• "Une amende forfaitaire en cas d’usage de stupéfiant"

108 : « Killer of the soul »

Voici les paroles de 108, un groupe américain des années 1990 qui a été un des éléments centraux du Krishnacore, ce mouvement combinant hardcore et hindouisme pour tenter de formuler une critique générale du mode de vie dominant.

Cette chanson de 1996 dénonce le fait de tuer des animaux, utilisant toute une poésie religieuse hindouiste pour renforcer le caractère sacrilège sur le plan moral.

1996

Killer of the soul…
satanic ritual set the corpse upon the table,
cosmetic religion, hide your horns, if you are able.
Tueur de l’esprit…
Un rituel satanique poser un cadavre sur la table,
Une religion cosmétique, cache tes cornes, si tu le peux.

Killer of the animal,
only a demon could dine on the flesh of the dead,
each hair on the back of each cow
is birth you’ll spend in hell.
Tueur de l’animal,
seulement un démon peut dîner de la chair d’un mort,
chaque poil du dos de chaque vache
est une naissance que tu passeras en enfer.

The killer of the soul, whomever he may be,
will be forced in the darkest regions,
embrace your decisions,
in the darkest regions of hell.
Le tueur de l’esprit, quel qu’il soit,
sera amené dans les régions les plus noires,
assume tes décisions,
dans les sombres régions de l’enfer.

Self killing ritual,
set the bottle upon the table,
cosmetic ignorance, kill the pain.
Un rituel consistant à se tuer soi-même,
la bouteille est mise sur la table,
une ignorance cosmétique, tuer la souffrance.

Killer of the animal within,
liquid poison to wash your brain,
drown in your misery,
your life becomes a hell.
Tueur de l’animal à l’intérieur,
un poison liquide pour se laver le cerveau,
noyé dans ta misère,
ta vie devient un enfer.

the killer of the soul, whomever he maybe,
will be forced in the darkest regions,
embrace your decisions,
in the darkest regions of hell.
Le tueur de l’esprit, quel qu’il soit,
sera amené dans les régions les plus noires,
assume tes des décisions,
dans les sombres régions de l’enfer.

I won’t kill my soul
Je ne tuerai pas mon esprit

Pour l’anecdote, le groupe s’est reformé il y a quelques temps pour quelques concerts, et sur l’une des affiches on voit comment la déesse de la mort Kali tient la tête de Donald Trump !

EELV valide le soutien de Yannick Jadot à Benoît Hamon

Ce week-end, les gens ayant voté à la primaire d’EELV ont pu choisir de soutenir ou non le soutien de Yannick Jadot à Benoît Hamon. Voici le communiqué d’EELV.

Un rassemblement pour faire gagner l’écologie

Les sympathisant-e-s écologistes inscrits à la Primaire et les adhérent-e-s d’Europe Écologie Les Verts ont largement approuvé la première étape d’un rassemblement pour faire gagner l’écologie en approuvant l’accord programmatique proposé par Yannick Jadot et Benoît Hamon.

Voici les résultats :
Inscrits : 17077
Votant-e-s : 9433, soit 55,24% de participation
« Oui » : 7502 voix, soit 79,53%
« Non » : 1452 voix, soit 15,39%
« Blanc » : 479 voix, soit 5,08%

Ce vote entraîne le rassemblement des écologistes derrière la candidature de rupture avec la politique du gouvernement qu’incarne Benoît Hamon, l’adoption de la plateforme présidentielle et d’un travail commun pour une majorité parlementaire commune.

Merci à celles et ceux qui ont participé à ce vote et merci aux équipes au siège comme en région qui ont l’ont rendu possible. Europe Écologie Les Verts se réjouit de cet exercice inédit de démocratie et de participation des sympathisant-e-s aux choix stratégiques du mouvement.

Nous appelons à continuer le dialogue initié avec Jean-Luc Mélenchon, l’ensemble des forces qui le soutiennent, et les forces vives de la société civile, pour construire ensemble, cette grande révolution politique que constituera l’arrivée de l’écologie au pouvoir.

Il est incroyable qu’EELV ose parler de « grande révolution politique » à venir « à l’arrivée de l’écologie au pouvoir », quand on voit la collusion complète avec le Parti Socialiste au gouvernement pendant si longtemps!

D’ailleurs, l’accord EELV-PS de 2012 prévoyait la fermeture de 24 réacteurs nucléaires d’ici 2025…

Et après on a Yannick Jadot expliquant hier sur BFM TV :

« C’est le moment historique de gagner sur la sortie du nucléaire et les énergies renouvelables. »

Autant dire que c’est une prétention à un « changement », un « renouvellement », qui ne tient pas du tout une seule seconde.

Sans parler des autres mesures promises en 2012 par l’accord PS-EELV : entre autres, la reconversion écologique de l’économie, 600 000 emplois verts, une politique de reconversion industrielle, une banque publique d’investissement…

A-t-on vu quelque chose de tout cela? Pas du tout.

Pour autant, les gens à EELV ne réagissent pas en termes de contenu et c’est très grave. Ils ne remettent pas en cause leur démarche, leur approche, ils se plaignent, râlent, vont voir ailleurs, etc.

Concrètement, cela donne deux phénomènes. Si on regarde les détails, on voit déjà que la participation a été d’un peu plus de 55%, contre pratiquement 81% au second tour de la primaire.

Il y a du monde qui a été perdu. A cela s’ajoute les gens qui vont dire « non », qui comptent souvent aller voir chez Jean-Luc Mélenchon.

Dans tous les cas, le fait de d’abord rallier Benoît Hamon, pour ensuite faire passer cela par un vote plébiscite, ne relève en rien de la démocratie…

Et cela montre que l’écologie version EELV n’est qu’un paravent pour quelque chose qui concerne la société, l’économie, dans une optique bobo des centres-villes, mais sans aucun rapport avec la Nature…

Le youtubeur Norman et l’adoption d’un chat à la SPA

La nouvelle vidéo du youtubeur Norman traite d’un sujet très important : l’adoption d’un animal à la SPA.

Or, quand on a des millions de gens qui regardent ses vidéos, on a une responsabilité sociale. Norman réfute tout engagement politique, suivant une ligne commerciale maximum.

On pourrait penser que pour l’adoption, il va faire un effort… Mais non, même pas. Ce qui fait qu’on a une vidéo où Norman se met en scène, cherchant à renforcer sa bonne image avec une opération de charity business.

On ne voit que lui, il ne dit pas un seul mot en faveur de l’adoption, il pratique un humour ignoble expliquant qu’on peut « piquer le chat » s’il n’est pas content des jouets achetés pour lui…

Mais le plus simple est de se forger un avis en la regardant.

D’autres informations viennent renforcer cette impression inévitable. Sur Facebook, Norman avait posté une demande pour avoir un chat le 31 janvier. Pas de SPA en vue, il est même parlé de vente…

L’animal est ici présentée comme un simple objet, un « animal de compagnie ». Rien de plus classique… Mais venant de la part de quelqu’un qui a un énorme écho social, cela relève de la facilité la plus complète.

Trois semaines auparavant, il annonçait par ailleurs le décès de son chat. Là encore c’est problématique, car cela donne vraiment l’impression chez les gens suivant Norman que le chat va être « remplacé ».

Il avait une vidéo à ce sujet, « avoir un chat », en 2013.

Et il avait produit un mug avec une allusion à la vidéo, le chat disant « je n’ai pas de cerveau », s’excusant de ne pas réveiller Norman à l’heure qu’il faut.

Il y a des choses douteuses, critiquables, d’autres plutôt bien vues, mais tout cela ne vole vraiment pas très haut. C’est d’un simplisme outrancier, d’ailleurs volontairement choisi par Norman.

Mais dans tous les cas, le fait qu’il n’y ait pas un seul mot sur la SPA est scandaleux.

On pourra dire : il met en avant la SPA, c’est très bien. Sauf que la SPA n’est pas un service public, que les refuges sont au bord de l’effondrement, tenant à l’abnégation de quelques uns.

Toucher des millions de personnes et prétendre avoir un regard « réel » sur les choses comme le fait Norman exige un minimum d’étude sur ce quoi on parle.

Ou alors on est dans la célébration de soi-même surtout et là Norman ne peut nullement échapper à cette critique.

L’accord Yannick Jadot – Benoît Hamon

Yannick Jadot avait gagné la primaire d’Europe Ecologie-Les Verts et il a annoncé avant-hier se désister pour Benoît Hamon. Hier, on a connu les modalités de ce désistement.

Il existe en effet un accord, sous la forme d’une plate-forme, que les membres d’EELV, ainsi que toutes les personnes ayant participé à la primaire, vont pouvoir… approuver ce week-end. C’est-à-dire que la décision est prise et qu’ensuite les membres l’approuvent : EELV a toujours eu une conception étrange de la démocratie.

Niveau grandiloquence, Yannick Jadot sait par contre gérer : la plate-forme serait pas moins que le « meilleur de l’écologie » et le « meilleur du socialisme »! Il ne doit pas savoir que le Parti Socialiste n’utilise plus le mot socialisme depuis François Mitterrand. Mais il faut bien faire rêver…

Ce qui est encore plus grave, c’est que Yannick Jadot ne rend pas public lui-même la dite plate-forme. Ce sont Le Monde et France Info qui l’ont fait, en insistant sur le côté « scoop » (« France Info a pu se procurer le projet d’accord entre les deux candidats »).

Yannick Jadot a alors été forcé de publier sur son facebook un lien vers le texte mal scanné par France Info!

Là encore, on a ici une conception très étrange de la démocratie. On devine toutefois qu’évidemment, il s’agit d’un simple accord-électoral, le soutien de Yannick Jadot ayant comme contre-partie de sauver les députés EELV.

Mais jugeons sur pièce et regardons ce que dit la plate-forme.

Mais parle-t-elle seulement d’écologie ? Rien que le titre des chapitres montre que non.

Il est parlé de l’égalité dans les territoires, de la « lutte contre la précarité et pour l’égalité réelle », d’un « nouveau rapport au travail », de « l’Europe et l’international », de « l’enjeu démocratique », la fiscalité…

Quel rapport avec l’écologie ? On a ici par contre toutes les exigences des classes moyennes supérieures présentes dans les centres-villes.

C’est tellement vrai qu’on a ce point littéralement surréaliste :

Un small business act avec réservation à hauteur d’au moins 60% des marchés publics aux PME/TPE et aux structures de l’économie sociale et solidaire et généralisation des clauses environnementales et sociales dans les marchés et les investissements publics.

C’est peut-être la première fois qu’on a une telle affirmation aussi franche en faveur des petites et très petites entreprises. C’est vraiment du petit capitalisme « vert » et rien d’autre.

Et c’est même le contraire de l’écologie, puisqu’il faudrait bien plutôt de vastes structures pour échapper au gaspillage….

De vastes structures permettant de généraliser le véganisme, bien sûr. Ce n’est pas le but d’EELV, qui veut un retour en arrière, dans l’esprit de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, qu’EELV soutient naturellement dans la plate-forme.

Pour preuve, ce court passage anti-vegan par excellence :

Bien-être animal
Une législation protectrice et créatrice de droits nouveaux, la fin des exploitations d’élevage industrielles

Certains apprécieront ces lignes, comme l’association L214. Mais elles présupposent pourtant la prétention à « ralentir » l’exploitation animale, à retourner en arrière dans le passé. Alors qu’il faut aller vers l’avenir !

Il faut le véganisme, pas des « droits nouveaux » dont la nature n’est évidemment pas expliquée ici. La seule chose qui est ici protégée, c’est l’exploitation animale à coups de modernisation et de mensonges.

Tout cela est entièrement opportuniste et quand on lit que la plate-forme propose la mise en place d’un « vice-premier ministre au développement durable », on devine qui sera nommé : Yannick Jadot lui-même !

Regardons pour finir la question du nucléaire, seul moyen pour EELV de se prétendre écologiste. Voici le passage concerné :

« Mise en oeuvre d’une sortie progressive et intégrale du nucléaire, avec objectif d’y parvenir à l’horizon d’une génération, soit 26 ans, avec fermeture des premiers réacteurs durant la mandature, afin de respecter l’échéance intermédiaire d’un mix énergétique de 60% en 2026 et prendre en compte l’augmentation de production due aux énergies renouvelables. »

En apparence, il y est affirmé la sortie du nucléaire. Sauf que c’est une plate-forme électorale, nullement ratifiée par le parti socialiste. Une présidence dure cinq ans et la sortie est prévue en 25 ans : cela fait cinq présidences. Même en admettant que Benoît Hamon suive relativement ce processus durant cinq ans, rien ne dit que cela continuera en tant que tel après, même si le parti socialiste restait au pouvoir.

On est là dans un discours électoraliste totalement déconnecté des réels pouvoirs de décision.

De la même manière, il est demandé que soit stoppé Bure et que des « études soit menées pour travailler sur d’autres options ». Il suffit que les études disent que rien d’autre n’est possible et le tour est joué…

Cette histoire de plate-forme est une escroquerie de bout en bout. De notre point de vue, sur le plan du contenu. Mais même en admettant qu’on soit d’accord, il n’y a des garanties sur strictement rien !

L’ex-porte parole de la Fondation Hulot soutient Emmanuel Macron au nom de l’écologie

On sait combien il peut y avoir des excuses « bidons » (il n’y a pas d’autres mots) pour aller « à la gamelle » (c’est-à-dire rejoindre  par intérêt un politicien qui a du succès).

Mais là, celles de Matthieu Orphelin, ex-porte parole de la Fondation Hulot, sont d’un niveau de pathétique rarement atteint.

Parce que, franchement, comment oser défendre Emmanuel Macron au nom de l’écologie? Le type s’en moque complètement, il n’en parle jamais et en plus il est fier de « manger l’agneau des Pyrénées« .

Il ne fait même pas semblant, la seule chose qui l’intéresse, c’est le business.

Et voilà pourtant Matthieu Orphelin qui vient claironner dans les médias bobos par excellence, Libération et L’Obs, qu’être écologiste implique de soutenir Emmanuel Macron.

En réalité, on l’aura compris : ce docteur en énergétique de l’Ecole des Mines, responsable de la direction économie circulaire et déchets de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), ancien vice-président (EELV) de la Région des Pays de la Loire, n’est qu’un bobo tout à fait dans l’esprit d’Emmanuel Macron depuis le départ.

Il a toujours été un bobo institutionnel, mais vient donner des leçons de « réalisme » : « J’ai passé l’âge des grands soirs » dit-il dans Libération, alors qu’il n’a jamais été révolutionnaire.

Ce qu’il appelle écologie, c’est une modernisation plus ou moins peinte en verte de ce qui existe actuellement. Il l’avoue de manière explicite dans sa lettre expliquant son choix, que voici.

Pourquoi j’ai décidé de soutenir Emmanuel Macron pour l’élection présidentielle 2017

Matthieu Orphelin, ancien porte-parole de Nicolas Hulot, @M_Orphelin

Angers, le 24 février 2017

Pour certains, l’écologie serait réservée aux bobos et synonyme de délocalisations pour nos industries, de décroissance, de normes en plus pour le monde agricole, de contraintes pour les consommateurs.

Pour moi, c’est tout le contraire : d’abord un enjeu de solidarité, mais aussi plus d’emplois et de compétitivité pour nos entreprises, une croissance enfin sélective, un renouveau pour nos agriculteurs, plus de santé, d’émancipation et de bonheur pour les citoyens.

J’ai choisi de soutenir Emmanuel Macron car il porte des mesures écologistes et peut en faire le socle d’un projet global à la hauteur des enjeux.

Emmanuel Macron a clairement et rapidement progressé sur l’écologie. Heureux si le travail dans l’ombre des uns et des autres y contribue et si le combat inlassable de Nicolas Hulot depuis des années pour imposer la transition écologique au cœur du débat politique a pu l’inspirer, comme tant d’autres avant lui.

Que porte Macron sur l’écologie ?

ïl y a d’abord les engagements rendus publics le 10 février sur des sujets sur lesquels je me suis tant battu depuis des années, notamment en tant que porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot pendant les conférences environnementales du quinquennat Hollande et lors de la COP21.

Quelques exemples : le basculement vers une fiscalité écologique par la montée en puissance de la contribution climat énergie jusqu’à 100 €/t en 2030 et la convergence de la fiscalité sur les carburants par un alignement à la hausse de celle du gazole sur l’essence sur les 5 ans du quinquennat ; une nouvelle prime de 1000 € pour aider les ménages les plus modestes à changer leur vieux véhicule ; un renforcement de la lutte contre la précarité énergétique ; ou encore, la confirmation des objectifs de maîtrise de l’énergie de la loi de transition énergétique et de baisse à50 % de nucléaire en 2025, qui induisent mécaniquement la fermeture de plusieurs centrales au court du prochain mandat.

Il y a aussi des sujets où il a clairement évolué dans le bon sens : sur NDDL, refuser l’évacuation violente du site et redonner sa chance au projet alternatif de réaménagement de l’aéroport existant de Nantes-Atlantique est une sage décision.

D’autres sujets si essentiels à mes yeux, sur lesquels il a proposé des avancées majeures – passées un peu inaperçues. Une révolution pour l’agriculture et nos agriculteurs qui en ont tant besoin : 50 % de bio, autres labels de qualité et local dans toute la restauration collective publique et privée, un Grenelle de l’Alimentation -reprenant là encore l’idée poussée par Nicolas Hulot-, la séparation (tant attendue !) des activités de conseil et de vente des pesticides,dès le début du mandat.

J’ai été aussi assez convaincu par la préparation du plan d’investissements qui sera présenté début mars, dont une part très importante devrait être consacrée àla transition énergétique et écologique. Les engagements déjà révélés, dont un plan de transformation agricole de 5 milliards d’euros ou l’accélération des efforts sur les énergies renouvelables et leur stockage, vont clairement dans le bon senset devraient être complétés par d’autres bonnes surprises.

Je veux plus. Il faut bien sûr aller plus loin et dévoiler de nouveaux engagements sur l’écologie d’ici au 1tour de l’élection présidentielle.

Les idées que je pousserai ?

Mettre la santé environnementale en haut de l’agenda politique,développer massivement les alternatives aux pesticides, proposer des mesures fortes sur la mobilité du quotidien des personnes et le transport de marchandises, concrétiser l’ambition affichée d’une économie « 100 %circulaire » par un plan d’actions à la hauteur, intensifier les efforts sur la formation professionnelle et l’apprentissage pour les métiers de demain (un sujet que j’ai tant porté dans mon mandat -unique- de Vice-président à l’éducation de la Région des Pays de la Loire), prendre ses distances avec le CETA qui pose tant de questions démocratiques et constitutionnelles et repenser les règles du commerce international pour le rendre durable, mettre en place une vraie taxe sur les transactions financières et lutter contre l’évasion fiscale,repenser et renforcer la solidarité internationale notamment pour rembourser notre dette écologique envers les pays en développement, accélérer les efforts nécessaires sur la transparence et l’exemplarité, notamment pour les milieux financiers et politiques, réinventer l’éducation à la citoyenneté…

Au-delà de ces mesures, le plus important sera de faire de tout cela un ensemble cohérent, une vision pour la France, où justice sociale et combat environnemental se nourrissent mutuellement.

Enfin, au-delà de l’écologie –mais tout cela est si lié-, il y a le reste de ce que j’apprécie dans sa vision. Son ambition pour l’Europe, saluée par Dany Cohn Bendit.

Ses prises de position fortes sur les autres sujets qui me sont chers :l’éducation (même s’il pourrait mettre plus l’accent sur la prévention dudécrochage scolaire), l’accueil des réfugiés, la prévention en matière de santé. Savolonté de renouveau démocratique et de sortir des clivages, de rassembler plutôt que d’opposer, dont notre pays a je pense tant besoin.

Suis-je sous le charme? Non ;)

Hypnotisé ? Pas plus ! D’accord avec tout ce qu’il propose ? Evidemment non !

Comme tant d’autres, j’ai été meurtri par sa récente phrase très malheureuse sur la pseudo humiliation subie par les participants de la Manif pour Tous ; son explication de texte a posteriori ne m’a d’ailleurs pas totalement convaincu.

Militant contre toutes les formes de discriminations, je serai particulièrement vigilant à ce que de telles ambiguïtés ne puissent subsister sur ces combats si essentiels pour l’égalité, dont on les avancées doivent d’ailleurs bien plus aux associations de défense des droits des personnes LGBT qu’aux politiques.

J’ai choisi de soutenir Emmanuel Macron car c’est le seul qui pourra défendre l’écologie au second tour.

J’ai toujours refusé les postures politiciennes. Ne comptez pas sur moi pour jouer au « mon candidat est le seul à avoir compris l’écologie ».

Yannick Jadot ? J’ai partagé avec lui tant de combats pour l’environnement et j’ai été heureux, lors de la primaire des écologistes, de réarmer sur sa profession de foi combien j’apprécie son engagement et sa constance, son refus des combines et des magouilles politiques. Mais il ne sera finalement pas candidat.

Benoît Hamon ? Il a entamé une vraie transition sur nos sujets, même s’il conserve quelques angles morts (et si je ne partage pas sa mesure-phare sur le revenu universel, en tout cas pas dans les modalités qu’il a proposées). Hamon a le devoir, maintenant qu’il se revendique autant écologiste que socialiste, d’être exemplaire dans toutes ses propositions.

Jean-Luc Mélenchon ? Il a un style clivant qui ne me correspond pas mais une vraie vision sur certains thèmes stratégiques, comme l’économie de la mer.

En définitive, tant mieux si, comme l’a si bien dit Nicolas Hulot, Mélenchon, Hamon, Jadot et Marcon se livrent une compétition positive et un concours d’intelligence sur l’écologie, qui devait être la grande absente de la campagne. Et pourquoi pas, après l’élection de Macron, une coalition de gouvernement !

A mes ami-es qui rêvent du grand soir, à celles et ceux qui ne pensent pas aux petits matins, qui sont déjà emprisonnés dans leurs certitudes, dans l’aveuglement des campagnes électorales où l’on imagine réelles des victoires pourtant impossibles, où l’on pare son candidat de toutes les vertus en aimant dénigrer les autres, je voulais redire tout cela très simplement.

Leur redire que, pour l’instant, l’indignité de cette campagne politique ne profite qu’à une seule personne : Marine Le Pen.

Qu’un second tour Fillon – Le Pen, entre la droite dure et la droite extrême seraitun cauchemar que je ne veux pas vivre.

Que je pense sincèrement qu’Emmanuel Macron est pour l’instant le seul àpouvoir éviter cela.

Qu’il peut porter une ambition écologiste à la hauteur.

Il a donc mon soutien, sincère et exigeant.

Emmanuel Macron et la la « contraventionnalisation » du cannabis

Les gens vraiment de gauche n’aiment pas Emmanuel Macron, qu’ils ne considèrent pas comme étant vraiment de gauche. Si cela est juste, alors ils feraient bien de se demander pourquoi sur le plan des moeurs ils disent pratiquement tous la même chose que lui…

La démarche libérale-libertaire, où toute valeur est rejetée comme un principe « totalitaire », les rassemble tous.

Emmanuel Macron est d’ailleurs « en train de sortir du bois » concernant le cannabis et sa légalisation.

Il avait déjà exprimé le fait qu’il était ouvert à la question, en septembre 2016.

Comme dans Le Figaro la semaine dernière les choses semblaient peu claires, puisqu’il expliquait «ne pas croire à la dépénalisation des « petites doses »», RTL a demandé des éclaircissements à Gérard Collomb, le maire de Lyon issu du Parti Socialiste mais grand soutien d’Emmanuel Macron.

Le concept utilisé est alors celui de la « contraventionnalisation » : on paiera une amende si l’on a une petite quantité de cannabis sur soi.

Libération est bien sûr très content et a publié un article intitulé On a (enfin) compris ce que veut Emmanuel Macron sur le cannabis.

Tout en constatant qu’au fur et à mesure de ses meetings (Macron sur le cannabis, ou comment le discours politique fabrique du faux), Emmanuel Macron en rajoute toujours niveau chiffres erronés sur le fait que la justice est impuissante à enrayer la vague de gens arrêtés en raison du cannabis, les relaxant finalement.

Libération est donc allé se rensigner auprès du porte-parole d’Emmanuel Macron… qui précise la ligne de la « dépénalisation » maquillée derrière une « contraventionnalisation » bien entendu fictive.

Car les policiers ne vont pas passer leur temps à faire des contraventions devenant banal…

«Juridiquement, effectivement, c’est bien une dépénalisation» que propose Macron, dit d’ailleurs son porte-parole, Benjamin Griveaux.

«Mais on a préféré parler de contraventionnalisation, pour qu’on comprenne bien, parce que tout le monde n’a pas forcément en tête toutes les subtilités dépénalisation/légalisation», explique-t-il à Libération.

Mais pourquoi alors Macron a-t-il affirmé «ne pas croire à la dépénalisation» au Figaro la semaine dernière ?

Une confusion, argue Griveaux : «En fait, il ne croit pas à la légalisation. C’est ça, son propos.»

Sauf que nous ne sommes nullement empreints de naïveté : Emmanuel Macron est un libéral et donc il voudra forcément légaliser. La « contraventionnalisation » n’est qu’une étape pour amener la légalisation et ne pas froisser son électorat.

Les députés des Pays-Bas viennent d’ailleurs de légaliser la culture du cannabis dans leur pays. C’était inévitable, dans la mesure où le business du cannabis va devenir un nouveau terrain de bataille économique…

De plus, cela met fin à la contradiction des coffee-shops légaux mais de leur approvisionnement illégal… La balance a penché finalement du côté du libéralisme complet, fort logiquement.

Les mauvais exemples de San Francisco et de l’Arabie Saoudite

Le véganisme est ou bien pour tout le monde, ou bien pour personne. C’est un mode de vie qui s’inscrit dans la tradition humaniste et qui veut une humanité meilleure.

Faut-il alors se satisfaire du fait que le Conseil des Autorités de Surveillance de San Francisco vient de voter à l’unanimité l’interdiction « aux magasins d’animaux de compagnie de vendre des chiens ou des chats non obtenus auprès des organisations de sauvetage d’animaux ou des refuges » ?

Parce que l’image d’Epinal de la San Francisco « alternative » n’existe plus depuis longtemps. C’est une ville monstrueusement chère, avec une élite très riche « branchée » (et donc pas avec Trump), et même une place-forte de la finance mondiale.

Avec la loi sur les refuges, on est dans le charity-business, exactement comme avec le prince saoudien Khaled bin Alwaleed.

Son père n’est pas moins que la 20e fortune mondiale, avec environ 26 milliards de dollars ; lui-même a grandi dans un palais qui vaut 136 millions de dollars.

Et on devrait se satisfaire qu’il soit végétalien ?  Et même s’imaginer, comme le fait le magazine en ligne Vegactu, que « Devenu vegan, le prince saoudien Khaled bin Alwaleed est en train de métamorphoser son pays » ?

Ou encore qu’ « une génération progressiste monte ainsi en puissance en Arabie Saoudite » ?

Parce qu’on parle tout de même de l’Arabie Saoudite, un pays connu pour ses mœurs particulièrement arriérées… La religion y domine entièrement, il n’y a même pas de constitution, la monarchie appliquant le Coran au pied de la lettre, sous la forme dite islamique « wahabite », avec un prosélytisme effréné dans tous les pays du monde à coups de petro-dollars.

En Arabie Saoudite, on décapite au sabre, on lapide, etc., la monarchie est tellement consanguine que les problèmes de santé sont massifs dans la tribu royale, les femmes n’ont aucun droit, les travailleurs non plus, bref on l’a compris il n’y a rien de positif et la liste est sans fin.

Et sous prétexte qu’un prince devient végétalien et parle d’écologie, afin de préparer son pays et son argent au business de demain, on devrait être content ?

C’est tout simplement ridicule et c’est une question de choix à faire ici. Soit on considère le véganisme comme une sorte de cerise sur le gâteau et on se satisfait de tout et n’importe quoi, en s’imaginant qu’on vit dans un monde sans queue ni tête où de toutes façons, rien n’est clair.

Soit on reconnaît qu’il y a une réalité sociale et à ce moment-là on l’admet dans sa démarche. Et on choisit son camp : soit un véganisme pour bobos et millionnaires, soit une démarche populaire avec un véritable fond : l’amour pour les animaux.

ALF : destruction de 19 miradors de chasse dans l’Oise

L’ALF a revendiqué une action dans l’Oise, dont Le Parisien s’est fait également l’écho.

Le quotidien y cite des propos étranges d’un membre de l’Office national des forêts, qui non seulement ne comprend rien à rien mais semble même être un simple fonctionnaire au service des chasseurs!

Avec une manière étrange de voir les choses : à le lire, on devrait quasiment remercier l’ONF d’aider les chasseurs à tirer ailleurs que là où passent les gens…

« C’est d’autant plus stupide de s’en prendre à ces équipements qu’il s’agit d’éléments de sécurité, soupire un membre de l’Office national des forêts (ONF).

Ils sont installés à proximité des lieux sensibles, comme les routes, pour obliger à tirer vers le bas. »

Structures renversées, pieds sciés, échelles mises en charpie… Les miradors ont été complètement détruits et gisent encore en forêt ce mardi. Deux biches broutent non loin de là.

D’après l’ONF, ce type de faits est régulier. « Mais là ce sont des antichasses durs qui ont fait ça, regrette un chasseur. Les plus gentils se contentent de les déplacer pour qu’on ait du mal à les retrouver. »

Voici le communiqué de l’ALF, qui a rappelons-le saccagé en 2015 le siège des chasseurs dans l’Oise.

Dans la nuit du 17 au 18 février 2017, 19 miradors de chasse ont été neutralisés en forêt de Compiègne, Oise (10 dans le lot 11, 9 dans le lot 6).

Les chasseurs à tir, à courre et l’ONF sont responsables ensemble de la destruction de la nature et du meurtre d’animaux en masse.

La « régulation de la nature » n’est qu’un leurre grossier pour masquer la barbarie d’un loisir et les intérêts purement mercantiles de l’ONF.

Certaines associations qui les défendent (comme localement
l’AFLOC et Oise Nature) se rendent ainsi complices des mêmes crimes.

C’est faire oeuvre de civilisation que de les arrêter. Retroussons-nous les manches.

ALF60

Bure : compte-rendu du rassemblement du 18 février 2017

Près de 700 personnes se sont rassemblées à Bure samedi : voici une vidéo, quelques photos, ainsi que l’appel lu avant le départ.

BLOQUONS CIGÉO, DÉFENDONS LE BOIS LEJUC
Ami-e-s de Bure et des forêts,
Nous sommes très heureux-euses de vous accueillir ici dans le bois libéré de Mandres-en-Barrois !

Depuis juin 2016, il est le cœur battant de la lutte à Bure. Peuplé de cabanes à la cime des arbres et de barricades au sol, le bois a retrouvé toute sa splendeur face à la menace des bulldozers et des gendarmes mobiles !

DE L’ÉTÉ D’URGENCE À L’HIVER DÉTER’
En été, nous l’avons occupé une première fois, puis nous avons été expulsées manu militari sous des nuages de lacrymo. Qu’importe, nous l’avons réoccupé ! Nous avons scié et cisaillé leurs clôtures.

Puisque les barbelés ne suffisaient pas, ils ont construit un mur en béton : en août, nous l’avons abattu en masse, dans un geste de sabotage collectif et joyeux. Notre colère ne sera jamais réversible. Aucune frontière, grillage, barbelé ou vigile n’arrêteront notre détermination !

L’automne a lentement chassé l’été d’urgence… et nous avons depuis septembre ré-ré-occupé cette forêt. Avec son odeur de risotto aux pleurotes, de châtaignes grillées et d’humus, ses couleurs flamboyantes, ses initiations à la grimpe, ses ballade du dimanche aprèm, sa douceur.

Mais depuis décembre nous sommes entrés de plein pied dans l’hiver déter’ ! Les vigiles reviennent rôder et agresser des camarades, les pelleteuses promettent de « nettoyer la forêt » des murs qu’elles ont installé cinq mois plus tôt, un ingénieur verse de l’essence sur des personnes qui tiennent des barricades.

Et l’Andra invente l’éco-enfouissement en reboisant des hectares qu’elle a défriché illégalement… pour mieux tout détruire plus tard. Malgré la vague de froid, la neige et la brume, nous avons tenu bon.

Cela fait 6 mois maintenant que les travaux de l’Andra sont bloqués au bois Lejuc. Les nucléocrates pestent et doivent, pour la première fois en vingt ans d’implantation diffuse, abandonner leur plan bien huilé. C’est une lutte victorieuse que nous comptons bien poursuivre !

À bien des égards, nous vivons un moment crucial, où nous pouvons consolider notre puissance ou subir des revers. Les échéances juridiques se rapprochent : le 22 février, un rendu d’expulsion des habitant-e-s du bois sera peut-être publié. Tout pourrait ensuite s’enchaîner très vite et les gendarmes débarquer dans la forêt.

Le 28 février, une autre décision de justice sera rendue qui pourrait remettre en cause la propriété de l’Andra sur le bois Lejuc. Lors du procès à Nancy, la rapporteure publique a montré qu’il y a avait eu des vices de procédure dans la délibération du conseil municipal de Mandres autorisant l’échange de la forêt.

Nous saurons le 28 février si la justice suivra l’avis de la rapporteure publique comme à 90% des cas ou si elle rendra comme à Notre Dame des Landes une décision politique en allant à son encontre.

VIVRE ET LUTTER, OUI… MAIS DANS LE SUD-MEUSE

Nous l’avons dit et nous le répétons, ce qui se vit ici c’est la continuité de 25 ans d’une lutte qui renaît comme un phénix, alliant barricades physiques et barricades de papiers, manifs populaires et sabotages, campements autogérés et réunions publiques.

C’est la suite de ce qui se trame dans le bocage de Notre-Dame-des-Landes, dans la forêt de Roybon, de ce qui s’est passé dans les rues des métropoles pendant le mouvement contre la loi Travail, du vent de révolte qui souffle maintenant contre le viol de Théo par la police, de tant d’autres tentatives de reprendre le cours sur nos vies contre ceux qui les broient.

À Bure, que ce soit dans une cabane en haut d’un chêne centenaire, à la Maison de résistance, dans une caravane retapée, dans des maisons peu à peu habités depuis des années et tous les autres espaces dans lesquels nous mettons notre amour, nous voulons devenir un point de ralliement contre la poubelle nucléaire, un espace de convergence contre toutes celles et ceux qui veulent mettre au pas nos existences au nom du fric, du contrôle social, ou des frontières.

Nous voulons faire de Bure un lieu désirable où il fait bon vivre et s’organiser, là où l’Andra mise sur 150 ans de nettoyage par le vide.

Un terrain de jeu, où nous cultivons du blé panifiable sur des terres promises à l’enfer atomique ; construisons des fours à pains, retapons des maisons et des cabanes ; inventons des chansons ; ébauchons une vie collective où chacun-e peut trouver une place…

Depuis des mois, des années, nous sommes toujours plus nombreux-euses à nous installer ici à emmêler nos vies dans ce petit bout de Meuse. Combien sommes-nous à être venu-e-s pour quelques jours et à se projeter maintenant dans ces villages que l’Etat dit « déserts » pour mieux les détruire, dans cette forêt qu’on promet à la ventilation de puits putrides ?

Il y a 5 ans, il n’y avait à la maison de résistance personne en hiver, il y a 2 ans nous étions une petite dizaine, nous sommes maintenant une quarantaine, sans compter toutes celles et ceux qui ne cessent de s’installer dans la région depuis des années… Combien serons-nous demain ?

Nous voulons dire, à toutes celles et ceux qui continuent de venir à Bure, qui découvrent, qui se questionnent, qui aiment : venez, passez, créez des comités de soutien, installez-vous, engagez-vous dans ce pari qui nous tient ensemble ! Chaque présence compte, chaque geste de soutien, chaque témoignage d’amitié nous rend plus fort-e-s, plus vibrant-e-s, plus vivant-e-s.

Chacune de ces lucioles fait grandir une belle flamme contre le cancer diffus de tristesse, de résignation et de peur qui veut s’insinuer ici.

Nous avions dit aujourd’hui, « qu’ils expulsent ou pas, nous serons dans le bois ! ». Et nous sommes plusieurs centaines à être venu déclarer notre flamme à l’Andra. Nous affirmons maintenant, comme nous le disions en octobre dernier à la ZAD de NDDL menacée : « nous sommes là, nous serons là ! ».

Dès le 21 février et pour les semaines à venir, nous appelons un maximum de gens à rester et soutenir l’occupation du bois Lejuc, soyons nombreux-euses comme il se doit pour accueillir la décision du juge le 22 février, celle du 28, et toutes les autres ! =
Gardez vos déchets, nous gardons la forêt !
ANDRA dégage, résistance et sabotage !

EN CAS D’EXPULSION, NOUS SERONS LÀ
Blocage des travaux dès le lendemain suivant l’expulsion
Le samedi suivant, grosse manif’ ! Convergence à Bure ou Mandres-en-Barrois à 11h.

Décès de Tom Regan

Les années 1970 ont donné deux formes particulières de position en faveur des animaux : d’un côté, l’appel à la libération animale, avec une démarche révolutionnaire dont l’une des expressions les plus connues est l’ALF.

Ici, on est dans une perspective universaliste, avec d’ailleurs un élargissement de la question animale à la défense de la Nature en général.

De l’autre, une flopée de théoriciens du droit s’intégrant entièrement dans les institutions, à travers les universités américaines.

Tom Regan, dont on vient d’annoncer le décès, était l’un d’entre eux. Il fait partie, comme Gary Francione, du courant dit « abolitionniste », qui rejette à la fois les réformes du « bien-être animal » mais également l’option révolutionnaire et l’ALF en particulier.

C’est-à-dire que, contrairement aux formes militantes (dans un sens réformiste ou révolutionnaire), Tom Regan s’inscrit dans le courant moraliste – juridique, dont les universités sont le centre névralgique.

Tom Regan défend le véganisme, qu’il considère comme nécessaire. Mais il s’appuie pour cela non pas sur l’universalisme (comme nous le faisons sur LTD), mais sur le particularisme.

Autrement dit, il ne défend ainsi pas les animaux au sens large, mais en fait chaque animal, au sens où chaque être vivant a une « valeur inhérente » en tant qu’individu.

Obligé bien entendu de trouver la base d’une telle valeur, Tom Regan considère qu’il s’agit de la psychologie, puisqu’il s’agit d’un aspect « individuel » par excellence.

Ce qui aboutit au rejet de concept de Nature au profit d’une lecture individualiste, qui exclut de ce fait les végétaux, mais également toute une série d’animaux n’ayant pas un profil « individuel » compatible avec la définition…

Voici un passage de ce que dit Tom Regan concernant cet aspect :

« Nous n’avons aucune raison, et encore moins de raison scientifique, de croire que les carottes et les tomates, par exemple, apportent au monde une présence psychologique.

Comme toutes les autres plantes, les carottes et les tomates ne possèdent rien qui ressemble à un cerveau ou à un système nerveux central.

Parce qu’ils sont déficients sous ce rapport, il n’y a aucune raison de voir les plantes comme des êtres psychologiques, ayant la capacité de ressentir le plaisir et la douleur, par exemple.

C’est pour ces raisons que l’on peut rationnellement affirmer les droits des animaux et les nier dans le cas des plantes. (…)

Il n’est souvent pas facile de savoir où «tracer la limite».

Par exemple, nous ne pouvons dire exactement quel âge doit avoir une personne pour qu’elle soit vieille, ni quelle taille elle doit avoir pour être grande.

Néanmoins, nous pouvons dire avec certitude qu’une personne de quatre vingt huit ans est vieille, et que quelqu’un qui mesure deux mètres est grand.

De même, nous ne pouvons dire exactement où placer la limite quand il s’agit de dire quels animaux ont une psychologie.

Mais nous pouvons dire avec certitude absolue, où que l’on trace cette limite sur des bases scientifiques, que les primates et les rongeurs se trouvent d’un côté, celui des êtres psychologiques et que les limaces et les amibes se trouvent de l’autre, ce qui ne signifie pas que nous pouvons les détruire à la légère. »

Cette histoire de « limites » pour délimiter des individus à qui on doit par conséquent décerner un droit individuel ne saurait aller dans le bon sens.

La question de fond est celle de la vie elle-même, pas des individus. C’est une question d’approche générale de l’humanité dans son rapport à la Nature, pas simplement une question de choix de rapports précis avec certaines espèces en particulier.

En niant la question universelle, Tom Regan a participé au développement de tout un courant intellectualiste grand-bourgeois, universitaire (ou aussi journalistique comme avec Aymeric Caron), protestataire médiatique d’une certaine manière aussi.

Un courant qui rejette totalement la critique des institutions, pour s’inscrire en elles, sous prétexte qu’elles seraient démocratiques, alors que c’est tout de même le b-a-ba de toute personne comprenant ce qu’est le capitalisme que de voir que non…

D’où le soutien par les institutions de cette critique à la fois institutionnelle et purement juridique, avec la morale comme prétexte à la marche dans les institutions (pour mieux se faire intégrer).

Voici par exemple, le parcours institutionnel de Tom Regan, à quoi il faudrait ajouter une centaine de conférences universitaires à travers le monde.

Expérience professionnelle

1965-1967. Instructeur, puis maître assistant en philosophie, Sweet Briar College
1967-1972. Maître assistant en philosophie, université d’Etat de Caroline du Nord
1972-1978. Maître de conférences en philosophie, université d’Etat de Caroline du Nord
1978-2001. Professeur de philosophie, université d’Etat de Caroline du Nord
1995-1996. Directeur par interim du département Philosophie & Religion, université d’Etat de Caroline du Nord
1996-1999. Directeur du département Philosophie & Religion, université d’Etat de Caroline du Nord
2000-2013. Professeur émérite, université d’Etat de Caroline du Nord
Postes de professeur associé

Assistant, Oxford University, été 1973, en collaboration avec l’université d’Etat de Caroline du Nord – Asheville.
Chercheur et professeur invité, université de Calgary, été 1977.
Professeur invité de Philosophie, Brooklyn College, automne 1982.
Professeur invité, Center for the Study of Theology, université d’Essex (Angleterre), été 1988.
Professeur distingué McAndless, université de l’Eastern Michigan, automne 1996.
Distinguished Visiting Scholar, université de Massey (Nouvelle Zélande), automne 1997.

Tom Regan est quelqu’un qui accepte totalement le système américain auquel il participe. Il se veut quelqu’un opposé au racisme, au sexisme, appelant à la solidarité sociale, mais il ne rompt nullement avec l’individualisme.

Il est donc parfaitement acceptable, puisqu’il nie l’universalisme…

Il est donc possible, par exemple pour la Fondation Brigitte Bardot, de le mettre en avant.

Le passage comme quoi l’analyse de Tom Regan est « la plus impressionnante et approfondie jamais produite » ne tient pas debout une seconde : sa prose est illisible, avec un verbiage juridique typiquement insupportable.

Il a par ailleurs été publié pour la première fois en France en 2013 et on voit mal les gens de la Fondation Brigitte Bardot le lire, d’autant plus qu’elle ne se veut pas végan (même si elle a put faire des t-shirts prétendant le contraire, pour le prestige).

C’est là l’avantage des « intellectuels »: on peut toujours les récupérer puisque leur discours juridique et universitaire n’amène à aucun positionnement. Ils sont utilisables à tort et à travers, ne faisant qu’apporter à la confusion et à la négation de l’universalisme.

Benoît Hamon : légaliser le cannabis… car il est dangereux?!

Benoît Hamon, le candidat socialiste, est un partisan de la légalisation du cannabis.

Il vient de se rendre au Portugal, où il a tenu des propos en ce sens, à l’occasion d’une rencontre avec le président de l’institut de lutte contre la toxicodépendance de Lisbonne.

« Le Portugal a fait un choix qui était audacieux, celui de décriminaliser l’usage et la consommation personnelle de toutes les drogues.

Ce qui n’est pas le choix que je préconise pour la France, puisque je préconise pour ce qui me concerne que l’on sorte du déni d’une prohibition du cannabis qui a comme double conséquence de maintenir un trafic de drogue qui tue chaque année des dizaines de personnes et, d’autre part, de ne pas regarder une réalité qui est celle de l’augmentation du nombre de consommateurs de cannabis en France.

La voie que je préconise, c’est la légalisation du cannabis comme un moyen de tuer les trafics plutôt que les trafics tuent les personnes aujourd’hui, comme c’est le cas en France, on le voit à Marseille, on le voit en Seine-Saint-Denis, on le voit dans beaucoup de territoires français.

Mais, au-delà de cela de faire en que, eh bien demain, l’on prenne en charge les conditions dans lesquelles cette drogue est consommée, plutôt que de la laisser consommer comme c’est le cas aujourd’hui sans aucune prise en charge en termes de santé publique (…).

C’est parce que je pense qu’il est dangereux de se droguer qu’il faut légaliser. »

On a ici un coup déjà utilisé par Jean-Luc Mélenchon, de se dire pour le cannabis, car contre (Jean-Luc Mélenchon est pour la légalisation du cannabis car il est contre). Seule la légalisation permettrait le recul du cannabis, ce qui est absurde.

Il y a cependant un élément de plus : l’argument de la prise en charges est employé. C’est pour cela que Benoît Hamon l’a mis en avant au Portugal.

Ce pays propose en effet une prise en charges, par l’intermédiaire de conseillers juridiques, de psychiatres et de travailleurs sociaux, qu’on est obligé de voir si on est contrôlé avec des drogues sur soi en petite quantité.

Sauf que cela n’a rien à voir avec ce que propose Benoît Hamon. Car au Portugal, ces drogues restent interdites : il y a dépénalisation du fait d’en avoir une petite quantité, nullement une légalisation.

Or, Benoît Hamon propose la légalisation…

Et juridiquement, une légalisation empêcherait une obligation d’aller voir des conseillers ou des assistants sociaux ! Donc son argument sur la prise en charges ne tient pas debout.

Un autre souci, et non des moindres, est la négation par Benoît Hamon de la mafia. En effet, les mafias installées visent le gain. Si on leur enlève leurs moyens de se les procurer, elles seront à autre chose… Comme par exemple le proxénétisme.

Qui sont d’ailleurs les morts dont Benoît Hamin se plaint ? Des trafiquants se concurrençant et se tirant dessus. Au lieu de plaindre ces morts, il ferait bien de regretter que les mafias ne soient pas écrasées en général et qu’il n’y ait pas de vastes campagnes anti-drogues, ce qui va de pair avec changer le monde.

Mais Benoît Hamon ne veut pas changer le monde, il veut juste calmer les choses, sans voir que tout part déjà dans tous les sens, faisant au passage le bonheur de Marine Le Pen.

Aux gens conscients d’assumer la culture straight edge, le refus des mafias, la lutte pour une démarche tournée vers la Nature, un mode de vie qui ne se fonde pas sur la destruction !

Le véganisme : « déviance alimentaire mortifère » ou esprit révolutionnaire?

Il y a eu une tribune publiée hier sur Le Figaro et ayant comme titre « Mode vegan : épargnons nos enfants ! », écrite par Patrick Tounian, Professeur de Pédiatrie, Chef du service de nutrition et gastroentérologie pédiatriques à l’Hôpital Trousseau à Paris.

Patrick Tounian reprend les arguments classiquement délirants faisant des vegans des gens qui donneraient juste du lait végétal aux enfants, les privant de croissance, abîmant leur santé et mettant leur vie en danger.

Son discours est véhément, faisant des partisans du véganisme des dégénérés ayant ici une « méfiance paranoïaque envers le lait ». Bref le véganisme serait une pathologie mentale, ni plus ni moins, une « déviance alimentaire mortifère ».

Cela n’a rien d’original et c’est très peu intéressant, surtout qu’il défend les industriels qui seraient sincères, honnêtes, en quête de vraies informations scientifiques, etc. C’est ridicule et cette personne est une caricature des années 1960.

Cependant, voici un passage à prétention scientifique qui est intéressant, non pas en ce qu’il dit qui est faux, mais parce qu’il indique le fond du problème.

« Mais pourquoi un tel engouement pour le végétalisme? La défense de la cause animale reste la principale motivation. Nul ne peut nier que l’exploitation des bêtes dans le but de nourrir les humains puisse choquer.

Même si nous savons que ces animaux ne seraient pas conçus s’ils n’étaient pas destinés à être consommés, l’issue funeste qui les attend peut être difficile à supporter.

Mais tous les scientifiques sans exception sont unanimes pour admettre que l’absence de produits carnés, de poissons ou de lait accroît considérablement les risques de carences nutritionnelles, et ceci depuis des millénaires.

N’oublions pas que c’est l’adjonction régulière de viande à un régime essentiellement végétalien qui a catalysé l’hominisation des primates, notamment en développant leur cerveau, et permis ainsi aux Homo sapiens que nous sommes de dominer la planète. »

Ce passage est très important, car il montre que la grande peur de ces gens, c’est que l’engagement débouche sur un changement historique. Osons le mot « révolution », car c’est de cela dont il s’agit.

D’où le discours comme quoi il y aurait une continuité alimentaire « depuis des millénaires », voire même depuis les tous débuts de l’humanité. Comme s’il n’y avait eu aucun changement, comme si on mangeait la même chose qu’il y a cinquante ans, 250 ans, 1000 ans ou 10 000 ans…

D’où le discours conquérant : être heureux que l’humanité soit en mesure de « dominer la planète » en 2017 relève d’un unilatéralisme qui n’est même pas un soutien béat à la destruction générale de la planète, mais d’une mauvaise foi complète.

D’ailleurs, on se doute que quand cette personne parle de carences, elle prend comme critères ce qui est donné par les industriels. Précisons d’ailleurs ce qu’on peut lire au sujet de Patrick Tounian sur le quotidien du médecin publiant un de ces articles :

Lien d’intérêt du Pr Patrick Tounian : Blédina, Nestlé, Mead Johnson, Novalac, Carrefour

C’est sûr que vu comme cela, on a tout compris…

Car il n’y a pas de point de vue neutre. Il s’agit de transformer l’humanité : le véganisme n’est pas un raisonnement individuel, c’est une tendance historique, qu’on ne peut comprendre que si on prend en compte le rapport à la Nature, et donc la reconnaissance de la Nature.

Soit les choses sont immuables et ce docteur a raison, soit elles changent, car tout change, et l’humanité a avancé à un point où elle doit faire un choix : celui de l’égoïsme forcené et de l’anthropocentrisme, qui ne peut amener que sa destruction, ou bien celui de la reconnaissance de la vie organisée à l’échelle planétaire.

Il faut saisir la dimension de l’enjeu qui se pose au 21e siècle…

Vegan Reich : Stop Talking Start Revenging

L’identité vegan straight edge émerge dans les années 1990 et voici une chanson du milieu de celles-ci avec des paroles typiques, dans un esprit punk californien, de l’approche militante agressive prônée par Vegan Reich et le courant Hardline.

Every second three animals die in American laboratories
tortured by crazed vivisectors who
burn crush and mutilate starve poison and assault animals
to fulfill their sick pleasure.
Chaque seconde trois animaux meurent dans les laboratoires américains
torturés par des vivisecteurs fous
qui brûlent, écrasent et mutilent font mourir de faim empoisonnent et attaquent des animaux
pour satisfaire leur plaisir malade.

Inflicting pain and suffering to gain more money and power.
Sucking their wealth (the blood) out of others
just like the madmen at the top who fuck our lives just for profit.
Infligeant de la douleur et de la souffrance pour obtenir davantage d’argent et de pouvoir
Suçant leur richesse (le sang) des autres
tout comme les fous furieux tout en haut qui détruisent nos vies juste pour le profit.

Cant you see there’s no difference between government exploiting people,
people exploiting animals, it’s all the fucking same,
just another face of oppression in this society.
Ne peux-tu voir qu’il n’y a pas de différence entre le gouvernement exploitant le peuple,
le peuple exploitant les animaux, c’est tout simplement la même chose,
juste une autre face de l’oppression dans cette société.

Murder is murder it’s still the same.
From behind their walls come silent screams
victims of mans cruelty.
Le meurtre c’est le meurtre c’est tout pareil.
Depuis derrière les murs viennent les hurlements rendus silencieux
des victimes de la cruauté des hommes.

« For the good of man » they proclaim, their conscience eased but not the pain.
Justification from dark cold eyes (what they well is full of lies)
« A sacrifice for societies gain » whatever reason they’re still to blame.
« Pour le bien de l’humanité » qu’ils proclament, leur conscience est facile, mais pas la douleur
La justification depuis leurs yeux sombres et froids (et ils sont aussi plein de mensonges)
« Un sacrifice pour le profit de la société » quelle que soit la raison ils sont encore à blâmer

Cos animal experiments do not save human lies,
and even if they did it wouldn’t make an ounce of difference
cos we’ve no right to decide who’s to live and who’s to die.
Car les expériences sur les animaux ne sauvent pas les mensonges humains,
et même s’ils le faisaient cela ne ferait pas aucune différence
car nous n’avons pas le droit de décider qui doit vivre et qui doit mourir.

Every second we just sit and talk
three more are killed and the clock ticks on.
Those still alive just wait to die,
their blood flows red like yours and mine.
Chaque seconde où nous sommes simplement assis
trois de plus sont tués et l’heure continue de tourner.
Ceux encore vivants attendent de mourir,
leur sang coule rouge comme le tien et le mien.

The time for action is here today
but what path do we fucking take
when the animals that we liberate just always seem to get replaced?
Le temps de l’action est ici aujourd’hui
mais quelle voie devons-nous suivre
quand les animaux que nous libérons semblent toujours remplacés ?

We must put them out of commission
break their cycle of oppression
burn down their laboratories of death
and if they too get burn well they’ve had their warnings.
Nous devons les mettre hors-service
briser leur cycle d’oppression
brûler jusqu’aux fondations les laboratoires de la mort
et si eux-mêmes sont brûlés ils ont eu leurs avertissements.

Yet they still continue the bastards have it coming.
They’ve made a choice (not theirs to make) to kill and maim,
its life they take.
S’ils continuent encore les salopards auront ce qui vient.
Ils ont fait un choix (qui ne leur revenait pas) de tuer et mutiler,
c’est la vie qu’ils prennent.

Innocent? Fuck no they’re not its blood they spill.
They must be stopped
no time for love and understanding
they don’t deserve our « compassion »
Innocent ? Certainement pas qu’ils le sont, c’est du sang qu’ils font couler.
Ils doivent être stoppés
Pas de temps pour l’amour et la compréhension
ils ne méritent pas notre « compassion »

what those murdering scum deserve is a dose of their own medicine.
So let’s smash them now, once and for all, break through their walls/skulls.
Ce que ces salopards assassins méritent est une dose de leur propre médecine.
Alors détruisons les maintenant, une fois pour toutes, brisons leurs murs/crânes.

Put an end to their sick reign they’ve carried on for far too long,
we know that they’re in the wrong
so stop the talking – start revenging
and give the filth what they’ve got coming!
Mettons un terme à leur règne malade qu’ils ont eu bien trop longtemps
nous savons qu’ils sont dans le faux,
Alors stoppons les discussions, commençons la vengeance
et donner aux ordures ce qui leur revient !

Lettre type pour aider le refuge Volée de piafs

La méthode n’est  pas suffisante en soi,  mais cela fait partie des possibilités d’une vaste campagne : voici un courrier à envoyer aux élus pour soutenir le refuge Volée de piafs du Morbihan, menacé de fermeture pour raisons financières.

Une version en PDF, prête à imprimer, existe également à télécharger.

Mme M. ………………
A l’attention de …………………………………….
……………………………………………….
……………………………………………….

Objet: Non à la fermeture imminente du centre de sauvegarde de la faune sauvage Volée de piafs

Madame, Monsieur,
Je sollicite aujourd’hui votre attention sur la situation alarmante et urgente du centre de soins de la faune sauvage Volée de piafs menacé par une fermeture imminente.

Créé en 2007 et basé à Languidic (56), il est l’un des plus gros centres français. Il répond à l’urgence de soins pour les animaux en détresse de notre faune sauvage, pour la plupart victimes des activités humaines.

Il joue également un rôle capital de vigilance sanitaire en recueillant des données sur l’évolution des maladies, des zoonoses et du parasitisme.

En 10 ans d’existence, les accueils ont été multipliés par 12. Au total ce sont 13 350 animaux qui ont bénéficié d’une prise en charge depuis 2007. L’association a ainsi répondu à un besoin très fort.

Nous, citoyens sommes de plus en plus vigilants quant à la sauvegarde de la faune : Volée de piafs compte plus de 600 adhérents et donateurs et de nombreux bénévoles œuvrent au quotidien pour faire vivre le centre de soins. Sa disparition va laisser un très grand vide et serait une catastrophe pour tous les animaux en détresse.

L’association perdure uniquement grâce aux efforts démesurés des bénévoles et aux dons des adhérents. Depuis 2007, elle n’a de cesse de solliciter des soutiens financiers auprès des collectivités locales et territoriales afin que l’activité qu’elle effectue soit subventionnée.

Elle a trouvé porte close lorsqu’elle a sollicité l’aide du Conseil Régional, de la Communauté de Commune ou de l’association
des maires du Morbihan, aboutissant ainsi à une fatalité que Volée de piafs redoutait depuis plusieurs années : la fermeture du centre de soins !

Et pourtant si chaque collectivité territoriale contribuait financièrement au fonctionnement de Volée de piafs, le centre de soins ne serait pas dans l’obligation de fermer ses portes.

Nous sommes indignés par le manque de soutien des acteurs publics et leur totale indifférence quant à la faune sauvage. Nous vous demandons aujourd’hui de mettre en œuvre tous les moyens possibles pour sauver Volée de Piafs et garantir les activités sur le long terme de ce centre de soins indispensable pour la biodiversité de la Région.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’assurance de mes sentiments respectueux.
Mme, M ……………………………………..

A qui envoyer ce courrier ?

Au maire de votre commune

M. Jean-Yves Le Drian, Président du Conseil Régional de Bretagne
283 avenue Gén Georges Patton CS 21101 35711 Rennes cedex 7

M. Norbert Métairie, Président de Lorient Agglomération
Maison de l’Agglomération, Esplanade du Péristyle, Quai du Péristyle, 56100 Lorient

M. François Goulard, Président du Conseil Départemental du Morbihan
Hôtel du Département 2 rue de Saint-Tropez CS 82400 56009 Vannes cedex

Manifestation le 18 février 2017 à Bure

Voici deux communiqués ayant comme sujet le rassemblement du 18 février 2017 à Bure.

Refusons le nucléaire et ses déchets, empêchons la destruction du Bois Lejuc ! Le Réseau “Sortir du nucléaire“ appelle à rejoindre la manifestation du 18 février à Bure

Communiqué du 14 février 2017

Au printemps 2016, l’Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs (Andra) a entamé dans le Bois Lejuc, près de Bure, des travaux en vue de la construction de Cigéo, un projet d’enfouissement en profondeur des déchets radioactifs les plus dangereux.

C’est en ce lieu stratégique que pourraient être implantés l’accès aux galeries souterraines et les puits d’aération qui évacueraient les gaz radioactifs.

Sans aucune autorisation préalable, et alors même que la demande d’autorisation de création n’a pas encore été déposée, l’Andra avait commencé des forages, défriché plus de 7 hectares de feuillus en pleine période de nidification et construit un mur de béton de plus d’un kilomètre de long autour du bois !

Ces travaux ont été déclarés illégaux par la justice le 1er août 2016 et le mur abattu par des centaines de personnes lors d’une grande action collective, mi-août.

Depuis, plusieurs dizaines de personnes se relaient pour habiter en permanence le Bois Lejuc et le préservent ainsi de la destruction et de la reprise des travaux.

Des cabanes ont été construites dans la forêt et à la cime des arbres et de nombreuses activités et rencontres conviviales y sont régulièrement organisées.

Cette occupation est d’autant plus légitime que la propriété de l’Andra sur le Bois Lejuc est contestée.

Ce bois communal lui avait été cédé contre l’avis de la majorité des habitants de Mandres-en-Barrois, suite à une délibération du conseil municipal tenue le 2 juillet 2015 à 6 h du matin dans une salle gardée par des vigiles, avec un vote à bulletins secrets, entaché d’irrégularités.

L’annulation de cette délibération a d’ailleurs été proposée par la rapporteure publique du Tribunal administratif de Nancy, qui doit statuer sur ce sujet le 28 février suite à un recours porté par des habitants.

Depuis que les militant.e.s sont présent-es dans le Bois Lejuc, les habitant.e.s de la commune, à qui ce bois n’aurait jamais dû être soustrait, peuvent à nouveau s’y promener librement.

Or depuis quelques mois l’Andra souhaite expulser les occupant.e.s et anticipe la reprise des travaux.

L’Agence a mis en place une stratégie de tension, en multipliant les incursions dans le bois et près des lieux de vie des militant.e.s, se livrant même, à plusieurs reprises, à des actes de violence.

Une jeune femme a été blessée par des vigiles et le responsable des acquisitions foncières de l’Andra a même été observé vidant une bouteille de produit inflammable sur des militant.e.s à terre !

Pour refuser cette expulsion et le passage en force de l’Andra, l’ensemble des opposant.e.s à Cigéo appelle à des actions de soutien décentralisées du 14 au 18 février, puis à une manifestation sous le mot d’ordre « Le 18 février, qu’ils nous expulsent ou pas, on sera dans le bois ! ».

Ce rassemblement se veut festif, ouvert aux familles, à toutes les sensibilités et modes d’action. Des ateliers d’autoconstruction et des initiations à l’escalade dans les arbres sont prévus pour permettre à ceux qui le souhaitent de mieux découvrir la beauté de cette forêt que l’Andra veut raser.

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ appelle les militant.e.s antinucléaires, dans toute leur diversité, à rejoindre ces mobilisations pour protéger la forêt, soutenir les militant.e.s et habitant.e.s et dire non à Cigéo et au nucléaire !

Qu’ils nous expulsent ou pas, on sera dans le bois !

À cette saison où les nuits s’étendent langoureusement, offrant aux claires étoiles la scène de leurs illuminations, l’ennemi rôde encore ; croit-il la forêt enfin éteinte et vulnérable ?

Il s’avance à pas lourds sur le béton dur des tribunaux, il s’avance escorté de ses soldats de plombs, violant sans remords les doux rêves d’harmonie des arbres endormis.

Lui, délirant, rêve d’apocalypse, de troncs broyés et de grands puits crevant les entrailles de la terre, vomissant des déchets qui jamais – au fond il le sait – ne sauront sagement rester tapis sous son déni.

Mais chouettes et hiboux guettent !

L’ANDRA nous pense-t-elle engourdi-e-s ? Nous n’avons pas volé vers les contrées chaudes du sud mais vers les fraîches et vigoureuses cimes d’où nous la surveillons de plus belle !

Le 18 FÉVRIER, qu’ils nous aient expulsé-e-s ou non, montrons que nous ne sommes pas de fébriles brindilles qui s’éteignent au premier souffle, mais un grand brasier brûlant et déterminé !

Rejoignons nous par centaines à Bure pour une grande manifestation en direction du bois Lejuc, moufles et cagoules pour le froid et musique et bombes de couleur pour la joie.

Que nous soyons force de réoccupation ou d’occupation, déjà venu-e-s ou primo arrivant-e-s, soyons présent-e-s et imposons aux nucléocrates notre tempo !

Durant la journée, des sessions d’apprentissage de grimpe seront organisées, des cabanes et barricades vont encore fleurir un peu partout au cours de chantiers collectifs – on entend même chuchoter des projets fous de châteaux fort et de tyroliennes, qui sait ?

N’hésitez pas à amener des matériaux et toutes vos idées*. Nous vous invitons aussi à cadencer la lutte en apportant vos instruments de musique et de jongle !

Dans la soirée, arts de rue, vin chaud et concerts sont attendus en forêt. Si jamais elle est inaccessible, d’autres lieux sont prévus.

Des couchages avant et après la mobilisation sont possibles dans nos Maisons, dans les cabanes du bois, et dans des tentes que nous aménagerons pour les isoler de l’humidité et du froid.

Prévoyez tout de même des vêtements et duvets aussi chauds que possible.

* Les collectifs ou groupes auto-gérés peuvent s’adresser à sauvonslaforet@riseup.net pour annoncer leurs projets de construction.

Résistance et affouages !
ANDRA dégage !

Les Chouettes Hiboux de Bure

Le CNRS, l’EHESS et l’éloge des drogues

L’EHESS (École des hautes études en sciences sociales) est une institution parmi les plus importantes en France dans la formation d’intellectuels, le plus souvent à la fois rebelles et institutionnels.

Une autre structure est le CNRS. Tant cette institution que l’autre ne vont pas apprécier qu’on les rapproche de l’éloge des drogues.

Et pourtant! Il y a quelques jours s’est tenu un « séminaire » qui a surtout relevé de l’appel à la légalisation, surtout dans le contexte actuel.

On a eu Patrick Pharo, un philosophe du CNRS, qui est donc allé à l’EHESS pour faire l’éloge des drogues, lors d’une journée d’étude intitulée pas moins que « Se droguer pour le plaisir ».

Voici ses propos littéralement hallucinants dans les inrocks, le grand organe bobo qui l’interviewe à ce sujet.

Hallucinants, car les drogues sont comparées à une expérience extrême, relevant d’une douleur personnelle donc nécessitant d’être légalisée…

Hallucinants, donc, et totalement illégal, mais la société est libérale-libertaire dans ses moeurs, donc de tels propos sont désormais acceptables et acceptés.

Acceptés et même valorisés sous l’égide d’institutions!

Tous les travaux de recherche neurologique en attestent, les drogues activent les circuits de récompense du cerveau, comme le sexe, la nourriture ou le sport, et procurent donc du plaisir.

De ce point de vue, c’est donc un plaisir tout à fait comme un autre.

Freud a ainsi consommé de la cocaïne toute sa vie comme d’autres boivent un verre de vin tous les soirs.

Notre société porte sur les drogues un regard particulièrement hypocrite. Nous jugeons et stigmatisons ceux qu’on appelle les junkies, les toxicos, alors que toute notre vie est composée de dépendances.

A la personne que l’on aime, au café, au tabac, à telle pratique sportive, au travail, à telle habitude, etc. La liberté consiste à choisir ses dépendances.

Mais là où elles deviennent pathologiques c’est quand elles se transforment en addiction, qu’elles prennent le pas sur notre liberté. L’addiction est une pathologie de la liberté.

En psychiatrie, on considère qu’un patient est addict quand sa consommation devient souffrance et prend le pas sur le reste de sa vie. Les Américains parlent ainsi d’usage abusif de drogue, d’un usage qui prend trop de place.

Evidemment, les drogues sont dangereuses pour notre santé et évidemment, l’héroïne a plus de chances de vous rendre accro que le cannabis.

Il ne s’agit pas de faire une apologie de la drogue. Les usagers racontent souvent que leur rencontre avec la drogue les a changés.

On ne sort pas le même d’une histoire de drogue, mais comme on ne sort pas le même d’une histoire d’amour.

Je pense que l’on peut comparer la consommation de drogue à la pratique de sport extrême.

Pratiquer le saut en parachute, l’alpinisme, ou même la Formule 1 c’est à chaque fois prendre le risque de mourir, juste pour le plaisir !

Alors évidemment on va bien se préparer, minimiser les risques, mais ces derniers demeurent. Ne perdons pas de vue non plus que notre cerveau fonctionne de telle façon que nous prenons beaucoup de plaisir dans le simple fait de prendre un risque.

Nous sommes faits comme ça ! La psychologie évolutionniste l’explique car le plaisir est lié au fait de réussir un test difficile. Naître, grandir, vivre, se reproduire est dangereux, difficile, et pour survivre nous devons donc être capable de prendre des risques, être motivé par le plaisir de la récompense.

Je suis en faveur de la légalisation de toutes les drogues. Déjà pour lutter contre les trafics, l’économie clandestine et les ravages humains causés par les cartels.

Ensuite, car selon moi il est injustifiable d’interdire une consommation d’un produit qui ne vous fait du mal qu’à vous-même.

L’association « Volée de piafs » appelle à la rescousse pour ne pas fermer

L’association « Volée de piafs« , basée à à Languidic, dans le Morbihan, s’occupe des animaux sauvages, mais depuis hier, elle n’est plus en mesure de le faire, risquant même de fermer en mars.

Comme on s’en doute, c’est encore une question de moyens et il y a donc un appel à la rescousse pour sauver ce grand centre qui s’est occupé de 3030 animaux l’année dernière (des goélands, des hérissons, des chouettes, des écureuils, des chevreuils, des loutres, des chauves-souris, des phoques, des veaux marins…).

On peut faire des dons, en sachant qu’il manque 70 000 euros et nous rappelons ici qu’il s’agit d’un problème central pour tous les refuges.

150 personnes se sont rassemblées à Lorient pour appeler à soutenir l’association, dont voici ici le communiqué au sujet de la fermeture.

Nous faisons face à un très grand bouleversement: l’obligation de fermer le centre de soins.

A compter du 11 février 2017, aucun oiseau ou mammifère en détresse ne pourra être accueilli au centre pour y être soigné.

Vers qui vous tournerez-vous alors quand vous trouverez en animal en détresse ? La réponse est : nous n’en savons rien !

Tout ce que nous savons aujourd’hui, c’est qu’il est impossible de continuer ce travail de titan sans y laisser des plumes.

Pour rappel, Didier et Marie, fondateurs du centre en 2007, se sont voués corps et âme à cette entreprise devenue titanesque au fil des années et y ont investi toutes leurs économies personnelles. Aujourd’hui, nous sommes épuisés, physiquement ET moralement.

Imaginez-vous : 1 seul et unique capacitaire soins BÉNÉVOLE (qui a par ailleurs un métier d’artisan) qui gère au quotidien sans prendre un jour de congé et ceci depuis 10 ans, à la fois l’arrivée des nouveaux pensionnaires, mais aussi les équipes changeantes de bénévoles et de services civiques qui sont là pour aider.

Nous remercions d’ailleurs toutes ces personnes qui ont à chaque fois pris leur tâche au sérieux et sans qui des centaines d’animaux n’auraient pas survécu.

Epuisés aussi moralement. Pendant 10 ans, nous avons lutté pour trouver des subventions, des bénévoles réguliers, des financements pour assurer les frais de fonctionnement du centre et salarier des personnes en contrat aidé.

Nous avons sollicité l’aide d’élus, en vain. M. Métairie, Président de notre communauté de communes a même refusé de nous recevoir en rendez-vous alors que de 40 % des animaux accueillis proviennent de ce périmètre.

C’est vous, les donateurs et adhérents (+ 600 à ce jour), les sympathisants, les bénévoles qui nous ont le plus aidés !

Nous tenons néanmoins à souligner le soutien de notre député M. Philippe Noguès depuis le début de son mandat et encore à présent en cette période très difficile et celui des communes de Languidic, Plouharnel, Erdeven, Carnac, Etel, Plouhinec et Pluméliau durant ces 3 dernières années.

Aujourd’hui, il ne nous reste plus qu’à croiser les doigts pour qu’il n’y ait plus de tempêtes en Bretagne qui affaibliraient les animaux, plus de marées noires, plus de dégazages intempestifs en mer, plus de chouettes imprudentes qui viennent nicher dans les cheminées, plus de voitures pour choquer les oiseaux intrépides, plus de psychopathes pour les maltraiter, plus de phoques désorientés, plus de vitres transparentes, plus de chats croqueurs d’oiseaux (plus de 10 % des accueils)…

Il y a un dicton qui dit : personne n’est irremplaçable, et pourtant on a beau faire le tour de la question, il s’avère qu’il n’existe aujourd’hui en région Bretagne AUCUNE structure capable d’accueillir, de soigner et de réhabiliter tous les animaux qui ont été confiés à l’association Volée de piafs ces 10 dernières années, soit 13350 animaux.

Le succès de Volée de piafs est incontestable. Les citoyens sensibles à la préservation de l’environnement et en particulier à la souffrance de la faune sauvage et des animaux en général ont prouvé que l’existence des centres de soins de la faune sauvage comme le nôtre est indispensable.

Vous êtes indignés par cette fermeture? Vous voulez nous soutenir?

Faites le savoir: Envoyer un courrier à vos élus, au Conseil Régional de Bretagne, au Conseil Départemental 56, à Lorient Agglomération – Courrier type à télécharger:  « Télécharger Courrier à envoyer aux élus.pdf« 

Il faut soutenir l’association, et toutes les associations, faire en sorte que la Nature soit reconnue, car là l’un des problèmes essentiels est en l’occurrence celui-ci : l’humanité prétend vivre en-dehors de la Nature, sans aucune responsabilité.

Les refuges pour la vie sauvage, pour les animaux sauvages vivant dans les villes comme les oiseaux, doivent être soutenus le plus largement possible !

Nouvelle-Zélande : trois vagues d’échouage de centaines de baleines-pilotes

En trois jours en Nouvelle-Zélande, au niveau de la presqu’île de Farewell (le Farewell Spit), ont eu lieu trois vagues d’échouage de centaines de baleines-pilotes, également appelées globlicéphales.

Plus de cinq cent volontaires ont tenté de s’occuper des baleines survivantes, environ un quart des 600 qui se sont échouées.

Les volontaires se sont occupés des baleines, formant des chaînes humaines dans l’eau, malgré les risques avec les requins, pour tenter de rediriger les baleines vers l’océan.

Voici des images, d’une tristesse infinie. Rappelons qu’il n’existe aucune explication scientifique jusqu’à présent pour expliquer ce phénomène, que néanmoins certains attribuent à la pollution sonore sous-marine provoquée par les activités humaines.

S’il y a un commentaire à faire, c’est que si c’est le département de la conservation, un organisme ministériel néo-zélandais, qui gère l’opération, en pratique tout repose sur les volontaires, comme ceux du Project Noah, actif depuis 1974 en faveur des baleines.

C’est un exemple encore une fois terrible de la passivité humaine la plus totale. Le phénomène est observé, constaté, une simple petite poignée de gens a suffisamment de conscience pour réagir, s’organiser, aider.

Il y a ici quelque chose qui sera observé de manière très étrange dans le futur… A condition que le futur en question existe pour une humanité qui doit entièrement réorganiser sa pensée, son rapport à la Nature, ses considérations sur la vie.

Emmanuel Macron :  » je continuerai à manger l’agneau des Pyrénées »

Emmanuel Macron est un phénomène médiatique très important et le WWF est un poids lourd des associations « écologistes » liées ouvertement aux institutions. Leur rencontre hier lors d’un petit questions-réponses a visé naturellement à faire un petit buzz médiatique, dont on voit cependant les limites : 16 000 vues sur facebook, 40 seulement sur youtube.

Et on apprend pas grand-chose, dans la vidéo de ces questions-réponses, à part qu’Emmanuel Macron est un homme de dossiers, qui répond aisément, posément, en expert… en finalement pas grand-chose.

Voici notre retranscription des propos, qui sont assez cocasses et qui témoignent qu’Emmanuel Macron n’y connaît rien et par ailleurs s’en fout. Cela se passe à un peu plus de deux minutes avant la fin dans la vidéo.

Emmanuel Macron : Il y a un sujet, on le sait, l’élevage des poules en batterie. Là il faut être dessus très clair sur les œufs.

Moi je souhaite et je prends même l’engagement, que euh donc d’ici 2025 on ne vende plus…

Le responsable du WWF : Donc d’ici 2025 dans dix ans

Emmanuel Macron : Qu’on ne vende plus, que ce soit interdit dans les grandes surfaces, des œufs issus justement des élevages en batterie.

Le responsable du WWF : L’ANSES [Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail] recommande de manger moins de viande, Jean-Luc Mélenchon a dit qu’il mangeait moins de viande, quels sont vos engagements personnels sur ce sujet et évidemment sur la politique d’alimentation ?

Emmanuel Macron : Non, moi je je… [sourire]

Le responsable du WWF : Non ?

Emmanuel Macron : Moi j’aime bien la viande, donc je continuerai à en manger.

Le responsable du WWF : A en manger quel que soit l’impact carbone etc ?

Emmanuel Macron : Non.

Le responsable du WWF : Sur la planète.

Emmanuel Macron : Non, parce que ce n’est pas une fatalité. D’abord, il y a de la viande française, qui est formidable, donc je continuerai à manger l’agneau des Pyrénées ou d’ailleurs. Je continuerai…

Le responsable : Justement, moins de viande mais mieux de viande c’est quelque chose dans laquelle vous vous retrouvez ?

Emmanuel : Bien sûr. Mais d’ailleurs… Mais totalement.

Il est tout à fait révélateur que le responsable du WWF, à savoir son directeur général en France, Pascal Canfin, cherche à sauver la mise à Emmanuel Macron, en commençant à parler de « moins mais mieux ».

Car il était évident qu’Emmanuel Macron ne connaît rien à la question de l’empreinte carbone de la « viande ». Il a simplement compris cela comme une question de transport, montrant qu’il ne connaît rien à la question.

N’importe qui s’intéressant un tant soit peu à la question sait que produire de la « viande » implique une vaste production de gaz à effets de serre, environ 18 % du total causé par l’humanité…. Au minimum, certains chiffres allant jusqu’à 51 %.

Les raisons sont bien connues : transport des aliments pour les animaux (les 2/3 des terres agricoles sont occupées par l’exploitation animale), déforestation intensive, fermentation gastrique des ruminants, stockage du lisier…

Apparemment, Emmanuel Macron ne le sait pas… Ce qui est impossible. On voit bien dans ses réponses que c’est quelqu’un de cultivé et de méthodique. C’est donc qu’il ment, c’est évident.

La preuve, il connaît très bien le thème des œufs en batterie mis en avant par L214 et il se précipite dessus par choix électoral  ! Aucun hasard là-dessus.

Il cite même, à la fin des questions-réponses, L’enracinement de Simone Weil, montrant son haut intellectualisme, Simone Weil correspondant à une certaine critique très « années 1930 ».

Voici un extrait de cet ouvrage parlant du déracinement et de l’enracinement, avec ce thème ultra-réactionnaire des racines :

« Un jeune moine bouddhiste était inquiet pour le salut éternel de son père, vieil avare qui ne pensait qu’à l’argent.

Le prieur du couvent se fit amener le vieux et lui promit un sou chaque fois qu’il pratiquerait la récitation du nom du Seigneur ; s’il venait le soir dire combien de sous on lui devait, on les lui paierait.

Le vieux, ravi, consacra à cette pratique tous ses moments disponibles. Il venait se faire payer au couvent chaque soir.

Soudain on ne le vit plus. Après une semaine, le prieur envoya le jeune moine chercher des nouvelles de son père.

On apprit ainsi que le vieux était maintenant absorbé par la récitation du nom du Seigneur au point qu’il ne pouvait plus compter combien de fois il la pratiquait ; c’est ce qui l’empêchait de venir chercher son argent.

Le prieur dit au jeune moine de ne plus rien faire et d’attendre. Quelque temps après, le vieux arriva au couvent avec des yeux rayonnants, et raconta qu’il avait eu une illumination.

C’est à des phénomènes de ce genre que fait allusion le précepte du Christ : « Thésaurisez pour vous des trésors dans le ciel… car là où est ton trésor, là sera aussi ton cœur. »

Cela signifie qu’il y a des actions qui ont la vertu de transporter de la terre dans le ciel une partie de l’amour qui se trouve dans le cœur d’un homme. »

Si Emmanuel Macron est capable de chercher une référence pareille, alors il est en mesure de connaître la question de l’empreinte carbone de la « viande »…

Alors pourquoi ment-il ? Parce qu’il est libéral sur le plan économique, sur le plan des mœurs, sur tous les plans, ce qui implique non pas l’éloge du terroir comme François Fillon, mais au moins son acceptation.

Par conséquent, il fait donc l’éloge de l’agneau des Pyrénées, pour montrer qu’il ne compte nullement entrer en rupture avec les traditions. Emmanuel Macron avait d’ailleurs fait l’éloge de Jeanne d’Arc, de Philippe de Villiers au Puy du Fou (où il avait pour la première fois assumé de ne pas être socialiste).

C’est la ligne d’Emmanuel Macron, qui est le partisan d’unir, d’unifier, d’accorder… Notre-Dame-des-Landes ? On nomme un médiateur, je verrai dans six mois. Le nucléaire ? On vise 32 % d’énergies renouvelables en 2030. Les OGM ? On interdit, mais on continue les recherches à leur sujet. Le diesel ? On taxe à parité avec l’essence. Etc. etc.

En clair, on modernise mais on ne touche à rien, on libéralise mais on reste bien réactionnaire. Concluons d’ailleurs sur des photos terrifiantes, venant du site agneaudespyrenees.com. Elles montrent des jeunes animaux, notamment avec leurs mères, alors qu’ils les assassinent…

Explosion à la centrale nucléaire de Flamanville

Une explosion a eu lieu hier matin à la centrale nucléaire de Flamanville, provoquant l’intervention de plusieurs centres de secours.

Cinq personnes ont été intoxiquées, ce qui représente un événement très grave. En effet, cette centrale nucléaire, comme toutes les centrales, voit sa sûreté considérée comme « la priorité absolue » par EDF.

Cela signifie par conséquent, encore une fois, que la priorité absolue n’est pas au point, car une explosion ne se produit pas lorsque tout est prévu de manière hyper sécurisée… Ou alors on ne construit pas de centrale!

Surtout que le réacteur numéro 1 a été arrêté en catastrophe. Comme quoi, ce n’est pas anodin et de toutes manières, un événement dans une centrale n’est jamais anodin.

Un point important à noter ici que cette centrale, qui a deux réacteurs mis en service en 1985 et 1986, fonctionne au moyen de 810 salariés d’EDF et de… environ 350 employés d’entreprises prestataires.

Non seulement il y a des prestataires, mais en plus leur proportion est très importante. Cela en dit long sur l’incapacité à gérer sur le long terme de manière rationnelle, sans quête de profit… Dans un milieu comme le nucléaire, le risque de catastrophe n’en est que plus grand.

Voici le communiqué de Sortir du nucléaire.

Explosion à la centrale nucléaire de Flamanville : un « incident » symptomatique d’une sûreté très dégradée

Ce jeudi 9 février, vers 10h, une explosion a eu lieu dans la salle des machines du réacteur n°1 de Flamanville, suivie d’un important dégagement de fumée. Cinq personnes auraient été intoxiquées. Un dysfonctionnement sur un ventilateur serait en cause. Le Réseau « Sortir du nucléaire » est en attente d’autres informations.

En l’état actuel de ce que laisse filtrer EDF, il est difficile d’évaluer la gravité de cet « incident ».

Cependant, ce problème ne saurait être minimisé au prétexte qu’il a eu lieu « dans la partie non nucléaire de l’installation ».

En effet, le simple fait qu’une telle explosion ait pu se produire en salle des machines témoigne d’un entretien insuffisant ou de l’état dégradé du ventilateur en cause.

Cet événement est à mettre en perspective avec la multiplication de départs de feu sur des équipements électriques dans les centrales françaises ces dernières années, dûe notamment au vieillissement des équipements électriques.

Par ailleurs, les conséquences de cet événement ne se limitent pas au départ de feu.

Le réacteur n°1 a dû être arrêté en urgence à 9h47.

Non seulement la chaleur résiduelle doit encore être évacuée, mais une baisse brutale de régime n’est jamais bienvenue pour les équipements nucléaires, surtout si, pour une raison ou une autre, ils étaient déjà fragilisés [1].

En outre, ne peut-on pas craindre que cette explosion ait endommagé d’autres équipements, et dans tous les cas ait provoqué une désorganisation de l’activité de la centrale ?

Cette explosion survient alors même que, selon la Presse de la Manche, le délai de mise en service prescrit par le décret d’autorisation de création de l’EPR de Flamanville aurait été prorogé de 3 ans, suite à des tractations autour de la fermeture de Fessenheim, de manière à ce que les travaux puissent être achevés.

Le site de Flamanville accueillerait donc à la fois deux réacteurs vieillissants et un nouveau réacteur à risque !

Le Réseau « Sortir du nucléaire » rappelle sa demande d’abandon du chantier de l’EPR et de fermeture des réacteurs en fin de vie.

[1] On peut d’ailleurs s’interroger sur les conséquences que pourrait avoir un tel arrêt d’urgence s’il survenait sur l’un des réacteurs équipés de générateurs de vapeur défectueux qui ont été récemment autorisés à redémarrer.

En effet, une brusque variation de température serait contraire aux préconisations de l’Autorité de sûreté nucléaire.

Proposition de loi sur le transport animal

Philippe Noguès est un député qui a quitté le parti socialiste en soutenant les « frondeurs », après avoir pourtant par le passé soutenu Dominique Strauss-Khan.

Comprenne qui pourra, en tout cas il vient de déposer une proposition de loi sur le transport animal. Il est soutenu par 33 autres députés et sa proposition a été élaborée en partenariat avec CIWF France, l’ancienne PMAF.

On est ici dans l’accompagnement ouvert à l’exploitation animale, qu’il s’agit ici d’enjoliver à coups de mesures qui, d’ailleurs, ne servent qu’à permettre uniquement aux grosses entreprises de survivre.

Voici le début de cette proposition de loi, qui le prouve totalement : les chiffres énormes dont il est parlé représentent des êtres vivants… Une telle logique est inacceptable, mais apparemment pas pour les députés concernés.

« Mesdames, Messieurs,

Beaucoup d’animaux sont engraissés ou abattus loin de leurs lieux de naissance pour des raisons principalement économiques.

Au niveau européen, on estime que chaque année, près d’un milliard de volailles et 37 millions de bovins, cochons, moutons, chèvres et équidés sont transportés vivants à l’intérieur de l’union européenne et vers des pays tiers.

Les transports d’animaux longue distance (de plus de huit heures) représentent environ 10 % de l’ensemble des transports, soit 17,5 millions d’animaux.

Certains sont particulièrement fragiles, comme les jeunes animaux. Ainsi, en 2015, 1,3 million de veaux non sevrés ont été transportés entre les pays européens.

La France figure parmi les premiers exportateurs d’animaux vivants et est à l’origine de nombreux transports longue distance sur son territoire.

Elle exporte ainsi plus d’un million de gros bovins, en majorité destinés à être engraissés. Il s’agit essentiellement d’animaux mâles de 8 à 12 mois (broutards) mais également d’animaux « finis » destinés à l’abattage. Elle exporte également plus de 500 000 ovins. »

Maintenant, voici le passage qui suit immédiatement cela, et qui explique ouvertement que la réforme du transport des animaux est bon pour l’opinion publique, mais surtout pour le business…

« Les filières d’élevage françaises sont ainsi actuellement dépendantes des exportations, en particulier vers l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne mais également vers des destinations plus lointaines, hors de l’Union européenne (UE), notamment vers les pays d’Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Libye), le Moyen-Orient (Liban) et la Turquie.

Les exportations vers ce pays se sont ainsi développées de façon extrêmement forte en 2015, avec plus de 80 000 broutards exportés vivants vers la Turquie, et des objectifs affichés encore bien supérieurs (plus de 200 000 animaux), encouragés par le ministère de l’agriculture avec la création d’une plate-forme « France Viande Export » pour faciliter les partenariats économiques avec les pays importateurs.

Or nos concitoyens, de plus en plus sensibles à la question du traitement des animaux et au respect du bien-être animal, sont nombreux à nous interpeller sur les conditions de transports et sur ce qu’il advient des animaux issus de nos élevages.

Par ailleurs, le transport d’animaux sur de longues distances dans des conditions défavorables peut augmenter le risque de transmission et de propagation des maladies et le respect du bien-être animal peut influer sur la qualité des produits animaux.

Enfin, relocaliser l’abattage est une exigence pour nos filières et pour répondre aux attentes des citoyens, en termes de protection des animaux, de lutte contre le changement climatique, d’emploi mais aussi pour conserver et affirmer nos labels de qualité, et ainsi d’améliorer l’image de la filière viande auprès du consommateur UE et hors UE. »

Comme quoi cela sert de lire les propositions de loi. On voit très bien qu’il s’agit de renforcer la « qualité » du produit, de la valoriser.

La condition animale n’est qu’un prétexte. Il faut être bien naïf pour penser que ce discours économique serait un prétexte pour faire avancer la condition animale.

Le discours du « bien-être animal » masque de plus en plus une réalité nouvelle : comme avec la fausse écologie, tout cela n’est qu’accompagnement de la modernisation de l’exploitation animale.

Le pigeon et l’élan sauvés des glaces

Voici un exemple admirable de compassion qui, en plus, révèle une question culturelle essentielle, que nous mentionnons très souvent.

On sait qu’il n’existe en France pas de fond culturel d’amour pour les animaux, même chez les végans, qui sont le plus souvent malheureusement anthropocentristes et sont d’une absence complète dans le monde des refuges.

Mais, de plus, certains animaux sont victimes d’ostracisme, tels les pigeons. Il y a ici, non pas un « spécisme », mais une question culturelle, relevant des moeurs, des mentalités.

Aussi cet exemple de compassion est aussi un contre-exemple. Cela se déroule en Allemagne, dans la ville de Stuttgart, dans le « jardin du château », un parc de la ville qui a six cent ans.

Il est 14h20 dimanche dernier et une femme appelle le service local d’aide aux animaux – quelque chose qui n’existe bien entendu pas en France.

Les pompiers, par conséquent, viennent donc se déplacer pour sauver le pigeon pris dans les glaces, comme l’informe le Stuttgarter Zeitung.

Le Stuttgarter Zeitung a même pris l’information pour la donner dans l’article : depuis, il va bien !

C’est une autre mentalité que dans notre pays : on voit mal la police et les pompiers se déplacer, gonfler un petit bateau, sauver un pigeon, le remettre à une structure locale n’existant d’ailleurs pas en France.

Il y a ici tout un combat à mener, comme le dit une de nos affiches.

Voici également une vidéo datant de la semaine dernière. Cela s’est passé dans le nord de la Suède, à Örnsköldsvik. Des gens ont pris l’initiative de sauver un élan pris dans les glaces…

Il faut savoir avoir l’esprit d’initiative !

« Je dis, Monsieur, que les bêtes sentent comme nous »

Charles Georges Leroy est un auteur méconnu des Lumières, où il a joué pourtant un rôle certain. Il est, d’ailleurs, un naturaliste qui annonce l’éthologie, ayant publié une défense de la sensibilité des animaux dans « Lettres philosophiques sur l’intelligence et la perfectibilté des animaux, avec quelques lettres sur l’homme ».

Nous allons publier certains extraits intéressants, afin de faire connaître cette figure historique et de montrer que la question des animaux ne date nullement d’il y a quelques années, mais relève d’un vaste débat sur la nature même de la vie.

« Nous ne saurons jamais de quelle nature est l’âme des bêtes, et il faut convenir que cela nous importe assez peu.

Nous sommes très-assurés que la nôtre est immatérielle et immortelle : la certitude que nous en avons, est le fondement de nos chères espérances.

Que l’âme des bêtes soit immatérielle ou non, il est toujours certain qu’elle ne peut jamais avoir la destination glorieuse qui est réservée à la nôtre ; ainsi la religion n’est nullement intéressée dans l’examen qu’on peut faire des facultés dont les animaux sont doués.

Mais de même qu’en observant la structure intérieure du corps des animaux, nous appercevons des rapports d’organes qui servent souvent à nous éclairer sur la structure et l’usage des parties de notre propre corps ; ainsi, en observant les actions produites par la sensibilité qu’ils ont, ainsi que nous, on peut acquérir des lumières sur le détail des opérations de notre âme, relativement aux mêmes sensations.

Je dis, Monsieur, que les bêtes sentent comme nous ; et je crois que pour penser autrement, Il faudrait absolument fermer ses yeux et son coeur…

Il me paraît donc impossible de ne pas admettre le sentiment dans les bêtes. Les plus obstinés partisans de l’automatisme leur accordent encore tacitement la mémoire ; car ils veulent avoir des chiens sages, et les corrigent.

Ces faits étant admis, le Naturaliste, après avoir bien observé la structure des parties, soit extérieures, soit intérieures, des animaux, et devine leur usage, doit quitter le scalpel, abandonner son cabinet, s’enfoncer dans les bois pour suivre les allures de ces êtres sentans ; juger des développements et des effets de leur faculté de sentir, et voir comment, par l’action répétée de la sensation et de l’exercice de la mémoire, leur instinct s’élève jusqu’à I’intelligence.

Les sensations et la mémoire ont des effets nécessaires, qui ne doivent pas échapper à l’observateur.

Les bêtes font un grand nombre d’actions qui ne supposent que ces deux facultés ; mais il en est d’autres qu’on ne pourrait jamais expliquer par ce qui appartient à ces facultés seules, sans y joindre leur cortège naturel.

Il faut donc que le Naturaliste distingue avec beaucoup de précision, ce qui est produit par la sensation simple, par la réminiscence, par la comparaison entre un objet présent et un autre que la mémoire rappelle, par le jugement qui est un résultat de la comparaison, par le choix qui est une suite du jugement, enfin par la notion de la chose jugée,qui s’établit dans la mémoire, et que la répétition des actes rend habituelle et presque machinale.

Voilà, Monsieur, des distinctions qui doivent étre toujours présentes à l’attention de l’observateur.

La forme, tant intérieure qu’extérieure, la durée de l’accroissement et de la vie, la manière de se nourrir, les inclinations dominantes, la manière et le temps de l’accouchement, celui de la gestation, etc., ce ne sont-la proprement que des objets de première vue, sur lesquels il suffit d’avoir les yeux ouverts ; mais suivre l’animal dans toutes ses opérations, pénétrer dans les motifs secrets de ses déterminations, voir comment les sensations, les besoins, les obstacles, les impressions de toute espèce dont un être sentant est assailli, multiplient ses mouvements, modifient ses actions, étendent ses connaissances, c’est ce qui me paraît être spécialement du domaine de la philosophie. »

Jean-Luc Mélenchon, Famille chrétienne et la définition de la vie

Qu’est-ce que la vie ? Cette question si facile et si difficile a bien une réponse et on peut la trouver dans ce qui est dit et pas dit dans une interview accordée par Jean-Luc Mélenchon à Famille chrétienne.

Sur l’avortement, il n’y a aucune volonté politique de promouvoir des alternatives ou des aides, nécessaires pour qu’un véritable choix soit posé. Est-ce normal, selon vous ?

C’est une faillite de la société de ne pas aider les jeunes gens à éviter des grossesses non désirées.

Mais nos points de vue divergent : vous considérez que le fœtus est une personne, je considère qu’il ne devient une personne que lorsque l’enfant est désiré.

Parce qu’il entre alors dans les rapports sociaux qui fondent l’humain.

Pour moi, la priorité est d’abord à la femme.

Vous n’avez pas d’autres droits que de solliciter la Grâce pour la convaincre de rejoindre votre point de vue…

Jean-Luc Mélenchon a tout à fait raison, non pas dans son point de vue, mais dans ce qu’il explique.

Dans notre société, un fœtus n’a pas de reconnaissance en tant qu’être vivant, sauf à une condition : la reconnaissance sociale.

Le cochon d’Inde choisi dans l’animalerie a « droit » à la vie, son frère non vendu n’y a pas droit : c’est une question, comme le dit Jean-Luc Mélenchon, d’entrée dans les rapports sociaux qui fondent l’humain.

Cela signifie que c’est la société qui reconnaît à un être vivant s’il a un droit à l’existence, ou à un développement de son existence.

Or, c’est naturellement anti-scientifique : la vie est la vie et on ne peut pas décider subjectivement. Soit il est un être vivant, soit il ne l’est pas. On ne peut pas décider abstraitement de ce qui est vie et ce qui ne l’est pas.

On peut dire qu’une vie a moins de valeur – ce qui est horrible et à repousser – mais on ne peut pas nier l’existence de la vie.

Pourtant, c’est bien ce que fait la société et c’est là une absurdité qui amène à un irrationalisme complet.

Les fermes-usines sont un exemple de généralisation de cette absurdité : la société considère que les animaux nés pour mourir dans les abattoirs ne sont pas réellement des êtres vivants, mais seulement des produits vivants.

Leur caractère naturel est nié. Les gens exigeant des « réformes » dans les abattoirs nient pareillement ce caractère naturel, car acceptant que la vie des animaux soit encadrée par une fin servant une production humaine.

Voilà pourquoi nous sommes contre l’anthropocentrisme et que nous raisonnons non pas en partant simplement de l’humanité isolée, mais de la Nature dans son ensemble, de la planète comme lieu de la vie organisée à très grande échelle.

Nous n’acceptons ni la vie comme « grâce », car c’est soumettre la vie à un Dieu qui n’existe pas, ni la vie comme « choix », qui est l’existentialisme que défend ici Jean-Luc Mélenchon.

La vie c’est la Nature en mouvement, permettant à des êtres développés de développer leur sensibilité jusqu’à un degré élevé, dont la complexité nous échappe encore beaucoup.

Les arbres et les plantes aussi ont une sensibilité et il est regrettable de procéder à leur destruction : très certainement, l’humanité dans le futur évitera de le faire, ce qui ne veut nullement dire qu’on mangera des choses chimiques infâmes.

Au contraire, on aura une technologie permettant d’éviter de faire en sorte que pour vivre, la vie supprime la vie. Cela permettra un incroyable renforcement de la vie et de toutes manières, si la vie produit des êtres intelligents capable de changer beaucoup de choses, c’est bien en ce sens là.

Marine Le Pen : le « bien-être animal » comme soutien à la « puissance agricole »

Marine Le Pen a rendu public les 144 propositions composant son « projet présidentiel ». Étant donné qu’elle s’est positionnée à de nombreuses reprises comme favorable aux animaux, voyons ce qu’il en est.

On trouve une proposition qui aborde directement la question, et six qui l’abordent indirectement.

La proposition qui traite de la question animale est formulée de la manière suivante :

137. Faire de la protection animale une priorité nationale. Défendre le bien-être des animaux en interdisant l’abattage sans étourdissement préalable et en remplaçant le plus possible les expérimentations animales. Refuser le modèle des fermes-usines, du type « ferme des 1000 vaches ».

Comment comprendre cela ? En fait, de la manière suivante : le bien-être animal est vu par le prisme de la question de « l’abattage sans étourdissement » tel que pratiqué dans les rituels casher et halal.

Ici, Marine Le Pen a un boulevard en raison des idiots utiles qui se sont focalisés là-dessus, avec plus ou moins de bonne foi. La question animale est bien entendu utilisée ici de manière non universaliste, dans un esprit d’accusation, les animaux n’étant qu’un prétexte.

Preuve de cela, le véganisme n’est pas abordé comme thématique, les ferme-usines étant refusées ce qui signifie qu’il y a une défense du mode de production de la petite exploitation. C’est l’esprit pétainiste, commun aux fachos et aux zadistes, qui idéalise la petite production « à l’ancienne ».

Preuve de cela, les six autres mesures, où le « bien-être animal » est utilisé comme prétexte au protectionnisme de ce secteur capitaliste. En clair, les animaux sont un moyen d’apparaître faussement progressiste, de trouver un vecteur de mobilisation en sa faveur, de s’approprier le soutien d’un secteur économique en trouvant un prétexte à sa défense par la nation toute entière…

LA FRANCE, PUISSANCE AGRICOLE AU SERVICE D’UNE ALIMENTATION SAINE

125. Appliquer le patriotisme économique aux produits agricoles français pour soutenir immédiatement nos paysans et nos pêcheurs, notamment au travers de la commande publique (État et collectivités).

126. Transformer la Politique Agricole Commune en Politique Agricole Française. Garantir le montant des subventions dont les critères seront fixés par la France et non plus par l’Union européenne, avec l’objectif de sauver et soutenir le modèle français des exploitations familiales.

127. Refuser les traités de libre-échange (TAFTA, CETA, Australie, Nouvelle-Zélande, etc.). Développer les circuits courts de la production à la consommation, en réorganisant les filières.

128. Simplifier le quotidien des agriculteurs en stoppant l’explosion des normes administratives et encourager l’installation des jeunes agriculteurs, par le biais de défiscalisations durant les premières années.

129. Défendre la qualité : afin de lutter contre la concurrence déloyale, interdire l’importation des produits agricoles et alimentaires qui ne respectent pas les normes de production françaises en matière de sécurité sanitaire, de bien-être animal et d’environnement. Imposer la traçabilité totale de l’origine géographique et du lieu de transformation sur l’étiquette, afin de garantir la transparence et l’information complète des consommateurs.

130. Promouvoir les exportations agricoles, notamment en soutenant les labels de qualité.

On ne peut pas dire qu’on veut le « bien-être animal » et soutenir de manière unilatérale la petite production. A moins d’avoir comme conception du « bien-être animal » un simple retour en arrière, avec une critique démagogique des fermes industrielles à qui on attribuerait une valeur entièrement nouvelle.

La réduction de la question animale à un vecteur de nationalisme est ici évidente et malheureusement elle fonctionnera au moins un peu, parce que le véganisme n’a pas été placé au coeur de la critique de la situation animale aujourd’hui.

Dès qu’on se place sur le terrain du relativisme, tout est perdu…