• L’exploitation animale : prévisions d’ici 2026

L’exploitation animale en mars-avril 2012

Voici les chiffres officiels de l’exploitation animale pour la période mars et avril 2012, concernant les principaux animaux dits « de boucherie ». Ce sont des chiffres absolument hallucinants, et pourtant logiques de par la part de la population qui consomme des produits d’origine animale.

Connaître ces chiffres est important, car cela rappelle que la libération animale est une bataille et pas seulement une revendication morale ou une demande pour un monde « plus juste ». L’exploitation animale est un système très élaboré, très sophistiqué.

Voici par exemple les chiffres pour les agneaux qui sont, il faut le rappeler, les bébés moutons (donc d’une brebis et d’un bélier). 400 000 bébés moutons sont assassinés chaque mois…

Quant aux veaux, qui sont également des bébés, plus de 110 000 sont assassinés chaque mois… Le nombre de « bovins » assassiné chaque mois est de plus 400 000…

Le document ci-dessous présente la consommation de « viande » sur six mois, comparant trois années. Si les industriels se plaignent de la baisse de consommation, cette baisse n’est pour autant pas du tout significative, et les chiffres restent énormes.

En ce qui concerne les « porcs », les chiffres sont à proprement parler totalement fous. 2 millions de cochons sont assassinés chaque mois…

Ces chiffres sont parfaitement stables pour les trois dernières années. Il n’y a pas de tendance nouvelle ou d’évolution… Le véganisme sera une révolution ou ne sera pas!

Voici également les chiffres pour le lait. Les chiffres sont en milliers de litres… Ce qui signifie rajouter trois zéro derrière des chiffres déjà énormes… On imagine l’ampleur de la souffrance qu’il y a derrière, et cela rappelle qu’aucun compromis ne peut être passé avec les personnes en restant au végétarisme…

Ces chiffres parlent d’eux-mêmes et montrent l’ampleur de l’exploitation animale. Si on ne prend pas conscience de cela, on ne peut pas comprendre ce qu’est l’exploitation animale!

« Détruit à tir »

Nous avons parlé récemment des « animaux nuisibles » tels qu’ils sont définis par une liste, qui va être assouplie dans la mesure où les préfets auront davantage de marge de manœuvre pour décider de la « destruction. »

Car le mot est « destruction » : nous avions déjà parlé de cet aspect « légal » faisant des animaux des objets. Ainsi, les animaux doivent être « détruits », l’expression étant « détruit à tir. »

Voici, à titre d’illustration, l’arrêté validé le 25 avril 2012, et intitulé « Arrêté du 3 avril 2012 pris pour l’application de l’article R. 427-6 du code de l’environnement et fixant la liste, les périodes et les modalités de destruction des animaux d’espèces susceptibles d’être classées nuisibles par arrêté du préfet » :

« En fonction des particularités locales et après avis de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage, le préfet peut décider du caractère nuisible du lapin de garenne, du pigeon ramier ou du sanglier.

Dans ce cas, il fixe par arrêté annuel les périodes et les modalités de destruction de ces trois espèces. L’arrêté préfectoral délimite également les territoires concernés par leur destruction.

1° Le lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus) peut être détruit à tir entre la date de clôture spécifique de la chasse de cette espèce et le 31 mars au plus tard. Le préfet peut également instaurer une période complémentaire de destruction à tir entre le 15 août et la date d’ouverture générale de la chasse.

Il peut être piégé toute l’année en tout lieu.
Le lapin de garenne peut également être capturé à l’aide de bourses et de furets toute l’année et en tout lieu.
Dans les lieux où il n’est pas classé nuisible, cette capture peut être autorisée exceptionnellement, en tout temps, à titre individuel, par le préfet ;

2° Le pigeon ramier (Columba palumbus) peut être détruit à tir entre la date de clôture spécifique de la chasse de cette espèce et le 31 mars. Le préfet peut prolonger jusqu’au 31 juillet la période de destruction à tir, sur autorisation individuelle et dès lors qu’il n’existe aucune autre solution satisfaisante et que l’un au moins des intérêts mentionnés à l’article R. 427-6 est menacé.

Le tir du pigeon ramier s’effectue à poste fixe matérialisé de main d’homme.
Le tir dans les nids est interdit.
Le piégeage du pigeon ramier est interdit sans préjudice de l’application de l’article L. 427-1 du code de l’environnement ;

3° Le sanglier (Sus scrofa) peut être détruit à tir entre la date de clôture générale de la chasse et le 31 mars.
Le piégeage du sanglier est interdit sans préjudice de l’application de l’article L. 427-1 du code de l’environnement. »

Comme on le voit ici, on est dans une politique d’extermination de masse. Il n’y a pas de réflexion sur l’équilibre de Gaïa, sur la valeur de la vie ; la seule chose prise en compte, c’est l’activité humaine en rapport avec la propriété et sa défense.

Les méthodes sont présentées de manière froide et même cyniques (comme « capturé à l’aide de bourses et de furets toute l’année et en tout lieu »). On est dans une logique glaciale, purement administrative, une véritable gestion « tranquille » de l’extermination.

Et il faut noter l’hypocrite phrase « Le tir dans les nids est interdit. » Car dans la pratique, le tir dans les nids existe. Les barbares qui débarquent avec des fusils pour liquider les « nuisibles » ne s’embarrassent pas de la raison ; ils sont là pour tuer, ils ont pour eux le droit en général et même la reconnaissance pour leurs actions. Ils ne vont pas s’arrêter sur un détail en particulier.

L’expression « détruit à tir » est ainsi particulièrement expressive, et le fait de parler de « destruction » pour des êtres vivants est ô combien parlant !

La licorne, capturée et massacrée

La licorne est une créature légendaire très connue. Il est intéressant de voir que l’humanité a parfois préféré s’intéresser et valoriser des animaux qui n’existaient pas, plutôt que des êtres vivants réels. Il y a de multiples raisons à cela, comme on peut le comprendre quand on voit à quelles périodes historiques cela s’est mis en place.

Car en fait, la licorne n’était pas « valorisée »! Elle était capturée de manière traître au moyen d’une vierge, puis assassinée!

En fait, la fascination pour la licorne commence en effet avec le début des sciences naturelles, en Grèce antique. C’est à ce moment-là que les différents compte-rendus parlent d’une créature avec une seule corne, soit en grec monokeros (μονόκερως), vivant en Inde.

Au 5ème siècle avant JC, le médecin grec Ctésias parle ainsi dans son histoire de l’Inde, où il n’est cependant jamais allé,

« des ânes sauvages de la grandeur des chevaux, et même de plus grands encore. Ils ont le corps blanc, la tête couleur de pourpre, les yeux bleuâtres, une corne au front longue d’une coudée. La partie inférieure de cette corne, en partant du front et en remontant jusqu’à deux palmes, est entièrement blanche ; celle du milieu est noire ; la supérieure est pourpre, d’un beau rouge, et se termine en pointe.

On en fait des vases à boire. Ceux qui s’en servent ne sont sujets ni aux convulsions, ni à l’épilepsie, ni à être empoisonnés, pourvu qu’avant de prendre du poison, ou qu’après en avoir pris, ils boivent dans ces vases de l’eau, du vin, ou d’une autre liqueur quelconque. Les ânes domestiques ou sauvages des autres pays n’ont, de même que tous les solipèdes, ni l’osselet, ni la vésicule du fiel. L’âne d’Inde est le seul qui les ait. Leur osselet est le plus beau que j’aie vu ; il ressemble pour la figure et la grandeur à celui du bœuf. Il est pesant comme du plomb et rouge jusqu’au fond comme du cinabre. Cet animal est très fort et très vite à la course. Le cheval, ni aucun autre animal, ne peut l’atteindre. »

Bien entendu, les années passant, la licorne ne fut pas pour autant vue. Qu’à cela ne tienne, l’explication fut simple : on ne peut pas capturer de licorne !

Au 1er siècle après JC, voici l’explication de Pline l’Ancien dans son « Histoire naturelle » :

« La bête la plus sauvage de l’Inde est le monocéros ; il a le corps du cheval, la tête du cerf, les pieds de l’éléphant, la queue du sanglier ; un mugissement grave, une seule corne noire haute de deux coudées qui se dresse au milieu du front. On dit qu’on ne le prend pas vivant. »

C’est donc le début de la légende de la licorne, qui va prendre un nouvel élan avec la traduction de la Bible chrétienne. En effet, dans ce qui est considéré comme étant l’ancien Testament, il est parlé du « bœuf sauvage », et la traduction grecque faite à Alexandrie a utilisé le mot « monoceros », ce qui a provoqué une vague de référence à la licorne.

Au IIème siècle après JC, on a déjà la licorne dans un bestiaire chrétien appelé le « Physiologos. »

La licorne n’est ici plus grande comme un cheval, mais elle a une dimension magique de type chrétienne, seule une « vierge » pouvant l’approcher. Mais l’esprit est déjà celui du meurtre, puisque la licorne est assassinée !

« Il existe une bête appelée en grec monosceros c’est-à-dire en latin unicornis. Le Physiologue dit que la nature de l’unicorne est la suivante : c’est un animal de petite taille, pareil à un chevreau, qui est vraiment très fougueux et a une corne unique au milieu de la tête. Et absolument aucun chasseur ne peut le prendre, mais on y parvient par le procédé suivant : on conduit une jeune fille vierge à l’endroit où il demeure et on la laisse seule dans la forêt. Aussitôt que l’unicorne voit la jeune fille, il bondit sur le giron de la vierge et l’enlace.

Et c’est ainsi qu’il est attrapé et montré dans le palais du roi. Il en va de même aussi de notre Seigneur Jésus Christ, unicorne spirituel, qui, en descendant dans le ventre de la Vierge, prit chair en elle, fut pris par les Juifs et condamné à mourir sur la croix. À ce sujet David dit : Et il est aimé comme le fils des unicornes [Ps. 28, 6] ; et à nouveau dans un autre psaume, il dit de lui-même : ‘Et ma corne sera relevée comme celle de l’unicorne.’ [Ps. 91.11] »

C’est très étrange que cette licorne assassinée. Le Moyen-Âge chrétien a bien mis en avant la licorne, mais donc pas du tout finalement comme un animal « merveilleux », et en fait comme une sorte de quasi monstre magique.

On est ici dans le même créneau que les meurtres de rhinocéros pour leurs cornes !

Et ce n’est donc qu’avec le romantisme au 19ème siècle que la licorne a acquis une image vraiment positive, la licorne ayant évidemment aujourd’hui une très bonne image.

Mais dans l’histoire, la licorne est symboliquement capturée par traîtrise au moyen d’une « vierge », puis elle est tuée…

Hitler n’a jamais été végétarien

L’affirmation comme quoi Hitler aurait été végétarien revient parfois dans les discussions que l’on peut avoir au sujet de la libération animale. Elle est un argument très « utile » pour ceux qui rejettent celle-ci.

Nous avions déjà publié un petit texte expliquant la non-véracité de cette affirmation; voici l’analyse de Charles Patterson, dans Eternel Treblinka. A titre indicatif, rappelons notre article sur l’ISK, une organisation allemande de résistance à l’éthique très proche du vegan straight edge.

Hitler n’a jamais été végétarien

Comme beaucoup de ses frères humains, Adolf Hitler utilisait des noms d’animaux pour avilir les autres. Il traitait souvent ses adversaires de « gorets[1] » et de « sales chiens[2] ».

Les bolcheviks étaient des « animaux et les Russes, ce « peuple bestial une famille lapin » slave, que Staline avait transformée en Etat totalitaire[3] . Après la conquête de la Russie, Hitler voulut que « la centaine de millions de Slaves ridicules » vive « dans des porcheries[4] ». Il traitait les diplomates britanniques de « vers de terre[5] », et quant au peuple d’Amérique « mi-judaïsé, mi-négrifié », il avait « le cerveau d’une poule[6] ».

Hitler n’avait que mépris pour son propre peuple, auquel il faisait référence en disant « le grand troupeau stupide de notre peuple moutonnier[7] », et tandis que les défaites s’accumulaient à la fin de la guerre, il rejetait sur eux la faute de n’avoir pas été à la hauteur du défi. Hitler traitait ses propres soeurs de « petites dindes[8] ».

Quelles qu’aient pu être les déficiences dont souffrait le Volk germanique, Hitler considérait pourtant que la race aryenne-nordique était infiniment supérieure à la mer de sous-hommes qui l’entourait, « ces monstruosités, entre homme et singe[9] », comme il le dit clairement dans un discours à Munich en 1927 :

Nous avons devant nous la race aryenne, qui est manifestement porteuse de toute culture, la véritable représentante de toute l’humanité. Notre science industrielle est sans exception le travail des Nordiques. Tous les grands compositeurs, de Beethoven à Richard Wagner, sont aryens. L’homme doit tout ce qui a quelque importance au principe de lutte et à une race qui a porté en elle le succès. Retirez les Allemands nordiques et il ne reste rien que la danse des singes [10] .

Hitler aimait les chiens, en particulier les bergers allemands (il considérait que les boxers étaient « dégénérés[11] »), qu’il aimait contrôler et dominer. Au front, pendant la Première Guerre mondiale, il s’était lié à un terrier blanc, Fuchsl, qui avait traversé les lignes ennemies. Plus tard, quand son unité avança et qu’on ne retrouva pas Fuchsl, Hitler en fut bouleversé. «Je l’aimais tant, se souvint-il. Lui seul m’obéissait. » Hitler tenait souvent un fouet et l’utilisait parfois pour frapper son chien, à la manière cruelle dont son père frappait son propre chien[12] . Au quartier général du Führer pendant la Seconde Guerre mondiale, le berger allemand de Hitler, Blondi, lui offrit ce qu’il connut de plus proche de l’amitié[13] . « Mais avec ses chiens, comme avec tout être avec qui il entrait en contact, écrit Jan Kershaw, toute relation était fondée sur la subordination au maître qu’il était[14]. »

Si Hitler consommait des produits animaux comme le fromage, le beurre et le lait, il tentait d’éviter la viande pour calmer son « estomac nerveux ». Il souffrait d’indigestions et de douleurs épisodiques depuis l’adolescence[15] , ainsi que de flatulences et d’une sudation incontrôlable[16] .

La première preuve de ses tentatives pour soigner ses problèmes d’estomac en veillant à son régime figure dans une lettre écrite en 1911, quand il vivait à Vienne : « Je suis heureux de pouvoir vous informer que je me sens déjà beaucoup mieux […]. Ce n’était rien qu’un petit dérangement de l’estomac, et je tente de me soigner par un régime de fruits et de légumes[17] . » Il découvrit que lorsqu’il réduisait sa consommation de viande, il ne transpirait pas autant et qu’il y avait moins de taches sur ses sous-vêtements. Hitler fut aussi bientôt convaincu que manger des légumes améliorait l’odeur de ses flatulences, un problème qui l’ennuyait terriblement et lui causait bien de l’embarras[18] . Il avait très peur du cancer, qui avait tué sa mère, et croyait que la consommation de viande et la pollution causaient le cancer[19].

Néanmoins, jamais Hitler ne renonça complètement à ses plats préférés de viande, surtout pas aux saucisses bavaroises, aux boulettes de foie et au gibier farci[20] . La cuisinière Dione Lucas, qui travaillait comme chef dans un hôtel de Hambourg avant la guerre, se souvient qu’on l’appelait souvent pour qu’elle prépare le plat préféré de Hitler. « Je ne veux pas vous gâcher l’appétit pour les pigeonneaux farcis, écrivit-elle dans son livre de cuisine, mais cela vous intéressera peut-être de savoir que c’était un grand favori de M. Hitler, qui dînait souvent à l’hôtel. Mais n’en tenons pas rigueur à cette belle recette[21] ! » Un de ses biographes prétend que Hitler, en matière de viande, s’en tenait presque uniquement aux saucisses[22].

Quelles qu’aient été ses préférences culinaires, Hitler montra peu de sympathie pour la cause végétarienne en Allemagne. Quand il arriva au pouvoir, en 1933, il interdit les sociétés végétariennes, arrêta leurs chefs et fit fermer la rédaction du principal magazine végétarien publié à Francfort. Les persécutions nazies contraignirent même les végétariens allemands, petite minorité dans une nation de carnivores, soit à fuir le pays, soit à se cacher.

Pacifiste et végétarien allemand, Edgar Kupfer-Koberwitz s’enfuit à Paris, puis en Italie, où la Gestapo l’arrêta et l’envoya au camp de concentration de Dachau (voir ch. VIII). Pendant la guerre, l’Allemagne nazie interdit toutes les organisations végétariennes dans les territoires occupés, alors même qu’elles auraient aidé à soulager la pénurie de nourriture en temps de guerre[23].

Selon l’historien Robert Payne, le mythe qui veut que Hitler ait été strictement végétarien fut principalement l’oeuvre du ministre de la Propagande de l’Allemagne nazie, Joseph Goebbels :

L’ascétisme de Hitler joua un rôle important dans l’image qu’il projetait sur l’Allemagne. Selon une légende à laquelle beaucoup croyaient, il ne fumait ni ne buvait, il ne mangeait pas non plus de viande et n’avait aucune liaison. La première affirmation seule était vraie. Il buvait de la bière et souvent du vin coupé d’eau, il aimait tout particulièrement les saucisses bavaroises et il avait une maîtresse, Eva Braun, qui vivait avec lui discrètement au Berghof – entre autres aventures discrètes avec des femmes. Son ascétisme était une fiction inventée par Goebbels pour faire croire au don total de sa personne, au contrôle qu’il exerçait sur lui, à la distance qui le séparait des autres hommes. En faisant publiquement étalage de son ascétisme, il pouvait prétendre être tout dévoué au service de son peuple [24] .

En fait, Hitler était « remarquablement complaisant envers lui-même et n’avait pas le moindre instinct ascétique », écrit Payne[25] . Son cuisinier, un homme incroyablement gros appelé Willi Kannenberg, confectionnait des repas délicieux et jouait les fous du roi. « Si Hitler n’avait pas de goût pour la viande, sauf sous forme de saucisses, s’il ne mangeait jamais de poisson, il adorait le caviar[26] . C’était un connaisseur en bonbons, fruits confits et gâteaux à la crème, qu’il consommait en quantités impressionnantes. Il buvait du thé et du café qu’il noyait de crème et de sucre. Aucun dictateur n’a autant aimé les sucreries[27]. »

Quant à la compassion et la douceur (gentleness), c’étaient des anathèmes pour Hitler, qui considérait que la force prime sur le droit et que les puissants méritent d’hériter de la terre[28] . Il n’avait que mépris pour la philosophie végétarienne non violente et se moquait de Gandhi[29] . Intimement convaincu que la nature était gouvernée par la loi de la jungle[30] , il voulait que les jeunes Allemands soient brutaux, autoritaires, sans peur et cruels (« La jeunesse qui va grandir dans ma forteresse effraiera le monde »). Ils ne devaient être ni faibles ni gentils. « La lumière de la merveilleuse bête de proie libre doit à nouveau éclairer leurs yeux. Je veux que ma jeunesse soit forte et belle[31] . » Hitler a un jour résumé sa vision du monde en une courte phrase : « Qui ne possède pas la force perd le droit de vivre[32]. »

La prétendue affection de Hitler et d’autres grosses huiles nazies pour les animaux, en particulier leurs chiens[33] , a été replacée dans sa bonne perspective par Max Horkheimer et Theodor Adorno. Pour certaines personnalités autoritaires, écrivent-ils, « l’amour des animaux » fait partie de la manière dont ils intimident les autres. Quand les magnats de l’industrie et les dirigeants fascistes veulent un animal de compagnie, leur choix se porte sur des animaux intimidants comme les dogues allemands et les bébés lions, qui doivent ajouter à leur puissance par la terreur qu’ils inspirent. « Le colosse fasciste meurtrier se dresse de manière si aveugle devant la nature qu’il ne considère les animaux que comme un moyen d’humilier les hommes. L’intérêt passionné des fascistes pour les animaux, la nature et les enfants s’enracine dans le besoin de persécuter. » En présence du pouvoir, aucune créature n’est un être de plein droit. « Une créature n’est qu’un matériau pour assouvir les buts sanglants du maître[34]. »

[1] Quand les détails du complot de 1944 furent connus, Hitler dit : « Maintenant, je tiens enfin les porcs qui sabotent mon travail depuis des années. » Ian Kershaw, Hitler, 1936-1945 Nemesis, New-York, Norton, 2000, p. 658 ; voir aussi p. 192

[2] Fritz Redlich, Hitler, Diagnosis of a Destructive Prophet, New York, Oxford University Press, 1999, p. 149.

[3] Ian Kershaw, Hitler, 1936-1945 Nemesis, op. cit., p. 429, 452, 388.

[4] Robert G. L. Waite, The Psychopathic God Adolf Hitler, New York, Basic Books, 1977, p. 90.

[5] Fritz Redlich, Hitler, Diagnosis of a Destructive Prophet, op. cit. , p. 166.

[6] Robert G. L. Waite, The Psychopathic God Adolf Hitler, op. cit., p. 469.

[7] Ibid., p. 86

[8] Fritz Redlich, Hitler, Diagnosis of a Destructive Prophet, op. cit., p. 8.

[9] Ibid., p. 134. Hitler insistait sur le fait que seules les personnes douées de talents devraient être instruites, convaincu que c’était « une lubie criminelle de continuer à former des singes mal nés jusqu’à ce qu’on croie avoir fait d’eux des avocats ». Ibid., p. 142, 375.

[10] Institut für Zeitgeschichte (dir.), Hitler, Reden, Schriften, Anordnungen, Februar 1921 bis Januar 1933. Livre II, 1, Juli 1926 – juli 1927, Munich, Londres, K. G. Saur, 1992, p. 229. Ici, Hitler se faisait l’écho des opinions de son idole, Richard Wagner, qui a écrit que les « races inférieures » peuvent retracer leurs origines « depuis les singes », alors que les aryens retracent les leurs « depuis les dieux ». Boria Sax, Animals in the Third Reich, Pets, Scapegoats, and the Holocaust, New York, Continuum, 2000, p. 54.

[11] Fritz Redlich, Hitler, Diagnosis of a Destructive Prophet, op. cit. , p. 565.

[12] Robert G. L. Waite, The Psychopathic God Adolf Hitler, op. cit., p. 155. En 1926, Hitler frappa son chien férocement en présence de Mimi Reiter, seize ans, qui avait attiré son attention et qu’il voulait apparemment impressionner. « Il fouetta son chien comme un fou [Irrsinniger] de sa cravache en le tenant par sa laisse courte. Il s’excita à l’extrême […]. Je n’aurais jamais cru que cet homme pouvait frapper un animal avec tant de cruauté – un animal dont il avait dit un instant auparavant qu’il ne pourrait vivre sans lui. Et voilà qu’il fouettait son compagnon le plus fidèle ! » Ibid., p. 192. Devant une autre jeune fille, à une autre occasion, quand son chien ne lui obéit pas, « il fit une démonstration de son idée de la virilité, de la maîtrise et du pouvoir en fouettant brutalement l’animal ». Ibid., p. 259.

[13] Louis P. Lochner (dir.), Goebbels’  Tagebücher. Aus den Jahren 1942-1943, op. cit., p. 154, 404 ; Albert Speer, Erinnerungen , Berlin , Propyläen, 1969, p. 314 ; Ian Kershaw, Hitler, 1936-1945 Nemesis, op. cit., p. 1174. Le 29 avril 1945, la veille du jour où il se suicida, Hitler empoisonna Blondi pour s’assurer que les capsules de cyanure que Himmler lui avait données étaient efficaces. Ian Kershaw, Hitler, 1936-1945 Nemesis, op. cit., p. 1175 ; Robert G. L. Waite, The Psychopathic God Adolf Hitler, op. cit., p. 489 ; Fritz Redlich, Hitler : Diagnosis of a Destructive Prophet, op. cit., p. 254.

[14] Ian Kershaw, Hitler, 1889-1936 Hubris, New-York, Norton, 1998, p. 91.

[15] Fritz Redlich, Hitler, Diagnosis of a Destructive Prophet, op. cit., p. 79, 92.

[16] Neil Kressel, Mass Hate : The Global Rise of Genocide and Terror, New York, Perseus Book, 1996, p. 133. Pour l’analyse de Kressel sur la santé mentale de Hitler, voir p. 132 à 134. Un jour, selon un intime, pendant la campagne électorale de 1932, Hitler, désolé de ne manger qu’une soupe de légumes, « demanda d’un air plaintif si on pouvait l’assurer que ce régime végétarien pourrait guérir ses crampes d’estomac, sa sudation excessive et sa mélancolie ». Robert G. L. Waite, The Psychopathic God Adolf Hitler, op. cit., p. 47.

[17] Colin Spencer, The Heretic’s Feast, A History of Vegetarianism, Londres, Fourth Estate, 1990, p. 306.

[18] Robert G. L. Waite, The Psychopathic God Adolf Hitler, op. cit., p. 27.

[19] Kapleau, To Cherish All Life : A Buddhist Case for Becoming Vegetarian, second edition, Rochester, NY, The Zen Center, 1986, p. 103, n° 71. Selon Otto Wagener, Hitler devint strictement végétarien après avoir assisté à l’autopsie de sa jeune nièce Angela (Geli) Raubal, en 1931, mais Wagener ne constitue pas une source fiable, puisqu’il n’y a pas eu d’autopsie. Fritz Redlich, Hitler: Diagnosis of a Destructive Prophet, op. cit., p. 92, 545.

[20] Redlich écrit que Hitler adorait manger le plat de viande autrichien appelé Leberknodl (boulettes de foie). Fritz Redlich, Hitler : Diagnosis of a Destructive Prophet, op. cit., p. 92.

[21] Dione Lucas, The Gourmet Cooking School Cookbook, Classic Recipes, Menus, and Methods as Taught in the Classes of the Gourmet Cooking School, New York, Bernard Geis Associates, 1964, p. 89. Cité in Rynn Berry, « Humankind’s True Moral Test », dans Satya, juin 1994, p. 3.

[22] Robert Payne, The Life and Death of Adolf, New York, Praeger, 1973, p. 346. Vers la fin de la guerre, le médecin personnel de Hitler, le docteur Theodor Morell, le mit à un régime strict, qui comportait une petite quantité de lard et de beurre, du blanc d’oeuf, du babeurre et de la crème. Fritz Redlich, Hitler: Diagnosis of a Destructive Prophet, op. cit., p. 296.

[23] Colin Spencer, The Heretic’s Feast, A History of Vegetarianism, op. cit., p. 308-309.

[24] Robert Payne, The Life and Death of Adolf Hitler, op. cit., p. 346. Ralph Meyer écrit que ce portait de Hitler en paisible végétarien brossé par Goebbels trompa même les hommes d’État et les biographes. « Ce canular est répété ad nauseam aux végétariens et aux avocats des droits des animaux. Combien de gens ont été découragés avant même d’envisager le problème tant ils abhorrent tout ce qui peut être associé à Hitler ? » Ralph Meyer, « The « Hitler Diet » for Disease and War ». Ralph Meyer, végétarien depuis l’âge de neuf ans, a quitté l’Allemagne nazie en 1935. « Est-il possible, demande-t-il, que si, peut-être, les humains avaient une inhibition à l’idée de maltraiter les animaux, ils puissent aussi avoir une inhibition à l’idée de se maltraiter les uns les autres ? » Conversation personnelle avec l’auteur.

[25] Hitler « collectionnait les peintures et les gravures rares, offrait des cadeaux onéreux à sa maîtresse et s’entourait de serviteurs, dont la fiabilité était assurée grâce à la surveillance des SS. Il avait toute une flotte d’automobiles et d’avions toujours à sa disposition. Presque chaque soir, il se faisait projeter des films en privé. Le service de table était dans la plus belle porcelaine de Meissen, chaque assiette, soucoupe et tasse gravée d’un A. H. doré et d’un swastika ». Robert Payne, The Life and Death of Adolf Hitler, op. cit., p. 346-347.

[26] Dans ses Mémoires, Albert Speer écrivit que, dès que Hitler découvrit le goût du caviar, il en mangea « d’un bel appétit […] à pleines cuillères », jusqu’à ce qu’il apprenne par Kannenberg combien c’était cher. Bien que la dépense ait été insignifiante comparée au train de vie de la chancellerie, Hitler rejeta le caviar, une extravagance car « l’idée d’un Führer mangeant du caviar lui était insupportable ». Albert Speer, Au coeur du Troisième Reich, Paris, Fayard, 1971, p. 184.

[27] Robert Payne, The Life and Death of Adolf Hitler, op. cit., p. 346. Dans les derniers jours de la guerre, Hitler vivait pour son repas favori du jour : chocolat et gâteaux. Robert Waite écrit : « Si dans les premiers temps il mangeait au plus trois parts, il faisait maintenant remplir son assiette trois fois. Il disait qu’il ne mangeait pas grand-chose au dîner, qu’il pouvait donc manger plus de gâteaux. » Robert G. L. Waite, The Psychopathic God Adolf Hitler, op. cit., p. 479.

[28] Ian Kershaw, Hitler, 1936-1945 Nemesis, op. cit., p. 397, 399.

[29] Ralph Meyer, « The « Hitler Diet » for Disease and War », p. 1.

[30] Ian Kershaw, Hitler, 1936-1945 Nemesis, op. cit., p. 571. « Les plus forts imposent leur volonté, déclara Hitler, c’est la loi de la nature. » Hugh Gregory Gallagher, By Trust Betrayed, Patients, Physicians, and the License to Kill in the Third Reich, op. cit., p. 53.

[31] Peter Sichrovsky, Born Guilty, Children of Nazi Families, New York , Basic Books, 1988, p. 169. Pour éliminer tout ce qui pouvait en eux être faible ou gentil (gentle), certains membres des SS devaient élever un berger allemand pendant douze semaines, puis étrangler le chiot devant un officier. Boria SAX, Animals in the Third Reich, Pets, Scapegoats, and the Holocaust, op. cit., p. 169.

[32] Ian Kershaw, Hitler, 1936-1945 Nemesis, op. cit., p. 285.

[33] Selon James Serpell, parmi les nazis amoureux des chiens, il y avait Göring, Goebbels, Hess et l’amiral Dönitz. James Serpell, In the Company of Animals, A Study of Human-Animal Relationships, Londres, Basil Blackwell, 1986, p. 33.

[34] Max HORKHEIMER et Theodor W. ADORNO, Dialectik der Aufklärung. Philosophische Fragmente, Francfort-sur-le-Main, Fischer, 1969, p. 270. Je suis reconnaissant au docteur Roberta Kalechofsky, de Jews for Animal Rights (JAR), d’avoir attiré mon attention sur cette référence.

Gaïa triomphe des OGM

Les inventeurs des OGM s’imaginaient que Dame Nature était statique et mécanique, et que donc il suffisait de développer des plantes génétiquement modifiées pour pouvoir utiliser massivement un herbicide spécial et se débarrasser ainsi des « mauvaises herbes ».

L’herbicide spécial était le Round Up avec du glyphosate, fabriqué par Monsanto ; théoriquement, une seule pulvérisation massive suffisait.

Voici une explication sur ce Round Up, tiré d’un site d’information et de lutte contre Monsanto :

« Le Roundup est un herbicide total et non sélectif produit par la compagnie Monsanto et dont la substance active principale est le glyphosate. Ce dernier est un herbicide dérivé d’un acide aminé (la glycine) découvert et breveté par les chimistes de Monsanto en 1969.
Le Roundup, commercialisé à partir de 1975, a un principe actif qui permet l’extermination totale de toutes les plantes aspergées. En cas d’épandage de Roundup sur une plante, celle-ci va absorber le produit chimique au niveau des feuilles qui va ensuite passer dans la sève de la plante et entraîner une contamination générale de l’organisme.

Le glyphosate va ensuite se concentrer au niveau des racines et perturber la production de chlorophylle et d’hormones de croissance de la plante, entraînant une nécrose des tissus végétaux conduisant à la mort de la plante. »

Mais Mère Nature est plus forte que les vaines tentatives humaines pour se passer d’elle. Au départ, Monsanto semblait gagner, et les ventes de Round Up sont passées de 1,8 million de tonnes en 2000 à 30 millions de tonnes en 2011.

La seconde manche revient pourtant à la planète : 8 millions d’hectares traités au Round Up, des champs de maïs, de coton, de colza, de soja, voient les « mauvaises herbes » les envahir.

Selon l’agence internationale International Survey of Herbicide Resistant Weeds, il existe 380 biotypes résistants, et 23 espèces sauvages supportent quatre fois la dose appliquée de Round Up.

Les médias donnent l’exemple de l’Alabama, ; où une grande plante buissonnante, l’amarante de Palmer, est présente dans 80 % des champs de coton OGM et 61 % des champs de soja OGM !

La solution trouvée par Monsanto & Co est évidemment une fuite en avant : Monsanto propose un second herbicide gratuitement, alors que les industriels veulent de nouveaux OGM plus résistants !

Ce qui montre bien l’absurdité de l’humanité dénaturée. Car il n’existe pas de « mauvaise herbe », rien que le nom témoigne de l’incompréhension totale de ce qu’est la Nature : la vie en mouvement, en échange.

La conception d’une Gaïa statique qu’il suffirait d’utiliser mécaniquement est absurde, et les catastrophes sanitaires des élevages industriels tout comme les mauvaises herbes sont un rappel à l’ordre pour les « apprentis sorciers » humains qui courent chaque jour plus à la catastrophe.

Il n’est tout simplement pas possible pour l’humanité de « vaincre » Gaïa, dont les humains ne sont d’ailleurs qu’une petite partie. Pourquoi d’ailleurs ne pas l’accepter, tout simplement, et vivre naturellement, en profitant du bonheur de vivre ?

En ce qui concerne le Round Up, voici ce que constate un article du Monde, traitant des multiples scandales provoqués Monsanto, dont le terrible Agent Orange utilisé au Vietnam.

Voici ce que dit l’article, en justifiant d’ailleurs de manière discrète mais claire la vivisection, comme si celle-ci était nécessaire pour comprendre de quoi il en retourne avec une multinationale :

Souvenez-vous de cette publicité et de ce bon chien Rex : « Roundup ne pollue ni la terre ni l’os de Rex ». Elle a valu à Monsanto d’être condamnée deux fois, aux Etats-Unis et en France, pour des mentions mensongères placées sur l’emballage de cet herbicide total (qui élimine toutes les plantes).

En 1975, l’entreprise lance sur le marché Roundup, un herbicide très puissant présenté comme « biodégradable » et « bon pour l’environnement ». En 1996, le procureur de New York condamne Monsanto à une amende de 50 000 dollars et au retrait des mentions jugées mensongères.

En janvier 2007, la firme est condamnée en France (extrait du jugement) pour les même motifs à… 15 000 euros d’amendes.

Roundup est aujourd’hui l’herbicide le plus vendu au monde.

Plusieurs études concordantes affirment pourtant que le pesticide phare de Monsanto – et son principe actif, le glyphosate – est potentiellement tératogène, c’est-à-dire responsable de malformations fœtales.

L’une d’entre elles, publiée fin 2010 dans Chemical Research in Toxicology, montre que l’exposition directe d’embryons de batraciens à de très faibles doses d’herbicide à base de glyphosate entraîne des malformations.

Monsanto réfute ces conclusions : « Le glyphosate n’a pas d’effets nocifs sur la reproduction des animaux adultes et ne cause pas de malformations chez la descendance des animaux exposés au glyphosate, même à très fortes doses », affirme la firme sur son site.

Lundi 13 février, le rapporteur du Conseil d’Etat a asséné un nouveau coup dur au produit phare de Monsanto : il enjoint au ministère de l’agriculture d’en analyser la toxicité dans un délai de six mois et de statuer à nouveau sur l’autorisation de mise sur le marché du pesticide.

Les multinationales et leurs produits, la vivisection, les Etats qui font semblant de s’opposer aux industriels alors qu’ils sont en fait à leur service… Voilà ce qui est intolérable, tant pour nous que pour Gaïa !

Quelques députés radioactifs

Les élections ne présentent pas vraiment un intérêt, et même pratiquement aucun, parce qu’elles permettent seulement d’encadrer la société et de gérer des rapports de force au plus haut niveau. C’est flagrant sur le plan du nucléaire, où aucun parti gouvernemental ne se prononce contre le nucléaire (ni évidemment le Front National, ni finalement EELV qui tolère totalement une capitulation sur cette question).

Voici quatre intéressantes petites biographies concernant le nucléaire de 4 personnes candidates, 2 de l’UMP, 2 du PS. Elles sont tirées d’une série de 12 biographies des « députés les plus radioactifs » fournies par le réseau Sortir du Nucléaire.

C’est vraiment intéressant, car cela montre l’enchevêtrement entre l’industrie et l’Etat, le tout avec un lobbying intense et une propagande ininterrompue en faveur du nucléaire.

Geneviève Fioraso

PS – Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, candidate PS sur la 1ère circonscription de l’Isère

Signe distinctif : Représentante du CEA

Membre de l’Office Parlementaire des Choix Scientifiques et Techniques, Geneviève Fioraso semble éprouver une grande fascination pour les technologies de toutes sortes : biotechnologies, nanotechnologies (elle est présidente de la SEM Minatec entreprises), et bien sûr le nucléaire, qu’elle considère comme une technologie « vertueuse ». Geneviève Fioraso est proche des milieux du nucléaire.

En 1988, elle participe avec Michel Destot à la création de Corys, une start-up spécialisée dans la réalisation de simulateurs industriels, notamment pour les centrales nucléaires, et résultant de la privatisation d’une activité développée au sein du Commissariat à l’Énergie Atomique autour du réacteur Siloette [1]. Avec son compagnon Stéphane Siebert (actuellement directeur délégué de la recherche technologique au CEA), elle codirigera Corys jusqu’au dépôt de bilan de la société en 1995.

Nommée directrice de cabinet de Michel Destot, elle restera très proche du CEA [2]. Ses rapports parlementaires [3] témoignent d’une confiance démesurée dans la technologie nucléaire. Dans son dernier rapport pour avis sur le budget 2012 de l’industrie et de l’énergie, elle affirme notamment que le réacteur EPR « peut supporter la fusion de son coeur sans danger pour quiconque » [4] et que « la durée de vie d’une centrale correctement entretenue est aujourd’hui de 50, voire 60 ans », alors qu’aucun réacteur dans le monde n’a encore atteint cet âge.

Elle déclare également que le nucléaire est une énergie « nationale » [5], oubliant un peu légèrement que tout « notre » uranium est désormais importé… Depuis mars 2010, elle remplace Christian Bataille comme représentante des parlementaires au Conseil d’Administration de l’Agence Nationale pour la Gestion des Déchets Radioactifs [6]

[1] http://www.corys.fr

[2] http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=373

[3] http://www.genevieve-fioraso.com/documents/

[4] pourtant, dès 2003, une association allemande mettait en garde contre les risques d’explosion d’hydrogène en cas de fusion du coeur de l’EPR : www.atomenergie-und-sicherheit.de/epr_sicherheit_1.pdf

[5] http://www.assemblee-nationale.fr/13/budget/plf2012/a3807-tii.asp#P911_92457

[6] http://www.andra.fr/pages/fr/menu1/l-andra/qui-sommes-nous-r/membres-du-conseil-d-administration-6638.html

François-Michel Gonnot

Candidat UMP dans la 6ème circonscription de l’Oise

Signe distinctif : Préfère l’intérêt de l’industrie nucléaire à l’intérêt général.

Depuis 2005, François-Michel Gonnot est président de l’Agence Nationale de la Gestion des Déchets Radioactifs (ANDRA). Depuis une loi de décembre 1991, l’ANDRA est séparée du CEA, et censée être indépendante vis-à-vis des producteurs de déchets, et donc neutre vis-à-vis de la politique énergétique du pays.

Or, François-Michel Gonnot est tout sauf neutre : vice-président du groupe d’étude sur les énergies à l’Assemblée Nationale, il affirme clairement ses convictions en faveur du nucléaire. De plus, il a créé et préside le Club Énergie et Développement [1], qui a pour vocation de favoriser les synergies entre les pouvoirs publics, les parlementaires et les grands industriels de l’énergie (EDF, Areva, GDF, Total…) Tous les ans, ce club organise un grand colloque sponsorisé par les industriels.

Tenter de démontrer la faisabilité de la gestion des déchets pour faciliter la poursuite dans le nucléaire, telle semble être la mission de François-Marie Gonnot [2]. « Il y a partout [en Europe] une volonté d’ouvrir une structure industrielle de stockage des déchets de façon à prouver qu’il y a une solution et qu’elle peut être mise en oeuvre sans que cela menace l’environnement ni la santé publique », déclare-t-il.  [3]

Enfin, le sort des Français confronté à la hausse des prix de l’énergie ne semble pas sa priorité, comme le montre sa déclaration lors de la libéralisation du marché de l’électricité : « Les ménages, très attachés à la notion de service public, devront de plus en plus apprendre à maîtriser leur consommation d’énergie et accepter une hausse très sensible de leurs factures » [4]

[1] http://clubendev.org/Club_EnDev/Edito_du_President.html

[2] http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=sinformer&sousmenu=revue&page=article&id=523&num=41

[3] Propos rapportés lors d’un petit-déjeuner organisé par le « Club Lamennais » le 23 mai 2006 – http://www.cnisf.org/flash/flash0613.html

[4] Présentation du colloque « Les états généraux de l’ouverture des marchés de l’énergie » (2005)

Christian Bataille

Candidat PS sur la 22e circonscription du Nord

Signes distinctifs : éboueur de l’industrie nucléaire, homme à tout faire de l’ANDRA

Membre actif de l’Office Parlementaire pour l’Évaluation des Choix Scientifiques et Techniques (OPECST), Christian Bataille est, depuis des décennies, l’auteur de nombreux rapports de promotion du nucléaire, souvent en tandem avec le sénateur Claude Birraux (UMP) ainsi que l’organisateur de colloques souvent sponsorisés par EDF et Areva [1] .

Bataille et Birraux sont notamment les auteurs du dernier rapport de l’OPECST, qui préconise l’extension de la durée de fonctionnement des centrales jusqu’à 50 ans [2], alors même que des risques de rupture de cuves des réacteurs après une trentaine d’années sont connus…

On lui doit également [un rapport parlementaire sur les « incidences » environnementales et sanitaires des essais nucléaires français [3], dans lequel il qualifie d’ »hypothétiques » leurs effets sur la santé des personnels civils et militaires qui y ont participé.

Christian Bataille s’est particulièrement investi en faveur de l’enfouissement des déchets nucléaires.

Au tout début des années 1990, l’Agence Nationale pour la Gestion des Déchets Radiactifs (ANDRA), à la recherche d’un site de stockage de déchets radioactifs, se heurte à de fortes résistances locales. Il vole à son secours et commence à prospecter à la recherche d’une collectivité volontaire pour accueillir les déchets, puis publie un rapport.

Il en découle une loi portant son nom, votée le 30 décembre 1991. [4] Celle-ci a pour vocation d’organiser les recherches sur la gestion des déchets radioactifs, et notamment la réalisation de laboratoires souterrains en vue d’étudier le stockage en profondeur. Christian Bataille y introduit notamment le concept trompeur « stockage réversible », laissant croire qu’il sera possible à tout moment de revenir en arrière dans le processus et de récupérer les déchets.

En vertu de cette loi, Christian Bataille est nommé « médiateur », avec pour mission de faire le tour des sites pressentis pour leur vendre le projet de laboratoire souterrain. La loi prévoit aussi la constitution d’un Groupement d’Intérêt Public destiné à « accompagner financièrement » les territoires accueillant un site de déchets.

En 1998, la commune de Bure est choisie pour accueillir le « laboratoire de recherche sur l’enfouissement ». Par la suite, en dépit de l’opposition de plus de 45 000 Meusiens et Haut-Marnais, Bure se transformera en véritable projet de site d’enfouissement de déchets radioactifs. Un débat aura été organisé en 2005, qui n’aura pas permis de remettre en question le projet.

En 2008, il devient président du Comité Local d’Information et de Suivi de Bure ; pourtant, il n’est pas élu local et sa partialité est connue de tous. [5]

[1] Cf l’ouvrage d’Hélène Constanty, Députés sous influence, paru en 2006 chez Fayard

[2] http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-off/i4097-tI.asp

[3] http://www.assemblee-nationale.fr/rap-oecst/essais_nucleaires/i3571.asp

[4] http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000356548&dateTexte=&categorieLien=id

[5] http://www.sortirdunucleaire.org/actualites/presse/affiche.php?aff=6021

Patrick Balkany

Candidat UMP dans la 5ème circonscription des Hauts-de-Seine

Signe distinctif : agent d’Areva en Afrique

Pendant le quinquennat de Sarkozy, Patrick Balkany accompagne le président lors de quasiment tous ses voyages en Afrique sans occuper une fonction officielle claire. « Il m’arrive de me déplacer en Afrique, mais ce sont des visites de courtoisie, pas de la diplomatie parallèle », se justifie-t-il [1]. Le député des Hauts-de-Seine, formé par Charles Pasqua, a en fait développé ses propres réseaux françafricains. À plusieurs reprises, il est chargé de missions particulières dans des pays fort peu démocratiques.

Il est ainsi envoyé en émissaire officieux à Bangui en 2008, avec la mission de renégocier des contrats entre Areva et la République Centrafricaine autour de Bakouma, un gisement d’uranium découvert par la Cogema en 1959. L’autorisation d’exploitation étant contestée par le gouvernement centrafricain, la France compte sur Balkany et ses relations d’amitié avec les autorités locales et les milieux miniers.

Aidé par l’homme d’affaire belge Georges Forrest, chef du « clan des Katangais » (ces personnalités investies dans les dossiers miniers), le député parviendra en effet à renégocier le contrat, lors de discussions conduites par le ministre des mines et le conseiller du président, un ancien leader du parti extrémiste hutu réfugié en Françafrique.

Balkany sera fait commandant de l’ordre du mérite par François Bozizé, le président centrafricain, qui le présente comme un « grand ami du pays ». [2]. En mai 2009, Balkany et Forrest s’associent pour acquérir sept concessions minières toutes proches de celle d’Areva… et omettent de payer à l’État centrafricain le bonus de signature, qui s’élève à 20 millions de dollars américains [3]

Il prépare également le terrain pour Areva au Congo-Kinshasa, permettant en 2009 d’obtenir un permis de recherche de gisements d’uranium sur tout le territoire. George Forrest le décrit ainsi comme « un homme dynamique qui pousse les entreprises françaises à s’installer en [République Démocratique du] Congo » [4]

[1] http://www.afrik.com/breve38976.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+afrikfr+%28Afrik+VF%29

[2] http://www.mediapart.fr/journal/economie/200112/areva-dans-le-scandale-duramin-balkany-et-le-retour-des-katangais

[3] http://www.laffacturage.com/affacturage/actualite_affacturage_finance/mauvais-temps-pour-georges-forrest-et-son-associ-patrick-balkany.html

[4] http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2517p057-060.xml0/

Deux ans après le Deep Water Horizon: les mutations

Nous sommes deux ans après la catastrophe du Deep Water Horizon ; nous en avions beaucoup parlé à l’époque.

Aujourd’hui, il y a un constat qui démontre la validité de la libération animale et de la libération de la Terre. En effet, les administrations officielles expliquent que la situation est redevenue « normale. »

De son côté, BP va payer un « dédommagement » financier aux humains ayant porté plainte en raison des conséquences sur leur propre vie, soit une facture de 7,8 milliards de dollars.

Un de ses anciens ingénieurs vient d’avoir des ennuis avec la justice pour « destruction de preuves », car il a effacé des preuves comme quoi BP savait que la fuite était trois fois plus grande que les estimations fournies officiellement.

Cela a d’ailleurs une conséquence importante de plus : cela veut dire que lorsque BP a prétendu que l’opération « Top Kill » pour colmater la brèche pouvait être couronné de succès, l’entreprise mentait de manière éhontée, car la fuite était trop importante pour la réussite de l’opération.

C’était un simple montage médiatique, histoire d’occuper les esprits…

Mais les dégâts concernant Gaïa sont bien réels ; il faudra des décennies avant un éventuel rétablissement. Dans la zone concernée, il est estimé que 20% des poissons ont des malformations (la proportion va jusqu’à 50% dans certaines zones).

Ces malformations vont d’importantes lésions aux ulcères ou l’absence de yeux, aux problèmes aux branchies…

De leur côté, il est estimé que la moitié des crevettes naissent sans yeux. Et alors qu’on est à trois générations de crevettes de la catastrophe, on trouve encore du « corexit » dans leur ADN, ce fameux « dispersant » extrêmement dangereux.

Si l’on relit nos articles de l’époque, on voit alors quel a été le rôle des médias, comme par exemple l’Express qui vantait le rôle des dispersants…

Il y a également des crabes qui naissent… transparents.

Les industriels sont ainsi en panique : sont concernés, selon une estimation, 40% des « fruits de mer » (une expression véritablement honteuse).

Le problème ici est bien sûr qu’il est extrêmement difficile pour les chercheurs d’établir des bilans exacts.

Par conséquent, on a d’un côté le rouleau compresseur des industriels aidés par l’État et les médias, et de l’autre un travail difficile de chercheurs relativement indépendants et d’activistes, qui vont mettre un temps important avant de pouvoir mobiliser l’opinion publique, si tant est qu’ils y arrivent.

C’est la preuve qu’il faut partir dès le départ d’une vision globale et sans compromis, pour bien comprendre les enjeux des événements qui se produisent sur notre planète.

Week-end de résistance à la THT, 22-23 et 24 juin 2012 !

Dans un mois se tiendra le week-end de résistance à la THT, un week-end qui se veut unitaire, constructif, populaire et sans compromis!

Appel de l’assemblée du Chefresne : Résistons à la ligne T.H.T. Cotentin-Maine – Week-end de résistance à la THT, 22-23 et 24 juin 2012 !

Depuis sept ans, des dizaines de milliers de personnes (de la Manche, de la Mayenne, de l’Ille et Vilaine et du Calvados) vivent avec l’épée de Damoclès d’une ligne Très Haute Tension programmée pour être installée de Raids (50) à Beaulieu (53).

Depuis décembre les chantiers de pylônes ont démarré et avec eux la violence d’état et de RTE (signatures forcées, travaux de destruction engagés légalement ou pas, etc…). Face à cette situation, nombre d’individus ont décidé que l’heure était à l’action directe pour tenter d’enrayer ce « rouleau compresseur » et appellent chacun à y participer avec les moyens qu’il jugera bon pour nuire matériellement à l’avancée du chantier. Si nous sommes contraints à ces pratiques c’est que l’opposition populaire à ce projet n’a, depuis que le projet est connu, rencontré uniquement que mépris et arrogance de la part de l’état et de RTE.

Chacun aura compris qu’il n’y avait rien à attendre de ces institutions. C’est seulement en s’organisant par nous-mêmes avec nos moyens que nous pourrons freiner la toute puissance de l’état. Les habitants du Val Susa en Italie, qui luttent contre la construction de la ligne TGV Lyon-Turin, l’ont compris depuis longtemps. Ils arrivent pour l’heure à freiner sérieusement la destruction de leur vallée.

Depuis le 14 janvier 2012 et la réunion publique de Coutances, qui faisait suite à l’action de perturbation du convoi de déchets radioactifs de Valognes, une assemblée s’est constituée autour du village du Chefresne (50), terre de résistance depuis des années à ce projet de ligne THT. Cette assemblée, composée autant d’habitants proches du projet que d’individus en lutte contre toutes les politiques de gestion de nos vies par l’aménagement des territoires, assume entièrement l’héritage de l’action de Valognes, autant sur les pratiques de luttes, les formes d’organisation que sur le sens politique de ces luttes.

L’actualité nous montre avec bonheur que personne n’a attendu la constitution de cette assemblée pour agir sur le terrain. Déjà quelques pylônes déboulonnés, des engins en panne, des piquets de signalisation des chantiers systématiquement enlevés… Si les chantiers avancent bien trop rapidement, chacun peut constater que la panoplie des actions de nuisances reste ouverte et que les effets ne sont pas négligeables. L’état et RTE savent désormais que leur arrogance n’a d’égal que notre détermination.

Si l’assemblée du Chefresne entre aujourd’hui en résistance ce n’est pas seulement contre les dégâts sur la santé que RTE reconnaît implicitement en rachetant les maisons à moins de 100 m de son réseau THT. Ce réseau THT est intimement lié à la production nucléaire et assumé comme telle par EDF justifiant cette ligne THT par l’EPR en construction. C’est donc également une résistance à l’industrie nucléaire que nous poursuivons aujourd’hui.

Mais ces lignes THT et la centralisation de la production électrique dont elles sont la résultante ont également une autre signification. Avec la multiplication de ces projets en France et en Europe, nous savons aujourd’hui que l’état et l’industrie ont décidé de faire de l’électricité un marché spéculatif international se donnant les moyens d’un réseau international de distribution pour vendre l’électricité de l’EPR au Maroc, en Angleterre ou ailleurs.

On est bien loin du souci affiché par EDF de sécuriser la distribution en France et notamment dans l’Ouest. C’est donc aussi contre la démence productiviste et le règne de l’économie que nous rentrons en résistance.

Si ce qui se vit aujourd’hui du côté de la Manche et de la Mayenne trouve écho chez les opposants à l’aéroport de Notre Dame des Landes, à la centrale à gaz du Finistère, à la ligne TGV Paris- Cherbourg, c’est que nous partageons le sentiment d’une même dépossession face à la gestion de masse dont participent ces projets d’aménagement des territoires.

Ce que nous a appris l’action de Valognes de fin novembre c’est que lorsque de la détermination se double d’une organisation collective horizontale (autrefois nommée démocratie directe), ce que nous récoltons n’est pas seulement de la confiance et de la force, c’est aussi le sentiment profond de reprendre nos affaires en main. Quelle meilleure réponse aux expropriateurs de nos vies et aux aménageurs de notre survie ?

La présente assemblée se veut être un soutien (plus que nécessaire) pour les habitants et habitantes qui se trouveraient démunies face au travail de destruction qu’effectue RTE contre ce qui a été, pour elles et eux, des lieux dans lesquels il et elles ont toujours vécu et/ou travaillé. L’assemblée souhaite accompagner leur colère et les prémunir de tout acte de désespoir qui pourrait s’ajouter à leur sentiment d’impuissance, et souhaite également effectuer un travail d’information de la population contre la propagande produite par RTE quant à l’avancée, soi-disant sans « incidents », des travaux.

L’assemblée souhaite la réappropriation de cette lutte par la population afin qu’elle y participe activement, et souhaite travailler contre toutes les formes de résignation.

Afin que les habitants et habitantes ne se sentent pas dépossédé-e-s de la lutte, ils et elles seront informé-e-s, par le biais des affichages, des prochaines dates auxquelles se réunira l’assemblée. Le collectif se veut ouvert à toutes les initiatives et à toutes les personnes souhaitant s’informer ou participer à cette lutte.

L’assemblée refuse toutes formes de récupération politique. Toutes les initiatives ne devront, en conséquence, afficher aucune appartenance politique ou syndicale.
L’assemblée assumera toutes les formes d’actions, sans distinction de leur « violence », tant qu’elles n’atteignent pas l’intégrité physique des personnes travaillant à la construction ou à la protection des lignes.

Qu’elles soient produites par les habitants de la région ou les personnes venant de l’extérieur, les actions seront assumées également. Le Collectif veut éviter les rivalités, peu constructives, entre des locaux et des non locaux.

NI RESIGNATION, NI COMPROMIS, SABOTONS LE CHANTIER DE LA THT

L’assemblée du Chefresne, le 4 mars 2012

Contacts : pylones (at) riseup (point) net

Infos : https://valognesstopcastor.noblogs.org et http://www.stop-tht.org

« Il ne faut pas chercher une responsabilité qui n’existe pas »

Entre février et avril, on a trouvé 900 cadavres de dauphins sur des plages du nord du Pérou (nous en parlions il y a 10 jours). Voici l’information diffusée hier par de nombreux médias à ce sujet :

« Nous sommes parvenus à la conclusion que les causes de la mort des dauphins sont naturelles et ne sont dues à aucune activité humaine », a affirmé la ministre de la Production Gladys Triveño, sur la radio RPP, sans préciser quelles étaient ces causes.

Les conclusions du gouvernement s’appuient sur l’enquête menée par l’Institut de la mer du Pérou (IMARPE, public), selon la ministre.

Les ondes sismiques provoquées par des activités en mer d’entreprises pétrolière « ont été écartées », de même que la responsabilité d’un virus ou de bactéries, a-t-elle ajouté.

Selon la ministre, la mort massive de dauphins se produit périodiquement.

« Ca n’est pas la première fois que cela se produit. C’est arrivé en Nouvelle-Zélande, en Australie et dans d’autres pays. Il ne faut pas chercher une responsabilité qui n’existe pas », a-t-elle souligné.

Cette dernière phrase est un symbole impressionnant du déni complet qui domine dans les médias, l’idéologie dominante, l’éducation.

En fait, cette phrase est même tellement énorme que personne ne peut y croire sérieusement. Toute personne un tant soit peu sensée se doute bien que Mère Nature ne fait pas en sorte que 900 dauphins meurent subitement, arrivant comme par hasard d’un coup sur les mêmes plages.

Vraiment, oser dire :

Il ne faut pas chercher une responsabilité qui n’existe pas

Ce n’est même plus un mensonge, c’est une sorte de mot de passe qui appelle à faire comme si de rien n’était.

Car, finalement, de par leur passivité, l’immense majorité des gens acceptent encore la destruction de la planète, perçu avec mauvaise foi ou inconscience comme un grand chambardement inévitable, contre lequel on ne peut rien, etc.

Partant de là, si l’on voit ainsi, les responsabilités n’existent plus vraiment ; elles sont tellement diluées qu’en fin de compte, il n’y en a plus.

C’est un raisonnement que l’on trouve énormément en France. Feignant d’être raisonnables, des personnes disent : oui, c’est vrai, il faut agir contre le réchauffement climatique, mais que peut faire la France, seule, à son échelle ?

Ce qui est une manière de se dédouaner pour ne pas assumer la bataille jusqu’au bout, et de ne pas montrer l’exemple !

De la même manière, de nombreuses personnes qui connaissent le véganisme disent qu’à leur « petite » échelle cela ne change qu’elles soient véganes ou pas, qu’elles attendent que tout le monde fasse le pas.

Ce souci comme quoi toute la société devrait devenir vegan est honorable, mais cela n’explique en rien en quoi il ne faudrait pas déjà le devenir soi-même !

Voilà pourquoi cette simple phrase qu’est « Il ne faut pas chercher une responsabilité qui n’existe pas » représente quelque chose de très important : ce n’est pas que du mensonge ou du déni, c’est aussi une mauvaise foi très élaborée, très « raffinée. »

Aussi « raffinée » et malsaine que l’effacement de la frontière entre végétarisme et véganisme, que la propagande contre la « viande » halal sans pour autant critiquer la « viande » en général, etc.

Cette mauvaise foi a une cause facile à comprendre : pousser le raisonnement jusqu’au bout serait, forcément, appeler au rejet de l’exploitation animale.

La mort des dauphins fait se poser la question de fond : quel est le rapport à l’océan ? Mais comme cet océan est censé être un « capital environnemental », alors forcément il n’est pas possible de reconnaître ouvertement le rôle néfaste de la production humaine.

Il y a là une véritable production idéologique afin de cadenasser le système de l’exploitation animale. Sans briser ce verrou, la libération animale ne pourra jamais se développer !

Le business des groupes pharmaceutiques vétérinaires

L’exploitation animale ne pourrait pas exister sans un immense appareil médical derrière, chargé de « garantir » que les « produits » soient en « bonne santé » (dans la mesure de leur utilisation).

Voici un article (du Figaro) très intéressant qui présente une situation assez classique : quelques grands groupes se partagent un marché où le taux de profit est faramineux (autour de 30%!).

C’est une dimension très importante qu’il faut comprendre dans le combat contre l’exploitation animale. Cette dernière rapporte énormément, avec des marges très grandes, parce que la pression industrielle y est toujours plus grande.

Voilà pourquoi il y a toujours plus, depuis les années 1950, d’exploitation animale, pourquoi chaque jour qui passe l’exploitation animale se généralise sur toute la planète, et pourquoi les animaux sont toujours plus massacrés afin d’être utilisés dans différentes productions.

Les gens qui profitent de cela n’ont aucune envie de cesser l’exploitation animale ; il ne suffira pas de les culpabiliser ou de manifester devant leurs fenêtres. L’unique chose qui est prise en compte par Pfizer, Merck, Sanofi, Lilly, Bayer, Novartis, c’est leurs bénéfices, et rien d’autre.

La santé animale, un marché rentable et peu risqué

Avec 20 milliards de dollars de ventes annuelles, la santé animale n’est qu’une goutte d’eau par rapport à l’énorme marché des médicaments pour humains, proche de 900 milliards de dollars. Mais le secteur séduit.

Six grands groupes pharmaceutiques, Pfizer, Merck, Sanofi, Lilly, Bayer et Novartis, en détiennent 60 % et sont présents, en général, sur les deux marchés principaux.

L’américain Pfizer domine le segment des bêtes de «rente», veaux, vaches, cochons et autres couvées qui représentent 60 % du marché vétérinaire. Merial, la filiale que Sanofi a dû renoncer, pour des soucis de concurrence, à marier avec le pôle animal de Merck, est leader pour les animaux de compagnie.

«La médecine animale est une activité moins risquée que la santé humaine», note Loïc Plantevin, associé de Bain et Company, en charge du pôle santé. Les coûts de recherche et développement y sont plus faibles et la probabilité de donner naissance à un nouveau traitement plus élevée.

Certes, aucun médicament n’atteint les chiffres d’affaires des produits vedettes de la santé humaine.

Le traitement animal le mieux vendu, l’antiparasitaire Frontline de Merial, la filiale de Sanofi, dépassait tout juste le milliard de dollars en 2010, au top de ses ventes. Mais il ne craint pas vraiment la concurrence des génériques.

Le laboratoire français Vetoquinol, dixième groupe vétérinaire mondial, n’espère ainsi tirer qu’un chiffre d’affaires limité à quelques millions d’euros du concurrent Flevox, qu’il commercialise depuis trois mois. Les marques ont tant d’importance pour ces traitements financés directement par les propriétaires d’animaux, que les génériques grignotent de très faibles parts de marché sur les médicaments principaux.

«Avec des marges opérationnelles de l’ordre de 25 % à 30 %, la rentabilité du secteur vétérinaire est aussi élevée que dans la santé humaine», ajoute Loïc Plantevin. Autre avantage, «beaucoup de technologies développées pour la santé humaine sont recyclées dans l’univers animal, à moindres frais, les anti-infectieux par exemple», détaille l’associé de Bain.

Intérêt des financiers

En dépit du bond des ventes de certains laboratoires – la division santé animale de Merck a crû en 2011 de 11 %, à 3,3 milliards de dollars -, la croissance du secteur ne devrait pas dépasser 5 % dans les prochaines années. Elle sera portée par les pays émergents, qui représentent aujourd’hui 31 % du marché. Par l’Asie, en particulier, où la demande pour les animaux de rente est en forte croissance et atteint même 35 % par an pour la volaille.

À la recherche d’un nouveau souffle et désireux de se recentrer sur son cœur de métier, Pfizer cherche à tirer le meilleur parti de sa filiale animale, valorisée, selon les analystes financiers, entre 15 et 20 milliards de dollars. Mais son patron, Ian Read, hésite encore entre une simple scission et une cession aux laboratoires qui la convoitent, Bayer ou Novartis, par exemple.

Les investisseurs financiers lorgnent également ce marché où la France compte plusieurs laboratoires de taille mondiale, dont le numéro huit Virbac (623 millions d’euros de vente en 2011). Sagard Private Equity est entré en juillet 2010 au capital de Ceva, ex-filiale de Sanofi-Aventis détenue par son management, aux côtés notamment de Natixis Private Equity. OFI Private Equity (devenu Eurazeo PME) a pris une participation dans IMV Technologies, leader mondial de l’équipement pour l’insémination artificielle animale (IA). Cette société basée à L’Aigle, en Normandie, détient 70 % du marché mondial pour l’insémination artificielle bovine et 60 % de celui de l’insémination artificielle avicole.

L’océan, un « capital environnemental » ?!

La question la plus essentielle du 21ème siècle sera certainement celle de l’océan. A LTD, nous en parlons, mais pas assez et nous allons donc essayer de mettre davantage l’accent dessus.

Voici à ce titre un document très intéressant, tiré du Nouvel Observateur et écrit par le responsable de l’institut océanographique, qui explique qu’il faudrait « passer d’une logique de cueilleurs-profiteurs à une logique de gestionnaires éclairés et responsables des océans, afin de préserver le capital environnemental que constituent les océans. »

Cette affirmation d’un nouveau concept de « capital environnemental » est extrêmement grave et montre bien la prétention de l’exploitation animale à aller gérer véritablement toute la planète, et non pas seulement les terres et les zones de pêche.

On peut être certain et certaine qu’on entendra toujours plus parler de ce concept de « capital environnemental. »

Et cette idée d’une attaque humaine généralisée contre l’océan est une expression de la folie d’une humanité dénaturée qui prétend « gérer » mieux que Gaïa elle-même la réalité planétaire.

Une conception absurde, l’humanité n’étant elle-même qu’une petite composante de Gaïa !

Ecologie : il est urgent de repenser notre gestion des océans

Par Robert Calcagno
Dir. Institut océanographique

Principale source de protéines de la planète, fournisseurs de la moitié de l’oxygène, les océans sont aujourd’hui maltraités par les êtres humains. Il est pourtant urgent de repenser notre gestion des eaux de la planète.

Par Robert Calcagno, directeur général de l’Institut océanographique- Fondation Albert 1er, Prince de Monaco.

Les océans comptent pour 99% de la biosphère, produisent la moitié de l’oxygène que nous respirons, régulent notre climat et sont la source de protéines principales de plus du tiers de la population mondiale.

L’humanité se tourne toujours plus et de façon avide vers les immenses potentialités des océans, dont nous entendons tirer toujours plus de poissons, mais aussi des ressources énergétiques et minérales, ainsi que le cadre de vie et de loisirs d’une population de plus en plus attirée vers les côtes.

Les océans ne sont pas infinis

Non, les océans ne peuvent plus être considérés par l’homme comme un espace infini et inaltérable, réserve inépuisable de poissons et de ressources naturelles et décharge aux capacités illimitées. Nous ne pouvons plus prétendre ignorer leur dégradation continue.

Il est urgent de repenser notre relation à la mer, ainsi que la façon dont nous organisons et conduisons nos activités. Nous devons passer d’une logique de cueilleurs-profiteurs à une logique de gestionnaires éclairés et responsables des océans, afin de préserver le capital environnemental que constituent les océans.

Les aires marines protégées sont un excellent outil pour envisager la préservation des écosystèmes marins. Celle-ci est indispensable pour assurer la pérennisation d’activités existantes au premier rang desquelles la pêche, ou le développement d’activités nouvelles telles que l’écotourisme, l’aquaculture, les énergies renouvelables…

Les projets d’aires marines protégées doivent ainsi être l’occasion de repenser chaque activité, mais aussi de les intégrer dans un projet local compris et approprié par les acteurs économiques locaux, qui doivent trouver leur intérêt à respecter ce nouveau cadre.

L’Institut océanographique et la Fondation Prince Albert II de Monaco organiseront le 4 juin dans le cadre de l’exposition internationale « Pour des côtes et des océans vivants » à Yeosu, Corée, la 3e édition de la Monaco Blue Initiative.

Sous l’égide de S.A.S. le Prince Albert II de Monaco, les expertises complémentaires de scientifiques, acteurs économiques, décideurs politiques et représentants de la société civile seront mobilisées pour préciser comment faire des aires marines protégées de véritables projets de développement durable en mer, conciliant préservation de l’environnement et développement économique.

L’affaire Gérald S. de Montpellier

C’est un fait-divers sordide qui peut et doit malheureusement nous intéresser ici. Il ne concerne que des humains, mais il est assez révélateur d’un certain phénomène.

L’histoire est la suivante : le jour de l’an de l’année dernière, une jeune lycéenne a été violée et assassinée dans les bois, de manière atroce, à la suite d’une soirée arrosée dans une maison. Son agonie aura duré six heures.

L’affaire est encore d’actualité dans les médias, car la personne qui aurait commis le crime, l’ayant avoué immédiatement a donné des détails sur un ton très froid, n’a pas profité d’un avocat lors de l’interrogatoire, comme prévu par la justice. Ce qui fait que ses aveux risquent d’être invalidés.

On peut voir ici la page Facebook de soutien à la famille de Léa : Léa : Droit à un procès équitable.

De son côté, il explique désormais son acte par un problème d’érection qui l’aurait énervé, ainsi que la consommation très importante de drogues et d’alcool.

Si cette histoire affreuse nous intéresse ici, c’est en raison du profil du présumé tueur. Il ne s’agit d’ailleurs pas du tout, comme l’extrême-droite le vocifère habituellement à tort et à travers, d’une personne d’origine étrangère.

Non, il s’agit d’un jeune de 24 ans, qui écoute du métal. Il est totalement misanthrope (« l’erreur est humaine, mais l’humanité est une erreur »), et donc fasciné par le nazisme, idéologie dont il a pu se revendiquer. Et en plus de cela, il revendiquait aussi haut et fort son soutien aux animaux.

Sur le net, on retrouve encore aisément divers posts qu’il a pu faire.

Le problème dans tout cela, il est facile de le voir. Le profil de la personne en question est un stéréotype.

Quiconque connaît le mouvement pour les animaux connaît ce profil de jeune périurbain, métalleux, fasciné par les postures misanthropes, assumant des conceptions de l’extrême-droite racialiste.

Si LTD boycotte certaines structures, c’est justement parce que ce genre de profil est toléré, accepté par beaucoup de gens, qui pensent que faire quelque chose pour les animaux justifierait tout.

Alors que, d’habitude, ce genre de personnes n’est pas vegan (et d’ailleurs la personne en question expliquait sur Facebook apprécier la gastronomie française).

Et surtout, et là est le fond du problème, il est évident qu’ici les animaux sont pris en otage pour une misanthropie sordide.

Bien sûr, le monde est terrible et nous ne disons pas qu’il faut être béat. Mais pareillement que tous les métalleux ne sont pas des fachos, loin de là, on peut très bien assumer l’horreur de ce monde sans être misanthrope ou fasciné par le nazisme.

Et là, il n’est pas difficile de comprendre l’impact d’une telle affaire, car en filigrane, on peut lire parmi des articles de journaux au sujet du présumé tueur : « Il militait dans le milieu de la défense des animaux. »

Les partisans des animaux seraient donc, encore et toujours, des gens misanthropes, associaux, morbides, qui n’aiment pas les humains en général, etc.

Tout le contraire d’une idée positive. Car il faut poser la question : comment se fait-il qu’une sorte de nazi de Montpellier puisse se reconnaître dans la défense des animaux ?

Et nous nous répondons : car aucune culture positive n’est mise en avant, car l’antifascisme n’est pas du tout assumé, parce que même finalement c’est l’idéologie misanthrope, pessimiste voire morbide qui ressort.

Nous parlions récemment de l’utilisation des images d’animaux massacrés, en expliquant que cela n’avait pas forcément l’effet escompté. On en a là un exemple. Quand on en appelle au morbide, on récolte du morbide !

« Global Zero: un monde sans arme nucléaire, c’est possible ! »

Ce 20 mai se tient aux Etats-Unis le sommet annuel de l’OTAN, et c’est l’occasion pour les anti-nucléaires de rappeler qu’il n’y a pas que les centrales: il y a aussi les armes, qui forment une menace terrible.

On parle de crise économique, mais ce sont pourtant des sommes pharaoniques qui passent dans les armes, et notamment les armes de destruction massive. Comme le dit le texte, « Derrière la production de notre électricité se cache le spectre de la bombe atomique. C’est pourquoi il est nécessaire de sortir du nucléaire aussi bien sur le plan civil que militaire. »

Des pétitions ne changeront pas cela, bien sûr, car seul un changement global de valeur peut changer la donne. Mais cela n’empêche pas de faire campagne, de ne jamais lâcher la pression face à ceux qui font de notre planète un enfer pour tout être vivant.

GLOBAL ZERO : un monde sans arme nucléaire, c’est possible !

Lancée en septembre 2008, GLOBAL ZERO est une campagne internationale qui milite pour un désarmement nucléaire global. Elle est aujourd’hui soutenue par plus de 450 000 citoyens à travers le monde dont de nombreuses personnalités issues de l’univers militaire juridique ou politique – parmi lesquels Jimmy Carter, Michael Gorbatchev, Michel Rocard, Paul Quilès…

Global Zéro propose un scénario de sortie progressif et contrôlé du nucléaire militaire en privilégiant la mobilisation des opinions publiques pour faire pression sur les gouvernements.

Le 20 mai prochain se tiendra à Chicago le sommet annuel de l’OTAN. Les gouvernements membres examineront le sort des centaines d’armes américaines encore stationnées en Europe depuis la fin de la guerre froide. Les pays concernés- Belgique,Pays Bas, Italie, Allemagne- demandent le retrait définitif de ces armes tandis que la France s’y oppose.

Global Zéro demande aux citoyens d’interpeller François Hollande, le nouveau président de la République française afin que celle-ci approuve enfin le retrait de ces armes.

Aussi le Réseau « Sortir du Nucléaire » apporte son soutien à cette pétition de Global Zéro que nous vous encourageons à signer.

Signer la pétition

Le Réseau « Sortir du nucléaire » rappelle que la France en maintenant et modernisant sa « force de dissuasion atomique » fait preuve d’hypocrisie et d’autisme et ne respecte pas ses obligations internationales :

Rappelons qu’en 1992 la France a ratifié le Traité de Non Prolifération (TNP) dont l’article VI fait obligation aux Etats membres détenteurs de l’arme nucléaire de stopper la course aux armements et de s’engager dans un processus de désarmement général. Cette obligation a été rappelée par la Cour Internationale de Justice en 1996.

En septembre 2009 le conseil de sécurité de l’ONU- dont les 5 membres sont tous dépositaires de l’arme atomique- adopte à l’unanimité une résolution approuvant des négociations sur l’élaboration d’un traité de désarmement général et total sous un contrôle international strict.

En 2010 lors de la dernière conférence d’examen du TNP (voir à ce sujet notre article sur le désarmement nucléaire en 2011) la grande majorité des Etats non détenteurs de l’arme atomique ainsi que la Chine soutenaient le projet de Convention d’élimination des Armes atomiques. Les Etats-Unis, la Grande- Bretagne, la Russie… et la France s’y sont vigoureusement opposés.

Et si l’Etat français, sous la pression du mouvement antinucléaire, a arrêté depuis 1996 la production de nouvelles armes atomiques ; l’armée poursuit toujours ses recherches dans le but de perfectionner son arsenal.

Le réaménagement de la base de sous-marin de l’île Longue est estimé à 5 milliards d’euros, le remplacement des missiles M51 par les nouveaux M45 est sensé s’achever en 2016 pour un coût total de 6 milliards et le seul laser Mégajoule qui sera opérationnel en 2014 aura coûté près de 3 milliards.

Des sommes exorbitantes et indécentes à l’heure des restrictions budgétaires- à titre de comparaison le budget du ministère de la Justice en 2011 s’élevait à 7,14 milliards d’euros- qui seraient plus utiles au maintien des services publics nécessaires aux besoins des citoyens. D’autant que ces sommes n’ont évidemment fait l’objet d’aucun débat public.

L’Etat français dévoile ainsi sa volonté politique de garder indéfiniment l’arme atomique en dépit de ses engagements internationaux.

Le récent sondage du Mouvement de la Paix en mars 2012 démontre que 81% de la population désire que la France s’engage concrètement vers un désarmement nucléaire total.

En opposition avec la société civile les partis majoritaires PS et UMP restent arc-boutés sur la doctrine irrationnelle de la « dissuasion nucléaire comme assurance vie de la nation » alors même que la guerre froide est finie depuis 20 ans.

Les armes nucléaires sont dangereuses, coûteuses, immorales et surtout inutiles. Elles ne règlent en rien les problèmes géopolitiques actuels, au contraire elles aggravent l’insécurité mondiale.

Le développement de la filière nucléaire est directement issue des recherches effectuées dans le domaine militaire. La « force française de dissuasion » est aujourd’hui rendue possible grâce à l’énergie fournie par nos centrales.

Derrière la production de notre électricité se cache le spectre de la bombe atomique. C’est pourquoi il est nécessaire de sortir du nucléaire aussi bien sur le plan civil que militaire.

Le Réseau « Sortir du nucléaire » réitère son soutien à Global Zéro dans son combat pour le retrait des armes atomiques du sol européen. Nous rappelons notre engagement et notre détermination dans la lutte pour l’abolition totale des armes nucléaires.

« Furcoat », une vidéo à regarder et diffuser

Le militantisme végan utilise souvent (et c’est presque toujours le cas) des images choc afin de tenter de faire comprendre à la population ce qu’endure les animaux.

Mais les images chocs sont justement très difficiles à regarder. Que l’on découvre les sévices infligées aux animaux, que l’on sache parfaitement ce qu’ils subissent, ces images restent probablement trop choquantes pour qu’on les regarde et y réfléchisse.

A LTD, nous mettons ainsi en avant la beauté des animaux vivants, et dans leur milieu naturel quand c’est possible, car nous pensons que ces images de massacre (qui sont pourtant le miroir de l’exploitation et de la souffrance des animaux) ne sensibilisent pas les gens, car bon nombre refuse de voir en face la détresse animale qu’on leur impose.

La vie est déjà très dure, et en montrant de telles images les gens se réfugient encore plus dans leur bulle. Ils pensent encore davantage: il faut se barricader.

Nier cela ou le relativiser, c’est nier les terribles brutalités dans la société française, depuis les viols jusqu’aux agressions racistes, en passant par les rapports de force dans les entreprises.

Voici à l’opposé une petite animation qui est une coproduction hollandaise et hongroise, sur des visons enfermés dans un élevage pour la fourrure.

Un vison se prend à rêver à ce que serait leur vie libre, dans la Nature… La vidéo n’est ni sanguinolente ni insupportable. Le contenu reste dramatique bien sûr, mais les enfants, par exemple, peuvent regarder ce dessin d’animation.

Et surtout, il y a un appel à quelque chose de positif, une démarche de bonheur. Bref, ce n’est pas comme une pancarte « manger tue! », mais bien quelque chose de constructif. C’est une vidéo de poésie, de libération, de compassion, d’utopie à réaliser!

Les humains sont comme des nazis pour les animaux, cela doit cesser!

« Ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire »

Hier, le nouveau premier ministre a été officiellement nommé, ainsi que le nouveau gouvernement.

Nous ne parlerons pas ici de la carriériste Duflot, qui est ministre de l’Égalité des territoires et du logement. EELV a bazardé tout contenu pour ne plus consister qu’en des plans de carrière.

Disons cependant un petit mot sur la spécialiste du droit Nicole Bricq, qui devient ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie.

Ses derniers dossiers au Sénat étaient les suivants :

Projet de programme de stabilité. communication (7 interventions)

Audition de mme valérie pécresse ministre du budget des comptes publics et de la réforme de l’etat (9 interventions)

Projet de programme de stabilité (2 interventions)

Audition de mm. philippe parini directeur général des finances publiques chargé de la fiscalité jean-marc fenet directeur général adjoint des finances publiques chargé de la fiscalité et jean-louis gautier conservateur général des hypothèques ancien chef du service du contrôle fiscal de la direction générales des finances publiques (2 interventions)

On a la (très longue) liste complète de ses dossiers ici, et on ne trouvera rien sur l’écologie. C’est très parlant.

On peut d’ailleurs bien se demander pourquoi France Nature Environnement explique par son porte-parole que Nicole Bricq a « une culture ‘écolo’ et une culture du dialogue. »

Greenpeace dit pareillement à son sujet, par l’intermédiaire de son directeur général :

« Ce qui nous intéresse particulièrement dans le profil de Nicole Bricq, c’est son profil de spécialiste des questions financières »
« Elle va pouvoir faire le lien entre le monde économique et le monde écologique, un lien qui n’est pas souvent fait »

Du business « vert » donc. Le WWF ne dit pas différemment en expliquant que « la nomination de Nicole Bricq représente un gage de sérieux et de crédibilité pour mieux intégrer l’environnement au coeur du budget et des politiques publiques. »

Mais il y a quelque chose qui nous intéresse bien plus et qui est très révélateur d’une tendance de fond.

On a en effet Stéphane Le Foll qui a été nommé « ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire. »

Or, qui dit « agroalimentaire » dit agro-business et exploitation animale. C’est dit franchement, ouvertement.

Car il faut savoir que les définitions des ministères changent, selon les vœux des présidents. Et jamais le mot « agroalimentaire » n’a été utilisé…

Voici la liste complète, pour la cinquième république :

Ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire

Ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche

Ministre de l’Agriculture et de la Pêche

Ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche et des Affaires rurales

Ministre de l’Agriculture et de la Pêche

Ministre de l’Agriculture, la Pêche et l’Alimentation

Ministre de l’Agriculture et de la Pêche

Ministre de l’Agriculture et du Développement rural

Ministre de l’Agriculture et de la Forêt

Ministre de l’Agriculture

Ministre de l’Agriculture et du Développement rural

Ministre de l’agriculture

Pour la 4ème république, ainsi que la troisième, on employait l’expression « Ministre de l’Agriculture », avec parfois « et du ravitaillement » de rajouté.

On a donc jamais « agroalimentaire. »

L’agriculture était déjà un concept comprenant l’élevage des animaux et les cultures agricoles.

Mais ajouter le terme d’agroalimentaire, c’est aller plus loin et ouvertement mettre en avant la « transformation » des animaux issus de l’élevage (ainsi, donc, que des cultures agricoles).

C’est un signe vraiment important qu’il faudra prendre en compte, et qui montre que nous vivons bien dans une société où la vie quotidienne est façonnée par l’industrie agroalimentaire, fondée sur le pur profit et dont l’exploitation animale est un pilier quasi-central.

C’est le passage à une époque où l’exploitation animale n’est plus seulement en expansion et en voie de généralisation, mais bien où elle est une composante en tant que telle de l’idéologie dominante !

Les fumeurs, trompés par les industriels

Si le Figaro est un journal conservateur partisan de la libre-entreprise, il n’en est pas moins obligé de suivre l’évolution du monde. Et ainsi c’est une journaliste de ce quotidien qui appelle à… interdire le tabac, dans un ouvrage venant d’être publié («Inderdire le tabac. L’urgence! Le plus grand scandale de santé publique», par Martine Perez, Editions Odile Jacob) et donc voici un extrait.

Pourquoi une personne libérale appelle à l’interdiction? Tout simplement, parce que les manipulations de l’industrie du tabac sont aujourd’hui évidentes, bien connues, et posent un problème de santé incontournable. La même journaliste, par contre, n’osera par définition jamais attaquer l’exploitation animale…

Mais c’est une question d’époque, et demain, l’exploitation animale sera tout autant rejetée par la société. A l’avenir, il n’y aura plus ni tabac, ni « viande »!

D’accord, le tabac provoque des maladies mortelles, plus que tout autre produit licite, mais est-ce une raison suffisante pour l’interdire?

Et si l’usage du tabac ne relevait après tout que de la responsabilité et de la liberté de chacun? Et si les fumeurs avaient fait un choix libre et consenti de «tirer» sur les cigarettes?

Et s’ils étaient maîtres de commencer et d’arrêter comme bon leur chante?

Mais les fumeurs sont-ils vraiment libres? Disons-le tout net: non! Le pouvoir hypnotique et chimique du tabac transforme une soi-disant liberté en dépendance.

La liberté d’une consommation, quelle qu’elle soit, c’est de pouvoir l’interrompre quand on l’a décidé.

Les fumeurs ne le peuvent plus.

Ils sont manipulés, trompés par les industriels, et leur liberté n’est en ce domaine qu’un leurre, une illusion. On sait tout ou presque aujourd’hui du complot organisé pendant des décennies par les cigarettiers pour fabriquer de toutes pièces une épidémie de tabagisme, afin de faire fumer la plus grande partie de la population mondiale (…)

Dès la fin des années 1960, en fait, les professionnels du tabac ont organisé de manière délibérée des campagnes de désinformation tous azimuts en réaction aux premières initiatives visant à alerter les pouvoirs publics et les fumeurs des dangers qu’ils encourent.

Ces campagnes ont dès l’origine été conduites au niveau mondial. La publication des millions de pages issues des archives des industriels rendue possible grâce au procès contre les cigarettiers américains en 1998, montre que ceux-ci considéraient l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme l’ennemi public numéro un. (…)

Comment mener à bien et de manière souterraine, cette guerre permanente et invisible? La solution la plus simple choisie par les industriels était d’avoir des agents secrets au sein du personnel de l’OMS. Dans cet objectif, dans un premier temps, ils ont recruté des anciens fonctionnaires de l’OMS ou de l’ONU afin d’établir des contacts précieux avec les experts de ces institutions.

Dans un second temps, pour être plus efficaces, ils ont réussi à placer leurs propres consultants à l’intérieur même de l’Organisation, les rétribuant pour défendre leurs intérêts.

Le rôle de ces consultants était de manipuler le débat scientifique public concernant les effets du tabac sur la santé. De manière globale, avec des moyens financiers colossaux, ils ont inspiré les travaux de chercheurs soi-disant «indépendants» pour influencer, discréditer, déformer les résultats de la recherche concernant les risques du tabagisme actif et passif.

Ils ont financé des contre-recherches et des coalitions scientifiques uniquement pour critiquer des études sur le pouvoir mortifère du tabac afin de repousser le plus tard possible les mesures législatives.

Le résultat le plus spectaculaire de cette stratégie a été la présentation déformée des résultats de l’étude de 1998 sur le tabagisme passif du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

La distorsion par l’industrie des résultats continue encore aujourd’hui de conditionner l’opinion publique et les politiques et de les faire douter.

Au coeur de ce réseau d’espionnage aux mille ramifications, quelques personnages troubles ont joué un rôle central.

S’ils sont mentionnés nommément dans les documents secrets de l’industrie du tabac, ils persistent à affirmer leur honnêteté intellectuelle…

Un chien « propriété » d’un vigile abattu dans une gare parisienne

Hier, nous parlions d’une chienne qui avait sauvé la personne qu’elle accompagnait, voici un autre témoignage, très différent, mais montrant pareillement que la situation parfois conflictuelle avec les chiens est toujours le produit d’une décision humaine.

Ici, il s’agit d’un de ces très nombreux chiens utilisés par des vigiles, depuis l’explosion du nombre de ceux-ci dans une société toujours plus violente. Ces chiens sont considérés bien souvent comme un simple outil : ils sont placés dans une cage et ne sortent que lorsqu’on a besoin d’eux.

Ces animaux souffrent terriblement et, évidemment, deviennent fous. C’est un de ces animaux qui s’est fait tué par la police il y a quelques jours dans une gare.

La personne qui l’avait, un vigile, n’avait pas de papiers et lors d’un contrôle de police l’a fait courir pour tenter de faire diversion et s’enfuir. Une tentative aussi idiote que criminelle pour le pauvre chien.

Un chien directement victime, aussi, des patrons qui ont utilisé ce sans papier sans en rien se préoccuper des conditions de vie du chien (normalement, il faut des qualifications, attestation du vétérinaire, etc.).

On notera également que ce chien est un malinois. Ce type de chiens est, comme tous les chiens, le fruit d’une sélection (ce qui a comme conséquence pour les malinois une probabilité importante de problèmes aux yeux, aux hanches, d’épilepsie, etc.).

Et il est massivement utilisé par les « forces de sécurité » de par le monde, ainsi que par différents services secrets et unités spéciales (ainsi un malinois était présent lors de l’opération américaine contre Bin Laden).

Il est important de connaître cet arrière-plan pour bien voir comme l’humanité impose de fausses définitions à la vie naturelle elle-même, pour par la suite s’étonner des problèmes !

Chien abattu gare du Nord : le vigile n’avait aucune qualification

Le vigile dont le molosse incontrôlable a dû être abattu mercredi en gare du Nord après avoir mordu trois personnes n’avait ni qualification ni papiers.

Cinq jours après la scène de panique provoquée par un chien qui s’en était pris à des policiers et à un usager à la gare du Nord, les enquêteurs de la sous-direction régionale de la police des transports (SDRPT), chargés des investigations, ont établi avec précision les circonstances des faits.

Le 9 mai, vers 7h30, alors que les couloirs de la gare du Nord sont arpentés par de nombreux usagers des transports, un homme qui tient en laisse un chien de type malinois est contrôlé par trois policiers en patrouille.

Les fonctionnaires se dirigent vers lui alors que son chien, dont la muselière est mal attachée, est particulièrement agité. Le propriétaire du molosse indique alors aux fonctionnaires qu’il est employé comme maître-chien par une société de sécurité privée.

Tentative de fuite

Le vigile explique ensuite qu’il n’a pas ses papiers d’identité sur lui. Les policiers décident de le conduire dans un poste de contrôle, situé non loin, pour pouvoir vérifier plus tranquillement son identité.

Sur le chemin, le propriétaire du chien lâche volontairement la laisse de son animal avant de prendre la fuite dans une direction opposée. La bête, affolée et déboussolée, saute alors sur deux fonctionnaires avant de les mordre au bras et à la cuisse. Les deux blessés se sont vus prescrire deux et cinq jours d’interruption totale de travail (ITT). « Un des deux agents a tiré sur le chien pour essayer de le stopper mais sans y parvenir, confie une source proche de l’affaire. L’animal a alors poursuivi sa course folle dans les couloirs de la gare du Nord avant de bondir sur un usager, saisi au niveau du cou. Ce dernier a eu le réflexe de se protéger avec le bras. Il a aussi été mordu. »

Un policier finit par abattre la bête, devenue incontrôlable, en faisant usage de son arme à deux reprises. Placé en garde à vue, le maître-chien, âgé de 28 ans et de nationalité ivoirienne, a aussitôt admis devant les enquêteurs qu’il ne possédait pas de titre de séjour.

« Il a tout de suite reconnu avoir volontairement lâché son chien pour essayer d’échapper au contrôle de police, poursuit la même source. Il a également expliqué que son animal avait un comportement particulièrement agressif, compte tenu de ses conditions de vie. Le chien était maintenu en cage une bonne partie de la journée et sortait très peu. »

L’employeur du vigile, qui n’avait suivi aucune formation de maître-chien, a également été placé en garde à vue. Il a indiqué l’avoir recruté d’urgence pour surveiller un chantier, tout en expliquant ne pas l’avoir déclaré aux organismes sociaux. Les deux hommes ont finalement été remis en liberté et feront l’objet de poursuites judiciaires.

Lilly sauve une vie sur la voie ferrée

Il n’existe pas d’animal « méchant. » Mère Nature est cohérente et il n’existe pas de phénomène mauvais en soi. Ce qui existe par contre, ce sont des humains modifiant la réalité sans la comprendre, amenant ainsi des conséquences destructrices.

Les pitbulls sont ainsi des chiens comme les autres, c’est-à-dire des animaux et non des monstres. Avec un problème de fond facile à comprendre : les chiens accompagnent l’humanité depuis le début de la civilisation, et les différentes « races » sont le fruit de différentes manipulations, plus ou moins douteuses.

C’est cela qui a amené le phénomène des « pit bulls » de ces 15 dernières années, alors que le vrai pitbull, en fait l’American Pit Bull Terrier, était déjà présent sur les champs de bataille de la première guerre mondiale, pour livrer des messages.

Voici une information au sujet d’un de ces chiens, qui a montré qu’il savait se tourner vers l’être humain. L’être humain est-il capable d’en faire autant?

Un chien risque sa vie pour sauver sa maîtresse qui s’évanouit sur une voie ferrée!

Les fait se sont déroulés le 4 mai à Shirley aux États unis.

Christine Spain, une femme de 56 ans ayant apparemment trop bu s’évanouit sur une voie ferrée alors qu’elle rentre d’une longue promenade avec sa chienne Lilly, un pitbull de 8 ans.

Un train de marchandise se présente au loin. C’est alors que Lilly tire énergiquement sa maîtresse pour l’écarter des voies ferrées et la sauve ainsi d’une mort certaine.

Lilly, qui n’a pas pu se dégager à temps, a été heurtée par le train provoquant de nombreuses blessures graves dont une à la patte droite, de multiples fractures du bassin et des lésions internes.

Le conducteur du train, seul témoin, raconte à la police qu’il a vu un chien tirer frénétiquement sa maîtresse en dehors du chemin de fer. Il a tout fait pour stopper le train, écraser les freins mais il a malheureusement entendu un bruit sourd…

« La tête du chien était sur sa poitrine » et « la femme était totalement inconsciente ».

David Lanteigne, officier de la police de Boston et fils de Christine Spain a sauvé Lilly il y a quelques années et l’a confié à sa mère dans un but thérapeutique pour l’aider dans son combat contre l’alcoolisme.

Il déclare « je ne pense pas que les choses arrivent par hasard », « nous avons recueilli Lilly pour lui sauver la vie, et elle lui a rendu la pareille. Elle a failli mourir ici ».

Lilly a été amputée de la patte droite et soignée à l’hôpital de Boston. Malgré le traumatisme, elle est désormais sur la voie de la guérison et pourra remarcher d’après son vétérinaire.

David Lanteigne espère que l’action héroïque de Lilly pourra aider à changer la vision de notre société sur les pitbull qui sont des chiens très affectueux et tout simplement, des chiens comme les autres.

Les soins médicaux vont sûrement coûter plusieurs milliers de dollars et un fond a été crée pour lui venir en aide.

Christine Spain s’en est sortie grâce à la fidélité et l’intelligence extraordinaire de sa chienne. Elle s’est engagée à ne plus boire et à se soumettre à des contrôles d’alcoolémie aléatoires.

Appel à trahisons solidaires contre l’aéroport

La situation à Notre-Dame-des-Landes est à un tournant avec l’arrivée de François Hollande au poste de président. En effet, EELV va être intégré d’un côté, donc l’affaire doit être « réglée », et de l’autre le maire de Nantes Jean-Marc Ayrault est bien parti pour être premier ministre. Et c’est un fervent défenseur du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, au point qu’il est parfois parlé de l’Ayraultport…

Voici donc un petit appel combatif qui a été diffusé et que nous reproduisons.

Alors qu’une grande partie des lieux occupés sont déjà expulsables, l’accord obtenu par le comité de soutien aux grèvistes de la faim auprès de la Paix Sociale tout juste de retour au pouvoir affirme par défaut que la grosse centaine d’opposant-e-s venue s’installer depuis 2008 n’est pas considérée comme habitant sur la ZAD et n’est donc pas concernée par ce délai. L’épée de Damoclès des expulsions est donc toujours plus d’actualité sur cette catégorie d’opposant-e-s. Par elle, c’est une des expressions hors contrôle de cette lutte qui est visée.

Le déploiement armé-casqué qui accompagne une manif en ville ou la venue d’un juge dans le bocage laisse imaginer celui que l’Etat mettra à disposition de Vinci pour expulser.
Même si une manif de réoccupation est déjà annoncée pour continuer à perturber leurs plans sur le terrain en réagissant collectivement après des expulsions, il est aussi imaginable de les rendre difficiles.

Comment agir d’ailleurs pour soutenir la lutte sur la zone face à ce rouleau compresseur ?
Avant la manif du 24 mars, on a pu voir la multitude de l’ « ordre » circuler et s’installer dans les casernes, hotels et parkings des alentours larges de leur « Métropole Grand Ouest »(Nantes-Rennes-St Nazaire). Il en sera de même pour l’assaut des expulsions, mais l’effet de surprise est un allié de taille pour écraser toute révolte, l’usure de l’attente aussi.

Si, en flânant devant un de ces endroits où le pouvoir stocke ses soldats, un attroupement vous semble inhabituel, ou si, dans un des innombrables bureaux et couloirs des administrations impliquées dans ce projet, une information venait à s’échapper, faites tourner le mot. On se chargera de vérifier que ce n’est pas pour un match de foot, un rassemblement anti-avortement, ou la venue d’un président quelconque.

Trahir les puissants, détruire ce qui nous détruit ou reprendre ce qu’on nous vole sont autant de pratiques faciles à condamner quand on se limite à l’idée qu’elles auraient une valeur morale en elles-mêmes.
Voilà une nouvelle occasion de voir que c’est leur sens politique qui nous interresse.

Un moyen parmi d’autres pour faire tourner l’info : zad@riseup.net

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L’ouverture de la pêche au Chili assassine les oiseaux

Lorsque nous parlons de Gaïa, il y en a qui ont du mal à percevoir la réalité de ce concept. Mais justement, à défaut d’aller dans le bon sens, la réalité des phénomènes se déroulant sur notre planète montre à quel point tout est lié.

Ainsi, au Chili, le début de la saison de la pêche a provoqué la mort de milliers d’oiseaux.

Théoriquement, il n’y a pas de rapport, et pourtant. Cependant, Gaïa n’étant pas un concept, mais une réalité, ce qui ne semble pas lié peut l’être, l’équilibre planétaire étant très complexe, ou en tout cas trop complexe pour une humanité dénaturée et les raisonnements anthropocentristes.

Ce qui s’est passé est simple à comprendre : lorsque les pêcheurs attrapent les poissons, en l’occurrence surtout des anchois, les oiseaux en profitent.

Or, ils s’emmêlent dans les filets. Et les pêcheurs ne font rien pour les libérer. On a ainsi 2000 oiseaux retrouvés mort sur cinq kilomètres de plage autour de Santo Domingo, sur le littoral centre du Chili. Des centaines d’autres avaient déjà été retrouvés ailleurs.

Les oiseaux concernés sont des pétrels gris, des pélicans, des fous de Bassan et des cormorans guanay.

Au Pérou, on a il y a peu retrouvé également des milliers de dauphins et d’oiseaux marins, surtout des pélicans, morts sur les plages. Là-bas, par contre, la raison semble inconnue, mais les experts donnent comme raison le réchauffement climatique et le phénomène météorologique El Niño. Un phénomène météorologique lui-même influencé par le réchauffement climatique, d’ailleurs.

Les partisans du « développement » tel qu’il existe aujourd’hui arguent que, si on prend cela en compte, alors « on ne peut plus rien faire » et on en reviendrait à la bougie. Mais c’est bien entendu totalement faux, et surtout absurde parce que cela donne l’impression illusoire que l’humanité pourrait exister à côté de Gaïa.

Il est évident que dans les prochaines décennies, on considérera les 2-3 derniers millénaires comme des années d’infantilisme humain, des années où les humains se sont crus indépendants, choisis par un hypothétique Dieu, pouvant faire ce qu’ils voulaient, comme ils voulaient.

Et cela, surtout en méprisant ouvertement les conséquences. Car là, on va droit dans le mur (un mur naturel pour le coup), tout le monde le sait, mais il n’y a pas encore la maturité pour un changement global, qui s’annonce pourtant inévitable.

François Hollande et le nucléaire : le vrai changement, c’est pour quand ?

L’élection de François Hollande a amené avec elle énormément d’illusions. Pas que sur l’économie, mais également paradoxalement sur l’écologie. Cela a en effet renforcé l’idée comme quoi tout allait se régler sans qu’un bouleversement ne soit nécessaire, tant au niveau global qu’au niveau des mentalités.

En fait, non seulement l’écologie n’a joué aucun rôle durant les élections, mais là l’intégration prochaine d’EELV dans le gouvernement va bientôt achever le processus, pour faire de l’écologie une sorte de critique molle du développement économique.

Les désillusions face aux crises écologiques, face à la situation des animaux sur notre planète, n’en seront que plus grandes.

Voici à ce titre le communiqué de Sortir du Nucléaire concernant la position de Hollande au sujet de cette industrie.

François Hollande et le nucléaire : le vrai changement, c’est pour quand ?

En dépit d’un probable changement de style, pour le Réseau « Sortir du nucléaire », l’élection de François Hollande ne déclenchera pas une révolution. Les promesses à géométrie variable de François Hollande témoignent d’un regrettable manque d’ambition et sont incompatibles avec une réelle transition énergétique.

Le Réseau « Sortir du nucléaire » restera mobilisé quant à la tenue des promesses du nouveau président et plus déterminé que jamais pendant son quinquennat pour obtenir une sortie réelle et effective du nucléaire…

Un changement de style ?

Le quinquennat de Nicolas Sarkozy aura été marqué par ses déclarations enflammées d’amour à l’atome. Peut-être peut-on espérer un peu moins de fougue de la part de François Hollande, qui a concédé l’abandon du projet d’EPR de Penly.

On peut aussi se rappeler que, contrairement à l’UMP, le Parti Socialiste aura vu des élus favorables à la sortie du nucléaire s’exprimer en son sein, ne serait-ce que pendant quelques mois…

Des promesses en recul, décevantes… et intenables

Mais globalement, en matière de nucléaire, cette élection ne change rien à l’affaire : le changement, on l’attend encore !

Alors qu’il était candidat, François Hollande a clairement exprimé qu’il n’avait aucune intention de remettre en question l’arme nucléaire [1], qui constitue pourtant une menace permanente, aussi coûteuse que géopolitiquement inutile.

Concernant le nucléaire civil, les reculades constantes de François Hollande et du Parti Socialiste témoignent du manque d’ambition du président nouvellement élu, et font douter de sa capacité à tenir tête à un lobby nucléaire d’ailleurs fort influent au sein du PS lui-même. Il ne reste que peau de chagrin de l’accord signé en novembre avec EELV, qui prévoyait initialement la fermeture de 24 réacteurs et l’arrêt de la production de combustible MOX.

La diligence de Bernard Cazeneuve, porte-parole officiel de la campagne PS et de fait d’Areva [2], a écarté toute remise en question de ce combustible toxique.

Et désormais, tel un os à ronger jeté à la majorité de Français qui souhaitent la sortie du nucléaire, seule la fermeture de la centrale Fessenheim reste à l’ordre du jour, repoussée à la toute fin du quinquennat. Peu importe que d’autres réacteurs soient à peine plus récents et probablement tout aussi dangereux.

Par ailleurs, comment Hollande espère-t-il tenir son engagement de réduire la part du nucléaire de 75 % à 50 % d’ici 2025 avec un jeu à somme nulle consistant à fermer deux réacteurs pour en démarrer un presque deux fois plus puissant ? Une telle proposition relève soit de la supercherie, soit de la paresse : la promesse devra alors être réalisée par ses successeurs !

Et n’est-il pas contradictoire de plaider pour les économies d’énergie tout en maintenant à son niveau actuel la production nucléaire, et en ajoutant de nouvelles capacités issues des énergies renouvelables ?

Risque nucléaire, crise économique, transition énergétique : plus d’ambition, c’est urgent !

D’ici 2017, près de 24 réacteurs auront dépassé les 35 ans de fonctionnement, durée à partir de laquelle l’IRSN met en garde contre des risques de rupture brutale des cuves [3]. François Hollande souhaite-t-il rester dans les mémoires comme « le Président de l’accident » ?

Alors qu’une période de crise économique s’annonce, combien de milliards seront engloutis de manière indécente pour « moderniser » un armement nucléaire aussi inutile que dangereux ?

Pour rafistoler tant bien que mal les réacteurs vieillissants, les 3,7 milliards par an évoqués par EDF étant probablement en-deçà de la réalité ? Ne serait-il pas plus judicieux d’investir ces milliards dans la réhabilitation des logements et dans les énergies renouvelables, des secteurs fortement créateurs d’emplois dont nous avons bien besoin [4] ?

De construire une société plus sobre, moins énergivore, et de lutter contre la précarité énergétique plutôt que de continuer à soutenir une énergie synonyme de gaspillage et dont les coûts vont bientôt monter en flèche ?

À maintes occasions, François Hollande a évoqué son engagement pour la jeunesse. Est-ce se soucier des jeunes (d’ailleurs plus largement opposés au nucléaire que les personnes âgées) que de leur faire endosser le fardeau de l’impossible gestion de nouveaux déchets nucléaires ? Et accepter la mise en service pour 60 ans du réacteur EPR, dont la dangerosité est pourtant connue ?

Alors que le Japon vient de fermer l’intégralité de ses réacteurs en quatorze mois [5], la seule fermeture de Fessenheim témoigne d’un flagrant manque d’ambition et d’une frilosité face à l’industrie atomique.

D’autant plus qu’avec la baisse très probable de la consommation d’électricité française, due à la conjoncture économique et à l’arrêt à prévoir de l’usine Georges Besse 1 (qui consomme l’équivalent de trois réacteurs), François Hollande n’a aucune excuse pour ne pas accélérer les fermetures de centrales.

Sous Hollande, le Réseau « Sortir du nucléaire » restera vigilant et mobilisé

Il reste à espérer que les militants du Parti Socialiste, qui sont majoritairement favorables à la sortie du nucléaire, sauront faire évoluer les positions de leur parti de l’intérieur.

Le Réseau « Sortir du nucléaire » souhaite mettre le nouveau Président de la République face à ses responsabilités et l’appelle à la clairvoyance et au pragmatisme. La France n’a aucun intérêt à conserver l’arme nucléaire, faire obstacle au désarmement mondial et violer le Traité de Non Prolifération.

Et les solutions pour se passer de l’électricité nucléaire sont désormais largement connues. Plusieurs scénarios de sortie existent, il ne manque que la volonté politique, qui n’a pas fait défaut à nos voisins suisses et allemands.

À court terme, le Réseau « Sortir du nucléaire » observera avec vigilance la composition du prochain gouvernement, et les signaux envoyés par la nomination éventuelle de personnalités proches de l’industrie nucléaire. Il reste dans l’expectative quant à la manière dont le nucléaire sera abordé dans le futur « débat sur l’énergie » : assistera-t-on encore à un énième débat bidon ?

Dans l’immédiat, le Réseau « Sortir du nucléaire » attend la mise en œuvre sans délai des deux promesses a minima de François Hollande : fermeture de Fessenheim et abandon effectif du projet de réacteur à Penly.

Tout au long du quinquennat, il se mobilisera plus que jamais pour obtenir l’arrêt total et immédiat du programme EPR, la fermeture de l’ensemble des réacteurs en commençant par les plus anciens, l’arrêt de la production de MOX et l’abandon des projets d’enfouissement de déchets radioactifs.

Le vrai changement nécessite courage, clairvoyance et ambition. Sortons du nucléaire !

Notes

[1] Tribune dans le Nouvel Observateur du 22 décembre 2011 : « Dissuasion nucléaire : je maintiendrai ».

[2] http://www.francetv.fr/info/cazeneuve-un-pro-nucleaire-dans-la-garde-rapprochee-d-hollande_28123.html

[3] Avis IRSN du 5 mai 2010

[4] À titre d’exemple, les énergies renouvelables représentent actuellement 380 000 emplois en Allemagne (source : Bundesministerium für Umweltschutz)

[5] http://groupes.sortirdunucleaire.org/Plus-aucune-centrale-nucleaire-en