L’antifascisme peut-il mépriser Sisyphe ? Certainement pas !

La lutte pour les animaux est parfois amère… A LTD, nous aimons les animaux, et cet amour est inconditionnel. C’est le sens des photos qui montrent la vie sauvage, ou des appels à l’adoption.

Partant de là, nous connaissons la situation des gens qui se jettent, avec une abnégation complète, dans la protection des animaux, et nous savons quel est le prix à payer : affrontement avec l’horreur de la condition animale, ostracisme social qui méprise les « faibles » se reconnaissant dans les « faibles », énormes difficultés matérielles…

Et cette impression d’un travail de Sisyphe, du nom de ce personnage de la mythologie grecque condamné par Zeus à faire monter une roche en haut d’une colline, avec à chaque fois la roche qui redescend avant de parvenir au sommet.

Les animaux étant des marchandises, il y a toujours plus d’achats et d’abandon, toujours plus de violence parallèlement à l’effondrement des valeurs sociales, et on a l’impression, la triste impression, qu’on ne s’en sortira jamais.

La personne pleine d’abnégation bascule dans la tristesse, elle se sent tel Sisyphe, mais elle veut une solution, non pas pour elle, mais pour les animaux ! C’est sa dignité humaine qui se construit dans cette bataille pour les animaux, et uniquement pour eux.

Nous connaissons et nous apprécions Sisyphe, nous connaissons ses ruptures psychologiques, ses déceptions, sa terrible amertume. La lutte pour les animaux est parfois amère…

Donc, nous avons conscience de ce que signifient les actes de désespoir consistant en les expressions racistes, la fuite dans le romantisme comme quoi avant cela aurait été moins dramatique, les tentatives folles de s’agripper à tout et surtout n’importe quoi.

C’est bien sûr à critiquer, mais pas sans compassion pour ces gens, On ne peut pas aimer les animaux et ne pas comprendre comment, en toute sincérité, ils ont été réduits à une ligne totalement défensive, jusqu’à l’absurde parfois.

Nous ne parlons pas ici, naturellement, des très rares personnes qui elles sont vraiment fachos ou vraiment réformistes avec des visées universitaires, etc. Mais cela ne représente, en réalité, pratiquement rien par rapport à la véritable base populaire de la protection animale.

A nos yeux, ce sont ces gens qu’il faut rejeter, mais pas la base réelle, celle qui lutte au quotidien pour les animaux, avec des conceptions erronées parfois, mais sans se vendre individuellement aux institutions, à Le Pen, ou autres.

Pour cette raison, et en défense de cette dignité des personnes se ressentant comme des Sisyphe dans la bataille pour les animaux, à LTD, nous tenons donc à nous distinguer de la manière la plus ferme et la plus vive des gens qui, en ce moment, mènent en ce moment une campagne aussi stupide que vide de sens contre « les fachos dans la protection animale. »

C’est une campagne stupide, car elle braque toutes les personnes travaillant au quotidien dans la protection animale. Les conneries anarchistes sont bien jolies, mais sont totalement abstraites pour qui travaille dans un refuge, qui cherche à organiser l’adoption.

D’ailleurs, la prétention de vouloir chasser « les fachos de la protection animale » de la part de gens n’en ayant rien à faire de la protection animale est absolument pathétique.

Il suffit de voir ce qui est dit et ce qui est fait de ce côté là pour voir qu’il n’est jamais parlé des animaux, ni des refuges, encore moins d’adoptions, qui dérangeraient bien entendu l’individualisme ultra des « rebelles » !

Il faut d’ailleurs mépriser les gens comme seul peut le faire un étudiant en sociologie pour prendre les gens pour des idiots et s’imaginer que comme Bardot est facho, alors les gens aimant les animaux vont devenir fachos.

C’est d’un simplisme déconcertant, c’est totalement contre-productif et il n’y a rien de tel pour jeter les gens dans les bras de Bardot.

Pareillement, il ne faut vraiment rien avoir compris à l’antifascisme pour insulter des jeunes ouvriers aimant les animaux mais étant plein de préjugés fachos, alors que justement il faut les gagner.

La lutte pour les animaux est parfois amère… Et il n’y a rien d’antifasciste à insulter Sisyphe et à cracher sur son désespoir. Il n’y a rien de vegan à rejeter son amertume et ses douleurs, ses souffrances, reflet de la condition animale.

Quiconque aime les animaux sait très bien que, sur la ligne de front, personne ne peut être oublié, tout le monde peut être utile, les animaux en ont besoin !

Il faut bien sûr la lutte des idées, il faut réfuter les fachos prétendant aider à la protection animale, alors que leurs attitudes sont contre-productives, ce que des gens sincères voient aisément.

Mais cela n’a rien à voir avec la tactique du tintamarre autour de Bardot et autres !

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