• Piratage de l'Association Nationale des Chasseurs de Grand Gibier et communiqué du Haut-Valromey

Purification : “Holy war”

Continuons pour les dix ans de LTD avec une autre chanson synthétisant l’esprit vegan straight edge de rupture, de  confrontation, d’engagement complet de son être, avec une vision morale stricte, inébranlable. “Les yeux fixés sur les profondeurs de l’enfer maintenant je sais / Ce qu’est ma place dans ce monde / Car la justice ne sera obtenue que /
Si je me jette dans la ligne de front”.

La chanson date de la seconde moitié des années 1990 ; le groupe, Purification, était basé à Rome.

Holy war, Fight the holy war
Overthrow the empire built on blood
Guerre sacrée, mène la guerre sacrée
Renverse l’empire fondé sur le sang

Countless lives perish day by day
While you stand still in front of this sickness
My life´s mission to bring them liberation
Un nombre infini de vies périt chaque jour qui passe
Alors que tu te tiens silencieusement devant cette folie
La mission de ma vie est de leur apporter la libération

Holy war, Fight the holy war
Overthrow the empire built on blood
Guerre sacrée, mène la guerre sacrée
Renverse leur empire fondé sur le sang

Countless lives perish day by day
While you stand still in front of this sickness
My life´s mission to bring them liberation
Un nombre infini de vies périt chaque jour qui passe
Alors que tu fais face à cette horreur
La mission de ma vie est de leur apporter la libération

Members of species that has collectively waged relentless war
against defenseless creatures and all of the natural world
The human destruction of its own kind and of the myriad forms of life
with whom we cohabit the Earth must be halted
Des membres d’une espèce qui mènent collectivement et implacablement une guerre contre des créatures sans défense et tout le monde naturel
La destruction humaine de sa propre espèce et de myriades de formes de vie avec qui nous cohabitons sur la Terre doit être stoppée

Fight fire with fire, that´s what we must do
To put an end to the slaughter of the innocent
Combattre le feu avec le feu, c’est ce que nous devons faire
Pour mettre un terme au massacre de l’innocent

Their blood flows red just like yours or mine
Their suffering is just as real as yours or mine
Yours or mine
Leur sang coule, rouge comme le mien ou le tien
Leur souffrance est aussi réelle que la tienne ou la mienne
La tienne ou la mienne

As a thousand tears have been shed
Brothers and sisters continue to cry and bleed
Alors qu’un millier de larmes ont coulé
Les frères et les soeurs continuent de pleurer et de crier

Staring into the depths of hell now i know
What my place in this world is
For justice will only be attained
If I throw myself in the frontline
Les yeux fixés sur les profondeurs de l’enfer maintenant je sais
Ce qu’est ma place dans ce monde
Car la justice ne sera obtenue que
Si je me jette dans la ligne de front

Conscience is the light guiding me out of this swamp
Now I know what has to be done
Talk is ineffective and tears won´t end the slaughter
Only action counts
La conscience est la lumière qui me guide hors de cette ornière
Maintenant je sais ce qui doit être fait
La parole est sans effets et les larmes n’arrêteront pas le massacre
Seule compte l’action

Hoy war, fight the holy war
Overthrow the empire built on blood
Guerre sacrée, mène la guerre sacrée
Renverse leur empire fondé sur le sang

Canon : “Declaration”

Continuons donc pour les dix ans de LTD à puiser de l’inspiration dans les débuts du mouvement vegan straight edge, avec la chanson Declaration du groupe Canon. Elle date de 1994 et le groupe provient de la ville américaine  de Philadelphie.

A call for action is here
Your words do nothing more than roll off their backs
Your words of rage pose to them as no threat
To destroy this evil we must start at the roots
Un appel à l’action est ici
Vos mots n’ont aucune espèce d’importance pour eux
Vos paroles de rage ne constituent pour eux aucune menace
Pour détruire ce mal, nous devons commencer par les racines

Their death will bring the liberation
A declaration of freedom for the innocent
Those enslaved and slaughtered must once again roam free
In harmony
A return to nature the way things must be
Leur mort apportera la libération
Une déclaration de liberté pour l’innocent
Ceux asservis et massacrés doivent de nouveau se mouvoir librement
En harmonie
Un retour à la nature la manière dont les choses doivent être

From the slaughterhouses to the labs all must burn
They’ve harvested lives too long
In this land where lives are taken in vain a movement has evolved
Des abattoirs aux laboratoires, tout doit brûler
Ils ont récolté des vies trop longtemps
Dans cette terre où des vies sont prises en vain, un mouvement a évolué

A fight for justice at any cost
Their death will bring the liberation
A declaration of freedom for the innocent
Un combat pour la justice à n’importe quel prix
Leur mort apportera la libération
Une déclaration de liberté pour l’innocent

Those enslaved and slaughtered must once again roam free
In harmony
A return to nature the way things must be
Ceux asservis et massacrés doivent de nouveau se mouvoir librement
En harmonie
Un retour à la nature la manière dont les choses doivent être

Destroy this evil, it’s killing the pure
Pierce through its skin, tear out its heart
Liberation begins with its death
Détruire ce mal, qui est en train de tuer le pur
Perce à travers sa peau, déchire son coeur
La libération commence par sa mort

Les dix ans de “By the knife” de xDestroy Babylonx

La Terre d’abord ! est apparu le 5 octobre 2008, comme prolongement du blog Vegan Revolution, qui avait lui ouvert en octobre 2004. Et c’est un grand honneur pour LTD qu’avoir émergé exactement au même moment de la sortie de l’album By the knife du groupe xDestroy Babylonx, sorti le premier octobre 2008.

LTD puise avec fidélité et loyauté son identité dans le mouvement vegan straight edge apparu dans les années 1990, en pleine acceptation de ses normes et principes.

L214? 269? La COP 21? Allons donc! Tout cela est un simple produit du système pour tenter d’aménager ce qui peut l’être, pour chercher à gagner du temps. C’est en réalité d’une guerre dont il s’agit et il ne peut y avoir qu’un choix : celui de se mettre personnellement en conformité avec le seul avenir possible pour la planète.

Ce qui signifie concrètement : adopter le mode de vie vegan straight edge et s’en aller sur le sentier de la guerre, comme l’explique la chanson “By the knife” dont voici les paroles.

De se forger pour être en adéquation avec les besoins des animaux et de la Nature en général, de transformer son individualité en arme pour la rupture entière avec les valeurs dominantes de ce monde, d’assumer sa personnalité en refusant la décadence et les fuites dans les paradis artificiels, et donc d’assumer la haine la plus complète pour l’ennemi.

Comme le formule la chanson éponyme de xDestroy Babylonx, il s’agit de faire allégeance à notre mère la Terre, et donc à la nécessité de la défendre par tous les moyens. Comme l’explique la chanson Declaration of war, une reprise d’une chanson de 1993 du groupe Green Rage, il s’agit d’être à l’avant-garde de ce qui est une guerre.

Le soulèvement en défense de notre mère la Terre est absolument inévitable. Plaçons nous en première ligne, au premier rang de cette gigantesque bataille qui n’est pas seulement à venir : elle est déjà là !

xDestroy Babylonx : Living by the knife

[Les paroles commencent par un extrait de discours, non identifié, disant qu’avant toute expression de lutte il faut se demander si les griefs sont fondés.]

We are living by the knife
Straight edge
Nous vivons par le couteau
Straight edge

Fuck all those who cheapen what I truly am in others eyes (taken by No Allegiance – Earth Crisis)
Fuck those who bent the straight edge with their fuckin’ lies
Que ceux qui dévalorisent ce que je suis vraiment devant les autres aillent se faire foutre [tiré de la chanson « no allegiance » d’Earth Crisis)
Que ceux qui font se plier le straight edge avec leurs sales mensonges aillent se faire foutre

My heart is free
My life is on the war path
Mon coeur est libre
Ma vie est sur le sentier de la guerre

My pain my struggle my hostility will see no end
till we are all set free.
I am for justice, no matter who it is for
One stone one gun one struggle,
assassination for all drug-lords
Ma douleur ma lutte mon hostilité ne connaîtra pas de fin
jusqu’à ce tous soient rendus libres
Je suis pour la justice, peu importe pour qui
Une pierre une arme une lutte
l’assassinat pour tous les barons de la drogue

Your world is under threat,
Your profit will be slaughtered by the hatred of your own slaves
From Colombia to teenage night fever,
I wage war on your glorified blindfolded whore
Ton monde est sous la menace,
Ton profit sera massacré par la haine de tes propres esclaves
De la Colombie à la fièvre adolescente de la nuit,
J’engage la guerre à ta prostituée glorifiée aux yeux bandés

May I see your blood crimes end
Liberation for all those who still fall prey
Death to all these zombies around me
Militant against the unashamed
Puis-je voir tes crimes de sang connaître une fin
Libération pour tous ceux qui tombent encore comme proie
Mort à tous ces zombies autour de moi
Militant contre ceux qui ne connaissent plus la honte

Burn-burn-burn
Brûle – brûle – brûle

We are living by the knife
Straight edge
Nous vivons par le couteau
Straight edge

La scène punk (et straight edge) à Poitiers

Le 15 août 2018 aura lieu à Poitiers une “journée d’études” avec comme thème  “La scène punk à Poitiers (1976-2016)” . Nous ne sommes nullement favorables à ces interprétations universitaieres, hors mouvement.

Cependant, la présentation de cette journée parle de l’importance de la scène straight edge dans cette ville au début des années 1990 :

La scène punk/hardcore explose, comme partout ailleurs, au début des années 1990, avec un épisode straight- edge radical et des groupes punk/hardcore comme Seven Hate, Undolor, The Sense, noisy/pop comme Liquid Team et Mmoob, des labels, Weird Records, On A Faim !-Label, et une salle de concert, Le Confort Moderne.

Ouvert depuis 1985, le Confort Moderne fait passer entre 1993 et 1996 Biohazard, Suicidal Tendencies, Fugazi, No Means No, Cooper, Grotus, Neurosis, Satanic Surfers, Unsane ou Melt Banana. Sa cour accueille un disquaire indépendant (La Nuit Noire) et des locaux de répétition, autant de lieu d’échanges et de partages pour les musiciens de tous bords.

Si quelqu’un peut nous envoyer des informations ou des documents à ce sujet, il ne faut pas hésiter!

 

 

Le cynisme du lobby des alcooliers

Voici une tribune très importante, dénonçant le lobby de l’alcool. Elle a été publié dans Le Monde en mode payant ! Quelle honte et quelle soumission justement au lobby de l’alcool !

Quel dommage également que les signataires ne saisissent pas qu’il soit nécessaire de partir en guerre contre l’alcool en général pour pouvoir avancer.

 

Afin d’étouffer le scandale du conflit d’intérêts d’Audrey ­Bourolleau, la conseillère agriculture de l’Elysée, et ancienne lobbyiste en chef du monde viticole, conflit démontré rigoureusement par Mediapart le 27 juin, le lobby alcoolier prétend participer à la prévention en santé en publiant une « contribution ».

Avec pour seul objectif de créer un nuage de fumée, et d’empêcher toute politique de prévention efficace alors que le ­niveau de consommation d’alcool dans notre pays est un des plus élevés au monde avec 11,6 litres d’équivalent ­alcool pur par habitant en 2016 (davantage désormais que la Russie).

Plus qu’une contribution, c’est une ­offensive en règle que le lobby alcoolier a engagée.

Alors que les agences sanitaires (Santé publique France et l’Institut national du cancer) ont publié en mai 2017 leur expertise sur les mesures à prendre pour réduire les dommages liés à la consommation d’alcool, alors que les différents experts ou leaders d’opinion en santé publique et en addictologie ont fait publiquement des ­propositions pour mener enfin une ­politique énergique face à l’hécatombe (135 morts par jour dus à l’alcool), alors que toutes les autorités sanitaires internationales rappellent que l’alcool est, juste après le tabac, la deuxième cause de mortalité évitable, le lobby alcoolier met en scène sa désinvolture dans une « contribution » où il propose essentiellement de se charger de la politique de santé pourvu qu’il n’ait aucune ­contrainte, aucune obligation et aucun objectif de résultat.

Son discours est d’une simplicité angélique : « Laissez-nous faire ! Croyez-nous sur parole ! ­Dormez braves gens ! Faites confiance à notre sens des responsabilités ! »

LE LOBBY ALCOOLIER PASSE À UNE ÉTAPE ET À UNE VITESSE SUPÉRIEURES : DÉMONTRER L’INUTILITÉ DU MINISTÈRE DE LA SANTÉ EN DICTANT LUI-MÊME SA LOI

La conception de la responsabilité ­sociale de ce lobby est visible tous les jours dans la création de boissons ­alcooliques sucrées pour la jeunesse afin de les inciter à entrer le plus tôt possible dans la consommation d’alcool, dans le matraquage publicitaire autour des établissements scolaires, dans les opérations marketing à prix cassés, dans les manœuvres incessantes pour réintroduire la consommation d’alcool dans toutes les enceintes sportives.

Après avoir systématiquement rogné la grande loi de santé publique de 1991, promulguée pour protéger la jeunesse des méfaits de l’alcool et du tabac (loi Evin), le lobby alcoolier passe à une étape et à une vitesse supérieures : ­démontrer l’inutilité du ministère de la santé en dictant lui-même sa loi.

Il va jusqu’à faire des recommandations pour la pratique des professionnels de santé dans le repérage précoce.

On peut aussi écarquiller les yeux ­devant sa pingrerie. Il essaie de faire passer un financement hypothétique de la prévention de 5 millions d’euros pour un apport décisif alors que les chiffres d’affaires cumulés de la filière se comptent en milliards.

Il prétend bien entendu en garder le contrôle total pour éviter que les acteurs de santé publique s’en mêlent. Rappelons que le fonds ­tabac est de 100 millions d’euros, ce qui donne la mesure du minuscule effort que les alcooliers accepteraient de faire, et encore sous la condition qu’on passe sous leurs fourches caudines.

Ce cynisme envers les acteurs de santé ne serait qu’anecdote s’il ne révélait le mépris envers les malades et leurs souffrances, ainsi que la négation des travaux des experts du monde entier sur le risque de l’alcool et les moyens efficaces d’y porter remède.

Enfin, le lobby alcoolier affiche avec une arrogance rare son complet dédain de l’opinion publique, dont un récent sondage de la Ligue contre le cancer a ­révélé qu’elle n’était pas dupe (77 % des Français considèrent que les pouvoirs publics subissent la loi des ­alcooliers), et qu’elle demande une politique concrète et efficace (70 % souhaitent une interdiction totale de la publicité pour les ­alcools, et 80 % une information plus claire sur les risques).

Nous, professionnels de santé, ­experts, militants associatifs, citoyens demandons instamment que le ministère de la santé ne soit pas évincé de l’élaboration de la politique de prévention du risque alcool ; que la politique de prévention s’inscrive dans le cadre de l’avis des experts de Santé publique France et de l’Institut national du cancer ; que des mesures efficaces soient prises pour faire baisser le très haut ­niveau de consommation d’alcool dans notre pays, en interdisant le marketing à destination de la jeunesse, en régulant davantage la publicité, en appliquant strictement l’interdiction du sponsoring des événements sportifs par les ­alcooliers ; qu’un fonds « prévention ­alcool » digne de ce nom et à hauteur des enjeux soit créé, bénéficie de la même dotation que le fonds tabac (100 millions d’euros) et soit sous la responsabilité du ministère de la santé ; qu’il soit mis fin à la situation flagrante de conflit d’intérêts qui règne à l’Elysée.

Les acteurs de santé avaient unanimement salué la nomination d’Agnès Buzyn en raison de son engagement et de ses prises de position pendant la mandature précédente. Nous lui ­demandons de s’exprimer à nouveau fortement et fermement, et pas seulement sur la taille du pictogramme destiné aux femmes enceintes.

Face au cynisme d’un lobby qui ne cherche qu’à préserver ses propres intérêts, quelles qu’en soient les conséquences, il est temps que la rigueur scientifique, le courage politique et l’éthique ­reprennent la main.

Les signataires : Bernard Basset,médecin de santé ­publique, vice-président de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa) ; Amine Benyamina, professeur de psychiatrie et d’addictologie, université Paris-XI ; ­Gérard Dubois, professeur de santé ­publique, Académie de médecine ; Irène Frachon, pneumologue, Brest ; Serge Hercberg, professeur de nutrition, université Paris-XIII ; Catherine Hill, épidémiologiste ; Albert Hirsch, professeur de pneumologie, université Paris-VII, administrateur de la Ligue nationale contre le cancer (LNCC) ; Michel Reynaud, professeur de psychiatrie et d’addictologie, ­université Paris-XI, président du Fonds action addiction ; Nicolas Simon, professeur de médecine, Aix-Marseille université, président de l’Association ­nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa).

Collectif

Le 10 juillet 2018

“Cannabis thérapeutique : «Allons plus vite, madame la ministre !»”

Les partisans du cannabis savent que la société a décidé de calmer leurs ardeurs ; l’offensive est d’autant plus grande en faveur du cannabis thérapeutique, qui se voit attribuer des valeurs miraculeuses, comme ici dans cette tribune publiée dans Le Parisien.

L’opération serait presque crédible, s’il n’y avait pas cet argument massue de la filière économique prometteuse, qui montre qu’en arrière-plan il y a l’idée de légaliser le cannabis en tant que tel…

Eric CORREIA, président PS de l’agglomération du Grand Guéret, conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine ; Rachid TEMAL, sénateur PS du Val-d’Oise, vice-président du groupe socialiste et républicain ; Sonia KRIMI, députée LREM de la Manche ; Jean-Baptiste MOREAU, député LREM de la Creuse ; Roland RIES, maire PS de Strasbourg ; Eric PIOLLE, maire EELV de Grenoble ; Daniel VAILLANT, ancien ministre, conseiller municipal PS de Paris XVIIIe ; François VINCENT, professeur de pneumologie au CHU de Limoges, conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine ; Amine BENYAMINA, psychiatre, professeur des universités, chef de service addictologie hôpital Paul-Brousse Villejuif ; William LOWENSTEIN, spécialiste en médecine interne, addictologue ; Gaspard KOENIG, professeur de philosophie, écrivain, président de Génération libre ; Fabienne CABY, médecin, Inserm Institut Pierre-Louis d’épidémiologie et de santé publique, unité VIH, centre hospitalier Victor-Dupouy, Argenteuil ; Marlène AMILHAUD, médecin addictologue, hôpital de Guéret ; Stéphane DELPEYRAT-VINCENT, conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine, président du groupe Generation·s ; Alexandre FELTZ, médecin, adjoint au maire de Strasbourg ; Florent BOUDIE, député LREM de Gironde, conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine ; Isabelle BOUDINEAU, vice-présidente du conseil régional Nouvelle-Aquitaine ; Nathalie DELCOUDERC-JUILLARD, maire PS de Bort-les-Orgues, conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine ; Françoise JEANSON, médecin, conseillère régionale PS de Nouvelle-Aquitaine ; Jean-Louis PAGÈS, éditeur, conseiller régional EELV de Nouvelle-Aquitaine ; Benjamin DELRIEU, conseiller régional PS de Nouvelle-Aquitaine ; Pierre JOUVET, président PS de la communauté de communes Porte DrômArdèche ; Jacques BOUTAULT, maire EELV du IIe arrondissement de Paris ; Bruno BOUTLEUX, directeur général de l’Adami, président d’Alca Nouvelle-Aquitaine ; David ANGEVIN, écrivain ; Olivier Bertrand, médecin généraliste, addictologue ; Jean-Paul Besset, ancien député européen.

Produire du cannabis pour un usage thérapeutique en France n’est plus une option mais une nécessité. Comment ne pas déplorer le statu quo national sur cette question de santé publique ? Pourquoi maintenir le sceau de l’interdit et l’arsenal législatif et réglementaire qui l’accompagne à l’égard de plus de 300 000 patients français qui pourraient apaiser leur souffrance autrement ?

Trente-trois pays ont légalisé partiellement ou totalement le cannabis à usage thérapeutique. Parmi eux, quatorze Etats d’Amérique du Nord, Israël, le Portugal, l’Italie, la Roumanie, l’Espagne, la Pologne, le Royaume-Uni, l’Autriche, la Belgique, la Finlande, les Pays-Bas, l’Irlande, la Suisse, l’Allemagne, la Thaïlande et très prochainement le Canada ont entendu les souffrances de millions de malades qui sont désormais apaisés sereinement, en toute légalité.

Pourquoi une minorité de réfractaires persistent-ils à considérer l’usage du produit comme dangereux, en le réduisant à la catégorie des substances prohibées ? Puisent-ils leur opposition dans l’observation concrète d’une patientèle utilisatrice où subissent-ils les affres d’influences spéculatives ?

La question ainsi posée se heurte désormais au rapport très complet des effets du cannabis sur la santé que les académies américaines des sciences, d’ingénierie et de médecine ont publié en 2017.

Des certitudes et preuves substantielles y sont révélées. Elles confirment l’efficacité du produit dans la gestion de la douleur chronique, les troubles physiques provoqués par les chimiothérapies et les spasmes musculaires liés à la sclérose en plaques.

Sans pour autant s’opposer à la pharmacopée française usuelle qui repose sur différentes classes médicamenteuses dont les opiacées et ses dérivés tels que la morphine, le Tramadol, l’Efferalgan codéiné, l’Oxycontin, etc., utilisés pour le traitement de la douleur, il s’agit d’autoriser l’usage d’un produit alternatif, dont le mode d’action et le mode d’administration tel que la vaporisation n’entraînent quasiment aucun effet secondaire.

Combien de temps la France va-t-elle persister à cultiver son retard ? Le 24 mai 2018, Mme Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, a déclaré vouloir ouvrir le débat national sur le cannabis à usage thérapeutique qu’elle souhaite enrichi d’études approfondies, précisant le retard évident que la France avait pris sur cette opportunité.

« Il n’y a aucune raison d’exclure, sous prétexte que c’est du cannabis, une molécule qui peut être intéressante pour le traitement de certaines douleurs très invalidantes », a-t-elle ajouté… Il y a assurément matière à distinguer les molécules de la plante en faisant preuve de pédagogie auprès du public et des élus.

Certains d’entre eux se contentent encore d’observer le cannabis sous le prisme de ses effets récréatifs et de l’économie délictuelle qu’il génère. Selon la récente enquête de l’Ifop (pour Terra Nova – EchoCitoyen, publiée le 11 juin 2018)*, 82 % des sondés sont favorables à l’usage du cannabis sur prescription médicale, 73 % sont convaincus du devoir de l’Etat dans le financement de la recherche sur les usages thérapeutiques du cannabis, et 62 % considèrent que le cannabis médical doit être enfin accessible sous toutes ses formes voire même remboursable par la Sécurité sociale.

Cette enquête souligne le retard pris par la France et démontre l’urgence de mettre un terme à la culture du tabou sur le cannabis. L’efficacité thérapeutique d’une de ses molécules (le CBD) est désormais avérée et pleinement exploitée hors de nos frontières.

Par ailleurs, et d’un point de vue social et économique, les pays ayant légiféré et encadré la production de cannabis thérapeutique constatent la création d’emplois directs et induits, preuve de l’émergence d’une filière économique prometteuse.

Persister à entretenir le flou juridique sur le CBD contenu dans la plante, molécule médicinale et non psychotrope du cannabis, entretien une ambiguïté favorable à l’émergence de commerces opportuns qui jouent sur la crédulité d’un public en attente d’une réglementation claire, favorable à leur usage médical et médicinal.

Les producteurs de chanvre et/ou les agriculteurs qui souhaitent diversifier leur culture déplorent quant à eux ce déficit persistant de réglementation qui les exposerait comme de potentiels justiciables pour trafic de stupéfiants…

Dans l’intérêt général, la situation doit évoluer par des directives clarifiées. Allons plus vite, madame la ministre !

Avec le plan particulier de dynamisation du département de la Creuse décrété par le président , saisissez l’occasion d’instaurer la réglementation d’une filière économique florissante pour un territoire qui en a fort besoin.

Solidaires, nous soutenons la démarche des élus creusois qui revendiquent l’octroi des autorisations nécessaires à expérimenter la production et la transformation d’un cannabis cultivé, conditionné et commercialisé localement, exclusivement à des fins thérapeutiques. Tous les acteurs de la filière sont prêts et attendent du gouvernement un acte fort pour avancer et réguler cette nouvelle activité.

* Sondage réalisé sur un panel de 2 016 personnes âgées de 18 ans et plus, suivant la méthode des quotas

Quelques enseignements d’un sondage sur les addictions des jeunes

Un sondage Ipsos a été réalisé sur l’addiction des jeunes, à la demande plusieurs structures. Ce qu’on y apprend nous conforte formidablement !

Mais en voici déjà la présentation, qui dit de lesquelles il s’agit.

« La Fondation pour l’innovation politique, think tank libéral, progressiste et européen, la Fondation Gabriel Péri, affiliée au courant de pensée du Parti communiste français, et le Fonds Actions Addictions, dont l’expertise éclaire le débat public en matière d’addictions, ont décidé de s’associer pour concevoir et réaliser une vaste enquête d’opinion sur un phénomène particulièrement préoccupant : les addictions chez les jeunes. »

Il y a un aspect ici très intéressant, puisque les addictions sont étudiées dans plusieurs domaines. On a ainsi :

– l’alcool,

– le tabac,

– les drogues les plus fréquentes (cannabis, cocaïne, ecstasy, MDMA et GHB),

– le porno,

– les jeux vidéo,

– les réseaux sociaux,

– les jeux d’argent.

Cela, pour le coup, est vraiment très bien. La question des jeux d’argent, notamment, est une catastrophe chez les jeunes.

Mais voici quelques enseignements très parlants et très utiles.

Déjà, selon le sondage, les jeunes de 14 à 24 ans sont :

– 85 % à ne jamais fumer de cannabis ;

– 96 %  à ne jamais prendre de cocaïne, ecstasy, MDMA, GHB ;

– 32 % à ne jamais boire d’alcool ;

– 70 % à ne jamais fumer de cigarettes ;

– 63 % à ne jamais regarder de pornos ;

– 64 % à ne jamais jouer à des jeux d’argent.

C’est une très bonne base ! Cela montre qu’il y a une majorité très nette qu’on peut conquérir à des valeurs saines, straight edge.

De plus, on apprend la chose suivante concernant la légalisation : les jeunes sont contre.

« Pour la lutte contre les addictions au cannabis, les mesures d’aggravation des peines contre les dealers et trafiquants (64% des jeunes y sont favorables) et, dans une moindre mesure, le dépistage systématique des salariés rencontrent un assentiment notable chez les 14-24 ans (51% l’approuvent).

Dans le même esprit, les jeunes interrogés désapprouvent majoritairement (67%) la suppression des peines de prison pour les consommateurs de cannabis.

Les jeunes s’opposent également à la légalisation de la vente de cannabis dans le cadre d’une autorisation d’achat réservée à des points de vente contrôlés par l’État (60% s’y déclarant hostiles). »

Regardons par contre un aspect négatif. Les réseaux sociaux, qui célèbrent les egos, plombent tout : seulement 25 % les utilisent moins d’une heure par jour (7 % ne le faisant jamais).

30 % les utilisent entre 1 et 2 heures par jour, 22 % entre 2 et 5 heures, 10 % entre 5 et 8 heures, 6 % plus de 8 heures !

Il y a ici un véritable mur. Même si les jeunes se trompent dans leurs réponses – c’est un sondage, pas une enquête – il y a un vrai problème.

Les jeux vidéos forment un problème similaire. 16% des 18-22 ans affirment passer plus de 5 heures par jour sur les jeux vidéo et 7% plus de 8 heures.

Un autre souci, d’importance, est la naïveté des parents qui, pétris de conformisme bourgeois, sont largués devant l’évolution du monde. Ils ont oublié qu’ils ont été jeunes…

Ce que dit le rapport du sondage est édifiant!

Les dangers liés aux produits et aux comportements addictifs ne sont pas toujours présents à l’esprit des parents.

Ainsi, moins des deux tiers (59%) des parents interrogés considèrent qu’il est dangereux de consommer de la cocaïne, de l’ecstasy, de la MDMA ou du GHB, quelle que soit la fréquence.

Cette donnée est d’autant plus préoccupante que 33% seulement des jeunes de 14-24 ans identifient ces consommations comme un danger, quelle qu’en soit la fréquence.

Plus préoccupant encore, 20% des parents considèrent que ce n’est qu’à partir d’une consommation quotidienne de ces drogues que le danger apparaît, ce qui est à peine mieux que les jeunes (29%).

Est-ce de la méconnaissance, du je-m’en-foutisme, du relativisme? C’est un signe parlant en tout cas.

Voyons, pour finir, la dimension sociale, fondamentale. Il existe ainsi une différence sociale entre l’alcool et le tabac.

« Plus les jeunes sont diplômés, plus leur consommation d’alcool est importante. Pour la tranche d’âge des 18-22 ans, 28% des jeunes qui ont un BEPC-BEP-CAP-CEP consomment de l’alcool au moins une fois par semaine, contre 37% de ceux qui ont un bac + 2. »

« Plus le revenu mensuel net du foyer est bas, plus le pourcentage de jeunes qui fument plusieurs fois par jour est élevé (21% en dessous de 1 250 euros, 17% entre 1 251 et 2 000 euros, 13% entre 2 001 et 3 000 euros, 12% au-dessus de 3 000 euros). »

Voici un graphique présentant cela de manière plus générale.

Et étant donné que, partisans de la culture vegan straight edge, nous partisans d’une tempête de feu pour purifier comme le dit la chanson d’Earth Crisis, jetons un oeil sur un aspect essentiel : celui de la grande ville, ce temple de la décadence, ce monstre qui anéantit la Nature.

Les jeunes des villes, des grandes villes encore plus, sont davantage corrompus. C’est un constat dont il faut partir si l’on veut avancer.

Naturellement, cela n’est ici qu’un sondage. Et seulement mille jeunes ont été interrogés… Seulement 402 parents, et 2005 personnes représentant le « grand public »… C’est faible. Et ce n’est pas une enquête, il n’y a ici pas de certitude quant à la véracité des réponses.

Cependant, c’est un indicateu, qui parlera à qui comprend la signification de la décadence dans une société toujours plus relativiste. Une société de l’individualisme roi, sans morale, sans universalisme. Une société qui a besoin de la culture vegan straight edge !

Cannabis : Terra Nova face à une opposition populaire

Cannabis : c’est la ruée sur les coffee-shops, tel est le titre d’un article du Parisien traitant de magasins vendant des produits avec moins de 0,2 % de THC, Le Monde titrant de son côté Le fulgurant succès du CBD, le « cannabis light ».

Que ces titres sont racoleurs! C’est naturellement encore un pas vers la légalisation du cannabis : ces magasins en font la promotion éhontée, si la loi était appliquée ils fermeraient directement. Ce n’est évidemment pas le cas.

La capitulation est générale ; hier c’est ainsi Renaud Muselier, président Les Républicains de la région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui s’est positionné hier sur France Bleu Provence en faveur d’un débat sur la légalisation.

Hier a également été rendu public un sondage de l’Ifop pour Terra Nova et ECHO Citoyen, que le président de Terra Nova, Thierry Pech, considère comme la preuve que le « point de bascule » a été passé. Les Français seraient pour la légalisation.

Sauf qu’en regardant le sondage en question, on voit que c’est en fait bien le contraire ! La manière de présenter ce sondage n’est en fait qu’une fuite en avant. Quand on a tort, on rue dans les brancards en disant qu’on a raison, en espérant qu’en forçant cela passe…

Les gens de Terra Nova, cette institution intellectuelle de la gauche libérale, racolent évidemment à fond, avec l’appel à l’autorisation du cannabis thérapeutique sur ordonnance médicale, auparavant jamais mentionné…

Et le plus cocasse, c’est quand même d’ailleurs quand Thierry Pech explique que légaliser le cannbis serait une mesure… anti-libérale. Ces gens mentent comme ils respirent, ils sont prêts à raconter absolument n’importe quoi !

Voici ses propos, d’une manipulation intellectuelle vraiment impressionnante :

« Les Français ne veulent pas du laissez-faire libéral. Ils ne veulent pas de l’ouverture à tous vents, ils veulent une régulation encadrée qui fixe des règles de protection, de distribution, de consommation et qui maintiennent des interdits forts, en particulier pour les mineurs, dans les lieux publics et au volant. Sous ces conditions, ils sont favorables à un changement de politique. »

Le sondage est d’ailleurs une pure construction intellectuelle en cette perspective. Arguant du fait que 34 % des Français déclarent déjà avoir fumé, c’est considéré comme un fait social qu’il faudrait reconnaître.

Le sondage dit que les gens considèrent que le cannabis est moins dangereux que le tabac : c’est un prétexte de plus pour appeler à légaliser. Le sondage dit que les gens pensent que les politiques dites répressives ne marchent pas : un argument de plus.

D’où l’affirmation :

« Bref, entre les deux tiers et les trois quarts des Français ne croient plus à la pertinence d’un système essentiellement adossé à la logique de prohibition et de répression inspirée par la loi de 1970 et inscrite dans le Code de la santé. Seuls 21% des sondés pensent d’ailleurs que l’on ne devrait rien changer aux lois actuelles. La demande de changement est donc réelle et largement majoritaire. »

Mais regardons le sondage, où l’on voit qu’en fait les partisans de la légalisation du cannabis ont atteint un pic qu’ils ne parviennent pas à dépasser, malgré tout le soutien médiatique et d’une partie de la scène politique.

Le sondage le montre clairement : l’opposition à la légalisation du cannabis ne faiblit plus… C’est une victoire !

De plus, la considération que la consommation régulière de cannabis a des conséquences négatives reste inébranlable! Pas de relativisme, là aussi c’est une victoire.

Les gens considèrent que la légalisation du cannabis banaliserait ce dernier, favoriserait les addictions, tout comme d’ailleurs la consommation… C’est là encore une victoire!

Et même si, heureusement, l’éducation et la prévention sont placées au centre par les gens, ces derniers ne considèrent pas du tout la répression comme “excessive” ! Très bien, là aussi !

D’où la tentative de reformulation, comme mentionnée plus haut, sur un mode “gestion directe” du cannabis par l’Etat. Les gens étant marqués par le libéralisme, ils disent oui, mais cela contredit tout le reste, cela s’oppose aux réponses bien plus précises, ayant une portée culturelle, exprimant le rejet du cannabis…

Terra Nova tente de forcer, mais cela bloque. Citons d’ailleurs ce que le commentaire du sondage dit aussi :

Dans l’ensemble, la consommation de cannabis est plus répandue dans les publics jeunes, diplômés, urbains et dans les CSP+. C’est également là que l’on rencontrera les opinions les plus favorables à une réforme en faveur d’un marché régulé et encadré du cannabis

Cela veut tout dire. La question du cannabis est soulevée par ceux qui profitent de la mondialisation et remplissent leur vie de vide. Ce sont eux qui font d’un style ce qui est une fuite, toutes les drogues étant une fuite.

Et cela en dit long sur la “gauche” à la Mélenchon qu’elle soit ouverte au cannabis, comme le sondage l’explique. Car à gauche historiquement, on a toujours refusé les drogues. Mais cela c’était avant les influences libérales, modernes, surtout des centre-villes.

Et c’est cela le coeur de l’opposition populaire au cannabis que montre le sondage.

Rapport européen 2018 sur les drogues : ce que cela dit sur la France et le cannabis

L’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies a rendu public hier son nouveau rapport et, comme c’est l’habitude, en voici une présentation, cette fois par contre une tentative de présenter un certain arrière-plan par rapport à la légalisation du cannabis clairement programmée par l’Etat.

Cela ne doit pas occulter le fait qu’il existe une progression très nette de la cocaïne en France.

Un autre aspect est le nombre toujours plus grande de drogues différentes disponibles par les marchés illégaux. Plus de choix, davantage de disponibilité…

Et également une présence toujours plus réelle dans la vie quotidienne. Voici un aperçu rapide sur cette question, avec quelques chiffres concernant l’Union Européenne.

Or, cela montre bien qu’il existe une grande différence selon les pays dans la consommation de drogues. Ces dernières ne sont pas naturelles, elles sont le produit de l’histoire, celui des traffics, des productions possibles, des modes, etc.

Voici les stimulants les plus saisis comme illustration. C’est très différent selon Les pays.

Et donc, regardons justement notre pays où justement 41% des adultes ont déjà consommé du cannabis, avec les saisies de résine et d’herbe de cannabis. La France, tout le temps présentée comme ultra-répressive, ne l’est en fait pas du tout.

La quantité de résine saisie, ce n’est même pas la moitié de l’Espagne, le nombre de saisies d’herbe, c’est à peine un peu plus de deux fois qu’en Autriche, pays de même pas 9 millions d’habitants!

Vérifions bien cette absence de réelle répression en s’attardant sur le degré de consommation chez les jeunes adultes. Plus il y a prévalence, plus il y a mécaniquement possibilité de saisies.

Pour la Suède  et la Norvège, malgré une consommation chez les jeunes plus faibles qu’en France, il y a donc proportionnellement bien plus de saisies… Et on peut voir qu’en Italie la situation est encore pire qu’en France sur le nombre de saisies, pour une même prévalence du cannabis.

Autre exemple de capitulation, l’évolution des consommateurs de cannabis admis en traitement, sur les dix dernières années. Il y a une explosion du nombre d’admission… Ce qui est logique. S’ancrant socialement, il y a désormais des fumeurs au quotidien…

Ce qu’on peut voir par conséquent, c’est qu’il n’y a pas que le libéralisme qui fait que le cannabis s’installe. Il y a également un effondrement sur le plan de la civilisation.

La légalisation du cannabis n’est pas qu’un je-m’en-foutisme, c’est également une capitulation devant la drogue comme phénomène de masse.

C’est finalement, toutes proportions gardées, le même phénomène qu’aux Etats-Unis.  Mais c’est la même décadence, le même anéantissement des structures sociales, avec les mafias exerçant une pression terrible, un véritable cannibalisme social.

Ce qui fait que si jamais quelqu’un conçoit l’idée de révolution, il sera toujours plus obligé d’intégrer l’affrontement total avec les mafias et les drogues dans sa vision des choses.

Walter Bond : pourquoi je suis straight edge

Nous avons beaucoup parlé de Walter Bond, avant même d’ailleurs son arrestation aux Etats-Unis pour différentes attaques incendiaires contre l’exploitation animale. Voici un nouveau texte de lui, où il raconte comment il est devenu straight edge.

Un texte qui rappelle que le Straight Edge c’est la guerre aux drogues, c’est un drapeau qui appartient aux ouvriers, aux gens du peuple, qui sont les premières victimes de ces matières nocives, destructrices.

La guerre aux effets des drogues sur soi-même peut durer une vie. La guerre de soi-même contre soi-même, contre la tentation de fuir dans les paradis artificiels, n’est jamais gagnée dans un monde comme le nôtre.

La guerre aux mafias est une valeur indissociable de la culture straight edge et si dans un pays en crise comme la Grèce, il peut y avoir des initiatives révolutionnaires comme un cortège armé anti-drogues ou bien un affrontement armé avec la mafia, ce n’est pas pour rien.

Quand le social s’effondre, le cannibalisme social intervient. Y faire face est inévitablement violent. Tout le reste est capitulation.

C’est cela, aussi, le sens de l’engagement straight edge : se confronter avec un monde en perdition, où la morale est à l’abandon, où les drogues se répandent pour encore plus anéantir les esprits.

Je suis Straight Edge parce que je déteste les drogues et l’alcool. Je ne veux pas y toucher, je ne vais être avec des personnes qui en consomment et je ne veux rien avoir à faire avec la culture de la drogue, les bars, etc. Je ne suis pas simplement « drug free » (libre de toute drogue) car je m’oppose activement contre la culture de la drogue et j’ai prêté serment, à vie, contre la pourriture de l’enivrement.

J’imagine que chaque personne Straight Edge a ses propres raisons et des valeurs auxquelles elles se tiennent.

Pour la plupart, il s’agit d’une phase qui passera, une scène musicale avec ses modes, ou encore un groupe assez obscur de semblables pour satisfaire un désir tribal. Je suis passé par tout cela il y a des décennies et bien que ce fut plaisant et que j’apprécie toujours la musique, cela a cessé depuis longtemps d’être une histoire de bandes, de groupes et de danses.

Honnêtement, tout ceci n’a jamais ma raison principale de devenir Straight Edge, donc j’imagine… Je vais commencer par le début.

J’ai grandi entouré par les drogues et l’alcool. Mon père biologique, que je n’ai jamais connu, est allé en prison à cause de la méth [méthamphétamine]. Je l’ai rencontré lorsque j’étais adolescent.

Je lui ai rendu visite en prison. Je lui ai parlé quelques fois après sa sortie mais il n’y avait rien entre nous. Le père avec lequel j’ai grandi buvait. Et je veux dire par là : il buvait plus d’alcool que ce que je pensais être humainement possible, il devait ressemblait à un pot de pickles à l’intérieur ! Il jouait de la musique à côté de son travail à plein temps comme soudeur.

Ma mère buvait aussi, mais rien à voir avec mon père. Elle préférait fumer de l’herbe et avait l’habitude de mélanger les drogues. Sans entrer dans les détails, disons que les drogues et l’alcool ont mené mes parents au divorce alors que j’avais dix ans et je n’allais jamais retrouver la stabilité de ma maison disfonctionnelle.

A douze ans je fumais de l’herbe. A treize ans, je prenais toutes les drogues qui passait sous ma main (j’ai une personnalité addictive).

A seize ans, j’étais complètement cramé. Je ne sais pas combien de temps j’étais resté éveillé à cause de la meth et je ne sais pas combien d’autres drogues j’avais dans mon organisme.

Honnêtement, je ne me souviens que de morceaux. Je me souviens de rentrer à la maison et me disputer avec mon beau-père. Je me souviens d’avoir un couteau à la main. Je me souviens d’avoir la face contre terre et un genou dans mon dos.

Je me souviens des policiers passer la porte avec les mains sur les armes et je me souviens d’eux me saisissant. Et je me souviens ensuite de me réveiller dans une clinique psychiatrique.

Il semblerait que j’ai eu un épisode de psychose due aux drogues, ce qui est juste une manière déguisée de dire que je suis devenu fou à cause des drogues.

Après ça, tout étais différent. Je me sentais instable, incertain et effrayé à l’idée que je ne puisse plus me contrôler. J’ai été envoyé en désintoxication pendant quelques mois, ce qui n’a pas vraiment aidé.

Tout ce que j’y ai appris est que je devrai jamais croire en moi mais en une « force supérieure » et que j’étais malade et qu’il n’y avait pas de cure à part de participer à un groupe à douze étapes [programme proposé à l’origine par les Alcooliques anonymes pour se relever d’une dépendance].

J’ai décidé d’éviter tout ce bordel et j’ai fait franchi une étape. La voici : la prochaine fois que j’aurai envie de prendre de la drogue ou de l’alcool… je ne le ferai pas.

Ça a marché pour moi. Cependant, ça a marché parce que je connaissais déjà ce dont j’avais besoin. Je l’ai entendu dans la musique que j’écoutais en grandissant. Gorilla Biscuits, Youth Of Today, Uniform Choice et Sick Of It All.

J’ai su que le Straight Edge était ce qu’il me fallait le jour où je me suis réveillé après ma période de folie due aux drogues.

Faisons un petit retour en arrière. Nous étions au début des années 1990 et le Straight Edge dans ma ville devenait moralisateur et puriste, il devenait à la fois violent et fier d’être exclusif.

Et j’ai adoré ça !

J’ai su à travers tout ce que j’avais expérimenté dans ma vie de jeune que les drogues et la boisson étaient une maladie et un mal pour la volonté, un cancer à l’intérieur de la société. Mais ce n’est qu’à partir du moment où je suis devenu Straight Edge que je me suis senti assez confiant pour me relever et vaincre ce démon intérieur.

Tout ce que j’ai connu pour lutter contre les addictions recherchait soit à me rendre dépendant de programmes en m’empêchant de croire en ma capacité à décrocher seul, soit à me diriger vers la religion. Aucunes de ces options ne me convenaient.

Aussi longtemps que je me souvienne, une partie de la scène se plaignait de l’hyper-masculinité du Straight Edge (je ne dirais pas que c’était plein de testostérones, mais plutôt que c’était agressif) et de l’attitude hautaine qui s’en dégageait souvent.

Cependant, l’autre aspect est que lorsqu’on vient de la rue, d’un foyer brisé, avec des problèmes d’addiction et une rage intérieure bouillonnante, c’était un espace où tout ceci pouvait s’exprimer non seulement d’une manière plus positive que l’appartenance à un gang, mais surtout c’était se positionner de manière antagoniste au problème !

Et c’est ainsi que je suis né à nouveau [en référence aux chrétiens « born again » (renaître)]. J’aimais ma sobriété et avec une passion égale je me suis mis à détester non seulement les addictions mais aussi les consommateurs et les dealers.

Aujourd’hui lorsque je réfléchis à ce que j’étais, je vois où j’étais trop extrême dans ma vision des choses mais je ne pense pas avoir tant exagéré que ça. D’après mon expérience on peut aider une personne à condition qu’elle ait la propension et le désir profond de changer.

En revanche, en tant que groupe, les personnes dépendantes sont moralement déficientes, sournoises et jettent le blâme partout. Ce qui est véritablement horrible ce n’est pas les horreurs qu’un ivrogne ou un junkie s’inflige mais le prix fort et les dommages émotionnels et physiques que des spectateurs innocents, des proches et des communautés où ils vivent doivent endurer.

Quoi qu’il en soit, j’ai remarqué qu’en grandissant beaucoup de personnes autour de moi ont capitulé, abandonné ou renoncé au titre.

Ceci ne m’a jamais vraiment tracassé. Je n’ai jamais eu l’impression que ceux qui sont parti ont trahi la scène ou nous ont menti.

Le seul cas où cela m’énerve est quand ils veulent tirer profit, se réformer, ou revivre l’époque Straight Edge comme si elle était toujours là. Pour ceux individus, je n’ai que du mépris car si tout cela a eu un sens pour eux à un moment, cela leur semblerait étrange et inapproprié après cracher sur tout ce qui leur était cher.

Bien évidemment, cela n’arrive dans un vide social et il y a, malheureusement, toujours de très nombreux vendus, des marchands de nostalgie et des jeunes Straight Edge « non-hautains » qui soutiennent ces minables.

Comme je le disais au début, je suis maintenant plus âgé et plus tellement intéressé dans tout cela ni dans la scène musicale ou les concerts. Mais je suis toujours entièrement anti drogues et anti culture de la drogue et cela ne changera pas.

J’ai l’impression qu’à un moment dans mes vingt ans, j’ai arrêté de faire partie de la scène Straight Edge pour en faire tout simplement une partie de ce que je suis. Une grande partie de ma personnalité s’est construite autour parce que je ne l’ai jamais renié, je n’ai jamais abandonné et, en fin de compte, j’ai toujours été fier de le représenter.

Mes espoirs pour le futur du Straight Edge est qu’il se conserve au-delà de la musique et après que le concert soit terminé ; comme une force tournée CONTRE les drogues et l’alcool et POUR une vie saine et sobre. Car lorsque nous vieillissons, la pression pour boire et se droguer se fait plus forte que dans notre jeunesse. Mais aussi notre capacité personnelle à changer les choses.

Cordialement,

Walter Bond

ALF POW [Prisoner of war (prisonnier de guerre)]

Esther Benbassa veut “plus de cannabis”

Sénatrice EELV, Esther Benbassa est une figure très connue pour son folklore, correspondant tout à fait au cliché que font les fachos de la bobo qui ne cesse de faire des comparaisons ininterrompues (et totalement déplacées) avec la Shoah pour désigner le (triste) sort des migrants et prône l’ultra libéralisme sur le plan individuel.

Depuis la « marée humaine » de Jean-Luc Mélenchon de samedi dernier où elle a participé, il y a une petite vague dans les rapports sociaux consistant à la montrer dans le cortège avec sa pancarte favorable au cannabis.

Elle s’est bien entendu munie de son écharpe tricolore de sénatrice pour chercher à ne pas tomber sous le coup de la loi… Rappelons en effet ce que dit celle-ci :

Article L3421-1

L’usage illicite de l’une des substances ou plantes classées comme stupéfiants est puni d’un an d’emprisonnement et de 3750 euros d’amende. (…)

Article L3421-4
La provocation au délit prévu par l’article L. 3421-1 ou à l’une des infractions prévues par les articles 222-34 à 222-39 du code pénal, alors même que cette provocation n’a pas été suivie d’effet, ou le fait de présenter ces infractions sous un jour favorable est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75000 euros d’amende.

Cependant, dans la constitution il est aussi dit :

Article 26
Aucun membre du Parlement [c’est-à-dire l’assemblée nationale + le sénat] ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l’occasion des opinions ou votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions.

Las ! Si Esther Benbassa avait mieux étudié le droit – et si l’État l’appliquait d’ailleurs – il y aurait quand même eu poursuite, contre Europe Ecologie Les Verts. La pancarte que tient Esther Benbassa est en effet signée EELV, et si donc la sénatrice échappe aux poursuites, dans l’ordre des choses la signature impose juridiquement de se retourner contre EELV !

Cela ne sera bien sûr pas le cas, la capitulation de l’État étant complète devant la marche forcée du « capitalisme de l’or vert ».

Notons au passage qu’outre de mettre en valeur la déchéance du corps et de l’esprit (les deux étant une seule chose pour nous), Esther Benbassa est également une lâche. Voici son argumentaire sur twitter, où elle se dégonfle de manière pathétique.

Qu’elle est minable !

Cela montre au passage que notre vision des choses selon laquelle la question du cannabis thérapeutique n’est qu’un prétexte est tout à fait juste. Les partisans du cannabis utilisent le principe de la boule de neige : chaque élément de plus permet d’ébranler l’opposition au cannabis, chaque argument de plus fait avancer la cause.

Et cela ne semble pas parti pour aller dans le sens d’un référendum, désormais ce sera aux opposants de le demander. Les choses vont plutôt dans le sens de l’utilisation du cannabis comme argument pour des élections parlementaires ou présidentielles, sans doute par Emmanuel Macron.

L’appât du gain d’un côté, le libéralisme des mœurs de l’autre, feront que le cannabis s’installera finalement aisément dans la société française.

Et l’en extirper va être difficile ! Montrant une fois de plus qu’il faut un esprit d’opposition frontale : ou bien les valeurs vegan straight edge, ou bien l’effondrement.

Quand Le Monde résume le couple hétérosexuel aux «mêmes frites à la cantine»

Être straight edge, c’est refuser tout rapport sexuel hors du cadre du couple construit. C’est le troisième « X » qui est absolument indiscutable. Et c’est une valeur de plus en plus révolutionnaire.

Pourquoi ? Parce si on a les fachos et les cathos d’un côté, de l’autre on a les dégénérés qui remettent tout en cause au nom de la « liberté », c’est-à-dire de l’esprit de consommation et de l’ultra-individualisme.

Comme on le sait, ces deux phénomènes se nourrissent l’un l’autre. Plus les uns disent qu’une femme doit être soumise, plus les autres disent qu’un fœtus ne vaut pas plus qu’un déchet ; plus les uns disent que le couple est un préjugé du passé, plus les autres disent qu’il faut avoir une conception patriarcale du couple.

On est mal barré !

Pour avoir un aperçu de plus de cette logique de la déliquescence se mariant avec la progression des ultras-réacs, voici ce que raconte dans Le Monde Maïa Mazaurette, la chroniqueuse de « La Matinale du Monde ».

C’est un excellent exemple, en effet, de propagande délirante que son article Hétéro, cisgenre et monogame : qui rêve encore d’être « normal » ?. En voici le début :

Qui veut encore être « normal » ? Pas les jeunes. Selon une étude américaine, 20 % des millennials (18-34 ans) se définissent comme LGBTQ (GLAAD, 2017).

Même son de cloche en Angleterre, où 43 % des 18-24 ans se voient comme non strictement hétérosexuels (Yougov, 2015).

Rangeons notre scepticisme : cette évolution ne provient pas d’un sursaut hormonal ou d’une mode (combien de temps allons-nous utiliser l’argument « mode » dès qu’un changement sociétal nous déplaît ?). Il ne s’agit même pas forcément d’une contestation solide des normes. Objectivement, le label hétéro cisgenre monogame ne fait plus rêver.

Il va de soi que c’est totalement n’importe quoi. Il faut vivre dans une sorte de bunker universitaire, de forteresse bobo ou grand bourgeois d’une grande ville pour tenir des propos pareils.

Les gens aspirent à la normalité. Malheureusement d’ailleurs, c’est cela qui les amène à tomber dans le piège du conformisme : la normalité dans la société de consommation, c’est la perte des sentiments…

Et cela ne veut pas dire que dans « l’arrière-pays », il n’y ait pas n’importe quoi, pas de prostitution ou de perversités. L’isolement ne produit jamais rien de bon…

Mais heureusement il reste la nature humaine et heureusement il reste des personnes romantiques, refusant le sexe comme performance, rejetant le principe d’identité comme moyen d’avancer dans la vie, croyant en la force des sentiments.

C’est même la majorité des gens qui sont ainsi, encore est-il qu’il faut lever cette bannière, ne pas la laisser aux religieux.

Sans pour autant céder le terrain aux dépressifs de la société de consommation qui ne trouvent de solution que dans la destruction de toutes les valeurs, jusqu’au délire caricatural d’une guerre à l’existence naturelle majoritaire de l’hétérosexualité, d’une guerre contre le couple, d’une guerre contre la simplicité.

Les propos tenus par la suite dans l’article sont explicites à ce sujet.

Vous me direz : et pourquoi pas, si ça rend les gens heureux de passer une vie entière à mettre des pénis dans des vagins ? Je suis absolument d’accord.

Mais ça ne rend pas les gens heureux, du moins pas à long terme… or la monogamie rêve de long terme. Si ce système fonctionnait réellement, les sexologues, psys, vendeurs de lingerie à moumoute, experts en relations extraconjugales et avocats millionnaires spécialisés en divorce seraient au chômage. Leurs clients ne sont pas des imbéciles, ni des perdants.

Ils sont simplement coincés dans une sexualité format timbre-poste, immobile, identique du premier rapport au dernier, à deux-trois détails près. Exactement comme si on était condamnés à manger les mêmes frites à la cantine tous les jours, avec pour Noël de la mayonnaise plutôt que du ketchup.

L’hétérosexualité serait insuffisante en soi. Le couple une impasse. La fidélité une impossibilité. Le couple ne pourrait être que temporaire. L’amour est une illusion, ou bien un sentiment passager.

Car on le remarquera, la question des sentiments n’est pas prise en compte. Tout est réduit à une sorte de mécanique des corps. C’est l’individu qui se considère comme sa propre entreprise, et qui accumule.

Qui accumule de l’expérience, des gens, des sentiments, des émotions, sauf que cela ne marche pas comme cela dans la vie.

Et comme cela ne marche pas, il faut aller toujours plus loin pour avoir l’illusion d’avancer quand même. La journaliste propose quand même par exemple qu’un couple hétéro pratique la pénétration du pénis…

Enfin bref, c’est toute la philosophie existentialiste du « aller plus loin », « vivre sa propre vie », « faire ce qu’on veut » et se définir par cette pseudo-liberté…

C’est le reflet le plus direct, le plus pur, du capitalisme triomphant tellement qu’il généralise l’individualisme.

Et les partisans de ce mode de vie détraqué se prétendent progressistes, masquent leur propagande derrière la conquête des droits, prétendent changer le monde…

Et malheureusement, nombre de jeunes voulant se rebeller tombe dans ce piège. Ils s’imaginent avoir des problèmes d’identité au lieu de vouloir de combattre ce que nous appellerons, par commodité, Babylone.

Ils veulent se changer eux – ce qu’il faut faire, mais en tant que personne, pas en tant qu’individu – au lieu de changer le monde.

Ils passent du rejet de la réalité… telle qu’elle est, au nom de ce qu’elle pourrait être, au rejet du réel.

Cannabis : la Creuse veut être à la pointe de “l’or vert”

Les partisans du cannabis sont toujours plus subtils dans leur offensive!

Depuis quelques jours, il y a une avalanche médiatique au sujet d’Eric Correia. Cet élu de la Creuse fait depuis quelques temps un forcing démesuré pour que cela soit chez lui que “l’or vert” soit produit.

Sa méthode est des plus simples : il revendique que la Creuse soit une zone test pour le cannabis médical. C’est bien entendu une escroquerie. Il s’agit tout simplement de faire de la Creuse un bastion du capitalisme cannabistique.

La question de la médecine n’est qu’un prétexte pour que cela passe. L’argumentaire de Eric Correia tourne très rapidement d’ailleurs à la mise en valeur du capitalisme du cannabis, comme ici dans ce qu’il raconte à La Montagne.

« À un moment donné, ça sera autorisé. Mais si dans trois ans on n’a pas avancé sur ce dossier, ça sera fichu pour la France.

Un peu plus de 35 Etats des États-Unis autorisent le cannabis thérapeutique et récréatif, d’autres seulement le cannabis thérapeutique.

En Europe, la France reste le seul pays où il n’est pas légalisé. On est le pays le plus répressif mais aussi celui où il y a le plus de consommateurs !

Soit on attend que ce soit les Allemands qui nous l’exportent, soit on est plus intelligent et on nous autorise à le faire en Creuse.

Ici, on a des producteurs de chanvre intéressés : cette économie, cette filière, on est capables de la construire. Au Colorado, ils ont créé 18.000 emplois en trois ans. Imaginez ici ce qu’on peut gagner en emplois et en nouvelle population si on se lance. »

Ces propos sont carrément cash et, rappelons-le, encore inégal, puisque faisant la promotion d’une drogue. Qu’il ne soit pas poursuivi en dit long sur la capitulation totale de l’Etat par rapport au cannabis.

Mieux encore, ou plutôt pire, Eric Correia a remis au préfet de la Creuse – au nom de la contribution au “Plan Particulier pour la Creuse” – un document de synthèse intitulé :

« La Creuse, territoire d’expérimentation de la légalisation du cannabis à usage médicinal et récréatif ».

Le terme “récréatif” montre bien qu’on dépasse la question du médicinal, même si les médias ont joué le jeu en ne parlant en fait que de cet aspect ces derniers jours. L’idée est bien entendu de faire tomber un peu plus l’opinion publique.

On est bien là ni plus ni moins que dans une manipulation au nom des bons sentiments : qui oserait protester contre une éventuelle progression du combat contre la douleur?

C’est tactiquement extrêmement bien joué. Cela permet vraiment de lancer une offensive sur un nouveau secteur de la population, pour qu’il bascule du côté de la légalisation du cannabis.

Il y a clairement une stratégie générale, où Eric Correia vient subtilement se poser. D’ailleurs, il  organise le 22 mai 2018 une conférence de promotion du cannabis dit thérapeutique, avec donc on l’a compris l’idée d’établir “l’or vert” dans la Creuse…

Depuis plusieurs années, le chanvre s’est imposé dans l’industrie pharmaceutique comme un produit devenu incontournable. Selon l’International Association for Cannabinoid Medicines (IACM), plus d’une quarantaine de pathologies pourraient être soignées ou prises en charge par la plante.

Au-delà de l’opportunité pour le bien-être des patients, le cannabis est aussi un axe de développement économique considérable, et notamment en Creuse où il pourrait permettre des bénéfices importants.

Le 22 mai, Président de l’agglomération du Grand-Guéret et Conseiller Régional de la Nouvelle Aquitaine organise, en collaboration avec l’association NORML France une réunion d’information sur le chanvre thérapeutique.

L’événement permettra le débat autour des activités économiques possibles liées à l’exploitation du chanvre avec un panel élargi d’éclaireurs, de décideurs, d’agriculteurs, de patients et citoyens.

Avec :

– Eric CORREIA, Président de l’Agglo du Grand Guéret et conseiller régional PS de Nouvelle Aquitaine
– Dr Olivier BERTRAND, NORML France – Santé & Médecine
– Florent BUFFIERE, NORML France – Culture & Tradition
– Béchir BOUDERBALA, NORML France – Droit & Législation
– Vincent TURPINAT, Collaborateur du Député de la Creuse
– Francois VINCENT, Professeur de Pneumologie au CHRU de Limoges

Mais aussi des agriculteurs et chanvriers Creusois, dont : Marien SABLERY (Chanvre Limousin), Mathieu COUTURIER, Jouanny CHATOUX…

Des témoignages de patients, les aspirations des possibles futurs acteurs économiques du cannabis Creusois…

Mais aussi et surtout : Vous!
Votre point de vue, vos idées, vos suggestions…

C’est très bien joué, malheureusement. Entre l’envie de basculer dans les paradis artificiels, l’appât du gain, le je-m’en-foutisme, l’esprit libéral, l’esprit anarchiste… il y avait de quoi faire boule de neige.

Avec la question de la santé, il y a en plus une offensive jouant sur la question de l’intérêt général face à la maladie, ce qui permet au cannabis d’acquérir “ses lettres de noblesse”. Le discours sur l’utilisation “ancestrale” du cannabis pour soigner est devenue une norme.

C’est vraiment un tournant. Il est évident que le contexte annuel – aujourd’hui a également lieu à Paris la “cannaparade”, qui profite de nombreuses entreprises sponsors – est particulièrement favorable à la légalisation.

La résistance historique au cannabis périclite toujours davantage. Cela souligne d’autant plus l’importance d’assumer un mode de vie (vegan) straight edge, pour être capable de s’interposer avec le mode de vie dominant individualiste, égocentrique, tourné vers la fuite…

Il faut assumer la vie telle qu’elle est, la prendre dans toute sa richesse en osant y contribuer, sans sombrer en cherchant une facilité imaginaire qui ne fait en réalité que tout ruiner!

La diffusion du GHB/GHL : des décadents aux branchés

L’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies vient de publier un rapport au sujet de la drogue appelée GHB ; en voici les extraits les plus significatifs et ils valent vraiment le détour.

Non seulement parce qu’on découvre les modalités de cette drogue, mais parce que le rapport cible très précisément l’origine de celle-ci, au point qu’on croirait lire du Balzac!

De manière détaillée, le rapport explique comment cette drogue s’appuie à l’origine sur une utilisation par des gens socialement très favorisés et fréquentant des milieux décadents, en quête de sensations fortes, dans les milieux gays parisiens.

Puis, par effet de “branchitude”, elle a ensuite été adoptée dans les soirées se voulant “alternatives” (par opposition aux boîtes de nuit hyper-chic ou au “Macumba”), et relevant en réalité d’une fuite dans l’auto-destruction urbaine.

Pour bien saisir l’ampleur du désastre – le GHB (ou encore GHL pour une variante) est largement présent dans les soirées parisiennes et ne coûte pratiquement rien – notons ce “témoignage” de “Sophie, 30 ans, médecin, Paris” publié par Libération.

Ce n’est ni plus ni moins qu’un éloge de cette drogue par une personne se revendiquant médecin… Normalement une telle publication serait interdite, une enquête menée, l’ordre des médecins se mettant également en branle…  Cela ne sera évidemment pas le cas, libéralisme libertaire oblige !

«Je nourris une certaine curiosité vis-à-vis des drogues, même s’il y a aussi une part de crainte.

Je n’ai jamais eu une consommation régulière de quoi que ce soit (à part l’alcool, en soirée), mais j’ai déjà essayé le cannabis, le poppers, la cocaïne, la MDMA, la kétamine…

J’ai pas mal d’amis dans le milieu gay qui prennent du GBL depuis quelque temps déjà.

On m’avait dit que ça faisait un peu plus planer que l’alcool. A l’automne dernier, lors d’une soirée, on était plusieurs à vouloir tester avant de sortir en boîte. L’important pour moi, c’est que cela se fasse dans un contexte «safe», rassurant.

En l’occurrence, j’ai une totale confiance en la personne qui m’en a proposé, qui par ailleurs maîtrise les posologies via son métier et dispose de matériel de précision pour doser. Il nous a clairement mis en garde sur l’interdiction formelle de boire de l’alcool. Je savais que le risque principal était une forte somnolence.

J’ai dilué le produit dans du soda. Une fois dans la boîte, trente minutes après la prise, j’ai senti une détente progressive, une sorte de gaîté, quelque chose d’assez doux, une exaltation, et clairement, j’étais désinhibée sur le plan sexuel.

Par contre, par habitude, j’ai commandé un verre d’alcool au bar, mais tout en surveillant d’éventuels effets indésirables. Par la suite, j’en ai repris environ trois fois, dans des soirées en appartement.

Là où l’alcool rend la vision floue, donne la gueule de bois ou des nausées le lendemain, ce n’est pas le cas du GBL. On m’en a donné, que je conserve chez moi. Peut-être que j’en reprendrai, dans un contexte de rencard, pour le côté désinhibé sexuellement, par exemple.»

Voici les extraits du rapport présentant l’avènement du GHB/GHL comme drogue “branchée”.

Le GHB (gamma-hydroxybutyrate) est une molécule utilisée dans le cadre médical comme anesthésique et dans le traitement de la narcolepsie, qui agit sur les récepteurs GABA1 comme l’alcool ou les benzodiazépines .

Il possède une double action : sédative et amnésiante. Le GHB est utilisé de manière détournée à des fins récréatives ; beaucoup plus rarement à des fins criminelles dans le cadre de tentatives de soumission chimique d’une personne par une autre (Djezzar et al., 2009).

Dans les années 1990, l’usage récréatif du GHB se développe dans les espaces festifs du courant musical électronique (Cadet-Taïrou et Gandilhon, 2009).

Par conséquent, il a été classé comme stupéfiant en France en 1999. Les effets du GHB apparaissent au bout de 15 minutes et durent de 1 heure 30 à 2 heures. À faibles doses, il a un effet relaxant, désinhibant et euphorisant.

À fortes doses, il entraîne une sédation et peut provoquer une dépression respiratoire ainsi qu’une une perte de conscience, communément appelée G-hole par les individus familiers du produit, qui peut aller jusqu’à un coma profond (de plusieurs heures à plusieurs jours) et aboutir au décès.

Cependant, jusqu’à la fin des années 2000, le GHB acquiert surtout une notoriété à travers les mises en garde des usagers des clubs et des discothèques contre la diffusion de la « drogue du viol », allusion à l’usage criminel du GHB .

Le GBL (gamma butyrolactone) est un solvant industriel précurseur du GHB c’est-à-dire qu’une fois ingéré, ce dernier est métabolisé en GHB par l’organisme.

La prise de GBL entraîne donc les mêmes effets que celle du GHB. En revanche le temps d’apparition de ses effets et leurs durées varient puisqu’ils dépendent du temps d’absorption et de métabolisation du GBL.

Ainsi, les effets apparaissent plus progressivement que ceux du GHB (30 à 45 mn) et durent un peu plus longtemps (3 à 5 h). À partir de 2006, l’usage détourné du GBL remplace progressivement celui du GHB (Cadet-Taïrou et al., 2008).

Le GBL ne fait l’objet d’aucun classement juridique du fait d’une utilisation courante dans l’industrie (comme solvant à peinture ou pour le nettoyage des jantes de voiture, par exemple).

La substitution du GHB par le GBL s’explique ainsi par son faible coût et sa facilité d’accès, malgré l’interdiction par l’État de sa cession et de sa vente au grand public en 2011, à la suite de cas d’hospitalisations occasionnés par des ingestions de GBL .

Si le nom usuel donné au produit reste le plus souvent « GHB » (Fournier et al., 2010), d’où l’emploi du terme « GHB/GBL » dans cette note, c’est actuellement le GBL qui circule et qui est consommé.

GHB et GBL exigent tous deux un dosage extrêmement précis du fait de l’écart étroit entre la dose nécessaire à l’obtention des effets recherchés et la survenue d’une perte de connaissance.

Quelques millilitres du produit sont suffisants dans le cadre d’un usage récréatif, c’est pourquoi le GBL doit théoriquement être dosé à la pipette. (…)

Au début des années 2000, le réseau d’observation TREND constate que l’usage de GHB/GBL dans le cadre de la mouvance techno est discret (Cadet-Taïrou et al., 2008 ; Costes, 2010).

La consommation de GHB/GBL est alors un phénomène bien spécifique, lié essentiellement au milieu du clubbing homosexuel8 , principalement parisien. La population concernée est masculine, plutôt restreinte et socialement bien insérée .

Les consommateurs de GHB/GBL sont des hommes appartenant à des catégories socioprofessionnelles plutôt élevées et ayant déjà consommé d’autres drogues auparavant (Bello et al., 2002 ; Bello et al., 2004).

Entre 2002 et 2005, la consommation de GHB/GBL semble s’amplifier dans les espaces festifs gays parisiens, mais reste confinée aux soirées les plus fermées au public hétérosexuel lesquelles autorisent une plus grande visibilité de la sexualité (Fournier et al., 2010). (…)

À partir du milieu des années 2000, l’usage du GHB/GBL s’étend aux espaces festifs gay et gay friendly de plusieurs métropoles régionales françaises investiguées par le dispositif TREND (Bordeaux, Lille, Toulouse et Marseille), où l’absence d’un milieu festif exclusivement homosexuel favorise le brassage entre différentes populations.

Le GHB/GBL touche ainsi, à la fin des années 2000 le public plus large des clubs et les discothèques (y compris hors de la mouvance techno). (…)

L’intensification des consommations de GHB/GBL en espace privé est également liée au développement du chemsex à la fin des années 2000, c’est-à-dire des pratiques de consommation de substances psychoactives dans le cadre de relations sexuelles organisées à domicile par une frange du milieu gay (Batisse et al., 2016 ; Milhet et Néfau, 2017). Cette tendance est accompagnée par l’émergence de nouvelles modalités de rencontres via des sites Internet et des applications mobiles géolocalisées.

Plusieurs enquêtes font état de la place centrale occupée par le GHB/GBL dans la palette des produits consommés lors de ces sessions chemsex en appartement (Fournier et al., 2010 ; Milhet et al., 2017). (…)

Depuis 2015, le produit semble connaître un nouveau cycle de diffusion vers l’espace festif commercial notamment lors des soirées gay friendly, où il est consommé par une population mixte, jeune et hétérosexuelle. Cet épisode est relativement semblable à celui survenu 10 ans plus tôt. (…)

À Paris et à Lyon, cette diffusion s’inscrit dans la tendance plus générale, également observée à Lille, Marseille ou Bordeaux, au développement d’une offre festive « alternative » dans le centre des villes.

Cette offre se traduit par l’organisation d’événements dans des salles, des clubs ou des bars proposant un éventail de musiques électroniques plus variées que les programmations des boîtes de nuit généralistes. (…)

À Paris, cet espace festif alternatif de plus en plus hybride attire ainsi différentes populations : les clubbers mélomanes séduits par la programmation musicale, les teuffeurs en quête de lieux alternatifs où la consommation de drogue est tolérée, des étudiants attirés par des prix relativement réduits, le public LGBTQ par l’ambiance LGBTQ friendly, etc. (Pfau et Péquart, à paraître).

Le site TREND lyonnais constate également une porosité croissante entre les scènes musicales commerciales généralistes et alternatives (en matière d’ambiance, de programmation) favorisant le mélange des publics et la mixité des consommations.

Dans ce contexte, la présence du GHB/GBL semble se renforcer depuis cinq ans « à toutes les étapes des nuits festives : en before, en soirée, et en after, dans les espaces collectifs de danse comme dans les espaces de sexualité » (Tissot, 2017 ; Tissot, à paraître).

C’est une faillite morale et culturelle… Cela souligne d’autant plus la nécessité d’affirmer l’identité vegan straight edge !

Le documentaire “Inside straight edge”

Le documentaire « Inside straight edge » de 2008 présente le mouvement straight edge à ce moment-là aux Etats-Unis, avec un angle assez racoleur il est vrai, mais en partie vraie : le rapport à la violence.

On sait à quel point la société américaine, au tissu social délabré et à l’individualisme exacerbé, est marquée par la violence. Comme le mouvement straight edge s’est développée de manière populaire, il a réagi de manière immédiate à la confrontation : avec les nazis, avec les dealers.

On ne se prétend pas impunément contre l’alcool et les drogues dans un pays où justement la consommation d’alcool et le trafic de drogues ont autant d’importance. D’où une fraternité nécessaire, avec malheureusement également, en l’absence d’une compréhension sociale avancée, d’inévitables erreurs, fautes et drames.

Le documentaire ne comprend pas cela et a donc ses limites, mais il est intéressant culturellement. Puis il rappelle que la culture straight edge n’a rien à voir avec une sorte de démarche anarcho-pacifiste universitaire célébrant « l’amour libre ».

Être straight edge, c’est se confronter aux injonctions de la beauferie du triptyque alcool, drogues, coucher avec n’importe qui.

Aux Etats-Unis, avec le contexte américain, c’est explosif. Et que dire de certains pays d’Amérique latine, comme le Mexique, où l’inévitable affirmation anti-drogues ne pourra que prendre des formes extrêmement agressives, meurtrières ?

Emmanuel Macron : “Moi, je bois du vin le midi et le soir”

Emmanuel Macron n’est pas qu’un ardent défenseur de la chasse, notamment de la chasse à courre. Il est également un fervent défenseur des agriculteurs et des éleveurs. Parce qu’il sait que le libéralisme qu’il défend s’appuie sur les petits entrepreneurs, sur le maintien d’une culture beauf qui enserre le pays dans l’arriération sur le plan de la pensée et dans la consommation avec un esprit superficiel sur le plan de l’économie.

Ce qui amène, inéluctablement, à la défense de ce qui en France n’est pas considéré comme un alcool : le vin. Alors qu’il recevait 800 jeunes agriculteurs hier à l’Elysée – en réalité il y avait apparemment une bonne part d’éleveurs, il a déclaré la chose suivante :

« Il y a un fléau de santé publique quand la jeunesse se saoule à vitesse accélérée avec des alcools forts ou de la bière, mais ce n’est pas avec le vin. »

Ce relativisme par rapport au vin relève de culte du « savoir-vivre » à la française, masque d’une arriération culturelle ayant le masque du traditionnel, du faussement convivial. C’est l’idéologie du petit gueuleton un peu arrosé, avec ses fausses polémiques, ses psychodrames, son vide culturel.

Ces petites gueulantes qui ne mènent à rien, mais qui flattent l’ego, ces attitudes surjouées, pratiquement théâtrales, le tout considéré comme feutré ou raffiné en raison du “charme” de l’alcool… voilà un style bien français.

Et si l’on ne veut pas que les choses changent, il ne faut surtout rien y changer.  Un pays de beaufs ne fait pas la révolution.

Et le président doit assumer ce style. Tout comme François Hollande trompait sa compagne en se faisant accompagner en scooter chez une autre femme, Emmanuel Macron a expliqué, pour bien montrer qu’il assumait les « traditions » :

« Moi, je bois du vin le midi et le soir. Je crois beaucoup à la formule de (Georges) Pompidou : ‘n’emmerdez pas les Français’. »

Le président de la République qui vante une consommation d’alcool deux fois par jours, voilà la modernité à la française. C’est le prix à payer quand on considère comme “puritain” tout effort prolongé en direction de quelque chose.

Quant à la référence au mot de Pompidou, elle n’étonnera personne, car c’est là très précisément ce qu’est le libéralisme : chacun fait ce qu’il veut, et du moment qu’il n’y a pas de préjudice pour autrui, on ne doit pas intervenir.

Et c’est aussi l’idéologie du scepticisme, de la passivité, du relativisme. Les associations comme L214 disent également qu’il ne faut pas « emmerder » les gens, mais les interpeller symboliquement, en laissant les choses se mettre en place sur le long terme, etc.

C’est là une faillite morale et intellectuelle. C’est là la capitulation devant la valeur morale du véganisme, devant la valeur intellectuelle du besoin de sortir de la beauferie généralisée.

La planète meurt, et il ne faudrait pas brusquer. Et surtout ne pas déranger le pire des policiers : la mentalité de petit propriétaire qui sommeille en chacun… Voire qui ne sommeille pas du tout et est même très actif.

Comme si posséder une maison individuelle permettait d’échapper à la responsabilité de l’évolution du monde, à une France enlisée culturellement, où l’ennui prédomine sauf dans les grandes villes où tout bascule rapidement dans la superficialité, tout se faisant modeler par l’esprit commercial, la volonté de paraître.

Somme toute, on est pratiquement dans une situation qui est celle de l’Ancien Régime, avec une population massivement repliée sur sa vie quotidienne aux traditions célébrées mais fantomatiques culturellement, et une petite minorité qui « s’éclate » et prétend bien vivre avec ses bons restaurants.

Et vu d’un peu plus loin, l’effondrement des mœurs, le relativisme moral, la négation de l’engagement sentimental ou dans le couple, tout cela caractérise une société qui ne vit que de la dissolution de toutes les valeurs comportementales. C’est la fin de toute une époque.

Et cette fin est vantée comme le triomphe du libre-arbitre, du choix individuel, du “respect” de tous les choix. Il ne faut pas emmerder les gens ! Certains veulent changer de sexe ? Qu’ils le fassent ! Certains veulent acheter des enfants auprès de mères porteuses ? Pourquoi pas ! Certains veulent fumer du cannabis ? Cela les regarde !

Et ainsi de suite à l’infini.

Le symbole de ce refus de l’universalisme, ce sont par conséquent aussi les propos d’Emmanuel Macron disant hier :

« Tant que je serai président, il n’y aura pas d’amendement pour durcir la loi Evin. »

C’est logique. La sécurité sociale a été faite en 1945 pour aider les faibles. Désormais, pour tout le monde c’est simplement une assurance individuelle, comme une sorte de mutuelle et donc par la suite il y aura privatisation.

Découle de cela le principe du « malheur au vaincu ». Donc la Loi Evin – qui vise à protéger les faibles, à bloquer l’accès à l’alcool – ne peut pas être renforcée.

Et même elle doit être supprimée, car il est facile de comprendre que ce qui ne doit pas être renforcé doit être affaibli. Toute loi est un rapport de force, dépendant de la balance des engagements d’un côté ou de l’autre.

Dire que la loi Evin ne sera pas renforcée c’est affaiblir sa légitimité. Au nom de la « liberté ». Au nom du fait que chacun doit faire ce qu’il veut. Au nom du principe comme quoi il ne faut pas « emmerder les Français ».

Afin que rien ne change. Jusqu’à l’écoeurement.

“L’abolitionnisme comme théorie libérale de justification du cannabis”

Voici un article intéressant quant à l’approche juridique et philosophique à l’arrière-plan de l’affirmation de la “nécessité” de légaliser le cannabis. A la conception traditionnelle d’une justice universelle se substitue une analyse individualiste au cas par cas, avec une délégitimation de la société à avoir un mot à dire sur des choix individuels devenus sacro-saints.

L’article est tiré du site “A gauche“.

Depuis les années 1970 et à un rythme accru depuis les années 1990, la question de la légalité de l’usage des drogues travaille la gauche.

Le vieux débat sur la dépénalisation du cannabis prend un tour nouveau ces derniers jours avec l’annonce d’un prochain débat parlementaire portant sur des peines d’amende se substituant à la prison pour les consommateurs de drogues illégales.

En fait, loin de constituer un débat démocratique ouvert, cette question est influencée par un courant dominant : l’abolitionnisme. Il s’agit d’un mouvement universitaire à la base, animé par des juristes, des politologues, des sociologues, des gestionnaires, des psychologues, des philosophes, etc.

Ce courant de la pensée libérale est influant aux plus hauts niveaux de pouvoirs, ceux des Etats et au delà, dans des instances interétatiques, comme le Conseil de l’Europe.

L’abolitionnisme propose de substituer la justice civile, c’est-à-dire celle des contrats, à la justice pénale chargée des crimes et des délits, chaque fois que cela est jugé possible.

S’appuyant sur une critique soi-disant radicale de la société dans les pays industrialisés, l’abolitionnisme apparait avant tout comme une critique de la prison, mais va en réalité bien au delà.

En premier lieu, il s’agit de dénoncer la souffrance produite par le système pénal. Privé de liberté de mouvement, le délinquant condamné serait placé dans une situation de dépendance mêlée de domination. Déresponsabilisé, le détenu serait alors privé de dignité et de tout espoir de progrès.

La victime éventuelle serait quant à elle -en même temps que le coupable- dépossédée du conflit qui lui échappe puisque la procédure pénale relève d’un monopole de l’Etat.

Alors apparaît le coeur de la pensée abolitionniste qui réside dans le rejet de la toute puissance de l’Etat. L’Etat, comme concept erroné, masquerait la réalité de la société humaine vue comme un ensemble de relations interpersonnelles fondamentales. L’Etat serait une menace permanente d’étouffement des groupes intermédiaires, les communautés informelles d’individus se formant de manière spontanée en vue de la satisfaction des intérêts personnels.

Contre l’Etat soupçonné de dérives autoritaires incessantes de par sa nature même, l’abolitionnisme propose de soumettre le règlement des conflits apparaissant entre les personnes à des procédures jugées non-répressives (des arbitrages) et de substituer le dédommagement des préjudices individuels à la peine privation de liberté.

Au travers de ces considérations, c’est l’existence même d’infraction qui est remise en cause. Les notions de crimes et de délits sont regardées comme relevant de la morale et par là déconsidérées. On leur préfère la notion de “situation-problème”, dont l’occurrence sera évitée par des mesures de prévention et solutionnées au besoin en évitant l’instance répressive, par principe.

Chaque fois que l’occasion est donnée, en fonction des intérêts sociaux et politiques, la criminalité étant une construction sociale, l’abolitionnisme recommande aux gouvernements de faire basculer des pans entiers du droit pénal dans le droit civil.

Pour cela, Louk Hulsmann, qui doit être considéré comme le grand théoricien du courant, donne une grille de références.

Il affirme que le système pénal doit être écarté quand deux conditions sont remplies. D’une part, quand le comportement considéré n’est pas souhaitable, mais que l’Etat n’est pas compétent dans le domaine. D’autre part, quant les coûts de la criminalisation sont supérieurs aux profits de la mesure punitive sur la société.

Dans le débat technique qui concernent la consommation du cannabis, l’Etat recule ainsi.

Sans aller jusqu’à se déclarer incompétent, il renonce néanmoins à encadrer physiquement les toxicomanes. Le bilan comptable “coûts-profits” étant jugé défavorable au droit actuellement applicable, l’Etat s’apprête à renoncer à la prison et au lieu de cela, guidé par les libéraux, il s’apprête à prononcer des peines d’amende contre les drogués et ainsi à gagner de l’argent en sanctionnant les fumeurs de joints.

Sans considérer que la prison soit une solution, il n’en reste pas moins que le refus de toutes les drogues devrait être le b-a-BA des gens de gauche, à moins de considérer que le bonheur soit impossible ou résolument individuel, comme le pensent justement les libéraux, jusqu’à la fuite dans les paradis artificiels.

Tabac : le “filtergate”

Le Comité national contre le tabagisme a annoncé hier le dépôt d’une plainte, accusant l’industrie du tabac de fausser les tests sanitaires !

C’est un scandale de plus, qui témoigne du caractère offensif de l’industrie : les gens consomment ce qu’on leur impose, d’une manière ou d’une autre, à coups d’institutions et de traditions, de matraquage intellectuel et culturel. Avec à chaque fois une acceptation passive d’un Etat qui est en fait le complice de ces industries.

Le CNCT vient de déposer plainte en France contre les fabricants de tabac pour manipulation de leurs produits en vue de falsifier les tests requis par les autorités sanitaires relatifs aux goudrons, monoxyde de carbone et nicotine.

Cette tromperie délibérée des pouvoirs publics et des consommateurs avec mise en danger aggravée de ceux-ci signifie concrètement qu’un fumeur qui pense fumer un paquet par jour en fume, en fait, l’équivalent de 2 à 10. Tous les fabricants de tabac sont concernés.

Des procédures similaires ont été lancées ou sont en cours dans d’autres pays, pouvant impliquer des associations de malades. 

Paris, le 9 février 2018 – Les produits du tabac sont particulièrement toxiques. La seule consommation d’une cigarette en moyenne par jour induit des risques immédiats sur le plan cardiovasculaire et avec la durée des risques de cancers et de maladies respiratoires, particulièrement invalidantes ou fatales.

Ces produits du tabac entraînent une dépendance rapide et massive et les scientifiques considèrent que le tabac est l’une des drogues les plus difficiles, voire la plus difficile, à arrêter.

Les pouvoirs publics s’efforcent de réglementer ces produits pour en dissuader la consommation, inciter les fumeurs à l’arrêt et contrôler autant que possible leur composition.

Dans cette perspective, ils imposent aux industriels du tabac des limitations concernant différents composants particulièrement toxiques comme les goudrons ou le monoxyde de carbone ou qui sont associés à la dépendance : la nicotine.

De nombreuses investigations et procès, incluant la publication de millions de pages de documents internes, ont révélé au monde que l’industrie du tabac n’était en aucun cas une industrie comme les autres. Le scandale du filtergate vient encore le démontrer. 

Le filtergate représente la manipulation des filtres par les fabricants de tabac via la perforation de ces filtres et l’existence de minuscules trous destinés à falsifier les tests des caractéristiques des cigarettes.

Les fabricants de tabac ont ainsi modifié secrètement les propriétés techniques des cigarettes afin de tromper les laboratoires agréés en charge de mener les tests requis par le code de santé publique devant mesurer les taux de goudron, de nicotine, et de monoxyde de carbone contenus dans les émissions des cigarettes fumées. 

Il s’ensuit que la mise en place de ce dispositif de micro-orifices dans le filtre des cigarettes empêche les autorités en charge de l’application de la loi de savoir si les seuils de goudron, de nicotine, et de monoxyde de carbone qu’elles ont fixés sont dépassés.

Un tel système de ventilation invisible trompe les fumeurs puisqu’ils ignorent l’ampleur réelle du risque qu’ils prennent en croyant, à tort, qu’ils inhalent une certaine quantité de produits dangereux alors que les doses qu’ils absorbent sont supérieures à celles qui leurs sont indiquées.

Les quatre majors du tabac représentés en France sont concernés. La cigarette du buraliste lancée il y a peu ne fait pas exception.

Selon les sources (1-2) la teneur réelle en goudron et nicotine inhalée par les fumeurs serait entre 2 et 10 fois supérieure pour le goudron et 5 fois supérieure pour la nicotine. Ainsi, les fumeurs qui pensent fumer un paquet par jour en fument, en fait l’équivalent de deux à dix.

Or il est prouvé que la probabilité de contracter un cancer ou une maladie cardiovasculaire est positivement corrélée avec la quantité de monoxyde de carbone, de goudron et de nicotine absorbées, les fabricants de produits du tabac privent les fumeurs d’une information exacte sur la quantité de produits dangereux qu’ils absorbent, incitent les fumeurs à consommer plus de cigarettes qu’ils ne le feraient s’ils étaient correctement informés, mettent leurs vies en danger, sont responsables d’un nombre de maladies et de décès qui seraient évités si l’information sur la dangerosité des cigarettes respectait les exigences du code de santé publique.

Aussi le CNCT dépose plainte pour mise en danger d’autrui. Cette démarche de mise en cause de la responsabilité pénale des fabricants par cette manipulation des filtres ou « filtergate » est également initiée dans d’autres pays (Pays Bas, Suisse) avec le soutien d’associations de malades.

« Le filtergate constitue assurément un nouveau scandale aux conséquences sanitaires majeures qui légitime que l’on encadre et surveille bien davantage les pratiques des fabricants de tabac » a déclaré le Pr Yves Martinet Président du Comité National Contre le Tabagisme.

Sources :

1. Hammond D, Fong G T, Cummings K M. et al Cigarette yields and human exposure: a comparison of alternative smoking regimes. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev 2006151495–1501.

2. JS Wigand , Cigarette testing methods, product design, and labelling: time to clean up the “negative baggage”Tobacco Control 1998;7: 336-337.

* Citation de BAT
« Indépendamment des questions éthiques que cela soulève, nous devrions développer des dispositifs alternatifs (qui ne puissent être critiqués de manière évidente) afin de délivrer au fumeur ou à la fumeuse des doses majorées significative si il ou elle le désire. »

Le “joint tendu” de Technikart à Emmanuel Macron

L’éditorial de Télérama en faveur de la légalisation du cannabis était un peu étonnant, d’ailleurs l’article d’hier à ce sujet a eu un impact relativement important.

Cet étonnement n’est bien entendu nullement de mise avec Technikart. Chez les bobos, c’est-à-dire tous ces bourgeois libéraux qui se croient de gauche ou vegan alors qu’ils ne sont que les vecteurs du turbo-capitalisme, le cannabis c’est sacré.

Par conséquent, tant la couverture de la revue que l’image sur Facebook est très claire : le cannabis est vraiment considéré comme un eldorado inévitable.

« La marche du monde étant ce qu’elle est, notre vieux pays finira bien par légaliser la weed.

En passant d’abord par les cases « contraventionnalisation » (un max de points au Scrabble) et « dépénalisation » (un peu moins), ou, comme le préconise notre dossier, en se rendant directement à la case « légalisation » (moins bon pour le Scrabble, nettement mieux pour faire entrer de l’argent dans les caisses de l’État). (…)

Ce que nous disent les experts interrogés est sans appel : non seulement la légalisation rapporterait près de 2 milliards à l’État, mais elle boosterait le « bien-être collectif » du pays (c’est l’économiste Pierre Kopp du Centre d’économie de la Sorbonne qui le dit). »

Le contenu des articles, c’est bien sûr un éloge du cannabis comme joie de vivre et comme opportunités pour le business, à coups de moult exemples d’entreprises dans ce secteur.

On notera l’avertissement au début du dossier avec ces articles là, qui est totalement ridicule et absurde, pratiquement dadaïste de par l’éloge du cannabis qui s’y trouve…

Les bobos font un dossier intitulé “la weed peut-elle sauver la France?” et prétendent ne pas vouloir banaliser cette drogue?

Alors qu’ils s’adressent même à Emmanuel Macron, dans une lettre ouverte présentée comme un “joint tendu”? Appelant la France à devenir le “leader mondial du chanvre”!

Disons le ici ouvertement : si les lois étaient appliquées, Technikart devrait être saisi. Mais les juges n’appliquent pas la loi, seulement la loi du plus fort. Et le plus fort – le profit et sa quête – a décidé que le cannabis était une marchandise comme une autre…

La France du futur, la France du cannabis? Ce serait la mort de toute expression de besoin d’utopie et d’affirmation de la Nature, et cela au nom du profit et des paradis artificiels.

Ce qui se joue ici, c’est pas moins que la question même de l’existence de valeurs universelles.

Télérama prend partie pour la légalisation du cannabis

Télérama est un hebdomadaire culturel qui est par définition même l’organe de presse des intellectuels en France. C’est-à-dire, en gros, des bourgeois « éclairés », des professions intellectuelles liées à la presse, l’édition, le monde de la culture en général, des fonctionnaires ayant un certain niveau de diplôme, etc.

Quand on cherche un poste comme conservateur de musée, ou bien comme dans le dernier numéro, dans l’excellentissime lycée parisien École Jeannine Manuel, le lycée de Phnom-Penh ou de Nairobi, c’est dans Télérama qu’on regarde.

Tout cela pour dire que cet hebdomadaire est d’une grande importance, surtout qu’il est diffusé à plus de 600 000 exemplaires. Ce qu’il dit est très clairement une ligne de conduite.

Or, ce qui nous intéresse ici, c’est que l’éditorial du dernier numéro (du 31 janvier 2018), s’intitule pas moins que « chanvre avec vue ».

Ecrit par Emmanuel Tellier, musicien et journaliste musical, il a ses premières lignes écrites en gras, où on lit :

« Enfin ! Enfin le sujet de la consommation du cannabis dans notre pays semble s’imposer au cœur du débat public de manière dépassionnée. »

On retrouve ici un argument traditionnel des partisans de la légalisation du cannabis. Ceux prétendent deux choses :

– il y aurait une prohibition ;

– il y aurait un non-dit sur le cannabis.

Or, en réalité, il est très facile de s’en procurer, tout comme il est extrêmement facile de le faire pousser chez soi en se procurant du matériel. Dans une grande ville on tombe aisément sur des gens qui en fument et de toutes manières les « fours » où l’on s’en procure sont connus de tous.

On peut pareillement acheter sans souci plein d’objets faisant l’éloge du cannabis, du t-shirt au mug, des chaussettes à la casquette. Et la plupart des médias abordent la question du cannabis.

Si vraiment il y avait prohibition, on interdirait comme avant les objets avec la fameuse feuille et on fermerait les fours. Ce n’est bien entendu pas au programme, car les drogues sont tout à fait conformes à l’esprit libéral et à son autodestruction égocentrique individualisée.

L’éditorial de Télérama, donc, après avoir souligné que le « président de l’Assemblée nationale, quatrième personnage de l’Etat », était lui-même pour la dépénalisation (il s’agit de François de Rugy), affirme qu’il est très bien que l’État décide que désormais le cannabis serait la cible de simples contraventions.

Pourquoi ? Car il faudrait « poser les enjeux de manière pragmatique ». Beaucoup de monde fument… il faudrait donc légaliser ! On lit ainsi, dans la seconde partie de l’éditorial :

« 11 % des Français consomment du cannabis de manière régulière, un record en Europe. Deux cent mille personnes font pousser de l’herbe chez elles.

Bien davantage se fournissent auprès de dealers subordonnés à l’un des sept cent réseaux opérant sur le territoire, lesquels « emploient » près de cent mille individus.

Il n’y aura sans doute pas, en France, de solution facile, de recette miracle, pour passer – comme au Colorado, Etat pionnier – d’une consommation sous le manteau, avec tous les trafics que cela engendre (et préserve), à un « mode de vie » collectivement assumé.

Mais dans un pays où un citoyen sur quatre consomme des psychotropes sur ordonnance, où le stress et les souffrances liés aux différentes formes de précarité empoisonnent le quotidien de millions de personnes, il est heureux que l’âge de l’hypocrisie et de la culpabilisation primaire s’efface devant une approche plus lucide de la réalité. »

Ce discours, quand on voit la base sociale du lectorat de Télérama, signifie que les gens « éclairés » de la société n’ont aucune utopie à proposer, qu’ils ne comptent pas proposer une révolution, qu’ils n’entendent d’ailleurs rien remettre fondamentalement en cause, qu’il ne faut pas compter sur eux pour une critique radicale de la société au nom de la Nature.

Par contre, on peut les avoir comme appui pour le repli individuel, la mise en valeur de l’individualisme à travers l’éloge des « choix individuels », tout comme l’acceptation des paradis artificiels comme ayant une signification.

On retrouve cette approche au sein de toute la gauche libérale, depuis L’Obs jusqu’aux Inrockuptibles, etc., Jean-Luc Mélenchon y compris.

Au lieu de dire que cette société est folle et que le cannabis est une plaie, il est appelé à « gérer », comme lorsque Jean-Luc Mélenchon dit qu’il est contre le cannabis, donc qu’il appelle à la légalisation.

C’est de la capitulation et en arrière-plan l’individualisme comme programme, le relativisme comme philosophie, la décadence comme mode de vie.

Télérama, en apportant son appui, contribue donc à cette tendance qui veut que le cannabis soit à moyen terme légalisé. C’est la conséquence inéluctable du libéralisme où chacun peut faire comme il veut, en-dehors de toute valeur universelle.

Et quant on voit l’approche juridique, il est à craindre qu’il n’y ait pas de référendum. Cela sera au programme d’Emmanuel Macron pour les prochaines élections, les autres partis iront plus ou moins dans le même sens pour suivre et l’affaire sera dans le sac dans tous les cas.

Comme quoi c’est aux gens conscients de mener toujours davantage le combat contre le cannabis !

Le marché et la criminalité de la drogue en France en 2017

Voici la présentation du marché et de la criminalité de la drogue en France l’année passée, 2017, par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies. Un dossier plus approfondi est téléchargeable ici.

L’herbe de cannabis est la seule substance illicite dont on observe la production en France. Alors que la culture d’herbe était majoritairement le fait de petits cultivateurs autosuffisants, la situation a commencé à changer, à partir de 2011, avec l’apparition de cannabis factories tenues par le crime organisé et l’investissement de particuliers dans la culture commerciale.

La France, compte tenu de sa position géographique au cœur de l’Europe occidentale, est une zone de transit pour les principales substances illicites (cannabis, cocaïne, héroïne, drogues de synthèse) produites dans le monde.

Elle l’est aussi par ses départements d’outre-mer situés sur le continent américain (Guadeloupe, Martinique et Guyane) à proximité des grandes zones de production et de transit de la cocaïne (Colombie, Venezuela).

La résine de cannabis consommée en France provient du Maroc, le plus souvent via l’Espagne tandis que l’herbe de cannabis provient principalement d’Espagne, des Pays-Bas et de Belgique. De nouvelles routes de trafic émergent, par l’intermédiaire de la Libye pour la résine de cannabis et de l’Albanie pour l’herbe de cannabis.

La cocaïne consommée en France provient essentiellement de Colombie. Elle transite essentiellement au sud par l’Espagne et au nord par les Pays-Bas (Rotterdam) et la Belgique (Anvers).

Depuis quelques années la cocaïne, transitant par le Vénézuela, puis les Antillles françaises, pénètre sur le continent européen par le port du Havre. Depuis deux ans, le trafic de « mules » empruntant la voie aérienne entre la Guyane et la métropole est aussi en forte augmentation.

L’héroïne consommée en France provient majoritairement d’Afghanistan (héroïne brune) et transite via la route des Balkans (Turquie, Grèce, Albanie). Les Pays-Bas, devant la Belgique, sont la plate-forme principale où les trafiquants français s’approvisionnent.

Les drogues de synthèse (MDMA/ecstasy, amphétamines) consommées en France proviennent également principalement des Pays-Bas.

En 2016, le nombre total de personnes mises en cause pour usage de stupéfiants en France est d’environ 160 000.

En dehors de ces infractions pour usage (83 % de l’ensemble), les services de la police et de la gendarmerie ont mis en cause 16 487 personnes pour usage-revente et 13 515 pour trafic-revente sans usage de stupéfiants. En 2010, 90 % des interpellations concernaient l’usage simple de cannabis, 5 % celui d’héroïne et 3 % celui de cocaïne.

Le plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les conduites addictives 2013-2017 (MILDT 2013), et sa déclinaison dans le Plan d’actions 2016-2017 (MILDECA 2016), comprend un axe relatif à l’intensification de la lutte contre le trafic, avec les objectifs principaux suivants : Agir en amont des trafics : notamment en renforçant la coopération internationale et les capacités de contrôle, et en mutualisant les renseignements ; en renforçant la lutte contre le blanchiment des capitaux illicites et l’approche patrimoniale des enquêtes judiciaires ; en intensifiant la lutte contre la cannabiculture ; en accroissant la surveillance de l’utilisation du vecteur Internet et la lutte contre l’offre de produits illicites en ligne; en coupant les routes du trafic international de cannabis et de cocaïne en Méditerranée et dans la mer des Antilles.

L’usage des drogues en France en 2017

Voici la présentation de l’usages de substances illicites en populations générale et spécifiques en France pour l’année passée 2017 par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies. Un dossier plus approfondi est téléchargeable ici.

Usage des principales drogues illicites et polyconsommation

Selon les dernières données disponibles datant de 2016, le cannabis reste de très loin la substance illicite la plus consommée, aussi bien chez les adolescents qu’en population adulte, avec 17 millions de personnes à l’avoir déjà essayé (42 % des individus âgés de 18 à 64 ans). En 2014 (dernières données disponibles), la proportion d’usagers récents (dans le mois) atteint globalement 6,3 % et l’usage régulier (au moins 10 fois par mois) 3,1 %.

Parmi les usagers dans l’année de 18 à 64 ans, selon l’enquête Baromètre santé 2014 de Santé publique France, la proportion de ceux qui présentent un risque élevé d’usage problématique de cannabis (au sens du Cannabis Abuse Screening Test, CAST) est de 21 %, soit 2,2 % de la population française âgée de 18 à 64 ans.

C’est d’ailleurs le produit le plus souvent mentionné comme posant problème parmi les personnes reçues dans les centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA). Concernant les cannabinoïdes de synthèse, 1,7 % des 18-64 ans déclarent en avoir déjà consommé, un niveau d’usage similaire à celui de l’héroïne ou des amphétamines.

Le cannabis apparaît comme le produit illicite le plus consommé entre 11 et 16 ans et surtout parmi les garçons. En termes d’expérimentation, l’usage du cannabis est très rare à 11 ans, il concerne 5,6 % des 13 ans et 28,3 % des 15 ans (données de l’enquête HBSC 2014), des proportions stables par rapport à 2010.

D’après les données de la dernière enquête ESPAD, en 2015, 32 % des élèves âgés de 16 ans ont expérimenté le cannabis au moins une fois au cours de leur vie (29 % des filles et 24 % des garçons), un niveau en baisse par rapport à la précédente enquête ESPAD de 2011 (39 %).

Les usages de cannabis ont augmenté entre 2010 et 2014 et se sont depuis maintenus à un niveau élevé, quelle que soit la tranche d’âge et la fréquence d’usage : cette hausse s’inscrit dans un contexte de net accroissement de l’offre de cannabis en France et notamment de développement de la pratique de l’autoculture et de la production locale d’herbe, tandis que le marché de la résine reste pour sa part très dynamique (voir workbook Marché et criminalité).

La consommation de cocaïne, deuxième produit illicite le plus consommé, se situe bien en deçà et concerne environ dix fois moins de personnes, que ce soit en termes d’expérimentation ou d’usage dans l’année.

Toutefois, la part des 18-64 ans ayant expérimenté la cocaïne a été multipliée par quatre en deux décennies (de 1,2 % en 1995 à 5,6 % en 2014), tout comme la proportion d’usagers dans l’année entre 2000 (0,3 %) et 2014 (1,1 %), marquant la diffusion plus large d’un produit autrefois cantonné à des catégories aisées et touchant depuis quelques années l’ensemble des strates de la société. Les niveaux d’expérimentation pour les substances synthétiques telles que la MDMA/ecstasy et les amphétamines sont respectivement de 4,3 % et de 2,3 %.

La proportion d’usagers actuels de MDMA/ecstasy a augmenté de manière significative entre 2010 et 2014 (de 0,3 % à 0,9 %) et atteint ainsi son niveau maximal depuis une décennie. Chez les 18-25 ans l’usage de ce produit devance celui de la cocaïne.

Enfin, la prévalence de l’expérimentation de l’héroïne est de 1,5 % pour l’ensemble des 18-64 ans et l’usage actuel apparaît très rare (0,2 % des personnes interrogées).

La dernière enquête ENa-CAARUD menée fin 2015 dans les Centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques chez les usagers de drogues (CAARUDs) a permis de valider les observations qualitatives du dispositif TREND concernant l’évolution des consommations de cette population d’usagers problématiques, en l’occurrence un report des consommations des usagers les plus précaires vers les produits les moins chers, les médicaments et le crack lorsqu’il est disponible (Cadet-Taïrou et al. 2014; Lermenier-Jeannet et al. 2017).

Dans l’ensemble, la structure des consommations au cours des 30 derniers jours avant l’enquête n’a pas connu de modification importante. Néanmoins, certaines évolutions sont observables depuis 2008. Concernant les opiacés, conformément aux observations qualitatives, l’usage de buprénorphine haut dosage (BHD) diminue de façon régulière (depuis 2010) (40 % vs 35 %), au profit de la méthadone (24 % en 2008 vs 34 % en 2015), davantage prescrite, et du sulfate de morphine, le plus souvent détourné (15 % en 2010, 19 % en 2015).

Les consommations de substances codéinées s’élèvent très progressivement depuis 2010, date où elles ont été mesurées pour la première fois (5 % vs 10 %), alors que le niveau d’usage des autres médicaments opioïdes (fentanyl par exemple), interrogé pour la première fois s’élève à 8 %.

Concernant les stimulants, la part des usagers des CAARUD ayant consommé de la cocaïne basée (crack ou free base) poursuit sa progression continue (22 % en 2008, 32 % en 2015). Seuls 5 % des usagers ont consommé du méthylphénidate détourné, mais cette situation est très concentrée géographiquement. On n’observe pas d’évolution concernant les hallucinogènes consommés seulement par un sous-groupe de cette population (15 %).

Par contre, l’usage des benzodiazépines connaît une hausse brutale entre 2012 et 2015 (30,5 % vs 40 %).

Usage de drogues illicites, d’alcool, de tabac et de médicaments

Dans le Baromètre santé de Santé publique France (population adulte) comme dans l’enquête ESCAPAD de l’OFDT (jeunes de 17 ans), la polyconsommation est abordée par le biais de la consommation régulière (au moins 10 usages dans le mois, et tabac quotidien) d’au moins deux des trois produits parmi l’alcool, le tabac et le cannabis, sans qu’il soit possible d’établir s’il s’agit d’usages concomitants.

En 2014, une telle pratique demeure peu courante puisqu’elle ne concerne que 9,0 % de la population adulte. Elle atteint son niveau maximal parmi les 18-25 ans, qui sont une des tranches d’âges les plus consommatrices de tabac et de cannabis (13,2 %). La polyconsommation régulière des trois produits est rare, puisqu’elle concerne 1,8 % des hommes et 0,3 % des femmes âgés de 18-64 ans.

En 2014, la polyconsommation régulière d’alcool, de tabac ou de cannabis concerne 12,8 % des adolescents de 17 ans. Le cumul des usages réguliers de tabac et de cannabis est le plus répandu (5,0 %), devançant de peu celui des usages réguliers de tabac et d’alcool (4,5 %). Le cumul des usages réguliers des trois produits concerne pour sa part 3,0 % des jeunes de 17 ans.

Entre 2011 et 2014, la polyconsommation régulière a progressé de 3 points. Cette concentration des usages réguliers s’est nettement accentuée chez les jeunes filles, dont la polyconsommation a quasiment augmenté de moitié par rapport à 2011, en passant de 5,8 % à 8,4 %.

Concernant le public reçu dans les consultations jeunes consommateurs (CJC), les consultants venus au titre du cannabis sont aussi consommateurs de tabac (87 % de fumeurs quotidiens) et sujets à une alcoolisation fréquente, voire massive. Ainsi, un consultant sur cinq déclare souvent consommer de l’alcool en vue de parvenir à l’ivresse, surtout parmi les jeunes majeurs (19 % des mineurs, 26 % des 18-25 ans, 16 % des plus de 25 ans).

Environ 10 % de ces « consultants cannabis » sont des buveurs réguliers et près d’un quart (22 %) déclare au moins trois alcoolisations ponctuelles importantes (API) dans le dernier mois.

Les consommations d’alcool apparaissent également majoritaires : si 69 % des usagers des CAARUD rapportent avoir consommé de l’alcool au cours du dernier mois, 33 %, soit près de la moitié des usagers récents d’alcool, déclarent avoir consommé l’équivalent d’au moins 6 verres en une seule occasion, tous les jours ou presque au cours de la dernière année (Lermenier-Jeannet et al. 2017).

Coucher avec n’importe qui, c’est ne pas avoir les idées claires

Coucher avec n’importe qui, ce serait le bonheur : voilà l’idéologie de l’individualisme. Comme si la sexualité n’était que pulsion et comme si dans le fait de coucher avec quelqu’un, il n’y avait que soi qui comptait.

On “choisirait” quelqu’un, mais sans le connaître vraiment ; c’est une démarche pleine de vanité et réduisant la vie à un plan, les autres à des objets.

Il n’y a plus ici d’amour authentique de possible ni de souhaitable : seulement la consommation, la vue à court terme, le cynisme de l’utilitarisme…

Tomber amoureux et le rester n’est-il pas la dernière ringardise dans une société où il faut toujours rester sur ses gardes, car le partenaire reste toujours individualiste, toujours prêt à partir, à trahir ?

Dans cette société, la seule chose qui compte c’est soi-même : on peut prendre ses décisions comme on veut, car on est le centre de son petit monde. C’est une vision non seulement cynique, mais absurde, car empêchant toute construction.

Il faut s’y opposer, en montrant la bataille pour les sentiments, pour reconnaître la dignité de la fidélité, en désignant clairement ce qui est un obstacle à l’épanouissement.

Sur rue 89, qui appartient à L’Obs (le nouveau nom du Nouvel Observateur), on trouve par exemple un blog qui s’appelle Tinder surprise. C’est un exemple parlant, car L’Obs se veut un média profondément ancré et engagé à gauche.

En réalité, c’est juste du libéralisme libertaire, à l’image du blog, qui joue avec les termes de « Kinder surprise » pour présenter des petites histoires de personnes utilisant l’application de rencontres Tinder.

Voici un extrait hautement parlant et profondément glauque d’une de ces histoires (Le date pourri d’Edouard. Une ex arrive : “Tu vas voir, c’est un gros bâtard !”)

« J’étais avec une fille sans être vraiment avec elle non plus. (…) Un soir, sur Happn, j’envoie un charme à une fille : Justine. (…)

Au moment de trinquer, je vois une silhouette s’approcher. Une fille avec qui j’ai eu une histoire d’une semaine, il y a un an : Audrey. Elle s’adresse à Justine :

“Salut ! Tu ne me connais pas, mais tu vas voir ce gars là, c’est un gros bâtard !”

En fait cette fille avec qui je suis resté une semaine, une fois on a oublié de se protéger et elle est tombée enceinte. J’avais 30 ans. Elle en avait 21. Elle était saisonnière… Je lui avais dit qu’on ne pouvait pas se permettre de garder cet enfant. Elle, elle, réfléchissait à le garder. Elle vient d’une famille catho et je crois qu’elle était un peu rattrapée par ses croyances.

Voilà donc comment d’un air assuré et très calme, cette fille me traite de “gros bâtard” à la terrasse d’un bar où je date une fille.

Je suis surpris, étonné et du coup j’arrive juste à dire :

“Oh c’est toi ! Ça va ?”

Sur ce, Audrey explique à Justine l’histoire, qu’elle est tombée enceinte de moi alors que j’avais déjà une copine, que j’ai gâché sa vie, etc… Qu’elle voulait un enfant et qu’elle n’a pas pu le garder.

Justine lui réplique qu’elle s’en fout et qu’elle ne la connaît pas. »

C’est profondément glauque, c’est d’une indifférence terrible. C’est littéralement à vomir.

Voici un autre exemple (Le date PAR-FAIT d’Ernestine : “J’ai très envie de me taper son pote”) :

« On parle aussi de son histoire d’amour, de son mariage en couple libre. J’aime bien la façon dont il en parle. Je connais plein de couples en mode “mariage ouvert” et je trouve souvent qu’ils se racontent des histoires. Là, non, je comprends leur truc.

Mais je me rends aussi compte que le mec est hyper amoureux de sa femme. Et que donc qu’il ne se passera jamais rien de sérieux entre lui et moi. Il est très clair sur ce qu’il a à offrir. Du coup, les choses sont assez saines.

Bon à la fois ça ne me donne pas très envie de le pécho. C’est pas hyper sexy quoi un mec à fond sur sa meuf. (…)

Là, un peu bourrée, je lui dis : “Bon écoute, on a un problème. J’ai envie de me taper ton pote”.

Il a alors cette réaction de polyamoureux qui est juste trop bien.

“Ernestine. Je n’ai aucun droit sur ton désir. Et c’est ton corps. Comment pourrais-je m’arroger des droits dessus ?”

Je lui roule un pelle parce que bonne réaction trop classe. Et du coup, je vais voir Olle et je lui dis : « C’est bon, c’est OK. On peut se pécho. »

Je lui ai roulé une énorme pelle et on est partis baiser chez moi. Je n’ai jamais revu Olle. Au début je pensais le revoir et puis c’est mort tout seul et ça c’est jamais fait. »

Les choses seraient assez saines, car on poserait une base “claire” dès le départ : peut-on aller plus loin dans la négation de l’émotion, de la réalité sentimentale?

Tout ici est calcul, manipulation des gens autour de soi, utilisation de son propre corps comme un objet.

Et tout doit être mis à la disposition pour cela. Le Monde a publié un article cette semaine, intitulé « Aujourd’hui, si je n’étais pas sous PrEP, je serais déjà séropositif ». Quelque chose d’hallucinant, de complètement fou même. En voici un extrait :

« En France, 5 000 personnes seraient sous PrEP, la pilule « anti-sida ». Disponible depuis plus d’un an dans l’Hexagone, elle est surtout prescrite aux gays et bisexuels dont les pratiques sexuelles sont à risque. (…)

Depuis un an et demi, quelque chose a changé dans sa vie : Guillaume est « prépeur ». Comprenez : sous PrEP (prophylaxie préexposition). Chaque matin, il prend un comprimé composé de deux antirétroviraux hautement actifs contre le VIH, alors qu’il est séronégatif et en pleine santé.

Cela lui permet d’avoir des rapports sexuels avec et sans préservatif, avec un risque de transmission proche de zéro. Pour faire court, c’est une « pilule anti-sida ». Une nouvelle stratégie de prévention du VIH s’adressant aux personnes les plus exposées au virus.

Dans la cuisine de son 30 mètres carrés lumineux, entre les capsules à café et la machine à laver, le pilulier en plastique blanc se fond dans le décor. C’est du Truvada, la marque phare de ce médicament « qui [le] protège de l’intérieur », et fait de lui, affirme-t-il, un « avant-gardiste libéré qui prend soin de lui ». Guillaume a les idées claires comme l’est le ciel de Paris ce matin de septembre. »

Faut-il être plus ébahi devant la métaphore du ciel de l’est parisien ou devant l’hallucinante proposition selon laquelle cette personne aurait les « idées claires » ?

On a ici affaire à un éloge de l’auto-destruction, au nom de l’individu “faisant ce qu’il veut”.

Et pour bien comprendre l’ampleur sociale de ce désastre, être sous PrEP » est quelque chose de remboursé à 100 % par la Sécurité sociale ! Et c’est à la carte : on peut l’avoir en continu, ou juste pour plusieurs jours… Cela coûte 180 euros le mois, plus de quatre cents même avant l’arrivée des génériques en juillet dernier.

C’est un exemple pathétique de comment une société s’autodétruit dans un mélange individualisme – capitalisme – déresponsabilisation – négation des sentiments – refus de construire un couple.

Mais est-ce vraiment nouveau, que ce culte du fait de coucher avec n’importe qui sans lendemain, comme « libération » de l’individu ? Pas du tout, rappelons-nous de la chanson de Michel Fugain, « Une belle histoire ».

En 1972, la chanson s’est vendue à 800 000 exemplaires en version 45 tours et c’est un tube de la radio. Alors que c’est une chanson insipide, totalement glauque, où on ne trouve du sens que dans une sorte de fuite en avant, qui n’atteindra par définition aucune profondeur, puisque sans sentiments…

C’est un beau roman, c’est une belle histoire
C’est une romance d’aujourd’hui
Il rentrait chez lui, là-haut vers le brouillard
Elle descendait dans le midi, le midi
Ils se sont trouvés au bord du chemin
Sur l’autoroute des vacances
C’était sans doute un jour de chance
Ils avaient le ciel à portée de main
Un cadeau de la providence
Alors pourquoi penser au lendemain

Ils se sont cachés dans un grand champ de blé
Se laissant porter par les courants
Se sont racontés leur vies qui commençaient
Ils n’étaient encore que des enfants, des enfants
Qui s’étaient trouvés au bord du chemin
Sur l’autoroute des vacances
C’était sans doute un jour de chance
Qui cueillirent le ciel au creux de leurs mains
Comme on cueille la providence
Refusant de penser au lendemain

C’est un beau roman, c’est une belle histoire
C’est une romance d’aujourd’hui
Il rentrait chez lui, là-haut vers le brouillard
Elle descendait dans le midi, le midi
Ils se sont quittés au bord du matin
Sur l’autoroute des vacances
C’était fini le jour de chance
Ils reprirent alors chacun leur chemin
Saluèrent la providence en se faisant un signe de la main

Il rentra chez lui, là-haut vers le brouillard
Elle est descendue là-bas dans le midi
C’est un beau roman, c’est une belle histoire
C’est une romance d’aujourd’hui

On a ici exactement les mêmes valeurs mentionnées plus haut : déresponsabilisation, refus de construire, individualisme forcené, négation des sentiments…

C’est l’approche de la vie individuelle comme micro-entreprise : tout est une question de consommation, de manipulation, d’utilisation, de rapports de force.

C’est la négation des sentiments, la mutilation de sa propre vie!

Et pour conclure sur une note positive et rappeler vers quoi il faut se diriger, voici les paroles de la chanson The Power of Love du groupe Frankie Goes to Hollywood, en 1984.

L’approche de cette chanson, si valorisée par le passé, est aujourd’hui vue comme candide, naïve, fausse par l’idéologie dominante. C’est faux : ce qui y est dit est juste dans sa mise en perspective!

[partie manquante dans la version single
I’ll protect you from the hooded claw
Keep the vampires from your door
Je te protègerai de la griffe encapuchée [allusion au méchant du dessin animé Pattaclop Pénélope!]
J’éloignerai les vampires de ta porte]

Dreams are like angels
They keep bad at bay… bad at bay
Les rêves sont comme des anges
Ils gardent le mal au loin… le mal au loin

Love is the light
Scaring darkness away
L’amour est la lumière
Qui effraie au loin les ténèbres

I’m so in love with you
Purge the soul
Je suis si amoureux de toi
Purgez l’âme

Make love your goal
Faites de l’amour votre but

The power of love
A force from above
Cleaning my soul
Le pouvoir de l’amour
Une force d’en haut
Nettoyant mon âme

Flame on burn desire
Love with tongues of fire
Une flamme sur un désir ardent
L’amour avec des langues de feu

Purge the soul
Make love your goal
Purgez l’âme
Faites de l’amour votre but

I’ll protect you from the hooded claw
Keep the vampires from your door
Je te protègerai de la griffe encapuchée
J’éloignerai les vampires de ta porte

When the chips are down I’ll be around
With my undying, death-defying love for you
Aux moments critiques je serai là
Avec mon amour pour toi qui ne meurt pas, défiant la mort

Envy will hurt itself
Let yourself be beautiful
L’envie se blessera toute seule
Laisse-toi être belle

Sparkling love.. flowers and pearls and pretty girls
Amour étincelant…fleurs et perles et jolies filles

Love is like an energy
Rushin’ in… rushin’ in… inside of me
L’amour est comme une énergie
Qui se précipite… se précipite… en moi

The power of love
A force from above
Cleaning my soul
Le pouvoir de l’amour
Une force d’en haut
Nettoyant mon âme

Flame on burn desire
Love with tongues of fire
Une flamme sur un désir ardent
L’amour avec des langues de feu

Purge the soul
Make love your goal
Purgez l’âme
Faites de l’amour votre but

This time we go sublime
Lovers entwine, divine, divine
Cette fois nous devenons sublimes
Des amants enlacés, divin, divin

Love is danger, love is pleasure
Love is pure, the only treasure
L’amour est un danger, l’amour c’est le plaisir
L’amour est pur, l’unique trésor

I’m so in love with you
Purge the soul
Make love your goal
Je suis si amoureux de toi
Purgez l’âme
Faites de l’amour votre but

The power of love
A force from above
Cleaning my soul
Le pouvoir de l’amour
Une force d’en haut
Nettoyant mon âme

The power of love
A force from above
A sky-scraping dove
Le pouvoir de l’amour
Une force d’en haut
Une immense colombe

Flame on burn desire
Love with tongues of fire
Une flamme sur un désir ardent
L’amour avec des langues de feu

Purge the soul
Make love your goal
Purgez l’âme
Faites de l’amour votre but

“Balance ton porc”

Le troisième « X » de la culture straight edge est tout autant important que les deux premiers. Au refus de l’alcool et des drogues, s’ajoute le refus d’avoir des rapports sexuels sans relation durable.

C’est une valeur essentielle, car elle pousse à aller dans le sens naturel de la construction, sans être happé par une idéologie de la consommation. Une relation durable, avec attachement et dévouement, est authentique et engage toute notre personnalité.

Quiconque ment est condamné à s’effondrer, à nier une partie de sa personnalité, à déformer son esprit.

La consommation, avec toute sa dimension impersonnelle et mécanique, n’est que manipulation et culte de l’ego, fuite en avant et écrasement de la possibilité d’éprouver des sentiments. C’est un saccage, aboutissant à une destruction.

On sait dans quelle mesure ce point de vue est dénoncé en France comme « puritain », au nom de la « liberté ». Comme s’il était naturel d’être libertin ou de tromper, comme s’il était naturel de détruire une relation durable juste pour satisfaire des caprices.

Mais il est vrai qu’en France on rejette la « Nature », tout serait dans le « choix ». Le couple serait dépassé, au nom du « polyamour », du droit de tromper, du droit d’abandonner, etc.

Le bonheur serait dans la consommation et comme l’a dit il y a quelques jours, Marlène Schiappa, Secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, le couple, c’est dépassé !

“Il n’y a pas de modèle unique de famille” : c’est la remise en cause du couple. Au nom de la “complexité” des choix des individus devenus rois… C’est le culte de la consommation individualiste.

Plus personne n’a rien à assumer, seulement à consommer. Ce n’est pas seulement moralement faux, car on laisse tomber quelqu’un. C’est absurde, car c’est nier sa propre existence dans la mesure où l’on nie ses propres attachements, dans la mesure où l’on nie ce dont on fait partie.

On devrait se concevoir comme une entité totalement autonome, vivant par la consommation.

Derrière le côté aseptisé de Facebook et l’illusion du bonheur sur Instagram, il y a pourtant les faits.

Et dans les faits, la « liberté » c’est celle du plus fort, celle des hommes qui ont du pouvoir institutionnel. C’est cela qui explique le grand succès du hashtag #BalanceTonPorc sur twitter, où des femmes racontent des agressions sexuelles.

Les témoignages y sont révoltants, comme par exemple ceux-ci :

« 1er stage de journalisme à Paris, j’avais 18ans. Le red chef m’embrasse de force. Il venait d’etre jeune papa. »

« Un red chef, grande radio, petit couloir, m’attrapant par la gorge : “un jour, je vais te baiser, que tu le veuilles ou non” »

Malheureusement, ils sont souvent l’expression de femmes éduquées, feignant d’être étonnées de ce que le milieu des entreprises se fonde sur des rapports de pouvoir.

Comme si le petit monde capitaliste était sympathique et non rempli de carriéristes et de manipulateurs, d’opportunistes et de trompeurs, d’agresseurs et d’écraseurs…

Ce n’est pas très sérieux. Ce n’est pas parce qu’Emmanuel Macron est président qu’on ne vit pas dans une société de beaufs. Derrière l’apparence, Emmanuel Macron doit d’ailleurs lui-même obéir aux valeurs dominantes.

Il n’y a qu’en s’opposant à ce système, de manière personnelle, en s’engageant en tant qu’humain, dans la confrontation, qu’on peut se préserver.

C’est le principe d’être révolutionnaire…

Encore faut-il en avoir le courage, en refusant toute corruption.

L’affaire Weinstein aux Etats-Unis, prétexte à une certaine libération de la parole féminine, est ainsi à la fois ignoble et ridicule, parce qu’elle n’a rien de nouveau.

Les moeurs agressifs d’un producteur, c’est ignoble, mais cela n’a rien d’original? Cela correspond aux mœurs hollywoodiens décadents depuis le départ, dans ce mélange de capitalisme et de spectacle, de pouvoir financier et de divertissement abrutissant des gens.

La vidéo qui ressort d’ailleurs pour bien souligner cela est la suivante : on y voit Courtney Love, chanteuse du groupe Hole ; elle a alors déjà abandonné toute sa culture grunge pour passer dans le show business.

Mais là elle craque et balance, en sachant qu’elle ne le « devrait » pas, conformément à l’omerta hollywoodienne…

« – Un conseil pour une jeune qui voudrait débuter à Hollywood ?

– Je sais que je vais me faire démolir si je dis ça, si weinstein vous propose une soirée privée au [complexe hôtelier] four seasons, n’y allez pas. »

Cette vidéo date de 2005 et elle n’a fait que dire ce que tout le monde savait et ce que tout le monde a accepté. Gwyneth Paltrow, par exemple, a elle-même été agressée, cela ne l’a pas empêché de remercier Harry Weinstein en pleurs lors de la cérémonie des oscars.

Quelle hypocrisie terrible… Le système parvient à faire des victimes des personnes consentantes, s’imaginant tout de même en profiter, quand même avancer dans leur vie.

Alors qu’en réalité, c’est la mort de l’esprit à petit feu, la souffrance marquée à vie pour le corps, l’esprit et le corps étant une seule et même chose qui plus est.

C’est ici la norme : pour participer à l’industrie hollywoodienne, aux fondements pourris, il faut participer à la pyramide de l’autorité et de l’humiliation.

Il serait tout à fait ridicule de ne pas penser que ce n’est pas pareil dans les médias ou dans la mode (récemment c’est le photographe Terry Richardson qui a accumulé les scandales). Tous ces milieux remplis de carriéristes et d’opportunistes sont prêts à tout pour avancer et servent de victimes sacrificielles pour des dégénérés profitant de leur puissance.

Et tout le monde sait très bien que les hommes ayant du pouvoir dans les institutions politiques ou économiques sont des beaufs, n’hésitant pas étaler leur agressivité sexuelle. C’est un constat élémentaire de la vie sociale, malheureusement, avec toute une hypocrisie française anti-« puritaine ».

C’est ce qu’Isabelle Adjani a très bien résumé hier dans le Journal du Dimanche, en disant :

« En France, il y a les trois G : galanterie, grivoiserie, goujaterie.

Glisser de l’une à l’autre jusqu’à la violence en prétextant le jeu de la séduction est une des armes de défense des prédateurs et des harceleurs. »

Ce qu’il y a de bien dans ces trois « G », c’est qu’il y a la tentative de définir le problème, de chercher quelle est la base culturelle du phénomène.

Et effectivement en France il y a un problème : on ne respecte pas l’intégrité des gens, en particulier des femmes. Cela a aussi à voir avec le fait de considérer le couple comme quelque chose de relatif, qu’on peut balancer par-dessus bord.

Il faut se rappeler ici de cet épisode qui a profondément marquer l’opinion publique, avec Michel Rocard expliquant en 2001 à Thierry Ardisson dans une émission qu’embrasser ou “sucer” ce n’est pas tromper!

Cet épisode a été durablement mis en valeur par ceux qui relativisent, qui nient la valeur du couple.

Car il y a une idéologie de la “consommation” sexuelle, du libertinage. Il n’est nul question de « porc » : ce qui est grave ici, c’est que les accusations justes contre les beaufs se transforment en argumentaire de type religieux contre les hommes en général, assimilés aux cochons.

C’est en effet un grand classique de la religion catholique que l’accusation selon laquelle les hommes sont emportés par leur réalité matérielle et ne penserait qu’à se « goinfrer » et « forniquer », en étant grossier et brutal.

Les pauvres cochons seraient conformes à cette vision délirante relevant de la fantasmagorie religieuse.

C’est la fameuse dénonciation du « pourceau d’Épicure », ce dernier étant un philosophe grec qui n’est rien d’autre qu’un de nos lointains prédécesseurs de l’antiquité.

Il est évident que la dénonciation des « porcs », ici des hommes en général, vise à cacher en fait que le cœur du problème ce sont ces milieux aux valeurs pourries et décadentes.

Comme cela demande toutefois une critique de la réalité, et que la parole relève surtout de femmes privilégiées socialement, on dévie la cible et on passe à une critique des hommes en général.

Sans voir que c’est le même discours que par exemple l’Islam qui veut que les femmes se voilent justement pour se protéger des hommes et de leurs pulsions qui seraient incontrôlables.

Sans, surtout, aller à une critique qui valoriserait la morale et la construction personnelle dans le couple. La morale et la construction personnelle dans le couple étant inacceptable pour une société fondée sur les individus autonomes, “libres de faire ce qu’ils veulent”, picorant autour d’eux sans jamais se sentir lié…

“Une amende forfaitaire en cas d’usage de stupéfiant”

Ces derniers jours ont eu lieu plusieurs réunions organisées par la mission d’information parlementaire sur la mise en place d’une amende forfaitaire en cas d’usage de stupéfiant.

Jetons un œil bref sur ce premier pas vers l’inéluctable légalisation du cannabis, en absence d’opposition massive et militante. Car on est là dans une opération technocratique rondement menée.

Après la vague chargée de neutraliser l’opinion publique, la légalisation va se faire administrativement : il s’agit de faire passer la consommation du cannabis dans le cadre de « l’amende forfaitaire délictuelle ».

Si on est arrêté avec du cannabis, on aura donc une amende. Or, c’est très compliqué à mettre en place, comme le remarquent d’ailleurs même les responsables de cette mission sont Robin Reda (Les Républicains) et Éric Poulliat (La République En Marche).

Ceux-ci servent, pour résumer, d’interface de discussion avec les multiples intervenants invités pour donner leur avis. Ces avis ne concernent nullement le cannabis, mais seulement la manière dont il faut procéder à la mise en place des amendes pour consommation de cannabis.

La définition exacte de la mission parlementaire est d’ailleurs: « mission d’information portant sur l’opportunité de recourir à la procédure de l’amende forfaitaire délictuelle (déjà prévue dans notre droit pour deux délits routiers) pour sanctionner l’infraction d’usage illicite de stupéfiants. »

Où sont les complications ? Le problème, c’est que déjà les mineurs vont échapper à ce principe de délit, relevant d’une autre juridiction. Ensuite, il y a le volet pénal qui reste en cas de récidive et qui relativise donc le principe comme quoi ce serait simplement un « délit ».

Notons au passage que tout ce mic-mac permet, en même temps de rester dans le cadre de la Convention des Nations Unies contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes, datant de 1988 et signé en 1990. Officiellement, la France interdirait le cannabis… mais sans appliquer de répression autre qu’une amende.

Ensuite, il y a le problème de la prévention sur le plan de la santé, le cannabis devenant un délit échappant alors littéralement à tout principe de santé publique. On en arriverait en fait à la même hypocrisie qu’avec l’alcool et les cigarettes.

Enfin, cette décriminalisation pose encore un autre souci, puisqu’elle contourne la question de la production : le marché noir reste et l’État ne gagne pas ces fameuses taxes qu’il aurait en cas de légalisation…

Une légalisation qui va donc se présenter à terme comme « inéluctable » de par le problème de l’encadrement des délits. De toutes façons, parmi les « invités » aux auditions, on trouve même Cannabis sans frontières ou le Collectif d’information et de recherche sur le cannabis (CIRC).

Il suffira que la police dise – et elle le fera – qu’elle a autre chose à faire que mettre des contraventions pour le cannabis, et le tour sera joué !

Arkangel : “Prayers upon deaf ears”

« Les Lamentations des morts glorifient la révolution
Les larmes des victimes
Flottent dans une mer de désespoir »

 

« Dans un bassin de rouge
Les outils de la mort forgés dans les flammes du mépris
Les animaux non humains meurent au nom de l’ignorance égoïste »

 

« Alors que les larmes tombent de mes yeux et roulent sur ma la joue comme une pluie de tristesse, je prie pour le salut de l’innocence mais mon esprit endeuillé et mon coeur saignant savent que ce sont des prières dans des oreilles sourdes »

 

« La folie industrielle consomme Gaïa
Témoignez de la disparition de la vie sous le siège de l’humanité
Mère sans respiration, impuissante elle meurt »

C’est un album emblématique d’un groupe de musique qui a eu une grande influence. Lorsque le groupe belge Arkangel sort en 1998 l’album “Prayers upon deaf ears”, on fait face en effet à un monument.

On est dans une affirmation vegan straight edge profonde, avec des paroles reflétant une vision du monde comprise et exprimant une colère sourde. Il y a quelque chose de profond, de vrai, de juste, dit avec émotion et vérité.

La musique, de par son tournant métal dans le hardcore, apporte quelque chose de nouveau, qui a été marquant. Il y a un côté à la fois sombre et agressif, une tristesse et une colère qui sont terribles et engagés : la partie parlée à la fin de l’album est un appel à la compassion.

Mais il est difficile d’être au niveau et de comprendre l’ampleur de ce qu’on porte. Les musiciens d’Arkangel ont ainsi entièrement rompu avec tout ce qui a un rapport avec la culture vegan straight edge et ses principes, profitant toutefois de leur aura et d’un style découvert pour continuer une carrière sous le même nom.

C’est étrange et révoltant. La forme aussi, perdant tout rapport avec son contenu, a alors irrigué une scène metalcore allant parfois jusqu’au nihilisme (Arkangel est ainsi proche de « Kickback », du « negative hardcore » français avec chaque concert tournant en bagarre, une fascination pour la « transgression » jusqu’au morbide, etc.).

Bref, Arkangel s’est transformé en son contraire. Cela doit nous rappeler que nous devons rester humbles et disciplinés, écraser toujours notre ego pour toujours savoir se mettre au service de Gaïa, sans céder.

C’est Gaïa qui prime – la Terre d’abord !

Voici les paroles de l’album « Prayers upon deaf ears », « Prières dans des oreilles sourdes ». L’ordre des chansons suit l’album (qui fait un peu moins de 20 mn), les lecteurs sont calibrés pour chaque chanson.

Within The Walls of Babylon
Au sein des murs de Babylone

Immersed in a sea of pain
Chained to a lifetime agony
Existence becomes a thorn stuck in the side of the innocents
Born different, destined to suffer
A throne usurped by man for a Kingdom plagued with tyranny
Immergée dans une mer de douleur
Enchaînée à une agonie à vie
L’existence devient une épine planté dans la côte des innocents
Né différent, destiné à souffrir
Un trône usurpé par l’homme pour un Royaume rongé de tyrannie

Malicious, vile, merciless
Modernity devours the children of earth disgraced
Before humanity’s demented eyes
Driven by sickness civilization indulges in suicidal madness
Malicieuse, vile, impitoyable
La modernité dévore les enfants de la terre déshonorés
Devant les yeux de déments de l’humanité
Conduite par la civilisation de la maladie, engagée dans la folie suicidaire

Within the walls of Babylon, wickedness is rampant
And snakes crawl under virgin skin
I seek a moral elevation
To salvage hopes of paradise
No more cupidity but altruism to restore harmony
Au sein des murs de Babylone, la folie furieuse est rampante
Et les serpents rampent sous la peau vierge
Je cherche une élévation morale
Pour sauver les espoirs du paradis
Plus de cupidité mais l’altruisme pour restaurer l’harmonie

Under a red sky of dying nature
Laments of the dead praise revolution
Tears of the victimized
Flow into a sea of despair
Sous un ciel rouge de la nature mourante
Les Lamentations des morts glorifient la révolution
Les larmes des victimes
Flottent dans une mer de désespoir

One Standard, One Ethic
Une norme, une éthique

In the mist of inferno, I seek salvation
Filth cannot taint my allegiance
For my heart
Holds the truth
Dans le brouillard de l’enfer, je cherche le salut
La saleté ne peut pas corrompre mon allégeance
Car mon cœur
porte la vérité

My heart and my mind worship discipline and filter right from wrong
Purification
Mon cœur et mon esprit adorent la discipline et filtrent le bien du mal
Purification

Sworn to justice to cast iniquities into the shadows of oblivion
Untouched by the dirt of lust
One standard, one ethic
Redemption for all innocent life
One standard, one ethic
Reverance for the sentiment
Jurer à la justice de jeter les iniquités dans l’ombre de l’oubli
Intact de la crasse de la luxure
Une norme, une éthique
La rédemption pour toute vie innocente
Une norme, une éthique
La révérence pour le sentiment

(reprise)

Built Upon The Graves
Construit sur les tombes

Emissaries of demise slit the defenseless
In an act of barbarity
Sharp knives give the final embrace
In a pool of red
Les émissaires de la faille ont fendu les sans défense
Dans un acte de barbarie
Les couteaux aiguisés donnent l’étreinte finale
Dans un bassin de rouge

Deathtools forged in the flames of scorn
Non human animals die in the name of selfish ignorance
Les outils de la mort forgés dans les flammes du mépris
Les animaux non humains meurent au nom de l’ignorance égoïste

Blood spilled for lust
In temples of terror
Factory farms
Le sang répandu pour la luxure
Dans les temples de la terreur
Les fermes usine

Vivisection laboratories
Fur ranches Slaughter houses
All replace concentration camps still injustice remains
Les laboratoires de la vivisection
Les séries d’abattoirs pour la fourrure
Tous remplacent les camps de concentration encore l’injustice reste

End this evil empire built upon the graves
Of murdered and devoured creatures
Salvation I whisper thy name and scream for liberation
Consumption of lifeless bodies is a vote for genocide
Terminons-en avec cet empire maléfique construit sur les tombes
D’assassinées et dévorées créatures
Le salut je murmure ton nom et je hurle pour la libération
La consommation de corps sans vie est un vote pour le génocide

In The Embrace Of Truth
Dans l’étreinte de la vérité

I am not tempted by your paradise of lies
Never will I fester in the boels of decadence
Committed to nobility for a higher destiny
In the embrace of truth belongs my heart and soul
I walk the path of righteousness
Je ne suis pas tenté par votre paradis de mensonges
Jamais je ne me farderai dans les bouffées de la décadence
Engagé pour la noblesse pour une destinée supérieure
Dans l’étreinte de la vérité appartient mon coeur et mon âme
Je parcours le chemin de la droiture

My quest for justice is enlightened by the blazing sun of harmony
I refuse to partake into man’s craving for lechery
A desire fueled by the flames of greed in this world Mother
Culture is a legacy of prejudices
Against non human animals
Ma quête de justice est éclairée par le soleil brûlant de l’harmonie
Je refuse de participer à l’envie de l’homme pour la luxure
Un désir alimenté par les flammes de la cupidité dans ce monde Mère
La culture est un héritage de préjugés
Contre les animaux non humains

Day Of Apocalypse
Jour de l’apocalypse

“And there were angels who could not accept the lifting of man above them,
and like Lucifer rebelled against the armies of the loyal arch-angel Michael,
and there arose a second war in Heaven” [From the movie The Prophecy, inan extra chapter of the Book of Revelation]
«Et il y avait des anges qui ne pouvaient pas accepter la levée de l’homme au-dessus d’eux,
et comme Lucifer se révoltèrent contre les armées du fidèle archange Michel,
et il y a eu une seconde guerre au ciel » [Tiré du film La Prophétie, dans un chapitre supplémentaire du Livre de l’Apocalypse]

I hear the trumpets of the apocalypse
Announcing the end of man
So please end this exploitation
Thou shall not poison the earth
Essence of all existence for with her
We fall along into the abyss of avidity
J’entends les trompettes de l’apocalypse
Annoncer la fin de l’homme
Donc s’il vous plaît cessez cette exploitation
Vous ne devriez pas empoisonner la Terre
Essence de toute existence, avec elle
Nous tombons dans l’abîme de l’avidité

Sealing our fate with the kiss of death
Defense of innocent life is my declaration
Retribution, humanity harvests destruction
As we have sown desolation
Scellant notre sort avec le baiser de la mort
La défense de la vie innocente est ma déclaration
La rétribution, l’humanité transporte la destruction
Comme nous avons semé la désolation

Vision of apocalypse complete devastation
Final judgement falls upon us as we rape the land
Vision de l’apocalypse, dévastation complète
Le jugement définitif tombe sur nous alors que nous violons la terre

When mother earth’s lifeforce depletes
Action must be taken to free the world from its sickness
Action for justice leads to freedom
Lorsque la force vitale de la terre-mère s’épuise
Il faut prendre des mesures pour libérer le monde de sa maladie
L’action pour la justice conduit à la liberté

Scorched landscape burned to ashes
Original state of balance forever lost
Creation of nature is drowned into concrete
Paysage brûlé en cendres
L’état d’équilibre original perdu à jamais
La création de la nature est noyée dans le béton

Oblivion embraces paradise while helpless species die
We forge this world into an hell
Industrial madness consumes Gaïa
Witness the demise of life under the siege of humanity
Breathless mother, helpless she dies
L’oubli embrasse le paradis alors que les espèces sans défense meurent
Nous forgeons ce monde en un enfer
La folie industrielle consomme Gaïa
Témoignez de la disparition de la vie sous le siège de l’humanité
Mère sans respiration, impuissante elle meurt

Evilization
Mal-isation

Legions of demons advance in the shadow of mankind
Infernal hordes of chaos wage war against Earth
Soldiers of doom pour venom on the land
Final shreds of nature swing on the brink of abyss
While non human life agonizes
Anthropocentrism is tainted by the suffering of millions
Des légions de démons avancent dans l’ombre de l’humanité
Des hordes infernales du chaos font la guerre contre la terre
Des soldats de la destruction versent du venin sur la Terre
Les fragments finaux de la nature se balancent au bord de l’abîme
Alors que la vie non-humaine agonise
L’anthropocentrisme est entaché par la souffrance de millions

Admist inferno, I seek salvation to bring an end to your mindless destruction
We conquer a wind of protest
Blows to enlighten
Au milieu de l’enfer, je cherche le salut pour amener une fin à votre folle destruction
Nous conquérons un vent de protestations
Soufflant pour éclairer

The blackness of ignorance when absolute evil forms
I raise an avenging sword and strike the beast into its heart
To preserve innocence, to protect the defenseless
I am striving for an all encompassing golden age
Where justice and compassion prevail
In reaction to decadence emerges a shining order
One that ensures freedom not enslavement
La noirceur de l’ignorance quand le mal absolu se forme
Je soulève une épée vengeresse et frappe la bête dans son cœur
Pour préserver l’innocence, protéger les sans défense
Je tends à un âge d’or embrassant tout
Où la justice et la compassion prévalent
En réaction à la décadence émerge un ordre brillant
Celui qui assure la liberté et non l’asservissement

[Spoken Part]
[Partie parlée]

As tears fall from my eyes and roll over my
cheek as a rain of sadness, I pray for the salvation of innocence
but my mourning soul and bleedings heart know that they are prayers
upon deaf ears for I have witnessed so much disregard in the actions
of our greed ridden civilization.
Alors que les larmes tombent de mes yeux et roulent sur ma
joue comme une pluie de tristesse, je prie pour le salut de l’innocence
mais mon esprit endeuillé et mon coeur saignant savent que ce sont des prières
dans des oreilles sourdes, j’ai été témoin de tant de mépris dans les actions
de notre civilisation dominée par l’avarice.

After all the pain, after all the suffering non human animals
have to endure, imprisoned in the factory farms, tortured
in the vivisection laboratories and killed in the slaughterhouses,
symbols of ignorance and cruelty, I hope that somewhere there
is a place where they can finally rest in peace.
Après toute la douleur, après toute la souffrance que les animaux non humains
doivent endurés, emprisonnés dans les fermes industrielles, torturés
dans les laboratoires de vivisection et tués dans les abattoirs,
symboles de l’ignorance et de la cruauté, j’espère que quelque part là-bas
il y a un endroit où ils peuvent enfin se reposer en paix.

But the sad and bitter truth is that no heaven awaits us,
only an hell that man creates on earth, En hell that burns
everything on its path, leaving ashes of desolation in its wake.
Mais la triste et amère vérité est qu’aucun paradis ne nous attend,
seulement un enfer que l’homme crée sur terre, un enfer qui brûle
tout sur son chemin, laissant les cendres de la désolation dans son sillage.

Dominion over nature ensures our demise for we destroy
the unique life support systems we’ll ever have, this beautiful
planet which brought us into the sunlight.
La domination sur la nature assure notre disparition car nous détruisons
les uniques systèmes de soutien de la vie que nous n’aurons jamais, cette belle
planète qui nous a amenés à la lumière du soleil.

Love, compassion and justice are not just beautiful words,
they are a weapon against the greed and selfishness
of the society we live in.
L’amour, la compassion et la justice ne sont pas seulement des mots magnifiques,
ils sont une arme contre la cupidité et l’égoïsme
de la société dans laquelle nous vivons.

Love, compassion and justice are a weapon for revolution
in the mind and in the soul of every man and every woman,
a revolution for the coming of harmony.
L’amour, la compassion et la justice sont une arme pour la révolution
dans l’esprit et dans l’âme de chaque homme et de chaque femme,
une révolution pour l’avènement de l’harmonie.

Veganism is compassion, is justice, is a tool for the love
and caring to prevail on this earth. The only true happiness
is the one we all share in total freedom.
Le véganisme est la compassion, est la justice, est un outil pour que l’amour
et le fait de prendre soin prévalent sur cette terre. Le seul vrai bonheur
est celui que nous partageons tous en totale liberté.

Vegan Straight Edge, pour la libération

stickerIl n’y a aujourd’hui aucune raison de ne pas être vegan straight edge et toutes les personnes conscientes de ce qui se passe dans le monde doivent assumer une position d’avant-garde, une position de rupture, l’indiquant clairement afin d’ouvrir une brèche.

La destruction de la vie naturelle sur la planète, tout cela pour un mode de vie à la fois barbare et absurde, criminel et meurtrier, doit être stoppée, ce qui signifie qu’un contre-projet de libération doit être lisible, diffusé, assumé et se concrétise sous la forme d’un changement complet, d’une révolution totale dans la manière d’avoir des rapports avec les animaux, avec la Nature, avec la vie en général.

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Le réchauffement climatique est une épée de Damoclès sur l’humanité ; elle représente l’impact des erreurs humaines, elle est la réponse à un déséquilibre provoqué par l’humanité dans son développement non harmonieux.

Établir cette harmonie est notre devoir et nous disons établir et non rétablir, parce que nous ne voulons pas retourner en arrière comme les zadistes de Notre-Dame-des-Landes ou l’extrême-droite. Le passé est le passé et il faut laisser place à l’avenir, à un monde pacifié et unifié, où tous les efforts sont tournés vers la protection de la planète et de tous les êtres vivants qui y habitent.

stickerFace à la rapidité de l’accroissement du massacre général de la vie sauvage, de l’expansion de l’exploitation animale, des catastrophes en liaison avec le réchauffement climatique, il n’est pas possible de tergiverser.

Le véganisme bobo est un obstacle, un frein à la prise de conscience de l’ampleur de la destruction et du scandale moral. Le système lui-même est très content de cette forme inoffensive empêchant une juste rage de gagner chaque être humain dont la personnalité n’est pas déformée par le cynisme, l’isolement individualiste, la fuite dans les drogues ou l’alcool, la quête d’une accumulation matérielle sans esprit ni sens, les divertissements superficiels, le mépris, l’esprit de concurrence…

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Le véganisme bobo n’est qu’un vecteur pour l’esprit d’entreprise, la fuite dans des petits
espaces isolés, en-dehors de la réalité de notre monde. C’est une approche qui est une insulte à notre planète, que nous devrions protéger comme une mère.

Comme une mère qu’elle est, justement, dans les faits, car l’humanité n’existe pas de manière indépendante, malgré tous ses fantasmes anthropocentristes. Seuls ceux qui ont quelque chose à gagner contre la Nature ne veulent pas assumer ce principe évident : il ne peut pas y avoir de compromis dans la défense de la Terre-Mère.

stickerIl ne peut pas y avoir de compromis dans la délivrance attendue par des millions d’êtres vivants, par la Nature sauvage, et même par une humanité aliénée, dénaturée, ayant perdu tout sens des valeurs naturelles au nom de la course à l’individualisme et à la consommation.

C’est une tâche incroyable et en apparence démesurée et c’est la raison pour laquelle beaucoup n’osent pas ou capitulent, perdant confiance dans une bataille qui semble avoir des proportions incroyables.

Mais le combat ne peut pas s’arrêter. Le combat ne s’arrête jamais et inévitablement la tempête à venir va balayer les valeurs perdues de l’humanité anthropocentriste, mettant sur la table la nécessité de reconnaître la Nature, la beauté des animaux, le caractère central de la planète.

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Le caractère central de la planète, c’est ce que représente la lettre grecque thêta, Θ, symbole inventé aux États-Unis en 1969 dans le mouvement écologiste. Le choix de la lettre provient du fait qu’elle combine symboliquement le « o » pour « organisme » et le « e » pour environnement.

Le symbole a été par la suite repris par les gens faisant de la culture vegan straight edge le vecteur d’une radicalité écologiste authentique, soulevant les questions essentielles par rapport aux destructions terribles infligées à la vie.

stickersC’est ce message que nous diffusons, c’est ce feu intérieur que nous propageons, c’est cette discipline que nous portons et transmettons.

Pas de drogues, pas d’alcool, pas de rapports sexuels sans couple durable.
Le respect de soi-même, l’acceptation de la réalité, une vie naturelle.
Pas de consommation de produits d’origine animale.
L’amour pour les animaux, la compassion comme fondement de la vie quotidienne.

La volonté inébranlable du changement nécessaire, l’absence de compromis dans la défense de notre mère la Terre.

Vegan Straight Edge !