Archives pour la catégorie véganisme

La couleur noire et les corps des animaux morts

La photographie suivante, publiée par Vosges Matin il y a quelques jours (« Les vegan se mobilisent à Paris »), est peut-être la plus traumatisante dans le genre. Le non respect des animaux décédés est à la base même inacceptable dans ce type de démarche, mais il y a ici en plus quelque chose de directement lugubre, de sombre, de malsain. C’est absolument ignoble.

N’y allons pas par quatre chemins : il faut être vraiment détraqué pour oser faire une exhibition morbide comme cela.

Et qu’on ne prétende pas que cela aide les animaux. La seule image fournie aux gens normaux est celle de gens glauques, incapables de présenter quelque chose de positif, célébrant un culte macabre afin de justifier leur pessimisme, leur absence de perspective.

C’est précisément à ce niveau qu’il existe une porosité très forte avec l’extrême-droite, avec la fascination pour le nazisme, les images fortes, etc.

Montrons au passage le niveau de l’humour de « Cause Animale Nord », encore tout récemment.

Plus sérieusement, on ne peut pas dire qu’on respecte les animaux et utiliser leurs corps de cette manière. C’est manquer de respect. Rien qu’il y a deux jours, des éleveurs ont d’ailleurs procédé de la même manière, en exhibant le cadavre d’une vache, comme le raconte Normandie Actu.

Celle-ci a été pendue par la Coordination rurale, à Avranches, à la permanence d’un député des Républicains). La vache était morte depuis déjà trois semaines…

N’est-ce pas d’un sordide innommable?  Le véganisme n’est-il pas justement l’inverse de cela, à savoir l’harmonie, le positif, la construction, l’amour des animaux, la joie?

Ou est-ce une révolte existentielle, désespérée, tournée vers la couleur noire, comme par exemple à Lyon, il y a quelques jours, pour une marche pour « l’abolition de la viande »?

Le fast food Quick et ses « amis végétaliens »

C’est une information anecdotique si elle ne montrait pas qu’il y a encore un nombre saisissant d’illusions et un individualisme forcené chez bon nombre de personnes végétaliennes.

L’année dernière, il y a eu un « référendum » en ligne organisé par Quick et voici la proposition qui a terminé première.

C’est une proposition très étrange ou plutôt absurde que de demander à une entreprise phare de l’exploitation animale de laisser une petite place pour les personnes végétaliennes.

C’est vraiment défendre son « confort » personnel en oubliant toute la réalité et les animaux…

Quick – qui vient de se faire racheter par Burger King et qui auparavant appartenait même en partie à l’Etat français par l’intermédiaire de la Caisse des dépôts et consignations – a d’ailleurs rejeté cette proposition.

Le site Rue89 qui s’est intéressé à cette histoire a demandé à Quick quelle était la raison de cette impossibilité. Voici la réponse obtenue :

«  Proposer un burger végétarien consisterait, par exemple, à remplacer le steak haché de bœuf par un steak de protéine végétale comme le soja ou le tofu.

Or, pour garantir le caractère végétarien d’un produit et la traçabilité de chacun de ses composants, il n’est pas possible de cuire sur une même plaque de cuisson ou dans un même bain d’huile de friture des protéines animales et végétales. C’est pourquoi techniquement, inclure un burger végétarien n’est pas possible. »

C’est tout à fait cohérent et juste, on ne comprend pas pourquoi des personnes végétaliennes ont pu oublier cela. A moins que cela ne les dérange pas de cuisiner leurs plats avec de la viande, et d’ailleurs puisqu’ils l’ont demandé, de manger au milieu de gens mangeant des morceaux d’animaux morts…

On voit là tous les méfaits du libéralisme et de l’opportunisme.

Enfin, pour finir, voici quelques commentaires Facebook à l’annonce de Quick à ses « amis végétaliens »…

« Veggan », le nouveau et horrible concept

Il y a quelques jours, nous parlions du véganisme et des oeufs. Nous y disions, pour résumer, que les oeufs ne tombent pas du ciel mais dépendent d’une certaine production, qui elle-même est nécessairement liée à l’exploitation animale.

C’est cela avoir une vision universelle et ne pas se limiter à un point de vue individuel. Naturellement, les partisans de la petite production, du localisme, des zads, réfutent cela.

« Il n’y a pas de mal », voilà le refrain, tel que celui d’Ellen DeGeneres, présentatrice américaine qui se dit vegan mais qui « accepte » les oeufs de sa voisine qui « possède » une poule.

Il y a même désormais un terme pour cela, car ces dandys de la morale sont prêts à tout : « veggan » – ce qui donnerait une personne se disant « vegan » mais intégrant les oeufs dans son alimentation.

Voici une définition donnée par Metro Montreal :

Qu’est-ce que la diète «veggan»?

Non, ce n’est pas une faute de frappe. La diète «veggan», avec deux «g», veut dire qu’on mange végétalien, mais qu’on accepte aussi les oeufs dans son alimentation. On retrouve donc le mot «egg» dans «veggan». L’expression est anglophone, mais elle est utilisée par tous.

Si le mot «veggan» a été créé, c’est parce qu’en mangeant des oeufs, on ne peut pas se considérer comme végétalien. Pour être végétalien, il faut s’abstenir de consommer tous les produits issus d’animaux, dont les oeufs. Certains végétaliens se laissent cependant tenter par les oeufs, qui sont une excellente source de protéines.

La tendance est bien imprégnée sur les réseaux sociaux, alors que plusieurs partagent leur repas «veggan», incluant un oeuf ou deux.

Il va de soi qu’internet est justement ici le vecteur « chic » d’une telle démarche, surtout sur instagram, avec par exemple une « experte » journalistique en alimentation comme Vicky Anne Hadley.

On est ici dans la course à ce qui sera à la mode, nouveau, original, etc.  On est dans une démarche non seulement anthropocentriste, mais également individualiste.

Tellement d’ailleurs, que heureusement les réactions sont très nombreuses en Angleterre, où cette horreur « veggan » est née, afin de tenter d’organiser un contre-feu à ce qui apparaît comme une tentative hypocrite de plus visant à relativiser le véganisme.

Mais comme la presse est friande de choses « originales » pour remplir du papier, qu’il est toujours utile pour les libéraux de nier les principes formels et « dogmatiques » du véganisme, il y a un espace pour le « vegganisme ». Il est restreint, mais cela contribue à attaquer le véganisme.

On ne soulignera d’ailleurs jamais assez à quel point Paris joue ici un rôle d’avant-garde bobo « semi-vegan », à la mode New Yorkaise et « fashion », qui est à l’opposé de Berlin et Vienne. On a l’impression que des bobos, des grands bourgeois désireux de faire une carrière universitaire, des entrepreneurs notamment dans la restauration, ont fait main basse sur le véganisme.

Ce n’est pas qu’une impression d’ailleurs, et cela montre le côté friable du véganisme en France. C’est une sorte d’effet de mode, qui ne durera qu’un temps.  Aussi s’agit-il de souligner les valeurs d’origine et véritables!

Vegan Reich : « Rage of a prophet »

Voici les paroles de la chanson « Rage of a prophet » de Vegan Reich, de 1995, où l’on retrouve l’expression « Forward to Eden » qui deviendra l’un des mots d’ordre hardline.

On devine ici déjà comment la tendance « religieuse » l’emporte sur le projet révolutionnaire et plus la cause semble « impossible » plus il y a du mysticisme et de la misanthropie.

C’est la contradiction : il faut à la fois revenir en arrière à notre « état originel » et aller de l’avant vers l’Eden, ce qui s’oppose et rend les propos du « prophète » qui parle dans la chanson paradoxaux.

We came onto this scene revealing truths not told by those in search of fame and gold.
Made a plea for you to change your evil ways. A warning: we won’t tolerate the way you live in a fall from grace.

Nous sommes venus dans cette scène révélant des vérités non racontées par ceux à la recherche de la gloire et de l’or.

Ayant fait un plaidoyer pour que vous changiez vos voies maléfiques. Un avertissement : nous ne tolérerons pas la façon dont vous vivez dans une chute de la grâce.

Back to our original state, forward to Eden and the way it should be.
A demand that one law’s obeyed and all transgressions cease your choice deliverance from hell or riddance by the flame.

Retour à notre état d’origine, en avant vers l’Eden et la façon qui devrait être.

Une exigence selon laquelle une loi doit être obéie et toutes les transgressions cessent, votre choix la délivrance de l’enfer ou la mise de côté par la flamme.

You made the choice to turn your back again and then blame me for what I said would come:
A prophecy of rage which foretold of coming days where you are laid to waste by the storm your evil deeds did bring.

Vous avez fait le choix de tourner le dos à nouveau et de me blâmer pour ce que je disais qui viendrait :

Une prophétie de rage qui prédit des jours à venir où vous êtes mis au rebut par la tempête qu’a amené vos mauvaises actions.

How dare you shift the blame when it’s you who wrought this pain. It wasn’t us who turned away it wasn’t I who went astray.
Our sols are pure our hands are clean we live our lives in harmony.

Comment osez-vous porter le blâme quand c’est vous qui avez forgé cette douleur. Ce ne fut pas nous qui nous sommes détournés, ce n’est pas moi qui me suis égaré.

Nos sols sont purs nos mains sont propres nous vivons nos vies en harmonie.

The laws of nature we obey from its call we never flee to break the chains from life enslaved a pledge we’ll keep to our dying day.
With wise thoughts and thoughtful deeds a higher power guides our way.

Aux lois de la nature nous obéissons à son appel nous ne fuyons pas afin de briser les chaînes de la vie asservie un serment que nous allons garder jusqu’à notre dernier jour.

Avec des sages pensées et des actes réfléchis une puissance supérieure guide notre chemin.

While you who condemn such righteous ones point those fingers with bloodstained hands in shadows – committing sins bringing darkness across the land.
That wickedness you have sewn will surely cause your blood to run. Nobodies fault but your own, remember that when you hear… The executioner’s song!

Alors vous qui condamnez de tels justes pointez ces doigts de mains entachées de sang dans l’ombre – commettre des péchés apporte l’obscurité à travers le pays.

Cette méchanceté que vous avez cousu va certainement faire couler votre sang. La faute de personne, mais la vôtre, rappelez-vous cela lorsque vous entendez … Le chant du bourreau!

Le véganisme et les oeufs

C’est une question qui revient de temps en temps : pourquoi, après tout, disent des non véganes, refuser les œufs de poule ? Ceux-ci sont produits de manière naturelle par la poule et s’ils ne sont pas fécondés, alors ils ne servent à rien, donc autant les « récupérer ».

Voici une présentation scientifique du processus par Espace Sciences :

« A l’âge adulte, la poule possède quelques milliers d’ovules appelés ovocytes. Chaque jour, un d’eux se développe jusqu’à devenir, en une dizaine de jours, le jaune dit vitellus. Le vitellus mûr est libéré dans l’oviducte, sorte de tuyau de 65 cm dans lequel l’oeuf se forme.

En quelques heures, le blanc d’oeuf se forme autour du vitellus qui tourne sur lui-même pour maintenir le jaune au centre. Puis, les deux membranes coquillières sont élaborées à partir de carbonate de calcium que la poule stocke dans ses os et ses intestins. Les muscles internes de l’oviducte continuent d’agir pour faire tourner l’oeuf sur lui-même et uniformiser la coquille.

Il ne reste plus qu’à colorer l’oeuf par des pigments contenus dans les sécrétions biliaires et l’évacuer par le cloaque. Cloaque qui sert aussi à recueillir le sperme du coq pour féconder le vitellus. Dans ce cas, l’oeuf pondu éclora en un poussin vingt et un jours plus tard. »

Il arrive que des personnes véganes n’arrivent pas à savoir comment répondre à cette question : après tout, il s’agit de refuser tout produit d’origine animale, catégoriquement, pour des raisons morales.

Le problème ici est que les gens non véganes harcèlent de remarques : et si la poule est heureuse dans un grand enclos, si on ne la tue pas pour manger et on ne la mutile pas, etc. etc.

Or, en réalité, la réponse est très simple. Il suffit de renverser la problématique, en abandonnant enfin la question de la consommation, pour aborder celle de la production.

On sait que bon nombre de véganes raisonnent de manière individuelle, se focalisant sur « leur » consommation. C’est là que se situe la faille des gens faisant la promotion des œufs de poule comme objet de consommation qui serait « possible ».

Ce qu’il faut faire, de manière correcte, en réalité, c’est se focaliser sur la production. Car les œufs de poule ne tombent pas du ciel, il faut bien que la poule vienne de quelque part. Qu’elle soit née, que ses parents soient nés, etc.

Séparer la poule de la vie de ses parents, de la réalité de son espèce, de son rapport à la Nature, est totalement anthropocentriste. On ne peut pas séparer la poule du coq, des autres poules, de la Nature dont elle devrait faire partie.

Le fait de poser la question : « pourquoi ne pas manger des œufs de poule ? » est un piège amenant à raisonner en question de consommation, alors qu’il faut raisonner en termes de production, et donc se demander d’où vient la poule.

Et comme en tant que personnes véganes, nous refusons l’exploitation animale, nous ne pouvons pas accepter par conséquent une partie de ce qui relève de l’ensemble de l’exploitation animale.

C’est là ce qui doit distinguer la libération animale des tentatives de retourner dans le passé, comme le veut la ZAD, qui n’hésite pas à tuer des poulets, petite production oblige.

Qu’au Moyen-Âge, l’exploitation des poules avait un sens, comme celle des animaux en général, c’est historiquement un fait facile à comprendre, mais au 21e siècle alors que l’humanité peut disposer d’une production végane très facilement, et donc d’une consommation végane ?

Pamela Anderson à l’assemblée nationale contre le gavage

Est-il possible de contourner ce qu’on appelle le peuple? La réponse, claire et franche, doit être non. Il faut dire non aux contorsions infinies que certains font, sous prétexte de bonnes intentions.

En l’occurrence, la viste de Pamela Anderson à l’assemblée nationale pour soutenir une loi contre le gavage est un scandale. Cela fait passer les personnes défendant les animaux pour des êtres adeptes d’une culture commerciale et superficielle que Pamela Anderson représente.

Cela ridiculise la cause, pour le plaisir du « show », avec même les gendarmes intervenant pour repousser photographes et cameramen. Tout pour la galerie, voilà le sens de cette initiative, car bien sûr la proposition de loi a été balayée, unanimement rejetée par tous les partis politiques. Ce n’est pas Pamela Anderson qui va être la grande dirigeante de la révolution culturelle balayant l’infâme idéologie du terroir…

Voici le texte de la proposition de loi, qui est parfaitement ridicule et n’a comme seul but que la provocation :

Proposition de loi
Article unique

L’article L. 654-27-1 du code rural et de la pêche maritime est ainsi rédigé :

« Le gavage des palmipèdes pour la production de foie gras est interdit.

La seule fonction de cela est la provocation et cela n’a pas raté. Tous les partis politiques se sont précipités pour défendre le foie gras.

Le député Les Républicains Jean-Louis Costes a dit que l’interdiction du gavage était une pure folie, mais surtout il y a eu pas moins qu’un courrier commun aux députés de la part des présidents des groupes PS, PRG, Front de gauche, UDI et LR, ainsi que l’ancien président du groupe écologiste François de Rugy, afin de défendre le gavage!

Hugues Fourage, porte-parole du groupe PS, s’est permis au passage un jeu de mot sur le gavage :

« La venue de Mme Anderson, ça me gave et ça me gonfle. »

Évidemment, Marie-Pierre Pé, déléguée du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cofig), a affirmé son « indignation dans le moment que nous vivons ».

CPNT (Chasse, pêche, nature et traditions) a aussi fourni un texte assez révélateur…

Pamela Anderson vient à l’Assemblée nationale soutenir la proposition de loi de la députée écologiste Laurence Abeille qui ne veut plus du gavage des oies et des canards.

Pas de doute, Labeille préfère les dindes gonflées au silicone aux bonnes oies gavées au maïs des Landes, du Périgord, de Vendée ou d’Alsace…

Décidément, à CPNT nous n’avons pas les mêmes valeurs ! Nous préférons le naturel, l’authenticité et le bon goût des savoirs faire du terroir au mauvais goût des écologistes pour le factice bourré de plastique et leur appétence pour les interdits.

Plus que jamais, le Mouvement de la ruralité soutient les hommes et les femmes de la filière du foie gras, fleuron de l’économie de nombreux territoires ruraux, qui n’ont vraiment pas de leçon à recevoir d’une starlette siliconée…

Et on notera au passage que le texte justifiant la proposition de loi, faite par la député EELV Laurence Abeille ne dénonce pas le foie gras, seulement le gavage! On pourrait produire du foie gras sans gavage, et éventuellement profiter si l’on veut des variantes végétales…

Lors d’une conférence de presse, j’ai présenté une proposition de loi visant à interdire le gavage des palmipèdes pour la production de foie gras, avec le soutien de la Fondation Brigitte Bardot et la présence de Pamela Anderson, Delphine Wespiser, Paul Watson et Henry-Jean Servat.

Le texte de la proposition de loi :

En décembre 2015, un nouveau rapport scientifique visant à évaluer les conséquences de la production de foie gras sur le bien-être des canards a été présenté. Ce rapport, réalisé à la demande de l’association belge GAIA par la prestigieuse université de Cambridge (Royaume-Uni), a été co-écrit par le Docteur en biologie Irene Rochlitz et mené par le Professeur Donald M. Broom, autorité scientifique de notoriété mondiale en matière de bien-être animal.

Les résultats de ce rapport sont sans équivoque, la pratique du gavage est fortement préjudiciable au bien-être des canards. Il rejoint ainsi les conclusions du rapport du comité scientifique de la Commission européenne publié en 1998 : « le gavage, tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, est préjudiciable au bien-être des oiseaux ».

D’après la directive 98/58/CE du Conseil du 20 juillet 1998 (Art. 14) concernant la protection des animaux dans les élevages : « Aucun animal n’est alimenté ou abreuvé de telle sorte qu’il en résulte des souffrances ou des dommages inutiles et sa nourriture ou sa ration de liquide ne doit contenir aucune substance susceptible de lui causer des souffrances ou des dommages inutiles. »

Pour la production de foie gras, les oiseaux sont forcés deux fois par jour d’avaler une bouillie de maïs projetée par une pompe pneumatique jusqu’à l’apparition d’un état pathologique du foie : la stéatose hépatique. Pour ce faire, le gaveur saisit le cou de l’animal et y introduit un long tube métallique jusqu’à l’œsophage. A la fin de la période de gavage, le foie des animaux a atteint un volume dix fois supérieur au volume normal.

Les canards peinent à se déplacer et halètent pour réguler leur température corporelle. On remarque aussi très souvent chez les oiseaux des lésions au cou, des inflammations et des infections. Sur les 12 jours qui marquent la période de gavage, le taux de mortalité des oiseaux est de 10 à 20 fois plus élevé que dans des élevages de canards de chair. En outre, la production de foie gras entraîne l’élimination (par broyage ou gazage) de millions d’individus femelles dont le foie, trop veineux, est inapte à la consommation en tant que foie gras.

Douze pays de l’Union européenne interdisent formellement le gavage ou interprètent les lois de protection animale comme condamnant de facto cette pratique. Seuls 5 pays de l’UE produisent du foie gras (France, Espagne, Bulgarie, Hongrie, Belgique). Le gavage est également interdit en Israël, Suisse, Norvège, Argentine, Turquie ainsi que dans l’Etat de Californie aux Etats-Unis.

Dans un sondage IFOP pour la Fondation Brigitte Bardot de janvier 2016 [1], à la question « pour produire du foie gras, sachant qu’il existe des alternatives, seriez-vous favorable à l’interdiction du gavage ? », 70% des Français répondent oui. L’interdiction du gavage est donc largement partagée par nos concitoyens, et encore davantage chez les plus jeunes (76% chez les moins de 35 ans).

Il est possible de produire du foie gras sans recourir au gavage des palmipèdes, en ajoutant des ingrédients au foie sain, après l’abattage. Cette méthode de production a au moins le mérite d’éviter la pratique très controversée du gavage. Il existe aussi de nombreuses alternatives végétales garanties sans souffrance animale.

Aussi, cette proposition de loi vise à interdire le gavage des palmipèdes (canards, oies) pour la production de foie gras.

[1] L’enquête menée auprès d’un échantillon de 1 006 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 4 au 7 janvier 2016.

Tout cela n’a aucun sens, si ce n’est de remplir l’actualité de vagues propositions à prétention morale, hors contexte, hors culture, en dehors de la vie quotidienne des gens. Croit-on vraiment aider les animaux avec ce genre de choses?

« Forward to Eden »

« Forward to Eden » – « en avant vers l’Eden » – est en pratique l’un des slogans principaux du mouvement hardline. En archive voici une petite brochure au format pdf ayant ce titre et consistant en une petite présentation des valeurs de ce mouvement de la fin des années 1980 et du début des années 1990.

Le sous-titre est d’ailleurs « Un guide aux poins de vue hardline ». Il suffit de cliquer sur l’image pour avoir le PDF.

Résumons cela ici brièvement, car en anglais ce n’est pas du tout forcément évident à comprendre.

La brochure se veut une tentative de « redresser » le cours des choses alors que le mouvement a du succès mais que ses partisans ne sont pas nécessairement formés comme il se doit.

S’ensuit des paragraphes expliquant alors ce qui est considéré comme correct. Tout d’abord, le but du mouvement est « la bataille avec les forces du mal qui sont en train de détruire la Terre (et toute vie sur elle) ».

La civilisation actuelle amènerait une régression et il faudrait, par conséquent, des comportements cohérents, « purs », pour s’interposer. Avant de combattre pour la Nature, les activistes doivent se purifier des comportements destructeurs.

On ne peut donc pas lutter pour une seule cause de manière isolée, il faut prendre toute la bataille comme un ensemble.

Etant dans le contexte américain à la base, le mouvement hardline rejette donc « la société moderne qui a été construite sur le génocide, l’esclavage, et l’éco-terrorisme et perpétue le racisme, le sexisme et le spécisme ».

Le mouvement hardline est ainsi totalement coupé des traditions historiques de la gauche européenne, du mouvement ouvrier, etc. Être hardline apparaît comme une rupture, en fait, avec absolument tout ce qui est apparu dans « la culture occidentale dominante ».

C’est bien sûr cela qui a fait que le mouvement est partie en roue libre, perdant sa consistance en cherchant à tout prix quelque chose à quoi se raccrocher, ce qui fut alors la religion islamique idéalisée.

Il est intéressant de voir qu’il y a un long paragraphe pour dénoncer le patriarcat, et en même temps un autre pour rejeter l’avortement, au nom du fait que « le fœtus n’est pas un parasite ni une tumeur ».
C’est cohérent dans la mesure où le véganisme du mouvement hardline se veut pour un véganisme complet.

Le problème ici est que cela bascula dans l’idéalisme de la pureté entière comme objectif principal, même au-delà du véganisme lui-même en fait. C’est une dérive qu’on peut appeler de sectaire et c’est cela qui a fait que le mouvement s’est effondré, même si à ce moment là encore dans la brochure, tous les prophètes de toutes les cultures et périodes de l’histoire sont considérés comme ayant apporté des éléments de vérité.

Toutefois, il est frappant de voir que le mouvement hardline appelle à refuser « les aliments chimiquement raffinés et industriels comme la farine blanche et le riz raffiné, les sucres raffinés et les fructoses, toutes les couleurs artificielles et les goûts artificiels, et tous les agents conservateurs faits par l’humanité ».

Il y a là quelque chose de formidable, parce qu’aujourd’hui on voit bien le problème de l’alimentation industrielle. Or, là ce fut dit il y a plus de vingt ans…

Interview de Gaea

Voici quelques réponses que nous a donné GAEA, un rappeur vegan straight edge de Lisbonne. En espérant que sa sincérité et que son engagement soient une source d’inspiration!

1. Peux-tu nous parler de ton projet ? Qu’as-tu produit jusqu’à présent ?

Bonjour, déjà avant de commencer merci pour l’intérêt porté à GAEA et pour l’interview. J’ai commencé à rapper en 2007. Un ami et moi avons commencé une groupe de hip hop vegan straight edge, mais nous n’avons jamais rien enregistré.

Au bout d’un certain temps, nous nous sommes tous deux focalisés sur nos projets solos et ce n’est qu’en 2012 que j’ai décidé de commencer à me produire en concert et j’ai sorti mon premier maxi appelé « Apresentação ».

Depuis, j’ai fait de nombreux concerts au Portugal, à Bratislava (en Slovaquie), à Prague (en république tchèque) et au Fluff Fest [festival punk hardcore annuel en république tchèque]. En 2015, j’ai réussi à sortir mon second maxi, avec une petite vidéo pour le promouvoir.

J’ai aussi sortir trois types de t-shirt différents, deux posters, deux tote bags [des sacs en toile] et quelques autocollants et des badges. Tout cela est sweatshop free [non produit dans des zones à très bas salaires], certains t-shirts et tote bags sont également fairtrade, fait avec du coton bio et imprimé avec des encres écologiques, à base d’eau.

J’ai de nombreuses choses prévues pour 2016 ! Pour l’instant, je travaille sur un album complet, entièrement en anglais. J’ai déjà quelques chansons de prêtes et j’ai hâte de les enregistrer bientôt.

2. Quel est le message que tu essaies de promouvoir, quelles sont tes valeurs ?

La raison principale pour laquelle j’ai commencé GAEA était de donner mon avis, de donner voix à mes opinions et à travers la musique de participer aux vibrations et valeurs positives. Ma mission est de chercher la vérité à travers tous les mensonges.

Je viens du hardcore, du punk et du hip hop underground, à travers des scènes DIY [do it yourself] et en raison de cela j’ai grandi inspiré par des révolutionnaires qui tentent de se changer eux-mêmes, de changer le monde.

Avec ce type d’arrière-plan, j’avais à amener un message vegan straight edge, anti-capitaliste, anti-raciste, anti-sexiste, anti-spéciste. Et bien que certaines de mes chansons sonnent énervées, le fond du message est toujours au sujet de l’AMOUR et de la gentillesse et du respect pour tout et chacun.

3. Quelles ont été les réactions, l’impact ?

J’aimerais penser que ma musique inspire d’autres gens pour grandir et être gentil avec tous les animaux et la Terre, et que mes paroles ont un impact positif sur la vie des gens. Jusqu’à présent j’ai eu un très bon retour de la part de gens que je connais et que je ne connais pas. Les gens apprécient le premier et le second maxi et donc cela en valait le coup. Cela me motive pour continuer.

4. Comment vois-tu la scène vegan straight edge dans ton pays et dans le monde aujourd’hui ?

La scène qu’il y a ici est plutôt petite mais comme dans tout pays il y a des gens actifs et des gens pas tellement actifs. Il y a du sang neuf qui arrive et c’est très important pour maintenir vivante la scène.

Il y a des scènes vegan straight edge dans d’autres parties du monde qui semblent davantage actives, ayant bien plus de gens impliqués, mais moi et mon crew (Nova Vaga) faisons de notre mieux pour que la flamme continue de brûler à Lisbonne.

Ici, il y a plus de gens intéressés par le véganisme que par le straight edge, mais c’est comme ça. Montrer l’exemple est la clef et il est difficile de faire davantage que cela. En espérant que les jeunes voient la lumière au fond du tunnel !

www.gaea.bandcamp.com
www.facebook.com/gaea.rap
www.youtube.com/GAEAXVXHIPHOP

Reconnaître la dignité de chaque existence

Voici une vidéo très émouvante, montrant un chien qui a été battu et qui se fait caresser pour la première fois, dans un refuge.

Cela se passait en Roumanie, il y a quelques jours, mais ce qui compte c’est l’universalité de ce besoin de vivre. Spinoza résumait cela en disant que chaque être vivant compte justement le rester, vivant, et vivre de manière conforme à son existence. Voici comment il formulait cela :

« Chaque chose, autant qu’il est en elle, s’efforce de persévérer dans son être. »

« L’effort par lequel toute chose tend à persévérer dans son être n’est rien de plus que l’essence actuelle de cette chose. »

Pour Spinoza, c’est vrai de toute chose, et a fortiori encore plus des êtres vivants. Voilà pourquoi le véganisme ne peut être qu’universaliste. Il ne peut pas connaître de limites.

On dira que le véganisme ne s’étend pas aux végétaux ; c’est vrai aujourd’hui et pour longtemps encore, mais à terme il est évident que l’humanité choisira de s’abstenir également de supprimer la moindre vie végétale.

C’est une question d’époque et de moyens. On ne peut qu’être admiratif des premiers jaïns et bouddhistes en Inde qui ont choisi cette morale (et l’époque explique aussi pourquoi cela a raté).

Le roi Ashoka qui avait créé des centres hospitaliers pour les humains avait fondé en même temps la même chose pour les animaux : on ne peut pas faire les choses à moitié.

Le grand problème de ceux et celles qui raisonnent par étapes et prétendent qu’il ne faut pas promouvoir le véganisme et la libération animale est le manque de réalisme : déjà l’industrie ne se réforme pas, elle se révolutionne, ensuite le fait de relativiser la morale tue la morale.

Prenons l’exemple d’Aymeric Caron, qui jamais n’aborde la question du véganisme. A-t-il moralement le droit de parler pour les animaux ? On arguera que c’est toujours mieux que rien. Mais qui a dit qu’il n’y avait rien ?

Pourquoi ne pas penser, comme Gary Francione, le fait qu’une petite minorité de vegans aux idées claires aurait un impact bien plus important ?

Pourquoi, de manière bien plus réaliste, ne pas penser que le réformisme même « révolutionnaire » à la Francione ne saurait aboutir et que la libération animale va de pair avec tous les idéaux progressistes de révolution sociale, de changement de société ?

Ce qui ne veut nullement dire qu’il faille faire un « antispécisme » qui ferait partie d’une accumulation sans fin avec l’anti-racisme, l’anti-sexisme, etc.

Le véganisme doit être une valeur positive, celle d’aimer les animaux, de les défendre, de les protéger, de s’interposer pour affronter ceux qui les attaquent.

Cela n’est pas négociable, ni dans l’espace, ni dans le temps : la rupture est nécessaire et on doit faire autant que possible.

Il en va de la dignité de ce chien qui a été battu et qui est submergé par des émotions contradictoires alors qu’on va à sa rencontre, qu’on reconnaît la dignité de son existence.

Aymeric Caron et la troisième voie

La réponse est non, non et encore non. Et la question, c’est : la libération animale et la libération de la Terre sont-elles à vendre, intégrables pour une démarche de réformiste, de hippie, voire de facho?

Il y a six mois, nous avions critiqué le groupe Vegan Pays Basque pour pratiquer le pillage des mots sans en assumer le sens. Ils ont promis une explication de leur concept d’écocentrisme, nous avions dit qu’ils ne le feraient jamais, et pour cause, le faire les amènerait à dire la même chose que l’extrême-droite des années 1930.

Cette fois, c’est Aymeric Caron qui s’y met. On sait qu’il y a exactement un an il a expliqué qu’il allait devenir vegan, l’est-il nous ne le savons pas, il ne le dit jamais (et en tout cas il ne peut pas l’être en acceptant d’aller à Fort Boyard comme en septembre 2015).

En tout cas, le facebook des Cahiers Antispécistes – groupe lyonnais à la base de la Veggie Pride, de L214  – a publié l’information comme quoi il allait sortir un livre intitulé « antispécisme ».

On a droit encore une fois à la même approche du type « troisième voie » : rejet du capitalisme et du communisme, prétention « révolutionnaire », négation des classes sociales, affirmation d’une modernisation de la pensée « occidentale »…

De la même manière qu’on a « la terre, elle, ne ment pas » chez Pétain, ici on a l’appel à une « symbiose » avec son entourage, bref ce vieux discours faisant la promotion d’une société « organique ».

Cahiers antispécistes

La parution le 17 mars prochain du livre d’Aymeric Caron « Antispéciste » est annoncée. Nous n’en savons pas plus que le descriptif de l’éditeur reproduit ci-dessous:

Un jour, les animaux auront tous des droits. L animalisme figure le prochain projet idéologique révolutionnaire, qui réconcilie les hommes avec eux-mêmes et avec leur avenir.

Certains en possèdent déjà : les animaux de compagnie, les espèces protégées et les animaux d élevage. Mais les droits que nous leur avons consentis sont minimaux et incohérents. Nous traitons différemment les chiens, que nous considérons comme des membres de la famille, des cochons, réduits au rang d objets produits en masse et abattus dans d indignes conditions. Pourtant cochons et chiens possèdent une sensibilité et une intelligence similaires. Comment en sommes-nous venus à les classer dans des catégories si différentes ? C est que nous sommes spécistes.

Le terme, peu connu en France, fera bientôt partie de notre vocabulaire. À l instar du racisme et du sexisme, dont il poursuit la logique. Le spécisme consiste à traiter différemment, et sans la moindre raison valable, deux espèces qui présentent les mêmes caractéristiques.

Tout comme nous avons longtemps dénié aux femmes les mêmes droits que les hommes. L affirmation de l antispécisme sera celle de l animalisme, un mouvement philosophique qui promeut la nécessité d accorder des droits à tous les animaux, en raison de leur capacité à souffrir. Loin d être anecdotique, l animalisme incarne le mouvement idéologique le plus révolutionnaire ; pour la première fois depuis deux mille ans, il entend sortir nos systèmes de pensée occidentaux de leur logique anthropocentriste et reconnaître que nous, qui sommes des animaux, avons des obligations morales à l égard de nos cousins.

Surtout, l animalisme s inscrit dans une logique d écologie politique éloignée de celle incarnée par les élections. Non plus une écologie superficielle, qui se soucie seulement de préserver les écosystèmes, les ressources et quelques espèces en péril, mais une écologie profonde, qui repense complètement la place de l homme dans le monde. Pour que ce dernier ne vive plus en parasite mais en symbiose avec toutes les formes du vivant.

Cela oblige à une refonte de nos institutions et à briser la vision à court terme du temps politique. Cela nous oblige aussi à une réforme intellectuelle qui remette en question la notion de « profit ». Le capitalisme, le socialisme, le communisme, le néolibéralisme sont aujourd hui discrédités, si ce n est dépassés.

Sale époque où pullulent ces discours sur une troisième voie, dans la négation de l’opposition gauche/droite. Sale époque où l’on doit supporter ces bourgeois passant à la télévision et prétendant changer le monde. Sale époque où un tel personnage peut se prétendre révolutionnaire…

Raison de plus d’écouter des gens non vegans, mais qui au moins vont, eux, dans le bon sens, comme le groupe Luke : « Il est ou le signal d’alarme il n’y a même plus de colère génération MTV génération somnifère », « ici c’était triste putain où est passé la gauche! »

On ne laissera pas les valeurs de gauche, de révolution, de véganisme, se faire galvauder par des gens comme Caron !

Refuges : quelles critiques sont valables?

Le véganisme signifie aider les animaux très concrètement. On sait que cela ne semble pas aller de soi pour beaucoup de personnes vegans, malheureusement, et qu’inversement beaucoup de gens travaillant dans les refuges ne vont pas jusqu’au véganisme.

Cette contradiction s’exprime très souvent dans les véritables « batailles » qui ont lieu autour des pratiques des refuges. La situation est tellement difficile qu’à certains moments, il y a des gens qui craquent, à tort ou à raison. Cela est valable tant pour les gens dans les refuges que pour les gens dénonçant d’éventuels manquements.

Le quotidien La dépêche raconte ici une affaire dans l’Aveyron, concernant le refuge d’Espalion :

David, un homme de 53 ans, comparaissait devant le tribunal, mercredi, pour avoir publié sur Facebook, le 7 novembre 2014, des menaces à l’encontre du directeur du refuge d’Espalion, employant les termes de «refuge boucherie», «usine à fric basée sur l’euthanasie», et menaçant : «Je me ferais un plaisir de vous gifler malgré votre grand âge».

à la barre, David, président d’une association qui gère des fourrières et des refuges, explique ainsi son acte : «J’avais proposé mes services gratuitement à la mairie d’Espalion. Ensuite, ce monsieur m’a appelé pour m’insulter. Si j’ai écrit cela, c’est parce que le bilan de ce refuge est suspect car il y a autant d’entrées que de sorties. Un taux de 100 % de placement d’animaux, ça n’existe dans aucun autre refuge».

Me Xavier Bacquet, pour la partie civile, défend : «Le prévenu se crée des films et attaque ceux qui agissent sur le terrain. Il n’a de la notoriété que sur Facebook. Il n’en est pas à son coup d’essai et il faut que ça cesse», avant de demander 15 000 € de dommages et intérêts pour la victime de diffamation.

Carole Gonzalez n’a pas souhaité requérir : «Je m’en remettrai à la décision du tribunal», lance le substitut du procureur.

Pour Me Alexandra Gosset, défenseur du prévenu, «David est un passionné habité par ses convictions et il n’a pas les moyens de payer 15 000 € de dommages et intérêts».

Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 16 décembre.

Tout cela est très triste et très dommageable. La question reste entière : dans quelle mesure critiquer un refuge est valable? Au-delà des bisbilles et des erreurs, à partir de quand commence une faute? Vu la situation, faut-il repousser au maximum une éventuelle critique et quelle est la ligne jaune?

C’est là une question qui ne peut être répondue qu’au cas par cas, mais qui trouverait bien des réponses si le véganisme était la règle. Un véganisme extrêmement strict et refusant toute promotion individuelle et tout profit matériel, bien entendu. Ce qui est bien difficile dans une société célébrant l’ego et la maximisation du profit…

Ce qui ferait avancer les choses, c’est bien sûr des groupes locaux, diffusant les informations et donnant des points de vue, permettant aux refuges d’avoir davantage de lisibilité, de s’insérer dans la société et de ne plus dépendre de l’abnégation d’une poignée de personnes.

C’est inéluctable, et c’est très difficile, et même parfois les gens des refuges appréhendent cela : ils ont peur d’avoir davantage d’animaux à s’occuper en étant encore plus connus, sans profiter d’une aide matérielle pour autant. Pessimisme et scepticisme sont bien souvent de rigueur et on peut bien entendu comprendre cela!

Il n’y a en tout cas pas de raisons de ne pas se confronter à cette réalité des refuges : il en va du soutien absolument nécessaire que l’on doit pratiquer, de la bataille pour que les animaux ne soient plus les victimes d’une humanité considérant que la morale et la Nature sont totalement secondaires, voire inutiles.

« Alternatives véganes » annulé

Normalement, nous aurions dû annoncer la tenue d’une sorte de petit salon en banlieue parisienne, « Alternatives véganes », tentant en quelque sorte de prendre le relais du « Paris Vegan Day ».

Alternatives Véganes aura lieu les 12 ET 13 décembre. Les ateliers, les conférences et l’espace exposant sont garantis. Vous avez été nombreux à nous donner d’excellentes idées, nous voulons les concrétiser : show musical, défilés de mode, championnat de cuisine, démonstrations sportives, exposition d’art…

 

Cela a été annulé, et c’est très difficile à suivre. Ce qui en ressort c’est un mélange d’échec personnel et de magouille. Voici un extrait du communiqué diffusé.

Les nouvelles circulent vite, les ragots encore plus. Le temps permettra à la vérité de se révéler.

Beaucoup d’entre vous ont su que Monsieur Pascal Sage avait démissionné de son poste. Il m’a vendu ses parts pour un euro symbolique me donnant la présidence d’Alternatives Events SAS. Je vous invite à considérer ceci comme étant un gage de ma bonne foi envers les donateurs et tous ceux qui nous ont toujours soutenus. Au vu de la situation dans laquelle l’entreprise fut laissée par Monsieur Sage : dépenses inconsidérées, mauvaise organisation de sa part n’effectuant pas les tâches qui lui incombaient, malversations envers ma personne, alors qu’il avait ma confiance.

Ce dernier me certifiant que je devrais le haïr et qu’il était désolé de me laisser dans une telle situation parce qu’il avait exagéré. Etant enfin informée de la situation puisque j’ai eu enfin accès aux documents qu’il me cachait jusque là, il me fut forcé de constater qu’il n’était pas possible de faire le second versement de réservation de la salle du Palais des Congrès de Montreuil à temps. Ce qui implique que le Salon Alternatives Véganes, sera décalé de quelques semaines, à une date qui sera communiquée très prochainement.

Il y a en effet un lourd problème : à la base, il y a eu un appel à un soutien financier sur Ulule, et 22 000 euros de récoltés. Ils doivent être remboursés si l’événement n’a pas lieu… Le repousser peut être une sortie, sauf qu’on ne loue pas une salle aisément à Paris et en banlieue…

A cela s’ajoute que s’il y a eu des « dépenses inconsidérées », l’argent n’est tout simplement plus là.

Pour ne rien faciliter, il y a l’information selon laquelle la personne organisant l’événement à l’origine serait malade. Or, l’organisation n’a annoncé l’annulation que plus de dix jours après, rendant les gens très mécontents, surtout ceux venant de loin et ayant réservé des transports et des hôtels, etc.

Les partisans du premier organisateur répondent alors à la personne ayant pris les commandes, l’accusant de harcèlement, de ne pas avoir payé le webmaster (qui a démissionné), le comptable (qui a démissionné aussi), de croire aux illuminatis, au fluor mis dans l’eau pour contrôler les pensées, etc.

Impossible de s’y retrouver, si on ajoute qu’en plus, des gens disent ne pas vouloir diffuser une information qu’ils rendent pourtant public : le nouvel organisateur mangerait de la viande…

Tout cela est terrible, absolument terrible. Mais c’est le prix à payer pour les vegans, qui sont trop souvent dans une posture consommatrice, passive et autocentrée, déléguant les responsabilités, partisans d’actions témoignages, sans organisation de fond, sans travail en profondeur.

Le résultat est le carriérisme, l’opportunisme et du n’importe quoi comme on en a ici un exemple.

« Le végétalisme est donc à déconseiller en toutes circonstances »

Le « Larousse médical » de 2006 a été « conçu par une équipe de 150 éminents spécialistes ».

Et qu’en dira-t-on dans 50 ans? Que ces éminents spécialistes étaient pleins de préjugés sur le végétalisme – au mieux ! Peut-être même qu’il s’agit de charlatans…

Car ce qu’on lit est du niveau de Ohmymag au sujet du végétalisme dont nous parlions hier (« Mon corps était en train de s’éteindre à petit feu ») : être végétalien amènerait à la mort…

végétalisme

Régime alimentaire excluant tout aliment d’origine animale.

Le végétalisme, à la différence du végétarisme, exclut non seulement toutes les viandes mais également tous les produits d’origine animale (œufs, lait, miel, etc.).

Sous-tendu par des principes philosophiques, religieux ou hygiéniques, ce régime très restrictif provoque des carences, notamment en protéines ; en effet, les protéines végétales sont déficitaires en certains acides aminés indispensables (que l’organisme ne sait pas synthétiser et qui doivent lui être fournis par l’alimentation) et ne peuvent donc pas couvrir la totalité des besoins.

Une autre carence importante concerne les minéraux tels que le fer (dont les sources essentielles sont la viande, le poisson et les œufs), le zinc (que l’on trouve essentiellement dans la viande) et certaines vitamines, en particulier la vitamine B12 (contenue exclusivement dans les produits animaux : viande, poisson, œufs, lait et produits laitiers).

De surcroît, la très grande richesse de ce régime en fibres alimentaires aggrave ces déséquilibres en inhibant l’absorption intestinale des minéraux.

Le végétalisme est donc à déconseiller en toutes circonstances et, tout particulièrement, au cours de la croissance, de la grossesse, de l’allaitement ainsi que chez les personnes âgées, les malades et les convalescents.

Il ne s’agit pas de dire qu’il s’agit d’une position fondée sur la précaution, qu’il s’agit simplement de « déconseiller ». Car ce qui est écrit est absolument faux. Le régime végétalien n’est nullement carencé, le seul problème étant la vitamine B12 et encore, aucune analyse scientifique ne fournit une réponse claire et nette à ce sujet (dans le doute il faut donc surveiller et se complémenter).

On a ici un témoignage d’un point de vue qui se veut « objectif », « neutre », « scientifique », alors qu’il ne peut pas l’être car il est prisonnier de préjugés, qu’il est borné. Le résultat – le fait de déconseiller – était là de prime abord, avant même que la position « scientifique » soit construite.

C’est une question de mentalité, de culture. Le véganisme est une vision du monde ; si l’on est pas pour… on fait partie, encore du monde du passé, et donc on le voit avec les yeux du passé.

« Mon corps était en train de s’éteindre à petit feu »

Ohmymag.com est un site dédié, pour faire court, aux « fashionistas », et on peut y lire un article très impressionnant, au titre ouvertement provocateur :

Vegan, elle explique comment cette façon de vivre lui a ruiné la vie

L’article raconte qu’une femme de 25 ans, Jordan Younger, était vegan et tenait un blog appelé « The blonde vegan » (ainsi qu’un instagram The balanced blonde) avant de rompre avec sa démarche. L’article présente la situation et demande de manière faussement candide :

Cet [sic] alimentation végétalienne dite « saine » et cette idée de lutte contre l’exploitation des animaux a traversé les frontières mais est-elle si positive qu’on le pense ?

Et voici la charge, l’attaque, l’agression, consistant en la présentation des « désavantages » :

Le premier d’entre eux étant quand elle recevait du monde ou qu’elle était invitée à manger.

Elle devait alors expliquer son mode de vie tout en sachant qu’elle était jugée et non comprise.

Le second point négatif est le fait que quelques temps plus tard, son corps lui a dit « stop ».

Elle a perdu 11 kilos en un rien de temps, ses cheveux commençaient à tomber et elle se blessait beaucoup plus facilement.

Elle explique qu’elle ressentait beaucoup plus de fatigue qu’auparavant et que son système immunitaire était affaibli.

Elle en a même perdu ses menstruations ; ainsi, pendant 6 mois elle n’a eu aucune règle. « Cela m’a montré que mon corps était en train de s’éteindre à petit feu » conclut-elle.

Ce n’est pas seulement absurde : c’est répugnant. Il s’agit ici de faire peur, de terroriser.

Sur le plan psychologique, d’abord : le véganisme amènerait une désocialisation, ce qu’il faut traduire ici par : on ne peut plus vivre comme tous les bourgeois, de manière traditionnelle, son propre « ego » serait dévalorisé, il n’y aurait plus de reconnaissance de soi, etc.

Sur le plan physique, ensuite : en présentant le végétalisme comme quelque chose d’anti-naturel, provoquant une réaction en chaîne dans le corps provoquant des dégâts, un affaiblissement général, etc.

Ce qui est d’autant plus grave, et honteux, c’est que ce n’est même pas ce que dit Jordan Younger. Elle n’a rien contre le végétalisme et elle a des amis végétaliens. L’attaque de Ohmymag est donc pratiquement de la récupération anti-véganisme.

En réalité, Jordan Younger explique en réalité qu’elle a abandonné le végétalisme par rejet général de « l’orthorexie », c’est-à-dire le principe de suivre une alimentation « précise », « droite ». Elle aurait connu cette « maladie », qui viendrait s’ajouter à la boulimie, l’anorexie, etc.

Elle explique qu’elle avait suivi le végétalisme par quête d’une alimentation « pure », qui ne provoquerait pas de dégâts pour son corps, etc. Elle raconte qu’elle n’a pas choisi le végétalisme tant par moral que par quête de « pureté ». C’est avec cela qu’elle rompt et elle n’a rien contre le végétalisme, ses troubles étant les siens, relevant de problèmes personnels. On est très loin de ce que dit l’article de Ohmymag…

D’une certaine manière, on comprend ce avec quoi rompt Jordan Younger : cette quête irrationnelle de « pureté » très à la mode, prenant en otage différents régimes alimentaires sans aucune analyse sérieuse et juste parce que cela semble « radicalement » sain (sans gluten, paléo, raw, même le végétalisme malheureusement, etc.).

Mais c’est bien qu’elle n’avait rien compris au sens fondamental du véganisme : la compassion, l’amour des animaux. Et vu le titre de son oeuvre – rompant avec le végétalisme – on voit bien que sa démarche a été pratiquement d’aller au véganisme pour mieux le saboter, pour rompre « de l’intérieur »…

« Voici pourquoi je (re)mange de la viande »

Reporterre est un média qui est apparu il y a quelques temps comme sorte d’organe de presse sur internet des courants de la décroissance. C’est un peu EELV en mode moins bobo et plus hippie décroissant regrettant le passé qu’il imagine évidemment « pur ».

Nous avons déjà dit maintes fois que tout cela était fondamentalement anti-vegan, parce que le veganisme de par les matières premières qui y sont impliquées exige des échanges internationaux et la grande production.

Les décroissants veulent la petite production, donc l’exploitation animale y est nécessaire. Reporterre a publié un article tout à fait dans cet esprit, intitulé Voici pourquoi je (re)mange de la viande.

Le début de l’article est tout à fait révélateur. Dans un esprit candide la personne végétarienne découvre le terroir…

Je suis devenue végétarienne il y a cinq ans, par conviction écologique. Aujourd’hui, je remange de la viande… par conviction écologique.

J’ai renoncé aux cuisses de poulet et au rôti de veau en 2010, lors d’un séjour au Chiapas mexicain.

Là-bas, dans les montagnes, des communautés rurales mal nourries cultivent d’arrache-pied des lopins caillouteux pour y faire pousser du café. Et à moins de dix kilomètres, dans des plaines fertiles, des milliers de vaches paissent, attendant d’être réduites en steaks congelés pour le marché états-unien. Vision saisissante d’un système agricole absurde.

Écœurée, je décidais alors de ne plus prendre part à ce cirque. Devenir végétarienne était un acte à ma portée, ma petite contribution au bien-être animal, à la préservation de la planète et à la lutte contre les inégalités sociales. Du moins, c’était mon avis jusqu’à peu.

En avril dernier, je suis partie en vélo à la rencontre des paysans. De ferme en ferme, j’ai découvert un monde que je pensais connaître. J’ai trébuché, les pieds pris dans mes a priori. Voilà ce qui arrive quand on troque ses bottines contre des bottes. Car la surprise est dans le pré. Surtout, je n’imaginais pas, en enfourchant ma bicyclette, que je redeviendrais carnivore.

Découverte d’un troupeau de chèvres dans les Pyrénées, d’un élevage de brebis dans le Piémont italien, de petits paysans avec leurs animaux en Roumanie… Voilà ce qui fait changer d’avis notre végétarienne, qui conclue triomphalement :

Finalement, l’équation « écolo égale végétarien » n’est peut-être pas si juste.

Nous avons besoin de l’élevage, nous avons besoin des animaux. Oyez, amis de la nature, j’en suis désormais convaincue : la solidarité avec les paysans et la planète ne passe pas par le refus catégorique de consommer carné.

Elle passe par le refus catégorique d’un élevage industriel, fondé sur la technologie tous azimuts, avec insémination artificielle, puçage et « nutrition de précision ».

Et elle passe par la dégustation (à fréquence modérée) d’un bon gigot d’agneau acheté en vente directe au berger du canton !

Une telle approche est provocatrice, mais elle ne doit pas étonner : ces gens disent la même chose que Pétain avec son retour à la terre, donc on ne doit pas être étonné de leur mystique, qui ose affirmer que l’élevage serait « naturel », que les animaux en sont très contents…

Tout cela pour justifier leur envie de retourner en arrière, à l’époque des artisans et des petits paysans qui vivraient de manière « heureuse », en étant « sincère », « honnête », etc. comme l’explique en général le discours romantique qui fantasme sur le passé.

Tout cela encore et toujours avec un seul but : freiner, empêcher l’inéluctable devoir qu’est le véganisme à l’échelle de toute l’humanité.

La dimension régressive de Cause Animale Nord

Nous voici donc quelques temps après l’affaire Cause Animale Nord, et il y a lieu de revenir un peu là-dessus, de par l’ampleur dévastatrice que cela a eu, malheureusement.

Pour cela, jetons un oeil sur le facebook de Cause Animale Nord, histoire de voir comment sont considérées les choses. Et là on peut voir qu’on s’enfonce de plus en plus de ce côté dans l’egotrip et la mise en scène…

Par exemple, hier, Cause Animale Nord a affirmé avoir été victime d’une agression (en fait juste des insultes et l’exigence de partir). C’est un prétexte pour une mise en avant typique et un hold up sur la libération animale comme concept…

« Pour m’avoir il en faut plus » est-il même dit, dans un grand élan de virilisme et d’egotrip…

On est là bien éloigné de la rationalité! D’ailleurs, on aurait pu penser qu’il y aurait un certain profil bas au sujet de l’affaire elle-même. Pas du tout, Cause Animale Nord abandonne même sa dénonciation des trafics de chiots pour dénoncer le fait qu’un SDF puisse avoir un chien.

Bien sûr, aucun chien ne devrait vivre dehors…, mais aucun être humain non plus! Un tel raisonnement pourtant logique semble hors de portée de personnes misanthropes.

Voici les « provocations » de Cause Animale Nord:

Il y a pourtant bien sur cette photo deux êtres vivants qui souffrent, et pas du tout qu’un. Quel intérêt d’opposer l’un à l’autre, si ce n’est la misanthropie, sorte de copie inversée de l’idéologie dominante?

Et quel intérêt de continuer à jouer les débusqueurs de complot, si ce n’est pour vivre dans son monde intérieur, où l’on apparaît comme des « justiciers », tout en étant totalement déconnectés de la réalité de la société?

Comme on le voit, il y a un changement complet de ligne : fini la question des trafics de chiot censés être au coeur du problème… Désormais le SDF en tant que SDF est un ennemi.

Il y a également eu une vidéo diffusée, filmée en caméra cachée. On y voit le SDF dans la rue et sous la pluie le soir, apparemment sans son chien. La personne qui filme va alors le voir au bout d’un temps, faisant sembler de l’avoir reconnu dans la vidéo qui avait circulé, et demandant à voir le chien. Le SDF le montre alors, celui-ci étant dans une boîte de transport. L’idée était de montrer qu’il traite mal le chien.

C’est la logique paranoïaque poussée jusqu’au bout : hier il était parlé par Cause Animale Nord de forces obscures ayant amené au succès de la vidéo sur le net, aujourd’hui un simple SDF devient cet ennemi source de tous les problèmes.

C’est implacable comme raisonnement et c’est d’un malsain! Dans l’ordre des choses et en même temps que cela, Cause Animale Nord a dénoncé la personne qu’on voit avec son président dans la fameuse vidéo, l’accusant d’avoir fermé son facebook dès la sortie de l’affaire et également d’avoir poussé à l’origine à l’action de la prise du chien…

Tout cela montre l’absence de cohérence. On peut d’ailleurs voir que le facebook de Cause Animale Nord est absolument terrible de par sa rhétorique infantilisante  et misanthrope, d’un régressif absolu.

C’est le hold up de la misanthropie et de la régression sur la libération animale. Tout cela sert évidemment parfaitement l’extrême-droite, car l’extrême-droite ce ne sont pas forcément des chemises brunes en rang d’oignons, c’est aussi un endormissement généralisé, un infantilisme complet…

Cause Animale Nord sert un processus d’infantilisation massive. C’est terrible à dire mais la vague « animaliste » de ces derniers mois ou dernières années se dégrade à grande vitesse en simple appendice régressif de la montée du Front National, qui est la régression à grande échelle…

Le véganisme, cela devrait être l’action consciente pour une utopie à réaliser, cela se transforme ici en passivité agressive tournée vers la misanthropie.  C’est inacceptable!

On remarquera également cette habile information ci-dessous, qui salue les gendarmes, information tout à fait calculée comme on peut le deviner. Elle se veut un soutien aux institutions pourtant dénoncées auparavant comme ne faisant rien!

Mais on n’est pas à une contradiction prêt quand il s’agit de jouer sur la corde de l’émotion, de la manipulation des sentiments, des impressions fortes pour « émouvoir » et réduire la conscience à pas grand chose…

Cause Animale Nord apparaît bien comme s’inscrivant dans une tendance de fond. Cela ne veut nullement dire qu’il faille une dénonciation non constructive c’est-à-dire niant la libération animale ou la considérant comme secondaire.

Il y a une bataille de fond : celle pour sauver la libération animale du hold up existentialiste et misanthropique, des anarcho-antispécistes et des fachos!

Libération fait l’apologie de la « veggie pride » : tout un symbole

Aujourd’hui a lieu la quinzième veggie pride, une initiative que nous considérons comme néfaste depuis le début, de par sa mise en avant d’un « végéta*isme » qui pour selon notre point de vue gomme la différence de nature entre végétarisme, végétalisme et véganisme.

Nous trouvons absurde et improductif cette idée de « front végétarien » qui serait au service du véganisme, théorisée par la mouvance Cahiers Antispéciste – Veggie Pride – L214.

C’est ni plus ni moins que la capitulation qui explique qu’il faut « arriver au véganisme » (en combien de temps, mystère), alors qu’il faut en réalité devenir vegan pour justement se développer sur cette base pour changer tout notre monde…

Libération a publié un article élogieux pour la veggie pride ; le gommage des frontières morales, au nom du « végéta*isme », est  flagrant.

Le voici, car c’est un témoignage historique très utile pour l’avenir. En effet, le véganisme s’est fait happer par une tendance bobo – hipster – parisien – cuisine chic – charité chrétienne pour les animaux. Le « Afternoon Tea » végétalien à 39 euros à l’hôtel parisien Shangri-La – 5 étoiles et 1000 euros la nuit – réjouira tous ces gens. A nos yeux, c’est une insulte.

Nous sommes pour un véganisme populaire, ancré dans la vie quotidienne et le soutien pratique aux animaux, dans un esprit de reconnaissance de la Nature, ce qui va de pair avec l’athéisme et le rejet des drogues et de l’alcool.

ENQUÊTE
Les vegans riches en matière grise
Par Sonya Faure — 8 octobre 2015

Alors que se tient ce week-end à Paris, la 15e édition de la Veggie Pride, le mouvement végétarien prend de l’ampleur tant dans ses adeptes que dans ses concepts.

Il y a deux semaines, il était en tête des articles les plus lus du New York Times. «Vegans Go Glam». Les vegans deviennent glamours. Cela fait un moment déjà qu’aux Etats-Unis, Bill Clinton, Beyoncé ou Chrissie Hynde ont pu faire leur outing végétarien sans peur du ridicule. C’est loin d’être le cas en France, où aura lieu la Veggie Pride samedi et dimanche.

Les végétariens y sont encore pris dans la nasse de clichés divers : hippies tristes et pâlots ou extrémistes nazillons. Sans parler des authentiques vegans, qui ont poussé jusqu’à son terme la logique végétarienne en refusant de consommer tout ce qui est issu de l’exploitation animale (œufs, lait, cuir). Pourtant, ici aussi, les représentations changent à grands pas.

Les Anglo-Saxons avaient depuis longtemps leurs penseurs du végétarisme, dont le plus fameux est Peter Singer. Son livre la Libération animale, paru en 1975, est traduit en une quinzaine de langues. «En France, rares sont ceux qui s’exprimaient jadis contre l’élevage et l’abattage industriels, en dehors des associations de protection animale, commente la philosophe Corine Pelluchon, professeure à l’université de Besançon et blogueuse de Libé (1). C’est en train de changer, et les voix qui s’élèvent aujourd’hui sont très diverses.»

Des «réformistes», comme la sociologue Jocelyne Porcher, une ancienne éleveuse qui milite contre l’élevage intensif, aux «abolitionnistes», comme la philosophe Florence Burgat, qui remettent en cause toute utilisation de l’animal par l’homme. Très récemment, le bouddhiste Matthieu Ricard, les journalistes Franz-Olivier Giesbert et Aymeric Caron, la polémiste Marcela Iacub ont popularisé les notions de bien-être animal – des soutiens populaires d’ailleurs plus ou moins appréciés des vegans purs jus.

Les végétariens ont leur revue (les Cahiers antispécistes), leur festival (Estivales de la question animale), leur association phare, L214 (7 000 adhérents), qui promeut «un mode de vie qui n’exploite pas du tout les animaux», explique Brigitte Gothière, sa porte-parole : «284 000 personnes ont liké notre page Facebook. On a dépassé Greenpeace !»

Si végétarisme et bien-être animal manquaient un peu de visibilité ces dernières années, on ne peut pas dire en revanche qu’ils manquent de concepts. Les végétariens «éthiques» sont, a priori, des animalistes qui combattent le spécisme – la hiérarchisation des êtres vivants en espèces, l’espèce humaine étant au-dessus de toutes les autres – et le carnisme – cette idéologie des mangeurs de viande, qu’on ne voit plus tant elle nous paraît naturelle mais qui régit tous nos rapports à la nature.

Même à la Veggie Pride, on ne se contente pas de promouvoir un régime alimentaire sain et de se déguiser en légume, comme c’est parfois le cas dans les pays anglo-saxons. «Etre végétarien, ce n’est pas seulement un choix personnel, c’est une question de société : l’éthique animal est un sujet politique», explique Clémence Laot, l’une des organisatrices du festival.

Cette année, la Pride est donc placée sous le signe de la «convergence des luttes entre féminisme, animalisme et racisme». Comparer femmes, Noirs et animaux et trouver un objectif commun à leur combat ? De quoi faire bondir les militants féministes et antiracistes classiques. «Pourtant, explique Pelluchon, ces luttes ont en commun de refuser les discriminations qui conduisent à légitimer la violence en se fondant sur l’espèce, le genre, l’ethnie. Toutes s’opposent à la domination, qui est toujours domination sur les plus faibles ou les sans-voix.»

Les antiracistes ont montré que la couleur de peau n’avait rien de «naturelle» ni de biologique mais qu’elle n’était qu’une affaire de représentations. A leur image, les antispécistes veulent démontrer que les espèces ne sont que le moyen d’asseoir la domination de l’homme sur le reste des êtres vivants.

«Cette idée est mal acceptée à gauche, car l’animal a toujours été un repoussoir dans la lutte pour les droits des femmes ou des Noirs : ils ont voulu se distinguer des animaux pour démontrer qu’ils étaient les égaux de l’homme blanc», estime Renan Larue, professeur de littérature à l’université de Californie à Santa Barbara, lui-même vegan et auteur du livre le Végétarisme et ses ennemis (PUF, 2015).

«Même au sein du mouvement, cette idée de convergence des luttes ne fait pas consensus, reconnaît Laot. Mais elle permet de réfléchir aux liens entre les espèces.» De remettre en cause les catégories classiques, et la première d’entre elles : l’opposition entre l’homme et l’animal. La question est au cœur de l’antispécisme, concept clé du mouvement vegan. Une salutaire remise en cause de l’anthropocentrisme mais qui, dans sa version radicale (et ultraminoritaire), amène à nier toute distinction entre homme et animal. Une vision à laquelle s’oppose la philosophe Elisabeth de Fontenay, qui, depuis longtemps, récuse l’anthropocentrisme et l’arrogance humaine.

Mais sans renoncer à l’existence d’une singularité humaine, celle, notamment, de produire du droit et de l’histoire. «Il ne s’agit pas de donner les mêmes droits à tout le monde, tempère Larue. On ne va pas donner le droit d’avorter aux hommes qui n’en auraient pas l’utilité, ni le droit de vote aux cochons qui n’en feraient rien. En revanche, l’antispécisme pose une question essentielle : les différences entre un être humain et un animal justifient-elles un tel écart de traitement ?»

Les comparaisons coups-de-poing de certains végétariens font régulièrement polémique. Comme le parallèle parfois dressé entre le «système concentrationnaire» de l’élevage intensif et les camps de concentration. «Le végétarien éthique est un intégriste moral prêt à tout», écrit Dominique Lestel dans son livre Apologie du carnivore (Fayard, 2011). L’éthologue pointe le paradoxe de l’antispécisme : refuser de manger de la viande, c’est rejeter l’animalité de l’homme. En donnant à celui-ci un devoir moral que les autres animaux n’ont pas, les végétariens mettent à nouveau l’humain au-dessus de toutes les autres espèces.

Malgré tout, «ce que nous faisons des animaux en dit long sur nous», estime la philosophe Pelluchon : «L’élevage industriel n’est pas seulement atroce pour les animaux. Il est également atroce de savoir que des humains peuvent castrer à vif des porcelets ou broyer des poussins mâles.»

Ce questionnement ne date pas des années 70. Depuis l’Antiquité, le végétarisme a été une «tendance minoritaire mais persistante», assure Larue, qui a écrit une histoire engagée de la pensée vegan (parue cette année). Pythagore, figure du végétarisme, s’opposait aux stoïciens sur le sujet. «A l’époque déjà, deux visions du monde s’opposaient. Car si les stoïciens étaient antivégétariens, ce n’est pas par amour de la viande : eux-mêmes avaient une alimentation très frugale. Mais ils refusaient la vision pythagoricienne qui affirme que l’univers n’a pas été créé pour la seule fin de l’homme. C’est le même débat qui, de nos jours, oppose le vegan à son oncle, le soir de Noël.»

Impact de l’élevage sur le réchauffement climatique, volonté de manger plus sainement, les conditions sont-elles, cette fois, réunies pour un essor historique du végétarisme ? «La crise environnementale nous oblige à penser le monde que nous partageons avec les autres espèces.

La prise en considération du sort des animaux est aussi liée à la conscience des dégâts du capitalisme, qui demande à baisser sans cesse les coûts de revient, transforme les non-humains en marchandises et dégrade les humains», poursuit Pelluchon, qui enseigne la philosophie de l’animalité depuis 2008. Il y a bien des raisons d’être végétariens, et l’éthique n’est peut-être pas la première. Mais à défaut de carne, les végétariens ne manquent pas de nourritures spirituelles.

(1) LibeRation de philo.

(2) Respectivement auteurs de Plaidoyer pour les animaux (Allary éditions, 2014), l’Animal est une personne (Fayard, 2014), No Steak (Fayard, 2014) et Confessions d’une mangeuse de viande (Fayard, 2011).

La position de « Cause Animale Nord »

Nous reparlons, malheureusement, encore de cette affaire dont les conséquences nous semblent, pour dire les choses sans ambages, catastrophiques.

Surtout qu’on est passé de la France à la diffusion de l’information dans la presse mondiale continue, avec à chaque fois comme présentation les « extrémistes » pro-animaux enlevant un chien à un SDF.

On en saura un peu plus aujourd’hui, parce que l’association « Cause Animale Nord », dont le « président » a arraché un chiot de force à un SDF, a annoncé la tenue d’une conférence de presse aujourd’hui à Lille, à la maison des associations.

Vue toutefois la manière dont est présentée cette « conférence de presse », on peut craindre toutefois le pire, à la fois dans la vision du monde « chevalier blanc », dans l’expression de préjugés, dans la prise en otage de l’ensemble des défenseurs des animaux.

Nous espérons que tous et toutes comprennent l’ampleur du problème et ce qui est en jeu!

 

La légitimité de l’intervention en faveur des animaux

Dans l’affaire du chiot arraché de force, la situation est tellement terrible que la vraie question qui se pose, c’est : avec qui faut-il avoir tort ? Avec ceux et celles qui considèrent que cela ne se fait pas ? Ou bien avec ceux et celles qui considèrent que cela se fait ?

Normalement, ce qui compte c’est la vérité, mais là on ne sait pas si la personne à qui le chiot a été pris était un SDF ou quelqu’un utilisant les animaux dans sa mendicité, en rapport avec une mafia.

Le résultat est qu’on est soit embarqué avec des gens dénonçant la brutalité de l’action et considérant que l’interventionnisme pour les animaux dépasse les bornes… Soit avec l’auteur plein de préjugés d’une action spontanée, puisant sa légitimité dans l’interventionnisme pro-animaux.

Si on dit qu’on est avant tout là pour les animaux, on n’a pas le choix : mieux vaut des gens semi-fachos qui agissent vraiment (et qui donc logiquement demain ne seront plus fachos s’ils sont conséquents) que des anars qui ont raison sur tout parce qu’ils ne font rien du tout pour les animaux.

Réfléchissons un peu à cette problématique, en voyant par exemple une vidéo mise tout récemment sur le facebook de Cause Animale Nord, dont le « président » a arraché le chiot de force au SDF. Voici la présentation de celle-ci :

« Des ouvriers ont rebouché une doline à Voronezh, en Russie. Une chienne errante et portante passait par là au moment où les employés rebouchaient le trou, et l’animal a été pris au piège.

Trois jours plus tard, Vadim, un habitant du quartier, a entendu le chienne criée. Le jeune homme a compris qu’elle était coincée dans les sous-sols. Il a alerté les autorités qui n’ont rien voulu faire. Le jeune homme a alors pris les choses en mains et a libéré lui même l’animal.

Belka et ses futurs petits sont aujourd’hui en bonne santé. Elle a été accueillie dans un refuge pour animaux et sera bientôt proposée à l’adoption. »

C’est une vidéo dont le contenu est typique dans le mouvement de défense des animaux. Il faut d’ailleurs avoir en tête que l’ALF en Angleterre n’est pas né comme proposition théorique végane, mais comme stratégie de la libération animale : c’est né sur le tas de la volonté pratique et concrète d’aider les animaux, comme on peut le voir avec l’ALF Supporters Group Newsletter ou la revue Arkangel.

D’où le fameux slogan « Si ce n’est pas toi, qui ? Si ce n’est pas maintenant, quand ? », repris d’une formule d’un rabbin de l’époque de Jésus, Hillel Hazaken : « Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ? Si je ne suis que pour moi, que suis-je ? Et si pas maintenant, quand ? »

Évidemment, Cause Animale Nord n’a rien à voir avec cela, car la scène de l’ALF en Angleterre, dans les années 1970 et 1980, c’était un mouvement disposant d’une riche culture, pas des coups de force individuel.

Mais cela, les gens intervenant pour les animaux n’en ont pas conscience ; à leurs yeux l’ALF c’est une action « coup de force » en faveur des animaux et voilà tout. Bloqués souvent dans leur misanthropie, ils considèrent que de toutes manières c’est un peu eux contre le reste du monde. Brigitte Bardot est appréciée justement pour cette posture ; les fachos profitent de cela.

Seulement voilà, nous ne pensons pas que les fachos aient raison et nous penons en même temps que les gens intervenant en défense des animaux ont, à défaut peut-être d’être rationnel et d’agir de manière conséquente, une dignité très grande.

Ils représentent quelque chose d’essentiel à nos yeux. Ils sont tournés vers les animaux. Beaucoup ne sont pas vegans, mais ils ne sont pas vegans pour eux-mêmes comme beaucoup de vegans le sont. Et donc demain, ils pourront être vegans pour les animaux… Et là le véganisme a un vrai sens.

« Qui est-ce qui est pire dans notre société? »

Dans l’histoire du mouvement ouvrier, l’alcool et les drogues ont toujours été rejetés, jusqu’à l’établissement d’un esprit de prohibition parfois. On sent que la Jeunesse socialiste suisse a dû sacrément changer pour en arriver à faire la proposition de la libéralisation de toutes les drogues.

Officiellement, c’est pour mieux lutter contre les drogues, mais à voir les revendications suivantes, on voit bien qu’il s’agit surtout de fumer tranquille et en bonne conscience…

• La légalisation complète et immédiate du cannabis et de ses dérivés.
• Un monopole d’état sur sa distribution des drogues nouvellement légalisées.
• Le développement de normes légales concernant l’usage médical des drogues et substances dérivées.
• Une interdiction de la publicité pour toutes les drogues, y compris l’alcool et le tabac

La JSS, qui a adopté cette ligne à son congrès hier, explique même carrément:

Une société sans drogues est une illusion invraisemblable à laquelle la Jeunesse Socialiste
Suisse ne souscrit pas. En particulier, car certaines, comme l’alcool, sont implantées dans
360 nos mœurs et traditions. De ce fait, à long terme, la JSS souhaite une légalisation contrôlée
de toutes les drogues à une prohibition favorisant le marché noir.

Une illusion invraisemblable, vraiment? C’est là rejeter tout esprit d’utopie. La ligne de la JSS est vraiment la ligne de cette figure que tout le monde a connu au lycée : le petit-bourgeois se voulant de gauche qui fume tranquille en mode baba cool critique de la société, sans pour autant vouloir réellement la changer…

Le plus inquiétant par contre, c’est de voir que le véganisme commence à faire partie de cette liste toujours plus grande d’oppressions en « -isme » qui servent de catalogue aux rebelles universitaires et intellectuels.

Il y a quelques jours la Jeunesse Socialiste Suisse a ainsi posté cet article pathétique, où le véganisme est une sorte de posture individuelle, totalement déconnectée des animaux et de la Nature…

On est ici vegan comme on serait autre chose, le seul problème étant une prétendue « phobie », un ostracisme, un rejet, etc.

C’est le véganisme du type anthropocentriste et individualiste, totalement déconnecté de la bataille planétaire pour sauver la planète, notre mère la Terre…

QU’EST CE QUI EST PIRE DANS NOTRE SOCIÉTÉ : ÊTRE VEGAN OU HOMOSEXUEL?
MURIEL WAEGER, 16. SEPTEMBRE 2015
Jovial et plein d’entrain, Pascal est quelqu’un de totalement « normal » que chacun pourrait apprécier. Mais il a tout pour être le « mauvais » exemple d’une affiche UDC.

On nous a toujours appris à ne pas se différencier, à se fondre dans la masse, à être « normal ». Mais la normalité est une question de point de vue, d’interprétation et d’éducation. Ce qui n’empêche pas Pascal (22 ans), de correspondre à tous les critères « normaux ». De Coire il est venu à Fribourg pour des études en médecine et vit en collocation.

Dans son canton natal il est bien intégré et fait même de la politique. Mais ce qui le différencie réellement de la masse sont son origine, son orientation sexuelle et son alimentation. Pas facile en effet pour un serbo-kosovar d’être homosexuel et vegan.

Pascal n’a pas rencontré de problème à faire son coming out auprès de ses amis qui étaient très tolérants ni auprès de sa famille de même génération que lui, mais ses parents sont un peu moins ouverts. Il nous raconte : « Lorsque je leur en ai parlé pour la première fois, mon père s’est levé de table et est allé pleurer dans sa chambre, ce n’était vraiment pas facile pour moi ». Pareil pour ses tantes, qui se sont mises à prier pour lui quand elles ont appris quelle était son orientation sexuelle. Heureusement, tous le traitent encore de la même manière même si l’homosexualité reste un sujet tabou.

La pilule la plus amère à avaler entre l’origine, l’orientation sexuelle ou le régime alimentaire, n’est étonnamment ni le fait d’être étranger, ni celui d’être homosexuel (ce qui peut paraitre étonnant au vu des commentaires et avis xénophobes, racistes et homophobes que l’on rencontre dans notre société), mais l’alimentation.

Nombre de gens, même au sein de la JSS, ne conçoivent pas qu’une alimentation sans aucun élément animal puisse contenir assez de vitamines. Pour la plupart des gens, être végétarien n’est déjà pas facile, mais il faut être fou pour être vegan. Pascal regrette les commentaires incompréhensifs qu’il subit constamment en révélant son mode de vie.

Il nous révèle que ce qui est le plus difficile, par exemple dans une collocation, c’est de devoir cuisiner à chaque fois pour soi-même et surprendre les papilles des autres habitants qui s’attendent à chaque plat vegan à quelque chose d’immangeable.

Après toutes ces expériences Pascal a finalement décidé d’emménager avec une amie vegan afin de ne pas avoir à cuisiner tout le temps pour lui-même et d’avoir davantage de compréhension.

Pascal poursuivra donc ses études en médecine avec brio et espère bien ouvrir les yeux de ses concitoyens et camarades de parti sur une manière différente de s’alimenter mais tout aussi saine et équilibrée que n’importe quelle autre, tout en défendant des valeurs telles que la protection animalière, la préservation de notre écologie et la solidarité.

Le « Veggyvan » de Toulon demande de l’aide

Le principe d’un van – restaurant existe depuis longtemps dans quelques pays et il y en a quelques uns qui existent en France, comme le Veggyvan à Toulon.

Seulement voilà, pour que ce projet de restaurant sur roues, de « foodtruck », proposant une alimentation végétale et bio (et surtout locale) puisse se maintenir, il faut changer le van, qui a tout de même 31 ans.

Aussi y a-t-il un appel de la part du Veggyvan pour une campagne de financement participatif, qu’on peut trouver en cliquant ici. Le facebook du food truck est .

Voici quelques photos, ainsi qu’une vidéo des deux personnes du foodtruck présentant leur demande de soutien.