La grève historique hier dans les fast foods américains

Ce qui se passe aux Etats-Unis, avec le mouvement des travailleurs des fast-food, doit intéresser toutes les personnes véganes en France.

A priori, cela semble étrange, car personne de vegan ne va dans les restaurants concernés, pour autant qu’ils existent en France : McDonald’s, Burger King, Wendy’s, KFC…

Toutefois, il serait absurde de ne pas comprendre que la situation des travailleurs des fast foods va de pair avec la condition animale dans l’industrie de l’exploitation animale.

Le but c’est le profit, et donc si les animaux sont de plus en plus exploités et tués, on se doute bien que les employés des fast foods sont eux-aussi toujours plus pressurisés.

Ce n’est pas pour rien si en France les entreprises ont du mal à recruter des bouchers et que les gens travaillant dans les fast foods vivent toujours dans des situations très précaires. Les gens qui sont recrutés viennent des couches les plus pauvres, qui n’ont pas le choix.

Les conditions de travail sont terribles, le rythme affreux et bien entendu de notre point de vue, mais cela les travailleurs « l’oublient » : toute cette mort étalée agresse les esprits.

Aux États-Unis, la situation des travailleurs des fast foods est encore plus terrible, puisque les gens sont payés 7,25 dollars de l’heure, dépendant souvent des aides médicales et alimentaires…

Alors que derrière, la restauration rapide brasse chaque année 200 milliards de dollars !

Quand on voit cela, on se doute bien que ce ne sont pas les quelques réflexions universitaires welfaristes ou abolitionnistes qui vont changer quelque chose… La question qui se pose ici, c’est la révolution, pas moins.

Et à ce titre, on doit regarder avec intérêt le fait que ce genre d’industrie explose en raison de ses contradictions.

La course au profit, qui engloutit notre planète vivante et fait des animaux des esclaves et des condamnés à mort, ne peut fonctionner que s’il y a des gens pour faire tourner la machine.

Mais ces gens sont eux-mêmes victimes de cette machine. S’ils disent non… ils grippent la machine. Et s’ils ne veulent plus, il n’y a plus de machine.

Bien entendu, cela semble utopique, mais la libération animale est un objectif atteignable qu’au prix de telles considérations stratégiques…

Il serait absurde de ne pas considérer comme intéressant un mouvement de protestation des fast foods qui a eu lieu hier, avec des grèves dans plusieurs villes, le mouvement revendiquant une présence dans 58 villes américaines, dont New-York, Boston, Chicago, Denver, Detroit, Hartford, Houston, Los Angeles, Memphis, Milwaukee, Oakland, Raleigh, Tampa…

Et la revendication n’est pas moins que de doubler le salaire !

Naturellement, les capitalistes n’ont aucune envie de faire cela et McDonald’s, dont le chiffre d’affaire trimestriel a été de 7,08 milliards de dollars (+ 2,4%), a fait une campagne avec la carte de crédit VISA pour appeler les employés à mieux gérer leur argent (Practical money skills.com), où il est conseillé d’avoir en même temps un second emploi (ce qui donnerait donc une journée de 48 heures en toute logique!).

Donc, il n’y aura pas de hausses de salaire, et de toutes manière l’entreprise McDonald’s a expliqué que 80 % des restaurants sont des franchises et que les contrats ne la concernent pas. Ce n’est pas pour rien non plus que dans les fast foods, il n’y a même pas de syndicat: on est dans l’exploitation la plus rude…

Le profit, toujours plus grand, est ce qui compte. L’exploitation animale et les employés sans pressions, on n’en finira pas, tant que la quête de profit perdure.

Pour illustrer cela, voici une information des Echos :

Restauration rapide : En dépit d’une marge nette de 20 %, McDonald’s a refroidi hier la communauté financière en publiant ses résultats pour le deuxième trimestre. Le géant américain de la restauration rapide a non seulement annoncé un profit inférieur aux attentes, à 1,4 milliard de dollars (+ 3,6 %) pour un chiffre d’affaires de 7,09 milliards (+ 2,4 %), mais a averti que le reste de l’année s’annonce « difficile » en raison de ventes moroses. McDo, dont l’action perdait près de 3 % à Wall Street, fait face à une vive concurrence domestique et à une érosion de son activité à l’international, notamment en France.

On lit bien : les capitalistes sont déçus car le profit n’est pas aussi immense qu’espéré… Il faut être absurde, ou ne pas aimer les animaux vraiment, pour ne pas voir qu’une telle monstruosité sociale ne se réforme pas.

L’avenir ne se lit pas dans les volontés de réforme, et il serait absurde de ne pas voir l’avenir notamment dans l’affirmation de travailleurs de toutes les couleurs de peau qui exigent la dignité et demandent « Je suis un homme », « je suis une femme. »

Que cette exigence aille jusqu’au bout et devienne universelle, et les travailleurs des fast-food seront aux premières loges pour faire tomber l’exploitation animale elle-même.

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