Baudelaire – Les hiboux

Si les différents poèmes de Baudelaire sur les chats sont plus connus, celui sur les hiboux est vraiment intéressant aussi, parce qu’il est également empreint d’un profond respect, avec encore une fois l’idée que l’être humain peut apprendre des animaux. En fait, chez Baudelaire, il y a une « correspondance » entre la nature et ce que l’on ressent, c’est le point fort du vrai romantisme que de vouloir sortir d’une logique dénaturée. Mais cela est rare que les animaux soient reconnus en tant que tel, et surtout comme exemples à suivre.

Sous les ifs noirs qui les abritent
Les hiboux se tiennent rangés
Ainsi que des dieux étrangers
Dardant leur oeil rouge. Ils méditent.

Sans remuer ils se tiendront
Jusqu’à l’heure mélancolique
Où, poussant le soleil oblique,
Les ténèbres s’établiront.

Leur attitude au sage enseigne
Qu’il faut en ce monde qu’il craigne
Le tumulte et le mouvement;

L’homme ivre d’une ombre qui passe
Porte toujours le châtiment
D’avoir voulu changer de place.

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