• L’exploitation animale : prévisions d’ici 2026

« Pourquoi les animaux ne parlent pas »

L’un des arguments les plus mis en avant pour dévaloriser les animaux (non humains) est leur réduction à des sortes de machines réagissant simplement avec des pulsions. C’est ce qu’explique ici Descartes, dans une Lettre à Newcastle.

Les animaux ne réagiraient que de manière mécanique, ils ne disposeraient pas du libre-arbitre et la preuve de cela serait leur absence de langage. Descartes en veut pour preuve que, si ce n’était pas le cas, ils tenteraient de s’adresser à nous, d’une manière ou d’une autre. Et s’ils le font, alors Descartes réduit cela à des « pulsions », des automatismes.

Il y a alors deux solutions: soit accorder aux animaux le statut d’individu, ce que veut l’idéologie des « droits des animaux ». L’individu se voit reconnu des « droits » relevant de la constitution formée par les humains. C’est ce qu’on appelle le droit « positif ». L’objectif est alors une sorte de 1789 pour les animaux.

Soit au contraire réfuter que l’être humain dispose du libre-arbitre, ce qui est alors la position de l’athéisme. Cela revient à considérer que tous les êtres vivants ont des droits en tant que tel, parce que la Nature cherche à développer la vie, elle évolue et cherche à devenir plus complexe, plus développée, plus épanouie, etc. C’est ce qu’on appelle le droit « naturel ». Les individus sont alors compris comme un élément du tout.

La question du langage montre que c’est l’athéisme qui a raison. C’est la Nature qui existe sur notre planète, c’est elle qui se transforme, il n’y a pas eu de « Dieu » pour parler et ainsi créer comme le prétend la genèse avec la formule « Dieu dit: Que la lumière soit! Et la lumière fut ».

Montaigne a ainsi raison quand il se moque de la prétention humaine:

« La présomption est notre maladie naturelle et originelle. La plus calamiteuse et frêle de toutes les créatures, c’est l’homme, et quant et quant la plus orgueilleuse.

Elle se sent et se voit logée ici, parmi la bourbe et le fient du monde, attachée et clouée à la pire, plus morte et croupie partie de l’univers, au dernier étage du logis et le plus éloigné de la voûte céleste, avec les animaux de la pire condition des trois ; et se va plantant par imagination au-dessus du cercle de la lune et ramenant le ciel sous ses pieds.

C’est par la vanité de cette même imagination qu’il s’égale à Dieu, qu’il s’attribue les conditions divines, qu’il se trie soi-même et sépare de la presse des autres créatures, taille les parts aux animaux ses confrères et compagnons, et leur distribue telle portion de facultés et de forces que bon lui semble. Comment connaît-il, par l’effort de son intelligence, les branles internes et secrets des animaux ? Par quelle comparaison d’eux à nous conclut-il la bêtise qu’il leur attribue ? »

Voici donc ce que dit inversement Descartes:

Enfin, il n’y a aucune de nos actions extérieures, qui puissent assurer ceux qui les examinent, que notre corps n’est pas seulement une machine qui se remue de soi-même, mais qu’il y a aussi en lui une âme qui a des pensées, exceptées les paroles, ou autres signes, faits à propos de ce qui se présente, sans se rapporter à aucune passion.

Je dis les paroles ou autres signes, parce que les muets se servent de signes en même façon que nous de la voix ; et que ces signes soient à propos, pour exclure le parler des perroquets sans exclure celui des fous, qui ne laisse pas d’être à propos des sujets qui se présentent, bien qu’il ne suive pas la raison ;

et j’ajoute que ces paroles ou signes ne se doivent rapporter à aucune passion, pour exclure non seulement les cris de joie ou de tristesse, et semblables, mais aussi tout ce qui peut être enseigné par artifice aux animaux ; car si on apprend à une pie à dire bonjour à sa maîtresse, lorsqu’elle la voit arriver, ce ne peut être qu’en faisant que la prolation de cette parole devienne le mouvement de quelqu’une de ses passions ;

à savoir, ce sera un mouvement de l’espérance qu’elle a de manger, si l’on a toujours accoutumé de lui donner quelque friandise, lorsqu’elle l’a dit ; et ainsi toutes les choses qu’on fait faire aux chiens, chevaux et aux singes ne sont que des mouvements de leur crainte, de leur espérance, ou de leur joie, en sorte qu’ils les peuvent faire sans pensée.

Or, il est, ce me semble, fort remarquable que la parole étant ainsi définie, ne convient qu’à l’homme seul.

Car bien que Montaigne et Charron aient dit qu’il y a plus de différence d’homme à homme, que d’homme à bête, il ne s’est toutefois jamais trouvé aucune bête si parfaite qu’elle ait usé de quelque signe, pour faire entendre à d’autres animaux quelque chose qui n’eût point de rapport à ses passions, et il n’y a point d’homme si imparfait qu’il n’en use ; en sorte que ceux qui sont sourds et muets, inventent des signes particuliers, par lesquels ils expriment leurs pensées.

Ce qui me semble un très fort argument, pour prouver que ce qui fait que les bêtes ne parlent point comme nous, est qu’elles n’ont pas de pensées, et non point que les organes leur manquent.

Et on ne peut pas dire qu’elles parlent entre elles, mais que nous ne les entendons pas ; car, comme les chiens et quelques autres animaux nous expriment leurs passions, ils nous exprimeraient aussi bien leurs pensées, s’ils en avaient.

« Febrero, el miedo de los galgos »

La situation des lévriers galgos en Espagne est l’un des plus grands crimes généralisés relevant de la « tradition » (voir par exemple notre article Les lévriers Galgos, torturés et massacrés à grande échelle en Espagne). La dimension de ces massacres, leur haut niveau de brutalité et de torture, tout cela fait que le scandale devrait être général et international.

Il existe d’ailleurs de nombreuses personnes organisant le soutien aux galgos, notamment en France (Galgos France, Association Galgos…).

De fait, le processus est lent, mais on devrait y arriver. Aussi peut-on apprécier à sa juste valeur cet article très documenté que vient de publier le quotidien Le Monde.

D’une certaine manière, il a une dimension historique. Il parle d’une actualité – un film en défense des galgos, intitulé Febrero, el miedo de los galgos (« Février, la hantise des galgos »), et il présente la situation des animaux.

A l’avenir, innombrables seront de tels article d’informations – la question animale est incontournable au 21e siècle. Et elle ira forcément dans le sens de la libération animale!

En Espagne, le « calvaire » des lévriers

Ces images de chiens attachés à un véhicule, forcés à le suivre sur une vingtaine de kilomètres pour les entraîner à courir, seuls trois députés espagnols ont pu les voir. Mercredi 12 mars, pas un de plus n’est venu à la présentation organisée spécialement pour les 350 membres du Congrès. C’est peu, très peu même, surtout quand l’on sait le surprenant succès rencontré à travers le pays avant ce rendez-vous avec ses représentants : 70 demandes de projection en deux mois, organisées spontanément par des salles de cinéma de Barcelone, Madrid, Séville, ou Valence, et des dizaines d’interviews pour Irene Blanquez, à l’initiative du projet.

D’ordinaire monteuse de films publicitaires, celle qui avec Febrero, el miedo de los galgos (« Février, la hantise des galgos ») signe son premier documentaire est pourtant ravie d’avoir pu accéder aux décideurs politiques, accompagnée de militants associatifs et de propositions pour enfin briser « le calvaire des lévriers espagnols », les galgos.

L’Espagne est l’un des seuls pays européens à autoriser, encore aujourd’hui, la chasse sans fusil. En 2004, l’Angleterre a finalement décidé de bannir la chasse à courre de son territoire, pourtant vieille de quatre siècles. En France, si la vénerie attire encore quelques milliers d’amateurs, une proposition de loi a été déposée en mai dernier pour la faire arrêter, et l’utilisation de lévriers est interdite depuis 1844.

L’Espagne se singularise par les modalités de sa pratique : dans les larges plaines caillouteuses de la moitié sud du pays, au cœur des communautés autonomes de Madrid, de Castille-La Manche ou d’Andalousie, la chasse au lièvre prend la forme d’une course entre chiens, lâchés dès qu’une proie apparaît à l’horizon. Selon Irene Blanquez, 190 000 chasseurs s’adonneraient encore aujourd’hui à un exercice populaire toujours très ancré dans les zones rurales, où ceux qui élèvent et entraînent des chiens se souviennent l’avoir fait « toute leur vie ».

DES MILLIERS DE CHIENS CONCERNÉS CHAQUE ANNÉE

Plus que la chasse elle-même, ce sont surtout ses conséquences sur les chiens qui alertent les défenseurs des animaux. Elevés en nombre par leurs propriétaires « galgueros », surentraînés, ils seraient tués, trop souvent torturés, et au mieux abandonnés dès lors que leur charge prendrait le pas sur leur utilité. L’échéance est rapide : un lévrier voit ses performances fondre dès ses trois ou quatre ans. Elle peut être plus courte encore, car la tradition se mêle aussi de l’« honneur » du chasseur et refuse une victoire à un chien « sale », qui aurait rusé, empruntant virages et raccourcis pour faciliter sa tâche, ce qui ne tarde pas à arriver lorsque celui-ci gagne en expérience. Pour laver cet « affront », les propriétaires sont accusés de déployer, sur les chiens coupables, de barbares techniques de mise à mort. Sur les images filmées par ceux qui s’en émeuvent, des animaux démembrés, lacérés, squelettiques.

« Miroir grossissant de comportements déviants », accusent les galgueros. « Je suis pourtant tombée dessus avec évidence durant mes tournages, et mes interlocuteurs ne voyaient pas en quoi cela pouvait être problématique », se souvient Irene Blanquez. Chaque année, des milliers de chiens seraient ainsi concernés. Pas moins de 50 000, avancent certaines associations. « Le phénomène est difficile à quantifier », avoue la réalisatrice, « mais on sait par exemple que cette année, pour le seul mois de février, durant lequel se termine la saison de chasse, plus de 3 000 chiens ont été sauvés », beaucoup dans un triste état de santé.

Oscar Hernandez Zarzuelo, président de la fédération de galgos de Castille-La Manche, récuse avec fermeté ces chiffres « mensongers » et avance une autre théorie : « La grande majorité des chiens qui semblent abandonnés en Espagne sont le résultat de vols », au détriment des galgueros, et destinés à alimenter un marché noir. M. Zarzuelo, qui dit représenter les pratiquants d’un « sport qui réunit le plus de personnes après le football » dans sa région, et une activité « ancestrale » aujourd’hui très réglementée, contre-attaque en mettant en cause l’intégrité des défenseurs des animaux : « Derrière les associations de protection des animaux, il y a un important commerce d’adoption de galgos en Europe. » Brigitte Auloy, chargée de mission à l’international au sein de la Fondation Brigitte-Bardot, qui intervient aujourd’hui dans une soixantaine de pays, conteste cette version des faits : « En fait, la majorité des galgos abandonnés finissent en fourrière et sont euthanasiés. Ils ne font le négoce de personne. »

MINCE SOUTIEN POLITIQUE

Selon Mme Auloy, certaines campagnes espagnoles se caractériseraient par la prégnance d’une culture peu soucieuse du bien-être animal, dont seraient victimes les lévriers. « A l’instar de la corrida, entre autres traditions locales, l’animal est encore trop souvent considéré comme un divertissement, ou dans le cas des galgos, comme un outil de travail dont on se débarrasse facilement. Il faudrait faire évoluer les mentalités », explique-t-elle. Irene Blanquez a les mêmes mots : une campagne nationale de sensibilisation serait nécessaire. Or, aujourd’hui, si de nombreux bénévoles se mobilisent, « face à l’ampleur de la situation et avec le temps et l’argent dont ils disposent, ils ne peuvent que répondre à l’urgence, c’est-à-dire soigner les animaux blessés et tenter de les faire adopter ».

Les soutiens politiques sont minces, dans un pays où même le roi s’affiche aisément en tenue de chasse, arme à la main et gibier aux pieds, et où « la moitié des députés » partageraient cette passion, si l’on en croit Mme Blanquez. Et si le code pénal espagnol prévoit bien jusqu’à un an d’emprisonnement en cas de maltraitance d’un animal domestique, dans une question à la Commission européenne posée en 2011, des députés européens s’inquiétaient de constater que cela n’était « pas du tout mis en application en Espagne, en tout cas pas lorsqu’il s’agit des galgos ». « Le bien-être des chiens n’est pas du ressort de l’UE, ce problème reste sous la seule compétence des Etats membres », bottait alors en touche la Commission.

Michèle Striffler, députée européenne (UDI), confirme cette inertie des structures politiques espagnoles et européennes : « Les chasseurs en Espagne sont très puissants et leur lobby a un poids qu’on n’imagine pas forcément. » En avril 2013, la député tente d’interpeller de nouveau la Commission au sujet des « tortures infligées aux lévriers » en rédigeant une déclaration dénonçant le non-respect par l’Espagne des textes européens relatifs à la protection animale. Las, malgré une mobilisation de militants derrière elle pour presser ses collègues de la soutenir, celle-ci ne convaincra que 221 signataires sur les 766 possibles, une majorité étant nécessaire pour transmettre l’initiative. « C’est affligeant. Les députés n’ont pas osé », se désole Mme Striffler, qui a décidé de se rendre directement en Espagne en avril prochain pour essayer de faire entendre sa cause auprès des autorités locales.

PREMIÈRE CONDAMNATION EN 2013

En attendant plus vaste soutien, la défense des chiens de chasse espagnols est donc principalement le fait du monde associatif. Espagnol, mais aussi, de façon surprenante, issu des pays voisins. Chaque année, la Fondation Brigitte-Bardot déclare dépenser plusieurs milliers d’euros en frais vétérinaires pour soigner les animaux blessés, des sommes « encore bien insuffisantes ». Surtout, plusieurs associations françaises, belges, ou allemandes, aident à l’adoption des rescapés. « Les Espagnols ouvrent des yeux comme des soucoupes quand ils voient les galgos sur nos canapés. Pour eux, c’est une aberration de les avoir comme chiens de compagnie. Et il est donc très difficile de les faire adopter sur place », explique Nelly Moullec, présidente de l’association Galgos France, qui chaque année parvient à faire recueillir environ 250 chiens par des familles françaises.

Malgré la difficulté de la situation, les militants croient pourtant voir poindre quelques signes d’encouragement. A la fin de 2013, pour la première fois, un chasseur a été condamné à sept mois de prison pour avoir pendu l’un de ses chiens. Plus encore, en Espagne, c’est le travail de prise de conscience qui semble enfin démarrer. En février, le très célèbre présentateur de télévision Jorge Javier Vazquez s’est joint au mouvement de protestation, dénonçant au milieu de son émission de divertissement le sort des galgos. « Il semble que dans les cercles people avoir un lévrier devienne à la mode, note Irene Blanquez avec espoir. Les médias commencent à s’intéresser un peu au sujet, et, en voyant le succès de mon documentaire, je crois que la société est surtout prête à changer cette situation. »

On est libre de ne pas attendre quelque chose des « cercle people », ni même d’une société subissant une terrible crise économique et qui par conséquent risque de se tourner toujours plus vers le social-darwinisme et le nationalisme. Il est facile de voir que sans révolution des mentalités, sans révolution tout court, on ne se débarrassera pas des ces « traditions » et de ces mentalités barbares, tout à fait par ailleurs dans l’esprit « franquiste ».

Des recettes « végétales » qui contiennent des produits laitiers

C’est un problème récurrent, qui tient aux définitions. Dans les commerces alimentaires ou dans les revues en effet, il est possible de trouver des produits mentionnés comme étant d’origine végétale ou des recettes « végétales ». Nous avions déjà évoqué ce problème.

Mais quand on y regarde de plus près, ces produits ne sont pas du tout végétaux…

Par exemple, en supermarchés se trouve la « pizza végétale Ristorante » de la marque Dr Oetker. Seulement, la liste des ingrédients montre immédiatement que cela relève de la supercherie intellectuelle : Farine de blé, 19% purée de tomate, 12% fromage (mozzarella, edam), 9% tomates cerises, 9% poivrons, eau, crème aigre, huile végétale, 3% oignon, 3% préparation de piments (piments, eau, vinaigre de vin, sel, antioxydant (acid ascorbique), acidifiant (acide citrique), 1.5% olives, levure, sel iodé, sucre, amidon modifié, ail, origan, cosses de piment, poivrons, concentré de tomates, protéines de soja hydrolysées, acidifiant (acide lactique), extrait de levure, matière grasse végétale, vinaigre de vin, farine de riz, caramel, dextrose, carottes en poudre, oignons en poudre, poivre.

Le fromage n’est bien sûr pas un produit végétal, le lait étant produit par les vaches qui attendent un veau, les produits laitiers (et de ce fait le fromage) sont donc des produits venant des animaux.

Seulement, bien sûr, le lait a une définition « floue », parce qu’il rentre de plein pied dans l’exploitation animale. Ainsi, selon le Règlement (CEE) n° 1898/87 du Conseil du 2 juillet 1987 concernant la protection de la dénomination du lait et des produits laitiers lors de leur commercialisation :

La dénomination «lait» est réservée exclusivement au produit de la secrétion mammaire normale, obtenu par une ou plusieurs traites, sans aucune addition ni soustraction.Toutefois, la dénomination «lait» peut être utilisée:

Suivent alors diverses exceptions. En tout cas, suivant cette définition, le beurre et la crème… ne seraient pas des produits laitiers, mais des « matières grasses ». Même les glaces ne sont pas considérées comme des produits laitiers!

Et donc, de manière intéressante, le lait en tant que sécrétion mammaire de la vache est séparé du reste des productions du corps, qui sont alors des « sous-produits » comme le précise de manière pseudo « subtile » la législation européenne :

Les sous-produits animaux sont définis comme les cadavres entiers (ou parties) d’animaux ou les produits d’origine animale non destinés à la consommation humaine, y compris les ovules, les embryons et le sperme. Ils représentent plus de 15 millions de tonnes de viande, de produits laitiers et d’autres produits, y compris le lisier. Ces matières sont ensuite éliminées ou transformées et réutilisées dans un grand nombre de domaines, y compris le secteur cosmétique ou pharmaceutique, ainsi qu’à d’autres usages techniques.

Voilà de sérieuses subtilités n’aidant pas à la clarté. Ainsi, et ce cas n’est pas rare, et si l’on y prête un peu attention, il est facile de voir que bon nombre de produits définis comme « végétaux » contiennent une matière d’origine animale. Le flou légal permet d’entretenir le flou général, et inversement.

En voici un autre exemple avec cette recette issue d’un quotidien régional de « galette végétale » qui contient… du yaourt !

Parce qu’un aliment ne contient pas de « viande » il n’en devient pas pour autant un produit végétal. Le miel, les œufs, les produits laitiers, sont des éléments produits par les animaux et qui sont issus de leur exploitation.

Un plat aux légumes et au fromage n’est pas un plat végétalien, c’est un plat végétal… et au fromage! C’est pourtant simple, mais voilà, il y a une idéologie dominante.

Pourtant, tout le monde sait que le lait n’est pas un végétal, quelque chose qui pousse dans les arbres ou dans la terre.

Il serait ainsi grand temps d’arrêter ces fausses appellations, qui sont totalement aberrantes. Pour cela, il faut de la rationalité, des définitions.

Pour cela, il faut arrêter le jeu de la confusion entre végétarisme et véganisme, tout le discours relativiste; il faut barrer la route à l’absence de définitions strictes et de règles, car c’est aussi à cause de ce genre de dénominations mensongères qu’apparaissent des personnes qui se prétendent végétariennes tout en mangeant les poissons ou les poulets, qu’il y a la porte ouverte aux flexitariens et aux laxistes en tout genre, hipsters et autres.

Une installation dans un ours empaillé?

Voici une information totalement grotesque, diffusée ici par le quotidien Le Figaro : au début du mois d’avril, à Paris, une personne issue du milieu se voulant artistique va vivre pendant quinze jours dans le corps d’un ours naturalisé….

Le but de cette manœuvre serait, selon l’initiateur du projet, d’avoir un accès mystique à la vie de l’animal lui-même! On va tout de même très loin dans l’obscurantisme….

Mais cela n’est pas étonnant, puisque cela se passe au « musée de la chasse et de la nature » – on reconnaît là tout le « mysticisme » propre à l’idéologie de la chasse, dont nous parlons malheureusement bien souvent.

On n’échappe d’ailleurs pas non plus à l’egotrip typiquement décadent, puisqu’il y aura des caméras pour filmer la personne non stop, comme l’explique le communiqué de presse:

Allongé dans l’animal taxidermé, ne disposant que du strict nécessaire à sa survie, le performeur sera épié en permanence par deux caméras de surveillance. L’expérience de l’artiste s’appliquant à « devenir animal » sera relayée en permanence et en direct sur le nouveau site Internet du musée.

Voici comment le quotidien Le Figaro présente ce « happening » sordide.

INSOLITE – Du 1er au 13 avril, au Musée de la Chasse et de la Nature, un performeur va vivre à l’intérieur d’un ours brun naturalisé.

Ça va sentir le fauve! Tel Jonas dans sa baleine, Abraham Poincheval va s’isoler treize jours durant dans un ours empaillé. Au Musée de la Chasse et de la Nature on promet que ce n’est pas un poisson d’avril mais une performance artistique qui «puise son inspiration dans le chamanisme».

Du 1er au 13 avril, donc, Abraham Poincheval dormira, mangera, fera ses besoins, et passera le temps en lisant dans son animal de 115 kilos qu’il a reconstitué et aménagé en capsule de survie. La bête sera installée au centre du salon de Compagnie de l’hôtel de Guénégaud, au premier étage de ce musée parisien.

L’artiste va tenter «d’accéder à un état méditatif»

Assis comme dans une chaise longue rembourrée de coussins, le performeur, ne disposant que du strict nécessaire, tentera «d’accéder à un état méditatif, d’expérimenter les conditions de vie de l’animal et la perception du monde qui est la sienne».

Son expérience sera médiatisée en direct via le site du musée. Elle a déjà connu quelques précédents. Abraham Poincheval a été emmuré une semaine dans une librairie et enterré sous le parvis de l’hôtel de ville de Tours pendant huit jours.

« Expérimenter les conditions de vie de l’animal et la perception du monde qui est la sienne« , voilà que cet « artiste » ne doute de rien ! Comme si un ours empaillé allait lui « transmettre » quelque chose parce qu’il s’installe dedans, de manière aménagée avec de la nourriture lyophilisée et des tubes pour boire et évacuer les déchets… C’est complètement délirant.

On atteint ici un très haut niveau de négation de la Nature, au profit du pure « esprit ». Car expérimenter les conditions de vie de quelqu’un, c’est vivre avec lui au quotidien, partager les joies et les peines, la facilité et la dureté de la vie, et certainement pas se mettre en avant devant un public en faisant son show dans le corps d’un animal mort.

Ici, ce pseudo artiste crucifie une fois de plus la dignité animale et cela au nom de l’expérience « personnelle ». Encore et toujours on retrouve le culte de l’ego contre la Nature.

D’ailleurs, le type met son « expérience » sur le même plan que la découverte « des Amériques » (voir la vidéo ici), rien que ça!

Alors que l’art pourrait être un moyen pour représenter, et aussi dénoncer, critiquer, pour servir des causes nobles (comme cet artiste qui fait des portraits des chiens dans les refuges)….

Ici, une nouvelle fois, on a les animaux pris en otage pour un geste décadent pseudo artistique anti-végan, pour « expérimenter » des actions futiles où vulgarité, perversion et égocentrisme sont de mises et érigées en norme !

Le terrible cynisme de la directrice du « parc de Thoiry »

La directrice du « parc de Thoiry » est trop forte. Dans une interview donnée au Monde, elle tient des propos qui, dans 150 ans, feront halluciner les humains.

Colomba de La Panouse-Turnbull, directrice générale déléguée du parc et château de Thoiry (Yvelines), établissement privé membre de l’EAZA, va droit au but dans sa démarche.

Ce n’est pas simplement qu’elle explique, mais avec la froideur toute meurtrière de l’idéologie de l’exploitation animale, que :

Quoi faire, donc? Un zoo n’est pas la SPA : il n’a pas pour vocation de préserver chaque individu, mais de conserver l’espèce et sa diversité génétique.

Non, cela on le sait, on connaît, c’est un utilitarisme criminel, odieux, barbare. C’est prétentieux, anthropocentriste. De tels propos n’ont plus rien d’étonnant, tellement ils sont froids, cyniques, littéralement pathétiques dans leur raisonnement pseudo intelligent, et provocateur aussi.

Non, ce qui est le plus terrible, le plus honteux, c’est le prolongement de ce cynisme, son établissement en tant que système de valeur. Jusqu’au mépris, jusqu’à la guerre contre les sentiments.

Le journal Le Monde l’a interviewé, donc, au sujet de la mise à mort, improprement appelé euthanasie par ailleurs, de deux lions adultes et deux lionceaux âgés de 10 mois par le zoo de Copenhague il y a quelques jours (c’est le même zoo qui avait assassiné le girafon Marius).

La directrice du « parc de Thoiry » n’hésite pas seulement à parler d’euthanasie pour le meurtre d’un bébé (une honte!), mais voici aussi ici des propos inqualifiables, que l’on retrouve dans le second paragraphe de la réponse :

Pourquoi avoir attendu – comme pour les lionceaux de 10 mois – que ce girafon ait un an et demi pour l’abattre ?

On aborde là une autre question, sur laquelle tout le monde ne s’accorde pas. A Thoiry, si nous devons euthanasier un animal, nous le faisons à la naissance, avant qu’aucune relation affective ne se noue avec lui. Mais si on s’en tient à une logique purement biologique, le raisonnement du zoo de Copenhague est valable. Pour ses responsables, l’attitude la plus éthique consiste à préserver le bien-être animal coûte que coûte.

Cela veut dire qu’on laisse la mère élever son petit, parce que cela contribue à sa qualité de vie. Cela veut dire aussi que le petit, jusqu’à sa mort, a été heureux avec sa mère… Par ailleurs, l’abattage est une méthode qui, si elle est correctement appliquée (et on parle ici de professionnels qui ne ratent pas leur coup), ne fait pas souffrir l’animal. Marius était en train de manger, il ne savait pas qu’il allait mourir, il n’a pas eu peur…

Tout cela a un sens, c’est une logique tout à fait défendable. Mais une logique qu’on ne peut pas accepter en France, pour des raisons essentiellement affectives et irrationnelles.

Quelle terrible hypocrisie que ce cynisme qui ose parler de Marius heureux avec sa mère, alors qu’après on le tue! Qu’il faut de la froideur, du calcul odieux!

Et des « raisons essentiellement affectives et irrationnelles »… Ben voyons ! Tout le poids de la morale voulant qu’on ne tue pas reviendrait à de l’irrationnel, de l’affectif…

Il faut toute la froideur de la logique du meurtre calculé comme idéologie en arrière-plan pour oser exprimer des choses pareilles.

Comme si, de manière totalement raisonnable, on ne pouvait pas rationnellement considérer que tuer un être vivant par surprise ne relevait pas du crime et de l’hypocrisie …

Comme si l’affectif n’avait aucune valeur en soi! Il faut toute la froide et dénaturée logique d’un Descartes, avec sa « méthode », pour nier de cette manière la réalité des sens, la vie en elle-même!

Comme si ce qui comptait, ce n’était plus le meurtre, mais la manière de le faire !

Gageons, effectivement, que cette personne trouvera nombre d’appuis dans la logique du réformisme et du bien-être animal. Cependant pour ceux et celles qui défendent les animaux, il n’y a pas de demi-mesure, fausse par ailleurs, qui tienne.

Exécuter un girafon n’est pas « excusable » sous prétexte que cela aurait été par surprise… Quelqu’un qui assassine un innocent reste un assassin, voilà tout !

Enzy, American Staffordshire martyr à Toulon

Voici une une information diffusée dans la presse, concernant un acte de maltraitance, ou plus exactement, de torture et de meurtre, digne de la barbarie du moyen-âge. Le texte, évidemment donné par une agence de presse, est le même quel que soit le média (ici en l’occurrence c’est tiré du Parisien).

On peut voir facilement qu’il y a de nombreuses incohérences qui ressortent du jugement…

Une jeune femme de 25 ans a été condamnée mardi à six mois de prison dont deux ferme par le tribunal correctionnel de Toulon pour avoir abandonné son chien, mort en juin 2011 après une longue agonie.

La jeune femme était jugée pour «maltraitance», le tribunal a requalifié les poursuites en «abandon». Il l’a également condamnée à 600 euros d’amende et une interdiction, à vie, de détenir un animal.

La jeune femme était accusée d’avoir abandonné son animal – un American Staffordshire qui n’était ni tatoué, ni déclaré, ni stérilisé – plusieurs semaines dans un appartement à Toulon, sans eau ni nourriture, après une rupture sentimentale.

Le chien,nommé Enzy, avait été découvert mort dans un état de décomposition avancée dans un logement ravagé, témoignant de la lente agonie de l’animal: porte grattée, matelas déchiqueté, moquette arrachée. Ce sont les voisins, alertés par une odeur pestilentielle, qui ont appelé la police.
Le parquet avait requis six mois avec sursis.

Différentes associations de défense des animaux, comme la fondation Brigitte Bardot, la SPA ou encore la fondation 30 millions d’amis, s’étaient constituées parties civiles demandant la requalification des faits en abandon. Le jeune femme a été condamnée à verser un euro symbolique aux 7 associations et à la prise en charge, à hauteur de 500 euros chacune, de leurs frais de justice.

Début février, un jeune homme avait été condamné à un an de prison ferme par le tribunal correctionnel de Marseille pour avoir martyrisé un chaton de cinq mois dans des vidéos postées sur internet, suscitant une forte émotion.

L’American staffordshire terrier est un animal puissant. La loi le considère ainsi de manière particulière. Regardons déjà ce que dit la loi. Voici ce que nous explique wikipédia à ce sujet :

L’American staffordshire terrier est classé en France dans la catégorie 2 par la loi du 6 janvier 1999. Il ne peut donc pas être détenu par un mineur ou une personne condamnée avec un casier judiciaire °2. Il faut le déclarer à la mairie du domicile du propriétaire, le faire vacciner contre la rage tous les ans, souscrire une assurance de responsabilité civile le mentionnant expressément, nécessite aussi une identification par puçage ou par tatouage , lui mettre un collier, une laisse et une muselière pour passer dans les parties communes des immeubles collectifs, accéder aux lieux publics, aux locaux ouverts au public et emprunter les transports en commun. L’amstaff doit être tenu en laisse et muselé par un majeur.

S’il n’est pas inscrit au livre des origines françaises (LOF), l’American staffordshire terrier se trouve classé en France dans la catégorie 1 par la loi du 6 janvier 1999 qui demande les mêmes engagements que pour les catégories 2 mais qui oblige en plus à la stérilisation (mâle et femelle).
Depuis le 10 novembre 2008 le chien doit passer un test comportemental qui à l’issue de celui-ci le chien sera encore une fois classé sur une échelle de 1 à 4.

1 signifiant: Le chien ne présente pas de risque particulier de dangerosité en dehors de ceux inhérents à l’espèce canine et niveau 4 :Le chien présente un risque de dangerosité élevé pour certaines personnes ou dans certaines situations. Ces deux documents permettent de déclarer le chien en mairie. Une fois la déclaration enregistrée, le chien doit toujours être en règle.

Si l’on veut écraser la maltraitance, ou la torture, il faut écraser ses sources culturelles, mais aussi pratiques. En l’occurrence, le juge a dû, idéalement, demander d’où provenait ce chien.

Il l’a sans doute fait, puisqu’on apprend dans l’article que ce chien martyr n’était « ni tatoué, ni déclaré, ni stérilisé ». Cela signifie, par conséquent, que la loi a été enfreinte et que donc le chien relève de la catégorie 1, exigeant la stérilisation, parce qu’il n’est pas inscrit au livre des origines françaises.

Mais donc, ce chien, d’où vient-il ? C’est exactement ici que la loi montre son caractère trompeur. Ce qui a été jugé, c’est le comportement de la personne – il ne s’agit pas, et c’est honteux, de protéger l’animal en lui-même.

Si l’animal avait été reconnu pour lui-même, alors le procès n’aurait pas dû se tenir sans la mise en accusation des gens qui ont « fourni » cet animal. Mais le procès a dû, c’est évident, considérer que cette question serait floue et poserait trop de questions… « secondaires ».

Le procès a évité de creuser, et pour cause! Il aurait fallu parler du statut de l’animal en général, au-delà du drame particulier… Ce qui bien sûr doit être évité à tout prix, pour ne pas contribuer à remettre en cause l’exploitation animale…

C’est donc un « moment » de la vie de la personne humaine qui a été pris en question, et nullement le chien en lui-même. Or, la vie de ce chien a été placée sous responsabilité humaine de bout en bout – ne prendre qu’un maillon de la chaîne était cependant inévitable, car l’exploitation animale ne serait être remise en cause, évidemment…

Un couple de cigognes, en Croatie

Voici une information très intéressante, et allant droit au coeur, au sujet de nos amis les cigognes.

Elle a été relayée par de nombreux médias, ici par Ouest France. Relayée, mais partiellement, car la personne qui s’occupe de la cigogne en question a lancé un appel à l’aide pour des dons financiers (PBZ-a:  2340009-3103869346), mais également pour que quelqu’un prenne sa place s’il lui arrive malheur… Les médias ne se sont intéressés qu’au « sensationnel ».


Une histoire d’amour entre deux cigognes plus forte que les milliers de kilomètres qui les séparent. Le mâle est venu cette année pour la douzième fois.

Une histoire d’amour entre deux cigognes s’est avérée plus forte que les milliers de kilomètres qui les séparent, le mâle étant venu cette année pour la douzième fois consécutive retrouver sa bien-aimée qu’un handicap empêche de voler et la retient en Croatie.

« Cette année il est arrivé en avance »

Le mâle, baptisé Cliquetis, est une nouvelle fois venu d’Afrique australe, survolant quelques 13.500 km pour rejoindre la femelle Petite qui ne plus voler suite à une blessure d’une de ses ailes et qui vit depuis dans le village de Brodski Varos, dans l’est de la Croatie, où un retraité l’a adoptée.

« Il (Cliquetis) m’a réveillé (…) cette année il est arrivé en avance », a déclaré Stjepan Vokic, un ancien gardien d’école primaire, cité par l’édition en ligne du quotidien Vecernji List.

Et ils eurent beaucoup d’oisillons

Il y a 20 ans, Stjepan découvrait Petite, blessée à une aile par des chasseurs et s’occupe d’elle depuis. A la surprise générale, son compagnon Cliquetis ne l’a pas oubliée et revient chaque année au printemps. Le couple, dont l’histoire d’amour a attendri l’opinion publique croate, a régulièrement des petits.

Le père se charge d’apprendre à voler aux oisillons avant de repartir avec eux en direction de l’Afrique du sud alors que Petite reste au village et attend de revoir l’élu de son coeur.


On notera au passage une interview toute récente. Elle concerne le réchauffement climatique au Maroc et la situation des cigognes, leur nombre ayant chute de 63% au moins entre 1973 et 2005. Il s’agit d’une interview d’un responsable de l’Association de Protection des Cigognes Blanches, au Maroc.

Il y a lieu de noter ici quelque chose d’important. La personne qui aide la cigogne en Croatie n’est pas aidé par l’association WWF malgré sa demande, car sur le plan « théorique », ce qu’il fait n’est pas naturel.

De notre côté, nous considérons cela évidemment comme naturel, car nous voyons la Nature comme un grand tout se reliant, pas comme des éléments séparés voire totalement opposés.

Mais il faut bien voir qu’ici on rejoint le thème mis également en avant par l’Etat français, à savoir la séparation totale d’avec la Nature. Aider un animal sauvage est ainsi strictement interdit.

Bien entendu, il est tout à fait vrai qu’il y a des gens dont l’aide se transforme en oppression, car ils finissent par voir l’animal comme leur « marchandise », leur « jouet ». Pour autant, cela ne signifie pas qu’il n’est pas naturel, qu’il n’est pas normal, d’aider quelqu’un qui a besoin d’aide!

La position anti-Nature de la société française fait que si on voit un animal sauvage blessé, il faut le laisser mourir! C’est absurde, barbare. Et la seule justification théorique, c’est de « préserver » la Nature comme « ressources », ni plus ni moins.

Il existe pourtant des centres de sauvegarde de la vie sauvage. Mais ce sont des structures qui, finalement, sont floues juridiquement: elles récupèrent surtout des animaux protégés, elles dépendent de l’accord des préfets, bref, en pratique, elles ne sont pas au service de tous les animaux… On en revient toujours à ce rejet de la Nature, à cette mentalité française de séparation abstraite, fausse, dénaturée, entre Nature et culture.

Vidéos sur la catastrophe de l’exxon valdez

En raison des élections, et de toutes manières comme l’écologie est passée aux oubliettes, il n’y a pas eu dans les médias de « célébration » du triste anniversaire de la catastrophe de l’exxon valdez (voir notre article hier). Étant donné cependant que cela fait partie de la culture écologiste, voici des vidéos très intéressantes à ce sujet.

Elles sont en français et proviennent du Canada. Voici déjà une vidéo montrant comment les médias canadiens ont raconté ce terrible événement.

Voici enfin un documentaire, toujours canadien, extrêmement intéressant. La population humaine locale a en effet été frappée par la catastrophe, et donc de grandes enquêtes ont pu être menées, montrant toute l’hypocrisie d’exxon. Il y a ainsi eu une réunion publique avec un responsable d’exxon quelques jours après la catastrophe, des campagnes d’exxon, etc. Tout est analysé et montré avec un regard vrai et critique, même si de manière focalisée sur drame humain surtout.

Dans la dernière vidéo, au tout début on voit le panorama de comment la société exxon a réussi à ralentir et casser les jugements…

Voici également le documentaire « Black Wave – the legacy of the exxon valdez », malheureusement il est uniquement en anglais. Ici encore une fois c’est la dimension humaine qui est au centre des questions, ce qui est bien entendu toujours intéressant.

Voici une partie de la présentation du documentaire:

Dans les mois et les années qui ont suivi, la compagnie Exxon a mis sur pied une spectaculaire opération de nettoyage, en utilisant des tonnes de produits chimiques toxiques, accompagnée d’une campagne de relation publique sans précédent afin de redorer son image corporative.

C’est lorsque les caméras et les journalistes se retirent que les conséquences commencent à apparaître. Une quantité importante de pétrole s’est enfouie sous le sable, devenant accessible dans la chaîne alimentaire. Plusieurs mammifères et oiseaux continuent de s’intoxiquer. Certaines espèces n’ont jamais retrouvé les pertes subies. Des espèces de poissons ont disparu créant un déséquilibre écologique, mais surtout créant une crise économique pour les pêcheurs. Et les problèmes économiques ont entraîné de graves problèmes sociaux.

32,000 personnes ont déposé un recours collectif contre la compagnie Exxon, qui, après avoir été condamnée à payer des dommages-intérêts de cinq milliards de dollars aux plaignants, a multiplié les appels jusqu’à la Cour Suprême des Etats-Unis où elle vu le montant réduit à cinq cent millions de dollars. Une victoire morale pour ExxonMobil, une défaite amère pour la communauté de Cordova.

Au terme de cette longue saga judiciaire, Riki Ott et les pêcheurs de Cordova s’interrogent sur la justice et le pouvoir des grandes compagnies. Et tentent de reconstruire leur vie.

Il y a 25 ans, la catastrophe de l’Exxon Valdez

Le 23 février 1989, il y a 25 ans, le superpétrolier Exxon Valdez chargeait aux alentours de 21h 180 000 tonnes de pétrole brut, dans le sud de l’Alaska. Cependant, juste après minuit, il heurta un récif, et s’échoua… 11 des 13 citernes du navire sont endommagées, et 40 000 tonnes de pétrole brut se déversent, pour former 7 000 km² de nappes et toucher 800 km de côtes…

Nous avons déjà présenté cette catastrophe terrible (La catastrophe de l’Exxon Valdez). Ce n’est pas la seule, malheureusement, il faut également connaître celle de l’Ixtoc (Ixtoc-1 et la plus grande marée noire du 20ème siècle), sans oublier celle du Deepwater Horizon.

Il y a lieu de se demander pourquoi – mais la réponse est évidente – il n’existe pas des enseignements à ce sujet. Tant dans les écoles, que dans l’organisation de la vie sociale de l’humanité. Mais la réponse est évidente : les enjeux sont colossaux.

On pourrait penser que, après la catastrophe de l’Exxon Valdez en Alaska, la compagnie Exxon se soit retrouvée ruinée. Eh bien absolument pas. ExxonMobil Corporation, c’est 425 milliards de dollars en chiffre d’affaire, pour un bénéfice de plus de 45 milliards.

A titre de comparaison, c’est là le PIB de la Suisse : l’entreprise pèse même plus que 179 des 195 pays reconnus par l’ONU !

Niveau bénéfice annuel, c’est plus de 45 milliards de dollars… On comprend pourquoi à l’époque déjà, au moment de la catastrophe, l’entreprise a même pu payer deux milliards de dollars en quelques années, afin de payer 11 mille personnes pour tenter de nettoyer les dégâts, plus un milliard pour éviter de multiples procès, par exemple intentés par des industriels de la pêche.

Quant aux amendes punitives, à coups de procédures et d’avocats, elles sont passés de 5 milliards de dollars à 500 millions… Ce qui est autant d’argent conservé pour le profit, et également pour arroser différents lobbyistes niant l’origine humaine du réchauffement climatique !

Si l’on prend d’ailleurs le classement des meilleurs bénéfices réalisés dans l’histoire par une entreprise, on retrouve ExxonMobil aux cinq premières places (2005, 2006, 2007, 2008, 2011). Le sixième au classement est par exemple Apple avec ses bénéfices de 2012.

Pour en rajouter, l’une des conséquences de la catastrophe de l’Exxon Valdez a été la généralisation des navires à double coque, qui forment 79 % des transporteurs de pétrole brute. Et pourtant il est facile de deviner à qui appartiennent surtout les 21 % des navires à simple coque…

Car ExxonMobil a plus de navires de ce type que les 10 plus grandes compagnies pétrolières réunies !

Quant au futur, Exxon Mobil compte rester dans la partie, bien entendu. Voici ce que le Figaro annonçait au début de ce mois :

Exxon Mobil a annoncé aujourd’hui prévoir pour cette année une baisse de ses dépenses d’investissement et une production d’hydrocarbures stable.

Le groupe américain, première compagnie pétrolière cotée du monde, évalue ses dépenses à 39,8 milliards de dollars (29 milliards d’euros) en 2014 après un pic de 42,5 milliards l’an dernier. Elles seraient ensuite inférieures à 37 milliards sur la période 2015-2017.

En tout, Exxon prévoit de mettre en production dix projets majeurs cette année. La production de pétrole et de gaz naturel sera stable en 2014 puis devrait augmenter de 2 à 3% de 2015 à 2017, a précisé la compagnie avant sa présentation annuelle aux investisseurs.

La réponse à tout cela doit être simple. Des entreprises comme ExxonMobil ne doivent pas exister. La production d’énergie doit être entièrement organisée selon les critères de l’écologie radicale, sur la base de la morale propre à la libération animale et à la libération de la Terre.

La planète ne peut héberger la vie avec de telles activités destructrices « justifiées » par le profit, et ici il faut bien comprendre que la marée noire n’est qu’un aspect dramatique d’une série bien moins spectaculaire d’oeuvres relevant de l’écocide.

L’avenir appartient inévitablement à la prise de conscience, à la culture reconnaissant Gaïa, à la révolution pour briser de telles horreurs, et faire en sorte que la planète redevienne bleue et verte !

Le « poulet de l’enfer »

La Nature va de pair avec l’évolution: elle change, elle se transforme, elle devient toujours plus riche et complexe, sauf évidemment quand l’humanité vient tout massacrer. Une des choses importantes de ces dernières années dans la connaissance de l’évolution est la remise en cause des dinosaures comme ayant été de gros « lézards idiots ».

Il est en effet toujours frappant de voir la réaction de gens pétris de culture anthropocentriste lorsqu’ils découvrent des dinosaures avec des plumes: cela ne correspond pas à leur vision totalement social-darwiniste opposant le gros lézard au petit poulet!

Voici ainsi un article du Monde au sujet d’une nouvelle découverte en ce domaine. On y apprend des choses tant par les informations que par le côté racoleur du ton employé.

Découverte d’un nouveau dinosaure ressemblant à un « poulet de l’enfer »

Des paléontologues américains sont parvenus à reconstituer une espèce de dinosaure à plumes aux allures de poulet géant qui vivait en Amérique du Nord il y a 66 millions d’années.

Cette nouvelle espèce, appelée Caenagnathidae, appartient à la famille des dinosaures oviraptorosaures, connus grâce aux fossiles souvent bien préservés trouvés en Mongolie et en Chine. La découverte des trois squelettes, annoncée mercredi 19 mars, lève le voile qui entourait ce groupe précis de dinosaures depuis près d’un siècle. Les scientifiques ne disposaient jusqu’ici que de quelques fragments.

« IL DEVAIT ÊTRE TERRIFIANT »

Les fossiles présentés mercredi ont été trouvés à la fin des années 1990 dans la formation rocheuse de Hell Creek dans le Dakota du Nord et le Dakota du Sud, deux Etats du nord des Etats-Unis. Les scientifiques ont, depuis, réussi à reconstituer l’animal, assemblant les restes pour des spécimens fossilisés, pour reconstituer un squelette presque complet.

Il a été baptisé « Anzu Wyliei » : « Wyliei », d’après le nom du petit-fils d’un administrateur du Musée d’histoire naturelle Carnegie de Pittsburgh (Pennsylvanie), où se trouvent les trois squelettes fossilisés, et « Anzu » pour sa ressemblance à une divinité sumérienne démoniaque à l’apparence d’un aigle léontocéphale (à tête de lion).

« Anzu était une sorte de raptor géant avec une tête de poulet, probablement doté de plumes. Il devait être terrifiant », explique Emma Schachner, de l’université d’Utah, qui a participé aux recherches. De manière officieuse, les scientifiques ont surnommé d’ailleurs Anzu Wyliei « le Poulet de l’enfer », rapporte le Washington Post.

Haut de 1,5 mètre aux hanches et long de 3,5 mètres pour un poids de 200 à 300 kilos, ce dinosaure avait un cou très allongé, un bec sans dents et une crête ronde sur la tête comme celle des casoars, un oiseau d’Australie de la famille des autruches. Sa queue était relativement courte et épaisse et il avait de puissantes griffes terminant de longues pattes fines.

« Cette découverte est emballante, car Anzu est le plus grand oviraptorosaure trouvé en Amérique du Nord. [Il] est l’un des plus récents, à savoir qu’il vivait à une époque très proche de l’extinction des dinosaures », souligne Emma Schachner.

UN LIEN AVEC LE GIGANTORAPTORE

« Anzu est de très loin le Caenagnathidae le mieux préservé jamais découvert. Après presque un siècle de recherches, nous avons finalement trouvé des fossiles qui montrent à quoi ressemblaient ces créatures de la tête au pied », explique Matthew Lamanna, paléontologue au Musée Carnegie, qui a mené ces travaux publiés dans la revue américaine PLOS ONE.

Pendant leurs travaux, les scientifiques ont pu étudier l’anatomie et les relations d’Anzu Wyliei dans l’évolution par rapport aux autres membres de la famille des Caenagnathidae. Les analyses confirment la récente hypothèse selon laquelle le gigantoraptore, découvert en 2005, pesant au moins 1,5 tonne, appartenait aussi à cette famille.

« Vu le peu de fossiles de Caenagnathidae découverts jusqu’alors, cette espèce était de loin la plus énigmatique des oviraptorosaures, et en réalité l’un des principaux groupes de dinosaures les moins connus », explique Hans-Dieter Sues, conservateur du département de paléontologie des vertébrés au Musée national d’histoire naturelle de l’Institut Smithsonian à Washington.



Le « cochonglier » de Bourg-Saint-Andéol

C’est une information tout à fait édifiante, et extrêmement grave dans ce qu’elle signifie.

Comme on le sait bien, les cochons sont des sangliers qui ont été domestiqués. En pratique, il existe ainsi une séparation très concrète, puisque les cochons n’existent que dans le cadre d’une exploitation animale très stricte, alors que les sangliers ne rencontrent les humains que par les voitures et les chasseurs (qui par ailleurs distribuent allègrement de la nourriture pour justifier leur propre activité de soi-disant « régulation » de la Nature).

L’existence, comme l’explique l’article, de « cochonglier » est ainsi l’expression de la rencontre de deux zones, et ainsi du fait que la ville engloutit la Nature, toujours plus!

Un phénomène apparemment difficile à saisir tant pour l’auteur de l’article (tiré du Midi libre) que la DSV (en fait DDSV: Direction Départementale des Services Vétérinaires, qui d’ailleurs n’existe plus depuis plusieurs années, ayant été intégrée à la Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations).

Ardèche : un animal mi-cochon, mi-sanglier de 300 kg retrouvé mort dans un bois

Le week-end dernier, un joggeur qui s’entraînait dans le bois du Laoul de la commune de Bourg-saint-Andéol, a fait une macabre découverte. Le cadavre d’un mammifère aux dimensions hors normes gisait au bord d’un chemin.

De mémoire de chasseur ardéchois, on n’avait jamais vu pareil animal. Pas la bête du Gévaudan, mais presque. Le week-end dernier, un joggeur qui s’entraînait dans le bois du Laoul de la commune de Bourg-saint-Andéol, a fait une macabre découverte. Gisait sans vie au bord d’un chemin, la carcasse en putréfaction d’un mammifère aux dimensions hors normes, visiblement issu d’un très étrange croisement entre un cochon et un sanglier.

Des mensurations hors normes

Selon l’association communale de chasse agréée (Acca) de Bourg-Saint-Andéol, immédiatement prévenue, il pèserait plus de 300 kg et mesurerait 2,60 m de long. Son président, Patrick Garcia, confirme qu’un tel croisement est possible mais il est très rare de le rencontrer dans la nature. Le réseau Sagir (surveillance épidémiologique) a été alerté pour vérifier la présence de germes transmissibles à la faune sauvage.

« La fédération de chasse de l’Ardèche a contacté les services vétérinaires du département pour connaître quelles étaient légalement les mesures à prendre en pareil cas », explique Patrick Garcia, le président de l’Acca de Bourg-Saint-Andéol qui fait remarquer que les grès de l’animal (ses canines supérieures) avaient été sciés. Réponse de la DSV : l’animal n’est pas sauvage mais bien domestique. C’est donc à la mairie de s’en charger. Non sans mal, la ville a réussi hier à contacter un équarrisseur agréé de la région à Cruas qui devrait aller récupérer la bête ce matin.

L’animal serait bien domestique

Mais le mystère reste entier sur la provenance de ce porc domestique, qui aurait été volontairement déposé à cet endroit : « Il a été jeté là, il y avait des traces de roue et de paille sur place », estime Patrick Garcia. Son propriétaire aurait-il cherché à éviter les soupçons de l’équarisseur et des services vétérinaires ? La production de sanglier est très réglementée en France.

Depuis 1982, à cause d’une prolifération des populations dans la nature notamment par des croisements hasardeux entre l’espèce sauvage et le porc domestique, elle est réservée aux seuls professionnels. Et un arrêté ministériel de 2009 impose que seuls les sangliers génétiquement purs sont admis dans les élevages de catégorie A (pour la chasse et la viande). Chaque individu du cheptel y est d’ailleurs bagué pour être tracé. Le spécimen retrouvé à Bourg provient-il d’un élevage clandestin de la région ? Selon la gendarmerie de Saint-Saint-Andéol, si c’est le cas, il n’est pas sur le secteur.

Le cas de « cochongliers » est connu à Fukushima, les animaux ayant été abandonnés à leur sort, et des cochons étaient parvenus à s’enfuir et à se mélanger aux sangliers.

Leur apparition est issu du chaos amené par les humains. Mais ici, ce chaos est organisé: il faut y voir en grande partie la main des chasseurs, utilisant les « cochongliers » en raison de leur fertilité plus grande, afin ainsi d’agrandir leur « terrain de chasse »!

Marc Blondel, « athée » mais appréciant la mystique de la corrida

Il y a quelques jours, les médias annonçaient la mort de Marc Blondel. Ce dernier avait été le dirigeant de l’un des principaux syndicats, de 1989 à 2004. Parmi les remarques diverses qui l’ont qualifié dans les médias dans sa nécrologie, deux aspects nous intéressent particulièrement. Le Figaro raconte ainsi que cet « anti-communiste primaire » était un farouche militant de la libre-pensée (il a d’ailleurs été président de la Fédération nationale de la libre pensée) et qu’il était un adepte de la corrida.

C’est très intéressant et très révélateur. En effet, pour être véritablement athée, il faut faire comme l’ont fait les penseurs des Lumières au 18me siècle, les libertins (les « affranchis » de la religion) du 17ème siècle, la plupart des humanistes du 16ème siècle: il faut reconnaître la Nature.

Or, certains ne le font pas, et ils tentent de combler le « manque de Dieu » par autre chose, par des expériences qui seraient transcendantes. C’est pourquoi Marc Blondel appréciait la corrida.

Voici pour illustrer cela des extraits d’une interview où Marc Blondel explique cela. Il est fascinant de voir comment quelqu’un refusant Dieu officiellement peut faire l’apologie de la corrida comme mystique, comme expérience transcendante de la mort. Il parle même du mithraïsme, religion de l’époque romaine (nous présentons cette religion ici: La victoire sur le taureau, symbole patriarcal de la défaite de la déesse-mère).

Pour les gens désireux d’approfondir cette approche « mystique », nous présentons cela dans l’article « Simon Casas, un faux humanisme de faux prophète« .

1– Pour vous, la corrida fait-elle partie de notre culture et de nos traditions ?

Bien que n’étant pas natif du Sud de la France, je considère, en effet, que la corrida s’inscrit dans la culture d’une partie du territoire national, culture partagée par la péninsule Ibérique. Elle fait partie intégrante des sacrifices, quasi rituels, qui ont inspiré le bassin méditerranéen, entre le culte de Mithra et le taurobole dont il reste des traces dans le Sud-Ouest.

Mon inclinaison personnelle, bien que d’origine Artésienne, doit venir de la présence espagnole qui a perduré dans le Nord de la France.

2– Mais certains affirment qu’il est scandaleux de mettre un animal à mort dans une arène…

La thèse du spectacle de la mort qui est régulièrement avancée par les anti-corrida ne tient guère devant la violence journalière réelle ou virtuelle que l’on rencontre dans la rue, au cinéma ou à la télévision. Pour ce qui concerne plus particulièrement les animaux il suffit de visiter un abattoir voire de s’en approcher pour mesurer l’hypocrisie de l’affirmation. Il ne reste guère de dignité dans la mort industrielle. Au demeurant, il faut savoir que le taureau de combat, le “toro bravo” est élevé à cette fin, la race n’existerait plus sans corrida.

3– Selon vous, d’où est née l’incompréhension entre les amateurs et les opposants à la corrida ?

Les valeurs ne sont pas partagées. Ainsi, sans faire de prosélytisme, je sacrifie à la corrida pour y trouver la bravoure et une certaine noblesse dans le comportement et ce pour l’ensemble des acteurs, y compris le taureau.

Je passe par des moments exaltants puis des déceptions. Mais, la mort est présente, il ne s’agit pas de Morbidité mais d’un risque que l’homme assume pour être égal voir le maître de la force pure, du Dieu taureau en quelque sorte.

Cela frôle le paganisme. Dans ces conditions, participe au rituel qui veut, comme chacun sait, l’initiation, quelle qu’elle soit, provoque réactions et oppositions.

On ne frôle pas le paganisme, on est au contraire en plein dedans! Marc Blondel est obligé de le reconnaître par la suite. Après avoir revendiqué l’activité sociale des clubs taurins (dans la logique syndicaliste réformiste):

Par contre et nous veillons (les clubs taurins) à la chose, une sélection se fait par l’argent. Nous exigeons qu’un certain nombre de places à des tarifs modestes permettent la participation de tous.

Marc Blondel passe alors à la revendication de la corrida, et de la chasse, comme expérience « transcendante ». On a ainsi la corrida comme réflexion sur la vie et la mort, comme la chasse par ailleurs! C’est le principe de « théologie négative », de transcendance religieuse sans Dieu. Ce genre de délire est obligatoire si on ne reconnaît pas la Nature.

6- N’existe-t-il pas aussi un problème qui est celui de notre société face à la mort ?

Bien entendu, in fine c’est l’éternel débat de la vie et de la mort.

Cependant, elle s’effectue, si on le désire, sans le recours d’un être supérieur.

Nous savons qu’il n’y a pas de réponse à cette interrogation ? Tout comme on ne va pas au cirque pour voir le funambule tomber, on ne va pas en corrida pour voir tuer l’officiant. (…)

8– Etes-vous chasseur, et dans la négative pourquoi ?

Je ne suis pas chasseur, pour différentes raisons. Né quelques années avant l’occupation allemande, il était impossible aux familles du Pas-de-Calais de détenir des armes, même de chasse.

Au demeurant, les loisirs dans les corons étaient plus collectifs et moins onéreux. Seuls quelques fermiers eussent pu chasser. Toutefois je dois à la vérité de dire que j’ai, accidentellement, braconné ou plutôt accompagné un excellent braconnier qui était très respectueux et amoureux des animaux. Il faisait preuve de patience et je ne suis pas sûr que lorsqu’il arrivait à ses fins, il en soit très satisfait.

C’est la chasse et la connaissance de la chasse qui le passionnaient.

Comme on le voit, tout cela forme une démarche très construite. Pour se débarrasser de la corrida, il faut triompher de cette idéologie: ce n’est pas une mince affaire!

Pollution atmosphérique et « oubli de la loi sur l’air »

Voici un intéressant article de Corinne Lepage au sujet du récent épisode de pollution atmosphérique qu’on a connu en France. Il est plein d’illusion, car il y est expliqué qu’il suffirait d’appliquer une loi déjà formulée depuis longtemps.

Mais à ce titre, il montre bien que tout est possible sur le plan du changement, sauf qu’il manque le rapport de forces, la volonté des gens, la culture écologiste qui prédomine.

La loi sur l’air de 1996
La « loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie » du 30 décembre 1996 vise à la « mise en œuvre du droit reconnu à chacun à respirer un air qui ne nuise pas à sa santé ». En particulier, elle impose la surveillance de la qualité de l’air, la définition de normes de qualité de l’air et l’information du public. A l’origine de cette loi comme ministre de l’Environnement, Corinne Lepage estime que les plans d’urgence prévus n’ont quasiment jamais été mis en place. Rue89

Circulation alternée : comment masquer l’oubli de la loi sur l’air
Si la loi sur l’air avait été appliquée telle qu’elle a été votée en 1996, le droit à respirer un air qui ne nuise pas sa santé – reconnu à l’article premier – ne serait pas virtuel.

Si la loi sur l’air avait été appliquée, chacun d’entre nous, là où il vit, aurait été informé, année après année, non seulement de l’évolution de la pollution, mais également des effets délétères sur la santé publique.

En effet, le droit à l’information concerne non seulement la qualité de l’air mais également les effets sur la santé grâce à la publication annuelle des émissions polluantes et des consommations d’énergie avec l’évolution attendue et les effets sur la santé et l’environnement.

Nul ne peut douter que la pression de l’opinion publique pour que la qualité de l’air s’améliore aurait été d’une autre envergure.
Des plans de protection indispensables

Si la loi sur l’air avait été appliquée, un système simple et efficace se serait mis en place avec :

des objectifs pour la qualité de l’air afin de prévenir ou réduire la pollution atmosphérique (les plans régionaux de la qualité de l’air ou PRQA) auraient fait l’objet de révision tous les cinq ans, pour juger des résultats obtenus et donc de l’efficacité – ou au contraire de l’inertie – des autorités régionales pour améliorer la situation ;
des moyens pour parvenir à ces résultats définis par deux outils : les plans de protection de l’atmosphère pour les zones polluées et les grandes villes, les plans de déplacement urbain pour les transports.

Si la loi sur l’air avait été appliquée, ces plans de protection de l’atmosphère, indispensables, auraient été arrêtés avant le 30 juillet 1998. Leurs objectifs (conformément à l’article 9 de la loi) auraient été de ramener à l’intérieur de la zone concernée la pollution à un niveau inférieur aux valeurs limites.

La loi donne le pouvoir aux autorités de police de prendre toutes les mesures préventives d’application temporaire ou permanente pour réduire les émissions des sources de pollution – y compris pour restreindre ou suspendre les activités polluantes et limiter la circulation des véhicules.
La France a dix ans de retard

Si la loi sur l’air avait été appliquée, les plans de déplacement urbains – qui auraient dû être élaborés avant la fin de l’année 1998 – auraient expressément visé la réduction de la circulation automobile, l’organisation du stationnement, le transport des marchandises, le covoiturage et les plans de déplacement d’entreprises.

Tous ces plans auraient dû être révisés tous les cinq ans pour juger de leur efficacité, notamment au regard des objectifs des plans régionaux. Sauf que Dominique Voynet n’a sorti les décrets d’application de ces différents plans que très tardivement (sauf pour les PRQA dont le décret est sorti en 1998).

Chaque plan s’imbriquant l’un dans l’autre, à la façon d’un puzzle, cette construction n’a jamais pu se mettre en place. Si les premiers PRQA sont sortis en 2000, celui d’Ile de France date de 2009.

De surcroît, ce plan, auquel participent pourtant les Verts, contrevient aux obligations communautaires et prévoit expressément des dépassements. Si les premiers plans de déplacements urbains (PDU) sont sortis au début du XXIe siècle, certains ne l’ont été que vers 2010 et le renouvellement tous les cinq ans n’a presque jamais été opéré.

Enfin, s’agissant des plans de protection de l’atmosphère (PPA), 25 plans ont été approuvés entre février 2005 et janvier 2010. Aujourd’hui, 35 PPA sont en révision ou en cours d’élaboration et trois sont en cours de réflexion.

Dans ces conditions, définir des objectifs dans les plans régionaux de la qualité de l’air n’a aucun intérêt puisque les moyens à mettre en place pour améliorer la situation sont sortis avec près de dix ans de retard. De plus, non seulement les PPA sont tardifs mais la moitié de ceux qui ont été élaborés ne sont même pas conformes aux objectifs communautaires : 12 PPA couvrent des zones faisant l’objet en particulier d’un contentieux avec la Commission européenne concernant des dépassements de valeurs réglementaires en particules PM10.
Notre santé aurait pu être (mieux) protégée

Si la loi sur l’air avait été appliquée, les PPA auraient défini les conditions de gestion des pics de pollution et auraient assuré une large diffusion auprès du public permettant à nos concitoyens de s’organiser en cas de restriction de l’usage des voitures.

La mise en œuvre des plans d’urgence aurait été simple, et lors des nombreux pics de pollution que nous avons vécus depuis dix ans, notre santé aurait été protégée puisque les plans d’urgence prévus par la loi – parfaitement connus du public – qui auraient pu s’organiser, auraient été appliqués non seulement comme le prévoit l’article 12 de la loi lorsque les seuils d’alerte sont atteints mais même lorsqu’ils risquent de l’être.

Si la loi sur l’air avait été appliquée, voilà bien longtemps que la France serait dotée des outils techniques permettant effectivement de réduire la pollution atmosphérique dans nos villes, mais aussi de réduire la consommation énergétique. Nous aurions gagné près de quinze ans par rapport aux lois Grenelle :

contrôle de la consommation d’énergie et des émissions polluantes par les constructeurs ;
limitation de la publicité et des campagnes d’information favorisant la consommation d’énergie ;
spécifications technique des normes de rendement sur les biens mobiliers et immobiliers ;
affichage de la consommation énergétique et estimation du montant des frais de consommation d’énergie dans les logements ;
obligation pour tous les permis de construire délivrés à partir de juin 1997 de permettre le choix et le remplacement de tous types d’énergie ;
identification des véhicules en fonction de leur contribution à la limitation de la pollution atmosphérique ;
construction de véhicules destinés à minimiser la consommation d’énergie et les émissions de substances polluantes, de dioxyde de carbone et autres nuisances susceptibles de compromettre la santé publique (diesel).

L’essor avorté des véhicules propres

Si la loi sur l’air avait été appliquée, 20% au moins de la flotte des véhicules de l’État (des établissements publics, des exploitants publics, des entreprises nationales, des collectivités territoriales et leurs groupements) auraient fonctionné à partir du 1er janvier 1999 à l’électricité au GPL ou au GNV. Cette flotte devant évidemment être renouvelée progressivement par des véhicules non polluants.

Cela signifie qu’aujourd’hui la totalité de cette flotte pourrait être non-polluante, ayant ainsi suscité une forte demande et donc une offre française de véhicules propres.

Si la loi sur l’air avait été appliquée, la France serait aujourd’hui dotée de toutes les prises permettant la charge des véhicules électriques, puisque la loi prévoyait l’installation du réseau de distribution d’électricité publique pour alimenter en courant électrique des emplacements de stationnement de véhicules permettant la charge des accumulateurs.

Si la loi sur l’air avait été appliquée, la fiscalité des énergies fossiles et celle des énergies renouvelables serait totalement différente. En effet, en application de l’article 25, elle prendrait en compte l’incidence de leur utilisation sur la compétitivité de l’économie de la santé publique, l’environnement, et la sécurité d’approvisionnement avec un objectif de traitement équilibré.

Un rapport qui devait être présenté pour la première fois en 1998 aurait été mis à jour tous les deux ans, permettant de suivre l’évolution. Des dispositions fiscales particulières étaient prévues pour encourager les véhicules électriques et les ficus fonctionnant au GPL et au GNV, ainsi que des règles d’amortissement exceptionnel.
Le rôle des lobbys automobiles et pétroliers

Mais la loi sur l’air a été sabotée, par les gouvernements successifs, y compris celui de Lionel Jospin. Si effectivement Dominique Voynet a appliqué la circulation alternée, son manque d’empressement et d’intérêt pour mettre en œuvre le plus rapidement possible la loi grâce aux décrets d’application a planté dès le départ la dynamique extrêmement simple des plans : fixer des objectifs publics, déterminer les moyens d’y parvenir, juger de l’efficacité des moyens pour atteindre les objectifs et ainsi de suite.

La fixation des normes – notamment par Roselyne Bachelot en 2002 – a été caricaturale puisqu’il s’est agi de fixer les niveaux d’alerte et d’information au degré le plus élevé possible, en violation des normes communautaires. D’où les multiples procédures engagées aujourd’hui contre la France, en particulier en ce qui concerne les particules fines.

Quant aux mesures techniques – qui auraient effectivement permis de changer les flottes publiques et privées ou les mesures fiscales – elles ont été anéanties par les lobbys automobiles et pétroliers.

Les premiers avaient fait le choix du tout diesel et l’État avait décidé de le soutenir en refusant de reconnaître l’impact sanitaire (au point de refuser de rendre obligatoire les filtres à particules jusqu’à ce que l’Europe nous y oblige).

Les seconds ne voulaient surtout pas voir se développer le gaz et l’électricité dans le transport.
Pas besoin d’une nouvelle loi

Quelles conclusions tirer de ce qui précède ? Les épisodes de pollution intense que nous vivons – qui sont inédits mais qui, compte tenu du changement climatique, pourrait bien se reproduire – ne laissent désormais plus aucun choix possible autre que celui de prendre le problème à bras-le-corps.

La mise en œuvre de la circulation alternée, bien sûr indispensable pour des raisons de santé publique, n’est en réalité qu’un épiphénomène et un symbole : celui du refus d’agir et de la priorité donnée à de prétendus intérêts économiques sur la santé humaine et les coûts pour les finances publiques.

Nous avons préféré l’industrie automobile du diesel à la santé. Nous avons perdu à la fois la santé (ce qui était attendu) mais aussi l’industrie automobile, aujourd’hui malade notamment de ce choix. Nous avons perdu sur les deux tableaux. Il est plus que temps de se ressaisir.

La seconde conclusion est d’ordre politique. La loi sur l’air n’a pas été appliquée. La loi Grenelle était censée apporter des améliorations à la loi sur l’air ; elle n’a rien changé dans la réalité. Monsieur Martin annonce une nouvelle loi. On n’en a pas besoin. C’est une opération de communication destinée à continuer de ne rien faire.

On a besoin d’appliquer le droit existant et d’être efficace. Tant qu’il n’y aura pas une volonté politique ferme de mettre un terme à ce scandale sanitaire et cette ineptie économique et financière, rien ne changera. Les responsabilités sont claires, mais visiblement l’irresponsabilité reste la norme.

Une fois encore, c’est à nous, citoyens, de prendre notre destin en main et de décider, puisque ne pas respirer n’est pas un choix, que c’est l’environnement dans lequel nous vivons qui doit changer et que nous allons le faire changer.

Ruban jaune: certains chiens ont besoin d’espace

Voici une très intéressante campagne lancée en 2012 depuis la Suède, et permettant de faciliter la vie à nos amis!

Certains chiens ont besoin d’espace: le ruban jaune permet de prévenir les humains de cela!

Bienvenue dans le programme Gulahund Yellowdog

Vous pouvez enfin aider votre chien sensible dans sa vie de tous les jours dans la société, parmi les gens et les animaux.

A l’aide d’un ruban jaune sur la laisse de votre chien ou d’un bandana jaune, vous pouvez signaler aux autres que votre chien a besoin d’un peu plus d’espace ou du temps pour s’éloigner de leur chemin : cela concerne les personnes et le animaux. Il y a plusieurs raisons pour lesquelles certains chiens ont besoin de plus d’espace, cela peut concerner une période plus ou moins longue dans la vie de ces chiens. Même les enfants peuvent apprendre la signification du marquage jaune.

Ces chiens ont besoin de votre aide !
Nous avons besoin de la collaboration de tous pour faire connaître la signification du marquage jaune. Si vous voulez aider en tant que particulier ou association, vous êtes libres de promouvoir le programme. Consulter la rubrique ”Comment soutenir le programme” et découvrez comment vous pouvez aider.

Sur cette page, vous trouverez les informations concernant le programme dans plusieurs langues, ainsi que les affiches et les flyers à imprimer et partager dans votre communauté locale. Cherchez également l’Ambassadeur Gulahund Yellowdog de votre pays.

Un grand merci par avance !

***

Certains chiens ont besoin d’espace

Si vous voyez un chien avec un ruban jaune sur la laisse, il s’agit d’un chien qui a besoin d’un peu d’espace. S’il vous plaît, ne vous approchez pas de ce chien ou de sa famille avec votre chien. À l’aide de ce ruban, ils indiquent que leur chien ne peut pas se trouver à proximité d’autres chiens. À quelle distance est-ce « trop près » pour lui ? Seul le chien ou ses propriétaires le savent, alors maintenez la distance ou donnez-leur le temps de sortir de votre chemin.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles un chien peut avoir besoin d’espace
Peut-être qu’il a des problèmes de santé ou est en phase d’apprentissage.
C’est peut être un chien secouru, au passé lourd et qui est en cours de réhabilitation. Le monde peut être un endroit très effrayant pour ces chiens.
Il a peut-être eu une mauvaise expérience avec un autre chien ou, tout simplement, il n’aime tout simplement pas les chiens amicaux qui veulent toujours dire « Bonjour » !

En bref, un chien qui affiche un marqueur jaune nous signifie qu’il a besoin
d’un peu d’espace.

Merci ! Ceux d’entre nous qui possèdent ces chiens vous remercient de votre aide et respect.

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Maintenant vous pouvez signaler à d’autres personnes, DE LOIN, que votre chien a besoin d’un peu plus d’espace, en donnant aux autres propriétaires de chiens et à tout le monde le temps de garder les distances.

Le marquage jaune sert à donner aux propriétaires de chiens la possibilité de signaler quand leur chien a besoin d’espace, en leur permettant de donner à leur chien la possibilité de surmonter les problèmes et, par conséquent, une meilleure qualité de vie.

Le but de ce programme est de :

donner aux propriétaires de chiens la possibilité de mieux s’occuper de leurs chiens qui sont sensibles d’une façon ou d’une autre ;

prévenir d’éventuels malentendus ;

donner aux chiens et à leurs propriétaires plus d’espace ou de temps pour s’éloigner des personnes et des animaux ;

créer la possibilité d’un entrainement progressif pour un chien et, de cette façon, de réaliser des meilleurs progrès ;

simplifier la vie pour les chiens qui, pendant une période longue ou courte dans leurs vies, ont besoin de plus d’espace des autres personnes et des animaux. Certains chiens, peut-être pour le reste de leur vie, en fonction du problème ;

il y a PLUSIEURS RAISONS pour lesquelles certains chiens ont besoin de plus d’espace ! Ils peuvent être malades, blessés ou simplement âgés. Ils peuvent avoir été adoptés récemment ou avoir vécu des mauvaises expériences de vie et avoir besoin de plus d’espace pour apprendre à s’adapter progressivement à leur nouvel environnement. Une chienne pourrait être en chaleur, un autre chien pourrait être en train de faire sa « séance quotidienne » d’éducation …

Visible, simple, pratique et pas cher !

Le marquage jaune est visible de loin.
Il est facile à utiliser par tout le monde !
Il n’est pas cher. Vous pouvez acheter du ruban ou du tissu jaune pour réaliser vous-mêmes vos rubans ou bandanas, ou vous avez peut-être déjà du tissu jaune chez vous.
Il est reconnu dans le monde entier.
Il peut être utilisé pour une période de temps plus ou moins longue.
Un ruban ou un bandana est simple à mettre et à enlever.
Même les petits enfants apprendront aisément la signification du ruban ou du bandana jaune : « rester à l’écart de ce chien ! »
Il ne peut pas être interprété de façon incorrecte dans les pays où on utilise des harnais jaunes pour les chiens de travail, les chiens de sauvetage ou d’assistance, etc.
Les accessoires normalement utilisés pour les chiens (harnais, colliers, laisses) sont déjà repérables dans plusieurs couleurs : ce produits sont à utiliser pour d’autres raisons.

Pourquoi ne pas utiliser un texte ?
Si vous êtes en mesure de lire un texte, vous êtes déjà trop près d’un chien sensible. C’est pourquoi il est important de connaître à l’avance la signification du ruban ou du bandana jaune en tant que marqueurs.

Nouvelle vidéo sur Giuseppe, l’ami des pigeons

Nous avons déjà parlé de Giuseppe, cet SDF d’origine italienne qui vit dans un quartier de Paris et a pris la défense des pigeons (« SDF parce qu’il nourrit les pigeons », Il faut aider Giuseppe !). Une petite vidéo documentaire, de moins de dix minutes, a été réalisée et mise en ligne il y a quelques jours, la voici.

La situation de Giuseppe est très significative de l’indifférence de notre époque, surtout en plein centre d’une ville comme Paris, où les prix augmentent à vive allure et où par conséquent la dimension populaire s’efface toujours plus devant les normes sociales dominantes.

C’est en quelque sorte la rencontre de deux mondes, et comme dit dans l’article sur « la vieille folle aux chats », ceux et celles qui agissent en-dehors des valeurs dominantes portent ici la dignité de l’humanité, face à l’indifférence et l’individualisme.

Bien entendu, Giuseppe, qui est d’ailleurs malade et a passé quelques temps à l’hôpital, a pu basculer dans une certaine misanthropie. Peut-on le lui reprocher ? Il n’a guère les moyens de se défendre, comparé à la machine de guerre des commerçants, des riverains bourgeois, etc. !

Rappelons qu’il existe des gens aidant Giuseppe, Les.amis.de.Giuseppe sur Facebook, où on peut lire d’ailleurs un point de vue de Giuseppe :

« J’aurais voulu être un oiseau. Même pour un seul jour, même s’il fallait mourir après. J’aurai tellement aimé voler. J’aurais voulu être un pigeon.

Parmi tous les oiseaux, c’est lui qui vole le mieux. Les corneilles sont lourdeaux, les moineaux trop rapides. Le pigeon, lui, c’est un artiste. C’est un acrobate. Il change juste la position de ses ailes d’un ou deux centimètres, il est parfait le pigeon, il fait de la voltige aérienne, il est précis.

Quand j’étais petit, je portais encore des couches, j’ai rêvé que je volais. J’avais peut être deux ou trois ans, nous étions encore dans notre vieille maison. Je passais par dessus les murets, au-dessus des arbres, en rase motte dans la campagne alentours, je volais vite, je volais doucement. C’était extraordinaire, magique. Puis je me suis réveillé, c’était fini.

J’ai souvent voulu refaire ce rêve. Ça me semblait tellement vrai. J’avais vraiment volé. Si je n’avais jamais fait ce rêve, ma vie aurait été bien pire. Quand tu ne voles pas, tu dois vivre avec les humains et ça vaut pas vraiment la peine. »

On notera d’ailleurs que sur ce facebook, une seule personnalité politique intervient alors que nous sommes en pleine campagne municipale, pour, prétendument, vouloir aider Giuseppe : Elie Hatem, un aristocrate libanais avocat international, membre de la direction des royalistes de l’Action française et candidat aux municipales pour le « Rassemblement Bleu Marine ».

Il y en a qui n’ont pas peur ! Là aussi, il y a deux mondes. Mais si c’est anecdotique, cela montre encore une fois que lors de ces élections, l’écologie et les animaux ont été oubliés, alors que bien sûr ce sont des thèmes qui devraient être très importants lors de débat sur la vie dans la ville !

L’animal comme marchandise et la jurisprudence sur les « vices cachés »

Voici une actualité juridique très importante. Non pas que nous pensions qu’il faille attendre quelque chose du « droit », bien au contraire. En fait, c’est justement une vérification de ce que nous disons: dans une société où les animaux sont des marchandises, il n’y a pas de place pour un processus de « réformes » menant à la libération animale. Les réformes ne font qu’aménager une situation dont les fondements mêmes sont l’exploitation animale.

En l’occurrence, il s’agit de réguler les rapports entre les vendeurs et les acheteurs. Un vendeur doit garantir l’absence de…. « vices cachés ». L’animal étant une marchandise, et celle-ci ne devant pas avoir de « vices cachés », la loi s’applique comme à toute marchandise…

Jurisprudence
Achat d’un animal domestique à un professionnel : le code de la consommation s’applique
Publié le 12.03.2014 – Direction de l’information légale et administrative (Premier ministre)

Le code de la consommation et la garantie légale de conformité qu’il prévoit sont applicables aux ventes d’animaux conclues entre un vendeur professionnel et un consommateur. C’est ce que vient de rappeler la Cour de cassation.

Un particulier avait acheté un chiot à un éleveur professionnel. L’animal s’était révélé atteint d’une maladie grave et avait dû être euthanasié deux mois après l’achat. L’acheteur avait saisi la justice, sur le fondement de la garantie légale contre les vices cachés, pour obtenir le remboursement du prix de la vente et des frais médicaux engagés.

Sa demande avait été rejetée au motif que la maladie à l’origine de la mort de l’animal n’était pas dans la liste des maladies prévues par le code rural pouvant justifier l’annulation de la vente.

La décision est cassée par la Cour de cassation. Pour la Cour, les garanties offertes à l’acheteur par le code de la consommation, notamment liées aux vices cachés, ne peuvent en aucun cas être écartées au profit des dispositions du code rural régissant les ventes d’animaux.

En effet, il convient de rappeler que les dispositions du code de la consommation sont d’ordre public, c’est-à-dire que les contractants ne peuvent convenir de les écarter, et que le juge doit les appliquer même si elles ne sont pas invoquées par les parties.

Certains diront que c’est très bien, car cela mettra les animaleries au pied du mur. La santé des animaux devra être « préservée ». Seulement c’est absurde. Cela coûtera toujours moins cher aux entreprises de risquer de vendre un animal aux « vices cachés » que de prendre soin de tout le monde. C’est une question de profit. A la limite, cela ne posera problème qu’au petit capitalisme, certainement pas aux grands.

Cela pousse en fait ici à moderniser la vente d’animaux, cela renforce encore plus  leur statut de marchandises.

La décision de la cour de cassation s’appuie non pas tant sur la question animale, d’ailleurs, que sur les droits des consommateurs. Il est même parlé de « l’usage » qu’on est, en tant que consommateur, en droit d’attendre de l’animal de compagnie…

Voici un extrait parlant:

ALORS, D’UNE PART, QUE les dispositions d’ordre public qui régissent la garantie légale de conformité sont applicables aux ventes d’animaux domestiques conclues entre un vendeur agissant au titre de son activité professionnelle ou commerciale et un acheteur agissant en qualité de consommateur, l’action résultant du défaut de conformité se prescrivant par deux ans à compter de la délivrance de l’animal ; qu’en rejetant les demandes indemnitaires de Madame X…, formulées à l’encontre de Madame Anna Y…, quand il résultait pourtant de ses propres constatations que la vente avait été passée entre un éleveur professionnel et une consommatrice, que l’action avait été introduite dans un délai inférieur à deux ans à compter de la délivrance du chiot, et que celui-ci était impropre à l’usage habituellement attendu d’un animal de compagnie, dès lors que, atteint d’hémophilie, il avait dû être euthanasié deux mois seulement après son acquisition, le juge de proximité, qui devait faire application, au besoin d’office, des règles d’ordre public relatives à la garantie légale de conformité, a violé l’article L. 213-1 du code rural et de la pêche maritime, ensemble les articles L. 211-1 à L. 211-17 du code de la consommation,

ALORS, D’AUTRE PART, QU’en matière de vente d’animaux domestiques, entre un vendeur agissant au titre de son activité professionnelle ou commerciale et un acheteur agissant en qualité de consommateur, les conventions qui écartent ou limitent directement ou indirectement les droits reconnus par les dispositions relatives à la garantie légale de conformité, avant que l’acheteur n’ait formulé de réclamations, sont réputées non écrites ; qu’en se fondant sur la circonstance qu’il n’existait dans l’acte de vente signé entre les parties aucune stipulation qui énonçait qu’elles avaient convenu de déroger aux dispositions du code rural, mais qu’au contraire il était expressément stipulé que « l’acheteur convient avoir été informé et accepter que la présente vente soit soumise à l’ensemble des dispositions du Code Rural » (jugement, p. 2), pour écarter la demande indemnitaire de Madame X…, quand cet acte écartait indirectement les droits reconnus par les dispositions d’ordre public relatives à la garantie légale de conformité, le juge de proximité a violé les articles L 213-1 du code rural et de la pêche maritime et L 211-17 du code de la consommation.

C’est on ne peut plus clair! Et cela démontre bien que le droit n’existe pas de manière abstraite, mais qu’il se fonde sur des valeurs bien précises. L’exploitation animale et le droit à la propriété sont ici les bases de cette « jurisprudence » qui ne fait que moderniser la terrible situation des animaux.

Action du « Justice Department » en Poitou-Charentes

Nous ne publions jamais les communiqués d’actions illégales en article de tête sur LTD, quand il y en a nous les plaçons toujours en second, parce que nous pensons qu’il est nécessaire effectivement de les publier, pour autant nous ne voulons pas soutenir une ligne actionniste niant la nécessité de la culture et de la réflexion.

Ici, nous faisons une exception, considérant l’importance possible de cette action. En pratique, nous avons été jusque-là le seul média se revendiquant du véganisme à publier ce genre de communiqués.

Depuis quelques temps cependant, il n’y a de toutes façons pratiquement plus d’actions de l’ALF, à part des revendications de tags et de posters de cirques déchirés (ce qui ne mérite certainement pas un communiqué)… Alors que paradoxalement de l’autre côté il y a eu toute une « mode » ALF, avec par exemple le film « ALF le film ».

Or là, on est dans un autre registre. On n’est pas dans le communiqué « ALF » à la française traditionnel, on est dans autre chose. L’action en Poitou-Charentes dont voici le communiqué n’est pas signé « ALF » mais « JD », c’est-à-dire « Justice Department ».

Nous avons publié un document concernant cette structure, qui a mené des centaines d’actions de par le monde et est du même type que la Milice pour les Droits des Animaux (ARM).

Cela veut dire que, historiquement, le « département de justice » ne reconnaît pas le principe de l’ALF de ne menacer aucune vie humaine ; la structure a pu utiliser l’envoi de lettres avec des lames de rasoir, des engins incendiaires, etc.

Lors de la campagne de 1995, des centaines d’envois ont été fait à des entreprises pratiquant la vivisection, leurs fournisseurs, à des chasseurs (y compris la famille royale), au siège du parti d’extrême-droite anglais BNP.

Bref, il n’est pas difficile d’imaginer ce qui se passe au ministère de l’intérieur depuis qu’ils ont vu ce communiqué publié sur le site Bite back ! C’est ni plus ni moins que la section anti-terroriste qui va être mise en branle dans cette affaire.

Peut-être en effet que, comme lors de l’incendie fin 2010 de deux étages d’un bâtiment administratif à Chasse-sur-Rhône par l’ARM, cette action du « JD » n’est qu’un acte isolé. Cependant, le contexte a totalement changé en quelques années, la question animale devenant, comme nous l’avons dit et le répétons, toujours plus prégnante.

A ce titre, on peut naturellement être certain également que toutes les personnes ayant affirmé (de manière naïve ou vantarde) sur internet soutenir l’ALF ont été répertoriées et qu’elles vont subir une surveillance ; de la même manière, il est évident qu’il y a des gens infiltrés dans le mouvement pour les animaux, ce qui est bien sûr rendu très facile de par les méthodes d’organisation erronées, mais également l’absence de débat, de pratique stricte, etc.

Voici le communiqué ; le site Bite back ! ajoute quelques précisions : l’action a eu lieu dans la nuit du 18 janvier, consistant en une explosion suivie d’un incendie détruisant les bâtiments administratifs et le système électrique, ainsi que les ordinateurs. Des restes d’une bonbonne de gaz ont été trouvés, selon les médias (sont cités laNouvelleRepublique.fr et France3.fr, dont sont prises les photos).

Le communiqué cite Barry Horne: on trouvera ici un document présentant cette figure historique du mouvement pour la libération animale en Angleterre.

« Il y a quelques semaines, on a fait exploser le marché aux veaux de Lezay (France).
Chaque semaine, plus de 1 500 veaux et autres animaux sont vendus pour être exécutés dans les abattoirs.
‘Les animaux n’ont que nous, nous ne les abandonnerons pas.’ Barry Horne
La justice pour les animaux, c’est NOUS.
J.D. France »

Mars 2014: épisode de pollution aux PM 10

La pollution de l’air est la grande actualité, puisque c’est un « épisode » durant pratiquement toute une semaine, et concernant toute la France. Dans certaines villes (Paris et même en Ile-de-France, Caen, Grenoble, Reims, Rouen), les transports en commun sont même gratuits d’ici dimanche, afin d’amener moins de gens à prendre leurs voitures.

C’est dire l’ampleur du problème, et c’est un rappel de plus de la nécessité absolue de reconnaître notre planète et d’arrêter de tout saccager.

Pour comprendre ce qui se passe, voici comment un quotidien présente la situation:

« La qualité de l’air est mauvaise depuis mardi et le sera encore jusqu’à samedi. La faute à des particules fines produites par toutes les combustions.

Un épisode de pollution aux PM 10 – particules dont le diamètre est inférieur à 10 microns – touche l’Indre, comme beaucoup de régions françaises, depuis quelques jours. Le niveau d’alerte est déclenché à partir d’une concentration de 80 microgrammes de PM 10 par m3 d’air [sont surveillés quatre polluants :dioxyde d’azote, ozone, dioxyde de soufre, particules de type PM 10]. (…)

Les particules en suspension PM 10 proviennent de toute combustion (automobile, chauffage, industrie) et leur accumulation est étroitement liée aux conditions météorologiques, comme des conditions comme des conditions anticycloniques et l’absence de vent. »

Pour montrer à quel point le problème est massif, voici un document intitulé « Rappel des règles applicables en cas de pic de pollution », produit par l’Education nationale à destination des recteurs. C’est dire si le problème touche la vie quotidienne!

‘Rappel des règles applicables en cas de pic de pollution
Brève – 13/03/2014

Depuis plusieurs jours, une grande partie de la France métropolitaine connaît un épisode de pollution de l’air par les particules.
Une information est dispensée par les préfectures sur le degré de pollution qui, dès lors qu’il y a dépassement des seuils d’information et d’alerte relatifs aux particules (PM 10), déclenchent des procédures assorties de mesures et de recommandations en termes de réduction des émissions, ainsi que des recommandations sanitaires établies par le Haut Conseil de la Santé Publique.
Les seuils d’information et d’alerte sont respectivement égaux à 50 µg/m3 et 80 µg/m3 en moyenne journalière.

Le ministère de l’éducation nationale veille à ce que ces recommandations sanitaires soient bien communiquées aux autorités académiques des régions concernées.

Il est donc demandé aux recteurs une vigilance particulière dans le relais de l’information auprès des chefs d’établissements et directeurs d’écoles pour qu’ils mettent en œuvre les recommandations qui découlent du niveau d’alerte signalé par les préfectures de zone.

Recommandations à l’attention des populations vulnérables et sensibles et leurs accompagnants: enfants de moins de 5 ans, sujets asthmatiques, souffrant de pathologies cardiovasculaires, insuffisants cardiaques ou respiratoires

Éviter les activités physiques et sportives intenses (qui obligent à respirer par la bouche), en plein air ou à l’intérieur.
En cas de gêne respiratoire ou cardiaque inhabituelle, consulter un médecin ou pharmacien.
Prendre conseil auprès d’un médecin pour savoir si le traitement doit être adapté.
Si les symptômes sont moins gênants quand le sujet reste à l’intérieur, privilégier des sorties plus brèves que d’habitude.
Eviter de sortir en début de matinée et en fin de journée et aux abords des grands axes routiers.
Reporter les activités qui demandent le plus d’effort.

Recommandations à l’attention de l’ensemble de la population

Réduire et reporter les activités physiques et sportives intenses, en plein air ou en intérieur, jusqu’à la fin de l’épisode si des symptômes sont ressentis (fatigue inhabituelle, mal de gorge, nez bouché, toux, essoufflement, sifflements, palpitations).
Prendre conseil auprès d’un médecin ou d’un pharmacien.
D’une façon générale, il convient de privilégier les activités calmes et de réduire les activités à l’extérieur. »

On en revient ainsi au grand paradoxe actuel : alors que l’écologie est chaque jour plus nécessaire, elle n’est pas présente, elle ne s’impose pas… L’anthropocentrisme reste l’obstacle formidable qui se dresse devant la compréhension de notre planète.

L’origine de la fourrure comme « mode »

Voici – « enfin! » pourrait-on dire – une explication solide du processus qui a fait que la fourrure est devenue à la mode.

Le processus est ici décrit de manière minutieuse par Honoré de Balzac, dans son roman historique « Sur Catherine de Médicis ».

L’écrivain raconte comment les riches commerçants se sont appropriés les symboles sociaux de la plus haute noblesse. Avec le développement du capitalisme, l’objet s’est relativement « démocratisé »… Avec, en arrière-plan, toujours cette dimension « chic ».

Aux quinzième et seizième siècles, le commerce de la pelleterie formait une des plus florissantes industries.

La difficulté de se procurer les fourrures, qui tirées du Nord exigeaient de longs et périlleux voyages, donnait un prix excessif aux produits de la pelleterie.

Alors comme à présent, le prix excessif provoquait la consommation, car la vanité ne connaît pas d’obstacles.

En France et dans les autres royaumes, non-seulement des ordonnances réservaient le port des fourrures à la noblesse, ce qu’atteste le rôle de l’hermine dans les vieux blasons, mais encore certaines fourrures rares, comme le vair, qui sans aucun doute était la zibeline impériale, ne pouvaient être portées que par les rois, par les ducs et par les seigneurs revêtus de certaines charges.

On distinguait le grand et le menu vair. Ce mot, depuis cent ans, est si bien tombé en désuétude que, dans un nombre infini d’éditions de contes de Perrault, la célèbre pantoufle de Cendrillon, sans doute de menu vair, est présentée comme étant de verre.

Dernièrement, un de nos poètes les plus distingués, était obligé de rétablir la véritable orthographe de ce mot pour l’instruction de ses confrères les feuilletonnistes en rendant compte de la Cenerentola, où la pantoufle symbolique est remplacée par un anneau qui signifie peu de chose.

Naturellement, les ordonnances sur le port de la fourrure étaient perpétuellement enfreintes au grand plaisir des pelletiers. Le haut prix des étoffes et celui des pelleteries faisaient alors d’un vêtement une de ces choses durables, appropriées aux meubles, aux armures, aux détails de la forte vie du quinzième siècle.

Une femme noble, un seigneur, tout homme riche, comme tout bourgeois, possédaient au plus deux vêtements par saison, lesquels duraient leur vie et au delà.

Ces habits se léguaient aux enfants. Aussi, la clause relative aux armes et aux vêtements dans les contrats de mariage, aujourd’hui presque inutile à cause du peu de valeur des garde-robes incessamment renouvelées, était-elle dans ce temps d’un immense intérêt. Le haut prix avait amené la solidité.

La toilette d’une femme constituait un capital énorme, compté dans la maison, serré dans ces immenses bahuts qui menacent les plafonds de nos appartements modernes. La parure d’une femme de 1840 eût été le déshabillé d’une grande dame de 1540.

Aujourd’hui, la découverte de l’Amérique, la facilité des transports, la ruine des distinctions sociales qui a préparé la ruine des distinctions apparentes, tout a réduit la pelleterie où elle en est, à presque rien. L’objet qu’un pelletier vend aujourd’hui, comme autrefois, vingt livres, a suivi l’abaissement de l’argent ; autrefois, la livre valait plus de vingt francs d’aujourd’hui.

Aujourd’hui la petite bourgeoise, la courtisane qui bordent de martre leurs pèlerines, ignorent qu’en 1440 un sergent de ville malveillant les eût incontinent arrêtées et menées par devant le juge du Châtelet.

Les Anglaises, si folles de l’hermine, ne savent pas que jadis les reines, les duchesses et les chanceliers de France pouvaient seuls porter cette royale fourrure. Il existe aujourd’hui plusieurs maisons anoblies, dont le nom véritable est Pelletier ou Lepelletier, et dont évidemment l’origine est due à quelque riche comptoir de pelleteries, car la plupart des noms bourgeois ont commencé par être des surnoms.

3 ans après, la situation à Fukushima

Cette photographie a été prise à Fukushima. Elle témoigne de la vigueur du tsunami qui a frappé là-bas il y a trois ans. Elle rappelle également que la zone a dû être évacué, dans un périmètre toujours plus grand.

On a donc ici des rizières, qui entourent le distributeur de boissons. Mais il n’y a plus les humains qui organisaient ces rizières et qui utilisaient ce distributeur : la vanité de la domination de la Nature par la technique est ici exposée.

Ce n’est également pas le seul endroit au monde qui a été abandonné de telle manière par les humains : les environs de la centrale nucléaire de Tchernobyl a été pareillement abandonnée, notamment la ville de Pripiat. On retrouve les mêmes photos au caractère si étrange et inquiétant (Pripiat et Tchernobyl).

Bien entendu, cela ne plaît pas au gouvernement japonais qui prétend que tout est sous contrôle et qui entend forcer le retour des humains dans la zone. Voici un panorama de la situation fourni par Sortir du nucléaire, alors qu’en avril il n’y aura plus de dédommagements pour les gens ayant perdu leur emploi en raison de la catastrophe.

On notera cependant que, comme d’habitude, les animaux et l’océan sont les grands oubliés de l’évaluation de la situation.

Trois ans après, la situation à la centrale reste hors de contrôle. Les réacteurs éventrés doivent toujours être refroidis ; près de 400 000 tonnes d’eau s’accumulent dans des cuves construites à la va-vite, dont un grand nombre fuient.

Les stations de traitement des eaux ne sont toujours pas opérationnelles et les fuites hautement radioactives ont déjà atteint la nappe phréatique et l’océan, contaminant gravement le milieu marin.

Sur 67 poissons pêchés par Tepco dans le port devant la centrale en décembre 2013, 21 dépassaient 10 000 Becquerels/kg en césium 134 et césium 137, soit 100 fois la limite fixée par le gouvernement japonais.

L’évacuation du combustible usé du réacteur n°4, débutée en novembre 2013, devrait durer jusqu’à fin 2014. Mais il reste encore près de 2000 tonnes de combustible usé hautement radioactif sur l’ensemble de la centrale.

Où pourront-elles être stockées ? Par ailleurs, l’ensemble du site reste vulnérable à un nouveau séisme de grande ampleur.

Depuis 2011, plus de 30 000 travailleurs se sont succédés à la centrale, dont plus de 26 000 sous-traitants, au péril de leur santé.

Au fur et à mesure que ceux-ci accumulent des doses de radioactivité, la pénurie de travailleurs qualifiés se fait de plus en plus criante. Certains intervenants, recrutés parmi les sans-abris par la mafia, travaillent dans des conditions particulièrement indignes.

Près de 150 000 personnes déplacées suite à la catastrophe vivent toujours dans des conditions précaires. En avril 2014, Tepco cessera de dédommager ceux qui ont perdu leur travail suite à l’accident.

Ce même mois, pour la première fois, l’ordre d’évacuation sera levé et les habitants du district de Miyakoji (à 20 km de la centrale) devront rentrer chez eux, bien qu’en de nombreux endroits, la dose d’exposition autorisée pour le grand public de 1 millisievert/an soit largement dépassée.

Souhaitant arrêter de payer des compensations financières pour les évacués et limiter les frais des travaux de décontamination, le gouvernement entend hâter le retour dans les zones contaminées malgré l’opposition des habitants qui, à juste titre, craignent pour leur santé.

Des centaines de milliers de personnes continuent par ailleurs de vivre dans des villes et villages où le niveau de radioactivité ambiant justifierait pourtant l’évacuation.

Tas de terre radioactive abandonnés au bord des routes, maisons simplement passées au kärcher, mesures hâtives : dans la préfecture de Fukushima, les « décontaminations » sont un fiasco. Les habitants non évacués ont le choix entre se voiler la face ou contrôler le moindre aliment, le moindre objet.

Interdits de jouer dehors, condamnés à porter des dosimètres, les enfants sont les premières victimes. Les enfants de la préfecture de Fukushima doivent subir un examen médical à grande échelle.

Parmi les 250 000 qui y ont déjà été soumis, 74 pourraient déjà être atteints par un cancer de la thyroïde ; et pour 33 d’entre eux, le cancer ne fait plus de doute (chiffres au 31 décembre 2013).

Pour le radiologue spécialiste du cancer Hiroto Matsue, il ne fait pas de doute que tous ces cancers sont directement causés par Fukushima. Il déclare ainsi : « Depuis quarante ans que j’exerce, je n’avais jamais vu de thyroïde avec tellement de kystes et de nodules que je ne pouvais les compter. Ce n’est pas normal. » (Science&Vie, mars 2014, p.88)

À la contamination s’ajoutent des drames humains : de nombreuses familles sont séparées, les mères ayant préféré déménager pour protéger leurs enfants tandis que leurs maris souhaitaient rester sur place.

Tchernobyl, Fukushima, plus jamais ça !

Il y a trois ans, le 11 mars 2011, commençait ce qui a été appelé la catastrophe de Fukushima. Voici le communiqué de Sortir du nucléaire à ce sujet, avec un appel à la mobilisation.

10 mars 2014 : Tchernobyl, Fukushima, plus jamais ça ! 50 jours d’action contre le nucléaire

Alors qu’approche le 3ème anniversaire de la catastrophe de Fukushima, la France n’en a tiré aucune leçon.

Pire : les scénarios officieux plaident pour allonger la durée de fonctionnement des centrales, voire en construire de nouvelles !

En solidarité avec les victimes des accidents nucléaires et pour refuser la prolongation du risque atomique, le Réseau “Sortir du nucléaire“ lance un cycle de 50 jours d’action entre les dates des accidents de Fukushima et Tchernobyl.

Le coup d’envoi a été donné ce week-end, notamment avec une forte mobilisation en Alsace pour la fermeture immédiate de Fessenheim, l’occupation de 15 ronds-points autour de la centrale du Bugey et une quinzaine d’actions ailleurs en France.
Fukushima, trois ans après : la contamination et le déni perdurent

Le 11 mars 2014, la catastrophe de Fukushima entrera dans sa quatrième année. La situation à la centrale, touchée par des fuites d’eau radioactives permanentes, demeure ingérable. Des millions de personnes sont exposées quotidiennement aux radiations et 75 enfants de la préfecture de Fukushima pourraient être atteints par le cancer de la thyroïde.

Les autorités répondent par le déni et la censure à l’ampleur des dégâts et à la souffrance des populations. Ainsi, les habitants sont sommés de retourner vivre dans des zones hautement contaminées, font face aux mensonges sur les impacts des radiations et à la loi sur le secret d’État… Et malgré l’opposition de la population, le gouvernement compte relancer les réacteurs.

La France n’a tiré aucune leçon de Fukushima

Fukushima n’est pas une catastrophe « japonaise », pas plus que Tchernobyl n’était une catastrophe « soviétique ». L’Autorité de Sûreté Nucléaire elle même le reconnaît : un tel accident peut avoir lieu en France.

Événements climatiques extrêmes, acte malveillant, panne, défaillance des installations liée au vieillissement (une vingtaine de réacteurs ont dépassé 30 ans de fonctionnement) ou à des défauts génériques, ou tout simplement erreur humaine : les éléments déclencheurs potentiels sont légion !

Alors même que les coûts de la « cure de jouvence » des centrales explosent, qu’EDF n’arrive plus à gérer les travaux de maintenance, que le chantier de l’EPR s’enlise et que les déchets s’accumulent, il est urgent d’abandonner cette énergie du passé, comme l’ont fait d’autres pays européens.

Mais, hors de tout bon sens, le gouvernement semble privilégier le scénario d’EDF, qui prévoit l’extension du fonctionnement des réacteurs, voire de nouvelles constructions ! Et plutôt que d’engager la France dans le tournant indispensable vers la sobriété et les énergies renouvelables, la loi sur la transition énergétique risque d’acter un dangereux statu quo.

50 jours d’actions partout en France pour arrêter le nucléaire avant la catastrophe !

En solidarité avec le peuple japonais, et pour dire non à la prolongation du risque nucléaire, le Réseau “Sortir du nucléaire“ a appelé à un cycle d’actions pendant les 50 jours qui séparent les dates anniversaires des accidents de Fukushima et Tchernobyl. Manifestations, actions de rue, die-in, conférences-débat, pièces de théâtre se succèderont partout en France.

Le coup d’envoi de ces 50 jours d’action a été donné ce week-end. Samedi, des centaines de militants ont investi 15 ronds-points tout autour de la centrale du Bugey pour demander sa fermeture.

Dimanche, en Alsace, plus de 7000 manifestants ont investi sept ponts sur le Rhin ; die-in, concerts et chaînes humaines se sont succédé, suivis par une marche vers la centrale de Fessenheim. Les manifestants allemands, suisses, français et… japonais rassemblés devant la centrale ont rappelé l’urgence d’une sortie du nucléaire en France.

La France ne doit pas être le prochain pays à subir un accident nucléaire ! Alors que se jouent actuellement des décisions qui engageront l’avenir énergétique de la France, pendant 50 jours, nous nous mobiliserons pour porter haut et fort l’urgence de la sortie du nucléaire.

Revivez les mobilisations en Alsace : http://www.sortirdunucleaire.org/C-est-parti

Retrouvez la liste des actions prévues : http://www.sortirdunucleaire.org/50jours

Le point sur la situation à Fukushima : http://www.sortirdunucleaire.org/Plus-sur-Fukushima

« La vie des mares »

Voici deux intéressants extraits de l’ouvrage de Marc Giraud, « Le Kama-sutra des demoiselles, la vie extraordinaire des animaux qui nous entourent ».

Mais d’où viennent les animaux des points d’eau ?

Même dans des mares ou des lacs de montagne, isolés de tout, on trouve des poissons bien incapables de sortir de l’eau et de se promener. Mais (en dehors des manipulations humaines, bien sûr) comment sont-ils arrivés là ? Ce sont leurs œufs, très collants, qui voyagent, accrochés aux pattes et aux becs tachés de boue des oiseaux.

Des graines de plantes aquatiques, des œufs de poissons, d’insectes, de daphnies (des crustacés surnommés « puces d’eau »), des mollusques, et des tas d’autres animaux microscopiques voyagent ainsi à « patte de canard » ou à « dos de ragondin ».

On trouve dans nos cours d’eau une méduse d’eau douce, la minuscule Crapedacusta, inoffensive pour l’homme. Connue dans le Yang-tseukiang, elle a été découverte dans la Seine par Théodore Monod en 1970. Le chercheur l’a dénommée la méduse volante, car elle voyage elle aussi collée aux pattes des oiseaux aquatiques.

Les plantes sans attache, comme les lentilles d’eau, prennent également le taxi. Une seule suffit pour bourgeonner et se multiplier jusqu’à coloniser tout un plan d’eau, le remplissant de clones.

Bien qu’on ne les rencontre quasiment que dans les mares, la plupart des insectes adultes qui s’y trouvent sont très capables de voler. Le soir venu, les dytiques, les gyrins et les notonectes peuvent s’envoler de leur point d’eau pour en trouver de nouveaux. Leurs yeux, très sensibles aux surfaces brillantes, leur permettent de les repérer de loin. Des libellules comme l’aeschne bleue migrent sur des kilomètres.

Quelques poissons particuliers, comme les anguilles, peuvent se déplacer hors de l’eau en cas de besoin pour trouver un lieu de vie. La carpe elle-même survit assez longtemps dans les herbes humides (jadis, la possibilité de la transporter dans des paniers a permis son introduction dans presque tous les plans d’eau disponibles).

Les tritons, les grenouilles ou les ragondins rejoignent les mares à pied…

Y a-t-il une vie sous la glace ?

En hiver, que deviennent les plantes et les animaux aquatiques ? Les microscopiques amibes et les paramécies s’enkystent d’une enveloppe protectrice. Beaucoup d’invertébrés, comme les daphnies, meurent après avoir pondu des œufs de durée qui résisteront à l’hiver. Selon les espèces, les dytiques hivernent à l’état d’oeuf, de larve ou d’adulte. D’autres animaux restent au stade larvaire pendant la saison froide, comme de nombreuses libellules.

Pendant les hivers très rigoureux, 90 % des martins-pêcheurs peuvent disparaître, faute de pouvoir se nourrir. Sous la glace, l’eau avoisine les quatre degrés, mais elle est plus chaude vers le fond qu’en surface. La plupart des poissons, comme les tanches, hibernent dans la vase des mares, leur rythme cardiaque étant alors extrêmement ralenti. Ce changement de rythme marque leurs écailles de stries annuelles qui indiquent leur âge.

Beaucoup de grenouilles hibernent également dans la vase. La respiration par la peau leur suffit, alors qu’elles se noieraient en une heure ou deux pendant la période chaude.

Certains amphibiens peuvent congeler et décongeler sans dommage ! Des « antigels » empêchent les cristaux de glace de faire éclater leurs cellules. Comme mort, l’animal gelé ne bouge plus, ne respire plus, son cœur a cessé de battre et son sang ne circule plus. Avec la chaleur, il renaîtra doucement, comme si de rien n’était…

En automne, les plantes aussi se préparent à affronter le froid. Beaucoup produisent des bourgeons d’hiver contenant des réserves d’amidon.

Les nénuphars s’enracinent profondément, les lentilles d’eau stockent de l’amidon, s’alourdissent et descendent au fond des eaux. Elles remonteront tout au long de la consommation de leurs réserves pour émerger au printemps. Elles feront le régal des canards, qui les engloutiront comme des aspirateurs…

« Invisible dog »

Dans l’article cité hier, il était parlé de l’un des théoriciens anti-nature, Serge Moscovici. C’est le père de l’actuel ministre de l’économie. On peut effectivement se douter que le gouvernement actuel baigne intellectuellement dans tout cet esprit « moderne » anti-Nature.

Les réactionnaires en profitent largement, tellement c’est facile à critiquer. Najat Vallaud-Belkacem est par exemple une cible facile.

Elle a dit hier : « Nous avons dit dès le départ que le 8 mars, c’était toute l’année », pourtant elle n’a rien dit sur le comportement de François Hollande vis-à-vis de Valérie Trierweiler…

Et qui plus est, elle fait partie des gens militant pour la reconnaissance du principe des mères porteuses…

Regardons cependant quelque chose qui nous intéresse : le rapport aux animaux. Découvrons encore un objet délirant : le « chien invisible ».

Ce truc est apparu dans les années 1970, vient d’être relancé par un Français qui a réalisé récemment une galerie d’art contemporain de 1400 m², le « invisible dog art center« , dans les locaux d’une ancienne usine new-yorkaise où justement était fabriqué le « invisible dog ».

C’est là qu’on retrouve Najat Vallaud-Belkacem, dans l’esprit « moderne », bobo, hipster, queer, etc. Voici comment le quotidien conservateur qu’est Le Figaro raconte cela :

« La ministre l’a ramené de Brooklyn lors de l’un de ses passages éclairs à New York. C’est un petit caniche qui présente bien des avantages. Il n’aboie pas.

Ne mordille pas les chevilles des visiteurs, ni n’abîme le mobilier national de l’hôtel de Broglie qu’elle occupe.

Il n’oblige pas à se baisser pour ramasser ce qui doit l’être. Mieux, il n’a pas de sexe. Indifféremment chien ou chienne, chien et chienne, selon les désirs de son maître. Son nom: Invisible Dog, une laisse rigide qui se termine par un collier vide.

Outre-Atlantique, il fait fureur chez les bobos. En France, ils ne sont que quelques-uns à en posséder un. Comme souvent, Najat Vallaud-Belkacem se croit en avance sur son temps.

C’est vrai en matière d’art. N’a-t-elle pas fait décrocher de son bureau une toile de maître qui faisait pourtant le bonheur de ses prédécesseurs au motif, selon ses propres mots, qu’il s’agissait d’une «vraie croûte!» , lui préférant une peinture abstraite? C’est encore plus vrai en matière de politique et de lois sociétales. »

Quelque chose comme ce « chien invisible » est précisément ce qui fait partie d’une culture dont il faut se débarrasser. On est dans la pose, dans l’amusement aux dépens des animaux. On est là dans le refus d’avoir des responsabilités, de reconnaître la réalité.

On n’est pas simplement dans une sorte de gadget plus ou moins inutile : on est ici dans ce qui se veut de l’art, de la subversion. Or, c’est ni plus ni moins que du nihilisme et dès que cela concerne les animaux, c’est de la barbarie.

Ce « invisible dog » affirme que le meilleur chien est celui qui se plie de manière complète aux exigences des humains, qui ne se fait pas remarquer. Bref, qui est invisible quand il le faut, sur simple demande. On est dans une perspective totalement dénaturée…

Ce qui est l’occasion de rappeler le mépris nécessaire pour tous les bobos, hipsters, queers et autres délires!

Les femmes contre le concept de Nature?

A l’occasion du 8 mars, voici des notes au sujet de la question de la Nature dans le féminisme. Elles sont tirées d’un document canadien, intitulé « L’écoféminisme : une pensée féministe de la nature et de la société« .

Il se pose en effet une question de fond essentielle concernant le féminisme. Soit on considère que les femmes sont, « par nature », plus proches de la Nature justement parce qu’elles donnent la vie (c’est là-dessus que se fonde, également, le fait de parler de la « terre-mère »). Cela veut dire soutenir le féminisme et reconnaître la Nature.

Soit on considère que la Nature est une invention intellectuelle et que les femmes doivent se débarrasser des exigences biologiques (la grossesse, l’allaitement, etc.) qui les amèneraient à être socialement soumises. Est ici présenté et défendu ce second point de vue, qui n’est pas le nôtre et que nous considérons comme dénaturé, comme séparant le corps et l’esprit (on peut également voir à ce sujet notre article « En finir avec l’idée de Nature?!« ).

« De Beauvoir (1949) rend tout à fait incompatible la société et la nature, renvoyant très distinctement la première à la transcendance et à la liberté, et donc l’émancipation, et la seconde à l’immanence et à la contrainte (Rodgers 1998; Gothlin 2001).

Pour De Beauvoir, la seule échappatoire possible pour les femmes est de s’émanciper de l’immanence dans laquelle la société patriarcale les a cantonnées. Immanence qui comprend pour elle l’enfantement et l’ensemble des tâches domestiques que les hommes ont « confiées » aux femmes, naturellement, dans la suite logique de leur rôle, naturel, de mère. (…)

[Serge] Moscovici soutient que la nature n’existe pas en elle-même, elle est une construction sociale.

Elle n’existe ni en dehors de la société ni au-delà de l’action que l’être humain a sur elle : « il n’y a pas de rapport de l’homme à son milieu qui ne résulte de l’initiative humaine, non qu’il l’ait engendré, mais parce que l’homme s’est constitué ce qu’il est physiologiquement, psychiquement, socialement, en l’engendrant » (Moscovici 1972 : 12). (…)

Moscovici mentionne que l’être humain est un produit de la nature, que les facultés intellectuelles et les transformations physiques que l’espèce humaine a connues sont issues des interactions entre la nature et le corps humain et qu’elles sont dues à celles-ci. Ainsi, Moscovici (1972 : 140) affirme que « l’art d’un homme devient toujours la nature d’un autre homme ».

Toutefois, les hommes et les femmes ne jouissent pas de la même autodétermination. Si l’homme est bien son propre produit, la femme ne l’est pas (Denis 1974 : 1925) : « l’homme est son propre produit, mais pour s’autoproduire, il a fabriqué du produit autour, du paysage de fond, de la matière de base. Nous les femmes, nous sommes produites mais non auto-produites, nous sommes de la matière d’échange, de la provision et peut-être aussi de la limite. » Les femmes font partie de la nature dont les hommes se servent pour se produire en tant qu’êtres dits authentiquement culturels.

Moscovici (1972, 1977) déconstruit la notion de nature et dénonce l’autodétermination que pensent avoir les hommes à l’égard de la nature. Il réhabilite la nature comme objet de réflexion sociale et comme sujet de constitution de la société.Pour résumer, Moscovici montre que la nature est en fait une notion, et seulement une notion, puisqu’elle n’existe pas.

C’est une notion éminemment sociale et, de ce fait, elle est utilisée pour légitimer l’ordre social en le naturalisant. Le rapport de la société à la nature n’est pas homogène, si tous les êtres humains sont des produits de la nature, les femmes ne participent à cette production de la culture que comme objets de la volonté masculine.

D’Eaubonne va donc réaliser la synthèse entre l’écologisme de Moscovici et le féminisme de Simone de Beauvoir. Les deux critiquent l’idée de nature, mais le premier pour en faire le principe vertueux et nécessaire à la société, la seconde pour en faire le principe à dépasser et à transcender. (…)

Les mouvements des femmes ont comme objectif essentiel, selon D’Eaubonne (1974), la disparition du salariat, des hiérarchies compétitives et de la famille. Il faut donc refonder la société sur des bases neuves, et cela commence par le renversement des systèmes productifs et reproductifs gérés par les « Mâles ». (…)

Comme nous l’avons souligné précédemment, De Beauvoir encourage les femmes à transcender le corps, notamment sur cette question de la maternité.

En effet, pour elle, la maternité est une aliénation du sujet et une subordination à l’espèce humaine. De Beauvoir rejette la nature en dehors de la sphère sociale, conformément à la pensée dichotomique masculine.

La seule issue pour les femmes est donc de se libérer de l’emprise de la nature, pour devenir à leur tour des hommes. Elle ne remet donc pas en cause la dichotomie arbitraire entre nature et culture, entre immanence et transcendance, qui est l’oeuvre de l’idéologie et de la philosophie masculine. À la décharge de Simone de Beauvoir, nous tenons à préciser que les écrits mettant en cause cette dichotomie ne sont venus que postérieurement au Deuxième sexe (1949). Nous pensons principalement à Mathieu (1973) avec « Homme-culture et femme-nature? », mais aussi à Tabet (1985) qui montre que la reproduction n’est jamais laissée au hasard de la nature.

Elle est de toute façon conditionnée par la société, et donc par les hommes qui ont le pouvoir de décider, et ce, que le taux de fertilité soit faible ou élevé.

La maternité n’est donc pas une fonction naturelle aux femmes, mais une fonction sociale.

D’Eaubonne ne s’y trompe pas, réhabiliter la nature comme constitutive de la société sans entamer une critique radicale de la dichotomie culture/nature serait suicidaire pour les femmes.

Il s’agit donc bien, pour elle, de reprendre la critique de la notion de nature de Moscovici qui en fait une notion essentiellement sociale, tout en conservant bien sûr l’héritage féministe de Simone de Beauvoir.

Parce que, et nous ne voulons pas qu’il y ait une quelconque ambiguïté à ce sujet, l’écoféminisme ne consiste pas à dire que les femmes sont plus proches de la nature que les hommes. Mellor le mentionne en préface de son livre (1997 : VII) : « In arguing for the radical potential of a link between feminism and ecology I do not claim that women are somehow essentially closer to “ nature ”, but rather that it is not possible to understand the ecologically destructive consequences of dominant trends in human development without understanding their gendered nature » (Notre traduction : « En défendant la radicalité possible d’un lien entre féminisme et écologie, je n’avance pas que les femmes ont une manière d’être essentiellement plus proche de la “ nature ”, mais plutôt qu’il est impossible de comprendre les conséquences écologiquement destructrices de la tendance dominante du développement humain sans saisir leur nature « genrée ». »)

Il s’agit pour les écoféministes de trouver une autre dialectique entre le corps et l’esprit et donc de revenir sur l’histoire déjà très ancienne de la métaphysique occidentale.

Cette différence de positionnement autour de la maternité et de la procréation est cruciale. Elle cristallise les positions des différents mouvements écoféministes, mais aussi écologistes et féministes, comme on peut le voir maintenant sur les méthodes de procréation assistées. »