• En défense de la zone humide de Sallanches

En défense de la zone humide de Sallanches

Voici le texte très intéressant lu lors d’un rassemblement d’une centaine de personnes pour protéger la zone humide de Sallanches, le 6 janvier 2019. La construction d’un centre commercial, dénommé « The snow », doit la détruire.

Aussi y a-t-il une opposition qui s’est formée et il y a quelque chose d’exemplaire dans tout cela, à tous les niveaux.

The Snow zone humide

En apparence, du point de vue dominant, c’est en effet absurde : on a des gens refusant la destruction de quatre hectares de zone humide pour laisser la place à un centre commercial. Si pourtant cette zone est compensée, que cela crée des emplois, pourquoi se révolter ?

N’est-il pas dans l’ordre des choses de bétonner et de proposer un certain type de consommation, allant avec un style de vie ?

Le maire, d’ailleurs, s’est empressée de porter plainte à la gendarmerie pour les affiches collées appelant au rassemblement… On ne plaisante pas avec les lois du marche !

C’est cette fausse rationalité à laquelle les opposants se confrontent, qui plus est dans la vallée de l’Arve, marquée par une terrible pollution. Car, comme l’a expliqué un opposant à la presse :

« On ne peut pas remplacer le résultat de milliers et de milliers d’années d’évolutions naturelles complexes à coups de pelleteuses en quelques mois. »

Espérons que cette mobilisation parvienne à se renforcer, alors que pour l’anecdote, les gilets jaunes sont passés lors du rassemblement en espérant happer le mouvement, mais l’opération a heureusement échoué.

The Snow zone humide

Prise de parole lors du rassemblement du 06/01/2019


Bonjour et merci à toutes et à tous d’être présent a ce rassemblement pour défendre la Zone humide de Sallanches.


Si nous sommes réunis ici c’est pour exprimer une nouvelle fois notre refus du projet de centre commercial « The Snow » qui vise la destruction de plus de 4 hectares de zone humide à la Paccoterie.


Ce rassemblement a pour objectif de remettre à monsieur le maire, Georges Morand, la pétition d’opposition au projet qui a été créée à l’automne 2017 et a recueilli plus de 2 150 signatures. C’est un véritable succès populaire qui rappelle que l’enjeu écologique est pris au sérieux par la population locale. Précisons qu’avec cette pétition, nous adressons également une lettre exigeant du maire une mise au point publique et complète sur l’avancée de ce projet.


Nous l’adressons à Mr Morand en tant que Maire de la commune mais aussi en tant que membre de la Commission Départementale d’Aménagement Commerciale (CDAC), lors du vote qui a validé le projet en décembre 2016. Malgré les multiples alertes sur l’intérêt écologique fondamental de la zone humide de la Paccoterie, les autorités, dont le préfet qui est président de la CDAC, ont voté ce projet en toute connaissance de cause.


Les autorités locales peuvent-elles prendre le risque de maintenir un projet qui se révèle être anti-écologique et anti-démocratique ? Non, mais ne nous leurrons pas !


Au vue de l’avancée du projet, cette pétition bien qu’importante n’est qu’une bien maigre pierre dans l’édifice immense que doit être la mobilisation populaire pour sauver la zone humide.


En effet, d’un point de vue purement légal, plus rien ne s’oppose au commencement des travaux de ce village commercial car tout a été validé par les commissions et les instances référentes.


Malgré que les zones humides soient reconnues et protégées par les différentes lois dites sur l’eau, les intérêts capitalistes parviennent toujours à contourner les obstacles légaux qui s’opposent à leur marche mortifère.


Pour contourner les contraintes des lois sur l’eau, la classe dirigeante a élaboré la nouvelle loi du 8 août 2016 intitulée « pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages ». Cette loi contient le principe dit E.R.C qui signifie « Éviter, Réduire, Compenser ». Ce principe permet de détruire une zone humide à condition qu’elle soit compensée à 200 %.


Ce nouveau cadre législatif annule donc de fait les lois sur l’eau qui plaçaient les zones humides comme d’intérêt général devant être protégés de manière absolue. La classe dirigeante prouve ici son désintérêt profond et son mépris affiché pour la Nature, la vie sur la planète, et l’avenir des générations futures.


C’est pourtant sur ce nouveau cadre législatif que s’appuient le promoteur immobilier, la mairie et la préfecture pour maintenir la construction du centre commercial « The Snow » prévu à la livraison cette année 2019.


Pourtant, les zones humides sont des espaces naturels qui se sont formés au cours de plusieurs dizaines de milliers d’année grâce au mouvement de l’eau. Elles servent d’espace de filtration et de stockage de l’eau ainsi que de zone de transition entre la terre est l’eau pour des milliers de micro-organisme. Une zone humide c’est tout simplement une zone tampon fondamentale où la vie naît, se développe et se reproduit.


Quelle pure folie de penser qu’une telle complexité naturelle puisse être « recréée » à coup de pelleteuse !


Si l’on peut se dire qu’un tel projet se paiera cher pour la majorité sortante lors des prochaines élections municipales, il n’en reste pas moins que la zone humide sera quant à elle détruite à jamais. Il nous faut donc réfléchir collectivement dès maintenant sur toutes les manières d’agir pour s’opposer aux travaux qui menacent de commencer.


Mais alors, sommes-nous des opposants animés par la seule envie de « critiquer » ? Non. Nous sommes ici pour réclamer un droit des plus élémentaires et démocratiques dans notre époque.


Le droit que nous réclamons c’est celui de léguer une nature riche et variée aux générations futures pour avoir un cadre de vie épanouissant.


Quel épanouissement peut-on avoir dans ces horreurs bétonnées à la périphérie des villes ? Que lien social authentique peut-on espérer dans ces zones où priment l’individualisme et une consommation superficielle ?


A l’heure où la biosphère et les formes de vie sont chaque jour piétinés et saccagés par un mode de production capitaliste toujours plus chaotique, nous exprimons ici notre volonté de bâtir une société respectueuse de la nature, basée sur la dignité et la solidarité humaine.


Pour nous, la situation environnementale de la vallée de l’Arve est alarmante. Nous sommes sur un territoire où la qualité de l’air est la plus exécrable de France, où la pénurie d’eau sévit toujours alors que les canons à neige sont déjà à l’œuvre pour une clientèle richissime, où le réchauffement climatique peut se constater à l’échelle d’une petite vie humaine, où partout règne le primat destructeur du béton sans aucune vision à long terme…


En tant qu’habitants d’une vallée à l’avant-poste du drame écologique, nous avons une grande responsabilité à assumer. En ce sens, la Zone Humide de la Paccoterie doit être vue est défendue pour ce qu’elle est, c’est-à-dire une zone sans aucune valeur marchande, rare et précieuse, irremplaçable, et à la source même de la vie.


Par conséquent, le projet « The Snow » doit être abandonné et la zone humide doit devenir un espace préservé de toute activité humaine en devenant un sanctuaire pédagogique.


Notre combat doit servir d’exemple. Il doit apprendre à celles et ceux qui ne le savent pas encore qu’un espace qui semble n’être qu’un « champ » est en réalité une zone où il y a toute une dynamique naturelle que l’on se doit de respecter sans tergiverser.


Pour l’abandon du projet « The Snow »,


Pour la sanctuarisation de la Zone humide,


Organisons-nous et soyons exigeant !


Luttons ! Résistons !

zone humide

Multiples actions de l’ALF et d’autres groupes

Voici les communiqués de multiples actions menées ces dernières semaines en France. Aux communiqués de l’ALF (que nous publions depuis toujours) s’ajoutent des communiqués de type “antispéciste”.

Le 31 décembre 2018, à l’occasion de la nouvelle année :

Nous, activistes de l’Animal Liberation Front, revendiquons une action anti chasse la nuit du 31 décembre 2018 dans le Sud-Est de la France (Bouches-du-Rhône 13).

Ceci est un nouvel avertissement que nous adressons aux chasseurs et à leur fédération ; ces derniers se revendiquant comme les premiers écologistes de France.

Iels participent au massacre programmé d’animaux sentients en les élevant, les relâchant, pour les éliminer au nom d’une tradition et d’une dite “régulation”.

Volières, centres d’élevage, cabanes de chasse, palombières et miradors seront systématiquement détruits.

Saboter les activités des tueurs d’animaux et libérer ces derniers sans constamment supplier les institutions qui ne veulent rien changer ! Jusqu’à la libération de tous les animaux.

A.L.F Sud-Est France.”

Durant la même nuit, une boucherie a été dégradée à Norrent-Fontes, près de Lille. Des vitres ont été brisées, “Stop spécisme” et “Assassins” tagués sur la devanture.

Il y a ce communiqué du 30 décembre, mais nous ne savons pas à quoi il correspond.

“Nous, activistes antispécistes radicales et radicaux, avons décidé de mener une action politique de sabotage contre la FICIF (Fédération Interdépartementale des chasseurs d’Île-de-France) et contre le système spéciste.

Le spécisme est une idéologie oppressive envers les personnes qui n’ont pas le privilège d’être humaines.

Le spécisme est injuste, tout comme le sexisme, le racisme, le capitalisme… il doit donc être aboli.

En usant de modes d’actions offensifs et directs, nous n’attendons pas des oppresseurs privilégiés qu’ils libèrent leurs victimes : nous pratiquons la légitime défense pour autrui.

Nous allons faire usage de la force, dernière sommation !”

Dans la nuit du 24 décembre 2018 :

“Le soir du 24 décembre, une tour de chasse a été détruite, et un ‘STOP SPÉCISME’ a été tagué dessus.”

Fin décembre 2018 :

“La nuit dernière, en France.

Un piège à échelle a été saboté à plusieurs endroits avec un coupe-boulon, et un “Stop Spécisme” a été tagué dessus.

Les pièges à échelles sont utilisés pour attirer les corbeaux et corneilles, et les laisser mourir de faim (ou les tuer d’une autre manière).

Le piège est appâté, les corbeaux / corneilles atterrissent sur l’échelle et sautent dans le piège.

Cependant, les trous dans l’échelle ont une certaine taille et sont suffisamment hauts pour que lorsqu’ils/elles tentent de s’en échapper, ils/elles doivent déployer leurs ailes et ne puissent donc pas sortir de l’espace par où ils/elles sont entré.e.s…

Vous pouvez les trouver à côté des champs de maïs (n’oubliez pas d’apporter votre coupe-boulon avec vous !).

Ce type de piège coûte environ 1000-2000 €.

Les humains leur enlèvent leur vie uniquement parce que les corbeaux / corneilles peuvent interférer avec leurs cultures et diminuer leurs profits…

Leur vie contre de l’argent.

STOP CAPITALISME et STOP SPÉCISME !”

A la mi-décembre, des miradors ont été détruits par l’ALF en Seine-et-Marne.

Le 8 novembre :

“Dans la nuit du jeudi 8 novembre 2018 au vendredi 9 novembre, en Belgique, en Suisse, et un peu partout en France, des tours de chasse sont tombées, des pièges ont été détruits, des cabanes saccagées. P

our la première fois, des activistes antispécistes ne se connaissant majoritairement pas et ne s’étant jamais rencontré·e·s ont agi de concert pour attaquer des outils servant le système spéciste.

Mais ne vous y trompez pas, cette action internationale coordonnée n’est pas qu’une action anti chasse, la chasse n’est qu’une des nombreuses briques soutenant le système spéciste, y concourant, le banalisant. Notre cible principale est bel et bien ce système dans son entier.

Par cette action d’ampleur, nous vous annonçons notre détermination radicale et irrévocable à nous opposer, par tous les moyens possibles, à vos logiques, habitudes et traditions mortifères qui font des autres animaux vos choses.

Notre espèce a créé et cultivé l’impuissance de toutes les autres pour faire de leurs vies des objets de jeux, de loisirs, de décoration, d’alimentation, d’outils à essais techniques et toxicologiques. Nous révoquons cet humanisme de guerre, cruel, injuste, macabre, immoral et indécent.

Nous soutenons les membres des autres espèces dans leur lutte de libération et leur résistance rendue quasi impossible par notre espèce et ses structures oppressives.

Là où beaucoup verront du vandalisme facile et des dégradations purement gratuites, nous revendiquons un geste militant et politique servant à rendre visible et tangible l’opposition et le refus. Un geste militant et politique, proclamant notre solidarité avec tous les individus non humains victimes de la stupidité crasse, des traditions cruelles, des habitudes aveuglantes, des plaisirs morbides et sadiques, de la violence cultivée et valorisée.

Parce que tout meurtre, quel qu’il soit, devrait être condamné et interdit ; parce que le plaisir pris à tuer devrait toujours être combattu et soigné ; parce que tout individu, humain ou non humain, devrait voir son intérêt à vivre reconnu, protégé et garanti : aucun geste d’opposition ne sera jamais inutile, aucun refus ne sera puéril, aucun sabotage fait aux structures oppressives ne sera jamais simple vandalisme.

Cette action organisée de façon simultanée entre plusieurs pays et régions contre les objets de la chasse n’est qu’un début, une simple entrée en matière. Pour que le spécisme cesse, nous appelons toutes celles et tous ceux partageant ces idées à entrer dans la lutte et à multiplier les actions directes, petites et grandes. Du simple bris de vitrines aux abattoirs incendiés, tous ces gestes sont politiques.

Nous sommes nombreux et nombreuses, de plus en plus ; nous nous organisons, de mieux en mieux ; nous ne faiblissons pas, au contraire ; nous sommes radicales et radicaux, oui, car radicalement opposé·e·s à l’exploitation, aux meurtres et à l’appropriation des êtres sentients,
radicalement opposé·e·s à la pensée extrémiste ayant pour nom spécisme.”

Fin novembre, des miradors, des pièges et des agrainoirs ont été détruits en Seine-et-Marne. “ALF” et “Stop spécisme” ont été tagués.

A la mi-novembre, l’ALF a détruit des miradors et une cabane, dans le sud de la France.