La mésange bleue et les odeurs

La mésange bleue se met au parfum

Colorée comme un oiseau des îles, la jolie petite mésange bleue est visible toute l’année.

Familière, elle niche près des habitations, jusque dans les boîtes aux lettres. Chaque année, un couple de mésanges fait son nid dans une vieille pompe de mon jardin. L’hiver venu, il m’arrive de débarrasser la pompe de tous les matérieux du nid, de façon à éviter l’installation de parasites.

Récemment, on a découvert que les mésanges bleues parfumaient leur nid !

Des chercheurs se sont aperçus, en Corse, que des femelles de mésanges bleues décoraient la couronne de leur nid avec des végétaux odorants, comme la menthe ou la lavande – ceux-là mêmes que l’on utilise dans les produits ménagers -, et qu’elles s’empressaient de les remplacer quand ceux-ci venaient à manquer ou à perdre leur odeur.

On pense que ces plantes aromatiques protègent les oisillons grâce à leurs vertus insecticides, fongicides et désinfectantes.

Au passage, notons que les oiseaux ont plus de flair qu’on ne le pensait. D’ailleurs, des tests semblent montrer que les mésanges utilisent également leur odorat dans la recherche de nourriture. D’autres oiseaux, et parmi eux plusieurs espèces d’aigles, parfument également leur nid.

Une découverte en suit une autre : chez certaines espèces d’oiseaux, les mâles offrent des bouquets aromatiques à leur partenaire.

Phénomène curieux : les observations montrent que plus le bouquet sent fort, et plus la couvée contiendra de mâles ! Pour ces oiseaux, offrir des fleurs aurait donc des influences sur la future famille…

(Marc Giraud : Le Kama-sutra des demoiselles – la vie extraordinaire des animaux qui nous entourent)

Pour mieux comprendre leur comportement, un ornithologue, Marcel Lambrechts et son équipe du Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier se sont installés en Corse, dans une forêt proche de Calvi qui abrite un groupe de Parus caeruleus ogliastrae.

Dans la revue Ecology Letters de juillet 2002, il raconte comment, avec ses collègues, il a construit des nichoirs pour ces oiseaux appréciés par les spécialistes car ils sont peu farouches. Une fois les œufs éclos, les expérimentateurs ont prélevé les herbes aromatiques. Dans la moitié des nids, ces plantes ont été purement et simplement supprimées.

Dans ce cas, les mères partaient immédiatement à la recherche de ces herbacées manquantes pour les remettre dans le nid de leurs oisillons. Mais pas n’importe lesquelles : sur un total de 200 végétaux qui entouraient les abris, elles n’en sélectionnaient qu’une dizaine. Même s’il fallait, pour les trouver, voler à 200 mètres à la ronde.

Dans l’autre moitié des nids, des herbes avaient été enfouies dans de petits sacs ouverts, et cachés sous les nids. Les mésanges se contentaient alors d’en renouveler les herbes, invisibles et inodores, quand elles étaient trop sèches pour exhaler leur odeur. Cette expérience a prouvé que les mésanges savent repérer les odeurs.

Jusqu’ici, on pensait que seuls les gros volatiles, comme les pétrels, les pigeons, ou les oiseaux charognards, disposaient de bulbes olfactifs assez développés pour se servir de leur odorat, en plus de la vue ou de l’ouïe. Une aptitude qui prouverait que les capacités des mésanges, et probablement d’autres petits oiseaux, sont beaucoup plus étendues qu’on ne le pensait. L’expérience a aussi mis en évidence le comportement de la mésange pour protéger son nid contre les parasites, à l’aide de plantes utilisées par l’homme dans le même but.

(Wikipédia)

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