Qui sont les vrais terroristes?

Profitant de l’émoi de l’opinion publique face aux meurtres, Sarkozy en profite pour renforcer ses valeurs à lui (qui sont également celles de beaucoup d’autres) bien sûr.

Il annonce par conséquent cela :

« Toute personne qui consultera de manière habituelle des sites internet qui font l’apologie du terrorisme, ou véhiculant des appels à la haine ou à la violence, sera puni pénalement. »

Dans le code pénal français, un tel délit existe déjà concernant la consultation de sites pédopornographiques. On comprend alors le principe. Et l’idée de Sarkozy est de dire : qui refuserait une telle loi pour le terrorisme ?

Le problème bien sûr, c’est que la notion de terrorisme est extrêmement floue et peut évidemment être largement utilisé à des fins directement politiques.

Si l’on prend l’exemple du site Bite Back !, qui publie les communiqués des actions du Front de Libération Animale (ALF), il est par exemple évident que puisqu’il publie des communiqués d’actions illégales, consulter ce site de manière régulière aboutira à être pénalement coupable.

Évidemment, cela dépend de ce que signifie régulière. Néanmoins, quelqu’un allant une fois par mois sur un tel site pourra aisément être assimilé à une personne sympathisante.

Bite Back a tenté récemment de contourner une telle éventualité, en mettant un avertissement sur le côté, qui dit : « Bite Back ne publie pas d’informations sur des actions dont l’intention est de porter physiquement dommage à quelqu’un » (Bite Back does not publish news of actions in which the intent is to physically harm someone).

C’est une manière de séparer les actions de l’ALF de celles de l’ARM (Milice pour les droits des animaux), cette dernière ne rejetant pas la mise en danger d’humains. Mais cela ne changera rien : un incendie et un appel à fermer une boucherie ou un laboratoire, cela reste une forme d’intimidation, donc légalement c’est de la terreur, du terrorisme.

Poussons le bouchon plus loin. LTD publie systématiquement les compte-rendus des actions de l’ALF en France. Quand nous voyons une information de tel type sur Bite Back, nous la publions. Pour nous c’est un principe et un refus de toute dissociation.

Nous sommes d’ailleurs le seul média vegan à le faire. On peut donc constater que les personnes parlant de « libération animale » mais ne mettant pas Bite Back en lien et en niant les actions de l’ALF en France auront énormément aidé le gouvernement à prendre ses futures mesures de répression en ce domaine.

Et ce que cela signifie, de manière immanquable, c’est que théoriquement, LTD pourra être considéré comme un média appelant à la violence, puisque publiant sans commentaires des communiqués de l’ALF et appelant « de la même manière » à la libération animale.

Conclusion : les personnes visitant régulièrement LTD pourront théoriquement être répréhensibles pénalement, si le gouvernement décide que la libération animale a trop progressé en France et qu’il faut frapper cette tendance.

Il suffira juste aux médias de pratiquer une grosse propagande contre les amis « dégénérés » des animaux, les « hystériques » de la cause animale, etc., et une telle répression passera comme une lettre à la poste, à moins que…

A moins que la libération animale ne soit pas une initiative simplement morale, mais une vraie culture populaire. Tout progrès enfermé dans un microcosme, même d’importance mène inévitablement à la répression par l’Etat, et ce quel que soit la forme de lutte.

Que ce soit SHAC en Grande-Bretagne, ou à l’inverse VGT en Autriche, que les méthodes soient illégales ou légales, cela ne change rien : si l’État ne veut pas d’un mouvement de libération animale, il le réprimera, quelle que soit sa forme.

Enfin, sauf si évidemment la forme consiste en aller manger de la nourriture végétalienne comme lors des « Paris Vegan Day » ou en des rassemblements appelant les gens qui seraient « méchants » à comprendre que le spécisme, ce n’est pas bien…

Mais dans une optique sérieuse et radicale, une éventuelle répression échouera si c’est une cause considérée comme « noble » par les gens, car alors la cause sera portée par des personnes motivées qui, arrêtées, seront remplacées par d’autres de manière « automatique. »

C’est le principe de toute cause « révolutionnaire » et évidemment cela ne marche pas si la libération animale se réduit à une posture misanthrope.

Mais comme la libération animale est de toutes manières une cause naturelle, qui parle foncièrement à toute personne consciente du caractère dénaturé et barbare de l’humanité, tous les espoirs sont permis.

Nous ne laisserons pas faire, nous n’accepterons pas que notre mère soit assassinée… La planète redeviendra bleue et verte !

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