“Déchétarisme : faites les poubelles, pas les courses !”

Le “freeganisme” est à l’origine une activité visant à récupérer de la nourriture jetée à la poubelle par la société de la surproduction et de la consommation… Mais une nourriture végane.

En France, la démarche a existé dans les squatts historiquement (ou avec les Food Not Bombs également), mais les freegans n’ont rien de vegan, et sont bien la preuve que l’individualisme ne correspond pas au projet vegan, qui ne peut être que global. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille rêver d’un capitalisme vegan…

Voici un article paru dans le “Républicain lorrain” et qui vante les mérites du freeganisme, dont on peut facilement voir qu’il n’est pas vegan. Le site Freegan.fr dit qu’il faut regarder le film Earthlings, mais donne des conseils pour manger de la viande, des laitages, des oeufs…

Déchétarisme : faites les poubelles, pas les courses !

Quand les problématiques économiques épousent les préoccupations éthiques, le résultat peut surprendre, intriguer ou choquer. Ainsi, les freegans, ou déchétariens, ont fait du glanage leur pain quotidien. Voyage dans le monde des explorateurs de poubelles…

Ils se nomment déchétariens, parfois déchétivores, et revendiquent fièrement leur appartenance à ce mouvement mondial. Ils, ce sont ces individus, hommes ou femmes, jeunes ou vieux, qui préfèrent récupérer la nourriture, évidemment consommable, qui a été jetée dans les poubelles plutôt que de l’acheter directement. Leurs motivations sont aussi diverses que l’importance que chacun leur donne. Une chose est certaine: le fondement de cette école s’appuie sur le constat d’un gaspillage général. Elle a vu le jour aux États-Unis, sous l’appellation de « freeganisme ».

Contraction de liberté (free) et de végétalien (vegan), ce terme assez fourre-tout, au carrefour de plusieurs thématiques, puise son inspiration majeure aux sources de la décroissance et du développement durable. Médiatisé depuis quelques saisons, ce mode de vie qui séduit de plus en plus d’individus autour de la planète est une violente mais constructive critique de la surconsommation, source de pollution et d’appauvrissement, symptômes d’un monde tournant en surrégime absurde.

Pourquoi ?

Les poubelles débordent de denrées comestibles. Si certaines ont dépassé, parfois d’un jour ou deux, la date de péremption et que d’autres ont à peine été touchées, beaucoup sont en fait directement passées du frigo aux ordures. Au-delà de cette disponibilité, les contingences économiques accentuent encore la convoitise de ces récupérateurs. Se nourrir revient d’autant moins cher quand les cordons de la bourse ne sont pas déliés. Un lieu commun qui, dans la réalité, pousse de nombreuses personnes à sauter le pas et à soulever le couvercle des bennes à ordures.

La revendication déchétarienne permet alors de s’affirmer en tant que tel. La fierté n’est pas, comme on peut s’en douter, le premier sentiment qui ressort de pareil acte, en opposition flagrante avec le modèle dominant. Les déchétivores rendent pourtant un grand service à la société.

En prélevant des containers une part des volumes à recycler, ils soulagent la charge des entreprises spécialisées et de fait la facture globale. Un dernier élément d’explication du mouvement déchétarien a pour nom l’immunovolution, soit la manière de protéger son organisme en ingérant des produits aussi naturels que fibres, vitamines, produits laitiers et… moisissures.

Cette consommation – en droit d’effrayer les plus accrocs aux produits frais et aseptisés – séduit au contraire les adeptes du freeganisme, dans une approche toujours progressive et mesurée.

Comment ?

Le site http://freegan.fr est une véritable banque de ressources pour déchétariens amateurs ou confirmés. Vitrine du mouvement hexagonal, ce portail donne le ton et n’est pas avare de conseils. Un tour sur le forum permet de constater le sincère engouement autour de cette mode avant-gardiste aujourd’hui devenue phénomène populaire. On y partage ses bons plans, on y rend compte de ses expériences, on se rencontre et, globalement, on échange autour de problématiques beaucoup plus larges que la simple question freegan.

Le site lui-même met en ligne une marche à suivre pour récupérer de la nourriture. Cela commence par le matériel (dont l’indispensable lampe frontale, la plupart des opérations se déroulant de nuit) et se poursuit jusqu’aux techniques même de « pêche » dans la benne.

Cela se double de recommandations d’importance, comme demander de récupérer avant même d’aller glaner, ne laisser aucun détritus au sol ou encore ranger minutieusement ce qui aurait été emprunté. Il y a également quelques exemples de poubelles particulièrement riches, telles celles des boulangeries, magasins de proximité, pizzas et sandwicheries, stations service, fast-food ou encore… particuliers notoirement gaspilleurs.

L’ensemble est complété d’entrées nécessaires, comme la comestibilité et la conservation des aliments, un éclairage légal sur « donner de la nourriture » ou « fouiller des poubelles », mais aussi la dangerosité du régime déchétarien qui « enfreint toutes les règles d’hygiène alimentaire préétablies par la société ». Une mise en garde lucide réalisée par les tenants même de ce site dense, drôle et aussi décomplexé que cette démarche, entre militantisme et pure survie.

Articles pouvant vous intéresser