Le film Souris City

Souris City est un film d’animation sorti en 2006, qui a eu un certain succès. C’est un film assez divertissant, avec quelques bonnes idées dont une surtout qui forme l’arrière-plan du film et qui est utile par exemple pour un message à faire passer aux enfants.

L’histoire commence avec Roddy, qui est une souris enfermée dans une cage. Il est aliéné : il se croit heureux, parce qu’il peut se promener quand il n’y a personne dans la maison. Il a donc des amis imaginaires, consistant en différents jouets.

L’idée est intéressante, car elle souligne dès le départ la différence entre un être vivant et un jouet. Surtout que la petite fille qui « possède » Roddy part plusieurs jours en vacances, donnant en vrac plein de nourriture, sans s’inquiéter plus que cela. On ne voit d’ailleurs pas le visage des humains, et en fait ils n’en ont pas : ce sont les animaux qui comptent.

La vie de Roddy change lorsque arrive par l’intermédiaire des canalisations un rat d’égout, symbolisant un punk ; il s’appelle d’ailleurs Sid, allusion à Sid Vicious.

Le contraste est fort car Roddy « habite » dans un quartier chic de Londres et dans un grand appartement, il s’imagine lui-même être une sorte d’aristocrate. Il tente de se débarrasser de Sid, mais ce dernier est plus malin et c’est Roddy qui part dans les toilettes, pour arriver à « Souris City. »

« Souris city » est une mini ville délirante peuplée de souris et de rats. En fait, le défaut du film est de vouloir présenter des rats, mais de céder devant l’idéologie dominante et de présenter une sorte d’hybride rat-souris. Ce n’est pas des plus réussis.

Néanmoins, la ville est vraiment réussie, c’est le fruit d’une imagination débordante comme tout le film est finalement assez amusant, et techniquement bien fait (il a d’ailleurs coûté pratiquement 150 millions de dollars). On reconnaît facilement Londres (depuis le Big Ben en passant par la publicité Calvin Klein avec une souris en caleçon sur le mur d’un building, en passant par la souris en burka, dont le nez dépasse de la grille!).

Roddy, très empoté et maniéré, tente de revenir chez lui, et il est aidé en cela, dans des histoires rocambolesques, par Rita sans manières mais débrouillarde, qui vient d’une famille populaire, avec de nombreux enfants. Le contraste des classes sociales est saisissant.

Roddy et Rita affrontent, autre défaut du film, un crapaud, qui veut se débarrasser des rongeurs pour s’approprier la ville. Un tel conflit entre crapauds et rongeurs ne repose sur rien à part l’envie des scénaristes de présenter encore une fois un “contraste” (d’ailleurs le chef crapaud est anglais et est aidé par son cousin français Le Frog, prétexte au contraste anglais/français).

L’humanisation des animaux tourne ici au grand n’importe quoi, même si on comprend que ce sont les humains qui sont à la source des problèmes (le crapaud est un ancien “jouet” du prince Charles, jeté dans les toilettes lorsque un rat a pris sa place comme “animal domestique”).

Naturellement, tout se termine bien : l’inondation organisée par le crapaud échoue malgré le peuple souris qui regarde la finale du match de football. Impossible de ne pas comprendre qu’il y a une critique de l’anesthésie représentée par le football en Angleterre, face aux questions importantes de société.

Roddy a compris son aliénation, grâce à Rita : il rejoint Souris city. Il veut des amis, il ne veut pas réduire sa vie à une « cage dorée » : c’est un point très fort du film.

Sid, lui, décide de remplacer Roddy dans la « cage dorée », mais la famille humaine (qu’il n’a pas pris en compte) revient avec un chat ! Cela signifie qu’il ne pourra pas se promener comme prévu : la cage n’est même plus « dorée. » Par principe une cage ne peut pas être « dorée »…

Souris city est donc un film qui vaut le coup d’oeil. Il est assez intelligent, même s’il ne va pas aussi loin que le brillant Chicken Run, dont nous ne vanterons jamais assez les mérites !