Un manchot pris en otage par la publicité en Nouvelle-Zélande

Que les animaux ne puissent pas être séparés de leur environnement, cela apparaît comme une évidence, au fond. Mais les bons sentiments ne suffisent pas, et sans compréhension de la libération animale non seulement on n’aide pas les animaux, mais on se fait vite avoir.

La situation du pauvre « Happy Feet » est un cas d’école.

Fin juin, un manchot empereur s’est trompé de chemin et s’est retrouvé en Nouvelle Zélande.

Le climat néo-zélandais, à 3000 kilomètres de l’Antarctique, ne lui convenait évidemment pas. Il avait en l’occurrence trop chaud, et a tenté de se rafraîchir en mangeant du sable (dans l’Antarctique, c’est de la glace qui est mangée et le manchot a tenté de même par analogie).

Sa situation a attiré l’attention de la population, le manchot a gagné un surnom (“Happy Feet”, du nom d’un dessin animé avec un manchot). Il est devenu une cause à rallier, et un bon moyen pour les spécialistes du marketing d’utiliser la bonne volonté de la population.

Le manchot a tout d’abord été soigné au zoo de Wellington, où il a attiré en masse. Le zoo a largement utilisé le manchot afin de faire sa publicité.

Ainsi, l’opération pour enlever les trois kilos de sable a été observée par une centaine de personnes !

Le requinquage permettant au manchot de prendre quatre kilos (pour faire désormais 27 kilos et demi) a été un prétexte pour l’entreprise « Bluebird » qui produit des snacks de filer un petit pourcentage des ventes au manchot afin de financer sa nourriture.

Le symbole de « Bluebird » est en effet un manchot surfant sur une chips, et c’était l’occasion de se faire de la publicité à peu de frais !

Ensuite, il fallait ramener le manchot chez lui, tout comme le dernier manchot qui s’était trompé de route et était arrivé en Nouvelle Zélande en 1967.

C’est donc un multimillionnaire qui a financé le voyage d'”Happy Feet”, histoire de faire de la publicité pour sa banque d’investissement « Kiwisaver. »

Une sorte de toboggan a été mis en place rien que pour le manchot sur le brise-glace, comme on peut le voir ici.

Mais le manchot n’a pas été ramené chez lui… on l’a laissé à 2619 kilomètres de la colonie de manchots ! Et pour l’instant il n’a parcouru que 7 kilomètres en 24 heures…

Pourquoi l’a-t-on laissé aussi loin ? Parce qu’on lui a placé un tracker, qui fait 100 grammes et qui permet de suivre son parcours (sur ce site). C’est une entreprise qui fait sa « publicité » par ce moyen…

Le pauvre « Happy Feet » a été sauvé, mais ce sauvetage a été manipulé par des entreprises dans une visée marketing. On a commencé à donner au manchot un nom de personnage de dessin animé, et de cet esprit « nunuche » on est passé à l’opération marketing de grande envergure.

Tout le contraire d’un esprit sérieux et plein de sensibilité qui aurait dû prévaloir !

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