• L’exploitation animale : prévisions d’ici 2026

Les enfants : cibles des chasseurs

Voici un document de l’ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages). Important, car il rappelle à quel point les chasseurs sont très bien organisés, marchant en tandem avec l’industrie de l’exploitation animale. On est là dans une grande opération de propagande, et l’on voit bien que l’Etat n’est pas neutre.

Le lobby chasse veut la mainmise sur l’éducation à l’environnement !

Bien que le prosélytisme soit illégal, les chasseurs ont déjà la liberté totale de pénétrer dans les écoles pour pratiquer à leur manière « l’éducation au développement durable ».

Bientôt reçue par le Président de la République et le ministre de l’éducation nationale, la Fédération Nationale des Chasseurs (FNC) entend maintenant leur extorquer une surveillance de tout le domaine pédagogique sur la nature, au mépris des professionnels et de la loi.

Il s’agit d’un « Observatoire des pratiques pédagogiques sur l’éducation à l’environnement » que la FNC veut lancer avec la bénédiction de Vincent Peillon.

L’exigence « pédagogique » des chasseurs montre leur mépris total pour les éducateurs nature, qui font déjà partout en France un excellent travail de sensibilisation aux enjeux de l’écologie, sans arrière-pensée de prosélytisme pour des intérêts privés ou pour un loisir contestable. Or, ces pédagogues professionnels de la nature n’ont jamais été reçus par les responsables politiques.

En revanche, les représentants du lobby chasse ont déjà signé, le 4 mars 2010, un partenariat avec Jean-Louis Borloo et Luc Chatel, à l’époque Ministres respectivement de l’Écologie et de l’Éducation, pour « l’éducation au développement durable ».

Malgré cette plaisante formulation, les réalités de terrain sont tout autres et montrent une réelle volonté de donner à nos enfants le goût de la chasse et des armes, récompenses et sandwichs au chevreuil à l’appui. Que faut-il de plus ? Anéantir toute approche objective et scientifique du monde vivant ?

Les chasseurs sont loin de montrer le comportement exemplaire que l’on attendrait pour nos enfants. Lorsque Vincent Peillon était député de la Somme, sa permanence avait été saccagée par des chasseurs de CPNT en 1998, puis il a été accueilli à coups de pierres par des chasseurs en 2000, et sauvé de justesse par un hélicoptère de la gendarmerie…

Se souviendra-t-il de ce potentiel de vertus pédagogiques du monde de la chasse ?

Le Collectif « Non aux chasseurs dans les écoles ! » s’insurge avec force contre ce prosélytisme pourtant interdit (1) et rappelle, aux ministres concernés, qu’il représente également des millions de parents et citoyens non chasseurs qui, eux aussi, savent voter.

Associations signataires et membres du collectif : APIE, ASPAS, Association pour la défense des victimes de la chasse, AVES France, Bonnelles nature, CACC, CPEPESC Franche-Comté, CPEPESC Nationale, CPN Brabant, CROC BLANC, CVN, Droits Des Animaux, Fondation Brigitte Bardot, Frapna Savoie, GEOB, GDEAM, IDAE, L214, Le Sanctuaire des hérissons, Loire Vivante Nièvre Allier Cher, LPO Nationale, LPO Rhône Alpes, LPO Drôme, MELES, Mille Traces, Nature Centre, Nature et Humanisme, Ni Homme – Ni Objet, Oiseau nature, One Voice, Perche Nature, Pro’eco, RAC, Serre Vivante, SPA Nationale, Stop violence France, Veg’Asso…

(1) La laïcité s’appuie sur la liberté de conscience définie dans la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789, puis celle de 1948. C’est le cadre juridique fixé par la loi du 9 décembre 1905 qui implique une stricte neutralité dans les établissements scolaires

Voici la pétition, qu’il est possible de signer ici.

Pétition : Non aux chasseurs dans les écoles

Le gouvernement autorise les amateurs d’armes à entrer dans les écoles pour donner des leçons de « développement durable », favorisant ainsi le prosélytisme du lobby chasse envers les enfants. Les chasseurs n’ont aucune légitimité pédagogique.

Leur passion de la chasse et leur concurrence avec les prédateurs naturels leur donnent une vision déformée de la faune, qu’ils partagent entre « nuisibles » et « gibier ».

Les chasseurs ne sont pas des biologistes et n’ont pas de compétence pour décrire un écosystème dans sa globalité.

Leur opposition aux mesures de protection de la biodiversité, leur opposition aux ours et aux loups, leur absence dans les combats pour la défense des animaux sauvages, leurs contentieux quasi quotidiens contre les protecteurs ne rend pas leur discours « écologique » crédible.

L’ASPAS, de nombreux enseignants et le collectif “NON aux chasseurs dans les écoles” réclament l’arrêt immédiat de ces opérations illégales, immorales et inutiles.

« L’e-cigarette est un accessoire des rebelles sans cause »

Voici un article très intéressant sur les cigarettes électroniques, qui ont un certain succès dans la jeunesse de par leur aspect technologie, propre, et sucré (il y a plusieurs goûts, comme la pastèque, la rose, la cacahuète, la noisette, le jasmin, le caramel, la menthe fraîche, etc.)…

Mais aussi en raison de leur dimension faussement « rebelle ». L’article de Vean – VeganXEdgeXAntifaXNord met l’accent sur ce point précis.

L’e-cigarette est un accessoire des rebelles sans cause

Depuis le début de la semaine, les cigarettes électroniques sont vendues dans les pharmacies.

Voilà l’info. C’est la façon dont on envisage la santé en France. Pour que les gens accroc au tabac puissent arrêter de fumer, l’industrie pharmaceutique propose, grâce à l’appui de l’état bourgeois qui appuie l’initiative, des vaporisateurs à la nicotine.

Il faut vraiment que nous vivions dans une société coupée de la nature pour qu’il soit compliquer de se dire que pour ne plus être dépendant de la nicotine il faut…arrêter de consommer de la nicotine!

Le sevrage du tabac est une chose difficile. D’autant plus que les industriels y ajoutent un tas de produits toxiques pour augmenter la dépendance des fumeurs.

Beaucoup de personnes, consommateurs depuis de nombreuses années, ne réussissent pas à décrocher. Le tabac est l’une des drogues les plus dures, dans le sens qu’il rend accro quasiment à la première clope. Mais c’est aussi une drogue qui est dure, car elle tue.

Une étude du début des années 2000 attribuait 60 000 décès par ans au tabac. La situation s’aggrave sans doute car les jeunes fument plus tôt qu’avant, et que les femmes fument sur une plus longue période qu’il y a dix ans, d’après l’INSEE.

La région Nord-Pas de Calais est particulièrement touchée par la dépendance au tabac, les jeunes fumeurs sont plus nombreux qu’ailleurs en France, les cancers du poumon et de la langue aussi.

Bien sûr, il faut encourager toutes les tentatives de celles et ceux qui pensent à arrêter de fumer. Un arrêt de la cigarette, même si la personne reprend par la suite, malheureusement, sera quand même bénéfique pour sa santé.

Les jeunes sont les cibles prioritaires des industriels du tabac, comme de tous les dealers. Les jeunes sont sensibles à une nouvelle façon de consommer la nicotine qui est apparue depuis quelques mois : la cigarette électronique. Il s’agit d’un appareil électronique qui se charge avec de petits tubes d’un liquide chimique.

La personne inhale une vapeur parfumée. Les gens apprécient le fait qu’il ne se dégage pas de fumée, que ça « ne pue pas la clope ».

C’est nouveau, technologique et aromatisé. Cette fausse innovation ressemble à ce qu’ont fait les producteurs de boissons alcoolisées dans les années 2000, pour accrocher les nouvelles générations, ils ont fait des cocktails sucrés, colorés, et les ont mis dans un emballage « fun ».

Les prémixes ont ouvert la voie à un nouveau marché d’alcooliques. Les jeunes « e-fumeurs » seront sûrement massivement des fumeurs tout-court, les industriels auront fait ce calcul.

Parmi les gens qui utilisent la e-cigarette, il y a des fumeurs qui cherchent à arrêter, des jeunes qui se font piéger, et puis il y a les rebelles sans cause.

Ceux-là sortent leur cigarette électronique pour défier l’autorité. Comme si l’interdiction de fumer dans les lieux publics étaient une entrave insupportable à la liberté.

La dictature de l’air est leur ennemie. Ces zorro en carton vapotent en publics parce qu’ils n’ont pas d’autre combat. Ils se fichent de savoir si les produits de leur e-liquide ont été testés sur des animaux, ils se fichent de la nature.

Les vapoteurs rebelles sont à placer au même niveau que les types qui râlent contre les radars automatiques parce qu’ils ne peuvent pas laisser s’exprimer le moteur de leur subaru… Les rebelles sans cause sont toujours au service d’oppresseurs, les anti-radar roulent pour les industriels de l’auto, les vapoteurs roulent pour les industriels du tabac.

« Les Droits des animaux », de Tom Regan

Nous sommes pour un véganisme populaire, parce qu’il s’agit d’une cause simple à comprendre. Nous sommes donc pour une prise de conscience, une perspective scientifique, mais surtout pas pour l’établissement d’un débat sans fin sur le « droit » qui ne sert qu’une minorité d’intellectuels philosophes ou juristes payés par l’État et les entreprises au sein des universités.

Le véganisme est facile à comprendre et est une idée fondamentalement démocratique. Ainsi, la publication en français de l’ouvrage « Les droits des animaux » de Tom Regan fait partie de ce genre de choses qui ne serviront à rien. Cela peut être intéressant, mais c’est anecdotique par rapport à la réalité de la question du véganisme en France, voire même en Amérique d’ailleurs.

Car 750 pages à 35 euros, pour un verbiage incompréhensible intule à moins d’être un bourgeois faisant confiance à la « justice », le tout publié par une maison d’édition intellectuelle ultra-élitiste, cela n’est pas utile.

Et comme exemple résumant cette approche du véganisme qui est exactement ce qu’il ne faut pas faire, voici l’article, publié évidemment dans Le Monde. Cet article est naturellement plus que favorable, et écrit bien entendu par Florence Burgat, philosophe… payée par l’Institut national de la recherche agronomique, lui-même subventionné par les le Ministères de l’Agriculture et de la Recherche.

Pour dire quoi? Que le véganisme aurait été « inventé » par Singer ou Regan, tout cela pour nier la réalité populaire, des décennies de batailles pour la libération animale, qui ont porté le projet végan…

L’animal rendu à son mystère. « Les Droits des animaux », de Tom Regan

Florence Burgat (philosophe)

La philosophie morale américaine n’a pas bonne presse en France lorsqu’elle s’applique aux animaux. Elle est caricaturée à l’envi, grossièrement simplifiée quand elle n’est pas vilipendée, tout cela par des philosophes eux-mêmes. N’y parle-t-on pas de « libérer les animaux », de leur donner des « droits » – et puis quoi encore ? Il est vrai que sa très grande technicité et son aridité rendent sa lecture exigeante.

Mais tout chercheur impliqué dans la « question animale » sait qu’un livre compte parmi les plus importants : The Case for Animal Rights (« Plaidoyer pour les droits de l’animal »), de Tom Regan, paru en 1983, puis en 2004 assorti d’une longue préface.

Nul n’avait osé se lancer dans l’immense entreprise que constitue la traduction de l’ouvrage fondateur de la théorie des droits des animaux, antagoniste à bien des égards de celle, utilitariste, de l’Australien Peter Singer (La Libération animale, Grasset, 1993).

Il fallait que ce fût un excellent connaisseur de ce champ, par ailleurs animé d’une détermination au long cours qui s’en chargeât : Les Droits des animaux est une analyse serrée qui s’étend sur 750 pages.

En traduisant cet opus magnum, Enrique Utria fournit au débat français une contribution inestimable à plusieurs titres. Non seulement il ne sera plus possible, sauf à se couvrir de ridicule, de caricaturer cette pensée si patiente dans ses démonstrations, mais encore, en donnant accès à la théorie à ce jour la plus élaborée des droits des animaux, Enrique Utria permet à la réflexion sur la condition animale d’aller beaucoup plus loin.

Elle devra en effet affronter cette thèse et prendre position par rapport à elle, tandis que les détracteurs des droits des animaux devront la contrer pied à pied – ce qui ne sera pas une mince affaire.

Venons-en à quelques lignes de force de l’ouvrage. Dans la préface à l’édition de 2004, Regan souligne que son livre « fait plus qu’argumenter pour les droits des animaux. (Il) cherche à décrire et fonder une famille de droits fondamentaux de l’homme, en particulier pour les membres les plus vulnérables de la grande famille humaine, par exemple les jeunes enfants. »

C’est pour avoir été d’abord défenseur des droits de l’homme que Regan s’est fait défenseur de ceux des animaux ; c’est à partir d’un sol commun aux uns et aux autres que ces droits sont mis au jour.

« ÉCUREUILS ET CHIMPANZÉS, VOUS ET MOI »

Ceci est un premier point. Un deuxième tient dans l’originalité de la thèse elle-même, au regard notamment de l' »utilitarisme classique », dont le fondateur est Jeremy Bentham (1748-1832), qui place le critère à la fois nécessaire et suffisant de la considération morale du côté de la capacité à souffrir. Pour cette théorie, seuls comptent les plaisirs et les douleurs, mais de manière en quelque sorte abstraite, puisque les sujets qui les ressentent n’en sont que les porteurs interchangeables, substituables les uns aux autres.

Ce qui compte, dans cette approche, c’est de maximiser le bien-être dans le monde. Or, Tom Regan, en introduisant la notion de « sujet-d’une-vie », met l’accent sur l’individu lui-même, ce sujet de l’expérience en première personne, homme ou animal, qui jamais ne peut être interchangeable.

Les animaux « portent au monde le mystère d’une présence psychologique unifiée. Comme nous, ils possèdent différentes capacités sensorielles, cognitives, conatives et volitives. Ils voient et entendent, croient et désirent, se rappellent et anticipent, dressent des plans et ont des intentions. De plus ce qui leur arrive leur importe (…). Pris collectivement, ces états psychologiques et ces dispositions, et bien d’autres encore, nous aident à définir la vie mentale et le bien-être corrélatif de ces sujets-d’une-vie (selon ma terminologie) que nous connaissons mieux sous le nom de ratons laveurs et lapins, castors et bisons, écureuils et chimpanzés, vous et moi ».

Tel est le socle sur lequel les droits des animaux sont fondés. L’analyse de la conscience animale est particulièrement fouillée. Troisièmement, c’en est donc fini des calculs utilitaristes où se trouve justifié le sacrifice de quelques-uns au profit du plus grand nombre.

Comme l’indique Enrique Utria, Regan « radicalise la défense des animaux en ne la faisant plus dépendre de l’utilité générale, mais en l’étayant d’une analyse de leurs droits moraux fondamentaux, prévalant sur toute exploitation utilitaire ».

Cette radicalité le conduit à repousser les solutions visant à aménager les cages, à amoindrir, si l’expérimentateur en est d’accord, les douleurs des animaux « de laboratoire » ou encore à simplement « réformer » l’abattage de 58 milliards de mammifères et d’oiseaux par an dans le monde pour la seule boucherie. Pourquoi l’humanité tient-elle tant à ce carnage ? Voilà la question en retour que le lecteur pourrait se poser.

Les Droits des animaux (The Case for Animal Rights), de Tom Regan, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Enrique Utria, Hermann, « L’avocat du diable », 750 p., 35 €.

Véganisme utopique et véganisme scientifique

Puisque nous parlons du capitalisme dans son rapport avec l’exploitation animale en ce moment, avec l’analyse faite en Allemagne, voici un petit texte « classique » et français qui a eu un certain succès à sa publication en décembre 2005.

Le point de vue de l’article est grosso modo qu’au départ l’humanité vivait dans le matriarcat, sans conflit avec la Nature. Avec la domestication et l’agriculture, c’est par contre le patriarcat et le début de l’apparition de classes sociales. Aujourd’hui cependant, le communisme apparaît comme horizon possible et l’étape précédente (mais nécessaire historiquement) peut être dépassée.

Les véganismes dans leur variante « utopiques » n’ont donc plus aucun sens, ce qui compte c’est de voir les choses historiquement, « scientifiquement », dans une allusion au texte d’Engels, l’ami de Marx, intitulé « Socialisme utopique et socialisme scientifique ».

Véganisme utopique et véganisme scientifique

Des centaines de milliers d’années, l’équivalent dans l’histoire de la terre d’une seconde dans la vie de l’homme, ont dû s’écouler avant que de la bande de singes grimpant aux arbres soit sortie une société humaine.

Mais, en fin de compte, elle a émergé. Et que trouvons nous ici encore comme différence caractéristique entre le troupeau de singes et la société humaine? Le travail.

(Friedrich Engels, Le rôle du travail dans la transformation du singe en Homme.)

En 1880 Friedrich Engels, le compagnon de Karl Marx, écrivait socialisme utopique et socialisme scientifique. Il y retraçait le parcours idéologique des socialistes utopistes et montrait en quoi Karl Marx donnait au socialisme un caractère scientifique, c’est-à-dire matérialiste, à l’opposé de l’idéalisme des utopistes.

Il va de soi que les utopistes ont historiquement du mérite. Ils se sont posés des questions les premiers. Même s’il a fallu attendre Karl Marx pour que le socialisme devienne une théorie et une pratique conséquente, les premiers utopistes ont contribué d’une certaine manière au développement de la question.

De fait, nous pouvons affirmer qu’en ce qui concerne le véganisme, nous avons vécu exactement le même processus.
De la même manière que les premiers socialistes utopistes étaient exubérants, démesurés et en même temps partisans de petites communautés, défendaient d’une certaine manière un mode de vie monacal, organisaient toute leur théorie par rapport à la question de la « volonté », de « l’utilité », du « bon sens » etc., le véganisme a produit au départ de son existence des points de vue ayant perdu tout sens avec la réalité.

Mais cela est normal, car les premiers vegans découvraient le sens du réel en premier. Le véganisme est indissociable, dans son premier développement dans les années 1990, de l’évolution de la société capitaliste depuis les années 1950. La brutalité fantastique du capitalisme en ce qui concerne les animaux dans le courant du 20ème siècle – de la production massive de viande aux tests généralisés, etc.- a nécessairement façonné la manière dont les vegans ont conçu leur point de vue.

On a ainsi eu droit à l’accusation – gratuite et violant tout sens historique – comme quoi les mangeurs de viande seraient tous des assassins conscients. Au lieu de mettre la consommation de viande en perspective, de voir en quoi elle est reliée à l’histoire, au mode de production, et particulièrement le mode de production capitaliste, le mouvement vegan s’est enferré dans une radicalité sectaire.

Replié sur lui-même, le mouvement vegan a ainsi produit, là où il était fort comme aux USA, pays capitaliste s’il en est, le mouvement hardline, qui a pris comme option un idéalisme semi-religieux de défense absolue de la vie, allant jusqu’à défendre le point de vue réactionnaire opposé à l’avortement.

La planète terre a pris un caractère sacré proche de la conception biblique. Le point de vue positif – le refus de l’écocide – se transforme en idéalisme le plus complet quant au rapport de l’humanité avec la nature.

Car c’est de cela qu’il s’agit: du rapport avec la nature. Et pour un matérialiste conséquent, l’humanité a un rapport avec la nature. Et la nature est composé de la planète terre et des animaux.

Pourquoi cela? Parce que l’Humanité travaille. Elle seule, grâce au développement de son pouce qui lui a permis le développement de son cerveau, a la capacité de modifier ses propres modes de production, de changer l’ordre « naturel ». Aucun autre animal ne peut faire cela, d’où la différenciation entre l’Humanité et les autres animaux.

« La main n’est pas seulement l’organe du travail, elle est aussi le produit du travail. Ce n’est que grâce à lui, grâce à l’adaptation à des opérations toujours nouvelles, grâce à la transmission héréditaire du développement particulier ainsi acquis des muscles, des tendons et, à intervalles plus longs, des os eux mêmes, grâce enfin à l’application sans cesse répétée de cet affinement héréditaire à des opérations nouvelles, toujours plus compliquées, que la main de l’homme a atteint ce haut degré de perfection où elle peut faire surgir le miracle des tableaux de Raphaël, des statues de Thorvaldsen, de la musique de Paganini. » (Friedrich Engels, Le rôle du travail dans la transformation du singe en Homme.)

Les matérialistes savent que le développement de l’Humanité a modifié l’Humanité elle-même. Que c’est ce développement – et la conscience sociale allant avec – qui est l’histoire de l’Humanité en tant que tel. A l’opposé des animaux, l’histoire de l’Humanité est plus que simplement « naturelle ».

« La domination de la nature qui commence avec le développement de la main, avec le travail, a élargi à chaque progrès l’horizon de l’homme. Dans les objets naturels, il découvrait constamment des propriétés nouvelles, inconnues jusqu’alors. D’autre part, le développement du travail a nécessairement contribué à resserrer les liens entre les membres de la société en multipliant les cas d’assistance mutuelle, de coopération commune, et en rendant plus claire chez chaque individu la conscience de l’utilité de cette coopération.

Bref, les hommes en formation en arrivèrent au point où ils avaient réciproquement quelque chose à se dire. Le besoin se créa son organe, le larynx non développé du singe se transforma, lentement mais sûrement, grâce à la modulation pour s’adapter à une modulation sans cesse développée et les organes de la bouche apprirent peu à peu à prononcer un son articulé après l’autre. » (Friedrich Engels, Le rôle du travail dans la transformation du singe en Homme.)

L’idéalisme cherche la différence entre l’Humanité et les animaux – et prétend ne pas la trouver. Les animaux aussi pensent! Les animaux aussi parlent! Les animaux aussi souffrent!

Ce qui est naturellement vrai. Mais c’est un point de vue petit-bourgeois. Car l’Humanité ne travaille pas naturellement, passivement, comme se l’imaginent les partisans du capitalisme. Il s’agit d’un processus conscient, ou en voie de conscientisation pour être exact. C’est pourquoi les matérialistes défendent la planification, contre le capitalisme.

Mais cela les idéalistes ne veulent pas en entendre parler. C’est pourquoi le principal théoricien de l’antispécisme, du rejet du caractère spécifique et irréductible de l’humanité par rapport à la nature, est un partisan de l’idéaliste et capitaliste Bentham.

Cela ne doit pas nous étonner. Les partisans de l’antispécisme, qui remettent en cause la notion d’espèce humaine, n’ont aucun sens historique. Ils ne voient pas qu’en Egypte antique on vénérait les chats, que dans l’Inde médiévale on vénérait les singes et les vaches.

Les partisans de l’antispécisme ne voient pas que l’humanité a subi des évolutions, que les modes de production ont chacun compris différemment l’existence des animaux. Ainsi ce n’est qu’après la période de communisme primitif, du matriarcat, que les animaux ont été intégré dans le processus de production alimentaire. Et ce n’est qu’avec le capitalisme que la viande devient une nourriture pour la grande majorité des gens.

Que dit ainsi Singer, le partisan de Bentham? Que les animaux pensent. Que les animaux parlent. Que les animaux souffrent. Que les animaux ont une personnalité.

Et comme c’est un idéaliste, niant l’apport des Lumières dans le parcours de l’Humanité, au profit de la barbarie libérale, il dit en même temps que jusqu’à 28 jours, les nouveaux-nés n’ont pas de personnalité. Et que donc, on peut s’en débarrasser le cas échéant, car ils ne correspondent pas à la vie telle que sa conception idéaliste la conçoit.

Le même point de vue qui affirme que les animaux ont des droits, car ayant une personnalité, dit ainsi par exemple que les nouveaux-nés humains handicapés sont des « légumes humains » (« human vegetables ») et qu’il est correct de s’en débarrasser!

Ce point de vue est naturellement un point de vue fasciste et il ne saurait être accepté. L’espèce humaine a développé l’humanisme, et cet humanisme a justement consisté à s’extraire de l’ordre « naturel ».

Singer a tout à fait un point de vue libéral barbare. Il défend le principe libéral voulant qu’il y ait un « ordre naturel », qui s’équilibre naturellement, dans un ordre pur et parfait. C’est la régulation du capitalisme par la main invisible d’Adam Smith ou bien l’équilibre pur et parfait du marché de Pareto, ou bien encore… l’utilitarisme de Bentham, consistant à dire: puisque tout le monde veut être content soyons le ensemble en suivant l’ordre naturel.

Ou comme Bentham le dit: « Chacun compte pour un et nul ne compte pour plus d’un ». Le rêve idéalise du citoyen bourgeois rêvant à sa tranquillité. Le fantasme fasciste de « chacun son pavillon ».

Singer est à ce point anti-matérialiste qu’il va jusqu’à justifier les religions les plus féodales qui soit, à savoir l’hindouisme et le bouddhisme, qui expliquent que l’ordre existant restera ainsi des milliers et milliers d’années. Singer ne voit rien des superstitions, du système des castes, du patriarcat et de la soumission aux prêtres, ni non plus le fait que le véganisme, comme le socialisme, est le produit de la société capitaliste. Il dit simplement:

« La prise en compte de la souffrance des animaux est présente dans la pensée hindoue, et la compassion est pour le bouddhisme une notion universelle qui s’applique aussi bien aux animaux qu’aux humains.  »

Les intouchables, les femmes devant se jeter dans le bûcher de leur mari défunt, etc. etc. tout cela Singer le met de côté car cela ne sert pas son point de vue idéaliste. C’est particulièrement flagrant lorsqu’il assimile, dans un grand délire idéaliste, le mouvement de libération animale avec le « mouvement de libération des Noirs ». Singer assimile la libération animale à la suite logique de la libération des Noirs, des femmes, des homosexuels, des minorités en général.

Mais jamais il n’explique cette oppression. Jamais il ne parle du capitalisme. Ce qu’il dit juste, en théoricen libéral avec une éthique qui est celle de la Communauté Européenne aujourd’hui, c’est que ce n’est pas « bien ».

Pour résumer, la théorie de l’antispécisme se résume dans cette phrase de Bentham d’où part Singer:

« Le jour viendra peut-être où le reste de la création animale obtiendra ces droits que seule la main de la tyrannie a pu lui refuser. Les Français ont déjà découvert que la noirceur de la peau n’est en rien une raison pour qu’un être humain soit abandonné sans recours aux caprices d’un bourreau.

On reconnaîtra peut-être un jour que le nombre de pattes, la pilosité de la peau, ou la façon dont se termine le sacrum sont des raisons tout aussi insuffisantes pour abandonner un être sensible à ce même sort.

Et quel autre critère devrait-on prendre pour tracer la ligne infranchissable ? Est-ce la faculté de raisonner, ou peut-être la faculté de discourir ? Mais un cheval ou un chien adultes sont incomparablement plus rationnels, et aussi ont plus de conversation, qu’un nourrisson d’un jour, d’une semaine ou même d’un mois.

Et s’il en était autrement, qu’est-ce que cela changerait ? La question n’est pas : «Peuvent-ils raisonner ?», ni : «Peuvent-ils parler ?», mais : «Peuvent-ils souffrir ?»  »
Singer est en fait le théoricien du capitalisme poussé jusqu’au bout, jusqu’au monde animal. En faisant ainsi, il nie les classes sociales en rajoutant d’autres individus. Ce qu’a fait le capitalisme américain – diviser les classes en gays, rockers, bikers, fans de baseball, etc. – Singer entend y contribuer en rajoutant des milliards d’individus – les animaux.

Les animaux et les humains sont mis sur le même plan, car ils souffrent et le savent. Les nourrissons n’ont pas conscience (soi disant) de cela, ni les insectes, donc on les met de côté. Une théorie fondamentalement absurde, et qui plus est réactionnaire, comme toutes les théories absurdes produites par le capitalisme.

Car, pour les matérialistes, il y a une Humanité, une Humanité consciente d’elle-même. Les « individus » séparés les uns des autres, s’entendant « par hasard » ou bien parce qu’ils sont des « animaux politiques » (Aristote), les matérialistes n’y croient pas.

Pour les matérialistes, la conscience est délimitée par le mode de production. Et ce qui est juste ou pas, vient de la capacité des êtres humains à se rendre maîtres de leurs propres activités. D’où le principe de la planification comme caractéristique du socialisme. Et la recherche ininterrompue du nouveau contre l’ancien.

L’Humanité ne peut pas être compris comme les animaux sont compris, cycliquement. L’Humanité avance de manière ininterrompue. L’Humanité modifie le monde. Elle utilise la science, en étant elle-même la science par sa pratique dans le monde.

D’où viennent les idées justes? Tombent-elles du ciel? Non. Sont-elles innées? Non. Elles ne peuvent venir que de la pratique sociale, de trois sortes de pratique sociale: la lutte pour le production, la lutte de classes et l’expérimentation scientifique (Mao Zedong).

La lutte de classes, c’est la lutte contre l’exploitation. Un jour cette lutte prendra fin, quand il n’y aura plus de classes.

La lutte pour la production, c’est la lutte pour la survie de l’Humanité. C’est la lutte contre la nature, et contre le monde animal également. Cette lutte ne s’arrêtera que le jour de la fin de l’Humanité mais, lorsque l’Humanité sera organisée de manière totalement consciente, son rapport avec la nature et le monde animal changera.

C’est là que le véganisme prend tout son sens. Le véganisme est l’expression de la non-nécessité historique d’utiliser les animaux dans la production, contrairement aux périodes passées de l’Humanité.

L’Humanité n’a, si le mode de production capitaliste est dépassé, plus besoin de tuer les animaux pour subvenir à ses besoins.

Partant de là, son rapport avec la nature peut cesser d’être conflictuel. Karl Marx et Friedrich Engels devinaient ce processus lorsqu’ils affirmaient que le socialisme était la résolution du conflit entre les villes et les campagnes.

La fin du conflit entre les villes et les campagnes, c’est la fin du conflit entre le monde de l’Humanité et celui de la nature.

C’est la coexistence de manière rationnelle. Et si la raison affirme que les crickets sont nuisibles à certains moments, elle dit aussi qu’il n’y aucun intérêt à faire souffrir inutilement des millions d’animaux pour une alimentation ou un habillement que l’Humanité peut se fournir différemment.

Et cela n’a rien à voir avec la conception petite-bourgeoise des anti-spécistes. Singer prend comme exemple Gandhi et Martin Luther King, affirmant que:

« en fin de compte ils furent vainqueurs, parce que la justesse de leur cause ne pouvait être niée, et leur comportement toucha les consciences même de ceux qui les avaient combattus ».

Les végans partant du matérialisme considèrent au contraire que tant que le mode de production capitaliste n’aura pas été renversé par la violence dans le processus de la lutte de classes, la conscience de l’Humanité ne profitera pas d’une base nouvelle et correcte pour se changer elle-même et devenir meilleure.

« L’animal utilise seulement la nature extérieure et provoque en elle des modifications par sa seule présence; par les changements qu’il y apporte, l’homme l’amène à servir à ses fins, il la domine. Et c’est en cela que consiste la dernière différence essentielle entre l’homme et le reste des animaux, et cette différence, c’est encore une fois au travail que l’homme la doit. »

(Friedrich Engels, Le rôle du travail dans la transformation du singe en Homme.)

Nous procéderions comme les plantes…

Nous avions très brièvement parlé de l’utopie de ne plus manger de végétaux. Si les végans se moquent avec raison de la propagande anti-animaux sur le « cri de la carotte », il n’en est pas moins vrai que les végétaux ont des ressentis également, même si moins « développés. »

Inévitablement la question des végétaux se posera, mais après celle des animaux, bien entendu.

Dans le passage suivant, Lovelock décrit l’utopie de se passer des végétaux, un peu comme dans la série « Star Trek » où on commande à l’ordinateur le plat que l’on veut et qui se fait synthétiser.

L’humanité fait face à Gaïa un peu comme si celle-ci s’était divisée, l’humanité étant en quelque sorte son enfant.

« Je crois qu’il est possible – sans mutiler Gaïa – de nourrir les huit milliards d’habutants que comptera bientôt la planète. Pour cela, nous devons nous dissocier du métabolisme de la Terre.

Lorsque la fusion [nucléaire, comme le fait le soleil, pour l’instant on utilise la fission nucléaire], peut-être disposerons-nous de toute l’énergie dont nous avons besoin ; cependant, nous n’en continuerons pas moins à occuper une surface beaucoup trop grande avec nos pratiques agricoles et à constituer une menace pour les écosystèmes océaniques.

Ne serait-pas possible de synthétiser la nourriture nécessaire à la population du globe et de renoncer par là même à l’agriculture ? La consommation alimentaire mondiale actuelle représente quelques sept cent millions de tonnes de carbone, soit une fraction minime de l’utilisation actuelle de carbone sous forme de combustible.

Les substances chimiques indispensables à la synthèse des aliments seraient extraites directement de l’air ou, plus facilement encore, des composants carbonés fournis par les effluents des centrales électriques.

L’azote et le soufre pourraient aussi provenir de ces effluents, et nous n’aurions besoin en outre que d’eau et d’éléments à l’état de trace.

Nous procéderions comme les plantes, mais en remplaçant la lumière solaire par la fusion.

Nous ne synthétiserions pas les substances complexes que nous mangeons habituellement (brocolis, olives, pommes, steaks, hamburgers, pizzas…). De nouvelles usines alimentaires de grandes dimensions produiraient plutôt des sucres et des acides aminés simples, lesquels constitueraient la base de cultures tissulaires (de viandes et de légumes) ou d’aliments artificiels fabriqués à partir de tous les organismes pouvant être mangés sans danger.

Les techniques utilisées ne seraient guère différentes de celle employées à présent pour brasser la bière ou produire des antibiotiques.

Appliquer ces procédés sur une échelle suffisante pour nourrir tout le monde permettrait à de restituer à Gaïa les terres agricoles afin qu’elles remplissent à nouveau leur fonction véritable : la régulation du climat et de la chimie de la Terre.

La surpêche actuelle qui menace la faune océanique cesserait du même coup. » (James Lovelock, La revanche de Gaïa)

« Les animaux ne sont pas des marchandises? »

Voici comme hier des nouvelles d’Allemagne, avec un nouveau site qui a ouvert: tierrechtsbewegung.info. Ce site consacré au mouvement du droit des animaux n’a pas grand chose à voir avec ce que l’on entend par là en France, il s’agit en fait d’un mouvement pour la libération animale comme nous nous l’entendons.

Ce site d’informations publie ainsi de multiples prises de position très constructives, et en voici une de présentée ici. On notera la référence à l’association Dämmerung d’Allemagne, dont nous avions traduit le manifeste: Théorie sociale, critique de l’idéologie et lutte de classe.

Les animaux ne sont pas des marchandises?

Théorie anti-capitaliste et pratique des droits des animaux et le mouvement de libération animale

L’exploitation animale dans le capitalisme

Dans notre société, les animaux sont presque exclusivement considérés selon l’utilité qu’ils ont pour les gens.

La détention massive d’animaux, l’exploitation impitoyable et l’abattage à la chaîne ne sont cependant pas seulement la conséquence d’un manque de conscience morale de la majorité de la population.

L’utilisation et la mise à mort des animaux ont bien entendu à voir avec un système économique qui se concentre uniquement sur la valorisation et la maximisation du profit. Parce que dans la production capitaliste, les besoins et les intérêts des humains et des animaux sont placés derrière leur valeur.

Les discussions sur les droits des animaux et le mouvement de libération animale se tournent donc depuis un certain temps également autour de la question de savoir dans quelle mesure il y a besoin de surmonter les rapports de production capitalistes, pour arriver réellement aux conditions de la libération des animaux.

Discussions sur la théorie et la pratique anticapitaliste

Il est clair qu’un grand nombre de groupes des droits des animaux et de la libération animale se positionnent contre les rapports sociaux d’oppression. Lors de récentes discussions au sein du mouvement, il y a pourtant deux choses qui sont apparues comme claires.

D’une part, il y a la nécessité d’efforts redoublés sur le plan théorique.

Il est dit, par exemple, en regardant en arrière les Journées de libération animale de 2012: « Il est vrai qu’il y a des tentatives de se présenter comme étant engagéE « contre le capitalisme » ou bien « pour une critique de la domination », cela appartient au « bon ton » en ce moment.

Cependant, un travail théorique intensif sur la signification par exemple de la production capitaliste et de ses conséquences pour la relation homme-animal, cela reste étranger encore, à quelques exceptions près, au mouvement de libération animale. »

Et d’autre part il y a le problème qu’à l’heure actuelle il y a un manque tout simplement d’expériences concrètes sur la manière de transposer des positions de critique sociale dans la pratique politique et de mettre en pratique les revendications pour un travail en commun plus fort avec d’autres mouvements politiques.

En conséquence, les discussions au sujet d’une pratique politique de critique sociale ou anticapitaliste ont souvent été abstraites de par le passé.

Les points de contact jusque-là

Le groupe Association Dämmerung (crépuscule) de Hambourg (anciennement Tierrechts-Aktion-Nord – TAN) est l’un des rares groupes qui ne se contente pas de se décrire comme des anti-capitalistes, mais traduit aussi cela dans le travail politique, pratique. Ce sont avant tout leurs contributions théoriques qui sont d’une importance particulière.

Ainsi, la TAN a été pionnière dans le traitement de la critique de Max Horkheimer et Theodor W. Adorno de la domination de la nature, qui inclut également une critique de l’exploitation des animaux.

De cette confrontation [intellectuelle] ont suivi certaines publications, comme la documentation de deux ateliers avec Moshe Zuckermann ou l’ouvrage «  Das steinerne Herz der Unendlichkeit erweichen » [Ramollir le cœur de pierre de l’infini] produit par des membres de l’ex-TAN.

Au centre des travaux de l’association Dämmerung se trouvent depuis un certain temps les écrits de Karl Marx et d’autres parties de la théorie communiste.

En plus de l’association Dämmerung, les Antispe Tübingen, le groupe des droits des animaux de Zurich et les groupes de libération animale de Hambourg ont donné leurs propres contributions sur la relation entre le capital et l’exploitation animale, c’est-à-dire sur la critique du capitalisme et la libération animale.
Une tentative de trouver des liens vers d’autres mouvements politiques a été l’implication de militantEs des droits des animaux lors des journées anticapitalistes Blockupy à Francfort en mai 2012.
Il a été tenté là-bas d’établir la question de la libération animale comme une question importante et nécessaire d’un mouvement anti-capitaliste, international.

tierrechtsbewegung.info informera de ces développements et de ces débats

Congrès pour la libération animale 2013 en Allemagne

Du 31 juillet au 4 août 2013 aura lieu un congrès pour la libération animale à Potsdam (au centre culturel freiLand).

Nous publions ici l’appel à ce congrès, qui bien entendu s’inscrit dans une option militante. Il s’agit d’un lieu d’échange activiste, pas d’une réunion d’autosatisfaction sur le mode hipster, à la « Paris Vegan Day » (qui d’ailleurs se tiendra à la mi-octobre 2013, pas moins que dans les Docks-Cité de la Mode et du Design – hipsters de tous les pays, unissez-vous !).

Bien entendu, peu de monde de France pourra y aller, d’autant plus que Potsdam se situe près de Berlin, donc assez loin.

Néanmoins, à nos yeux le véganisme est une cause universelle et il y a lieu de faire des échanges, et cela d’autant plus si cela contribue de part et d’autre à l’éclosion d’une véritable ligne, sans compromis, pour la libération animale.

On notera que les personnes organisant ce congrès ont une démarche impeccablement démocratique, et considèrent faire partie d’un mouvement social comme un autre. C’est exemplaire, au moins sur ce plan.

Depuis l’automne dernier, l’association die tierbefreier [les libérateurs / libératrices d’animaux] et des activistes de Nandu et GetUp ont considéré indépendamment les unEs des autres tout d’abord, puis vite ensemble, comment un congrès pour la libération animale pourrait être réalisé en 2013.

Entre-temps, il y a eu une première réunion productive et prometteuse d’une dizaine de militantEs qui se sentent responsables de la TBK 2013. La date et l’endroit sont déjà prêts.

Sur le plan du contenu, trois ébauches de thèmes sont prévus:
1. Les fondations et les connexions
2. Les formes d’action et le partage des compétences,
3. l’état du mouvement et de la réflexion.

La conférence s’adresse à tous les militantEs des droits des animaux abolitionnistes et aux libérateurs et libératrices d’animaux, aux nouveaux et aux personnes intéressées (également d’autres mouvements sociaux), ainsi qu’aux personnes actives depuis longtemps.

Au lieu de frais de participation, nous essayons de financer le congrès par des dons.

Nous offrons un programme supplémentaire pour les enfants et une personne de référence pour s’occuper des chiens, ainsi qu’un soutien pour les personnes ayant des difficultés ou des limitations, les personnes âgées, etc.

De la même manière, nous allons essayer de rendre le site et la participation le plus accessible possible.

S’il vous plaît vous inscrivez-vous à l’avance à anmeldung-tbk[at]riseup.net (PGP), pour le cas où vous voulez profiter des offres de soutien ou du programme pour les enfants ou les chiens, afin que nous puissions ajuster cela en conséquence.

Bientôt suivront davantage d’informations et d’appels à la participation (ateliers, conférences et des programmes du soir).

Dates clefs

31 juillet – 4 août 2013

freiLand Potsdam

La participation, l’hébergement et les repas sont gratuits. Les dons peuvent être faits à l’avance et sur place.

Si vous voulez proposer un événement au congrès, s’il vous plaît remplir notre formulaire et envoyez-le à tb-kongress[at]riseup.net (PGP).

Il est possible de télécharger le formulaire hier en plusieurs formats. Pour le cas où aucun format ne fonctionne sur ton ordinateur, envoie-nous un email à l’adresse donnée et nous essaierons de trouver une solution.

Si ton groupe, ton association ou ton organisation souhaite soutenir le congrès avec un stand d’informations ou de vente de soutien, alors s’il te plaît écris également à l’adresse donnée.

« L’écologie humaine : un projet de société »

Aujourd’hui se tient de nouveau une grande manifestation parisienne contre le droit des gays et des lesbiennes à se marier. Nous avions déjà parlé de la très importante vague intellectuelle catholique qui accompagne ce mouvement. En voici un nouveau témoignage, avec le nouveau concept utilisé par les conservateurs catholiques capitalistes: « l’écologie humaine. »

Ne pas prendre au sérieux une telle initiative serait aberrant. D’abord, parce que la force de frappe catholique est massive, comme en a témoigné le million de personnes lors du rassemblement précèdent. Ensuite, parce qu’il y a une armée d’intellectuels (philosophes, journalistes, professeurs d’universités, économistes, etc.) au service de ces valeurs (on peut voir ici une liste des intellectuels liés au projet de ce qui est appelé « écologie humaine »).

Enfin, parce qu’encore une fois en France, tout est fait pour ne pas assumer l’écologie, pour refuser catégoriquement la Nature. L’anthropocentrisme semble inébranlable, depuis « l’écologie humaine » capitaliste catholique jusqu’à « l’humain d’abord » de Mélenchon… Ce refus de la reconnaissance de la planète comme un tout est une absurdité incroyable!

L’écologie humaine : un projet de société

Tribune collective de Tugdual Derville, fondateur de « À Bras Ouverts », délégué général d’Alliance Vita, Pierre-Yves Gomez, économiste, directeur de l’Institut français de gouvernement des entreprises/EM Lyon [, Gilles Hériard Dubreuil, spécialiste de la gouvernance des risques technologiques, président du Fonds pour la culture démocratique.

« Un grand mouvement réveille la France depuis plus de six mois, avec la perspective de la mobilisation du dimanche 24 mars. Marqué par l’unité et la diversité, il est observé avec surprise dans toute l’Europe et au-delà. Les manifestations de masse de l’automne 2012 et du 13 janvier 2013, l’énorme bouillonnement des réseaux sociaux et la multiplication des réunions publiques et des échanges ont de quoi surprendre même leurs organisateurs. Ce mouvement est historique. Il traduit à nos yeux un questionnement massif, en rupture avec la pensée dominante : que sommes-nous en train de faire de l’humanité ?

Cette remise en cause s’est cristallisée autour du projet de loi dit du « mariage pour tous ». Mais il ne faut pas se leurrer : ce qui s’exprime désormais dans ce mouvement dépasse l’opposition à une loi ; il s’agit d’une revendication plus profonde, radicale. Elle concerne le sort de l’être humain dans la société contemporaine. Est-il un simple matériau, objet d’expérimentations techniques, sociales, économiques ou médicales ? Ou bien est-il la mesure de toute chose à laquelle s’ordonne et pour laquelle doit s’organiser la société ?

Dès lors que l’homme n’est qu’un matériau, il est utilisé au nom de l’amélioration de la performance économique ou biologique pourvu que cela comble certains désirs ; le Parlement légifère sur la nature humaine au gré de groupes d’intérêts ou de théories qu’on nommera « sens de l’Histoire » ; les entreprises considèrent l’être humain comme une variable d’ajustement de l’efficacité ; les politiques environnementales en viennent à protéger la nature au détriment de l’homme. Le voilà soumis à la technologie, à ses rythmes et ses exigences, au mépris de sa dignité et de sa liberté. Alors que le mot « humanisme » est dans tous les discours, c’est aujourd’hui la nature de l’homme qui est attaquée.

En s’emparant de la question du mariage et de l’engendrement, les manifestants ont affirmé que la personne humaine est la mesure de toutes choses. Y compris aux stades les plus vulnérables de son existence. Car l’humanité ne saurait être un problème à dépasser : c’est une espérance à accomplir.

C’est pour l’homme que la société doit être gouvernée. Il est à nos yeux significatif que le projet de loi qui a fait naître pareille résistance soit marqué par la volonté de toute-puissance de ses promoteurs, à la fois sur le fond – le déni de la réalité de l’altérité homme-femme, du mariage et de l’engendrement – et sur la forme : le refus du véritable débat, jusqu’au rejet de la plus vaste des pétitions jamais enregistrées. Nos modes de coordination démocratique se révèlent donc incapables de prendre en compte des signaux majeurs, qui témoignent pourtant des préoc­cu­pa­tions existentielles d’un grand nombre de citoyens. Pire, la puissance publique est elle-même mobilisée au service d’un projet de dénaturation de la vie humaine.

Il y a près d’un demi-siècle, l’écologie a émergé comme l’alternative au tout économique et à la mécanisation effrénée. Elle a donné l’espoir d’une société différente, plus respectueuse de la nature. Mais le statut de l’homme dans cette écologie est resté ambigu : en France, sa traduction politique a pu prendre des positions bioéthiques incohérentes. En raison des liens profonds et originels entre la vie humaine et cette nature, nous croyons toujours que la réconciliation entre la société contemporaine et la nature reste possible.

Le temps est venu de construire tous ensemble un grand courant d’écologie humaine. Nous sommes devant une responsabilité historique vis-à-vis de nos contemporains comme des générations futures. Il s’agit de reconnaître que l’essence de l’homme et son humanité constituent un précieux patrimoine intergénérationnel.

Accueillir ce patrimoine avec émerveillement, en prendre soin et le transmettre fait partie intégrante de l’écologie humaine. Métapolitique, comme le fut l’écologie environnementale à son émergence, elle est appelée à être prise en compte dans toutes les sphères de la société, à commencer par les partis politiques. Elle offre une alternative durable à la tenaille libérale-libertaire où l’humanité est broyée.

L’homme est la seule mesure ! C’est pour lui que nous appelons aujourd’hui à la tenue des Assises de l’écologie humaine. Elles seront ouvertes à tous les citoyens qui affirment que le progrès de la technique, de l’économie, de la bioéthique ou des politiques environnementales doivent avoir pour seule justification le service de tout l’homme et de tous les hommes. »

Pour en savoir plus, consultez le site http://www.ecologiehumaine.eu/

400 000 personnes admises à l’hôpital à la suite d’un problème d’alcool

La Société française d’alcoologie a publié un rapport, sur lequel nous ne sommes pas parvenus à mettre la main. Néanmoins, cela a été prétexte à une série d’informations diffusées par la presse. En voici quelques unes, importantes et terribles à la fois.

On notera au passage, dans un même genre, le grand succès auprès des jeunes de la « vapoteuse », la cigarette électronique, directement utilisée en lieu et place des cigarettes, pour fumer « proprement » et « discrètement. »

L’alcool est la première cause d’hospitalisation en France. Environ 400 000 Français ont été hospitalisés en un an pour des comas éthyliques, des hépatites, des cirrhoses ou encore des troubles psychiques dus à l’addiction.

L’étude menée par les docteurs Paille et Reynaud est formelle. L’an dernier, 400 000 personnes ont été admises dans un hôpital à la suite d’un problème d’alcool, soit 30% de plus qu’il y a trois ans. « Nous voulions connaître les besoins hospitaliers face à la problématique de l’alcool, et nous avons fait cette découverte, explique François Paille à francetv info. Nous avons été très surpris par ces chiffres, d’autant qu’ils sont sûrement minimisés. Car ne sont comptabilisés que les patients où la problématique alcoolique a été détectée lors de l’admission. »

Au total, les hospitalisations liées à l’alcool sont deux fois plus nombreuses que celles causées par le diabète ou les maladies cardiovasculaires. Les séjours courts de moins de deux jours ont progressé de 80 % en trois ans, et concernent de plus en plus souvent des femmes et des jeunes.

Le changement le plus notable est un rajeunissement des consommateurs et des malades. Les ravages du binge drinking, les cuites express prisées par les ados, sont une réalité. « C’est indéniable, confirme le Dr Philippe Batel, addictologue, interrogé par francetv info. En 1989, dans la structure où j’officie, la moyenne d’âge des consultations en alcoologie était de 55 ans. Aujourd’hui, elle est passée à 35 ans environ. Et certains patients de moins 25 ans sont fortement atteints, ce qu’on ne voyait pas il y a encore dix ans. »

Malgré la baisse de la consommation depuis cinquante ans, l’alcool demeure ainsi un fléau sanitaire. On estime que deux millions de personnes sont dépendants en France, mais que moins de 10% essaient de s’en sortir et sont suivis par un médecin. Selon une étude publiée dans le European Journal of Public Health, l’alcool serait à l’origine de 49.000 morts en France en 2009.

« L’alcool est une cause importante de mortalité prématurée, puisqu’il est responsable de 22 % des décès entre 15 et 34 ans, 18 % des décès entre 35 et 64 ans et 7 % des décès à partir de 65 ans, a souligné Catherine Hill. Les décès attribuables à l’alcool sont surtout des cancers (15 000 décès) et des maladies cardio-vasculaires (12 000 décès) », poursuit la chercheuse, qui juge que « les Français boivent beaucoup trop ! » S’y ajoutent notamment 8 000 morts dues à des maladies digestives (cirrhoses) et autant dues à des accidents et suicides. Le reste relève d’autres maladies dont des troubles mentaux liés à l’alcool.

Dans une société de plus en plus dénaturée, comment s’étonner des tentatives de fuite dans les paradis artificiels? Entre la cocaïne du cadre supérieur et du hipster urbain, entre le haschisch populaire et l’héroïne du désespoir, la société regorge de moyens pour tenter de s’éteindre pour ne plus faire face à une réalité toujours plus sordide.

Alors que le monde pourrait être totalement différent, ce que tout le monde sait bien, ce que tout le monde ressent au plus profond de soi, ce que tout le monde peut voir en constatant ce qu’il est possible de faire!

Hollande et Duflot lancent l’opération béton

Comme on le sait, Cécile Duflot, grande figure d’Europe écologie les verts, est ministre de l’Egalité des Territoires et du Logement.

Or, justement, François Hollande a annoncé hier des mesures concernant le logement. A cette occasion, lui et Duflot sont allés à la ZAC (zone d’aménagement concerté) d’Alfortville dans le Val-de-Marne).

Cette ZAC, ensemble de bureaux et de logements sociaux, a mis 13 ans à se construire, se terminant l’année dernière ; Hollande et Duflot sont allés à la rencontre de la population locale, allant taper l’apéro chez les gens, avec même Hollande répondant une à nounou inquiète de savoir où est passé l’enfant qu’elle surveillait : « Ah, retrouvez-le, sinon on va encore dire que je suis responsable. »

Tout cela est évidemment de la politique traditionnelle (et minable), mais quel rapport avec l’écologie ? Eh bien justement, Hollande et Duflot ont donné un blanc-seing aux promoteurs.

Car naturellement, il y a un énorme problème de logements sociaux. Sauf que le problème est aussi que la France est un pays de petits propriétaires, avec une urbanisation s’étalant de plus en plus.

Tout cela ne peut pas être abordé bien entendu, par respect pour la propriété. La Nature doit donc affronter une autre offensive : celle des bétonneurs au nom du « social », alors qu’évidemment les populations les plus pauvres n’en profiteront pas.

Voici un exemple de ce que dit le document du gouvernement sur les mesures, pour que l’on voit l’ampleur des mesures prises :

La priorité du gouvernement de développer massivement l’offre de logement n’est envisageable que dans le respect des objectifs de la transition écologique. Au-delà des prescriptions, qui peuvent être renforcées en matière de performance énergétique du bâti, de limitation de l’imperméabilisation des sols, de densité et de qualité de la forme urbaine, d’autres initiatives doivent être soutenues :

– les initiatives privées permettant par exemple la transformation des tissus urbains peu denses, notamment pavillonnaires qui peuvent jouer un rôle massif dans un contexte d’évolution de la ville sur elle-même ;

– l’initiative publique dans les opérations d’aménagement, et notamment les ZAC, qui est un moyen de porter des ambitions vertueuses sur de grandes portions de territoire et de contrôler leur mise en œuvre, par des opérateurs publics (EPA, SPLA, SEM) ou dans le cadre de concessions à des opérateurs privés agissant sous commande publique

En langage normal, cela signifie : fini les zones pavillonnaires en périphérie des villes, car la ville s’agrandit et doit donc récupérer ces zones en en profitant pour les densifier.

Et aussi : bétonnage massif avec financement massif des entreprises privées, qui géreront selon leurs besoins.

Parmi les mesures prises, Hollande et Duflot comptent ainsi aussi diviser par trois les délais de procédure et par deux celui du traitement des contentieux, par exemple en sanctionnant financièrement plus durement les recours abusifs contre les permis de construire.

A côté de cela, la promulgation de nouvelles normes techniques sera tout simplement suspendue pendant deux ans, afin de laisser les bétonneurs aller « plus vite. » Ce n’est pas tout, les règles d’urbanisme seront « temporairement » assouplies afin de faciliter les constructions…

Voici un exemple du document officiel du gouvernement, un exemple parfaitement démagogique :

Un exemple concret

Prenons le cas d’un projet d’écoquartier, qui empièterait sur une zone déclarée inconstructible en raison de cavités souterraines. L’aménageur prévoit de combler la cavité afin de pouvoir réaliser son projet.

Les procédures actuelles nécessitent que soient révisés le plan de prévention des risques (PPR), le plan local d’urbanisme (PLU), voire le schéma de cohérence territoriale (Scot) : il faut compter au moins un an et demi. Avec les dispositions qui seront prises par ordonnance, la déclaration de projet simplifiera les procédures (adaptation du PPR et du PLU) et divisera par trois les délais (6 mois).

Non seulement, ce ne seront pas des écoquartiers qui seront construits, mais qui plus est cela signifie que l’État s’efface devant les exigences commerciales des bétonneurs.

C’est très parlant quand on sait que, comme le reconnaît le gouvernement, « plus de 2,5 millions de m² de bureaux sont vacants en Île-de-France, dont 500 000 m² le sont depuis 4 ans et plus. »

Par conséquent, le gouvernement veut aider à ce que ces bureaux soient transformés en appartements… ce qui est une sacrée conception de l’architecture, au nom de l’urgence et du social !

De la même manière, les organismes HLM pourront établir des « pactes » avec l’Etat, avec une TVA intermédiaire sur les logements locatifs sociaux de 5 % au lieu de 10% (en fait encore de 7% jusqu’au 1er janvier 2014).

Est-ce que cela veut dire que les logements seront moins chers ? Non, cela veut dire que les bétonneurs auront des contrats. Car on sait bien que les organismes HLM – qui s’occupent de 17 % des logements principaux en France, mais également de construction – sont de plus en plus tournés vers le simple profit et que ce sont des gestionnaires comme les autres, à ceci près que leurs « marchandises » sont bon marché.

Finalement, on aurait pu tout résumer avec cette simple information :

(Boursier.com) — Les professionnels du Bâtiment peuvent être contents ! Les 20 mesures du plan d’investissement pour le logement présentées ce jeudi par le Président de la République, François Hollande, reprennent bon nombre de leurs revendications.

Tout pour les bétonneurs, rien pour la Nature, et tout cela au nom des pauvres : c’est un sacré tour de passe-passe.

Pareillement, il va y avoir pour les particuliers une aide de 1350 euros par opération de rénovation thermique, d’avril 2013 jusqu’à mi-2015, l’opération totale devant être de 1800 euros. Or, quelle partie de la population peut se permettre de placer 450 euros là dedans avec la crise ? Sans compter que cela ne s’adresse qu’aux propriétaires…

Tout cela est de la blague. Il faut se forcer pour y croire, ce que dit justement France nature environnement, qui est d’accord avec ce plan « d’urgence » si cela ne se fait pas « au détriment de l’environnement. »

Et dans un grand discours plein de langue de bois et d’auto-intoxication, l’association raconte :

« La densification de l’habitat est souhaitable à condition de la réaliser dans les règles de l’art et si l’Etat lutte simultanément contre l’étalement urbain et le mitage.

De la même manière, Il est bon de vouloir lutter contre les recours mafieux à condition que cela n’entrave pas les recours légitimes des défenseurs de la nature et d’un urbanisme à visage humain.

Enfin, nous regrettons que la baisse de la TVA ne concerne que le secteur de la construction alors que la réhabilitation constitue le plus gros potentiel pour ce qui est de l’amélioration de l’efficacité énergétique dans le bâtiment. »

Le mot est lâché : mafieux. Les bétonneurs forment une force de frappe terrible contre la Nature, mais aussi contre les humains qui dépendent d’eux pour se loger. Il n’y a pas ici à tergiverser: il faut mettre par terre tout cela et tout changer. C’est l’écologie radicale qui doit être le critère, l’épanouissement dans la Nature, et non le profit coulé dans le béton!

L’importance d’acquérir des connaissances sur la santé

C’est l’un des grands paradoxe qui existe quant à la connaissance des maladies qui touchent les animaux qui peuvent nous être particulièrement proches, les « animaux de compagnie » ou bien encore ceux qui vivent de manière proche, comme les oiseaux des villes.

Il existe une très grande connaissance populaire, malheureusement dispersée, de comment les aider, comment les soigner. Il y a des gens avec des connaissances encyclopédiques, qui profitent d’une très grande expérience issue de leur propre sensibilité et de leur sens de l’engagement, principalement dans les associations.

Cependant, ces connaissances ne sont pas centralisées, elles sont totalement éparpillées, parfois elles disparaissent lorsque les personnes ne sont plus actives ou bien meurent.

Pendant ce temps-là, les vétérinaires, au lieu de profiter de ce savoir populaire accumulé à une gigantesque échelle en restent à un savoir scolaire, aux méthodes pratiquement mécaniques.

Au lieu de centraliser les informations, de diffuser les expériences, chaque vétérinaire en reste à lui-même, fétichisant sa propre expérience, méprisant toute information venant d’un forum internet par exemple, forcément considéré par des gens bornés à l’esprit de petit notable comme un lieu de perdition anti-scientifique, car non institutionnel.

Voilà pourquoi le véganisme doit s’affirmer comme une démarche concrète, non pas seulement passivement, mais de manière active.

Voici par exemple une très belle histoire, qui a été filmée. Il s’agit d’un chien victime d’une crise cardiaque qui a été réanimé grâce aux compétences de l’homme qui l’a sauvé. A force de massages cardiaques, le chien a retrouvé la vie.

Le contexte et les circonstances ne sont pas vraiment connues, le fait est que ce chien a eu énormément de chance qu’une personne avec les connaissances adéquates était sur les lieux.

Au delà de cette émouvante histoire, il faut absolument voir l’aspect principal : connaître les principes de base des gestes de survie. Cela peut, certainement sembler stupide, mais les gestes de premiers secours sont indispensables à connaître, non seulement pour aider des vies « humaines », mais parce que ces principes de base s’appliquent souvent aux autres espèces animales, comme en témoigne cette vidéo.

Profitons-en pour rappeler encore que lorsque l’on vit avec un être que l’on a recueilli, il est absolument vital de connaître les comportements et les maladies propres à l’animal.

Même si les chiens et les chats sont les animaux les plus connus des vétérinaires, de nouvelles maladies, de nouveaux troubles apparaissent, qui peuvent laisser pantois les « spécialistes ».

Et quand ces « spécialistes » ne savent pas, ils donnent des médicaments inappropriés qui causent des dégâts corporels…

Bien sûr, il ne s’agit pas d’avoir de devenir apprenti vétérinaire, mais avoir des connaissances poussées est indispensable, et cela s’applique encore plus lorsque l’on vit avec des rongeurs.

Les rongeurs sont des animaux fragiles, sensibles. Bon nombre ont été manipulés à outrance pour avoir des individus « hors du commun ».

C’est d’autant plus valable chez les rats, avec leurs différentes couleurs de pelage (les rats bleus, les huskys, les champagnes, les minks, les oreilles dumbo, les poils plus ou moins frisés, ou encore les « nus », etc. etc.) que chez les cochons d’inde (des poils lisses, des poils très longs, des cochons aux poils « rosette », des poils courts et frisés, des poils longs et frisés etc. etc.) que chez les souris ou les hamsters.

Toutes ces manipulations affaiblissent les organismes. Sans compter les reproductions irresponsables et aberrantes qui donnent naissance à des animaux consanguins et donc d’une fragilité impressionnante.

D’où l’importance d’avoir des connaissances médicales de base, au strict minimum.

Cela va sans dire que quand on vit avec un être physiquement (et/ou psychologiquement) fragile, il faut se documenter encore et toujours sur les forums animaliers.

Les expériences et les témoignages des autres apportent énormément afin de se cultiver à ce sujet.

Face à l’incompétence du milieu vétérinaire face à certaines pathologies « récentes », se cultiver soi même, pour son ami à poils ou à plumes ou à écailles, relève juste du bon sens et du respect de l’autre. Car en effet, les vétérinaires ne prendront pas la peine de se documenter sur les « simples dires » qu’une personne lambda. Même si sont donnés moult arguments, témoignages et connaissances quant au traitement à envisager…

Et bien évidemment face à la détresse, devant la maladie, devant un état de santé qui se dégrade, il faut savoir rester fortE afin de soutenir au mieux l’amiE qui se bat pour vivre. Dans de telles circonstances, garder son sang-froid et ne pas craquer, comme la femme de la vidéo, est, bien évidemment, très difficile à réaliser.

La théorie Gaïa du professeur Lovelock : la Terre se régule elle-même

Le quotidien irlandais le Irish times parle régulièrement de Lovelock, et voici un article qui avait été traduit en français. Il présente de manière assez claire la conception de notre planète comme « Gaïa », comme écosystème où tout est en interaction.

La théorie Gaïa du professeur Lovelock : la Terre se régule elle-même

Pour de nombreux défenseurs de l’environnement, le scientifique britannique James Lovelock est un des « papes de l’écologie ». Pour une bonne partie de ses collègues, son « hypothèse Gaïa » qui décrit la Terre comme un organisme vivant manque de rigueur scientifique. Portrait d’un homme discret et controversé qui, par ses idées, a contribué à faire de la défense de l’environnement l’une des grandes priorités de cette fin de XXème siècle.

Le Pr. James Lovelock peut se mettre vraiment en colère quand il entend parler d’une « Terre fragile » à la télévision. Ce cliché « Vert » lui rappelle beaucoup la façon dont les hommes de l’époque victorienne parlaient de la fragilité féminine, légitimant ainsi leur sentiment de supériorité et leur possessivité.

« La Terre Mère est forte, explique le Pr. Lovelock, et peut prendre soin d’elle-même : c’est l’humanité future, en tant qu’espèce résidente, qui pourrait bien devenir « fragile ».

Paradoxalement, la démarche même de se préoccuper de la Terre doit sans doute plus à cet homme qu’à quiconque.

Voilà vingt et un ans, il traçait pour la première fois les grandes lignes de son « hypothèse Gaia ». Selon cette hypothèse, la Terre est un organisme vivant qui régule sa propre atmosphère et son système écologique. Cette notion est aujourd’hui irrévocablement liée à ces photographies splendides prises de l’espace de notre planète couronnée de nuages.

Le nom de Gaïa, la déesse grecque de la Terre, lui va à merveille. C’est son voisin dans la campagne de Cornouailles, feu William Golding, qui, avec le sens du symbole propre au romancier, baptisa ainsi le super organisme du professeur.

Pour les écologistes du monde entier, cette métaphore est parfaite. Elle exprime l’unité de la Terre dans sa complexité, là où la science la traite en objet isolé et se limite à l’étude stricte de chacun de ses éléments. Certains Verts vont même plus loin et voient dans « Gaïa » un organisme réellement vivant, doué de conscience et même doté d’un dessein et d’une intelligence globale.

Pour le chimiste Philip Ball, rédacteur en chef de la revue scientifique Nature, l’hypothèse Gaïa est « l’une des idées les plus poétiques de la pensée scientifique récente ». Mais les scientifiques exigent des théories qui puissent être vérifiées et toute la poésie de l’hypothèse Gaïa ne leur est d’aucun secours pour cela. En 1988, un professeur de l’université du Sussex la dénonçait, comme de nombreux biologistes, comme « stupide et dangereuse, génératrice d’un mythe pseudo-scientifique » .

Lovelock lui-même désespère de certaines attitudes non scientifiques, voire de la vénération religieuse à la Terre qu’affichent certains adeptes de ses idées. « Gaia, en tant que nom ou symbole, est allée bien au-delà de mes intentions », a-t-il écrit récemment. « Je la regarde s’enfler rapidement, se remplir principalement d’immondices, comme une benne vide laissée dans une rue londonienne ».

De la planète rouge à la planète bleue

Sa grande découverte se situe au milieu des années 60. Il travaillait alors en Californie pour la NASA, l’Agence spatiale américaine, qui recherchait des signes de vie sur Mars. En comparant l’atmosphère de cette planète à celle de la Terre, il réalisa que notre atmosphère ne pouvait être expliquée par les lois physiques et chimiques normales.

Son mélange de gaz – oxygène, azote, méthane, gaz carbonique – lui parut profondément bizarre. Pour lui, sa stabilité ne pouvait être maintenue sans l’existence d’un. système de contrôle actif englobant tous les organismes à la surface de la Terre.

A partir de cette « illumination », il développa son modèle de la Terre en tant qu’entité vivante en évolution. La surface de notre planète est elle-même un élément de la vie et non un simple environnement où la vie dit s’adapter. L’atmosphère – ou ce qui, en elle, fabrique le temps qu’il fait – est un système circulatoire produit et entretenu par la vie.

Gaïa devient ainsi un écosystème géant dont la stabilité est maintenue par des cycles et des réactions chimiques impliquant les organismes vivants. Les forêts tropicales créent ainsi des nuages pour refroidir l’atmosphère et les algues marines aident à la régulation du cycle du carbone.

Lui et ses collègues « géophysiologistes » ne représentent encore qu’un courant très minoritaire de la science.

Un autre courant, toujours minoritaire mais plus étoffé, accepte l’idée que les organismes vivants agissent sur la composition de l’air, des océans et des roches terrestres, mais rejette l’opinion selon laquelle la Terre pourrait être en autorégulation pour le bien de la vie. La vie et l’environnement ne lui semblent que vaguement associés l’un à l’autre . Lovelock considère que la majorité des scientifiques continuent à agir comme si la Terre était un habitat de rocaille morte auquel « un résidu de vie jeune et ténu  » a dû s’adapter.

La Terre vivante est-elle savante?

En décrivant Gaïa comme un organisme vivant, il ne parle pas d’intelligence ou de conscience. Mais les scientifiques se demandent ce qu’il veut dire exactement quand il déclare que la Terre est « vivante ». Un collègue de Lovelock, le biologiste Lynn Margulis de Boston, accepte en Gaïa l’idée de « cognition » : un système sensoriel construit à partir de toutes les interactions sensorielles des organismes individuels de la Terre. Mais pour la plupart des scientifiques, la difficulté est de vérifier l’hypothèse Gaïa.

Seule cette vérification permettrait à leurs yeux, de transformer l’hypothèse en une proposition « scientifique ». Or l’idée d’un système qui assure la stabilité de toute la planète semble, presque par définition, se situer au-delà de toute expérimentation.

S’il pouvait être prouvé que les organismes participent effectivement à la stabilisation des conditions de leur propre survie, ce serait une preuve de poids en faveur de l’hypothèse Gaïa.

Lovelock suggère par exemple que, dans un monde qui se réchauffe, les algues des océans émettraient davantage de gaz sulfureux afin de favoriser la production de nuages pour refroidir la Terre. D’intenses recherches sont actuellement poursuivies sur les interactions entre les océans et le climat. Lorsqu’il évoque la solidité de la Terre, Lovelock fait référence aux chocs massifs et répétés qu’elle a subis de l’espace et auxquels elle a survécu. Comparativement, la destruction de la nature par l’humanité lui semble représenter un « dérangement mineur ».

Même les trous dans la couche d’ozone ne le préoccuperaient guère si les cancers de la peau en étaient l’unique conséquence. Dans sa vision planétaire, tout fauteurs de trouble que nous soyons, nous ne représentons qu’une des espèces du monde vivant. Si nous n’apprenons pas à nous comporter écologiquement, il suggère que les autres espèces pourraient, inconsciemment et automatiquement, modifier le climat de la Terre de telle sorte que l’Homo sapiens y deviendrait importun ou ne pourrait pas y survivre.

L’Homo-écolo « primitif »

Lovelock n’a jamais joué le rôle de gourou que de nombreux Verts étaient prêts à lui faire endosser. Il en a au contraire dit assez pour se les mettre à dos.

Parmi eux, il égratigne les « primitifs », à son avis incapables d’évoluer, qui jugent toute industrie intrinsèquement nuisible, polluante et spéculatrice .

« L’industrie nucléaire, écrit-il, est trop souvent considérée comme de nature diabolique par excellence. Ce déluge de propagande écologiste ne prend pas en compte cette évidence : si nous renoncions à notre civilisation industrielle, bien peu parmi nous survivraient ».

Il estime que les attitudes anti-industrielles sont allées à l’encontre des changements dont nous avons besoin. Il plaide en faveur de la nouvelle profession de « médecin planétaire » qui permettrait d’agir « empiriquement, en mécanicien » contre la pollution atmosphérique. Mais il a peu de temps à consacrer aux discours à la mode sur la nécessité de prendre en charge « l’intendance » de la Terre.

Il serait seulement prêt à accepter une mission pour l’humanité en tant que « délégué du personnel » de Gaïa. Il représenterait alors les autres formes de vie de la planète et se ferait le porte-parole des champignons et de l’humus aussi bien que « des nouveaux riches de notre planète, poissons, oiseaux et autres animaux ».

Michael Viney, Irish Times (Irlande)

Mars 2013 : Fuksuhima deux ans après : entre le déni et l’oubli

Déjà deux ans que la catastrophe de Fukushima a eu lieu. Si elle a frappé les esprits alors, force est de constater qu’elle n’a pas été à l’origine d’une prise de conscience majeure en France. Si de nombreux verrous idéologiques ont sauté et qu’ainsi on peut davantage critiquer le nucléaire sans se faire isoler, il n’y a pour autant pas encore de prise de conscience populaire de ce que représente le nucléaire.

Voici un article diffusé par Sortir du nucléaire et décrivant la situation à Fukushima.

Mars 2013 : Fuksuhima deux ans après : entre le déni et l’oubli

Il y a maintenant deux ans, un accident nucléaire majeur provoqué par un séisme puis un tsunami s’est produit à la centrale de Fukushima Daiichi au Japon, la fusion du cœur de trois réacteurs et quatre explosions endommageant quatre bâtiments réacteurs.

En dépit de l’annonce officielle d’un « arrêt à froid » en décembre 2011, la situation est loin d’être maîtrisée : la centrale dégage toujours des rejets radioactifs et la piscine de stockage du combustible usé (264 tonnes), située à 30m de hauteur dans le bâtiment du réacteur N°4, menace de s’effondrer en cas de nouveau séisme. Ce qui pourrait entraîner une réaction en chaîne émettant des matières radioactives « équivalant à 5000 bombes de Hiroshima », d’après le physicien nucléaire Hiroaki Koidé [1].

Les réservoirs contenant de l’eau contaminée sont presque pleins (220 000 tonnes au début de janvier 2013), tandis que des fuites continuent à répandre de l’eau contaminée du site vers la mer et le sous-sol. Par ailleurs, 3 000 personnes interviennent chaque jour dans la centrale, mais le niveau extrêmement élevé de radioactivité complique leur travail. Et les règles de sécurité ne sont pas respectées : insuffisance des contrôles sur les doses absorbées, manque de matériel et de formation à la radioprotection notamment pour les sous-traitants, cas avérés de dissimulation d’irradiation…

On craint donc non seulement l’irradiation à haute dose d’un grand nombre de travailleurs mais aussi l’épuisement de la main-d’œuvre : en novembre 2012 TEPCO a reconnu que parmi les 24 000 personnes inscrites sur la liste des travailleurs du site, 16 000 étaient déjà parties, soit qu’elles avaient atteint la dose limite autorisée, soit parce que les conditions de travail étaient trop dures.

D’autre part, 160 000 réfugié-e-s des zones d’évacuation forcée vivent toujours un sort dramatique. La contamination durable de l’environnement et des aliments constitue le problème majeur de cette catastrophe nucléaire, car la radioactivité est invisible et n’a pas d’odeur. Or, TEPCO et les autorités ont cherché, dès le début de l’accident, à minimiser voire à nier les dangers de l’exposition aux radiations.

Depuis avril 2011, les autorités ont relevé la norme de l’irradiation externe à 20 millisieverts par an (soit la dose maximale annuelle pour les travailleurs du nucléaire), si bien que des centaines de milliers d’habitant-e-s, de la préfecture de Fukushima et d’autres préfectures, continuent à vivre dans des zones où le niveau de radioactivité est bien plus élevé que la norme internationale (1mSv/an).

Les autorités nationales et locales ainsi que des « spécialistes » pro-nucléaires ont propagé un discours rassurant sur les conséquences sanitaires jugées sans risque. Cette propagande, relayée par les grands médias, avait pour but d’éviter l’évacuation d’un trop grand nombre d’habitant-e-s. Alors que l’inefficacité des travaux de décontamination, mal conçus et bâclés, s’affiche au grand jour, cette politique du déni doit permettre au nom de la « reconstruction » de faire revenir les habitant-e-s évacué-e-s.

Néanmoins, beaucoup de gens vivent dans la crainte de conséquences sanitaires graves, notamment pour les enfants. Les examens de thyroïde effectués sur près de 100 000 mineurs dans la préfecture de Fukushima montrent déjà que 40% d’entre eux présentent une anomalie. Parmi le groupe de 38 000 enfants ayant été examiné en 2011, 3 cas de cancer de la thyroïde ont été avérés (et opérés), tandis que 7 cas font l’objet de forts soupçons.

Des pathologies diverses sont signalées, mais il est impossible d’établir le lien avec l’irradiation, faute d’études épidémiologiques systématiques et indépendantes. Confrontés à ce refus de faire évacuer au-delà des zones de 20mSv, beaucoup de parents ont décidé de s’organiser pour protéger les enfants des radiations, comme le réseau Kodomo Fukushima [2], et des centres citoyens de mesure de radioactivité se sont rapidement constitués. Un certain nombre de mères ont décidé de partir s’installer avec leurs enfants dans des régions moins contaminées, ce qui provoque souvent un drame car leurs maris ne peuvent pas ou ne veulent pas quitter leur travail.

L’appréciation du danger dû aux radiations est la cause de graves dissensions au sein des familles aussi bien que des communautés locales. Quant au problème de la contamination des aliments, la population doit y faire face quotidiennement, au-delà même de la région de Fukushima, puisqu’aucun système efficace de certification n’est mis en place.

Maintenant que l’incompétence de TEPCO et des autorités japonaises, ainsi que leurs nombreuses dissimulations sur l’accident, ont été révélées, notamment par le rapport d’une commission parlementaire indépendante, la population japonaise ne croit plus à cette prétendue sûreté nucléaire. Et certain-es n’hésitent plus à descendre dans la rue pour réclamer l’arrêt de toutes les centrales.

La mobilisation citoyenne a atteint une ampleur inédite (jusqu’à 170 000 personnes) au cours de l’été 2012, lorsque le gouvernement, alors que plus aucun réacteur ne fonctionnait depuis le 5 mai, a voulu imposer le redémarrage des deux réacteurs de la centrale d’Ooi. Et diverses actions se poursuivent, comme le rassemblement hebdomadaire devant le cabinet du Premier ministre ou la vigie, de nuit comme de jour, devant le ministère de l’Économie, ou encore la pétition « Adieu au nucléaire » lancée entre autres par Kenzaburo Oé, le prix Nobel de littérature, qui a recueilli plus de 8,2 millions de signatures [3].

C’est ce refus du nucléaire exprimé par plus de 80 % de la population qui a contraint le précédent gouvernement à annoncer la sortie du nucléaire pour la décennie 2030. Depuis 2011, avec des économies d’électricité efficaces et une légère augmentation des importations de gaz, le Japon, dont 28% de l’électricité était d’origine nucléaire, a pu s’en passer presque entièrement. Et comme chacun le constate, l’économie japonaise ne s’est pas effondrée pour autant.

Or, la puissante oligarchie nucléaire japonaise, soutenue par le lobby international (dont l’AIEA), garde le bras long dans les milieux politico-administratifs, économiques et médiatiques. Lors des élections législatives en décembre dernier où la question du nucléaire a été écartée de l’enjeu électoral, l’opinion antinucléaire n’a pas pu trouver un débouché politique.

Le système électoral aidant, le PLD, le parti qui avait introduit et promu le nucléaire au Japon, a obtenu la majorité absolue. Le nouveau gouvernement du Premier ministre Abé a d’emblée remis en cause le « nucléaire zéro » et envisage la relance de la filière nucléaire. Les difficultés des victimes de Fukushima à faire entendre leurs revendications risquent d’augmenter dans une société malmenée où domine de plus en plus l’envie de retourner à une vie « ordinaire » qui incite les citoyen-ne-s à l’oubli et au déni d’une réalité trop douloureuse.

Il est donc plus que nécessaire de ne pas oublier Fukushima. C’est pour affirmer l’actualité de cette catastrophe toujours en cours que des associations, des scientifiques, des médecins, des journalistes indépendants et des citoyens, au Japon et dans le monde, continuent à se mobiliser en réclamant le droit à l’évacuation des habitant-e-s qui vivent dans les zones contaminées.

C’est pour ne pas oublier Fukushima qu’ils jugent impératif d’empêcher le redémarrage des centrales et urgent de faire traduire en justice les responsables de cet accident qui n’a rien de naturel mais qui est hélas humain, trop humain. En dépit du consensus international qui voudrait tourner la page, la catastrophe n’en est encore qu’à son commencement. Il dépend de nous que le sort des enfants de Tchernobyl ne se répète pas à Fukushima.

Yûki Takahata, pour Yosomono-net

1] http://groupes.sortirdunucleaire.org/Danger-mondial-les-combustibles

[2] http://kodomofukushima.net/?page_id=257

[3] http://sayonara-nukes.org/english/

27 avril 2013 – Avignon : manif – occupation

Fin avril 2013 aura lieu à Avignon une initiative contre l’expansion de la ville. Une initiative très intéressante, inévitablement influencée historiquement par la lutte à Notre-Dame-des-Landes (et ses faiblesses, évidemment).

Une question peut venir à l’esprit, en arrière-plan, quand on voit comment est formulée la lutte: est-ce que tout cela n’est pas, peut-être, que le début d’une prise de conscience extrêmement tardive par la population française que la France agricole et du terroir, c’est fini depuis bien longtemps?

27 avril 2013 – Avignon
MANIF-OCCUPATION !

Contre la LEO et son monde ! Pour la défense des terres agricoles la ceinture verte !

(Suivie de 4 jours de rencontres pour partager et renforcer les occupations)

Départ place Pie 10h et jardin de l’abbaye St Ruf 11h

Infos, visuels, tracts… : https://leopart.noblogs.org

A l’appel d’individus en lutte contre la LEO, de collectifs locaux et du réseau Reclaim the Fields.

~ Une ceinture verte en béton ?

Depuis 30 ans, les décideurEs planchent sur un projet de rocade – la LEO, pour Liaison Est-Ouest – qui contournerait la ville d’Avignon par le Sud afin de relier les autoroutes A7 et A9 qui vont respectivement vers Marseille et Barcelone. Cette opération à plus d’un milliard d’euros est prévue en 4 tranches, dont une a déjà été réalisée, non sans contestation. Jusqu’à peu, les 3 tronçons restants semblaient abandonnés par manque d’argent, mais en mars 2012, décideurEs et bétonneurEs ont réussi à arracher les 180 millions d’euros nécessaires à la réalisation de la tranche 2.

Aujourd’hui, pour les autorités locales le projet va se faire et le processus s’accélère : l’enquête publique parcellaire s’est clôturée en février 2013 et l’État a déjà entamé des procédures d’expropriation sur le tracé.

Le tracé de cette future 2×2 voies passe dans une large zone aux portes de la ville appelée ceinture verte, dernier poumon agricole de la ville étonnamment préservée jusqu’ici. La réalisation de la LEO aura pour impact immédiat la destruction de 50 ha de terres alluvionnaires.

Mais celle-ci engagera très probablement à terme la destruction de toute la ceinture verte : la LEO stimulera la spéculation foncière et le processus d’urbanisation dans cette zone, accélérant ainsi l’expansion de la ville vers le sud.

~ Contre la LEO et son monde, manif-occupation !

Alors que les expropriations se multiplient et que les premiers travaux sont programmés dès 2014, nous souhaitons donner un nouveau souffle à cette lutte car nous savons qu’elle peut encore être gagnée. Le mouvement contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes montre l’utilité d’occuper le terrain pour créer des espaces de résistances créatifs et permettre de construire collectivement une lutte offensive.

NOUS VOUS INVITONS LE 27 AVRIL À UN MOMENT D’ACTION COLLECTIVE, DE RENCONTRES ET DE FÊTES, ET VOUS PROPOSONS DE RESTER LES JOURS SUIVANTS POUR RENFORCER LA RESISTANCE.

Cette manifestation a pour but de rendre visible la contestation du projet de rocade et de l’amplifier. Elle s’adresse à celles et ceux qui se battent pour le devenir de l’agriculture, aux personnes qui s’activent localement et qui ne veulent pas se résigner et à celles qui luttent contre ce système.

Après la manif-occupation, un campement s’installera sur un terrain occupé de la ceinture verte  pendant quatre jours. Il sera rythmé par des actions, des chantiers, des discussions, des projections, divers ateliers, des fêtes… et de ce que vous apporterez_! Nous souhaitons que ces jours s’inscrivent dans la construction d’un mouvement plus large d’occupation de terres et d’opposition à la marchandisation du territoire.

~ La LEO, un projet au service de la marchandisation de la ville.

À Avignon, comme dans toutes les grandes agglomérations en France, l’heure est à la concurrence généralisée entre les villes. La ville devient une marchandise comme les autres qui doit faire du profit. Il faut développer son attractivité, investir, mener des politiques innovantes pour renforcer la croissance locale. En arrière plan, le spectre du chômage et du chantage à l’emploi est brandi.

C’est un terreau propice pour faire accepter les politiques de la ville aux populations, en leur laissant croire qu’elles leurs sont destinées.  Elle accentuera également la ségrégation spatiale es population, ce qui revient à couper la ville en deux : les riches en centre-ville et les pauvres et autres indésirables derrière la rocade, en périphérie.

Nous voulons nous organiser localement pour résister à cette conception marchande de la ville, dans laquelle la LEO s’inscrit. En effet, ce projet permettra à terme de stimuler l’industrie du BTP, favoriser les flux de camions de marchandises dans la région et de fluidifier les déplacements. À long terme, la LEO est l’infrastructure clé pour poursuivre l’urbanisation de tout le sud de la ville.

Au delà des beaux discours sur l’agriculture périurbaine, dans la tête des décideurEs, la ceinture verte est une réserve foncière importante pour le développement futur de la ville.

Dans cette zone, il est difficile pour de petit-es agriculteur-ices de s’installer, même avec des subventions, car la concurrence foncière y est rude. Isolé-e-s, qui peut lutter face à l’implantation de gros projets agro-industriels, infrastructurels ou immobiliers ? Ce phénomène n’est pas propre à Avignon: en France, une surface équivalente à un département est bétonnée tous les sept ans.

A Avignon comme ailleurs, nous ne nous laisserons pas aménager ! Face à la réalité bétonnée, semons le FLEO* !
(*Fabuleux Laboratoire d’Expérimentations et d’Occupation)

Infos pratiques (voir également https://leopart.noblogs.org/) :

• Il est possible d’arriver la veille. Un espace pour des tentes et de la bouffe sera prévue dès le vendredi soir.
• Venez si possible avec des outils de défrichage, jardinage, construction. Et des tracteurs_!!!
• Apportez si vous pouvez, un pique-nique à partager pour le 27 midi.  Des espaces pour les tentes et des cantines végétaliennes seront prévues pour les quatre jours de rencontres suite à la manif.
• Il y aura : un espace de mixité choisie // un espace jeux-détente et adapté aux enfantEs
• Si possible, laisse ton chien / ta bagnole à la maison.
• Le contenu des rencontres est ouvert et on invite chacun-e à proposer des discussions, venir partager sur les dynamiques de luttes

Vérifier sa B12, un acte élémentaire

La vitamine B12 est un des thèmes les plus importants pour les personnes végétaliennes. Il s’avère en effet que, en théorie, cette vitamine se retrouve de manière insuffisante (voire inexistante) dans l’alimentation végétalienne.

Par conséquent, vue l’importance capitale de cette vitamine qui joue un rôle vital pour le cerveau, le système nerveux, ainsi que pour la gaine composée d’une substance appelée myéline et qui protège les nerfs, les personnes végétaliennes se supplémentent traditionnellement.

L’une des manières les plus courantes de trouver de la B12 est la « VEG 1 », produite la Vegan Society anglaise.

Il y a cependant un « mais », il y en a en fait même plusieurs. Déjà, en théorie, la B12 est stockée pour un certain temps quand on en consomme. Donc, une personne végétalienne ne risque de se retrouver carencée qu’au bout d’à peu près quatre années.

Sauf que cela change largement selon les personnes. La situation est en fait assez floue, car ne dit-on pas que la seule vitamine non synthétisée par les humains (et par les cochons d’Inde, par ailleurs), est la vitamine C ?

Ce qui fait qu’on peut très bien être carencé en vitamine B12 sans être végétalien ; de la même manière, la question de la B12 et des personnes végétaliennes n’a jamais été étudiée de manière sérieuse et approfondie sur le long terme.

Dans ce cadre arrive alors un autre problème : la forme de la B12. Il en existe quatre, appelées cyanocobalamine, hydroxocobalamine, méthylcobalamine et adénosylcobalamine.

Ici, il nous faut porter l’attention sur le fait que c’est la méthylcobalamine qui est présentée comme étant celle qui est le mieux absorbée.

Donc, si l’on est carencé en B12 (ou pas d’ailleurs) c’est vers cette forme qu’il faut se tourner.

Notons ici la différence d’avec la « traditionnelle » VEG 1. Celle-ci non seulement présente la B12 sous la forme de la cobalamine et non pas de la méthylcobalamine, mais elle est également beaucoup moins dosée.

Un comprimé de VEG 1 contient 10µg de vitamine B12, alors que sous la forme de méthylcobalamine, les comprimés proposent des comprimés contenant chacun… 1000µg, voire 5000µg de vitamine B12 !

Une compréhension complète et absolue de la vitamine B12 reste donc encore à faire. Cependant, nous ne pouvons que conseiller à toute personne végétalienne de se faire prescrire à intervalles réguliers des prises de sang pour vérifier le niveau de la B12.

Il existe également un débat chez les scientifiques pour savoir quels tests sont les plus efficaces pour vérifier le niveau de B12… Donc, dans tous les cas, mieux vaut prévenir que guérir, et toujours prendre les devants et l’initiative.

L’anses, le véganisme reconnu et l’allaitement maternel qui ne s’ancre pas en France

C’est historique, et cela montre qu’une certaine étape est terminée. Pour la première fois, à nos yeux, un organisme d’Etat reconnaît l’existence du véganisme.

En effet, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), qui est l’agence nationale française chargée de la sécurité sanitaire, parle dans son dernier communiqué du lait maternel, et fait une remarque sur les « femmes ayant une alimentation de type végétalien ou végane (ne consommant aucun produit d’origine animale)« .

L’Agence parle même des préparations pour nourrissons en précisant qu’elles peuvent être d’origine végétales… C’est indéniablement un signe très positif et une grande victoire culturelle!

Voici le communiqué de l’Anses, un communiqué avec des détails scientifiques est ici. Il traite de l’utilisation totalement erronée de produits non destinés aux nourrissons, choisis par méconnaissance et par esprit dénaturé de pseudo facilité.

Il faut savoir en effet que l’Organisation Mondial de la santé considère comme correct six mois d’allaitement maternel exclusif.

Or, la France est le pays d’Europe où cet allaitement est le moins pratiqué: les études montrent que seulement 69% des Françaises donnent le sein à la maternité, 54% pendant le premier mois,  32% à 3 mois…

La raison de ces chiffres est très facile à comprendre: c’est la vision religieuse et cartésienne de l’esprit supérieur à la matière, rejet de la Nature allant avec…

Publié le 14/03/2013
L’Anses pointe les risques liés à l’alimentation des nourrissons avec des boissons autres que le lait maternel et substituts

Suite au signalement de plusieurs cas graves chez de très jeunes enfants ayant été partiellement ou totalement nourris avec des boissons autres que le lait maternel et ses substituts, l’Anses s’est autosaisie de l’évaluation des risques liés à ces produits dans l’alimentation des nourrissons de la naissance à 1 an. L’expertise réalisée par l’Agence montre que ces boissons de consommation courante ne permettent pas de couvrir intégralement les besoins nutritionnels spécifiques des nourrissons.

L’Anses considère donc que ces produits ne doivent pas être utilisés, que cela soit à titre exclusif ou même partiel, chez l’enfant de moins de un an. Elle rappelle également que le lait maternel est l’aliment de référence adapté aux besoins du nourrisson, et qu’hors allaitement, seules les préparations pour nourrissons et préparations de suite (à base de protéines animales ou végétales) peuvent couvrir les besoins de l’enfant de moins de 1 an.

L’offre en boissons présentées comme des laits (boissons végétales de type soja, amandes, riz, etc.) connait un fort développement sur le marché français. Pour des raisons variées comme des allergies, des intolérances ou par simple choix alimentaire, certains consommateurs se tournent vers ces produits ou des laits d’origine non bovine (lait de chèvre, de brebis, etc.).

Récemment, plusieurs cas graves chez de très jeunes enfants ayant été alimentés avec de tels produits ont été signalés à l’Anses, qui s’est autosaisie de l’évaluation des risques liés aux boissons autres que le lait maternel et ses substituts dans l’alimentation des nourrissons de la naissance à 1 an. Le résultat de ce travail est publié aujourd’hui.

La première année de vie est celle où la croissance est la plus importante. Le nourrisson est donc particulièrement dépendant d’une alimentation adéquate, lui permettant de couvrir ses besoins nutritionnels afin d’assurer sa croissance et son développement. Les boissons de consommation courante telles que les boissons végétales apparentées à des laits ou les laits d’origine non bovine n’ont pas été formulées pour l’enfant de moins de un an.

L’analyse menée par l’Anses, montre que, même si ces produits n’ont rien d’intrinsèquement dangereux, ils ne permettent pas de couvrir intégralement les besoins des nourrissons.

Les troubles décrits chez les nourrissons ayant été alimentés avec ces boissons sont d’autant plus graves que leur usage est exclusif et prolongé. De telles pratiques peuvent en effet entrainer en quelques semaines un état de malnutrition ou des désordres métaboliques sévères pouvant conduire à des complications infectieuses et aller jusqu’au décès de l’enfant. Compte tenu de la sensibilité des nourrissons à toutes carences, même momentanée, l’Anses considère donc que ces produits ne doivent pas être utilisés chez l’enfant de moins de un an.

L’Agence rappelle que le lait maternel est l’aliment de référence adapté aux besoins du nourrisson, et qu’hors allaitement, seules les préparations pour nourrissons et préparations de suite (lait premier âge et deuxième âge), qu’elles soient formulées à partir de protéines animales ou végétales, permettent de couvrir les besoins du nourrisson.

L’Agence rappelle, par ailleurs, l’importance de l’équilibre de l’alimentation maternelle au cours de la période de grossesse et d’allaitement. En effet, d’éventuels déficits d’apport en vitamines et minéraux se répercutent sur le nourrisson. Certains modes d’alimentation pouvant conduire à des déficits doivent faire l’objet de précautions ou d’un suivi spécifique.

Une attention toute particulière doit être accordée aux femmes ayant une alimentation de type végétalien ou végane (ne consommant aucun produit d’origine animale), qui doivent recevoir une complémentation en vitamine B12 pendant la période de la grossesse et de l’allaitement.

Le chat, un « serial killer » ?!

La Nature est aux yeux des partisans du social-darwinisme, non pas une réalité sensible en évolution, mais un monde affreux où tout le monde fait la guerre à tout le monde, seule l’humanité parvenant à s’extraire de la « barbarie » naturelle.

La propagande en ce sens est littéralement phénoménale, et les seuls animaux qui « sortent » du lot pour ces gens sont les « prédateurs. »

Les requins et les lions, ou encore les aigles, profitent d’une grande « aura » comme relevant d’une catégorie « à part », dans l’esprit de ce que disait Mussolini : « Mieux vaut être un lion une journée qu’un mouton toute sa vie. »

Voici un article du site Univers Nature qui correspond parfaitement à cet esprit, dans un esprit de guerre ouverte contre ceux et celles qui veulent une planète bleue et verte.

Les chats se voient attribués des choses provoquées en réalité par l’humanité qui a déséquilibré Gaïa, tout cela pour conforter l’image d’une Nature qui serait injuste, sanglante, fondée sur la concurrence, etc. ! Le chat est même qualifié de… « serial killer« , ce qui est totalement ridicule et insultant, et reflète la fascination pour le meurtre gratuit, sordide, que seule l’humanité pratique…

Le chat : ce serial killer qui cache bien son jeu

Voilà une nouvelle qui devrait faire grincer quelques dents. Chacun d’entre nous connaît une personne (vous-même, peut-être), qui n’hésite pas à se décrire comme étant une amie des animaux. Peut-être même leur meilleure amie.

La meilleure preuve, c’est que cette personne possède un chien, un lapin, un aquarium avec quelques poissons rouges, quelques oiseaux en cage,  un des ces animaux à la mode désignés sous le terme barbare de NAC (les nouveaux animaux de compagnie : scorpion, araignée, serpent…), ou même pour les plus aisés d’entre nous, un cheval. Mais dans cette liste de compagnons d’amis de la nature, il manque un animal.

Vous n’avez pas remarqué ? Ils sont pourtant près de 11 millions à partager nos vies. Un indice, chez vous : « Miaou« . Voilà, vous l’avez. A cette liste, il manque le chat.

Pourquoi ne pas l’avoir inclus ? Tout simplement parce que si l’on en croit une récente étude, sous leurs airs mignons et derrière leurs ronronnements attendrissants, le chats seraient en fait d’implacables machines à tuer, au tableau de chasse hallucinant.

Ainsi, aux Etats-Unis seulement, où l’on dénombre 80 millions de félins domestiques et entre 30 et 80 millions de chats errants, l’étude estime qu’ils tuent, en une seule année, entre 1,4 et 3,7 milliards d’oiseaux, et entre 6,9 et 20,7 milliards de petits mammifères. En choisissant une fourchette haute, les cousins américains de votre chat, celui que les enfants adorent caresser et qui vous fait tant rire, seraient responsable du meurtre (n’ayons pas peur des mots) de près de 25 milliards de leurs congénères du règne animal.

Les chats domestiques tueraient en moyenne 5 à 10 oiseaux par an, quand la moisson d’un chat errant peut monter à 50 volatiles abattus (là encore, n’ayons pas peur des mots).

La preuve ultime du potentiel assassin de ces charmants compagnons ? Leur introduction dans des milieux fermés qui aboutit à des dégâts irréparables. Ainsi, il a été démontré que des chats introduits sur une île qui n’en avait jamais vus conduisent à un désastre écologique : l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) avance ainsi le nombre de 33 espèces insulaires d’oiseaux, reptiles et mammifères, qui ont complètement disparu suite à leur rencontre avec le genre félin.

Le résultat ? En chassant certains de ces animaux, dont se nourrissent d’autres espèces, les chats peuvent même être responsables de la disparition d’autres prédateurs qui finissent par mourir de faim.

La prochaine fois que votre compagnon ronronnera à pleins tubes sur vos genoux, vous pourriez bien le regarder différemment, après avoir lu cela…

« Viande : les bas morceaux font les beaux profits »

Voici un très intéressant article du Monde sur les réseaux qui servent d’intermédiaires dans l’industrie de l’exploitation animale. C’est normalement un monde très opaque, mais la crise récente a obligé en quelque sorte à avoir un aperçu. Ce qu’on y voit est simple: toujours plus de concentration économique, de recherche de profits.

De par la dimension de cette industrie, on voit bien que tout espoir que celle-ci s’arrête par un simple mouvement de « consommateurs » est totalement impossible. L’exploitation animale est parfaitement intégrée dans les choix même de l’économie fondée sur le profit, elle est enracinée dans de très nombreux aspects industriel.

Viande : les bas morceaux font les beaux profits

Le scandale de la viande de cheval substituée à de la viande bovine dans des plats cuisinés n’en finit plus de gagner du terrain et d’embarrasser nombre d’acteurs de la filière agroalimentaire. Enquête après enquête, révélation après révélation – la dernière met en cause du corned-beef fabriqué par la société française Covi –, cette fraude à grande échelle prend de l’ampleur. Par son étendue géographique d’abord : de la Suède au Portugal, de la Grande-Bretagne à l’Autriche, quasiment tous les pays européens ont été touchés, sans oublier la Russie et, par ricochet, l’Asie.

Par la liste des produits incriminés ensuite : des lasagnes aux boulettes de viande en passant par des raviolis ou du chile con carne, frais, surgelés ou en conserve, vendus sous marque de distributeur ou par Findus ou Nestlé. Mais aussi par le nombre d’intervenants dans ce périple de la viande de cheval déguisée, au gré des manipulations et des étiquetages en viande de bœuf.

S’il est trop tôt pour établir responsabilités et culpabilités, ce scandale a levé le voile sur un circuit de la viande complexe, voire opaque, qui tient du commerce de pièces détachées, les abattoirs ne vendant plus des carcasses, mais « désassemblant » les animaux pour en valoriser au mieux chaque partie.

C’est dans cette logique qu’ils fabriquent le fameux « minerai » – une masse agglomérée de 10 à 25 kg de chutes de découpe et de tissus graisseux –, devenu matière première pour les plats cuisinés des industriels. Industriels qui, sous la pression de la distribution, ont une obsession : réduire les coûts. Quitte à multiplier les sous-traitances pour assembler les produits, et à recourir aux services de traders chargés de négocier les « pièces » au meilleur prix. Au risque du dérapage.

« NICE TO MEAT INTERNATIONAL »

Dans ce commerce qui joue à saute-frontières, les traders basés aux Pays-Bas ont su s’imposer comme des intermédiaires à l’échelle européenne. « Partout où il y a du négoce, vous trouverez toujours au moins un Hollandais », rappelle Rudoph Van de Riet, porte-parole de la COV (organisation centrale du secteur de la viande). Il estime à « plusieurs centaines » le nombre de courtiers en viande, grands et petits – à sa connaissance, personne n’a fait le recensement exact.

Parmi eux, il y a des PME, comme Nice To Meat International, une entreprise familiale de cinq employés, installée dans la banlieue d’Amsterdam. Son patron, Patrick Pouw, explique le travail de ses traders, qui passent leurs journées au téléphone et sur Internet : « Nous achetons de la viande de qualité supérieure aux Etats-Unis et en Australie, nous l’importons aux Pays-Bas, nous la stockons dans des entrepôts frigorifiques que nous louons en plusieurs endroits du pays, puis nous la revendons partout en Europe – y compris en France, chez les grossistes de Rungis. En général, quand nous achetons un lot, nous savons déjà à qui nous allons le revendre. »

Nice To Meat se contente de faire transiter le produit, sans y toucher : « La viande est découpée en amont, par le producteur, explique Patrick Pouw. Nous n’ouvrons jamais les paquets. » Son entreprise n’effectue pas non plus de contrôle sanitaire, ni qualitatif : « Ces opérations sont réalisées par les autorités américaines et australiennes, puis à nouveau par les douanes et les services vétérinaires européens. » Il sait qu’Internet permet à certains grossistes de s’approvisionner directement en court-circuitant les intermédiaires, mais il n’est pas inquiet : « Notre expertise est réelle, nous savons où, quand et comment trouver la meilleure viande dans ces pays lointains, au meilleur prix. Les grossistes de Rungis ne possèdent pas cette compétence. »

INDÉPENDANTS EN DÉCLIN

Les Pays-Bas possèdent aussi de grandes entreprises d’import-export de viande, comme le groupe contrôlé par la famille Zandbergen, qui compte une centaine d’employés, dont dix-huit traders, et possède ses propres entrepôts frigorifiques. Zandbergen achète et revend tous les types de viande, y compris le cerf, l’autruche et le kangourou, mais l’essentiel de son chiffre d’affaires se fait sur les produits les plus courants. Elle importe du bœuf d’Amérique du Sud et d’Australie, et des poulets de Chine et de Thaïlande. La directrice du marketing, Inge Ketelaar, définit l’entreprise comme « le grossiste des grossistes ».

Enfin, on trouve encore aux Pays-Bas des petits traders indépendants, mais cette activité est en déclin. Frank Leuver, trader en viande de porc et gérant d’une fabrique de crochets de boucher, en explique les raisons : « Jusque dans les années 1990, il y avait des abattoirs artisanaux un peu partout, qui n’avaient pas de contacts internationaux. Les traders indépendants étaient là pour les aider à exporter une partie de leur production, au coup par coup. Mais depuis une dizaine d’années, on assiste à une forte concentration du secteur : les petits abattoirs ferment, d’autres s’agrandissent à coups de rachats et peuvent se permettre d’embaucher leurs propres équipes commerciales. Dans ce paysage, les petits traders indépendants sont de moins en moins utiles. »

Selon Frank Leuver, il en reste sans doute moins de vingt aujourd’hui dans le pays, et leurs affaires périclitent. D’où la tentation, pour certains, de se lancer dans des opérations périlleuses. Arnold Burger, directeur commercial de Zandbergen, confirme ce diagnostic : « Pour survivre, les indépendants sont obligés de devenir de plus en plus créatifs dans leurs transactions, et de se faire de plus en plus discrets. »

NÉGOCIANT PLAY-BOY

Jan Fasen, 63 ans, patron de la société Draap, qui vend notamment du cheval, appartient peut-être à cette catégorie d’indépendants en difficulté, mais, par certains côtés, il est tout à fait hors normes. Pour commencer, il a le sens de l’humour : Draap est l’anagramme de « paard », mot signifiant « cheval » en néerlandais. Il aime aussi s’afficher sur Internet, y compris sur le site de rencontre Badoo, où il a publié une photo de lui en play-boy grisonnant, le sourire avantageux, un verre de vin à la main.

Jan Fasen a mis en place un montage financier digne d’une multinationale. L’actionnaire principal de Draap est une société baptisée Hermes Guardian Limited, installée dans les îles Vierges britanniques, petit paradis fiscal des Antilles, et dirigée par des prête-noms. Au sein de l’Union européenne, elle est enregistrée à Limassol, à Chypre, où elle s’est fait domicilier chez Trident Trust, firme spécialisée dans l’hébergement d’entreprises étrangères.

Jan Fasen habite avec sa famille à Schoten, banlieue aisée d’Anvers, en Belgique. Pour ses opérations néerlandaises, il s’est associé à un autre trader local, Hans Windmeijer, habitant près de Breda, dans le sud des Pays-Bas, qui a fait moins d’efforts pour dissimuler ses activités : il a appelé sa société Windmeijer Trading, et l’a enregistrée à Breda.

Presque inconnu de ses pairs il y a encore un mois, Jan Fasen est désormais célèbre, car il est accusé d’être à l’origine de l’affaire du mélange de bœuf et de cheval retrouvé dans des plats cuisinés dans toute l’Europe. Il a acheté de la viande de cheval en Roumanie, et l’a fait transporter jusqu’à Breda, dans un entrepôt frigorifique appartenant à la société Nemijtek, loué par Hans Windmeijer. Nemijtek refuse toute responsabilité dans cette affaire, et rappelle que son activité principale est l’entreposage de fruits et légumes surgelés.

« LIBRE COMMERCE »

Ensuite, Draap a revendu le cheval à la société française Spanghero, qui l’a fait venir à Castelnaudary (Aude). A son tour, Spanghero a cédé la marchandise à la Cogimel, dont l’usine se trouve au Luxembourg. Ainsi, au lieu d’aller directement de Breda à Luxembourg (310 km), la viande de cheval roumaine a fait un détour de 2 100 km par le sud de la France. En chemin, elle s’est transformée en bœuf.

Selon la presse néerlandaise, Jan Fasen et Hans Windmeijer n’en étaient pas à leur coup d’essai. En janvier 2012, tous deux ont été jugés par un tribunal de Breda pour avoir vendu de la viande de cheval en la faisant passer pour du bœuf halal pendant au moins deux ans. Jan Fasen, condamné à un an de prison dont neuf mois ferme, a fait appel, ce qui lui a permis de rester en liberté et de continuer à travailler. De son côté, Hans Windmeijer s’en est tiré avec du sursis et un travail d’intérêt général.

Aux Pays-Bas, la profession condamne sans réserve cette tricherie, mais refuse de dramatiser. Ainsi, Rudoph Van de Riet, de la COV, minimise l’impact du scandale. Il reconnaît que, en toute logique, un lot de viande allant de Breda à Luxembourg ne devrait pas passer par Castelnaudary, mais cet itinéraire ne le surprend pas vraiment : « Ce genre de choses arrive, c’est la conséquence du libre commerce au sein de l’UE. Les Néerlandais ont toujours été très prompts à réagir face à une demande commerciale, où qu’elle s’exprime. »

Les vrais profits ne se font pas avec la viande de qualité. « Pour les traders, assure Rudoph Van de Riet, le commerce des steaks premier choix est presque un service rendu à la communauté, car sur ces produits chers, leur marge est très faible. Ils gagnent leur argent sur les bas morceaux et les sous-produits, y compris les os, le gras… Cette marchandise est très rentable, car les usages et les clients sont très divers – même l’industrie pharmaceutique. »

Les sous-produits ne sont donc pas à la périphérie, mais au centre du commerce global de la viande. « Le profit se fait grâce à l’animal tout entier », souligne Arnold Burger, du groupe Zandbergen. Et comme les autres, son entreprise vend des bas morceaux et des sous-produits aux fabricants de préparations et de plats cuisinés.

15 Mars 2013 : projection à Bayonne du film Green

Voici une super initiative de Vegan Pays Basque, qui diffuse le film Green (voir notre article Le film « Green », les forêts primaires et l’huile de palme en Indonésie). Refuser l’huile de palme est quelque chose qui doit impérativement faire partie de la culture progressiste!

Et la diffusion de ce film est vraiment quelque chose de très bien, de telles initiatives doivent inspirer pour faire de même!

Vendredi 15 mars 2013 – Martxoaren 15a ostirala: Vegan Pays Basque organise la projection du film documentaire Green à 20h00 à la fondation Manu Robles-Arangiz, 20 rue des cordeliers dans le petit Bayonne.

La projection sera suivie d’une discussion libre sur l’huile de palme, la déforestation et l’importance de s’opposer aux pillages des ressources de notre planète. Nous allons également distribuer une petite brochure après la projection qui résume l’impact de l’huile de palme et qui donne quelques conseils pour découvrir comment s’en passer.

Des cookies (végétaliens, bio, commerce équitable et sans huile de palme) seront vendus à 1 euro au cours de la soirée.

La projection est gratuite. Venez nombreuses et nombreux et n’hésitez pas à partager l’info autour de vous.

Synopsis:

« Son nom est Green, elle est seule dans un monde qui ne lui appartient pas. C’est une femelle orang-outan, victime de la déforestation et de l’exploitation des ressources naturelles. Ce film est un voyage très touchant pendant les derniers jours de Green. Une chevauchée visuelle qui présente les trésors de la biodiversité… et les impacts dévastateurs de l’exploitation forestière… »

Le message du film:

Green est le titre du film de Patrick Rouxel, titre donné en la mémoire de cette femelle orang-outan, chassée de son territoire afin de massacrer les arbres qui lui servaient de lieu de vie. A travers elle, et ses derniers instants de vie, le réalisateur de Green, qui est parti seul pendant plusieurs mois avec une caméra dans la jungle de Bornéo, montre les ravages que subit la forêt indonésienne. L’absence de discours rendant le film ainsi aisément compréhensible pour tout le monde, et renforce son coté immersif.

“Green traite de la destruction de la forêt Indonésienne et de l’extinction des orangs-outans », résume le réalisateur. Très engagé pour la sauvegarde des grandes forêts et des espèces naturelles, Patrick Rouxel a pour objectif à travers son film « de toucher le cœur des gens dans l’espoir de nous faire changer nos habitudes de consommation pour ne plus faire partie de cette destruction ».

Événement Facebook: https://www.facebook.com/events/308250792631447/?ref=22

Voici en attendant un petit texte pour comprendre l’importance de ne pas consommer d’huile de palme et de lutter contre la déforestation des forêts:

L’Indonésie a un taux de déforestation le plus élevé au monde, avoisinant les 2 millions d’hectares par an. En 1950 la forêt occupait environ 160 millions d’hectares, aujourd’hui il en reste moins de 48 millions.

La déforestation massive en Indonésie a commencée dans les années 70 avec l’expansion de l’industrie du bois. Puis, s’est développée l’industrie de la pâte à papier suivie de l’industrie de l’huile de palme. Aujourd’hui, les principales sources d’impulsion de la déforestation en Indonésie viennent de la demande internationale constamment croissante d’huile de palme. Un rapport publié en Octobre 2009 par l’UNEP indique que « deux tiers de l’expansion actuelle des cultures d’huile de palme en Indonésie est basée sur la coupe à blanc des forêts tropicales ».

  L’huile de palme est utilisée dans la fabrication d’un très grand nombre de produits de différents secteurs industriels :

Industrie Alimentaire : L’huile de palme est très prisée dans l’industrie alimentaire de par son prix très compétitif comparé aux autres huiles et graisses. Les dérivés de l’huile de palme sont utilisés, en général, dans la margarine, les fritures, les mayonnaises, les sauces de salade, les chips, les frites, les encas, les biscuits, les pains de mie, les gâteaux, les pâtisseries, le chocolat, les confiseries, les glaces et beaucoup d’autres produits alimentaires. Sur les emballages, l’huile de palme et ses dérivés sont souvent notés comme « huile végétale » ou « graisses végétales ».

Industrie des détergents et savons : La plupart des savons industriels et semi-industriels (souvent dit « artisanaux ») contiennent environ 80% d’huile de palme. Le savon de Marseille aussi, s’il n’est pas fabriqué à base de graisse de bœuf. L’huile de palme permet au savon de rester compacte et mousseux à la fois.

Industrie Pharmaceutique : L’huile de palme à l’avantage d’être plus facilement absorbée par la peau que les autres huiles, on en trouve donc dans les crèmes hydratantes, les shampoings, les rouges à lèvres…

Industrie du cuir et du textile : L’huile de palme est utilisée pour graisser et assouplir les cuirs. Dans l’industrie textile elle est utilisée comme lubrifiant car elle a l’avantage d’être éliminée plus facilement que les huiles minérales.

Industrie du métal : L’huile de palme est utilisée d’un point de vu général pour refroidir les feuilles de métal lors de leur fabrication, ainsi que pour l’affûtage et le polissage de l’acier.

Industrie chimique : L’huile de palme est utilisée pour la conception de biocarburant, dans la production de plastifiants et comme additif aux plastiques, gommes et textiles. Elle est aussi utilisée dans le processus de production de peinture et revêtements.

Autres industries : L’huile de palme est aussi utilisée comme un composant dans les cires de ski, les cartouches d’encre, les bougies, les insecticides, les fongicides et même dans l’industrie électronique…

Le soi-disant « Grumpy Cat »

Nous avions déjà parlé des chats qui sont les rois d’internet (Les chats et leur succès sur internet). Et naturellement, l’engouement populaire a été récupéré par le business.

Les « lolcats » (bien évidemment contraction de LOL et de cats) sont organisés par des entreprises. Un blog comme Can Has Cheezburger? (http://icanhas.cheezburger.com) fait 500 000 visites par jour, et avait été vendu deux millions de dollars en 2007 (il avait alors 1,5 millions de visites quotidiennes).

Le dernier exemple est assez terrible. Un chat dénommé Tardar Sauce, c’est-à-dire « sauce tartare », est devenu un phénomène sur internet, sous le nom de « grumpy cat », chat grincheux. En réalité, cette pauvre chatte qui n’a même pas un an n’est pas du tout grincheuse, elle aurait en réalité une malformation ou une maladie, sans doute un nanisme facial.

Et dans l’ambiance sordide et pseudo-humoristique du moment, son image est régulièrement utilisée pour les « memes », les images au commentaire comique que l’on trouve notamment sur la plate-forme Tumblr.

Par exemple, sur l’image suivante, avec l’image du chat on lit : « Je me suis amusé une fois, c’était horrible. »

Sur celle-ci, on lit : « Chose que j’aime? Rien. »

Sur l’image suivante, on lit: « Amis? Je préfère terme ennemi je hais moins. »

Sur celle-ci, où on voit bien le déguisement imposé au chat qui est très révélateur, on lit un jeu de mot: au lieu de « joyeux Noël » (Merry Christmas), on a « joyeux embrasse mon cul. »

On a compris que ces blagues sont lamentables; quand on lit « Une guerre nucléaire ? Bien » avec un pauvre chat dessus, on ne peut qu’être atterré. Ce pauvre chat est utilisé pour un humour noir,  des blagues se voulant délirantes mais en fait glauques.

Un dernier exemple, avec ce « Tout ceux que tu as pu connaître sont morts. Bien. »

Ce qui s’est passé, c’est que des photos du chat ont été mises en ligne fin septembre 2012. C’est devenu instantanément un phénomène internet, sur l’interface Imgur l’image a eu plus d’un million de vues dès les premières 48 heures.

En quatre jours, tous les sites américains à prétention humoristique l’avait repris, et alors est immédiatement apparu le site Grumpycats.com, avec des images, des vidéos, etc. Le twitter @GrumpyCatTard fut créé une semaine après.

En ce moment le pauvre chat doit être à présent à Austin au Texas, à l’occasion du South By Southwest Interactive conference (SXSW), un important festival de musique, de film, de médias internet, etc.

Ses « propriétaires » ne se contentent donc pas de faire du business dès la reprise de l’image du chat ; payés par le blog Mashable, ils l’amènent pendant la durée du festival, où les hipsters alcoolisés et les visiteurs sans cœur peuvent venir se prendre en photo avec le pauvre chat qui doit subir les mains inconnues, les lumières, le bruit, l’impossibilité de partir quand ça lui chante, etc.

PeTA a considéré que c’était acceptable, ce qui montre la faillite de PeTA, même plus capable d’assumer le b-a-BA. Car en théorie le chat ne peut pas être touché et ne peut être pris en photo que pendant une heure, puis il aurait droit à une pause.

En pratique, le net dispose déjà de nombreuses photos de personnes souriant de manière totalement stupide en prenant d’une main le pauvre chat pour le rapprocher d’eux.

Comme on le voit, l’exploitation animale a beaucoup de facettes. Mais il est également impressionnant de voir comment un pauvre chat est utilisé pour mettre en avant un esprit glauque, triste et se voulant pourtant marrant. On est là au-delà du minable, déjà dans la maltraitance, le glauque.

Le système Terre et l’autorégulation

« Jusqu’à une époque récente, nous admettions que l’évolution des êtres vivants s’opérait conformément à la vision darwinienne, alors que celle du monde physique des roches, de l’air et de l’océan obéissait à la géologie des manuels scolaires.

Dans la théorie Gaïa, on estime que ces deux évolutions, jugées auparavant séparées, sont les fruits d’une seule et même histoire de la Terre, où la vie et son milieu physique évoluent comme une entité unique.

J’aime à dire que ce sont les niches écologiques qui évoluent, et les organismes vivants qui négocient leur occupation (…).

Ainsi, ce qui déconcerte le plus dans la théorie gaïenne, c’est l’autorégulation. Pour commencer, j’ai été stupéfait par l’aptitude du système Terre à ne pas s’écarter de la température et de la composition chimique favorable à la vie, et ce depuis plus de deux milliards d’années, soit un quart de la période qui a suivi la naissance de l’univers (…).

Les modèles simples de Gaïa se caractérisent par leur stabilité et leur résistance aux perturbations, mais uniquement si la vie présente sur cette planète modélisée dépasse une masse critique. Les modèles trouvent en général leur équilibre lorsque 70 % à 80 % de la surface planétaire est habitée, le reste était supposé occupé par des déserts et des océans stériles ou peu peuplées.

Si une catastrophe détruisait plus de 70 % ou 90 % de la population, la température et la composition chimique cesseraient d’être régulés, et le système modélisé dériverait rapidement vers l’état d’équilibre d’une planète morte (…).

L’apparition de l’oxygène a été un événement aussi important dans l’histoire de Gaïa que la puberté l’est dans la vie humaine. Elle a entraîné l’apparition de cellules vivantes plus complexes, les eucaryotes, puis de ces énormes assemblages de cellules que sont les plantes et les animaux.

Entre autres choses, ce gaz a permis à la Terre de conserver ses océans en empêchant la fuite de l’hydrogène dans l’espace. Après l’apparition de l’oxygène, l’évolution de la vie sur Terre a traversé une sorte d’âge obscur de plus d’un milliard d’années, dont il reste peu ou pas de traces historiques (…).

Puisque le soleil devient plus chaud, la chaleur reçue actuellement par la Terre est plus intense qu’elle ne l’était au commencement de la vie, il y a plus de trois milliards d’années.

Pourtant, dans la plupart des manuels scolaires et des émissions télévisées, on répète que notre planète se situe exactement à bonne distance du soleil et que c’est la raison pour laquelle la vie est possible sur Terre.

Cette affirmation, antérieure à la théorie Gaïa, est erronée : la chaleur émise par le soleil n’a été idéale qu’au cours d’une brève période de l’histoire de la Terre, voilà quelques deux milliards d’années.

Avant, elle ne suffisait pas à rendre la température agréable, et passé cette période, elle est devenue peu à peu trop élevée. A très long terme, le réchauffement solaire posera un problème bien plus épineux pour la vie que l’actuel réchauffement dû aux activités anthropiques.

Dans un milliard d’années environ, et bien avant que le soleil ne meure, la chaleur reçue par la Terre sera supérieure de deux kilowatts par mètre carré ; cela dépasse ce que Gaïa, telle que nous la connaissons, peut supporter, et elle mourra d’un excès de chaleur.

Gaïa régule sa température à un niveau proche de l’optimum pour la plupart des formes de vie qu’elle abrite. Mais comme beaucoup de systèmes régulés en fonction d’un but à atteindre, elle tend à le dépasser et à aller dans le sens opposé à la contrainte qui déclenche sa réaction.

Si la chaleur solaire est trop faible, la Terre a tendance à être plus chaude que l’idéal ; si le soleil es trop chaud, comme aujourd’hui, elle tend à être trop fraîche.

C’est la raison pour laquelle la plupart des situations climatiques que nous vivons relèvent plutôt d’une ère glaciaire. La succession récente de glaciations – période que les géologues appellent le pléistocène – témoigne, je crois, d’un ultime effort du système Terre pour répondre aux besoins de vie actuelles (…).

Avant de conclure, il est bon de rappeler que Gaïa est vieille et n’en a plus pour longtemps. Le soleil ne tardera pas à devenir trop chaud pour les animaux, les plantes et de nombreuses formes de vie microbiennes.

Il paraît improbable que des bactéries tolérant la chaleur – des thermophiles vivant dans les oasis d’un monde devenu désertique – soient suffisamment abondantes pour former la masse vivante nécessaire au fonctionnement de Gaïa.

Il semble également improbable que la Terre que nous connaissons puisse durer ne serait-ce qu’une fraction des milliards d’années écoulées depuis son apparition. Les dégâts provoqués par l’impact d’un planétésimal [un corps céleste – ndlr], voire par une future civilisation industrielle, pourraient entraîner Gaïa d’abord vers un état plus chaud et temporairement stable, puis vers la panne totale. » (James Lovelock, La revanche de Gaïa)