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Luc Ferry conseille l’agriculture face aux inéluctables « mouvements hostiles »

Luc Ferry est « le » grand penseur français anti-animaux et anti-écologie. Dans Le Figaro, auquel il a accordé une interview, il dit une chose essentielle : il avertit les éleveurs qu’ils doivent prendre eux-mêmes en main la question animale, sans quoi… la société va finalement leur être hostile.

C’est intéressant, car déjà il montre que contrairement à ce qui a été fait tout récemment encore par certains (mais en général surtout par l’association L214), il ne faut certainement pas aider les éleveurs à comprendre le véganisme, à se « moderniser ».

Ensuite, il souligne le fait inéluctable (et lui-même le reconnaît en tant que tel) que va surgir une vague en faveur de la libération animale.

Au-delà des animaux domestiques, quid des animaux d’élevage, de leur alimentation et des conditions d’abattages (gavage d’oie, abattage rituel, élevage en batterie…)?

Qu’on le veuille ou non, le problème ne cessera de monter en puissance, car, pour des raisons de fond que je ne peux pas développer ici, la sensibilité à la souffrance animale ne cessera de s’accroitre dans les pays démocratiques.

J’ai eu l’occasion d’en parler à plusieurs reprises avec Xavier Beulin, le patron de la FNSEA, un homme que j’estime et respecte et qui comprend très bien les choses. Si vous comparez la France à des pays comme la Chine, le traitement des animaux d’élevage en France est remarquablement humain.

Allez sur les sites internet et vous verrez comment on écorche y vifs chiens et chats par millions sans le moindre scrupule. Il y a sur le net des vidéos qui tournent sur ces sujets et qui soulèvent le cœur: on y voit des chats qu’on ébouillante pour mieux arracher leur peau vivants, des chiens qu’on écorche vif et qui continuent à vivre et à saigner pendant des heures.

Donc, notre agriculture à bien des arguments à faire valoir par rapport à d’autres traditions.

Reste que son intérêt est de se saisir elle-même du problème pour faire des progrès, car faute d’en faire, je le dis avec la certitude de ne pas me tromper, elle sera rattrapée un jour ou l’autre par des mouvements hostiles de l’opinion publique. Du reste, un paysan qui respecte ses bêtes et qui se respecte lui-même, ne s’amuse pas à les faire souffrir.

Cela est tout à fait juste : il a raison de dire avec « certitude » que l’opinion publique va se lever de manière hostile contre l’exploitation animale.

Et il a raison de dire, également, que le meilleur moyen de l’exploitation animale en France pour se maintenir, c’est de se prétendre plus « humaine », plus « proche des animaux », plus « correcte », etc. En cela, elle est aidée de manière évidente par le « réformisme » en faveur du « bien-être » animal.

Mais tout cela ne tiendra pas ; le système de l’exploitation animale est partie pour inévitablement s’effondrer dans les prochaines décennies, et cela à l’échelle planétaire. L’humanité ne peut pas tenir « contre » Gaïa.

Et justement, il y a lieu de s’intéresser à une autre question à laquelle a répondu Luc Ferry.

Passons sur ses insultes perpétuelles visant à nier qu’il y ait une philosophie de la libération animale : lorsque Luc Ferry traite les amis et amies des animaux de « zoophiles », il ne fait que rappeler qu’il est un vil propagandiste cherchant à faire passer ses ennemis idéologiques pour des gens fondamentalement idiots, voire pervers.

Non, ce qui compte, c’est sa vision de la Nature. Luc Ferry nie la Nature, il nie la symbiose et l’entraide animale qui est pourtant un fait évident, et d’ailleurs l’importance des bactéries dans la vie complexe organisée en est une preuve évidente…

Et de manière subtile, il prétend que la pensée de Descartes sur les animaux est « aberrante », alors qu’elle est en réalité tout à fait logique et correspond absolument à l’anthropocentrisme, à sa conception « métaphysique » d’un Dieu ayant donné le « libre-arbitre » aux humains, et aux humains seulement…

Dans les traditions philosophiques, quel est le rang de l’animal entre l’être et la chose?

C’est toute la question, et elle est cruciale, d’une profondeur philosophique abyssale. Les animaux ne sont ni des choses, comme le prétendait Descartes de façon aberrante, ni non plus des humains, quoi qu’en disent les militants fondamentalistes qui discréditent leur propre cause par leurs délires «zoophiles».

La preuve? Les animaux n’ont pas de morale, d’éthique et ils n’enterrent pas non plus leurs morts, ce qui dénonte aussi une absence d’interrogation métaphysique. On a déjà vu des humains dépenser des trésors d’énergie pour sauver une baleine, on n’a jamais vu, sauf dans les contes de fées, une baleine en faire autant pour eux.

Ce sont en revanche, comme nous, des êtres sensibles, susceptibles d’éprouver du plaisir et de la peine et même, pour les mammifères supérieures, de développer une intelligence et une affectivité considérables.

C’est cela qu’il faut prendre en compte et respecter, sans pour autant les «humaniser».

Le problème, c’est que le cartésianisme a marqué profondément la tradition française avec sa fameuse théorie des «animaux machines». Descartes pensait sérieusmeent que les animaux n’étaient que des automates, des machines ultra sophistiquées, sans doute, mais quand même des machines sans affect. Par exemple, il déclare tranquillement que les hurlements que pousse un animal pendant une vivisection n’ont pas plus de signification que le «timbre d’une pendule».

C’est évidemment absurde, et aucun scientifique aujourd’hui ne défend plus cette thèse. Déjà Maupertuis objectait à Descartes que si les animaux étaient vraiment des automates, personne ne s’amuserait à être sadique avec eux. On n’a jamais vu personne, disait il, torturer une horloge alors qu’on a souvent vu des enfants ou même des adultes prendre plaisir à torturer une bête…

Luc Ferry tente de sauver les meubles de l’anthropocentrisme, de la religion, il tente de sauver le tout en faisant des animaux… ce qu’ils sont en fait pour le bouddhisme et l’hindouisme. Dans ces religions en fait, les animaux sont des âmes qui en raison de leur mauvais « karma », se sont réincarnés en animaux, être inférieurs.

L’idée de Jules Ferry, c’est de cesser de nier ouvertement les animaux comme dans les religions chrétiennes, musulmane et juive jusque-là, pour leur accorder une reconnaissance… mais comme « êtres inférieurs ». Voilà pourquoi Jules Ferry peut dire :

La protection des animaux ne mène-t-elle pas à l’anthropomorphisme?

C’est précisément un écueil à éviter et malheureusement, les militants de la cause animale tombent souvent dans le piège. L’animal est un intermédiaire entre la chose et l’homme, il n’est ni l’un ni l’autre, et qui confond les deux tombe dans un véritable délire qui nuit de toute façon à la cause animale. J’aime bien la formule de Michelet, comme j’aime le poème de Hugo sur le crapaud: tous deux parlaient joliment de nos «frères inférieurs», ou de nos «frères d’en bas». Je trouve que c’est bien vu et que cela suffit à tout faire pour éviter les souffrances inutiles aux animaux.

C’est très bien vu, et la modification de la loi en cours (nous en reparlerons lorsqu’elle sera votée, dans la semaine) a exactement le même sens.

Des recettes « végétales » qui contiennent des produits laitiers

C’est un problème récurrent, qui tient aux définitions. Dans les commerces alimentaires ou dans les revues en effet, il est possible de trouver des produits mentionnés comme étant d’origine végétale ou des recettes « végétales ». Nous avions déjà évoqué ce problème.

Mais quand on y regarde de plus près, ces produits ne sont pas du tout végétaux…

Par exemple, en supermarchés se trouve la « pizza végétale Ristorante » de la marque Dr Oetker. Seulement, la liste des ingrédients montre immédiatement que cela relève de la supercherie intellectuelle : Farine de blé, 19% purée de tomate, 12% fromage (mozzarella, edam), 9% tomates cerises, 9% poivrons, eau, crème aigre, huile végétale, 3% oignon, 3% préparation de piments (piments, eau, vinaigre de vin, sel, antioxydant (acid ascorbique), acidifiant (acide citrique), 1.5% olives, levure, sel iodé, sucre, amidon modifié, ail, origan, cosses de piment, poivrons, concentré de tomates, protéines de soja hydrolysées, acidifiant (acide lactique), extrait de levure, matière grasse végétale, vinaigre de vin, farine de riz, caramel, dextrose, carottes en poudre, oignons en poudre, poivre.

Le fromage n’est bien sûr pas un produit végétal, le lait étant produit par les vaches qui attendent un veau, les produits laitiers (et de ce fait le fromage) sont donc des produits venant des animaux.

Seulement, bien sûr, le lait a une définition « floue », parce qu’il rentre de plein pied dans l’exploitation animale. Ainsi, selon le Règlement (CEE) n° 1898/87 du Conseil du 2 juillet 1987 concernant la protection de la dénomination du lait et des produits laitiers lors de leur commercialisation :

La dénomination «lait» est réservée exclusivement au produit de la secrétion mammaire normale, obtenu par une ou plusieurs traites, sans aucune addition ni soustraction.Toutefois, la dénomination «lait» peut être utilisée:

Suivent alors diverses exceptions. En tout cas, suivant cette définition, le beurre et la crème… ne seraient pas des produits laitiers, mais des « matières grasses ». Même les glaces ne sont pas considérées comme des produits laitiers!

Et donc, de manière intéressante, le lait en tant que sécrétion mammaire de la vache est séparé du reste des productions du corps, qui sont alors des « sous-produits » comme le précise de manière pseudo « subtile » la législation européenne :

Les sous-produits animaux sont définis comme les cadavres entiers (ou parties) d’animaux ou les produits d’origine animale non destinés à la consommation humaine, y compris les ovules, les embryons et le sperme. Ils représentent plus de 15 millions de tonnes de viande, de produits laitiers et d’autres produits, y compris le lisier. Ces matières sont ensuite éliminées ou transformées et réutilisées dans un grand nombre de domaines, y compris le secteur cosmétique ou pharmaceutique, ainsi qu’à d’autres usages techniques.

Voilà de sérieuses subtilités n’aidant pas à la clarté. Ainsi, et ce cas n’est pas rare, et si l’on y prête un peu attention, il est facile de voir que bon nombre de produits définis comme « végétaux » contiennent une matière d’origine animale. Le flou légal permet d’entretenir le flou général, et inversement.

En voici un autre exemple avec cette recette issue d’un quotidien régional de « galette végétale » qui contient… du yaourt !

Parce qu’un aliment ne contient pas de « viande » il n’en devient pas pour autant un produit végétal. Le miel, les œufs, les produits laitiers, sont des éléments produits par les animaux et qui sont issus de leur exploitation.

Un plat aux légumes et au fromage n’est pas un plat végétalien, c’est un plat végétal… et au fromage! C’est pourtant simple, mais voilà, il y a une idéologie dominante.

Pourtant, tout le monde sait que le lait n’est pas un végétal, quelque chose qui pousse dans les arbres ou dans la terre.

Il serait ainsi grand temps d’arrêter ces fausses appellations, qui sont totalement aberrantes. Pour cela, il faut de la rationalité, des définitions.

Pour cela, il faut arrêter le jeu de la confusion entre végétarisme et véganisme, tout le discours relativiste; il faut barrer la route à l’absence de définitions strictes et de règles, car c’est aussi à cause de ce genre de dénominations mensongères qu’apparaissent des personnes qui se prétendent végétariennes tout en mangeant les poissons ou les poulets, qu’il y a la porte ouverte aux flexitariens et aux laxistes en tout genre, hipsters et autres.

Une installation dans un ours empaillé?

Voici une information totalement grotesque, diffusée ici par le quotidien Le Figaro : au début du mois d’avril, à Paris, une personne issue du milieu se voulant artistique va vivre pendant quinze jours dans le corps d’un ours naturalisé….

Le but de cette manœuvre serait, selon l’initiateur du projet, d’avoir un accès mystique à la vie de l’animal lui-même! On va tout de même très loin dans l’obscurantisme….

Mais cela n’est pas étonnant, puisque cela se passe au « musée de la chasse et de la nature » – on reconnaît là tout le « mysticisme » propre à l’idéologie de la chasse, dont nous parlons malheureusement bien souvent.

On n’échappe d’ailleurs pas non plus à l’egotrip typiquement décadent, puisqu’il y aura des caméras pour filmer la personne non stop, comme l’explique le communiqué de presse:

Allongé dans l’animal taxidermé, ne disposant que du strict nécessaire à sa survie, le performeur sera épié en permanence par deux caméras de surveillance. L’expérience de l’artiste s’appliquant à « devenir animal » sera relayée en permanence et en direct sur le nouveau site Internet du musée.

Voici comment le quotidien Le Figaro présente ce « happening » sordide.

INSOLITE – Du 1er au 13 avril, au Musée de la Chasse et de la Nature, un performeur va vivre à l’intérieur d’un ours brun naturalisé.

Ça va sentir le fauve! Tel Jonas dans sa baleine, Abraham Poincheval va s’isoler treize jours durant dans un ours empaillé. Au Musée de la Chasse et de la Nature on promet que ce n’est pas un poisson d’avril mais une performance artistique qui «puise son inspiration dans le chamanisme».

Du 1er au 13 avril, donc, Abraham Poincheval dormira, mangera, fera ses besoins, et passera le temps en lisant dans son animal de 115 kilos qu’il a reconstitué et aménagé en capsule de survie. La bête sera installée au centre du salon de Compagnie de l’hôtel de Guénégaud, au premier étage de ce musée parisien.

L’artiste va tenter «d’accéder à un état méditatif»

Assis comme dans une chaise longue rembourrée de coussins, le performeur, ne disposant que du strict nécessaire, tentera «d’accéder à un état méditatif, d’expérimenter les conditions de vie de l’animal et la perception du monde qui est la sienne».

Son expérience sera médiatisée en direct via le site du musée. Elle a déjà connu quelques précédents. Abraham Poincheval a été emmuré une semaine dans une librairie et enterré sous le parvis de l’hôtel de ville de Tours pendant huit jours.

« Expérimenter les conditions de vie de l’animal et la perception du monde qui est la sienne« , voilà que cet « artiste » ne doute de rien ! Comme si un ours empaillé allait lui « transmettre » quelque chose parce qu’il s’installe dedans, de manière aménagée avec de la nourriture lyophilisée et des tubes pour boire et évacuer les déchets… C’est complètement délirant.

On atteint ici un très haut niveau de négation de la Nature, au profit du pure « esprit ». Car expérimenter les conditions de vie de quelqu’un, c’est vivre avec lui au quotidien, partager les joies et les peines, la facilité et la dureté de la vie, et certainement pas se mettre en avant devant un public en faisant son show dans le corps d’un animal mort.

Ici, ce pseudo artiste crucifie une fois de plus la dignité animale et cela au nom de l’expérience « personnelle ». Encore et toujours on retrouve le culte de l’ego contre la Nature.

D’ailleurs, le type met son « expérience » sur le même plan que la découverte « des Amériques » (voir la vidéo ici), rien que ça!

Alors que l’art pourrait être un moyen pour représenter, et aussi dénoncer, critiquer, pour servir des causes nobles (comme cet artiste qui fait des portraits des chiens dans les refuges)….

Ici, une nouvelle fois, on a les animaux pris en otage pour un geste décadent pseudo artistique anti-végan, pour « expérimenter » des actions futiles où vulgarité, perversion et égocentrisme sont de mises et érigées en norme !

« Invisible dog »

Dans l’article cité hier, il était parlé de l’un des théoriciens anti-nature, Serge Moscovici. C’est le père de l’actuel ministre de l’économie. On peut effectivement se douter que le gouvernement actuel baigne intellectuellement dans tout cet esprit « moderne » anti-Nature.

Les réactionnaires en profitent largement, tellement c’est facile à critiquer. Najat Vallaud-Belkacem est par exemple une cible facile.

Elle a dit hier : « Nous avons dit dès le départ que le 8 mars, c’était toute l’année », pourtant elle n’a rien dit sur le comportement de François Hollande vis-à-vis de Valérie Trierweiler…

Et qui plus est, elle fait partie des gens militant pour la reconnaissance du principe des mères porteuses…

Regardons cependant quelque chose qui nous intéresse : le rapport aux animaux. Découvrons encore un objet délirant : le « chien invisible ».

Ce truc est apparu dans les années 1970, vient d’être relancé par un Français qui a réalisé récemment une galerie d’art contemporain de 1400 m², le « invisible dog art center« , dans les locaux d’une ancienne usine new-yorkaise où justement était fabriqué le « invisible dog ».

C’est là qu’on retrouve Najat Vallaud-Belkacem, dans l’esprit « moderne », bobo, hipster, queer, etc. Voici comment le quotidien conservateur qu’est Le Figaro raconte cela :

« La ministre l’a ramené de Brooklyn lors de l’un de ses passages éclairs à New York. C’est un petit caniche qui présente bien des avantages. Il n’aboie pas.

Ne mordille pas les chevilles des visiteurs, ni n’abîme le mobilier national de l’hôtel de Broglie qu’elle occupe.

Il n’oblige pas à se baisser pour ramasser ce qui doit l’être. Mieux, il n’a pas de sexe. Indifféremment chien ou chienne, chien et chienne, selon les désirs de son maître. Son nom: Invisible Dog, une laisse rigide qui se termine par un collier vide.

Outre-Atlantique, il fait fureur chez les bobos. En France, ils ne sont que quelques-uns à en posséder un. Comme souvent, Najat Vallaud-Belkacem se croit en avance sur son temps.

C’est vrai en matière d’art. N’a-t-elle pas fait décrocher de son bureau une toile de maître qui faisait pourtant le bonheur de ses prédécesseurs au motif, selon ses propres mots, qu’il s’agissait d’une «vraie croûte!» , lui préférant une peinture abstraite? C’est encore plus vrai en matière de politique et de lois sociétales. »

Quelque chose comme ce « chien invisible » est précisément ce qui fait partie d’une culture dont il faut se débarrasser. On est dans la pose, dans l’amusement aux dépens des animaux. On est là dans le refus d’avoir des responsabilités, de reconnaître la réalité.

On n’est pas simplement dans une sorte de gadget plus ou moins inutile : on est ici dans ce qui se veut de l’art, de la subversion. Or, c’est ni plus ni moins que du nihilisme et dès que cela concerne les animaux, c’est de la barbarie.

Ce « invisible dog » affirme que le meilleur chien est celui qui se plie de manière complète aux exigences des humains, qui ne se fait pas remarquer. Bref, qui est invisible quand il le faut, sur simple demande. On est dans une perspective totalement dénaturée…

Ce qui est l’occasion de rappeler le mépris nécessaire pour tous les bobos, hipsters, queers et autres délires!

Liberator – Salvation of innocents

Nous avions il y a quelques mois présenté la bande dessinée américaine « Liberator », qui parle de l’ALF et de la libération animale.

Début mars sort une nouvelle série, liée à la sortie d’un nouvel album du groupe de musique Earth Crisis (dont nous avons traduit plusieurs chansons: Ecocide, Firestorm / forged in the flames, This is the new ethic, Eden’s demiseThe disciplineThe wrath of justice, Gomorrah season end, Destroy the machines).

C’est l’occasion de poser quelques questions à l’auteur de la bande dessinée, Matt Miner.

Comment en es-tu arrivé à écrire « Liberator » ?

J’ai été toute ma vie un fan de comics et je suis actif pour les animaux depuis une décennie, donc quand j’ai appris des choses au sujet d’hommes et de femmes dans la clandestinité pour la libération animale, j’ai pensé que cela serait un grand concept pour le média. Pour moi, les hommes et les femmes qui mettent des masques au milieu de la nuit et font des actions pour les animaux sont les super-héros de la vraie vie.

Combien de gens ont été impliqués ? Quels étaient les objectifs ?

Eh bien, dans le noyau dur de l’équipe créative… je suis l’écrivain, Javier Sanchez Aranda fait les dessins et les encres, et Joaquin Pereyra fait la coloration numérique.

A part nous, il y a la personne faisant le lettrage, un éditeur, des artistes pour la couverture et des coloristes, des artistes pour les affiches, des artistes pour les choses diverses en plus, etc. etc. Alors, avec la sortie de l’édition rassemblant les publications nous en sommes arrivés à 10 nouvelles équipes pour raconter 10 nouvelles histoires dans le monde de Liberator, et donc le volume 1 en format de poche a 50 pages de nouveau matériel fourni par tous ces autres gens. Plutôt sympa.

Les objectifs étaient de raconter une histoire amusante et convaincante sur un justicier à l’intérieur de ce monde de la libération animale. Le but n’était pas de prêcher, mais de divertir et d’inspirer.

Dans « Liberator », on peut souvent voir des références à une sorte de culture classique du milieu vegan straight edge, postpunk, avec par exemple des groupes comme Earth Crisis, Propagandhi, Minor Threat, etc. Dans quelle mesure cela a-t-il été une influence pour toi ?

J’ai grandi dans la communauté punk rock, qui est très politiquement marquée. Ainsi cela a du sens pour moi que d’avoir nos héros dans « Liberator » qui agissent également dans le même monde. Tellement de groupes punk et hardcore ont les mêmes idéaux et les mêmes vues politiques – ils parlent d’un style de vie drug free et des droits des humains et des animaux, alors c’est simplement cohérent.

Lorsqu’on voit les deux principaux protagonistes de « Liberator », on peut voir que d’un côté l’homme accorde une importance forte sur la justice et les symboles, étant vraiment sensible et accordant une valeur politique à sa propre colère. De l’autre côté, la femme pense d’une manière plus raisonnable, ne perdant jamais les animaux de vue dans ses tâches. Comment en es-tu arrivé à « opposer » ces deux figures ?

Damon était censé être plus en colère, plus réactif comme activiste, alors que Jeanette était censée être quelqu’un gardant l’esprit clair. Le fait est que Damon termine en étant moins efficace, parce qu’il laisse intervenir dans ses actions des vendettas personnels et le facteur vengeance, perdant souvent la vue d’ensemble.

Je vois beaucoup ce type de pose macho dans le mouvement pour les droits des animaux, et ce n’est pas une chose dont je suis fan.

A la fin de Liberator, il y a toujours plusieurs articles au sujet des droits des animaux et des activistes. Peux-tu nous en parler ?

Je voulais être certain que la bande dessinée n’était pas du type sermonneur, qu’il s’agissait d’une histoire sympa dont tout le monde pourrait profiter. De l’autre côté, les problématiques posées dans le livre sont celles qui me tiennent à cœur ; j’ai donc passé des coups de fil à des amis et des figures au sein du mouvement pour faire ces articles, afin que les personnes lisant la bande dessinée soient en mesure, si elles veulent, d’en savoir plus sur cela.

Parlons d’une critique qui pourrait être faite. Quelle réponse ferais-tu à des gens disant que « Liberator » fait la promotion d’un romantisme individuel par la consommation personnelle de « l’art », et que c’est finalement une auto-célébration d’un milieu culturel sans aucune volonté de transformer la société ?

Je dirais que je reçois des emails tout le temps de la part de gens inspirés par le livre et désireux de passer à l’action. Des gens sont devenus végétariens ou végans, des gens ont commencé à devenir volontaires pour les refuges et des gens ont adopté des animaux sauvés des laboratoires, parce qu’ils ressentaient le besoin de faire quelque chose après avoir lu les bandes dessinées.

Des jeunes m’ont mailé, disant qu’ils voulaient s’impliquer dans les droits des animaux lorsqu’ils seraient plus âgés – c’est incroyable ! « Liberator » ne va pas changer le monde, mais pour le chien ou le lapin dont le sauvetage est inspiré par la bande dessinée, cela signifie tout.

Quel est le futur de « Liberator » ? Parle nous du projet avec Earth Crisis !

Les prochaines séries sont une collaboration avec Earth Crisis et cela raconte l’histoire qu’on retrouve dans leur nouvel album concept, « Salvation of the Innocents ». Earth Crisis a pris contact avec moi et m’a demandé si je voulais faire une bande dessinée avec eux et naturellement la réponse a été immédiatement oui.

La nouvelle série, appelée Liberator / Earth Crisis : Salvation of Innocents (« Sauvetage des innocents »), introduira un nouveau personnage et toute une nouvelle gamme de problèmes pour le monde de Liberator. J’ai hâte de voir cela sortir !

Pour le futur, nos personnages vont continuer – et de nouvelles histoires seront racontées, mais ils vont changer et évoluer, afin que cela soit différent et très sympa.

Le colloque au Sénat « Nous et l’animal »

Il y avait hier deux manifestations : une à Lille contre la chasse des renards, une à Toulon pour les droits des animaux. C’est un signe des temps qui changent et les animaux « apparaissent ».

Cependant, tout est parfaitement encadré, rien ne déborde, tout le monde reste en définitive bien sage. Contrairement à la vague végane des années 1990 dans certains pays (Angleterre, Etats-Unis, Allemagne, Autriche…), tout est institutionnalisé de manière impeccable.

Pour preuve, le colloque « Nous et l’animal » organisé le 7 février dernier par le « think tank » Ecolo-Ethik (c’est-à-dire un organisme de réflexion financé par les entreprises, voire l’Etat). Il a été fondé par Chantal Jouanno (ex UMP désormais centriste) et l’avocat David Lefranc.

Pour connaître l’opinon de ce dernier, citons le :

« Les positions abolitionnistes sont non seulement marginales mais contre-productives. » « C’est un chiffon rouge qui est utilisé pour bloquer toute avancée dans le domaine de la protection animale. »

Cela veut tout dire, et d’ailleurs ce colloque s’est tenu… au Sénat. Rappelons que le Sénat c’est cette sorte de second parlement au fonctionnement incompréhensible et qui en fait est un bastion du conservatisme, il « casse » les lois trop « marquées » décidées par le Parlement, il les neutralise.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a aucune réflexion : la chaîne « Sénat » n’hésite pas à diffuser des documentaires très progressistes, et là il y a ce colloque. Mais le but, c’est de moderniser, pas de changer quoi que ce soit.

Ainsi, de nombreux « spécialistes » ont été invités au colloque : Yann Arthus-Bertrand, Peter Singer, Jane Goodall, Matthieu Ricard (un moine bouddhiste), l’inévitable Boris Cyrulnik, Elisabeth de Fontenay, Allain Bougrain-Dubourg, Yves Coppens (un paléoanthropologue), les reponsables de 30 millions d’amis ou encore Laurence Parisot (ancienne présidente du Medef, le « syndicat » des patrons).

On notera également la présence de responsables directs de l’exploitation animale, salués au passage par un « tweet » d’ecolo-ethik :

Ecolo-Ethik ‏@EcoloEthik 12 févr.
Merci aux représentants des éleveurs qui ne doivent pas être les boucs émissaires de nos choix de société. http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/statut-de-l-animal-les-tenors-de-la-cause-animale-laissent-peu-de-place-aux-eleveurs-colloque-ecolo-ethik-84131.html …”

C’est très parlant !

Le colloque a en pratique consisté en quatre tables rondes (avec en tout pratiquement 80 « experts ») avec comme thèmes :
- « l’animal et l’économie »
- « le régime juridique de l’animal en France et à l’étranger »
- « l’animal et l’éducation »
- « la reconnaissance de l’animal par la science et la pensée »

Sur Sciences et Avenir, on a dans ce cadre droit à une interview (datant en fait de 2012!) de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, qui a participé au colloque et qui est présenté comme un « spécialiste de l’éthique animale ». Or, sa biographie montre surtout que c’est en réalité un très haut spécialiste militaire… On a les « spécialistes » que l’on peut!

Toutefois il faut bien voir que c’est le droit qui va être modernisé, pas la morale. Pas question en effet que l’on en arrive à la libération animale : le système compte se protéger en « verrouillant » autant que cela soit nécessaire.

Il y a lieu ici de citer le quotidien Libération, qui présente de manière assez claire la problématique :

« La sénatrice Chantal Jouanno a plaidé vendredi pour une meilleure prise en compte du «bien-être animal» à travers, notamment, la création d’une fonction de «médiateur» chargé de veiller à l’application du droit en la matière.

Le fait que l’animal soit considéré comme un «bien meuble» dans le Code civil fait que «tout ce qui est acte de cruauté envers un animal est aujourd’hui très peu sanctionné en France», a-t-elle indiqué à l’AFP, à l’occasion d’un colloque au Sénat organisé par le club de réflexion Ecolo-Ethik, qu’elle préside avec la magistrate Laurence Vichniesky.

La récente condamnation à Marseille d’un homme après la diffusion de vidéos sur internet où il jetait un chat en l’air à plusieurs reprises est «une exception», estime Mme Jouanno.

L’ex-secrétaire d’Etat à l’Ecologie souhaite s’appuyer sur les conclusions du colloque pour faire 25 propositions pour lutter contre la «maltraitance inutile» et mieux déterminer la place de l’animal dans le système économique, le droit mais aussi l’éducation ou la culture. »

Il s’agit de « gommer » les aspects les plus criants, de « séparer » autant que possible les animaux dits de compagnie et ceux qui sont dans les fermes-usines, de « neutraliser » toute contestation en la plaçant sur un terrain juridique réformiste.

C’est on ne peut plus brillant. Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas des choses utiles, comme l’idée d’une « objection de conscience » pour les personnes refusant la vivisection lors des études de médecine – mais cela n’abolira pas la vivisection, cela la rendra « humaine ».

L’article de la revue L’Express au sujet du colloque est assez exemplaire également. Saluant le colloque comme historique et citant plusieurs fois L214, il est affirmé qu’il y a « le droit à une consommation de viande éthique et responsable ».

L’exploitation animale peut être satisfaite: la « modernisation » par le droit permet de faire passer la morale et la culture à l’arrière-plan. Ce round ci est pour elle, sans doute de manière inévitable. Mais la bataille n’est pas finie!

De nouveau sur « 269Life »

Nous avons déjà parlé de « 269″, un mouvement à nos yeux irrationnel et irrespectueux (Se marquer au fer rouge pour aider les animaux?!, Happening irrespectueux avec des têtes d’animaux morts).

Le Nouvel Observateur a publié au sujet de celui-ci un article très documenté intitulé Fer rouge, faux sang, « shoah » et poussins morts : 269Life, les pro-animaux de l’extrême.

Le voici ici pour archives, et une réflexion doit également être faite ici. 269Life est un mouvement israélien qui rue dans les brancards et assimile la condition animale dans l’industrie à la Shoah. C’est certainement discutable, mais c’est un positionnement moral radical.

Alors comment en arrive-t-on  encore une fois en France à des gens interprétant une telle radicalité… dans un sens réformiste, en acceptant qui plus est que des nazis soient dans leurs rangs?

2 octobre 2012. Enchaînés aux piquets qui forment autour d’eux un enclos de fil barbelé, trois hommes à demi-nu attendent en silence, assis sur les pavés de la place Rabin à Tel Aviv.

Un groupe d’individus encagoulés et vêtus de noir vient interrompre l’étrange tranquillité de la scène et s’empare un à un des hommes pour les immobiliser au sol. Un mètre plus loin, le souffle d’un chalumeau caresse une pièce d’acier sur laquelle est inscrit le numéro 269. Tour à tour et dans une violence orchestrée, les trois hommes vont se faire marquer le corps au fer rouge devant les visages choqués des badauds.

Cette première action-choc marque la naissance de 269Life en Israël et à travers le monde. À l’origine du mouvement, un jeune Israélien de 29 ans, Sasha Boojor, qui explique que son mouvement demande « la libération inconditionnelle des animaux ».

Le numéro 269 appartient à un veau que les activistes ont sauvé de l’abattoir dans une ferme laitière de la campagne israélienne. Le bovin est devenu le symbole du mouvement tant son utilisation dans la production de lait, de cuir et de viande est emblématique de l’exploitation animale.

Selon un manifeste publié sur leur site web:

« Il n’existe pas de cage assez grande, de lame assez bien aiguisée pour justifier l’exploitation industrielle des animaux […] La manière dont notre espèce traite les animaux prouve la complète contradiction avec la manière dont nous nous percevons, comme entité d’une société progressiste, juste et morale. »

Du militantisme à l’activisme

Pour Sasha, le végétalisme qu’il pratique depuis plus de dix ans n’est qu’une première étape essentielle « que toute personne responsable devrait effectuer », mais elle n’est pas suffisante.

Après des années de militantisme « traditionnel », le jeune homme décide de passer à l’action. Il ne croit plus aux méthodes de sensibilisation des autres associations et au végétalisme « trop passif ». Sasha organise une série d’événements destinés à choquer et à « utiliser sur les humains, la violence imposée aux animaux ».

Démarrage réussi pour 269Life avec le marquage au fer rouge de Sasha et de deux autres activistes en octobre 2012. Une vidéo visionnée plus de 340.000 fois sur YouTube, partagée par des milliers de personnes sur les réseaux sociaux, et de nombreux autres « marquages » en République tchèque, aux Etats-Unis ou en France.
En Israël, des activistes militent de façon inédite pour le végétalisme et la libération des animaux. Fédérés au sein du mouvement 269Life, ils multiplient actions-chocs et inondent les réseaux sociaux.

Depuis, le groupe alimente plusieurs fois par jour sa page Facebook et organise d’autres mises en scène dans les rues de Tel Aviv ainsi que des expéditions de libération dans des fermes du pays.

Plusieurs milliers de militants se sont fait tatouer « 269″ sur le corps pour afficher leur soutien à la cause animale.

Plusieurs fois arrêté et placé en garde à vue, Sasha réplique : « Aller en prison ne me dérange pas, c’est la manière dont les animaux sont emprisonnés qui me dérange ».

Lors de leur dernière action, qui les a conduits a déverser du faux sang et des poussins morts dans les bureaux d’une entreprise gestionnaire de fermes avicoles, les participants ont tous été placés en garde à vue par la police et relâchés le lendemain.

« Shoah animale » ?

Quid du caractère extrême de ces actions ? Selon Sasha, il n’y a « aucune autre alternative pour réveiller les consciences ».

Pourtant des voix s’élèvent contre 269, leur actions et leur discours, même au sein des sympathisants de la cause animale. Les premières critiques sont apparues lorsque le mouvement a décidé de joindre la parole aux actes et a qualifié l’industrie de la viande d’« holocauste animal » en écho aux déclarations d’écrivains et de survivants de la Shoah devenus végétariens.

Isaac Bashevis Singer, auteur juif et prix Nobel de littérature en 1978 a été l’un des premiers à faire cette analogie dans l’un de ses romans. Ainsi, il écrit dans « The Letter Writter » :

« Dans les relations avec les animaux, tous les gens sont des nazis ; pour les animaux, c’est un éternel Treblinka. »

Pour les activistes de 269, les similitudes avec la Shoah sont frappantes (transports, logistique des abattoirs, tatouages). Ces déclarations ont fait l’effet d’une bombe dans l’état hébreu où les questions relatives à la Shoah sont, encore aujourd’hui, sur toutes les lèvres.

Une version française du mouvement

269 a fait des émules dans plus de 40 pays à travers le monde et notamment en France où l’on comptabilise plusieurs centaines de sympathisants.

Alexandre Philippot-Bonnavent est porte-parole et initiateur du collectif français depuis février 2013 : « Sasha et ses amis nous conseillent et nous soutiennent. Nous travaillons en collaboration avec les Israéliens pour développer nos actions ». Alexandre a été séduit par la façon innovante de parler de la protection animale et, selon lui, la violence des actions permet de toucher une nouvelle frange de militants qui n’a plus confiance en la méthode douce.

Contrairement au positionnement de Sasha, la déclinaison française se focalise sur la protection des animaux et non pas sur leur libération inconditionnelle car « la puissance des lobbies est trop importante en France » selon Alexandre.

Dès sa création, 269Life France a été épaulé par d’autres associations emblématiques comme L214, qui lui ont apporté soutien et crédibilité. Pour Alexandre : « En France, on a décidé d’éduquer les animaux humains pour sauver un maximum d’animaux non humains sur le long terme. »

La dernière sortie des activistes français date du 1er février, lorsqu’ils ont organisé un simulacre de banquet, place de la Bastille, à Paris, au cours duquel étaient présentées au public des têtes, respectivement de mouton, d’agneau, de porc, et en bonne place, une tête humaine.

Le storytelling, les mises en scène et la communication bien huilées de 269 semblent fonctionner, mais jusqu’où les activistes sont-ils prêts à aller pour faire entendre leur cause ? À cette question, Sasha répond : « Mon dévouement pour les animaux est tout pour moi, il n’y a que ça qui compte et je donnerai ma vie pour eux « .

Happening irrespectueux avec des têtes d’animaux morts

Nous avions déjà parlé de « 269 », un mouvement pour les animaux à l’idéologie aberrante, avec des gens se marquant au fer rouge. Un groupe existe en France et a organisé hier à Paris un happening absolument révoltant.

Il y avait déjà L214 qui manifestait avec des animaux morts, là on a de nouveau une démarche du même type, peut-être encore plus immonde puisqu’il s’agit de plusieurs têtes d’animaux morts.

Comment peut-on faire cela ? Mais comment peut-on ? Comment ose-t-on faire une mise en scène, avec du maquillage et une dimension théâtrale ?

Nous ne parlerons pas une nouvelle fois de la dimension religieuse mystique d’une telle initiative, nous l’avons déjà fait. Ce que nous voulons souligner ici, c’est que c’est une insulte fondamentale à la dignité animale.

Un être vivant mort mérite le respect de son « cadavre ». L’enterrement et l’incinération sont les seules voies dignes. Il n’y a pas à exhiber des morceaux de corps, serait-ce pour un « banquet troublant » qui relève du sinistre happening.

Il faut le respect de ce qu’on appelle les « cadavres ». C’est le b-a-ba de la civilisation. Nous ne demandons pas des cérémonies religieuses, qui n’ont aucun sens d’ailleurs à part justement historiquement une avancée de civilisation, comme expression du respect.

Mais il y a un respect minimum. On ne peut pas être vegan et ne pas prôner le respect absolu de la dignité animale.

De plus, dans la courte brève AFP qu’on ne retrouve que sur 2-3 sites, il est dit :

Quelques dizaines de militants de la cause animale, partisans d’une alimentation 100% végétale, ont dressé samedi la table d’un « banquet troublant » place de la Bastille alignant de véritables têtes de bétail devant l’Opéra.

Veau, mouton, porc, agneau, ces têtes sorties à grand peine des abattoirs et congelées par les militants de l’association « 269 Life France » visaient à attirer l’attention sur les conditions de l’élevage industriel ainsi que sur l’impact environnemental de la consommation de viande, ont-ils indiqué à l’AFP.

Comment peut-on être vegan et congeler une tête ? Comment peut-on avoir suffisamment de nerfs, de cynisme pour arriver à faire cela ?

Comment peut-on être vegan, ouvrir la porte d’un congélateur et y placer une partie d’un être assassiné ? Une personne végane, c’est quelqu’un qui refuse un réfrigérateur d’occasion en raison justement de qui a été dedans après l’assassinat…

Et encore, les personnes non véganes mettent le plus souvent des produits d’origine animale passés par l’industrie. Mettre des têtes en tant que tel, à part les bouchers et les tueurs en série, il n’y a pas grand monde pour avoir le « cran » ou l’envie de faire cela…

Et posons la question : que sont devenues ces têtes, justement ? Ont-elles été enterrées dignement ? Ou bien ont-elles jetées à la poubelle, tout simplement ?

Tout cela est glauque et sinistre. Et il suffit de chercher deux minutes parmi les sites facebook des participants de cette mise en scène pour tomber par exemple sur cela comme « amis » : « Égalité et réconciliation », « Jours de colère », les nazis de « Groupe Action Nature », le négationniste Faurisson…

On a donc une personne fan des nazis posant devant des têtes d’animaux morts lors d’une initiative d’un groupe dont l’origine est israélienne ? C’est aussi cinglé que les vegans queers faisant du porno ou tournant en identitaires basques et n’en ayant rien à faire des animaux…

Tout cela est complètement délirant. Et cela montre que la scène végane prise au sens large n’est nullement imperméable à la société qu’elle est censée critiquer pourtant.

On est là dans la culture facebook où l’on se croit révolutionnaire à coups de clics, on est dans l’idéologie de la télé spectacle où l’on se croit activiste lorsqu’on fait de la provocation. On est là pratiquement dans le Dieudonné, dans l’infantilisme le plus complet. Et soyons certains et certaines que ce n’est pas malheureusement pas fini !

Véganisme ou végétalisme?

Ces dernières semaines, on a pu lire sur internet de nombreux articles au sujet de l’alimentation. On y retrouve la thèse selon laquelle il existe de nouvelles formes d’alimentation, considérées comme plus ou moins délirantes, et bien entendu le végétalisme en ferait partie.

En fait, c’est relativement vrai dans la mesure où il existe une forme de végétalisme non lié au véganisme, et simplement tourné vers la santé. Comme, en plus, le véganisme a été abandonné comme stratégie par beaucoup de gens s’orientant vers le végétarisme, le réformisme, etc., alors le mélange est d’autant plus facile.

Voici l’extrait d’un article exprimant ce point de vue :

« Les interdits alimentaires mettent à mal, avec la restauration rapide, l’art français et latin de la table et sa civilisation de la commensalité. Les aventures d’Astérix se finissent par un festin, symbole de réconciliation, à l’instar des autres lieux de socialisation où il faisait bon manger en France : cafés-concerts, banquets républicains et guinguettes populaires.

Les chrétiens, plus sécularisés, ne veulent rien s’interdire de manger mais ils sont oublieux en cela de préceptes (abstinence, faire maigre).

Orientés vers les désirs narcissiques, les Occidentaux ont remplacé les interdits par une autre forme d’obsession, celle du bien manger : l’orthorexie. D’où les régimes et l’aspiration récurrente à un âge d’or alimentaire, à travers les régimes macrobiotique, végétarien, végétalien, ou le dernier en date : le régime préhistorique crudivorien, à base de gibiers et de baies, excluant les produits transformés. »

On remarque que le végétalisme est considéré comme un « trouble », qu’en fait tout cela serait une mode, une sorte de hobby, de fuite par rapport à la « bouffe industrielle ».

Tout cela est bien entendu n’importe quoi, mais là n’est finalement pas la question. Le véritable problème de fond, c’est que finalement il y a une sorte de mouvement de balançoire : alors que le véganisme disparaît comme proposition, le végétalisme quant à lui est quelque chose de plus en plus connu.

Mais végétalisme et véganisme apparaissent comme découplés, le rapport n’est plus évident, et d’ailleurs en fait il ne l’est pas historiquement. Pire, les deux formes apparaissent comme totalement coupées l’une de l’autre.

Certains pourront trouver cela pas si mal, parce qu’au final, le véganisme consiste en plusieurs choses, qui prises séparément, finissent par se rejoindre : idéalement, les gens refusant la fourrure rejoindraient les personnes végétaliennes, qui toutes seraient rejointes par celles refusant la vivisection, etc.

Le problème est qu’on voit mal pourquoi cela se déroulerait de cette manière-là. Pourquoi, spontanément, les gens iraient-ils au véganisme par une pratique partielle ? Par quel chemin y aurait-il, par ce détour, une reconnaissance de la vie animale ?

Surtout que le végétalisme a parfois comme moteur sa propre santé, comme le refus de la fourrure repose sur un choix moral totalement personnel. Comment en arriverait-on à une vision globale, d’où viendrait la saut général ?

Finalement, ce qui ressort, c’est que le véganisme s’est enlisé, s’est dilué dans des revendications, et que finalement il a disparu.

Il y a beaucoup de choses à étudier ici. On sait par exemple que le terme « vegan » en anglais signifie à la fois végétalien et ce qu’on appelle « vegan » ici en France. Quel est l’aspect que les gens ont privilégié dans leur compréhension de tout cela ?

Inversement, pourquoi en Allemagne et en Autriche le terme de « vegan » a-t-il réussi à s’imposer, avec un mouvement se distinguant de la simple question alimentaire ?

On peut alors penser que justement, comme on est en France, c’est la question de la « bouffe » qui compte.

Sauf que là il y a quelque chose qui ne colle pas. En effet, ces quinze dernières années, il y a eu une énorme progression de gens adoptant les principes du halal et du casher. Il n’y a pas lieu d’interpréter ce phénomène ici, qui a de multiples aspects (et surtout que ces gens-là auraient pu et dû devenir vegan straight edge!).

Ce qui compte ici, c’est que ces gens, en tout cas une partie significative, est très stricte dans sa démarche. Elle regarde attentivement ce qui est correct, ou non. Elle se plie à des exigences qu’on peut considérer comme importantes, sans rechigner, sans se plaindre.

Si on compare aux éternels complaintes de nombre de personnes véganes en France, il y a beaucoup de choses à comprendre… Et notamment, que la question de la « bouffe » n’est pas l’aspect prédominant et absolu, comme on peut souvent le penser, et ce en tout cas pour une partie significative de la population.

Vegan Reich: The way it is

Voici les paroles de la chanson The way it is, du groupe des années 1990 Vegan Reich, qui a eu une influence historique sur le mouvement straight edge (avec notamment la culture hardline; voir également ici pour la chanson « This is it »).
D’aucuns se moqueront de la naïveté ou de la radicalité du texte, selon. Mais ceux et celles qui agiront ainsi sont simplement des gens se voilant la face, car de la même manière qu’on ne négocie pas avec Auschwitz, on ne négocie pas avec l’exploitation animale.

Fuck you, shut your fucking mouth. We didn’t ask for your opinion.
We’re telling you the way it is so sit back and listen.
Allez vous faire foutre, fermez vos putains de gueule. Nous n’avons pas demandé votre opinion.
Nous vous disons la manière avec laquelle cela va être alors asseyez-vous et écoutez.
Your position is irrelevant to this situation, it’s black and white,
you’re wrong we’re right, and you’d better come to that realization.
Votre position est hors de sujet, c’est noir ou blanc,
vous avez tort nous avons raison, et vous feriez bien d’arriver à prendre conscience de cela.
Because it’s murder plain and simple, no justification
for the taking of a life without provocation.
Parce que c’est purement et simplement du meurtre, pas de justification pour prendre une vie sans y être incité.
You’d be guilty of crimes in courts through out the nation;
if your victim was human you could face execution.
Vous seriez coupable de crimes devant les tribunaux dans tout le pays ; si la victime était humaine vous feriez face à la peine capitale.
Laid down in stone there can be no other definition.
Meat and dairy production is torturing, is killing, for no purpose for your ego for the taste their blood you’re spilling.
Gravé dans la roche, il ne peut pas y avoir une autre définition.
La viande et la production de lait, c’est la torture, le meurtre, pour aucun autre but que votre ego pour le goût de leur sang que vous faites couler.
Belsen, Auschwitz, Dachau the similarity is frightening.
A master race mentality of liberty for those with superiority.
Belsen, Auschwitz, Dachau, la ressemblance fait peur.
Une mentalité de race supérieure, avec la liberté pour ceux qui sont supérieurs.
Your moral civilized society is built on brutality and cruelty.
Where normality is insanity and sanity extreme ideology.
Votre société civilisée morale est bâtie sur la brutalité et la cruauté. Là où la normalité est folie et le fait d’être sain d’esprit une idéologie extrême,
Like the resistance to Nazi Germany, we don’t obey laws of barbarity.
So expect no fucking mercy if you’re guilty you will pay.
Comme la résistance à l’Allemagne nazie, nous n’obéissons pas aux lois de la barbarie.
N’attendez donc pas de putain de pitié, si vous êtes coupables vous paierez.
No chances to discuss it you’re gonna fucking hang.
Terrorists and hooligans? Just you fucking wait!
Aucune chance de discuter, vous allez être putain de pendu
Terroristes et hooligans ? Juste attendez de voir !
If that’s the image you create of us you ain’t seen nothing yet.
What did you think this was a college debate?
Si c’est l’image que vous avez créé de nous vous n’avez encore rien vu. Qu’avez-vous pensé, que c’était un débat universitaire ?
This is war so stay the fuck out of the way we’re coming through that door.
And once we free those enslaved we’ll even up the score.
C’est la guerre, alors restez putain hors de la route, nous allons passer tout droit en force.
Et une fois que nous avons libéré les esclavagisés, on améliorera même les statistiques.
Guilty of murder you’ll face the new law!
Coupable de meurtre, vous affronterez la nouvelle loi !

Modification de la loi sur l’IVG

Hier, le parlement français a modifié une loi : celle sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG), c’est-à-dire l’avortement. Auparavant, la loi autorisait l’avortement pour une femme si « son état (la) place dans une situation de détresse ». Désormais, ce sera si elle « ne veut pas poursuivre une grossesse ».

En pratique, il n’y aura pas de différence, car la loi n’était pas appliquée dans la mesure où le terme de « détresse » n’a jamais été défini, et l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est également remboursée à 100 %. Le seul critère est le délai : 12 semaines de grossesse, sans quoi l’avortement n’est plus autorisé.

Le résultat est qu’il y a à peu près 220 000 avortements en France chaque année. Et si l’avortement est un droit pour les femmes qui doit être maintenu et défendu, il n’en reste pas moins que ce sont 220 000 avortements de trop.

Pourquoi cela ? Parce qu’au bout de quelques semaines, le fœtus a déjà une forme, un cœur, une activité cérébrale. C’est une vie qui s’élance vers son développement, vers la naissance. Elle est donc à préserver, dans la mesure du possible.

Tout le problème est de savoir quelle est cette mesure du possible. Le problème ici est qu’on se passerait bien de cette question, et que c’est possible : il suffirait que les connaissances concernant les moyens de contraception soient vraiment diffusées et que les moyens de contraceptions soient gratuits!

Il faudrait donc qu’à l’école il y ait ces cours, avec des contrôles de connaissance ! Ce n’est bien entendu pas le cas, parce que les obscurantistes religieux ont tout intérêt à laisser les femmes dans la méconnaissance d’elles-même…

Il y a bien quelque chose à comprendre ici : dans la guerre de l’humanité contre la Nature, il existe deux démarches, qui s’opposent en apparence mais se rejoignent au fond, par l’apologie du « libre arbitre » et de la négation de la Nature.

La première, c’est le capitalisme qui engloutit tout au nom du profit. La seconde, c’est la religion qui considère que tout est figé de manière particulièrement abstraite.

Le capitalisme, dans sa folie conquérante, considère que tout doit être possible du moment qu’on paie. L’individualisme doit être total, et aucune définition n’est acceptable. La Nature serait une illusion, seule compte la volonté.

L’une des formes extrêmes de libéralisme est ainsi le mouvement « queer », qui va jusqu’à nier l’hétérosexualité et l’homosexualité, ainsi que les hommes et les femmes. Tout serait faux, la liberté de l’individu doit être complète, toute définition serait une oppression, etc.

L’avortement est pour l’ultralibéralisme une simple « opération de routine », et c’est d’ailleurs un gouvernement brutalement conservateur, avec Valéry Giscard d’Estaing comme président de la République, qui a accordé le droit à l’avortement.

Le fœtus est alors considéré comme une simple surproduction : il est aspiré avec une sorte d’aspirateur et jeté à la poubelle ou bien « supprimé » par voie médicamenteuse et il termine alors dans une cuvette de toilette.

Cela est faux et incorrect, et cela saute aux yeux qu’on ne peut pas avoir une vision aussi commerciale du corps.

C’est une vision totalement mécaniste et capitaliste, qui est d’ailleurs celle de la « féministe » « pro sexe » Peggy Sastre :

« Si situation de détresse il y a, c’est de tomber enceinte quand on ne l’a pas voulu. De se prendre dans le buffet la réalité d’un corps toujours parfaitement disposé à vous trahir (et je crois que cette épée de Damoclès fait partie des choses que les hommes, même avec les « meilleures intentions » et la « meilleure volonté » du monde, ne pourront sans doute jamais appréhender).
Par contre, dans le fait de pouvoir reprendre le pouvoir sur un corps qui vous trahit – que ce soit une rage de dent, un cancer ou une grossesse non-désirée –, il n’y a principalement que du soulagement et de la joie.
Vive l’IVG ! »

Mettre sur le même plan un cancer et une grossesse, c’est absolument n’importe quoi… C’est vraiment avoir une mentalité ultra-individualiste de personne arrogante ne voulant pas être dérangée, et surtout pas par « son » corps – parce qu’on est encore ici dans la séparation aberrante entre corps et esprit.

En pratique, une femme n’a pas un « objet » en trop, un « truc » en plus comme dans le film « Alien » ; l’enfant est issu d’un processus naturel…

Les ultras capitalistes comme Peggy Sastre sont une terrible caricature, et c’est là qu’arrivent tous les cathos fachos qui utilisent la critique du capitalisme absolu pour mettre en avant « Dieu » et sa morale, qui est en réalité une morale patriarcale, féodale, rétrograde, obscurantiste, etc.

Très nombreux sont les gens à tomber dans ce panneau, parce qu’ils voient bien que sont inacceptables les délires de « liberté » complète et de négation de la réalité naturelle de la grossesse…

Sauf qu’ici on n’a pas la Nature, mais un « Dieu » et soi-disant « ses » valeurs. Et justement les vegans, qui veulent préserver la vie, ont toujours vu l’hypocrisie des anti-avortement qui n’ont strictement rien contre l’exploitation animale mais tout contre les droits des femmes, voire les femmes elles-mêmes.

Comme l’a formulé l’association PeTA à ce sujet aux États-Unis (comme d’ailleurs beaucoup d’autres, c’est un thème récurrent là-bas), tout le monde ne fait pas face à l’avortement dans sa vie personnelle, mais tout le monde mange, et donc il y a lieu d’assumer de vouloir défendre la vie tout le temps…

En conséquence, LTD défend le droit à l’avortement mais n’apprécie pas l’avortement, qui est à éviter autant que possible.

Ce n’est pas une position originale pour des vegans, et encore moins pour des vegans straight edge. On la retrouve un peu partout dans les débats à ce sujet sur internet, surtout en anglais.

« S’il n’y avait rien d’autre à manger »

Quelque part sur le net, à l’occasion d’un article sur des personnes véganes, on peut lire la phrase suivante :

X admet que «seul sur une île déserte» il n’hésiterait pas un instant à tuer un animal pour satisfaire sa faim. «S’il n’y avait rien d’autre à manger».

Il y a là quelque chose de très intéressant, parce qu’il y a une problématique de fond quant au véganisme. En effet, le véganisme est une exigence qui rentre dans un contexte précis, à savoir le présent.

C’est un choix, une manière de vivre reposant sur un choix actuel. Est-ce que ce choix serait valable dans une autre situation ?

La réponse ne remet pas en cause le véganisme ; cependant, selon nous elle montre que le véganisme, en soi, n’est pas suffisant s’il n’est pas relié à la question générale de la Nature. En l’occurrence, nous ne pensons pas qu’un retour en arrière soit possible.

Cela ne veut nullement dire, bien sûr, que des gens devenus végans le restent. La grande erreur de la vision quantitative de l’accumulation numérique de personnes végans est que dans les faits cela se passe différemment, parce qu’il n’y a pas tout simplement « de plus en plus de végans ».

De la grande vague végan en Suède dans les années 1990, il ne reste plus grand chose, et les cas similaires sont nombreux ailleurs, notamment en France.

Mais, dans ces cas là, il s’agit d’une capitulation objective, pas d’un choix en tout état de cause (même si bien entendu la personne abandonnant le véganisme prétendra le contraire, voire deviendra farouchement anti-végan pour masquer sa propre défaite).

Par contre, imaginons le scénario farfelu suivant : on prend une personne végane et on la déplace sur une île déserte, où la survie dépend du meurtre d’animaux.

Eh bien nous pensons que la personne végane ne sera pas en mesure de tuer. Elle en sait trop. Même la personne citée plus haut ne le ferait peut être pas.

Abstraitement, on peut comprendre que les gens vivant il y a 100 ans ou même 50 ans n’aient pas été en mesure de devenir végans : trop compliqué à comprendre, à part pour une poignée d’individus. Mais très concrètement, on ne peut pas se transposer à leur place.

Quand on devient végan en effet, on passe un cap, on franchit une certaine dimension dans la démarche de la compassion.

Cela n’est nullement vrai « en général », et nous considérons que nombre de végans n’en ont finalement rien à faire des animaux, méprisant les refuges et se cantonnant dans une sorte de moralité chrétienne toute passive, voire antisociale.

Toutefois, pour une personne vraiment ouverte aux animaux et les aimant, un recul n’est pas possible, et heureusement, parce qu’il y a là une culture qui sera inévitablement celle du futur, à l’échelle de la société.

Le véganisme, en tant que compassion globale, triomphe moralement inévitablement, tout comme le refus de l’esclavage a galvanisé les gens avec le christianisme ou le bouddhisme, pour prendre un exemple historique.
Tuer dégoûte non pas simplement théoriquement, mais également en pratique ; un être vivant connaît forcément la compassion.

Cependant, alors pourquoi des animaux mangent-ils d’autres animaux, pourrait-on répondre ? C’est d’ailleurs un grand argument contre le véganisme, et c’est un argument intelligent car il comprend que le véganisme signifie, en fait et en soi, la compassion globale.

La réponse est à la fois simple et compliquée : tout prend du temps. La Nature n’est pas statique, elle se transforme, comprendre où elle va est difficile, mais il est évident déjà que les êtres vivants savent reconnaître la sensibilité en général.

Reste à avoir les moyens pour assumer la compassion – nous en tant qu’humains nous le pouvons en général ; on sait bien aussi que les animaux, dans de nombreuses situations pratiquent de la même manière la compassion, la solidarité « gratuite », sans parler de l’entraide.

Il existe un roman classique de science-fiction intéressant ici, présentant une utopie où les chiens font en sorte que tous les animaux deviennent végans : « Demain les chiens », de Clifford Simak. Asimov, le grand « pape » de la science-fiction, imaginait pareillement une « Gaïa » comme inévitable sur le parcours de l’évolution (puis une Galaxia, etc.).

Science-fiction, utopie ? L’évolution montre qu’on va vers toujours plus de complexité. On ne va pas vers le passé, vers une situation où il y aurait nous, un pistolet et une île déserte peuplée d’animaux attendant de se faire tuer.

D’ailleurs, cela n’a jamais été le cas : l’humanité « asservissant » la planète ne peut être qu’une parenthèse. C’est pour cela qu’il faut voir les choses en grand, en toujours plus grand !

« leur causer sans nécessité de la douleur, est une cruauté & une injustice »

Pierre Louis Moreau de Maupertuis (1698-1759) est un auteur de l’époque des Lumières; scientifique, il a été actif dans plusieurs domaines, étant physicien, mathématicien, astronome et naturaliste. C’est une figure connue de l’histoire des sciences, et bien évidemment il reconnaissait la Nature comme réalité.

Voici l’extrait d’une lettre, où tout étant prisonnier d’une vision anthropocentrique (mais non religieuse), il affirme déjà que la non reconnaissance des animaux et de leur sensibilité est un grave problème.

Il ne faut pas s’y tromper en lisant le texte: Maupertuis parle de Dieu mais derrière il diffuse toute la conception athée; sa culture est celle d’Epicure,  de Lucrèce, etc.

Ce qu’il dit en fait ici est que le discours de l’antiquité, selon lequel les âmes migrent dans les animaux également, ne peut plus servir de base pour reconnaître la vie sensible des animaux: il faut désormais l’affirmer directement face aux « mécanistes » comme Descartes, sans donc se préoccuper du fatras religieux de la transmigration des âmes.

Maupertuis reste encore dépendant d’une vision scientifique « utilitariste » (il parle ainsi d’animaux « nuisibles », d’éventuelle « nécessité » de la douleur), mais il exprime une grande avancée à l’époque.

Dans l’Asie l’on trouve dès hôpitaux fondés pour elles [les bêtes]. Des nations entieres ne vivent que de fruits, pour ne pas tuer d’animaux : on n’ose, marcher sans prendre les plus grandes précautions, de crainte d’écraser le moindre insecte.

Dans notre Europe on ne voit que meurtres ; les enfans s’exercent à tuer des mouches ; dans un âge plus avancé l’on creve un cheval pour mettre un cerf aux abois.

Les hommes peuvent tuer les animaux, puisque Dieu leur a permis expressément de s’en nourrir : mais cette permission même prouve que dans l’état naturel ils ne le devroient pas faire ; & la même révélation dans plusieurs autres endroits impose certains devoirs envers les bêtes, qui font voir que Dieu ne les a pas abandonnées au caprice & à la cruauté des hommes.

Je ne parle pas ici des animaux nuisibles : le droit que nous avons sur eux n’est pas douteux, nous pouvons les traiter comme des assassins & des voleurs.

Mais tuer les animaux de sang froid , sans aucune nécessité, & par une espece de plaisir, cela est-il permis ?

Des Auteurs célebres , qui ont écrit de gros commentaires sur le droit naturel & sur la morale, ont traité cette question : c’est une chose plaisante de voir comment ils l’ont envisagée ; & l’adresse avec laquelle il semble qu’ils ayent évité tout ce qu’il y avoit de raisonnable à dire.

Les Pythagoriciens & quelques Philosophes de l’antiquité, qui paroissent avoir mieux raisonné sur cette matiere, ne semblent cependant s’être fait un scrupule de tuer les bêtes qu’à cause de l’opinion où ils étoient sur la métempsycose : l’ame de leur pere ou de leur fils se trouvoit peut-être actuellement dans le corps de la bête qu’ils auroient égorgée.

Seneque, cet homme si raisonnable & si subtil , nous apprend qu’il avoit été longtemps attaché à cette opinion , sans vouloir se nourrir de la chair des animaux.

Il ajoute sur cela un dilemme singulier, qu’un grand homme de nos jours a transporté à une matiere beaucoup plus importante.

Dans le doute, dit-il , où l’on est, le plus sûr est toujours de s’abstenir de cette nourriture : si la métempsycose a lieu, c’est devoir ; si elle ne l’a pas, c’est sobriété.

Mais il me semble qu’on a une raison plus décisive pour ne point croire permis de tuer ou de tourmenter les bêtes : il suffit de croire , comme on ne peut guere s’en empêcher, qu’elles sont capables de sentiment.

Faut-il qu’une ame soit précisément celle de tel ou tel homme , ou celle d’un homme en général , pour qu’il ne failles pas l’affliger d’un sentiment douloureux ?

Ceux qui raisonneroient de la sorte ne pourroient-ils pas par degrés aller jusqu’à tuer ou tourmenter sans scrupule tout ce qui ne seroit pas de leurs parens ou de leurs amis ?

Si les bêtes étoient de pures machines, les tuer seroit un acte moralement indifférent, mais ridicule : ce seroit briser une montre.

Si elles ont , je ne dis pas une ame fort raisonnable, capable d’un grand nombre d’idées, mais le moindre sentiment ; leur causer sans nécessité de la douleur, est une cruauté & une injustice.

C’est peut-être l’exemple le plus fort de ce que peuvent sur nous l’habitude & la coutume, que, dans la plupart des hommes elles ayent sur cela étouffé tout remords.

La « vieille-folle-aux-chats »

C’est une figure classique de notre époque, une figure héroïque sans doute aussi. Car, en effet, elle est décriée par la société, voire même agressée physiquement.

Pourtant, rien n’entame son abnégation, qu’il vente ou qu’il neige, pas même la maladie ; cela sera en béquilles s’il le faut, mais rien n’empêchera cette vieille dame d’aller aider ses amis.

Ses amis, ce sont les chats errants ou bien les pigeons, selon. La vieille dame leur amène à manger, de manière régulière. Elle leur vient en aide, dans un élan de générosité propre aux personnes âgées ayant médité sur la valeur de la vie.

C’est un phénomène de société, respectable, et bien entendu considéré comme irrationnel par la société, qui n’y voit aucun « intérêt ». Pire : elle considère que la vieille dame contribue aux « nuisances », qu’elle est folle.

La série des Simpson, série qui se veut rebelle mais existe depuis une éternité et contribue en fait à rester dans sa propre beaufitude, se moque bien évidemment de la « vieille folle aux chats », comme elle est appelée.

Son nom est Eleanor Abernathy ; elle est évidemment présentée comme une personne normale ayant subi un échec (en l’occurrence un licenciement) et ayant sombré dans l’alcool et les chats, afin de « combler » son manque affectif.

On est là dans une vision utilitariste des animaux, qui nie la compassion, et la série les Simpson reflète le point de vue dominant ; voici comment on présente la « Crazy cat lady » sur Wikipédia :

« On voit son évolution dans l’épisode Tous les huit ans. Où à 8 ans c’est une enfant normale, à 16 ans une élève brillante, à 24 ans une avocate de talent, à 32 ans une avocate qui vient de se faire virer, devient alcoolique et commence a vivre avec les chats. Enfin à l’heure actuelle elle est devenue la folle aux chats.

Atteinte d’une grave maladie mentale (Animal hoarding), elle vit en permanence avec ses très nombreux chats, d’où son surnom de Folle aux chats. Elle jettera par ailleurs l’un de ses chats vers Lisa qui le recueillera, tous ses précédents chats étant morts. Il s’agit de [nom du chat] Boule de Neige V.

Homer parie même avec elle qu’elle ne peut pas lancer un chat au-dessus de leur maison, ce qu’elle fera très aisément.

Elle fait également une très courte apparition dans Les Simpson, le film dans lequel elle lave ses chats dans le lac comme elle laverait du linge sale (savon compris). »

La vieille femme aux chats, ou aux pigeons, mérite tout le réconfort et la dignité que la société doit lui accordée, car elle assume une compassion à contre-courant. Les bizarreries de ces « femmes courages » ne sont que le fruit de l’ostracisme et du mépris à leur égard.

Il est ô combien parlant d’ailleurs qu’une société vivant dans l’accumulation de choses achetées s’imagine que tout le monde soit comme cela, et que donc la vieille-femme-aux-chats ne saurait agir par altruisme, par compassion.

Et c’est cette compassion qui fait que les actes des vieilles-femmes-aux-chats ou aux-pigeons sont inébranlables ; ni amendes ni procès ni agressions ne les arrêtent. Elles portent en elles quelque chose de très grand, quelque chose qui s’appelle aussi l’avenir.

Des masques à oxygène pour les chiens et les chats

Voici, ci-dessous, un texte très intéressant, sur une initiative outre-atlantique qui consiste à équiper les pompiers du Québec de masques à oxygène pour chiens et chats.

Bien sûr, le projet RéanimO2 (réanimation des animaux à l’aide d’oxygène) n’est pas nouveau; il date de 2006 déjà et est complètement passé inaperçu en France, étant en pratique totalement inconnu.

L’initiateur du projet, le directeur de l’Association des médecins vétérinaires du Québec Michel Pepin explique que ce programme sert à encourager les dons de masques à oxygène spécialement conçus pour les chats et les chiens, aux différents services d’incendie du Québec. Le projet a une page Facebook diffusant des informations utiles.

La première remise officielle de masques s’est déroulée le 3 avril 2006, au service des incendies de la Ville de Laval; l’achat de 27 masques a été réalisé grâce aux dons des 15 établissements vétérinaires de la ville.

Il y a actuellement 226 masques qui ont été distribué au Québec, dans 78 casernes. 60 établissements vétérinaires et quelques personnes ont participé à l’achat de ces masques.

Voici une vidéo de présentation du service de Sécurité Incendie de Rivière-du-Loup, avec malheureusement à peine 800 vues ! Sachant que des milliers d’animaux « de compagnie » succombent aux incendies ou aux fumées toxiques, cette jolie initiative devrait se développer surtout que l’efficacité des masques à oxygène est avérée, comme le montre cette autre vidéo d’un chat sauvé d’un incendie.

 

Des masques à oxygène pour animaux de compagnie

Soixante-dix-sept postes de pompiers sont équipés de masques à oxygène pour animaux de compagnie au Québec. Une initiative lancée il y a maintenant huit ans par le docteur Michel Pépin qui, malgré sa popularité et son efficacité, n’a pas encore été mise en place dans la plupart des postes de Montréal.

En cas d’incendie, l’inhalation de fumée est extrêmement toxique pour les personnes, mais aussi pour leurs animaux de compagnie. Bien que la mission des pompiers soit avant tout de sauver des vies humaines, ils n’hésitent pas, quand c’est possible, à prendre soin de nos compagnons à quatre pattes en détresse.

Les animaux ont en effet tendance à se cacher en cas d’incendie. Ils peuvent alors inhaler de la fumée et être en difficulté respiratoire. Les résultats de l’utilisation d’un masque à oxygène sont alors spectaculaires.

C’est en 2004 qu’une chaîne américaine de boutiques pour animaux a eu l’idée d’équiper les pompiers de masques à oxygène pour leur clientèle. Le Dr Pépin, directeur de l’Association des médecins vétérinaires du Québec, a repris l’initiative dans la Belle Province en 2006 en lançant le projet RéanimO2. Des Îles-de-la-Madeleine à la Gaspésie en passant par Laval et Longueuil, 226 masques ont ainsi été distribués dans 77 postes couvrant totalement ou en partie 60 municipalités. Les pompiers y sont maintenant équipés de masques à oxygène de fabrication québécoise, offerts en trois tailles et spécialement conçus pour les museaux des chiens et des chats.

«Le plus dur a été de convaincre les syndicats de pompiers, qui ne voulaient pas que leurs membres aient à suivre une formation supplémentaire ou à assumer une responsabilité supplémentaire. Il faut se rappeler que sauver les animaux n’est pas la fonction première des pompiers. Mais quand ils en ont l’occasion, autant qu’ils soient bien équipés. Les masques pour humains sont plats pour recouvrir la bouche et le nez. Ils ne sont donc pas adaptés aux museaux. Les masques pour animaux étaient autrefois utilisés pour des interventions chirurgicales. Avec le temps, on a commencé plutôt à les intuber pendant les opérations. On les utilise encore parfois pour les petits rongeurs, les oiseaux et certains chats», explique le Dr Pépin.

C’est grâce aux collectes de fonds et à de généreux donateurs que les postes se sont vu offrir les masques à oxygène. L’ensemble de trois masques de tailles différentes ne coûte que 100$. Mais la grande majorité des postes des arrondissements de Montréal n’en sont pas encore équipés. Si vous désirez changer la donne, il est possible de communiquer avec le Dr Pépin par l’adresse courriel veterinet@videotron.ca. Il sera en mesure de vous fournir une lettre type de demande à la direction du poste de votre quartier ou tout autre renseignement pertinent à ce sujet.

Éviter le drame

Si, après avoir été en contact avec de la fumée, votre animal a perdu connaissance, qu’il titube, qu’il vomit, que ses yeux sont rouges ou que ses muqueuses sont bleutées ou plus pâles, rendez-vous dès que possible chez votre vétérinaire. Sachez d’ailleurs que, dans une telle situation, votre assurance habitation couvrira les frais. C’est bien la première fois que l’on pourra tirer avantage du fait que les animaux de compagnie sont considérés comme des biens!

Voici la vidéo d’une publicité récente de la marque de caméra tout terrain « Gopro », présentant justement un chaton sauvé.

« Un manifeste pour les animaux »

A l’occasion du passage à la nouvelle année, Brigitte Bardot a acheté une page dans le quotidien conservateur Le Figaro, afin d’appeler le président de la république à assumer le changement pour les animaux (en reprenant donc le slogan électoral de Hollande, « Le changement, c’est maintenant ! »).

Il y a lieu toutefois de constater que le « manifeste pour les animaux » qu’on y trouve est quelque chose d’extrêmement travaillé ; dans son genre, c’est peut-être le « meilleur » – si l’on est d’accord, bien entendu, avec les illusions entretenues.

Ces illusions reposent sur une base très simple : les animaux sont considérés ici comme des « objets », or dans notre société ils ne sont pas des objets, mais des marchandises. Et cela change tout quand on veut aider les animaux.

Ce n’est pas l’humain qui est méchant, c’est tout un système économique qui profite de l’utilisation des animaux. Tant qu’il y aura du profit pour l’exploitation animale, cette dernière ne cessera pas…

Monsieur le Président, Le changement, pour les animaux, c’est maintenant !
Un manifeste pour les animaux
Reconnu comme « être sensible » par le Code rural, le Code pénal et le droit européen, l’animal est toujours considéré comme « bien meuble» par le Code civil. Il convient donc, dans une volonté de cohérence et d’harmonisation des textes, de réformer le Code civil. Le code de l’environnement doit, également, être modifié afin de reconnaître le caractère d’être sensible à l’animal sauvage.

CAPTIVITÉ ANIMAUX SAUVAGES
D’après l’Article L214-1 du Code rural : « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce ». Les cirques, delphinariums, certains parcs animaliers condamnent les espèces animales concernées à une captivité incompatible avec leurs impératifs biologiques. Ces établissements, contraires à la réglementation, doivent être interdits en France comme ils le sont déjà dans de nombreux pays européens.
CHASSE
La nature n’appartient pas aux chasseurs ! Pour un respect, une protection des espaces et des espèces, nous demandons : le raccourcissement des périodes de chasse, l’arrêt de la chasse le dimanche où sont recensés le plus d’accidents (179 dont 21 mortels durant la saison 2012-2013), l’interdiction de la chasse à courre, du déterrage et de toute forme de piégeage, la déclassification de toutes les espèces dites « nuisibles », l’interdiction des lâchers de gibier…
ABATTOIR
Les réglementations française et européenne imposent l’étourdissement des animaux de consommation avant leur abattage, à l’exception des animaux sacrifiés dans le cadre de l’abattage rituel (musulman et juif). L’égorgement cruel des bêtes sans insensibilisation préalable est considéré, par la Fédération des vétérinaires d’Europe, comme relevant d’une pratique «inacceptable». Egalement dénoncée par les instances scientifiques, jugée non pertinente par le culte musulman, l’obligation de l’étourdissement préalable doit êre appliquée pour tous.

ANIMAUX DE COMPAGNIE
Avec plus de 8 millions de chiens et 9 millions de chats, la France est le pays d’Europe qui compte le plus grand nombre d’animaux domestiques. Un véritable marché s’est créé autour de l’animal-objet acheté, utilisé puis, trop souvent, abandonné… Pour enrayer cette surpopulation animale, nous encourageons la mise en place d’une campagne nationale de stérilisation et demandons : l’interdiction de la vente d’animaux par petites annonces, l’interdiction d’importer (pour la vente) des animaux de compagnie, l’interdiction d’exposer des animaux de compagnie ou exotiques (NAC) en animalerie et de n’autoriser que les élevages LOF, non multi-races, en leur imposant un quota de reproduction limité à une portée par an par femelle reproductrice.

EXPÉRIMENTATION ANIMALE
Avec 2 millions d’animaux sacrifiés chaque année, la France (qui détient le triste record européen) doit soutenir le financement de la recherche sur la base de méthodes substitutives (plus fiables pour l’homme) et l’enseignement généralisé de ces méthodes pour, à terme, interdire toute expérimentation animale. Nous demandons également la reconnaissance d’un droit à l’objection de conscience pour tout étudiant qui refuse, dans une démarche éthique ou scientifique, de participer à un exercice de vivisection ou de dissection.

HIPPOPHAGIE
18 525* chevaux ont été abattus en France pour leur viande en 2012, 16 600* tonnes de viande chevaline ont été ingurgitées, sciemment ou inconsciemment, par les Français. Face aux scandaleuses conditions de transport et d’abattage des chevaux et autres équidés, et considérant que ces animaux bénéficient d’ores et déjà d’un statut particulier auprès de l’homme, nous demandons la modification du statut juridique du cheval pour le faire passer d’animal de rente à animal de compagnie (le cheval ne doit plus être considéré comme animal de boucherie).
* Source France Agrimer 2013

ANIMAUX DE FERME
« Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce ». Nous demandons l’application réelle de l’Article L214-1 du Code rural qui devrait interdire toute forme d’élevage intensif (incompatible avec les impératifs biologiques des espèces concernées). Nous demandons également : l’interdiction des mutilations à vif (coupe des dents, de la queue et castration des porcelets, débecquage des poules, etc.), l’interdiction du gavage des canards et des oies, une révision de la réglementation sur le transport d’animaux pour limiter la densité de chargement et la durée de transport des animaux vivants à 8 heures maximum.

FOURRURE
Plus de 50 millions d’animaux sont tués chaque année dans le monde uniquement pour leur fourrure. Animaux sauvages élevés en cages dans des élevages concentrationnaires (extrêmement polluants) incompatibles avec leur nature, mise en danger d’espèces menacées par la pose de pièges non sélectifs, abattages cruels (gazages, électrocutions, animaux dépouillés alors qu’ils sont encore vivants)… Nous demandons l’interdiction des élevages d’animaux pour leur fourrure en France et de l’importation de fourrure provenant d’animaux piégés, ainsi qu’un renforcement des contrôles en douane pour les espèces protégées ou animaux de compagnie dont le commerce de la fourrure est interdit en France (chiens et chats).

COMBATS D’ANIMAUX
En France, les combats d’animaux (corridas et combats de coqs) sont considérés comme des actes de cruauté punis de 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende… La dérogation accordée aux combats d’animaux lorsqu’une « tradition locale » peut être invoquée n’est pas légitime. Notre législation ne peut faire deux poids deux mesures face à un acte de cruauté, c’est pourquoi nous demandons la condamnation de tous les sévices graves sur animaux et l’application de l’article 521-1 du Code pénal sur l’ensemble du territoire, ainsi que le retrait de la corrida de l’inventaire du patrimoine immatériel français.

« Il faut comprendre les animaux, mais sans sensiblerie »

Sur le site L’étudiant a été publiée hier une interview d’une vétérinaire, qui présente son métier. Il y a une question qui mérite particulièrement l’attention, de par la réponse donnée.

De quelles qualités faut-il faire preuve ?

Il faut une grande force de travail. Il n’y a pas que les consultations : on roule beaucoup, on téléphone pour prendre des nouvelles, on repasse à la clinique voir l’animal opéré…

Il faut donc être passionné. Il faut aussi être adroit, nos mains sont des outils précieux !

Et puis il faut comprendre les animaux, mais sans sensiblerie. Quand un chien doit être recousu, on ne peut pas se dire : « Le pauvre, il a mal. » On doit agir pour être performant.

Cela ne peut avoir l’air de rien, mais il y a dans ces dernières phrases une idéologie extrêmement puissante et dominante depuis 300 – 400 ans : celle qui considère que le critère de vérité est le résultat technique à court terme.

C’est une vision mécanique qui s’imagine que le vivant est compréhensible de manière mathématique. Quand la vétérinaire explique qu’il faut « agir pour être performant », elle prétend par là que la rapidité de l’action est essentielle et qu’elle demande forcément de mettre de côté tout le reste.

Bien entendu, il ne s’agit pas de remettre en cause la notion d’urgence. Il s’agit ici, au contraire, de comprendre que le principe même d’urgence présuppose la reconnaissance de la dignité du vivant.

Nous ne sommes plus au moyen-âge, ou bien au Far West, comme dans les films, où l’on doit amputer quelqu’un à la scie sans anesthésie.

En l’occurrence, le vétérinaire est tout à fait capable de donner des anti-douleurs ou de pratiquer une anesthésie mais surtout, et c’est là le point fondamental même si l’on ne peut rien faire, d’accepter la douleur, de la reconnaître, de ne jamais, absolument jamais, réduire le vivant à une question mécanique.

A ce titre, le terme de « sensiblerie » est odieux, d’une arrogance affreuse, et d’ailleurs absolument typique du vétérinaire ou du médecin blasé, qui à force de voir la souffrance, a fini par capituler et l’accepter tel quel, avec cynisme.

Quiconque a eu un rapport avec un vétérinaire sait à quel point cette tendance peut être marquée, forte, et triomphe inévitablement en raison d’une vision mécanique, répétitive.

Il est terrible de voir en 2013 un vétérinaire, comme dans l’interview citée, puisse oser expliquer que l’efficacité technique s’oppose à la sensibilité.

Cette conception, c’est celle de l’espion meurtrier, du gangster assassin, du tueur à gages. A aucun moment, on ne doit arriver à un point où l’on se dit :

on ne peut pas se dire : « Le pauvre, il a mal. »

On peut se dire : le pauvre, il a mal, mais malheureusement je ne peux rien faire, au pire. Mais nier la souffrance est une aberration, une abstraction intellectuelle. Et c’est très exactement là qu’on rejoint la conception de « l’animal-machine » fait par Descartes, qui se fonde sur son ridicule « je pense, donc je suis », etc.

La négation de la sensibilité au profit d’une pensée abstraite « pure » est le grand ennemi de la morale, et de la science, en général, mais encore plus en France.

Même les gens qui défendent les animaux basculent dans des raisonnements pragmatiques et utilitaristes, sans vue d’ensemble, sans reconnaissance de la sensibilité qui, si elle était authentique, en arriverait à la reconnaissance de la Nature.

Les gens qui nient la Nature sont les mêmes qui parlent de « sensiblerie », qui se prétendent « au-dessus » de la réalité sensible au moyen d’une pensée « pure », au nom d’une « technique » qui serait au-dessus de la réalité elle-même.

Quand une plaie est recousue, n’est-elle pas une partie d’un chien ? N’est-ce pas le chien qui doit être sauvé ? Pourquoi séparer la plaie du chien ? Pourquoi séparer l’opération du chien lui-même ?

On comprend tout à fait, quand on voit cela, pourquoi les vétérinaires acceptent par définition la vivisection. La « priorité » l’emporte sur le sensible. Et cela, c’est inacceptable !

« Qui proposent de réfléchir en terme d’arbitrage »…

Voici un article tellement mauvais qu’il en est pathétique, affligeant: c’est une démonstration de la barrière intellectuelle et morale qui borne les « philosophes ». En l’occurrence, c’est le rédacteur en chef de « Philosophie magazine » qui l’a écrit et qui a été publié dans le numéro de décembre. Nous ne reproduisons ici que la partie « philosophique », qui suit une présentation du « manifeste » – pétition organisée par 30 millions d’amis (voir « Manifeste » sur le statut juridique des animaux en France).

L’auteur mélange ici absolument tout, ne comprend pas ce qu’il raconte, bricole des conceptions inexistantes afin d’arriver à faire à croire qu’il comprend quelque chose. Tout cela pourquoi? Parce qu’il n’y aucune pratique, aucune morale: la « philosophie » est ici pure abstraction.

Cette pétition marque la (timide?) émergence, dans le débat français, de la question du droit animal.

S’il existe, aux États-Unis, de nombreux philosophes qui militent pour que l’on donne des droits aux animaux, leurs points de vue divergent. Certains ont une approche déontologique (du grec deon, « devoir »), d’inspiration kantienne. Pour Emmanuel Kant, un être humain ne peut jamais être considéré seulement comme un moyen, mais toujours aussi comme une fin en soi.

Ce respect dû à l’humanité, les déontologues proposent de l’étendre à l’ensemble des êtres vivants doués de sensibilité, qui sont donc « sujets-d’une-vie », selon l’expression de Tom Regan – auteur d’un livre de référence, Les Droits des animaux, qui date de 1983 mais dont la traduction française vient de paraître aux éditions Hermann.

Cela inclut donc les mammifères, les oiseaux et les poissons, mais pas les insectes ni les microbes.

D’autres prônent une approche utilitariste: celle-ci propose d’organiser la société de façon à maximiser le bien-être collectif, en incluant dans ce collectif les êtres humains mais aussi les autres vivants doués de sensibilité.

La figure de proue de ce mouvement est Peter Singer, auteur de la Libération animale (1975). Si Singer est favorable au droit des animaux, notamment dans le cas des grands singes, c’est seulement afin de faire avancer la cause.

Sur le fond, l’utilitarisme est moins enclin à raisonner en termes juridiques qu’à faire des arbitrages au cas par cas.

Ainsi, on peut selon Singer tuer des animaux pour protéger le bien-être des humains (dératiser une maison ou abattre un chien enragé), mais, inversement, on peut choisir de sauver des animaux bien portants plutôt que des humains gravement handicapés (par exemple, en cas de manque d’eau potable). Cette dernière affirmation a, bien sûr, été violemment critiquée.

En dernier lieu, les écoféministes, les théoriciens du care ou encore Élisabeth de Fontenay en France invitent à rompre avec la froideur rationnelle des approches déontologiques et utilitaristes, et préconisent de s’en remettre au sens commun, à la sagesse de l’amour, aux sentiments moraux que nous éprouvons envers les animaux.

De ces trois approches, seule la première est consistante pour créer un nouveau statut juridique de l’animal.

Cependant, les deux autres – qui proposent de réfléchir en terme d’arbitrage ou en tenant compte des liens affectifs qui se forment entre hommes et bêtes – seraient, dans un second temps, indispensables aux juges pour appliquer la loi avec discernement.

On voit très bien dans cette pseudo explication que l’auteur n’imagine pas que la libération animale puisse être un concept. Son horizon, c’est celui de la philosophie en classe de terminale: un gloubi boulga abstrait et contradictoire, n’engageant à rien mais permettant de faire semblant de briller intellectuellement.

Car quelle est la seule chose qui est ici retenue dans la question animale par l’auteur? Voilà tout ce qu’il dit: il y aurait des gens vaguement sérieux – car proches du philosophe libéral Kant – posant une question juridique, tandis que d’autres zozos trop sensibles et surtout des femmes seraient vaguement utiles pour qu’un juge comprenne éventuellement ce qui se passe.

Cela ne va pas plus loin. La réalité sensible est niée, effacée. L’anthropocentrisme et le confort intellectuel bourgeois apparaissent comme des limites infranchissables. C’est tout simplement affligeant.

Mais cette pathétique réduction à des sortes de remarques philosophico-juridiques est logique car il s’agit d’un recyclage des multiples thèses de ce type mises en avant par L214, Droit des animaux, etc. Tout ce qu’on retient de cet argumentaire dénaturé et réformiste, c’est non pas les animaux eux-mêmes, bien sûr, mais une sorte de pseudo évolution juridique qui dans le meilleur des cas prendrait plusieurs centaines d’années…

La planète est en train d’être assassinée et ces gens veulent qu’on se cantonne dans le droit d’une société soutenant les destructions…

Le magazine Le Point consacré aux animaux

Le magazine Le Point a consacré son numéro actuel, de début décembre 2013, aux animaux, dans un dossier se voulant « actuel » quant à la « question animale ».

Tout cela vaut le coup d’oeil, parce qu’on apprend des choses par-ci par-là : le dossier entend en effet jouer de « l’effet de surprise » en présentant « l’intelligence » ou les « émotions » de tel ou tel animal, et raconte des choses qu’on ne sait pas forcément.

Le dossier commence d’ailleurs avec la description d’un public dans un zoo qui est subitement éberlué en comprenant qu’un orang outan était en train de construire un hamac, en faisant même un nœud.

Sur ce point, il y a une remise en cause en effet nécessaire, et donc il y a des choses à prendre.

Malheureusement, le tout est présenté au moyen de sortes d’anecdotes au sujet d’animaux « extraordinaires » pris individuellement.

Ces exemples servent à proposer une sorte de remise à plat du rapport aux animaux. Cependant, l’esprit est seulement à l’ouverture, il ne faut pas s’attendre à une affirmation du véganisme, ni à une remise en cause de l’anthropocentrisme, qui est « critiqué » mais simplement pour être réorganisé, relancé sous une forme plus moderne et plus « adaptée. »

On retrouve dans le dossier évidemment Elisabeth de Fontenay, dont le discours est de pire en pire dans le relativisme (nous avons parlé d’elle à plusieurs reprises et rappelons qu’elle assume ouvertement de n’être même pas végétarienne), mais également Luc Ferry, le grand « philosophe » anti-écologie en France…

Inévitablement, et nous l’avons plusieurs fois expliqué également, on retrouve les variantes religieuses, qui tentent de profiter de l’écologie ou des animaux pour saluer la « création » et Dieu, etc. etc.

Le discours de tous ces gens consistent à dire qu’il faut modifier les limites, c’est-à-dire de notre point de vue, faire semblant de changer les choses. Ils ne défendent pas le véganisme, ni la libération animale, ils sont bornés par leur refus de reconnaître la Nature.

Il faut noter ici le rôle traditionnellement néfaste d’Aymeric Caron. Dans son texte, on croirait lire LTD : tant que les animaux seront des marchandises, ils seront échangés et leur situation ne changera pas.

Quelle est alors la conclusion ? Le véganisme, la révolution, la lutte sans compromis, jusqu’à la victoire ? Aymeric Caron lève-t-il le drapeau de la justice, de la libération animale ? Deviendra-t-il le porte-parole de l’ALF ?

Eh bien, non, bien sûr. Il reprend le même discours qu’au Paris Vegan Day, une sorte de mélange indigeste, un gloubi boulga juridique ne rimant à rien et bien entendu présenté comme une sorte d’étape.

Bref, il nous fait le coup classique des escrocs qui prétendent que changer la loi permettrait de changer la réalité, alors qu’évidemment c’est l’inverse qui est vrai… Seulement, un journaliste écrivant dans Le Point ne peut bien entendu pas expliquer que la société dépend de rapports de force…

Aymeric Caron se contredit: il dit que changer des mots du code civil ne change rien, puis il appelle justement à changer les mots du code civil! « Refonte totale » cela ne veut rien dire, car tout cela reste des mots qui dépendent de la réalité, des rapports de force. On sait bien qu’une loi n’est appliquée que selon des rapports de force précis. Ce qui se passe avec l’écotaxe en ce moment est un bon exemple…

L’origine de l’incohérence d’Aymeric Caron est facile à comprendre. Il est dans une position contradictoire, car on n’explique pas dans une revue lue par la bourgeoisie urbaine qu’il faut « changer » les choses, tout en faisant l’apologie de l’autobiographie du responsable pour la France de McDonald’s quelques pages plus loin…

Soit on assume que des entreprises ont intérêt à l’exploitation animale et alors on les affronte, on veut la révolution, soit on soutient des réformes. Mais prétendre qu’on peut changer les choses par le « droit », et cela nous l’avons déjà dit et nous le répéterons sans cesse, c’est de l’hypocrisie, c’est surtout de la trahison vis-à-vis des animaux.

Encore une mythomanie ALF !?

Sur le site Bite back !, on trouve les communiqués du Front de Libération Animale (ALF) concernant des actions dans de très nombreux pays du monde.

Si l’on cherche des actions en France, on pouvait en trouver quelques unes il y a quelques années, mais il n’y a désormais plus rien à part quelques posters de cirque déchirés ou quelques graffitis sur une boucherie, comme fin novembre. D’une certaine manière, en fait, l’ALF n’a même jamais existé au sens strict en France en tant que mouvement.

Par contre, et il y a là quelque chose d’à la fois totalement fou et en même temps typiquement français, il y a une mode ALF, il y a une mythomanie ALF.

On a ainsi eu « ALF le film » réalisé dans une optique glauque et romantique, très poreuse aux fachos par ailleurs.

On a maintenant en ce début décembre des photographies mythomanes et pathétiques, une véritable insulte à la libération animale et à l’ALF.

Sous prétexte de féminisme, on a droit à des photos pseudos sexys, quant aux animaux ils peuvent toujours attendre que soient utilisés ces chaînes, battes de base-ball, marteaux et autres cisailles, coupe-câbles, etc.

Pourtant, le principe de l’ALF a toujours été très clair : l’ALF n’est composé de « personne » et personne ne peut se revendiquer de l’ALF. La libération animale a les animaux au cœur de son projet, c’est leur libération qui est le but de la démarche….

Voici le ridicule justificatif, typiquement dans l’esprit L214 et autres : l’humain est glauque, mais je retrouve « l’espoir » dans une sorte de « témoignage ». Il est difficile de faire plus chrétien.

Merry Photography
Ethique – Hommage à L’A.L.F – Partie 1 (18 photos)
L’ALF ou Front de Libération Animale est un groupe d’activistes masqués qui libère des animaux d’exploitations comme les laboratoires, les élevages et autres.
J’ai souhaité rendre hommage à ce groupe que j’admire profondément et qui me redonne foi en l’être humain dans les pires moments.

J’ai souhaité représenter l’ALF au féminin car la cause animale est un milieu mixte et les femmes les plus motivées sont elles aussi prêtes à se salir les mains quand il s’agit d’affronter la torture animale !

A savoir : les modèles recrutées sont toutes impliquées dans la cause animale !

La dernière phrase dit tout. Normalement, cela devrait être : ces gens anonymes sont impliqués dans l’ALF.

Là cela donne un projet « artistique » jouant sur l’esthétique de la libération animale, sauf que normalement les photographies de l’ALF montrent des animaux libérés…

On retrouve d’ailleurs un graffiti faisant allusion au mouvement dit 269, qui consiste à se faire marquer ce chiffre au fer rouge, prétendument pour aider les animaux (voir Se marquer au fer rouge pour aider les animaux?!).

Et posons la question : à quoi est-ce que cela rime de prendre des photographies dans cette sorte d’endroit désaffecté pour donner une ambiance caricaturale gang new yorkais post-urbain ?

Et répondons : les bobos veulent assassiner la libération animale. Et ils y parviennent, dans une certaine mesure.

Télé Loisirs et le végétalisme

Le dernier numéro de l’hebdomadaire Télé Loisirs – qui tire à un peu plus d’un million trois cent mille exemplaires, a consacré une page au végétalisme, et cela dès le début du journal, à la page 20.

Maintenant, il y a deux possibilités : où l’on est naïf et l’on considère que la présentation va être « objective », « neutre »… Ou bien on est adepte de la cohérence, et on se doute bien que cela cache un piège.

Qu’à cela ne tienne, comme d’habitude les gens de l’association L214 se sont précipités dans ce piège justement : à côté de deux colonnes très savamment construites, la porte-parole de l’association L214 développe un discours d’une grande faiblesse et d’une grande incohérence… qui ne fait que servir la propagande anti-végane.

Voici à quoi ressemble déjà la page, le titre annonçant déjà la couleur : « Être végétalien a-t-il des incidences sur la santé ? »

On est dans Télé Loisirs, il est joué ici sur la peur de la « ménagère », l’angoisse des « foules », la méfiance de la « France profonde »…

Voici la présentation par Télé Loisirs. On retrouve ici tous les ingrédients de la presse populaire : fausse actualité, approche racoleuse et voyeuse, sensationnalisme et dramatisation, c’est odieux.

Voici la colonne du milieu, où là on a l’apothéose de la propagande. Il ne faut pas seulement voir que Pascale Modaï est présentée comme « nutritionniste », elle est surtout – on est dans Télé Loisirs – présentée comme chroniqueuse sur France 5.

C’est un gage de « crédibilité » pour les personnes lisant Télé Loisirs, comme l’est certainement pour la chaîne de télévision le fait qu’elle tienne un cabinet au cœur du très chic arrondissement de Passy à Paris…

Pascale Modaï, ici, mélange tout, et pratique une savante propagande anti-végane. Elle présente d’ailleurs les « ovo-lacto-végétariens » comme finalement plus sympas et surtout ayant comme simples motivations la santé ou l’écologie.

C’est une manière, bien entendu, de contourner la question animale. Cependant, ce qui compte ici, c’est son discours ultra-racoleur et faussement moraliste prenant les enfants en otages, et expliquant que les personnes végétaliennes sont des assassins potentiels d’enfants…

Enfin, on a ce que dit la porte-parole de L214. Bien entendu, ses propos ne sont présentés que comme faire-valoir des deux autres colonnes… Et de plus, quelle incohérence !

Ce qui est terrible dans ces propos, c’est que les animaux ne sont toujours présentés que par rapport aux humains. Il est même parlé de « bêtes », ce qui est d’une connerie totale quand on se prétend pour les animaux…

Et passons sur l’absurde « On ne doit pas les maltraiter et les tuer sans nécessité », ce qui en français revient à dire qu’on peut le faire si c’est « nécessaire »…

Mais, et c’est très important : ce qui est mis en avant comme plats ne peut que choquer les personnes non véganes. Il est parlé de couscous de légumes : n’importe qui sachant ce qu’est un couscous pensera qu’il manque quelque chose.

De la même manière, il est parlé de pâtes sans œufs ou de pizzas avec du faux fromage : à croire qu’être végétalien c’est s’abstenir ou bien se nourrir de substituts.

Quant au choix de parler de plats libanais ou indiens, on est là dans le pathétique ; la cuisine mondiale est ici littéralement dégagée : adieu la Chine, adieu l’Amérique latine, adieu l’Afrique, alors qu’historiquement il y a des plats végétaliens très nombreux…

Anecdotique ? Pas du tout : il ne faut absolument pas présenter le végétalisme comme un « repli » ou bien une « abstinence », et là c’est bien le cas.

Avec une telle logique « défensive », et fausse, on tend le bâton pour se faire battre, comme le montre la dernière réponse donnée.

Regardons simplement : la ménagère voit que la justice reproche à des parents d’avoir forcé leurs enfants à être végétaliens (alors qu’en fait ils ont été victimes de malnutrition), puis un médecin dit que c’est dangereux pour les enfants et qu’il ne faut pas laisser les parents végétaliens imposer cela, que c’est immoral…

Puis on a, non pas une affirmation universelle, mais une mère qui parle de ses enfants à elle et dit qu’ils sont végétaliens…

Il est facile de deviner à qui la ménagère accordera sa confiance…

« Le temps est venu – de briser cette culture de mort »

La culture vegan straight edge a de multiples facettes, et son dénominateur commun est sa radicalité et sa créativité. Pas de compromis avec l’exploitation animale, toujours dans un esprit combatif et positif !

Voici un petit article de Vean, sur un groupe de musique actuel défendant la culture vegan straight edge.

WOLFxDOWN est un groupe de hardcore vegan straight edge originaire d’Allemagne dont une des particularités est d’être mené par une voix féminine. Leur troisième album Stray From The Path pose la nécessité de la libération animale, en insistant sur la souffrance que les humains causent aux animaux.

Voici par exemple la traduction que nosu proposons du titre No Silent Approval (Pas d’acceptation tacite). Le texte original, en anglais est disponible sur leur blog bandcamp .

while the blood drips off the blade the cries still resonate
estranged, cut into pieces – rediscovered on your plate
pendant que le sang ruisselle le long de la lame les cris résonnent encore aliéné, coupé en morceaux – réapparu dans votre assiette

you stop at nothing for the privileg of taste
like a panel of judges you’re deciding their fate
rien ne vous arrête pour le privilège du goût
comme un panel de juges vous décidez de leur sort

born in misery, abused – got nothing to lose
exploited for profit therefore you breed by humyn greed
nés dans la misère, violés – ils n’ont rien à perdre
exploités pour le profit, donc, ils grandissent du fait de la cupidité humaine

this machine that turnes lives to products is called tradition
your silent approval – what an imposition!
cette machine qui change des vies en produits est appelée tradition
votre acceptation tacite – quelle contrainte!

individuals – facing perversion by superior forces
social, sentient beings degraded to resources
Des individus – témoins forcés de cette perversion
des êtres sociaux, sensibles déclassés comme ressources

you stop at nothing for the privileg of taste
like a panel of judges you’re deciding their fate
vous ne vous arrêtez à rien pour le privilège du goût
comme un panel de juges vous décider de leur sort

this is about freedom, this is about compassion,
abolish exploitation – animal liberation!
The time has come – to break this culture of death
il est question de liberté la liberté, il est question de compassion,
abolissons l’exploitation – animal libération! (libération animale)
Le temps est venu – de briser cette culture de mort

« Cela a été la tragédie de ma vie »

La figure de Gandhi est parfois utilisée pour mettre en avant un rapport différent aux animaux. Voici sa position à ce sujet, qu’il a exprimé dans un discours au Meeting de la société végétarienne de Londres, le 20 novembre1931.

Gandhi était une sorte de décroissant, défendant à la fois une sorte d’hindouisme « léger » mais sans animosité aucune envers les autres religions, et lui-même a été profondément influencé par le jaïnisme. Mais dans l’extrait ici présenté, il pose également la question du lait, dont il aurait aimé se passer (on peut bien entendu toujours se passer de lait, mais accordons lui ici le bénéfice du doute en raison de la situation particulière et pauvre de l’Inde alors).

Si un végétarien tombe malade, et qu’un médecin lui a prescrit du viandox, alors je ne dirais pas de lui qu’il est végétarien. Un végétarien est d’une autre trempe.Pourquoi? Parce que c’est pour la construction de l’esprit et non du corps. L’homme est plus que de la viande. C’est l’esprit dans l’homme qui nous intéresse.

Les végétariens devraient donc avoir ce fondement moral – qu’un homme n’est pas né comme un animal carnivore, mais né pour vivre des fruits et des plantes que la terre fait pousser. Je sais que nous devons tous faire faute. Je cesserais le lait si je pouvais, mais je ne le peux pas.

J’ai fait cette expérience un nombre de fois incalculable. Je ne pouvais pas, après une maladie grave, retrouver mes forces sans revenir au lait. Cela a été la tragédie de ma vie.

Mais le fondement de mon végétarisme n’est pas physique mais moral. Si on me disait que je mourrai si je ne prenais pas de bœuf ou de thé de mouton, même après avis médical, je préférerais la mort.

C’est le fondement de mon végétarisme. J’aimerais penser que tous ceux d’entre nous qui se disent végétariens aient ce fondement.

Il y avait des milliers de mangeurs de viande qui ne sont pas restés les mangeurs de viande.

Il doit y avoir une raison précise pour que nous fassions ce changement dans nos vies, pour que nous adoptions des habitudes et des coutumes différentes de celles de la société, même si parfois ce changement peut offenser ceux qui nous sont les plus proches et les plus chers.

Pour rien au monde vous ne devriez sacrifier un principe moral.

Par conséquent, le seul fondement pour avoir une société végétarienne et proclamer un principe végétarien est, et doit être, un fondement moral. Je ne vais pas vous dire, en tant que je vois et j’erre dans le monde, que les végétariens, dans l’ensemble, jouissent d’une bien meilleure santé que les mangeurs de viande.

J’appartiens à un pays qui est principalement végétarien par habitude ou par nécessité. Je ne peux donc pas témoigner que cela montre une bien plus grande endurance, un bien plus grand courage ou bien moins de maladie. Parce que c’est une chose personnelle particulière. Cela exige une obéissance, et une obéissance scrupuleuse, à toutes les lois de l’hygiène.

Je pense donc que ce que les végétariens devraient faire c’est, non pas insister sur les conséquences physiques du végétarisme, mais explorer les conséquences morales.

Tandis que nous n’avons pas encore oublié ce que nous partageons en commun avec la bête, nous avons pas suffisamment conscience qu’il est certaines choses qui nous différencient de la bête. Bien sûr, il y a des végétariens dans la vache et le taureau – qui sont de meilleurs végétariens que nous – mais il y a quelque chose de bien plus haut qui nous appelle dans le végétarisme.

Je pense donc que, durant les quelques minutes où je m’accorde le privilège de m’adresser à vous, je soulignerais juste le fondement moral du végétarisme. Et je dirais que j’ai trouvé dans ma propre expérience, et l’expérience de milliers d’ami et de compagnons, qu’il trouve satisfaction, pour autant que le végétarisme est concerné, du fondement moral qu’ils ont choisi pour soutenir le végétarisme.