Le gâchis de papier du bac français

Chaque fin d’année, c’est la même chose, le même immense gâchis de papier au moment du bac français. Des tonnes de papier sont utilisées pour photocopier des textes qui ne seront jamais utilisés et termineront à la poubelle.

Rappelons le principe, bien connu de tous et toutes puisque ce scandale dure depuis plusieurs décennies !

Le bac de français a un oral, où chaque élève présente une vingtaine de textes, parfois un peu plus ou un peu moins. Cela fait déjà 20 pages pour 20 textes, en sachant qu’en fait, l’élève ne tombe à l’oral que sur un seul texte, sur lequel il doit faire un commentaire.

Or, comme la personne examinatrice a besoin d’un texte aussi, cela fait que chaque élève doit amener les 20 textes en double. On arrive déjà à 40 pages. Tout cela pour deux pages utilisées au final.

Si l’on compte qu’il y a environ 600 000 personnes qui passent le bac français, on imagine largement le nombre de pages !

Mais ce n’est pas tout. Car chaque élève se voit fournir une liste officielle de textes qu’il présente à l’oral. En moyenne, cette liste fait 4 pages. Pourtant, le professeur de français l’a déjà envoyée au rectorat, donc la personne correctrice l’a déjà. Ces 4 pages sont simplement inutiles !

En tout cas cela fait donc 44 pages utilisées, et non 40.

Et comme si cela ne suffisait pas, il faut ajouter encore les œuvres intégrales. Évidemment, pour lire un livre il faut l’avoir. On ne peut pas compter les trois livres lus en entier et qu’il faut amener comme étant du gâchis.

Le problème est que les livres doivent être amenés en double : un pour l’élève et un pour la personne examinatrice, qui peut décider de choisir un passage non étudié dans le livre pour le commentaire.

Comme nous vivons dans une société individualiste, beaucoup de gens rachètent les livres plutôt que de se les prêter… On passe ici de 44 pages à bien plus.

Il n’y a aucune statistique, mais si l’on dit que dans une classe de 30 élèves, quatre seulement rachètent les ouvrages (il y en a sans doute davantage), on a alors : 40 pages de texte + 4 pages de la liste pour 30 personnes, soit 1320 pages, à quoi il faut ajouter environ 50 pages (au format A4) de livres pour quatre personnes, soit 200 pages.

On en est déjà à à peu prêt 1500 pages par classe. Si l’on dit qu’il y a 20 000 classes pour 600 000 élèves…

Les solutions sont pourtant simples. Plutôt que d’amener les textes photocopiés individuellement, les professeurs de français pourraient envoyer au rectorat chaque texte photocopié trois fois. La personne examinatrice pourrait garder un texte pour elle, et proposer les autres textes aux élèves.

De la même manière, elle pourrait disposer d’un exemplaire des trois livres, d’autant plus que ce sont souvent des « classiques » déjà possédés.

Naturellement, cela poserait problème pour les éditeurs, qui font un profit monstrueux avec cette histoire de livres à racheter par les élèves. Les éditeurs inondent d’ailleurs les professeurs de livres « classiques » chaque fin d’année, afin qu’ils décident que les élèves achètent tel ou tel livre. Le livre sera alors automatiquement acheté par chaque élève, et parfois même deux fois…

Tout cela représente un énorme gâchis, qui saute aux yeux, et qui dure depuis au moins 40 ans. C’est une sacrée preuve du je-m’en-foutisme complet de la part des professeurs et des élèves, encore que les élèves n’ont pas leur mot à dire.

Protester contre ce gâchis est pourtant facile tellement il saute aux yeux !

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