La bande dessinée américaine « Liberator »

Le numéro 4 de « Liberator » est sorti, terminant le premier cycle d’histoire d’une bande dessinée américaine ouvertement favorable à l’ALF, puisque les deux personnages principaux en font justement partie.

La BD, consistant à chaque fois en un petit épisode (suivant le principe des Comics), est cependant romancée de telle manière à montrer la culture et les états d’âme des vegans, souvent straight edge bien sûr, agissant pour les animaux et partisans des actions illégales, avec également en arrière-plan une certaine culture liée à la musique punk et hardcore.

En l’occurrence, on a un homme très volontaire et une femme plus réfléchie, dans une sorte d’histoire d’amour qui rate, avec finalement une certaine ambiguïté de la part de l’homme qui vise des intérêts liés à sa famille, même si on ne peut pas remettre en cause son engagement pour les animaux.

La BD est un projet sérieux fait par des gens sérieux, avec toute une série de soutien, de la part de groupes de musique (Bad Religion, Propagandhi…) et d’organisations (SHAC) ; à la fin des BD on peut également lire des articles de personnes actives pour la libération animale, histoire d’apporter une perspective « rationaliste. »

En effet, que l’on aime les BD ou pas, et qu’on trouve réussi ou pas les dessins, et même s’il n’y a pas de super-pouvoirs : l’ensemble est réaliste sans l’être dans la mesure où les actions illégales se déroulent très facilement, et il y a un romantisme très grand qui est mis en avant.

En fait, on ne peut pas critiquer les personnages, qui représentent bien les questions de refuser le sexisme, de mettre en avant la sensibilité pour les animaux, de rester alternatifs, de tenter le débat avec les réformistes de la protection animale, etc.

Mais même en présentant une telle démarche critique de l’anthropocentrisme, on a au bout finalement, forcément, une BD anthropocentrée, avec les animaux mis en avant mais, forcément, à l’arrière-plan.

Ce qui manque c’est la dimension écologiste, avec une présentation d’un côté « épique », pas simplement le portrait de deux personnes alternatives, adultes et tourmentées vivant dans les villes et tentant d’affronter un ordre dominant injuste et criminel envers les animaux.

L’idée était de montrer quelque chose d’accessible et de rappeler que n’importe qui peut s’engager dans les rangs de l’ALF, mais ce qu’il manque, c’est la société : la BD montre de simples individus, avec leur petit environnement (le job dans un espèce de starbucks, les manifestations avec la police intervenant brutalement, etc.), en lutte contre une sorte de monstre social relativement abstrait au final.

Bref, certains aimeront, d’autres moins, mais il est évident cependant que « Liberator » est un apport et une expérience intéressante à notre culture, bien loin du Paris Vegan Day. Pour plus d’infos au sujet de la BD, le site consacré à « Liberator » a l’adresse suivante: liberatorcomic.wordpress.com.

 

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