Archives de catégorie : Gaïa – la vie de la Terre

Eruption au mont Shindake au Japon

Le mont Shindake au Japon, dont le pic est à 640 mètres, possède un volcan qui est rentré hier matin brutalement en éruption, avec une plume atteignant la hauteur de 10,9 kilomètres !

Il était en sommeil depuis 34 ans ; le mont se trouve sur une île, Kuchinoerabu, bien loin du Japon continental, l’île de Kyushu étant à 80 kilomètres, Tokyo à 1000 kilomètres.

Voici une impressionnante vidéo de l’éruption.

Le Japon connaît ces dernières semaines une résurgence des activités volcaniques ; les scientifiques se demandent dans quelle mesure cela a un rapport avec le tremblement de terre de 2011, connu pour le tsunami qui s’en était suivi, amenant 20 000 morts humains ainsi que les problèmes à la centrale nucléaire de Fukushima.

Il est bien connu que le Japon est un archipel dont voici justement les plaques tectoniques.

Tout cela rappelle l’énorme complexité de notre planète en tant que système hébergeant la vie. L’humanité pourrait plonger dans la recherche, l’étude, la compréhension de tout cela – au lieu de cela elle privilégie la division ethnique, les guerres, la quête individuelle au profit, la célébration des egos.

Il est évident que tout cela ne saurait durer et que le 21ème siècle attend de l’humanité une attitude autrement plus constructive…

François Moutou et la question des épidémies sur la Terre

L’humanité joue à l’apprenti sorcier, s’imaginant être en dehors de la Nature et donc pouvoir l’analyser « objectivement ». Une vaine prétention niant les inter-relations existant, la Nature étant un tout et l’être humain qu’une partie, partie devant se discipliner, se soumettre au tout: c’est cela que signifie « la Terre d’abord! ».

François Moutou vient de sortir un livre participant à la tentative actuelle de prétendre pouvoir « gérer » le futur proche – une chose impossible tant que l’humanité pensera être le tout et analysera le monde tel des fragments séparés, alors qu’il faut partir du tout puis en comprendre les composantes.

Le livre s’intitule « Des épidémies, des animaux et des hommes » et son auteur est vétérinaire, épidémiologiste et ancien directeur adjoint du laboratoire de santé animale de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

Citons ici ce qu’a pu dire François Moutou de par le passé, pour comprendre son point de vue:

« La question n’est pas de discourir sur une stratégie nationale pour la biodiversité mais de décider ensemble si on garde ou non, le grand hamster (Cricetus cricetus) en Alsace, le vison européen (Mustela lutreola) en Aquitaine, l’ours brun (Ursus arctos) dans les Pyrénées – et tous les autres – et ensuite de s’y tenir.

On sait techniquement comment faire et pour les conserver et pour les éliminer. On le dit, on le fait et on l’assume. »

Faut-il voir quelque chose de positif ou non? S’agit-il d’une simple mentalité de « gestionnaire », bien française? C’est bien le cas. Dans une interview au Journal de l’environnement (produit par le grand groupe Infopro digital), François Moutou pointe une menace: celle de la commercialisation des animaux sauvages capturés.

Mais c’est le risque qui l’intéresse, ainsi que la biodiversité. Pas les animaux sauvages en soi. Pas les animaux tout court non plus puisqu’il pense que les élevages sont une bonne solution…

JDLE – Vous consacrez un chapitre aux nouveaux animaux de compagnie, dont le commerce est en partie régulé, mais fait aussi l’objet de ventes illégales sur internet. Est-ce selon vous un risque important de maladies émergentes?

François Moutou – Début mars, trois cas d’encéphalite mortelle ont été observés en Allemagne chez des éleveurs d’écureuils originaires d’Amérique centrale, du fait d’un bornavirus.

Et en 2003, des cas de variole du singe, la «monkeypox», sont survenus aux Etats-Unis chez des propriétaires de chiens de prairie, animal originaire d’Amérique du Nord. Or ces animaux avaient été en contact, dans les animaleries, avec environ 800 rongeurs d’origine africaine, eux-mêmes porteurs du virus. Pourtant, il n’y avait dans ce commerce rien d’illégal, rien de frauduleux.

En créant de tels contacts entre des animaux ne se côtoyant pas dans la nature, en l’occurrence des rongeurs nord-américains et africains, on crée toutes les circonstances d’échange de pathogènes.

Personne ne peut anticiper le résultat de telles rencontres.

Je ne comprends pas que l’on continue à accepter la commercialisation d’animaux exotiques capturés dans la nature, alors que l’on pourrait recourir à des élevages en ferme, avec une plus grande surveillance sanitaire, une possibilité de remonter la filière en cas d’accident. Ce n’est bon ni pour la biodiversité, ni pour la santé publique.

Pour le monkeypox, les conséquences pour les personnes ont heureusement été assez limitées. Mais il est certain qu’en entretenant un tel commerce, on joue avec le feu. Et à force de jouer au loto, un jour on finit par gagner.

La question-réponse suivante reflète également bien cette approche, qui se veut rationnelle, mais ne dépasse par la mentalité du chef d’entreprise s’occupant des comptes de la société en étant surtout tourné vers la question des profits.

JDLE – Quelle est la part, dans la survenue de maladies émergentes, des caractéristiques propres aux pathogènes, tels que bactéries et virus, et des facteurs humains?

François Moutou – Il est très difficile de séparer les deux phénomènes. Le temps de génération d’une bactérie est de l’ordre de quelques heures, ce qui lui laisse le temps de muter un nombre incommensurable de fois au cours de la vie d’un être humain. D’autre part, nous sommes actuellement 7 milliards de personnes sur Terre, la population ne cesse de croître. Or en épidémiologie, il y a des effets de seuil au-delà d’un certain effectif. Nous serons probablement 9 milliards d’individus en 2050, il est fort probable que de nouveaux phénomènes se produisent d’ici là.

Du fait de cette croissance démographique, l’homme a besoin de toujours plus de place, il continue à envahir des espaces jusqu’alors très peu habités. Par exemple, la forêt disparaît, ce qui crée de nouveaux contacts avec la faune sauvage, soit de manière directe avec l’homme, soit avec les élevages.

Les virus ne tombent pas du ciel, ils étaient déjà là où on les croise. Par exemple, il suffit de raser des forêts, d’y établir des élevages de porcs et d’y planter des arbres à lychees, comme cela se fait souvent.

Délogées de la forêt, les chauves-souris vont s’installer au-dessus des cochons, se nourrissant des fruits: l’homme crée ainsi des proximités entre diverses espèces qui ne se côtoyaient pas jusqu’alors, ce qui favorise les transmissions de microbes. L’homme n’est donc pas seulement une victime des maladies émergentes, il en est aussi acteur.

Tout ce que dit François Moutou est d’un niveau terriblement faible. Cela peut aider quelqu’un ne reconnaissant pas la vie sur la planète Terre comme une globalité, comme un système, mais c’est tout sauf scientifique. On comprend très bien que seule la reconnaissance théorique (et pratique) de la Terre comme système global – ce que nous appelons symboliquement Gaïa – permet d’avoir un aperçu global cohérent.

Si on en est encore à constater que les interventions humaines ont un impact sur le reste de la Nature, on est mal parti, très mal parti!

Et c’est bien le cas, car comme le montre François Moutou, les humains pensent qu’ils ont un impact sur la Nature (et « malheureusement » réciproquement), c’est-à-dire qu’ils partent du principe qu’ils sont sortis de la Nature, qu’ils n’ont plus rien à voir avec elle.

Le citadin méprisant le pigeon a le même fond culturel que le scientifique « étonné » de voir que l’humanité a une interaction avec tout le reste du domaine de la vie…

C’était un étonnement peut-être compréhensible et acceptable il y a 300 ans. Mais en 2015, c’est un étonnement criminel, qu’il faut écraser, extirper des mentalités humaines. Sans quoi le déséquilibre sera tel que l’humanité sera alors, pour le coup, vraiment mis en-dehors de Gaïa, ce qui l’amènera à disparaître, alors que si elle est apparue au sein de la Terre comme système, c’est bien qu’elle a un rôle à jouer: protéger la Terre et sa vie.

Un point bleu pâle, visible depuis l’ISS 24 heures sur 24

La Station spatiale internationale est une structure de 110 m de longueur, 74 m de largeur et 30 m de hauteur qui se balade au-dessus de nous à des fins scientifiques.

Or, ce qui est formidable, c’est qu’il y a désormais des caméras haute définition qui sont placées dessus, et la NASA diffuse la vue de la Terre 24 heures sur 24, même s’il y a parfois de légers décrochages techniques…

Broadcast live streaming video on Ustream

Idéalement il faut cliquer à droite pour mettre la résolution à 720p.

C’est absolument formidable, et citons ici des paroles très connues de l’astronome Carl Sagan, au sujet d’un point bleu pâle. Il s’agit en l’occurrence d’une photographie de la planète bleue prise par Voyager, en 1990, à 6,4 milliards de kilomètres…

Regardez encore ce petit point. C’est ici. C’est notre foyer. C’est nous.

Sur lui se trouvent tous ceux que vous aimez, tous ceux que vous connaissez, tous ceux dont vous avez entendu parler, tous les êtres humains qui aient jamais vécu.

Toute la somme de nos joies et de nos souffrances, des milliers de religions aux convictions assurées, d’idéologies et de doctrines économiques, tous les chasseurs et cueilleurs, tous les héros et tous les lâches, tous les créateurs et destructeurs de civilisations, tous les rois et tous les paysans, tous les jeunes couples d’amoureux, tous les pères et mères, tous les enfants plein d’espoir, les inventeurs et les explorateurs, tous les professeurs de morale, tous les politiciens corrompus, toutes les “superstars”, tous les “guides suprêmes”, tous les saints et pécheurs de l’histoire de notre espèce ont vécu ici, sur ce grain de poussière suspendu dans un rayon de soleil.

La Terre est une toute petite scène dans une vaste arène cosmique.

Songez aux fleuves de sang déversés par tous ces généraux et ces empereurs afin que nimbés de triomphe et de gloire, ils puissent devenir les maîtres temporaires d’une fraction d’un point. Songez aux cruautés sans fin imposées par les habitants d’un recoin de ce pixel sur d’indistincts habitants d’un autre recoin. Comme ils peinent à s’entendre, comme ils sont prompts à s’entretuer, comme leurs haines sont ferventes.

Nos postures, notre propre importance imaginée, l’illusion que nous avons quelque position privilégiée dans l’univers, sont mis en question par ce point de lumière pâle.

Notre planète est une infime tache solitaire enveloppée par la grande nuit cosmique. Dans notre obscurité – dans toute cette immensité – il n’y a aucun signe qu’une aide viendra d’ailleurs nous sauver de nous-mêmes.

La Terre est jusqu’à présent le seul monde connu à abriter la vie.

Il n’y a nulle part ailleurs, au moins dans un futur proche, vers où notre espèce pourrait migrer. Visiter, oui. S’installer, pas encore. Que vous le vouliez ou non, pour le moment c’est sur Terre que nous prenons position.

On a dit que l’astronomie incite à l’humilité et fortifie le caractère.

Il n’y a peut être pas de meilleure démonstration de la folie des idées humaines que cette lointaine image de notre monde minuscule. Pour moi, cela souligne notre responsabilité de cohabiter plus fraternellement les uns avec les autres, et de préserver et chérir le point bleu pâle, la seule maison que nous ayons jamais connue.

« Ces paysages que l’on assassine »

Le Figaro a publié sur son site deux tribunes ayant une certaine
importance. En effet, elles abordent directement ce qui est pour nous
la libération animale et la libération de la Terre. Sauf qu’évidemment
ce qui est proposé est un mélange de Pétain, de Notre-Dame-des-Landes et de décroissance.

Le problème n’est pas seulement le point de vue différent: ce qui
compte ici c’est que ces thèmes soient ouvertement abordés, et que le
niveau est là: on voit bien qu’il y a une intense réflexion…

Pour aujourd’hui, le premier article est de Natacha Polony et s’intitule « Ces paysages que l’on assassine ». Le terme de paysage est ici absolument essentiel. Car il s’oppose par définition à celui de Nature. Le paysage, c’est un endroit naturel à l’origine mais façonné par les
humains, conformément à une certaine tradition. C’est un terme
pétainiste dans l’esprit…

Polony a été chroniqueuse à la télévision (« On n’est pas couché »),
c’est une essayiste conservatrice présentant sa démarche comme
relevant de la contestation (elle a fait partie de la gauche
nationaliste de Jean-Pierre Chevènement et a été journaliste chez «
Marianne ». Elle écrit désormais pour Le Figaro, tout en polémiquant sur l’éducation nationale).

Le soleil écrase les sons et déploie les senteurs de verveine et
d’herbe coupée. Une abeille bourdonne paresseusement. L’eau de la rivière prend des teintes turquoise. Et dans la tranquillité du jour qui passe, immanquablement, un des amis présents évoque le temps où la pêche était bonne.

Le temps où les brochets et les perches mordaient aux hameçons des moins expérimentés, où les anguilles se jetaient dans les nasses, où les écrevisses se laissaient ramasser par les enfants audacieux. Un autre se souvient de ces éclosions d’éphémères qui, certains soirs d’août, empêchaient les voitures de rouler en tapissant les pare-brise. Et des dizaines de papillons qui s’égayaient quand on courait dans les herbes.

On trouvera bien sûr des progressistes pour s’agacer de ces relents nostalgiques. Ceux notamment que n’a jamais émus la fascinante pérennité d’un paysage où se marient l’époustouflante beauté de la nature et le patient travail des hommes. Mais tous les autres, s’ils ont un semblant d’honnêteté, avoueront s’être fait la remarque.

Ceux qui allaient aux écrevisses dans le Jura, ceux qui pêchaient le brochet dans l’Indre et ceux qui allaient à la chasse aux papillons dans les frais bocages de Brassens. À quel moment tout cela a-t-il basculé? Il y a trente ans? Quarante ans?

L’un raconte que depuis la construction de la centrale nucléaire de Blaye, les esturgeons, les lamproies et les pibales ont disparu. Les poissons venaient se prendre dans les filtres et mouraient par dizaines. Et puis on n’en a plus vu. L’autre cite cette revendication des ouvriers qui exigeaient de ne pas manger de saumon plus de deux fois par semaine. La Loire en regorgeait et c’était le menu quotidien.
La pêche en est aujourd’hui interdite, mais est-ce bien nécessaire puisqu’il n’en reste aucun? 80 % des rivières françaises sont polluées.

Une étude vient de démontrer que les fruits bio contiennent sept fois moins de résidus de pesticides que les fruits de l’agriculture conventionnelle. Ô étonnement! Jusqu’à présent, les études publiées s’échinaient à prouver que les produits bio n’avaient pas de propriétés nutritionnelles supérieures. Pas de vitamines en plus. Normal, puisque ce n’est pas ce qu’on leur demande. Mais en effet, ils préservent la terre et omettent de nous empoisonner. C’est bien suffisant.

Aux États-Unis, la culture massive de plantes OGM résistantes au Roundup a permis d’inonder les terres de cet herbicide. Résultat, une mauvaise herbe est devenue à son tour résistante. Pour la combattre, les autorités viennent d’autoriser la culture d’OGM résistants à l’un des composants du fameux «agent orange», cet herbicide qui, déversé sur le Vietnam, a été responsable de handicaps monstrueux. Pas moins de 5 600 écoles se situent à proximité des zones concernées par cette autorisation.

Et les insectes ont à ce point disparu qu’en Chine, dans certaines régions, ce sont des femmes qui pollinisent à la main les arbres fruitiers. Bien sûr, on regarde d’un œil distrait les reportages qui racontent cela. On en frémit parfois. Et puis plus rien. Et si les enfants ne peuvent plus aller chasser les papillons, ça n’est pas très grave. De toute façon, ça ne les intéresse pas: ils pratiquent la chasse au monstre numérisé sur console de jeu.

Pourtant, la question se pose de savoir qui a choisi, en conscience, qu’il devait en être ainsi. Le peuple, diront certains. Le peuple qui veut des aliments bon marché, variés, donc une agriculture industrialisée génératrice de pollution. Et puis la mondialisation, qui est un fait et dans laquelle il faut bien surnager par tous les moyens.

Mais les choses sont un peu plus complexes. Souvenir d’un reportage en Berry pour l’élection présidentielle de 2007. Sur le marché de Valencay, un homme exprime son désarroi: «Moi, je m’en fiche, de la politique. Tout ce que je demande, c’est de pouvoir emmener mon fils à la pêche et lui apprendre ce que je sais. Mais même ce plaisir-là, on n’y a plus droit.»

En fait, la politique, c’est aussi savoir si l’on va faire en sorte
que ce père puisse emmener son fils à la pêche. La politique, c’est se demander ce qui fera le bonheur de ce père, de son fils, et de tous ces gens dont la seule richesse est de profiter d’une douceur de vivre qui ne coûte rien.

Mais les sociétés occidentales ont conçu un système dans lequel chaque petit bonheur doit coûter et rapporter. On baptise donc loisir ce petit bonheur, on le transforme en industrie susceptible de générer des profits parla mise au point d’une technique qui soit la plus performante et on l’intègre à un ensemble de mesures de rationalisation de chaque domaine de l’activité humaine.

Dès 1974, le penseur protestant Jacques Ellul avait expliqué tout ce processus par ce qu’il appelait l’idéologie technicienne, le fantasme qui consistait à faire de la technique non plus un outil mais une idéologie censée nous permettre d’améliorer en tout domaine les performances.

On peut alors occuper ce père et son fils, leur offrir un loisir, tout
en vidant leur rivière de ses derniers poissons. On peut laisser les gens sérieux s’occuper de cette nature que les incorrigibles
nostalgiques refusent de voir changer. D’ailleurs, la loi d’avenir
pour l’agriculture les définit, ces gens sérieux, puisque, à la
demande de la FNSEA, ne pourront plus obtenir le statut d’agriculteur actif que ceux qui possèdent un minimum de bêtes et d’hectares.

Comme le dit le président de la FNSEA, lui-même industriel des
agrocarburants et de l’importation de poulet brésilien à bas coût, «celui qui a deux hectares, trois chèvres et deux moutons n’est pas agriculteur.» Il est vrai que celui-là ne doit pas avoir de quoi acheter du Roundup…

On peut continuer à déplorer la disparition des brochets et des
papillons autour d’un repas estival et puis se faire croire que tout cela est le fruit de la fatalité. On peut voter une loi de transition énergétique sans rien changer au système économique qui impose de consommer toujours plus d’énergie, et voter une loi agricole qui achève de tuer les paysans en perpétuant une logique d’industrialisation qui non seulement les fait disparaître, mais somme les survivants de produire à bas coût, en remplaçant les bras par la chimie, pour supporter la concurrence de pays sans normes écologiques et sociales.

On peut continuer à nourrir les enfants des écoles ou les malades des hôpitaux avec des produits pollués importés de très loin au nom du mieux-disant financier au lieu de leur offrir des produits cueillis du matin, encore vivants, et récoltés par leur voisin, leurs parents, dans un bassin d’emploi revivifié. On peut croire à la fatalité. Mais on peut aussi penser que les brochets et les saumons, les papillons et les éphémères, sont éminemment politiques.

Un nouveau satellite pour observer les puits de carbone

La NASA vient de procéder à la mise en orbite, à 705 kilomètres de la Terre, du satellite OCO-2 (Orbiting Carbon Observatory-2). Sa mission est de faire chaque jour 100 000 mesures afin de voir la situation de la production de dioxyde de carbone – Co2 – sur la planète.

Il est relié notamment au satellite japonais Greenhouse gases Observing SATellite (GOSAT), qui effectue la même tâche, mais également à la série de satellites dite « A-train ».

En font partie « Aqua », qui surveille le cycle de l’eau, Cloudsat, qui s’occupe des nuages, CALIPSO, qui fournit des profils verticaux de l’atmosphère, Aura, qui étudie l’ozone, le climat et la qualité de l’air. PARASOL, un satellite français, n’a plus de carburant et n’en fait plus partie, il s’occupait des nuages et des effets des aérosols.

La présentation wikipedia de comment fonctionne OCO-2 – le précèdent OCO a vu son lancement échoué en 2009 – est ici utile. Il s’agit en fait d’observer le rayonnement infrarouge du Soleil sur la Terre.

« Le satellite comporte un seul instrument qui doit permettre d’effectuer la mesure la plus précise jamais faite du dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère terrestre. Cet instrument est composé de trois spectromètres à haute résolution placés en parallèle alimentés par un télescope commun.

Les spectromètres effectuent des mesures simultanées de l’absorption de la lumière solaire par le dioxyde de carbone et l’oxygène moléculaire dans le proche infrarouge : lorsque la lumière du soleil après avoir traversé l’atmosphère terrestre est réfléchie par la Terre, les molécules des gaz présents dans l’atmosphère absorbent certaines des longueurs d’onde.

Le spectre lumineux qui en résulte est incomplet et la position de ces trous reflète la nature des gaz traversés. Chacun des spectromètres effectue sa mesure sur une gamme de longueurs d’ondes donnée.

En mesurant de manière fine la quantité de lumière absorbée pour les longueurs d’ondes caractérisant le dioxyde de carbone, OCO permet de calculer avec une très grande précision le nombre de molécules présentes le long du chemin parcouru par le rayon lumineux depuis la limite supérieure de l’atmosphère jusqu’au sol. Pour prendre en compte la grande vitesse de déplacement du satellite, combiné au fait que les concentrations de CO2 varient d’un lieu à l’autre, les mesures sont effectuées 3 fois par seconde. »

Il ne s’agit évidemment pas seulement d’une « simple » mission d’observation, même si le directeur de la NASA, Charles Bolden, souligne que « Le changement climatique est le défi de notre génération. »

S’il y a des financements, c’est surtout pour percer le principe de comment environ la moitié du Co2 produit par les humains est absorbé par l’océan et la végétation, ainsi que le sol. Et quand on dit comment, on veut surtout ici dire « où ». Car l’idée est de trouver un « modèle » et de le reproduire.

C’est la question cruciale de ce qui a été appelé les « puits de carbone » et qui est au centre de la quête pratiquement magique du capitalisme pour ne pas avoir à se remettre en cause.

On sait en effet que l’océan connaît un processus d’acidification en raison du Co2 capté ; à terme si le processus se généralise, l’océan mourra et produira lui-même du Co2 en masse.

Pour donner un exemple très parlant ici pour parler de Gaïa : les cachalots rejettent du fer dans leurs excréments, et le fer accélère la photosynthèse du plancton qui capte le Co2. Le fait d’avoir exterminé les cachalots joue ici un rôle à l’échelle globale…

Restent donc les forêts, la végétation, les sols. En clair, la mission du satellite lancé est de fournir une piste à suivre pour arriver, non pas à arrêter la production de Co2, mais à le stocker vite et pas forcément bien : on sait bien qu’on ne se préoccupe ici jamais du long terme !

Voici ici le très intéressant point de vue de l’ONG Fern, qui suit la politique européenne concernant les forêts.

L’article commence par une présentation de ce que sont les puits de carbone, puis critique les solutions de facilité qui sont imaginées par rapport à cela.

Que sont les puits de carbone?

Un puits de carbone est un élément qui absorbe plus de carbone qu’il n’en rejette, tandis qu’une source d’émission de carbone est un élément qui rejette plus de carbone qu’il n’en absorbe.

Les forêts, les sols, les océans et l’atmosphère emmagasinent tous du carbone, qui circule continuellement entre ces divers éléments. Ce mouvement permanent du carbone signifie que les forêts peuvent tour à tour agir comme des sources ou comme des puits.

Ces fluctuations n’affectent cependant pas tous les stocks de carbone. Dans le contexte du changement climatique, les stocks de carbone les plus importants sont les gisements de combustibles fossiles, car eux seuls ont l’avantage d’être enterrés profondément sous terre et naturellement isolés du cycle du carbone dans l’atmosphère.

Mais l’homme met fin à cette séparation lorsqu’il brûle le charbon, le pétrole et le gaz naturel, transformant ainsi les stocks de carbone fossile en carbone atmosphérique.

Cette libération de carbone émanant des combustibles fossiles a entraîné une hausse considérable des concentrations de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère, dont le niveau a progressé de plus de 30 pour cent par rapport à ce qu’il était au début de la révolution industrielle.

Nous continuons à ajouter environ 6 milliards de tonnes de carbone par an au cycle du carbone atmosphérique, modifiant ainsi significativement les flux de carbone, et par conséquent, le climat mondial.

Face à cette augmentation de carbone atmosphérique, de nombreux espoirs ont été placés sur la capacité des arbres, d’autres plantes et du sol à absorber temporairement le carbone libéré dans l’atmosphère par la combustion du carbone fossile.

Le Protocole de Kyoto, principal instrument de la communauté internationale visant à stopper le réchauffement climatique, suggère en effet que l’absorption du dioxyde de carbone par les arbres et le sol constitue un moyen d’atteindre les objectifs de réduction des émissions tout aussi valable que de diminuer les émissions de dioxyde de carbone émanant des combustibles fossiles.

La faille fatale des puits de carbone

FERN est en total désaccord avec l’idée que planter des arbres ou réduire le déboisement est tout aussi efficace que de diminuer les émissions émanant de la combustion du carbone fossile.

Cette idée ne tient pas compte de certains faits pourtant importants :

– Il est généralement admis qu’il est nécessaire de mettre fin aux émissions de combustibles fossiles, en particulier dans les pays industrialisés.

Or, au lieu de faire en sorte de réduire considérablement l’utilisation des énergies et d’entamer une transition vers des économies peu consommatrices de carbone, on utilise la capacité des forêts à (temporairement) absorber le carbone pour justifier l’utilisation des combustibles fossiles.

Les sociétés dont les émissions ont été plafonnées dépassent les limites imposées sous prétexte que leurs excès sont compensés par les puits de carbone.

Ces derniers servent donc à justifier une émission qui autrement n’aurait pas eu lieu, contribuant ainsi à accroître encore davantage les concentrations de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale.

– Il existe différents types de carbone. Le carbone fossile est généralement statique, tandis que celui qui se trouve dans le réservoir de carbone actif (l’atmosphère et la biosphère) peut facilement être libéré par des activités échappant au contrôle des gouvernements comme les incendies de forêts, les invasions d’insectes, la décomposition, l’abattage des arbres, les modifications concernant l’utilisation des sols ou même le déclin des écosystèmes forestiers dû au changement climatique.

Stocker son carbone dans un arbre au lieu de le laisser dans un gisement de combustible fossile est un peu comme miser son argent sur un cheval [sic] plutôt que de le conserver à la banque.

– Le boisement, en particulier dans les régions de la toundra arctique, pourrait accélérer le réchauffement climatique.

Le changement climatique devrait faire reculer les limites de la forêt boréale du Canada plus au nord et les forêts boréales devraient s’étendre sur les parties sud de la toundra.

Bien que cela signifie que les arbres, au fur et à mesure de leur croissance, absorberont le carbone présent dans l’atmosphère, cela n’est pas forcément bon pour le climat : l’un des principaux facteurs influençant le climat mondial est l’« albédo », une méthode utilisée pour déterminer la quantité de rayonnement solaire réfléchie dans l’espace par la planète et la quantité de ce rayonnement qui réchauffe la surface de la Terre.

Les forêts vertes et sombres absorbent davantage de rayons que la toundra ou les terres cultivées ; la tendance au réchauffement serait donc accentuée dans les régions boréales si des arbres étaient plantés sur les vastes surfaces non forestières actuellement recouvertes de neige au fort pouvoir réfléchissant.

– Il est impossible de mesurer précisément l’effet « puits » d’une forêt (les arbres absorbent différentes quantités de carbone en fonction du temps et l’on en sait très peu sur le mouvement du carbone dans les sols forestiers).

Il y a là des arguments qui donnent à réfléchir, et qui montrent la dimension très importante qu’a la question des puits de carbone!

Microbes producteurs de méthane

Cette information, diffusée par le journal Le Figaro, est typiquement la perspective scientifique qui va s’imposer au 21e siècle. Les bactéries, les microbes, sont au centre de la vie et de son évolution. Leur rôle est central dans la vie de la planète.
Ainsi, on aura toujours plus de découvertes dans ce domaine. Peut-être même que la lutte contre le réchauffement climatique dépend des avancées sur ce plan – ce qui ne va pas sans la remise en cause fondamentale de l’anthropocentrisme.

Des microbes responsables de la plus grande extinction terrestre?

Des microbes producteurs de méthane, puissant gaz à effet de serre, pourraient avoir provoqué la plus grande extinction de l’histoire terrestre il y a 252 millions d’années avec la disparition brutale de 90% des espèces, selon des chercheurs américains.

Ce nouveau scénario, qui s’appuie sur l’analyse d’une abondance de fossiles, indique que des micro-organismes appelés méthanosarcina se sont soudainement multipliés de façon explosive dans les océans, produisant de gigantesques quantités de méthane. Ce gaz, qui s’est retrouvé dans l’atmosphère, a modifié le climat et la chimie des océans, soulignent ces experts dont la théorie va venir alimenter la controverse sur le sujet.

Si des éruptions volcaniques ne sont pas totalement exclues pour expliquer cette extinction, l’une des cinq connues dans le passé de la Terre, elles jouent dans ce scénario un rôle accessoire, précisent ces chercheurs du MIT (Massachusetts Institute of Technology), dont les travaux sont publiés lundi dans la dernière livraison des Comptes rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS). 

Les nouveaux indices suggèrent, selon ces scientifiques, que l’explosion de la population de ces microbes s’expliquerait par une nouvelle aptitude à utiliser une source riche en carbone organique grâce à l’influx d’un nutriment, le nickel, provenant de ces éruptions volcaniques.

Ces scientifiques étayent leur scénario sur trois séries d’indices séparées. Tout d’abord, des preuves géochimiques témoignent d’un accroissement exponentiel du dioxyde de carbone (CO2) dans les océans à cette même période de l’extinction de la fin de l’ère Permienne. 

Ensuite, ils se réfèrent à des indices génétiques montrant un changement biologique de ces microbes, les méthanosarcina, à cette même époque, leur permettant de devenir des producteurs majeurs de méthane à partir de l’accumulation de CO2 dans les océans. 

Enfin, une analyse des couches sédimentaires montre un accroissement soudain du nickel exactement à la même période. Les dépôts de carbone montrent que quelque chose a produit une augmentation importante et soudaine de gaz contenant du carbone –du dioxyde de carbone et du méthane– produits au moment de la grande extinction.

Certains chercheurs ont suggéré que ces gaz carboniques provenaient de volcans ayant formé les trapps de Sibérie, une vaste formation de lave basaltique produite par les plus grandes éruptions volcaniques dans les annales géologiques de la Terre. Mais les chercheurs du MIT ont démontré que ces éruptions n’étaient pas suffisantes pour produire tout le carbone mesuré dans les sédiments.

De plus, « une injection rapide de CO2 provenant de volcans aurait été suivie d’une diminution graduelle », explique l’un des chercheurs, Gregory Fournier. « Or ce fut l’inverse, avec un accroissement rapide et continu qui laisse penser à une explosion de microbes producteurs de méthane ».

« La vie des mares »

Voici deux intéressants extraits de l’ouvrage de Marc Giraud, « Le Kama-sutra des demoiselles, la vie extraordinaire des animaux qui nous entourent ».

Mais d’où viennent les animaux des points d’eau ?

Même dans des mares ou des lacs de montagne, isolés de tout, on trouve des poissons bien incapables de sortir de l’eau et de se promener. Mais (en dehors des manipulations humaines, bien sûr) comment sont-ils arrivés là ? Ce sont leurs œufs, très collants, qui voyagent, accrochés aux pattes et aux becs tachés de boue des oiseaux.

Des graines de plantes aquatiques, des œufs de poissons, d’insectes, de daphnies (des crustacés surnommés « puces d’eau »), des mollusques, et des tas d’autres animaux microscopiques voyagent ainsi à « patte de canard » ou à « dos de ragondin ».

On trouve dans nos cours d’eau une méduse d’eau douce, la minuscule Crapedacusta, inoffensive pour l’homme. Connue dans le Yang-tseukiang, elle a été découverte dans la Seine par Théodore Monod en 1970. Le chercheur l’a dénommée la méduse volante, car elle voyage elle aussi collée aux pattes des oiseaux aquatiques.

Les plantes sans attache, comme les lentilles d’eau, prennent également le taxi. Une seule suffit pour bourgeonner et se multiplier jusqu’à coloniser tout un plan d’eau, le remplissant de clones.

Bien qu’on ne les rencontre quasiment que dans les mares, la plupart des insectes adultes qui s’y trouvent sont très capables de voler. Le soir venu, les dytiques, les gyrins et les notonectes peuvent s’envoler de leur point d’eau pour en trouver de nouveaux. Leurs yeux, très sensibles aux surfaces brillantes, leur permettent de les repérer de loin. Des libellules comme l’aeschne bleue migrent sur des kilomètres.

Quelques poissons particuliers, comme les anguilles, peuvent se déplacer hors de l’eau en cas de besoin pour trouver un lieu de vie. La carpe elle-même survit assez longtemps dans les herbes humides (jadis, la possibilité de la transporter dans des paniers a permis son introduction dans presque tous les plans d’eau disponibles).

Les tritons, les grenouilles ou les ragondins rejoignent les mares à pied…

Y a-t-il une vie sous la glace ?

En hiver, que deviennent les plantes et les animaux aquatiques ? Les microscopiques amibes et les paramécies s’enkystent d’une enveloppe protectrice. Beaucoup d’invertébrés, comme les daphnies, meurent après avoir pondu des œufs de durée qui résisteront à l’hiver. Selon les espèces, les dytiques hivernent à l’état d’oeuf, de larve ou d’adulte. D’autres animaux restent au stade larvaire pendant la saison froide, comme de nombreuses libellules.

Pendant les hivers très rigoureux, 90 % des martins-pêcheurs peuvent disparaître, faute de pouvoir se nourrir. Sous la glace, l’eau avoisine les quatre degrés, mais elle est plus chaude vers le fond qu’en surface. La plupart des poissons, comme les tanches, hibernent dans la vase des mares, leur rythme cardiaque étant alors extrêmement ralenti. Ce changement de rythme marque leurs écailles de stries annuelles qui indiquent leur âge.

Beaucoup de grenouilles hibernent également dans la vase. La respiration par la peau leur suffit, alors qu’elles se noieraient en une heure ou deux pendant la période chaude.

Certains amphibiens peuvent congeler et décongeler sans dommage ! Des « antigels » empêchent les cristaux de glace de faire éclater leurs cellules. Comme mort, l’animal gelé ne bouge plus, ne respire plus, son cœur a cessé de battre et son sang ne circule plus. Avec la chaleur, il renaîtra doucement, comme si de rien n’était…

En automne, les plantes aussi se préparent à affronter le froid. Beaucoup produisent des bourgeons d’hiver contenant des réserves d’amidon.

Les nénuphars s’enracinent profondément, les lentilles d’eau stockent de l’amidon, s’alourdissent et descendent au fond des eaux. Elles remonteront tout au long de la consommation de leurs réserves pour émerger au printemps. Elles feront le régal des canards, qui les engloutiront comme des aspirateurs…

Les végétaux et la lumière

« Trait d’union entre le soleil et la biosphère, la lumière est le cordon ombilical de la Terre, elle véhicule et transmet l’énergie solaire aux organismes qui pourront la capter et l’utiliser.

Par son intensité, la lumière conditionne l’activité photosynthétique des plantes et, partant, toute la productivité des communautés qui leur sont inféodées. C’est un facteur essentiel de la vie sur Terre.

Des 42 % d’énergie solaire que contient la partie visible du spectre, la moitié seulement est utilisable pour la photosynthèse.

Le spectre d’utilisation de cette énergie lumineuse par les plantes vertes présente un maximum dans le bleu et un autre dans le rouge ; il marque un minimum pour le vert. C’est pour cela que les chlorophylliens nous apparaissent verts : ils réfléchissent la lumière qu’ils n’utilisent pas. La sensibilité maximale des animaux à la lumière se situe, par contre, dans le jaune.

Les végétaux recherchent la lumière avec plus ou moins d’avidité, mais non sans se préserver de l’ardeur excessive de ses rayons.

Cistes, romarins, mélèzes, tomates et plantes à fleurs de l’étage alpin ne peuvent proliférer qu’en pleine lumière. En revanche, des plantes de sous-bois, oxalis petite oseille ou aspérule odorante, se contentent d’une fraction de 20 à 30 % de la pleine lumière.

Les plantules de nombreuses espèces d’arbres, tel le hêtre, ne peuvent croître que sous un éclairement très faible, de l’ordre du centième de celui reçu au niveau des cimes. Quant à l’éclairement au sol dans une forêt tropicale, il est de l’ordre du millième du flux solaire, parfois moins. » (Fischesse et Dupuis-Tate, Le guide illustré de l’écologie, La Martinière)

« La lumière joue un rôle capital dans le déroulement de nombreux processus biologiques fondamentaux. Chez les plantes supérieures (Phanérogames), l’intensité de l’éclairement conditionne l’activité photosynthétique, donc la croissance ; sa durée, liée à l’importance respective du jour et de la nuit (photopériodisme), intervient dans le phénomène de la floraison.

Ainsi, la répartition géographique et stationnelle des végétaux est-elle fonction, dans une large mesure, de leurs exigences respectives vis-à-vis de ce facteur.

D’après l’intensité lumineuse qui convient à leur développement, on distingue des espèces de lumière, ou héliophiles (romarins, cistes, epilobium augustifolium [appelé épilobe en épi, épilobe à feuilles étroites ou encore Laurier de Saint-Antoine], et des espèces d’ombre ou sciaphiles (Oxalis acetosella, Asperula odorata et de nombreuses mousses et fougères).

Les premières se trouvent à leur optimum dans des communautés uni- ou paucistrates telles que pelouses ou fruticées (garrigues, landes), ainsi que dans les clairières (epilobietea) ou les forêts claires ; les secondes, dans des communautés d’ubacs [versants d’une vallée de montagne qui bénéficient de la plus courte exposition au soleil], de fentes de rochers (asplenietea) et dans les strates inférieures des couverts forestiers denses.

Mais évidemment tous les intermédiaires existent entre ces deux types extrêmes de comportement. » (Lacoste et Salanon, Éléments de biogéographie et d’écologie, Nathan)

La vie n’est pas entourée par un environnement de type passif…

Voici une très intéressante présentation du concept de Gaïa, par un chercheur universitaire canadien.

C’est un point de vue d’autant plus sérieux qu’il exprime une grande panique. Nous avons déjà parlé à ce sujet de la critique absurde selon laquelle le fait de parler de « Gaïa » relèverait du religieux ; en réalité, c’est le contraire, et justement les religieux le savent très bien.

Ils ont comme hantise le concept de « Gaïa », ou de « Système Terre », de « Biosphère », etc., parce qu’ils savent très bien que cela a comme conséquence le rejet de l’individualisme et du « libre-arbitre », mais également celui de Dieu.

Par conséquent, il existe une grande vague néo-écologiste du côté chrétien, dont nous avons parfois parlé pour la critiquer. Ces gens tentent d’utiliser le concept de « Gaïa » justement de manière irrationnelle, dans une version non pas « new age » mais « chrétienne », avec une position « particulière » de l’être humain (qui est d’ailleurs la même ligne que celle qui utilise le concept d’ « anthropocène »).

C’est ainsi le point de vue du « chrétien écologiste » de gauche qui a écrit cet article, et qui dans le passage cité, explique le concept de Gaïa, afin de présenter la « menace ».

Lovelock soulève aussi d’autres questions: pourquoi le taux de salinité de la mer est-il demeuré constant à 3,4% alors qu’un taux supérieur à 6% pourrait être fatal pour la vie?

Pourquoi le volume total d’eau sur Terre est-il demeuré apparemment constant durant ces 3,5 milliards d’années? Pourquoi est-ce que le taux d’oxygène dans l’atmosphère terrestre est-il de 21%, c’est-à-dire la limite supérieure au-delà de laquelle la vie ne peut se maintenir?

S’il était, par exemple, à 25%, le monde deviendrait une boule de feu. D’après Lovelock, la réponse ne réside pas dans une circonstance fortuite mais plutôt dans le fait que Gaïa s’auto-régule. Gaïa est un organisme vital, auto-régulateur et dont l’environnement est constitué par la vie elle-même.

Selon Lovelock, pour que les propriétés climatiques et chimiques de la Terre puissent travailler ensemble dans le but de conserver les conditions optimales nécessaires à la vie, il doit exister une activité coordonnée. (…)

D’après lui, la vie n’est pas entourée par un environnement de type passif auquel elle se serait habituée: la vie crée plutôt son propre environnement.

Alors que les spécialistes scientifiques de la Terre soutiennent traditionnellement que son modèle climatique est davantage de type géologique que biologique et que, par conséquent, elle se montre moins vigoureuse et plus vulnérable en face des blessures qui l’atteignent durablement, l’hypothèse Gaïa, quant à elle, suppose que la Terre est comme un animal qui s’adapte de lui-même.

(…)

Lovelock a affiné sa thèse avec l’aide de Lynn Margulis, une micro-biologiste de l’Université de Boston et ex-épouse de Carl Sagan.

Il a ainsi pu renforcer l’aspect scientifique de ses idées en faisant référence aux recherches de Margulis sur les micro-organismes.

Connue sous le sobriquet amusant de « Magicienne de la vase » [Jeu de mots intraduisible entre «the Wizard of Ooze» (le Magicien de la vase) et «the Wizard of Oz» (le Magicien d’Oz)] à cause des recherches qu’elle a conduites sur les microbes de la bourbe, des marais et des marécages tout autour du monde, Margulis affirme que la symbiose et la coopération ont été pour l’évolution biologique aussi importantes que l’a été la compétition dans la lutte pour la survie dans le cadre de la théorie de Darwin.

Ses travaux menés à Laguna Figueroa (Baja California) l’ont persuadée que les microbes travaillent de manière concertée par le biais de certains processus biologiques automatiques dans le but de conserver leur environnement viable.

Elle a également contribué à créer la théorie de l’endosymbiose selon laquelle deux espèces ou davantage peuvent coopérer entre elles de façon si étroite qu’elles peuvent finir par n’en plus former qu’une seule.

Plutôt que la compétition, c’est l’interrelation qui constitue, selon Margulis et Sagan, le leitmotiv de la nature. Tout comme Lovelock, ils considèrent la biosphère comme un grandiose organisme vivant et intégré, «sans ligne de couture».

Ils affirment que la première bactérie a acquis presque toute la connaissance nécessaire pour vivre dans un schéma intégré. «La vie n’a pas conquis le globe par la lutte mais par la mise en place de réseaux» prétendent-ils.

Pour tenter de décrire l’importance des micro-organismes pour Gaïa, Margulis s’empresse de démontrer que si la vie existe sur la Terre depuis 3,5 milliards d’années, durant les deux premiers milliards n’ont existé que les seuls micro-organismes bactériens.

Il se peut fort bien, continue-t-elle à spéculer, que les mammifères, y compris l’homme, n’existent que pour leur fournir un habitat chaud.

Anthropocène, un concept lié à l’anthropocentrisme

Revenons sur le concept d’anthropocène qui, à notre sens est erroné. En effet, l’humanité ne peut pas exister « à côté » de l’ensemble de la vie. Il n’existe pas de muraille infranchissable entre les humains et les végétaux, les animaux, les fungi, les bactéries…

Aussi est-il erroné de s’imaginer que l’humanité devient le grand dominateur, le grand façonneur de la réalité terrestre. L’humanité est bien en train de provoquer des modifications massives, cependant :

– ces modifications sont causées par une humanité qui fait face à la Nature, et cela ne peut pas durer bien longtemps. De gré ou de force l’humanité devra reculer.

– il n’y aucune raison de penser que les humains, mêmes civilisés, seraient en dehors de la Nature. Cela pose bien entendu la question de savoir quelle place notre civilisation humaine doit avoir au sein de l’ensemble.

Pour souligner la dimension anthropocentrique du concept d’anthropocène, voici un extrait d’un document de l’historien Christophe Bonneuil, où l’on retrouve ce fantasme sur « l’âge de l’Homme ».

Penser l’Anthropocène: un enjeu interdisciplinaire

L’Anthropocène, ce n’est pas la fin du monde; c’est la fin d’une époque. Et c’est notre époque. Notre condition. C’est le signe de notre puissance, mais aussi de notre impuissance. Cette nouvelle époque géologique, ouverte par la révolution thermo-industrielle et succédant à l’Holocène, a été proposée par Paul Crutzen, chimiste de l’atmosphère et prix Nobel pour ses travaux sur la couche d’ozone. En février 2000, lors d’un colloque du programme international sur la géosphère et la biosphère à Cuernavaca au Mexique, une discussion s’anime à propos de l’ancienneté et l’intensité des impacts humains sur la planète au cours de l’holocène.

Paul Crutzen se lève alors et s’écrie : «Non! Nous ne sommes plus dans l’holocène mais dans l’anthropocène! » Ainsi naissait la proposition scientifique d’une nouvelle époque géologique.

Deux ans plus tard, dans un article de la revue scientifique Nature, Crutzen développe sa proposition d’ajouter un nouvel âge à nos échelles stratigraphiques pour signaler que l’homme, en tant qu’espèce, est devenu une force d’ampleur tellurique. Après le Pléistocène(qui ouvre le quaternaire il y a 2,5 millions d’années) et l’Holocène (qui débute il y a 11 500 ans), «il semble approprié de nommer ‘Anthropocène’ l’époque géologique présente, dominée à de nombreux titres par l’action humaine.

» Le prix Nobel propose de placer symboliquement à 1784, date du brevet de James Watt sur la machine à vapeur, le début de ce nouvel âge, pour signifier la rupture que constitue avec la révolution industrielle, la combustion de charbon prélevé dans la lithosphère et dégageant dans l’atmosphère des gaz à effet de serre modifiant le climat.

Le Grec ancien Anthropos signifiant « être humain » et Kainos signifiant « récent, nouveau »,
l’Anthropocène est donc la nouvelle période des humains, l’âge de l’Homme. L’Anthropocène se caractérise en effet par le fait que « l’empreinte humaine sur l’environnement planétaire est devenue si vaste et intense qu’elle rivalise avec certaines des grandes forces de la Nature en termes d’impact sur le système Terre. »

Ce n’est pas la première fois que des scientifiques prophétisent ce pouvoir humain sur la destinée de la planète, tantôt pour le célébrer, tantôt pour s’en inquiéter. En 1780, dans
ses Epoques de la nature, Buffon expliquait que «la face entière de la Terre porte aujourd’hui l’empreinte de la puissance de l’homme». Cette influence s’exerce notamment sur le climat: en modifiant judicieusement son environnement l’humanité pourra «modifier les influences du climat qu’elle habite et en fixer pour ainsi dire la température au point qui lui convient».

Après lui, le géologue italien Antonio Stoppani définissait en 1873 l’Homme comme une «nouvelle force tellurique», puis, dans les années 1920, Vladimir I. Vernadsky, inventeur du concept de biosphère pour désigner tout le tissu vivant de la planète, soulignait l’emprise humaine croissante sur les cycle bio-géochimiques du globe.

Le problème est facile à comprendre : soit on considère que l’humanité est sortie de la Nature et qu’elle forme une nouvelle structure, soit on considère que l’humanité est un prolongement un peu « particulier » de la Nature.

Le terme de « noosphère », pris dans un sens chrétien formulé par Teilhard de Chardin, est par exemple une sorte de nouvelle « sphère » dominant la Terre, mais si l’on prend des scientifiques défendant la conception de Gaïa, comme Lynn Margulis, la « noosphère » est un aspect de la planète elle-même…

Nous reviendrons sur cet aspect qui est, en fin de compte, le cœur de la grande bataille d’idées qui va déchirer l’humanité dans les 30 prochains années.

Le concept d’anthropocène

Paul Josef Crutzen, un Néerlandais prix Nobel de chimie, a rendu populaire ces dernières années un concept important, celui d’anthropocène. Voici comment il présente ce concept:

Il semble approprié d’utiliser le terme “Anthropocène” pour désigner l’ère géologique actuelle, dominée à plus d’un titre par l’humain, supplantant l’ère Holocène, période chaude qui a duré entre 10-12 millénaires.

On peut dire que la période Anthropocène  a commencé vers la fin du 18ème siècle, comme le montrent les analyses d’air provenant de la calotte glacière et qui indiquent une accentuation de la concentration de CO2 et de méthane. Il se trouve que cette période coïncide avec la conception du moteur à vapeur en 1784 par James Watt.

L’influence grandissante de l’humanité sur l’environnement fut déterminée pour la première fois en 1873, lorsque le géologue italien Antonio Stoppani fit référence à “l’ère anthropozoïque,” définie par une “nouvelle force tellurique comparable, en énergie et en universalité, aux plus grandes forces de la terre.”

En 1926, V. I. Vernadsky a lui aussi admis l’impact grandissant de l’humanité sur “la direction que devaient emprunter les processus d’évolution, principalement vers une prise de conscience et une réflexion accrues, les formes ayant de plus en plus d’influence sur leur milieu.” Vernadsky et Teilhard de Chardin utilisèrent le terme “noösphère” – le monde de la pensée – pour exprimer le rôle grandissant du pouvoir cérébral de l’homme à façonner son propre futur et son environnement.

L’expansion humaine en termes démographiques et de l’utilisation par habitant des ressources de la Terre fut rapide. La population humaine s’est multipliée par 10 durant les trois derniers siècles, dépassant aujourd’hui six milliards, et devrait atteindre 10 milliards avant la fin de ce siècle. Il en résulte que 30 à 50 % des terres émergées de la planète sont aujourd’hui exploitées par l’homme.

Le nombre de têtes de bétail émettant du méthane a atteint, dans le même temps, 1,4  milliards, contribuant ainsi grandement à la destruction des forêts tropicales humides, lesquelles rejettent du dioxyde de carbone et contribuent à l’accélération de l’extinction des espèces. La reconversion des terres en pâturages (ou pour la construction), associée au labours des récoltes, a provoqué une érosion du sol 15 fois supérieure à son rythme naturel. A ce rythme, l’érosion anthropogénique des sols remplirait le Grand Canyon en 50 ans.

De la même manière, la construction de barrages et la dérivation des cours d’eau sont aujourd’hui pratiquées couramment afin de répondre à la consommation humaine en eau qui s’est multipliée par 9 depuis un siècle, au point que l’humanité utilise aujourd’hui plus de la moitié de la totalité des réserves d’eau potable disponibles – dont globalement deux tiers pour l’agriculture. L’industrie piscicole prélève plus de 25% de sa production première dans les régions océanes ascendantes et 35% sur le plateau continental tempéré.

La consommation énergétique s’est aussi multipliée par 16 au cours du 20ème siècle, générant 160 millions de tonnes d’émissions de dioxyde de souffre par an dans l’atmosphère –  plus du double du total des émissions naturelles. De même, l’agriculture utilise plus de fertilisants azotés que les écosystèmes terrestres n’en fixent naturellement et la production d’oxyde nitrique provenant de la combustion des énergies fossiles et de la biomasse dépassent les émissions naturelles.

Et voici comment l’historien des sciences Christophe Bonneuil présente cette question, dans une interview à Libération.

Quand est-on entré dans cette ère ?

Il existe trois thèses à ce sujet. La première remonte à la période où l’ensemble des cultures humaines auraient stabilisé le système climatique en empêchant le retour à un nouvel âge glaciaire. En gros, cela démarrerait au néolithique, avec les débuts de l’agriculture et de l’élevage. Une autre thèse met l’accent sur la «grande accélération» d’après 1945, lorsque l’ensemble des indicateurs de l’empreinte humaine sur la Terre – démographie, émissions de CO2, consommation d’énergie, extinction de la biodiversité, recul des forêts, cycles de l’azote et du phosphore, etc. – montent à l’exponentiel. Cela dit, l’empreinte humaine s’est intensifiée dès le XIXe siècle.

La thèse la plus acceptée par les scientifiques – celle de Crutzen – fait débuter l’anthropocène au début de la révolution thermo-industrielle, c’est-à-dire symboliquement en 1784, date du brevet de Watt perfectionnant la machine à vapeur.

C’est aussi la périodisation la plus pertinente pour les historiens car, comme l’a montré Kenneth Pomeranz, c’est justement au tournant des XVIIIe et XIXe siècles que se produit la «grande divergence», où la Grande-Bretagne, grâce aux «hectares fantômes» du charbon et du Nouveau Monde (coton, sucre, bois…), surmonte une crise des ressources (bois, alimentation…), qui est source de tensions sociales. Elle écrase alors les autres pays, et notamment la Chine, en déployant son hégémonie à travers le monde et inaugurant un modèle économique intensif en capital et en énergie.

Depuis, ce modèle s’est mondialisé et le tableau de bord des indicateurs de l’emprise humaine sur la planète – climat, biodiversité, cycle de l’azote, du phosphore et de l’eau, démographie urbaine, consommation de papier, barrages, déforestation – a viré au rouge.

Comme on s’en doute, ce concept ne signifie pas nécessairement une rupture avec l’anthropocentrisme: cela peut même être un prétexte à son affirmation. Aussi faut-il bien cerner les aspects de cette question, et nous en reparlerons bien sûr.

Le passage du typhon Haiyan – Yolanda

Les médias ont largement parlé, à juste titre, du typhon appelé Haiyan (« pétrel » en chinois) ou encore Yolanda, qui a touché les Philippines et va vers le Vietnam. En fait, cela a même été un super typhon.

Voici ce que dit à ce sujet Steven Testelin, prévisionniste à Météo France, dans une interview au Monde :

Est-ce le plus puissant cyclone mesuré à ce jour ?

C’est le plus puissant mesuré à ce jour parmi les cyclones ayant touché terre depuis qu’on effectue des relevés météorologiques. Jamais encore sur terre, on n’avait jamais enregistré des vents soufflant à plus de 360 km/h.

On peut également dire qu’il s’agit de l’un des typhons les plus violents depuis qu’on est en mesure d’estimer la puissance des cyclones en mer, c’est-à-dire depuis les années 1970. Avant cette date, on se contentait de mesurer ceux qui touchaient terre, car on avait du mal à estimer l’intensité des vents en mer.

Parmi les cyclones les plus violents connus à ce jour figurent l’ouragan Camille qui avait balayé le golfe du Mexique avec des vents de 305 km/h en 1969 ainsi que le typhon Tip, dans l’océan Pacifique, avec également des vents à 305 km/h.

Et voici une autre question-réponse, particulièrement révélatrice alors qu’il y a eu 10 000 personnes humaines tuées sans doute, aux Philippines, et que 500 000 personnes ont été évacuées au Vietnam.

Le phénomène s’est-il aggravé ces dernières années ?

Il n’y a pas plus de cyclones, mais ils semblent être plus forts, même si cela reste à confirmer. Une des explications possibles pourrait résider dans le réchauffement climatique, mais le groupe d’experts sur l’évolution du climat(GIEC) est resté très prudent sur cette question.

Les cyclones puisent, en effet, leur énergie dans la température de la surface de la mer et on a observé une hausse de la température des 75 premiers mètres de 0,3 °C au cours des trente dernières années.

L’évaporation des eaux de surface est le carburant de la formation du cyclone et, lorsqu’il n’y a plus d’alimentation, le phénomène cesse. C’est ce qui explique que le cyclone faiblit dès qu’il touche terre.

Le réchauffement des eaux de mer est pourtant loin d’être uniforme et certaines mers se réchauffent plus vite que d’autres, ce qui peut favoriser des cyclones plus intenses par endroits. Au-delà du changement climatique, il existe également une variabilité annuelle des cyclones : cette année par exemple il n’y a pratiquement pas eu d’ouragans dans l’Atlantique.

On reconnaît ici la ridicule prudence des scientifiques version institutions. La vérité est que tous ces gens sont débordés, qu’ils ne maîtrisent rien et qu’ils utilisent un discours à l’apparence rationnelle pour donner l’impression de saisir ce qu’il se passe.

Et en même temps, ce qui est un comble, ils nient l’évidence : le fait que les activités humaines ont forcément un impact, et que partant de là, il y a nécessairement un impact sur les phénomènes naturels comme les typhons, qui se fondent précisément sur les questions climatiques.

Le discours posé du spécialiste s’oppose ici aux faits : c’est une ville qui a été frappée, Tacloban, qui a un peu plus de 200 000 personnes y vivant. Les cadavres sont disséminés un peu partout, l’aéroport a subi des dommages extrêmement importants.

Cela signifie que malgré ses prétentions, l’humanité ne gère rien, ne peut rien prévoir, ne sait pas organiser. Et même qu’elle fait face à des choses qu’elle n’a pas directement connue à court ou moyen terme, sinon elle agirait en conséquence pour se protéger…

Pour cacher cela, les médias vont faire en sorte que le passage du typhon va relever du pittoresque et du glauque, du passager et de l’exotique ; on peut pour cela comparer comment les médias en parlent avec l’année dernière, lorsque Sandy, bien moins puissante, est arrivée sur New York…

Ce qui se passe est simple : l’humanité n’est pas tournée vers la Nature, elle considère qu’elle habite un gros rocher peuplé d’événements à gérer. Seulement, la Nature est un système et on ne peut pas « gérer », on doit coexister.

Et ce n’est pas en niant en 2013 les dérèglements provoqués par l’humanité qu’on va arriver à quelque chose : le caractère posé faussement scientifique n’est que le masque de la figure raisonnable du simple comptable dépassé par les événements !

L’Organisation météorologique mondiale sur les gaz à effet de serre en 2012

La bataille pour la planète est en cours, et chaque jour l’écocide profite de la passivité, de la méconnaissance et de l’incompréhension. Le réchauffement climatique est une réalité, qui à un moment ou un autre s’emballera, forçant l’humanité à reconsidérer sa position. Il dépend de nous que cela soit dans le bon sens, et que la prise de conscience transformant la réalité vienne le plus tôt possible!

Nouveaux records pour les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère

Genève, le 6 novembre 2013 – La teneur de l’atmosphère en gaz à effet de serre a atteint un niveau inégalé en 2012, poursuivant et accélérant une progression qui alimente le changement climatique et façonnera l’avenir de notre planète pendant des milliers d’années.

Le Bulletin de l’Organisation météorologique mondiale sur les gaz à effet de serre révèle que le forçage radiatif de l’atmosphère par les gaz à effet de serre, qui induit un réchauffement du système climatique, s’est accru de 32 % entre 1990 et 2012 à cause du dioxyde de carbone et d’autres gaz persistants qui retiennent la chaleur, tels le méthane et le protoxyde d’azote.

Le dioxyde de carbone (CO2), dû principalement aux émissions liées aux combustibles fossiles, est responsable de 80 % de cette progression. Selon le Bulletin de l’OMM sur les gaz à effet de serre, la hausse de CO2 survenue entre 2011 et 2012 est supérieure au taux moyen d’accroissement des dix dernières années.

Depuis le début de l’ère industrielle, en 1750, la concentration moyenne de CO2 dans l’atmosphère du globe a augmenté de 41 %, celle du méthane de 160 % et celle du protoxyde d’azote de 20 %.

Les processus qui se déroulent dans l’atmosphère ne sont qu’un aspect des changements en cours. La moitié environ du CO2 rejeté par les activités humaines demeure dans l’atmosphère, le reste est absorbé par la biosphère et par les océans.

«Les observations provenant du vaste réseau de la Veille de l’atmosphère globale de l’OMM montrent une fois encore que les gaz d’origine anthropique qui retiennent la chaleur ont perturbé l’équilibre naturel de l’atmosphère terrestre et contribuent largement au changement climatique», a déclaré le Secrétaire général de l’OMM, Michel Jarraud.

«Dans son cinquième Rapport d’évaluation paru récemment, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) souligne que les concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone, de méthane et de protoxyde d’azote ont atteint des niveaux sans précédent depuis au moins 800 000 ans», a-t-il rappelé.

M. Jarraud a poursuivi: «C’est pour cela que notre climat change, que les conditions météorologiques sont plus extrêmes, que les inlandsis et les glaciers fondent et que le niveau de la mer s’élève.

«Selon le GIEC, si nous poursuivons dans la même voie, la température moyenne du globe à la fin du siècle pourrait excéder de 4,6 degrés ce qu’elle était avant l’ère industrielle – et même plus dans certaines régions. Les conséquences seraient catastrophiques.

«Il faut réduire de manière sensible et prolongée les émissions de gaz à effet de serre pour limiter le changement climatique. Nous devons agir aujourd’hui pour ne pas mettre en péril l’avenir de nos enfants, de nos petits-enfants et de bien d’autres générations encore. Le temps joue contre nous.»

Le Bulletin de l’OMM sur les gaz à effet de serre rend compte des concentrations – et non des émissions – de ces gaz dans l’atmosphère. Par émissions, on entend les quantités de gaz qui pénètrent dans l’atmosphère et, par concentrations, celles qui y restent à la faveur des interactions complexes qui se produisent entre l’atmosphère, la biosphère et les océans.

Dioxyde de carbone (CO2)

Le dioxyde de carbone est le principal gaz à effet de serre rejeté par les activités humaines, telles la combustion de matières fossiles ou le déboisement.

D’après le Bulletin de l’OMM sur les gaz à effet de serre, la quantité de CO2 présent dans l’atmosphère du globe a atteint 393,1 parties par million en 2012, ce qui correspond à 141 % du niveau préindustriel (278 parties par million).

Entre 2011 et 2012, la teneur de l’atmosphère en CO2 a augmenté de 2,2 parties par million, une hausse supérieure à la moyenne des dix dernières années (2,02 parties par million), ce qui dénote une accélération de la tendance.

Pendant l’année 2012, les concentrations mensuelles relevées par plusieurs stations de la Veille de l’atmosphère globale dans l’Arctique ont franchi le seuil symbolique de 400 parties par million.

En 2013, les données horaires et quotidiennes ont excédé cette valeur ailleurs dans le monde, notamment à Mauna Loa, Hawaii, la plus ancienne station de mesure continue des paramètres de l’atmosphère, couramment considérée comme un site de référence au sein de la Veille de l’atmosphère globale. Les concentrations de CO2 fluctuent d’une saison et d’une région à l’autre.

Si le rythme actuel se maintient, la teneur annuelle moyenne en CO2 à l’échelle du globe devrait dépasser le seuil de 400 parties par million en 2015 ou 2016.

Parce qu’il demeure dans l’atmosphère pendant des centaines voire des milliers d’années, le dioxyde de carbone déterminera la moyenne mondiale du réchauffement en surface d’ici à la fin du XXIe siècle et au-delà. La plupart des aspects du changement climatique persisteront pendant des siècles, même si les émissions de CO2 cessaient sur-le-champ.

Méthane (CH4)

Le méthane est le deuxième gaz à effet de serre persistant par son abondance. Environ 40 % des rejets de CH4 dans l’atmosphère sont d’origine naturelle (zones humides, termites, etc.) et 60 % d’origine humaine (élevage de bétail, riziculture, exploitation des combustibles fossiles, décharges, combustion de biomasse, etc.).

Le CH4 atmosphérique a atteint un nouveau pic en 2012 – 1819 parties par milliard environ, soit 260 % du niveau préindustriel – en raison de l’accroissement des émissions anthropiques.

Après une période de stabilisation, la teneur de l’atmosphère en méthane augmente de nouveau depuis 2007. Le Bulletin précise, dans une partie consacrée au méthane, qu’il n’y a pas à ce jour d’augmentation mesurable des concentrations de CH4 dans l’Arctique sous l’effet de la fonte du pergélisol et des hydrates.

L’accroissement des teneurs moyennes en CH4 dans le monde est plutôt associé à une hausse des émissions aux latitudes tropicales et moyennes de l’hémisphère Nord. Une meilleure couverture et des observations plus fines que celle s dont on dispose actuellement permettraient de dire si cette progression est due à des facteurs humains ou naturels.

Protoxyde d’azote (N2O)

Les émissions de protoxyde d’azote dans l’atmosphère sont d’origine naturelle (environ 60 %) et humaine (environ 40 %), puisqu’elles proviennent notamment des océans, des sols, de la combustion de biomasse, des engrais et de divers processus industriels. La concentration atmosphérique de N2O a atteint quelque 325,1 parties par milliard en 2012, ce qui représente 0,9 partie par milliard de plus que l’année précédente et 120 % du niveau préindustriel.

À un horizon de 100 ans, l’impact du protoxyde d’azote sur le climat est 298 fois plus grand que celui du dioxyde de carbone, à émissions égales. Ce gaz joue aussi un rôle important dans la destruction de la couche d’ozone stratosphérique qui nous protège des rayons ultraviolets nocifs émis par le soleil.

Autres gaz à effet de serre

Le forçage radiatif total induit par l’ensemble des gaz à effet de serre persistants correspondait en 2012 à une concentration de 475,6 parties par million en équivalent CO2, contre 473,0 parties par million en 2011. Parmi les autres gaz à effet de serre persistants figurent les chlorofluorocarbures (CFC) destructeurs d’ozone, ainsi que les hydrochlorofluorocarbures (HCFC) et les hydrofluorocarbures (HFC) qui augmentent à un rythme assez rapide.

Un « gobelin » renversé dans le désert de l’Utah

La vague de protestation suite à un événement qui s’est déroulé aux États-Unis, dans l’État de l’Utah, est à nos yeux tout à fait légitime, mais en France la plupart des gens resteront profondément sceptiques.

Dans notre pays, en effet, n’est considéré comme beau ce qui a été façonné par la main des humains, ce qui signifie que quelque chose de naturel, comme une montagne ou une cascade, ne peut pas être beau.

Bien sûr beaucoup de gens diront que c’est beau quand même, mais cela reste un sentiment ; sur le plan culturel, sur le plan intellectuel, il y a une hégémonie totale pour « séparer » « nature et culture. » C’est ainsi le point de vue de l’absolue totalité des professeurs de philosophie en terminale.

Or, aux États-Unis, la Nature est reconnue comme ayant une valeur en soi, comme pouvant donc former des choses qui soient belles. C’est le cas de nombreuses formations rocheuses, dont en l’occurrence les « gobelins » du parc national Goblin Valley State Park.

On trouve là-bas des milliers de ce qui est appelé « Hoodoo » en anglais et des « cheminées de fée » ou encore des « demoiselles coiffées » en français ; ces formations ont 160 millions d’années et la roche en haut de la formation a protégé la roche plus friable, en-dessous, de l’érosion.

On peut visiter le parc, mais également dormir dans des yourtes installées là-bas.

Ce qui s’est passé, c’est qu’un chef boy scout a cassé un de ces gobelins, sous prétexte de protéger les jeunes d’une éventuelle chute du rocher. Sur la vidéo, on le voit cependant content et moqueur, saluant l’autre et rire, etc.

On entend également « Nous avons modifié la vallée des gobelins, une nouvelle vallée est née. »

4 jours après la vidéo mis en ligne, cela ne rigole plus : il y a eu 4 millions de vues, il a reçu des centaines de menaces de mort et il va vraisemblablement y avoir des poursuites par l’État, avec jusqu’à 15 ans de prison au bout.

Les Boy Scouts of America (2,6 millions de jeunes et 1,1 million d’adultes) se sont déjà désolidarisés de lui, au nom du principe de « ne pas laisser de traces » lors des activités menées dans la Nature.

Pour les gens en France, biberonnés à Descartes, cela semblera incompréhensible, ou exagéré, irrationnel, etc. Les arguments sont traditionnels dans notre pays : c’est allemand / américain / anglo-saxon, c’est de la folie, n’importe quoi, etc.

L’idéologie selon laquelle il faudrait « être comme maître et possesseur de la nature » se pose comme « rationnel », à l’opposé d’une humanité qui se « perdrait » en reconnaissant la nature.

Faux athées et catholiques sont ici unis face à l’ennemi « naturaliste. »

Il est pourtant évident que la rationalité, la dignité, l’intelligence sont du côté de ceux et celles n’appréciant pas que des humains égocentriques, anthropocentriques, débarquent et détruisent une roche vieille de 160 millions d’années.

Ce n’est que de la roche peut-être, mais cela montre que ces gens s’affirment comme coupés de la réalité de la planète, de son histoire. Et c’est là qu’est le fond du problème.

D’ailleurs, ces formations rocheuses, qu’on ne les aime ou pas, sont le fruit d’une évolution au sein de notre planète, tout comme nous. Bien sûr la vie compte plus, de par la sensibilité, mais cette roche a évolué elle-aussi, d’ailleurs on l’apprécie, de par ses formes.

On ne reste pas insensible. Autant donc attribuer une valeur à cela !

Il existe une série de « points de non-retour », ou points de rupture

« A côté de ces impacts attendus et pour la plupart modélisés du changement climatique, il existe la possibilité que certaines modifications du climat entraînent des perturbations majeures, brutales et irréversibles à la surface de la Terre.

En d’autres termes, nous savons qu’il existe une série de « points de non-retour », ou points de rupture, au-delà desquels le climat bascule vers un état qui entraînerait des changements abrupts et irréversibles sur les écosystèmes.

Le problème, c’est que nous ne savons pas exactement où se situent ces points de rupture, et certains scientifiques éminents, comme James Hansen, affirment même que nous les avons sans doute déjà dépassés.

Alors que nous pouvons prévoir et anticiper les impacts progressifs du changement climatique, ces transformations brutales auraient des conséquences catastrophiques et largement imprévisibles.

Les principaux points de rupture identifiés sont très divers.

Le plus connu et le plus redouté d’entre eux est la fonte de la calotte glaciaire du Groenland. A partir du moment où la fonte de cette masse glaciaire commencera, elle sera largement irréversible (…).

Ces points de rupture toucheraient également les forêts : la forêt boréale, ou taïga, pourrait ainsi disparaître, de même que l’Amazonie pourrait irréversiblement dépérir, avec les conséquences catastrophiques que l’on imagine, notamment en termes de biodiversité.

Les courants marins pourraient aussi être perturbés si la température de l’eau augmente, ou si les quantités d’eau douce qui s’y déversent sont modifiées.

Ainsi, la circulation thermohaline de l’Atlantique, dont dépend le Gulf Stream, pourrait être perturbée, de même que le courant El Nino.

Enfin, les précipitations pourraient devenir imprévisibles en divers endroits du monde : la mousson indienne estivale pourrait ainsi devenir chaotique, tandis que la mousson d’Afrique occidentale pourrait s’arrêter, ouvrant la voie à un assèchement du Sahara, ou au contraire, selon un scénario opposé, à de plus importantes précipitations qui signifieraient la fin du désert et le retour de la végétation. » (François Gemenne, Géopolitique du changement climatique)

Un million de rats exterminés sur l’île de Géorgie du Sud

C’est un projet mégalomane et criminel, et pourtant il est facile de voir que l’intention est louable. Difficile de dire si c’est un drame ou une tragédie, mais en tout cas cela montre que tout cela est fou.

Vient, en effet, de se terminer la seconde phase d’un projet sur plusieurs années, visant à sauver la majorité des espèces présentes sur l’île de South Georgia, en français Géorgie du Sud.

Cette île, qui a une superficie de 3 755 km2 , avec un officier de marine et quelques chercheurs comme seule présence humaine, se situe à pratiquement 1390 km des Malouines, et tout comme ces îles elle appartient à la Grande-Bretagne mais est revendiquée par l’Argentine.

Cette fois, c’est à un million de rats que la Grande-Bretagne a déclaré la guerre. Elle a distribué 200 tonnes de pellets empoisonnés sur 580 km² pendant 600 heures, avec 1000 vols.

Le but est d’exterminer les rats, qui vivent sur les côtes de l’île, avec notamment onze sommets de plus de 2 000 mètres ; les glaciers empêchent encore les rongeurs d’aller sur le reste de l’île.

Les pellets ont été jetés par hélicoptères.

On l’aura compris, les humains jouent ici aux apprentis sorciers. La logique expliquée est que ce sont les humains qui ont amené les rongeurs, et que leur tâche est donc de les supprimer, afin de « rétablir » l’équilibre naturel sur une île où vivent entre autres 400 000 manchots royaux, et en tout plus de 30 millions d’oiseaux.

Voici l’argumentaire du projet, qui connaîtra une troisième et dernière phase en 2015 :

« La souffrance endurée par tout animal est profondément regrettable, mais à moins que les rongeurs ne soient retirés de Géorgie du Sud, chaque année, des milliers voire des millions de jeunes oiseaux seront dévoré vivants par les rats.

La mort d’un rat va maintenant empêcher le meurtre de nombreux oisillons au fil du temps, et probablement sauver un oiseau, le pipit antarctique, de l’extinction.

Dans l’ensemble, la plupart des gens seraient d’accord pour dire que l’éradication des rongeurs de la Géorgie du Sud est justifiable, voire nécessaire. »

Tout cela est bien beau sur le papier, mais en pratique un million de rongeurs, principalement des rats, vont mourir en raison d’un anti-coagulant, leur amenant des lésions internes, en plus de les rendre photophobiques, pour les faire mourir dans leurs tanières, pour qu’ils ne soient pas eux-même mangés par la suite par des oiseaux.

A cette souffrance s’ajoute la prise de risque ouverte concernant les labbes antarctiques, largement susceptibles de manger les pellets et de mourir. Leur extinction est ouvertement prise en compte ; les chercheurs tablent sur le fait que les jeunes ne sont pas sur l’île à ce moment précis.

Les chercheurs estiment par contre « inévitable » la mort de l’ensemble des rennes, qui sont sur l’île depuis 100 ans.

Ce n’est pas tout : les rats ne sont pas les seuls rongeurs, il y a des souris. La « victoire » sur les rats pourrait amener le « triomphe » des souris.

Enfin, les humains prétendent avoir l’expérience de 1182 exterminations réussies d’animaux sur 762 îles.

Cela est absurde et faux. Faux, car les humains n’ont certainement pas compris le niveau de complexité de Gaïa. Les humains peuvent prétendre « gérer », en fait ils ne gèrent rien du tout, comme le prouve le réchauffement climatique et la destruction de la Nature.

S’imaginer qu’une « extermination » puisse réussir, c’est avoir de la Nature une vision totalement mécaniste. On en est ici encore à Descartes et son monde comme une horloge!

Ainsi, prétendre simplement faire un « retour » en arrière n’a pas de sens, alors que la situation a déjà changé. De plus, il fallait mettre le paquet pour trouver une autre solution qu’une extermination massive digne des nazis.

C’est terrible : non seulement Dieu n’existe pas, mais en plus des religions, il faut que la planète endure des humains se prenant pour « Dieu » !

Remarques autour de Pee & Poo

Voici un petit exemple à la fois humoristique et philosophique, montrant à quel point la question de Gaïa est si importante. Si la théorie de Gaïa est juste, alors cela veut dire que tout est lié ; il n’existe pas de choses séparées des autres.

Tout, d’une manière ou d’une autre, est lié au reste. Quelqu’un qui jette un mégot de cigarette pollue terriblement, en ayant fumé la cigarette il a abîmé son corps, et la production de la cigarette elle-même a exigé des transformations sur la planète.

Ainsi, on ne pourra jamais prendre conscience de la réalité du réchauffement climatique sans reconnaître Gaïa ; si on ne reconnaît pas que tout est lié, alors les phénomènes semblent coupés les uns des autres.

Voici donc un exemple à la fois humoristique et dégoûtant. Il s’agit de « pee & poo », soit « pipi & caca », une ligne de sous-vêtements pour bébés venant de Suède, dont les mascottes ont une sorte de petit succès.

Absolument dégoûtant, penseront la plupart des personnes voyant cela. Comment peut-on faire un truc aussi absurde ? Notons que le délire est poussé jusqu’à faire des e-cards très originales.

Quel rapport avec Gaïa, demandera-t-on avec justesse ? Eh bien, c’est très facile. Le fait d’uriner et de déféquer est quelque chose de parfaitement naturel, ici nous ne disons pas grand chose de bien original.

Mais maintenant regardons les villes. Promenez-vous dans une ville, achetez un jus de fruit au supermarché, baladez-vous. Que se passera-t-il ? L’envie d’uriner arrive. Et là se pose la question : comment faire ?

C’est un exemple excellent – même si fort bizarre en apparence – de comment concevoir Gaïa permet de mettre en perspective. Ce qui choque quand on voit « pee & poo », c’est qu’on y voit la saleté, et c’est tout à fait normal.

Seulement, « pee & poo » sont également naturels. Et les villes ont tellement affirmé le rejet du naturel qu’il n’y a même pas de toilettes ! Les toilettes, on va les trouver dans les cafés, mais alors il faut consommer, et donc de nouveau avoir envie d’aller aux toilettes (sans compter la crasse des locaux le plus souvent).

Comme bien sûr nous vivons dans une société où les femmes sont mises de côté par rapport aux hommes dans bien des domaines, la question des toilettes est encore plus rejetée, les hommes se débrouillant pour uriner de-ci de-là.

Et avec la crise, on voit la terrible situation des SDF. Qui, quand il voit une personne SDF, se dit : comment cette personne fait-elle pour uriner et déféquer ?

Et pourtant il faut se la poser, car c’est la dignité de la personne SDF qui est en jeu, puisqu’elle est tellement « inexistante » dans l’imaginaire social qu’elle en devient une abstraction, une abstraction dénaturée, n’ayant plus besoin de toilettes !

De tels exemples, on en a facilement une infinité. Ce qui fait, on le concédera, déjà pas mal juste en partant de « pee & poo », qui ne sont ici rien qu’un prétexte à parler de cette chose simple et compliquée, statique et en mouvement : la Nature, en qui nous nous trouvons.

Pour finir, voici un exemple parlant de ce raisonnement, et nous reparlerons de cette question chimique.

En allant sur wikipedia à « urine », on apprendra que :

Le composant principal de l’urine est, bien sûr, l’eau, mais le principal déchet qu’elle contient est l’urée.

Qu’est-ce que l’urée ? A la page wikipedia « urée », on a :

L’urée naturelle est découverte en 1773 par Hilaire Rouelle.

Formée dans le foie lors du cycle de l’urée, à partir de l’ammoniac qui provient de la dégradation terminale de trois acides aminés : l’arginine, la citrulline et l’ornithine, l’urée naturelle est éliminée par l’urine.

Et là, on voit à quoi peut servir l’urée, toujours sur la page wikipédia :

Engrais

La plus importante utilisation actuelle se fait sous la forme d’engrais azotés.

L’urée est hydrolysé en ammoniac et en dioxyde de carbone dans le sol (…).

Alimentation animale

L’urée (qualité alimentaire) est employée dans l’alimentation des ruminants (à l’exclusion des autres animaux). En effet, les micro-organismes présents dans le rumen sont capables d’utiliser cette source d’azote pour synthétiser des acides aminés utilisables par le ruminant (…).

Matières plastiques

L’urée est utilisée en chimie industrielle pour la synthèse de plastiques thermodurcissables, les « résines urée-formol » (urée formaldéhyde, sigle UF).

Additif alimentaire

L’urée est utilisée dans l’alimentation comme additif alimentaire comme agent améliorant (Numéro ). Son usage est limité car elle possède une saveur amère.

Eh oui, l’urine n’est pas un pur « déchet », sa composition chimique a joué un rôle dans la planète, forcément, puisque tout est lié. Et ses propriétés sont même utilisés de manière industrielle.

Nous en reparlerons, mais c’est un exemple, facile et surprenant, de comment en Gaïa tout est lié ! Aussi absurde que cela en ait l’air, parler d’uriner et de déféquer, cela concerne Gaïa…