Titeuf contre la libération animale

Nous avions déjà parlé de Titeuf au sujet du tofu. Titeuf se voulant une bande dessinée « dans l’air du temps », son scénariste est obligé de présenter des histoires avec des problématiques adéquates.

De par l’importance du zoo dans la vie des enfants, il ne pouvait ne pas aborder cette question, et la manière avec laquelle il aborde cela est très révélateur.

D’un côté, il fallait pour le dessinateur présenter l’immédiate sympathie qu’ont les enfants pour les animaux. Mais ce n’est pas tout : Titeuf se voulant « rebelle », il fallait aussi qu’il se rebelle face à l’oppression subie par les animaux.

De l’autre, il fallait également justifier l’existence de zoos, car Titeuf n’est pas une BD révolutionnaire, loin s’en faut. L’ami de Titeuf parle du voisin de son oncle en prison en raison de détournements de fonds, et fait le rapprochement avec le zoo. C’est la société qui décide qui va en prison, et qui n’y va pas !

Forcément, il y a une contradiction, et Titeuf la constate, comme tout le monde. On notera que le fait que les animaux puissent avoir des droits est explicitement nié, de manière discrète, dans la réponse à Titeuf sur le fait que les animaux ne font pas de politique (ce qui est faux bien sûr, comme en témoigne les révoltes, les grèves de la faim, etc.).

On a alors le point culminant, l’apologie de l’exploitation animale, puisque comme tous les amis des animaux soit disant, Titeuf est pris au piège de sa compassion qui serait une erreur.

Ce qui est présenté ici est sordide. Éprouver de la compassion pour les animaux, non humains, ce serait une erreur, quelque chose de décalé, de non praticable, se terminant toujours mal.

C’est très exactement ce qui est enseigné aux enfants. On leur apprend à « calmer » leur compassion, à devenir « dur », à refréner leur sympathie, leurs sensations, leurs émotions.

Et bien sûr cela passe par plein de vecteurs culturels, comme par exemple Titeuf, lu par des centaines de milliers de personnes, voire plutôt des millions, d’ailleurs même !

C’est pour cela que nous pensons que la bataille pour la libération animale est liée à celle pour la libération de la Terre. C’est une question de sensations, de reconnaissance des émotions.

Et on ne brisera pas l’idéologie dominante sans la reconnaissance de la Nature dans son ensemble, dont les animaux sont une composante. Seules comptent les sensations, pas forcément seulement à l’immédiat, mais également à long terme et en général.

Une société nouvelle ne doit pas que reconnaître la compassion ici et maintenant, mais elle doit penser à long terme et à grande échelle. C’est le principe de l’écologie, qui se préoccupe de Gaïa dans son intégralité.

Relier le particulier au général, l’oiseau à l’arbre, l’humain à la planète Terre, voilà une démarche que toute pensée devrait faire !

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