« Je l’abandonne mais c’est pour son bien »

Je recherche une gentille famille pour adopter mes cinq cochons d’inde. On vient d’avoir un bébé et je n’ai malheureusement plus le temps de les chouchouter et de les promener comme je le faisais avant, je préfère donc les confier à une personne qui pourra vraiment s’en occuper.

Je suis propriétaires de 4 rates depuis quelques mois mais je n’ai déjà plus le temps de m’en occuper.

Donc pour expliquer le pourquoi du comment voici : les 3 loulouttes sont à la maison et ne manquent de rien en ce qui concerne nourriture et soins. C’est déjà ça dirons nous. Mais nous savons a quel point les rats sont des animaux sociables et affectueux. Qui demandent d’avantage que des graines et d’avoir chaud.

Je n’ai réellement plus le temps de les satisfaire d’un point de vue affectif et les memerres ne sortent plus de leur cage. Elles réclament le contact en permanence d’autant plus que ce sont de vraies petites crèmes. Pas méchantes ni agressives pour un sous. J’aimerais aujourd’hui trouver une persone fiable qui saura les combler et leur offrir bien mieux que ce que je fais depuis quelque temps.
Je ne suis pas du genre à me débarrasser des animaux. J’en ai souvent eu. Tous recueillis avant ces 3 petites rattes. Et j’ai toujours fait au mieux. Là, je ne peux pas faire mieux. Je me rends compte qu’elles ont besoin d’autre chose.

Je suis ici aujourd’hui pour pouvoir trouver une chouette personne qui saura s’occuper convenablement et tendrement de Lisa, femelle cochon d’inde tout jeune et pas encore bien grosse (environ 4 mois/ à tête couronnée/ blanche sur le corps et tâchée marron et noir sur les yeux)).
Celle-ci m’a été offerte et malgré les soins que je lui prodigue (nourriture, cage propre etc) je n’ai pas vraiment le temps de m’en occuper d’avantage. Je sais, en ayant eu étant enfant, que ce sont des animaux qui réclament contact et câlins. Si vous vous sentez capale de l’aimer pour plusieurs années, contactez moi.

Je vends mes deux rats, (déménagement en prévision et impossibilité de m’en occupé pour quelques temps)

Voici un petit exemple de ce qu’on lit ces derniers temps sur les forums animaliers. Les abandons ont toujours existé, il y a des excuses récurrentes telles que la maladie, l’allergie, le déménagement…

Il y a des personnes qui ont développé une allergie aux poils, à l’urine de leurs compagnons, et qui ne s’en débarrassent pas pour autant. Les symptômes de l’allergie peuvent être atténués avec un traitement, certes ce n’est pas l’idéal, mais c’est une solution temporaire afin de rester avec l’animal que l’on a choisi d’adopter.

Quant au déménagement, qui reste encore une excuse bateau… On choisit, indéniablement de prendre ses meubles, ses enfants, ses souvenirs, ses objets préférés etc, mais son compagnon à poils, lui, gêne, il est en trop.

Il serait question d’un enfant ou d’une personne âgée à charge, le scandale serait immédiat. Mais là ce n’est « qu’un » animal, alors oui ça choque, mais ça ne va généralement pas plus loin.

L’excuse à la mode qui revient systématiquement ces derniers temps, est comme le montrent les citations ci-dessus, le manque de temps.

Or, en choisissant d’adopter un animal il faut avoir une vision sur le long terme et garder à l’esprit que l’avenir est incertain. Que ce soit à cause d’un déménagement, d’une rencontre amoureuse ou d’un manque de temps, l’animal n’a rien demandé, il a été choisi par l’adoptantE qui lui a imposé une nouvelle vie.

Prétendre que l’on manque de temps pour s’occuper de son ami à poils est aberrant, avec un peu d’organisation tout peut bien se gérer. Seulement il faut le vouloir ! C’est une question de culture! C’est cette culture que nous voulons faire triompher.

Prendre un animal sous sa responsabilité demande du temps, de l’argent et de l’organisation. Si l’on est pas capable de prendre sur soi, de ne pas faire d’effort pour assumer et ne pas s’en occuper dignement, autant acheter une peluche et surtout arrêter de prétendre au respect des animaux… Car justement dans notre société, il n’y a pas de différence faite entre une peluche et un animal; il y a le même statut de marchandise, pas de dignité absolue pour l’être vivant!

Les sites de SOS comme Rescue regorgent de ce genre d’annonces de personnes incapables d’assurer la dignité d’un être vivant. Des personnes incapables d’assumer un être vivant jusqu’à son dernier souffle. Des personnes qui se croient biens et sérieuses, prétextant que cet abandon est indispensable pour le bien être de l’animal. Mais tout ce pseudo discours du genre « c’est mieux pour lui, il sera plus heureux » n’est que l’hypocrisie de personnes n’aimant pas les animaux et refusant de prendre leurs responsabilités envers eux.

Adopter un animal ne se limite pas à lui offrir le gîte et le couvert. Il faut aussi lui offrir de l’attention, des soins…  Et cela qu’il s’agisse d’un animal proche de l’être humain par ses contacts ou d’un animal plus indépendant. Être végan, c’est justement dépasser des clivages et des interprétations totalement erronées (le cochon d’Inde serait là pour servir les très jeunes enfants, les hamsters les jeunes enfants, les chats les femmes, les chiens les hommes, etc.).

Nous devons renverser les valeurs dominantes et affirmer que par rapport à un animal que l’on aide, il y a des responsabilités; adopter un animal est un acte militant, éthique et moral où l’animal devient un membre à part entière de la famille, avec ses attentes, ses besoins, ses exigences.

Abandonner un animal est un acte honteux, il est révoltant de lire des personnes abandonnant dire qu’elles font ça pour le bien des animaux. C’est un véritable travestissement de la réalité, pratiquée sur la base d’une logique anthropocentriste, en tant que démarche ultra-individualiste.

Il est vrai qu’il existe des cas particuliers et bien spécifiques, où effectivement placer un animal est indispensable pour sa santé (prendre en urgence un animal en danger afin de lui éviter la mort), mais les abandons pour cause de déménagement, par manque de temps ne sont que le reflet de personnes indignes refusant de se couper en quatre afin de trouver des solutions justes et assumées.

La situation des animaux « familiers » est révélatrice de la réalité globale, elle y participe et elle est insupportable. Ce sont des centaines d’animaux qui se font abandonner chaque jour, être vegan exige d’en avoir conscience et d’aider ces animaux dans le malheur. Que ce soit en adoptant, en faisant des dons aux refuges, en faisant du bénévolat, en faisant des co-voiturages, en devenant famille d’accueil.

La situation est tellement extrême qu’il est impensable de n’être « que » vegan, sans participer à la bataille pour les animaux, non pas abstraitement, mais très concrètement, depuis la diffusion d’informations véganes sur internet jusqu’aux tables d’informations, depuis la démarche d’aider les animaux des refuges-prisons jusqu’au fait de faire vivre la culture de la libération animale.

Les animaux n’ont pas besoin de ces abandons, encore moins de cette fausse bonne conscience que les personnes qui abandonnent se donnent, qui s’oppose à la dignité immédiate de chaque être vivant. Les animaux ont besoin qu’on se battent pour eux afin qu’ils soient tranquilles et libérés de tout manque de considération, mais également reconnus en tant que tels, en tant que partie de Gaïa, tout comme nous.

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