• Le droit des pigeons à boire, ainsi qu'à prendre des bains

Vétérinaires : des hôpitaux, pas des cliniques!

Il est un phénomène très important que l’on peut constater ces dernières années : la transformation des vétérinaires en véritables entreprises hautement concurrentielles.

Il faut en voir en effet que la crise économique ne fait pas seulement que les pauvres sont plus pauvres : il y a également les riches qui sont plus riches. Ils représentent donc un marché ciblé extrêmement important.

Les vétérinaires, de fait, se tournent ouvertement vers ce public, qui a les moyens d’aligner les paiements sans sourciller. Cela amène une augmentation générale des prix, parfois vertigineuse.

Il faut en effet distinguer ici deux choses :

– les vétérinaires traditionnels, qui gèrent leurs cabinets en fonctionnaires, avec des horaires très réglés, des horaires précis, etc.

– les vétérinaires regroupés en cabinets disposant de matériel parfois sophistiqué, disposant d’un service d’urgence, etc.

Dans ce dernier cas, la mentalité reste – ce qui est fou – la même que dans un cabinet vétérinaire traditionnel. Les vétérinaires ont une mentalité de médecin généraliste que l’on vient voir. C’est la même chose dans les urgences : on amène l’animal, mais avant il faut remplir les papiers avec le nom, les coordonnées, etc.

Il n’y a pas la culture « urgence » et pour cause, il s’agit d’un service commercial. Et comme ce service commercial vise aussi les plus riches, il ne vise à la fin plus qu’eux. Les prix grimpent à grande vitesse, les services se paient…

Et cela sans honte. Un vétérinaire peut demander un prix exorbitant pour un « service », sans se demander en rien si le prix est important. Il demandera 1000 euros aussi simplement que cela, tout en proposant des facilités de paiement, et en pratiquant s’il le faut un chantage affectif !

Comme il n’y a aucun garde-fou, on ne peut alors pas savoir si le vétérinaire fait cela car la situation l’exige, ou si en fait il tente surtout de profiter de l’occasion…

Il faut savoir également qu’il est ici très protégé. Regardons par exemple le code de déontologie selon l’article R242-48 du Code Rural.

On y lit :

« Il doit répondre dans les limites de ses possibilités à tout appel qui lui est adressé pour apporter des soins d’urgence à un animal. S’il ne peut répondre à cette demande, il doit indiquer le nom d’un confrère susceptible d’y répondre. En dehors des cas d’urgence, il peut refuser de prodiguer des soins à un animal ou à un lot d’animaux pour des motifs tels qu’injures graves, défaut de paiement, pour des raisons justifiées heurtant sa conscience ou lorsqu’il estime qu’il ne peut apporter des soins qualifiés. »

Le dernier point est important, car parfaitement subjectif. Un vétérinaire n’a pas d’obligations. Il mène une activité commerciale, il peut refuser un client.

Ce n’est pas tout : regardons ce que dit l’ordre national des vétérinaires au sujet d’une éventuelle plainte à l’encontre d’un vétérinaire. Comme on peut le voir, on est pratiquement dans un système de caste, c’est-à-dire de regroupement protégé de l’extérieur par mille barrières tant légales que financières, sans parler des complications juridiques incompréhensibles.

Je veux porter plainte contre un vétérinaire. Comment faire?

« Vous pouvez déposer plainte auprès du Président du Conseil de l’Ordre Régional des Vétérinaires qui ouvrira alors une enquête disciplinaire. En application de l’article 1635 bis Q du code général des impôts, tout dépôt de plainte doit être accompagné du justificatif du paiement de 35 euros pour la contribution à l’aide juridique (par timbres fiscaux ou attestation électronique). A défaut, la plainte est déclarée irrecevable.

A la suite de l’enquête disciplinaire, le magistrat qui préside la Chambre régionale de discipline décidera de convoquer les parties (plaignant et poursuivi) devant ladite Chambre ou bien classera la plainte si elle n’est pas fondée.

Seule la Chambre régionale de Discipline, sous la présidence d’un magistrat professionnel, est habilitée à sanctionner ou à relaxer un vétérinaire pour manquement à la déontologie à partir du rapport établi suite à l’enquête disciplinaire.

Il est important de rappeler que la Chambre de discipline n’a pas compétence pour statuer sur une demande de dommages et intérêts motivée par les préjudices de toute nature qui seraient imputable à un vétérinaire (cela relève de l’assurance responsabilité civile professionnelle du vétérinaire). La condamnation d’un vétérinaire par la chambre de discipline ne donne lieu à aucune indemnisation ou compensation financière au profit du plaignant.

Enfin, le plaignant n’est pas à l’abri de poursuites en cas de procédure abusive. »

Il n’y a de fait qu’une seule solution, qui est d’ailleurs la même pour les humains. Car si l’on regarde dans le passé, la première généralisation des hôpitaux pour humains a été réalisée en Inde, quelques centaines d’années avant notre ère, par l’empereur Ashoka. Et en même temps avaient été fondé des hôpitaux pour les animaux…

Il faut ainsi, comme à l’époque, généraliser tout un système d’hôpitaux, en tant que service public et dont le personnel a un salaire fixe, non dépendant des activités, dont la recherche n’est pas celle du profit.

Il faut fermer les cliniques et toutes les entreprises privées du secteur, et instaurer un service public pour les animaux, démocratique et transparent.

Ce n’est pas près d’arriver dans notre société, où le secteur public des hôpitaux est laissé à l’abandon depuis des années pour faire triompher les entreprises, avec les cliniques.

Et justement cela montre que le principe d’un service public authentique dans le monde hospitalier pour les humains reprend sa réalité sociale véritable en fusionnant avec le principe des hôpitaux pour les animaux qui partagent notre vie… et les autres par ailleurs, lorsqu’ils ont besoin d’aide.

Vétérinaires : il nous faut des hôpitaux, pas des cliniques!

Deux Pigeons s’aimaient d’amour tendre…

“Soyez-vous l’un à l’autre un monde toujours beau”: voilà le conseil de Jean de La Fontaine, dans cette fable des deux pigeons, qui est peut-être la plus valorisée de ses oeuvres.

On y retrouve un regard avisé sur les pigeons et leur vie de couple, et on y trouve un bon conseil, consistant à supprimer tout égocentrisme et à profiter de la relation authentique qu’on a.

Faut-il classer cette fable dans la catégorie vie animale, straight edge, athéisme? En fait, il y a là la bonne philosophie, celle qui valorise les sens et non pas Dieu, qui valorise le couple et non pas les vains délires, qui porte un regard vrai sur la vie animale des pigeons…

Deux Pigeons s’aimaient d’amour tendre.
L’un d’eux s’ennuyant au logis
Fut assez fou pour entreprendre
Un voyage en lointain pays.
L’autre lui dit : Qu’allez-vous faire ?
Voulez-vous quitter votre frère ?
L’absence est le plus grand des maux :
Non pas pour vous, cruel. Au moins, que les travaux,
Les dangers, les soins du voyage,
Changent un peu votre courage.
Encor si la saison s’avançait davantage !
Attendez les zéphyrs. Qui vous presse ? Un corbeau
Tout à l’heure annonçait malheur à quelque oiseau.
Je ne songerai plus que rencontre funeste,
Que Faucons, que réseaux. Hélas, dirai-je, il pleut :
Mon frère a-t-il tout ce qu’il veut,
Bon soupé, bon gîte, et le reste ?
Ce discours ébranla le coeur
De notre imprudent voyageur ;
Mais le désir de voir et l’humeur inquiète
L’emportèrent enfin. Il dit : Ne pleurez point :
Trois jours au plus rendront mon âme satisfaite ;
Je reviendrai dans peu conter de point en point
Mes aventures à mon frère.
Je le désennuierai : quiconque ne voit guère
N’a guère à dire aussi. Mon voyage dépeint
Vous sera d’un plaisir extrême.
Je dirai : J’étais là ; telle chose m’avint ;
Vous y croirez être vous-même.
A ces mots en pleurant ils se dirent adieu.
Le voyageur s’éloigne ; et voilà qu’un nuage
L’oblige de chercher retraite en quelque lieu.
Un seul arbre s’offrit, tel encor que l’orage
Maltraita le Pigeon en dépit du feuillage.
L’air devenu serein, il part tout morfondu,
Sèche du mieux qu’il peut son corps chargé de pluie,
Dans un champ à l’écart voit du blé répandu,
Voit un pigeon auprès ; cela lui donne envie :
Il y vole, il est pris : ce blé couvrait d’un las,
Les menteurs et traîtres appas.
Le las était usé ! si bien que de son aile,
De ses pieds, de son bec, l’oiseau le rompt enfin.
Quelque plume y périt ; et le pis du destin
Fut qu’un certain Vautour à la serre cruelle
Vit notre malheureux, qui, traînant la ficelle
Et les morceaux du las qui l’avait attrapé,
Semblait un forçat échappé.
Le vautour s’en allait le lier, quand des nues
Fond à son tour un Aigle aux ailes étendues.
Le Pigeon profita du conflit des voleurs,
S’envola, s’abattit auprès d’une masure,
Crut, pour ce coup, que ses malheurs
Finiraient par cette aventure ;
Mais un fripon d’enfant, cet âge est sans pitié,
Prit sa fronde et, du coup, tua plus d’à moitié
La volatile malheureuse,
Qui, maudissant sa curiosité,
Traînant l’aile et tirant le pié,
Demi-morte et demi-boiteuse,
Droit au logis s’en retourna.
Que bien, que mal, elle arriva
Sans autre aventure fâcheuse.
Voilà nos gens rejoints ; et je laisse à juger
De combien de plaisirs ils payèrent leurs peines.
Amants, heureux amants, voulez-vous voyager ?
Que ce soit aux rives prochaines ;
Soyez-vous l’un à l’autre un monde toujours beau,
Toujours divers, toujours nouveau ;
Tenez-vous lieu de tout, comptez pour rien le reste ;
J’ai quelquefois aimé ! je n’aurais pas alors
Contre le Louvre et ses trésors,
Contre le firmament et sa voûte céleste,
Changé les bois, changé les lieux
Honorés par les pas, éclairés par les yeux
De l’aimable et jeune Bergère
Pour qui, sous le fils de Cythère,
Je servis, engagé par mes premiers serments.
Hélas ! quand reviendront de semblables moments ?
Faut-il que tant d’objets si doux et si charmants
Me laissent vivre au gré de mon âme inquiète ?
Ah ! si mon coeur osait encor se renflammer !
Ne sentirai-je plus de charme qui m’arrête ?
Ai-je passé le temps d’aimer ?

Les logos “viandes de France”

Les “viandes” de France ont donc désormais leur logo, afin de mobiliser les “consommateurs” dans le sens d’une consommation nationaliste, de les rassurer sur la nature de leur “produit”. Cela vaut le coup de jeter un oeil précis sur les logos, pour tenter de voir quelle est la démarche entreprise par l’exploitation animale.

Produire un logo, pour une entreprise, coûte une fortune. Rien n’est laissé au hasard, vue l’importance du marché. Une toute petite entreprise paiera un logo à peu près 1000 euros, une PME autour de 3000, une plus grande paiera encore plus et un organisme comme une région paiera 70 000 euros environ.

Si on ne connaît pas le prix de ces logos, on peut largement penser qu’on est dans cet ordre là, parce qu’on est plus seulement dans les logos, mais dans un “code de marques”, les logos étant tous réalisés dans le même esprit.

Le fait de rassurer est, comme le dit le slogan, au centre des préoccupations. Dans l’hexagone, on a les couleurs nationales, et on a à chaque fois une tête d’animal à la forme très arrondie.

Si l’on regarde le veau, la vache et le mouton, on peut voir que leurs traits sont extrêmement proches, très arrondis. A cela s’ajoute que la partie haute du corps est la même, s’appuyant le bleu du drapeau français.

Ce n’est pas tout: on peut voir que la tête semble relativement grosse par rapport au corps. C’est là une tactique afin de faire “mignon”,  de faire tête de bébé, afin de rassurer.



Il y a cependant trois exceptions, où le logo est totalement différent, et c’est très significatif. Il y a d’abord le cochon. Là, c’est cash, on a le “porc français”, dans une sorte d’image se voulant sympa et proche du consommateur.

La raison est la suivante: en terme de prix, ce n’est pas le même marché qui est visé. On est ici dans la consommation la plus large possible, donc il faut un côté qui se veut “accessible”, il faut être “proche du client”.

Un logo différent du côté arrondi est enfin celui désignant les poulets. Ici l’écueil était simple: il ne fallait tout de même pas mettre un coq “gaulois” sur une hexagone aux couleurs nationales… Cela risquerait de faire bizarre au client de manger son propre symbole, cela ressemblerait trop au logo de l’équipe nationale de football, etc.

Pour le lapin, il n’y a aucun animal de montré. Pourquoi cela, mystère! A moins que le lapin étant trop familier aux yeux des gens, il fallait éviter au maximum de le représenter et d’en faire un symbole sympa, qui pourrait être récupéré par des gens s’opposant à l’exploitation animale…

En tout cas, ces logos montrent une chose: l’exploitation animale sait mettre les formes quand il le faut… et mobiliser en sa faveur, de la manière la plus populiste nécessaire, si besoin est! Rien n’arrête leur soif de profit…

“Viande : opération séduction”

Voici un article du Journal du Dimanche, sur un sujet très important: le nouveau logo dit “Viandes de France” et ce qui va avec.

En l’absence en effet d’offensive ouverte pour la libération animale, l’exploitation animale profite de tous les efforts de réforme afin de se moderniser, d’encore plus apparaître comme incontournable, rationnel, etc. Les critiques des incohérences juridiques, du non-respect des applications, sont retournées en leur contraire, en base pour moderniser, pour impulser de nouvelles formes…

Comme ici, avec l’exploitation animale en mode local et nationaliste.

Viande : opération séduction

Éleveurs, commerçants, consommateurs et ministres dévoilent leurs recettes pour en finir avec les scandales.

Une carte de France stylisée en quelques coups de plume. Le mufle d’un bovin, la tête d’un cheval, la silhouette d’une poule dessinés sous une bannière tricolore…

Le logo Viandes de France présenté aujourd’hui au Salon de l’agriculture à Paris est plus qu’un cocorico. Pour la première fois, sept filières d’éleveurs garantissent aux consommateurs que l’animal est né, a été élevé, et abattu dans l’Hexagone.

La signature est déjà visible dans quelques boucheries comme en grande distribution (Intermarché, Carrefour…). Le cahier des charges respecte la législation française concernant les normes sanitaires, le respect des droits sociaux et de l’environnement.

Cette opération séduction est née après le scandale Spanghero. Il y a un an, les pouvoirs publics ont révélé que la PME revendait de la viande de cheval en la faisant passer pour du bœuf. Si la tromperie n’a pas été meurtrière, elle a ébranlé une fois de plus la confiance du consommateur.

Toute fraude menace l’avenir d’un secteur économique de poids avec un cheptel de 19 millions de têtes. Les 210.000 exploitations agricoles souffrent de la baisse de la consommation (– 2,1% pour le bœuf en 2013).

Et l’avenir s’annonce sombre. Les éleveurs redoutent la concurrence des produits carnés importés à bas prix du Canada et des États-Unis. “L’Union européenne risque de céder aux exigences nord-américaines dans le cadre du nouvel accord sur le libre-échange.

Ces viandes seraient certes bon marché, mais hormonées”, s’inquiète Christian Drouin, de la Confédération paysanne, qui craint des dérapages sanitaires.

Pourtant, des solutions existent. Les éleveurs ouvrent leurs portes aux consommateurs. Ils signent des contrats à long terme avec la grande distribution. De son côté, l’État renforce les contrôles sanitaires.

L’éleveur vend en direct

Une fois par mois, Christian Drouin, installé aux Essarts (Vendée), montre son troupeau de blondes d’Aquitaine à ses clients. Et leur vend des colis composés de tournedos, de rôtis ou d’entrecôtes : “J’explique qu’il vaut mieux acheter des aliments simples. La fraude est plus difficile sur une escalope, que sur des lasagnes.”

Et ça marche. Le dernier sondage Crédit agricole-Ipsos confirme la tendance : 83 % des Français pensent que la vente directe (rendez-vous à la ferme, marché forain, Internet…) a de l’avenir, 74% sont prêts à se déplacer pour acheter de la qualité.

Les hypers s’engagent à long terme

La vente à la ferme inquiète- t-elle les géants du commerce? Cette semaine, Système U et Intermarché ont signé des contrats de 3 ou 5 ans avec les producteurs. Ils leur garantissent un carnet de commandes.

En échange, l’éleveur, plus serein, s’engage à améliorer la nutrition et l’hygiène de l’animal. L’accord entre Système U et la coopérative Terrena prévoit que “les porcs mangent du lin et du colza riches en oméga 3”. Il comporte aussi un défi technique : donner moins d’antibiotiques en cas de maladie.

L’État renforce les contrôles

Le rapport 2014 de la Cour des comptes est sans appel. Mi-février, les juges ont dénoncé “des contrôles peu nombreux sur les produits alimentaires”, et “des non-conformités rarement sanctionnées”. En dix ans, la Répression des fraudes a perdu 15% de ses effectifs.

Ses syndicats regrettent que le service soit désorganisé depuis 2008. Des accusations qui font bondir Benoît Hamon, ministre délégué en charge de la Consommation : “Dès mon arrivée à Bercy, j’ai mis fin à la saignée des effectifs. Pour 2014, il y aura des créations de postes.” Sa loi sur la consommation a également renforcé les sanctions financières et pénales à l’égard des fraudeurs.

Reste un autre dossier à haut risque. La France réclame depuis plusieurs mois à Bruxelles que la provenance des viandes soit indiquée sur les plats cuisinés. Or, il faudra encore du temps pour convaincre l’Europe. Et inquiéter les tricheurs.

La chèvre naine, le chien et les grands ensembles

Les blagues sont quelque chose de populaire, pour le meilleur et pour le pire. Parfois c’est intelligent et cela dresse un certain portrait de la réalité, plus souvent c’est stupide, malsain voire pratiquement odieux.

La blague la plus connue et la « plus courte » est par exemple ce qui relève de la stupidité criminelle la plus simple :

Vous connaissez la blague de Paf le chien?
C’est un chien qui traverse la route, un camion passe et “paf…. le chien”

Rire à cela, c’est faire abstraction de la réalité, purement et simplement. Il faut avoir l’esprit à zéro pour rire du malheur qui, par définition, n’a rien de marrant. Mais la source de cela, c’est aussi une observation qui relève du voyeurisme, l’impression de « maîtriser » l’expérience, de dominer la réalité.

C’est très exactement cela qui est au cœur du « fait divers » raconté par le quotidien Le Parisien :

Tenue en laisse. Face à un chien qui, lui, ne l’était pas. Samedi, vers 20 h 10, cinq jeunes hommes ont été interpellés dans les Grands-Ensembles de Massy (Essonne) pour acte de cruauté envers un animal.

Âgés de 18 à 20 ans, ils avaient récupéré une chèvre naine, l’avaient attachée en laisse avant d’énerver passablement le chien de race staff de l’un d’entre eux et de l’inciter à attaquer l’animal.

Voyant le chien se lancer à l’assaut de la chèvre, des passants ont prévenu la police qui a pu interpeller les cinq individus tous déjà connus des services de police.

Ils ont passé la nuit en garde à vue. La chèvre blessée a été conduite chez un vétérinaire où elle a pu être soignée.

Pas difficile de voir qu’on est dans le même cas qu’avec Farid de la Morlette : du béton, du béton et du béton, et dans cette atmosphère dénaturée, des jeunes désoeuvrés, dénaturés, acculturés, prisonniers de l’ennui et de la barbarie.

La société, à travers non seulement l’exploitation animale mais également une perspective totalement dénaturée, charrie ce genre de phénomènes par millions, voire par milliards. L’indifférence à la vie naturelle se retrouve absolument partout.

Pourtant, le manque est là, il est palpable. Si le salon de l’agriculture fait un tabac, année après années et toujours avec une fréquentation croissante, c’est par besoin de nature. Le public est d’ailleurs toujours plus jeune et urbanisé.

Toucher ce public est incontournable. Cela rend d’autant plus absurde l’idée, comme l’ont eu des gens hier justement, d’aller à l’entrée du salon pour y faire, encore et encore cette folie, un happening avec des têtes d’animaux tués aux abattoirs, sous prétexte de montrer l’envers du décor.

Il serait temps de voir que les gens ne feront jamais rien et ne changeront pas tant qu’ils ne voient pas une perspective praticable à l’échelle de toute la société, et pas seulement de l’individu. Si les végans n’ont rien d’autres à proposer qu’une prise de conscience débouchant sur la tristesse et la mélancolie, cela n’intéressera personne…

L’idéal, ce sont les animaux vivants et l’éloge de la Nature, c’est l’horizon qui intéresse tout le monde, et cela d’autant plus que le bétonnage se développe. Tout est lié ; il serait absurde de ne pas voir que la pauvre chèvre est une victime de gens eux-mêmes victimes de l’organisation des « grands ensembles » dénaturés.
Tout se rejoint, et plus la Nature est niée, plus elle est niée, plus les humains sont aliénés.

Manif à Nantes, dans l’esprit d’Astérix

Avec largement plus de 20 000 personnes hier à Nantes, la manifestation contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes a été un succès.

Le mouvement contre l’aéroport ne faiblit pas depuis ce fameux « tournant » à partir duquel, en fait, nous avons sur LTD cessé d’en parler parce que selon nous, le modèle idéologique de ces gens était désormais devenu le village d’Astérix (voir Manifestation à Notre-Dame-des-Landes: fin du début ou début de la fin?, ou encore Le visage morbide de l’exploitation animale à Notre-Dame-des-Landes).

Il n’y aucune exagération à dire cela. On peut même dire de quelle bande dessinée d’Astérix il s’agit : Le Domaine des dieux, qui est d’ailleurs prévu en film pour la fin de l’année 2014.

Dans cette bande dessinée, le village est confronté à la « menace » du « domaine des dieux » s’installant dans la forêt, une résidence moderne dont les habitants font leurs emplettes dans le village, amenant des modifications culturelles massives.

Si bien entendu la destruction de la forêt est mauvaise, reste que le repli identitaire sur un mode de vie « traditionnel » est odieux et l’obstacle fondamental au triomphe de la nouvelle éthique qu’est le véganisme.

La lutte contre l’aéroport est une lutte idéaliste, voire ouvertement réactionnaire : elle met en avant un passé idéalisé, elle défend la petite production paysanne, le « bon » petit producteur avec son lopin de terre et son tracteur… Et elle est le refuge de gens n’ayant aucune valeur écologiste à part, au mieux, la préservation de la biodiversité. D’ailleurs rien n’est plus abstrait que la formule « contre l’aéroport et son monde ».

Nous ne voyons donc plus rien de progressiste dans la lutte contre l’aéroport, et on devine facilement la ligne de ce mouvement quand on sait qu’il y a eu 530 tracteurs, ainsi que 65 cars de toute la France organisés par 200 collectifs.

La lutte contre l’aéroport est un symbole romantique et ceux qui sont mobilisés sont des « bonnets rouges » en version « de gauche ».

Il suffit de porter un regard d’ailleurs sur la « casse » qui a eu lieu à Nantes hier. Nous n’avons rien contre la casse « par principe », car il faut la révolution ; la libération animale et la libération de la Terre assument la transformation de la réalité par des moyens révolutionnaires.

Mais quel a été le contenu de cette casse à Nantes ? Il n’y en a eu aucun, à part le « refus de ce monde », sans pour autant qu’un projet soit affirmé. On est là dans l’exutoire, mais il n’y a aucun contenu, et d’ailleurs le véganisme, critère de progressisme, est totalement absent.

Ces gens désireux de casser ont d’ailleurs été très prévisibles, puisque la police largement présente a présenté de nombreux points « friables » formant des abcès de fixation, qui n’ont pas raté… Voici ce que raconte le Figaro à ce sujet :

En milieu d’après-midi samedi, les forces de l’ordre ont essuyé des jets de projectiles (bouteilles, canettes, billes d’acier, fusées de détresse) et ont fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau. Au moins deux engins de chantier ont été incendiés. Des objets ont été lancés sur les caténaires SNCF afin de bloquer la circulation des trains.

La vitre d’une agence Vinci, concessionnaire du projet d’aéroport, a été brisée. L’intérieur de l’agence était saccagé, et la devanture couverte de peinture. Des manifestants s’en sont également pris à la mairie, un poste de police et plusieurs magasins du centre-ville. Samedi soir, Nantes affichait un bien triste visage de dévastation.

Si l’on regarde les faits, on voit que cette casse n’était pas une composante d’un mouvement progressiste en général, mais le fruit particulier d’un mouvement désorganisé, sans valeurs unanimes, d’esprit romantique et voulant en revenir à « avant ». C’est « casser » comme aboutissement symbolique d’une nostalgie « de gauche » pour le village d’Astérix où règne la petite production et l’entraide.

On peut être sûr que tout cela n’aidera en rien les valeurs positives, mais contribuera malheureusement à renforcer cette sordide ambiance manif pour tous – bonnets rouges – Dieudonné etc. etc.

C’est une évidence : au 21e siècle, l’écologie, les animaux, le réchauffement climatique… sont incontournables. Toute tentative de contourner ces questions est réactionnaire, idéalise le passé, forme un obstacle au triomphe des idées nouvelles !

Interview de François Hollande par les industriels de l’exploitation animale

Hier, nous parlions du droit, et nous remarquions qu’il n’y a pas d’effet « Oscar ». Voyons maintenant ce qu’il en est de l’économie de l’exploitation animale.

Là encore, nous n’avons aucune illusion, mais la pétition en faveur de la modification du statut des animaux, lancée par 30 millions d’amis, avait fait grand bruit dans les médias (voir « Manifeste » sur le statut juridique des animaux en France).

De notre côté, nous avions remarqué les aides massives à l’industrie de l’exploitation animale, cela forçait au réalisme (voir Sommet de l’élevage : un milliard d’euros par an en soutien aux éleveurs).

Et de ce fait, on peut constater qu’hier, soit la veille de l’ouverture du salon de l’agriculture, le site “France agricole” a publié une interview du président François Hollande. Bien entendu, celui-ci se positionne totalement au service de l’exploitation animale….

Voici par exemple une question – réponse, celle en tout dernier.

Vous n’envisagez donc pas d’abandonner la consommation de viande ?

Je mange de la viande régulièrement et avec plaisir ! Beaucoup de Français voudraient sans doute pouvoir en manger davantage. Il faut savoir expliquer aux enfants l’origine de ce que nous mangeons. C’est notre devoir de parents et d’éducateurs.

C’est lamentable, mais en définitif simplement « politique », car ce qui compte ce n’est pas François Hollande, mais une tendance historique, qui concerne l’industrie de l’exploitation animale des prochaines années, que personne ne veut remettre en cause.

Voici par exemple une réponse du président, qui synthétise la stratégie d’élargissement mondial de l’exploitation animale.

Rappelons ici que de notre côté à LTD, nous ne pensons pas du tout que les choses s’améliorent et que la protection animale se développe, mais qu’au contraire il y a l’expansion mondiale de l’exploitation animale.  La production mondiale de “viande” va par exemple doubler d’ici 2050…

Cette tendance est très clairement visible dans la manière dont est ici expliqué la ligne de l’industrie de l’exploitation animale française :

« J’ai agi pour que le marché de la charcuterie chinois soit désormais ouvert aux entreprises françaises, il s’agit d’une avancée majeure. Je suis également attentif à la procédure chinoise sur les vins européens qui nous concerne directement. Le potentiel est gigantesque.

La Chine doit nourrir une population de plusieurs centaines de millions de consommateurs dont les exigences en termes de diversité et de qualité se rapprochent de plus en plus des nôtres.

Ensuite, il y a la question des investissements chinois que l’on doit regarder avec attention mais aussi intérêt. Si j’ observe ce qui s’est fait pour le lait, c’est une bonne nouvelle pour la Bretagne de savoir que cette entreprise chinoise créera d’ici à deux ans, 300 emplois, en alliance avec un grand groupe coopératif français. L’essentiel de la production sera destiné au marché chinois.

Permettez-moi de citer un autre pays : l’Arabie Saoudite. Grâce aux bons rapports que nous entretenons avec elle, nous avons favorisé l’apport de capitaux à la reprise de Doux avec des conséquences favorables pour l’emploi. De plus en plus de marchés s’ouvrent à nos producteurs. Je pense à la Turquie pour la filière bovine. »

Ce qui est dit ici est on ne peut plus clair. Le modèle « à la française », bref celui des pays « industrialisés » en général, doit se généraliser. Cela signifie encore plus de viande, encore plus de lait… Encore plus d’exploitation animale.

Nous avons déjà parlé de l’intensification de cette exploitation. A ce titre, l’exploitation des cochons va même être facilitée…
François Hollande résume cela ainsi :

« le ministre de l’Agriculture a décidé, avec son collègue de l’Environnement, d’introduire un régime plus simple pour accélérer les décisions de modernisation de certaines d’exploitations.

Il a commencé par le plus difficile : l’élevage porcin où les projets d’investissement vont relever d’une procédure d’enregistrement et non plus d’un mécanisme d’autorisation. »

Dans un même ordre d’idées, lorsqu’on l’interroge sur le « projet des 1.000 vaches », en Picardie, qui est un élevage de vaches géant, avec un méthaniseur de puissance industrielle, François Hollande refuse bien entendu d’opposer petite exploitation et grande exploitation.

Ici il se positionne entre le petit et le grand capitalisme, ce qui montre bien que de toutes façons le petit capitalisme n’est pas substantiellement différent du grand. On notera que dans la réponse, il en profite pour faire l’apologie de la « production animale »…

« Jusqu’à récemment quand j’entendais « mille vaches » je pensais à un plateau de mille vaches dans le Limousin, une région magnifique et dont la production animale fait la fierté. Ce dont vous parlez n’a rien à voir. Il s’agit d’une usine. Non pas que nous n’ayons pas besoin de structures économiques importantes. Mais à ce niveau-là se posent nécessairement des problèmes pour l’environnement et pour le voisinage.

Des décisions ont d’ailleurs été prises par l’autorité préfectorale pour faire respecter le droit. Dans le même temps, je me refuse à opposer les agricultures entre elles car notre modèle repose sur leur diversité et la complémentarité. »

Enfin, pour finir, le président de la république aborde la question du statut juridique des animaux.

Et là, aussi odieuse soit sa réponse, elle a le mérite du réalisme. Les animaux sont, à ses yeux, en quelque sorte « fabriqués » pour être tués. Alors pourquoi toucher à cette question ? L’animal n’est qu’une “marchandise” comme il l’explique ouvertement, et quel capitaliste a intérêt à abîmer sa marchandise ?

« Notre pays a le don d’ouvrir des débats pour nous opposer fébrilement… et je ne parle pas que des animaux ! Nous sommes en fait unis sur un certain nombre de principes et de valeurs.

En France, nous aimons les animaux. Et les premiers qui les aiment ce sont ceux les éleveurs qui les soignent. Un agriculteur qui maltraiterait son cheptel détruirait son propre patrimoine.

A juste raison beaucoup d’efforts ont été réalisés pour le bien-être animal sans qu’il soit nécessaire de le traduire par une loi. Dans le code rural notamment, l’animal est déjà considéré comme un être sensible.

Pourquoi ajouter d’autres considérations ? Car, pour appeler les choses par leur nom, l’élevage aboutit à un moment à ce que l’animal soit abattu. Aussi, nous devons veiller à faire respecter des conditions qui ne le fassent pas souffrir. »

Tout cela est la preuve que, à moins de tout changer, rien ne changera…

“Prison avec sursis pour avoir étranglé son chien”

Le dramatique sort du pauvre chat Oscar, qui a connu le martyr à Marseille, a posé dans l’opinion publique la question du droit des animaux. Nous l’avons maintes fois formulé : le « droit » n’est que le fruit d’un rapport de force, il n’existe pas autrement.

Voir les choses naïvement ne peut amener qu’illusion et déception. Voici justement un article de Ouest France qui est intéressant, parce qu’il traite d’un procès justement. Y a-t-il un effet « Oscar » ? La réponse est non.

« Animaux maltraités. Prison avec sursis pour avoir étranglé son chien

Sans faire l’amalgame avec le lanceur de chat de Marseille, le tribunal correctionnel de Saint-Malo a condamné une femme de 30 ans pour cruauté.

Une jeune Malouine s’était vantée début décembre d’avoir étranglé et noyé Flobio, un petit chien papillon âgé de trois ans. Son ex-concubin l’avait dénoncée.

Lors de son interpellation, la prévenue présentait une alcoolémie de 2,50 gr, sur fond de troubles de la personnalité.

« C’était soi lui, soi moi », déclare-t-elle à la barre. « Je ne sais pas ce qui m’a pris ce jour-là : j’étais déprimée. »

La SPA dénonce “une lâcheté”

La SPA s’était constituée partie civile, obtenant 650 € d’indemnisation. « Les cruautés envers les animaux sont le lot quotidien de l’association qui fait intervenir un vétérinaire deux fois par semaine, sans recourir à l’euthanasie. »

Le procureur a admis la situation de détresse morale de la jeune femme, qui a été condamnée à deux mois de prison avec sursis. »

Comme on le voit, il n’y a eu, en pratique, pas de peine concrète – mais le problème saute aux yeux. Cette personne a des troubles, la condamner n’a aucun sens – mais ne pas condamner un odieux meurtre est intolérable aussi.

C’est là le cœur d’un problème fondamental : même si on change le droit, ce qui est selon nous impossible dans cette société – la société, elle, est ce qu’elle est.

Même si l’on fait en sorte que des personnes maltraitant les animaux doivent servir dans des refuges – ce qui demande un encadrement gigantesque car on ne peut pas laisser les gens faire n’importe quoi, il faut également des financements conséquents, etc. – il y a le problème social : dans une société individualiste, en crise, avec des gens pétant les plombs, on ne résout pas les problème de manière simplement éducative : il faut un arrière-plan social.

Or, la situation est ce qu’elle est : la misère augmente, l’individualisme se diffuse comme moyen de s’en sortir, le social-darwinisme s’impose comme idéologie de la survie du plus fort.

A ce titre d’ailleurs, nombre de médias ont affirmé ces derniers temps que le nombre d’adoptants avait particulièrement augmenté, la SPA de Paris connaissant une hausse de 8 % d’adoptions.

Nous ne croyons pas une seconde que cela reflète la situation véritable, que ce soit une tendance réellement marquée en France. La SPA de Paris, qui a connu des déboires incessants, s’est sans doute ressaisi sur certains points, internet aide, et il est vrai que les refuges sont davantage visibles grâce à internet.

Cependant, il est difficile de croire que dans une société de plus en plus individualiste et barbare, il y ait une contre-vague spontanée aussi simplement que cela…

Et ce procès en est le témoin. L’injustice règne en maître – et nous ne voulons pas dire ici que, dans les conditions présentes, cette personne aurait dû être condamnée, il faut voir la réelle dimension de la question.

Ce qui signifie en clair : tant que le véganisme n’est pas une valeur hégémonique, une valeur considérée comme option positive par la majorité, et dans un cadre démocratique où les grandes entreprises de l’exploitation animale auront été écrasées – rien n’est possible.

Pour notre plus grand désespoir à court terme, mais pour notre plus grand espoir à moyen terme, et dans tous les cas comme seule option réaliste…

Liberator – Salvation of innocents

Nous avions il y a quelques mois présenté la bande dessinée américaine “Liberator”, qui parle de l’ALF et de la libération animale.

Début mars sort une nouvelle série, liée à la sortie d’un nouvel album du groupe de musique Earth Crisis (dont nous avons traduit plusieurs chansons: Ecocide, Firestorm / forged in the flames, This is the new ethic, Eden’s demiseThe disciplineThe wrath of justice, Gomorrah season end, Destroy the machines).

C’est l’occasion de poser quelques questions à l’auteur de la bande dessinée, Matt Miner.

Comment en es-tu arrivé à écrire « Liberator » ?

J’ai été toute ma vie un fan de comics et je suis actif pour les animaux depuis une décennie, donc quand j’ai appris des choses au sujet d’hommes et de femmes dans la clandestinité pour la libération animale, j’ai pensé que cela serait un grand concept pour le média. Pour moi, les hommes et les femmes qui mettent des masques au milieu de la nuit et font des actions pour les animaux sont les super-héros de la vraie vie.

Combien de gens ont été impliqués ? Quels étaient les objectifs ?

Eh bien, dans le noyau dur de l’équipe créative… je suis l’écrivain, Javier Sanchez Aranda fait les dessins et les encres, et Joaquin Pereyra fait la coloration numérique.

A part nous, il y a la personne faisant le lettrage, un éditeur, des artistes pour la couverture et des coloristes, des artistes pour les affiches, des artistes pour les choses diverses en plus, etc. etc. Alors, avec la sortie de l’édition rassemblant les publications nous en sommes arrivés à 10 nouvelles équipes pour raconter 10 nouvelles histoires dans le monde de Liberator, et donc le volume 1 en format de poche a 50 pages de nouveau matériel fourni par tous ces autres gens. Plutôt sympa.

Les objectifs étaient de raconter une histoire amusante et convaincante sur un justicier à l’intérieur de ce monde de la libération animale. Le but n’était pas de prêcher, mais de divertir et d’inspirer.

Dans « Liberator », on peut souvent voir des références à une sorte de culture classique du milieu vegan straight edge, postpunk, avec par exemple des groupes comme Earth Crisis, Propagandhi, Minor Threat, etc. Dans quelle mesure cela a-t-il été une influence pour toi ?

J’ai grandi dans la communauté punk rock, qui est très politiquement marquée. Ainsi cela a du sens pour moi que d’avoir nos héros dans « Liberator » qui agissent également dans le même monde. Tellement de groupes punk et hardcore ont les mêmes idéaux et les mêmes vues politiques – ils parlent d’un style de vie drug free et des droits des humains et des animaux, alors c’est simplement cohérent.

Lorsqu’on voit les deux principaux protagonistes de « Liberator », on peut voir que d’un côté l’homme accorde une importance forte sur la justice et les symboles, étant vraiment sensible et accordant une valeur politique à sa propre colère. De l’autre côté, la femme pense d’une manière plus raisonnable, ne perdant jamais les animaux de vue dans ses tâches. Comment en es-tu arrivé à « opposer » ces deux figures ?

Damon était censé être plus en colère, plus réactif comme activiste, alors que Jeanette était censée être quelqu’un gardant l’esprit clair. Le fait est que Damon termine en étant moins efficace, parce qu’il laisse intervenir dans ses actions des vendettas personnels et le facteur vengeance, perdant souvent la vue d’ensemble.

Je vois beaucoup ce type de pose macho dans le mouvement pour les droits des animaux, et ce n’est pas une chose dont je suis fan.

A la fin de Liberator, il y a toujours plusieurs articles au sujet des droits des animaux et des activistes. Peux-tu nous en parler ?

Je voulais être certain que la bande dessinée n’était pas du type sermonneur, qu’il s’agissait d’une histoire sympa dont tout le monde pourrait profiter. De l’autre côté, les problématiques posées dans le livre sont celles qui me tiennent à cœur ; j’ai donc passé des coups de fil à des amis et des figures au sein du mouvement pour faire ces articles, afin que les personnes lisant la bande dessinée soient en mesure, si elles veulent, d’en savoir plus sur cela.

Parlons d’une critique qui pourrait être faite. Quelle réponse ferais-tu à des gens disant que « Liberator » fait la promotion d’un romantisme individuel par la consommation personnelle de « l’art », et que c’est finalement une auto-célébration d’un milieu culturel sans aucune volonté de transformer la société ?

Je dirais que je reçois des emails tout le temps de la part de gens inspirés par le livre et désireux de passer à l’action. Des gens sont devenus végétariens ou végans, des gens ont commencé à devenir volontaires pour les refuges et des gens ont adopté des animaux sauvés des laboratoires, parce qu’ils ressentaient le besoin de faire quelque chose après avoir lu les bandes dessinées.

Des jeunes m’ont mailé, disant qu’ils voulaient s’impliquer dans les droits des animaux lorsqu’ils seraient plus âgés – c’est incroyable ! « Liberator » ne va pas changer le monde, mais pour le chien ou le lapin dont le sauvetage est inspiré par la bande dessinée, cela signifie tout.

Quel est le futur de « Liberator » ? Parle nous du projet avec Earth Crisis !

Les prochaines séries sont une collaboration avec Earth Crisis et cela raconte l’histoire qu’on retrouve dans leur nouvel album concept, « Salvation of the Innocents ». Earth Crisis a pris contact avec moi et m’a demandé si je voulais faire une bande dessinée avec eux et naturellement la réponse a été immédiatement oui.

La nouvelle série, appelée Liberator / Earth Crisis : Salvation of Innocents (« Sauvetage des innocents »), introduira un nouveau personnage et toute une nouvelle gamme de problèmes pour le monde de Liberator. J’ai hâte de voir cela sortir !

Pour le futur, nos personnages vont continuer – et de nouvelles histoires seront racontées, mais ils vont changer et évoluer, afin que cela soit différent et très sympa.

“Il ne peut rien y avoir en dehors du cercle qui embrasse tous les êtres”

Petit retour sur le baron d’Holbach (voir Le baron d’Holbach et la Nature), défenseur de l’athéisme au 18ème siècle et auteur du Système de la nature, avec un article à ce sujet tiré d’une Histoire du matérialisme, et critique de son importance à notre époque, par l’historien Friedrich-Albert Lange, publiée en 1877.

Dès la préface, on voit que le véritable but de l’auteur est de travailler au bonheur de l’humanité.

« L’homme n’est malheureux que parce qu’il méconnaît la nature.

Son esprit est tellement infecté de préjugés, qu’on le croirait pour toujours condamné à l’erreur : le bandeau de l’opinion, dont on le couvre dès l’enfance, lui est si fortement attaché, que c’est avec la plus grande difficulté qu’on peut le lui ôter.

Il voulut, pour son malheur, franchir les bornes de sa sphère ; il tenta de s’élancer au delà du monde visible, et sans cesse des chutes cruelles et réitérées l’ont inutilement averti de la folie de son entreprise.

L’homme dédaigna l’étude de la nature pour courir après des fantômes, qui, semblables à ces feux trompeurs que le voyageur rencontre pendant la nuit, l’effrayèrent, l’éblouirent, et lui firent quitter la route simple du vrai, sans laquelle il ne peut parvenir au bonheur.

Il est temps de puiser dans la nature des remèdes contre les maux que l’enthousiasme nous a faits. — La vérité est une ; elle ne peut jamais nuire. — C’est à l’erreur que sont dues les chaînes accablantes que les tyrans et les prêtres forgent partout aux nations.

C’est à l’erreur qu’est dû l’esclavage, où, presque en tout pays, sont tombés les peuples ; c’est à l’erreur que sont dues ces terreurs religieuses qui font partout sécher les hommes dans la crainte, ou s’égorger pour des chimères.

C’est à l’erreur que sont dues ces haines invétérées, ces persécutions barbares, ces massacres continuels, ces tragédies révoltantes dont, sous prétexte des intérêts du ciel, la terre est tant de fois devenue le théâtre.

Tâchons donc d’écarter les nuages qui empêchent l’homme de marcher d’un pas sûr dans le sentier de la vie, inspirons lui du courage et du respect pour sa raison !

S’il lui faut des chimères, qu’il permette au moins à d’autres de se peindre les leurs différemment des siennes ; qu’il se persuade enfin qu’il est très-important aux habitants de ce monde d’être justes, bienfaisants et pacifiques. » (…)

[L’historien résume la pensée du Système de la nature:] La nature est le grand tout, dont l’homme fait partie, et sous les influences duquel il se trouve.

Les êtres, que l’on place au delà de la nature [c’est-à-dire les dieux ou Dieu], sont, en tout temps, des produits de l’imagination, dont nous ne pouvons pas plus nous figurer l’essence que le séjour et la manière d’agir.

Il n’y a rien et il ne peut rien y avoir en dehors du cercle qui embrasse tous les êtres.

L’homme est un être physique ; et son existence physique, un certain mode d’action dérivant de son organisation spéciale.

Tout ce que l’esprit humain a imaginé pour l’amélioration de notre condition n’est qu’une conséquence de la réciprocité d’action qui existe entre les penchants placés en lui et la nature qui l’environne.

L’animal aussi marche de besoins et de formes simples vers des besoins et des formes de plus en plus compliqués ; il en est de même de la plante.

Les films “Sauvez Willy” et “Orca”

L’orque épaulard est un animal particulièrement connu et apprécié. On le trouve gracieux et sa force est imposante ; il a frappé l’imagination. Le revers de la médaille est bien entendu sa captivité, comme à Marineland, où il y en a actuellement pas moins de six.

Pensons également à Kshamenk, capturé « accidentellement » en Patagonie alors qu’il avait 5 ans, et qui est toujours en captivité alors qu’il a 26 ans, vivant dans une sorte de petite piscine à l’eau très sale, en Argentine…

Deux films fabuleux sont par contre en faveur des orques, ce sont d’ailleurs deux « classiques ». Si tout le monde connaît le fameux « Sauvez Willy », « Orca » est également incontournable, bien que plus dur.

« Sauvez Willy » est un film incontournable. Il se veut d’ailleurs profondément social. Un jeune garçon, perturbé après avoir été abandonné par sa mère, fugue souvent de chez ses parents d’adoption, et est condamné à nettoyer les graffitis qu’il a lui-même fait dans un centre aquatique.

Il sympathise alors avec l’orque. Les « propriétaires » de l’orque organisent alors un spectacle, et on a une scène vraiment littéralement bouleversante, où l’on voit l’orque déboussolée par la foule de gamins tapant du pied et hurlant, exigeant par caprice – qu’on leur a enseigné – de voir l’orque obéir.

Finalement après l’échec du spectacle, le “propriétaire” décide de tuer l’orque pour toucher l’assurance. Mais le jeune garçon et un amérindien – on reconnaît ici la position politique du film – organisent la libération de l’orque, qui rejoint finalement l’océan.

Voici la chanson faisant partie de la bande originale du film, sortie en 1993. On n’est guère étonné de retrouver Michael Jackson.

Il faut noter aussi que le film a permis de mobiliser et de financer l’achat de l’orque Keiko, enfermée au Mexique, et son transfert aux Etats-Unis puis sa libération au large de la Norvège.

Orca, sorti en 1977, n’a rien à voir dans la forme, et dans le fond c’est un très beau film. En apparence c’est une sorte de film d’horreur, avec une orque tueuse.

En réalité, c’est une dénonciation de la pêche visant à capturer des animaux pour les remettre aux parcs aquatiques. Et l’orque en quête de vengeance vise un pêcheur qui a capturé et tué sa compagne, provoquant la mort du bébé qu’elle portait.

Voici la scène où le bébé meurt. Elle est en italien dans l’extrait, mais ce n’est pas important. Les effets spéciaux sont mal faits, également, mais là n’est pas la question.

C’est une scène historique du cinéma mondial, une pièce à conviction, un témoin à charge, incontournable et implacable.

La scène est extrêmement brutale et marquante; elle est littéralement terrifiante. On lit la mort se refléter dans les yeux de l’assassin. On devine le rapport à la réalité, son caractère quotidien, on comprend ce que cela reflète dans le rapport de l’humanité à la planète.

Dans le film, car c’est un film romancé, le parallèle avec la souffrance comprise et ressentie par l’être humain est souligné de manière ininterrompue et cohérente; de la même manière, on retrouve bien sûr un amérindien dénonçant la position meurtrière contre la Nature…

Le film a reçu un très mauvais accueil, étant considéré comme un sous « Dents de la mer » qui plus est mal fait. Mais la force de son scénario, de ses principes, fait que c’est devenu un film culte.

“Neknomination”

Boire un petit coup c’est agréable” veut la légende. En réalité, l’alcool est une fuite, sans fin, un produit de la société qui dénature les individus et les met sous pression.

Il est coutume pourtant de dire qu’en France, l’alcool est un phénomène “maîtrisé”, comparé aux beuveries suédoises, anglaises, australiennes ou encore américaines.

Les Français sauraient gérer, tandis que les “anglo-saxons” auraient ritualisé la beuverie jusqu’au délire.  Si jamais une telle interprétation a pu avoir un sens de par le passé, aujourd’hui c’en est bien fini.

Voici ce qui est pas moins que le communiqué du ministère de l’intérieur au sujet de la beuverie appelée “neknomination”, qui sévit de manière virale.

L’existence d’un tel communiqué montre que le problème est grand, l’alcool passe ici du problème individuel au problème social.

Neknomination

13 février 2014

Un nouveau jeu dangereux dont vous n’avez peut-être jamais entendu parler débarque actuellement sur les réseaux sociaux, et plus particulièrement sur Facebook : « Neknomination ».

L’idée ? Un participant poste une vidéo sur les réseaux sociaux, engloutit un verre (ou plus) d’alcool « cul-sec » et désigne une ou plusieurs personnes afin qu’elles en fassent de même.

Cette expression est issue du néologisme formé à partir de l’expression argotique « neck your drink », qui s’utilise pour inciter un tiers à boire de l’alcool d’un trait, et du mot « nomination ».

Ce phénomène prend actuellement de l’ampleur en France, et beaucoup d’entre vous pourront nous dire que ce n’est pas de boire un verre d’alcool devant une caméra qui les tuera !

Sauf que cette tendance présente un danger bien plus insidieux qui s’inscrit sur le long terme. Les défis relevés par les jeunes « nominés » deviennent bien souvent de plus en plus recherchés, mais parfois dangereux pour leur santé.

Et c’est bien là tout le problème de cette petite mode, dont les dérives peuvent être nombreuses, entraînant au passage des comas éthyliques, voire la mort.

Alors, suivez donc quelques conseils simples :

 Face aux défis de vos amis, montrez que vous êtes bien plus intelligents que ça et ne vous laissez pas influencer par une stupide épidémie.

 Pensez à votre avenir également ! Vous n’avez certes aujourd’hui que 18 ou 20 ans, mais ces vidéos, postées en public sur internet, resteront des années, voire durant toute votre vie sur le web.

Que penseraient alors dans dix ans vos futurs employeurs face à de tels contenus ?

– Ne négligez pas les dangers de l’alcool sur votre santé, et pour plus d’informations, visitez le site http://www.preventionalcool.com/

– Conservez vos talents créatifs pour de bonnes causes !

Si votre enfant fait face à un problème lié à l’alcool, un site dédié vous aide à trouver les mots pour lui en parler : http://www.alcooletparents.com/

Les arguments, très calculés, montrent qu’il y a une grande peur face à un tel phénomène. Et pour cause! Ce genre de démarche nihiliste contamine très vite les gens dans une société dénaturée, composée d’individualistes qui s’ennuient.

On a là quelque chose d’indéniablement de très mauvais, de très grave; un phénomène “viral” similaire a été l’odieuse “quenelle” de Dieudonné. Le fait de retrouver l’alcool dans ce type de démarches est également très révélateur, et il faut se rappeler de l’affreuse histoire qu’a connu un lama tout récemment (Serge le lama : un faux « conte » pour adultes barbares).

Notons toutefois que ce n’est pas le seul aspect. Certains médias ont ainsi mentionné des initiatives où au lieu de boire, la personne faisait une “bonne action” et appelait à faire de même. C’est évidemment bien mieux, mais cela reste un appel “venant du coeur” irrationnel.

Dans tous les cas, ce à quoi on assiste, c’est à des entreprises individuelles où l’ego est au centre, dans un appel qui se veut subversif. Il n’est guère étonnant que, dans ce genre de démarches, on tombe dans les attitudes patriarcales, avec le “défi” au coeur des valeurs.

Savoir rester posé, réfléchi, agir en son âme et conscience, est bien loin de tout cela!

Le colloque au Sénat “Nous et l’animal”

Il y avait hier deux manifestations : une à Lille contre la chasse des renards, une à Toulon pour les droits des animaux. C’est un signe des temps qui changent et les animaux « apparaissent ».

Cependant, tout est parfaitement encadré, rien ne déborde, tout le monde reste en définitive bien sage. Contrairement à la vague végane des années 1990 dans certains pays (Angleterre, Etats-Unis, Allemagne, Autriche…), tout est institutionnalisé de manière impeccable.

Pour preuve, le colloque « Nous et l’animal » organisé le 7 février dernier par le « think tank » Ecolo-Ethik (c’est-à-dire un organisme de réflexion financé par les entreprises, voire l’Etat). Il a été fondé par Chantal Jouanno (ex UMP désormais centriste) et l’avocat David Lefranc.

Pour connaître l’opinon de ce dernier, citons le :

« Les positions abolitionnistes sont non seulement marginales mais contre-productives. » « C’est un chiffon rouge qui est utilisé pour bloquer toute avancée dans le domaine de la protection animale. »

Cela veut tout dire, et d’ailleurs ce colloque s’est tenu… au Sénat. Rappelons que le Sénat c’est cette sorte de second parlement au fonctionnement incompréhensible et qui en fait est un bastion du conservatisme, il « casse » les lois trop « marquées » décidées par le Parlement, il les neutralise.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a aucune réflexion : la chaîne « Sénat » n’hésite pas à diffuser des documentaires très progressistes, et là il y a ce colloque. Mais le but, c’est de moderniser, pas de changer quoi que ce soit.

Ainsi, de nombreux « spécialistes » ont été invités au colloque : Yann Arthus-Bertrand, Peter Singer, Jane Goodall, Matthieu Ricard (un moine bouddhiste), l’inévitable Boris Cyrulnik, Elisabeth de Fontenay, Allain Bougrain-Dubourg, Yves Coppens (un paléoanthropologue), les reponsables de 30 millions d’amis ou encore Laurence Parisot (ancienne présidente du Medef, le « syndicat » des patrons).

On notera également la présence de responsables directs de l’exploitation animale, salués au passage par un « tweet » d’ecolo-ethik :

Ecolo-Ethik ‏@EcoloEthik 12 févr.
Merci aux représentants des éleveurs qui ne doivent pas être les boucs émissaires de nos choix de société. http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/statut-de-l-animal-les-tenors-de-la-cause-animale-laissent-peu-de-place-aux-eleveurs-colloque-ecolo-ethik-84131.html …”

C’est très parlant !

Le colloque a en pratique consisté en quatre tables rondes (avec en tout pratiquement 80 « experts ») avec comme thèmes :
– « l’animal et l’économie »
– « le régime juridique de l’animal en France et à l’étranger »
– « l’animal et l’éducation »
– « la reconnaissance de l’animal par la science et la pensée »

Sur Sciences et Avenir, on a dans ce cadre droit à une interview (datant en fait de 2012!) de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, qui a participé au colloque et qui est présenté comme un « spécialiste de l’éthique animale ». Or, sa biographie montre surtout que c’est en réalité un très haut spécialiste militaire… On a les « spécialistes » que l’on peut!

Toutefois il faut bien voir que c’est le droit qui va être modernisé, pas la morale. Pas question en effet que l’on en arrive à la libération animale : le système compte se protéger en « verrouillant » autant que cela soit nécessaire.

Il y a lieu ici de citer le quotidien Libération, qui présente de manière assez claire la problématique :

« La sénatrice Chantal Jouanno a plaidé vendredi pour une meilleure prise en compte du «bien-être animal» à travers, notamment, la création d’une fonction de «médiateur» chargé de veiller à l’application du droit en la matière.

Le fait que l’animal soit considéré comme un «bien meuble» dans le Code civil fait que «tout ce qui est acte de cruauté envers un animal est aujourd’hui très peu sanctionné en France», a-t-elle indiqué à l’AFP, à l’occasion d’un colloque au Sénat organisé par le club de réflexion Ecolo-Ethik, qu’elle préside avec la magistrate Laurence Vichniesky.

La récente condamnation à Marseille d’un homme après la diffusion de vidéos sur internet où il jetait un chat en l’air à plusieurs reprises est «une exception», estime Mme Jouanno.

L’ex-secrétaire d’Etat à l’Ecologie souhaite s’appuyer sur les conclusions du colloque pour faire 25 propositions pour lutter contre la «maltraitance inutile» et mieux déterminer la place de l’animal dans le système économique, le droit mais aussi l’éducation ou la culture. »

Il s’agit de « gommer » les aspects les plus criants, de « séparer » autant que possible les animaux dits de compagnie et ceux qui sont dans les fermes-usines, de « neutraliser » toute contestation en la plaçant sur un terrain juridique réformiste.

C’est on ne peut plus brillant. Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas des choses utiles, comme l’idée d’une « objection de conscience » pour les personnes refusant la vivisection lors des études de médecine – mais cela n’abolira pas la vivisection, cela la rendra « humaine ».

L’article de la revue L’Express au sujet du colloque est assez exemplaire également. Saluant le colloque comme historique et citant plusieurs fois L214, il est affirmé qu’il y a « le droit à une consommation de viande éthique et responsable ».

L’exploitation animale peut être satisfaite: la “modernisation” par le droit permet de faire passer la morale et la culture à l’arrière-plan. Ce round ci est pour elle, sans doute de manière inévitable. Mais la bataille n’est pas finie!

La loyauté, une valeur straight edge

Le mouvement straight edge n’est pas qu’un simple « refus » des drogues, de l’alcool et de la sexualité vécue comme fin en soi (c’est-à-dire sans sentiments et déconnecté d’une relation authentique et durable).
C’est aussi la revendication de valeurs positives, qui sont justement mises à mal par la « vitesse » des rapports humains dans la société  de consommation.

L’un des mots qui revient ainsi le plus souvent dans les chansons straight edge est le mot anglais « loyalty ». Les trois sens de ce mot en français relèvent tous de la culture straight edge ; on a ainsi « fidélité », « loyauté », « dévouement ».

Fidélité, cela signifie ne pas abandonner quelque chose pour passer à autre chose simplement en suivant un désir, un besoin violent et irréfléchi ; cela veut dire reconnaître quelque chose comme beau et bien et en « rester » là, parce qu’en soi c’est suffisant.

La loyauté, c’est la même chose mais en le revendiquant et en cherchant à être là le plus possible dans la relation, c’est aller au-devant des besoins possibles, c’est refuser toute trahison.

Dans la culture straight edge, on retrouve souvent mis en avant le slogan “unbreakable loyalty”, “loyauté inébranlable” (parfois on trouve la version en latin: “invictus fidelitas”.

Le dévouement est un terme qui semble un peu plus abstrait, mais c’est très important, puisque c’est l’idée de revendiquer son identité elle-même comme fondamentalement liée à quelque chose.

On ne peut pas être vegan sans dévouement aux animaux, un dévouement qui doit se révéler à tous les niveaux de la vie privée, depuis la nourriture végétalienne jusqu’aux soutiens aux refuges.

Dans la société capitaliste, par contre, il n’est pas difficile de voir qu’on retrouve partout et tout le temps des gens incapables de choisir, oscillant entre plusieurs choses par opportunisme, choisissant une chose pour en mieux en choisir une autre le lendemain, etc.

Il n’y a ici aucune continuité, aucune cohérence, juste une éternelle fluctuation, un va et vient perpétuel, un flou systématique.

Naturellement, l’hypocrisie, le mensonge et la mythomanie sont des outils pour « compenser » l’absurdité des choix faits, pour excuser l’incapacité à la fidélité, à la loyauté, au dévouement. Parce que les faits sont têtus et qu’à force, les cadavres dans le placard finissent par s’agiter et par hanter la personne qui a sacrifié l’authenticité sur l’autel de sa propre « carrière individuelle ».

La culture straight edge s’oppose donc fondamentalement au libéralisme, au fait de relativiser, d’exprimer tout le temps du scepticisme, de ne finalement rien prendre au sérieux et de se comporter en touriste dans sa propre vie, dans celle des autres et dans la société elle-même.

Dans la société aujourd’hui, il est considéré comme regrettable mais comme relevant finalement d’un choix personnel que de tromper la personne avec qui on vit, d’abandonner son « animal de compagnie », de changer d’avis comme on l’entend, bref de ne finalement jamais s’engager.

L’une des conséquences les plus terribles est bien sûr le fait que plus rien de prolongé n’existe, parce que plus personne n’assume rien, parce que les gens agissent un jour d’une manière pourtant critiquée la veille, etc.

Le libéralisme fait l’apologie du traître, du renégat, qui est salué comme un individu capable de suivre ses propres décisions à lui, alors qu’en réalité c’est quelqu’un sans intégrité aucune.

Cela ne veut pas dire qu’il ne fait pas faire de ruptures ; il faut bien sûr rompre avec les gens qui se trahissent eux-mêmes, qui pour une raison ou une autre prennent des décisions s’opposant à leur propre personnalité, et fondées le plus souvent, bien entendu, par le profit, par le fait de se faire valoir ou bien voir, etc.

Il faut également savoir faire des ruptures avec soi-même, se « faire violence » pour rompre avec son propre nombrilisme, son propre égocentrisme, etc.

Loyauté envers les autres, envers soi-même, envers l’authenticité, envers la cause que l’on pense juste, voilà un principe straight edge, et forcément être authentique cela va de pair avec être progressiste, avec le fait d’aimer la vie et les êtres vivants !

Côté basque et des Landes: alerte oiseaux marins échoués !

La Côte Basque et des Landes connaît une succession d’arrivées d’oiseaux marins épuisés sur les plages. Voici l’appel d’une association locale à participer au soutien.

ALERTE OISEAUX MARINS ÉCHOUÉS!

L’association Hegalaldia, centre départemental pour la sauvegarde de la faune sauvage basé à Ustaritz (64) a lancé ce matin un appel à ses nombreux bénévoles ; En effet, des dizaines, voire des centaines d’oiseaux marins sont retrouvés sur les plages de la Côte Basque et des Landes, affaiblis… dénutris… pour certains mazoutés… et pour d’autres morts… La plupart sont des guillemots de Troïl et des macareux.

En 15 jours l’association a déjà accueilli 85 oiseaux marins ! Les tempêtes successives sont la cause principale d’accueil. Celle d’hier a été celle de trop…

La situation semble être tout aussi catastrophique sur l’ensemble de la Côte Atlantique. En effet, la Bretagne vient de fermer plusieurs de ses plages à cause d’une pollution massive et des centaines d’oiseaux arrivent sur les différents centres de sauvegarde.

L’échouage concerne donc toute la Côte !

Si vous trouvez un oiseau affaibli, vous pouvez vous aussi participer à son sauvetage : attrapez l’oiseau avec une serviette, mettez le dans un carton, si possible au chaud (avec une bouillotte ou une bouteille d’eau chaude) et contactez le centre de sauvegarde le plus proche de chez vous.

HEGALALDIA centralise tous les appels pour l’Aquitaine. Vous pouvez les joindre 7 jours sur 7 au 05 59 43 08 51 ou au 06 76 83 13 31. Ils vous indiqueront vers quel centre de soins vous tourner.

Pour les autres régions, vous pouvez aller sur le site de l’UFCS.

Voici également leur communiqué suite aux opérations d’il y a deux jours.

Petit bilan de la journée de hier. Nous vous le devons, car votre soutien est vraiment très important pour nous ! Le téléphone a sonné sans cesse …

Journée finie à 21h30. Plus tôt que les journées précédentes, non pas parce que nous avons accueillis moins d’oiseaux que lundi, car au contraire, les chiffres ont encore augmenté. Mais c’est grâce à tous les bénévoles encore plus nombreux qui se sont mobilisés aujourd’hui.

Alors encore une fois, merci à vous tous !

106 oiseaux marins accueillis hier. Le soir il nous reste sur la structure 131 Guillemots de Troïl, 20 Macareux moines, 2 Fous de Bassan, 2 Pingouins tordas, 1 Mouette mélanocéphaleet 1 Mouette rieuse : soit 157 oiseaux marins (mais n’oublions pas que nous avons aussi des rapaces et autres espèces d’oiseaux et des mammifères…).

En plus des 4 salariés de l’association, une équipe fidèle de plus d’une quinzaine de bénévoles était présente sur le site pour assurer le soin aux animaux et la logistique.

De nombreux vétérinaires ou organismes nous ont appelés et ont servi de point de ralliement pour « stocker » les oiseaux avant leur transfert vers Hegalaldia.

De nombreux particuliers nous ont aussi amené directement les oiseaux et certains plusieurs fois dans la journée…
Montage de la tente par des benevole d’Hegalaldia La tente devant le batiment d’Hegalaldia De la nourriture offert par des particuliers pour aider l’association Hegalaldia

Beaucoup d’autres, suite à notre appel du matin nous ont amené serviettes, bouillottes, journaux… et même pain, fromage, gâteaux, boissons, pizzas, … pour que les équipes sur place puissent s’alimenter !

Nos locaux étant trop petits pour tout ce monde, un sympathisant de l’association nous a amené une tente de manière à ce que nous puissions installer une antenne annexe, et un bénévole nous a prêté un chauffage à gaz afin de chauffer cette tente.

Merci aux dames Molina et Madame Pujol, qui sont venues chercher de nombreuses serviettes pour en laver, et en sécher.

Certains bénévoles sont arrivés le soir après leur travail pour venir nous aider …

Nous ne pouvons pas citer toutes ces personnes au grand coeur, mais sachez que ce grand mouvement de solidarité fait vraiment chaud au cœur !

Merci encore à vous tous ! Grâce à vos partages facebook, à vos actions et à votre soutien, nous arrivons à faire beaucoup !

Lutte contre l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure

Bure est un village de moins d’une centaine de personnes, à la limite de la Meuse et de la Haute-Marne. Depuis 1994, l’État envisage d’y implanter un site d’enfouissement à 500 mètres sous terre, d’une surface de 15 km² et devant accueillir à terme environ 10 000 m3 de déchets HAVL (Haute Activité à Vie Longue) et 70 000 m3 de déchets MAVL (Moyenne Activité à Vie Longue).

A cela s’ajoute un site nucléaire en surface de 70 hectares avec une zone de stockage intermédiaire et une usine de reconditionnement, ainsi qu’un un puits de ventilation, classé INB (Installation Nucléaire de Base), relié directement au site à 500 mètres de profondeur.

Un site est consacré à la lutte contre ce projet. Le réseau Sortir du nucléaire a également une page spéciale à ce sujet. Voici justement son communiqué de presse, suite à une initiative hier.

12 février 2014 : Enfouissement des déchets à Bure – un projet irréaliste, irresponsable et irréalisable à arrêter immédiatement

Le Réseau “Sortir du nucléaire”, qui a manifesté ce matin devant le lieu du rendu du débat public sur CIGÉO [Centre Industriel de stockage GÉOlogique], rappelle la nécessité d’abandonner immédiatement ce projet.

Le fiasco d’un débat vidé de son sens

Le 15 mai 2013, la CNDP [commission nationale du débat public] lançait un « débat public » sur le projet d’enfouissement des déchets les plus radioactifs. En raison de la mobilisation des opposants, aucune session publique n’a été maintenue et la CPDP a dû se retrancher derrière un forum internet (solution de repli présentée comme une « innovation exceptionnelle ») et une conférence de citoyens pour satisfaire au cadre officiel. Une situation déplorée par la CPDP, qui a appelé à « retrouver la confiance entre citoyens, maître d’ouvrage et experts », sans tirer les leçons de ses déboires.

C’est ignorer que cette opposition forte était parfaitement légitime face à une mascarade pseudo-démocratique. Comment accepter ce cadre alors que le projet était imposé et qu’il ne s’agissait que de recueillir des avis, sans qu’il en soit tenu compte lors de la décision finale ? Avoir bloqué ce débat n’est pas, comme certains le disent, “anti-démocratique”, puisque notre volonté était de stopper un processus qui, lui, l’était depuis le départ.

Quel sens y avait-il à accepter un débat sur un projet flou, où le maître d’ouvrage dissimule des données et où certaines informations, comme les coûts du projet, ne sont même pas connues ? Ces problèmes n’ont pu être esquivés. Lors du dernier débat en ligne, un intervenant a notamment quitté la salle pour protester contre le fait qu’aucun budget clair n’était mis sur la table.

De leur côté, les 17 citoyens que l’ANDRA pensait suffisamment naïfs pour accepter sans rechigner ce projet fou, ont rendu, le 3 février, un avis demandant le report du projet.

Dernier fait marquant, au sein même de la commission particulière, des voix s’élèvent et se désolidarisent du compte-rendu du débat car leur position, qui diverge de celle du président Bernet, n’apparait pas dans les conclusions. Pour eux, rien n’a été fait pour se sortir de l’impasse, ils ont été censurés et ils comptent bien s’exprimer.

Un hiatus entre des éléments tangibles et des conclusions naïves

Lors du bilan effectué aujourd’hui, de nombreux éléments lourds ont été mis sur la table, dénoncés par de nombreux opposants : flou sur l’étendue du projet et ses coûts, risques, incertitudes sur les déchets à stocker et leur conditionnement, controverses autour du potentiel géothermique à l’aplomb du site, critiques émanant des voisins allemands et luxembourgeois, problèmes éthiques évidents…

La CPDP a également pris acte de plusieurs irrégularités, notamment le fait que l’ANDRA ait passé des marchés publics pendant le débat comme si tout était déjà décidé.

Au vu de tous ces éléments relevés par la CPDP, comment peut-elle se contenter de plaider pour « la vérité, la responsabilité et la précaution » et de préconiser un simple report du projet et la mise en place d’une phase pilote ?

La contestation a été entendue, intégrée, mais la conclusion qui aurait dû être tirée – l’abandon du projet – n’est toujours pas à l’ordre du jour. Ce n’est pas d’être « rassurés » qu’ont besoin les citoyens, c’est de voir abandonner ce projet irresponsable.

Les annonces de “report de calendrier” sont de nouvelles manœuvres pour gagner du temps – il faut stopper CIGEO !

Ce report du calendrier n’est pas une surprise. Le 30 janvier dernier, l’IRSN elle même se positionnait en sa faveur. Et pour cause, malgré les efforts de communication de l’ANDRA, le projet d’enfouissement des déchets les plus radioactifs et dangereux est tellement fou qu’il en est inconcevable.

Le dossier que l’ANDRA a souhaité mettre en débat n’a rien d’un projet – rien n’étant réellement défini – et n’aurait jamais du être mis sur la table : pas de coûts précis, pas de liste exacte des matières et quantité de déchets qui y seraient stockés, aucune analyse des impacts radiologiques, pas de schéma de transports pour acheminer les déchets pendant 100 ans et un projet présenté comme évolutif.

La demande de l’IRSN de revoir le calendrier est symptomatique du flou total qui entoure ce projet. Mais ce ne sont pas quelques années de plus qui permettront à l’ANDRA de mieux le définir et de penser l’impensable.

Les modifications apportées à la marge ne changeront rien à l’affaire : les risques géologiques, le potentiel géothermique occulté, le problème éthique du fardeau des déchets, tous ces problèmes demeureront. CIGÉO doit tout simplement être annulé.

Le Réseau “Sortir du nucléaire” demande l’arrêt immédiat du projet et réaffirme son soutien entier à ceux qui luttent sur place pour empêcher la réalisation ce projet irréaliste et irresponsable. Il réitère également sa demande que CIGÉO soit sorti du projet de loi sur la transition énergétique.

L’urgence est d’arrêter le nucléaire et non de décider d’enfouir ses déchets qui resteront radioactifs et ingérables pour des milliers d’années.

Horribles “justifications” au sujet de l’assassinat de Marius

Au sujet de Marius le girafon assassiné, nous parlions hier de sa prétendue « euthanasie ». Accordons ici un peu d’attention aux « arguments » mis en avant en faveur de sa mise à mort.

Le quotidien belge levif.be, dans un article intitulé “Pourquoi les zoos abattent-ils leurs animaux en bonne santé?”, fournit en effet des informations intéressantes quant au point de vue des assassins.

“La nature est en crise et nous avons l’obligation de protéger les espèces sauvages de l’être humain” explique David Williams-Mitchell de l’Association européenne des zoos et des aquariums (EAZA) à Time.com.

“Les programmes d’élevage constituent l’une de ces tentatives. Cependant, nous n’avons que des moyens limités au sein du réseau EAZA pour les réaliser et nous devons établir des priorités pour les animaux qui contribuent à l’avenir des espèces”.

Si un zoo réussit à faire naître suffisamment de jeunes en bonne santé, il doit abattre certains animaux pour faire de la place aux espèces plus menacées.

Comme l’espèce de girafe dont descend Marius n’est pas menacée, son sort était scellé.

Et plus l’animal est mignon, plus la fureur de l’opinion publique est grande. Ainsi, la décision du zoo d’Édimbourg d’abattre les deux potamochères Sammi et Becca a provoqué de nombreuses protestations. La même année, un tribunal allemand a jugé que le zoo Magdeburg coupable d’atteintes aux droits des animaux pour avoir abattu trois tigreaux (…)

Les zoos de l’EAZA n’ont pas pu accueillir le girafon en raison de son patrimoine génétique. Un autre zoo n’était pas membre de l’EAZA et il n’y avait donc pas de garanties qu’il respecte suffisamment les droits des animaux. Même chose pour les individus qui se sont proposés d’héberger Marius.

Même si l’euthanasie ne s’utilise qu’en dernier recours, les zoos européens l’emploient pour maintenir la biodiversité. Plusieurs zèbres, antilopes, tigres, bisons, hippopotames nains et porcs sauvages ont déjà été abattus. Généralement, ils finissent comme alimentation pour les carnivores du même Jardin zoologique.

Le zoo d’Anvers a fait savoir qu’une euthanasie comme au Danemark est impensable. Cependant, cela ne signifie pas pour autant que le zoo belge ne pratique pas d’euthanasies.

Consciente de la sensibilité du sujet, l’EAZA refuse également de dévoiler les chiffres. “Nous n’avons pas honte d’euthanasier des animaux, mais nous ne voulons pas communiquer les nombres” a déclaré Williams-Mitchell (…).

D’après Wiliams-Michell “l’euthanasie est le prix à payer pour notre comportement. La raison pour laquelle les jardins zoologiques doivent protéger des espèces n’est due que partiellement au braconnage et au commerce illégal.

Le changement climatique et le pillage de l’habitat des animaux sont également en cause. Jusqu’à ce que les gens réalisent qu’ils sont responsables de leur comportement et de leur mode de vie, les scientifiques qui doivent protéger des animaux comme Marius devront continuer à prendre de dures décisions” conclut Williams-Mitchell sur Time.com.

Ce qu’on lit ici est formidable : le responsable de l’Association européenne des zoos et des aquariums (EAZA) se présente comme le grand défenseur des animaux ! On est là dans l’hypocrisie la plus complète.

Car oser prétendre qu’on défend les animaux quand on a atteint un tel niveau d’insensibilité, c’est aberrant. C’est comme lorsqu’il explique qu’il a refusé des propositions d’autres zoos en raison de la non-assurance de la protection des animaux… C’est sûr que tuer Marius, c’est une « solution » administrative bien plus simple…

Le caractère mensonger de tout cela se voit aussi quand ce responsable refuse de donner les chiffres des mises à mort. S’il était sincère, il les donnerait en disant : c’est affreux, aidez notre financement… Mais bien entendu il ne le fait pas. Il se comporte en porte-parole chargé de protéger une méthode, une gestion.

Car la seule logique derrière tout cela, c’est la logique comptable. On est là dans l’engrenage de l’horreur, la machinerie du meurtre au nom de la gestion économique des zoos, l’assassinat d’un être vivant car considéré comme “superflu”.

La décision de tuer Marius n’a pas été « dure », elle est un crime, tout simplement. C’est un mensonge que de prétendre que tout cela fait partie d’un plan de protection animale et qu’il faudrait en sacrifier un pour en sauver un autre plus en danger – ça, c’est simplement de la manipulation, du mensonge qui consiste à se cacher derrière une « grande cause ».

Car nous nous savons que qui dit grande cause veut dire également cohérence morale absolue – on ne peut pas aimer les animaux et les défendre si on accepte leur mort, si on n’est pas vegan, si on ne bataille pas pour la libération animale.

Ainsi, on est, avec l’assassinat de Marius, dans une logique d’entreprise en quête de profit, de pragmatisme, de relativisme, et aussi d’anthropocentrisme, car le responsable du zoo prétend gérer Gaïa et choisir qui sera “sauvé”… C’est tout le contraire de la culture et de la morale exigées.

Le girafon Marius a été assassiné, et pas euthanasié

Une importance capitale doit être attribuée aux mots, aux concepts. Toute opposition ou trahison de la lutte se reflète également dans le choix des mots.

Le concept de « libération totale » signifie par exemple historiquement la libération animale et la libération de la Terre : cela veut tout dire quand certains reprennent ce concept pour remplacer la Terre par les humains.

Hier, c’est le terme d’euthanasie qui a été odieusement tronqué par la presse, à l’occasion de l’assassinat du girafon Marius. Rappelons que ce terme signifie la mise à mort d’un être vivant afin d’abréger une souffrance très grande liée à une maladie incurable amenant à la mort dans un délai bref.

Le terme a comme étymologie le grec où ευθανασία signifie « bonne mort », alors déjà obtenue par calmants ou poisons. Par la suite lors de la période humaniste, c’est le philosophe anglais Francis Bacon qui a remis en avant ce concept.

Or, que s’est-il passé hier suite à l’assassinat du girafon Marius ? Les médias ont parlé d’euthanasie.

Le Monde a ainsi publié un article intitulé “5 questions sur l’euthanasie d’un girafon au zoo de Copenhague”,  LCI s’est lancé dans un “Girafon euthanasié à Copenhague : hystérie sur le web, menaces sur le personnel”, itélé titre son article “Danemark : le girafon Marius euthanasié”, Le Point annonce en titre: “Copenhague : un girafon en parfaite santé euthanasié dans un zoo”, etc. etc.

La liste est sans fin. Et l’origine de tout cela est bien entendu la nécessité de masquer qu’il s’agissait d’un assassinat pur et simple. L’anthropocentrisme est obligé de se cacher, de prétendre traiter « humainement » les animaux qu’il garde proche de lui, par opposition à ceux enfermés dans les abattoirs-usines.

Or, cette fiction ne tient pas. Les « animaux de compagnie » sont maltraités, parfois torturés, et là même ceux des zoos, ces prétendus refuges pour espèces en danger, ces « havres de paix », montrent leur hideux visage, celui du sang qui coule, de l’enfermement terrible, écrasant toute possibilité d’épanouissement.

L’assassinat de Marius n’est pas une euthanasie, cela a été la mise à mort d’un jeune être vivant en pleine santé. Cela est défini comme euthanasie comme si la vie ne prenait un sens que par rapport à l’humanité, et cela est une faute terrible – l’anthropocentrisme est un véritable crime, une insulte faite chaque jour à Gaïa et tous les êtres qui y vivent.

Après cette « euthanasie » – en fait meurtre au pistolet d’abattage – Bengt Holst qui est directeur scientifique du zoo s’est même fendu d’une explication « rationnelle » :

« Aujourd’hui, les girafes se reproduisent beaucoup, et vous devez faire un choix: vous devez garder celles qui ont les meilleurs gènes. »

A cela, nous opposons le biocentrisme. La vie a une valeur en soi, et il faut élargir au maximum, toujours plus historiquement, la défense du vivant, jusqu’à un jour protéger les végétaux eux-mêmes.

Sans cela, on tombe inévitablement dans la logique individualiste de la loi du plus fort, qui est tout sauf naturel. Le discours sur les « gènes » n’est pas naturel, mais bien tenu par un responsable de zoo, qui a décidé de choisir qui peut être vivant et qui ne le peut pas.

La Nature, dans sa complexité incroyable, n’a pas progressé sur des millions d’années pour que tous les progrès dans son développement soient saccagés, meurtris, anéantis par ce genre de type. L’humanité pourrait jouer un rôle positif dans l’évolution de la Nature, contribuant à son avancée à toujours plus de complexité et de symbiose.

La position humaine – tout subordonner à une seule espèce – est à la fois criminelle et absurde, totalement incompatible avec le concept même de la vie existant sur notre planète, où toutes les activités des êtres vivants sont par définition inter-reliées.

Pour les médias et les esprits mesquins façonnés par l’anthropocentrisme, la mise à mort de Marius est un fait divers ; pour les esprits progressistes, c’est un crime. Mais pour qui voit cela à l’échelle de plusieurs millénaires, il y a une dimension terrible qui se profile à l’arrière-plan, celle de l’opposition impossible entre l’humanité et la Terre comme système.

La jeune girafe Marius, assassinée

L’assassinat de Marius est terrifiant. Cela fait froid dans le dos de voir cette démonstration de force de la capacité technique et administrative de l’exploitation animale, dans sa brutalité la plus nue.

Le sort de Marius la girafe est terrible, sa mort un crime étalé devant les yeux du monde avec une « naïveté » odieuse et sanglante. Sans nul doute dans un avenir malheureusement encore lointain, ces gens seront jugés et condamnés pour cela ; une telle injustice est inconcevable et ne saurait rester impunie à la face du monde.

Marius était une girafe d’un an et demi, enfermé au Danemark au zoo de Copenhague , et ce dernier a décidé de se débarrasser de lui, car il ne lui « servait » à rien.

Les zoos sont des lieux à abolir impérativement, pour une raison simple : ils répondent à deux fonctions horribles. Leur nature première est le divertissement, sur la base de la guerre à la Nature, de l’expression de la prétendue « victoire » sur celle-ci.

Ensuite, il y a une fonction technique : préserver la « diversité » c’est-à-dire certains animaux comme ressources possibles et éventuelles.

Marius ne servait plus à aucune de ces deux fonctions, donc le zoo a décidé de l’éliminer.

Les responsables du zoo en ont même rajouté une couche en donnant une explication froide, administrative, de leur démarche purement calculatrice.

Il a été dit en effet que dans le cadre du programme de l’Association européenne des zoos et des aquariums (EAZA), les gènes de Marius ne servaient à rien, car étant trop proches des autres girafes.

Pour éviter donc la consanguinité ou les éventuels problèmes d’une stérilisation de Marius, la solution la plus « simple » a été choisie… La plus simple selon les critères barbares au cœur des zoos, bien sûr.

Marius ne s’est vu attribuer aucune valeur, à part purement technique au service des humains. Tout le discours mensonger des zoos sur leurs prétendus sauvetages et préservations est ici démasqué.

Des pétitions ont été bien entendu lancées, mais là n’est pas le pire : il y avait des structures voulant reprendre Marius. Un millionnaire américain a proposé son grand jardin à Beverly Hills (il y a une proposition d’achat de Marius pour 270 000 euros mais lui a proposé plusieurs millions de dollars), et deux autres zoos ont demandé à le récupérer : le parc animalier du Yorkshire à Doncaster en Angleterre et le zoo de Frösö à Östersund en Suède.

Rien n’y a fait, le zoo a annoncé l’heure de la mise à mort de Marius hier matin, l’a tué puis a disséqué son corps devant un public composé notamment d’enfants, puis a remis les morceaux du cadavre aux lions.

Tout cela, de manière simple, administrative, sans même remarquer le refus de la dignité de l’existence, de la sensibilité. On a là le crime, froid, pur, passant inaperçu aux yeux de ses auteurs, qui se placent comme simples fonctionnaires de la gestion de la planète par les humains.

C’est une conséquence inévitable du refus de Gaïa : soit on reconnaît Gaïa et on reconnaît la vie, soit on en reste à l’anthropocentrisme et seuls les intérêts humains auraient une valeur absolue, unique, « idéale ».

De nouveau sur “269Life”

Nous avons déjà parlé de “269”, un mouvement à nos yeux irrationnel et irrespectueux (Se marquer au fer rouge pour aider les animaux?!, Happening irrespectueux avec des têtes d’animaux morts).

Le Nouvel Observateur a publié au sujet de celui-ci un article très documenté intitulé Fer rouge, faux sang, “shoah” et poussins morts : 269Life, les pro-animaux de l’extrême.

Le voici ici pour archives, et une réflexion doit également être faite ici. 269Life est un mouvement israélien qui rue dans les brancards et assimile la condition animale dans l’industrie à la Shoah. C’est certainement discutable, mais c’est un positionnement moral radical.

Alors comment en arrive-t-on  encore une fois en France à des gens interprétant une telle radicalité… dans un sens réformiste, en acceptant qui plus est que des nazis soient dans leurs rangs?

2 octobre 2012. Enchaînés aux piquets qui forment autour d’eux un enclos de fil barbelé, trois hommes à demi-nu attendent en silence, assis sur les pavés de la place Rabin à Tel Aviv.

Un groupe d’individus encagoulés et vêtus de noir vient interrompre l’étrange tranquillité de la scène et s’empare un à un des hommes pour les immobiliser au sol. Un mètre plus loin, le souffle d’un chalumeau caresse une pièce d’acier sur laquelle est inscrit le numéro 269. Tour à tour et dans une violence orchestrée, les trois hommes vont se faire marquer le corps au fer rouge devant les visages choqués des badauds.

Cette première action-choc marque la naissance de 269Life en Israël et à travers le monde. À l’origine du mouvement, un jeune Israélien de 29 ans, Sasha Boojor, qui explique que son mouvement demande “la libération inconditionnelle des animaux”.

Le numéro 269 appartient à un veau que les activistes ont sauvé de l’abattoir dans une ferme laitière de la campagne israélienne. Le bovin est devenu le symbole du mouvement tant son utilisation dans la production de lait, de cuir et de viande est emblématique de l’exploitation animale.

Selon un manifeste publié sur leur site web:

“Il n’existe pas de cage assez grande, de lame assez bien aiguisée pour justifier l’exploitation industrielle des animaux […] La manière dont notre espèce traite les animaux prouve la complète contradiction avec la manière dont nous nous percevons, comme entité d’une société progressiste, juste et morale.”

Du militantisme à l’activisme

Pour Sasha, le végétalisme qu’il pratique depuis plus de dix ans n’est qu’une première étape essentielle “que toute personne responsable devrait effectuer”, mais elle n’est pas suffisante.

Après des années de militantisme “traditionnel”, le jeune homme décide de passer à l’action. Il ne croit plus aux méthodes de sensibilisation des autres associations et au végétalisme “trop passif”. Sasha organise une série d’événements destinés à choquer et à “utiliser sur les humains, la violence imposée aux animaux”.

Démarrage réussi pour 269Life avec le marquage au fer rouge de Sasha et de deux autres activistes en octobre 2012. Une vidéo visionnée plus de 340.000 fois sur YouTube, partagée par des milliers de personnes sur les réseaux sociaux, et de nombreux autres “marquages” en République tchèque, aux Etats-Unis ou en France.
En Israël, des activistes militent de façon inédite pour le végétalisme et la libération des animaux. Fédérés au sein du mouvement 269Life, ils multiplient actions-chocs et inondent les réseaux sociaux.

Depuis, le groupe alimente plusieurs fois par jour sa page Facebook et organise d’autres mises en scène dans les rues de Tel Aviv ainsi que des expéditions de libération dans des fermes du pays.

Plusieurs milliers de militants se sont fait tatouer “269” sur le corps pour afficher leur soutien à la cause animale.

Plusieurs fois arrêté et placé en garde à vue, Sasha réplique : “Aller en prison ne me dérange pas, c’est la manière dont les animaux sont emprisonnés qui me dérange”.

Lors de leur dernière action, qui les a conduits a déverser du faux sang et des poussins morts dans les bureaux d’une entreprise gestionnaire de fermes avicoles, les participants ont tous été placés en garde à vue par la police et relâchés le lendemain.

“Shoah animale” ?

Quid du caractère extrême de ces actions ? Selon Sasha, il n’y a « aucune autre alternative pour réveiller les consciences ».

Pourtant des voix s’élèvent contre 269, leur actions et leur discours, même au sein des sympathisants de la cause animale. Les premières critiques sont apparues lorsque le mouvement a décidé de joindre la parole aux actes et a qualifié l’industrie de la viande d’« holocauste animal » en écho aux déclarations d’écrivains et de survivants de la Shoah devenus végétariens.

Isaac Bashevis Singer, auteur juif et prix Nobel de littérature en 1978 a été l’un des premiers à faire cette analogie dans l’un de ses romans. Ainsi, il écrit dans “The Letter Writter” :

“Dans les relations avec les animaux, tous les gens sont des nazis ; pour les animaux, c’est un éternel Treblinka.”

Pour les activistes de 269, les similitudes avec la Shoah sont frappantes (transports, logistique des abattoirs, tatouages). Ces déclarations ont fait l’effet d’une bombe dans l’état hébreu où les questions relatives à la Shoah sont, encore aujourd’hui, sur toutes les lèvres.

Une version française du mouvement

269 a fait des émules dans plus de 40 pays à travers le monde et notamment en France où l’on comptabilise plusieurs centaines de sympathisants.

Philippe (Le prénom a été modifié) est porte-parole et initiateur du collectif français depuis février 2013 : “Sasha et ses amis nous conseillent et nous soutiennent. Nous travaillons en collaboration avec les Israéliens pour développer nos actions ». Philippe a été séduit par la façon innovante de parler de la protection animale et, selon lui, la violence des actions permet de toucher une nouvelle frange de militants qui n’a plus confiance en la méthode douce.

Contrairement au positionnement de Sasha, la déclinaison française se focalise sur la protection des animaux et non pas sur leur libération inconditionnelle car « la puissance des lobbies est trop importante en France » selon Philippe.

Dès sa création, 269Life France a été épaulé par d’autres associations emblématiques comme L214, qui lui ont apporté soutien et crédibilité. Pour Philippe : “En France, on a décidé d’éduquer les animaux humains pour sauver un maximum d’animaux non humains sur le long terme.”

La dernière sortie des activistes français date du 1er février, lorsqu’ils ont organisé un simulacre de banquet, place de la Bastille, à Paris, au cours duquel étaient présentées au public des têtes, respectivement de mouton, d’agneau, de porc, et en bonne place, une tête humaine.

Le storytelling, les mises en scène et la communication bien huilées de 269 semblent fonctionner, mais jusqu’où les activistes sont-ils prêts à aller pour faire entendre leur cause ? À cette question, Sasha répond : “Mon dévouement pour les animaux est tout pour moi, il n’y a que ça qui compte et je donnerai ma vie pour eux “.

Jeux olympiques de Sotchi et course anthropocentriste à la destruction

La grande actualité médiatique du moment consiste en les jeux olympiques, cette machinerie commerciale autour de gens dopés et dont la pratique sportive est pratiquement militaire: le degré zéro du sport pour la santé et le plaisir du jeu (nous en avons bien sûr déjà parlé: Contre le sport version jeux olympiques et pour l’éducation physique, Les Jeux Olympiques de Vancouver: nous sommes maintenant dans la guerre contre la Terre elle-même,  J.O. de Vancouver et massacre de huskys: la guerre contre Gaïa, avant, pendant et après,).

Une autre preuve du caractère dénaturé de ces jeux est bien entendu la dimension industrielle. Voici ce que dit l’ancien “skieur acrobatique” Edgar Grospiron, qui était allé à Sotchi en 2010, en tant que membre d’une délégation de préparation de la candidature d’Annecy pour organiser les jeux olympiques. Il explique dans une interview :

« J’y suis allé en hiver, mais on voit quand même des palmiers. Le bord de mer est très peu construit, peu urbanisé, encore sauvage.

Le Caucase, ce sont des forêts immenses, denses, avec des montagnes peu peuplées. Les Jeux vont apporter une touche de modernité. »

La “modernité”… que ne fait-on pas au nom de ce mot, et comme si c’était moderne de saccager comme on le fait depuis des décennies, voire des centaines d’années, ou bien même des milliers si l’on prend l’anthropocentrisme…

Les médias ont largement couvert les dégâts dans la région de Sotchi, voici une petite compilation d’informations fournie par un blog du quotidien Sud Ouest:

Tout d’abord, organiser les Jeux olympiques d’hiver dans une station balnéaire, à l’heure du réchauffement climatique, il fallait oser. Poutine a relevé le défi en proposant Sotchi.

Située sur les bords de la mer Noire, avec les montagnes du Caucase en arrière-plan, Sotchi, un lieu de villégiature estival où poussent les palmiers, ne disposait que d’une petite station de ski, Krasnaïa Poliana.

Température moyenne sur le site en février 2013: 8°C… D’où la nécessité de constituer d’énormes réserves de neige, pour permettre aux skieurs de skier, juste au cas où…

Près de 700.000 m3 de neige, naturelle et artificielle, ont ainsi été stockés en 2013, et entassés en quatorze “collines”, à plus de 1.100 mètres d’altitude.  Les sept premières “collines de neige” auraient coûté l’équivalent de près de 5,5 millions d’euros.

Le coût des Jeux de Sotchi est estimé à environ 50 milliards de dollars.

En 6 ans, ce sont près de 36 milliards d’euros qui ont été investis dans la ville et dans la station de Rosa Khutor, où doivent se dérouler les épreuves de ski alpin, de bobsleigh, de ski de fond et de saut à ski.

Si certains bâtiments de la vieille ville étaient déjà en place, c’est une ville olympique qui est pratiquement sortie de terre, avec son aéroport, deux gares ferroviaires, 200 km de voies ferrés, 400 km de routes et 77 ponts.

Mais aussi 12 tunnels, des stations de ski, trois villages olympiques, cinq patinoires géantes et de nombreux immeubles…

Impossible d’imaginer que tout cela puisse se faire sans aucun impact sur l’environnement. En Russie comme ailleurs, pour les écologistes, la question n’est pas d’interdire par principe les projets d’infrastructure, mais de les mener à bien sans qu’ils s’avèrent désastreux pour l’équilibre écologique des territoires concernés et la vie de leurs habitants.

Dans le cas de Sotchi, les travaux menés tambour battant ont fait fi de toutes les problématiques environnementales.

Pour construire “Sotchi JO 2014”,  il a fallu abattre entre 2.000 à 4.000 hectares de forêts :  un sacré choc pour la biodiversité animale et végétale locale. Selon la WWF, l’organisation mondiale de protection de la nature, les organisateurs se sont “à peine occupés” de l’impact sur les espèces animales.

Précisons tout de même: les véritables écologistes ne sont pas là pour constater les dégâts ou bien pour “mener à bien” correctement des projets d’infrastructures… Une écologie authentique sait affirmer que l’humanité doit reculer face à la Nature!