Un point sur l’incendie du Parc national de la Réunion

Le 25 octobre 2011, le Parc national de l’île de la Réunion a été touché par un incendie. Sachant que plusieurs départs de feu interviennent entre 15h00 et 16h30 à plusieurs kilomètres de distance, il est bien évident que cet incendie fut d’origine criminelle. Surtout qu’il y a un an, 800 hectares au Maïdo avaient déjà été ravagés et il avait fallu 1 mois pour contenir définitivement les flammes…

Près de 3000 hectares ont été touchés, atteignant des zones naturelles inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco où se trouvent plus de 230 espèces rares.

Finalement, au moins 26 espèces végétales indigènes ou endémiques rares ont été touchées par cet incendie criminel et 16 d’entre elles sont considérées comme très menacées, comme le Bonduc, la Laîche de Balfour, le Mahot Blanc ou Mahot Cilié, la Faujasie écailleuse, le Petit maïs, Campanule de Rivals, le Pariétaire grêle, le Petit Tamarin des hauts…

Les animaux ont perdu soit leur vie soit leur habitat naturel. Les nichées des oiseaux Tec, des Papangues, des pétrels de Barreau et des passereaux ont été brûlées. Les papillons de nuit et le lézard vert des Hauts, peuplant cette nature rare, sont en danger…  Des centaines d’arbres, comme les tamarins, ont été réduits à l’état de poussière…

L’air a également été pollué par les particules des épaisses fumées dégagées par le brasier. En effet, la semaine dernière, sur une journée, les poussières fines en suspension atteignaient 55 microgrammes par mètre cube pour 24 heures alors que le seuil est de 50, fixé par arrêté préfectoral.

Pour tenter de contenir cet incendie, ce sont 4 hélicoptères faisant environ 50 rotations par jour qui ont été utilisés. Mais c’est seulement au bout de 8 jours que le premier Dash 8 (qui peut contenir 10 tonnes d’eau contre 600 litres pour un hélicoptère) est venu aider le travail difficile des hélicoptères !

On se souvient qu’à ce moment là, Eva Joly et Cécile Duflot avaient jugé « dramatiquement insuffisante » la mise en place des secours. Eva Joly avait alors annoncé en grande pompe qu’elle allait à la Réunion, pour soutenir la cause du parc national…

Mais finalement, elle n’y est pas allée. Il y avait le G20 à Cannes, la crise de l’Euro (qui n’en finit pas), et donc le parc national a été oublié…

L’incendie, lui est désormais contenu. Sur demande du Préfet, la caméra thermique utilisée par les scientifiques de l’Observatoire Volcanologique de la Réunion a été employée pour repérer les points les plus chauds au Maïdo. Grâce à ces données très précises, les autorités sont en mesure de redéployer les effectifs au sol et lutter efficacement contre le feu.

La météo a finalement également été favorable, sans vent en fin de semaine dernière, et le feu a été circonscrit sur le secteur Sud. Mais la situation tarde à réellement se stabiliser à cause d’une présence quotidienne de couverture nuageuse empêchant ainsi les Dash de déverser l’eau et à de nombreuses zones chaudes sur la partie Ouest, ainsi qu’à des foyers souterrains qui pourraient se déclencher.

Ce qui est en tout cas déjà certain et qu’on peut voir, avant que la situation ne se stabilise définitivement, c’est qu’une partie de la Nature de la planète dépend de l’État français, et que celui-ci ne considère nullement l’écologie – encore moins la libération de la Terre – comme une valeur essentielle.

On parle beaucoup d’écologie dans les médias, pour les élections, mais en pratique? En pratique, rien ne change fondamentalement!

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