• Nicolas Hulot : "Ne soyons pas excessifs"

Tribune dans France-Soir sur l’alimentation végétalienne

France-Soir a publié une tribune très utile et très importante. Signée par des professionnels de la santé, elle appelle à ce que soit reconnue par les autorités françaises le fait que l’alimentation végétalienne soit saine à tos les âges de la vie.

C’est un document qui au-delà d’apporter sa pierre à l’édifice, peut être véritablement très précieux pour les personnes se retrouvant par exemple à l’hôpital ou bien dans n’importe quelle situation où il faut justifier que le végétalisme ne soit pas « nocif ». Les situations individuelles dans ce genre de situation de dépendance par rapport à une autorité hostile est, on s’en doute, plus que difficile.

Peu de gens le savent: les recommandations nutritionnelles officielles de nombreux pays reconnaissent l’alimentation végane/végétalienne comme une alimentation saine et viable. S’appuyant sur le consensus scientifique existant, ces recommandations définissent les légumineuses, les fruits à coque/oléagineux et les produits à base de soja comme “aliments riches en protéines” au même titre que les “viandes, poissons, œufs“.

De même, les laits végétaux/boissons végétales enrichis en calcium sont inclus dans le groupe “produits laitiers et substituts“. C’est notamment le cas de la pyramide alimentaire officielle de référence en Belgique, à deux pas de chez nous.

Tour d’horizon : les Etats-Unis abritent la plus grande association de diététiciens au monde -l’Academy of Nutrition and Dietetics- regroupant environ 67.000 nutritionnistes, qui se penche sur la question depuis 1987 et selon laquelle “les​ ​alimentations​ ​végétariennes correctement​ menées,​ ​dont​ ​le​ ​végétalisme,​ ​sont​ ​saines,​ ​adéquates​ ​sur​ ​le​ ​plan​ ​nutritionnel,​ ​et peuvent​ ​présenter​ ​des​ ​avantages​ ​dans​ ​la​ ​prévention​ ​et​ ​le​ ​traitement​ ​de​ ​certaines​ ​maladies.​ ​Les alimentations​ ​végétariennes​ ​bien​ ​menées​ ​sont​ ​adaptées​ ​à​ ​tous​ ​les​ ​stades​ ​de​ ​la​ ​vie,​ ​notamment aux​ ​femmes enceintes,​ ​aux​ ​femmes​ ​qui​ ​allaitent,​ ​aux​ ​nourrissons,​ ​aux​ ​enfants,​ ​aux​ ​adolescents ainsi​ ​qu’aux​ ​sportifs“.

Par exemple, la Fondation britannique pour la Nutrition indique que “des​ ​études​ ​menées​ ​auprès​ ​d’enfants​ ​végétariens​ ​et​ ​végétaliens​ ​au​ ​Royaume-Uni​ ​ont​ ​montré que​ ​leur​ ​croissance​ ​et​ ​leur​ ​développement​ ​suivaient​ ​des​ ​courbes​ ​normales​”.

La viabilité et les avantages d’une telle alimentation sont également rappelés par le ministère américain de l’Agriculture, l’association des diététiciens du Canada, le Conseil national de la santé et de la recherche médicale australien, ou le Service national de la santé du Royaume-Uni, par exemple.

La direction générale de la santé du Portugal précise en outre que “les​ ​études​ ​montrent​ ​non​ ​seulement​ ​l’importance​ ​d’une​ ​consommation​ ​régulière d’aliments​ ​végétaux,​ ​mais​ ​également​ ​le​ ​fait​ ​qu’une​ ​alimentation​ ​reposant​ ​exclusivement​ ​sur​ ​ces produits​ ​protège​ ​aussi​ ​bien,​ ​sinon​ ​mieux,​ ​la​ ​santé​ ​humaine“.

Une attention particulière est à porter aux apports en vitamine D3 et, surtout, en vitamine B12.

S’il existe des sources végétales de vitamine D3, la vitamine B12 est fabriquée exclusivement par certaines bactéries, que l’on cultive désormais aussi en laboratoire.

La vitamine B12 de culture ainsi produite dans le monde sous forme de complément alimentaire est surtout destinée aux animaux d’élevage. Pour les personnes véganes, il est donc possible de la consommer directement.

Il existe pour cela des suppléments et des aliments enrichis, qui sont indispensables à une alimentation végane équilibrée. Chez le nourrisson, l’allaitement maternel prolongé ou l’utilisation de préparations pour nourrissons (laits infantiles 1er et 2e âge) à base de protéines végétales sont recommandés jusqu’à l’âge de 4 à 6 mois.

Nous soussignés, médecins, nutritionnistes, professionnels de santé, appelons ainsi le ministère de la Santé à reconnaître que l’alimentation végane/végétalienne est possible à tous les âges de la vie, et à l’inclure -avec ses avantages, ses contraintes, ainsi que les sources véganes de protéines et de minéraux- dans une mise à jour des publications officielles: Programme National Nutrition Santé (PNNS), pyramide alimentaire officielle, etc.

Par ailleurs, nous appelons les médias à être attentifs aux conflits d’intérêts potentiels chez les professionnels de santé invités à exprimer dans leurs colonnes ou sur leur antenne leur opinion sur le véganisme, et à exiger de ces derniers une opinion fondée sur des données scientifiques sourcées.

Les signataires, par ordre alphabétique

Dr. Christophe André, docteur en médecine, psychothérapeute, psychiatre, chargé d’enseignement à l’Université Paris X

Catherine Amadoro, infirmière

Malaury Aye, diététicienne nutritionniste

Emeline Bacot, diététicienne nutritionniste

Perrine Bellanger, diététicienne

Dr. Jérôme Bernard Pellet, médecin nutritionniste

Loïc Blanchet-Mazuel, médecin généraliste

Killian Bouillard, docteur en sciences du sport, enseignant en nutrition

Yulia Brancart-Stepanenkova, diététicienne

Dr. Ludivine Buhler, médecin généraliste

Dr. Alexandre Chan, docteur en pharmacie

Stella Choque, infirmière cadre de santé, formatrice

Marica Concilio, nutritionniste

Maelle Cravero, gériatre et praticien hospitalier en médecine interne/gériatrie/neurologie

Marjorie Crémadès, diététicienne nutritionniste

Dr. Sébastien Demange, médecin généraliste

Dr. Denis Del Nista, médecin urgentiste

Dr. Catherine Devillers, médecin généraliste et médecin scolaire

Dr. Michèle Engel, médecin généraliste

Dr. Thomas Erpicum, docteur en biochimie

Amandine Goncalves, infirmière

Dr. Colette Goujon, neurologue, praticien hospitalier

Catherine Grusenmeyer, diététicienne nutritionniste

Angélique Guehl, diététicienne nutritionniste

Dr. Pauline Guimet, médecin généraliste

Maëlle Kane, nutritionniste

Dr. Elisabetta Lanciano, médecin généraliste

Dr Nathalie Lecroq, psychiatre, psychothérapeute addictologue

Sarah Lepretre, diététicienne

Dr. Florie Martinez Courant, médecin généraliste

Valérie Monod, infirmière

Kathleen Nunez, diététicienne nutritionniste

Dr. Emmanuelle Peris, médecin en santé au travail

Dr. Amélie du Peuty, médecin généraliste

Sylvie Quentin, aide soignante

Dr. Stéphane Rieu, médecin généraliste

Dr. Valérie Rieu, médecin urgentiste

Ludovic Ringot, cadre diététicien

David Ruffieux, nutritionniste diplômé en biochimie et biologie cellulaire

Florian Saffer, diététicien et nutritionniste du sport

Séverine Sénéchal, diététicienne nutritionniste

Thomas Sluys, Kinésithérapeute

Sophie Sun, médecin généraliste

Bérengère Verstraete, infirmière anesthésiste

Coucher avec n’importe qui, c’est ne pas avoir les idées claires

Coucher avec n’importe qui, ce serait le bonheur : voilà l’idéologie de l’individualisme. Comme si la sexualité n’était que pulsion et comme si dans le fait de coucher avec quelqu’un, il n’y avait que soi qui comptait.

On “choisirait” quelqu’un, mais sans le connaître vraiment ; c’est une démarche pleine de vanité et réduisant la vie à un plan, les autres à des objets.

Il n’y a plus ici d’amour authentique de possible ni de souhaitable : seulement la consommation, la vue à court terme, le cynisme de l’utilitarisme…

Tomber amoureux et le rester n’est-il pas la dernière ringardise dans une société où il faut toujours rester sur ses gardes, car le partenaire reste toujours individualiste, toujours prêt à partir, à trahir ?

Dans cette société, la seule chose qui compte c’est soi-même : on peut prendre ses décisions comme on veut, car on est le centre de son petit monde. C’est une vision non seulement cynique, mais absurde, car empêchant toute construction.

Il faut s’y opposer, en montrant la bataille pour les sentiments, pour reconnaître la dignité de la fidélité, en désignant clairement ce qui est un obstacle à l’épanouissement.

Sur rue 89, qui appartient à L’Obs (le nouveau nom du Nouvel Observateur), on trouve par exemple un blog qui s’appelle Tinder surprise. C’est un exemple parlant, car L’Obs se veut un média profondément ancré et engagé à gauche.

En réalité, c’est juste du libéralisme libertaire, à l’image du blog, qui joue avec les termes de « Kinder surprise » pour présenter des petites histoires de personnes utilisant l’application de rencontres Tinder.

Voici un extrait hautement parlant et profondément glauque d’une de ces histoires (Le date pourri d’Edouard. Une ex arrive : “Tu vas voir, c’est un gros bâtard !”)

« J’étais avec une fille sans être vraiment avec elle non plus. (…) Un soir, sur Happn, j’envoie un charme à une fille : Justine. (…)

Au moment de trinquer, je vois une silhouette s’approcher. Une fille avec qui j’ai eu une histoire d’une semaine, il y a un an : Audrey. Elle s’adresse à Justine :

“Salut ! Tu ne me connais pas, mais tu vas voir ce gars là, c’est un gros bâtard !”

En fait cette fille avec qui je suis resté une semaine, une fois on a oublié de se protéger et elle est tombée enceinte. J’avais 30 ans. Elle en avait 21. Elle était saisonnière… Je lui avais dit qu’on ne pouvait pas se permettre de garder cet enfant. Elle, elle, réfléchissait à le garder. Elle vient d’une famille catho et je crois qu’elle était un peu rattrapée par ses croyances.

Voilà donc comment d’un air assuré et très calme, cette fille me traite de “gros bâtard” à la terrasse d’un bar où je date une fille.

Je suis surpris, étonné et du coup j’arrive juste à dire :

“Oh c’est toi ! Ça va ?”

Sur ce, Audrey explique à Justine l’histoire, qu’elle est tombée enceinte de moi alors que j’avais déjà une copine, que j’ai gâché sa vie, etc… Qu’elle voulait un enfant et qu’elle n’a pas pu le garder.

Justine lui réplique qu’elle s’en fout et qu’elle ne la connaît pas. »

C’est profondément glauque, c’est d’une indifférence terrible. C’est littéralement à vomir.

Voici un autre exemple (Le date PAR-FAIT d’Ernestine : “J’ai très envie de me taper son pote”) :

« On parle aussi de son histoire d’amour, de son mariage en couple libre. J’aime bien la façon dont il en parle. Je connais plein de couples en mode “mariage ouvert” et je trouve souvent qu’ils se racontent des histoires. Là, non, je comprends leur truc.

Mais je me rends aussi compte que le mec est hyper amoureux de sa femme. Et que donc qu’il ne se passera jamais rien de sérieux entre lui et moi. Il est très clair sur ce qu’il a à offrir. Du coup, les choses sont assez saines.

Bon à la fois ça ne me donne pas très envie de le pécho. C’est pas hyper sexy quoi un mec à fond sur sa meuf. (…)

Là, un peu bourrée, je lui dis : “Bon écoute, on a un problème. J’ai envie de me taper ton pote”.

Il a alors cette réaction de polyamoureux qui est juste trop bien.

“Ernestine. Je n’ai aucun droit sur ton désir. Et c’est ton corps. Comment pourrais-je m’arroger des droits dessus ?”

Je lui roule un pelle parce que bonne réaction trop classe. Et du coup, je vais voir Olle et je lui dis : « C’est bon, c’est OK. On peut se pécho. »

Je lui ai roulé une énorme pelle et on est partis baiser chez moi. Je n’ai jamais revu Olle. Au début je pensais le revoir et puis c’est mort tout seul et ça c’est jamais fait. »

Les choses seraient assez saines, car on poserait une base “claire” dès le départ : peut-on aller plus loin dans la négation de l’émotion, de la réalité sentimentale?

Tout ici est calcul, manipulation des gens autour de soi, utilisation de son propre corps comme un objet.

Et tout doit être mis à la disposition pour cela. Le Monde a publié un article cette semaine, intitulé « Aujourd’hui, si je n’étais pas sous PrEP, je serais déjà séropositif ». Quelque chose d’hallucinant, de complètement fou même. En voici un extrait :

« En France, 5 000 personnes seraient sous PrEP, la pilule « anti-sida ». Disponible depuis plus d’un an dans l’Hexagone, elle est surtout prescrite aux gays et bisexuels dont les pratiques sexuelles sont à risque. (…)

Depuis un an et demi, quelque chose a changé dans sa vie : Guillaume est « prépeur ». Comprenez : sous PrEP (prophylaxie préexposition). Chaque matin, il prend un comprimé composé de deux antirétroviraux hautement actifs contre le VIH, alors qu’il est séronégatif et en pleine santé.

Cela lui permet d’avoir des rapports sexuels avec et sans préservatif, avec un risque de transmission proche de zéro. Pour faire court, c’est une « pilule anti-sida ». Une nouvelle stratégie de prévention du VIH s’adressant aux personnes les plus exposées au virus.

Dans la cuisine de son 30 mètres carrés lumineux, entre les capsules à café et la machine à laver, le pilulier en plastique blanc se fond dans le décor. C’est du Truvada, la marque phare de ce médicament « qui [le] protège de l’intérieur », et fait de lui, affirme-t-il, un « avant-gardiste libéré qui prend soin de lui ». Guillaume a les idées claires comme l’est le ciel de Paris ce matin de septembre. »

Faut-il être plus ébahi devant la métaphore du ciel de l’est parisien ou devant l’hallucinante proposition selon laquelle cette personne aurait les « idées claires » ?

On a ici affaire à un éloge de l’auto-destruction, au nom de l’individu “faisant ce qu’il veut”.

Et pour bien comprendre l’ampleur sociale de ce désastre, être sous PrEP » est quelque chose de remboursé à 100 % par la Sécurité sociale ! Et c’est à la carte : on peut l’avoir en continu, ou juste pour plusieurs jours… Cela coûte 180 euros le mois, plus de quatre cents même avant l’arrivée des génériques en juillet dernier.

C’est un exemple pathétique de comment une société s’autodétruit dans un mélange individualisme – capitalisme – déresponsabilisation – négation des sentiments – refus de construire un couple.

Mais est-ce vraiment nouveau, que ce culte du fait de coucher avec n’importe qui sans lendemain, comme « libération » de l’individu ? Pas du tout, rappelons-nous de la chanson de Michel Fugain, « Une belle histoire ».

En 1972, la chanson s’est vendue à 800 000 exemplaires en version 45 tours et c’est un tube de la radio. Alors que c’est une chanson insipide, totalement glauque, où on ne trouve du sens que dans une sorte de fuite en avant, qui n’atteindra par définition aucune profondeur, puisque sans sentiments…

C’est un beau roman, c’est une belle histoire
C’est une romance d’aujourd’hui
Il rentrait chez lui, là-haut vers le brouillard
Elle descendait dans le midi, le midi
Ils se sont trouvés au bord du chemin
Sur l’autoroute des vacances
C’était sans doute un jour de chance
Ils avaient le ciel à portée de main
Un cadeau de la providence
Alors pourquoi penser au lendemain

Ils se sont cachés dans un grand champ de blé
Se laissant porter par les courants
Se sont racontés leur vies qui commençaient
Ils n’étaient encore que des enfants, des enfants
Qui s’étaient trouvés au bord du chemin
Sur l’autoroute des vacances
C’était sans doute un jour de chance
Qui cueillirent le ciel au creux de leurs mains
Comme on cueille la providence
Refusant de penser au lendemain

C’est un beau roman, c’est une belle histoire
C’est une romance d’aujourd’hui
Il rentrait chez lui, là-haut vers le brouillard
Elle descendait dans le midi, le midi
Ils se sont quittés au bord du matin
Sur l’autoroute des vacances
C’était fini le jour de chance
Ils reprirent alors chacun leur chemin
Saluèrent la providence en se faisant un signe de la main

Il rentra chez lui, là-haut vers le brouillard
Elle est descendue là-bas dans le midi
C’est un beau roman, c’est une belle histoire
C’est une romance d’aujourd’hui

On a ici exactement les mêmes valeurs mentionnées plus haut : déresponsabilisation, refus de construire, individualisme forcené, négation des sentiments…

C’est l’approche de la vie individuelle comme micro-entreprise : tout est une question de consommation, de manipulation, d’utilisation, de rapports de force.

C’est la négation des sentiments, la mutilation de sa propre vie!

Et pour conclure sur une note positive et rappeler vers quoi il faut se diriger, voici les paroles de la chanson The Power of Love du groupe Frankie Goes to Hollywood, en 1984.

L’approche de cette chanson, si valorisée par le passé, est aujourd’hui vue comme candide, naïve, fausse par l’idéologie dominante. C’est faux : ce qui y est dit est juste dans sa mise en perspective!

[partie manquante dans la version single
I’ll protect you from the hooded claw
Keep the vampires from your door
Je te protègerai de la griffe encapuchée [allusion au méchant du dessin animé Pattaclop Pénélope!]
J’éloignerai les vampires de ta porte]

Dreams are like angels
They keep bad at bay… bad at bay
Les rêves sont comme des anges
Ils gardent le mal au loin… le mal au loin

Love is the light
Scaring darkness away
L’amour est la lumière
Qui effraie au loin les ténèbres

I’m so in love with you
Purge the soul
Je suis si amoureux de toi
Purgez l’âme

Make love your goal
Faites de l’amour votre but

The power of love
A force from above
Cleaning my soul
Le pouvoir de l’amour
Une force d’en haut
Nettoyant mon âme

Flame on burn desire
Love with tongues of fire
Une flamme sur un désir ardent
L’amour avec des langues de feu

Purge the soul
Make love your goal
Purgez l’âme
Faites de l’amour votre but

I’ll protect you from the hooded claw
Keep the vampires from your door
Je te protègerai de la griffe encapuchée
J’éloignerai les vampires de ta porte

When the chips are down I’ll be around
With my undying, death-defying love for you
Aux moments critiques je serai là
Avec mon amour pour toi qui ne meurt pas, défiant la mort

Envy will hurt itself
Let yourself be beautiful
L’envie se blessera toute seule
Laisse-toi être belle

Sparkling love.. flowers and pearls and pretty girls
Amour étincelant…fleurs et perles et jolies filles

Love is like an energy
Rushin’ in… rushin’ in… inside of me
L’amour est comme une énergie
Qui se précipite… se précipite… en moi

The power of love
A force from above
Cleaning my soul
Le pouvoir de l’amour
Une force d’en haut
Nettoyant mon âme

Flame on burn desire
Love with tongues of fire
Une flamme sur un désir ardent
L’amour avec des langues de feu

Purge the soul
Make love your goal
Purgez l’âme
Faites de l’amour votre but

This time we go sublime
Lovers entwine, divine, divine
Cette fois nous devenons sublimes
Des amants enlacés, divin, divin

Love is danger, love is pleasure
Love is pure, the only treasure
L’amour est un danger, l’amour c’est le plaisir
L’amour est pur, l’unique trésor

I’m so in love with you
Purge the soul
Make love your goal
Je suis si amoureux de toi
Purgez l’âme
Faites de l’amour votre but

The power of love
A force from above
Cleaning my soul
Le pouvoir de l’amour
Une force d’en haut
Nettoyant mon âme

The power of love
A force from above
A sky-scraping dove
Le pouvoir de l’amour
Une force d’en haut
Une immense colombe

Flame on burn desire
Love with tongues of fire
Une flamme sur un désir ardent
L’amour avec des langues de feu

Purge the soul
Make love your goal
Purgez l’âme
Faites de l’amour votre but

“Balance ton porc”

Le troisième « X » de la culture straight edge est tout autant important que les deux premiers. Au refus de l’alcool et des drogues, s’ajoute le refus d’avoir des rapports sexuels sans relation durable.

C’est une valeur essentielle, car elle pousse à aller dans le sens naturel de la construction, sans être happé par une idéologie de la consommation. Une relation durable, avec attachement et dévouement, est authentique et engage toute notre personnalité.

Quiconque ment est condamné à s’effondrer, à nier une partie de sa personnalité, à déformer son esprit.

La consommation, avec toute sa dimension impersonnelle et mécanique, n’est que manipulation et culte de l’ego, fuite en avant et écrasement de la possibilité d’éprouver des sentiments. C’est un saccage, aboutissant à une destruction.

On sait dans quelle mesure ce point de vue est dénoncé en France comme « puritain », au nom de la « liberté ». Comme s’il était naturel d’être libertin ou de tromper, comme s’il était naturel de détruire une relation durable juste pour satisfaire des caprices.

Mais il est vrai qu’en France on rejette la « Nature », tout serait dans le « choix ». Le couple serait dépassé, au nom du « polyamour », du droit de tromper, du droit d’abandonner, etc.

Le bonheur serait dans la consommation et comme l’a dit il y a quelques jours, Marlène Schiappa, Secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, le couple, c’est dépassé !

“Il n’y a pas de modèle unique de famille” : c’est la remise en cause du couple. Au nom de la “complexité” des choix des individus devenus rois… C’est le culte de la consommation individualiste.

Plus personne n’a rien à assumer, seulement à consommer. Ce n’est pas seulement moralement faux, car on laisse tomber quelqu’un. C’est absurde, car c’est nier sa propre existence dans la mesure où l’on nie ses propres attachements, dans la mesure où l’on nie ce dont on fait partie.

On devrait se concevoir comme une entité totalement autonome, vivant par la consommation.

Derrière le côté aseptisé de Facebook et l’illusion du bonheur sur Instagram, il y a pourtant les faits.

Et dans les faits, la « liberté » c’est celle du plus fort, celle des hommes qui ont du pouvoir institutionnel. C’est cela qui explique le grand succès du hashtag #BalanceTonPorc sur twitter, où des femmes racontent des agressions sexuelles.

Les témoignages y sont révoltants, comme par exemple ceux-ci :

« 1er stage de journalisme à Paris, j’avais 18ans. Le red chef m’embrasse de force. Il venait d’etre jeune papa. »

« Un red chef, grande radio, petit couloir, m’attrapant par la gorge : “un jour, je vais te baiser, que tu le veuilles ou non” »

Malheureusement, ils sont souvent l’expression de femmes éduquées, feignant d’être étonnées de ce que le milieu des entreprises se fonde sur des rapports de pouvoir.

Comme si le petit monde capitaliste était sympathique et non rempli de carriéristes et de manipulateurs, d’opportunistes et de trompeurs, d’agresseurs et d’écraseurs…

Ce n’est pas très sérieux. Ce n’est pas parce qu’Emmanuel Macron est président qu’on ne vit pas dans une société de beaufs. Derrière l’apparence, Emmanuel Macron doit d’ailleurs lui-même obéir aux valeurs dominantes.

Il n’y a qu’en s’opposant à ce système, de manière personnelle, en s’engageant en tant qu’humain, dans la confrontation, qu’on peut se préserver.

C’est le principe d’être révolutionnaire…

Encore faut-il en avoir le courage, en refusant toute corruption.

L’affaire Weinstein aux Etats-Unis, prétexte à une certaine libération de la parole féminine, est ainsi à la fois ignoble et ridicule, parce qu’elle n’a rien de nouveau.

Les moeurs agressifs d’un producteur, c’est ignoble, mais cela n’a rien d’original? Cela correspond aux mœurs hollywoodiens décadents depuis le départ, dans ce mélange de capitalisme et de spectacle, de pouvoir financier et de divertissement abrutissant des gens.

La vidéo qui ressort d’ailleurs pour bien souligner cela est la suivante : on y voit Courtney Love, chanteuse du groupe Hole ; elle a alors déjà abandonné toute sa culture grunge pour passer dans le show business.

Mais là elle craque et balance, en sachant qu’elle ne le « devrait » pas, conformément à l’omerta hollywoodienne…

« – Un conseil pour une jeune qui voudrait débuter à Hollywood ?

– Je sais que je vais me faire démolir si je dis ça, si weinstein vous propose une soirée privée au [complexe hôtelier] four seasons, n’y allez pas. »

Cette vidéo date de 2005 et elle n’a fait que dire ce que tout le monde savait et ce que tout le monde a accepté. Gwyneth Paltrow, par exemple, a elle-même été agressée, cela ne l’a pas empêché de remercier Harry Weinstein en pleurs lors de la cérémonie des oscars.

Quelle hypocrisie terrible… Le système parvient à faire des victimes des personnes consentantes, s’imaginant tout de même en profiter, quand même avancer dans leur vie.

Alors qu’en réalité, c’est la mort de l’esprit à petit feu, la souffrance marquée à vie pour le corps, l’esprit et le corps étant une seule et même chose qui plus est.

C’est ici la norme : pour participer à l’industrie hollywoodienne, aux fondements pourris, il faut participer à la pyramide de l’autorité et de l’humiliation.

Il serait tout à fait ridicule de ne pas penser que ce n’est pas pareil dans les médias ou dans la mode (récemment c’est le photographe Terry Richardson qui a accumulé les scandales). Tous ces milieux remplis de carriéristes et d’opportunistes sont prêts à tout pour avancer et servent de victimes sacrificielles pour des dégénérés profitant de leur puissance.

Et tout le monde sait très bien que les hommes ayant du pouvoir dans les institutions politiques ou économiques sont des beaufs, n’hésitant pas étaler leur agressivité sexuelle. C’est un constat élémentaire de la vie sociale, malheureusement, avec toute une hypocrisie française anti-« puritaine ».

C’est ce qu’Isabelle Adjani a très bien résumé hier dans le Journal du Dimanche, en disant :

« En France, il y a les trois G : galanterie, grivoiserie, goujaterie.

Glisser de l’une à l’autre jusqu’à la violence en prétextant le jeu de la séduction est une des armes de défense des prédateurs et des harceleurs. »

Ce qu’il y a de bien dans ces trois « G », c’est qu’il y a la tentative de définir le problème, de chercher quelle est la base culturelle du phénomène.

Et effectivement en France il y a un problème : on ne respecte pas l’intégrité des gens, en particulier des femmes. Cela a aussi à voir avec le fait de considérer le couple comme quelque chose de relatif, qu’on peut balancer par-dessus bord.

Il faut se rappeler ici de cet épisode qui a profondément marquer l’opinion publique, avec Michel Rocard expliquant en 2001 à Thierry Ardisson dans une émission qu’embrasser ou “sucer” ce n’est pas tromper!

Cet épisode a été durablement mis en valeur par ceux qui relativisent, qui nient la valeur du couple.

Car il y a une idéologie de la “consommation” sexuelle, du libertinage. Il n’est nul question de « porc » : ce qui est grave ici, c’est que les accusations justes contre les beaufs se transforment en argumentaire de type religieux contre les hommes en général, assimilés aux cochons.

C’est en effet un grand classique de la religion catholique que l’accusation selon laquelle les hommes sont emportés par leur réalité matérielle et ne penserait qu’à se « goinfrer » et « forniquer », en étant grossier et brutal.

Les pauvres cochons seraient conformes à cette vision délirante relevant de la fantasmagorie religieuse.

C’est la fameuse dénonciation du « pourceau d’Épicure », ce dernier étant un philosophe grec qui n’est rien d’autre qu’un de nos lointains prédécesseurs de l’antiquité.

Il est évident que la dénonciation des « porcs », ici des hommes en général, vise à cacher en fait que le cœur du problème ce sont ces milieux aux valeurs pourries et décadentes.

Comme cela demande toutefois une critique de la réalité, et que la parole relève surtout de femmes privilégiées socialement, on dévie la cible et on passe à une critique des hommes en général.

Sans voir que c’est le même discours que par exemple l’Islam qui veut que les femmes se voilent justement pour se protéger des hommes et de leurs pulsions qui seraient incontrôlables.

Sans, surtout, aller à une critique qui valoriserait la morale et la construction personnelle dans le couple. La morale et la construction personnelle dans le couple étant inacceptable pour une société fondée sur les individus autonomes, “libres de faire ce qu’ils veulent”, picorant autour d’eux sans jamais se sentir lié…

L214 fait de l’éleveur Jean Rochefort un “défenseur des animaux”

L214 a salué la mémoire de Jean Rochefort, acteur décédé hier, en le présentant sous un jour extrêmement positif pour son rôle en faveur des animaux. Naturellement, nous avons voulu savoir dans quelle mesure c’était vrai.

Car c’un cas d’école chez L214 que cete récupération manipulatrice et mensongère de n’importe qui ou n’importe quoi, en en appelant à l’irrationnel et au sentimentalisme au moyen de quelques anecdotes censées être représentative d’une défense des animaux.

L’exemple est d’ailleurs parlant. Voici donc ce qu’a dit L214 sur son facebook :

Jean Rochefort était censé avoir porté “un profond respect à tous les animaux”. Le minimum pour cela voudrait dire qu’il était vegan (et nous ne pensons pas qu’être vegan soit d’ailleurs suffisant, car il faut aimer les animaux et les soutenir dans les faits).

Il ne l’était pas, même pas végétarien d’ailleurs, et en plus c’était un éleveur professionnel, un fanatique de l’utilisation des chevaux. L214 peut appeler cela être “amoureux des chevaux”, ce n’est pas notre point de vue.

Précisons bien qu’il ne s’agit nullement d’accabler Jean Rochefort comme individu, qui plus est à l’occasion de sa mort. C’est l’interprétation irrationnelle (ou manipulatoire) qu’il s’agit de critiquer ici.

Que Jean Rochefort ait pu avoir quelques avis sympathiques, certainement, comme par ailleurs l’écrasante majorité des gens si on y regarde bien… Mais jouer sur la sensiblerie pour masquer les curseurs et les frontières, pour gommer la différence entre ce qui est juste et injuste, bien et mal, c’est non.

Le lien mentionné par L214 aboutit d’ailleurs à un très court extrait de propos de Jean Rochefort à la radio France Culture en 2012.

Jean Rochefort y explique que les abattoirs industriels, c’est une horreur, et qu’il regrette le temps où le bourgeois et la personne moyenne mangeant le “même poulet”.

Cela n’en fait pas une critique de la réalité allant dans le sens de la libération animale… C’est simplement une nostalgie classique, comme on en trouve dans le film “L’aile ou la cuisse”

C’est l’idéalisation classique du passé, propre à un homme par ailleurs connu pour son engagement dans la droite conservatrice. Son style dandy a correspondu à des valeurs de la bourgeoisie traditionnelle, celle qui avait encore des valeurs, une éducation et des principes (qui ne sont pas les nôtres par ailleurs).

Jean Rochefort a donc dénoncé l’abattage industriel, comme par ailleurs la corrida. Mais ce sont des anecdotes, car en pratique il a été un éleveur de haut niveau, et même “à l’origine de la première transplantation d’embryons chez la jument”, comme on l’apprend dans une interview donnée au magazine équestre “Cheval Savoir“.

C.S. Parlez-nous de Jean Rochefort éleveur…

J.R. J’ai été absolument passionné par l’élevage, et là aussi, je fonctionnais complètement à l’instinct.

Un jour, j’étais avec ma jument de concours, Téfine, une jument vendéenne qui avait un peu de sang cob normand, et d’excellents aplombs. Un homme (manifestement un éleveur pur et dur) est passé à côté de moi et a laissé tomber : “quand on a une jument qui a un dos comme ça, on devrait la faire pouliner”.

J’ai obéi ! J’ai cherché un étalon, et j’ai voulu Laudanum, comme ça, par coup de coeur ; je n’étais pas compétent, mais j’adorais ce cheval.

J’ai fini par le trouver, boiteux, au fond d’une cabane. La saillie (en monte naturelle bien sûr…à l’époque il n’y avait que cela) a eu lieu sous l’ironie des personnes présentes. C’était la première, ou peut-être la deuxième saillie de Laudanum.

Il a ainsi été le père de Nashville, (je donne toujours des noms de films à mes poulains) qui a fait une carrière magnifique sous la selle de Jean-Maurice Bonneau.

Laudanum a eu ensuite la carrière de reproducteur que l’on sait, et une des filles de Nashville a été l’an dernier en tête des gains des chevaux de 6 ans, alors qu’elle ne toise que 1,53 m !. (…)

C.S. Toujours à propos de votre passion d’éleveur, vous avez été à l’origine de la première transplantation d’embryons chez la jument ?

J.R. Oui, c’est une chose dont je suis très heureux, qui a été très importante pour moi : cette première transplantation effectuée par le Dr Palmer a été faite sur une de mes juments…

C’est terrible. Cette histoire de transplantation correspond au principe des mères porteuses ; elle vise à permettre à la jument de pouvoir continuer à avoir une carrière dans les courses, tout en permettant la reproduction de manière technologique…

C’est naturellement odieux et il est inacceptable de mettre en avant Jean Rochefort en affirmant qu’il a un rapport positif aux animaux. Il a joué un rôle essentiel dans les rouages de l’exploitation animale des chevaux.

Il a d’ailleurs même été décoré pour cela, comme montre ses propos rapportés par Gala :

“J’ai décro­ché le Mérite Agri­cole pour avoir été à l’ori­gine de la première trans­plan­ta­tion d’em­bryons chez la jument. Je veux qu’on l’ins­crive sur ma tombe. J’ai le cabo­ti­nage post-mortem !”

Il a, par ailleurs, été le commentateur des courses équestres à la télévisiondes épreuves équestres aux JO de 2004 et 2008.

Quand on voit cela, on se dit que L214 est d’un opportunisme assez viscéral, à ce degré.

Notons par ailleurs qu’une photo tirée de l’interview de Cheval Savoir a pu par ailleurs être utilisée sur internet ici ou là.

Le commentaire de “Cheval Savoir” n’a naturellement aucune valeur à nos yeux. Mais cela suffit à certains pour faire de cette photo un témoignage d’opinion engagée.

En réalité, la photographie illustre le passage suivant :

C.S. Vous êtes engagé dans la défense des chevaux maltraités…

J.R. Oui. La défense animale en général me semble un combat nécessaire. Je lis en ce moment le livre de Jonathan Safran Foer “Faut -il manger les animaux ?” C’est un livre que je vous recommande vivement. Les méthodes d’élevage industriel font froid dans le dos. Je ne suis pas encore végétarien, mais je compte le devenir…

Jean Rochefort n’est pas végétarien, mais cela le travaille, comme beaucoup. Sauf qu’en 2011, date de l’interview, il fallait déjà mettre en avant le véganisme… Et de toutes façons, c’est l’élevage industriel qu’il dénonce.

Quand on voit son parcours, son attitude visant à dénoncer que tout aille trop loin, sa posture de dandy, cela en fait au mieux quelqu’un proche des thèses fachos du “avant c’était mieux”, pas quelqu’un visant une utopie universelle végane. D’ailleurs, s’il défend les chevaux, c’est parce qu’il les aime bien, voilà tout.

Et encore, les défendre est un grand mot, comme en témoigne ses propos au Figaro au sujet d’un tournage :

Avez-vous des regrets?

Le jour où on est satisfait de soi-même, on est foutu. Le doute est un carburant nécessaire. Je regrette infiniment l’expérience de Don Quichotte de Terry Gilliam, un metteur en scène pour lequel je n’ai plus d’estime. Le tournage (en 2001, ndlr), inachevé, a été interrompu par une hernie foudroyante.

De plus, j’avais accepté de monter sur un cheval qui, pour ressembler à Rossinante, n’avait pas été nourri pendant quarante jours. Les soigneurs avaient des pommes accrochées dans le dos pour qu’il marche.

Deux jours après mon arrêt, le cheval est mort. Moi, l’homme de cheval, j’avais accepté cette horreur! À la douleur physique, au renoncement du rôle, s’ajoutait la honte. Mon psychiatre m’a aidé à faire sortir peu à peu tous ces maux. Et à me relever d’une grave dépression.

C’est un bon exemple, car cela signifie que Jean Rochefort n’a pas su systématiser son amour des chevaux, l’universaliser. Il a donc échoué en 2001, et il l’a bien compris. C’est à son honneur, mais cela n’en fait pas un défenseur des animaux.

Cela en fait quelqu’un qui a échoué à aimer les animaux. En pratique, il ne dépasse pas la position d’éleveur professionnel, fervent défenseur des activités équestres, qui veut que les choses restent “mesurées”, “à l’ancienne” en quelque sorte… Mais qui n’a pas été capable pour autant de défendre le pauvre cheval du film “Don Quichotte”.

On notera d’ailleurs que les propos de Jean Rochefort aurait dû aboutir à une enquête et à la condamnation du réalisateur. Cela n’est évidemment pas le cas.

Notons même que Terry Gilliam salue Jean Rochefort précisément avec une image où l’on voit ce pauvre cheval… Quelle ignominie…

Le réalisateur Terry Gilliam montre vraiment ici qu’il n’a rien compris aux animaux. Une telle publication, alors que l’animal est mort deux jours après la photographie, après avoir été affamé… cela fait froid dans le dos.

Quand on voit tout cela, quand on sait que Jean Rochefort a été un éleveur même décoré pour son activité, peut-on alors faire de cet acteur un défenseur des animaux, ou même des chevaux? Certainement pas.

A croire pourtant qu’il sufit qu’il dise qu’il ne faut pas manger les chevaux – seulement donc les utiliser pour des courses, comme des objets – pour en faire quelqu’un de bien, comme chez Brigitte Bardot, qui parle d’une “hécatombe d’étoiles qui s’éteignent avec la mort de Jean Rochefort”…

Peut-on alors aussi comprendre certains commentaires irrationnels qu’on trouve sur le facebook de L214 ?

“C’est toujours les meilleurs qui partent en premiers malheureusement.”
“Un grand homme, il a porté son art à la cause animale”
” Un très grand Monsieur ! Reposez en paix.
“Adieu Monsieur Rochefort. Vous allez nous manquez. Reposez en paix Monsieur Rochefort ami des animaux.”

Ces commentaires sont absurdes, ou plutôt symptomatiques : tout ce cinéma ne sert qu’à larmoyer, afin de se mettre soi-même en avant, de prétendre que le monde est uniquement dur, qu’on ne peut rien et que la cause est vouée au martyr.

C’est ignoble et L214 joue là-dessus pour s’imposer comme association institutionnelle. C’est du racolage morale absolument affreux.

Alors qu’en plus, sans sacraliser Jean Rochefort, sans le transformer en “ami des animaux”, il y avait matière à réflexion.

Pour preuve, nous avons trouvé cette chanson où Jean Rochefort raconte un beau texte sur les chiens abandonnés, dans un 45 tours au profit de la SPA. C’est très dur et on sent qu’il saisit très bien la signification du texte lu.

C’était bien plus cela qu’il fallait mettre en avant qu’une photographie de Jean Rochefort à prétention esthétisante, faisant passer celui-ci pour ce qu’il n’a pas été.

Quand ils ont claqué la portière
Il n’a pas compris tout de suite
Il a couru longtemps derrière
Mais la voiture allait trop vite

Et pendant des journées entières
Il a vu les autos passer
Mais vous, auriez-vous fait marche arrière
En voyant ce chien sans collier ?

Car après les premières caresses
Puis quelques mois d’indifférence
Beaucoup de chiens perdent leur laisse
Au début des grandes vacances…

Comme un objet que l’on jette
Quand il n’est plus au goût du jour
Il sera remplacé peut-être
Par un chien plus jeune au retour…

Le chien abandonné en été par ses maîtres
Flaire toujours la route et fait des kilomètres
Il traverse les villages et s’approche des enfants
Qui n’osent le caresser de peur qu’il soit méchant,
De peur qu’il soit méchant

Il n’a pas oublié ses maîtres
Depuis le jour qu’il vagabonde
Et pour les retrouver peut-être
Il ira jusqu’au bout du monde

Il n’a plus d’âge et plus de race
Qu’importe comment il s’appelle
Mais à le voir suivre leurs traces
Moi, je vais l’appeler Fidèle

Le chien abandonné en été par ses maîtres
Sur le bord d’un fossé vaut bien que l’on s’arrête
Qu’on ouvre sa portière pour le faire monter
Pour qu’un jour en été il n’y ait plus jamais
De chien abandonné.

Voilà qui est utile et qui fait partie du patrimoine de la défense des animaux. Voilà ce qu’il faut valoriser et évaluer objectivement, et non pas sacraliser tout et n’importe quoi, afin d’alimenter l’irrationnel et de masquer qu’en fait l’exploitation animale est en expansion exponentielle à l’échelle planétaire.

Aucun compromis avec McDonald’s, burger “veggie” ou pas

Dans la culture rasta, la société moderne est qualifiée de Babylone ; c’est bien sûr une référence chrétienne au fait que dans la Bible, Babylone est le symbole de l’oppression, d’un mode de vie incorrect.

L’allégorie de Babylone a pu être utilisé ici et là, et si la portée religieuse est sans intérêt, ce qui compte à l’arrière-plan, c’est la valorisation de la question de la vie quotidienne.

Ce qui est décisif, c’est la manière de vivre dans sa nature quotidienne.

Non pas que révolutionner sa vie quotidienne suffise. Être anarcho-punk ne change clairement pas le monde. Ni même le fait d’être vegan, en fait. Mais être vegan,  c’est une condition sine qua non pour aller à l’assaut de cette société et la changer.

Tout relativisme est alors une faille.

Pourquoi dire cela ? Car McDonald’s a sorti un burger végétarien, qui va être testé plus d’un mois en France (du 10 octobre au 27 novembre 2017).

Le « grand veggie » sera composé d’une galette végétarienne composée d’un mélange de salsifi, carotte, emmental et céréales, avec en garniture, de la salade, du chou rouge et blanc et une sauce au pesto rouge, avec deux pains parsemés de graines de courge, de sésame et de pavot.

Le tout “made in France”, McDonald’s insistant particulièrement sur ce côté “terroir”.

Il existe aussi ailleurs un burger végétalien, le McSpice, avec comme base un « steak » de haricots rouges, de carottes, de poivrons verts et d’oignons rouges. Il est présent en Norvège depuis peu, et a ou existe encore en Afrique du Sud, en Arabie Saoudite et en Belgique ; une version avec fromage est aussi disponible. Il y a également en Inde un McVeggie, avec un steak de légumes (petits pois, carottes, haricots, oignons, patates et riz).

Peu importe, car ce qu’il est nécessaire de réaffirmer ici, c’est qu’il n’y a rien de végan. Le véganisme n’est pas le végétalisme. Même si la nourriture est vendue à part, Mc Donald’s reste un monstre de l’exploitation animale, le symbole d’une consommation ignoble, d’un mode de vie infâme.

McDonald’s est une machine de guerre, c’est le capitalisme tourné vers l’exploitation animale de très grande consommation, avec un perpétuel souci d’agrandissement, de modernisation.

Avec, aussi, une très grande attention portée à ce que tout reste niais, aseptisé, stupide.

Il ne s’agit pas ici de faire de l’anti-américanisme primaire et forcément stupide, ni d’ouvrir un débat sur la possibilité ou non de manger végétalien dans un restaurant qui ne l’est pas. On sait bien à quel point il n’est pas forcément aisé de se confronter au réel avec toute la rage nécessaire et il ne s’agit pas de jeter la pierre à des gens tentant d’organiser leur vie quotidienne.

Des discussions sont possibles et nécessaires, bien entendu ; le sujet est complexe et demande de la finesse. Pour Mc Donald’s, par contre, aucun débat n’est possible. McDonald’s est un ennemi.

C’est un ennemi prioritaire. Au même titre que les kebabs ou les fast-foods « bien de chez nous », d’ailleurs, car l’aspect essentiel n’est nullement l’origine nationale, mais le fait qu’il s’agisse d’une consommation de masse, à vocation « plaisante » et relativement peu onéreuse.

L’accessibilité d’une telle consommation, voilà la réelle ennemi, et non pas une pseudo « végéphobie » qui est vraiment une fantasme de gens cherchant à tout prix à refuser l’esprit de confrontation et de lutte.

Être vegan signifie lutter, signifie la rupture. Ce que proposent en ce moment L214, l’association 269, les petits boutiquiers et autres épiciers, les magasins bios, n’est qu’un moyen d’intégrer, de saboter, de dévier vers le symbolique et la consommation.

Alors que la question qui compte, c’est celle de la production à l’échelle du monde.

Croit-on vraiment changer le monde en portant de manière immorale des cadavres d’animaux dans les bras, en montrant des vidéos sordides, en passant une nuit devant un abattoir ?

Tout cela est bon pour la bonne conscience, et encore, mais cela ne modifie en rien la réalité. Ce n’est pas une contribution à la bataille pour la libération, une libération qui passe par la confrontation avec les tyrans.

McDonald’s est un tel tyran.

McDonald’s est une entreprise de très grande envergure tentant de faire passer l’exploitation animale la plus poussée pour un acquis démocratique ; chez McDonald’s, on peut venir comme on veut, il y a un côté plaisant et familial : tout cela n’est qu’un masque infâme, un éloge de la niaiserie la plus violente, la plus criminelle même.

Au 21e siècle, tout le monde sait ce que représente McDonald’s, à savoir la continuation d’un mode de vue superficiel, anéantissant l’Amazonie, élargissant l’exploitation animale, avec des conditions de travail très difficiles pour un salaire misérable, tout cela au service du bon plaisir individuel totalement aliéné et d’une entreprise richissime.

Les nouveaux burgers végétarien ou végétalien sont ainsi une insulte au véganisme. Ils témoignent d’une offensive pour corrompre les gens ayant une conscience, ils prétendent être ce qu’ils ne sont pas, car McDonald’s est un lieu qui est une insulte à la conscience, à la Nature, à la culture, à ce que devrait être chaque être humain portant la moralité.

Par conséquent, les burgers végétariens ou végétaliens de McDonald’s doivent être dénoncés comme l’exemple de l’hypocrisie de la part de l’exploitation animale, comme exemple aussi de corruption par la manipulation de la fibre individuelle des personnes ayant conscience de ce qui se passe.

Quiconque a un peu de conscience et va au McDonald’s se laisse corrompre. Ce n’est pas un compromis anodin, mais un doigt dans l’engrenage qui amène sa totale intégration et son inévitable capitulation.

Jamais on ne soulignera assez que la bataille n’est pas seulement pour que les gens deviennent vegans, mais également qu’ils le restent. Les gens en France n’ont malheureusement pas encore connu, à l’opposé de pays comme la Suède, l’Allemagne, l’Autriche, etc., de vague qui a échoué et qui sert de bilan.

Car entre une base culturelle insuffisante et l’offensive de l’industrie de l’exploitation animale, des revues féminines et du bio, il ne va pas rester grand-chose de la vague vegan actuelle. La corruption individuelle est inévitable ; le véganisme n’est pas populaire, il n’est pas ouvrier, il n’est pas ancré dans la vie quotidienne, il est surtout un lifestyle à la mode, larmoyant et branché en même temps, glauque et élitiste à la fois, purement symbolique et sans volonté de rupture.

De rupture dans la vie quotidienne. C’est peut-être ici la preuve qu’il n’est pas possible de porter le véganisme sans la dimension straight edge. C’est sans doute la preuve que sans assumer une mentalité stricte, disciplinée, refusant toute échappatoire, on succombe.

Car la corruption, dans « Babylone » est partout ; elle s’immisce dans la moindre interstice, elle creuse et fait tomber même les meilleurs.

Pourtant, la bataille ne s’arrête jamais, il doit continuer jusqu’à la victoire. Il faut faire tomber Babylone et pour cela il faut une morale inébranlable, des principes indiscutables, un projet collectif rationnel, une conscience de l’enjeu qui n’est pas moins que la bataille pour la planète.

Lettre ouverte aux vegans de Pézenas, de l’Hérault, de France et d’ailleurs

François Ferdier est un éleveur de l’Hérault, membre de la Coordination Rurale 34. Il a rendu public une lettre ouverte « aux vegans de Pézenas, de l’Hérault, de France et d’ailleurs ».

Comme toutes les lettres ouvertes, elle feint le dialogue pour, comme de bien entendu, attaquer un concurrent sur le plan des idées. La Coordination Rurale, c’est en effet le slogan “Pour sauver un paysan, mangez un végan“, la pendaison d’une vache morte depuis trois semaines à la permanence d’un député des Républicains en Normandie

Voici la lettre.

Madame, Monsieur, vous défendez la cause animale dites-vous, et je la défends aussi. Or, je défends aussi mes collègues agriculteurs, ceux dont la profession est de nourrir les Hommes.

Car sans nourriture point n’est besoin de médecin, de psy et des autres professions.

Aujourd’hui, un agriculteur se suicide tous les deux jours, soit près de 200 paysans par an… Juste pour que les Français puissent manger à leur faim !

N’oubliez pas que sans l’élevage, ce sont les estives ou paissent des vaches, des moutons et des chèvres qui disparaîtront. Il faudra dire adieu aux joies de la glisse en hiver et faire face à un risque accru d’avalanches.

De même, les garrigues privées des chèvres et des brebis Lacaune ou Mérinos,s’embroussailleront et feront la part belle aux flambées estivales, lesquelles n’épargneront pas nos maisons…

Il vous restera, mesdames et messieurs les « végans », à aller brouter l’herbe du mont Lozère et du plateau du Cantal, car sans les Aubracs qui y paissent, ces espaces, où seule l’herbe peut pousser, deviendront une jungle.

Et je ne parle pas de la place essentielle des animaux dans le cycle de la vie organique terrestre !

Lorsque vous défendez les animaux des brutalités de certains individus, lorsque vous vous battez contre la surpopulation « carcérales » de certains élevages, vous avez là toute ma considération. Le bien-être de mes animaux est ma préoccupation quotidienne.

Mais que vous vouliez imposer par des méthodes extrémistes illégales vos points de vue sur la consommation de viande, et sur la vie sans animaux domestiques, cela dépasse les bornes.

Alors oui, je partage sans honte le slogan de mon syndicat : POUR SAUVER UN PAYSAN, MANGEZ UN VÉGAN !

François FERDIER, Coordination Rurale de l’Hérault

Répondons ici brièvement en quelques points :

a) Dire qu’on est dans une situation où il faut se battre pour que la France puisse manger à sa faim est faux. Le gâchis alimentaire est entre entre 95 et 115 kilo par personne dans notre pays.

Il n’y a pas besoin d’une bataille « pour la production ». S’il dit cela, c’est justement en raison du point suivant.

b) François Ferdier se trompe quand il dit que les agriculteurs ont comme « profession de nourrir les Hommes ». Les agriculteurs ont comme profession d’avoir une entreprise. Leur activité concrète est secondaire par rapport à cette fonction.

Et si justement il y autant de suicides, c’est parce que cela ne marche pas pour les petits agriculteurs, qui se font littéralement broyés par les grands groupes. C’est la simple application du principe de la concurrence, de la compétition économique.

L’idée de dire qu’il faudrait « sauver les agriculteurs », c’est simplement un moyen de se protéger dans le cadre de la concurrence économique. D’où le chantage avec le point suivant.

c) Le chantage à la défense du paysage, avec avalanches et incendies sans éleveurs, apparition de jungles, etc. ne tient pas une seule seconde. Rien n’empêche en effet de laisser paître vaches, moutons et chèvres, sans pratiquer l’élevage, en contrôlant la natalité dans un premier temps…

Sans compter que l’élevage est industriel désormais et ne correspond à cette image d’Epinal qui nous est donné. D’où le point suivant.

d) Parler « de la place essentielle des animaux dans le cycle de la vie organique terrestre » n’a aucun sens dans la mesure où ce cycle est naturel alors que l’utilisation des animaux se moque de ce cycle, occassionant pollution et contribution au réchauffement climatique.

L’élevage industriel a explosé depuis cinquante ans et va continuer sa croissance exponentielle dans les trente prochaines années. En quoi cela a-t-il un rapport avec le cycle de la vie terrestre ? Rien, mais tout avec le chaos de la manière humaine de produire. D’où le point suivant.

e) François Ferdier a tort de s’imaginer qu’il est possible de faire sans « la surpopulation « carcérales » de certains élevages. » Qui dit concurrence dit compétition, qui dit compétition dit bataille sur les prix.

Son activité est en décalage avec les grands groupes, peut-être ; il n’en reste pas moins que ce sont toutes les petites activités qui, par leur jeu économique, ont produit les grands groupes. On ne va donc pas retourner en arrière pour que toute recommence, et ce n’est de toute façon pas possible.

Ni souhaitable d’ailleurs, car si l’on peut vivre sans tuer d’être vivant, autant le faire. C’est une manière de voir la vie qui est différente.

Et il est vrai ici que cette bataille positive ne ressort en rien des initiatives récentes des associations L214 et 269life, qui maintenant parfois même s’allient.

François Ferdier réagit en effet avec cette lettre ouverte sur le site de la Coordination rurale 34 aux initiatives de « nuit debout » devant des abattoirs. Des éleveurs étaient souvent venus apporter une « opposition », avec la police servant de tampon. En voici quelques photos.

Les éleveurs ont très bien saisi le problème, comme en témoigne le communiqué de la coordination rurale 34, justement, appelant à se mobiliser.

« Aussi bien les agriculteurs, toutes spécialités réunies, que les consommateurs doivent se préserver contre l’application de l’idéologie végane – dont on ignore les ressources financières mais dont on constate le prosélytisme exacerbé – afin que ne soient pas définitivement anéantis les équilibres économiques et sociaux de notre pays.

Agriculteurs et consommateurs devront être très nombreux le 26 septembre prochain pour engager pacifiquement le dialogue avec les végans et, en respectant leurs pratiques pour eux-mêmes, les convaincre d’abandonner leur volonté de les appliquer à tous. »

S’appuyer sur les traditions, fomenter les suspicions sur les vegans en tablant sur leur manque de projet, jouer sur la dimension économique des bénéfices pour le capitalisme, appuyer la question du libéralisme (chacun fait ce qu’il veut) : tel est le panorama de la contre-offensive de l’exploitation animale.

C’est intelligent, réfléchi, et il y a les moyens derrière. Et les pseudos-actions renforcent cet ennemi.

Car on peut comprendre qu’on ait envie de s’engager. Mais s’imaginer que cela changerait quelque chose de s’habiller en noir et de se rassembler devant des abattoirs, c’est totalement catholique. C’est glauque et cela ne sert à rien ; c’est du témoignage contemplatif.

Et c’est très symptomatique du véganisme français, qui depuis son émergence, ne dépasse pas cet horizon du témoignage, de la mise en avant individuelle, de la logique du boutiquier-commerçant.

Il n’y a aucune réflexion, aucune organisation ; le premier groupe qui lance une activité, quelle qu’elle soit, rassemble un peu de monde, et cela s’arrête là.

Il n’y aucune structure fixe, les gens passent d’une association à une autre, quand ils n’ont pas double ou triple casquette.

Le niveau reste naïf, infantile, limité à une vague dénonciation de l’oppression, sans aucune analyse de la société, aucune remise en cause des institutions, comme si on ne vivait pas dans une société capitaliste, comme s’il n’y avait pas des riches et des pauvres, un style de vie dominant, des mœurs traditionnelles, etc.

Pire encore, on peut même dire que cette approche vise de manière explicite à nier que pour que la libération animale réussisse, il faudra une révolution. Au fond, tous ces gens ne peuvent ne pas le savoir. Ils font donc semblant, ils témoignent.

Ils ne veulent pas mettre leur vie au service de la cause, ils ne veulent pas risquer leur situation personnelle. C’est leur individualité qui prime, leur confort personnel.

Et à l’arrière-plan, rien ne change, car il n’y a pas de militantisme dans la population, seulement du témoignage. Il y a une dénonciation à prétention moraliste, mais personne d’accusé de manière précise à part le “spécisme”, ce mot fourre-tout qui permet surtout aux riches et aux puissants de pouvoir continuer à dormir tranquille.

Tout cela est catholique au possible, une manifestation de bonne conscience, dans un monde pourtant en perdition.

Or, il faut être athée, avec comme perspective une tempête de masse, fracassant un système dans son ensemble, révolutionnant la vie quotidienne.

Ce sont vers les gens qu’il faut aller, c’est dans la population qu’il faut aller, dans toute la France. C’est là qu’il faut dispenser son énergie, en trouvant des voies positives pour la défense des animaux, mais de la Nature, car là est le véritable enjeu de fond, le sens réel de la bataille.