• L’exploitation animale : prévisions d’ici 2026

Campement contre une mine de charbon à ciel ouvert en Écosse

Demain et pour quatre jours aura lieu une conférence en Écosse, en résistance à l’industrie du charbon. Dans ce pays s’est organisé en effet à la mi-septembre un campement dans une forêt, afin de s’opposer à un projet de l’industrie du charbon, et une conférence de soutien se tiendra là-bas, pour une réunion de quatre jours.

Celle-ci entend établir une mine à ciel ouvert aux dépens de la forêt, tout en installant à côté un centre commercial, un grand hôtel, des bureaux, etc. Il y a déjà 12 mines à ciel ouvert dans la région, et l’Écosse s’oriente de manière importante dans la consommation du charbon comme source d’énergie.

L’initiative Coal Action Scotland – Action Charbon Écosse – est à l’origine du campement. A ses yeux, « les intérêts des entrepreneurs dans l’extraction de l’énergie fossile dans la quête de profits continue d’exploiter, de marginaliser et de détruire les travailleurs, les communautés, et l’environnement, au niveau international.

Les industries de l’extraction et les entreprises derrière elles sont responsables du déplacement des communautés indigènes, et la répression, l’emprisonnement, la torture et le meurtre de ceux qui défient le système dans le monde entier. »

Pour l’instant, le campement s’organise bien, même s’il y a deux jours le responsable de la « National Eviction Team » est passé dans la zone concernée. Il s’agit d’une équipe spécialisée dans l’évacuation des personnes, notamment des travellers et des campements de protestation, ou encore des squatts (comme par exemple la rue de St Agnes dans le sud de Londres, squattée pendant 30 ans et de culture rastafari).

L’esprit de la lutte est celui de la mobilisation populaire. Voici un extrait d’un document de la Coal Action Scotland :

« Cible les patrons, pas les ouvriers – Une transition juste

Les communautés de mineurs ont une longue histoire marqué par la mise de côté et les privations.

Le démantèlement des industries hautes en émission de CO2 doit se dérouler dans un processus de transition juste, afin d’assurer que les changements dans l’emploi et les activités soient équitables et non pas aux dépens de la santé, de la richesse ou des biens des ouvriers ou des communautés.

Un changement durable et significatif à ces industries polluantes ne peut venir que des gens menant campagne et des ouvriers, unis pour stopper ensemble le changement climatique et les dégradations environnementales.

Ce sont les ouvriers, pas les patrons, qui seront frappés le plus par les effets du changement climatique. Et ce sont les ouvriers qui devront payer pour les effets désastreux, par des salaires plus bas, des conditions de travail encore plus mauvaises, des prix plus hauts, et des taxes régressives.

Le travail organisé est en bonne position pour prévenir un désastre climatique, avec le pouvoir de prendre le contrôle des lieux de travail, par la grève, et en stoppant la production.

Nous devons faire en sorte que notre économie s’éloigne des énergies fossiles – mais nous devons le faire d’une manière équitable et juste. »

Voici quelques questions posées à un représentant de la Coal Action Scotland:

1.Un campement a été établi dans la forêt de Happendon, le 12 septembre 2010. En quoi consiste-t-il, et pourquoi a-t-il lieu?

Nous avons établi le campement de la forêt de Happendon pour de nombreuses raisons. La forêt de Happendon se situe dans le sud du Lanarkshire, dans une zone avec déjà de très nombreuses mines.

Coal Action Scotland avait déjà occupé un terrain pour résister à une mine, à seulement un kilomètre de Happendon, à Mainshill. Nous avons construit des liens solides avec la communauté là-bas et avons réussi à tenir le site et à stopper la mine pour sept mois.

Depuis cela, nous avons tenu un week-end d’atelier, afin de partager les aptitudes que nous avons acquises avec des activistes de tout le Royaume-Uni. Nous avons également organisé des initiatives communautaires.

Lors d’une de ces initiatives, dans le sud du Lanarkshire, il y avait quelqu’un habitant juste à côté de la forêt de Happendon et qui nous alerté quant à ce projet. Après cela, nous nous sommes impliqués dans une campagne, et avons décidé que nous devions occuper le site.

Ce site n’est pas seulement occupé pour stopper cette mine-là, mais également pour mener une action contre l’infrastructure du charbon dans la zone, et de s’engager avec la communauté, d’où le nom.

2.Qui a mobilisé pour organiser le campement, et qu’est-ce que la Coal Action Scotland?

Coal Action Scotland est passé par de nombreuses étapes. Cela a été formé comme une sorte de réseau à la fin de 2008 et consistait surtout en de la recherche et d’une action dans un terminal charbonnier. Certaines personnes participantes ont décidé d’occuper les bois de Mainshill.

Nous avons été là-bas pendant sept mois et il y a plus de trente actions, avant que nous soyons évacués par la force. Depuis cela, nous nous impliquons dans les initiatives communautaires et organisons un atelier pour aider les autres activistes qui veulent occuper un terrain.

Coal Action Scotland a également fait en sorte de préparer à l’occupation de cette forêt pour un certain temps.

3.Quelle est la situation de l’environnement en Ecosse, et quel est votre but ? Quelles sont les valeurs que vous mettez en avant?

Les gens dans la Coal Action Scotland ont différents buts et différentes valeurs. Bien entendu, nous nous sentons tous concernés par l’environnement, et nous croyons également en l’auto-détermination communautaire. C’est une injustice massive que ces mines puissent continuer à exister, et il n’y a pas une seule chose que la communauté peut faire pour les stopper.


4.Que répondriez-vous à des gens qui diraient que le charbon est une question d’intérêt « national », et un moyen d’avoir des emplois ?

Il est vraiment clair que les seules personnes profitant de cela, les seules personnes ayant un intérêt à cela, ce sont les patrons, les politiciens corrompus et les classes aisées.

Le propriétaire de la forêt de Mainshill, qui se fait des millions grâce à la mine, est le président de la banque Coutts, la banque utilisée par la famille royale.

Il est le fils d’un ancien premier ministre et a eu certains des princes venant chasser sur ses terres. L’argument des emplois est évoqué, mais les mines amènent une perte en terme d’emplois, comme les autres industries souffrent.

Cinq éléphants tués en protégeant deux éléphanteaux

Voici une bien triste nouvelle qui nous vient d’Inde…

Un train de marchandises a tué, en les heurtant à grande vitesse, sept éléphants dans l’est de l’Inde, alors qu’ils tentaient de protéger deux d’entre eux, coincés dans les rails, ont annoncé aujourd’hui les autorités.

« Cinq éléphants ont été tués sur le coup hier et deux autres ont succombé à leurs blessures aujourd’hui dans la matinée, » a précisé par téléphone Atanu Rahal, conservateur en chef des forêts du Bengale occidental.

Deux éléphanteaux étaient restés coincés sur les rails hier soir au moment de traverser la voie ferrée dans une forêt très dense du district de Jalpaiguri, dans le nord de l’Etat du Bengale occidental.

Plusieurs adultes étaient venus entourer les deux petits pris au piège, dans le but de les protéger, quand le train les a heurtés, tuant notamment les deux éléphanteaux.

Le trafic ferroviaire a été stoppé pendant la nuit, et des éléphants ayant survécu étaient encore sur place jeudi matin, surveillant avec vigilance leurs congénères morts ou blessés, a raconté le conservateur.

Cette information est terrible, mais elle ne doit pas que nous renforcer dans la considération que le véganisme est une éthique absolument nécessaire… en défense des êtres sensibles!

Elle doit nous faire comprendre le sens de lutter pour Gaïa. Car notre planète abrite la vie, et les éléphants ont de moins en moins de place.

Il n’y a ainsi en Inde plus que 26 000 éléphants, avec dans certaines zones un mâle pour cent femelles, et 3500 de ces éléphants sont « utilisés » comme main d’oeuvre. Les éléphants se voient ainsi menacés dans leur existence même, au point qu’au début du mois de septembre l’Inde a donné à l’éléphant le statut d’animal du « patrimoine national. »

Que 7 éléphants soient tués, dont 2 petits coincés dans les rails, rappelle le peu de valeur des « droits », de ce statut de « patrimoine national » par rapport au profit.

Il faut impérativement contrer la tendance, et faire que la planète redevienne verte et bleue!

Compte-rendu de l’initiative anti-vivisection

Voici le communiqué de la Coalition Anti Vivisection au sujet de la manifestation à laquelle elle appelait samedi dernier.

Dimanche, 26 Septembre, 2010

La majorité des personnes qui étaient présentes sont des acteurs de l’univers militant et font partie d’un noyau dur qui doit rester uni pour les animaux.

C’est à nous d’informer le public sur les conditions de vie des animaux de laboratoire et de lui expliquer que l’expérimentation animale n’est pas un mal nécessaire. N’hésitez pas à vous appuyer sur les ouvrages de Hans Ruesch car, à l’instar de l’Italie, nous devons perpétrer le message de ce grand homme.

Le samedi 25 septembre 2010, des manifestations ont eu lieu à Paris, Rome et Catane pour dénoncer les atrocités de l’expérimentation animale et réclamer une science efficace, sans animaux.

Nous ne sommes pas surpris d’apprendre que ce sont plusieurs milliers de manifestants italiens à s’être mobilisés à Rome.

En effet, l’Italie a un passé anti-vivisectionniste beaucoup plus important qu’en France. C’est là bas qu’a le plus œuvré le père de ce mouvement, Hans Ruesch.

Ce dernier a démasqué les spéculateurs de la grande fraude médicale, illustrant scientifiquement et humainement tout le mal causé par l ‘expérimentation animale, et dévoilant au grand jour les liens étroits existant entre pouvoir politique et industrie pharmaceutique.

Hans Ruesch s’est battu inlassablement pendant plus de 30 ans contre la scandaleuse notion de « mal nécessaire », par laquelle la recherche essaye froidement de justifier les tortures inutiles qu’elle inflige à des êtres fragiles, apeurés et sans défense.

L’annonce de la participation française, à cette journée de manifestations, a été accueillie avec surprise, enthousiasme et admiration par la population italienne.

Si pour la marche nous n’étions pas des milliers de manifestants mais plusieurs centaines, une telle mobilisation était tout de même exceptionnelle pour un sujet encore très tabou en France.

Par cette impressionnante mobilisation, nous avons enfin pu prouver aux politiciens, aux forces de l’ordre et aux médias (qui couvraient un événement sans profondeur), que le sujet de l’expérimentation animale peut déplacer les foules.

Nous devons décupler le nombre de manifestants pour la prochaine marche qui aura lieu à l’occasion de la SMAL (Semaine Mondiale pour la libération des Animaux de Laboratoire) d’avril 2011 !

Merci à tous les participants d’avoir donné de la crédibilité à cette cause et permis de montrer que nous voulons la mise en place d’une politique volontaire de la part du gouvernement français, notamment par le financement de méthodes substitutives non-animales.

Les chiens bergers d’Anatolie au service des agriculteurs africains

La situation des guépards en Afrique est terrible.  De 100 000 au 20ème siècle le nombre a chuté à 12 000 au début du 21ème.

Leur territoire ne cesse de se réduire au profit de routes, de champs et/ou de pâturages pour les fermiers. Leur territoire en Namibie, qui regroupe le plus de guépards, a vu sa superficie réduite de 47% entre 1900 et 2010.

Ce qui fait que maintenant le guépard partage ses terres avec les éleveurs… Parmi les autres conséquences de cette diminution de territoire, il se trouve que les femelles sont trop souvent sollicitées, voire harcelées par les mâles. Il n’est pas rare que plusieurs mâles courtisent et fécondent une même femelle, ce qui a pour conséquence un stress facilement imaginable pour la femelle guépard mais surtout une stérilité momentanée.

Par ailleurs il est connu que les guépards sont presque tous et toutes consanguinEs. La consanguinité devrait normalement amener une extinction de l’espèce touchée, au lieu de cela, les guépards ont développé cette aptitude incroyable de pouvoir faire des pointes de plus de 100km/h. Leur donnant ainsi une plus grande chance de pouvoir chasser vite et manger vite avant que les plus forts (lions, hyènes…) ne viennent leur chaparder leurs proies, en les blessant par la même occasion.

Mais cette consanguinité, qui s’étale sur plusieurs années, a fini par appauvrir le sperme des guépards. Environ 70% de leur sperme n’est pas viable.

Les diverses solutions apportées par les scientifiques consacrant leurs recherches sur le félin consistent surtout en l’éducation auprès des paysans africains qui ne voient dans les guépards que des prédateurs venant tuer le « gibier » (car proie facile pour les prédateurs affamés).

L’éducation et la sensibilisation sont 2 aspects primordiaux et indispensables pour faire changer les mentalités. A côté de cette éducation se trouvent beaucoup de centres de sauvegarde.

Laurie Marker qui a créé le Cheetah Conservation Fund en 1990, a décidé, pour convaincre les fermiers que les guépards ne tueraient plus les ovins et pour, avant tout, protéger les guépards, de mettre les troupeaux sous la responsabilité du chien berger d’Anatolie qui est « utilisé » depuis bien longtemps comme gardien de troupeaux. En effet, de par sa carure imposante le berger d’Anatolie fait fuir les guépards des fermes.

A l’origine, les bergers turques des hauts plateaux « utilisaient » ce chien, de type molosse, pour protéger leurs troupeaux des loups, des ours et autres animaux chasseurs. Ce chien de carrure imposante est capable de supporter des chaleurs et des froids extrêmes.

Le but de Laurie Marker est donc de faire de la reproduction par insémination artificielle afin d’offrir un berger d’Anatolie à chaque éleveur. Considéré depuis des temps immémoriaux comme très bon gardien et non agressif, ce chien aura pour « mission » de dissuader les guépards d’approcher les moutons et chèvres.

Que la situation des guépards soit catastrophique et terrifiante est un fait terriblement réel. Qu’il faille trouver des solutions urgentes et concrètes sur le long terme pour sa survie est aussi un fait réel. L’engagement de Laurie Marker est indéniable, et vouloir trouver des solutions pour sauver des guépards en situation conflictuelle avec la population n’est certes pas aisé. Surtout que les guépards frôlent l’extinction.

Mais que pour sauver les guépards il faille exploiter d’autres animaux – les bergers d’Anatolie – est absurde et contre productif. On ne tente pas de protéger l’un au profit de l’autre, on ne protège pas l’un en exploitant l’autre.

Les chiens sont suffisamments exploités et manipulés, que ce soit dans l’armée ou dans la police, ou avec la zoothérapie. Sans oublier leur rôle en tant qu’animaux de « compagnie »…  Et rappelons que c’est aux êtres humains d’être solidaires, comme par exemple avec les personnes handicapées sur le plan visuel.

Eva Joly: un projet qui n’est pas « axé que sur le sort des abeilles ou des fleurs »

Hier, des étudiantes à l’école de Journalisme de Grenoble ont posé des questions à Eva Joly (voir notre critique de cette figure politique), dont une particulièrement intéressante.

Question : L’écologie, un projet suffisant pour la présidentielle ?

Réponse d’Eva Joly : « Nous avons un projet écologique qui est un projet holistique c’est-à-dire qu’il traite tous les aspects de la société.

Il traite de l’économie, de la conversion écologique de l’économie, il traite de la justice, il traite du traitement des inégalités dans la société, donc c’est un projet politique complet.

Mais il n’est pas axé que sur le sort des abeilles ou des fleurs, si vous voulez. Il traite de l’homme dans son environnement. »

Ces propos sont très intéressants, et doivent être bien compris. En effet, la stratégie d’Eva Joly est d’éloigner au maximum l’écologie de… la Nature !

Voilà pourquoi elle se dédouane, de manière moqueuse, des abeilles et des fleurs, à la fin de sa réponse. Ce qui est tout de même un sacré comble quand on se dit écolo !

De la même manière évidemment, son « projet politique » aborde tous les aspects de la société, dit-elle… sans un seul mot sur les animaux.

Alors qu’il est évident que la question animale est une question d’une importance essentielle au 21ème siècle ! Tout comme évidemment la défense de la nature sauvage.

Avec Eva Joly, c’est comme si tout allait bien ou pas trop mal, comme si la situation n’empirait pas chaque jour. Son rôle est éminemment négatif, totalement contre-productif pour l’écologie!

Asimov: les villes deviendront-elles des cavernes d’acier?

Nous avions déjà parlé de l’auteur de science-fiction (ou d’anticipation) Isaac Asimov: à la fin de son oeuvre magistrale (et classique absolu dans la science-fiction), les humains comprennent que tout tend à Gaïa, et même à Galaxia.

Nous en reparlons ici au sujet des villes. Seront-elles des cavernes d’acier? Voici un extrait d’un de ses romans des années 1950, qui s’appelle justement « Les cavernes d’acier » et présente les villes du futur… Ou plutôt le monde entier, car il n’y a plus que des villes gigantesques, où les humains n’ont plus aucun contact avec la nature.

Ces lignes, écrites au début des années 1950, doivent nous faire comprendre la signification essentielle de la nature des villes… et le sens de la libération de la Terre!

Il se laissa aller à méditer sur la ville, cette cité de New York où il vivait et où il avait trouvé sa raison d’être. Elle était la plus importante de toutes les villes d’Amérique, à l’exception de Los Angeles, et sa population n’était dépassée, sur la Terre, que par celle de Shangaï. Or, elle n’avait pas trois cents ans d’âge.

Bien entendu, il y avait eu, autrefois, sur ce même territoire géographiquement délimité, une agglomération urbaine que l’on appelait New York City. Ce rassemblement primitif de population avait existé pendant trois mille, et non pas trois cents ans. Mais, en ces temps-là, on ne pouvait appeler cela une VILLE.

Il n’y avait pas alors de villes au sens moderne du terme. On trouvait, éparpillées sur la Terre par milliers, des agglomérations, d’importance plus ou moins grande, à ciel ouvert, et ressemblant un peu aux dômes spaciens, mais très différentes de ceux-ci tout de même.

Ces agglomérations-là ne comprenaient que rarement un million d’habitants, et la plus importante de à peine dix millions. Du point de vue de la civilisation moderne, elles avaient été incapable de faire efficacement face aux problèmes économiques nés de leur développement.

Or, l’accroissement constant de leur population avait obligé les Terriens rechercher une organisation réellement efficace. Tant que cette population n’avait pas dépassé le chiffre de deux, puis trois, même cinq milliards d’habitants, la planète avait réussi à la faire vivre en abaissant progressivement le standard de vie de chacun.

Mais quand elle atteignit huit milliards, il devint clair qu’une demi-famine la menaçait inévitablement. Dès lors, il fallut envisager des changements radicaux dans les principes fondamentaux de la civilisation moderne, et cela d’autant plus que les Mondes Extérieurs (qui, mille ans plus tôt, n’avaient été que de simples colonies de la Terre) devenaient d’année en année plus hostiles à toute immigration de Terriens sur leurs territoires.

On aboutit ainsi à la formation progressive des grandes villes.

Pour que celles-ci fussent efficacement organisées, elles devaient être très grandes. On l’avait déjà compris d’ailleurs, à l’époque médiévale, mais d’une façon confuse. Les petites entreprises et l’artisanat local cédèrent la place à de grosses fabriques, et celles-ci finirent par se grouper en industries continentales.

La notion d’efficacité et de rendement ne pouvait être mieux illustrée que par la comparaison de cent mille familles vivant dans cent mille diverses maisons, avec cent mille familles occupant un bloc à cet effet dans une cité moderne ; au lieu d’une collection de livres filmés pour chaque famille, dans chaque maison, on créait dans le bloc cinémathèque accessible à tous ; de même pour la télévision et la radio.

Poussant plus avant la concentration des moyens, on avait mis un terme à la folle multiplication des cuisines et des salles de bains, pour les remplacer par des restaurants et des salles de douches communautaires à grand rendement.

Ce fut ainsi que, petit à petit, les villages, les bourgs, et les petites villes du temps jadis disparurent, absorbés par les grandes cités modernes. Les premières conséquences de la guerre atomique ne firent que ralentir un peu cette concentration. Mais dès qu’on eut trouvé les méthodes de construction capables de résister aux effets des bombes atomiques, l’édification des grandes villes s’accéléra.

Cette nouvelle civilisation urbaine permit d’obtenir une répartition optimum de la nourriture, et entraîna l’utilisation croissante de levures et d’aliments hydroponiques. La ville de New York s’étendit sur un territoire de trois milles mètres carrés, et le dernier recensement faisait ressortir sa population à plus de vingt millions. La Terre comprenait environ huit cents villes semblables, dont la population moyenne était de dix millions.

Chacune de ces villes devint un ensemble quasi autonome qui parvint à se suffire à peu près lui-même sur le plan économique. Et toutes se couvrirent de toits hermétiques, s’entourèrent de murs infranchissables, et se tapirent dans les profondeurs du sol. Chacune devint une cave d’acier, une formidable caverne aux innombrables compartiments de béton et de métal.

La cité ainsi conçue était scientifiquement édifiée. L’énorme complexe des organes administratifs en occupait le centre. Puis venaient, tout autour, les vastes secteurs résidentiels soigneusement orientés les uns par rapport aux autres, et reliés par tous les tapis roulants, conduisant eux-mêmes à l’ « express ».

Dans la périphérie se trouvaient les fabriques de toutes espèces, les installations productrices d’aliments à base d’hydroponiques et de levures, et les centrales d’énergie. Et, au milieu de tout cet enchevêtrement, serpentait un prodigieux réseau de conduites d’eau, d’égouts, de lignes de transport de force, et de voies de communications qui desservaient une quantité d’écoles, de prisons et de magasins.

On n’en pouvait douter : la Cité moderne représentait le chef-d’oeuvre accompli par l’homme pour s’adapter au milieu dans lequel il lui fallait vivre et dont il devait se rendre maître. Il n’était plus question de voyager dans l’espace, ni de coloniser les cinquante Mondes Extérieurs, qui jouissaient maintenant d’une indépendance jalousement défendue, mais uniquement de vivre dans la Cité.

On ne trouvait pratiquement plus un Terrien vivant en dehors de ces immenses villes. Car, dehors, c’était le désert à ciel ouvert, ce ciel que peu d’hommes pouvaient désormais contempler avec sérénité.

Certes, toute cette étendue de territoires sauvages était nécessaire aux Terriens, car elle contenait l’eau dont il ne pouvaient se passer, le charbon et le bois, dernières matières d’où l’on tirait les matières plastiques, et cette levure dont le besoin ne cessait jamais de croître. (Les sources de pétrole étaient depuis longtemps taries, mais certaines levures riches en huile le remplaçaient fort bien.)

Les régions comprises entre les villes contenaient encore de nombreux minerais, et on en exploitait le sol, plus intensément que la plupart des citadins ne le savaient, pour la culture et l’élevage. Le rendement en était médiocre, mais la viande de boeuf ou de porc et les céréales se vendaient toujours comme des denrées de luxe et servaient aux exportations.

Mais on n’avait besoin que d’un très petit nombre d’hommes pour exploiter les mines et les fermes, ou faire venir l’eau dans les Cités : les robots exécutaient ce genre de travail mieux que les hommes, et ils causaient beaucoup moins de soucis.

Les « flexitarians » ou la volonté de ne rien vouloir changer !

Les associations de protection animale clament que la consommation de « viande » baisse et est de plus en plus dévalorisée. A LTD nous affirmons régulièrement le contraire, et voici encore une illustration de cela.

Le principe revient toujours à la même chose: dans une société fondée sur l’exploitation et la domination, jamais les personnes profitant de cela n’abandonneront l’exploitation et la domination des animaux.

C’est une question de culture, et c’est en ce sens que le Figaro reprend un article du New York Times intitulé « Le carnaval des carnivores » (voir la version anglaise ici). Bobos de tous les pays, unissez-vous!

L’article souligne donc une volonté accrue de consommer « des viandes de haute qualité, issues de producteurs et de pâturages locaux. » Avec la poussée de l’alimentation bio, il n’est pas étonnant que les bobos-écolos veulent manger de la chaire animale sans pesticides.

Il ne s’agit pas d’abandonner la « viande », mais d’abandonner la « mauvaise viande. » Au 19ème siècle, les ouvriers crevaient la faim et les bourgeois étaient gros: voilà ce qu’on voyait dans les caricatures.

Au 21ème siècle, c’est l’inverse: les pauvres ont une alimentation lamentable et deviennent gros, alors que les riches se préoccupent de leur ligne et disposent d’une alimentation bien plus saine.

En fait, là où l’industrie du bio a échoué par rapport à sa vanité, c’est que, elle qui se vante pourtant de respecter les animaux, amène un nouveau phénomène : celui de tuer pour manger des animaux élevés de manière « correcte », ce qui serait acceptable… Et qui est donc voulu par les consommateurs et consommatrices ne pouvant se passer de chaire animale !

Aux Etats-Unis,

« les bouchers haut de gamme comme Tom Mylan deviennent des idoles et font des inconditionnels. Ils ouvrent des points de vente à New York, Londres et San Francisco et offrent des cours de 75 dollars (57 euros) pour la préparation d’un porcelet de 40 kg à 10 000 dollars (7 700 euros) pour six à huit semaines de formation. »

Si on fait un zapping télé rapidement, ou que l’on se tient simplement au courant de ce qu’il s’y diffuse, les émissions de cuisine sont aussi très largement dans l’air du temps. Un bon petit côté débrouille qui se veut « sain » et économique. Les cours de cuisine, qui sont pourtant assez excessifs, connaissent aussi un grand succès. Le plaisir d’apprendre associé à la convivialité d’un cours « relax » en groupe en fait encore oublier que l’on apprend à découper, hâcher, cuisiner des morceaux d’animaux. Cuisiner de la chaire d’animaux morts devient chic et branché.

Chic et branché, jusqu’à une version ultra moderne et totalement délirante – décadente:

« Certains vont jusqu’à installer une chambre froide dans leur salon. C’est là que John Durant, 26 ans, conserve ses abats et ses côtes de cerf – dans son appartement de New York. »

Cette pratique hallucinante, date du paléolithique, et ne consiste qu’a se nourrir de « viande ». C’est ni plus ni moins qu’un appel au retour à la barbarie!

La consommation de « viande » n’est donc pas du tout en régression sur le plan culturel. Elle se généralise en fait sur le plan mondial, en raison du triomphe du mode de vie « occidental. »

Au lieu d’aller vers une alimentation sans « viandes », de nouvelles pratiques se développent, l’exploitation « adaptant » ses produits en fonction.

Et la consommation de « viande » est tellement ancrée dans les mentalités et les coutumes que l’article mentionne ainsi le peu d’engagement d’une chef pâtissière végétalienne, Fernanda Capobianco. Au sujet de son repas de mariage elle déclare :

Nous invitons des chefs comme Eric Ripert et Daniel Boulud. Comment inviter de telles personnalités à un repas sans proposer de viande ? Ils vont nous prendre pour des fous.

Et le fait de se vouloir tolérantE avec les carnivores est dans l’air du temps. Il ne faudrait pas choquer en assumant totalement ses pensées et montrer qu’on respecte trop les animaux quand même !

On peut donc lire à profit un long article de l’Express à ce sujet (première page, seconde page), intitulé « Végétarien, mais pas trop. »

Les caricatures qu’on y trouve sont très parlantes: la première consiste en un garçon disant à une fille: « Tu as mauvaise mine » avec la fille répondant: « J’ai arrêté la viande la semaine dernière », la fille étant bien évidemment « blanche comme un cachet d’aspirine »!

En voici une autre, visant à ridiculiser l’engagement:

En voici encore une autre, qui est inévitable et voilà pourquoi nous critiquons les produits simili-carnés. Sur le plan individuel, on peut à la rigueur comprendre qu’au départ certains en mangent, mais mettre cela en avant de manière généralisée est un pur suicide culturel!


Après les « pesco-végétariens », les « végétariens souples », l’Express nous apprend que la nouvelle expression désignant ces personnes qui n’assument pas le refus de consommer de la « viande » s’appellent les « flexitarians » et consiste en un végétarisme à la carte.

Ce genre de démarche aura malheureusement certainement un impact en France, où le véganisme est malheureusement déjà à la carte pour de nombreuses personnes voulant vivre de manière libérale…

Dans la même logique, l’article de l’Express affirme qu’être végétarien et le mettre en avant serait honteux et abusif :

« Sous la pression de mon entourage, qui me répétait que, sans viande ni poisson, je courais à la catastrophe », raconte Christel Dhuit [la chef de la cantine bio Soya].

Au bout de quelques mois, cette végétarienne convaincue escamote la volaille. « Mais le côté 100% végétal, contrairement au bio, je ne le claironne pas sur la carte. Rien de pire que l’étiquette « restaurant végétarien »! »

Sur le site de cette « cantine » on trouve donc encore les images avec des poulets au menu…

N’être donc QUE végétarienNE serait donc dangereux pour la santé, quelque chose à cacher, et surtout à ne pas assumer.

Pourtant, nous sommes clairement dans une époque où devenir rien que végétarien est très facile et simple. Mais ceci n’est pas un phénomène récent, les reculades ou bien les inventions de termes farfelus comme « pesco-végétarien » (« végétarien » qui mange du poisson!) servent systématiquement à donner bonne conscience tout en continuant de manger de la chaire animale.

Comme si dire « ah mais moi je mange presque pas de viande » servait les animaux et était de ce fait une pratique incroyablement correcte et méritant le respect…

« Végétarienne souple », « je suis presque végan », « je mange exclusivement bio », tout cela ne rime à rien et n’existe pas. Ne pas consommer de chaire animale n’a absolument rien d’extrêmiste et de difficile. Mais se la jouer « flexitarian » est plus simple, confortable et fun pour les bobos avident de confort et d’absence de remises en cause.

Pas de demi-mesures avec les animaux et dame nature. Soit on est, soit on n’est pas, tout le flou inassumé qu’il peut y avoir au milieu n’existe pas.

Pour défendre Gaïa et les animaux la seule solution est la libération animale et libération de la Terre!

« Triomphe, immortelle nature ! » (Lamartine)

Si LTD change de bannière à chaque saison, c’est pour souligner que toute notre existence d’êtres humains est lié au mouvement de la nature. On ne vit pas tout à fait de la même manière à chaque saison, et ce n’est pas pour rien. On peut nier cette réalité tant qu’on voudra, les faits parlent d’eux-mêmes: les saisons jouent sur nous.

Voici à titre d’exemple un poème de Lamartine au sujet de l’automne, où l’on peut lire justement que « Le deuil de la nature / Convient à la douleur et plaît à mes regards ! »

L’automne

Salut ! bois couronnés d’un reste de verdure !
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards !

Je suis d’un pas rêveur le sentier solitaire,
J’aime à revoir encor, pour la dernière fois,
Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière
Perce à peine à mes pieds l’obscurité des bois !

Oui, dans ces jours d’automne où la nature expire,
A ses regards voilés, je trouve plus d’attraits,
C’est l’adieu d’un ami, c’est le dernier sourire
Des lèvres que la mort va fermer pour jamais !

Ainsi, prêt à quitter l’horizon de la vie,
Pleurant de mes longs jours l’espoir évanoui,
Je me retourne encore, et d’un regard d’envie
Je contemple ses biens dont je n’ai pas joui !

Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,
Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau ;
L’air est si parfumé ! la lumière est si pure !
Aux regards d’un mourant le soleil est si beau !

Je voudrais maintenant vider jusqu’à la lie
Ce calice mêlé de nectar et de fiel !
Au fond de cette coupe où je buvais la vie,
Peut-être restait-il une goutte de miel ?

Peut-être l’avenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont l’espoir est perdu ?
Peut-être dans la foule, une âme que j’ignore
Aurait compris mon âme, et m’aurait répondu ? …

La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ;
A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux ;
Moi, je meurs; et mon âme, au moment qu’elle expire,
S’exhale comme un son triste et mélodieux.

Chanter la nature est une constante de l’humanité depuis le début de son existence; les premières religions ne sont qu’une vision mystique et hallucinée de la nature.

Mais avec la course à l’accumulation, la nature s’efface dans les coeurs et les esprits. En voici un exemple culturellement significatif, toujours avec un poème de Lamartine. L’expression « Ô temps ! suspends ton vol » est relativement connue, mais son origine est totalement inconnue.

Et pourtant, il y a un grand intérêt de connaître cette chanson d’amour autour d’un lac, l’amour et la nature se confondant…

Le lac

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges
Jeter l’ancre un seul jour ?

Ô lac ! l’année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu’elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m’asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s’asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l’écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t’en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n’entendait au loin, sur l’onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m’est chère
Laissa tomber ces mots :

” Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

” Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

” Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m’échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l’aurore
Va dissiper la nuit.

” Aimons donc, aimons donc ! de l’heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! ”

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d’ivresse,
Où l’amour à longs flots nous verse le bonheur,
S’envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Eh quoi ! n’en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous, que le temps épargne ou qu’il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu’il soit dans ton repos, qu’il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l’aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux.

Qu’il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l’astre au front d’argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés.

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu’on entend, l’on voit ou l’on respire,
Tout dise : Ils ont aimé !

Lamartine considérait que « On n’a pas deux cœurs, l’un pour l’homme, l’autre pour l’animal… On a du cœur ou on n’en a pas ». Sa vision des choses est ainsi très intéressante.

Son romantisme n’est pas qu’un désir de retourner au moyen-âge: tout comme chez Nerval, il y a la volonté de comprendre la nature. Rimbaud considérera d’ailleurs que Lamartine a été au moins en partie un précurseur du « poète voyant » qu’il appelait de ses voeux, même si la forme est très conservatrice et bloquée.

En voici un exemple très parlant avec le poème « Eternité de la nature, brièveté de l’homme » qui met les choses à sa place, de manière volontaire (« Triomphe, immortelle nature ! »):

Eternité de la nature, brièveté de l’homme

Roulez dans vos sentiers de flamme,
Astres, rois de l’immensité !
Insultez, écrasez mon âme
Par votre presque éternité !
Et vous, comètes vagabondes,
Du divin océan des mondes
Débordement prodigieux,
Sortez des limites tracées,
Et révélez d’autres pensées
De celui qui pensa les cieux !

Triomphe, immortelle nature !
A qui la main pleine de jours
Prête des forces sans mesure,
Des temps qui renaissent toujours !
La mort retrempe ta puissance,
Donne, ravis, rends l’existence
A tout ce qui la puise en toi ;
Insecte éclos de ton sourire,
Je nais, je regarde et j’expire,
Marche et ne pense plus à moi !

Vieil océan, dans tes rivages
Flotte comme un ciel écumant,
Plus orageux que les nuages,
Plus lumineux qu’un firmament !
Pendant que les empires naissent,
Grandissent, tombent, disparaissent
Avec leurs générations,
Dresse tes bouillonnantes crêtes,
Bats ta rive! et dis aux tempêtes :
Où sont les nids des nations ?

Toi qui n’es pas lasse d’éclore
Depuis la naissance des jours.
Lève-toi, rayonnante aurore,
Couche-toi, lève-toi toujours!
Réfléchissez ses feux sublimes,
Neiges éclatantes des cimes,
Où le jour descend comme un roi !
Brillez, brillez pour me confondre,
Vous qu’un rayon du jour peut fondre,
Vous subsisterez plus que moi !

Et toi qui t’abaisse et t’élève
Comme la poudre des chemins,
Comme les vagues sûr la grève,
Race innombrable des humains,
Survis au temps qui me consume,
Engloutis-moi dans ton écume,
Je sens moi-même mon néant,
Dans ton sein qu’est-ce qu’une vie ?
Ce qu’est une goutte de pluie
Dans les bassins de l’océan !

Vous mourez pour renaître encore,
Vous fourmillez dans vos sillons !
Un souffle du soir à l’aurore
Renouvelle vos tourbillons!
Une existence évanouie
Ne fait pas baisser d’une vie
Le flot de l’être toujours plein;
Il ne vous manque quand j’expire
Pas plus qu’à l’homme qui respire
Ne manque un souffle de son sein !

Vous allez balayer ma cendre ;
L’homme ou l’insecte en renaîtra !
Mon nom brûlant de se répandre
Dans le nom commun se perdra ;
Il fut! voilà tout! bientôt même
L’oubli couvre ce mot suprême,
Un siècle ou deux l’auront vaincu !
Mais vous ne pouvez, à nature !
Effacer une créature ;
Je meurs! qu’importe ? j’ai vécu !

Dieu m’a vu ! le regard de vie
S’est abaissé sur mon néant,
Votre existence rajeunie
A des siècles, j’eus mon instant !
Mais dans la minute qui passe
L’infini de temps et d’espace
Dans mon regard s’est répété !
Et j’ai vu dans ce point de l’être
La même image m’apparaître
Que vous dans votre immensité !

Distances incommensurables,
Abîmes des monts et des cieux,
Vos mystères inépuisables
Se sont révélés à mes yeux !
J’ai roulé dans mes voeux sublimes
Plus de vagues que tes abîmes
N’en roulent, à mer en courroux !
Et vous, soleils aux yeux de flamme,
Le regard brûlant de mon âme
S’est élevé plus haut que vous !

De l’être universel, unique,
La splendeur dans mon ombre a lui,
Et j’ai bourdonné mon cantique
De joie et d’amour devant lui !
Et sa rayonnante pensée
Dans la mienne s’est retracée,
Et sa parole m’a connu !
Et j’ai monté devant sa face,
Et la nature m’a dit : Passe :
Ton sort est sublime, il t’a vu!

Vivez donc vos jours sans mesure !
Terre et ciel! céleste flambeau !
Montagnes, mers, et toi, nature,
Souris longtemps sur mon tombeau !
Effacé du livre de vie,
Que le néant même m’oublie!
J’admire et ne suis point jaloux !
Ma pensée a vécu d’avance
Et meurt avec une espérance
Plus impérissable que vous !

C’est une évidence qu’il y a là quelque chose d’intéressant, et que refuser ce genre de démarche car elle serait naïve ne rime à rien. En 2010, il y a beau jeu de se moquer de la naïveté et de la candeur de personnes aiment la nature et les animaux. Mais la vérité est que cela est incontournable, que sans cela il n’y a pas de civilisation.

Comprendre l’importance des saisons dans sa vie personnelle peut ainsi être déjà un bon début pour refuser une vie totalement dénaturée, et qui n’est donc pas une vie. Après, au milieu du béton, quelle place y a-t-il pour les saisons?

Dans le flux des transports et du travail, dans les heures perdues à courir pour l’emploi ou à déprimer par rapport à cela, comment avoir une attention captée par les saisons?

Il y a une solution, une seule: comprendre notre planète comme étant un lieu de vie, de vie en mouvement; c’est le sens du terme « Gaïa » que nous employons.

La vie doit l’emporter! Finissons donc justement sur un dernier poème de Lamartine, dédié cette fois au printemps:

Le papillon

Naître avec le printemps, mourir avec les roses,
Sur l’aile du zéphyr nager dans un ciel pur,
Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses,
S’enivrer de parfums, de lumière et d’azur,
Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes,
S’envoler comme un souffle aux voûtes éternelles,
Voilà du papillon le destin enchanté!
Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,
Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,
Retourne enfin au ciel chercher la volupté!

Une nouvelle offensive du « Centre d’Information des Viandes »

Hier, 22 septembre 2010, un journal gratuit tirant à 400.000 exemplaires a été diffusé en région parisienne avec une couverture très particulière et ayant un écho certain sur le net.

Il s’agit en fait de la dernière initiative du « Centre d’Information des Viandes » qui est une véritable machine de propagande au service de l’industrie dont nous avions déjà parlé (voir nos articles La propagande du Centre d’information des viandes et La campagne « Le boeuf, bon par nature »).

On l’aura compris, cette publicité dans Direct Matin fait directement allusion à Lady Gaga. Celle-ci en effet est arrivé au début de ce mois au MTV Video Music Awards 2010 avec une robe… en « viande ».

Voici les propos à ce sujet du « styliste » Franc Fernandez, qui l’a « cousu » (voir ici les photos en détail de la robe en « viande »):

« J’ai été contacté par la styliste personnelle de Lady Gaga pour fabriquer cette robe, en m’inspirant du shooting pour le Vogue japonais où elle posait déjà avec de la viande. J’ai été acheté de la viande de race argentine chez mon boucher traditionnel, à Los Angeles, et j’en ai pris pour environ 23 kilos. La robe devait peser au moins 15 kilos au final.

La robe a été cousue puis réfrigérée dès qu’on pouvait pour garder la viande fraîche. J’ai tout de même dû coudre quelques morceaux une fois que Lady Gaga l’avait enfilée en coulisses. C’est une robe qui n’est destinée à être portée qu’une fois, car la viande va s’assécher et devenir dure. »

Toutefois l’initiative du « Centre d’information des viandes » est plus claire quand on voit ce qu’il y a au dos de la couverture du Direct Matin.

Il s’agit en fait de la promotion du site internet « kitchen music. » Le principe est simple : il s’agit d’un site internet avec des recettes qui sont proposées, après le choix entre plusieurs critères (le temps, le budget, l’humeur, etc.), sous la forme d’une émission de radio en ligne.

On peut alors cuisiner, en écoutant les consignes ainsi que de la musique.

Parmi les « chefs » on retrouve bien entendu Abdel Alaoui (voir son blog), qui fait office de monsieur gastronomie sur Canal + (« les recettes d’Abdel« ) après avoir effectué le parcours parfait du cuisinier carriériste au service des riches carnivores. Son « crédo » sur le site kitchenmusic est d’ailleurs: « Si y a pas de viande, y a pas de plaisir »…

Ce cuisinier se met en avant comme « branché » tout en jouant sur un côté comédien, et il est donc très utile à l’industrie de la viande qui se la joue « moderne » et « jeune. »

Le site kitchen music met d’ailleurs en avant des « oeuvres artistiques » d’un goût plus que morbide… mais qui sont tout à fait dans l’esprit morbide et décadent de la jeunesse « rock’n roll » des beaux quartiers.

Le site propose également de gagner des T-shirts, où l’on peut lire des slogans comme « porc favor », « viva el che-val » (allusion à Che Guevara), « Yes we tripes », etc.

Branchitude et marketing: l’industrie de la viande sait qu’en s’imposant dans la culture bobo, elle renforce sa position. Elle sait aussi que rien ne va mieux avec la mise en avant du « traditionnel » que le culte de la « modernité » débridée et sans contenu.

Si l’on ne comprend pas le sens de cette rencontre improbable, on ne peut pas saisir pourquoi l’alimentation de type McDonalds ou Quick d’un côté, et les orientations de type Halal ou cacher ou « jambon-beurre » de l’autre, sont des phénomènes se nourrissant l’un l’autre.

L’ultra-moderne produit une réaction de retour au terroir, réaction qui valorise inversement l’ultra-moderne en tant que seule « actualité »… On est alors obligé de choisir entre la peste et le choléra (voir nos articles Quick, halal ou pas, on en veut pas! et Petit retour sur le Quick Halal – à Lyon cette fois).

Cela ne peut que souligner la nécessité d’une culture végane forte, totalement alternative, et irréductible dans son identité fondée sur la libération animale et la libération de la Terre!

Enlèvement au Niger : le vrai coût du nucléaire

Les médias parlent beaucoup de l’enlèvement de membres du personnel d’AREVA au Niger. Une « publicité » dont le nucléaire se serait bien passé, puisqu’elle montre à l’opinion publique quel est le sens de ses démarches.

Voici une petite explication par un communiqué du Réseau Sortir du Nucléaire:

Otages du Niger : le vrai prix de l’électricité nucléaire

Communiqué de presse du Réseau « Sortir du nucléaire » du 21 septembre 2010
Depuis le 16 septembre, aucune nouvelle des salariés enlevés au Niger. On parle d’AQMI, d’Al Quaïda, mais pas un mot sur les revendications des habitants du désert. Jamais n’est évoqué le contexte géographique, économique et humain d’une région qui produit l’uranium utilisé dans le tiers des centrales nucléaires françaises.
Les ressources mondiales en uranium sont limitées, réparties entre une dizaine de pays, dont le Niger, l’un des pays les plus pauvres du monde. Selon l’ONU et la FAO, 47% des Nigériens sont en situation d’insécurité alimentaire (dont 86% des agriculteurs).
Cet uranium profite à AREVA, mais il nuit aux Nigériens : en quelques années, deux mines d’uranium et 130 permis de recherche minière ont spolié les habitants et les terres agro-pastorales voisines. À cause de l’extraction de l’uranium, on assiste à une destruction de la flore et la faune, à une contamination de l’air par les poussières et les gaz radioactifs, et à une très importante contamination de l’eau, accompagnée de l’épuisement de deux grandes nappes fossiles, à hauteur de 70% de leurs réserves.

Les mineurs nigériens travaillent dans des conditions épouvantables pour leur santé. La population locale est malade de la radioactivité. Voilà le vrai prix de l’électricité nucléaire, payé ici par les seuls Nigériens.
La facilité avec laquelle s’est opéré l’enlèvement des salariés d’AREVA et de Vinci pose de nombreuses questions… La France envoie sur place une importante assistance militaire, alors que d’autres enlèvements dans la région, sans liens avec AREVA, avaient laissé le gouvernement français quasiment indifférent.
Cet événement dramatique, qui plonge des familles dans l’angoisse, doit aussi nous rappeler la dépendance énergétique de la France. La production d’EDF SA nécessite de l’uranium en provenance de pays instables et dangereux comme le Niger. Cet épisode met en lumière le néocolonialisme français, cette « Françafrique » qui génère de nouveaux conflits, pille les ressources naturelles, détruit l’environnement, met en péril les populations autochtones, mais aussi les employés d’entreprises comme AREVA ou Vinci.
Le Réseau « Sortir du nucléaire » demande à la France de prendre en compte la crise humanitaire et écologique liée aux mines d’uranium, au Niger et ailleurs. S’il fallait répercuter le coût de cette crise sur le prix du Kilowattheure, ce serait la fin du mythe de l’électricité nucléaire « bon marché ». L’avenir n’est pas au nucléaire, mais aux économies d’énergie et aux énergies renouvelables.

L’article est très contradictoire (et est d’ailleurs grosso modo l’équivalent de la position du NPA d’Olivier Besancenot). En effet, quel intérêt de dire que « La facilité avec laquelle s’est opéré l’enlèvement des salariés d’AREVA et de Vinci pose de nombreuses questions… », sans dire lesquelles?

A côté de ce sous-entendu (incompréhensible, ou bien complotiste), il est parlé de manière tout aussi étrange de « la dépendance énergétique de la France » et du risque que représente pour la France l’instabilité du Niger…

C’est un peu comme si toute la critique d’AREVA servait finalement plus à prôner une « autre » politique qu’à lutter pour la planète. Ne nous leurrons pas ici, c’est au moins en (grande) partie le cas.

Normalement, quand on critique le nucléaire on critique la position de la France en général, et toute l’idéologie pro-nucléaire qui va avec. Là, et de manière aussi franche c’est un phénomène nouveau (les élections approchant), il est demandé que la France prenne une autre option.

Au lieu de dire que la France est par définition pro-nucléaire et donc qu’il faut remettre en cause toutes ses traditions, on a ici l’idée nouvelle (et fausse) comme quoi le nucléaire n’existerait qu’en raison d’un lobby, lobby que l’on pourrait contrer par une activité de lobbying inverse.

Ainsi, ici la position anti-nucléaire est plus un moyen de faire pression contre un camp (qui lui utilise le nucléaire) qu’autre chose. La critique du nucléaire passe totalement au second plan, sans même parler d’une vision écologiste ou de la libération de la Terre!

De manière un peu plus simple alors, constatons plutôt des données (fournies par le comité Areva ne fera pas sa loi au Niger):

Les 40 années d’exploitation minière de Cogema/ Areva, à Arlit et Akokan, ont eu pour premières conséquences:

  • La spoliation des terres agro-pastorales autour des deux sites, situés dans la région d’Agadez.
  • Des bénéfices énormes réalisés par Areva sans retombées pour les populations : un véritable partenariat « gagnant-perdant » !
  • La destruction de la faune et de la flore aux alentours des mines.
  • La contamination de l’air par des poussières et des gaz radioactifs.
  • La contamination radiologique des ressources en eau.
  • L’épuisement d’une des deux grandes nappes fossiles (Tarat), à hauteur de 2/3 de ses réserves et, à moyen terme, le tarissement irréversible de la seconde nappe, avec le dénoyage de la partie ouest de l’aquifère (grès d’Agadez) en 40 ans.
  • Des pollutions annexes innombrables, essentiellement dues aux activités périphériques.

Enfin, on trouvera ici des rapports datant de mai 2010 quant à l’impact des mines d’uranium au Niger. Et notons au passage que ces rapports sont le fruit d’une collaboration scientifique Greenpeace international / CRIIRAD, et qu’il faut ici souligner le fait que Greenpeace est très lié à l’Angleterre (d’où par exemple son quasi silence au sujet de la marée noire causée par BP).

Car ce qui est vrai au sein d’un pays est vrai sur le plan international. Et tout cela témoigne que sans compréhension de l’importance de la libération de la Terre, on est tiré dans un sens ou dans un autre, mais que rien de cela ne profite à la Terre…

Le seul moyen d’avoir des critères écologistes précis et fiables, c’est la libération de la Terre…

xGOODFELLASx’s mafia !

xGOODFELLASx’s mafia est un groupe de hip hop du Nord de l’Allemagne…. qui se veut asocial et tatoué.

Le texte oscille ainsi entre une revendication affirmée et ultra provocatrice de la survie violente dans un monde d’asphalte et de violence, et une réflexion poétique froide sur la brutalité d’un monde qui ne va pas en s’arrangeant…

La seule perspective, concrète et en même temps terriblement lointaine, est le mode de vie vegan straight edge et le respect de mère nature. Voici une petite interview à ce sujet.

1. Le hip hop de xGOODFELLASx’s mafia est rude et tourné vers la rue. Quelle réalité cela exprime-t-il ?

La mentalité de toujours lutter, quelle que soit la situation de vie dans laquelle on se trouve. Avoir du respect et se comporter comme un homme, ce qui veut dire gère ton stress tout seul et ne provoque pas de soucis, mais si quelqu’un veut te pisser sur la jambe, alors démolis la personne en question.

2. Quel rôle joue pour vous l’identité vegan straight edge ?

C’est notre mode de vie, pour lequel nous nous sommes décidés il y a quelques années, et pour lequel nous mourrons.

Les drogues, c’est quelque chose pour les faibles, et nous sommes des combattants et marchons dans la vie avec une tête et un esprit clairs, afin qu’on puisse toujours compter sur soi-même et ne jamais perdre le respect de soi-même.

De plus, nous sommes absolument contre l’exploitation de formes de vie plus faibles et avons le respect de mère nature, et donc nous ne pouvons pas avoir sur la conscience d’avoir un animal dans notre assiette pour notre « plaisir. » C’est une décision pour la vie.

3. Quels artistes ont inspiré xGOODFELLASx ? Connaissez-vous le hip hop français?

Au niveau des textes, nous sommes inspirés par notre vie et nos problèmes personnels. Il y a quelques artistes allemands (peu) qui nous ont inspiré, comme par exemple des vieux trucs de Bushido & Azad, mais cela fait longtemps.

De nos jours, nous apprécions beaucoup le rap français. Nos artistes préférés de France sont Seyfu, les vieux trucs de Booba, Grödash, Kamelancien, Zehef, 400 Hyenes etc…

4. Comment voyez-vous le futur pour vous en tant que groupe ?

Il y aura de manière certaine un deuxième album de GFM. Pour le moment par contre, Partisan et Daniel Gun travaillent à leurs projets solo, ce qui contiendra encore certaines surprises.

5. Comment voyez-vous le monde aujourd’hui et dans le futur ? Que pensez-vous du mouvement pour un soulèvement, dans le sens de la libération animale?

Nous pensons que les gens ont détruit ce monde de leurs propres mains, et qu’ils ont simplement perdu le respect des animaux et de la nature.

Personne ne devrait vivre emprisonné, ni les animaux ni les humains ! Aucune prison, libérez tout le monde !

Nous vivons dans un monde de merde ! Il n’en va que de l’argent, tout le reste ne compte pas, que de la merde ! Les valeurs ? Aujourd’hui, il n’y a plus rien de cela. A ce sujet des paroles de nous me viennent à l’esprit, qui décrivent parfaitement cela :

La calotte glaciaire du pôle nord fond, le monde est au bord du gouffre
et tout ce que nous faisons revient comme un boomerang

Colmatage du puits dans le Golfe du Mexique, alors qu’un rarissime saola est assassiné : tout un symbole de la guerre contre Gaïa

Pour la première fois depuis dix ans on a vu un saola. Sauf que les humains n’ont rien trouvé de mieux à faire que le capturer, et il est mort en captivité…

Et maintenant son corps est étudié par les scientifiques afin de préparer… la captivité des futures « prises »!

Le saola vit au Laos et au Vietnam, il n’a été découvert qu’en 1992, dans le parc national Vu-Quang au Vietnam. On en a vu par la suite une vingtaine, et en 1996 des premières photos ont pu être prises.

Son espèce est à la limite de l’extinction. Aucun saola n’a jamais survécu en captivité (20 ont été capturés jusqu’à présent). On considère qu’il reste moins de 250 saolas. La population Hmong l’appelle saht-supahp, c’est-à-dire l’animal poli, en raison de sa démarche gracieuse dans la forêt.

C’est un véritable symbole que la mort de ce saola (qui a eu lieu à la toute fin août, mais on vient seulement de l’apprendre). Car si l’on associe au colmatage du puits de pétrole dans le golfe du Mexique, qui vient d’avoir lieu, on a un résumé tant de la guerre contre Gaïa que des pseudos solutions que proposent ceux qui mènent cette guerre.

Les saolas disparaissent en raison de l’anéantissement de leur environnement ? La machine à profit dit : mettons ceux qui restent dans des zoos !

Une marée noire ? La machine à profit profite des États et des médias pour étouffer lentement mais sûrement l’affaire. Le gouvernement des États-Unis vient de faire passer ce message au sujet du puits de pétrole de BP dans le Golfe du Mexique:

« Après des mois d’opérations considérables, de préparations et de mises en oeuvre sous la direction des équipes scientifiques et techniques du gouvernement américain, BP a achevé avec succès le puits de dérivation pour l’atteindre et le cimenter à près de 5,5 km sous la surface. »

En clair : circuler, il n’y a rien à voir. Quant aux conséquences des (officiellement) 780 millions de litres de pétrole qui seront passés dans l’océan, l’État et les grandes compagnies s’occuperont de tout…

Quant aux animaux assassinés, ils passeront par pertes et surtout profits! Ici on peut voir une photo de poissons asphyxiés en Louisiane.

Histoire également de bien comprendre l’ampleur du problème, voici une image montrant le nombre de puits dans la même zone.

Ainsi, la menace ne cesse de grandir. En Californie, un pipeline a explosé à San Bruno (l’explosion a provoqué l’enregistrement d’un séisme de magnitude 1,1, et a causé la mort de 7 personnes, détruisant 37 maisons), alors que dans le Golfe du Mexique un incendie s’est déclaré sur une plate-forme pétrolière (Vermilion Oil Platform 380, dont voici une photo).

Les choses ne peuvent qu’empirer : la tendance à la destruction de Gaïa grandit. A partir du moment où il faut davantage de ressources premières pour une course effrénée à l’accumulation, à partir du moment où le critère est le profit qui doit toujours être plus grand, encore et encore…

Alors la planète ne peut plus supporter ce développement anarchique. L’environnement est déséquilibré, avec les conséquences qui vont avec.

Cela, les chercheurs le savent, et plus largement la population aussi. Il manque deux choses pour que les choses changent : une position claire, radicale et sans compromis dans la défense de Gaïa.

Et une génération nouvelle, non corrompue par les habitudes et la tentative de s’accrocher à un monde en train de disparaître. Il est absolument inévitable que les nouvelles générations constatent la destruction en cours de Gaïa, et qu’elles se rebelleront sans commune mesure contre cette destruction.

Le manga « Mother Sarah » pose cette problématique, et l’image suivante résume l’état d’esprit qui prédominera alors.

Les paroles des groupes de musique vegan straight edge reprennent souvent ce principe, qui est qu’une tempête arrive, qu’une génération va briser le cercle infernal de la domination.

Car rien ne peut rester tel quel, tout est obligé de changer, absolument, radicalement. Notre planète est en train d’être assassinée!

Les zoos sont des endroits de souffrance et de folie…

Voici le texte d’un tract au sujet des zoos (au format PDF imprimable). La critique des zoos est très importante, et cela d’autant plus que ceux-ci se présentent désormais comme le moyen par excellence de protéger certaines espèces.

En réalité, tout comme le WWF, il s’agit ici de conserver la biodiversité… dans l’intérêt purement égoïste de l’être humain. Les animaux et la végétation n’auraient pas le droit d’exister librement sur la planète!

Les zoos sont des endroits de souffrance et de folie…

Les zoos ne sont pas un havre de paix pour les animaux qui y sont captifs. Loin de leurs habitats naturels, les zoos ne sont que des prisons qui collectionnent les êtres vivants afin de satisfaire un public en mal d’exotisme.

Les zoos ne sont là que pour satisfaire un caprice, un plaisir à exprimer sa domination sur des êtres qui, dénaturés et désocialisés, sombrent dans la folie.

Pour les animaux les zoos c’est un emprisonnement sans fin, le regard perdu et vide, les gestes mille fois répétés, sous l’agression des regards et des bruits des visiteurs…

Stéréotypies : répétition continuelle des mêmes mouvements

Les zoos suintent ainsi la tristesse et l’ennui pour qui ose voir la vérité en face. Comme cette vérité se sait, et que le « prestige » des zoos s’étiole, c’est au nom de la « protection » des espèces que les animaux sont enfermés dans des espaces restreints, anti-naturels où leurs instincts sont réduits à néant.

En réalité, cette « protection » n’est là que comme expression de défaite dans la protection réelle et complète de la nature, des lieux sauvages.

Car aimer les animaux et vouloir les protéger lorsqu’ils sont en danger ne saurait rimer avec enfermement. Que les animaux sauvages soient victimes du braconnage et/ou de la destruction de leur écosystème, la seule solution respectueuse est la confrontation pour que cesse la destruction de notre planète, de la végétation et des animaux!

Refuser les zoos par refus de concevoir une « vie » dénaturée!

Les animaux des zoos n’ont aucune possibilité d’avoir une réelle vie sociale avec leurs congénères, de vivre un rapport normal avec la nature (par rapport au déplacement, à l’alimentation, à la reproduction, etc.),… Ils vivent bien souvent dans un climat qui n’est pas le leur, et qui est par conséquent totalement inadapté (on trouve par exemple des animaux d’Afrique, d’Arctique, d’Asie… dans les zoos français).

Les zoos sont une très mauvaise éducation pour les enfants, qui pensent que l’on peut faire ce que l’on veut avec les animaux. De plus, les animaux sont clairement présentés comme des machines qui réagiraient de manière mécanique, qui ne seraient là que pour être au service des êtres humains.

Les zoos sont le symbole d’une vie dénaturée, d’une humanité qui s’imagine être au-delà de la nature et ne voyant la planète que comme le lieu de sa domination. Les zoos sont le symbole à la fois de la destruction de la nature sauvage et celle de la mise en esclavage des animaux.

Il faut boycotter les zoos au nom de la nécessité que la planète redevienne bleue et verte !

Les zoos ne sont que des prisons et des symboles de domination!

Pour plus d’informations sur la libération animale et celle de la Terre : www.laterredabord.fr

Bataille de Khimki: campagne fax du 20 septembre 2010!

Dans le cadre de la Campagne internationale de solidarité pour les prisonniers de la bataille de Khimki !, voici les numéros à utiliser pour la campagne de fax qui a lieu ce 20 septembre. Entre crochets, nous ajoutons quelques précisions.

Campagne fax le 20 septembre 2010

Liberté aux otages de Khimki!

Les militants sociaux Alekseï Gaskarov et Maxime Solopov ont été arrêtés le 29 juillet 2010, au lendemain d’une action spontanée à la défense de la forêt de Khimki devant la Mairie de cette ville. Les deux militants sont menacés de 7 ans de prison.

En lançant des Journées d’action internationales, la Campagne pour la mise en liberté des ôtages de Khimki appelle à faire pression sur les autorités russes pour obtenir la libération des militants arrêtés et la cessation des cas judiciaires les concernant. Vous pouvez y contribuer en expédiant des faxs au Parquet de la région de Moscou, au tribunal de la région de Moscou et à l’administration du Président de la Fédération de Russie.

Pour atteindre un effet maximal, nous vous demandons d’expédier vos faxs lundi le 20 septembre 2010.

Dans vos faxs, prière d’indiquer le nom, le prénom et l’adresse de l’expéditeur. Si vous envoyez une lettre de la part d’une association ou d’une institution, le meilleur serait d’envoyer un fax utilisant votre papier à en-tête.

Les numéros où envoyer vos faxs: [nous conseillons de le faire depuis des taxiphones!]

Le Parquet de la région de Moscou: +7-495-621-50-06 [remplacer le + par 00]

Le tribunal de la région de Moscou: +7-495-572-83-14 [remplacer le + par 00]

L’administration du Président de la Fédération de Russie: +7-495-606-24-64 [remplacer le + par 00]

Si vous n’avez pas d’accès à un télécopieur, vous pouvez envoyer des lettres électroniques:

Une lettre au Procureur de la région de Moscou [sur une page internet de type formulaire]:

http://www.mosoblproc.ru/internet-priemnaja/obrashchenija/send/

Une lettre au tribunal de la ville de Khimki

himki.mo@sudrf.ru

Une lettre à l’Administration du Président de la Fédération de Russie [sur une page internet de type formulaire]:

http://eng.letters.kremlin.ru/

Veuillez nous communiquer vos démarches à l’adresse électronique de la Campagne: info@khimkibattle.org , en précisant où vous avez envoyée vos lettres (au Parquet, au Tribunal, à l’Administration du Président).

Ainsi pourrons-nous voir le nombre d’appels envoyés, ce qui contribue à la réussite de la Campagne pour la mise en liberté des otages de Khimki.

Prière d’expédier vos lettres par fax en deux langues, la traduction russe comprise! A noter que lettres électroniques ne sont acceptées qu’en russe par les institutions russes, sauf le blog de l’Administration du Président.

Les lettres types au Procureur en français et en russe sont ci-jointes.

En français:

Nom, prénom, adresse

Mr le Procureur de la région de Moscou

Alexandre Mikhaïlovitch Mokhov,

Le Parquet de la région de Moscou,

Fax: 007-495-621 50 06

Lieu, date

Objet : Demande concernant la suite susceptible d’être donnée à la procédure en cours

Mr le Procureur,

J’ai l’honneur d’attirer votre attention sur les faits suivants: le 29 juillet 2010 A.V. Gaskarov et M.V. Solopov ont été arrêtés sur le soupçon de participation et d’organisation de l’attaque de la municipalité de la ville de Khimki le 28 juillet 2010. Le 3 août le tribunal de la ville de Khimki a prononcé leur détention provisoire et l’a confirmé le 13 août 2010. Actuellement ils sont accusés du délit prévu par l’article 213, p. 2 du Code Pénal de la Fédération de Russie.

D’après l’information dont je dispose, la loi n’a pas été respectée lors de l’arrestation d’A.V. Gaskarov et de M.V. Solopov et des mesures d’instruction qui s’en sont suivies. Ainsi, selon le dossier présenté au tribunal qui a dû se prononcer sur leur mise en liberté, les prévenus auraient été arrêtés “immédiatement après le fait incriminé” (Gaskarov) et “en flagrant délit” (Solopov), tandis que l’arrestation a eu lieu le lendemain à Moscou, tous les deux de se rendre à la police d’eux-mêmes, sous prétexte d’entretien et sans assignation. Leurs parents n’en ont pas été informés. Chez A.V. Gaskarov la perquisition a été menée sans aucun mandat ni d’autres papiers, sans rédaction de l’inventaire et sans témoins.

Les audiences pénales du 31 juillet , des 3 et 10 août qui devaient se prononcer sur une mise en liberté des prévenus, se sont tenues à huis-clos sans présentation de bases juridiques. D’après l’information dont je dispose, les dépositions des témoins se contredisent. L’avocat M.I. Trepachkine chargé de la défense des prévenus, a été tenu à la discretion, ce qui aurait limité les possibilités de défense des intérêts d’A.V. Gaskarov de façon injustifiée.

Lors de la formation du témoignage plusieurs faits de non-respect de la loi ont été commis, notamment pendant l’arrestation et les interrogatoires de la militante sociale E.S. Tchirikova et des journalistes écrivant sur les événements à Khimki. A.V. Pakhotine, E.F. Balouïev et N.N. Tchernobaïev interrogés dans cette affaire ont fait leurs dépositions sous la pression physique des juges d’instruction. Après les interrogatoires ils ont demandé l’aide médicale. N.N. Tchernobaiev a été transporté é l’hôpital par le SAMU, les médecins de détecter le traumatisme crânien, la commotion cérébrale, les meurtrissures, les écorchures sur le visage.

Les faits énumérés ci-dessus poussent à porter des doutes sérieux sur la solidité juridique de la position de l’instruction envers A.V. Gaskarov et M.V. Solopov, notamment en ce qui concerne leur détention. De plus, il y a lieu à craindre l’utilisation des mesures illégales au cours de instruction.

Je vous demande de vérifier si les droits des prévenus A.V. Gaskarov et M.V. Solopov ainsi que des autres personnes arrêtés et interrogés dans cette affaire sont entièrement respectés.

A mon avis, vu la fragilité des soupçons sur A.V. Gaskarov et M.V. Solopov et les faits de non-respect de la loi lors de l’instruction, il y a des motifs suffisants pour prononcer la mise en liberté d’A.V. Gaskarov et de M.V. Solopov.

Je vous remercie de me tenir informé des suites que vous entendez donner à ma demande.

Je vous prie de croire, Monsieur le Procureur, en l’expression de mes respectueuses salutations.

En russe:

Прокурору Московской области Мохову Александру Михайловичу

Уважаемый Александр Михайлович!

29 июля 2010 года по подозрению в участии и организации нападения на здание администрации г. Химки 28 июля 2010 года были задержаны А.В.Гаскаров и М.В.Солопов. 3 августа суд г. Химки принял решение о содержании их под стражей. 13 августа это решение было подтверждено. К настоящему времени им предъявлено обвинение по ст. 213, ч. 2 Уголовного кодекса РФ.

По имеющимся у меня сведениям, задержание А.В.Гаскарова и М.В.Солопова и дальнейшие действия в их отношении проходили с грубыми нарушениями. Так, в представленных следствием в суд для избрания меры пресечения материалах сказано, что подозреваемые – А.В.Гаскаров и М.В.Солопов – были задержаны «непосредственно после совершения преступления» (Гаскаров) и «при совершении преступления» (Солопов), в то время как в действительности задержание произошло на следующий день в Москве, при этом оба явились в милицию добровольно, будучи приглашены на «беседу», без повесток. О факте задержания не были проинформированы родственники задержанных. В квартире А.В.Гаскарова обыск проводился без ордера и предоставления каких-либо бумаг, не было описи имущества и понятых. Судебные заседания об избрании подозреваемым меры пресечения 31 июля, 3 и 13 августа проходили в закрытом режиме; убедительных оснований для этого представлено не было.

По имеющимся сообщениям, показания свидетелей противоречили друг другу. От представителя защиты адвоката М.И.Трепашкина потребовали подписку о неразглашении всех материалов дела, что неоправданно ограничивало бы возможности по защите интересов подзащитного А.В.Гаскарова. При получении свидетельских показаний по данному делу был допущен ряд нарушений закона, в частности, при задержании и допросах социальной активистки Е. С. Чириковой и освещавших события в Химках журналистов.

Допрошенные по этому делу А.В. Пахотин, Э.Ф. Балуев и Н.Н. Чернобаев дали показания под физическим давлением следователей. После допроса они обратились за медицинской помощью. У Н.Н. Чернобаева, который был доставлен в больницу на «Скорой помощи», врачи диагностировали закрытую черепно-мозговую травму, сотрясение головного мозга, ушибы, ссадины лица.

Перечисленные обстоятельства заставляют серьезно усомниться в обоснованности позиции следствия в отношении А.В.Гаскарова и М.В.Солопова и, в частности, содержания их под стражей. Более того, они вызывают весьма реальные опасения применения к ним незаконных методов ведения следствия.

Прошу Вас провести всестороннюю проверку соблюдения прав задержанных А.В.Гаскарова и М.В.Солопова, а также всех прочих лиц, задержанных и допрошенных по данному делу.

На мой взгляд, с учетом неубедительности подозрений в отношении А.В.Гаскарова и М.В.Солопова и уже допущенных в ходе следствия нарушений, имеются достаточные основания для того, чтобы пересмотреть решение о содержании их под стражей и освободить А.В.Гаскарова и М.В.Солопова.

Дата,

ФИО,

личная подпись,

адрес для ответа

Les lettre types a l’Administration du Président en français et en russe:

En français:

Mr le Président de la Fédération de Russie

Dmitri Anatolievitch Medvedev,

Administration du Président

de la Fédération de Russie

Lieu, date

Mr le Président de la Fédération de Russie,

J’ai l’honneur d’attirer votre attention sur les faits suivants: le 28 juillet 2010 plus de 200 personnes, jeunes antifascistes et anarchistes ont mené une manifestation spontanée devant la mairie de Khimki (la banlieue nord de Moscou), à la défense de la forêt de cette ville qui a été abbattu au profit du grand business. L’action lors de laquelle plusieurs vitres ont été brisées, a trouvé un large écho.

Au lendemain, le 29 juillet 2010 les militants sociaux bien connus A.V. Gaskarov et M.V. Solopov ont été arrêtés sur le soupçon de participation et d’organisation de l’attaque de la municipalité de la ville de Khimki le 28 juillet 2010. Le 3 août le tribunal de la ville de Khimki a prononcé leur détention provisoire et l’a confirmé le 13 août 2010. Actuellement ils sont accusés du délit prévu par l’article 213, p. 2 du Code Pénal de la Fédération de Russie.

D’après l’information dont je dispose, la loi n’a pas été respectée lors de l’arrestation d’A.V. Gaskarov et de M.V. Solopov et des mesures d’instruction qui s’en sont suivies. Ainsi, selon le dossier présenté au tribunal qui a dû se prononcer sur leur mise en liberté, les prévenus auraient été arrêtés “immédiatement après le fait incriminé” (Gaskarov) et “en flagrant délit” (Solopov), tandis que l’arrestation a eu lieu le lendemain à Moscou, tous les deux de se rendre à la police d’eux-mêmes, sous prétexte d’entretien et sans assignation. Leurs parents n’en ont pas été informés. Chez A.V. Gaskarov la perquisition a été menée sans aucun mandat ni d’autres papiers, sans rédaction de l’inventaire et sans témoins.

Les audiences pénales du 31 juillet , des 3 et 10 août qui devaient se prononcer sur une mise en liberté des prévenus, se sont tenues à huis-clos sans présentation de bases juridiques. D’après l’information dont je dispose, les dépositions des témoins se contredisent. L’avocat M.I. Trepachkine chargé de la défense des prévenus, a été tenu à la discretion, ce qui aurait limité les possibilités de défense des intérêts d’A.V. Gaskarov de façon injustifiée.

Lors de la formation du témoignage plusieurs faits de non-respect de la loi ont été commis, notamment pendant l’arrestation et les interrogatoires de la militante sociale E.S. Tchirikova et des journalistes écrivant sur les événements à Khimki. A.V. Pakhotine, E.F. Balouïev et N.N. Tchernobaïev interrogés dans cette affaire ont fait leurs dépositions sous la pression physique des juges d’instruction. Après les interrogatoires ils ont demandé l’aide médicale. N.N. Tchernobaiev a été transporté é l’hôpital par le SAMU, les médecins de détecter le traumatisme crânien, la commotion cérébrale, les meurtrissures, les écorchures sur le visage.

Ainsi Solopov et Gaskarov sont tombés victime des autorités de Khimki et du grand business, des personnages jamais révélés qui avaient commandé une mutilation du rédacteur en chef du journal « Khimkinskaïa Pravda » Mikhaïl Beketov et un assassinat du metteur en pages d’un autre journal d’opposition, Sergueï Protazanov, une aggression des hooligans mercenaires envers les défenseurs de la forêt de Khimki, une persécution d’Evguenia Tchirikova et d’autres militants… Actuellement la chasse policière aux antifascistes continue même s’ils n’ont rien àà voir avec l’incident à Khimki.

Les faits énumérés ci-dessus poussent à porter des doutes sérieux sur la solidité juridique de la position de l’instruction envers A.V. Gaskarov et M.V. Solopov, notamment en ce qui concerne leur détention. De plus, il y a lieu à craindre l’utilisation des mesures illégales au cours de instruction.

Je vous demande de vérifier si les droits des prévenus A.V. Gaskarov et M.V. Solopov ainsi que des autres personnes arrêtés et interrogés dans cette affaire sont entièrement respectés. A mon avis, vu la fragilité des soupçons sur A.V. Gaskarov et M.V. Solopov et les faits de non-respect de la loi lors de l’instruction, il y a des motifs suffisants pour prononcer la mise en liberté d’A.V. Gaskarov et de M.V. Solopov.

Je vous remercie par avance pour toute action que vous entreprendrez au regard de ces informations.

Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma considération distinguée.

Nom, prénom, adresse

+7-495-606-24-64

En russe:

Президенту Российской Федерации Дмитрию Анатольевичу Медведеву

Уважаемый Дмитрий Анатольевич!

28 июля 2010 перед зданием администрации в подмосковном городе Химки больше 200 молодых людей провели спонтанную демонстрацию в защиту Химкинского леса, который в те дни вырубали для нужд большого бизнеса. Акция, в ходе которой было разбито несколько окон, получила широкий общественный резонанс.

Через день, 29 июля 2010 года по подозрению в участии и организации этой акции были задержаны два известных общественных активиста Алексей Гаскаров и Максим Солопов. 3 августа суд города Химки принял решение о содержании их под стражей. 13 августа это решение было подтверждено. К настоящему времени им предъявлено обвинение по ст. 213, ч. 2 Уголовного кодекса РФ. Им грозит до семи лет тюрьмы за хулиганство, хотя не имеется доказательства их причастности к незаконным действиям.

По имеющимся у меня сведениям, и задержание А. В. Гаскарова и М. В. Солопова, и дальнейшие действия в их отношении проходили с грубыми нарушениями. Так, в представленных следствием в суд для избрания меры пресечения материалах сказано, что подозреваемые – А. В. Гаскаров и  М. В. Солопов – были задержаны <<непосредственно после совершения преступления>> (Гаскаров) и <<при совершении преступления>> (Солопов), в то время как в действительности задержание произошло на следующий день в Москве, при этом оба явились в милицию добровольно, будучи приглашены на <<беседу>>, без повесток. О факте задержания не были проинформированы родственники задержанных. В квартире А.В.Гаскарова обыск проводился без ордера и предоставления каких-либо бумаг, не было описи имущества и понятых. Судебные заседания об избрании подозреваемым меры пресечения 31 июля, 3 и 13 августа проходили в закрытом режиме; убедительных оснований для этого представлено не было.

По имеющимся у меня сведениям, показания свидетелей противоречили друг другу. От представителя защиты адвоката М.И.Трепашкина потребовали подписку о неразглашении всех материалов дела, что неоправданно ограничивало бы возможности по защите интересов подзащитного А.В.Гаскарова. При получении свидетельских показаний по данному делу был допущен ряд нарушений закона, в частности, при задержании и допросах социальной активистки Е. С. Чириковой и освещавших события в Химках журналистов российских СМИ. Допрошенные по этому делу А.В. Пахотин, Э.Ф. Балуев и Н.Н. Чернобаев дали показания под физическим давлением следователей. После допроса они обратились за медицинской помощью. У Н.Н.  Чернобаева, который был доставлен в больницу на <<Скорой помощи>>, врачи диагностировали закрытую черепно-мозговую травму, сотрясение головного мозга, ушибы, ссадины лица.

Таким образом, Солопов и Гаскаров стали еще одними жертвами химкинских властей и крупного бизнеса, невыясненных заказчиков зверского избиения главного редактора <<Химкинской правды>> Михаила Бекетова и убийства верстальщика другой местной оппозиционной газеты Сергея Протазанова, нападения нанятых футбольных хулиганов на защитников химкинского леса, арестов и бесконечного давления на Евгению Чирикову и других активистов… Прямо сейчас продолжается милицейская охота и на участников антифашистского движения, не имевших совершенно никакого отношения к химкинскому инциденту. Перечисленные обстоятельства заставляют серьезно усомниться в обоснованности позиции следствия в отношении А.В.Гаскарова и М.В.Солопова и, в частности, содержания их под стражей. Более того, они вызывают весьма реальные опасения о применении к ним незаконных методов ведения следствия.

Прошу Вас провести всестороннюю проверку соблюдения прав задержанных А.В.Гаскарова и М.В.Солопова, а также всех прочих лиц, задержанных и допрошенных по данному делу. На мой взгляд, с учетом неубедительности подозрений в отношении А.В.Гаскарова и М.В.Солопова и уже допущенных в ходе следствия нарушений, имеются достаточные основания для того, чтобы пересмотреть решение об их содержании под стражей и освободить А.В.Гаскарова и М.В.Солопова в ближайшее время.

Дата, ФИО, личная подпись, адрес для ответа

+7-495-606-24-64

Le capitalisme ne pourra jamais devenir « vert » : le rapport « Les entreprises face à la biodiversité » et le sondage « Baromètre entreprise et biodiversité »

A LTD, et ce n’est pas un secret, nous considérons les nations comme un obstacle à la compréhension par l’humanité du rapport qu’elle doit avoir avec Gaïa. Et nous ne pensons pas que le capitalisme pourra devenir « vert. »

En fait, nous courons à la catastrophe et le capitalisme ne fait strictement rien. Les personnes disposant de hauts revenus se moquent de l’écologie : elles veulent vivre « tout confort » et avec le prestige qui peut exister avec (fourrure, caviar, etc.).

Inversement, les personnes pauvres sont révoltées par le saccage de la planète, mais elles ne considèrent pas avoir les moyens ni de tout changer, ni de vivre de manière différente. C’est ce point de vue erroné qu’il faut changer.

Néanmoins, il reste une troisième couche sociale et une troisième opinion : celle des classes moyennes qui veulent vivre « comme avant » et pour cela rien ne doit changer. Ce sont ces couches sociales qui par les « Verts – Europe écologie » se la jouent « écolos. »

Le WWF représente ce genre de démarche, et c’est le sens de son rapport « Les entreprises face à la biodiversité. » Ce rapport peut être téléchargé ici.

Il est à considérer avec un sondage commandé par le WWF et intitulé « Baromètre entreprise et biodiversité » (cliquer ici pour le télécharger).

Les choses sont très simples. 81 % des personnes interrogées considèrent que les entreprises ont un impact négatif (dont 32% très négatif) sur la biodiversité. C’est une chose logique, et selon nous, très bonne. Les gens ne sont pas dupes.

67% des personnes interrogées considèrent d’ailleurs que les actions des grandes entreprises pour limiter leur empreinte écologique relèvent de la simple communication.

Si le WWF met tout cela en avant, ce n’est pas pour dénoncer les entreprises et le profit, mais pour les alerter : afin que le capitalisme ne soit pas critiqué, il faut suivre les directives du WWF.

Son directeur général Serge Orru le dit de manière à peine voilée:

« La biodiversité est un sujet neuf pour les entreprises. Nous avons réussi à les sensibiliser au changement climatique, mais nous n’avons pas encore réussi à les convaincre que sauvegarder la nature est un enjeu vital. »

Le rapport, dont nous allons parler ici, suit cette ligne : les entreprises ont intérêt à suivre le WWF (et Greenpeace) car sinon leur image risque d’en pâtir, alors qu’en plus il y a des opportunités financières…

Le WWF sert d’allié des entreprises, pour leur donner une bonne image. Pour le WWF, « la biodiversité est la banque du vital » et donc il faut préserver ce qui sert l’humanité.

Le WWF n’est pas du tout sur la position de La Terre d’abord ! car le WWF ne considère pas que la nature a une valeur en soi, le WWF suit le principe de l’utilité, c’est-à-dire la même logique que celle des entreprises.

Le WWF présente donc la situation aux entreprises, en espérant qu’elles vont intégrer la protection de l’environnement dans leur démarche, car ce serait dans leur « intérêt économique crucial. »

Le WWF défend la pêche, l’élevage, l’aquaculture, les animaleries… et parle même du « terroir », qui est un terme utilisé uniquement par les adeptes du saucisson-pinard et l’extrême-droite (les deux étant souvent les mêmes culturellement voire politiquement).

Le WWF ne prône pas le véganisme, simplement une alimentation moins polluante, et plus diversifiée (lait de brebis, de jument…).

Sauf que quand on lit ce que dit le WWF, on voit bien à quoi ressemble la tendance générale et on voit bien que sa démarche ne dispose d’aucun réalisme !

Voici par exemple ce qu’on peut lire dans le rapport:

Selon la Liste rouge de l’Union internationale de conservation de la nature (UICN) publiée en 2009, 17 291 espèces sont aujourd’hui menacées d’extinction, soit 21% des mammifères, 12% des oiseaux, 30% des amphibiens, 70% des plantes, etc.

L’indice Planète vivante du WWF, qui suit l’évolution de 5 000 populations de 1 686 espèces de mammifères, reptiles, amphibiens, oiseaux, poissons dans les zones tempérées et tropicales, donne les mêmes tendances : une diminution globale de 28% des populations entre 1970 et 2005 (toutes espèces confondues).

L’empreinte écologique, qui souligne l’étendue et le type de pression que l’Homme exerce sur la planète, nous enseigne que la demande de l’humanité en ressources vivantes de la planète dépasse en 2010 la capacité de régénération de la planète d’environ 50%.

Quand on voit cela, on ne peut qu’exiger la confrontation… Mais le WWF tient au business, et la position du WWF roule même ouvertement pour le capitalisme, en revendiquant le libéralisme:

« En cette année internationale de la biodiversité, il est particulièrement important d’impliquer les entreprises, alors que les politiques publiques n’ont pas réussi à atteindre l’objectif de réduction du rythme de disparition de la biodiversité pour 2010. »

Ce n’est ni plus ou moins qu’un appel à la privatisation : le WWF sert très clairement le rôle des très grandes entreprises, qui selon le WWF devraient prendre conscience de l’écologie et guider la société…

Le WWF essaie de sauver un capitalisme en perdition, en lui conseillant des pistes pour relativiser sa destruction. L’aquaculture est même proposée comme solution…

Nous ne pouvons que souligner la nécessité de critiquer le WWF et de réfuter systématiquement toutes ses interventions. Le WWF est une machine à blanchir, ou plutôt verdir, les machines à profit qui anéantissent notre planète!

Seule la conjugaison de la libération animale et de la libération de la Terre forme une perspective réaliste et juste! Car il n’y a plus le temps: il faut prendre une autre direction… Maintenant!

Le roi de la jungle remet en place son « dresseur » et se rebelle contre son espace dénaturé

Que l’on soit vegan ou non, constater que les zoos – ou quelques enclos qu’ils soient – sont de véritables mouroirs est tristement banal. Il est donc bien évident que ces lieux ne sont surtout pas à financer pour ne pas participer à ce commerce. Car il s’agit de commerce et d’idéologie.

Commerce, car les zoos sont parfois de véritables parc d’attraction rapportant beaucoup d’argent. Idéologie, car la collection d’animaux est depuis la fin du Moyen-Âge un symbole de « prestige. »

Que les prisonniers aient de l’espace, que leur environnement naturel ou recréé au mieux, qu’ils soient en danger et/ou en voie d’extinction dans leur milieu naturel et d’origine ne change rien au problème, au véritable drame vécut par ces animaux.

Une prison dorée reste une prison et le prétexte de « sauver les espèces » relève ni plus ni moins que du cynisme.

Le stress de la foule quotidienne qui crie, tape aux vitres et dérange les animaux ajouté au dépaysement font que les animaux sont évidemment malheureux et peuvent devenir agressifs.

La présence d’enfants, sans aucune éducation concernant le respect des animaux, n’aide pas non plus.

C’est ainsi qu’à Las Vegas au MGM Grand Hotel & Casino, sous le classique et désormais banal prétexte de disparition dans le milieu naturel, le MGM Grand Hotel & Casino a créé un parc réservé aux lions.

MGM, c’est bien entendu la Metro-Goldwyn-Mayer, la compagnie hollywoodienne dont le symbole est le lion qui rugit avant que le film ne commence.

Voici la présentation de cet hôtel, et rappelons que Las Vegas est une catastrophe écologique, pompant un maximum d’eau car elle a été construire au milieu du désert:

MGM Grand, Las Vegas : un programme de divertissement adapté à vos goûts

Reconnu dans le monde entier, le MGM Grand vous propose tout ce à quoi vous pouvez vous attendre d’un complexe casino à Las Vegas. Vous venez à Las Vegas pour vous divertir ?

Dans nos salles de spectacle (arénas), vous pourrez assister à des concerts de Madonna, des Rolling Stones ou aux plus grands événements sportifs. Vous venez à Las Vegas pour vous relaxer ? Notre spa, nos piscines et notre salon sont des endroits rêvés pour vous relaxer et vous ressourcer. Vous venez à Las Vegas pour les casinos ? Nous avons tous les jeux dont vous rêvez. Au coeur de notre établissement, se trouve un hôtel de premier ordre avec tous les services dont vous avez besoin pour rendre votre séjour inoubliable.

La création d’une sorte de ranch à quelques kilomètres de l’hôtel est évidemment justifiée par la volonté de « préserver » le lion sur la planète… Une prétention ridicule d’un entreprise fondée sur les films hollywoodiens, et ici présentant des concerts de variétés ainsi que des casinos, des discothèques dont on peut s’imaginer comment elles sont.

D’ailleurs sur cette vidéo, on voit très bien les gens s’agglutinant dans un brouhaha devant des vitres, pour regarder le lion et la lionne emprisonnéEs dans le ranch.

Et on peut voir le lion se rebeller contre le « dresseur », car deux « dresseurs » sont présents à côté des deux animaux!

Bien entendu, nous trouvons formidable la réaction du lion, quelles que soient les raisons qui l’on poussé à agir ainsi.

Cette vidéo montre parfaitement, une fois de plus, que les animaux ne sont pas des machines que l’on peut dominer sans problème aucun et sans réaction défensive de la part de l’oppriméE. L’instinct de défense reste, même si il est systématiquement tenté de le réduire à néant!

Par ailleurs, le comportement de la lionne est très intriguant. Pourquoi va-t-elle tout de suite calmer le mâle ?

Il faut savoir que dans la Nature ce sont les lionnes qui chassent, les mâles étant dominants, opportunistes et volant la part durement chassée par les femelles. Les femelles et les jeunes n’ont droit qu’aux restes laissés par le mâle de la troupe.

Même si des émissions niaises et au discours surréalistement irresponsable comme 30 millions d’amis s’amusent à prouver le contraire, il paraît évident que pour dominer un tel animal, il faut installer une notion de peur et de domination.

Les dresseurs ne pourraient sinon rester à se pavaner à côté du lion et de la lionne. On pourrait donc peut-être interpréter la réaction de la femelle de la sorte : la peur du « dresseur », d’où la tentative d’apaisement du lion.

Nous n’émettons là qu’une hypothèse car nous ne sommes pas des spécialistes des fauves, ni de la psychologie des animaux martyrs dans les zoos-prisons.

Mais par contre, si on a l’occasion d’aller gratuitement au zoo et de s’ouvrir à l’animal emprisonné il n’est pas dur de voir le vide dans leurs yeux, l’ennui, la tristesse et l’agacement ressenti par ces animaux qui sont exposés tous les jours, pendant des heures, à un public hurlant et irrespectueux de l’animal.

Bien évidemment, il n’est pas dit quel sera le sort de ce lion, même si nous pouvons nous en douter… Sans nul doute, il sera « rééduqué »… Pourtant le lion a été fort sympa car si il avait voulu mortellement blesser le « dresseur », cela n’aurait pas été très difficile pour lui. A ce propos, les animaux n’attaquent jamais gratuitement. Que ce soit pour se défendre, se protéger, les « attaques » ne sont jamais sans raisons.

La place des animaux est dans la Nature et certainement pas dans ces zoos-prisons. Il est temps d’informer que les zoos ne sont pas des refuges paisibles et que la destruction des milieux naturels et les braconnages ont une solution : la libération animale, la libération de la Terre.

Les zoos sont une honte: ceux qui pensent que c’est un moyen de « sauver » l’espèce doivent comprendre qu’il s’agit là d’une capitulation par rapport à la lutte pour protéger les espaces des animaux, et un cynisme relevant d’une vision des animaux comme étant « utiles » et n’ayant pas droit à un rapport normal à la nature.

Rassemblement anti-HLS et contre la directive européenne sur la vivisection / Parking Day

Trois initiatives intéressantes ont lieu dans des prochains jours:

– le vendredi 24 septembre une manifestation à Paris pour que Sanofi-Aventis ne teste plus ses médicaments sur les animaux dans le centre de toxicologie Huntingdon Life Sciences.

– le samedi 25 Septembre une manifestation à Paris pour protester contre la directive 86/609 CEE.

– un parkingday, c’est-à-dire l’occupation de parkings dans les villes comme happening écolo, à Lille, Marseille, Nantes, Narbonne, Paris, Rouen, Tours.

Le rassemblement à Paris contre Sanofi-Aventis rentre dans le cadre de la lutte contre HLS. Voici un communiqué quant à cette initiative:

Vendredi 24 septembre
15h30 à 18h30
174 Avenue de France, 75013 PARIS

Métro Bibliothèque François Mitterrand (ligne 14) ou Quai de la Gare
(ligne 6)

HLS est le pire laboratoire d’expérimentation animale d’Europe, 500
animaux y meurent chaque jour. Des vidéos en caméra cachée ont montré à
plusieurs reprises des maltraitances animales (des chiots se prenant des
coups de poing sur le museau, des singes se faisant abuser et
ridiculiser, etc). D’anciens employés ont aussi dénoncé des
falsifications de résultats… un employé s’est fait licencier car il
refusait de falsifier !
Ce laboratoire est en très mauvaise posture et quelques clients comme
Sanofi lui permettent de survivre.

Il vous suffit de regarder la vidéo ci-dessous pour comprendre pourquoi
nous ne devons pas lâcher cette campagne !
http://www.shac.net/resources/movies/inside_hls.html

Voici maintenant l’appel à manifester samedi contre la directive européenne sur la vivisection :

Communiqué sur la directive 86/609

Jeudi, 9 Septembre, 2010

Une marche contre l’expérimentation animale aura lieu conjointement à Rome et à Paris le 25 septembre 2010 à partir de 15h00.

Cette manifestation a pour but de protester contre la nouvelle Directive 86/609 relative à « la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques » qui a été approuvée par le Parlement Européen le 8 septembre 2010.

Le mercredi 8 septembre 2010, à Strasbourg, le Parlement Européen a approuvé en 10 minutes (de 12:05 à 12:15), le texte final pour la Directive 86/609 qui réglemente l’utilisation d’animaux à des fins scientifiques.

Une mise aux archives hâtive pour un texte hautement controversé.

Les amendements et la demande de renvoi à la Commission présentés par les Verts ont été rejetés, ce que les parlementaires européens expliquent comme il suit: « Il y a une différence entre la dignité des animaux et celle des êtres humains; il y a des hiérarchies qui doivent être observées. Non aux contrôles excessifs qui contrarient la recherche, nous ne devons pas nuire aux intérêts de l’industrie ».

Les positions de l’opinion publique, qui s’est manifestée sous forme de pétition(s) par des dizaines de milliers de signatures, et dont les Verts s’étaient portés ambassadeurs, ont été jugées par nos députés comme étant « extrémistes », « dictées par l’émotivité » ou encore « démagogiques ». Néanmoins, nous rassurent-ils, les signatures n’auront pas été vaines: elles ont au contraire ébranlé les consciences des parlementaires, ce qui les a finalement encouragés, disent-ils, à voter pour le bien collectif.

Suite au rejet de la demande de renvoi, plus de 40 députés se sont levés avant le vote en signe de protestation; pourtant l’approbation de la mesure s’est effectuée quelques instants plus tard, l’assemblée de Strasbourg se prononçant majoritairement en faveur de la nouvelle version de la directive.

Le texte proposé dans sa première version, en novembre 2008, était très innovant comparé à sa version de 1986 (bien que peu compatible avec l’optique abolitionniste), et présentait de nombreuses améliorations en matière de tutelle et « bien-être » des animaux de laboratoire. Malheureusement, au cours des mois, plusieurs passages du texte ont été remaniés jusqu’à péjoration du sort des cobayes.

Parmi les articles les plus négatifs de cette nouvelle directive nous trouvons:

  • La possibilité de pouvoir recourir aux chats et chiens errants.
  • La possibilité d’utiliser une espèce en voie d’extinction et/ou capturée en nature, en particulier les primates et les grands singes.
  • Le recours à la suppression par inhalation d’anhydride carbonique comme méthode de meurtre de référence, définie par la loi comme « humanitaire », mais qui en réalité provoque des niveaux de souffrance hauts et prolongés (fait reconnu scientifiquement).
  • La possibilité d’effectuer des essais sans anesthésie, également valable pour des essais hautement douloureux.

Les méthodes substitutives, pourtant disponibles, ne sont pas encouragées par la nouvelle Directive, car jugées scientifiquement insatisfaisantes (!), et de ce fait, reléguées depuis hier à initiatives facultatives.

Elisabeth Jeggle du Parti Populaire Européen, auteur de la nouvelle proposition, a déclaré que « les nouvelles règles réalisent un compromis entre les droits des animaux et les exigences de la recherche. »
Paolo De Castro, président de la Commission de l’Agriculture au Parlement européen, a souligné qu’un « bon compromis a été atteint, sur un texte raisonnable qui représente un progrès par rapport aux règles de 1986, dans le respect des exigences scientifiques. »

Non. La nouvelle directive n’est pas un bon compromis entre les exigences de l’industrie et de la recherche d’un côté, et celles de la protection des animaux de l’autre. Au contraire, elle est un pas déplorable qui ne fait point avancer l’Europe, ni sur le terrain de la recherche scientifique ni sur celui de la santé humaine et animale.

En conséquence, le samedi 25 septembre une manifestation simultanée aura lieu à Rome et à Paris. Rendez-vous Place St Germain des Prés (métro: St Germain des Prés, ligne 4) à 15:00, pour une marche jusqu’au siège français de la Commission Européenne.

Voici enfin la présentation de l’initiative Parking Day. Il s’agit de suivre le modèle américain d’un collectif d’artistes américains appelé REBAR. L’initiative est donc plutôt bobo, mais elle s’annonce tout de même sympathique. On peut voir des vidéos de ce type d’initiative ici.

Événement mondial ouvert à tous, PARK(ing) Day pose la question de la place du piéton et des espaces verts dans l’espace urbain. Citoyens, artistes, activistes et autres green guerilleros, à vos binettes! S’appuyant sur les réseaux sociaux numériques, PARK(ing) Day invite à se réapproprier l’espace bétonné d’une place de parking par la création temporaire d’espaces végétalisés et conviviaux. Petits jardins publics, terrasses, potagers, aires de jeu accueillant tournoi de ping-pong ou jeux de go, pièce de théâtre, troc de plantes, mini-ferme urbaine, lieux d’échanges originaux et créatifs, installations artistiques éphémères : autant d’idées pour créer des espaces publics partagés et durables.

Mini ferme urbaine, tournoi de ping pong, compost collectif, stand de limonade, pièce de theatre, troc de plantes, atelier de repartions de vélo, habitat d’urgence pour SDF, ou autres appropriation créative et engagée de l’espace urbain

A l’occasion de ces journées d’action du 17 et 18 septembre 2010, venez, vous aussi, occuper joyeusement des places de parking dans Paris, sa banlieue et les villes de France ! Au programme : actions artistiques, installations végétales ludiques et créatives ou encore espaces alternatifs de rencontres et de solidarité.

A Paris, l’association Dedale déjà préoccupée par ces questions (cf.Playgreen) se fait le relais de l’événement en lançant un large appel à mobilisation. Pour impulser la dynamique, elle invite avec la complicité de la Cité internationale universitaire de Paris et de la Fondation des Etats-Unis le collectif américain REBAR à réaliser un cortège festif et participatif. A l’honneur : mobilités douces et moyens de transports alternatifs.

Découvrez les nombreuses surprises qui vous attendent ces jours-là sur la carte des initiatives et sur le programme.

Voici une autre présentation allant avec:

Qu’est-ce que PARK(ing) Day?

PARK(ing) Day est un événement mondial ouvert à tous, durant lequel citoyens, artistes et activistes collaborent pour transformer temporairement des places de parking payantes en espaces végétalisés et conviviaux.

Les espaces bétonnés deviennent des lieux d’initiatives engagées, originales et créatives. Par le biais de ces parenthèses poétiques et ludiques, PARK(ing) Day est une réflexion globale sur l’espace urbain, sur la place qui y est faite à la nature et sur la qualité de vie en centre-ville. PARK(ing) Day, en révélant temporairement les possibilités offertes par de tels espaces, aide à changer la façon dont les rues sont perçues et utilisées, générant des effets plus durables.

PARK(ing) Day encourage ainsi les citoyens à se réapproprier l’espace public, par la promotion de la créativité, de l’engagement critique, des interactions sociales inédites, de la générosité et du jeu : autant d’éléments qui participent à la construction d’une ville durable.
En 2010, un appel à mobilisation massif en France

Créé à San Francisco en 2005 par REBAR, un collectif d’artistes et paysagistes, PARK(ing) Day a conquis l’an passé 140 villes dans plus de 20 pays. Plus de 700 parcs ont été créé dans le monde et seulement quelques uns en France. Cette année, l’événement arrive à Paris et dans les villes de France les 17 et 18 septembre prochains, prenant le pari d’une mobilisation massive.

S’appuyant sur les réseaux sociaux numériques, Dédale se fait le relais de l’événement en France et lance largement l’appel à mobilisation PARK(ing). Cet appel s’inscrit dans le cadre de SmartCity, programme européen de recherche et d’expérimentation artistique et sociale sur le thème de la ville intelligente.
SmartCity | nouveaux enjeux urbains et nouvelles formes artistiques

Le programme SmartCity explore les nouvelles formes d’interventions artistiques dans l’espace urbain : micro urbanisme, installations audiovisuelles et performances dans l’espace public, jeux urbains, architectures éphémères ou interactives, art mobile, nouvelles cultures urbaines… Il convie habitants, artistes, chercheurs, architectes, politiques, industriels, ingénieurs, militants à imaginer des formes inédites d’appropriation de l’espace public.

SmartCity donne lieu à un programme régulier de workshops d’expérimentation et de résidences d’artistes appliqués au territoire, ainsi que d’événements pluridisciplinaires (conférences, rencontres, expositions et soirées).

A Paris, le projet SmartCity se déroule depuis 2007 en partenariat avec la Cité internationale universitaire de Paris, faisant de ce site au patrimoine architectural remarquable un territoire d’expérimentation artistique grandeur nature.

Les 4 grands axes de recherche et d’intervention de SmartCity sont les suivants :
Ville, nature et développement durable
Nouvelles architectures et design urbain
Communication et mobilité(s) urbaine(s)
Vivre ensemble, nouveaux espaces citoyens

Initié en 2008 dans le cadre de la thématique  » Ville, nature et développement durable « , le chantier Playgreen a donné lieu à l’organisation d’une Green Guerilla et d’un workshop de recherche sur la mise en lumière de la nature en ville.

En 2010, le programme d’action de SmartCity est axé sur la thématique de la mobilité. A travers des résidences et événements artistiques, il s’agit d’étudier les changements induits par l’utilisation des technologies mobiles sur notre perception des territoires, les formes urbaines et nos modes de vie.

En lien avec le chantier Playgreen, SmartCity inscrit une partie de ses activités dans la dynamique de l’événement PARK(ing) Day.

Pour en savoir + : www.smartcity.fr

Un premier cas de dengue non importé signalé en France : la dengue, un produit de la guerre contre Gaïa

Le réchauffement climatique n’est pas une catastrophe à venir, c’est une catastrophe en cours. Et le premier cas de dengue « non importé » est hautement symbolique.

Il s’agit en effet de la première fois en Europe où un tel cas est déclaré. La dengue est une infection virale, causant fièvre, mal de tête, douleurs musculaires et articulaires, fatigue, nausées, vomissements et éruption cutanée.

Elle est transmise par les moustiques vecteurs du genre Aedes et avec le réchauffement climatique, la dengue élargit son champ d’action. On considère d’ailleurs qu’en 2085, la moitié de la population du monde vivra dans des régions frappées par la dengue…

L’antarctique est désormais la seule zone du monde non frappée par la dengue.

Aujourd’hui, ce sont 100 millions de personnes qui sont frappées chaque année par la forme bénigne de la dengue, 500 000 personnes étant atteintes fièvres hémorragiques chaque année (25.000-50.000 en mourant).

En 2002 une grande épidémie avait infectée un million de personnes à Rio de Janeiro. Voici une carte montrant où est présent la dengue dans le monde en 2000 :

Que la dengue arrive jusqu’en France est significatif. Voici justement le communiqué officiel du ministère de la Santé et des Sports, qui explique ouvertement que ce genre de moustiques est présent en France:

Le risque de développement d’une d’épidémie est considéré comme limité mais ne peut être exclu, en raison de la présence importante du moustique tigre au niveau local. Le ministère chargé de la santé en appelle donc à la mobilisation individuelle et communautaire et demande aux personnes résidant à Nice et aux alentours d’adopter un certain nombre de mesures visant à prévenir toute dissémination du virus :

  • Détruire les larves ainsi que les gites potentiels de reproduction des moustiques autour et dans l’habitat (en supprimant les soucoupes sous les pots de fleurs et en vidant au moins une fois par semaine tous les récipients contenant de l’eau stagnante : vase, détritus, gouttières…) ;
  • Se protéger des piqures de moustiques en portant des vêtements longs, en utilisant des répulsifs cutanés (en respectant les précautions d’emploi, en particulier chez l’enfant et la femme enceinte) ainsi que des moustiquaires de berceau chez le nouveau-né et le nourrisson.
  • Protéger l’habitat (moustiquaires, diffuseurs électriques….).

La dengue se transmet d’homme à homme, uniquement par l’intermédiaire d’une piqure du moustique du genre Aedes. Dans le sud de la France, c’est Aedes albopictus (moustique tigre) qui est présent.

Lors d’une piqure, le moustique prélève le virus sur une personne infectée. Après un délai d’incubation chez le moustique de l’ordre de quelques jours et à l’occasion d’une autre piqure, il peut transmettre le virus à une personne saine. Les mesures individuelles de protection contre les piqures de moustiques sont donc indispensables pour lutter contre le développement d’une épidémie.

La dengue se manifeste en moyenne 5 à 7 jours après la piqûre infectante, par l’apparition soudaine d’une fièvre élevée (supérieure à 38,5°C) associée à des maux de tête, des douleurs musculaires et oculaires et accompagnée d’une fatigue générale.

En cas d’apparition de ces symptômes il convient de consulter son médecin traitant. La guérison s’accompagne en général d’une convalescence d’une quinzaine de jours. La dengue est une maladie qui, dans la majorité des cas, ne présente pas de complication. Néanmoins, il existe des formes sévères et des formes hémorragiques (environ 1% des cas symptomatiques). Il n’existe ni traitement curatif, ni vaccin ; le traitement est donc symptomatique (traitement des symptômes). En raison du risque hémorragique au cours de cette infection virale, il est nécessaire d’éviter impérativement la prise d’aspirine et d’anti-inflammatoires.

Les médias ont parlé de la dengue récemment, car en Martinique et en Guadeloupe, il y a eu 60.000 personnes infectées, sur un total de 800.000 personnes…

Il va de soi évidemment que l’industrie est là pour nous « sauver. » Non pas du réchauffement climatique… mais de la dengue, par l’intermédiaire d’un médicament (voir un long article scientifique en anglais ici), ou bien évidemment d’un vaccin, produit de la vivisection.

C’est l’entreprise Sanofi Pasteur qui espère le mettre en place en 2015-2016. La vivisection est ouvertement assumé par le Dr. Jean Lang dans une interview donnée hier.

Il n’y a franchement qu’en France qu’un médecin peut se vanter de pratiquer la vivisection… Voici ses propos:

Un très grand nombre de tests ont été effectués dans différents modèles afin de caractériser le vaccin et démontrer son innocuité et son immunogénicité. Les tests ont été effectués aussi bien sur des cellules dendritiques humaines in vitro que sur des primates non humains.

Rappelons ici que liée à Sanofi Pasteur, on trouve le laboratoire P4 « Jean-Mérieux » à Lyon, qui pratique la vivisection sur les grands singes. A Lyon se déroulera également début octobre le congrès mondial consacré aux vaccins, bien évidemment en la présence de ce docteur de Sanofi.

Rappelons également que Sanofi Aventis posssède la marque Yves Rocher à 33% (voir notre article One Voice se prononce en faveur d’Yves Rocher, possédé à 33% par Sanofi Aventis).

A cela, quelle réponse pouvons-nous donner ? Les détracteurs du véganisme auront beau jeu de présenter le moustique comme « assassin. »

Sauf que la forme bénigne de la dengue a été constatée en tant que tel… il y a 200 ans. On peut évidemment considérer que la science médicale était peu avancée. Sauf que l’épidémie dans sa forme hémorragique a été constatée pour la première fois en 1953…

Avant 1970, seuls neuf pays avaient connu des épidémies de dengue hémorragique, en 1995 le chiffre avait été multiplié par quatre.

La dengue est le produit de la généralisation des bidonvilles et des grandes villes aux conditions de vie misérables notamment sur le plan sanitaire, des déplacements anarchiques notamment de troupes militaires, et bien entendu du réchauffement climatique.

Les statistiques de l’Organisation Mondiale de la Santé sont très parlantes:

Comme en témoigne l’histoire de la dengue, c’est l’humanité qui par son absence d’organisation, de prévoyance, de planification, qui est la cause de la dengue. Tant que l’humanité fera la guerre à Gaïa, elle court à sa propre perte, tant parce qu’elle ne peut pas gagner, que parce que l’unique moyen pour elle d’avancer est de s’organiser sur des fondements opposés à toute exploitation, oppression et destruction.

La planète doit redevenir bleue et verte!

Une colonie naturiste et végétalienne en Picardie

Voici un intéressant article tiré de l’Union, journal de Picardie et des Ardennes. Il traite, brièvement, d’une colonie naturiste et végétalienne en Picardie.

C’est à Vaux, commune d’Essômes-sur-Marne, qu’eut lieu la première expérience de vie communautaire anarchiste en France, de 1902 à 1909.Elle fut suivie, en 1911, par une autre tentative, à Bascon, à 800 mètres de Vaux.

L’orientation sera légèrement différente. Il s’agit cette fois d’une colonie naturiste et végétalienne. L’un des colons, Louis Rimbault, anarchiste végétalien, y invente un véritable aliment complet composé de 34 variétés potagères, une salade qu’il appelle «La Basconnaise».

C’est surtout de 1919 à 1926 que de nombreux adeptes, de différentes nationalités, affluent à Bascon : des écrivains comme Hélène Patou et Georges Navel, la danseuse Isadora Duncan, le philosophe Han Ryner…

La colonie cesse sa pleine activité en 1931, mais continue sous forme de colonie végétarienne de vacances, centre naturiste et auberge de jeunesse « La Basconnaise » jusqu’en 1951. Un colon original, Jean Labat dit Godec, a laissé des souvenirs dans le voisinage.

Il excitait la curiosité, sur le marché de Château-Thierry, avec ses théories sur le végétalisme et la nocivité du tabac et de l’alcool.

A cause de sa barbe hirsute et de sa longue chevelure, il était surnommé « Jésus-Christ ».
(Merci à notre historien local Tony Legendre pour ses recherches.)

En France, le naturisme, tout comme le végétarisme, n’ont pas été des valeurs assumées en masse par le mouvement ouvrier, contrairement à d’autres pays, comme l’Allemagne ou l’Autriche. Mais il y a eu néanmoins des expériences, qui ont toutes été anarchistes, dans une version individualiste et communautaire à la fois.

Bien entendu, toutes ces expériences et réflexions des années 1930 étaient utopistes, individualistes, et donc forcément limitées. Nous ne pensons pas que le naturisme soit une solution en soi (ni d’ailleurs le mouvement hippie en général).

Néanmoins, nous considérons qu’il faut connaître ces expériences et les considérer comme relevant de notre propre passé… A condition évidemment de considérer le véganisme comme quelque chose de forcément populaire.

Nous reparlerons d’ailleurs bientôt de « l’Union de lutte socialiste internationale », qui luttait en Allemagne durant les années 1930, assumant ouvertement le végétarisme et le refus de l’exploitation animale (ainsi que de l’alcool), et qui a été une forte structure de résistance sous la dictature nazie.

Soulignons également que ce n’est certainement pas pour rien que les personnes vegan straight edge en France viennent de milieux populaires, et qu’il n’y a que les personnes provenant de couches sociales aisées ou au moins disposant d’un certain confort matériel pour sauter au plafond dès qu’on parle de « Gaïa. »

Dans les milieux populaires, il est très net que le raisonnement suivant prédomine: ce que l’on fait à la planète, cela ne se fait pas!

Et il n’est pas un hasard non plus que le mouvement pour la libération animale est le seul où les femmes ont un rôle prédominant. Citons ici deux femmes témoignant de ce regard nouveau et nécessaire: Louise Michel (figure du mouvement anarchiste) et Rosa Luxemburg (figure du mouvement communiste)…

Deux passages magnifiques, démonstration à la fois de la sensibilité et du style de pensée qu’il faut vivre pour avancer dans la lutte pour la libération totale:

Au fond de ma révolte contre les forts, je trouve du plus loin qu’il me souvienne l’horreur des tortures infligées aux bêtes.

Depuis la grenouille que les paysans coupent en deux, laissant se traîner au soleil la moitié supérieure, les yeux horriblement sortis, les bras tremblants cherchant à s’enfouir sous la terre, jusqu’à l’oie dont on cloue les pattes, jusqu’au cheval qu’on fait épuiser par les sangsues ou fouiller par les cornes des taureaux, la bête subit, lamentable, le supplice infligé par l’homme.

Et plus l’homme est féroce envers la bête, plus il est rampant devant les hommes qui le dominent.

Louise MICHEL, Mémoires

Ah! ma petite Sonia, j’ai éprouvé ici une douleur aiguë.

Dans la cour où je me promène arrivent tous les jours des véhicules militaires bondés de sacs, de vielles vareuses de soldats et de chemises souvent tachées de sang…

On les décharge ici avant de les répartir dans les cellules où les prisonnières les raccommodent, puis on les recharge sur la voiture pour les livrer à l’armée.

Il y a quelques jours arriva un de ces véhicules tiré non par des chevaux, mais par des buffles.

C’était la première fois que je voyais ces animaux de près.

Leur carrure est plus puissante et plus large que celle de nos boeufs ; ils ont le crâne aplati et des cornes recourbées et basses ; ce qui fait ressembler leur tête toute noire avec deux grands yeux doux plutôt à celle des moutons de chez nous.

Il sont originaires de Roumanie et constituent un butin de guerre…

Les soldats qui conduisent l’attelage racontent qu’il a été très difficile de capturer ces animaux qui vivaient à l’état sauvage et plus difficile encore de les dresser à traîner des fardeaux.

Ces bêtes habituées à vivre en liberté, on les a terriblement maltraitées jusqu’à ce qu’elles comprennent qu’elles ont perdu la guerre : l’expression vae victis s’applique même à ces animaux… une centaine de ces bêtes se trouveraient en ce moment rien qu’à Breslau.

En plus des coups, eux qui étaient habitués aux grasses pâtures de Roumanie n’ ont pour nourriture que du fourrage de mauvaise qualité et en quantité tout à fait insuffisante.

On les fait travailler sans répit, on leur fait traîner toutes sortes de chariots et à ce régime ils ne font pas long feu.

Il y a quelques jours, donc, un de ces véhicules chargés de sacs entra dans la cour.

Le chargement était si lourd et il y avait tant de sacs empilés que les buffles n’arrivaient pas à franchir le seuil du porche.

Le soldat qui les accompagnait, un type brutal, se mit à les frapper si violemment du manche de son fouet que la gardienne de prison indignée lui demanda s’il n’avait pas pitié des bêtes.

Et nous autres, qui donc a pitié de nous? répondit-il, un sourire mauvais aux lèvres, sur quoi il se remit à taper de plus belle…

Enfin les bêtes donnèrent un coup de collier et réussirent à franchir l’obstacle, mais l’une d’elle saignait… Sonitchka, chez le buffle l’épaisseur du cuir est devenue proverbiale, et pourtant la peau avait éclaté. Pendant qu’on déchargeait la voiture, les bêtes restaient immobiles, totalement épuisées, et l’un des buffles, celui qui saignait, regardait droit devant lui avec, sur son visage sombre et ses yeux noirs et doux, un air d’enfant en pleurs.

C’était exactement l’expression d’un enfant qu’on vient de punir durement et qui ne sait pour quel motif et pourquoi, qui ne sait comment échapper à la souffrance et à cette force brutale…

J’étais devant lui, l’animal me regardait, les larmes coulaient de mes yeux, c’étaient ses larmes.

Il n’est pas possible, devant la douleur d’un frère chéri, d’être secouée de sanglots plus douloureux que je ne l’étais dans mon impuissance devant cette souffrance muette.

Qu’ils étaient loin les pâturages de Roumanie, ces pâturages verts, gras et libres, qu’ils étaient inaccessibles, perdus à jamais.

Comme là-bas tout – le soleil levant, les beaux cris des oiseaux ou l’appel mélodieux des pâtres – comme tout était différent.

Et ici cette ville étrangère, horrible, l’étable étouffante, le foin écoeurant et moisi mélangé de paille pourrie, ces hommes inconnus et terribles et les coups, le sang ruisselant de la plaie ouverte…

Oh mon pauvre buffle, mon pauvre frère bien-aimé, nous sommes là tous deux aussi impuissants, aussi hébétés l’un que l’autre, et notre peine, notre impuissance, notre nostalgie font de nous un seul être.

Pendant ce temps, les prisonniers s’affairaient autour du chariot, déchargeant de lourds ballots et les portant dans le bâtiment.

Quant au soldat, il enfonça les deux mains dans les poches de son pantalon, se mit à arpenter la cour à grandes enjambées, un sourire aux lèvres, en sifflotant une rengaine qui traîne les rues.

Et devant mes yeux je vis passer la guerre dans toute sa splendeur…

Rosa LUXEMBOURG, Écrits de prison