• Etude sur le potentiel planétaire de l’aquaculture

Etude sur le potentiel planétaire de l’aquaculture

Nature Ecology & Evolution est une nouvelle revue scientifique, existant en ligne depuis le début de l’année. C’est une revue indépendante sur le plan du contenu, mais lié à l’une des principales revues scientifiques mondiales, Nature.

De manière dramatique, cette nouvelle revue a publié un article marquant l’ouverture d’une nouvelle époque, celle de la crise écologique finale, avec l’organisation de l’exploitation animale à l’échelle de l’océan.

Un nouvel article, Mapping the global potential for marine aquaculture, vient en effet de proposer une cartographie du potentiel de l’aquaculture océanique. C’est un pas ouvert vers la destruction finale de la planète, dans la mesure où toute la vie se voit asservie pour une consommation immorale et destructrice.

L’article se veut ouvertement au service du projet général d’aquaculture océanique et la première phrase de l’article est explicite :

« L’aquaculture océanique présente une opportunité pour augmenter la production de nourriture marine, face à la demande croissante de protéines marines et la perspective limitée d’expansion des pêches de poissons sauvages. »

Le cynisme d’une telle phrase est impressionnant et typique de scientifiques sans conscience. Traduit dans un langage normal, cela donne : nous avons tellement anéanti la vie sauvage de l’océan qu’il faut désormais asservir l’océan lui-même.

L’article présente donc l’océan comme une « ressource agricole » et, pour la première fois de manière formelle, s’intéresse non pas à des zones spécifiques ou des espèces particulières, mais à l’aquaculture à l’échelle planétaire.

L’article est ainsi le résultat d’une double analyse, avec l’utilisation de toutes les données scientifiques disponibles : tout d’abord ont été étudiées les caractéristiques de 120 poissons et de 60 bivalves, c’est-à-dire certains mollusques comme les huîtres et les moules.

Les scientifiques partent du principe que les poissons devront faire en moyenne 35cm (la « taille d’une assiette ») et les bivalves 4cm de long : comme on le voit, rien n’est laissé au hasard pour satisfaire les exigences de l’exploitation animale et de la commercialisation des « produits ».

Ont été prises en compte la question de la profondeur, de l’alimentation, des conditions environnementales, des températures minimale et maximale supportées.

Ensuite, l’océan a été cartographié en entier et divisées en petites zones, pour voir les possibilités de production. Puis, ensuite, les chercheurs ont enlevé les zones non adéquates, en partant tout d’abord du fait que les zones à plus de 200 mètres de profondeur n’ont pas été prises en compte en raison de la difficulté qu’il y a à « ancrer les fermes » à cette profondeur.

Les chercheurs – plutôt les criminels – ont ensuite enlevé les zones inadéquates, comme celles où l’oxygène se dissout trop lentement ou où il y a trop peu de phytoplanctons. Les zones où il y a trop de bateaux ont été enlevés, comme les zones protégées, celles aussi où passent de nombreux bateaux.

Des zones à moins de 200 mètres, il a fallu ainsi enlever 25.3% du total en raison du trafic maritime, 3,9 % à cause de la dissolution problématique de l’oxygène, 2,5 % à cause des plate-formes pétrolières, seulement 0,1 % à cause des zones protégées.

Le résultat est terrifiant, puisque les chercheurs proposent pas moins de 11,4 millions de km² disponibles pour l’exploitation des poissons, 1,5 million de km² pour celle des bivalves.

L’article annonce la possible « production » de 15 milliards de « tonnes de poissons » (sic) chaque année.

Comme bien entendu, les chercheurs auteurs de l’article comptent faire carrière, ils mentionnent certains points encore à étudier. Ils parlent ainsi de la question de l’accès aux marchés et aux ports, de la nature des infrastructures portuaires, de la disponibilité du capital « intellectuel » et du capital « business », des « interactions sociales » avec les entreprises de pêche existantes, etc.

Les zones considérées comme les plus propices à l’aquaculture, celles au meilleur potentiel sont en rouge.

C’est à cela qu’on voit bien que sans révolution, l’exploitation animale se maintiendra et se renforcera, disposant de moyens économiques, d’appuis politiques, de soutiens scientifiques.

On a déjà passé le cap des 50 % pour la part de l’aquaculture dans la « production » de poissons par l’exploitation animale et ici on a un exemple de comment un grand saut dans un monde où la vie serait entièrement subordonnée, à l’échelle planétaire, à un mode de vie destructeur.

La France a ici un potentiel énorme, malheureusement ; c’est d’ailleurs l’un de grands leitmotivs de Jean-Luc Mélenchon, pour qui l’aquaculture représente l’avenir. La France dispose en effet de la zone économique exclusive pratiquement la plus grande du monde, avec 10 263 100 km², seuls les États-Unis ayant autant.

Bizarrement, les auteurs de l’article ne semblent pas au courant ; il faut dire que leur démarche visent surtout les côtes directes des pays. A ce titre, ils affirment qu’il est possible de faire « mieux » que la Norvège, la Chili et la Chine, pays où l’aquaculture est déjà intensive. Ils soulignent que l’Inde et le Kenya ont un gros potentiel, alors que leurs populations augmentent…

Les chercheurs se réjouissent même du Gulf of Mexico Fishery Management Plan for Offshore Aquaculture, qui depuis 2016 permettent l’établissement de 20 fermes dans le golfe du Mexique, ce que la NOAA américaine présente comme étant « aux bénéfices de la nation ».

Nul doute, par ailleurs, que leur appel soit entendu. Au Maroc, un appel d’offres va être lancé dans deux jours par l’Agence Nationale pour le Développement de l’Aquaculture, pour une exploitation de 470 hectares.

Au Sénégal, un expert soulignait cette semaine l’importance de l’aquaculture dans les projets de « développement » :

« Le coordonnateur scientifique du projet Isra/Crodt, Moustapha Dème, a insisté sur « la place importante » de l’aquaculture dans la politique de développement économique et social du Sénégal, soulignant que le Plan Sénégal émergent (Pse) la positionne parmi les six secteurs prioritaires à haut potentiel de création d’emplois et de richesses. (…)

Ce projet est coordonné par l’Isra/Crodt (institut sénégalais de recherches agricoles/centre de recherche océanographiques Dakar-Thiaroye) et exécuté sur le terrain avec la collaboration de l’Anida (agence nationale d’insertion et de développement agricole), de l’Ana (agence nationale d’aquaculture) et de l’Iupa/Ucad (institut universitaire de pêche et d’aquaculture). Selon lui, ce projet a des objectifs de production de 30.000 tonnes de produits aquacoles en 2018 et de 50 000 tonnes avant 2023. »

Le Vietnam, un pays en pointe dans l’aquaculture, organise également fin octobre un exposition internationale, «Vietnam Aquacuture 2017», au Centre des expositions internationales de Cân Tho, dans le delta du Mékong. L’endroit est choisi symboliquement, puisque le delta du Mékong est la source de 67% des « produits aquacoles » vietnamiens.

Toutes les forces de l’économie actuelle tendent à trouver de nouvelles voies pour renforcer l’exploitation animale, afin de former de nouveaux débouchés, de trouver d’autres ressources à piller.

Le phénomène est planétaire et est d’une ampleur telle que, comme nous l’avons souligné, tout va se jouer dans les 20-30 prochaines année. L’océan, cette dernière grande frontière, est en train de tomber !

Le véganisme est-il un droit de l’Homme?

lionC’est une question qui n’est pas encore vraiment apparue, mais qui inévitablement va faire surface. L’émergence du véganisme en France va en effet amener des conflits inévitables avec la vie quotidienne institutionnalisée.

Il faut entendre par là l’école, l’hôpital, ou encore la prison, des lieux où c’est principalement l’alimentation qui risque de poser un problème fondamental. La question des cantines dans les écoles revient déjà de manière récurrente, celle de l’alimentation dans les hôpitaux l’est moins et pourtant il y a déjà forcément beaucoup d’expériences faites dans ce domaine.

A cela s’ajoute nombre d’autres domaines : les repas de famille, ceux organisés par l’entreprise, ou ceux qu’on est en droit d’attendre dans un hôtel en tant que client.

Mais on peut élargir la question, car il ne s’agit pas que d’alimentation : policiers et soldats doivent porter, de manière obligatoire, des objets en cuir, certaines études exigent l’utilisation de produits d’origine animale ou testés sur eux, voire d’animaux eux-mêmes.

En fait, on peut trouver de tels exemples pratiquement à l’infini, puisque l’exploitation animale est présente à tous les niveaux. La question est de savoir alors comment il faut justement voir les choses.

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Si on raisonne à sa propre échelle, on ne peut que constater une expérience individuelle désagréable ou inacceptable. Si on veut continuer à participer à la vie quotidienne institutionnalisée, alors on considère qu’on subit une discrimination, ce qui demande bien sûr à être corrigé.

Disons tout de suite pourquoi ce point de vue, largement partagé et diffusé par des associations comme L214, est erroné. Le grand défaut de cette approche est son anti-universalisme, sa réduction du véganisme à une démarche individuelle.

Les animaux sont perdus de vue, la libération animale n’apparaît plus que comme une lointaine utopie et ce qui compte alors c’est simplement l’intégration de sa propre démarche végane dans la vie quotidienne anti-végane.

Le véganisme se ramène ici, ce qui est vraiment absurde, aux pratiques religieuses. Tout comme les Juifs, les catholiques, les musulmans ont leurs exigences, les végans auraient les leurs. Tout se vaudrait et il faudrait accepter tout le monde  comme ils sont.

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Si cette perspective améliorerait grandement la vie quotidienne des gens végans, elle anéantirait totalement leur perspective universaliste. Ce qui ne dérangerait par ailleurs pas beaucoup d’entre eux, étant donné qu’ils sont végans pour leur bonne conscience ou bien par mode, mais pas par amour des animaux.

Il y a ici un écueil très grand, qui risque de briser ce que transporte le véganisme en exigence universelle de changement de la vie quotidienne. Les animaux de la forêt se moquent de la vie quotidienne des véganes des villes s’ils sont toujours confrontés aux chasseurs. Les animaux toujours plus nombreux dans les fermes-usines dans le monde se moquent du fait qu’il y ait des glaces véganes…

Il faut ici toutefois approfondir la réflexion au niveau de l’universalisme, car les religions sont parfois censées l’être.

Le catholicisme est en effet universaliste. Historiquement hégémonique en France, il peut donc prétendre être ouvert, tout en gagnant du temps pour se renforcer et ramener la grande majorité dans la voie juste.

Cela ne peut pas être un modèle, car le véganisme n’a pas à ramener les gens à sa démarche, mais à les y ramener, ce qui est bien plus difficile.

Le judaïsme part du principe qu’il sera toujours une religion minoritaire et qu’il faut s’adapter, accepter des compromis même importants. Il en va de même du protestantisme traditionnel.

corail et poissons

Le véganisme ne peut pas accepter cela, à moins de considérer qu’il restera minoritaire et qu’il faut capituler devant l’exploitation animale au moins pour trois cent ans. Au-delà d’une capitulation morale, vue la situation de la planète c’est intenable.

L’Islam ne parvient pas, quant à lui, à trouver une voie en raison de son exigence hégémonique et soit passe dans l’isolement salafiste, bien plus rarement la rupture pro-terroriste, plus couramment l’adaptation plus ou moins hypocrite car en contradiction avec ses propres valeurs. Cette dernière option est la grande ligne des « frères musulmans », qui ont théorisé tout un agenda d’exigences et de points culturels à gagner pour avancer.

Le véganisme ne peut pas suivre une telle démarche, pour toute une série de raisons. Tout d’abord, parce que ce qui est l’objectif, c’est la libération concrète des animaux et pas le fait de pouvoir manger un gâteau végan au restaurant comme d’autres vont prier dans un édifice religieux.

Ensuite, parce que les compromis sont inacceptables pour le véganisme. Un musulman peut accepter une alimentation non halal s’il n’a pas le choix , mais une personne végane ne peut pas accepter une nourriture non végétalienne dans une même situation…

Enfin, c’est là d’ailleurs la clef de toute la question, le véganisme ne saurait raisonner en termes de communauté séparée. Le fait même de parler des « végans » comme un ensemble est sans doute faux.

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On le voit bien de par les grandes différences qui les marquent. Mais, surtout, les végans ne sont pas des individus ayant fait un « choix », mais l’expression d’une tendance universelle au véganisme.

Formulé différemment, cela donne la chose suivante : soit d’ici cinquante ans l’humanité a adopté le mode de vie végane, soit sa civilisation aura connu l’effondrement. L’humanité ne peut pas nier la réalité, elle ne peut pas nier la sensibilité animale, elle ne pas dénier la réalité d’une planète formant un tout complexe formant un équilibre permettant la vie de se développer.

Une humanité s’imaginant trouver un sens en elle-même, en-dehors de la Nature, contre la Nature, est une illusion.

Les personnes véganes doivent prendre conscience de cela, du timing plus que serré qui existe pour, osons le dire, sauver la planète. L’horizon se limite, très concrètement, aux trente prochaines années, où tout va être décisif.

Avec cette mise en perspective, on voit bien l’absurdité de faire du véganisme un « droit de l’homme ». Il faut conquérir des droits, comme celui de pouvoir manger végétalien dans les cantines par exemple, mais il ne faut pas en faire un « droit de l’homme » qui impliquerait le « droit de l’homme »… de ne pas manger végétalien.

renardLe système ne reculera d’ailleurs pas. Il se contentera de mesures pour intégrer les personnes véganes, pour qu’elles se contentent d’être une minorité à prétention moraliste mais entièrement coupée de toute influence sociale.

La théorie de « droits de l’homme » lui convient alors très bien, puisque relativisant toute démarche et niant l’universalisme.

A l’inverse, le véganisme ne doit pas s’orienter par rapport aux droits de l’Homme, masque de l’individualisme, mais par rapport à la libération animale comme devoir moral absolu.

Peut-on avoir deux mères?

Qu’est-ce qu’une mère? La définition obéit-elle à la Nature, ou faut-il dépasser celle-ci, en rejeter les fondements et parvenir à une définition « culturelle » – en partant alors du principe que Nature et culture s’opposent?

mere1Pour aborder la question, prenons un exemple pratique, avec le coupe d’Europe de football des équipes féminines qui s’est achevée dimanche dernier. Il s’agit d’athlètes de haut niveau, que rien ne distingue des hommes dans ce sport, à part un niveau technique encore faible en comparaison, mais elles courent autant, font autant de duels, l’agressivité sur le terrain y est peut-être même plus marquée, etc.

Or, qui dit sport de haut niveau amène la question de savoir comment combiner cela avec le fait d’être enceinte, d’avoir des enfants. Il y a le risque potentiel de perdre le fil ou d’interrompre une carrière à succès, de se « disperser », ce qui est bien sûr impardonnable aux yeux d’une société fondée sur la compétition. C’est la même problématique que dans les entreprises.

La joueuse de tennis belge Kim Clijsters est ainsi connue pour avoir été numéro un, fait une pause « bébé » en 2009, pour revenir avec succès ensuite. La joueuse de beach volley Kerri Walsh a trois médailles d’or et trois titres de championnes du monde, elle en aurait eu bien davantage sans trois « pauses bébé ».

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Le regrettent-elles? Sans doute pas, sinon elles ne l’auraient pas fait. Elles connaissaient forcément la pression existant à ce niveau. La question revient toujours sur la table, car la pression de l’esprit de compétition, de concurrence, d’accumulation de prestige et de gains, tout cela a ses exigences.

Parmi les femmes qui jouent la coupe d’Europe de football, très peu sont les femmes qui ont eu une maternité suivie d’une reprise : les islandaises Málfridur Sigurdadottir (trois enfants), Harpa Thorsteindottir (qui a eu son second enfant en février), Sif Atladottir (un enfant), l’Autrichienne Jasmin Pfeiler.

Le porte-parole officiel des 368 femmes membres des 16 équipes de la coupe d’Europe de football n’était même pas au courant. Il s’est vu poser la question de savoir s’il y avait des mères parmi les joueuses et sa réponse fut simple et même répétée deux fois, alors que pourtant elle est donc fausse : « No mothers. No mothers. »

mère 4Mais les corrections qui lui ont été faites dépassent ce à quoi on pouvait s’attendre, et c’est là que la question de la définition de ce qu’est une mère intervient.

L’équipe anglaise a en effet tout de suite remis en cause ces propos, la joueuse Casey Stoney étant « mère de deux enfants ». Mais le terme est-il le bon? Car c’est sa compagne Megan Harris qui a mis au monde les deux enfants en question.

Est-elle la mère, ou la compagne d’une mère?

L’équipe suédoise précisa également qu’il y avait de son côté deux « mères », sans plus de précisions. Mais là encore, le terme est une association d’idées seulement, puisque que si on regarde de quoi il en retourne, c’est Sabine, la compagne maritale de Hedvig Linthal, qui a eu un enfant, tout comme la compagne de Lisa Dahlqvist, Jessica Danielsson.

Le statut de mère est ici réduit à une formulation juridique simplement : femme ayant la responsabilité d’un enfant.

Il semble bien que cette définition tende à l’emporter. Ainsi, l’équipe hollandaise a félicité une de ses joueuses de la manière suivante en avril :

« Nous avons une mère dans notre équipe. La petite amie de Sherida Spitse a donné naissance à un bébé cette année. »

Il y a naturellement un souci ici, car il y a bien un père. Quels sont ses droits et devoirs, et dans quelle mesure l’enfant a-t-il accès à ses informations?

Mais il y a aussi cette question qu’il faut poser ici : qu’est-ce qu’une mère? D’un point de vue naturel, il s’agit d’une femme ayant porté un enfant qui est le sien. Il y a un lien affectif naturel, de par le fait que la vie donne la vie, qu’on porte un être vivant qui est le sien.

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Les partisans des mères porteuses disent ici qu’on peut faire en sorte qu’un femme porte
un enfant qui, sur le plan de l’ADN, n’est pas le sien. Que par conséquent on peut être mère sans porter l’enfant.

Mais dira-t-on alors que le footballeur Cristiano Ronaldo a été la mère de ses enfants, portée par mères porteuses? Car celles-ci, contre un gros chèque, ont disparu. Et qui est d’ailleurs la mère de ces enfants?

Est-il possible, comme lui, d’être simplement « père »? C’est bien sûr possible, puisqu’il le fait, mais ne faut-il pas considérer cela comme totalement fou?

Un père, mais aucune mère, comme si celle-ci n’avait jamais existé?

Mais donc, qu’est-ce qu’une mère? Certains diront : c’est celle qui s’occupe d’un enfant, qui en a la responsabilité. Mais pour autant, une femme adoptant un enfant en est-elle la mère? Une femme s’occupant d’un jeune enfant qui n’est pas le sien, par exemple lors d’un remariage, est-elle la mère?

Peut-on remplacer une mère, la changer par une autre, aussi simplement que cela? Une personne n’ayant jamais connu sa mère n’aurait-il aucun rapport avec elle?

mère 7Les exemples sont infinis et pour faire bref et ne pas se perdre dans le propos, voyons simplement qu’il n’y a que deux possibilités.

Soit on dit que la définition de père et de mère n’existe pas en soi, ne consistant qu’en une seule réalité : la responsabilité juridique d’un mineur. Père, mère sont alors des termes recouvrant simplement un statut juridique, celui au sens de « parent » comme tuteur légal.

Soit on dit que la définition de père et de mère correspond à la réalité naturelle de la procréation. Dans la Nature, il faut un homme et une femme pour avoir deux enfants, c’est la seule réalité et tout le reste n’est que contournement technique de cette réalité.

Dans le premier cas, il peut y avoir une mère comme deux mères, ce qui compte étant la responsabilité juridique et non pas le lien naturel (physiologique, affectif, etc.). Il ne peut y avoir aussi qu’une mère toute seule, qu’un père tout seul, deux pères, deux mères.

Dans l’autre cas, ce n’est pas possible. Même dans le cas de deux femmes vivant ensemble, il n’est pas possible de les appeler toutes les deux mères, car la réalité du rapport à l’enfant n’est pas le même. Ni du rapport tout court menant à cet enfant, puisqu’il faut forcément un père pour aboutir à la procréation.

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Encore faut-il pour cela reconnaître la Nature et ne pas considérer que ce qui compte, c’est le choix individuel d’une conscience abstraite vivant hors de la Nature.

On voit aisément comment une telle problématique est porteuse de choix historiques pour l’Humanité. Les religieux l’ont très bien compris et mènent des campagnes tambour battant, cherchant à détourner le respect de la Nature en quête mystique.

Les partisans de l’ultra-libéralisme l’ont très bien saisi aussi, expliquant que leur démarche de refus de la Nature permet de gagner de nouveaux droits… Comme celui du « droit à l’enfant ». Un droit qui peut passer par le droit de ne pas porter cet enfant, comme avec les mères porteuses.

Un tel panorama est terrible, car il amène forcément les partisans de la Nature à être pris entre le marteau des religieux et l’enclume des « modernes ». Les véritables athées, qui ne reconnaissent que la Nature, doivent affronter les religieux comme les existentialistes qui trouvent un sens à leur vie uniquement dans l’individualisme.

mère 6Tant les religieux et les existentialistes seront par conséquent forcément anti-écologistes, car le seul moyen d’être écologiste, c’est de reconnaître la Terre comme mère, comme lieu abritant la vie et la protégeant de par sa nature d’ensemble où tout est lié.

Les uns parleront par contre de Dieu, les autres de leur petit moi et de leurs « choix ». Jamais ils ne se sentiront liés à la défense d’un animal à l’autre bout de la planète, ou même d’une plante en bas de chez eux!

Les uns voient la mère comme celle qui est soumise au père, les autres abandonnent la notion de mère et de père. Dans tous les cas, la réalité naturelle leur échappera, car ils refuseront toujours de reconnaître les faits – au profit d’un « Dieu », au profit d’un « choix personnel ».

Angleterre : pourquoi je continue à saboter les chasses au renard dix ans après leur interdiction

La loi est faite pour être contournée par les puissants, surtout lorsqu’on touche aux traditions de ceux-ci ! Lee Moon, le porte-parole de la Hunt Saboteurs Association en Angleterre, raconte ce qu’il en est en Angleterre, avec la chasse au renard, une grande tradition de l’élite.

En prétextant qu’il s’agit d’un entraînement pour un oiseau de proie, les chasseurs continuent leur crime, bafouant la loi, avec l’accord tacite bien sûr du gouvernement, des juges et de la police…

En tant que saboteur de la chasse, je passe chaque samedi de la saison de chasse à intervenir pour sauver la vie sauvage.

En août et septembre, lorsque les chasseurs entraînent leurs jeunes chiens à tuer les renardeaux, cela veut dire se lever à trois heures du matin pour être en position quand ils commencent leur vil « sport », à l’aube.

Certaines personnes de demanderont ce qui motive une personne ordinaire comme moi à consacrer une partie si importante de son temps libre à ça. Eh bien, il est erroné de prendre la vie d’un autre être pour le plaisir.

C’est pire encore d’appeler ça un sport. Et c’est pire encore d’utiliser de telles ressources pour rendre si inégal les chances – le renard n’a quasiment aucune chance de s’en sortir sans l’intervention des saboteurs.

J’ai commencé à saboter des chasses quand j’avais 19 ans, la chasse à courre était encore légale à cette époque. Je ne m’étais jamais considéré comme une ami des animaux, mais l’idée de chiens déchiquetant un animal au nom du sport m’a frappé comme relevant de l’injustice.

Je savais que je devais essayer à arrêter cela. Alors que j’étais impliqué dans un groupe environnemental, j’ai entendu parler des sabotages de chasses et j’ai donc assisté à ma première réunion dans l’arrière-salle d’un sombre bar.

C’était un tout nouveau monde et je n’ai pas compris grand chose de ce qui était duiscuté, mais j’étais déterminé à m’impliquer.

Mon premier sabotage de chasse fut une journée à la fois mémorable et horrible. J’étais pétrifié lorsque nous nous sommes mis en route le matin, et je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre.
Par chance, les autres membres du groupe étaient rassurants et accueillants. Durant la journée, malgré nos efforts, les chasseurs ont tué un renard.

Nous avons réussi à récupérer le corps et nous avons découvert qu’ils avaient tué une renarde enceinte ; deux de ses petits sortis de son corps déchiqueté étaient encore vivants.
Nous n’avons rien pu faire et les deux petits moururent rapidement.

J’étais écœuré, mon estomac se retourne encore quand je pense à cette magnifique créature et sa mort vicieuse. Les chasseurs présents avaient l’air de trouver ça parfaitement acceptable.

Quelques semaines plus tard, notre groupe intervint et sauva un renard.

Nous l’avons vu s’échapper à travers champ et pouvions entendre les meutes de chiens crier. L’un des saboteurs expérimentés utilisa sa corne de chasse pour distraire les chiens, donnant au renard assez de temps pour s’enfuir.

J’ai su alors que je devais apprendre ces techniques. Ces deux incidents m’ont fait réaliser à quel point nous pouvions efficace, et c’est la raison pour laquelle je continue à saboter les chasses presque 20 ans plus tard.

En 2005, lorsque le Hunting Act de 2004 est entré en vigueur, nous pensions que nous pouvions ranger nos bottes de sabotage et continuer nos vies.

Malheureusement ce ne fut pas le cas. Les chasseurs, tout en essayant de se dresser un portrait respectable, décidèrent d’enfreindre la loi.

A plusieurs reprises, chaque semaine.

Pas un « accident » occasionnel, mais un défi complet.

Furieux de voir leur « sport » limité par le gouvernement, les chasseurs ont tout simplement continué à chasser et à tuer des cerfs, des renards, des lièvres et des visons.

La chasse a été autorisée à continuer, largement sans être touchée par le Hunting Act, en raison d’un manque de compréhension et d’intérêt de la part de la police et des services judiciaires royaux.

Les saboteurs utilisent l’action directe non-violente pour perturber les chasses.

Nous nous soucions de tous les animaux, pas seulement des renards (ou des autres animaux chassés), et donc nous ne ferions jamais quoi que ce soit qui pourrait faire du mal aux chiens de meutes, aux chevaux ou même aux humains qui soutiennent la chasse.

Les chasseurs croient fréquemment et ont propagé toutes sortes d’histoires folles à notre sujet, pendant des années, affirmant que nous sommes financés par le KGB, que nous vaporisons de l’acide sur les visages des chiens, que nous mettons en place des cordes de piano à hauteur de la tête pour tuer les chasseurs, ou même que nous poignardons les chevaux.

Pourquoi est-ce qu’un mouvement composé de vegans attaquerait des animaux ? La simple réponse est que nous ne le faisons pas et que nous ne le ferions jamais.

Rien que la semaine dernière, un juge, lors d’un procès contre quatre saboteurs, a déclaré : « Vous contribuez chacun immensément à la société, non seulement dans vos vies professionnelles, mais aussi durant votre temps libre. Vous méritez des éloges pour ce que vous accomplissez ainsi que pour votre comportement ».

En revanche, les chasseurs réagissent souvent par la violence et l’agression lorsque les saboteurs perturbent avec succès une mise à mort. J’ai été frappé à coups de poings, de pieds, craché dessus et battu à coups de bâtons alors que je sabotais des chasses et d’autres saboteurs ont reçu bien pire.

Mike Hill et Tom Worby ont été tués alors qu’ils perturbaient des chasses (bien que personne n’ait jamais été mis en procès pour ça) ; Steve Christmas a passé plusieurs mois à l’hôpital après s’être fait couru dessus par des chevaux.

Pour ajouter l’insulte aux blessures, la police a des préjugés à notre égard. Ils préfèrent travailler comme sécurité privé des chasseurs plutôt que d’appliquer la loi. Même quand ils sont confrontés aux « hommes du terrier », dont la simple présence veut déjà dire être dans l’illégalité, la police refuse d’agir.

[Les « hommes du terrier », terriermen, ont comme fonction de bloquer les terriers pour empêcher le renard de pouvoir se replier. Le cas échéant, ils l’en font sortir. Muni de tout un matériel, ils suivent la chasse à pied, en quad, voire en 4×4, déniant tout rapport avec la chasse ou bien se présentant comme ayant la fonction de fermer de réparer les clôtures, etc.]

[Le premier ministre britannique] David Cameron a promis à plusieurs reprises d’abroger l’interdiction de la chasse. Cela a simplement mis en avant le fait que la chasse continue. La majorité de l’opinion publique pense que ce « sport » a disparu il y a dix ans, et est choquée de s’apercevoir qu’il existe encore.

Cependant, nous avons de l’espoir. Le nombre de saboteurs a augmenté de manière significative ces trois dernières années, en partie à cause des impopulaires abattages de blaireaux.

Ainsi, la situation de la chasse au renard dix ans après son interdiction est quasiment identique à la situation dix ans auparavant. Partout dans le pays, les chasseurs continuent de chasser et de déchiqueter des animaux, bien que ce soit illégal maintenant, et les saboteurs ont du succès pour les stopper.

Une chose est sûre en tout cas – tant que des personnes tueront pour sport, il y aura des saboteurs.