“Jean-James Garreau : sous le costume de chef d’entreprise, un militant”

Si le véganisme est une pratique “systématique” et la libération animale une certaine philosophie, le végétalisme est lui une démarche qui, en soi, ne va pas forcément très loin. Les entreprises qui produisent des aliments 100% végétaux font même tout d’ailleurs pour s’inscrire dans le système de production globale.

En voici un exemple avec Sojami, dont le chef d’entreprise est présenté dans un article de Sud-Ouest comme “militant” alors qu’en réalité il demande simplement que les humains mangent “moins de viande” :

« Nos sociétés occidentales consomment trop de protéines animales, il faut inverser le rapport. »

Ce qui est en définitive ni plus ni moins le programme politique de Sojami, qui veut être une entreprise avec une part de marché.

Le site de Sojami n’hésite pas à vanter que ses produits se consomment comme de la viande ou du fromage!

Le mois dernier Sojami s’est installé dans une nouvelle usine, fournie par la technopole de l’agro-alimentaire Agropole et la région. Cette région – l’Aquitaine – étant le Sud Ouest, voici la fine allusion au… foie gras qui a été faite lors de l’inauguration de l’usine:

« Il n’y avait qu’en France que pouvait être inventé le fromage végétal. Alors plutôt que cocorico, puisque nous sommes au pays du canard, je voudrais dire coin-coin… »

Il est assez lamentable également de reconnaître la prétention française à avoir tout inventé, dans une sorte de délire mégalomane du pays des ingénieurs (et du foie gras).

Et d’ailleurs puisque la méthode pour produire le fromage végétal de Sojami est la lacto-fermentation, on aimerait bien savoir ce que représente les substrats d’origine animale utilisés pour obtenir les bactéries…

Voici donc l’article, présentant Sojami comme un acte militant, ce qui n’est pas du tout le cas, sauf évidemment pour les associations pour les “droits” des animaux qui valorisent ce business comme étant finalement ce qui changera tout finalement:

Jean-James Garreau : sous le costume de chef d’entreprise, un militant

Le patron du Sojami, installé à Estillac, s’est engagé dans une réduction sensible des protéines animales dans notre alimentation.

Bourlinguer humanum est… Jean-James Garreau s’est forgé dans les voyages : l’Europe bien sûr, mais aussi les Amériques ou encore l’Afrique. « J’ai fait mon service militaire comme professeur en Côte d’Ivoire. » Treize ans sur les routes, avec la curiosité en bagage et quelques idéaux fermement accrochés aux godasses. « J’ai travaillé sur des campagnes pour replanter des arbres et contre la désertification et c’est à cette époque que j’ai commencé à m’intéresser à la nutrition. »

Lauréat de l’Agropole

C’est aussi à cette période que celui qui deviendra docteur en biologie découvre le soja et expérimente les régimes alimentaires. Végétarien d’abord. Puis végétarien strict, autrement dit végétalien. « Mais je me suis rapidement aperçu que les fromages me manquaient. » Nous sommes en 1994. Le fils Garreau en a fini de sa grande vadrouille et réintègre la ferme familiale, en Vendée. Il touche le RMI.

« Mes parents élevaient des chèvres. Ils produisaient un peu de fromage. J’ai commencé à en faire de mon côté, à partir de lait de soja, qui se vendaient comme des petits pains dans les boutiques bio. » En 1995, Garreau migre vers Bordeaux, loue un laboratoire pour la mise au point technologique de son fromage et rempile à la fac. Il présente une thèse de biologie sur les chevreuils et gagne, en 1996, un concours de l’innovation organisé par l’Agropole, à Agen.

Soja lactofermenté

« Le fromage végétal c’est l’application des technologies fromagères au lait de soja », expose Jean-James Garreau, à la tête de l’entreprise Le Sojami à Estillac depuis 1997. Reconfigurée selon les dernières normes environnementales, cette usine, peu gourmande en énergie, fabrique une centaine de références, à base de soja, distribuées dans leur grande majorité en France.

« On a des touches pour commercialiser des produits en marque de distributeur », signale Jean-James Garreau qui s’est fixé, comme prochain objectif, d’élargir le cercle des consommateurs de mets au soja lactofermenté. « Nos produits ont les inconvénients de leurs avantages, il faut les expliquer plus que les autres… »

Un DVD sorti en juin

Même si elles lui ramènent régulièrement « les pieds sur terre », ses fonctions de chef d’entreprise ne détournent pas Jean-James Garreau de son engagement pour la cause alimentaire et la nutrition. « Pour la santé des gens et de l’économie, il faudrait que notre alimentation soit beaucoup moins carnée car en l’état, elle est beaucoup trop grasse. Avec 75 % de protéines animales pour 25 % de protéines végétales, elle est trop déséquilibrée. »

Des préoccupations consignées dans un DVD réalisé avec le concours de son neveu et intitulé « Comment nourrir l’avenir ». Un documentaire sorti au mois de juin dernier qui dresse un état des lieux des méfaits liés à la surconsommation de protéines animales et d’aliments raffinés dans les sociétés développées avec, en arrière-plan, la pratique d’une agriculture industrielle qui a rendu possible cette surconsommation.

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