Archives pour la catégorie véganisme

« Sinceridade… Honestidade… CONVICÇÃO!!! »

Voici les paroles de 2 chansons du groupe « Children of Gaia » (« Enfants de Gaïa »), un groupe de musique brésilien des années 2000.

Vidas Inocentes Entregues à servidão
Manipuladas por almas sanguinárias
Fazem da vida o ciclo da morte
Nuvens negras dspejam ódio sobre a terra
Des vies innocentes livrées à la servitude
Manipulées par des âmes sanguinaires
Faisant de la vie le cycle de la mort
Des nuages noirs versent la haine sur la terre

Flores derramam pétalas ressecadas
O sangue brota, oceanos definham
Des fleurs déversent des pétales desséchées
Le sang coule, les océans déclinent

De olhos abertos
O egocentrismo perpetua entre nós
Foi quebrada
Les yeux ouverts
L’égocentrisme perpétué entre nous
A été brisé

Segue agora o caminho da destruição
Foi quebrada a corrente da vida
O Império do mal lança suas garras contra nós
Criação contra o criador
Maintenant le chemin de la destruction
A été brisé par le courant de la vie
L’empire du mal lance ses griffes contre nous
Création contre le créateur

Surge o momento da revanche
A esperança une nossas mãos
Pérfidos plocramarão piedade a Gaia
Gaia
Traída por seus próprios filhos
Vient le moment de la vengeance
Une espérance rejoint nos mains
Les perfides implorent pitié à Gaïa
Gaïa
Trahi par ses propres fils

Convicção – Conviction

Rejeitando seus venenos
Caminho de cabeça erguida
Sem propagar esta idéia
de autodestruição.
Rejetant leurs poisons
Chemin de la tête haute
Sans propager cette idée
de l’auto-destruction.

Sóbrio torno-me mais consciente
Consciente, torno-me mais forte
Para poder lutar contra
corporações que manipulam o vício de forma lucrativa.
Sobre je suis plus conscient
Conscient je deviens plus fort
Pour pouvoir lutter contre
les grandes entreprises qui manipulent le vice de manière lucrative

Sinceridade… Honestidade… CONVICÇÃO!!!
STRAIGHT EDGE
STRAIGHT EDGE
Sincérité… Honnêteté… CONVICTION !!!
STRAIGHT EDGE
STRAIGHT EDGE

Minha convicção nasce como chave de esperança
Sem medo nem comoções
Rejeite a idéia imposta de conformismo
Aqui nos revelamos guerreiros em um inferno social
Onde a alienação acaba roubando sua liberdade
Ma conviction est née comme clef de l’espoir
Sans peur ou troubles
Rejeter l’idée de conformité imposée
Ici, nous nous révélons guerriers dans un enfer social
Lorsque l’aliénation vient de voler sa liberté

Earth Crisis : Stand by / Wither

Voici les textes de deux chansons d’Earth Crisis, avec une consacrée au véganisme, l’autre au straight edge. La première consiste en l’affirmation de la libération animale, sans compromis, tandis que la seconde cherche à décrire l’impact de la prise d’héroïne et le combat (difficile) contre sa tyrannie.


La chanson est à 5:40.

Stand By (Se tenir là)

There will be no compromise, no more negotiating.
If you refuse to change, then you’re guilty and must be destroyed.
Thoughts of superiority, your supremist crimes must end.
You’re a demon with blood on your hands, your death will bring their freedom.
Il n’y aura pas de compromis.
Si tu refuses de changer, alors tu es coupable et dois être détruit.
Les pensées de supériorité, tes crimes suprémacistes, tout cela doit prendre fin.
Tu es un démon avec du sang sur les mains, ta mort apportera leur liberté.

I can’t stand by and let the innocent die.
By opressing innocent life you’ve lost your rights so now your end is justified.
There will be no compromise, no more negotiating.
If you refuse to change, then you’re guilty and must be destroyed.
Je ne peux pas rester là et laisser l’innocent mourir.
En opprimant la vie innocente tu as perdu tes droits et ainsi désormais ta fin est justifiée.
Il n’y aura pas de compromis, plus de négociations.
Si tu refuses de changer, alors tu es coupable et dois être détruit.

Thoughts of superiority, your supremist crimes must end.
You’re a demon with blood on your hands, your death will bring their freedom.
I can’t stand by and let the innocent die.
By opressing innocent life you’ve lost your rights so now your end is justified.
Les pensées de supériorité, tes crimes suprémacistes, tout cela doit prendre fin.
Tu es un démon avec du sang sur les mains, ta mort apportera leur liberté.
Je ne peux pas rester là et laisser l’innocent mourir.
En opprimant la vie innocente tu as perdu tes droits et ainsi désormais ta fin est justifiée.

Don’t think that you’ve been given a choice.
Your actions serve as your voice.
Your selfishness destroys the earth, so you’ve left us with no other choice.
For the fetus, for the cat, for the cow, for the rat.
For innocent victims we will attack, we will attack, we will attack.
Ne pense pas qu’un choix t’a été donné.
Tes actions servent en tant que ta voix.
Ton égoïsme détruit la planète, alors tu ne nous laisses pas d’autres choix.
Pour le fœtus, pour le chat, pour la vache, pour le rat.
Pour les victimes innocentes, nous attaquerons, nous attaquerons, nous attaquerons.


La chanson est à 9:59.

Wither (Se flétrir)

Near lifeless skin stretched over a prone skeleton.
An image branded for all time within my memory.
Pursuit began seeking pleasure delivered with a price,
through an illusion of instant bliss enticed.
Une peau pratiquement sans vie tendue sur un squelette prostré.
Une image marquée pour toujours dans ma mémoire.
La quête a commencé dans la recherche du plaisir délivré avec un prix,
séduite par une illusion de bonheur instantané.

Toyed with what immediately only overpowered.
Chased the dragon
thinking that it would not turn to devour.
Steel driven into skin. Contamination forced in.
Jaws of death close together. The haze that surges must not win.
Joué de ce qui a immédiatement pris le dessus.
Ayant chassé le dragon [inhaler les vapeurs d’héroïne]
en pensant que cela n’aboutirait pas à être dévoré.
L’acier enfoncé dans la peau. La contamination forcée dans la peau.
Les mâchoires de la mort se serrant. La brume qui surgit ne doit pas gagner.

Wither. Body given to the vortex, awake in a synthetic dream.
Time and meaning fades, life drains far faster than it seems.
Drawn to the brink by thoughts of invincibility
to give into what beckons constantly.
Pulled back across the threshold.
Se flétrir. Le corps abandonné à un tourbillon, éveillé dans un rêve synthétique.
Le temps et la signification s’estompent, la vie s’épuise bien plus vite qu’il ne semble.
Porté au bord du précipice par les pensées d’invincibilité
Amené dans ce qui fait constamment signe.
Tiré vers l’arrière à travers le seuil.

Loved by the ones who helped bring salvation.
The future is in the hands of a once self-made victim.
Steel driven into skin. Contamination forced in.
Jaws of death close together. The haze that surges must not win.
Wither.
Aimé par ceux qui ont aidé à apporter le salut.
L’avenir est dans les mains de celui qui s’est amené lui-même à être une victime.
L’acier enfoncé dans la peau. La contamination forcée dans la peau.
Les mâchoires de la mort se serrant. La brume qui surgit ne doit pas gagner.
Se flétrir.

Earth Crisis – The order that shall be

Nous vivons une époque de terrible destruction, et les cinquante prochaines années vont être marquées par une guerre complète, finale, contre les couleurs bleue et verte de notre planète… A moins que l’on refuse cela.

L’humanité prend le chemin allant de la soumission de la Nature par la destruction à la destruction générale de celle-ci, emportée dans son élan anthropocentriste. Saurons-nous y faire face ?

Voici les paroles de la chanson « The order that shall be » (L’ordre qui sera) du groupe Earth Crisis.

Fuck this hell that man has made, it’s time for it to end.
Nature must endure, until death I will defend.
This fight relentless, an apostle of the order that shall be.
Nature will be left in peace, the animals set free.
Envoyons se faire foutre cet enfer que l’homme a fait, il est temps que ça finisse.
La nature doit endurer, jusqu’à la mort je vais la défendre.
Cette lutte acharnée, un apôtre de l’ordre qui doit être.
La nature sera laissée en paix, les animaux libérés.

The final end of wildlifes’ habitat destruction.
A future for species once pushed towards extinction.
Animal murderers, violators of the innocent must die for their crimes.
Driven by avarice, this world is a fucking nightmare.
Blackened skies, deforestation, poisoned seas.
La fin finale de la destruction de l’habitat de la vie sauvage.
Un avenir pour les espèces une fois poussées vers l’extinction.
Les meurtriers des animaux, les violeurs des innocents doivent mourir pour leurs crimes.
Guidé par l’avarice, ce monde est un putain de cauchemar.
Ciels noircis, la déforestation, les mers empoisonnées.

This civilisation’s price isn’t worth the fee.
Perpetrators of this madness, your right to live is gone.
Your burning bodies shall light the path to a glorious new dawn.
Le prix de cette civilisation ne vaut pas le prix.
Perpétrateurs de cette folie, votre droit de vivre a disparu.
Vos corps brûlant doivent éclairer le chemin à une nouvelle aube glorieuse.

If warnings go unheeded and pleas for mercy are ignored,
our alternative to militant resistance is a half life in a dead world.
Peace cannot exist without justice, they are one in the same.
Perpetrators of this madness, your right to live is gone.
Your burning bodies shall light the path to a glorious new dawn.
Si les avertissements restent lettre morte et les supplications ignorées,
notre alternative à la résistance militante est une demi-vie dans un monde mort.
La paix ne peut exister sans la justice, ils sont une seule et même chose.
Ceux qui perpétuent cette folie, votre droit de vivre a disparu.
Vos corps brûlant doivent éclairer le chemin à une nouvelle aube glorieuse.

Morality dictates / Situation Degenerates (Earth crisis)

Voici les paroles de deux chansons se suivant sur l’album d’Earth Crisis intitulé « Gomorrah’s Season Ends », sorti en 1996. On ne peut qu’être, comme toujours, profondément marqué par leur exigence, leur authenticité, leur caractère juste.

Être vegan straight edge, c’est un point de départ essentiel dans sa vie, pour la vie!

Morality dictates (La moralité dicte)

Crowded against one another, or penned into an artifical environment.
Unbearable loneliness, separated from their fellow creatures contact.
Entassé les uns contre les autres, ou parqués dans un environnement artificiel.
Solitude insupportable, séparés du contact des créatures qui sont leurs congénères.

Individual innocent beings, each cow, sheep, pig, goat or chicken.
Viewed as a product to processed. Raised only to be slaughtered and consumed.
Des êtres innocents individuels, chaque vache, mouton, porc, chèvre ou poulet.
Considéré comme un produit à traiter. Élevé seulement pour être abattu et consommé.

Murdered victims enshrouded with false names that deny their suffering.
Beef, mutton, pork and poultry.
Victimes assassinées enveloppées avec de faux noms qui nient leur souffrance.
Boeuf, mouton, porc et volaille.

Creatures torn and butchered only for the pettiness of the flavour of their decaying flesh.
The carnage of the slaughterhouse is all completely unnecessary for sustenance of techonologically advanced mankind.
Des créatures déchirées et massacrées uniquement pour la mesquinerie de la saveur de leur chair en décomposition.
Le carnage de l’abattoir est tout à fait inutile pour la subsistance de l’humanité technologiquement avancée.

Constantly brainwashed from the beginning to believe the opposite of this truth.
The brutality is inacceptable. I strive to end the exploitation.
Dès le départ subissant constamment le lavage de cerveau pour croire le contraire de cette vérité.
La brutalité est inacceptable. Je m’efforce de mettre fin à l’exploitation.

Morality dictates. Morality dictates. Morality dictates. Morality dictates that I live vegan.
La morale dicte. La morale dicte. La morale dicte. La morale dicte que je vive vegan.


(La chanson est à 22:24)

Situation Degenerates (La situation dégénère)

The situation degenerates. Again alcohol hits the bloodstream.
Overwhelmed by the desire to feed the
desire. Inebriation numbs the brain. Nothing changes, nothing improves.
La situation dégénère. Encore une fois l’alcool frappe le cours du sang.
Accablé par le désir de nourrir le désir.
L’ivresse engourdit le cerveau. Rien ne change, rien ne s’améliore.

Empty bottles and empty days.
The captive is pulled deeper into an aimless maze.
Wasted time passes as the walls of the vice close in.
Des bouteilles vides et des jours vides.
Le captif est tiré plus profondément dans un labyrinthe sans but.
Le temps perdu passe alors que les murs du vice se rapprochent.

Dying internal organs no longer fuction.
Judgement impaired, direction lost.
Trapped in a repeating process.
Wasted time passes as the walls of the vice close in.
Des organes internes mourant ne fonctionnent plus.
Le jugement altéré, la direction perdue.
Piégé dans un processus répétitif.
Le temps perdu passe alors que les murs du vice se rapprochent.

Dying internal organs no longer fuction.
Judgement impaired, direction lost.
Trapped in a repeating process.
The painkiller takes a life. The painkiller takes a life.
The painkiller takes a life. The painkiller takes a life.
Des organes internes mourant ne fonctionnent plus.
Le jugement altéré, la direction perdue.
Piégé dans un processus répétitif.
L’analgésique prend une vie. L’analgésique prend une vie.
L’analgésique prend une vie. L’analgésique prend une vie.

De Femina à la zad du Testet, un même rapport aux animaux

Peut-on faire, en 2014, comme si le véganisme n’existait pas? Bien sûr on peut le faire, de manière abstraite, intellectuellement parlant, si on mène une vie tout ce qu’il y a de plus traditionnel, selon les normes dominantes en France.

Mais dans les faits, on entend tout de même parler du végétalisme, voire des vegans, parce que la question animale, celle de la Nature, est en travail dans la société. La vie elle-même ramène cela au premier plan. Voici un exemple parlant avec un dessin issu de la revue version Femina, totalement conformiste (cliquer pour avoir l’image en un peu plus grand)

La contradiction entre la vie naturelle et le cynisme est ici flagrant, montré jusqu’à l’absurde. La haine à l’encontre des pigeons ne peut qu’aboutir au cynisme le plus complet. Voilà pourquoi la défense des pigeons a tellement d’importance également; ce sont nos premiers amis dans les villes.

En voici un autre exemple, avec ce qu’on retrouve dans le programme de « Sème ta ZAD« , qui se déroule au Testet.


Cela n’a rien de révolutionnaire, bien au contraire. On a là un programme digne des années 1930, dans l’esprit des « pionniers » colonisant l’Amérique.

La planète affronte le réchauffement climatique, les animaux du monde entier attendent que l’humanité cesse sa guerre à la planète, et il faudrait reprendre le mode de vie du moyen-âge en vivant en « solitaire » dans des petites « communautés », en « oubliant » le reste?

C’est inacceptable, et c’est vraiment tenter d’échapper aux exigences de notre époque. Il faut changer le monde, pas moins, et non pas aller se réfugier quelque part en s’imaginant loin de tout, en s’inventant une vie dont les valeurs, au final, sont juste celles de l’ordre dominant, en moins perfectionné, en moins poussé.

Ces deux exemples, témoignant de l’esprit de l’exploitation animale, le montrent bien: que ce soit des gens suivant la mode dans les villes ou se réfugiant dans des « zads », le rapport aux animaux est, au fond, le même…. Et par conséquent, c’est inacceptable : le 21ème siècle doit être celui de la libération animale, de la libération de la Terre!

Jean-Marie Pelt ou les animaux prétextes à l’esprit chrétien

Pour continuer autour de Grothendieck et de tout cet microcosme plus ou moins « réac », voici un exemple très représentatif avec une interview donnée par Jean-Marie Pelt à La dépêche, à l’occasion d’un article sur les « animaux de compagnie ».

Jean-Marie Pelt est une figure connue des médias, qui le présentent comme un écologiste engagé; il a écrit de très nombreux ouvrages, soit autour des plantes (sa spécialité scientifique) qu’autour de « l’écologie » en version non biocentriste. Comme Jacques Ellul ou encore Jean Bastaire, c’est d’ailleurs également et logiquement un fervent chrétien, car si on ne reconnaît pas la Nature, alors il ne reste que Dieu.

Pour cette raison, dans son interview il faut vraiment voir comment le christianisme suinte de ses réponses. Il est très important de repérer cela,  car c’est précisément l’esprit de Notre-Dame-des-Landes, du principe « la terre elle ne ment pas », etc.

Jean-Marie Pelt parle ainsi d’amour en général dans une sorte d’esprit mystique, où les animaux sont prétextes à saluer un esprit communautaire. Il célèbre une vision utilitariste des « animaux de compagnie », appelle « consommer plus de poissons,  il faut se tourner également plus vers la volaille ou le lapin », etc.

Bref, on est comme chez Grothendieck dans une célébration de la communauté idéalisée autour de l’exploitation animale « mesurée », « humaine », etc.

«L’animal apporte une paisible compagnie»

Botaniste-étologue, professeur de biologie, écrivain, et président de l’Institut Européen d’Ecologie, Jean-Marie Pelt est surtout un observateur attentif des grandes mutations de nos sociétés.

En pharmacien et spécialiste des espèces vivantes, il puise dans les leçons que nous donne la nature en permanence des règles pour mieux vivre, mieux se nourrir et mieux protéger les ressources essentielles de la planète. Une manière de faire le lien entre la nature et le monde moderne avec philosophie.

Comment expliquez-vous l’engouement des Français pour les animaux de compagnie ?

Je pense que c’est partiellement lié au fait que la modernité technologique n’améliore pas forcément la qualité des relations humaines qui sont souvent aujourd’hui très dégradées. On communique énormément, mais on communique peu avec l’esprit et le cœur. L’animal de compagnie apporte une paisible compagnie, il est toujours présent pour l’être vivant, il est proche du quotidien.

On évoque plus de 63 millions d’animaux de compagnie en France, est-ce un chiffre que l’on peut mettre en lien avec l’augmentation de la solitude ?

Oui, c’est certain, beaucoup de gens sont seuls et dans ce cas, l’animal constitue une présence vivante. On peut reporter sur lui de l’affection.

N’y a-t-il pas un paradoxe entre la liste des espèces menacées qui s’allonge et ce chiffre de 63 millions ?

Non, je crois que ce n’est pas une contradiction. Les animaux de compagnie sont, c’est sur, très nombreux mais ils sont en général tout à fait bien soignés. Ce sont des animaux, eux, qui sont très protégés.

Retrouve-t-on le concept d’animal de compagnie dans l’histoire ?

Non, on ne l’a pas toujours eu dans l’histoire. Je pense à la Bible, il y a peu d’animaux de compagnie. En revanche, il y a une grande peur des grosses bêtes sauvages comme les rhinocéros ou les crocodiles. Les Hébreux considéraient qu’ils étaient épouvantablement méchants. Il n’y avait pas, à l’époque, d’animaux de compagnie. Le seul, c’est le chien de Tobie, mais c’est tout. Jésus dit qu’il ne faut pas donner le pain des hommes aux petits chiens. Je ne sais pas s’il aimait les petits chiens, mais il en a parlé.

C’est plus un concept du monde moderne ?

Il me semble bien que oui. Mais j’attire beaucoup l’attention sur le fait que les relations humaines dans le monde moderne sont maintenant très «technologisées», et l’animal de compagnie ne l’est pas.

L’animal de compagnie c’est une nature apprivoisée, très proche de nous, avec laquelle on peut échanger. Je me suis d’ailleurs réjoui qu’à l’Assemblée nationale, on ait défini très récemment les animaux comme des êtres sensibles et non plus comme des meubles. Cela dit bien que notre proximité à leur égard s’est beaucoup améliorée, ils sont mieux traités qu’ils ne l’étaient autrefois.

Il y a quelques années vous aviez écrit un livre sur la solidarité des animaux, on a encore à apprendre d’eux ?

Oui, surtout quand on a un animal de compagnie. On a à apprendre quels sont ses modes de comportement, pour répondre positivement à ses sollicitations. Les animaux nous apprennent beaucoup de choses. Chaque espèce a ses comportements-types, instinctuels. Chaque animal a son caractère, tout ça en fait des êtres qui sont finalement très proches de nous.

Et puis on a peut-être aussi à apprendre certains comportements de solidarité comme ceux observés dans une meute, puisqu’on parle énormément du loup. Le loup «alpha» règle sa marche sur la capacité des plus petits à suivre la meute. Il y a des solidarités très fortes dans une meute de loups.

Dans votre livre «Le monde a-t-il un sens», vous parlez d’associativité plutôt que de compétitivité, ça fait penser à la vie en troupeaux des animaux sauvages. On peut en tirer des lignes de conduite pour les humains ?

Oui, par exemple dans un monde qui est dominé par la compétition et l’agressivité, celui dans lequel nous vivons, on ne met pas en scène, dans les films animaliers les solidarités qu’il y a entre les animaux, dans un troupeau. On montre plutôt le méchant lion qui mange la vieille gazelle. On ne montre pas toutes ces relations «amicales», pour reprendre un terme qui était celui du fondateur de l’écologie, Ernst Haeckel en 1866.

En fait, il y a beaucoup de relations entre les animaux, qui sont pour une immense majorité d’entre eux des êtres vivants qui vivent en association. Il y a bien des animaux solitaires comme les tigres en particulier, mais ce sont des cas très rares. L’animal vit en compagnie de ses frères.

Est que vous avez ou avez eu des animaux ?

Oui, j’avais une petite chienne, un Griffon, qui est morte il y a un an dont je suis très privée. Et pas plus tard qu’hier soir nous avons évoqué la succession de la petite Sarah. Mais la petite Sarah était si parfaite à tous égards que nous nous demandons si nous en trouverons une qui sera aussi gentille qu’elle.

Plus globalement, vous êtres très attentif aux ressources de la planète, on est dans le grand débat viande — légumes ?

Les Chinois sont passés, en l’espace d’une génération, de 20 grammes de viande par jour à 50 grammes. C’est considérable pour une population d’1 milliard 300 millions de personnes, ça fait monter en flèche la consommation mondiale de viande. Pour nous, les Français, nous avons un peu baissé, nous tournons à environ 100 kg par an, on était un peu plus haut, il y a une tendance à la baisse ou à la légère stabilisation.

Ceci dit on mange trop de viande, et en particulier trop de viande rouge et on a délaissé, ce qui est assez incroyable, les légumes secs qui contiennent beaucoup de protéines : les fayots et lentilles qu’on mangeait dans les lycées et les casernes apportaient des lots de protéines. cette consommation s’est quasiment effondrée. Donc on a été dans la mauvaise direction. Il faut consommer plus de poissons, il faut se tourner également plus vers la volaille ou le lapin. Nous ne sommes pas sur la bonne longueur d’ondes, nous ne faisons pas ce qu’il faudrait faire.

« Les Israéliens de plus en plus avides de régime végétalien »

Tous les chemins mènent à Rome: tous les chemins mènent au véganisme, pourrait-on dire. Selon les pays, le processus connaîtra des différences culturelles: ainsi, tant qu’en France nous ne triompherons de l’esprit cartésien avec son culte de la « conscience » toute-puissante accompagné du rejet de « l’animal-machine », nous n’arriverons à rien!

Tout est une question de clef, et voici un nouvel article (tiré du Times of Israel), encore une fois passionnant, sur le véganisme en Israël.

Précisons ici quelques points, pour les personnes pouvant être surprises. Tout d’abord, il y a bien entendu la question du génocide qui joue: le rapport entre l’exploitation animale et Auschwitz saute littéralement aux yeux. Ensuite, il y a la question morale.

Le judaïsme, comme l’Islam, est une religion raisonnant en termes de rétribution: le bien appelle le bien, le mal appelle le mal. Même si on n’est pas religieux, il en reste une culture accordant une place centrale aux raisons moraux.

C’est cela qui explique les toutes dernières lignes de l’article: la morale passe avant le menu. Évidemment, pour la France, entre sa tradition du « goût » et son catholicisme autorisant tout du moment qu’on se confesse après, cela ne marche pas comme démarche…

Enfin, il y a la question palestinienne. Et ici le véganisme apparaît à la fois comme un universalisme et comme le mode de vie alternatif échappant au chantage militariste de la société israélienne qui bloque tout ce qui est progressiste.

Rappelons, pour conclure, que justement nous avons parlé souvent dans la section « athéisme » de cet aspect: la religion prétend à l’universalisme, mais c’est une approche erronée que tente l’humanité pour aboutir à l’universalisme. Si on comprend cela on peut alors trouver la clef pour dépasser la religion…

Les Israéliens de plus en plus avides de régime végétalien
Selon les militants, Israël compte quelque 300 000 végétaliens, soit 4 % de la population du pays

La musique battait son plein, l’alcool coulait à flot, les danseurs se trémoussaient et les boulettes de viande khinkali et les brochettes de kababi – mets géorgiens traditionnels – ornaient presque chaque table.

C’était en février. Nana Shrier, propriétaire du bar huppé et restaurant tel avivien Nanouchka, n’avait pas encore vu le bulletin de nouvelles télévisé sur l’élevage industriel qui devait tout changer.

Choquée par la façon dont les animaux sont traités dans la production industrielle de viande et de produits laitiers, Shrier a retiré tous les produits d’origine animale du menu – du fromage aux œufs en passant par le poulet et le steak. Le restaurant était devenu entièrement végétalien.

Ce n’était pas une initiative facile. Désirant conserver le caractère géorgien du restaurant, Shrier a dû faire preuve de créativité, trouver des substituts de viande et essayer de nouveaux plats. Elle a également remarqué que les clients commandaient de l’alcool moins fort quand ils ne mangeaient pas de viande. Mais rien de tout cela ne comptait à ses yeux.

« Nous avons compris qu’il n’y a pas de prix à payer pour créer des produits d’origine animale, les voir, les vendre, les produire ou les acheter », dit-elle. « L’ambiance est agréable, mais j’aurais payé n’importe quel prix. J’aurais même perdu la moitié de mon entreprise pour cela. »

Selon le groupe militant Vegan-Friendly, Shrier compte parmi les quelque 300 000 végétaliens en Israël. Avec près de 4 % de la population du pays, les militants affirment qu’Israël a la population végétalienne la plus élevée par habitant au monde. Et la tendance semble croître.

Une enquête menée en janvier a révélé que 8 % des Israéliens sont végétariens et près de 5 % végétaliens. Il y a quatre ans, selon le Bureau central des statistiques israélien, seulement 2,6 % des Israéliens étaient végétariens ou végétaliens.

Quelque 7 000 Israéliens ont accepté le « Défi 22″ d’être végétalien pendant 22 jours depuis l’initiative lancée en mai par le groupe de défense des animaux Anonymous (aucun lien avec le collectif de hackers).

Environ 250 restaurants israéliens sont maintenant certifiés « végétaliens » par le groupe du même nom, ce qui signifie qu’au moins un quart de leurs plats ne contiennent pas de produits d’origine animale.

Israël figure également souvent sur les listes de la plupart des pays « vegan-friendly » du monde, grâce en partie au fait que les mets nationaux comme le falafel et le houmous ne contiennent pas de produits d’origine animale. Et le 13 octobre, le deuxième festival végétalien annuel de Tel Aviv a attiré plus de 10 000 participants. Nourriture, artisanat et musique ont réuni le plus grand monde, selon les organisateurs.

« La composition de la communauté est le plus grand changement », déclare Omri Paz, fondateur de Vegan-friendly, qui a organisé le festival. « Dans le passé, peut-être les végétaliens étaient-ils plus spirituels, ou perçus par la société comme un peu marginaux, étranges. Un grand nombre de nouveaux végétaliens font partie du mainstream – des avocats végétaliens, des enseignants végétaliens. Tout le monde peut être végétalien. »

Même Domino’s Pizza avait un stand de pizzas végétaliennes – les premières commercialisées en Israël. Ido Fridman, vice-président du marketing de Domino Israël, a déclaré que la société a vendu environ 300 000 pizzas végétaliennes depuis leur lancement année dernière.

L’essor végétalien en Israël intervient à un moment de prise de conscience de la protection des animaux dans les élevages industriels.

Une conférence sous-titrée en hébreu sur le « véganisme » a recueilli près d’un million de vues sur YouTube dans un pays de seulement 8 millions de personnes.

Un cinquième du pays a suivi un militant végétalien dans la dernière saison de la version israélienne de l’émission de télé-réalité « Big Brother ». Et une émission d’enquête populaire comprenait six épisodes sur le mauvais traitement des animaux dans les industries animales et laitières israéliennes.

Le végétalisme israélien a pris racine dans les milieux libéraux laïcs, mais les Israéliens religieux se joignent également au mouvement. Beaucoup font remarquer qu’Adam et Eve étaient végétariens dans le jardin d’Eden.

Yehuda Shein, le président de Behemla, une organisation religieuse qui dénonce la cruauté envers les animaux, n’est pas découragé par la coutume religieuse de manger de la viande le Shabbat et les jours fériés.

« Il n’y a pas d’injonction de manger de la viande », avance Shein. « Les gens font leurs propres adaptations. Ils arrêtent de manger de la viande, ils font autre chose. Mais notre objectif est de transmettre l’information au public. »

Le véganisme n’est pas un phénomène nouveau en Israël. Les Hébreux africains s’abstiennent de consommer des produits d’origine animale depuis des décennies. Mais tandis que les militants applaudissent la récente prise de conscience végétalienne, les vétérans craignent qu’il s’agisse d’une mode passagère.

Arie Rave, qui a ouvert le restaurant végétalien Bouddha Burgers à Tel Aviv il y a huit ans et s’apprête à lancer sa sixième franchise, affirme qu’il espère que les nouveaux adhérents resteront sérieux.

« Les gens ne deviennent pas végétaliens en un jour », observe Rave, dont les restaurants sont remplis d’affiches vantant les avantages moraux, médicaux et écologiques du végétalisme.

« Ce n’est pas en une journée ou une conversation. Ce n’est pas en un simple menu. C’est une idéologie. »

Linha de frente: Alerta

VEAN a pris l’excellente initiative de fournir le texte de la chanson « classique » du groupe brésilien Linha de frente: Alerta !

Linha de Frente – Alerta from Mamoru Yamamoto on Vimeo.

Combatendo frente a frente o inimigo
Usando todas forças para vencer
Je combats l’ennemi face à face
Utilisant toutes mes forces pour vaincre

O alastramento,degeneração,moralidade
O atentado ao pudor desenfreado
Contre la division, la décadence de la morale
Contre la tendance à l’agression sexuelle

Das ruinas ergue-se a fortaleza
Seguindo alerta
Criterioso
Frente a frente com o inimigo
La forteresse est en ruine
S’ensuit l’alerte
Opportune
Le face à face avec l’ennemi

Em lutas árduas
Pela busca reformatória
Da ética
Das ruinas erguem-se mais fortalezas
Dans de pénibles luttes
à la recherche pour une révolution
Morale
Monte sur les ruines des forteresses

Coragem, bravura
Contra
Os declinios morais
Atravésda mãos
Armadas ou não
Através da linguagem da educação

E esperança
Courage, courage
Contre
Le déclin moral
Par les mains
Armées ou non
A travers le langage de l’éducation
Foi
Et espoir

Purifica sua mente
Fortalece sua alma
Educa sua índole
Purifica sua mente
Purifie ton esprit
Renforce ta conscience
Éduque ta personnalité
Purifie ton esprit

Matendo-se livre do ciclo da ignorância
Com as mãos limpas do sangue inocente
Os gritos ecoam de todos os lados
En vue de te libérer du cycle de l’ignorance
Sans le sang des innocents sur les mains
Les cris font écho de tous les côtés

Ecoam os gritos
Vegan straight edge
Toi aussi fais écho de ces cris :
Vegan straight edge

Le véganisme en Israel

Voici un article (venant de l’AFP) de présentation détaillée quant à l’importance du véganisme en Israël. L’influence de la culture européenne se fait ici profondément sentir de par les gens ayant dû fuir, et il y a bien entendu la question de la Shoah, qui aboutit à un esprit universaliste de refus des génocides. Tout cela ne va pas sans contradictions, évidemment.

Israël, terre promise des végétaliens

En Israël, pays aux innombrables croyances, le nouveau culte du végétalisme, version radicale du végétarisme, draine de plus en plus de fidèles au point d’être reconnu par l’armée.

Les végétaliens (ou vegans en anglais), non seulement ne mangent pas de viande, mais, à la différence des végétariens, rejettent le lait, les oeufs, le miel et tous les aliments provenant du règne animal. Beaucoup d’entre eux en font autant un mode d’alimentation qu’un mode de vie et refusent de se vêtir de cuir et d’utiliser des cosmétiques testés sur des animaux.

Or «4% des Israéliens se déclarent vegans, c’est le pays le plus végétalien au monde», affirme Omri Paz, organisateur du festival Vegan Fest.

Cette grand-messe végétalienne a attiré 15 000 personnes le 13 octobre à Tel-Aviv parmi les stands de hot-dogs à base de petit pois, de chawarmas de tofu, et de goulashs de seitan, un substitut de viande à base de protéine de blé.

Le stand le plus visité est celui de Domino’s Pizza. Le géant américain de la pizza à domicile a lancé en 2013 en Israël sa première version mondiale de pizza gratinée au fromage de soja et dit en avoir vendu 300 000 depuis.

Big Brother végétalien

C’est à Tel-Aviv l’avant-gardiste que le végétalisme suscite le plus de vocations. L’un de ses plus célèbres restaurants, le Nanushka, un bistrot bobo connu pour ses grillades arrosées à la vodka dans une ambiance festive a soudainement annoncé sa conversion en février et a complètement remanié sa carte.

Au même moment, la militante végétalienne Tal Gilboa, candidate à la très populaire version israélienne de l’émission de téléréalité Big Brother, transformait l’émission en tribune quotidienne pour la défense des droits des animaux. Le public l’a déclarée vainqueur.

Même l’armée, miroir de la société israélienne devant lequel passe toute la jeunesse masculine et féminine du pays, propose désormais à ses soldats des bottes sans cuir et leur offre un petit pécule pour acheter des aliments de substitution.

Facebook regorge de groupes dédiés à la communauté vegan israélienne. Celle-ci se décline en sous-groupes, comme les «Vegays» pour les homosexuels végétaliens, les «adolescents végétaliens», qui militent pour des menus adaptés à la cantine.

Israël semblait prédisposé au succès du végétalisme. Fruits et légumes prennent une place importante dans les assiettes. Certains des produits les plus caractéristiques pouvaient passer pour végétaliens avant l’heure, comme le houmous ou le falafel. Le code alimentaire juif de la cacheroute incite à cuisiner avec des produits de substitution.

«Shoah des animaux»

Et puis la société est réceptive aux phénomènes communautaires.

C’est sur Facebook que se sont rencontrées Adi, Ofir, Tamar et Ofek, quatre souriantes adolescentes qui se sont donné rendez-vous sur la pelouse du Vegan Fest, arborant sur leurs T-shirts des slogans comme «viande = meurtre» ou «le tofu lui ne crie pas de douleur».

«Mes parents ont mis trois ans à comprendre que ce n’était pas une lubie et à finir par accepter que je ne vienne plus par principe aux traditionnels barbecues familiaux», raconte Tamar, 16 ans, qui explique avoir été ralliée à la cause en voyant une vidéo du gourou végétalien, Gary Yourofsky, qui compare la consommation de viande à l’Holocauste.

«En tant qu’Israélienne, je ne peux pas fermer les yeux, je ne veux pas faire comme tous ceux qui disaient pendant la Shoah qu’ils ne savaient pas», lance l’adolescente.

En Israël, la référence à une «Shoah des animaux» touche une corde très sensible, mais «c’est justement dans cette provocation que réside son pouvoir de conviction si important chez nous», analyse Rafi Grosglik, sociologue de l’alimentation à l’université de Tel-Aviv.

Au fer rouge pour la cause

«Il est aussi intéressant de remarquer qu’en Israël, les vegans sont souvent en rupture avec la culture végétalienne hippie ou hindouiste et se réfèrent plutôt à une rhétorique de la force qui privilégie l’activisme violent», ajoute le chercheur.

En 2012, un groupuscule d’activistes végétaliens radicaux baptisé «Life269» – le numéro tatoué dans l’oreille d’un veau qu’ils avaient sauvé de l’abattoir dans une ferme d’Israël – sortait de l’ombre avec fracas.

Sur la place Rabin de Tel-Aviv, à demi nus, ils avaient organisé sous le regard horrifié des passants une séance de tatouage au chalumeau et au fer rouge de ce numéro à même leur peau.

Depuis, ils ont multiplié les actions coup de poing, allant jusqu’à placer au petit matin des têtes de moutons sanguinolentes dans une fontaine publique de la ville ou libérer en pleine nuit des troupeaux de vaches de fermes industrielles.

Les vidéos de ces actions commandos ont été un succès sur internet. Leurs auteurs ont fait plusieurs jours de garde à vue. Ils ont aussi fait des émules. Aujourd’hui, le mouvement Life269 existe dans une quarantaine de pays.

« Vegan routes » à Paris

C’est une initiative bobo de plus, une sorte d’amusement avec une dimension morale: un bus anglais faisant office de restaurant. Dénommé « Vegan routes » , il est à Paris cette semaine, sous l’ultra-chic pont Alexandre III, à l’occasion d’une foire d’art contemporain

Voici le commentaire de l’organe bobo local, A nous Paris.

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Tout cela peut être très sympathique et très amusant. Mais c’est du divertissement pour les « happy few », et aucunement une contradiction à un véganisme populaire…

Pour un véganisme clair comme du cristal, autant que possible!

Les Français tiennent à leur individualisme, ils le défendent coûte que coûte, et après ils s’étonnent d’être totalement dépassés par la réalité. Voici un exemple avec la dernière publication mise en avant par « infokiosques » : ni plus ni moins qu’un texte anti-végan de… 1993.

Il faut farfouiller les vieux tiroirs pour tenter d’empêcher ce qui semble chaque jour davantage inéluctable : l’émergence d’une morale stricte.

On peut lire ainsi ces lignes, d’un ultra-libéralisme digne de l’UMP, dans un article intitulé « Au sujet de la « pureté » publié dans une revue « antispéciste » :

« Je ne suis pas végétalienne strictement ; ce serait certainement mieux dans l’absolu que je change de marque de margarine pour en trouver une sans petit-lait (« lactosérum ») ; que je refuse systématiquement le chocolat au lait ; que je fasse plus d’efforts pour me passer des médicaments que je prends quand je suis malade et qui sont tous testés sur animaux (et contiennent de la gélatine et d’autres excipients animaux) ; que je revende mes pulls en laine ; etc.

Je n’ai pas les mains propres ; mais je pense aussi que tous les animaux qui meurent chaque jour dans les abattoirs se fichent bien de savoir si j’ai les mains propres. »

Voilà un refus « rationnel » de la morale qui est typique du libéralisme français. Ne pas en faire trop… Ne pas choquer… Ne pas être strict, dogmatique… Tout un discours relativiste littéralement insoutenable, visant à justifier toutes les trahisons.

La pratique est repoussée…. À plus tard, car on ne peut pas faire autrement. On lit ainsi également :

« Il n’existe pas de produits « sans cruauté ». Il existe seulement des produits avec plus ou moins de cruauté (et il n’y a pas que la cruauté envers les animaux, il y a aussi les produits provenant de l’exploitation d’humains). Je ne pense cependant pas non plus que notre but doit être de n’utiliser que des produits « avec le moins de cruauté possible ».

Si nous voulions être « le plus pur possible », nous n’utiliserions pas de photos, en raison de la gélatine dans les films. Nous ne pourrions faire des affiches, en raison des films d’imprimerie, et peut-être aussi de l’encre. Militer deviendrait beaucoup plus difficile. Même les timbres sont suspects (la colle au dos n’est-elle pas animale ?). Mais il faut ainsi arriver à faire des choix, en prenant aussi d’autres critères en compte, et ce n’est pas toujours facile. »

Tout cela est pathétique et reflète l’esprit de la capitulation et de la trahison. Et cela n’a rien de nouveau. Ce qui est intéressant par contre, c’est l’approche employée. Le texte prend comme prétexte, pour critiquer une morale stricte, le fait que des gens choisissent le « repli ».

Pour synthétiser, au lieu d’avoir une critique progressiste des gens se repliant sur « leur » véganisme, l’auteure en déduit qu’il faut lâcher du lest pour faire de la politique. C’est une critique en apparence constructive, et en réalité poussant à la capitulation.

Voici sa critique des gens se repliant sur eux-mêmes :

« Dans les magazines végétaliens anglais beaucoup d’encre a coulé autour de l’expression « sans cruauté » ; pour les puristes, « sans cruauté, c’est sans cruauté ». Par exemple, non seulement un vegan (végétalien) pour être authentique ne doit pas porter de laine, mais il ne doit pas manger non plus de corn-flakes de la marque Kellog’s parce qu’on y trouve, en additif, de la vitamine D produite à partir de lanoline (corps gras extrait de la laine). Certes, il n’y en a que 0,000 003 % ; « mais ce n’est pas le problème » ; car « soutenir une société qui comme Kellog’s insiste pour utiliser une source animale paraît une chose très étrange à faire pour un vegan » (lettre d’un lecteur à Vegan Views n°54, p. 11).

Ailleurs, nous avons lu qu’il fallait proscrire le sucre blanc, blanchi avec du charbon animal ; et le vin, qui contient du sang et des extraits de poisson. Dans un autre numéro de Vegan Views il est mentionné (avec ironie, tout de même !) que même les miroirs contiennent des sous-produits animaux et qu’un vrai vegan évite donc de laisser son image s’y refléter.

Les critères mis en avant frappent par leur formalisme. Le miel est proscrit parce que c’est un produit animal ; mais le sucre est accepté (en dehors du problème mentionné ci-dessus) malgré les insectes tués lors de la culture et de la récolte de la canne. On refusera tel dessert au soja coloré à la cochenille (extrait d’insectes broyés) ; mais on n’hésitera pas pour se procurer une autre marque plus vegan à faire des kilomètres supplémentaires en voiture.
Les insectes écrasés en chemin ne comptent pas, parce qu’on ne les ingère pas – on ne pollue pas son corps (son estomac, il suffit de recracher au cas où ce serait arrivé !).

On semble accorder plus d’importance aux microgrammes de vitamine à la lanoline dans les corn-flakes Kellog’s qu’aux tonnes de viande que mangent, comme tout le monde, les travailleurs de chez le même Kellog’s – pourtant, c’est aussi avec notre argent qu’ils les mangent. »

Cette problématique n’a rien de nouveau. Elle est déjà une question soulevée lors des débats religieux entre les jaïns et les bouddhistes. Voici ce qu’en dit Heinrich Zimmer dans le grand classique qu’est « Les philosophies de l’Inde » :

« Si, par exemple, un moine jaina avale un morceau de viande par inadvertance en mangeant la nourriture qu’il a recueillie dans son bol durant son tour d’aumônes quotidien (aux portes de toute ville, de tout village qu’il lui arrive de traverser dans le cours de son pèlerinage sans but ni foyer), le cristal de sa monade se souille automatiquement d’un influx sombre, conséquence mécanique de ce qu’il a goûté à la chair d’une bête tuée.
Partout où l’ascète jaina marche, il doit faire place nette devant ses pieds avec un petit balai en sorte que ses talons n’écrasent pas quelque minuscule être vivant.

Au contraire, le moine bouddhiste marche sans balai. On lui enseigne à être vigilant, non pas tant sur l’endroit où il met ses pieds que sur ses sentiments et ses intentions. Il doit être « pleinement conscient et plein de contrôle de soi-même », l’esprit en éveil, attentif, le sens de ses responsabilités constamment en alerte.

En ce qui concerne la viande, il n’est fautif que s’il la désire ou si l’animal a été tué exprès pour lui et qu’il le sache. Mais s’il lui arrive simplement d’en recevoir quelques bribes avec le riz qu’on lui offre, il peut les avaler avec le reste du plat sans être souillé ».

Ainsi, l’article « antispéciste » reproche aux puristes d’être des jaina et utilise la même argumentation que les bouddhistes. Mais on peut très bien – et on doit le faire par ailleurs – considérer que ces deux expressions morales d’il y a des centaines d’années sont dépassées.

On peut très bien voir que le bouddhisme aboutit ici au relativisme, et que, non, de la viande mangée par inadvertance n’est pas morale, même 1 % de produit animal c’est de la trahison !

Et on peut très bien argumenter contre le jainisme que le but n’est pas une pureté mystique mais bien une philosophie de la vie quotidienne éminemment concrète.

Il est tout à fait juste d’être strict dans le véganisme, c’est la base de toute morale que d’être complète. Mais c’est une perspective universelle et non pas « spirituelle » : cela touche la vie sur la planète, et donc cela va de pair avec l’engagement, pas avec le repli personnel sur la « pureté », même si celle-ci est nécessaire.

Quant aux esprits tièdes, eux esprits timorés, aux gens incapables d’assumer, qu’ils avancent! Mais qu’ils n’aillent pas tenter de corrompre, à coups de constructions intellectuelles justifiant le libéralisme!

Les travailleurs illettrés de GAD

C’est un scandale qui n’en est absolument pas un, et justement le fait de présenter cela comme un scandale vise à cacher une réalité significative : les gens travaillant dans les abattoirs sont prisonniers.

Ils sont prisonniers physiquement, moralement, psychologiquement, culturellement. Le travail est physiquement terrible, moralement insoutenable. Personne de civilisé ne voudrait faire ce travail, à moins de ne pas avoir le choix, de vivre dans les marges cachées du monde moderne.

Si on donnait aux gens le choix, personne ne travaillerait dans les abattoirs, et ceux-ci fermeraient d’eux-mêmes…

Alors, évidemment, l’approche du nouveau ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, est celle d’un financier, qui regarde par en haut. Reste qu’il a formulé de manière abrupte une vérité toute simple, évidente, et bien connue. Voici ce qu’il a affirmé précisément :

« Dans les sociétés qui me sont données, sur les dossiers que j’ai, il y a la société Gad.

Vous savez ? Cet abattoir.

Il y a dans cette société une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées.

Pour beaucoup on leur explique : « vous n’avez plus d’avenir à Gad ou aux alentours. Allez travailler à 50 ou 60 kilomètres ».

Ces gens-là n’ont pas le permis de conduire. On va leur dire quoi ? Il faut payer 1 500 euros et il faut attendre un an ? Voilà, ça ce sont des réformes du quotidien et ça ce sont des réformes qui créent de la mobilité et de l’activité. »

Macron, un ancien financier, a été accusé d’arrogance, mais ceux qui l’ont fait, surtout les syndicalistes en fait, sont des hypocrites. Car il y a eu des enquêtes depuis longtemps dans les abattoirs GAD, et l’illettrisme touche 20 % des gens là-bas.

Rappelons ici qu’en France, l’illettrisme touche officiellement 7% des adultes de 18 à 65 ans, soit 2,5 millions de personnes.

A GAD, la moyenne d’âge est de 42 ans. Et l’illetrisme y est plus présent, comme justement dans tous les abattoirs, parce qu’arrivent là-bas les gens les moins formés, les gens qui ont moins le choix.

Le niveau de diplôme chez GAD est à peine celui du CAP pour la plupart. Cela en dit long sur la nature des abattoirs, sur leur démarche meurtrière pour les animaux, mais également assassine pour les humains sur les plans mentaux, physiques, moraux.

Les abattoirs ne peuvent pas exister sans prisonniers; Walter Bond, en prison pour avoir soutenu les animaux, raconte son expérience précédente dans un abattoir en soulignant cette dimension de prison mentale, de prison physique.

Toutefois, on aurait tort ici d’accuser uniquement la société. Car les ouvriers, loin d’être aux premiers rangs pour changer le monde, sont non seulement pauvres, mais en plus pourris par le capitalisme.
Ils acceptent et participent à la culture beauf, n’hésitent pas à soutenir Le Pen, ils ne sont pas combatifs, ils ne sont pas progressistes, alors qu’ils devraient être les premiers à l’être.

Dire cela ce n’est pas insulter les pauvres, mais au contraire dire les choses telles qu’elles sont et telles qu’elles ne devraient pas être.
Il est inacceptable que la pêche et la chasse fassent partie de la tradition populaire, alors que cela a été imposé par en haut, comme le football ou bien d’autres choses.

Il est intolérable déjà que les abattoirs existent, mais alors que dire de ces employés de GAD qui virent par la force des bloqueurs d’une autre usine GAD, sans esprit de solidarité, dans une démarche  de servilité complète, avec notamment un immonde « Moi j’ai besoin de manger » qui témoigne du degré zéro de dignité.

Le végétarisme, à la fin du 19ème siècle, est un thème de débat chez les ouvriers de toute l’Europe, et le véganisme devrait être une question chez tous les ouvriers du 21ème siècle. Au lieu de cela, la culture McDo triomphe de manière hallucinante.

Un ouvrier qui mange un kebap ou un hamburger est totalement aliéné : la démarche intensive derrière ces « repas » est précisément la même que celle qui l’agresse, l’exploite, le licencie. C’est exactement comme les gens au chômage passant aux caisses automatiques pour gagner du temps.

Pourtant, et c’est le paradoxe, le véganisme ne choque pas du tout les ouvriers, sauf ceux justement qui ont intégré les valeurs dominantes. Ils pensent que moralement – car eux ne font pas varier leur morale selon le libéralisme et l’opportunisme du moment – c’est juste.

Mais ils ne sont pas prêts eux-mêmes à franchir le pas, ils ne savent pas par où commencer, et puis il y a les religions qui concurrencent le terrain de la morale. Leur rapport aux animaux est parasité par la brutalité sociale.

A cela s’ajoute que le véganisme est usurpé par les bobos parisiens, et que les ouvriers voient cela d’un mauvais œil, retombant alors dans des horreurs comme la fête du cochon organisée par un maire FN il y a peu.

Voilà où est le problème. Il faut oser le dire : oui, des millions de personnes, en France en 2014, n’attendent que de devenir vegan straight edge. Elles ne savent pas comment, elles hésitent, toutefois elles savent que c’est juste.

Seulement, elles sont prisonnières de traditions imposées par en haut, de situations sociales imposées par en haut, de la course de la vie quotidienne. Trouver la clef pour ouvrir les portes de cette prison est difficile, mais inévitable, et cela arrivera tôt ou tard.

Après la tentative de pratiquer la fuite en avant, vient inévitablement le besoin d’assumer les plus grandes choses, les plus belles causes, et quelle plus belle cause y a-t-il que de reconnaître la beauté, la profondeur, la merveille de la vie sur la planète ? De respecter, d’apprécier, de chérir les êtres vivants ?

La planète redeviendra bleue et verte !

« La planète a des ressources rares, il faut la consommer plus éthiquement »

Le problème du mot « viande » est bien entendu qu’on oublie les poissons. L’un des phénomènes connus liés à cela est que des gens se disent végétariens, tout en mangeant des poissons (voire même des poulets d’ailleurs).

En voici un exemple assez sidérant, avec un restaurant de luxe qui « surfe » justement sur toute cette ambiguité, le cuisinier prétendant faire un acte éthique en remplaçant la « viande » par des êtres vivants arrachés à l’océan !

C’est un extrait d’un article du Parisien, où on peut lire également que « le client est accueilli par un jus d’herbes-vodka versé sur un glaçon taillé en diamant servi dans un verre en cristal. »

Réouverture du palace Plaza Athénée: Ducasse retire la viande du menu

Alors que le palace parisien Plaza Athénée rouvre lundi, Alain Ducasse a décidé de supprimer la viande de la carte de son restaurant, trois étoiles jusqu’à sa fermeture, pour mettre à l’honneur un menu « naturalité » autour d’une trilogie poissons, légumes, céréales.

« La planète a des ressources rares, il faut la consommer plus éthiquement, plus équitablement », explique Alain Ducasse à l’AFP.

Le chef surmédiatisé, qui prône la diminution des protéines animales depuis longtemps, ne parle plus que de « naturalité », un mot qu’il a découvert récemment et qui reflète le virage radical pris par le nouveau Plaza: finie la viande, bienvenue pêche de ligne durable, céréales « bio, autant que faire se peut », légumes « du jardin de la Reine » cultivés au Château de Versailles.

Le chef jongle avec les tendances végétariennes, locavores et environnementales dans son menu « jardin-marin ».

Riz noir cuit au four avec coquillages, calamars et poulpes, baudroie (lotte) de Méditerranée et boulghour en tajine, quinoa cultivé en Anjou racines et coquillages : le chef mise sur la rusticité des graines et des céréales alliées aux saveurs marines. Mais le menu conserve son prix palace: 380 euros hors boisson.

Pour celui qui se dit « l’interprète de l’air du temps », « plus le produit est modeste, plus il faut lui donner de l’attention ». Pour une sardine débarrassée de ses chairs, arête et tête frites, croustillantes, il décrit un travail « au scalpel » pour faire du poisson « un portefeuille ouvert » : « c’est moins facile que de trancher le turbot (un poisson plus coûteux, ndlr). Là, il y a 15% de sardine, et 85% de travail ».

Authenticité et communion avec la nature, le restaurant a relégué les nappes au placard: chêne et cuir sur et sous les tables. Finis les couteaux à poisson remplacés par des couteaux à viande qui n’écrasent pas la chair du bar ou du turbot.

Côté vins, le sommelier Laurent Roucayrol prévient : « Il ne faut pas avoir peur du vin rouge avec le poisson » pour accompagner le terre-mer « lentilles vertes du Puy, caviar doré, gelée d’anguille ».

C’est vraiment hypocrite et très moche, autant de mensonges distillés en morale est ici une sorte de professionnalisme sordide. Mais à vrai dire, peut-on reprocher à ce grand « chef » de profiter ici d’une voie ouverte par des gens se prétendant amis des animaux et ayant obscurci, noirci, gommé la différence nette entre le véganisme et le non-véganisme ?

Comment échapper alors à des gens mélangeant consommation durable, éthique, végétarisme, végétalisme, etc? La planète a besoin de morale, d’un point de vue strict, sans négociations aucune… Pas de compromis dans la défense de notre mère la Terre!

Le Parti pour les animaux en Hollande

Sur le site agoravox on peut lire un intéressant article intitulé « Le Parti pour les animaux bouscule la scène politique néerlandaise« .

Le titre est plutôt racoleur parce qu’il s’agit en fait d’une intéressante présentation d’un parti de « protestation », puisqu’en effet aux Pays-Bas on peut avoir un député à la proportionnelle à partir du moment où l’on dépasse 0,67%. Autant dire que c’est le contraire d’en France où il faut dépasser les 50% dans une circonscription donnée…

Ce parti donc, qui a 12 000 adhérents, a eu un score de 1,9% aux élections de 2012, obtenant un député, et aux élections européennes il a fait 4,2%, ayant un député. De manière intéressante, on peut trouver plusieurs documents en français:
– chaque semaine depuis plusieurs années il y a un petit texte racontant l’actualité du parti;
– il y a une présentation sous la forme de « cours » : « comment fonder un parti pour les animaux« ;
– enfin il y a le programme, que nous reproduisons ici.

La vie sur Terre se présente sous des formes très diverses. Les espèces animales sont au nombre de plus d’un million. Chaque entité vivante s’efforce de subsister dans des conditions optimales, si besoin au détriment d’une entité voisine.

Les espèces animales peuvent se retrouver en concurrence, ou se retrouver dans une situation chasseur-proie. L’ensemble des entités vivantes est intégré dans l’écosystème planétaire, qui se maintient selon un équilibre naturel et dynamique. La vie sur Terre n’est donc pas un long fleuve tranquille, mais bien plus une lutte permanente où ses acteurs s’impliquent jusqu’à leur mort.

L’être humain fait certes partie de l’écosystème terrestre, mais au vu de son développement intellectuel et la culture dont il s’est doté, il s’est retrouvé dans une position où il lui est possible de défendre ses intérêts au détriment des autres entités vivantes de manière plus efficace et à plus grande échelle que n’importe quelle autre espèce animale.

Le même développement intellectuel lui confère cependant la liberté, aujourd’hui comme demain, de ne pas infliger de tort ou de mal aux autres espèces vivantes et à ses semblables. C’est sur la base de ce respect pour l’intégrité morale et physique de toute forme de vie sur Terre que l’Homme pourra bâtir des relations plus harmonieuses avec ses semblables, avec les animaux et avec la nature en général.

L’Homme ne s’est pas (encore) approprié ce respect pour la vie dans des proportions suffisantes. De ce fait, hier comme aujourd’hui, son comportement se caractérise par sa dureté et par sa négligence. C’est pour cette raison que des espaces naturels se retrouvent anéantis en un temps record, que des espèces animales disparaissent, que l’écosystème terrestre, déboussolé, se retrouve sous pression et que des pans entiers de la population humaine voient leur avenir menacé.

Il est moralement inacceptable que l’Homme puisse exploiter la nature au point occasionner des changements dramatiques pour les conditions de vie sur Terre et de détériorer, de réduire ou de faire disparaître le biotope de ses semblables ainsi que celui des autres formes de vie. Les générations présentes en subissent les conséquences, et les générations futures y seront bien plus exposées encore.

C’est pourquoi il est très important que l’Homme s’impose des limitations écologiques significatives. Celles-ci doivent être centrées sur la réduction de l’exploitation des espaces, des matières premières, de l’énergie, des plantes et des animaux.
Cet objectif est clairement fixé dans la Charte de la Terre, élaborée suite à une initiative des Nations Unies en 1987 (United Nations World Commission on Environment and Development: www.earthcharter.org), et qui constitue le socle du programme pour de nombreuses organisations environnementalistes.

La protection de la viabilité, de la diversité et de la beauté de la Terre est considérée comme une ‘mission sacrée’ pour l’humanité. L’article 15 stipule notamment que le respect et la commisération pour les animaux est un objectif à part entière.

Les cruautés infligées par les hommes envers leurs animaux doivent être évitées, et les méthodes de chasse ou de pêche qui ‘occasionnent des souffrances extrêmes, longues ou inutiles’ doivent être interdites.

La Charte plaide résolument pour une utilisation durable de la nature par l’Homme. Il est vrai que les formes de vie autres que l’espèce humaine y sont reconnues à leur juste valeur, et que le respect et la commisération pour les animaux y sont mis en avant, mais aucune résolution explicite n’y est prise concernant l’exploitation des animaux.

Il en est autrement dans la Déclaration Universelle des Droits des Animaux, qui émane de la International League of Animal Rights en 1977. Celle-ci établit non seulement le principe de respect envers tous les animaux, mais elle qualifie, en vertu de l’article 7, toute mise à mort (ou d’une décision menant à la mort) d’un animal sans motif apparent de “crime contre la vie’.

Les sports de chasse et de pêche ne sont pas concernés par l’article. Quant aux expériences menées sur des animaux, une preuve doit être donnée qu’elles servent à remplir un objectif, et qu’elles sont accompagnées de recherches et de mises en pratique de solutions alternatives.

Il est grand temps, après deux siècles de protection animale, de fixer des objectifs plus ambitieux dans les relations que l’Homme entretient avec les animaux, notamment dans la restriction de leur usage.

Les animaux sont encore trop souvent considérés comme des objets subordonnés à l’Homme et à ses intérêts, et pouvant être utilisés dans un but intéressé. L’exploitation des animaux et de leur biotope, même de manière durable, entraîne inéluctablement des répercussions négatives pour les animaux, et se termine même le plus souvent par leur mort.

Chaque relation que l’Homme entretient avec les animaux doit être entreprise après avoir soigneusement pris en considération le poids des intérêts humains et les conséquences pour l’animal.

Le fait de nuire au bien être d’un animal perd d’autant plus sa justification morale que les intérêts humains à l’origine de cette action apparaissent moins importants, et que les conséquences pour les animaux sont plus néfastes.

L’exploitation des animaux dans un but qui n’est pas vital pour l’Homme peut, selon cette approche, se voir diminuer et être bannie.

Il va de soi que cela concerne entre autre l’industrie de la fourrure, le cirque, la corrida, la pêche à la ligne et d’autres formes de divertissement où les animaux impliqués sont maltraités ou menacés. Les traditions culturelles et religieuses qui mettent en scène des animaux où ceux-ci sont maltraités doivent savoir faire preuve de changement sur ce point.

En effet, les traditions, loin d’être immuables, peuvent évoluer au fil du temps pour s’adapter aux perceptions et aux normes morales des individus. Elles en ont apporté la preuve par le passé.

L’utilisation des animaux de laboratoire et des animaux destinés à la consommation doit également avoir lieu seulement après un examen éthique où sont pris en considération les différents intérêts de l’Homme et des animaux. Une attention particulière doit ici être portée vers les solutions alternatives pouvant remplacer l’usage des animaux de laboratoire et des animaux destinés à la consommation.

Le développement et la mise en application de ces alternatives peuvent par conséquent être considérés comme relevant d’une nécessité éthique pour l’ensemble de l’humanité.

Des rapports attentionnés et affectueux à la nature et aux animaux induisent d’autre part un respect pour l’intégrité mentale et physique de l’Homme. Le point de référence idéal où une inspiration peut être trouvée est la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (1948). Celle-ci met en avant les conditions permettant à l’Homme de vivre et de se développer en toute liberté, sans pression ni violence.

L’Homme doit ainsi tenir compte de ses semblables. Sa liberté s’arrête là où commence celle des autres. La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme constitue, avec la Déclaration des Droits de l’Animal et la Charte de la Terre, un programme de départ pratique menant à la manière avec laquelle nous devrions vivre en harmonie entre nous, avec les animaux et avec la nature.

Cette esquisse est élaborée de manière plus précise dans le programme électoral du Parti pour les Animaux, et sert de contours pour les prises de position politiques du parti dans des questions actuelles.

Parti pour les Animaux, 11 juin 2005

« Bipa bi-good »

La ville de Vienne en Autriche a connu ces derniers jours une campagne publicité mystère parlant des vegans, avant d’annoncer en fait une nouvelle marque de cosmétiques végans. Celle-ci est produite par la chaîne de magasins BIPA.

Contrairement à la France en effet où l’on passe par les supermarchés pour cela, il existe en Allemagne et en Autriche de nombreux petits magasins vendant des cosmétiques (savons, parfums, crèmes, dentifrices, etc. etc.). BIPA dispose de presque 600 magasins en Autriche, son grand concurrent étant DM avec 1000 magasins.

Cette dernière marque est assez connue en France chez les végans, car elle produit elle-aussi depuis plusieurs saisons des produits vegans sous le nom de DM Alverde, qui sont parfois rapportés depuis l’Allemagne. Les prix sont effectivement très faibles (voir Alverde et la cosmétique végane valorisée).

Pour les nouveaux produits vegans de BIPA, dont on trouve la liste ici et appelés BIPA bi-good, c’est plus compliqué car BIPA n’existe qu’en Autriche.

Voici le logo de « bi-good ».

Sur les produits vegans, on a comme chez DM Alverde le logo « vegan » permettant de s’y retrouver facilement.

Avec cette nouvelle gamme, on voit encore que l’Autriche est le pays qui se profile comme celui le plus en point pour le véganisme, avec l’Allemagne et l’Angleterre. Il n’y a pas d’études pour connaître le nombre de vegans, mais la généralisation de produits par DM et BIPA est révélatrice.

Dans le même ordre d’idée, les chaînes de supermarché elles-mêmes proposent des produits estampillés « vegan » (Spar veggie, Hofer, Billa, Vega vita chez Merkur), alors que la ville de Vienne dispose déjà de pas moins de 2 supermarchés entièrement vegan.

Pour avoir toutefois une idée en terme de nombre, on peut tabler que, selon les statistiques, entre 10 et 50 % des gens classés dans « végétariens » sont vegans. Or, en Autriche, il y avait 238 000 personnes définies comme végétariennes en 2005 et 765 000 en 2013, pour une population totale de 8,5 millions de personnes.

Une croissance qui permet encore de poser un vieux débat : le végétarisme est-il un sous-produit des progrès du véganisme ou bien le contraire ? En tout cas donc, la tendance est très nette et le mouvement massif.

Être vegan est en Autriche quelque chose de socialement accepté, de nullement choquant et il y a même plusieurs variantes vegan des fameuses culottes de peau tyrolienne.

De manière moins folkorique, la liste des restaurants vegans dans ce pays, sans compter les versions végétaliennes des plats, existant dans de nombreux restaurants, est étonnamment longue.

Pour comparer les capitales, si à Paris il n’existe que quelques endroits, la plupart bobos, les restaurants et cafés vegans sont très nombreux dans la ville de Vienne, à quoi s’ajoutent les restaurants végétariens proposant des versions « véganisables ».

La ville dispose également de deux bars à glaces « veganista », alors que de toute façon on y trouve également d’innombrables glaciers dont beaucoup proposent des versions vegans, nullement cachées et carrément mises en avant.

Sur le plan des plats qu’on peut se faire livrer à Vienne, sept pizzerias proposent des alternatives vegan, ainsi que quatre restaurants indiens, tandis qu’en passant par les services sur internet il y a souvent une alternative vegan.

Vienne est donc à mettre sur le même plan que Berlin ; sur le site Berlin-vegan, la carte des cafés et restaurants montre 226 endroits…

Bref, être vegan est extrêmement facile en Autriche sur le plan pratique, les journaux et la télévision en parlent sans aucune animosité, le véganisme est considéré comme respectable voire inévitable chez les personnes progressistes.

Comme quoi tout est une question de culture, et comme quoi il n’y a aucune raison de faire des compromis et de ne pas défendre le véganisme en tant que tel.

Le point de vue de la présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis

Voici un « chat » tenu par Reha Hutin, présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis, datant du début du mois et publié sur le site du journal gratuit « 20 minutes« . Son point de vue très éloigné de celui de la libération animale, sans parler de la libération de la Terre, aussi y a-t-il lieu de s’y confronter.

Il est intéressant de voir ainsi comment elle parle de « lobbies » pour ne pas avoir à se confronter à l’exploitation animale comme système, et comme elle est partisane du principe comme quoi « Chacun fait comme il veut. On vit dans un monde libre. »

C’est là une apologie de l’individualisme absolument criminel à notre époque de destruction de la planète, et surtout en plus de renforcer l’égoïsme et l’individualisme, cela soutient que les gens choisissent alors qu’en pratique, les valeurs dominantes choisissent pour eux…

Sisiphhe: Quelles sont les principales causes qui poussent une personne à abandonner son animal?

Ce sont surtout des acquisitions ou adoptions irréfléchies. Les gens prennent un animal sur un coup de tête et puis se rendent compte que les animaux, même si c’est un grand bonheur d’en avoir, il y a aussi des contraintes et cela a aussi un coût.

Ils oublient trop souvent que ce sont des êtres sensibles et que nous devons nous en occuper.

Malheureusement, la personne qui veut se débarrasser de son animal trouve toujours une excuse. Parfois, il y a des cas de force majeure. Je pense à ces pauvres personnes âgées, qui doivent se séparer de leur animal en partant en maison de retraite.

Cela fait deux malheureux. Il faut absolument que l’on puisse laisser ces «couples» finir leur vie ensemble.

Maryline: Que faire lorsqu’on voit un chien errant sur la route? Ça arrive souvent à la campagne. Le refuge près de chez moi ne prend pas directement les animaux trouvés sur la voie publique.

Il faut en effet qu’il passe par la case fourrière où l’animal sera identifié. Il faut plusieurs jours pour essayer de retrouver l’animal et avertir le maitre par lettre recommandée. D’où l’importance quand vous déménagez de bien avertir l’ICAD (fichier d’identification des carnivores domestiques) de vos nouvelles coordonnées sinon si vous perdez votre compagnon, et il n’y aura aucun moyen de le retrouver. Si personne ne vient le chercher il sera envoyé dans un refuge où on tentera de le faire adopter.

Si vous l’emmenez chez un vétérinaire, celui-ci essaiera de lire la puce ou le tatouage pour tenter de retrouver les maitres (c’est gratuit).

N’hésitez pas à dire au refuge de vous prévenir si personne ne souhaite le récupérer. On n’est jamais assez prudent.

Vanbot87: L’émission «30 Millions d’Amis» va-t-elle continuer à être diffusée à la télé à la rentrée?

Ouiiiii! Grâce à la fidélité de nos téléspectateurs, on fait de supers scores d’audience! Nous sommes reconduits tous les dimanches pendant 45 min à partir de 12h45 sur France 3.

Mais nous sommes toujours sur des sièges éjectables. Alors si vous voulez que l’émission continue, soyez au rendez-vous! Sinon, nous serons «abandonnés». L’émission a 39 ans et on espère fêter nos 40 ensemble! Je compte sur vous tous!

Ombeline: J’ai recueilli il y a deux jours un chien setter anglais mâle de deux ans et demi. Il est très doux mais très peureux. Il sursaute toute la journée au moindre bruit, a peur de tout (bruit, autres animaux…). Dès que je le laisse en liberté dans le jardin et que je veux le rentrer il se cache sous un buisson. Il était auparavant dans un chenil au fond d’un jardin avec d’autres chiens et a certainement été battu… Que puis-je faire pour lui redonner confiance?

C’est malheureusement le sort de ces animaux qu’on recueille. Ils ont eu un passé douloureux, n’ont plus confiance en l’homme et pensent que c’est trop beau pour être vrai d’avoir une personne aimante qui leur veut du bien. C’est donc un long processus de réadaptation au bonheur.

Il faut beaucoup de patience, de compassion et d’amour. Il vous sera à jamais reconnaissant quand il retrouvera la confiance. On peut aussi se faire aider par un comportementaliste ou aller avec lui dans des cours collectifs d’éducation, certaines mairies le font gratuitement. Le fait de trouver d’autres copains pourra l’aider. Dans tous les cas, il est jeune tout se passera bien.

Julie: Bonjour. L’animal n’est plus reconnu comme un meuble dans le code civil. Qu’est-ce que ça va changer?

Attention, ce n’est pas gagné! Les députés l’ont voté en première lecture mais déjà, les lobbies se mobilisent fortement pour faire échouer ce changement dans le Code Civil.

On doit rester mobilisés et interpeller nos députés, signer la pétition sur le site de «30 Millions d’Amis». On ne peut pas continuer à nier l’évidence que l’animal est un être vivant et sensible.

C’est primordial pour changer le statut de l’animal qui n’est plus un bien meuble. La Fondation se porte partie civile dans de nombreux procès de maltraitance. Si on veut que des peines plus lourdes soient appliquées il faut que les magistrats puissent appliquer la loi avec plus d’audace. Ce sera le cas avec ce nouveau statut.

Toutefois il faut être conscient que les activités comme la chasse, l’élevage, et même la corrida, sont régis et encadrés par soit le Code pénal, rural ou environnemental.

Cela ne changera rien pour ces cas de figure. Seule la mobilisation de l’opinion publique pourra à terme faire changer les choses. Il faut donc déjà remporter une première victoire…et ce n’est pas évident!

Alison: Faut-il être végétarien pour aimer les animaux? 

Chacun fait comme il veut. On vit dans un monde libre. Mais moi qui ne mange pas de viande, je me demande comment on peut toujours en ingurgiter après avoir vu l’horreur des élevages intensifs, des gavages d’oies etc. Cela me parait évidemment antinomique avec l’amour que l’on porte aux animaux.

Gaétane: A quand une vraie politique de responsabilisation des propriétaires d’animaux? A quand l’identification obligatoire, sans parler de la stérilisation?

L’identification EST obligatoire, voir la question ci-dessous. Il FAUT continuer à sensibiliser, notamment les plus jeunes au respect de l’animal.

La stérilisation doit être généralisée pour que les gens ne fassent pas reproduire leurs animaux afin d’arrondir leurs fins de mois!

Surtout les chats, un couple de chats peut en 4 ans reproduire 25.000 chats! Il faut qu’il y ait une vraie politique de stérilisation. Nous établissons à la Fondation des partenariats avec les mairies afin de stériliser les chats et aidons les structures à le faire.

Julien: Abandonner c’est mal, on le sait tous. Mais comment bien agir si l’on souhaite malgré tout se séparer de son animal? Quelles sont les meilleures options selon vous?

Il n’y a pas de «meilleure option» c’est toujours un drame pour un animal qui a connu la douceur et l’amour d’un foyer de se voir rejeter. Il faut que chacun prenne ses responsabilités et tente de replacer l’animal dans la famille ou auprès d’amis.

Ensuite, en dernier recours, avoir le courage de l’emmener dans un refuge où on établira une fiche pour dire qu’il aime ou non les chats, qu’il est sympa avec les enfants, a besoin d’un jardin etc.

On pourra ainsi lui trouver un foyer approprié. Le pire, c’est de le jeter à la rue, c’est de la cruauté punie par la loi: passible de 2 ans de prison et 30.000 Euros d’amende. Encore faut-il que l’on attrape le coupable…

Chats et chiens doivent obligatoirement être tatoués ou pucés pour que l’on puisse retrouver le maitre. Mais malheureusement, la cruauté veut que certains n’hésitent pas à couper l’oreille du chien pour que l’on ne puisse pas les retrouver.

Vous verrez beaucoup de chiens à l’oreille coupée dans les refuges, ou qui ont été incisés pour leur enlever la puce. C’est horrible!

Marie: Que deviennent les animaux abandonnés la plupart du temps? Le pourcentage de ceux qui arrivent jusqu’à la SPA n’est-il pas faible par rapport à ceux qui finissent juste morts de faim, de soif ou écrasés?

La Fondation est partenaire de 300 refuges en France. Notre mot d’ordre est de n’aider que les refuges qui n’euthanasient pas les animaux. On a même une opération «doyens», le plus vieux de chaque refuge a droit a une belle niche et nous prenons à notre charge tous les frais vétérinaires lorsque quelqu’un l’adopte.

Ceci afin d’encourager l’adoption des plus vieux, pour qu’ils aient une belle fin de vie, auprès de personnes aimantes. Le public est de plus en plus sensibilisé au fléau des abandons grâce à nos campagnes chaque année et lorsqu’ils voient un animal à l’abandon, ils ont le reflexe de l’emmener dans un refuge où les bénévoles sont toujours là pour le prendre en charge.

Pierre: Ne serait-il pas souhaitable de revenir à une taxe payée par les propriétaires de chien?

Cela existe en Allemagne et dans certains pays européens. Mais les Français sont toujours réfractaires aux taxes en tous genres!

Il faut surtout responsabiliser les maitres de chiens et de chats, ce sont des êtres vivants et sensibles et non des produits de consommation. Les peines contre la maltraitance doivent être appliquées pour dissuader les maitres d’abandonner leur animal.

Christine: J’ai deux chiens. Lorsque je cherche un camping ou une location je me retrouve confronté  (de plus en plus) au fait que les loueurs ne veulent plus d’animaux. Comment faire?

Il vous faut commander le kit vacances pas bêtes sur le site de la Fondation, c’est gratuit et vous aurez toutes les infos indispensables.

Il y a aussi l’appli gratuite de «30 Millions d’Amis» qui, par géolocalisation, vous indique plages, hotels, campings, gîtes etc. qui acceptent les animaux. Vous trouverez les noms des pensions aussi.

Vous avez aussi une bourse d’entraide où les internautes peuvent se contacter pour offrir leurs services de garde d’animaux à titre d’ «échange» (« Je pars en vacances tu me gardes mon chat, tu pars en vacances, je te garde ton chien »).

Vincent: Nous possédons actuellement six chats (stérilisés) et un chien. Depuis environ un an, une jeune chatte qui n’appartient à personne du quartier et qui a trouvé refuge dans un fossé bordant notre terrain, vient se nourrir chez nous. Elle est impossible à attraper, très méfiante, assez sauvage et vient justement d’accoucher de quatre chatons. Que pouvons-nous faire pour les attraper et les stériliser et à la charge de qui?

Le mieux c’est de trouver un refuge dans le coin qui pourra venir avec une cage pour les attraper, ils ont l’habitude avec les chats sauvages. Mettez-vous aussi en rapport avec un veto du coin qui pourra placer les chatons et surtout les stériliser. Il y a des «Ecoles du Chat» qui s’occupent de ces cas peut être en avez vous à côté ce chez vous. Sinon appelez la Fondation qui aide ces structures en prenant en charge les frais de stérilisation etc..

« (r)évolution des «objets» »

Le 27 septembre à Paris aura lieu un rassemblement « unitaire » sous le mot d’ordre de « (r)évolution des «objets» », à l’appel des « Forces Unies pour les Droits des Animaux ». On trouvera ici une page pour cet appel et ici une sorte de vidéo manifeste reflétant le point de vue du « mouvement FUDA ».

Les mots d’ordre du rassemblement sont :

« – Nous demandons une évolution SIGNIFICATIVE du Statut Juridique de l’Animal.

– L’abandon pur et simple du statut de bien meuble pour les Animaux.

– La création d’une nouvelle catégorie:
«Individu non Humain, Vivant et Sensible» distincte des «personnes» et des «biens»

– Une cohérence favorable aux Animaux entre code Rural, code Pénal et code Civil.

– Un renforcement des peines contre tout acte de maltraitance envers un Animal. »

C’est une sorte d’initiative idéaliste, le rassemblement visant à remettre une lettre au Président de la République François Hollande et à Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la forêt, que voici :

« Monsieur le Président, monsieur le ministre,
aussi incroyable que cela puisse paraître, en 2014, les animaux ne sont toujours pas considérés comme des êtres vivants, mais comme des biens meubles, autrement dit des objets!

Cette définition datant de 1804 n’a jamais été révisée
malgré l’existence d’une Déclaration Universelle des Droits des Animaux, proclamée solennellement à Paris le 15 Octobre 1978 à la maison de l’UNESCO.

Je m’associe donc à la demande de la Fondation 30 Millions d’Amis, du mouvement International FUDA et de toutes les associations de protection animale œuvrant en ce sens, de faire évoluer le régime juridique des animaux et demande au législateur de retirer l’animal du droit des biens et de créer dans le Code civil, à côté des “Personnes” et des “Biens” une troisième catégorie pour les “Animaux”.

En ce sens, je soutiens la proposition visant à modifier l’intitulé du Livre II du Code civil comme suit : “Des animaux, des biens et des différentes modifications de la propriété” avec un Titre 1er “Des animaux” où il devra être spécifié que l’animal est un être vivant et sensible.

Monsieur le président de la République, monsieur le ministre de l’Agriculture, j’attire votre attention sur les dérives cruelles et insensées dont des milliers d’Animaux sont victimes chaque jour dans le monde et dans notre pays, faute d’une législation laxiste à leur égard et d’une vide juridique sur leur statut.

Monsieur le Président, monsieur le ministre, je compte sur votre bon sens et votre humanité et vous adresse ma plus profonde gratitude pour l’intérêt que vous porterez à mon appel.

Veuillez agréer, monsieur le Président de la République, monsieur le ministre de l’agriculture, mes salutations Respectueuses. »

Aussi honorable que soit la lutte en faveur des animaux, il y a ici plus d’illusions qui sont diffusées qu’autre chose. L’initiative nie que l’exploitation animale est un système et que l’anthropocentrisme est toute une vision du monde… Cela ne peut pas aboutir à quelque chose de productif.

Le succès du mot « vegan » et la question de son contenu

Le mot « vegan », ou bien « végan » ou encore « végane », s’est désormais répandu dans une partie de la société française. Le seul problème, bien sûr, est de savoir ce qu’il en reste, et là, on peut se mettre à franchement avoir des doutes…

Sur le papier le terme signifie bien ce qu’il doit dire, même le dictionnaire Hachette s’y est mis depuis l’année dernière, et explique que le véganisme est un « mode de vie qui exclut toute utilisation de produits animaux (laitages, viande, cuir, etc.) ».

Le problème c’est que le mot est censé aller avec toute une culture. Or, sur ce plan là, le mot ne veut plus rien dire, si d’ailleurs il a déjà voulu dire quelque chose en France. On ne peut pas parler des vegans en général, tellement en fait les raisons sont multiples, le plus souvent réduites à une démarche individuelle, et le résultat est qu’il n’existe aucune opinion publique végane.

Hier a eu lieu par exemple une « Vegan Place » à Lyon, une sorte de rassemblement de stands. On pouvait y trouver l’« Association Végétarienne de France »… C’est une contradiction qui saute aux yeux, qui est choquante sur le plan pratique, mais c’est largement passé dans les mœurs, autant que les t-shirts « vegan » de la Fondation Bardot fait par des gens même pas vegans.

De la même manière, la culture « hipster » a phagocyté des pans entiers de l’identité végane en France, et ici il ne faut pas se voiler la face : pour les gens, les vegans sont soit des végétariens plus radicaux, soit des bobos qui habitent dans une grande ville et se démarquent par leur « style de vie »… (voir à notre sujet notre article « Nous ne l’exprimons pas trop fort car certains sont hermétiques à ce mot »).

Et c’est malheureusement vrai pour le monde populaire des refuges, où le véganisme apparaît bien souvent comme une sorte de démarche intellectuelle et symbolique coupée de la réalité quotidienne du soutien aux animaux…

On peut prendre un exemple en image avec une photographie de la dernière fête de la musique.

Voici un petit agrandissement du panneau annonçant la nourriture. Le houmous, toujours végétal, se voit transformé en « vegan », et ce dernier terme se retrouve de manière honteuse à côté de celui de « merguez »…

Le mot « vegan » a ainsi fait son apparition, mais il désigne une démarche aux contours flous, ou plus exactement il n’y a pas d’esprit : seulement le refus des produits liés à l’exploitation animale. Mais qu’est-ce que ce refus sans l’esprit qui va avec ? Celui-ci est bien entendu présent, mais il est mis en minorité, alors qu’il devrait fournir la base minimale !

Cela veut dire que le véganisme est ici réduit à un à-côté, une démarche possible, mais pas forcément nécessaire, c’est une sorte de plus. Et une des conséquences qui va avec est que c’est « flatteur » d’être vegan, alors qu’en réalité c’est une chose qui devrait aller de soi.

Le véganisme est à la fois dénoncé et flatté, afin de le neutraliser comme démarche nécessaire et de ne surtout pas s’y confronter. Les végans se sentent alors obligés d’être « utiles », notamment pour ce qui concerne l’organisation de repas, le but est de ne pas apparaître comme conflictuel, de ne pas trop déranger, afin de se mettre à l’abri au sein d’un mouvement plus large où l’on peut se placer comme sorte de minorité active.

C’est quelque chose de très faux, car incohérent. Veut-on en effet que le véganisme devienne une norme ? Si non, alors on ne restera pas végan bien longtemps, en raison du relativisme. Si oui, alors il faut être ferme sur les principes et sur la perspective. Sans quoi on est amené à voir le mot vegan à côté de « merguez » ou de « jambon », même si par exemple dans ce dernier cas il peut s’agir de « jambon végétal » !

Sans doute faut-il voir ainsi que le mot vegan n’implique pas forcément ceux de libération animale. C’est une contradiction à nos yeux, et l’histoire le montrera aisément, comme elle le montre déjà : en dehors de la perspective de la libération animale, les vegans errent et se soumettent à des choses incompatibles avec ce qui devrait être leur morale.

Il y a ainsi eu un premier cycle où le véganisme est apparu en France, mais la question de savoir ce qu’il en restera dans les quelques années à venir…