L’ONF donne des conseils aux “promeneurs”, entre deux parties de chasse

Le Parisien a publié un article sur la nouvelle charte de l’Office National des forêts, charte placardée à l’entrée des forêts, et à destination des personnes allant dans celles-ci. Nous aurions aimé publier ici la charte directement, mais elle n’est même pas sur leur site.

Et pour cause: les “visiteurs” sont à la limite des “usagers”, mais ils sont secondaires par rapport à la gigantesque opération commerciale qu’est l’ONF. La forêt, en France, c’est la filière bois, et aussi l’organisation des chasses sur le territoire public. En clair, cela veut dire que l’Etat permet aux chasseurs de tuer sur le domaine public, en soutenant leur discours de régulation, etc.

Le tout avec une démarche très commerciale, ouvertement pro-chasse. L’ONF propose des “chasses de qualité“, pour “faire partager une passion et un savoir-faire“, dans le respect de “l’art cynégétique“.

La chasse est un art, ben voyons!

Voici un exemple de ce qu’on a dans ces plaquettes commerciales.

Et voici l’article du parisien, reprenant en fait la charte, ce qui nous intéresse ici. Et qui rappelle, de par sa démarche tant que par ce qui est critiqué, que la culture écologiste en France est totalement misérable.

L’ONF veut mettre les promeneurs sur le droit chemin

Le ciel brille, les oiseaux chantent, les fleurs éclosent. L’appel de la forêt se fait ressentir pour des milliers de citadins. L’office national des forêts (ONF) en a profité cette semaine pour rappeler ses principes de bonne conduite résumés dans une charte placardée à l’entrée des sites.

« Dans la forêt de Sénart (à cheval sur l’Essonne et la Seine-et-Marne), nous avons 3,5 millions de visiteurs chaque année.

Il faut respecter certaines règles pour que tout le monde puisse en profiter », insiste Guillaume Larriere, employé à l’agence interdépartementale de Fontainebleau (Seine-et-Marne) de l’ONF.

Petit portrait imaginaire de Guy, le flâneur idéal.

Guy est fan de moto. Mais il la laisse au garage pour arpenter les sentiers arborés. Il sait que son bolide tasse le sol, peut laisser des coulées d’huile et fait du bruit. « Des agents assermentés verbalisent », met en garde Guillaume Larriere.

Guy a toujours un sac plastique sur lui pour ramener ses déchets à la maison. « Nous avons supprimé les dernières poubelles en 2005 à Sénart. Cela créait des tas de détritus et ne responsabilisait pas les gens », assure un agent de l’ONF. Le ramassage des 100 tonnes d’ordures abandonnées coûte chaque année 100 000€ à l’ONF rien que sur Sénart.

Guy tient son chien en laisse jusqu’au 30 juin. « C’est la pleine période de reproduction des animaux. L’an dernier, trois chiens avaient grièvement mordu un chevreuil. Il a fallu l’abattre », raconte l’agent de l’ONF.

Les enfants de Guy trouvent les jonquilles « trop jolies pour maman ». Mais ils en ramassent juste une poignée pour leur bouquet.

« Pour reconnaître une espèce de plante protégée, il suffit de regarder s’il y en a seulement un ou deux plants. Dans ce cas là, on ne cueille pas », prévient Guillaume Larriere.

Les bambins laissent également tranquille l’oisillon « tout mignon ». « Après un contact humain, la mère risque d’abandonner ses petits. Et une bête qui se laisse approcher est souvent malade », prévient-on à l’ONF.

Guy laisse aussi les têtards barboter. Ramassés dans un seau d’eau et placés à la maison dans un aquarium, ils ne gigotent que quelques heures avant de mourir.

Guillaume Larriere justifie ces mesures  : « Nous ne mettons pas la forêt sous cloche. Il faut juste y faire attention, pour le bien de tous ». Et celui des têtards.

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