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Piratage de l’Association Nationale des Chasseurs de Grand Gibier et communiqué du Haut-Valromey

L’ALF a piraté le site de l’Association Nationale des Chasseurs de Grand Gibier, ainsi donc que la quasi centaine de sous-sites lui étant liée. A noter que l’ensemble des noms, prénoms et adresses mails des gens inscrits a également été en même temps intercepté.

Voici le communiqué concernant l’incendie de 2000 m² d’un abattoir à Haut-Valromey dans l’Ain. Nous avons pas mal hésité à le publier tellement nous est odieuse cette prose poétique existentialiste, mélange d’antispécisme et de primitivisme, faisant d’un acte non pas une contribution à la libération mais une sorte de raffinement autocentré libéral-libertaire.

Ce discours est un énième exemple de la tentative de récupération du véganisme par des petits-bourgeois enragés qui prennent en otages les animaux pour assouvir leur propre vision fantasmée de la réalité.

Cette nuit là, la lune est décroissante et dans son troisième quartier. Un groupe d’individus s’attaque à un abattoir en y allumant huit incendies, aussi bien sous des véhicules que dans le bâtiment lui-même en l’ayant préalablement forcé et saccagé. Les systèmes électriques ont été attaqués par le feu permettant peut-être de couper les systèmes frigorifique et de télésurveillance. Une fumée noire et âcre envahit le ciel étoilé et s’abat sur le village d’Hotonnes et ses environs.

Nous voudrions commencer par saluer les toujours plus nombreuses attaques de boucheries ayant eu lieu depuis le début de l’année. Ces actions nous ont touchées car elles ne nous ont pas placé dans un simple rôle de spectateures mais nous ont poussé à l’agir. Il nous paraît important de ne pas laisser la répression nous freiner et de diffuser l’attaque antispéciste sans médiation.

L’agir antispéciste se vit aussi dans le quotidien, dans notre rapport aux êtres vivants qui nous entourent. Ainsi il ne nous intéresse pas de critiquer le meurtre comme une valeur intrinsèquement mauvaise car la condamnation morale nous paraît détachée de toute réalité véritablement vécue. Il nous intéresserait plus d’étendre l’antispécisme à toutes les espèces vivantes et de refuser les fausses distinctions entre les êtres dits « sensibles » et les autres. La plantation en masse de sapins pour en faire des planches ou l’élevage intensif de poules pour produire des œufs nous fait un effet comparable. Une friche peut facilement nous évoquer un charnier. Nous ne voulons pas d’un capitalisme vegan ou respectueux des animaux alors qu’il continue d’exploiter d’autres espèces.

Soyons clair, nous ne cautionnons aucun élevage aussi bienveillant soit-il. Cela nous rappelle toujours la domestication et le fait d’envisager la nature autour de nous comme une ressource à exploiter, alors que nous en faisons partie et qu’elle fait partie de nous. Accepter d’en faire partie c’est accepter la multiplicité de ses rapports, que ce soit le regard croisé d’un renard, le bruit d’une hache qui s’enfonce dans du bois, l’arrachage de fruits sauvages au jour qui se lève, l’escalade dans un arbre, la chasse d’insectes qui s’en prennent à notre nourriture ou qui envahissent nos lieux de vie, le conflit verbal ou physique avec d’autres êtres humains.

Abattoirs, élevages, taules, sont autant de manières d’enfermer, de soumettre. En menant cette action, nous avons été accompagnées par nos complices humains et non-humains qui n’étaient pas présents parce qu’enfermées ou menacés de l’être. En exprimant notre colère nous vous portions dans nos cœurs.

Et nous haïssons ce monde qui nous force à choisir entre tuer des vaches par notre passivité ou à risquer de les tuer par nos actes de sabotage. En effet, lors de l’attaque de cet abattoir, nous avions conscience que des vaches y étaient enfermées, et bien que nous avons essayé de limiter les risques pour elles, nos actes ont pu les stresser ou les faire souffrir. Mais nous ne voulons pas oublier que si nos actes peuvent faire du mal, notre indifférence, elle, tue avec certitude.

Cette action s’inscrit dans la série d’attaque « stop spécisme » mais il nous paraît important de préciser que notre but ici est de replacer l’antispécisme dans une optique de conflictualité permanente avec toutes les autorités.

Ce monde tue les mauvaises vaches

Pour la propagation d’un chaos qui refuse de choisir entre l’amour et la violence.

Lune Blanche,
Meute Noire.

“Les végans n’ont pas le droit de faire régner la peur !”

Le titre de la tribune publiée par Le Figaro dit déjà tout, et la liste des signataires est à cette image : des sénateurs et des députés, alliés à des représentants agro-industriels.

Et leur grand argument philosophique est la liberté de choix de l’individu, reflet inversé de l’antispécisme qui existe également au nom des “individus”, mais cette fois animaux.

Les deux ont tort : la question n’est pas celle des individus, mais de la place de l’humanité dans le grand tout qu’est la Nature.

On estime à plus d’une centaine les actions violentes et illégales subies par les professionnels de la filière de l’industrie de la viande entre 2017 et 2018 en France. Ces actions «coup de poing», violentes (marquage au fer rouge, abattoirs envahis et représentés en feu, faux sang déversé par litres, vandalisme de boucheries, d’abattoirs, dessins suggestifs, menaces aux personnes), dont les auteurs revendiquent une confrontation ouverte et violente notamment avec l’industrie de la viande et les forces de police, doivent être punis sévèrement par l’Etat.

Nous, représentants des professions et filières agricoles, de l’artisanat et des territoires tenons à dénoncer avec la plus grande fermeté les actions et les modes de pensées de ces extrémistes.

Leur idéologie radicale est basée sur «l’antispécisme». Elle refuse toute hiérarchie entre les espèces et prône les mêmes droits pour les animaux et pour les hommes. Comme si dans le règne animal, aucune hiérarchie n’existait entre les espèces, entre les herbivores et les carnivores ou les omnivores!

Ces idéologues apparentent l’industrie de la viande à un «holocauste». Ils comparent la fin de l’exploitation animale à l’abolition de l’esclavage et prônent purement et simplement la disparition de l’industrie de la viande au mépris des conséquences sur les emplois, les filières, l’agriculture et nos territoires.

Les modes opératoires violents et radicaux qui prônent l’action directe et la désobéissance civile pour faire adopter ces idées sont inacceptables et intolérables. Ces méthodes se rapprochent d’un intégrisme sectaire et d’un communautarisme qui trouvent une audience grandissante et interpellent les pouvoirs publics (rapport d’activité Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, 2016).

Est-ce cela que nous allons offrir à nos enfants et à nous? Un droit de faire régner la peur, un droit à l’anarchie parce que nous mangeons une blanquette de veau, un cassoulet ou un hamburger?

C’est un enrôlement dangereux qui tente de convertir nos jeunes à des croyances alimentaires fausses au détriment de notre alimentation diversifiée. Allons-nous laisser faire ces dérives spectacles au nom de croyances dangereuses pour notre société? Une très faible minorité de la population française n’a pas le droit de faire régner la terreur au moyen de croisades alimentaires.

Nous refuserons toujours de nous laisser dicter nos choix alimentaires et nos choix de consommateurs.

Faut-il imaginer des suhisbars sans poisson, des steakhouses sans bœuf? Que seront nos repas familiaux dominicaux si nous nous sommes fait imposer ce que nous devons manger? Que deviendront nos traditions et celles de notre diversité, Noël sans la dinde, l’Aïd sans les moutons, Shabbat sans le bœuf, le mouton, le poisson ou la volaille?

Nous serons collectivement les garants de ces traditions culturelles et alimentaires.

Nous défendons notre liberté à consommer de la viande, des fruits, des légumes, du fromage, des produits laitiers.

Nous demandons solennellement que l’État républicain remettre de l’ordre et fasse respecter le libre arbitre alimentaire de chacun. Il doit protéger nos traditions, notre alimentation, nos emplois, nos filières.

La France est le pays de la gastronomie, des plats de terroir à base des productions agricoles de qualité, des grands chefs, des grands vins, des traditions et des restaurants étoilés. Elle irradie depuis des siècles à travers le monde son savoir-faire, son savoir-vivre à la française, son savoir-être, son agriculture, sa culture alimentaire et culinaire. Le repas gastronomique «à la française» est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco. La France est le seul pays à avoir obtenu cette reconnaissance.

Cette histoire, ce patrimoine, nous le devons notamment à des produits agricoles d’une grande qualité, élaborés par des paysans, des éleveurs qui vivent et façonnent nos territoires ; nous le devons à des artisans boulangers, bouchers, fromagers, charcutiers, traiteurs, restaurateurs, aux commerces de proximité… et aux cuisiniers avec de grands savoir-faire qui travaillent ces produits et élaborent nos recettes.

Nous, élus, représentants des professions et filières agricoles, de l’artisanat, des territoires, des administrés, n’avons de cesse de promouvoir les produits locaux, la qualité sanitaire, la diversité des productions, la richesse de nos terroirs. Quelle que soit la filière alimentaire concernée, ce sont des activités économiques, génératrices d’emplois où les concitoyens sont fiers de leurs métiers et cela fait vivre nos territoires, tant ruraux qu’urbains.

Nous nous soucions de l’impact environnemental, du bien-être animal mais aussi de la santé. Que ce soient les productions végétales ou animales, les agriculteurs produisent les matières premières nécessaires à notre alimentation. Les filières agro-alimentaires permettent de donner accès à la meilleure alimentation disponible en quantité et qualité. Certes, les modèles de consommation évoluent et nos modes de production également avec la recherche permanente de la qualité et de la sécurité alimentaire, là où par rapport à d’autres pays, nous avons une avance considérable.

C’est une chance pour nos territoires, nos filières, notre équilibre économique, nos emplois d’avoir ce niveau d’exigence pour notre alimentation.

À l’heure des Etats généraux de l’alimentation, ce choix de la société d’avoir des produits tracés locaux de qualité d’une grande diversité sont légitimes. Il en va de la qualité de vie et de la santé de nos citoyens, de leur famille, de nos enfants.

Mangeons librement! Consommons librement! Laissons à chacun ses choix et ne laissons personne nous dire ce que nous devons avoir dans nos assiettes!

Liste des cosignataires de la tribune:

COCHONNEAU Claude, Président de l’assemblée permanente des Chambre d’agriculture (APCA)

DE BELLAIGUE Charles-Hubert, Vice-Président, Fédération interdépartementale des chasseurs d’Ile-de-France

VARLET Daniel, Président de la Fédération des charcutiers traiteurs de l’Île de France

PINTEAUX Olivier, Secrétaire général, Fédération de la boucherie

THEMAUDIN Max, Vice-Président, Fédération de la boucherie

BUGUET Alain, Trésorier, Fédération de la boucherie

MONTINI Marie, Fromagère Saint Arnoult

ILLAND Jean-Charles, Fédération de la boucherie 95

BUGUET Alain, Trésorier, Fédération de la boucherie

RADET Damien, Secrétaire général, FDSEAIF

PETIT Bertrand, Président, FDSEA Eure-et-Loir

REY Dominique, Président SCIC Valor Viande Île-de-France (atelier de découpe Ile-de-France)

DEHAUDT Christophe, Eleveur

DRUMARE Sophie, Eleveur

DEGORGES Florian, Maraîcher

MESNIL Fabrice, Boucher

PECRESSE Valérie, Présidente de la Région Ile-De-France

GOUSSEAU Adeline, Ancien Sénatrice des Yvelines

ARNOULT Frédéric, Président JA Région IdF

DUBLANCHE Alexandra, Vice-Présidente Région Ile-de-France Développement économique, agriculture et ruralité

CABRIT Anne, Déléguée spéciale Agriculture & Ruralité Région Ile-de-France

CAFFIN Michel, Elu Region IDF

TETART Jean-Marie, Maire de HOUDAN

MANSAT Jean-Jacques, Président Communauté de Communes du Pays Houdanais et Maire de Tacoignières

PETIT Bertrand, Président, FDSEA d’Eure-et-Loir

GREFFIN Damien, Président FDSEA Ile-de-France

MILARD Cyril, Président FDSEA Seine-et-Marne

PRIMAS Sophie, Sénatrice des Yvelines, Présidente Commission Affaires Économiques

Jean-Noël CARDOUX, Sénateur du Loiret

Anne CHAIN-LARCHE, Sénatrice de Seine-et-Marne

Anne-Marie BERTARND, Sénateur des Bouches-du-Rhône

Marie-Christine CHAUVIN, Sénatrice du Jura

Jean-Marc BOYER, Sénateur du Puy-de-Dôme

Laurent DUPLOMB, Sénateur de la Haute-Loire

Alain SCHMITZ, Sénateur des Yvelines

Pierre CUYPERS, Sénateur de Seine-et-Marne

François CALVET, Sénateur des Pyrénées-Orientales

Jean Paul EMORINE, Sénateur de Saône-et-Loire

Anne-Catherine LOISIER, Sénatrice de la Côte-d’Or

Jackie PIERRE, Sénateur des Vosges

Aurore BERGE, Député des Yvelines

Bruno MILIENNE, Député des Yvelines

Jean-Baptiste MOREAU, Député de la Creuse – Rapporteur loi EGALim

Michel DANTIN, Député européen

Pierre BEDIER, Président Conseil Départemental des Yvelines

Pauline WINOCOUR-LEFEVRE, Vice-Présidente déléguée aux ruralités

Fabrice MOULARD, Président FDSEA de l’Eure

Dix années de La Terre d’abord !

La Terre d’abord ! est né le 5 octobre 2008, il y a dix ans. Il s’agissait alors du dépassement du blog Vegan Revolution, qui proposait des articles explicatifs et de débats sur le véganisme, avec évidemment déjà cette perspective de conflit avec les normes dominantes.

Mais l’apparition de LTD n’était pas un phénomène isolé. Il y a un petit espace de quelques années où le véganisme a conquis un nombre restreint de gens qui décidèrent de diffuser la « bonne parole ». Leurs différences de points de vue étaient très importantes, cependant ils avaient en commun de trouver au minimum comme très limité la manifestation annuelle de la « veggie pride » et son idéologie « végéta*ienne » portées par la mouvance des Cahiers Antispécistes apparus dans les années 1990.

Il était considéré que le véganisme devait être mis en avant, de manière formelle, comme véritable projet moral. Sur le fond, il y avait un certain consensus, bien que en termes de conception et de pratique, la dispersion était inévitable. En effet, personne à l’époque ne savait ce qu’était le véganisme en France. Il n’y avait strictement aucun terrain sur lequel travailler : tout était à faire. Restait à savoir quoi !

Tout fut alors une question d’interprétation des dynamiques possibles. Certains considérèrent par exemple que comme l’association PeTA avait réussi aux États-Unis à avoir une base réelle, un écho médiatique certain : il suffisait donc de former une branche française. C’était là oublier que PeTA était née parallèlement à une vague de l’ALF qu’elle soutenait elle-même et il n’y eut jamais de réel décollage, à part dans les médias féminins.

D’autres, plus courageux, se lancèrent dans le soutien en France aux campagnes anti-vivisection, avec des international campaigns qui profitaient d’une base réelle et très active aux États-Unis et en Angleterre. L’absence d’affirmation culturelle empêcha toutefois une réelle apparition auprès des gens, surtout dans un pays où l’influence de Descartes parvient à légitimer la vivisection dans l’opinion publique.

L’association Droit des animaux avait compris cela et fut à l’époque la structure numériquement la plus forte, au prix d’un large turn-over il est vrai. L’idée était de proposer un cadre militant, avec des tables de presse, des sit-in, des actions dans les supermarchés, la lutte contre la chasse à courre, des vidéos, des rassemblements sans formuler d’exigence en termes d’idées ou de démarche.

L’ensemble resta très parisien pourtant, avec comme conséquence la naissance d’une épicerie végane parisienne donc, et une disparition du jour au lendemain, malgré la tentative d’utiliser des concepts explicatifs (la « mentaphobie, etc.).

Un autre regroupement, exclusivement activiste également, consista en les Furieuses carottes, cherchant à allier anarchisme et défense des animaux, au prix d’une vraie surveillance policière. Il y eut un vrai écho, avec plusieurs groupes locaux, mais l’absence de perspective chez les gens normaux ferma la porte à toute perspective.

Toucher les gens normaux, par une démarche éducative, un véganisme abolitionniste formulé avec clarté, ce fut l’ambition de vegan.fr, qui diffusa les écrits du philosophe américain Gary Francione. Si l’on vivait dans un monde où les gens réfléchissaient posément, avec de vrais débats, cette association l’aurait emporté. Cependant ce n’est pas le cas et comment débattre efficacement, s’il n’y a pas de débat ?

A LTD, on était alors tout à fait conscient de cette absence de terrain pour le véganisme. De par notre patrimoine culturel lié au mouvement vegan straight edge issu du punk et du hardcore, nous savions bien que les immenses obstacles culturels étaient flagrants,que la société française était conservatrice et bornée.

LTD fonctionna donc non pas comme un groupe, mais comme un réseau, passant des idées, impulsant des dynamiques, agissant ici ou là, rappelant des points historiques essentiels, soulignant toujours le nécessaire côté populaire de la cause. C’était une position de désengagement, de repli, impliquant de ne jamais répondre aux très nombreuses demandes des journalistes ou d’universitaires, de ne pas utiliser facebook ou twitter, de mener un travail de fond sans reconnaissance ou visibilité, mais essentiel pour établir une démarche vraiment en rupture.

LTD se fondait sur une contradiction très simple. L’amour pour les animaux, le grand critère chez nous, apparaissait comme à la fois tout à fait partagé, très présent dans le peuple, et absolument pas réalisé par des gens prisonniers de leur vie quotidienne aliénée. Comment résoudre cette contradiction ? C’était là notre préoccupation.

La mise en avant des refuges par LTD était alors quelque chose nous distinguant véritablement des autres structures, à part vegan.fr qui avait également dans sa matrice le fait de se tourner, non pas seulement vers les animaux de ferme condamnés à la mort, mais vers les animaux en général.

Le milieu de la protection animale nous parlait bien plus que les vegans, car la protection animale était composée surtout de gens des milieux populaires, des zones péri-urbaines ou des campagnes, des femmes surtout par ailleurs, s’investissant sincèrement et aimant les animaux, bataillant ferme avec la réalité sordide de l’abandon et de la maltraitance.

Il apparaît d’ailleurs que c’était juste, les vegans que nous n’aimions pas devenant les antispécistes.

Quand Aymeric Caron dit dans son ouvrage Antispécisme – et il le dit au tout début, dès la première ligne  – qu’il n’aime pas les animaux (“Je n’aime pas les animaux”), selon nous tout est dit. Ces gens n’ont rien compris au véganisme qui n’est pas une chose négative, mais une chose positive : l’amour des animaux, de la Nature.

Au-delà d’un sens réel de la compassion, les antispécistes avec leur obsession des animaux de ferme sont des classes moyennes affaiblies par le capitalisme, qui sont en panique et qui reconnaissent leur propre sort dans celui des animaux victimes des grandes fermes-usines du capitalisme moderne. Ce sont des petits-bourgeois.

D’où l’hystérie et l’incapacité de tout débat, l’absence de continuité.

D’où le mépris total pour la vie sauvage et la focalisation obsessionnelle, morbide, sur les fermes-usines.

D’où leur sympathie pour la ZAD, le petit commerce, l’esprit d’entreprise.

D’où leur extériorité au monde de la protection animale, où les gens ne sont pas vegans mais se donnent vraiment pour les animaux.

D’où leur silence complet et absolu sur l’ALF, qui rappelons le à son pic d’activités en Angleterre menait 60 actions par jour environ !

Il ne serait d’ailleurs pas juste de parler des dix années de LTD sans mentionner la figure qui nous a véritablement marqué : Barry Horne. C’était un homme du peuple, qui a compris sur le tard la situation, qui a assumé la rupture, participant en première ligne à la libération animale, décédant finalement dans une grève de la faim à la suite d’une trahison du parti du Labour qui s’était à un moment prétendu contre la vivisection.

Barry Horne a formulé le principe d’une rupture morale entière avec un système criminel. Tout doit être fait pour saper la base de ce système, et non pas simplement pour déranger son fonctionnement. Il faut concevoir sa propre personne comme un élément, un outil du grand processus de bouleversement total qui va avoir lieu à l’échelle mondiale.

C’est inévitable. Soit il y a une révolution complète, soit c’est le grand effondrement et des destructions en série. Il faut assumer et se transformer, se reprendre si l’on s’est perdu en route, et participer en première ligne à la bataille pour la planète !

Purification : “Holy war”

Continuons pour les dix ans de LTD avec une autre chanson synthétisant l’esprit vegan straight edge de rupture, de  confrontation, d’engagement complet de son être, avec une vision morale stricte, inébranlable. “Les yeux fixés sur les profondeurs de l’enfer maintenant je sais / Ce qu’est ma place dans ce monde / Car la justice ne sera obtenue que /
Si je me jette dans la ligne de front”.

La chanson date de la seconde moitié des années 1990 ; le groupe, Purification, était basé à Rome.

Holy war, Fight the holy war
Overthrow the empire built on blood
Guerre sacrée, mène la guerre sacrée
Renverse l’empire fondé sur le sang

Countless lives perish day by day
While you stand still in front of this sickness
My life´s mission to bring them liberation
Un nombre infini de vies périt chaque jour qui passe
Alors que tu te tiens silencieusement devant cette folie
La mission de ma vie est de leur apporter la libération

Holy war, Fight the holy war
Overthrow the empire built on blood
Guerre sacrée, mène la guerre sacrée
Renverse leur empire fondé sur le sang

Countless lives perish day by day
While you stand still in front of this sickness
My life´s mission to bring them liberation
Un nombre infini de vies périt chaque jour qui passe
Alors que tu fais face à cette horreur
La mission de ma vie est de leur apporter la libération

Members of species that has collectively waged relentless war
against defenseless creatures and all of the natural world
The human destruction of its own kind and of the myriad forms of life
with whom we cohabit the Earth must be halted
Des membres d’une espèce qui mènent collectivement et implacablement une guerre contre des créatures sans défense et tout le monde naturel
La destruction humaine de sa propre espèce et de myriades de formes de vie avec qui nous cohabitons sur la Terre doit être stoppée

Fight fire with fire, that´s what we must do
To put an end to the slaughter of the innocent
Combattre le feu avec le feu, c’est ce que nous devons faire
Pour mettre un terme au massacre de l’innocent

Their blood flows red just like yours or mine
Their suffering is just as real as yours or mine
Yours or mine
Leur sang coule, rouge comme le mien ou le tien
Leur souffrance est aussi réelle que la tienne ou la mienne
La tienne ou la mienne

As a thousand tears have been shed
Brothers and sisters continue to cry and bleed
Alors qu’un millier de larmes ont coulé
Les frères et les soeurs continuent de pleurer et de crier

Staring into the depths of hell now i know
What my place in this world is
For justice will only be attained
If I throw myself in the frontline
Les yeux fixés sur les profondeurs de l’enfer maintenant je sais
Ce qu’est ma place dans ce monde
Car la justice ne sera obtenue que
Si je me jette dans la ligne de front

Conscience is the light guiding me out of this swamp
Now I know what has to be done
Talk is ineffective and tears won´t end the slaughter
Only action counts
La conscience est la lumière qui me guide hors de cette ornière
Maintenant je sais ce qui doit être fait
La parole est sans effets et les larmes n’arrêteront pas le massacre
Seule compte l’action

Hoy war, fight the holy war
Overthrow the empire built on blood
Guerre sacrée, mène la guerre sacrée
Renverse leur empire fondé sur le sang

Canon : “Declaration”

Continuons donc pour les dix ans de LTD à puiser de l’inspiration dans les débuts du mouvement vegan straight edge, avec la chanson Declaration du groupe Canon. Elle date de 1994 et le groupe provient de la ville américaine  de Philadelphie.

A call for action is here
Your words do nothing more than roll off their backs
Your words of rage pose to them as no threat
To destroy this evil we must start at the roots
Un appel à l’action est ici
Vos mots n’ont aucune espèce d’importance pour eux
Vos paroles de rage ne constituent pour eux aucune menace
Pour détruire ce mal, nous devons commencer par les racines

Their death will bring the liberation
A declaration of freedom for the innocent
Those enslaved and slaughtered must once again roam free
In harmony
A return to nature the way things must be
Leur mort apportera la libération
Une déclaration de liberté pour l’innocent
Ceux asservis et massacrés doivent de nouveau se mouvoir librement
En harmonie
Un retour à la nature la manière dont les choses doivent être

From the slaughterhouses to the labs all must burn
They’ve harvested lives too long
In this land where lives are taken in vain a movement has evolved
Des abattoirs aux laboratoires, tout doit brûler
Ils ont récolté des vies trop longtemps
Dans cette terre où des vies sont prises en vain, un mouvement a évolué

A fight for justice at any cost
Their death will bring the liberation
A declaration of freedom for the innocent
Un combat pour la justice à n’importe quel prix
Leur mort apportera la libération
Une déclaration de liberté pour l’innocent

Those enslaved and slaughtered must once again roam free
In harmony
A return to nature the way things must be
Ceux asservis et massacrés doivent de nouveau se mouvoir librement
En harmonie
Un retour à la nature la manière dont les choses doivent être

Destroy this evil, it’s killing the pure
Pierce through its skin, tear out its heart
Liberation begins with its death
Détruire ce mal, qui est en train de tuer le pur
Perce à travers sa peau, déchire son coeur
La libération commence par sa mort

Les dix ans de “By the knife” de xDestroy Babylonx

La Terre d’abord ! est apparu le 5 octobre 2008, comme prolongement du blog Vegan Revolution, qui avait lui ouvert en octobre 2004. Et c’est un grand honneur pour LTD qu’avoir émergé exactement au même moment de la sortie de l’album By the knife du groupe xDestroy Babylonx, sorti le premier octobre 2008.

LTD puise avec fidélité et loyauté son identité dans le mouvement vegan straight edge apparu dans les années 1990, en pleine acceptation de ses normes et principes.

L214? 269? La COP 21? Allons donc! Tout cela est un simple produit du système pour tenter d’aménager ce qui peut l’être, pour chercher à gagner du temps. C’est en réalité d’une guerre dont il s’agit et il ne peut y avoir qu’un choix : celui de se mettre personnellement en conformité avec le seul avenir possible pour la planète.

Ce qui signifie concrètement : adopter le mode de vie vegan straight edge et s’en aller sur le sentier de la guerre, comme l’explique la chanson “By the knife” dont voici les paroles.

De se forger pour être en adéquation avec les besoins des animaux et de la Nature en général, de transformer son individualité en arme pour la rupture entière avec les valeurs dominantes de ce monde, d’assumer sa personnalité en refusant la décadence et les fuites dans les paradis artificiels, et donc d’assumer la haine la plus complète pour l’ennemi.

Comme le formule la chanson éponyme de xDestroy Babylonx, il s’agit de faire allégeance à notre mère la Terre, et donc à la nécessité de la défendre par tous les moyens. Comme l’explique la chanson Declaration of war, une reprise d’une chanson de 1993 du groupe Green Rage, il s’agit d’être à l’avant-garde de ce qui est une guerre.

Le soulèvement en défense de notre mère la Terre est absolument inévitable. Plaçons nous en première ligne, au premier rang de cette gigantesque bataille qui n’est pas seulement à venir : elle est déjà là !

xDestroy Babylonx : Living by the knife

[Les paroles commencent par un extrait de discours, non identifié, disant qu’avant toute expression de lutte il faut se demander si les griefs sont fondés.]

We are living by the knife
Straight edge
Nous vivons par le couteau
Straight edge

Fuck all those who cheapen what I truly am in others eyes (taken by No Allegiance – Earth Crisis)
Fuck those who bent the straight edge with their fuckin’ lies
Que ceux qui dévalorisent ce que je suis vraiment devant les autres aillent se faire foutre [tiré de la chanson « no allegiance » d’Earth Crisis)
Que ceux qui font se plier le straight edge avec leurs sales mensonges aillent se faire foutre

My heart is free
My life is on the war path
Mon coeur est libre
Ma vie est sur le sentier de la guerre

My pain my struggle my hostility will see no end
till we are all set free.
I am for justice, no matter who it is for
One stone one gun one struggle,
assassination for all drug-lords
Ma douleur ma lutte mon hostilité ne connaîtra pas de fin
jusqu’à ce tous soient rendus libres
Je suis pour la justice, peu importe pour qui
Une pierre une arme une lutte
l’assassinat pour tous les barons de la drogue

Your world is under threat,
Your profit will be slaughtered by the hatred of your own slaves
From Colombia to teenage night fever,
I wage war on your glorified blindfolded whore
Ton monde est sous la menace,
Ton profit sera massacré par la haine de tes propres esclaves
De la Colombie à la fièvre adolescente de la nuit,
J’engage la guerre à ta prostituée glorifiée aux yeux bandés

May I see your blood crimes end
Liberation for all those who still fall prey
Death to all these zombies around me
Militant against the unashamed
Puis-je voir tes crimes de sang connaître une fin
Libération pour tous ceux qui tombent encore comme proie
Mort à tous ces zombies autour de moi
Militant contre ceux qui ne connaissent plus la honte

Burn-burn-burn
Brûle – brûle – brûle

We are living by the knife
Straight edge
Nous vivons par le couteau
Straight edge