Interview du groupe Purification

30 juillet 2010

« Purification » est un groupe de musique vegan straight edge, dont le style est hardcore / metalcore. Il est l’un des groupes connus de la vague des groupes de ce style de la fin des années 1990, dans la lignée d’un groupe comme Earth Crisis.

Il est connu également pour ses positions radicales (voir ici nos traductions de leurs chansons Holy War et Living in an age of mass extinction). Ce qui n’empêche pas une démarche pédagogique, comme on le voit ici avec les quelques questions et réponses. A noter que ce groupe italien sera en concert dans la région parisienne le 2 août 2010.

1. Purification est un groupe de hardcore / metalcore connu pour son engagement dans la cause de la libération animale et de la libération de la Terre. Peux-tu nous parler de l’histoire du groupe?

Moi (Monster) et Maurizio, notre précédent chanteur, avons eu l’idée de monter un groupe de musique vegan sxe en 1995, mais comme nous étions occupés avec d’autres groupes à l’époque, nous n’avons commencé celui-ci qu’une année plus tard, à l’été 1996.

Nous avons enregistré une démo, appelée “Arkangel”, durant l’été 1996, et notre premier single durant l’hiver de la même année, qui est sorti aux Etats-Unis sur Catalyst Records et en Europe sur Surrounded Records (notre propre label).

Après notre single nous avons sorti un maxi avec sept chansons, un split CD avec un groupe anglais du nom d’Unborn et un album en tant que tel sur Uprising records.

Nous avons fait partie de plusieurs compilations vegan sxe et nous avons notre discographie sortie également au Japon et en Amérique latine. Je pense que la plupart de notre production est déjà vendu mais on peut toujours en trouver sur ebay.

Il y a une info complète à ce sujet ici, sur la page de biographie du site et sur la page consacrée à la discographie.

2. Dans le monde d’aujourd’hui, l’exploitation animale augmente chaque jour, et la « culture » qui va avec. Penses-tu qu’être vegan straight edge est la manière adéquate pour se rebeller contre cela – une sorte de processus de « purification » des valeurs d’oppression qui ont l’hégémonie ?

A mon sens, bien sûr que ça l’est ! Il est très important de réaliser qu’une rébellion commence tout d’abord en soi-même; changer son mode de vie, pour un mode de vie sans cruauté et sans drogues, est bien sûr bien plus intéressant, productif et révolutionnaire que causer de l’esclavage des animaux tout en continuant à manger de la viande.

Le premier pas dans la reconnaissance qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans notre société qui tue et exploite les animaux est de devenir végétarien, et pour être conscient et alerte par rapport à ce qui se passe autour de soi, et rendre les coups, il faut avoir un esprit clair, libre des faiblesses qu’amène l’addiction aux drogues et à l’alcool. Un esprit clair et un corps clair, voilà la solution!

3. Nous pensons que vegan straight edge, c’est une nouvelle culture. Ce n’est pas seulement être vegan et être straight edge. C’est comme une nouvelle identité positive, une ouverture à la Terre et aux animaux. Qu’en penses-tu ?

Eh bien, je ne dirais pas que le xVx est une « nouvelle » culture en raison du fait que cela existe depuis plusieurs années déjà. Je dirais [même] qu’il y a un besoin d’une certaine innovation et de gens jeunes, la jeune génération a besoin de sauter le pas et de prendre le contrôle.

Ce que je vois en fait ce sont plus des kids intéressés par la mode de tout le mouvement hardcore, au lieu des valeurs qui vont avec, à part dans certains endroits comme l’Amérique du Sud ou l’Est européen.

Le mouvement (ou la culture comme vous dites) a besoin de se libérer de l’erreur du passé, les gens Vegan Edge ne sont pas mieux que les autres, ils ont juste besoin d’être plus concernés et plus conscients du monde dans son ensemble, et d’amener le plus de gens possible à ouvrir les yeux et de voir la vérité sur la réalité dans laquelle nous vivons.

Une société végane est pour sûr quelque chose d’utopique, mais une personne qui fait un effort et remplace la viande par le soja fréquemment, ou qui abandonne la viande, ou qui devient végétarien, c’est déjà un bonne avancée vers un monde avec plus de compassion.

4. En Russie et en Allemagne, il y a des gens qui se prétendent « hardline » et son en fait des gens « straight edge » qui se moquent des animaux et de la planète, et ne parlent de « pureté » que pour promouvoir un mode de vie raciste et ethno-différentialiste. Qu’en penses-tu ?

Cela est extrêmement ennuyeux et faux pour plein de raisons, tout d’abord parce que le mouvement Hardline (avec tous ses bons et mauvais aspects) a toujours été anti-raciste.

L’utilisation du mouvement Straight Edge pour soutenir des idées racistes est également inacceptable. Le Straight Edge en général devrait être acceptation et essayer d’avoir le plus de gens possible impliqués, au lieu de séparer ou de juste suivre une direction plein d’ignorance.

Un second point, selon moi, est que le SxE doit toujours aller avec le végétarisme, être Drug Free est le début du chemin, si on ne se libère pas soi-même de la cruauté ou si l’on s’en moque, le SxE n’amènera que peu de choses.

Au moins en ce qui me concerne, se respecter devrait logiquement amener au respect de la Terre et des animaux, quitter la vision anthropo-centrique du monde avec laquelle on a l’habitude de vivre.

5. Comment vois-tu le futur de la culture vegan straight edge?

Pour être honnête, je ne vois pas un futur lumineux en Europe, à moins que les jeunes commencent à s’intéresser de nouveau à cela et commencent à assumer des responsabilités à ce sujet. Le fait est que je peux à peine nommer quelques nouveaux groupes Vegan Edge et que nous nous référions toujours aux anciens groupes quand on en parle est assez révélateur. Avec Purification, nous voulons simplement aider des jeunes à de nouveau aller dans le Vegan Edge, afin qu’ils puissent commencer leurs propres groupes et qu’il y ait une rénovation.

Interview de Tonya Kay

23 juillet 2010

Tonya Kay est une actrice et une danseuse américaine, qui a à la fois un pied dans un certain monde alternatif et artistique, et de l’autre commence une véritable carrière. Voici les réponses à nos questions de cette vegane qui associe sa manière d’être à sa personnalité.

Son site est http://www.tonyakay.com/, et a publié des documents (livres, DVD, ebook) sur le véganisme crudivore et le fitness (http://kayosmarket.com/).

A noter qu’elle joue dans le film Bold Native dont nous vous parlions récemment.

1. Stomp est une performance musicale physique, et tu en as fait partie pendant trois ans, en tant que danseuse professionnelle. Mais tu es aussi une actrice et une cascadeuse.

Toutes ces activités demandent beaucoup d’énergie… Beaucoup de gens plein de préjugés auraient du mal à croire que tu es végane. Peux-tu nous en parler?

Quand j’ai à l’origine rejoint la compagnie STOMP, qui fait des tournées, je me souviens que les personnes présentes avec moi dans la troupe se moquaient gentiment de moi, m’appelant « lapin » lors de la restauration collective.

En tant que végane crudivore, je traverse la table entière, pour aller directement à la salade préparée et aux fruits coupés, au bout de la ligne.

Mais après trois années de performance dans la troupe, mes collègues ont certainement un peu changé leurs opinions. Eux aussi ont commencé à davantage apprécier la nourriture fraîche, et m’ont même complimenté pour mon énergie et mon physique fort. La boucle se boucle de belle manière!

Les gens sont souvent surpris qu’une végane crudivore puisse être une athlète professionnelle, et témoigne de tellement de passion et de feu.

Mais, à mes yeux, cela va avec. Si je veux que ma voiture soit dans la meilleure condition pendant la durée de temps la plus longue, je mets le meilleur carburant. Je ne me serrerais jamais la ceinture ou mettrais de l’argent de côté aux dépens de santé personnelle ou bien de ma condition physique. Je mets le meilleur carburant et mon corps répond en fonction !

Mais je rappelle aux gens que ce n’est pas l’alimentation végane crudivore qui fait les muscles. C’est l’exercice seulement qui fait les muscles. Et si vous voulez être un vrai athlète, alors il faut utiliser son corps ! Si vous voulez être durablement un athlète, alors faites avec le carburant le plus sain possible.

2. La chorégraphie, les cascades, le jeu d’acteur… Toutes ces activités combinent le corps et l’esprit. Est-ce un aspect important pour toi ?

J’ai beaucoup de feu interne, donc le mouvement est impératif dans mon mode de vie. Je danse, je fais des performances avec des arts dangereux, je voyage de par le monde – je dois toujours être en mouvement.

Je suis également une femme intelligente, j’ai été major de ma promotion, je suis désormais dirigeante de deux entreprises, mon esprit doit être également stimulé dans mon travail. Si je peux combiner le mouvement et l’intelligence, alors je suis une femme heureuse !

Ce qui me pousse continuellement à être actrice, danseuse, à participer à des performances dangereuses, en tant que profession, c’est comment cela combine mon corps et mon esprit de manière si effective : les danseurs doivent répéter à 100% chaque jour pendant huit heures, afin de réaliser une bonne performance, les acteurs doivent être flexibles sur le moment et capables de faire ses preuves, de se rappeler du texte, de gérer la lumière et l’ombre, et de saisir le bon moment, et les artistes menant des activités dangereuses doivent tout le temps prendre en compte tout le public, les assistants, la direction du vent et l’équipement du film ou du théâtre, afin de s’occuper de la sécurité de chaque personne divertie.

Oui, la représentation intègre mon corps et mon esprit, mais cela va aussi dans un sens auquel aucune carrière ne peut correspondre à part l’interprétation : les émotions. Quand j’ai donné 110% de mon corps, de mon esprit ET de mon émotion, alors j’ai vraiment contact avec le divin.

3. Quel genre d’alimentation recommanderais-tu ? Peux-tu nous parler du véganisme crudivore?

Je ne recommande pas d’alimentation particulière ou de mode de vie à personne, parce que la vérité est que, même si cet acteur pourrait essayer, je ne sais pas ce que c’est que d’être une autre personne – d’avoir à vivre leurs vies et d’être responsable de chaque interaction et action après un changement de mode de vie.

Je ne fais également pas de recommandations parce que… eh bien, à mes yeux, avoir un esprit ouvert est la qualité la plus essentielle d’une santé véritable, et pour moi penser savoir ce qui est le meilleur pour quelqu’un d’autre ne serait pas sain de ma part, ce serait avoir un esprit obtus.

Si vous voulez savoir quel régime alimentaire marche pour moi, eh bien je le crierais depuis le sommet d’une montagne et j’espère sincèrement que toutes les personnes qui me lisent peuvent trouver la même joie que j’éprouve, si c’est d’un régime alimentaire similaire au mien, alors cela nous rend semblable !

Je suis une végane crudivore et ouverte d’esprit à ce sujet. Je m’imagine que la plupart des lecteurs ici sont familiers avec le végétarisme. Je suis végétarienne depuis 26 ans alors que j’écris cela. Quelqu’un de végan est comme quelqu’un de végétarien, multiplié par cinq.

Une personne végane, en plus de ne pas consommer de viande, ne consomme également aucun produit d’origine animale, y compris le lait et les oeufs et leurs sous-produits. Je suis végane depuis 16 ans alors que j’écris.

Vous remarquez que les régimes alimentaires végétarien et végan sont définis par des restrictions : je ne consomme pas de viande, de lait ou d’oeufs.

Mais le véganisme CRUDIVORE est un régime alimentaire défini par l’abondance. Au lieu de se focaliser sur ce que nous ne mangeons pas, les personnes véganes crudivores se définissent parce que nous mangeons EN PRATIQUE.

Nous mangeons des produits frais. Si vous cuisez un bien alimentaire, il n’est plus frais. Les nourritures cuisinées ne vivent plus (ils ne pouvaient pas porter davantage de vie).

Ainsi, en tant que crudivore, je cherche à manger des alimentations vivantes, afin de remplir mon corps de vie. J’ai une alimentation non cuisinée, biologique, locale, avec les fruits de saison, les légumes, les noix et les graines.

Il n’y a pas besoin de temps ou d’électricité pour les préparer. On ne les trouve pas avec un emballage qu’il faut jeter ou bien recycler. Ils n’ont pas besoin de casserole et de plats qu’il faut laver après. Et ils apportent toute la force de la pleine vie. Maintenant, quand il m’arrive de manger des plats vegans cuisinés, il me semble brun et ont un goût mort. Alors que les plats vegans crus ont des couleurs éclatantes et ont un goût comme s’ils étaient en vie!

Les gens qui mangent crus se considèrent par ce qu’ils mangent et pour cette raison utilisent souvent un système de pourcentage quand ils communiquent entre eux. Personnellement je mange à peu près 95% cru et 100% vegan.

Beaucoup de gens mangent 80% cru vegan et, dingue, même le carnivore de burger qui a accidentellement mangé de la laitue sur son sandwich mange cru à 5% ce jour-là.

Quand le régime alimentaire de quelqu’un contient au moins 70% de nourriture crue, alors on commence à sentir les effets d’être plus vivant. On se sent très bien. Ainsi, je considère les gens mangeant plus de 70% de nourriture végan crue comme étant la partie haute des crudivores. Personnellement, au lieu de dire comme je le faisais que je suis crudivore à 95%, je dis simplement que je suis très grandement crudivore (« high raw ») et cela dit tout. J’ai un niveau élevé de crudivorisme!

4. Tu as joué dans le film « Bold Native. » Comment en es-tu arrivé à jouer dans ce film, et quel est ton point de vue quant à la libération animale?

A l’origine, j’ai lu le script pour les deux rôles féminins principaux, et je n’ai pas eu de retour d’Open Road Films, l’entreprise qui produit Bold Native, avant un temps vraiment très long. Maintenant, je fais des auditions 5 ou 6 fois par semaine, alors dès que je sors du bureau du casting, je tente de voir de l’avant et je ne compte pas les jours avant que je n’entende éventuellement quelque en retour pour un certain rôle ou bien que la production pour laquelle j’ai auditionné commence.

C’est l’attitude correcte à avoir. Mais Bold Native était différent à mes yeux. Je me demandais pourquoi je n’avais pas eu de retour d’Open Road Films. Je voulais vraiment faire partie de ce film!

Sorti de nulle part, probablement 5 semaines après mon audition, Denis Hennelly, le metteur en scène, m’a appelé et m’a demandé si je voulais revenir et si je voulais auditionner pour le rôle de I Rock. J’ai répondu « bien entendu, mais le rôle n’était pas fait pour un homme? »

Il s’avère en fait que l’équipe de production a vu mon audition plusieurs fois et pensé que je représentais « l’inattendu. » C’est Jeff Bollman, le caméraman, qui a suggéré qu’il me voyait pour jouer I Rock, la force de la nature farfelu, chaotique, qui était à l’origine écrit pour être un homme.

Une partie de mon audition a en fait constitué en une interview où Open Road Films me posait des questions sur l’action à laquelle je prend part pour la protection animale.

Bien entendu, la première chose que n’importe qui peut faire est de changer son régime alimentaire, et bien sûr j’ai demandé: pourquoi s’arrêter à végan, quand vous pourriez être un des animaux dont vous vous occupez, et pourquoi alors ne pas aller directement au véganisme crudivore !

Puis j’ai régalé l’équipe du casting avec histoire sur histoire de mon travail de volontaire pour les éléphants en danger en Asie (http://elephantnaturepark.org) ou mon soutien énergique et financier aux animaux sauvages capturés et sauvés (http://pawsweb.org).

Je donne aussi à des projets de reforestation par l’intermédiaire de http://carbonfund.org parce que je pense que le manque d’environnement est le danger permanent le plus grand à toutes les espèces.

Je soutiens aussi également l’économie verte telle que mise en avant par http://norml.org, j’ai lancé des campagnes de lettres contre la participation d’animaux dans les zoos et les cirques, ma voiture roule à l’essence d’huile végétale tirée des déchets, et je vote à toutes les élections locales.

5. Comment vois-tu le futur, à la fois pour toi et le véganisme?

J’espère que dans le futur mon travail en tant qu’actrice, dans les films comme à la télévision, aura davantage de visibilité de par le monde.

Si les projets de film ou de télévision impliquent des questions de conscience proches de mon coeur, alors ma vie est complète, n’est-ce pas ?

Si les projets où je joue ne sont pas aussi conscients que l’est Bold Native, par exemple, je m’efforce d’utiliser ma popularité pour ces projets, de continuer quand même la révolution des consciences et de passer le mot par l’intermédiaire d’interviews comme celui-ci ou même simplement en partageant un repas vegan crudivore avec un collègue pendant le tournage.

Et de la même manière que je regarde de l’avant pour avoir une voix qui porte de par le monde, je vois le véganisme aller de l’avant pour avoir de même une voix qui porte de par le monde. Même maintenant, il y a davantage de végétariens, de vegans et de crudivores enthousiastes dans les tournages de films et de télévision qu’il n’y en avait auparavant.

Je suppose que c’est un microcosme pour le monde. Parfois je ne sais même pas pendant des semaines qu’il y a trois autres vegans dans mon école d’acteurs, parce que nous ne parlons pas tout de suite de ce que nous mangeons. Mais plus nous parlons, plus nous réalisons que des modes de vie conscients comme le véganisme et l’écologie gagnent en effet en popularité dans le monde, et plus nous parlons entre nous, plus nous devenons influents.

Il faut rester en mouvement, il faut continuer d’y croire et il faut garder un esprit ouvert. Nous avons une résolution et nous ne devons pas oublier à quel point chacun d’entre nous est important.

« Personne n’est supérieur, végan ou viandards »?!

21 juillet 2010

Voici un commentaire qu’on nous a fait parvenir. Nous le publions car il représente une critique caractéristique: celle du relativisme.

Le thème, que l’on trouve souvent et qu’il faut connaître, est le suivant, pour résumer: la personne arrive et dit qu’elle est intéressée par le véganisme. Mais elle ne l’est pas. Pourquoi? Parce que « tout est relatif. » Par rapport à l’histoire de plusieurs millions d’années d’évolution… Ou bien encore à l’échelle d’une société…

Puis inévitablement la personne rappelle alors que des animaux se tuent,et que cela est naturel. Elle met alors en avant la même théorie que le milliardaire Teddy Goldsmith: Gaïa serait un garde-manger pour nous humains.

Il faudrait donc un « antispécisme modéré » ou bien global, et agir comme dans le film « Avatar »: tuer des animaux, les exploiter, mais les « respecter ».

Ce relativisme est une tentative évidente de ne pas être vegan en pratique. Pour cela, la personne doit nier le véganisme, et le seul moyen, c’est d’opposer véganisme et non véganisme.

Donc la personne se met au-dessus de tout… Une position qu’on appelle en philosophie le « solipsisme »: quand on croit que finalement on est le seul à exister.

Mais nous ce n’est pas notre cas: nous ne sommes pas végans simplement par « antispécisme », un terme que nous n’employons d’ailleurs pas. Nous sommes végans parce que nous aimons les animaux et voulons vivre en paix…

Bonjour, Je m’étonnes toujours du niveau très élevé d’intolérance des vegans vis à vis de leurs concitoyens. Par effet miroir, je supposes que les haines qu’ils suscites se projettent inévitablement dans l’autre sens. Cependant, quand on donne autant de leçons de vie au autre, il est quand même assez déplacé de ne pas s’appliquer à soi même les principes que l’ont pensent défendre.

Je pense à l’antispécisme avant tout. Il est clair que l’humanité ne l’est pas. Mais ceux qui ont fait le choix de devenir vegan se devraient de réfléchir un peu plus sur l’image qu’ils offrent et toute l’intolérance, et finalement la violence qu’ils dégagent.

Au final, on peut s’interroger sur le fait que la vie d’un véritable végan serait « de fait » impossible car reniant 20 millions d’années d’évolutions et de choix vitaux pour le fonctionnement de son organisme. Vouloir se passer des animaux est anti écologique… plastiques et matériaux de synthèses en tête. C’est paradoxale. A trop vouloir en faire, on finit par être pris au piège de ses propres choix. Les vegans shoes n’en sont qu’un exemple.

Sont t’elles meilleur pour la planete qu’une paire de sandale en cuir? ou en fibres naturelles? (cultivé à grands renforts de pesticides et moissonné avec du diesel) En poussant l’idée directrice vegan à son paroxysme, l’antispécisme même n’est plus, car l’humanité même est remis en cause. Renier et critiqué par ses choix techniques et alimentaire, ce qui fait que seul la non existence serait correct dans un monde véritablement végan. Ce paradoxe entraine avec lui toute cette idéologie. Pour ma part, je crois plus à l’antispécisme modéré qui voudrait qu’on puisse respecter toute vie à sa juste valeur.

Toute chose à son but et sa place. Mais l’évolution de la vie depuis le début, a vue un cycle se perpétrer où les espèces cohabitent et s’utilisent en bon entente en fonction de leurs besoins vitales.

Le lion mange la gazelle. La baleine le krill, et les bactéries tout le reste… Végétaux, animaux tous unis pour perpétrer la vie et ce même si ça passe par le mort. La mort utile, qui donne la vie. L’homme spéciste, lui, s’est placé au dessus de tout ça et sa technologie lui a fait croire qu’il pourrait se servir de la nature sans contrepartie et ce pour des besoins non vitaux.

Il a bafouer les règles et c’est ce qui vas le conduire à sa perte. Comme les égyptiens ou les dinosaures, l’homme vas disparaitre, laissant la place à d’autre espèces, plus intelligentes et mieux adaptés. En attendant, la prise de conscience ne passera pas par le refus du cycle de la vie mais par son encadrement. La tolérance est de mise car personne n’est supérieur, végan ou viandards…

Interview de Gabriel Kuhn, auteur de « Sober Living for the Revolution: Hardcore Punk, Straight Edge, and Radical Politics »

19 juillet 2010

Voici une interview de Gabriel Kuhn, qui a publié un ouvrage sur le Straight Edge, ouvrage où il donne la parole à plusieurs acteurs et actrices de ce qu’on peut appeler la scène straight edge.

Il donne ici son point de vue au sujet de nombreuses questions, un point de vue progressiste bien entendu, mais différent du nôtre car nous tenons énormément aux définitions, et refusons de relativiser le mode de vie vegan straight edge (qui forme pour nous un tout indissociable).

Tu es le rédacteur de Sober Living for the Revolution: Hardcore Punk, Straight Edge, and Radical Politics [Une vie sobre pour la révolution: punk hardcore, straight edge et politiques radicales]. De quoi cet ouvrage parle-t-il?

A la base, cela consiste à retracer l’histoire des rapports entre straight edge et politiques radicales – par cela je veux dire des politiques progressistes, anti-autoritaires, égalitaires.

Le Straight edge est souvent associé au dogmatisme, au moralisme, à la satisfaction de soi, et au puritanisme. Malheureusement, certaines personnes se considérant straight edge ont donné raison à cela, même s’il y a eu une exagération grossière de l’ampleur de ces attitudes comme étant caractéristiques de la scène straight edge.

En même temps, il est vrai qu’il y a eu des sections largement « apolitiques » dans le mouvement, qui ont montré peu de résistance à ces tendances, ce qui leur a permis de fleurir et de malheureusement attirer une certaine attention.

Cependant, il y a également toujours eu des individus, des groupes, et des scènes entières – comme en Israel, au Portugal, ou en Suède – pour qui semblait très naturel l’union entre straight edge et politiques radicales; et c’est cette histoire que j’ai essayé de documenter dans cet ouvrage, en recueillant des interviews et des essais de différents artistes et activistes straight edge radicaux.


Comment en-es tu arrivé à ce thème? Es-tu straight edge toi-même?

Oui, je suis straight edge depuis plus de vingt ans.

Le straight edge signifie beaucoup pour moi. J’ai grandi dans une petite ville de l’ouest de l’Autriche, dans un environnement où les jeunes, les garçons en particulier, sont considérés comme devant commencer à boire quand ils ont treize ou quatorze ans.

J’étais le seul dans ma ville à rejeter cela, à part pour les jeunes de familles chrétiennes vraiment conservatrices, que je ne fréquentais pas non plus.

Il y avait ainsi un sens de l’isolement et j’ai constamment dû défendre mon choix de ne pas boire et, par la suite, de ne pas consommer d’autres drogues.

Découvrir le straight edge a été l’une des découvertes les plus excitantes de ma vie: non seulement cela signifiait qu’il y avait ailleurs d’autres jeunes comme moi – des jeunes dans la musique et la culture undergrounds, sans pour autant être intéressés par les drogues – mais cela signifiait aussi qu’il y avait un mouvement en tant que tel correspondant à mes choix et mes idées.

En d’autres termes, il y avait une collectivité avec lequel je pouvais m’identifier!

Le problème a été que, quand je me suis finalement rapproché au plus près des scènes straight edge – en 1994, quand j’ai déménagé aux USA – j’ai été terriblement déçu, parce que certaines politiques semblaient tellement déraillées.

Vous devez vous rappeler que c’est à cette époque que le mouvement hardline était vraiment fort, et qu’il y avait encore une domination masculine de la scène très prononcée.

A partir de cela j’ai eu un rapport hautement ambigu avec le straight edge: cela signifiait beaucoup pour moi, et je voulais en faire partie – pour autant je ne me sentais pas lié à beaucoup de tendances dans le mouvement.

Je pense que c’est cette ambiguïté qui m’a donné l’idée de ce livre: je voulais documenter les éléments de l’histoire straight edge avec lesquels je pouvais m’identifier; les éléments qui, pour moi, personnellement, font du straight edge la chose la plus inspirante et la plus belle.

Comment vois-tu l’évolution du mouvement straight edge?

Je pense que le straight edge s’est développé dans de multiples directions, ce qui est bien, même si je peux faire sans les éléments conservateurs.

Les dix dernières années en particulier ont amené une véritable diversité, dans le domaine musical aussi. Le straight edge n’est plus relié au style Youth Crew des années 1980, ou le metalcore des années 1990 – aujourd’hui il y a de nombreux concerts acoustiques straight edge, des groupes straight edge de Power Violence et tout ce qu’il y a entre les deux.

Il y a également différentes définitions du straight edge – les thèmes les plus controversés étant le véganisme, la sexualité, et la compréhension exacte des drogues – et il y a différentes adaptations politiques, allant de groupes straight edge anarchistes à des groupes néo-fascistes.

Comme je l’ai dit, je peux faire sans les éléments conservateurs, mais pour le reste la diversité est bonne, cela enrichit et stimule.

Nous pensons que le straight edge est une forme de désengagement, de refus des valeurs hégémoniques. Ainsi, c’est lié à l’engagement social, contre toute oppression, et donc ainsi au véganisme. Comment vois-tu cela et comment penses-tu que les straight edge voient cela?

J’apprécie la notion de désengagement. Je pense que cela décrit très bien l’une des dimensions politiques du straight edge.

Comme vous dites, il y a un rejet des valeurs et normes hégémoniques. Ainsi, si vous êtes opposés au système politique et économique qui produit ces valeurs et ces normes, être straight edge marque une opposition à cela.

Toutefois, la direction politique que cela prend n’est pas nécessairement clair de prime abord. Les fascistes rejettent le système actuel aussi, donc une simple attitude d’opposition n’est pas suffisante pour revendiquer le straight edge pour des politiques de gauche ou radicales.

Je ne pense pas qu’il y ait une connexion automatique entre le désengagement et l’engagement social ou la lutte contre l’oppression.

Quelque chose doit être ajouté pour permettre au straight edge d’aller dans ce sens: la conscience sociale et politique, un engagement pour un monde juste et égalitaire, l’empathie et l’affection.

Pour certains, le véganisme sera un choix évidemment à faire; d’autres peuvent peut-être faire d’autres choix concernant leur alimentation. Je ne pense pas que cela soit décisif en soi.

Ce qui est décisif est que l’on lutte pour un monde meilleur pour tous et que l’on s’engage dans un dialogique respectueux et de camaraderie avec les autres voulant la même chose.

Aucun individu n’a à lui tout seul les réponses concernant la question de savoir quelles formes exactes de comportement ou de conduite nous amènera à ce but – mais un effort commun nous guidera dans la bonne direction.

Et ce qui s’applique au véganisme s’applique au straight edge également: pour certains ce sera un élément important de ce périple, pour d’autres cela ne le sera pas. Certaines personnes peuvent considérer comme prioritaires d’autres formes de désengagement.

Après tout, le désengagement complet est difficilement possible dans un monde dominé par les États nations et le capital. Finalement, c’est la solidarité et le soutien mutuel qui compte. Pour nous, personnes straight edge, cela signifie prouver notre capacité à contribuer à cette lutte de manières positives et constructives.

C’est ainsi que je vois cela. Comment est-ce que les straight edge voient cela? Je ne suis pas certain. Je suppose que certains voient cela de manière similaire, mais il y a beaucoup de différentes manières de comprendre le straight edge, y compris ceux qui rejettent tout lien avec la politique. Comme je l’ai dit auparavant, il y a beaucoup de diversité.


Ces dernières années, certains mouvements d’extrême-droite, en particulier en Russie et en Allemagne, tentent d’intégrer la culture straight edge dans leurs modèles idéologiques. En France ces derniers mois, certains essaient de suivre ce modèle. Que peux-tu nous dire au sujet de cette tendance faisant du straight edge un social-darwinisme?

Dans sa définition de base, le straight edge n’a pas de contenu politique clair – il est seulement indiqué un refus des drogues. Les connotations politiques du straight edge viennent du contexte dans lequel il apparaît et des idées et notions auxquelles c’est relié.

Il est facile pour l’extrême-droite de prétendre au straight edge: tout ce qu’il suffit de faire est de transformer le straight edge en idéologie (plutôt qu’en choix personnel). Alors il est possible de prétendre être « meilleur », « plus avancé », ou « supérieur » que d’autres personnes.

C’est le premier pas vers le fascisme. Possiblement, le second pas est de relier ces sentiments à la notion de « santé. »

Si être straight edge peut certainement contribuer à la santé personnelle, une notion politique de « santé » est très dangereuse et a été utilisé par tous les mouvements fascistes – il suffit d’étudier leur langage, les fascistes ont toujours parlé de « maladie », de « plaies », ou bien de « pourriture » en faisant référence aux gens et aux communautés qu’ils voyaient comme inférieurs.

Le troisième moment, le troisième pas – et c’est là qu’on en arrive aux adaptations straight edge de type fasciste et néo-nazi de manière explicite – est quand on relie la notion de « santé » à celle de « race » ou de « nation » qu’il faudrait « défendre » ou « préserver » ou quoi que ce soit de ce genre.

Peut-être peut-on parler ici d’un danger d’extrême-droite en trois niveaux: 1. la satisfaction de soi (« je suis meilleur que toi »); 2. le social-darwinisme (« je suis en meilleure santé que toi et je te survivrai »); 3. le nationalisme / racisme catégorique (« nous sommes meilleurs que vous et nous devons maintenir notre pureté »).

Je pense que ce que nous avons vu ces dernières années en Russie et en Allemagne – et maintenant apparemment également en France, toutefois je ne sais pas grand chose à ce sujet – est la troisième étape, qui est articulé de plus en plus clairement.

Les deux premiers moments, pour être honnête, hantent le straight edge depuis longtemps.


Comment résister à ces développements?

Je pense qu’il y a peu d’intérêt à polémiquer sur ce que le straight edge doit “vraiment” être, ou bien à dénoncer les adaptations d’extrême-droite comme des « distorsions » du straight edge.

Les personnes d’extrême-droite qui sont straight edge ont clairement leurs propres définitions et il n’y a pas d’autorité supérieure pour décider ce qui est juste et ce qui est faux.

Finalement, nous nous épuiserions en nous jetant des définitions à la tête. Je pense qu’il est plus important de faire en sorte que nos idées soient aussi présentes que possibles dans la scène, et de faire en sorte qu’elles soient convaincantes pour les gens de la scène.

Nous gagnerons les jeunes en étant accueillant, plein de compassion, et compréhensif. Ce sont des valeurs fortes – tout ce qu’a l’autre camp, c’est la haine.

Oui, mais la haine est quelque chose de très important. Nous haïssons l’oppression et l’exploitation. Et, concernant les trois points dont tu parles plus haut, nous ne sommes pas d’accord avec le premier point. Car oui nous considérons que le mode de vie vegan straight edge est supérieur aux autres mode de vie.

Serais-tu d’accord pour dire que dans ta volonté de ne pas avoir de définitions précises et ta valorisation de la spontanéité, tu es favorable à une vision anarchiste ? Et comme quoi pour toi, Vegan et Straight Edge ne vont pas nécessairement de pair ?

Il est bien sûr important d’avoir des sentiments forts quant aux terribles conséquences de l’oppression et de l’exploitation. Si vous voulez appeler cela de la « haine », pas de souci. Mais ce que vous haïssez en ce cas c’est un système, et vous le haïssez parce que vous voulez que les gens – tous les gens, je pense – soient heureux.

Les gens à l’extrême-droite, de l’autre côté, haïssent les gens et c’est au centre de leur idéologie. Pour moi, il y a là une différence cruciale, c’est cela que je veux dire.

En ce qui concerne la supériorité du [mode de vie] vegan straight edge, je pense que cela dépend ce que vous entendez par là.

Si vous pensez que c’est la meilleure manière de contribuer à ce qu’il y ait le moins de cruauté possible dans vos vies personnelles, je ne vois pas de raison particulière de discuter de cela – même si j’aimerais souligner qu’être vegan straight edge ne suffit pas en soi pour ne pas être un trou du cul.

Comme je l’ai dit, si vous voulez réaliser un exemple vraiment convaincant en faveur d’un mode de vie « sans cruauté » ou « plein de compassion », l’éthique vegan straight edge doit être reliée à une conscience politique générale.

Par rapport à cela, la revendication comme quoi être vegan straight edge constitute un mode de vie supérieur peut poser des soucis si vous voulez réellement en faire une norme universelle.

Je veux dire par là, si nous allons à un village de pêcheurs au Sénégal et nous expliquons aux gens que leur mode de vie est inférieur au nôtre, alors notre éthique vegan straight edge peut facilement devenir cynique et insultante.

C’est pourquoi je n’aime pas parler du [mode de vie] vegan straight edge comme étant quelque chose de « supérieur. »

Je pense que le [mode de vie] vegan straight edge, en tant que pratique politique, donne beaucoup de sens dans certains contextes et dans certaines circonstances – mais nous ne devons jamais oublier que des milliards de gens ne partagent pas nos contextes et nos circonstances, et ainsi d’autres choses auront davantage de sens pour elles.

La vie est diverse, complexe et compliquée, et il n’est pas seulement important d’en avoir conscience, c’est aussi ce qui rend la vie excitante. Et c’est certainement une des raisons pour lesquelles je n’aime pas discuter des définitions.

Les définitions nous aident à aborder la complexité de la vie – il s’agit d’outils, mais qui ne contiennent pas de vérité. C’est pourquoi je pense qu’il est d’habitude oiseux de polémiquer à leur sujet.

On ne gagne pas le coeur des gens en définissant les choses – on les gagne en montrant l’exemple d’une vie plus joyeuse. Est-ce que cette pensée fait de moi un anarchiste ? Peut-être – si cela correspond à votre définition de l’anarchisme…

En ce qui concerne le rapport entre le véganisme et le straight edge, peut-être que cela aider à illustrer mon point de vue au sujet des définitions revenant à des outils : pour moi, les deux ne sont pas nécessairement connectés, parce que je définis le straight edge comme l’abstinence de drogues / d’intoxicants, et les gens peuvent s’abstenir de drogues / d’intoxicants sans être vegan.

Par conséquence, suivant la définition du straight edge que j’emploie, il n’y a pas de connexion nécessaire. Si vous avez une définition différence, votre conclusion est également possiblement une autre.

Cela peut être très amusant de discuter de ces choses, mais nous n’arriverons pas au point où l’un de nous a prouvé le caractère juste ou erroné d’un avis – et je ne pense pas non plus que cela compte.

Comment vois-tu le futur du mouvement straight edge?

Pour commencer, je suis convaincu qu’il va continuer. Il a survécu pendant trente ans, ce qui signifie qu’il a passé l’épreuve du temps. La plupart des jeunes straight edges n’étaient même pas nés quand Ian MacKaye a écrit la chanson « Straight Edge » en 1980. Les mouvements qui tiennent aussi longtemps assurent d’habitude une continuité.

Ce que le futur apportera? Encore plus de diversité, je pense – et j’espère encore plus d’expressions radicales. Je suis optimiste. Je pense qu’il existe à la fois un intérêt croissant pour la sobriété dans les cercles radicaux, et un intérêt continu pour les idées radicales parmi beaucoup de jeunes straight edge. C’est prometteur.


Quel est le meilleur moyen d’acheter le livre? Peux-tu nous parler de l’éditeur?

Le meilleur moyen d’acheter le livre est de le commander ou bien directement du site internet de PM Press (www.pmpress.org) ou bien depuis une librairie ou un distributeur indépendant. De cette manière, l’argent reste dans notre communauté et ira à d’importants projets politiques.

PM Press a été fondé il y a quelques années et a publié une remarquable série de livres, de DVD et de CD depuis le début de son existence, il y a peu de temps. On y retrouve quelques personnes impliquées qui ont de profondes racines dans la communauté punk hardcore, ce qui a certainement aidé à réunir des soutiens pour ce projet. Si vous voulez une meilleure idée des titres qu’ils publient, le meilleur est de parcourir leur site web.

Les dangers des vitres pour les oiseaux

17 juillet 2010

Les oiseaux sont des êtres prudents qui préfèrent éviter tout contact avec nous, de près ou de loin. Il arrive pourtant très souvent que les oiseaux rentrent en contact très dangereux, voire mortel, avec les baies vitrées, que se soit celles de nos habitations ou bien les vitres des abris bus par exemple. Ainsi, ce sont des centaines de milliers d’oiseaux qui sont tous les ans victimes de ces collisions. Si le choc n’entraîne pas systématiquement le décès de l’oiseau, la violence du choc entraîne très souvent des lésions internes.

C’est pour cette raison que l’ASPAS (association pour la protection des animaux sauvages) lance une campagne de sensibilisation financée en partie par la Fondation 30 millions d’Amis. Les oiseaux ne voient pas le verre, alors pour prévenir ces accidents quotidiens des gestes simples comme mettre des rideaux ou des stickers (comme ces vignettes anti-collision par exemple) sur les vitres est indispensable.

Mais le problème est loin d’être nouveau, voici une page très complète (sur la partie droite de la page une brochure est téléchargeable) sur le danger que représente les vitres « vierges », sans protection préventive pour nos amis oiseaux.

Si les oiseaux ne captent pas la transparence, les vitres peuvent refléter les arbres, ce qui constitue un piège évidemment  terrible pour les oiseaux. Et le comble vient du ministère de l’Ecologie à Paris où les vitres réfléchissent justement les arbres… Les oiseaux foncent ainsi dans ce qu’ils croient être leur environnement naturel !

Si vous trouvez un oiseau « sonné » car violemment entré en contact avec une vitre, il faut le mettre au calme dans un carton troué (afin qu’il respire) et le laisser se reposer et se remettre de ce stress.

Et attention un oiseau se prend les ailes collées au corps.

A cause du risque d’étouffement, ne pas le nourrir ou lui donner à boire. Au bout d’une heure ou deux, essayez de le relâcher et il s’envolera si il va mieux, sinon contactez un vétérinaire soignant les oiseaux, ou contactez un des centres de soins de la LPO.

Nous le voyons bien, être végan c’est être capable d’agir sur tous les fronts et d’avoir la culture et les connaissances qui vont avec. Nous avons besoin d’une connaissance adéquate de Gaïa et de ses habitants et habitantes.

« Les animaux ont-ils des droits ? »: non, mais des gens sont payés pour entretenir l’illusion

16 juillet 2010

Une fois n’est pas coutume, nous allons publier un document insupportable. Il s’agit d’un article intitulé « Les animaux ont-ils des droits ? » et publié hier dans le quotidien Le Monde, dans la section « Point de vue. »

Nous disions encore hier que la violence contre les animaux explose, que l’agro-business massacre toujours plus d’animaux. Pour autant, il ne faut pas croire qu’il n’y a justement pas de subventions destinés à des gens qui font semblant de critiquer, afin de donner l’illusion que tout cela est « démocratique ».

Les auteurs de cet article sont Florence Burgat, notamment directrice de recherche à l’INRA, et Jean-Pierre Marguénaud, professeur de droit privé à la Faculté de droit et des sciences économiques de Limoges et directeur du Centre de recherche sur les droits de la personne.

Bref, des « intellectuels » au sens vraiment « bourgeois » du terme. Des gens payés par l’Etat et la société pour critiquer l’Etat et la société, et l’on peut se douter de quel genre de critiques il s’agit: un discours pacifiste, totalement inféodé aux lois, aux institutions, à l’esprit dominant.

Du propre, du lisse, du bourgeois; aucune attaque frontale contre l’agro-business, aucune affirmation du véganisme.

Un discours de la « protection animale » absolument insupportable, tant parce qu’il ne répond pas aux exigences simples du jour: le véganisme, la libération animale, que parce qu’il est pompeux, élitiste, juridique, fatiguant jusqu’au harassant, et… personnel: les gens se mettent en avant en tant qu’individus, en tant que penseurs.

A LTD notre principe est simple: les point de vue doivent être clairs, compréhensibles et reprenables par tout le monde.

Aucune personnalité ne doit être mise en avant (avec sa photo, son nom, son « parcours », etc.), ce sont les animaux qui comptent, c’est Gaïa qui compte.

La question de la libération animale n’est pas une question « juridique », mais un devoir culturel et moral, et la libération animale n’est pas négociable.

L’article suivant est vain; il donne l’illusion qu’appeler à des réformes « par en haut » changera quoi que ce soit; il s’agit d’une démarche institutionnelle, d’une démarche opposée au développement populaire du mouvement vegan, à la base, par en bas, de manière démocratique, et sur des fondements absolument sans compromis.

Cet appel, alors que l’exploitation animale est en pleine expansion, est faux, décalé, élitiste, et ne répond pas aux exigences de la libération animale!

Les animaux ont-ils des droits ?

LEMONDE.FR | 15.07.10 |

Florence Burgat et Jean-Pierre Marguénaud sont respectivement rédactrice en chef et directeur de la Revue semestrielle de droit animalier

Les animaux ont-ils des droits ? Cette question, communément moquée et balayée d’un revers de main il y a peu, fait aujourd’hui partie des interrogations recevables, comme l’a montré récemment le 21e forum « Le Monde – Le Mans » intitulé « Qui sont les animaux ? ».

Qu’est-ce qui justifie que l’on fasse souffrir, de manière routinière, industrielle, et dans des proportions jamais atteintes, des milliards d’animaux terrestres et marins pour des bénéfices dont la légitimité et l’utilité sont au moins discutables ? Si l’on pense que les animaux n’ont pas de droits et qu’ils n’ont, somme toute, que ce qu’ils méritent, il faut s’en expliquer.

Un grand pas vers l’explication est franchi lorsque beaucoup se sentent contraints d’étayer une position qui semblait jusque-là acquise, inébranlable, pour ne pas dire irréprochable : après tout, ce ne sont que des bêtes ; d’où il faut entendre que quand on agit contre l’intérêt des bêtes, on ne fait rien de vraiment mal, rien de vraiment grave.

De cela, nous ne sommes peut-être pas absolument persuadés en notre âme et conscience, mais la collectivité ayant entériné les pratiques cruelles et massives contre les animaux, tout se passe comme si nous nous sentions individuellement justifiés d’en profiter, et donc innocents.

Ce trouble que chacun ressent en songeant aux souffrances infligées aux animaux a du reste entraîné depuis longtemps ses premières conséquences juridiques sur le continent européen : en Angleterre par le Martin’s Act, dès 1822, en France par la loi Grammont de 1850 punissant les mauvais traitements commis publiquement envers les animaux domestiques. Ces premiers pas étaient cependant bien timides, car la condition de publicité des actes commis tendait à protéger davantage la sensibilité des hommes auxquels le spectacle en était imposé que celle des animaux qui les subissaient.

Sans doute la condition de publicité tombera-t-elle par le décret du 7 septembre 1959 pour les mauvais traitements et ne sera-t-elle pas reprise par le loi du 19 novembre 1963 qui institua le délit d’actes de cruauté.

Cependant, aux côtés des souffrances inutilement infligées, c’est-à-dire non nécessitées par la finalité d’usages la plupart du temps générateurs de souffrance, il faut désormais songer à ces violences qui sont imputables au système d’exploitation.

Si la cruauté contre les animaux n’a pas d’âge, quelque chose s’est emballé. Dans le même temps, l’invisibilité de la souffrance animale se fissure, l’évidence selon laquelle les bêtes ne sont bonnes qu’à être tuées semble, pour peu qu’on y réfléchisse, douteuse. Derrière le « produit » se profile parfois quelque chose que nous n’aimons pas voir. La torsion que subit le statut juridique des animaux traduit ce malaise.

Le législateur européen prend des mesures de plus en plus nombreuses pour « protéger » les animaux et veiller à leur « bien-être », y compris et surtout au moment le plus paradoxal où on les mutile et où on les tue. La prédilection des législateurs pour un mot aussi fort que le « bien-être », visant à faire face à des situations où sa prise en compte confine à l’absurdité, reflète probablement pour une part le malaise inhérent à la justification implicite d’activités animalicides.

La proposition de règlement du Conseil du 18 septembre 2008 sur la protection des animaux au moment de leur mise à mort en appelle d’ailleurs à la « prise en compte du bien-être des animaux » tout en enjoignant les exploitants « d’épargner au maximum la douleur, la détresse ou la souffrance aux animaux destinés à l’abattage ».

On découvrira une nouvelle dimension du paradoxe dans la Directive 93/119/CE du Conseil du 22 décembre 1993 sur la protection des animaux au moment de leur abattage ou de leur mise à mort qui mentionne dans l’un de ses alinéas qu’il « est interdit d’assener des coups ou d’exercer des pressions aux endroits particulièrement sensibles. Il est en particulier interdit d’écraser, de tordre, voire de casser la queue des animaux ou de les saisir par les yeux. Les coups appliqués sans ménagement, notamment les coups de pied, sont interdits ».

Faut-il que ces actes fussent répandus pour qu’il ait été nécessaire de les noter aussi explicitement dans une directive !

LA PERSONNALITÉ JURIDIQUE

Alors que certains scientifiques s’en remettrent au concept mécaniste de nociception, que d’autres admettent l’existence de douleurs « seulement physiques », le législateur européen, quant à lui, reconnaît aux animaux cette évidence, à savoir la capacité à souffrir, à être le sujet de leur douleur et à ressentir la souffrance psychique qu’est la détresse.

En vérité, tout le monde sait cela. Pourtant, les animaux sont très exactement traités comme des matières premières dont les règles de transformation sont soigneusement décrites.

Comment peut-on tranquillement reconnaître en même temps que les animaux sont profondément affectés par ce qui leur est fait, et en affirmer le caractère licite ? La légitimité de ces pratiques n’est-elle pas mise en question au cœur de leur réglementation ?

S’il est vrai que les animaux demeurent versés du côté des biens, et à ce titre appropriables, ils bénéficient depuis le décret de 1959, la loi de 1963 (précités), la loi du 10 juillet 1976 – dont l’article 9 proclame que « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce » – et le Code pénal entré en vigueur en 1994, d’une protection contre leur propriétaire lui-même.

Désormais, le droit ne laisse plus le propriétaire disposer de sa chose comme bon lui semble lorsque cette chose est un animal. D’ailleurs cette prise en compte de l’intérêt propre de l’animal, être vivant et sensible, n’exprime-t-elle pas une forte résistance à sa classification dans la catégorie des choses ?

Une ligne se dégage alors pour comprendre les raisons d’octroyer des droits aux animaux, par-delà les devoirs de l’homme à les utiliser le moins cruellement possible.

A ceux qui considèrent que les avancées législatives en matière de protection des animaux, et plus encore l’idée de leur reconnaître des droits, comme une insulte à la misère humaine, il faut répondre que la misère humaine résulte de l’exploitation ou de l’indifférence à la souffrance des plus faibles et que c’est au contraire l’insulter, sinon la légitimer, que de prôner l’indifférence farouche à l’égard de la souffrance d’autres êtres plus faibles encore et qui ne peuvent jamais consentir.

Il faut leur répondre que, dans la mesure où il ne suffit pas de rester indifférent à la souffrance des animaux pour soulager la misère humaine, la protection des animaux et celle des plus faibles des hommes relève du même et noble combat du Droit pour aider ceux à qui il peut être fait du mal, beaucoup de mal.

Considérer les animaux comme des choses, c’est les maintenir dans la catégorie où on les avait enfermés à l’époque où la négation de leur sensibilité permettait de les exploiter pleinement.

Nous estimons au contraire que tant sur le plan éthique que sur le plan juridique, dans le prolongement des idées avancées par René Demogue il y a plus d’un siècle, il est inacceptable de continuer à considérer les animaux comme des choses.

On peut, certes, améliorer le sort des animaux sans leur accorder la personnalité juridique, et des progrès ont été accomplis en ce sens aussi bien en droit français qu’européen.

Il semble cependant difficile de faire véritablement ressortir l’utilité de règles protectrices toujours plus nombreuses sans accorder aux animaux un statut qui leur reconnaisse la personnalité juridique et leur attribue techniquement des droits.

De toute façon, dans ce domaine comme dans tout autre, les améliorations concrètes dépendent de l’interprétation des textes par le juge.

Or, il ne fait guère de doute que les mêmes règles également protectrices ne seront pas interprétées dans un sens aussi favorable aux animaux dans un Etat continuant à les considérer comme des choses, toujours un peu viles, que dans un Etat les ayant déjà admis dans la catégorie des personnes titulaires de droits.

Florence Burgat est directeur de recherche en philosophie, INRA, université de Paris-I.

Jean-Pierre Marguénaud est professeur de droit privé, faculté de droit et de sciences économiques de Limoges (OMIJ).

Blédina et Danone à l’assaut des populations pauvres (et d’origine asiatique)

13 juillet 2010

Nous avions déjà parlé de l’intolérance au lactose, commune à une partie très importante de l’humanité, y compris d’une partie importante de la population en France. Cette intolérance est d’ailleurs largement présente en France. Voici une carte du monde, pour rappeler l’importance de cette intolérance :

Et voici un agrandissement de la zone géographique française :

Comme on le voit, la France est relativement coupée en deux, sans pour autant que ce phénomène soit connu. Et encore ne faut-il pas oublier les gens dont les ancêtres sont originaires de zones où l’intolérance au lactose est forte. Il y a ici plus qu’un déficit démocratique dans « l’oubli » de cette question…

Pourquoi rappeler cette vérité ? En raison d’une nouvelle offensive de l’industrie du lait en France, offensive d’une grande importance culturelle.

Cette offensive concerne justement les villes de Nantes, Nancy et… le treizième arrondissement de Paris, où réside une importante communauté asiatique. Rappelons que les gens d’origine asiatique présentent communément une intolérance au lactose.

Elle consistera en un «Programme Nutrition Infantile», avec des bons de réduction fabriqués et distribués par Chèque Déjeuner valables dans tous les supermarchés sur des produits de la marque Blédina : des boîtes de lait infantile.

Évidemment l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) veille au grain : il faut savoir qu’il y a eu dans le tiers-monde des campagnes très agressives pour remplacer l’allaitement maternel par des produits de l’industrie, et l’OMS est depuis cela très attentive à ce genre de phénomène.

Par conséquent, les réductions ne seront envoyées qu’aux femmes ayant un bébé d’au moins 6 mois.

Car rappelons que l’OMS conseille l’allaitement maternel exclusif… pendant six mois, et au moins 4 mois. Jusqu’à l’âge d’un an, le bébé doit continuer à être allaité.

Or, la France présente une particularité. L’allaitement maternel est en effet au plus bas en France : seule une petite majorité de femmes allaite à la sortie de la maternité, et les 2/3 arrête au bout d’un mois.

Il ne s’agit là nullement de féminisme, mais d’une attitude de dénaturation typiquement française. L’allaitement maternel est nécessaire à l’enfant comme à la mère, c’est un processus naturel largement vérifié scientifiquement.

Seulement, de la même manière que la France est le pays où le véganisme et l’écologie sont des idées qui passent très mal, le rapport au corps s’aligne sur la culture française de la dénaturation comme valeur culturelle.

Pour preuve, le taux d’allaitement à la naissance est de 99 % en Norvège et en Suède, de 98 % en Hongrie, de 95 % au Danemark, de 92 % en Suisse, de 85 % en Italie, de 75 % en Allemagne, de 69% en Grande-Bretagne…

Dénaturation et business. Voici par exemple une remarque que l’on peut trouver sur le net, en réaction au «Programme Nutrition Infantile» qui aura lieu à Nantes, Nancy et le 13ème arrondissement de Paris.

En France, le lait Milupa, marque du Groupe Numico (detenu par Danone) est commercialisé au prix moyen de 18 €.

Ce même lait, commercialise sous la marque Aptamil Milupa est vendu moins de 8 £ en Angleterre.

Même si on tient compte d’un taux de change GBP/EUR a 1.50 (avant Septembre 2007), un lait identique est donc commercialise 50% plus cher en France que chez nos voisins Britanniques (soit +80% au taux de change du jour).

Ajoutons à cela que la Croix-Rouge sera de la partie pour éduquer les mères, avec l’encadrement de l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA) et de la Société Française de Pédiatrie (SFP).

Alors que La Caisse Nationale des Allocations Familiales (CNAF) choisira les familles bénéficiaires… et que c’est Danone communities, le fonds d’investissement du groupe Danone, qui apporte la clef financière.

C’est une sacrée opération commerciale pour Blédina, filiale de Danone évidemment, Blédina qui a l’hégémonie dans alimentation l’infantile…

Le tout maquillé sous le couvert de l’absence de business, comme le prétend Martin Hirsch, ancien dirigeant d’Emmaüs et ex-Haut commissaire aux Solidarités Actives qui préside actuellement l’Agence du service civique.

Celui-ci explique que :

«Nous avons bâti un système «social business», c’est-à-dire qui s’équilibre sans subvention, qui n’est pas de la charité et dans lequel l’entreprise renonce à ses profits. »

Le plus ironique dans l’histoire, c’est que la Blédine est née en 1906… comme bouillie céréalière pour les enfants allergiques au lactose !

Tout cela est en tout cas riche d’enseignements :

a) On ne peut pas comprendre l’exploitation animale sans reconnaître que l’être humain appartient à la nature. Les végans qui se moquent de la nature, de l’écologie, de Gaïa, n’ont pas compris comment se posaient les question de fond.

b) L’exploitation animale repose sur le business et la culture qui va avec. L’opération de Danone vers les pauvres est très claire : il s’agit « d’éduquer » les gens, de leur imposer culturellement le lait !

Les populations les plus fragiles sont visées par les grandes entreprises, elles sont prises en otage !

Le caractère raciste concernant les populations du 13ème arrondissement de Paris saute également clairement aux yeux, surtout alors que justement les grandes entreprises agro-alimentaires sont en train de tenter d’imposer le lait en Asie, notamment en Chine!

c) Il faut comprendre le véganisme comme une question mondiale. Qui justement tente d’imposer le lait au monde, alors que l’intolérance au lactose est de 80 % en Afrique et de 90 % en Asie et en Extrême Orient… et pourquoi?

L’Afrique et le véganisme: une question d’avenir

8 juillet 2010

A LTD, nous comprenons le véganisme comme une question mondiale, à l’heure où l’humanité généralise un mode de vie destructeur.

Il y a donc tout lieu de s’intéresser au développement du véganisme dans les autres pays, et plus particulièrement aux pays qui ces vingt dernières années connaissent une industrialisation accélérée en raison de l’agro-business.

Cela est vrai en Amérique latine, d’où la vague en faveur de la libération animale et de la libération de la Terre. Mais cela est vrai aussi en Afrique. Voici une interview d’un afro-américain – on utilise le terme d’afrikan en anglais pour souligner la dimension politique et culturelle – qui se consacre justement à comprendre la situation du véganisme en Afrique.

Son blog s’appelle Afrikan Raw Talk, et l’interview, avec ses réponses à nos questions, peut être lue en anglais sur son site.

1.De quoi parle ton site?

« Afrikan Raw Vegan Talk »[Discussion vegan crudivore afrikaine] tente de montrer qu’il existe des vegans noirs, y compris et en particulier des vegans crudivores noirs, qu’ils deviennent visibles, et ont des expériences et des succès pertinents en tant que vegans dans le monde africain, tant sur le continent que dans la diaspora.

Le site cherche aussi à rendre concret et à documenter le fait qu’être africain et vegan est une composante critique et progressiste de notre lutte pour la libération et du désir d’humaniser notre existence tout en chérissant notre planète unique et délicate.

2.Comment en es-tu arrivé à faire ce site?

Je suis vegan depuis onze années désormais, et quand j’ai commencé à faire ce site au début de 2008, je voulais voir davantage de présence vegan noire, davantage de commentaires vegans noirs sur Internet, et plus particulièrement à partir de la perspective de vegans de couleurs expérimentés sur le long terme, sûr d’eux-mêmes et déterminés.

Pas seulement des journaux intimes sous forme de blog de vegans de 30 jours à l’essai, en train d’essayer de perdre du poids, même si cela peut être important aussi.

Ce blog représente une perspective anti-impérialiste, anti-capitaliste, anti-suprématie blanche, humaniste, activiste, radicalement pour l’environnement, pan-africaine, afro-centée et tiers-mondiste, qui est hardcore, straight edge et présent dans la scène depuis longtemps.

C’est un véganisme tiers-mondiste qui est très engagé dans la société selon la perspective comme quoi la révolution est nécessaire, et comme quoi le véganisme est une composante, libératrice et donnant de la force, de la transformation humaine nécessaire pour la survie et pour le progrès des espèces primates.


3.Comment vois-tu la culture qui s’est développée en Afrique noire comme étant liée au véganisme?

Je ne suis pas en pratique un archéologue ou un anthropologue spécialisé en ce domaine, mais beaucoup de preuves historiques et d’anecdotes présentent une partie des Kemet, également connus comme les anciens Egyptiens, comme végétariens.

En général, les diètes de l’époque pré-coloniale se fondaient sur les aliments complets, qu’il y ait ou non de la viande. Et les modes de vie pré-coloniaux de nombreuses zones de l’Afrique noire étaient considérées par les anthropologues occidentaux de l’époque (le milieu du 19ème siècle) comme parmi les meilleurs pour la santé de par le monde.

Maintenant, notre espérance de vie et notre qualité de vie sont les plus courtes et les plus misérables, largement en raison du néo-colonialisme, du néo-libéralisme et de la domination par des gouvernements criminels.

Nous sommes dépendants de l’aide, et le régime foncier en Afrique est dans un état de crise perpétuelle, alors que l’agro-business choisit en priorité le cacao, le café et les fleurs, au lieu de la nourriture.

Nous vendons même d’immenses hectares de terre à des pays étrangers, afin qu’ils produisent de la nourriture pour leurs propres populations !

Le pastoralisme animal est un autre problème, détruisant la végétation sur de vastes zones de terre, accélérant la désertification. Si sur toute cette terre poussaient des fruits et des légumes, beaucoup de nos problèmes de sécurité alimentaires et nutritionnels pourraient commencer à être résolus.

Et toutes ces tendances exacerbent grandement les inégalités de genre alors que les femmes luttent pour organiser des jardins pour la cuisine, afin de nourrir les familles, et tendent ainsi à en rester au travail crucial mais totalement impayé de reproduire la force de travail.

Alors que les hommes, eux, tendent à se focaliser sur les cultures servant le profit, et reçoivent pour aller en ce sens, de manière préférentielle, de l’outillage et des fonds des gouvernements, des multinationales et de certaines ONG.

Dans l’ensemble, la transition vers le véganisme en Afrique diminuera la malnutrition, augmentera les niveaux de production, élèvera le niveau d’auto-suffisance et, je pense, réduira les tendances au conflit et à l’agression inutile.

En termes de politique alimentaire, nous pouvons faire pousser tellement de nos propres fruits et légumes frais, de manière biologique et durable, si nous nous concentrons sur ce but aux niveaux continental et local.

En termes de revenus pour la société, je pense que le véganisme améliore la tolérance sociale, le bien-être physique, qu’il réduit le stress, fait que le cerveau fonctionne de manière plus efficace, améliore l’immunité et réduit les maladies, réduit les niveaux de cancer, etc.

Enfin, dans une société végane, les gens deviendront davantage coopératifs et conscients de l’intendance correcte de la terre, et de la responsabilité au niveau de la société, et de la cohésion.

Le véganisme en Afrique sera probablement encore bien plus révolutionnaire que cela.


4.En France, nous avons des gens d’origine africaine, et ils sont d’une manière ou d’une autre liés culturellement à l’Afrique.
Mais si les plus âgés ont souvent un point de vue très sage, un point de vue très critique, qui souligne que la justice prévaudra nécessairement même s’il faut du temps pour cela, les jeunes sont relativement éloignés du véganisme et d’un point de vue critique par rapport à ce qu’on peut appeler Babylone. Que penses-tu de cela?

J’ai foi en la jeunesse. J’ai 26 ans. Je suis encore considéré comme jeune. Je dirais presque que j’ai davantage foi dans la jeunesse que dans la vieille génération, qui sur beaucoup de points a échoué et nous a déçu, échouant à réaliser les promesses du panafricanisme ou les droits civiques.

Ce sont les jeunes qui deviennent végans, qui deviennent des penseurs critiques, qui remettent en question les anciennes conceptions, et disposent de manière correcte des traditions inutiles qui n’ont pas de valeurs ni de sens.

Je n’ai pas un respect inné pour la tradition, personnellement je dis qu’il faut choisir la raison plutôt que les conventions.

Babylone ce n’est pas que la société suprémaciste blanche et capitaliste, c’est aussi des traditions et des tendances anti-humaines, qui divisent, anti-intellectuelles, réactionnaires, autoritaires, homophobes, misogynes et stupides, en Afrique et dans le monde noir.

Beaucoup de jeunes noirs sont perdus, beaucoup de jeunes ont perdu l’espoir, en raison des échecs de la société qui les amènent à rechercher ce dont ils ont besoin sur le dos des autres. La haine de soi, l’ignorance et la pauvreté à la base des vies des jeunes amène à beaucoup de pauvres résultats, qui ne sont que trop visibles.

Moins visible est la jeunesse visionnaire, la jeunesse révolutionnaire, la jeunesse organisée qui construit l’art, qui construit des armées de sagesse et de changement.

Mais je pense que la jeunesse visionnaire tient les rênes du futur et se confrontera courageusement aux immenses défis du présent et du futur proche, qui sont surtout donnés à nous par nos parents et grand-parents souvent avides, obstinés et inconscients.

5.En France, lorsque nous pensons à la position afrikaine [afro-américaine] révolutionnaire en Amérique du Nord, nous pensons à Move ou Dead Prez. Néanmoins, nous avons une critique : il semble que la perspective d’une vie sans poison est l’aspect central, pas vraiment la nature, les animaux, la Terre. Que répondrais-tu à cela?

Pour les Africains, il y a peu de temps pour se focaliser sur la libération animale seulement. Cela n’a pas de sens, quand les humains sont dans une telle misère.

Quelqu’un comme moi ne pourrait jamais se placer dans la scène blanche pour la libération animale, parce qu’ils agissent comme si c’était le problème central de l’injustice dans le monde, ce qui est dans ma perspective à la fois absurde et ridicule.

Les gens opprimés commencent à partir de la perspective de leur propre oppression. Bien entendu, tout le reste est inclus lorsque nous considérons les épouvantables tendances humaines qui amènent à toutes sortes d’exploitation.

L’agression, l’avidité, l’ignorance, la violence, la domination… s’appliquent à créer des hiérarchies et l’exploitation parmi les humains et entre les humains et les animaux.

Mais quelqu’un comme moi et je pense Dead Prez ou l’organisation MOVE considère comme une urgence de se focaliser sur les problèmes humains, et ne peuvent pas, avec bonne conscience, se focaliser sur la libération animale seulement.

Seule une personne très privilégiée peut se permettre de se focaliser sur la libération animale seulement, et ainsi pour beaucoup de gens de la position africaine révolutionnaire en Amérique du Nord, ce genre de chose reste extérieur, et cela me semble juste.

Nous n’avons pas le luxe de pouvoir nous focaliser sur une seule question, en particulier une qui est tangente pour notre propre souffrance et notre propre oppression en tant qu’êtres vivants noirs. Tout doit être inclus – libération humaine, libération de la Terre, libération non-humaine.

6.Tu soulignes l’importance de la nourriture crue. Peux-tu nous en parler?

L’alimentation végane crue est pour moi ce qu’il faut pour la santé. Dans une large mesure, cela libère une personne d’avoir à faire face aux maladies, à l’inquiétude concernant sa santé. Je n’ai pas été ne serait-ce que légèrement malade en de nombreuses années.

Aux USA, en particulier parmi les gens africains, la maladie est pratiquement un thème central dans la vie, que ce soit l’obésité, le cancer, le diabète, la congestion cérébrale, les infarctus, l’impotence, le stress, etc.

Le véganisme crudivore, en particulier le véganisme crudivore faible en gras qui consiste surtout en des fruits frais et en des légumes verts, est pratiquable, aisé sur le plan matériel en termes financier, et créatif.

Et il exige de la discipline et de la cohérence, des tendances dont nous avons besoin en tant que personnes se considérant comme révolutionnaires.

Le véganisme crudivore est à la fois extrêmement bon pour la santé, et amène également les gens à devenir plus hardcore et plus sérieux quant à la vie et le travail. Le véganisme crudivore c’est une santé vigoureuse et une mentalité sans compromis.

7.L’Afrique est un continent en attente de la révolution. Penses-tu que le véganisme est la clef pour cela?

Oui. Le véganisme est partout potentiellement une composante importante de la révolution, et nous avons besoin de la révolution partout dans le monde.

Nous avons besoin d’esprits guerriers vegans qui ont une vue globale au sujet de comment les humains coexistent dans le monde avec les autres êtres vivants, tout en corrigeant les contradictions sociales dans la société humaine.

Une société plus humaine émergera avec le véganisme en arrière-plan, dans et après la révolution. Et également une société avec une santé meilleure, plus juste, et durable.

Go vegan !

7 juillet 2010

Deux exemples de contradiction de la « protection animale »

7 juillet 2010

Le terme de « bien–être » animal commence à se répandre et à faire parler de lui. Est-ce une bonne chose ou une mauvaise chose?

Malheureusement cela peut être une chose très mauvaise… Si la perspective à long terme n’est pas claire. En voici deux nouveaux exemples, relativement parlant.

Voilà déjà en effet un article de l’Est républicain, qui montre que nourrir des chats peut être considéré comme un crime par cette société! Il y a là un véritable enjeu, une question de fond: le rapport aux animaux.

Mais comme on peut le lire, les associations de « protection animale » ne le voient pas du tout, cet enjeu…

« À Raze, les chats sont repartis jouer avec les souris. Ils pouvaient pourtant, en juin encore, profiter d’une bonne table chez l’habitant. Les chefs, Serge et René Vuillaume, se sont vu interdire de nourrir les gourmets à quatre pattes. Poursuivis par un voisin, ils ont été déclarés coupables par le tribunal de proximité de Vesoul pour non-respect des règles sanitaire départementales.

« Cela faisait vingt ans que je les nourrissais », explique Serge Vuillaume le baume au cœur.

Les deux frères ont cessé de nourrir les félins depuis le 15 juin. Mais rue Haute, le voisinage ne voit pas la fin de ce rendez-vous inscrit au Gault et Vuillaume félin d’un bon œil. « Aujourd’hui ils sont tout maigres, ils crèvent de faim », s’exclame une voisine qui craint que ces riverains à quatre pattes finissent par devenir agressifs, guidés par la famine. Un autre s’étonne : « C’est maintenant que nous allons avoir des problèmes sanitaires. Ils vont finir par véhiculer des maladies. »

« J’ai également écrit à 30 millions d’amis et à la fondation Brigitte Bardot. Ils m’ont simplement répondu de ne pas les nourrir. »

Certes, le rendez-vous de 16 h 30 dans la cour des frères Vuillaume ne rassemble plus une soixantaine de chats comme cela a été le cas auparavant. Mais les bêtes sont toujours dans le village et viennent désormais réclamer à la boulangerie, ou encore au centre périscolaire.

Face à cette situation, la commune espère qu’une convention avec la société protectrice des animaux (SPA) de Dampvalley ou de Gray permettra de solutionner le problème. Mais pour l’instant, le maire a reçu une fin de non-recevoir. Il est notamment reproché d’avoir attendu que la situation devienne ingérable pour faire appel à l’association.

Serge Vuillaume précise également que jusqu’ici, « la SPA n’a jamais répondu aux courriers » qu’il a envoyés. Et de conclure : « J’ai également écrit à 30 millions d’amis et à la fondation Brigitte Bardot. Ils m’ont simplement répondu de ne pas les nourrir. »

L’avenir n’est donc pas rose pour les matous de Raze. Car la fin des rendez-vous croquettes dans la cour des Vuillaume est à mettre aussi en parallèle avec le départ d’une autre voisine généreuse l’an dernier.

La balle est aujourd’hui dans le camp des SPA de Gray et Dampvalley. Mais celles-ci ne souhaitent pas se charger de tous ces matous. « Ce n’est pas à nous de rattraper ces erreurs », expliquait le président de la SPA de Dampvalley.

À l’origine du recours devant le tribunal de proximité, Jean-Pierre Istre constate que la situation est redevenue acceptable mais « n’exclut pas de saisir le tribunal administratif » afin de mettre la mairie et la SPA devant leurs responsabilités.

« Je vais d’abord rendre compte de la situation aux habitants ayant signé la pétition. mais il faut que les SPA fassent leur boulot, s’il y a toujours des animaux errants », poursuit le gendarme retraité.

Face à cette agitation, nos matous conservent un flegme bien félin. Ils sont certes moins gras, mais ils sont toujours là. »

Nourrir des chats est un crime, dans une société complètement sclérosée qui attend de la SPA qu’elle « fasse son boulot »… Avec des lois qui font qu’un animal sans maître est forcément considéré  comme « errant », sans droit…

Triste panorama! Triste, mais logique: le seul droit qu’a l’animal, c’est d’appartenir, d’être une propriété. C’est pour cette raison justement que les associations de « protection animale » sont dépassées dans ce genre de situation.

Leur vision du monde est administrative. Leur démarche vise simplement à amoindrir les crimes – pas à les abolir. Les associations de « protection animale » pourraient promouvoir le véganisme; si elles ne le font pas, c’est que leur démarche va à l’opposé du véganisme. Brigitte Bardot n’est pas seulement pas végan: elle est contre le véganisme, sinon elle l’assumerait…

Les associations ne savent ainsi raisonner qu’en terme de « bien-être » qui est un grand fourre-tout bon finalement à seulement donner bonne conscience aux consommateurs et consommatrices de chaire animale. Elles sont le moyen pour l’exploitation animale de se donner un visage humain.

Voici justement un second exemple. Nous avions déjà critiqué la PMAF – Protection Mondiale des Animaux de Ferme – pour son soutien à Pfizer et un vaccin permettant d’éviter la castration à vif. On tombe ici de Charybde en Scylla: on pense aider les animaux, et finalement on soutient un grand labo à moderniser l’industrie de l’exploitation animale!

Voici donc un équivalent belge:

Chez Colruyt, les porcs ont des couilles !

Colruyt et Okay seront les premiers magasins du pays à ne plus vendre de viande d’animaux castrés

HAL D’ici à fin 2010, finie la souffrance des porcs au sein du groupe de distribution belge ! Colruyt vient de faire savoir que ses magasins (et ceux de sa filiale Okay) seront les premiers du pays à se soucier du bien-être de ces animaux malodorants. On se souvient qu’une grande campagne de Gaia avait en son temps dénoncé le calvaire des porcelets castrés à vif. Tout simplement parce que la production d’hormones chez le porc va de pair avec une horrible odeur de verrat lors de la cuisson de la viande…

Mais si les porcs ne sont plus castrés, alors, ça va puer ? Que nenni, assure Colruyt, puisque désormais les animaux seront vaccinés à l’Improvac. Le médicament, comme la castration, arrête la production d’hormones. De plus, la vaccination est un processus simple et réversible. Elle n’entraîne pas de souffrances inutiles chez l’animal et diminue les risques d’infection.

Et, le plus important pour nous consommateurs, on ne retrouve pas de traces de vaccin dans la viande, ce qui permet de conserver une qualité et un goût intacts.

Le vaccin Improvac, de la firme pharmaceutique Pfizer, a été approuvé en juin 2009 par les autorités européennes. Après une série de tests positifs menés sur 2.600 animaux, le groupe Colruyt et ses fournisseurs ont décidé d’un commun accord de laisser les testicules aux porcs. Les éleveurs commenceront à utiliser systématiquement l’Improvac à partir de septembre : de cette façon, les magasins proposeront uniquement de la viande de porcs vaccinés d’ici à la fin 2010.

Cette « nouvelle » dénuée de tout bon sens et de toute sensibilité montre bien comment les animaux dits « de boucherie » n’ont aucune valeur et n’ont droit à aucune compassion. La souffrance des animaux « de boucherie » est constamment présente, qu’elle soit physique ou psychologique. Ce n’est pas l’arrêt des castrations qui va empêcher les cochons de souffrir et les rendre heureux!

Seulement voilà, c’est là qu’interviennent les associations et leurs discours sur le « bien-être » des animaux. Ainsi, dans une logique de consommation constante et accrue de chair, au lieu de ficher la paix aux animaux, on « abrège » des souffrances (ici la castration) en imposant comme recours un vaccin toxique, pour les espèces animales, végétales et humaines…

C’est-à-dire qu’on modernise l’exploitation…. On aide l’industrie à se moderniser, à aller plus vite, à accélérer les cadences!

Alors que le bien-être des animaux passe bien sûr par une non exploitation et une vie dans un environnement naturel loin de toute domination humaine.

Mais les associations disent que ce n’est pas possible pour l’instant… Alors il faudrait des réformes. Des réformes, comme celle de l’interdiction de la castration des porcelets mise en avant par l’association belge Gaia, qui n’amènent finalement rien de positif pour nos amis. Car leur statut ne change pas, ni même vraiment leur réalité matérielle.

Pourtant l’association « GAIA félicite la première enseigne belge à prendre le bien-être des porcs au sérieux »… Donnant ainsi des gages à l’exploitation animale.

Une belle preuve que la culture associative de la « protection animale » est bien éloignée de la culture de la libération animale!

Star Trek IV: The Voyage Home

1 juillet 2010

La série de science-fiction Star Trek est une anticipation du futur, et elle est connue pour de nombreuses critiques de la société nord-américaine de l’époque du tournage.

Dans un des films produits, Star Trek IV: The Voyage Home, le scénario fait directement référence à l’extermination des baleines. Si le film a pris un certain coup de vieux, comme de nombreux films du genre, aborder un thème comme celui-là en 1986 a été un parti-pris courageux.

L’idée de base est d’ailleurs intéressante : une sonde extraterrestre semble menacer la planète Terre, et on s’aperçoit qu’elle émet des signaux semblant être ceux d’une baleine.

Mais rien que comprendre cela a été difficile : les baleines ont été exterminé à la fin du XXème siècle… C’est Spock, le Vulcain aux oreilles pointues, qui doit l’expliquer : « Docteur, il y a d’autres formes d’intelligence sur la Terre. Il n’y a que l’arrogance humaine pour présumer que le message doit être destiné à l’homme. »

L’équipage du vaisseau Enterprise va donc dans le passé, afin de ramener des baleines. Ce qui est une manière poétique d’en appeler à préserver les baleines et de remettre en place l’humanité…

Lors de leur périple dans le passé, l’équipage constate « une culture très primitive et paranoïaque », qui se comporte de manière destructrice : « C’est un miracle que ces gens soient arrivés à sortir du 20ème siècle! »

Toutefois, il y a alors la rencontre avec une femme, docteur en biologie marine, spécialiste de l’étude et la sauvegarde des baleines, qui raconte : « Il y avait jadis des centaines de milliers de baleines à bosse. Il y en a aujourd’hui moins de 10 000. »

Si elle aime les baleines, Spock arrive à communiquer avec elles et fait passer leur message à cette scientifique : « Ils vous aiment beaucoup, mais ils ne sont pas vos baleines, nom de dieu! » (« They like you very much, but they are not the hell your whales »).

Les baleines sont en effet étudiées dans un bassin à San Francisco, en l’occurence au Monterey Bay Aquarium. Il s’agit d’un édifice, qui a succédé à une usine de boîtes de sardines…, où sont regroupées 623 espèces, soit 35.000 plantes et animaux, dans 200 bassins.

Le docteur aide l’équipage à récupérer deux baleines au préalable libérées, et qui échappent à un baleinier prêt à les harponner. La présence des baleines dans la mer dans le futur, répondant à la sonde extra-terrestre, permet de sauver la Terre.

Une belle manière de souligner que l’être humain n’est ni seul sur Terre, ni l’espèce « dominante. » Que la Terre appartient également aux autres espèces!

Puis, le film se termine sur une citation d’une partie d’un poème du britannique David Herbert Richards Lawrence : « Les baleines ne pleurent pas » (« Whales Weep Not »), une sorte d’ode aux baleines… (« Ils disent que la mer est froide, mais elle contient le sang le plus chaud de tous »).

Le film a eu un succès important aux USA, se plaçant dans la liste des films les plus vus cette année-là. C’est le Star Trek qui a eu le plus succès, après celui de 2009.

Ce fut également le premier film de la série Star Trek vu en URSS, en 1987, montré par le WWF lors d’une conférence pour abolir la chasse à la baleine.

Une nouvelle tirée du film, écrite par Vonda N. McIntyre, a aussi un succès aux USA ; culturellement, ce film a eu un grand impact, non pas par sa réalisation assez classique pour de la science-fiction, mais bien sûr pour le thème, et son approche.

L’odieuse chanson « Bilan carbone »

29 juin 2010

Benoît Dorémus est un chanteur français très poussé par les médias alors que son second album vient de sortir. Si nous en parlons, c’est parce que sa chanson « Bilan Carbone », dont on peut voir le clip ici, est une véritable agression anti-écologiste, dans un esprit ô combien français: cynisme, sarcasme, mépris!

En voici les paroles, où ce chanteur très ironique raconte qu’il n’y est pour rien « si on est trop nombreux » sur la planète, tout en se moquant de l’extinction des espèces, de la fonte des icebergs…

Alors que dans le clip on le voit se moquer des douches chronométrées et de la chasse au gaspi…

Quand je me douche plus de dix minutes,
Je pense à l’ours polaire que j’butte.
Quand je m’emmerde dans les bouchons,
J’imagine un iceberg qui fond.
Si je laisse ma télé en veille,
Je m’endors d’un mauvais sommeil.
Et si mes nuits sont polissonnes,
J’assume pas mon Bilan Carbone.

Existe-t-il un coin tranquille,
Où ma présence serait neutre ?
J’ai l’impression qu’c'est un p’tit peu ma faute,
Si on est trop nombreux.

Quand je passe l’aspirateur,
Je pense à des kiloWattheure (kWh).
Quand à mon chat qui est tout fripon,
C’est un tigre en voie d’extinction.

Existe-t-il un coin tranquille,
Où ma présence serait neutre ?
J’ai l’impression qu’c'est un p’tit peu ma faute,
Si on est trop nombreux.

Si je mange un fruit exotique,
c’est pour qu’il reparte pas en Afrique.
Une fois par an quand j’prends l’avion,
J’pense à l’ozone que nous avions.

Existe-t-il un coin tranquille, (Bill)
Où ma présence serait neutre ?
J’ai l’impression qu’c'est un p’tit peu ma faute,
Si on est trop nombreux.
Existe-t-il ce coin tranquille,
Où ma présence serait neutre ?
J’ai l’impression qu’c'est un p’tit peu ma faute,
Si on est trop nombreux.
Si on est trop nombreux.

Le film « Instinct »

28 juin 2010

Instinct est un film de 1999 qui intéressera toutes les personnes comprenant la dimension de la libération animale et de la libération de la Terre.

En effet, le scénario pose la question des valeurs du rapport aux animaux, à la nature. C’est même une véritable fable, réussie, et qui partant de là a été bien entendu démonté par la critique, rétive à tout questionnement à ce sujet.

Le scénario de cette fable est le suivant : un anthropologue (joué par Anthony Hopkins) arrive dans une prison américaine, après avoir tué des braconniers au Rwanda. Il est alors soumis à un régime carcéral très dur et soumis au contrôle d’un psychiatre.

Cet anthropologue refuse en effet de parler, et ce n’est pas pour rien : il avait choisi de vivre parmi les gorilles, refusant la civilisation fondée sur le « contrôle. »

Le film consiste alors en une prise de conscience par le psychiatre (joué par Cuba Gooding Jr.) de ce qu’est le contrôle social, et de comment l’anthropologue a raison de vouloir un autre rapport au monde.

Il est intéressant de voir que le titre du film est trompeur, car il ne s’agit pas de se moquer d’une personne qui serait réduite à ses « instincts » et refuserait donc toute culture.

Au contraire, l’anthropologue qui s’est tourné vers les singes est clairement le héros du film, qui donne son sens aux valeurs qui doivent prédominer. Non seulement le principe du « contrôle » social est amplement critiqué, mais il y a une critique des zoos, du caractère dénaturé qu’impose l’humanité à tous les animaux (et donc à elle-même).

Il y a même une mise en avant d’une autre humanité : ce sont les internés de l’hôpital psychiatrique qui se montrent le plus compréhensible et le plus solidaire, aidant l’anthropologue à s’enfuir.

Il s’agit d’un véritable éloge de la liberté, de la vie harmonieuse, sans aucun préjugé; l’hôpital psychiatrique est le symbole de ce qu’est toute la société : brutalité, hiérarchie, exploitation.

La voie à suivre est en quelque sorte, de manière poétique, celle du désengagement : la fuite de l’anthropologue symbolise la nécessité de changer les choses. Et le psychiatre refuse de révéler l’endroit où l’anthropologue s’est enfui, sacrifiant d’une certaine manière sa carrière de brillant afro-américain s’étant vendu aux valeurs dominantes.

« Instinct » est donc un film très intéressant, qui vaut le coup d’oeil, et dont la problématique est plus qu’intéressante.

Il s’agit de quelque chose qui fait partie de notre culture, qui permet de poser des perspectives, de mieux comprendre la société et ses principes. C’est aussi une indication que la question du 21ème siècle est la question du rapport de l’humanité à la nature – la question de la libération animale et de la libération de la Terre!

Le magazine allemand « Libération animale »

26 juin 2010

Manifestation à Paris contre HLS

26 juin 2010

Manifestation pour demander à Sanofi-Aventis de ne plus tester ses médicaments dans le centre de toxicologie Huntingdon Life Sciences (HLS)

Jeudi 1er Juillet de 16h00 à 19h00 Sanofi-Aventis,

174 Avenue de France, 75013 PARIS Métro Bibliothèque François Mitterrand (ligne 14) ou Quai de la Gare (ligne 6)

HLS est le pire laboratoire d’expérimentation animale d’Europe, 500 animaux y meurent chaque jour. Des vidéos en caméra cachée ont montré à plusieurs reprises des maltraitances animales (des chiots se prenant des coups de poing sur le museau, des singes se faisant abuser et ridiculiser, etc). D’anciens employés ont aussi dénoncé des falsifications de résultats… un employé s’est fait licencier car il refusait de falsifier ! Ce laboratoire est en très mauvaise posture et quelques clients comme Sanofi lui permettent de survivre.

Regardez la vidéo ci-dessous pour comprendre pourquoi nous ne devons pas lâcher cette campagne !

Vidéo sur le site de SHAC

Plus d’infos : http://cav.asso.fr/fr/campaigns/hls.htm

« Nature, berce-le chaudement : il a froid »

23 juin 2010

Hier, nous parlions de la SPA et des difficultés, tant morales que matérielles, que posait la question du soutien aux animaux.

Voici une information toute récente au sujet d’une SPA du sud de la France, qui a fait « faillite » et où les salariés sont donc partis… en abandonnant les animaux.

les rescapés du refuge de Pierrelatte

L’association « l’étape de l’espoir » qui gérait le refuge confédéré CNSPA de Pierrelatte (Drôme) a déposé son bilan , et les 6 salariés sont partis ne laissant derrière eux que les murs et … les animaux.

Emue, une élue a tout de suite pris la décision de créer une autre association, tout en s’occupant des animaux restés sur le site (vous imaginez que cela n’a pas été une tâche simple !) ; le syndicat intercommunal, auquel appartiennent les infrastructures, a mis ces dernières à disposition de la nouvelle asso, et la mairie a fourni de la nourriture pour les animaux.

Ainsi est née l’association (composée uniquement de bénévoles) : « SOS ANIMAUX EN DETRESSE », qui va devoir maintenant s’auto-gérer, tant sur le plan de la nourriture et des soins aux animaux, que sur celui de la gestion du refuge et des infrastructures.

Si vous souhaitez aider cette toute jeune association qui a sauvé les chiens et chats de l’euthanasie, mais qui n’a pour l’heure que son amour des animaux pour fonctionner, vous pouvez devenir adhérent (15 € pour l’année), ou faire un don en argent ou en nature (couvertures, croquettes, …). Vous pouvez aussi donner des idées pour trouver des financements.

Merci pour les animaux.

SOS ANIMAUX EN DETRESSE
quartier des Tomples
26700 PIERRELATTE
Tél 04 75 50 23 88 (de 13 h 30 à 17 h sauf dimanche et jours fériés)

Il est difficile de faire un commentaire là dessus. Mais cela souligne que sans une ligne très claire, des principes très marqués, le soutien aux animaux n’a pas de fondements assez solides.

Il faut non seulement un projet clair et non négociable – l’arrêt de l’exploitation animale – mais également une juste compréhension de notre rapport à la nature.

Notre mère la Terre, voilà ce qu’il faut comprendre, pour une perspective cohérente, opposée à toute mort et toute souffrance.

Voici justement un poème de Rimbaud qui résume cette conception. Un poème où on trouve du bleu et du vert, symbole de la nature, d’une nature qui est comme une mère qui doit bercer la vie, à l’opposé de la folie humaine qui assassine!

Le dormeur du val

C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Et rappelons aussi Aube, un poème classique de l’expression du rapport authentique avec la nature. Là aussi, on retrouve notre mère la Terre!

Aube

J’ai embrassé l’aube d’été.

Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Je ris au wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

Alors je levai un à un les voiles. Dans l’allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l’ai dénoncée au coq. A la grand’ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.

En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu son immense corps. L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois.

Au réveil il était midi.

Réflexions sur un nouveau reportage sur la corruption à la SPA

22 juin 2010

La SPA qui signifie pour rappel, Société Protectrice des Animaux, a de moins en moins bonne réputation et a vu ses dons baisser de 25% en 2009, suite au récent scandale (voire notre article La SPA: une bureaucratie corrompue faisant des placements immobiliers?).

Le magazine « 66 minutes » de la racoleuse chaîne télévisée M6 a concocté un abject reportage sur la SPA (cliquez sur le chapitre 2).

Cela était inévitable, malheureusement. Les médias veulent du scandale, du racoleur ; le contenu ne les intéresse pas.

Ainsi, si ce reportage est très intéressant car il souligne la bureaucratie et sans nul doute les grandes magouilles au sein de la SPA, il ne parle en rien des animaux, de leur situation, de leurs terribles difficultés.

Le reportage commence par exemple sa critique avec le refuge de la région de Vichy qui est dans un état…. terrible, les animaux vivent dans des conditions de saleté, le bâtiment est d’une vétusté incroyable et présente même certains aménagements dangereux pour les animaux.

Puis il parle de l’ouverture un nouveau refuge, dans un style très moderne, dans le même coin que le refuge insalubre de la région de Vichy.

Mais les animaux sont un prétexte à la critique démagogique de la SPA. Le reportage se contente d’énumérer les failles dans la construction du bâtiment, se servant de la sécurité ou du bien être des animaux pour critiquer.

Logiquement, on devrait critiquer la SPA car elle dessert la cause animale. Mais là ce n’est pas le cas : on critique la SPA simplement pour traiter d’un scandale.

Ce qui amène des commentaires lamentables du journaliste : il est prétendu que les animaux restent en général que 2/3 mois en refuge, ce qui bien entendu totalement faux ! Il est immoral de faire passer ce genre de message mensonger à une époque de grandes vacances où les abandons vont encore exploser.

Il n’est pas du tout dans la logique d’M6, ou des autres chaînes, de défendre les animaux. Le but de ce reportage aura bien l’effet inverse : une fois de plus ce sont les animaux qui trinquent et vont trinquer : la confiance en la SPA s’effrite de plus en plus, et certaines personnes pourront être amenées à penser qu’un animal abandonné au bord d’une route ou dans une forêt ou laissé à la SPA reviendra au même, vu le peu d’engagement financier déboursé par la SPA pour l’amélioration des refuges…

De plus, et ce que s’est bien abstenu de préciser de manière claire ce médiocre reportage, est que la SPA corrompue et pointée du doigt est celle d’Ile-de-France. Les autres SPA régionales sont indépendantes, mais ainsi, la stigmatisation est bien échafaudée par M6 !

Ainsi signalons tout de même que le rapport de la cour des comptes ne concernait que la SPA de Paris et non pas les 250 associations réunies au sein de le Confédération nationale des SPA de France.

Rappelons d’ailleurs notre article Quelle association aider quand on peut? qui tente de donner des réponses à cette épineuse question.

Une question qui ne peut avoir de sens que si elle est posée correctement, c’est-à-dire dans le sens de la libération animale.

Car la question n’est pas simplement celle de la maltraitance, ni même du meurtre. A LTD nous ne sommes justement pas d’accord avec la conception comme quoi la motivation unique pour être vegan, c’est une réaction raisonnée à la maltraitance ou au meurtre.

Bien entendu, nous sommes contre la maltraitance et le meurtre des animaux. Mais cela découle du fait d’être vegan.

Et qu’est-ce qu’être vegan, pour nous ? Reconnaître Gaïa, apprécier la faune et la flore, considérer que l’humanité n’est qu’une composante du tout.

Voilà pourquoi nous trouvons courageuses les personnes bénévoles à la SPA, mais trouvons étrange et contradictoire leur non véganisme.

Voilà pourquoi également nous trouvons choquant, car ça l’est, qu’en France la marée noire dans le Golfe du Mexique ne soit pas considérée comme un sujet d’actualité pour de nombreuses personnes véganes.

A LTD, c’est parce que nous voulons une vie harmonieuse sur Gaïa, avec les animaux, la nature, que nous sommes contre l’exploitation animale. C’est une sensibilité immédiate que nous avons.

Notre véganisme n’est pas issue d’un raisonnement alambiqué sur le droit, avec toutes ces théories absurdes expliquant en des centaines de pages, dans un jargon insupportable et élitiste, que les animaux auraient des droits car ils sont « sentients », etc.

Notre véganisme est immédiat, il est culturel, il est moral. Il est donc : simple, naturel. C’est finalement la grande critique qu’il faut faire : critiquer l’humanité dénaturée, et toutes les conceptions allant avec.

Apéro « saucisson-pinard », pique-nique « en blanc », halal…

19 juin 2010

La question végane est une question actuelle, elle a commencé à se poser il y a 20 ans véritablement, et chaque jour qui passe, le véganisme gagne en contenu et se pose comme une alternative nécessaire, tant sur le matériel que celui de la morale.

Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que la question de l’alimentation soit mise en avant de manière « radicale », « révolutionnaire »… mais pas forcément dans le bon sens.

Les gens qui ne veulent pas du véganisme tentent inévitablement de contourner la question, comme l’extrême-droite qui attaque le halal afin de ne pas critiquer l’industrie.

Nous en avons déjà parlé avec l’affaire de l’occupation d’un Quick « Halal » à Lyon, ou encore avec la vidéo lilloise du « Front de Libération des Cochons. »

Cette fois encore, on a eu droit à quelque chose du genre. L’apéro parisien « saucisson pinard » a en effet finalement eu lieu, sur le haut des Champs-Elysées plutôt que dans le quartier populaire de la la Goutte d’Or.

Se sont rassemblées… au moins 1.000 personnes, avec comme seule obsession commune l’alcool et la viande, dans un rassemblement au-delà de certains clivages (extrême-droite, associations « de gauche » comme « Riposte laïque » ou certains milieux féministes…).

Et cet apéro fait des émules, avec des initiatives à Douai, Amiens, Lyon…

Tout sauf végan ! Voilà le mot d’ordre de ces gens, qui critiquent le présent non pas en regardant l’avenir, mais en s’attachant au passé, un passé idéalisé, comme en témoigne l’affiche de l’appel à l’apéro.

Mais tout cela est-il bien étonnant ? Non, bien entendu, car sur le plan de la vie quotidienne, les « traditions » l’emportent, et qui représente mieux les « traditions » que l’extrême-droite ?

Cela montre bien à quel point le véganisme doit rompre avec les traditions, et se fonder non pas sur une vision nationale, mais bien une vision planétaire.

L’extrême-droite veut « sauver » la nation et ses traditions, alors que nous voulons la libération des animaux et que Gaïa ne soit pas anéantie par une folle course au profit.

La planète est assassinée, les animaux toujours plus placés dans des conditions d’esclavage… et on trouve des gens désireux de continuer « comme avant » à boire leur petit pinard en mangeant de la « cochonaille » ?

Cet alcool et ces cadavres qui sont consommés seraient l’aboutissement de l’humanité ? Le point culminant de centaines d’années d’évolution culturelle, le fruit de l’avancée de la civilisation ?

Nous le disons clairement : non ! Les innocents ont besoin de nous !

Il va de soi ici que l’extrême-droite n’est que l’avant-garde, ou plutôt l’arrière-garde des valeurs dominantes.

Voici par exemple le point de vue de Périco Légasse, rédacteur en chef de la rubrique « art de vivre » à l’hebdomadaire Marianne et animateur sur la Chaîne parlementaire (LCP) de l’émission mensuelle « Toques et politique. »

Ce point de vue est édifiant et résume tout ce qu’il faut combattre. Justement, avant de voir son point de vue sur cette histoire d’apéro, voyons d’abord ce qu’il a comme conception du monde :

« BIENVENUE A MA TABLE

Ce blog prétend défendre une certaine idée du goût de la France. Notre patrimoine gastronomique, qu’il soit agricole, maritime, viticole ou culinaire, n’est en aucun cas la propriété exclusive des Français, mais celui de l’humanité toute entière. (…)

Reflets de nos diversités régionales, expression des particularismes qui façonnent notre physiologie gustative, le vin de France, la cuisine française, les produits de nos terroirs ne sont pas les meilleurs, d’autres endroits du monde en proposent d’aussi bons, ils sont tout simplement uniques, donc irremplaçables. Les voici aujourd’hui menacés par la globalisation.

C’est cette spécificité là qu’il convient de protéger, de perpétuer et de partager, afin que les saveurs d’en France continuent à réjouir celles et ceux qui aiment célébrer le mariage des plats et des vins.

Chers lecteurs, ce blog se veut un espace de dégustation, de réflexions sensorielles, de débats alimentaires, de joutes bachiques, de convivialité gourmande, un repère de coups de gueule, de fins palais, de francs gosiers et de dents dures. Tel un festin, il est destiné au partage et à l’échange, dans l’espoir d’accueillir le plus possible de convives autour de la table. »

La mort faite culture, l’abandon de la pensée dans le vin faite civilisation. Au lieu d’une ouverture à Gaïa, voici l’idéologie de l’ouverture à l’égoïsme et à l’égocentrisme.

Quelle hypocrisie que de parler d’éveil des sens alors qu’il ne s’agit que de l’endormissement de tous nos sens par rapport à la vie, par rapport à Gaïa.

Pour ce type de gens, rien ne doit changer, l’esclavage des animaux doit se perpétuer. Voici justement comment ce « gastronome » analyse la question de l’apéro parisien « saucisson pinard »:

« Il est scandaleux que, faute de lieux privés où observer leur culte, des hommes soient contraints de prier sur la voie publique, qui plus est sans autorisation du ministère de l’intérieur (et des cultes), mais il est encore plus scandaleux que l’on s’en prenne au vin et au saucisson sous prétexte qu’ils sont instrumentalisés par un groupuscule fasciste et raciste.

Depuis quand colle-t-on des estampilles politiques sur des aliments aussi ordinaires que le vin et le saucisson dans une capitale où foisonnent en parfaite coexistence toutes les cuisines du monde ? Qui cherche à casser le consensus ? A qui profite l’anathème ?

En fait, dès lors qu’une communauté, qu’elle quelle soit, a privatisé un tronçon de l’espace public, cela devient un acquis auquel on ne peut plus toucher. Dire non, pas ça et pas comme ça, relève aussitôt de la provocation. Il faut se taire, s’écraser, la boucler. Il n’est que de voir les réactions d’hystéries, dans les deux camps, pour s’en inquiéter.

Jusqu’à nouvel ordre, le vin rouge et le saucisson sont des emblèmes inaliénables de la laïcité républicaine.

Cela peut paraître ridicule et dérisoire à première vue, mais ces valeurs-là ne sont pas négociables, car si nous cédons sur celles-là, demain, nous serons peut-être amenés à céder sur d’autres et à effacer des frontons de la République les trois mots qui n’auront plus l’heur de plaire à des citoyens s’étant un jour estimés victime de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité pour lesquelles sont tombés, non seulement nos pères, mais aussi ceux de ceux qui prient dans les rues de Paris et de Marseille. »

Pour ce gastronome, ses valeurs ne sont pas négociables. Les nôtres non plus. Et il s’imagine que la question « alimentaire » n’est pas question politique.

Et si elle l’est ; elle est une question politique par excellence, c’est-à-dire s’élevant jusqu’à la morale. Qu’est-ce que la politique en effet si ce n’est la question du choix de la morale ?

C’est donc une question de priorité, et notre priorité s’appelle : libération animale et libération de la Terre. Ce sont les critères pour comprendre le monde, pour savoir ce qui va dans le bon sens, et ce qui va dans le mauvais.

Inversement, voici comment le rédacteur en chef de « Riposte laïque » explique sa ligne, dans une interview à Marianne. Il parle justement de l’occupation du Quick Halal… Et évidemment il le fait dans une perspective totalement opposée à la nôtre…

Pourquoi avoir accepté d’organiser cela conjointement avec le Bloc identitaire, une organisation d’extrême droite à la réputation sulfureuse qui semble très éloignée des valeurs que vous défendiez jusqu’ici ?

L’islamisation de la France progresse. Et nous sommes consternés par la passivité des acteurs politiques, par la façon dont ils minimisent le phénomène. Dans la gauche, qui est notre camp, les laïcs et les féministes sont aux abonnés absents. Sur la burqa, ils n’ont pas bougé !

Si les socialistes étaient encore au pouvoir, il n’y aurait pas de loi sur le voile à l’école, et toujours pas de débat sur la burqa. C’est un constat désespérant : sur le sujet de la montée de l’islam et ses enjeux, la gauche est en faillite idéologique.
Alors une fois qu’on a dit ça, qu’est-ce qu’on fait ? On reste dans un splendide isolement et on demeure pur ? Ou on commence à agir ?

Donc, vous avez choisi de perdre votre pureté en vous associant au Bloc identitaire ?

On est obligés de regarder quelles sont les forces qui sont prêtes à faire quelque chose pour alerter les citoyens sur les enjeux de la montée de l’islam. Il n’y a pas grand monde qui soit prêt à le faire, ni à gauche, ni à droite.

Le bloc identitaire a mené quelques actions qui nous ont interpellés, par exemple sur l’histoire des Quick Halal [invasion d’un Quick halal par 70 personnes affublées de masques de cochons, ndlr] ou de la mosquée de Bordeaux [diffusion d’un bruyant appel à la prière dans les rues du quartier bastide à 6 heures du matin, ndlr].

On ne se reconnaît certes pas dans leur régionalisme et leur conception ethnique. Mais on a senti chez eux une volonté de se défaire de leur côté sulfureux et de se rapprocher d’une droite populiste à l’image de l’UDC suisse [parti ultraconservateur à l’origine de la votation suisse sur l’interdiction des minarets, ndlr].

Ce n’est pas sans rappeler la logique de la fondation Brigitte Bardot, qui ne cesse elle aussi de critiquer le halal en oubliant d’attaquer l’industrie…

La logique des anti-vegans, c’est : « tout doit changer pour que rien ne change. » Et pour finir justement notre propos, voici un article d’hier, au sujet d’un autre pique-nique.

Ce pique-nique là s’est déroulé également à Paris, la veille de l’apéro « saucisson-pinard. » Il est son contraire… Mais justement pas pour nous, en tant que vegans!

Des milliers de Parisiens au «pique-nique en blanc»

La seule condition pour participer était d’être habillé de blanc. Des milliers de Parisiens ont participé jeudi soir au pique-nique géant organisé dans le jardin du Carrousel à Paris. Le must de l’élégance et de la fête chic.  Pendant que d’autres regardaient le match de football, des centaines de personnes ont convergé entre 20 heures et 21 heures en un même endroit tenu secret jusqu’au dernier moment.

Le décor : tables de bridge, nappes blanches, chandeliers en argent, bouteilles de champagne et repas soigné. Depuis vingt ans, cet événement surprise remporte un succès croissant. Hier soir, plusieurs milliers de personnes ont fait bombance… avec l’autorisation implicite de la préfecture de police.

Apéro « saucisson-pinard », pique-nique « en blanc », halal… Aucune différence à nos yeux!

Déclaration Universelle des Droits de l’Animal et vivisection

18 juin 2010

Sur le livre d’or, une personne nous fait la remarque suivante :

Bonsoir, J’ai trouvé ceci dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Animal : Article 6 L’expérimentation sur l’animal impliquant une souffrance physique ou psychique viole les droits de l’animal. Les méthodes de remplacement doivent être développées et systématiquement mises en œuvre.

Les scientifiques qui expérimentent sur les animaux comme pour les test de dépendance à la drogue sont donc hors la loi ? Ou alors existe-t-il une exception pour eux ? Pourquoi ne sont-ils pas punis par la loi comme il se doit ?

Il n’est pas difficile de prouver qu’un animal testant des produits de beauté ou les évolutions du cancer souffre de maladies douloureuses pour lui, ou qu’un rat enfermé dans une cage minuscule avec une dizaine de ses congénères en labo est perturbé psychologiquement !

Y’a-t-il une loi concrète qui autorise à ne rien faire pour eux sous prétexte que c’est la « science » ou ferme-t-on simplement les yeux ?

La Déclaration Universelle des Droits de l’animal fut proclamée le 15 octobre 1978 à la Maison de l’UNESCO à Paris. Mais elle n’a pas du tout été acceptée en tant que « loi » par les différents Etats…

La voici pour rappel :

PRÉAMBULE :

  • Considérant que la Vie est une, tous les êtres vivants ayant une origine commune et s’étant différenciés au cours de l’évolution des espèces,
  • Considérant que tout être vivant possède des droits naturels et que tout animal doté d’un système nerveux possède des droits particuliers,
  • Considérant que le mépris, voire la simple méconnaissance de ces droits naturels provoquent de graves atteintes à la Nature et conduisent l’homme à commettre des crimes envers les animaux,
  • Considérant que la coexistence des espèces dans le monde implique la reconnaissance par l’espèce humaine du droit à l’existence des autres espèces animales,
  • Considérant que le respect des animaux par l’homme est inséparable du respect des hommes entre eux,

IL EST PROCLAME CE QUI SUIT :

Article premier

Tous les animaux ont des droits égaux à l’existence dans le cadre des équilibres biologiques.
Cette égalité n’occulte pas la diversité des espèces et des individus.

Article 2

Toute vie animale a droit au respect.

Article 3

  1. Aucun animal ne doit être soumis à de mauvais traitements ou à des actes cruels.
  2. Si la mise à mort d’un animal est nécessaire, elle doit être instantanée, indolore et non génératrice d’angoisse.
  3. L’animal mort doit être traité avec décence.

Article 4

  1. L’animal sauvage a le droit de vivre libre dans son milieu naturel, et de s’y reproduire.
  2. La privation prolongée de sa liberté, la chasse et la pêche de loisir, ainsi que toute utilisation de l’animal sauvage à d’autres fins que vitales, sont contraires à ce droit.

Article 5

  1. L’animal que l’homme tient sous sa dépendance a droit à un entretien et à des soins attentifs.
  2. Il ne doit en aucun cas être abandonné, ou mis à mort de manière injustifiée.
  3. Toutes les formes d’élevage et d’utilisation de l’animal doivent respecter la physiologie et le comportement propres à l’espèce.
  4. Les exhibitions, les spectacles, les films utilisant des animaux doivent aussi respecter leur dignité et ne comporter aucune violence.

Article 6

  1. L’expérimentation sur l’animal impliquant une souffrance physique ou psychique viole les droits de l’animal.
  2. Les méthodes de remplacement doivent être développées et systématiquement mises en œuvre.

Article 7

Tout acte impliquant sans nécessité la mort d’un animal et toute décision conduisant à un tel acte constituent un crime contre la vie.

Article 8

  1. Tout acte compromettant la survie d’une espèce sauvage, et toute décision conduisant à un tel acte constituent un génocide, c’est à dire un crime contre l’espèce.
  2. Le massacre des animaux sauvages, la pollution et la destruction des biotopes sont des génocides.

Article 9

  1. La personnalité juridique de l’animal et ses droits doivent être reconnus par la loi.
  2. La défense et la sauvegarde de l’animal doivent avoir des représentants au sein des organismes gouvernementaux.

Article 10

L’éducation et l’instruction publique doivent conduire l’homme, dès son enfance, à observer, à comprendre, et à respecter les animaux.

Cette déclaration est avant tout une sorte de réflexion philosophique sur les droits de l’animal. Elle est intéressante, certainement. Si on pousse le raisonnement jusqu’au bout, il faudrait logiquement arriver au véganisme…

Seulement, les lois et le droit ne sont pas là pour faire respecter la dignité des animaux. Nous sommes dans une société capitaliste où le profit règne et où les plus pauvres et les plus faibles (les personnes âgées/handicapées, les animaux…) subissent les conséquences de cette soif de profit et de destruction.

Les animaux (de laboratoire pour le cas présent) ne sont considérés que comme du matériel renouvelable à volonté, il est donc malheureusement évident que ce que stipule cette déclaration n’est ni respecté, ni su et même totalement ignoré de manière volontaire !

De toute manière utiliser les animaux pour la vivisection et prétendre vouloir leur respect tout en les rendant malades ou les découpant avec « décence », n’a aucun sens.

Il existe de plus en plus des chartes « d’éthique de l’animal de laboratoire » mais tout cela n’est que pure hypocrisie, car si l’on respecte l’animal on ne l’utilise pas comme matériel de torture.

C’est pour cela que nous ne faisons pas du « droit des animaux » l’identité de notre combat, mais bien la libération animale. La perspective n’est pas la même.

On notera également que en 1959, Russell et Burch édictèrent la règle des 3 R au sujet de la vivisection (voir ici le site de la fondation 3R):

Remplacer l’expérimentation animale chaque fois que possible par une méthode alternative en développant cette dernière (exemple : production des anticorps monoclonaux en culture cellulaire plutôt que par injection des cellules tumorales à des souris réceptrices..) les différents expérimentateurs rajoutent souvent un 4ème R : respect de l’animal, responsabilité des expérimentateurs, qui constitue le fondement des comités d’éthique..

Raffiner les méthodes expérimentales de façon à supprimer la douleur et l’inconfort (par exemple en développant les méthodes d’analgésie et d’anesthésie, ainsi qu’en mettant au point des techniques non invasives telles que l’échographie et la télémétrie..)

Réduire le nombre des animaux utilisés (exemple 1 : l’harmonisation des procédures européennes permet la reconnaissance réciproque des essais toxicologiques effectués dans un pays et supprime donc la répétition des essais nationaux ; exemple 2 : une approche statistique judicieuse sur des animaux standardisés – par un protocole d’élevage plus précis – permet de réduire considérablement les effectifs..)

Le problème de l’utilisation des animaux pour la vivisection n’est donc pas nouveau, et comme on le voit au sein d’une science sans conscience qui n’est que ruine de l’âme, il sera au maximum parlé de réduction et de réforme.

Pour qu’il y ait abolition, il faut un changement de perspective, alors que comme nous l’expliquions dans un article, l’idéologie dominante est clairement anthropocentriste et sa vision de la science va avec (L’emprisonnement et les tests sur les animaux: la norme de la société française).

Et rappelons également l’existence du projet européen REACH, qui va amener encore plus de vivisection…

Pour finir, rappelons l’existence de deux organismes se consacrant à la recherche d’alternatives sérieuses à la vivisection: Antidote et Pro Anima.

Un exemple de bobo « bio » faussement ami des animaux: Gwyneth Paltrow la carnivore opportuniste

14 juin 2010

Le site La Terre D’abord n’a pas pour vocation, et n’a pas envie, de parler des « people » mais nous ferons aujourd’hui une exception. Car au fil des jours, nous ne cessons de déplorer à quel point l’écologie suscite un business lucratif et opportuniste.

L’actrice américaine Gwyneth Paltrow vient de racheter la compagnie du créateur thaïlandais Anchali Chatrakul Na Ayudhaya, qui est spécialisée dans les maillots de bains en peau de poissons.

La collection qui sera intitulée Ichthys, (poisson en grec) aura pour lamentable slogan « Révélez la sirène qui se cache en vous » et sera présentée cet automne. Voici une petite vidéo qui présente ces maillots de bains en peau de poissons.

Les deux prétextes de cette nouvelle exploitation commerciale des poissons sont l’originalité, car Madame Paltrow voulait une matière animale encore jamais exploitée et bien sûr « l’écologie » car seules les peaux des saumons – entre autres – dits bios seront utilisées.

Car Gwyneth Paltrow se dit très engagée pour l’environnement et serait une inconditionnelle du bio…

Mais quand l’on parle de Gwyneth Paltrow on pense tout de suite « végétarienne » car son mari Chris Martin, le chanteur du groupe Cold Play, est végétarien (au passage, pour info superficielle et non indispensable, il a été nommé en  2005 le « végétarien le plus sexy du monde » par PETA). Leur fille se nomme par ailleurs Apple (pomme).

La confusion vient alors d’une déclaration de 2008 où elle aurait précisé ne pas avoir consommé de viande en 15 ans.

Les choses ont bien changées et dorénavant sur son blog elle apprend à ses fans comment cuisiner des morceaux d’animaux…

Gwyneth Paltrow et son mari ont beau déclarer qu’ils sont « pretty much vegetarian » (« presque végétarien », « le plus souvent végétarien »), et que c’est « la meilleure chose pour la santé de la famille comme pour les animaux et l’environnement…

Il n’en n’est pourtant rien du tout ! Cette réputation de végétarienne est totalement fausse car Gwyneth Paltrow se contente juste d’organiser des repas vegan lors d’anniversaires.

Dans un esprit totalement hypocrite, ou schizophrène, on trouve une mise en avant du végétarisme sur cette page de son blog mais on trouve aussi cette vidéo où Gwyneth Paltrow découpe et cuisine… du poulet !

Et après elle ose se dire sensible au sort des animaux et de l’environnement !

A côté de cela Gwyneth Paltrow s’expose volontiers avec de la fourure (et en fait la promotion) et bizarrement, elle est amie avec Stella Mc Cartney (qui elle est une vegan militante et crée des vêtements/chaussures vegan).

Vouloir protéger l’environnement au détriment des animaux qui y vivent n’a aucun sens et est une démarche opportuniste et irresponsable. L’écologie est un tout : animal, végétal et minéral.

Rappelons la définition « classique », « l’écologie est la science ayant pour objet les relations des êtres vivants (animaux, végétaux, micro-organismes) avec leur habitat et l’environnement, ainsi qu’avec les autres êtres vivants. »

Privilégier l’un au profit de l’autre, ignorer l’un au profit de l’autre est déraisonnable…et absurde. Cela montre qu’il n’est pas possible d’être vegan d’un côté, et de ne pas vouloir défendre Gaïa de l’autre.

Le mépris de la vie animale sauvage, ainsi que de la flore, est une erreur malheureusement faite par beaucoup de personnes veganes!

C’est en raison de cela que des opportunistes comme Gwyneth Paltrow peuvent jouer leur petit jeu… Et il n’y a évidemment aucune place pour ce genre de choses dans la bataille pour la libération animale, la libération de la planète.

C’est une question de centre d’intérêt… Il suffit de penser à l’absence en France d’articles de fond, d’analyses, de prises de position sur la marée noire qui a lieu dans le Golfe du Mexique…

Comme si les animaux là-bas n’étaient pas « intéressants », comme si la flore là-bas ne comptait pas… Comme si finalement les animaux ne servaient que d’arrière-plan à une critique misanthrope du monde…

Vegan… Straight Edge !!!

14 juin 2010

Brutalité anti-animaux et anti-humains, et le sens d’être vegan straight edge

14 juin 2010

Souvent on doit entendre le mauvais refrain comme quoi quand on aime les animaux, on aime pas les humains. Voici deux informations toutes récentes permettant d’établir que ce n’est pas du tout vrai.

La première information, ce sont les révélations concernant la corruption au sein de la Commission baleinière internationale. La seconde consiste en une analyse sur le rapport entre la violence contre les animaux et la brutalité sociale.

Le fait qu’il y ait une corruption au sein de la Commission baleinière internationale est très révélateur des mentalités esclavagistes qui règnent dans le camp des anti-animaux. En effet, ont été proposés à des représentants de différents pays de l’argent ainsi que des prostituées.

Selon le Sunday Times du 13 juin, l’Etat japonais a en effet employé ce genre de moyen : des aides d’Etat ont été fournies, ainsi que de l’argent en liquide, ont été donnés à des représentants pour qu’ils soutiennent la non interdiction de la chasse à la baleine, le tout accompagné d’invitations officielles au Japon tout frais payé, avec mise à disposition de prostituées.

Chaque jour que se tenait le congrès de la Commission baleinière internationale, le représentant de la Guinée touchait au minimum 1.000 dollars par jour, avec une voiture de service à disposition…

On ne s’étonnera pas que les représentants corrompus viennent du tiers-monde : les pays riches achètent des gens tentant de joindre les deux bouts, afin de mettre en place leur propre exploitation à l’échelle du monde.

On ne s’étonnera pas non plus que le Japon paie des « scientifiques » pour expliquer que les baleines mangeraient des poissons, et ce d’une quantité phénoménale (soit disant 6 fois plus que la pêche mondiale).

Ces mêmes « scientifiques » expliquent que les baleines meurent rapidement, alors qu’en réalité elles mettent au minimum 14 minutes, mais plutôt plusieurs heures en fonction du harponnage…

Quand on pense que seulement 5% des personnes au Japon mangent de la baleine, on voit bien que ceux qui n’aiment pas les animaux, ici les baleines, n’aiment pas les humains : ils pratiquent la corruption, et ne défendent que leurs intérêts, certainement pas ceux des Japonais « en général. »

Il est important de le dire car défendre Gaïa n’est certainement pas une question « nationale », c’est une question touchant l’humanité entière, dans son rapport avec les animaux.

Son rapport avec les animaux, qui est un rapport social.

Aux États-Unis, où la violence sociale est énorme, on s’aperçoit de plus en plus que la cruauté contre les animaux est une composante culturelle des actes barbares.

Ce qui est logique : quelqu’un de déphasé dans la société, quelqu’un de perdu socialement, a perdu tout contact avec la nature et vit avec les valeurs urbaines de concurrence.

Ainsi Jeffrey Dahmer, le « le cannibale de Milwaukee » nécrophile qui a tué 17 personnes, avait un rapport aliéné aux animaux : ils les « palpait » au lieu de les caressait, puis il disséquait les animaux morts et finalement mettait des têtes de chiens et de chats sur des piques…

Ted Bundy, le « tueur de femmes » ayant fait entre 25 et 35 victimes, regardait enfant comment son grand-père torturait des animaux…

Les victimes de la société, de sa brutalité sociale et de son aliénation par rapport à la nature, basculent dans la barbarie, et l’attitude aux animaux est très révélatrice.

C’est dans le même sens que va une étude publiée dans uns revue de psychiatrie américaine, et intitulée « Une étude sur les incendies volontaires et la cruauté animale chez les enfants : les influences familiales et les résultats sur les adolescents » (A Study of Firesetting and Animal Cruelty in Children: Family Influences and Adolescent Outcomes).

Cette étude montre que les enfants de 6 à 12 ans qui sont cruels avec les animaux basculent dans les violences volontaires – mais ici il faut bien voir que les enfants sont autant victimes que les animaux.

Brutalisés par la société, ces enfants répercutent la brutalité sur les plus faibles. En fait, le rapport aux animaux révèle le degré de culture. Plus une société est barbare, moins les animaux comptent.

Il n’est pas difficile de voir à quelle vitesse on se précipite en ce moment dans la barbarie !

Contrairement à ce que prétendent les associations pour les droits des animaux, la situation empire!

Et cela est tellement vrai qu’aux USA on est en train de le reconnaître. Dans de nombreux Etats dont l’Illinois, la loi oblige les vétérinaires à prévenir la police dans le cas où il y a des suspicions de cruauté contre les animaux.

L’État de Californie forme des officiers de police dans le même sens, afin de reconnaître… la violence pédophile.

Car là où les animaux sont victimes, les enfants le sont aussi.

Et cela est triste à dire, mais il y a ce phénomène social qu’il faut prendre en compte : ce sont souvent dans les familles déstructurées socialement qu’on trouve des animaux de compagnie.

Ceux-ci sont évidemment maltraités et leur vie est souvent un calvaire, mais il faut comprendre en quoi tout cela fait partie d’une sorte de tourbillon social, où les couches sociales les plus pauvres et les animaux vivent un enfer, où l’enfer appelle l’enfer.

Dans une étude relativement connue aux USA, portant en 1997 sur les 48 plus grands refuges pour les femmes victimes de violence domestique et pour les enfants victimes d’abus sexuel, 85% des femmes ont rapporté des cruautés sur les animaux, tout comme 63% des enfants.

Et le ¼ des femmes battues a affirmé avoir repoussé au maximum la fuite au refuge, afin de… protéger l’animal domestique.

Ceci est très lourd d’enseignement, et montre bien le sens de l’engagement vegan : pour les animaux, pour l’intégrité des enfants, pour les droits des femmes… Ce qui va de pair avec le refus des drogues, dans une morale straight edge, contre tout ce qui détruit et empêche de construire sa vie sans exploitation ni rapports d’oppression.

La campagne « Le boeuf, bon par nature »

12 juin 2010

Lorsqu’on s’intéresse sincèrement au réchauffement climatique, à ses causes et à ses solutions, il est clair que la consommation de viande joue un rôle clé dans le changement climatique.

Pourtant, cette information cruciale est bien soigneusement cachée par les médias et les industries.

L’information générale sur l’impact de la consommation de viande sur le climat est connu, c’est la quantité importante de gaz à effet de serre produit à chaque stade de « production » de la viande.

Il est notamment connu que les forêts brésiliennes sont anéanties afin d’y cultiver le soja qui servira d’aliments aux bovins. Ainsi il n’y a plus d’arbres pour absorber le CO2 (le massacre des arbres engendre aussi toutes les autres conséquences mortelles pour la faune et la flore).

Par ailleurs, les ruminants rejettent du méthane. 1 kilo de méthane équivaut alors à 23 kilos de CO2.

Enfin, le transport vers l’abattoir est également source de pollution et de rejet de CO2.

Une lutte correcte pour l’écologie doit donc bannir la viande de sa consommation.

La mode de l’écologie propose une importante panoplie de dérives, le tout servi sur un plateau de publicités mensongères. En ce moment par exemple se déroule la campagne « Le boeuf, bon par nature » crée par Interbev, « l’Association Interprofessionnelle du Bétail et des Viandes » dont l’objectif est de renverser les arguments écologiques, dans le but d’une consommation de boeuf !

Parmi les manipulations écologiques il y a le fait que consommer de la « viande » serait « vital pour la préservation des praires » et que l’élevage serait « façonneur de paysage ».

La vie reprend ses droits d’une manière ou d’une autre, à un moment ou un autre, et la nature n’a certainement pas besoin que des animaux soient exploités pour pouvoir vivre et grandir. Les insectes contribuent à la régénération de la végétation et Gaïa sait vivre toute seule.

Alors la boutade « Décidément, le bœuf crée la vie autour de lui. » est honteusement de très mauvais goût et déplacé quand on sait les souffrances endurées par ces animaux tout au long de leur (courte) vie.

A un moment où la consommation de viande explose partout dans le monde, à en croire ce site, tous les boeufs sont élevés gentiment dans la nature, l’élevage industriel n’existerait pas…

Outre l’utilisation du prétexte de la biodiversité, est également mis en avant le côté familio-rural de l’élevage de bovins. Ces deux points sont également des argument phares dans le milieu « écologique ».

Ne cessant de jouer sur les mots, lire une fois de plus « Ainsi, grâce au bœuf, nos campagnes sont pleines de vie » est lamentable car se servir des sentiments et opposer les vies entre elles est indigne.

Mais de toutes façons, à quoi s’attendre avec des personnes qui font naître des animaux pour les tuer ? A quoi s’attendre avec des personnes qui utilisent et manipulent le réchauffement climatique sur le dos des animaux ? A quoi s’attendre avec des personnes qui disent qu’exploiter (et tuer par la suite) des boeufs, est au final une source de vie ?

Ne nous étonnons pas non plus que le CIV (« Centre d’Informations des Viandes« ) tienne le même discours…

Contrairement à ce que propose le site « le boeuf bon par nature », la seule et unique solution disponible pour protéger l’environnement et les animaux est le véganisme. Tous ces gens qui viennent tirer profit de la crise climatique pour vendre et tenter de banaliser leurs actes de torture n’ont aucun sens, à part celui du profit. La seule énergie qui est « naturelle », « vitale » et « essentielle » c’est le véganisme!

Nouvelle loi sur « l’obstruction à la chasse »

11 juin 2010

Une loi et une proposition de loi forment l’actualité de ces derniers jours, pour les personnes s’intéressant à la cause animale.

Une loi et une proposition de loi qui sont étroitement liées sur le plan culturel, car leur aspect social est prédominant.

En effet, la loi qui vient de passer protège les chasses, expression en apparence populaire mais ayant un certain coût, tout en sachant que la loi vise surtout la chasse à courre, expression néo-aristocratique très en vogue dans la grande bourgeoisie.

Et inversement, la proposition de loi vise à interdire les corridas et les combats de coqs, une tradition par contre populaire.

Populaire, mais nullement défendable, bien entendu. Mais cela montre à quel point la cause animale doit avoir une compréhension juste de la société, sinon on agit de manière contre-productive.

Il est en effet inévitable que l’argument sorte sinon : la cause animale s’oppose aux intérêts des plus pauvres. Cela est faux, rien que sur le plan de la dignité ! Mais le but du jeu est de semer la confusion, comme le fait par exemple Chasse, Pêche, Nature, Tradition (CPNT).

Que dit CPNT au sujet de la proposition de loi, effectuée par Geneviève Gaillard (PS) et Muriel Marland-Militello (UMP), présidente et vice-présidente du groupe d’études parlementaire sur la protection des animaux ?

CPNT dit très intelligemment la chose suivante:

« CPNT estime que le respect des traditions est un devoir sous peine de négationnisme culturel. Le combat contre l’obscurantisme animaliste et la sensiblerie bobo à la Bambi continue! »

Être sensible, ce serait être « bobo » (bourgeois bohème)… Le peuple serait habitué à la vie à la dure, éprouver de la compassion serait un luxe de grand bourgeois.

Associé à un esprit de criminalisation de la cause animale, la formulation de CPNT est très bien calculée. Il ne manque plus qu’encore davantage de démagogie sociale, et cela ne manque pas dans le reste du communiqué de presse :

« CPNT s’étonne qu’en cette période de crise et de difficultés financières, en outre en plein débat sur les retraites et le développement agricole et économique, quelques parlementaires en mal de publicité trouvent le temps de s’attaquer à des activités culturelles et traditionnelles à l’impact économique particulièrement important dans les territoires. »

Là aussi on voit que CPNT se donne une image sociale, donnant dans la rengaine connue comme quoi s’occuper des animaux serait un luxe, un passe-temps de grand bourgeois, etc.

Sauf que s’il est un passe-temps de grand bourgeois, c’est justement la chasse à courre, et voilà qu’une nouvelle loi la protège, instaurant le délit d’obstruction à la chasse.

Que dit cette nouvelle loi ?

A la sous-section 3 de la section 1 du chapitre VIII du titre II du livre IV du code de l’environnement (partie réglementaire), il est ajouté un paragraphe 5 ainsi rédigé :

« Paragraphe 5

« Obstruction à un acte de chasse

« Art. R. 428-12-1. – Est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe le fait, par des actes d’obstruction concertés, d’empêcher le déroulement d’un ou plusieurs actes de chasse tels que définis à l’article L. 420-3. »

Voici l’article L. 420-3 en question:

« Constitue un acte de chasse tout acte volontaire lié à la recherche, à la poursuite ou à l’attente du gibier ayant pour but ou pour résultat la capture ou la mort de celui-ci.

L’acte préparatoire à la chasse antérieur à la recherche effective du gibier, y compris lorsqu’il consiste en un repérage non armé du gibier sur le territoire où s’exerce le droit de chasse, et l’acte de recherche du gibier accompli par un auxiliaire de la chasse ne constituent pas des actes de chasse.

Achever un animal mortellement blessé ou aux abois ne constitue pas un acte de chasse, de même que la curée ou l’entraînement des chiens courants sans capture de gibier sur les territoires où s’exerce le droit de chasse de leur propriétaire durant les périodes d’ouverture de la chasse fixées par l’autorité administrative.

Ne constitue pas non plus un acte de chasse le fait, pour un conducteur de chien de sang, de procéder à la recherche d’un animal blessé ou de contrôler le résultat d’un tir sur un animal.

Les entraînements, concours et épreuves de chiens de chasse ou d’oiseaux de fauconnerie, autorisés par l’autorité administrative, ne constituent pas des actes de chasse.

N’est pas considéré comme une infraction le fait, à la fin de l’action de chasse, de récupérer sur autrui ses chiens perdus. »

Comme on le voit, c’est l’obstruction à toutes les chasses qui est criminalisée.

Or, de manière intéressante, les médias n’ont parlé que de la chasse à courre… C’est une chose qu’il faut certainement comprendre…

Car ce sont les obstructions à la chasse en général qui sont criminalisées, et pas du tout uniquement la chasse à courre. Voici cependant le communiqué de l’association Droit des animaux à ce sujet, qui est connu justement pour avoir fait de l’opposition à la chasse à courre un de ses thèmes principaux:

« C’est trop d’honneur, Monsieur le Ministre !

Notre ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, a gratifié notre association d’un décret visant à mettre fin à ses activités d’interposition à la chasse à courre, par l’institution d’une nouvelle infraction : « l’obstruction à la chasse« .

Père Noël avant l’heure, il ajoute à la longue liste de cadeaux à un lobby décidément très écouté. Bien peu en effet peuvent se vanter d’obtenir de pouvoirs publics une protection pénale de leur loisir ! Il est vrai que la Fédération de la chasse s’est livrée à un véritable harcèlement.

Deux jours avant sa publication, la Fédération Nationale des Chasseurs publie un communiqué de presse, dans lequel elle déplore que « malgré des propos encourageants tenus au cours de son Assemblée Générale en Mars 2009″, le « décret contre les saboteurs de chasse, promis de longue date n’est toujours pas publié ! ».

Aujourd’hui donc, celui qui voudra aider un animal à échapper à une mort violente se verra puni d’une amende de 1500€. Les chasseurs doivent pouvoir torturer et tuer en paix, d’après Monsieur Borloo.

La députée Martine Billard, de même que Brigitte Bardot dans sa lettre ouverte à Fillon, se sont élevées contre cette atteinte aux libertés publiques. La liberté d’opinion est effectivement menacée par cette mesure, qui n’avait pas été admise deux ans auparavant par l’assemblée nationale (rejet de l’article 12 de la loi Ponatowski, pourtant très favorable aux chasseurs).

Rappelons-le, notre action était parfaitement légale avant qu’elle soit criminalisée par décret. C’est bien d’une répression politique qu’il s’agit.

L’association Droits des Animaux et ses membres ne renonceront pas à faire usage de leurs libertés fondamentales. Comptez sur nous pour une présence sur le terrain dès la rentrée prochaine ! »

La loi est pourtant bien plus vaste que cela. Rappelons en effet que la chasse à courre est un phénomène de grand bourgeois : il y a 420 équipages en France, répartis sur 67 départements, 150.000 membres d’équipage et 150.000 à 200.000 suiveurs.

Mais seulement 1% des animaux tués à la chasse le sont lors de la chasse à courre qui, rappelons le, est pratiquée sans armes : c’est la meute de chiens qui est « utilisée » comme arme…

Et il y a surtout 1.350.000 de chasseurs, dont la chasse est culturellement bien plus ancrée et présente. Chasseurs qui se réjouissent de la loi eux aussi, voici ainsi le communiqué d’hier de la Fédération nationale des Chasseurs, qui parle des actions terroristes menées au nom de la libération animale:

« Au moment où se multiplient, à travers tout le territoire, des actions terroristes de la part des mouvements de « Libération Animale », la FNC se réjouit que François Fillon, Premier ministre, Jean louis Borloo, ministre d’Etat en charge de l’Ecologie, Michèle Alliot-Marie, Ministre d’Etat, garde des Sceaux, aient cosigné ce texte dont elle espère qu’il aura l’effet dissuasif souhaité. »

Alors, comment comprendre cette loi, comme une loi en faveur de la chasse à courre, ou en faveur de la chasse en général?

Cela dépend du point de vue selon lequel on se place.

Si l’on se place du point de vue du droit des animaux, alors oui la loi vise à protéger la chasse à courre, pour empêcher qu’il n’y ait une contagion de la lutte pour les droits des animaux à d’autres secteurs (la chasse, puis les abattoirs, etc.).

Mais si l’on se place à partir du point de vue de la libération animale – et la libération animale ne raisonne pas en terme de « droits » – alors cette loi n’est que l’expression des rapports de domination existant globalement dans la société française.

La loi sur la chasse n’est que le prolongement logique des autres lois anti-animaux que l’on retrouve à tous les niveaux dans la société française.

Il faut ainsi voir que si la loi de criminalisation est une mauvaise chose, la proposition de loi contre les corridas et les combats de coq n’est pas forcément une excellente chose, car non seulement cela résume la question animale à une question « juridique », mais en plus cela présente la lutte pour les animaux comme une cause venant de l’extérieur de la société.

La loi sur l’obstruction à la chasse est logique, alors que « l’ordre règne. » Soit on est contre tout cet ordre, et on est pour la libération animale. Soit on veut changer les choses de l’intérieur, mais alors on est confronté inévitablement à des culs-de-sac.

« Front de Libération des Cochons »?!

8 juin 2010

On se souvient de l’occupation d’un Quick à Lyon par l’extrême-droite, en protestation contre le Halal et afin d’avoir du « bacon. »

Cette fois c’est à Lille qu’une vidéo est diffusée: le « Front de Libération des Cochons » affirme que « le cochon n’est pas dans son assiette, ni dans la nôtre non plus. »

On retrouve le même principe que dans l’occupation du Quick de Lyon: les occupants avaient mis des masques de cochon. Là aussi les cochons exigent donc le droit d’être mangés!

Cette parodie des communiqués du FLNC en Corse – mais également clairement de l’ALF – fait dans la politique fiction: la France serait devenue un Etat islamique et il n’y aurait donc plus le droit de manger des cochons…

Il n’y a même pas de commentaires tellement la logique anti-vegan est ici montrée dans tout son mépris… Et surtout le mépris pour la libération totale, pour la libération des cochons, qui, oui, est une chose sérieuse, une cause parfaitement digne, et juste!

Pas d’actes symboliques pour les animaux mais la libération totale !

7 juin 2010

Les militants de Greenpeace et leur « attaque de brigands »

7 juin 2010

Vendredi, en mer Méditerranée, un militant anglais de l’association Greenpeace s’est vu sérieusement blessé par un thonier français. Le militant blessé déclare à propos de cette agression :

Nous étions en train d’essayer d’abaisser des filets avec des sacs de sable pour libérer les poissons, quand les pêcheurs ont lancé un crochet sur notre zodiac.

Lorsqu’ils ont tiré sur la corde pour rapprocher notre pneumatique de leur bateau, le crochet s’est planté dans ma jambe gauche, entre l’os et le muscle.

C’était terriblement douloureux. Les pêcheurs tiraient sur la corde pour rapprocher les bateaux mais j’ai réussi à retirer le crochet.

Les miltants de Greenpeace étaient à cet endroit afin de libérer les thons rouges, qu’ils considèrent comme victimes de pêche intensive. Cependant, Greenpeace souhaite juste que la pêche soit momentanément stoppée… afin que les « stocks » de thons rouges se refassent !

Faute de témoins en leur faveur, Greenpeace a publié la vidéo de l’agression et a décidé de porter plainte.

Même si la vidéo montre clairement le caractère violent des thoniers, la pêche au thon étant autorisée avec de stricts quotas et surveillance par GPS, l’issue du procès n’est qu’évidente. L’Etat se rangera toujours du côté des intérêts et du profit. Surtout que la pêche du thon rouge n’est pas illégale et serait strictement réglementée…

Le groupe écologiste Greenpeace est bien connu pour ses actions « chocs » aux yeux des médias, mais leurs actions sont non-violentes, et c’est d’ailleurs leur leitmotiv :

Greenpeace est une organisation non-violente. De sa première action à aujourd’hui, Greenpeace a toujours été guidée par la même volonté de témoigner par l’action directe et non-violente.

En effet, nous sommes convaincus que les individus peuvent empêcher pacifiquement que des atteintes soient portées à l’environnement, même quand elles sont le fait des plus puissants intérêts.

Pourtant, Jean-Marie Avallone, propriétaire du thonier senneur nommé le Jean-Marie Christian 6, a qualifié l’action de Greenpeace d’ « une attaque de brigands ».

Des « brigands » non violents et des pêcheurs agressifs qui attaquent aux fusées de signalisation et qui plantent un harpon dans la jambe d’un activiste ? Qui sont les « brigands » dans cette histoire ?

Le déchaînement de violence subit par les activistes de Greenpeace n’est que le reflet de la situation dans laquelle sont les pêcheurs.

D’un côté, il s’agit d’êtres humains acculés sur le plan économique. C’est leur « outil de travail » qu’ils défendent.

Mais leur logique est folle; leur détermination n’a de valeur qu’à court terme, et se situe à l’écart de toute perspective morale et réaliste.

Car finalement ils ne veulent pas cesser d’exploiter des êtres, qui plus est des êtres en voie de disparition, et ne comprennent pas que leur logique amène la destruction de la planète.

Face au refus, même pacifique, de certains individus, le recours à la violence devient alors la seule issue pour ces pêcheurs, mais cette violence « sociale » est en réalité totalement anti-sociale.

Tout comme la non-violence « morale » de Greenpeace est en réalité une violence immorale contre la planète, de par son culte de leur indifférence face à la mort et à la destruction.

Car si d’un côté, on ne peut que saluer cette tentative de libération, il faut bien saisir que Greenpeace ne milite pas pour une libération totale des animaux, mais pour une consommation raisonnable !

La démarche de Greenpeace est intéressée; leur vision du monde est celle d’une exploitation « tranquille »…

« Entrées Précédentes