Les « flexitariens » à l’assaut du véganisme

La réponse est non, non et encore non ! Le véganisme n’est pas négociable. Rien ne sera cédé aux flexitariens et autres libéraux qui tentent de dénaturer le véganisme. Il est fondamental de comprendre que ces gens feignent de soutenir la cause de la libération animale pour mieux la poignarder.

C’est une question brûlante : les bobos prennent le véganisme d’assaut ! Il est ainsi très important de connaître les arguments de ces gens, et ici on en a une synthèse édifiante, publiée il y a un peu plus d’une semaine sur la « newsring », un site internet lié au journaliste Frédéric Taddeï.

A côté de cela, il y a un article d’un blog du Monde : « Serons-nous tous végétariens en 2050 ? »

Dans la tactique bobo, le premier document commence par un :

Loin de moi l’idée que les végétariens ou végétaliens (voire vegans) écologistes, éthiques ou antispécistes sont des extrémistes

Puis continue comme une attaque systématique du véganisme. Le vocabulaire de l’extrémisme est récurrent : « trop extrême », «  le régime alimentaire de chacun doit être informé et adapté », « Il s’agit cependant d’une généralité qui ne saurait s’appliquer à tous », «  risquer sa santé serait une mauvaise idée »…

Et cela culmine même par un édifiant :

« Il y a des cas documentés de personnes, pour diverses raisons, ne pouvant être en bonne santé sans viande (mauvaise assimilation du fer non héminique chez certaines personnes, mais aussi de rares cas de mutation génétique empêchant le corps de produire par lui-même certaines protéines). »

On est ici dans un n’importe quoi honteux, visant à masquer le discours bobo incapable d’assumer le végétalisme, sans même parler du véganisme. C’est ridicule, mais également proprement scandaleux, avec des pseudos arguments scientifiques dignes du fameux « quand on est végétalien, on a les dents qui tombent. »

La fin révèle d’ailleurs la nature de cette idéologie :

« La diminution de la demande de produits carnées serait un réel pas en avant et permettrait peut-être de revoir certaines conditions de production. Sur le long terme, cela ne pourrait être que bénéfique au développement de notre conscience. »

Soulignons le encore une fois : la libération animale élève effectivement notre conscience humaine, mais l’objectif principal, ce sont les animaux ! L’anthropocentrisme n’a aucune place dans la question animale, tout comme dans la question écologiste par ailleurs.

Les discours relativistes sont faux et visent à diviser, avec des arguments comme :

– le véganisme ne pourrait pas être appliqué partout dans le monde ;

– le véganisme dépendrait des organismes des individus ;

– le véganisme coûterait cher dans certains endroits.

Tout cela est à rejeter totalement. Le véganisme est une démarche pratiquable par les hommes comme par les femmes, quelles que soient leurs origines, quel que soit la zone géographique.

L’humanité a largement les moyens de pratiquer le véganisme à l’échelle mondiale, et c’est même la grande question de ces 50 prochaines années sur le plan de la vie quotidienne.

Nous ne sommes plus au moyen-âge, nous ne sommes plus au 19ème siècle, nous ne sommes pas en 1950, voire même en 1980.

On a ainsi un article sur un blog du monde : « Serons-nous tous végétariens en 2050 ? »Nous le reproduisons après le premier texte.  Là aussi, la question des animaux passe à la trappe devant une posture anthropocentriste.

Alors que la réalité est très simple : l’humanité, pour vivre en harmonie en Gaïa, doit cesser sa guerre à la Nature et vivre de manière végane !

Il faut s’adapter aux circonstances et à l’organisme de chacun.

Je suis végétarienne et consciente de l’impact écologique de la production industrielle et intensive de viande. Je ne tiens absolument pas à nier la situation ni à prétendre que les pays occidentaux, mais aussi la Chine qui est en chemin, consomment trop de viande. Cependant, il me semble que répondre “oui” serait trop extrême dans le débat.

Loin de moi l’idée que les végétariens ou végétaliens (voire vegans) écologistes, éthiques ou antispécistes sont des extrémistes, il me semble tout simplement que le régime alimentaire de chacun doit être informé et adapté à sa situation financière, géographique (certaines nations seraient visiblement désavantagées dans la mesure où elles souffrent déjà de la faim), mais aussi à sa santé.

Tout régime alimentaire équilibré est relativement sain, les régimes pescetariens (poissons et végétaux) et végétariens étant généralement les plus sain – il n’est d’ailleurs pas difficile d’imaginer que l’être humain, omnivore opportuniste, a évolué en consommateur de végétaux (80-90% de son régime comme les chimpanzés ?) et de petits animaux (insectes, poissons, oiseaux ou petits mammifères) et non en consommateur de côte de porc bien grasse.

Il s’agit cependant d’une généralité qui ne saurait s’appliquer à tous. Il me semble que si tout le monde devrait réduire sa consommation de viande (tout animal confondu), mais aussi de produits laitiers (même si seuls 10% des européens du nord ne possèdent pas la mutation génétique qui permet une tolérance au lactose après le sevrage, la consommation excessive de produits laitiers est néfaste pour la santé) en prenant en compte son organisme comme il le peut.

Se supplémenter en vitamine B12 lorsqu’on est végétarien ou végétalien n’est pas particulièrement contraignant, d’autant plus que de nombreux produits consommés par l’ensemble de la population sont supplémentés (céréales de petit déjeuner par exemple), économique et écologique.

Se supplément en vitamine D en hiver lorsqu’on habite au nord est du bon sens (et on limite ainsi les risques d’ostéoporose).

Mais risquer sa santé serait une mauvaise idée. Je pense sincèrement que si la majorité des gens peuvent sans problème avoir une alimentation végétarienne ou quasi-végétarienne sans soucis, il ne faudrait pas trop tenter d’abolir la consommation de produits d’origine animale car il y a des cas documentés de personnes, pour diverses raisons, ne pouvant être en bonne santé sans viande (mauvaise assimilation du fer non héminique chez certaines personnes, mais aussi de rares cas de mutation génétique empêchant le corps de produire par lui-même certaines protéines).

De même, il existe des personnes ne pouvant pas assimiler correctement les nutriments et protéines d’origine animale. Il s’agit de ne nier aucun cas et de ne rejeter personne.

Je reste cependant persuadée que beaucoup de français et d’occidentaux bénéficieraient à découvrir les cuisines végétarienne et végétalienne et à inclure plusieurs journées végétariennes dans leur semaine pour comprendre qu’il est possible de faire un repas non fondé sur la viande (poisson et volaille compris) sans se mettre réellement en danger.

La diminution de la demande de produits carnées serait un réel pas en avant et permettrait peut-être de revoir certaines conditions de production. Sur le long terme, cela ne pourrait être que bénéfique au développement de notre conscience.

(Et bien sûr, si on luttait contre la politique nataliste, le capitalisme et qu’il y avait moins d’êtres humains, les choses iraient aussi mieux…)

Voici le second texte.

Serons-nous tous végétariens en 2050 ?

Si les pays développés connaissent l’urgence à réduire la consommation de viande, peu imaginent adopter dans les prochaines décennies un régime végétarien quasi-généralisé. C’est pourtant la réalité qui attend la population mondiale d’ici à 2050 afin d’éviter des pénuries alimentaires catastrophiques et des déficits en eau considérables, si l’on en croit une étude du Stockholm International Water Institute, citée par le Guardian.

Aujourd’hui, à l’échelle de la Terre, les 7 milliards d’hommes tirent en moyenne 20 % de leurs apports en protéines de produits d’origine animale. Mais d’ici à 2050, ce chiffre devrait tomber à 5 %, pour nourrir deux milliards d’êtres humains supplémentaires.

“Il n’y aura pas suffisamment d’eau disponible sur nos terres agricoles pour produire de la nourriture pour une population qui devrait atteindre 9 milliards d’habitants en 2050, si nous suivons les tendances alimentaires actuelles dans les pays occidentaux”, justifient les auteurs du rapport, publié à l’occasion de la conférence mondiale annuelle sur l’eau,  alors que les prix des denrées alimentaires ont grimpé de 50 % sur les marchés internationaux depuis juin, en raison des sécheresses sévères aux Etats-Unis et en Russie, et de la faiblesse des pluies de mousson en Asie.

Les Nations unies ont calculé que le monde aura besoin d’augmenter sa production alimentaire de 70 % d’ici le milieu du siècle pour répondre à la demande galopante. Or, “un milliard de personne souffrent déjà de faim, et 2 milliards de malnutrition, en dépit d’une production alimentaire par habitant qui ne cesse d’augmenter, poursuivent les scientifiques. Avec 70 % de toute l’eau douce disponible déjà destinée à l’agriculture, produire plus de nourriture pour nourrir 2 milliards de personnes supplémentaires aggravera de manière non soutenable la pression sur l’eau disponible et sur la terre.”

La production de viande nécessite en effet non seulement de l’espace et des ressources – 30 % des terres habitables de la planète sont utilisées pour nourrir les animaux, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) –, mais aussi beaucoup d’eau pour faire pousser les cultures destinées à l’alimentation du bétail. Selon l’étude, les régimes riches en protéines animales engloutissent cinq à dix fois plus d’eau que ceux végétariens. Un kilo de bœuf nécessite ainsi 15 500 litres d’eau, un kilo de porc, 4 900 litres, le poulet, 4 000 litres, et le riz, 3 000 litres, selon une autre étude parue en février. Or, 1,1 milliard de personnes n’ont actuellement pas accès à une source d’eau salubre, selon l’Organisation mondiale de la santé, et 800 millions à l’eau potable, d’après les Nations unies.

D’après les scientifiques, le végétarisme serait donc une façon d’augmenter la quantité de ressources naturelles disponibles pour produire plus de nourriture. Réussir à nourrir toute la planète nécessitera également d’éliminer le gâchis alimentaire (actuellement, 30 % de la nourriture est perdue ou jetée chaque jour) et d’augmenter les échanges entre les pays qui ont un surplus et ceux qui ont un déficit de nourriture. Enfin, la suspension temporaire ou la révision des mandats de production pour les biocarburants, actuellement en place dans de nombreux pays, est une option à considérer, selon José Graziano da Silva, directeur général de la FAO, qui avait publié une tribune dans Le Monde lundi.

La question du végétarisme n’est toutefois pas totalement tranchée. Certains experts estiment ainsi que les végétariens des pays développés ne consommeraient pas beaucoup moins de ressources que les omnivores modérés. Le Fonds mondial pour la nature a ainsi publié, en 2010, un rapport sur l’impact de la production alimentaire, qui soulignait que les substituts à la viande, comme les aliments faits de soja importé, pourraient en fait utiliser plus de terres cultivables que leurs équivalents en viande ou produits laitiers.