• L’exploitation animale : prévisions d’ici 2026

Le véganisme deviendra-t-il en France un existentialisme ?

Tout le monde connaît au moins de nom Jean-Paul Sartre, ainsi que sa philosophie qui a été appelée « l’existentialisme. » Il y a lieu de se pencher là-dessus, car nombreux sont les gens qui veulent justement faire du véganisme un nouvel existentialisme.

L’idée est très simple : Sartre n’est pas d’accord avec les religieux comme quoi Dieu a créé l’être humain, et comme quoi il y aurait par conséquent un fondement religieux (ce qu’on appelle l’âme).

Mais il n’est pas d’accord non plus avec la reconnaissance de la Nature et l’assimilation de l’être humain aux animaux.

L’être humain serait selon lui différent, « hors nature », il serait ce qu’il a choisi d’être. La définition de l’être humain, c’est son choix et sa démarche concrète. L’être humain ne dépend de personne, c’est lui qui choisit, il n’a même pas de « nature » propre qui serait donnée par la Nature.

Sa conscience domine tout, et ainsi comme le formule Sartre, « L’homme est d’abord un projet qui se vit subjectivement, au lieu d’être une mousse, une pourriture ou un chou-fleur. »

Bien entendu, on reconnaît ici la position commune tant à l’idéologie des bourgeois « moralistes » qui organisent le Paris Vegan Day qu’aux anarchistes antispécistes décadents au point de tourner un film pornographique.

Car le fond de la question est là : le véganisme est-il un choix relevant de l’individu ou bien de la société ?

Normalement, lorsqu’on est véganE, on veut la libération animale, c’est un objectif très concret. Lorsqu’on est véganE, on se met au service de cette cause, on considère que la société doit faire le choix du véganisme.

Or, il y a des gens limitant le véganisme à un choix individuel. Le véganisme n’est pas considéré comme un choix social, de la société dans son ensemble, mais comme une position totalement individuelle.

L’humanité n’existe plus en tant que tel ici ; il y a seulement des individus qui choisissent. Et le véganisme serait alors le « meilleur » choix, ce qu’il « faudrait » faire. C’est l’argumentation des « philosophes » du véganisme universitaire comme Francione ou Singer, mais aussi du Paris Vegan Day, etc.

On peut demander alors : pourquoi critiquer un tel choix individuel ? N’est-ce pas bien que quelqu’un devienne vegan ?

Ce à quoi il faut répondre : il y a véganisme et véganisme. Il y a le véganisme comme option à faire triompher au sein de l’humanité en général, et qui triomphera lorsqu’elle aura abandonné son anthropocentrisme. Et il y a le véganisme comme existentialisme.

Nous avons parlé plusieurs fois de la dimension religieuse et sacrificielle de nombreuses initiatives pour les animaux. Ici, le véganisme « existentaliste » en est la frange la plus « radicale. »

L’individu pris de rage devant la situation des animaux ne peut pas devenir végan spontanément : les gens dans les refuges en témoignent. Le véganisme est une vision du monde qui demande une réflexion historique et une vue d’ensemble.

Et justement le véganisme « existentialiste », ou individualiste si on préfère, apparaît alors comme zone tampon afin de bloquer l’émergence d’un véganisme social, tourné vers la société et non pas vers les « individus. »

Bien entendu, comme la France est catholique sur de très nombreux points culturels, et ce n’est pas pour rien que l’existentialisme est né justement chez nous, le véganisme tend à se faire happer dans ces filets moralisants, culpabilisateurs et avec le culte du martyr, célébrant un style du « végan tourmenté », habillé en noir, déprimé, pessimiste, oscillant entre nihilisme social (les gens sont tous affreux) et espoir chrétien de rédemption de la société, etc.

Il faut réfuter tout cela, car c’est encore et toujours de l’anthropocentrisme. La différence entre un chou-fleur et un être humain ne réside pas dans la « conscience », mais simplement dans le mode d’organisation de la vie.

La Terre héberge la vie sous des formes très différentes, dans un savant équilibre en évolution. Une humanité consciente d’avoir une nature en tant que composante de la vie naturelle doit chercher la paix, et non pas à plonger dans la « subjectivité. »

C’est ce genre d’erreurs qui conduit des gens à prétendre lutter pour les animaux et à faire des films anthropocentrées (car c’est le point commun absolu entre « ALF le film » et le film porno où des anarchistes antispécistes ont des t-shirt ALF – pas d’animaux, pas de libération, juste de la récupération subjective « radicale »).

C’est ce genre d’erreurs qui avait amené Sartre à refuser Dieu, ce qui est bien, mais également en même temps à nier la Nature, ou avant lui ce qui avait amené Descartes à mettre Dieu de côté au nom de la méthode scientifique, mais à nier pareillement la Nature et à vouloir se considérer « comme maître et possesseur de la nature. »

Ainsi, il ne faut pas refuser simplement l’anthropocentrisme de la société – il faut refuser aussi l’existentialisme, qui est l’anthropocentrisme individuel !

Voici à titre d’illustration, pour conclure, un extrait du texte de Sartre très connu : « l’existentialisme est un humanisme », publié en 1946 et qui eut une si grande influence en France.

« L’homme, tel que le conçoit l’existentialiste, s’il n’est pas définissable, c ‘est qu’il n’est d’abord rien. Il ne sera qu’ensuite, et il sera tel qu’il se sera fait. Ainsi, il n’y a pas de nature humaine, puisqu’il n’y a pas de Dieu pour la concevoir.

L’homme est seulement, non seulement tel qu’il se conçoit, mais tel qu’il se veut, et comme il conçoit après l’existence, comme il se veut après cet élan vers l’existence ; l’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait. Tel est le premier principe de l’existentialisme.

C’est aussi ce qu’on appelle la subjectivité, et que l’on nous reproche sous ce nom même. Mais que voulons-nous dire par là, sinon que l’homme a une plus grande dignité que la pierre ou que la table ? Car nous voulons dire que l’homme existe d’abord, c’est-à-dire que l’homme est d’abord ce qui se jette vers un avenir, et ce qui est conscient de se projeter dans l’avenir.

L’homme est d’abord un projet qui se vit subjectivement, au lieu d’être une mousse, une pourriture ou un chou-fleur ; rien n’existe préalablement à ce projet ; rien n’est au ciel intelligible, et l’homme sera d’abord ce qu’il aura projeté d’être.

Non pas ce qu’il voudra être. Car ce que nous entendons ordinairement par vouloir, c’est une décision consciente, et qui est pour la plus part d’entre nous postérieur à ce qu’il s’est fait lui-même. Je peux vouloir adhérer à un parti, écrire un livre, me marier, tout cela n’est qu’une manifestation d’un choix plus original, plus spontané que ce qu’on appelle volonté.

Mais si vraiment l’existence précède l’essence, l’homme est responsable de ce qu’il est. »

« Monsieur le président de la République, l’urgence climatique est là »

A l’opposé de notre critique complète de la réalité et de son anthropocentrisme allant de pair avec la quête de profit, il y a bien entendu la critique des associations institutionnelles. Celles-ci sont placées dans une situation toujours plus difficile, car elles doivent « justifier » leur démarche institutionnelle alors qu’en pratique la situation est toujours plus catastrophique…

Alors pour apparaître comme constructive, elles proposent une critique « de gauche » de la transition énergétique… Sans bien entendu jamais parler de la Nature, et encore moins des animaux en particulier…. Et en jouant sur l’émotion, dans un appel au « grand chef », comme si c’était comme cela que ça marchait!

Monsieur le président de la République, l’urgence climatique est là : qu’attendez-vous pour agir ?

Liste des signataires : Pierre Perbos, président du Réseau Action Climat ;  Alain Guinebault, délégué général du GERES ; Gilliane Le Gallic, présidente d’Alofa Tuvalu ; Luc Lamprière, directeur d’Oxfam France ; Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace France ; – Hélène Connor, présidente d’HELIO International ; Vaia Tuuhia, déléguée Générale de 4D ; Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’environnement ; Bruno Gentil, président de France Nature Environnement,  Madeleine Charru, présidente du CLER- Réseau pour la transition énergétique

Le Groupe d’experts sur l’évolution du climat (Giec) vient de pousser à nouveau un cri d’alarme. Son rapport publié ce vendredi rappelle combien il est urgent d’agir. D’ici la fin du siècle, la température moyenne globale pourrait s’élever de près de 5°C et le niveau des mers de plus d’un mètre !

Ces changements climatiques sont déjà une réalité, au Nord comme au Sud. En 2012, les sécheresses à répétition dans le Sahel ont causé une crise alimentaire sans précédent, touchant 19 millions de personnes. Aux Etats-Unis, l’ouragan Sandy a causé près de 100 milliards de dollars de pertes. Mais malgré les alertes répétées de la communauté scientifique, la plupart des gouvernements, dont le vôtre, continuent de repousser l’action à plus tard. A trop tard.

C’est aujourd’hui qu’il faut agir pour éviter des changements climatiques dangereux et irréversibles. Des solutions éprouvées existent. Loin d’être une contrainte, elles sont une opportunité et la réponse aux crises qui affectent l’emploi, la santé, la justice sociale ou le portefeuille des ménages.

Monsieur le Président, il ne s’agit plus d’annoncer la transition écologique, il faut l’engager. Combien de temps allons-nous rester à la traine en matière d’énergies renouvelables, alors que l’Allemagne a su créer dans ce domaine 380 000 emplois non-délocalisables?

Combien de temps comptez-vous écarter les transports de la transition énergétique, malgré leur impact croissant sur la santé et le climat ? Combien de temps la rénovation énergétique des logements va-t-elle faire l’objet de micro-mesures quand elle est l’un des moyens les plus efficaces de réduire la facture énergétique des ménages, dont 4 millions sont en situation de précarité énergétique ?

Combien de temps maintiendrez-vous le verrou nucléaire qui bloque, en Europe, la route au développement des renouvelables ? Combien de temps allons-nous payer une facture énergétique de 70 milliards d’euros, soit la quasi-totalité du déficit de notre balance commerciale ? Combien de temps la France va-t-elle perpétuer un système fiscal qui encourage la pollution et grève chaque année le budget de l’Etat de 20 milliards d’euros ?

Combien de temps encore la France hésitera-t-elle à mener une politique climat nationale et européenne véritablement solidaire et cohérente avec les objectifs de développement durable et les droits humains des populations vulnérables au Sud ?

Monsieur le Président, tout retard pris par la France dans sa transition écologique rendra plus coûteuse l’atteinte des objectifs que notre pays s’est fixé. En proposant d’accueillir en 2015 la conférence des Nations unies sur le climat, vous avez pris la responsabilité de faire de la France un pays exemplaire. Vous pouvez montrer votre détermination sans attendre en agissant pour :

– une contribution climat-énergie efficace et juste socialement, et la suppression des subventions dommageables à l’environnement et aux finances publiques ;

– un projet de loi ambitieux sur la transition énergétique, qui prévoit la puissance nucléaire à désinstaller d’ici à 2025 pour laisser la place aux alternatives, présenté au plus vite et non pas au printemps 2014 ;

– un nouveau paquet énergie-climat européen pour 2030, reposant sur trois objectifs contraignants et adoptés simultanément en mars 2014 : réduction des émissions de gaz à effet de serre, développement des énergies renouvelables et efficacité énergétique ;

– une politique de coopération cohérente et la mobilisation de financements publics, innovants et additionnels à l’Aide publique au développement pour la lutte contre les changements climatiques dans les pays du sud.

Ces mesures sont autant de jalons qui engageront notre pays dans la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre et le développement de filières créatrices d’emplois. Nous attendons.

Rapport du Giec 2013: l’horizon 2100 et au-delà, et la géo-ingénierie

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a donc rendu public hier la première partie de son rapport.

Rappelons très brièvement le programme, que nous avions déjà donné, mais cela a son importance :

– Groupe de travail n°1: Les bases scientifiques et physiques du changement climatique, les 23-26 Septembre 2013, à Stockholm, en Suède.

– Groupe de travail n°2 : Conséquences, adaptation et vulnérabilité des sociétés face au changement climatique, les 25-29 Mars 2014 à Yokohama, au Japon.

– Groupe de travail n°3 : Mesures d’atténuation du changement climatique et préconisations, les 7-11 Avril 2014 à Berlin, Allemagne

– Rapport d’évaluation, rapport de synthèse final (SYR), les 27-31 Octobre 2014 à Copenhague, au Danemark.

Pourquoi est-ce important ? Parce que cela permet de comprendre le fond de la démarche du GIEC. Il ne s’agit pas de sauver les animaux ou bien de préserver l’environnement. Ce n’est pas son but.

Le GIEC a été fondé pour évaluer les conséquences, prévoir des stratégies pour les atténuer le cas échéant, et enfin pour informer quant à ces conséquences.

C’est pour cela qu’a été publié le seul document qui aura véritablement un impact au-delà du rapport : le « summary for policymakers » (« Résumé pour les décideurs »). Il s’agit de 36 pages en anglais visant la – disons, environ et à la louche – cinquantaine ou centaine de personnes qui « pèsent » dans chaque pays concernant les décisions importantes concernant ce thème.

On voit tout de suite le caractère non démocratique : un document uniquement en anglais, visant uniquement une élite bien définie.

Que dit le document ? Il explique que le réchauffement climatique est d’origine humaine surtout et qu’il est prouvé, de par le fait que « l’atmosphère et l’océan se sont réchauffés, la quantité de neige et de glace a diminué, le niveau de la mer a monté, et les concentrations de gaz à effet de serre ont augmenté. »

Voici un tableau constatant l’augmentation de la température sur la planète.

Expliquons ici tout de suite un point important. Un peu partout sur le net, on peut lire que la planète ne se réchaufferait plus. Voici par exemple ce que dit lachainemeteo.com :

L’un des défis du GIEC 2014 sera d’expliquer pourquoi, alors que les modélisations élaborées depuis les années 2000 envisageaient une hausse de +1° à +4° d’ici à 2100, on constate en fait une pause dans le réchauffement climatique mondial : depuis 15 ans, le climat ne se réchauffe plus, selon les climatologues.

Or, ce n’est pas exact. En réalité, il y a une pause dans l’accélération du réchauffement… ce qui n’a rien à voir. Ainsi, entre 1951 et 2012, il y a eu 0,12°C d’augmentation par décennie, en moyenne. Le chiffre pour ces quinze dernières années a été de 0,05°C par décennie.

La planète se réchauffe moins vite, mais se réchauffe quand même… C’est une différence de taille. Bien entendu, cela semble peu et sans intérêt direct et à court terme pour les entreprises capitalistes et leur industrie. Mais pour la vie, pour la Nature, c’est très important…

Revenons cependant à notre « résumé pour les décideurs. » Ce qui est constaté, c’est que c’est l’océan qui absorbe la grande majorité de la chaleur qui s’est développée. Il est considéré comme pratiquement certain que les premiers 700 mètres de profondeur se sont réchauffés depuis 1971, et il est probable selon le GIEC que cela a commencé à la fin du 19e siècle.

On l’aura compris : ce qu’il y a derrière, c’est ce qu’on appelle la révolution industrielle. Et la question brûlante ici est celle de l’acidification de l’océan, qui signifie la mort de la vie. Voici un tableau avec deux prévisions à l’horizon 2100, celui à gauche étant moins « pessimiste » que celui de droite.

Le rapport parle également du Groenland et de l’Antarctique, qui perdent leur glace. Pour l’Arctique, cela donne un demi-million de km² disparaissant tous les dix ans entre 1979 et 2012 (évidemment le chiffre est encore plus grand à la fin de l’été, où la glace a perdu environ 30 % par rapport à 1945).

Le chiffre est de 0,12-0,2 million de km² pour l’Antarctique. L’Arctique se réchauffera par ailleurs plus vite que le reste de la planète, en particulier les terres.

Le rapport parle ensuite bien sûr du Co2 qui ne cesse d’augmenter sa présence, ainsi que du niveau de la mer qui s’élève, de 26 à 82 cm d’ici à 2100. Voici un tableau avec les prévisions de la montée des eaux (horizontale: un mètre, verticale: les années).

Continuons avec le réchauffement et ses chiffres.

Déjà, selon le GIEC, la température va continuer d’augmenter de 0,3 à 4,8 °C d’ici à 2100.Voici un tableau avec deux prévisions différentes, celle à gauche étant moins « pessimiste » que celle à droite, à l’horizon 2100.

Ce fameux 0,3 signifie que la hausse ne sera finalement que de 2° au total en 2100 (par rapport à l’ère préindustrielle), si on en reste là et qu’on parvient à bloquer la tendance d’ici 2030 (ce qui est la position par exemple de la France).

Seulement ce fameux 0,3° d’augmentation d’ici 2100, dans la situation actuelle on y parviendra pas. Pétrole, charbon, gaz naturel restent incontournables dans les prévisions et aucun effort n’est fait pour aller vers le tout solaire.

Ce n’est pas tout, cependant ! Le rapport le précise bien : le processus continue après 2100. Eh oui, et c’est là le grand problème, qui fait que le slogan « la Terre d’abord ! » a une fois de plus tout son sens.

Le rapport du GIEC parle ainsi d’effet de changement climatique multi-siècles. Il est dit explicitement que les conséquences seront présentes même plusieurs siècles après… que les émissions de Co2 soient stoppées.

Or rappelons le, on veut là freiner leur augmentation, pas les stopper, les faire disparaître…

Voici le tableau des prévisions pour le réchauffement à l’horizon 2100. A l’horizontale, il y a l’augmentation de la température, et à la verticale les émissions de Co2.

Un autre tableau montrant les choses sur le long terme.

Et là il faut encore ajouter quelque chose. Le GIEC ne peut pas prévoir avec certitude dans quelle mesure il y aura des événements météorologiques extrêmes plus intenses. En fait, il ne peut pas prévoir grand chose.

Il reconnaît qu’il est bloqué dans sa compréhension du système-Terre.

Aussi y a-t-il pour la première fois, et il est très important de le noter, une référence à la géo-ingénierie. Cette référence est faite, de manière subtile, tout à la fin et pour critiquer.

En effet, il est dit qu’en l’état actuel des connaissances, parvenir à stocker le Co2 sous forme de briques ne serait pas efficace car cela modifierait le cycle de l’eau, sans par ailleurs stopper l’acidification des océans.

De la même manière, la gestion des radiations solaires – ici on est dans la science-fiction, car cela consisterait par exemple en des satellites parasols – est extrêmement dangereuse, car si pour une raison ou une autre le processus de blocage s’arrêtait, tout s’accélérerait sans contrôle.

Donc il est considéré – pour l’instant, bien sûr… – que c’est trop risqué et qu’en cas de souci, cela se retournerait en son contraire.

Cependant, et c’est cela qu’il faut noter, c’est la première fois que le GIEC parle de la géo-ingénierie… ce qui revient à, de la manière dont c’est fait (avec une remarque en passant, donc, tout à la fin), ouvrir la boîte de Pandore. On imagine très bien comment on va rajouter à la catastrophe avec une humanité dirigée par des apprentis-sorciers!

Ainsi, le réchauffement climatique est un problème concret, incontournable et les problèmes ne peuvent que s’accumuler, car l’humanité est égocentrique et s’imagine le centre du monde.

Or, seule la reconnaissance de Gaïa comme système global, avec la morale qui va avec, peut permettre d’agir de manière adéquate, sur la base d’une compréhension réelle de la planète, après avoir rejeté tout anthropocentrisme.

Petit retour sur la conférence environnementale

Voici une information très intéressante sur la conférence environnementale ; elle provient du Canard enchaîné. Cela en rajoute encore plus, si cela était nécessaire, à la critique que nous avons faite.

 

C’est absolument terrible. Cela n’a rien de surprenant, mais il est toujours étonnant, et écœurant, de voir tant de cynisme, tant de mépris, tant de foutage de gueule. Il est impressionnant de voir à quel point ces gens ne parviennent même pas à faire semblant, ne font même pas l’effort de faire semblant !

Et, il faut le dire encore une fois, cela prouve la dimension explosive de la question de la Nature en France. EELV joue en ce moment le rôle de frein historique à la mise de celle-ci sur le devant de la scène, mais cela se produira inévitablement.

La Nature est la grande question du 21e siècle, car l’humanité ne peut plus et ne veut plus vivre dénaturée. C’est la force de cela qui fait que les Etats et les capitalistes oscillent entre nier cette réalité et tenter de faire semblant !

Noël Mamère démissionne d’EELV

Dans une interview accordée hier au Monde, Noël Mamère annonce qu’il quitte EELV. Voici cette interview, qui comme on le voit aisément, reflète d’un côté une compréhension juste des querelles d’appareils, mais de l’autre côté est terriblement limitée en termes de projet.

Pourquoi avez-vous décidé de quitter Europe Ecologie-Les Verts ?

J’ai décidé de quitter EELV parce que je ne reconnais pas le parti que j’ai représenté à la présidentielle en 2002. Notre parti ne produit plus rien : il est prisonnier de ses calculs et de ses clans.

Nous sommes devenus un syndicat d’élus. J’ai l’impression d’un sur-place qui nuit au rôle que nous pouvons jouer dans la société. Cela ne m’empêchera pas de conduire une liste aux municipales à Bègles, je n’ai pas besoin de l’étiquette. C’est une page qui se tourne. Je pars sans regret, sans émotion particulière. C’est le résultat d’un constat et d’une analyse.

Comment interprétez-vous la décision de Pascal Durand de ne pas se représenter à la tête d’EELV ?

Pascal Durand est une variable d’ajustement. On le nomme en 2012 parce qu’il est compatible entre Europe Ecologie et Les Verts. La preuve est faite aujourd’hui que la greffe n’a pas pris. La manière dont il a été traité est humiliante. Ça me choque et je n’aime pas ces méthodes. Pascal n’était qu’un patron par procuration.

Les vrais patrons sont ceux qu’on appelle « la firme » : Cécile Duflot et ses amis. Même si Cécile Duflot est une bonne ministre, elle n’a pas lâché la direction des Verts. Mais ces derniers ne se sont pas créés pour être soumis au bon vouloir d’un clan. C’est le contraire de ce que défendent les écologistes.

Vous souhaitez rester dans le groupe écologiste à l’Assemblée nationale. N’est-ce pas contradictoire ?

Pas du tout. Dans le groupe, il n’y a pas que des gens inscrits à EELV, comme Paul Molac qui est à Régions et peuples solidaires. A moins qu’on ne me le demande, je ne vois pas pourquoi je quitterais le groupe.

Vous aviez indiqué que si vous étiez réélu à Bègles, vous démissionneriez de votre mandat de député. C’est toujours d’actualité ?

Si je suis réélu à la mairie de Bègles, mon intention est de me mettre en accord avec ce que j’ai dit. C’est la première fois que je vois l’Assemblée nationale voter une loi qui s’appliquera trois ans plus tard.

La loi sur la limitation du cumul des mandats est d’ailleurs inaboutie puisqu’aujourd’hui un maire peut beaucoup plus cumuler qu’un député-maire. Fin 2014, je ne serai plus cumulard : je me sens plus utile dans ma ville de Bègles qu’à l’Assemblée.

Vous avez annoncé que vous ne voterez pas le budget pour 2014. Cela veut dire que vous allez voter contre ou vous abstenir ?

Je voterai contre parce que je considère que le compte n’y est pas, notamment sur la transition énergétique. La conférence environnementale n’était qu’un trompe-l’œil. Le gouvernement propose une contribution climat-énergie qui réunira péniblement la somme de 4 milliards d’euros en 2016.

Comment voulez-vous que les entreprises aient une perspective de mise en place de modification de leur mode de production si vous ne leur proposez pas un plan de route jusqu’au moins 2020 ?

Je ne crois pas non plus à la TVA à 5 % uniquement cantonnée à la rénovation énergétique des bâtiments alors qu’il aurait fallu qu’elle s’applique à l’ensemble du bâtiment. Aucune des niches fiscales nuisibles à l’environnement et à la santé concernant les transports, l’agriculture, le diesel, les agrocarburants ou les pesticides – pourtant d’un montant de 6 milliards d’euros–, n’ont été remises en cause. Et nos amis disent que c’est formidable ?

Pour vous, les écologistes seraient plus utiles en dehors de la majorité qu’à l’intérieur ?

Aujourd’hui, je ne vois pas très bien leur utilité dans la majorité. Les écologistes passent leur temps à accepter ce qui ne correspond pas au projet qu’ils sont censés porter. Vous trouverez toujours des arguments pour dire qu’on fait avancer les choses mais c’est à la marge.

Nous avons aussi notre part de responsabilité. Nous nous sommes arc-boutés sur le diesel. Sans doute était-ce un piège : nous n’avons pas su expliquer de manière pédagogique que ce carburant représente 32 000 morts par an et que cela coûte beaucoup plus cher à la société de poursuivre dans cette direction que d’augmenter le prix du diesel d’un centime par an pendant dix ans pour rattraper celui de l’essence comme le propose la Fondation Hulot.

À quelques mois des municipales et des européennes, la séquence n’est pas des plus réussies pour EELV…

J’ai le sentiment d’assister à une immense régression. Nous avons abandonné notre fonction de lanceur d’idées pour devenir un parti comme les autres, obsédé par ses jeux d’appareil. Nous risquons d’en payer le prix aux prochaines élections. A se soumettre et à chercher des arrangements, il ne faudra pas s’étonner si notre électorat nous couvre de goudron et de plumes.

Mamère critique le fait que EELV soit devenu un syndicat d’élus et quelle est sa conclusion? Qu’il risque d’y avoir un problème électoral! Ce n’est pas cohérent. Au lieu d’élections, il aurait dû parler de contenu. Normalement, Mamère aurait dû, dans la logique des choses, organiser une rébellion afin que naisse une nouvelle structure écologiste, afin que EELV soit débordé.

Mais apparemment, cela n’intéresse pas du tout Mamère, qui d’ailleurs reproche à EELV non pas tant le contenu, que le style ! Il reste, de manière sincère, sur une ligne réformiste de transition à long terme en tentant d’aider les entreprises à « changer. »

Cela n’a rien à voir avec l’écologie, et il est intéressant de voir que Jean-Vincent Placé a expliqué que la démission de Mamère n’est pas importante par rapport aux « urgences pour la planète. » Quel culot de la part d’un technocrate !

Mais c’est tellement logique. Tant qu’il n’y a pas de projet sérieux – ce qui ne veut pas dire que ce projet ne doit pas être radical, révolutionnaire, bien au contraire ! – EELV pourra se présenter comme alternative « concrète »… même si au bout plus personne ne sera dupe, avec une crise absolument inévitable.

Ainsi, la seule conclusion logique de la démarche de Mamère, c’est de se tourner vers le repli individuel, avec éventuellement plus tard, une adhésion au Front de Gauche. Et pour conclure à ce sujet, voici deux photos significatives.

La première montre Mamère à l’assemblée : il est content en tentant de ne pas trop l’être, il a un costume mais à moitié seulement, car il a un jean. C’est EELV : institutionnel, en tentant de ne pas l’être, et finalement en l’étant.

La seconde montre les Verts en Allemagne au parlement, à leurs débuts. La culture alternative est totalement assumée. Bien entendu, les Verts se sont au fur et à mesure intégrés et ne présentent plus rien d’alternatif en Allemagne. C’était un projet idéaliste que de vouloir réformer les institutions. Mais au moins avaient-ils une dimension alternative au départ… Que EELV n’a même pas eu !

« Vendée : la fourrière Antoine Beaufour massacre des chiens et des chats »

Il existe une page Facebook intitulée « Vendée : la fourrière Antoine Beaufour massacre des chiens et des chats », diffusant des informations sur des meurtres d’animaux qui seraient organisés par une fourrière active dans 150 communes vendéennes.

L’affaire fait un grand bruit en Vendée (voir par exemple ici) et en attendant d’avoir davantage d’informations quant à une enquête au sujet des agissements de l’entreprise concernée, il y a bien sûr lieu de porter son attention sur ce qui se passe là-bas.

Dans tous les cas, c’est une expression exemplaire de la crise qui frappe tout ce qui touche à la Nature et qui est géré par des gens dont le but est le profit!

Île-de-France : le juteux commerce des ordures

Voici un texte vraiment très intéressant, même si bien sûr lire les magouilles a quelque chose de rébarbatif. Cependant, aucune démarche écologiste, aucun projet concret ne pourra exister sans proposer des solutions générales à la question des déchets. C’est une question écologiste évidente, et on voit encore ici comment le capitalisme tire du profit à tous les niveaux.

Inévitablement, la question des déchets devra avoir une réponse révolutionnant notre approche du traitement de ceux-ci.

En Île-de-France, l’organisation de la gestion courante des déchets ménagers demeure opaque et très centralisée. Une situation qui ne favorise pas la prise en compte de l’avis des citoyens, et qui n’oppose que peu d’obstacles à la dérive.

Le traitement des déchets est un marché comme un autre. À la nuance près qu’il n’intéresse pas forcément le grand public.

Un paradoxe quand on sait que ce dernier est en fait le principal destinataire des prestations de retraitement, et le premier à en supporter le coût économique et environnemental.

Les citoyens ont ainsi tout intérêt à s’intéresser à la façon dont sont gérés leurs déchets. Et pourtant, ce n’est qu’à l’occasion de scandales et autres affaires douteuses que Monsieur Tout-le-Monde plonge son nez dans les ordures, le plus souvent à contrecœur et pour constater les manquements à la transparence. Pourquoi le secteur est-il si opaque ?

Explications avec un exemple concret : celui de la région Île-de-France.

Les ordures : un club discret et plus select qu’il n’y paraît

Les institutions chargées de la gestion des ordures ménagères en Île-de-France se comptent sur les doigts d’une main.Cette mission de service public est en effet dévolue par l’État au SYCTOM, l’agence métropolitaine des déchets ménagers.

Ce syndicat intercommunal créé en 1984 est dirigé par une équipe de plusieurs conseillers à la mairie de Paris, avec à leur tête François Dagnaud, maire du XIXe arrondissement de la capitale. En coordination avec les mairies, le SYCTOM est donc chargé de gérer, l’ensemble des aspects opérationnels du traitement des déchets dans la région parisienne.

Ces tâches vont de la collecte des ordures ménagères, à l’attribution de contrat pour la construction ou l’exploitation de centrales de retraitement nouvelles ou préexistantes. En Île-de-France comme en bien d’autres endroits dans le pays, le marché public des ordures ménagères n’est ainsi structuré que par le pouvoir de décision de quelques entités.

De fait, il en découle fréquemment une situation de pression sur les agents publics chargés d’attribuer les contrats, et que le journaliste Daniel Bernard a longuement décrite au cours d’une enquête publiée dans Marianne le 5 mars 2011.

Or ces marchés publics représentent des montants astronomiques ; toute entrave à la libre concurrence est donc susceptible d’avoir des conséquences sérieuses sur le portefeuille des citoyens. Daniel Bernard cite d’ailleurs un exemple parisien fort éclairant : « Dans un jugement du 14 mars 2008, le tribunal administratif a condamné la municipalité à verser à la société Epes la somme de 1 539 467 euros. […] Epes a été victime d’une grossière erreur de calcul qui a permis à sa concurrente, la société Derichebourg, de décrocher, notamment la collecte des encombrants ».

Les Parisiens se seraient bien passés de devoir verser une telle compensation ! Cet épisode a d’ailleurs fait grand bruit dans la capitale.

« Alors que la ville fait l’objet de suspicions lourdes pour favoritisme et corruption concernant l’attribution du marché […], je trouve que Bertrand Delanoë et son adjoint [François Dagnaud] ne font rien pour faire progresser la transparence », déclarait début 2013 Jean-François Legaret, chef de file des élus UMP de Paris. Des déclarations qui relèvent de la politique politicienne, mais qui ont le mérite de montrer que certaines les poubelles d’Île-de-France excitent les passions plus que d’autres.

La voix des citoyens

Paris est, à l’évidence, la commune de France où les confrontations publiques au sujet des ordures sont les plus médiatisées. Mais il n’y a guère besoin de s’éloigner beaucoup de la capitale pour constater qu’ailleurs aussi ce sujet est résolument clivant.

À quelques kilomètres de là, à Ivry-sur-Seine par exemple, les confrontations au sujet des ordures font beaucoup moins de bruit, mais n’en suscitent en effet pas moins d’antagonismes. Les projets du SYCTOM ne sont ainsi pas pour satisfaire tout le monde.

Un sujet galvanise notamment les riverains : celui de l’Usine d’Incinération des Ordures Ménagères (UIOM), appelée à être rasée puis reconstruite d’ici 2020. Montant des travaux : environ 1 milliard d’euros taxes comprises, financé par l’emprunt et remboursé par les redevances versées par les contribuables.

Problème : l’UIOM a fait l’objet d’importantes rénovations au cours des 15 dernières années, dont le coût avoisine déjà les 200 millions d’euros hors taxes. Plusieurs associations citoyennes, rassemblées dans un collectif baptisé 3R, s’opposent à ces dépenses jugées superflues. Régulièrement depuis 2010, ce collectif publie des communiqués de presse invoquant l’impossibilité légale de reconstruire ce site. « Le Préfet [Thierry Leleu], ne pourra pas autoriser la reconstruction de l’incinérateur d’Ivry », affirmait déjà en décembre 2010 l’avocat du Collectif 3R, Me Alexandre Faro.

La diversité d’opinion politique à l’intérieur du SYCTOM et de la circonscription d’Ivry n’a jusqu’à présent pas été, comme à l’intérieur du grand Paris, de nature à porter la polémique sur la scène médiatique. Pour autant, la capitale n’a pas le monopole des débats passionnés concernant la gestion des déchets. Le jeudi 18 avril 2013 par exemple, le tribunal administratif de Montreuil a invalidé un arrêté préfectoral obtenu par le SYCTOM qui autorisait l’inauguration d’un centre de méthanisation à Romainville.

« Une décision de justice qui va réjouir bien des associations locales », explique un grand quotidien national. « Inexactitudes, omissions, ou insuffisances […], les vices entachant l’étude de danger ont eu pour effet de nuire à l’information complète de la population et ont été de nature à exercer une influence sur la décision [du préfet Philippe Galli] ». Après des mois de mobilisation, les riverains ont donc quasiment obtenu l’abandon du projet.

Ainsi la gestion des ordures est-elle un véritable terrain d’affrontement politique et un sujet dont les enjeux sont beaucoup plus importants qu’ils n’y paraissent. Dans ce débat pourtant, la voie des citoyens peine parfois à être entendue.

La faute en revient, en Île-de-France du moins, à la grande centralisation et au peu de transparence dont fait l’objet la gestion courante de ce service d’intérêt public. Un mode d’organisation qui montre toutes ses limites au regard des principes démocratiques, puisqu’elle permet à quelques acteurs d’engager des fonds publics, de prendre des décisions engageant les collectivités à long terme sans pour autant avoir été désignées à cet effet par les citoyens. Pour ne pas subir bêtement cet état de fait, il ne reste donc à ces derniers qu’un seul recours : rester informé.

http://collectif3r.blogspot.fr/

Conférence du GIEC à Stockholm en Suède

Hier a commencé à Stockholm, en Suède, une conférence de quatre jours tenue par le GIEC – le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, fondé en 1988 par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

Les résultats du GIEC sont largement combattus en France, pays où les « climato-sceptiques » sont très puissants. Dès qu’on parle de la Nature, on est en France taxé d’irrationnel, et la question du réchauffement climatique n’y échappe pas, bien sûr.

La conférence doit valider la première partie du cinquième rapport sur le réchauffement de la planète. Il se fonde sur 9600 articles scientifiques et 54 677 commentaires allant avec, il fait 127 pages et sera rendu public ce vendredi une fois finalisé.

Par la suite, les deux autres parties seront elles aussi remplies, les 25-29 Mars 2014 à Yokohama au Japon et les 7-11 Avril 2014 à Berlin en Allemagne, pour un document final complet en octobre 2014, après un Rapport de synthèse final terminé les 27-31 Octobre 2014 à Copenhague, au Danemark.

Des informations ont filtré dans les médias sur ce projet de rapport, très attendu. Car il faut avoir en tête la chose suivante : ces quinze dernières années le réchauffement climatique a continué, mais moins rapidement que prévu. Ainsi, le réchauffement enregistré entre 1998 et 2012 a été de 0,05°C par décennie, contre 0,12°C par décennie pour la période 1951-2012.

Bien entendu, les climato-sceptiques comptent utiliser cet argument. Cependant, on sait déjà que le GIEC considère que « A moins d’une éruption volcanique majeure, les tendances des températures moyennes de surface sur les quinze prochaines années seront pour l’essentiel plus fortes que pendant la période 1998-2012. »

Le GIEC considère dans son projet de rapport que les prévisions restent très mauvaises et qu’il y a en fait de plus en plus incertitudes, même si on sait que la tendance générale est catastrophique.

Le GIEC considère apparemment d’ailleurs que la probabilité que l’activité humaine soit la cause du réchauffement climatique est de 95 % – le GIEC donnait comme chiffres 90% en 2007 et 66% en 2001. Selon le GIEC dans son projet de rapport:

« Il est hautement probable que l’influence humaine sur le climat soit responsable de plus de la moitié de la montée des températures à la surface du globe entre 1951 et 2010. »

Nous en reparlerons dès le rapport rendu, mais il est nécessaire d’être clair. Pour qu’il y ait, en étant optimiste, d’ici 2100, un réchauffement climatique de « seulement » 2°C, il faut que d’ici 2020 il y ait arrêt de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, puis que par la suite on divise le tout par trois d’ici 2050.

Vue la société française aujourd’hui, il est évident qu’aucun effort concret n’est à attendre. Et ce n’est pas la conférence sur le climat en 2015 en France qui va changer cela. Il faut un renversement de valeurs.

Et il ne faut pas croire que l’Etat n’a pas conscience de la situation… Voici justement ce qu’a dit le président François Hollande, lors de l’ouverture de la conférence environnementale :

« Le rapport du GIEC, qui va bientôt paraître, et dont j’ai pu me procurer quelques bonnes feuilles, ne laisse guère de doute : si nous n’agissons pas, la planète connaîtra, avant la fin du siècle, un réchauffement climatique supérieur à 3° voire à 4°C avec ce que l’on peut imaginer des dérèglements en chaîne qui s’en suivront : canicules, inondations, sécheresses, bouleversement des écosystèmes, perte de la biodiversité, notamment dans les océans.

Ce n’est pas une virtualité, c’est aujourd’hui plus qu’une probabilité, une certitude si nous ne faisons rien. »

« Mais nous devons avoir les idées claires, savoir où nous voulons aller et quel est l’objectif. C’est de parvenir à un pacte mondial sur le climat en 2015, c’est-à-dire un accord qui engagera toutes les parties prenantes sur une limitation des émissions de gaz à effet de serre pour contenir l’évolution des températures en deçà de 2°C à l’horizon de 2100. »

Comme on le voit, ce qui arrive est connu. Seulement, la ligne est de tenter de limiter la casse, pas de prendre le problème à bras le corps. Or, une tendance ne se combat pas en la freinant, mais en la renversant.

L’alternative est simple. Ou l’humanité reconnaît Gaïa comme système global, ou elle amène des déséquilibres dont elle paiera le prix. Il faut que l’humanité cesse son égocentrisme, son anthropocentrisme!

Conférence environnementale : transition énergétique ou transition écologique ?

Si la Conférence environnementale du gouvernement n’a abouti à rien, c’est pour une raison de fond, une raison française : la négation de la Nature, qui existe dans notre pays.

Si on est passé de la transition écologique à la transition énergétique, c’est parce que sur le plan écologique, il n’y a pas de contenu.

Il suffit de voir les communiqués d’EELV pour voir qu’il est en fin de compte surtout parlé de questions sociales et énergétiques, voire d’environnement, c’est-à-dire de pollution, mais jamais de la Nature.

Or, l’écologie c’est la défense de la Nature, pas simplement du paysage, pas plus que ce n’est simplement une question de refus de la pollution, par souci pour l’humanité future.

Voilà pourquoi la Conférence environnementale est nulle : elle n’aborde pas les grands thèmes authentiquement écologistes, notamment le fait que les villes s’étalent sous des formes rurbaines… alors que c’est une question brûlante !

En France, chaque jour, la ville – y compris sous sa forme rurbaine ou périurbaine, banlieusarde, etc. comme on voudra – engloutit 165 hectares de terrains agricoles et de milieux naturels.

Pour utiliser une métaphore, on peut dire que les terrains de golfe et les pavillons sont à l’offensive… Voici une photo montrant bien le triomphe des « lotissements. »

Alors, bien sûr, le rêve du pavillon est présent chez pratiquement tout le monde pour des raisons également compréhensibles parfois : les villes sont invivables, les transports en commun un calvaire, la vie en commun rendu difficile par la pauvreté et sa violence, etc.

Seulement les lotissements n’apportent pas que des solutions, et en tout cas pas du tout la solution dont on a besoin… Car le pavillon est une catastrophe énergétique, il avale la Nature, il produit l’isolement culturel, pour les jeunes c’est un enfer d’ennui…

Est ici intéressant la remarque du ministère du Développement durable (qui s’occupe aussi de l’écologe, de l’énergie, de l’équipement et des transports), dans l’article Etalement urbain et artificialisation des sols en France de 2010 :

« Aujourd’hui, nombreux sont les nostalgiques de la ville-centre compacte du Moyen Age, fustigeant les banlieues-dortoirs et les barres HLM nées des Trente Glorieuses. »

Si la nostalgie nous sommes totalement contre, force est de constater que les centre-villes d’Amsterdam, Stockholm, Paris ou Barcelone font davantage rêver que justement les banlieues-dortoirs de n’importe quelle grande ville française… Et ce n’est pas pour rien : les bâtiments ont un style, la vie culturelle est présente, les interactions humaines sont possibles, etc.

Bien entendu aujourd’hui, comme d’ailleurs hier, tout cela est pour les riches, et il y a même la marche forcée des grandes enseignes, qui fait qu’on trouvera forcément un Starbucks et un Mc Donald précisément dans les centre-villes des grandes métropoles…

Et en plus, bien naturellement, il y a la question de la Nature, car les villes sont nées au Moyen-âge en tournant le dos à la Nature, puisqu’elles ont été fondées par des commerçants pour y tenir leur marché à destination des paysans. Dans les villes, on étouffe! Il manque la combinaison avec la Nature… Ce n’est pas pour rien que nos villes sont en droite ligne, sans heurts, des villes du Moyen-âge justement…

Mais il y a quelque chose de plus parlant que des barres HLM, évidemment ! Et il faudrait être aveugle pour ne pas voir que les gens qui votent Marine Le Pen le font aussi par peur d’être déclassé, se précipitant dans la petite propriété pour s’imaginer éviter la pauvreté (alors que l’entretien d’un pavillon coûte très cher!), et puis bien entendu pour éviter l’environnement du tout béton…

Toute personne dira qu’avec son pavillon, elle veut son fameux « lopin de terre »… Ce qui est clairement une exigence dévoyée de Nature. D’ailleurs, alors que 2/3 des logements neufs sont des pavillons, celles qui se situent dans un lotissement ne forment que 35 % du tout.

Un exemple inverse très parlant également : on sait que de 1990 à 2000, l’urbanisation a été trois fois plus grande sur le littoral qu’ailleurs. On s’installe au bord de la mer pour, en quelque sorte, la Nature, et on s’inscrit dans un phénomène de bétonnage…

C’est le paradoxe : on veut être loin des gens, mais en même temps quand même avec, on veut la Nature mais aussi la culture du centre-ville… Plein de rêves contradictoires, qu’il faut comprendre, et que bien sûr la Conférence environnementale ne voit pas, ne comprend pas, car elle est seulement préoccupée de gérer les questions énergétiques futures du capitalisme… Alors que l’avenir qui nous attend, inévitablement, c’est la transition écologique!

Fin de la seconde conférence environnementale

La « conférence environnementale » s’est terminée hier ; c’était la seconde, puisque c’est la « feuille de route » annuelle du gouvernement concernant l’écologie. La première conférence avait amené Duflot à être lyrique ; il faut se souvenir de sa fameuse tirade :

 « Je pèse mes mots : ce discours du Président de la République est historique et infiniment émouvant à entendre pour une écologiste. »

A l’époque, nous avions critiqué bien entendu très durement tout cela, voyons ce qu’il en est aujourd’hui.

Voyons déjà une chose simple comme l’agriculture biologique, dont la consommation en France grandit de plus en plus.  L’année dernière avait été promis « un nouveau plan en faveur du développement de l’agriculture biologique. » Cependant, pour le plan « agro écologie », il faudra attendre… l’année prochaine.

Et alors que le Grenelle de l’environnement avait prévu 6 % de surfaces utiles bio, on en est encore à 4 %.

C’est bien entendu révélateur. On a la même tendance dans les énergies.  Pour l’instant, on sera en 2020 à 17% d’énergies durables, alors que 23 % avaient été annoncés… Ce sont surtout les productions d’éoliennes qui font défaut, leur développement ne cessant de s’effondrer.

Ce n’est pas comme cela qu’on remplacera le nucléaire! Il est vrai que ce n’est pas l’objectif du gouvernement, qui entend seulement à 50 % d’électricité nucléaire en 2025.

Seulement, même pour cela, la conférence environnementale n’a donné aucun calendrier à ce sujet… Et le problème que si on peut facilement arrêter une centrale nucléaire, la démanteler est une autre affaire… Cela se programme sur des années!

Quant à la centrale de Fessenheim, censée fermer en 2016, c’est mal parti… Car il faut un « justificatif » technique à la fermeture d’une centrale, et il faut des mois et des mois pour le produire, sans parler que derrière l’entreprise va demander des compensations…

Ayrault a d’ailleurs été très clair:

« Pendant toute la durée de vie restante de nos centrales, et tout en assurant une sécurité maximale, notre parc nucléaire sera mis à contribution. »

Tant que les centrales voient leur prolongement « sûr », alors cela continuera… Mais de quelle contribution parle-t-il dans sa phrase? Là est la subtilité: cette phrase explique que le nucléaire continuera, mais pour qu’elle passe, Ayrault parle à la fin d’une prétendue taxe que l’industrie du nucléaire paiera à la « transition énergétique »… C’est une simple manipulation…

Et il y a bien entendu,la taxe carbone, appelée « contribution climat-énergie. »

Cette taxe vise à faire en sorte que les comportements soient « meilleurs. » La consommation d’énergies polluantes va être taxée, car une partie des taxes de l’énergie sera reliée aux émissions en CO2 effectuées (pour un prix de 7 euros la tonne de CO2 en 2014, 14,50 euros en 2015, 22 euros en 2016).

Ayrault a donné des chiffres :

« En 2014, première année de mise en oeuvre, l’impact de cette composante carbone sur les carburants et le fioul domestique sera nul. Cette mesure représentera 2,5 milliards d’euros en 2015 et 4 milliards en 2016. »

La majorité de l’argent récolté ira… au financement du crédit d’impôt compétitivité emploi à destination des entreprises, et une partie ira à la transition énergétique, pour faire passer la pilule.

Et quelles sont les modalités ? On ne sait pas encore, car de cette taxe, « son périmètre et sa trajectoire » seront expliqués la semaine prochaine… On sait déjà que les « professionnels des transports » et les pêcheurs ne seront pas concernés, ni les particuliers… pour l’instant.

Mais demain, c’est-à-dire dans deux – trois ans ils seront touchés, et il s’agira d’argent encaissé sur le dos des gens pris en otage par un pseudo sens de la culpabilité, car bien souvent les gens n’ont pas d’autres moyens, vue la situation des transports en commun !

Quand on voit la situation catastrophique sur ce plan à Marseille par exemple, quand on voit en général comment les banlieues s’étalent et l’architecture rurbaine se développe, on se doute bien qu’il faut tout changer, et non pas soi-disant réformer avec des taxes… Taxes qui rendront l’écologie impopulaire, « punitive »…

Même si, en définitive, le mode de vie actuel sera puni, s’il n’est pas dépassé. Un tel système économique épuisant et engloutissant la Nature n’a pas d’avenir. Toute cette conférence environnementale n’est qu’une mystification, sans aucune dimension écologiste.

La situation montre qu’EELV n’a aucune perspective concrète, et que de toutes manières le capitalisme n’est pas prêt même au moindre effort. Comme on le voit, tout est question de priorité, et la planète n’est pas celle d’EELV, du gouvernement, du capitalisme…

EELV et la conférence environnementale : l’opportunisme total

Hier a commencé une « conférence environnementale », qui continue aujourd’hui. Elle est organisée par le gouvernement et consiste en une sorte de bric-à-brac censé justifier la dimension « écologiste » des décisions prises par l’Etat.

Voyons simplement ce qu’il en est, à travers le psychodrame qui s’est encore une fois déroulé chez Europe Ecologie-Les Verts.

Initialement, tout est parti de Pascal Durand, justement secrétaire national d’EELV. Il y a une semaine, il a expliqué :

« Nous avons six jours devant nous, pas plus, pas moins, pour définir la capacité qu’a ce gouvernement à intégrer le logiciel écologiste. »

Selon lui, il faudrait sinon en tirer les conséquences. EELV est en effet en panique pour trois raisons :

– la participation à un gouvernement nuit à l’image d’EELV, en particulier alors qu’il y a les élections municipales dans six mois ;

– il est évident que le Parti Socialiste se moque des propositions d’EELV ;

– le gouvernement a été habile et a réduit l’écologie à une question de taxes, rendant celle-ci d’autant plus impopulaire et donc inapplicable, ce qui arrange le gouvernement.

Une personne a ici été particulièrement sincère : Noël Mamère. Il a parfaitement compris ce qui se passe, et voici son explication dans une interview accordée à Sud-Ouest :

« Notre ultimatum a fait pschitt et il n’y pas eu besoin d’attendre six jours pour savoir que pour le Président de la République l’écologie n’est pas une priorité. Il oppose d’une certaine manière l’écologie et l’intérêt public.

Il a ouvert un piège qui est en train de se refermer sur nous qui fait passer les écologistes pour des adeptes de la taxe et de la fiscalité et des promoteurs de l’écologie punitive.

Tout cela ça veut dire que la contribution climat énergie c’est fini. Il l’a reportée. Il n’a pas mis en œuvre ce sur ce quoi il s’était engagé : une grande réforme fiscale qui inclut la fiscalité écologique (…).

On ne peut pas accepter les renoncements successifs auxquels on assiste : la taxation sur les poids lourds, c’est la victoire du lobby des transporteurs.

On est en train d’assister à la victoire du lobby du nucléaire car je ne suis pas sûr que Fessenheim ferme. On a assisté à la victoire du lobby pétrolier avec l’éviction de madame Bricq sur la recherche en Guyane.

Cela fait déjà beaucoup. Et là on renvoie la contribution climat énergie aux calendes grecques. Quel intérêt les écologistes ont-ils à rester dans un gouvernement qui passe son temps à les balancer sur le bord du chemin ? (…)

Nous sommes en train de vivre notre automne politique, je crains que nous ne passions pas l’hiver. Si on décide de rester c’est suicidaire. »

C’est on ne peut plus clair, mais bien entendu ce n’est pas la ligne des opportunistes contrôlant EELV…

Voici leurs réactions à « l’ultimatum » de Pascal Durand :

« Ce n’était pas approprié, ni équilibré » (Jean-Vincent Placé, président du groupe EELV au Sénat)

« La question n’est pas celle d’une mise en scène d’un départ, mais la manière dont nous portons des exigences qui orientent la majorité. » (Cécile Duflot, ministre du logement)

« On doit éviter de faire des ultimatums, parce que ce n’est pas forcément la meilleure méthode. La meilleure méthode, c’est de hausser le ton quand il faut hausser le ton mais aussi, et c’est ce qu’on est en train de faire, de discuter » (Barbara Pompili, présidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale)

« Ce qui est le plus grave, c’était le côté solitaire de son discours. Personne n’était au courant de sa sortie. » (Isabelle Attard, députée du Calvados et secrétaire de la Commission des Affaires culturelles et de l’Éducation de l’Assemblée nationale)

La blague, dans cette histoire, c’est que Cécile Duflot avait préféré se reposer, en raison de son activité au gouvernement, plutôt que d’aller au conseil fédéral d’EELV, où Pascal Durand a lancé son ultimatum. C’est très parlant ! Jean-Vincent Placé n’y était pas non plus, préférant la fête de l’Humanité.

Tout cela à un moment clef, d’ailleurs Nicolas Hulot attend au tournant : le 25 septembre sort son livre « Plus haut que mes rêves », où il raconte sa « mésaventure » face à Eva Joly…

Et donc hier a commencé la Conférence environnementale. Hollande a fait un discours, et voici le commentaire incroyable de langue de bois de Jean-Philippe Magnen, porte-parole national d’EELV :

« Après plusieurs mois de tergiversations et de difficultés à traduire en actes les engagements pris lors de la première « Conférence environnementale », le discours du Président de la République ce matin permet désormais d’engager concrètement la transition énergétique. »

Tout cela parce que Hollande a raconté que d’ici 2050, il y aura une réduction de 50 % de la consommation énergétique. C’est risible.

Si on ajoute à cela un scandale à Marseille où une partie d’EELV conteste l’élection, pour elle magouillée, du député européen Karim Zeribi comme candidat aux municipales, et on a un panorama terrible.

Nous reparlerons demain de la « Conférence environnementale », mais remarquons déjà qu’EELV agonise. L’écologie est à un tournant en France.

Yummypets, « des spécialistes mondiaux de la relation homme et animal de compagnie »

Yummypets voit grand: cette entreprise entend ni plus ni moins qu’être une sorte de facebook des « animaux de compagnie » dans de nombreux pays du monde. Le mot d’ordre est le suivant:

Petites annonces, comparateur de prix, etc tous nos services gratuits pour vous faciliter la vie en tant que propriétaire.

On l’aura compris c’est un site de vente en ligne qui tente de s’imposer en jouant sur le côté social. En attendant, niveau social, une annonce cela peut donner cela:

je veux deux chien de garde pour notre ferme par ce que on ce fait voler tout le temps est la sa vraiment augmentes lés voles 5 chèvres disparues en même temps est deux trois canard qui disparais chaque weekends sur deux un ou deux lapin qui son voler souvent est moi j’i tien beaucoup a notre ferme donc j’ai besoin des chiens de garde par ce que sa va vraiment nous aider

Car l’exploitation animale ne peut que prédominer et la dimension « sociale » vite s’avérer sans aucune cohérence. Voici un article de Sud Ouest qui présente Yummypets et qui, plutôt qu’un article, est une page de publicité!

Bordeaux : un collier pour géolocaliser son animal avec son smartphone

Nouvelle trouvaille des fondateurs de Yummypets, un réseau social dédié aux animaux de compagnie

Imaginez retrouver votre animal de compagnie quelques minutes après l’avoir perdu grâce à une puce NFC (Near Field Communication) ou un code 3D dans son collier. Cette possibilité qui serait passée pour de la science-fiction il y a quelques années devient réalité.

L’agence Web Octopepper à Bordeaux vient d‘avoir cette géniale idée et prépare la commercialisation du dispositif. Matthieu Glayrouse et Mathieu Chollon, les fondateurs de la société connaissent bien leur sujet. Ils ont eu le nez fin en novembre 2011 quand ils ont lancé le réseau social Yummypets, littéralement « animaux à croquer ». Ce Facebook dédié aux animaux de compagnie à poils, à plumes ou à écailles compte aujourd’hui 200 000 membres (dont 150 000 francophones).

Les propriétaires (92 % de femmes) de chiens, chats, lapins, poissons, tortues y postent photos et vidéos de leur animal préféré, ce qu’ils mangent ou leurs pires bêtises. Le site propose aussi des petites annonces type Le Bon Coin, des comparateurs de prix pour l’alimentation ou les mutuelles pour animaux, un espace perdu/trouvé et même un cimetière virtuel.

Pionnière dans le créneau de l’animal de compagnie à l’ère du 3.0, l’équipe d’Octopepper (20 personnes aujourd’hui, cinq il y a deux ans), se lance dans de nouveaux services. Grâce à son collier équipé de puces NFC et de codes 3D contenant le numéro de téléphone ou l’adresse mail du propriétaire, toute personne qui trouvera l’animal errant sur la voie publique pourra en taguant le collier avertir le propriétaire. « Nous souhaitons aussi travailler avec les mairies qui supervisent les fourrières pour animaux », indique Mathieu Chollon.

L’équipe a d’autres projets avec les collectivités. Depuis peu, elle lançait le label Petsfriendly. Ce petit logo commence à être visible dans les restaurants et cafés où les animaux sont bien accueillis. En passant leur téléphone sur le sticker, les propriétaires de toutous et matous peuvent indiquer qu’ils se trouvent à tel endroit sur le réseau social Yummypets.

Matthieu Glayrouse et Mathieu Chollon souhaitent développer ce label dans les petits coins urbains réservés aux chiens pour leurs besoins. « Cette démarche a un double intérêt. Cela permettra à nos membres, quand ils arrivent dans une ville qu’ils ne connaissent pas, de savoir où se trouvent les canisites. En taguant le sticker en arrivant sur site, ils nous font remonter des données qui peuvent intéresser les collectivités pour adapter leurs horaires de nettoyage en fonction des flux de fréquentation. C’est de la data intelligente. »

La poursuite de l’aventure de Yummypets repose sur cette mine d’or. Grâce aux données fournies par leurs 200 000 membres, ils sont devenus des spécialistes mondiaux de la relation homme et animal de compagnie. Un pactole qui intéresse de plus en plus les industriels travaillant dans cet univers.

Il est facile de voir comment ce projet s’insère totalement dans l’exploitation animale. Plutôt que s’ouvrir à tous les animaux, à la Nature, c’est ici le triomphe de la propriété.

« Le nucléaire n’est pas une énergie décarbonée ! Non aux aides d’État atomiques ! »

Ces dernières années, le nucléaire a été remis en question comme jamais en France. Auparavant, c’était un grand tabou, que même la catastrophe de Tchernobyl n’avait pas remis en cause. Cependant, de par le double jeu d’EELV, l’industrie du nucléaire ne voit pas sa situation changer. Elle n’est pas menacée, et l’Etat apporte même encore plus de soutiens…

Voici un aperçu de la situation sur ce point, par Sortir du nucléaire.

La France soutient les subventions au nucléaire au lieu d’agir pour la transition énergétique

17 septembre 2013 : Le nucléaire n’est pas une énergie décarbonée ! Non aux aides d’État atomiques !

Communiqué commun du Réseau “Sortir du nucléaire“, des Amis de la Terre, Réaction en Chaîne Humaine et du Réseau Action Climat – 17 septembre 2013

À l’approche de la Conférence environnementale, le bilan de la politique énergétique française est affligeant. Au lieu d’agir pour la transition énergétique, et alors même qu’elle prétend réduire la part du nucléaire, la France fait des pieds et des mains pour soutenir l’industrie atomique !

C’est ainsi que, depuis des mois, EDF, Areva et les autorités françaises agissent de concert au niveau européen pour que le nucléaire puisse bénéficier de nouvelles subventions. Le Réseau “Sortir du nucléaire“, les Amis de la Terre, le Réseau Action Climat et Réaction en Chaine Humaine dénoncent ces pratiques de lobbying agressives et opaques sur un sujet qui concerne le futur de l’ensemble des citoyens européens.

Inquiète du recul du nucléaire au niveau international et anticipant sans doute le renouvellement de son parc nucléaire, la France soutient dans l’ombre des couloirs de Bruxelles les projets de la Commission Européenne visant à faire bénéficier le nucléaire des mêmes subventions que les énergies renouvelables [1].

Les nouvelles règles encadrant les aides d’État en Europe sont actuellement au stade des propositions mais seront très prochainement soumises à consultation au niveau des Etats avant leur vote au niveau européen. Ces consultations se déroulent généralement loin des débats publics mais plusieurs associations telles que les Amis de la Terre, le Réseau “Sortir du nucléaire“ et la Réaction en chaîne humaine entendent bien les mettre sous les projecteurs !

En traitant le nucléaire comme une énergie « décarbonée », ce projet est du pain béni pour les pays pro nucléaires tels que la France, la Grande-Bretagne, la Pologne et la République Tchèque car il leur permettrait de financer le nucléaire [2] sans enfreindre les règles de libre concurrence.

Mais, outre le fait que le risque d’accident et la production de déchets ingérables devraient suffire à interdire tout recours au nucléaire, c’est occulter que l’ensemble de la filière émet bien des gaz à effet de serre [3]. « Plaider le caractère « décarboné » du nucléaire est surtout un excellent alibi pour la France pour maintenir le statu quo et continuer de financer ses fleurons industriels », déclare Lucie Pinson des Amis de la Terre.

Les subventions au nucléaire, c’est autant de fonds qui ne vont pas aux économies d’énergie et aux énergies renouvelables. C’est pourtant bien celles-ci et non l’atome qui constituent les vraies solutions au changement climatique.

Les associations dénoncent en outre un favoritisme inacceptable pour le nucléaire. « Les aides d’État étant en principe destinées au soutien de technologies en développement, il est scandaleux d’en faire bénéficier le nucléaire : dangereuse et inutile, cette technologie du siècle dernier a déjà été sur-subventionnée de manière directe et indirecte » rajoute Charlotte Mijeon du Réseau “Sortir du nucléaire“.

Financement de la recherche, construction du parc avec les fonds publics, sous-estimation du coût des déchets et du démantèlement dans le prix de l’électricité, réparation et indemnisation par l’Etat en cas d’accident, garanties de la COFACE pour soutenir les exportations… la liste est longue !

« En tant que citoyens européens, nous pensons que seules les énergies renouvelables et les économies d’énergie, qui sont d’ailleurs bien plus créatrices d’emplois que le nucléaire, doivent être soutenues », déclare Christine Hasse de la Réaction en chaîne humaine.

Mais pour vendre des réacteurs, la France est prête à toutes les manigances.

À travers ces lignes directrices, la France se fait le relais des intérêts d’EDF, qui demande à pouvoir bénéficier d’un tarif d’achat garanti pour l’électricité produite par le réacteur EPR qu’elle veut faire construire en Grande-Bretagne pour compenser ses coûts financiers élevés.

Au regard du droit européen actuel, ce mode de financement est illégal [4] ; mais si elles entraient en vigueur, les nouvelles lignes directrices pourraient ouvrir la porte à des mécanismes qui reportent les coûts sur les contribuables. Ces tentatives des firmes nucléaires pour capter l’argent public sont d’autant plus révoltantes qu’en parallèle, Areva a mené des démarches auprès de la Commission Européenne pour demander le « retrait progressif » de « toute une série de distorsions tarifaires » telles que « les subventions aux énergies renouvelables et à la lutte contre la précarité énergétique » [5] !

Ces manoeuvres en sous-main d’un État aux ordres de l’industrie nucléaire sont inacceptables et ôtent toute crédibilité à un gouvernement qui prétend réduire la part du nucléaire dans le mix énergétique.

Sur ces sujets qui engagent l’avenir énergétique, les citoyens français et européens méritent des décisions transparentes et soucieuses du bien commun. Les associations invitent les citoyens à signer la pétition envoyée à la Commission Européenne (www.my-voice.eu) pour dénoncer ces processus non démocratiques et demander une vraie transition énergétique plutôt qu’un soutien indécent à une technologie mortifère.

[1] Voir ici les contributions de la France et des autres pays : http://ec.europa.eu/competition/state_aid/modernisation/energy_environment_en.html#comments

[2] http://www.independent.ie/world-news/scene-set-for-nuclear-power-row-as-eu-rules-on-state-aid-due-soon-29506330.html

[3] Voir la brochure inter-associative Face à la menace climatique, l’illusion du nucléaire : http://www.rac-f.org/Face-a-la-menace-climatique-l

[4] Voir les travaux de la coalition Energy Fair : http://www.energyfair.org.uk/

[5] http://www.independent.co.uk/news/uk/home-news/nuclear-boss-wants-to-cut-family-fuel-aid-8537553.html

La France, second espace maritime mondial

Notre responsabilité écologiste est énorme en France. La France est en effet le second pays du monde en terme de possession d’espace maritime.

11 millions km2 d’océan dépendent de la France, et donc, en définitive, de nous, de ce que nous laissons faire, ou pas.

Bien entendu, on l’aura deviné, c’est tout l’intérêt pour la France de garder les territoires d’outre-mer, qui permettent la propriété de 97 % de l’espace maritime en question…

Et cet intérêt n’est pas écologiste ni scientifique, mais économique et militaire. Au lieu que l’humanité gère ensemble cette question, sur une base pacifique et scientifique, c’est la concurrence économique et militaire, d’ailleurs de plus en plus forte, notamment en mer de Chine.

Si l’on prend par exemple les îles Kerguelen, autrefois appelées îles de la Désolation, il n’y a que 45 personnes présentes. Mais cet archipel de l’océan indien, près de l’Antarctique, a 300 îles, pour 2 800 km de côtes…

Et le principe est le suivant: il y a d’abord une zone de contrôle total, appelée la mer territoriale et qui est une zone allant jusqu’à 12 miles nautiques, soit 22 km.

Ensuite, de 12 à 24 miles (22-44 km), il y a la zone contiguë, où la souveraineté est partielle (c’est en quelque sorte une zone de sécurité), mais par contre la zone économique exclusive, elle, va jusqu’à 200 miles, soit 370 km… permettant à l’État de contrôler les eaux, les fonds, le sous-sol…

Bien entendu, tout cela est parfaitement réglementé, tout à fait précis et rien n’est laissé au hasard, car c’est économique et militaire…

Histoire de présenter comment l’Etat voit les choses, voici ce que raconte le SHOM (Service hydrographique et océanographique de la marine). Car ici, il ne faut pas se leurrer : on est en zone militaire…

La connaissance de l’environnement

Les activités d’océanographie militaire mettent en oeuvre les compétences et les moyens des différents services du SHOM et des groupes hydrographiques et océanographiques. Elles font aussi largement appel aux moyens à la mer des régions maritimes et des forces, par exemple pour les campagnes scientifiques ou le recueil de données bathythermiques.

Les bâtiments de la marine nationale éprouvent un besoin croissant d’informations concernant l’environnement marin, et en particulier la propagation du son dans l’eau, la bathymétrie, la sédimentologie, le champ de pesanteur…

L’objectif est de fournir aux forces la meilleure connaissance possible de l’environnement océanique et météorologique, et les moyens de l’exploiter, pour optimiser l’utilisation des systèmes d’armes (comme les sonars, les radars, mais aussi les torpilles, les missiles, l’aviation embarquée…) et pour disposer d’une appréciation de la situation (GHOM) unique et qualifiée pour les systèmes d’information et de commandement.

Les services du SHOM procurent aux forces des outils efficaces et adaptés aux nouvelles formes de lutte. Destinés à être intégrés dans des bases de données embarquées, ils sont fournis sous forme de données classiques ou numériques (extraits des bases de données du SHOM).

Le SHOM mène une collaboration active avec de nombreux organismes extérieurs (Météo-France, Centre national de la recherche scientifique, Ifremer, Universités..).

Il utilise également les données fournies par les satellites d’observation de la terre (Topex Poséidon, ERS1, JASON, SPOT…).

Un environnement ouvert à de nombreuses collaborations

Le centre de Brest du SHOM s’étend sur un terrain de 10 hectares en périphérie de la ville de Brest, à proximité de l’Université de Bretagne Occidentale et non loin du Technopôle de Brest-Iroise.

Ouvert à de nombreuses collaborations, il est engagé avec de multiples organismes, militaires et civils, dans des activités communes de recherche ou de développement variées.

L’Ifremer*, Météo-France, l’Université de Bretagne Occidentale, ou encore le CNRS comptent parmi ses partenaires civils les plus importants.

La collaboration s’étend aussi en dehors du territoire national : actions communes avec des organismes de recherche étrangers dans le domaine de l’océanographie militaire, participation à plusieurs groupes de travail de l’OHI sur l’évolution des documents nautiques et le développement de la carte électronique.

Le SHOM produit des cartes électroniques de navigation officielles (ENC), qui sont diffusées par Primar, label commercial du centre européen de coordination pour la carte électronique (RENC).

* Institut Francais de Recherche pour l’Exploitation de la Mer (Ifremer)

Il y a ici une problématique essentielle, et pour utiliser le terme, authentiquement révolutionnaire. Car il est révolutionnaire de dire que la manière d’aborder l’océan est erronée, et que la compréhension de cet espace maritime passe totalement à côté de l’essentiel.

La démilitarisation doit aller de pair avec la mise en place d’études scientifiques pour connaître l’océan et ses habitants, et non pas pour la concurrence. Il faut protéger la planète bleue. L’océan doit être au cœur de nos préoccupations ! Au cœur de notre identité ! La planète doit redevenir bleue et verte !

Le chat, un ami depuis si longtemps

Nous avions cité « Les débuts de l’élevage » de Jean-Denis Vigne, au sujet des chiens (A propos du rapport entre les chiens et les humains). Voici ici un nouvel extrait intéressant au sujet des chats et de leur rapport à l’humanité. Depuis quand sont-ils si proches ?

« Partout on lit que le chat a été domestiqué en Égypte. L’idée est renforcée dans nos esprits par la riche et fameuse mythologie égyptienne, dans laquelle la déesse chatte Bastet jouit d’une place de choix, les découvertes de momies de chats qui lui étaient offertes jusqu’à la période ptolémaïque (au début de notre ère) se comptant par centaines de milliers (…).

Contrairement au chien ou au mouton qui, quelques siècles après leur domestication, ont connu des modifications de forme et des réductions de taille détectables sur leurs squelettes, le chat domestique, encore de nos jours, est de morphologie très semblable à celle de son ancêtre sauve d’Afrique et du Proche-Orient. »

Les chats égyptiens nous parlent encore tellement, car ils sont si proches de ceux que l’on connaît aujourd’hui… Mais les chats sont présents depuis bien plus longtemps !

Voici comment dans un autre article, il décrit une découverte sur le site de Shillourokambos, près de Limassol, sur l’île de Chypre… Des restes d’un village d’il y a 8400 à 8300 avant notre ère…

Sépulture à Shillourokambos

« La tombe en question, fouillée en 2001, est constituée par une petite fosse de 55 centimètres sur 60, creusée dans les restes d’un bâtiment circulaire de terre crue. Elle contenait les restes d’un adulte en position hypercontractée, bras repliés sur la poitrine et jambes en flexion maximale. Peut-être avait-il été inhumé dans un sac.

Contrairement à la plupart des tombes individuelles également reconnues sur ce secteur de la fouille, cet individu avait bénéficié d’un intéressant mobilier funéraire: deux petites haches polies, un fragment de pierre volcanique, un pendentif en roche noire, un grattoir discoïdal, une lame appointée, deux fragments de lame et une petite boule d’ocre.

À peu de distance, une sorte de dépôt votif, regroupant un petit galet de picrolite [une pierre fine tâchetée] et 24 coquillages, avait été aménagé dans une cuvette.

Face au défunt, à 20 centimètres de la bordure de la première fosse, une troisième dépression, peu profonde, de 43 centimètres sur 25, avait été agencée.

Elle contenait le squelette d’un chat, couché sur le côté gauche, tête à l’ouest, déposé avec soin dans ce petit volume apparemment creusé à son intention. La bête, jeune, était de forte taille. »

Citons ici de nouveau l’ouvrage mentionné plus haut :

« Les observations des fouilles montrent qu’il [le chat] a été déposé en entier, sans avoir été débarrassé de sa peau, ni éventré au préalable, dans une petite dépression creusée grossièrement certes, mais précisément adaptée à sa taille.

Les squelettes complets d’animaux sont excessivement rares sur la plupart des sites archéologiques du Néolithique précéramique [7000 – 9000 avant J.C.].

A Shillourokambos, c’est le seul cas.

Dans les autres sépultures du même site, lorsque les animaux sont représentés par des restes osseux, il s’agit de dépôts symbolisant l’espèce (bois de daims, crânes de cochons, sabots de moutons), jamais de squelettes entiers non perturbés.

Cette singularité souligne le fait que ce chat a été inhumé non pas en tant que reste alimentaire, bien sûr, ni même tant que symbole emblématique de l’espèce ou de ce qu’elle représentait dans l’imaginaire des hommes d’alors, mais en tant qu’ « individu » attaché à l’homme qu’il accompagne. »

Si l’on ajoute que Chypre est une île, cela signifie que les chats ont été amenés auparavant par bateau. On sait que des renards ont été également amenés ; très certainement, chats et renards, pas forcément « domestiqués », ont été capturés et emmenés sur l’île pour s’opposer aux rongeurs profitant de l’inorganisation humaine et apparaissant comme des « pillards. »

Ainsi, au village de Shillourokambos, on mangeait également les chats, mais il y a ce chat dans la tombe, ce qui est contradictoire: on est sans doute à un moment où s’établit un nouveau rapport, un rapport d’amitié inévitable si l’on suit le sens de la vie.

C’est fascinant, intéressant au plus haut point, et important pour une réflexion sérieuse pour comprendre le rapport de l’humanité aux êtres vivants et… le changer !

Voici, pour conclure ici, une tête de chat sculptée trouvée dans les restes du village de Shillourokambos.

 

Lutte anti-THT: procès à Angers

Ce 19 septembre aura lieu un procès à Angers, et un rassemblement de solidarité se tiendra devant la cour d’appel à 12h30 , place du général Leclerc. Voici l’appel donnant le contexte, et prétexte à un sujet de réflexion nécessaire sur le rôle de la gendarmerie pour une répression musclée et discrète, illégale…

Un militant de la lutte antiTHT est poursuivi de violences envers une personne dépositaire de l’autorité publique sous prétexte de s’être garé trop près d’une gendarme qui se prétend victime au point d’avoir obtenu 300 euros de dommages et intérêts ainsi que le remboursement de ses frais d’avocat en première instance à Laval (53).

Ces poursuites ne sont que la concrétisation d’un harcèlement des autorités (préfecture, gendarmes, RTE, etc) envers les populations sous le tracé de la ligne THT Cotentin-Maine, au point de se demander qui est vraiment la victime dans cette affaire.

Comme de nombreux/euses opposant-e-s à la ligne THT Cotentin-Maine, le prévenu du jour n’a pas manqué de faire l’objet de contrôles routiers incessants et de fouilles régulières de son véhicule tout au long de l’année 2012.

Ce harcèlement atteint son apogée le 28 avril 2012 quand, après avoir participé à une randonnée sous les pylônes à Saint Cyr le Gravelais, deux motards et un véhicule de gendarmerie l’escortent jusqu’à son domicile sans pour autant lui octroyer le statut de VIP.

Un hameau devenu zone interdite : Le Mesnil à St Pierre des Landes (53)

Notre ami a en outre le malheur de toujours être présent quand la solidarité avec les riverain-e-s s’avère nécessaire. Ce qui fut le cas chez des riverains du Mesnil à Saint Pierre des Landes qui s’opposaient à l’implantation d’un pylône et à la destruction d’arbres et du biotope d’un plan d’eau.

Ainsi le 1er juin 2012, à la simple annonce du début d’un chantier de la ligne sur le Mesnil, l’accès au hameau lui est refusé par la gendarmerie (sans décision de justice d’aucune sorte ni raison valable).

Le lendemain, si comme une cinquantaine de personnes solidaires, il a pu rejoindre une parcelle privée pour assister à une conférence de presse. Il fut lui comme les autres, y compris les propriétaires des lieux, expulsé violemment du terrain.

Le 4 juillet 2012, alors que venait de débuter le chantier prévu un mois plus tôt, c’est encore l’ensemble du hameau qui est déclaré zone interdite par la maréchaussée, obligeant le militant aujourd’hui en procès à laisser son véhicule (après menace de contravention pour stationnement gênant) sur le bas côté. Un comble, alors qu’un véhicule de gendarmerie entravait sans aucun motif légal le passage d’accès au village.

C’est en ce début du mois de juillet 2012 (les 4 et 5 juillet) que suite aux exactions gendarmesques menées sous l’égide de RTE et de la préfecture de la Mayenne au Mesnil, une plainte collective est déposée par les habitant-e-s affecté-e-s par le chantier et la ligne, avec certain-e-s de leurs soutiens. Ceci pour dénoncer les entraves à la liberté individuelle et la complicité de dégradation volontaire de la propriété d’autrui.

Il semblerait que le 6 juillet 2012, la gendarme citée ci-dessus se soit subitement rendue compte qu’elle fut victime de violence de par la peur occasionnée par la manœuvre du véhicule se garant à sa proximité, déposant alors plainte pour ces faits. Vu la présence des gendarmes sur les lieux, l’accusé n’aurait-il pas été arrêté en flagrant délit dès le 4 juillet s’il avait vraiment représenté une menace de violence.

Cette peur et la plainte qui a suivi ont donné lieu a une mobilisation digne de l’ennemi public numéro 1, le 10 juillet 2012. À 8h du matin, au domicile du militant, une opération de type antiterrorisme fut entreprise afin de l’interpeller et ce, avec une violence sans commune mesure avec celle qu’il aurait soi-disant occasionnée en se garant six jours plus tôt. Au bout de 9 h de garde à vue, et après le refus du prélèvemebt de son ADN, il se voyait notifier une convocation au tribunal qui nous amène ce 19 septembre à Angers.

Pendant ce temps là, les plaintes déposés par les riverain-e-s et militant-e-s du Mesnil ont été classées sans suite, nécessitant le dépôt d’une caution de 1000€ chacun-e pour que soit mandaté un juge d’instruction. Le motif ? « les faits dont vous vous êtes plaint ne sont pas punis par la loi ». L’article 432-4 du code pénal (entrave à la liberté individuelle par une personne dépositaire de l’autorité publique) ne serait-il plus en vigueur?

C’est donc par le porte-monnaie qu’on veut nous reconvertir. Ces diverses manipulations, intimidations, inculpations, accusations mensongères, et le fonctionnement de notre justice qui nous coûte cher ne font que renforcer notre détermination.

Une soirée Infotour sur la lutte antiTHT aura lieu en amont et en solidarité le 17 septembre à l’Étincelle, 26 rue Maillé à Angers.

Face à ces procédures qui s’enchainent et les frais de justice qui s’amoncèlent…La solidarité financière est aussi de mise pour pouvoir faire face à la répression : Merci d’envoyer vos dons à l’Association pour la solidarité et l’aide juridique (chèque à l’ordre de APSAJ, mention THT au dos), 6 cours des alliés, 35000 RENNES.

 

La bataille pour la Nature en Guyane

Hier, nous parlions du film La forêt d’émeraude, et voici une photographie qui nous montre la Nature telle qu’elle existe de manière relativement similaire dans le film.

Et l’on peut se dire que tout cela est lointain, bien loin de la France ! Mais justement pas !

Cette photographie a été prise en Guyane… française. Et elle est utilisée pour un article de l’association « Rainforest rescue » appelant à se mobiliser contre l’autorisation d’une concession d’une mine d’or dans le parc amazonien guyanais, en disant : « Les trésors de la vie guyanaise sont plus importants que l’or ! »

Et c’est bien vrai. Pour cette raison, il est essentiel que les personnes voulant défendre la Nature en France comprennent que l’Etat français « contrôle » de nombreux territoires comme la Guyane, ainsi qu’une partie importante des océans.

Ce qui est décidé à Paris ne touche pas que la France métropolitaine, mais a un impact sur des zones très lointaines d’elle. Et bien entendu, comme c’est loin les décisions prises passent aisément inaperçu.

C’est d’autant plus une raison de se faire la voix de la Nature non pas simplement en France métropolitaine, mais de par le monde, en assumant une responsabilité d’autant plus grande pour les territoires concernés par les décisions de l’État français.

Et l’Etat français reconnaît lui-même, par exemple pour la Guyane, que la situation est un chaos complet et qu’il ne connaît quasiment rien à la Nature là-bas !

Voici ce que dit l’Office National de la Chasse et de la Faune sauvage :

« La gestion de la faune chassée en forêt guyanaise n’est pas aisée du fait de la complexité écologique inhérente au milieu tropical mais également en raison de la situation sociale du pays fortement marquée par le caractère pluriethnique de la population.

La volonté affichée par le gouvernement français de faire de l’Outre-mer une priorité s’est récemment concrétisée : consultations dans le cadre du Grenelle de l’environnement, création du Parc amazonien et évolutions récentes de la législation. Ces éléments créent un contexte nouveau qui nécessite des connaissances accrues. Le manque de données biologiques de base étant considérable, la tâche est immense. »

Le « manque de données biologiques » : c’est tout à fait révélateur.

Et avec la crise économique, tout cela n’a bien entendu plus aucun intérêt pour l’Etat, ni même pour la société. Norman, Cyprien, Dieudonné, etc. peuvent faire des vidéos stupides et populistes, ils auront des centaines de milliers de vues, parce que c’est populiste et « divertissant. »

Mais s’épanouir non pas en se moquant ou avec la haine irrationnelle, mais en luttant pour une cause juste, semble quelque chose hors de portée pour des gens ayant basculé dans l’égocentrisme le plus élémentaire.

Vu de cette manière, la flore et la faune guyanaise auront un sort évident : elles seront anéanties, dans les 50 prochaines années. Inévitablement se déversera là-bas la logique industrielle capitaliste similaire à celle en Indonésie, au Brésil…

C’est quelque chose qui doit devenir essentiel dans notre identité, aussi nous en reparlerons. C’est une question essentielle, dans la bataille pour la planète !

La forêt d’émeraude, un belle fable écologiste

La forêt d’émeraude est un film de 1985 qui est incontournable pour qui apprécie la Nature. Il a eu d’ailleurs un grand succès d’estime, et quand on le regarde, on ne peut qu’être frappé de sa terrible actualité.

Ce film est en effet hollywoodien, mais date des années 1980 où la problématique écologiste pouvait encore apparaître comme utopiste ou bon enfant. L’engagement du scénario est donc extrême. Il y a bien tel ou tel passage invraisemblable ou trop « poétique », mais c’est secondaire.

Il est de ce fait incontournable, et nous nous apercevons même qu’Arte l’a diffusé la semaine dernière et rediffusé hier, ce qui est dommage nous aurions pu l’annoncer. Il est cependant facile à retrouver sur internet, et il vaut vraiment le coup.

Le scénario est relativement simple et il est vrai peu réaliste, mais on comprend que c’est un prétexte et il reste excellent pour les enfants.

On a ainsi un américain qui supervise un barrage dans la forêt amazonienne ; il n’en a rien à faire de la Nature et est caricatural.

Cependant, lors d’une promenade à la lisière de la forêt, son très jeune fils se fait enlever par les « invisibles », une tribu vivant dans la forêt.

Naturellement, le père part à la recherche du fils, et le découvre ayant grandi dans un environnement radicalement différent. Il affronte les remarques critiques acerbes du chef de la tribu sur la destruction de la forêt, et doit se remettre en cause, surtout que son fils ne veut pas rentrer.

Une grande attention est par ailleurs portée à la vie dans le village, au grand détriment de la vision de la Nature, en particulier des animaux.

Cependant, la déforestation a anéanti l’habitat d’une des autres tribus, qui bascule alors dans l’alcool et les armes à feu, détruisant l’autre tribu afin d’amener les femmes à des proxénètes.

Le fils retourne alors en ville et retrouve son père, notamment grâce à des gens d’une autre tribu qui ont échoué dans les bidonvilles locaux. On a le choc des deux manières de vivre, de voir les choses qui est vraiment bien montré.

Ils lancent alors une opération, libèrent les femmes et la tribu va se reconstituer.

Enfin, l’ingénieur décide de faire sauter le barrage, car il pense que la forêt va se faire localement décimer si la situation reste ainsi. Cependant, il découvre que la tribu a réussi à faire « chanter les grenouilles » et la pluie qui tombe provoque une inondation détruisant le barrage…

Cela n’a l’air de rien comme cela, mais c’est un film terriblement sympathique ; à sa sortie les critiques ont été unanimes et ont salué la beauté de la photographie et la force de la fable écologiste (Télérama expliquait par exemple que « La Forêt d’émeraude est un poème sans équivalent dans le cinéma d’aujourd’hui »).

Et en 2013, les scènes n’en apparaissent que plus terribles : déforestation, aliénation urbaine, mépris pour la Nature… Le regard des « bons sauvages » permet d’avoir un aperçu radical sur la situation. Il y a véritablement une foule de détails appelant à la prise de conscience.

Quand on repasse de la forêt à la ville, et qu’on voit avec leurs yeux les arbres en train de brûler, la destruction méthodique de la vie végétale, c’est très impressionnant. Surtout quand on pense : déjà en 1985, les choses étaient claires ! C’était il y a trente ans !

« Trafic d’espèces illégales »: 14,2 milliards d’euros au service du crime organisé

Le « trafic d’espèces illégales » vaut 14,2 milliards d’euros, et « Une grande partie du commerce illicite est gérée par des organisations criminelles qui mènent une planification détaillée, disposent de moyens financiers importants, comprennent et utilisent les nouvelles technologies et sont souvent bien armées. »

C’est le constat de l’association internationale IFAW (Fonds International pour la Protection des Animaux), qui vient de publier un rapport à ce sujet, téléchargeable en cliquant sur l’image.

Cependant, et ce n’est guère étonnant, l’axe n’est pas la vie animale en elle-même : l’IFAW exprime la panique complète des institutions devant le rôle de ce trafic pour le crime organisé.

Les Etats « découvrent » ce trafic et ne lui accorde d’importance que parce qu’ils s’aperçoivent que les organisations criminelles, parfois « politiques » comme les Shebab en Somalie ou l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) en Ouganda, s’appuient en partie dessus.

De notre point de vue, ce n’est qu’une preuve de plus de l’implosion d’une société humaine dénaturée au point même, dans son effondrement, de vouloir emporter les animaux en enfer. A moins que nous renversions la vapeur, vite, et sur tous les plans !

Voici le point de vue de l’IFAW dans un communiqué parallèle au rapport.

« Dans un rapport inédit préfacé par Laurent Fabius, Ministre des Affaires Etrangères et Nicolas Hulot, Envoyé spécial du Président pour la protection de la planète, le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) révèle aujourd’hui la menace que fait peser le trafic d’espèces sauvages sur la sécurité nationale et internationale.

En publiant le rapport La nature du crime: répercussions du commerce illicite d’espèces sauvages sur la sécurité mondiale, IFAW devient l’une des premières organisations à dénoncer publiquement les conséquences de l’intensification des pratiques de braconnage sur la sécurité à l’échelle mondiale.

« Ce rapport montre que le trafic d’espèces sauvages est aussi alarmant que le trafic de drogues, d’armes ou d’êtres humains », explique Céline Sissler-Bienvenu, Directrice France et Afrique francophone d’IFAW. « IFAW appelle donc de ses vœux un plan d’action à l’échelle de l’Union européenne similaire à ceux mis en œuvre pour lutter contre ces autres formes de criminalité. Ce serait pour l’UE le meilleur moyen de juguler ce fléau mondial. »

Selon ce même rapport, le niveau de braconnage sans précédent et les équipements de plus en plus sophistiqués dont disposent les contrebandiers témoignent irréfutablement d’une activité criminelle organisée, ce qui compromet sérieusement la sécurité des rangers chargés de la protection des animaux sauvages, mais aussi celle de communautés et de régions tout entières. Au cours des dix dernières années, plus de 1000 éco-gardes ont trouvé la mort face aux trafiquants dans 35 pays à travers le monde.

« C’est le caractère peu risqué et très rentable du trafic d’espèces sauvages qui incite les criminels à s’y livrer, d’autant que les peines encourues sont peu dissuasives », poursuit Mme Sissler-Bienvenu. « Des produits comme la corne de rhinocéros et la bile d’ours valent parfois plus que l’or ou la cocaïne, avec un retour sur investissement pouvant largement dépasser 1 000 pour cent. Rien d’étonnant, donc, à ce que les milices et autres groupes rebelles lourdement armés, les Shebab en Somalie ou l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) en Ouganda tuent des animaux menacés d’extinction pour financer leurs atrocités. »

Selon Europol, le trafic d’espèces sauvages et le braconnage représentent un commerce mondial dont la valeur annuelle est comprise entre 18 et 26 milliards d’euros, soit la quatrième activité illégale la plus importante du monde après le trafic de stupéfiants, la contrefaçon et le trafic d’êtres humains.

« Un tiers des saisies d’ivoire illégal a lieu au sein de l’UE, qui serait l’un des principaux marchés destinataires des produits illicites dérivés d’espèces sauvages dans le monde », déplore Mme Sissler-Bienvenu. « Il nous incombe de sensibiliser l’opinion et d’inciter les consommateurs à réfléchir avant d’acheter des produits dérivés d’animaux sauvages menacés. »

« Outre la demande croissante de produits dérivés d’espèces sauvages, certains facteurs contribuent à la montée en puissance du commerce illicite d’espèces sauvages, et notamment les lois inadaptées, le manque de mesures répressives, l’émergence de marchés en ligne et l’apparition d’un commerce légal d’espèces sauvages. »

Et Mme Sissler-Bienvenu d’ajouter : « IFAW s’efforce de mettre un terme à ce commerce illicite en s’attaquant à chacun des maillons de la chaîne du trafic, de la source aux pays consommateurs en passant par les régions de transit. Nous estimons nécessaire une action internationale au plus haut niveau afin de sauver les espèces sauvages menacées et de rendre ce monde plus sûr pour les populations humaines. »

Dans le cadre d’une initiative internationale visant à renforcer les capacités de lutte contre ce trafic, IFAW forme les forces de l’ordre à la prévention du trafic d’espèces de faune sauvage dans de nombreux pays d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Asie, d’Océanie et des Caraïbes. IFAW a récemment signé un mémorandum d’entente avec INTERPOL, le premier jamais signé avec une ONG par le Programme de lutte contre la criminalité environnementale d’INTERPOL. IFAW et INTERPOL ont collaboré sur de nombreux projets depuis 2005, et notamment l’année dernière, lors de la plus grande opération de lutte contre le trafic d’ivoire jamais menée à l’échelle internationale qui a abouti à 214 arrestations et à la saisie de deux tonnes d’ivoire, de 20 kg de corne de rhinocéros et de 30 armes à feu. »

La fausse rébellion de « la Terre déviante »

Nous avons récemment parlé, dans un texte appelé L’antifascisme peut-il mépriser Sisyphe ? Certainement pas !, de gens se réclamant de l’antifascisme mais ayant une démarche faussement radicale et tout à fait déplacée par rapport ce qui est nécessaire non seulement par rapport aux gens, mais également et surtout aux animaux.

Ces gens de cette mouvance délirante ont produit une vidéo à caractère pornographique, intitulé « Passif Fist – Vegan Porno Antifa tribute to jerome lescure. »

C’est une vidéo pathétique qui veut se moquer du réalisateur du film « ALF », tout en attaquant LTD au passage : on voit une personne avec un « X » écrit sur sa main et le producteur de la vidéo est « la Terre déviante. »

Les personnes désireuses de voir cela peuvent aller sur vimeo.com et ajouter /74306054. Nous nous passerons de commentaires : cela se veut radical, mais c’est pathétique, et cela montre encore une fois que ces gens là sont totalement anthropocentrés et qu’ils n’en ont rien à faire des animaux…

Ils ne servent que leur ego, leur pseudo radicalité, et surtout l’extrême-droite dont ils sont les alliés objectifs de par leurs provocations décadentes ridicules.

Kevin et Tyler ont besoin de soutien !

Tyler Lang et Kevin Olliff sont deux activistes américains pour les animaux, de la ville de Los Angeles. Lors d’un contrôle de police, il a été trouvé le 14 août dans leur voiture du matériel « suspect. »

Ils ont été arrêté sur le champ, et depuis ils sont emprisonnés dans des conditions très dures, avec un procès en attente avec une condamnation pouvant aller jusqu’à trois ans de prison.

L’accusation est la suivante :

« l’accusé était en toute connaissance en possession de cagoules de ski, d’une veste de camouflage, d’une tenaille, d’une pince coupante et d’acide chlorhydrique, adapté pour une utilisation lors d’effraction dans un immeuble, avec l’intention d’entrer dans un tel endroit et avec l’intention d’y commettre un vol. »

3 ans de prison pour cela, cela peut sembler incompréhensible en France, mais ce n’est pas le cas aux États-Unis où la libération animale est un mouvement réel. C’est ici l’intention qui est jugée, il y a tout un arrière-plan.

Kevin Olliff a 25 ans et est végan depuis l’âge de 15 ans. Il a participé à de nombreuses campagnes activistes, et est parti pour un temps en mer avec le Sea Shepherd.

Tyler Lang a 23 ans et est végan depuis l’âge de 14 ans. Il a participé à de nombreuses campagnes de manifestation devant les maisons de personnes liées à la vivisection, notamment contre le groupe financier Fortress Investment Group qui au bout de six mois a renoncé aux liens avec HLS.

Tyler a d’ailleurs été attaqué juridiquement en 2011 et 2012 par AstraZeneca, BlackRock et Beckman Coulter pour son rôle dans l’organisation des protestations.

C’est en raison de leur activisme que Kevin et Tyler doivent affronter la répression d’Etat. Ils ont été pour l’instant placés dans une petite prison intermédiaire, une prison de comté (en l’occurrence le Woodford County Jail), accueillant une vingtaine de personnes.

En raison de l’organisation d’un site de soutien – supportkevinandtyler.com -, la prison leur a confisqué le 6 septembre leur téléphone et leur accès à un email, et les interdit de voir un médecin.

L’interdiction a concerné toutes les personnes en prison, afin bien sûr d’isoler les deux végans et de former une atmosphère hostile à leur encontre.

Devant la pression, le 10 tout cela a été rétabli. C’est très important, car une autre interdiction avait été mise en plus : le fait de « cantiner », c’est-à-dire acheter des aliments par l’intermédiaire de la prison.

Or, depuis leur arrestation, la prison leur refuse des plats végétaliens, ils sont obligés de piocher ce qui est végétalien dans les plats, quand il y a quelque chose de végétalien, ce qui n’est pas forcément le cas.

Dans un même ordre d’idées, à partir du moment où une liste de livres a été mis en ligne pour les envoyer à Kevin et Tyler, la prison a interdit tous les livres. Cette interdiction est toujours en place.

Bien entendu, la prison a séparé depuis le début Kevin et Tyler. Et le juge a exigé des cautions impossibles à payer : au lieu des 15-25 000 $ exigés au maximum dans l’Illinois, il est demandé 200 000 $ à Kevin et 100 000 $ à Tyler.

La situation de Kevin et Tyler ne dépend pas que des activistes aux Etats-Unis, qui appellent et envoient des messages à la prison et au maire local. Plus leur situation sera connu de par le monde, plus il y aura une pression en leur faveur : leur isolement est leur faiblesse, notre solidarité une arme décisive !

Un fascinant cocon d’Amazonie

L’humanité ne connaît rien de notre système planétaire, à part quelques bribes éparses ayant un rapport avec le progrès technique. Le réchauffement climatique n’a pas été prévu, et d’ailleurs ses mécanismes restent encore très difficiles à comprendre, à part dans les grandes lignes.

L’humanité commence à le comprendre, et c’est en ce sens qu’il fait saisir la petite fièvre planétaire au sujet de la découverte de ce qui apparaît comme un petit cocon de deux centimètres, sur des troncs d’arbre.

Personne ne sait ce que c’est, ce qui n’est guère étonnant, vues que nos connaissances sont encore immensément faibles, alors qu’en l’occurrence les insectes forment la majorité des animaux sur notre planète…

Mais ce cocon a-t-il été produit par un insecte ? Et s’agit-il d’un cocon, ou d’un reste de cocon ? En fait, même cela personne ne le sait. La Nature nous impose ici, non pas un mystère, mais toute sa complexité.

La découverte de ces « cocons » a été faite par en Amazonie péruvienne par Troy Alexander, un étudiant américain lié au Tambopata Research Center (on peut écouter ici le son de la forêt de Tambopata, tout simplement fabuleux).

Troy Alexander était parti au Pérou pour participer à un projet de protection des aras, qui sont des espèces de perroquets en voie de disparition.

Une mission va ainsi partir pour Tambopata en décembre, pour tenter de comprendre qui a pu former ce cocon.

Certains chercheurs pensent que le cercle forme une barrière protégeant l’intérieur. Les arachnologues, en tout cas et en attendant, n’en savent rien.

De manière intéressante, l’ALF (cette fois l’Association des Lépidoptéristes de France) par l’intermédiaire de son secrétaire pense que c’est un papillon de nuit qui a pu être à l’origine de cette forme.

En tout cas, la fascination suscitée par ce cocon est salutaire (même si bien entendu il y en a pour se moquer, et justement il est intéressant de comprendre et de rejeter leur nihilisme). Il y a encore tout à apprendre, et non pas tout à ruiner.

Or, de par la direction que l’humanité a prise, tout va être ruiné. La prise de conscience est inéluctable, reste à savoir à quel moment elle se fera…