“Les animaux ne sont pas des marchandises?”

Voici comme hier des nouvelles d’Allemagne, avec un nouveau site qui a ouvert: tierrechtsbewegung.info. Ce site consacré au mouvement du droit des animaux n’a pas grand chose à voir avec ce que l’on entend par là en France, il s’agit en fait d’un mouvement pour la libération animale comme nous nous l’entendons.

Ce site d’informations publie ainsi de multiples prises de position très constructives, et en voici une de présentée ici. On notera la référence à l’association Dämmerung d’Allemagne, dont nous avions traduit le manifeste: Théorie sociale, critique de l’idéologie et lutte de classe.

Les animaux ne sont pas des marchandises?

Théorie anti-capitaliste et pratique des droits des animaux et le mouvement de libération animale

L’exploitation animale dans le capitalisme

Dans notre société, les animaux sont presque exclusivement considérés selon l’utilité qu’ils ont pour les gens.

La détention massive d’animaux, l’exploitation impitoyable et l’abattage à la chaîne ne sont cependant pas seulement la conséquence d’un manque de conscience morale de la majorité de la population.

L’utilisation et la mise à mort des animaux ont bien entendu à voir avec un système économique qui se concentre uniquement sur la valorisation et la maximisation du profit. Parce que dans la production capitaliste, les besoins et les intérêts des humains et des animaux sont placés derrière leur valeur.

Les discussions sur les droits des animaux et le mouvement de libération animale se tournent donc depuis un certain temps également autour de la question de savoir dans quelle mesure il y a besoin de surmonter les rapports de production capitalistes, pour arriver réellement aux conditions de la libération des animaux.

Discussions sur la théorie et la pratique anticapitaliste

Il est clair qu’un grand nombre de groupes des droits des animaux et de la libération animale se positionnent contre les rapports sociaux d’oppression. Lors de récentes discussions au sein du mouvement, il y a pourtant deux choses qui sont apparues comme claires.

D’une part, il y a la nécessité d’efforts redoublés sur le plan théorique.

Il est dit, par exemple, en regardant en arrière les Journées de libération animale de 2012: « Il est vrai qu’il y a des tentatives de se présenter comme étant engagéE « contre le capitalisme » ou bien « pour une critique de la domination », cela appartient au « bon ton » en ce moment.

Cependant, un travail théorique intensif sur la signification par exemple de la production capitaliste et de ses conséquences pour la relation homme-animal, cela reste étranger encore, à quelques exceptions près, au mouvement de libération animale. »

Et d’autre part il y a le problème qu’à l’heure actuelle il y a un manque tout simplement d’expériences concrètes sur la manière de transposer des positions de critique sociale dans la pratique politique et de mettre en pratique les revendications pour un travail en commun plus fort avec d’autres mouvements politiques.

En conséquence, les discussions au sujet d’une pratique politique de critique sociale ou anticapitaliste ont souvent été abstraites de par le passé.

Les points de contact jusque-là

Le groupe Association Dämmerung (crépuscule) de Hambourg (anciennement Tierrechts-Aktion-Nord – TAN) est l’un des rares groupes qui ne se contente pas de se décrire comme des anti-capitalistes, mais traduit aussi cela dans le travail politique, pratique. Ce sont avant tout leurs contributions théoriques qui sont d’une importance particulière.

Ainsi, la TAN a été pionnière dans le traitement de la critique de Max Horkheimer et Theodor W. Adorno de la domination de la nature, qui inclut également une critique de l’exploitation des animaux.

De cette confrontation [intellectuelle] ont suivi certaines publications, comme la documentation de deux ateliers avec Moshe Zuckermann ou l’ouvrage «  Das steinerne Herz der Unendlichkeit erweichen » [Ramollir le cœur de pierre de l’infini] produit par des membres de l’ex-TAN.

Au centre des travaux de l’association Dämmerung se trouvent depuis un certain temps les écrits de Karl Marx et d’autres parties de la théorie communiste.

En plus de l’association Dämmerung, les Antispe Tübingen, le groupe des droits des animaux de Zurich et les groupes de libération animale de Hambourg ont donné leurs propres contributions sur la relation entre le capital et l’exploitation animale, c’est-à-dire sur la critique du capitalisme et la libération animale.
Une tentative de trouver des liens vers d’autres mouvements politiques a été l’implication de militantEs des droits des animaux lors des journées anticapitalistes Blockupy à Francfort en mai 2012.
Il a été tenté là-bas d’établir la question de la libération animale comme une question importante et nécessaire d’un mouvement anti-capitaliste, international.

tierrechtsbewegung.info informera de ces développements et de ces débats