Le « végétalisme à visage humain » ?!

Le véganisme fait peur, de par sa démarche il remet énormément de choses sur le plan social, et forcément être exigeant dans une société libérale de surconsommation, cela ne passe pas.

On connaissait l’accusation classique de « khmers verts », voici désormais qu’apparaît le « végétalisme à visage humain », allusion bien entendu au « socialisme à visage humain » mis en avant en Tchéquoslovaquie à la fin des années 1960.

Cette idée de « végétalisme à visage humain » est d’autant plus intéressante que nous, nous voulons un végétalisme justement à visage animal ! L’anthropocentrisme, cela suffit comme cela !

Mais voici l’extrait de l’article en parlant (nous effaçons le nom car nous ne voulons pas que le nom apparaisse : nous refusons catégoriquement la personnalisation, et de plus les accusations personnelles ne nous intéressent pas).

XXXX, fondateur de l’association XXXX, propage sa foi en un végétalisme à visage humain

Pour son président et fondateur, XXXX, « les actions contre le foie gras sont difficiles, c’est une tradition que tout le monde apprécie, et cela touche à l’identité nationale ».

(…)

Le végétalisme est pour XXXX une philosophie de vie : « Je suis végétalien, je n’utilise que des produits naturels, non testés sur les animaux. Mais cela reste un idéal, on ne vit pas dans un monde végétalien. Je fais ce que je peux et je fais attention. »

XXXX n’est pas extrémiste dans sa démarche. Il reconnaît boire une bière de temps en temps, même si celle-ci peut être filtrée avec de l’albumine ou de la colle à poisson. « Mais si j’ai le choix, j’irai vers celle qui est la plus naturelle. »

(…)

L’une des actions de ce collectif est de montrer que les végétariens et les végétaliens sont des personnes comme les autres, à part un régime alimentaire différent. « On veut échanger et montrer qu’on n’est pas des monstres. »

Quand on consomme de l’albumine ou de la colle à poisson, on n’est pas vegan. C’est clair et net. On n’est pas végétalien non plus.

On est peut-être « presque vegan » ou « presque végétalien » mais ce genre de définitions est sordide, honteuse et ne rime strictement à rien.

Quel intérêt y a-t-il à constater que le « foie gras » est apprécié par tout le monde et touche à l’identité nationale – ce qui est d’ailleurs totalement faux, c’est une tradition clairement bourgeoise, qui ne se propage que depuis très récemment – pour ensuite assumer devant les journalistes une attitude typiquement française : celle de ne rien assumer jusqu’au bout ?

Ce n’est même pas une question d’extrémisme là – sauf pour les journalistes, bien sûr, et d’ailleurs voilà pourquoi LTD refuse systématiquement les journalistes (et les journalistes sont friands de « nouveauté » et de « radicalité », donc il faut régulièrement les rejeter).

C’est simplement une question de cohérence! Quel message donne-t-on aux gens en acceptant l’albumine et la colle à poisson, si ce n’est : tout peut se négocier, tout est malléable, tout est discutable, etc. Rien n’engage à rien…

Comment peut-on être pris au sérieux avec cela ? Si on dit qu’on boit une bière non végane si « on a pas le choix », alors cela veut dire que lorsqu’on va au boulot, on ne fait pas de sandwich, on mange ce qu’il y a, car « on a pas le choix »…

Bref, c’est la porte ouverte, non pas au compromis (déjà discutable), mais carrément à la compromission !

De plus, c’est vraiment prendre les gens pour des idiots. N’y a-t-il pas des gens qui par dizaines de milliers pratiquent des religions, avec des pratiques « compliquées » ? Et même si l’on prend un supporter de football, n’y a-t-il pas plein de choses à savoir, plein de pratiques codifiées à respecter ?

Ce qui fait même d’ailleurs la force apparente de ces pratiques, c’est justement l’aspect « monolithique », qui fait sérieux, carré, etc. A tort, soit, mais là n’est pas la question.

Le fait est que quand on a des choses à dire, il faut les assumer totalement, et inversement. Personne n’est parfait et on peut faire des erreurs. Mais les revendiquer, les assumer… là cela relève du choix. Et donc ce n’est plus une erreur… C’est une choix effectué volontairement.

Qui est alors justifié a posteriori après par le prétendu refus de passer pour des « monstres »… C’est cela pourtant qui caractérise les idées nouvelles, révolutionnaires, dans une société à caractère obscurantiste !

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