• L'escargot et sa coquille

« Nombreux records pulvérisés en 2016 dans le domaine du climat, avec des conséquences planétaires »

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) est l’organisme des Nations Unies pour ce qui concerne le temps, le climat et l’eau.

Elle a rendu public un document intitulé « Nombreux records pulvérisés en 2016 dans le domaine du climat, avec des conséquences planétaires », constatant l’inexorable progression du réchauffement climatique.

Le ton y est catastrophiste, et ce dès la présentation du document :

« Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), l’année 2016 restera dans les annales: température moyenne record, banquise exceptionnellement réduite et poursuite inexorable de la hausse du niveau de la mer et du réchauffement des océans.

Début 2017, les conditions météorologiques et climatiques extrêmes étaient toujours d’actualité. »

Voici justement la progression en termes de température, tout d’abord en termes généraux, puis avec une carte du monde indiquant les différences de température selon les endroits.

Avec la COP21, on nous avait promis monts et merveilles, mais on peut voir que désormais ce qui compte c’est la concurrence internationale, face à Trump, Poutine ou Merkel… L’écologie a été hier inexistante lors du débat télévisé pour les présidentielles!

Alors que le communiqué de l’Organisation météorologique mondiale constate les sécheresses, les records de chaleur, la fonte de la banquise, le niveau de la mer qui monte, la production de CO2 anthropique qui ne cesse pas du tout…

«Ce compte rendu confirme que l’année 2016 est la plus chaude qui ait jamais été enregistrée: la hausse de la température par rapport à l’époque préindustrielle atteint, chose remarquable, 1,1 °C, soit 0,06 °C de plus que le record précédent établi en 2015.

Cette augmentation de la température moyenne s’inscrit dans la logique des autres changements intervenant dans le système climatique», a souligné le Secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas.

«Moyennées à l’échelle du globe, les températures de surface de la mer ont été elles aussi les plus élevées jamais constatées, la hausse du niveau moyen de la mer s’est poursuivie et l’étendue de la banquise arctique a été bien inférieure à la normale la majeure partie de l’année».

«Les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère ne cessent de battre de nouveaux records, ce qui atteste de plus en plus clairement de l’influence des activités humaines sur le système climatique».

«L’augmentation constante de la puissance de calcul des ordinateurs et le fait que nous disposions de données climatologiques portant sur de longues périodes nous permettent aujourd’hui de mettre clairement en évidence le rapport de cause à effet entre le changement climatique anthropique et un large éventail de phénomènes extrêmes à fort impact, en particulier les vagues de chaleur».

Selon le compte rendu, la température moyenne de chacune des 16 années postérieures à 2000 a dépassé d’au moins 0,4 °C la normale de la période 1961-1990, qui sert de référence à l’OMM pour la surveillance du changement climatique.

Les températures mondiales continuent de s’inscrire dans un réchauffement général dont le rythme oscille entre 0,1 et 0,2 °C par décennie.

Le puissant Niño de 2015/16 a accentué le réchauffement en 2016 en venant s’ajouter à l’influence exercée sur le long terme par le changement climatique provoqué par les émissions de gaz à effet de serre. Les années marquées par un épisode El Niño de forte intensité, par exemple 1973, 1983 et 1998, accusent généralement un réchauffement supplémentaire de 0,1 à 0,2 °C, et 2016 ne fait pas exception à la règle.

Le niveau moyen de la mer, durant l’épisode El Niño, a accusé une très forte hausse qui affichait au début de l’année 2016 des valeurs record, et l’étendue des glaces de mer à l’échelle du globe était inférieure de plus de 4 millions de km2 à la normale en novembre, ce qui constitue une anomalie sans précédent pour ce mois.

Les températures océaniques très élevées ont favorisé un fort blanchissement des coraux, et des cas de mortalité ont été signalés à maints endroits dans les mers tropicales, où les répercussions sur les chaînes alimentaires et les écosystèmes marins, de même que sur les activités de pêche, sont importantes.

La teneur de l’atmosphère en dioxyde de carbone a atteint la barre symbolique des 400 parties par million (ppm) en 2015 – dernière année pour laquelle l’OMM dispose de statistiques mondiales – et ne redescendra pas en dessous de ce seuil pour les nombreuses générations à venir en raison de la longue durée de vie du CO2.

Parmi les phénomènes extrêmes les plus notoires survenus en 2016 on mentionnera les graves sécheresses qui ont plongé des millions de personnes dans l’insécurité alimentaire en Afrique orientale et australe et en Amérique centrale.

Première tempête de catégorie 4 à balayer Haïti depuis 1963, l’ouragan Matthew a durement éprouvé la population de ce pays et causé aussi d’importantes pertes économiques aux États-Unis d’Amérique. Enfin, l’est et le sud de l’Asie ont été touchés par de fortes pluies et des inondations de grande ampleur.

Cela fait plus de 20 ans que l’OMM publie des comptes rendus annuels sur le climat, qui sont présentés à la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et qui viennent compléter les rapports d’évaluation établis tous les six à sept ans par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

La déclaration sur l’état du climat mondial en 2016 sera présentée aux États Membres de l’Organisation des Nations Unies ainsi qu’à la communauté des climatologues lors d’une réunion de haut niveau sur le changement climatique et le programme de développement durable qui se tiendra à New York le 23 mars, à l’occasion de la Journée météorologique mondiale, sous les auspices du Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Peter Thomson.

«L’entrée en vigueur, le 4 novembre 2016, de l’Accord de Paris sur le climat au titre de la CCNUCC fera date dans l’histoire. Il est primordial que cet accord se traduise concrètement dans les faits pour que la communauté internationale puisse faire face au changement climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, en favorisant la résilience au changement climatique et en intégrant les mesures d’adaptation dans les politiques nationales d’aide au développement», a fait valoir M. Talaas.

«Nous devons investir sans relâche dans la recherche sur le climat et les programmes d’observation pour éviter que notre savoir scientifique reste à la traîne face au rythme rapide des bouleversements climatiques», a-t-il ajouté.

Phénomènes extrêmes toujours d’actualité en 2017

Des études nouvellement publiées, qui ne sont pas prises en compte dans le compte rendu de l’OMM sur le climat, donnent à penser que le réchauffement des océans pourrait être encore plus prononcé qu’on ne le croyait.

Les données provisoires dont on dispose révèlent que le rythme d’accroissement des concentrations atmosphériques de CO2 n’a aucunement ralenti.

«Alors même que le puissant Niño de 2016 s’est dissipé, nous assistons aujourd’hui à d’autres bouleversements dans le monde que nous sommes bien en peine d’élucider: nous touchons ici aux limites de notre savoir scientifique concernant le climat et nous avançons maintenant en territoire inconnu», a souligné le directeur du Programme mondial de recherche sur le climat, David Carlson.

Au moins trois fois à ce jour cet hiver, l’Arctique a connu l’équivalent polaire d’une vague de chaleur, de violentes tempêtes sur l’Atlantique ayant favorisé un afflux d’air chaud et humide.

Autrement dit, même au cœur de l’hiver arctique et de la période d’embâcle, il y a eu des jours où l’on était proche du point de fusion. La banquise antarctique a atteint elle aussi un minimum record, contrairement à la tendance constatée ces dernières années.

D’après les conclusions des chercheurs, les changements observés dans l’Arctique et la fonte de la banquise entraînent, à plus grande échelle, une modification des régimes de circulation océanique et atmosphérique, ce qui se répercute sur les conditions météorologiques dans d’autres régions du monde par le biais des ondes du courant-jet, ce courant d’air rapide qui contribue à réguler les températures.

Ainsi, des régions comme le Canada et une grande partie des États-Unis ont été gratifiées d’une météo inhabituellement clémente alors que d’autres, dans la péninsule arabique et en Afrique du Nord par exemple, ont enregistré début 2017 des températures anormalement basses.

Les États-Unis d’Amérique ont pulvérisé – ou égalé – à eux seuls 11 743 records de chaleur en février, d’après les données de l’Administration américaine pour les océans et l’atmosphère (NOAA).

En Australie, une chaleur extrême a persisté en janvier et février en Nouvelle-Galles du Sud, dans le sud du Queensland, en Australie-Méridionale et dans le nord de l’État de Victoria, où des records de chaleur ont été battus à maints endroits.

Températures mondiales

La chaleur de 2016 a été observée presque partout dans le monde. Les températures ont dépassé la normale de la période 1961‑1990 sur l’immense majorité des terres émergées, une zone de l’Amérique du Sud centrée sur l’Argentine et certaines régions du sud-ouest de l’Australie constituant les seules exceptions notoires.

Des températures annuelles moyennes supérieures de 3 °C ou plus à la normale de référence ont été constatées à divers endroits sous les hautes latitudes, notamment sur le littoral russe, en Alaska et dans l’extrême nord-ouest du Canada ainsi que sur les îles de la mer de Barents et de la mer de Norvège.

Sous les hautes latitudes arctiques, l’aéroport de Svalbard (Norvège) a affiché en 2016 une température moyenne de -0,1 °C, soit 6,5 °C de plus que la normale de la période 1961‑1990 et 1,6 °C de plus que le record précédent.

En dehors de l’Arctique, la chaleur de 2016 était plus remarquable par la constance avec laquelle elle s’est manifestée à travers le monde que par des valeurs extrêmes localisées.

Océans

La température de surface de la mer, moyennée à l’échelle du globe sur l’année 2016, a été la plus élevée jamais constatée. C’est lors des premiers mois de l’année que les anomalies ont été les plus prononcées.

Le contenu thermique des océans occupait en 2016 le deuxième rang des plus élevés, derrière 2015. Il a affiché des valeurs record dans l’hémisphère Nord, contrairement à l’hémisphère Sud où il était en baisse.

Le niveau moyen de la mer s’est élevé de 20 cm depuis le début du XXème siècle, essentiellement du fait de l’expansion thermique des océans et de la fonte des glaciers et des calottes glaciaires.

Il a accusé une très forte hausse lors de l’épisode El Niño 2015/16, environ 15 millimètres entre novembre 2014 et février 2016, soit une nouvelle valeur record nettement supérieure au rythme annuel de 3 à 3,5 mm constaté après 1993. De février à août, avec le déclin de l’influence du phénomène El Niño, le niveau de la mer est demeuré relativement stable. Les données de fin d’année n’étaient pas disponibles au moment de la rédaction de la déclaration.

Étendue de la banquise arctique

Le maximum saisonnier – 14,52 millions de km2 –, atteint le 24 mars, est le plus faible qui ait été observé par satellite depuis 1979. À l’automne, l’embâcle a été exceptionnellement lent, et la banquise s’est même contractée pendant quelques jours vers la mi-novembre.

Précipitations

En début d’année, une grave sécheresse sévissait en Afrique australe où, pour la deuxième année consécutive, les précipitations de la saison des pluies estivale (octobre 2015 – avril 2016) étaient un peu partout inférieures de 20 à 60 % à la normale.

Le Programme alimentaire mondial a estimé que le nombre de personnes nécessitant une aide d’urgence se chiffrerait à 18,2 millions début 2017.

Selon des données provisoires, 2016 est l’année la plus sèche qu’ait connue le bassin de l’Amazone, et une sécheresse importante a touché aussi le nord-est du Brésil. L’épisode El Niño a causé des déficits pluviométriques dans d’autres régions du nord de l’Amérique du Sud ainsi qu’en Amérique centrale.

En Chine, les inondations de 2016 dans le bassin du Yang-Tsé-Kiang ont été les plus graves que le pays ait connues depuis 1999, des crues record ayant été enregistrées pour certains affluents. Moyennées à l’échelle du pays, les précipitations en 2016 ont battu tous les records – 730 mm, soit 16 % de plus que la normale.

Vagues de chaleur

En Afrique australe, l’année a commencé par une intense canicule pendant la première semaine de janvier. Le 7 du mois, le mercure a atteint 42,7 °C à Pretoria et 38,9 °C à Johannesburg, soit au moins 3 °C de plus que les précédents records de chaleur absolus pour ces deux sites.

Une vague de chaleur extrême s’est aussi abattue sur le sud et le sud-est de l’Asie en avril et mai, avant l’arrivée de la mousson d’été. Le sud-est a été particulièrement touché en avril: le 28, un record de chaleur national – 44,6 °C – a été établi à Mae Hong Son, en Thaïlande, et la température de 51,0 °C relevée le 19 mai à Phalodi, en Inde, est la plus élevée jamais enregistrée dans ce pays.

Des températures record ou quasi record ont été observées au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. La plus haute – 54,0 °C – a été enregistrée à Mitribah (Koweït) le 21 juillet, ce qui représente, à condition qu’il soit validé, un record de chaleur absolu pour l’Asie.

Des valeurs de 53,9 °C et 53,0 °C (record national) ont été relevées le 22 juillet respectivement à Bassora (Iraq) et Delhoran (République islamique d’Iran), et des températures très élevées ont été aussi signalées au Maroc, en Tunisie, en Libye et aux Émirats arabes unis.

Une vague de chaleur tardive a touché de nombreuses régions d’Europe centrale et occidentale pendant la première quinzaine de septembre. À Cordoue, dans le sud de l’Espagne, le mercure a affiché 45,4 °C le 6 septembre.

Pour les personnes maîtrisant l’anglais, un pdf de 28 pages a été produit concernant 2016 par l’Organisation météorologique mondiale.

Nicolas Sarkozy relance le climato-scepticisme

Au moment de la COP 21, il y a eu une vague de gloriole institutionnelle d’un côté, un grand scepticisme de l’autre. Or, il fallait critiquer cette mascarade de bout en bout.

Car qui n’avance pas recule et forcément, si le réchauffement climatique n’est pas combattu à l’échelle mondiale, on connaît un recul vers le nationalisme égoïste.

C’est Nicolas Sarkozy qui s’est chargé de lancer le processus en ce sens. Il a expliqué hier, lors d’une visite devant des chefs d’entreprises à l’Institut de l’entreprise, que le réchauffement climatique n’était pas réellement lié à l’activité humaine, et qu’il y avait une autre préoccupation plus importante.

Voici ses propos, officiels car confirmés, relatés par Le Figaro.

«On a fait une conférence sur le climat. On parle beaucoup de dérèglement climatique, c’est très intéressant mais ça fait 4,5 milliards d’années que le climat change. L’homme n’est pas le seul responsable de ce changement», a estimé Nicolas Sarkozy, selon des propos rapportés à l’AFP par son directeur de campagne, Gérald Darmanin.

L’ancien président a poursuivi: «Je préférerais qu’on parle d’un sujet plus important: le choc démographique. La France doit porter une conférence sur la démographie. Jamais la terre n’a connu un choc démographique tel qu’elle va le connaître, puisque nous serons onze milliards dans quelques années. Là, l’homme en est directement responsable. Et personne n’en parle», a-t-il encore regretté, sans pour autant formuler de mesure concrète sur le sujet.

C’est une approche classique. Il est tout à fait juste de dire que l’explosion démographique est un problème. La planète ne peut pas soutenir l’existence d’une humanité aussi nombreuse et aussi destructrice.

Cela ne veut pas dire que la vie ne doit pas se développer : au contraire, les fusées spatiales pourront élargir le terrain de la vie…
Mais ce n’est pas l’approche universaliste de Sarkozy, qui raisonne en termes au contraire totalement étroits, d’esprit nationaliste.
D’ailleurs, cela n’a rien de nouveau chez Sarkozy. Ce qui est grave, c’est l’impact de ces propos en pleine rentrée politique, alors qu’il est l’un des favoris pour la présidentielle.

Voici une très bonne compilation des propos délirants de Sarkozy et de ses amis, datant d’avril 2016. Cela vaut le coup et on en rirait si ce n’était pas, au-delà du pathétique, totalement terrifiant.


L’écologie selon Sarkozy – Le Petit Journal du… par CANALPLUS

Cette dynamique « climato-sceptique » lancée par Nicolas Sarkozy est extrêmement grave. L’impact est dévastateur, dans la mesure où cela va être la ligne de toute une droite « décomplexée ».

Elle a bien été aidée en cela par une « gauche » qui a fait de l’écologie un simple vecteur de modernisation et de boboisation.

Il ne faut pas laisser la « gauche » torpiller la nécessaire défense de la planète, il ne faut pas vouloir un retour en arrière à la zadiste, il faut combattre les projets fondés sur le profit qui défigurent la vie sur Terre.

L’enjeu essentiel, en ce début de 21e siècle, est la bataille pour que l’humanité reconnaisse qu’elle est une partie seulement de la Nature, une composante seulement et qui doit donc reconnaître le principe « la Terre d’abord ! », défendant toute forme de vie de manière toujours meilleure !

Présentation apocalyptique du rapport annuel sur le climat

Le rapport sur le climat pour l’année 2015 à été rendu public par l’agence météorologique des Etats-Unis, qui a été supervisé par l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), avec la participation de 450 scientifiques, de 62 pays.

Les médias en ont largement parlé, assumant un ton catastrophiste tranchant avec le relativisme des années précédentes. On est passé du relativisme à l’expression d’une sorte de banalité de la catastrophe.

En fait, les médias alignent les chiffres, mais ne savent pas quoi en faire. On apprend ainsi que la température mondiale pour 2015 à été supérieure d’à peu près 0,45°C à la moyenne de la période entre 1980 et 2010, ce qui fait que le triste record de 2014 à été battu de 0,15°C.

Mais bien sûr les médias ne peuvent y ajouter une conclusion, il faudrait qu’ils assument qu’il faut tout remettre en cause. Étant eux-mêmes une partie de ce qu’il faut changer, ils ne peuvent que constater. Constater que l’océan n’a cessé de voir son niveau monter, avec 70 millimètres de plus que la moyenne enregistrée en 1993, année du début de l’utilisation des satellites pour les mesures.

Les médias en ont fait une présentation apocalyptique, c’est une démarche très religieuse qui est mise en avant, avec dans l’idée  la normalité de la destruction de la planète.

L’idée est que tout cela relève de la tragédie, que rien ne peut être fait contre cela. Tout cela serait inéluctable, seule l’indifférence individuelle serait la réaction normale, pour survivre dans un monde à l’agonie.

Il suffit de se rappeler d’ailleurs que les religions ont encore un poids énorme pour l’humanité aujourd’hui, et toutes valorisent la vie au-delà de ce monde, présentant la planète comme un lieu de malheur, de douleur, comme une vallée de larmes, comme un lieu d’apocalypse.

Le résultat est que les institutions tentent de prétendre gérer, comme avec la COP 21, alors qu’en réalité tout le monde sait très bien que le système fonctionne au jour le jour et que de toutes manières les intérêts des grandes entreprises ne seront jamais menacés de par leur importance économique.

De toutes manières, si l’on regarde les réactions des gens, elle est simple. Soit il y a indifférence, surtout chez les jeunes, soit il y a incompréhension. Les gens ne savent pas par où commencer, ni quoi faire. Ce problème semble tellement énorme… A cela s’ajoute les partisans du moindre effort, surtout les associations comme Greenpeace ou le WWF, qui limitent l’activité proposée au financement et à quelques comportements importants, mais certainement pas une fin en soit.

Ce qui manque c’est la compréhension que sans lutte à l’échelle de la planète elle-même, rien ne sera suffisant. Le sens du slogan la Terre d’abord! est justement de se placer au niveau général afin de réellement se confronter à la destruction anthropocentrique.

Il est ainsi très important que les informations concernant le réchauffement climatique ne soient pas présentées comme des abstractions, mais toujours dans une perspective concrète, en indiquant qu’elle vision du monde il faut développer pour briser la dynamique dominante qui est un véritable écocide.

14ème mois consécutif avec le dépassement du « record » mensuel de chaleur

C’est un fait indéniable, que tout le monde constate dans les médias, chez les scientifiques : le réchauffement climatique s’installe toujours plus fort dans la vie de la planète.

Sacré coup de chaud en janvier 2016 a pu dire Sciences et avenir, expliquant que « Janvier 2016 a été le mois de janvier le plus chaud jamais enregistré sur le globe ».

« Météo: Le mois de mars est le plus chaud jamais enregistré dans le monde » expliquait 20 minutes.

« Le mois d’avril le plus chaud de l’histoire » racontait le site belge 7 sur 7.

Et là, début juillet, on s’aperçoit que c’est pareil pour juin, La France agricole notant : « Juin 2015 mois le plus chaud depuis la fin du XIXe siècle« .

En fait, la situation est tellement catastrophique que, selon les données de l’Agence américaine océanique et atmosphérique, juin a été pas moins que le quatorzième mois consécutif où le « record » mensuel de chaleur a été dépassé!

Depuis 1880, date où commence les relevés (donnant des chiffres pour 1638 mois), c’est même la première fois qu’il y a une montée des températures aussi prolongée…

Le mois de juin 2016 est le quarantième mois de juin successif avec une température plus élevée que celle en moyenne au vingtième siècle.

Voici un graphique montrant la situation en juin 2016, montrant dans quelle mesure il a été bien plus chaud.

Si on regarde en Arctique, la situation est catastrophique.

La banquise en juin avait une dimension qui a été de 11,4% plus basse que pour la moyenne 1981-2010, ce qui représente 1 372 694 km²! Un chiffre incroyable, qu’il nous a fallu vérifier à plusieurs reprises, vérifiant si nous ne nous étions pas trompés dans la conversion des chiffres donnés en « square miles » américaines…

La perte de la couverture de glace est chaque jour de 74 000 km²… A Nuuk, capitale du Groenland, il a fait 24°C le 9 juin, soit plus chaud qu’à New York!

Voici une vidéo de présentation de la situation en Arctique qui vient d’être mise en ligne par l’Agence Spatiale Européenne.

Qu’est-ce que tout cela veut dire? Que l’humanité, prisonnière de l’anthropocentrisme, mène une guerre contre la planète. Qu’il faut prendre le parti de la planète et lutter pour sa libération, en brisant les modes de vie anthropocentristes, en généralisant le véganisme à l’échelle de la planète, en mettant les intérêts de l’ensemble de la planète au-dessus des intérêts particuliers (ceux de l’humanité).

Il faut écraser le terrorisme intellectuel anti-écologiste s’appuyant sur le relativisme, l’indifférence, mais aussi le cynisme (avec les gens disant « de toutes façons je ne serai plus là »). Il faut rejeter les accusations des passéistes et des conservateurs qui accusent l’écologie d’être punitive et culpabilisatrice, de profiter de l’ignorance pour distiller la peur.

Oui, l’humanité est en ce moment coupable d’écocide, oui c’est un crime, oui elle devra réparer les dégâts subis par la planète!

« Overshoot day 2015 »

Le WWF, une association internationale on ne peut plus institutionnelle, a relayé les informations du « overshoot day » : depuis hier, l’humanité a dépassé l’utilisation des ressources annuelles de la planète.

C’est toujours intéressant, même si les limites sont patentes. Tout d’abord, le point de vue reste anthropocentriste, tout est posé en termes de gains/pertes pour l’humanité « isolée » de la Nature. A cela s’ajoute que la Nature est conçue de manière purement statique et uniquement en termes de ressources.

Enfin, et c’est le pire, sur le plan de la cohérence : il est expliqué qu’on va droit dans le mur, mais le ton reste tout à fait « raisonnable », ne voulant qu’une « inflexion », etc. Que dira-t-on dans 25 ans d’une démarche aussi ridicule?

Overshoot day 2015 : A partir d’aujourd’hui, nous vivons à crédit sur notre planète…

Aujourd’hui, jeudi 13 août, nous avons malheureusement atteint l’Overshoot Day ou « jour de dépassement ». Cela signifie qu’en moins de huit mois, l’humanité a consommé l’ensemble des ressources que la planète peut produire en un an.

Tous les ans, le Global Footprint Network évalue le jour à partir duquel l’empreinte écologique de l’humanité dépasse la capacité écologique de notre planète. Chaque année, cette date butoir avance inexorablement. Il y a 15 ans, en 2000, ce jour à partir duquel les hommes vivaient à crédit était en octobre…

Le coût de cette surconsommation est chaque jour plus évidente : pénuries en eau, désertification, érosion des sols, chute de la productivité agricole, surexploitation halieutique, déforestation, disparition des espèces, et enfin augmentation de la concentration de gaz carbonique dans l’atmosphère.

Or cette augmentation de la concentration en CO2 dans l’atmosphère amplifie chacun de ces autres constats. Nos sociétés doivent avancer vers de nouveaux modèles à plus faible empreinte, qui présentent d’ailleurs de nombreux co-bénéfices environnementaux, sociaux et économiques.

« A elle seule, l’empreinte carbone a plus que doublé de 1963 à 1970, période à laquelle nous sommes entrés dans une surexploitation des ressources de la planète. Elle demeure l’élément connaissant la plus grande progression dans le calcul de l’écart entre notre empreinte écologique et les capacités de notre planète », explique Mathis Wackernagel, président du Global Footprint Network et co-créateur de la méthode de calcul.

« Un accord global vers la sortie des énergies fossiles qui doit être trouvé au cours de la prochaine conférence pour le climat se tenant à Paris pourrait significativement contribuer à infléchir la courbe de notre empreinte écologique, et la réduire à terme. »

L’empreinte écologique prend en compte l’empreinte carbone, c’est-à-dire la surface de terres nécessaire pour capturer les émissions de CO2 issues des énergies fossiles. Le dépassement de la capacité de stockage des émissions de CO2 entraîne l’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère, principale cause du changement climatique.

Au rythme actuel, l’absorption de gaz à effet de serre nécessiterait à elle seule 85 % de la biocapacité de la planète. “Il nous faudrait deux fois la biocapacité globale des forêts pour absorber les émissions mondiales de carbone” ajoute Mathis Wackernagel.

Une dernière chance

« A quatre mois de la fin de la Conférence Paris Climat 2015, le WWF appelle les gouvernements à se mobiliser pour arrêter les modalités et les engagements d’un plan d’urgence pour la période 2015-2020.

C’est la seule voie possible s’il on veut contenir le réchauffement en dessous de 2°C et ainsi limiter les impacts du changement climatique sur la planète et l’humanité. » explique Diane Simiu, Directrice des programmes du WWF France.

Pour cela, le pic des émissions de gaz à effet de serre doit être atteint avant 2020 grâce à quatre leviers :
L’accélération du déploiement des énergies renouvelables avec un objectif de 25% de la consommation énergétique mondiale ;
Le renforcement des mesures d’efficacité énergétique avec un doublement du taux d’efficacité énergétique pour atteindre 2,4% par an ;
La protection des forêts et de l’usage des terres ;
Le financement de la lutte contre le changement climatique : une feuille de route claire vers les 100 milliards de dollars et un retrait des soutiens à l’industrie du charbon estimés à 73 milliards de dollars.

Business As Usual

Si nous ne changeons rien et continuons à puiser autant de ressources qu’à ce jour, nous aurons besoin de l’équivalent de 2 planètes en 2030 et notre jour de dépassement sera avancé à la fin du mois de juin…

Cette projection suppose que la biocapacité, la croissance démographique et les tendances de consommation restent sur leurs trajectoires. Il n’est cependant pas certain que le maintien d’un tel niveau de consommation de ressources soit possible sans significativement endommager la biocapacité à long terme avec des impacts conséquents sur la consommation et la croissance démographique.

Shell reconnaît le réchauffement climatique

C’est une information assez particulière. Les assemblées générales, tant de Shell que de BP, ont décidé que ces entreprises devaient assumer le réchauffement climatique. A la fin du mois, la question sera posée pareillement par les assemblées générales de Chevron et d’Exxon.

Un journal anglais, le Guardian, a révélé que dans un document interne de Shell, son PDG Ben van Beurden expliquait même ouvertement que :

« Tous les scénarios que l’on a étudié ne permettent pas aujourd’hui de limiter la hausse de température à 2 degrés – avec un calcul de 450 particules par million (ppm) de CO2 (gaz carbonique). Nous ne voyons pas les gouvernements prendre les mesures nécessaires dans ce sens pour le moment. »

Cela n’empêche pas la société en question de jouer de tout son poids pour empêcher que soit prise toute décision contraignante. Voici ce que dit à ce sujet le Guardian, repris par Courrier International :

« Les objectifs énergétiques adoptés par l’Union européenne (UE) en octobre 2014 vous ont paru manquer d’ambition ?

C’est normal. Ils ont été dictés par l’une des majors du secteur pétrolier : Shell.

Ses lobbyistes ont murmuré à l’oreille du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, pour exclure tout autre objectif contraignant en dehors des 27 % d’énergies renouvelables (ENR) à l’horizon 2030.

L’Europe vise donc désormais 40 % de réduction de ses émissions pour 2030 par rapport aux niveaux de 1990, sans avoir fixé les moyens d’y parvenir et sans objectifs par État, un point particulièrement contesté par le Royaume-Uni lors des discussions, rappelle le quotidien britannique.

[Celui-ci] s’est procuré plusieurs documents qui démontrent que certains points clés de l’accord figuraient dans des propositions des lobbyistes de Shell dès octobre 2011. Ces derniers auraient convaincu Barroso d’abandonner la formule préexistante, qui liait les objectifs à des lois contraignantes sur l’énergie.

Le principal argument des lobbyistes ? Une transition énergétique vers le gaz naturel (moins émetteur que le charbon ou le pétrole) permettrait à l’Europe des économies de 500 milliards d’euros par rapport à un tournant vers les énergies renouvelables. »

Dans la perspective mentionnée dans ces dernières lignes, Shell compte acheter BG Group, qui s’occupe d’explorer la recherche de gaz naturel et de la production de celui-ci.

Le président américain Barack Obama vient également d’autoriser les forages dans l’Arctique…Alors qu’en même temps, le Bureau américain de gestion de l’énergie provenant des océans, qui a donné son feu vert, reconnaît qu’il y avait 75 % de « chance » pour que se déroule une marée noire dans les 77 prochaines années !

Les forages exploratoires commenceront dès cet été dans les eaux proches de l’Alaska, les réserves étant estimées à 30 milliards de barils de brut… Et la banquise, mesurée à la fin de l’été, a déjà diminué de 45% depuis 1979, permettant l’accès à sans doute 30% des réserves mondiales de gaz et à 13% de celles de pétrole.

Non loin, au Canada, on a d’ailleurs l’Alberta, avec ses « fameux » sables bitumineux de l’Athabasca, dont les réserves sont de 1 800 milliards de barils, autant que le pétrole mondial actuel, mais avec pour l’instant seulement 10 % de potentiellement récupérables, 100 000 personnes s’affairant pour produire pas moins de 1,9 million de barils par jour en moyenne !

Beaucoup de Co2 est produit, parce qu’il faut chauffer les dépôts de sable afin de provoquer l’écoulement du bitume. Afin d’éviter cela, la société japonaise Toshiba travaille pour que soient installés là-bas, d’ici quelques années, des… mini réacteurs nucléaires pour aider à la production.

Cela n’empêchera pas toutefois la contamination de l’air et des sols, la production de boues toxiques… Tout va de mal en pis ! Pas pour les entreprises en tout cas : Shell, par exemple, c’est un chiffre d’affaire de pas moins de 459,6 milliards de dollars par an…

Concluons sur les derniers chiffres du réchauffement climatique. Voici la tendance pour ces dernières années, le point rouge indiquant la position en avril 2015.

Voici un autre graphique, se basant sur les prises dans les glaces et montrant l’évolution sur des milliers d’années, le point 0 étant l’année 1950.


Les faits sont les faits: l’anthropocentrisme a fait faillite. Seule la reconnaissance de la planète Terre comme ensemble primordial est cohérente, juste, morale, scientifique.

Accélération de l’élévation du niveau de la mer

Voici l’éditorial du « site alternatif » sur la conférence de l’ONU sur le climat qui va se dérouler à la fin de cette année, et surtout un article qui traite de l’accélération de l’élévation du niveau de la mer. Il y a de nouvelles études montrant, en effet, que celle-ci n’a pas été suffisamment pris en compte, voire au sérieux.

Une raison de plus de se focaliser sur la défense de la planète!

Accélération de l’élévation du niveau de la mer

Jusqu’ici l’élévation du niveau de la mer sur la période 1900 à 1990 était estimée à 1,6 – 1,9 mm par an. A partir de 1993, les mesures deviennent beaucoup plus précises notamment grâce aux satellites et l’élévation du niveau de la mer est depuis de 3,2 mm ± 0,7mm par an.

Le problème pour la première période était qu’avec cette valeur, il n’était pas possible d’expliquer d’où proviendrait toute cette quantité d’eau supplémentaire : les calculs n’arrivaient qu’à une élévation de 0,5 mm en moins.

Une étude récente, publiée le 14 janvier dans le magazine Nature, a trouvé à l’aide de nouvelles méthodes statistiques que l’élévation pour cette période (1901-1990) ne serait que de 1,2 mm ± 0,2 mm par an.

Mesurer le niveau de la mer est une chose très complexe, comme le rappelle Carling Hay, un des auteurs de l’étude. En effet, s’il existe des données produites par des marégraphes (instruments permettant une mesure à un endroit donné sur une durée déterminée), en activité depuis des siècles pour certains, utiliser ces données pour mesurer efficacement l’élévation du niveau de la mer dans le temps comporte de nombreux problèmes.

Premièrement, la plupart se trouvent à des latitudes moyennes dans l’hémisphère nord, sur des sites côtiers, ils ne sont donc pas très bien répartis. Ensuite, différents facteurs viennent perturber les mesures comme le mouvement des plaques tectoniques (ce qui modifie le niveau des marégraphes), les prélèvements d’eau, le mouvement des océans, etc.

Cette nouvelle estimation s’appuie sur un autre projet visant à établir une sorte d’empreintes digitales du niveau de la mer. L’idée générale est que lorsque les calottes glaciaires fondent, les effets sur le niveau de la mer sont variables d’une calotte glaciaire à une autre et il est possible de déterminer d’où provient un changement de niveau.

« Cette variation du niveau de la mer est le résultat, en partie, de la taille de la calotte glaciaire, qui est si massive qu’elle attire l’eau à elle, créant ses propres marées.

Bien qu’une fonte des glaciers puisse déverser des millions de litres dans l’océan, cela réduit en même temps le volume de la calotte glaciaire, réduisant cet effet de marée. » (Jerry Mitrovica, de l’Université Harvard dans Harvard Gazette)

Chaque calotte glaciaire a ainsi un motif qui lui est propre, c’est ce motif qui constitue cette « empreinte digitale ». A partir d’un ensemble d’observations, l’étude a cherché à retrouver le poids de chaque calotte glaciaire dans l’élévation globale du niveau de la mer.

« Nous devons tenir compte des signaux de l’âge de glace, et nous devons comprendre comment les modèles de circulation océanique sont modifiés et comment l’expansion thermique contribue à la fois aux motifs régionaux et à la moyenne mondiale.

Nous essayons pour tous ces signaux d’utiliser nos simulations et nos méthodes statistiques, et ensuite de regarder ce qu’il reste et de voir si cela correspond aux modèles auxquels nous nous attendons pour chaque calotte glacière. » (Carling Hay, de l’Université Harvard dans Harvard Gazette)

Avec cette méthode les chercheurs ont donc trouvé une augmentation de 1,2 mm ± 0,2 mm par an, ce qui coïncide avec les valeurs trouvées par calculs auparavant. L’élévation du niveau de la mer pour la période 1900-1990 semble donc avoir été surestimé. Si les résultats de l’étude sont confirmés par des pairs, alors cela signifierait que le rythme de l’augmentation du niveau de la mer depuis 1993 est bien plus rapide que ce nous pensions.

Édito du 4 février 2015

À peine l’année débutée, la conférence Paris Climat 2015 – COP21 se trouve déjà au cœur de l’actualité.

Après avoir appris la semaine dernière que l’engagement de François Hollande à supprimer les subventions pour les pays utilisant des centrales à charbon risquait de passer à la trappe, c’est au tour du Business and Climate Summit d’être controversé, avec notamment la présence dans son organisation d’Areva, ou encore de Total.

Ce sommet, initié par l’ONU, rassemblera en mai des dirigeants d’entreprise, afin de soumettre des solutions pour le climat lors de la COP21. L’objectif est (selon l’intitulé d’une des séances plénières du sommet) d’ « intégrer le climat dans l’économie mondiale » et bien évidemment pas d’adapter l’économie au climat, aux besoins de la planète.

Ce n’est sûrement pas la pression des monopoles, soumis aux intérêts économiques à court terme, qui mèneront la conférence Paris 2015 à être un succès. Au contraire, il n’y a qu’un vaste mouvement populaire et démocratique qui puisse faire espérer une issue positive à cette COP.

Notons également le lancement, en début de semaine, par France Info du label « #maplanète »qui doit récompenser et mettre en avant « des actions, idées et événements » en vue de la Conférence Paris Climat. Sans savoir exactement quelles genres d’initiatives seront primées on peut toutefois regretter le nom de ce label : « ma planète ».

Nous considérons que loin d’un anthropocentrisme individualiste nous avons besoin d’une vision différente de la planète, d’une vision globale où l’espèce humaine n’est plus ni au centre ni au dessus du reste, mais une partie d’un tout. Avec néanmoins une responsabilité particulière conférée par des millions d’années d’évolution.

Ainsi, être la ministre de l’écologie du pays organisateur de la COP21 et autoriser le braconnage des oies comme l’a fait Ségolène Royale est une aberration, une honte.
La planète n’appartient ni à un individu, ni à l’espèce humaine.

La conférence sur le climat de Lima ne débouche sur rien

Il y a donc eu tout de même un accord à la conférence sur le climat de Lima. Nous pensions avoir le temps de constater les points faibles, avant de parler de cet accord. Mais finalement il a été réalisé samedi, alors que le désaccord était complet.

Et sa base, c’est de dire que… l’année prochaine, il faudra se mettre d’accord. A la place de François Hollande, qui compte sur le prestige de la conférence à Paris l’année prochaine, on commencerait à paniquer.

Et surtout, pour les personnes entendant défendre la Nature, il y a lieu de comprendre le drame que va être cette conférence. Car bien entendu, Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, peut se vanter de la réussite prochaine de la conférence à Paris, et affirmer que « Le fantôme de Copenhague s’éloigne et l’espoir d’un succès à Paris se rapproche. » EELV fait la même chose.

En pratique, ce qu’on va voir à Paris l’année prochaine, c’est que l’humanité est incapable de procéder à des décisions relevant d’un gouvernement mondial. Les intérêts particuliers priment ; ce qui se passe au niveau social avec les individus se répète avec les États.

L’objectif de décisions acceptées par tous les pays, avec des contraintes sur le plan légal, est définitivement abandonné. L’ONU est coulée, incapable d’unifier pour contrer la catastrophe en cours.

Et il va de soi ici que les grandes entreprises donnent le ton. L’écrasante majorité des fonds qui vont être rendus disponibles iront aux entreprises proposant des « alternatives » vertes, pratiquement rien n’ira aux pays du tiers-monde pour affronter la nouvelle situation.

Ce qui n’empêchera d’ailleurs pas de polluer à côté de cela : en 2012, 775 milliards de dollars de subventions sont allées dans les poches des entreprises pour les énergies fossiles, alors que le chiffre pour les énergies renouvelables, en 2013, était de 101 milliards.

En comparaison, la « Green fund » dont parle la COP20, est de… 10 milliards, et encore est-ce seulement de vagues promesses !

Quant à la Nature en elle-même, elle est totalement absente de la problématique. La seule chose que la COP20 à Lima a fait, c’est de reconnaître que le réchauffement climatique existait, et que si on ne fait rien l’élévation de la température va continuer et qu’on ne parviendra pas en l’état actuel à bloquer cela à une augmentation de 1,5°-2°.

En attendant, la COP20 a organisé le parcours balisé suivant : discussions à Genève en Suisse en févier, puis avant la fin mars, annonce des mesures pour limiter leurs émissions de gaz à effet de serre par… les pays qui souhaitent annoncer leurs mesures.

Avant fin mai un texte de base pour discuter à Paris est censé sortir, puis en juin à Bonn en Allemagne il y a une réunion, puis de nouveau un peu plus tard, on ne sait ni quand ni où !

La patate chaude arrive alors début novembre, lorsque le secrétariat de la Convention de l’Onu sur le climat doit résumer tout cela, avant donc la catastrophe à prévoir que va être la conférence à Paris, du 30 novembre au 11 décembre 2015…

Pour conclure, citons ici un philosophe des Lumières, Emmanuel Kant. La ministre de l’écologie, Ségolène Royal, a dit la chose suivante le 12 décembre, en séance plénière de la Conférence Climat de Lima :

« Enfin, sur la démocratie et les droits humains, le climat sera Grande cause nationale en France en 2015, et surtout, je souhaite que la France joue un rôle, pour imaginer l’émancipation et préparer démocratiquement les esprits au changement, comme l’ont fait au XVIIIe siècle les philosophes des Lumières pour faire advenir une nouvelle représentation du monde et des droits humains. »

Sauf que, justement, les philosophes des Lumières reconnaissait la Nature, et ils étaient dans un esprit universaliste. C’est Kant qui a souligné, ainsi, la nécessité d’une gouvernance mondiale de la raison :

« La nature a donc aussi utilisé l’incapacité à se supporter [que manifestent] les hommes, et même les grandes sociétés et les grands corps politiques composés d’individus de ce genre, comme un moyen de découvrir, au sein-même de l’inévitable antagonisme, un état de repos et de sécurité.

C’est-à-dire que, par les guerres, par ses préparatifs extravagants et jamais relâchés, par la souffrance qui s’ensuit et qui doit finalement être ressentie par chaque État même en pleine paix intérieure, la nature pousse [les États] à des tentatives d’abord imparfaites, mais finalement, après beaucoup de dévastations, de renversements, et même après un épuisement intérieur général de leurs forces, [les pousse] à faire ce que la raison aurait pu aussi leur dire sans une si triste expérience; à savoir sortir de l’état sans lois des sauvages pour entrer dans une société des nations, dans laquelle chaque État, même le plus petit, pourra attendre sa sécurité et ses droits non de sa force propre ou de son appréciation juridique personnelle, mais seulement de cette grande société des nations (Foedus Amphictyonum), de l’union des forces en une seule force et de la décision, soumise à des lois, de l’union des volontés en une seule volonté.

Aussi enthousiaste que puisse aussi paraître cette idée, et bien qu’une telle idée ait prêté à rire chez un abbé de Saint-Pierre ou chez un Rousseau (peut-être parce qu’ils croyaient la réalisation d’une telle idée trop proche), c’est pourtant le résultat inévitable de la souffrance où les hommes se placent mutuellement, qui doit contraindre les États (aussi difficile qu’il soit pour eux de l’admettre) à adopter cette résolution même que l’homme sauvage avait été contraint de prendre d’aussi mauvais gré, à savoir : renoncer à sa liberté brutale et chercher dans une constitution réglée par la loi le repos et la sécurité. »

Cela a été écrit en 1784. Plus de deux cent après, on attend encore cette société des nations réalisant la paix mondiale. Elle ne pourra se réaliser que lorsque l’humanité sera unifiée, ayant brisé son anthropocentrisme, ayant compris la réalité de la Nature !

La conférence sur le climat de Lima ne parvient pas à un accord

Comme d’habitude, la conférence sur le climat se prolonge. C’est une sorte de « tradition », le journal Le Monde définissant cela poétiquement si l’on peut dire comme « l’épais brouillard qui est devenu sa marque de fabrique à quelques heures de la clôture officielle des négociations ».

Sauf que cette fois cela coince encore plus, car la conférence de Paris de l’année prochaine est censée aboutir à l’équivalent du protocole de Kyoto : une sorte de programme valable pour 15-20 ans.

Vu les complications posées par le réchauffement climatique qui sont de plus en plus nombreuses, on comprend que ce soit un peu la panique. Surtout que l’objectif est censé être le suivant pour maintenir à 2°C l’augmentation de la température d’ici 2100 : réduire les gaz à effet de serre de 40 à 70% d’ici 2050 !

On imagine le bouleversement que cela induit. On voit mal des sociétés tournées vers le profit, dirigées par en haut, mener une révolution en ce domaine…

Voici l’évolution du réchauffement climatique jusqu’à cette année, pour bien qu’on comprenne la tendance.

Et voici celle du Co2.

Les gens ont compris que cela allait mal tourner, ce qui fait que les dominants jouent de plus en plus gros : ils savent qu’ils doivent préserver les apparences. En l’occurrence, il s’agit de faire bonne figure lors de la conférence de 2015. Mais justement, ici, il apparaît que les négociations de la conférence sur le climat à Lima montrent que personne ne veut s’engager vraiment.

Pas de chiffres donnés, et surtout pas de promesses d’argent ! Telle est la ligne générale.

Par exemple, à partir de 2020, 100 milliards de dollars d’aide annuelle sont censés être distribués aux pays particulièrement victimes du réchauffement climatique. Qui paiera ? Rien n’est arrêté.

Il faut dire ici qu’on a une sorte de gigantesque « blague » jouée par le capitalisme. Par exemple, l’Arabie saoudite est un pays très riche de par ses ventes de pétrole. Pourtant, ce pays réclame des « aides » dans le futur, alors que son mode de vie, comme on le sait, est dépendant d’une toute petite clique de gens vivant de manière délirante, typique des petits États pétroliers.

En 1965, la production de Co2 par habitant était de 0,9 tonne dans ce pays, elle est désormais de 17… Tout cela pour quoi ? Certainement pas pour un vie naturelle et agréable !

De la même manière, la Chine est très critiquée comme étant le premier émetteur de gaz à effet de serre. Mais pour qui produit la Chine, si ce n’est notamment pour l’Union Européenne qui est la première à critiquer ?

En gros les pays riches utilisent d’autres pays pour certaines productions, et de manière hypocrite arrivent avec une critique derrière. Cela amène un gros chaos d’où rien ne sort, car chacun cherche à tirer son épingle du jeu dans la concurrence internationale.

Il y a 195 pays de représentés à Lima, avec des grosses équipes (parfois 200 diplomates!), mais leurs intérêts sont trop différents à leurs yeux.

Pourtant, il n’y a qu’une seule planète, un seul ensemble abritant la vie, une seule humanité qui doit cesser sa guerre à la Nature.

Voici trois exemples parlant, autour du thème de la déforestation, qui n’a nulle autre cause que l’incapacité de l’humanité à sortir de l’anthropocentrisme, à vivre de manière harmonieuse.

La région brésilienne de Rondônia est passée de 500 000 à 1,5 million d’habitants en 30 ans, et au sein de l’Amazone, le résultat est que c’est là où le taux de déforestation est au plus haut au Brésil. Plus de déforestation pour faire de la place pour davantage de gens, qui eux-mêmes travaillent dans des entreprises… de déforestation.

Ici on voit l’évolution de la forêt de Baban Rafi entre 1976 et 2007, au Niger. La forêt se situe au point le plus au sud du Sahel; elle disparaît devant l’agriculture, la population humaine de cette zone géographique ayant quadruplé en 40 ans. La forêt actuelle est elle-même exploitée en continu comme source d’approvisionnement.

La forêt atlantique en Amérique latine est l’une des grandes victimes de la déforestation. A la base, sa superficie faisait 1 290 700 km², pour 95 000 km² aujourd’hui (soit un petit peu plus que 7%). Les deux images illustrent l’évolution au Paraguay, où la déforestation est la plus active: la partie orientale de ce pays a vu sa forêt passer de 8,8 millions d’hectares à 1,7 million, notamment pour la production de soja pour les élevages.

Car ce n’est pas la surpopulation le problème : celle-ci est elle-même le produit des déséquilibres dans l’humanité qui ont leur source dans le mode de vie destructeur, anthropocentriste, fondé sur l’individualisme le plus complet.

De la COP20 de Lima à la COP21 de Paris

Aujourd’hui se conclut la Conférence sur le climat de Lima (au Pérou), qui fait partie de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Commencée le 1er décembre et vingtième du genre, elle est censée apporter la base de « grandes » décisions qui seront prises l’année prochaine lors de la conférence suivante.

Un texte va sortir, comme toujours, au dernier moment. Mais que dira-t-il ? Car le problème est gigantesque. Le réchauffement climatique n’a pas été freiné. Les chiffres sont toujours plus alarmants.

Et pourtant, il ne se passe rien. La crise économique, la bataille pour le profit, la logique anthropocentriste… forment une dynamique de l’anéantissement des mondes végétaux et animaux.

La machine s’est emballée et la concurrence est telle que le nouveau protocole qui doit être décidé l’année prochaine risque bien d’être le dernier. Aussi y verra-t-on compromis sur compromis, afin de ne risquer de froisser personne tout en maintenant, face à l’opinion publique mondiale, l’illusion d’une gestion de la question.

Et nous serons en France aux premières loges, puisque la « COP 21 » accueillera au Bourget, en banlieue parisienne, des milliers de délégués internationaux.

Cela signifie bien entendu que tout doit être parfaitement encadré, et les ennemis de l’écologie sont bien organisés. Par exemple, à Lima, la ministre de l’écologie Ségolène Royal n’a trouvé rien de mieux à dire que « la mesure principale est de lutter contre les gaspillages, tout le monde peut le faire », c’est-à-dire la même chose que le collectif « écologiste » du Front National fondé hier.

Il y a également, à coté de cela, « Solutions COP21 ». C’est une structure fondée en juillet, avec comme but d’influer massivement sur la COP21.

Elle se présente ainsi :

« Initié par le Comité français pour le développement durable, le Comité 21, avec le Club France Développement durable (regroupement de plus de 70 réseaux français), cette initiative a vocation à présenter les solutions et initiatives des entreprises, institutions, centres de recherche, collectivités et associations impliqués dans la lutte contre le dérèglement climatique.

L’objectif: montrer à un large public les multiples produits, services, process et innovations existants et en projet à travers le monde pour lutter contre le dérèglement climatique et ses impacts. »

Le Comité 21 est un regroupement de 500 structures telles que des entreprises, des fédérations professionnelles, des collectivités territoriales, des associations, etc.

Le Club France développement durable représente également une liste énorme de structures, telles que la Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises, l’Association des Maires de France, la Fondation Nicolas Hulot, la Conférence des présidents d’universités, la CFDT, etc.

N’oublions pas de citer « Entreprises pour l’Environnement » où l’on trouve , AXA, La Poste, Saint Gobain, Renault, Société Générale, Thalès, Vinci, Total, etc.

En pratique cela veut dire que c’est la sainte-alliance des grandes entreprises et des institutions, mélangeant Veolia et Carrefour, GDF Suez et le CRNS, Schneider Electric et Generali, Rexel et Sofiprotéol, la ville de Paris et Suez environnement, etc.

C’est un projet alliant institutions et capitalisme pour gérer au mieux la COP 21… Et le Grand Palais à Paris sera leur base pendant une semaine en décembre, sur 4000 m², pour des « espaces pédagogiques », des « expositions » et des « conférences », bref toute la propagande possible.

Y aura-t-il un contre-projet ? Y aura-t-il une bataille pour l’opinion publique menée depuis le camp des personnes voulant défendre la Nature ? Ou bien en décembre 2015 y aura-t-il une vague unilatérale en faveur de cette pseudo écologie comme simple gestion par en haut du « gaspillage » ?

Tout cela va dépendre de nous !

La concentration de Co2 a augmenté jusqu’à un niveau sans précédent depuis 800 000 ans

L’écologie, ce n’est pas défendre les petits paysans. L’écologie, authentique, radicale c’est-à-dire prenant la réalité à sa racine, c’est défendre la planète en tant qu’ensemble du vivant. On peut l’appeler Gaïa de manière poétique, comme on peut l’appeler biosphère dans les cours universitaires de géographie, mais ici ce qui compte c’est sa défense et la fin de l’anthropocentrisme.

Il est temps de comprendre l’enjeu, qui n’est pas moins que les conditions idéales pour l’existence de la vie et son développement sur et au sein de la planète.

Voici les principaux extraits du dernier communiqué du GIEC concernant l’évaluation actuel du réchauffement climatique. Les médias en ont d’ailleurs parlé, avec d’innombrables commentaires « climato-sceptiques » qui ne peuvent exister justement que parce qu’en France on ne prend pas l’écologie au sérieux.

Le GIEC dit en substance: attention si on ne baisse pas la production de Co2 cela va coûter cher, et si on ne baisse pas le plus vite possible, cela coûtera plus cher plus tard. Mais en réalité, dans un monde anthropocentrique tourné vers le profit, comment peut-on dire stop?

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU GIEC
Le 2 novembre 2014
COPENHAGUE

L’influence de l’homme sur le système climatique est claire et en augmentation, avec des incidences observées sur tous les continents. Si on ne les maîtrise pas, les changements climatiques vont accroître le risque de conséquences graves, généralisées et irréversibles pour l’être humain et les écosystèmes.

Nous disposons toutefois d’options pour nous adapter à ces changements et des activités rigoureuses d’atténuation peuvent limiter les conséquences de l’évolution du climat à une gamme gérable, d’où un avenir meilleur et plus viable.
Il s’agit là des principales conclusions du Rapport de synthèse publié dimanche par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Ce rapport condense et intègre les conclusions du cinquième Rapport d’évaluation du GIEC, produit par plus de 800 scientifiques et publié au cours des 13 derniers mois, qui constitue l’évaluation la plus complète des changements
climatiques jamais entreprise.

Selon M.R.K. Pachauri, président du GIEC, « Nous avons les moyens de limiter les changements climatiques. Il existe de nombreuses solutions qui permettent un développement économique et humain continu. Nous n’avons besoin que de la volonté
d’évoluer, qui, nous l’espérons, sera motivée par la connaissance et par la compréhension de la science des changements climatiques.»

Le Rapport de synthèse confirme que de tels changements sont observés dans le monde entier et que le réchauffement du système climatique est sans équivoque. Nombre des changements constatés depuis les années 50 sont sans précédent depuis des dizaines d’années, voire des millénaires. D’après M.Thomas Stocker, coprésident du Groupe de travail I du GIEC, « Selon notre évaluation, l’atmosphère et les océans se sont réchauffés, la quantité de neige et de glace a diminué, le niveau de la mer s’est élevé et la concentration de dioxyde de carbone a augmenté jusqu’à un niveau sans précédent depuis 800 000 ans.»

Le Rapport affirme avec une certitude plus grande que les évaluations précédentes que les émissions de gaz à effet de serre et d’autres facteurs anthropiques ont été la cause prédominante du réchauffement observé depuis le milieu du XXe siècle.

Les incidences des changements climatiques se sont faites sentir sur l’ensemble des continents et des océans au cours des dernières décennies. Plus les activités humaines perturbent le climat, plus les risques sont élevés. Selon le
Rapport, des émissions constantes de gaz à effet de serre vont provoquer un réchauffement supplémentaire et des altérations de longue durée de tous les éléments du système climatique, augmentant ainsi le risque de conséquences vastes et profondes qui toucheront toutes les strates de la société et le milieu naturel.

Le Rapport de synthèse indique clairement que de nombreux risques représentent des problèmes particuliers pour les pays les moins développés et les collectivités vulnérables, vu leur capacité limitée d’y faire face. Les personnes marginalisées sur le plan social, économique, culturel, politique, institutionnel ou autre sont particulièrement vulnérables aux changements climatiques.

La limitation des effets des changements climatiques pose des problèmes d’équité et de justice, mais elle est nécessaire pour aboutir à un développement durable et à l’élimination de la pauvreté. Selon M.Pachauri, « Nombre des personnes les plus vulnérables aux changements climatiques ont contribué et contribuent le moins aux émissions de gaz à effet de serre. Il ne sera pas possible de faire face à ces changements si des organismes particuliers mettent en avant leurs propres intérêts de façon indépendante. On ne pourra lutter contre les changements climatiques que grâce à des
réponses coopératives et notamment à une coopération internationale. »

D’après M. Vicente Barros, coprésident du Groupe de travail II du GIEC, «L’adaptation est très importante du fait qu’elle peut être intégrée à la poursuite du développement et qu’elle peut contribuer à nous préparer aux risques, ce à quoi nous nous sommes déjà engagés du point de vue des émissions passées et de l’infrastructure actuelle.»

Toutefois, l’adaptation ne suffit pas en elle-même. Des réductions importantes et soutenues des émissions des gaz à effet de serre sont primordiales pour limiter les risques dus aux changements climatiques. Et comme l’atténuation réduit le rythme et l’ampleur du réchauffement, elle accroît, possiblement de plusieurs dizaines d’années, le temps dont nous disposons pour nous adapter à un niveau donné d’évolution du climat.

Il existe de nombreux moyens d’atténuation permettant d’aboutir, au cours des décennies à venir, aux réductions importantes des émissions nécessaires pour limiter, avec une probabilité de plus de 66%, le réchauffement à 2°C, objectif fixé par les gouvernements. Cependant, selon le Rapport, si l’on retarde une nouvelle atténuation à 2030, cela accroîtra sensiblement les problèmes techniques, économiques, sociaux et institutionnels que pose la limitation du réchauffement à moins de 2°C au-dessus des niveaux préindustriels d’ici la fin du XXIe siècle.

D’après M.Youba Sokona, coprésident du Groupe de travail III du GIEC, «Il est possible, sur le plan technique, de passer à une économie à faible teneur en carbone. Mais ce qui manque, ce sont des politiques et des institutions appropriées. Plus nous attendrons pour prendre des dispositions, plus l’adaptation aux changements climatiques et l’atténuation de ceux-ci coûteront cher.»

Selon le Rapport de synthèse, les évaluations quant au prix de l’atténuation varient, mais la croissance économique mondiale n’en serait pas affectée outre mesure. Dans les scénarios prévoyant une situation inchangée, la consommation –indicateur indirect de la croissance économique– continuera d’augmenter de 1,6 à 3% par an au cours du XXIe siècle.

Une atténuation ambitieuse permettrait de réduire ce taux de 0,06 point de pourcentage. D’après M. Sokona, « Par comparaison avec le risque imminent d’une évolution irréversible due aux changements climatiques, les risques
de l’atténuation sont gérables.»

Ces évaluations économiques du prix de l’atténuation ne tiennent compte ni des avantages d’une réduction des changements climatiques, ni des nombreux bénéfices secondaires en matière de santé, de conditions de vie et de développement. Selon M. Pachauri, «La justification scientifique de la priorité à accorder aux mesures de lutte contre l’évolution du climat est plus claire que jamais.

Nous disposons de peu de temps avant que la conjoncture permettant de limiter le réchauffement à 2°C ne prenne fin. Pour que nous ayons une bonne chance de rester au-dessous de 2°C à un prix gérable, nos émissions, sur le plan mondial, devraient diminuer de 40 à 70% entre 2010 et 2050, et tomber à zéro ou moins d’ici 2100. Nous avons cette possibilité, et le choix nous incombe.»

Le réchauffement climatique, une invention du « mondialisme »?!

Puisque nous parlions hier du maire de Hayange et de sa « fête du cochon », regardons donc ce qui est dit sur l’écologie et les animaux dans le grand classique de l’extrême-droite de ces dernières années : « Comprendre l’empire – Demain la gouvernance globale ou la révolte des nations ? »

C’est le grand best-seller du genre ; sorti en 2011, il s’est vendu à 80 000 exemplaires déjà. Pour un livre exprimant directement une idéologie, c’est énorme en ce moment. Il y a d’ailleurs tout un « hype » autour de son auteur, que la Fnac présente de cette manière :

« Alain Soral [en fait Alain Bonnet de Soral] est apprécié d’un public jeune, révolté et anticonformiste qui se retrouve dans sa critique sans concession de cette société qui se délite dans une pensée molle et abêtissante. »

Révolté… mais pas tant que cela, car on retrouve ici alors la même contradiction que chez le maire de Hayange. Ce dernier aimerait bien, certainement, pouvoir aider les animaux… Mais comme c’est un facho, il célèbre le terroir. Alors, évidemment, cela ne marche pas.

Forcément, on ne peut pas affirmer d’un côté l’universalisme et de l’autre faire l’apologie du passé, de ce qui existe à petite échelle, de « sa » nation, « sa » couleur de peau, etc. Si on dit qu’il faut défendre les animaux, alors tout le monde doit le faire : c’est déjà en contradiction avec le particularisme.

Bien entendu, il y aura toujours des gens pour mixer tout sans aucune cohérence, juste pour apparaître « radical ». Voici par exemple une image pathétique du genre de celles qui pullulent sur les blogs nazis.

Une jeune femme avec un t-shirt nazi embrasse un chat, et il est marqué qu’il ne faut pas aimer les antifas. L’image est tirée d’un blog russe qui se définit comme « greenline front ecofascism vegan russia », alors que le contenu n’a rien d’écologiste ou de vegan, à part ce genre d’images au milieu de photos nazis.

Par exemple aussi, sur ce genre de blogs, on trouve de nombreuses photos de soldats nazis de la seconde guerre mondiale, avec des chats. C’est vraiment très très faible ! En tout cas, plus communément, chez les fachos, cela ressemble à ça :

Et Alain Soral, de la même manière, ne fait même pas semblant. Il a compris qu’étant donné qu’il est contre le principe d’un gouvernement mondial, par nationalisme, alors forcément il est obligé de rejeter l’écologie.

Pourquoi ? Parce qu’être écologiste, c’est forcément parler de Gaïa d’un côté, de l’humanité de l’autre. On ne va donc pas se préoccuper de pseudos différences qui ne font que ralentir la nécessaire prise de conscience de l’humanité, dans son intégralité, de sa situation sur la planète et de ses devoirs.

Entre « France d’abord » et « la Terre d’abord ! » il y a un monde (n’oublions pas le slogan de Mélenchon, pas terrible du tout non plus : « L’humain d’abord ! »).

Seulement, cela pose problème devant la gravité des faits, devant la pollution, le réchauffement climatique, ce dernier phénomène étant une véritable claque historique, un rappel à l’ordre fait par la planète à l’humanité.

Alors, Alain Soral est obligé de retourner le problème : le réchauffement climatique n’existe pas…

« Ainsi, avec le documentaire « Une vérité qui dérange », présenté par Al Gore, ex-candidat malheureux (pour ne pas dire spolié) à la présidence étatsuninienne, l’oligarchie mondialiste va faire de l’écologie – ancienne idéologie conservatrice des années 1920-1930 passée par une phase de récupération gauchiste à partir des années 1970 [ce qui est totalement faux – LTD] – le fer de lance climatique du mondialisme.

Une écologie appuyée sur les travaux du GIEC – émanation climatologique de l’ONU, créé en 1988 et déjà utilisé par le gouvernement de Margaret Thatcher pour justifier la désindustrialisation de l’Angleterre – au service du nouveau marché de l’écologie promu par les ex-internationalistes de gauche passés au mondialisme de droite comme Daniel Cohn-Bendit (décidément dans tous les mauvais coups!) pour faire gober aux peuples d’Occident la thèse du « réchauffement climatique ».

Un bricolage mensonger, établissant un lien causal entre un supposé dangereux réchauffement planétaire, l’émission de Co² et la production industrielle, censé permettre au futur gouvernement mondial d’imposer la non moins fumeuse « taxe carbone ».

Une taxe présentée aux masses par les médias comme « anti-pollution », alors qu’elle n’est en réalité qu’un énième racket financier sorti des cerveaux malades de Goldmann Sachs : faire payer, via un marché carbone – le droit d’émettre du Co² ; soit l’ultime impôt sur l’air respiré !

Un vaste montage médiatico-financier fondé sur une escroquerie scientifique, heureusement dénoncé par les plus grands climatologues indépendants, et que vont bientôt refuser les puissances émergentes, telles l’Inde et la Chine, qui voient clairement dans ce nouveau marché spéculatif où l’on achète le droit de polluer, une tentative américaine de freiner leur développement industriel et leur future suprématie économique mondiale… (…)

Mais la nature de la gauche sociétale ayant horreur du vide, il faut bien remplacer l’immigré – son rôle de jaune dans le dumping social et de métisseur involontaire – par une autre cause tout autant sans frontières et propice au Marché. Fi donc de l’islamiste, l’Arabe laisse la place à l’arbre dans le cœur versatile du bobo, désormais son combat sera l’écologie… »

Les animaux ? Connaît pas. Le réchauffement climatique ? N’existe pas, c’est un simple complot. Comme on le voit, c’est d’un simplisme limpide. Mais c’est inévitable pour qui ne veut pas assumer la formidable dimension du défi du 21ème siècle : la reconnaissance de la planète par l’humanité, l’acceptation de celle-ci, et en définitive : sa soumission.

Le climat de la France au 21ème siècle

Le ministère de l’écologie vient de rendre public un rapport, intitulé « Scénarios régionalisés », édition 2014, faisant partie de la série « Le climat de la France au 21e siècle ». Une site existe également pour diffuser les cartes en rapport avec les prévisions faites.

De manière opportune, le ministère rappelle la tenue de la « Conférence internationale des Parties sur le Climat », à Paris 2015, et donc la nécessité d’être au niveau… Mais n’est pas pour autant capable de donner un lien correct pour lire le rapport, puisque on y obtient qu’une courte présentation!

Il faut aller en fait sur le site du ministère du développement durable pour l’obtenir, et le rapport est donc disponible ici. Nous allons en reparler, mais en voici déjà quelques extraits significatifs.

Tout d’abord voici un résumé officiel des conclusions:

Principales conclusions du volume 4 « Scénarios régionalisés édition 2014 »

En métropole dans un horizon proche (2021-2050):
– une hausse des températures moyennes évaluée entre 0,6 et 1,3°C (plus forte dans le Sud-Est en été),
– une augmentation du nombre de jours de vagues de ch aleur en été, en particulier dans les régions du quart Sud-Est,
– une diminution du nombre de jours anormalement froids en hiver sur l’ensemble de la France métropolitaine, en particulier dans les régions du quart Nord-Est.

D’ici la fin du siècle (2071-2100), les tendances observées en début de siècle s’accentueraient, avec notamment:
– une forte hausse des températures moyennes : de 2,6°C à 5,3°C en été selon les scénarios utilisés,
– un nombre de jours de vagues de chaleur qui pourrait dépasser les 20 jours au Sud-Est du territoire métropolitain,
– des épisodes de sécheresse plus nombreux dans une large partie sud du pays, pouvant s’étendre à l‘ensemble du pays,
– un renforcement des précipitations extrêmes sur une large partie du territoire.

Ensuite, voici une présentation du nombre de jours de vague de chaleurs.

Le nombre de jours de vagues de chaleur modélisé par WRF et Aladin-Climat sur la période de référence 1976-2005 est compris entre 2 et 4 à l’Ouest du territoire, et va jusqu’à plus de 6 au Nord-Est pour Aladin-Climat.

A l’horizon 2021-2050, l’ensemble des modèles simule une augmentation du nombre de jours de vagues de chaleur en moyenne sur les mois d’été. Pour les deux scénarios considérés, cette augmentation est modérée, allant de 0 à 5 jours sur l’ensemble du territoire, voire de 5 à 10 jours pour le scénario RCP4.5 dans des régions du quart Sud-Est.

Cette augmentation est encore plus importante en fin de siècle, et se situe pour le scénario RCP4.5 entre 5 et 10 jours sur les régions de l’Ouest, et jusqu’à 20 jours à l’Est du pays pour Aladin-Climat. Bien que l’amplitude du changement soit différente pour WRF et Aladin-Climat, les résultats mettent en évidence une augmentation globalement plus marquée en allant vers le Sud-Est, et ce pour les deux modèles.

Ces résultats sont encore plus marqués pour le scénario RCP8.5, qui montre une augmentation du nombre de jours de vagues de chaleur de 5 à plus de 20 jours supplémentaires en moyenne estivale (voire dépassant les 40 jours vers les régions du Sud-Est pour Aladin-Climat, qui simule des valeurs parmi les plus élevées de l’ensemble multi-modèle).

Enfin, voici la présentation du nombre de jours froids en moins.

On considère qu’un jour a une température anormalement basse si sa température minimale est inférieure de plus de 5 °C à une valeur de référence.

En moyenne sur la saison hivernale, la période 1976-2005 compte plus de 10 jours très froids près des régions d’influence Atlantique jusqu’au Nord-Est du pays, et de 2 à 10 jours sur le reste du territoire. Le réchauffement prévu au cours du XXIe siècle devrait conduire à une diminution des jours anormalement froids sur l’ensemble de la France métropolitaine, à partir des prochaines décennies.

A l’horizon proche, cette diminution est comprise entre 1 et 4 jours sur tout le territoire, voire jusqu’à 6 jours au Nord-Est du pays. Cette diminution est équivalente pour les deux scénarios RCP. Pour le scénario RCP4.5, on peut constater que les modèles WRF et Aladin-Climat se placent de part et d’autre de la distribution de l’ensemble Euro-Cordex.

Cette diminution des extrêmes froids est plus importante en fin de siècle, en particulier pour le scénario RCP8.5, avec une amplitude plus ou moins marquée selon les modèles. Les résultats montrent toutefois que quel que soit le scénario ou le modèle considéré, la diminution du nombre de jours très froids en hiver est moins importante dans l’extrême Sud du pays avec 2 à 8 jours de moins que la moyenne de référence. A l’inverse, cette diminution est plus importante au
Nord-Est de la France, allant de 6 à plus de 10 jours selon les scénarios et modèles.

Il est bien connu que la France est un bastion « climato-sceptique » et bien entendu, les commentaires multiples pour dénoncer ce rapport ont été très nombreux sur internet. Cependant, cette attitude destructrice reflète également un point de vue largement passif.

Les gens en France n’ont pas compris la véritable dimension du réchauffement climatique, de la problématique écologique, mais comment pourrait-il en être autrement dans un pays où le rejet, la négation de la Nature est si marquée?

Un nouveau satellite pour observer les puits de carbone

La NASA vient de procéder à la mise en orbite, à 705 kilomètres de la Terre, du satellite OCO-2 (Orbiting Carbon Observatory-2). Sa mission est de faire chaque jour 100 000 mesures afin de voir la situation de la production de dioxyde de carbone – Co2 – sur la planète.

Il est relié notamment au satellite japonais Greenhouse gases Observing SATellite (GOSAT), qui effectue la même tâche, mais également à la série de satellites dite « A-train ».

En font partie « Aqua », qui surveille le cycle de l’eau, Cloudsat, qui s’occupe des nuages, CALIPSO, qui fournit des profils verticaux de l’atmosphère, Aura, qui étudie l’ozone, le climat et la qualité de l’air. PARASOL, un satellite français, n’a plus de carburant et n’en fait plus partie, il s’occupait des nuages et des effets des aérosols.

La présentation wikipedia de comment fonctionne OCO-2 – le précèdent OCO a vu son lancement échoué en 2009 – est ici utile. Il s’agit en fait d’observer le rayonnement infrarouge du Soleil sur la Terre.

« Le satellite comporte un seul instrument qui doit permettre d’effectuer la mesure la plus précise jamais faite du dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère terrestre. Cet instrument est composé de trois spectromètres à haute résolution placés en parallèle alimentés par un télescope commun.

Les spectromètres effectuent des mesures simultanées de l’absorption de la lumière solaire par le dioxyde de carbone et l’oxygène moléculaire dans le proche infrarouge : lorsque la lumière du soleil après avoir traversé l’atmosphère terrestre est réfléchie par la Terre, les molécules des gaz présents dans l’atmosphère absorbent certaines des longueurs d’onde.

Le spectre lumineux qui en résulte est incomplet et la position de ces trous reflète la nature des gaz traversés. Chacun des spectromètres effectue sa mesure sur une gamme de longueurs d’ondes donnée.

En mesurant de manière fine la quantité de lumière absorbée pour les longueurs d’ondes caractérisant le dioxyde de carbone, OCO permet de calculer avec une très grande précision le nombre de molécules présentes le long du chemin parcouru par le rayon lumineux depuis la limite supérieure de l’atmosphère jusqu’au sol. Pour prendre en compte la grande vitesse de déplacement du satellite, combiné au fait que les concentrations de CO2 varient d’un lieu à l’autre, les mesures sont effectuées 3 fois par seconde. »

Il ne s’agit évidemment pas seulement d’une « simple » mission d’observation, même si le directeur de la NASA, Charles Bolden, souligne que « Le changement climatique est le défi de notre génération. »

S’il y a des financements, c’est surtout pour percer le principe de comment environ la moitié du Co2 produit par les humains est absorbé par l’océan et la végétation, ainsi que le sol. Et quand on dit comment, on veut surtout ici dire « où ». Car l’idée est de trouver un « modèle » et de le reproduire.

C’est la question cruciale de ce qui a été appelé les « puits de carbone » et qui est au centre de la quête pratiquement magique du capitalisme pour ne pas avoir à se remettre en cause.

On sait en effet que l’océan connaît un processus d’acidification en raison du Co2 capté ; à terme si le processus se généralise, l’océan mourra et produira lui-même du Co2 en masse.

Pour donner un exemple très parlant ici pour parler de Gaïa : les cachalots rejettent du fer dans leurs excréments, et le fer accélère la photosynthèse du plancton qui capte le Co2. Le fait d’avoir exterminé les cachalots joue ici un rôle à l’échelle globale…

Restent donc les forêts, la végétation, les sols. En clair, la mission du satellite lancé est de fournir une piste à suivre pour arriver, non pas à arrêter la production de Co2, mais à le stocker vite et pas forcément bien : on sait bien qu’on ne se préoccupe ici jamais du long terme !

Voici ici le très intéressant point de vue de l’ONG Fern, qui suit la politique européenne concernant les forêts.

L’article commence par une présentation de ce que sont les puits de carbone, puis critique les solutions de facilité qui sont imaginées par rapport à cela.

Que sont les puits de carbone?

Un puits de carbone est un élément qui absorbe plus de carbone qu’il n’en rejette, tandis qu’une source d’émission de carbone est un élément qui rejette plus de carbone qu’il n’en absorbe.

Les forêts, les sols, les océans et l’atmosphère emmagasinent tous du carbone, qui circule continuellement entre ces divers éléments. Ce mouvement permanent du carbone signifie que les forêts peuvent tour à tour agir comme des sources ou comme des puits.

Ces fluctuations n’affectent cependant pas tous les stocks de carbone. Dans le contexte du changement climatique, les stocks de carbone les plus importants sont les gisements de combustibles fossiles, car eux seuls ont l’avantage d’être enterrés profondément sous terre et naturellement isolés du cycle du carbone dans l’atmosphère.

Mais l’homme met fin à cette séparation lorsqu’il brûle le charbon, le pétrole et le gaz naturel, transformant ainsi les stocks de carbone fossile en carbone atmosphérique.

Cette libération de carbone émanant des combustibles fossiles a entraîné une hausse considérable des concentrations de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère, dont le niveau a progressé de plus de 30 pour cent par rapport à ce qu’il était au début de la révolution industrielle.

Nous continuons à ajouter environ 6 milliards de tonnes de carbone par an au cycle du carbone atmosphérique, modifiant ainsi significativement les flux de carbone, et par conséquent, le climat mondial.

Face à cette augmentation de carbone atmosphérique, de nombreux espoirs ont été placés sur la capacité des arbres, d’autres plantes et du sol à absorber temporairement le carbone libéré dans l’atmosphère par la combustion du carbone fossile.

Le Protocole de Kyoto, principal instrument de la communauté internationale visant à stopper le réchauffement climatique, suggère en effet que l’absorption du dioxyde de carbone par les arbres et le sol constitue un moyen d’atteindre les objectifs de réduction des émissions tout aussi valable que de diminuer les émissions de dioxyde de carbone émanant des combustibles fossiles.

La faille fatale des puits de carbone

FERN est en total désaccord avec l’idée que planter des arbres ou réduire le déboisement est tout aussi efficace que de diminuer les émissions émanant de la combustion du carbone fossile.

Cette idée ne tient pas compte de certains faits pourtant importants :

– Il est généralement admis qu’il est nécessaire de mettre fin aux émissions de combustibles fossiles, en particulier dans les pays industrialisés.

Or, au lieu de faire en sorte de réduire considérablement l’utilisation des énergies et d’entamer une transition vers des économies peu consommatrices de carbone, on utilise la capacité des forêts à (temporairement) absorber le carbone pour justifier l’utilisation des combustibles fossiles.

Les sociétés dont les émissions ont été plafonnées dépassent les limites imposées sous prétexte que leurs excès sont compensés par les puits de carbone.

Ces derniers servent donc à justifier une émission qui autrement n’aurait pas eu lieu, contribuant ainsi à accroître encore davantage les concentrations de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale.

– Il existe différents types de carbone. Le carbone fossile est généralement statique, tandis que celui qui se trouve dans le réservoir de carbone actif (l’atmosphère et la biosphère) peut facilement être libéré par des activités échappant au contrôle des gouvernements comme les incendies de forêts, les invasions d’insectes, la décomposition, l’abattage des arbres, les modifications concernant l’utilisation des sols ou même le déclin des écosystèmes forestiers dû au changement climatique.

Stocker son carbone dans un arbre au lieu de le laisser dans un gisement de combustible fossile est un peu comme miser son argent sur un cheval [sic] plutôt que de le conserver à la banque.

– Le boisement, en particulier dans les régions de la toundra arctique, pourrait accélérer le réchauffement climatique.

Le changement climatique devrait faire reculer les limites de la forêt boréale du Canada plus au nord et les forêts boréales devraient s’étendre sur les parties sud de la toundra.

Bien que cela signifie que les arbres, au fur et à mesure de leur croissance, absorberont le carbone présent dans l’atmosphère, cela n’est pas forcément bon pour le climat : l’un des principaux facteurs influençant le climat mondial est l’« albédo », une méthode utilisée pour déterminer la quantité de rayonnement solaire réfléchie dans l’espace par la planète et la quantité de ce rayonnement qui réchauffe la surface de la Terre.

Les forêts vertes et sombres absorbent davantage de rayons que la toundra ou les terres cultivées ; la tendance au réchauffement serait donc accentuée dans les régions boréales si des arbres étaient plantés sur les vastes surfaces non forestières actuellement recouvertes de neige au fort pouvoir réfléchissant.

– Il est impossible de mesurer précisément l’effet « puits » d’une forêt (les arbres absorbent différentes quantités de carbone en fonction du temps et l’on en sait très peu sur le mouvement du carbone dans les sols forestiers).

Il y a là des arguments qui donnent à réfléchir, et qui montrent la dimension très importante qu’a la question des puits de carbone!

Quelques chiffres sur le réchauffement climatique, pour 2013

Reconnaître la Nature, c’est dire que les humains ne sont pas le centre de la planète ni de l’univers; ils en sont une composante, et leur rôle ne doit bien sûr pas consister à tout massacrer!

Le réchauffement climatique est une des formes de ce massacre, car il provoque des bouleversements brutaux en rupture avec l’évolution de la planète Terre. Tout le monde le sait désormais, mais pour autant, on peut dire qu’en pratique tout le monde s’en moque.

Voici quelques chiffres pour rappeler la situation, issus du dernier rapport de l’entreprise BP. Déjà, pour marquer les esprits, regardons l’évolution de la production de Co2 anthropique…


Comme on le voit, on n’a nullement stoppé ni même freiné la production humaine de Co2.

En fait, avec une vision extérieure et globale, l’humanité ne fait rien à ce sujet, puisqu’on ne voit rien de changé dans la courbe!

Normalement, il devrait y avoir des défenseurs de la planète, et sur ce plan on ne peut pas dire que la bataille pour la libération de la Terre soit gagnée pour l’instant!

Portons notre attention également sur l’évolution de la production de Co2 par tonne d’énergie produite et utilisée par les humains.

L’évolution est pareillement catastrophique. Pour une tonne d’énergie produite, on produisait 3,1 tonnes de Co2 en 1966, puis seulement 2,71 tonnes en 1999. On est cependant passé à 2,76 tonnes en 2013…

Voyons maintenant quelles sont les sources d’énergie principalement utilisées, et s’il y a une tendance positive.


En 1999, 87 % de l’énergie utilisée par les humains provenaient du pétrole, du charbon et du gaz naturel. C’était toujours le cas en 2013.

Il n’y a pas eu d’évolution…. à part dans les rapports entre les énergies utilisées: le charbon, qui fournissait 10 % de l’énergie pour l’humanité dans les années 1980, en fournit désormais 30 %!

Bref, tout reste à faire. Et le temps presse. La planète ne peut pas accepter les demi-mesures des humains, les idées réformistes et les esprits timorés. Les personnes désirant l’écologie avec une évolution sur 300 ans ou le véganisme dans 500 ans sont complètement à côté de leur sujet.

La vérité, c’est que les 50 prochaines années contiennent en elles des changements profonds et de grande dimension. Reste à savoir de quel côté la balance penchera!

La future conférence Conférence Paris Climat 2015

La « grande » conférence sur le réchauffement climatique aura donc lieu en France en 2015, à Paris, et aura comme nom « Conférence Paris Climat 2015. » Les « festivités » ont déjà commencé, avec par exemple cette initiative sans intérêt que d’inscrire ce nom sur la tour Eiffel…

C’est une sacrée interprétation de l’écologie qu’il faut avoir pour mettre en avant cette conférence en utilisant le symbole de la technique pour la technique qu’est la tour Eiffel, symbole français s’il en est…

Cela commence très mal…Et on peut se douter que les illuminations sont justifiées par le nucléaire, qui permet de produire moins de Co2 (ce qui permet de masquer la question des déchets).

Voici d’ailleurs le petit texte ministériel expliquant les « motivations » de la candidature à la tenue de cette conférence:

Les raisons de la candidature française

Chaque année, la Conférence se déroule par rotation dans un des pays des cinq groupes régionaux de l’Organisation des Nations Unies (PDF) : Asie-Pacifique, Europe de l’Est, Amérique Latine – Caraïbes, Europe de l’Ouest élargie (WEOG) et Afrique. Le choix du pays hôte se fait en interne au groupe.

La Pologne a été choisie comme pays-hôte pour 2013, le Venezuela pour la réunion préparatoire de 2014, et enfin le Pérou pour la Conférence proprement dite fin 2014. En 2015, la présidence de la Conférence sur le climat reviendra à la France qui s’est portée candidate pour la zone de l’Europe de l’Ouest.

La France a engagé sa transition écologique et énergétique avec pour objectif de réduire sensiblement ses émissions de en carbone. Ses émissions de gaz à effet de serre par habitant sont déjà parmi les plus faibles des pays développés.

Elle travaille étroitement par ailleurs avec les pays en développement, par le biais de son aide au développement, pour favoriser des transitions vers des économies sobres en carbone. Au sein de l’Union européenne, la France défend une position ambitieuse, axée sur un objectif de -40% d’émissions de gaz à effet de serre en 2030 puis de -60% en 2040 (par rapport à 1990), pour que l’Union européenne maintienne une approche ambitieuse et exemplaire.

Forte de cette expérience et de cette ambition, la France a été désigné pour accueillir la COP21 en 2015.

En gros et pour résumer, c’est donc une manière pour la France de continuer son petit jeu consistant à se prétendre la patrie des droits de l’Homme et de l’universalisme, en jouant sur la corde « nous, on est pas comme les Américains », « nous, on est proches du tiers-monde », etc.

Sauf que dans l’histoire, ce qui devrait compter c’est la Nature, et non pas une « opération de com » aux dépens de l’urgence face au réchauffement climatique… Le texte ne parle que de la France, de la France et de la France, ce qui est totalement décalé par rapport à l’horizon nécessaire… Il n’y a même pas une ligne sur l’océan, dont une partie « dépend » de la France…

Forcément, cela se révèle dans un autre article ministériel, qui présente les enjeux. Là encore, on retrouve la dynamique commerciale, où la France « se place » en se prétendant « différente » des Américains, etc. et proches du tiers-monde, entendant tirer son épingle du jeu avec un nouveau modèle économique, etc.

Il n’y a aucune remise en cause, aucune compréhension de la nécessité de protéger la vie végétale et animale, rien: on est dans un simple anthropocentrisme.

Les enjeux de la COP21

Cette conférence devra marquer une étape décisive dans la négociation du futur accord international pour l’après-2020, en adoptant ses grandes lignes comme convenu à Durban, avec comme objectif que tous les pays, dont les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre – pays développés comme pays en développement – soient engagés par un accord universel contraignant sur le climat.

La France souhaite un accord applicable à tous, suffisamment ambitieux pour permettre d’atteindre l’objectif des deux degrés, et doté d’une force juridique contraignante. Celui-ci devra trouver un équilibre entre l’approche de Kyoto – une division mathématique des engagements de réduction d’émissions, à partir d’un plafond commun – et celle de Copenhague, un ensemble d’engagements nationaux non contraignants et sans caractéristiques comparables.

L’accord devra enfin mettre en œuvre un changement de paradigme, prenant en compte le défi climatique non comme un nécessaire « partage du fardeau » des émissions, mais également comme une opportunité de créations d’emplois et de richesses, d’invention de nouveaux modes de production et de consommation.

L’échec inévitable de la future conférence Conférence Paris Climat 2015 tient précisément à cette approche totalement pragmatique, à cette vision du monde anthropocentrique.

Plus le temps passe, moins on peut faire semblant, et en 2015 on peut s’attendre à l’effondrement de la façade faussement écologiste, la brutalité destructrice se révélant ouvertement, dans un grand mouvement d’égocentrisme et d’égoïsme, de tribalisme au niveau national.

Fin de la conférence de Varsovie sur le réchauffement climatique

Cela devait être la fin du début de la lutte contre le réchauffement climatique, en pratique c’est le début de la fin. La conférence de Varsovie, en Pologne, sur le réchauffement climatique, avait comme but de préparer « la » grande conférence, celle de Paris en 2015 : ce qu’on a vu c’est une incapacité complète à prendre des décisions.

En pratique, la conférence avait mal commencé : le gouvernement polonais a été modifié et le ministre de l’environnement de Pologne, Marcin Korolec, s’en est fait éjecté ! Alors qu’il présidait la conférence ! C’est un sacré symbole…

Dans le même genre, l’Australie et le Japon ont directement annoncé qu’ils ne respecteraient pas leur engagement et que leur production de Co2 allait se renforcer… Cela donne le ton !

Bien entendu, les irresponsables chargés du débat – 190 responsables gouvernementaux, 800 membres d’association – ont perpétué leur tradition de donner le change.

Ainsi, la conférence s’est terminée hier soir, au lieu de vendredi soir, histoire d’arriver coûte que coûte à un accord. Sur le papier, la carte est encore de faire semblant, pour faire croire à l’humanité que des responsabilités sont prises.
La commissaire européenne au Climat, Connie Hedegaard, a ainsi osé dire :

« Cela a demandé beaucoup d’efforts, il y a eu beaucoup de drames et des intérêts différents, mais à la fin, les gens ont vu qu’il y avait un vrai risque si nous ne faisions pas les progrès dont nous avions tellement besoin. »

Et bien entendu, il y a des ONG pour claquer la porte vers la fin, de manière médiatique, afin de préserver leur maigre crédibilité et apparaître comme plus « volontaristes. »

Du pur cinéma, de l’hypocrisie de haute voltige, surtout quand on sait que parmi les sponsors de la conférence on trouvait des producteurs de charbon et de pétrole…

Car bien sûr, en réalité tout le monde s’en moque et l’objectif est d’ailleurs simplement de limiter la casse du réchauffement climatique, sans plus. D’ailleurs, les responsables des 190 pays ont fabriqué une sorte de texte n’engageant à rien mais disant que, cette fois ce serait sûr, la prochaine fois serait la bonne !

En fait de prochaine fois, cela sera plutôt, comme dit plus haut et selon ces sires à la triste figure, lors de la conférence de Paris, en 2015. Auparavant, il y en aura une au Pérou, en 2014, mais apparemment cela n’intéresse personne, la conférence de Paris étant censée être « la » conférence ultime, et il s’agit donc de vendre du rêve.

Que sera-t-il dit au Pérou ? Il n’en est pas parlé, il n’en est jamais parlé, c’est tout simplement passé sous silence.

Le fait est que tout le monde sait que le « rêve » d’une lutte contre le réchauffement climatique est bien limité, et il ne faut pas croire d’ailleurs qu’à Varsovie on ait parlé de la Nature.

Non, on a parlé profit. Les pays servant d’usines du monde du moment, comme la Chine et l’Inde, refusent tout abaissement de leur production de Co2.

Les autres pays pauvres du « Sud » s’aperçoivent que les transformations écologiques vont leur coûter très cher, et que les fonds de soutien sont inexistants ; le négociateur du Bangladesh, Qamrul Chowdhury, a ainsi simplement expliqué que « Cette conférence devait être la conférence des finances. Tout ce qu’on a, ce sont des cacahuètes. »

Le texte de la conférence de Varsovie appelle de fait chaque État à préparer pour mars 2015 des « contributions sans préjuger de leur nature légale » : cela signifie que tout cela reste virtuel.

Il ne s’agit pas d’engagements, fixes, assumés, non : seulement des contributions, sans même se soucier de si elles seront appliquées ou pas ! Aucun État n’est appelé à s’engager !

Ce qui n’empêche pas le ministre français du Développement Pascal Canfin dire que cette formulation ne serait pas « moins forte qu’un engagement. »

Il faut sacrément manier la langue de bois pour oser dire cela…

Et on voit mal comment le secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon pourra convaincre, le 23 septembre 2014, les chefs d’État lors d’une conférence à New York, alors que le climat de concurrence et de guerre économique se sera encore plus renforcé…

Nous vivons un moment clef, un moment où l’humanité montre qu’elle est divisée, qu’elle ne sait pas comment surpasser sa division, que sa dynamique obéit au profit, à la logique du chacun pour soi, sans aucune reconnaissance de notre planète comme système global abritant la vie.

C’est, au sens strict, de la folie, un égocentrisme humain délirant, un anthropocentrisme à la fois criminel et aberrant. Il y a là toute une époque de résumée.

L’Organisation météorologique mondiale sur les gaz à effet de serre en 2012

La bataille pour la planète est en cours, et chaque jour l’écocide profite de la passivité, de la méconnaissance et de l’incompréhension. Le réchauffement climatique est une réalité, qui à un moment ou un autre s’emballera, forçant l’humanité à reconsidérer sa position. Il dépend de nous que cela soit dans le bon sens, et que la prise de conscience transformant la réalité vienne le plus tôt possible!

Nouveaux records pour les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère

Genève, le 6 novembre 2013 – La teneur de l’atmosphère en gaz à effet de serre a atteint un niveau inégalé en 2012, poursuivant et accélérant une progression qui alimente le changement climatique et façonnera l’avenir de notre planète pendant des milliers d’années.

Le Bulletin de l’Organisation météorologique mondiale sur les gaz à effet de serre révèle que le forçage radiatif de l’atmosphère par les gaz à effet de serre, qui induit un réchauffement du système climatique, s’est accru de 32 % entre 1990 et 2012 à cause du dioxyde de carbone et d’autres gaz persistants qui retiennent la chaleur, tels le méthane et le protoxyde d’azote.

Le dioxyde de carbone (CO2), dû principalement aux émissions liées aux combustibles fossiles, est responsable de 80 % de cette progression. Selon le Bulletin de l’OMM sur les gaz à effet de serre, la hausse de CO2 survenue entre 2011 et 2012 est supérieure au taux moyen d’accroissement des dix dernières années.

Depuis le début de l’ère industrielle, en 1750, la concentration moyenne de CO2 dans l’atmosphère du globe a augmenté de 41 %, celle du méthane de 160 % et celle du protoxyde d’azote de 20 %.

Les processus qui se déroulent dans l’atmosphère ne sont qu’un aspect des changements en cours. La moitié environ du CO2 rejeté par les activités humaines demeure dans l’atmosphère, le reste est absorbé par la biosphère et par les océans.

«Les observations provenant du vaste réseau de la Veille de l’atmosphère globale de l’OMM montrent une fois encore que les gaz d’origine anthropique qui retiennent la chaleur ont perturbé l’équilibre naturel de l’atmosphère terrestre et contribuent largement au changement climatique», a déclaré le Secrétaire général de l’OMM, Michel Jarraud.

«Dans son cinquième Rapport d’évaluation paru récemment, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) souligne que les concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone, de méthane et de protoxyde d’azote ont atteint des niveaux sans précédent depuis au moins 800 000 ans», a-t-il rappelé.

M. Jarraud a poursuivi: «C’est pour cela que notre climat change, que les conditions météorologiques sont plus extrêmes, que les inlandsis et les glaciers fondent et que le niveau de la mer s’élève.

«Selon le GIEC, si nous poursuivons dans la même voie, la température moyenne du globe à la fin du siècle pourrait excéder de 4,6 degrés ce qu’elle était avant l’ère industrielle – et même plus dans certaines régions. Les conséquences seraient catastrophiques.

«Il faut réduire de manière sensible et prolongée les émissions de gaz à effet de serre pour limiter le changement climatique. Nous devons agir aujourd’hui pour ne pas mettre en péril l’avenir de nos enfants, de nos petits-enfants et de bien d’autres générations encore. Le temps joue contre nous.»

Le Bulletin de l’OMM sur les gaz à effet de serre rend compte des concentrations – et non des émissions – de ces gaz dans l’atmosphère. Par émissions, on entend les quantités de gaz qui pénètrent dans l’atmosphère et, par concentrations, celles qui y restent à la faveur des interactions complexes qui se produisent entre l’atmosphère, la biosphère et les océans.

Dioxyde de carbone (CO2)

Le dioxyde de carbone est le principal gaz à effet de serre rejeté par les activités humaines, telles la combustion de matières fossiles ou le déboisement.

D’après le Bulletin de l’OMM sur les gaz à effet de serre, la quantité de CO2 présent dans l’atmosphère du globe a atteint 393,1 parties par million en 2012, ce qui correspond à 141 % du niveau préindustriel (278 parties par million).

Entre 2011 et 2012, la teneur de l’atmosphère en CO2 a augmenté de 2,2 parties par million, une hausse supérieure à la moyenne des dix dernières années (2,02 parties par million), ce qui dénote une accélération de la tendance.

Pendant l’année 2012, les concentrations mensuelles relevées par plusieurs stations de la Veille de l’atmosphère globale dans l’Arctique ont franchi le seuil symbolique de 400 parties par million.

En 2013, les données horaires et quotidiennes ont excédé cette valeur ailleurs dans le monde, notamment à Mauna Loa, Hawaii, la plus ancienne station de mesure continue des paramètres de l’atmosphère, couramment considérée comme un site de référence au sein de la Veille de l’atmosphère globale. Les concentrations de CO2 fluctuent d’une saison et d’une région à l’autre.

Si le rythme actuel se maintient, la teneur annuelle moyenne en CO2 à l’échelle du globe devrait dépasser le seuil de 400 parties par million en 2015 ou 2016.

Parce qu’il demeure dans l’atmosphère pendant des centaines voire des milliers d’années, le dioxyde de carbone déterminera la moyenne mondiale du réchauffement en surface d’ici à la fin du XXIe siècle et au-delà. La plupart des aspects du changement climatique persisteront pendant des siècles, même si les émissions de CO2 cessaient sur-le-champ.

Méthane (CH4)

Le méthane est le deuxième gaz à effet de serre persistant par son abondance. Environ 40 % des rejets de CH4 dans l’atmosphère sont d’origine naturelle (zones humides, termites, etc.) et 60 % d’origine humaine (élevage de bétail, riziculture, exploitation des combustibles fossiles, décharges, combustion de biomasse, etc.).

Le CH4 atmosphérique a atteint un nouveau pic en 2012 – 1819 parties par milliard environ, soit 260 % du niveau préindustriel – en raison de l’accroissement des émissions anthropiques.

Après une période de stabilisation, la teneur de l’atmosphère en méthane augmente de nouveau depuis 2007. Le Bulletin précise, dans une partie consacrée au méthane, qu’il n’y a pas à ce jour d’augmentation mesurable des concentrations de CH4 dans l’Arctique sous l’effet de la fonte du pergélisol et des hydrates.

L’accroissement des teneurs moyennes en CH4 dans le monde est plutôt associé à une hausse des émissions aux latitudes tropicales et moyennes de l’hémisphère Nord. Une meilleure couverture et des observations plus fines que celle s dont on dispose actuellement permettraient de dire si cette progression est due à des facteurs humains ou naturels.

Protoxyde d’azote (N2O)

Les émissions de protoxyde d’azote dans l’atmosphère sont d’origine naturelle (environ 60 %) et humaine (environ 40 %), puisqu’elles proviennent notamment des océans, des sols, de la combustion de biomasse, des engrais et de divers processus industriels. La concentration atmosphérique de N2O a atteint quelque 325,1 parties par milliard en 2012, ce qui représente 0,9 partie par milliard de plus que l’année précédente et 120 % du niveau préindustriel.

À un horizon de 100 ans, l’impact du protoxyde d’azote sur le climat est 298 fois plus grand que celui du dioxyde de carbone, à émissions égales. Ce gaz joue aussi un rôle important dans la destruction de la couche d’ozone stratosphérique qui nous protège des rayons ultraviolets nocifs émis par le soleil.

Autres gaz à effet de serre

Le forçage radiatif total induit par l’ensemble des gaz à effet de serre persistants correspondait en 2012 à une concentration de 475,6 parties par million en équivalent CO2, contre 473,0 parties par million en 2011. Parmi les autres gaz à effet de serre persistants figurent les chlorofluorocarbures (CFC) destructeurs d’ozone, ainsi que les hydrochlorofluorocarbures (HCFC) et les hydrofluorocarbures (HFC) qui augmentent à un rythme assez rapide.

Rapport du Giec 2013: l’horizon 2100 et au-delà, et la géo-ingénierie

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a donc rendu public hier la première partie de son rapport.

Rappelons très brièvement le programme, que nous avions déjà donné, mais cela a son importance :

– Groupe de travail n°1: Les bases scientifiques et physiques du changement climatique, les 23-26 Septembre 2013, à Stockholm, en Suède.

– Groupe de travail n°2 : Conséquences, adaptation et vulnérabilité des sociétés face au changement climatique, les 25-29 Mars 2014 à Yokohama, au Japon.

– Groupe de travail n°3 : Mesures d’atténuation du changement climatique et préconisations, les 7-11 Avril 2014 à Berlin, Allemagne

– Rapport d’évaluation, rapport de synthèse final (SYR), les 27-31 Octobre 2014 à Copenhague, au Danemark.

Pourquoi est-ce important ? Parce que cela permet de comprendre le fond de la démarche du GIEC. Il ne s’agit pas de sauver les animaux ou bien de préserver l’environnement. Ce n’est pas son but.

Le GIEC a été fondé pour évaluer les conséquences, prévoir des stratégies pour les atténuer le cas échéant, et enfin pour informer quant à ces conséquences.

C’est pour cela qu’a été publié le seul document qui aura véritablement un impact au-delà du rapport : le « summary for policymakers » (« Résumé pour les décideurs »). Il s’agit de 36 pages en anglais visant la – disons, environ et à la louche – cinquantaine ou centaine de personnes qui « pèsent » dans chaque pays concernant les décisions importantes concernant ce thème.

On voit tout de suite le caractère non démocratique : un document uniquement en anglais, visant uniquement une élite bien définie.

Que dit le document ? Il explique que le réchauffement climatique est d’origine humaine surtout et qu’il est prouvé, de par le fait que « l’atmosphère et l’océan se sont réchauffés, la quantité de neige et de glace a diminué, le niveau de la mer a monté, et les concentrations de gaz à effet de serre ont augmenté. »

Voici un tableau constatant l’augmentation de la température sur la planète.

Expliquons ici tout de suite un point important. Un peu partout sur le net, on peut lire que la planète ne se réchaufferait plus. Voici par exemple ce que dit lachainemeteo.com :

L’un des défis du GIEC 2014 sera d’expliquer pourquoi, alors que les modélisations élaborées depuis les années 2000 envisageaient une hausse de +1° à +4° d’ici à 2100, on constate en fait une pause dans le réchauffement climatique mondial : depuis 15 ans, le climat ne se réchauffe plus, selon les climatologues.

Or, ce n’est pas exact. En réalité, il y a une pause dans l’accélération du réchauffement… ce qui n’a rien à voir. Ainsi, entre 1951 et 2012, il y a eu 0,12°C d’augmentation par décennie, en moyenne. Le chiffre pour ces quinze dernières années a été de 0,05°C par décennie.

La planète se réchauffe moins vite, mais se réchauffe quand même… C’est une différence de taille. Bien entendu, cela semble peu et sans intérêt direct et à court terme pour les entreprises capitalistes et leur industrie. Mais pour la vie, pour la Nature, c’est très important…

Revenons cependant à notre « résumé pour les décideurs. » Ce qui est constaté, c’est que c’est l’océan qui absorbe la grande majorité de la chaleur qui s’est développée. Il est considéré comme pratiquement certain que les premiers 700 mètres de profondeur se sont réchauffés depuis 1971, et il est probable selon le GIEC que cela a commencé à la fin du 19e siècle.

On l’aura compris : ce qu’il y a derrière, c’est ce qu’on appelle la révolution industrielle. Et la question brûlante ici est celle de l’acidification de l’océan, qui signifie la mort de la vie. Voici un tableau avec deux prévisions à l’horizon 2100, celui à gauche étant moins « pessimiste » que celui de droite.

Le rapport parle également du Groenland et de l’Antarctique, qui perdent leur glace. Pour l’Arctique, cela donne un demi-million de km² disparaissant tous les dix ans entre 1979 et 2012 (évidemment le chiffre est encore plus grand à la fin de l’été, où la glace a perdu environ 30 % par rapport à 1945).

Le chiffre est de 0,12-0,2 million de km² pour l’Antarctique. L’Arctique se réchauffera par ailleurs plus vite que le reste de la planète, en particulier les terres.

Le rapport parle ensuite bien sûr du Co2 qui ne cesse d’augmenter sa présence, ainsi que du niveau de la mer qui s’élève, de 26 à 82 cm d’ici à 2100. Voici un tableau avec les prévisions de la montée des eaux (horizontale: un mètre, verticale: les années).

Continuons avec le réchauffement et ses chiffres.

Déjà, selon le GIEC, la température va continuer d’augmenter de 0,3 à 4,8 °C d’ici à 2100.Voici un tableau avec deux prévisions différentes, celle à gauche étant moins « pessimiste » que celle à droite, à l’horizon 2100.

Ce fameux 0,3 signifie que la hausse ne sera finalement que de 2° au total en 2100 (par rapport à l’ère préindustrielle), si on en reste là et qu’on parvient à bloquer la tendance d’ici 2030 (ce qui est la position par exemple de la France).

Seulement ce fameux 0,3° d’augmentation d’ici 2100, dans la situation actuelle on y parviendra pas. Pétrole, charbon, gaz naturel restent incontournables dans les prévisions et aucun effort n’est fait pour aller vers le tout solaire.

Ce n’est pas tout, cependant ! Le rapport le précise bien : le processus continue après 2100. Eh oui, et c’est là le grand problème, qui fait que le slogan « la Terre d’abord ! » a une fois de plus tout son sens.

Le rapport du GIEC parle ainsi d’effet de changement climatique multi-siècles. Il est dit explicitement que les conséquences seront présentes même plusieurs siècles après… que les émissions de Co2 soient stoppées.

Or rappelons le, on veut là freiner leur augmentation, pas les stopper, les faire disparaître…

Voici le tableau des prévisions pour le réchauffement à l’horizon 2100. A l’horizontale, il y a l’augmentation de la température, et à la verticale les émissions de Co2.

Un autre tableau montrant les choses sur le long terme.

Et là il faut encore ajouter quelque chose. Le GIEC ne peut pas prévoir avec certitude dans quelle mesure il y aura des événements météorologiques extrêmes plus intenses. En fait, il ne peut pas prévoir grand chose.

Il reconnaît qu’il est bloqué dans sa compréhension du système-Terre.

Aussi y a-t-il pour la première fois, et il est très important de le noter, une référence à la géo-ingénierie. Cette référence est faite, de manière subtile, tout à la fin et pour critiquer.

En effet, il est dit qu’en l’état actuel des connaissances, parvenir à stocker le Co2 sous forme de briques ne serait pas efficace car cela modifierait le cycle de l’eau, sans par ailleurs stopper l’acidification des océans.

De la même manière, la gestion des radiations solaires – ici on est dans la science-fiction, car cela consisterait par exemple en des satellites parasols – est extrêmement dangereuse, car si pour une raison ou une autre le processus de blocage s’arrêtait, tout s’accélérerait sans contrôle.

Donc il est considéré – pour l’instant, bien sûr… – que c’est trop risqué et qu’en cas de souci, cela se retournerait en son contraire.

Cependant, et c’est cela qu’il faut noter, c’est la première fois que le GIEC parle de la géo-ingénierie… ce qui revient à, de la manière dont c’est fait (avec une remarque en passant, donc, tout à la fin), ouvrir la boîte de Pandore. On imagine très bien comment on va rajouter à la catastrophe avec une humanité dirigée par des apprentis-sorciers!

Ainsi, le réchauffement climatique est un problème concret, incontournable et les problèmes ne peuvent que s’accumuler, car l’humanité est égocentrique et s’imagine le centre du monde.

Or, seule la reconnaissance de Gaïa comme système global, avec la morale qui va avec, peut permettre d’agir de manière adéquate, sur la base d’une compréhension réelle de la planète, après avoir rejeté tout anthropocentrisme.

Conférence du GIEC à Stockholm en Suède

Hier a commencé à Stockholm, en Suède, une conférence de quatre jours tenue par le GIEC – le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, fondé en 1988 par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

Les résultats du GIEC sont largement combattus en France, pays où les « climato-sceptiques » sont très puissants. Dès qu’on parle de la Nature, on est en France taxé d’irrationnel, et la question du réchauffement climatique n’y échappe pas, bien sûr.

La conférence doit valider la première partie du cinquième rapport sur le réchauffement de la planète. Il se fonde sur 9600 articles scientifiques et 54 677 commentaires allant avec, il fait 127 pages et sera rendu public ce vendredi une fois finalisé.

Par la suite, les deux autres parties seront elles aussi remplies, les 25-29 Mars 2014 à Yokohama au Japon et les 7-11 Avril 2014 à Berlin en Allemagne, pour un document final complet en octobre 2014, après un Rapport de synthèse final terminé les 27-31 Octobre 2014 à Copenhague, au Danemark.

Des informations ont filtré dans les médias sur ce projet de rapport, très attendu. Car il faut avoir en tête la chose suivante : ces quinze dernières années le réchauffement climatique a continué, mais moins rapidement que prévu. Ainsi, le réchauffement enregistré entre 1998 et 2012 a été de 0,05°C par décennie, contre 0,12°C par décennie pour la période 1951-2012.

Bien entendu, les climato-sceptiques comptent utiliser cet argument. Cependant, on sait déjà que le GIEC considère que « A moins d’une éruption volcanique majeure, les tendances des températures moyennes de surface sur les quinze prochaines années seront pour l’essentiel plus fortes que pendant la période 1998-2012. »

Le GIEC considère dans son projet de rapport que les prévisions restent très mauvaises et qu’il y a en fait de plus en plus incertitudes, même si on sait que la tendance générale est catastrophique.

Le GIEC considère apparemment d’ailleurs que la probabilité que l’activité humaine soit la cause du réchauffement climatique est de 95 % – le GIEC donnait comme chiffres 90% en 2007 et 66% en 2001. Selon le GIEC dans son projet de rapport:

« Il est hautement probable que l’influence humaine sur le climat soit responsable de plus de la moitié de la montée des températures à la surface du globe entre 1951 et 2010. »

Nous en reparlerons dès le rapport rendu, mais il est nécessaire d’être clair. Pour qu’il y ait, en étant optimiste, d’ici 2100, un réchauffement climatique de « seulement » 2°C, il faut que d’ici 2020 il y ait arrêt de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, puis que par la suite on divise le tout par trois d’ici 2050.

Vue la société française aujourd’hui, il est évident qu’aucun effort concret n’est à attendre. Et ce n’est pas la conférence sur le climat en 2015 en France qui va changer cela. Il faut un renversement de valeurs.

Et il ne faut pas croire que l’Etat n’a pas conscience de la situation… Voici justement ce qu’a dit le président François Hollande, lors de l’ouverture de la conférence environnementale :

« Le rapport du GIEC, qui va bientôt paraître, et dont j’ai pu me procurer quelques bonnes feuilles, ne laisse guère de doute : si nous n’agissons pas, la planète connaîtra, avant la fin du siècle, un réchauffement climatique supérieur à 3° voire à 4°C avec ce que l’on peut imaginer des dérèglements en chaîne qui s’en suivront : canicules, inondations, sécheresses, bouleversement des écosystèmes, perte de la biodiversité, notamment dans les océans.

Ce n’est pas une virtualité, c’est aujourd’hui plus qu’une probabilité, une certitude si nous ne faisons rien. »

« Mais nous devons avoir les idées claires, savoir où nous voulons aller et quel est l’objectif. C’est de parvenir à un pacte mondial sur le climat en 2015, c’est-à-dire un accord qui engagera toutes les parties prenantes sur une limitation des émissions de gaz à effet de serre pour contenir l’évolution des températures en deçà de 2°C à l’horizon de 2100. »

Comme on le voit, ce qui arrive est connu. Seulement, la ligne est de tenter de limiter la casse, pas de prendre le problème à bras le corps. Or, une tendance ne se combat pas en la freinant, mais en la renversant.

L’alternative est simple. Ou l’humanité reconnaît Gaïa comme système global, ou elle amène des déséquilibres dont elle paiera le prix. Il faut que l’humanité cesse son égocentrisme, son anthropocentrisme!

Réfuter la Nature, c’est réfuter le réchauffement climatique et l’écocide

Aujourd’hui, tout le monde voit bien l’atmosphère morne qui règne en France. Il n’est guère étonnant que dans cette ambiance anti-humaniste, l’écologie n’ait aucune place. Car penser écologie, c’est forcément voir à la dimension mondiale.

Les impacts du réchauffement climatique ne pourront jamais être ni compris ni combattus par une humanité désunie. A moins de mettre le paquet tous et toutes ensemble, aucune solution n’est possible.

Il n’y aucune place pour le chauvinisme, l’étroitesse d’esprit, la mise en avant de tel ou tel particularisme, national, régional, local, etc. Même quand il s’agit de défendre la Nature, par exemple en Amazonie, on ne saurait raisonner en termes « locaux », forcément on a une vision universelle de la Nature en tête.

Cela est également valable pour les causes, quelles qu’elles soient, et aussi progressistes qu’elles puissent être. Prenons bien entendu le véganisme : que voit-on ? Qu’il y a des gens qui manifestent pour la fermeture d’abattoirs, mais qui réfutent la Nature.

Or, réfuter la Nature, c’est réfuter le réchauffement climatique, c’est donc nier l’écocide en cours. Seulement, peut-on vouloir défendre les animaux et oublier tous ceux qui sont encore libres, mais dont les espaces, eux-mêmes naturels, sont anéantis ?

Il y a ici quelque chose d’impossible !

Prenons également une autre question, comme celle de l’existence de personnes immigrées ou réfugiées. Peut-on raisonner à ce sujet, sur ces individus de chair et d’os au destin bringuebalé, sans voir que le réchauffement climatique va produire des millions de personnes réfugiées ?

Si, par exemple, le chaos règne au sud du Bangladesh en raison du réchauffement climatique, de par la montée des eaux, le dérèglement des pluies, etc., cela n’aura-t-il pas une importance sur la vie des gens là-bas (et bien sûr de la Nature en général) ?

Cela montre bien qu’il n’y a aucune question qui se pose qui n’aurait pas de rapport avec le réchauffement climatique. Et pour cause : il n’y a pas deux mondes, avec la Nature d’un côté, les humains de l’autre.

Toutes les personnes humaines veulent vivre heureuse (sauf celles qui vivent dans la conquête au service du profit, bien sûr !) et ce qui en découle, c’est que le réchauffement climatique pose la question du bonheur de manière universelle, à moins d’avoir basculé dans une sorte de nihilisme faisant l’éloge du chaos…

Ce que font d’ailleurs les gens qui pensent qu’il faut refuser toute perspective mondiale, toute valeur universelle. Ces gens servent le réchauffement climatique parce qu’ils diffusent un relativisme qui bloque l’émergence d’une conscience globale.

L’exemple de l’huile de palme est ici frappant : consommer de l’huile de palme est criminel ; c’est un ingrédient à boycotter de manière absolue. Car les forêts, aussi loin soient-elles, nous concernent tous et toutes !

« La réduction de nos émissions de gaz à effet de serre ne se limite donc pas, comme on le croit parfois, à la seule réduction de nos émissions de gaz carbonique, même s’il constitue, en volume, le plus important gaz à effet de serre émis par l’homme.

Nos émissions de dioxyde de carbone proviennent pour l’essentiel de notre consommation d’énergies fossiles (pétrole et charbon en particulier), de certaines industries comme les cimenteries, ainsi que de la déforestation.

La déforestation est responsable d’environ un tiers des émissions anthropiques de dioxyde de carbone, et d’environ un cinquième des émissions totales de gaz à effet de serre.

Les arbres sont composés en grande partie de carbone : lorsqu’ils sont abattus ou brûlés, ce carbone est relâché dans l’atmosphère.

On estime que la déforestation génère ainsi, chaque année, quelque deux milliards de tonnes de carbone. Le problème de la déforestation est concentré dans un nombre très restreint de pays : les pays de l’Amazonie, et le Brésil en particulier, l’Indonésie, la Malaisie et les pays du bassin du Congo.

Lutter contre la déforestation est donc un moyen particulièrement efficace de réduire les émissions de dioxyde de carbone. » (François Gemenne, Géopolitique du changement climatique)

Et également, bien sûr, de défendre la vie dans les forêts, la vie des forêts !

Lovelock et l’illusion du nucléaire

Nous avons à plusieurs reprises cité James Lovelock, l’un des scientifiques ayant travaillé sur la théorie de Gaïa. Cependant, Lovelock a fini par capituler avec le temps (contrairement à d’autres), acceptant une « réforme » du système pour maintenir le « statu quo ». En fait, rejetant le principe d’évolution, Lovelock a fini par affirmer qu’il voulait l’équilibre à tout prix et que par conséquent il n’existait plus qu’un choix possible : le nucléaire!

C’est une conception absurde, qui nie la nécessité de la prise nécessaire de conscience de l’humanité, une pseudo solution technique venant sauver le tout. C’est là pour le coup nier Gaïa et voir le problème d’un seul angle.

A titre d’illustration, voici un extrait de l’article de Lovelock intitulé « Le nucléaire: un choix sûr », datant de 2005, et n’étant qu’une théorie servant à justifier le caractère non démocratique des choix planétaires, le caractère « élitiste » des choix (avec le nucléaire) au nom de « l’idiotie » des gens, etc. Bien entendu, c’est une conception qui vise également à maintenir l’exploitation animale, en préservant le système tel qu’il est…

La plupart des gens n’ont aucune idée de la gravité du changement climatique, ou de la façon dont notre planète maintient un climat et un environnement habitables. Si l’on est parfois conscient de l’interaction dynamique entre les écosystèmes à la surface de la terre, ceux des océans et leur environnement physique, il est rare que l’on se rende compte que c’est cette interaction qui rend la terre habitable.

Au contraire, on croit généralement que l’on peut cultiver toute la surface fertile de la planète pour se nourrir. Or ce n’est pas le cas: la planète a besoin d’une partie de ses terres pour réguler ses équilibres chimiques, son climat et ainsi rester habitable.

Le réchauffement climatique résulte de la pollution engendrée par les combustibles et par la destruction des habitats naturels comme les forêts tropicales. Il faudra des dizaines d’années pour changer de manière significative les pratiques agricoles mondiales. De ce fait, nous n’avons guère d’autres choix que de réduire drastiquement la proportion d’énergie produite par cette dangereuse pratique qu’est la combustion du pétrole. Il serait merveilleux de pouvoir subvenir aux besoins de notre civilisation uniquement grâce à l’agriculture biologique et aux énergies renouvelables.

Il est cependant ridicule de croire que l’on pourra le faire à temps pour éviter les retombées catastrophiques de l’effet de serre. Ce qu’il nous faut, c’est un portefeuille de sources d’énergies qui aient fait leurs preuves en matière de sécurité et de coût. Aucune d’entre elles ne peut à elle seule satisfaire tous les besoins. L’énergie nucléaire y occuperait une place majeure et complèterait la maigre production des sources renouvelables et d’un mode de combustion des énergies fossiles qui séquestre le dioxyde de carbone. Le nucléaire est désormais, du point de vue économique et technique, un procédé sûr et sensé qui a justement fait ses preuves.

Cependant, le public en a généralement peur et cette peur entretient un climat d’ignorance qui nourrit une vision exagérée du prix à payer pour la production d’énergie et le traitement des déchets nucléaires.

Comparée à l’énergie fossile, l’énergie atomique présente l’énorme avantage qu’il est très facile d’en traiter les déchets. La combustion d’énergie fossile produit 27 milliards de tonnes de dioxyde de carbone par an. À l’état solide, c’est assez pour ériger une montagne de 2 km de haut sur une base de 10 km de circonférence. La même quantité d’énergie obtenue par réaction nucléaire produit 14.000 t de déchets de haute activité. De quoi remplir un cube de 16 m de côté. Le CO2 est invisible, mais si toxique qu’à moins d’en contrôler les émissions, nous en mourrons tous.

Les déchets nucléaires enfouis au fond de fosses sur les sites de production ne constituent pas une menace pour la terre et ne sont dangereux que pour ceux qui seraient assez stupides pour s’exposer aux radiations.

On parle beaucoup d’enfouir les déchets fossiles, mais c’est méconnaître l’énormité de la tâche. Comment fera-t-on pour les récupérer aux innombrables points de production à travers le monde? Où mettra-t-on les montagnes qui se constituent tous les ans?

Je trouve triste, bien que très humain, que des administrations entières se préoccupent des déchets nucléaires, que d’énormes organisations s’évertuent à faire cesser l’activité des centrales, alors que rien de comparable n’est entrepris contre ce fléau qu’est le CO2.

Lors d’une interview à la télévision, le journaliste m’a demandé: « Et les déchets nucléaires alors? Les écologistes disent que ça va empoisonner toute la biosphère et mettre des millions d’années à disparaître ». Je sais que c’est une contre-vérité d’une ampleur digne du baron de Münchhausen; je sais aussi que pour la nature, les déchets nucléaires constituent un parfait garde-fou contre la rapacité des promoteurs. S’ils causent quelques légers dommages, c’est un moindre mal. Car ce qui est frappant sur les lieux fortement contaminés par des radiations, c’est la richesse de la faune et de la flore.

Cela se vérifie dans la région autour de Tchernobyl, sur les sites des essais nucléaires dans le Pacifique et dans les zones situées près des fameuses centrales Hanford de la Deuxième guerre mondiale. Les plantes et les animaux ne perçoivent pas les radiations comme dangereuses et, si cela réduit leur espérance de vie, cela reste moins risqué pour eux que la fréquentation des humains, de leur bétail et de leurs animaux domestiques. Il est facile d’oublier que nous sommes désormais si nombreux que la moindre extension de nos activités agricoles, forestières et immobilières fait des dégâts dans la nature.

S’agissant de Tchernobyl, ce que l’on dit rarement, car c’est soi-disant contraire à la sagesse, c’est qu’un parc naturel est apparu dans les alentours jugés trop radioactifs pour qu’on s’y aventure. Pour les animaux et les oiseaux de l’Ukraine, l’absence d’humains compense largement les éventuels effets des radiations. Ils vivent et se reproduisent mieux que dans l’espace non contaminé en dehors de leur enclave. La faune et la flore de Tchernobyl ne savent rien des radiations et n’en ont pas peur.

Que leur durée de vie s’en trouve légèrement réduite ne les dérange pas plus que ça. Cette expérience ne suggère-t-elle pas que les meilleurs endroits pour enterrer les déchets radioactifs seraient les forêts tropicales et les autres habitats qui ont besoin d’être efficacement protégés de la convoitise de fermiers affamés et de promoteurs cupides?

On se prive des bienfaits de l’énergie atomique par peur d’un danger exagéré et à cause d’une classe politique intrinsèquement réticente à risquer l’impopularité. Certains membres du mouvement vert l’admettront officieusement, mais sachant que leurs électeurs sont persuadés que le nucléaire est le pire des dangers, il leur est quasiment impossible de changer de position. Certains à gauche, ayant gardé en mémoire l’échec de la grève des mineurs au début des années 80 et le rôle qu’y joua le nucléaire en assurant l’alimentation en électricité, y voient un pilier du capitalisme.

C’est pour eux une objection politique et humaine de poids. Cependant, lorsque l’ampleur des conséquences globales de la combustion fossile sera admise, je pense qu’ils comprendront qu’une telle objection est un luxe que l’on peut difficilement se permettre. Le siècle prochain connaîtra sans doute la première catastrophe climatique. On comprendra alors quel mauvais service nous auront rendu nos hommes et femmes politiques en boudant l’atome. Ceux d’entre eux qui auront cédé à la peur et auront permis la fermeture de centrales auront des comptes à rendre.

Pourtant, dans le pire des cas, si Tchernobyl devenait endémique, notre espérance de vie serait légèrement moindre dans un monde modérément radioactif. C’est en fait peu probable: au fil du temps et des expériences, l’ingénierie nucléaire, comme l’aviation, est devenue plus sûre et va continuer dans cette voie. Ce qui est plus probable et qui est d’ailleurs déjà arrivé, c’est le premier sinistre attribuable à l’effet de serre. Durant l’été 2003, plus de 30.000 Européens ont succombé à une canicule. En l’absence du perpétuel brouillard photochimique qui recouvre l’Europe, la température aurait grimpé de 20 à 30 °C et le nombre de victimes aurait été beaucoup plus élevé – le brouillard réfléchit les rayons du soleil et empêche le sol de trop chauffer.

Conséquence de l’effet de serre, la canicule annonce le pire à venir. Il est urgent de définir ce portefeuille d’énergies respectueuses de l’environnement. En cas d’échec, il faudra affronter la possibilité de la disparition de cette civilisation que nous avons peiné à ériger. On se souviendra de nous comme des habitants de l’île de Pâques, grâce aux monuments qui resteront pour témoigner de nos bonnes intentions infructueuses.

Le documentaire « Chasing ice »

Chasing Ice est un documentaire qui est sorti en novembre 2012 et qui a été très remarqué au Festival du film indépendant de Sundance, aux Etats-Unis, qui vient de se terminer.

Le film fait partie des tentatives d’aider à la compréhension de ce que subit notre planète. Son principe est simple : 25 caméras pointées sur 18 grands glaciers, en Alaska, dans le Montana, au Brésil, au Groenland, en Islande, dans l’Himalaya… ont filmé leur évolution pendant 356 jours, avec une image prise chaque demi-heure.

Le film a été réalisé par Jeff Orlowski qui suit James Balog, photographe du National Geographic, pendant 74 minutes où les prises de vue à intervalles montrent l’impact du réchauffement climatique. James Balog a créé une organisation dédiée à cette cause des glaciers : earthvisiontrust.org.

Pour comprendre le ton du film, il y a une scène où Balog tient dans sa main une carte mémoire et explique : « Dessus il y a le souvenir d’un paysage. Un paysage, qui a désormais disparu et qui ne reviendra jamais dans l’histoire de la civilisation. »

L’allusion bien entendu est que le « paysage » en question peut revenir, si la civilisation s’effondre. Le rythme du réchauffement est impressionnant.

Balog n’a pas hésité à attendre plusieurs semaines pour être en mesure de filmer le détachement d’un bloc de glace titanesque de 7,4 kilomètres cube sur le glacier Ilulissat. Il raconte : « C’est comme si Manhattan s’était brisé sous nos yeux. Cette agonie s’est éternisée 75 longues minutes dans un gémissement plaintif. Elle ne fait pas que montrer la réalité du changement climatique : elle fournit la preuve en image de son accélération. »

La preuve, malheureusement il en faut encore, surtout en France, où le « climato-scepticisme » est très fort.

Rappelons également qu’avec la fonte de la banquise en été, l’énergie solaire pénètre dans l’océan et renforce le réchauffement, notamment des parties continentales, faisant fondre le permafrost, qui abrite des milliards de tonnes de gaz carbonique et de méthane…

D’ici 2100, 436 milliards de tonnes de carbone vont sans doute être libérées, soit le double de l’émission annuelle actuelle de dioxyde de carbone sur notre planète…

Pendant ce temps-là, les capitalistes se frottent les mains à l’idée de pouvoir profiter de 13 % des réserves mondiales de pétrole et de 30 % de celles de gaz, alors qu’il est déjà prévu que 20 % du trafic maritime international passera par l’arctique !

Nous ne savons pas si Chasing ice sortira en France. De manière anecdotique, le film est en compétition pour… l’Oscar de la meilleure chanson originale en 2013, avec Before My Time, interprétée par Scarlett Johansson.

Tout cela ne peut rappeler qu’une chose : le changement est inéluctable. Aucune vie humaine n’est possible sans une vie harmonieuse en Gaïa.

Le bilan de la conférence de l’ONU au Qatar sur le climat

Voici donc un petit bilan de la conférence de l’ONU sur le climat, qui s’est déroulé au Qatar. Rappelons que nous en avons fait une petite présentation (Qatar 2012: la conférence de l’ONU sur le réchauffement climatique), et que le dernier jour a été marqué en France par la médiatique nomination de Nicolas Hulot comme ambassadeur français « écolo » (Hulot nommé «envoyé spécial pour la planète» au moment où…).

Il faut d’abord préciser qu’il est très difficile de trouver des informations réelles au sujet du résultat de la conférence. Tout a été fait pour le passer sous silence, tellement cela a été lamentable.

En fait, la seule information véritable de la conférence, fournie par de grandes institutions du monde capitaliste (comme la Banque Mondiale), a été que le réchauffement à l’horizon 2100 ne sera vraisemblablement pas de 2°C, mais d’au moins 3,5°C.

A côté de cela, l’information filtrant surtout dans les médias a été de dire qu’en 2015 il y aura une réunion, et qu’alors sera décidé ce qui sera décidé pour après 2020. Aucun financement d’aides aux pays « peu développés » n’a été décidé.

Le texte signé demande aux pays plus développés d’aller en ce sens « quand les circonstances financières le permettront » et de faire en sorte qu’à la prochaine conférence sur le climat, en 2013 à Varsovie, il y ait « les informations sur leurs stratégies pour mobiliser des fonds afin d’arriver à 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020. »

En fait, ce qui s’est passé, c’est que les négociations se sont prolongées au delà de l’horaire fatidique et qu’alors le vice-Premier ministre qatari Abdallah al-Attiya a occupé la tribune de la conférence, faisant adopter en série et en quelque sorte par surprise une série de textes, ratifiant à l’arraché la prolongation du protocole de Kyoto pour ceux qui l’ont ratifié (l’Union européenne, l’Australie et une série d’autres pays, produisant 15 % des gaz à effet de serre).

A cela s’ajoute la promesse, la fausse promesse devrait-on dire, qu’en 2015 soit décidé « un protocole, un autre instrument juridique ou un accord ayant force juridique. »

C’est une terrible faillite de plus, dans le prolongement des autres conférences sur le réchauffement climatique (ou bien le développement durable). Voici un petit rappel de nos articles à ce sujet:

2012

La conférence de Rio+20 a commencé

Rio+20

Fin du sommet anthropocentriste de Rio+20

Rio+20 : le « développement durable » contre l’écologie

2011

« A la veille de Durban: pas d’accord climatique avant 2020! »

Conférence de Durban sur le réchauffement climatique: la honte!

2010

La supercherie du sommet de Cancún

Action de l’ELF au Mexique à l’occasion du sommet de Cancun

2009

Le lamentable fiasco de Copenhague!

Voici enfin quelques données scientifiques, pour bien saisir les enjeux du processus en cours.

Qatar 2012: la conférence de l’ONU sur le réchauffement climatique

Aujourd’hui se termine la conférence de l’ONU sur le climat, et nous parlerons des décisions prises. Mais cela promet d’être quelque chose d’assez terrible quand on voit à quoi ressemble cette conférence…

Elle se déroule en effet au Qatar, pays de presque 2 millions de personnes où le taux d’émission de Co2 par personne est le plus haut du monde.

25 0000 personnes participent au congrès, venant de 194 pays. Voyageant par avion, cela signifie la production de 130 000 tonnes de Co2. Déjà, chacune des personnes produit individuellement rien qu’avec cela autant qu’une personne du Mali en cinq années.

A cela s’ajoute les taxis, bus, limousines, etc. Soit 200 tonnes de plus. Naturellement, il faut également de la lumière et surtout de la climatisation. On ajoute donc 3 500 tonnes de Co2.

On ajoute 800 tonnes de Co2 avec la nourriture, et 1800 autres tonnes pour les hôtels (douches, climatisation, rafraîchissements, etc.).

Cela donne 136 300 tonnes de Co2. En Europe de l’Ouest, chaque personne émet à peu près 8 tonnes par an.

Au Qatar, par contre, le chiffre par personne est de 38 tonnes… C’est un pays de limousines (20 cents le litre d’essence), de buildings et de centres commerciaux climatisés. Une catastrophe en lien direct avec notre mode de vie en Europe de l’Ouest, imposé par les grands producteurs d’énergie, mais également la société de consommation en général.

La conférence sur le climat au Qatar est donc une vaste blague, et ce ne sont pas les fauteuils et les tables en carton recyclé qui vont changer grand chose à cela !

On peut également se demander où est la crédibilité du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, qui a appelé à « gagner la course contre la montre et vaincre le réchauffement. » Surtout qu’on sait déjà que le réchauffement sera là (et est là), reste à savoir dans quelle mesure.

D’ailleurs Ban Ki-Moon a rappelé le problème, en disant : « Les pays développés doivent conduire la lutte contre le changement climatique. Ils ont l’argent, les technologies et portent une responsabilité historique. »

Car les pays les plus développés s’en moquent afin de ne pas remettre en cause leur modèle, et les pays se « développant » considèrent qu’ils ont le droit de se développer suivant ce même modèle, quitte à contribuer au réchauffement climatique, et quitte à subir de lourds problèmes : rien qu’en Chine, ce sont pas moins d’officiellement 340 millions de personnes qui ont été touchées par des événements climatiques extrêmes.

D’ailleurs, la conférence est censée organiser un protocole « Kyoto 2 », or sont seulement prêts à le signer des pays qui ne représentent que 15% des gaz à effet de serre globaux ! Rappelons qu’entre 2000 et 2011, la croissance de ces gaz a été de plus de 3 % par an…

On est bien parti pour avoir une hausse de la température qui pourrait excéder 5°C en 2100, alors que rien qu’une hausse de 2°C, qui est l’objectif de l’ONU, est déjà considérée comme le seuil maximum pour éviter de grosses catastrophes.

Le véritable problème à l’arrière-plan, c’est le modèle de développement, déséquilibré, fondé sur une production gigantesque et chaotique de marchandises juste pour satisfaire une course aux profits.

Dans ce panorama, les pays les plus actifs sont ceux qui vont être confrontés directement et à moyen terme, notamment ceux regroupés dans l’Alliance des petites îles, dont l’acronyme est AOSIS en anglais (Alliance of Small Island States).

L’AOSIS compte 43 membres et observateurs du monde entier, dont 37 sont membres des Nations unies, soit 28 % des pays en développement et 20 % de tous les pays membres de l’ONU, pour un peu moins de 1 % de la population mondiale.

Voici une liste des pays concernés, pour avoir un aperçu.

Les pays de l’AOSIS veulent par exemple que Kyoto 2 ne soit valable que cinq ans, afin de pouvoir relancer un processus d’exigences par la suite, alors que l’Union Européenne veut « figer » les choses pour huit ans.

C’est très révélateur, parce qu’ici en France on nous présente l’Union Européenne comme un « modèle » face aux « vilains » Américains, alors qu’en réalité l’Union Européenne essaie surtout de se moderniser et de pratiquer une sorte de protectionnisme « environnemental. » Les pays de l’AOSIS ne sont pas dupes de tout cela et même s’ils ne valent pas mieux, ils jouent leur survie et cela les empêche de faire semblant…

Récapitulons : une conférence dont personne ne parle, qui a lieu dans un pays symbole du grand n’importe quoi et de l’émission démesurée de Co2, avec seulement 15 % des émissions concernées par un accord éventuel, et encore cet accord n’ira pas loin…

Voilà la situation ; comprendre ce qu’elle exige n’est pas difficile !

Rio+20 : le « développement durable » contre l’écologie

La conférence de Rio restera comme une date importante, mais pas pour les bonnes raisons. Les discussions en cours témoignent de l’abandon total de l’écologie et de la volonté de lutter contre le réchauffement climatique.

C’est en effet le principe de « l’économie verte » qui prédomine et devrait ressortir de la déclaration finale.

Désormais, la seule ligne est celle du « développement durable. »

C’est-à-dire, suivant la définition de l’ONU : « subvenir à nos besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à subvenir à leurs propres besoins. »

Il s’agit par conséquent, dans l’esprit de cette conférence Rio+20, d’accompagner le réchauffement climatique, considéré comme inéluctable, et d’essayer de ne pas en rajouter. En ce qui concerne le second point, de toutes façons personne n’y croit, car l’humanité n’étant pas unifiée à l’échelle mondiale, la concurrence est telle que personne n’est prêt à faire d’efforts.

Le seul objectif est par conséquent, pour la conférence Rio+20, de paver la voie à une « survie » de l’humanité, comme si cette survie était possible sans la planète dans toute sa globalité.

Les humains sont considérés ici comme « extérieur » à la Nature, comme si c’était ne serait-ce que concevable. Cette position est un suicide à tous les niveaux.

Les principales associations ou plutôt « ONG » (organisations non gouvernementales) comme on dit désormais ont totalement intégré ce fait. Le « directeur général » du WWF France, Serge Orru, résume bien cette ligne de capitulation complète lorsqu’il lance un appel service à François Hollande :

« Mercredi, le président de la République française a parlé à la conférence de Rio+20, et il a plutôt bien parlé. Il a confirmé que les résultats de Rio n’étaient pas à la hauteur des attentes et a plaidé à raison pour la création d’une autorité mondiale de l’environnement.

Monsieur le président, permettez-nous de vous demander avec insistance d’être une des sentinelles de cette humanité durable que nous souhaitons toutes et tous, dans notre diversité d’êtres humains. »

C’est l’écologie que la conférence Rio+20 doit enterrer, l’écologie dans sa dimension utopiste, sa dimension sensible, sa dimension « révolutionnaire. » Le monde ne pourrait plus être changé, il suivrait un cours inexorable, où il faudrait, par solidarité d’espèce, se serrer les coudes afin que l’humanité se « préserve. »

C’est une sorte de chantage à l’humanité qui se développe, et toutes les personnes qui rejettent cet anthropocentrisme sont déjà présentés comme des extrémistes, des gens absurdes, etc. Lorsque des gens critiquent LTD lorsqu’il est parlé de Gaïa, c’est une même attitude finalement, car c’est l’existence même de la planète qui est niée, au profit d’une humanité « consciente » qui agirait selon ses propres volontés, ses propres choix, etc.

Sauf que la réalité est plus complexe, ou plus simple aussi : l’humanité n’est qu’une composante de la planète Terre, de la vie qui existe sur la planète.

Il ne peut donc pas y avoir de plans orgueilleux d’une humanité s’imaginant qu’elle peut provoquer des déséquilibres globaux tout en tirant son épingle du jeu. Cela n’a tout simplement aucun sens.

Surtout quand on sait que le prochain « Sommet pour la Terre » aura lieu dans… dix ans. Il est facile de comprendre quelle tendance va être dominante sur la planète ces dix prochaines années. On peut penser qu’il y aura une vaste résistance, et peut-être même une victoire contre cette tendance. Mais à quel prix ? Chaque jour qui passe, l’écocide se généralise.

L’échec de Rio+20, c’est avant tout un appel à notre propre responsabilité !

Conférence de Durban sur le réchauffement climatique: la honte!

Jamais le slogan « La Terre d’abord ! » n’aura eu autant de signification. S’il y avait des gens qui avaient encore des illusions sur les possibilités de l’humanité à « continuer comme avant » tout en gérant le réchauffement climatique, cette fois c’est bien terminé !

La conférence de Durban a été un scandale. Et à l’heure où nous écrivons, elle est encore un scandale.

Elle n’est en effet pas terminée. Vendredi il devait y avoir le document de prêt, mais c’est l’échec complet.

La désorganisation a été énorme, des documents non imprimés, un faux texte circulant, les réunions mal ficelées, au point qu’il a fallu en catastrophe rajouter une journée au programme.

Hier samedi a donc été une journée de discussion « en plus », avec comme seule exigence celle de ne pas perdre la face face aux médias et surtout aux populations.

A midi des documents sont arrivés, présentés comme officiels, puis ils ont été enlevé de nouveau ; des petits groupes tenaient des mini-conférences à l’écart, alors que les représentants des pays pauvres stressaient pour leur billet d’avion, se demandant si le report permettrait de les garder valables tout de même.

Le gouvernement sud-africain a tenté d’ouvrir une porte de sortie, en proposant que les négociations continuent pour… une année de plus !

Car pour l’instant ce qui se profile, c’est un document plus ou moins bidon, avec une véritable conférence en 2015, rendant des objectifs contraignants à partir de… 2020.

« La Terre doit redevenir bleue et verte » : notre slogan n’a pas qu’une valeur sentimentale, c’est une nécessité pratique et absolue ! C’est une bataille pour Gaïa qui s’annonce!

Nous attendons donc les résultats du sommet, qui doit se terminer aujourd’hui sans doute, pour analyser les décisions prises… si décisions il y a.