• Nouvelle offensive pro-légalisation du cannabis

Le « terroir » en guerre contre AVA

Les opposants à la chasse à courre rencontrent une opposition qui compte bien rassembler tous ceux qui sont selon nous vraiment affreux : les chasseurs, les bouchers, les éleveurs, les partisans acharnés du terroir, etc. Et ils sont acharnés, vraiment acharnés ; en voici quelques exemples concrets.

Rappelons l’importance du moment, puisque nous arrivons à la fin de la saison de chasse à courre. Celle-ci est devenue un vrai abcès de fixation, les chasseurs faisant tout ce qu’ils peuvent pour la protéger. L’année dernière, AVA avait conclu une année de lutte par une rassemblement de mille personnes à Compiègne, et cela est resté en travers de leur gorge.

Cette fois, la « grande fête pour célébrer le retour du printemps et la fin de la barbarie dans nos forêts » se déroule dans pas moins de quatre endroits :

➡ CASTELNAU-DE-MONTMIRAL (81)
https://www.facebook.com/events/630452914062142/

➡ PAIMPONT (35)
https://www.facebook.com/events/2058111597630303/

➡ PONT-SAINTE-MAXENCE (60)
https://www.facebook.com/events/399881824094636/

➡ RAMBOUILLET (78)
https://www.facebook.com/events/925073987883666/

AVA bye bye! la chasse à courre

Comprenant qu’il y a là une opposition démocratique qui porte en elle des valeurs les condamnant, les fanatiques du terroir et des valeurs anciennes, dépassées, reprennent la bonne vieille méthode éprouvée en 1871. Déjà, au moment de la Commune de Paris, la France profonde était poussée à la panique, avec la dénonciation des ultras qui depuis les villes comptent détruire tout ce qui compte vraiment… et surtout porter atteinte à la propriété privée.

Le parallèle n’est pas du tout erroné, malgré son côté ancien. Si l’on prend mai 68, c’est la même chose qui s’est passé. Après le mouvement étudiant et la grande grève à l’échelle du pays, cela a été un raz-de-marée électoral en faveur de la Droite. La France profonde, enchaîné à son style de vie individualiste, a fait face à une grande frayeur.

Ce tract dénonciateur caricaturant AVA montre que c’est vraiment le fond de la stratégie des chasseurs : faire peur au pays.

Fake news de la Société de Vénerie

Voici le texte de présentation d’une initiative en Bretagne. Elle vise à manifester le 30 mars également, directement contre AVA, en défense de la ruralité et des traditions. Les « néo-ruraux » y sont dénoncés, qui ne supporteraient pas le « carillon » d’une église ! Et le texte se conclut par un appel à boire une bière « du pays ».

C’est là un discours classiquement pétainiste : la terre ne ment pas, des étrangers à notre terre viennent démanteler nos valeurs, il faut donc d’autant plus se tourner vers notre terroir, etc.

C’est donc un vaste front qui tente de se mettre en place. Voici l’appel de Rambouillet, destiné aux veneurs, aux chasseurs à tir, aux agriculteurs, aux éleveurs, aux bouchers, charcutiers, etc.

« Rassemblement festif et solidaire des amis de la chasse et de la ruralité »

Qui est derrière cela ? Bien entendu, les notables, dans le sens de gens de gens aisés, d’une droite décomplexée, ayant un sens aristocratique de la vie, mais en même temps capable de mettre les mains dans le cambouis s’il le faut et surtout en mesure de diriger un mouvement s’il le faut.

Ce n’est pas la personne aisée dans son ghetto de Neuilly – Auteuil – Passy, mettant des gants dans le métro parisien. Il s’agit là, en arrière plan, de « la haute », de gens considérant que le pays leur revient, et qui comptent bien le faire comprendre à qui se met sur leur chemin.

Les soutiennent tous ceux qui se complaisent dans une telle vision du monde. Être « réac », c’est tout un style.

La dernière illustration mentionne la contre-campagne, et effectivement elle est intense. Elle vise à arracher systématiquement les affiches d’AVA, à aller discuter fermement avec les commerçants ayant mis une affiche dans leur boutique, etc.

Il ne s’agit pas seulement de développer un contre-discours : les chasseurs veulent étouffer le discours même d’AVA.

Il faut ici bien souligner un aspect important, qui explique pourquoi le cadre de cette campagne anti-AVA dépasse largement celui des partisans de la chasse à courre. Il s’agit en effet de faire oublier à l’opinion publique l’agression terrible commise à l’encontre d’un opposant à la chasse à courre. Il s’agit de faire oublier qu’il est tombé dans le coma.

Et quelle est la méthode employée ? Faire en sorte que tous les gens les plus conservateurs du pays se serrent les coudes. Pour qu’on ne parle plus de la chasse à courre, pour qu’on la protège en l’englobant dans une ruralité telle que définie par les notables.

Cela va avec un second aspect, qui est la question de la condition animale. En protégeant des animaux sauvages, AVA a fait quelque chose d’une très grande importance. Cela rejoint, d’une manière ou d’une autre, le principe de la protection animale, des refuges, du fait d’apprécier les animaux pour ce qu’ils sont.

Nous avons déjà souligné que même si ce n’est pas du véganisme, cela en participe et c’est une très bonne chose, une excellente dynamique. Car il n’y a pas de véganisme sans amour des animaux.

Cela dérange profondément les anti-animaux, qui eux étaient très contents de L214 et des « antispécistes » qui ne parlent que des animaux allant dans les abattoirs et véhiculent une démarche uniquement négative dans ses exigences, voire misanthrope.

Simple hypothèse ? Absolument pas, comme en témoigne ce document de l’Association pour la Défense de la Ruralité et de ses Traditions, qui va manifester en Bretagne contre AVA.

Ces gens ont très bien compris qu’il valait mieux des opposants rejetant la Nature que des opposants en proposant une vision différente. Ils se focalisent donc sur la ligne fanatiquement anti-nature des théoriciens « antispécistes », afin de dire aux gens : vous voyez bien que ces gens sont déconnectés.

Voici le document en question.

« François Palut, un homme debout, un maire et un citoyen engagé !

Pas un jour ne se passe sans qu’un nouveau soutien, qu’un nouveau groupement professionnel, qu’une nouvelle association ne vienne grossir les rangs de l’Association pour la Défense de la Ruralité et de ses Traditions et nous assure de leur présence le 30 mars prochain à Paimpont.

C’est un peu comme la grande marche du Cid :

” Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort,

Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port”

Beaucoup de témoignages de sympathie nous arrivent, beaucoup de lassitude aussi dans la voix de bon nombre d’agriculteurs, de chasseurs, d’éleveurs, de pêcheurs, de familles rurales qui nous appellent et nous rejoignent.

Comment peut-on encore tolérer que des groupuscules, des ultra-minorités voir même des marginaux puissent à ce point poursuivre en toute impunité leurs actions violentes, leurs actions de désinformation fondées sur leur haine du réel ? Comment accepter que l’on fasse si peu de cas de tous ces hommes et femmes qui tous les jours travaillent la terre nourricière, régulent les espèces sauvages, entretiennent nos forêts et vivent paisiblement dans nos campagnes !

C’est la question que nous avons posée à François Palut, personnage engagé, un battant, un homme aux multiples responsabilités qui ne cesse de clamer son amour pour la ruralité, défenseur de l’économie des territoires, passionné pour l’élevage avec un sens aiguë du service depuis son fauteuil de maire mais aussi comme Président de l’association pour le maintien de l’Élevage en Bretagne (AMEB) !

Voilà un homme bien informé, qui nous livre son analyse précise et documentée sur ces groupuscules antispécistes.

” Il ne faut pas se tromper, les attaques que subissent les agriculteurs, toute l’industrie agro-alimentaire, les chasseurs, les familles rurales, … ne sont pas des attaques ponctuelles, il s’agit d’attaques organisées, concertées financées et planifiées.

Tous les groupuscules antispécistes L214, AVA et autre manipulent le grand public et les journalistes : ils prétendent agir pour le bien-être des animaux, alors qu’en fait, ce sont de véritables gourous.

Ils ont pour projet de faire disparaitre la souffrance sur terre, et pour cela ils veulent supprimer tous les animaux carnivores sur terre et dans les océans… Pour leur bien !

Ils font croire au grand public qu’ils sont une association qui veut améliorer le bien-être des animaux d’élevage (conditions d’élevage, de transport et d’abattage) alors que derrière leur idéologie se cache un projet radical dont personne n’a conscience, pas même leurs adhérents, qui eux pensent défendre la cause animale !

Prenons par exemple l’association L214 qui fait tant pour détruire les élevages bretons ! Estiva Reus cadre fondatrice de l’association L214 (trésorière) est l’une des rédactrices des “Cahiers Antispécistes”. C’est l’association qui a poussé́ Brigitte Gouthière et Sébastien Arsac à créer L214 en 2008.

C’est clairement exprimé dans leur livre : L214, Une voix pour les animaux.

Le projet consiste à “éliminer les animaux sauvages pour leur bien”, projet décrit par Estiva Reus dans les Cahiers Antispécistes N°41, 40 et 39 (documents disponibles sur internet).

Ce projet s’appelle RWAS (Réduction de la souffrance des animaux sauvage)

Le projet RWAS prévoit 2 moyens pour faire disparaitre la douleur de la planète :

1. Éliminer tous les animaux carnivores sur terre et dans les océans.

2. Convertir tous les animaux carnivores au véganisme, grâce aux progrès des biotechnologie : génétique, nanotechnologie, pharmacologie, neurochirurgie

Alors que beaucoup de propriétaires d’animaux de compagnie font des dons à L214 en pensant soutenir une association welfariste, ils donnent en fait de l’argent à des abolitionnistes qui veulent faire disparaitre leur animal de compagnie au nom du refus de l’exploitation de l’animal par l’homme !

Donc toutes ces associations antispécistes ont une stratégie parfaitement huilée : derrière le marketing d’ONG très cool, personne, pas même un journaliste n’entrevoit le projet de ces militants radicalisés et très manipulateurs.

Ce sont des terroristes alimentaires qui veulent nous imposer leur façon de vivre et de s’alimenter… Chacun est libre de s’alimenter comme il le souhaite, qu’il soit végane, omnivore ou viandard. Par contre, aucun de nous n’a le droit d’imposer à l’autre sa façon de vivre et de s’alimenter…

C’est pour cela que le 30 mars prochain je serai à Paimpont pour manifester auprès de tous les acteurs du monde rural qui viendront joyeusement redire leur fierté d’être agriculteur, d’être chasseur, pêcheur ou tout simplement attaché au réel, loin des délires de ces fanatiques.”

Merci Monsieur pour ce beau témoignage.

Tous à Paimpont le 30 mars prochain, à transmettre, à faire suivre et à partager autour de vous.

Le réveil de la ruralité, c’est maintenant ! »

Nous avons déjà parlé de ce thème du RWAS effectivement valorisé par les Cahiers anti-spécistes. Le rejet de la Nature est de toutes façons une norme historique du courant antispéciste (d’où le rejet véhément de LTD par ses théoriciens). Un nouvel ouvrage est sorti par ailleurs tout récemment, « La révolution antispéciste », avec des écrits de Thomas Lepeltier, Yves Bonnardel et Pierre Sigler.

Rien que le sommaire donne déjà le ton : il n’y a pas de Nature, pas d’espèces, etc. Bref, comme expliqué et critiqué déjà il y a plus de dix ans dans « véganisme utopique et véganisme scientifique », il n’y aurait que des individus. Ce texte avait anticipé cette utilisation déviante du véganisme pour le transformer, d’une défense des animaux, en culte des individus.

Préface. Renan Larue
Introduction. Pourquoi la révolution antispéciste ? Yves Bonnardel, Thomas Lepeltier et Pierre Sigler
Chapitre 1. Qu’est-ce que le spécisme ? David Olivier
Chapitre 2. Qu’est-ce que la conscience ? Pierre Sigler
Chapitre 3. La vie mentale des animaux. Pierre Sigler
Chapitre 4. Quelques réflexions concernant les plantes. Yves Bonnardel
Chapitre 5. En finir avec l’idée de nature. Yves Bonnardel
Chapitre 6. L’idée de Nature contre la pensée animale. Yves Bonnardel
Chapitre 7. Vers un écologisme non naturaliste. David Olivier
Chapitre 8. Faut-il sauver la gazelle du lion ? Thomas Lepeltier
Chapitre 9. Utilitarisme et anti-utilitarisme dans l’éthique animale contemporaine. Estiva Reus
Chapitre 10. Les espèces non plus n’existent pas. David Olivier
Chapitre 11. Sur la supériorité. David Olivier
Chapitre 12. Les animaux à l’assaut du ciel. Yves Bonnardel

Les chasseurs ont bien compris les enjeux et ils apprécient les « antispécistes », comme cela ils peuvent se prétendre les seuls qui aient compris la Nature. Ils ont ainsi les arguments intellectuels et culturels pour justifier la « régulation » qu’ils font. Si en effet la Nature est chaos, il faut bien que l’humanité intervienne…

Mais la Nature n’est pas le chaos, elle porte la vie, l’évolution. L’humanité n’est qu’une composante de ce processus de la vie à l’échelle planétaire. C’est le sens du slogan « la Terre d’abord ! ». Le tout prime sur les parties et les parties n’ont aucun sens sans s’aligner sur les nécessités historiques du tout. L’humanité doit rejeter son anthropocentrisme. C’est cela le vrai enjeu du 21e siècle.

Le combat d’une zone humide contre un centre-commercial en Haute-Savoie

A l’occasion du printemps, deux actes destructeurs ont été commis en Haute-Savoie qu’on peut considérer comme en rapport avec l’arrivée de la saison de la vie… Le second était une réponse au premier, comme l’affirme ce communiqué :

« Dans la nuit du 20 au 21 mars, nous avons versé de la peinture sur les vitres du tractopelle qui commençait le chantier du centre commercial “Snow” à Sallanches.

Quelle honte que de débuter des travaux de destruction de la végétation de la zone humide le jour du printemps. Normalement à cette saison la nature ne meurt pas, elle revit. Cet acte est donc là pour gêner ce chantier qui détruit la nature alors qu’il faut la respecter ! »

Sallanches est une ville de 16 000 habitants dans une vallée peuplée et industrielle, entre Annecy et Chamonix. Le supermarché Carrefour en périphérie de la ville n’est pas jouxté par une galerie commerciale : un promoteur spécialisé dans ce domaine a considéré qu’il y avait pourtant là un potentiel économique. Il a malheureusement réussi à l’emporter malgré la lutte.

La prairie attenante au supermarché est restée vierge suite à un combat juridique de longue haleine permettant d’assurer sa reconnaissance en tant que zone humide, permettant de gagner de précieuses années pour en empêcher l’assèchement. Les opposants locaux se sont appuyés sur ces démarches et ont reconnu ce travail mené depuis les années 2000, surtout par la personne d’ Yvonne Vuillaume, décédée en 2016. De nombreux recours juridiques avaient empêché un premier projet en 2010.

zone humide

C’est là quelque chose d’essentiel. Défendre une zone humide, c’est défendre la Nature dans ce qu’elle a de plus concrète, de plus essentielle. Il ne s’agit pas de lieux ou d’espaces exceptionnels, spectaculaires, qui émeuvent à grande échelle. Ce sont des endroits d’apparence banale, tout à fait courants, bien que malheureusement de moins en moins présents.

Ce sont en effet de simples prairies marécageuses auxquelles presque personne ne prête attention. Il y a pourtant là quelque-chose d’essentiel, un moment de synthèse entre l’eau et la terre, qui conditionne l’ensemble de la vie sur Terre, et donc la vie de la Terre elle-même.

Défendre les zones-humides, s’opposer à leur asséchement, est donc quelque chose de fondamental, presque basique en matière d’écologie. Ou cela devrait l’être, et il y a eu en tout cas, donc, depuis un certain temps maintenant tout un mouvement à Sallanches en Haute-Savoie pour s’opposer à l’implantation d’un centre-commercial appelé « The Snow » sur une grande prairie, qui est une zone humide du bassin versant de l’Arve, aux pieds du Mont-Blanc.

Sallanches

Leur lutte a échoué, mais elle est une leçon, d’une grande importance même, car il y a eu la tentative de mobiliser directement la population, posant ainsi la lutte écologiste de manière démocratique, en ayant compris la nature du système économique qui produit forcément ces destructions.

C’est là quelque chose de fondamental : on a à la fois les gens et à la fois le contenu posé clairement. Ce n’est pas quelque chose d’abstrait poussé par en-haut. C’est quelque chose de difficile, mais incontournable. C’est une expérience précieuse.

Essayons de résumer, à grands traits, ce qui s’est passé, avec son arrière-plan. Les fonctions naturelles des zones humides étant facilement reconnaissables par la science, en tout cas pour leur nature la plus essentielle, il y a eu une prise en considération de cette question par les gouvernements à la fin du XXe siècle. Un ensemble législatif permettant de limiter les dégâts en organisant une certaine protection a été mis en place internationalement, puis dans la plupart des pays. Il s’agit en France notamment de la loi sur l’eau, qui est en général très connue des personnes s’intéressant à l’écologie – il en a été énormément question par exemple à Notre-Dame-des-Landes.

Seulement, cette loi est insuffisante, car elle ne protège pas de manière systématique les zones humides. Elle organise même les moyens de son propre contournement, ce qui fait que plus de la moitié d’entre elles ont disparues en France depuis les années 1960. Ce que ne peuvent pas les petites entreprises, les grandes le peuvent, en donnant l’impression de « compenser ».

« sanctuarisons la zone humide »

Ce qui a donc été possible à Sallanches pendant de nombreuses années pour défendre cette zone humide, l’a été parce que le rapport de force démocratique était favorable par rapport à des recours juridiques. Mais tout a changé lorsqu’un promoteur de grande envergure s’est intéressé à la chose, avec l’appui des autorités locales.

Ce qui s’est passé est tout à fait habituel, et expliqué dans le détail par les opposants dans leurs différentes documentations, via surtout le site contrethesnow.fr : la législation protégeant la zone humide n’a pas fait le poids face à des intérêts capitalistes puissants et très bien organisés.

Le groupe Les Arches Métropole, qui explique avoir livré 180 000 m² de surfaces commerciales à travers la France en dix ans et détenir 65 millions d’euros d’actifs foncier, a en effet très facilement fait sauter les protections juridiques afin de détruire la zone humide. Cela en toute légalité, du moins sans qu’il soit possible de s’y opposer suffisamment sur le plan juridique.

En l’occurrence, à partir du moment où le promoteur a défini lui-même ce qui relevait ou non de la zone humide et qu’il s’engage à « compenser » au moins le double de la surface qu’il a considérée comme étant une zone humide, il est impossible d’empêcher le projet sans un grand rapport de force populaire.

La « compensation » relève bien évidement de l’escroquerie, de la négation de la Nature elle-même, comme l’ont très bien expliqué les opposants tout au long de leur combat.

Il s’agit prétendument de recréer artificiellement les fonctions écologiques (biologiques et hydrologiques surtout) de la prairie humide, ailleurs. C’est une procédure tout à fait courante, à laquelle les bétonneurs sont habitués, avec tout un tas d’écologues et d’universitaires qui les aident dans leur démarche destructrice. Ces gens sont des criminels, des collaborateurs de la destruction de mère Nature.

the snow

Il faut bien voir ici que presque systématiquement, donc, lors de la création d’un lotissement ou d’une zone d’activité, d’un grand bâtiment, d’une route ou d’un échangeur, on a une petite zone humide qui est asséchée, et plus loin un trou qui est creusé avec de l’eau mis dedans, en guise de « compensation ».

La prairie attenante au Carrefour de Sallanches a donc été considéré comme étant simplement une ressource foncière, qui plus est « sur un site exceptionnel, à l’environnement arboré qui fait face aux monts des Aravis », et sa nature humide a été considérée comme secondaire.

L’erreur serait de croire que la question est ici d’ordre juridique, avec la nécessité d’une expertise pour reconnaître le niveau de « fonctionnalité » de la zone humide, pour prouver la nécessité de la préserver. La question se pose en fait bien plus profondément : il s’agit de savoir si l’on considère ou non la Terre comme un organisme vivant, organisée de manière complexe et minutieuse, avec sa propre valeurs à défendre en tant que tel. C’est une question de vision du monde.

Le problème est ensuite démocratique : il s’agit de convaincre la population que les gens qui nient la Nature ont tort, et s’exposent forcément à de grands dangers, alors qu’il faut au contraire reconnaître la Terre comme un être vivant, dont l’humanité est une composante.

zone humide

Le grand mérite du collectif local qui s’est lancé dans la dernière grande bataille a été de comprendre dans ses grandes lignes l’enjeu de ce qui se passait, et de poser dès le début le combat pour la zone humide comme un combat démocratique, par en bas. Ce qu’il fallait, c’était le soutien de la population, et précisément de la population ouvrière, qui, objectivement, n’a pas les mêmes intérêts que les entrepreneurs et leur besoin d’accumulation de richesse avec le projet de galerie commerciale « The Snow ».

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas des gens subjectivement conquis par la possibilité d’aller à un centre commercial, ou bien qui monnaient leur âme dans la perspective d’un emploi. Nous savons tous comment le mode de vie dominant lave le cerveau des gens et fait perdre tout sentiment naturel, ainsi que toute mise en perspective de l’avenir. Il faudrait consommer immédiatement, sans réfléchir au lendemain, et s’éloigner le plus possible d’une nature sans intérêt voire « hostile ».

Mais il s’agit de bien mener la bataille pour que les gens comprennent ce que sont les destructions et à qui elles profitent. Cela ne sert à rien parler d’écologie sans cela, à moins de faire comme les riches ONG et de se complaire dans le témoignage et la bonne conscience. Le fait que le directeur du WWF vienne de tout abandonner du jour au lendemain pour rejoindre la liste d’Emmanuel Macron pour les Européennes est encore un exemple de plus du manque de sens de valeurs parmi tous ces gens qui vivent trop dans le confort pour ne pas être corrompu.

zone humide

Dès le début a donc été mené à Sallanches une intense campagne d’information de la population, avec justement ce thème que l’on pourrait résumer en  : pour la nature, contre un projet destructeur des entrepreneurs.

Cela n’a pas été suffisant, avec au plus fort du combat seulement un noyau d’une grosse centaine de personne mobilisées, et quelques milliers soutenant la démarche. Il appartient aux personnes ayant mené ce combat d’en comprendre les raisons, les difficultés, les éventuelles erreurs, les limites historiques. Il n’en reste pas moins que ce fut une grande expérience, avec une démarche à développer, là-bas et ailleurs, pour inverser enfin la tendance contre la destruction de la Nature en général et des zones humides en particulier.

C’est en systématisant les luttes démocratiques, portées par la base, que les valeurs de défense de la Nature et de protection des animaux se généraliseront et qu’un espace sera ouvert pour un changement complet de la société française… A la condition de bien définir ces luttes en s’appuyant sur le principe de la défense de notre mère la Terre !

Procès des antispécistes de Lille : Candide face aux juges

Il y a un conte philosophique très connu de Voltaire, que beaucoup d’élèves ont eu à lire pour le bac français : Candide. Le personnage éponyme découvre que le monde est beaucoup plus compliqué qu’il ne le pensait et sa naïveté est ainsi remise en cause lors de son périple à travers le monde.

Mardi 19 mars 2019, lors du procès se tenant à Lille, on a eu droit à des Candide modernes. Il s’agissait en effet du procès de quatre activistes pour dégradations et violences aggravées, dans le cadre de la fameuse campagne « stop spécisme ».

Les personnes concernées sont trois femmes et un homme, âgé de 29, 39, 33 et 23 ans. Le procureur a demandé respectivement quinze mois de prison dont neuf avec sursis, deux fois six mois avec sursis, et dix-huit mois de prison dont huit avec sursis. Le tribunal donnera sa décision dans deux semaines.

Rappelons que cette campagne « stop spécisme », marquée surtout par des vitrines de boucheries ou de restaurants brisées, avait attiré l’attention de toute l’opinion publique. Qu’on le veuille ou non, toutes les personnes véganes se sont retrouvées « impliquées » d’une manière ou d’une autre et ont dû prendre position dans leur entourage par rapport à cela.

Ce premier procès concernant des gens mêlés à cette campagne était donc d’une importance capitale. L’impact sur la situation du véganisme en France allait être décisive.

Il y avait en effet plusieurs possibilités :

– les activistes assument leur action de manière collective et appellent à participer à une processus révolutionnaire, jusqu’à la victoire ;

– les activistes se dissocient de leurs actions, tout se réduisant à un épisode individuel, un accident dans un parcours personnel ;

– les activistes deviennent des renégats, se repentant pour leurs actes, faisant acte de contrition.

Mais même en raisonnant ainsi, on était déjà au-delà de ce que les « antispécistes » pouvaient représenter. Insultant plusieurs décennies d’engagement dans la libération animale, qu’ils ont toisé de leur mépris hautain et arrogant, ils se sont littéralement écrasés eux-mêmes face au tribunal en révélant qu’ils ne pouvaient rien assumer, rien porter, que tout cela était bien trop lourd pour eux.

Pourtant le tribunal avait été incroyablement sympathique, car il a fait venir un essayiste exposant ce qu’est l’antispécisme, et a même donné la parole à la militante « antispéciste » suisse Virginia Markus. C’était un incroyable cadeau dont il aurait été possible de profiter. Les « antispécistes » avaient un boulevard pour exposer leurs idées, revendiquer leur engagement, publier un manifeste antispéciste qui aurait été forcément largement diffusé, faire du tribunal une véritable tribune, etc.

Quand on est révolutionnaire, cela fait partie du b-a-BA de l’attitude lors des procès. Mais les « antispécistes » ne sont pas des révolutionnaires, ce sont des individus qui ont considéré que ce qui se passait dans leur environnement n’était pas correct. Cela ne va pas plus loin.

Prenons par exemple l’incendie du Burger King de Marcq en Baroeul. Eh bien l’une des personnes poursuivies a benoîtement expliquée : « L’idée vient de moi ». Comment peut-on être assez stupide pour casser la définition politique d’un acte et la résumer à un choix individuel, pour en plus s’auto-accuser ?

Une personne a fait également dix jours de grève de la faim en prison. Pourquoi ? Avec quelles revendications ? On ne le sait pas. Il n’y a aucune conscience politique, tout est dans l’immédiat et on ne sera pas étonné que la même personne, au procès, a affirmé :

« Je militerai autrement. J’exprime des remords. Je ne recommencerai pas. »

Toute la France regarde, et voilà ce qui est dit.

Très concrètement, notons également l’erreur fondamentale qui a joué pour leur arrestation. En utilisant de manière régulière deux voitures, elles ont été faciles à repérer. Même si on ne sait pas comment cela s’est déroulé dans l’enquête, on peut se douter que la police a pu procéder par recoupement. Il suffisait de regarder ce que disait la vidéosurveillance disponible et de voir quelles voitures étaient présentes à chaque fois.

Une autre erreur a été… d’éteindre en même temps les téléphones portables juste avant l’action ! On est là dans une très grande naïveté et effectivement, cette candeur est générale. Ces « antispécistes » sont en fait tout à fait conformes à l’image que nous avons de notre côté donné aux antispécistes : coupés de tout patrimoine historique du véganisme, velléitaires tout en s’imaginant faire quelque chose de formidable, sincères mais en même temps ne dépassant pas leur petit horizon individuel.

Les ennemis en ont tout à fait conscience. A l’extérieur du procès, Damien Legrand, avocat du Syndicat des bouchers du Nord (partie civile dans le procès), a cherché lui à faire monter la pression, tout comme Laurent Rigaud, le président du syndicat des bouchers du Nord. Eux ont bien conscience des enjeux et les propos de Laurent Rigaud appellent directement à élever le niveau de confrontation, avec une bonne dose de paranoïa et d’agressivité militarisée :

« Nous avons fait le choix, avec la fédération des bouchers, de nous mettre en première ligne, d’aller au contact. Nous ne voulons pas courber l’échine face à ces violences. Nous n’avons pas peur de ces militants mais nous craignons une réaction de nos collègues. Nous sommes pour la plupart des chasseurs, imaginez qu’un collègue sorte à la fenêtre avec son fusil car il voit son habitation être incendiée… »

On voit le problème : avec les « antispécistes », on n’a rien gagné, mais par contre l’ennemi a élevé son niveau de cohérence, de motivation, de compréhension des enjeux

Le tribunal n’a évidemment pas fait que des cadeaux non plus. On a ainsi eu des commerçants qui ont cherché à faire pleurer Madeleine lors du procès. Un tenant de restaurant s’était endetté pour tout rénover, il voulait même proposer un burger végétal… Un autre est déçu du fait qu’il a moins de clients, etc.

C’est donc un ratage complet, sur toute la ligne. Il aurait fallu politiser le procès de manière collective, même pour dire que la campagne « stop spécisme » était une erreur, mais une erreur inévitable historiquement (ce que nous ne pensons pas, c’était une erreur tout à fait évitable si la prétention des « antispécistes » avait été moins grande)

Il y aurait pu y avoir une remise de ce procès dans son « contexte » historique et une campagne d’amnistie en faveur des « utopistes » qui se sont trompés de chemin, mais dont l’exigence a un sens. Cela n’a pas été le cas.

Marche des lycéens et marche du « siècle » : la vanité de l’achat des indulgences

La grande actualité écologiste, cela a été les deux manifestations pour le climat : celle des lycéens le vendredi 15 mars 2019, celle appelée « marche du siècle » le lendemain. Il s’agit là de deux événements d’importance, parce que c’est la première fois que, au sens strict, la question de la « catastrophe » est posée par un mouvement d’en bas, du moins en apparence.

En théorie en effet, ce sont les lycéens eux-mêmes qui se sont lancés dans l’initiative, à l’appel de la jeune suédoise Greta Thunberg, et la manifestation du samedi a été portée par la « société civile ». En pratique, évidemment, les choses sont bien différentes, et c’est pour cela que le terme à employer pour parler de cela est aisément trouvé : c’est celui de vanité.

marche climat

Vanité, car Greta Thunberg est une construction médiatique lancée par des businessmen faisant de la protestation un commerce en ligne, vanité car la société civile n’a consisté qu’en les réseaux des ONG et des milieux bobos. Le terme de vanité est important, car il ne s’agit pas ici de critiquer la sincérité des gens présents. C’est justement bien le problème, que cette sincérité.

Pourquoi ? Parce que cette sincérité est totalement en décalage avec la réalité. C’est de la mise en scène conforme à la domination de Facebook, d’Instagram et de Snapshat, cela n’a aucune incidence sur rien et cela ne porte strictement rien. C’est l’achat de la bonne conscience à bas prix, c’est digne de l’achat d’indulgences auprès du pape à la fin du moyen-âge

Les gens présents ont comme mot d’ordre, pour résumer : nous avons péché, mais nous ne le ferons plus. Et une fois cela fait, ils continuent. Et ils n’échappent même pas à la vanité.

Prenons le terme de « marche du siècle ». C’est une expression qui a un sens et celui-ci est lourd ; elle veut dire par là que c’est sensé être la plus grande marche du siècle, avec le plus de gens, d’engagements, etc. On s’attend donc à quelque chose de fort, de grandiose, en tout cas de très parlant.

Las ! Elle n’a concerné à Paris, selon la police, que 45 000 personnes, et cela alors que 140 ONG y appelaient. Prenons simplement une calculatrice et faisons la division de 45 000 par 140 : cela fait un peu plus de 321. Cela veut dire que chaque association n’a été en mesure d’amener qu’un peu plus de 300 personnes pour une initiative se voulant totale…

marche climat

Même si on prend le chiffre des organisateurs, soit 105 000, cela fait 750 personnes. Cela reste infime si l’on part du principe que que les médias en ont parlé de manière récurrente. Il ne faut donc pas se voiler la face : on est ici dans un petit milieu, celui des associations, des ONG, du mode de vie bobo, des gens liés à EELV.

Il y a bien plus à attendre des efforts faits dans les 220 autres villes dans tout le pays, où selon les organisateurs 250 000 personnes étaient mobilisées. Mais cela sera sur le long terme, car dans le fond c’est le style parisien qui prédomine, et c’est totalement vain.

Critique facile, critique tout aussi vaniteuse ? L’avenir le dira, puisque si la marche du siècle a vraiment été ce qu’elle prétendait être, alors son impact va être énorme. Sinon, cela n’aura été qu’une anecdote de plus, tout comme les mobilisations au moment de la COP21. Et on pourra dire que le slogan « Macron t’es foutu, les pandas sont dans la rue » aura été d’une profonde ironie criminelle à une époque d’écocide généralisé.

Notons au passage d’autres vanités du même niveau de mauvais goût, d’inconscience et de décalage avec la réalité. La fin du cortège parisien parlait de tout sauf le climat (le logement, Emmanuel Macron, les étudiants étrangers, etc.). Il y avait un bus du mouvement GAF (give a fuck) avec de la musique pour une rave party pour le climat avec comme mot d’ordre « Parce que danser, c’est aussi militer ». Mais bien sûr !

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Et L214 était avec le parti animaliste, entonnant « Lâche ton couteau pour les animaux. Lâche ton steak, pour la planète. » Faut-il également mentionner la présence de Cécile Duflot, ex-ministre de l’écologie dont on ne rappellera jamais assez le coup de Copenhague, qui était ravie de la marche et parlait « d’énergie du désespoir » ?

Il y a évidemment plus d’espoir chez les jeunes, qui eux ont bien compris que les choses allaient mal tourner. Ils ne sont pas dupes et c’est pour cela qu’ils ont manifesté en masse. Il y a ainsi eu 40 000 personnes à Paris, 15 000 à Lyon, plusieurs milliers à Montpellier, Strasbourg, Rennes, Bordeaux, plusieurs centaines à Lille, Clermon-Ferrand, etc.

Le problème, c’est que si les jeunes savent, ils restent consommateurs. Tout le contenu leur a été fourni par des ONG internationales qui en profitent pour s’installer. Rappelons que cette marche des lycéens a eu lieu d’ailleurs dans 123 pays, avec l’appui ouvert des médias, voire des institutions elles-mêmes…

De plus, l’horizon ne va pas plus loin que le tri sélectif et la moindre utilisation de plastique, avec l’inévitable rhétorique sur le fait que l’humanité va vivre moins bien en raison du réchauffement climatique, et que les jeunes sont les premiers concernés.

Si l’on est bienveillant ou naïf, on dira : c’est élémentaire, mais un début. Si l’on est objectif ou circonspect, on dira : ces jeunes ne comprennent rien à rien et ont 10, 20 ou 30 ans de retard. Dans tous les cas, impossible de nier que toute l’approche reste fondamentalement anthropocentriste, malgré de beaux slogans pour la Nature ici ou là, ainsi que des mots d’ordre en faveur de la planète en général. Cela ne dépasse le plus souvent pas le cadre de la poésie ou de la sensibilité, ce qui n’est déjà pas si mal, mais cela n’apporte rien.

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Disons les choses franchement, ou plutôt posons la question. Même en admettant que toutes ces critiques soient erronées et que, donc, ces deux marches étaient de très bons signes, tout au moins des signes allant dans le bon sens… Comment va-t-on aller à un changement total de perspective d’ici 20 ans

Car le temps passe. Chaque jour qui passe, ce qui est à faire s’avère encore plus immense. La consommation de la viande est en train de doubler de volume, la déforestation de l’Amazonie c’est grosso modo un terrain de football en superficie toutes les secondes. A cela s’ajoute la pollution toujours plus grande, dans tous les domaines, le réchauffement climatique, l’écocide généralisé.

Tout cela doit être résolu dans les 20 ans, sans quoi il va y en avoir pour au minimum 30-40 ans de profonds tourments à l’échelle planétaire, et cela dans le meilleur des cas. Ainsi, même avec la meilleure volonté du monde, il faut oser le dire : tout cela est de la vanité, de l’achat de bonne conscience comme hier on achetait des indulgences.

Tout cela n’est pas à la hauteur de ce qu’exige la planète à notre époque !

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DOM TOM : paradis pour les touristes, enfers pour les animaux ?

Voici un appel de l’association Collectif Outre-mer de Protection Animale, qui vient rappeler la situation terrible de la condition animale outre-mer et demande à ce que les refuges des Dom-Tom soient soutenus. C’est bien entendu quelque chose à relayer!

Le Collectif Outre-mer de Protection Animale (COPA) – basé en Lorraine – lance en soutien aux associations ultramarines une campagne médiatique bilingue, intitulée «Respect des lois et stérilisation pour les animaux des DOM TOM».

Problématique de l’errance et politiques d’euthanasie massive

L’errance animale est une caractéristique des paysages de la France d’Outre-mer. Si les causes en sont diverses, la réponse apportée depuis des décennies par les collectivités locales est quasiment unilatérale : l’euthanasie de masse.

es initiatives en matière de stérilisation existent, mais les budgets consacrés demeurent nettement inférieurs à ceux alloués aux captures, mises à mort et ramassages d’animaux écrasés.

Manquements aux lois françaises

Absence d’identification, divagation, animaux jamais détachés, chiots de moins de 6 mois attachés, actes de cruauté non sanctionnés, refus d’enregistrements de plaintes, plaintes classées sans suite, business florissant de la reproduction à fin de ventes…

Tel est le quotidien auquel doivent faire face les associations locales. Pour mettre un coup de projecteur sur cette situation, le COPA diffuse une vidéo titrant “DOM TOM, zones de non-droit pour les animaux?”. Cette vidéo est associée à une pétition destinée, entre autres, au ministère de l’Outre-mer.

Leurs versions anglaises seront relayées aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande, Australie et au Canada anglophone. La Polynésie et la Nouvelle-Calédonie accueillant de nombreux touristes en provenance de ces pays, l’association va également s’adresser à eux.

Cette campagne s’inscrit dans le projet COPA, dont l’objectif premier est d’impulser une gestion humaine et effective de la population canine et féline, s’inscrivant dans la durée. L’identification et les actions de sensibilisation en sont également des composantes prioritaires.

A ce jour, le collectif a deux associations affiliées : COPA Guadeloupe et Protection Animale de Guyane.

La condition animale en Outre-mer, sclérosée, doit évoluer.

Séverine Fontan, présidente

Collectif Outre-mer de Protection Animale

> association-copa.fr
> facebook.com/CollectifOutremerPA

Le véganisme et le féminisme à la croisée des chemins

Le 8 mars est une date très importante ; elle est un anniversaire, celui de la cause des femmes. Le véganisme se confond avec cette cause, non pas simplement pour des raisons conceptuelles, théoriques ou quoi que ce soit de ce genre, même si cela a son importance, mais surtout parce que ce sont les femmes qui font que le véganisme existe.

Il ne faut pas se leurrer : les hommes sont pétris historiquement par les valeurs de la chasse et de la cueillette, de l’agriculture et de la domestication, et cela depuis des milliers d’années. En mettant les femmes de côté, les hommes ont mise de côté la Nature et il leur manque une capacité à assumer la sensibilité par rapport à celle-ci.

Les hommes peuvent devenir vegans, mais aimer les animaux, la Nature, ils ont du mal avec cela ; ils peuvent l’accepter, voire l’assumer, mais pas le trouver d’eux-mêmes. Ils doivent se mettre à l’école de femmes.

Malheureusement, il faut ici noircir le tableau. Et le véganisme et le féminisme ont à ce sujet un nombre important de points communs. Ils sont donc tous deux portés par les femmes ; ils ne doivent leur existence qu’à l’abnégation de femmes qui le portent très concrètement, de manière positive, en réalisant certaines choses.

Mais tous deux sont récupérés, détournés, lessivés, vidés de leur contenu. Les termes de véganisme et de féminisme, une fois qu’ils ont acquis une certaine valeur, ont été réemployés n’importe comment, pour profiter de leur prestige, pour les vider de leur contenu.

Désormais, le féminisme est une valeur des institutions françaises elles-mêmes, ainsi que des marques qui visent le marché féminin et utilisent le 8 mars, par exemple, comme prétexte pour des promotions.

Quant au véganisme, il a été saccagé par des universitaires, des épiciers et des excités en mal d’idéaux, transformé en un « antispécisme » d’autant plus ignoble qu’il tourne ouvertement le dos aux animaux sauvages et aux refuges.

Dans les deux cas, les femmes qui portaient tant l’un que l’autre ont laissé faire, parce qu’elles détestent à la fois le conflit, les querelles, la politique, les idéologies. Elles pensent qu’il y a de la place pour tout le monde, ou bien ne se posent pas la question de voir les choses en grand. Elles sont focalisées sur les choses concrètes.

C’est la force des femmes impliquées dans la protection des animaux que d’insister toujours sur le côté pratique et la dimension naturelle dans le rapport aux animaux. Mais c’est en même temps un souci sur le plan des valeurs, car face aux carriéristes, opportunistes, boutiquiers, profiteurs et autres aventuriers en quête d’egotrip, cela ne fait pas le poids !

Il faut dire ce qui est : avec les antispécistes d’un côté et les marchands de l’autre, l’antispécisme voire le véganisme est devenu un prêt à porter de hipsters, un élément de plus dans une pleurnicherie sans fins sur un monde « hiérarchisé » qu’il s’agirait de déconstruire.

Si l’on veut trouver des gens parlant du véganisme, on se retrouve face à des énergumènes jeunes et fascinés par une esthétique de « rupture », coupés de toute connaissance historique, utilisant un vocabulaire bigarré pour mettre « l’antispécisme » sur le même plan que la lutte contre « l’agisme », le « validisme », « l’islamophobie », avec inversement la mise en valeur de la non-monogamie, des concepts de bisexualité, pansexualité, polyamour, etc.

Ces gens sont odieux et détournent les gens normaux du véganisme, qu’ils voient comme une lubie d’habitants des centre-villes, de rebelles fils ou filles à papa cherchant quelque chose d’extrême pour se faire remarquer, se mettre en valeur, voire faire carrière!

L’antispécisme fait partie de la panoplie composée de l’anneau dans le nez ou de la barbe de hipster, des discours nombrilistes et des photos ininterrompus de soi-même, de l’utilisation massive de twitter, instagram et facebook, des complaintes lyriques et agressifs contre telle ou telle personne accusée d’être exemplaire des valeurs à déconstruire.

Les animaux ne sont rien d’autre qu’une surface de projection.

C’est une catastrophe et celle-ci ne peut être que temporaire, parce que les modes passent et que cet assemblage hétéroclite utilisant la question animale pour avoir l’air « libératrice » sur tous les plans ne tiendra pas sur le long terme.

Il s’agit donc de prévoir la suite et de maintenir le drapeau du véganisme… Un véganisme porté par les femmes, qui n’aiment pas les drapeaux, sauf quand elles ont compris que l’affrontement était inéluctable et qu’il fallait l’assumer. Elles sont alors en première ligne.

Le renégat Tim Shieff

C’est une information normalement anecdotique, cependant dans le climat actuel, il est toujours bon de s’y attarder, pour remettre quelques points sur les i. Le véganisme en France connaît en effet une puissante contre-offensive, aussi rappeler les fondamentaux a du sens.

En l’occurrence, cela concerne un athlète de haut niveau, qui a abandonné le véganisme, pour des raisons de santé prétend-il. Cela a provoqué de nombreux échos dans les médias et cela contribue à la désorientation. Ce n’est jamais bon et ça l’est encore moins en ce moment.

La personne concernée est Tim Shieff ; c’est un Anglais, adepte des parcours où l’on court en faisant face à des obstacles. La télévision raffole de plus en plus de ce genre de choses et il s’y est fait connaître lors d’un parcours de MTV, lui apportant une certaine reconnaissance.

En plus, il a gagné la même année, en 2009, un championnat de parcours. Il a même pu par la suite avoir un petit rôle dans Harry Potter (celui d’un “détraqueur). Il est ensuite devenu vegan en 2012, tout en partageant son quotidien dans des petites vidéos, avec autour de lui une communauté de suiveurs. Il mettait directement en avant le véganisme, et avait même fondé un marque d’habits.

Voici une vidéo montrant ses capacités techniques alors.

C’est indéniablement impressionnant, cependant on l’aura compris, cela fait partie de toute cette vague de végans pour qui le véganisme ce ne sont pas les animaux, mais soi-même, son identité, son vécu, etc. Voici une autre vidéo assez typique du genre m’as-tu-vu.

C’est donc simplement un de ces nombreux free-runners et autres adeptes du cross-fit qui adorent se mettre en scène dans des vidéos autocentrées, dans un esprit ultra-individualiste, ce qui n’a rien à voir avec le sport dans sa dimension populaire, ni avec le véganisme en tant que tel.

Sauf donc que Tim Shieff a fait un petit buzz tout récemment en annonçant publiquement, dans une vidéo, qu’il abandonnait le végétalisme, pour des raisons de santé. Il a alors dépassé largement le cadre de sa renommée initiale. Car s’il a pu franchir le million de vue à ses débuts, ses dernières vidéos ne réunissent que quelques dizaines de milliers de vue, c’est-à-dire vraiment pas grand-chose dans ce domaine pour un anglophone.

Son annonce d’abandonner le végétalisme a quant à elle plu à de nombreuses personnes qui se sont empressées de relayer l’information, comme nouvel argument contre les personnes vegans. Tim Shieff étant un renégat, il est utilisé par les ennemis du véganisme. Rien de plus logique.

C’est qu’il s’agit d’une bataille culturelle, d’une bataille de valeurs. Les fondements du véganisme sont tellement solides, la réalité de la bonne santé des personnes végétaliennes ayant une alimentation équilibrée est tellement évidente, que les arguments rationnels n’opèrent pas. Il ne reste plus que le mensonge, et ce genre d’anecdote, pour tenter de discréditer les vegans.

Soyons très clairs : en 2019, prétendre que le végétalisme n’est pas possible – pour une personne “normale”, pour un sportif de haut niveau, pour un enfant – ne tient pas. A moins que, dans sa tête, on capitule culturellement.

Voyons justement les arguments de Tim Shieff. À aucun moment il n’expose d’arguments concrets, matériels, pour justifier son choix. On apprend simplement que ses muscles devenaient fragiles et qu’il n’arrivait plus à faire de pompes sans être blessé ensuite. Il dit avoir été fatigué, déprimé, avoir du mal à digérer, etc.

Plutôt que de penser au surentraînement, ce qui est typique pour ce genre d’activités consistant en une éternelle fuite en avant dans le dépassement individuel, de manière toujours plus extrême, il s’imagine qu’il lui manquait « quelque chose », sans vraiment l’expliquer. On retrouve là tout son fond mystique, avec toutes les thématiques quasi magiques du type yoga, équilibre de ying et de yang, etc.

D’où l’incohérence jusqu’au pittoresque. Ainsi après plusieurs tentatives délirantes de se « purifier », en buvant son urine (« l’urine est de toi et c’est pour toi »), ou encore en suivant un jeûne très strict de 35 jours en buvant seulement de l’eau distillée, Tim Shieff a mangé des œufs et de la chaire de poisson et raconte que cela lui a fait énormément de bien. La belle affaire ! Il n’y a rien de plus absurde pour un athlète que de ne pas s’alimenter, alors forcément que quand on mange à nouveau, l’organisme « apprécie ».

Mais étant une sorte de délirant, d’équilibre, Tim Shieff tient un discours lyrique et dérangé, dérangeant :

“La première nuit après avoir mangé du saumon, j’ai eu un rêve mouillé alors que cela faisait des mois que je n’avais pas éjaculé.”

C’est tout à fait grotesque. Nous sommes en 2019 et ce genre de discours ne tient pasu ne seconde alors que les exemples sur le long terme de sportifs de haut niveau vegan sont multiples, et cela dans tous les domaines, que cela soit la force, l’endurance, l’explosivité, la coordination neuro-musculaire, etc.

Pour fonctionner, les muscles ont besoin d’un certains nombres de micro-nutriments, que l’on retrouve sans problèmes dans les végétaux. Et cela que ce soit le fer, le zinc ou les vitamines. Il y a bien sûr la vitamine B12 qui est un cas particulier, mais cela n’est pas un problème puisque les végétaliens en consomment facilement autrement que dans les produits d’origine animale.

On a besoin bien sûr de beaucoup de glucides, mais dans tous les cas ceux-ci proviennent uniquement (ou presque) des végétaux.

Il faut également consommer des protéines, pour régénérer ses tissus musculaires après l’effort. Là encore, ce n’est pas un problème : ce dont à besoin l’organisme, ce n’est pas de protéines agglomérées par un autre animal (dans un œuf ou de la chaire de poissons par exemple), c’est d’acides aminés afin de constituer ses propres protéines.

Chaque sportif vegan sait très bien où trouver les acides aminés essentiels pour s’alimenter après l’effort. Les pois chiches, les lentilles, les haricots rouges, le riz complet, l’avoine… en regorgent, et les exemples sont par ailleurs multiples. Ceux qui veulent faire les choses encore mieux, de manière plus poussée, peuvent se tourner vers des aliments encore plus “fonctionnels”, comme le quinoa ou les graines de chanvre décortiquées, dans lesquels ont retrouve tous les acides aminés essentiels en bonnes proportions, ainsi que beaucoup d’autres micro-nutriments.


Marta Gusztab, championne polonaise de Muay Thai

Qui a t-il donc, pour un sportif, qu’on ne pourrait trouver que dans les œufs, ou la chaire de saumon ? On trouve dans un œuf beaucoup d’eau (presque la moitié de la matière), des protéines, un tout petit peu de glucides, des acides gras, et tout un tas de micro-nutriments habituels. Rien de cela n’est spécifique, introuvables ailleurs pour un vegan.

Il en est de même pour le saumon : il n’y a rien qui serait spécifique et introuvable ailleurs. On peut noter que celui-ci a un organisme, comme tous les poissons gras, particulièrement riche en acides gras oméga-3. Sauf que tout sportif vegan sérieux, connaissant l’importance de ces acides afin d’éviter les risques d’inflammation notamment, sait très bien où trouver des acides gras oméga-3 en grandes quantités et mange en général beaucoup de graines de lin, de chia ou de chanvre, précisément pour cette raison.

En fait, l’enjeu en termes d’alimentation pour les sportifs est surtout qualitatif. Le quantitatif est très facile à couvrir, que l’on soit vegan ou non. Sur le plan qualitatif par contre, les aliments d’origine végétale permettent une bien meilleure synergie des micro-nutriment, pour une assimilation optimale, plus « fine » en quelque sorte. Il en est de même pour l’équilibre acido-basique, qui agit directement sur les performances.

Une alimentation classique, à base de protéines animales et de laitages, acidifie largement l’organisme, au contraire d’une alimentation végétale bien menée (sans excès de céréales et avec beaucoup de fruits et de légumes) qui permet de mieux réguler le pH plasmatique.

Beaucoup d’athlètes très sérieux ont, au contraire de Tim Shieff, fait des recherches, réfléchi de manière intelligente et concrète à leur alimentation. On a même des individus tels que les célèbres athlètes Brendan Brazier ou Scott Jurek, qui sont venus au végétalisme pour des raisons de santé et de performance sportive. Brendan Brazier est auteur de la méthode Thrive, qui prône une alimentation essentiellement « raw » (non cuite) et « whole » (avec des produits complets).

Scott Jurek a pour sa part écrit un livre, Eat & Run, qui est traduit en français, dans lequel il fait largement part de son expérience positive avec le végétalisme.

Il y a aussi d’autres athlètes pour qui le végétalisme est d’abord un engagement pour les animaux, comme le sympathique Matt Frazzier du blog nomeatathlete.com, appréciant comme nous le groupe Earth Crisis ! Il a écrit un ouvrage très didactique, traduit en français sous le nom de Se nourrir, marcher, courir vegan.

Conclusion, Tim Shieff n’est qu’un narcissique renégat au véganisme, comme il y en a tant, comme il y en a eu et comme il y en aura. Il faut bien avoir conscience de cela. D’où la nécessité de centrer son discours sur la compassion et les animaux, la nature et le respect de la vie.