• L’exploitation animale : prévisions d’ici 2026

Verlaine et la fée verte

Dans « La bonne chanson », Verlaine aligne des poèmes, dont le suivant où on peut voir l’allusion à une « fée » :

En robe grise et verte avec des ruches,
Un jour de juin que j’étais soucieux,
Elle apparût souriante à mes yeux
Qui l’admiraient sans redouter d’embûches ;

Elle alla, vint, revint, s’assit, parla,
Légère et grave, ironique, attendrie :
Et je sentais en mon âme assombrie,
Comme un joyeux reflet de tout cela ;

Sa voix, étant de la musique fine,
Accompagnait délicieusement
L’esprit sans fiel de son babil charmant
Où la gaîté d’un cœur bon se devine.

Aussi soudain fus-je après le semblant
D’une révolte aussitôt étouffée,
Au plein pouvoir de la petite Fée
Que depuis lors je supplie en tremblant.

Une fée qui a « le plein pouvoir » et qu’on « supplie en tremblant » : il s’agit bien entendu de l’absinthe, appelée la « fée verte » à la fin du 19ème siècle. Cet alcool avait un grand succès, la consommation passant de 8 000 hectolitre en 1874 à plus de 200 000 en 1905.

Mais aussi une une bien mauvaise réputation, puisqu’on l’accusait de rendre fou. La « fée verte » avait 70° d’alcool et ses essences étaient considérées comme provoquant des crises psychotiques.

Verlaine décrit très bien dans ce poème comment la drogue arrive de manière sympathique, délicieusement, pour après emprisonner. Il essaie de se révolter quand il comprend, mais c’est trop tard. C’est un poème intéressant quand on s’intéresse et qu’on refuse l’alcool!

Verlaine était d’ailleurs atteint d’ absinthisme, la dépendance à l’absinthe. Sur le net, on peut retrouver cette histoire, très certainement vrai vu le personnage :

Verlaine se révélera un alcoolique dangereux. Il boit tant qu’il ne tarde pas à souffrir d’une forme violente et délirante d’alcoolisme: l’absinthisme . Lorsqu’il commence à boire de l’absinthe, ses amis cachent les couteaux. Une nuit, aveuglé par l’alcool, il fracasse avec fureur, à coups de canne, les bocaux de verre dans lesquels flottent les foetus de madame Verlaine, (résultat de fausses couches) précipitant les cadavres au sol qui se disloquent. Il tente d’étouffer sa femme et même de tuer son jeune enfant.

Un symbole connu de la folie provoquée par l’absinthe est le tableau suivant de Degas (qui témoigne ici plus d’une fascination morbide que d’une critique, d’ailleurs) :

L’absinthe formait toute une culture ; elle se buvait par exemple avec de l’eau froide versée sur une cuillère avec des trous sur laquelle avait été posé un morceau de sucre. Il y a une fascination sordide pour l’absinthe, censé être « poétique » ; la chanteuse Barbara a une chanson éponyme, où elle chante :

Ils buvaient de l’absinthe,
Comme on boirait de l’eau,
L’un s’appelait Verlaine,
L’autre, c’était Rimbaud,
Pour faire des poèmes,
On ne boit pas de l’eau,
Toi, tu n’es pas Verlaine,
Toi, tu n’est pas Rimbaud,
Mais quand tu dis « je t’aime »,
Oh mon dieu, que c’est beau,
Bien plus beau qu’un poème,
De Verlaine ou de Rimbaud

Voici un poème de 1873 montrant la fascination ou plutôt l’obsession du drogué pour la fée verte, L’heure verte, de Charles Cros :

Comme bercée en un hamac
La pensée oscille et tournoie,
A cette heure où tout estomac
Dans un flot d’absinthe se noie.

Et l’absinthe pénètre l’air,
Car cette heure est toute émeraude.
L’appétit aiguise le flair
De plus d’un nez rose qui rôde.

Promenant le regard savant
De ses grands yeux d’aigues-marines,
Circé cherche d’où vient le vent
Qui lui caresse les narines.

Et, vers des dîners inconnus,
Elle court à travers l’opale
De la brume du soir. Vénus
S’allume dans le ciel vert-pâle.

Voici également un dessin humoristique d’Henri Avelot, paru dans Le Rire en 1904, intitulé De l’heureuse influence de l’alcoolisme dans les arts et se moquant des artistes décadents dans leur rapport à l’absinthe (on remarquera le caractère non végan de la première image: le pêcheur, les animaux tués).

En 1906, la ligue nationale française antialcoolique recueillait 400 000 signatures dans une pétition pour l’interdire, et en 1907 eut lieu une manifestation qu’on ne pouvait voir qu’en France, avec les anti-alcooliques et les… viticulteurs, sous le mot d’ordre « Tous pour le vin, contre l’absinthe » ! Tout un programme!

Et le 16 mars 1915, l’absinthe sera interdite, dans le contexte de la mobilisation, et cela jusqu’en 2010, mais en fait, c’est surtout le nom qui sera interdit en tant que tel.

Une belle preuve que dans la société, la fascination pour l’alcool reste très puissante, valorisée culturellement, comme source d’inspiration et autres mensonges.

Contre l’installation d’une antenne-relais Free au dessus de deux écoles à Paris

La généralisation des téléphones portables s’est faite sans aucun débat ni information; les grandes entreprises ont pu se lancer dans ce business sans aucun souci. Loin de relever du fantasme, l’inquiétude à ce sujet est légitime, à moins d’avoir la naïveté de faire confiance au capitalisme! Et même s’il faut saisir la contradiction des gens qui d’un côté peuvent se préoccuper parfois, mais de l’autre acceptent finalement en bloc tout ce que le capitalisme leur propose comme « marchandises »!

Nous refusons l’installation d’une antenne-relais Free de téléphonie mobile à côté des écoles élémentaire et maternelle 109-111 avenue Parmentier à Paris !

Aidez-nous !

Parents d’élèves des écoles élémentaire et maternelle du 109/111 avenue Parmentier (75011), nous avons découvert fin novembre 2012 la prochaine installation d’une antenne-relais Free de 23 mètres au 107 avenue Parmentier. Mitoyenne des écoles élémentaire et maternelle, la classe de CE1B se trouve par exemple à 5 à 7 mètres de cette future antenne qui serait placée au dessus de 500 enfants de 3 à 10 ans. À ce jour, le projet n’a fait l’objet d’aucune concertation.

Les ondes de ces antennes ont pourtant un impact certain sur le vivant. De nombreuses études démontrent en effet leur nocivité sur nos organismes : perturbation du sommeil, altération des capacités cognitives, augmentation de la pression artérielle, perturbation du système immunitaire, rupture des brins d’ADN, augmentation des risques de tumeurs et de cancers (l’OMS a récemment classé les ondes de téléphonie mobile comme potentiellement cancérigènes, pour plus d’information voir sur les sites Web : http://www.priartem.frhttp://www.robindestoits.org).

Face à ces risques, chacun s’accorde à reconnaître la vulnérabilité toute particulière des enfants. Le principe de précaution nous impose de refuser l’installation de cette antenne à côté d’écoles afin de ne pas mettre en danger la santé des enfants, des personnels des écoles et des riverains.

Il y a urgence à agir car les travaux d’installation pourraient commencer au mois de mars.

Nous avons interpellé les élus depuis le 26 novembre. Nous avons également contacté les ministres, députés et sénateurs intéressés, ainsi que les maires des arrondissements. Nous demandons à être reçus et entendus par la Mairie de Paris.

L’installation d’antennes-relais à côté de lieux dits « sensibles » (crèches, écoles…) – bien que tristement banale au vu du nombre de collectifs existants dans la France entière – revêt pourtant un caractère très important. De l’avis même des élus et opérateurs qui ne manquent pas de rappeler dans la presse combien il est important de prendre en compte les préoccupations des riverains.

Aujourd’hui, la Mairie de Paris se réfugie derrière la Charte de téléphonie mobile, qui autorise des expositions jusqu’à 5 volt/m et 7 volt/m, et qui a déjà soulevé l’ire de certains élus déçus (le conseil de l’Europe enjoint aux gouvernements de l’union européenne d’établir une réglementation à 0,6 volt/mètres). La situation française est scandaleuse.

L’actualité nous livre des exemples chaque jour : l’appel des médecins allemands 10 ans après l’appel de Fribourg, les arrêts des cours européennes, la naissance en janvier prochain de l’organisme Ondesparif et les réclamations récentes des eurodéputés pour l’adoption d’une législation européenne pour informer les consommateurs des risques de tumeurs au cerveau en cas d’utilisation intensive du téléphone portable, ne font que confirmer que le principe de précaution est plus que jamais de mise !

Parents d’élèves, enseignants, directeurs d’établissement, personnels des écoles, syndicats, élus et riverains, nous avons besoin de votre aide pour protéger la santé et la vie des enfants, il ne doit pas y avoir d’antenne-relais à proximité d’écoles !

Aidez-nous, soyez nombreux à nous rejoindre, signez la pétition !

Nous REFUSONS l’installation de cette antenne, nous refusons cette mise en danger d’autrui pour nos 500 enfants !

Collectif les parents d’élèves Parmentier

« Il faut refuser l’idée qu’une viande de qualité serait réservée à une petite minorité »

Nous parlions hier de la grande campagne de la presse de gauche pour une agro-industrie « responsable », et maintenant Fabrice Nicolino pavoise d’être à la une du Monde d’aujourd’hui. Car parmi la véritable cohorte de gens pratiquant une critique bobo – intello de l’agro-industrie, Fabrice Nicolino a acquis un rôle important.

Ce journaliste est très largement mis en avant par les médias ces derniers mois, comme critique de la « malbouffe » industrielle, avec un petit côté moraliste censé satisfaire les personnes amies des animaux et les maintenir dans l’illusion que « les choses avancent » (voir Fabrice Nicolino, Descartes et l’élevage industriel, PMA, décroissance et cathos fachos, « Bidoche, L’industrie de la viande menace le monde », Une « grève de la viande » ?!).

La crise des « lasagnes » a au moins cela de bien qu’elle a aidé à faire tomber les masques, puisque nombre de gens prétendant être concernés par des questions morales ont eu vite fait d’appeler à nouvelle consommation de viande, « locale. »

Dans un chat au Monde, Nicolino révèle donc sa position de fond :

Marie : N’est-ce pas contradictoire de vouloir à la fois la fin de l’élevage industriel, qui baisse les coûts, et que la viande soit accessible à tous ?

La cohérence, c’est qu’il faut baisser massivement la consommation de viande.

Si l’on revient à une consommation modérée de la viande, il est clair que l’on pourra consacrer l’argent nécessaire à une viande de qualité. Car la viande de qualité coûte cher.

Maelle : Pensez-vous qu’il faut développer les alternatives à l’industrie agroalimentaire de la viande ? Doit-on relocaliser la production et limiter les intermédiaires entre producteurs et consommateurs, avec, par exemple, des Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) ?

J’ai de la sympathie personnelle pour les AMAP et toutes les structures imaginées depuis une quinzaine d’années qui permettent aux consommateurs de mieux s’alimenter. Mais je crois qu’aujourd’hui, il faut sortir de la marge.

Il faut refuser l’idée qu’une viande de qualité serait réservée à une petite minorité. Je crois qu’il faut que toute la société française se mette en mouvement pour exiger un cadre nouveau pour la production de viande.

La « viande » de qualité pour tous : voilà un mot d’ordre en apparence « démocratique » ; si la forme l’est, bien entendu le contenu ne l’est pas. Il n’y aucune dimension progressiste là-dedans.

Cette position est la même donc qu’EELV, que les gens à Notre-Dame-des-Landes, que toute une armada d’intellos et de bobos en panique devant la grande industrie et rêvant d’une exploitation animale stable, pouvant se maintenir sur le long terme.

Cela va bien entendu avec une sorte de « romantisme » qui prétend que tout était mieux avant, qu’avant c’était différent, etc. Dans une même veine que le « retour à la terre » de Notre-Dame-des-Landes, Nicolino célèbre le Moyen-Âge :

Claude : Pensez-vous que cette affaire va contribuer à ouvrir un débat sur la condition animale en France ?

Je le souhaite profondément car c’est la face cachée de cette histoire. Comment est-il possible qu’on soit devenus à ce point barbares ? Un animal d’élevage, avant l’industrie, était un être vivant, sensible. Il pouvait être maltraité – il l’a été d’innombrables fois –, mais la vision sociale de l’animal n’avait rien à voir avec celle imposée par l’industrie de la viande.

Aujourd’hui, non seulement l’animal d’élevage est constamment maltraité pendant sa courte existence terrestre, mais en outre, on ne le voit plus que comme un assemblage de morceaux à découper. Son identité est totalement niée.

Et je pense que les humains que nous sommes, que les hommes s’honoreraient à repenser radicalement leurs relations avec des animaux qui leur ont tout donné. Sans la force de travail de ces animaux, aucune civilisation du passé n’aurait émergé.

Célébrer la vision sociale des animaux avant « l’industrie », il fallait tout de même le faire ! Nicolino doit regretter les massacres d’animaux effectués directement dans les rues !

Voilà pourquoi il faut être inflexible, quitte à apparaître comme intolérants en raison de la propagande mesquine et mensongère de réformistes faisant semblant d’être des révolutionnaires.

Ce qu’on a ici c’est l’hypocrisie, comme avec Onfray et l’antispécisme sans véganisme, on a ici une philosophie du « un peu mais pas trop », une sorte de morale flexible anti-universelle (voir le végétarisme cet anti-universalisme), un libéralisme adapté aux bobos !

Nicolino est un de leurs idéologues :

Yohann : Est-il nécessaire de remettre en cause notre surconsommation de viande et de l’abaisser ?

Pour de multiples raisons (morales et philosophiques), pour des raisons écologiques, de santé publique, il faut absolument réduire massivement notre consommation de viande.

Pour la morale, il faudrait réduire ? Non, il faut abolir. En réduisant, on maintient la fiction de la morale, et c’est cela que veut Nicolino le non-végan.

« Demeatarian »

Avec la crise des « lasagnes », la presse de gauche diffuse massivement le thème d’une consommation « responsable » de viande. Depuis Libération jusqu’au Monde, on trouve de manière incessante des articles dans l’esprit de Notre-Dame-des-Landes : il faut du local, du responsable, etc.

La droite, elle, s’en moque puisqu’elle soutient simplement l’agro-industrie. La gauche, sans contenu « révolutionnaire », fait du réformisme en mode facho – retour au terroir, sous prétexte de critiquer les « puissants » elle soutient des petits enfers locaux, « alternatifs », responsables.

Et comme constaté avec les Michel Onfray, Marcela Iacub, etc., il y a toute une théorie anti-vegan de développé. Voici un exemple avec la mise en avant d’un nouveau concept de plus : « demeatarian, qui désigne les personnes qui ont décidé de baisser leur consommation de viande. »

L’alibi intellectuel et « alternatif » est là, le terme venant de Mark Sutton, auteur d’un rapport sur les nutriments pour le compte du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Voici comment cela est mis en avant dans une interview publiée par Libération.

 «La viande doit redevenir un aliment spécial»

Interview Mark Sutton, auteur d’un rapport pour le Programme des Nations unies pour l’environnement, prône une diminution drastique de notre consommation.

Les hommes produisent et utilisent trop d’engrais à travers le monde. Pire, ces engrais sont tous destinés à des cultures, dont 80% finissent dans les auges du bétail et des élevages qui nourrissent les hommes. Pour Mark Sutton, auteur d’un rapport sur les nutriments pour le compte du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), les hommes mangent trop de viande. Et si les consommateurs des pays riches réduisaient leur consommation de bidoche de 50%, cela soulagerait les sols, le climat et les corps.

Pourquoi vous être intéressé aux nutriments à travers le monde ?

Le PNUE souhaitait avoir une vision globale des usages d’azote et de phosphate à travers le monde.

Nous avons constaté que les deux engrais les plus utilisés étaient à la fois trop utilisés dans certaines régions, provoquant des pollutions de l’air, de l’eau, réchauffement climatique, ….et mal répartis à la surface du globe, ce qui met en péril la sécurité alimentaire de zones fragiles sur le plan agricole. Le défi de l’agriculture du XXIe siècle sera celui-là : produire plus en polluant moins.

Qu’avez-vous constaté ?

Que 80% de l’azote et entre 25% et 75% du phosphore consommés terminent dans l’environnement. Que la plupart des dommages ne sont jamais évalués.

Pourtant, continuer à utiliser les engrais comme on le fait accroît les effets du réchauffement climatique à cause de l’augmentation du protoxyde d’azote (N²O), cela dégrade aussi l’eau, l’air, les sols et menace la biodiversité. Tout cela a un coût, notamment pour les services rendus par les écosystèmes, d’environ 127 milliards d’euros.

Vous avez étudié azote et phosphate pour aboutir à une conclusion étonnante…

Pas tant que ça ! L’agriculture mondiale produit des cultures mais celles-ci ne sont pas directement destinées aux hommes. En effet, 80% d’entre elles servent à nourrir les animaux que les hommes mangent. En rajoutant une étape dans notre chaîne alimentaire, nous déstabilisons grandement l’environnement.

En Europe, l’homme mange en moyenne 70% de protéines en trop par rapport à ses besoins. Non seulement, nous, dans les pays riches mangeons trop, mais nos agriculteurs utilisent aussi trop d’engrais.

D’un côté, les exploitants et l’industrie chimique peuvent agir en développant des méthodes de dispersion plus sobres, ou s’engager dans des méthodes agricoles sans intrants [les engrais, produits phytosanitaires etc…], mais chaque individu est aussi concerné, notamment à travers son régime alimentaire.

D’où l’idée de manger moins de viande ?

Tout à fait. J’ai même inventé un terme pour cela : demeatarian [=dé-viand-arien – NDLR], qui désigne les personnes qui ont décidé de baisser leur consommation de viande. Par opposition au vegetarian, au « veggie », qui y a renoncé totalement, le « demi » mange encore des protéines animales mais deux fois moins.

Si pour certains, il est inenvisageable de renoncer au gigot d’agneau pour des raisons culturelles ou de goût, beaucoup d’entre nous peuvent en consommer moins. Il faut que la viande redevienne un aliment « spécial », s’offrir de la qualité en soutenant les agriculteurs locaux et consommer moins de steaks et de saucisses, de plats transformés à base de mauvaise viande pas chère.

Ce n’est pas tout à fait la voie qu’emprunte l’humanité… Si la consommation de viande baisse légèrement dans les pays riches; elle explose au Brésil ou en Chine.

Exact. Près de la moitié des porcs du monde – c’est-à-dire 476 millions d’individus – sont actuellement élevés en Chine !

Ce pays produit déjà 29% de la viande mondiale et elle en a importé 1,38 million de tonnes en 2009 pour combler les manques. La demande mondiale de viande devrait encore augmenter de 40% d’ici à 2025. Tout ceci ne va pas dans le bon sens, mais si nous, dans les pays riches, pouvions inverser la tendance, ce serait un signal intéressant.

Marcela Iacub, Dominique Strauss-Kahn et le « pourceau d’Epicure »

Nous parlions ces derniers jours des intellos bobos utilisant la question animale pour leurs délires variés : l’affaire Marcela Iacub qui « buzze » depuis quelques jours est ici exemplaire.

Les médias parlent beaucoup d’elle car elle publie un livre intitulé « Belle et bête » où elle parle de sa liaison avec Dominique Strauss-Kahn, avec un argumentaire à vomir contre les… cochons. « DSK » serait un porc, dit-elle, en philosophant.

Et le mot « philosophant » n’est pas choisi ici au hasard. Marcela Iacub est chercheuse au CNRS, elle est une grande partisane des théories « queer » et argumente en faveur de la prostitution, du rejet de toute morale, etc.

Elle est également ces derniers temps une « spécialiste »… de la question animale. Nous avons récemment parlé d’elle au sujet du numéro du Point consacré à « La viande : la nouvelle guerre de religions. »

Elle donnait alors l’impression d’être quelqu’un voulant revenir à une position naturelle, une épicurienne – « les animaux peuvent être des maîtres de bonheur » – en mode décadent et délirant, racontant un peu tout n’importe comment.

L’affaire Dominique Strauss-Kahn – Iacub confirme cela, puisque Iacub a entretenu une liaison avec Strauss-Kahn de janvier à l’été 2012, juste afin de la raconter par la suite ! Elle écrivait en même temps par ailleurs pour le quotidien Libération, prenant la défense de Strauss-Kahn…

Et ce qu’on voit avec son livre, c’est que Iacub, en queer à la recherche de la « subversion », utilise les animaux pour son délire. Voici ce qu’elle dit dans son livre, dans des passages largement cités par la presse :

« Seul un cochon peut trouver normal qu’une misérable immigrée africaine lui taille une pipe sans aucune contrepartie, juste pour lui faire plaisir, juste pour rendre un humble hommage à sa puissance. Et la pauvre est revenue dans la chambre pour voir si tu lui avais laissé un quelconque pourboire, mais il n’y avait rien. »

« Ce qu’il y a de créatif, d’artistique chez Dominique Strauss-Kahn, de beau, appartient au cochon et non pas à l’homme. L’homme est affreux, le cochon est merveilleux même s’il est un cochon. C’est un artiste des égouts, un poète de l’abjection et de la saleté. »

« Tu te comportais comme un méchant porc. Tu n’étais plus la victime de la société, mais mon agresseur, mon bourreau. Je me disais À quoi bon continuer de le traîner de tribunal en tribunal, de viol en viol ? Il serait plus utile transformé en jambon. Il pourrait nourrir les contribuables au lieu de leur coûter tant d’argent. »

« Il m’a fallu du temps pour comprendre cet étrange dédoublement qui faisait de toi à la fois un beauf et un grand poète, une brute et un artiste des plus raffinés. Que ce n’était pas l’homme qui composait tes phrases mais le porc. De comprendre que tu n’es pas un porc quelconque mais le roi des porcs. Ta grandeur, ta seule véritable grandeur est là, dans la manière sublime que tu as, quand le désir s’empare de toi, de cracher dans des phrases la beauté, la densité, la puissance de ta condition. »

« Je tiens à dire à quel point cette mise au pilori est une injustice. Je tiens à préciser, à souligner, à répéter mille fois qu’il faudrait médicaliser l’homme, l’enfermer, le neutraliser, et sauver le cochon. »

La dernière citation reflète le paradoxe de Iacub, qui critique l’abjection pour s’y complaire, tout comme Nietzsche critiquait le nihilisme pour s’y complaire.

Pour comprendre l’arrière-plan de la démarche de Iacub, il faut se rappeler du « pourceau d’Epicure. » Comme le grec Epicure était athée – en apparence, il respecte les Dieux, mais dans la logique de sa pensée il faut célébrer la Nature, son disciple Lucrèce le fera dans De rerum Natura – l’Eglise catholique a parlé du « pourceau d’Epicure. »

L’épicurisme, sobriété naturelle sereine et lointain ancêtre de la philosophie vegan straight edge, a été décrit par l’Église catholique comme une philosophie de l’excès, de la soumission aux pulsions, etc.

Le paradoxe est qu’à la base l’expression a été utilisé par le poète romain Horace pour désigner quelqu’un ayant mal interprété la doctrine d’Épicure et faisant de la satisfaction de ses pulsions un fétiche.

Voici ce que disait Horace :

« Au milieu de l’espérance et du souci, au milieu des craintes et des emportements, regarde chacun des jours qui luisent pour toi comme ton dernier jour. Bienvenue sera l’heure qui viendra de surcroît sans être espérée. Viens me rendre visite quand tu voudras rire, viens voir un homme gras, poli, la peau bien soignée, un porc du troupeau d’Épicure. »

La Bible, tant dans sa première version que la seconde (Torah, ancien et nouveau testaments), attaquait déjà les cochons ; avec le « pourceau d’Epicure », on est dans une continuité idéologique.

Cette guerre religieuse anti-athée s’est poursuivie par la suite. Dans la Doctrine curieuse (1624) du Père Garasse, on peut lire :

Pour Epicure, son esprit, sa religion, ses déportements lui ont acquis cette qualité et cette opinion parmi les hommes, que quand on veut parler d’un brutal, on l’appelle épicurien ; ses disciples et sectateurs ont été nommés pourceaux […] et les Grecs, hommes sages voulant qualifier un sot et athéiste, l’ont appelé simplement […], épicurien, esprit de pourceau.

(II, 5, p. 138)

L’épicurisme s’est confondu avec l’athéisme, et la vie simple du cochon était intolérable pour les religieux considérant que l’humanité n’est pas animale.

C’est là qu’arrive Marcela Iacub, avec une espèce de subversion bidon où elle prétend renverser la morale chrétienne, tout en restant finalement sur la même base. Sa propagande anti-cochons est digne des pires dévôts.

Quant à son voyeurisme et son utilisation des médias, rien n’est moins épicurien, et pour finir citons le philosophe grec Diogène Laërce donner un point de vue sérieux sur Epicure :

« Il existe des témoins capables d’attester sa bonté envers tout le monde, l’hommage de vingt statues rendu par sa patrie, la foule de ses amis dont le nombre ne pourrait pas même se mesurer par villes entières, la force qui allie tous les membres de son école au charme de son enseignement… sa reconnaissance envers ses parents, sa générosité envers ses serviteurs… et de manière générale son humanité à l’égard de tout le monde.

Et à un moment où la Grèce était en proie aux pires difficultés, il continuait d’y vivre, se contentant de faire deux ou trois voyages en Ionie auprès de ses amis. Ces derniers venaient à lui de tous côtés et vivaient avec lui… dans le jardin… de la façon la plus modeste et la plus simple. Il affirme lui-même dans ses lettres qu’il se contentait simplement d’eau et de pain sans apprêts. Et il dit : envoie-moi un pot de fromage afin que je puisse faire bombance quand je le veux. »

« Contre la galette saucisse et la tradition de l’exploitation des animaux »

Voici un tract diffusé par gaRENNES, média pour la libération totale basée à Rennes et qui affronte ici une question locale d’importance.

Contre la galette saucisse et la tradition de l’exploitation des animaux

La galette saucisse est présentée comme un produit traditionnel, populaire : vendue les soirs de match au stade rennais (les supporters en ayant fait un hymne), dans les kermesses, les braderies…

Derrière la tradition, la modernité des fermes-usines et ses abattoirs

Mais la «tradition» cache la réalité des fermes-usines, où la rentabilité est poussée au maximum (l’élevage intensif des cochons en Bretagne représente la quasi-totalité de la production). Dans ce cadre, l’industrie agroalimentaire ôte la vie des animaux et leur prive d’une vie digne : la concentration dans les espaces confinés provoque entre autres troubles du comportement, maladies…

Pendant longtemps, la consommation des animaux a été limitée : dans les petites exploitations familiales, la viande des animaux était d’abord destinée à de l’autoconsommation, l’excèdent étant revendu vers les villes (jusqu’à Paris) comme c’était le cas dans l’exploitation des cochons.
Ainsi, en Bretagne, ce n’est que très récemment que les crêpes ou galettes sont garnies avec de la viande (comme la saucisse). Car depuis les années 1950, le regroupement d’exploitations agricoles, l’intensification de la production «démocratise» la consommation de viande : l’industrie agroalimentaire se développant devait trouver des débouchés commerciaux.
Mais opposer tradition et élevage industriel en soi est insuffisant : la concentration et l’intensification de la production commençant dès l’époque de l’élevage traditionnel. Et depuis les débuts de l’élevage, les interêts des animaux ont été mis de côté.

Remettre en cause les traditions

A notre époque, rien ne justifie d’exploiter les animaux. Les conditions matérielles dans lesquelles nous vivons n’impliquent pas une logique de survie, de dominer les autres animaux comme cela a pu être le cas à d’autres époques. Au contraire, la surproduction est la règle : la nourriture fabriquée pour ếtre vendue ne correspond pas à des besoins réels.

Nous devons reconnaître que les animaux, comme tous les être vivants de la planète ont un interêt à vivre pour eux-mêmes, sans qu’il soit question d’y voir une “ressource” à exploiter.

développer une culture positive

Au niveau individuel, c’est refuser les produits de l’exploitation animale et choisir le mode de vie vegan (ne pas consommer de produits d’origine animale ou sous-produits de l’exploitation animale pour l’alimentation, les produits cosmétiques et ménagers ou bien l’habillement).

Il faut aussi intégrer le véganisme dans des démarches collectives : il existe en France des cantines de cuisine vegan présentes lors d’évènements culturels, ou en soutien à des luttes sociales et écologistes. Par exemple, les collectifs Food Not Bombs (‘De la bouffe pas des Bombes”), qui sont des cantines de rue à prix libre.
Des initiatives allant dans ce sens pouvant se faire à petite échelle, entre personnes de confiance (diffuser de l’information, organiser des repas vegans dans son quartier ou dans un concert…)

Ces démarches s’inscrivent dans une perspective plus globale de changement social, de lutte contre la domination sur les animaux, mais aussi entre humains (exploitation économique, domination sous le prétexte de race ou de sexe…). Nous voulons une société égalitaire, qui s’inscrit dans le respect de la planète et de l’ensemble des ses habitantEs.

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Quelques questions à Trust Comes Tough

Trust Comes Tough est un petit projet australien produisant des vêtements et des objets en rapport avec la culture straight edge et vegan straight edge. Voici les réponses faites à nos quelques questions.

1.Peux-tu nous parler du projet Trust Comes Tough ?

J’ai commencé Trust Comes Tough avec seulement deux modèles straight edge, vu qu’il n’y avait rien de cela de disponible en Australie.

Cela s’est vendu tout de suite, alors j’ai décidé de continuer à faire rouler cette histoire. Je n’ai jamais prévu d’en faire un grande marque de vêtements, j’avais juste a décider que c’était un bon moyen d’exprimer mes choix de vie et des avis sur les choses à travers des marchandises.

Comme Trust Comes Tough a grandi, j’ai sorti de plus en plus de modèles avec une variété de différents messages et ai commencé à imprimer sur des éléments tels que des ceintures, des shorts pour femmes, des sweats, des t-shirts manches longues, des housses pour iphone et ainsi de suite! Trust Comes Tough a toujours été et sera toujours centré sur le message. Je vends mes articles pour le prix le moins cher possible.

En Australie, la plupart des marques des vêtements vendent des T-shirts pour 40 $ ou plus, je vends mes T-shirts pour 25 $ afin que les gens puissent se les permettre et aider à répandre les messages que TCT défend.

2.Quelles sont les valeurs que tu défends, comment les comprends-tu ?

Je défends tout depuis le straight edge, vivre drug free, le mode de vie hardcore, le véganisme, les droits des animaux, croire en soi-même et vivre libre de dieux et de religions, devenir un punk / proscrit / non-conformiste et maintenir un mode de vie positif pour soi-même, la planète et le monde autour de soi.

3.Quel genre d’esthétique défends-tu ? Penses-tu qu’il n’y a qu’un seul genre spécifique d’esthétique straight edge ou vegan straight edge ?

Trust Comes Tough est pour tout le monde. Les straight edge, les vegans, les kids hardcore et ceux qui essaient de faire une différence.

4.Comment vois-tu le futur de ton projet et de la culture straight edge ?

Comme déjà dit, Trust Comes Tough ne sera jamais là pour l’argent, cela suffit en soi et cela a toujours été ainsi. Je suis content comme ça.

Voir quelqu’un porter mes modèles lors d’un concert, dans la rue, à la télévision est assez pour moi et d’avoir des gens faisant la promotion des messages que j’ai mis dessus est plus important pour moi que de vendre mes t-shirts pour davantage et escroquer les gens ainsi.

Si je fais quelques dollars ici et là je ne vais pas me plaindre, mais cela n’a jamais été l’objet de ce projet.

J’ai juste beaucoup de choses à dire et veux que le monde sache ce qui se passe dans ma tête et que c’est ok d’être différent et que c’est possible de vivre un mode de vie clean, sobre, sans dieu et de profiter de sa vie, ainsi que que respecter les animaux avec qui nous partageons le monde et en terminer avec le mal que nous leur infligeons…

La concentration des abattoirs

La crise des « lasagnes » est une conséquence directe de l’exploitation animale, qui dans la logique du profit pousse toujours plus à l’extrême la gestion de la production. Si la France aime ainsi son image d’Epinal de pays de fermes et de paysans, la réalité est toute autre : l’agro-industrie est surpuissante.

En illustration, voici un intéressant article du Courrier Picard, qui traite de la concentration des abattoirs. Ce qui est d’autant plus pratique pour les fermer demain ! Car l’exploitation animale arrivant à son point culminant ne peut que s’effondrer que comme un château de cartes !

PICARDIE Les abattoirs sont abattus

Il y en avait autrefois dans la plupart des grosses bourgades… Il n’en reste souvent qu’un par département. L’abattage connaît une concentration qui finit par nuire.

«C‘est vrai, je regrette un peu l’époque où je me rendais chez un éleveur de Crécy-en-Ponthieu pour y choisir mes bêtes sur pied. Mais c’est vrai aussi qu’aujourd’hui on n’a plus vraiment le temps

Artisan boucher installé à Abbeville, Frédéric Botte achète désormais, comme la quasi-totalité des boucheries traditionnelles, sa viande chez un grossiste. Lagache, Lebel Viande… Dans le jargon, on les appelle des « chevillards».

Ces grossistes achètent la viande sur pied à un producteur qui fait abattre les bêtes. Ils récupèrent les carcasses et les débitent pour le compte de leurs clients.

«Le système fonctionne bien, estime Jean-Louis Delayen, artisan à Amiens. Je téléphone en fin de semaine pour passer mes commandes et j’ai au bout du compte une qualité identique à celle que j’avais lorsque j’allais chez Défial (les ex-abattoirs d’Amiens fermés) choisir mes bêtes.»

Changement d’époque, nouveaux circuits… Ces quinze ou vingt dernières années, le paysage de l’abattage a considérablement évolué dans l’Hexagone, pour passer d’une logique de proximité à une logique de concentration. Rationalisation des coûts oblige.

Il reste un abattoir dans la Somme et un dans l’Oise

Dernier épisode en date: la fermeture, le 1erfévrier, des abattoirs de Domart-en-Ponthieu dans la Somme, ne laisse qu’un établissement dans le département, à Montdidier.

Dans l’Oise, il ne reste que les abattoirs Bigard à Formerie. Exception qui confirme la règle, l’Aisne en compte encore trois: à Laon, Hirson et au Nouvion-en-Thiérache. Mais ce dernier qui abat exclusivement des porcs, a failli disparaître et a été repris in extremis par une vingtaine de salariés qui ont créé une société coopérative et participative (Scop).

Au cœur de ce phénomène de concentration: les coûts, devenus très importants, couplés à une baisse de la consommation de viande.

«Quand vous achetez une prestation d’abattage, elle représente une ligne sur la facture avec X kilos de viande multipliés par le prix. En dessous, il y a douze lignes de taxes qui doublent le prix. Aujourd’hui, plus personne ne fait ce métier-là pour gagner de l’argent, mais pour assurer la sécurité de ses abattages», résume Maurice Soufflet directeur des établissements Lagache, à Friaucourt (Somme).

Lui achète toujours ses bêtes sur pied. Et s’efforce de rester dans ce schéma de proximité qui a longtemps prévalu: «Mais ça devient difficile parce qu’il y a de moins en moins d’abattoirs. Si les acheteurs ne se déplacent plus, les bêtes elles, font de plus en plus de kilomètres».

Une concentration qui finira par avoir ses limites. L’allongement des trajets étant forcément synonyme de renchérissement du coût du transport et de régression en termes de bien-être des animaux.

Si tout le monde a semblé jusqu’ici se satisfaire de la rationalisation du réseau – à commencer par l’État qui a trouvé là le moyen d’assurer un contrôle à la fois plus efficace et moins coûteux des normes sanitaires – on a atteint un seuil en deçà duquel, il deviendra compliqué de faire abattre les bêtes dans de bonnes conditions.

Le ministère de l’Agriculture planche sur un schéma. Sachant qu’il lui manque une donnée essentielle: au bout du bout, ce sont les industriels qui décident.

« Anti-spéciste » sans être végan?!

Comme nous parlions hier du véganisme « intégrable » dans le paysage institutionnel, dans une interprétation bobo, voici une petite citation illustrant cette philosophie.

Elle est tirée d’un article, il en s’agit d’ailleurs de la conclusion, de Anne-Sophie Novel, sur un blog du monde (elle-même est « spécialisée » dans l’écologie, les initiatives « alternatives », etc.).

Si l’homme est devenu ce qu’il est aujourd’hui en consommant de la viande, il lui est aussi possible aujourd’hui être anti-spéciste et plus raisonnable sans forcément devenir végétarien/végétalien. A quand de vraies mesures et un vrai débat sur le sujet ?

Cette citation veut absolument tout dire. Le véganisme sans le véganisme, tel est l’objectif des bobos, qui comptent bien intégrer coûte que coûte la question animale.

De manière fort juste, la personne à l’origine de cette citation appelle à la rescousse le très médiatique Michel Onfray. Ce philosophe libéral – libertaire est très utile pour ces gens, car il se veut athée mais rejette la Nature.

C’est-à-dire que c’est un philosophe qui « modernise » la pensée de Descartes, sans la renverser. Il est pour s’ouvrir aux animaux, mais en maintenant leur statut « à part », tout en prétendant avoir une attitude différente.

Là où l’antispécisme allemand se revendique d’Adorno et exige une rupture immédiate avec une « totalité aliénante », assimilant le meurtre industriel de l’exploitation animale à Auschwitz, Michel Onfray prône une rébellion libérale de l’individu aliéné… La révolte verbale de l’antispéciste mangeant du foie gras !

Voici des réponses significatives qu’il donne à deux questions qu’on lui pose dans une interview mise en avant par la personne du blog du Monde :

Au-delà du combat juridique, comment pourrions-nous introduire plus de respect dans la façon dont l’homme traite les animaux ?

En étant exemplaire dans la punition des mauvais traitements infligés aux animaux… Mais aussi en éduquant.

En popularisant le débat qui inviterait à réfléchir au sujet du statut des animaux dans notre société. En faisant entendre une voix pacifique, raisonnable et militante pour défendre les animaux.

En se désolidarisant des outrances de certains discours de militants qui assimilent la batterie de poulets d’élevages (une abjection morale…) au système concentrationnaire nazi.

L’homme est devenu ce qu’il est aujourd’hui en consommant de la viande (les paléo-anthropologues estiment que la consommation de viande a permis le développement du cerveau de l’hominidé, et notre dentition aurait aussi évolué avec la modification de notre régime alimentaire)… Peut-on donc être anti-spéciste et ne pas être végétarien/végétalien ?

Vous posez une question importante… Je ressens pour ma part une contradiction (or, comme j’essaie de travailler à la cohérence de mon existence, je la ressens avec énervement…) dans le fait de penser ce que je pense et de manger tout de même de la viande.

Même si je n’achète jamais de viande pour moi, il m’arrive d’en acheter pour des amis auxquels je fais à manger – ou pour ma compagne qui en mange, alors que je préfère le poisson – qui , je ne l’ignore pas, est aussi un animal… Mais on parle aussi de viande de poisson…

Au restaurant, je mange toujours du poisson. Mais j’aime le foie gras, ce qui, je le sais, est une hérésie quand on pense ce que je pense et que l’on sait qu’il a fallu faire souffrir un animal par le gavage… Le comble pour un hédoniste…

La viande n’est pas seulement un aliment, elle est aussi un symbole et parfois un symbole festif  dont ne se défait pas facilement : le chapon ou la dinde de Noël, les huîtres (des animaux mangés vivants et tout crus…)  et le foie gras des fêtes, le poulet rôti ou le gigot des familles du dimanche, la côte de boeuf grillée ou les merguez des repas de copains…

Je suis victime de la logique perverse que je décris, ce qui nomme tout cru, si je puis me permettre l’expression, l’aliénation !

Il faut être « raisonnable » et athée : en réalité, c’est contradictoire, car la « raison » relève de l’esprit et considérer qu’il y a un « esprit » c’est faire de l’être humain un être « pensant », ayant un « esprit », une « âme », etc.

Le véritable athéisme ne distingue pas le corps et l’esprit, il appelle à être soi-même, naturel, et certainement pas… « raisonnable » !

Face à l’exploitation animale, il ne faut pas être raisonnable avec Descartes, il faut être plein d’émotion, en insurrection pour la Nature !

Un pot au feu vegan… qui ne l’est pas

L’écolomag est une de ces revues gratuites distribuées dans les magasins bios, diffusant l’idéologie du bio dans ses multiples variantes, un peu mystique, un peu écolo, beaucoup commercial, un peu artisanal, parfois industriel.

Bien entendu, ce n’est pas du tout une revue en faveur de la libération animale, puisqu’il s’agit ici pour le magazine de prôner une exploitation semi-artisanale, « correcte », etc. Cependant, puisque le véganisme apparaît de plus en plus dans la société française – même si cela est embryonnaire – la question est abordée.

Le but est bien entendu d’intégrer le véganisme dans la démarche bio, dans un mode libéral, flexitarien, etc. Seulement cette fois-ci il y a tout de même un gros bug…

En effet, si Lina Charlot « possède une forte expérience dans le domaine des métiers de bouche et de la diététique », et si elle donne des cours « depuis 30 ans », « sur près de 100 thèmes différents »… elle n’a pas pour autant remarqué que la « tomme de brebis ou de chèvre », ce n’est pas végan…

Bien entendu, il s’agit peut-être d’une erreur, « malencontreuse », les deux autres recettes proposées étant véganes. Seulement déjà le mot est impropre, puisqu’il aurait fallu parler de recettes « végétaliennes », pas véganes.

Qui dit végan dit en effet végétalisme + refus d’utiliser des produits liés à l’exploitation animale pour ce qui concerne l’habillement, les cosmétiques, etc.

Seulement, avec la frénésie hipster que l’on connaît ces derniers temps, le mot « vegan » est mis à toutes les sauces, même celles qui ne sont pas végétaliennes…

La société aspire le « vegan » et change son image d’Épinal, transformant le vegan prétendument isolé socialement, ennuyeux, tout blanc de peau, parfois agressif, en un semi-vegan plus ou moins hype, libre d’esprit et refusant les bornes, pratiquant un free style tellement hip !

Naturellement, certains diront que LTD coupe les cheveux en quatre et que ce n’est qu’une erreur. Mais c’est ne rien comprendre aux mouvements de fond dans la culture dans la société. Comment arriver à changer les valeurs et les comportements si l’on ne fait pas attention à ce qui se déroule dans la société ?

Auparavant, jamais le mot « vegan » n’apparaissait dans un magazine bio, et là il apparaît, mais sans que le terme corresponde, c’est-à-dire qu’il est accepté, mais pas dans sa forme radicale, en contradiction avec toute une partie de l’idéologie du bio !

Les vegans sont toujours trop ceci, trop cela, alors pour s’en défaire, le libéralisme entend bien aspirer le mot, trafiquer son sens, isoler les « extrémistes » et les « sectaires » rigides. Tuer le concept, afin de tuer la démarche, voilà la tendance du moment contre le véganisme !

« Nous ne nous en sortirons qu’en reconnaissant la nature véritable de la Terre, le plus grand être vivant du système solaire… »

« Je qualifie Gaïa de système physiologique car elle semble destinée à réguler le climat et la chimie de la Terre de façon optimale et propice à la vie. De tels objectifs évoluent avec l’environnement et s’adaptent aux différentes formes de vie.

Nous devons envisager Gaïa comme un système global composé de parties animées et inanimées.

Le foisonnement des organismes vivants que permet la lumière solaire renforce Gaïa, mais cette énergie sauvage et chaotique est bridée par les contraintes (physiques et chimiques) qui façonnent cette entité (Gaïa) en quête d’un équilibre profitable à la vie.

La reconnaissance de ces contraintes pesant sur le développement de la vie me paraît essentielle à la compréhension intuitive de Gaïa. Elles affectent non seulement les organismes ou la biosphère, mais aussi le milieu physique et chimique.

S’il est évident que celui-ci peut se révéler trop chaud ou trop froid pour les êtres vivants les plus courants, d’aucuns trouveront moins évident que l’océan devienne un désert lorsque sa température de surface dépasse une douzaine de degrés.

En effet, il se forme alors, au contact de l’air, une couche stable d’eau chaude qui ne se mélange pas avec les eaux plus fraîches des profondeurs, riches en nutriments.

Cette propriété purement physique de l’eau de mer prive d’éléments nutritifs la vie présente dans la couche chaude éclairée par le soleil, qui ne tarde pas à se dépeupler. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles Gaïa semble s’évertuer à maintenir la Terre fraîche.

Vous remarquerez que je continue à utiliser la métaphore de la « Terre vivante » ; n’allez pas croire pour autant que j’imagine Gaïa douée de sensations ou que je la conçoive vivante comme un animal ou une bactérie.

Je pense qu’il est grand temps d’élargir la notion quelque peu dogmatique et limitée de la vie considérée comme organisme reproductible et déterminée par la sélection naturelle (…).

La métaphore est importante pour appréhender la mauvaise passe dans laquelle nous nous trouvons : nous ne nous en sortirons qu’en reconnaissant la nature véritable de la Terre, le plus grand être vivant du système solaire, irréductible à un objet inanimé, encore moins à un « vaisseau spatial. »

Tant que nous ne l’aurons pas ressenti en notre âme et conscience, nous n’éprouverons pas d’instinct ce que nous vivons sur une planète vivante, capable de réagir aux changements en les éliminant ou en neutralisant leurs auteurs.

Tant que le caractère vivant de la Terre – sa régulation du climat et de la chimie – nous échappera, nous n’aurons pas la volonté de réformer notre mode de vie, ni ne comprendrons que nous avons fait d’elle notre pure ennemie. » (James Lovelock, La revanche de Gaïa)

L’étrangleur frappait dans les rues de Metz

Ce n’est pas un simple scandale, mais un triple scandale. Et il faut toute son attention pour ne pas tomber dans les multiples pièges du social-darwinisme.

L’affaire est la suivante : à Metz, une personne était payée par la mairie pour attraper les pigeons et les tuer à la main ! Elle dépendait même de « l’adjoint à la tranquillité publique »…

La diffusion de cette information par la Ligue de Protection des Oiseaux de Moselle a provoqué une telle onde de choc que la mairie de Metz vient d’abandonner la méthode.

Sauf qu’il y a un second scandale, c’est que la méthode qui va donc revenir est… le gazage au Co2. On passe du meurtre version homme préhistorique à meurtre industriel de masse version nazie.

Le troisième scandale, c’est que la Ligue de Protection des Oiseaux considère les pigeons comme des « nuisibles » et ne s’en occupe pas du tout. C’est une honte, et on peut qu’être très contentE que la LPO de Moselle mette en avant les pigeonniers, comme seule méthode « acceptable » (même si naturellement le principe de voler et tuer des œufs n’a rien de  correct en soi).

La LPO de Moselle parle du pigeonnier comme « seule méthode de limitation déontologiquement acceptable », malgré le prix plus élevé c’est « la seule solution respectueuse des animaux. »

Nous qui considérons les pigeons comme des animaux malheureusement particulièrement ciblée par le social-darwinisme, nous ne pouvons qu’apprécier l’émergence d’une prise de conscience de cette question.

La question de la situation des pigeons va forcément de pair avec la remise en cause de l’idéologie social-darwiniste, de la domination du béton urbain, de l’anthropocentrisme forcené méprisant la Nature !

Friends will be friends

On nous a fait part de cette image, qui est diffusée de-ci de-là sur internet. On peut voir un chat en train de veiller sur un autre, qui est en fait décédé. L’image explique que le chat est resté ainsi pendant sept jours, à protéger le second chat.

D’après nos recherches, le chat a en fait tenté de protéger le second pendant deux heures. C’est déjà énorme, car il a montré une très grande agressivité envers les humains pour protéger l’autre, ce qui n’arrive normalement qu’à un chat protégeant ses petits.

Ne pas prendre la fuite, dans une telle situation, est rarissime. Nous ne savons pas comment on en est arrivé au chiffre de sept jours sur l’image (ni si c’est la vérité, a priori non), mais malheureusement c’est souvent le problème avec internet… et avec une vision du monde morbide, également typique d’internet, qui « pioche » des faits divers pour expliquer que, quand même, tout n’est pas si affreux.

Cette histoire s’est déroulée à Antalya, en Turquie, et le chat protégeant l’autre est le fameux chat de Van, extrêmement social (et aimant l’eau), nous en avions parlé très brièvement ici.

C’est un exemple non pas que la vie est entr’aide et symbiose parfois, mais bien tout le temps, sauf qu’on y prend pas assez garde. La société explique en effet que la Nature serait la concurrence, la guerre de chacun contre chacun, la survie du plus fort.

Et dans cette vision unilatérale, la complexité même de la vie est niée. Pourtant même le pire individualisme humain est lui-même une combinaison en équilibre, avec un nombre incommensurable de bactéries jouant essentiellement pour son organisme, étant même une partie de son organisme. Voir les choses par le « petit bout de la lorgnette » est toujours la pire des choses!

« T’as plus qu’à prendre un fusil pour aller libérer les animaux »

Faudra-t-il une révolution pour la libération animale ? Oui, c’est inévitable, et ceux qui disent que non sont des gens qui se trompent, ou de fieffés menteurs totalement empêtrés dans une société capitaliste immonde.

Il faut une prétention bourgeoise sans commune mesure pour prétendre que les choses « pourraient » changer par la voie de réformes, de lois, alors que tous les faits montrent très exactement le contraire.

Les statistiques sont formelles : l’exploitation animale grandit de jour en jour. Il y a toujours davantage de gens qui ont une alimentation liée à l’exploitation animale industrielle, parce que celle-ci est partie à la conquête de l’Afrique, de l’Amérique latine et de l’Asie.

Ceux et celles qui nient cette réalité sont obligés de masquer ceux et celles qui y font face. Voici un très appréciable commentaire sur un forum où LTD est « dénoncé » pour sa critique de l’intervention du responsable de L214 sur une chaîne de la TNT.

Pour moi, c’est l’exemple type du vegan « tout ou rien »… qui n’a pas la moindre stratégie. Limite aucune réflexion. (« La Nature »… Hum.)
Il se contente de clamer « Je refuse ! ».
Et après ?
– « Ben rien, voilà, je refuse. »
Ça change le monde, les gens, la société ?
– « Non, mais au moins, j’ai refusé. »
OK. T’as plus qu’à prendre un fusil pour aller libérer les animaux. Tandis qu’à côté de ça, il y en a qui REFUSENT (parce que oui, L214 promeut, participe, encourage, etc. le mouvement pour l’Abolition de la Viande) et qui agissent EN PLUS sur tous les autres plans pour enquêter dans les industries, faire évoluer la mentalité de la société, les consommateurs, les producteurs, lutter contre les moyens de propagande des uns et des autres, etc.

« T’as plus qu’à prendre un fusil pour aller libérer les animaux » : et comment aura lieu sinon la libération animale ? En demandant simplement aux grandes entreprises d’arrêter, parce ce qu’elles font n’est pas bien ?

Quant à expliquer que LTD n’a aucune réflexion, alors que nous écrivons un article par jour et abordons une infinité de thèmes, c’est très parlant comme mensonge.

Mais au-delà de LTD, c’est la question de la stratégie qui est ici niée. Les personnes soutenant les « réformes », le wellfarisme, nient tout ce qui peut être radical. L’ALF ? L’ELF ? Walter Bond ? L’action antispéciste en Allemagne ? Les insurrectionnalistes jetant constamment des bombinettes en Amérique latine ? Jamais entendu parler !

Cachez ces vilains radicaux que je ne serais voir !

Si encore la divergence entre réformisme et position « révolutionnaire » était assumée, cela irait. Aux Etats-Unis, PeTA n’a pas de problèmes avec cela. Mais en France, la prétention des réformistes – alors qu’ils n’ont strictement aucun résultat – est sans bornes.

Où sont les résultats de la protection animale en France ? Où sont les résultats du réformisme ? Il n’y a rien, strictement rien, les seules conquêtes sont portées par des individus ici et là d’une abnégation totale.

Les gens en France méprisent la Nature, et d’ailleurs dans le commentaire cité il y a :

Limite aucune réflexion. (« La Nature »… Hum.)

Que signifie ce « hum » ? Rien, à part du mépris, et surtout l’incompréhension totale de la question de la Nature, montrant la soumission complète aux grands enseignements de l’idéologie dominante en France, selon quoi la Nature, c’est le « mal. »

Comme il est facile pour des esprits emprisonnés dans une société absolument dégueulasse de se moquer de ceux et celles qui « refusent. »

Eh bien oui il faut refuser ! Il faut refuser toute cette société, en bloc. Il y a des choses à récupérer, bien entendu, mais le changement doit être complet. Il n’y a pas de compromis culturel à faire avec une société de toutes manières en perdition.

Bien malin est le petit-bourgeois qui prétend changer des mentalités alors qu’il n’est qu’un accident de parcours d’une société hypocrite faisant semblant de tolérer une opposition !

Il ne mérite aucun regard ! Mieux vaut porter son attention sur quelqu’un comme Walter Bond, qui suinte la sincérité par tous ses pores, Walter Bond qui précisément il y a deux ans, allait fièrement en prison, fidèle à son esprit de l’absence de compromis, lançant lors de sa déclaration finale au tribunal:

« Faites ce que vous pouvez faire, faites ce que vous devez, devenez des guerriers vegans et de vrais défenseurs des animaux, et ne faites jamais de compromis avec les meurtriers et les profiteurs. »

« Quand vous quitterez cette salle de tribunal aujourd’hui, ne soyez pas dans le désarroi en raison de mon incarcération. Toute la férocité et l’amour dans mon coeur continuent à vivre.

A chaque fois que quelqu’un libère un animal et détruit ses cages, ils continuent à vivre ! A chaque fois qu’un activiste refuse de se soumettre aux lois qui protègent le meurtre, ils continuent à vivre ! »

L’inévitable effondrement du système alimentaire non végane

L’affaire des « lasagnes à la viande de cheval » n’est finalement pas qu’une « petite » affaire de fraudes à plusieurs niveaux (L’affaire Findus-Comigel-Spanghero- (?)). C’est un véritable scandale révélant ce qui adviendra dans les années futures, à moyen terme : l’inévitable effondrement du système alimentaire non végane.

A partir du moment en effet où c’est le profit qui décide de ce qui est mangé ou pas, inévitablement l’exploitation animale domine, et partant de là la barbarie, l’escroquerie, le mensonge.

Rien qu’hier en France, cinq abatteurs (Abera, Bernard, Gad, Groupe Bigard, Socopa Viandes) ont été frappé d’amendes (d’un montant total de 4 512 621 euros) par l’Autorité de la concurrence pour une entente illégale pendant plusieurs mois en 2009.

Et en Suède, les autorités viennent de s’apercevoir que… il manquait 9000 cadavres de chevaux. Statistiquement, cela fait plusieurs années que 9000 chevaux « disparaissent » chaque année…

C’est dire si on vit dans une société façonnée par le profit, où triomphent des chiffres, des chiffres gorgés de sang, et des calculateurs n’ayant en tête que le profit.

Est d’ailleurs révélateur et ô combien parlant ce que raconte Le Figaro dans un de ses articles :

Il faut dire que le monde du trading de la viande est actuellement sous pression et les entreprises qui travaillent dans le secteur sur les nerfs.

En témoigne la réponse que nous avons reçue de Meat Trading Company basée à Thiais: «Je ne réponds pas aux journalistes, mais si vous étiez le Journal du hard (célèbre émission pornographique de Canal +, NDLR), je vous montrerais toute ma viande.»

Pas sûr que ce genre d’amabilités aide le secteur à redorer son image aux yeux de l’opinion publique.

Est également significative la réaction du ministre britannique de l’Alimentation, Owen Paterson, en panique :

« Plus vite nous résolvons ceci, plus rapidement nous pourrons établir la confiance dans notre système alimentaire et les produits. »

La réaction de Hollande va dans le même sens, il s’agit de préserver l’exploitation animale d’un vent de panique d’un côté, d’une réflexion de l’autre, alors que jamais autant on a parlé de l’exploitation animale industrielle :

« Le président de la République a souligné qu’il s’agissait d’une affaire grave par rapport à la confiance inspirée aux consommateurs et potentiellement grave aussi par rapport aux conséquences pour la filière française. »

Naturellement, c’est au plus niveau que les États s’organisent pour sauver le capitalisme s’occupant de l’alimentaire : un comité d’experts européens se réunira demain et ce sera le thème central du prochain Conseil européen de l’agriculture en présence de tous les États membres, à la fin du mois.

Il faut tout de même une sacrée panique pour que l’Union Européenne demande que soient faits des tests ADN !

Voici d’ailleurs une liste, non exhaustive, des produits concernés par la « viande » de cheval à la place de celle de bœuf… La liste s’agrandit en effet, avec le nombre de pays concernés !

FINDUS

Moussaka 600 g – code-barres : 3599740007969. N° de lots : 2257 BN – 2258 BN – 2272 BN – 2354 BN – 2355 BN

Lasagnes à la bolognaise 600 g – code-barres : 3599740004517. N° de lots : 2252 BN – 2255 BN – 2282 BN – 2283 BN – 2293 BN – 2294 BN – 2299 BN – 2300 BN – 2319 BN – 2320 BN – 2327 BN

Hachis parmentier 600 g – code-barres : 3599740004500. N° de lots : 2220 BN – 2241 BN – 2242 BN – 2256 BN – 2278 BN – 2279 BN – 2280 BN

Lasagnes à la bolognaise 1,2 kg – code-barres : 3599740007983. N° de lots : 2240 BN – 2251 BN – 2252 BN – 2259 BN – 2261 BN – 2262 BN – 2283 BN – 2294 BN – 2300 BN – 2320 BN – 2327 BN – 2328 BN – 2339 BN – 2340 BN – 2346 BN – 2347 BN – 2356 BN – 3004 BN – 3005 BN – 3015 BN – 3016 BN – 3023 BN

Hachis parmentier 1,2 kg – code-barres : 3599740007990. N° de lots : 2249 BN – 2258 BN – 2259 BN – 2265 BN – 2266 BN – 2348 BN – 2349 BN

PICARD

Lasagnes à la bolognaise « Formule Express » 300 g – N° de lots : 14/12 et 315/12 (code 57376)

« chili con carne et riz cuisine » Mexique 350 g, code article 7280.6.

AUCHAN

Lasagnes à la bolognaise surgelées 1 kg – code-barres : 3596710034307

Moussaka surgelée 300 g – code-barres : 3596710275236

Moussaka surgelée 850 g – code-barres : 3596710275618

Casino Hachis parmentier surgelé 300 g – code-barres : 3222474411862

Casino Hachis parmentier surgelé 500 g – code-barres : 3222471975367

Casino Hachis parmentier surgelé 1 kg – code-barres : 3222471975336

CARREFOUR

Lasagnes à la bolognaise surgelées 600 g – code-barres : 3245411440176

Lasagnes à la bolognaise surgelées 1 kg – code-barres : 3270190020073

Cannellonis à la bolognaise surgelés 600 g – code-barres : 3560070398515

CORA

Lasagnes à la bolognaise surgelées 300 g – code-barres : 3257981314818

Lasagnes à la bolognaise surgelées 1 kg – code-barres : 3257980974440

Spaghettis à la bolognaise surgelés 300 g – code-barres : 3257981314832

Cannellonis à la bolognaise surgelés 900 g – code-barres : 3257983875997

Hachis parmentier surgelé 300 g – code-barres : 3257981314801

Hachis parmentier surgelé 1 kg – code-barres : 3257980974433

GRAND JURY (marque distribuée dans les magasins 8 à Huit, Proxi, Shopi)

Lasagnes à la bolognaise surgelées 600 g – code-barres : 3245390157911

Cannellonis à la bolognaise surgelés 600 g – code-barres : 3560070398522

MONOPRIX

Hachis parmentier surgelé 300 g – code-barres : 3350030180652

Hachis parmentier surgelé 1 kg – code-barres : 3350030180669

SYSTÈME U

Cannellonis à la bolognaise de la marque U 1 kg – code-barres : 3 256 221 660 876

Moussaka de la marque U 850 g – code-barres : 3 256 220 258 524

A part la France, sont concernées la Grande-Bretagne, la Norvège, la Suisse, l’Autriche, l’Irlande… C’est tout un système qui se met à nu, de lui-même, s’effondrant sous le poids de ses contradictions !

Et ce n’est pas en adoptant le modèle de Notre-Dame-des-Landes, où les animaux sont massacrés localement, qu’on sortira par le haut d’une telle folie…

On notera d’ailleurs et enfin l’impuissance d’Europe Ecologie les Verts à comprendre cela. Dans un communiqué intitulé « Scandale de la viande de cheval : symptôme supplémentaire des maladies de la dérégulation », on peut lire:

Il est urgent de re-réguler le secteur, au niveau national comme au niveau européen. Si différente qu’elle soit de précédents scandales sanitaires en Europe, « l’affaire de la viande de cheval » appelle des réponses courageuses des puissances publiques, qui ne peuvent pas se suffire de traiter les symptômes sans agir, plus profondément, sur les causes. La sécurité alimentaire et la traçabilité des produits sont une priorité de santé publique.

Quelques jours avant, on lisait dans un autre communiqué, intitulé « En autorisant l’importation de viandes américaines traitées à l’acide lactique, la Commission Européenne joue contre l’élevage et contre la qualité ! », la chose suivante:

Notre position politique est claire : nous consommons trop de viande et de protéines animales, et nous devons en consommer moins, mais de la meilleure qualité possible, et respecter le bien être animal et les meilleures conditions d’élevage, comme le meilleur traitement des viandes.

On a ici la complète négation de ce que représente la libération animale en tant que valeur, au profit d’une exploitation animale « pérenne », « modernisée ». Alors que le monstre industriel est ébranlé, il est important de démasquer de tels discours!

Sébastien Arsac et le « propre de l’Homme »

Sébastien Arsac a l’air sympa ! Autant nous ne supportons pas L214, organe wellfariste dont la ligne est d’agrandir les cages pour que finalement, à terme, hypothétiquement, le véganisme triomphe… Autant il avait l’air sympa, dans l’émission Hondelatte Dimanche, « Tous végétariens? »

Seul problème, c’est qu’il faut être fou pour arriver, de manière sympathique et dans un esprit réformiste, dans une émission. Les médias ne veulent que du sensationnel, et surtout pas de contenu.

Venir avec de bonnes idées, c’est se faire briser par des gens à l’esprit populiste et pervers. Il suffit de voir le profil des contradicteurs, comme la pratiquement facho Élisabeth Lévy, pour le comprendre.

Il faut être rôdé, et par exemple Élisabeth Lévy l’est puisqu’elle est responsable d’un important organe de la « réacosphère », Causeurs.fr. Mais surtout il faut être agressif, chercher l’affrontement.

La libération animale, ce n’est pas manger des petits cakes végans à 4 euros pièce dans un quartier chic de Paris, c’est une question révolutionnaire. Il faut savoir dire non et taper du poing et jeter les gens agressifs, moqueurs, mauvais, pleins de mauvaise foi.

Ou alors on considère que ce sont de braves gens qui se trompent, mais alors on ne comprend rien à l’enjeu, à la dimension.

Par exemple, et surtout, Sébastien Arsac a été incapable de répondre à la question centrale, arrivée à la fin de l’émission. Cette question est pourtant la clef : « Y a-t-il un propre de l’Homme ? »

Il n’y a ici pas beaucoup de réponses possibles, et Sébastien Arsac est absurde de botter en touche.

Car, soit on dit : oui, et à ce moment-là c’est fini, on passe dans le camp des religieux, de Descartes, des viandards, des idéalistes, des nietzschéens, des fascistes, des sado-masos, bref de tous ceux qui considèrent que les humains n’ont plus rien à voir avec la Nature et doivent trouver « leur » voie.

Soit on dit non : l’humain est un animal comme un autre, il n’est qu’une pièce du puzzle de la Nature, au côté de pièces de puzzle apparemment éparpillées mais en réalité parfaitement en symbiose, dans un enchevêtrement compliqué qu’il s’agit justement de choisir.

D’un côté, la religion, de l’autre, l’athéisme le plus radical, ou Descartes, ou Spinoza, ou l’humanité indépendante de la Nature, avec un « choix » possible de manger de la « viande », ou l’humanité élément de la Nature et devant se discipliner par rapport à la globalité reconnue.

Peu importe ce qu’on peut penser de L214 quant aux méthodes et à la démarche, ce qui est flagrant c’est qu’ici les limites infranchissables de la société capitaliste ont été touchées. Soit on dit : c’est comme cela, les abattoirs on les ferme, cela suffit maintenant, et la minorité qui profite de l’exploitation animale, on va vous calmer !

Soit on va à la télé pour discuter en costume cravate avec des gens qui ne pensent qu’à se moquer et à banaliser, voire détruire des idées.

D’ailleurs, si l’on prend la question de ce costume cravate, il faut aller au bout de sa logique. Le costume cravate de Sébastien Arsac était ridicule selon les standards sérieux en ce domaine.

Donc soit il ne fallait pas en mettre en disant c’est bourgeois et la cravate ce n’est pas « naturel » (mais donc une émission de télé ne peut qu’être boycottée à moins d’avoir des garanties par écrit quant aux conditions, et encore, etc.).

Soit il fallait assumer le style bourgeois jusqu’au bout et mettre un vrai costume cravate, et même ultra classe et moderne afin de présenter ses idées sous un bon jour.

A nos yeux, il faut refuser la personnalisation et l’apparence, nous ne comprenons pas pourquoi il faudrait d’ailleurs « se justifier » dans une émission, ou raconter sa vie. Libre à Sébastien Arsac de le faire, mais il est évident qu’à part faire découvrir quelque chose « d’anecdotique » à des gens consommant passivement ce que la société capitaliste leur propose, cela ne va rien changer…

Soit on accepte le spectacle, la compromission, l’institutionnalisation, le sensationnel – ce que PeTA a assumé aux Etats-Unis, soit on refuse tout cela en bloc. Mais rester au milieu, cela pouvait être possible en France peut-être, mais aujourd’hui ?

La Commission nationale de l’expérimentation animale et le Comité national de réflexion éthique sur l’expérimentation animale

Le décret est passé concernant les animaux « utilisés à des fins scientifiques » – voir ici la question de l’armée française et là une présentation de ses « concepts » – il contient la mise en place d’une chose assez formidable, et même de deux :

– une Commission nationale de l’expérimentation animale ;

– un Comité national de réflexion éthique sur l’expérimentation animale.

Prenons la commission (le comité national étant une composante de celle-ci, comme nous allons voir). Son rôle est d’informer, et éventuellement de donner son avis… si on le demande.

Voici ce que dit le décret sur cette commission-poudre-aux-yeux :

Art. R. 214-130.-Il est institué auprès du ministre chargé de l’agriculture et du ministre chargé de la recherche une Commission nationale de l’expérimentation animale.

La Commission nationale de l’expérimentation animale rend au ministre chargé de l’agriculture un avis pour l’approbation des formations des personnes appelées à concevoir les procédures expérimentales et les projets tels que définis à l’article R. 214-89, à utiliser des animaux à des fins scientifiques et à assurer l’entretien et les soins des animaux.

Ces formations sont approuvées pour une durée de cinq ans. Leur renouvellement fait l’objet d’un nouvel avis de la commission.

Elle peut également être consultée par les ministres auprès desquels elle est placée ainsi que par le ministre de la défense ou le ministre chargé de la santé, donner des avis et faire toute proposition qu’elle juge utile sur :
1° L’élevage des animaux utilisés à des fins scientifiques ;
2° Les méthodes de nature à améliorer les conditions de transport, d’hébergement et d’utilisation des animaux utilisés à des fins scientifiques ;
3° La formation des personnes appelées à utiliser des animaux à des fins scientifiques ou éducatives ou à leur apporter des soins ;
« 4° La mise au point, la validation et la promotion des approches alternatives susceptibles de fournir le même niveau ou un niveau plus élevé d’information que les procédures expérimentales utilisant des animaux, mais sans impliquer l’utilisation d’animaux ou en réduisant le nombre d’animaux utilisés ou en recourant à des procédures expérimentales moins douloureuses ;
5° Le bilan annuel national de l’activité des comités d’éthique, élaboré par le Comité national de réflexion éthique sur l’expérimentation animale.

Quant à sa composition, on la devine facilement… Voici ce qui est dit :

Art. R. 214-132.-Outre son président nommé pour cinq ans renouvelables par arrêté conjoint des ministres chargés de l’agriculture et de la recherche, la commission comprend :
1° Huit représentants de l’Etat :
a) Le directeur chargé de la recherche au ministère chargé de la recherche ou son représentant ;
b) Le directeur chargé de la santé et de la protection animales au ministère chargé de l’agriculture ou son représentant ;
c) Le directeur chargé de l’enseignement supérieur au ministère chargé de l’enseignement supérieur ou son représentant ;
d) Le directeur chargé de l’enseignement scolaire au ministère chargé de l’éducation nationale ou son représentant ;
e) Le directeur général de la santé au ministère chargé de la santé ou son représentant ;
f) Le directeur chargé de l’industrie au ministère chargé de l’industrie ou son représentant ;
g) Le directeur chargé de la protection de la nature au ministère chargé de l’environnement ou son représentant ;
h) Le directeur central du service de santé des armées au ministère de la défense ou son représentant ;
2° Douze personnalités qualifiées nommées pour cinq ans renouvelables par arrêté conjoint des ministres chargés de l’agriculture et de la recherche et se répartissant ainsi qu’il suit :
a) Trois personnalités représentant le secteur de la recherche publique ;
b) Trois personnalités proposées par les organisations représentatives du secteur industriel privé ;
c) Trois personnalités proposées par des organisations reconnues d’utilité publique de protection des animaux et de protection de la faune sauvage ;
d) Trois personnalités proposées par les professionnels de l’expérimentation animale.

La composition de cette commission c’est donc l’État + la recherche + le secteur privé + des associations reconnues par l’État. Ce qui est un beau reflet de la démocratie dans sa version business.

Comme il faut également de la démagogie sur les « droits » des animaux, il y a donc la mise en place d’un « comité national de réflexion éthique sur l’expérimentation animale. »

Ce comité, organisé par l’État, se veut un poids « moral » dans la guerre contre la libération animale. Il attirera d’ailleurs nombre de welfaristes et autres défenseurs des « droits » qui espéreront faire carrière dans les institutions pour « améliorer » la condition animale.

Voici la « mission » idéologique du Comité :

Comité national de réflexion éthique sur l’expérimentation animale

Art. R. 214-134.-Un Comité national de réflexion éthique sur l’expérimentation animale est placé auprès de la Commission nationale de l’expérimentation animale.
Ce comité a pour mission d’émettre des avis sur les questions éthiques soulevées par l’expérimentation animale.
Il est chargé notamment :
1° D’élaborer, de publier et d’actualiser s’il en est besoin une charte nationale portant sur l’éthique de l’expérimentation animale et de faire toute proposition sur sa mise en application ;
2° De conduire l’élaboration et la mise à jour d’un guide de bonnes pratiques de fonctionnement des comités d’éthique ;
3° D’établir le bilan annuel national d’activité des comités d’éthique et de formuler des recommandations visant à améliorer leurs pratiques ;
4° D’adresser à la Commission nationale de l’expérimentation animale toute recommandation de méthode susceptible d’améliorer le bien-être des animaux utilisés à des fins expérimentales ou à d’autres fins scientifiques.

Et voici sa composition :

Art. R. 214-135.-Outre son président, le Comité national de réflexion éthique sur l’expérimentation animale comprend quatorze membres, dont :
1° Deux représentants de l’Etat :
a) Le directeur chargé de la recherche au ministère chargé de la recherche ou son représentant ;
b) Le directeur chargé de la santé et de la protection animales au ministère chargé de l’agriculture ou son représentant ;
2° Deux personnalités qualifiées, professionnels de l’expérimentation animale, choisies dans le secteur public de la recherche et de l’enseignement supérieur ;
3° Deux personnalités qualifiées, professionnels de l’expérimentation animale, proposées par les organisations représentatives du secteur industriel privé, dont un pharmacien ;
4° Une personnalité du secteur médical exerçant tout ou partie de son activité en milieu hospitalier ; 5° Une personnalité du secteur vétérinaire ;
6° Trois personnalités qualifiées dans les domaines de la philosophie, des sciences juridiques et de la sociologie ;
7° Trois personnalités désignées sur proposition d’organisations reconnues d’utilité publique de protection des animaux et de protection de la faune sauvage.

On remarquera la place accordée aux « professionnels de l’expérimentation animale », du public comme du privé, et le coup des «  personnalités qualifiées dans les domaines de la philosophie, des sciences juridiques et de la sociologie », chose ne voulant rien dire.

Ne voulant rien dire à part si on comprend l’idéologie de l’exploitation animale qui se prétend « objective », alors qu’en réalité elle a la froideur et la méticulosité de l’assassin…

La philosophie du nouveau décret sur la vivisection

Hier, nous avons vu comment l’armée, avec le nouveau décret sur les animaux « utilisés à des fins scientifiques », instaurait son pouvoir parallèle dans la vivisection, à la faveur d’un nouveau décret.

Regardons d’un peu plus près ce décret en lui-même. La première chose à noter, c’est bien entendu la définition donnée à la vivisection, définition qui est par conséquent « légale » :

« ― toute utilisation, invasive ou non, d’un animal à des fins expérimentales ou à d’autres fins scientifiques ou à des fins éducatives ;
« ― toute intervention destinée ou de nature à aboutir à la naissance ou à l’éclosion d’un animal ou à la création et à la conservation d’une lignée d’animaux génétiquement modifiés ;

Ce qui est absolument à noter ici, c’est la question des animaux génétiquement modifiés. Ceux-ci sont un nouveau grand problème morale de notre époque. Aucune personne rejetant la vivisection ne doit sous-évaluer l’ampleur de la question.

Si on défend en effet les « droits » des animaux, il faut se douter que l’exploitation animale va expliquer que ces animaux n’existent pas dans la Nature, qu’ils sont « faits » pour cela.

De plus, l’exploitation animale va renforcer son discours sur la « valeur » de l’expérimentation animale, puisque les pauvres êtres génétiquement modifiés sont « rapprochés » sur certains plans de l’être humain.

Il y a quelque chose de terrible, de terrifiant, qui nécessite une claire réflexion.

De manière également terrible et intéressante, il y a la définition de la douleur qui est faite dans le décret. Il est ainsi parlé de :

douleur, souffrance, angoisse ou dommage durable d’un niveau équivalent ou supérieur [ou inférieur dans d’autres cas] à celui causé par l’introduction d’une aiguille

Cette « introduction d’une aiguille » est ici le grand critère de ce qui serait « tolérable », ce qui est évidemment très abstrait pour évaluer une angoisse ou une « souffrance » (plus psychologique que « douleur »).

Il faut également noter, bien entendu, le double jeu du décret. Par exemple, voici ce qui est dit sur « l’élevage » d’animaux destinés aux laboratoires. En apparence, cela ressemble à de la protection animale, en pratique cela vise seulement à ce que les « marchandises » soient « intactes »…

« Art. R. 214-95.-Sans préjudice des dispositions de l’article R. 214-17, les responsables et le personnel des établissements utilisateurs, éleveurs et fournisseurs veillent à ce que :
« a) Tous les animaux bénéficient d’un logement, d’un environnement, d’une alimentation, d’un apport en eau et de soins appropriés à leur santé et à leur bien-être ;
« b) Toute restriction de la capacité d’un animal de satisfaire ses besoins physiologiques et éthologiques soit limitée au strict minimum ;
« c) Les conditions d’environnement et les paramètres d’ambiance dans lesquels les animaux sont élevés, détenus ou utilisés fassent l’objet de vérifications quotidiennes ;
« d) Des mesures soient prises pour mettre fin dans les délais les plus brefs à toute anomalie ou à toute douleur, toute souffrance, toute angoisse ou tout dommage durable constatés qui pourraient être évités ;
« e) Les animaux soient transportés dans des conditions appropriées à leur santé et à leur bien-être.

A titre documentaire, voici comment l’expérimentation animale est « justifiée » par le décret :

Licéité, choix et mise en œuvre des procédures expérimentales

Art. R. 214-105.-Seules sont licites les procédures expérimentales qui remplissent les deux conditions suivantes :
1° Avoir un ou plusieurs des objets suivants :
a) La recherche fondamentale ;
b) Les recherches translationnelles ou appliquées menées pour :
i) La prévention, la prophylaxie, le diagnostic ou le traitement de maladies, de mauvais états de santé ou d’autres anomalies ou de leurs effets chez l’homme, les animaux ou les plantes ;
ii) L’évaluation, la détection, le contrôle ou les modifications des conditions physiologiques chez l’homme, les animaux ou les plantes ;
iii) Le bien-être des animaux et l’amélioration des conditions de production des animaux élevés à des fins agronomiques ;
c) L’une des finalités visées au b lors de la mise au point, de la production ou des essais de qualité, d’efficacité et d’innocuité de médicaments à usage humain ou vétérinaire, de denrées alimentaires, d’aliments pour animaux et d’autres substances ou produits ;
d) La protection de l’environnement naturel dans l’intérêt de la santé ou du bien-être de l’homme ou de l’animal ;
e) La recherche en vue de la préservation des espèces ;
f) L’enseignement supérieur ou la formation professionnelle ou technique conduisant à des métiers qui comportent la réalisation de procédures expérimentales sur des animaux ou les soins et l’entretien de ces animaux ainsi que la formation professionnelle continue dans ce domaine ;
g) Les enquêtes médico-légales ;

2° Respecter les principes de remplacement, de réduction et de raffinement suivants :
― les procédures expérimentales ont un caractère de stricte nécessité et ne peuvent pas être remplacées par d’autres méthodes expérimentales n’impliquant pas l’utilisation d’animaux vivants et susceptibles d’apporter le même niveau d’information ;
― le nombre d’animaux utilisés dans un projet est réduit à son minimum sans compromettre les objectifs du projet. A cet effet, le partage d’organes ou de tissus d’animaux mis à mort est permis entre établissements ;
― les conditions d’élevage, d’hébergement, de soins et les méthodes utilisées sont les plus appropriées pour réduire le plus possible toute douleur, souffrance, angoisse ou dommage durables que pourraient ressentir les animaux.

Comme on le voit, tout cela est très encadré, ou plutôt très méthodique, afin que dans ce cadre, l’exploitation animale ait toute liberté!