Animaux à adopter en photos et en film

On sait à quel point la promotion de l’adoption est très importante, et d’autant plus difficile en période de crise. Des associations redoublent d’efforts d’imagination pour attirer l’attention, pour le meilleur et le moins bon.

Le dernier exemple vient de Belgique et s’appelle « catroulette », le site étant catroulette.be. Il reprend le principe du chat en vidéo « chatroulette » où l’on se munit d’une webcam et l’on peut parler avec quelqu’un tiré au sort.

Ici des chats sont montrés, et si l’on clique sur « adopt » on obtient des informations sur le chat en question.

Cette initiative vient d’être lancée par quatre refuges belges : Kitten in nood à Brakel, Blauwe Kruis à Bruges et Blauwe Kruis à Wommelgem, ainsi que Dierenasiel à Saint-Trond, en partenariat avec l’association Gaia.

Elle rentre dans un contexte bien particulier, celle du « plan chats » en Belgique, consistant en les deux points suivants :

A partir du 1er septembre 2012, tous les chats se trouvant dans un refuge belge devront être stérilisés, identifiés et enregistrés avant de pouvoir être adoptés. L’adoptant peut toutefois conclure un contrat avec le refuge jusqu’au 1er mars 2013 et choisir un vétérinaire de son choix pour la stérilisation, dans les six mois qui suivent l’adoption. Un tel contrat est encore possible jusqu’au 1er mars 2014 pour les chats âgés de moins de six mois au moment de l’adoption.

A partir du 1er septembre 2014, cette mesure sera étendue aux éleveurs et aux particuliers. Il faudra alors que chaque chat soit stérilisé, identifié et enregistré avant d’être vendu ou donné. Seuls les chats destinés à un élevage agréé ou à des personnes à l’étranger pourront encore être vendus sans avoir été stérilisés au préalable.

Or, si la seconde partie du plan échoue, les animaux dans les refuges seront littéralement abandonnés. Voici le communiqué à ce sujet, dont le contenu a produit l’idée de créer « catroulette » pour attirer l’attention sur cette question :

Bien que les refuges et GAIA soutiennent le Plan Chats, ceux-ci ne sont pas satisfaits de la manière dont ce plan a été approuvé par le gouvernement en juin dernier et est entré en vigueur ce 1er septembre.

Ils estiment que le « Plan Chats » ne peut être efficace que si les refuges, mais aussi les particuliers, sont obligés de stériliser / castrer leurs chatons. Car c’est dans le chef des particuliers que réside la majeure partie du problème de surpopulation. Cette mesure ne peut donc pas frapper que les refuges, elle doit également concerner tous les chats domestiques

Les demi-mesures ne font pas avancer les choses. Les refuges craignent également que la concurrence des chats gratuits, provenant de particuliers (notamment sur des sites de seconde main), fasse diminuer leur demande en chats, les contraignant alors à l’euthanasie de certains animaux.

Philip Zurinckx, président du refuge Dierenasiel, à Saint-Trond, nous parle du Plan Chats : « Si l’on veut s’attaquer sérieusement à la surpopulation féline, il convient de prendre des mesures drastiques et de responsabiliser les particuliers à court terme.

Le but n’est pas d’exterminer le chat, mais il est évident que les refuges seuls ne peuvent résoudre le problème de la surpopulation. Un changement de la loi doit induire un changement des mentalités et non l’inverse. Attendre que l’opinion publique accepte l’idée d’une stérilisation / castration obligatoire ne constitue pas une option. La stérilisation obligatoire des chats domestiques (même s’il ne s’agit que d’une mesure temporaire) est aujourd’hui une urgence absolue. »

Michel Vandenbosch, le président de GAIA : « Les intentions premières du Plan Chats étaient excellentes : la stérilisation et la castration obligatoire des chats. Toutefois, l’Arrêté Royal finalement approuvé par le gouvernement n’est absolument pas suffisant.

Il n’y est question que d’une éventuelle extension de la stérilisation à tous les chats (refuges et particuliers), donc après évaluation en 2015.

C’est beaucoup trop vague. GAIA veut une date clairement définie, à partir de laquelle les particuliers seront obligés de stériliser / castrer leurs chats. À défaut, il y aura encore plus de chats dans les refuges, amenés par des particuliers qui ne savent pas donner ou vendre leur nichée et qui ne savent pas quoi en faire. »

Ce qu’on peut noter aussi ici, c’est que l’idée de catroulette pose évidemment problème de par le bouton « next », qui n’est pas sympathique du tout. Par contre l’idée de photographier les animaux, de les filmer, afin de les montrer aux éventuelles personnes adoptantes, c’est toujours quelque chose de bien.

C’est quelque chose qui devrait se généraliser d’ailleurs, mais le problème est bien souvent le temps. Il faut du temps pour filmer, mettre en ligne… et dans les refuges c’est souvent la course.

Pourquoi alors ne pas proposer cela en aide à un refuge ? Cela peut être simple, et utile !

Notons aussi que cela pourrait être très bien pour les « animaux de compagnie » perdus. La mairie de la ville autrichienne de Vienne propose des listes d’animaux perdus et trouvés, avec des photographies. Il y a également, c’est triste mais cela peut avoir son importance, la liste des animaux trouvés morts.

Il n’est pas difficile de voir que cela est très utile et important. Normalement, chaque mairie devrait fournir ce service. Au lieu de cela, ce sont des individus et des associations éparpillées qui assument cela.

Il est vrai qu’en Autriche, la présidente de la SPA locale est l’ancienne responsable des Verts Alternatifs, dont le mari tient lui-même un restaurant vegan. Il y a une culture qu’il n’y a pas en France.

On voit mal la mairie de Paris et ses bobos fournir une photographie d’un pauvre petit rat perdu !

On notera au passage qu’à côté de la photographie est inscrit non seulement l’arrondissement, mais aussi l’endroit exact (rue et numéro) où l’animal a été trouvé.

Bien entendu, les chiens et les chats auraient dû être pucés, et les abandons sont ici pour beaucoup dans le fait de trouver ces animaux. Néanmoins, il y a dans cette histoire de photos et de films quelque chose de facile et de logique à faire.

Chaque ville devrait avoir un site consacré aux animaux perdus et trouvés, aucun animal ne devrait se retrouver isolé, seul, condamné dans un anonymat meurtrier !

La revendication d’un tel système d’aide est vraiment très importante !

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