Archives pour la catégorie véganisme

Les produits vegan d’Attitude

ATTITUDE est une marque canadienne de produits ménagers d’entretien, de produits corporels pour adultes et bébés. Ces produits se vendent dans les supermarchés tels que Auchan et Simply market.

Le site Ecco verde propose à la vente seulement quelques produits et le site internet d’ATTITUDE ne commercialise ses produits que vers le Canada et les USA. Autant dire que cette marque est peu distribuée, ce qui est bien dommage car les produits ATTITUDE sont vegan, sans cruauté animale.

Par ailleurs, les produits de cette marque se veulent exempts de composés cancérigènes tels que le sodium lauryl ether sulfate, et c’est d’ailleurs leur marque de fabrique, car un imposant encart précise sur le devant de leurs produits qu’ils sont sans contaminants ou produits dangereux pour la santé.

Le design de leurs emballages est assez agréable, bien que parfois simpliste (la majorité des produits étant destinée aux enfants), mais c’est toujours plus sympathique d’acheter un produit vegan avec un dessin de fleurs ou une photographie d’une grenouille ou de tout autre être vivant :










Quelque chose  à savoir si on passe à Auchan ou Simply Market!

Le régime « pegan »

Tout est fait pour contourner le véganisme, vraiment tout. Pour le coup, là, l’article de Top santé sur le régime « pegan » se plante véritablement complètement.

La catégorie de l’article se situe dans « minceur » mais l’article ne dit pas cela, parlant d’un régime idéal en général… Régime préconisé par « les experts de nutrition », est-il dit, puis ensuite il est parlé de Mark Hyman, expert en minceur et conseiller de Bill et Hillary Clinton, ce qui est bien différent!

Ce qui est proposé est d’ailleurs aberrant. Le grand concurrent du véganisme chez les bobos américains est le régime dit « paléolithique », qui consiste à manger soi-disant comme au paléolithique. Ce qui est proposé ici, c’est un régime végétalien… sans sucre raffiné, ce qui est meilleur pour la santé, et en se méfiant du soja, ce qui peut effectivement être meilleur… A quoi est ajouté  de la « viande ».

En gros le refus du véganisme est  maquillé en « avant-gardisme » paléolithique, puisque de toutes manières les protéines pourraient tout aussi bien être végétales…

Le régime Pegan, ou Paléo-Végan : lequel choisir ?

Le Peganisme est le nouveau régime conseillé par les experts de nutrition. Il combine les aspects du régime végan et du régime paléolithique.

Le véganisme et le régime paléolithique semblent être des régimes complétement opposés. Le premier, récemment reconnu comme un bon moyen de perdre du poids, évite tout produit issu des animaux, alors que l’autre – inspiré du régime de nos ancêtres « l’homme des cavernes » – conseille de manger beaucoup de protéines animales maigres.

Cependant, selon l’expert et spécialiste de la nutrition américain le Dr Mark Hyman, qui a inventé le nom « Pegan », en combinant des aspects des deux régimes, on pourrait arriver à un bon compromis, plus facile à suivre et plus bénéfique que les régimes plus extrêmes que sont chacun le végan et le paléolithique.

Sur son blog, le Dr Hyman explique « c’est le régime alimentaire le plus favorable pour notre santé et la santé de notre planète. Il est écologiquement durable et respecte la vie des animaux »

Il ajoute : « après avoir fait des recherches sur la nutrition pendant 30 ans et analysé des milliers d’études scientifiques et traité des dizaines de milliers de patients avec la nutrition, je vote en faveur du Peganisme ! »

Que peut-on manger selon le régime Pegan ?

– Le régime Pegan est basé sur les fruits et les légumes, groupe alimentaire que les deux régimes favorisent (en fait, dans le régime Pegan, les fruits et les légumes devraient constituer 75 % de votre alimentation quotidienne)

– La protéine animale est aussi permise, mais elle devrait être bio et ne devrait pas excéder 25 % de votre alimentation quotidienne. L’animal doit avoir été nourri à l’herbe.

– Les bonnes graisses : avocats, olives, noix sont tous une bonne source d’acides gras Oméga-3

– Céréales complètes : c’est-à-dire les céréales sans gluten, intégrales, tel que le quinoa et le riz complet

Que faut-il éviter ?

– Les produits laitiers : qui pourraient être mauvaise pour la digestion

– Le soja: même s’il fait partie du régime végan, le soja est exclu du régime Pegan car de nombreuses études ont montré qu’il perturbe les hormones et est souvent génétiquement modifié

– Le sucre : trop de sucre augmente le risque d’obésité, du diabète etc.

Les bénéfices potentiels attribués au Peganisme sont nombreux. Selon le Dr Hyman, il pourrait aider à perdre du poids, baisser le niveau de cholestérol, réduire le risque du diabète et des maladies cardiaques.

Petit retour sur une soirée végétalienne hebdo à Paris

Les vegans sont vraiment des « drôles de personnes » : non seulement elles sont douées d’abnégation (pour les animaux), mais en plus elles sont capables d’un démarche systématique, même là où on ne s’y attend pas.

Ainsi nous parlions récemment des soirées hebdomadaires « vegan » dans un restaurant parisien ne l’étant pas (Dune). Dans la logique des choses, on ne peut pas « veganiser » un endroit qui ne l’est pas.

Or évidemment qu’a-t-on alors appris ? Que la véganisation partielle a bien lieu. Les vegans sont plein de ressources. La personne qui fait la soirée hebdomadaire végétalienne s’est organisée de manière pour le moins surprenante…

Déjà, et c’est vraiment étonnant, il y a un réfrigérateur spécifique pour les soirées végétaliennes… Hors de question d’avoir un mélange entre la nourriture végétalienne et la nourriture qui ne l’est pas.

Logique ! Mais ce n’est pas tout. Même chose pour les poêles et les casseroles… Là on se dit, c’est très fort et que la logique est poussée plutôt loin.

D’ailleurs, ce n’est pas tout, la personne responsable amène ses propres couteaux… Pas question de mélanger les couteaux ! Tout à fait normal et correct.

Et que dire : pareil pour les tupperwares et les plats pour les préparations… pareil pour le vitamix (un mixer/blender), pour la mandoline (une machine à râper)… Bref, c’est la totale.

Que dire? Cela montre que quand les végans veulent, ils peuvent (ou plutôt devrait-on dire, quand elles veulent elles peuvent, tellement le véganisme est porté par les femmes, d’ailleurs). Il y a des idées, des possibilités, et on se donne les moyens!

Là on a donc affaire à une occasion de proposer du végétalien dans un restaurant, dans des conditions qui sont bien dans l’esprit végan, même si le lieu ne l’est pas et qu’on peut – mais c’est un autre problème – critiquer un tel compromis. C’est cependant une question secondaire.

Car force est de constater que dans l’esprit on ne peut pas reprocher d’avoir abandonné les principes, et qu’en pratique une personne végane peut bien profiter de tels efforts effectués…

« Du jus de pomme vraiment végétal »

Voici un extrait d’un article très intéressant publié par le journal suisse Le matin.

Il traite du fameux problème de la filtration de certaines boissons – notamment le jus de pomme – au moyen de produits d’origine animale. Désormais il existe une variante vraiment végétalienne dans certains supermarchés suisses.

Car la « Migros » dont il est parlé dans l’article n’est pas du tout une marque. C’est un groupe de distribution, et même le premier en Suisse, avec pas moins de 37% du marché de l’alimentation en Suisse! Le second distributeur, Coop, a de son côté 35% des parts de marché!

C’est un « duopole » en quelque sorte, et il est intéressant de voir ici que ce sont vraiment les distributeurs qui décident ce qui est consommé. Nous en avions déjà parlé: s’adresser au consommateur est illusoire (à part pour une minorité), puisque le consommateur dépend de ce qui lui est proposé par les distributeurs…

Du jus de pomme vraiment végétal

Vegan — Migros lance une boisson sans matière animale. Car on trouve des traces de poisson, de poule ou de bœuf dans les nectars de fruits.

Les adeptes du régime végétalien ne consomment aucun aliment mis en contact avec des produits d’origine animale. Ils ne risquent donc rien avec les jus de fruits, la bière, le vin.

Faux! Des gélatines animales, de la colle de poisson, du blanc d’œuf, de la caséine ou du lait écrémé peuvent être utilisé lors de leur fabrication.

Essentiellement pour filtrer les liquides.

Ces substances coagulent les particules fines et l’on peut alors facilement retirer le tout.

Même si ces produits animaux ne se trouvent plus dans la boisson, leur utilisation suffit à rebuter les vegan et végétaliens convaincus, qui doivent se rabattre sur les produits non filtrés.

Vu l’absence finale de ces gélatines et autres dans les boissons que l’on consomme, ces auxiliaires sont autorisés par le label bio mais ne sont pas indiqués sur les étiquettes.

On ne peut donc pas savoir quelle boisson est fabriquée sans eux à moins de l’indiquer clairement.

C’est ce que vient de faire la Migros avec un jus de pomme vegan, amélioré mécaniquement et non plus avec des gélatines.

Selon Stefan Lustig, responsable du produit, «nous allons attendre la réaction de la clientèle avant de savoir si nous proposerons d’autres jus de fruits vegan».

70 centimes plus cher

La Société végane suisse salue ce jus, comme tout nouveau produit végétalien. Même s’il est 70 centimes plus cher que le «normal»?

«La Migros a communiqué qu’il n’y a pas de producteur suisse de jus de pomme végétalien, explique Cristina Roduner, chargée de presse de la société.

Il doit donc être importé d’Autriche avec des frais de douane. Nous comprenons ce problème.

Par contre, nous trouverions bien qu’il n’y ait pas un jus «exprès» pour les végétaliens mais que tous les jus le soient sur le long terme.»

Quelques réponses de Sean Muttaqi

Voici la traduction de quelques réponses par faites par Sean Muttaqi, à un magazine américain, au sujet de son groupe, « Vegan Reich », qui a joué un rôle fondamental dans l’émergence de la culture vegan straight edge, par l’intermédiaire du mouvement hardline.

Les réponses sont vraiment limpides: on voit très bien comment il y a une sortie de l’insupportable scène libérale – libertaire se prétendant révolutionnaire, comment le véganisme est assumé de manière totale et toujours avec une grande dimension sociale et par conséquent avec une méfiance vis-à-vis de la scène Krsnacore…

Et comme le mouvement ne trouve pas de voie pour avancer, il y a la retombée dans la religion…

Lorsque les membres de Vegan Reich se sont réunis, vous êtes-vous structuré pour être spécifiquement un groupe vegan straight edge ? Ou c’est venu plus tard?

Non, c’était une pensée réfléchie au préalable – je cherchais des gens pour commencer un groupe de libération animale militant. Tout ce temps, j’étais en interaction avec beaucoup de différentes communautés d’activistes, et de là une communauté soudée.

Nous causions beaucoup de controverse dans la communauté anarchiste, soulignant la contradiction de gens exigeant la liberté pour les êtres humains et opprimant les animaux en même temps.

Les gens ont commencé en plaisantant à se référer à nous comme fascistes vegans, voilà où est venu le nom |du groupe « vegan reich »]. L’idée était ; si vous allez nous appeler des fascistes vegans, alors nous allons nous appeler Vegan Reich.

Votre premier enregistrement, Hardline, allait avec un manifeste qui appelle aux gens à vivre en conformité avec « les lois de la nature », et d’éviter sciemment « les actes sexuels déviants et/ou l’avortement ». Cela a choqué – et énervé – beaucoup de gens.

Pour nous, en tant que militants de la libération animale, la qiestion de l’avortement était une question de cohérence.

Notre point de vue n’était pas le même que la vision de la droite chrétienne sur l’avortement; officiellement, le hardline ne disait pas que si une femme a été violée, elle ne pouvait pas obtenir un avortement.

Nous disions que vous devez reconnaître que la vie est la vie. C’était plus orienté vers le groupe des gens de libération animale: si vous dites que la crevette est une vie, et que vous ne devriez pas la tuer, sauf si vous avez absolument besoin de manger, au moins voyez l’avortement de la même façon.

Cela ne peut pas être utilisé comme contrôle des naissances – c’était cela la position hardline.

La question de l’homosexualité était liée à des influences différentes à l’époque. D’un côté, sortant de ce truc punk-rocker anarchiste, plein de fois l’homosexualité était une chose hédoniste pour certaines personnes.

Rétrospectivement, ces aspects ont été influencés par la morale, pas nécessairement la politique. Il y avait un moralisme conservateur, la notion que le sexe était pour la famille.

Évidemment, le groupe a utilisé des images provocatrices – comme le fameux logo avec les deux mitraillettes se croisant – et amené beaucoup de controverse. Comment étaient les concerts ?

Eh bien, nous avons eu beaucoup d’amis dans notre scène locale, et ce que nous disions n’avait pas vraiment d’importance. Mais je pense que dans différentes parties du pays que vous aviez certainement des gens choqués, comme ayant une image violente..
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Les gens de, disons dans le Midwest, seraient comme « Ces gars-là ont des armes! ». Mais en Californie, nous connaissions des punks pacifistes qui avaient des AK-47 dans leurs maillots. Ils avaient affaire à des skinheads et toutes sortes d’autres choses.

À la fin des années 1980 et au début des années 1990, certains jeunes de la scène hardcore de New York se sont alliés avec le mouvement Hare Krishna, qui a également favorisé un mode de vie straight edge végétarien. Avez-vous été intrigué par la scène dite Krishnacore?

C’est arrivé à peu près au même temps que le hardline.

Eh bien, nous avons déjà eu ce truc de libération animale radicale, ce qui était en conflit avec leur dépendance par rapport aux produits laitiers.

Mais je pense que le fond du souci tenait à leur notion de réincarnation, et comment c’est attaché à l’injustice sociale et à la souffrance. Dans mon esprit, c’est cela qui at vraiment créé un conflit entre nous et eux. Nous ne gobons pas cela.

Nous ne gobons pas que les gens ou les animaux souffrent à cause de quelque chose qu’ils ont fait avant.

La plupart des gens pensaient que c’était une chose très positive, parce qu’ils étaient végétariens et ont fait toutes ces choses cool. Mais cela ne semblait pas si positif pour nous.

Quelques amis proches, qui ont été marginalement associés au hardline, ont fini par y entrer, et ils en ont en quelque sorte fait leur vie, vous savez, retourner en Inde chaque année, de la même manière qu’être musulman est une partie importante de ma vie, maintenant.

J’ai une une meilleure vision de la chose Krishna qu’alors. Je reste en désaccord avec elle, théologiquement, en tant que musulman, mais j’en ai une compréhension positive comme chemin spirituel.

Un « menu 100% Vegan » dans un restaurant même pas végétalien?!

[Des précisions sur la véganisation de l’endroit sont à lire ici.]

« Ceviche d’huîtres sauvages, onglet maturé par Michel Brunon, purée au beurre Bordier ou encore crème de citron de Kalamata sontquelques uns de nos plats signature. »

Cette longue phrase est tirée du site du restaurant « Dune », qui se situe à Paris dans le quartier (très branché) de la Bastille. On le devine on a ici affaire à du hipster, du bobo, etc.

Le terme « onglet » ne disant rien à personne à part pour les bobos avides de « pièces nobles » (sic!), en voici la définition par wikipédia:

L’onglet est un morceau de viande de bœuf ou de veau situé sur le ventre, sous le faux-filet et le filet.

Or, comme il faut bien être à la mode, depuis quelques mois, il y a dans ce restaurant des… « mardis vegans »,  qui n’ont rien de vegan bien sûr: le terme est ici uniquement une arnaque « branchée » utilisée ici pour désigner des plats végétaliens et leur donner un côté plus « hype ».

Le restaurant utilise cela comme moyen de se faire une publicité branchée, présentant cela de la manière suivante :

« Tous les mardis soirs, retrouvez Maylis Parisot en cuisine avec un menu 100% Vegan »

Cela ne tient pas debout… C’est vraiment une escroquerie, car toute personne végane défend naturellement, et avec raison, le fait que le réfrigérateur ne doit pas contenir de produits de l’exploitation animale, et hors de question d’utiliser des couteaux, fourchettes ou poêles ayant servi à mutiler des cadavres…

Alors désigner un restaurant comme vegan alors que dans la chambre froide il y a des animaux assassinés…

On pourra peut-être arguer : après tout c’est mieux que rien, ne soyons pas trop idéalistes, au moins là c’est végétalien pour les plats. Mais en ce cas, comment interpréter l’information suivante, fournie par Télérama qui fait un éloge de cette alimentation végétalienne… temporaire :

« Si vous voulez goûter à l’aventure, sachez qu’en plus des mardis soir, le restaurant devient cet été totalement vegan, midi et soir du 20 au 30 juillet. Puis il ferme pour les vacances, avec une réouverture le 17 août. Et du 17 au 31 août, Dune sera encore totalement acquis à la cause vegan, non plus avec un menu unique mais avec des plats à la carte. Début septembre, le restaurant retrouvera son chef et sa cuisine habituelle. »

Là, c’est évidemment indéfendable, même pour qui est prêt au compromis!

Car le véganisme, ce n’est certainement pas un petit tour et puis s’en va. Le véganisme est une démarche totale. « Totalement acquis à la cause végane » en sachant que juste après, le végétalisme passe à la trappe? C’est une insulte absolue au véganisme.

Tout cela révèle la tendance erronée qui rapproche le véganisme du végétalisme, puis du végétarisme, tout cela pour liquider le sens des mots, et la pratique végane ensuite…

Quelle est la valeur d’un tel végétalisme « temporaire », seulement destiné à remplir le restaurant l’été?

Déjà, à nos yeux, un compromis local, sur le plan du lieu, est inacceptable. Mais si là en plus le végétalisme n’est qu’une sorte de parenthèse touristique, simplement temporaire, c’est encore pire…

Et tout cela est une tromperie qui contribue à la tromperie. Il est clairement honteux que le restaurant ose s’approprier le terme de vegan, alors qu’à côté de la nourriture végétalienne rien n’est végétalien, ni végan… Cela induit clairement en erreur, comme le montre le titre de l’article de Télérama qui est honteux:

« J’ai testé… le dîner vegan du restaurant Dune »

Végétalien, peut-être et encore, mais alors végan… Carrément pas ! C’est là, encore une fois, un hold up bobo, une tentative de briser le véganisme, qui est une morale.

Comme il serait hypocrite pour une personne végane de manger dans un tel restaurant en se disant : bientôt le végétalisme cédera la place à l’arrivée de cadavres célébré par des bobos appréciant la « viande maturée » et autres expérimentations sordides sur les cadavres de nos amis animaux…


Tout cela révèle vraiment quelque chose de terrible : il y a des gens qui sont végans pour leur bonne conscience. Les animaux ne les intéressent pas, la Nature ne les interpelle pas. Ils ont juste décidé d’éviter d’avoir à participer à ce qu’ils voient comme un crime.

Ils vont au mieux protester contre ce crime. Mais mener la bataille pour changer… pas moins que toute la société, hors de question pour ces gens-là. Ils nient l’universalisme du véganisme, ils n’assument pas le fait qu’être végan individuellement… n’a de sens que si demain tout le monde devient végan, sans quoi on n’aura juste été une « anomalie », une « exception »…

Ils sont donc, prêts à tout accepter, du moment qu’on leur donne une image « sainte ». Dans une telle optique chrétienne, dans une version « egotrip » propre à notre époque, se dire vegan a – temporairement – sa petite valeur, son petit prestige ; cela permet de faire semblant de ne pas être comme tout le monde…

Alors qu’au final on a la même vision du monde que les autres, le cynisme en moins. On devine qu’un tel véganisme « individuel » n’ira pas bien loin et disparaîtra par la suite au bout d’un temps, l’effet de mode étant passé…

« Physiologiquement, cela ne marche pas »

Cette interview d’un docteur par Le Point est une anomalie. Trouver, en effet, un médecin qui en 2015 dit du végétalisme que « physiologiquement, cela ne marche pas », cela n’existe plus, même en France!

C’est donc un témoignage intéressant, un reflet du passé… Car il y a quelques années c’était bien sûr le grand leitmotiv: le végétalisme serait impossible, trop de carences, etc.

Aujourd’hui cependant une telle approche est devenue une caricature, et même les anti-végétaliens attaquent sur d’autres fronts (la morale, la culture, etc.).

Le terme « vegan » est d’ailleurs de plus en plus connu. Cela ne va pas sans contradictions: assumer le véganisme demande des exigences morales et culturelles en conflit avec les valeurs dominantes.

Sans doute que le médecin, écrivant régulièrement dans cet organe très conservateur qu’est Le Point, a voulu directement couper court à la problématique, plutôt que d’avoir une bombe à retardement…

Il lui est facile de faire « à la française » en disant qu’il ne faut pas être extrémiste, qu’il faut savoir raison garder, que rester mesuré est la source de la vérité et autres hypocrisies!

Cela lui évite d’avoir à rentrer dans une logique qu’il faudra stopper net quand les conséquences en seront saisies. Car parler de véganisme dans un monde qui l’est de moins en moins, cela peut permettre à court terme de prétendre être pour le changement, mais à moyen terme la contradiction est telle que…

« On a eu le régime hyperprotéiné, maintenant on a le vegan »

Le Point – Publié le 25/06/2015 à 06:10 – Modifié le 25/06/2015 à 07:09
Le mode de vie « vegan » est très en vogue, chez les people notamment. Mais n’est-il pas dangereux pour la santé ? Réponse avec le Dr Laurent Chevallier.

Propos recueillis par Sixtine Lys

Le régime vegan, terme entré dans la dernière édition du Larousse, est la combinaison d’une alimentation proche de celle du végétalien, qui exclut tout produit issu des animaux – y compris le miel et les produits laitiers –, et de modes de consommation liés à des convictions. Rendu célèbre par des people qui s’en réclament, comme Beyoncé, ce régime, suivi pour différentes raisons (santé, écologie, spiritualité), est l’objet de plus en plus de critiques. Premier chef d’accusation : les risques de carence. Si de grandes marques s’emparent déjà de ce marché, telles que Ben & Jerry’s qui travaille sur la création d’une crème glacée sans lait, il convient de s’assurer qu’un tel régime n’entraîne pas de dangers pour la santé. Le Dr Laurent Chevallier*, nutritionniste intervenant dans Le Point, répond aux questions sur le régime vegan.

Le Point.fr : Est-il possible d’avoir une alimentation équilibrée tout en suivant le régime vegan ?

Dr Laurent Chevallier : Les régimes « à la mode » sont souvent excessifs. On a eu le régime hyperprotéiné, maintenant on a le vegan. Mais physiologiquement, cela ne marche pas. Ces régimes fonctionnent sur des déséquilibres nutritionnels. L’organisme a besoin d’une diversité alimentaire. En revanche, le fait de manger moins avec une tendance végétarienne, c’est une bonne chose.

Le régime végétarien est plus conseillé que le veganisme ?

Un régime végétarien peut être tout à fait viable si, par ailleurs, il y a les combinaisons alimentaires suffisantes. La vitamine B12, par exemple, est absolument indispensable pour la fabrication des globules rouges et très rare dans le milieu végétal. Quand on est végétarien, les œufs et les produits laitiers suffisent. Pour les végétaliens, c’est beaucoup plus difficile. On peut en trouver en toutes petites quantités dans les algues ou le quinoa. On voit aussi des déficits en vitamine D qu’on trouve dans les poissons gras, le beurre ou grâce à l’exposition au soleil. Ce n’est pas spécifique aux végétaliens, mais ce régime accentue cette carence, qui favorise des pathologies telles que les insuffisances cardiaques. Enfin, il y a le déficit d’apport en fer. Le fer d’origine animale est plutôt bien assimilé, contrairement au fer d’origine végétale. Avec un régime végétalien strict, il y a un risque de grosses carences et de troubles de la nutrition. Je comprends le fait de manger moins de produits carnés, mais il faut faire attention à ne pas pousser à l’extrême. Physiologiquement, l’homme a besoin de ces éléments qu’il ne sait pas synthétiser, comme la vitamine B12. Pour ma part, je préconise à mes patients, cardiaques notamment, d’avoir une « tendance » végétarienne qui est un mode de vie plutôt sain.

Les Français mangent-ils trop de viande ?

Oui. La consommation de viande est un malentendu. Historiquement, on n’en a jamais beaucoup mangé. L’homme est un chasseur-cueilleur, mais un piètre chasseur, en comparaison avec les bêtes carnivores. Ses sources de protéines étaient d’une part les légumes secs et d’autre part les insectes. La viande a ensuite été un marqueur social, car la chasse était réservée aux nobles. Avoir accès à la viande était une preuve de richesse. Aujourd’hui, la consommation de viande est tout à fait excessive. Selon moi, 400 grammes de viande par semaine et une alimentation équilibrée doivent largement suffire pour couvrir les besoins en vitamine B12 et en fer.

Comment faire pour éviter les carences du régime vegan ?

En termes d’apports en protéines, ce n’est pas un problème. Les végétariens font des combinaisons entre légumes secs et céréales. En ce qui concerne les glucides, on en consomme déjà trop. Pour mieux assimiler le fer végétal, on peut prendre des vitamines C. Pour la vitamine B12, en revanche, c’est plus compliqué. Il faudrait prendre des algues, mais aucune étude ne prouve que la consommation d’algues arrive à suppléer au déficit d’apport en vitamine B12. Il faut également prendre un supplément en vitamine D.

Le vegan est un régime alimentaire mais aussi une philosophie de vie…

Concernant le mode de vie, je trouve que c’est une très bonne idée. On utilise beaucoup de graisses animales, on doit rajouter des produits chimiques pour que ça ne rancisse pas, et ce n’est pas sain. S’orienter vers des cosmétiques d’origine uniquement végétale est une bonne initiative. Attention cependant aux matières synthétiques dans les vêtements. Certaines matières chimiques ne sont pas forcément recommandables, comme les perturbateurs endocriniens.

Doit-on consulter un nutritionniste avant de se lancer dans un tel régime ?

Il faut surtout voir son médecin traitant, qui va faire des analyses et un bilan pour voir si c’est raisonnable ou pas.

*Médecin nutritionniste auteur de Moins de médicaments, plus de plantes (Fayard).

18ème vegan mania à Vienne

Ces dernières années dans le monde, deux villes ont connu une puissante vague de véganisme : Tel Aviv et Vienne. La raison en est que leurs sociétés disposent d’une très grande ouverture culturelle au véganisme. Le véganisme peut y être dérangeant ou rejeté, mais il n’est jamais vu comme choquant ou absurde, et évidemment la question du rapport aux animaux en général y est considérée comme très importante.

Le véganisme atteint ainsi là-bas une dimension « mainstream » – grand public – tout à fait conséquent, comme en témoigne la 18ème « vegan mania » à Vienne. Elle s’est déroulée du mardi 3 au samedi 6 juin, en plein centre de la ville de Vienne dans le quartier des musées.

L’autorisation d’une telle fête sur plusieurs jours en dit long sur la culture prévalant là-bas. Tous les médias nationaux en ont d’ailleurs parlé, sans aucune critique. Il y a également un concours d’organisé, en partenariat avec les universités de Vienne: celui du meilleur « discours » de quelques minutes en faveur des animaux, de l’environnement…

La boisson soda « nationale », appelée Almdudler, a même été le partenaire officiel pour les boissons! On a là un degré d’intégration sociale sans commune mesure avec la France.

Il est intéressant sur ce plan de voir qu’en apparence, la « vegan mania » est une sorte d’équivalent du « Paris Vegan Days », avec une multitude de stands et l’alimentation au centre des préoccupations. Cela ne se présente pas différemment… en apparence.

Car en réalité, les conditions sociales et culturelles sont totalement différentes. Le véganisme mis en avant en France par les partisans du « végéta*isme » ou d’un véganisme « chic et raffiné » correspond à une certaine approche pessimiste ou grande bourgeoise de la vie.

On retrouve ici des traits peu agréables: pas d’esprit positif, des gens habillés en noir, une grande porosité à la misanthropie, un certaine ouverture d’esprit à l’extrême-droite, etc.

Or, à Vienne, le véganisme est surtout alternatif étudiant. La « vegan mania » exprime une culture urbaine alternative, anti-terroirs, avec très logiquement de très nombreux DJs présents, tous ayant écrit quelques lignes sur la page de présentation pour présenter leur engagement.

Quand la quasi totalité des multiples glaciers de Vienne propose des versions vegans, et qu’une partie importante de la jeunesse urbaine devient végane, c’est l’expression d’un rejet moderne de restes culturels très réactionnaires. On a la même chose en Allemagne…

C’est très urbain, très étudiant, très classes moyennes, mais ce n’est donc pas vraiment bobo ni hipster. Cela se veut populaire, tourné vers les gens, résolument ancré dans une démarche positive de progrès.

Le véganisme n’est donc là-bas pas un prétexte au pessimisme, à l’esprit de dénonciation, aux poses élitistes…

« Meat Me » ou l’hypocrisie bobo

Voici une initiative, dont on nous a fait part, qui est exemplaire de l’hypocrisie bobo, mais aussi en partie du pseudo-végétarisme, pseudo-véganisme… Cela se passe à Lyon, cela se veut une « réflexion » sur la viande, avec un… « banquet carnivore et végétarien », et un représentant de L214 causant de la « viande » avec un boucher qui est un ancien éleveur.

Bref, les bobos rêvent de « viande » bio et mettent un peu de végétarisme pour faire un peu semblant d’être moderne et moral, et on trouve évidemment L214 à soutenir une horreur pareille en cautionnant, par sa présence, une initiative à vomir, typique de l’apologie de la petite production.

Le coup de proposer de la « viande » bio et à côté un petit peu de végétarisme – même pas de végétalisme, ces gens ne sont même pas capables de faire au moins un peu semblant – voilà bien le rêve bobo…

Meat Me, une journée autour de la viande pour manger et réfléchir

On a sans doute jamais autant parlé de viande que cette année, avec des Unes de quotidiens toutes de boeuf vêtues, à la Lady Gaga, des documentaires et des émissions spéciales diffusés quasiment chaque semaine.

Les images sorties clandestinement d’élevages industriels, de porcs et de poulets notamment, ont de quoi couper la faim.

Les problèmes environnementaux engendrés par ce type d’élevages ne peuvent plus être ignorés.

De plus en plus, l’intérêt nutritionnel de la viande est remis en cause.

La souffrance animale et le traitement des bêtes d’élevage traversent le débat public, recouvrant des questions philosophiques, économiques mais aussi de droit.

Ces constats mis bout à bout aboutissent bien souvent à la conclusion que, si l’on souhaite manger de la viande, il faut en consommer moins et de très bonne qualité.

Rue89Lyon et les Subsistances se sont donc associés pour monter l’événement « Meat me ». Lequel, comme son nom l’indique, doit permettre les échanges et les rencontres, pour nourrir l’estomac et la réflexion.

L’idée est née au lendemain de la première édition à Lyon du Salon des vins naturels, monté en coproduction avec nos grands cousins de Rue89. Notre petite équipe lyonnaise, indépendante du groupe de presse Le Monde, a eu envie de réaliser un nouvel événement dans la ville, qui questionnerait à la fois nos modes de consommation, les méthodes de production, le travail agricole et les impacts sur notre environnement. Des sujets que nous abordons régulièrement dans nos articles.

Ce dimanche 7 juin à Lyon, le site des Subsistances, structure culturelle qui a fourni un soutien indéfectible pour mener à bien ce projet, ouvrira ses portes dès 12h00 (entrée 5 euros, gratuite pour les moins de 10 ans). Une idée du programme ? Il suffit de demander.

Dès 11h30, un banquet carnivore et végétarien

Sur place, six stands vous attendent pour des dégustations (prix des assiettes fixés à 5 euros) de petits plats de viande produite avec soin, cuisinée en plancha ou au barbecue, et d’autres tout à fait végétariens. Il s’agit donc d’une journée ouverte à tous, carnivores ou non.

Ribs marinés, saucisses de boeuf, hamburgers, tout en bio ; légumes grillés et fromages de la ferme ; fruits frais et vins naturels : le banquet carnivore et végétarien s’annonce très séduisant. En voici les auteurs :

Frédéric Bello – Boucherie Bello
Avant de se convertir à la boucherie, Frédéric Bello a été banquier. Ce Jurassien a eu envie de se tourner vers le travail au corps à corps avec le produit et… il a choisi la viande. Il a ouvert en 2010 la première et unique à ce jour boucherie bio de Lyon, dans le quartier d’Ainay (2e). Il travaille notamment avec Sicaba, abattoirs labellisés bio conçus en 1965 par une coopérative d’éleveurs.

Florian Remont – Potager des Halles
Le Potager des Halles est un des bistrots les plus en vue de Lyon. Son chef, Florian Remont, aime cuisiner la viande et la choisit très soigneusement.

Katsumi Ishida – En Mets Fais ce qu’il te Plait
Chef d’origine japonaise qui a une foule de fans à Lyon et au-delà, Katsumi Ishida met en avant le produit. Il le commande superbe et il le reste une fois cuisiné et servi dans l’assiette. Il est également le premier restaurateur lyonnais à avoir proposé une carte de vins naturels -notamment en provenance du Beaujolais, terroir qui fût longtemps boudé par Lyon.

Axel Hernandez – La Cuisine Itinérante
Axel Hernandez a été l’un des cofondateurs du bar-restaurant De l’Autre côté du pont (7è), lieu qui a le premier à Lyon privilégié les produits locaux, l’approvisionnement en circuits courts. Il a monté « La Cuisine itinérante », un camion qui propose un excellent catering (on l’a testé au Salon des vins, avec saucisses au gène et pâte de coing à se damner). Il proposera ses petits plats, végétariens ou pas.

Benoit – Yabio
Yabio est un nouveau spot de burgers à Lyon (1er) où tout est bio, des steaks hachés au ketchup en passant par le pain. Le resto propose aussi un burger végétarien. Parce qu’il n’y est pas uniquement question de protéines, notez que le thé glacé est une gourmandise (fabriqué maison avec des thés spéciaux dénichés spécialement pour Yabio).

Julie Curtet et Alain Blin – La Crémerie de Lili + la Ferme de l’Hermitage
Alain Blin possède un troupeau de 80 chèvres. Il s’est converti en bio en 2009. Ses chèvres sortent tous les jours au pré, il complète leur alimentation avec des céréales locales (Ain et Monts d’Or), elles sont soignées à partir de plantes. Il vend autour de Lyon sur des marchés, au sein d’AMAP, dans des magasins bio.

Julie Curtet est à la tête d’un petit troupeau de 18 vaches depuis 2013. Elle tient à ne pas en avoir plus, le nombre étant suffisant à son échelle pour pouvoir s’en occuper selon ses critères personnels et ses propres choix. Ses vaches sont au pré quasiment tous les jours, nourries au foin avec un complément de céréales produites sur l’exploitation. Julie fait du lait, du fromage, du beurre et de la crème, qu’elle vend pour les deux tiers au marché et dans un magasin de producteurs.

Un débat à 15h30 : la viande sur le grill

Que signifie manger de la viande aujourd’hui ? Quelle est la réalité de la production, de la distribution et de la consommation de viande en France ? Du pré à l’assiette : comment fonctionne la filière boeuf (mais aussi de porcs et volailles) et quels choix existent pour le consommateur ?

Devons-nous cesser de consommer de la viande pour régler l’ensemble des problèmes que le produit fini peut poser ?

Nous invitons des spécialistes de la question qui débattront et apporteront des éléments de réflexion :

Pierre Hinard, ingénieur agronome qui fut directeur qualité dans l’industrie de la viande et auteur du très dérangeant « Omerta sur la viande » ;
Loïc Bienassis, historien à l’Institut Européen d’Histoire et des Cultures de l’Alimentation (Université de Tours).
Brigitte Gothière, militante de l’association L214 (« éthique et animaux ») ;
Fabien Barnave, ancien éleveur de vaches devenu boucher.
Un stand tenu par la librairie Le Bal des ardents (Lyon 1er) proposera une sélection d’ouvrages sur le sujet.

Le véganisme est-il soluble dans l’exploitation animale et l’anthropocentrisme?

Quand on a envie d’aider les animaux, on se dit logiquement que plus il y a de gens qui font des choses en leur faveur, mieux c’est. C’est cependant trompeur et l’enfer est pavé de bonnes intentions. Il y a mille manières en effet pour faire en sorte qu’une bonne idée se perde dans les marais, se retourne en son contraire, soit freinée, modifiée, abandonnée, etc.

Pour qui a une expérience un minimum sur le long terme du véganisme, ou tout simplement en étant réaliste d’ailleurs, il est évident que la libération animale s’oppose radicalement aux valeurs institutionnelles. Toute une économie est fondée sur l’exploitation animale; l’anthropocentrisme est la norme dominante.

C’est comme lorsque le Vatican prend d’assaut la conférence sur le climat de l’ONU à Paris à la fin de l’année: il faut être naïf pour penser que cela va contribuer à faire avancer les choses… Bien au contraire!

Tout est une question de contenu. Aussi, on ne peut pas croire que soit crédible la dernière affiche de l’association L214, qui prône le véganisme, comme si cette association portait entièrement le véganisme, alors que justement elle se veut un rassemblement large en laissant ouverte la porte au véganisme, voire en le soutenant.

Mais le revendiquer, cela demande un tel niveau d’exigence, qu’il y a forcément un décalage entre ce qui est dit formellement et ce qui est fait à la base. Et là, c’est contradictoire.

L’association organise également à Paris une conférence… sur la libération animale, concept que justement elle ne peut pas et ne veut pas assumer. L214 appartient au courant welfariste, du « bien-être »; elle pourrait parler d’égalité animale, d’antispécisme (et d’ailleurs les « cahiers antispécistes » co-organisent la conférence).

Mais la « libération animale », c’est un concept révolutionnaire, assumé par l’ALF et bien d’autres, et c’est précisément ce que réfute l’association L214… C’est là un hold-up intellectuel et culturel.

Voici la présentation de la conférence, avec notamment la présence de personnes présentées comme des « ténors » de la cause animale.

La libération animale : et après ?
Une conférence unique à ne pas manquer
Samedi 30 mai • de 14h à 18h (ouverture des portes à 13h30, début de la conférence à 14h précises)
Cité des sciences et de l’industrie • Paris 19e

L’association L214 organise, en partenariat avec Les Cahiers antispécistes, une conférence à Paris avec trois invités d’exception : Peter Singer, Aymeric Caron et Matthieu Ricard.

Conférence L214 Les Cahiers antispécistes à Paris

Les trois conférenciers exposeront leurs réflexions sur le thème La libération animale : et après ? Inventer une société sans exploitation des animaux.

Peter Singer : philosophe et professeur de bioéthique. Il est l’auteur du best-seller La libération animale, considéré comme l’ouvrage fondateur du mouvement contemporain des droits des animaux.
Aymeric Caron : journaliste de télévision et de radio. Dans son livre No Steak, il explique pourquoi, un jour, la viande disparaîtra et l’humanité deviendra végétarienne.
Matthieu Ricard : docteur en génétique cellulaire et moine bouddhiste. Dans son récent Plaidoyer pour les animaux, il expose les raisons et l’importance d’étendre notre bienveillance à tous les êtres sensibles.

Ce qui est significatif aussi, c’est la présence de Peter Singer, auteur justement de la « libération animale », mais qui s’oppose historiquement à l’ALF s’étant développé parallèlement à ses activités. Que dire aussi d’un moine bouddhiste ou d’un chroniqueur télé: c’est cela l’utopie?

En vérité, il s’agit simplement là de montrer le caractère « institutionnel », acceptable, non radical, non rupturiste… Il s’agit d’amener les gens sincères vers une voie de garage, gaspillant leurs énergies à coups de réformes alors que, comme on peut le constater aisément, l’exploitation animale s’intensifie et s’élargit sur la planète, dans des proportions gigantesques.

Le « véganisme » ne serait alors qu’un repli intellectuel de gens habillés en noir constatant la « tristesse » du monde, bref rien d’autre qu’une « conscience malheureuse »… Alors qu’en réalité notre devoir est de tout bouleverser de fond en comble!

« Végans extrémistes »

« Végans extrémistes : Alex, cadre bancaire, marqué comme une bête » : c’est le titre d’un article pathétique publié par Le Point, où l’on peut voir en vidéo ce cadre bancaire satisfait de se faire marquer au fer rouge, au nom de la « cause »…

Entre le réformisme de L214 dont les objectifs sont impossibles à part en 10 000 ans de réforme – alors qu’en plus l’exploitation animale grandit donc c’est le contraire qui se passe – et les postures morbides de 269 avec le fer rouge, on est pas gâté et rappelons que le véganisme obtient avec cela une très mauvaise réputation, les vegans donnant une image irrationnelle et glauque…

L’article du Point n’est évidemment pas dupe du caractère vain de ce symbolisme à la fois chrétien et décadent, et vise par conséquent ce qui apparaît comme la seule menace réelle, quand on est logique, à l’idéologie dominante de l’exploitation animale: la culture vegan straight edge…

Là par contre, on est dans la diffamation et la caricature: il s’agit de nuire au maximum, non pas d’expliquer, car là, la rupture est claire et nette, elle est moralement et culturellement indiscutable, et on ne peut pas « discuter » ou « négocier » ou « intégrer » ou corrompre à coups de poste d’universitaires, d’intellectuels, etc…

Quand le véganisme fait l’apologie de la violence

Mais toutes les associations de libération des animaux ne sont pas aussi pacifiques que Respectons. L’Animal Front Liberation se définit comme un mouvement écoterroriste. Saccages, incendies, destructions, tags…

Pour ce mouvement né en 1970 en Angleterre, mais très peu développé en France, la violence est le seul moyen pour faire reculer l’exploitation animale. Sur leur site internet, habillés comme des terroristes, ils vont jusqu’à appeler à la lutte armée contre les hommes pour défendre les animaux.

Les Straight Edge, une communauté qui se meurt

Mais pour ceux qui ne sont pas prêts à frapper pour défendre un lapin, il existe une autre option : le Straight Edge, ce mouvement américain qui prône un mode de vie « sans sexe, sans drogue, sans alcool ». Le Straight Edge est né pour contrer le punk hardcore, dans les années 1980. Ses adeptes prônent un retour à la vie saine, qui implique le véganisme pour certains d’entre eux.

Les actions des Straight Edge sont très peu nombreuses et se limitent à quelques manifestations pour la fermeture des abattoirs. La communauté perd beaucoup de membres mais « tente de survivre en se réunissant autour de stands pour sensibiliser au végétalisme », admet Benoît Mateu.

C’est tout simplement lamentable: même wikipedia est mieux informée.

Nous ne savons pas non plus si la personne citée ici à la fin a vraiment dit des choses aussi lamentables, mais dans tous les cas, rappelons que les journalistes déforment les propos comme ils le veulent, car ils ne servent pas l’information, mais des idéologies liées aux intérêts de leur groupe de presse.

Dans tous les cas par conséquent, nous conseillons de faire comme nous: refuser systématiquement les demandes des journalistes. Le vrai chemin démocratique ne passe pas par des gens ne visant pas l’information mais le sensationnel, la diffusion de points de vue conforme à leur vision du monde obéissant à l’idéologie dominante…

« Ciel, ma fille vire végétarienne ! »

Le Monde se préoccupe d’un problème qui concerne son public, sa base étant « CSP+ » et de tradition catholique: comment affronter le véganisme?

Le véganisme remet en cause tellement de choses, il est une telle rupture… Mais en même temps un certain « véganisme » est contradictoire.

Le véritable véganisme est l’affirmation positive des animaux. Le faux est une affirmation négative exprimée par des individus humains.

Si Le Monde en parle, c’est parce que le véganisme peut en effet être autre chose qu’une morale: il peut être faussement une « rébellion », une manière de se démarquer, bref un moyen de satisfaire son ego, dans une démarche typiquement anthropocentriste.

Il peut également et surtout être un moyen (parmi d’autres) pour les gens appartenant à la bourgeoisie moyenne de tenter d’humaniser le capitalisme, de freiner son expansion. Un peu comme certaines franges du mouvement hippie dans les années 1960, par exemple avec la Silicon Valley.

C’est pour cela que l’article du monde résume le véganisme à :
– quelque chose d’individuel, sans dimension immédiatement collective,
– une question principalement alimentaire, gommant son aspect systématique,
– l’expression d’une conscience malheureuse passive, au lieu d’y voir un désengagement révolutionnaire.

Un tel article reflète bien un certain « véganisme » qui ne s’intéresse, au fond, pas tant aux animaux qu’à un isolement individuel anti-social de gens appartenant à des couches sociales favorisées…

Ciel, ma fille vire végétarienne !

LE MONDE | 05.05.2015 à 13h55 • Mis à jour le 06.05.2015 à 11h43 | Par Catherine Rollot et Pascale Krémer

Fini le sacro-saint rosbif du dimanche. Maintenant, la petite dernière ne jure que par le tofu. Une « conversion » de plus en plus courante qui sème parfois la zizanie au sein des familles.

Quand, le cœur affolé, Ophélie l’a annoncé à ses parents, ils ont, dit-elle, tenté de dissimuler leur désapprobation, puis se sont inquiétés, et même sentis un peu coupables — qu’avaient-ils raté dans son éducation ? Bien sûr, ils continueraient de l’aimer telle qu’elle était. Et cette lubie lui passerait, forcément… Ophélie Véron, 29 ans, raconte son « coming out » alimentaire comme un tremblement de terre familial.

A 22 ans, cette jolie brune à taches de rousseur, auteure d’une thèse en géographie politique, s’avoue végétarienne. A 25 ans, elle se revendique « végane » – excluant de son mode de vie tout produit provenant des animaux (alimentation, vêtements, cosmétiques, etc.), dont elle refuse l’exploitation. « Très, très dur » face à des parents qui incorporent leur amour dans les petits plats du terroir. « Pour eux, c’était incompréhensible. J’avais une maladie psychiatrique ! » « Ce n’était pas comme si elle s’enrôlait dans l’Etat islamique, tout de même, tempère sa maman, sexagénaire. Mais c’était très étrange, ça la coupait de la nourriture des autres, donc de nous. » Depuis, les légumes ont rétabli la paix familiale.

Faire une croix sur la viande, le poisson, et même parfois le lait et les œufs, voilà le choix, mesuré en 2012, d’environ 3 % de la population (sondage Terra eco-OpinionWay). Depuis, bien des indices prouvent une accélération de la tendance, notamment chez les jeunes, filles en tête. Les livres de cuisines végétarienne et végétalienne font le bonheur des éditeurs, des blogueuses en vogue (comme Ophélie, alias « Antigone XXI ») concoctent leurs petits plats véganes pour 20 000 lecteurs quotidiens. Les restaurants poussent comme des champignons. Même Carrefour lance ses produits végétariens de marque distributeur.
« Un levier d’action politique »

« Le phénomène monte clairement depuis quatre ou cinq ans, surtout chez les urbains diplômés, observe la jeune professeure de mathématiques qui préside l’Association végétarienne de France, Elodie Vieille-Blanchard. Nous avions 500 adhérents en 2007, nous en comptons 4 000 aujourd’hui, dont beaucoup de jeunes. Sur nos 70 000 fans Facebook, les trois quarts sont des femmes, près de la moitié, des 18-34 ans. » Sur les campus, quelque 10 % d’étudiants se revendiquent végétariens ou végétaliens, 3 % de plus qu’il y a trois ans (enquête Cnous – Centre national des œuvres universitaires et scolaires).

S’ils prennent double ration de courgettes au restaurant universitaire, c’est d’abord par sensibilité à la cause animale et environnementale. Ajoutez à cela une pincée de bonnes résolutions (manger sain) et une large rasade d’informations, aisément accessibles sur Internet, partagées à l’envi sur les réseaux sociaux. « Les jeunes ne croient plus en l’efficacité du politique, ajoute Cécile Van de Velde, sociologue à l’Ecole des hautes études en sciences sociales. A défaut de pouvoir agir sur la grande société, ils changent leur propre vie quotidienne à travers l’engagement de proximité et la consommation, qui devient un levier d’action politique. »

Dans les familles, la « conversion » au culte végétal ne se fait pas toujours dans l’harmonie. En témoigne ce souvenir, gravé dans chaque mémoire, du jour fatidique de l’annonce aux parents. « C’était l’anniversaire de mes 17 ans », « Le 5 avril 2014 », « Pendant les courses de Noël avec ma mère », « Ma résolution du Jour de l’an, en 2011 »… Au pays de la gastronomie, du sacro-saint repas commun, du gigot du dimanche, les réactions ne sont pas forcément enthousiastes.

« Qu’est-ce que vous allez manger ? Vous allez nous compliquer la vie ! », s’est affolée la mère de Camille et Cécile Revel, des jumelles devenues végétariennes à 18 ans qui, pour aider leurs jeunes congénères en transition alimentaire, ont ensuite créé le forum Internet Génération végane. « Tu es manipulé », ont soupçonné les parents d’Alexandre Rozenblum, 17 ans, avant ce coup de grâce : « Tu fais ta crise d’ado sur le tard ! » « On n’a rien compris… Dire qu’elle aimait le rosbif saignant », s’interroge encore Natacha Coquille-Chambel, mère de Marie, 16 ans.

Autant que le casse-tête aux fourneaux, ce sont les éventuelles carences qui inquiètent. Un seul moyen d’y couper court, savent les jeunes : promettre visite chez le nutritionniste et analyse de sang régulière. Dans leur for intérieur, les parents carnivores espèrent que tout cela n’est que passade. Ils tentent la stratégie du lardon dans la quiche aux légumes. Ou du poisson à toutes les sauces, avant d’intégrer l’impensable : lui aussi est banni.
« Tu manges un mort »

Comme l’éphémère dure, chaque repas vire à la guerre d’usure. Avec, pour armes, les sempiternelles réflexions : « Et le cri de la carotte qu’on arrache de terre, tu ne l’entends pas ? » (le père) ; « Ce n’est pas parce que tu ne manges plus de viande qu’on va arrêter de tuer des animaux » (le grand frère) ; « On voit que tu n’as jamais connu la faim » (le grand-père) ; « Et ton bébé, tu le nourriras comment ? » (la grand-mère) ; « A ton mariage, on va manger de l’herbe ? » (les oncles et tantes)…

Jusqu’au conflit ouvert, avec prises de bec. « Mes parents aiment la viande, ils ne voulaient pas lâcher, se souvient Margaux Simonet, 24 ans, salariée d’une régie publicitaire. J’enlevais les petits morceaux cachés dans la purée, et c’était des engueulades, surtout avec mon père. » Valérie Ventura, secrétaire stéphanoise, s’est retrouvée à jouer les casques bleus entre un fils « très remonté » et une fille « un peu dans la provoc » : « Elle lui disait devant son steak “tu manges un mort”, et cela partait en dispute… »

Quand les parents se sont fait une raison, arrachant qui une concession sur le poisson ou les œufs, qui une promesse d’autonomie (l’exalté fera lui-même ses courses et son frichti de tofu au sésame, quinoa et graines germées), reste à composer avec les amis. Fatigant de se justifier sans cesse. Ou d’apporter son drôle de gâteau au chocolat sans lait, ni œufs dans les soirées. Maëlle Dravet, 17 ans, se sent « comme un fardeau » dans les sorties entre copains : « Je n’habite pas dans une grande ville, il n’y a pas de restau végétarien, c’est toute une affaire de choisir où nous allons manger. »

Si les véganes de son genre sont souvent perçus comme extrémistes, les végétariens ne suscitent plus guère d’opprobre. La viande n’est plus en odeur de sainteté nutritionnelle. Arrêter d’en consommer, chez les jeunes, peut relever de l’imprégnation familiale quand père et mère pratiquent le « flexitarisme » sans le savoir (le végétarisme intermittent). Sophie, décoratrice d’intérieur, voit en sa fille Lucie, élève de terminale et végétarienne, « l’expression la plus poussée de ce que ressent la famille », qui a déjà quasiment renoncé à la viande rouge.

Après une crise d’adolescence au kebab, Nicolas Celnik, en terminale dans les Hauts-de-Seine, fils d’une mère végétarienne, d’un père pas loin de l’être, frère d’une jeune végane qui peint des vaches culpabilisantes devant les restaurants, a suivi le mouvement en 2014. Question d’éthique, une fois informé sur les conditions d’élevage. Et d’efficacité dans les soirées. « Etre veggie, rien de tel pour draguer les filles. »

Lexique

Le végétarien exclut de son alimentation toute chair animale (viande, poisson, fruits de mer).

Le végétalien rejette non seulement la chair des animaux (viande, poisson, fruits de mer…), mais aussi tout aliment issu du monde animal (produits laitiers, œufs, beurre ou encore miel…)

Le végane (terme anglo-saxon) est un végétalien qui, par ailleurs, supprime de son quotidien tout produit ou loisir reposant sur l’exploitation de l’animal (cuir, laine, produits cosmétiques contenant des graisses animales, équitation, visite de zoo…)

Le « flexitarien », végétarien occasionnel, reste un omnivore, qui limite sa consommation de viande à une ou deux fois par semaine.

« Se nourrir, marcher, courir vegan » de Matt Frazier

Matt Frazier est une personnalité connue dans le milieu des sportifs vegans au Etats-Unis, notamment en étant l’auteur du blog à succès No Meat Athlete.

Son livre du même nom est également un classique de la littérature sportive vegan et justment il a été traduit et publié en français cette année sous le titre de « Se nourrir, marcher, courir vegan ».


C’est un livre intéressant qui reprend et explique de manière simple et accessible la plupart des connaissances actuelles sur la nutrition, en insistant sur l’importance d’un régime basé sur les végétaux, avec des aliments complets et non transformés (ou le moins possible).

En plus de cela, sont proposées 58 recettes végétaliennes, souvent avec des ingrédients faciles à se procurer, ainsi qu’un petit programme d’entraînement pour débuter ou se perfectionner en course à pied.

On a là quelque-chose de très pratique, un outil qui pourra être bienvenue pour les personnes vegan en France ayant besoins de connaissances accessibles sur l’alimentation, et particulièrement sur l’alimentation sportive. C’est vraiment une avancée, une excellente contribution!

Il faut en plus noter, et c’est très important ou plutôt fondamental, qu’en plus de l’aspect « santé », « bien être », Matt Frazier explique que la compassion envers les animaux est un aspect important de sa démarche vegan. Il reverse 10 % de ses droits d’auteur à des refuges pour animaux, dont Farm Sanctuary.

Cela ne sort pas de nulle part bien sûr et il faut bien voir qu’il y a aux États-Unis, contrairement à la France, tout une culture portant le véganisme de manière positive. Il y a des organismes massifs avec un discours « grand public » constructif et non pas glauque, de nombreux blogs ou sites internets, des sportifs ou des acteurs célèbres, des chanteurs ou groupes de musiques reconnus, etc.

On comprend cela par exemple avec les remerciements émis à la fin du livre par le co-auteur Matthew Ruscigno, diplômé en nutrition et en santé publique, vegan et sportif de haut niveau, qui a contribué à certaines parties du livre . On lit de sa part:

« Je suis également très reconnaissant aux organismes qui m’ont sensibilisé tôt à un mode de vie empreint de compassion : Animal Defense League, Earth First !, Vegan Outreach et Earth Crisis, pour ne nommer qu’eux. »

Pour autant, il y a quelque chose qui est vraiment dérangeant dans ce livre de Matt Frazier, un peu dans l’esprit libéral américain : c’est qu’il n’a de cesse de « botter en touche », de ne pas vouloir « en faire trop », de ne surtout pas donner l’impression « d’imposer » le véganisme.

Bien sûr il explique qu’il est possible et souhaitable d’être vegan, toutes ses recettes sont vegans, etc. Mais il préfère parler de « régime végé » et ce qu’il propose est d’une certaine manière une sorte de régime « flexitarien », pour ne pas froisser.

On lit alors des choses:

« Il peut s’agir d’un régime végétalien, sans produits animaux, pas même de miel. Pour d’autre, il peut s’agir d’un régime majoritairement à base de plantes. Vous pouvez alors manger du fromage de temps à autre et même un hamburger à l’occasion. »

Il explique alors qu’il faudrait y aller petit à petit, sans se brusquer. Bien qu’il « admire » les personnes qui arrivent à cesser la viande du jour au lendemain, il pousse son raisonnement jusqu’à ce « conseil » étrange : « n’essayez pas de ne plus manger de viande ».

On peut comparer ici la démarche de Matt Frazier à celle de Brendan Brazier, très différente. Brendan Brazier, qui par ailleurs préface ce livre de Matt Frazier, est certainement la figure la plus importante du sport vegan.

Son premier livre « Thrive, the vegan nutrition guide», non disponible en français, est un best-seller et il a également développé plusieurs sites internets (dont thriveforward.com) et une gamme de produit pour le sport (vega sport), il fait des apparitions dans de grands médias nord-américains, etc.

Brendan Brazier ne parle pas des animaux, sa démarche est d’abord initiée par le sport et la recherche de performance (il a été un triathlète professionnel). Mais il a une démarche « totale », mettant en avant un régime strictement basé sur les végétaux, avec une véritable détestation pour les produits de mauvaise qualité imposés par l’industrie, y compris forcément les produits issus de l’exploitation des animaux.

Sa démarche est beaucoup plus pointue, il a creusé de manière profonde la question de la nutrition, il conseille des aliments parfois relativement difficiles à se procurer, mais toujours d’un grand intérêt nutritif.

Ses recettes ne sont pas des transpositions « végétaliennes » de recettes classiques, il transforme de manière importante les habitudes alimentaires.

La conséquence de cette démarche « totale » est qu’il contribue à une véritable révolution culturelle dans le domaine de l’alimentation, portant ainsi, indirectement, de grands coups à l’industrie et à l’idéologie de l’exploitation animale.

Le Livre de Matt Frazier n’a quant à lui pas cette capacité. On se demandera même si, d’une certaine manière, malgré ses aspects positifs, ce livre n’aiderait pas à ce que « rien ne change », tellement la démarche est confuse.

A force de vouloir ne pas brusquer, on en vient à perdre de vue qu’il y a là, tout de même, une remise en cause des traditions erronées, de l’anthropocentrisme, bref on révolutionne les comportements.

Et c’est pour les animaux, donc il n’y aucune raison de tergiverser!

 

« Ne ramassons pas les oisillons »?!

Voici un article publié par Ouest-France qui est extrêmement discutable, pour ne pas dire même franchement faux, au moins dans la présentation qui est faite.

Le thème est d’une très grande importance, il y a lieu de s’y attarder avec discernement.

Animaux. Ne ramassons pas les oisillons

Quoi de plus attendrissant qu’un petit oiseau tombé du nid, tout seul, qui piaille. Difficile de l’abandonner. Et pourtant…

« Souvent, mieux vaut le laisser sur place, prévient Anne-Laure Dugué, de la ligue de Protection des oiseaux (LPO). Ils sont rarement orphelins. Les parents ne sont pas très loin. »

Souvent, ils sont aux alentours, en train de chercher de la nourriture. « Pour en être sûr, mieux vaut s’éloigner et regarder. Si vous restez à côté, les parents ne viendront pas. » Pourtant, ils sont les plus à même d’élever leur couvée.

« Dans les centres de sauvegarde, ces oisillons tombés du nid constituent 40 % des effectifs. Et cela mobilise énormément de bénévoles. »

Une mésange doit recevoir la becquée toutes les deux heures.

Si un danger menace l’oisillon, comme un chat errant, une route fréquentée, mieux vaut le placer en hauteur sur une branche, un muret, le replacer dans son nid ou le cacher sous un buisson.

Ses parents ne seront pas gênés par votre odeur.

Si l’oiseau est blessé, il faut contacter la LPO ou un centre de sauvegarde.

Le fait de dire que les parents ne seront pas gênés par l’odeur humaine est tout à fait discutable. Il n’y a pas de point de vue scientifique clair à ce sujet.

Et quand nous parlons de scientifique, nous ne parlons pas ici des gens pratiquant la vivisection, mais des gens s’y connaissant dans la solidarité avec les oiseaux.

Ce qui est par contre indiscutable, c’est que prétendre qu’il ne faut pas ramasser les oisillons est criminel. Exception faite pour les bébés chouettes qui quittent leur nid en étant incapables de voler et en ayant encore du duvet. L’article sous-tend d’ailleurs clairement que les oisillons sont une grande charge pour l’association… C’est particulièrement glauque.

C’est carrément un appel, dans un esprit cynique, au dédain pour les oisillons. Le coup de cacher l’oisillon sous un buisson non seulement est d’une stupidité sans bornes, mais c’est même pratiquement de la bonne conscience catholique à l’extrême…

Ne sont pas rares les témoignages de personnes ayant trouvés des oisillons au sol, qui expliquent que la LPO conseille de les laisser sur place, malgré le danger des « prédateurs » et la survie impossible de l’oisillon tombé au sol. Le tout sous prétexte que ce serait « la nature »…

On peut même constater que derrière tout cela, il y a une approche masquée : celle du néo-darwinisme qui dit que seuls les plus aptes doivent survivre car telle serait le mouvement de l’évolution, etc. Ce n’est ni plus ni moins que du capitalisme appliqué à la Nature.

Là où c’est également honteux, c’est que la Ligue de Protection des Oiseaux nie les pigeons. A ses yeux, ils n’existent pas. Or, il est évident que les oisillons qu’on trouve le plus, ce sont justement des petits pigeons…

Dans les villes, il est impossible de ne pas tomber parfois (u régulièrement) sur un pigeon blessé, voire sur un oisillon tombé du nid.

Sans compter les gens faisant des travaux et se débarrassant des pigeons en les mettant dans un carton à côté d’une poubelle, au mieux !

Dans les campagnes, un incident peut arriver et l’oisillon peut tomber, et on devrait l’abandonner ?! On ne devrait pas s’attendrir, éprouver de la compassion, et l’aider ?!

On a là une idéologie terrible. Que des gens osent écrire et dire cela, c’est révoltant. Sacrée époque que la nôtre où le chacun pour soi l’emporte, où le repli nationaliste se développe, où on massacre sous prétexte de religion.

L’humanité est gorgée d’anthropocentrisme, d’égoïsme, d’individualisme, d’esprit du type « malheur aux vaincus », « seuls les forts survivent », etc.

On enseigne aux jeunes le scepticisme, le relativisme, le cynisme. C’est intolérable.

WolfXDown – Stray from the path

Voici les paroles d’une chanson de WolfXDown, un groupe allemand vegan straight edge.

go with the flow – that’s what we’re taught
and like blind sheep we believe what we’re told
heading towards one direction
a misguided youth without connection
I choose a way off the beaten track
a herder has never been a sheep’s best friend
aller avec le courant – c’est ce que nous avons appris
et comme des moutons aveugles nous croyons ce que nous a dit
nous dirigeant dans une direction
une jeunesse malavisée sans connexion
Je choisis d’une manière hors des sentiers battus
un éleveur n’a jamais été le meilleur ami du mouton

blind leading the blind – obeying by tradition
veer away, all you need is volition
I’m not the only one –
there is more of my kind
I am a renegade
fighting to survive
I’m not the only one –
there is more of my kind
stray from the path
leave the mass behind
aveugle conduisant des aveugles – obéissant par tradition
dévier, tout ce dont vous avez besoin est la volonté
Je ne suis pas tout seul –
il y en a plus de mon genre
Je suis un renégat
luttant pour survivre
Je ne suis pas tout seul –
il y en a plus de mon genre
s’écarter du chemin
laisser la masse derrière

we’re lost – we miss the forest for the trees
that’s why we’re pleased with living life on our knees
there’s no right way in this labyrinth
stray from the path
nous sommes perdus – nous oublions la forêt pour les arbres
c’est pourquoi nous sommes heureux de vivre la vie à genoux
il n’y a pas de voie juste dans ce labyrinthe
s’écarter du chemin

stray from the path — escape prescribed conformity
stray from the path – break the uniformity
stray from the path – get out of control
stray from the path – we’re here, you’re not alone!
s’écarter du chemin – échapper à la conformité prescrite
s’écarter du chemin – casser l’uniformité
s’écarter du chemin – devenir hors de contrôle
s’écarter du chemin – nous sommes ici, vous n’êtes pas seul!

La cause animale comme vecteur de l’ultra-libéralisme?

C’est une menace très importante sur la cause animale, qui était déjà présentée dans un vieil article d’un peu moins de dix ans, intitulé Véganisme utopique et véganisme scientifique. Il y a des gens qui, pour renouveler l’ultra-libéralisme, s’appuient sur les animaux.

Des animaux reconnus juridiquement, cela fait plus d’individualisme, moins de catégories d’ordre générale, comme notamment bien sûr… les classes sociales.

C’est cela qui explique l’avalanche de théoriciens du droit auquel on a droit depuis quelques années en France. C’est un mélange de carriérisme et d’ultra-libéralisme sa cachant derrières les animaux. Il y a même un ouvrage qui vient de sortir, intitulé « Bêtes humaines » (??), avec des textes de gens prônant l’abolitionnisme (comme Francione), avec une préface de… Michel Onfray.

Michel Onfray peut ainsi se présenter comme un défenseur des animaux, ce qui est un scandale absolu, et il peut donc le faire grâce à des gens expliquant qu’il ne faut aucun compromis… Ce qu’il ne faut pas faire pour être mainstream, institutionnel, etc.!

Voici un exemple d’ailleurs plus que cocasse. Il s’agit d’une tribune, publiée dans Libération, dont l’auteur se veut démocratique, citant Rosa Luxembourg, prônant le droit des minorités, etc.

Or, voici son CV, qu’on peut considérer comme un classique ultra-libéral, allant de la fac de droit d’Assas à la meilleure école de commerce HEC:

Philippe Reigné

Agrégé des facultés de droit, professeur titulaire du CNAM

Domaines d’intervention
Droit des sociétés, droit boursier, droit des financements et des sûretés, règlement des différends, gestion patrimoniale et fiscalité.

Languages
Anglais Français
Présentation

Après sept ans passés auprès du cabinet d’avocats Archibald (membre du réseau Arthur Andersen puis du réseau Ernst & Young), concomitamment avec ses activités d’enseignement et de recherche, Philippe Reigné intervient en qualité de consultant dans les dossiers complexes de cessions et d’acquisitions de sociétés, de droit boursier et de financement.

Il est en outre spécialiste des problématiques de règlement des différends et fait partie de l’Association française d’arbitrage et du Comité français d’arbitrage.

Membre de la Commission nationale des professions libérales, Philippe Reigné facilite l’approche inter-professionnelle du Cabinet par sa connaissance approfondie des professions connexes du notariat et de l’expertise-comptable.
Philippe Reigné supervise la doctrine interne, la veille juridique et le knowledge management du Cabinet.

Formation

Université Panthéon-Assas : Docteur en droit (1993)
CAPA (1989)
DECF (1988)
HEC (1986)

Et voici donc la tribune de ce spécialiste (et partisan) du capitalisme, masquant son ultra-libéralisme derrière l’esprit de réforme juridique, au « service » des animaux:

Nous sommes tous des animaux sensibles

«Savez-vous que j’ai souvent l’impression de ne pas être vraiment un être humain, mais un oiseau ou un autre animal qui a pris forme humaine ?» On peut lire cette étonnante confession dans l’une des Lettres de prison écrites par Rosa Luxemburg (1).

La célèbre théoricienne et militante internationaliste poursuit : «A vous, je peux bien le dire ; vous n’allez pas me soupçonner aussitôt de trahir le socialisme. Vous le savez, j’espère mourir malgré tout à mon poste, dans un combat de rue ou un pénitencier. Mais, en mon for intérieur, je suis plus près de mes mésanges charbonnières que des « camarades ».»

On aurait tort de refuser toute portée politique à ces déclarations en y voyant la marque d’une sensibilité exacerbée. Dans la même lettre, quelques lignes plus haut, Rosa Luxemburg déplore la disparition des «oiseaux chanteurs» d’Allemagne en l’attribuant à l’extension de la «culture rationnelle […] qui détruit peu à peu les endroits où ils nichent».

Elle établit alors une comparaison avec les «Peaux-Rouges en Amérique du Nord», remarquant qu’«eux aussi sont peu à peu chassés de leur territoire par l’homme civilisé et sont condamnés à une mort silencieuse et cruelle». Avec plus d’un demi-siècle d’avance sur ses contemporains, Rosa Luxemburg ébauche ce qui, chez les partisans du mouvement de libération animale, deviendra la double analogie espèce, sexe, race.

Il faut attendre l’année 1970 pour que le psychologue britannique Richard Ryder, défenseur de la cause animale – soulignant que le mot «espèce», comme le mot «race», n’a pas de définition précise -, critique l’illogisme de notre position morale à l’égard des animaux ; il crée, à cette occasion, le terme de «spécisme», qui désigne «le préjugé qui consiste à accorder davantage de considération morale au représentant d’une espèce (souvent la nôtre mais pas toujours) pour le seul motif de l’appartenance à cette espèce (2)». Toutefois, alors que Richard Ryder se fonde sur les travaux de Darwin pour affirmer qu’il n’existe pas de différence essentielle entre les êtres humains et les autres animaux justifiant le spécisme, Rosa Luxemburg paraît bien prendre appui sur une expérience identitaire personnelle, empruntant ainsi une voie beaucoup plus originale.

Les personnes qui, bien qu’elles aient conscience d’avoir un corps humain, s’identifient à un ou plusieurs animaux non humains, sont fréquemment appelées «personnes animales» ; elles perçoivent des sensations qui les rapprochent de l’animal dont leur identité porte l’empreinte. Comme tous les phénomènes identitaires, de telles sensations varient d’un être à l’autre.

L’exemple des personnes animales révèle que l’identité d’espèce d’une personne n’est pas nécessairement totalement humaine. Elle se rapproche, par sa complexité, de l’identité de genre. Cette dernière expression recouvre «l’expérience intime et personnelle de son genre profondément vécue par chacun, qu’elle corresponde ou non au sexe assigné à la naissance, y compris la conscience personnelle du corps […] l’habillement, le discours et les manières de se conduire (3)».

Or, de même que la catégorie raciale et la catégorie de sexe sont le produit de rapports sociaux de domination qui leur préexistent et qu’elles légitimisent en les naturalisant, de même la catégorie d’espèce est le produit des relations de domination que les êtres humains exercent sur les autres animaux et dont elle interdit la contestation au nom de la Nature (4). Ces rapports de domination peuvent cependant être remis en cause par des identités qui leur sont irréductibles, voire qui les dépassent.

Ainsi, est-il possible de refuser les catégories du genre en se définissant comme un être humain non genré. Pareillement, peut-on rejeter les catégories du spécisme en se définissant comme un être vivant et sensible. Le législateur vient même de donner à ce rejet un appui inattendu.

La loi du 16 février 2015 insère dans le code civil un nouvel article 515-14 qui proclame : «Les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité. Sous réserve des lois qui les protègent, les animaux sont soumis au régime des biens.»L’intention du législateur était de «donne[r] une définition juridique de l’animal, être vivant et doué de sensibilité, et [de] soumet[tre] expressément les animaux au régime juridique des biens corporels en mettant l’accent sur les lois spéciales qui les protègent (5)».

Le résultat n’est pas exactement celui annoncé. Les êtres humains sont aussi des êtres vivants et sensibles ; le droit ne les considère cependant pas comme des animaux, faute de les soumettre au régime des biens.

L’article 515-14 ne pose pas une définition des animaux non humains, qui serait trop large, mais introduit dans le code civil la catégorie des êtres vivants et sensibles, commune aux animaux et aux êtres humains. Voulant définir les animaux, le législateur n’a pas su les distinguer d’avec les êtres humains ; il a donc conçu une métacatégorie qui les réunit. Aussi, si les animaux ne sont plus des biens, c’est parce qu’ils ont pris place, à côté des êtres humains, dans la catégorie juridique des êtres vivants et sensibles.

La situation des animaux évoque celle des esclaves gouvernés par le code noir de 1680 ; ces derniers étaient des êtres humains, puisqu’ils devaient être baptisés (art. 2), mais ils étaient déclarés meubles et soumis au régime des biens (art. 44). De même, les animaux sont des êtres vivants et sensibles, mais ils sont soumis au régime des biens, à la différence des êtres humains.

Refuser son identité d’espèce en se définissant comme un être vivant et sensible est un moyen de lutter contre le spécisme et de favoriser l’avènement d’une société démocratique multi-espèces, telle que celle proposée par Sue Donaldson et Will Kymlicka dans Zoopolis (6).

Ainsi, en consacrant la catégorie des êtres vivants et sensibles, le législateur a facilité, sans y prendre garde, l’apparition d’un trouble dans le spécisme.

(1) In «Lettres de prison» de Rosa Luxemburg, éditions Bélibaste, 1969. (2) «L’Ethique animale», par Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, PUF, 2008. (3) Principes de Jogjakarta, mars 2007. (4) Voir Yves Bonnardel, De l’appropriation… à l’idée de Nature, les Cahiers antispécistes, numéro 11, 1994. (5) Cécile Untermaier, JO, débat Assemblée nationale du 15 avril 2014. (6) «Zoopolis. A Political Theory of Animal Rights», par Sue Donaldson et Will Kymlicka, Oxford, 2011.
Philippe REIGNÉ Professeur du Conservatoire national des arts et métiers

On aurait tort de prendre cela pour une anecdote. L’utilisation de la question animale par l’extrême-droite est un fait, mais l’instrumentalisation a lieu aussi par des courants ultra-libéraux.

Les animaux ne sont pas appréciés en soi, ils sont utilisés idéologiquement pour prôner la paix sociale, la négation de l’existence des classes sociales au nom d’une vision purement individuelle des choses, etc. Cela naturellement les gens le ressentent bien et cela ne rend pas sympathique la cause animale, dont l’instrumentalisation n’est pas forcément comprise, mais clairement vue de par le type de démarches, le type de revendications, etc.

La cause animale, ici, ce n’est pas la bataille pour la reconnaissance de Gaïa, de la Nature, d’une seule humanité unifiée: c’est le prétexte à l’idéologie ultra-libérale d’individus totalement atomisés.

« Oui, mais j’en mange moins, et de meilleure qualité »

Voici une interview (faite par Libération) de plus illustrant la schizophrénie de ces gens prétendant défendre les animaux et n’assumant pas le véganisme.

On sent qu’il y a un blocage, une frontière: tout est vu, les faits sont présentés, rien que le titre utilisé est parlant… et pourtant… le saut au véganisme n’est pas fait. Car c’est un saut, et c’est cela que le « réformisme » ne comprend pas.

Il y a ici des enjeux culturels et économiques, les choses ne se résument pas à une simple réflexion individuelle.

A ces enjeux s’ajoute le rapport à la Nature, aux animaux en tant qu’êtres vivants.

Cet aspect là est totalement oublié la plupart du temps, alors que c’est le fondement de toute la démarche d’un véganisme authentique!

«Les bêtes sont encore vivantes au moment où on les tronçonne»

INTERVIEW
Anne de Loisy, journaliste, est l’auteure d’une enquête sur la filière de la viande.

La journaliste Anne de Loisy avait enquêté en 2012 sur les abattoirs pour l’émission Envoyé spécial. Elle en a tiré Bon appétit ! Quand l’industrie de la viande nous mène en barquette (1), un livre très documenté paru fin février sur la filière de la barbaque, des éleveurs à nos assiettes.

Est-ce difficile d’enquêter sur la filière de la viande ?

C’est très compliqué parce que c’est hyper opaque. Les industriels refusent les interviews et interdisent les tournages dans les abattoirs. Le problème de la viande, c’est que c’est une industrie qui est dirigée par trois personnes : les groupes Bigard, Terrena, et SVA Jean Rozé. Du coup, rien ne sort.

Comment avez-vous eu accès aux abattoirs ?

J’ai d’abord demandé les autorisations officielles, qui m’ont été refusées. J’ai fini par y avoir accès grâce à des intermédiaires, notamment l’Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs (OABA). Je suis entrée avec le directeur, qui m’a présentée comme l’une de ses assistantes.

Lors de votre enquête, qu’est-ce qui vous a le plus choquée ?

Je ne me rendais pas compte à quel point l’industrialisation de la viande était en marche. A tous les niveaux. Les élevages de 40 000 volailles, de milliers de cochons, de centaines de bovins… On est loin des images de vaches dans les prés qu’on vend au consommateur. Mais le plus impressionnant, c’est l’industrialisation de l’abattage. Faire passer un animal de vie à trépas, c’est forcément un peu gore.

Mais l’industrialisation de cette étape-là est extrêmement violente : les bêtes sont abattues à une telle cadence qu’elles sont encore vivantes au moment où on les tronçonne. En plus, ce sont des conditions extrêmement compliquées pour les ouvriers des abattoirs, qui travaillent dans le froid, le sang, les odeurs…

D’où vient la viande que l’on trouve dans nos assiettes ?

Dans la restauration collective, 70% des bovins et 87% de la volaille sont importés. Alors qu’on a des éleveurs qui crèvent de faim, et que la profession compte entre un et deux suicides par jour. Quand les gens chargés de nourrir une société se suicident à tour de bras, c’est qu’il y a un souci quelque part !

Le paradoxe, c’est que nos belles races à viande sont exportées et qu’on récupère des vaches laitières moins chères, de mauvaise qualité. C’est toute l’aberration du système : les industriels nous expliquent qu’on a une viande bas de gamme parce que le consommateur veut une viande bon marché, alors que les prix ont augmenté de 40% entre 1995 et 2010 pour le consommateur, mais n’ont pas changé pour l’éleveur. Ces deux bouts de la chaîne sont les grands perdants.

Vous expliquez qu’il n’y a pas assez de vétérinaires dans les abattoirs…

Les grands abattoirs ont choisi l’autocontrôle. Ça ne fonctionne pas, parce qu’ils se retrouvent juges et parties. Les bouchers disent qu’ils ont de plus en plus de carcasses qui arrivent avec des abcès. Eux les enlèvent, mais après, tout ce qui part en industriel… C’est parfois mixé ! On n’arrivera pas à améliorer le système tant qu’on ne mettra pas plus de vétérinaires pour contrôler les différentes étapes de l’abattage.

Qu’est-ce que l’abattage rituel ?

C’est un abattage, halal ou casher, fait par des personnes habilitées. Pour les juifs, ce sont des chokhet, pour les musulmans, ce sont des personnes qui possèdent une carte de sacrificateur, remise par trois mosquées en France. Dans les deux cas, ils tranchent complètement la gorge, et sont obligés de couper tous les canaux, dont l’œsophage et la trachée.

Abattage rituel ne signifie pas qu’il est forcément sans étourdissement préalable. De plus en plus de musulmans considèrent qu’un abattage avec étourdissement est halal si la bête est tournée vers La Mecque et si le nom d’Allah est prononcé par le sacrificateur.

Pourquoi certains abattoirs généralisent-ils l’abattage rituel ?

Plutôt que de nettoyer la chaîne entre chaque type d’abattage, et donc stopper la production, les industriels préfèrent tout faire en rituel, en se disant que les consommateurs n’ont pas besoin de savoir.

Parvenez-vous encore à manger de la viande ?

Oui, mais j’en mange moins, et de meilleure qualité. Et en circuit plus direct, ce qui permet de savoir comment les bêtes ont été élevées et abattues, tout en faisant mieux vivre les éleveurs. Le circuit court, c’est ce qui peut nous sauver, et sauver la filière.

Vous dédicacez ce livre «aux femmes et aux hommes qui travaillent dans la filière viande pour satisfaire nos pulsions carnivores». Les coupables, c’est nous ?

Manger de la viande n’est pas un problème en soi. Mais si les gens prennent conscience de la réalité, ils seront peut-être moins enclins à jeter la vieille tranche de jambon au fond du frigo. Le plus problématique, c’est la viande transformée, qui contient énormément de conservateurs, d’additifs, d’antibiotiques.

C’est complètement aberrant dans un pays qui vante partout sa gastronomie et qui nous sert des produits qu’on n’a vraiment pas envie de manger. Mais, au final, c’est quand même le consommateur qui achète. Son pouvoir d’achat, c’est un bulletin de vote.

(1) Presses de la Cité, 468 pp., 19,50 €.

Maitre Gims, Swagg Man et Dan Bilzerian

Tout est une question de culture, et dans la bataille, il faut que les lignes de démarcation soient très claires.

Prenons par exemple Maître Gims, qui est membre du groupe de rap Sexion d’Assaut. Comme bon nombre de gens dans le rap et le hip hop, il fait un fétiche de l’attitude viriliste et consommatrice, provocatrice et profondément réactionnaire.

Cela participe à un plan commercial de publicité, mais cela reflète aussi ni plus ni moins la culture beauf, même si évidemment à ses propres yeux, il ne fait que « profiter » du système, selon le principe « thug life ».

Il y a dix jours, dans un acte gratuit participant à sa démarche, Maître Gims a donc lancé une vidéo provocation intitulée « Message à tous les végétariens, je veux comprendre expliquez moi! »

Il n’y a bien sûr pas à discuter : de part l’idéologie qu’il véhicule, il n’y a qu’à interdire de paroles. Et c’est assez exemplaire que Peta ait fait une « réponse ». Même si bien entendu Peta prétextera qu’elle ne s’adresse pas à lui mais aux gens intéressés par la polémique, mais cela reste totalement stérile et absurde, c’est vraiment courir derrière l’impossible, comme d’autres le font derrière les parlementaires.

Lettre adressée par Peta France à Maître Gims
Cher Maitre Gims,
Vous vous demandez haut et fort pourquoi de plus en plus de gens deviennent végétariens. Vous avez eu raison de poser la question, nous sommes ravis d’y répondre !
Tout d’abord parce que les animaux sont des êtres sensibles, tout comme nous, qui ressentent la joie, la peur, la douleur et ne demandent qu’à vivre. L’alimentation des végétaliens ne nécessite pas que l’on parque des millions d’animaux dans les hangars des élevages industriels, qu’on les mutile, qu’on les prive de vie sociale ou d’accès l’extérieur puis qu’on les conduise à l’abattoir et qu’on les égorge alors qu’ils sont souvent encore conscients.
Cela tombe bien, puisque la cuisine végétale est délicieuse, diversifiée, colorée et goûteuse. Moins grasse, plus riche en vitamines et en fibres, l’alimentation végétale permet de vivre plus longtemps, en moyenne 9,5 ans en plus pour les hommes. Elle est aussi meilleure pour la santé car elle réduit les risques de maladies cardiaques de 32 % et permet de se sentir mieux dans son corps. La consommation de viande est d’ailleurs associée aux plus grandes maladies de civilisation qui touchent l’Occident de plein fouet : les maladies cardio-vasculaires, le diabète de type 2, l’obésité et certains types de cancers.
Si vous ajoutez à cela le fait que selon un rapport de l’ONU paru en 2010, un changement mondial vers un régime végétalien est vital pour prévenir les pires effets du changement climatique  , l’agriculture animale étant un facteur majeur des émissions de gaz à effet de serre – et sauver le monde de la famine et de la pénurie de carburant, je crois que vous comprendrez facilement pourquoi des millions de gens, y compris Russell Simmons, Jay Z et Beyonce et Jennifer Lopez sont devenus végétaliens.
Il y a beaucoup de raisons de devenir végan, et aucune de ne pas le devenir ! Alors que diriez-vous d’essayer, vous aussi, de devenir végan pendant un mois ?
Je compte sur votre réponse.
Bien à vous,
Cyril Ernst
PETA France

Une telle lettre est une insulte à la morale et à la culture. C’est vraiment baisser les bras devant les attitudes provocatrices prônant la barbarie, le cynisme, la « vie facile » fondée sur les pires principes du capitalisme.

Internet pullule d’ailleurs en ce moment de gens comme Maître Gims. En France, il y a Swagg Man, qui a des tatouages sur le visage et se prend en photographie avec énormément d’argent, des objets de luxe, comme des centaines de lunettes de soleil de luxe vintage, etc.



Là on a la position à l’opposé de Maître Gims, puisque Swagg Man a tenu le premier mars des propos « sympathiques » si l’on ose dire envers les animaux. Y a-t-il pour autant lieu de se réjouir ? Faut-il y voir un quelconque intérêt ? Si l’on a aucun mode de vie à proposer peut-être, mais quand on a compris le sens de la bataille morale, on ne tolère pas la décadence de ce genre!

Ni l’un ni l’autre ne participent à la solution, ils relèvent tous les deux du problème : celle d’une société dénaturée, qui met en valeur la superficialité, la fuite en avant pour se sentir vivre.

Impossible d’ailleurs de ne pas citer le « modèle » en quelque sorte du genre qu’est Dan Bilzerian. Là on est dans la posture du jeune millionnaire posant avec des armes, des femmes dénudées, beaucoup d’argent, avec pas moins de 6,7 millions d’utilisateurs sur Instagram.



Dan Bilzerian présente lui aussi « ses » animaux de manière répétée, comme « trophées », et pour se donner une image un peu « affectueuse »…


Et il précise bien que le phoque qui a été une fois amené dans sa piscine a été transporté par des spécialistes, aucun mal ne lui a été fait…


Tout cela est pathétique et criminel, cela doit cesser, impérativement. Ce style de vie est à proscrire, il est à bannir.

C’est cela, le sens de la morale vegan straight edge.

« La production mondiale de viande devrait s’intensifier »

Paris Match est allé au Salon de l’agriculture rencontrer les gens faisant le traditionnel petit rassemblement protestataire en faveur de la « cause animale ».

Y participait par exemple le « Collectif Oui à l’Étourdissement Dans les Abattoirs ». Rien que le nom montre l’ignominie de gens qui, prétendant défendre les animaux, jouent le rôle de supplétif moral de l’exploitation animale.

Tous ces discours sur l’exploitation « humaine » sont hypocrites et ignobles, et il faut bien saisir qu’on va en avoir de plus en plus. Nous montrions la situation avec le lait il y a quelques jours : l’intensification de l’exploitation est un fait inévitable dans la société actuelle.

Or, cela rentre en contradiction avec la prétention de certains d’aller graduellement au véganisme. La conséquence en est une sorte de « replacement » stratégique dans… justement on ne sait pas trop quoi.

Voici les points de vue d’abord de Christophe Marie, porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot, et ensuite de Brigitte Gothière, porte-parole de L214, tels que Paris Match les a retranscrit.

« Le Salon de l’agriculture est une vitrine trompeuse. Derrière l’image bucolique, il y a l’univers carcéral, les maltraitances liées à l’élevage et l’abattage.

Alors que le statut de l’animal a été modifié dans le code civil, reconnaissant son caractère d’être sensible -ce qui n’est pas une révolution mais une simple harmonisation des textes-, jamais il n’y a eu en France autant de projets de fermes usines intensives.

L’impact est désastreux en termes économique, environnemental et de bien-être animal.

Stéphane Le Foll s’est d’abord posé en victime du projet de la « ferme » des 1 000 vaches, devenu aujourd’hui réalité, en prétendant que ce type d’élevage ne répond pas à la politique qu’il souhaite défendre. Pourtant, depuis son arrivée au ministère de l’Agriculture, tout a été fait pour simplifier les procédures d’extension des élevages intensifs.

Le 17 février, Stéphane Le Foll a annoncé de nouvelles mesures visant à encourager l’extension des élevages de volailles qui pourront passer de 30 000 à 40 000 animaux sans procédure administrative, après un simple enregistrement.

Le ministre précise même qu’« en dessous de 30 000, aucune démarche ne sera à effectuer. » C’est une politique suicidaire, irresponsable ! »

« De nombreuses enquêtes filmées dans les élevages français rendent compte de conditions de détention des bêtes incompatibles avec la satisfaction de leurs besoins et souvent non conformes à la législation en vigueur.

Notre volonté est aussi d’expliquer aux visiteurs qu’une vie sans consommation de viande est un bénéfice pour le bien être animal, notre santé et l’environnement ».

Et voici comment Paris-Match conclut juste après son article :

Malgré l’alerte, les estimations annoncent que la production mondiale de viande devrait s’intensifier, passant de 229 millions de tonnes en 1999/2001 à 465 millions de tonnes en 2050. Les industriels n’ont pas fini de s’engraisser…

Qui a raison sur l’évolution actuelle ? La Fondation Brigitte Bardot et L214 ? Ou Paris Match ?

Evidemment Paris Match, qui donne de simples chiffres. Par contre, la Fondation Brigitte Bardot et L214 servent à masquer le drame actuel, à camoufler l’ampleur du désastre, à nier les faits.

La situation empire, chaque jour qui passe l’exploitation animale gagne du terrain, la Nature recule. A ce rythme est-il nécessaire d’expliquer à quoi va ressembler le monde dans 40 ans ?

Il ne s’agit là même pas de différence de stratégie, il s’agit simplement de regarder les faits en face.

Rien que l’évolution du lait en France dans les dix prochaines années est terrifiant. Et malgré cela, il y en a pour expliquer qu’on va vers une meilleure situation pour les animaux ?

Ce n’est même plus une erreur ou une illusion : même Paris Match constate que c’est totalement déconnecté.

« Le lait est-il bon pour la santé ? »: une tentative critique

Le secteur laitier de l’exploitation animale a décidé de mettre en avant un nouveau logo, « Lait collecté et conditionné en France ». C’est une initiative lancée par Syndilait (réunissant les producteurs de lait sous forme liquide), avec le soutien du ministère de l’Agriculture et de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait).

De nombreux médias ont relayé cette information, soulignant les « dangers » pour cette « filière » – 67 000 élevages avec en moyenne 53 vaches -, alors que la production a reculé de près de 3%, que les importations augmentent, etc.

L’un des articles les plus étranges, peut-être le plus marquant historiquement, est celui du quotidien Le Monde.

Pour la première fois, en effet, on a une tentative ouverte, et institutionnelle, d’ouvrir la porte à une critique de lait. C’est quelque chose de tout à fait nouveau, et dans 25 ans, on considérera qu’il y a eu ici un déclic, un changement culturel, le début de quelque chose.

Les limites de l’exercice sont bien sûrs patents, avec surtout la fameuse sortie à la française: restons mesurés, on évitera les soucis, etc. Mais quand on connaît le poids de l’industrie du lait en France, cet article est quelque chose exprimant une véritable lame de fond de critique du lait, cela tranche avec l’hégémonie complète et absolue de ce secteur de l’exploitation animale jusqu’ici.

Le lait est-il bon pour la santé ?

Les ventes de lait en France ont baissé de presque 3 % en 2014 en volume, selon Syndilait, syndicat des fabricants de lait. En dix ans, elles ont reculé de 10 %.

La faute en est à la désaffection des Français pour le petit déjeuner et pour la cuisine à base de lait, mais aussi aux « courants antilait », selon le président du syndicat, Giampaolo Schiratti. Alors que le ministère de la santé recommande de consommer trois produits laitiers par jour, le breuvage blanc est parfois accusé de causer des troubles de la digestion, voire des pathologies. Le lait de vache, le plus couramment consommé en France, est-il bénéfique pour la santé ?

La France et le lait, une longue histoire d’amour (et d’argent)

En 1954, Pierre Mendès France instaurait la distribution de lait dans les écoles pour enrayer la dénutrition chez les élèves. Elle permet de contrer les carences alimentaires constatées sur les enfants dans la France de l’après-guerre. La « galactothérapie » (le soin par le lait) s’appuie sur de solides arguments : le lait est une source de protéines et de vitamines (notamment B1, B2 et A si les vaches consomment suffisamment de fourrage vert).

Il est aussi riche en calcium, qui contribue à la solidité des os et des dents, la transmission des messages nerveux et la régulation des battements du cœur.

« Le calcium et les nutriments du lait sont nécessaires à la croissance de l’enfant et au bon équilibre alimentaire de l’adulte », affirme Giampaolo Schiratti, qui est aussi directeur général de Candia. Pourtant, les vertus du lait sont régulièrement remises en question. En 2007, Thierry Souccar a fait grand bruit avec son livre Lait, mensonges et propagande. Le journaliste scientifique et éditeur remet en question les bienfaits des produits laitiers pour nos os.

« J’ai été ostracisé par les nutritionnistes qui travaillent avec l’industrie laitière », estime-t-il. Le sujet est délicat pour ces industriels, dont le chiffre d’affaires annuel avoisine les 27 milliards d’euros. Les géants de l’agroalimentaire comme Danone n’ont aucun intérêt à voir les vertus des laitages remises en question.

« On a dit que j’étais antilait, poursuit Thierry Souccar, c’est une caricature. En réalité, je questionne la recommandation de « 3 laitages par jour » préconisés par le ministère de la santé. »

Boire du lait est indispensable pour nos os
FAUX

L’adage veut que boire du lait renforce nos os, car il contient du calcium. En cas de carence alimentaire, nous puisons ce minéral dans nos réserves osseuses. Il est donc très important d’en absorber suffisamment pendant les vingt premières années de notre vie, afin de constituer un solide capital osseux. Ensuite, un apport suffisant en calcium permet de ralentir le vieillissement de nos os.

1 litre de lait = 1 200 mg de calcium
1 litre d’eau minérale = 100 à 600 mg de calcium

1 yaourt nature (125 g) = 130 mg de calcium
100 g de brocoli = 50 mg de calcium

L’autre adage veut que le lait protège contre l’ostéoporose, cette maladie « des os poreux » qui peut entraîner des fractures, principalement chez les femmes. Pour être épargnées, elles doivent non seulement consommer du calcium, mais aussi assurer leurs apports en vitamines D et K et faire suffisamment d’exercice physique. Cette maladie osseuse est également liée à des facteurs génétiques et hormonaux.

Le manque de laitages n’est donc pas la cause de l’ostéoporose. D’ailleurs, outre les laitages, il existe d’autres aliments riches en calcium, comme le chou ou les fruits secs. Si le Programme national nutrition santé préconise la consommation de produits laitiers pour ingérer au moins 700 à 800 mg de calcium par jour, c’est parce que la majorité des apports en calcium des Européens est issue du lait.

Reste que « la quantité adéquate de calcium qui doit composer notre régime alimentaire n’a pas encore été déterminée », selon le département nutrition de l’école de santé publique de l’université Harvard. En Inde, au Japon ou au Pérou, la prise de calcium journalière moyenne est de 300 mg par jour seulement.

Pourtant, les fractures y sont moins courantes qu’en Europe. Pas de quoi tirer des conclusions hâtives : des facteurs autres que le calcium peuvent expliquer cette résistance aux fractures, comme l’activité physique ou l’exposition au soleil (qui permet de synthétiser de la vitamine D).

En 2014, une étude a toutefois montré qu’une forte consommation de lait pendant l’adolescence ne se traduisait pas par une baisse du nombre de fracture de la hanche. Elle pourrait même… causer des fractures, selon des chercheurs suédois, qui appellent malgré tout à traiter leurs résultats avec prudence.

« Il est possible d’avoir une alimentation équilibrée sans laitages », concède Marie-Claude Bertière, directrice du département santé du Centre national des professionnels du lait (Cniel), « si on est professeur de nutrition ! Parce que c’est assez compliqué. Et à condition d’avoir les moyens financiers de remplacer les apports nutritionnels du lait par d’autres produits. »

Boire du lait contribue au développement de cancers
ÇA DÉPEND

« Un cancer sur deux est lié à de mauvaises habitudes alimentaires », selon Henri Joyeux, cancérologue et professeur de chirurgie digestive à la faculté de médecine de Montpellier. En ce qui concerne le lait, l’une des sources d’inquiétude est la présence de « facteurs de croissance ».

Par définition, le lait de vache est destiné aux petits veaux, qui gagnent une centaine de kilos en quelques mois. Il contient des molécules produites par la vache, qui favorisent la multiplication cellulaire – les « facteurs de croissance ». Ces molécules pourraient avoir un impact délétère sur les adultes.

L’avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire sur le sujet ne permet pas de trancher, car il ne se penche pas sur toutes les substances contenues dans le lait. Certaines d’entre elles pourraient avoir un effet bénéfique sur les cellules cancéreuses (par exemple les bactéries, sur la tumeur du colon), d’autres, comme les facteurs de croissance, pourraient être nocives (notamment pour le cancer colorectal, de la prostate ou du sein).

L’addition entre effet négatif et effet positif des laitages reste incertaine. L’Organisation mondiale de la santé pointe par exemple du doigt les études selon lesquelles le lait pourrait protéger contre le cancer du colon et le cancer de la vessie.

Des études supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si une forte consommation de lait et de calcium peut augmenter le risque de développer un cancer des ovaires pour les femmes, et de la prostate pour les hommes, selon l’école de santé publique de Harvard. Le panel du rapport de l’Institut américain de la recherche sur le cancer estime quant à lui que les régimes riches en calcium sont l’une des causes probables du cancer de la prostate.

Pour Henri Joyeux, il est évident que les laitages peuvent causer des cancers, même si « tout dépend de la localisation cancéreuse et de la susceptibilité génétique de chacun, à laquelle il faut associer le tabac, les hormones et perturbateurs endocriniens, la pollution et le stress ».

Il met en cause notamment « le surpoids dû à la consommation excessive de produits laitiers (beurre, yaourts, fromages, crèmes, lait) » responsable de la formation de tissu gras, qui est cancérigène lorsqu’il est en excès.

Les laitages favorisent le diabète
ÇA DÉPEND

Le diabète de type 1 est dû à la destruction de cellules du pancréas spécialisées dans la production d’insuline, qui permet de diminuer la concentration de glucose dans le sang. Un dysfonctionnement du système immunitaire, lié à des facteurs génétiques et environnementaux, est en cause. Parmi eux, plusieurs sont à l’étude : les virus, la modification de la flore intestinale ou le régime alimentaire, y compris la consommation de produits laitiers.

La Finlande est l’un des pays européens où l’on consomme le plus de lait (126 litres de lait par an et par personne en 2011). C’est aussi le pays où les cas d’enfants diabétiques de type 1 sont les plus nombreux. De quoi alerter les scientifiques. Mais rien ne prouve que la prévalence du diabète dans ce pays est liée au lait. D’ailleurs, d’autres hypothèses vont bon train, comme l’excès d’hygiène, qui affaiblirait le système immunitaire des Finlandais.

Au contraire, pour Jean-Michel Lecerf, directeur du service nutrition de l’Institut Pasteur de Lille, « la consommation de lait diminue fortement les risques de diabète », même s’il concède que « le mécanisme d’action n’a pas été établi ». Le professeur Lecerf est également membre du comité scientifique de l’observatoire des habitudes alimentaires créé par les professionnels de l’industrie laitière. Il affirme n’avoir « aucun intérêt personnel » dans l’industrie du lait et exercer pour eux bénévolement.

La consommation de lait peut causer des maladies cardiovasculaires
ÇA DÉPEND

Pour prévenir les maladies cardiovasculaires, l’Agence nationale de sécurité sanitaire recommande de limiter les acides gras saturés à 10 % de nos apports énergétiques. Une consommation excessive de ces graisses pourrait favoriser l’excès de cholestérol et les maladies cardiovasculaires. Or près de 70 % des graisses contenues dans le lait sont saturées. Dans 100 ml de lait demi-écrémé par exemple, on trouve 1,5 g de matières grasses, dont environ 0,9 g d’acides gras saturés.

Pourtant, selon Jean-Michel Lecerf, « les études montrent une diminution du risque de développer une maladie cardio-vasculaire pour les consommateurs de laitages. De manière générale, ils ont un effet bénéfique sur le poids. » « Je peux moi aussi vous donner des études qui disent l’exact contraire », rétorque l’auteur de Lait, mensonges et propagande Thierry Souccar, pour qui « il est peu probable que les produits laitiers protègent contre le syndrome métabolique » (embonpoint, hypertension, forte glycémie, fort taux de « mauvais » cholestérol).

« Certains acides gras spécifiques du lait peuvent avoir des effets bénéfiques sur la santé, d’autres pourraient avoir des effets négatifs », explique Yves Chilliard, directeur de recherche en nutrition animale à l’Institut national des recherches agronomiques. L

es chercheurs de l’institut ont montré que l’alimentation du bétail avait une influence sur le profil des acides gras du lait. En modifiant le régime des vaches, on pourrait par exemple obtenir un lait riche en oméga-3. « Faut-il changer l’équilibre des matières grasses du lait ? », s’interroge Yves Chilliard. « Pas sûr que ce soit souhaitable. De toute façon, l’important n’est pas là : il faut limiter nos apports en calories et en matières grasses, quelles qu’elles soient. »

Dans cette logique, certains laitages sont exclus de la catégorie des produits laitiers – à consommer trois fois par jour – du Programme national de nutrition. C’est le cas du beurre, classé parmi les matières grasses, ou des desserts à base de lait, comme le flan.

Le lait cause douleurs, diarrhées et ballonnements
SEULEMENT CHEZ LES INTOLÉRANTS AU LACTOSE

Nous ne sommes pas tous capables de digérer le lait. Certaines ethnies, notamment en Europe du Nord, sont plus tolérantes au lactose, ce sucre présent dans le lait. Au contraire, environ 90 % des Asiatiques sont intolérants.

La capacité à digérer ce sucre résulte d’une mutation intervenue récemment dans l’histoire de l’humanité, avec la naissance de l’agriculture. Notre tolérance au lactose est à son maximum au début de la vie, puis décroît avec l’âge. Deux à cinq Français sur dix ont des difficultés à digérer le lait.

Résultat : ils souffrent de diarrhées, ballonnements ou maux de ventre. Selon un avis de l’Autorité européenne des sécurité des aliments, ils peuvent malgré tout tolérer une prise de 12 g de lactose (soit 250 ml de lait) sans montrer de symptômes, et des quantités supérieures si la consommation de produits laitiers est répartie dans la journée.

Les intolérants qui ne veulent pas renoncer aux laitages peuvent s’essayer au lait délactosé, aux yaourts et à certains types de fromages, dont le lactose est déjà en partie « digéré ».

Boire du lait, mais pas trop

Les produits laitiers ne sont pas essentiels à un régime alimentaire équilibré. S’ils sont une importante source de calcium, ils ne sont pas la seule. Il existe aussi des aliments riches en protéines (viande, œufs, poisson, légumineuses) ou en vitamines contenues dans les laitages.

Une consommation de lait trop élevée est soupçonnée de favoriser certaines pathologies. L’Autorité européenne de sécurité alimentaire recommande de se limiter à 2,5 g de calcium par jour (l’équivalent d’un peu plus de 2 litres de lait), que ce soit par le biais de l’alimentation, des boissons ou de compléments alimentaires. Pour ce qui est des laitages en particulier, le professeur Walter Willett, responsable du département de nutrition de l’école de santé publique à Harvard, conseille d’en consommer un à deux par jour au maximum, pour ceux qui le souhaitent.

Pour simplifier, Yves Chilliard rappelle un conseil de grand-mère : « Il faut manger un peu de tout. Et ne pas se resservir. »

Scandale autour de la « fondation d’aide aux animaux »

C’est un article à proprement parler hallucinant qu’a publié le Canard enchaîné. On savait que le monde des associations non véganes s’occupant des animaux connaissait malheureusement des tendances à l’égoïsme, au carriérisme, etc.

C’est inévitable là où ne règne pas la morale la plus stricte et une non opacité, une surveillance démocratique complète.

Mais ici, ce qu’on lit ne peut que laisser ébahi, et doit mettre dans une rage folle!

Earth Crisis : Ultramilitance, Born from pain, Fortress

Voici les paroles de trois autres chansons d’Earth Crisis, dont le très grand classique « Ultramilitance ».

Ultramilitance

Legal channels have been exhausted. Uncruel alternatives rejected.
Awareness created and ignored. Direct action is the last recourse.
Ultramilitance. Ultramilitants.
Les voies légales ont été épuisées. Les alternatives non cruelles rejetées.
La sensibilisation créée et ignorée. L’action directe est le dernier recours.
Ultramilitance. Ultramilitants.

Salvation of innocents. Intensified resistance.
Flooded by sabotage disabled whaling ships sink beneath the waves.
Strikes against roving murderers. Through destruction, innocents persist.
A rainforest seen as nothing more than an area on a map
to be stripped of resources for corporate profit.
Le salut des innocents. La résistance intensifiée.
Inondés par sabotage, des baleiniers rendus inopérants coulent sous les vagues.
Les coups contre les meurtriers itinérants. Grâce à la destruction, les innocents persistent.
Une forêt tropicale considérée comme rien de plus qu’un secteur sur un plan,
pour être dépouillée de ses ressources pour les bénéfices des sociétés.

The indigenous cultures and animals are displaced or destroyed
unless bulldozers are disabled to prevent access.
Ultramilitance. Ultramilitants. Salvation of innocents. Intensified resistance.
Les cultures indigènes et les animaux sont déplacés ou détruits
à moins que les bulldozers ne soient désactivés afin d’empêcher l’accès.
Ultramilitance. Ultramilitants. Le salut des innocents. La résistance intensifiée.

Forth from cages into the darkness. Minks liberated by masked rescuers.
Laws designed to protect oppressors correctly regarded as worthless.
Hors des cages dans l’obscurité. Les visons libérés par des sauveteurs masqués.
Les lois destinées à protéger les oppresseurs étant correctement considérées comme sans valeur.

Now this war has two sides…
Ultramilitance.
Ultramilitants. Salvation of innocents.
Intensified resistance. Wreck!
Maintenant cette guerre a deux protagonistes…
Ultramilitance.
Ultramilitants. Le salut des innocents.
La résistance intensifiée. Sabote !

Born From Pain

Strength. Born from pain. Beyond that of my flesh.
Betrayed, robbed and beaten, but not defeated.
Through my search for allies, I have found myself.
Force. Née de la douleur. Au-delà de celle de ma chair.
Trahi, volé et battu, mais pas vaincu.
Grâce à ma recherche d’alliés, je me suis trouvé moi-même.

Persistence is the answer to regain all that was taken.
Hatred drives me onwards
across to desolation of dying dreams and failure,
to find I am my own salvation.
From the experience of injustice, from the
horror that I have witnessed comes the knowledge that freedom must be won.
La persistance est la réponse pour retrouver tout ce qui a été pris.
La haine me pousse à partir
à travers à la désolation des rêves mourant et de l’échec,
afin de trouver que je suis mon propre salut.
De l’expérience de l’injustice, de
l’horreur que j’ai vu, vient la connaissance que la liberté doit être gagnée.

Strangled by frustration, no longer will I be my victim.
My patience is waning, now all it takes is one spark to set me off.
I have to try to find some peace and hold that peace inside before it gets to late.
Étranglé par la frustration, je ne serai plus ma victime.
Ma patience décline, maintenant tout ce qu’il faut, c’est une étincelle pour me mettre hors tension.
Je dois essayer de trouver un peu de paix et maintenir la paix à l’intérieur avant qu’il ne soit trop tard.

Emancipate my mind. Breathing life into my visions,
forcing them into reality.
From paradise into the inferno, into paradise, into paradise.
Émanciper mon esprit. Donner vie à mes visions,
les forçant à aller dans la réalité.
Du paradis à l’enfer, au paradis, au paradis.


La chanson est à 29:46.

Fortress

Encircled. Sodom’s children on every side.
Feeding their selfishness with no regard for the pain that their
actions bring. Forked tongues spill promises
of release through submission through carnal thoughts.
Encerclé. Les enfants de Sodome de tous côtés.
Nourrissant leur égoïsme sans aucun égard pour la douleur que leurs
actions apportent. Les langues fourchues débordent de promesses
de délivrance par la soumission à travers les pensées charnelles.

Their greed or a drug induced deadened state.
Pain awaits the fools who fall prey to the lies.
Time melts their false idols into pools of worthless lead.
Exhume myself from the wreckage to drag my body free.
Leur avidité ou une drogue induit un état mort.
La douleur attend les imbéciles qui sont la proie des mensonges.
Le temps fond leurs fausses idoles dans des piscines de plomb sans valeur.
M’exhumer moi-même de l’épave pour faire glisser mon corps libre.

Crawling through the ashes as their profane creation collapses in upon itself.
Unscatched. I have not partaken.
The X symbolizes my lifetime commitment to live free from their poisons.
I’ve built myself to last.
Ramper dans les cendres alors que leur création profane s’effondre sur lui-même.
Sans blessures. Je n’ai pas participé.
Le X symbolise mon engagement, à vie, à vivre à l’abri de leurs poisons.
Je me suis construit pour durer.

Fortress. Time melts their false idols into pools of worthless lead.
Encircled. Sodom’s children on every side.
Feeding their selfishness
with no regard for the pain that their actions bring.
Forteresse. Le temps fond leurs fausses idoles dans des piscines de plomb sans valeur.
Encerclé. Les enfants de Sodome de tous côtés.
Nourrissant leur égoïsme
sans aucun égard pour la douleur que leurs actions apportent.

Statut juridique : « pour les animaux, plus rien ne sera comme avant »?

L’assemblée nationale a réétudié le projet de loi sur la modernisation et la simplification du droit. Il y a quelques jours, le passage décrivant les animaux comme des « êtres vivants doués de sensibilité » avait été rejeté par le Sénat (voir Amendement sur la sensibilité animale: une escroquerie juridique de plus). Voici l’amendement proposé et adopté.

AMENDEMENT
présenté par M. MOHAMED SOILIHI, rapporteur
ARTICLE 1ER BIS
Supprimer cet article.
Objet
Cet amendement supprime l’article 1er bis qui prévoit une reconnaissance de la spécificité des animaux dans le code civil.
Introduit en première lecture à l’Assemblée nationale par l’adoption d’un amendement en séance publique, cet article est dépourvu de lien, même indirect, avec les dispositions du projet de loi initial. L’article 1er bis est, à ce titre, contraire à l’article 45 de la Constitution.
Sur le fond ensuite, la notion d’« êtres vivants doués de sensibilité » est ici purement symbolique et n’a pas de portée normative.
Enfin, si le code civil devait évoluer pour prévoir un nouveau statut de l’animal, cela ne pourrait se faire sans une réflexion globale sur le droit des biens. Or, une telle réflexion n’a pu être menée au détour de ce texte, le Sénat examinant pour la première fois, en nouvelle lecture, cette disposition.

Voici la position d’une sénatrice EELV à ce sujet, qui résume la position générale du réformisme : il faut combattre certaines choses (seulement) et la loi est censée modifier les mentalités.

Mme Esther Benbassa. –
Je regrette la suppression de l’article premier bis relatif au statut de l’animal, en espérant que cette question sera reprise pour que change le regard de la société sur l’animal et que cessent certaines pratiques cruelles. (M. André Gattolin approuve)

L’Assemblée nationale a adopté le projet de loi et a par contre, contre l’avis du Sénat, remis l’article 1 bis qui consiste à dire, que les animaux sont des « êtres vivants doués de sensibilité ». Le Code civil dit ainsi désormais la même chose que le Code pénal et le Code rural.

Très concrètement, cela veut dire que c’est un choix gouvernemental, car normalement il y a un jeu de « navette » entre l’assemblée et le sénat, qui doivent se mettre d’accord. Seul le gouvernement peut stopper ce principe et exiger que l’assemblée ait le dernier mot (c’est valable pour tout sauf pour les modifications de la constitution).
C’est donc ce qui a été fait et c’est quelque chose de notable ; c’est véritablement un choix politique. A l’assemblée, tout le monde a voté par ailleurs pour le projet de loi, sauf l’UMP.

Il y a ici quelque chose de surprenant, très clairement, car normalement le statu quo prévaut, même s’il y avait une anomalie entre la définition du Code civil par rapport aux Codes pénal et rural.

Il y a donc lieu de réfléchir à ce changement : est-il purement cosmétique ou est-il le signe d’un « glissement » juridique ?

Voici la position de la Fondation 30 millions d’amis, que nous ne partageons pas. Selon elle, « plus rien ne sera comme avant », un verrou a sauté, c’est un « tournant historique », etc. C’est une vision totalement mécaniste et institutionnelle, profondément naïve sur ce que sont les juges.

Statut juridique : les animaux reconnus définitivement comme des êtres sensibles dans le Code civil

Le Parlement a adopté définitivement le projet de loi modernisant enfin le statut juridique de l’animal en reconnaissant sa nature d’être vivant et sensible. Cette modification historique du Code civil est l’aboutissement de 10 ans de réflexions et de dix mois de débats parlementaires, portés par la Fondation 30 Millions d’Amis. Pour les animaux, plus rien ne sera comme avant.

Ce mercredi 28 janvier 2015, l’Assemblée nationale a voté en lecture définitive le projet de loi relatif à la modernisation du droit. L’animal est désormais reconnu comme un « être vivant doué de sensibilité » dans le Code civil (nouvel article 515-14) et n’est plus considéré comme un bien meuble (article 528). Ainsi, il n’est plus défini par sa valeur marchande et patrimoniale mais par sa valeur intrinsèque.

Ce tournant historique met fin à plus de 200 ans d’une vision archaïque de l’animal dans le Code civil et prend enfin en compte l’état des connaissances scientifiques et l’éthique de notre société du 21ème siècle. Cette reconnaissance participe de la modernisation de notre droit : le Code civil est enfin harmonisé avec le Code rural et le Code pénal.

« Enfin ! Les animaux sont reconnus comme des êtres vivants et sensibles dans le Code civil. Ce tournant historique place la France à la tête des nations les plus avancées en matière de droit civil, car elle définit l’animal positivement, pour lui-même, et non pas en creux, comme l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche notamment, qui le considèrent juste comme n’étant pas une chose. Nous pouvons être fiers de cette réforme de progrès et d’humanisme, remportée après des dizaines d’années de lutte et près d’un an de débats au Parlement », témoigne Reha Hutin, Présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis.

Pour les animaux, plus rien ne sera comme avant

En inscrivant la sensibilité de l’animal dans le Code civil, pilier du droit français, cette réforme va toucher la société dans son ensemble et faire évoluer les mentalités en faveur d’une meilleure prise en compte du bien-être animal. Cette réforme ne va pas tout changer du jour au lendemain mais, du jour au lendemain, va pouvoir tout rendre possible en déverrouillant le débat juridique.

Le Code civil allant désormais dans le même sens que le Code rural et le Code pénal, cela permettra une meilleure application du droit existant.

En effet, la cohérence juridique entre les Codes permettra aux juges d’être plus audacieux et plus efficaces quant à l’application des règles protectrices des animaux. Par ailleurs, la réforme va permettre de créer un gisement de synergies entre le droit civil et le droit pénal, ou le droit rural, qui au cas par cas et petit à petit, bouleversera l’ensemble du droit animalier.

« Le principal verrou a sauté ! Cette avancée majeure crée les conditions favorables à l’amélioration de la condition animale » souligne Reha Hutin, Présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis.

Pour Christiane Taubira, ministre de la Justice, « c’est un acte qui a son poids, sa signification et surtout ses conséquences ».

Jean Glavany, député : « J’ai écouté la société civile, en particulier la Fondation 30 Millions d’Amis, qui nous mettait en demeure de corriger une anomalie du Code civil. »
Une réforme portée par la Fondation 30 Millions d’Amis

La réforme du statut juridique de l’animal est l’aboutissement d’années de réflexions et de débats auxquels la Fondation 30 Millions d’Amis a contribué. Alors que ce sujet n’avait jamais été mis à l’ordre du jour du Parlement, la Fondation 30 Millions d’Amis a réussi à sensibiliser le Gouvernement et le Parlement pour en faire – aujourd’hui – un sujet de réforme.

« Après des années de réflexion, un nouvel élan sur cette question a été donné par la publication du Manifeste des 24 intellectuels à l’initiative de la Fondation 30 Millions d’Amis en octobre 2013, et notre pétition qui a recueilli près de 800 000 signataires en quelques mois. Sur le fond, cette réforme est l’aboutissement d’un long travail avec des experts du droit pour valider la solidité juridique du texte, et d’un dialogue nourri avec les pouvoirs publics pour améliorer sa rédaction » explique Reha Hutin.