La brutalité inouïe des déterrages des familles de blaireaux

La vie est une chose merveilleuse qu’il faut admirer, protéger et respecter. Le respect de toutes les formes de vie passe par l’éducation, car beaucoup ne respectent que ce qu’ils connaissent et aiment.

Mais quand des chasseurs se prennent pour des écolos respectueux de la vie, et vont prêcher leur fausse et hypocrite « bonne parole » dans les écoles cela devient très vite problématique et catastrophique surtout.

Durant le mois de mai, dans le village de Cardesse (Pyrénées-Atlantiques), des lycéens ont appris avec des chasseurs comment tuer des blaireaux, à travers la pratique de la vénerie, comme le présent article le décrit, publié dans la République des Pyrénées:

Des lycéens de Soeix ont appris à piéger les blaireaux

Des chasseurs et des lycéens scrutent avec attention un trou dans la terre. Un jour ensoleillé du mois de mai, en bordure d’un champ de maïs de Cardesse. L’agriculteur a déposé une déclaration de dégâts auprès de la fédération des chasseurs 64. Les lycéens vont, certains pour la première fois, participer au piégeage des blaireaux en cause.

Les dégâts sont visibles : un blaireau a creusé le sol pour consommer les grains de maïs. Les consignes sont données par Serge Ladeuix, président de l’association de vénerie sous terre : ne pas faire trop de bruit car le travail des chiens (des Jack Russel) est dirigé à la voix.

Echos de combat

Un chien rentre dans le terrier et rapidement bloque l’animal. « Nous avons entendu les échos du combat entre les deux protagonistes », se souvient le professeur Franck Leprince. Serge Ladeuix encourage son chien.

Après quelques minutes d’écoute, l’emplacement des deux animaux est localisé. Les élèves creusent alors à tour de rôle pour les atteindre. Deux trous sont nécessaires pour découvrir l’endroit exact. Un premier blaireau tente de fuir et est attrapé à l’aide d’une pince.

Rapidement, l’animal est tué d’une balle de carabine. Mais le chien repart dans le terrier car d’autres blaireaux y sont présents. Trois autres blaireaux sont tapis. Un par un, les animaux sont sortis et tués.

« Nous avons ensuite rebouché les trous pour éviter les risques de blessure des animaux présents sur la parcelle à d’autres périodes de l’année », résument les élèves. L’activité est réalisée par la classe de Bac Pro « gestion des milieux naturels et de la faune » du lycée agricole des métiers de la montagne d’Oloron Soeix.

Tout au long de la formation, ces élèves ont pu découvrir différentes activités cynégétiques comme des baguages de bécasse ou des comptages de nuit au phare. Il leur manquait le piégeage du blaireau.

Mais présentons rapidement ce petit mammifère : le blaireau est un mustélidé pesant de 10 à 15 kg, vivant en communauté dans des terriers. Les blaireaux peuvent remuer jusqu’à 40 tonnes de terre afin de creuser les galeries de leur habitat.

Le blaireau est un animal omnivore consommant des vers, des petits rongeurs et des végétaux. Avec son pelage sombre, sa tête blanche marquée de 2 bandes noires verticales, le blaireau est très facilement reconnaissable.

Les blaireaux sont chassés à cause de prétendus ravages qu’ils commettraient dans les champs de maïs ou dans les vignes de raisin. C’est pour ces insupportables raisons que chasseurs et agriculteurs s’associent pour tuer les blaireaux.

Pour revenir au texte en question, il saute aux yeux qu’il n’effleure pas l’once d’une critique, et qu’il est même rédigé avec un ton presque enjoué, qui relève du divertissement collectif. Divertissement où les animaux traqués et massacrés n’ont absolument aucune importance, aucune valeur comparée à l’apprentissage du massacre de la vie, via des «  activités cynégétiques ».

Et voilà le drame de la vie : quelques blaireaux ont osé creuser le sol pour manger quelques grains de maïs.

« Les dégâts sont visibles : un blaireau a creusé le sol pour consommer les grains de maïs. », c’est donc cette scandaleuse présence et consommation du blaireau qui a provoqué mépris et colère, au point d’aller apprendre à des adolescents comment tuer des êtres vivants qui luttent pour survivre en consommant le peu d’aliments que l’être humain veut bien leur laisser !

En réfléchissant 2 secondes, les dégâts commis par une famille de blaireaux dans un champ de maïs, ne peuvent être que minimes !

Comme toutes les pratiques de chasse, la vénerie sous terre est une méthode d’extermination barbare et terriblement angoissante pour les blaireaux.

Pendant plusieurs heures le clan des blaireaux est traqué par les chasseurs et leurs chiens. Les blaireaux sont acculés au fond de leurs terriers par les chiens des chasseurs, et pendant ce temps les chasseurs creusent le sol pour récupérer les blaireaux. Il est évident qu’en se défendant les blaireaux combattent avec les chiens et finissent terriblement blessés (les chiens aussi sont donc blessés) et dans un état de peur inimaginable…

Puis l’animal est extirpé de son lieu de vie avec une immense pince et est achevé d’une balle de fusil.

Les blaireaux vivant en famille, ce sont tous les membres qui entendent, voient, sentent et subissent les uns après les autres ce massacre. Des souffrances et des angoisses qui durent des heures et des heures.

Voici le site de abolition déterrage qui explique ces méthodes cruelles dont sont victimes les blaireaux et les renards.

Les solutions pacifistes et respectueuses existent bien entendu. Mettre par exemple un filet enduit de répulsif à 15 cm au dessus du sol est un bon moyen pour éviter que les blaireaux ne « déciment » les champs. Entre les championnats de déterrage (pétition + explications), les massacres constants et abusifs, les blaireaux semblent avoir en France un bien sombre avenir.

Les politiques ne daignant pas bouger le petit doigt pour les animaux (ni même pour l’environnement, comme le tout récent fiasco de Rio+20), c’est à la population de bouger et de faire entendre sa voix pour les animaux.

En 1998-1999 l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) avait dénombré, pour 39 espèces, environ 30 millions d’animaux fusillés!

Ce chiffre est énorme, la grande majorité de la population est contre la chasse et révoltée par des pratiques sanguinaires d’un autre temps.

Ici, le blaireau est la cible de la chasse du 15 septembre au 15 janvier, mais peut aussi être capturé pour une période complémentaire du 15 mai au 15 septembre sur autorisation préfectorale.

Ce qui fait ce petit animal n’a que 4 mois de répit sur toute l’année ! La population de blaireau est en diminution et ce mustélidé est protégé dans 10 pays d’Europe (Espagne, Grande-Bretagne, Luxembourg, Italie, Belgique, Pays-Bas, Danemark, Grèce, Irlande, Portugal…). La France (la Suisse et l’Allemagne) faisant comme à l’habitude, l’exception en matière de respect de l’animal et accordant de biens grands privilèges aux chasseurs !

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