Des corbeaux pendus et tués en agglomération

Voici deux actualités récentes, tirées de l’Est républicain. Il faut préciser que ce sont des actualités, car au vu de leur contenu, il y a des questions à se poser quant à l’époque des faits…

Le corbeau, et tous les autres corvidés (pies, corneilles, geai des chênes…), sont des animaux « nuisibles » à ce qu’il paraîtrait, aux yeux de la loi.

En effet, à cause d’une urbanisation ultra galopante, les animaux sauvages perdent des parties toujours plus grades de leur territoire, leur lieu de vie se restreint toujours davantage.

Un lieu de vie qui se restreint est synonyme d’une difficulté à trouver de la nourriture dans son domaine, il faut donc aller de plus en plus loin, et ce lieu lointain est la ville ou le village. Autour des villes et des villages il y a des champs, formidable garde-manger pour les corbeaux, ce qui ne plaît pas du tout aux agriculteurs. Et la population n’apprécie, en général, que bien peu ce grand oiseau noir au cri rauque si particulier.

A côté de Metz, des chasseurs armés ont tué des corbeaux, et en agglomération, parce qu’ils ont eu une autorisation… Une autorisation exceptionnelle de tirer sur des animaux masquée par une pathétique volonté hypocrite à ne pas vouloir les « faire souffrir ».

Les chasseurs, qui ne font que tuer, adopteraient une morale « éthique », on croirait rêver, tout comme on croirait rêver en lisant la dépêche suivante où il est question d’une pratique malsaine, qui date d’un autre temps. Pour lutter contre les corbeaux, animaux classés « nuisibles », les agriculteurs de plusieurs villages des Vosges ont choisi d’exposer dans les rues les corps des corbeaux morts, à la vue des autres corbeaux. Les corbeaux étant réputés intelligents, en voyant les corps inanimés de leurs congénères, ils sont effrayés et quittent les lieux.

Chaque corps, qui sert d’épouvantail, reste à la vue des personnes de la localité, des enfants, des autres corvidés, pendant un mois. Le temps nécessaire à la décomposition du corps et au traumatisme des autres corbeaux qui voient ainsi les « cadavres » des leurs.

On pourrait se raisonner et se dire qu’au moins les autres corbeaux ne sont pas tués, mais « juste » effrayés, mais à notre époque, est-il vraiment indispensable d’employer ces méthodes choquantes d’un temps passé? Bien sûr que non! La vérité, c’est que du massacre qui prend prétexte dans la « défense » de l’humain, alors qu’en réalité c’est une partie de sa (vaine) offensive contre la Nature!

Dans les Vosges, ils sont pendus pour faire fuir les autres oiseaux

La guerre du freux

À intervalles réguliers, ils défraient la chronique locale, montrés du doigt par des riverains et des agriculteurs excédés. Les corbeaux n’ont pas bonne presse, comme l’ont encore illustré deux faits rapportés la semaine dernière par nos confrères de Vosges Matin et du Républicain Lorrain.

À Saint-Paul et à Dommartin-sur-Vraine, près de Neufchâteau, des habitants se sont ainsi émus des pratiques d’agriculteurs locaux. À l’entrée de leurs villages, des volatiles morts trônent en effet piteusement, pendus au bout de tiges de bois au milieu des champs, visibles de tous. Des enfants, des promeneurs et bien entendu, des autres oiseaux. C’est d’ailleurs là le but recherché.

« Une pratique barbare »

« C’est une pratique que j’ai toujours connue. On pend les corbeaux morts au bout de tiges de bois pour effrayer leurs congénères qui, du coup, n’osent pas s’approcher. C’est assez efficace », relate un agriculteur de Saint-Paul, sans chercher à se dérober. : « Je les ai accrochés mi-mai et je les retirerai mi-juin. Vivants, ils massacrent nos plants de maïs et cherchent de la nourriture, des vers de terre par exemple, dans les champs fraîchement labourés. C’est pour ça qu’il faut tous les éradiquer une bonne fois pour toutes. »

Interrogée, la ligue de protection des oiseaux (LPO) ne l’entend pas de cette oreille : « C’est une technique traditionnelle qui existe depuis la nuit des temps. Nous comprenons que les agriculteurs veuillent sauver leurs cultures mais le fait de pendre des oiseaux morts et de les laisser pourrir sous le regard d’enfants, de marcheurs, est une pratique barbare et totalement inacceptable.

Malheureusement, nous ne disposons pas de moyen de pression. » Et la LPO en possède d’autant moins que, par un arrêté du 2 août 2012, le corbeau freux et la corneille noire sont classés comme nuisibles. Ils peuvent donc être tirés, sous certaines conditions et à certaines dates.

Il n’existe apparemment aucun texte interdisant aux agriculteurs de pendre des volatiles morts, même si cette pratique peut paraître inconcevable à certains au XXIe siècle…

« Le coup doit être fatal »

Autre lieu, autre histoire, autre image surprenante. Il y a quelques jours, des tireurs encagoulés ont fait leur apparition dans les rues de Courcelles-Chaussy, près de Metz. Des chasseurs conviés à faire le ménage parmi les corbeaux freux.

« Il est normalement interdit de tirer en agglomération. Sauf sur autorisation préfectorale et de la Direction départementale du territoire », cadrait Gilbert Noviant, conseiller municipal. « On est envahi par ces corbeaux freux, considérés comme nuisibles. » Ici comme ailleurs, selon l’élu, des riverains déplorent « le bruit, les salissures, les dégâts dans les jardins », tandis que les agriculteurs se plaignent des dégâts dans leurs cultures.

Pour autant, les chasseurs de corbeaux n’ont pas la gâchette facile. Et ne s’autorisent qu’un « one shot ». Le coup doit être fatal. « Nous agissons de façon éthique, il ne s’agit pas de faire souffrir les bêtes ni de les blesser », insiste Laurent, adjudicataire de la chasse dans la commune. « De même, la Ligue de protection des oiseaux interdit de détruire les nids. »

La chasse ne peut se faire qu’en vol. Ce qui complique la manœuvre. Difficile aussi de trouver une bonne fenêtre de tir entre les arbres, où les oiseaux s’abritent des balles. Au final, beaucoup de cartouches ont été grillées à Courcelles-Chaussy. Pour une brochette de quelques volatiles.

En voyant les leurs à terre, les autres « corbacs » ont certainement pris du plomb dans l’aile. Pas sûr, toutefois, que cela suffise à les faire déguerpir…

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