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Bénin : l’exploitation des lapins se modernise

L’Afrique est un continent de l’avenir : son développement est inévitable et la manière dont cela va se dérouler va être décisif pour la planète.

Dans les années 1960, un peu moins de 300 millions d’êtres humains y vivaient, plus de 600 millions dans les années 1990, et désormais il y en a plus 1,2 milliard.

D’ici trente ans, ce nombre doublera. Avec toutes les nécessités qu’on imagine sur le plan des infrastructures, de l’alimentation, etc.

C’est une des raisons pour lesquelles le véganisme comme utopie doit être présenté clairement et comme concept systématique et révolutionnaire.

Car, comme nous le soulignons régulièrement, l’exploitation animale est en croissance exponentielle à l’échelle planétaire ; le véganisme des pays occidentaux n’est qu’un sous-produit naturel de cette évolution.

Voici un exemple de ce qui se passe au Bénin, présenté par Afriqueinside.com, dans un article intitulé « Bénin : l’élevage du lapin sur la voie de la professionnalisation » :

« Dans une étude effectuée par le laboratoire de recherches en Biologie, au Bénin, la production annuelle de viande de lapin est passée de 4 tonnes en 1993 à 240 tonnes en 2005.

En 1987 le Bénin ne comptait que 214 élevages cunicoles possédant chacun en moyenne 17 sujets.

Et pour améliorer les performances au fil des années, la Stratégie Nationale de Développement de la Cuniculture au Bénin validée au travers de cet atelier  se décline en quatre axes stratégiques et objectifs spécifiques.

Le premier axe concerne l’accroissement de la productivité de la profitabilité et de la production de lapin.

L’amélioration de la compétitivité et de l’accès au marché de la viande de lapin local, le développement de la chaîne de valeur viande de lapin et la création d’un environnement favorable pour le développement de la filière en sont les autres axes stratégiques définis par le document-programme.

Quatre objectifs sont dédiés à ces axes stratégiques de la SNDC 2018-2022. L’objectif premier est d’augmenter la production à 6.930 tonnes  de viandes de lapins en 2022.

L’accès au marché local est envisagé à hauteur de 90% et 1% sur le marché sous-régional correspond en effet au deuxième axe stratégique.

La SNDC se veut également renforcer la gouvernance de la chaine de valeur viande et l’attractivité de la filière cunicole. « 

On apprend également que :

« Pour favoriser la filière cunicole, l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) soutient la professionnalisation de la filière. »

C’est un exemple significatif. Et sans émergence d’une vraie vague de contestation générale de l’exploitation animale, on va devoir ces trente prochaines années se contenter d’accumuler ce genre d’informations.

L’exploitation animale se systématise, se modernise. Les pays se développant reprennent directement les schémas dominants, en pire sans doute d’ailleurs. En l’absence de modèle culturel alternatif, révolutionnaire, les formes de consommation les plus affreuses prédominent sans aucune opposition.

C’est une catastrophe généralisée qui se produira si cela arrive. L’Afrique est ici un enjeu majeur. C’est notamment là que se joue la question de l’avenir ou non de la libération animale, d’un rapport pacifié avec la Nature.

Si l’Afrique bascule dans la même logique qui se déroule actuellement en Asie, notamment en Chine mais aussi en Inde, l’exploitation animale va atteindre un stade bien plus grand, une capacité bien plus puissante qu’actuellement.

Nous ne sommes pas en train de dépasser le cauchemar de l’exploitation animale, comme le font croire de nombreuses associations en France. A l’échelle mondiale, nous nous y précipitons.

Carrefour et le « bien-être animal »

Le bien-être animal est une triple escroquerie : le concept ne veut rien dire, il permet de donner le change en faisant croire qu’il y a une évolution, il sert à élever le prix des produits.

En voici un nouvel exemple avec le label « bien-être animal » élaboré par Carrefour avec Welfam (l’ex-PMAF).

On sait que les grands distributeurs se font des marges énormes, ce sont des tyrans du capitalisme, et pourtant il faudrait encore leur permettre de se prétendre démocratique ?

Voici ce que raconte Carrefour, qu’il y a lieu d’étudier, parce que souvent, on se demande pourquoi les gens ne réagissent pas, pourquoi ils ne deviennent pas végans.

Mais comment le devenir alors qu’il y a de tels discours très élaborés pour endormir les esprits, pour masquer les faits ?

Meilleur chaque jour

Pour garantir le bien-être animal

C’est aussi bien pour des raisons éthiques, sanitaires et économiques que le bien-être animal est fondamental du champ à l’assiette.

Pourquoi le bien-être animal est-il fondamental dans les élevages ?

Dans une perspective de qualité des produits, et d’une meilleure valorisation, le bien-être animal est une préoccupation incontournable du métier d’éleveur.

Si les consommateurs sont aujourd’hui de plus en plus sensibilisés à la nécessité d’un traitement respectueux de l’animal d’élevage tout au long de sa vie, cette préoccupation est présente de longue date dans le métier d’éleveur.

Dès la fin du XIXe siècle, la loi sur la police rurale pose les premiers principes de meilleur traitement de l’animal, de bonnes conditions de transport, d’un suivi de l’hygiène et des équipements.

Récemment, le Parlement a adopté le projet de loi modernisant le statut juridique de l’animal en reconnaissant sa nature d’être vivant et sensible.

Enfin, plusieurs études sérieuses ont démontré le lien qui existe entre le bien-être animal et la qualité des produits d’origine animale.

C’est donc aussi bien pour des raisons éthiques, sanitaires et économiques que le bien-être animal est fondamental du champ à l’assiette

Comment s’assurer de la bonne prise en compte du bien-être animal ?

Lire les étiquettes et rechercher les informations sur le mode d’élevage de l’animal.

Les «  Cinq Libertés Fondamentales », principe posé par le Farm Animal Welfare Council (FAWC) en 1979, ont été reprises par l’Organisation Mondiale de la Santé Animale (OIE) pour définir les conditions du bien-être animal :

liberté d’accès à de l’eau fraîche et à un régime alimentaire adapté pour être en pleine santé.

liberté d’accès à un environnement approprié, comportant des abris et des zones de repos confortables.

liberté de bénéficier d’un programme de prévention et d’accès à un traitement rapide et adapté contre les douleurs, les blessures et la maladie.

liberté d’exprimer des comportements normaux, au contact avec des animaux de la même espèce.

liberté d’accès à des conditions d’élevage et à un traitement évitant la souffrance mentale, pour être protégé de la peur et de la détresse.

Selon ce principe, quel que soit le mode d’élevage des animaux, en plein air ou en bâtiment (poulailler, bergerie, chèvrerie, étable…), il est possible de garantir un certain niveau de bien être animal.

En bâtiment, l’enrichissement de l’environnement (litière, lumière naturelle, perchoirs …) et des densités adaptées seront des paramètres déterminants  alors qu’en plein air les éleveurs seront plus vigilants vis-à-vis sur la rusticité des animaux, l’accès à de l’eau propre et la possibilité de s’abriter.

En plus de ces Cinq Liberté, la traçabilité est une attente forte des consommateurs qui aujourd’hui souhaitent connaître le pays d’origine, la région d’élevage, l’alimentation des animaux et ses conditions de vie.

Certaines informations volontaires sur les étiquettes permettent d’avoir des indices sur le mode d’élevage comme les signes officiels de qualité « Bio », « Label rouge », « Appellation d’Origine Protégée », la mention « Elevé en plein air » sur les œufs ou les volailles ou encore l’origine France ou locale.

Pour autant, aucune de ces informations n’apporte l’assurance d’une gestion intégrale du bien être animal.

Aujourd’hui, il semble pertinent d’engager une démarche de certification et d’information à grande échelle avec le développement de filières d’élevage pour toutes les espèces consommées.

Quelles solutions apporte Carrefour ?

La première démarche de certification sur le bien être animal cette année.

Cette prise de conscience, nous l’avons eu depuis longtemps : en 1992, nous mettions en place la traçabilité dans les premiers élevages de nos Filières Qualité Carrefour.

A l’époque, même si le bien être animal était déjà très présent, on parle plutôt de bonnes pratiques d’élevage.

Cette démarche insiste sur la qualité de l’alimentation et le soin apporté aux animaux par l’utilisation de méthode de soins naturels alternatifs aux traitements antibiotiques, tels que la phytothérapie : des conditions d’élevages uniques et novatrices dans la distribution.

Notre classement en progression et en bonne place  parmi les entreprises agro-alimentaire, pour la prise en compte du bien-être animal, établi par le BBFAW (Business Benchmark on Farm Animal Welfare ) nous encourage à poursuivre nos actions avec nos partenaires.

En 2017, nous renforçons notre engagement en lançant la 1ère démarche de certification sur le bien-être animal, en partenariat avec les éleveurs, l’ONG Welfarm (association pour la protection mondiale des animaux de ferme est une association française) et un organisme certificateur indépendant.

Pourquoi tout le monde ne fait pas ça ?

Quand tout le monde va dans le même sens, les résultats sont positifs
Cette prise de conscience n’est pas récente mais elle nécessite l’engagement de toutes les parties prenantes : des éleveurs, aux distributeurs, en passant par les organismes indépendants et la législation.

Chez Carrefour, nous vous informons sur le niveau de bien être animal quel que soit le mode d’élevage.

Nos engagements en termes de bien-être animal sont les suivants : arrêter la vente d’œufs issus de poules en cage d’ici 2020 pour les marques Carrefour ; 100% des mayonnaises Carrefour soient réalisées avec des œufs de poule élevées en plein air ; développement d’une filière de lapins en habitat alternatif plus adapté au bien être ; et des dindes élevées en plein air.

Dès avril, les consommateurs trouveront dans nos magasins Carrefour Market et nos enseignes de proximité (Carrefour City, Carrefour Contact, Carrefour Express), du porc élevé en plein air sous la marque Reflets de France, et nous garantissons déjà pour 50% de nos porcs FQC l’absence de castration.

En 2017, pour valoriser le travail effectué par les éleveurs et les abattoirs partenaires des filières, et dans un souci de transparence vis-à-vis du consommateur, nous poussons la traçabilité de nos filières animales plus loin grâce à la technologie blockchain.

C’est une première française pour un acteur de la grande distribution de proposer à chaque acteur de la filière d’inscrire dans un registre virtuel et infalsifiable les informations relatives à son produit quel que soit son degré d’intervention. Ainsi, le consommateur peut connaître tout l’historique de son produit, du champ à l’assiette.

Quand la qualité alimentaire progresse, le monde va mieux et vous aussi.

Petit à petit, on peut tout changer.

Ce dernier slogan résume tout. Et il faut être bien naïf pour y accorder une quelconque valeur !

Emmanuel Macron et l’éleveur « qui pleure quand un animal meurt »

La FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) a invité les candidats aux présidentielles à un grand oral, à l’occasion du dernier jour de son congrès.

Cette invitation au moment du congrès signifie qu’il faut aller se soumettre et, d’ailleurs, il fallait être présent en personne. Jean-Luc Mélenchon voulait envoyer un représentant, il a été éconduit, Benoît Hamon ne s’est pas déplacé.

C’est que la FNSEA, c’est le symbole du conservatisme et des grandes entreprises ; être présent à son congrès quand on veut se donner une image de gauche n’est pas faisable…

Emmanuel Macron, lui, y est allé de bon coeur, saluant l’ancien président mort tout récemment, avant de se lancer dans un éloge de la compétitivité, dans un décor assez hallucinant de kitscherie…

Et, dans le prolongement de ce qu’il a dit au WWF (Emmanuel Macron : » je continuerai à manger l’agneau des Pyrénées ») et au congrès des chasseurs (Emmanuel Macron veut développer le « tourisme cynégétique »), il a maintenu son courant ultra-libéral sur le plan de l’économie et des moeurs, ultra-réactionnaire sur le plandes valeurs.

Ses propos au sujet du bien-être animal ont été littéralement abjects, se basant qui plus est sur l’image d’Epinal du petit élevage, de taille raisonnable, avec l’éleveur connaissant ses animaux, veillant même l’animal malade la nuit…

Une telle vision du terroir est digne des années 1930.

Nous avons retranscrits ses propos, qui valent le détour, d’autant plus qu’il aborde la question des oeufs, confirmant l’interprétation que nous avons fait de sa mesure au sujet des oeufs issus de poules en cages.

« – Il y avait cette question qui vient de la salle.

Que pensez-vous des attaques des différentes associations sur le bien-être animal, comment pensez-vous valoriser notre agriculture dans de telles conditions, nos produits, le travail ?

– Ben, là dessus, j’ai répondu d’ailleurs à une organisation environnementaliste qui m’interrogeait sur ce sujet.

Moi, j’ai jamais connu un éleveur qui était heureux avec des animaux malades. Faut me le présenter.

C’est comme l’idée qu’un employeur serait forcément quelqu’un qui adore licencier des gens.

[mettant sa main vers sa tête pour indiquer que ce serait « fou »] C’est parfois les représentations qu’on a dans le débat public.

Si quelqu’un est malheureux lorsqu’il y a un problème de bien-être animal, c’est l’éleveur le premier.

Et l’éleveur, ce qu’il veut, c’est justement pouvoir élever ses animaux dans les meilleures conditions, parce que c’est lui qui se relève la nuit, c’est lui pleure quand un animal meurt.

[faisant un signe de dénégation avec l’index] C’est pas les gens qui sont dans des associations ou dans des bureaux.

Donc aujourd’hui… [applaudissements du public]

Donc aujourd’hui, le problème c’est quand c’est un éleveur n’est pas en situation d’améliorer les choses pour ses bêtes et pour lui-même.

Et donc c’est pour cela que moi je veux faire ce plan d’investissement agricole qui permet, quand on a un projet, qu’on veut l’améliorer…

Moi j’étais il n’y a pas longtemps dans la région, chez monsieur Nédelec, qui passe justement, qui a un élevage de cinquante vaches, qui passe à une production bio.

Il a pu installer, parce que il a eu des aides de la région, pour accompagner ses bêtes, des capteurs qui permettent de mieux accompagner la bête quand elle veule [Emmanuel Macron se trompe et veut en fait dire quand elle vêle], etc., et d’éviter des souffrances.

Eh bien, ça, je suis désolé de vous le dire, c’est de l’investissement, c’est pour bon pour l’élevage [brouhaha dans la salle, le modérateur fait « chut chut » au public], c’est bon pour le professionnel et c’est bon pour tout le monde.

C’est pour ça que ce plan d’investissement d’avenir, il permet de résoudre le problème de la condition animale, mais en même temps, il permet d’améliorer le fonctionnement.

Après, on a un problème dans les abattoirs, mais c’est la transformation, ce n’est pas l’élevage.

Et là dans les abattoirs, pardon de vous le dire, mais les premières victimes, ce sont celles et ceux qui y travaillent, hein.

Et la raison on la connaît bien. Donc là aussi y a un plan de modernisation à faire.

– [Christiane Lambert, président de la FNSEA, prend la parole] Toutefois, monsieur Macron, vous nous avez donné l’impression de surfer un petit peu sur la vague welfariste, lorsque vous avez dit qu’il fallait que vous alliez interdire en 2025 tous les œufs provenant de poules en cage.

Nous sommes dans une région où 70 % des poules sont élevées en cages, modernisées agrandies, mais quand même 70 %.

Les bâtiments qui ont été rénovés il y a cinq ans, qui ont encore dix quinze ans d’amortissement, comment allez-vous faire d’un coup – claquement de doigt tweet – pour résoudre ce problème de l’agriculture française [applaudissements, bravos].

– Je vais vous dire deux choses. La première, c’est que 2025, ce n’est ni un tweet ni un claquement de doigt. C’est quand même un objectif.

La deuxième, c’est que je n’ai jamais dit que je la prendrai moi ou que je l’interdirai. J’ai dit que je me fixerai cet objectif. Et il est atteignable.

La troisième chose, si vous m’avez écouté précisément, madame la présidente [brouhahas, le modérateur fait « chut chut chut »], c’est que j’ai parlé de la GMS [grandes et moyennes surfaces]. J’ai parlé de la GMS.

Or une large majorité des œufs qui sont produits dans la région et vendus, ils le sont pour les industries agro-alimentaires et la transformation.

J’ai pas une seule seconde dit, en l’espèce, qu’il fallait revenir sur les normes actuelles.

La dernière chose, c’est que, justement, et quand j’ai rencontré les professionnels au salon de l’agriculture, je leur ai dit, je pense qu’il faut pour la grande distribution – ce qui est une part minoritaire de la vente des œufs, comme vous le savez aujourd’hui qui sont produits – pour la grande distribution, il faut se fixer cet objectif à dix ans, parce que de toutes façons, sinon nous aurons à le subir.

Moi, je vous fiche mon billet, on peut se faire plaisir, je peux vous dire le contraire, mais dans trois, dans quatre ans, dans cinq ans, vous aurez des associations de plus en plus, des associations de consommateurs et autres, qui vous diront [tapant dans ses mains] « moi je veux de la meilleure qualité ».

On l’a eu sur le poulet, on l’a sur tout, donc il faut se fixer cet objectif à dix ans en disant : on va l’accompagner.

Ce n’est pas surfer sur une vague. C’est se dire : on peut quand même avoir un objectif décennal. Ce n’est pas une loi qui l’interdira demain, ce n’est pas une nouvelle norme, mais on dit il faut accompagner cette transformation, uniquement pour ce qui est vendu en GMS, et ça passe aussi par ce plan d’investissement.

On l’a calé avec la profession, il faut cinq cent millions d’euros d’investissement pour, dans les cinq six années à venir, moderniser. Ils seront accompagnés par le plan d’investissement que je porte.

– Vous avez évolué, c’est bien… Mais merci d’avoir précisé

– J’ai dit des choses précises. »

Augmentation de la consommation de « viande » en 2016 en France

Se confronter aux données économiques de l’exploitation animale est très important : cela permet de constater les faits. Et de faire la part des choses.

Sommes-nous en décalage avec la réalité lorsque nous disons que l’exploitation animale est en croissance exponentielle à l’échelle mondiale, que rien n’est possible sans révolution ? Ou bien le réformisme des « droits des animaux », y compris à prétention végane, n’est-il que la caution « morale » de l’exploitation animale ?

Parlons cette fois de la France, puisque le réformisme prétend qu’il s’y passe des choses à grande échelle, il y aurait un basculement.

Ce n’est pas du tout ce que disent les données du ministre de l’agriculture, qui viennent de tomber. Voici comment Le Figaro les résume :

La consommation française de viande a légèrement augmenté de 0,9% en 2016, tirée par la volaille, mais la consommation de viande à domicile par les ménages a régressé, selon les services statistiques du ministère de l’Agriculture.
En 2016, la consommation apparente de viande, c’est à dire mise à disposition sur le marché intérieur, a augmenté de 0,9% par rapport à 2015, un hausse quasi comparable à celle de 2015 (+1%) après une période de baisse, indique le bulletin d’Agreste.
La situation est toutefois contrastée selon les types de viande: alors que la consommation de viande de boucherie, qui représente 68% de la consommation totale de viande est en légère baisse sur un an (-0,6%), celle de volaille de chair progresserait (+4%), après s’être stabilisée en 2015.
Il n’y a pas de baisse de consommation de la « viande » en France (rappelons qu’il manque, de notre point de vue, les chiffres pour les autres animaux, notamment les poissons et les crustacés).
Et pour cause l’exploitation animale est un système économique. Il n’y a pas de « spécisme », mais une réalité économique, comme le paradoxe que les chiffres montrent.
En effet, les chiffres qui constatent l’augmentation de la consommation de viande en France disent, en même temps, que les ménages achètent moins de viande…
Voici un tableau de données.
Comment expliquer cela ? Tout simplement, par la consommation hors foyers. Cette consommation que, précisément, le réformisme de l’exploitation animale « oublie ».
Historiquement, pour les végans, McDonald’s a toujours été un ennemi, au même titre que Nestlé ou toutes les autres grandes compagnies de l’exploitation animale.
Pour le réformisme de l’exploitation animale, ces grandes compagnies ne comptent pas, tout dépendrait du « consommateur ».
C’est un point de vue de bobo et d’universitaires de centre-ville, d’entrepreneur plus ou moins hipster.
Voici d’ailleurs un autre tableau de données très intéressant, rappelant une vérité élémentaire. Le but de la production de « viande » est le profit. Il n’y a pas de spécisme.
Et on peut voir qu’effectivement, les prix d’un certain de type production augmentent, pour compenser la baisse des ventes… C’est une logique implacable.
Mais c’est une logique implacable seulement quand c’est possible. Les deux tableaux suivants présentent d’un côté la consommation de l’autre l’évolution des prix.
En raison de la concurrence, il est très difficile d’augmenter les prix de manière générale…
Et quelle sera la conséquence inévitable ? L’augmentation des cadences, le renforcement de l’exploitation animale, afin de vendre plus et moins cher !
Ne négligeons pas le fait que le marché est également « insensé », au sens où il y a des tendances dépendant des « goûts » du consommateur.
Voici ce que cela donne pour les différentes « viandes », et la tendance générale est dans tous les cas à la hausse…
Pour conclure, ce n’est pas parce que les ménages achètent moins de « viande » qu’il n’y a pas pour autant une hausse générale de la consommation de « viande ».
Il y avait, en 2009, 1141 McDonald’s en France. En 2015 il y en avait 1380, ce qui fait  deux millions de repas par jour…

L’exploitation animale contrôle la production de produits pour animaux

Il est tout à fait naturel que l’exploitation animale se dirige vers les produits pour animaux « de compagnie ». C’est une question de profit, de logique d’investissement.

Prenons ainsi PetSmart et Petco, deux grandes chaînes américaines de magasins vendant des produits pour animaux.

Elles ont été achetées il y a respectivement trois et deux ans, chacune par un fonds d’investissement : BC Partners pour la première, CVC pour la seconde, pour respectivement 8,7 et 4,6 milliards de dollars.

Les magasins vendent des produits et des animaux, mais aussi des services, comme la formation des chiens. Il s’agit d’élargir les besoins, jusqu’à l’absurde.

En voici un exemple avec l’alcool comme prétexte, noté par Les échos :

« Plusieurs start-ups américaines proposent désormais du faux vin pour chat, en bouteilles miniatures de 250 millilitres.

Sans alcool, coloré à la betterave bio, le breuvage s’appelle « Catbernet », « Pinot Meow » ou encore « Purrgandy », et se vend près de 12 dollars le flacon ( le « Meow et Chandon » étant naturellement un peu plus cher).

Brandon Zavala, fondateur d’Apollo Peak, le premier fabricant à avoir proposé ces boissons, raconte avoir vu décoller les ventes lorsqu’il a eu l’idée de les présenter comme du vin, avec le mot clé #whydrinkalone. (pourquoi boire seul ?).

Depuis, l’offre s’est enrichie de cocktails baptisés « Meowgarita » ou « Doggy Mary ». Et des concurrents sont apparus. »

La tendance est encore plus forte dans le secteur de l’alimentation pour animaux.

Mars est ainsi un groupe économique très connu des gens connaissant l’histoire de la lutte pour les droits des animaux, car il a été une cible importante de la lutte contre la vivisection.

Eh bien il s’agit désormais d’un poids lourd important des produits pour animaux.

Voici une présentation de sa puissance économique par Capital :

« Le groupe alimentaire américain Mars, numéro un mondial des aliments pour chiens et chats avec ses marques Pedigree et Whiskas, se renforce sur le marché des soins vétérinaires avec l’acquisition annoncée lundi de VCA, un opérateur de cliniques spécialisées, pour 7,7 milliards de dollars (7,3 milliards d’euros).

L’opération permettra à Mars, surtout connu pour ses confiseries comme les M&Ms et Snickers, d’ajouter environ 800 établissements à son réseau existant de plus de 900 cliniques pour animaux de compagnie (…).

VCA, fondé en 1986, a réalisé en 2015 un chiffre d’affaires de 2,13 milliards de dollars [et est surtout connu pour sa nourriture pour animaux Camp Bow Wow].

Mars détient déjà les chaînes de cliniques vétérinaires Banfield [Banfield Pet Hospital], fondée en 1955, et BluePearl [BluePearl Veterinary]. Son chiffre d’affaires dans les aliments pour chiens et chats a atteint 17,80 milliards de dollars en 2015, selon Euromonitor. »

A Mars, il faut ajouter Nestlé, qui avait acheté, en 2001, Ralston Purina pour 10,3 milliards de dollars. Mars et Nestlé, c’est ainsi 80 % de la nourriture pour animaux dans le monde…

Nourritures pour animaux, cliniques vétérinaires, produits pour animaux… Tout est relié, avec des énormes entreprises, toujours plus grandes.

La famille Versele, qui possède Versele-Laga, est par exemple une des familles multi-millionnaires en Belgique (avec pratiquement 200 millions d’euros).

C’est un panorama édifiant, qui en dit long sur les leviers qu’il faudra prendre en compte et même contrôler si l’on veut réellement changer la condition des animaux et notre rapport avec eux.

Et il y a ici une liaison évidente et flagrante entre l’exploitation animale et l’idéologie des « animaux de compagnie », de la réduction des animaux à des objets « utiles » étant, finalement, des marchandises comme des autres.

Il n’est pas possible de vouloir changer les choses et de ne pas prendre en compte de tels facteurs.

Emmanuel Macron :  » je continuerai à manger l’agneau des Pyrénées »

Emmanuel Macron est un phénomène médiatique très important et le WWF est un poids lourd des associations « écologistes » liées ouvertement aux institutions. Leur rencontre hier lors d’un petit questions-réponses a visé naturellement à faire un petit buzz médiatique, dont on voit cependant les limites : 16 000 vues sur facebook, 40 seulement sur youtube.

Et on apprend pas grand-chose, dans la vidéo de ces questions-réponses, à part qu’Emmanuel Macron est un homme de dossiers, qui répond aisément, posément, en expert… en finalement pas grand-chose.

Voici notre retranscription des propos, qui sont assez cocasses et qui témoignent qu’Emmanuel Macron n’y connaît rien et par ailleurs s’en fout. Cela se passe à un peu plus de deux minutes avant la fin dans la vidéo.

Emmanuel Macron : Il y a un sujet, on le sait, l’élevage des poules en batterie. Là il faut être dessus très clair sur les œufs.

Moi je souhaite et je prends même l’engagement, que euh donc d’ici 2025 on ne vende plus…

Le responsable du WWF : Donc d’ici 2025 dans dix ans

Emmanuel Macron : Qu’on ne vende plus, que ce soit interdit dans les grandes surfaces, des œufs issus justement des élevages en batterie.

Le responsable du WWF : L’ANSES [Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail] recommande de manger moins de viande, Jean-Luc Mélenchon a dit qu’il mangeait moins de viande, quels sont vos engagements personnels sur ce sujet et évidemment sur la politique d’alimentation ?

Emmanuel Macron : Non, moi je je… [sourire]

Le responsable du WWF : Non ?

Emmanuel Macron : Moi j’aime bien la viande, donc je continuerai à en manger.

Le responsable du WWF : A en manger quel que soit l’impact carbone etc ?

Emmanuel Macron : Non.

Le responsable du WWF : Sur la planète.

Emmanuel Macron : Non, parce que ce n’est pas une fatalité. D’abord, il y a de la viande française, qui est formidable, donc je continuerai à manger l’agneau des Pyrénées ou d’ailleurs. Je continuerai…

Le responsable : Justement, moins de viande mais mieux de viande c’est quelque chose dans laquelle vous vous retrouvez ?

Emmanuel : Bien sûr. Mais d’ailleurs… Mais totalement.

Il est tout à fait révélateur que le responsable du WWF, à savoir son directeur général en France, Pascal Canfin, cherche à sauver la mise à Emmanuel Macron, en commençant à parler de « moins mais mieux ».

Car il était évident qu’Emmanuel Macron ne connaît rien à la question de l’empreinte carbone de la « viande ». Il a simplement compris cela comme une question de transport, montrant qu’il ne connaît rien à la question.

N’importe qui s’intéressant un tant soit peu à la question sait que produire de la « viande » implique une vaste production de gaz à effets de serre, environ 18 % du total causé par l’humanité…. Au minimum, certains chiffres allant jusqu’à 51 %.

Les raisons sont bien connues : transport des aliments pour les animaux (les 2/3 des terres agricoles sont occupées par l’exploitation animale), déforestation intensive, fermentation gastrique des ruminants, stockage du lisier…

Apparemment, Emmanuel Macron ne le sait pas… Ce qui est impossible. On voit bien dans ses réponses que c’est quelqu’un de cultivé et de méthodique. C’est donc qu’il ment, c’est évident.

La preuve, il connaît très bien le thème des œufs en batterie mis en avant par L214 et il se précipite dessus par choix électoral  ! Aucun hasard là-dessus.

Il cite même, à la fin des questions-réponses, L’enracinement de Simone Weil, montrant son haut intellectualisme, Simone Weil correspondant à une certaine critique très « années 1930 ».

Voici un extrait de cet ouvrage parlant du déracinement et de l’enracinement, avec ce thème ultra-réactionnaire des racines :

« Un jeune moine bouddhiste était inquiet pour le salut éternel de son père, vieil avare qui ne pensait qu’à l’argent.

Le prieur du couvent se fit amener le vieux et lui promit un sou chaque fois qu’il pratiquerait la récitation du nom du Seigneur ; s’il venait le soir dire combien de sous on lui devait, on les lui paierait.

Le vieux, ravi, consacra à cette pratique tous ses moments disponibles. Il venait se faire payer au couvent chaque soir.

Soudain on ne le vit plus. Après une semaine, le prieur envoya le jeune moine chercher des nouvelles de son père.

On apprit ainsi que le vieux était maintenant absorbé par la récitation du nom du Seigneur au point qu’il ne pouvait plus compter combien de fois il la pratiquait ; c’est ce qui l’empêchait de venir chercher son argent.

Le prieur dit au jeune moine de ne plus rien faire et d’attendre. Quelque temps après, le vieux arriva au couvent avec des yeux rayonnants, et raconta qu’il avait eu une illumination.

C’est à des phénomènes de ce genre que fait allusion le précepte du Christ : « Thésaurisez pour vous des trésors dans le ciel… car là où est ton trésor, là sera aussi ton cœur. »

Cela signifie qu’il y a des actions qui ont la vertu de transporter de la terre dans le ciel une partie de l’amour qui se trouve dans le cœur d’un homme. »

Si Emmanuel Macron est capable de chercher une référence pareille, alors il est en mesure de connaître la question de l’empreinte carbone de la « viande »…

Alors pourquoi ment-il ? Parce qu’il est libéral sur le plan économique, sur le plan des mœurs, sur tous les plans, ce qui implique non pas l’éloge du terroir comme François Fillon, mais au moins son acceptation.

Par conséquent, il fait donc l’éloge de l’agneau des Pyrénées, pour montrer qu’il ne compte nullement entrer en rupture avec les traditions. Emmanuel Macron avait d’ailleurs fait l’éloge de Jeanne d’Arc, de Philippe de Villiers au Puy du Fou (où il avait pour la première fois assumé de ne pas être socialiste).

C’est la ligne d’Emmanuel Macron, qui est le partisan d’unir, d’unifier, d’accorder… Notre-Dame-des-Landes ? On nomme un médiateur, je verrai dans six mois. Le nucléaire ? On vise 32 % d’énergies renouvelables en 2030. Les OGM ? On interdit, mais on continue les recherches à leur sujet. Le diesel ? On taxe à parité avec l’essence. Etc. etc.

En clair, on modernise mais on ne touche à rien, on libéralise mais on reste bien réactionnaire. Concluons d’ailleurs sur des photos terrifiantes, venant du site agneaudespyrenees.com. Elles montrent des jeunes animaux, notamment avec leurs mères, alors qu’ils les assassinent…

Proposition de loi sur le transport animal

Philippe Noguès est un député qui a quitté le parti socialiste en soutenant les « frondeurs », après avoir pourtant par le passé soutenu Dominique Strauss-Khan.

Comprenne qui pourra, en tout cas il vient de déposer une proposition de loi sur le transport animal. Il est soutenu par 33 autres députés et sa proposition a été élaborée en partenariat avec CIWF France, l’ancienne PMAF.

On est ici dans l’accompagnement ouvert à l’exploitation animale, qu’il s’agit ici d’enjoliver à coups de mesures qui, d’ailleurs, ne servent qu’à permettre uniquement aux grosses entreprises de survivre.

Voici le début de cette proposition de loi, qui le prouve totalement : les chiffres énormes dont il est parlé représentent des êtres vivants… Une telle logique est inacceptable, mais apparemment pas pour les députés concernés.

« Mesdames, Messieurs,

Beaucoup d’animaux sont engraissés ou abattus loin de leurs lieux de naissance pour des raisons principalement économiques.

Au niveau européen, on estime que chaque année, près d’un milliard de volailles et 37 millions de bovins, cochons, moutons, chèvres et équidés sont transportés vivants à l’intérieur de l’union européenne et vers des pays tiers.

Les transports d’animaux longue distance (de plus de huit heures) représentent environ 10 % de l’ensemble des transports, soit 17,5 millions d’animaux.

Certains sont particulièrement fragiles, comme les jeunes animaux. Ainsi, en 2015, 1,3 million de veaux non sevrés ont été transportés entre les pays européens.

La France figure parmi les premiers exportateurs d’animaux vivants et est à l’origine de nombreux transports longue distance sur son territoire.

Elle exporte ainsi plus d’un million de gros bovins, en majorité destinés à être engraissés. Il s’agit essentiellement d’animaux mâles de 8 à 12 mois (broutards) mais également d’animaux « finis » destinés à l’abattage. Elle exporte également plus de 500 000 ovins. »

Maintenant, voici le passage qui suit immédiatement cela, et qui explique ouvertement que la réforme du transport des animaux est bon pour l’opinion publique, mais surtout pour le business…

« Les filières d’élevage françaises sont ainsi actuellement dépendantes des exportations, en particulier vers l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne mais également vers des destinations plus lointaines, hors de l’Union européenne (UE), notamment vers les pays d’Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Libye), le Moyen-Orient (Liban) et la Turquie.

Les exportations vers ce pays se sont ainsi développées de façon extrêmement forte en 2015, avec plus de 80 000 broutards exportés vivants vers la Turquie, et des objectifs affichés encore bien supérieurs (plus de 200 000 animaux), encouragés par le ministère de l’agriculture avec la création d’une plate-forme « France Viande Export » pour faciliter les partenariats économiques avec les pays importateurs.

Or nos concitoyens, de plus en plus sensibles à la question du traitement des animaux et au respect du bien-être animal, sont nombreux à nous interpeller sur les conditions de transports et sur ce qu’il advient des animaux issus de nos élevages.

Par ailleurs, le transport d’animaux sur de longues distances dans des conditions défavorables peut augmenter le risque de transmission et de propagation des maladies et le respect du bien-être animal peut influer sur la qualité des produits animaux.

Enfin, relocaliser l’abattage est une exigence pour nos filières et pour répondre aux attentes des citoyens, en termes de protection des animaux, de lutte contre le changement climatique, d’emploi mais aussi pour conserver et affirmer nos labels de qualité, et ainsi d’améliorer l’image de la filière viande auprès du consommateur UE et hors UE. »

Comme quoi cela sert de lire les propositions de loi. On voit très bien qu’il s’agit de renforcer la « qualité » du produit, de la valoriser.

La condition animale n’est qu’un prétexte. Il faut être bien naïf pour penser que ce discours économique serait un prétexte pour faire avancer la condition animale.

Le discours du « bien-être animal » masque de plus en plus une réalité nouvelle : comme avec la fausse écologie, tout cela n’est qu’accompagnement de la modernisation de l’exploitation animale.

Marine Le Pen : le « bien-être animal » comme soutien à la « puissance agricole »

Marine Le Pen a rendu public les 144 propositions composant son « projet présidentiel ». Étant donné qu’elle s’est positionnée à de nombreuses reprises comme favorable aux animaux, voyons ce qu’il en est.

On trouve une proposition qui aborde directement la question, et six qui l’abordent indirectement.

La proposition qui traite de la question animale est formulée de la manière suivante :

137. Faire de la protection animale une priorité nationale. Défendre le bien-être des animaux en interdisant l’abattage sans étourdissement préalable et en remplaçant le plus possible les expérimentations animales. Refuser le modèle des fermes-usines, du type « ferme des 1000 vaches ».

Comment comprendre cela ? En fait, de la manière suivante : le bien-être animal est vu par le prisme de la question de « l’abattage sans étourdissement » tel que pratiqué dans les rituels casher et halal.

Ici, Marine Le Pen a un boulevard en raison des idiots utiles qui se sont focalisés là-dessus, avec plus ou moins de bonne foi. La question animale est bien entendu utilisée ici de manière non universaliste, dans un esprit d’accusation, les animaux n’étant qu’un prétexte.

Preuve de cela, le véganisme n’est pas abordé comme thématique, les ferme-usines étant refusées ce qui signifie qu’il y a une défense du mode de production de la petite exploitation. C’est l’esprit pétainiste, commun aux fachos et aux zadistes, qui idéalise la petite production « à l’ancienne ».

Preuve de cela, les six autres mesures, où le « bien-être animal » est utilisé comme prétexte au protectionnisme de ce secteur capitaliste. En clair, les animaux sont un moyen d’apparaître faussement progressiste, de trouver un vecteur de mobilisation en sa faveur, de s’approprier le soutien d’un secteur économique en trouvant un prétexte à sa défense par la nation toute entière…

LA FRANCE, PUISSANCE AGRICOLE AU SERVICE D’UNE ALIMENTATION SAINE

125. Appliquer le patriotisme économique aux produits agricoles français pour soutenir immédiatement nos paysans et nos pêcheurs, notamment au travers de la commande publique (État et collectivités).

126. Transformer la Politique Agricole Commune en Politique Agricole Française. Garantir le montant des subventions dont les critères seront fixés par la France et non plus par l’Union européenne, avec l’objectif de sauver et soutenir le modèle français des exploitations familiales.

127. Refuser les traités de libre-échange (TAFTA, CETA, Australie, Nouvelle-Zélande, etc.). Développer les circuits courts de la production à la consommation, en réorganisant les filières.

128. Simplifier le quotidien des agriculteurs en stoppant l’explosion des normes administratives et encourager l’installation des jeunes agriculteurs, par le biais de défiscalisations durant les premières années.

129. Défendre la qualité : afin de lutter contre la concurrence déloyale, interdire l’importation des produits agricoles et alimentaires qui ne respectent pas les normes de production françaises en matière de sécurité sanitaire, de bien-être animal et d’environnement. Imposer la traçabilité totale de l’origine géographique et du lieu de transformation sur l’étiquette, afin de garantir la transparence et l’information complète des consommateurs.

130. Promouvoir les exportations agricoles, notamment en soutenant les labels de qualité.

On ne peut pas dire qu’on veut le « bien-être animal » et soutenir de manière unilatérale la petite production. A moins d’avoir comme conception du « bien-être animal » un simple retour en arrière, avec une critique démagogique des fermes industrielles à qui on attribuerait une valeur entièrement nouvelle.

La réduction de la question animale à un vecteur de nationalisme est ici évidente et malheureusement elle fonctionnera au moins un peu, parce que le véganisme n’a pas été placé au coeur de la critique de la situation animale aujourd’hui.

Dès qu’on se place sur le terrain du relativisme, tout est perdu…

« La Compagnie des Vétérinaires » à l’assaut du profit

Reparlons des Echos, ce média promoteur du capitalisme, avec un thème qui nous est extrêmement cher : l’incinération des animaux.

Naturellement, nous préférons bien entendu les enterrer, c’est bien plus conforme au cycle naturel. Néanmoins, dans les villes il est très difficile de faire cela, pour ne pas dire impossible et il est donc important de savoir préserver la dignité du défunt.

Malheureusement, c’est bien entendu un commerce comme un autre. Un commerce terriblement sous-développé par ailleurs et une question essentielle se pose : en France, il y a des millions d’animaux dit de compagnie, que deviennent-ils une fois décédés ?

Il y a ici un non-dit terrible. Dans une société « normale », c’est l’État qui l’organiserait, tout en faisant la promotion du véganisme et en le systématisant, mais comme il n’y a pas eu de révolution, tournons-nous vers les Echos pour voir l’actualité dans ce domaine, en l’occurrence avec l’entreprise « La Compagnie des Vétérinaires ».

Le spécialiste de la fin de vie des animaux lèvent 3 millions d’euros. La PME développe de nouvelles games de service : assurance pour les propriétaires de chien et de chats et informatique pour les cabinets vétérinaires

La fin de vie animale est un marché en pleine expansion. La très discrète Compagnie des Vétérinaires, née il y a vingt ans à Cambrai sur l’idée de développer des crématoriums pour les animaux, vient de décider d’investir 26 millions d’euros, à la fois pour se développer à l’international et pour créer de nouveaux services.

Basée à Villeneuve-d’Ascq, la société, dont les 2.000 actionnaires sont des vétérinaires, emploie 320 salariés, réalise un chiffre d’affaires de 29 millions d’euros et détient le quasi-monopole de la crémation des animaux en France. (…)

Avec son dernier centre ouvert à Faulquemont (Moselle) en décembre, le groupe compte désormais 14 centres sous l’enseigne Incinéris, qui couvrent l’Hexagone. Le premier volet du programme prévoit de consacrer 10 millions d’euros à l’international, avec un programme d’acquisitions et de créations qui débute par la Pologne et l’Allemagne.

La Compagnie des Vétérinaires ouvre aussi son activité à d’autres segments comme celui de l’assurance-santé animale, démarrée il y a six ans. L’offre, encore émergente, sous la marque Bulle Bleue a séduit 35.000 premiers clients, mais le potentiel existe.

L’entreprise se lance aussi dans l’édition logicielle à destination des vétérinaires. Mi-2016, elle a acquis deux entreprises dans cet univers, Vétocom à Pau et Bourgelat à Caen, et prévoit d’investir 10 millions d’euros.

Il s’agit d’élargir sa palette pour offrir aux vétérinaires des solutions qui faciliteront le lien avec les clients, mais aussi de créer une plate-forme de services. Une tranche de 6 millions d’euros sera enfin dévolue à la modernisation des centres actuels et à leur mise aux normes.

Ces développements doivent porter le chiffre d’affaires à environ 50 millions d’euros avec 400 voire 450 salariés dans les trois ans.

Le financement de ce programme passe par plusieurs opérations de dette, dont la première est une ligne obligataire de 3 millions d’euros souscrite auprès du nouveau fonds Humanis Croissance, partagé entre l’IRD et la mutuelle Humanis, dont c’est la première participation. Le groupe prévoit également une recapitalisation de 15 millions d’euros en deux temps en 2018, dont une ouverture du capital à des non-vétérinaires. Celle-ci doit être autorisée par la prochaine assemblée générale en mars.

La prose liée à la question de l’enrichissement a toujours quelque chose de saisissant. Il est toujours admirable de voir des gens en quête de profit tirer des plans sur la comète.

Sauf que là c’est honteux et terrible, car il s’agit de vétérinaires. C’est la faillite de cette corporation, qui non seulement ne dit rien en faveur des animaux, mais qui plus est plonge de manière éhontée dans la quête de l’enrichissement, sans même faire un tant soit peu semblant.

Investissements à l’international, mise en place d’un monopole, ouverture aux non vétérinaires pour se renforcer… Les cours pour devenir vétérinaires doivent en fait avoir comme contenu parfois les mêmes que ceux des écoles de commerce…

Le Conseil national du cuir en guerre contre le « cuir vegan »

C’est une initiative qui rejoint la problématique abordée hier avec la fermeture des supermarchés allemands Veganz, mais également le combat mené par les industriels contre les dénominations des simili-carnés.

En effet, l’industrie du cuir se lance dans la bataille. Elle est prête à reconnaître l’habillement végan, mais cela passe par son intégration comme forme minoritaire.

Le Conseil national du cuir vient de publier un livre blanc, avec dix mesures, dont la suivante.

PROTÉGER LE MOT CUIR ET RENFORCER LA LUTTE CONTRE LA CONTREFAÇON

De plus en plus, le consommateur est aujourd’hui confronté à des articles évoquant des produits fabriqués avec des matières issues de fibres de fruits ou de légumes appelées «cuir »

Le Conseil National du Cuir rappelle que l’utilisation du mot « cuir » est encadrée par le décret 2010-29 du 8 janvier 2010 portant application de l’article L.214-1 du code de la consommation : «  L’appellation « cuir » concerne uniquement la matière obtenue de la peau animale qui est ensuite transformée pour être rendue imputrescible ». Le but étant de renseigner au mieux le consommateur et d’éviter qu’il ne soit trompé.

Cependant, plusieurs entreprises de la filière ont constaté que le décret ne tient pas compte des produits importés venant d’Europe, vendus en magasin ou via internet.

Cette situation est très défavorable pour les entreprises françaises car elle constitue une distorsion de concurrence.

En conséquence, le CNC est décidé à agir avec la plus grande détermination contre cette forme de concurrence déloyale qui usurpe l’utilisation du mot cuir.

La France s’est dotée d’un cadre juridique large et contraignant en matière de lutte contre la contrefaçon, mais reste le 3ème pays au monde le plus touché par ce fléau. La contrefaçon engendre là encore une concurrence déloyale et représenterait une perte de 40 000 emplois chaque année. En outre, le trafic de produits frauduleux peut mettre en danger la santé et la sécurité des consommateurs.

Les entreprises victimes de contrefaçon rencontrent ainsi des difficultés pour protéger leurs brevets, leurs marques et leurs créations. Dans la pratique, cela se traduit par un usage timoré des saisies-contrefaçon mais aussi par des sanctions minimales prononcées à l’encontre des contrefacteurs. Il en résulte que la vente de produits contrefaisants demeure en France une source de revenus facile et sans risque pour les trafiquants.

Le Conseil National du Cuir propose de prendre un certains nombre de mesures pour lutter efficacement contre la contrefaçon notamment en renforçant les compétences des tribunaux en matière de propriété intellectuelle grâce à la spécialisation des magistrats, en créant un guichet unique chargé de centraliser le traitement des plaintes des consommateurs, en collaboration avec les titulaires de droits de propriété industrielle et les opérateurs de paiement en ligne et en instaurant un « devoir de diligence » des acteurs de l’internet en matière de contrefaçon.

En apparence, on voit mal le rapport au véganisme. Mais c’est l’Usine nouvelle qui explique ce qu’il y a derrière cette mesure, dans un article intitulé pompeusement « La filière française du cuir craint de souffrir de la tendance vegan ».

Pompeusement, car l’article reconnaît lui-même que l’industrie du cuir en France représente 9 400 entreprises, 130 000 salariés et 25 milliards d’euros de chiffres d’affaires. Le véganisme n’est encore, malheureusement, nullement une menace…

Et d’ailleurs, l’expression « cuir vegan » n’est pas si répandu que cela.

Mais on sait comment les industriels savent faire « pression » juste avant les élections (un livre blanc avait pareillement été publié en 2012 d’ailleurs).

C’est une manière également pour le Conseil national du cuir de se montrer solidaires de l’exploitation animale en général. Les propos recueillis par l’Usine nouvelle sont très clairs d’ailleurs.

« Parmi les principales craintes des entreprises du cuir, la montée du mouvement vegan. Mené par des associations au nom du bien-être animal, le rejet des produits animaliers prend de l’ampleur.

En promouvant des matières synthétiques appelées « cuir vegan », à base de fibres de fruit ou de légume, ces associations cherche à détourner ls consommateurs du cuir véritable.

Car le mot est « galvaudé » selon Jérôme Verdier, le président de la Fédération française de la tannerie mégisserie. « Le cuir vegan n’existe pas », martèle-t-il.  (…)

Un savoir-faire reconnu partout dans le monde à travers les grandes marques françaises du luxe. La filière du cuir, qui réalise 9,3 milliards d’euros d’exportations, veut protéger sa part d’activité dans le haut de gamme en augmentant la qualité de ses peaux.

Mais là encore, la tendance vegan porte préjudice à ce secteur. Les nombreuses vidéos volées dans les abattoirs ont mis en lumière des actes de maltraitance animale, mais ont surtout servi à détourner un peu plus les Français de la viande.

Les effets néfastes sont bien connus dans la filière de la viande, mais reste confidentiels quant à leur impact sur la filière cuir.

Chaque année, la consommation de viande diminue de 4 % en France et c’est autant de peaux non-récoltées par la filière cuir.

« En l’espace de 25 ans, la quantité de peaux disponibles a été divisée par deux », déplore Denis Geissmann, le président du syndicat général des cuirs et peaux. »

Voici une perversion de plus : le véganisme est pris comme prétexte par les industriels pour renforcer leurs exigences…

La loi sur les caméras dans les abattoirs

Les députés ont voté hier une loi concernant les abattoirs. Les médias ont réduit cela à la question de l’installation de caméras dans ces lieux de mises à mort.

C’est en réalité plus compliqué que cela. Il s’agit en effet d’une opération générale de modernisation des abattoirs d’un côté, du rapport des institutions à la question animale de l’autre.

Voici, pour comprendre l’arrière-plan, la manière dont l’un des députés ayant proposé la loi votée a lancé la discussion à ce sujet à l’assemblée.

M. Olivier Falorni, rapporteur de la commission des affaires économiques.

Madame la présidente, monsieur le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, madame la présidente de la commission des affaires économiques, mes chers collègues, le débat que nous entamons ce soir est, en quelque sorte, historique, car c’est la première fois que la question des abattoirs fait l’objet d’un débat spécifique dans cet hémicycle, ce qui est déjà, en soi, une première avancée.

Les abattoirs, ces lieux cachés dans lesquels on abat quotidiennement des animaux, se sont rappelés, hélas, à notre souvenir, avec la diffusion, depuis maintenant deux ans, par l’association L214 Éthique et animaux, de vidéos montrant des comportements scandaleux de maltraitance animale, vidéos qui ont profondément choqué chacun de nous, ici présents.

Allons plus loin, car les députés ont même parlé du véganisme lors de leurs discussions…

Mme Karine Daniel. Madame la présidente, monsieur le ministre, chers collègues, au cours des deux dernières années, l’opinion publique s’est largement saisie de la question des pratiques et des méthodes qui ont cours dans certains abattoirs de notre pays.

Nous devons en partie cette prise de conscience aux actions et aux vidéos réalisées par l’association L214. Bien que les méthodes employées par celle-ci soient peu orthodoxes, il est indéniable qu’elles ont comme résultat positif de mettre en lumière des abus illégaux et des pratiques qui, bien que légales, sont largement contestables.

On peut constater l’évolution majeure et récente de certaines sociétés de la grande distribution, de l’industrie, de la restauration collective ou de l’hôtellerie quant à la provenance des œufs commercialisés ou consommés.

Ces sociétés s’engagent désormais à s’acheminer progressivement vers un abandon total en 2025 de l’approvisionnement en œufs de catégorie 3, c’est-à-dire pondus par des poules élevées en batterie. Ce mouvement d’ampleur va dans le sens d’un plus grand bien-être des animaux mais induit également et évidemment une profonde mutation de cette filière, que nous devons observer et accompagner dans les années à venir.

La finalité que porte l’association L214 est celle d’une société se passant de produits d’origine animale, reposant donc sur l’alimentation dite « végane ». Bien qu’une telle vision de la société soit défendable et respectable, ce n’est pas la position de la majorité du groupe socialiste, écologiste et républicain, que je représente aujourd’hui.

M. Thierry Benoit. Très bien !

Mme Karine Daniel. Notre position n’est pas non plus celle d’une vision industrielle de l’élevage fondée sur un productivisme débridé niant aux animaux le moindre degré de sensibilité.

M. Thierry Benoit. Très bien !

Mme Karine Daniel. Nous pensons qu’il existe un chemin entre ces extrêmes, qu’on peut pratiquer un élevage respectueux des animaux et de leur bien-être et avoir une alimentation reposant en partie sur des produits d’origine animale.

La chose est entendue : pour les gens qui ont voté la loi, celle-ci renforce non pas le véganisme, mais le chemin entre deux « extrêmes » (sic).

Et c’est vrai : c’est une manière de masquer les problèmes de fond, de nier la dimension morale, de mobiliser dans des choses qui font perdre le lien avec l’ensemble, etc.

Aussi, les institutions ont prévu le coup : elles instaurent un pseudo comité d’éthique, chargé de rendre valide leur démarche sur le plan philosophique, en embarquant comme prévu avec elles les associations orientées vers le « bien-être animal ».

Voici l’extrait concerné de la loi votée hier.

« Mise à mort et abattage des animaux

« Art. L. 214-19. – Un comité national d’éthique des abattoirs est mis en place au sein du Conseil national de l’alimentation mentionné à l’article L. 1 afin de débattre de l’évolution de la législation et de la réglementation relatives à la protection animale en abattoir.

« Ce comité comprend notamment des représentants du secteur de l’abattage, des représentants des organisations professionnelles de salariés représentatives du secteur, des éleveurs, des associations de protection animale, des associations de consommateurs, des vétérinaires, des personnalités qualifiées en matière de bien-être animal, des représentants des cultes concernés par l’abattage rituel et des parlementaires.

« La composition et les modalités de fonctionnement de ce comité sont précisées par décret. »

Subtile loi, qui met en place sans en donner les modalités ! C’est que justement, la loi est un espace formé pour happer tous les idiots utiles possibles…

Il en va d’ailleurs de même pour le passage concernant l’installation des caméras.

« Art. L. 214-22. – À compter du 1er janvier 2018, à l’issue d’une expérimentation permettant d’évaluer l’opportunité et les conditions de leur mise en place, des caméras sont installées dans tous les lieux d’acheminement, d’hébergement, d’immobilisation, d’étourdissement, d’abattage et de mise à mort des animaux.

« La finalité exclusive de cette installation est la protection animale. Toutefois, si un accord collectif le prévoit, les images peuvent être utilisées à des fins de formation des salariés.

« Au titre de la protection animale, seuls ont accès aux images les services de contrôle vétérinaire et les responsables protection animale, au sens du règlement (CE) n° 1099/2009 du Conseil du 24 septembre 2009 sur la protection des animaux au moment de leur mise à mort. Au titre de la finalité de formation des salariés, ont également accès aux images les représentants du personnel ainsi que les personnes habilitées et nommément désignées par l’établissement.

« Les images ne peuvent être conservées plus d’un mois.

« Ces enregistrements sont soumis à la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, notamment en ce qui concerne le contrôle de la Commission nationale de l’informatique et des libertés et le droit d’accès aux enregistrements.

« Les modalités d’application du présent article et d’utilisation des données collectées sont définies par un décret en Conseil d’État pris après avis de la Commission nationale de l’informatique et des libertés. »

En clair, il y a des caméras, mais dont les images ne pourront être évaluées que par les institutions…

Voici justement la position de L214 au sujet de la loi votée hier, qui souligne très bien le caractère hypocrite de la démarche générale.

Paradoxalement d’ailleurs, car c’est cette association qui est à l’origine même de la proposition de loi !

Et donc de l’hypocrisie, qui était inévitable, comme nous l’avions expliqué lorsque les représentant de L214 ont participé aux premières loges à la fameuse Commission d’enquête parlementaire.

Loi sur les abattoirs: les animaux peuvent continuer à souffrir.

Ce soir l’Assemblée nationale a voté sur les articles de la Loi Falorni concernant l’abattage des animaux. Seuls 32 députés présents (sur 577 élus) dans un hémicycle presque vide, ont décidé du sort des animaux: rejet de l’interdiction de l’abattage des vaches gestantes, rejet de l’interdiction de l’abattage sans étourdissement, rejet du droit de visite inopinée des parlementaires dans les abattoirs…

Parmi les maigres mesures adoptées, une expérimentation de contrôle vidéo a été validée, destinée à évaluer l’opportunité de sa mise en place dans tous les abattoirs d’ici 2018.

Mais seuls les services vétérinaires et un salarié de l’abattoir y auront accès: ni les associations, ni les citoyens, n’auront la possibilité de savoir ce qu’il s’y déroule au quotidien, alors que les contrôles du ministère de l’Agriculture révèlent que 80% des abattoirs ne respectent même pas les normes minimales, qui n’empêchent déjà pas d’immenses souffrances.

Par ailleurs, au lieu de légiférer contre le gazage au CO2 ou l’abattage des vaches gestantes, seuls des rapports vont être produits à ces sujets par le gouvernement.

Au cours des débats en séance publique, les élus n’ont eu de cesse de soutenir l’industrie de la viande et de chercher à rassurer les consommateurs. Saluons en revanche le courage politique de la députée Laurence Abeille (EELV) pour avoir défendu une loi plus ambitieuse et tournée vers les animaux.

Les élus n’ont eu cesse de soutenir l’industrie de la viande, lit-on. Quelle découverte !

Seulement il ne suffit pas de dire cela, il faut en tirer des conséquences. A savoir, ne pas participer au pseudo comité d’éthique…

Le secteur agroalimentaire se détourne-t-il vraiment massivement de l’élevage des poules en cage?

Le quotidien Le Monde publie régulièrement des éloges de l’association L214, comme il y a quelques jours l’article sobrement intitulé « L214, les croisés de la cause animale« .

Le problème est évidemment qu’il faut plus que de la mise en valeur virtuelle, il faut prétendre qu’il y a des résultats. Hier, Le Monde a donc publié un article avec un titre tout aussi sobre : « L’industrie alimentaire se détourne en masse des œufs de poules en cage« .

A lire ce titre, on se dit : grande victoire, l’ennemi recule, c’est un pas énorme. La première phrase de l’article est d’ailleurs grandiloquente en ce sens :

Le temps des poules en cage pourrait bientôt être révolu en France.

L214 ne se prive pas de célébrer sa victoire, légitimée par Le Monde.

Maintenant soyons sérieux et regardons ce qu’il en est. Car l’industrie alimentaire ne se détourne nullement des oeufs de poule en cage, même si, comme l’article du Monde l’explique, le groupe de grande distribution Les Mousquetaires (Intermarché, Netto, etc) va arrêter de les distribuer, tout comme Carrefour, Lidl, Aldi, Norma, Super U (sur sa seule marque), Monoprix.

Relativisons tout de suite : Les Mousquetaires va procéder de manière lente, d’ici à 2020 sous sa marque propre et d’ici à 2025 pour l’ensemble des fournisseurs de ses rayons.

Mais la question de fond n’est pas là, même si le temps est important : il faut faire vite.

Car ce n’est pas une victoire, mais une tendance de fond, comme l’article du Monde est obligé lui-même d’en convenir :

Un changement majeur car la France est le premier producteur européen d’œufs, avec 14,7 milliards d’unités en 2015, selon les données de la filière avicole.

Or 68 % des 47 millions de poules pondeuses sont aujourd’hui élevées en cage, contre 25 % en bâtiments avec accès au plein air et 7 % au sol sans accès au plein air.

L’Hexagone reste à la traîne de ses voisins européens, qui enregistrent une moyenne de 56 % d’élevages en batterie. En Belgique, aux Pays-Bas ou en Allemagne, tous les supermarchés ont déjà banni de leurs rayons cette production.

Il apparaît que la France est à la traîne : elle ne fait que rattraper une tendance existant déjà. Celle, bien entendu, à proposer des produits plus chers, plus élaborés, avec plus de profit à la clef…

Notons également que l’article du Monde reconnaît lui-même qu’il faut relativiser ce qui se passe :

« Les marques ne se rabattront pas exclusivement sur les poules élevées en agriculture biologique ou en plein air. Elles vendront également des œufs issus d’élevages au sol, dans lesquels les poules sont neuf par mètre carré (soit un cercle de 38 cm de diamètre chacune), sans accès à l’extérieur ni à la lumière naturelle. »

Mais ce n’est pas tout et là est un aspect peut-être central. Les statistiques officielles donnent les chiffres suivants pour la manière dont l’exploitation animale organise l’exploitation des poules :

En 2010, 70 % des élevages disposaient de 1 000 à 20 000 poules (21 % des effectifs nationaux), 15 % des élevages disposaient de 20 000 à 100 000 poules (37 % des effectifs) et 5 % disposaient de plus de 100 000 poules (41 % des effectifs)

La tendance est, comme toujours dans le capitalisme, à du plus gros, du plus lourd.

En effet, 40 % de la production française d’œufs est destinée aux industries alimentaires (pâtisserie, biscuiterie, pâtes alimentaires, industries laitières, etc.) et à la restauration hors domicile.

Ici, ce sont les oeufs de poule élevées en cage qui vont être utilisés.

C’est cela la vraie raison pour laquelle l’industrie alimentaire se « détourne » des oeufs en cage.

Car ici on est dans la production de masse sans « qualité », alors qu’inversement lorsque le consommateur va au supermarché, on peut élever les prix sous des prétextes divers afin de davantage faire de profit.

La raison de l’agrandissement des cages des poules, c’est de pouvoir tuer la petite concurrence à coups de règlements, c’est de trouver des prétextes pour arracher plus de profits au consommateur.

Il faut être bien naïf pour y voir une ouverture des entreprises au bien-être animal !

D’autant plus que les poules de l’industrie alimentaire connaissent des cadences toujours plus grandes, des modifications génétiques terribles….

On a bien une accentuation de l’exploitation animale et ceux qui prétendent le contraire confondent une tendance particulière avec la tendance générale…

L’Etat vient à la rescousse de la Financière Turenne Lafayette

Nous avions parlé récemment de Monique Piffaut, une multi-millionnaire décédée : un article sérieux de la presse avait donné l’information erronée comme quoi elle allait laisser 400 millions d’euros à une association de protection des animaux, à condition qu’on s’occupe de son chien (voir Les 400 millions de Monique Piffaut n’iront pas aux animaux).

On reparle beaucoup d’elle, car en effet on s’est aperçu qu’étaient truqués les comptes de son entreprise, la Financière Turenne Lafayette (William Saurin, Garbit, PetitJean, Soulié, La Lampaulaise de salaisons, Montagne noire, les jambons Madrange et Le Foué, le traiteur Ecochard, etc.).

Naturellement, c’est ridicule : on ne s’aperçoit pas du jour au lendemain qu’il manque… 350 millions dans les caisses !

Mais comme on le sait, le capitalisme sait se préserver et là nulle faillite, nulles arrestations ! Bien au contraire, l’État intervient, à la rescousse de l’exploitation animale…

Voici le communiqué officiel, qui on le notera, ne mentionne pas les 70 millions d’euros fournis illico presto à la Financière Turenne Lafayette…

STEPHANE LE FOLL
MINISTRE DE L’AGRICULTURE, DE L’AGROALIMENTAIRE ET DE LA FORET
PORTE-PAROLE DU GOUVERNEMENT

MICHEL SAPIN
Ministre de l’Economie et des Finances

CHRISTOPHE SIRUGUE
SECRETAIRE D’ETAT CHARGE DE L’INDUSTRIE

Le groupe Financière Turenne Lafayette, acteur majeur du marché français de la salaisonnerie, des plats traiteurs et de la conserverie (Madrange, William Saurin, Garbit…) a informé les services de l’Etat de la découverte de pratiques de présentation trompeuse de ses comptes.

Des audits sont en cours pour clarifier au plus vite la situation exacte du groupe et déterminer l’ampleur et le détail des difficultés économiques et des pratiques constatées. La justice a été saisie du dossier pour mener les investigations nécessaires, et déterminer les responsabilités et les causes de ces pratiques.

Face à cette situation, qui représente un risque pour la pérennité du groupe et afin de s’assurer de pouvoir préserver les 3 000 emplois directs et les 1 500 emplois intérimaires et prestataires, l’Etat prendra ses responsabilités pour accompagner la nouvelle direction et les salariés, et se mobilisera, aux côtés des clients, des fournisseurs, des banques et des partenaires historiques du groupe pour soutenir l’entreprise dans cette période.

Les services du ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, du ministre de l’Economie et des Finances et du secrétaire d’Etat à l’Industrie seront pleinement mobilisés dans les prochaines semaines pour accompagner la nouvelle direction du groupe.

Des réunions avec les clients, les fournisseurs et les banques seront organisées à brève échéance. Une rencontre avec les organisations syndicales sera également organisée dans les prochains jours.

Tout cela est un exemple tout à fait caractéristique. L’impunité est ici totale : une enquête sur le long terme qui attend l’audit de l’entreprise, alors qu’on se doute bien que ce n’est pas simplement la propriétaire de la holding qui a faussé les comptes…

Comptes faussés, « depuis plusieurs années », sans qu’on sache donc par qui, comment, etc. : c’est ridicule.

Quant aux 70 millions, officiellement ils sont prêtés, mais l’État n’en verra plus la couleur, évidemment…

Un exemple d’horreur : aperçu sur les fermes de poules sans cages

Voici un article absolument terrible donnant un aperçu sur les fermes de poules sans cages. L’approche est à la fois réformiste et radicale, tentant de prendre en compte la dimension économique tout en essayant d’amener à changer les choses de l’intérieur du système.

Une contradiction en soi, bien sûr, mais cela ne nuit pas aux informations fournies par ce texte publié sur le Huffington post canadien.

«Elles se font dévorer vivantes»: ce que j’ai vu dans une ferme de poules sans cages

Wayne Hsiung

Avocat, ancien professeur de droit à l’Université Northwestern et enquêteur en chef de l’Open Rescue Network du Direct Action Everywhere

La première chose que j’ai entendue, dans la noirceur, c’est un cri. Je me suis demandé s’il y avait des enfants. Ça sonnait comme un bébé qui pleure.

Mais, avec un peu de lumière, j’ai compris d’où venait ce cri. À l’autre bout du bâtiment, des poules hurlaient parce qu’elles se faisaient attaquer. Plusieurs d’entre elles – une douzaine, selon les données de la ferme – n’allaient pas passer la nuit. Dans cette ferme de Costco, où il n’y a pas de cages et les poules sont «en liberté», elles s’étaient fait dévorer vivantes.

Des centaines de grandes bannières se mettent à l’élevage sans cages, croyant offrir aux animaux un cadre de vie plus humain. Mais en tant qu’enquêteur en chef de l’Open Rescue Network du Direct Action Everywhere, je vois les choses autrement. Je suis habité par l’horreur. Parce qu’en allant au-delà de l’aspect marketing de l’opération, on se rend compte que l’élevage sans cages est loin d’être inoffensif pour les poules.

Mise en garde : la vidéo ci-dessous montre des images crues de poules blessées et tuées. Certains passages pourraient choquer.

Le cannibalisme est le premier côté sombre de l’élevage de poules sans cages

Une étude démontre que le taux de cannibalisme augmente de 3 000 % dans ces conditions. C’est une façon horrible de mourir. Le cloaque de la poule (l’équivalent du vagin) est pris pour cible parce qu’il est mou, charnu et couvert de fluides de l’œuf. Rendues un peu folles par la surpopulation, les volailles attaquent cette partie et, ce faisant, tirent des organes internes hors de la poule. Les victimes de ces attaques meurent à petit feu. À la ferme de Costco, j’ai regardé un oiseau – en sang et incapable de marcher – traîner son corps dans un tas de fumier pour tenter de s’enfuir. Malgré les efforts de notre équipe, cette poule n’a pu être sauvée.

Le cannibalisme n’est que la pointe de l’iceberg. Sur presque tous les points de vue, de la qualité de l’air jusqu’aux fractures, les poules se portent moins bien dans un système sans cages. Trois fois plus de poules meurent prématurément. Si de telles statistiques pesaient sur une prison, ses directeurs seraient poursuivis en justice.

Voici le principal problème auquel les poules font face : dans les fermes sans cage – comme dans celles avec cages – les oiseaux sont entassés dans un espace pas plus grand qu’une feuille 8,5 x 11. Imaginez passer toute votre vie dans votre douche. Maintenant, imaginez passer toute votre vie dans votre douche… avec une foule d’étrangers! Cage ou non, les conditions sont atroces.

Les fermes sans cages ne sont pas bonnes pour les animaux, mais elles profitent à l’industrie

Bloomberg a démontré que le consommateur moyen était prêt à payer plus du double pour une douzaine d’œufs venant de poules élevées dans une ferme sans cages. Une prime de 2 $ par douzaine d’œufs. Mais les coûts reliés à cet élevage n’augmentent que de 0,15 $ par douzaine. Si tous les œufs étaient produits dans des fermes sans cages, l’industrie verrait ses profits augmenter de 7 milliards de dollars!

Ces chiffres ne sont pas que spéculatifs. Après une année marquée par plusieurs passages au système sans cages, l’American Egg Board projette un accroissement de 5 % de la consommation d’œufs par habitant. Les investissements dans la production d’œufs ne cessent d’augmenter. Ce qui veut dire que des millions de poules vivront dans des conditions horribles sur des fermes d’œufs dites modernes. La ferme de Costco, où nous avons enquêté, vient de recevoir une aide d’un million de dollars pour agrandir ses installations.

La solution à ce problème n’est pas de changer les pratiques des entreprises, mais bien les systèmes à la prime qui se cachent sous ces pratiques.

Les entreprises vivent dans un monde où les actionnaires veulent des profits, où les animaux sont des «choses» qui aident à atteindre ces profits et où les réglementations sur le fait de transformer ces animaux en profits sont inexistantes. Ce n’est donc pas une surprise si –contrairement au monde financier – les réformes volontaires sont sans cesse sapées. Avec le système actuel, les entreprises ont les mains liées. Celles qui tentent de faire les choses correctement sont punies par le marché pour avoir mis leur argent au mauvais endroit.

C’est exactement ce qui se produit avec les productions sans cages. Les sociétés trouvent des moyens ingénieux pour entasser plus d’oiseaux dans des espaces déjà trop exigus. Tant que le système ne changera pas – en donnant un semblant de droit légal aux animaux – ces abus vont se poursuivre.

Le vrai changement ne peut dépendre d’entreprises comme Costco. Le changement viendra, comme de grands mouvements nous l’ont prouvé par le passé, en changeant les règles politiques. L’idée d’avoir une Déclaration des droits animaux semble utopique, mais c’était le cas aussi, il n’y a qu’une génération, du mariage entre conjoints de même sexe ou du droit de vote pour les femmes, au tournant du 20e siècle. Pourtant, nous avons fait du progrès.

En résumé, nous devons «libérer les poules», comme l’a si bien dit Bill Maher à Costco l’an dernier. Mais cette liberté ne viendra pas en faisant la promotion de l’élevage sans cages. Elle viendra quand nous reconnaîtrons la liberté, la dignité et même la personnalité des animauxsur des bases légales.

Cette situation vous choque? Demandez à Costco de prendre des mesures pour cesser ces pratiques.

Un « amoureux de la vache limousine »

Impossible de ne pas faire partager ces propos qui relèvent de l’exploitation animale au sens le plus strict du terme.

On est ici, non pas dans un « spécisme » qui imagine les êtres humains méchants (mais alors pourquoi pourraient-ils devenir végans?), mais bien au coeur de la problématique : celle de la quête de profit.

Cela se passe aux ventes aux enchères… de vaches , lors de lal troisième édition des « Journées des vaches limousines à Limoges » et c’est raconté par Le Figaro.

Charolais d’origine, baigné dans le monde de l’élevage depuis sa plus tendre enfance, Bernard Léguille est amoureux de la vache limousine.

Une race qui ne comptait plus que 300.000 mères dans les années 1950 contre 900.000 aujourd’hui.

«C’est une race rustique, qui met facilement bas et qui a de fortes qualités d’adaptation, décrit-il. Elle produit peu de gras et dispose d’une finesse de viande incomparable.»

Avec l’aide des travaux de l’INRA et l’Institut de l’élevage, le groupe Plainemaison Beauvallet va lancer sa propre marque «Or rouge» en janvier prochain.

«Cela sera la garantie d’une viande d’exception, tendre, avec un goût persillé et une couleur rouge vif, commente Bernard Léguille.

Nous voulons apporter cette qualité au client final pour valoriser au mieux le travail des éleveurs.»

Ces propos sont d’une rigueur et d’une cohérence qu’on est forcé de reconnaître. A part une révolution qui mette ces gens de côté, comment l’avenir pourrait-il être différent de ce qui existe aujourd’hui ?

L’aliénation de cette personne est complète. On est dans un raisonnement calculateur, froid, glacial. La vie animale est réduite à sa fonction pour sa production de bénéfices, de la manière la plus froide.

Notons également un aspect très important et littéralement terrifiant. Quand la personne parle d’une « race rustique qui met facilement bas », cela fait référence à un problème très précis qu’ont les éleveurs en ce moment.

En effet, la sélection génétique a été telle qu’en pratique les naissances naturelles s’avèrent de plus en plus difficiles, voire impossibles.

Chez les vaches « Blanc bleu belge » – un million d’animaux, soit la moitié du « cheptel » belge – la césarienne est le passage obligé pour la grande majorité…

Que dire des vétérinaires qui participent à cette industrie, si ce n’est que ce sont des gens sans coeur ni esprit, qui ne peuvent absolument pas prétendre s’occuper du bien-être animal ?

Que dire d’ailleurs aussi de ceux et celles prétendant lutter pour le « bien-être animal », alors que les modalités de l’exploitation animale sont par définition intolérables et, qui plus est, empirent de jour en jour !

Le concept de spécisme est ici totalement dépassé, par ailleurs, justement parce qu’il a une image abstraite des animaux, ne comprenant pas l’importance de la sélection, des modifications génétiques, de l’encadrement général de la vie afin de satisfaire aux besoins de l’industrie.

Bien entendu, c’est une bombe à retardement sanitaire, car on ne triche pas avec la vie et la prétention à la maîtriser est totalement délirant. Sans parler d’où mène une bataille effrénée pour le profit, dans la concurrence générale…

Alors, on ne peut que se demander de quand va commencer le processus de conscientisation aboutissant à l’inévitable grand changement ! L’heure tourne… La Nature subit chaque jour plus d’attaques, de destructions.

Les responsabilités qui incombent aux personnes conscientes sont immenses !

« Il faut être malin, et lui faire croire qu’il va rejoindre ses copains »

Quand on est straight edge, on refuse par principe le mensonge ; quand on est vegan, on refuse au moins de mentir aux animaux, sauf et uniquement si c’est de manière garantie pour leur bien, comme par exemple quand on doit masquer un médicament dans un aliment.

Mais mentir pour faire du mal, voilà qui est une déchéance morale terrible. Voici pourtant ce qu’a proposé, au nom de la « protection animale », Franck Ribière, réalisateur du film « Steak (R)évolution » et fondateur de la société « Le bœuf éthique » (sic!), à la Commission d’enquête parlementaire.

C’est un exemple d’ignominie.

M. Franck Ribière. Pour élaborer notre produit, le bœuf éthique, de l’étable à la table, il fallait trouver le moyen d’éviter la dernière partie très compliquée de la vie de l’animal, c’est-à-dire son transport et tout ce qui peut lui arriver juste avant d’être abattu, quand il change d’endroit et se retrouve dans des groupes différents alors qu’il aurait besoin de calme.

Après avoir écarté les méthodes un peu étranges, comme l’abattage au fusil, pratiquées dans certains pays, nous avons rencontré une Suédoise, fermière de son état, qui a décidé il y a dix ans de construire une chaîne complète correspondant exactement à ce que nous cherchons : faire naître, élever correctement, nourrir et accompagner l’animal jusqu’au bout.

Elle l’a fait d’abord pour sa ferme, avec ses animaux, avant de s’apercevoir qu’il y avait une demande, sachant que la Suède est l’un des rares pays européens où la consommation de viande augmente et que les Suédois sont attachés au bien-être animal, à l’écologie et aux dimensions éthiques.


L’image ci-dessous illustre le modèle qui existe partout : la vache est élevée dans un pré. Avant de se retrouver chez le boucher ou en grande surface, elle est transportée par camion jusqu’à l’abattoir.

Britt-Marie Stegs a décidé de supprimer le transport et l’abattage dans un abattoir fixe pour garantir une viande éthique, ethical meat, de la vie à la mort de l’animal.

Cela passe par la mise en place d’un outil performant d’abattage qui correspond aux normes sanitaires d’abattage imposées à tous les pays européens, ce qui fait que ce camion aujourd’hui est european sensibility, autrement dit qu’il peut opérer partout, y compris en France.

Il a fallu choisir, dans un premier temps, un vecteur qui puisse supporter l’intégralité de la chaîne d’abattage, c’est-à-dire un camion de transport qui comprend un générateur, un épurateur d’eau – il est autonome en électricité et en eau –, l’atelier et tous les espaces nécessaires à l’abattage d’un animal, comme les vestiaires, les toilettes spécifiques à un abattoir et ce qu’il faut pour nettoyer tous les instruments.

Le dispositif se compose au total de deux camions et deux remorques. Cet abattoir peut être installé partout, dans un pré notamment.


Sur la photo ci-dessous, on peut voir le dispositif installé, en état de marche. Les deux camions sont accolés à leurs deux remorques.

Sur la photo ci-dessous, vous apercevez à droite une porte avec une grille : c’est le piège. Avant de venir tuer les animaux, les abatteurs sont passés au préalable pour étudier la situation de la ferme – étable, écoulement des eaux usagées, traitement des déchets – et prévoir tout ce qui facilitera la mise en place et la stabilité du camion.


Sur la photo ci-dessous, l’animal est dans l’étable. Ce système de demi-spirale a été inventé pour sélectionner l’animal, si l’on constate qu’il commence à ne pas se tenir tranquille, et l’isoler un moment avant de passer à l’étape suivante.



Sur la photo ci-dessous se déroule la partie la plus étonnante du processus, celle dans laquelle c’est l’éleveur lui-même qui emmène sa bête à la mort. L’animal croit aller de l’étable au pré. Il n’a qu’une chose dans son axe de vision : ce qu’il croit être une porte qui donne sur un environnement qui lui est familier, où il va manger. À chaque fois que j’ai filmé, je n’ai jamais vu un animal faire demi-tour. Il n’a aucun stress. Et dans le pré, d’autres animaux attendent : il faut être malin, et lui faire croire qu’il va rejoindre ses copains.


À partir de ce moment, l’animal n’a plus aucun moyen de faire demi-tour. Dès l’instant où il passe par la petite porte, la grille arrière remonte et il est aussitôt étourdi. Car l’abatteur l’attend à l’intérieur de la remorque et est en train de viser cette pièce de deux euros située juste au-dessus de la tempe.

L’animal a juste le temps de se rendre compte que la porte est fermée, autrement dit qu’elle ne donne pas directement dans le pré. Mais c’est trop tard pour lui : c’est fini.

Mme Françoise Dubois [députée socialiste]. C’est de l’arnaque… (Sourires.)

M. Franck Ribière. Effectivement, il a été bluffé !

Pangolins : l’écocide

Le pangolin est un mammifère qui a la particularité d’avoir des écailles (qui montre d’ailleurs la complexité sous-estimée de classifier les êtres vivants).

Vivant dans les régions tropicales, il est victime de l’écocide dans une mesure terrible : ces 10 dernières années, un million d’entre eux ont été assassinés.

Au moins 80% de ceux vivant en Indonésie et en Chine ont été tués et il est officiellement prévu par les institutions internationales que la même proportion de meurtres se produira dans les vingt prochaines années.

Voici une photo venant d’Indonésie, de l’île de Java, où 657 d’entre eux viennent d’être découverts congelés chez un trafiquant.

Les pangolins sont victimes d’un trafic surtout à destination de la Chine, où leur « viande » est considérée comme ayant des propriétés aphrodisiaques, les écailles comme renforçant la production de lait maternelle ou permettant de mieux guérir d’un rhume, etc.

Les mafias visent donc cet animal, chacun leur rapportant entre 4500 et 7000 euros.

Il faut savoir qu’entre 1998 et 2007, 35 millions d’animaux sont exportés légalement depuis l’Asie du Sud-Est… 30 millions ayant été arrachés à la vie sauvage. On imagine ce qu’il en est illégalement.

Le capitalisme recycle le tout après : en l’occurrence, on peut trouver des écailles de pangolins dans des épiceries asiatiques en France, le capitalisme ne connaissant aucune limite, par définition.

Un symbole terrible de cette déchéance de l’humanité dans son rapport à la Nature a été un accident de 2013, où un bateau chinois avait gravement abîmé – on doit dire blessé en fait, car c’est un être vivant – une zone corallienne dans le parc national Tubbataha des Philippines.

Les gardes-côtes ont alors découvert… 400 boîtes, rassemblant 2870 pangolins congelés.

Ils ont été condamnés à douze ans de prison pour le capitaine, six pour les autres, 100 000 dollars d’amendes chacun. C’est déjà pas mal, mais il est clair qu’il faut une justice bien plus implacable pour sauver la planète!

La dimension de l’écocide est telle qu’il faut bien voir qu’il s’agit ni plus ni moins d’une guerre. Le temps presse : dans vingt ans, à quoi ressemblera le monde?

Tout le monde sait très bien d’ailleurs ce qu’il en sera justement dans vingt ans si rien n’est fait, si tout n’est pas changé. Le début du 21ème siècle risque d’être celui d’un écocide généralisé, par une machinerie capitaliste écocidaire toujours plus puissante, avec un 0,1% de la population mondiale vivant même dans un véganisme commercial et individualiste, se donnant bonne conscience.

Cela ne doit se passer ainsi ! Où est la jeunesse qui s’engage en défense des êtres vulnérables, pour la justice, pour la Nature ? Où est le mouvement qui mettra un terme à cette ère de l’indifférence ?

Confédération paysanne : « L’agriculture est un secteur qui peut créer de l’emploi si… »

La Confédération paysanne, née en 1987, affirme présenter un modèle alternatif pour l’agriculture. Elle a obtenu une importante médiatisation lorsque José Bové a été son porte-parole, d’avril 2000 à avril 2004, lui-même ayant été connu pour avoir, une année auparavant, participé au démontage du McDonald’s de Millau.

La crise des éleveurs étant un thème d’actualité importante, regardons ce qu’elle en dit. On peut lire dans son communiqué Crise laitière : Plan de licenciement massif engagé ! La chose suivante :

« L’agriculture est un secteur qui peut créer de l’emploi si on ne le vend pas à un libéralisme éperdu qui ne se préoccupe pas des travailleurs, ni de l’environnement, des paysages, de l’alimentation, de la société dans son ensemble ! »

On a ici une opposition entre le libéralisme et l’emploi, au nom des choses suivantes :

– les travailleurs,

– l’environnement,

– les paysages,

– l’alimentation,

– la société dans son ensemble.

Ce qu’on a là est rigoureusement anthropocentrique. Tous les termes employés visent à séparer de la Nature.

On a plus des êtres humains, mais des « travailleurs », comme si l’on pouvait séparer la personne travaillant de sa base naturelle. Il en va de même pour la réalité naturelle transformée en « paysage », comme si on pouvait ne garder de la Nature que ce qui est « utile ».

La Nature dans son ensemble se voit pareillement niée au profit de « l’environnement », c’est-à-dire ce qui environne l’humanité, et non pas donc la Nature en soi.

L’alimentation est, pareillement, ce qui est séparé de la Nature, comme si l’agriculture pouvait être découplée de la réalité naturelle à l’échelle de la planète.

Voilà pourquoi ce passage omet le principal : les animaux.

Les animaux sont en effet exactement au milieu des deux aspects de cette fausse opposition mise ici en place.

La Confédération paysanne peut mentir comme elle veut, comme le font les zadistes, en prétendant avoir une agriculture raisonnée, équitable, harmonieuse, que sait-on encore. Mais le fait, irréductible, est que les animaux restent les victimes au coeur de cette agriculture.

Car on peut prétendre ce qu’on veut : si les animaux ne sont pas concrètement respectés, alors c’est du bluff, du mensonge.

La petite production a les mêmes fondements que la grande et le principe de faire souffrir un animal est fondamentalement le même dans les deux cas.

Et on peut, on doit même dire que ceux qui font l’éloge de la petite production ou des réformes sont des gens qui tentent de maintenir le statu quo, qui nient la réalité : la croissance exponentielle de l’exploitation animale dans le monde.

La production de « viande » au Brésil va connaître une croissance de 30,7 % entre 2015 et 2025. Et voici un tableau sur lequel méditer.

Il montre la consommation de « viande » aux Etats-Unis et on y voit qu’elle repart à la hausse, que les projections estiment que cette hausse va continuer…

Conséquence logique de l’exploitation animale, source inestimable et incontournable de profits. Et une preuve de ne pas croire les réformistes qui nient les faits, refusant la nécessaire révolution !

La FNSEA face à Lactalis

L’actualité, c’est bien entendu l’initiative du syndicat agricole FNSEA et de son bras « musclé » des « Jeunes agriculteurs » consistant à bloquer le siège de l’usine Lactalis de Laval.

Ce blocage est censé durer encore une semaine et ne concerne pas Lactalis : c’est le rond-point qui est bloqué. Car la FNSEA ne veut pas combattre Lactalis, mais lui arracher une plus grande part du gâteau de l’exploitation animale.

Nous avons déjà parlé de cette question, en expliquant la déréglementation européenne du secteur du lait de vache. La bataille économique fait rage et Lactalis a acquis une position de force.

Il s’agit du numéro un mondial dans la production de lait de vache et de fromage, devant Danone. Selon Capital, ses profits se divisent de la manière suivante :

Les fromages génèrent 34% du chiffre d’affaires, le lait de consommation 25%, les yaourts et desserts lactés 12%, les ingrédients laitiers et poudres 12% également, et les beurres et crèmes 6%.

C’est, dans la tradition des grandes entreprises françaises, une entreprise familiale et son patron, qui évite absolument d’être connu du grand public et de la presse, est le 15ème français le plus riche, avec 4,43 milliards d’euros à son patrimoine.

Cette richesse, les éleveurs aimeraient en profiter, d’autant plus qu’en bons capitalistes, ils n’ont vu que l’appât du gain avec l’exploitation animale et n’ont rien anticipé du tout à la déréglementation européenne.

Ils pensaient faire de bons profits aux dépens des animaux, de manière tranquille, et la course au profit est si forte qu’elle les balaie ! Voici comment se plaint à Ouest-France un éleveur de Mayenne…

« Quand on téléphone, on ne nous demande pas notre nom ni celui de la ferme, mais notre numéro de producteur. »

Quelle ironie aliénée reflètent ces propos, de la part d’un éleveur c’est-à-dire de quelqu’un qui considère les êtres vivants comme des marchandises…

Ce qui était prévu, donc, avec la déréglementation, arriva fort logiquement et il y a ce que le PDG de Lactalis appelle, utilisant d’ailleurs un concept marxiste, une « crise de surproduction ».

Lactalis en profite et paie autour de 270 euros les 1000 litres de lait de vache, contre 363 euros il y a deux ans. La déréglementation européenne a eu un effet dévastateur, dans la mesure où les éleveurs français ne tiennent pas face à la concurrence.

Le prix de production des 1000 litres leur revient à 350 euros, alors que les éleveurs allemands produisent pour entre 15 et 20 % moins cher.

Regardons d’ailleurs le tableau des rémunérations des éleveurs. Il est vrai que Lactalis paie moins que les autres, mais tous sont extrêmement loin de 350 euros, sans compter que les éleveurs exigent 380 euros…

Notons d’ailleurs que les prix chutent et que ce qui est indiqué dans le tableau concerne la moyenne des 12 derniers mois. Or, chaque mois la chute continue de manière significative… Si l’on ne prend que la première partie de 2016, on obtient par exemple pour Lactalis 266 euros et non 283.

Autant dire que, dans tous les cas, les éleveurs français vont connaître un effondrement… aux dépens des animaux, toujours plus exploités, toujours plus nombreux à être exploités.

On assiste en effet à une concentration massive, propre à la croissance exponentielle de l’exploitation animale.

Il faut bien voir qu’au-delà des plaintes honteuses des éleveurs, ces capitalistes qui aimeraient faire du profit de manière garantie, il y a une croissance significative de la production mondiale de lait de vache : elle a été de 3% en 2014 et de 2% en 2015 (soit environ 800 milliards de litres).

L’Union Européenne a annoncé il y a quelques semaines lancer deux nouveaux programmes d’aides : 150 millions d’euros pour inciter à réduire la production de lait, 350 millions d’euros distribués entre les Etats membres (dont 50 pour la France) afin d’aider les éleveurs…

C’est là un capitalisme plus qu’aidé ! Surtout que c’est sans fin, car les éleveurs français ont investi afin de pouvoir faire des profits et ne peuvent donc plus reculer et limiter leur production…

D’autant plus que leurs concurrents ne comptent pas le faire non plus ! C’est la course au profit de manière toujours plus folle, dans une véritable guerre contre les animaux qui sont ici au coeur de la pressurisation réelle qui existe.

L’exploitation animale idéalisée par la ZAD et les éleveurs n’est qu’une tentative de maintenir la petite production face à des monstres agro-industriels qui pratiquent l’exploitation animale à très grande échelle.

Lactalis représente d’ailleurs un exemple typique de cela. L’entreprise fait 17 milliards de chiffre d’affaires, avec 229 sites industriels dans 43 pays, ce qui est énorme. Elle ne publie pas ses bénéfices, préférant payer une amende…

Le père de l’actuel PDG, qui était surnommé « l’émir blanc » pour ses profits au moyen du lait de vache et du fromage, n’avait pas hésité à envoyer 200 casseurs, dont des anciens paras munis de pistolets, pour casser une grève en 1982…

Mentionnons au passage la condamnation de Lactalis, en 2015, à 56,1 millions d’euros d’amende pour sa participation au « Cartel du yaourt » ayant organisé une entente sur les prix, ou bien encore l’affaire du mouillage du lait de vache en 2000 aboutissant à une condamnation pour « fraude sur le lait et publicité mensongère », ou encore l’affirmation en 2012 par le Canard enchaîné que le groupe vendrait du lait de vache stérilisé UHT pour du lait frais pasteurisé, n’aboutissant à rien toutefois ici en raison d’un vide réglementaire…

Peut-on vouloir le bien des animaux, sans parler de changer le monde, sans mettre un terme à de telles choses ?

JBS place son siège en Irlande

C’est une information importante historiquement, dans la mesure où elle permet de bien saisir la tendance actuelle qui, comme nous le soulignons à chaque fois, consiste en la croissance exponentielle mondiale de la production de « viande ».

L’Allemagne a connu par exemple l’année dernière son plus grand chiffre historique concernant cette production, et cette année devrait être encore pire dans le genre.

C’est avec cet arrière-plan qu’il faut comprendre l’information comme quoi JBS, l’entreprise brésilienne leader mondial de la production de « viande », a choisi de délocaliser son siège en Irlande.

La raison du placement de 30 milliards d’euros – seulement virtuellement – en Irlande tient bien sûr au faible impôt sur les entreprises (12,5%). Google et Facebook utilisent le même procédé pour opérer en Europe.

JBS  a d’ailleurs acquis l’année dernière l’entreprise nord-irlandaise Moy Park, qui s’occupe de « transformation »  des animaux fournis par des éleveurs sous contrats. Le chiffre d’affaires de Moy Park avant l’acquisition était de pas moins de 1,4 milliards d’euros, avec des usines au Royaume-Uni, mais aussi en France.

Celles-ci sont à Hénin-Beaumont, produisant pour McDonald’s des « nuggets », et à Orléans, produisant des « steaks hachés » de la marque McKey (toujours pour McDonald’s).

On voit tout de suite que la production de « viande » se renforce, s’approfondit, s’ancre profondément. Les grandes entreprises se précipitent sur ce marché où la croissance est possible, en exploitant toujours davantage les animaux, en faisant que les gens consomment plus ce type de produits…

Le syndicat agro-industriel FNSEA s’est exprimé par l’intermédiaire de sa « Fédération nationale bovine », dénonçant dans un grand élan digne des années 1930 la « finance mondialisée ».

Comme si l’exploitation animale n’était pas, petite ou grande, quelque chose relevant du capitalisme, de l’accumulation du profit toujours plus grand, de l’utilisation systématique des animaux, etc.

« Malgré le Brexit, l’Union européenne ne semble pas avoir changé de cap ! Après le transfert de Barroso à Goldman Sachs dans le cadre du mercato d’été, c’est au tour de JBS, leader mondial de l’abattage de produits carnés, de profiter des largesses de l’UE.

A croire que la seule vocation de l’Union est d’assurer la réussite des petits arrangements de la finance mondialisée.

L’entreprise brésilienne JBS, déplace ainsi son siège social en Irlande. Nulle question d’investir dans l’emploi et le développement économique, mais bien de profiter des avantages fiscaux offerts par le pays et les autres États Membres de l’UE. 30 milliards d’euros d’actifs sont concernés par cette relocalisation – de papier – qui permettra au groupe de bénéficier d’un taux d’imposition particulièrement avantageux (12,5%) !

Largesses pour les uns, douleurs pour les autres ! Quand l’UE s’ouvre à tous vents au gré de négociations naïves telles que le CETA, le TTIP et le MERCOSUR, ses éleveurs ne cessent de payer les pots cassés de politiques incohérentes, erratiques et déconnectées.

Quand compter le nombre de fleurs dans une prairie devient une politique européenne, ne doit-on pas avoir la même intransigeance envers l’uniformité des politiques fiscales et sociales ?

Dans le contexte de crise profonde de l’élevage européen, les éleveurs français attendent une réaction sans délai du Président de la Commission européenne. Les vacances sont terminées ! Ils ne comprendraient pas non plus, le même silence de la part du gouvernement français !

L’Europe est en phase de dérive, la voix de ses capitaines doit se faire entendre urgemment avant que d’autres soient tentés de quitter le navire. »

Si la FNSEA s’inquiète, en tout cas, c’est ici surtout que la concurrence va s’exacerber toujours plus. L’idéalisation de l’exploitation animale « à la française » sert de prétexte à la défense des intérêts des exploitants français, dont la nature ne diffère pourtant en rien de leurs concurrents.

Rapport PNUE-INTERPOL : la valeur des atteintes à l’environnement a augmenté de 26 %

Interpol a publié un communiqué de presse concernant les « atteintes à l’environnement » et leurs terribles progressions.

C’est une démonstration de plus de la catastrophe que subit notre planète. En plus de tout ce qui est légal, le capitalisme illégal est d’une puissance toujours plus immense, avec la déforestation, l’exploitation de minerais, la pêche, le trafic de déchets, le trafic d’animaux…

NAIROBI (Kenya) – La valeur des atteintes à l’environnement a augmenté de 26 % par rapport aux estimations précédentes, atteignant aujourd’hui un montant compris entre 91 et 258 milliards d’USD contre 70 à 213 milliards en 2014, selon un nouveau rapport publié aujourd’hui par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et INTERPOL.

La Hausse des crimes contre l’environnement, publié à la veille de la Journée mondiale de l’environnement (JME), démontre que des lois laxistes et des forces de sécurité souffrant de financements insuffisants permettent à des réseaux criminels organisés et à des groupes rebelles armés de s’enrichir grâce à un commerce qui alimente les conflits, dévaste les écosystèmes et menace les espèces sauvages d’extinction.

Le Directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner, affirme : « L’augmentation des atteintes à l’environnement partout dans le monde est très préoccupante.

Les vastes sommes d’argent générées par ces crimes méprisables alimentent l’insécurité et maintiennent en activité des organisations criminelles internationales extrêmement sophistiquées. Il est essentiel que le monde agisse dès maintenant afin de combattre cette menace grandissante avant qu’il ne soit trop tard. »

D’après ce rapport, la criminalité environnementale dépasse de loin le trafic illégal d’armes légères, pourtant évalué à quelque 3 milliards d’USD. Il s’agit de la quatrième activité criminelle la plus lucrative au monde après le trafic de drogues, la contrefaçon et la traite d’êtres humains.

Les pertes financières résultant d’atteintes à l’environnement sont 10 000 fois plus importantes que les sommes engagées par les agences internationales pour lutter contre ce phénomène – entre 20 et 30 millions d’USD.

« Les atteintes à l’environnement se multiplient à un rythme alarmant. La complexité de ce type de criminalité exige une intervention multisectorielle soutenue par une collaboration transfrontalière.

Avec ses capacités policières mondiales, INTERPOL est résolument engagé à collaborer avec ses pays membres afin de lutter contre les réseaux criminels organisés responsables d’atteintes à l’environnement », a déclaré le Secrétaire Général d’INTERPOL, Jürgen Stock.

La dernière décennie a vu la criminalité environnementale augmenter d’au moins 5 à 7 % par an.

Cela signifie que les atteintes à l’environnement, qui comprennent le commerce illégal d’espèces sauvages, les infractions commises par des entreprises du secteur forestier, l’exploitation et la vente illégales d’or et d’autres minéraux, la pêche illégale, le trafic de déchets dangereux et la fraude aux crédits carbone, progressent 2 à 3 fois plus rapidement que le PIB mondial.

Plus d’un quart de la population mondiale d’éléphants a également été abattue au cours de la dernière décennie.

Chez certaines espèces parmi les plus vulnérables de la planète, dont les éléphants et les rhinocéros, le rythme des pertes augmente de plus de 25 % par an depuis dix ans.

Au cours de la même période, des braconniers ont tué en moyenne 3 000 éléphants par an en Tanzanie. Cela représente une valeur marchande de 10,5 millions d’USD pour les trafiquants d’ivoire, un montant cinq fois supérieur au budget national consacré à la conservation des espèces sauvages.

Ce rapport préconise l’adoption de mesures fortes, d’un cadre législatif solide et de sanctions sévères aux niveaux national et international, y compris de dispositions visant à perturber le fonctionnement des paradis fiscaux, une augmentation considérable du soutien financier à la mesure de la grave menace que fait peser la criminalité environnementale sur le développement durable, ainsi que des incitations économiques et des modes de subsistance différents pour les personnes situées en bas de la chaîne de la criminalité environnementale, telles que les braconniers.

L’exploitation animale et le rôle des cadences

Le quotidien Libération a publié une interview d’un ex-inspecteur des services vétérinaires au sujet des abattoirs. En voici les extraits principaux, qui sont à la fois intéressants et problématiques.

En effet, cet ex-inspecteur ne considère pas que les cadences sont le problème essentiel de l’exploitation animale aujourd’hui. Il prétend que les conditions de travail des humains ont été améliorées, alors que pourtant rien n’a été fait pour les humains.

C’est là un point de vue totalement étranger au point de vue des gens qui travaillent, qui voient bien que les cadences sont encore plus grandes !

L’exploitation animale n’existe que comme machine à profit. Elle exploite les animaux, mais aussi les humains. Toujours plus les uns, toujours plus autres.

Ne pas voir cela c’est inventer un « antispécisme » qui se balade au-dessus de la réalité. Nier cela correspond à l’idéologie « antispéciste » qui considère que les humains se comporteraient « mal » avec les animaux et que cela ne dépend pas vraiment ou uniquement de la culture et de l’économie.

D’ailleurs, cet ex-inspecteur, Martial Albar, a été mis en avant par L214 et a même fondé une entreprise de « consultant », dont l’une des prestations a été le visionnage pour L214 d’une vidéo filmée dans un abattoir….

Cela participe à la petite bulle université – business qui s’est développée ces derniers temps et qui prend le véganisme non comme un appel à la révolution, mais à l’intégration dans les institutions.

Ces gens, qui veulent une bulle où vivre tranquille, masquent d’ailleurs le fait qu’à l’échelle mondiale, l’exploitation animale est en croissance exponentielle…

Avec des cadences, naturellement, toujours plus grandes… Qui sont le coeur du problème de la situation des animaux. Et les réformes de-ci de-là ne visent pas à améliorer la condition animale, mais à faire que ne subsistent que les entreprises toujours plus immenses du secteur, en coulant les petites entreprises qui ne peuvent pas suivre (et qu’on ne regrettera pas pour autant)…

Les vidéos diffusées par l’association L214 semblent montrer que l’étourdissement des animaux fonctionne mal. Comment cette étape se déroule-t-elle concrètement ?

Certains abattoirs utilisent des caissons de CO2 qui asphyxient les cochons. Mais généralement, pour eux comme pour les moutons et les chèvres, on utilise l’électronarcose. Deux pinces mécaniques sont appliquées par un opérateur sur les tempes des agneaux, des moutons, des chevreaux ou des chèvres, et envoient une décharge électrique à l’animal.

Pour les cochons, c’est le même système, mais automatique : une pince mécanique vient leur serrer la tête et envoie l’électricité.

Il n’y a pas à ma connaissance d’étude sur la perte de sensibilité à la douleur qu’induit l’électronarcose. Autrement dit, rien ne prouve que l’animal ne ressent pas ce qui se passe ensuite.

Ce système d’étourdissement, comme les autres procédés, est avant tout utilisé afin de favoriser le travail de l’homme pour la mise à mort car après avoir reçu la décharge, l’animal tombe à plat, inerte.

Comment se déroule cette mise à mort ?

Après avoir reçu le choc électrique, l’animal est suspendu par une patte arrière sur la chaîne d’abattage qui le transporte jusqu’au poste de saignée. Dans tous les abattoirs que j’ai connus, presque systématiquement, les animaux reprennent conscience avant d’être saignés car trop de temps s’est écoulé depuis le choc électrique. L’électronarcose, ce procédé franchement archaïque, provoque ainsi une souffrance supplémentaire et inutile à l’animal avant d’être tué…

Qu’en est-il pour les vaches et les veaux ?

On leur applique sur le front un pistolet à tige perforante qui perce l’os frontal et leur cerveau. C’est le seul procédé, peu coûteux et pratique, qui est utilisé pour faire tomber un animal de 800 kg. Car là encore, le but recherché n’est pas d’anesthésier l’animal, mais bien de l’immobiliser. Parler d’anesthésie est un pur mensonge, une tromperie. L’objectif n’est pas d’éviter de la douleur à l’animal, mais de ne pas abîmer le «produit» et de sécuriser le travail du tueur.

D’ailleurs, dans de nombreux abattoirs, du courant électrique est appliqué à l’aide de pinces sur les lèvres des bovins au moment de la saignée : ce choc les tétanise, limite le mouvement des pattes et permet donc d’éviter des accidents.

Comment se déroule la saignée ?

Cette opération consiste à trancher les carotides et les jugulaires pour que l’animal perde son sang. Les cochons sont saignés différemment : on ne laisse pas couler leur sang, on le pompe. On leur enfonce un trocart dans la gorge pour récupérer le sang qui servira à faire du boudin, des saucisses pour les hot-dogs ou même des produits cosmétiques. Ensuite, le cochon est échaudé : il est trempé dans l’eau bouillante pour préparer le brûlage des poils.

Pour les bovins, le tueur ouvre souvent complètement la gorge pour accélérer la perte de sang avant d’enlever le «masque», c’est-à-dire la peau de la tête de la vache. Ensuite on lui sectionne les extrémités des deux pattes avant. J’ai vu des vaches encore vivantes et donc parfaitement sensibles à ce stade-là.

Et après la saignée ?

Dans tous les cas, la mort met du temps à venir. Le tueur est censé attendre que cette mort arrive avant de continuer à «travailler le produit», mais ce n’est pas du tout ce qui se passe. J’ai vu des cochons encore conscients quand ils entraient dans l’échaudeuse, le bain d’eau bouillante.

Pareil pour les chèvres et les chevreaux, les agneaux et les moutons : après la saignée, on leur sectionne les quatre avant-pattes pour commencer à retirer leur peau, et bien souvent, quand l’opérateur attaque ça, l’animal n’est pas complètement mort.

Que faudrait-il faire selon vous pour éviter ces agonies ?

Sectionner la moelle épinière au niveau des premières vertèbres cervicales. Cela entraînerait une insensibilité totale de l’animal et permettrait une mise à mort par saignée sans souffrance. Mais en 2016, en France, on n’est toujours pas capables de tuer des animaux sans les faire souffrir. (…)

Les cadences imposées au personnel expliquent-elles en partie toute cette souffrance animale ?

Les cadences sont en effet élevées : par exemple, un bovin était abattu toutes les trois minutes à Bonneville, l’un des sites où j’ai travaillé… En Bretagne, dans certains grands établissements, un porc est abattu toutes les six secondes ! Pourtant, les cadences sont loin de tout expliquer.

Même si les métiers dans un abattoir restent durs, depuis vingt ans les conditions de travail se sont beaucoup améliorées, les étapes se sont mécanisées, les salariés sont davantage protégés, moins mis à l’épreuve. En revanche, rien n’a bougé pour les animaux. Rien n’est pensé pour leur éviter de souffrir. Mais ni les éleveurs ni les consommateurs ne veulent voir l’horreur, et au final, nous sommes tous complices de cette barbarie.

« Les refus de pause WC dans l’industrie de la volaille »

L’ONG Oxfam a publié un rapport d’enquête sur les conditions de travail dans les abattoirs aux Etats-Unis. On sait à quel point, là-bas comme ici, ce sont les cadences qui décident de tout.

C’est vrai pour tous les emplois, mais l’exploitation animale est quelque chose en expansion ouverte et où le rythme est par conséquent d’autant plus effréné.

D’ailleurs, le rapport ne parle pas des conditions d’un travail, mais d’un aspect très précis : la possibilité d’aller aux toilettes. Le titre du rapport est ainsi explicite :

«Pas de répit. Les refus de pause WC dans l’industrie de la volaille.»

FranceTVinfos, présentant le rapport, raconte ainsi que :

Un ouvrier, par exemple, évoque l’expérience de sa mère, qui porte des couches au travail, après avoir été contrainte d’uriner dans ses vêtements. Au Texas, une femme assure que plusieurs collègues de son usine font de même.

Mêmes difficultés pour Dolores, ancienne employée dans l’Arkansas, dont les demandes de pause ont été rejetées « de nombreuses fois ». Après avoir essayé de porter une serviette hygiénique, elle a finalement opté pour des couches. « Moi et beaucoup d’autres, nous devions porter des Pampers. (…)

L’ONG cible notamment quatre poids lourds de la volaille : Tyson Foods, Pilgrim’s, Perdue et Sanderson Farms, qui contrôlent 60% du secteur et emploient plus de 100 000 personnes au total. »

Slate.fr nous dit :

D’autres ouvriers interviewés ont expliqué que dans une usine de l’Alabama, les chefs menaçaient les employés en disant: «va aux toilettes et après, va aux ressources humaines», et que dans d’autres usines, obtenir l’autorisation d’aller aux WC pouvait prendre entre vingt et soixante minutes.

Comme le rappelle le Washington Post, plusieurs autres rapports avaient révélé des problèmes similaires dans l’industrie du poulet.

En 2013, le Southern Poverty Law Center avait trouvé qu’en Alabama, 80% des 266 ouvriers de la volaille interviewés n’avaient pas le droit d’aller aux toilettes quand ils en avaient besoin.

Et en avril, une association de défense des droits des travailleurs avait publié une étude montrant que 86% des employés interrogés dans le Minnesota n’étaient autorisé à prendre que deux pauses pipi par semaine.

L’Express précise encore :

D’après l’étude publiée mardi, « la grande majorité » des 250 000 ouvriers du secteur avicole américain « dit ne pas bénéficier de pauses-toilettes adéquates », en « claire violation des lois américaines de sécurité au travail ».

Ils « luttent pour s’adapter à ce déni d’un besoin humain de base. Ils urinent et défèquent debout face à la ligne d’assemblage, portent des couches au travail, réduisent leurs prises de liquides et fluides à des niveaux dangereux » et risquent « de graves problèmes de santé », martèle l’étude.

Levif.be donne plus de détails, permettant d’avoir une meilleure vue d’ensemble.

Debbie Berkowitz, employé au National Employement Law Project, qui se bat pour la sécurité et la santé de ces travailleurs, dénonce les conditions de travail affligeantes dans le secteur du poulet:

« Je suis témoin des dangers, les ouvriers de l’industrie du poulet se tiennent épaule contre épaule de chaque côté de longues chaînes de production, ciseaux et couteaux à la main dans des conditions froides, humides et bruyantes, répétant les mêmes gestes des milliers et des milliers de fois par jour, pour enlever la peau, couper, désosser et emballer les poulets.

Une industrie produit 180 000 poulets par jour. Un ouvrier en manipule 40 chaque minute. »

La législation du travail aux Etats-Unis autorise pourtant les employés à faire des pauses pour se rendre aux toilettes.

En réponse, les entreprises ont mis en place un système dans lequel des ouvriers supplémentaires restent disponibles pour remplacer d’autres ouvriers de la chaîne de production qui devraient s’absenter pour faire leurs besoins.

Ce système est toléré par le gouvernement à la condition qu’il y ait suffisamment d’ouvriers de remplacement pour assurer aux travailleurs de ne pas devoir attendre trop longtemps pour aller se soulager.

Mais selon Oxfam, le système n’est pas respecté par les chefs d’équipe. Des travailleurs doivent ainsi parfois attendre plus d’une heure avant d’être remplacés et lorsqu’ils ont le feu vert pour s’absenter, ce n’est pas plus de dix minutes.

Un délai difficile à tenir lorsqu’il faut traverser de vastes plateaux d’usines où les sols peuvent être glissants, couverts de sang ou résidus d’animaux, et sachant qu’il leur faut enlever puis remettre des vêtements de protection. (…)

Les chefs de ligne refusent aux ouvriers ces pauses « parce qu’ils sont sous pression pour maintenir la vitesse de production », fait valoir Oxfam. « Le secteur volailler affiche aujourd’hui des bénéfices records » tandis que « les ouvriers gagnent de faibles salaires, souffrent de taux élevés de blessures et maladies, évoluent dans des conditions difficiles » et « un climat de peur », dénonce l’étude.

Au quotidien, les entreprises du secteur du poulet sont autorisées à faire défiler 140 volailles par minute sur les lignes de production, un débit qui pourrait prochainement encore être augmenté à 35 gallinacés par minute.

Naturellement, OXFAM en tant qu’ONG ne propose que des réformes, nullement l’abolition de l’exploitation animale ni des conditions de vie totalement différente pour les travailleurs.

Et les gens, aliénés, participent à leur propre écrasement. Rappelons qu’en France, il y a 1285 McDonald’s, avec 69 000 salariés, pour 1,8 million de repas par jour…

Lors du mouvement contre le projet de loi travail, on a pu voir des gens, censés être vraiment très à gauche, chanter « on veut du caviar dans nos burgers » devant un fast food…

Les « coproduits » de l’exploitation animale

Le journal Le Monde a publié un article d’enquête sur un aspect évidemment très opaque de l’économie. Le titre dit déjà tout : « Coproduits et cadavres d’animaux : une industrie parallèle« .

On l’aura compris, le quotidien s’interroge sur la manière dont des parties des corps des animaux sont récupérés et utilisés dans l’industrie, de manière massive.

Voici quelques points utiles à connaître, par exemple avec la question de la réglementation :

Pour s’y retrouver, un règlement européen (n° 1069/2009) les a classés en trois catégories.

La première catégorie comprend les matières présentant un risque pour la santé publique (comme par exemple celles qui présentent un risque maximum d’Encéphalopathie spongiforme bovine (ESB, soit la maladie de la vache folle) ou la présence de substances interdites, comme les hormones de croissance).

Elles doivent être détruites en tant que déchets, par incinération ou mise en décharge, après avoir subi un traitement thermique approprié.

Dans la seconde catégorie, se trouvent les matières organiques qui présentent un risque de contamination avec d’autres maladies animales.

C’est le cas des animaux morts ou abattus dans le cadre de mesures sanitaires mais aussi ceux qui risquent de présenter des traces de médicaments vétérinaires. Ces matières ne se retrouveront pas dans l’alimentation animale. En revanche, elles peuvent être recyclées et utilisées après application d’un traitement thermique dans certains secteurs limités comme la production de biogaz ou le compostage.

La troisième catégorie concerne les morceaux issus d’animaux sains mis à mort en abattoir et destinés à la consommation humaine. Seuls ceux-là peuvent être intégrés dans l’alimentation des animaux. Ce sont aussi ces produits qui se retrouvent dans l’alimentation humaine (gélatine par exemple), ou en lipochimie (savon), cosmétique…

Voici ce qui est expliqué au sujet de la manière dont cela se passe :

En 2014, 3,25 millions de tonnes de tous ces produits ont été collectés en France, selon le rapport du Syndicat des industries françaises des coproduits animaux (Sifco). Les sociétés d’équarrissage sont les seules à être habilitées à enlever puis traiter les cadavres d’animaux retrouvés morts dans les élevages. Pour le reste, des sociétés spécialisées ainsi que les abattoirs travaillent ces matières. (…)

Les sociétés d’équarrissage et de transformation envoient leurs camions dans les élevages et abattoirs pour récupérer les cadavres et coproduits. Ils sont ensuite acheminés vers les usines où ils vont être traités. « Après avoir chauffé la matière, il rester une pâte, que l’on va presser pour séparer la graisse et les protéines », explique Sophie Grégoire [directrice de la communication du groupe Akiolis].

Les protéines récoltées vont servir à réaliser des farines animales, lorsqu’elles viennent de cadavres d’animaux – donc impropres à la consommation humaine –, qui seront utilisées en cimenterie et chaufferie.

Par ailleurs, les fameuses protéines animales transformées (PAT) sont obtenues à partir de la matière issue d’animaux sains dont la viande est consommée. Elles servent en grande partie dans l’industrie « petfood » et la pisciculture. En revanche, l’interdiction de leur usage dans l’alimentation des ruminants est maintenue.

La graisse ira, quant à elle, dans le secteur de l’oléochimie, c’est-à-dire qu’elle se retrouve dans la composition des savons, lubrifiants, peintures ou encore de cosmétiques.

C’est un aspect à prendre en compte : l’industrie de l’exploitation animale dépasse largement la simple alimentation, elle est de manière tout à fait logique une course au profit absolument totale. Imaginer réformer un tel système est totalement idéaliste…

J-L Mélenchon et la question animale

Nous avions parlé il y a quelques jours du Front National qui a monté un collectif pour diffuser ses idées au sujet de la question animale : regardons maintenant ce qu’a dit Jean-Luc Mélenchon à ce sujet tout récemment. Non pas qu’il faille les mettre sur le même plan, quoique les deux sont très chauvins et que les deux abordent surtout la forme de l’ouverture aux animaux, refusant le contenu.

Voici ce qu’a dit Jean-Luc Mélenchon à l’occasion d’une interview à Ouest-France :

« Vous allez visiter des fermes bretonnes. L’État consent de gros allégements de charge. Pas suffisant ?

Ce qui se produit était absolument prévisible. Nous n’avons cessé de dire que le démantèlement de la politique agricole dans un sens libéral serait une catastrophe. Depuis que l’humanité est humanité, elle fait des réserves pour parer aux mauvaises périodes.

Ce qu’il faut mettre en cause, c’est le modèle de marché,le modèle européen et de l’agriculture industrielle qui martyrise les animaux, détruit la santé des paysans, les sols, l’eau et l’air.

Aujourd’hui, on ne produit plus pour les Européens, mais pour le marché mondial, ce qui est une deuxième catastrophe, parce que nous effondrons les cours des pays qui sont en train de construire une agriculture vivrière. Nous sommes perdants sur toute la ligne. Le résultat, c’est un suicide de paysan par jour.

Mais comment fait-on pour les sauver, là, tout de suite ?

C’est toujours la même affaire : on crée des situations insolubles, et on nous met en demeure de régler le problème tout de suite ! L’état et les systèmes collectifs sont en mesure de le faire.

Dans un monde ouvert, que peut faire une gauche radicale ?

Je ne me situe pas comme gauche radicale. Comment on s’y prendrait, nous ? D’abord, on aurait comme objectif la relocalisation de la production. Il ne faut pas se couper du marché mondial, mais il ne faut pas en faire le régulateur de l’agriculture française. Deuxièmement, établir un protectionnisme solidaire autour de l’Europe. Nous devons d’abord produire les quantités dont nous avons besoin. 

Troisièmement, créer une nouvelle attitude de consommation. Les protéines carnées, ça a une limite. Il est normal, compte tenu de l’étroitesse des salaires, que les gens aillent au moins cher. Les protéines végétales seraient les bienvenues. 

C’est une affaire de mode, de goût. Il faut changer nos mœurs. Nous savons que le changement climatique a commencé. Mais le changement pour la santé aussi : nous sommes en pleine épidémie de cancers, de l’obésité.

Il faut dire aux gens que ce modèle ne pourra pas durer. C’est vrai pour la consommation alimentaire comme pour le reste. »

Ce qu’on voit ici n’est pas original. On a encore et toujours le coup du « avant c’était mieux » ce qui revient à un éloge du terroir, des traditions du petit capitalisme, etc. Comme si les animaux n’étaient pas martyrisés dans la petite production, avec la sale mentalité des petits producteurs faisant des animaux leurs objets, leurs marchandises…Faut-il regretter la manière barbare dont les cochons étaient assassinés dans les fermes il y a soixante ans ? Certainement pas et tant la petite que la grosse production de l’exploitation animale sont insupportables.

Il n’y a rien de « révolutionnaire » à dire qu’il faut manger moins de « viande » d’autant plus que cela revient à accepter qu’à l’échelle mondiale, il y a une croissance exponentielle de l’exploitation animale.

Accepter de s’insérer dans le système économique actuel, c’est accepter cette évolution… Cependant, Jean-Luc Mélenchon ne s’intéresse pas aux animaux : sa position sur les « protéines carnées » n’existe que comme contribution à son nationalisme.

On ne peut pas vraiment dire que ce que dit Mélenchon corresponde au progrès que les gens de gauche sont censés défendre… Et le seul progrès ici possible, c’est l’abandon de l’anthropocentrisme.

Mélenchon ne défend même pas ici la position de la « vieille gauche » car historiquement le mouvement ouvrier connaissait déjà la problématique animale. C’est juste un opportuniste tentant de faire comme le Front National : de la démagogie, se limitant à la forme pour mieux éviter le contenu.

Un salon de l’agriculture 2016 sous un horizon pétainiste

Avec le salon de l’agriculture, on ne parle en ce moment que des éleveurs, qui ont d’ailleurs insulté François Hollande lors de son passage là-bas et ont utilisé un extincteur et de la farine pour abîmer le stand de Charal, marque du groupe Bigard numéro un de l’abattage en France.

C’est que les pétainistes sont de retour : « nous voulons nos terroirs », « nous voulons nos traditions », « nous voulons notre capitalisme local », voilà en somme ce qu’ils disent et, d’ailleurs, ce que tout le monde dit.

Libération, le quotidien des bobos, publie un article intitulé « Crise de l’élevage : les six commandements » ; on y lit :

« L’agrobusiness va mal. La «course au toujours plus» asphyxie nombre d’éleveurs dans un contexte de production à tous crins. (…) 3- Se recentrer sur le marché national et les circuits courts (…) 4- Opter pour la qualité, les labels, le bio »

Le Point, l’hebdomadaire de droite, dit la même chose dans l’article « Crise de l’élevage : miser sur la qualité pour sortir la tête de l’eau ? » :

« Il faut se réapproprier les secteurs qu’on a abandonnés en relançant le porc bio et la segmentation haut de gamme de la salaisonnerie et la charcuterie, où on a perdu des parts de marché », explique Laurent Pinatel, de la Confédération paysanne. La coopérative porcine Cooperl comme les industriels Herta et Fleury Michon ont pris ce chemin en développant des gammes de produits sans antibiotiques (après quarante-deux jours d’élevage) et sans OGM.

« Ma première priorité, c’est de développer des filières qualité en France. Nous avons des problèmes d’approvisionnement, car il y a des problèmes de qualité de la viande », souligne ainsi Arnaud de Belloy, PDG de Herta, qui développe depuis trois ans une filière de qualité appelée « Préférences ».

« On a mis dans la tête des gens que manger sera toujours moins cher demain. Je crois qu’il faut sortir de ce paradigme. Ça favorise des productions de basse qualité. Ça crée la misère, que ce soit dans les systèmes de production ou chez les éleveurs », assure le directeur général de Fleury Michon, Régis Lebrun. »

Comme on le voit, c’est la course au terroir. Dans Libération est parue également une tribune, intitulée « Crise agricole : « Traduire la FNSEA en justice ? » et écrite par « Gilles Fumey, Géographe, université Paris-Sorbonne et Olivier Assouly, philosophe, spécialiste de l’alimentation ».

On y lit un éloge de l’autarcie du terroir :

« Les Français doivent avoir honte de traiter ainsi leurs paysans. Que n’entend-on pas ceux qui luttent pour une agriculture réellement paysanne, de qualité, peu encline à s’exposer aux marchés extérieurs ?

De plus en plus d’agriculteurs voulant croire en leur avenir se risquent, souvent avec succès, dans des voies dissidentes, alternatives, moins anonymes, – à l’instar de filières plus courtes ou locales – capables en plus de valoriser économiquement leur travail, de promouvoir un savoir-faire unique et à eux, trouvant dans l’opinion de leurs concitoyens des marques de reconnaissance et de solidarité.

Que ne voit-on pas les agriculteurs défendant des filières intégrées – à l’instar de Jeune Montagne dans l’Aveyron qui avait, dans les années 1960, à l’initiative d’André Valadier su prôner la singularité d’un terroir contre les sirènes de la croissance et ses impasses – la cogestion avec des coopératives réellement pluralistes se débattre face à des industriels dont les besoins et les désirs ne sont pas ceux d’une alimentation saine, durable, respectueuse de l’environnement ? »

Il y a quelques jours, voici ce que disait, tout pareillement… la Confédération Française de la Boucherie (boucherie-france.org) :

« Ce matin, les Français se réveillent une fois de plus en découvrant des images abominables de tortures infligées aux animaux.

Ces images cauchemardesques, ce sont celles de l’abattoir du Vigan, révélées par l’association L214.

On pensait, en octobre dernier, avoir atteint le sommet dans le registre de la cruauté avec l’abattoir d’Alès. Il faut malheureusement croire que non.

La coupe est pleine pour nous autres, les 20 000 artisans Bouchers-Charcutiers du pays et c’est pourquoi à travers la voix de notre Confédération Nationale, nous exigeons, à l’instar de L214, une commission d’enquête parlementaire sur les abattoirs. Une transparence totale doit être établie sur ce qui s’y passe afin que cessent ces actes ignobles.

Nous, Bouchers-Charcutiers, répétons inlassablement, isolément, bien trop souvent à contre-courant qu’il est plus qu’urgent de revenir à un modèle de consommation raisonnée car c’est l’industrialisation de la viande qui entraine de fait ces dérives.

Le consommateur est le seul à pouvoir changer véritablement cette situation ; c’est lui, et lui seul qui détient le pouvoir de faire cesser la souffrance animale.

Il est grand temps qu’il prenne conscience que le modèle productiviste est dépassé et que la viande n’est pas un produit comme un autre. »

Tous disent la même chose : le consommateur décide, il faut retourner en arrière aux « bonnes vieilles méthodes », car comme le disent les « bouchers-charcutiers » : « c’est l’industrialisation de la viande qui entraîne de fait ces dérives » soit disant…

Notons d’ailleurs au passage que l’abattoir en question était bio, de proximité, pratiquant l’étourdissement, bref l’idéal de ces gens en théorie, mais ils ne sont pas à une contradiction près.

Ce ce qui compte pour eux, c’est le terroir, le terroir, encore le terroir, une « révolte contre le monde moderne » exactement comme les fachos ; c’est la tendance du moment et il faut être aveugle pour ne pas le voir. Sur le site Vegemag, on lit par exemple que :

« Un sondage YouGov réalisé pour CIWF France à l’occasion du salon de l’agriculture 2016 montre que 87% des Français sont contre l’élevage intensif. »

C’est très hypocrite de présenter les choses ainsi, car l’envers de la médaille est que la très grande majorité veut bien des élevages, simplement non intensifs. Cela n’a rien de positif, c’est la culture pétainiste à la française, qui suinte absolument de partout en ce moment.

Mais il est vrai qu’il y a une sorte de grande convergence réactionnaire du type pétainiste en ce moment, où éleveurs subissant la crise avec la concurrence disent au fond la même chose que les zadistes voulant vivre en « autonomie », sans oublier ceux qui veulent des réformes à la L214.

La France rêve de vivre dans les années 1960… Elle est prête à tomber dans les bras d’un sauveur instaurant une dictature pour « remettre les choses en ordre ».

« Maximiser le prix unitaire de l’agneau vendu »

L’exploitation animale est une économie, une vision du monde, une méthode, une démarche. Cela représente des décennies, des centaines d’années de tradition d’un côté, de même que cela reflète une tendance totalement actuelle de généralisation de l’exploitation du vivant.

On ne soulignera jamais assez cela et voici, à titre illustratif, quelques passages d’une thèse universitaire (SupAgro / INRA) intitulée:

La commercialisation des produits, source de flexibilité pour les éleveurs? : Le cas del’élevage ovin allaitant du Languedoc-Roussillon

C’est un exemple de comment la pensée élaborée dans notre société est mise au service… de la quête de profit. Le résumé explique ouvertement cela, par ailleurs :

« Nous nous attachons, dans ce travail de thèse à traiter de la question de la commercialisation comme source de flexibilité mobilisée par les éleveurs pour saisir des opportunités ou faire face aux risques de marché et aux risques institutionnels. Nous abordons cette question à partir de l’étude de de la production d’ovin allaitant du Languedoc-Roussillon.

Ce travail s’appuie sur un dispositif de 50 enquêtes en exploitations, complété par 8 suivis d’élevage sur 1 ou 2 campagnes.

Des enquêtes rétrospectives ont également été menées pour percevoir les transformations de 8 autres élevages sur le long terme. Dans un premier temps, nous décrivons 7 façons de commercialiser les agneaux, en utilisant une notion clé, le couple produit acheteur (CPA) qui lie le système à son environnement.

Cette diversité des façons de commercialiser est sous-tendue par des logiques d’élaboration des résultats économiques, en jouant sur les produits et les circuits pour maximiser le chiffre d’affaire ou réduire les coûts de production. »

Ce qui est terrible, c’est que les partisans de l’exploitation animale sont méthodiques, pratiquant l’enquête du terrain, connaissant très bien ce qui se passe. Voici quelques extraits de la thèse, qui montrent cette activité au service de l’exploitation, contribuant à comprendre comment « maximiser le prix unitaire de l’agneau vendu »…

« Tarondeau 1999 mentionnent que cette flexibilité « produits », matérialisée par une diversité commerciale, induit l’apparition d’une diversité technique.

Cette dernière, nécessaire pour la fabrication d’une diversité de produits, finit par devenir une source de contraintes pour le producteur (Fouque, 1999).

Sans aller jusqu’à l’analyse de cette diversité technique, Astigarraga et al., (2008) notent que la mise en œuvre de cette flexibilité « produits » nécessite de retarder la différenciation des produits jusqu’au dernier moment. Une race très « plastique », comme la race bovine Limousine, permet cette pratique, utile lorsqu’on vend des génisses de boucherie et des génisses pour la reproduction.

Lait et viande constituent les produits essentiels issus de l’élevage ovin français (Aubron et al., 2011). Le lait est le résultat d’un processus de sécrétion (Ramet, 1985 ; Chantegrelet et Flachat). Il peut être produit en continu sur une longue période de l’année.

La viande, elle, est une spéculation d’accrétion (Micol et al., 2003). Cette différence de nature physiologique conduit à une expression singulière de la flexibilité « produits » pour les secteurs laitiers et allaitants.

Les travaux de recherche analysant la flexibilité « produits » en élevage se concentrent surtout en production bovine allaitante (Cessieux, 2005 ; Lemery, 2005 ; Ingrand et al., 2008; Astigarraga et al., 2008 ; Mosnier, 2009). »

« Les opérateurs de l’aval recherchent des produits aux caractéristiques spécifiques, ce qui représente, dans certains cas, une contrainte pour les éleveurs.

Ainsi les agneaux légers maigres destinés à l’engraissement dans le bassin de Roquefort doivent peser en moyenne 15 kg vif, et avoir une vitesse de croissance la plus importante possible, et doivent être habitués à consommer du grain.

Les agneaux de boucherie ont l’obligation, pour être vendus sous SIQO [Signes d’Identification de la Qualité et de l’Origine] de posséder un certain nombre de caractéristiques, inscrites dans un cahier des charges, dont, en particulier, un poids et un âge minimum et maximum. Quant aux mâles halal, c’est le phénotype (taille, cornure), qui est évalué, par l’acheteur, en plus de l’âge qui doit être au minimum de 6 mois.

Le plus ou moins grand respect de ces caractéristiques est un argument pour négocier le prix dans la transaction entre l’éleveur et son client. »

« Une autre façon d’améliorer le résultat économique de l’exploitation est de chercher un circuit le plus rémunérateur possible. Ainsi, pour une façon de commercialiser B « un seul type de produit (en général de l’agneau de boucherie) vendu à un seul type d’acheteur de circuit court », l’agneau est vendu à un prix moyen supérieur de 183% au prix de base, charges spécifiques déduites
(Tableau 5-9).

Ceci est non seulement lié au choix d’un produit à plus haute valeur (agneaux de boucherie au lieu d’agneaux à engraisser) mais aussi à un choix de circuit très rémunérateur.

Le différentiel de prix observé entre B et A2 « Un seul type de produit (agneau de boucherie) vendu
à un seul type d’acheteur de circuit long » exprime l’intérêt de ce choix.

De manière générale, le choix de commercialiser des agneaux de boucherie en CC assure un prix corrigé assez rémunérateur, de l’ordre de 9,7 ± 1,6 euros/kg de carcasse (Nozières et Moulin, 2012), ce qui semble à première vue intéressant, comparé au prix du marché de l’agneau de boucherie
standard, même en pénurie d’offre (Figure 1-8).

Il doit néanmoins rémunérer le travail supplémentaire et couvrir les frais qui n’ont pas été évalués et déduits (transport abattoir et tournées, communication). Il n’est pas certain que dans certaines situations, cet intérêt se maintienne. »