Les « 10 préceptes de la veganista »

Si le Paris Vegan Day 2013 (voir Paris Vegan Day ou Paris Végétalien Day ?) n’a eu absolument aucun impact dans une société française en crise, l’opération « bobo » de ses promoteurs a été quant à elle parfaitement réussie.

C’est pas moins que « Madame Figaro », revue de droite de la bourgeoisie aisée, conservatrice mais branchée, qui dans son numéro d’hier a célébré le « véganisme », dans un article écrit par pas moins que la « grande » journaliste de mode Alice d’Orgeval.

« Véganisme » entre guillemets parce que, on l’aura compris, il s’agit d’un truc branché de bourgeois bohème, une sorte de petit « plus » féminin pour faire « au courant », sans qu’il n’y ait aucun engagement en rupture avec la société.

La caricature suivante annonce clairement la couleur…

Et le titre est là pour rassurer: le « véganisme », c’est juste un « trend », un truc branché, que l’on peut utiliser comme on veut.

Ce qui a été d’ailleurs le discours du journaliste Aymeric Caron lors de la Paris Vegan Day, où devant un parterre très largement composé de femmes, ce végétarien a expliqué (comme il l’a fait dans son ouvrage « No steak ») qu’il ne fallait pas braquer les gens, pas établir de position morale stricte, que de toutes manières tout le monde cessera spontanément dans le futur de manger des animaux, parce que c’était inévitable, etc. etc.

Bien entendu, ce n’est pas le véganisme par en bas qui est mis en avant, mais les gens « rich and veggie » célèbres, et d’ailleurs bien souvent même pas végans du tout. Faisons comme les riches branchés pour être soi-même branchés si on est riche, et hipster si on veut être « frais » tout de même si on est pauvre…

Les animaux dans tout cela? Ils ne comptent pas, ce qui compte c’est le « trend », et d’ailleurs le « flexitarisme » n’est jamais loin…

Et évidemment on a l’américaine responsable du Paris Vegan Day qui vient développer son discours, que l’on peut résumer en: « un pseudo véganisme par les riches pour les riches. »

Et afin de fournir un manuel pour « branchés », il y a même les « 10 préceptes de la veganista », allusion au mot « fashionista. »

Combien de temps un tel pseudo véganisme pourra-t-il tenir? Pas bien longtemps, le temps d’une mode. Le temps que ces grands bourgeois s’amusent à être branchés et « hip » aux dépens d’une cause morale qui demande abnégation et engagement. Le temps qu’ils discréditent le véganisme, en servant d’agent de l’exploitation animale au sein du mouvement pour les animaux.

Sans doute fallait-il en passer par là, par cette étape où la cause tente d’être récupérée. Mais en attendant que ces gens abandonnent vite fait les « contraintes » et suivent une nouvelle mode, c’est littéralement à vomir!

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