Archives pour la catégorie véganisme

« Altruisme Efficace France » : encore une OPA sur le véganisme

Comme on le sait le véganisme est « tendance », même BFMTV peut parler de la « folie végane », car l’approche est outrageusement existentialiste et liée aux classes sociales urbaines et favorisées.

Voici un exemple de plus à cela avec « Altruisme Efficace France« , une sorte d’association « à l’américaine » qui organise une conférence pour sa naissance à l’université de la Sorbonne, à Paris, pas moins!

C’est qu’il s’agit d’une de ces associations soutenues par des grands bourgeois, portées par des gens passés par les grandes écoles de commerce mondiales, des religieux, etc.

C’est la charité à l’américaine : apolitique, lié aux grandes entreprises, opposé à toute conception de révolution, etc.

L’altruisme efficace est donc soutenu par le cofondateur de Facebook Dustin Moskovitz, le cofondateur de PayPal Peter Thiel, le cofondateur de Skype Jaan Tallinn, l’ancien directeur de la très prestigieuse université américaine de Stanford Paul Brest…

En France, c’est le religieux Matthieu Ricard qui se charge de promouvoir cette forme d’ailleurs pratiquement religieuse de solidarité, avec en arrière-plan une multitude d’associations brassant des millions en se targuant de concepts tous plus délirants les uns que les autres…

On a ainsi GiveWell « évalue l’efficacité d’organisations caritatives », LessWrong « corrige les biais cognitifs humains pour faire plus de bien », Giving What We Can appelle à donner 10% de ses revenus, 80,000 Hours qui oriente vers une vie « vie professionnelle éthique », etc. etc.

Au niveau des animaux, on a Animal Charity Evaluators, visant « la recherche et la promotion de méthodes efficaces pour améliorer la vie des animaux ».

Car on l’aura compris, il y a désormais tout à fait clairement deux formes de véganisme, si l’on ose dire. Il y a le véganisme comme point de départ d’une utopie collective, dans une démarche que nous voulons fondée sur la Nature, et il y a celui lié aux couches sociales dominantes, d’orientation « éthique », personnelle.

On retrouve de ce fait, dans « l’altruisme efficace », le philosophe Peter Singer, qui s’appuie sur « l’utilitarisme », théorie juridique comme quoi si une chose arrange plein de monde, alors il faudrait le faire.

Avec Peter Singer, on a le fondateur du courant pro-animaux anti-ALF. C’est le fameux blablabla juridique aux multiples facettes, parfois contradictoires, qu’affectionnent particulièrement les « cahiers antispécistes » (qui ont donné L214), les abolitionnistes défendant le point de vue de Francione, etc. etc.

Le FAQ de l’association qui se fonde à la Sorbonne propose donc, fort logiquement, la thèse suivante : si on veut et qu’on trouve cela bien, alors on peut le faire.

Êtes-vous tous végétariens ?

Il n’est pas nécessaire d’être végétarien pour adhérer aux principes de l’altruisme efficace. Cependant, beaucoup de personnes qui se reconnaissent dans l’altruisme efficace sont végétariens ou véganes, ou cherchent à réduire leur consommation de produits animaux, pour des raisons liées à la souffrance animale mais aussi à la santé humaine et à l’impact sur le climat.

Ce n’est pas nécessaire, mais si on peut faire du bien, il faut le faire! L’aspect religieux d’une telle démarche saute aux yeux, puisqu’on est là dans l’individuel, sans aucune vision générale.

Les animaux sont réduits à l’objet d’une « projection » d’une morale déconnectée du réel… Les propos de Matthieu Ricard sont tout à fait compréhensibles si on saisit cet arrière-plan.

En plus de Peter Singer, il y aura Hélène Giacobino, directrice européenne de J-PAL, le « Laboratoire d’action contre la pauvreté ».

Ce « laboratoire » est dirigé depuis le très prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) par Esther Duflot, qui a suivi la voie royale :  classe préparatoire au lycée Henri-IV, passage à l’Ecole Normale Supérieure, DEA d’économie à l’EHESS, agrégation en économie, professeur à l’université de Princeton puis à vie au MIT à l’âge de 32 ans !

Si l’on ajoute qu’elle vient d’une famille protestante, on a ici le parcours rêvé pour être la tête de pont de la charité à l’américaine, géré et décidé par des millionnaires, dans une logique éthique uniquement individuelle…

Relatif succès du PACMA aux élections espagnoles de 2016

C’est un phénomène très intéressant, propre à l’Espagne, dont il y a des leçons à tirer, même si bien entendu il faut prendre en compte la spécificité de ce pays.

Il vient en effet d’y avoir des élections en Espagne et le Partido Animalista Contra el Maltrato Animal (Parti animaliste contre la maltraitance des animaux – PACMA) a obtenu 284 848 voix, soit 1,19% des suffrages.

Voici un graphique montrant la progression électorale.

Le système électoral espagnol est ainsi fait, pour autant, que le PACMA n’a pas eu de sièges à l’assemblée.

Reste que, quand même, avec de tels résultats et ce que cela représente comme lame de fond, le PACMA exerce forcément une pression morale et culturelle en Espagne.

C’est surtout vrai de par l’origine et la démarche du PACMA, qu’il est intéressant de connaître.

Quand on s’intéresse à l’ALF, on s’aperçoit que c’est la base de la protection animale qui l’a développé en Angleterre, avec notamment la chasse à courre des aristocrates en ligne de mire (voir ici, , encore ici, ainsi que ).

C’est un peu pareil, en mode institutionnel, avec le PACMA, qui est né en 2003 comme « Partido Antitaurino Contra el Maltrato Animal », avant qu’en 2011 le terme « antitaurino », désignant l’opposition aux corridas, soit remplacé par « animaliste ».

Le PACMA a assemblé en pratique toutes les revendications à la base des refuges, des opposants à la vivisection, des mouvements contre les diverses et nombreuses « fêtes » et « traditions » qui, dans toute l’Espagne, sont d’une cruauté sans égard à l’encontre des animaux.

C’est la raison pour laquelle le PACMA ne s’est pas allié à PODEMOS, ce dernier ne comptant pas du tout rompre avec ces « fêtes » et « traditions ».

On reconnaît ici la contradiction propre à une certaine « gauche » qui, dans les faits, assume une vie quotidienne tout à fait conservatrice…

La ligne du PACMA est donc un produit démocratique de la protection animale et est portée, comme on s’en doute, en très grande majorité par des femmes.

Toutefois, si toutes ces oppositions au conservatisme criminel sont tout à fait positives, évidemment, elles ne forment pas un programmet. C’est là que le PACMA bascule dans la logique du « bien-être animal », d’une certaine manière dans l’esprit de L214, mais avec de profondes différences.

C’est par des réformes institutionnelles, pense le PACMA, que les choses vont changer. A ce niveau-là, rien d’original, pas plus que les appels à la « justice sociale » ou à la lutte contre le réchauffement climatique.

C’est là la limite de la liaison unilatérale avec la base de la protection animale, d’esprit pragmatique à court terme. Il est intéressant de voir qu’en Angleterre cette limite avait été dépassée par l’ALF, entraînant une large partie de la dite base.

Pour cette raison, le PACMA est d’un côté très lisse, très propre, très figé dans une approche « associative » de la politique, avec la personnification, la réduction de la réflexion à quelques thèmes, l’oubli de tous les autres arrières-plans alors, que tout de même, l’Espagne a une histoire plus que compliquée et sa « démocratie » a toujours été considérée comme plus que douteuse par les gens de gauche sérieux…

En même temps, il faut bien voir que rien qu’avec ses exigences, le PACMA se confronte à la partie la plus conservatrice et la plus beauf de la société espagnole.

Ce n’est pas seulement que le PACMA considère le véganisme comme la démarche la plus correcte par rapport aux animaux. Il est toujours possible de le prétendre de manière abstraite : en France, même l’Association Végétarienne de France le fait, c’est dire…

Le PACMA va, en effet, plus loins : il exige aussi, par exemple, l’interdiction de la chasse!  Rien qu’avec cela, sa position rejoint celle de la fraction la plus militante des personnes défendant les animaux en France et montre qu’on est très loin de l’esprit de la protection animale à la française…

Rappelons qu’au grand maximum, les associations institutionnelles françaises demandent… « une journée sans chasse »…

A cela s’ajoute, de la part du PACMA, le refus de la vivisection, celui des zoos… Il y a là un garant démocratique, dans la mesure où jamais une société fondée sur le capitalisme, les rapports de domination, etc. n’acceptera jamais cela.

Le PACMA ne semble donc pas, jusqu’à présent, aller dans le sens de devenir un parti d’accompagnement du « bien-être animal » acceptant la « négociation » de l’oppression et de l’exploitation des animaux.

Certaines associations, en France, espèrent justement fonder un tel parti, sur la base d’une plate-forme annoncée tout récemment (voir « Animal Politique », fédération du réformisme du « bien-être » animal).

Que va faire le PACMA, que va-t-il apporter? Il y a tout à fait lieu de s’y intéresser et de voir ce que cela va donner.

Le « SMMMILE Vegan Pop Festival »

Le « SMMMILE Vegan Pop Festival« , qui se tiendra à Paris du 16 au 18 septembre 2016, est une de ces horreurs bobos propres à notre époque.

C’est la négation de la libération animale comme devoir moral concret au profit d’un véganisme individuel nombriliste et existentialiste.

Le festival utilise le terme d’escapade : très bien, reprenons le, tout cela c’est du véganisme d’escapade.

Un festival pour tous : véganes, végétariens, végé-curieux, écolos, gourmands, amateurs de pop, de rock, d’electro …

Un festival où les festivaliers et les partenaires collaborent différemment pour imaginer ensemble un futur désirable, collaboratif, vegan et pop !

SMMMILE, c’est une escapade hors du temps pour rêver en musique et en images, s’interroger sur l’alimentation de demain, se déconnecter et se questionner sur la place de la technologie, imaginer de nouveaux modèles sociaux et économiques …

Un festival où l’on découvre, où l’on partage des moments uniques, où l’on fait autant la fête que l’on prend le temps de réfléchir, dans un esprit ouvert, pop, familial et slow.

C’est encore une preuve qu’en France, les bobos ont réalisé une OPA sur le véganisme, tentant d’en dissoudre la signification par rapport aux animaux.

L’annonce du festival en question est d’ailleurs tout à fait claire :  qu’on remarque le « et/ou ».

La vidéo de présentation fait exactement de même. On a l’absurdité de fêter le véganisme avec « des gens pas végans » – les animaux apprécieront…

Tout cela parce qu’il y a de multiples raisons pour être vegan, avec naturellement, dans le style bobo, une allusion racoleuse à la sexualité (« plein de bonnes raisons », à 0mn33s).

Ce n’est même plus du véganisme sans animaux : c’est du véganisme ouvertement existentialiste, purement d’escapade.

C’est une simple forme de mode de vie bobo cherchant à être acceptable par le système.

6 000 personnes par jour
13 264 belles rencontres, 4 871 câlins et 2 964 numéros échangés

L’appel fait par le festival pour être soutenu tient de l’hypocrisie bobo la plus vile :

« SMMMILE débarque à Paris le 16, 17 et 18 septembre 2016 au cœur du Parc de la Villette !
SMMMILE c’est 3 jours de bon son, de bon sens et de bonne cuisine, dans un esprit ouvert, familial et pop. Ce n’est pas un festival comme les autres car une large partie du SMMMILE est en accès gratuit (!!) dans un esprit citoyen et n’a pas de buts expressément commerciaux. »

Pas de « but commercial », c’est une sacrée blague typique des bobos, qui pratiquent un business ne s’assumant pas tel quel. C’est du capitalisme qui se prétend « alternatif », dans l’esprit libéral-libertaire.

Pour preuve, la plate-forme du business « make sens », qui fait l’éloge des « entrepreneurs sociaux » (sic!) est d’ailleurs un partenaire du festival.

Les lieux du festival représentent le nec plus ultra du capitaliste bourgeois bohème parisien : le Trabendo, le Cabaret Sauvage, les pelouses du Parc de la Villette…

Preuve de cette culture capitaliste et bobo, le site officiel du festival met en avant des marques pas du tout végan, sous prétexte qu’il y a quelques produits qui le sont…

Il met en avant des personnalités « pop » et surtout consensuelles, à la mode… Le véganisme d’escapade surfe sur l’air du temps!

Le soutien officiel médiatique consiste en Radio Nova et Arte, ces bastions du libéralisme-libertaire le plus urbain et décadent.

Pour bien rassurer, du côté justification pratique, on a… l’Association Végétarienne de France, qui a également lancé une OPA sur le véganisme ces derniers temps.

La contradiction est évidente – pourquoi se dire végétarien si le véganisme est mieux? – mais ici on est dans la logique relativiste, libéral, etc.

Cela saute aux yeux et c’est indéfendable : comment peut-on prétendre parler du véganisme en parlant du végétarisme?

Regardons de ce fait la définition du véganisme faite par le festival. Les animaux arrivent en seconde place des préoccupations, et il n’y a aucune mention de la compassion, de l’amour pour les animaux, de la Nature.

On est là dans l’existentialisme bobo, qui se limite à ne pas vouloir « mal faire ».

Le véganisme est une philosophie et un mode de vie qui cherchent à exclure, autant qu’il est pratiquement possible, toutes les formes d’exploitation des animaux. Il soutient le développement d’alternatives pour le plus grand bien :

Des humains

La mortalité précoce baisse de 15% chez les végétaliens par rapport aux omnivores.
De nombreux paysans de pays pauvres ne mangent pas à leur faim tout en cultivant des champs de soja ou de maïs destinés à nourrir les animaux élevés pour la consommation des habitants des pays riches.

Des animaux

Plus de 60 milliards d’animaux terrestres et 1000 milliards d’animaux marins sont tués dans d’abominables conditions chaque année.

Et de l’environnement

51% des productions de gaz à effet de serre sont liées à l’élevage (selon l’étude Worldwatch Institute qui démontre la sous-estimation des chiffres de la FAO).

Tout est dit. La petite-bourgeoisie intellectuelle tente de faire sa place au soleil du capitalisme sous une forme bobo artificiellement vegan.

On est ici à mille lieux de la morale vegan, de l’abnégation complète envers les animaux.

Laurence Abeille : « je suis flexitarienne »

Dans le prolongement de la compréhension nécessaire de la sorte de fédération de 27 associations qui s’est formée il y a quelques jours (voir « Animal Politique », fédération du réformisme du « bien-être » animal), voici quelques propos tenus par Laurence Abeille, députée EELV du Val-de-Marne, chef de file de ce processus.

Ils ont été tenus à l’Humanité et montrent bien de quoi il s’agit.

Depuis deux ans Stéphane Le Foll développe une stratégie du bien-être animal. Insuffisante ?

Laurence Abeille : C’est vrai que le ministre de l’Agriculture y travaille depuis plusieurs mois. Son cabinet prévoyait de lancer une campagne au Salon de l’agriculture. J’y suis allée : il n’y avait rien sur le sujet. (…)

Les 27 associations qui seront réunies aujourd’hui ont pour objectif de produire, à l’automne, un manifeste à soumettre aux candidats aux élections. Certains parlent de créer un parti animaliste pour 2017. Quoi que l’on en pense, il faut le prendre en compte.

Plusieurs associations, et vous-même, plaidez pour que l’on renonce à consommer de la viande. Le scandale révélé par L214 ne vire-t-il pas au procès des omnivores et en tribune provégétarisme ?

Laurence Abeille : C’est vrai qu’il y a une réaction sociétale qui pousse un certain nombre de gens à moins consommer de viande, voire à arrêter complètement d’en manger. Personnellement, je suis flexitarienne : j’en consomme peu et uniquement bio parce que c’est aussi une meilleure garantie quant à la façon dont sont élevées les bêtes.

Politiquement, je ne suis pas pour la fin de la consommation d’animaux, ce n’est pas l’objectif numéro un. Il faut plutôt mettre en place des dispositifs qui permettent de respecter les animaux qui seront tués et consommés.

Il y a deux questions qui découlent très logiquement de ce qui a été dit par Laurence Abeille. Tout, n’étant pas végane, a-t-elle le droit à la parole au sujet de la question animale?

Nous ne le pensons pas. La pratique est le critère décisif et il ne peut pas y avoir de contradiction entre la théorie et la pratique, car celle-ci se fait aux dépens des animaux.

On ne peut pas parler de « bien-être animal » en digérant un corps mort, pas plus qu’on ne peut se dire opposé à l’esclavage en ayant des esclaves, communiste tout en exploitant des gens, opposé au sexisme tout en profitant du patriarcat, etc. etc.

La seconde question est la suivante : un « lobby » pro-animaux a-t-il un sens?

Encore une fois, nous disons non.

On ne change pas de l’intérieur l’exploitation animale, qui est tellement puissante qu’elle a largement les moyens d’accepter que quelques « trublions » deviennent universitaires, lobbyistes, etc. On a l’exemple du capitalisme qui a très bien su intégrer nombre d’oppositions, et comme l’exploitation animale n’est qu’une variante du capitalisme…

La « fédération » qui se forme est une immense voie de garage, elle va gâcher un nombre très important d’énergie et aboutir à une déception énorme, autant qu’EELV (et d’ailleurs Laurence Abeille ne fait aucune autocritique à ce sujet, ni sur les animaux, ni sur la défense de la Nature, ni sur l’immense opportunisme et les divers scandales d’EELV, etc.).

Les animaux n’ont pas besoins de « flexitariens », mais de vegans décidés, stricts, comprenant l’importance de l’affrontement le plus franc, le plus net, le plus mobilisateur, pour renverser l’exploitation animale, avec une détermination sans faille!

« Animal Politique », fédération du réformisme du « bien-être » animal

Hier s’est tenu à l’Assemblée Nationale un colloque dont le titre était « Animal Politique-La condition animale au coeur des enjeux politiques ».

Les deux organisatrices étaient Laurence Abeille, députée EELV du Val-de-Marne, et Geneviève Gaillard, députée socialiste des Deux-Sèvres, avec comme « ambition de mettre la condition animale au cœur des enjeux politiques dans la perspective d’une année électorale décisive, 2017 ».

C’est donc une tentative d’institutionnalisation de la question animale, soutenue par la liste suivante d’associations :

Alliance Anticorrida – Antidote Europe – ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages) – Association Stéphane Lamart – AVF (Association Végétarienne de France) – C’est Assez ! – CIWF France (Compassion In World Farming) – CNSPA (Confédération Nationale des SPA) – Code Animal – CRAC Europe (Comité Radicalement Anti Corrida) – FLAC – Fondation Assistance aux Animaux – LFDA ( La Fondation Droit Animal, éthique et sciences) – Fondation Brigitte Bardot – Fondation 30 millions d’amis – FUDA – IFAW France (International Fund for Animal Welfare) – L214 – OABA (Oeuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoirs) – One Voice – PETA France (People for the Ethical Treatment of Animals) – Welfarm – Pro Anima – SNDA (Société Nationale pour la Défense des Animaux) – Sea Shepherd – la SPA (la Société Protectrice des Animaux) – 269 Life France.

Une telle logique de « fédération » était le rêve de feue l’association « Droits des animaux », le voici se réalisant comme plate-forme pour le « bien-être animal ».

Car on se doute bien que dans une telle perspective, le véganisme ne saurait être qu’entièrement accessoire, une variante plus « radicale », mais certainement pas la base du processus.

D’ailleurs, la présidente de la Société protectrice des animaux (de Paris) est très claire dans ses propos à l’Humanité : les lois sont suffisantes, il suffit juste de les appliquer, le véganisme c’est non.

De nouvelles mesures législatives sont-elles nécessaires pour assurer le bien-être animal ?

Natacha Harry : « La loi a déjà évolué, mais cela n’a pas été suivi d’effet. La reconnaissance de l’animal comme être sensible est resté de l’ordre du symbolique.

Mais elle n’est pas appliquée sur le terrain. Nous sommes chaque jour confronté à ce paradoxe et nous interpellons régulièrement les pouvoirs publics. On peut toujours faire une loi qui s’additionnera aux autres, mais appliquons déjà celles qui existent. Nous essayons d’avoir une démarche pragmatique. Ce qui est inscrit dans le code civil notamment est déjà très clair. »

N’y a-t-il pas à l’inverse un extrémisme de la cause animal pour arrêter toute consommation de produit animal ?

Natacha Harry : « Nous ne sommes pas sur ce dogme. A la SPA, nous respectons ceux qui mangent de la viande comme ceux qui n’en mangent pas. Ce que nous ne pouvons admettre, c’est que l’animal soit abattu de manière indigne. »

Des propos qui ne sont guère surprenants de cette personne qui a fait des études de vétérinaire et de marketing à HEC, ayant présenté et produit ensuite des émissions comme « Le Magazine de l’élevage [de chevaux]. » On peut se demander ce qu’elle peut bien penser de l’association 269 dont l’une des démarches connues d’activistes est de se faire marquer 269 au fer rouge!

Mais tout cela est bien secondaire sans doute, puisque la fédération à naître compte coordonner l’ensemble sans accrocs :

« Animal Politique », ce sont 27 organisations nationales de protection animale associées pour lancer la mobilisation associative et citoyenne.

Un colloque, des intervenants et des prises de positions, qui au delà des questions, apportent des propositions pour un nouveau projet de vie avec le monde animal.

Le colloque présentera un premier état des lieux et des perspectives envisagées pour la condition animale, avec l’objectif de proposer un « manifeste » commun dont l’ambition est de peser fortement sur les élections présidentielles et législatives de 2017. Ce manifeste, rédigé par les associations fédérées en groupes de travail, sera présenté à l’automne, lors d’un second événement national.

Il est tout à fait logique de voir que L214 fait partie des associations : peu importe la morale, on est ici dans le pragmatisme pur et dur. Ce que nous appellerons de la naïveté (ou de l’hypocrisie), car croire que dans un pays socialement en catastrophe on puisse faire avancer la question sans s’affronter aux grandes entreprises et en contournant le peuple, c’est totalement absurde…

Concluons sur le programme et posons une dernière question éthique : est-il cohérent de donner la parole à des personnes non-véganes et de proposer des adresses de restaurants non végétaliens pour parler de la question animale ?

« ANIMAL POLITIQUE » : le programme

9h : passage des contrôles de sécurité avec pièce d’identité obligatoire et votre invitation. Accueil et café
9h30 : ouverture du colloque par les députées Laurence Abeille et Geneviève Gaillard

10h00 – Comment ce que nous savons des animaux doit nous mobiliser pour changer les politiques ?
Briser l’écart entre l’état des connaissances scientifiques et la prise en compte sociétale de l’animal.
Avec :
Pierre Jouventin, directeur de Recherche au CNRS en éthologie des oiseaux et mammifères,
Vincent Message est écrivain et maître de conférences en littérature générale et comparée et création littéraire à l’université Paris 8 Saint-Denis.
Martin Gibert, philosophe,
Geneviève Gaillard, députée des Deux-Sèvres et présidente du groupe d’études « protection animale » à l’Assemblée Nationale.
Débat avec le public.

Pause déjeuner.
12h15 – 13h30 : pause déjeuner, au retour, prévoir le temps de repasser les contrôles de sécurité
14h00 – reprise du colloque

14h00 – Comment les médias et les lanceurs d’alertes contribuent à la mobilisation associative et citoyenne ?
Historique et moyens des acteurs de la protection animale, vers une mobilisation qui peut gagner en efficacité.
Avec :
Audrey Garric, journaliste, chef adjointe du service Planète/Sciences pour « Le Monde »,
Audrey Jougla, journaliste et écrivain,
Hélène Thouy, avocate et co-fondatrice de l’association Animal Justice et Droit.
Débat avec le public.

– Comment les connaissances actuelles influencent l’intégration de la question animale dans le droit et l’enseignement ?
L’intégration de la question animale dans les cursus universitaires et les formations professionnelles, levier d’évolution sociétale et politique.
Avec :
Florence Burgat, philosophe, directrice de recherche à l’INRA, co-rédactrice en chef de la revue semestrielle de droit animalier.
Jean-Pierre Marguénaud, professeur de droit privé et de sciences criminelles, membre de l’I.D.E.D.H (Institut de Droit Européen des Droits de l’Homme) et directeur de la Revue Semestrielle de Droit Animalier
Débat avec le public.

– « Animal politique » ? Comment construire un projet politique pour la condition animale et lancer la mobilisation ?
Consacrer le respect du bien-être animal dans la mobilisation politique
Avec :
Melvin Josse, doctorant en sciences politiques à l’université de Leicester, auteur de Militantisme, politique & droits des animaux.
Corine Pelluchon, professeur de philosophie, spécialisée en philosophie politique et en éthique appliquée, auteure de nombreux ouvrages, notamment : Les Nourritures. Philosophie du corps politique, Paris, Seuil, coll.  » L’Ordre philosophique », 2015.
Laurence Abeille, députée du Val-de-Marne et présidente du groupe d’études sur la biodiversité -à l’Assemblée Nationale
Débat avec le public.
Fin du colloque – Clôture par Laurence Abeille et Geneviève Gaillard

« ANIMAL POLITIQUE » : les informations pratiques !
Lieu : Assemblée Nationale, salle Victor Hugo,
101 rue de l’Université, 75007 Paris.
Métro : Invalides ou Assemblée nationale

Pour déjeuner :
Le Bourbon
01 45 51 58 27
1 Place du Palais Bourbon, 75007 Paris

Casa Germain (italien)
83 Rue de l’Université, 75007 Paris.
01 44 18 07 04

Café des ministères
83 Rue de l’Université, 75007 Paris
01 47 05 43 62

Bistrot saint-Dominique
131 Rue Saint-Dominique, 75007 Paris
01 45 55 80 42

Cuisine végétarienne

La verrière
24 Avenue de Tourville, 75007 Paris
01 77 18 39 16

Veggie
38 Rue de Verneuil, 75007 Paris
01 42 61 28 61

« Poulets rôtis prix libre »

Tous les médias parlent bien entendu de l’incendie d’une voiture de police où deux policiers étaient présents. Les gens qui ont fait cela ont été arrêtés et on va attendre de voir ce qu’ils ont à dire, mais sans doute ne faut-il rien espérer puisqu’on est là dans la surenchère pour masquer le vide complet sur le plan de l’utopie.

Un symbole très parlant est ce mot laissé devant la voiture de police calcinée, reflétant tout un état d’esprit lamentable…. « Poulets rôtis prix libre ».

Comment peut-on, en 2016, avec tout ce qu’on sait, vouloir changer le monde ou la société sans assumer le véganisme ? Comment peut-on prétendre être « rebelle » ou « révolutionnaire », sans choisir de défendre les créatures opprimées subissant les tortures du capitalisme ?

C’est là totalement contradictoire. L’ordre du monde tel qu’il existe fait du mal aux animaux, détruit la Nature, cela tout le monde le sait.

Tout le monde trouve d’ailleurs cela mal, à part ceux qui en profitent, même si très peu de monde entre en rupture avec les pratiques dominantes. Alors, pourquoi les gens prétendant vouloir changer les choses « oublient » tout cela ?

Peut-être simplement, parce qu’ils ne prétendent rien à part à opposer leur individualité à ce qui ne leur plaît pas.

Ce qui fait qu’on est en droit de penser, qu’en fait, ils sont une partie de ce monde, une partie de la course à la destruction qu’on peut voir ici et là, dont le terrorisme religieux est une des formes les plus sanglantes.

On assiste vraiment à la course au glauque, au morbide, au malsain et cela traverse toute la société. C’est la course à qui sera le plus choquant, le plus spectaculaire. Les gens qui prétendent défendre les animaux en utilisant leurs corps morts lors de rassemblements relèvent de cette même tendance.

Où est le projet, la dimension positive, l’utopie ? N’est-ce pas pourtant ce dont notre société a besoin ? Où sont les valeurs positives, constructives ?

Il faut affirmer, ainsi, les valeurs positives : la compassion, la bienveillance, l’esprit de collectivité, la mise au service des technologies en faveur de la protection de la planète, le véganisme comme respect des autres, le straight edge comme respect de soi-même et base d’une vie authentique capable de constructions sentimentales et culturelles…

Qu’on affronte la police pour cela, c’est tout à fait acceptable et d’ailleurs inévitable, puisqu’on peut se douter que les grandes entreprises défendront leurs bénéfices et le style de vie qu’elles imposent à la société.

Il ne faut pas être naïf et s’imaginer que le véganisme va être instauré de manière légale, institutionnelle, sans aucune révolution… Les associations comme L214, les auteurs comme Francione, Regan etc. vendent littéralement du rêve.

La bataille pour le véganisme est révolutionnaire… elle exige un changement d’état d’esprit général, mais aussi la transformation de la société. Tout comme le changement d’état d’esprit général, la transformation de la société exige le véganisme…

Enzo, 11 ans, plonge pour sauver des beagles

C’est une histoire qui refléte la contradiction essentielle de l’humanité. D’un côté, on a un jeune de onze ans qui est avec son grand-père, tous les deux pêchant, activité inutile et supprimant la vie de créatures vivantes.

Et, on a un moment où des chiots sont jetés à l’eau et le jeune garçon se comporte de manière héroïque pour aller sauver ces vies !

Il y a ici une grande contradiction, une réflexion morale qui se rapproche du véganisme alors qu’il n’y a pas de véganisme ; il y a une grande réflexion à faire à ce niveau, pour voir comment faire avancer les choses.

Voici une vidéo où l’un des protagonistes raconte ce qui se passe :


Enzo et son papy sauvent 6 chiots de la noyade par CharenteLibre

Voici les faits, racontés par la Charente libre :

L’enfant pêche sous le pont de Frégeneuil avec son grand-père. «Tout à coup, on a entendu deux ‘Plouf’», se souvient Joël Délias, qui habite Vindelle. Dans les remous, Joël et Enzo aperçoivent la silhouette de deux chiots. Deux petits beagles qui se débattent dans les courants froids.

«C’est un promeneur qui nous a dit qu’il y avait une femme sur le pont.» Le grand-père grimpe à sa rencontre et la trouve affairée à tirer les chiots de son sac à main et à les lancer sept mètres plus bas comme on balancerait des cailloux à la mer. Il a juste le temps d’en rattraper un par la peau des fesses avant qu’il ne passe aussi par-dessus bord.

En contrebas, Enzo ne réfléchit à rien. Ni à la température de l’eau, ni aux remous ni à la profondeur. «D’un coup, je l’ai vu ressortir tremblant et trempé avec un chien sous chaque bras», raconte Marie-France, la grand-mère. Dans le même temps, un troisième chiot regagne la berge, frigorifié. Deux autres n’ont pas eu cette chance et sont morts avant que ces pêcheurs-sauveteurs n’aient pu les sauver.

La famille frictionne les rescapés dans une serviette pour les réchauffer, en attendant l’arrivée de la police municipale puis de la police nationale, qui souligne le courage de l’enfant qui a secouru les animaux malgré les forts courants.

«On a beaucoup parlé avec cette dame, se souvient le retraité. Elle a expliqué que c’est son compagnon qui lui avait demandé de jeter les chiens, qu’ils n’avaient pas assez d’argent pour nourrir cette portée née le 20 mars. C’est un crime. Il suffisait de les donner. On ne tue pas comme ça», s’insurge encore cet ami des animaux.

Il loue la gentillesse des policiers intervenus. Ces derniers ont demandé à la propriétaire indélicate de leur apporter les deux derniers chiens, restés chez elle et sans doute promis au même sort.

Trois jours après cette partie de pêche mouvementée, le jeune garçon reste très choqué et passe des nuits difficiles. «Il veut que cette dame soit punie», dit son papy. La jeune femme, placée sous tutelle, n’a pas encore pu être entendue, son tuteur étant absent. Son compagnon, en revanche, a nié être à l’origine de cette funeste idée et a même indiqué aux policiers avoir voulu «connaître les joies de la paternité».

Il n’exclut d’ailleurs pas de porter plainte contre sa compagne. Enzo, lui, a été rendre visite samedi après-midi à ses petits beagles miraculés, placés au chaud à la SPA de Mornac. «Ils vont bien, rassure la présidente Sophie Barrière. Ils seront bientôt disponibles à l’adoption.» Elle a remis à l’enfant une carte de membre d’honneur du Refuge de l’Angoumois pour le féliciter de son acte de bravoure.

Aymeric Caron et le véganisme à 90 %

Je refuse tout accessoire en peau… à part les ceintures. Mes habits sont végans… sauf mes chaussures. Quant à ceux qui veulent la vertu en soi, ce sont des nazis, car de toutes manières, nul n’est parfait.

Petit extrait de « Antispéciste » d’Aymeric Caron, du chapitre « Pourquoi les vegans extrémistes sont en réalité spécistes », dont nous conseillons la lecture intégrale dans son ouvrage.

« Monsieur Caron, vous défendez les droits des animaux. Mais êtes-vous vegan au moins ? Cette question, elle m’a été adressée des centaines de fois.

Sans compter Untel qui se plaint sur les réseaux sociaux que j’ai raconté dans un précédent livre ne pas avoir encore réussi à me passer totalement de chaussures en cuir ou Unetelle qui délire en certifiant que je mange du foie gras…

Il m’a même été reproché ma participation à un jeu télévisé au prétexte que des animaux y étaient, non pas tués, mais utilisés : des insectes dans des bocaux, des serpents et des tigres dans le décor… Mes contempteurs fermaient les yeux sur le plus important : le fait que j’étais le capitaine d’une équipe qui a, ce soir-là, joué pour une association de protection animale antispéciste pour laquelle nous avons remporté 13 000 euros, et qui a eu les honneurs du prime time sur la plus grande chaîne publique, ce qui ne s’était jamais vu auparavant. Ne pas comprendre le bénéfice pour les animaux d’une telle action relève de l’aveuglement.

[Nous avons nous-même dénoncé cette participation, voir l’article « Manger des cerveaux à Fort Boyard serait-il subitement justifié? » – LTD]

Entre les interrogations accusatrices des uns et les affabulations des autres, il n’est pas toujours simple de faire partie de la grande famille des défenseurs des animaux. Certains militants ont la désagréable manie de chercher à démontrer que vous n’êtes pas assez vertueux et, donc, que vous êtes indigne de la Cause.

Chacun peut entrevoir les dangers d’un tel tribunal. Être antispéciste ne signifie pas que l’on a signé une charte de bonne conduite en 20 ou 30 points. Cela implique une cohérence, mais laisse également des questions en suspens. (…)

La production commerciale de lait, quelle que soit la taille de l’exploitation, entraîne donc souffrance et mort. Mais imaginons une petite ferme où aucun animal n’est envoyé à la boucherie. Les animaux se reproduisent naturellement, et chacun meurt de sa belle mort. Qu’est-ce qui nous empêche dans ce cas de prélever un peu de lait pour notre consommation personnelle ?

La vache n’en souffrira pas, ni son veau. Cette configuration relève sans doute de l’utopie dans notre monde actuel, mais elle n’est pas irréaliste dans un futur proche. (…)

En ce qui concerne les œufs, c’est une autre histoire. Il existe à la campagne de petits élevages de poules en liberté, dont aucune n’est maltraitée ou tuée lorsqu’elle devient moins productive. Pourquoi ne pas récupérer leurs œufs ?

Aucune souffrance engendrée, les poules sont nourries et protégées des prédateurs en retour, et les œufs sont une source de protéines pour l’homme. En tout cas, cela me semble cohérent.

Encore un mot sur le cuir : j’ai récemment attristé une amie qui m’avait offert un porte-cartes en cuir en lui expliquant que je ne pourrai pas utiliser son cadeau et qu’il fallait par conséquent le rapporter. Voilà près de vingt-cinq ans que je refuse tout accessoire en peau, à part les ceintures que j’ai longtemps portées, faute d’alternative satisfaisante.

En revanche, pour les chaussures, je reconnais ma faiblesse : je possède encore quelques paires en cuir. La raison est simple : il est toujours compliqué aujourd’hui de trouver des chaussures vegans dans les magasins.

Il existe bien des sites Internet qui les commercialisent, mais acheter des chaussures par correspondance s’est toujours révélé un fiasco pour moi : une paire de chaussures s’essaye, c’est même le principe premier. Mais ce n’est qu’une question de temps : très prochainement, il n’y aura plus du tout de peau morte dans mon appartement, à part celle de mes pieds passés à la pierre ponce.

De toute façon, nul n’est parfait. On pourrait toujours faire mieux. Mais les militants des droits des animaux qui semblent vouloir décrocher un brevet de pureté en envoyant à l’échafaud ceux qui dévient de la ligne du Parti font fausse route.

Toute personne qui se bat contre l’exploitation animale mérite d’être considérée, sauf si bien sûr ses actes sont en contradiction flagrante avec son discours. Avant de mépriser un végétarien ou un flexitarien, en l’accusant d’incohérence ou de faiblesse, il faut d’abord considérer l’effort que celui-ci fournit par rapport à un carnivore indifférent. (…)

Je côtoie ainsi de nombreux vegans en transition qui s’accordent encore un bout de brie ou de chèvre de temps en temps. Faut-il les excommunier pour autant ? Je ne le crois pas.

Je lis aussi les commentaires de certains vegans qui reprochent violemment à d’autres vegans de ne pas vérifier systématiquement la composition de tous les produits qu’ils achètent (alimentaires ou autres) afin de contrôler qu’aucune substance d’origine animale ne s’y est insidieusement cachée – il est vrai qu’il s’en trouve dans certains endroits inattendus comme le shampoing ou le dentifrice.

La discipline vegan observée avec précision implique de rejeter tous les biens de consommation qui contiennent des bouts d’animaux (il faut passer en revue la composition de chaque produit), mais également ceux qui ont pu être testés sur des animaux.

Donc il est nécessaire de se procurer une liste détaillée et de la consulter avant chaque achat douteux, ce qui demande un temps considérable, autant pour la nourriture que pour les produits cosmétiques ou ménagers. On ne peut reprocher à certains de ne pas avoir toujours le temps.

Être vegan à 90 % ou 95 %, dans une société où les produits de l’exploitation animale sont omniprésents, représente déjà un effort considérable. (…)

De la même manière, un vegan puriste ne devrait plus lire de livres sur papier, puisque pour fabriquer ce papier des arbres ont été abattus, et des vies minuscules qui habitaient ces arbres en ont forcément pâti. (…)

J’irai même plus loin : les militants antispécistes intransigeants qui s’en prennent aux non-vegans sont en réalité spécistes. En effet, il y a chez les défenseurs des droits des animaux plusieurs espèces, des plus modérées aux plus radicales. Or, les radicaux intolérants se présentent comme les représentants de l’espèce supérieure, plus intelligente et sensible que les autres pour lesquelles ils n’affichent que dédain.

Cela ne vous rappelle rien ? L’antispéciste, pour sa part, ne méprise pas la différence. Il essaye de la comprendre. Cela commence évidemment par les humains. »

Nous qui avons une certaine expérience du véganisme, nous disons ici franchement que nous ne pouvons que penser qu’Aymeric Caron ne restera pas végan longtemps, encore est-il d’ailleurs qu’il faut déjà qu’il le devienne vue cette histoire de chaussures.

Car une fois la fenêtre du relativisme ouverte, le bâtiment s’effondre inévitablement. Il faut être strict, suivre une voie stricte, le moindre libéralisme se transformant en plaie béante faisant s’écrouler tout l’édifice moral.

Il ne s’agit pas d’insulter les gens qu’il s’agit de convaincre, comme le prétend Caron afin de décrédibiliser ceux et celles assumant la morale comme un ensemble inébranlable, mais de dire aux petit-bourgeois relativistes qu’ils n’ont pas leur mot à dire.

Aucun amour pour les animaux, relativisme et esprit de « tolérance »… C’est tout autant illusoire, improductif et décalé que les propos de la porte-parole de L214 qui proposait hier des réformes à la commission d’enquête parlementaire sur les abattoirs, avec encore une fois le thème du halal et du casher…

Le végétalisme des simili-carnés et des « ersatzs »

Quand on parle du véganisme et des animaux, il y a la question qui se pose de savoir ce qui doit primer : les animaux ou le véganisme. Nous, nous disons les animaux, et sommes bien minoritaires pour cela.

En effet, l’anthropocentrisme prime largement chez les personnes se tournant vers le véganisme et cela laisse, évidemment, de la place pour une contre-offensive très brutale sur les faiblesses d’une telle approche.

Voici quelques exemples de ces derniers jours. Commençons par la revue libérale Contrepoints, qui a publié un article intitulé « Antispécisme : doit-on prendre les droits des animaux au sérieux ?« .

Comprenant que la démarche anthropocentriste permet d’annuler le véganisme comme vision du monde universelle, l’article se concentre là-dessus, disant que le véganisme n’est pas naturel, qu’il n’y a pas de compassion naturelle (logique puisque pour les libéraux la concurrence prime).

Et, par conséquent, dit l’article, le véganisme est un produit du capitalisme, d’un choix relevant du « luxe » permis par le capitalisme :

Les normes végétariennes ou simplement « biologiques » valent surtout pour des personnes relativement confortables.

Ayant solutionné la plupart de leurs défis humains, elles en sont rendu à considérer les animaux. C’est bien, mais si elles veulent forcer d’autres êtres humains à les suivre, elles ne respectent plus la dignité de ceux-ci, rabaissant leur volonté au même niveau que celle des poulets et des vaches.

C’est probablement pourquoi d’ailleurs elles ne le font pas, ni même y pensent, se contentant de médire de l’alimentation des autres entre deux discussions philosophiques. (….)

Les abattoirs et la chasse aux éléphants d’Afrique sont des activités commerciales. Cependant, les zoos, les activités de plein air, les animaleries, les vétérinaires, l’alimentation biologique, la restauration et les livres de recettes végétariennes aussi.

En fait, la lutte pour reconnaître les droits animaux se fait sur les marchés et non au sein d’institutions politiques. À aucun moment, des élections se jouent sur cette question. Jamais un dirigeant ne va interdire à sa population de manger de la viande si celle-ci est à 96 % carnivore.

C’est le marché qui permet aux 4 % de marginaux de se déployer et de croître. Si l’alimentation était un bien public, ceux-ci auraient plutôt à craindre que la viande leur soit imposée comme source de protéine pour des « raisons budgétaires ».

Peut-être qu’une loi mineure concernant les conditions des animaux sur les fermes et dans les abattoirs peut légitimement être adoptée pour plaire à cette frange de l’électorat, mais jamais si elle implique une hausse significative du prix de la viande.

L’intérêt pour les chiens, les chats et les lapins de compagnie contribue pour beaucoup dans cette empathie croissante pour les animaux.

Avant d’accuser le capitalisme des maux qui les accablent, il est utile de se rappeler qu’un tel passe-temps est possible surtout parce que des hommes d’affaire soucieux de profits ont historiquement haussé nos standards de vies à un point tel où nous avons ce luxe. Un fonctionnaire de l’URSS n’aurait pas perdu son temps à concevoir des jouets pour chat ou des systèmes de toilettage de caniches. C’est vraiment très capitaliste d’offrir cela. »

C’est une logique implacable et, de fait, les mouvements « welfaristes » (comme L214) ou abolitionnistes (comme avec Aymeric Caron) se posent comme des gens entendant défendre leurs idées comme on achète et vend des actions à la bourse, sans jamais considérer les choses avec une vue d’ensemble.

Aucun ne répondrait à un libéral que c’est le peuple qui a produit les richesses et que les riches doivent rendre tout ce qu’ils ont, afin de permettre une autre société, généralisant la bienveillance et la compassion…

Un autre aspect de l’anthropocentrisme, ainsi que de l’individualisme, tient au « simili-carné », que nous rejetons formellement, et sommes biens seuls pour cela. Naturellement, les partisans de l’exploitation animale ont ainsi le champ totalement libre pour dénoncer les « ersatzs », appelant à se tourner vers « l’original », comme le fait M la revue « style » du Monde, dans l’article « Le végan, ou l’art de l’ersatz« .

On y lit notamment :

Dans un salon d’obédience strictement végétarienne, on pouvait s’attendre à une abondance de fruits et légumes, de denrées fraîchement sorties de la terre, si possible de proximité. Il n’en est rien. Les produits manufacturés règnent en maîtres dans les rayons, sous tous les emballages possibles  : plastique, carton, bocaux, tubes, sous vide, surgelés, etc. (…)

La nourriture végane est d’abord conçue comme une alimentation de substitution permettant la transition entre des pratiques carnivores coupables et un avenir radieux riche en protéines végétales. Elle doit faire oublier l’avant en montrant qu’on peut faire pareil, mais autrement, ce qui s’apparente à de la tromperie sur la marchandise. (…)

Une catastrophe à la dégustation de ces pâtes insipides, de consistance identique, évoquant furieusement les denrées industrielles propres à vous dégoûter du fromage. Mais n’est-ce pas justement le but recherché ? Hendrik Schellkes, directeur des Salons VeggieWorld, peut bien affirmer «  qu’être végan n’est pas impossible même au pays de la gastronomie  », il est permis d’en douter…

C’est inévitable : au pays du terroir, soit on assume la lutte contre les beaufs, soit on tente de faire du « foie gras végétalien » qui sera, immanquablement, décrédibilisé par rapport à « l’original »…

La revue Elle a également parlé récemment des « faux mages », les « fromages » végétaliens ; là aussi, l’exécution est sommaire, faire comme en passant…

Que l’on soit vegan, intolérant au lactose ou qu’on suive un régime alimentaire particulier, le fromage vegan est une alternative healthy intéressante. Facile à réaliser, à partir de lait végétal ou d’ oléagineux, ce fromage qui ressemble à s’y méprendre à un fromage frais, promet textures et saveurs originales loin d’être inintéressantes.

D’un côté, c’est apprécié, de l’autre cela reste anecdotique. Dans tous les exemples donnés ici, on voit les limites patentes du végétalisme qui ressemble à s’y méprendre à une alimentation omnivore sans viande avec des ersatzs sans compensés. On peut se douter que non seulement cela ne transformera pas la société, mais qui plus est une telle tendance va rapidement s’enliser et n’aboutir qu’à la capitulation de nombreuses personnes…

L’antispécisme d’Aymeric Caron : de la morale pour bobos

Aymeric Caron a publié un ouvrage intitulé « Antispéciste » et nous sommes heureux et heureuses d’avoir, de notre côté, toujours réfuté l’emploi de ce terme en raison de son contenu totalement erroné.

Et, tant qu’à faire, précisons également que nous ne sommes pas du genre à faire confiance à Aymeric Caron qui, il y a quelques mois encore, continuait sa démarche consistant à ne jamais répondre à la question de savoir s’il était vegan ou pas.

Ces derniers jours, à l’occasion de la parution de son ouvrage, il le déclame par contre haut et fort, se présentant aussi comme un « abolitionniste ».

Tout cela est bien trop contorsionné pour être honnête, mais il faut juger sur pièce et, plutôt que de juger ses propos dans des interviews ou encore dans l’émission « On n’est pas couché », regardons ce qu’il dit dans « Antispéciste ».

Rien qu’avec la première phrase et sa justification, à notre sens tout est dit :

« Je n’aime pas les animaux. Je les respecte, tout simplement. L’amour est un sentiment parfois irrationnel, une inclination subjective, une expression trop passionnelle pour être tout à fait sensée. »

Ce qui nous distingue des autres courants de pensée et d’action en faveur des animaux, c’est que nous aimons les animaux et que nous considérons qu’il est absurde d’opposer la raison aux sentiments.

Nous méprisons Descartes et sa vision séparant le corps et l’esprit ; nous pensons qu’il est naturel d’aimer, et nous n’opposons pas les cinq sens à nos raisonnements.

Pour cette raison, même si nous considérons que le véganisme est incontournable, nous avons le plus grand respect pour les activistes des refuges, la « vieille femme aux chats », le SDF qui nourrit les pigeons, toutes ces personnes qui, sans être vegan, relève pour nous d’une tendance naturelle à la compassion.

Nous trouvons insupportables ces intellectuels, bobos et autres hipsters qui nous ennuient avec leur « droit », leur questionnement sur la « justice », tout cela pour faire carrière, dans un esprit bien français. Rappelons qu’en chinois, l’idéogramme désignant la France signifie au sens strict « pays de la loi ».

Aymeric Caron est quant à lui d’un formalisme odieux ; comme le montre les lignes suivantes :

« Mais si je ne mange pas d’animaux, si je refuse de consommer des produits issus de leur souffrance, si je m’oppose à leur détention et si je milite pour la fin de la chasse et de la corrida, ce n’est pas en raison d’une sensibilité exacerbée à leur égard. Seule une exigence de cohérence et de justice motive mon refus de tuer et de faire souffrir un animal.

Avant de sauter dans un lac pour sauver un homme en train de se noyer, vous ne vous demandez pas si vous aimez cette personne. Le médecin et le pompier n’ont pas non plus besoin d’aimer les individus auxquels ils viennent en aide : ils agissent en fonction de leur conscience et de leur sens des responsabilités. Il n’y a pas d’affect dans leur comportement. »

Nous disons de notre côté : voilà exactement l’horreur de notre monde. Le manque d’affect est insupportable et l’exemple du médecin ou du pompier est bien choisi. Qui ne connaît pas l’arrogance hautaine du médecin qui nous voit comme un objet à réparer, du pompier dans sa version militaire qui prend le peuple pour un ramassis d’inconscients et d’écervelés.

On a à peine commencé l’ouvrage d’Aymeric Caron que la messe est dite : voilà encore de l’existentialisme à la française, du catho cherchant à se donner bonne conscience.

Quant au concept d’antispécisme employé, qu’Aymeric Caron s’approprie de manière éhontée afin d’asseoir sa carrière médiatique de bellâtre, il n’a rien de nouveau.

Il s’agit d’une simple catégorie bobo de plus, à côté de la grossophobie, de la transphobie, de l’âgophobie et autres termes délirants pour désigner ce qui relève d’un manque d’humanité, d’éducation, de savoir.

Citons Aymeric Caron, qui encore une fois dès le début de l’oeuvre le dit ouvertement :

« Je suis antispéciste. C’est-à-dire que je considère qu’il n’y a aucune justification à discriminer un être en raison de l’espèce à laquelle il appartient.

Autant le préciser tout de suite : l’antispécisme n’est pas juste un cri de défense en faveur des animaux maltraités. Il est un combat social pour l’égalité, qui présente la particularité de dépasser le simple cas des humains.

L’antispécisme est donc en réalité un nouvel humanisme, qui reconnaît notre parenté avec les autres espèces animales et qui en tire les conséquences. »

Quarante années exactement après la naissance de l’ALF, il faut encore avoir à supporter un tel anthropocentrisme, refusant de faire de la libération animale une cause sacrée, devant s’imposer car elle est d’une justesse absolue ?

Nous répondons non, nous répondons : non, la place est prise, par une démarche sérieuse qui sait qu’il faudra arracher les animaux à leurs ennemis, qu’il faudra se confronter à tout prix aux promoteurs de l’écocide en cours.

La cause animale n’est pas un simple ajout universitaire à la liste des combats sociétaux que seraient la cause des femmes, des personnes homosexuelles, des minorités, des personnes subissant le racisme, etc.

La cause animale est une cause qui dépasse l’humanité, qui la replace dans l’ensemble de la Nature, qui la fait se soumettre à la planète compris comme un grand tout.

Nous disons qu’Aymeric Caron n’a rien compris à la cause quand il dit :

« Il ne s’agit pas de décréter que tous les animaux sont les égaux des hommes.

Cela n’aurait aucun sens. Mais nos différences avec les autres espèces ne peuvent plus justifier le refus de leur accorder à tous des droits minimaux. Lesquels ? Le débat est ouvert. Selon moi, quatre droits fondamentaux s’imposent : nous ne devons plus manger les animaux, ni les enfermer, ni les torturer, ni en faire le commerce. »

Nous, nous disons : « en défense de toute vie ! » et nous affirmons que chaque être vivant est une composante liée à l’ensemble de la vie, dont l’existence est sacrée car l’ensemble est sacré, chaque élément étant indissociable de l’ensemble.

Nous n’avons pas besoin de gens qui ne sont pas spécistes. Nous avons besoin de gens dans les refuges, nous avons besoin de gens pour libérer les animaux des laboratoires, nous avons besoin des gens pour détruire les abattoirs, nous avons besoin de gens pour admirer les oiseaux !

La Nature subit une offensive généralisée : elle n’a pas besoin d’existentialistes se comportant de telle manière à avoir bonne conscience, mais de gens se lançant dans la bataille, à ses côtés !

L’insoluble problème de L214

C’est quelque chose pour le moins incompréhensible et qui sort de toute logique. Il y a, en effet, pour schématiser, trois options quand veut que le véganisme devienne la norme générale :

– les welfaristes qui entendent améliorer au fur et à mesure les conditions de vie des animaux jusqu’à, au bout du processus, le véganisme ;

– les abolitionnistes qui demandent à ce que le droit change dans le cadre des institutions ;

– la libération animale considérant qu’il faut une révolte générale et l’effondrement complet du système de l’exploitation animale, capitalisme en général y compris.

Traditionnellement, le premier courant est dominant en France, de manière plus ou moins liée avec le véganisme, avec par exemple L214, la Fondation Bardot et une multitude d’autres associations.

Le second courant n’est représenté que par Vegan.fr, diffusant notamment les écrits de Francione, le théoricien de l’abolitionnisme.

Le troisième courant, très minoritaire dans l’activisme mais très influent culturellement, est composé avec plus ou moins de contradictions des personnes partisanes de l’ALF, de LTD, des antispécistes anarchistes.

Or, que voit-on dans le Courrier Picard ? Que L214 prend un tournant « maximaliste » : il faut fermer les abattoirs, tout le monde doit devenir végétalien.

Votre association, L214, vient de rendre public une vidéo très choquante relative à des maltraitances animales dans un abattoir. Que faut-il faire selon vous pour éviter ce genre de choses ?

C’est très simple, il faut fermer tous les abattoirs. Ce sont par définition des lieux violents où l’on donne l’autorisation de donner la mort à l’arme blanche, évidemment contre la volonté des victimes. Ces images de mise à mort sont d’une grande cruauté et marquent l’opinion. Il y a urgence à ouvrir le débat.

Par ailleurs, les mesurettes annoncées par le ministre de l’agriculture (ndlr : Stéphane Le Foll a ordonné des inspections dans l’ensemble des abattoirs), ne serviront à rien. (…)

Derrière le combat contre la maltraitance animale, votre volonté n’est-elle pas simplement de militer pour le végétalisme, dont vous vous réclamez ?

Le simple fait de la reconnaissance que les animaux sont des êtres sensibles (article L214-1 du code rural à l’origine du nom de l’association), doit effectivement nous conduire à changer nos pratiques. Manger des animaux n’est pas un besoin vital. La recherche a permis de faire d’énormes progrès en matière de nutrition et il est aujourd’hui clairement établi que l’on peut avoir une alimentation variée sans avoir besoin de manger des êtres vivants.

N’est-ce pas une douce utopie ?

Pas davantage que lorsque certains, à une autre époque, ont commencé à remettre en cause l’esclavage. Le combat contre certaines traditions ne relève pas seulement de l’utopie. On le voit par exemple avec la corrida ou le déterrage des blaireaux.

Si on va au bout de votre logique, l’homme est un animal comme les autres qui ne peut s’arroger le droit de faire souffrir un animal pour se nourrir. Faut-il dans ce cas interdire aux chats de manger des souris ?

C’est un débat philosophique qui peut aller jusque-là, oui.

On aurait tort de n’y voir qu’un débat sémantique, une question de mots ou de tournures de phrases. L214 a une démarche qui s’est construite comme un welfarisme, avec une bataille sur des points précis, sectoriels : la corrida, la situation animale dans les abattoirs, le foie gras, la « veggie pride », menus végétariens à l’école, etc.

C’est la raison pour laquelle des gens partisans de la mise en avant du véganisme ne soutiennent pas un tel projet, à la fois par morale et par considération que cela n’a pas de sens, que cela ne peut pas fonctionner.

Évidemment, d’autres ne se posent pas « toutes ces questions » et ont saisi L214 en pensant que c’est toujours un prétexte pour combattre pour les animaux. C’est là un défaut typique, et aussi une qualité, des amis et amies des animaux : ils ne réfléchissent pas en termes de stratégie, voulant bien faire tout de suite quand on peut.

Toutefois, avec la formidable exposition médiatique de L214 – la une du Monde, une présentation régulière à la télévision, comme il y a deux jours à l’émission « Ce soir (ou jamais !) » – il y a un choix qui est à faire entre assumer le welfarisme ou bien le véganisme…

Lorsque PeTA en est arrivé au même point et a fait le choix du welfarisme aux Etats-Unis, elle avait un avantage : l’ALF menait des actions régulières et de grande envergure, et PeTA n’a jamais dénoncé ou critiqué l’ALF. Le positionnement comme bras « légal » pouvait maintenir une certaine radicalité.

L214, se situant dans la tradition des Cahiers Anti-spécistes et de leur quête philosophique d’un véganisme anthropocentrique et modulable installé dans les institutions, n’a pas du tout ce « luxe ».

Comment faire alors pour préserver le véganisme comme objectif concret, sans pour autant assumer la révolution, tout en s’insérant dans les institutions ? Le problème est insoluble !

 

Le Monde fait l’éloge de L214

C’est une opération de promotion de la plus haute qualité. Hier, le quotidien a mis l’association L214 en tête d’affiche de sa version papier, ainsi que sur le site du Monde, avec plusieurs articles mis en avant, et deux actualités.

La première est un article intitulé « Un nouveau cas de cruauté mis au jour dans un abattoir français« , avec une vidéo vue en exclusivité par Le Monde. Ce qui signifie bien évidemment que cela a été préparé en amont, avec l’aval de la direction du quotidien, à l’occasion d’une vidéo « choc » où l’on voit des animaux martyrisés lors de leur mise à mort.

La seconde, intitulée « L214, la méthode choc pour dénoncer les abattoirs » mais disponible en lien sous le titre « L214, des végans contre les abattoirs », consiste en une biographie des deux dirigeants.

Les deux articles ont été écrits par la journaliste du Monde Audrey Garric, que nous critiquions tout récemment en raison de sa position relativiste par rapport à un écocide de manchots (voir Écocide de manchots : « la réalité est beaucoup plus nuancée »).

Sur le fond, elle a « très bien travaillé » : L214 est présentée comme une association entendant radicalement abolir l’exploitation animale, avec des dirigeants sérieux et légalistes actifs depuis longtemps dans cet esprit institutionnel et médiatique, disposant d’un vaste budget de 600 000 euros par an, etc.

On trouve également, preuve de la bonne organisation, deux réactions suite à ce nouveau scandale de maltraitance dans un abattoir (ce qui est tout de même un pléonasme) : celle du directeur « choqué » de l’abattoir, ainsi que du directeur général de l’alimentation, qui exprime des propos allant dans le sens de L214, ce qui ne doit bien entendu rien au hasard :

« S’ils sont confirmés, ces faits sont inacceptables, et entraîneront une enquête judiciaire et administrative, avance Patrick Dehaumont, directeur général de l’alimentation, qui dépend du ministère de l’agriculture, avant d’avoir pu voir les images. S’il y a bien une nouvelle dérive, nous ne pourrons pas en rester là : il faudra renforcer les contrôles, avec une présence d’agents plus fréquente et peut-être une pose de caméras. »

Par la suite, l’abattoir en question a été fermé, le ministère de l’agriculture a demandé une enquête dans chaque abattoir dans les trente jours, le vice-président de la Confédération française de la boucherie s’est dit sur BFMtv scandalisé par ce qu’on voit dans la vidéo,  etc.

C’est un fait que l’on peut sans doute qualifier d’historique. Il faut voir les choses de manière concrète, et cela signifie comprendre que l’Angleterre a eu dans les années 1990 l’ALF, porté par les gens aimant les animaux et liés aux refuges, faisant face à une répression totale, une criminalisation terrible.

La France a, quant à elle, eu dans les années 2010 une vague de « végéta*isme » bobo et médiatique, cherchant à tout prix un ancrage institutionnel et commercial, avec le rêve de devenir professeur de faculté ou d’ouvrir son restaurant au moyen d’appel à financement fait en ligne.

Il n’est guère étonnant qu’un système prompt à s’aménager et à se réaménager soit tout heureux de dévoyer la cause animale dans un tel cul-de-sac. Au lieu d’appeler cet article « Le monde fait l’éloge de L214 », il aurait d’ailleurs été peut-être plus clair de dire : « Le quotidien des milliardaires Pierre Bergé, Matthieu Pigasse, Xavier Niel fait l’éloge de L214 ».

Il s’agit véritablement de deux approches qui, culturellement n’ont rien à voir et les gens de L214 en sont totalement conscients, puisque historiquement ils représentent les lignes anti-ALF et anti-Nature portées par les Cahiers Antispécistes.

On peut lire à profit comment par exemple la revue anglaise Arkangel – nous conseillons vivement nos articles La revue Arkangel, Les couvertures d’Arkangel, La couverture d’Arkangel numéro 12 – se faisait dénoncer par les Cahiers Antispécistes pour sa position pro-ALF et pro-Nature.

Ont également un intérêt certain les propos tout récents du porte-parole de L214 expliquant que, dans certains cas, il peut manger des oeufs et cautionner la vivisection.

Il y a deux visions du monde et la nôtre est très claire : ce n’est pas l’antispécisme, mais la défense de notre mère la Terre, l’amour des animaux, la libération animale comme valeur universelle non négociable, le véganisme démocratique porté par les gens.

« Kebab vegan à Paris »

Voici le communiqué de presse au sujet de l’ouverture du « premier kebab vegan ce week-end à Paris ». Notons juste, pour le principe, que nous ne partageons pas l’idée que cela sera « un bond en avant pour le mouvement vegan », notamment parce que nous sommes contre le principe du simili-carné.

*OUVERTURE DU 1ER KEBAB VEGAN CE WEEK-END A PARIS !*

*Une start-up parisienne ouvre ce vendredi 25 mars 2016 à Paris un fast food végétalien qui aura la particularité de proposer des kebabs vegans plus vrais que nature ! Implanté dans le 17ème arrondissement, à deux pas de l’Avenue de Clichy où le Kebab traditionnel est roi, le restaurant Super Vegan veut proposer une nouvelle expérience de restauration, et montrer que l’on peut tout à fait se régaler sans viande sans que cela implique de n’avoir « que trois petits pois dans son assiette ».*

Super Vegan est plus qu’un restaurant, c’est un concept audacieux imaginé par trois jeunes entrepreneurs franciliens. La fine équipe veut proposer des plats « délicieux et innovants » pour montrer que l’alimentation végétalienne (sans viande ni aucun ingrédient d’origine animale) « ne se résume pas à trois petits pois dans une assiette ». Le produit phare de l’établissement ? Le Super Kebab, un Kebab végétalien « qui a tout d’un Kebab, sauf la souffrance animale », explique Simon, le Chef qui officie en cuisine.

* »Malbouffe saine »*

« Nous voulons aussi montrer que l’on peut se régaler sans mettre sa santé en péril », ajoute Orianne, l’une des co-fondatrices du projet. Le créneau de Super Vegan est en effet la « malbouffe saine » : la viande et le fromage sont remplacés par des similis qui ont l’avantage de ne contenir ni cholestérol, ni graisses saturées (lesquels ne sont présents que dans les produits d’origine animale). De quoi se régaler en toute légèreté !

*Fromage végétal et similis carnés maison*

Le restaurant a un autre point fort : l’éthique. D’abord en cuisine, où on ne trouve que des produits bruts issus de l’agriculture raisonnée, lesquels sont transformés sur place par les cuisiniers en pains, fromages végétaux et autres similis carnés tous faits-maison selon des recettes exclusives.

Mais aussi du côté ménager : « Tous les produits que nous utilisons, même le savon mis à la disposition des clients dans les toilettes, sont non-testés sur les animaux et respectueux de l’environnement », expliquent ses fondateurs.

*Ouverture le 25 mars à 19 heures*

Super Vegan ouvrira ses portes le 25 mars 2016 à 19 heures pour un week-end « spécial kebab » qui se prolongera les 26, 27 et 28 mars (avec un brunch le dimanche 27 mars). Pendant ces 4 jours, les clients pourront déguster le Super Kebab, des frites, du brownie, tout en buvant citronnade et thé glacé maisons, ainsi qu’une sélection d’alcools vegans. Puis, à partir du 1er avril, le restaurant étoffera son offre et proposera de nombreux autres délices aux gourmands : pizzas, burgers, fajitas, mac’n’cheese, tajines, etc. Le tout, à petits prix et dans une ambiance ludique et colorée !

*INFORMATIONS PRATIQUES :*

*Adresse :* 12 rue Berzélius 75017 PARIS
*Transports :* Métro L13 « Brochant » ou « Guy Moquet » ; RER C « Porte de Clichy » ; Transilien L « Pont Cardinet »
*Horaires :* 08h00-14h30 / 19h00-23h30 tous les jours, sauf le jeudi (jour de fermeture)
*Programme du week-end d’ouverture « spécial kebab »
: https://www.facebook.com/events/1014540425305052/
*Services :* Chiens acceptés, WC handicapés, plats à emporter, CB acceptée
*Téléphone :* 01.55.32.34.05
*E-mail :* supervegan75017@gmail.com

*EN CUISINE :*

*SiMON (25 ans) :* A la base illustrateur et dessinateur de comics (bande dessinée américaine), ce gourmand prend un grand plaisir à transposer son inventivité dans les assiettes depuis plusieurs années. Dans l’aventure Super Vegan, Simon sera à la fois aux fourneaux et en charge de tous les supports de communication du restaurant (menus, prospectus, visuels publicitaires) dont il a créé le logo et le super-héros mascotte.

*OLiViA (20 ans) : *Malgré son jeune âge, Olivia est végane depuis 7 ans déjà (et végétarienne depuis bientôt 10 ans) ! Passionnée de cuisine végétale, elle la pratique de façon inventive depuis 8 ans (et à titre professionnel depuis 2 ans). Pour elle qui a toujours voulu ouvrir son propre restaurant, Super Vegan est la concrétisation d’un rêve. «Ce concept unique et innovant va permettre au mouvement végan de faire un bond en avant. C’est parfait pour concilier convictions et passion !», s’enthousiasme-t-elle.

Le véganisme relève de la compassion et non pas de l’anthropocentrisme

C’est l’un des arguments les plus classiques, effectué par les personnes religieuses et les antispécistes : Dame Nature serait mauvaise.

Ne voit-on pas dans la Nature les animaux s’entre-tuer ? Des animaux ne sont-ils pas mangés, dans des conditions éminemment cruelles ?

Nous en avons parlé quelques fois, et nous le referons encore beaucoup, car il y a ici la clef d’une problématique essentielle : le véganisme est-il le point culminant d’un processus se terminant déjà, ou bien le début d’un processus qui commence seulement ?

Est-ce que le véganisme est un choix moral propre aux êtres humains « civilisés » et sortis de la Nature ? Ou bien le véganisme est-il pratiqué par l’humanité dans le cadre d’une tendance générale à la compassion qui s’exprime dans la Nature ?

La critique que l’on peut faire à la première interprétation est qu’elle est ridiculement anthropocentriste ; la critique qui est faite au second point de vue, pourtant correct, est que cela serait du mysticisme.

Nous, nous disons : c’est simplement de l’athéisme. Et l’athéisme considère que les humains sont bons, par nature, que la Nature est bonne aussi, puisqu’elle est la vie elle-même.

Pourquoi la vie a-t-elle donné naissance à des êtres qui se mangent ? La réponse est simple : s’il n’y a pas de Dieu, la vie est un processus en cours, qui s’appelle l’évolution.

Et si l’on considère que la compassion est ce qui traverse le plus la vie, ce qui se voit le plus dans la Nature, si l’on a pas les préjugés propres à notre société de compétition, alors on ne peut que se douter que la Nature tend à la compassion.

Le véganisme n’apparaît alors pas comme un choix moral individuel, mais bien comme une tendance collective inéluctable. La société humaine du futur devenue végan ne consistera pas en un assemblage d’individus qui sont végans pris séparément : il y a quelque chose en plus.

Ce quelque chose en plus, c’est aider la vie à s’épanouir. Il y a ici un espace de réflexion sans limites, et on peut se douter que l’humanité connaîtra aussi des erreurs dans cette aide. Mais c’est une tendance obligée, inhérente à la vie elle-même.

La vie n’a pas donné naissance à l’humanité pour qu’elle détruise tout : ce serait s’auto-détruire… De ce fait, si l’humanité comprend qu’elle a été le produit de la Nature, sa place est toute trouvée.

Ici, on raisonne donc de manière universelle et certainement pas individuelle. Qui est végan pour sa bonne conscience, sa santé morale n’a pas saisi l’arrière-plan : la bataille pour le triomphe de la compassion à l’échelle planétaire, dont l’humanité n’est qu’un simple aspect.

Le véganisme est l’amour des animaux ou il n’est rien, car la joie de vivre est le coeur de la vie : chaque être veut s’épanouir et la reconnaissance générale de ce principe doit être notre morale.

Jetons un œil sur un paragraphe d’un article disant le contraire (« Je suis vegan : c’est un défi moral. N’importe qui peut y arriver »). Tiré du Nouvel Observateur, habitué des articles vegans en mode bobo, on y lit les propos suivants d’une « citoyenne militante » qui est végane :

« Je mangerais un humain mort pour ma survie

Alors oui, certains animaux en mangent d’autres, c’est la chaîne alimentaire, c’est dame nature, c’est la vie. Mais ils sont dans une situation de survie. Pas toi. Leurs corps le réclament, pas le tien.

Si tu m’autorises à faire un second point Godwin (et après c’est fini je te le jure), dans une situation de survie, moi je mangerais un autre être humain si il était mort. C’est d’ailleurs une question morale, qui s’est posée parfois à des survivants de crash d’avions et autre. Est-il moral de manger un autre être humain mort si moi je veux pouvoir continuer à vivre ? Oui, double oui.

Parce que tu n’ôtes rien à personne. Mais il est je crois, immoral de consommer la chair d’un autre être vivant alors que ton corps ne le réclame pas et que tu pourrais en faire autrement. Ne blâme donc pas les lionnes qui chassent pour nourrir leurs petits. Avant de les brandir comme argument – parce que c’est l’un des seuls arguments qu’il te reste – regarde toi d’abord, et remets toi en question. Même si ça te dérange. »

Lignes étonnantes, guère appréciables, principalement parce que la pratique végane fait que le rapport aux animaux entraîne la connaissance de l’importance du respect du corps mort, de l’enterrement, de l’incinération.

Bien loin de ceux récupérant les morts pour en faire des coproduits, les jetant dans une poubelle, les exhibant dans un rassemblement…

Tout cela est vraiment glauque comme raisonnement. Mais pour ce qui compte ici vraiment : Dame Nature est mauvaise, la vie est mauvaise : c’est la « chaîne alimentaire ». Mais si nous sommes nous-mêmes naturels et que la Nature est mauvaise, pourquoi alors être bon ?

La seule réponse logique serait alors qu’on soit sorti de la Nature, et c’est bien le point de vue totalement commun aux religieux et aux « antispés ».

Le véganisme est ici, dans l’esprit de ce paragraphe, un existentialisme, une possibilité où l’on peut, comme l’avait formulé Jean-Paul Sartre, être un salaud, ou pas. La personne végane est alors la personne qui a choisi de ne pas être un salaud.

C’est là un point individuel et anthropocentriste : l’humanité serait sortie de la Nature, l’individu serait séparé de l’humanité.

Eh bien, non : le véganisme ne puise pas sa source en nous. Le véganisme n’est pas d’origine humaine. Le véganisme relève de la compassion, il est le produit de la Nature, et même le produit le plus naturel, puisque c’est la chose la plus logique possible que la vie aime la vie, et la soutienne.

Le véganisme n’est pas un choix et encore moins un choix individuel : c’est une tendance tout à fait logique de la vie, qui tend autant qu’elle peut à aller vers la compassion, le respect de la vie se réalisant.

La compassion comme tendance universelle s’oppose donc au « choix » moral individuel fondé sur la sensibilité ou plus précisément la « sentience », concept totalement abstrait inventé par des universitaires bobos pour justifier leur véganisme individualiste.

Dans les commentaires de l’article cité, on a d’ailleurs une critique tout à fait cohérente (et très classique) de cette posture, à défaut d’être juste :

« Le veganisme, c’est une faiblesse morale, d’hypersensibles incapable d’accepter la dureté de la vie.

Qu’ils soient hypersensibles, ça les regarde, chacun ses défauts, ça ne serait un un problème s’ils ne se sentaient pas obligés de le crier au monde et d’emmerder tout un chacun avec leurs convictions. »

Sauf que la vie n’est pas « dure » : la preuve, elle a produit, produit et produira une infinité d’être vivants, dans une évolution ininterrompue caractérisée par toujours plus de développement, de complexité, de perfectionnement…

Le véganisme respecte cela et sa source ne peut être que la vie elle-même.

Interview de « Rise Clan »

Voici une interview de la marque Do It Yourself Rise Clan, basée au Portugal et qui cherche à diffuser l’éthique vegan straight edge.

Qu’est-ce que le projet Rise Clan et comment est-il né ?

Tout a commencé avec une étincelle de rébellion et l’idée de donner naissance à une marque de vêtements qui représentent véritablement mes croyances. En fait, c’est simplement une excuse parfaite dont j’avais besoin pour commencer à mettre en vente des vêtements de streetwear qui soient de haute qualité écologique et fairtrade, avec des messages forts et positifs.

J’ai pratiqué la sérigraphie depuis mon adolescence et j’ai toujours voulu commencer un projet qui ne soit pas que simplement imprimer des choses commerciales. Je voulais commencer un projet ayant de la consistance et de vrais buts.

Rise Clan est bien plus qu’une marque de vêtements, c’est une arme contre leurs mensonges. Je suis là avec une attitude forte et la volonté de faire la différence dans le monde. Le slogan n’a pas été choisi par hasard… Il veut dire quelque chose de réel : choisir le feu contre l’apathie ! Rise Clan est un business sobre et vegan, de type Do It Yourself sur une base familiale, fondé en 2008.

Que proposez-vous et est-ce que vous choisissez le type de production ?

Quand tout a commencé, Rise Clan était juste une entreprise de produits équitables mais désormais toutes les nouvelles collections se basent sur du coton bio, non issu d’ateliers avec des salaires misérables et neutre en CO2, avec des t-shirts, des sweat-shirts et des tote bags [des sacs en toile].

Mon but est de continuer à chercher des matériaux fairtrade, non issus d’ateliers avec des salaires misérables, et écologiques, afin de mettre en vente de jolies nouvelles coupes avec des designs frais.

Je veux que Rise Clan soit professionnel, autant que des marques mainstream, mais en étant humain et honnête comme tout projet underground Do It Yourself.

Quelles sont les valeurs que vous défendez ?

Rise Clan se place pour la liberté, pour la Nature, pour toutes les créatures vivantes sur la Terre, pour la production équitable et pour la Justice ! Je me dédie entièrement à la mise en valeur de l’éthique vegan straight edge dans le monde, cela étant accompagné avec un esprit ouvert car la libre-pensée est nécessaire pour se libérer de l’esclavage mental et physique.

Quels sont vos plans pour le futur ?

Dans la vie tout change et évolue. Rise Clan n’est pas une exception. Je suis tout à fait reconnaissant à chacun qui a soutenu cette marque depuis le tout début. Je prévois de garder le projet réel et Do It Yourself.

Je veux mettre en place de nouveaux designs et aussi de nouveaux produits au cours de l’année.

Rise Clan est basé au Portugal et envoie dans le monde entier. En ce moment, c’est disponible chez Fair Fair (le seul magasin vegan de Lisbonne, au Portugal), Sapato Verde (un magasin de chaussures vegans à Cascais, au Portugal), Vega-Life (une boutique vegan à Amsterdam, aux Pays-Bas), Bamboo Vegan (une épicerie végane à Athènes, en Grèce), chez Epidemic Records (un magasin en ligne vendant des disques et des marchandises leur étant reliées, de Brescia, en Italie) et au Black Cat Cafe (un collectif de travailleurs vegans tenant un café et un magasin à Londres, en Angleterre), ainsi que chez Chris Rowe, un body builder vegan de Sydney, en Australie.

Merci beaucoup pour l’interview et l’opportunité d’en expliquer un peu plus quant à Rise Clan !

www.riseclanworld.com
www.facebook.com/riseclanworld
www.instagram.com/riseclanworld

Le véganisme n’est pas un végétarisme « élargi »

Ainsi donc, l’objectif de toute une partie du mouvement en faveur des animaux est de faire passer le véganisme pour un appendice du végétarisme, une sorte de forme plus approfondie, plus complète peut-être, mais une forme seulement.

Le véganisme serait, au mieux !, un lointain objectif, réalisable individuellement par étapes ou pas du tout.

C’est ce que disent Aymeric Caron, L214, Alternatives végétariennes, Jeanne Mas dans son nouvel ouvrage et par exemple il y a quelques jours dans C à vous (où elle assume de ne pas prôner le véganisme, ce lointain objectif).

C’est que le végétarisme « passe mieux », il permet de rester dans le monde bourgeois, dans le monde conventionnel, alors que le véganisme possède une charge subversive très désagréable, de par sa radicalité, son anti « conformisme » dans la vie quotidienne…

Quand on est vegan, on ne peut tout simplement pas partager un repas avec des gens qui mangent de manière non végétalienne. C’est une rectitude morale bien trop grande pour des gens désireux de s’intégrer parfaitement dans notre société capitaliste, qui évite le conflit à tout prix…

Il y a donc un grand lessivage. Voici ce que publiait par exemple la semaine dernière le journal Le Midi Libre. C’est un excellent exemple de présentation du véganisme comme végétarisme « élargi » ou « agrandi ». Une différence quantitative somme toute.

En réalité, la différence entre le végétarisme et le véganisme est qualitative. Le véganisme ne doit pas être le but, mais le fondement d’une démarche entièrement nouvelle, donnant naissance à un parcours nouveau, un rapport à la Nature constructif, harmonieux.

Le végétarisme n’est en rien cela ; il est un aménagement individuel par rapport aux valeurs du monde qu’on trouve désagréables ou mauvaises. Le végétarisme ne rompt pas avec le système, il en est juste une petite partie de « dégât collatéral » sociologique.

Car quel est le coeur du problème, la substance de la question ? C’est le rapport à la Nature. Or, les végétariens, tout comme les « antispécistes », réduisent tout à leur individu refusant, « dans la mesure du possible », les abattoirs et les horreurs commises par les humains.

Or, c’est là de l’anthropocentrisme, voire même carrément de l’individualisme, de l’existentialisme. La question est le rapport à la Nature dans son ensemble. Les faits sont là, pourtant : les végétariens (et les antispécistes) ne s’intéressent pas à l’écologie (comme le montre la COP21 il y a peu), ils n’aiment pas les animaux, qu’ils veulent juste « laisser tranquille ».

L’idéal du végétarien est du même type que celui du zadiste : vivre dans son coin, ne pas être ennuyé par quelqu’un et n’ennuyer personne, que tout soit pacifié, tranquille, sans contradictions. C’est totalement petit-bourgeois.

La Nature subit chaque jour des assauts terribles, mais on devrait chercher simplement à vivre à l’écart, chercher à mener une vie tranquille, en refusant le « mal », en protestant contre la corrida, en dénonçant un monde « mauvais »…

Comment ces gens seront-ils vus depuis l’horizon 2100 ? Comme des lâches, comme des gens s’égarant dans leur individualité par refus de voir le monde dans son ensemble, par des individus désireux de s’arracher une bonne conscience et de neutraliser les conflits pour vivre dans un conformisme petit-bourgeois, avec comme rêve un petit café-épicerie végétalien qui serait à Manhattan et s’appellerait Bisounours…

Les oeufs et le pseudo « véganisme conséquentialiste »

Il y a peu de temps nous parlions des oeufs (voir Le véganisme et les oeufs, ainsi que « Veggan », le nouveau et horrible concept) et voici justement que dans le Nouvel Observateur, on trouve une nouvelle « théorie » cherchant à « justifier » la consommation d’oeufs par des vegans.

Une aberration de plus, qui a comme nom le « véganisme conséquentialiste », qui s’opposerait à un « véganisme déontologiste ». On l’avait bien vu venir : les bobos et les universitaires ont pris le véganisme d’assaut…

Voici comment, dans le Nouvel observateur, ce « véganisme conséquentialiste » est formulé par Sébastien Arsac, co-fondateur et porte-parole de L214, justement au sujet des oeufs de poule.

Si les mots ont un sens, alors quand on mange des oeufs, qui plus est « sans problème », on ne pratique pas le véganisme.

Car les mots décrivent la pratique, et autant n’importe qui peut se prétendre révolutionnaire sans nécessairement l’être, le véganisme a une définition et la consommation d’oeufs ne rentre pas dedans.

Il n’existe donc certainement pas un « véganisme conséquentialiste », monstruosité qui, comme on le devine, n’est que le nouveau masque de « l’utilitarisme », ce produit idéologique direct de la ligne Peter Singer – Cahiers antispécistes – Veggie Pride – L214.

D’ailleurs, dans le même article, Sébastien Arsac assume également la vivisection, typiquement dans l’esprit utilitariste.

Peut-on faire plus anthropocentriste? Voilà où mènent « l’antispécisme » et le « végéta*isme » : au relativisme, à la négation de l’universalisme, aux discours tourmentés et morbides, à la justification de la torture et du meurtre d’une petite souris…

Cette sordide « justification », parfaitement ignoble en jouant sur la corde de la sensibilité en prétextant défendre un enfant, s’oppose formellement au principe de la défense de toute vie, avec l’amour des animaux.

Mais il est vrai que les « antispécistes » assument très bien de ne pas aimer les animaux et de nier la Nature (comme avec le fameux document antispéciste En finir avec l’idée de Nature)…

 

 

Brutal article anti-vegan de « m le magazine style du Monde »

On ne dira jamais assez à quel point la France est le pays de la demi-mesure. Cela tient au catholicisme : on peut faire des choses « mauvaises », mais du moment qu’on s’en repent… D’où les « végétariens » qui mangent des poulets, des vegans à la carte ou bien réfutant l’universalité du véganisme, etc.

Il faut dire ici que la base sociale compte énormément. Le véganisme entre les mains de grands bourgeois désireux de mener une carrière universitaire ou juridique sera forcément « lissé » ; pareillement des bourgeois ou petit-bourgeois qui refuseront de choquer, de rompre avec leur milieu…

Tout est prétexte pour tenter de contourner, de manière opportuniste, la pression énorme, dont voici un exemple assez éloquent.

Difficile de faire un article plus anti-végan que celui-ci : on a ici une théâtralité grand-guignolesque assez fascinante, avec une conclusion qui fera clairement partie des annales de la bouffonerie la plus grande (et la plus ignoble) dans le refus du véganisme.

Il est tiré de « m le magazine style » du Monde qui, rappelons le encore et toujours, appartient historiquement à la presse catholique.

Un exemple de plus comme quoi le véganisme doit être strict, se fonder sur la rectitude morale, le refus des compromis, avoir comme base non pas soi-même mais la défense de la Nature et de chaque vie.

Ces gens ont peur d’une révolution bouleversant le mode de vie : ils ont raison, c’est une gigantesque menace pour eux, et nous vaincrons, car cela est juste et nécessaire. L’humanité doit assumer le véganisme!

Végan, une histoire de culte

Avez-vous un profond respect des animaux et de leurs droits ? Avez-vous choisi de n’utiliser ni de consommer de produits d’origine animale pour des raisons éthiques ? Etes-vous végétarien ou végan pour des raisons éthiques ?

Si vous répondez oui à l’une de ces questions, vos choix sont en passe d’être reconnus comme une « croyance » (creed) et protégés selon la législation sur les droits de l’homme en Ontario (Canada).

Engagée dans une procédure de révision des textes sur les droits de l’homme (Human Rights Code), la commission ad hoc de la province a rendu ses conclusions selon lesquelles « une croyance non religieuse qui influence de manière substantielle l’identité, la vision du monde et le mode de vie d’un individu, peut être considérée à l’égal d’une religion ».

Autrement dit, les végans pourraient être assimilés à des catholiques ou à des bouddhistes et bénéficier des mêmes protections que celles en vigueur contre toute discrimination raciale, sexuelle ou religieuse.

Dans ses considérations, la commission ne mentionne pas spécialement le véganisme, mais ses adeptes ont été les premiers à se réjouir.

Ainsi Camille Labchuk, directrice exécutive de l’ONG Animal Justice, qui milite en ce sens, précise sur son blog que, si la mesure était votée, « une école ou une université aurait l’obligation d’« accommoder » [to accommodate] tout étudiant en biologie qui refuserait de pratiquer une dissection animale en raison de sa croyance ; un employeur aurait l’obligation d’« accommoder » un salarié qui ne pourrait porter une tenue comportant des éléments d’origine animale (cuir, laine, fourrure, etc.) en raison de sa croyance ; un employeur devrait développer une culture d’entreprise n’excluant pas les végétariens ou les végans lors d’événements professionnels qui auraient lieu dans un steakhouse et offrant une solution alternative tenant compte de leur croyance ».

Les opposants à cette « équivalence droit de l’homme » accordée aux végans soulignent que c’est la porte ouverte aux scénarios les plus absurdes.

Que va-t-on faire des allergiques au gluten, des intolérants au lactose ou de celui qui se fait embaucher dans un restaurant « BBQ » (barbecue) et se plaint de n’être pas « accommodé » ?

Plus sérieusement, l’absence de menu végétarien à un séminaire d’entreprise relève-t-elle des droits de l’homme au même titre que la discrimination raciale ou la persécution religieuse ? Il est permis d’en douter et on cherche en vain des agressions ou des attentats antivégans commis par des terroristes carnivores.

Cette nouvelle foi végane a pourtant le vent en poupe (le glacier Amorino vient de sortir des sorbets 100 % végans), portée par des arguments imparables – lutte contre la souffrance animale, préservation de la planète, principes éthiques – qui s’attachent plus à détruire un mode de vie séculaire qu’à décrire un futur végan.

On peut aisément en imaginer les grandes lignes en se fondant sur le dogme : ni viande, ni poisson, ni lait, ni œufs pour s’en tenir aux seuls versets alimentaires.

Ce qui signifie plus d’élevage, plus de pêche, plus d’aquaculture, plus de vaches dans les prés, plus de basse-cour dans les fermes. Ce qui entraîne la disparition des bouchers-charcutiers, des poissonniers, des pêcheurs, des conserveurs, des bergers, des fromagers, des pâtissiers, etc.

Et la perspective d’une alimentation à base de fruits et légumes, riz, algues, graines germées ou non, avec le soja comme principal gisement de protéines. Un univers de soupes, tofu et ersatz industriels bourrés d’additifs, tel le steak in vitro ou la mayonnaise sans œufs. Il faut effectivement avoir la foi pour y croire.

La couleur noire et les corps des animaux morts

La photographie suivante, publiée par Vosges Matin il y a quelques jours (« Les vegan se mobilisent à Paris »), est peut-être la plus traumatisante dans le genre. Le non respect des animaux décédés est à la base même inacceptable dans ce type de démarche, mais il y a ici en plus quelque chose de directement lugubre, de sombre, de malsain. C’est absolument ignoble.

N’y allons pas par quatre chemins : il faut être vraiment détraqué pour oser faire une exhibition morbide comme cela.

Et qu’on ne prétende pas que cela aide les animaux. La seule image fournie aux gens normaux est celle de gens glauques, incapables de présenter quelque chose de positif, célébrant un culte macabre afin de justifier leur pessimisme, leur absence de perspective.

C’est précisément à ce niveau qu’il existe une porosité très forte avec l’extrême-droite, avec la fascination pour le nazisme, les images fortes, etc.

Montrons au passage le niveau de l’humour de « Cause Animale Nord », encore tout récemment.

Plus sérieusement, on ne peut pas dire qu’on respecte les animaux et utiliser leurs corps de cette manière. C’est manquer de respect. Rien qu’il y a deux jours, des éleveurs ont d’ailleurs procédé de la même manière, en exhibant le cadavre d’une vache, comme le raconte Normandie Actu.

Celle-ci a été pendue par la Coordination rurale, à Avranches, à la permanence d’un député des Républicains). La vache était morte depuis déjà trois semaines…

N’est-ce pas d’un sordide innommable?  Le véganisme n’est-il pas justement l’inverse de cela, à savoir l’harmonie, le positif, la construction, l’amour des animaux, la joie?

Ou est-ce une révolte existentielle, désespérée, tournée vers la couleur noire, comme par exemple à Lyon, il y a quelques jours, pour une marche pour « l’abolition de la viande »?

Le fast food Quick et ses « amis végétaliens »

C’est une information anecdotique si elle ne montrait pas qu’il y a encore un nombre saisissant d’illusions et un individualisme forcené chez bon nombre de personnes végétaliennes.

L’année dernière, il y a eu un « référendum » en ligne organisé par Quick et voici la proposition qui a terminé première.

C’est une proposition très étrange ou plutôt absurde que de demander à une entreprise phare de l’exploitation animale de laisser une petite place pour les personnes végétaliennes.

C’est vraiment défendre son « confort » personnel en oubliant toute la réalité et les animaux…

Quick – qui vient de se faire racheter par Burger King et qui auparavant appartenait même en partie à l’Etat français par l’intermédiaire de la Caisse des dépôts et consignations – a d’ailleurs rejeté cette proposition.

Le site Rue89 qui s’est intéressé à cette histoire a demandé à Quick quelle était la raison de cette impossibilité. Voici la réponse obtenue :

«  Proposer un burger végétarien consisterait, par exemple, à remplacer le steak haché de bœuf par un steak de protéine végétale comme le soja ou le tofu.

Or, pour garantir le caractère végétarien d’un produit et la traçabilité de chacun de ses composants, il n’est pas possible de cuire sur une même plaque de cuisson ou dans un même bain d’huile de friture des protéines animales et végétales. C’est pourquoi techniquement, inclure un burger végétarien n’est pas possible. »

C’est tout à fait cohérent et juste, on ne comprend pas pourquoi des personnes végétaliennes ont pu oublier cela. A moins que cela ne les dérange pas de cuisiner leurs plats avec de la viande, et d’ailleurs puisqu’ils l’ont demandé, de manger au milieu de gens mangeant des morceaux d’animaux morts…

On voit là tous les méfaits du libéralisme et de l’opportunisme.

Enfin, pour finir, voici quelques commentaires Facebook à l’annonce de Quick à ses « amis végétaliens »…