Réfuter la Nature, c’est réfuter le réchauffement climatique et l’écocide

Aujourd’hui, tout le monde voit bien l’atmosphère morne qui règne en France. Il n’est guère étonnant que dans cette ambiance anti-humaniste, l’écologie n’ait aucune place. Car penser écologie, c’est forcément voir à la dimension mondiale.

Les impacts du réchauffement climatique ne pourront jamais être ni compris ni combattus par une humanité désunie. A moins de mettre le paquet tous et toutes ensemble, aucune solution n’est possible.

Il n’y aucune place pour le chauvinisme, l’étroitesse d’esprit, la mise en avant de tel ou tel particularisme, national, régional, local, etc. Même quand il s’agit de défendre la Nature, par exemple en Amazonie, on ne saurait raisonner en termes « locaux », forcément on a une vision universelle de la Nature en tête.

Cela est également valable pour les causes, quelles qu’elles soient, et aussi progressistes qu’elles puissent être. Prenons bien entendu le véganisme : que voit-on ? Qu’il y a des gens qui manifestent pour la fermeture d’abattoirs, mais qui réfutent la Nature.

Or, réfuter la Nature, c’est réfuter le réchauffement climatique, c’est donc nier l’écocide en cours. Seulement, peut-on vouloir défendre les animaux et oublier tous ceux qui sont encore libres, mais dont les espaces, eux-mêmes naturels, sont anéantis ?

Il y a ici quelque chose d’impossible !

Prenons également une autre question, comme celle de l’existence de personnes immigrées ou réfugiées. Peut-on raisonner à ce sujet, sur ces individus de chair et d’os au destin bringuebalé, sans voir que le réchauffement climatique va produire des millions de personnes réfugiées ?

Si, par exemple, le chaos règne au sud du Bangladesh en raison du réchauffement climatique, de par la montée des eaux, le dérèglement des pluies, etc., cela n’aura-t-il pas une importance sur la vie des gens là-bas (et bien sûr de la Nature en général) ?

Cela montre bien qu’il n’y a aucune question qui se pose qui n’aurait pas de rapport avec le réchauffement climatique. Et pour cause : il n’y a pas deux mondes, avec la Nature d’un côté, les humains de l’autre.

Toutes les personnes humaines veulent vivre heureuse (sauf celles qui vivent dans la conquête au service du profit, bien sûr !) et ce qui en découle, c’est que le réchauffement climatique pose la question du bonheur de manière universelle, à moins d’avoir basculé dans une sorte de nihilisme faisant l’éloge du chaos…

Ce que font d’ailleurs les gens qui pensent qu’il faut refuser toute perspective mondiale, toute valeur universelle. Ces gens servent le réchauffement climatique parce qu’ils diffusent un relativisme qui bloque l’émergence d’une conscience globale.

L’exemple de l’huile de palme est ici frappant : consommer de l’huile de palme est criminel ; c’est un ingrédient à boycotter de manière absolue. Car les forêts, aussi loin soient-elles, nous concernent tous et toutes !

« La réduction de nos émissions de gaz à effet de serre ne se limite donc pas, comme on le croit parfois, à la seule réduction de nos émissions de gaz carbonique, même s’il constitue, en volume, le plus important gaz à effet de serre émis par l’homme.

Nos émissions de dioxyde de carbone proviennent pour l’essentiel de notre consommation d’énergies fossiles (pétrole et charbon en particulier), de certaines industries comme les cimenteries, ainsi que de la déforestation.

La déforestation est responsable d’environ un tiers des émissions anthropiques de dioxyde de carbone, et d’environ un cinquième des émissions totales de gaz à effet de serre.

Les arbres sont composés en grande partie de carbone : lorsqu’ils sont abattus ou brûlés, ce carbone est relâché dans l’atmosphère.

On estime que la déforestation génère ainsi, chaque année, quelque deux milliards de tonnes de carbone. Le problème de la déforestation est concentré dans un nombre très restreint de pays : les pays de l’Amazonie, et le Brésil en particulier, l’Indonésie, la Malaisie et les pays du bassin du Congo.

Lutter contre la déforestation est donc un moyen particulièrement efficace de réduire les émissions de dioxyde de carbone. » (François Gemenne, Géopolitique du changement climatique)

Et également, bien sûr, de défendre la vie dans les forêts, la vie des forêts !

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