Archives pour la catégorie libération animale

Des drones pour documenter sur les fermes-usines

C’est une sacrée initiative qu’a pris Will Potter, un activiste américain, à l’origine notamment du blog Green is the new red (le vert est le nouveau rouge), qui traite de la répression énorme dans son pays contre la libération animale et la libération de la Terre.

Il a décidé d’affronter indirectement la nouvelle loi, notamment prise dans les États de l’Iowa, de l’Utah, de l’Idaho du Missouri (mais la liste va s’agrandir), interdisant de filmer les lieux de l’exploitation animale. Le but de l’Etat est d’empêcher les enquêtes qui alertent l’opinion publique.

Pour cette raison, il a fait appel pour survoler les zones des fermes-usines au moyen… de drones. Il a déjà tellement de dons que deux seront opérationnels, avec même les éleveurs annonçant déjà qu’ils tireraient dessus.

Bien entendu, et malheureusement, les drones ne pourront pas tout voir, mais il existe une caractéristique importante aux Etats-Unis, avec les « feedlots », les parcs d’engraissement. Ces fermes-usines sont tellement massives qu’elles façonnent l’environnement de manière terrible.

En voici quelques exemples, avec des photos impressionnantes montrant des zones de déchets dans ces « feedlots ».




Précisons tout de suite que la situation est différente en France. Tout d’abord, les drones sont considérés légalement comme des « aéronefs qui circulent sans personne à bord » et il y a toute une législation à ce sujet, et encore plus en cas de prises de vue, il faut faire des demandes et de nombreuses déclarations (comme celle-là notamment), bref ce n’est pas trop possible concrètement….

Car, surtout, l’exploitation animale est bien cachée en France. Quiconque a roulé en voiture dans des zones industrielles ou sur des « routes de campagne » sait que ces grands hangars ne révèlent pas grand chose à leur apparence.

Ainsi, même si on regarde les photos satellites de google pour étudier les zones où se trouvent des élevages, des abattoirs, etc., il n’y a rien de frappant, rien de marquant, ce sont des endroits « neutres ». Sans nul doute il y a ici une étude, une réflexion à faire, sur cette architecture discrète de l’exploitation animale.

Action de l’ALF à Rodilhan

Voici le communiqué d’une action revendiquée par l’ALF; (selon le Midi libre) elle s’est déroulée à la mi-mars 2014 et aurait visé la société de nettoyage appartenant au maire de Rodilhan, qui se situe dans le Gard.

« Notre cellule a incendié 1 camionnette et 1 voiture du Maire de la ville de Rodilhan (France) : Serge Reder est un grand défenseur de la barbarie tauromachique.

Vous pouvez casser toutes les associations pour les droits des animaux que vous voulez, mais vous ne détruirez jamais une idée.

A tous les fanatiques pro corrida : nous continuerons jusqu’à l’abolition pure et simple des corridas sur tout le territoire.

Le sang arrêtera de couler !

ALF France »

Walter Bond et Earth first !

Il y a quelques semaines, Walter Bond a accordé une interview aux Etats-Unis, depuis sa prison, sur son expérience personnelle de la scène straight edge, de l’activisme pour les animaux, etc.

Il constate bien entendu que la scène straight edge et de la musique hardcore a été marquée par le virilisme, une certaine violence interne (même si n’ayant rien à voir avec la violence des milieux où prédominent l’alcool et les drogues), bref il a un regard lucide.

De manière intéressante, voici son point de vue concernant Earth first ! Rappelons en effet que Walter Bond associe, de manière fort logique à notre sens, libération animale et libération de la Terre. Voici son point de vue, qu’on peut accepter ou refuser, mais qui est en tout cas toujours intéressant, comme d’habitude avec Walter Bond.

J’ai remarqué que tu as deux tatouages identiques sur chaque partie de ton cou, avec des clefs croisées. Ce qui est un symbole typiquement associé à l’organisation Earth first ! As-tu déjà été associé avec EF ?!

Les clefs sur mon cou sont similaires à l’emblème d’Earth First ! mais pas tout à fait le même. Ils utilisent une clef à mollette se croisant avec un tomahawk. Mes clefs à mollettes sont celles de l’emblème d’Earth first !, qui est devenu synonyme de Vegan Straight Edge.

Pour moi, c’est un symbole de la résistance Vegan Straight Edge. Cela dit, j’aime le roman « Le gang à la clef à mollette » d’Abbey et je pense que groupe Earth First ! d’origine était spectaculaire. Ces vieux activistes comme David Foreman et Howie Wolke ont été des véritables pionniers et des activistes super efficaces.

Malheureusement, la version actuelle d’Earth First ! n’a rien à voir avec le groupe d’origine. Je n’ai jamais été affilié à Earth First ! autrement que par une décalaration de solidarité que j’ai écrit à leur demande. Je dirais que la dernière fois que j’ai été emprisonné en Iowa en 1997, j’ai eu le livre de Foreman « Confessions d’un éco-guerrier » et cela a été vraiment inspirant et influent !

Quand Foreman est parti et que Judi Bari est devenu plus intéressé à l’établissement d’une cohérence idéologique communiste / socialiste au sein du groupe, beaucoup de gens sont partis. Il semble que tu fais davantage le lien avec l’EF ! d’origine, avec sa multitude de perspectives idéologiques. Foreman, on m’a dit, était disposé à travailler avec tout le monde : anarchistes, républicains, vegans, mangeurs de chair, tant qu’ils étaient biocentriques et orientés vers l’action directe.

Tu dis vrai, je me réfère bien plus à l’EF ! de Foreman, principalement parce que c’était bien plus efficace que le nouveau anarcho-EF ! Quelques fois lors de mon activisme je me suis considéré comme relevant de l’anarchisme, ou en tout cas verbalement je m’y référais, étant donné que c’était si prévalent dans ce qui est considéré comme le radicalisme et la militance dans la communauté pour la libération animale.

J’en suis venu à regretter cela, et j’en suis vraiment arrivé à comprendre que l’anarchie / l’anarchisme est préjudiciable, contribuant à diviser et distraire le mouvement.

Le point sur lequel se concentrent la libération animale et de la Terre devrait évidemment être les animaux et la Terre. Non pas des théories ou des programmes politiques ridicules et schizophrènes.

C’est le cas avec le nouveau EF ! et la plupart des anarchistes en général. Il semble que pour ces gens la libération animale et de la Terre ne sont importants que dans la mesure où c’est placé à la queue de leur liste initiale des questions politiques. Dans ce processus, un grand nombre de gens se sentent étrangers au mouvement.

J’ai toujours admiré l’EF ! de Foreman, en partie parce que c’était tellement politiquement synthétique. Tout comme le mouvement Vegan Hardline et le mouvement Vegan Straight Edge à ses débuts, certains points de vue étaient très conservateurs et d’autres très progressistes. J’admire aussi le fait que quand EF ! a commencé cela a vraiment été lancé par un groupe comme noyau dur d’activistes à la base, et non pas de politiques. Il n’y avait pas de motivation ultérieur ou de programme de questions reliées en dominos. Seulement la défense de la Terre et de la nature sauvage.

Il est facile de voir le grand intérêt de la réflexion de Walter Bond. Ces derniers mois, on a ainsi pu voir débarquer des gens se définissant comme plus radicaux que radicaux, se définissant comme anarcho-queer et allant jusqu’à célébrer le porno, qui n’ont amené qu’une réaction de défiance générale, contribuant à renforcer au maximum l’extrême-droite qu’ils prétendaient combattre.

Il est vrai que leur démarche relève de l’esprit du moment, qui privilégie le spectaculaire, le grotesque, le glauque, comme avec les catastrophiques actions à la « 269 ».

Rien de cela ne parle aux gens « normaux », aux acteurs et actrices du quotidien, qui font face aux questions concrètes de la condition animale. On est libre après de ne pas opposer la théorie et la pratique ; Walter Bond est ici pessimiste plus qu’autre chose.

Action du « Justice Department » en Poitou-Charentes

Nous ne publions jamais les communiqués d’actions illégales en article de tête sur LTD, quand il y en a nous les plaçons toujours en second, parce que nous pensons qu’il est nécessaire effectivement de les publier, pour autant nous ne voulons pas soutenir une ligne actionniste niant la nécessité de la culture et de la réflexion.

Ici, nous faisons une exception, considérant l’importance possible de cette action. En pratique, nous avons été jusque-là le seul média se revendiquant du véganisme à publier ce genre de communiqués.

Depuis quelques temps cependant, il n’y a de toutes façons pratiquement plus d’actions de l’ALF, à part des revendications de tags et de posters de cirques déchirés (ce qui ne mérite certainement pas un communiqué)… Alors que paradoxalement de l’autre côté il y a eu toute une « mode » ALF, avec par exemple le film « ALF le film ».

Or là, on est dans un autre registre. On n’est pas dans le communiqué « ALF » à la française traditionnel, on est dans autre chose. L’action en Poitou-Charentes dont voici le communiqué n’est pas signé « ALF » mais « JD », c’est-à-dire « Justice Department ».

Nous avons publié un document concernant cette structure, qui a mené des centaines d’actions de par le monde et est du même type que la Milice pour les Droits des Animaux (ARM).

Cela veut dire que, historiquement, le « département de justice » ne reconnaît pas le principe de l’ALF de ne menacer aucune vie humaine ; la structure a pu utiliser l’envoi de lettres avec des lames de rasoir, des engins incendiaires, etc.

Lors de la campagne de 1995, des centaines d’envois ont été fait à des entreprises pratiquant la vivisection, leurs fournisseurs, à des chasseurs (y compris la famille royale), au siège du parti d’extrême-droite anglais BNP.

Bref, il n’est pas difficile d’imaginer ce qui se passe au ministère de l’intérieur depuis qu’ils ont vu ce communiqué publié sur le site Bite back ! C’est ni plus ni moins que la section anti-terroriste qui va être mise en branle dans cette affaire.

Peut-être en effet que, comme lors de l’incendie fin 2010 de deux étages d’un bâtiment administratif à Chasse-sur-Rhône par l’ARM, cette action du « JD » n’est qu’un acte isolé. Cependant, le contexte a totalement changé en quelques années, la question animale devenant, comme nous l’avons dit et le répétons, toujours plus prégnante.

A ce titre, on peut naturellement être certain également que toutes les personnes ayant affirmé (de manière naïve ou vantarde) sur internet soutenir l’ALF ont été répertoriées et qu’elles vont subir une surveillance ; de la même manière, il est évident qu’il y a des gens infiltrés dans le mouvement pour les animaux, ce qui est bien sûr rendu très facile de par les méthodes d’organisation erronées, mais également l’absence de débat, de pratique stricte, etc.

Voici le communiqué ; le site Bite back ! ajoute quelques précisions : l’action a eu lieu dans la nuit du 18 janvier, consistant en une explosion suivie d’un incendie détruisant les bâtiments administratifs et le système électrique, ainsi que les ordinateurs. Des restes d’une bonbonne de gaz ont été trouvés, selon les médias (sont cités laNouvelleRepublique.fr et France3.fr, dont sont prises les photos).

Le communiqué cite Barry Horne: on trouvera ici un document présentant cette figure historique du mouvement pour la libération animale en Angleterre.

« Il y a quelques semaines, on a fait exploser le marché aux veaux de Lezay (France).
Chaque semaine, plus de 1 500 veaux et autres animaux sont vendus pour être exécutés dans les abattoirs.
‘Les animaux n’ont que nous, nous ne les abandonnerons pas.’ Barry Horne
La justice pour les animaux, c’est NOUS.
J.D. France »

Liberator – Salvation of innocents

Nous avions il y a quelques mois présenté la bande dessinée américaine « Liberator », qui parle de l’ALF et de la libération animale.

Début mars sort une nouvelle série, liée à la sortie d’un nouvel album du groupe de musique Earth Crisis (dont nous avons traduit plusieurs chansons: Ecocide, Firestorm / forged in the flames, This is the new ethic, Eden’s demiseThe disciplineThe wrath of justice, Gomorrah season end, Destroy the machines).

C’est l’occasion de poser quelques questions à l’auteur de la bande dessinée, Matt Miner.

Comment en es-tu arrivé à écrire « Liberator » ?

J’ai été toute ma vie un fan de comics et je suis actif pour les animaux depuis une décennie, donc quand j’ai appris des choses au sujet d’hommes et de femmes dans la clandestinité pour la libération animale, j’ai pensé que cela serait un grand concept pour le média. Pour moi, les hommes et les femmes qui mettent des masques au milieu de la nuit et font des actions pour les animaux sont les super-héros de la vraie vie.

Combien de gens ont été impliqués ? Quels étaient les objectifs ?

Eh bien, dans le noyau dur de l’équipe créative… je suis l’écrivain, Javier Sanchez Aranda fait les dessins et les encres, et Joaquin Pereyra fait la coloration numérique.

A part nous, il y a la personne faisant le lettrage, un éditeur, des artistes pour la couverture et des coloristes, des artistes pour les affiches, des artistes pour les choses diverses en plus, etc. etc. Alors, avec la sortie de l’édition rassemblant les publications nous en sommes arrivés à 10 nouvelles équipes pour raconter 10 nouvelles histoires dans le monde de Liberator, et donc le volume 1 en format de poche a 50 pages de nouveau matériel fourni par tous ces autres gens. Plutôt sympa.

Les objectifs étaient de raconter une histoire amusante et convaincante sur un justicier à l’intérieur de ce monde de la libération animale. Le but n’était pas de prêcher, mais de divertir et d’inspirer.

Dans « Liberator », on peut souvent voir des références à une sorte de culture classique du milieu vegan straight edge, postpunk, avec par exemple des groupes comme Earth Crisis, Propagandhi, Minor Threat, etc. Dans quelle mesure cela a-t-il été une influence pour toi ?

J’ai grandi dans la communauté punk rock, qui est très politiquement marquée. Ainsi cela a du sens pour moi que d’avoir nos héros dans « Liberator » qui agissent également dans le même monde. Tellement de groupes punk et hardcore ont les mêmes idéaux et les mêmes vues politiques – ils parlent d’un style de vie drug free et des droits des humains et des animaux, alors c’est simplement cohérent.

Lorsqu’on voit les deux principaux protagonistes de « Liberator », on peut voir que d’un côté l’homme accorde une importance forte sur la justice et les symboles, étant vraiment sensible et accordant une valeur politique à sa propre colère. De l’autre côté, la femme pense d’une manière plus raisonnable, ne perdant jamais les animaux de vue dans ses tâches. Comment en es-tu arrivé à « opposer » ces deux figures ?

Damon était censé être plus en colère, plus réactif comme activiste, alors que Jeanette était censée être quelqu’un gardant l’esprit clair. Le fait est que Damon termine en étant moins efficace, parce qu’il laisse intervenir dans ses actions des vendettas personnels et le facteur vengeance, perdant souvent la vue d’ensemble.

Je vois beaucoup ce type de pose macho dans le mouvement pour les droits des animaux, et ce n’est pas une chose dont je suis fan.

A la fin de Liberator, il y a toujours plusieurs articles au sujet des droits des animaux et des activistes. Peux-tu nous en parler ?

Je voulais être certain que la bande dessinée n’était pas du type sermonneur, qu’il s’agissait d’une histoire sympa dont tout le monde pourrait profiter. De l’autre côté, les problématiques posées dans le livre sont celles qui me tiennent à cœur ; j’ai donc passé des coups de fil à des amis et des figures au sein du mouvement pour faire ces articles, afin que les personnes lisant la bande dessinée soient en mesure, si elles veulent, d’en savoir plus sur cela.

Parlons d’une critique qui pourrait être faite. Quelle réponse ferais-tu à des gens disant que « Liberator » fait la promotion d’un romantisme individuel par la consommation personnelle de « l’art », et que c’est finalement une auto-célébration d’un milieu culturel sans aucune volonté de transformer la société ?

Je dirais que je reçois des emails tout le temps de la part de gens inspirés par le livre et désireux de passer à l’action. Des gens sont devenus végétariens ou végans, des gens ont commencé à devenir volontaires pour les refuges et des gens ont adopté des animaux sauvés des laboratoires, parce qu’ils ressentaient le besoin de faire quelque chose après avoir lu les bandes dessinées.

Des jeunes m’ont mailé, disant qu’ils voulaient s’impliquer dans les droits des animaux lorsqu’ils seraient plus âgés – c’est incroyable ! « Liberator » ne va pas changer le monde, mais pour le chien ou le lapin dont le sauvetage est inspiré par la bande dessinée, cela signifie tout.

Quel est le futur de « Liberator » ? Parle nous du projet avec Earth Crisis !

Les prochaines séries sont une collaboration avec Earth Crisis et cela raconte l’histoire qu’on retrouve dans leur nouvel album concept, « Salvation of the Innocents ». Earth Crisis a pris contact avec moi et m’a demandé si je voulais faire une bande dessinée avec eux et naturellement la réponse a été immédiatement oui.

La nouvelle série, appelée Liberator / Earth Crisis : Salvation of Innocents (« Sauvetage des innocents »), introduira un nouveau personnage et toute une nouvelle gamme de problèmes pour le monde de Liberator. J’ai hâte de voir cela sortir !

Pour le futur, nos personnages vont continuer – et de nouvelles histoires seront racontées, mais ils vont changer et évoluer, afin que cela soit différent et très sympa.

Vegan Reich: The way it is

Voici les paroles de la chanson The way it is, du groupe des années 1990 Vegan Reich, qui a eu une influence historique sur le mouvement straight edge (avec notamment la culture hardline; voir également ici pour la chanson « This is it »).
D’aucuns se moqueront de la naïveté ou de la radicalité du texte, selon. Mais ceux et celles qui agiront ainsi sont simplement des gens se voilant la face, car de la même manière qu’on ne négocie pas avec Auschwitz, on ne négocie pas avec l’exploitation animale.

Fuck you, shut your fucking mouth. We didn’t ask for your opinion.
We’re telling you the way it is so sit back and listen.
Allez vous faire foutre, fermez vos putains de gueule. Nous n’avons pas demandé votre opinion.
Nous vous disons la manière avec laquelle cela va être alors asseyez-vous et écoutez.
Your position is irrelevant to this situation, it’s black and white,
you’re wrong we’re right, and you’d better come to that realization.
Votre position est hors de sujet, c’est noir ou blanc,
vous avez tort nous avons raison, et vous feriez bien d’arriver à prendre conscience de cela.
Because it’s murder plain and simple, no justification
for the taking of a life without provocation.
Parce que c’est purement et simplement du meurtre, pas de justification pour prendre une vie sans y être incité.
You’d be guilty of crimes in courts through out the nation;
if your victim was human you could face execution.
Vous seriez coupable de crimes devant les tribunaux dans tout le pays ; si la victime était humaine vous feriez face à la peine capitale.
Laid down in stone there can be no other definition.
Meat and dairy production is torturing, is killing, for no purpose for your ego for the taste their blood you’re spilling.
Gravé dans la roche, il ne peut pas y avoir une autre définition.
La viande et la production de lait, c’est la torture, le meurtre, pour aucun autre but que votre ego pour le goût de leur sang que vous faites couler.
Belsen, Auschwitz, Dachau the similarity is frightening.
A master race mentality of liberty for those with superiority.
Belsen, Auschwitz, Dachau, la ressemblance fait peur.
Une mentalité de race supérieure, avec la liberté pour ceux qui sont supérieurs.
Your moral civilized society is built on brutality and cruelty.
Where normality is insanity and sanity extreme ideology.
Votre société civilisée morale est bâtie sur la brutalité et la cruauté. Là où la normalité est folie et le fait d’être sain d’esprit une idéologie extrême,
Like the resistance to Nazi Germany, we don’t obey laws of barbarity.
So expect no fucking mercy if you’re guilty you will pay.
Comme la résistance à l’Allemagne nazie, nous n’obéissons pas aux lois de la barbarie.
N’attendez donc pas de putain de pitié, si vous êtes coupables vous paierez.
No chances to discuss it you’re gonna fucking hang.
Terrorists and hooligans? Just you fucking wait!
Aucune chance de discuter, vous allez être putain de pendu
Terroristes et hooligans ? Juste attendez de voir !
If that’s the image you create of us you ain’t seen nothing yet.
What did you think this was a college debate?
Si c’est l’image que vous avez créé de nous vous n’avez encore rien vu. Qu’avez-vous pensé, que c’était un débat universitaire ?
This is war so stay the fuck out of the way we’re coming through that door.
And once we free those enslaved we’ll even up the score.
C’est la guerre, alors restez putain hors de la route, nous allons passer tout droit en force.
Et une fois que nous avons libéré les esclavagisés, on améliorera même les statistiques.
Guilty of murder you’ll face the new law!
Coupable de meurtre, vous affronterez la nouvelle loi !

Actions de l’ALF à Paris contre Air France

Voici un communiqué de l’ALF pour une série d’actions menée à Paris. Le communiqué est bien entendu trouvé sur le site Bite back!

Si nous ne commentons jamais, par définition, ce genre d’actions, nous tenons à souligner que nous la trouvons relativement erronée en raison d’une incompréhension du principe de convergence des luttes. Il y a en effet l’existence de la campagne légale Air Souffrance, et il y a ici par conséquent un mélange des genres inutile voire ouvertement contre-productif.

Le ton nous semble d’ailleurs pour le moins assez particulier et l’affirmation selon laquelle HLS n’aurait « plus besoin d’être présenté » nous laisse plus que perplexe, dans la mesure où un tel communiqué est censé s’adresser à l’opinion publique…

La nuit du 8 au 9 décembre, à Paris (FRANCE), trois agences de la compagnie aérienne ont reçu de la visite.

Les serrures ont été remplies de colle, du faux sang et des messages décorent désormais les vitrines mais aussi le trottoir.

Ces actions ont été entreprises dans le cadre de la semaine mondiale d’actions contre Air France.

En effet, Air France-KLM est le premier transporteur d’animaux à destination des laboratoires de torture, notamment vers HLS, le plus gros labo d’Europe qui n’a plus besoin d’être présenté.

Nous avons par ces actions voulu marquer notre soutien à la campagne Air Souffrance/Gateway To Hell mais aussi envoyer un message clair à la société de merde qu’est Air France, qu’il est grand temps pour eux d’arrêter de convoyer des animaux vers l’enfer.

Il y a beaucoup de raisons de détester cette société obsédée par le profit :

- – Le transport d’animaux non-humains à des fins de torture

- – Les expulsions de personnes sans papiers

- – Le désastre écologique que représente le transport aérien

- – Le traitement des salariés (racisme, plans sociaux…)

Retirez-vous du commerce d’animaux pour les labos ou sinon, on reviendra.

Libération animale !

La bande dessinée américaine « Liberator »

Le numéro 4 de « Liberator » est sorti, terminant le premier cycle d’histoire d’une bande dessinée américaine ouvertement favorable à l’ALF, puisque les deux personnages principaux en font justement partie.

La BD, consistant à chaque fois en un petit épisode (suivant le principe des Comics), est cependant romancée de telle manière à montrer la culture et les états d’âme des vegans, souvent straight edge bien sûr, agissant pour les animaux et partisans des actions illégales, avec également en arrière-plan une certaine culture liée à la musique punk et hardcore.

En l’occurrence, on a un homme très volontaire et une femme plus réfléchie, dans une sorte d’histoire d’amour qui rate, avec finalement une certaine ambiguïté de la part de l’homme qui vise des intérêts liés à sa famille, même si on ne peut pas remettre en cause son engagement pour les animaux.

La BD est un projet sérieux fait par des gens sérieux, avec toute une série de soutien, de la part de groupes de musique (Bad Religion, Propagandhi…) et d’organisations (SHAC) ; à la fin des BD on peut également lire des articles de personnes actives pour la libération animale, histoire d’apporter une perspective « rationaliste. »

En effet, que l’on aime les BD ou pas, et qu’on trouve réussi ou pas les dessins, et même s’il n’y a pas de super-pouvoirs : l’ensemble est réaliste sans l’être dans la mesure où les actions illégales se déroulent très facilement, et il y a un romantisme très grand qui est mis en avant.

En fait, on ne peut pas critiquer les personnages, qui représentent bien les questions de refuser le sexisme, de mettre en avant la sensibilité pour les animaux, de rester alternatifs, de tenter le débat avec les réformistes de la protection animale, etc.

Mais même en présentant une telle démarche critique de l’anthropocentrisme, on a au bout finalement, forcément, une BD anthropocentrée, avec les animaux mis en avant mais, forcément, à l’arrière-plan.

Ce qui manque c’est la dimension écologiste, avec une présentation d’un côté « épique », pas simplement le portrait de deux personnes alternatives, adultes et tourmentées vivant dans les villes et tentant d’affronter un ordre dominant injuste et criminel envers les animaux.

L’idée était de montrer quelque chose d’accessible et de rappeler que n’importe qui peut s’engager dans les rangs de l’ALF, mais ce qu’il manque, c’est la société : la BD montre de simples individus, avec leur petit environnement (le job dans un espèce de starbucks, les manifestations avec la police intervenant brutalement, etc.), en lutte contre une sorte de monstre social relativement abstrait au final.

Bref, certains aimeront, d’autres moins, mais il est évident cependant que « Liberator » est un apport et une expérience intéressante à notre culture, bien loin du Paris Vegan Day. Pour plus d’infos au sujet de la BD, le site consacré à « Liberator » a l’adresse suivante: liberatorcomic.wordpress.com.

 

« Cette nuit nous allons créer un nouvel interstice : les fenêtres deviendront des portes, les champs des routes vers la liberté »

Sur LTD, nous avons comme principe de toujours publier les communiqués de l’ALF en France, et parfois dans d’autres pays, mais jamais en tant que premier article. Nous considérons en effet qu’il faut éviter toute célébration romantique, dégradant la libération animale en du symbolisme.

Voici une exception confirmant la règle, en raison du fait que le communiqué (qui est italien) est long et aborde par ailleurs cette question, tout comme il rejette de manière explicite l’extrême-droite.

Soulignons également pour conclure que l’ampleur de l’action ne tient pas seulement en le « vol » de 407 cochons d’Inde, mais également en le fait de les placer.

Les personnes qui ont par exemple rendu leur nom public dans le soutien à « ALF le film » sont totalement « grillées » et ne peuvent, éventuellement, plus adopter de tels animaux sans risquer la vie de ceux-ci. C’est bien la preuve de l’hypocrisie de tout ce genre de choses.

Précisons aussi que le communiqué ne vient que d’être rendu public alors que l’action a eu lieu le mois dernier, pour des raisons bien entendu de sécurité.

Par ce communiqué, nous prenons la responsabilité de la libération de 407 cochons d’Inde de la ferme d’élevage « Bettinardi », située rue Cascinini à Alzate di Momo, dans la province de Novara, qui s’est déroulée le 5 septembre 2013.

Depuis plus de dix ans, la ferme de cochon d’Inde et de lapin possédée par Giuseppe Bettinardi fournit l’industrie de la vivisection, dans l’anonymat le plus complet.

Nous ne sommes pas surpris que juste après la libération, les médias ont tenté de cacher la vérité au sujet de ce complexe, décrit comme une « ferme d’animaux de compagnie. » Malheureusement pour Bettinardi, nous avons toutes les informations nécessaires pour révéler finalement ses liens avec les tests sur les animaux.

Bettinardi élève des lapins (principalement des « New Zealand white ») et des cochons d’Inde « Dunkin Hartley », un type de cochon d’Inde exclusivement utilisé pour des méthodes de recherche.

Nous sommes parvenus à recueillir des informations sur les innombrables expérimentations cruelles de « recherche fondamentale » dans différentes universités italiennes et nous savons de manière certaine que cette ferme fournit sur une base régulière les universités de Milan et de Pavie.

Nous avons connaissance d’expérimentations dans lesquelles des cochons d’Inde élevés par Bettinardi ont été tués uniquement pour retirer des bandes de muscles de leur estomac, afin de voir si ceux-ci pouvaient être stimulés électriquement, dans la tentative d’établir si le médicament « Levolsulpiride » avait ou non un effet procinétique (ce qui signifie qu’un certain médicament est capable d’activer la fonction motrice de l’intestin).

Durant deux autres expérimentations, la cage thoracique de 40 lapins venant de cette ferme ont été ouverts, une canule a été insérée à l’intérieur alors que les animaux étaient encore vivants et conscients, et une solution spéciale a été injectée dans leurs poumons.

Les animaux ont finalement été tués, afin que les échantillons liquides de leurs poumons puissent être collectés durant la recherche sur le fonctionnement de cet organe.

Durant deux autres expériences, cette fois juste il y a quelques mois, 38 puis 22 lapins élevés dans ce complexe ont été tués par exsanguination (ce qui signifie que leur gorge a été tranchée et qu’on les a laissé se vider de leur sang jusqu’à la mort), seulement pour que les vivisecteurs puissent enlever leur cage thoracique et leurs poumons dans une expérience sur la lubrification du système respiratoire.

Ce sont seulement quelques exemples d’expériences que cette ferme a rendu possible en fournissant les laboratoires au fur et à mesure des années.

Même si une partie du mouvement, et la plupart des gens, se concentrent souvent sur les autres animaux utilisés dans la recherche (comme les chiens ou les singes), les espèces plus petites sont toujours le plus utilisées dans la vivisection.

Rien qu’en Italie, 13870 cochons d’Inde sont utilisés en moyenne par les laboratoires chaque année, alors que le nombre moyen de chiens utilisés est de 950.

Les réactions sont souvent plus fortes quand nous parlons des chiens, probablement parce que les gens peuvent plus facilement se relier avec ces animaux, ou simplement parce qu’ils leur semblent plus familiers.

Mais les individus souffrant et mourant à l’intérieur des laboratoires de recherche sont bien plus nombreux et notre lutte vise à la libération de tout un chacun d’entre eux.

La vivisection, à l’intérieur d’un système capitaliste et mondialisé comme le notre, représente un des secteurs de l’exploitation animale le plus profitable, pour une des industries les plus puissantes du monde : l’industrie pharmaceutique – chimique.

La confiance aveugle dans le progrès scientifique et technologique, poussée en avant par les chercheurs et les multinationales, c’est l’expression ultime de la mentalité capitaliste et anthropocentriste.

Cette idéologie, qui se présente à nous comme un chemin inévitable de l’espèce humaine vers une supposée amélioration de nos conditions de vie, est utilisée comme justification pour la domination sur la nature, la torture et le meurtre d’innombrables animaux non-humains, mais également d’être humains utilisés comme « objets de recherche » dans les pays pauvres, les prisons ou les hôpitaux psychiatriques.

La ferme Bettinardi se compose de deux bâtiments centraux reliés l’un à l’autre, formant une structure divisée en plusieurs sections, certaines étant utilisées pour les lapins et une pour les cochons d’Inde.

Tous les lapins emprisonnés dans cette ferme sont gardés dans d’étroites cages vides, où ils n’ont pas la possibilité de se tenir debout, de se retourner ou de faire un quelconque mouvement.

La plupart des cochons d’Inde sont gardés dans des boîtes en bois en groupes relativement grands, alors que des petits nombres d’animaux sont enfermés dans des cages en plastique, en groupes de 3 à 5.

Dans aucun des endroits où les animaux vivent, ils n’ont la possibilité de trouver aucun type de refuge, alors même que c’est un de leur besoin primaire ; ils sont forcés à demeurer constamment exposés ce qui est une énorme source de stress.

Durant la libération, nous avons trouvé l’évidence de procédures de chirurgie sur les animaux déroulées déjà dans la ferme elle-même. Beaucoup de cochons d’Inde ont des cicatrices ou des plaies récentes sur des parties du corps.

Ces animaux ont été gardés dans une partie séparée de la pièce, ensemble avec d’autres avec des zones rasées sur le dos ou des marques d’identification sur leur pelage.

Nous avons choisi de décrire ces conditions pour révéler les horreurs de cela, comme dans toute autre ferme d’élevage, mais nous n’éprouvons pas d’intérêt pour les tailles des cages, puisque nous visons pour rien de moins que la destruction de la cage elle-même.

Le foyer des propriétaires est une grande maison de campagne située juste à quelques mètres des hangars. Tout autour il y a d’autres maisons et des champs, que l’on traverse pour atteindre la ferme. L’herbe touche nos jambes lorsque l’un derrière l’autre, nous prenons un chemin non tracé.

Les animaux n’ont pas d’issue qui leur est accordée, mais cette nuit nous allons créer un nouvel interstice : les fenêtres deviendront des portes, les champs des routes vers la liberté. Nous donnerons un air frais à nos rêves et aux animaux qui ne savent pas encore ce que c’est.

Combien y en aura-t-il ? Serons-nous en mesure de prendre beaucoup d’entre eux ? Auront-ils peur ?

Nous, nous avons peur, nous ne sommes pas des héros au sang-froid avec un cœur sans peur. Les doutes et les erreurs sont présents, mais la rage est trop grande, la haine trop forte. Rien ne peut enlever la volonté d’agir, afin que nos ennemis commencent à être ceux qui ont peur.

En nous rapprochant de la ferme, nous voyons une étoile filante, pour le moment juste un vœu : revenir sains et saufs, avec beaucoup et beaucoup de museaux autour de nous.

Une personne pour surveiller prend position pour vérifier les mouvements à l’intérieur de la maison et durant l’action nous bougeons en essayant de minimiser le bruit, alors qu’à l’intérieur quelqu’un allume la lumière et l’éteint, regardant un écran, ignorant de ce qui se passe juste à quelques mètres.

Pour couvrir un peu le bruit de nos mouvements et les sifflements de cochons d’Inde, il y a le système de ventilation de la ferme et de temps en temps l’aboiement du chien du propriétaire, ou d’un des voisins, ou encore le bruit d’un train passant au loin.

Nous enlevons la moustiquaire d’une fenêtre, sur la face arrière du hangar, du côté opposé de la maison, que nous avons repéré dans la préparation de l’action. La fenêtre est haute de plus de deux mètres, aussi nous plaçons deux escaliers, un à l’extérieur et un à l’intérieur de la pièce, où des centaines de cochons d’Inde sont emprisonnés.

Une fois dedans, nous nous familiarisons avec l’environnement nous commençons immédiatement à remplir les containers que nous utiliserons pour le transport des animaux.

La nuit avant l’action, notre groupe a discuté longtemps quant à la possibilité de libérer également certains lapins, mais pour des raisons pratiques nous avons été amené à une décision extrêmement difficile.

En fait, en raison de la dimension étroite de la fenêtre, d’où nous prenions les animaux, ainsi que des conditions particulières dans lesquelles notre action se menait, nous avons choisi d’enlever le plus grand nombre possible d’individus, et cela signifie, pour des raisons évidentes de temps, d’espace et de poids, de se concentrer sur les cochons d’Inde, réussissant finalement à vider pratiquement tout le hangar.

Nous sommes véritablement désolés de ne pas avoir pu tous les libérer. Ceux qui sont venus avec nous sont maintenant dans des foyers sûrs, avec tous les soins nécessaires, ils auront tout le temps du monde pour oublier la ferme et ils ne connaîtront pas les froides mains des vivisecteurs.

Avant de partir, nous avons laissé un message à Bettinardi, écrit à l’intérieur, sur les murs du hangar presque vidé : « Leur cauchemar est fini, le tien a juste commencé », signé ALF avec A dans un cercle.

Et maintenons, fuyons d’ici avant l’aube ! Nous courons, mais lentement… Parce que 407 cochons d’Inde sont plutôt lourds !

Une fois que nous sommes en sûreté, nous nous regardons, nous voyons un millier d’yeux, et il n’y a pas de doutes : l’ALF a de nouveau gagné.

Cette libération, comme toute autre action directe, ouvre des brèches de liberté que le système n’est pas en mesure de recouvrir, frappant directement la cible. L’action directe est un outil efficace, mais pas seulement cela, nous le revendiquons politiquement en tant qu’elle contient en soi une critique de l’exploitation et notre volonté de frapper en retour.

Les sabotages, les attaques et les libération sont hors de la triste dynamique de « l’activisme légale », nous montrant le potentiel subversif de nos rêves, et ce que nous pouvons réellement faire si nous décidons de nous placer sur la ligne de front.

Force et solidarité à ceux et celles qui, dans la lutte pour la libération animale et de la Terre, ont dû faire face avec la répression de l’État et résistent toujours.

Cette libération est dédiée à vous et à ceux et celles qui, avec la complicité de la lune noire sont en train de conspirer, d’être en mouvement en silence, afin de détruire avec rage la tranquillité de ceux qui violent, et d’ouvrir les cages avec amour.

Front de Libération Animale

PS : avec le nombre grandissant de personnes intéressées par la « question animale » en Italie, nous avons fait l’expérience du développement de quelques phénomènes inquiétants, dont nous sentons malheureusement la nécessité de parler dans cet espace.

En premier et surtout, nous voulons exprimer notre répulsion pour la tentative de groupes et d’individus d’extrême-droite de détourner la « cause de la libération animale », essayant de devenir des porte-paroles de cela, en Italie et dans d’autres pays.

Les fascistes ont toujours essayé de voler et d’utiliser en leur faveur de nombreuses luttes sociales et de libération, de les déformer et de les vider de tout contenu, dans la tentative d’avoir davantage de suiveurs et de trouver de l’espace dans des environnements qui, historiquement, sont opposés à leurs idéaux fondés sur l’autoritarisme et la haine de ce qui est « différent. »

C’est leur devoir de toute personne qui véritablement se préoccupe de la lutte pour la libération animale de s’opposer, avec les mots, mais encore plus avec leurs actions et leur détermination, à tout type de fascisme.

Nous n’avons rien d’autre que de la haine et du dégoût pour les ministres « amis des animaux », les nazis habillés comme des black blocks et ceux utilisant le nom ALF pour déformer la vérité quant à son histoire et ses racines antifascistes.

PS2 : Une autre problématique est représentée par un nombre grandissant de sites internet ou de profils de réseaux sociaux qui apportent de la confusion quant aux contenus de la lutte pour la libération animale et à la théorie de la base de l’action directe, par l’intermédiaire d’une représentation grotesque d’un « commando de héros aux masques noirs. »

Ce sont principalement deux de ces plate-formes qui ont attiré notre attention : le site fronteliberazioneanimale.weebly.com et leur profil « ALF – Fronte Liberazione Animale Italia. »

Ces gens sont allés tellement loin qu’ils ont commencé à demander de l’argent pour d’hypothétiques campagnes de soutien aux prisonniers, mais aucun centime n’est jamais arrivé à personne en prison.

Leur « relation presse » est une arnaque et le niveau le plus bas a été atteint quand ils ont diffusé de fausses informations quant à un prisonnier qui n’a jamais existé, avec comme seul but d’obtenir davantage de dons.

Pour nous, vous n’êtes rien d’autre que des ennemis, vous n’êtes pas différent des mouchards et de ceux qui violentent les animaux et vous méritez le même traitement. Ne publiez pas, ne partagez pas de communiqué, vous n’êtes pas une composante de cette lutte.

 

 

 

Est-ce que la libération animale est utopique ?

Voici un texte sur la libération animale, écrit par le groupe argentin Accion Vegan, et proposé en français par GaRennes.

La Libération Animale n’est pas quelque chose d’imaginaire ou impossible. La Libération Animale est un fait, une réalité que nous vivons tous les jours.

Chaque fois que nous persuadons une femme de ne pas acheter un manteau de peau, chaque laboratoire que nous avons empêché de construire, chaque fois que nous convainquons une personne à ce qu’elle devienne véganE, chaque fois que nous libérons un animal tombé dans un piège, etc.

Nous accomplissons la Libération Animale, faisant de la Libération Animale quelque-chose de tangible, réel.

Arriver à un monde totalement libre de domination n’est pas non plus impossible, ce n’est pas une utopie, mais pas non plus quelque-chose de facile à atteindre, les choses ne tombent pas du ciel.

De toute façon «ce n’est pas quelque-chose qui doit nous préoccuper », dans le sens que nous ayons à penser continuellement aux individuEs qui restent enchainéEs, emprisonnéEs et en cage, et nous

martyriser pour cela. Il ne s’agit pas d’être toujours triste en pensant à tout ce que nous pourrions faire, mais de penser à tout ce que nous pouvons faire pour ces individuEs qui nécessitent notre aide et le faire. Nous devons être conscients que si réellement nous le voulons, si chacun de nous se lève du canapé et fait tout son possible pour réussir que le plus grand nombre d’individus soient libres, les choses changeront.

Elles changeront pour chacun de ces visons qui n’ont pas été utilisés pour le manteau de cette femme. Elle changeront pour les milliers d’animaux qui n’ont pas senti le bistouri dans leurs corps grâce à ce que s’arrête le projet de créer un nouveau laboratoire.

Elles changeront pour les 87 animaux que chaque année auraient consommé cette personne si on ne l’avait pas convaincu de devenir veganE. Elles changeront pour ce lièvre qui était tombé dans un piège et qui, grâce à toi, a retrouvé sa liberté.

Mais il faut bien faire les choses. Prenez au sérieux ce que nous voulons faire pour les animaux, parce que c’est quelque chose d’important.

Chaque chose, chacune des choses que nous faisons est importante pour arrêter avec l’exploitation, et nous devons les prendre au sérieux et mettre tous nos efforts en elles. On doit arrêter de faire des conférences mal préparées, de ne pas savoir répondre aux questions des auditeurs.

On doit arrêter de planifier des réunions et ne pas les avoir préparées. On doit arrêter d’avoir un projet et que, dans le cas où nous le terminons, nous avons mis trois ans ce que nous aurions pu faire en une semaine.

Ces conduites parlent très peu en notre faveur. Elles montrent que la Libération Animale ne nous intéresse pas réellement, que nous ne la portons pas en nous, dans ce cas, mieux vaut ne faire que de faire quelque chose parce que nous nous sentirions forcés.

Ou aussi ils peuvent dire que malgré que nous sentions en nous la Libération Animale, les activités que nous menons à terme ne nous semblent pas importantes, et cela est ce qui est vraiment préoccupant.

Nous devons croire en ce que nous faisons et nous rendre compte de tout ce que nous réussissons quand réellement nous nous efforçons, quand nous donnons tout. Tout ce que nous faisons a ses répercussions.

Chaque chose que nous faisons et que nous faisons bien , chaque animal qui s’est libéré de ses bourreaux grâce à nous est infiniment important. Chacun de ces animaux n’est pas seulement une victoire, ce n’est pas seulement un pas en avant vers la Libération Animale mais c’est la Libération Animale en elle-même.

Cela est la véritable essence de la Libération Animale: Assez de rester assis dans le canapé pleurant pour les animaux que nous pouvons aider!

Comme cela a été dit avant, ce n’est pas l’heure de pleurer, ce n’est pas l’heure de philosopher, les animaux sont là-bas en cage et ont besoins de notre aide.

C’est l’heure de sortir son cul du canapé.

Est venue l’heure de la Libération Animale.

Action de l’ALF à Paris

Voici un communiqué de l’ALF pour une action en France, à Paris; le communiqué est, comme toujours, diffusé par Bite back!

Deux poissons rouges étaient maintenus dans un bocal d’eau sale dans une école d’art parisienne.

Le bocal était utilisé comme un élément de décor dans une pièce de théâtre étudiante. Le reste du temps il était dans un espace commun de l’école.

Les poissons rouges sont des cousins des carpes, et deviennent aussi grands.

Ils sont censés vivre autour de 25 ans quand ils ont l’espace et l’oxygène nécessaire, et pourtant ils sont probablement l’animal « de compagnie » le plus torturé, parce qu’ils sont résistants et capables de survivre parfois plusieurs années dans d’horribles conditions.

Comme il était facile de « voler » le bocal et de trouver un bon endroit pour vivre à ces poissons, c’est devenu notre devoir de nous en charger.

Ils vivent maintenant dans un grand bassin de jardin avec d’autres poissons rouges.

À chaque occasion que nous aurons, nous referons la même chose.

Nous vous encourageons à faire de même, et aussi à envisager de « voler » et libérer les animaux marins vivants sur les marchés (homards, crabes etc).

C’est aussi indispensable d’informer les gens à propos des poissons rouges, ils ont une mémoire, ils ressentent la douleur, ils ont un besoin absolu d’espace, et d’autres poissons avec lesquels vivre.

ALF

Walter Bond: « s’il le faut, alors nous choisissons les animaux »

Voici une nouvelle lettre de Walter Bond, publiée comme d’habitude à l’initial sur Support Walter. On retrouve toujours la même sincérité et la même affirmation des principes… Toujours la même dignité dans la bataille au service des animaux.

Supreme Vegan Power

Walter Bond

20 août 2013

Le consumérisme a vraiment affecté notre éthique et la façon dont nous nous comportons. Même celle de beaucoup des personnes qui se croient progressistes, ouvert d’esprit ou anarchistes d’une grande radicalité.

Les publicitaires nous ont appris à penser en termes de profitabilité, au lieu de principes.

Par exemple, quand il s’agit de véganisme beaucoup de gens que j’ai été amené à rencontrer apprécient de débattre de la validité de l’efficacité en tant que critère.

Et sans nul doute je comprends la validité de beaucoup de ces critiques. Comme je l’ai écrit plus d’une fois: « Pour chacun d’entre nous qui devient vegan, 100.000 enfants sont sevrés avec la chair comme nourriture. »

Cela étant dit, le véganisme est toujours un important premier pas et un impératif moral. D’un point de vue théorique, si tout le monde adhérait au véganisme, toutes ces dégoûtantes et maléfiques entreprises exploitant les animaux n’existeraient pas.

C’est ce que Bertrand Russell appelle une « vérité universelle » dans son livre, « Pourquoi je ne suis pas un chrétien. » Il dit: « Si vous pouvez prendre un comportement et l’étendre à l’infini [dans un contexte social] et qu’il est toujours bon pour tous, alors que le comportement est une vérité universelle. »

D’un point de vue fondamental, il est moralement inacceptable d’utiliser les cadavres et les sous-produits de l’esclavage de tout être qui a un intérêt dans la liberté ou le désir de vivre à l’abri de la douleur et de la souffrance. Les circonstances dans lesquelles vous les utilisez ne comptent pas.

Utiliser des corps d’animaux morts ou des sécrétions est moralement scandaleux, que ce soit sur une étagère de magasin ou en le sortant d’une benne à ordures.

Mangeriez-vous des cadavres brisés d’enfants travailleurs laissés à la poubelle? Si ce n’est pas le cas, pourquoi? Ils vont à la poubelle, autrement. D’ailleurs, vous ne les avez pas acheté, perpétuant ainsi leur exploitation. Vous ne voudriez pas les manger, parce que c’est mauvais que de participer à leur utilisation sous aucun prétexte à part la famine.

Tout comme il est erroné de s’engager dans l’esclavage et le racisme, et cela que sa propre participation perpétue le problème ou non.
Ou que sa non-participation arrête le problème. Le spécisme prend de nombreuses formes passives et le « freeganisme » du premier monde est l’un d’eux.

Nous sommes Vegan parce que le problème n’est pas dans la façon dont nous utilisons les animaux, le problème est que nous utilisons les Animaux. Une fois que vous ouvrez la porte de la transformation en objets interspéciste, c’est la boîte de Pandore qui est ouverte.

Alors pourquoi est-ce mal d’utiliser d’autres êtres pour la nourriture, les divertissements, les vêtements, la vivisection, etc? Quel est le raisonnement derrière notre idéologie du « laisser vivre » ? C’est ceci: « Vos droits s’arrêtent là où commencent ceux d’un autre. »

Contrairement à la société conduite par la consommation, chaque fois que vous avez une envie ou un désir, cela ne signifie pas que vous avez le droit de réaliser ce désir.

Juste parce que vous avez cinq dollars dans votre poche ne signifie pas que vous méritez des choses. Les animaux ont le droit de vivre leur vie sans la tyrannie humaine. Comme vous. Quoi que ce soit qui traverse cette ligne de démarcation n’est pas un droit.

C’est une capacité et cela ne doit pas être toléré ou protégé comme si cela serait en quelque sorte valide. C’est pourquoi le droit d’un animal à vivre ou à être défendue par tous les moyens nécessaires surpasse la capacité des commerces à tirer profit de leur exploitation, ou de leur mort.

« Vos droits s’arrêtent là où commencent ceux d’un autre » est également la raison pour laquelle il n’est jamais bien de prendre la décision consciente de choisir des produits de l’exploitation animale.

Bien sûr, la seule échappatoire à cette question est la famine ou si vous n’avez littéralement pas d’autre choix pour survivre. Mais à ce stade, vous ne faites pas une décision de consommateur, vous avez choisi de vivre au lieu de périr.

C’est une situation complètement différente de la fouille de poubelles chez Pizza Hut ou de manger un être abattu pour Thanksgiving parce que vous choisissez la tradition humaine plutôt que la vie d’un être innocent victime de l’avarice humaine.

Le droit des animaux à être laissé seul par les humains surpasse les faiblesses et les traditions humaines.

Nous ne devons pas tomber pour les petite mentalités comparant les « -istes » ou les « -ismes. »

Plusieurs fois, lorsque j’ai promu ou défendu le véganisme comme un mode de vie naturel et supérieur, j’ai dû faire face à des arguments microcosmiques jetés à ma face, comme la réfutation par « les indigènes. » La version courte de cet argument ressemble à ceci:

On dit que : « les gens doivent devenir vegan ! »

Ils répondent : « Et les peuples indigènes ? Pourquoi devraient-ils avoir à succomber à cette idée occidentale? Pourquoi devraient-ils avoir à encore plus changer leur culture déjà décimée pour répondre à cet idéal de l’homme blanc? »

Ceci est la version simplifiée, il y a tellement davantage dans le genre avec cet argument indigène. Et je suis d’accord avec, à 100 pour cent! Malheureusement, le plus souvent la personne qui utilise l’argument n’est pas tant préoccupé par la protection des droits des populations tribales que de tenter d’assimiler le véganisme au racisme. Et comme je le disais, c’est un argument microcosmique.

La dernière fois que j’ai vérifié, les blancs ne voyageaient pas dans la forêt tropicale ou en Arctique obligeant les natifs à consommer des Tofurkey [didon de tofu] et du lait d’amande.

Par ailleurs, je n’ai aucun souci avec les sociétés de chasseurs / cueilleurs vivant comment ils le font, en accord avec leur environnement et même, oui, en mangeant des animaux. Mais je pense toujours que les 5 milliards d’autres personnes sur la planète devraient devenir vegan !

Aussi, je ne souscris pas à l’idée qu’il soit correct de tuer des animaux en toute impunité parce que vous êtes brun ou parce qu’il y aurait des raisons culturelles pour le faire.

Désolé, mais je suis un activiste de la libération animale et il y a plusieurs milliers d’espèces, de variétés et de types d’animaux qui souffrent une terrible vie et la mort, de par le monde, et même l’extinction de la part des oppresseurs spécistes, humains, en Amérique, au Mexique, au Canada, en Chine, en Inde, en Australie , en Europe, en Afrique et ailleurs.

Nous ne sommes pas racistes ou sexistes. Nous ne sommes pas des impérialistes ou des bigots. Nous sommes des activistes de la libération animale. Nous sommes abolitionnistes et en tant que tel, nous étendons notre compassion, notre souci, notre férocité et notre l’énergie vers la libération de toute vie.

Si cela interfère avec la suprématie humaine de quelqu’un, qu’il en soit ainsi.

Le fait d’avoir à choisir entre les humains ou les animaux ne se produit pas toujours, mais s’il le faut, alors nous choisissons les animaux.

Pourquoi? Parce qu’ils sont innocents.

Les cerfs ne s’habillent pas en camouflage urbain et ne viennent pas dans votre voisinage et vous tirent une balle dans le visage, puis montent votre tête et ceux de votre famille dans leur espace de vie.

Les poulets ne construisent pas d’abattoirs mécanisés et n’élèvent pas des gens génétiquement modifiés et domestiqués pour être assassinés à grande vitesse, ou esclavagisés pour les œufs.

Les animaux ne constituent pas des religions ridicules qui exigent des sacrifices humains pour apaiser les hommes imaginaire dans le ciel.

Ils ne font pas des fermes pour notre peau, ils ne mangent pas nos cerveaux, ils ne font pas des vidéos de sexe tordus impliquant nos morts, ils ne nous impliquent dans des combats en cage, ils ne mettent pas nos enfants dans des caisses pour veau et les forçant à s’alimenter de régimes liquides.

Ils ne nous battent pas dans les rodéos, ils ne nous poignardent pas à mort dans des arènes bondées, ils ne montent pas nos crânes sur le devant de camions!

Les éléphants ne nous asservissent pas ou ne nous battent pas jusqu’à ce que nous réalisions pour eux comme des marionnettes, les tigres ne nous condamnent pas pour la vie dans une cage afin qu’ils puissent nous présenter dans un zoo, les serpents ne nous écorchent pas vifs pour faire de nous des ceintures, etc., etc., etc !

Non. Ce sont des activités humaines, chacune et chacune, je me trompe? Il y a une bonne raison de faire une dénomination spécifique entre les humains et les animaux et ce n’est pas parce que les humains sont supérieurs. C’est en raison de notre dépravation, de notre perversion, et de la soif de sang comme espèce, qui sont profondes et inquiétantes!

Il est vrai qu’il y a beaucoup de factions du véganisme mainstream en Amérique et en Europe, qui ruinent la pureté de l’éthique végane avec leur connerie classiste, mère de familles de classes moyennes, bobo !

Mais je pense que ce serait une grave erreur de la part d’une personne activiste de la libération animale que de simplement laisser des élitistes comme Francione, Peter Singer, ou un de leurs semblables, ruiner complètement notre mode de vie sans combat, parce que beaucoup d’entre nous ne sont pas eux.

J’ai rencontré des rastas végans (de Jamaïque). J’ai connu et aidé une soupe communautaire tenue par des noirs et pour des Noirs dans le centre-ville de Denver. J’ai lu des centaines de communiqués par des personnes guerrières vegans de l’ALF et de l’ELF du Mexique. J’ai rencontré des Africains qui ont tué des braconniers en Afrique. Et moi-même je suis un Latino.

Beaucoup de groupes Food Not Bombs groupes nourrissent des sans-abri chaque semaine avec des repas végétaliens. La plupart de gens de la communauté vegan et pour les droits des animaux sont des femmes.

Donc cette idée que le véganisme est une culture blanche ou élitiste est une image que perpétuent les publicitaires afin qu’ils puissent escalader les prix en recouvrant des emballages d’un grand « V. »

Mais si nous ne nous en tenons pas au véganisme en tant que tel et à ses idéaux, alors il continuera à être dépouillée de sa vitalité et de sa vérité. Jusqu’à ce qu’un jour être végétalien soit aussi ridicule que de suivre le régime Atkins [régime à la mode, réduisant les féculents].

Depuis que je suis vegan, j’ai vu que nous sommes passés d’être vue comme « ces cinglés des droits des animaux » à « ces hipsters branchés et yuppies blancs. »

Je préfère être de mon côté le lunatique des Droits des Animaux, pas un suppliant mendiant l’approbation et la validation de la part de connards de droite ou de gauchistes à peau fine.

Ce monde est destiné à tous les êtres. Compris ? Compris ! Bien !

La Libération Animale, quel qu’en soit le prix !

Interview de Talon conspiracy

Nous avions parlé du projet Talon conspiracy, qui fournit en ligne des publications anglophones de la libération animale et de la libération de la Terre. Voici une petite interview, les réponses ayant été données par Josh Harper, activiste ayant notamment passé plusieurs années dans les prisons américaines dans le cadre d’une condamnation pour participation à SHAC (Stop Huntingdon Animal Cruelty).

Votre projet consiste à mettre en ligne des PDF de publications de l’histoire des mouvements militant pour la libération animale et la libération de la Terre. Comment en être arrivé à cette idée ?

Il y a quelques années, mon amie Sabrina m’a demandé si j’avais la collection complète de la publication d’Earth First ! de Grande-Bretagne, Do or die.

A un moment je l’ai eu, mais quand une Joint Terrorism Task Force [Force unifiée d'action contre le terrorisme] du FBI a effectué un raid chez moi, je l’ai perdu avec beaucoup d’autres publications.

Cela m’a fait réfléchir sur combien notre histoire a été perdue et ce que cela pourrait signifier pour les générations futures d’éco-guerriers.

J’ai commencé à regarder autour de moi pour des publications imprimées aussi récemment que les années 1990, et j’ai été choqué d’à quel point certaines d’entre elles étaient difficiles à retrouver. Sabrina m’a suggéré que nous les archivions en ligne, et voilà comment le site a commencé.

Quelles ont été les premières impressions après avoir jeté un œil sur tout ce qui a été produit de par le passé ? C’était impressionnant, ou peut-être décevant ?

Certaines publications sur notre site sont intelligentes, perspicaces, ou pavent la voie ; d’autres sont ternes, ignorantes et ne donnent pas d’inspiration.

Quoi qu’il en soit, elles racontent une histoire quant aux différentes périodes de notre mouvement et les gens qui se sont suffisamment préoccupés de résister au spécisme et à l’omnicide [meurtre de tout être vivant].

Depuis ma perspective d’historien amateur, toutes les publications sur notre site ont de la valeur, même si c’est pour montrer ce qui n’a pas marché dans le passé.

Les publications du passé représentent un travail énorme, et ont joué un rôle dans la question de la continuité. Sur notre site, notre politique est de faire un article quotidien, afin de montrer le sérieux et d’ouvrir un espace ouvert pour la lutte. Comment comprendre cette question de la continuité de la lutte pour les animaux et la Terre ?

Si par là il faut comprendre la continuité des actions depuis que le mouvement est réellement né dans les années 1970, je dirais qu’une chose devient clair quand on lit à travers le site : les actions les plus extrêmes ont rarement eu un effet significatif à part ralentir la participation dans l’action directe clandestine.

La continuité de la lutte est importante. Nos opposants doivent constamment être en train de se battre avec une défense d’arrière-garde et ne devraient jamais se voir accordés le luxe de moments de repos.

Nous devrions frapper sur tous les fronts à tous les moments – mais quand les bombes, les menaces de contamination et les agressions ont eu lieu, elles ont tendu à nuire à nos capacités de recruter, de maintenir le moral, et de captiver l’imagination du public.

Les meilleures actions sont celles qui nuisent à nos opposants tout en renforçant notre propre position, et les bombes, etc. ont surtout fait le contraire. Souvent elles provoquent tellement de débat interne que les actions directes se déroulent moins fréquemment, et parfois même arrivent à être paralysées.

Le problème de la présentation d’une revue du passé est qu’il y a lieu de faire une évaluation, ce qui n’est bien sûr pas neutre. Par exemple, il est clair qu’on trouve une attitude vraiment critique vis-à-vis de l’ARM (Milice pour les Droits des Animaux). Sur quelle base évaluer les choses du passé ?

Je ne peux qu’évaluer le passé en utilisant ma propre expérience subjective. Je fais le mieux que je peux pour contextualiser le passé de manière correcte, mais je ne suis qu’humain. J’espère qu’en postant ces vieilles publications, davantage de gens seront attirés par l’idée d’enquêter, et d’analyser notre histoire.

Mes perspectives sont, bien sûr, influencées par ma propre partialité, mes préférences, et mon niveau de connaissance. Je pense que nos lecteurs et lectrices sont suffisamment habiles pour voir cela, et j’aime avoir des retours sur le site.

Toi-même, tu as été en prison en raison de ton activité dans la campagne de SHAC. Peux-tu nous dire quelque chose à ce sujet ?

L’emprisonnement est une chose terrible et cela a été un lourd tribut pour moi. J’ai été témoin de choses derrière les barreaux qui me hanteront jusqu’à ma mort, et même si je ne suis plus incarcéré, le spectre de mon expérience en prison est avec moi chaque jour.

Cela dit, je serais bien plus hanté par la honte de l’inaction. Il n’y a rien de glorieux quant à avoir fait de la prison, mais je suis fier de m’être suffisamment soucié de résister, même si cela a signifié 3 ans d’isolement, de privation, de solitude et de peur.

Les pires jours, lorsque mon traumatisme post-prison s’empare de moi, j’essaie de me rappeler du sentiment de regarder dans les yeux des agresseurs d’animaux qui sont milliardaires et de voir le regard de la défaite sur leur visage.

Nous sommes plus puissants qu’ils ne le sont, lorsque nous faisons face ensemble, et un des meilleurs sentiments que j’ai jamais eu est de leur rappeler que les pauvres peuvent leur botter leurs culs maniérés.

Comment vois-tu le futur de la libération animale et de la Terre ?

Personne ne sait en quoi va consister le futur, mais je pense que les non-humains et la vie sauvage ne peuvent être sauvés de notre espèce que par un mouvement militant de masse.

Ce mouvement aura besoin d’être bien plus stratégique que ceux du passé, et plus populaire également.

Cela signifiera repenser la manière avec laquelle nous nous présentons au public, planifier des actions qui inspirent plutôt que qui repoussent, et une plus grande camaraderie que jamais auparavant.

Et comment les vois-tu reliées ?

La libération animale, qui comprend la libération de notre propre espèce, est liée à la santé de la planète pour des raisons évidentes.

Être libre ne signifie rien si il n’y a pas d’eau saine à boire, si l’air est empoissonné et si le climat est trop rude pour survivre.

Quand je parle de révolution, je parle également de joie, d’amour et d’une vie qui vaut la peine d’être vécue. Rien de cela n’est possible sans un système soutenant la vie, système fourni par cette planète magnifique.

« La Nature attend également la révolution »

Nous avons déjà parlé de l’association Dämmerung [crépuscule], qui en Allemagne a pris le relais du groupe « tierrechts-aktion-nord », actif pendant 25 ans. Leur manifeste est disponible ici: Théorie sociale, critique de l’idéologie et lutte de classe.

Voici leur initiative ayant lieu à Hambourg, les 8 et 9 novembre 2013, et qui montre une démarche et une approche que nous trouvons, de notre côté, bien entendu intéressantes.

Sur l’affiche, on lit : « La Nature attend également la révolution. »

Les rapports mondiaux sur la faim dans le monde de ces dernières années ou le scandale actuel quant aux œufs, tout cela indique clairement que sont discutés de manière critique dans l’opinion publique les excroissances de la production capitaliste de nourriture, en particulier celle de la viande.

Le véganisme comme « lifestyle » connaît un véritable boom, et les opportunités d’informer avec succès sur la misère du massacre industriel des animaux étaient bien plus faibles par la passé.

C’est, pour le mouvement des droits des animaux et de la libération animale, une situation favorable pour poser, ensemble avec les mouvements écologistes et sociaux, des exigences anticapitalistes radicales.

Mais cela ne se produit pas. Le mouvement des droits des animaux et de la libération animale ne dispose d’aucun concept de théorie politique, d’aucune analyse de la société et n’est pas clair quant au dénominateur commun avec d’autres mouvements de gauche.

Leur critique de la production de masse de la marchandise animal reste bourgeoise et morale et maintient à distance des approches anti-capitalistes – et à cela « l’antispécisme autonome » n’est pas une alternative.

Lorsque le mouvement est actif, il agit dans de nombreux domaines comme directement critique du système – mais il n’en est pas conscient.

D’autre part, les mouvements socialistes traditionnels ont souvent des réserves de principe contre le mouvement des droits des animaux et de la libération animale.

Il y a non seulement le fait qu’il est perçu comme un mouvement « à un seul thème », auquel manque la perspective de surmonter l’ordre social dominant, mais il y a également que la libération des animaux est totalement exclue de l’agenda de gauche.Cette distance mutuelle erronée est ce nous voulons réduire à notre académie.

Nous voulons faire comprendre pourquoi la libération des êtres humains et des animaux ne saurait être obtenue sans critique du capitalisme et pourquoi d’autre part, la critique du capitalisme n’est pas fondamentale si elle ne prend pas en compte le rapport à la nature (et les animaux, en particulier).

Dans les ateliers et les tables rondes avec des représentants des organisations de gauche, nous espérons identifier les dénominateurs communs et ainsi fonder les bases sur lesquelles peut être construite une politique concrète révolutionnaire, pour dépasser les conditions sociales dans lesquelles, depuis longtemps, il n’y a pas que l’être humain qui soit un être abaissé, asservi, abandonné, un être méprisable.

Le premier jour a lieu un débat sur le principe « one struggle one fight », sur le rapport entre la libération animale et l’extrême-gauche.

Samedi matin a lieu un atelier sur l’antispécisme autonome, avec la critique de la négation des rapports sociaux par l’antispécisme, qui se fonde sur un point de vue moraliste individuel et qui méconnaît la réalité des travailleurs de l’industrie de l’exploitation animale, les voyant unilatéralement comme des ennemis.

Ensuite ont eu lieu deux ateliers : un sur la situation de l’industrie de l’exploitation animale en Allemagne, un autre sur la morale révolutionnaire et la politique anticapitaliste.

Le soir a lieu une conférence sur le mouvement pour la libération animale et la gauche, ensuite différents concerts, avec notamment Albino (voir son interview ici).

ALF Supporters Group Newsletter

La ALF Supporters Group Newsletter était le bulletin du groupe de soutien à l’ALF, en Angleterre, de 1982 à 1986. En réalité, de par une faille légale existant alors, l’ALF Supporters Group a été très clairement la vitrine légale de l’ALF, exprimant directement ses opinions, sa culture, ses besoins.

Nous sommes au début des années 1980 et le journal était tapé à la machine, ses exemplaires étaient ronéotypés. Il y avait des articles d’opinion, des explications de la situation et enfin des listes d’action.

Le point d’orgue consistait en des appels à rejoindre l’ALF, une présentation de sa stratégie, et des appels aux soutiens techniques, principalement pour placer les animaux libérés. La place accordée aux animaux libérés est vraiment très grande et va de pair avec l’identité de l’ALF des débuts.

L’extrait du bulletin ci-dessous appelle à donner des fonds pour les transports, les véhicules, les outils, l’entraînement, la propagande (qui a comme effet la libération animale dans d’autres pays), mais aussi l’alimentation et les frais vétérinaires des animaux sauvés, surtout que leur santé était très mauvaise au moment de leur libération.

Les premiers numéros sont, en quelque sorte, très optimistes quant à la perspective d’une vague d’action directe contre l’exploitation animale, forçant celle-ci à s’effondrer économiquement.

Cet optimisme surfe sur un écho massif alors dans la société anglaise, avec des centaines d’actions de l’ALF parfois chaque semaine, avec un soutien très important. Pas moins de 1500 personnes firent, à leur pic, partie de l’ALF SG, ce qui signifie que 1500 personnes étaient organisées directement dans le soutien matériel à l’ALF. A cela s’ajoute les différents cercles de personnes sympathisantes, etc.

Le bulletin a ici comme sous-titre: « Votre soutien est urgemment nécessaire. »

Ici, on lit « L’aube d’une nouvelle époque – la libération animale internationale.« 

Cependant, on peut lire dans le bulletin que le prix à payer sera forcément l’emprisonnement de centaines, voire de milliers de personnes pour leur activisme.

Il est également souligné que les activistes viennent, pour la plupart de milieux populaires, sans grands moyens financiers donc. De plus, les activistes conçoivent leur action sur un mode professionnel, comme leur identité la plus complète.

Il est très frappant justement quand on regarde ces bulletins de voir une naïveté politique extrême dans ce qui est exprimé. Les activistes venaient tous de la protection animale et entendaient dépasser des luttes qui ne permettaient pas la victoire.

Ils n’avaient pas d’horizon bien posé sur le plan politique ou culturel, et en fait ils n’avaient pas conscience de comment ils allaient ébranler la société et affronter la répression. C’était un mouvement activiste issu de la protection animale, sans réflexion stratégique au préalable à part l’affrontement sur la base de l’expérience faite dans la protection animale.

Naturellement, cela ne veut pas dire qu’il ne s’agissait pas de gens ouvertement progressistes; contrairement à ce que racontent les « Cahiers Antispécistes » au début des années 1990 (nous en parlions ici), l’extrême-droite est explicitement refusée. Le grand ennemi, c’est cependant la social-démocratie et tous les réformistes de la protection animale, systématiquement critiqués.

Ce qui compte, c’est le mouvement, qui doit faire boule de neige.

Le problème a, par conséquent, été que l’ALF SG s’est faite débordée. Par le succès de l’ALF tout d’abord, massif en Angleterre, mais ayant également immédiatement un écho international (aux États-Unis notamment).

En deux semaines, l’ALF SG a rassemblé autant de personnes autour d’elle qu’elle n’en avait prévu sur le très long terme. L’impact de l’ALF était énorme et avait un énorme écho, demandant une énorme capacité d’organisation, le bulletin étant en fait le fruit, assez en catastrophe, du besoin d’organiser.

Par la répression ensuite. En tant que structure, l’ALF SG et ses membres ont été la cible d’une multitude de raids policiers, avec le bulletin régulièrement confisqué. De plus, une énorme campagne médiatique fut lancée contre l’ALF, pour ridiculiser le principe des libérations.

La question de l’activisme a alors été au cœur des débats au sein même du bulletin, qui accordait également ses colonnes aux communiqués de l’Animal Rights Militia (ARM), qui évidemment n’était pas rejetée en tant qu’organisation. La réaction générale était en effet de répondre par davantage d’actions à la contre-propagande.

Mais le bulletin devint alors vraiment la clef du mouvement et le point faible…

L’Etat anglais a dû réagir promptement, avec en 1986, la fin de la possibilité d’avoir une façade légale à l’ALF, le bulletin cessant obligatoirement sous sa forme première. Une seconde version fut lancée, sans appels militants « ouverts », mais cela n’empêcha pas l’écrasement par la police, qui entendait à tout prix écraser la diffusion des listes d’action, se montant à des dizaines de milliers par an.

On notera que dans le bulletin, on trouve à un moment une interview de l’ALF France; la boîte postale de l’ALF SG fonctionna même comme moyen de leur écrire. Nous savons qu’il existe une version française de cette interview, mais nous n’en disposons pas.

On notera qu’il est parlé de « Front de Libération de l’Animal », soit la traduction directe d’Animal Liberation Front. En France, depuis, on utilise plus couramment « Front de Libération des Animaux », ou bien encore « Front de libération animale. »

Parmi les réponses, il y a celle-ci qui est très intéressante: « Les végétariens en France sont considérés comme une sorte de secte, comme des gens vivant dans les nuages, des gens étranges si je peux dire. » Toute la mentalité française, qui n’a pas changé, est ici exposée. On notera que le bulletin utilise au début le terme de végétarisme, pour assez vite passer à celui de véganisme.

Il n’est guère étonnant que vues les conditions françaises, l’ALF française se soit vite faite asphyxiée, ce qu’elle expliquera dans un autre texte. Ni les gens en général ni les gens pour la protection animale en particulier ne soutenaient une telle initiative, et l’ALF française explique qu’elle se voyait dans l’impossibilité complète de dépasser le nombre de quelques personnes (notamment à Paris et Toulouse).

On notera au passage ce communiqué d’un raid de libération d’animaux dans un laboratoire d’une faculté parisienne, au milieu des années 1980.

Tout cela remonte à très loin, pratiquement 30 ans, cela donne un aperçu très intéressant sur la libération animale en Angleterre à ses débuts. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts!

Le bulletin de l’ALF SG existe encore et se charge du soutient aux personnes emprisonnées pour des actions illégales au nom de l’ALF.

Pour les personnes voulant consulter ce bulletin et de nombreux autres documents en anglais, ils sont sur le site The Talon Conspiracy (il faut se loguer à une interface pour pouvoir télécharger); d’autres sont disponibles sur ce site allemand, qui proposent également des documents dans cette langue. Bien entendu, ces deux archives proposent à la fois des documents sur la libération animale et sur la libération de la Terre.

A titre d’illustration, voici téléchargeable les 6 premiers numéros: 123456.

Une revue, un journal, un zine pour la libération animale?

Nous avons parlé de la revue Arkangel et comme dit nous allons parler de toute une série de journaux, revues et zines ayant pu exister, dans différents pays.

Nous voulons par contre, de manière succincte, parler de la question de savoir dans quelle mesure aujourd’hui un journal, une revue, un zine… consacré à la libération animale pourrait être utile, souhaitable, faisable.

Dans le principe, ce qu’on pourrait trouver dedans est assez facile à imaginer : des appels à des initiatives, des compte-rendus d’initiatives, des discussions, des dossiers sur des animaux et des zones naturelles, des infos sur la protection animale, sur comment s’occuper d’animaux, sur les refuges et comment les aider, des trucs et astuces pour agir de manière écologiste dans son quotidien, des recettes, etc.

Un tel projet serait, inévitablement, quelque chose de très bien, nous-mêmes avons décidé de compiler certains textes à chaque saison (ici par exemple pour l’été 2013) et c’est pour cela nous voulons présenter certains aspects pour bien voir dans quelle mesure c’est faisable, souhaitable, etc. ou pas.

Mais naturellement, il s’agit de notre point de vue, de notre côté; d’autres peuvent avoir une autre expérience, et avoir un avis différent, voyant d’autres possibilités! Dans tous les cas, si on peut faire avancer les choses, il faut bien entendu le faire, et toute expérience même ayant échouée va dans le bon sens si on en fait un bilan après et que cela sert pour la suite!

La première chose, bien entendu, est l’aspect financier. Faire une revue coûte très cher, enfin, de notre point de vue, nous n’avons pas les moyens faramineux de certains, comme les gens ayant fait VegMag, qui a lamentablement foiré malgré des soutiens (réciproques) comme Governatori, les moyens d’avoir une revue propre, régulière, etc. etc.

Il y a les frais d’impression, mais aussi et surtout de distribution : 75 % de la presse française est distribuée par Presstalis, les ex-NMPP, qui ont des exigences exorbitantes pour distribuer une revue de petite taille.

On remarquera au passage qu’il y a là une grande faillite, puisqu’à la base les NMPP étaient tenus par les syndicalistes, d’où par exemple cette anecdote donnée par wikipédia :

Fin 1991, la direction des NMPP découvre une cache d’armes de 5 000 fusils, carabines, armes de guerre avec leurs munitions dans l’un des hangars de Saint-Ouen. Ces armes, détournées lors de la faillite de Manufrance et stockées là par des ouvriers CGT en 1980, ont été clandestinement stockées au sein même des NMPP en attendant un hypothétique « Grand Soir ». La direction des NMPP alerte la justice mais s’abstient de porter plainte, le scandale est étouffé, le gouvernement négociant directement avec la CGT.

Donc, là le grand soir c’est fini et c’est par contre le grand capital : une revue ne peut plus être distribuée dans les kiosques et les librairies. C’est trop cher. Restent alors les contacts que l’on peut avoir, seulement pour qu’une revue ait un sens, il en faut directement 2000 exemplaires, et il n’y a pas les gens pour assumer de prendre chacun 150 revues et les dispatcher.

De plus, une telle revue devrait être déclarée (quelques exemplaires à chaque fois à l’Etat), et il va de soi que la répression ne tarderait pas à vite tomber si la revue marchait… Si Arkangel tenait, c’est parce qu’il y avait des gens très motivés, avec un mouvement derrière.

Or, en France, les seules personnes très motivées sont dans les refuges, et ne sont pas forcément véganes ; les véganes, de leur côté, privilégient le comportement narcissique visant à manger du chocolat vegan en pleurant sur son sort et au mieux se tourner vers des structures ultra-soft comme L214.

Les personnes véganes n’ont, dans leur grande majorité, surtout pas envie d’entendre parler de radicalité ; ils veulent du simili-carné et la tranquillité. Elles ne veulent pas avoir à voir avec l’exploitation animale (ce qui est déjà pas mal!), mais cela s’arrête là.

Il y a une tendance, générale dans la société d’ailleurs, à l’égocentrisme, la consommation pseudo-militante, d’où notre refus catégorique des choses comme Facebook, Twitter, etc. Nous ne comprenons pas comment des gens progressistes peuvent utiliser ce genre de choses égocentriques, d’un militantisme commercial et en plus fournissant à la police toutes les informations qu’elle veut !

Nous sommes peut-être des utopistes, mais nous croyons encore en l’esprit d’organisation des gens une fois qu’ils assument la maturité face à la réalité. Et nous croyons tout à fait qu’un média alternatif peut, de manière autonome et à force de travail, être un succès au moins relatif.

En quelques années, nous avons eu plus d’un million de personnes différentes sur LTD, à nos yeux c’est la preuve qu’un chemin autonome est possible, quand on y croit et qu’on se donne les moyens d’avancer. Ce que nous avons fait, d’autres peuvent le faire, il suffit de s’y mettre avec cohérence et sérieux.

Un journal, une revue, un zine… pourraient tout à fait fonctionner et avoir un succès similaire. Mais le problème est que le réseau doit être construit d’abord, alors que pour un site internet, le réseau est tout de suite là.

Tout cela pour dire donc : une revue pour exister aurait besoin d’un réseau, un réseau qui ne peut exister que par un mouvement, et un mouvement par une culture. LTD propose une culture ; nous espérons qu’il y aura un mouvement (et à petite échelle il y en a déjà un, bien sûr).

Aussi, si des gens, avec leurs conceptions, veulent faire une revue ou un zine, nous dirions plutôt : faites un blog, notamment lié à la réalité locale. C’est le premier pas pour qu’il y ait un réseau végan en France, car des groupes locaux se confrontent à la réalité, parviennent à s’ancrer dans la population. Nous avons déjà exprimé ce point de vue dans Nous avons besoin d’un mouvement !

Cela ne veut pas dire que cela soit le seul chemin possible. Mais, à nos yeux, c’est le plus réaliste.

Libération de deux dauphins en Ukraine

Voici un communiqué diffusé par Bite back!; l’action a eu lieu en Ukraine.

Deux dauphins de l’aquarium de Yevpatoria ont été libérés dans le cadre d’une opération spéciale avec équipement de plongée.

Au cours de la nuit de pleine lune du 20 juillet 2013 nous avons parcouru 2 km sous l’eau et avons franchi le périmètre de sécurité : nous avons coupé les filets et sommes entrés dans les piscines où se trouvaient les dauphins.

L’heure d’après nous avons coupé une grande partie de la barrière qui entoure le périmètre. Les dauphins nous encourageaient par des claquements et des sifflements. Leur soutien nous a rempli de joie et d’enthousiasme.

Ça a été une rencontre inoubliable et une expérience encourageante pour nous.

Une fois le travail terminé nous sommes partis du lieu de l’opération. La prison, bien évidemment, était équipée de caméras de vision nocturnes, mais leurs yeux rouges visaient la passerelle et les gradins du public. Personne ne s’attendait à ce que nous nous approchions par en dessous.

Dès que les dauphins ont senti la brise de la liberté ils ont fui dans la mer nocturne.

ALF/FAI – PHOQUES en tournée

Le naturalisme d’Arkangel dénoncé à la française

Il y a peu nous avons parlé de la revue Arkangel (ici, et encore ), « mythique » pour la libération animale.

Nous allons continuer de-ci de-là un petit panorama des revues ayant existé dans différents pays, mais voici un petit document très intéressant concernant Arkangel.

Il s’agit d’un très « rigolo » extrait d’un article des Cahiers Anti-spécistes, datant de 1998 et écrit par David Olivier, grand pourfendeur de la Nature et grand caricaturiste de la libération animale.

L’article, anti-ALF dans la tradition de ces cahiers, a en effet un long passage sur Arkangel, débordant sur l’ALF (et pour cause, c’est le fondateur de l’ALF qui a lancé cette revue depuis la prison).

De manière vraiment « française », il est reproché à Arkangel et l’ALF de parler… des « espèces menacées, des animaux sauvages » !

Quelle blague !

Et que dire des autres ramassis de mensonges et d’assimilations erronées, par exemple concernant le mouvement hardline, ou encore dans le fait de faire passer les gens d’Arkangel pour des zozos écolos pratiquement fachos !

Arkangel aurait même été une revue dans un esprit d’un « apolitisme réactionnaire »…

Et tout cela pourquoi? Parce que les Britanniques auraient, chose terrible et scandaleuse pour les universitaires français, « mis l’accent sur l’action directe de sabotage et de sauvetage d’animaux, au détriment d’une critique idéologique » ! Houlalalala! Mais quelle horreur!

Franchement, mais quelle honte. Tout cela est tellement pitoyable que cela ne vaut guère plus qu’une anecdote estivale.

Et heureusement qu’il y a LTD pour rompre avec cette conception française anti-Nature, faisant passer les gens qui la reconnaissent pour des Allemands illuminés, des romantiques mystiques ou spiritualistes, pour des Anglo-Saxons puritains semi-fachos, etc. etc.

C’est pourtant simple : la vie est une réalité et sa seule « nature » est justement la Nature ! Il n’y a pas de Dieu ni d’être humain né du hasard qui pourrait piller la planète !

Il est naturel d’aimer la vie et les êtres vivants, et de vouloir défendre la vie des « espèces menacées, des animaux sauvages » !

Et oui, c’est vrai, les mystiques et les délirants ne manquent pas, surtout en période de crise. Mais ce n’est pas pour rien que jamais ils ne sont végans, que jamais ils n’aiment les animaux de manière authentique, que toujours ils rejettent la réalité naturelle au profit des forces « spirituelles » et autres délires.

Et il va de soi qu’Arkangel, comme on le constate aisément en tournant les pages du magazine, avait une critique idéologique très claire de notre société…

Les positions de l’ALF britannique

Arkangel, revue proche de l’ALF, a récemment publié la traduction anglaise du texte de David Olivier sur l’avortement (CA n.9), mais en y apportant deux modifications, assez graves nous dit Vincent Berraud (nous-mêmes n’avons pas vu le texte).

Nous ne savons pas si elles sont volontaires. Arkangel avait déjà censuré un article de Vincent, et a hésité à publier celui de David.

C’est que de nombreux/ses militantEs de libération animale sont pro-life, c’est-à-dire luttent pour le « respect de toute vie », y compris donc celle des fœtus.

Dans ce même numéro d’Arkangel, on trouve aussi un texte pro-life « hardline » (ce courant naturaliste puriste, réactionnaire, partisan d’un ordre mondial fondé sur les prétendues lois naturelles, s’oppose à la fois à la consommation de viande et à l’avortement, à l’homosexualité…) et un article signé du « Parti de la Loi Naturelle ».

Enfin, Arkangel refuse désormais de prendre position sur la présence de l’extrême-droite au sein du mouvement « pour ne pas le diviser »…

Nous pensons au contraire qu’une ligne éthique et politique claire est une nécessité pour l’égalité animale.

Depuis un moment déjà l’ALF britannique, par exemple, parle de moins en moins du massacre des « animaux de boucherie » et de plus en plus des espèces menacées, des animaux sauvages, de la chasse, etc.

Le naturalisme y est peu critiqué, beaucoup de militantEs au contraire s’y vautrant.

Que cet écologisme en fin de compte sert un apolitisme réactionnaire, c’est ce que semblent confirmer les nouvelles ci-dessus.

Les Britanniques ont mis l’accent sur l’action directe de sabotage et de sauvetage d’animaux, au détriment d’une critique idéologique visant un changement profond de nos modèles culturels, impliquant une certaine conscience de ce qu’est le spécisme et de la façon dont nous-mêmes tendons à le reproduire.

 

La couverture d’Arkangel numéro 12

La couverture de la revue Arkangel numéro 12 est un tour de force, elle vaut largement le coup qu’on s’y attarde. On peut ne pas aimer son esthétique, mais le principe est excellent.

Contrairement à ce qu’il y a le plus souvent en couverture (un archange allégorie de la libération), on a ici les grands principes pratiques de la libération animale.

A chaque fois, des animaux sont présents, en allusion en quelque sorte au zodiaque de l’astrologie. Sauf que là c’est bien différent: pas de balance ou de verseau. Dans une sorte de style celtique, on a déjà « direct action« , c’est-à-dire évidemment « action directe » avec une personnage masqué cisaillant symboliquement un grillage…

Et à côté, « rallies – pickets« , c’est-à-dire les rassemblements à l’anglaise, avec les pancartes, beaucoup de bruit, etc.

De manière formidable, on a également « sanctuaries« , pour les sanctuaires, avec une personne donnant à manger à un animal réfugié. Et à côté bien entendu le véganisme, avec une personne transportant des légumes.

On remarquera que sous « action directe » on avait un lapin et un rat, victimes de la vivisection, et que sous « rassemblement » se trouvent des animaux de l’océan, manière de dire qu’on doit également se rassembler pour les animaux de l’océan.

Là sous sanctuaire on a un chat (avec les refuges pour chats) et une vache sous véganisme (puisque celle-ci n’est plus une victime de l’exploitation animale quand on pratique le véganisme!). Tout à fait logique et très bien trouvé!

On a ensuite « fundraising« , le fait de lever des fonds en soutien, avec un cheval (en mouvement, comme le fait d’aller quêter de l’argent!). On remarquera, chose précieuse, que les fonds sont symboliquement redistribués, et non pas récoltés : c’est pour les animaux, pas pour nous! Absolument brillant!

Et on a le classique « hunt sabotage« , avec un renard et un cerf. On remarquera que le personnage fait du bruit avec une sorte de corne : c’est pour déranger les chasseurs! Le véganisme jusqu’au moindre détail….

On a ensuite « healing – homing« , c’est-à-dire « guérison – donner un foyer. » La personne tient en main un chien, suivant l’image bien connue du beagle sauvé par des gens de l’ALF (et qu’il faut donc forcément placer dans un foyer aimant par la suite!). Mais de manière très belle on a ensuite un oiseau: belle manière de ne pas les oublier et d’appeler à les soigner lorsqu’ils sont malades ou blessés!

De manière très intelligente encore, « campaigning » – « faire campagne » – montre une figure en train de distribuer des tracts, avec en-dessous des animaux d’Afrique, qu’on ne peut pas aider « directement » mais qui ne doivent pas être oubliés!

C’est, il faut le dire, une véritable oeuvre d’art! Et le 21ème siècle saura le reconnaître… Bientôt!

Les couvertures d’arkangel

Les couvertures de la revue Arkangel reprenaient pratiquement toutes le symbole de l’archange (qui se dit « archangel » en anglais), qui a donné le nom à la revue. Bien entendu, Arkangel était une revue révolutionnaire, rejetant le capitalisme, il n’y avait rien de religieux. Peut-être une allusion à l’arche de Noé (« ark » en anglais), refuge des animaux?

Car le symbole de l’archange symbolisait naturellement la libération des animaux en pratique, le véritable sauvetage. D’où cette couverture depuis très connue dans le mouvement pour la libération animale, qui a été déclinée notamment en affiche.

Toutes les couvertures reprennent le même principe, avec une sorte d’archange placé dans différentes situations. L’esthétique est relativement tout le temps la même, comme par ailleurs pour les dessins d’animaux dans la revue. Il y a un grand effet d’unité et de continuité.

Dans les deux exemples précédents, on avait une allégorie de mère Nature, protectrice; sur la seconde image, on a des chasseurs en arrière-plan. Mais d’autres couvertures pouvaient avoir un « archange » en mode « militant » – sauvant, mais également « punissant. »

L’image suivante, comme toutes les autres par ailleurs, peut être trouvée plus ou moins « moche », mais c’est un style (anglais en l’occurrence) et ici on reconnaît bien l’allégorie de la justice. Les esprits chagrins trouveront que c’est trop religieux, mais c’est un prétexte rationaliste à la française pour masquer la désapprobation quant au fond.

D’autres couvertures n’ont pas d’archange, pour autant elles soulignent la dimension militante, offensive, pleine d’espoir de triomphe… « Join us on the road to victory«