Serge le lama : un faux « conte » pour adultes barbares

Il y a quelques jours, nous parlions du lama qui a été “volé” dans un cirque bordelais et transporté dans le tramway.

Une « chanson » a été réalisée à cette occasion et « Lamaoutai » recceuille en fin de soirée pas moins de 2 100 000 vues sur Youtube. La page Facebook compte 800 000 fans. Tout le monde trouve cet événement incroyable et fun…

Sous prétexte de la devise française « on peut rire de tout », sous prétexte d’une terrible morosité ambiante, cette histoire a ravi tout le monde. Pratiquement aucune critique n’est trouvable, et quand il y en a, on se moque de la personne qui l’a faite.

Il est pourtant évident que ce lama, transporté dans un tramway était terrorisé. Il est pourtant évident que ce lama, emmené par 5 personnes ivres, a été stressé de se retrouver hors du seul milieu qu’il connaît, et qui n’est guère plaisant : le cirque.

Toute cette pathétique histoire démontre encore la vigueur du statut de l’animal objet, de l’animal jouet que l’on peut utiliser à sa guise… Un être vivant que l’on peut voler, à qui l’on peut faire endurer du stress, se servir de lui pour faire parler de soi.

Sur internet on peut lire ici ou là que cette histoire n’est pas bien grave pour le lama, que rien ne lui est arrivé et que cet acte était « bon enfant. »

Il est dit que cette petite sortie était toujours mieux pour lui que de rester tout le temps enfermé dans sa (minuscule) cage de cirque. Pour résumer, comme « il n’y a pas eu maltraitance, ce n’est pas bien grave ». Ce qu’à pu ressentir le lama n’a aucune importance !

Mais pourquoi et comment est-il resté aussi « sage » pendant cette escapade ? Parce qu’il a été écrasé par l’asservissement qui a lieu dans le cirque, où on le force à faire ceci, à faire cela.

Les cinq jeunes se sont amusés en s’appuyant sur l’esclavage des animaux, sur leur capacité à subir, à obéir.

Le lama n’avait pas le choix, on ne lui laisse pas le choix. Il a intériorisé le fait que s’il ne veut pas souffrir, il doit faire ce qu’on lui impose de faire.

Cela est masqué derrière le discours sur « l’animal domestique. » Cette idéologie sert à faire en sorte qu’on confonde la symbiose, le partenariat tel qu’il s’est d’une certaine manière développé entre les humains et les chats, voire les chiens, avec l’asservissement pur et simple.

La preuve de cela est que jamais il n’a été, dans cette histoire, fait attention au lama en tant que tel. Sinon on demanderait : que fait un lama en Europe, que fait-il dans un cirque ?
Et comment un lama peut-il arriver dans un tramway ? C’est à croire que ce serait quelque chose de magique, de fabuleux, tel un conte.

La manière dont les médias ont présenté cette histoire, c’était celle du fait divers de Noël : il était une fois cinq joyeux lurons ayant l’occasion de faire du jamais vu, etc. etc.

Cependant, on n’est pas ici dans un conte de Noël, mais dans une réalité sordide : celle de l’exploitation animale, celle de l’alcool comme moyen de se « lâcher. »

On voit ici très bien comment la culture vegan straight edge s’oppose à cette manière de vivre simpliste, égocentrique, totalement primitive, sans réflexion ni considération aucune.
Une fois bourré, tout est permis selon la logique de la barbarie moderne ; la loi n’intervient qu’en cas de trouble à l’ordre public… Combien de drames passent inaperçus, car l’alcool a servi de détonateur et « justifie » aux yeux de la société tant de violence et de crime !

Et on aurait bien tort de ne pas voir dans cette histoire de « Serge le lama » le fond absolument pathétique de notre société en ce moment. On touche le fond. Le fond individualiste, le fond barbare, où on se comporte chacun pour soi, avec une sensation de griserie et de toute puissance à plusieurs.

Il y a un mot bien connu pour cela, un mot historique, qui s’appelle le fascisme. Le fascisme ce n’est pas simplement cette caricature de crâne rasé ou d’apprenti dictateur. Le fascisme, c’est l’individualisme total où l’on part à l’aventure au coin de la rue, quelle que soit cette aventure.

C’est la raison à la base du succès populaire des jeunes se « baladant » avec « Serge le lama », et c’est dire comment la société n’a plus aucune valeur pour parler à ce point là, avec « humour » de cinq jeunes alcoolisés qui ont le « panache » de se « promener » avec un lama…

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