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Le succès du mot « vegan » et la question de son contenu

Le mot « vegan », ou bien « végan » ou encore « végane », s’est désormais répandu dans une partie de la société française. Le seul problème, bien sûr, est de savoir ce qu’il en reste, et là, on peut se mettre à franchement avoir des doutes…

Sur le papier le terme signifie bien ce qu’il doit dire, même le dictionnaire Hachette s’y est mis depuis l’année dernière, et explique que le véganisme est un « mode de vie qui exclut toute utilisation de produits animaux (laitages, viande, cuir, etc.) ».

Le problème c’est que le mot est censé aller avec toute une culture. Or, sur ce plan là, le mot ne veut plus rien dire, si d’ailleurs il a déjà voulu dire quelque chose en France. On ne peut pas parler des vegans en général, tellement en fait les raisons sont multiples, le plus souvent réduites à une démarche individuelle, et le résultat est qu’il n’existe aucune opinion publique végane.

Hier a eu lieu par exemple une « Vegan Place » à Lyon, une sorte de rassemblement de stands. On pouvait y trouver l’« Association Végétarienne de France »… C’est une contradiction qui saute aux yeux, qui est choquante sur le plan pratique, mais c’est largement passé dans les mœurs, autant que les t-shirts « vegan » de la Fondation Bardot fait par des gens même pas vegans.

De la même manière, la culture « hipster » a phagocyté des pans entiers de l’identité végane en France, et ici il ne faut pas se voiler la face : pour les gens, les vegans sont soit des végétariens plus radicaux, soit des bobos qui habitent dans une grande ville et se démarquent par leur « style de vie »… (voir à notre sujet notre article « Nous ne l’exprimons pas trop fort car certains sont hermétiques à ce mot »).

Et c’est malheureusement vrai pour le monde populaire des refuges, où le véganisme apparaît bien souvent comme une sorte de démarche intellectuelle et symbolique coupée de la réalité quotidienne du soutien aux animaux…

On peut prendre un exemple en image avec une photographie de la dernière fête de la musique.

Voici un petit agrandissement du panneau annonçant la nourriture. Le houmous, toujours végétal, se voit transformé en « vegan », et ce dernier terme se retrouve de manière honteuse à côté de celui de « merguez »…

Le mot « vegan » a ainsi fait son apparition, mais il désigne une démarche aux contours flous, ou plus exactement il n’y a pas d’esprit : seulement le refus des produits liés à l’exploitation animale. Mais qu’est-ce que ce refus sans l’esprit qui va avec ? Celui-ci est bien entendu présent, mais il est mis en minorité, alors qu’il devrait fournir la base minimale !

Cela veut dire que le véganisme est ici réduit à un à-côté, une démarche possible, mais pas forcément nécessaire, c’est une sorte de plus. Et une des conséquences qui va avec est que c’est « flatteur » d’être vegan, alors qu’en réalité c’est une chose qui devrait aller de soi.

Le véganisme est à la fois dénoncé et flatté, afin de le neutraliser comme démarche nécessaire et de ne surtout pas s’y confronter. Les végans se sentent alors obligés d’être « utiles », notamment pour ce qui concerne l’organisation de repas, le but est de ne pas apparaître comme conflictuel, de ne pas trop déranger, afin de se mettre à l’abri au sein d’un mouvement plus large où l’on peut se placer comme sorte de minorité active.

C’est quelque chose de très faux, car incohérent. Veut-on en effet que le véganisme devienne une norme ? Si non, alors on ne restera pas végan bien longtemps, en raison du relativisme. Si oui, alors il faut être ferme sur les principes et sur la perspective. Sans quoi on est amené à voir le mot vegan à côté de « merguez » ou de « jambon », même si par exemple dans ce dernier cas il peut s’agir de « jambon végétal » !

Sans doute faut-il voir ainsi que le mot vegan n’implique pas forcément ceux de libération animale. C’est une contradiction à nos yeux, et l’histoire le montrera aisément, comme elle le montre déjà : en dehors de la perspective de la libération animale, les vegans errent et se soumettent à des choses incompatibles avec ce qui devrait être leur morale.

Il y a ainsi eu un premier cycle où le véganisme est apparu en France, mais la question de savoir ce qu’il en restera dans les quelques années à venir…

Végétalisme à faible teneur en glucides, perte de poids et risque de maladie cardio-vasculaire

A nos yeux, le véganisme est une question de morale, d’une certaine approche de la vie. Nous voulons vivre en paix avec les êtres vivants et par conséquent nous prônons une morale conforme avec cette exigence.

Ainsi, la question de la santé ne saurait être le principal aspect des arguments concernant la morale. Cela ne veut pas dire pour autant que pour critiquer ce qui n’est pas moral, on soit dans l’obligation de nier certains faits, comme celui qui fait que l’alimentation proposée actuellement à l’échelle mondiale obéisse aux exigences du profit et certainement pas de la santé.

Comme illustration, voici un communiqué de l’Université de Toronto au sujet d’un régime alimentaire végétalien et ses effets bénéfiques.

Un régime végétalien à faible teneur en glucides, meilleur moyen de perdre du poids et de réduire le risque de maladie cardio-vasculaire

Pour la première fois, des chercheurs ont démontré qu’un régime à faible teneur en glucides, appelé Eco-Atkins, peut non seulement favoriser la perte de poids, mais aussi réduire le risque de maladie cardio-vasculaire de 10% sur dix ans.

Le régime Eco-Atkins est un régime végétalien à faible teneur en glucides. De nombreux régimes bien qu’ils favorisent la perte de poids, comprennent cependant pour certains des protéines animales et des matières grasses, lesquelles peuvent augmenter le taux de cholestérol.

Certains régimes riches en protéines végétales et en gras peuvent aussi réduire le risque de maladies cardio-vasculaires en abaissant le « mauvais cholestérol »

L’auteur de l’étude est le Dr David Jenkins, directeur du Clinical Nutrition and Risk Modification Centre au St. Michael’s Hospital à Toronto et professeur au département des sciences nutritionnelles et au département de médecine à l’université de Toronto.

« Nous avons élaboré un régime qui combine des éléments végétaliens et des éléments à faible teneur en glucides pour obtenir les bénéfices de la perte de poids et de la diminution du cholesterol » indique le Dr Jenkins.

Cette découverte, publiée dans le British Medical Journal Open, a comparé l’Eco-Atkins à un régime à teneur élevée en glucides et faible en gras. Le régime Eco-Atkins a réduit le cholestérol des participants à l’étude de 10% tout en les aidant à perdre une moyenne de plus de quatre livres que le régime à haute teneur en glucides et faible teneur en gras pendant six mois.

« On peut s’attendre à des résultats similaires en-dehors de l’étude car les participants à l’étude sélectionnaient leur régime et pouvaient ajuster leurs besoins et préférences » précise Dr Jenkins.

Les participants ont reçu des choix de menus soulignant les aliments et leur quantité. Plutôt que d’imposer les repas, les menus ont servi de guide de références et les participants ont reçu une liste d’aliments de substitution adéquats.

Grâce à cette liste d’aliments interchangeables, les participants pouvaient davantage adapter leur régime à leurs goûts personnels – ce qui a renforcé leur adhésion au régime.

Vingt-trois hommes et femmes obèses ont terminé le régime de six mois. Les participants à l’étude étaient encouragés à manger seulement 60% de leur besoin calorique estimé – le montant de calories qui devrait être consommé pour maintenir leur poids actuel.

Les participants Eco-Atkins visaient un équilibre de 26% de calories pour les glucides, 31% pour les protéines et 43% pour les lipides – provenant essentiellement d’huiles végétales.

Les sources de glucides incluaient des aliments à haute teneur en fibres tels que l’avoine, l’orge et des légumes à faible teneur en féculents comme le gombo et l’aubergine.

Les protéines provenaient du gluten, du soja, de légumes, de noix et de céréales. Les principales sources de lipides pour le régime Eco-Atkins étaient des noix, des huiles végétales, des produits au soja et de l’avocat.

La modification de l’article 521-1 du Code pénal

La presse a annoncé la modification de l’article 521-1 du Code pénal qui vient d’avoir eu lieu. Le texte initial expliquait que :

« Le fait, publiquement ou non, d’exercer des sévices graves, ou de nature sexuelle, ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. »

Désormais sont concernés aussi les animaux « domestiques ou sauvages ».

Dans la foulée, les associations réformistes de la protection animale, comme la Fondation 30 millions d’amis qui mène une très grosse offensive ces derniers mois, ont salué ce changement.

C’est honteux que de réagir ainsi. Il faut en effet être totalement idéaliste, ou plutôt totalement hypocrite, pour croire qu’en 2014, une telle loi changera quoi que ce soit.

Prenons un exemple simple : si quelqu’un se fait voler son portable, la police enregistre la plainte et au revoir, cela s’arrête là. La même police fera-t-elle quelque chose de plus si on l’informe qu’un pigeon a été maltraité par quelqu’un ? Non, évidemment. Et on peut même être certain que la plainte ne sera même pas prise.

On peut même généraliser la question. Si cette loi avait une réelle signification, on pourrait alors immédiatement porter plainte et condamner tous les services de voirie du pays, car aucun d’entre eux n’a de formation pour s’occuper des animaux sauvages rencontrés lors de leurs activités.

Évidemment, cela est impossible dans notre société. Le fait que les animaux soient des marchandises annule culturellement et juridiquement le moindre changement de situation des animaux.

D’ailleurs, la loi est hypocrite ici, car en pratique pour qu’une plainte tienne, dans le système juridique actuel, il faut que quelqu’un soit lésé. L’animal sauvage étant une entité juridique « abstraite » pour le droit, alors par définition prouver la cruauté relève pratiquement de l’impossibilité…

A part quelques cas médiatisés, cela ne changera rien du tout. Et finalement ces médiatisés donneront l’illusion qu’on fait quelque chose en faveur des animaux, pour ne servir en fait que quelques associations.

Et pourquoi d’ailleurs ces cas seront médiatisés ? Parce qu’il y aura une révolte au sein de l’opinion publique, ce qui fait qu’en réalité, ce n’est pas l’animal qui sera pris en compte, mais le « trouble » à l’ordre public qui dérange l’État, qui par définition veut une société « calme ».

Les fait sont par conséquent très simples : soit on reconnaît à la Nature une valeur en soi, et la société suit cette ligne de conduite. Ou bien tout n’est que de la poudre aux yeux, et il est parlé d’environnement, juste dans un esprit gestionnaire.

D’ailleurs, lors de la modification de la loi qui vient d’être faite, la voie a été pavée pour la formation d’une « agence française pour la biodiversité ». C’est issu d’une « promesse » de 2012 de François Hollande, mais en fait tout le monde est d’accord dessus, puisque c’est l’expression de la logique anthrpocentriste : la biodiversité doit être gérée de manière conforme aux intérêts humains.

La biodiversité, c’est du « stock » et des outils pour les humains. Il faut donc s’en occuper… La démarche anti-Nature se généralise à tous les niveaux.

L’océan est particulièrement visé, puisque cette agence, qui disposera de 1200 personnes, puisera en réalité pas moins de 800 personnes dans l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques.
L’astrophysicien Hubert Reeves, connu pour son engagement écologiste, a pointé la contradiction qui existe par ailleurs au maintien de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. Si vraiment la biodiversité était au centre des préoccupations, l’État centraliserait ses activités à ce sujet…

Mais ce n’est pas le cas, bien sûr, puisque tout cela est de la gestion de-ci de-là, suivant les exigences de l’anthropocentrisme, sans aucune cohérence.

La modification de l’article 521-1 ne change par conséquent rien du tout en pratique à la défense des animaux. Seules la libération animale et la libération de la Terre, comme valeurs relevant du rejet de l’anthropocentrisme, peuvent permettre un rapport de force réel et la transformation radicale des valeurs dominantes en faveur des animaux !

Un homme court sauver un chien sur une autoroute, un exemple de bravoure

Le véganisme doit devenir une nouvelle culture. Une nouvelle culture qui s’enracine dans un esprit positif, une nouvelle culture qui prend en considération tous les animaux et la Nature. Une nouvelle culture qui développe un autre axe que celui de la protestation où des corps d’animaux sans vie sont exhibés sans aucun respect ni aucune retenue.

Le véganisme doit devenir une nouvelle culture où l’implication personnelle, que ce soit en faveur de l’écologie ou des animaux prend une part conséquente et concrète, que cela se traduise par une aide aux animaux des refuges, une aide au nettoyage des sites naturels victimes de la pollution (comme le nettoyage des plages par exemple) ou que cela se traduise par un engagement fort et courageux.

Ce type d’engagement s’illustre, par exemple, avec les actions de l’organisation américaine de Hope for Paws, dont nous avons parlé il y a quelques jours, suite à leur sauvetage de 4 chiens dans le désert, pendant 3 jours sous 40°C, Hope for Paws nous offre toujours de très belles histoires, au dénouement heureux pour les chiens,

Mais lorsque la résignation n’a pas encore pris le dessus, lorsque le désir de sauver une vie est le plus fort, toute cette force amène au final de belles aventures qui pousse jusqu’au dévouement, tel ce geste d’un homme qui risque sa vie pour sauver un chien renversé sur une autoroute, Quand certaines personnes écrasent les animaux sans vergogne, d’autres « se jettent au feu » pour leur venir en aide :

Aaron Schneider, c’est le nom d’un jeune homme extrêmement courageux. Vétéran de la guerre d’Irak, cet amoureux des animaux n’a pas hésité à risquer sa vie pour sauver celle d’un chien qui venait d’être heurté par une voiture sur une autoroute très fréquentée du Missouri aux Etats-Unis.

Le conducteur qui a renversé l’animal ne s’est pas arrêté mais Aaron, lui, s’est précipité au milieu du trafic très dense, traversant trois voix de circulation pour secourir le chien blessé, un Beagle âgé de cinq ans environ.

3 longues heures sous la pluie

« Je me suis totalement concentré sur lui. Je n’ai même pas pensé à la circulation » confie le jeune homme à Fox 4 News. « Je me souviens seulement avoir regardé la route et vu toutes ces voitures venir vers moi, klaxonner, clignoter, faire des écarts » raconte-t-il.

Arrivé près du chien et tous deux en sécurité hors de l’autoroute, Aaron a immédiatement contacté le contrôle des animaux. Puis trois longues heures se sont écoulées. Trois heures passées sous la pluie, pendant lesquelles le jeune homme a prodigué les premiers soins au petit chien et gagné sa confiance.

Mais comme toujours personne n’était arrivé pour l’aider, il a appelé un ami en renfort et a décidé de s’occuper lui-même du chien, lui construisant un brancard de fortune pour pouvoir l’installer dans son camion et l’emmener chez le vétérinaire.

Aaron et Buster bientôt réunis… pour la vie ?

Bien que victime de graves blessures, le chien devrait se remettre totalement de cet accident. Conduit dans une clinique, il a été stabilisé avant d’être transféré vers un hôpital spécialisé dans les urgences vétérinaires, et malgré ses cinq côtes cassées, sa trachée déchirée et une importante hémorragie interne, les médecins qui s’occupent de lui se montrent très optimistes.

N’ayant pas pu retrouver son propriétaire, l’équipe de l’hôpital l’a baptisé Buster. Et lorsqu’il sera rétabli, c’est sans doute aux côtés de son ange gardien qu’il quittera les urgences. Aaron entend en effet adopter cette petite boule de poils à laquelle il s’est déjà beaucoup attaché.

L’association Friends of KC Animals, elle, a offert de payer les frais vétérinaires.

Outre le courage de cet homme, ce qu’il faut aussi noter, c’est qu’il est resté seul avec le chien, sur le bord de la route à tenter de le sauver. Personne n’est venu en aide, ni au chien, ni à cet homme qui tentait de le sauver. Comme à l’habitude, quand un animal est en danger, les autorités ne prennent pas la peine de se bouger, il faut alors tout faire soi-même.

D’où l’importance d’avoir une connaissance basique des premiers gestes de secours, qui devrait s’associer à une culture généraliste des mondes animaux et végétaux. L’on défend et protège mieux ce que l’on connaît !

Le véganisme n’est pas (qu’) un mode de vie, ni seulement un engagement pratique qui passe par le végétalisme, le refus des produits testés, du cuir etc. Le véganisme est un mode de pensée, un engagement moral qui refuse d’utiliser des expressions telles que « cervelle de moineau »…

Cette histoire peut sembler anecdotique, mais c’est bien souvent les personnes « lambda » (probablement même pas végétariennes) qui s’investissent corps et âme pour les animaux en détresse.

Aux vegans d’inverser cette tendance et d’imposer la libération animale!

Les deux « cadeaux » de Bardot

Brigitte Bardot a eu 80 ans et différents journaux en ont profité pour parler d’elle, notamment Nice Matin qui a publié une interview. Madame Figaro résume ici un point qui a son importance pour comprendre la démarche de Brigitte Bardot :

Si elle ne veut pas d’un anniversaire fastueux, Brigitte Bardot espère tout de même recevoir deux cadeaux d’une valeur inestimable. « Il s’agit de promulguer une loi excluant totalement les abattages rituels » et « de faire passer le cheval d’animal de rente à animal de compagnie ». Et d’ajouter : « Si jamais je n’ai pas réussi ces deux choses avant de tirer ma révérence, j’estime que j’aurai raté mon existence ».

Le problème de ces deux « cadeaux » est très facile à comprendre et il reflète toutes les contradictions de la protection animale qui n’assume pas le véganisme. En effet, séparer la condition de certains animaux de la condition animale en général n’a pas de sens.

La loi, qui témoigne des rapports de propriété, ne peut pas être découpée comme on le veut. Il y a une société qui a des traditions, certaines bonnes, d’autres mauvaises, et à côté de cela il y a des rapports économiques.

Brigitte Bardot a capitulé et ne compte pas tout changer, comme les réformistes en général, qui prétendent vouloir tout changer mais en fait tablent sur une évolution sur des siècles, ce qui n’a aucun sens alors que l’exploitation animale grandit chaque jour sur la planète.

Alors, elle prend deux « causes » qu’elle considère comme « réalisables », mais son choix est arbitraire, totalement arbitraire.

Demander par exemple que le cheval rejoigne les chats et les chiens ne se fonde sur aucune tradition culturelle ; des millions de gens vivent en France avec des chats et des chiens, mais pratiquement personne n’a un cheval comme « animal de compagnie ». Ici, Bardot nie tout simplement la réalité culturelle.

Ensuite, il y a cette fameuse demande d’interdiction de l’abattage rituel, argument cheval de Troie de l’extrême-droite pour refuser la libération animale, mais apparaître « progressiste » dans la question animale.

Ici, cela n’a pas de sens car Bardot « oublie » l’économie. Les entreprises de l’exploitation animale sont… des entreprises de l’exploitation animale, les règlements leur importent peu, ce qu’ils veulent c’est tuer et vendre.

L’interdiction de l’abattage rituel n’aura donc aucun impact sur l’abattage en général. L’exploitation animale peut avoir une multitude de formes. Ainsi, en Inde, les Hindous ne tuent pas « leurs » vaches ; ils la revendent à des musulmans qui les tueront. C’est totalement hypocrite et il en va exactement de même avec cette histoire d’abattage rituel.

D’ailleurs, cela fait perdre du temps avec des questions religieuses là où justement il faut parler de l’abattage en général, dans un esprit universaliste qui seul peut changer le monde (et il faut se dépêcher!).

Brigitte Bardot a raté cela, représentant une époque passée très étriquée et où la France était coupée pour ainsi dire du monde sur le plan de la question animale. Elle a contribué à mettre celle-ci en avant, mais en même temps elle a bloqué les possibilités de développement de la cause animale, en réduisant celle-ci à une posture, alors qu’il doit s’agir d’un projet de société.

C’est là le problème fondamental. Pour changer le rapport des humains aux animaux, il faut changer la société. C’est une évidence : on ne peut rien faire dans une société où les entreprises profitant de l’exploitation animale sont extrêmement puissantes et où les traditions conservatrices sont fortes et brutales.

D’une certaine manière, Brigitte Bardot a vu cela et s’est réfugiée dans une sorte de « tour d’ivoire ». Voici comment madame Figaro se moque de cela :

« J’ai fait du cinéma pour m’acheter une ferme et y mettre des animaux », tente de convaincre Brigitte. On doute qu’à la belle époque, celle où elle crevait l’écran dans Le Mépris, La Vérité ou Viva Maria !, BB rêvait déjà de couler des jours paisibles dans la campagne tropézienne entourée de félins et de canidés abandonnés.

La sincérité de Brigitte Bardot est ici remise en cause, ce qui est inévitable, car la logique de Bardot est trop contradictoire. Elle n’expose les faits que partiellement, par une lettre ouverte par-ci, une gueulante par là, et jamais sans assumer jusqu’au bout. Est-elle végétarienne ? Végétalienne ? Vegan ? Le flou prédomine. Et cela, ce n’est jamais une bonne chose.

Patty, la brebis handicapée du refuge Leon vegano animal sanctuary

Pour les animaux qui sont handicapés des pattes arrières, il existe un chariot à roulettes qui se fixe sur l’arrière train et qui offre à l’animal handicapé une indépendance et un confort de vie relatif. En 2011, nous présentions ces voiturettes pour les animaux handicapés, qui sont surtout connues pour les animaux « domestiques » comme les chiens ou les chats.

Mais comme chaque chariot se fait sur mesure, il n’est vraiment pas difficile de l’adapter à n’importe quel animal qui sera en mesure d’accepter cet appareil : sur ces pages en anglais qui présentent ces voiturettes, l’on y voit un lapin dans un fauteuil roulant et aussi sur cette page illustrée avec des photos et quelques courtes vidéos.

Il n’y a pas que les animaux « de compagnie » qui peuvent profiter de ces voiturettes, comme par exemple, le tout jeune bébé cochon Leon du sanctuaire pour les animaux de ferme Edgar’s mission.

Ou bien comme aussi Patty, une brebis d’élevage qui est née handicapée. Sa naissance fut difficile, l’éleveur pour tenter de la sauver elle et sa mère a dû tirer le corps de Patty par les pattes, ce qui endommagea de manière irréversible sa colonne vertébrale.

Patty est donc née avec la hanche déviée sur le côté, l’empêchant de courir et de se déplacer normalement, elle a passé 2 longues années dans cet état, dans un hangar comme brebis « à viande », mais à cause de son handicap le temps à lui accorder était trop long, ses soins s’avéraient trop coûteux, l’éleveur a décidé d’envoyer Patty plus vite que prévu à l’abattoir.

Après ces difficiles années d’exploitation, Patty a été sauvée par le refuge vegan espagnol Leon vegano animal sanctuary (et la page Facebook, en anglais), qui avait déjà recueilli un autre mouton de cet élevage. Malgré une vie paisible au refuge, le handicap de Patty s’est aggravé jusqu’au point où elle tombait trop souvent, et finissait par ne plus pouvoir se relever.

Vivre dans ces conditions n’était plus possible pour elle, c’est donc avec l’aide d’un autre refuge qu’a été construit une voiturette temporaire pour soulager Patty, le temps de trouver les fonds pour acheter une véritable voiturette pour animal handicapé.

L’histoire de Patty est belle et très touchante. Elle est l’illustration que ces sortes de fauteuil roulant, au-delà de l’aspect contraignant et handicapant qu’ils véhiculent, sont des bouffées d’oxygène pour les animaux paralysés, qui peuvent ainsi retrouver un tant soit peu de liberté et de joie de vivre.

Sans l’aide et l’implication du Leon vegano animal sanctuary, Patty aurait terminé sa triste vie à l’abattoir, comme bien d’autres animaux qui subissent une exploitation massive et meurtrière au nom de la consommation de viande et de lait.

Le Leon vegano animal sanctuary sauve les animaux de ferme, leur terrain actuel devient trop petit pour leurs 55 protégéEs (et les futurs à venir), un appel aux dons a été lancé afin de trouver de quoi acheter un nouveau terrain plus grand, et au plus vite.

Voici un mini livret (en anglais) qui présente le projet actuel et futur du Leon vegano animal sanctuary.

Le but du Leon vegano animal sancturary est de sauver les animaux des abattoirs qui ne trouvent pas de place dans les autres refuges.

Avec ce sanctuaire, le Leon vegano animal sanctuary veut, bien entendu, offrir une fin de vie heureuse à ses animaux protégés mais aussi promouvoir le véganisme grâce à la sensibilisation, au respect et à l’éducation qu’ils mettent en place.

Le Leon vegano animal sanctuary veut ainsi créer un lieu où chaque être sera respecté selon son espèce, l’instinct de chacun sera naturellement développé, un lieu où tous les animaux pourront vivre une vie pour ce qu’ils sont : des individus uniques et inimitables.

Comme n’importe quel refuge, Leon vegano animal sanctuary a besoin d’aide, un besoin urgent d’argent pour créer leur nouvel espace. Il est possible de faire un don (ici les coordonnées bancaires) ou de parrainer un animal de leur refuge. Même une petite somme compte et a son importance!

Les dépenses illégitimes de la SPA de Paris

Voici un article du « Canard enchaîné » concernant, une nouvelle fois, les comptes de la SPA (de Paris). C’est encore et toujours édifiant, et cela montre comment les lois de l’entreprise, avec leurs approches et leurs méthodes, ont totalement gangrené celle-ci.

Il y a un nombre innombrable de scandales qui sont exposés dans cet article. Normalement, la SPA devrait être de dimension nationale, démocratique, avec des responsables dépendant de leur base et disposant de salaires très limités.

On travaille en effet pour la cause, on n’est pas là pour faire du profit, on est là pour servir les animaux. C’est un honneur que de servir un projet tel que devrait l’être la SPA (ou toute SPA, toute association – refuge en général).

Il est ainsi odieux de voir qu’un type comme le « directeur général » gagner 7000 euros par mois ! Certains diront que c’est le prix à payer pour avoir à sa disposition un « cadre ». Un quoi ? Un cadre d’une grande entreprise ? Quel rapport avec une SPA ?

Et ne peut-on pas considérer qu’un travail démocratique impliquant de nombreuses personnes ne vaut pas dix mille de ces cadres ? Voici d’ailleurs le parcours du directeur général :

DIRIGEANT
Conduire le changement dans une organisation aux enjeux stratégiques forts
Développer les compétences et fédérer les équipes
Mobiliser les ressources internes pour maximiser l’impact

⇨ Directeur des Ressources Humaines national et international accompagnant le développement fort des activités : véritable « business partner » très orienté résultats

⇨ Acteur de la cohésion sociale d’entreprise dans les environnements ouvriers et syndicalisés : Négociation, communication et marketing – « Diriger c’est communiquer »

⇨ Manager opérationnel au sein de groupes de services B to B avec conduite du redressement économique par la qualité de service et l’adhésion au projet d’entreprise : « Main de fer dans un gant de velours »

Expérience

Directeur Délégué aux Affaires Sociales et Juridiques
TLF – FÉDÉRATION DES ENTREPRISES DE TRANSPORT ET LOGISTIQUE DE FRANCE
– (1 an 6 mois) Région de Paris , France
Vice Président Ressources Humaines International
CMA CGM
– (10 mois) Marseille
Directeur de la Communication et des Ressources Humaines
Bolloré – Division Terrestre International : Bolloré Africa Logistics
– (3 ans 10 mois)
Directeur des Ressources Humaines
Bolloré – Division Terrestre International
– (4 ans 7 mois)
Président de la Commission Sociale et de la Formation Professionnelle de TLF
TLF – Fédération des Entreprises de Transport et Logistique de France
– (6 ans)
Directeur des Ressources Humaines
Bolloré – SFP Société Française de Production (Audiovisuel)
– (10 mois)
Secrétaire Général et Directeur des Ressources Humaines
MORY GROUP
– (5 ans 11 mois)
Directeur Général Compagnie Francaise de Transport de Voyageurs
CARIANE aujourd’hui KEOLIS
– (4 ans 5 mois)
Directeur Marketing, Directeur Commercial IDF, Directeur d’Agence…
CALBERSON aujourdhui GEODIS
– (7 ans 3 mois)
Chef d’entreprise
VOILE AU LARGE Ecole de Course à la Voile à bord de PEN DUICK III
– (6 ans)

Y a-t-il ici un rapport avec l’organisation dans le domaine de la protection des animaux, des refuges ? Est-ce le reflet d’un choix tourné vers l’aide aux animaux, d’une réflexion végane? Absolument pas! Cela signifie qu’au lieu de la transparence, on a un expert en business.

De la même manière, quelle est donc cette histoire de conseils en communication ? On fait des dons à la SPA pour donner 8400 euros par mois à de tels gens ?! Comme si la question de la communication n’était pas évidente : transparence, franchise, attitude incorruptible dans la défense des animaux.

Au lieu de cela, la SPA de Paris est client de cette société, tout comme des entreprises dont le but est le profit, comme par exemple Accor, Airbus SAS, Bouygues Telecom, Colony Capital, Fédération Bancaire Française, Financière Pinault, Fnac, Goldman Sachs International, Google, Hermès International, etc. ou encore la Présidence de Côte d’Ivoire, la Présidence de la République du Niger, etc.

Et à cela s’ajoute une boîte de coaching et de communication ?! Et également une entreprise de relations presse ?! Cette dernière s’occupe d’ailleurs beaucoup de la nourriture pas du tout végane…

La SPA (de Paris), au lieu de faire confiance aux gens pour diffuser l’information, d’organiser l’opinion publique, donne des milliers et des milliers d’euros à des gens comme cela?!

16 000 euros par mois, 192 000 euros par mois, et après la SPA (de Paris) explique qu’elle est obligée de tuer des animaux dans les refuges par manque de moyens !

Journées portes ouvertes de la SPA les 17 et 18 mai 2014

Le week-end du 17-18 mai 2014 auront lieu les journées portes ouvertes de la SPA, dans plus de cinquante refuges. C’est une date importante et à diffuser localement; des dizaines de milliers d’êtres vivants attendent un témoignage concret de solidarité.

C’est l’occasion pour nous de rappeler que le véganisme doit, nécessairement à nos yeux, aller de pair avec l’amour des animaux. Ces derniers ne doivent pas être des otages pour le pessimisme et la misanthropie, ils doivent être reconnus dans leur réalité, dans leur nature même. Adopter, aider dans les refuges, agir en tant que famille d’accueil, faire des co-voiturages, etc., tout cela fait partie pour nous du b-a-BA du véganisme.

Parlons clairement : il est impossible de vivre dans une ville et de ne pas trouver, de manière relativement régulière, un animal perdu ou blessé. Si on le trouve pas, c’est qu’on ne l’a pas vu. C’est là un problème culturel de grande importance, et être végan c’est exercer son œil, c’est réfléchir à l’avance, c’est faire attention à son environnement, c’est être en mesure de prendre soin au cas où.

Le véganisme n’est nullement l’aboutissement d’un processus, dont le végétarisme serait une sorte de sas intermédiaire. Bien au contraire, le véganisme, c’est le début d’un processus nouveau, d’ouverture à l’environnement, de reconnaissance de la Nature en tant que règne du vivant.

Rappelons juste pour finir qu’adopter un animal amène également des exigences financières: un vétérinaire, cela coûte cher! Et il est hors de question de laisser tomber notre compagnon en cas de pépins, même lourds!

La Société Protectrice des Animaux recueille chaque année près de 40 000 animaux dans ses 56 refuges. Deux fois par an, les journées Portes Ouvertes SPA permettent de solliciter un plus grand nombre de personnes pour offrir le plus vite possible une seconde chance à ces animaux !

Pour la première fois à Paris, ouverture d’un refuge éphèmere de la SPA !

Cette année, la  Société Protectrice des Animaux va à la rencontre des parisiens en installant un refuge éphémère sur la Seine à bord de la péniche Louisiane belle. Ce refuge éphémère permettra aux parisiens de venir adopter l’un des 200 chiens et chats présents sur la péniche.

La Société Protectrice des Animaux proposera à Paris toute une série d’animations :
Stand vétérinaire (conseils de santé, éducation canine, conseils nutritionnels)
Animations pour les enfants
Démonstrations d’obé-ryhtmée (danse avec un chien) et d’agility tout au long de la journée
Photocall pour se prendre en photo avec son animal.

Tous les refuges SPA se mobilisent !

Les 56 refuges de la SPA se mobiliseront comme chaque année ! Les responsables des refuges connaissent bien leurs pensionnaires et sont de bons conseillers pour tous les futurs adoptants. Adopter est une démarche responsable pour laquelle chaque membre de la famille doit se sentir impliqué.

Les salariés de la SPA veillent aux profils des adoptants et essaient de proposer à chacun un animal adapté à ses attentes et ses conditions de vie.

Des animations attendent les futurs adoptants dans les refuges :
Brocante, vide-grenier
Tombola
Concerts
Parcours d’agility
Maquillage enfants
Photos maître-animal
Educateurs canins, conseils vétérinaires

Retrouvez la liste des refuges sur www.spa.asso.fr/refuges. N’hésitez pas à vous renseigner auprès du refuge le plus proche de chez vous sur les animations proposées et les animaux cherchant un nouveau foyer !

« les larmes coulaient de mes yeux, c’étaient ses larmes »

« Ah ! ma petite Sonia, j’ai éprouvé ici une douleur aiguë. Dans la cour où je me promène arrivent tous les jours des véhicules militaires bondés de sacs, de vielles vareuses de soldats et de chemises souvent tachées de sang…

On les décharge ici avant de les répartir dans les cellules où les prisonnières les raccomodent, puis on les recharge sur la voiture pour les livrer à l’armée.

Il y a quelques jours arriva un de ces véhicules tiré non par des chevaux, mais par des buffles. C’était la première fois que je voyais ces animaux de près.

Leur carrure est plus puissante et plus large que celle de nos boeufs ; ils ont le crâne aplati et des cornes recourbées et basses ; ce qui fait ressembler leur tête toute noire avec deux grands yeux doux plutôt à celle des moutons de chez nous.

Il sont originaires de Roumanie et constituent un butin de guerre…

Les soldats qui conduisent l’attelage racontent qu’il a été très difficile de capturer ces animaux qui vivaient à l’état sauvage et plus difficile encore de les dresser à traîner des fardeaux.

Ces bêtes habituées à vivre en liberté, on les a terriblement maltraitées jusquà ce qu’elles comprennent qu’elles ont perdu la guerre : l’expression vae victis s’applique même à ces animaux… une centaine de ces bêtes se trouveraient en ce moment rien qu’à Breslau.

En plus des coups, eux qui étaient habitués aux grasses pâtures de Roumanie n’ont pour nourriture que du fourrage de mauvaise qualité et en quantité tout à fait insuffisante.

On les fait travailler sans répit, on leur fait traîner toutes sortes de chariots et à ce régime ils ne font pas long feu.

Il y a quelques jours, donc, un de ces véhicules chargés de sacs entra dans la cour. Le chargement était si lourd et il y avait tant de sacs empilés que les buffles n’arrivaient pas à franchir le seuil du porche.

Le soldat qui les accompagnait, un type brutal, se mit à les frapper si violemment du manche de son fouet que la gardienne de prison indignée lui demanda s’il n’avait pas pitié des bêtes.

« Et nous autres, qui donc a pitié de nous ? » répondit-il, un sourire mauvais aux lèvres, sur quoi il se remit à taper de plus belle…

Enfin les bêtes donnèrent un coup de collier et réussirent à franchir l’obstacle, mais l’une d’elle saignait…

Sonitchka, chez le buffle l’épaisseur du cuir est devenue proverbiale, et pourtant la peau avait éclaté. Pendant qu’on déchargeait la voiture, les bêtes restaient immobiles, totalement épuisées, et l’un des buffles, celui qui saignait, regardait droit devant lui avec, sur son visage sombre et ses yeux noirs et doux, un air d’enfant en pleurs.

C’était exactement l’expression d’un enfant qu’on vient de punir durement et qui ne sait pour quel motif et pourquoi, qui ne sait comment échapper à la souffrance et à cette force brutale…

J’étais devant lui, l’animal me regardait, les larmes coulaient de mes yeux, c’étaient ses larmes.

Il n’est pas possible, devant la douleur d’un frère chéri, d’être secouée de sanglots plus douloureux que je ne l’étais dans mon impuissance devant cette souffrance muette.

Qu’ils étaient loin les pâturages de Roumanie, ces pâturages verts, gras et libres, qu’ils étaient inaccessibles, perdus à jamais.

Comme là-bas tout – le soleil levant, les beaux cris des oiseaux ou l’appel mélodieux des pâtres – comme tout était différent.

Et ici cette ville étrangère, horrible, l’étable étouffante, le foin écœurant et moisi mélangé de paille pourrie, ces hommes inconnus et terribles et les coups, le sang ruisselant de la plaie ouverte…

Oh mon pauvre buffle, mon pauvre frère bien-aimé, nous sommes là tous deux aussi impuissants, aussi hébétés l’un que l’autre, et notre peine, notre impuissance, notre nostalgie font de nous un seul être.

Pendant ce temps, les prisonniers s’affairaient autour du chariot, déchargeant de lourds ballots et les portant dans le bâtiment.

Quant au soldat, il enfonça les deux mains dans les poches de son pantalon, se mit à arpenter la cour à grandes enjambées, un sourire aux lèvres, en sifflotant une rengaine qui traîne les rues.

Et devant mes yeux je vis passer la guerre dans toute sa splendeur… »

(Rosa Luxembourg, « Écrits de prison »)

L’arbre au soleil et le lait de vache au Japon

L’arbre au soleil est un manga qu’on peut en quelque sorte appeler un « classique » du genre. Il a d’ailleurs comme auteur Osamu Tezuka, considéré en quelque sorte comme l’équivalent de Walt Disney au Japon, avec une oeuvre vraiment très grande.

Ce manga du début des années 1980 décrit, de manière réaliste et humoristique, le Japon du milieu du 19ème siècle, à un moment crucial pour ce pays qui s’ouvre au monde par la force, sous la pression des États-Unis qui veulent ouvrir des routes commerciales.

Dans ce climat où les « shoguns » cèdent la place aux empereurs qui vont moderniser le pays, on suit les aventures de deux jeunes : un samouraï tourné vers les valeurs traditionnelles et un étudiant en médecine qui lui est marqué par les grandes avancées européennes en ce domaine.

Ce qui est intéressant ici, c’est de voir le choc des cultures, et voici précisément une image concernant directement la question du rapport aux animaux.

Profitons en pour rappeler ici que le lait de vache a été utilisée historiquement en Europe, et que sa digestion est très difficile pour le reste de la population mondiale (qui n’a pas d’origine européenne ; voir notre article Blédina et Danone à l’assaut des populations pauvres (et d’origine asiatique))

Ce qui est frappant ici c’est de voir surtout comment la démarche de la personne européenne est considérée comme choquante. L’auteur ne sait d’ailleurs pas vraiment comment s’en sortir, alors il termine sur une sorte de blague où le samouraï fait face à la vache.

Il faut dire que la consommation de lait a été depuis très largement imposée par l’industrie, comme elle l’est actuellement en Chine. Voici ce qui s’est passé au Japon, avec une petite citation d’un article de « l’Observatoire Cniel des Habitudes Alimentaires ».

En l’apparence, l’article est sociologique et il s’agit d’un « observatoire » de simples chercheurs. Sauf que « CNIEL » est un acronyme signifiant « Centre national interprofessionnel de l’Économie Laitière ». L’organisme se présente, au détour d’une explication, de la manière suivante :

« L’OCHA est un observatoire au service de l’interprofession laitière,  un centre de ressources et de recherches partagées avec la communauté scientifique autour de l’approche par les sciences humaines et sociales de l’alimentation, des systèmes alimentaires, des relations homme / animaux et de l’évolution de la relation aux nourritures d’origine animale. »

On l’aura compris, il s’agit d’un « think tank » anti-vegan, de l’un de ces organismes d’intellectuels impulsés par l’industrie pour fournir une idéologie, des justificatifs, etc. Voici ce qu’il dit sur le Japon…

« Le troisième moment important pour la culture laitière japonaise se situe à la fin de la deuxième
guerre mondiale (1945). Avec la présence des troupes américaines, on recommande et
on encourage l’adoption d’habitudes alimentaires occidentales en remplacement de certaines pratiques traditionnelles.

On se met à manger du pain plutôt que du riz, de la viande plutôt que du poisson, et du lait plutôt que de la soupe miso dans le but d’internationaliser la cuisine japonaise. Ces recommandations résultaient de considérations culturelles, mais aussi nutritionnelles.

L’aide alimentaire fournie par les États-Unis après la guerre afin d’éviter la famine entraîne, de manière imprévue, des changements importants dans la consommation alimentaire des Japonais,
notamment celle des produits laitiers, qui explose. La consommation de fromage, par exemple, passe de 60 g par an et par personne en 1950 à 2200 g en 2007. Un changement aussi rapide des pratiques alimentaires sur une période de 60 ans a rarement été observé ailleurs. »

On devine très bien ici comment est masqué la modification par en haut des habitudes, derrière les concepts de « considérations nutritionnelles », « internationaliser la cuisine japonaise », « éviter la famine », etc.

C’est pour cela que plonger dans l’histoire est important : cela permet de comprendre comment les habitudes alimentaires ne datent en rien de la « nuit des temps », mais possèdent une histoire…

Luc Ferry conseille l’agriculture face aux inéluctables « mouvements hostiles »

Luc Ferry est « le » grand penseur français anti-animaux et anti-écologie. Dans Le Figaro, auquel il a accordé une interview, il dit une chose essentielle : il avertit les éleveurs qu’ils doivent prendre eux-mêmes en main la question animale, sans quoi… la société va finalement leur être hostile.

C’est intéressant, car déjà il montre que contrairement à ce qui a été fait tout récemment encore par certains (mais en général surtout par l’association L214), il ne faut certainement pas aider les éleveurs à comprendre le véganisme, à se « moderniser ».

Ensuite, il souligne le fait inéluctable (et lui-même le reconnaît en tant que tel) que va surgir une vague en faveur de la libération animale.

Au-delà des animaux domestiques, quid des animaux d’élevage, de leur alimentation et des conditions d’abattages (gavage d’oie, abattage rituel, élevage en batterie…)?

Qu’on le veuille ou non, le problème ne cessera de monter en puissance, car, pour des raisons de fond que je ne peux pas développer ici, la sensibilité à la souffrance animale ne cessera de s’accroitre dans les pays démocratiques.

J’ai eu l’occasion d’en parler à plusieurs reprises avec Xavier Beulin, le patron de la FNSEA, un homme que j’estime et respecte et qui comprend très bien les choses. Si vous comparez la France à des pays comme la Chine, le traitement des animaux d’élevage en France est remarquablement humain.

Allez sur les sites internet et vous verrez comment on écorche y vifs chiens et chats par millions sans le moindre scrupule. Il y a sur le net des vidéos qui tournent sur ces sujets et qui soulèvent le cœur: on y voit des chats qu’on ébouillante pour mieux arracher leur peau vivants, des chiens qu’on écorche vif et qui continuent à vivre et à saigner pendant des heures.

Donc, notre agriculture à bien des arguments à faire valoir par rapport à d’autres traditions.

Reste que son intérêt est de se saisir elle-même du problème pour faire des progrès, car faute d’en faire, je le dis avec la certitude de ne pas me tromper, elle sera rattrapée un jour ou l’autre par des mouvements hostiles de l’opinion publique. Du reste, un paysan qui respecte ses bêtes et qui se respecte lui-même, ne s’amuse pas à les faire souffrir.

Cela est tout à fait juste : il a raison de dire avec « certitude » que l’opinion publique va se lever de manière hostile contre l’exploitation animale.

Et il a raison de dire, également, que le meilleur moyen de l’exploitation animale en France pour se maintenir, c’est de se prétendre plus « humaine », plus « proche des animaux », plus « correcte », etc. En cela, elle est aidée de manière évidente par le « réformisme » en faveur du « bien-être » animal.

Mais tout cela ne tiendra pas ; le système de l’exploitation animale est partie pour inévitablement s’effondrer dans les prochaines décennies, et cela à l’échelle planétaire. L’humanité ne peut pas tenir « contre » Gaïa.

Et justement, il y a lieu de s’intéresser à une autre question à laquelle a répondu Luc Ferry.

Passons sur ses insultes perpétuelles visant à nier qu’il y ait une philosophie de la libération animale : lorsque Luc Ferry traite les amis et amies des animaux de « zoophiles », il ne fait que rappeler qu’il est un vil propagandiste cherchant à faire passer ses ennemis idéologiques pour des gens fondamentalement idiots, voire pervers.

Non, ce qui compte, c’est sa vision de la Nature. Luc Ferry nie la Nature, il nie la symbiose et l’entraide animale qui est pourtant un fait évident, et d’ailleurs l’importance des bactéries dans la vie complexe organisée en est une preuve évidente…

Et de manière subtile, il prétend que la pensée de Descartes sur les animaux est « aberrante », alors qu’elle est en réalité tout à fait logique et correspond absolument à l’anthropocentrisme, à sa conception « métaphysique » d’un Dieu ayant donné le « libre-arbitre » aux humains, et aux humains seulement…

Dans les traditions philosophiques, quel est le rang de l’animal entre l’être et la chose?

C’est toute la question, et elle est cruciale, d’une profondeur philosophique abyssale. Les animaux ne sont ni des choses, comme le prétendait Descartes de façon aberrante, ni non plus des humains, quoi qu’en disent les militants fondamentalistes qui discréditent leur propre cause par leurs délires «zoophiles».

La preuve? Les animaux n’ont pas de morale, d’éthique et ils n’enterrent pas non plus leurs morts, ce qui dénonte aussi une absence d’interrogation métaphysique. On a déjà vu des humains dépenser des trésors d’énergie pour sauver une baleine, on n’a jamais vu, sauf dans les contes de fées, une baleine en faire autant pour eux.

Ce sont en revanche, comme nous, des êtres sensibles, susceptibles d’éprouver du plaisir et de la peine et même, pour les mammifères supérieures, de développer une intelligence et une affectivité considérables.

C’est cela qu’il faut prendre en compte et respecter, sans pour autant les «humaniser».

Le problème, c’est que le cartésianisme a marqué profondément la tradition française avec sa fameuse théorie des «animaux machines». Descartes pensait sérieusmeent que les animaux n’étaient que des automates, des machines ultra sophistiquées, sans doute, mais quand même des machines sans affect. Par exemple, il déclare tranquillement que les hurlements que pousse un animal pendant une vivisection n’ont pas plus de signification que le «timbre d’une pendule».

C’est évidemment absurde, et aucun scientifique aujourd’hui ne défend plus cette thèse. Déjà Maupertuis objectait à Descartes que si les animaux étaient vraiment des automates, personne ne s’amuserait à être sadique avec eux. On n’a jamais vu personne, disait il, torturer une horloge alors qu’on a souvent vu des enfants ou même des adultes prendre plaisir à torturer une bête…

Luc Ferry tente de sauver les meubles de l’anthropocentrisme, de la religion, il tente de sauver le tout en faisant des animaux… ce qu’ils sont en fait pour le bouddhisme et l’hindouisme. Dans ces religions en fait, les animaux sont des âmes qui en raison de leur mauvais « karma », se sont réincarnés en animaux, être inférieurs.

L’idée de Jules Ferry, c’est de cesser de nier ouvertement les animaux comme dans les religions chrétiennes, musulmane et juive jusque-là, pour leur accorder une reconnaissance… mais comme « êtres inférieurs ». Voilà pourquoi Jules Ferry peut dire :

La protection des animaux ne mène-t-elle pas à l’anthropomorphisme?

C’est précisément un écueil à éviter et malheureusement, les militants de la cause animale tombent souvent dans le piège. L’animal est un intermédiaire entre la chose et l’homme, il n’est ni l’un ni l’autre, et qui confond les deux tombe dans un véritable délire qui nuit de toute façon à la cause animale. J’aime bien la formule de Michelet, comme j’aime le poème de Hugo sur le crapaud: tous deux parlaient joliment de nos «frères inférieurs», ou de nos «frères d’en bas». Je trouve que c’est bien vu et que cela suffit à tout faire pour éviter les souffrances inutiles aux animaux.

C’est très bien vu, et la modification de la loi en cours (nous en reparlerons lorsqu’elle sera votée, dans la semaine) a exactement le même sens.

Des recettes « végétales » qui contiennent des produits laitiers

C’est un problème récurrent, qui tient aux définitions. Dans les commerces alimentaires ou dans les revues en effet, il est possible de trouver des produits mentionnés comme étant d’origine végétale ou des recettes « végétales ». Nous avions déjà évoqué ce problème.

Mais quand on y regarde de plus près, ces produits ne sont pas du tout végétaux…

Par exemple, en supermarchés se trouve la « pizza végétale Ristorante » de la marque Dr Oetker. Seulement, la liste des ingrédients montre immédiatement que cela relève de la supercherie intellectuelle : Farine de blé, 19% purée de tomate, 12% fromage (mozzarella, edam), 9% tomates cerises, 9% poivrons, eau, crème aigre, huile végétale, 3% oignon, 3% préparation de piments (piments, eau, vinaigre de vin, sel, antioxydant (acid ascorbique), acidifiant (acide citrique), 1.5% olives, levure, sel iodé, sucre, amidon modifié, ail, origan, cosses de piment, poivrons, concentré de tomates, protéines de soja hydrolysées, acidifiant (acide lactique), extrait de levure, matière grasse végétale, vinaigre de vin, farine de riz, caramel, dextrose, carottes en poudre, oignons en poudre, poivre.

Le fromage n’est bien sûr pas un produit végétal, le lait étant produit par les vaches qui attendent un veau, les produits laitiers (et de ce fait le fromage) sont donc des produits venant des animaux.

Seulement, bien sûr, le lait a une définition « floue », parce qu’il rentre de plein pied dans l’exploitation animale. Ainsi, selon le Règlement (CEE) n° 1898/87 du Conseil du 2 juillet 1987 concernant la protection de la dénomination du lait et des produits laitiers lors de leur commercialisation :

La dénomination «lait» est réservée exclusivement au produit de la secrétion mammaire normale, obtenu par une ou plusieurs traites, sans aucune addition ni soustraction.Toutefois, la dénomination «lait» peut être utilisée:

Suivent alors diverses exceptions. En tout cas, suivant cette définition, le beurre et la crème… ne seraient pas des produits laitiers, mais des « matières grasses ». Même les glaces ne sont pas considérées comme des produits laitiers!

Et donc, de manière intéressante, le lait en tant que sécrétion mammaire de la vache est séparé du reste des productions du corps, qui sont alors des « sous-produits » comme le précise de manière pseudo « subtile » la législation européenne :

Les sous-produits animaux sont définis comme les cadavres entiers (ou parties) d’animaux ou les produits d’origine animale non destinés à la consommation humaine, y compris les ovules, les embryons et le sperme. Ils représentent plus de 15 millions de tonnes de viande, de produits laitiers et d’autres produits, y compris le lisier. Ces matières sont ensuite éliminées ou transformées et réutilisées dans un grand nombre de domaines, y compris le secteur cosmétique ou pharmaceutique, ainsi qu’à d’autres usages techniques.

Voilà de sérieuses subtilités n’aidant pas à la clarté. Ainsi, et ce cas n’est pas rare, et si l’on y prête un peu attention, il est facile de voir que bon nombre de produits définis comme « végétaux » contiennent une matière d’origine animale. Le flou légal permet d’entretenir le flou général, et inversement.

En voici un autre exemple avec cette recette issue d’un quotidien régional de « galette végétale » qui contient… du yaourt !

Parce qu’un aliment ne contient pas de « viande » il n’en devient pas pour autant un produit végétal. Le miel, les œufs, les produits laitiers, sont des éléments produits par les animaux et qui sont issus de leur exploitation.

Un plat aux légumes et au fromage n’est pas un plat végétalien, c’est un plat végétal… et au fromage! C’est pourtant simple, mais voilà, il y a une idéologie dominante.

Pourtant, tout le monde sait que le lait n’est pas un végétal, quelque chose qui pousse dans les arbres ou dans la terre.

Il serait ainsi grand temps d’arrêter ces fausses appellations, qui sont totalement aberrantes. Pour cela, il faut de la rationalité, des définitions.

Pour cela, il faut arrêter le jeu de la confusion entre végétarisme et véganisme, tout le discours relativiste; il faut barrer la route à l’absence de définitions strictes et de règles, car c’est aussi à cause de ce genre de dénominations mensongères qu’apparaissent des personnes qui se prétendent végétariennes tout en mangeant les poissons ou les poulets, qu’il y a la porte ouverte aux flexitariens et aux laxistes en tout genre, hipsters et autres.

Une installation dans un ours empaillé?

Voici une information totalement grotesque, diffusée ici par le quotidien Le Figaro : au début du mois d’avril, à Paris, une personne issue du milieu se voulant artistique va vivre pendant quinze jours dans le corps d’un ours naturalisé….

Le but de cette manœuvre serait, selon l’initiateur du projet, d’avoir un accès mystique à la vie de l’animal lui-même! On va tout de même très loin dans l’obscurantisme….

Mais cela n’est pas étonnant, puisque cela se passe au « musée de la chasse et de la nature » – on reconnaît là tout le « mysticisme » propre à l’idéologie de la chasse, dont nous parlons malheureusement bien souvent.

On n’échappe d’ailleurs pas non plus à l’egotrip typiquement décadent, puisqu’il y aura des caméras pour filmer la personne non stop, comme l’explique le communiqué de presse:

Allongé dans l’animal taxidermé, ne disposant que du strict nécessaire à sa survie, le performeur sera épié en permanence par deux caméras de surveillance. L’expérience de l’artiste s’appliquant à « devenir animal » sera relayée en permanence et en direct sur le nouveau site Internet du musée.

Voici comment le quotidien Le Figaro présente ce « happening » sordide.

INSOLITE – Du 1er au 13 avril, au Musée de la Chasse et de la Nature, un performeur va vivre à l’intérieur d’un ours brun naturalisé.

Ça va sentir le fauve! Tel Jonas dans sa baleine, Abraham Poincheval va s’isoler treize jours durant dans un ours empaillé. Au Musée de la Chasse et de la Nature on promet que ce n’est pas un poisson d’avril mais une performance artistique qui «puise son inspiration dans le chamanisme».

Du 1er au 13 avril, donc, Abraham Poincheval dormira, mangera, fera ses besoins, et passera le temps en lisant dans son animal de 115 kilos qu’il a reconstitué et aménagé en capsule de survie. La bête sera installée au centre du salon de Compagnie de l’hôtel de Guénégaud, au premier étage de ce musée parisien.

L’artiste va tenter «d’accéder à un état méditatif»

Assis comme dans une chaise longue rembourrée de coussins, le performeur, ne disposant que du strict nécessaire, tentera «d’accéder à un état méditatif, d’expérimenter les conditions de vie de l’animal et la perception du monde qui est la sienne».

Son expérience sera médiatisée en direct via le site du musée. Elle a déjà connu quelques précédents. Abraham Poincheval a été emmuré une semaine dans une librairie et enterré sous le parvis de l’hôtel de ville de Tours pendant huit jours.

« Expérimenter les conditions de vie de l’animal et la perception du monde qui est la sienne« , voilà que cet « artiste » ne doute de rien ! Comme si un ours empaillé allait lui « transmettre » quelque chose parce qu’il s’installe dedans, de manière aménagée avec de la nourriture lyophilisée et des tubes pour boire et évacuer les déchets… C’est complètement délirant.

On atteint ici un très haut niveau de négation de la Nature, au profit du pure « esprit ». Car expérimenter les conditions de vie de quelqu’un, c’est vivre avec lui au quotidien, partager les joies et les peines, la facilité et la dureté de la vie, et certainement pas se mettre en avant devant un public en faisant son show dans le corps d’un animal mort.

Ici, ce pseudo artiste crucifie une fois de plus la dignité animale et cela au nom de l’expérience « personnelle ». Encore et toujours on retrouve le culte de l’ego contre la Nature.

D’ailleurs, le type met son « expérience » sur le même plan que la découverte « des Amériques » (voir la vidéo ici), rien que ça!

Alors que l’art pourrait être un moyen pour représenter, et aussi dénoncer, critiquer, pour servir des causes nobles (comme cet artiste qui fait des portraits des chiens dans les refuges)….

Ici, une nouvelle fois, on a les animaux pris en otage pour un geste décadent pseudo artistique anti-végan, pour « expérimenter » des actions futiles où vulgarité, perversion et égocentrisme sont de mises et érigées en norme !

« Invisible dog »

Dans l’article cité hier, il était parlé de l’un des théoriciens anti-nature, Serge Moscovici. C’est le père de l’actuel ministre de l’économie. On peut effectivement se douter que le gouvernement actuel baigne intellectuellement dans tout cet esprit « moderne » anti-Nature.

Les réactionnaires en profitent largement, tellement c’est facile à critiquer. Najat Vallaud-Belkacem est par exemple une cible facile.

Elle a dit hier : « Nous avons dit dès le départ que le 8 mars, c’était toute l’année », pourtant elle n’a rien dit sur le comportement de François Hollande vis-à-vis de Valérie Trierweiler…

Et qui plus est, elle fait partie des gens militant pour la reconnaissance du principe des mères porteuses…

Regardons cependant quelque chose qui nous intéresse : le rapport aux animaux. Découvrons encore un objet délirant : le « chien invisible ».

Ce truc est apparu dans les années 1970, vient d’être relancé par un Français qui a réalisé récemment une galerie d’art contemporain de 1400 m², le « invisible dog art center« , dans les locaux d’une ancienne usine new-yorkaise où justement était fabriqué le « invisible dog ».

C’est là qu’on retrouve Najat Vallaud-Belkacem, dans l’esprit « moderne », bobo, hipster, queer, etc. Voici comment le quotidien conservateur qu’est Le Figaro raconte cela :

« La ministre l’a ramené de Brooklyn lors de l’un de ses passages éclairs à New York. C’est un petit caniche qui présente bien des avantages. Il n’aboie pas.

Ne mordille pas les chevilles des visiteurs, ni n’abîme le mobilier national de l’hôtel de Broglie qu’elle occupe.

Il n’oblige pas à se baisser pour ramasser ce qui doit l’être. Mieux, il n’a pas de sexe. Indifféremment chien ou chienne, chien et chienne, selon les désirs de son maître. Son nom: Invisible Dog, une laisse rigide qui se termine par un collier vide.

Outre-Atlantique, il fait fureur chez les bobos. En France, ils ne sont que quelques-uns à en posséder un. Comme souvent, Najat Vallaud-Belkacem se croit en avance sur son temps.

C’est vrai en matière d’art. N’a-t-elle pas fait décrocher de son bureau une toile de maître qui faisait pourtant le bonheur de ses prédécesseurs au motif, selon ses propres mots, qu’il s’agissait d’une «vraie croûte!» , lui préférant une peinture abstraite? C’est encore plus vrai en matière de politique et de lois sociétales. »

Quelque chose comme ce « chien invisible » est précisément ce qui fait partie d’une culture dont il faut se débarrasser. On est dans la pose, dans l’amusement aux dépens des animaux. On est là dans le refus d’avoir des responsabilités, de reconnaître la réalité.

On n’est pas simplement dans une sorte de gadget plus ou moins inutile : on est ici dans ce qui se veut de l’art, de la subversion. Or, c’est ni plus ni moins que du nihilisme et dès que cela concerne les animaux, c’est de la barbarie.

Ce « invisible dog » affirme que le meilleur chien est celui qui se plie de manière complète aux exigences des humains, qui ne se fait pas remarquer. Bref, qui est invisible quand il le faut, sur simple demande. On est dans une perspective totalement dénaturée…

Ce qui est l’occasion de rappeler le mépris nécessaire pour tous les bobos, hipsters, queers et autres délires!

Liberator – Salvation of innocents

Nous avions il y a quelques mois présenté la bande dessinée américaine « Liberator », qui parle de l’ALF et de la libération animale.

Début mars sort une nouvelle série, liée à la sortie d’un nouvel album du groupe de musique Earth Crisis (dont nous avons traduit plusieurs chansons: Ecocide, Firestorm / forged in the flames, This is the new ethic, Eden’s demiseThe disciplineThe wrath of justice, Gomorrah season end, Destroy the machines).

C’est l’occasion de poser quelques questions à l’auteur de la bande dessinée, Matt Miner.

Comment en es-tu arrivé à écrire « Liberator » ?

J’ai été toute ma vie un fan de comics et je suis actif pour les animaux depuis une décennie, donc quand j’ai appris des choses au sujet d’hommes et de femmes dans la clandestinité pour la libération animale, j’ai pensé que cela serait un grand concept pour le média. Pour moi, les hommes et les femmes qui mettent des masques au milieu de la nuit et font des actions pour les animaux sont les super-héros de la vraie vie.

Combien de gens ont été impliqués ? Quels étaient les objectifs ?

Eh bien, dans le noyau dur de l’équipe créative… je suis l’écrivain, Javier Sanchez Aranda fait les dessins et les encres, et Joaquin Pereyra fait la coloration numérique.

A part nous, il y a la personne faisant le lettrage, un éditeur, des artistes pour la couverture et des coloristes, des artistes pour les affiches, des artistes pour les choses diverses en plus, etc. etc. Alors, avec la sortie de l’édition rassemblant les publications nous en sommes arrivés à 10 nouvelles équipes pour raconter 10 nouvelles histoires dans le monde de Liberator, et donc le volume 1 en format de poche a 50 pages de nouveau matériel fourni par tous ces autres gens. Plutôt sympa.

Les objectifs étaient de raconter une histoire amusante et convaincante sur un justicier à l’intérieur de ce monde de la libération animale. Le but n’était pas de prêcher, mais de divertir et d’inspirer.

Dans « Liberator », on peut souvent voir des références à une sorte de culture classique du milieu vegan straight edge, postpunk, avec par exemple des groupes comme Earth Crisis, Propagandhi, Minor Threat, etc. Dans quelle mesure cela a-t-il été une influence pour toi ?

J’ai grandi dans la communauté punk rock, qui est très politiquement marquée. Ainsi cela a du sens pour moi que d’avoir nos héros dans « Liberator » qui agissent également dans le même monde. Tellement de groupes punk et hardcore ont les mêmes idéaux et les mêmes vues politiques – ils parlent d’un style de vie drug free et des droits des humains et des animaux, alors c’est simplement cohérent.

Lorsqu’on voit les deux principaux protagonistes de « Liberator », on peut voir que d’un côté l’homme accorde une importance forte sur la justice et les symboles, étant vraiment sensible et accordant une valeur politique à sa propre colère. De l’autre côté, la femme pense d’une manière plus raisonnable, ne perdant jamais les animaux de vue dans ses tâches. Comment en es-tu arrivé à « opposer » ces deux figures ?

Damon était censé être plus en colère, plus réactif comme activiste, alors que Jeanette était censée être quelqu’un gardant l’esprit clair. Le fait est que Damon termine en étant moins efficace, parce qu’il laisse intervenir dans ses actions des vendettas personnels et le facteur vengeance, perdant souvent la vue d’ensemble.

Je vois beaucoup ce type de pose macho dans le mouvement pour les droits des animaux, et ce n’est pas une chose dont je suis fan.

A la fin de Liberator, il y a toujours plusieurs articles au sujet des droits des animaux et des activistes. Peux-tu nous en parler ?

Je voulais être certain que la bande dessinée n’était pas du type sermonneur, qu’il s’agissait d’une histoire sympa dont tout le monde pourrait profiter. De l’autre côté, les problématiques posées dans le livre sont celles qui me tiennent à cœur ; j’ai donc passé des coups de fil à des amis et des figures au sein du mouvement pour faire ces articles, afin que les personnes lisant la bande dessinée soient en mesure, si elles veulent, d’en savoir plus sur cela.

Parlons d’une critique qui pourrait être faite. Quelle réponse ferais-tu à des gens disant que « Liberator » fait la promotion d’un romantisme individuel par la consommation personnelle de « l’art », et que c’est finalement une auto-célébration d’un milieu culturel sans aucune volonté de transformer la société ?

Je dirais que je reçois des emails tout le temps de la part de gens inspirés par le livre et désireux de passer à l’action. Des gens sont devenus végétariens ou végans, des gens ont commencé à devenir volontaires pour les refuges et des gens ont adopté des animaux sauvés des laboratoires, parce qu’ils ressentaient le besoin de faire quelque chose après avoir lu les bandes dessinées.

Des jeunes m’ont mailé, disant qu’ils voulaient s’impliquer dans les droits des animaux lorsqu’ils seraient plus âgés – c’est incroyable ! « Liberator » ne va pas changer le monde, mais pour le chien ou le lapin dont le sauvetage est inspiré par la bande dessinée, cela signifie tout.

Quel est le futur de « Liberator » ? Parle nous du projet avec Earth Crisis !

Les prochaines séries sont une collaboration avec Earth Crisis et cela raconte l’histoire qu’on retrouve dans leur nouvel album concept, « Salvation of the Innocents ». Earth Crisis a pris contact avec moi et m’a demandé si je voulais faire une bande dessinée avec eux et naturellement la réponse a été immédiatement oui.

La nouvelle série, appelée Liberator / Earth Crisis : Salvation of Innocents (« Sauvetage des innocents »), introduira un nouveau personnage et toute une nouvelle gamme de problèmes pour le monde de Liberator. J’ai hâte de voir cela sortir !

Pour le futur, nos personnages vont continuer – et de nouvelles histoires seront racontées, mais ils vont changer et évoluer, afin que cela soit différent et très sympa.

Le colloque au Sénat « Nous et l’animal »

Il y avait hier deux manifestations : une à Lille contre la chasse des renards, une à Toulon pour les droits des animaux. C’est un signe des temps qui changent et les animaux « apparaissent ».

Cependant, tout est parfaitement encadré, rien ne déborde, tout le monde reste en définitive bien sage. Contrairement à la vague végane des années 1990 dans certains pays (Angleterre, Etats-Unis, Allemagne, Autriche…), tout est institutionnalisé de manière impeccable.

Pour preuve, le colloque « Nous et l’animal » organisé le 7 février dernier par le « think tank » Ecolo-Ethik (c’est-à-dire un organisme de réflexion financé par les entreprises, voire l’Etat). Il a été fondé par Chantal Jouanno (ex UMP désormais centriste) et l’avocat David Lefranc.

Pour connaître l’opinon de ce dernier, citons le :

« Les positions abolitionnistes sont non seulement marginales mais contre-productives. » « C’est un chiffon rouge qui est utilisé pour bloquer toute avancée dans le domaine de la protection animale. »

Cela veut tout dire, et d’ailleurs ce colloque s’est tenu… au Sénat. Rappelons que le Sénat c’est cette sorte de second parlement au fonctionnement incompréhensible et qui en fait est un bastion du conservatisme, il « casse » les lois trop « marquées » décidées par le Parlement, il les neutralise.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a aucune réflexion : la chaîne « Sénat » n’hésite pas à diffuser des documentaires très progressistes, et là il y a ce colloque. Mais le but, c’est de moderniser, pas de changer quoi que ce soit.

Ainsi, de nombreux « spécialistes » ont été invités au colloque : Yann Arthus-Bertrand, Peter Singer, Jane Goodall, Matthieu Ricard (un moine bouddhiste), l’inévitable Boris Cyrulnik, Elisabeth de Fontenay, Allain Bougrain-Dubourg, Yves Coppens (un paléoanthropologue), les reponsables de 30 millions d’amis ou encore Laurence Parisot (ancienne présidente du Medef, le « syndicat » des patrons).

On notera également la présence de responsables directs de l’exploitation animale, salués au passage par un « tweet » d’ecolo-ethik :

Ecolo-Ethik ‏@EcoloEthik 12 févr.
Merci aux représentants des éleveurs qui ne doivent pas être les boucs émissaires de nos choix de société. http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/statut-de-l-animal-les-tenors-de-la-cause-animale-laissent-peu-de-place-aux-eleveurs-colloque-ecolo-ethik-84131.html …”

C’est très parlant !

Le colloque a en pratique consisté en quatre tables rondes (avec en tout pratiquement 80 « experts ») avec comme thèmes :
- « l’animal et l’économie »
- « le régime juridique de l’animal en France et à l’étranger »
- « l’animal et l’éducation »
- « la reconnaissance de l’animal par la science et la pensée »

Sur Sciences et Avenir, on a dans ce cadre droit à une interview (datant en fait de 2012!) de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, qui a participé au colloque et qui est présenté comme un « spécialiste de l’éthique animale ». Or, sa biographie montre surtout que c’est en réalité un très haut spécialiste militaire… On a les « spécialistes » que l’on peut!

Toutefois il faut bien voir que c’est le droit qui va être modernisé, pas la morale. Pas question en effet que l’on en arrive à la libération animale : le système compte se protéger en « verrouillant » autant que cela soit nécessaire.

Il y a lieu ici de citer le quotidien Libération, qui présente de manière assez claire la problématique :

« La sénatrice Chantal Jouanno a plaidé vendredi pour une meilleure prise en compte du «bien-être animal» à travers, notamment, la création d’une fonction de «médiateur» chargé de veiller à l’application du droit en la matière.

Le fait que l’animal soit considéré comme un «bien meuble» dans le Code civil fait que «tout ce qui est acte de cruauté envers un animal est aujourd’hui très peu sanctionné en France», a-t-elle indiqué à l’AFP, à l’occasion d’un colloque au Sénat organisé par le club de réflexion Ecolo-Ethik, qu’elle préside avec la magistrate Laurence Vichniesky.

La récente condamnation à Marseille d’un homme après la diffusion de vidéos sur internet où il jetait un chat en l’air à plusieurs reprises est «une exception», estime Mme Jouanno.

L’ex-secrétaire d’Etat à l’Ecologie souhaite s’appuyer sur les conclusions du colloque pour faire 25 propositions pour lutter contre la «maltraitance inutile» et mieux déterminer la place de l’animal dans le système économique, le droit mais aussi l’éducation ou la culture. »

Il s’agit de « gommer » les aspects les plus criants, de « séparer » autant que possible les animaux dits de compagnie et ceux qui sont dans les fermes-usines, de « neutraliser » toute contestation en la plaçant sur un terrain juridique réformiste.

C’est on ne peut plus brillant. Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas des choses utiles, comme l’idée d’une « objection de conscience » pour les personnes refusant la vivisection lors des études de médecine – mais cela n’abolira pas la vivisection, cela la rendra « humaine ».

L’article de la revue L’Express au sujet du colloque est assez exemplaire également. Saluant le colloque comme historique et citant plusieurs fois L214, il est affirmé qu’il y a « le droit à une consommation de viande éthique et responsable ».

L’exploitation animale peut être satisfaite: la « modernisation » par le droit permet de faire passer la morale et la culture à l’arrière-plan. Ce round ci est pour elle, sans doute de manière inévitable. Mais la bataille n’est pas finie!

De nouveau sur « 269Life »

Nous avons déjà parlé de « 269″, un mouvement à nos yeux irrationnel et irrespectueux (Se marquer au fer rouge pour aider les animaux?!, Happening irrespectueux avec des têtes d’animaux morts).

Le Nouvel Observateur a publié au sujet de celui-ci un article très documenté intitulé Fer rouge, faux sang, « shoah » et poussins morts : 269Life, les pro-animaux de l’extrême.

Le voici ici pour archives, et une réflexion doit également être faite ici. 269Life est un mouvement israélien qui rue dans les brancards et assimile la condition animale dans l’industrie à la Shoah. C’est certainement discutable, mais c’est un positionnement moral radical.

Alors comment en arrive-t-on  encore une fois en France à des gens interprétant une telle radicalité… dans un sens réformiste, en acceptant qui plus est que des nazis soient dans leurs rangs?

2 octobre 2012. Enchaînés aux piquets qui forment autour d’eux un enclos de fil barbelé, trois hommes à demi-nu attendent en silence, assis sur les pavés de la place Rabin à Tel Aviv.

Un groupe d’individus encagoulés et vêtus de noir vient interrompre l’étrange tranquillité de la scène et s’empare un à un des hommes pour les immobiliser au sol. Un mètre plus loin, le souffle d’un chalumeau caresse une pièce d’acier sur laquelle est inscrit le numéro 269. Tour à tour et dans une violence orchestrée, les trois hommes vont se faire marquer le corps au fer rouge devant les visages choqués des badauds.

Cette première action-choc marque la naissance de 269Life en Israël et à travers le monde. À l’origine du mouvement, un jeune Israélien de 29 ans, Sasha Boojor, qui explique que son mouvement demande « la libération inconditionnelle des animaux ».

Le numéro 269 appartient à un veau que les activistes ont sauvé de l’abattoir dans une ferme laitière de la campagne israélienne. Le bovin est devenu le symbole du mouvement tant son utilisation dans la production de lait, de cuir et de viande est emblématique de l’exploitation animale.

Selon un manifeste publié sur leur site web:

« Il n’existe pas de cage assez grande, de lame assez bien aiguisée pour justifier l’exploitation industrielle des animaux […] La manière dont notre espèce traite les animaux prouve la complète contradiction avec la manière dont nous nous percevons, comme entité d’une société progressiste, juste et morale. »

Du militantisme à l’activisme

Pour Sasha, le végétalisme qu’il pratique depuis plus de dix ans n’est qu’une première étape essentielle « que toute personne responsable devrait effectuer », mais elle n’est pas suffisante.

Après des années de militantisme « traditionnel », le jeune homme décide de passer à l’action. Il ne croit plus aux méthodes de sensibilisation des autres associations et au végétalisme « trop passif ». Sasha organise une série d’événements destinés à choquer et à « utiliser sur les humains, la violence imposée aux animaux ».

Démarrage réussi pour 269Life avec le marquage au fer rouge de Sasha et de deux autres activistes en octobre 2012. Une vidéo visionnée plus de 340.000 fois sur YouTube, partagée par des milliers de personnes sur les réseaux sociaux, et de nombreux autres « marquages » en République tchèque, aux Etats-Unis ou en France.
En Israël, des activistes militent de façon inédite pour le végétalisme et la libération des animaux. Fédérés au sein du mouvement 269Life, ils multiplient actions-chocs et inondent les réseaux sociaux.

Depuis, le groupe alimente plusieurs fois par jour sa page Facebook et organise d’autres mises en scène dans les rues de Tel Aviv ainsi que des expéditions de libération dans des fermes du pays.

Plusieurs milliers de militants se sont fait tatouer « 269″ sur le corps pour afficher leur soutien à la cause animale.

Plusieurs fois arrêté et placé en garde à vue, Sasha réplique : « Aller en prison ne me dérange pas, c’est la manière dont les animaux sont emprisonnés qui me dérange ».

Lors de leur dernière action, qui les a conduits a déverser du faux sang et des poussins morts dans les bureaux d’une entreprise gestionnaire de fermes avicoles, les participants ont tous été placés en garde à vue par la police et relâchés le lendemain.

« Shoah animale » ?

Quid du caractère extrême de ces actions ? Selon Sasha, il n’y a « aucune autre alternative pour réveiller les consciences ».

Pourtant des voix s’élèvent contre 269, leur actions et leur discours, même au sein des sympathisants de la cause animale. Les premières critiques sont apparues lorsque le mouvement a décidé de joindre la parole aux actes et a qualifié l’industrie de la viande d’« holocauste animal » en écho aux déclarations d’écrivains et de survivants de la Shoah devenus végétariens.

Isaac Bashevis Singer, auteur juif et prix Nobel de littérature en 1978 a été l’un des premiers à faire cette analogie dans l’un de ses romans. Ainsi, il écrit dans « The Letter Writter » :

« Dans les relations avec les animaux, tous les gens sont des nazis ; pour les animaux, c’est un éternel Treblinka. »

Pour les activistes de 269, les similitudes avec la Shoah sont frappantes (transports, logistique des abattoirs, tatouages). Ces déclarations ont fait l’effet d’une bombe dans l’état hébreu où les questions relatives à la Shoah sont, encore aujourd’hui, sur toutes les lèvres.

Une version française du mouvement

269 a fait des émules dans plus de 40 pays à travers le monde et notamment en France où l’on comptabilise plusieurs centaines de sympathisants.

Alexandre Philippot-Bonnavent est porte-parole et initiateur du collectif français depuis février 2013 : « Sasha et ses amis nous conseillent et nous soutiennent. Nous travaillons en collaboration avec les Israéliens pour développer nos actions ». Alexandre a été séduit par la façon innovante de parler de la protection animale et, selon lui, la violence des actions permet de toucher une nouvelle frange de militants qui n’a plus confiance en la méthode douce.

Contrairement au positionnement de Sasha, la déclinaison française se focalise sur la protection des animaux et non pas sur leur libération inconditionnelle car « la puissance des lobbies est trop importante en France » selon Alexandre.

Dès sa création, 269Life France a été épaulé par d’autres associations emblématiques comme L214, qui lui ont apporté soutien et crédibilité. Pour Alexandre : « En France, on a décidé d’éduquer les animaux humains pour sauver un maximum d’animaux non humains sur le long terme. »

La dernière sortie des activistes français date du 1er février, lorsqu’ils ont organisé un simulacre de banquet, place de la Bastille, à Paris, au cours duquel étaient présentées au public des têtes, respectivement de mouton, d’agneau, de porc, et en bonne place, une tête humaine.

Le storytelling, les mises en scène et la communication bien huilées de 269 semblent fonctionner, mais jusqu’où les activistes sont-ils prêts à aller pour faire entendre leur cause ? À cette question, Sasha répond : « Mon dévouement pour les animaux est tout pour moi, il n’y a que ça qui compte et je donnerai ma vie pour eux « .

Happening irrespectueux avec des têtes d’animaux morts

Nous avions déjà parlé de « 269 », un mouvement pour les animaux à l’idéologie aberrante, avec des gens se marquant au fer rouge. Un groupe existe en France et a organisé hier à Paris un happening absolument révoltant.

Il y avait déjà L214 qui manifestait avec des animaux morts, là on a de nouveau une démarche du même type, peut-être encore plus immonde puisqu’il s’agit de plusieurs têtes d’animaux morts.

Comment peut-on faire cela ? Mais comment peut-on ? Comment ose-t-on faire une mise en scène, avec du maquillage et une dimension théâtrale ?

Nous ne parlerons pas une nouvelle fois de la dimension religieuse mystique d’une telle initiative, nous l’avons déjà fait. Ce que nous voulons souligner ici, c’est que c’est une insulte fondamentale à la dignité animale.

Un être vivant mort mérite le respect de son « cadavre ». L’enterrement et l’incinération sont les seules voies dignes. Il n’y a pas à exhiber des morceaux de corps, serait-ce pour un « banquet troublant » qui relève du sinistre happening.

Il faut le respect de ce qu’on appelle les « cadavres ». C’est le b-a-ba de la civilisation. Nous ne demandons pas des cérémonies religieuses, qui n’ont aucun sens d’ailleurs à part justement historiquement une avancée de civilisation, comme expression du respect.

Mais il y a un respect minimum. On ne peut pas être vegan et ne pas prôner le respect absolu de la dignité animale.

De plus, dans la courte brève AFP qu’on ne retrouve que sur 2-3 sites, il est dit :

Quelques dizaines de militants de la cause animale, partisans d’une alimentation 100% végétale, ont dressé samedi la table d’un « banquet troublant » place de la Bastille alignant de véritables têtes de bétail devant l’Opéra.

Veau, mouton, porc, agneau, ces têtes sorties à grand peine des abattoirs et congelées par les militants de l’association « 269 Life France » visaient à attirer l’attention sur les conditions de l’élevage industriel ainsi que sur l’impact environnemental de la consommation de viande, ont-ils indiqué à l’AFP.

Comment peut-on être vegan et congeler une tête ? Comment peut-on avoir suffisamment de nerfs, de cynisme pour arriver à faire cela ?

Comment peut-on être vegan, ouvrir la porte d’un congélateur et y placer une partie d’un être assassiné ? Une personne végane, c’est quelqu’un qui refuse un réfrigérateur d’occasion en raison justement de qui a été dedans après l’assassinat…

Et encore, les personnes non véganes mettent le plus souvent des produits d’origine animale passés par l’industrie. Mettre des têtes en tant que tel, à part les bouchers et les tueurs en série, il n’y a pas grand monde pour avoir le « cran » ou l’envie de faire cela…

Et posons la question : que sont devenues ces têtes, justement ? Ont-elles été enterrées dignement ? Ou bien ont-elles jetées à la poubelle, tout simplement ?

Tout cela est glauque et sinistre. Et il suffit de chercher deux minutes parmi les sites facebook des participants de cette mise en scène pour tomber par exemple sur cela comme « amis » : « Égalité et réconciliation », « Jours de colère », les nazis de « Groupe Action Nature », le négationniste Faurisson…

On a donc une personne fan des nazis posant devant des têtes d’animaux morts lors d’une initiative d’un groupe dont l’origine est israélienne ? C’est aussi cinglé que les vegans queers faisant du porno ou tournant en identitaires basques et n’en ayant rien à faire des animaux…

Tout cela est complètement délirant. Et cela montre que la scène végane prise au sens large n’est nullement imperméable à la société qu’elle est censée critiquer pourtant.

On est là dans la culture facebook où l’on se croit révolutionnaire à coups de clics, on est dans l’idéologie de la télé spectacle où l’on se croit activiste lorsqu’on fait de la provocation. On est là pratiquement dans le Dieudonné, dans l’infantilisme le plus complet. Et soyons certains et certaines que ce n’est pas malheureusement pas fini !

Véganisme ou végétalisme?

Ces dernières semaines, on a pu lire sur internet de nombreux articles au sujet de l’alimentation. On y retrouve la thèse selon laquelle il existe de nouvelles formes d’alimentation, considérées comme plus ou moins délirantes, et bien entendu le végétalisme en ferait partie.

En fait, c’est relativement vrai dans la mesure où il existe une forme de végétalisme non lié au véganisme, et simplement tourné vers la santé. Comme, en plus, le véganisme a été abandonné comme stratégie par beaucoup de gens s’orientant vers le végétarisme, le réformisme, etc., alors le mélange est d’autant plus facile.

Voici l’extrait d’un article exprimant ce point de vue :

« Les interdits alimentaires mettent à mal, avec la restauration rapide, l’art français et latin de la table et sa civilisation de la commensalité. Les aventures d’Astérix se finissent par un festin, symbole de réconciliation, à l’instar des autres lieux de socialisation où il faisait bon manger en France : cafés-concerts, banquets républicains et guinguettes populaires.

Les chrétiens, plus sécularisés, ne veulent rien s’interdire de manger mais ils sont oublieux en cela de préceptes (abstinence, faire maigre).

Orientés vers les désirs narcissiques, les Occidentaux ont remplacé les interdits par une autre forme d’obsession, celle du bien manger : l’orthorexie. D’où les régimes et l’aspiration récurrente à un âge d’or alimentaire, à travers les régimes macrobiotique, végétarien, végétalien, ou le dernier en date : le régime préhistorique crudivorien, à base de gibiers et de baies, excluant les produits transformés. »

On remarque que le végétalisme est considéré comme un « trouble », qu’en fait tout cela serait une mode, une sorte de hobby, de fuite par rapport à la « bouffe industrielle ».

Tout cela est bien entendu n’importe quoi, mais là n’est finalement pas la question. Le véritable problème de fond, c’est que finalement il y a une sorte de mouvement de balançoire : alors que le véganisme disparaît comme proposition, le végétalisme quant à lui est quelque chose de plus en plus connu.

Mais végétalisme et véganisme apparaissent comme découplés, le rapport n’est plus évident, et d’ailleurs en fait il ne l’est pas historiquement. Pire, les deux formes apparaissent comme totalement coupées l’une de l’autre.

Certains pourront trouver cela pas si mal, parce qu’au final, le véganisme consiste en plusieurs choses, qui prises séparément, finissent par se rejoindre : idéalement, les gens refusant la fourrure rejoindraient les personnes végétaliennes, qui toutes seraient rejointes par celles refusant la vivisection, etc.

Le problème est qu’on voit mal pourquoi cela se déroulerait de cette manière-là. Pourquoi, spontanément, les gens iraient-ils au véganisme par une pratique partielle ? Par quel chemin y aurait-il, par ce détour, une reconnaissance de la vie animale ?

Surtout que le végétalisme a parfois comme moteur sa propre santé, comme le refus de la fourrure repose sur un choix moral totalement personnel. Comment en arriverait-on à une vision globale, d’où viendrait la saut général ?

Finalement, ce qui ressort, c’est que le véganisme s’est enlisé, s’est dilué dans des revendications, et que finalement il a disparu.

Il y a beaucoup de choses à étudier ici. On sait par exemple que le terme « vegan » en anglais signifie à la fois végétalien et ce qu’on appelle « vegan » ici en France. Quel est l’aspect que les gens ont privilégié dans leur compréhension de tout cela ?

Inversement, pourquoi en Allemagne et en Autriche le terme de « vegan » a-t-il réussi à s’imposer, avec un mouvement se distinguant de la simple question alimentaire ?

On peut alors penser que justement, comme on est en France, c’est la question de la « bouffe » qui compte.

Sauf que là il y a quelque chose qui ne colle pas. En effet, ces quinze dernières années, il y a eu une énorme progression de gens adoptant les principes du halal et du casher. Il n’y a pas lieu d’interpréter ce phénomène ici, qui a de multiples aspects (et surtout que ces gens-là auraient pu et dû devenir vegan straight edge!).

Ce qui compte ici, c’est que ces gens, en tout cas une partie significative, est très stricte dans sa démarche. Elle regarde attentivement ce qui est correct, ou non. Elle se plie à des exigences qu’on peut considérer comme importantes, sans rechigner, sans se plaindre.

Si on compare aux éternels complaintes de nombre de personnes véganes en France, il y a beaucoup de choses à comprendre… Et notamment, que la question de la « bouffe » n’est pas l’aspect prédominant et absolu, comme on peut souvent le penser, et ce en tout cas pour une partie significative de la population.

Vegan Reich: The way it is

Voici les paroles de la chanson The way it is, du groupe des années 1990 Vegan Reich, qui a eu une influence historique sur le mouvement straight edge (avec notamment la culture hardline; voir également ici pour la chanson « This is it »).
D’aucuns se moqueront de la naïveté ou de la radicalité du texte, selon. Mais ceux et celles qui agiront ainsi sont simplement des gens se voilant la face, car de la même manière qu’on ne négocie pas avec Auschwitz, on ne négocie pas avec l’exploitation animale.

Fuck you, shut your fucking mouth. We didn’t ask for your opinion.
We’re telling you the way it is so sit back and listen.
Allez vous faire foutre, fermez vos putains de gueule. Nous n’avons pas demandé votre opinion.
Nous vous disons la manière avec laquelle cela va être alors asseyez-vous et écoutez.
Your position is irrelevant to this situation, it’s black and white,
you’re wrong we’re right, and you’d better come to that realization.
Votre position est hors de sujet, c’est noir ou blanc,
vous avez tort nous avons raison, et vous feriez bien d’arriver à prendre conscience de cela.
Because it’s murder plain and simple, no justification
for the taking of a life without provocation.
Parce que c’est purement et simplement du meurtre, pas de justification pour prendre une vie sans y être incité.
You’d be guilty of crimes in courts through out the nation;
if your victim was human you could face execution.
Vous seriez coupable de crimes devant les tribunaux dans tout le pays ; si la victime était humaine vous feriez face à la peine capitale.
Laid down in stone there can be no other definition.
Meat and dairy production is torturing, is killing, for no purpose for your ego for the taste their blood you’re spilling.
Gravé dans la roche, il ne peut pas y avoir une autre définition.
La viande et la production de lait, c’est la torture, le meurtre, pour aucun autre but que votre ego pour le goût de leur sang que vous faites couler.
Belsen, Auschwitz, Dachau the similarity is frightening.
A master race mentality of liberty for those with superiority.
Belsen, Auschwitz, Dachau, la ressemblance fait peur.
Une mentalité de race supérieure, avec la liberté pour ceux qui sont supérieurs.
Your moral civilized society is built on brutality and cruelty.
Where normality is insanity and sanity extreme ideology.
Votre société civilisée morale est bâtie sur la brutalité et la cruauté. Là où la normalité est folie et le fait d’être sain d’esprit une idéologie extrême,
Like the resistance to Nazi Germany, we don’t obey laws of barbarity.
So expect no fucking mercy if you’re guilty you will pay.
Comme la résistance à l’Allemagne nazie, nous n’obéissons pas aux lois de la barbarie.
N’attendez donc pas de putain de pitié, si vous êtes coupables vous paierez.
No chances to discuss it you’re gonna fucking hang.
Terrorists and hooligans? Just you fucking wait!
Aucune chance de discuter, vous allez être putain de pendu
Terroristes et hooligans ? Juste attendez de voir !
If that’s the image you create of us you ain’t seen nothing yet.
What did you think this was a college debate?
Si c’est l’image que vous avez créé de nous vous n’avez encore rien vu. Qu’avez-vous pensé, que c’était un débat universitaire ?
This is war so stay the fuck out of the way we’re coming through that door.
And once we free those enslaved we’ll even up the score.
C’est la guerre, alors restez putain hors de la route, nous allons passer tout droit en force.
Et une fois que nous avons libéré les esclavagisés, on améliorera même les statistiques.
Guilty of murder you’ll face the new law!
Coupable de meurtre, vous affronterez la nouvelle loi !

Modification de la loi sur l’IVG

Hier, le parlement français a modifié une loi : celle sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG), c’est-à-dire l’avortement. Auparavant, la loi autorisait l’avortement pour une femme si « son état (la) place dans une situation de détresse ». Désormais, ce sera si elle « ne veut pas poursuivre une grossesse ».

En pratique, il n’y aura pas de différence, car la loi n’était pas appliquée dans la mesure où le terme de « détresse » n’a jamais été défini, et l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est également remboursée à 100 %. Le seul critère est le délai : 12 semaines de grossesse, sans quoi l’avortement n’est plus autorisé.

Le résultat est qu’il y a à peu près 220 000 avortements en France chaque année. Et si l’avortement est un droit pour les femmes qui doit être maintenu et défendu, il n’en reste pas moins que ce sont 220 000 avortements de trop.

Pourquoi cela ? Parce qu’au bout de quelques semaines, le fœtus a déjà une forme, un cœur, une activité cérébrale. C’est une vie qui s’élance vers son développement, vers la naissance. Elle est donc à préserver, dans la mesure du possible.

Tout le problème est de savoir quelle est cette mesure du possible. Le problème ici est qu’on se passerait bien de cette question, et que c’est possible : il suffirait que les connaissances concernant les moyens de contraception soient vraiment diffusées et que les moyens de contraceptions soient gratuits!

Il faudrait donc qu’à l’école il y ait ces cours, avec des contrôles de connaissance ! Ce n’est bien entendu pas le cas, parce que les obscurantistes religieux ont tout intérêt à laisser les femmes dans la méconnaissance d’elles-même…

Il y a bien quelque chose à comprendre ici : dans la guerre de l’humanité contre la Nature, il existe deux démarches, qui s’opposent en apparence mais se rejoignent au fond, par l’apologie du « libre arbitre » et de la négation de la Nature.

La première, c’est le capitalisme qui engloutit tout au nom du profit. La seconde, c’est la religion qui considère que tout est figé de manière particulièrement abstraite.

Le capitalisme, dans sa folie conquérante, considère que tout doit être possible du moment qu’on paie. L’individualisme doit être total, et aucune définition n’est acceptable. La Nature serait une illusion, seule compte la volonté.

L’une des formes extrêmes de libéralisme est ainsi le mouvement « queer », qui va jusqu’à nier l’hétérosexualité et l’homosexualité, ainsi que les hommes et les femmes. Tout serait faux, la liberté de l’individu doit être complète, toute définition serait une oppression, etc.

L’avortement est pour l’ultralibéralisme une simple « opération de routine », et c’est d’ailleurs un gouvernement brutalement conservateur, avec Valéry Giscard d’Estaing comme président de la République, qui a accordé le droit à l’avortement.

Le fœtus est alors considéré comme une simple surproduction : il est aspiré avec une sorte d’aspirateur et jeté à la poubelle ou bien « supprimé » par voie médicamenteuse et il termine alors dans une cuvette de toilette.

Cela est faux et incorrect, et cela saute aux yeux qu’on ne peut pas avoir une vision aussi commerciale du corps.

C’est une vision totalement mécaniste et capitaliste, qui est d’ailleurs celle de la « féministe » « pro sexe » Peggy Sastre :

« Si situation de détresse il y a, c’est de tomber enceinte quand on ne l’a pas voulu. De se prendre dans le buffet la réalité d’un corps toujours parfaitement disposé à vous trahir (et je crois que cette épée de Damoclès fait partie des choses que les hommes, même avec les « meilleures intentions » et la « meilleure volonté » du monde, ne pourront sans doute jamais appréhender).
Par contre, dans le fait de pouvoir reprendre le pouvoir sur un corps qui vous trahit – que ce soit une rage de dent, un cancer ou une grossesse non-désirée –, il n’y a principalement que du soulagement et de la joie.
Vive l’IVG ! »

Mettre sur le même plan un cancer et une grossesse, c’est absolument n’importe quoi… C’est vraiment avoir une mentalité ultra-individualiste de personne arrogante ne voulant pas être dérangée, et surtout pas par « son » corps – parce qu’on est encore ici dans la séparation aberrante entre corps et esprit.

En pratique, une femme n’a pas un « objet » en trop, un « truc » en plus comme dans le film « Alien » ; l’enfant est issu d’un processus naturel…

Les ultras capitalistes comme Peggy Sastre sont une terrible caricature, et c’est là qu’arrivent tous les cathos fachos qui utilisent la critique du capitalisme absolu pour mettre en avant « Dieu » et sa morale, qui est en réalité une morale patriarcale, féodale, rétrograde, obscurantiste, etc.

Très nombreux sont les gens à tomber dans ce panneau, parce qu’ils voient bien que sont inacceptables les délires de « liberté » complète et de négation de la réalité naturelle de la grossesse…

Sauf qu’ici on n’a pas la Nature, mais un « Dieu » et soi-disant « ses » valeurs. Et justement les vegans, qui veulent préserver la vie, ont toujours vu l’hypocrisie des anti-avortement qui n’ont strictement rien contre l’exploitation animale mais tout contre les droits des femmes, voire les femmes elles-mêmes.

Comme l’a formulé l’association PeTA à ce sujet aux États-Unis (comme d’ailleurs beaucoup d’autres, c’est un thème récurrent là-bas), tout le monde ne fait pas face à l’avortement dans sa vie personnelle, mais tout le monde mange, et donc il y a lieu d’assumer de vouloir défendre la vie tout le temps…

En conséquence, LTD défend le droit à l’avortement mais n’apprécie pas l’avortement, qui est à éviter autant que possible.

Ce n’est pas une position originale pour des vegans, et encore moins pour des vegans straight edge. On la retrouve un peu partout dans les débats à ce sujet sur internet, surtout en anglais.

« S’il n’y avait rien d’autre à manger »

Quelque part sur le net, à l’occasion d’un article sur des personnes véganes, on peut lire la phrase suivante :

X admet que «seul sur une île déserte» il n’hésiterait pas un instant à tuer un animal pour satisfaire sa faim. «S’il n’y avait rien d’autre à manger».

Il y a là quelque chose de très intéressant, parce qu’il y a une problématique de fond quant au véganisme. En effet, le véganisme est une exigence qui rentre dans un contexte précis, à savoir le présent.

C’est un choix, une manière de vivre reposant sur un choix actuel. Est-ce que ce choix serait valable dans une autre situation ?

La réponse ne remet pas en cause le véganisme ; cependant, selon nous elle montre que le véganisme, en soi, n’est pas suffisant s’il n’est pas relié à la question générale de la Nature. En l’occurrence, nous ne pensons pas qu’un retour en arrière soit possible.

Cela ne veut nullement dire, bien sûr, que des gens devenus végans le restent. La grande erreur de la vision quantitative de l’accumulation numérique de personnes végans est que dans les faits cela se passe différemment, parce qu’il n’y a pas tout simplement « de plus en plus de végans ».

De la grande vague végan en Suède dans les années 1990, il ne reste plus grand chose, et les cas similaires sont nombreux ailleurs, notamment en France.

Mais, dans ces cas là, il s’agit d’une capitulation objective, pas d’un choix en tout état de cause (même si bien entendu la personne abandonnant le véganisme prétendra le contraire, voire deviendra farouchement anti-végan pour masquer sa propre défaite).

Par contre, imaginons le scénario farfelu suivant : on prend une personne végane et on la déplace sur une île déserte, où la survie dépend du meurtre d’animaux.

Eh bien nous pensons que la personne végane ne sera pas en mesure de tuer. Elle en sait trop. Même la personne citée plus haut ne le ferait peut être pas.

Abstraitement, on peut comprendre que les gens vivant il y a 100 ans ou même 50 ans n’aient pas été en mesure de devenir végans : trop compliqué à comprendre, à part pour une poignée d’individus. Mais très concrètement, on ne peut pas se transposer à leur place.

Quand on devient végan en effet, on passe un cap, on franchit une certaine dimension dans la démarche de la compassion.

Cela n’est nullement vrai « en général », et nous considérons que nombre de végans n’en ont finalement rien à faire des animaux, méprisant les refuges et se cantonnant dans une sorte de moralité chrétienne toute passive, voire antisociale.

Toutefois, pour une personne vraiment ouverte aux animaux et les aimant, un recul n’est pas possible, et heureusement, parce qu’il y a là une culture qui sera inévitablement celle du futur, à l’échelle de la société.

Le véganisme, en tant que compassion globale, triomphe moralement inévitablement, tout comme le refus de l’esclavage a galvanisé les gens avec le christianisme ou le bouddhisme, pour prendre un exemple historique.
Tuer dégoûte non pas simplement théoriquement, mais également en pratique ; un être vivant connaît forcément la compassion.

Cependant, alors pourquoi des animaux mangent-ils d’autres animaux, pourrait-on répondre ? C’est d’ailleurs un grand argument contre le véganisme, et c’est un argument intelligent car il comprend que le véganisme signifie, en fait et en soi, la compassion globale.

La réponse est à la fois simple et compliquée : tout prend du temps. La Nature n’est pas statique, elle se transforme, comprendre où elle va est difficile, mais il est évident déjà que les êtres vivants savent reconnaître la sensibilité en général.

Reste à avoir les moyens pour assumer la compassion – nous en tant qu’humains nous le pouvons en général ; on sait bien aussi que les animaux, dans de nombreuses situations pratiquent de la même manière la compassion, la solidarité « gratuite », sans parler de l’entraide.

Il existe un roman classique de science-fiction intéressant ici, présentant une utopie où les chiens font en sorte que tous les animaux deviennent végans : « Demain les chiens », de Clifford Simak. Asimov, le grand « pape » de la science-fiction, imaginait pareillement une « Gaïa » comme inévitable sur le parcours de l’évolution (puis une Galaxia, etc.).

Science-fiction, utopie ? L’évolution montre qu’on va vers toujours plus de complexité. On ne va pas vers le passé, vers une situation où il y aurait nous, un pistolet et une île déserte peuplée d’animaux attendant de se faire tuer.

D’ailleurs, cela n’a jamais été le cas : l’humanité « asservissant » la planète ne peut être qu’une parenthèse. C’est pour cela qu’il faut voir les choses en grand, en toujours plus grand !