Le premier ministre Ayrault donne son avis sur Notre-Dame-des-Landes

Dans le Paris Match de cette semaine et paru hier, il y a un reportage sur le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, sur place à Matignon. Il accorde également une interview, et la question de la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est posée.

Voici ce qu’il dit, dans un style très « Premier Ministre »:

Il y a deux aspects dans ce qu’il explique. Tout d’abord, Ayrault explique qu’il fera en sorte que la violence d’État primera dans tous les cas. Par la dureté de ses propos, il justifie par avance d’éventuelles brutalités, il donne un « feu vert » à la police, ou plutôt le confirme.

Quand en pleine bataille, un premier ministre nie la réalité d’une critique d’un projet et dit « Cela se fera », il passe en force et libère la répression de toutes limites.

C’est dire ce que Ayrault assume. Il n’y a pas de discussion possible, aucune ouverture, ce qui est clairement formulé, c’est l’écrasement de toute opposition à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Dans la même interview, il critique la « droite dure », mais on voit mal la différence sur le plan du style: Ayrault ne fait même pas semblant d’avoir l’air démocratique!

Ensuite, il y a cette phrase très importante : « Nous ne nous laisserons donc pas dicter une vision du monde qui n’est pas la nôtre », qui suit le lyrique : « Nous avons choisi notre destin. »

Ce « nous », on ne sait pas trop qui c’est ; c’est sans doute Ayrault et la « région. » Ce qu’on voit ici, c’est la nature même du projet d’aéroport, sa substance : du développement à court terme sur un plan local.

Au lieu de partir de la planète dans sa réalité sur le long terme, ou au moins le moyen terme, on a une vision du développement sur du court terme. Et ce n’est pas le retour à la petite production qui changerait cela, puisqu’au lieu d’aller vers une perspective à long terme et d’insérer l’humanité « dans Gaïa », dans la réalité naturelle globale, cela ramènerait à une vision encore plus à court terme.

Mais en tout cas, Ayrault a compris la problématique, il a perçu la menace, il en a perçu les enjeux, c’est pourquoi il dit : « Nous ne nous laisserons donc pas dicter une vision du monde qui n’est pas la nôtre. »

C’est cela qu’a de formidable la lutte à Notre-Dame-des-Landes : elle a posé le problème. Reste à trouver les solutions, et comme déjà expliqué, rien n’est moins sûr quant à cet aspect essentiel. Car à ne pas comprendre la dimension universelle d’une lutte, à en rester au particulier, au local, sans voir la portée globale, on ne peut pas réussir.

Bien sûr, la lutte à Notre-Dame pense avoir trouvé la dimension: ce serait les « grands projets », auxquels sont opposés les établissements communautaires autosuffisants. Mais on passe là à coté du vrai problème: la compréhension de la réalité écologiste globale, au niveau planétaire, et la base morale de cette compréhension: le véganisme!

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