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Le trafic d’ivoire en Afrique centrale

Deux importantes ONG – l’Union internationale pour la conservation de la nature et le WWF – produisent ensemble un projet intitulé Traffic ; un numéro spécial vient de sortir au sujet des éléphants d’Afrique et du trafic d’ivoire.

L’enquête, concernant la Centrafrique, le Cameroun, le Gabon, le Congo et la République démocratique du Congo, s’appuyant sur onze villes entre 2007 et 2009, entre 2014 et 2015, n’est disponible qu’en anglais.

Il est toujours étonnant de voir des associations aux moyens financiers très importants être incapable de fournir de tels documents dans différentes langues. C’est plus que regrettable.

Afin de voir de quoi il en retourne dans cette enquête, abordons tout de suite un aspect essentiel pour comprendre cela. L’ivoire est une matière extrêmement prestigieuse dans le cadre de l’idéologie dominante.

Le colonialisme en a fait un commerce de très haute valeur, tout comme en Chine les objets faits en ivoire se voient reconnus une importante reconnaissance.

Il existe un roman intéressant à ce sujet, Au coeur des ténébres, de Joseph Conrad, paru en 1889. Le scénario de ce roman a fourni la base au film Apocalypse now.

Ce roman, mélange de dénonciation du colonialisme et d’une sorte de racisme distant, raconte comment dans le cadre de la quête de l’ivoire, un agent commercial devient fou, s’alliant à des tribus pour devenir chasseur de tête, utilisant donc des méthodes criminelles, mais, du point de vue de la compagnie qui l’emploie, assez efficace…

Voici quelques extraits, pour donner le ton :

« Tout le reste dans ce poste était confusion – les têtes, les choses, les bâtiments. Des théories de Noirs poussiéreux aux pieds épatés arrivaient et repartaient ; un flot de produits manufacturés, de cotonnades camelote, de perles, de fil de cuivre partait pour les profondeurs des ténèbres, et en retour il arrivait un précieux filet d’ivoire. (…)

Sur d’autres questions il précisa que M. Kurtz avait à présent la charge d’un comptoir, très important, en plein pays de l’ivoire, “au fin fond. Il envoie autant d’ivoire que tous les autres réunis…” (…)

Le mot “ivoire” résonnait dans l’air, se murmurait, se soupirait. On aurait dit qu’ils lui adressaient des prières. Une souillure de rapacité imbécile soufflait à travers le tout, comme un relent de quelque cadavre. Tonnerre ! Je n’ai jamais rien vu d’aussi irréel de ma vie. (…) Le seul sentiment réel était un désir d’être nommé à un comptoir où on trouvait de l’ivoire, de façon à se faire des pourcentages. Ils intriguaient et calomniaient et se haïssaient l’un l’autre pour ce seul motif. »

Maintenant qu’on a bien compris l’ambiance folle de l’époque, allons 150 ans plus tard, jusqu’à aujourd’hui. Car la situation est le fruit du prolongement d’il y a 150 ans.

On considère que la population d’éléphants en Afrique était de 20 millions environ avant la colonisation, d’1,3 million en 1980, de 600 000 en 1989, étant d’un peu plus de 350 000 désormais.

Mais que signifient réellement ces statistiques ? Venons-en justement à l’enquête de Traffic. Il s’agit de professionnels qui ont enquêté, des gens qui s’y connaissent, ont accès aux informations, mènent des enquêtes, etc.

Et pourtant que voit-on ? Que le nombre d’éléphants relève d’un flou artistique incroyable.

Il est expliqué dans l’enquête que, dans les parties du Gabon où une enquête a été menée ces dix dernières années, il y a 7058 éléphants… Mais possiblement 2303 en plus ou en moins !

Et il est aussitôt expliqué que 80 % du pays échappe à l’enquête, et qu’il est « spéculé » qu’il y aurait entre 59 057 et 67 094 éléphants de plus…

Cette « spéculation » en dit long sur la situation là-bas. En fait, il n’existe aucun encadrement réel, aucune surveillance fiable, aucun compte-rendu complet. On se doute bien que ce n’est pas avec cela que les éléphants pourraient être correctement protégés.

Et c’est pareil pour la République du Congo, où il y a 6 057 éléphants selon l’estimation de ces dix dernières années – possiblement 1222 en plus ou en moins ! -, mais possiblement entre 20 924 et 26 942 de plus dans les zones non connues.

Et c’est pareil pour la République Démocratique du Congo, avec 1794 éléphants – peut-être 52 en plus ou en moins -, et entre 7803 et 9337 de plus dans les zones non connues.

Et c’est pareil pour le Cameroun, avec 6830 éléphants (peut-être 943 en plus ou en moins), possibleme,t entre 1985 et 2134 éléphants dans les zones inconnues.

C’est pareil aussi pour la Centrafrique où il y aurait 702 éléphants – possiblement 245 en plus ou en moins ! – et entre 699 et 826 dans les zones non surveillées.

Rien qu’avec cela, on est déjà fixé sur une chose : c’est le chaos qui règne et l’humanité n’est pas capable de prendre en compte la vie sauvage… Nous ne parlons même de protection, nous parlons ici de prise en compte.

Maintenant regardons un autre aspect très intéressant : le bilan de l’enquête quant aux localisations des trafics d’ivoire. Voici le cartes fournis par l’enquête.

Et à voir ces cartes, la chose est très simple : ou l’humanité décide de s’unifier et d’envoyer des forces spéciales écraser les trafics et protéger les éléphants. Ce qui coûte des millions et des millions.

Ou bien elle décide de ne pas le faire, restant divisée et investissant dans les guerres… Avec comme perspective l’anéantissement des éléphants. Cet effondrement numérique va continuer, étant donné qu’autour de 20 000 d’entre eux sont tués par les braconniers chaque année.


Voici ce que constate l’enquête dans son tout petit résumé en français, constatant l’organisation de ces plaques tournantes :

« Les sources d’ivoire sont aujourd’hui confinées à certaines zones bien connues telles que le parc national de Salonga en RDC, une grande zone englobant le sud-est du Cameroun, le sud-ouest et le nord-est de la RCA, le nord du Gabon et le nord du Congo.

Un peu d’ivoire entre au Congo de l’Angola, et de la RDC depuis la Zambie via Lubumbashi, puis quitte la sous-région sortant le plus souvent du Cameroun au Nigéria, de la RDC au Rwanda, en Ouganda, au Burundi ou en Tanzanie, et de la RCA au Tchad ou au Soudan.

Les déplacements régionaux de l’ivoire n’ont pas beaucoup changé au cours des dernières décennies, les trafiquants utilisant les mêmes routes, chemins et rivières traditionnels avec deux scénarios fondamentaux.

Un scénario implique le Cameroun et le Gabon avec des mouvements constants d’ivoire illégal/braconné à travers la frontière du nord du Gabon vers le sud du Cameroun, puis vers l’ouest par la route vers les ports côtiers au Cameroun et au Nigéria.

L’autre scénario concerne la RDC et le Congo qui utilisent le fleuve Congo comme moyen de transport facile et important d’ivoire brut braconné dans le nord et l’est du Congo et de la RDC, avec un mouvement constant d’ivoire travaillé et brut entre les deux capitales de Brazzaville et Kinshasa, seulement séparées par le fleuve.

En plus de ces deux principaux scénarios, la RCA, qui en plus d’être un pays source, sert souvent de pays de transit pour l’ivoire illégal originaire de la région de Bangassou ou de la RDC voisine.

L’ivoire est alors exporté vers l’ouest, principalement par la route vers le Cameroun (Yaoundé puis à Douala) puis au Nigéria, et aussi en bateau sur la rivière Oubangui pour approvisionner Brazzaville.

En plus de l’aspect de transit, les populations d’éléphants de la RCA ont été sévèrement réduites, en particulier dans les régions du nord-est et de l’est, par des braconniers lourdement armés et organisés, principalement des rebelles soudanais, tchadiens et centrafricains de la Séléka.

Dans la partie orientale de la RDC, avec l’influence des rebelles, l’ivoire brut illégal/braconné dans la région traverse, dans la plupart des cas, les frontières vers le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda ou la Tanzanie pour ensuite être exporté vers les destinations asiatiques. »

On l’aura compris, les mafias frappent là où se trouvent les éléphants et les parcs nationaux sont des cibles évidentes.

Ces dernières années, le parc national du Gabon Minkebe a perdu entre 16 000 et 20 000 éléphants, soit entre 60 et 80 % de sa population. La parc national de Nouabalé-Ndoki – « une réserve forestière naturelle et intacte » dit son site officiel, a perdu 3 000 éléphants, soit la moitié de sa population.

Les trafiquants ciblent d’autant plus les zones denses savent qu’ils perdront environ le 1/5e de l’ivoire lors des contrôles ; entre 2007 et 2015, 53 700 kilos d’ivoire ont été confisqués par les autorités en Afrique centrale, représentant plus de 5700 éléphants assassinés.

Pourtant, paradoxalement, les marchés publics d’Afrique centrale voient l’ivoire disparaître. C’est là d’ailleurs le thème quasi-essentiel de l’enquête.

A quoi cela ressemble-t-il ? En fait, les enquêteurs sont allés voir si de l’ivoire était vendue sur les marchés. Ils sont constaté en 2007 qu’on pouvait y trouver 971 kilos d’ivoire, avec 4722 marchandises fait avec cela, contre 401 kilo en 2014/2015, avec 4255 marchandises.

Concrètement, à part surtout à Kinshasa en République Démocratique du Congo où l’on peut trouver de l’ivoire sur les marchés, il est devenu très difficile d’en trouver de manière publique.

Voici un graphique à ce sujet.

Faut-il y voir une bonne nouvelle ? Malheureusement, pas en tant que tel. Auparavant, l’ivoire était travaillée de manière artisanale en Afrique, puis exporté. L’exportation des défenses allait de paire avec une artisanat local travaillant l’ivoire.

Mais comme la Chine est le principal acheteur – avec le Vietnam et la Malaisie – la pression a été complète sur les vendeurs et l’artisanat local s’est effacé devant des réseaux exportant l’ivoire en Chine en petite quantité.

Ce qui était artisanal auparavant est désormais organisé de manière méthodique, professionnelle ; les importateurs chinois ont modernisé les réseaux et ils s’occupent de la transformation, afin de ne plus être dépendant des fournisseurs.

Après, la Chine, plaque tournante du trafic, a annoncé que la vente et la transformation d’objets en ivoire seraient entièrement interdites d’ici la fin de cette année. Les prix de l’ivoire baissent déjà considérablement.

Y a-t-il un retournement de situation et les éléphants sont-ils sauvés ?

Malheureusement, il faut bien comprendre qu’il y a un problème fondamental. Ce qui est interdit, c’est toujours l’ivoire passé une date précise. Mais comme on ne peut pas savoir réellement, à moins d’une analyse au carbone, de quand date cet ivoire, tous les mensonges sont possibles : il suffit d’antidater.

Le plus grand exportateur mondial d’ivoire est, de très loin, la Grande-Bretagne, qui interdit l’ivoire d’après 1976. Il faut dire que du temps de l’empire britannique – ce que raconte justement le roman Au cœur des ténèbres – 30 000 tonnes d’ivoire ont été importés.

Or, cela signifie que l’ivoire continue de circuler, sous une forme travaillée. N’importe quelle mafia peut donc jouer là-dessus, falsifier des papiers.

Le problème va se poser en Chine de manière aiguë, car il y a 3000 ans de tradition de sculpture de l’ivoire et 80 % des ménages ont de l’ivoire sculptée.

Il y a un espace énorme pour les mafias et l’enquête elle-même est obligée de reconnaître que si en Centrafrique l’ivoire est interdite, même les officiels responsables de la vie sauvage s’en moquent. Elle constate aussi :

« L’implication dans le commerce de l’ivoire de fonctionnaires de haut rang, de militaires et de juges des pays d’Afrique centrale a été rapporté dans tous les pays étudiés. »

On lit aussi la chose suivante concernant les gens arrêtés :

« Nombre d’arrestations ont eu lieu au Congo, avec un profil de suspects étant plutôt varié, incluant de riches businessmen locaux, des diplomates, des officiers de l’armée, des étrangers du Cameroun, de Chine, d’Égypte et du Sénégal. »

Un tel réseau mafieux, aux ramifications internationales, peut-il s’effondrer du jour au lendemain sans être écrasé, juste parce qu’un marché légal est interdit ?

Du point de vue du WWF et de l’UICN – qui ont comme but affiché que le « commerce d’animaux sauvages et de plantes sauvages ne soit pas une menace à la conservation de la nature » – on peut penser que oui.

Mais du notre, certainement pas.

Pour sauver les éléphants, il y a deux choses inévitables à faire :

– interdire la valorisation de l’ivoire sur le plan culturel, interdire de le montrer en public, interdire toute vente et tout achat, sous quelque forme que ce soit ;

– militariser la protection des parcs naturels avec des moyens très importants.

Ce n’est évidemment pas possible aujourd’hui, car les échanges de marchandises priment et le monde est divisé en nations. Aussi faut-il changer cela pour sauver les éléphants : l’humanité doit cesser son arriération et s’insérer pacifiquement dans Gaïa.

L’escargot et sa coquille

Les escargots sont des animaux qui sont familiers à tout le monde en France, dans une expression d’ailleurs très contradictoire liée à leur nature de gastéropode.

Si leur coquille torsadée présente sur leur dos fascine, de l’autre côté leur côté « baveux » provoque un étonnement qui, par préjugé, amène un certain dégoût.

Dans tous les cas on peut les observer souvent, car ils sont lents. Lents à nos yeux seulement, puisqu’ils ont un rapport bien déterminé à la Nature, ne nécessitant en réalité pas d’aller plus vite…

Jetons aussi un petit aperçu naturaliste, afin d’éveiller l’intérêt, la compréhension et le respect pour cet animal à la si merveilleuse complexité.

Voici déjà un dessin représentant une coupe des organes des escargots ; cela permettra d’ailleurs de comprendre pourquoi il fauy absolument éviter d’abîmer la coquille.

S’il y a marqué Gastropoda – ventre pied, c’est que le terme de gastéropode signifie justement cela, son étymologie venant du grec avec gastêr signifiant « ventre », « estomac », podos étant le pied.

Comme on peut le voir également ici, les escargots ont à la fois un pénis et un vagin, en tout cas le plus souvent. Ils sont en effet hermaphrodites : se déplaçant lentement, les rencontres peuvent être rares, aussi la Nature a-t-elle façonné l’espèce de cette manière.

Une centaine d’oeufs est alors pondue et enterrée à quelques centimètres de profondeur.

Pour mieux distinguer les organes des escargots, voici une autre coupe, montrant d’un côté les organes reproducteurs, de l’autre les organes internes qui ont été résumés de manière abstraite en un ventre et un pied,

Comme on le voit donc, la coquille, dont le point culminant s’appelle l’apex, protège des parties du corps vitales aux escargots. Abîmer la coquille, c’est mutiler l’escargot, car la coquille n’est pas un élément séparé de lui, mais un élément du corps servant de protection comme peut l’être le crâne ou les côtes pour nous.

L’escargot peut reconstituer les rebords seulement de la coquille, comme nous les os en quelque sorte, mais pas la coquille en elle-même : ce n’est pas une “maison” séparée de son corps.

Voici une image avec les différents types de coquille, montrant leur variété, mais au sens strict cette image est erronée, car elle montre les coquilles sans le reste du corps de l’escargot, ce qui est absurde sur le plan naturel, c’est une vision abstraite de ce qu’est une coquille.

Comment cette coquille est-elle fabriquée? Il faut pour cela comprendre comment vit l’escargot et se tourner vers sa langue, appelée radula, qui possède des milliers de petites dents, souvent plus de 100 000. Voici à quoi elles ressemblent.

Le terme de radula vient du latin rado, signifiant racler. On se doute que ce raclage use les dents et justement, la langue des escargots est une bande, une sorte de tapis roulant.

Lorsqu’une série de dents est usée, une autre vient la remplacer.

Et comme les escargots ont une alimentation variée selon les espèces, pouvant être ainsi phytophages, détritivores, nécrophages, voire prédateurs, les dents de la radula sont très différents selon leur utilisation.

Il est considéré que la radula est l’une des caractéristique des mollusques à l’origine ; les gastéropodes sont justement une sous-partie des mollusques. Les moules et les huîtres auraient ainsi perdu leur radula, dans le cadre de leur évolution.

Voici les traces du passage d’un escargot ayant en quelque sorte brouté des algues. Voilà ce que donne la radula.

Les dents sont lubrifiés par le mucus, aspect très important pour comprendre les escargots. Le mucus, c’est cette fameuse “bave” qui provoque un certain dégoût absurde.

Si les escargots se montrent quand il pleut, c’est qu’ils ont justement besoin d’humidité. Sans hydratation correcte, ils ne peuvent pas produire, au moyen de glandes, du mucus, qui leur permet de glisser sur le sol, grâce au muscle qui leur sert de pied.

Ce mucus sert également, donc, à produire la coquille.

Quand ils naissent, les escargots ont déjà une coquille, qui va devenir justement l’apex. Les escargots ajoutent des éléments, augmentant donc la surface de la coquille, en tirant des substrats minéraux calcaires de ce dont ils se nourrissent.

La coquille hélicoïdale, composée donc de calcium, est ainsi particulièrement fragile lors de la croissance. Elle est également moins solide dans le cadre d’escargots habitués aux zones humides.

Ce qui signifie donc que, sans hydratation suffisante, les escargots ne peuvent pas vivre, puisqu’ils ne peuvent pas se déplacer et manger.

C’est pour cela qu’on peut voir parfois les escargots comme “collés” à une surface lisse, comme un mur. Car en cas de manque d’humidité, ils rentrent dans la coquille et la ferment au moyen de mucus.

Ils sont ainsi isolés au moyen de ce qui est appelé un épiphragme. Dans certains cas, ils ajoutent du calcium pour renforcer cette fermeture.

C’est naturellement une importante protection lorsqu’il y a une hibernation de plusieurs mois, il n’y a pas de perte de la précieuse hydratation stockée.

Malheureusement pour eux, les escargots sont une cible très importante de l’exploitation animale à l’échelle mondiale, pour l’alimentation principalement, mais également pour les cosmétiques.

En France, il y a toute une tradition à ce niveau, avec des objets particuliers pour faciliter la consommation, comme des cuillères à escargot.

Mais le terme de cuillère est lui-même en rapport avec les escargots. Son origine étymologique est latine, cochlear désignant une cuillère, terme venant de cochlea désignant à la fois l’escargot et sa coquille.

La cuillère avait alors, chez les Romains, une pointe à l’extrémité, afin de tuer l’escargot, pour ensuite donc le séparer de la coquille, et non, donc, de le “sortir” de la coquille.

Le rapport entre l’escargot et sa coquille est un bon exemple d’incompréhension d’un ensemble, d’une séparation arbitraire entre le tout et ses parties, l’animal étant dégradé à sa simple fonction utilitaire que représente sa partie “comestible”, la coquille étant considérée comme quelque chose “de plus”.

Les vertébrés et l’anéantissement biologique par la sixième extinction de masse

Les médias se sont fait largement l’écho ces derniers jours d’une étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America (PNAS), c’est-à-dire les Comptes-rendus de l’Académie nationale des sciences des États-Unis d’Amérique.

Le titre de cette étude scientifique a d’ailleurs le mérite de la clarté :

« L’anéantissement biologique par la sixième extinction de masse signalée par les pertes et les déclins de la population de vertébrés »

Pour ce faire, les trois scientifiques à l’origine de l’article ont utilisé les données concernant 27600 vertébrés terrestres, en particulier 177 mammifères.

Cependant, les médias n’ont pas compris, naturellement, le réel message que les auteurs de l’article ont voulu faire passer. En fait, l’article va dans le sens d’une reconnaissance de la planète comme un ensemble organisé, et non pas comme un lieu où des espèces coexistent de différentes manières.

Les auteurs ont, en effet, modifié l’axe traditionnel d’étude. Au lieu de raisonner en termes d’espèces disparaissant, ce qui correspond au principe de la « sélection naturelle » censée prédominer dans la Nature, les auteurs ont tenté d’avoir une vue d’ensemble.

Et là, forcément, ils s’aperçoivent que l’effondrement est général. Il n’est donc pas juste de se focaliser sur certaines espèces comme si on s’intéressait à des individus séparés, il faut bien regarder la planète comme un système, où tout est lié.

A la vision de “l’individu”, ils ont opposé un raisonnement en termes d’ensemble, de système.

Ils expliquent ainsi, tout à fait dans la logique qui fait que nous parlons de “Gaïa” pour bien symboliser que la Terre est un seul organisme général :

“En somme, en perdant des populations (et des espèces) de vertébrés, nous perdons des réseaux écologiques complexes impliquant les animaux, les plantes et les microorganismes.

Nous perdons également des réservoirs d’informations génétiques qui peuvent se montrer vitaux pour les ajustements et la survie évolutionnaire des espèces, dans un environnement général changeant rapidement.

Cela suggère que, même s’il n’y avait pas d’ample signe que la crise s’étend bien au-delà de ce groupe d’animaux, la défaunation planétaire actuelle des vertébrés va elle-même amener des effets catastrophiques en cascade sur les écosystèmes, aggravant l’anéantissement de la nature.

Ainsi, alors que la biosphère subit une extinction en masse d’espèces, elle est également ravagée par une vague bien plus sérieuse et rapide de déclins et d’extinction de population.

De par leur combinaison, ces assauts causent une vaste réduction de la faune et de la flore de notre planète.

L’anéantissement biologique qui en résulte aura évidemment de sérieuses conséquences écologiques, économiques et sociales. L’humanité paiera un prix très haut pour avoir décimé l’unique assemblage de vie que nous connaissons dans l’univers.”

On ne trouve rien de cela dans les médias, bien sûr. Comme d’habitude, malheureusement, l’écho d’une étude sérieuse est déformé, mal compris, donnant un mélange de sensationnalisme et de relativisme. Prenons un simple exemple ici, pour montrer l’ampleur du problème.

Dans Le Monde, un quotidien on ne peut plus sérieux, un article est consacré à cette étude (encore par Audrey Garric!) et on y lit :

« l’opinion publique peine à mesurer la gravité du phénomène à l’œuvre (deux espèces disparaissent chaque année, ce qui paraît faible, surtout quand ces dernières sont peu connues ou peu répandues) »

Or, il ne s’agit pas de deux espèces en général disparaissant par an, mais de deux espèces de vertébrés. Pourquoi cette précision est-elle importante ? Parce qu’il existe environ 45000 espèces de vertébrés, mais pas moins de 990 000 espèces d’invertébrés…

Qui sont, de par leur taille, leur mode d’existence, évidemment peu connues.  L’article scientifique du PNAS ne les oublie pas et ajoute à ce sujet des précisions, donnant comme estimation une menace d’extinction pour 42 % de 3623 espèces invertébrés terrestres et 25 % de 1306 espèces invertébrés marines.

De manière également très importante à nos yeux, on ne retrouve pas dans l’article du Monde le terme d’anthropocène, pourtant employé dans l’article scientifique. C’est un vrai souci, révélant un choix : celui de masquer le fait que c’est bien l’humanité qui est au cœur de la question de l’extinction.

Dernière remarque à ce sujet, on lit dans l’article du Monde :

« Les populations d’orangs-outans de Bornéo ont chuté de 25 % ces dix dernières années, pour atteindre 80 000 individus »

Ce qu’on lit ici est incompréhensible. Le document scientifique nous dit, en effet, qu’il y a désormais « moins de 5000 orang-outans de Bornéo et de Sumatra » !

L’article du Monde mentionne des chiffres d’il y a plus de dix ans, alors que les orang-outans disparaîtront de Bornéo dans les trois ans si rien n’est fait ! Une telle erreur est extrêmement grave.

Malheureusement, elle reflète un dédain véritable pour tout ce qui touche un engagement sincère, profond, authentique, entièrement au service des animaux.

Le ton général des articles publiés dans les médias est simpliste, s’appuyant sur un amer mélange de sensationnalisme, d’information, de pessimisme et de faux espoir.

Ce qu’on lit dans l’étude, pourtant, devrait amener à un engagement net, franc, pour la libération de la Terre, la défense de toute vie.

Les gens qui ont compris le véganisme ne devraient à ce titre pas raisonner en tant qu’individu, mais bien s’identifier à la planète…

Tout comme ils ne devraient pas se contenter de refuser de consommer personnellement ce qui relève de l’exploitation animale, mais bien partir en guerre pour sauver les animaux à l’échelle planétaire…

Car le constat des auteurs, que l’on devine bien, est formel :

« Nos données indiquent qu’au-delà des extinctions générales d’espèces, la Terre fait face à un épisode massif de déclins et d’extirpations de population, qui auront des conséquences négatives en cascade sur l’écosystème fonctionnant et rendant des services vitaux à la civilisation durable.

Nous décrivons cela comme un « anéantissement biologique », afin de souligner la magnitude actuelle de l’événement qu’est la sixième extinction majeure qui se déroule sur Terre ».

En clair, tout est lié et tout va en cascade. Il ne s’agit pas seulement de quelques espèces en particulier disparaissant, mais d’un effondrement général. On marche à l’anéantissement, comme en témoigne l’effondrement des populations de vertébrés à l’échelle mondiale.

Et quelles sont les raisons de cet anéantissement ? Il ne s’agit nullement uniquement du changement climatique. Ce sont les activités humaines, désordonnées et destructrices, expansionnistes et polluantes, qui provoquent la catastrophe.

L’étude dresse ce terrible panorama sur le déséquilibre planétaire :

« Dans les dernières décennies, la perte d’habitat, la surexploitation, les organismes invasifs, la pollution, la toxification, et plus récemment la perturbation climatique, tout comme l’interaction parmi ces facteurs, ont conduit à des déclins catastrophiques à la fois en nombre et en taille de populations à la fois des espèces vertébrés communes et rares. »

C’est un point important, au centre de l’étude sans doute, et c’est le point largement mentionné par les médias.

Ce qui a en effet frappé les auteurs de l’étude, c’est que les espèces de vertébrés non considérées comme “en danger” voient également leur population en déclin. Voici un tableau donnant la part, pour les espèces en déclin, de celles considérées comme en danger (en rouge) et celles non considérées comme en danger (en vert).

On remarquera que la situation est particulièrement sous-estimée pour les oiseaux.

Avant d’aborder d’autres points soulignés, regardons un aspect de la méthode. Les auteurs de l’article ont découpé le monde en 22 000 carrés de 10 000 km² : les graphiques suivent ce découpage.

Le graphique suivant montre par exemple le pourcentage du déclin de la population de 177 espèces de mammifères dans le monde. Il s’agit ainsi de l’extinction des populations des espèces, pas des espèces en tant que tel.

Voici un graphique plus général, présentant, pour la période 1900-2015, le pourcentage du déclin de la population des vertébrés, pour chaque continent. On constate un effondrement général.

Le graphique ci-dessous demande une explication un peu précise. Il s’agit à chaque fois d’un triptyque.

Tout à gauche est présentée la richesse des espèces en termes de diversité, le chiffre changeant selon les 22 000 carrés de 10 000 km² employés pour l’étude. Le chiffre indiqué indique le nombre d’espèces, la ligne horizontale représente une coordonnée planétaire : la latitude.

Au centre, on retrouve ce même tableau, mais uniquement avec les espèces concernées par un déclin de la population.

A droite, on a le pourcentage d’espèces en déclin par rapport au total.

On notera que le déclin de la population des mammifères et des oiseaux est similaire dans les régions riches en espèces différentes, comme dans les régions pauvres en espèces différentes.

Le graphique ci-dessous présente la distribution des espèces terrestres de vertébrés sur la planète.

Tout à gauche, on retrouve la richesse des espèces, leur diversité.

Au centre, le nombre d’espèces connaissant un déclin selon leur localisation.

A droite, le pourcentage d’espèces connaissant un déclin, par rapport à la diversité locale d’espèces.

Ce dernier aspect est frappant : l’Amazone, l’Afrique centrale, le sud et le sud-est asiatique, des régions du monde connaissant une très grande diversité d’espèces de vertébrés, sont frappées par un important déclin de la population.

En clair, auparavant on pensait que, grosso modo, sur les quarante dernières années, la population de vertébrés avait chuté de 58%. Il apparaît qu’en réalité, le chiffre soit bien plus grand.

L’Afrique, notamment, a vu sa population de vertébrés chuter de 80%, l’Asie de 75%.

L’étude parle ainsi d’une “épidémie mondiale de déclin [de la population] des espèces” et considère que tout va se jouer dans les 20-30 ans.

Cela est tout à fait juste et c’est là que nous affirmons que la planète a besoin d’une avant-garde pour ouvrir le chemin de l’opposition à l’anéantissement, pour lutter sans compromis dans la défense de notre mère la Terre!

Des oeufs de pigeons au milieu de seringues…

Cette photo témoigne de la folie que représentent des villes dénaturées, où l’humanité se perd en elle-même, prisonnière d’une démarche à la fois anthropocentriste d’un côté, anti-Nature de l’autre.

La possibilité d’être heureux, de s’épanouir de manière naturelle, tout cela apparaît comme vain, impossible. Les drogues apparaissent comme une solution et la présence d’oeufs au milieu de seringues vient rappeler que l’humanité ne vit pas séparée de la Nature. Son malheur tient justement à ce qu’elle s’imagine séparée de la Nature.

La photographie a été prise à Vancouver au Canada, dans une chambre désaffectée d’un hôtel. Les pauvres pigeons qui s’y sont installés sont confrontés à l’autodestruction humaine.

Le quartier concerné, le Downtown Eastside, est très connu pour la consommation de drogues dures. La région de la Colombie-Britannique est d’ailleurs confrontée à des overdoses très importantes, notamment en raison d’un opiacé appelé « fentanyl ».

C’est cette drogue qui a tué le chanteur Prince, elle est  100 fois plus fort que la morphine, 40 fois plus que l’héroïne.

En Colombie-Britannique, rien qu’en 2016, les ambulances ont été appelées plus de deux fois par heure en raison d’overdoses, 914 personnes sont mortes d’une overdose.

C’est une véritable catastrophe. Et comment ne pas voir que cette fuite dans les paradis artificiels est strictement parallèle à la guerre à la Nature?

L’émerveillement devant les oeufs des pigeons n’a-t-il pas bien plus de sens que la fascination morbide pour des seringues et leur contenu?

Faire des putois une espèce protégée

La Société française pour l’étude et la protection des mammifères a réalisé une grande enquête sur la situation des putois en France.

Constatant le déclin de leur population, elle appelle à ce que l’espèce soit protégée et a réalisé un grand dossier, qui vient d’être remis au ministère de l’environnement.

On peut le lire ici au format pdf en cliquant sur l’image.

Nous invitons à le lire, d’autant plus qu’il présente la situation par région, permettant ainsi de diffuser cet aspect localement, afin de mobiliser!

Le Putois d’Europe (Mustela putorius Linnaeus, 1758) est un petit carnivore indigène en France.

Ses effectifs ont fortement chuté au cours du XXe siècle, dans le pays comme ailleurs en Europe.

Parmi les nombreuses causes identifiées, les principales semblent être les pratiques d’élimination directe et la perte d’habitat.

Bien que suscitant des inquiétudes, l’état de conservation de l’espèce en France était peu documenté jusqu’alors.

Pour pallier ce déficit, nous avons interrogé les personnes et organismes ressources identifiés dans les différentes régions et réalisé une revue bibliographique. Il en ressort le constat d’une situation très défavorable pour l’espèce.

Bien que le Putois paraisse relativement commun dans certains secteurs, son état de conservation apparaît mauvais au niveau national.

Les menaces que nous avons pu détailler sont croissantes, principalement l’élimination volontaire ou involontaire, la perte d’habitat et de ressource alimentaire, la pollution, les pathologies et l’appauvrissement génétique.

Dans la continuité de la mauvaise réputation dont les petits carnivores ont fait l’objet par le passé, le Putois est encore classé « nuisible » au niveau national (nouvelle dénomination : « susceptible d’occasionner des dégâts ») et peut être piégé à ce titre.

Les connaissances sur l’espèce font pourtant apparaître que ce classement n’est aucunement justifié, ni sur le plan écologique, ni en termes de dommages aux activités humaines.

Considérant la fragilité des populations de putois, considérant les menaces croissantes sur la conservation de l’espèce qui dépassent largement le piégeage, considérant enfin que l’espèce est protégée réglementairement dans plusieurs pays voisins où la situation est similaire, la SFEPM demande le retrait du Putois de la liste des « nuisibles » (« susceptible d’occasionner des dégâts ») et son inscription sur la liste des « mammifères protégés » en France.

Le bon accueil fait au pigeon Edmond

Il est tout à fait faux de dire que les gens n’aiment pas les animaux. Tout est une question de situation sociale, de culture : tout le monde aiderait s’il le pouvait. Voici un exemple de la vie quotidienne tout à fait représentatif. Il est tiré encore une fois de la presse locale, si riche en regard sur la vie des gens. Pour le meilleur et le pire, puisque ici l’article est tiré du Journal de Saône et Loire, capable de faire en même temps un article d’éloge à la chasse à courre

Edmond le pigeon a pris ses quartiers au bar-tabac presse

Depuis mercredi, un jeune pigeon a élu domicile au bar-presse tenu au cœur du bourg par Valérie Dupont.

Le volatile a manifesté son envie de rentrer après plusieurs coups de bec à la vitre de la fenêtre.

Devant la docilité de l’animal, notre dépositaire l’a accueilli et lui a offert de quoi se nourrir et s’abreuver.

Plusieurs fois invité à prendre l’air, le pigeon, baptisé Edmond, n’a de cesse de revenir au chaud, même s’il paraît en grande forme.

Jeudi matin, il a même pris contact avec les clients en se perchant à leur table, puis il s’est intéressé à l’actualité du jour en prenant la pose devant Le Journal de Saône-et-Loire , imperturbable.

Véritable catalyseur de la bonne humeur des clients, il est déjà devenu la coqueluche du bistrot, jusqu’à ce que l’instinct et l’envie de voler à tire d’aile l’emportent sur cette tranche de vie avec les humains.

Les pigeons font partie de la vie humaine, c’est un fait indéniable. La haine humaine envers les pigeons est le produit non pas de la nature de ces oiseaux, de leur prétendue “saleté”, mais de l’anthropocentrisme s’appuyant sur l’idée fausse de maîtriser la Nature, de l’avoir “dépassée”, d’en être “sorti”.

Inévitablement, ce qui l’emporte, c’est la vie en commun, la symbiose et le fait qu’un nom ait été choisi au pigeon témoigne de ce sens invincible de la compassion.

Et naturellement, on peut bien penser que les gens appréciant Edmond ne sont pas végans, voire sont contre, du moins en apparence. Alors qu’en réalité, ils portent ce qu’est le véganisme.

Cela n’a rien à voir avec l’antispécisme comme philosophie des “individus”. Voici un exemple de cette philosophie avec ce qu’on lit dans la charte des valeurs du “parti animaliste”

“Une société libre implique de garantir que chaque individu puisse être le sujet de sa propre vie.

Lorsqu’un conflit intervient entre la liberté de deux individus, il doit être résolu en vertu d’un principe de proportionnalité de l’atteinte portée à cette liberté.”

Cela n’existe pas, une telle “liberté”, un tel “choix”. On ne choisit pas dans la vie et Edmond n’a pas choisi d’aller dans ce café, ni les gens n’ont choisi de l’accueillir.

C’est le sens de la vie, voilà tout, car le sens de la vie c’est la compassion et la symbiose.

Les caractéristiques des pigeons

Les pigeons, réunis aux tourterelles, forment ensemble une nombreuse tribu d’espèces dont le placement systématique, dans la série des oiseaux, a beaucoup embarrassé les naturalistes.

Linné en a fait un genre de ses passereaux, passeres ; Brisson, Pennant, Temminck et Latham, les isolent dans un ordre particulier, tandis que Cuvier et d’autres auteurs en font une division des gallinacés.

Les caractères génériques de ces oiseaux sont :

bec faible, grêle, droit, comprimé latéralement, couvert à sa base d’une membrane voûtée sur chacun de ses côtés, étroite en devant;

mandibule supérieure plus ou moins renflée vers le bout, crochue, ou seulement inclinée à sa pointe; narines oblongues, ouvertes vers le milieu du bec, placées clans un cartilage formant une protubérance membraneuse, plus ou moins épisse, plus ou moins molle; langue pointue et entière;

pieds marcheurs, courts, rouges dans la plupart, à ongles simples; quatre doigts, trois devant, un derrière;

les antérieurs rarement réunis à leur origine par une petite membrane, presque toujours totalement libres ;

ailes allongées et pointues, ou arrondies et médiocres; corps charnu et savoureux;

nourriture consistant en fruits, grains et semences qu’ils avalent sans les briser avec le bec, nid fait sans art sur des branches d’arbres ou dans des trous; monogamie.

Comme les passereaux, les pigeons sont monogames, c’est-à-dire qu une femelle suffit à un mâle. Ils restent ensemble pendant toute la saison des amours, et travaillent en commun à la construction d’un nid; tous deux partagent les soins de l’intubation, et de l’éducation de leurs petits.

Ceux-ci sont longtemps nourris dans le nid avant d’en sortir; ils naissent aveugles et incapables de choisir leur nourriture que le mâle et la femelle leur apportent tour à tour ; enfin ils ne se hasardent à quitter le berceau qui les a vus naître, que lors-qu’ils sont entièrement couverts de plumes.

Les gallinacés, au contraire, sont polygames, et le mâle, dans plusieurs espèces, peut servir à un grand nombre de femelles. Celles-ci s’occupent seules â préparer le nid pour leur nouvelle famille; elles pondent un grand nombre d’oeufs, les couvent, et font éclore leurs petits sans que le mâle ait l’air d’y prendre le moindre intérêt.

Dès que les petits sont éclos, as voient, marchent, quittent le lieu de leur naissance, savent reconnaître et prendru leur nourriture sans le secours de leurs pareils.

Outre cela, les gallinacés ont le doigt postérieur articulé sur le tarse beaucoup au-dessus des doigts antérieurs, ce qui leur ôte la faculté de saisir un juchoir avec solidité, et les condamne à rester sur la surface du terrain sans jamais se percher, comme font les passereaux et les colombes.

Tous ces caractères sont plus que suffisants pour séparer les pigeons des gallinacés; mais nous allons trouver des raisons pour les ôter aussi de la classe des passereaux.

Lorsque ces derniers boivent, ils prennent de l’eau dans la mandibule inférieure de leur bec, et la font couler dans leur gorge en élevant rapidement la tète presque verticalement; tous font plus de deux oeufs; ils placent simplement dans le bec de leurs petits la nourriture qu’ils leur apportent; enfin ils n’ont pas la faculté d’enfler leur gorge.

Les pigeons, au contraire, plongent leur bec dans l’eau quand ils boivent, et aspirent d’un seul trait toute la quantité de liquide dont ils ont besoin ; ils ne font jamais que deux oeufs; ils nourrissent leurs pigeonneaux en leur versant dans la gorge, d’une manière particulière, des aliments préparés dans leur estomac; ils savent aspirer un plus ou moins grand volume d’air, et le retenir dans leur oesophage autant de temps qu’ils le veulent.

Tout ceci prouve une organisation intérieure tout-à-fait différente, outré que la singularité de leurs caresses, la nature de leur plumage et leur défaut de chant, les éloignent davantage encore de cette classe d’oiseaux.

Il résulte de ceci que les pigeons doivent faire, comme le pensent Temminck, Levaillant, et d’autres naturalistes, un ordre à part, que l’on pourrait cependant intercaler entre les passereaux et les gallinacés, faute de pouvoir lui trouver une autre place.

On connait quelques pigeons qui, en état de liberté, se nourrissent de baies et même, d’insectes ; mais généralement ils sont granivores, et tous ceux réduits à l’état de domesticité vivent de graines. Ces aliments subissent dans leur oesophage, ou jabot, une première macération qui les rend plus faciles à digérer quand ils sont descendus dans l’estomac, ou gésier.

Ce gésier est revêtu de muscles très épais, très forts, et garni en dedans d’une membrane veloutée et coriace ; il exerce sur les aliments une forte action mécanique.

Les pigeons, comme presque tous les oiseaux, avalent une certaine quantité de petites pierres, qui, mêlées avec les graines déjà ramollies dans le jabot, se trouvent en trituration avec elles, et achèvent par leur dureté de les réduire en une pâte alimentaire.

Tous les oiseaux ont les poumons simples, entiers, attachés fixement aux côtes et à l’épine du dos, et non enveloppés dans la plèvre; ils sont percés de trous qui permettent à l’air de se répandre dans toutes les parties du corps, même dans les cavités des os, mais principalement dans de grands sacs placés dans la poitrine et le bas-ventre, par le moyen desquels ils peuvent s’enfler considérablement, ce qui facilite leur vol et produit ce grand volume de voix qui nous étonne quelque fois.

Les pigeons ont cette faculté singulière à un point beaucoup plus étonnant encore ; ils savent aspirer et retenir dans leur jabot un volume d’air si considérable que, dans quelques variétés, leur gorge, ainsi enflée, est souvent aussi grosse que tout le reste de leur corps.

(Les Pigeons de volière et de colombier, ou Histoire naturelle des pigeons domestiques, Boitard, Pierre, 1824)

La répression des fraudes constate des problèmes avec les aliments diététiques pour animaux

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a rendu public le résultat d’une enquête sur la “conformité des aliments diététiques pour animaux”.

Ces aliments sont bien plus chers que les autres et le prix se justifie, normalement, par leurs propriétés particulières. Ils sont destinés à des animaux ayant des besoins particuliers : éviter les calculs urinaires, être appétents et moins gras, haute digestibilité en cas d’insuffisance rénale, etc.

Ce sont donc des aliments d’une importance extrême pour certains animaux. La répression des fraudes constate pourtant de nombreux problèmes suite aux analyses faites : voici son rapport.

Mais ne soyons bien entendu pas dupe : la répression des fraudes excuse la non application de la réglementation, car nos pauvres industriels n’agissent que “par méconnaissance des textes”…

La DGCCRF a enquêté sur la conformité des aliments diététiques destinés aux animaux de compagnie et aux animaux de rente.

Les contrôles ont porté sur le respect de la réglementation en matière d’étiquetage des aliments composés. L’attention a également porté sur la présence d’additifs pouvant avoir des effets négatifs sur la santé de l’animal.

Les enquêtes menées ont révélé un taux d’anomalie de 19 %.

Les manquements constatés portent sur la loyauté de l’étiquetage ainsi que sur la justification des objectifs nutritionnels particuliers revendiqués.

Par ailleurs, les enquêteurs ont relevé un déficit de connaissance de la réglementation de la part des professionnels du secteur.

Dans le cadre de cette enquête, 227 actions de contrôle ont été réalisées dans les usines et ateliers de production d’aliments pour animaux et auprès des grossistes, enseignes spécialisées et non spécialisées de la grande distribution, cabinets vétérinaires et sites de vente en ligne.

91 opérateurs ont été contrôlés.

De nombreux manquements relatifs à la conformité des étiquetages

Les aliments diététiques ciblent par exemple des animaux souffrant de certaines pathologies spécifiques et ayant, de ce fait, des besoins nutritionnels particuliers.

Dans le cadre des contrôles, les enquêteurs ont constaté des omissions relatives à l’utilisation du terme « diététique » et à l’indication d’un objectif nutritionnel particulier.

Ces manquements s’expliquent par :

Une réglementation mal maîtrisée de la part de petits opérateurs, en particulier lorsqu’ils ont la responsabilité de l’étiquetage.

Une sous-traitance de la production auprès de certains fournisseurs d’aliments diététiques qui ne sont parfois pas enregistrés en tant qu’opérateurs.

Une vigilance insuffisante lors de la commercialisation de produits importés : une entreprise, qui importe des aliments complémentaires en provenance d’Allemagne, a par exemple omis plusieurs mentions obligatoires lors de l’étiquetage des produits en langue française.

Des changements réglementaires (datant de 2014) qui n’ont pas été suffisamment pris en compte lors des étiquetages, de nombreux types d’aliments diététiques ayant en effet été créés ou modifiés depuis 2014.

Des dénominations galvaudées

Sur des sites de vente en ligne, certaines gammes apparaissent sous l’appellation « veterinary diets » mais ne sont pas des aliments diététiques.

Dans certains cabinets vétérinaires, les aliments diététiques sont indument nommés « aliments thérapeutiques ».

Cette appellation, utilisée par opposition aux « aliments physiologiques », n’est pas conforme à la réglementation, le terme « thérapeutique » renvoyant à une action médicamenteuse.

Des allégations valorisantes qui ne sont pas toujours vérifiées

Pour pouvoir revendiquer une allégation, l’entreprise mettant sur le marché un aliment composé doit incorporer dans son produit les additifs prévus par la réglementation ou disposer d’un dossier de preuves permettant de démontrer la véracité de l’allégation.

L’enquête de la DGCCRF révèle que les documents détenus sont souvent insuffisants pour prouver de manière satisfaisante l’allégation et donc, pour conclure à l’efficacité du produit concerné.

Ainsi, un professionnel ayant fait mention de l’action de la vitamine E pour renforcer l’immunité des chiens a par exemple dû retirer cette mention des étiquetages car les documents communiqués n’ont pas permis de démontrer l’allégation avancée.

Par ailleurs, les contrôles ont mis en évidence que certains opérateurs avaient mis en avant certaines allégations dans un but purement commercial car ils avaient constaté un véritable intérêt de la clientèle pour le sujet.

La DGCCRF a donc enjoint ces opérateurs de supprimer les mentions des étiquetages.

Des prélèvements qui révèlent des compositions dangereuses
Les services de la DGCCRF ont analysé certains produits pour vérifier la véracité des mentions d’étiquetage, par exemple, la composition des produits.

Ces analyses ayant mis en évidence 32 non-conformités sur 40 produits prélevés, la DGCCRF a demandé le retrait de certains lots et a initié des enquêtes complémentaires.

Il a, par exemple, été constaté un fort surdosage en vitamine A dans un produit ou encore des anomalies sur le dosage en sucres totaux et chlorures sur une poudre orale pour veaux, poulains, agneaux et chevreaux.

L’enquête de la DGCCRF démontre que la réglementation n’est pas pleinement appliquée par les professionnels par méconnaissance des textes.

Cible
91 opérateurs
227 actions de contrôle
314 aliments diététiques

Résultats
40 prélèvements dont 32 non-conformes
29 avertissements
13 injonctions
Taux d’anomalie de 19%

Critique d’un rapport sur le degré de mortalité des abeilles causée par les pesticides

Comme on le sait, la situation est de plus en plus terrible pour les abeilles ; la pollution des pesticides provoque une mortalité très importante.

Nous n’avons naturellement aucune sympathie pour les apiculteurs, néanmoins ils ont produit un document intéressant, révélateur d’ailleurs de quelque chose qui va plus contre leur sens qu’en leur faveur.

En effet, le ministère de l’Agriculture a réalisé une étude sur la mortalité des abeilles, qui justement est vigoureusement critiquée par l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) quant aux méthodes et aux résultats.

Or, la démarche de l’apiculture s’appuie sur la même vision de la Nature que ceux qui balancent des pesticides en veux-tu en voilà.

L’apiculture et l’agriculture telle qu’elle existe aujourd’hui part du principe qu’il faut forcer la Nature, la violenter. Les apiculteurs critiquent les résultats d’une agriculture dont eux-mêmes font partie.

Il est absurde de leur part de voir la réalité et de ne pas voir qu’ils en font eux-même partie!

Voici le communiqué de presse de l’UNAF, qui produit également un document de neuf pages explicitant leur point de vue.

Surveillance officielle des mortalités des abeilles : une étude approfondie de l’Union Nationale de l’Apiculture Française révèle un dispositif entaché de graves dysfonctionnements

Selon un bilan national officiel paru dans une revue spécialisée et signé du référent-expert national « Apiculture » rattaché au ministère de l’Agriculture, la première cause des mortalités déclarées d’abeilles serait pathologique, la deuxième étant les mauvaises pratiques apicoles.

D’après cette synthèse, dans seulement 6.6% des cas, la mortalité est à relier aux pesticides.

Par communiqués de presse, certaines associations et promoteurs de pesticides se sont fondé sur ce bilan pour abonder la thèse selon laquelle les abeilles périssent des maladies et pratiques apicoles et très rarement des pesticides.

Interpellée par ces résultats, l’UNAF a exercé son droit d’accès aux documents administratifs en demandant à disposer d’une partie des documents ayant servi de base à ce bilan.

Les éléments reçus du ministère de l’Agriculture nous ont permis de mener une analyse attentive du dispositif de surveillance des mortalités massives aigües des abeilles.

L’UNAF constate ainsi des dysfonctionnements graves soulevant des questions majeures :

– des disparités régionales dans le nombre de déclarations de mortalité : certaines régions, pourtant très apicoles, n’enregistrent que très peu, voire aucun cas de mortalité ;

– des disparités régionales dans la manière de conduire les enquêtes : certaines régions ne font jamais ou très rarement pratiquer d’analyses toxicologiques quand d’autres en commandent dans plus de 60% des déclarations.

De fait, le nombre d’analyses toxicologiques commandées influence le nombre de conclusions « cause toxicologique » ;

– une sous-évaluation de l’impact des résidus de pesticides dans la mortalité de la colonie : des éléments tels que la représentativité de la DL50 et les effets synergiques pourtant largement décrits dans la littérature scientifique ne sont pas pris en compte par l’Etat et ses services.

Les directives formulées auprès des agents chargés des investigations et la formation de ces derniers doivent être questionnés ;

– des biais réglementaires et statistiques dans le bilan national annuel de nature à induire un effet de surreprésentation des causes pathologiques.

Pour Gilles Lanio, Président de l’UNAF, « Au regard de ces éléments, le dispositif de surveillance des mortalités massives aigües d’abeilles mis en œuvre au niveau national est défaillant et non-fiable.

En cas de mortalités massives aigües, et afin de recommander à ses adhérents de s’engager dans des déclarations en cas de troubles, l’UNAF demande que le processus de collecte des données, leur qualité et leur exploitation soient évalués au plan national par un comité d’experts indépendants rassemblant les parties prenantes, y compris les apiculteurs au travers de leurs organisations syndicales ».

Nouvelle-Zélande : trois vagues d’échouage de centaines de baleines-pilotes

En trois jours en Nouvelle-Zélande, au niveau de la presqu’île de Farewell (le Farewell Spit), ont eu lieu trois vagues d’échouage de centaines de baleines-pilotes, également appelées globlicéphales.

Plus de cinq cent volontaires ont tenté de s’occuper des baleines survivantes, environ un quart des 600 qui se sont échouées.

Les volontaires se sont occupés des baleines, formant des chaînes humaines dans l’eau, malgré les risques avec les requins, pour tenter de rediriger les baleines vers l’océan.

Voici des images, d’une tristesse infinie. Rappelons qu’il n’existe aucune explication scientifique jusqu’à présent pour expliquer ce phénomène, que néanmoins certains attribuent à la pollution sonore sous-marine provoquée par les activités humaines.

S’il y a un commentaire à faire, c’est que si c’est le département de la conservation, un organisme ministériel néo-zélandais, qui gère l’opération, en pratique tout repose sur les volontaires, comme ceux du Project Noah, actif depuis 1974 en faveur des baleines.

C’est un exemple encore une fois terrible de la passivité humaine la plus totale. Le phénomène est observé, constaté, une simple petite poignée de gens a suffisamment de conscience pour réagir, s’organiser, aider.

Il y a ici quelque chose qui sera observé de manière très étrange dans le futur… A condition que le futur en question existe pour une humanité qui doit entièrement réorganiser sa pensée, son rapport à la Nature, ses considérations sur la vie.

Le pigeon et l’élan sauvés des glaces

Voici un exemple admirable de compassion qui, en plus, révèle une question culturelle essentielle, que nous mentionnons très souvent.

On sait qu’il n’existe en France pas de fond culturel d’amour pour les animaux, même chez les végans, qui sont le plus souvent malheureusement anthropocentristes et sont d’une absence complète dans le monde des refuges.

Mais, de plus, certains animaux sont victimes d’ostracisme, tels les pigeons. Il y a ici, non pas un “spécisme”, mais une question culturelle, relevant des moeurs, des mentalités.

Aussi cet exemple de compassion est aussi un contre-exemple. Cela se déroule en Allemagne, dans la ville de Stuttgart, dans le “jardin du château”, un parc de la ville qui a six cent ans.

Il est 14h20 dimanche dernier et une femme appelle le service local d’aide aux animaux – quelque chose qui n’existe bien entendu pas en France.

Les pompiers, par conséquent, viennent donc se déplacer pour sauver le pigeon pris dans les glaces, comme l’informe le Stuttgarter Zeitung.

Le Stuttgarter Zeitung a même pris l’information pour la donner dans l’article : depuis, il va bien !

C’est une autre mentalité que dans notre pays : on voit mal la police et les pompiers se déplacer, gonfler un petit bateau, sauver un pigeon, le remettre à une structure locale n’existant d’ailleurs pas en France.

Il y a ici tout un combat à mener, comme le dit une de nos affiches.

Voici également une vidéo datant de la semaine dernière. Cela s’est passé dans le nord de la Suède, à Örnsköldsvik. Des gens ont pris l’initiative de sauver un élan pris dans les glaces…

Il faut savoir avoir l’esprit d’initiative !

Menace sur les chevaux sauvages américains

Aux Etats-Unis, la vie sauvage est quelque chose de très valorisée historiquement et les chevaux sont liés à la conquête d’un Ouest “libre” à coloniser, mais également fascinant de par leur dimension naturelle, sauvage. C’est le fameux concept de “wild”.

Un scandale a actuellement lieu à ce sujet. Voici une présentation par Le Monde, qui fournit également une vidéo.

Malgré les recommandations d’un rapport d’experts, le gouvernement américain a annoncé, mercredi 14 septembre, qu’il n’avait pas l’intention d’euthanasier [sic!] 45 000 chevaux sauvages dans l’ouest du pays. Le projet d’abattage massif de ces herbivores avait déclenché la colère des militants de la cause animale.

Pour limiter la croissance des équidés sauvages dans cette partie du territoire américain, les autorités en charge de la protection de la nature assurent se démener pour trouver des personnes susceptibles d’adopter ces animaux.

Ces images de chevaux sauvages en train de courir sont splendides, émouvantes. Regardons toutefois les faits tels qu’ils sont vraiment, car ici c’est incomplet, voire faux.

Aux Etats-Unis, surtout au Nevada et au Colorado, il y a des chevaux sauvages, environ 67 000. Officiellement, il existe un organisme d’Etat qui s’occupe de leur situation, le Bureau of Land Management, bureau administrant les terres appartenant à l’Etat américain.

Comme on ne plaisante pas avec la vie sauvage, il existe même une loi, la Wild and Free-Roaming Horses and Burros Act of 1971, protégeant les chevaux sauvages, ainsi que les ânes sauvages appelés burros, qui n’ont pas le droit d’être déplacés ni tués.

Seulement, capitalisme oblige, l’intérêt de pratiquer la contraception, voire la vaccination de ces chevaux, est considéré comme coûtant trop cher. Il faut 50 millions de dollars par an pour les gérer. A titre de comparaison, le nouveau bateau de guerre américain, qui vient d’être prêt, le USS Zumwalt, a coûté 7,5 milliards de dollars.

A cela s’ajoute que les pâturages pourraient servir pour le “bétail” d’entreprises, toujours prêtes à profiter des terres publiques…

Le Bureau of Land Management a donc expliqué qu’il allait tuer 45 000 chevaux. En fait, les termes sont plus précis que cela. Le terme absurde “euthanasier”, employé de manière lamentable par Le Monde, n’est pas employé.

Il a été parlé de les vendre “sans limites” (“without limitation”) ou bien sinon de les “détruire de la manière la plus humaine possible” (“destroyed in the most humane manner possible”).

En clair, cela signifierait que des industriels canadiens ou mexicains seraient venus les chercher pour les amener aux abattoirs, ou bien que les particuliers pourraient en “adopter”, en fait en acheter. Devant le scandale que cela a provoqué, c’est cette seconde option qui a été mise en place.

Il faut bien saisir ici aussi l’enjeu idéologique. Pour les défenseurs des animaux ayant connaissance de la situation, le discours sur la surpopulation de chevaux est un prétexte inventé pour satisfaire les industriels qui espèrent récupérer les terres publiques pour le bétail.

Ici, pas de “preuves” : il faut faire son choix, en s’appuyant sur sa vision du monde…

Il y a aussi la question naturelle. Les anti-Nature disent que la population équine ne s’équilibre pas, car elle n’a pas de prédateurs, il faut donc réguler la Nature incapable de le faire, etc.

Là aussi, il faut faire son choix…

Pangolins : l’écocide

Le pangolin est un mammifère qui a la particularité d’avoir des écailles (qui montre d’ailleurs la complexité sous-estimée de classifier les êtres vivants).

Vivant dans les régions tropicales, il est victime de l’écocide dans une mesure terrible : ces 10 dernières années, un million d’entre eux ont été assassinés.

Au moins 80% de ceux vivant en Indonésie et en Chine ont été tués et il est officiellement prévu par les institutions internationales que la même proportion de meurtres se produira dans les vingt prochaines années.

Voici une photo venant d’Indonésie, de l’île de Java, où 657 d’entre eux viennent d’être découverts congelés chez un trafiquant.

Les pangolins sont victimes d’un trafic surtout à destination de la Chine, où leur “viande” est considérée comme ayant des propriétés aphrodisiaques, les écailles comme renforçant la production de lait maternelle ou permettant de mieux guérir d’un rhume, etc.

Les mafias visent donc cet animal, chacun leur rapportant entre 4500 et 7000 euros.

Il faut savoir qu’entre 1998 et 2007, 35 millions d’animaux sont exportés légalement depuis l’Asie du Sud-Est… 30 millions ayant été arrachés à la vie sauvage. On imagine ce qu’il en est illégalement.

Le capitalisme recycle le tout après : en l’occurrence, on peut trouver des écailles de pangolins dans des épiceries asiatiques en France, le capitalisme ne connaissant aucune limite, par définition.

Un symbole terrible de cette déchéance de l’humanité dans son rapport à la Nature a été un accident de 2013, où un bateau chinois avait gravement abîmé – on doit dire blessé en fait, car c’est un être vivant – une zone corallienne dans le parc national Tubbataha des Philippines.

Les gardes-côtes ont alors découvert… 400 boîtes, rassemblant 2870 pangolins congelés.

Ils ont été condamnés à douze ans de prison pour le capitaine, six pour les autres, 100 000 dollars d’amendes chacun. C’est déjà pas mal, mais il est clair qu’il faut une justice bien plus implacable pour sauver la planète!

La dimension de l’écocide est telle qu’il faut bien voir qu’il s’agit ni plus ni moins d’une guerre. Le temps presse : dans vingt ans, à quoi ressemblera le monde?

Tout le monde sait très bien d’ailleurs ce qu’il en sera justement dans vingt ans si rien n’est fait, si tout n’est pas changé. Le début du 21ème siècle risque d’être celui d’un écocide généralisé, par une machinerie capitaliste écocidaire toujours plus puissante, avec un 0,1% de la population mondiale vivant même dans un véganisme commercial et individualiste, se donnant bonne conscience.

Cela ne doit se passer ainsi ! Où est la jeunesse qui s’engage en défense des êtres vulnérables, pour la justice, pour la Nature ? Où est le mouvement qui mettra un terme à cette ère de l’indifférence ?

La mort dramatique du chien “AK 47” à la Courneuve cet été

C’était il y a un mois précisément, alors désormais on peut en parler en espérant que les esprits sont reposés, car la vague d’irrationalisme développée à l’occasion de ce drame a été vraiment très profond.

Nous sommes, donc, le Mercredi 24 juillet, à la Courneuve, en banlieue parisienne, plus précisément en Seine-Saint-Denis. Pas n’importe où non plus, puisque cela s’est passé à la cité des 4000, lors d’une opération de police.

On imagine donc le scénario : des policiers à la fois stressés (ce qu’on comprend) et avec un esprit méprisant pour le peuple (ce qu’on ne comprend pas) font face à des banlieusards énervés en raison de leur situation (ce qu’on comprend) et s’appuyant sur une démarche liée à l’esprit mafieux (ce qu’on ne comprend pas).

Au milieu, un chien, de type American Staffordshire Terrier qui est un « chien d’attaque », du nom de « Ak 47 ». Donner un nom d’arme de guerre à un chien de type molosse en dit long sur la mauvaise mentalité de son « maître ».

La scène a été la suivante : les policiers débarquent dans la cité des 4000, cherchant à interpeller deux suspects dans le cadre d’un trafic de drogue. L’un deux a avec lui le chien en question, non muselé mais attaché.

S’ensuit un moment où l’on comprend difficilement ce qui se passe, mais qui a été filmé. La personne « maître » du chien se comporte de manière véhémente avec la police, mais en même temps elle est à la fois sourde et muette.

On pourra légitimement se demander comment une personne sourde et muette peut appeler et gérer un chien de combat, mais donc la situation s’envenime. Voici alors ce qui se passe, raconté par Le Parisien.

Le chien attaque une première fois les fonctionnaires rue Beaufils. Il est repoussé par des tirs de flash-ball et prend la fuite.

Le chien revient place Georges-Braque, à 400 m de là, et s’en prend encore aux policiers, mordant l’un d’eux à la chaussure gauche. « Les fonctionnaires le mettent en fuite en utilisant leur armement », poursuit le préfet. Le taser a notamment été employé.

Ce n’est pas terminé. Le molosse traverse l’avenue du Général-Leclerc jusqu’au centre commercial de la Tour « et rejoint un individu qui l’appelle pour le faire venir en direction du mail de Fontenay ». Les policiers arrêtent cet homme.

C’est alors que le chien « tente de nouveau de les attaquer ». Cette fois, les tirs sont à balles réelles et l’animal meurt près du centre commercial. La mort du chien a été filmée de loin.

Cette vidéo filmée de loin a alors été vue un million de fois en trois jours, assortie de commentaires comme quoi le chien était encore attaché, ce qui ne semble pas le cas.

Une « marche blanche » devait être même faite, avant son interdiction, par des gens de la cité, d’autres liés à la protection animale. Les propos de cette marche sont teintés de paranoïa sur le dos des animaux, comme on peut le voir :

Marche Blanche en Hommage à AK47 abattu par la Police, dimanche, 31. juillet 2016, La Courneuve cité des 4000
Cette marche est organisée pour rendre hommage à AK47 le chien de Souleymane abattu sauvagement par les Forces de Police à la cité des 4000 à la Courneuve , cette marche vise à sensibiliser le peuple sur la difficulté pour nous propriétaires de molossoides d’affronter quotidiennement les délits de sale geule à l encontre de nos AMOURS, mais également contre les violences policières bien trop passées sous silence, cette marche doit se faire dans l’amour et la paix, nos molosses sont bien évidemment les bienvenus EN LAISSE et MUSELES obligatoire ,POUR LES CHIENS CATEGORISES LE PERMIS DE DETENTION SERA OBLIGATOIRE EN POCHE ,POUR LE BIEN DE TOUS SI VOS LOULOUS NE SONT PAS EN REGLE LAISSEZ LES A LA MAISON ne tendons pas le baton pour nous faire taper, et pour le bien de nos amis les chiens;

Parler de vouloir le « bien de nos amis les chiens », tout en expliquant en même temps que ce n’est pas la peine éventuellement d’avoir leurs papiers en règle, c’est aussi ridicule que les nombreux commentaires ayant expliqué sur internet que les molosses ne sont pas plus dangereux que les autres chiens.

Autant on peut ne pas apprécier une police au service des riches, autant on peut ne pas avoir à défendre une idéologie de type « lumpen » cherchant à légitimer l’utilisation de molosses comme armes.

Fin juillet, une mère a par exemple « lâché » un chien d’attaque sur la police à Tourcoing pour empêcher le contrôle de son fils par la police. Le chien ayant attaqué les policiers, on devine son sort : il sera mis à mort.

Une autre vague de paranoïa s’est également produite après. Lors de la procédure judiciaire qui a suivi, il y a eu la remise à une association de la seconde chienne du “maître” du chien tué, du même type d’ailleurs. Une vague de protestations délirantes s’est levée comme quoi elle allait être « euthanasiée », avec évidemment tels ou tels propos sur la police, etc.

Cependant, une autre version existe : celle d’un gigantesque malentendu. La personne ayant le chien n’aurait rien à voir avec le trafic de drogues et la police n’aurait rien compris. Le chien aurait cherché à le protéger dans une situation de stress et la police aurait été brutale avec le chien dès le départ.

C’est par exemple, le point de vue d’une page facebook de soutien.

Mais quel est le problème de fond ? Que personne ne le croira, même si c’était vrai. Les chiens d’attaque sont utilisés par les mafieux et leur mise en avant relève d’une imagerie macho-combattive bien connue.
Et dans tous les cas, on ne peut pas dire que dans les cités, ce soit la culture vegan straight edge qui domine, bien au contraire.

Alors, quand on aime les animaux – et dans les cités, populaires par définition, on aime d’autant plus les animaux – il faut assumer : il ne faut pas les mettre en danger, il faut cesser de célébrer le béton et la violence gratuite pour passer dans le camp de l’universalisme et de la révolution, il faut rejeter toutes les drogues et l’alcool au profit d’une vie naturelle.

La mort du chien « AK 47 » n’est ainsi nullement une tragédie due à une police jouant aux cow-boys et des banlieusards devenant racailles : c’est un drame social prouvant qu’il faut une remise à plat et un redémarrage sur des valeurs positives.

Voici pour conclure, une vidéo de quelqu’un exprimant ses réflexions au sujet de cette affaire. Quoi qu’on pense de son évaluation de la situation, de tel ou tel point, il exprime ce que chacun aura au coeur : “un chien fait partie de la famille”.

Would You React : les abandons d’animaux

Même si les vacances se terminent, cette vidéo est et restera d’actualité. Cette vidéo, qui est une expérience sociale, concerne l’abandon des animaux, lors des départs en vacances.

L’expérience est réalisée plusieurs fois, 5 en tout, et est filmée en caméra cachée. Un couple de parents avec leur fille simule l’abandon de leur chien sur une aire d’autoroute, lors de leur départ en vacances. La mère impuissante se plie à la décision du mari, et la petite fille ne cesse de pleurer en refusant que le chien soit abandonné. La famille dépose le supposé chien, qui est dans un carton, au pied d’une poubelle. Les pleurs de chien viennent en fait d’un haut parleur caché dans le carton. Les 3 protagonistes de la vidéo sont des comédiens.

La vidéo montre bien l’étonnement des riverains, mais aussi parfois leur passivité ou leur impuissance face à ce genre de situation. Heureusement que lors de chaque essai une personne a réagi en faveur de ce chien lâchement abandonné. Et même le réflexe de noter la plaque d’immatriculation de la voiture des personnes qui abandonnent est acquis chez certaines personnes, ce qui est une bonne chose.

Cette expérience se déroule en Belgique, où plus de 60 000 chiens et chats sont abandonnés chaque année. En France, les abandons ont été plus nombreux cette année. Dans la vidéo, le raisonnement de l’homme était qu’ils partaient en vacances, que les animaux n’étaient pas autorisés, et que de ce fait la présence du chien l’empêchait de partir en vacances et qu’il n’allait pas s’embêter avec cet animal trop encombrant.

Les propos de ce comédien reflètent malheureusement la vision consumériste qu’ont beaucoup de personnes envers les animaux, à savoir, qu’il y aura un autre animal après lui, en remplacement. On dégage un être vivant comme on dégage un objet qui ne convient plus et on en rachète un autre. Sans se soucier bien évidemment du bien-être de l’animal, de ses peurs et de ses désirs.

Étant donné que les animaux ne sont pas acceptés dans de nombreux endroits publics (et touristiques), même si, il est vrai, il est parfois difficile d’organiser des vacances lorsque l’on vit avec des animaux, il existe diverses solutions quand on veut bien se donner la peine : gardes en familles ou entre amis ou entre voisins, pensions, annonces multiples de “pet-sitters” sur les forums animaliers et dans les cabinets vétérinaires.

Quand on veut on peut, si l’on ne peut prendre avec soi son animal ou ses animaux, une petite recherche de solutions n’est franchement pas difficile, et c’est la moindre des choses pour l’animal que l’on a choisi de prendre en charge.

Would You React a pour but de sensibiliser via des caméras cachées les citoyens et citoyennes aux injustices et/ou incivilités et a, ainsi apporter plus de solidarité dans la vie quotidienne. La vidéo du chien abandonné est la 21ème de ce groupe, les autres sujets étaient, entre autres, les remarques misogynes, le harcèlement scolaire, l’homophobie, l’agression d’une personne SDF.

L’histoire complexe du chien Bonny, en Allemagne

C’est une affaire dont le résultat à été annoncé dans tous les médias allemands et il est intéressant de voir de quoi il en retourne, alors qu’on se doute qu’en France cela peut arriver aussi.

L’affaire commence avec la promenade d’un jeune chien de neuf mois appelé Bonny dans une forêt près de Brandebourg. Il est malheureusement perdu et n’est pas retrouvé malgré un mois de recherche. La raison en est simple : des touristes avaient trouvé le chien près d’une aire de repos d’autoroute et l’avaient emmené avec eux.

Le jeune chien, qui se retrouvait désormais dans cette nouvelle famille à l’autre bout de l’Allemagne, au sud à Munich, reçut alors comme nom celui de Lulu. La puce électronique n’était pas liée à un nom, quant à la police elle a expliqué qu’elle n’avait pas le temps pour cela.

L’affaire aurait pu s’arrêter là si, deux années après, les personnes ayant pris Bonny n’avaient pas tenté d’avoir des documents de l’éleveur, afin, comme on peut s’en douter, de faire de la reproduction.

Cependant, l’éleveur avait quant à lui les coordonnées des “propriétaires” légaux. S’ensuivit alors une série de procédures légales, qui viennent de se terminer. L’ancienne famille – principalement un vieux chasseur de 70 ans – peut récupérer Bonny, à partir du moment où sont payés 3 271,16 Euros à la famille de Munich pour l’alimentation et l’hébergement du chien.

Il y a ici tellement d’aspects qu’il est difficile de faire la part des choses, mais une chose est certaine : l’animal a été considéré comme une marchandise devant revenir à ses légitimes « propriétaires » alors que personne n’a demandé son avis au chien, étant le premier concerné, lui qui a vécut dans 2 foyers différents, qui a connu l’errance, et maintenant 2 familles se battent pour l’avoir.

Le problème en tout cas c’est qu’il est clair qu’avec l’organisation actuelle de la société, la complexité des êtres vivants n’est pas prise en compte. La seule chose qui compte c’est d’un côté l’économie avec ses marchandises, de l’autre l’ordre public.

Il y aurait pu avoir des rencontres entre le chien et les deux familles, pour voir comment il se comporte, comment il réagit. Il faut voir dans quelle mesure il est heureux ou stressé, inquiet ou rassuré.  Cela sera visible de manière assez pertinente par des “experts”.

Seulement voilà tout cela demande des moyens ainsi qu’une vision du monde. Or, aux yeux de la société il s’agit juste de savoir à qui appartient la marchandise, afin que l’ordre public ne soit pas troublé…

A Rio, le terrain de golf empiète sur le territoire des animaux sauvages

Le conflit entre le développement de l’humanité sous la forme actuelle et la Nature trouve une illustration assez étrange avec le parcours de golf aux jeux olympiques. Le golf est une activité absurde, bloquant des espaces sous la forme de gazon utilisant énormément d’eau juste pour que des personnes célèbrent le fait d’appartenir à des couches sociales très privilégiées.

Là, le parcours olympique se confronte directement à un environnement sauvage

Les meilleurs golfeurs de la planète, engagés à partir de jeudi 11 août dans le tournoi olympique, ont intérêt à rester sur leurs gardes. Le danger rôde en effet sur le parcours où de nombreux animaux sauvages se sont installés ces derniers mois. Le site de golf, construit dans la zone marécageuse de Marapendi, oblige les athlètes à cohabiter avec quelques créatures assez effrayantes comme des caïmans, des singes et des boas constrictors.

Rien que ça.

Pour rassurer golfeurs et spectateurs, les organisateurs des Jeux Olympiques de Rio ont prévu une parade en cas d’intrusion : des dresseurs seront ainsi placés tout au long du parcours pour capturer et évacuer ces animaux dangereux. Si les caïmans sont parfois des partenaires de jeu insolites sur certains greens de Floride, une autre espèce inquiète davantage Mark Johnson, le responsable du parcours. Ce sont les capybaras, les plus gros rongeurs vivant de la planète, de la taille d’un chien. “Ils mangent l’herbe durant la nuit. Il y en a entre 30 et 40 à l’intérieur du périmètre du parcours. Mais eux, ils vivent ici, nous, on joue au golf. Alors, il faut qu’on coexiste…”, reconnaît Johnson, cité par le site de Métro.

Les golfeurs ne devraient pas s’attarder sur les trous n°2, 3, 5 et 9, situés juste à côté de lacs où vivent des caïmans. Ils surveilleront aussi les arbres autour du green du trou n°12, où des singes ont élu domicile. Sans oublier des chevêches des terriers, une variété de chouettes, qui font leur nid dans des zones sablonneuses. “Je pense qu’elles sont allées dans 80% des bunkers”, explique Mark Johnson.

Pas simple alors de réaliser une sortie de bunker propre si la balle est enfouie dans le trou percé par ces oiseaux. Et le règlement ne semble pas très précis dans ce cas de figure assez particulier. “On ne va pas les combler, on va faire avec. Les joueurs ne seront pas trop contrariés, on leur donnera simplement un drop gratuit”, ajoute le responsable du parcours. Cela promet des parties riches en obstacles en tout genre….

Et sur cette page en anglais, se trouve une vidéo de présentation avec les capybaras.

Tout cela est presque une allégorie de l’évolution actuelle, avec la Nature subissant les assauts d’une humanité connaissant un développement absurde, avec un mode de vie soutenu par les plus riches et basculant toujours davantage dans la destruction écocidaire et dans l’individualisme le plus forcené.

De voir ces golfeurs s’activer au milieu d’un environnement sauvage est quelque chose d’impressionnant, tellement la contradiction est flagrante, tellement l’agression ouverte de la Nature saute aux yeux…

 

Les papillons du Stade de France

Tout le monde sait qu’hier la finale de la coupe d’Europe se déroulait au Stade de France et il est intéressant de voir ce qui s’est passé sur le plan de la vie animale.

En effet, on a eu un bel exemple de pollution lumineuse et de gâchis énergétique la nuit précédant le match, puisque le stade a été allumé toute la nuit de la veille.

Il s’agissait pour les organisateurs de mener des répétitions de la cérémonie d’ouverture du match, de s’occuper de la pelouse,  etc.

Résultat : cela a attiré des milliers de papillons.

Les journalistes ont largement répercuté cette information et il y a de nombreuses photos présentant cette “invasion” : les humains s’imaginent toujours que la Nature n’existe pas et qu’ils n’ont aucun rapport avec le reste des êtres vivants…

La palme de la réaction bien rétrograde est sans doute à attribuer à Jérôme Sillon, ce qui n’est guère étonnant vu qu’il est Reporter RMC Sport – BFM Sport – BFM TV :

1 simple aspirateur contre l’invasion de papillons au Stade de France pour #PORFRA #Euro2016Final #rmclive @RMCsport

Car, effectivement, c’est la méthode assassine qui a été employée, mais apparemment pas assez durement encore pour le reporter…

C’est un exemple classique d’anthropocentrisme et cela montre que les gens qui prennent les décisions ne voient pas la Nature, qu’ils s’en moquent.

Ce qu’ils veulent, c’est l’argent par le spectacle, d’où les publicités pour l’alcool un peu partout, d’où Coca Cola et McDonalds comme sponsors d’un tel événement sportif, etc.

Pour les anthropocentristes, ces papillons n’ont été qu’une anecdote. Pour les gens qui ont conscience de ce qu’est notre planète, c’est un avertissement : les comportements humains dérèglent le monde du vivant, aboutissent à des destructions, à des écocides…

[Petit ajout : apparemment, la pratique de laisser la lumière toute la nuit dans les stades est courante en France, au nom de la “luminothérapie”! Voici une présentation de janvier 2016 par la dépêche :

La luminothérapie est de plus en plus utilisée dans les stades de foot modernes, où la lumière est insuffisante à cause de l’ombre générée par la hauteur des tribunes et de la toiture.

Au stade de la Route-de-Lorient (Rennes), au Parc des Princes (Paris), à Gerland (Lyon), au Stade de France, au stade du Hainaut (Valenciennes), ou encore au Roudourou, à Guingamp, cette technique a donné de bons résultats, notamment en termes de densité et de résistance de l’herbe.

Au Grand Stade de Saint-Denis, qui reçoit les équipes de France de football et de rugby, quelque 500 LED d’environ 400 watts, montées sur des rampes mobiles, sont allumées chaque jour pendant vingt heures. Cela équivaut à la consommation moyenne de 145 foyers.(…)

Selon un expert le coût d’achat du matériel de luminothérapie varie de 300 000 à 900 000 €, il faut ajouter la consommation électrique, soit une facture qui peut varier de 40 000 à 150 000€ par an.

Aucun hasard : on est bien là dans une démarche anthropocentriste menée de manière tout à fait régulière!]

Pour les pigeons : ramassez les fils, ficelles et cheveux dans les rues!

Voici un acte qui doit être le lot quotidien de tout un chacun aimant les animaux : ramasser les fils, ficelles et cheveux dans les rues.

Cela est bien sûr vrai dans les villes, où l’hygiène est souvent déplorable et où ces fils, ficelles et cheveux qui traînent dans les rues provoquent l’horreur : ils s’emmêlent dans les pattes  des pigeons.

Le résultat est alors que les pattes voient leur circulation sanguine bloquée par les fils, ficelles et cheveux, qui deviennent ensuite, au bout d’un long martyr, de véritables guillotines.

Pour cette raison, il est capital pour toutes les personnes aimant les animaux de se préoccuper de systématiquement jeter les fils, ficelles et cheveux. Il suffit d’avoir, le cas échéant, un mouchoir ou une feuille de sopalin pour les attraper et les jeter dans la poubelle la plus proche.

Quand on vit en ville, c’est un acte qu’on peut être amené à faire plusieurs fois par jour.

Nous rappelons également qu’il est nécessaire de porter son attention sur les endroits un peu à l’écart, où un ami en détresse cherche peut-être à se protéger, où une main secourable doit alors se porter !

La réalisation de ce simple geste de ramasser les fils, ficelles et cheveux qui traînent dans les rues est selon nous porteur de quelque chose de très important.

C’est une contribution pratique très importante pour nos amis les oiseaux, c’est un rappel de la discipline qui doit être la nôtre, dans un esprit d’ouverture et d’action.

Dans l’image suivante, le bout de bois a été sciemment accroché à un pigeon par des pratiquants de rite de type vaudou.

Les photos des oiseaux montrés ici viennent notamment d’une association de sauvetage de pigeons à Hambourg en Allemagne.

Les choses importantes à savoir sur la physiologie des cochons d’Inde

Il est vraiment dommage que les vétérinaires soient une caste, qui se prive de la très riche expérience quotidienne des gens connaissant les animaux.

Il est vrai que l’accès aux médicaments doit être supervisé, pour autant la diffusion de connaissances est tout autant nécessaire que la capacité d’effectuer des soins.

Cela est par exemple d’une très grande importance pour le cochon d’Inde : souvent, on ne s’aperçoit que lorsqu’il est trop tard qu’il y a un souci…

Le travail en amont est d’une grande importance et ici il y a une contradiction entre les exigences démocratiques et la caste des vétérinaires!

Voici un long passage très intéressant sur nos amis cochons d’Inde,  qui constate bien cette contradiction et qui fournit également les aspects essentiels à connaître au sujet des cochons d’Inde.

Il est tiré d’une thèse intitulée “Physiologie et pathologie digestive du cobaye domestique”, faite à l’école nationale vétérinaire de Toulouse et disponible en ligne ici, qu’il est toujours très utile de consulter pour en savoir davantage.

Ce passage résume que :

Les cobayes sont souvent présentés à la consultation pour des problèmes digestifs. Ces affections représentent, avec la pathologie respiratoire, 50% des motifs de consultation, les problèmes dentaires et les diarrhées figurant en tête.

Le tractus digestif du cobaye est en effet particulièrement enclin aux perturbations, du fait de la longueur de son intestin qui dépasse deux mètres, de la lenteur de son transit qui dure jusqu’à une semaine, et de la sensibilité de sa flore au moindre déséquilibre.

Outre ces facteurs prédisposants anatomiques et physiologiques, les pathologies digestives sont très souvent la conséquence de conditions d’entretien inadaptées, d’erreurs alimentaires ou de thérapeutiques inappropriées.

Cela explique que l’éventail des pathologies digestives du cobaye domestique est bien plus large que celui du cobaye de laboratoire soumis à des conditions sanitaires et alimentaires codifiées.

Aussi, comme les études sur la pathologie digestive ont été réalisées, dans leur majorité, sur des animaux d’élevage ou de laboratoire, la simple transposition à nos cobayes familiers est insuffisante puisqu’elle ne tient pas compte des nouvelles maladies liées aux conditions d’entretien défaillantes, aux régimes alimentaires inadaptés ou à la vieillesse.

Le cobaye est un animal plutôt robuste, le motif de consultation est en général plutôt grave, il met souvent en jeu la vie de l’animal. Un diagnostic précoce et un traitement efficace doivent alors rapidement être mis en œuvre pour prévenir une évolution fatale.

Une règle d’or peut d’ores et déjà être énoncée : la première chose à faire face à un cobaye malade, est de lui administrer systématiquement de la vitamine C en sachant que ses besoins augmentent durant la convalescence. (…)

Réputé robuste, il présente néanmoins un point faible : sa fragilité digestive.

En effet, les problèmes digestifs tels que les diarrhées ou les malocclusions dentaires sont des motifs de consultation fréquents et souvent graves.

Ce talon d’Achille s’explique par quelques particularités anatomiques et physiologiques qu’il est bon de connaître pour aborder la consultation sereinement.

Le cobaye se distingue des autres rongeurs, majoritairement omnivores, par son régime végétarien.

La présence d’un tube digestif très long, d’un transit très lent et d’une microflore intestinale très vulnérable le rend sensible tant au rythme de distribution qu’à la qualité des aliments reçus.

La ration doit apporter suffisamment de fibres pour permettre le bon déroulement de la digestion et suffisamment de vitamine C pour couvrir les besoins journaliers, le cobaye étant incapable de la synthétiser.

Le rendement digestif est optimisé par le comportement de coprophagie commun aux Rongeurs et aux Lagomorphes.

Très souvent, l’alimentation est le point de départ ou le facteur favorisant de maladies digestives, du fait de la méconnaissance ou de la négligence des propriétaires quant aux conditions d’entretien, d’alimentation ou d’abreuvement de leur protégé.

Pourtant, le cobaye est un petit animal peu exigeant et facile d’entretien [sic] pour peu que sa ration couvre l’ensemble de ses besoins et que son environnement soit stable.

C’est un animal très sensible au stress et aux moindres modifications de ses habitudes. Lorsqu’il est malade, le premier signe annonciateur est une baisse d’appétit.

Elle passe malheureusement souvent inaperçue, et le ‰cobaye n’est présenté à la consultation que lorsque son état général s’est déjà fortement dégradé.

C’est un animal assez difficile à soigner compte tenu de sa petite taille, de la symptomatologie souvent fruste et de l’évolution rapidement fatale de bon nombre de pathologies digestives.

La démarche diagnostique, souvent limitée au simple examen clinique, exige un sens clinique aiguisé. L’antibiothérapie doit toujours être raisonnée pour éviter de déséquilibrer la flore cæcale et d’engendrer des entérites iatrogènes mortelles.

De manière générale, la prévention reste le meilleur remède. Elle passe par l’information des propriétaires, rôle qui incombe au vétérinaire.

Ecocide de manchots : “La réalité est beaucoup plus nuancée”

Se moquer des défenseurs des animaux et les faire passer pour des gens “qui exagèrent” est un style traditionnel des ennemis de la cause animale. Il s’agit de faire passer les personnes aimant les animaux pour des gens “qui en font trop”, qui seraient incapables de rationalité, etc.

Audrey Garric, tout sauf une amie de la cause animale et de l’écologie radicale, a publié justement hier sur son blog du Monde “chroniques pour une économie sociale et durable” un article intitulé “Non, 150 000 manchots ne sont pas morts en Antarctique à cause d’un iceberg”.

L’auteur reprend le thème dont nous parlions il y a quelques jours (Ecocide de manchots au Cap Denison en Antarctique) et utilise l’argumentaire classique : il y a sur-réaction, encore une fois les défenseurs des animaux ont réagi avec émotion et non raison, etc.

On lit ainsi des choses comme :

« La réalité est beaucoup plus nuancée, et les manchots sont plus probablement déplacés que morts. »

« Un des facteurs de confusion – au-delà de la tendance des médias à reprendre en boucle les mêmes informations – réside sans doute également dans le manque de clarté de l’étude, qui peine à établir des recensements précis et comparables. »

« Quand, en conclusion de l’étude, les auteurs préviennent que la colonie de Cap Denison pourrait être éteinte d’ici à vingt ans, cela signifie donc simplement que les manchots ne reviendront plus sur ce cap rocheux pour se reproduire et non pas leur extinction massive. »

Cerise sur le gâteau, on a le fameux relativisme à la française, avec ici le changement climatique bâclé au passage :

« Faut-il y voir un effet vicieux du changement climatique ? Difficile à dire, tant les facteurs qui régissent l’état de la glace de mer et le mouvement des icebergs sont nombreux et complexes. »

Nous ne savons pas si les autres journaux ont lu l’article scientifique en question, intitulé « The impact of the giant iceberg B09B on population size and breeding success of Adélie penguins in Commonwealth Bay, Antarctica », mais nous, nous y avons porté notre attention pour en parler justement.

Or, tout d’abord l’article parle bien de l’émigration des pingouins, à la fin de l’article, mais justement uniquement en passant. Car quel est le problème que n’a pas vu le blog lié au Monde qui fait partie, on ne le rappellera jamais assez, d’un groupe de presse catholique ?

Eh bien justement que les manchots se reproduisent. Les religieux, avec leur conception magique de la vie, oublient toujours cette question qui remet en cause leur conception, car en réalité la vie amène la vie, et non pas Dieu.

Si donc on passe, comme le tableau de la recherche l’indique, de 160 000 – 200 000 manchots à quelques milliers sur les îles Mackellar, ce n’est pas seulement qu’il y a eu émigration des manchots, et d’ailleurs cela reste encore à prouver.

Il y a eu au moins, au cours de ce processus, des naissances qui ont échoué.

Preuve de cela, l’article mentionne la présence, en 2013, de centaines d’oeufs abandonnés, de carcasses gelées de petits des années précédentes.

Sur une sous-colonie de 35 nids, furent retrouvés sept œufs intacts abandonnés et sept “restes” de petits, ainsi que d’autres restes d’oeufs et de petits aux alentours.

« During the census in December 2013, the impact of B09B on the penguins was considerably more dire than the census numbers alone would suggest. Hundreds of abandoned eggs were noted, and the ground was littered with the freeze-dried carcasses of previous season’s chicks. For example, in one sub-colony with 35 occupied nests there were seven still intact abandoned eggs and seven dead chicks from last season within the colony perimeter alone. Other dead chicks were found close by and eggshell fragments indicated even greater egg loss. It is probable that South Polar skuas had eaten or removed other eggs or chicks from the sub-colony. Observations in other nesting areas indicated a similar attrition rate of chicks and eggs, but due to time constraints no further such data was obtained. »

Le constat est donc sans appel. L’article du blog du Monde le sait mais cela n’empêche pas qu’il soit dit en même temps qu’il n’y a pas 150 000 manchots de morts. C’est juste que les petits ne sont pas comptés, aussi simplement que cela…

Mais au-delà des faits, qu’est-ce qui compte ? Qu’on a là un exemple patent d’attaque contre une affirmation en faveur des animaux. Une attaque, et non pas une critique constructive : c’est bien là, de la part du blog du Monde, une dénonciation s’appuyant sur la base des préjugés les plus classiques à l’encontre des défenseurs des animaux.