concernant les overdoses aux États-Unis et dans l’Union Européenne, pour l’année 2016. Les chiffres sont terribles.

Au moins 59 000 personnes sont mortes d’overdose aux États-Unis en 2016, contre 52 404 en 2015.

Voici le tableau de l’évolution depuis 1980, montrant bien l’expansion des drogues et de leur destruction, par l’évolution des statistiques des overdose…

Les faits sont là : les drogues sont un fléau en expansion.

De manière significative, ce sont d’anciens bassins industriels qui sont le plus touchés, dans des Etats comme le Maine, le Maryland, la Floride, la Pennsylvanie, ou encore l’Ohio, qui vient justement de porter plainte contre plusieurs industriels pharmaceutiques.

Ces derniers sont accusés de promouvoir massivement les opiacés par l’intermédiaire des médecins.

La Virginie occidentale a déjà obtenu le versement de plusieurs dizaines de millions de dollars, et des procès ont également été lancés par la ville de Chicago, des comtés de New York, la Californie.

Car, désormais, deux millions d’Américains sont dépendants aux opiacés, qui sont des médicaments analgésiques, alors que 95 millions d’autres sont dépendants aux antidépresseurs….

Les opiacés les plus connus sont l’oxycodone, le hydrocodone et surtout le fentanyl, dont sont morts par overdose 25 000 personnes en 2015. Voici un tableau indiquant l’évolution des prises de drogues où l’on a retrouvé du fentanyl…

L’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies vient également de fournir les chiffres de 2016 concernant l’Union européenne,la Norvège et la Turquie, mais pour les overdoses on n’a encore que les chiffres de 2015, avec 8 441 personnes mortes, contre 7950 en 2014.

Le chiffre est de 7585 si on enlève la Norvège et la Turquie, pays très marqués. On remarquera aussi que la moitié des décès concernent le Royaume-Uni (31%) et l’Allemagne (15%).

Voici un tableau présentant la situation selon les pays.

En ce qui concerne la France, il faut noter les choses suivantes : plus de 12 millions de seringues ont été fournies aux personnes dépendantes par différents programmes…

168 840 personnes ont eu en 2015 des traitements de substitution à la méthadone ou à la Buprénorphine, contre 124 069 en 2006…

Les utilisateurs à risque d’opiacés sont estimés à 211 000…

Comme on le voit, il y a une forte présence des drogues. Elles s’inscrivent dans la société. Elles imprègnent la culture.

En cas de crise économique approfondie, il est évident qu’il y aura un basculement, comme en Grèce…

Voici d’ailleurs le tableau de la consommation pour les jeunes adultes en France en 2014.

Et voici la comparaison pour les drogues, selon les pays, pour situer où en est la France.

Les drogues sont largement présentes en France et au niveau mondial le nombre d’overdoses augmente dans les pays riches.

C’est très parlant : les drogues s’installent, se présentent comme un phénomène social et culturel profond, ancré. Cela tend à une capitulation inacceptable face à elles…