Le procès pour avoir pénétré sur l’aéroport Charles-de-Gaulle

Une cause populaire ne peut pas être criminalisée, c’est aussi simple que cela. Si on est isolé dans un coin, alors bien entendu l’Etat peut faire ce qu’il veut. Mais avec un peu de jugeote et surtout avec une cause juste, tous les rapports de force sont modifiés.

En voici un exemple, avec une action annoncée il y a peu et dont nous avions parlé : la tentative de pénétrer sur un aéroport par un écologiste.

Il a été arrêté une première fois, puis a recommencé deux jours après ! Mais la peine à laquelle il a été condamné est de trois mois de prison avec sursis et à 1000 euros d’amende… Ce qui est peu en comparaison avec si cet acte rentrait dans un autre contexte.

Surtout que ne se sont pas constitués partie civile ni Aéroports de Paris ni Air France ! C’est tout de même dire l’importance populaire de la question : une compagnie aérienne attaquant un activiste écologiste, ce n’est pas aussi simple que cela…

Si par contre, l’activiste recommence la même chose, là il en aura « trop fait » aux yeux de gens et sera isolé, donc facilement une cible.

Voici comment le Figaro racontre l’action et le procès :

Ce militant, qui se décrit comme non-violent, est parvenu à s’introduire à deux reprises sur le tarmac de l’aéroport francilien. «J’ai d’abord acheté une pince puis je suis allé couper le grillage. J’ai marché calmement sur la piste et je me suis positionné en face de l’avion», raconte-t-il au micro de RTL. C’est le 6 juin dernier qu’il fait face à un Airbus A320 pour l’empêcher de décoller.

Interpellé immédiatement, Pierre-Emmanuel Neurohr est placé en garde à vue puis remis en liberté. Loin d’être découragé, il récidive dans le même aéroport seulement deux jours plus tard, enfreignant le contrôle judiciaire qui lui interdisait de se rendre à Roissy.

Quelques jours auparavant, Pierre-Emmanuel Neurohr avait publié sur son site Internet, le «Parti de la Résistance», une lettre annonçant son projet. «Dans quelques jours, je vais aller sur la piste de l’aéroport Charles-de-Gaulle pour bloquer la machine la plus destructrice qui soit en ce début de XXIe siècle», écrivait-il alors à propos des avions. Selon lui, ces appareils très polluants sont les grands responsables de la destruction du climat planétaire, situation qui, à terme, conduirait à un véritable «génocide» humain.

«Avec le problème du changement climatique, ce que je dis aujourd’hui va devenir demain une évidence pour beaucoup», a-t-il expliqué lundi au tribunal.

«C’est au Parlement de changer les lois», a, pour sa part, rétorqué le président de la 14e chambre, Jean-Pierre Menabé. «Vos moyens de pression, vous les utilisez en infraction avec la loi», a ajouté le magistrat.

Le parquet, qui avait dénoncé «un comportement dangereux pour la sûreté aéroportuaire», avait précédemment requis 3 mois de prison avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve et de l’interdiction de se présenter sur toute zone aéroportuaire. Aéroports de Paris et Air France ne se sont pas constitués partie civile dans l’affaire. À la fin de l’audience, Pierre-Emmanuel Neurohr a, lui, prévenu: il recommencera dès que possible.

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