Archives pour la catégorie véganisme

Les travailleurs illettrés de GAD

C’est un scandale qui n’en est absolument pas un, et justement le fait de présenter cela comme un scandale vise à cacher une réalité significative : les gens travaillant dans les abattoirs sont prisonniers.

Ils sont prisonniers physiquement, moralement, psychologiquement, culturellement. Le travail est physiquement terrible, moralement insoutenable. Personne de civilisé ne voudrait faire ce travail, à moins de ne pas avoir le choix, de vivre dans les marges cachées du monde moderne.

Si on donnait aux gens le choix, personne ne travaillerait dans les abattoirs, et ceux-ci fermeraient d’eux-mêmes…

Alors, évidemment, l’approche du nouveau ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, est celle d’un financier, qui regarde par en haut. Reste qu’il a formulé de manière abrupte une vérité toute simple, évidente, et bien connue. Voici ce qu’il a affirmé précisément :

« Dans les sociétés qui me sont données, sur les dossiers que j’ai, il y a la société Gad.

Vous savez ? Cet abattoir.

Il y a dans cette société une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées.

Pour beaucoup on leur explique : « vous n’avez plus d’avenir à Gad ou aux alentours. Allez travailler à 50 ou 60 kilomètres ».

Ces gens-là n’ont pas le permis de conduire. On va leur dire quoi ? Il faut payer 1 500 euros et il faut attendre un an ? Voilà, ça ce sont des réformes du quotidien et ça ce sont des réformes qui créent de la mobilité et de l’activité. »

Macron, un ancien financier, a été accusé d’arrogance, mais ceux qui l’ont fait, surtout les syndicalistes en fait, sont des hypocrites. Car il y a eu des enquêtes depuis longtemps dans les abattoirs GAD, et l’illettrisme touche 20 % des gens là-bas.

Rappelons ici qu’en France, l’illettrisme touche officiellement 7% des adultes de 18 à 65 ans, soit 2,5 millions de personnes.

A GAD, la moyenne d’âge est de 42 ans. Et l’illetrisme y est plus présent, comme justement dans tous les abattoirs, parce qu’arrivent là-bas les gens les moins formés, les gens qui ont moins le choix.

Le niveau de diplôme chez GAD est à peine celui du CAP pour la plupart. Cela en dit long sur la nature des abattoirs, sur leur démarche meurtrière pour les animaux, mais également assassine pour les humains sur les plans mentaux, physiques, moraux.

Les abattoirs ne peuvent pas exister sans prisonniers; Walter Bond, en prison pour avoir soutenu les animaux, raconte son expérience précédente dans un abattoir en soulignant cette dimension de prison mentale, de prison physique.

Toutefois, on aurait tort ici d’accuser uniquement la société. Car les ouvriers, loin d’être aux premiers rangs pour changer le monde, sont non seulement pauvres, mais en plus pourris par le capitalisme.
Ils acceptent et participent à la culture beauf, n’hésitent pas à soutenir Le Pen, ils ne sont pas combatifs, ils ne sont pas progressistes, alors qu’ils devraient être les premiers à l’être.

Dire cela ce n’est pas insulter les pauvres, mais au contraire dire les choses telles qu’elles sont et telles qu’elles ne devraient pas être.
Il est inacceptable que la pêche et la chasse fassent partie de la tradition populaire, alors que cela a été imposé par en haut, comme le football ou bien d’autres choses.

Il est intolérable déjà que les abattoirs existent, mais alors que dire de ces employés de GAD qui virent par la force des bloqueurs d’une autre usine GAD, sans esprit de solidarité, dans une démarche  de servilité complète, avec notamment un immonde « Moi j’ai besoin de manger » qui témoigne du degré zéro de dignité.

Le végétarisme, à la fin du 19ème siècle, est un thème de débat chez les ouvriers de toute l’Europe, et le véganisme devrait être une question chez tous les ouvriers du 21ème siècle. Au lieu de cela, la culture McDo triomphe de manière hallucinante.

Un ouvrier qui mange un kebap ou un hamburger est totalement aliéné : la démarche intensive derrière ces « repas » est précisément la même que celle qui l’agresse, l’exploite, le licencie. C’est exactement comme les gens au chômage passant aux caisses automatiques pour gagner du temps.

Pourtant, et c’est le paradoxe, le véganisme ne choque pas du tout les ouvriers, sauf ceux justement qui ont intégré les valeurs dominantes. Ils pensent que moralement – car eux ne font pas varier leur morale selon le libéralisme et l’opportunisme du moment – c’est juste.

Mais ils ne sont pas prêts eux-mêmes à franchir le pas, ils ne savent pas par où commencer, et puis il y a les religions qui concurrencent le terrain de la morale. Leur rapport aux animaux est parasité par la brutalité sociale.

A cela s’ajoute que le véganisme est usurpé par les bobos parisiens, et que les ouvriers voient cela d’un mauvais œil, retombant alors dans des horreurs comme la fête du cochon organisée par un maire FN il y a peu.

Voilà où est le problème. Il faut oser le dire : oui, des millions de personnes, en France en 2014, n’attendent que de devenir vegan straight edge. Elles ne savent pas comment, elles hésitent, toutefois elles savent que c’est juste.

Seulement, elles sont prisonnières de traditions imposées par en haut, de situations sociales imposées par en haut, de la course de la vie quotidienne. Trouver la clef pour ouvrir les portes de cette prison est difficile, mais inévitable, et cela arrivera tôt ou tard.

Après la tentative de pratiquer la fuite en avant, vient inévitablement le besoin d’assumer les plus grandes choses, les plus belles causes, et quelle plus belle cause y a-t-il que de reconnaître la beauté, la profondeur, la merveille de la vie sur la planète ? De respecter, d’apprécier, de chérir les êtres vivants ?

La planète redeviendra bleue et verte !

« La planète a des ressources rares, il faut la consommer plus éthiquement »

Le problème du mot « viande » est bien entendu qu’on oublie les poissons. L’un des phénomènes connus liés à cela est que des gens se disent végétariens, tout en mangeant des poissons (voire même des poulets d’ailleurs).

En voici un exemple assez sidérant, avec un restaurant de luxe qui « surfe » justement sur toute cette ambiguité, le cuisinier prétendant faire un acte éthique en remplaçant la « viande » par des êtres vivants arrachés à l’océan !

C’est un extrait d’un article du Parisien, où on peut lire également que « le client est accueilli par un jus d’herbes-vodka versé sur un glaçon taillé en diamant servi dans un verre en cristal. »

Réouverture du palace Plaza Athénée: Ducasse retire la viande du menu

Alors que le palace parisien Plaza Athénée rouvre lundi, Alain Ducasse a décidé de supprimer la viande de la carte de son restaurant, trois étoiles jusqu’à sa fermeture, pour mettre à l’honneur un menu « naturalité » autour d’une trilogie poissons, légumes, céréales.

« La planète a des ressources rares, il faut la consommer plus éthiquement, plus équitablement », explique Alain Ducasse à l’AFP.

Le chef surmédiatisé, qui prône la diminution des protéines animales depuis longtemps, ne parle plus que de « naturalité », un mot qu’il a découvert récemment et qui reflète le virage radical pris par le nouveau Plaza: finie la viande, bienvenue pêche de ligne durable, céréales « bio, autant que faire se peut », légumes « du jardin de la Reine » cultivés au Château de Versailles.

Le chef jongle avec les tendances végétariennes, locavores et environnementales dans son menu « jardin-marin ».

Riz noir cuit au four avec coquillages, calamars et poulpes, baudroie (lotte) de Méditerranée et boulghour en tajine, quinoa cultivé en Anjou racines et coquillages : le chef mise sur la rusticité des graines et des céréales alliées aux saveurs marines. Mais le menu conserve son prix palace: 380 euros hors boisson.

Pour celui qui se dit « l’interprète de l’air du temps », « plus le produit est modeste, plus il faut lui donner de l’attention ». Pour une sardine débarrassée de ses chairs, arête et tête frites, croustillantes, il décrit un travail « au scalpel » pour faire du poisson « un portefeuille ouvert » : « c’est moins facile que de trancher le turbot (un poisson plus coûteux, ndlr). Là, il y a 15% de sardine, et 85% de travail ».

Authenticité et communion avec la nature, le restaurant a relégué les nappes au placard: chêne et cuir sur et sous les tables. Finis les couteaux à poisson remplacés par des couteaux à viande qui n’écrasent pas la chair du bar ou du turbot.

Côté vins, le sommelier Laurent Roucayrol prévient : « Il ne faut pas avoir peur du vin rouge avec le poisson » pour accompagner le terre-mer « lentilles vertes du Puy, caviar doré, gelée d’anguille ».

C’est vraiment hypocrite et très moche, autant de mensonges distillés en morale est ici une sorte de professionnalisme sordide. Mais à vrai dire, peut-on reprocher à ce grand « chef » de profiter ici d’une voie ouverte par des gens se prétendant amis des animaux et ayant obscurci, noirci, gommé la différence nette entre le véganisme et le non-véganisme ?

Comment échapper alors à des gens mélangeant consommation durable, éthique, végétarisme, végétalisme, etc? La planète a besoin de morale, d’un point de vue strict, sans négociations aucune… Pas de compromis dans la défense de notre mère la Terre!

Le Parti pour les animaux en Hollande

Sur le site agoravox on peut lire un intéressant article intitulé « Le Parti pour les animaux bouscule la scène politique néerlandaise« .

Le titre est plutôt racoleur parce qu’il s’agit en fait d’une intéressante présentation d’un parti de « protestation », puisqu’en effet aux Pays-Bas on peut avoir un député à la proportionnelle à partir du moment où l’on dépasse 0,67%. Autant dire que c’est le contraire d’en France où il faut dépasser les 50% dans une circonscription donnée…

Ce parti donc, qui a 12 000 adhérents, a eu un score de 1,9% aux élections de 2012, obtenant un député, et aux élections européennes il a fait 4,2%, ayant un député. De manière intéressante, on peut trouver plusieurs documents en français:
– chaque semaine depuis plusieurs années il y a un petit texte racontant l’actualité du parti;
– il y a une présentation sous la forme de « cours » : « comment fonder un parti pour les animaux« ;
– enfin il y a le programme, que nous reproduisons ici.

La vie sur Terre se présente sous des formes très diverses. Les espèces animales sont au nombre de plus d’un million. Chaque entité vivante s’efforce de subsister dans des conditions optimales, si besoin au détriment d’une entité voisine.

Les espèces animales peuvent se retrouver en concurrence, ou se retrouver dans une situation chasseur-proie. L’ensemble des entités vivantes est intégré dans l’écosystème planétaire, qui se maintient selon un équilibre naturel et dynamique. La vie sur Terre n’est donc pas un long fleuve tranquille, mais bien plus une lutte permanente où ses acteurs s’impliquent jusqu’à leur mort.

L’être humain fait certes partie de l’écosystème terrestre, mais au vu de son développement intellectuel et la culture dont il s’est doté, il s’est retrouvé dans une position où il lui est possible de défendre ses intérêts au détriment des autres entités vivantes de manière plus efficace et à plus grande échelle que n’importe quelle autre espèce animale.

Le même développement intellectuel lui confère cependant la liberté, aujourd’hui comme demain, de ne pas infliger de tort ou de mal aux autres espèces vivantes et à ses semblables. C’est sur la base de ce respect pour l’intégrité morale et physique de toute forme de vie sur Terre que l’Homme pourra bâtir des relations plus harmonieuses avec ses semblables, avec les animaux et avec la nature en général.

L’Homme ne s’est pas (encore) approprié ce respect pour la vie dans des proportions suffisantes. De ce fait, hier comme aujourd’hui, son comportement se caractérise par sa dureté et par sa négligence. C’est pour cette raison que des espaces naturels se retrouvent anéantis en un temps record, que des espèces animales disparaissent, que l’écosystème terrestre, déboussolé, se retrouve sous pression et que des pans entiers de la population humaine voient leur avenir menacé.

Il est moralement inacceptable que l’Homme puisse exploiter la nature au point occasionner des changements dramatiques pour les conditions de vie sur Terre et de détériorer, de réduire ou de faire disparaître le biotope de ses semblables ainsi que celui des autres formes de vie. Les générations présentes en subissent les conséquences, et les générations futures y seront bien plus exposées encore.

C’est pourquoi il est très important que l’Homme s’impose des limitations écologiques significatives. Celles-ci doivent être centrées sur la réduction de l’exploitation des espaces, des matières premières, de l’énergie, des plantes et des animaux.
Cet objectif est clairement fixé dans la Charte de la Terre, élaborée suite à une initiative des Nations Unies en 1987 (United Nations World Commission on Environment and Development: www.earthcharter.org), et qui constitue le socle du programme pour de nombreuses organisations environnementalistes.

La protection de la viabilité, de la diversité et de la beauté de la Terre est considérée comme une ‘mission sacrée’ pour l’humanité. L’article 15 stipule notamment que le respect et la commisération pour les animaux est un objectif à part entière.

Les cruautés infligées par les hommes envers leurs animaux doivent être évitées, et les méthodes de chasse ou de pêche qui ‘occasionnent des souffrances extrêmes, longues ou inutiles’ doivent être interdites.

La Charte plaide résolument pour une utilisation durable de la nature par l’Homme. Il est vrai que les formes de vie autres que l’espèce humaine y sont reconnues à leur juste valeur, et que le respect et la commisération pour les animaux y sont mis en avant, mais aucune résolution explicite n’y est prise concernant l’exploitation des animaux.

Il en est autrement dans la Déclaration Universelle des Droits des Animaux, qui émane de la International League of Animal Rights en 1977. Celle-ci établit non seulement le principe de respect envers tous les animaux, mais elle qualifie, en vertu de l’article 7, toute mise à mort (ou d’une décision menant à la mort) d’un animal sans motif apparent de “crime contre la vie’.

Les sports de chasse et de pêche ne sont pas concernés par l’article. Quant aux expériences menées sur des animaux, une preuve doit être donnée qu’elles servent à remplir un objectif, et qu’elles sont accompagnées de recherches et de mises en pratique de solutions alternatives.

Il est grand temps, après deux siècles de protection animale, de fixer des objectifs plus ambitieux dans les relations que l’Homme entretient avec les animaux, notamment dans la restriction de leur usage.

Les animaux sont encore trop souvent considérés comme des objets subordonnés à l’Homme et à ses intérêts, et pouvant être utilisés dans un but intéressé. L’exploitation des animaux et de leur biotope, même de manière durable, entraîne inéluctablement des répercussions négatives pour les animaux, et se termine même le plus souvent par leur mort.

Chaque relation que l’Homme entretient avec les animaux doit être entreprise après avoir soigneusement pris en considération le poids des intérêts humains et les conséquences pour l’animal.

Le fait de nuire au bien être d’un animal perd d’autant plus sa justification morale que les intérêts humains à l’origine de cette action apparaissent moins importants, et que les conséquences pour les animaux sont plus néfastes.

L’exploitation des animaux dans un but qui n’est pas vital pour l’Homme peut, selon cette approche, se voir diminuer et être bannie.

Il va de soi que cela concerne entre autre l’industrie de la fourrure, le cirque, la corrida, la pêche à la ligne et d’autres formes de divertissement où les animaux impliqués sont maltraités ou menacés. Les traditions culturelles et religieuses qui mettent en scène des animaux où ceux-ci sont maltraités doivent savoir faire preuve de changement sur ce point.

En effet, les traditions, loin d’être immuables, peuvent évoluer au fil du temps pour s’adapter aux perceptions et aux normes morales des individus. Elles en ont apporté la preuve par le passé.

L’utilisation des animaux de laboratoire et des animaux destinés à la consommation doit également avoir lieu seulement après un examen éthique où sont pris en considération les différents intérêts de l’Homme et des animaux. Une attention particulière doit ici être portée vers les solutions alternatives pouvant remplacer l’usage des animaux de laboratoire et des animaux destinés à la consommation.

Le développement et la mise en application de ces alternatives peuvent par conséquent être considérés comme relevant d’une nécessité éthique pour l’ensemble de l’humanité.

Des rapports attentionnés et affectueux à la nature et aux animaux induisent d’autre part un respect pour l’intégrité mentale et physique de l’Homme. Le point de référence idéal où une inspiration peut être trouvée est la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (1948). Celle-ci met en avant les conditions permettant à l’Homme de vivre et de se développer en toute liberté, sans pression ni violence.

L’Homme doit ainsi tenir compte de ses semblables. Sa liberté s’arrête là où commence celle des autres. La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme constitue, avec la Déclaration des Droits de l’Animal et la Charte de la Terre, un programme de départ pratique menant à la manière avec laquelle nous devrions vivre en harmonie entre nous, avec les animaux et avec la nature.

Cette esquisse est élaborée de manière plus précise dans le programme électoral du Parti pour les Animaux, et sert de contours pour les prises de position politiques du parti dans des questions actuelles.

Parti pour les Animaux, 11 juin 2005

« Bipa bi-good »

La ville de Vienne en Autriche a connu ces derniers jours une campagne publicité mystère parlant des vegans, avant d’annoncer en fait une nouvelle marque de cosmétiques végans. Celle-ci est produite par la chaîne de magasins BIPA.

Contrairement à la France en effet où l’on passe par les supermarchés pour cela, il existe en Allemagne et en Autriche de nombreux petits magasins vendant des cosmétiques (savons, parfums, crèmes, dentifrices, etc. etc.). BIPA dispose de presque 600 magasins en Autriche, son grand concurrent étant DM avec 1000 magasins.

Cette dernière marque est assez connue en France chez les végans, car elle produit elle-aussi depuis plusieurs saisons des produits vegans sous le nom de DM Alverde, qui sont parfois rapportés depuis l’Allemagne. Les prix sont effectivement très faibles (voir Alverde et la cosmétique végane valorisée).

Pour les nouveaux produits vegans de BIPA, dont on trouve la liste ici et appelés BIPA bi-good, c’est plus compliqué car BIPA n’existe qu’en Autriche.

Voici le logo de « bi-good ».

Sur les produits vegans, on a comme chez DM Alverde le logo « vegan » permettant de s’y retrouver facilement.

Avec cette nouvelle gamme, on voit encore que l’Autriche est le pays qui se profile comme celui le plus en point pour le véganisme, avec l’Allemagne et l’Angleterre. Il n’y a pas d’études pour connaître le nombre de vegans, mais la généralisation de produits par DM et BIPA est révélatrice.

Dans le même ordre d’idée, les chaînes de supermarché elles-mêmes proposent des produits estampillés « vegan » (Spar veggie, Hofer, Billa, Vega vita chez Merkur), alors que la ville de Vienne dispose déjà de pas moins de 2 supermarchés entièrement vegan.

Pour avoir toutefois une idée en terme de nombre, on peut tabler que, selon les statistiques, entre 10 et 50 % des gens classés dans « végétariens » sont vegans. Or, en Autriche, il y avait 238 000 personnes définies comme végétariennes en 2005 et 765 000 en 2013, pour une population totale de 8,5 millions de personnes.

Une croissance qui permet encore de poser un vieux débat : le végétarisme est-il un sous-produit des progrès du véganisme ou bien le contraire ? En tout cas donc, la tendance est très nette et le mouvement massif.

Être vegan est en Autriche quelque chose de socialement accepté, de nullement choquant et il y a même plusieurs variantes vegan des fameuses culottes de peau tyrolienne.

De manière moins folkorique, la liste des restaurants vegans dans ce pays, sans compter les versions végétaliennes des plats, existant dans de nombreux restaurants, est étonnamment longue.

Pour comparer les capitales, si à Paris il n’existe que quelques endroits, la plupart bobos, les restaurants et cafés vegans sont très nombreux dans la ville de Vienne, à quoi s’ajoutent les restaurants végétariens proposant des versions « véganisables ».

La ville dispose également de deux bars à glaces « veganista », alors que de toute façon on y trouve également d’innombrables glaciers dont beaucoup proposent des versions vegans, nullement cachées et carrément mises en avant.

Sur le plan des plats qu’on peut se faire livrer à Vienne, sept pizzerias proposent des alternatives vegan, ainsi que quatre restaurants indiens, tandis qu’en passant par les services sur internet il y a souvent une alternative vegan.

Vienne est donc à mettre sur le même plan que Berlin ; sur le site Berlin-vegan, la carte des cafés et restaurants montre 226 endroits…

Bref, être vegan est extrêmement facile en Autriche sur le plan pratique, les journaux et la télévision en parlent sans aucune animosité, le véganisme est considéré comme respectable voire inévitable chez les personnes progressistes.

Comme quoi tout est une question de culture, et comme quoi il n’y a aucune raison de faire des compromis et de ne pas défendre le véganisme en tant que tel.

Le point de vue de la présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis

Voici un « chat » tenu par Reha Hutin, présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis, datant du début du mois et publié sur le site du journal gratuit « 20 minutes« . Son point de vue très éloigné de celui de la libération animale, sans parler de la libération de la Terre, aussi y a-t-il lieu de s’y confronter.

Il est intéressant de voir ainsi comment elle parle de « lobbies » pour ne pas avoir à se confronter à l’exploitation animale comme système, et comme elle est partisane du principe comme quoi « Chacun fait comme il veut. On vit dans un monde libre. »

C’est là une apologie de l’individualisme absolument criminel à notre époque de destruction de la planète, et surtout en plus de renforcer l’égoïsme et l’individualisme, cela soutient que les gens choisissent alors qu’en pratique, les valeurs dominantes choisissent pour eux…

Sisiphhe: Quelles sont les principales causes qui poussent une personne à abandonner son animal?

Ce sont surtout des acquisitions ou adoptions irréfléchies. Les gens prennent un animal sur un coup de tête et puis se rendent compte que les animaux, même si c’est un grand bonheur d’en avoir, il y a aussi des contraintes et cela a aussi un coût.

Ils oublient trop souvent que ce sont des êtres sensibles et que nous devons nous en occuper.

Malheureusement, la personne qui veut se débarrasser de son animal trouve toujours une excuse. Parfois, il y a des cas de force majeure. Je pense à ces pauvres personnes âgées, qui doivent se séparer de leur animal en partant en maison de retraite.

Cela fait deux malheureux. Il faut absolument que l’on puisse laisser ces «couples» finir leur vie ensemble.

Maryline: Que faire lorsqu’on voit un chien errant sur la route? Ça arrive souvent à la campagne. Le refuge près de chez moi ne prend pas directement les animaux trouvés sur la voie publique.

Il faut en effet qu’il passe par la case fourrière où l’animal sera identifié. Il faut plusieurs jours pour essayer de retrouver l’animal et avertir le maitre par lettre recommandée. D’où l’importance quand vous déménagez de bien avertir l’ICAD (fichier d’identification des carnivores domestiques) de vos nouvelles coordonnées sinon si vous perdez votre compagnon, et il n’y aura aucun moyen de le retrouver. Si personne ne vient le chercher il sera envoyé dans un refuge où on tentera de le faire adopter.

Si vous l’emmenez chez un vétérinaire, celui-ci essaiera de lire la puce ou le tatouage pour tenter de retrouver les maitres (c’est gratuit).

N’hésitez pas à dire au refuge de vous prévenir si personne ne souhaite le récupérer. On n’est jamais assez prudent.

Vanbot87: L’émission «30 Millions d’Amis» va-t-elle continuer à être diffusée à la télé à la rentrée?

Ouiiiii! Grâce à la fidélité de nos téléspectateurs, on fait de supers scores d’audience! Nous sommes reconduits tous les dimanches pendant 45 min à partir de 12h45 sur France 3.

Mais nous sommes toujours sur des sièges éjectables. Alors si vous voulez que l’émission continue, soyez au rendez-vous! Sinon, nous serons «abandonnés». L’émission a 39 ans et on espère fêter nos 40 ensemble! Je compte sur vous tous!

Ombeline: J’ai recueilli il y a deux jours un chien setter anglais mâle de deux ans et demi. Il est très doux mais très peureux. Il sursaute toute la journée au moindre bruit, a peur de tout (bruit, autres animaux…). Dès que je le laisse en liberté dans le jardin et que je veux le rentrer il se cache sous un buisson. Il était auparavant dans un chenil au fond d’un jardin avec d’autres chiens et a certainement été battu… Que puis-je faire pour lui redonner confiance?

C’est malheureusement le sort de ces animaux qu’on recueille. Ils ont eu un passé douloureux, n’ont plus confiance en l’homme et pensent que c’est trop beau pour être vrai d’avoir une personne aimante qui leur veut du bien. C’est donc un long processus de réadaptation au bonheur.

Il faut beaucoup de patience, de compassion et d’amour. Il vous sera à jamais reconnaissant quand il retrouvera la confiance. On peut aussi se faire aider par un comportementaliste ou aller avec lui dans des cours collectifs d’éducation, certaines mairies le font gratuitement. Le fait de trouver d’autres copains pourra l’aider. Dans tous les cas, il est jeune tout se passera bien.

Julie: Bonjour. L’animal n’est plus reconnu comme un meuble dans le code civil. Qu’est-ce que ça va changer?

Attention, ce n’est pas gagné! Les députés l’ont voté en première lecture mais déjà, les lobbies se mobilisent fortement pour faire échouer ce changement dans le Code Civil.

On doit rester mobilisés et interpeller nos députés, signer la pétition sur le site de «30 Millions d’Amis». On ne peut pas continuer à nier l’évidence que l’animal est un être vivant et sensible.

C’est primordial pour changer le statut de l’animal qui n’est plus un bien meuble. La Fondation se porte partie civile dans de nombreux procès de maltraitance. Si on veut que des peines plus lourdes soient appliquées il faut que les magistrats puissent appliquer la loi avec plus d’audace. Ce sera le cas avec ce nouveau statut.

Toutefois il faut être conscient que les activités comme la chasse, l’élevage, et même la corrida, sont régis et encadrés par soit le Code pénal, rural ou environnemental.

Cela ne changera rien pour ces cas de figure. Seule la mobilisation de l’opinion publique pourra à terme faire changer les choses. Il faut donc déjà remporter une première victoire…et ce n’est pas évident!

Alison: Faut-il être végétarien pour aimer les animaux? 

Chacun fait comme il veut. On vit dans un monde libre. Mais moi qui ne mange pas de viande, je me demande comment on peut toujours en ingurgiter après avoir vu l’horreur des élevages intensifs, des gavages d’oies etc. Cela me parait évidemment antinomique avec l’amour que l’on porte aux animaux.

Gaétane: A quand une vraie politique de responsabilisation des propriétaires d’animaux? A quand l’identification obligatoire, sans parler de la stérilisation?

L’identification EST obligatoire, voir la question ci-dessous. Il FAUT continuer à sensibiliser, notamment les plus jeunes au respect de l’animal.

La stérilisation doit être généralisée pour que les gens ne fassent pas reproduire leurs animaux afin d’arrondir leurs fins de mois!

Surtout les chats, un couple de chats peut en 4 ans reproduire 25.000 chats! Il faut qu’il y ait une vraie politique de stérilisation. Nous établissons à la Fondation des partenariats avec les mairies afin de stériliser les chats et aidons les structures à le faire.

Julien: Abandonner c’est mal, on le sait tous. Mais comment bien agir si l’on souhaite malgré tout se séparer de son animal? Quelles sont les meilleures options selon vous?

Il n’y a pas de «meilleure option» c’est toujours un drame pour un animal qui a connu la douceur et l’amour d’un foyer de se voir rejeter. Il faut que chacun prenne ses responsabilités et tente de replacer l’animal dans la famille ou auprès d’amis.

Ensuite, en dernier recours, avoir le courage de l’emmener dans un refuge où on établira une fiche pour dire qu’il aime ou non les chats, qu’il est sympa avec les enfants, a besoin d’un jardin etc.

On pourra ainsi lui trouver un foyer approprié. Le pire, c’est de le jeter à la rue, c’est de la cruauté punie par la loi: passible de 2 ans de prison et 30.000 Euros d’amende. Encore faut-il que l’on attrape le coupable…

Chats et chiens doivent obligatoirement être tatoués ou pucés pour que l’on puisse retrouver le maitre. Mais malheureusement, la cruauté veut que certains n’hésitent pas à couper l’oreille du chien pour que l’on ne puisse pas les retrouver.

Vous verrez beaucoup de chiens à l’oreille coupée dans les refuges, ou qui ont été incisés pour leur enlever la puce. C’est horrible!

Marie: Que deviennent les animaux abandonnés la plupart du temps? Le pourcentage de ceux qui arrivent jusqu’à la SPA n’est-il pas faible par rapport à ceux qui finissent juste morts de faim, de soif ou écrasés?

La Fondation est partenaire de 300 refuges en France. Notre mot d’ordre est de n’aider que les refuges qui n’euthanasient pas les animaux. On a même une opération «doyens», le plus vieux de chaque refuge a droit a une belle niche et nous prenons à notre charge tous les frais vétérinaires lorsque quelqu’un l’adopte.

Ceci afin d’encourager l’adoption des plus vieux, pour qu’ils aient une belle fin de vie, auprès de personnes aimantes. Le public est de plus en plus sensibilisé au fléau des abandons grâce à nos campagnes chaque année et lorsqu’ils voient un animal à l’abandon, ils ont le reflexe de l’emmener dans un refuge où les bénévoles sont toujours là pour le prendre en charge.

Pierre: Ne serait-il pas souhaitable de revenir à une taxe payée par les propriétaires de chien?

Cela existe en Allemagne et dans certains pays européens. Mais les Français sont toujours réfractaires aux taxes en tous genres!

Il faut surtout responsabiliser les maitres de chiens et de chats, ce sont des êtres vivants et sensibles et non des produits de consommation. Les peines contre la maltraitance doivent être appliquées pour dissuader les maitres d’abandonner leur animal.

Christine: J’ai deux chiens. Lorsque je cherche un camping ou une location je me retrouve confronté  (de plus en plus) au fait que les loueurs ne veulent plus d’animaux. Comment faire?

Il vous faut commander le kit vacances pas bêtes sur le site de la Fondation, c’est gratuit et vous aurez toutes les infos indispensables.

Il y a aussi l’appli gratuite de «30 Millions d’Amis» qui, par géolocalisation, vous indique plages, hotels, campings, gîtes etc. qui acceptent les animaux. Vous trouverez les noms des pensions aussi.

Vous avez aussi une bourse d’entraide où les internautes peuvent se contacter pour offrir leurs services de garde d’animaux à titre d’ «échange» (« Je pars en vacances tu me gardes mon chat, tu pars en vacances, je te garde ton chien »).

Vincent: Nous possédons actuellement six chats (stérilisés) et un chien. Depuis environ un an, une jeune chatte qui n’appartient à personne du quartier et qui a trouvé refuge dans un fossé bordant notre terrain, vient se nourrir chez nous. Elle est impossible à attraper, très méfiante, assez sauvage et vient justement d’accoucher de quatre chatons. Que pouvons-nous faire pour les attraper et les stériliser et à la charge de qui?

Le mieux c’est de trouver un refuge dans le coin qui pourra venir avec une cage pour les attraper, ils ont l’habitude avec les chats sauvages. Mettez-vous aussi en rapport avec un veto du coin qui pourra placer les chatons et surtout les stériliser. Il y a des «Ecoles du Chat» qui s’occupent de ces cas peut être en avez vous à côté ce chez vous. Sinon appelez la Fondation qui aide ces structures en prenant en charge les frais de stérilisation etc..

« (r)évolution des «objets» »

Le 27 septembre à Paris aura lieu un rassemblement « unitaire » sous le mot d’ordre de « (r)évolution des «objets» », à l’appel des « Forces Unies pour les Droits des Animaux ». On trouvera ici une page pour cet appel et ici une sorte de vidéo manifeste reflétant le point de vue du « mouvement FUDA ».

Les mots d’ordre du rassemblement sont :

« – Nous demandons une évolution SIGNIFICATIVE du Statut Juridique de l’Animal.

– L’abandon pur et simple du statut de bien meuble pour les Animaux.

– La création d’une nouvelle catégorie:
«Individu non Humain, Vivant et Sensible» distincte des «personnes» et des «biens»

– Une cohérence favorable aux Animaux entre code Rural, code Pénal et code Civil.

– Un renforcement des peines contre tout acte de maltraitance envers un Animal. »

C’est une sorte d’initiative idéaliste, le rassemblement visant à remettre une lettre au Président de la République François Hollande et à Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la forêt, que voici :

« Monsieur le Président, monsieur le ministre,
aussi incroyable que cela puisse paraître, en 2014, les animaux ne sont toujours pas considérés comme des êtres vivants, mais comme des biens meubles, autrement dit des objets!

Cette définition datant de 1804 n’a jamais été révisée
malgré l’existence d’une Déclaration Universelle des Droits des Animaux, proclamée solennellement à Paris le 15 Octobre 1978 à la maison de l’UNESCO.

Je m’associe donc à la demande de la Fondation 30 Millions d’Amis, du mouvement International FUDA et de toutes les associations de protection animale œuvrant en ce sens, de faire évoluer le régime juridique des animaux et demande au législateur de retirer l’animal du droit des biens et de créer dans le Code civil, à côté des “Personnes” et des “Biens” une troisième catégorie pour les “Animaux”.

En ce sens, je soutiens la proposition visant à modifier l’intitulé du Livre II du Code civil comme suit : “Des animaux, des biens et des différentes modifications de la propriété” avec un Titre 1er “Des animaux” où il devra être spécifié que l’animal est un être vivant et sensible.

Monsieur le président de la République, monsieur le ministre de l’Agriculture, j’attire votre attention sur les dérives cruelles et insensées dont des milliers d’Animaux sont victimes chaque jour dans le monde et dans notre pays, faute d’une législation laxiste à leur égard et d’une vide juridique sur leur statut.

Monsieur le Président, monsieur le ministre, je compte sur votre bon sens et votre humanité et vous adresse ma plus profonde gratitude pour l’intérêt que vous porterez à mon appel.

Veuillez agréer, monsieur le Président de la République, monsieur le ministre de l’agriculture, mes salutations Respectueuses. »

Aussi honorable que soit la lutte en faveur des animaux, il y a ici plus d’illusions qui sont diffusées qu’autre chose. L’initiative nie que l’exploitation animale est un système et que l’anthropocentrisme est toute une vision du monde… Cela ne peut pas aboutir à quelque chose de productif.

Le succès du mot « vegan » et la question de son contenu

Le mot « vegan », ou bien « végan » ou encore « végane », s’est désormais répandu dans une partie de la société française. Le seul problème, bien sûr, est de savoir ce qu’il en reste, et là, on peut se mettre à franchement avoir des doutes…

Sur le papier le terme signifie bien ce qu’il doit dire, même le dictionnaire Hachette s’y est mis depuis l’année dernière, et explique que le véganisme est un « mode de vie qui exclut toute utilisation de produits animaux (laitages, viande, cuir, etc.) ».

Le problème c’est que le mot est censé aller avec toute une culture. Or, sur ce plan là, le mot ne veut plus rien dire, si d’ailleurs il a déjà voulu dire quelque chose en France. On ne peut pas parler des vegans en général, tellement en fait les raisons sont multiples, le plus souvent réduites à une démarche individuelle, et le résultat est qu’il n’existe aucune opinion publique végane.

Hier a eu lieu par exemple une « Vegan Place » à Lyon, une sorte de rassemblement de stands. On pouvait y trouver l’« Association Végétarienne de France »… C’est une contradiction qui saute aux yeux, qui est choquante sur le plan pratique, mais c’est largement passé dans les mœurs, autant que les t-shirts « vegan » de la Fondation Bardot fait par des gens même pas vegans.

De la même manière, la culture « hipster » a phagocyté des pans entiers de l’identité végane en France, et ici il ne faut pas se voiler la face : pour les gens, les vegans sont soit des végétariens plus radicaux, soit des bobos qui habitent dans une grande ville et se démarquent par leur « style de vie »… (voir à notre sujet notre article « Nous ne l’exprimons pas trop fort car certains sont hermétiques à ce mot »).

Et c’est malheureusement vrai pour le monde populaire des refuges, où le véganisme apparaît bien souvent comme une sorte de démarche intellectuelle et symbolique coupée de la réalité quotidienne du soutien aux animaux…

On peut prendre un exemple en image avec une photographie de la dernière fête de la musique.

Voici un petit agrandissement du panneau annonçant la nourriture. Le houmous, toujours végétal, se voit transformé en « vegan », et ce dernier terme se retrouve de manière honteuse à côté de celui de « merguez »…

Le mot « vegan » a ainsi fait son apparition, mais il désigne une démarche aux contours flous, ou plus exactement il n’y a pas d’esprit : seulement le refus des produits liés à l’exploitation animale. Mais qu’est-ce que ce refus sans l’esprit qui va avec ? Celui-ci est bien entendu présent, mais il est mis en minorité, alors qu’il devrait fournir la base minimale !

Cela veut dire que le véganisme est ici réduit à un à-côté, une démarche possible, mais pas forcément nécessaire, c’est une sorte de plus. Et une des conséquences qui va avec est que c’est « flatteur » d’être vegan, alors qu’en réalité c’est une chose qui devrait aller de soi.

Le véganisme est à la fois dénoncé et flatté, afin de le neutraliser comme démarche nécessaire et de ne surtout pas s’y confronter. Les végans se sentent alors obligés d’être « utiles », notamment pour ce qui concerne l’organisation de repas, le but est de ne pas apparaître comme conflictuel, de ne pas trop déranger, afin de se mettre à l’abri au sein d’un mouvement plus large où l’on peut se placer comme sorte de minorité active.

C’est quelque chose de très faux, car incohérent. Veut-on en effet que le véganisme devienne une norme ? Si non, alors on ne restera pas végan bien longtemps, en raison du relativisme. Si oui, alors il faut être ferme sur les principes et sur la perspective. Sans quoi on est amené à voir le mot vegan à côté de « merguez » ou de « jambon », même si par exemple dans ce dernier cas il peut s’agir de « jambon végétal » !

Sans doute faut-il voir ainsi que le mot vegan n’implique pas forcément ceux de libération animale. C’est une contradiction à nos yeux, et l’histoire le montrera aisément, comme elle le montre déjà : en dehors de la perspective de la libération animale, les vegans errent et se soumettent à des choses incompatibles avec ce qui devrait être leur morale.

Il y a ainsi eu un premier cycle où le véganisme est apparu en France, mais la question de savoir ce qu’il en restera dans les quelques années à venir…

Végétalisme à faible teneur en glucides, perte de poids et risque de maladie cardio-vasculaire

A nos yeux, le véganisme est une question de morale, d’une certaine approche de la vie. Nous voulons vivre en paix avec les êtres vivants et par conséquent nous prônons une morale conforme avec cette exigence.

Ainsi, la question de la santé ne saurait être le principal aspect des arguments concernant la morale. Cela ne veut pas dire pour autant que pour critiquer ce qui n’est pas moral, on soit dans l’obligation de nier certains faits, comme celui qui fait que l’alimentation proposée actuellement à l’échelle mondiale obéisse aux exigences du profit et certainement pas de la santé.

Comme illustration, voici un communiqué de l’Université de Toronto au sujet d’un régime alimentaire végétalien et ses effets bénéfiques.

Un régime végétalien à faible teneur en glucides, meilleur moyen de perdre du poids et de réduire le risque de maladie cardio-vasculaire

Pour la première fois, des chercheurs ont démontré qu’un régime à faible teneur en glucides, appelé Eco-Atkins, peut non seulement favoriser la perte de poids, mais aussi réduire le risque de maladie cardio-vasculaire de 10% sur dix ans.

Le régime Eco-Atkins est un régime végétalien à faible teneur en glucides. De nombreux régimes bien qu’ils favorisent la perte de poids, comprennent cependant pour certains des protéines animales et des matières grasses, lesquelles peuvent augmenter le taux de cholestérol.

Certains régimes riches en protéines végétales et en gras peuvent aussi réduire le risque de maladies cardio-vasculaires en abaissant le « mauvais cholestérol »

L’auteur de l’étude est le Dr David Jenkins, directeur du Clinical Nutrition and Risk Modification Centre au St. Michael’s Hospital à Toronto et professeur au département des sciences nutritionnelles et au département de médecine à l’université de Toronto.

« Nous avons élaboré un régime qui combine des éléments végétaliens et des éléments à faible teneur en glucides pour obtenir les bénéfices de la perte de poids et de la diminution du cholesterol » indique le Dr Jenkins.

Cette découverte, publiée dans le British Medical Journal Open, a comparé l’Eco-Atkins à un régime à teneur élevée en glucides et faible en gras. Le régime Eco-Atkins a réduit le cholestérol des participants à l’étude de 10% tout en les aidant à perdre une moyenne de plus de quatre livres que le régime à haute teneur en glucides et faible teneur en gras pendant six mois.

« On peut s’attendre à des résultats similaires en-dehors de l’étude car les participants à l’étude sélectionnaient leur régime et pouvaient ajuster leurs besoins et préférences » précise Dr Jenkins.

Les participants ont reçu des choix de menus soulignant les aliments et leur quantité. Plutôt que d’imposer les repas, les menus ont servi de guide de références et les participants ont reçu une liste d’aliments de substitution adéquats.

Grâce à cette liste d’aliments interchangeables, les participants pouvaient davantage adapter leur régime à leurs goûts personnels – ce qui a renforcé leur adhésion au régime.

Vingt-trois hommes et femmes obèses ont terminé le régime de six mois. Les participants à l’étude étaient encouragés à manger seulement 60% de leur besoin calorique estimé – le montant de calories qui devrait être consommé pour maintenir leur poids actuel.

Les participants Eco-Atkins visaient un équilibre de 26% de calories pour les glucides, 31% pour les protéines et 43% pour les lipides – provenant essentiellement d’huiles végétales.

Les sources de glucides incluaient des aliments à haute teneur en fibres tels que l’avoine, l’orge et des légumes à faible teneur en féculents comme le gombo et l’aubergine.

Les protéines provenaient du gluten, du soja, de légumes, de noix et de céréales. Les principales sources de lipides pour le régime Eco-Atkins étaient des noix, des huiles végétales, des produits au soja et de l’avocat.

La modification de l’article 521-1 du Code pénal

La presse a annoncé la modification de l’article 521-1 du Code pénal qui vient d’avoir eu lieu. Le texte initial expliquait que :

« Le fait, publiquement ou non, d’exercer des sévices graves, ou de nature sexuelle, ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. »

Désormais sont concernés aussi les animaux « domestiques ou sauvages ».

Dans la foulée, les associations réformistes de la protection animale, comme la Fondation 30 millions d’amis qui mène une très grosse offensive ces derniers mois, ont salué ce changement.

C’est honteux que de réagir ainsi. Il faut en effet être totalement idéaliste, ou plutôt totalement hypocrite, pour croire qu’en 2014, une telle loi changera quoi que ce soit.

Prenons un exemple simple : si quelqu’un se fait voler son portable, la police enregistre la plainte et au revoir, cela s’arrête là. La même police fera-t-elle quelque chose de plus si on l’informe qu’un pigeon a été maltraité par quelqu’un ? Non, évidemment. Et on peut même être certain que la plainte ne sera même pas prise.

On peut même généraliser la question. Si cette loi avait une réelle signification, on pourrait alors immédiatement porter plainte et condamner tous les services de voirie du pays, car aucun d’entre eux n’a de formation pour s’occuper des animaux sauvages rencontrés lors de leurs activités.

Évidemment, cela est impossible dans notre société. Le fait que les animaux soient des marchandises annule culturellement et juridiquement le moindre changement de situation des animaux.

D’ailleurs, la loi est hypocrite ici, car en pratique pour qu’une plainte tienne, dans le système juridique actuel, il faut que quelqu’un soit lésé. L’animal sauvage étant une entité juridique « abstraite » pour le droit, alors par définition prouver la cruauté relève pratiquement de l’impossibilité…

A part quelques cas médiatisés, cela ne changera rien du tout. Et finalement ces médiatisés donneront l’illusion qu’on fait quelque chose en faveur des animaux, pour ne servir en fait que quelques associations.

Et pourquoi d’ailleurs ces cas seront médiatisés ? Parce qu’il y aura une révolte au sein de l’opinion publique, ce qui fait qu’en réalité, ce n’est pas l’animal qui sera pris en compte, mais le « trouble » à l’ordre public qui dérange l’État, qui par définition veut une société « calme ».

Les fait sont par conséquent très simples : soit on reconnaît à la Nature une valeur en soi, et la société suit cette ligne de conduite. Ou bien tout n’est que de la poudre aux yeux, et il est parlé d’environnement, juste dans un esprit gestionnaire.

D’ailleurs, lors de la modification de la loi qui vient d’être faite, la voie a été pavée pour la formation d’une « agence française pour la biodiversité ». C’est issu d’une « promesse » de 2012 de François Hollande, mais en fait tout le monde est d’accord dessus, puisque c’est l’expression de la logique anthrpocentriste : la biodiversité doit être gérée de manière conforme aux intérêts humains.

La biodiversité, c’est du « stock » et des outils pour les humains. Il faut donc s’en occuper… La démarche anti-Nature se généralise à tous les niveaux.

L’océan est particulièrement visé, puisque cette agence, qui disposera de 1200 personnes, puisera en réalité pas moins de 800 personnes dans l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques.
L’astrophysicien Hubert Reeves, connu pour son engagement écologiste, a pointé la contradiction qui existe par ailleurs au maintien de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. Si vraiment la biodiversité était au centre des préoccupations, l’État centraliserait ses activités à ce sujet…

Mais ce n’est pas le cas, bien sûr, puisque tout cela est de la gestion de-ci de-là, suivant les exigences de l’anthropocentrisme, sans aucune cohérence.

La modification de l’article 521-1 ne change par conséquent rien du tout en pratique à la défense des animaux. Seules la libération animale et la libération de la Terre, comme valeurs relevant du rejet de l’anthropocentrisme, peuvent permettre un rapport de force réel et la transformation radicale des valeurs dominantes en faveur des animaux !

Un homme court sauver un chien sur une autoroute, un exemple de bravoure

Le véganisme doit devenir une nouvelle culture. Une nouvelle culture qui s’enracine dans un esprit positif, une nouvelle culture qui prend en considération tous les animaux et la Nature. Une nouvelle culture qui développe un autre axe que celui de la protestation où des corps d’animaux sans vie sont exhibés sans aucun respect ni aucune retenue.

Le véganisme doit devenir une nouvelle culture où l’implication personnelle, que ce soit en faveur de l’écologie ou des animaux prend une part conséquente et concrète, que cela se traduise par une aide aux animaux des refuges, une aide au nettoyage des sites naturels victimes de la pollution (comme le nettoyage des plages par exemple) ou que cela se traduise par un engagement fort et courageux.

Ce type d’engagement s’illustre, par exemple, avec les actions de l’organisation américaine de Hope for Paws, dont nous avons parlé il y a quelques jours, suite à leur sauvetage de 4 chiens dans le désert, pendant 3 jours sous 40°C, Hope for Paws nous offre toujours de très belles histoires, au dénouement heureux pour les chiens,

Mais lorsque la résignation n’a pas encore pris le dessus, lorsque le désir de sauver une vie est le plus fort, toute cette force amène au final de belles aventures qui pousse jusqu’au dévouement, tel ce geste d’un homme qui risque sa vie pour sauver un chien renversé sur une autoroute, Quand certaines personnes écrasent les animaux sans vergogne, d’autres « se jettent au feu » pour leur venir en aide :

Aaron Schneider, c’est le nom d’un jeune homme extrêmement courageux. Vétéran de la guerre d’Irak, cet amoureux des animaux n’a pas hésité à risquer sa vie pour sauver celle d’un chien qui venait d’être heurté par une voiture sur une autoroute très fréquentée du Missouri aux Etats-Unis.

Le conducteur qui a renversé l’animal ne s’est pas arrêté mais Aaron, lui, s’est précipité au milieu du trafic très dense, traversant trois voix de circulation pour secourir le chien blessé, un Beagle âgé de cinq ans environ.

3 longues heures sous la pluie

« Je me suis totalement concentré sur lui. Je n’ai même pas pensé à la circulation » confie le jeune homme à Fox 4 News. « Je me souviens seulement avoir regardé la route et vu toutes ces voitures venir vers moi, klaxonner, clignoter, faire des écarts » raconte-t-il.

Arrivé près du chien et tous deux en sécurité hors de l’autoroute, Aaron a immédiatement contacté le contrôle des animaux. Puis trois longues heures se sont écoulées. Trois heures passées sous la pluie, pendant lesquelles le jeune homme a prodigué les premiers soins au petit chien et gagné sa confiance.

Mais comme toujours personne n’était arrivé pour l’aider, il a appelé un ami en renfort et a décidé de s’occuper lui-même du chien, lui construisant un brancard de fortune pour pouvoir l’installer dans son camion et l’emmener chez le vétérinaire.

Aaron et Buster bientôt réunis… pour la vie ?

Bien que victime de graves blessures, le chien devrait se remettre totalement de cet accident. Conduit dans une clinique, il a été stabilisé avant d’être transféré vers un hôpital spécialisé dans les urgences vétérinaires, et malgré ses cinq côtes cassées, sa trachée déchirée et une importante hémorragie interne, les médecins qui s’occupent de lui se montrent très optimistes.

N’ayant pas pu retrouver son propriétaire, l’équipe de l’hôpital l’a baptisé Buster. Et lorsqu’il sera rétabli, c’est sans doute aux côtés de son ange gardien qu’il quittera les urgences. Aaron entend en effet adopter cette petite boule de poils à laquelle il s’est déjà beaucoup attaché.

L’association Friends of KC Animals, elle, a offert de payer les frais vétérinaires.

Outre le courage de cet homme, ce qu’il faut aussi noter, c’est qu’il est resté seul avec le chien, sur le bord de la route à tenter de le sauver. Personne n’est venu en aide, ni au chien, ni à cet homme qui tentait de le sauver. Comme à l’habitude, quand un animal est en danger, les autorités ne prennent pas la peine de se bouger, il faut alors tout faire soi-même.

D’où l’importance d’avoir une connaissance basique des premiers gestes de secours, qui devrait s’associer à une culture généraliste des mondes animaux et végétaux. L’on défend et protège mieux ce que l’on connaît !

Le véganisme n’est pas (qu’) un mode de vie, ni seulement un engagement pratique qui passe par le végétalisme, le refus des produits testés, du cuir etc. Le véganisme est un mode de pensée, un engagement moral qui refuse d’utiliser des expressions telles que « cervelle de moineau »…

Cette histoire peut sembler anecdotique, mais c’est bien souvent les personnes « lambda » (probablement même pas végétariennes) qui s’investissent corps et âme pour les animaux en détresse.

Aux vegans d’inverser cette tendance et d’imposer la libération animale!

Les deux « cadeaux » de Bardot

Brigitte Bardot a eu 80 ans et différents journaux en ont profité pour parler d’elle, notamment Nice Matin qui a publié une interview. Madame Figaro résume ici un point qui a son importance pour comprendre la démarche de Brigitte Bardot :

Si elle ne veut pas d’un anniversaire fastueux, Brigitte Bardot espère tout de même recevoir deux cadeaux d’une valeur inestimable. « Il s’agit de promulguer une loi excluant totalement les abattages rituels » et « de faire passer le cheval d’animal de rente à animal de compagnie ». Et d’ajouter : « Si jamais je n’ai pas réussi ces deux choses avant de tirer ma révérence, j’estime que j’aurai raté mon existence ».

Le problème de ces deux « cadeaux » est très facile à comprendre et il reflète toutes les contradictions de la protection animale qui n’assume pas le véganisme. En effet, séparer la condition de certains animaux de la condition animale en général n’a pas de sens.

La loi, qui témoigne des rapports de propriété, ne peut pas être découpée comme on le veut. Il y a une société qui a des traditions, certaines bonnes, d’autres mauvaises, et à côté de cela il y a des rapports économiques.

Brigitte Bardot a capitulé et ne compte pas tout changer, comme les réformistes en général, qui prétendent vouloir tout changer mais en fait tablent sur une évolution sur des siècles, ce qui n’a aucun sens alors que l’exploitation animale grandit chaque jour sur la planète.

Alors, elle prend deux « causes » qu’elle considère comme « réalisables », mais son choix est arbitraire, totalement arbitraire.

Demander par exemple que le cheval rejoigne les chats et les chiens ne se fonde sur aucune tradition culturelle ; des millions de gens vivent en France avec des chats et des chiens, mais pratiquement personne n’a un cheval comme « animal de compagnie ». Ici, Bardot nie tout simplement la réalité culturelle.

Ensuite, il y a cette fameuse demande d’interdiction de l’abattage rituel, argument cheval de Troie de l’extrême-droite pour refuser la libération animale, mais apparaître « progressiste » dans la question animale.

Ici, cela n’a pas de sens car Bardot « oublie » l’économie. Les entreprises de l’exploitation animale sont… des entreprises de l’exploitation animale, les règlements leur importent peu, ce qu’ils veulent c’est tuer et vendre.

L’interdiction de l’abattage rituel n’aura donc aucun impact sur l’abattage en général. L’exploitation animale peut avoir une multitude de formes. Ainsi, en Inde, les Hindous ne tuent pas « leurs » vaches ; ils la revendent à des musulmans qui les tueront. C’est totalement hypocrite et il en va exactement de même avec cette histoire d’abattage rituel.

D’ailleurs, cela fait perdre du temps avec des questions religieuses là où justement il faut parler de l’abattage en général, dans un esprit universaliste qui seul peut changer le monde (et il faut se dépêcher!).

Brigitte Bardot a raté cela, représentant une époque passée très étriquée et où la France était coupée pour ainsi dire du monde sur le plan de la question animale. Elle a contribué à mettre celle-ci en avant, mais en même temps elle a bloqué les possibilités de développement de la cause animale, en réduisant celle-ci à une posture, alors qu’il doit s’agir d’un projet de société.

C’est là le problème fondamental. Pour changer le rapport des humains aux animaux, il faut changer la société. C’est une évidence : on ne peut rien faire dans une société où les entreprises profitant de l’exploitation animale sont extrêmement puissantes et où les traditions conservatrices sont fortes et brutales.

D’une certaine manière, Brigitte Bardot a vu cela et s’est réfugiée dans une sorte de « tour d’ivoire ». Voici comment madame Figaro se moque de cela :

« J’ai fait du cinéma pour m’acheter une ferme et y mettre des animaux », tente de convaincre Brigitte. On doute qu’à la belle époque, celle où elle crevait l’écran dans Le Mépris, La Vérité ou Viva Maria !, BB rêvait déjà de couler des jours paisibles dans la campagne tropézienne entourée de félins et de canidés abandonnés.

La sincérité de Brigitte Bardot est ici remise en cause, ce qui est inévitable, car la logique de Bardot est trop contradictoire. Elle n’expose les faits que partiellement, par une lettre ouverte par-ci, une gueulante par là, et jamais sans assumer jusqu’au bout. Est-elle végétarienne ? Végétalienne ? Vegan ? Le flou prédomine. Et cela, ce n’est jamais une bonne chose.

Patty, la brebis handicapée du refuge Leon vegano animal sanctuary

Pour les animaux qui sont handicapés des pattes arrières, il existe un chariot à roulettes qui se fixe sur l’arrière train et qui offre à l’animal handicapé une indépendance et un confort de vie relatif. En 2011, nous présentions ces voiturettes pour les animaux handicapés, qui sont surtout connues pour les animaux « domestiques » comme les chiens ou les chats.

Mais comme chaque chariot se fait sur mesure, il n’est vraiment pas difficile de l’adapter à n’importe quel animal qui sera en mesure d’accepter cet appareil : sur ces pages en anglais qui présentent ces voiturettes, l’on y voit un lapin dans un fauteuil roulant et aussi sur cette page illustrée avec des photos et quelques courtes vidéos.

Il n’y a pas que les animaux « de compagnie » qui peuvent profiter de ces voiturettes, comme par exemple, le tout jeune bébé cochon Leon du sanctuaire pour les animaux de ferme Edgar’s mission.

Ou bien comme aussi Patty, une brebis d’élevage qui est née handicapée. Sa naissance fut difficile, l’éleveur pour tenter de la sauver elle et sa mère a dû tirer le corps de Patty par les pattes, ce qui endommagea de manière irréversible sa colonne vertébrale.

Patty est donc née avec la hanche déviée sur le côté, l’empêchant de courir et de se déplacer normalement, elle a passé 2 longues années dans cet état, dans un hangar comme brebis « à viande », mais à cause de son handicap le temps à lui accorder était trop long, ses soins s’avéraient trop coûteux, l’éleveur a décidé d’envoyer Patty plus vite que prévu à l’abattoir.

Après ces difficiles années d’exploitation, Patty a été sauvée par le refuge vegan espagnol Leon vegano animal sanctuary (et la page Facebook, en anglais), qui avait déjà recueilli un autre mouton de cet élevage. Malgré une vie paisible au refuge, le handicap de Patty s’est aggravé jusqu’au point où elle tombait trop souvent, et finissait par ne plus pouvoir se relever.

Vivre dans ces conditions n’était plus possible pour elle, c’est donc avec l’aide d’un autre refuge qu’a été construit une voiturette temporaire pour soulager Patty, le temps de trouver les fonds pour acheter une véritable voiturette pour animal handicapé.

L’histoire de Patty est belle et très touchante. Elle est l’illustration que ces sortes de fauteuil roulant, au-delà de l’aspect contraignant et handicapant qu’ils véhiculent, sont des bouffées d’oxygène pour les animaux paralysés, qui peuvent ainsi retrouver un tant soit peu de liberté et de joie de vivre.

Sans l’aide et l’implication du Leon vegano animal sanctuary, Patty aurait terminé sa triste vie à l’abattoir, comme bien d’autres animaux qui subissent une exploitation massive et meurtrière au nom de la consommation de viande et de lait.

Le Leon vegano animal sanctuary sauve les animaux de ferme, leur terrain actuel devient trop petit pour leurs 55 protégéEs (et les futurs à venir), un appel aux dons a été lancé afin de trouver de quoi acheter un nouveau terrain plus grand, et au plus vite.

Voici un mini livret (en anglais) qui présente le projet actuel et futur du Leon vegano animal sanctuary.

Le but du Leon vegano animal sancturary est de sauver les animaux des abattoirs qui ne trouvent pas de place dans les autres refuges.

Avec ce sanctuaire, le Leon vegano animal sanctuary veut, bien entendu, offrir une fin de vie heureuse à ses animaux protégés mais aussi promouvoir le véganisme grâce à la sensibilisation, au respect et à l’éducation qu’ils mettent en place.

Le Leon vegano animal sanctuary veut ainsi créer un lieu où chaque être sera respecté selon son espèce, l’instinct de chacun sera naturellement développé, un lieu où tous les animaux pourront vivre une vie pour ce qu’ils sont : des individus uniques et inimitables.

Comme n’importe quel refuge, Leon vegano animal sanctuary a besoin d’aide, un besoin urgent d’argent pour créer leur nouvel espace. Il est possible de faire un don (ici les coordonnées bancaires) ou de parrainer un animal de leur refuge. Même une petite somme compte et a son importance!

Les dépenses illégitimes de la SPA de Paris

Voici un article du « Canard enchaîné » concernant, une nouvelle fois, les comptes de la SPA (de Paris). C’est encore et toujours édifiant, et cela montre comment les lois de l’entreprise, avec leurs approches et leurs méthodes, ont totalement gangrené celle-ci.

Il y a un nombre innombrable de scandales qui sont exposés dans cet article. Normalement, la SPA devrait être de dimension nationale, démocratique, avec des responsables dépendant de leur base et disposant de salaires très limités.

On travaille en effet pour la cause, on n’est pas là pour faire du profit, on est là pour servir les animaux. C’est un honneur que de servir un projet tel que devrait l’être la SPA (ou toute SPA, toute association – refuge en général).

Il est ainsi odieux de voir qu’un type comme le « directeur général » gagner 7000 euros par mois ! Certains diront que c’est le prix à payer pour avoir à sa disposition un « cadre ». Un quoi ? Un cadre d’une grande entreprise ? Quel rapport avec une SPA ?

Et ne peut-on pas considérer qu’un travail démocratique impliquant de nombreuses personnes ne vaut pas dix mille de ces cadres ? Voici d’ailleurs le parcours du directeur général :

DIRIGEANT
Conduire le changement dans une organisation aux enjeux stratégiques forts
Développer les compétences et fédérer les équipes
Mobiliser les ressources internes pour maximiser l’impact

⇨ Directeur des Ressources Humaines national et international accompagnant le développement fort des activités : véritable « business partner » très orienté résultats

⇨ Acteur de la cohésion sociale d’entreprise dans les environnements ouvriers et syndicalisés : Négociation, communication et marketing – « Diriger c’est communiquer »

⇨ Manager opérationnel au sein de groupes de services B to B avec conduite du redressement économique par la qualité de service et l’adhésion au projet d’entreprise : « Main de fer dans un gant de velours »

Expérience

Directeur Délégué aux Affaires Sociales et Juridiques
TLF – FÉDÉRATION DES ENTREPRISES DE TRANSPORT ET LOGISTIQUE DE FRANCE
– (1 an 6 mois) Région de Paris , France
Vice Président Ressources Humaines International
CMA CGM
– (10 mois) Marseille
Directeur de la Communication et des Ressources Humaines
Bolloré – Division Terrestre International : Bolloré Africa Logistics
– (3 ans 10 mois)
Directeur des Ressources Humaines
Bolloré – Division Terrestre International
– (4 ans 7 mois)
Président de la Commission Sociale et de la Formation Professionnelle de TLF
TLF – Fédération des Entreprises de Transport et Logistique de France
– (6 ans)
Directeur des Ressources Humaines
Bolloré – SFP Société Française de Production (Audiovisuel)
– (10 mois)
Secrétaire Général et Directeur des Ressources Humaines
MORY GROUP
– (5 ans 11 mois)
Directeur Général Compagnie Francaise de Transport de Voyageurs
CARIANE aujourd’hui KEOLIS
– (4 ans 5 mois)
Directeur Marketing, Directeur Commercial IDF, Directeur d’Agence…
CALBERSON aujourdhui GEODIS
– (7 ans 3 mois)
Chef d’entreprise
VOILE AU LARGE Ecole de Course à la Voile à bord de PEN DUICK III
– (6 ans)

Y a-t-il ici un rapport avec l’organisation dans le domaine de la protection des animaux, des refuges ? Est-ce le reflet d’un choix tourné vers l’aide aux animaux, d’une réflexion végane? Absolument pas! Cela signifie qu’au lieu de la transparence, on a un expert en business.

De la même manière, quelle est donc cette histoire de conseils en communication ? On fait des dons à la SPA pour donner 8400 euros par mois à de tels gens ?! Comme si la question de la communication n’était pas évidente : transparence, franchise, attitude incorruptible dans la défense des animaux.

Au lieu de cela, la SPA de Paris est client de cette société, tout comme des entreprises dont le but est le profit, comme par exemple Accor, Airbus SAS, Bouygues Telecom, Colony Capital, Fédération Bancaire Française, Financière Pinault, Fnac, Goldman Sachs International, Google, Hermès International, etc. ou encore la Présidence de Côte d’Ivoire, la Présidence de la République du Niger, etc.

Et à cela s’ajoute une boîte de coaching et de communication ?! Et également une entreprise de relations presse ?! Cette dernière s’occupe d’ailleurs beaucoup de la nourriture pas du tout végane…

La SPA (de Paris), au lieu de faire confiance aux gens pour diffuser l’information, d’organiser l’opinion publique, donne des milliers et des milliers d’euros à des gens comme cela?!

16 000 euros par mois, 192 000 euros par mois, et après la SPA (de Paris) explique qu’elle est obligée de tuer des animaux dans les refuges par manque de moyens !

Journées portes ouvertes de la SPA les 17 et 18 mai 2014

Le week-end du 17-18 mai 2014 auront lieu les journées portes ouvertes de la SPA, dans plus de cinquante refuges. C’est une date importante et à diffuser localement; des dizaines de milliers d’êtres vivants attendent un témoignage concret de solidarité.

C’est l’occasion pour nous de rappeler que le véganisme doit, nécessairement à nos yeux, aller de pair avec l’amour des animaux. Ces derniers ne doivent pas être des otages pour le pessimisme et la misanthropie, ils doivent être reconnus dans leur réalité, dans leur nature même. Adopter, aider dans les refuges, agir en tant que famille d’accueil, faire des co-voiturages, etc., tout cela fait partie pour nous du b-a-BA du véganisme.

Parlons clairement : il est impossible de vivre dans une ville et de ne pas trouver, de manière relativement régulière, un animal perdu ou blessé. Si on le trouve pas, c’est qu’on ne l’a pas vu. C’est là un problème culturel de grande importance, et être végan c’est exercer son œil, c’est réfléchir à l’avance, c’est faire attention à son environnement, c’est être en mesure de prendre soin au cas où.

Le véganisme n’est nullement l’aboutissement d’un processus, dont le végétarisme serait une sorte de sas intermédiaire. Bien au contraire, le véganisme, c’est le début d’un processus nouveau, d’ouverture à l’environnement, de reconnaissance de la Nature en tant que règne du vivant.

Rappelons juste pour finir qu’adopter un animal amène également des exigences financières: un vétérinaire, cela coûte cher! Et il est hors de question de laisser tomber notre compagnon en cas de pépins, même lourds!

La Société Protectrice des Animaux recueille chaque année près de 40 000 animaux dans ses 56 refuges. Deux fois par an, les journées Portes Ouvertes SPA permettent de solliciter un plus grand nombre de personnes pour offrir le plus vite possible une seconde chance à ces animaux !

Pour la première fois à Paris, ouverture d’un refuge éphèmere de la SPA !

Cette année, la  Société Protectrice des Animaux va à la rencontre des parisiens en installant un refuge éphémère sur la Seine à bord de la péniche Louisiane belle. Ce refuge éphémère permettra aux parisiens de venir adopter l’un des 200 chiens et chats présents sur la péniche.

La Société Protectrice des Animaux proposera à Paris toute une série d’animations :
Stand vétérinaire (conseils de santé, éducation canine, conseils nutritionnels)
Animations pour les enfants
Démonstrations d’obé-ryhtmée (danse avec un chien) et d’agility tout au long de la journée
Photocall pour se prendre en photo avec son animal.

Tous les refuges SPA se mobilisent !

Les 56 refuges de la SPA se mobiliseront comme chaque année ! Les responsables des refuges connaissent bien leurs pensionnaires et sont de bons conseillers pour tous les futurs adoptants. Adopter est une démarche responsable pour laquelle chaque membre de la famille doit se sentir impliqué.

Les salariés de la SPA veillent aux profils des adoptants et essaient de proposer à chacun un animal adapté à ses attentes et ses conditions de vie.

Des animations attendent les futurs adoptants dans les refuges :
Brocante, vide-grenier
Tombola
Concerts
Parcours d’agility
Maquillage enfants
Photos maître-animal
Educateurs canins, conseils vétérinaires

Retrouvez la liste des refuges sur www.spa.asso.fr/refuges. N’hésitez pas à vous renseigner auprès du refuge le plus proche de chez vous sur les animations proposées et les animaux cherchant un nouveau foyer !

« les larmes coulaient de mes yeux, c’étaient ses larmes »

« Ah ! ma petite Sonia, j’ai éprouvé ici une douleur aiguë. Dans la cour où je me promène arrivent tous les jours des véhicules militaires bondés de sacs, de vielles vareuses de soldats et de chemises souvent tachées de sang…

On les décharge ici avant de les répartir dans les cellules où les prisonnières les raccomodent, puis on les recharge sur la voiture pour les livrer à l’armée.

Il y a quelques jours arriva un de ces véhicules tiré non par des chevaux, mais par des buffles. C’était la première fois que je voyais ces animaux de près.

Leur carrure est plus puissante et plus large que celle de nos boeufs ; ils ont le crâne aplati et des cornes recourbées et basses ; ce qui fait ressembler leur tête toute noire avec deux grands yeux doux plutôt à celle des moutons de chez nous.

Il sont originaires de Roumanie et constituent un butin de guerre…

Les soldats qui conduisent l’attelage racontent qu’il a été très difficile de capturer ces animaux qui vivaient à l’état sauvage et plus difficile encore de les dresser à traîner des fardeaux.

Ces bêtes habituées à vivre en liberté, on les a terriblement maltraitées jusquà ce qu’elles comprennent qu’elles ont perdu la guerre : l’expression vae victis s’applique même à ces animaux… une centaine de ces bêtes se trouveraient en ce moment rien qu’à Breslau.

En plus des coups, eux qui étaient habitués aux grasses pâtures de Roumanie n’ont pour nourriture que du fourrage de mauvaise qualité et en quantité tout à fait insuffisante.

On les fait travailler sans répit, on leur fait traîner toutes sortes de chariots et à ce régime ils ne font pas long feu.

Il y a quelques jours, donc, un de ces véhicules chargés de sacs entra dans la cour. Le chargement était si lourd et il y avait tant de sacs empilés que les buffles n’arrivaient pas à franchir le seuil du porche.

Le soldat qui les accompagnait, un type brutal, se mit à les frapper si violemment du manche de son fouet que la gardienne de prison indignée lui demanda s’il n’avait pas pitié des bêtes.

« Et nous autres, qui donc a pitié de nous ? » répondit-il, un sourire mauvais aux lèvres, sur quoi il se remit à taper de plus belle…

Enfin les bêtes donnèrent un coup de collier et réussirent à franchir l’obstacle, mais l’une d’elle saignait…

Sonitchka, chez le buffle l’épaisseur du cuir est devenue proverbiale, et pourtant la peau avait éclaté. Pendant qu’on déchargeait la voiture, les bêtes restaient immobiles, totalement épuisées, et l’un des buffles, celui qui saignait, regardait droit devant lui avec, sur son visage sombre et ses yeux noirs et doux, un air d’enfant en pleurs.

C’était exactement l’expression d’un enfant qu’on vient de punir durement et qui ne sait pour quel motif et pourquoi, qui ne sait comment échapper à la souffrance et à cette force brutale…

J’étais devant lui, l’animal me regardait, les larmes coulaient de mes yeux, c’étaient ses larmes.

Il n’est pas possible, devant la douleur d’un frère chéri, d’être secouée de sanglots plus douloureux que je ne l’étais dans mon impuissance devant cette souffrance muette.

Qu’ils étaient loin les pâturages de Roumanie, ces pâturages verts, gras et libres, qu’ils étaient inaccessibles, perdus à jamais.

Comme là-bas tout – le soleil levant, les beaux cris des oiseaux ou l’appel mélodieux des pâtres – comme tout était différent.

Et ici cette ville étrangère, horrible, l’étable étouffante, le foin écœurant et moisi mélangé de paille pourrie, ces hommes inconnus et terribles et les coups, le sang ruisselant de la plaie ouverte…

Oh mon pauvre buffle, mon pauvre frère bien-aimé, nous sommes là tous deux aussi impuissants, aussi hébétés l’un que l’autre, et notre peine, notre impuissance, notre nostalgie font de nous un seul être.

Pendant ce temps, les prisonniers s’affairaient autour du chariot, déchargeant de lourds ballots et les portant dans le bâtiment.

Quant au soldat, il enfonça les deux mains dans les poches de son pantalon, se mit à arpenter la cour à grandes enjambées, un sourire aux lèvres, en sifflotant une rengaine qui traîne les rues.

Et devant mes yeux je vis passer la guerre dans toute sa splendeur… »

(Rosa Luxembourg, « Écrits de prison »)

L’arbre au soleil et le lait de vache au Japon

L’arbre au soleil est un manga qu’on peut en quelque sorte appeler un « classique » du genre. Il a d’ailleurs comme auteur Osamu Tezuka, considéré en quelque sorte comme l’équivalent de Walt Disney au Japon, avec une oeuvre vraiment très grande.

Ce manga du début des années 1980 décrit, de manière réaliste et humoristique, le Japon du milieu du 19ème siècle, à un moment crucial pour ce pays qui s’ouvre au monde par la force, sous la pression des États-Unis qui veulent ouvrir des routes commerciales.

Dans ce climat où les « shoguns » cèdent la place aux empereurs qui vont moderniser le pays, on suit les aventures de deux jeunes : un samouraï tourné vers les valeurs traditionnelles et un étudiant en médecine qui lui est marqué par les grandes avancées européennes en ce domaine.

Ce qui est intéressant ici, c’est de voir le choc des cultures, et voici précisément une image concernant directement la question du rapport aux animaux.

Profitons en pour rappeler ici que le lait de vache a été utilisée historiquement en Europe, et que sa digestion est très difficile pour le reste de la population mondiale (qui n’a pas d’origine européenne ; voir notre article Blédina et Danone à l’assaut des populations pauvres (et d’origine asiatique))

Ce qui est frappant ici c’est de voir surtout comment la démarche de la personne européenne est considérée comme choquante. L’auteur ne sait d’ailleurs pas vraiment comment s’en sortir, alors il termine sur une sorte de blague où le samouraï fait face à la vache.

Il faut dire que la consommation de lait a été depuis très largement imposée par l’industrie, comme elle l’est actuellement en Chine. Voici ce qui s’est passé au Japon, avec une petite citation d’un article de « l’Observatoire Cniel des Habitudes Alimentaires ».

En l’apparence, l’article est sociologique et il s’agit d’un « observatoire » de simples chercheurs. Sauf que « CNIEL » est un acronyme signifiant « Centre national interprofessionnel de l’Économie Laitière ». L’organisme se présente, au détour d’une explication, de la manière suivante :

« L’OCHA est un observatoire au service de l’interprofession laitière,  un centre de ressources et de recherches partagées avec la communauté scientifique autour de l’approche par les sciences humaines et sociales de l’alimentation, des systèmes alimentaires, des relations homme / animaux et de l’évolution de la relation aux nourritures d’origine animale. »

On l’aura compris, il s’agit d’un « think tank » anti-vegan, de l’un de ces organismes d’intellectuels impulsés par l’industrie pour fournir une idéologie, des justificatifs, etc. Voici ce qu’il dit sur le Japon…

« Le troisième moment important pour la culture laitière japonaise se situe à la fin de la deuxième
guerre mondiale (1945). Avec la présence des troupes américaines, on recommande et
on encourage l’adoption d’habitudes alimentaires occidentales en remplacement de certaines pratiques traditionnelles.

On se met à manger du pain plutôt que du riz, de la viande plutôt que du poisson, et du lait plutôt que de la soupe miso dans le but d’internationaliser la cuisine japonaise. Ces recommandations résultaient de considérations culturelles, mais aussi nutritionnelles.

L’aide alimentaire fournie par les États-Unis après la guerre afin d’éviter la famine entraîne, de manière imprévue, des changements importants dans la consommation alimentaire des Japonais,
notamment celle des produits laitiers, qui explose. La consommation de fromage, par exemple, passe de 60 g par an et par personne en 1950 à 2200 g en 2007. Un changement aussi rapide des pratiques alimentaires sur une période de 60 ans a rarement été observé ailleurs. »

On devine très bien ici comment est masqué la modification par en haut des habitudes, derrière les concepts de « considérations nutritionnelles », « internationaliser la cuisine japonaise », « éviter la famine », etc.

C’est pour cela que plonger dans l’histoire est important : cela permet de comprendre comment les habitudes alimentaires ne datent en rien de la « nuit des temps », mais possèdent une histoire…

Luc Ferry conseille l’agriculture face aux inéluctables « mouvements hostiles »

Luc Ferry est « le » grand penseur français anti-animaux et anti-écologie. Dans Le Figaro, auquel il a accordé une interview, il dit une chose essentielle : il avertit les éleveurs qu’ils doivent prendre eux-mêmes en main la question animale, sans quoi… la société va finalement leur être hostile.

C’est intéressant, car déjà il montre que contrairement à ce qui a été fait tout récemment encore par certains (mais en général surtout par l’association L214), il ne faut certainement pas aider les éleveurs à comprendre le véganisme, à se « moderniser ».

Ensuite, il souligne le fait inéluctable (et lui-même le reconnaît en tant que tel) que va surgir une vague en faveur de la libération animale.

Au-delà des animaux domestiques, quid des animaux d’élevage, de leur alimentation et des conditions d’abattages (gavage d’oie, abattage rituel, élevage en batterie…)?

Qu’on le veuille ou non, le problème ne cessera de monter en puissance, car, pour des raisons de fond que je ne peux pas développer ici, la sensibilité à la souffrance animale ne cessera de s’accroitre dans les pays démocratiques.

J’ai eu l’occasion d’en parler à plusieurs reprises avec Xavier Beulin, le patron de la FNSEA, un homme que j’estime et respecte et qui comprend très bien les choses. Si vous comparez la France à des pays comme la Chine, le traitement des animaux d’élevage en France est remarquablement humain.

Allez sur les sites internet et vous verrez comment on écorche y vifs chiens et chats par millions sans le moindre scrupule. Il y a sur le net des vidéos qui tournent sur ces sujets et qui soulèvent le cœur: on y voit des chats qu’on ébouillante pour mieux arracher leur peau vivants, des chiens qu’on écorche vif et qui continuent à vivre et à saigner pendant des heures.

Donc, notre agriculture à bien des arguments à faire valoir par rapport à d’autres traditions.

Reste que son intérêt est de se saisir elle-même du problème pour faire des progrès, car faute d’en faire, je le dis avec la certitude de ne pas me tromper, elle sera rattrapée un jour ou l’autre par des mouvements hostiles de l’opinion publique. Du reste, un paysan qui respecte ses bêtes et qui se respecte lui-même, ne s’amuse pas à les faire souffrir.

Cela est tout à fait juste : il a raison de dire avec « certitude » que l’opinion publique va se lever de manière hostile contre l’exploitation animale.

Et il a raison de dire, également, que le meilleur moyen de l’exploitation animale en France pour se maintenir, c’est de se prétendre plus « humaine », plus « proche des animaux », plus « correcte », etc. En cela, elle est aidée de manière évidente par le « réformisme » en faveur du « bien-être » animal.

Mais tout cela ne tiendra pas ; le système de l’exploitation animale est partie pour inévitablement s’effondrer dans les prochaines décennies, et cela à l’échelle planétaire. L’humanité ne peut pas tenir « contre » Gaïa.

Et justement, il y a lieu de s’intéresser à une autre question à laquelle a répondu Luc Ferry.

Passons sur ses insultes perpétuelles visant à nier qu’il y ait une philosophie de la libération animale : lorsque Luc Ferry traite les amis et amies des animaux de « zoophiles », il ne fait que rappeler qu’il est un vil propagandiste cherchant à faire passer ses ennemis idéologiques pour des gens fondamentalement idiots, voire pervers.

Non, ce qui compte, c’est sa vision de la Nature. Luc Ferry nie la Nature, il nie la symbiose et l’entraide animale qui est pourtant un fait évident, et d’ailleurs l’importance des bactéries dans la vie complexe organisée en est une preuve évidente…

Et de manière subtile, il prétend que la pensée de Descartes sur les animaux est « aberrante », alors qu’elle est en réalité tout à fait logique et correspond absolument à l’anthropocentrisme, à sa conception « métaphysique » d’un Dieu ayant donné le « libre-arbitre » aux humains, et aux humains seulement…

Dans les traditions philosophiques, quel est le rang de l’animal entre l’être et la chose?

C’est toute la question, et elle est cruciale, d’une profondeur philosophique abyssale. Les animaux ne sont ni des choses, comme le prétendait Descartes de façon aberrante, ni non plus des humains, quoi qu’en disent les militants fondamentalistes qui discréditent leur propre cause par leurs délires «zoophiles».

La preuve? Les animaux n’ont pas de morale, d’éthique et ils n’enterrent pas non plus leurs morts, ce qui dénonte aussi une absence d’interrogation métaphysique. On a déjà vu des humains dépenser des trésors d’énergie pour sauver une baleine, on n’a jamais vu, sauf dans les contes de fées, une baleine en faire autant pour eux.

Ce sont en revanche, comme nous, des êtres sensibles, susceptibles d’éprouver du plaisir et de la peine et même, pour les mammifères supérieures, de développer une intelligence et une affectivité considérables.

C’est cela qu’il faut prendre en compte et respecter, sans pour autant les «humaniser».

Le problème, c’est que le cartésianisme a marqué profondément la tradition française avec sa fameuse théorie des «animaux machines». Descartes pensait sérieusmeent que les animaux n’étaient que des automates, des machines ultra sophistiquées, sans doute, mais quand même des machines sans affect. Par exemple, il déclare tranquillement que les hurlements que pousse un animal pendant une vivisection n’ont pas plus de signification que le «timbre d’une pendule».

C’est évidemment absurde, et aucun scientifique aujourd’hui ne défend plus cette thèse. Déjà Maupertuis objectait à Descartes que si les animaux étaient vraiment des automates, personne ne s’amuserait à être sadique avec eux. On n’a jamais vu personne, disait il, torturer une horloge alors qu’on a souvent vu des enfants ou même des adultes prendre plaisir à torturer une bête…

Luc Ferry tente de sauver les meubles de l’anthropocentrisme, de la religion, il tente de sauver le tout en faisant des animaux… ce qu’ils sont en fait pour le bouddhisme et l’hindouisme. Dans ces religions en fait, les animaux sont des âmes qui en raison de leur mauvais « karma », se sont réincarnés en animaux, être inférieurs.

L’idée de Jules Ferry, c’est de cesser de nier ouvertement les animaux comme dans les religions chrétiennes, musulmane et juive jusque-là, pour leur accorder une reconnaissance… mais comme « êtres inférieurs ». Voilà pourquoi Jules Ferry peut dire :

La protection des animaux ne mène-t-elle pas à l’anthropomorphisme?

C’est précisément un écueil à éviter et malheureusement, les militants de la cause animale tombent souvent dans le piège. L’animal est un intermédiaire entre la chose et l’homme, il n’est ni l’un ni l’autre, et qui confond les deux tombe dans un véritable délire qui nuit de toute façon à la cause animale. J’aime bien la formule de Michelet, comme j’aime le poème de Hugo sur le crapaud: tous deux parlaient joliment de nos «frères inférieurs», ou de nos «frères d’en bas». Je trouve que c’est bien vu et que cela suffit à tout faire pour éviter les souffrances inutiles aux animaux.

C’est très bien vu, et la modification de la loi en cours (nous en reparlerons lorsqu’elle sera votée, dans la semaine) a exactement le même sens.

Des recettes « végétales » qui contiennent des produits laitiers

C’est un problème récurrent, qui tient aux définitions. Dans les commerces alimentaires ou dans les revues en effet, il est possible de trouver des produits mentionnés comme étant d’origine végétale ou des recettes « végétales ». Nous avions déjà évoqué ce problème.

Mais quand on y regarde de plus près, ces produits ne sont pas du tout végétaux…

Par exemple, en supermarchés se trouve la « pizza végétale Ristorante » de la marque Dr Oetker. Seulement, la liste des ingrédients montre immédiatement que cela relève de la supercherie intellectuelle : Farine de blé, 19% purée de tomate, 12% fromage (mozzarella, edam), 9% tomates cerises, 9% poivrons, eau, crème aigre, huile végétale, 3% oignon, 3% préparation de piments (piments, eau, vinaigre de vin, sel, antioxydant (acid ascorbique), acidifiant (acide citrique), 1.5% olives, levure, sel iodé, sucre, amidon modifié, ail, origan, cosses de piment, poivrons, concentré de tomates, protéines de soja hydrolysées, acidifiant (acide lactique), extrait de levure, matière grasse végétale, vinaigre de vin, farine de riz, caramel, dextrose, carottes en poudre, oignons en poudre, poivre.

Le fromage n’est bien sûr pas un produit végétal, le lait étant produit par les vaches qui attendent un veau, les produits laitiers (et de ce fait le fromage) sont donc des produits venant des animaux.

Seulement, bien sûr, le lait a une définition « floue », parce qu’il rentre de plein pied dans l’exploitation animale. Ainsi, selon le Règlement (CEE) n° 1898/87 du Conseil du 2 juillet 1987 concernant la protection de la dénomination du lait et des produits laitiers lors de leur commercialisation :

La dénomination «lait» est réservée exclusivement au produit de la secrétion mammaire normale, obtenu par une ou plusieurs traites, sans aucune addition ni soustraction.Toutefois, la dénomination «lait» peut être utilisée:

Suivent alors diverses exceptions. En tout cas, suivant cette définition, le beurre et la crème… ne seraient pas des produits laitiers, mais des « matières grasses ». Même les glaces ne sont pas considérées comme des produits laitiers!

Et donc, de manière intéressante, le lait en tant que sécrétion mammaire de la vache est séparé du reste des productions du corps, qui sont alors des « sous-produits » comme le précise de manière pseudo « subtile » la législation européenne :

Les sous-produits animaux sont définis comme les cadavres entiers (ou parties) d’animaux ou les produits d’origine animale non destinés à la consommation humaine, y compris les ovules, les embryons et le sperme. Ils représentent plus de 15 millions de tonnes de viande, de produits laitiers et d’autres produits, y compris le lisier. Ces matières sont ensuite éliminées ou transformées et réutilisées dans un grand nombre de domaines, y compris le secteur cosmétique ou pharmaceutique, ainsi qu’à d’autres usages techniques.

Voilà de sérieuses subtilités n’aidant pas à la clarté. Ainsi, et ce cas n’est pas rare, et si l’on y prête un peu attention, il est facile de voir que bon nombre de produits définis comme « végétaux » contiennent une matière d’origine animale. Le flou légal permet d’entretenir le flou général, et inversement.

En voici un autre exemple avec cette recette issue d’un quotidien régional de « galette végétale » qui contient… du yaourt !

Parce qu’un aliment ne contient pas de « viande » il n’en devient pas pour autant un produit végétal. Le miel, les œufs, les produits laitiers, sont des éléments produits par les animaux et qui sont issus de leur exploitation.

Un plat aux légumes et au fromage n’est pas un plat végétalien, c’est un plat végétal… et au fromage! C’est pourtant simple, mais voilà, il y a une idéologie dominante.

Pourtant, tout le monde sait que le lait n’est pas un végétal, quelque chose qui pousse dans les arbres ou dans la terre.

Il serait ainsi grand temps d’arrêter ces fausses appellations, qui sont totalement aberrantes. Pour cela, il faut de la rationalité, des définitions.

Pour cela, il faut arrêter le jeu de la confusion entre végétarisme et véganisme, tout le discours relativiste; il faut barrer la route à l’absence de définitions strictes et de règles, car c’est aussi à cause de ce genre de dénominations mensongères qu’apparaissent des personnes qui se prétendent végétariennes tout en mangeant les poissons ou les poulets, qu’il y a la porte ouverte aux flexitariens et aux laxistes en tout genre, hipsters et autres.

Une installation dans un ours empaillé?

Voici une information totalement grotesque, diffusée ici par le quotidien Le Figaro : au début du mois d’avril, à Paris, une personne issue du milieu se voulant artistique va vivre pendant quinze jours dans le corps d’un ours naturalisé….

Le but de cette manœuvre serait, selon l’initiateur du projet, d’avoir un accès mystique à la vie de l’animal lui-même! On va tout de même très loin dans l’obscurantisme….

Mais cela n’est pas étonnant, puisque cela se passe au « musée de la chasse et de la nature » – on reconnaît là tout le « mysticisme » propre à l’idéologie de la chasse, dont nous parlons malheureusement bien souvent.

On n’échappe d’ailleurs pas non plus à l’egotrip typiquement décadent, puisqu’il y aura des caméras pour filmer la personne non stop, comme l’explique le communiqué de presse:

Allongé dans l’animal taxidermé, ne disposant que du strict nécessaire à sa survie, le performeur sera épié en permanence par deux caméras de surveillance. L’expérience de l’artiste s’appliquant à « devenir animal » sera relayée en permanence et en direct sur le nouveau site Internet du musée.

Voici comment le quotidien Le Figaro présente ce « happening » sordide.

INSOLITE – Du 1er au 13 avril, au Musée de la Chasse et de la Nature, un performeur va vivre à l’intérieur d’un ours brun naturalisé.

Ça va sentir le fauve! Tel Jonas dans sa baleine, Abraham Poincheval va s’isoler treize jours durant dans un ours empaillé. Au Musée de la Chasse et de la Nature on promet que ce n’est pas un poisson d’avril mais une performance artistique qui «puise son inspiration dans le chamanisme».

Du 1er au 13 avril, donc, Abraham Poincheval dormira, mangera, fera ses besoins, et passera le temps en lisant dans son animal de 115 kilos qu’il a reconstitué et aménagé en capsule de survie. La bête sera installée au centre du salon de Compagnie de l’hôtel de Guénégaud, au premier étage de ce musée parisien.

L’artiste va tenter «d’accéder à un état méditatif»

Assis comme dans une chaise longue rembourrée de coussins, le performeur, ne disposant que du strict nécessaire, tentera «d’accéder à un état méditatif, d’expérimenter les conditions de vie de l’animal et la perception du monde qui est la sienne».

Son expérience sera médiatisée en direct via le site du musée. Elle a déjà connu quelques précédents. Abraham Poincheval a été emmuré une semaine dans une librairie et enterré sous le parvis de l’hôtel de ville de Tours pendant huit jours.

« Expérimenter les conditions de vie de l’animal et la perception du monde qui est la sienne« , voilà que cet « artiste » ne doute de rien ! Comme si un ours empaillé allait lui « transmettre » quelque chose parce qu’il s’installe dedans, de manière aménagée avec de la nourriture lyophilisée et des tubes pour boire et évacuer les déchets… C’est complètement délirant.

On atteint ici un très haut niveau de négation de la Nature, au profit du pure « esprit ». Car expérimenter les conditions de vie de quelqu’un, c’est vivre avec lui au quotidien, partager les joies et les peines, la facilité et la dureté de la vie, et certainement pas se mettre en avant devant un public en faisant son show dans le corps d’un animal mort.

Ici, ce pseudo artiste crucifie une fois de plus la dignité animale et cela au nom de l’expérience « personnelle ». Encore et toujours on retrouve le culte de l’ego contre la Nature.

D’ailleurs, le type met son « expérience » sur le même plan que la découverte « des Amériques » (voir la vidéo ici), rien que ça!

Alors que l’art pourrait être un moyen pour représenter, et aussi dénoncer, critiquer, pour servir des causes nobles (comme cet artiste qui fait des portraits des chiens dans les refuges)….

Ici, une nouvelle fois, on a les animaux pris en otage pour un geste décadent pseudo artistique anti-végan, pour « expérimenter » des actions futiles où vulgarité, perversion et égocentrisme sont de mises et érigées en norme !

« Invisible dog »

Dans l’article cité hier, il était parlé de l’un des théoriciens anti-nature, Serge Moscovici. C’est le père de l’actuel ministre de l’économie. On peut effectivement se douter que le gouvernement actuel baigne intellectuellement dans tout cet esprit « moderne » anti-Nature.

Les réactionnaires en profitent largement, tellement c’est facile à critiquer. Najat Vallaud-Belkacem est par exemple une cible facile.

Elle a dit hier : « Nous avons dit dès le départ que le 8 mars, c’était toute l’année », pourtant elle n’a rien dit sur le comportement de François Hollande vis-à-vis de Valérie Trierweiler…

Et qui plus est, elle fait partie des gens militant pour la reconnaissance du principe des mères porteuses…

Regardons cependant quelque chose qui nous intéresse : le rapport aux animaux. Découvrons encore un objet délirant : le « chien invisible ».

Ce truc est apparu dans les années 1970, vient d’être relancé par un Français qui a réalisé récemment une galerie d’art contemporain de 1400 m², le « invisible dog art center« , dans les locaux d’une ancienne usine new-yorkaise où justement était fabriqué le « invisible dog ».

C’est là qu’on retrouve Najat Vallaud-Belkacem, dans l’esprit « moderne », bobo, hipster, queer, etc. Voici comment le quotidien conservateur qu’est Le Figaro raconte cela :

« La ministre l’a ramené de Brooklyn lors de l’un de ses passages éclairs à New York. C’est un petit caniche qui présente bien des avantages. Il n’aboie pas.

Ne mordille pas les chevilles des visiteurs, ni n’abîme le mobilier national de l’hôtel de Broglie qu’elle occupe.

Il n’oblige pas à se baisser pour ramasser ce qui doit l’être. Mieux, il n’a pas de sexe. Indifféremment chien ou chienne, chien et chienne, selon les désirs de son maître. Son nom: Invisible Dog, une laisse rigide qui se termine par un collier vide.

Outre-Atlantique, il fait fureur chez les bobos. En France, ils ne sont que quelques-uns à en posséder un. Comme souvent, Najat Vallaud-Belkacem se croit en avance sur son temps.

C’est vrai en matière d’art. N’a-t-elle pas fait décrocher de son bureau une toile de maître qui faisait pourtant le bonheur de ses prédécesseurs au motif, selon ses propres mots, qu’il s’agissait d’une «vraie croûte!» , lui préférant une peinture abstraite? C’est encore plus vrai en matière de politique et de lois sociétales. »

Quelque chose comme ce « chien invisible » est précisément ce qui fait partie d’une culture dont il faut se débarrasser. On est dans la pose, dans l’amusement aux dépens des animaux. On est là dans le refus d’avoir des responsabilités, de reconnaître la réalité.

On n’est pas simplement dans une sorte de gadget plus ou moins inutile : on est ici dans ce qui se veut de l’art, de la subversion. Or, c’est ni plus ni moins que du nihilisme et dès que cela concerne les animaux, c’est de la barbarie.

Ce « invisible dog » affirme que le meilleur chien est celui qui se plie de manière complète aux exigences des humains, qui ne se fait pas remarquer. Bref, qui est invisible quand il le faut, sur simple demande. On est dans une perspective totalement dénaturée…

Ce qui est l’occasion de rappeler le mépris nécessaire pour tous les bobos, hipsters, queers et autres délires!