Jordan Halliday sort de prison

Jordan Halliday vient de sortir de prison, ramené par un ami végan, en écoutant Earth Crisis dans la voiture.

C’est tout un symbole pour ce qu’a vécu Jordan, après avoir fait quelque chose de « normal » mais de très courageux aussi.

Américain né en 1987, Jordan avait été convoqué par un « grand jury », à Salt Lake City.

Voici comment Wikipedia présente ce qu’est un « grand jury » :

« Un grand jury est, dans les systèmes juridiques de common law, un type de jury qui est réuni afin de déterminer si, dans une affaire, les preuves recueillies au cours de l’enquête de police, et qui lui sont présentées par un procureur, sont suffisantes pour ouvrir un procès, ou au contraire s’il convient de prononcer un non-lieu.

Les grands jurys sont traditionnellement composés d’un plus grand nombre de jurés que les jurys utilisés durant les procès, d’où leur nom. »

Jordan a refusé de répondre aux questions du « grand jury » ; à la base le prétexte consistait en des actions de libération de visons par l’ALF, mais c’était aussi, voire surtout, un moyen d’obtenir des informations sur la scène militante pour la libération animale.

Il a par conséquent été mis quatre mois en prison, puis devant son nouveau refus, condamné à dix mois au total. Il vient de sortir de prison, et on ne peut que saluer son courage et sa grand droiture vis-à-vis de la cause de la libération animale et de la libération de la Terre.

Jordan Halliday aurait pu éviter la prison, en donnant des informations à la police, non pas forcément des informations sur des « crimes » par ailleurs, mais bien des informations sur la scène en général, sur qui connaît qui, sur qui fait quoi.

Grâce à cela, la police peut avoir un aperçu global et empêcher des avancées le cas échéant, même quand le mouvement est légal (comme on l’a vu avec le procès-monstre de l’association VGT en Autriche tout récemment).

Voici comment Jordan explique la position à avoir :

Les systèmes de grand jury visent, en plus de harceler et d’intimider les activistes, à recueillir des informations sur eux, leurs amis, leur famille, et la communauté.

Donc, en tant que communauté, nous devrions avoir un objectif similaire pour recueillir des informations sur les procès de grand jury. Donc, nous allons tous et toutes être prêtEs à résister à ses abus quand un agent vient frapper à la porte.

Une autre chose que nous devrions faire, c’est informer nos amiEs « non-activistes », notre famille et collègues de travail.

Aidez-les à apprendre leurs droits. Demandez-leur de ne pas coopérer et à vous faire savoir si jamais ils / elles sont approchéEs ou contactéEs.

Car à la fin, ils sont tout autant une partie de la communauté que nous.

Comme ce fut le cas avec certains membres de ma propre communauté ; on m’a demandé : « Où est le mal de témoigner si on ne sait rien ? »

Or, une vieille blague d’avocats est la suivante : « un grand jury pourrait inculper un sandwich s’il le voulait. »

Parce que dans un grand jury il n’y a pas d’avocat de la défense et les gens peuvent être mis en accusation à partir de simples rumeurs, des insinuations et des ouï-dire.

Et de choisir de simplement témoigner et d’en finir avec cela vous amène à être mis sur une liste de personnes dont ils « savent qu’ils parleront » et vos chances d’être cité à comparaître à nouveau et harcelé à l’avenir sont augmentés de manière significative.

Mais plus important encore est le fait que les grands jurys sont une violation de nos droits fondamentaux civils et politiques.

Et ses abus doivent être abordés et subir une protestation. Croyez-moi, je n’avais aucune envie d’aller en prison pour avoir refusé de témoigner au sujet de quelque chose dont je n’avais aucune connaissance.

Mais, certaines questions sont plus importantes que de sauver sa propre peau. Et c’est l’une de ces raisons.

Pour la Terre, pour les Animaux, pour Nous-mêmes.