• Honnêteté - trop d’entre nous sont emplis d’avidité

Emmanuel Macron et l’éleveur « qui pleure quand un animal meurt »

La FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) a invité les candidats aux présidentielles à un grand oral, à l’occasion du dernier jour de son congrès.

Cette invitation au moment du congrès signifie qu’il faut aller se soumettre et, d’ailleurs, il fallait être présent en personne. Jean-Luc Mélenchon voulait envoyer un représentant, il a été éconduit, Benoît Hamon ne s’est pas déplacé.

C’est que la FNSEA, c’est le symbole du conservatisme et des grandes entreprises ; être présent à son congrès quand on veut se donner une image de gauche n’est pas faisable…

Emmanuel Macron, lui, y est allé de bon coeur, saluant l’ancien président mort tout récemment, avant de se lancer dans un éloge de la compétitivité, dans un décor assez hallucinant de kitscherie…

Et, dans le prolongement de ce qu’il a dit au WWF (Emmanuel Macron : » je continuerai à manger l’agneau des Pyrénées ») et au congrès des chasseurs (Emmanuel Macron veut développer le « tourisme cynégétique »), il a maintenu son courant ultra-libéral sur le plan de l’économie et des moeurs, ultra-réactionnaire sur le plandes valeurs.

Ses propos au sujet du bien-être animal ont été littéralement abjects, se basant qui plus est sur l’image d’Epinal du petit élevage, de taille raisonnable, avec l’éleveur connaissant ses animaux, veillant même l’animal malade la nuit…

Une telle vision du terroir est digne des années 1930.

Nous avons retranscrits ses propos, qui valent le détour, d’autant plus qu’il aborde la question des oeufs, confirmant l’interprétation que nous avons fait de sa mesure au sujet des oeufs issus de poules en cages.

« – Il y avait cette question qui vient de la salle.

Que pensez-vous des attaques des différentes associations sur le bien-être animal, comment pensez-vous valoriser notre agriculture dans de telles conditions, nos produits, le travail ?

– Ben, là dessus, j’ai répondu d’ailleurs à une organisation environnementaliste qui m’interrogeait sur ce sujet.

Moi, j’ai jamais connu un éleveur qui était heureux avec des animaux malades. Faut me le présenter.

C’est comme l’idée qu’un employeur serait forcément quelqu’un qui adore licencier des gens.

[mettant sa main vers sa tête pour indiquer que ce serait « fou »] C’est parfois les représentations qu’on a dans le débat public.

Si quelqu’un est malheureux lorsqu’il y a un problème de bien-être animal, c’est l’éleveur le premier.

Et l’éleveur, ce qu’il veut, c’est justement pouvoir élever ses animaux dans les meilleures conditions, parce que c’est lui qui se relève la nuit, c’est lui pleure quand un animal meurt.

[faisant un signe de dénégation avec l’index] C’est pas les gens qui sont dans des associations ou dans des bureaux.

Donc aujourd’hui… [applaudissements du public]

Donc aujourd’hui, le problème c’est quand c’est un éleveur n’est pas en situation d’améliorer les choses pour ses bêtes et pour lui-même.

Et donc c’est pour cela que moi je veux faire ce plan d’investissement agricole qui permet, quand on a un projet, qu’on veut l’améliorer…

Moi j’étais il n’y a pas longtemps dans la région, chez monsieur Nédelec, qui passe justement, qui a un élevage de cinquante vaches, qui passe à une production bio.

Il a pu installer, parce que il a eu des aides de la région, pour accompagner ses bêtes, des capteurs qui permettent de mieux accompagner la bête quand elle veule [Emmanuel Macron se trompe et veut en fait dire quand elle vêle], etc., et d’éviter des souffrances.

Eh bien, ça, je suis désolé de vous le dire, c’est de l’investissement, c’est pour bon pour l’élevage [brouhaha dans la salle, le modérateur fait « chut chut » au public], c’est bon pour le professionnel et c’est bon pour tout le monde.

C’est pour ça que ce plan d’investissement d’avenir, il permet de résoudre le problème de la condition animale, mais en même temps, il permet d’améliorer le fonctionnement.

Après, on a un problème dans les abattoirs, mais c’est la transformation, ce n’est pas l’élevage.

Et là dans les abattoirs, pardon de vous le dire, mais les premières victimes, ce sont celles et ceux qui y travaillent, hein.

Et la raison on la connaît bien. Donc là aussi y a un plan de modernisation à faire.

– [Christiane Lambert, président de la FNSEA, prend la parole] Toutefois, monsieur Macron, vous nous avez donné l’impression de surfer un petit peu sur la vague welfariste, lorsque vous avez dit qu’il fallait que vous alliez interdire en 2025 tous les œufs provenant de poules en cage.

Nous sommes dans une région où 70 % des poules sont élevées en cages, modernisées agrandies, mais quand même 70 %.

Les bâtiments qui ont été rénovés il y a cinq ans, qui ont encore dix quinze ans d’amortissement, comment allez-vous faire d’un coup – claquement de doigt tweet – pour résoudre ce problème de l’agriculture française [applaudissements, bravos].

– Je vais vous dire deux choses. La première, c’est que 2025, ce n’est ni un tweet ni un claquement de doigt. C’est quand même un objectif.

La deuxième, c’est que je n’ai jamais dit que je la prendrai moi ou que je l’interdirai. J’ai dit que je me fixerai cet objectif. Et il est atteignable.

La troisième chose, si vous m’avez écouté précisément, madame la présidente [brouhahas, le modérateur fait « chut chut chut »], c’est que j’ai parlé de la GMS [grandes et moyennes surfaces]. J’ai parlé de la GMS.

Or une large majorité des œufs qui sont produits dans la région et vendus, ils le sont pour les industries agro-alimentaires et la transformation.

J’ai pas une seule seconde dit, en l’espèce, qu’il fallait revenir sur les normes actuelles.

La dernière chose, c’est que, justement, et quand j’ai rencontré les professionnels au salon de l’agriculture, je leur ai dit, je pense qu’il faut pour la grande distribution – ce qui est une part minoritaire de la vente des œufs, comme vous le savez aujourd’hui qui sont produits – pour la grande distribution, il faut se fixer cet objectif à dix ans, parce que de toutes façons, sinon nous aurons à le subir.

Moi, je vous fiche mon billet, on peut se faire plaisir, je peux vous dire le contraire, mais dans trois, dans quatre ans, dans cinq ans, vous aurez des associations de plus en plus, des associations de consommateurs et autres, qui vous diront [tapant dans ses mains] « moi je veux de la meilleure qualité ».

On l’a eu sur le poulet, on l’a sur tout, donc il faut se fixer cet objectif à dix ans en disant : on va l’accompagner.

Ce n’est pas surfer sur une vague. C’est se dire : on peut quand même avoir un objectif décennal. Ce n’est pas une loi qui l’interdira demain, ce n’est pas une nouvelle norme, mais on dit il faut accompagner cette transformation, uniquement pour ce qui est vendu en GMS, et ça passe aussi par ce plan d’investissement.

On l’a calé avec la profession, il faut cinq cent millions d’euros d’investissement pour, dans les cinq six années à venir, moderniser. Ils seront accompagnés par le plan d’investissement que je porte.

– Vous avez évolué, c’est bien… Mais merci d’avoir précisé

– J’ai dit des choses précises. »

La répression des fraudes constate des problèmes avec les aliments diététiques pour animaux

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a rendu public le résultat d’une enquête sur la « conformité des aliments diététiques pour animaux ».

Ces aliments sont bien plus chers que les autres et le prix se justifie, normalement, par leurs propriétés particulières. Ils sont destinés à des animaux ayant des besoins particuliers : éviter les calculs urinaires, être appétents et moins gras, haute digestibilité en cas d’insuffisance rénale, etc.

Ce sont donc des aliments d’une importance extrême pour certains animaux. La répression des fraudes constate pourtant de nombreux problèmes suite aux analyses faites : voici son rapport.

Mais ne soyons bien entendu pas dupe : la répression des fraudes excuse la non application de la réglementation, car nos pauvres industriels n’agissent que « par méconnaissance des textes »…

La DGCCRF a enquêté sur la conformité des aliments diététiques destinés aux animaux de compagnie et aux animaux de rente.

Les contrôles ont porté sur le respect de la réglementation en matière d’étiquetage des aliments composés. L’attention a également porté sur la présence d’additifs pouvant avoir des effets négatifs sur la santé de l’animal.

Les enquêtes menées ont révélé un taux d’anomalie de 19 %.

Les manquements constatés portent sur la loyauté de l’étiquetage ainsi que sur la justification des objectifs nutritionnels particuliers revendiqués.

Par ailleurs, les enquêteurs ont relevé un déficit de connaissance de la réglementation de la part des professionnels du secteur.

Dans le cadre de cette enquête, 227 actions de contrôle ont été réalisées dans les usines et ateliers de production d’aliments pour animaux et auprès des grossistes, enseignes spécialisées et non spécialisées de la grande distribution, cabinets vétérinaires et sites de vente en ligne.

91 opérateurs ont été contrôlés.

De nombreux manquements relatifs à la conformité des étiquetages

Les aliments diététiques ciblent par exemple des animaux souffrant de certaines pathologies spécifiques et ayant, de ce fait, des besoins nutritionnels particuliers.

Dans le cadre des contrôles, les enquêteurs ont constaté des omissions relatives à l’utilisation du terme « diététique » et à l’indication d’un objectif nutritionnel particulier.

Ces manquements s’expliquent par :

Une réglementation mal maîtrisée de la part de petits opérateurs, en particulier lorsqu’ils ont la responsabilité de l’étiquetage.

Une sous-traitance de la production auprès de certains fournisseurs d’aliments diététiques qui ne sont parfois pas enregistrés en tant qu’opérateurs.

Une vigilance insuffisante lors de la commercialisation de produits importés : une entreprise, qui importe des aliments complémentaires en provenance d’Allemagne, a par exemple omis plusieurs mentions obligatoires lors de l’étiquetage des produits en langue française.

Des changements réglementaires (datant de 2014) qui n’ont pas été suffisamment pris en compte lors des étiquetages, de nombreux types d’aliments diététiques ayant en effet été créés ou modifiés depuis 2014.

Des dénominations galvaudées

Sur des sites de vente en ligne, certaines gammes apparaissent sous l’appellation « veterinary diets » mais ne sont pas des aliments diététiques.

Dans certains cabinets vétérinaires, les aliments diététiques sont indument nommés « aliments thérapeutiques ».

Cette appellation, utilisée par opposition aux « aliments physiologiques », n’est pas conforme à la réglementation, le terme « thérapeutique » renvoyant à une action médicamenteuse.

Des allégations valorisantes qui ne sont pas toujours vérifiées

Pour pouvoir revendiquer une allégation, l’entreprise mettant sur le marché un aliment composé doit incorporer dans son produit les additifs prévus par la réglementation ou disposer d’un dossier de preuves permettant de démontrer la véracité de l’allégation.

L’enquête de la DGCCRF révèle que les documents détenus sont souvent insuffisants pour prouver de manière satisfaisante l’allégation et donc, pour conclure à l’efficacité du produit concerné.

Ainsi, un professionnel ayant fait mention de l’action de la vitamine E pour renforcer l’immunité des chiens a par exemple dû retirer cette mention des étiquetages car les documents communiqués n’ont pas permis de démontrer l’allégation avancée.

Par ailleurs, les contrôles ont mis en évidence que certains opérateurs avaient mis en avant certaines allégations dans un but purement commercial car ils avaient constaté un véritable intérêt de la clientèle pour le sujet.

La DGCCRF a donc enjoint ces opérateurs de supprimer les mentions des étiquetages.

Des prélèvements qui révèlent des compositions dangereuses
Les services de la DGCCRF ont analysé certains produits pour vérifier la véracité des mentions d’étiquetage, par exemple, la composition des produits.

Ces analyses ayant mis en évidence 32 non-conformités sur 40 produits prélevés, la DGCCRF a demandé le retrait de certains lots et a initié des enquêtes complémentaires.

Il a, par exemple, été constaté un fort surdosage en vitamine A dans un produit ou encore des anomalies sur le dosage en sucres totaux et chlorures sur une poudre orale pour veaux, poulains, agneaux et chevreaux.

L’enquête de la DGCCRF démontre que la réglementation n’est pas pleinement appliquée par les professionnels par méconnaissance des textes.

Cible
91 opérateurs
227 actions de contrôle
314 aliments diététiques

Résultats
40 prélèvements dont 32 non-conformes
29 avertissements
13 injonctions
Taux d’anomalie de 19%

S’il y a cinquante ans…

Nous sommes en 1984 et Ronnie Lee, le fondateur de l’ALF, répond à une interview donnée par les ALF Supporters Group (une présentation et des pdf sont disponibles ici).

Voici sa réponse à la question suivante : « Comment voyez-vous les organisations en faveur des droits des animaux qui sont plus traditionnelles ? ».

Ce qui est très intéressant, ce n’est pas simplement sa critique plus ou moins acerbe de l’inaction ou du caractère vain d’organisations qu’il critique. Ce n’est pas spécialement original.

Par contre, il fait une réflexion approfondie sur le fait qu’il aurait fallu faire cela bien plutôt, que l’exploitation animale prend une telle proportion que les interventions sont peut-être trop en retard historiquement.

C’est extrêmement intéressant, car il faut bien avoir en tête ici que l’ALF, à ce moment là, mène en Angleterre plusieurs actions par semaines, dont de très régulières libérations d’animaux de laboratoires, jusqu’à 60 000 par an.

L’ALF est, qui plus est, un front, c’est-à-dire l’union la plus générale pour l’action de libération concrète d’animaux ; tous ses membres sont issus de la protection animale décidant d’intervenir, afin de peser sur le cours des choses.

C’est, si l’on veut, un réformisme ultra-actif et d’interposition sur un mode révolutionnaire et c’est cela que la réponse met d’une certaine manière en exergue : la question animale, finalement, de par son ampleur historique, n’est-elle pas en fait liée à la nécessité de révolution ?

Voici donc la réponse de Ronnie Lee au sujet de ce qu’il pense des organisations « traditionnelles ».

« Cela dépend. Les organisations les plus radicales sont sympathisantes et même si elles ne font rien d’illégal, elle publient les rapports de nos activités dans leurs périodiques et s’expriment en soutien à ce que nous faisons.

D’autres organisations sont équitablement neutres et quelques autres sont contre nous, bien qu’il y a eu un déplacement de soutien en notre faveur.

Les associations qui condamnaient l’ALF il y a quatre-cinq ans ne nous condamnent plus. Elles ne vont sans doute pas publiquement célébrer l’ALF, mais elles ont cessé de nous condamner.

Je pense qu’elles ont vu que l’action directe a eu un effet très positif, donc elles n’ont plus vraiment de raisons de nous condamner.

Il y a certainement de la place pour les organisations traditionnelles des droits des animaux et les choses qu’elles font. Je pense qu’il est très important de distribuer des tracts et d’éduquer le public et je suis certain que presque tous ou tous les activistes de l’ALF défendraient également cela.

De par le passé, les associations traditionnelles ont joué le jeu des institutions et de ceux qui maltraitent les animaux en canalisant l’énergie des gens dans des méthodes de campagnes qui n’étaient pas efficaces.

Quelqu’un serait très en colère au sujet de la cruauté de la vivisection et écrirait à l’association anti-vivisection. L’association répondrait en disant que la vivisection pourrait connaître une fin en écrivant aux politiciens et en faisant faire des pétitions.

Cela n’avait tout simplement pas de succès et donc l’énergie et le temps des gens étaient gâchés.

Je pense que si l’action directe avait commencé il y a cinquante ans, la situation pour les animaux serait bien mieux, parce que la vraiment mauvaise exploitation technologique des animaux a grandi la dernière moitié de ce siècle – c’est-à-dire la vivisection et les élevages intensifs.

Parce que les méthodes de l’opposition n’ont pas été suffisamment efficaces, la maltraitance animale a grandi et c’est désormais quelque chose de bien plus difficile à détruire.

Je crois que les ressources du mouvement sont mal équilibrées. Les associations traditionnelles ont des centaines de milliers, peut-être des millions de livres [la monnaie anglaise] et si cet argent pouvait être dévié dans l’action directe, ce serait incroyable ce qui pourrait arriver, bien que bien entendu il ne s’agit pas simplement d’argent.

Les gens donnent désormais davantage d’argent à l’ALF après qu’ils aient vu ce qui a été fait et obtenu, cependant c’est un long et très lent processus. »

Si en 1984, Ronnie Lee voyait déjà un changement massif les cinquante dernières années, que devrait-on dire en 2017 ! Surtout que l’exploitation animale explose à l’échelle mondiale…

Mais la réponse est peut-être dans la question : avant, on ne pouvait pas encore arracher sa conscience à la réalité de l’exploitation animale. Aujourd’hui on le peut !

A condition de ne pas choisir un retour en arrière, comme avec Marine Le Pen, les zadistes, etc., mais de choisir le camp de l’utopie et de l’universalisme par la révolution !

Augmentation de la consommation de « viande » en 2016 en France

Se confronter aux données économiques de l’exploitation animale est très important : cela permet de constater les faits. Et de faire la part des choses.

Sommes-nous en décalage avec la réalité lorsque nous disons que l’exploitation animale est en croissance exponentielle à l’échelle mondiale, que rien n’est possible sans révolution ? Ou bien le réformisme des « droits des animaux », y compris à prétention végane, n’est-il que la caution « morale » de l’exploitation animale ?

Parlons cette fois de la France, puisque le réformisme prétend qu’il s’y passe des choses à grande échelle, il y aurait un basculement.

Ce n’est pas du tout ce que disent les données du ministre de l’agriculture, qui viennent de tomber. Voici comment Le Figaro les résume :

La consommation française de viande a légèrement augmenté de 0,9% en 2016, tirée par la volaille, mais la consommation de viande à domicile par les ménages a régressé, selon les services statistiques du ministère de l’Agriculture.
En 2016, la consommation apparente de viande, c’est à dire mise à disposition sur le marché intérieur, a augmenté de 0,9% par rapport à 2015, un hausse quasi comparable à celle de 2015 (+1%) après une période de baisse, indique le bulletin d’Agreste.
La situation est toutefois contrastée selon les types de viande: alors que la consommation de viande de boucherie, qui représente 68% de la consommation totale de viande est en légère baisse sur un an (-0,6%), celle de volaille de chair progresserait (+4%), après s’être stabilisée en 2015.
Il n’y a pas de baisse de consommation de la « viande » en France (rappelons qu’il manque, de notre point de vue, les chiffres pour les autres animaux, notamment les poissons et les crustacés).
Et pour cause l’exploitation animale est un système économique. Il n’y a pas de « spécisme », mais une réalité économique, comme le paradoxe que les chiffres montrent.
En effet, les chiffres qui constatent l’augmentation de la consommation de viande en France disent, en même temps, que les ménages achètent moins de viande…
Voici un tableau de données.
Comment expliquer cela ? Tout simplement, par la consommation hors foyers. Cette consommation que, précisément, le réformisme de l’exploitation animale « oublie ».
Historiquement, pour les végans, McDonald’s a toujours été un ennemi, au même titre que Nestlé ou toutes les autres grandes compagnies de l’exploitation animale.
Pour le réformisme de l’exploitation animale, ces grandes compagnies ne comptent pas, tout dépendrait du « consommateur ».
C’est un point de vue de bobo et d’universitaires de centre-ville, d’entrepreneur plus ou moins hipster.
Voici d’ailleurs un autre tableau de données très intéressant, rappelant une vérité élémentaire. Le but de la production de « viande » est le profit. Il n’y a pas de spécisme.
Et on peut voir qu’effectivement, les prix d’un certain de type production augmentent, pour compenser la baisse des ventes… C’est une logique implacable.
Mais c’est une logique implacable seulement quand c’est possible. Les deux tableaux suivants présentent d’un côté la consommation de l’autre l’évolution des prix.
En raison de la concurrence, il est très difficile d’augmenter les prix de manière générale…
Et quelle sera la conséquence inévitable ? L’augmentation des cadences, le renforcement de l’exploitation animale, afin de vendre plus et moins cher !
Ne négligeons pas le fait que le marché est également « insensé », au sens où il y a des tendances dépendant des « goûts » du consommateur.
Voici ce que cela donne pour les différentes « viandes », et la tendance générale est dans tous les cas à la hausse…
Pour conclure, ce n’est pas parce que les ménages achètent moins de « viande » qu’il n’y a pas pour autant une hausse générale de la consommation de « viande ».
Il y avait, en 2009, 1141 McDonald’s en France. En 2015 il y en avait 1380, ce qui fait  deux millions de repas par jour…

« Direct Action Animal Rights », « Direct Action – Arkangel »

Voici en mp3 la mythique compilation de musique punk « Direct Action – Arkangel ». Elle a été produite en 2005 par le groupe de musique anglais Active Slaughter, particulièrement engagé dans la cause et jamais avare d’initiatives.

C’est d’ailleurs la suite directe d’une autre compilation, datant de 2001, intitulée « Direct Action Animal Rights », que nous proposons également en mp3.

La compilation de 2001 a été réalisée en soutien à SHAC – la campagne contre les laboratoires Huntingdon Life Sciences -, ainsi qu’à la Hunt Saboteurs Association, une structure de sabotage de la chasse.

La compilation de 2005 a été quant à elle réalisée en soutien à l’Animal Liberation Front Supporters Group (Groupes de soutien de l’ALF), SHAC, le Vegan Prisoner Support Group (Groupe de soutien aux prisonniers vegans), la revue Arkangel, la Hunt Saboteurs Association, la campagne SPEAK contre la vivisection dans les universités d’Oxford et de Cambridge.

Les bénéfices des deux compilations, sorties à respectivement 600 et 1000 exemplaires, allaient naturellement entièrement à ces structures de libération animale.

Il s’agit d’initiatives engagées, les chansons sont toutes d’orientation militantes, au sens bien entendu d’un militantisme qui n’est pas celui d’une participation aux institutions…

On est ici dans le mouvement pour la libération animale, au sens strict. L’iconographie, les photos et les explications dans les livrets des Cds étaient bien entendu aussi très claires à ce sujet.

« Direct Action Animal Rights » – l’album en mp3

« Direct Action – Arkangel » – l’album en mp3

« Leur objectif d’une société sans drogues est irréalisable »

Le Huffington post a publié une tribune intitulée « Comment la régulation du cannabis permettrait des politiques en matière de drogues plus efficaces ».

Elle est signée par plusieurs personnes. Tout d’abord, Paul Volcker, membre de la Commission globale de politique en matière de drogues et ancien président de la Réserve fédérale américain.

Quelle est donc cette commission ? Il s’agit d’un think tank international en faveur de la fin de la répression contre les drogues, fondé en 2011.

Y participent l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, le milliardaire anglais Richard Branson, d’anciens présidents de Pologne, du Nigeria, du Mexique,  etc.

C’est un mélange de hautes figures de la politique et de l’économie, comme d’ailleurs les deux autres signataires. Il s’agit en effet tout d’abord de Maria Cattaui, membre de la Commission globale de politique en matière de drogues et ancienne Secrétaire générale de la Chambre de commerce internationale.

Ensuite, du fameux Pierre Bergé, Président de la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent et Président de la Fondation Jardin Majorelle.

On l’a compris : on est ici dans le libéralisme libertaire, l’appel à capituler devant les drogues. La tribune est explicitement sur cette position :

« Pourquoi les pouvoirs publics échouent-ils aussi lourdement à faire baisser la consommation et la production de stupéfiants et ce malgré des investissements colossaux dans la répression?

Ils échouent car leur mission est erronée, leur objectif d’une société sans drogues est irréalisable, et ils refusent de le reconnaitre. »

Cette phrase symbolise parfaitement l’hypocrisie du businessman qui nie l’utopie afin de justifier son sinistre commerce.

Il serait dans la nature humaine de prendre des drogues, pas de ne pas en prendre, et par conséquent y avoir accès serait un « droit ».

La tribune est là aussi explicite sur cet acte qui nuit à quelqu’un qui l’aurait « choisi », la société n’ayant donc pas à s’en mêler…

« Or en plus d’être un échec mondial, la guerre aux drogues, dont la France est l’une des championnes en Europe, nécessite un investissement financier important, dont les retours sont des catastrophes sanitaires, financières et sociales.

Pire encore, les politiques publiques transforment sciemment de jeunes individus pleins de promesses en délinquants. Soumis au système judiciaire, ces individus voient leur perspective d’une vie équilibrée et productive soudainement menacée pour un acte non-violent, qui ne nuit potentiellement qu’à eux-mêmes.

La guerre aux drogues a également comme résultats une imposante surpopulation carcérale, la propagation de maladies infectieuses, et la marginalisation économique et sociale de pans entiers de la population. »

Il y a trop de gens en prison ? Ce n’est pas la faute au capitalisme qui donne naissance au crime, mais à une définition trop élargie du crime…

Citons ici la fin de la tribune, qui résume parfaitement tout ce honteux cynisme.

« Il est temps maintenant de mettre en œuvre des politiques publiques basées sur la place réelle qu’occupent les drogues dans notre société, et qui cherchent à en réduire les méfaits plutôt qu’à les éradiquer, ce qui est une chimère.

Si l’économie, la société et les individus tirent de surcroît des avantages et des bienfaits notables de la réglementation, il serait absurde de ne pas en étudier la mise en œuvre.

Les acteurs économiques de la France, un des moteurs de l’économie européenne et mondiale, doivent réclamer une réforme des politiques en matière de drogues pour mettre fin à un demi-siècle de mesures inefficaces et coûteuses, et refaire de la France un champion de l’innovation en matière de politiques publiques.

La Commission globale de politique en matière de drogues, constituée de 24 membres dont 10 anciens chefs d’état ou de gouvernement et un ancien secrétaire-général des Nations-Unies, vise à ouvrir, au niveau international, un débat éclairé et scientifique sur des moyens humains et efficaces de réduire les préjudices causés par les drogues aux personnes et aux sociétés. »

La légalisation du cannabis est bien un choix : celui de l’individualisme, du cynisme, du commerce.

Critique d’un rapport sur le degré de mortalité des abeilles causée par les pesticides

Comme on le sait, la situation est de plus en plus terrible pour les abeilles ; la pollution des pesticides provoque une mortalité très importante.

Nous n’avons naturellement aucune sympathie pour les apiculteurs, néanmoins ils ont produit un document intéressant, révélateur d’ailleurs de quelque chose qui va plus contre leur sens qu’en leur faveur.

En effet, le ministère de l’Agriculture a réalisé une étude sur la mortalité des abeilles, qui justement est vigoureusement critiquée par l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) quant aux méthodes et aux résultats.

Or, la démarche de l’apiculture s’appuie sur la même vision de la Nature que ceux qui balancent des pesticides en veux-tu en voilà.

L’apiculture et l’agriculture telle qu’elle existe aujourd’hui part du principe qu’il faut forcer la Nature, la violenter. Les apiculteurs critiquent les résultats d’une agriculture dont eux-mêmes font partie.

Il est absurde de leur part de voir la réalité et de ne pas voir qu’ils en font eux-même partie!

Voici le communiqué de presse de l’UNAF, qui produit également un document de neuf pages explicitant leur point de vue.

Surveillance officielle des mortalités des abeilles : une étude approfondie de l’Union Nationale de l’Apiculture Française révèle un dispositif entaché de graves dysfonctionnements

Selon un bilan national officiel paru dans une revue spécialisée et signé du référent-expert national « Apiculture » rattaché au ministère de l’Agriculture, la première cause des mortalités déclarées d’abeilles serait pathologique, la deuxième étant les mauvaises pratiques apicoles.

D’après cette synthèse, dans seulement 6.6% des cas, la mortalité est à relier aux pesticides.

Par communiqués de presse, certaines associations et promoteurs de pesticides se sont fondé sur ce bilan pour abonder la thèse selon laquelle les abeilles périssent des maladies et pratiques apicoles et très rarement des pesticides.

Interpellée par ces résultats, l’UNAF a exercé son droit d’accès aux documents administratifs en demandant à disposer d’une partie des documents ayant servi de base à ce bilan.

Les éléments reçus du ministère de l’Agriculture nous ont permis de mener une analyse attentive du dispositif de surveillance des mortalités massives aigües des abeilles.

L’UNAF constate ainsi des dysfonctionnements graves soulevant des questions majeures :

– des disparités régionales dans le nombre de déclarations de mortalité : certaines régions, pourtant très apicoles, n’enregistrent que très peu, voire aucun cas de mortalité ;

– des disparités régionales dans la manière de conduire les enquêtes : certaines régions ne font jamais ou très rarement pratiquer d’analyses toxicologiques quand d’autres en commandent dans plus de 60% des déclarations.

De fait, le nombre d’analyses toxicologiques commandées influence le nombre de conclusions « cause toxicologique » ;

– une sous-évaluation de l’impact des résidus de pesticides dans la mortalité de la colonie : des éléments tels que la représentativité de la DL50 et les effets synergiques pourtant largement décrits dans la littérature scientifique ne sont pas pris en compte par l’Etat et ses services.

Les directives formulées auprès des agents chargés des investigations et la formation de ces derniers doivent être questionnés ;

– des biais réglementaires et statistiques dans le bilan national annuel de nature à induire un effet de surreprésentation des causes pathologiques.

Pour Gilles Lanio, Président de l’UNAF, « Au regard de ces éléments, le dispositif de surveillance des mortalités massives aigües d’abeilles mis en œuvre au niveau national est défaillant et non-fiable.

En cas de mortalités massives aigües, et afin de recommander à ses adhérents de s’engager dans des déclarations en cas de troubles, l’UNAF demande que le processus de collecte des données, leur qualité et leur exploitation soient évalués au plan national par un comité d’experts indépendants rassemblant les parties prenantes, y compris les apiculteurs au travers de leurs organisations syndicales ».

« Pour sauver un paysan, mangez un végan »

La Coordination rurale est un des principaux syndicats agricoles ; nous en parlions récemment avec leur campagne contre la dénomination des simili-carnés, ou encore lorsque ces gens ont réalisé l’acte totalement barbare de pendre le cadavre d’une vache morte depuis trois semaines sur la façade d’une permanence d’un député, à à Avranches…

On est ici à un niveau très primitif et se sentant forcément galvanisée par la sordide campagne électorale du moment, la section du Lot-et-Garonne de la coordination rurale a décidé de faire des affiches au slogan « ravageur ».

« Pour sauver un paysan, mangez un végan » est à la fois provocateur et agressif, mais d’une certaine manière subtile, doublement subtile même.

Tout d’abord, il est parlé de « paysan », un terme bien plus sympathique que celui d’agriculteur, c’est-à-dire insistant sur la dimension du travail manuel et non sur le fait que les agriculteurs sont désormais de vrais capitalistes jouant au monopoly qu’est le capitalisme…

Ensuite, en assimilant tous les agriculteurs, y compris ceux qui ne travaillent pas dans le secteur de l’exploitation animale, avec ceux qui y travaillent…

Patrick Franken, président de la CR du Lot-et-Garonne a expliqué sur France-Bleu que :

« Il y a des végans qui s’opposent aux éleveurs au niveau des abattoirs.

Ça fait un moment qu’on avait envie de les interpeller et de faire naître le débat. (…)

Il n’y a pas une volonté d’en découdre avec les vegans, seulement de les interpeller.

Cette théorie qui veut que les humains soient l’égal de l’animal et inversement, ça c’est quelque chose qu’on ne peut pas accepter. »

On doit donc remarquer une autre subtilité, plus précisément un choix stratégique. Il s’agit pour la coordination rurale de faire tourner la question animale en conflit stérile éleveurs / vegans.

Une option qui a toute chance de marcher quand on voit que pour bon nombre de vegans, la question reste individuelle et existentielle, qu’il ne s’agit pas de convaincre le « peuple ».

Les institutions et les médias seraient alors une sorte de terrain neutre pour un « affrontement » entre éleveurs et vegans, ce qui ne rimerait à rien du tout…

D’où le besoin d’une utopie claire, lisible, avec des propositions. Sans cela, on se laisse piéger, ou on raconte n’importe quoi, comme par exemple la Fondation Brigitte Bardot, qui parlant de l’affiche de la coordination rurale, a tweeté :

Nul : la Coordination rurale invite à manger du #vegan. Pour sauver un paysan, il vaudrait mieux dissoudre la @FNSEA

La FNSEA représente effectivement les intérêts des gros éleveurs, mais en quoi y aurait-il une différence de fond, de notre point de vue, avec les petits éleveurs?

Petits éleveurs dont le rêve, on le sait, est de devenir grands…

Puis, de toutes manières, vu le niveau de provocation, était-ce le moment de dénoncer la FNSEA?

Il faut savoir assumer les conflits, quand on assume une grande cause!

Lyon : graffitis ALF sur des commerces dont une fromagerie

Le site Bite back s’est fait l’écho d’une opération de graffitis faite par l’ALF durant la nuit du 18 au 19 mars 2017. Plusieurs commerces ont été visés, dont une fromagerie. Le média 20minutes de Lyon raconte les faits ainsi :

Cinq commerçants du Vieux-Lyon ont eu la désagréable surprise de découvrir dimanche matin, leurs vitrines recouvertes de tags.

Pas de mystère. Les auteurs se sont fait connaître sans difficulté, revendiquant leur acte à la peinture noire ou blanche. Il s’agit de membre de l’ALF, front de libération des animaux, regroupant des activistes radicaux de la cause animale.

« Ils ont rayé tous les mots « soierie » à coups de pinceaux car nous tuons des vers à soie et des chenilles », explique à moitié agacé, à moitié railleur, Signorino Leonardi, qui gère la Maison Brochier, rue du Boeuf.

Mais l’homme n’est « pas le plus à plaindre ». « J’ai nettoyé ma vitrine et pris cela avec philosophie. Mais quand je vois les tags inscrits sur les autres vitrines, je me demande ce que sera la prochaine étape : se faire tabasser ? », s’interroge-t-il.

Des sénateurs prônent la légalisation de l’alcool dans les stades

On sait à quel point le football est aujourd’hui quelque chose de très important tant pour l’économie que pour l’idéologie dominante.

Il est donc tout à fait logique que le même processus de libéralisation se déroule pour l’alcool dans les stades que pour le cannabis. Il y a des gens, il y a moyen de vendre et de toutes manières désormais tout est permis.

Alors, tant qu’à y aller dans la déresponsabilisation et la quête du profit, autant y aller : c’est ce que ce sont dit deux sénateurs,  le centriste Claude Kern et le socialiste Jean-Jacques Lozach.

Leur rapport d’information sur la gouvernance du football demande par conséquent l’ouverture à l’alcool dans les stades. La loi Evin – nous en parlons souvent pour dire à quel point elle est menacée – devrait être remise en cause.

Voici ce qu’on lit dans le rapport à ce sujet. Et on va voir qu’il y a la même « excuse » que pour le cannabis : puisque les gens consomment de l’alcool, autant l’assumer et gagner de l’argent…

Le dernier gros chantier des modifications législatives à opérer pour rétablir la compétitivité du football professionnel concerne donc une modification de la « loi Évin » afin de permettre la vente d’alcool dans les stades ainsi que la publicité pour certaines boissons alcoolisées.

Ces mesures pourraient permettre de rapporter entre 30 et 50 M€ aux clubs professionnels, mais un travail pédagogique est encore nécessaire pour convaincre qu’il est préférable, pour des raisons de sécurité notamment, de gérer une consommation de bière raisonnable dans une enceinte fermée plutôt que d’avoir à faire face aux conséquences dramatiques d’une consommation débridée d’alcools blancs sur les parkings aux alentours des stades.

Compte tenu de la thématique retenue pour ce rapport, les membres de la mission d’information ont néanmoins estimé que ce sujet important devrait être traité dans le cadre d’autres travaux.

L’avis du directeur général de la Ligue de Football Professionnel Didier Quillot est bien sûr exactement le même. Cessons l’hypocrisie, dit-il en substance, les gens consomment, alors autant « maîtriser » et gagner de l’argent…

Invité de l’émission L’After Foot sur RMC, il a tenu les propos suivants :

« Pour augmenter le chiffre d’affaires des clubs, la vente d’alcool dans les stades fait partie des pistes.

Ce serait aussi la fin d’une certaine hypocrisie.

La loi Evin pourrait être utilement améliorée par la vente d’alcool léger dans les stades, ainsi que la possibilité donnée aux alcooliers de faire de la publicité, comme en Angleterre, en Allemagne…

Ca contribuerait à rétablir une certaine forme d’équité par rapport à nos concurrents européens.

Ce n’est pas accessoire, ça amènerait des revenus additionnels de « catering » pendant les matchs, et des revenus de sponsoring.

On n’a pas fait de ce chantier une priorité dans les six derniers mois, on en avait d’autres comme le droit à l’image et le numéro d’affiliation. »

Là où c’est d’autant plus hypocrite, c’est que l’alcool est en fait déjà présent bien souvent dans les stades, en toute illégalité.

Il y a en effet des dérogations, si c’est une association qui chapeaute celles-ci, au nombre de dix… Une belle manière de contourner la loi.

Voici ce que nous en dit Le Parisien, parlant même de « secret de Polichinelle »…

Dans les loges et les salons, l’alcool est servi abondamment car ces sièges bénéficient des autorisations liées à la restauration.

Chaque club a aussi droit à dix dérogations par an accordées par le maire ou le préfet pour vendre de la bière dans tout le stade si la demande est formulée par son association (un club est une entité scindée en deux : une entreprise et une association).

Mais certains clubs ne respectent pas la loi et en vendent dans leur enceinte sans aucune autorisation, une infraction qui relève du droit pénal.

C’est un secret de polichinelle dans le football français et c’est écrit noir sur blanc dans un mail que nous nous sommes procuré. Il a été envoyé le 20 février 2014 à 10 h 52 par Samuel Guillardeau, le stadium manageur du club de Nice, à quelques connaissances de L 1 et L 2.

Sous la plume de ce dernier, on peut ainsi lire : « Certains d’entre nous ont déjà franchi le cap en servant de la bière alcoolisée dans leurs buvettes, soit en se servant des dix autorisations possibles à une association soit sans faire de demandes du tout ! »

Il poursuit, un peu mystérieux : « J’aurais voulu savoir pour ceux qui servent déjà de la bière alcoolisée comment vous faites… ou pas ? Bien évidemment, nous ne nous servirons d’aucun exemple officiellement, le but étant de comparer les méthodes qui fonctionnent. »

Quelques réponses lui sont parvenues, comme celle du directeur général du stade Océane au Havre (le 20 février à 10 h 56) : « Salut Samuel, nous pratiquons avec les dix dérogations en faisant porter la demande par notre association » ; du PSG par l’intermédiaire de Pierre-Octave Arrighi, responsable production (le 20 février à 13 h 31) : « Nous sommes intéressés au Parc par le service de bières avec alcool dans les buvettes grand public. Et en dehors de la dérogation donnée aux associations pour dix dates, la démarche devrait être possible sans se mettre hors la loi et les arguments favorables existent ».

Non seulement c’est honteux par rapport à l’alcool, mais en plus on voit le même discours que pour le cannabis : il faudrait maîtriser ce qui existe, et en plus cela rapporte ! Alors, pourquoi se poser des questions…

« Nombreux records pulvérisés en 2016 dans le domaine du climat, avec des conséquences planétaires »

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) est l’organisme des Nations Unies pour ce qui concerne le temps, le climat et l’eau.

Elle a rendu public un document intitulé « Nombreux records pulvérisés en 2016 dans le domaine du climat, avec des conséquences planétaires », constatant l’inexorable progression du réchauffement climatique.

Le ton y est catastrophiste, et ce dès la présentation du document :

« Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), l’année 2016 restera dans les annales: température moyenne record, banquise exceptionnellement réduite et poursuite inexorable de la hausse du niveau de la mer et du réchauffement des océans.

Début 2017, les conditions météorologiques et climatiques extrêmes étaient toujours d’actualité. »

Voici justement la progression en termes de température, tout d’abord en termes généraux, puis avec une carte du monde indiquant les différences de température selon les endroits.

Avec la COP21, on nous avait promis monts et merveilles, mais on peut voir que désormais ce qui compte c’est la concurrence internationale, face à Trump, Poutine ou Merkel… L’écologie a été hier inexistante lors du débat télévisé pour les présidentielles!

Alors que le communiqué de l’Organisation météorologique mondiale constate les sécheresses, les records de chaleur, la fonte de la banquise, le niveau de la mer qui monte, la production de CO2 anthropique qui ne cesse pas du tout…

«Ce compte rendu confirme que l’année 2016 est la plus chaude qui ait jamais été enregistrée: la hausse de la température par rapport à l’époque préindustrielle atteint, chose remarquable, 1,1 °C, soit 0,06 °C de plus que le record précédent établi en 2015.

Cette augmentation de la température moyenne s’inscrit dans la logique des autres changements intervenant dans le système climatique», a souligné le Secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas.

«Moyennées à l’échelle du globe, les températures de surface de la mer ont été elles aussi les plus élevées jamais constatées, la hausse du niveau moyen de la mer s’est poursuivie et l’étendue de la banquise arctique a été bien inférieure à la normale la majeure partie de l’année».

«Les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère ne cessent de battre de nouveaux records, ce qui atteste de plus en plus clairement de l’influence des activités humaines sur le système climatique».

«L’augmentation constante de la puissance de calcul des ordinateurs et le fait que nous disposions de données climatologiques portant sur de longues périodes nous permettent aujourd’hui de mettre clairement en évidence le rapport de cause à effet entre le changement climatique anthropique et un large éventail de phénomènes extrêmes à fort impact, en particulier les vagues de chaleur».

Selon le compte rendu, la température moyenne de chacune des 16 années postérieures à 2000 a dépassé d’au moins 0,4 °C la normale de la période 1961-1990, qui sert de référence à l’OMM pour la surveillance du changement climatique.

Les températures mondiales continuent de s’inscrire dans un réchauffement général dont le rythme oscille entre 0,1 et 0,2 °C par décennie.

Le puissant Niño de 2015/16 a accentué le réchauffement en 2016 en venant s’ajouter à l’influence exercée sur le long terme par le changement climatique provoqué par les émissions de gaz à effet de serre. Les années marquées par un épisode El Niño de forte intensité, par exemple 1973, 1983 et 1998, accusent généralement un réchauffement supplémentaire de 0,1 à 0,2 °C, et 2016 ne fait pas exception à la règle.

Le niveau moyen de la mer, durant l’épisode El Niño, a accusé une très forte hausse qui affichait au début de l’année 2016 des valeurs record, et l’étendue des glaces de mer à l’échelle du globe était inférieure de plus de 4 millions de km2 à la normale en novembre, ce qui constitue une anomalie sans précédent pour ce mois.

Les températures océaniques très élevées ont favorisé un fort blanchissement des coraux, et des cas de mortalité ont été signalés à maints endroits dans les mers tropicales, où les répercussions sur les chaînes alimentaires et les écosystèmes marins, de même que sur les activités de pêche, sont importantes.

La teneur de l’atmosphère en dioxyde de carbone a atteint la barre symbolique des 400 parties par million (ppm) en 2015 – dernière année pour laquelle l’OMM dispose de statistiques mondiales – et ne redescendra pas en dessous de ce seuil pour les nombreuses générations à venir en raison de la longue durée de vie du CO2.

Parmi les phénomènes extrêmes les plus notoires survenus en 2016 on mentionnera les graves sécheresses qui ont plongé des millions de personnes dans l’insécurité alimentaire en Afrique orientale et australe et en Amérique centrale.

Première tempête de catégorie 4 à balayer Haïti depuis 1963, l’ouragan Matthew a durement éprouvé la population de ce pays et causé aussi d’importantes pertes économiques aux États-Unis d’Amérique. Enfin, l’est et le sud de l’Asie ont été touchés par de fortes pluies et des inondations de grande ampleur.

Cela fait plus de 20 ans que l’OMM publie des comptes rendus annuels sur le climat, qui sont présentés à la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et qui viennent compléter les rapports d’évaluation établis tous les six à sept ans par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

La déclaration sur l’état du climat mondial en 2016 sera présentée aux États Membres de l’Organisation des Nations Unies ainsi qu’à la communauté des climatologues lors d’une réunion de haut niveau sur le changement climatique et le programme de développement durable qui se tiendra à New York le 23 mars, à l’occasion de la Journée météorologique mondiale, sous les auspices du Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Peter Thomson.

«L’entrée en vigueur, le 4 novembre 2016, de l’Accord de Paris sur le climat au titre de la CCNUCC fera date dans l’histoire. Il est primordial que cet accord se traduise concrètement dans les faits pour que la communauté internationale puisse faire face au changement climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, en favorisant la résilience au changement climatique et en intégrant les mesures d’adaptation dans les politiques nationales d’aide au développement», a fait valoir M. Talaas.

«Nous devons investir sans relâche dans la recherche sur le climat et les programmes d’observation pour éviter que notre savoir scientifique reste à la traîne face au rythme rapide des bouleversements climatiques», a-t-il ajouté.

Phénomènes extrêmes toujours d’actualité en 2017

Des études nouvellement publiées, qui ne sont pas prises en compte dans le compte rendu de l’OMM sur le climat, donnent à penser que le réchauffement des océans pourrait être encore plus prononcé qu’on ne le croyait.

Les données provisoires dont on dispose révèlent que le rythme d’accroissement des concentrations atmosphériques de CO2 n’a aucunement ralenti.

«Alors même que le puissant Niño de 2016 s’est dissipé, nous assistons aujourd’hui à d’autres bouleversements dans le monde que nous sommes bien en peine d’élucider: nous touchons ici aux limites de notre savoir scientifique concernant le climat et nous avançons maintenant en territoire inconnu», a souligné le directeur du Programme mondial de recherche sur le climat, David Carlson.

Au moins trois fois à ce jour cet hiver, l’Arctique a connu l’équivalent polaire d’une vague de chaleur, de violentes tempêtes sur l’Atlantique ayant favorisé un afflux d’air chaud et humide.

Autrement dit, même au cœur de l’hiver arctique et de la période d’embâcle, il y a eu des jours où l’on était proche du point de fusion. La banquise antarctique a atteint elle aussi un minimum record, contrairement à la tendance constatée ces dernières années.

D’après les conclusions des chercheurs, les changements observés dans l’Arctique et la fonte de la banquise entraînent, à plus grande échelle, une modification des régimes de circulation océanique et atmosphérique, ce qui se répercute sur les conditions météorologiques dans d’autres régions du monde par le biais des ondes du courant-jet, ce courant d’air rapide qui contribue à réguler les températures.

Ainsi, des régions comme le Canada et une grande partie des États-Unis ont été gratifiées d’une météo inhabituellement clémente alors que d’autres, dans la péninsule arabique et en Afrique du Nord par exemple, ont enregistré début 2017 des températures anormalement basses.

Les États-Unis d’Amérique ont pulvérisé – ou égalé – à eux seuls 11 743 records de chaleur en février, d’après les données de l’Administration américaine pour les océans et l’atmosphère (NOAA).

En Australie, une chaleur extrême a persisté en janvier et février en Nouvelle-Galles du Sud, dans le sud du Queensland, en Australie-Méridionale et dans le nord de l’État de Victoria, où des records de chaleur ont été battus à maints endroits.

Températures mondiales

La chaleur de 2016 a été observée presque partout dans le monde. Les températures ont dépassé la normale de la période 1961‑1990 sur l’immense majorité des terres émergées, une zone de l’Amérique du Sud centrée sur l’Argentine et certaines régions du sud-ouest de l’Australie constituant les seules exceptions notoires.

Des températures annuelles moyennes supérieures de 3 °C ou plus à la normale de référence ont été constatées à divers endroits sous les hautes latitudes, notamment sur le littoral russe, en Alaska et dans l’extrême nord-ouest du Canada ainsi que sur les îles de la mer de Barents et de la mer de Norvège.

Sous les hautes latitudes arctiques, l’aéroport de Svalbard (Norvège) a affiché en 2016 une température moyenne de -0,1 °C, soit 6,5 °C de plus que la normale de la période 1961‑1990 et 1,6 °C de plus que le record précédent.

En dehors de l’Arctique, la chaleur de 2016 était plus remarquable par la constance avec laquelle elle s’est manifestée à travers le monde que par des valeurs extrêmes localisées.

Océans

La température de surface de la mer, moyennée à l’échelle du globe sur l’année 2016, a été la plus élevée jamais constatée. C’est lors des premiers mois de l’année que les anomalies ont été les plus prononcées.

Le contenu thermique des océans occupait en 2016 le deuxième rang des plus élevés, derrière 2015. Il a affiché des valeurs record dans l’hémisphère Nord, contrairement à l’hémisphère Sud où il était en baisse.

Le niveau moyen de la mer s’est élevé de 20 cm depuis le début du XXème siècle, essentiellement du fait de l’expansion thermique des océans et de la fonte des glaciers et des calottes glaciaires.

Il a accusé une très forte hausse lors de l’épisode El Niño 2015/16, environ 15 millimètres entre novembre 2014 et février 2016, soit une nouvelle valeur record nettement supérieure au rythme annuel de 3 à 3,5 mm constaté après 1993. De février à août, avec le déclin de l’influence du phénomène El Niño, le niveau de la mer est demeuré relativement stable. Les données de fin d’année n’étaient pas disponibles au moment de la rédaction de la déclaration.

Étendue de la banquise arctique

Le maximum saisonnier – 14,52 millions de km2 –, atteint le 24 mars, est le plus faible qui ait été observé par satellite depuis 1979. À l’automne, l’embâcle a été exceptionnellement lent, et la banquise s’est même contractée pendant quelques jours vers la mi-novembre.

Précipitations

En début d’année, une grave sécheresse sévissait en Afrique australe où, pour la deuxième année consécutive, les précipitations de la saison des pluies estivale (octobre 2015 – avril 2016) étaient un peu partout inférieures de 20 à 60 % à la normale.

Le Programme alimentaire mondial a estimé que le nombre de personnes nécessitant une aide d’urgence se chiffrerait à 18,2 millions début 2017.

Selon des données provisoires, 2016 est l’année la plus sèche qu’ait connue le bassin de l’Amazone, et une sécheresse importante a touché aussi le nord-est du Brésil. L’épisode El Niño a causé des déficits pluviométriques dans d’autres régions du nord de l’Amérique du Sud ainsi qu’en Amérique centrale.

En Chine, les inondations de 2016 dans le bassin du Yang-Tsé-Kiang ont été les plus graves que le pays ait connues depuis 1999, des crues record ayant été enregistrées pour certains affluents. Moyennées à l’échelle du pays, les précipitations en 2016 ont battu tous les records – 730 mm, soit 16 % de plus que la normale.

Vagues de chaleur

En Afrique australe, l’année a commencé par une intense canicule pendant la première semaine de janvier. Le 7 du mois, le mercure a atteint 42,7 °C à Pretoria et 38,9 °C à Johannesburg, soit au moins 3 °C de plus que les précédents records de chaleur absolus pour ces deux sites.

Une vague de chaleur extrême s’est aussi abattue sur le sud et le sud-est de l’Asie en avril et mai, avant l’arrivée de la mousson d’été. Le sud-est a été particulièrement touché en avril: le 28, un record de chaleur national – 44,6 °C – a été établi à Mae Hong Son, en Thaïlande, et la température de 51,0 °C relevée le 19 mai à Phalodi, en Inde, est la plus élevée jamais enregistrée dans ce pays.

Des températures record ou quasi record ont été observées au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. La plus haute – 54,0 °C – a été enregistrée à Mitribah (Koweït) le 21 juillet, ce qui représente, à condition qu’il soit validé, un record de chaleur absolu pour l’Asie.

Des valeurs de 53,9 °C et 53,0 °C (record national) ont été relevées le 22 juillet respectivement à Bassora (Iraq) et Delhoran (République islamique d’Iran), et des températures très élevées ont été aussi signalées au Maroc, en Tunisie, en Libye et aux Émirats arabes unis.

Une vague de chaleur tardive a touché de nombreuses régions d’Europe centrale et occidentale pendant la première quinzaine de septembre. À Cordoue, dans le sud de l’Espagne, le mercure a affiché 45,4 °C le 6 septembre.

Pour les personnes maîtrisant l’anglais, un pdf de 28 pages a été produit concernant 2016 par l’Organisation météorologique mondiale.

L’exploitation animale contrôle la production de produits pour animaux

Il est tout à fait naturel que l’exploitation animale se dirige vers les produits pour animaux « de compagnie ». C’est une question de profit, de logique d’investissement.

Prenons ainsi PetSmart et Petco, deux grandes chaînes américaines de magasins vendant des produits pour animaux.

Elles ont été achetées il y a respectivement trois et deux ans, chacune par un fonds d’investissement : BC Partners pour la première, CVC pour la seconde, pour respectivement 8,7 et 4,6 milliards de dollars.

Les magasins vendent des produits et des animaux, mais aussi des services, comme la formation des chiens. Il s’agit d’élargir les besoins, jusqu’à l’absurde.

En voici un exemple avec l’alcool comme prétexte, noté par Les échos :

« Plusieurs start-ups américaines proposent désormais du faux vin pour chat, en bouteilles miniatures de 250 millilitres.

Sans alcool, coloré à la betterave bio, le breuvage s’appelle « Catbernet », « Pinot Meow » ou encore « Purrgandy », et se vend près de 12 dollars le flacon ( le « Meow et Chandon » étant naturellement un peu plus cher).

Brandon Zavala, fondateur d’Apollo Peak, le premier fabricant à avoir proposé ces boissons, raconte avoir vu décoller les ventes lorsqu’il a eu l’idée de les présenter comme du vin, avec le mot clé #whydrinkalone. (pourquoi boire seul ?).

Depuis, l’offre s’est enrichie de cocktails baptisés « Meowgarita » ou « Doggy Mary ». Et des concurrents sont apparus. »

La tendance est encore plus forte dans le secteur de l’alimentation pour animaux.

Mars est ainsi un groupe économique très connu des gens connaissant l’histoire de la lutte pour les droits des animaux, car il a été une cible importante de la lutte contre la vivisection.

Eh bien il s’agit désormais d’un poids lourd important des produits pour animaux.

Voici une présentation de sa puissance économique par Capital :

« Le groupe alimentaire américain Mars, numéro un mondial des aliments pour chiens et chats avec ses marques Pedigree et Whiskas, se renforce sur le marché des soins vétérinaires avec l’acquisition annoncée lundi de VCA, un opérateur de cliniques spécialisées, pour 7,7 milliards de dollars (7,3 milliards d’euros).

L’opération permettra à Mars, surtout connu pour ses confiseries comme les M&Ms et Snickers, d’ajouter environ 800 établissements à son réseau existant de plus de 900 cliniques pour animaux de compagnie (…).

VCA, fondé en 1986, a réalisé en 2015 un chiffre d’affaires de 2,13 milliards de dollars [et est surtout connu pour sa nourriture pour animaux Camp Bow Wow].

Mars détient déjà les chaînes de cliniques vétérinaires Banfield [Banfield Pet Hospital], fondée en 1955, et BluePearl [BluePearl Veterinary]. Son chiffre d’affaires dans les aliments pour chiens et chats a atteint 17,80 milliards de dollars en 2015, selon Euromonitor. »

A Mars, il faut ajouter Nestlé, qui avait acheté, en 2001, Ralston Purina pour 10,3 milliards de dollars. Mars et Nestlé, c’est ainsi 80 % de la nourriture pour animaux dans le monde…

Nourritures pour animaux, cliniques vétérinaires, produits pour animaux… Tout est relié, avec des énormes entreprises, toujours plus grandes.

La famille Versele, qui possède Versele-Laga, est par exemple une des familles multi-millionnaires en Belgique (avec pratiquement 200 millions d’euros).

C’est un panorama édifiant, qui en dit long sur les leviers qu’il faudra prendre en compte et même contrôler si l’on veut réellement changer la condition des animaux et notre rapport avec eux.

Et il y a ici une liaison évidente et flagrante entre l’exploitation animale et l’idéologie des « animaux de compagnie », de la réduction des animaux à des objets « utiles » étant, finalement, des marchandises comme des autres.

Il n’est pas possible de vouloir changer les choses et de ne pas prendre en compte de tels facteurs.

Le torero dans Carmen de Bizet

Carmen est un opéra très connu ; datant de 1875, c’est en fait un opéra-comique, de Georges Bizet, sur un livret d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy, d’après la nouvelle Carmen, de Prosper Mérimée.

C’est l’un des opéras les plus joués au monde et, outre sa vision résolument kitsch de l’Espagne, on y trouve la promotion éhontée de la corrida.

L’histoire est la suivante : Carmen charme le soldat Don José, afin de pouvoir s’enfuir de prison.

Celui-ci devient alors l’amant de Carmen, mais voit un concurrent arriver : le torero Escamillo.  Alors, Don José finit par tuer Carmen pour l’empêcher de partir avec le torero.

Voici les paroles traitant du torero, avec en vidéo (avec les paroles) le fameux passage sur « l’oeil noir qui te regarde ».

La scène est interrompue par un chœur chanté dans la coulisse.
CHŒUR
Vivat ! vivat le torero !
Vivat ! vivat Escamillo ! Jamais homme intrépide
N’a, par un coup plus beau,
D’une main plus rapide,
Terrassé le taureau !
Vivat ! vivat le torero !
Vivat ! vivat Escamillo !…

LE LIEUTENANT.
Qu’est-ce que c’est que ça ?

MERCÉDÈS.
Une promenade aux flambeaux…

MORALÈS.
Et qui promène-t-on ?

FRASQUITA.
Je le reconnais… C’est Escamillo… un torero qui s’est fait remarquer aux dernières courses de Grenade et qui promet d’égaler la gloire de Montès et de Pepe Illo…

MORALÈS.
Pardieu, il faut le faire venir… nous boirons en son honneur !

LE LIEUTENANT.
C’est cela !… je vais l’inviter… (Il va à la fenêtre.) Monsieur le torero… voulez-vous nous faire l’amitié de monter ici ? vous y trouverez des gens qui aiment fort tous ceux qui, comme vous, ont de l’adresse et du courage…(Quittant la fenêtre.) Il vient…

PASTIA, suppliant.
Messieurs les officiers, je vous avait dit…

LE LIEUTENANT.
Ayez la bonté de nous laisser tranquille, maître Lillas Pastia, et faites-nous apporter de quoi boire…

REPRISE DU CHŒUR
Vivat ! vivat le torero !
Vivat ! vivat Escamillo !
Paraît Escamillo.

Scène II
Les Mêmes, ESCAMILLO.

LE LIEUTENANT.
Ces dames et nous, vous remercions d’avoir accepté notre invitation… Nous n’avons pas voulu vous laisser passer sans boire avec vous au grand art de la tauromachie.

ESCAMILLO.
Messieurs les officiers, je vous remercie.

I
Votre toast… je peux vous le rendre,
Señors, car avec les soldats
Les toreros peuvent s’entendre :
Pour plaisir ils ont les combats !…
Le cirque est plein, c’est jour de fête,
Le cirque est plein du haut en bas.
Les spectateurs perdant la tête
S’interpellent à grands fracas :
Apostrophes, cris et tapage
Poussés jusques à la fureur,
Car c’est la fête du courage.
C’est la fête des gens de cœur…Toréador, en garde !
Et songe en combattant
Qu’un œil noir te regarde
Et que l’amour t’attend.
TOUT LE MONDE.
Toréador, en garde !Etc.
Entre les deux couplets, Carmen remplit le verre d’Escamillo.

Tout d’un coup l’on fait silence ;
Plus de cris ! que se passe-t-il ?
C’est l’instant, le taureau s’élance
En bondissant hors du toril…
Il entre, il frappe, un cheval roule
En entraînant un picador :
« Bravo, toro !… » hurle la foule,
Le taureau va, vient, frappe encor…
En secouant ses banderilles,
Il court : le cirque est plein de sang ;
On se sauve, on franchit les grilles…
Allons ! c’est ton tour maintenant.Toréador, en garde !
Et songe en combattant
Qu’un œil noir te regarde
Et que l’amour t’attend.

TOUT LE MONDE.
Toréador, en garde !Etc.
On boit, on échange des poignées de main avec le toréador.

Voici un passage musicalement très connu : celui de « la quadrille des toreros ».

On entend de grands cris au dehors, des fanfares, etc., etc. C’est l’arrivée de la cuadrilla.

CHŒUR
Les voici ! voici la quadrille,
La quadrille des toreros !
Sur les lances, le soleil brille ;
En l’air, toques et sombreros !
Les voici ! voici la quadrille,
La quadrille des toreros !
Défilé de la cuadrilla. ­— Pendant ce défilé, le chœur chante le morceau suivant :
Entrée des alguazils.
Voici, débouchant sur la place,
Voici d’abord, marchant au pas,
L’alguazil à vilaine face…
À bas ! à bas ! à bas ! à bas !
Entrée des chulos et des banderillos.
Et puis saluons au passage,
Saluons les hardis chulos !
Bravo ! vivat ! gloire au courage !…
Voici les banderilleros !
Voyez quel air de crânerie,
Quels regards et de quel éclat
Étincelle la broderie
De leur costume de combat !
Entrée des picadors.
Une autre quadrille s’avance :
Les picadors… comme ils sont beaux !
Comme ils vont du fer de leur lance
Harceler le flanc des taureaux !
Paraît enfin Escamillo, ayant près de lui Carmen radieuse et dans un costume éclatant.
Puis l’espada, la fine lame,
Celui qui vient terminer tout,
Qui paraît à la fin du drame
Et qui frappe le dernier coup…
Bravo ! bravo ! Escamillo !
Escamillo, bravo !

Voici le passage final concernant le torero, annonçant sa « victoire » sur le taureau. Dans la vidéo (qui est sous-titrée), le passage est à 6:20, juste après que Carmen se refuse à Don José, juste avant que celui-ci ne tue celle-là.

CHŒUR ET FANFARES, dans le cirque.
Vivat ! la course est belle ;
Sur le sable sanglant
Le taureau qu’on harcèle
S’élance en bondissant…
Vivat ! bravo ! victoire !
Frappé juste en plein cœur,
Le taureau tombe ! gloire
Au torero vainqueur !
Victoire ! victoire !

Pendant ce chœur, silence de Carmen et de José : tous deux écoutent… En entendant les cris de : « Victoire, victoire ! » Carmen a laissé échapper un : « Ah ! » d’orgueil et de joie… José ne la perd pas de vue… Le chœur terminé, Carmen fait un pas vers le cirque.

Carmen est un bon exemple d’exotisme de pacotille et de divertissement s’appuyant sur une image d’Épinal. Dire que cela dure encore…

Benoît Hamon et les « points de vente d’Etat » du cannabis

Benoît Hamon, le candidat aux présidentielles de la primaire organisée par le parti socialiste, a expliqué dans Le Parisien comment il voyait le processus de vente du cannabis, une fois celui-ci légalisé.

« Le problème n’est pas de fixer le prix mais de tarir le trafic et de supprimer une économie clandestine qui irrigue des pans entiers de notre territoire, d’encadrer la distribution de cannabis et de maîtriser le taux de substance psychoactive.  (…)

Il y aura des points de vente d’Etat, avec des prescriptions de santé éventuellement. La vente sera interdite aux mineurs. C’est un changement difficile, mais il est incroyable de persister dans le déni.

Je veux qu’il y ait moins de jeunes qui se droguent et vont se fournir auprès d’un dealeur qui va en plus vendre du crystal, du crack, des drogues dures ! »

Benoît Hamon se contredit ici, dans la mesure où il reconnaît lui-même :

a) que le cannabis est lié aux drogues en général ;

b) que c’est lié à l’idéologie de la mafia, toujours heureuse de profiter du malheur des gens, de leur dépendance ;

c) que par conséquent si on enlève le cannabis sans pour autant liquider les mafias, celles-ci ne disparaîtront pas…

En fait, l’Etat devrait selon Benoît Hamon (et tous les partisans de la légalisation) dire aux mafias : abandonnez-nous ce marché, allez voir ailleurs.

C’est là, en plus de la capitulation face aux drogues, une acceptation des mafias, de « l’impossibilité » de les liquider.

Et il faut bien saisir que tout n’intéresse pas ceux qui comptent en profiter sur le plan du business.  Voici par exemple comment La Tribune, un média important dans le milieu du commerce, de l’industrie et de la finance, réagit avec une joie frénétique devant le potentiel de profits :

« La France va-t-elle devenir le nouveau Colorado ? (…)

En effet, Benoît Hamon veut une légalisation du cannabis qui passerait par des « points de vente d’Etat ». C’est la solution adopté par le Colorado en juillet 2014.

Un an plus tard, l’Etat américain avait déjà engrangé 70 millions de recettes fiscales grâce à la taxe de 30% prélevée sur chaque vente réalisée dans chacun des 350 magasins accrédités.

C’est donc ce modèle qui inspire le candidat socialiste, et il faut avouer qu’au vu de la consommation actuelle de cannabis des Français, les recettes fiscales pourraient être considérables (les Français sont devenus en 2016 les sixièmes plus gros consommateurs de cannabis au monde). »

Le discours en faveur de la légalisation du cannabis prend la santé comme prétexte, mais en réalité la perspective est seulement économique.

Les conséquences sur le plan de la santé, sur le plan social, sur le plan culturel bien sûr aussi, tout cela n’intéresse pas ceux qui raisonnent en termes de centaines de millions d’euros.

Le nombre des gens qui voient en le cannabis de « l’or vert », des profits faciles à conquérir, des opportunités pratiques aisées, est très important.

Mafieux, consommateur de cannabis à l’esprit mercantile, PME et grandes entreprises, depuis le sympathisant zadiste jusqu’au jeune dealer, depuis les hipsters jusqu’aux businessmen classiques, tous voient des possibilités d’investissement et le reste ne compte pas.

Et il ne faut pas oublier cet argument de plus en plus récurrent : le fait de donner des emplois, un chantage terrible alors que le chômage est si important!

Emmanuel Macron veut développer le « tourisme cynégétique »

Emmanuel Macron n’est pas que très content de « manger l’agneau des Pyrénées« , il a également été très heureux d’aller saluer la Fédération Nationale des Chasseurs, qui lors de son assemblée a invité les candidats à la présidentielle pour qu’ils présentent leur point de vue sur la chasse.

« On aime les animaux, on aime tellement les animaux, qu’on les chasse. Cela va ensemble » a-t-il pu entendre, en l’acceptant.

D’ailleurs, Emmanuel Macron est d’accord : « la chasse, c’est un mode de vie », qui relève de « l’identité française ».

« Valeurs et traditions » vont rester, même s’il doit y avoir « l’entrée dans la modernité », a-t-il expliqué.

« Je n’ai pas d’heure! Je n’ai pas de montre » a-t-il répondu quand on lui a demandé s’il pouvait rester un peu après son discours.

« Vous vous faites balader depuis quinze ans » au sujet de la directive oiseaux, a-t-il affirmé, soutenant les chasseurs demandant à tuer plus d’oiseaux.

Lui, par contre, promet de remettre 200 millions d’euros par an aux éleveurs et aux chasseurs en raison de leur rôle positif pour l’environnement.

Et il compte sur les chasseurs pour qu’ils participent systématiquement aux institutions ayant un rapport avec l’environnement.

Quant au « bien-être animal », ce n’est pas une priorité, et « il faut laisser les gens respirer ».

Autre point important : Emmanuel Macron s’est prononcé en faveur de la réouverture des chasses présidentielles. C’est là un symbole d’une grande importance !

On connaît bien ce principe rassemblant l’élite de l’économie et de l’Etat, qui a donné à Valéry Giscard d’Estaing des souvenirs merveilleux.

Ces chasses étaient un secret bien gardé, permettant de former un esprit de corps au plus haut niveau, dans une ambiance grand-bourgeoise de luxe.

Nicolas Sarkozy avait stoppé celle-ci en 2010 et leur retour avait déjà été annoncé par le passé, même si en fait elles ont continué de manière non officielle.

Emmanuel Macron veut donc leur retour. Mais cela va bien plus loin que cela, en fait : il veut développer le tourisme de la chasse.

Certains médias ont noté qu’il voulait la réouverture des « chasses présidentielles », mais cette affirmation s’insère en réalité dans un plan plus vaste…

Nous retranscrivons ici ses propos :

« Enfin, je souhaite associer encore davantage la chasse à l’économie de nos territoires. Parce que là, comme on préserve la ruralité…

Mais quand on veut associer encore davantage la chasse à l’économie, il faut en reconnaître et en développer tous les atouts.

Le tourisme cynégétique est un formidable atout. Il est encore trop peu exploité aujourd’hui.

Et au-delà de la pratique de ce qui est portée, on doit le valoriser. Et c’est un élément de valorisation, que j’assume totalement.

J’ai eu l’occasion de le dire aussi d’ailleurs quand on a parlé des chasses présidentielles.

J’avais l’impression de commettre une espèce de forfaiture terrible en disant que j’étais favorable à leur réouverture, encadrée, transparente.

Les gens me disaient : « c’est absolument affreux ».

Il ne faut pas être honteux. Si on décide de porter cette valeur, il faut la reconnaître comme un élément d’attractivité.

C’est quelque chose qui fascine à l’étranger, c’est quelque chose qui fascine partout, ça représente la culture française, c’est un point d’ancrage.

Donc partout sur nos territoires, je suis favorable à ce qu’on développe cette forme de tourisme.

La France, c’est la première destination touristique mondiale. Les chasseurs du monde entier ignorent encore trop souvent qu’il est possible dans notre pays d’y chasser, qu’il y a des chasses formidables, et que c’est un élément de notre attractivité touristique. »

C’est là un parti pris tout à fait clair et juste après Emmanuel Macron parle de développer la « viande de gibier ».

Emmanuel Macron continue donc son éloge du terroir et des traditions, tout en prônant le libéralisme libertaire général sur le plan des moeurs et de l’économie.
C’est logique : le libéralisme va de pair avec la loi du plus fort. Le conservatisme sera ainsi encore plus débridé, encore moins critiquable, car chacun fait ce qu’il veut, surtout le splus riches !

« Sans supplémentation et savants calculs, le végétalisme conduit à la mort »

Philippe Legrand est Directeur du laboratoire Biochimie Nutrition Humaine à l’Agrocampus-INRA de Rennes, il est également Expert Anses (Agence Nationale Sécurité Sanitaire Alimentaire Nationale).

Autant dire qu’il relève du plus haut niveau de ce que la « science » peut proposer. Et on sait comment la science se prétend neutre, au-delà des préjugés idéologiques.

Aussi, le Journal du Paysan Breton qui reprend ses propos, souligne que ce professeur « a apporté un regard purement scientifique dans ce débat virulent ».

Pourtant, la présentation de l’article est d’une virulence relevant de l’aberration pure et simple :

Sans supplémentation et savants calculs, le végétalisme conduit à la mort. Manger de tout en quantité raisonnable est l’option qui présente le moins de risques pour bien grandir d’abord, et bien vieillir ensuite.

Citons quelques exemples de la prose de Philippe Legrand mise en avant :

« Les végétaliens, qui excluent de leur alimentation tous les produits animaux, se mettent en danger. Pour les enfants, les adolescents et les personnes âgées, c’est une prise de risque insensée »

« Les végétaliens doivent obligatoirement être complémentés. Sinon, c’est la mort. Ils doivent donc leur survie à la chimie. Le comble, c’est que ces suppléments sont produits par des levures souvent OGM… ».

« Il y a eu des cas d’enfants en dénutrition avancée, et des morts liées à ce type de régime. Nous devons agir suffisamment tôt pour résoudre ce problème qui survient pourtant au sein des classes sociales les plus élevées. »

« Un végétalien motivé peut réussir à vivre, mais il devra trouver les plantes capables d’équilibrer son menu et faire des calculs savants. »

Le Journal du Paysan Breton ajoute une précision à la dernière citation :

« Sans compter qu’il lui sera très difficile de bien vieillir. »

Tout cela a un nom : la propagande.  Ce qui prétend relever de la science n’est ici que le reflet d’intérêts économiques bien particuliers.

Cela ne sert à rien de donner des exemples de multiples athlètes de haut niveau qui sont végétaliens, de donner des exemples d’enfants, d’adolescents, d’adultes jeunes ou âgés : on fait face ici à un discours institutionnel, enferré dans une liaison complète, organique, avec l’industrie.

Les gens menant cette propagande ne pourront jamais être convaincus : ils ne peuvent qu’être mis de côté.

Et les mettre de côté signifie passer par une révolution, car ces gens n’accepteront jamais d’eux-même d’être mis de côté, pas plus que l’exploitation animale n’acceptera d’être mise de côté.

Prenons l’exemple des Etats-Unis, qui depuis 2006 ont la loi appelée « Animal Enterprise Terrorism Act », interdisant toute tentative de porter dommage ou d’interférer avec les opérations d’une entreprise utilisant des animaux.

Cela signifie en pratique que toute campagne contre une entreprise, même légale, se heurte à l’AETA. Toute campagne pourrait être considérée comme relevant d’une « conspiration » et assimilée à d’autres actions elles interdites.

Le problème n’est pas « psychologique », ni « culturel », comme le pense « l’antispécisme », même si bien entendu c’est important. Le problème est économique et idéologique, il y a une base matérielle énorme, avec des profits gigantesques, des soutiens aux proportions énormes dans l’Etat, le monde politique.

Ne pas voir cela, c’est soit de la naïveté, soit du mensonge. Prétendre qu’on peut changer les choses sans se demander ce qu’on va faire des grandes entreprises de l’agro-alimentaires est absurde.

A moins bien entendu que le discours sur les animaux se cantonne aux animaux « de ferme » et n’ait finalement comme projet qu’un mode de vie bobo, des places dans les universités, la formation d’un marché captif pour un petit commerce pseudo-alternatif…

Conflict : This is the A.L.F.

Si aujourd’hui quand on pense au punk on a surtout en tête les « punks à chiens » et leur nihilisme, il a existé dans les années 80 en Grande-Bretagne une importante scène anarcho-punk, un peu comme les Béruriers Noirs en France, mais dans une perspective plus underground, bien moins foklorique.

L’un des groupes de musique phare fut « Conflict », dont voici les paroles ici d’une chanson classique : « This is the ALF » (Voilà ce qu’est l’ALF).

What does Direct Action Mean?
Que signifie l’action directe ?

It means that you are no longer prepared to sit back and allow terrible,  cruel things to happen. The cameraman in Ethiopia took direct action,  he filmed the worst disaster that has ever happened to human beings. He  realised it was too enormous a problem to handle himself – so he took the  films home in the hope other people would help. They did.
Cela signifie que tu ne vas pas continuer à rester tranquillement assis et permettre qu’arrivent des choses cruelles, terribles. Le cameraman en Éthiopie a mené une action directe, il a filmé le plus terrible désastre qui soit arrivé à des êtres humains. Il a compris que c’était un problème bien trop énorme pour le résoudre tout seul – aussi il a ramené ce qu’il a filmé chez lui dans l’espoir que d’autres viennent aider. Ils l’ont fait.

Are you prepared to sit back any longer? Direct action in animal rights means causing economic damage to those who abuse and make profits from exploitation.  START!
Es-tu préparé à continuer à rester tranquillement assis encore longtemps ? L’action directe dans le domaine des droits des animaux signifie causer des dommages économiques à ceux qui maltraitent et font des profits de l’exploitation. COMMENCE !

It’s possible to do things alone, slash tyres, glue up locks, butchers,
burger bars, the furriers, smash windows, bankrupt the lot. Throw paint over shops and houses. Paint stripper works great on cars. Chewing gum sticks well to fur coats. A seized engine just won’t start, sand in the petrol tank means that delivery’s going nowhere.
Il est possible de faire des choses seules, de crever des pneus, de mettre de la colle dans les serrures des boucheries, des restaurants de burgers, des fourreurs, briser des vitres, mettre en faillite le tout. De jeter de la peinture sur les magasins et les maisons. Les décapeurs marchent très bien sur les voitures. Les chewing-gums collent très bien aux fourrures. Un engin saboté ne démarrera simplement pas, du sable dans le réservoir signifie que la livraison n’arrivera nulle part.

When the new death shop opens up make sure you’re the first person to be there. If the circus comes to town remember what goes up must come down. Stop contributing to the abuse yourself – don’t eat meat, don’t buy leather. Buy non-animal tested make up, herbal soap and shampoo’s better.
Quand le nouveau magasin de mort ouvre ses portes, fais en sorte d’être la première personne à être là. Si le cirque vient en ville, rappelle toi ce qui doit tomber. Cesse de contribuer toi-même à la maltraitance – ne mange pas de viande, n’achète pas de cuir. Achète du maquillage non testé sur les animaux, du savon végétal et du shampoing naturel.

Try and form a group of people that you know that you can trust and plan ambitious direct action, sometimes risky but a must. Only when you have animal liberation will we obtain human freedom, when the last vivisectionist’s blade is snapped. It will be that one step nearer to peace. Direct action in the animal movement is sussed and strong, and our final goal is not far off.
Essaie et forme un groupe de gens que tu connais et en qui tu peux avoir confiance et prévois une action directe ambitieuse, parfois risquée mais une nécessité. C’est seulement quand il y a la libération animale que nous obtiendrons la libération humaine, quand la lame du dernier vivisecteur sera brisée. Cela sera un pas de plus qui rapproche de la paix. L’action directe dans le mouvement des animaux lancée et forte, et notre but final n’est plus loin.

Animal lovers, vandals, hooligans, cranks; recognise the labels? They say we don’t care about human beings. We say all sentient beings, animal or human have the right to live, free from pain, torture and suffering. They say because we are human and speak the same, we matter more. Is our pain and suffering any greater or lesser than that of animals? Human v. animal rights is as much a prejudice as black v. white or the nazis versus the jews an affront to our freedom.
Amoureux des animaux, vandales, hooligans, hurluberlus, tu reconnais ces désignations ? Ils disent que nous nous moquons des êtres humains. Nous disons que tous les êtres sentients, animaux ou humains, ont le droit de vivre, libre de toute douleur, torture et souffrance. Ils disent que parce que nous sommes humains et que nous parlons pareillement, nous avons davantage de valeur. Est-ce que notre douleur et notre souffrance sont plus ou moins importantes que celles des animaux ? Les droits humains face aux droits des animaux est autant un préjugé que sont un affront à notre liberté les noirs face aux blancs ou les nazis face aux Juifs.

Vivisection is a violation of human beings, the same as it is for animals. We have a chemical world built on a pile of drugs to thanks for their experiments. Drugs are designed for profit, manufactured to suppress symptoms. Human freedom, animal rights. It’s one struggle, one fight. When animal abuse is stopped then human abuse will soon stop also, an attitude of mind. « An eye for an eye leaves the whole world blind ». Start by protecting the weak, the defenceless, animals, the sick, the disabled. Compassion and emotion are our most important safety values. If we lose them, then ‘we lose’ the vitality of life itself. Emotional? Hooligans? Cranks?.…
La vivisection est une violation des êtres humains, c’est la même chose pour les animaux. Nous avons un monde chimique construit sur une pile de médicaments et drogues suite à leurs expérimentations. Les médicaments sont fais pour le profit, produits de manière industrielle pour supprimer des symptômes. La liberté humaine, les droits des animaux. C’est une lutte, un combat. Quand la maltraitance faite aux animaux est stoppée, alors la maltraitance faite aux humains stoppera bientôt également, c’est une question d’état d’esprit. « Oeil pour œil et le monde entier sera aveugle ». Commence par protéger le faible, le sans défense, les animaux, le malade, l’handicapé. La compassion et l’émotion sont nos valeurs de sûreté les plus importantes. Si nous les perdons, alors « nous perdons » la vitalité de la vie elle-même. Émotionnel ? Des hooligans ? Des hurluberlus ?

Le Parlement européen ne se prononce nullement pour la fin des lapins en cage

Voici un exemple tout à fait exemplaire de l’escroquerie que représente le bien-être animal.

Il s’agit, encore une fois, de la journaliste Audrey Garric qui est à l’oeuvre, à travers le blog écologie du journal Le Monde, avec un article au titre racoleur :

Le Parlement européen se prononce pour la fin des lapins en cage

Il est expliqué la chose suivante :

« Mardi 14 mars, les députés européens ont voté, en séance plénière, un rapport d’initiative demandant l’élaboration de « normes minimales » pour améliorer le bien-être de ces mammifères et notamment la suppression progressive des cages.

Ils ont également appelé la Commission européenne à adopter une législation spécifique sur cet élevage industriel répandu mais qui reste méconnu. »

Est-ce vrai ? Absolument pas. Ce ne sont pas les députés qui ont voté, mais ceux de la commission de l’agriculture.

Il ne s’agit pas d’un rapport au sens strict, mais d’un projet de résolution.

Par conséquent, et naturellement, cette résolution est symbolique, c’est une proposition.

[Le parlement a bien voté en faveur de la résolution – qui est purement symbolique, rappelons le – à la suite de sa mise en place, avec 29 voix pour, 7 contre et 9 abstentions, sur un total de… 751 députés, la quasi totalité ne s’étant donc pas déplacé pour l’occasion, voyant « l’inutilité » de la chose!]

Le titre expliquant que « le Parlement européen se prononce pour la fin des lapins en cage » est donc entièrement mensonger. Il n’est pas que trompeur, il ne consiste pas en une erreur.

Il est un mensonge qui relève de l’idéologie du pseudo-progrès vanté par les partisans du « bien-être animal ».

L’article donne d’ailleurs à plusieurs reprises la parole à Léopoldine Charbonneaux, directrice de CIWF France (à la quelle était liée la « Protection mondiale des animaux de ferme »).

En voici un exemple :

« C’est une victoire formidable, un changement de paradigme. Ce combat était difficile car les lapins sont souvent associés aux clapiers. Mais les cages sont bien pires.

Nous nous réjouissons que le texte parle de leur fin progressive et non de leur aménagement, se félicite Léopoldine Charbonneaux, qui avait remis aux ministres européens de l’agriculture une pétition de 600 000 signatures en ce sens.

C’est un signal fort que la Commission ne peut ignorer. »

L’article est pourtant lui-même obligé de concéder que ce n’est pas le cas du tout :

« L’exécutif européen n’a aucun projet en ce sens, a toutefois indiqué dans l’hémicycle la commissaire chargée des consommateurs, Vera Jourova. Les lapins, a-t-elle rappelé, sont déjà protégés par une directive du Conseil concernant l’ensemble des animaux dans les élevages, datant de 1998.

En outre, « la Commission est d’avis que les Etats membres concernés sont les mieux placés pour gérer les problèmes relevant de la production de lapins« , a-t-elle ajouté. »

Mais donc pourquoi alors ne pas constater l’inanité de l’initiative, sa vanité ?

Tout simplement, parce qu’il y a besoin de prétendre qu’il y ait un progrès, il y a le besoin de faire miroiter l’espoir fumeux que les choses changent, même lentement.

On est ici dans une escroquerie morale, une arnaque pratique qui permet aux associations de bien-être animal de siphonner les personnes engagées et les moyens, tout cela pour amener dans un cul-de-sac complet.

La responsabilité historique de ces gens est énorme. Tout comme par ailleurs ceux, bien entendu, qui ont organisé cette résolution à la commission de l’agriculture.

Voici d’ailleurs ce qu’on lit dans l’exposé des « motifs » de la résolution. Le passage est long, mais il est nécessaire de l’avoir en entier, pour bien comprendre que de bout en bout, il est ici lutté pour la pérennité de l’exploitation animale, sa modernisation, l’amélioration de son image…

« Avec ce rapport d’initiative, votre rapporteur entend lancer un vaste débat sur l’élevage de lapins dans l’Union européenne et sur les méthodes de détention des lapins d’élevage, et encourager la Commission européenne à présenter une proposition législative ambitieuse.

La proposition devrait viser à combler les lacunes existantes qui donnent lieu à de graves abus en matière de bien-être animal dans la détention, l’élevage, la production, le transport et l’abattage des lapins d’élevage.

Dans l’Union européenne, les conditions de bien-être et les besoins propres à l’espèce des lapins sont la plupart du temps ignorés dans l’Union européenne.

Dans la majorité des États membres, il n’y a pas de législation spécifique contenant des exigences minimales obligatoires pour la protection des lapins dans l’agriculture.

L’application, la mise en œuvre et le respect des réglementations européennes et nationales sur le bien-être animal en général sont globalement insuffisants et les installations habituellement utilisées dans l’Union pour l’élevage et l’engraissement des lapins destinés à la production de viande ne satisfont même pas aux normes les plus élémentaires de bien-être animal.

Il est urgent d’améliorer la situation des lapins d’élevage dans l’Union et, de l’avis de votre rapporteur, la meilleure voie à suivre serait l’adoption d’une législation européenne imposant des normes minimales pour la protection des lapins dans les élevages.

Votre rapporteur a formulé plusieurs recommandations dans le présent rapport et dans le document de travail qui l’a précédé.

En bref, il est impératif d’éliminer progressivement l’élevage de lapins en batterie dans des cages stériles grillagées et de s’orienter vers d’autres méthodes d’élevage telles que les systèmes de parcs qui prévoient un espace suffisant par lapin et dans lesquels les lapins peuvent être élevés en groupes.

Les éleveurs procédant à cette reconversion devraient recevoir un soutien dans le cadre des programmes de développement rural de la PAC. Les systèmes de logement pour les lapins devraient comporter des plates-formes ou un espace similaire surélevé et suffisamment de matériaux d’enrichissement.

En outre, les temps de transport devraient être aussi limités que possible, en raison de la sensibilité de l’espèce, et les lapins devraient être nourris avant le transport et devraient disposer de suffisamment de nourriture, d’eau et d’espace pendant le transport.

Les caisses et cages de transport devraient permettre une position normale. Enfin, les lapins devraient être complètement étourdis avant l’abattage, en veillant à ce qu’il n’y ait ni souffrance, ni douleur ou stress. L’abattage devrait être fait en évitant que l’animal étourdi reprenne conscience.

Par ailleurs, votre rapporteur estime que l’adoption d’une législation européenne assurerait une interprétation uniforme, créerait des conditions de concurrence équitables et répondrait à la demande croissante des consommateurs d’une meilleure protection des animaux dans l’agriculture.

Ces dernières années, les grandes organisations et ONG européennes actives dans la protection du bien-être animal ont de plus en plus souligné la question de l’élevage de lapins et ont lancé des campagnes pour l’abolition des cages en batterie. On peut s’attendre à une augmentation de la pression du public sur cette question dans un avenir proche.

Enfin, compte tenu des maladies propres à l’espèce et du taux élevé de mortalité associés à l’élevage des lapins, l’administration systématique et généralisée d’antibiotiques est devenue une nécessité. Cette réalité exacerbe les problèmes liés à l’augmentation de la résistance antimicrobienne.

L’élevage des lapins sous sa forme actuelle pose ainsi également un problème de santé publique, d’autant plus que des antibiotiques très puissants, de dernier ressort ou de réserve, sont utilisés dans ce domaine.

Votre rapporteur est convaincu que le remplacement de l’élevage en cages par des systèmes d’enclos réduirait la nécessité de recourir à des antibiotiques et diminuerait ainsi les risques pour la santé publique.

Votre rapporteur est d’avis que, si ces recommandations étaient reprises dans une proposition législative future imposant des normes minimales pour la protection des lapins d’élevage et si, afin d’assurer des conditions équitables, ces mêmes normes s’appliquaient aux produits à base de lapins qui sont importés, nous pourrions alors commencer à améliorer la santé et le bien-être de millions de lapins élevés dans l’Union européenne et satisfaire aux exigences des consommateurs qui demandent des normes plus strictes en matière de bien-être animal dans l’agriculture. »

L’exploitation animale a un allié de poids avec les partisans du « bien-être animal » !

Earth Crisis : The wrath of sanity

Puisque nous parlions hier de l’expérimentation sur les animaux (en l’occurrence au Canada), impossible de ne pas parler de la chanson classique d’Earth Crisis,  qui exprime le point de vue vegan straight edge né dans les années 1990.

Les paroles font bien entendu allusion aux grandes vagues d’opération de l’ALF amenant la libération d’animaux arrachés aux laboratoires, appelant à en développer la logique toujours plus loin.

Night of justice, knight of justice.
Liberations crusades begun.
Your laws will have no meaning past the setting of the sun.
Nuit de la justice, chevalier de la justice.
Les croisades des libérations ont commencé.
Vos lois n’auront aucune signification une fois le soleil passé.

Demons feeding off of the innocents pain.
Generations of oppression –
one generation will break this chain.
Les démons se nourrissent de la souffrance des innocents.
Des générations d’oppression
– une génération brisera cette chaîne.

Emancipation from the hands of the deranged.
Vengeance for the dead,
freedom for the enslaved.
L’émancipation des mains des détraqués.
La vengeance pour les morts,
la liberté pour les esclaves.

From love comes this hatred.
Feel the rage, antagonist of the helpless.
Tormented inside a cage.
De l’amour vient cette haine.
Sens cette rage, antagoniste des sans défense.
Tourmentés dans une cage.

I refuse to turn my back, I refuse to shut my eyes.
Steadfast against the deluge of evil of man’s devise.
The quest for their freedom won’t cease until it’s won.
Je refuse de tourner le dos, je refuse de fermer mes yeux.
Inaltérable contre le déluge du mal de l’invention de l’homme.
La quête pour leur liberté ne cessera pas jusqu’à la victoire.

Reconcile your sins or your blood will have to run.
You have no respect for life. Violence you can understand.
Your turn to feel the pain. Retribution, from my hand!
Renonce à tes péchés ou ton sang aura à couler.
Tu n’as pas de respect pour la vie. La violence que tu peux comprendre.
Ton tour de sentir la douleur. La rétribution, de ma main!

You have no respect for life. Violence you can understand. Your turn to feel the pain. Retribution, from my hand!
Tu n’as pas de respect pour la vie. La violence que tu peux comprendre.
Ton tour de sentir la douleur. La rétribution, de ma main!

A bullet for every demon.
Only your blood can cleanse you of your sin.
Your actions proved that you value profit over others lifes.
Une balle pour chaque démon.
Il n’y a que ton sang qui peut te nettoyer de ton péché.
Tes actions ont prouvé que tu valorises le profit fait au dépens de la vie d’autres.

Images of your mutilated victims as I line you in my sight.
The wrath of sanity unleashed.
Justice on Judgement Night.
Les images de tes victimes mutilées alors que je t’aligne.
La fureur de l’équilibre mental déchaînée.
La justice dans la nuit de la justice.

Vidéo au sein d’un centre de recherche animalier à Montréal

La vidéo suivante a été filmée par une personne de l’association canadienne Last chance for animals infiltrée dans un centre de recherche animalier ITR Laboratories, à Baie-D’Urfé, à Montréal.

Il n’est pas possible de la commenter : les sentiments doivent prédominer, combinés à la raison, avec le besoin de justice.

Aucun compromis n’est moralement acceptable.

« L’alcool et la caféine ont créé la civilisation » ?!

Contrepoints.org est un média libéral qui vient de traduire un article intitulé « L’alcool et la caféine ont créé la civilisation ».

On l’aura compris, il s’agit de faire la promotion de tout ce qui peut être acheté et vendu, en cherchant des justificatifs pseudo-scientifiques, afin de justifier l’ultra-libéralisme.

L’article vient même d’un regroupement américain, le Cato Institute, présenté comme suit :

Le Cato Institute est un think tank américain, un centre de recherches en politiques publiques, dédié aux principes de liberté individuelle, de limitation de l’État, de marchés libres et de paix. Ses chercheurs et analystes mènent des études indépendantes et non partisanes sur un large éventail de questions politiques.

C’est donc tout à fait clair. Et quels sont les arguments pour justifier que l’alcool et la caféine auraient été à l’origine de la civilisation?

La thèse est résumée comme suit :

L’alcool a permis à la civilisation de démarrer et a certainement contribué à aider l’humanité à surmonter sa détresse pendant les périodes de pauvreté. Mais ce fut la caféine qui nous aida à entrer dans une histoire de prospérité.

Par détresse, l’article veut parler de la santé. L’humanité aurait cherché à tout prix à produire de l’alcool, qui ne serait donc pas un dérivé d’une production agricole, mais l’objectif initial…

Si l’être humain est devenu social, c’est pour se ! Platon, Aristote, Marx, Adam Smith n’y avaient-ils pas pensé !

Voyons cette hallucinante construction intellectuelle.

Tout d’abord, le justificatif pour cela serait la santé.

« La consommation d’alcool pourrait avoir favorisé la survie des premiers Homo sapiens.

À une époque où l’on ne savait ni purifier l’eau ni préparer la nourriture dans de bonnes conditions d’hygiène, le risque d’ingérer des microbes dangereux était si élevé que les caractéristiques antiseptiques de l’alcool rendaient sa consommation plus sûre que celle de produits alternatifs sans alcool ; et ce malgré les risques propres liés à l’alcool. »

Cela ne tient pas debout, pour une multitude de raisons, mais constatons simplement que l’alcool est un désinfectant s’il est à 70%.

Rien que cela rend la proposition absurde, à moins de penser que nos ancêtres ont survécu en buvant uniquement de l’alcool fort…

De là, l’article passe à l’étape suivante : les individus isolés ayant compris on ne sait trop comment qu’il fallait de l’alcool fort pour survivre, s’unissent pour en produire, donnant naissance à la civilisation !

« Les spécialistes considèrent maintenant que le désir de disposer d’un approvisionnement stable en alcool a pu motiver les débuts de l’agriculture et la sédentarisation. (…)

« La domestication des plantes était motivée par le désir d’avoir de plus grandes quantité de boissons alcoolisées, » soutient l‘archéologue Patrick McGovern.

On considère généralement que les hommes ont cultivé le blé pour avoir du pain et que la bière en fut un produit dérivé. Aujourd’hui, certains chercheurs comme McGovern pensent que ce pourrait bien être l’inverse. »

Puis, miracle, le café apparaît. Les humains passent alors d’une consommation quotidienne d’alcool fort au café, permettant de se développer de manière meilleure, car la caféine booste les idées, donnant naissance aux Lumières elles-mêmes !

« Avant le siècle des Lumières, les Européens buvaient de l’alcool à tous les moments de la journée.

Puis, suite aux échanges commerciaux avec le monde arabe, les comportements se mirent à évoluer : le café, riche en caféine, donc stimulant, se répandit sur le continent et remplaça l’alcool dont les effets sont dépresseurs.

Comme le disait l’écrivain Tom Standage, « L’impact de l’introduction du café en Europe au cours du XVIIème siècle fut particulièrement perceptible, étant donné que les boissons les plus répandues à l’époque, même au petit-déjeuner, étaient des petites bières et des vins à faible teneur en alcool.

Toutes deux présentaient moins de danger que l’eau qui risquait d’être contaminée… Le café… apportait une alternative nouvelle et sûre aux boissons alcoolisées. Ceux qui se mirent à boire du café à la place de l’alcool se retrouvaient alertes et stimulés dès le matin, plutôt que relâchés et en état de légère ébriété.

La quantité et la qualité de leur travail s’en trouva grandement améliorée. L’Europe de l’Ouest commença à émerger du brouillard d’alcoolémie qu’elle avait connu pendant des siècles. » »

Voilà comment l’article résume tout cela :

« La caféine est la drogue psychoactive la plus consommée dans le monde.

L’alcool a permis à la civilisation de démarrer et a certainement contribué à aider l’humanité à surmonter sa détresse pendant les périodes de pauvreté implacable qui ont représenté la plus grande partie de l’histoire humaine.

Mais ce fut la caféine qui nous donna les Lumières et nous aida à entrer dans une histoire de prospérité. »

Moralité : vive l’alcool, vive la caféine, vive le libéralisme !

Les femmes face à la toxicomanie

L’observatoire français des drogues et des toxicomanies a publié un très intéressant document intitulé « Usages de drogues et conséquences : quelles spécificités féminines ? ».

Il s’agit d’un dossier sur la consommation de drogues et l’alcool par les femmes et cela souligne bien sûr l’approche très différente par rapport aux hommes.

Il n’y a en effet pas ce côté viriliste propre aux hommes dans leur rapport à l’alcool et aux drogues, qui les amène à se tourner plus aisément vers cela, avec un sens de la démesure.

Voici une petite présentation de la situation, qui mérite indéniablement l’attention pour bien comprendre comment combattre les drogues.

Les hommes et les femmes sont-ils autant consommateurs de substances psychoactives ?

La réponse à cette question globale est assurément négative.

En France, comme partout ailleurs, les hommes consomment plus de drogues licites ou illicites et ce d’autant plus qu’il s’agit d’un usage intensif en quantité et en fréquence.

Ce constat général demande néanmoins à être nuancé car, parmi les récentes évolutions observées, celle d’un rapprochement progressif des niveaux de consommation masculins et féminins est souvent soulignée.

Longtemps moins concernées par les usages de drogues, les femmes auraient tendance à adopter des comportements plus proches de ceux des hommes et donc à consommer davantage. (…).

Les situations sont très contrastées selon les produits et les catégories d’âge.

Pour le tabac, les niveaux d’usage se sont depuis 20 ans grandement rapprochés chez les adultes, la part fumeurs baissant et celle des fumeuses augmentant.

Quant aux jeunes de 17 ans, les niveaux de tabagisme sont actuellement équivalents entre filles et garçons.

L’analyse souligne également le taux relativement élevé de femmes enceintes qui continuent à fumer durant leur grossesse : elles sont un quart dans ce cas.

Enfin, si une prépondérance masculine est constatée dans l’épidémiologie des cancers du poumon, le taux de décès des hommes est désormais orienté à la baisse alors que celui des femmes a doublé en 20 ans.

Concernant l’alcool, la prédominance masculine demeure très marquée, même si elle l’est moins qu’il y a dix ans.

Chez les adultes, trois fois plus d’hommes que de femmes consomment une boisson alcoolisée au moins dix fois par mois ; il y a aussi 3 fois plus d’hommes déclarant avoir bu au moins cinq verres en une même occasion (indicateur d’Alcoolisation ponctuelle importante, API).

L’écart entre les sexes est encore plus élevé chez les jeunes de 17 ans puisque 3,7 plus de garçons que de filles sont concernés par ce comportement. Un tiers des femmes enceintes disent avoir bu au moins une fois au cours de leur grossesse et 3 % déclarent bore toutes les semaines malgré le risque de syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF).

Le cannabis est également un produit plus « masculin » et ce d’autant plus que la fréquence de consommation augmente.

Si à 17 ans, 46 % des filles et 50 % des garçons ont goûté au produit, ce qui traduit un niveau de diffusion peu différencié selon le sexe, on dénombre toujours deux fois plus d’usagers réguliers (10 fois par mois) que d’usagères chez ces mêmes adolescents.

Même s’ils se réduisent, les écarts selon le sexe sont un peu plus importants chez les adultes.

Concernant les produits illicites (héroïne, cocaïne, MDMA/ecstasy, LSD), beaucoup plus rarement consommés, deux à quatre fois plus d’hommes que de femmes les expérimentent.

Mais, à 17 ans, l’écart entre les sexes est bien moindre, voire inexistant, pour certains produits comme la cocaïne ou l’héroïne.

Un seul cas de surconsommation féminine qui concerne tous les âges, peut être observé. Il s’agit des médicaments psychotropes.

Encore un « appel citoyen » en faveur de la légalisation du cannabis…

Voici le texte d’une pétition, lancé par l’association ECHO (Expertise Citoyenne HOrizontale) et relayé par le quotidien Le Monde comme tribune (Drogues : « L’échec d’une politique publique fondée quasi exclusivement sur la répression »).

Il s’agit bien entendu d’un appel de plus à ce qui consiste immanquablement à un appel à banaliser le cannabis et ce qui est d’autant plus grave c’est que parmi les signataires, on trouve de grandes figures institutionnelles…

On retrouve notamment :

– Françoise Sivignon, présidente de Médecins du Monde,

– Christine Lazerges,  Présidente de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH),

– Bernard Kouchner, ancien Ministre de la Santé et des Affaires Étrangères,

– Jean-Pierre Havrin, contrôleur général honoraire de la police nationale française,

– Alain Brillet, ancien Commandant de police ; Ex-responsable du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure,

– Michel Kazatchine, ancien directeur du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme ; actuel Envoyé Spécial de l’ONU pour le VIH/SIDA pour l’Europe de l’Est et l’Asie Centrale; Membre de la Commission Mondiale sur les Politiques de Drogues,

– Roselyne Bachelot, ancienne Ministre de la Santé et désormais animatrice télévision/radio,

– Arnaud Robinet, député Maire de Reims – Les Républicains,

– Marylise Lebranchu, ancienne Garde des sceaux et Député du Finistère – PS,

– Michel Henry, Journaliste indépendant et auteur du livre « Drogues, pourquoi la légalisation est inévitable”,

– Eric Piolle, maire de Grenoble – EELV,

– Daniel Vaillant, ancien Ministre de l’Intérieur ; Député de Paris – PS.

Et encore ne sont pas mentionnés ici les nombreux chercheurs au CNRS, responsables dans les hôpitaux, élus et responsables politiques, à quoi s’ajoutent les principales figures partisanes de la légalisation, comme par exemple Christian Tharel, président des « Collectifs d’Information et de Recherche Cannabique »…

On l’aura compris : on est ici au royaume des hypocrites. C’est un signe de plus de la capitulation devant l’esprit libéral-libertaire niant toute possibilité de bonheur naturel sur Terre.

Et c’est masqué encore une fois derrière une pseudo préoccupation pour la santé, comme en témoigne le logo mis en avant par l’association pour son appel.

Voici le texte de l’appel.

POLITIQUES PUBLIQUES DES DROGUES,
LES CITOYENS LANCENT LE DEBAT
Pétition pour ouvrir un débat national sur la législation des drogues en France

Les politiques publiques en matière de drogues font aujourd’hui l’objet d’intenses débats et de profondes remises en question. Les citoyens se réapproprient le sujet et demandent des comptes en matière de libertés individuelles, de justice sociale, de lutte contre le trafic et d’efficacité de l’action gouvernementale.

Des Etats-Unis au Canada, de l’Islande au Mexique, en passant par l’Uruguay, sans oublier le Portugal, l’Allemagne, le Danemark et la Suisse, nombreux sont les pays à avoir entamé des réformes majeures.

Ces réformes sont le résultat d’une prise de conscience : celle de l’échec d’une politique fondée quasi-exclusivement sur la répression. Il est dorénavant établi qu’en dépit des moyens considérables mobilisés pour y parvenir, la vision d’un monde sans drogues, promue depuis plus de cinquante ans, a eu des conséquences dramatiques sans pour autant atteindre ses objectifs.

La France reste à l’écart de ce mouvement malgré un bilan qui ne cesse de s’aggraver.

Notre pays possède entre autre, les taux de consommation les plus élevés d’Europe pour l’usage du cannabis chez les 15-34 ans ; près de 90 % de l’action policière liée aux stupéfiants concerne l’interpellation pour usage simple (sans trafic) de cannabis ; et le “coût social” des drogues pour les finances publiques est évalué à environ 1 % du PIB national. Ce constat est grave : que faut-il attendre de plus pour réagir ?

Le vent semble néanmoins tourner. Un sondage IPSOS rendu public le 10 octobre 2016 révèle que 52 % des français sont favorables à l’ouverture d’un débat sur la question des drogues lors de la prochaine campagne présidentielle.

Plus significatif encore, 84 % considèrent que la législation actuelle est inefficace.

Cette évolution reflète la prise de conscience qu’une société sans drogues n’existe pas, mais qu’il appartient aux États modernes de protéger les citoyens des éventuels dommages causés par celles-ci.

Le contexte actuel semble propice et les citoyens réceptifs. En collaborant avec la société civile et en s’éloignant de positions partisanes manichéennes, nos élus ont ici un rôle central à jouer.

Il est donc temps que la France s’engage à son tour dans un véritable débat national sur le bien-fondé des politiques menées depuis bientôt 50 ans avec l’adoption de la loi du 31 décembre 1970, principal fondement de l’arsenal juridique national sur les drogues.

Seules des assises publiques nationales permettront de sortir de l’impasse.

Acteurs des secteurs associatifs et médicaux, avocats, universitaires, magistrats, journalistes, policiers, élus locaux et nationaux, entrepreneurs et citoyens de tous bords politiques, nous appelons au rassemblement le plus large possible autour de la démarche ECHO pour débattre de nouvelles politiques publiques en matière de drogues.

Chacun peut, dès maintenant, soutenir cet appel.