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Vers la dépénalisation du cannabis

C’est un thème que nous avons abordé de manière récurrente ces derniers temps : la légalisation du cannabis. Nous avons présenté celle-ci comme malheureusement inéluctable de par l’hégémonie complète du libéralisme.

Le refus d’une vie naturelle, la tolérance devant n’importe quelle forme d’expression individuelle, la « tolérance » consistant en le relativisme et la négation des valeurs en général… Tout cela fait que le cannabis est de plus en plus ancré dans les moeurs et la culture.

Il ne manque plus que la légalisation, vers laquelle on va avec un premier pas : la dépénalisation.

Hier, le ministre de l’intérieur Gérard Collomba a annoncé sur BFMTV et RMC une mesure qui va être prise dans les 3-4 mois prochains :

« Ce que dit Emmanuel Macron, c’est qu’on peut dresser une contravention tout de suite.

Parce que le problème aujourd’hui, c’est que quelqu’un est arrêté pour un trafic de stups et il ne se passe rien, deux jours après il revient dans son quartier et il refait le même trafic. »

Il ne faut pas être dupe : c’est un pas vers la légalisation. Le quotidien Libération l’a tout à fait compris :

Comme le mentionne l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), «la dépénalisation peut être définie comme le processus tendant à réduire l’application de sanctions pénales à l’égard d’un comportement déterminé, cette réduction pouvant aboutir à leur suppression pure et simple».

La contraventionnalisation est donc bel et bien une mesure s’inscrivant dans un processus de dépénalisation.

On est loin cependant de la légalisation du cannabis promue notamment par Benoît Hamon qui, selon lui, permettrait de «tarir l’économie souterraine et les violences».

Timide, la mesure proposée par Collomb et Macron devrait néanmoins être dénoncée comme laxiste par ses détracteurs.

Il est évident qu’Emmanuel Macron compte à terme légaliser le cannabis. C’est un libéral authentique, il sait qu’il peut jouer sur deux tableaux : d’abord, cela fera des rentrées économiques pour l’Etat par les taxes.

Ensuite, il peut se donner une image positive envers une gauche et une jeunesse totalement contaminée par l’individualisme et la fuite vers les paradis artificiels.

Le refus de la Nature est tel en France que la possibilité d’une vie heureuse est niée, au profit d’une quête de toute-puissance de l’égo, des choix personnels, de l’individu considéré comme entièrement séparé de tout à part de lui-même.

Le cannabis serait un choix personnel, une manière comme une autre de consommer quelque chose amenant des sensations.

C’est le déni complet de la réalité et c’est pourquoi il faut batailler contre le cannabis. Sa reconnaissance serait le triomphe total pour une longue période de la logique de l’individualisme le plus complet, du culte de l’individu-roi, méprisant la réalité et ne l’évaluant que par rapport à ses propres envies, ses propres choix.

Le cannabis, c’est le symbole même du repli sur soi, de la négation de la réalité pour plonger dans l’artificialité. C’est la destruction de l’esprit, la tentative d’éteindre son rapport au monde réel.

Le cannabis est un piège, comme tout ce qui rend dépendant. Il doit être refusé, il doit être combattu, il doit être vaincu.

Le cannabis et le danger pour les logements

Nous parlions il y a quelques jours des kits pour produire du cannabis chez soi : comme au Canada, le cannabis va être légalisé comme dit il y a également quelques jours, c’est la panique chez les syndics de logement.

En effet, les appartements ne sont pas faits pour accueillir une telle production ! Radio Canada a produit un article exhaustif à ce sujet.

Cela souligne encore une fois, d’ailleurs, le danger que représente le cannabis.

Soit il est un retour en arrière, sur un mode ultra-individualiste, du petit propriétaire avec son potager et sa plantation. Soit il est un projet à l’échelle de la société, ce qui fait de l’Etat un narco-Etat et avec la dépendance inscrite au coeur des valeurs…

Quatre-vingt pour cent des propriétaires au Québec se disent «peu capable» ou «aucunement capable» de forcer leurs locataires à respecter des normes de culture proposées la semaine derniere par le gouvernement canadien dans son projet de loi sur la légalisation de la marijuana.

L’Association des propriétaires du Québec (APQ) estime que ce projet de loi autorisant la possession, la consommation et la production de cannabis constitue un danger pour le parc locatif et la vie sociale en logement.

Les trois quarts des propriétaires d’immeubles à logements s’inquiéteraient face à la légalisation du cannabis à des fins récréatives, selon un sondage réalisé par la CORPIQ, la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec.

Les principales inquiétudes portent sur les plaintes des autres locataires relativement aux odeurs, sur les dommages au logement liés à la culture et à la consommation, ainsi que sur le comportement des locataires ou de leurs invités.

Martin Messier affirme que les plantations intérieures peuvent causer de sérieux dommages aux immeubles. Il estime « extrêmement inquiétant » que la possibilité de cultiver 4 plants chez soi soit considérée à l’intérieur du projet de loi.

Il rappelle que les propriétaires sont déjà aux prises avec des installations illégales dans leurs logements, amenant une forte consommation d’électricité supplémentaire.

De plus, des modifications dangereuses aux installations électriques causent de l’humidité extrême, de la moisissure et d’autres dégradations aux immeubles.

Selon le président de l’organisme, Martin Messier, le gouvernement Trudeau ne semble pas prendre en considération les impacts d’une telle loi dans les « petites communautés » que sont les immeubles résidentiels.

Il souligne que, de plus en plus, les locataires cherchent des milieux sans fumée, et que les effluves de marijuana constituent une nuisance encore bien plus grande, à l’origine de nombreuses plaintes.

Questionnés sur leur degré de confiance envers la police pour faire respecter une éventuelle limite par résidence de quatre plants, les propriétaires répondent qu’ils ont « peu confiance » ou « aucunement confiance » dans une proportion totalisant 81 %.

La CORPIQ demande au fédéral de renoncer à permettre la production de cannabis lorsque l’occupant de l’habitation n’en est pas le propriétaire.

En ce qui a trait à la consommation, la CORPIQ réclame, pour les propriétaires qui y voient la nécessité, le droit de modifier unilatéralement leurs baux déjà en vigueur pour y inclure une clause interdisant la consommation de marijuana.

Le projet de loi de légalisation du cannabis au Canada

Le gouvernement libéral canadien a déposé un projet de loi pour légaliser le cannabis en juillet 2018. Voici un résumé de ce qui est autorisé et interdit suivant ce projet.

Voici déjà ce qui est autorisé. On comprend tout de suite que l’Etat se pose comme narco-Etat, puisqu’il compte tout superviser. C’est un mélange de capitalisme sauvage et d’Etat superviseur…

Le « problème » bien entendu est alors la contradiction entre le capitalisme sans limites et la supervision : une fois le cannabis légalisé, comment justifier une interdiction de sa diffusion ?

Voici les interdits, laissant donc de nombreuses choses en suspens…

Le Journal de Montréal pointe logiquement les grands problèmes qui en découlent.

  • Tout ce qui a trait à la vente du cannabis: qui, comment, où, à quel prix?

  • Y aura-t-il une taxe fédérale et, si oui, qui empochera les profits?

  • Où les gens pourront-ils consommer? Entre autres, pourra-t-on fumer en public (dans la rue, par exemple)?

  • Les produits dérivés, dont les produits comestibles à base de pot (chocolats, biscuits, bonbons, etc.) seront disponibles plus tard pour la vente, après un examen plus poussé. Comment et selon quels critères?

  • Les emballages devront-ils être neutres ou pas?

  • Comment ça va se passer aux douanes américaines?

  • Pourra-t-on vendre dans un endroit où il y a déjà de l’alcool?

Pourquoi le projet de loi n’aborde-t-il pas cette question ? La réponse est très simple : il faut pour rassurer prétendre gérer au début.

Puis, par la suite, une fois les limites tombées, tout découle inévitablement de par l’absence de règles…

Il sera alors impossible d’imposer le moindre interdit, comme pour l’alcool (à part au volant), et le cannabis sera installé de manière solide comme nouveau marché…

Commission des stupéfiants des Nations-Unies : la France contre « les réponses hygiénistes ou moralisatrices »

Hier s’est ouvert à Vienne en Autriche la 60ème commission des stupéfiants des Nations-Unies.

C’est une bonne occasion de connaître la position des institutions françaises, étant donné que le cannabis est de plus en plus en passe d’être légalisé.

Et on peut voir la chose suivante, effectivement : la France veut prendre la tête d’un mouvement refusant l’esprit de « punition », au profit de la « prévention » et l’éducation parentale.

Cela serait justifié par les scientifiques et les experts.

Et cela passerait par le rejet des « réponses hygiénistes ou moralisatrices »….

En clair, la répression des drogues est abandonnée au profit d’une ligne de minimisation de celles-ci, ce qui n’est rien d’autre que la formation d’un espace au moins pour le cannabis, avant le reste, au nom du « choix individuel » à respecter et de l’impossibilité de « maîtriser » autrement le phénomène des drogues.

Sous prétexte de gérer, on légalise, alors qu’en réalité on ne réprime rien du tout, comme en témoigne le fait qu’on puisse faire des habits faisant la promotion du cannabis.

Dans le document officiel du premier ministre, on peut lire ainsi :

« Nous nous retrouvons ici à Vienne pour la première fois après l’adoption, lors de la session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies en avril dernier, du document final qui témoigne de l’engagement de la communauté internationale pour combattre le problème mondial des drogues.

Ce document représente une avancée majeure pour trois raisons : premièrement dans la méthode, car il est le fruit d’un processus préparatoire intense entre nos pays, mais aussi, pour la première fois, le résultat d’un dialogue ouvert et constructif avec le monde de la recherche et la société civile.

Et nous devons nous en réjouir, car l’apport des professionnels de terrain et des scientifiques est crucial dans ces débats. (…)

En matière de prévention, sur la base d’études scientifiques récentes, nous avons refondé notre politique, en promouvant le développement des compétences psychosociales et la prévention par les pairs.

L’objectif est d’encourager les approches bienveillantes et non punitives pour faire évoluer les comportements.

L’évènement spécial que nous avons organisé l’an dernier en marge de la Session spéciale, avec l’ONUDC, l’OMS et la Suède s’inscrit dans cette nouvelle démarche. L’adhésion de 52 pays à cette campagne de prévention et l’énorme succès enregistré sur les réseaux sociaux témoigne de la pertinence de cette initiative. »

La prise de position du Président de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) est bien plus explicite.

« En marge de la Session extraordinaire de l’Assemblée
générale de Nations Unis, en avril 2016, la France et
la Suède, en partenariat avec l’ONUDC, l’OMS et le
Groupe Pompidou avaient lancé une importante
initiative globale : Listen First.

Notre objectif premier était de rassembler l’ensemble de la communauté internationale, les gouvernements, les experts et la société civile, autour d’un des piliers de toute politique en matière de conduites addictives qui se veut efficace, celui de la prévention.

Le second objectif de cette démarche était de mettre
l’accent sur une approche scientifique de la prévention, en promouvant des actions qui ont fait l’objet d’études scientifiques rigoureuses et en les adaptant aux contextes socio-culturels spécifiques.

Le troisième objectif, et sans doute le plus important,
était celui de changer radicalement de message : éviter les réponses hygiénistes ou moralisatrices, dont on sait désormais clairement qu’elles sont inefficaces et inviter plutôt tous ceux qui sont autour  des enfants et des adolescents à les écouter tout d’abord, avec bienveillance. »

L’hygiénisme et le moralisme sont ici dénoncés, c’est-à-dire l’esprit de ceux et celles qui pensent que les drogues sont mauvaises, non naturelles.

Cela en dit long sur l’idéologie de ces gens qui se positionnent contre la répression pour faire passer en réalité la logique libérale-libertaire du choix individuel et de l’impossibilité qui en découlerait de critiquer cela, au nom des « libertés ».

Tealer et l’éloge du cannabis

L’une des grandes modes de la jeunesse dorée parisienne est de se procurer des habits, notamment des hoodies, relevant d’un style plus ou moins skateboard, avec un style « à part », quitte à mettre plusieurs centaines d’euros dans quelque chose d’en fait très peu de valeur.

C’est une course éperdue au style et parmi les très nombreuses marques bataillant pour se faire une place au soleil, l’un des grands succès est « Tealer », dont la particularité est de prôner ouvertement la consommation de cannabis.

Évidemment, officiellement, les gens de la marque nient qu’ils prônent la consommation : « on ne fait que de la fringue » prétendent-ils. Mais ils font de multiples allusions dans leur discours, quant aux habits, les choses sont claires… Tout comme par ailleurs les images marketing.

Et d’ailleurs, dans certaines interviews, les responsables de la marque dont le nom lui-même est la contradiction de « t-shirt » et « dealer », sont tout à fait clairs :

« L’objectif était de donner une nouvelle image de la weed, sortir du côté reggae.

C’était plus un lifestyle qu’une revendication, les couleurs vert, jaune, rouge sont bannies depuis le départ. »

C’est là le grand danger que représente Tealer.

Sa logique est de rendre le cannabis branché, urbain, le côté parisien étant énormément mis en avant, avec naturellement la figure de la parisienne utilisée dans toute sa caricature sexiste.

Et de toutes manières, la promotion de la drogue est évidente dans le style général mis en avant, les objets dont il est fait promotion, etc.

Il y a bien entendu un partenariat avec la série web « en passant pécho« , qui est totalement du même esprit, et même l’organisation de « Kush parties » dans une boîte de nuit parisienne branchée (le kush est une variété de cannabis).

Un partenariat a été fait avec Emily Ratajkowky, pseudo féministe posant régulièrement de manière dénudée sur Instagram et reprenant pour Tealer les codes de la chanson ultra-sexiste blurred lines, tant pour la vidéo que pour le texte.

La dernière production met en avant également des figures « hentai », les mangas pornographiques.

On notera aussi la « philosophie » mise en avant…

Tealer se veut « décalé » et « branché », dans le temps… Ne prenant rien au sérieux et s’amusant… De l’urbain « stylé » appréciant le Paris Saint-Germain et la transgression, apolitique et individualiste…

Comment un tel éloge du cannabis est-il possible, alors que le cannabis n’est pas légal ? C’est qu’en fait, il l’est déjà en partie, et que tout simplement que la tendance va dans le sens de la légalisation, en raison des opportunités pour faire des affaires…

Tealer produit d’ailleurs de plus en plus d’habits sans référence au cannabis, cherchant à s’installer comme marque branchée auprès d’un public plus large, après avoir profité d’une « tendance », d’une mode.

Il restera toutefois que cette marque a accompagné une tendance historique tout à fait néfaste.

Et c’est un bel exemple : ceux qui disent que le cannabis est réprimé en France mentent. Ils laissent clairement faire. D’ailleurs, il aurait été impossible pour une marque comme Tealer d’exister de cette manière il y a vingt ans, l’Etat intervenant pour empêcher cela.

Graines de cannabis et matériel de production personnelle…

Le cannabis est en train de s’implanter en France de manière massive. Tout récemment, une émission de M6, Dossier tabou, a largement présenté par exemple les moyens de le produire soi-même.

Voici par exemple des packs que google propose même directement, en mode shopping…

Tout cela passe par le fait que les graines de cannabis n’ont pas le droit d’être plantées, mais on a le droit de les avoir, tant qu’il n’y a pas la preuve de les utiliser…

Voici la très subtile présentation d’une entreprise, LaMota, à ce sujet : elle vend des graines, dit qu’on n’a pas le droit de les faire germer, pour en même temps expliquer comment faire!

Est-il légal d’acheter des graines de cannabis?

L’achat des graines de cannabis est légal en Espagne, Irlande, Angleterre, Ecosse, Pays-Bas, Belgique, Suisse, Autriche, Pologne, Russie, Italie, Canada, Japon, etc. La possession de graines de cannabis en Espagne ne constitue pas un délit (Convention de Vienne de 1961).

La culture du cannabis peut faire l’objet de sanctions administratives et pénales (Art. 25.1 de la Loi Organique relative à la protection de la sécurité citoyenne et Art. 368 du Code Pénal). La législation varie selon le pays. Vous devez vous informer des lois locales avant d’acheter. Il est illégal de faire germer les graines dans tous les pays. LaMota vend des graines à la condition qu’elles ne soient pas germées.

Comment faire germer mes graines?

Souvenez-vous que la seule possibilité de germination légale sera le jour où les législations changeront et que la culture de cannabis à usage personnel sera légalisée.

Dans ce cas, pour optimiser les résultats de votre germination, nous vous conseillons de procéder ainsi:

Humidifiez un Jiffy-7 et introduisez la graine à une profondeur de 0,5 cm.

Entretenez une lumière constante. Vous pouvez utiliser un tube fluorescent compact de 100W ou une lampe sodium de 400W, pendant 18 heures à 25ºC.

Notez que nous envoyons les graines à la condition qu’elles ne soient pas utilisées par des tiers en contravention avec la législation, lamota.org ne prétend inciter personne à agir contre la loi. Nous voulons souligner explicitement que les personnes qui achettent nos graines se rendent responsables de ses futurs actes.

Voici un autre exemple d’hypocrisie, avec un magasin qui vient d’ouvrir à Tarbes, « Histoire de graines« . Officiellement, les graines sont vendues… pour en faire collection!

D’autres produits, relevant du folklore du cannabis, sont également vendus, pour prétendre être un marchand comme un autre…

Voici une présentation par La Dépêche.

Une nouvelle graine commerciale a germé au 72, rue Georges-Lassalle. Un jeune Tarbais, Julien Arbes, vient de «semer» une boutique «stupéfiante», spécialisée dans les graines, plus particulièrement de cannabis, mais pas seulement.

Il a ouvert son commerce en franchise sous l’enseigne Histoire de graines, qui existe déjà à Montélimar, capitale du nougat mais visiblement aussi de la graine… de cannabis.

On peut ainsi y trouver des graines «de collection, d’origine française ou espagnole, à ne pas faire germer dans l’Union européenne», précise le jeune commerçant, mais aussi de multiples produits déclinés à base de chanvre : des variétés de fleurs séchées à consommer en infusion pour se relaxer, de la farine, des graines «riches en vitamines» à consommer, par exemple, avec des salades, de l’huile végétale, de la purée d’amandes, des suppositoires, du pollen, du stick à lèvres, du chewing-gum, des huiles essentielles…

Bref, tous les amoureux de la plante aux effets stupéfiants pourront trouver leur bonheur sur n’importe quelle étagère.

Histoire de graines propose également produits de lait d’ânesse (baume après rasage, crème hydratante anti-âge), des semences potagères bio de la ferme de Sainte-Marthe et des crunchs à base de chocolat blanc, de riz soufflé et de thé japonais avec au choix des fruits rouges, de la noix de coco, des cacahuètes ou des graines de chanvre. Seuls les tee-shirts vendus ne sont pas fabriqués avec du chanvre. «Mais cela ne saurait tarder», assure Julien Arbes.

Graines de cannabis et matériel de production personnelle, vendus massivement, de manière décentralisée… tout en prétendant n’avoir aucun rapport avec la consommation de cannabis.

Toute cette hypocrisie montre que l’Etat a totalement capitulé devant le cannabis. C’est une manière de mettre devant le fait accompli.

« Leur objectif d’une société sans drogues est irréalisable »

Le Huffington post a publié une tribune intitulée « Comment la régulation du cannabis permettrait des politiques en matière de drogues plus efficaces ».

Elle est signée par plusieurs personnes. Tout d’abord, Paul Volcker, membre de la Commission globale de politique en matière de drogues et ancien président de la Réserve fédérale américain.

Quelle est donc cette commission ? Il s’agit d’un think tank international en faveur de la fin de la répression contre les drogues, fondé en 2011.

Y participent l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, le milliardaire anglais Richard Branson, d’anciens présidents de Pologne, du Nigeria, du Mexique,  etc.

C’est un mélange de hautes figures de la politique et de l’économie, comme d’ailleurs les deux autres signataires. Il s’agit en effet tout d’abord de Maria Cattaui, membre de la Commission globale de politique en matière de drogues et ancienne Secrétaire générale de la Chambre de commerce internationale.

Ensuite, du fameux Pierre Bergé, Président de la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent et Président de la Fondation Jardin Majorelle.

On l’a compris : on est ici dans le libéralisme libertaire, l’appel à capituler devant les drogues. La tribune est explicitement sur cette position :

« Pourquoi les pouvoirs publics échouent-ils aussi lourdement à faire baisser la consommation et la production de stupéfiants et ce malgré des investissements colossaux dans la répression?

Ils échouent car leur mission est erronée, leur objectif d’une société sans drogues est irréalisable, et ils refusent de le reconnaitre. »

Cette phrase symbolise parfaitement l’hypocrisie du businessman qui nie l’utopie afin de justifier son sinistre commerce.

Il serait dans la nature humaine de prendre des drogues, pas de ne pas en prendre, et par conséquent y avoir accès serait un « droit ».

La tribune est là aussi explicite sur cet acte qui nuit à quelqu’un qui l’aurait « choisi », la société n’ayant donc pas à s’en mêler…

« Or en plus d’être un échec mondial, la guerre aux drogues, dont la France est l’une des championnes en Europe, nécessite un investissement financier important, dont les retours sont des catastrophes sanitaires, financières et sociales.

Pire encore, les politiques publiques transforment sciemment de jeunes individus pleins de promesses en délinquants. Soumis au système judiciaire, ces individus voient leur perspective d’une vie équilibrée et productive soudainement menacée pour un acte non-violent, qui ne nuit potentiellement qu’à eux-mêmes.

La guerre aux drogues a également comme résultats une imposante surpopulation carcérale, la propagation de maladies infectieuses, et la marginalisation économique et sociale de pans entiers de la population. »

Il y a trop de gens en prison ? Ce n’est pas la faute au capitalisme qui donne naissance au crime, mais à une définition trop élargie du crime…

Citons ici la fin de la tribune, qui résume parfaitement tout ce honteux cynisme.

« Il est temps maintenant de mettre en œuvre des politiques publiques basées sur la place réelle qu’occupent les drogues dans notre société, et qui cherchent à en réduire les méfaits plutôt qu’à les éradiquer, ce qui est une chimère.

Si l’économie, la société et les individus tirent de surcroît des avantages et des bienfaits notables de la réglementation, il serait absurde de ne pas en étudier la mise en œuvre.

Les acteurs économiques de la France, un des moteurs de l’économie européenne et mondiale, doivent réclamer une réforme des politiques en matière de drogues pour mettre fin à un demi-siècle de mesures inefficaces et coûteuses, et refaire de la France un champion de l’innovation en matière de politiques publiques.

La Commission globale de politique en matière de drogues, constituée de 24 membres dont 10 anciens chefs d’état ou de gouvernement et un ancien secrétaire-général des Nations-Unies, vise à ouvrir, au niveau international, un débat éclairé et scientifique sur des moyens humains et efficaces de réduire les préjudices causés par les drogues aux personnes et aux sociétés. »

La légalisation du cannabis est bien un choix : celui de l’individualisme, du cynisme, du commerce.

Des sénateurs prônent la légalisation de l’alcool dans les stades

On sait à quel point le football est aujourd’hui quelque chose de très important tant pour l’économie que pour l’idéologie dominante.

Il est donc tout à fait logique que le même processus de libéralisation se déroule pour l’alcool dans les stades que pour le cannabis. Il y a des gens, il y a moyen de vendre et de toutes manières désormais tout est permis.

Alors, tant qu’à y aller dans la déresponsabilisation et la quête du profit, autant y aller : c’est ce que ce sont dit deux sénateurs,  le centriste Claude Kern et le socialiste Jean-Jacques Lozach.

Leur rapport d’information sur la gouvernance du football demande par conséquent l’ouverture à l’alcool dans les stades. La loi Evin – nous en parlons souvent pour dire à quel point elle est menacée – devrait être remise en cause.

Voici ce qu’on lit dans le rapport à ce sujet. Et on va voir qu’il y a la même « excuse » que pour le cannabis : puisque les gens consomment de l’alcool, autant l’assumer et gagner de l’argent…

Le dernier gros chantier des modifications législatives à opérer pour rétablir la compétitivité du football professionnel concerne donc une modification de la « loi Évin » afin de permettre la vente d’alcool dans les stades ainsi que la publicité pour certaines boissons alcoolisées.

Ces mesures pourraient permettre de rapporter entre 30 et 50 M€ aux clubs professionnels, mais un travail pédagogique est encore nécessaire pour convaincre qu’il est préférable, pour des raisons de sécurité notamment, de gérer une consommation de bière raisonnable dans une enceinte fermée plutôt que d’avoir à faire face aux conséquences dramatiques d’une consommation débridée d’alcools blancs sur les parkings aux alentours des stades.

Compte tenu de la thématique retenue pour ce rapport, les membres de la mission d’information ont néanmoins estimé que ce sujet important devrait être traité dans le cadre d’autres travaux.

L’avis du directeur général de la Ligue de Football Professionnel Didier Quillot est bien sûr exactement le même. Cessons l’hypocrisie, dit-il en substance, les gens consomment, alors autant « maîtriser » et gagner de l’argent…

Invité de l’émission L’After Foot sur RMC, il a tenu les propos suivants :

« Pour augmenter le chiffre d’affaires des clubs, la vente d’alcool dans les stades fait partie des pistes.

Ce serait aussi la fin d’une certaine hypocrisie.

La loi Evin pourrait être utilement améliorée par la vente d’alcool léger dans les stades, ainsi que la possibilité donnée aux alcooliers de faire de la publicité, comme en Angleterre, en Allemagne…

Ca contribuerait à rétablir une certaine forme d’équité par rapport à nos concurrents européens.

Ce n’est pas accessoire, ça amènerait des revenus additionnels de « catering » pendant les matchs, et des revenus de sponsoring.

On n’a pas fait de ce chantier une priorité dans les six derniers mois, on en avait d’autres comme le droit à l’image et le numéro d’affiliation. »

Là où c’est d’autant plus hypocrite, c’est que l’alcool est en fait déjà présent bien souvent dans les stades, en toute illégalité.

Il y a en effet des dérogations, si c’est une association qui chapeaute celles-ci, au nombre de dix… Une belle manière de contourner la loi.

Voici ce que nous en dit Le Parisien, parlant même de « secret de Polichinelle »…

Dans les loges et les salons, l’alcool est servi abondamment car ces sièges bénéficient des autorisations liées à la restauration.

Chaque club a aussi droit à dix dérogations par an accordées par le maire ou le préfet pour vendre de la bière dans tout le stade si la demande est formulée par son association (un club est une entité scindée en deux : une entreprise et une association).

Mais certains clubs ne respectent pas la loi et en vendent dans leur enceinte sans aucune autorisation, une infraction qui relève du droit pénal.

C’est un secret de polichinelle dans le football français et c’est écrit noir sur blanc dans un mail que nous nous sommes procuré. Il a été envoyé le 20 février 2014 à 10 h 52 par Samuel Guillardeau, le stadium manageur du club de Nice, à quelques connaissances de L 1 et L 2.

Sous la plume de ce dernier, on peut ainsi lire : « Certains d’entre nous ont déjà franchi le cap en servant de la bière alcoolisée dans leurs buvettes, soit en se servant des dix autorisations possibles à une association soit sans faire de demandes du tout ! »

Il poursuit, un peu mystérieux : « J’aurais voulu savoir pour ceux qui servent déjà de la bière alcoolisée comment vous faites… ou pas ? Bien évidemment, nous ne nous servirons d’aucun exemple officiellement, le but étant de comparer les méthodes qui fonctionnent. »

Quelques réponses lui sont parvenues, comme celle du directeur général du stade Océane au Havre (le 20 février à 10 h 56) : « Salut Samuel, nous pratiquons avec les dix dérogations en faisant porter la demande par notre association » ; du PSG par l’intermédiaire de Pierre-Octave Arrighi, responsable production (le 20 février à 13 h 31) : « Nous sommes intéressés au Parc par le service de bières avec alcool dans les buvettes grand public. Et en dehors de la dérogation donnée aux associations pour dix dates, la démarche devrait être possible sans se mettre hors la loi et les arguments favorables existent ».

Non seulement c’est honteux par rapport à l’alcool, mais en plus on voit le même discours que pour le cannabis : il faudrait maîtriser ce qui existe, et en plus cela rapporte ! Alors, pourquoi se poser des questions…

Benoît Hamon et les « points de vente d’Etat » du cannabis

Benoît Hamon, le candidat aux présidentielles de la primaire organisée par le parti socialiste, a expliqué dans Le Parisien comment il voyait le processus de vente du cannabis, une fois celui-ci légalisé.

« Le problème n’est pas de fixer le prix mais de tarir le trafic et de supprimer une économie clandestine qui irrigue des pans entiers de notre territoire, d’encadrer la distribution de cannabis et de maîtriser le taux de substance psychoactive.  (…)

Il y aura des points de vente d’Etat, avec des prescriptions de santé éventuellement. La vente sera interdite aux mineurs. C’est un changement difficile, mais il est incroyable de persister dans le déni.

Je veux qu’il y ait moins de jeunes qui se droguent et vont se fournir auprès d’un dealeur qui va en plus vendre du crystal, du crack, des drogues dures ! »

Benoît Hamon se contredit ici, dans la mesure où il reconnaît lui-même :

a) que le cannabis est lié aux drogues en général ;

b) que c’est lié à l’idéologie de la mafia, toujours heureuse de profiter du malheur des gens, de leur dépendance ;

c) que par conséquent si on enlève le cannabis sans pour autant liquider les mafias, celles-ci ne disparaîtront pas…

En fait, l’Etat devrait selon Benoît Hamon (et tous les partisans de la légalisation) dire aux mafias : abandonnez-nous ce marché, allez voir ailleurs.

C’est là, en plus de la capitulation face aux drogues, une acceptation des mafias, de « l’impossibilité » de les liquider.

Et il faut bien saisir que tout n’intéresse pas ceux qui comptent en profiter sur le plan du business.  Voici par exemple comment La Tribune, un média important dans le milieu du commerce, de l’industrie et de la finance, réagit avec une joie frénétique devant le potentiel de profits :

« La France va-t-elle devenir le nouveau Colorado ? (…)

En effet, Benoît Hamon veut une légalisation du cannabis qui passerait par des « points de vente d’Etat ». C’est la solution adopté par le Colorado en juillet 2014.

Un an plus tard, l’Etat américain avait déjà engrangé 70 millions de recettes fiscales grâce à la taxe de 30% prélevée sur chaque vente réalisée dans chacun des 350 magasins accrédités.

C’est donc ce modèle qui inspire le candidat socialiste, et il faut avouer qu’au vu de la consommation actuelle de cannabis des Français, les recettes fiscales pourraient être considérables (les Français sont devenus en 2016 les sixièmes plus gros consommateurs de cannabis au monde). »

Le discours en faveur de la légalisation du cannabis prend la santé comme prétexte, mais en réalité la perspective est seulement économique.

Les conséquences sur le plan de la santé, sur le plan social, sur le plan culturel bien sûr aussi, tout cela n’intéresse pas ceux qui raisonnent en termes de centaines de millions d’euros.

Le nombre des gens qui voient en le cannabis de « l’or vert », des profits faciles à conquérir, des opportunités pratiques aisées, est très important.

Mafieux, consommateur de cannabis à l’esprit mercantile, PME et grandes entreprises, depuis le sympathisant zadiste jusqu’au jeune dealer, depuis les hipsters jusqu’aux businessmen classiques, tous voient des possibilités d’investissement et le reste ne compte pas.

Et il ne faut pas oublier cet argument de plus en plus récurrent : le fait de donner des emplois, un chantage terrible alors que le chômage est si important!

« L’alcool et la caféine ont créé la civilisation » ?!

Contrepoints.org est un média libéral qui vient de traduire un article intitulé « L’alcool et la caféine ont créé la civilisation ».

On l’aura compris, il s’agit de faire la promotion de tout ce qui peut être acheté et vendu, en cherchant des justificatifs pseudo-scientifiques, afin de justifier l’ultra-libéralisme.

L’article vient même d’un regroupement américain, le Cato Institute, présenté comme suit :

Le Cato Institute est un think tank américain, un centre de recherches en politiques publiques, dédié aux principes de liberté individuelle, de limitation de l’État, de marchés libres et de paix. Ses chercheurs et analystes mènent des études indépendantes et non partisanes sur un large éventail de questions politiques.

C’est donc tout à fait clair. Et quels sont les arguments pour justifier que l’alcool et la caféine auraient été à l’origine de la civilisation?

La thèse est résumée comme suit :

L’alcool a permis à la civilisation de démarrer et a certainement contribué à aider l’humanité à surmonter sa détresse pendant les périodes de pauvreté. Mais ce fut la caféine qui nous aida à entrer dans une histoire de prospérité.

Par détresse, l’article veut parler de la santé. L’humanité aurait cherché à tout prix à produire de l’alcool, qui ne serait donc pas un dérivé d’une production agricole, mais l’objectif initial…

Si l’être humain est devenu social, c’est pour se ! Platon, Aristote, Marx, Adam Smith n’y avaient-ils pas pensé !

Voyons cette hallucinante construction intellectuelle.

Tout d’abord, le justificatif pour cela serait la santé.

« La consommation d’alcool pourrait avoir favorisé la survie des premiers Homo sapiens.

À une époque où l’on ne savait ni purifier l’eau ni préparer la nourriture dans de bonnes conditions d’hygiène, le risque d’ingérer des microbes dangereux était si élevé que les caractéristiques antiseptiques de l’alcool rendaient sa consommation plus sûre que celle de produits alternatifs sans alcool ; et ce malgré les risques propres liés à l’alcool. »

Cela ne tient pas debout, pour une multitude de raisons, mais constatons simplement que l’alcool est un désinfectant s’il est à 70%.

Rien que cela rend la proposition absurde, à moins de penser que nos ancêtres ont survécu en buvant uniquement de l’alcool fort…

De là, l’article passe à l’étape suivante : les individus isolés ayant compris on ne sait trop comment qu’il fallait de l’alcool fort pour survivre, s’unissent pour en produire, donnant naissance à la civilisation !

« Les spécialistes considèrent maintenant que le désir de disposer d’un approvisionnement stable en alcool a pu motiver les débuts de l’agriculture et la sédentarisation. (…)

« La domestication des plantes était motivée par le désir d’avoir de plus grandes quantité de boissons alcoolisées, » soutient l‘archéologue Patrick McGovern.

On considère généralement que les hommes ont cultivé le blé pour avoir du pain et que la bière en fut un produit dérivé. Aujourd’hui, certains chercheurs comme McGovern pensent que ce pourrait bien être l’inverse. »

Puis, miracle, le café apparaît. Les humains passent alors d’une consommation quotidienne d’alcool fort au café, permettant de se développer de manière meilleure, car la caféine booste les idées, donnant naissance aux Lumières elles-mêmes !

« Avant le siècle des Lumières, les Européens buvaient de l’alcool à tous les moments de la journée.

Puis, suite aux échanges commerciaux avec le monde arabe, les comportements se mirent à évoluer : le café, riche en caféine, donc stimulant, se répandit sur le continent et remplaça l’alcool dont les effets sont dépresseurs.

Comme le disait l’écrivain Tom Standage, « L’impact de l’introduction du café en Europe au cours du XVIIème siècle fut particulièrement perceptible, étant donné que les boissons les plus répandues à l’époque, même au petit-déjeuner, étaient des petites bières et des vins à faible teneur en alcool.

Toutes deux présentaient moins de danger que l’eau qui risquait d’être contaminée… Le café… apportait une alternative nouvelle et sûre aux boissons alcoolisées. Ceux qui se mirent à boire du café à la place de l’alcool se retrouvaient alertes et stimulés dès le matin, plutôt que relâchés et en état de légère ébriété.

La quantité et la qualité de leur travail s’en trouva grandement améliorée. L’Europe de l’Ouest commença à émerger du brouillard d’alcoolémie qu’elle avait connu pendant des siècles. » »

Voilà comment l’article résume tout cela :

« La caféine est la drogue psychoactive la plus consommée dans le monde.

L’alcool a permis à la civilisation de démarrer et a certainement contribué à aider l’humanité à surmonter sa détresse pendant les périodes de pauvreté implacable qui ont représenté la plus grande partie de l’histoire humaine.

Mais ce fut la caféine qui nous donna les Lumières et nous aida à entrer dans une histoire de prospérité. »

Moralité : vive l’alcool, vive la caféine, vive le libéralisme !

Les femmes face à la toxicomanie

L’observatoire français des drogues et des toxicomanies a publié un très intéressant document intitulé « Usages de drogues et conséquences : quelles spécificités féminines ? ».

Il s’agit d’un dossier sur la consommation de drogues et l’alcool par les femmes et cela souligne bien sûr l’approche très différente par rapport aux hommes.

Il n’y a en effet pas ce côté viriliste propre aux hommes dans leur rapport à l’alcool et aux drogues, qui les amène à se tourner plus aisément vers cela, avec un sens de la démesure.

Voici une petite présentation de la situation, qui mérite indéniablement l’attention pour bien comprendre comment combattre les drogues.

Les hommes et les femmes sont-ils autant consommateurs de substances psychoactives ?

La réponse à cette question globale est assurément négative.

En France, comme partout ailleurs, les hommes consomment plus de drogues licites ou illicites et ce d’autant plus qu’il s’agit d’un usage intensif en quantité et en fréquence.

Ce constat général demande néanmoins à être nuancé car, parmi les récentes évolutions observées, celle d’un rapprochement progressif des niveaux de consommation masculins et féminins est souvent soulignée.

Longtemps moins concernées par les usages de drogues, les femmes auraient tendance à adopter des comportements plus proches de ceux des hommes et donc à consommer davantage. (…).

Les situations sont très contrastées selon les produits et les catégories d’âge.

Pour le tabac, les niveaux d’usage se sont depuis 20 ans grandement rapprochés chez les adultes, la part fumeurs baissant et celle des fumeuses augmentant.

Quant aux jeunes de 17 ans, les niveaux de tabagisme sont actuellement équivalents entre filles et garçons.

L’analyse souligne également le taux relativement élevé de femmes enceintes qui continuent à fumer durant leur grossesse : elles sont un quart dans ce cas.

Enfin, si une prépondérance masculine est constatée dans l’épidémiologie des cancers du poumon, le taux de décès des hommes est désormais orienté à la baisse alors que celui des femmes a doublé en 20 ans.

Concernant l’alcool, la prédominance masculine demeure très marquée, même si elle l’est moins qu’il y a dix ans.

Chez les adultes, trois fois plus d’hommes que de femmes consomment une boisson alcoolisée au moins dix fois par mois ; il y a aussi 3 fois plus d’hommes déclarant avoir bu au moins cinq verres en une même occasion (indicateur d’Alcoolisation ponctuelle importante, API).

L’écart entre les sexes est encore plus élevé chez les jeunes de 17 ans puisque 3,7 plus de garçons que de filles sont concernés par ce comportement. Un tiers des femmes enceintes disent avoir bu au moins une fois au cours de leur grossesse et 3 % déclarent bore toutes les semaines malgré le risque de syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF).

Le cannabis est également un produit plus « masculin » et ce d’autant plus que la fréquence de consommation augmente.

Si à 17 ans, 46 % des filles et 50 % des garçons ont goûté au produit, ce qui traduit un niveau de diffusion peu différencié selon le sexe, on dénombre toujours deux fois plus d’usagers réguliers (10 fois par mois) que d’usagères chez ces mêmes adolescents.

Même s’ils se réduisent, les écarts selon le sexe sont un peu plus importants chez les adultes.

Concernant les produits illicites (héroïne, cocaïne, MDMA/ecstasy, LSD), beaucoup plus rarement consommés, deux à quatre fois plus d’hommes que de femmes les expérimentent.

Mais, à 17 ans, l’écart entre les sexes est bien moindre, voire inexistant, pour certains produits comme la cocaïne ou l’héroïne.

Un seul cas de surconsommation féminine qui concerne tous les âges, peut être observé. Il s’agit des médicaments psychotropes.

Encore un « appel citoyen » en faveur de la légalisation du cannabis…

Voici le texte d’une pétition, lancé par l’association ECHO (Expertise Citoyenne HOrizontale) et relayé par le quotidien Le Monde comme tribune (Drogues : « L’échec d’une politique publique fondée quasi exclusivement sur la répression »).

Il s’agit bien entendu d’un appel de plus à ce qui consiste immanquablement à un appel à banaliser le cannabis et ce qui est d’autant plus grave c’est que parmi les signataires, on trouve de grandes figures institutionnelles…

On retrouve notamment :

– Françoise Sivignon, présidente de Médecins du Monde,

– Christine Lazerges,  Présidente de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH),

– Bernard Kouchner, ancien Ministre de la Santé et des Affaires Étrangères,

– Jean-Pierre Havrin, contrôleur général honoraire de la police nationale française,

– Alain Brillet, ancien Commandant de police ; Ex-responsable du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure,

– Michel Kazatchine, ancien directeur du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme ; actuel Envoyé Spécial de l’ONU pour le VIH/SIDA pour l’Europe de l’Est et l’Asie Centrale; Membre de la Commission Mondiale sur les Politiques de Drogues,

– Roselyne Bachelot, ancienne Ministre de la Santé et désormais animatrice télévision/radio,

– Arnaud Robinet, député Maire de Reims – Les Républicains,

– Marylise Lebranchu, ancienne Garde des sceaux et Député du Finistère – PS,

– Michel Henry, Journaliste indépendant et auteur du livre « Drogues, pourquoi la légalisation est inévitable”,

– Eric Piolle, maire de Grenoble – EELV,

– Daniel Vaillant, ancien Ministre de l’Intérieur ; Député de Paris – PS.

Et encore ne sont pas mentionnés ici les nombreux chercheurs au CNRS, responsables dans les hôpitaux, élus et responsables politiques, à quoi s’ajoutent les principales figures partisanes de la légalisation, comme par exemple Christian Tharel, président des « Collectifs d’Information et de Recherche Cannabique »…

On l’aura compris : on est ici au royaume des hypocrites. C’est un signe de plus de la capitulation devant l’esprit libéral-libertaire niant toute possibilité de bonheur naturel sur Terre.

Et c’est masqué encore une fois derrière une pseudo préoccupation pour la santé, comme en témoigne le logo mis en avant par l’association pour son appel.

Voici le texte de l’appel.

POLITIQUES PUBLIQUES DES DROGUES,
LES CITOYENS LANCENT LE DEBAT
Pétition pour ouvrir un débat national sur la législation des drogues en France

Les politiques publiques en matière de drogues font aujourd’hui l’objet d’intenses débats et de profondes remises en question. Les citoyens se réapproprient le sujet et demandent des comptes en matière de libertés individuelles, de justice sociale, de lutte contre le trafic et d’efficacité de l’action gouvernementale.

Des Etats-Unis au Canada, de l’Islande au Mexique, en passant par l’Uruguay, sans oublier le Portugal, l’Allemagne, le Danemark et la Suisse, nombreux sont les pays à avoir entamé des réformes majeures.

Ces réformes sont le résultat d’une prise de conscience : celle de l’échec d’une politique fondée quasi-exclusivement sur la répression. Il est dorénavant établi qu’en dépit des moyens considérables mobilisés pour y parvenir, la vision d’un monde sans drogues, promue depuis plus de cinquante ans, a eu des conséquences dramatiques sans pour autant atteindre ses objectifs.

La France reste à l’écart de ce mouvement malgré un bilan qui ne cesse de s’aggraver.

Notre pays possède entre autre, les taux de consommation les plus élevés d’Europe pour l’usage du cannabis chez les 15-34 ans ; près de 90 % de l’action policière liée aux stupéfiants concerne l’interpellation pour usage simple (sans trafic) de cannabis ; et le “coût social” des drogues pour les finances publiques est évalué à environ 1 % du PIB national. Ce constat est grave : que faut-il attendre de plus pour réagir ?

Le vent semble néanmoins tourner. Un sondage IPSOS rendu public le 10 octobre 2016 révèle que 52 % des français sont favorables à l’ouverture d’un débat sur la question des drogues lors de la prochaine campagne présidentielle.

Plus significatif encore, 84 % considèrent que la législation actuelle est inefficace.

Cette évolution reflète la prise de conscience qu’une société sans drogues n’existe pas, mais qu’il appartient aux États modernes de protéger les citoyens des éventuels dommages causés par celles-ci.

Le contexte actuel semble propice et les citoyens réceptifs. En collaborant avec la société civile et en s’éloignant de positions partisanes manichéennes, nos élus ont ici un rôle central à jouer.

Il est donc temps que la France s’engage à son tour dans un véritable débat national sur le bien-fondé des politiques menées depuis bientôt 50 ans avec l’adoption de la loi du 31 décembre 1970, principal fondement de l’arsenal juridique national sur les drogues.

Seules des assises publiques nationales permettront de sortir de l’impasse.

Acteurs des secteurs associatifs et médicaux, avocats, universitaires, magistrats, journalistes, policiers, élus locaux et nationaux, entrepreneurs et citoyens de tous bords politiques, nous appelons au rassemblement le plus large possible autour de la démarche ECHO pour débattre de nouvelles politiques publiques en matière de drogues.

Chacun peut, dès maintenant, soutenir cet appel.

Maroc : cannabis et karkoub

Nous parlions il y a peu de la possible légalisation du cannabis au Maroc ;  voici quelques informations au sujet de l’importance de cette industrie, le département d’Etat américain ayant fait un rapport sur la production de drogues.

On y apprend que le Maroc est à la fois le premier producteur et le premier exportateur de cannabis. La section drogues et criminalité de l’ONU évalue d’ailleurs la production total de cannabis à 700 tonnes pour l’année 2015-2016.

Or, la valeur de ces 700 tonnes équivaut à pas moins de 23% du PIB marocain !

On s’imagine par conséquent la signification du cannabis pour l’économie marocaine. En fait, cette économie elle-même est dépendante de la drogue.

Une légalisation en France aurait une conséquence énorme sur elle, provoquant une déstabilisation sans pareil. En même temps, il est inévitable que pour devenir un véritable pays développé, le Maroc rompt avec une telle production.

Non seulement parce que cela maintient le Maroc au statut de traditionnel pays du tiers-monde produisant de simples matières premières, mais aussi de par les conséquences sur le plan des mafias.

Le pays est ainsi en train de devenir un lieu de passage pour la cocaïne sud-américaine exportée vers l’Europe. Ici, des pauvres hères d’Afrique de l’ouest sont notamment utilisés comme mule à l’aéroport international de Casablanca, notamment par l’ingestion de sachets.

A cela s’ajoute la diffusion massive du « karkoubi », la drogue des pauvres. Il s’agit d’anxiolytiques ou d’anti-épileptiques, connu sous le nom de « Ibolha hamra » pour le Rivotril, « 2 points » pour le Valium, La Roche pour un des médicaments de ce laboratoire pharmaceutique.

Leurs conséquences sont des hallucinations et une désinhibition complète, au point par exemple de s’automutiler sans pratiquement le remarquer.

Pour renforcer dans l’horreur, la dépendance est très importante, leur prix relativement bas (autour d’un euro l’unité) et cette drogue a pénétré les milieux scolaires, étant parfois consommée dès l’âge de 10-11 ans.

Au Maroc, des centaines de jeunes se sont mutilés les bras, le visage, etc., alors que 80% des agressions dans le pays sont considérées comme étant liées à la consommation de tels stupéfiants. Parmi les drames connus, un garçon de 14 ans étrangle son père avec le câble d’une antenne parabolique, un autre de 15 ans tue un ami d’un coup de couteau dans le ventre pour un demi-litre de vin rouge, etc.

Une version parmi les plus dangereuses de ces drogues est appelé « al katila », c’est-à-dire la tueuse. Elle est composée d’une petite boule de farine, avec un cocktail de gouttes de ces psychotropes et de cannabis.

Bref, c’est toute une culture, et aurait-elle été possible sans la présence du cannabis ?

Il faut noter ici également une triste mentalité, qui nuit au combat contre les drogues : le cannabis en Algérie provient du Maroc, la drogue Karkoubi présente au Maroc provient d’Algérie.

Ce qui montre bien que les drogues sont une problématique mondiale et que la seule réponse possible est le refus général, sans compromis.

Emmanuel Macron et la la « contraventionnalisation » du cannabis

Les gens vraiment de gauche n’aiment pas Emmanuel Macron, qu’ils ne considèrent pas comme étant vraiment de gauche. Si cela est juste, alors ils feraient bien de se demander pourquoi sur le plan des moeurs ils disent pratiquement tous la même chose que lui…

La démarche libérale-libertaire, où toute valeur est rejetée comme un principe « totalitaire », les rassemble tous.

Emmanuel Macron est d’ailleurs « en train de sortir du bois » concernant le cannabis et sa légalisation.

Il avait déjà exprimé le fait qu’il était ouvert à la question, en septembre 2016.

Comme dans Le Figaro la semaine dernière les choses semblaient peu claires, puisqu’il expliquait «ne pas croire à la dépénalisation des « petites doses »», RTL a demandé des éclaircissements à Gérard Collomb, le maire de Lyon issu du Parti Socialiste mais grand soutien d’Emmanuel Macron.

Le concept utilisé est alors celui de la « contraventionnalisation » : on paiera une amende si l’on a une petite quantité de cannabis sur soi.

Libération est bien sûr très content et a publié un article intitulé On a (enfin) compris ce que veut Emmanuel Macron sur le cannabis.

Tout en constatant qu’au fur et à mesure de ses meetings (Macron sur le cannabis, ou comment le discours politique fabrique du faux), Emmanuel Macron en rajoute toujours niveau chiffres erronés sur le fait que la justice est impuissante à enrayer la vague de gens arrêtés en raison du cannabis, les relaxant finalement.

Libération est donc allé se rensigner auprès du porte-parole d’Emmanuel Macron… qui précise la ligne de la « dépénalisation » maquillée derrière une « contraventionnalisation » bien entendu fictive.

Car les policiers ne vont pas passer leur temps à faire des contraventions devenant banal…

«Juridiquement, effectivement, c’est bien une dépénalisation» que propose Macron, dit d’ailleurs son porte-parole, Benjamin Griveaux.

«Mais on a préféré parler de contraventionnalisation, pour qu’on comprenne bien, parce que tout le monde n’a pas forcément en tête toutes les subtilités dépénalisation/légalisation», explique-t-il à Libération.

Mais pourquoi alors Macron a-t-il affirmé «ne pas croire à la dépénalisation» au Figaro la semaine dernière ?

Une confusion, argue Griveaux : «En fait, il ne croit pas à la légalisation. C’est ça, son propos.»

Sauf que nous ne sommes nullement empreints de naïveté : Emmanuel Macron est un libéral et donc il voudra forcément légaliser. La « contraventionnalisation » n’est qu’une étape pour amener la légalisation et ne pas froisser son électorat.

Les députés des Pays-Bas viennent d’ailleurs de légaliser la culture du cannabis dans leur pays. C’était inévitable, dans la mesure où le business du cannabis va devenir un nouveau terrain de bataille économique…

De plus, cela met fin à la contradiction des coffee-shops légaux mais de leur approvisionnement illégal… La balance a penché finalement du côté du libéralisme complet, fort logiquement.

Benoît Hamon : légaliser le cannabis… car il est dangereux?!

Benoît Hamon, le candidat socialiste, est un partisan de la légalisation du cannabis.

Il vient de se rendre au Portugal, où il a tenu des propos en ce sens, à l’occasion d’une rencontre avec le président de l’institut de lutte contre la toxicodépendance de Lisbonne.

« Le Portugal a fait un choix qui était audacieux, celui de décriminaliser l’usage et la consommation personnelle de toutes les drogues.

Ce qui n’est pas le choix que je préconise pour la France, puisque je préconise pour ce qui me concerne que l’on sorte du déni d’une prohibition du cannabis qui a comme double conséquence de maintenir un trafic de drogue qui tue chaque année des dizaines de personnes et, d’autre part, de ne pas regarder une réalité qui est celle de l’augmentation du nombre de consommateurs de cannabis en France.

La voie que je préconise, c’est la légalisation du cannabis comme un moyen de tuer les trafics plutôt que les trafics tuent les personnes aujourd’hui, comme c’est le cas en France, on le voit à Marseille, on le voit en Seine-Saint-Denis, on le voit dans beaucoup de territoires français.

Mais, au-delà de cela de faire en que, eh bien demain, l’on prenne en charge les conditions dans lesquelles cette drogue est consommée, plutôt que de la laisser consommer comme c’est le cas aujourd’hui sans aucune prise en charge en termes de santé publique (…).

C’est parce que je pense qu’il est dangereux de se droguer qu’il faut légaliser. »

On a ici un coup déjà utilisé par Jean-Luc Mélenchon, de se dire pour le cannabis, car contre (Jean-Luc Mélenchon est pour la légalisation du cannabis car il est contre). Seule la légalisation permettrait le recul du cannabis, ce qui est absurde.

Il y a cependant un élément de plus : l’argument de la prise en charges est employé. C’est pour cela que Benoît Hamon l’a mis en avant au Portugal.

Ce pays propose en effet une prise en charges, par l’intermédiaire de conseillers juridiques, de psychiatres et de travailleurs sociaux, qu’on est obligé de voir si on est contrôlé avec des drogues sur soi en petite quantité.

Sauf que cela n’a rien à voir avec ce que propose Benoît Hamon. Car au Portugal, ces drogues restent interdites : il y a dépénalisation du fait d’en avoir une petite quantité, nullement une légalisation.

Or, Benoît Hamon propose la légalisation…

Et juridiquement, une légalisation empêcherait une obligation d’aller voir des conseillers ou des assistants sociaux ! Donc son argument sur la prise en charges ne tient pas debout.

Un autre souci, et non des moindres, est la négation par Benoît Hamon de la mafia. En effet, les mafias installées visent le gain. Si on leur enlève leurs moyens de se les procurer, elles seront à autre chose… Comme par exemple le proxénétisme.

Qui sont d’ailleurs les morts dont Benoît Hamin se plaint ? Des trafiquants se concurrençant et se tirant dessus. Au lieu de plaindre ces morts, il ferait bien de regretter que les mafias ne soient pas écrasées en général et qu’il n’y ait pas de vastes campagnes anti-drogues, ce qui va de pair avec changer le monde.

Mais Benoît Hamon ne veut pas changer le monde, il veut juste calmer les choses, sans voir que tout part déjà dans tous les sens, faisant au passage le bonheur de Marine Le Pen.

Aux gens conscients d’assumer la culture straight edge, le refus des mafias, la lutte pour une démarche tournée vers la Nature, un mode de vie qui ne se fonde pas sur la destruction !

Le CNRS, l’EHESS et l’éloge des drogues

L’EHESS (École des hautes études en sciences sociales) est une institution parmi les plus importantes en France dans la formation d’intellectuels, le plus souvent à la fois rebelles et institutionnels.

Une autre structure est le CNRS. Tant cette institution que l’autre ne vont pas apprécier qu’on les rapproche de l’éloge des drogues.

Et pourtant! Il y a quelques jours s’est tenu un « séminaire » qui a surtout relevé de l’appel à la légalisation, surtout dans le contexte actuel.

On a eu Patrick Pharo, un philosophe du CNRS, qui est donc allé à l’EHESS pour faire l’éloge des drogues, lors d’une journée d’étude intitulée pas moins que « Se droguer pour le plaisir ».

Voici ses propos littéralement hallucinants dans les inrocks, le grand organe bobo qui l’interviewe à ce sujet.

Hallucinants, car les drogues sont comparées à une expérience extrême, relevant d’une douleur personnelle donc nécessitant d’être légalisée…

Hallucinants, donc, et totalement illégal, mais la société est libérale-libertaire dans ses moeurs, donc de tels propos sont désormais acceptables et acceptés.

Acceptés et même valorisés sous l’égide d’institutions!

Tous les travaux de recherche neurologique en attestent, les drogues activent les circuits de récompense du cerveau, comme le sexe, la nourriture ou le sport, et procurent donc du plaisir.

De ce point de vue, c’est donc un plaisir tout à fait comme un autre.

Freud a ainsi consommé de la cocaïne toute sa vie comme d’autres boivent un verre de vin tous les soirs.

Notre société porte sur les drogues un regard particulièrement hypocrite. Nous jugeons et stigmatisons ceux qu’on appelle les junkies, les toxicos, alors que toute notre vie est composée de dépendances.

A la personne que l’on aime, au café, au tabac, à telle pratique sportive, au travail, à telle habitude, etc. La liberté consiste à choisir ses dépendances.

Mais là où elles deviennent pathologiques c’est quand elles se transforment en addiction, qu’elles prennent le pas sur notre liberté. L’addiction est une pathologie de la liberté.

En psychiatrie, on considère qu’un patient est addict quand sa consommation devient souffrance et prend le pas sur le reste de sa vie. Les Américains parlent ainsi d’usage abusif de drogue, d’un usage qui prend trop de place.

Evidemment, les drogues sont dangereuses pour notre santé et évidemment, l’héroïne a plus de chances de vous rendre accro que le cannabis.

Il ne s’agit pas de faire une apologie de la drogue. Les usagers racontent souvent que leur rencontre avec la drogue les a changés.

On ne sort pas le même d’une histoire de drogue, mais comme on ne sort pas le même d’une histoire d’amour.

Je pense que l’on peut comparer la consommation de drogue à la pratique de sport extrême.

Pratiquer le saut en parachute, l’alpinisme, ou même la Formule 1 c’est à chaque fois prendre le risque de mourir, juste pour le plaisir !

Alors évidemment on va bien se préparer, minimiser les risques, mais ces derniers demeurent. Ne perdons pas de vue non plus que notre cerveau fonctionne de telle façon que nous prenons beaucoup de plaisir dans le simple fait de prendre un risque.

Nous sommes faits comme ça ! La psychologie évolutionniste l’explique car le plaisir est lié au fait de réussir un test difficile. Naître, grandir, vivre, se reproduire est dangereux, difficile, et pour survivre nous devons donc être capable de prendre des risques, être motivé par le plaisir de la récompense.

Je suis en faveur de la légalisation de toutes les drogues. Déjà pour lutter contre les trafics, l’économie clandestine et les ravages humains causés par les cartels.

Ensuite, car selon moi il est injustifiable d’interdire une consommation d’un produit qui ne vous fait du mal qu’à vous-même.

La campagne belge « Tournée minérale »

En Belgique, la Fondation contre le Cancer lance une campagne pour une « Tournée minérale« , c’est-à-dire un mois sans boire d’alcool.

La chose est présentée sous une forme de défi à soi-même, qui permettra de constater les bienfaits apportés par le fait d’éviter l’alcool. Voici les arguments mis en avant.

Tu dors mieux.

Tu as plus d’énergie, tu te sens plus en forme.

L’alcool assèche la peau. Après un mois sans, tu auras un meilleur teint et une plus belle peau.

Le sentiment irremplaçable d’avoir relevé un sacré challenge. Surtout si tu lies tes efforts à la récolte de fonds pour la recherche contre le cancer.

L’alcool est calorique. Beaucoup de gens perdent du poids en l’arrêtant.

Tu épargnes de l’argent. Découvre combien grâce à notre calculateur.

PAS DE GUEULE DE BOIS = plus de temps pour t’amuser, même le lendemain de la veille.

Vin, bière, gin… l’alcool est cher ! En 2014, chaque famille belge a dépensé en moyenne 462 euros en boissons alcoolisées : 289 euros en vins et apéritifs, 115 euros en bières et 58 euros en alcools forts. Tu peux calculer toi-même combien d’argent tu épargneras en février grâce à notre calculateur.

Arrêter de boire durant un mois permet de gérer l’alcool de manière plus saine par la suite. La plupart des gens qui en ont fait l’expérience ont déclaré que leur consommation s’était réduite, même des mois plus tard.

Quoiqu’on en dise, l’alcool n’est tout simplement pas un produit sain. A côté des classiques soirées qui se finissent penché sur la cuvette et des gueules de bois, sa consommation entraîne de sérieux risques pour la santé : dépendance, maladie du foie ou encore cancer.

Tu peux doubler l’effet bénéfique de ton mois sans alcool en augmentant en même temps ta consommation d’eau. Les avantages pour ta santé sont nombreux. Ton corps est composé en grande partie d’eau, et être bien hydraté est vraiment bénéfique. Ta peau sera plus belle, ta capacité à te concentrer augmentera et tu te sentiras globalement en meilleure forme.

L’eau est une véritable boisson énergétique ! En plus, l’eau permet de remplir l’estomac, sans absorber de calories, ce qui permet d’éviter les fringales. Et si tu crains que boire de l’eau devienne lassant, essaye l’une de nos recettes d’eaux aromatisées.

L’alcool est encore moins bon pour toi si tu fais du sport. Pendant que ton corps se charge de l’évacuer, tes muscles reçoivent moins de sucre et l’acide lactique se décompose plus lentement.

Cela se traduit par une baisse d’énergie et plus de raideurs musculaires. Selon certaines études, arrêter de boire durant une longue période permet d’augmenter la vitesse de course de 10% !

L’alcool est lié à un risque accru pour plusieurs types de cancers : bouche et gorge, larynx, oesophage, foie, sein (chez les femmes) et colorectal (chez les hommes). Dans les pays développés, on considère que l’alcool est la cause de 3% (chez les femmes) à 10% des cancers. Tu as des questions sur les liens entre alcool et cancer ? Contacte Cancerinfo gratuitement au 0800 15 801.

Il y a toute une campagne, avec des badges, des pins, des affiches, que l’on peut commander afin de lancer des initiatives là où on le peut.

Plus de 120 000 personnes ont informé qu’elles participeraient à l’initiative.

C’est une initiative intéressante, parce qu’elle va renforcer l’idée qu’on peut dire non à l’alcool. Cela banalise le fait qu’on puisse s’opposer au fait de consommer de l’alcool lors d’un événement, d’une fête, d’une réunion, etc.

Bien entendu, cela a ses limites, car le côté défi individualise la problématique, au lieu de souligner la dimension sociale de la question.

Mais quoiqu’on puisse penser des modalités, cela montre que la question de l’alcool est d’actualité, qu’il y a des gens qui dans un esprit démocratique cherchent à poser le problème.

Et posons la question : une telle campagne pourrait-elle exister en France ?

« What The Fuck France » sur l’alcool

« What The Fuck France » est une série de courtes vidéos où un anglais qui vit en France raconte les désagréments culturels qu’il connaît. Hier, il a abordé la question de l’alcool et sa vidéo vaut vraiment le détour.

Paul Taylor cautionne bien entendu l’alcool, mais ce qu’il remarque c’est une hypocrisie typiquement française concernant cette question, et c’est plutôt très bien vu.

En fait, l’alcool en France est tellement présent dans la convivialité, qu’il passe inaperçu : c’est un constat étrange à dire, mais c’est avoir bien cerné les choses.

Et effectivement, la question de l’apéritif est assez typique de l’approche française, qui vise à « socialiser » la prise d’alcool afin de la faire passer inaperçu.

L’alcool est censé faire partie de la convivialité, mais il n’est pas difficile de voir qu’en réalité, la convivialité est un prétexte pour l’alcool.

La preuve, la convivialité en question n’est pas capable d’exister sans l’alcool, alors qu’elle est censée exister de manière autonome.

Les habitants de Paris se veulent par exemple les champions de la convivialité, mais les piques-niques sur les ponts ou les quais pourraient-ils se passer de l’alcool ? Logiquement, oui, et pourtant ce n’est pas le cas, au point qu’il n’y a que de l’alcool.

Il n’y a même pas l’idée de proposer également autre chose, l’alcool est considéré comme le vecteur inévitable pour se « lâcher ».

Consommer en France autre chose que de l’alcool (ou un café) dans un café, c’est se faire escroquer, on se voit proposer grosso modo un coca, un orangina, un jus de fruit de petite taille hors de prix.

Tout est fait pour qu’il soit tellement plus facile de prendre de l’alcool, ce qui renforce une certaine image de la convivialité, qui elle-même renforce l’alcool, dans un cercle vicieux.

Enfin, pour l’anecdote, une mauvaise anecdote, voici le « What The Fuck France » sur les fêtes de fin d’année. Paul Taylor dit que les Français apprécient tellement le foie gras que même les végétaliens français acceptent d’en consommer, juste pour les fêtes…

Une sale image pour les végans français, qui provient naturellement de leur propension aisée au libéralisme…

Le monopole de la « Française du cannabis »

La proposition de loi sur le cannabis propose l’établissement d’une « Française du cannabis ». Voilà comment la chose est formulée.

« Article 7

Il est créé un monopole de production et de distribution du cannabis et des produits du cannabis, la Française du cannabis, auquel l’État donne pour mission de lutter contre le trafic de stupéfiants et de protéger la santé et la sécurité publique.

Le cannabis n’est pas une marchandise ordinaire. C’est une drogue psycho-active qui suscite une dépendance et une tolérance susceptibles de provoquer des abus dangereux pour les consommateurs et pour les tiers. La politique de l’État vise donc à instaurer une éthique de la modération grâce à des mesures de contrôle adaptées à sa dangerosité.

Le monopole a pour objet d’encadrer et de contrôler strictement sa consommation, son commerce et sa production sur le territoire métropolitain et dans les départements et territoires d’outre-mer. »

Cela signifie ici non pas que l’État autorise à certains niveaux une drogue, mais qu’il devient lui-même dealer. Dealer au sens strict du terme, par ailleurs, parce que l’État ne produirait pas lui-même.

Il achèterait une production qu’il supervise et qu’il prétend vouloir…. écologique. Les bobos veulent du business, et un business qui renforce leur approche d’une écologie réduite à une consommation « propre ».

« Article 8

Le monopole délimite les régions et définit les parcelles où la culture du cannabis est autorisée. Seules les personnes agréées par le monopole ont le droit de se livrer à cette culture. Le monopole fournit les graines aux planteurs qui doivent lui livrer la totalité de leur récolte. Il conclut avec chaque planteur un contrat de culture qui définit les conditions d’exploitation de sa parcelle et autorise ses agents à y pénétrer afin de contrôler le nombre de plants cultivés ainsi que la production livrée.

La culture du cannabis à la lumière artificielle est interdite en dehors de celle qui a pour objet la production de cannabis thérapeutique en laboratoire. L’utilisation de pesticides ou d’engrais chimiques est proscrite.

De façon générale la production de cannabis doit être écologique et respectueuse de l’environnement. »

Cela veut dire, forcément, que l’État décide de la production, de la quantité de cannabis produite. Voici le passage concerné, où l’on remarque la pseudo tentative de présenter tout cela comme une expérimentation, comme quoi on pourrait retourner en arrière le cas échéant !

Oui, on le pourra, mais pas sans révolution…

« Dans un délai de cinq ans à compter de la date d’entrée en vigueur de la présente loi, un rapport d’évaluation de la politique de légalisation contrôlée du cannabis et des produits du cannabis est adressé par le Gouvernement au Parlement. Le rapport précise en particulier les quantités produites et distribuées chaque année ainsi que l’évolution du nombre de consommateurs modérés et excessifs au cours des cinq années d’activité.

Il propose, le cas échéant, la fin de l’expérimentation de cette politique ou, si elle mérite d’être poursuivie, les adaptations nécessaires de la présente loi. »

Dans ce cadre, c’est aussi l’État qui décide quels coffeeshops (le terme n’est pas employé) peut ouvrir et les prix ne seront pas libres.

Seulement voilà : nous sommes dans un capitalisme toujours plus libéral, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de très grandes entreprises. Or, si celles-ci peuvent décider du prix qu’elles veulent de par leur poids, l’État français va buter ici sur deux obstacles.

D’abord, dans le cadre de la libre-concurrence, les prix fixes sont impossibles. Ensuite, l’idée même de monopole étatique se heurte de front aux directives européennes.

En clair, à terme le marché du cannabis sera inéluctablement libéralisé, tout comme la Poste l’a été.

L’idée même d’imposer des prix aux coffeeshops est de toute manière impossible dans les dispositions légales du capitalisme, car les coffeeshops étant formellement indépendant juridiquement, on ne peut pas lui imposer de prix par une entité extérieure.

Pareillement, il est expliqué qu’une partie du prix de vente, hors cannabis thérapeutique, ira à la sécurité sociale.

Là aussi, c’est impossible, car nous ne sommes plus en 1944-1945 avec le conseil national de la résistance instaurant la sécurité sociale. On est au contraire en pleine liquidation de celle-ci. Par conséquent, inévitablement ce dispositif servant uniquement à faire accepter la légalisation du cannabis disparaîtra à terme.

Cette proposition de loi n’est rien d’autre qu’un hold up politique visant à faire passer, coûte que coûte, la légalisation du cannabis.